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Petit illustré des gros clichés d’Hollywood : une BD d’Allan Barte (Jungle)

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Allan Barte (Le journal du lutin) sort le Petit illustré des gros clichés d’Hollywood, qui reprend ses illustrations postées sur internet. Un graphisme résolument moderne qui s’amuse du cinéma à l’américaine. L’auteur a d’ailleurs fait le buzz sur la toile avec son point de vue toujours malin et pertinent.

Date de sortie : 12 novembre 2014
Auteur :  Allan Barte (Scénario et Dessin)
Prix : 9,90 € (100 pages)

Résumé de l’éditeur :

Allan Barte, auteur de bandes dessinées, a récemment fait le buzz en créant un site internet recueillant tous les clichés que nous retrouvions? au cinéma ou dans les séries TV. Des détails que nous avons tous remarqué un jour sont retranscrits dans des illustrations modernes et percutantes. Un très beau livre rempli d’humour à regarder seul ou entre amis !

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Le point sur l’album :

Le Petit illustré des gros clichés d’Hollywood est un petit ouvrage, à peine plus grand qu’un livre de poche (10 x15 cm) mais qui peut se révéler d’excellente compagnie pour tout amateur – plus ou moins éclairé – de cinéma. Chaque gag est pensé en pleine page, où le graphisme simpliste et épuré vient percuter les yeux. C’est presque du marketing humoristique. Efficace et sans fioritures, on est volontiers divertis par cette centaine de vignettes amusantes.

A découvrir et emporter partout !

Piège sur Zarkass, tome 3 : une BD de Yann et Didier Cassegrain (Ankama)

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Piège sur Zarkass s’achève avec ce troisième album toujours aussi frais sur un scénario de Yann (Les Innomables, Bob Marone, Sambre, Spirou) et un dessin de Didier Cassegrain (Tao Bang, Code Mc Callum, Les Légendes de Troy). Il s’agit de l’adaptation de l’oeuvre de Stefan Wul dont les univers sont réunis dans cette belle série-concept, primée du Grand Prix de l’Imaginaire 2014 (voir aussi Le Temple du passé, Rayons pour Sidar, Oms en série).

Date de sortie : 15 octobre 2014
Auteurs :  Yann (Scénario) et Didier Cassegrain (Dessin)
Prix : 13,90 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Résolu à profiter des dernières navettes d’évacuation réservées aux indigènes collaborateurs, le Zarkassien sauvé par Louis et Marcel leur vole les fragments du vaisseau alien pour les livrer aux autorités de New Pondichery. Les deux agents imaginent alors un nouveau stratagème pour gagner la capitale encerclée : endosser les dépouilles royales découvertes dans le capharnaüm du Doc Loizau. Un subterfuge qui aura des conséquences inédites sur Loulou… et sur l’avenir de la planète Zarkass !

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Le point sur l’album :

Piège sur Zarkass nous plonge dans un univers où la femme est le sexe fort, dominant le peuple terrien d’une main de fer. Un peuple envoyé coloniser Zarkass sans le dire. Nous suivons alors Louis et Marcel, deux jeunes femmes (aux prénoms masculins, c’est la mode) investies d’une mission secrète visant à déjouer les plans de la reine Zarkassienne (mais ça, elles l’ignorent). Leur aventure s’achève donc avec ce troisième album, où le rythme du récit s’accélère. Sur le ton de l’humour et du divertissement, Piège sur Zarkass nous fait passer un très agréable moment, notamment grâce à la qualité de sa narration. Un sens du dialogue qui donne du peps à l’ensemble.

Le dessin de Didier Cassegrain est pour sa part doté d’un trait fin au style original. Les décors incroyables du récit de Stefan Wul sont joliment domptés. On apprécie déambuler dans ce monde aussi étrange qu’hostile.

Piège sur Zarkass c’est un bon moment de détente assuré dans un univers SF comme on les aime. A lire.

Une année sans été de Catherine Anne, mise en scène par Joël Pommerat, à Paris (critique n°1)

Cie Louis Brouillard Théatre National de Belgique Théâtre de l'Odéon 2013-2014 "Une année sans été" de Catherine Anne  mise en scène Joël Pommerat

Théâtre Paris-Villette du 19 au 30 novembre 2014
211 avenue Jean Jaurès
75019 PARIS

Le théâtre de Joël Pommerat est un monde à part qui chemine entre le clair et l’obscur. Un monde d’ambiguïté, de trouble, de profonde humanité où le bien et le mal se masquent, se mélangent l’un derrière l’autre, l’un avec l’autre.

Un monde sans fard lorsqu’il s’attaque au conte en revisitant de sa magie noire Pinocchio, Le Petit Chaperon rouge ou Cendrillon. Un monde désabusé, d’illusions perdues traduisant parfaitement les angoisses de notre époque lorsqu’il narre le capitalisme dans Les Marchands ou La grande et fabuleuse histoire du commerce. Chacune de ses oeuvres est d’une inventivité plastique et théâtrale rare où Pommerat s’affirme comme l’un des auteurs-metteurs en scène majeur de cette dernière décennie.

[pull_quote_left]La mise en scène de Joël Pommerat s’approprie à merveille à l’univers poétique de l’auteure où la parole est au centre de tout avec sa puissance et sa part d’ombre « Jamais en mai je n’ai senti encore le monde chanter aussi plein »[/pull_quote_left]

Une année sans été, première pièce publiée par Catherine Anne en 1987, est librement inspirée de la vie et de l’oeuvre de Rainer Maria Rilke, l’auteur des Lettres à un jeune poète, et constitue une parenthèse singulière dans le parcours de la Compagnie Louis Brouillard et son fondateur, Joël Pommerat qui n’en est donc par l’auteur.

