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3e Scène, scène numérique de l’Opéra de Paris, à découvrir le 15 septembre 2015

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La scène numérique de l’Opéra national de Paris : Ouverture le 15 septembre 2015 sur operadeparis.fr/3e-scene

Internet est une place publique, un lieu collectif de rencontres, de prises de parole et de création. Après le Palais Garnier en 1875 et l’Opéra Bastille en 1989, c’est sur ces terres-là, celles du digital, que l’Opéra national de Paris a décidé de bâtir sa 3e Scène.

Dans ce nouvel espace, l’Opéra national de Paris veut poursuivre le dialogue avec son public et trouver de nouveaux interlocuteurs. Les spectateurs de la 3e Scène habitent l’ensemble du globe, parlent toutes les langues, aiment l’art sous toutes ses formes. A partir du 15 Septembre 2015, la 3e Scène s’ouvre en grand aux plasticiens, cinéastes, compositeurs, photographes, chorégraphes, écrivains, et les invite à venir créer des œuvres originales liées à l’Opéra national de Paris.

Ce lien entre l’Opéra et les œuvres réalisées peut être franc, solide, subliminal, étiré, allongé, voire distendu. Mais l’objectif avant toute autre chose est que les artistes s’emparent de l’Opéra, puisent dans ses ressources, parcourent ses murs, rencontrent ses talents, pour en faire découvrir les lieux, les couleurs, l’histoire, les questions et les personnes à travers la création.

Cette 3e Scène n’a pas d’égal ni de modèle. Elle se lance librement et généreusement pour proposer un lieu où tradition, création et nouvelle technologie sont, une fois mariés, synonymes de modernité.

La 3e Scène, accessible sur operade.paris.fr/3e-scene, ouvrira avec 17 œuvres, celles de Mathieu Amalric, Carine Brancowitz, UVA, Manuela Dalle, Loren Denis, Denis Darzacq, Pierre Even, Glen Keane, Benjamin Millepied, Wendy Morgan, Alex Prager, Julien Prévieux, Jacob Sutton, Arnaud Uyttenhove, Xavier Veilhan, Karim Zeriahen et de Rebecca Zlotowski.

Eloge de la névrose en 10 syndromes, une BD de Leslie Plée (Declourt)

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Eloge de la névrose en 10 syndromes, une BD de Leslie Plée

Eloge de la névrose en 10 syndromes

L’Eloge de la névrose en 10 syndromes est un roman graphique de Leslie Plée (Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses, L’Effet kiss pas cool, Points noirs & sac à dos, Anarchie & Biactol, Vivre vieux et gros, les clés du succès, Michel un chat sauvage). Auteur complet à l’humour truculent, elle nous livre son diagnostic très personnel d’une névrose qui frappe le plus grand nombre.

Date de parution : le 19 août 2015
Auteur : Leslie Plée (scénario et dessin)
Editeur : Delcourt
Prix : 15,95 € (120 pages)

Résumé de l’éditeur:

Du syndrome de l’adultisme (quand on veut faire des trucs qui font adulte alors même que quand on lit une carte des vins c’est comme du Kafka en japonais), au syndrome du super-héros (quand on veut être trop parfait), en passant par le syndrome de Bernard Montiel, Leslie revisite les syndromes les plus connus pour nous parler avec tendresse, justesse et humour de nos petites névroses au quotiden.

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Notre avis sur la BD :

[U]ne réussite qui ajoute du bien-être dans le long chemin vers l’acceptation de soi.

Dans l’Eloge de la névrose en 10 syndromesLeslie Plée donne son point de vue avec un humour savoureux et pertinent pour dénoncer des syndrômes de société qui ont de quoi interroger. Elle en aborde une dizaine, dont quelques généralités honteuses parmi lesquelles on trouve l’adultisme – « jeu de dupes qui consiste à mimer l’âge adulte » – ou encore les règles bleues, l’art de l’imposteur procrastinateur ou celui du fardeau… Autant de syndrômes où l’auteur partage ses expériences vécues, comme son voyage à Stockholm ou son balancement nocturne, un bien étrange trouble noctambule.

Bref, elle nous fait don de sa personne et nous donne une vraie leçon d’humilité, de courage et d’abnégation au service d’un humour délicat mais aussi cocasse. Un ouvrage qui ne perd d’ailleurs jamais un instant pour faire avancer la cause féministe !

L’Eloge de la névrose en 10 syndromes séduit aussi par son côté graphique élaboré dont la couleur déborde de vie et de bonnes ondes. Un dessin simple mais lumineux.

Au final, l’Eloge de la névrose en 10 syndromes est une réussite qui ajoute du bien-être dans le long chemin vers l’acceptation de soi. A lire.

Ocelot, une BD de Morvan, Tréfouël et Fouquart (Delcourt)

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Ocelot, le chat qui n’en était pas un

Album jeunesse sans prétention, Ocelot est aussi un félin imaginé par Jean-David Morvan (SauvageZorn et Dirna, Nomad, Sillage, Spygames, Jaurès, Oms en série) et Séverine Tréfouël qui en signent le scénario (comme sur Youth United ou  Magnum Photo). Un animal par ailleurs mis en image par Agnès Fouquart (Les chroniques de Sillage, tome 4).

Date de parution : le 19 août 2015
Auteurs : Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël (scénario), Agnès Fouquart (dessin) et Magali Paillat (couleur)
Editeur : Delcourt
Prix : 12,50 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur:

Ocelot est un magnifique félin qui parcourt le monde en compagnie de sa maîtresse, une jet-setteuse digne de Nabilla, afin de concourir aux plus importants concours de beauté animale. Mais au moment d’un transfert à Roissy, leurs routes se séparent et le voilà secouru par une curieuse bande de chats prêts à tout pour le ramener à son vrai domicile qu’il n’a jamais connu : la jungle sud-américaine.

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Notre avis sur la BD :

Ocelot est un petit félin perdu entre deux avions, récupéré par des bagagistes mal intentionnés, lorgnant sur la récompense qu’ils pourraient en tirer. Il faut dire que sa maîtresse est une célébrité populaire et qu’Ocelot a eu jusqu’ici une vie de luxe et de volupté. Parvenant à s’échapper des « griffes » de ses ravisseurs, il va devoir mener une vie de bohème malgré lui, et se faire rapidement des amis avec qui visiter les lieux mythiques de Paris.

Le scénario se révèle peu élaboré, sinon fade et téléphoné.

Les scénaristes nous font faire un petit tour en compagnie de ces petites boules de poils à travers un récit d’une grande légèreté. Une narration parfois coquine qui amuse sans faire d’étincelles. On regrette en effet le manque de suspens. Le scénario se révèle peu élaboré, sinon fade et téléphoné.

Question promenade, Agnès Fouquart maitrise son sujet. Elle réalise un dessin pétillant et coloré qui, sans être d’une grande sophistication, contribue largement au plaisir de cette petite sortie d’Ocelot.

Mais en dehors de cela, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent dans cette BD pourtant si mignonne. Dommage.

R.U.S.T., tome 1 : une BD de Luca Blengino et Nesskain (Delcourt)

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R.U.S.T. tome 1

R.U.S.T., tome 1 : Black List

Edité dans un format comics, R.U.S.T. est une trilogie S.-F. scénarisée par Luca Blengino (Les 7 Merveilles, Astrolabe de glace, Sam & Twitch, Les 7 survivants, Casse, Gaijin, Flammingo) et illustrée par Nesskain (Cercle, Harry Potter). Dans ce monde futuriste, l’humanité a été exterminée par une espèce extra-terrestre très puissante et se terre désormais dans les bas-fonds de la planète. Le seul espoir : les Robots Unit.

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs : Luca Blengino (scénario) et Nesskain (dessin)
Editeur : Delcourt
Prix : 17,95 € (144 pages

Résumé de l’éditeur:

An 2100. Lorsque le dernier pilote compatible avec un Robot Unit est tué en combat, le Conseil des Douze Métropoles doit faire un choix. Succomber aux S-Cats, ces créatures mi-organiques, mi-mécaniques, qui ont balayé l’humanité il y a 25 ans et obligé les survivants à se réfugier sous terre. Ou bien faire appel à la Black List et confier les plus puissantes machines dévastatrices jamais construites à de dangereux psychopathes.

