Dans ce livre, il est en fait davantage question de Ginou Richer que de Piaf. Elle fut l’habilleuse, la maquilleuse, la dame de compagnie, la secrétaire, bref, la personne entièrement dévouée et aux services d’Edith Piaf. Ce qui est très étonnant est que Ginou est très fière d’écrire qu’elle a tenu tous les rôles auprès de Piaf, mais qu’elle n’a jamais été payée. Et cela a duré quinze ans. Cela peut paraître complètement invraisemblable. Elle démontre tout au long du livre qu’elle a été la meilleure amie de Piaf.
Piaf ressemble davantage à un monstre qu’à une déesse…
Ginou se défend en disant qu’elle a donné toutes ces années à Piaf, par amour. Edith était sa meilleure amie et c’était réciproque. Par contre, à certains passages du livre, on sent que Piaf a abusé de cette jeune femme dans tous les sens du terme. Elle n’avait plus aucun moment de liberté et sa vie privée était sous la gérance de Piaf. Même ses amants, c’était Piaf qui décidait. Elle a abandonné son premier mari et son premier fils pour aller avec Piaf. Et aujourd’hui elle s’étonne que son fils ne veuille pas lui parler.
Elles ont vécu beaucoup de choses ensemble, fait beaucoup de bêtises, de blagues, assez stupides, je dois dire et qui ne m’ont fait nullement rire, mais cela ne veut pas dire qu’elles étaient amis. Piaf a utilisé cette jeune femme comme bon lui semblait. Mais Ginou était très jeune et elle croit vraiment que Piaf l’aimait de façon désintéressée.
Ce livre ne nous apprend rien de nouveau sur Piaf. Mais tout sur Ginou que le public n’a jamais connue. Mais si vous aimez Piaf alors, vous allez aimer ce livre et découvrir que Piaf était une femme qui aimait la vie et qui aimait rire. Et qui aimait les hommes. Et l’amour ! « Edith n’a jamais vécu que pour l’amour. Avec une sincérité absolue. Elle n’aspirait qu’à la passion. Chaque fois qu’elle aimait, elle aimait son état de passion. » p71. Mais ça, tout le monde le sait.
Et vous saurez que Ginou a sacrifié sa jeunesse à Piaf, par amour. Sans aucune attirance sexuelle. Amour inconditionnel. Un amour pur. L’amour de sa vie, dit-elle. Bien qu’il n’y ait jamais eu la moindre ambiguïté dans nos rapports, nous avons vécu notre amitié comme un vrai couple. p. 203
Personnellement, je pense que Ginou a voulu écrire ce livre pour prouver au monde entier que la véritable et unique amie de Piaf ce fut elle. Même si certains actes de Ginou nous semblent incompréhensibles, comme celui d’abandon à la fin de la vie d’Edith Piaf, au moment où elle avait surement le plus besoin d’elle.
Attention, je ne me sens investie d’aucune mission particulière. Ce livre n’est qu’un cri du cœur à travers mes souvenirs dans le désordre. Je vous livre simplement ma part de vérité. p.144
Beaucoup de répétitions dans le livre, de commentaires sans intérêt, d’histoires de Piaf inintéressantes font que l’on ne s’attache absolument pas à Ginou. On ne l’envie nullement non plus. Et on ne découvre pas Piaf, comme on pourrait l’espérer. Elle est presque divinisée même si à un moment Piaf laisse tomber sa protégée, Ginou, presque mourante et l’abandonne quatre jours seule, sans rien à manger. Piaf ressemble davantage à un monstre qu’à une déesse…
En fin de compte, je pense que ce livre a fait du bien à l’auteure, Ginou Richer. Avec ce livre, elle s’est elle-même octroyée une certaine reconnaissance qu’elle a attendue, en vain, d’une certaine façon, toute sa vie.