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Notre avis sur la BD :

Seuls capables d’affronter les S-Cats, R-U ne peuvent être pilotés que par des êtres humains génétiquement compatibles. Et le dernier d’entre eux en liberté vient d’être tué. Le seul recours à disposition de l’humanité : faire appel derniers humains compatibles, trouvés dans les prisons. Des meurtriers assoiffés de sang et de chair fraiche, à qui l’on confierait l’avenir de notre espèce. C’est ce que l’on appelle une idée originale.

Un dessin presque poétique, qui interroge et séduit en même temps.

Le scénario utilise de nombreuses ficelles du récit d’Evangelion, manga culte où l’on voyait des énormes machines pilotées par des jeunes gens pour combattre d’autres gros monstres. Le principe est ici exactement le même, mais le scénariste ajoute ce qu’il faut de touche personnelle pour piquer suffisamment la curiosité du lecteur, même averti. Plutôt bien écrit, R.U.S.T. est aussi l’occasion de profiter d’un dessin plutôt pas mal.

L’univers graphique de Nesskain prend ici quelques libertés de mouvement et nous emmène parfois dans une dimension abstraite où la difformité règne le temps d’un instant. Un dessin presque poétique, qui interroge et séduit en même temps.

En conclusion, ce premier tome de R.U.S.T. est une bonne amorce, malgré son côté remake. On reste donc assez impatient de découvrir la suite.

L’Homme de l’année, tome 10 : une BD de Duval, Moustey, Subic et Scarlett (Delcourt)

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L'homme de l'année tome 10

L’Homme de l’année, tome 10 : 1966

Après l’homme de l’année 1948, c’est le destin de celui de l’année 1966, à l’origine du grand incendie de Londres, qui nous est raconté. Une histoire basée sur Le Journal de Samuel Pepys, notable de Londres qui consignait toutes ses journées dans un journal de bord.

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs : Fred Duval, Nicolas Moustey (scénario), Stevan Subic (dessin) et Scarlett Smulkowski (couleurs)
Editeur : Delcourt
Prix : 14,95 € (56 pages

Résumé de l’éditeur:

1666. Une atmosphère lugubre plane sur les ruelles misérables et insalubres de Londres quand une catastrophe d’une ampleur dantesque s’abat sur elle : le grand incendie. Une apocalypse de flammes dévaste alors une cité en proie au chaos. Un notable racontera dans son journal le fil des événements dont Farynor, un simple boulanger, sera responsable et victime.

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Notre avis sur la BD :

Sur un scénario élaboré par le scénariste Fred Duval (Travis, Hauteville House, Jour J, Carmen Mc Callum, Wonderball), accompagné du rouennais Nicolas Moustey (Axel Rock), L’homme de l’année 1966 met en scène un immense brasier qui ravagea la ville de Londres cette année là. On y découvre une ville insalubre qui porte encore les stigmates de la peste et abrite une population pauvre voire misérable. Les flammes feront d’ailleurs remonter à la surface ces pauvres gens vivant dans l’ombre des ruelles malfamées de Londres et obligés de fuir ce piège meurtrier.

Apportant leur lumière sur l’évènement grace au témoignage laissé par un certain Pepys, les scénaristes montrent comment l’incendie s’est propagé, qui en est à l’origine, comment la panique a envahit la population abandonnée à son sort par les autorités locales (et notamment son maire), et quel en fut l’épilogue, notamment pour celui qui avoua être l’auteur criminel de toute cette horreur. Une mise en perspective plutôt complète, dont le style narratif demeure agréable.

Une atmosphère terrifiante se dégage de ces pierres en feu.

Le dessin de l’illustrateur serbe Stevan Subic apprivoise avec brio ces gigantesques flammes à l’appétit féroce, avec l’aide de la coloriste Scarlett Smulkowski. Le trait est fin et expressif et les décors londoniens sont reproduits avec précision. Une atmosphère terrifiante se dégage de ces pierres en feu.

On ressent bien l’horreur de ce tragique évènement qui marqué l’année 1966, d’autant plus que son épilogue est particulièrement cruel et injuste et que l’Histoire ne réparera pas cette injustice. Mais pour en savoir plus, il vous faudra lire ce dixième album de L’homme de l’année

La nouvelle vague de Raymond Cauchetier, à Paris

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Jules et Jim François Truffaut -1961 – François Truffaut, Jeanne Moreau – Bitschwiller – Alsace
© Raymond Cauchetier / Galerie de l’Instant

La Galerie de l’Instant exposition du 02 octobre au 17 janvier 2016
46 rue de Poitou Paris 75003 – Entrée libre

Raymond Cauchetier est un photographe culte, dont le nom est injustement méconnu, voire inconnu du grand public ! Pourtant ses images ont fait le tour du monde depuis plus de 50 ans, et font partie de notre inconscient collectif. En effet, qui n’a jamais vu les amants d’ A bout de souffle sur les Champs Elysées, la course de Jeanne Moreau dans Jules et Jim, ou encore Anouk Aimée dansant dans Lola ?

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Lola – Jacques Demy -1960 Anouk Aimée Nantes
©RAYMOND CAUCHETIER/ LA GALERIE DE L’INSTANT

Que l’on ait vu ou non ces films, toutes ces images imprimées dans notre mémoire sont le fruit de Raymond Cauchetier, et des années qu’il a passé aux côtés des réalisateurs de la Nouvelle Vague : Godard, Chabrol, Truffaut, Demy, Varda, Tavernier… depuis la fin des années 50, jusqu’à la fin des années 60.

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A bout de souffle – Jean-Luc Godard -1959 Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg Hôtel de Suède, Quai Saint Michel, Paris
©RAYMOND CAUCHETIER/ LA GALERIE DE L’INSTANT

Contrairement aux autres photographes de plateau, Cauchetier dont un des premiers tournages fut le décisif A bout de souffle, photographiait dans un style proche du reportage, là où les autres n’étaient que de discrets « témoins » des scènes filmées. Il documentait le film, et à sa façon modifiait lui aussi les habitudes des anciens, comme le firent les jeunes réalisateurs de cette époque si créative ! C’est à ce travail unique, d’une période elle aussi unique, que nous souhaitons rendre hommage, ainsi qu’à cet homme âgé aujourd’hui de 95 ans, toujours modeste, discret et passionné, qui a eu la générosité de nous ouvrir ses archives, et de nous accorder sa confiance.

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La peau douce – François Truffaut -19613 Françoise Dorléac, François Truffaut Rambouillet
©RAYMOND CAUCHETIER/ LA GALERIE DE L’INSTANT

Tyler Cross, tome 2 : une BD de Fabien Nury et Brüno (Dargaud)

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Tyler Cross tome 2

Tyler Cross, tome 2 : Angola

Comme nous vous l’avions annoncé, c’est le retour des aventures de Tyler Cross, sous la plume de Fabien Nury (L’Or et le sang, Fils du soleil, Silas Corey) et les crayons de Brüno. Dans ce deuxième volet, Tyler Cross se retrouve piégé dans une mauvaise combine et termine sa course à  Angola, un camp de prisonniers infernal qui va lui mener la vie dure.

Date de parution : le 28 août 2015
Auteurs: Fabien Nury (scénario), Brüno (dessin) et Laurence Croix (couleurs)
Editeur : Dargaud
Prix : 16,95 € (100 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Avec la série Tyler Cross, Fabien Nury et Brüno signent une histoire pure et dure de gangster des années cinquante : une BD amorale et jubilatoire La chance tourne. Ce qui devait être un coup sans risque, garanti sur facture, se transforme en descente aux enfers pour Tyler Cross. Un enfer qui porte le doux nom d’« Angola », la plus grande prison de haute sécurité des États-Unis, entourée de marécages et écrasée par le soleil torride de Louisiane. Cerise sur le gâteau : le clan Scarfo a mis un contrat sur sa tête, et les Siciliens sont nombreux parmi les détenus… Si Tyler sort un jour de cet enfer carcéral, ce ne sera pas pour bonne conduite. Tyler Cross est un récit complet ; une histoire de gangster, un polar noir froid et teigneux.

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Notre avis sur l’album :

Condamné à brève échéance sous la domination de la mafia italienne qui a mis un contrat sur sa tête, Tyler Cross va tout mettre en oeuvre pour tenter d’échapper à cet enfer. Avant tout plan d’évasion, c’est d’abord un moratoire qu’il lui faut obtenir. Une semaine serait déjà bien.

Avec un sens aigu du découpage et de la mise en scène, Fabien Nury distille de manière éparse et percutante les éléments clés de son scénario pour reconstituer l’histoire. Tyler Cross n’est définitivement pas un gangster comme les autres. Il a la peau dure et a développé une certaine perspicacité avec l’expérience. Le récit d’Angola nous en fait une fois de plus la démonstration. L’acrimonie de personnages charismatiques, le large éventail de figures hautes en couleur parmi les détenus d’Angola et l’efficacité narrative de ce second tome sont les principaux atouts de ce récit de genre.

[U]n classique de la littérature de gangster !

Mais la sagacité du scénariste n’est pas la seule à faire son effet. Le style graphique de Brüno, résolument moderne, a fait le choix de l’audace. La simplicité de son trait marque par son minimalisme exacerbé, mis en perspective par des cadrages virtuoses. Ces derniers le sont d’autant plus que le dessinateur fait de la lumière un élément de décor de premier ordre. Un dessin savant, agile et puissant.

Efficace, noir, âpre et séduisant, Tyler Cross n’a pas fini de nous en mettre plein la vue. On osera le dire : un classique de la littérature de gangster !

Tungstène, une BD de Marcello Quintanilha (Ça et Là)

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Tungstène

Remarqué pour son recueil de nouvelles, Mes Chers samedisMarcello Quintanilha sort son premier roman graphique : Tungstène. Maître d’oeuvre d’un polar noir hyper-réaliste, l’artiste confirme son grand talent en tant qu’auteur complet en nous promenant le long de la côte brésilienne, les pieds dans l’eau, à Salvador de Bahia.

Date de parution : le 24 août 2015
Auteur : Marcello Quintanilha  (Scénario et Dessin)
Editions : Ça et Là
Prix : 20,00 € (186 pages)

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Résumé de l’éditeur:

Salvador de Bahia, Brésil, de nos jours. Les chemins de quatre habitants de la ville vont se croiser au pied du Fort de Notre-Dame de Monte Serrat, à l’occasion d’un fait divers. Cajù, un dealer à la petite semaine en galère, monsieur Ney, militaire à la retraite complètement névrosé et Richard, policier réputé mais mari exécrable en passe de se faire quitter par sa femme, Keira, se retrouvent tous impliqués dans un incident d’apparence anodine, mais qui va vite dégénérer
en une situation dramatique.
Tungstène est un polar d’une maîtrise confondante. Dans ce petit bijou noir, véritable mécanique de précision, les histoires des principaux protagonistes sont inextricablement liées les unes aux autres. Confrontés à une crise, ils se retrouvent poussés dans leurs retranchements, sur le point d’atteindre le point de rupture (le tunsgtène étant le métal ayant le plus haut point de fusion).

Empruntant à la fois aux codes narratifs et visuels du comics, de la bd franco belge et du manga, Marcello Quintanilha met en scène avec maestria ce récit alternant scènes d’actions débridées et questionnements intérieurs, avec en toile de fond la réalité du Brésil d’aujourd’hui.

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Notre avis sur l’album :

Sous un soleil de plomb, un petit dealer, un flic violent, sa femme sur le point de le quitter et un militaire à la retraite vont jouer une curieuse partition avant que le scénario ne les fasse se rejoindre. Enchaînant les situations incongrues tout au long de son récit, au sein duquel chaque protagoniste semble plus ou moins isolé, Marcello Quintanilha interpelle sans jamais se livrer. Teintant son histoire d’un filigrane noir, qui convoque parfois le cynisme dans la binarité de ses personnages, l’auteur n’oublie pas un aspect essentiel : élaborer un polar démonstratif, sinon violent.

Tungstène escalade avec vélocité le tensiomètre narratif

Car le scénario de Tungstène escalade avec vélocité le tensiomètre narratif dans une structure sous-jacente millimétrée. Sans s’y attendre vraiment – devant la quiétude relative de personnages plutôt tranquilles – tout d’un coup, on sent la pression gagner un palier supplémentaire, jusqu’à un épilogue juste et percutant.

Ajoutez à cela le dessin noir et blanc de Marcello Quintanilha, qui ose des postures presque caricaturales tant elles offrent de latitudes dans les mouvements et les expressions. Un trait libre et vivant qui donne une belle profondeur à Tungstène.

Marcello Quintanilha prouve avec Tungstène qu’il n’a pas volé sa réputation de virtuose de la BD brésilienne. Un immanquable.

Louis Soutter / Victo Hugo, dessins parallèles à la Maison de Victor Hugo, à Paris (derniers jours)

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Louis Soutter, Parvis, 1937-1942, dessin aux doigts, encre sur papier. Courtesy Galerie Karsten Greve, Cologne, Paris, Saint-Moritz, © Galerie Karsten Greve, Cologne

Maison de Victor Hugo jusqu’au 30 août 2015

Poursuivant l’exploration des liens entre l’œuvre de Victor Hugo et l’art moderne, la Maison de Victor Hugo propose la confrontation des dessins du poète avec ceux de Louis Soutter.

Qu’y-a-t-il de commun entre l’un des plus célèbres écrivains français et un violoniste suisse placé sous tutelle dans un hospice pour vieillards, ayant chacun vécu dans un siècle différent, sinon la pratique d’un dessin visionnaire, hors norme et hors marges, brouillant les frontières de l’art ?

L’exposition Louis SoutterVictor Hugo, Dessins parallèles montre pour la première fois les liens ténus entre ces deux œuvres majeures, en rendant hommage à une figure singulière, Louis Soutter.

Dessinateur et violoniste, Louis Soutter (1871-1942), un temps classé par Jean Dubuffet parmi les artistes d’art brut, est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands artistes du XXe siècle. Il se met à dessiner alors qu’il est placé à l’âge de cinquante-deux ans dans un hospice du Jura vaudois, produisant une quarantaine de cahiers d’écolier et recouvrant d’annotations et de croquis de nombreux livres d’art et d’architecture.

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Louis Soutter « Ame » « Partie » 1937-42 Gouache, peinture aux doigts sur papier
© Musée des Beaux arts de Lausanne

Cousin des architectes Le Corbusier et Pierre Jeanneret, il puise son inspiration chez divers auteurs de théâtre, de roman et de poésie. C’est précisément dans ses dessins qu’il lui arrive d’évoquer Victor Hugo, ainsi que William Shakespeare, figure de référence de la création hugolienne. Il est ainsi remarqué par des écrivains comme Jean Giono ou Charles-Ferdinand Ramuz qui l’aident, lui permettant de développer son œuvre jusqu’à la sublime explosion des dessins aux doigts.

Louis SoutterVictor Hugo, Dessins parallèles prend pour point de départ les dessins de Louis Soutter faisant explicitement référence à Victor Hugo – principalement autour de ses romans NotreDame de Paris et Quatrevingt-treize – réunis dans la première salle.

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Victor Hugo, Figure de fantaisie, exposée à la maison Victor Hugo dans le cadre de l’exposition « Louis Soutter – Victor Hugo » Dessins parallèles
© Maison Victor Hugo / Roger Viollet

Une seconde section, très développée, fait ensuite dialoguer les deux artistes à travers des thèmes iconographiques qui leur sont communs – paysages suisses, burgs, châteaux et villes imaginaires, rêveries sur des thèmes héraldiques, architectures orientales, vision de la femme, etc. – révélant d’étonnantes rencontres.

Une troisième étape explore la relation des deux artistes sur le mode poétique, rapprochant de vers de La Légende des siècles des dessins où Soutter semble faire sien le projet hugolien et revisite à son tour l’histoire de l’humanité.

Enfin, se plaçant sous le signe de Shakespeare, figure commune de leur panthéon respectif, la dernière section s’attache à montrer – notamment avec l’engagement plus direct du corps dans la pratique commune du dessin aux doigts – comment les deux artistes incarnent à travers leurs œuvres la vision humaniste qui est la leur. Sans dogmatisme, basé sur la sensibilité visuelle, ce parcours invite ainsi à suivre les pas de deux artistes singuliers qui, indépendamment de toute pratique professionnelle ou académique, bousculent les catégories de l’art en véritables révélateurs d’âme qui ne se laissent guider que par leur vision et leur liberté.

Kid Eternity, un comics de Grant Morrison et Duncan Fegredo (Urban Comics)

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Kid Eternity

Kid Eternity, un récit horrifique exigeant

One Shot publié en 1991, Kid Eternity participe au renouveau de la bande-dessinée américaine de l’époque en s’adressant à un public adulte. C’est même à un public averti sinon avisé que les auteurs destinent leur album. Un duo exigeant et pointu composé du scénariste reconnu Grant Morrison (Les Invisibles, JLA, Seven Soldiers of Victory, Batman et Robin, Superman…) et du dessinateur Duncan Fegredo (Enigma, Judge Dredd, Jay & Silent Bob, Hellboy, MPH).

Date de parution : le 21 août 2015
Auteurs : Grant Morrison (Scénario) et Duncan Fegredo (Dessin)
Editions : Urban Comics
Prix : 15,00 € (160 pages)

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Résumé de l’éditeur:

Humoriste en difficulté, Jerry Sullivan broie du noir. Il s’est déjà fait à l’idée de la mort, et va bientôt en apprendre bien plus sur elle qu’il ne l’aurait souhaité. Rescapé d’un terrible accident de voiture, Jerry va faire la connaissance d’un étrange personnage appelé Kid, récemment échappé des Enfers et en route pour une mission d’importance cosmique que lui aurait confié les forces du Paradis eux-mêmes. Mais pour mener à bien sa mission, Kid aura besoin de Jerry pour libérer quelques-unes des figures les plus emblématiques de l’Histoire.

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Notre avis sur l’album :

Reconnu pour son talent et son influence, Grant Morrison l’est aussi pour la complexité habituelle de ses récits, loin d’être à la portée du premier venu. Le profane pourrait néanmoins saisir l’occasion de la parution de Kid Eternity pour se frotter à l’un de ses scénarios peut-être les plus accessibles. Encore faudra-t-il s’accrocher (on n’a pas dit que ce sera facile, hein !). Car Kid Eternity débute sans transition dans un univers foutraque ou tout part sans dessus dessous. Cette amorce vertigineuse du récit de Morrison finit par atterrir fort heureusement dans quelque chose de plus cadré où l’on parvient à identifier les tenants et les aboutissants de l’histoire.

On a bien du mal à saisir toute la pertinence qui fait sans doute Kid Eternity.

Pour résumer, Jerry Sullivan est témoin de visions horrifiques, meurtrières et sanglantes alors qu’un certain Kid prétend revenir des Enfers et avoir besoin des services de Jerry pour libérer un ami… Une histoire finalement assez classique. Mais c’est son traitement qui en fait une oeuvre loin des conventions et des cadres, surtout, on l’imagine, à son époque.

Faisant voler en éclat tous les standards d’alors, Kid Eternity, dont le récit peut désarmer, est aussi une oeuvre picturale très virulente. Un dessin désordonné où la peinture nous gicle à la figure dans un torrent de violence inouï. Signant son premier véritable comics, Duncan Fegredo se cherche et ne se trouve pas toujours. Là aussi, pourtant, on se fait fondre les rétines devant tant d’extrêmité. Un graphisme élitiste difficile d’appréhension. Surtout lorsque le découpage, le cadrage et l’agencement anarchiques des planches empêchent une lecture limpide.

On a bien du mal à saisir toute la pertinence qui fait sans doute Kid Eternity. Le comics – qui manque tout de même de structure – laisse la sensation de passer à côté d’une oeuvre iconoclaste et avant-gardiste, même près de 25 ans après. Tant pis pour moi.

The Activity, tome 1 : un comics de Nathan Edmondson et Mitch Gerads (Urban Comics)

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The Activity tome 1

The Activity, tome 1

Réalisé par le scénariste Nathan Edmondson (Olympus, The Light, Qui est Jack Ellis ?, Dancer, Grifter) et l’illustrateur Mitch Gerads (Docteur Who, La Planète des singes, Starborn), The Activity est un comics itinérant qui propose de suivre l’une des unités de renseignements les plus secrètes du monde : celle de l’ISA (Intelligence Support Activity), et plus précisément sa branche d’action directe, dont le rôle est de régler – à sa façon – les problèmes rencontrés par la NSA, le FBI ou la CIA.

Date de parution : le 21 août 2015
Auteurs : Nathan Edmondson (Scénario) et Mitch Gerads (Dessin)
Editions : Urban Comics
Prix : 10,00 € (136 pages)

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Résumé de l’éditeur:

Les temps changent, et avec l’évolution brutale des moyens de communication, les conflits internationaux prennent une toute autre ampleur. Les États- Unis comptent aujourd’hui dans leurs rangs une force spéciale parfaitement adaptée à cette nouvelle donne : l’Intelligence Support Activity. Les agents qui la composent ont pour objectifs d’assister, rectifier, et effacer au besoin toutes traces des missions que leurs collègues de la NSA, du FBI et de la CIA n’auraient pas menées à bien.

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Notre avis sur l’album :

Mexico, Rome, Colombie, Thaïlande, Afghanistan… ce premier tome de The Activity débute un tour du monde musclé au fil de missions à hauts risques menées par les membres de l’ISA. Toujours sous pression, les missions sont le plus souvent exécutées de nuit, dans un environnement hostile et inconnu. Chapitré en fonction de missions indépendantes les unes des autres, le scénario de The Activity s’inscrit dans une trame plus générale, bien que discrète. Suivant toujours la même équipe, on se familiarise avec ces soldats de l’ombre qui gagnent en profondeur par des flash-backs récurrents. Bien calibré, The Activity est un récit d’action divertissant qui tient en haleine malgré son découpage hermétique d’une séquence à l’autre.

Bien calibré, The Activity est un récit d’action divertissant qui tient en haleine (…)

Le dessin est quant à lui d’une belle maîtrise. Essentiellement nocturne, il est sombre mais exploite avec brio la moindre source de lumière. Une mise en scène graphiquement séduisante, qui nous place en première ligne de missions hautement périlleuses.

Avec ce premier tome introductif, The Activity montre un potentiel certain qui devrait faire mouche. Gageons que les auteurs sauront approfondir encore les personnages de la série.

Lazarus, tome 2 : un comics de Greg Rucka et Michael Lark (Glénat)

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Lazarus tome 2

Lazarus, tome 2 : Ascension

Ascension est le deuxième tome de Lazarus, thriller futuriste signé par le scénariste Greg Rucka (Whiteout, Queen & Country, Gotham Central, Batman, Superman) et le dessinateur Michael Lark (Daredevil, Terminal City, Catwoman, Gotham Central, Spider-Man). Attendue en adaptation TV, Lazarus nous invite dans une société régie par des grandes familles qui se partagent des territoires avec hostilité. Leur arme de guerre favorite sont les Lazarus : des tueurs créés de toutes pièces, quasi-invincibles. Pour en savoir plus, lire notre chronique du tome précédent.

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs :  Greg Rucka (Scénario), Michael Lark (Dessin) et Santi Arcas (Couleurs)
Editions : Glénat
Prix : 14,95 € (128 pages)

Résumé de l’éditeur:

Dans un futur dystopique, le gouvernement est un concept archaïque, les richesses du monde sont farouchement acquises par quelques familles qui règnent de façon despotique. Forever Carlyle est l’ange gardien de sa famille… son « Lazare » !
Dans cet épisode : Forever démasque une rébellion prenant source dans les rues de Los Angeles. Dans le même temps, les Barret, une famille de Déchets tombée en disgrâce, part pour un voyage de 500 miles pour Denver. Leur but : se faire repérer par les Carlyle et entrer à leur service…
Combinant avec une efficacité folle action, ultra-violence et récit d’anticipation, Lazarus est l’une des séries du moment sur le marché US. Un succès tel qu’une adaptation en série TV confiée au producteur de The Amazing Spider-Man 1 & 2 vient d’être signée par la chaîne Legendary TV !
Cette seconde histoire de Lazarus a fait partie de la sélection des meilleures séries comics pour le New York Times.

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Le point sur l’album :

Enrichi par des flash-backs qui nous en apprennent plus sur l’enfance de Forever, le scénario de ce deuxième tome de Lazarus laisse de côté la traitrise de son frère. Forever n’a pas de temps à consacrer à le pourchasser : elle doit à tout prix empêcher un attentat à la bombe projeté contre sa famille. Construit assez classiquement, le récit propose deux points de départs différents qui vont ingénieusement se télescoper en fin d’album. Une écriture coup de poing très efficace, qui convoque suspens et action au coeur de l’album sans omettre d’étoffer la dimension psychologique de son héroïne.

(…) un récit au suspens implacable et à l’exécution remarquable.

Tout cela dans une atmosphère sombre, froide et violente, magistralement mise en image par Michael Lark. Son trait hyper-réaliste fascine tout autant que sa capacité à capter la vélocité de l’action, l’accompagnant de gerbes de sang, tout en finesse.

Bref, ce second tome de Lazarus confirme largement tout le bien que l’on pensait déjà de la série : un récit au suspens implacable et à l’exécution remarquable. A lire.

The Infinite Loop, tome 1 : un comics de Pierrick Colinet et Elsa Charretier (Glénat)


The Infinite Loop - Tome 1

The Infinite Loop, tome 1 : L’éveil

Comics à la française, The Infinite Loop est d’abord paru aux Etats-Unis après un financement participatif sur le site Ulule. Cette série originale est le fruit de l’imagination du scénariste Pierrick Colinet (Le Garde Républicain) et de la dessinatrice Elsa Charretier (Issue 6 de Cowl, Windhaven), deux auteurs qui ont déjà réalisé ensemble Aeternum Vale.

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs : Pierrick Colinet (Scénario) et Elsa Charretier (Dessin et Couleurs)
Editions : Glénat
Prix : 14,95 € (112 pages)

Résumé de l’éditeur:

Teddy vit dans un futur lointain, un monde édulcoré et sans aspérité où il n’y a plus d’enjeux, plus de haine, et surtout… plus d’amour. Un monde en apparence apaisé et sans conflit et où les voyages spatiotemporels font partie du quotidien. Teddy y mène une existence parfaite, exerçant son travail de correcteur d’anomalies temporelles au sein d’une brigade gouvernementale. Sa vie se déroule sans accroc jusqu’à ce que l’une de ces anomalies prenne la forme d’une jeune femme. Teddy est alors confrontée à un choix terrible : osera-t-elle défier sa hiérarchie et sauver l’anomalie ou va-t-elle purement et simplement la supprimer ?
Comment s’épanouir quand on vous empêche d’aimer librement ? C’est la question à laquelle tentent de répondre Pierrick Colinet et Elsa Charretier, couple d’auteurs français évoluant sur le marché américain, avec The Infinite Loop : une histoire humaniste où la S.F. est un moyen d’aborder des sujets plus délicats.
The Infinite Loop a été à l’origine financée avec succès sur la plateforme de financement participatif Ulule. La série est publiée mensuellement aux États-Unis par l’éditeur IDW depuis avril 2015. Les éditions Glénat décident de l’éditer dans sa première version hard cover en août 2015.

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Le point sur l’album :

Débutant sans ménagement son récit de science- fiction, Pierrick Colinet nous débarque dans un futur aseptisé où les moeurs ont évolué à un point tel que l’amour ne fait plus partie de la norme. Dans ce monde, aimer, c’est mal. Un sentiment rendu coupable des malheurs de l’humanité donc interdit et immoral. Jusqu’ici tout va bien. Mais tout se complique quand l’on apprend qu’une communauté appelée les forgeurs sème dans des univers parallèles – ou plus exactement des espaces-temps différents – des anomalies matérielles. Une seule anomalie, en principe anachronique, peut ainsi semer des troubles démesurés pour les dimensions futures s’en trouvant ainsi modifiées. C’est pourquoi une armée de voyageurs du temps bien entrainés est chargée d’éliminer ces anomalies au fur et à mesure, avant que l’irréparable ne se produise.

(…) original et sexy (…)

Le scénario déroule ainsi sa trame sans vraiment lier l’ensemble mais il faut bien accepter de se laisser porter au « hasard » de l’histoire. Car, vient rapidement le jour où une anomalie inédite va devoir être éliminée : un être humain. Et bon gré mal gré, l’histoire va peu à peu s’ordonner pour former un tout original et sexy, l’amour étant bien évidemment au rendez-vous. Malgré une amorce mal négociée, le récit retombe sur ses pattes avec une certaine habileté (un peu tardive tout de même).

Avec son dessin d’animation, The Infinite Loop adopte des traits simples et fluides, privilégiant l’effet de mouvement avec des cadrages originaux et dynamiques plutôt qu’un travail trop précis et détaillé. Un dessin assez basique, qui manque de panache et de nuances dans sa couleur, mais auquel on reconnait une lisibilité agréable.

En conclusion, malgré ses petites imperfections, The Infinite Loop demeure une histoire originale et efficace. Une affaire à suivre, qui pourrait bien gagner en maturité.

Denver & other stories : un comics de Justin Gray, Jimmy Palmiotti, Phil Noto et Pier Brito (Glénat)

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Denver & other stories

Denver & other stories

Denver, Trigger girl et Painkiller Jane sont trois récits réunis dans cet album. Denver & other stories est signé Justin Gray et Jimmy Palmiotti (duo à qui l’on doit Hawkman, Jonah Hex, Power Girl, 21 Down, Uncle Sam and the Freedom Fighters et The Resistance – Jimmy Palmiotti est aussi l’auteur de Deadpool), Phil Noto (Daredevil, Mystique & Sabretooth, Lobo et Silver Surfer) ou encore Pier Brito (Jonah Hex, X-23, Uncanny X-Force, Black Widow, The Infinite Horizon).

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs : Justin Gray, Jimmy Palmiotti (Scénario), Phil Noto et Pier Brito (Dessin et Couleurs)
Editions : Glénat
Prix : 16,95 € (160 pages)

Résumé de l’éditeur:

Dans un futur proche, une météorite a changé la face du monde. Après une terrible montée des eaux, il ne reste aux USA plus qu’une seule ville à la surface : Denver, Colorado. Max Flynn, membre des garde-côtes censés contrôler la bordure de la ville, y mène une vie routinière. Jusqu’au jour où sa femme va se faire enlever, le propulsant au cœur d’une terrible machination…
Jimmy Palmiotti et Justin Gray signent un polar noir et tendu sur fond de récit d’anticipation, quelque part entre Blade Runner, Soleil Vert et le mauvais esprit des productions de Quentin Tarantino.
Également au menu de Denver & Other stories : Trigger Girl 6, un thriller d’espionnage façon Nikita mâtiné de SF, et une histoire courte inédite !

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Le point sur l’album :

Des trois comics proposés dans cet album, c’est bien Denver qui marque le plus, grâce à la qualité de son écriture. Dans un univers post-apocalyptique, Denver est l’une des villes situées à 1.500 mètres d’altitude où la population a pu se réfugier, suite à une brusque montée des eaux. Depuis, sur cette île, tout est rationné, et les flux migratoires sont devenus totalement hermétiques. Max est chargé de contrôler les côtes et d’empêcher toute entrée non-autorisée. Mais sa femme va être prise en otage et un odieux chantage auprès de notre héros va permettre la mise en place d’un réseau parallèle occulte… Seulement, tout ne va pas se terminer comme on aurait pu le penser.

Un bon shoot d’ultra-violence.

Un scénario qui a du nerf ! Particulièrement bien écrit, tout en muscles et en testostérone, l’histoire rebondit avec panache à plusieurs surprises, en prenant le lecteur au dépourvu. Un vrai plaisir pour du pur divertissement. Quant aux deux autres récits, ils sont appréciables dans une moindre mesure mais montrent néanmoins le potentiel de ses auteurs, que l’on découvre avec engouement.

Côté dessin, chaque histoire a son univers graphique. Cultivant la différence, ils sont authentiques et dopés à l’adrénaline. Il y a là largement de quoi s’amuser.

Au final, cet album est surtout à lire pour son très bon Denver. Un bon shoot d’ultra-violence.

Metropolis, tome 3 : une BD de Serge Lehman et Stéphane de Caneva (Delcourt)

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Metropolis tome 3

Metropolis, tome 3

Tétralogie uchronique, Métropolis s’apparente à un polar en milieu hostile, dans un univers aseptisé et contrôlé par une milice du secret, où les nations se sont effacées au profit d’une Europe en paix… en 1936. Une série remarquée signée Serge Lehman (La Brigade chimérique, Masqué, L’oeil de la nuit) au scénario et Stéphane de Caneva (L’Affaire de l’auberge rouge, Sept clones) au dessin.

Date de parution : le 19 août 2015
Auteurs: Serge Lehman (scénario), Stéphane de Caneva (dessin) et Dimitris Martinos (couleurs)
Editeur : Delcourt
Prix : 15,95 € (96 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Trois corps de femmes ont été découverts sous la Réconciliation, tour symbolique dont l’architecte se pend après avoir reçu une boîte de dents humaines. Le service de sécurité connu sous le nom de Secret cherche à orienter l’enquête qui mène au centre d’essais astronautiques de Metropolis. Gabriel Faune pousse le commissaire Lohmann à redevenir M pour l’éloigner de Loulou et le docteur Freud commence à lâcher prise…

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Notre avis sur la BD :

Après deux albums franchement bluffants, Metropolis semble s’enfoncer peu à peu dans des méandres lynchiens, perdant en lisibilité en multipliant les ellipses narratives et l’apparition de symboles énigmatiques. Les pièces du puzzle s’accumulent dans une nébuleuse qui ne permet pas de les assembler, ni même d’en sonder la cohérence. Cet avant-dernier épisode prend donc tous les risques, notamment celui de perdre le lecteur dans les pérégrinations d’un agent Faune presqu’insaisissable. Ce dernier tome commande donc de réserver notre jugement pour le reporter à l’épilogue annoncé, mais force est de reconnaître qu’avant cela, Metropolis avait tout de la grande série. Peut-être est-ce encore le cas, mais impossible de le savoir à ce stade.

Le dessin très sombre de Stéphane de Caneva a le mérite de coller toujours aussi bien à l’atmosphère de Metropolis. Un trait puissant et charbonneux qui dégage une certaine aura et en fait profiter des personnages hauts en couleur. Un univers propre à Metropolis. Un atout indéniable.

En conclusion, malgré l’hermétisme de plus en plus dense du scénario, Metropolis conserve son charme. On en attend néanmoins beaucoup plus pour le grand final. A suivre…

Flore, un film de Jean-Albert Lièvre

Un film de Jean-Albert Lièvre

Flore, est donc le nom de la propre mère du réalisateur, Jean-Albert Lièvre. Flore est aussi le centre de ce film documentaire puisqu’on la voit évoluer au fil des années alors qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Sortie le : 18 août 2015

Durée : 1h33
 

Synopsis :

Une ode à la vie. Contre les recommandations de tous, un fils sort sa mère atteinte d’Alzheimer de sa maison médicalisée pour la ramener chez elle. Au contact de la nature, elle revient à la vie…

Flore, un film de Jean-Albert Lièvre

Flore, un film de Jean-Albert Lièvre

 

Jean-Albert Lièvre a voulu rendre hommage à sa mère, souffrant de la maladie d’Alzheimer, maladie que nous redoutons tous. Il l’a donc filmée durant trois ans. On la voit évoluer tout au long des mois, passer de maison de retraite en maison médicalisée.

Le réalisateur nous dévoile aussi de vieux extraits de films familiaux où l’on voit Flore plus jeune, grande et belle sportive. C’est toujours très impressionnant de voir quelqu’un tomber malade et devenir de plus en plus dépendant.

Mais ce film, Flore, est très bien fait et reste très optimiste. Ce n’est pas une leçon de morale ni une démonstration, mais bien un témoignage d’amour d’un fils envers sa mère.

En accord avec la famille, Jean-Albert décide de retirer sa mère de la maison de retraite où elle se pourrait tout doucement, et de l’installer en Corse.

« [L]à, dans sa maison, entourée des siens et d’une équipe de soignants,

elle reprend goût à la vie et ressuscite un peu chaque jour. »

Toute la partie filmée en Corse est splendide ! Il en ressort une certaine sérénité et un bonheur de vivre. Prise de conscience de choses toutes simples du quotidien.

Voilà un beau message d’espoir que transmet le réalisateur à toutes les familles qui sont confrontées à cette terrible maladie.

Bien sûr ce qu’il a fait pour sa mère n’est pas à la portée de tous car financièrement, ce doit être un effort énorme. Et le réalisateur remercie souvent les personnes qui s’occupent au quotidien de sa mère, avec un dévouement et une patience inébranlable. Mais c’est surtout l’amour que l’on transmet à nos « vieux » qui leur permet de supporter les souffrances liées à la vieillesse. Et cela est à la portée de tous !

Flore, un film porteur de vie et d’espoir qui met les personnes âgées au centre de nos vies ! A voir assurément !

 

Bande annonce : Flore

Orphelins, tome 1 : un comics de Roberto Recchioni, Emiliano Mammucari et Allessandro Bignamini (Glénat)

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Orphelins - Tome 1

Orphelins, tome 1 : petits soldats

Comics de fabrication 100% italienne, Orphelins est un récit S.-F. scénarisé par Roberto Recchioni (Dark Side, John Doe, Detective Dante, Dylan Dog, Tex) et illustré par Emiliano Mammucari (John Doe, Povero Pinocchio) pour la première partie et par Allessandro Bignamini pour la seconde. Dans ce premier tome, une partie de la planète est frappée par une arme laser extra-terrestre qui extermine l’humanité sur le continent européen. Seuls quelques enfants rescapés sont retrouvés. On les appelle les Orphelins.

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs : Roberto Recchioni (Scénario), Emiliano Mammucari et Allessandro Bignamini (Dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,95 € (192 pages)

Résumé de l’éditeur:

Le futur. La Terre a été presque entièrement ravagée par une attaque extra-terrestre. Pour contre-attaquer, le gouvernement militaire formé par les survivants décide de mettre en place un programme d’enfants-soldats surentrainés. Parmi eux, 5 adolescents aux dons exceptionnels vont se démarquer : ils forment l’unité des Orphelins. Ensemble, après de nombreuses épreuves, ils vont découvrir l’infâme vérité qui se cache derrière cette catastrophe. Cette amitié indéfectible qui fait leur force en subira les conséquences…
Orphelins est une grande saga de science-fiction mettant en scène des enfants-héros face à leur destin dans un futur post-apocalyptique fait de guerres interstellaires et de révélations fracassantes. Un futur classique du genre, entre Starship Troopers et Hunger Games.
Cette série en 6 albums bénéficie d’un rythme de parution soutenu, à raison d’un tome tous les 3 mois !

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Le point sur l’album :

Ces Orphelins sont réunis et intégrés au sein d’une organisation militaire qui ambitionne d’en faire les plus redoutables soldats de la planète. Leur objectif : les envoyer dans l’espace pour mener une guerre sans merci contre l’ennemi venu d’ailleurs. Et leur projet aboutira. Cette bande d’orphelins devenus adulte se révèle redoutable sur un champ de bataille. Mais elle pourrait aussi se retourner contre sa hiérarchie qui l’a formée dans la douleur et la violence.

Orphelins n’hésite pas à mettre le paquet pour nous en mettre plein la vue.

Un récit de genre explosif et bien rythmé. Servi par un scénario efficace, qui tire parfois des ficelles un peu trop visibles, Orphelins amorce une intrigue haletante – alternant deux époques différentes – qui ne laisse pas le temps de respirer. Le rythme de parution en est l’illustration : six tomes à raison d’un tome tous les trois mois !

Le dessin futuriste des deux dessinateurs est très homogène, la différence de trait étant imperceptible. L’environnement de la série est très élaboré ; les costumes – ou armures – de nos héros sont tous différents, travaillés dans le détail. Orphelins n’hésite pas à mettre le paquet pour nous en mettre plein la vue.

En conclusion, ce premier tome prometteur d’Orphelins met en appétit. On a hâte d’en (sa)voir plus !

Résultats Concours : Flore, 10 DVD gagnés

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Flore en DVD le 18 août 2015

 

A l’occasion du film Flore en DVD, un film de Jean-Albert Lièvre, Publik’Art,  vous a offert la possibilité de gagner :

10 DVD du film Flore

Vous avez été très nombreux à participer : 2 379 joueurs !

Un grand bravo à tous.

Les dix heureux gagnants sont :

Aurélie Martinet, Michel Weber, René Yaouanc, Aurélie Gamundi, Eric Dauris, Nathalie Andrieu, Jean Bourquin, Denise Perret, Jean-Luc Royer et Mélanie Dubois.

Notre partenaire vous enverra votre DVD très prochainement. D’avanace on les en remercie vivement.

Très bon film à tous !

Fraternités, tome 2 : une BD de Jean-Christophe Camus et Bernardo Muñoz (Delcourt)

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Fraternités, tome 2

Fraternités, tome 2 : 1804 : l’ordre manipulé

Saga familiale et maçonnique de l’après-Révolution, Fraternités est aussi le nom du journal tenu par Gaston Baudecourt et ses deux fils. Ces derniers, devenus francs-maçons, vont à leur tour subir un terrible complot visant à assoir le pouvoir de Napoléon au détriment de leur nouvelle loge. Une série scénarisée par Jean-Christophe Camus (La Bible, Negrinha, Notre Histoire) et désormais illustrée par Bernardo Muñoz (Déviances, La Poudre aux Rêves) qui succède à Ramon Rosanas.

Date de parution : le 19 août 2015
Auteurs: Jean-Christophe Camus (scénario) Bernardo Muñoz (dessin) et Dimitri Fogolin (couleurs)
Editeur : Delcourt
Prix : 14,95 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Gaston Baudecourt est souffrant. Paul a disparu depuis près de onze ans et c’est René, son cadet, qui est devenu le numéro 2 du journal. Le puissant ministre de la police, Joseph Fouché, compte bien utiliser Fraternités et les francs-maçons comme soutiens sans faille à Napoléon Bonaparte dont le sacre est proche. Pour cela, Fouché noyaute et surveille toutes les loges maçonniques.

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Notre avis sur la BD :

Après un saut dans le temps de 10 années, on apprend que Paul, fils adoptif des Baudecourt, a disparu depuis près de onze ans sans donner signe de vie. Son frère, René est devenu l’homme fort du clan car le patriarche est souffrant et ne peut plus ni animer la loge qu’il a créée, ni diriger son journal. Deux rôles qu’a donc endossés René, et qui en fait la cible idéale des complotistes en quête de pouvoir. C’est le cas du ministre de la police Joseph Fouché, qui compte bien le manipuler pour soutenir Napoléon.

Un récit habile à l’écriture fleuve et captivante.

En la matière, tous les coups sont permis. Jean-Christophe Camus nous l’a bien fait comprendre. Il échafaude une intrigue à suspens où l’on peut basculer à tout instant dans l’horreur d’un crime indélébile, capable de marquer durablement l’Histoire comme la famille Baudecourt. Un récit habile à l’écriture fleuve et captivante.

Bernardo Muñoz relève quant à lui le défi en livrant un dessin très semblable au premier album. Un dessin réaliste au trait vif et précis qui ne fait pas l’économie de décors souvent détaillés et de cadrages étudiés.

Avec ce deuxième tome, Fraternités se montre à la hauteur de ses ambitions. Une vraie saga qui, on l’espère, va longtemps nous tenir en haleine.

Sherlock Holmes Society, tome 2 : une BD de Sylvain Cordurié et Eduard Torrents (Soleil)

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Sherlock Holmes Society, t. 2

Sherlock Holmes Society, t. 2 : Noires sont leurs âmes

Après avoir combattu une horde de zombies dans L’Affaire Keelodge, Sherlock Holmes entame le second volet de son enquête qu’il poursuit de sa propre initiative, à l’insu de son frère Mycroft. Tétralogie captivante écrite par Sylvain Cordurié (pour la collection 1800 des éditions Soleil), Sherlock Holmes Society est confiée à un dessinateur différent à chaque tome. Après Stéphane Bervas, c’est Eduard Torrents (Ramon Llull, la controverse juive, Le Convoi, Les Médicis) qui est cette fois chargé de nous effrayer.

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs : Sylvain Cordurié (scénario), Eduard Torrents (dessin) et Jean Bastide (couleurs)
Prix : 14,95 € (56 pages)
Editions : Soleil 

Résumé de l’éditeur:

Bien décidé à découvrir les criminels qui se cachent derrière le drame de Keelodge, Sherlock, de retour à Londres, poursuit ses investigations. Comme son frère Mycroft l’a écarté de l’affaire, il ne dispose que de peu d’éléments pour faire avancer l’enquête. Elle prend toutefois un tournant décisif quand, remontant la piste du poison, le détective se retrouve face à un certain Edward Hyde, un petit homme répugnant, menacé de mort par ceux-là même qui ont condamné le village.

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Le point sur l’album :

En remontant la piste du poison utilisé à Keelodge, Sherlock Holmes croise rapidement la route d’un homme défiguré et violent, spécialisé dans les formules chimiques… Ce dernier n’est autre qu’Edward Hyde. Déterminé à élucider son affaire, le détective s’associe contre toute attente à cette brute hideuse qui profite de la protection de Sherlock Holmes pour échapper à des pourchassants plus que menaçants. Un intérêt commun qui va permettre de nouvelles révélations par des biais pas toujours pacifiques, et encore moins légaux.

Procurant de belles sensations, Sherlock Holmes Society séduit

Dans son scénario, Sylvain Cordurié propose ainsi de découvrir un Sherlock Holmes pas tout à fait innocent, qui prend quelques libertés avec la loi et la morale. Un récit haletant parfois freiné par une narration à la première personne un peu envahissante où le détective nous livre états d’âmes et réflexions sur l’enquête qui le préoccupe.

Côté dessin, Eduard Torrents a su adapter son trait pour assurer une certaine continuité avec celui du premier album, réalisé par Stéphane Bervas. Précis jusque dans les plus petites rides d’expression, il est élaboré en finesse, orné de jolis détails qui font la différence. Un dessin très bdgénique.

Procurant de belles sensations, Sherlock Holmes Society séduit non seulement par les alliances originales et inattendues consenties par le détective, mais aussi par son graphisme élégant et incisif. Un très bon divertissement.

Le Château des étoiles, tome 2 : une BD de Alex Alice (Rue de Sèvre)

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Le Château des étoiles tome 2

Le Château des étoiles, tome 2

Le Château des étoiles fête la fin de sa première aventure spatiale –1869 : La Conquête de l’espace – avec ce second tome signé Alex Alice (Le Troisième Testament, Siegfried) en tant qu’auteur complet. Une série qui nous plonge avec émerveillements dans une exploration spatiale à la croisée des univers de Hayao Miyazaki et de Jules Verne.

Date de parution : le 16 septembre 2015
Auteur : Alex Alice (scénario et dessin)
Editeur : Rue de Sèvre
Prix : 13,50 € (64 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Nos héros, qui ont échappé de justesse aux hommes de Bismarck en embarquant dans l’éthernef, voient le château s’éloigner sous leurs yeux au fil de leur montée dans le ciel. Les voici sur le point de prouver leur théorie, franchir le mur de l’éther et découvrir l’espace mystérieux et infini. Une avarie va faire de leur rêve le plus fou une réalité, les forçant à se poser sur la face cachée de la Lune. Si le père de Séraphin fera tout pour les ramener vivants sur Terre, le Roi semble caresser d’autres espoirs tandis que Séraphin, lui, veut en savoir plus sur la disparition de sa mère. La conquête de l’espace s’arrêtera-t-elle à ce premier vol ?

Mêlant aventure à la Jules Verne, romantisme et humour, ce livre s’adresse aux rêveurs de toutes les générations et démontre, s’il le fallait, qu’il n’y a pas d’âge pour le merveilleux.

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Notre avis sur la BD :

Cette fois, ça y est, nous y sommes ! L’étheronef a pris son envol depuis de longues heures et a disparu de la vue des télescopes du Château bavarois. L’inquiétude est grande. Et pour cause, l’équipage erre dans l’éther, perdu au fin fond de la galaxie. L’oxygène va bientôt manquer et le vaisseau manque d’énergie pour faire le chemin retour. Un atterrissage catastrophe sur la face cachée de la lune est inévitable… Une succession de catastrophes qui va avoir raison du peu d’espoir porté par le Roi pour retourner sur terre.

[U]n songe poétique qui nous met définitivement la tête dans les étoiles.

Onirique,  Le Château des étoiles nous propulse dans une autre dimension où les dangers guettent et menacent tout un équipage échoué dans l’ombre du système solaire. A chaque instant du récit pourtant, on trouve une étincelle briller dans l’âme innocente des trois enfants qui participent au voyage. Une innocence incandescente et audacieuse portée par une narration fleuve et romanesque. Une plume au ton parfaitement juste, à l’écriture délicate, inspirée et subtilement rythmée. On sort de cette aventure totalement envouté et conquis.

Mais le scénario d’Alex Alice n’est pas le seul atout du Château des étoiles. Son dessin est également d’une beauté inhabituelle. L’auteur parvient à travers ses aquarelles à incarner un songe poétique qui nous met définitivement la tête dans les étoiles.

Le Château des étoiles referme ce premier chapitre avant d’ouvrir un second cycle qui s’intitulera Les Chevaliers de Mars. Une série culte, à découvrir d’urgence.

Invincible, tome 16 : un comics de Robert Kirkman et Ryan Ottley (Delcourt)

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Invincible tome 16

Invincible, tome 16 : Histoires de Famille

Autre comics à succès du scénariste Robert Kirkman (Walking Dead, Outcast, Haunt), Invincible compte déjà son seizième tome. Illustrée depuis le troisième tome par Ryan Ottley (Ted Noodleman : Bicycle Delivery Boy, Haunt), succédant à Cory Walker, la série met en scène une flopée de supers-héros qui s’affrontent avec violence, au coeur d’une intrigue dense et passionnante.

Date de parution : le 19 août 2015
Auteurs: Robert Kirkman (scénario) et Ryan Ottley (dessin)
Editeur : Delcourt
Prix : 15,95 € (160 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Pendant que les parents d’Invincible partent vivre sur la planète Talescria, suite à l’affrontement contre les Viltrumites, un nouveau péril vient menacer la Terre. Et pourrait même signer l’anéantissement de toute vie ! Nolan et Oliver vont devoir tout faire pour arrêter Allen l’alien, qui croit agir comme il convient. Est-ce que cela signifie que sa fin est proche. ?

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N.B. : ces planches d’Invincible ne sont pas extraites du tome 16.

Notre avis sur la BD :

Après la Guerre ViltrumitesNolan va devoir s’interposer devant le projet fou d’Allen, l’alien, visant à anéantir la population Viltrumites réfugiée sur Terre en propageant un virus ultra résistant. Ce dernier pourrait aussi bien contaminer les terriens et exterminer ainsi les deux espèces en même temps. Le nouveau représentant de la Coalition va quand même parvenir à mettre son plan en oeuvre, jusqu’à être stoppé par Invincible… Ce dernier va malencontreusement être infecté par le virus et la situation va vite devenir explosive, voire incontrôlable.

Robert Kirkman est un maître, peut-être le meilleur scénariste de comics à l’heure actuelle.

Propice à des retournements de situation et des révélations en tout genre, ce seizième tome est tout aussi excellent que les précédents. Robert Kirkman est un maître, peut-être le meilleur scénariste de comics à l’heure actuelle. Et il le prouve tome après tome dans Invincible. Les combats sont épiques, les bains de sang nombreux mais pourtant l’accent est mis sur les personnalités, les nuances, les dilemmes, la part d’ombre et de lumière de chacun. C’est brillant, captivant et toujours surprenant.

Le dessin de Ryan Ottley gagne quant à lui en assurance et en maturité. Son trait particulièrement fin et précis offre des planches spectaculaires, où les têtes explosent et les mâchoires sont arrachées sous nos yeux. On entendrait presque le craquement des os.

Ce tome 16 convoque les gros muscles et met notre Mark (Invincible) sur le tapis pour un temps. Autant dire qu’il ne faut pas laisser passer ça !

Preview : découvrez les premières planches de Tyler Cross, tome 2 : une BD de Fabien Nury et Brüno (Dargaud)

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Tyler Cross tome 2

Preview – Tyler Cross, tome 2 : Angola

Après avoir fait grand bruit avec un brillant premier album, le retour de Tyler Cross est l’un des évènements les plus attendus de cette rentrée 2015. Une preview à savourer ! Tyler Cross est une série signée par le scénariste à succès Fabien Nury (L’Or et le sang, Fils du soleil, Silas Corey) et l’illustrateur Brüno.

Date de parution : le 28 août 2015
Auteurs: Fabien Nury (scénario), Brüno (dessin) et Laurence Croix (couleurs)
Editeur : Dargaud
Prix : 16,95 € (100 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Avec la série Tyler Cross, Fabien Nury et Brüno signent une histoire pure et dure de gangster des années cinquante : une BD amorale et jubilatoire La chance tourne. Ce qui devait être un coup sans risque, garanti sur facture, se transforme en descente aux enfers pour Tyler Cross. Un enfer qui porte le doux nom d’« Angola », la plus grande prison de haute sécurité des États-Unis, entourée de marécages et écrasée par le soleil torride de Louisiane. Cerise sur le gâteau : le clan Scarfo a mis un contrat sur sa tête, et les Siciliens sont nombreux parmi les détenus… Si Tyler sort un jour de cet enfer carcéral, ce ne sera pas pour bonne conduite. Tyler Cross est un récit complet ; une histoire de gangster, un polar noir froid et teigneux.

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Bien fait ! une BD de Sophie de Villenoisy et Sophie Ruffieux (Delcourt)

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Bien fait !

Bien fait !

Journaliste ratée ou qui traverse juste une mauvaise passe, Justine a bien du mal à accepter le regard de ses proches sur elle. Et elle compte bien se venger de ses petites contrariétés du quotidien sur ces derniers. Bien fait ! est un album caustique imaginé par Sophie de Villenoisy (La Paternité dans tous ses états, Calamity Jane, La Danse des connards, Mes BFF : my Best Fucking Friends) et illustré avec talent par Sophie Ruffieux (Mon cahier Yoga, Mon cahier Running).

Date de parution : le 19 août 2015
Auteurs: Sophie de Villenoisy (scénario) et Sophie Ruffieux (dessin)
Editeur : Delcourt
Prix : 15,95 € (112 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Justine est incomprise. Sa mère lui préfère Virginie, sa meilleure amie, qui est en plein préparatifs de mariage. Virginie la dévalorise pour amuser sa belle-famille. Justine va se venger. Grâce à son culot et à son opiniâtreté, la voilà prête à se sortir de toutes les embûches, de toutes les situations, même les plus complexes, et ce avec drôlerie ! Un récit cinglant sur les relations familiales et amicales de la tornade Justine !

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Notre avis sur la BD :

Justine doit se préparer au mariage de sa meilleure amie Virginie, parisienne aux allures de bourgeoise snobinarde. En même temps, sa mère ne cesse de complimenter la carrière de son frère et l’agace au plus au point quand elle lui rappelle qu’elle a échoué dans le journalisme. Souhaitant s’extirper de son triste quotidien ponctué de rendez-vous pôle-emploi, elle va peu à peu pourrir celui de ses proches en les mettant dans des situations pour le moins saugrenues, pour ne pas dire très inconfortables. Largement de quoi faire annuler le mariage de Virginie, rendre la vie de ses parents impossible et plonger son grand-père dans la détresse. Le scénario imagine des vengeances en cascades, où l’entourage de Justine paye le prix fort. Un récit à l’humour acerbe qui met parfois mal à l’aise tant le personnage principal va loin.

Bien écrit, il promet néanmoins un divertissement savoureux tout au long de ses 112 pages, agrémentées d’un dessin particulièrement raffiné, à la ligne claire et au cadrage moderne, sans bordure. De quoi lui apporter dynamisme et fraicheur.

En résumé, Bien fait ! est une histoire pleine de malice qui saura séduire le plus grand nombre.

Freak Island, tome 1 : un manga de Masaya Hokazono (Delcourt)

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Freak Island tome 1

Freak Island, tome1

Si vous aimez le gore de Massacre à la tronçonneuse dans une version encore plus trash où les victimes sont sur le point d’être (salement) découpées en rondelles pour être dévorées par un géant au masque de cochon sur une île déserte… alors Freak Island est LA série qu’il vous faut ! Et ce premier tome ne tardera pas à vous le prouver. Âmes sensibles s’abstenir.

Date de parution : le 19 août 2015
Auteur : Masaya Hokazono (Scénario et Dessin)
Editeur : Delcourt
Prix : 7,99 € (160 pages) 

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Résumé de l’éditeur : 

Les six membres d’un club de fouilles s’approchent de l’île déserte de Kikuike pour visiter ses ruines. Alerté par ce qui lui semble être un naufragé, Higashiyama rejoint le rivage. Et se retrouve face à un homme à tête de cochon ! Tandis que ce dernier lui explose littéralement la cervelle à coups de marteau, le bateau des étudiants fait naufrage. Ils n’ont pas d’autre choix que de se réfugier sur l’île.

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Notre avis sur ce tome :

Freak Island n’a pas fini de nous hérisser les poils.

Signé Masaya HokazonoFreak Island est LE manga horrifique par excellence. Une série actuellement en cours au Japon (deux tomes parus) bien partie pour faire parler d’elle. Le pitch est simple : une bande d’étudiants débarque par hasard sur une île abandonnée. Mais ils vont être accueillis par un géant à la tête de cochon et ce qu’ils vont découvrir ne va pas leur plaire du tout. Ce fou furieux compte bien tous les découper, les bruler, les manger, les hacher menu… La fuite va donc s’organiser à travers la jungle à la recherche d’une issue, d’un bateau, de n’importe quoi qui pourrait les sortir de ce cauchemar.

Un récit de genre qui va loin dans sa mise en scène, enrichie de quelques bizarreries non élucidées qui font tout le charme de ce premier tome.

Servi par un dessin très net, au trait fin, précis et parfois charbonneux, Freak Island n’a pas fini de nous hérisser les poils. L’une des sorties manga les plus enthousiasmantes de la pré-rentrée !

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