Avec ce spectacle, il aborde la question de la transmission, entre son équipe habituelle et de jeunes interprètes à travers un texte de jeunesse en miroir qui traite de la condition d’artiste : qu’est-ce qu’être un artiste ? qu’est-ce que faire l’artiste ? où s’entremêlent des considérations existentielles.

L’action se situe au début du siècle dernier et raconte l’entrée dans l’âge adulte de cinq jeunes gens avec son cortège de questionnements : le bousculement des repères, l’enchevêtrement des désirs et des peurs, la révolte contre l’ordre établi, la tension entre le rêve et le réel. S’y mêlent le désir d’écriture d’un des protagonistes et la nécessité d’émancipation du groupe confronté à ses propres tourments.

Ils vont se croiser, se lier d’amitié, tomber amoureux, partir, revenir. Se chercher en se confrontant à soi, à l’autre, se fuir ici, là-bas, fragiles et, pour la plupart, purs, à la fois prêts à s’envoler et se retenir tout à la fois.
Au dehors, on l’apprend à la fin de pièce, se prépare une autre rupture. La perspective de la Première Guerre mondiale, à peine évoquée, elle imprègne à cette recherche éperdue une urgence encore plus prégnante, émouvante et définitive : cette transition, on la devine, se terminera brutalement.

La mise en scène de Joël Pommerat s’approprie à merveille l’univers poétique de l’auteure où la parole est au centre de tout avec sa puissance et sa part d’ombre « Jamais en mai je n’ai senti encore le monde chanter aussi plein« .

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En maître incontesté du plateau : dépouillé, utilisation de la lumière (Eric Soyer), quasi- absence de couleurs (des contrastes), mise en valeur du corps du comédien dans l’espace scénique, utilisation du fonds de scène comme unique décor stylisé, illustration sonore, Pommerat donne corps à cet apprentissage vers un ailleurs. Où le possible tangible mais indéfini des personnages se charge de mystère, de non-dits et d’introspection.

Les comédiens Carole Labouze Franck LaisnéLaure LefortRodolphe MartinGarance Rivoal sont d’une parfaite justesse pour habiter de leur jeunesse ardente ces destins en devenir et dans un jeu subtil d’intensité, de sensibilité et d’immédiateté.

Un texte d’initiation, tour à tour noir et léger, sentimental et cruel, toujours vivant…

Gad Elmaleh – Sans tambour… en DVD, BluRay et DVD le 19 novembre

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Gad Elmaleh Sans tambour… est le dernier spectacle de l’humoriste le plus coté de l’hexagone. On le retrouve dans son costume noir pour un one man show de grande qualité, écrit avec sa soeur Judith Elmaleh. Un spectacle généreux qui n’est pas qu’une déferlante de sketchs.

Date de sortie : 19 novembre 2014
Prix : 22,99 €
Synopsis:

L’humoriste préféré des français est de retour avec des situations et des personnages inédits. Dans Sans Tambour, Gad Elmaleh analyse avec brio les petits tracas du quotidien et dévoile aussi des éléments très personnels de sa vie, comme son enfance, la religion ou la notoriété. Gad Elmaleh révèle encore ce don de l’observation hors pair qu’on lui connaît. Il allie le comique du stand up à la grandiloquence de son jeu théâtral, avec sa gestuelle inimitable.

https://www.youtube.com/watch?v=IvrOOmrczTY

 

Le point sur le DVD :

La sortie prochaine du DVD du spectacle va faire des émules. Gad Elmaleh risque bien de remporter la mise pour les fêtes de Noël. Il faut dire qu’avec Sans tambour, l’artiste joue les modestes dans l’intitulé. C’est bien tambours et trompettes qui semblent retentir avec ferveur au rythme des gags qui se succèdent. Le spectacle défile à une vitesse folle, où les chutes sont réglées comme du papier à musique. L’artiste s’amuse du quotidien, de petits riens qui ponctuent nos journées, et les partage autour de savoureux moments. Un ton qui respire la sincérité, le vrai, et fait inévitablement rire.

Le sens du dialogue et de l’improvisation de Gad Elmaleh sont l’un de ses points forts. L’homme, toujours inspiré, est capable de prendre des libertés, de partir loin sans nous perdre.

Les bonus du DVD permettront d’en prendre la mesure grâce à différents extraits où l’artiste s’est produit (Londres, Canada…). On en redemande.

Un spectacle à voir et à revoir, avec toute la famille.

Land of Pleasure, nouvel album, en écoute intégrale, de Sticky Fingers, ou STIFI pour les intimes !

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Sticky Fingers ce n’est pas seulement ce monstrueux album des Stones, à la pochette aguichante. Non. Sticky Fingers c’est aussi une bande de grand-gourous australiens qui débarquent doucement en Europe. Pas de vaudou, juste des mots doux. Clamés avec virtuosité. Vous l’aurez compris, Sticky Fingers c’est aussi un groupe de musique au genre indompté qui fait preuve de beaucoup de talent. Compote de psy, reggae et électro, S.F. sait vous infliger de grosses mandales musicales, comme vous regarder avec de beaux yeux doux en vous disant « dansons ? ».

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Cette bande de potes de toujours voit leur second album sortir en août dernier, Land of Pleasure. Le disque est en accord avec le groupe : étonnant, imprévisible, et attachant. La seule différence, c’est les douze kilos de cheveux et moustaches par tête, introuvables sur le disque. On retrouve des sonorités d’un peu partout : Pink Floyd (oui), les Clash, en passant par plus récent, Arctic Monkeys. Ce qui est fort, c’est qu’on se dit que ça ressemble aux acrobaties de Gilmour, ou au timbre d’Alex Turner, mais finalement, ça n’est jamais qu’une impression. En somme, la musique de Sticky Fingers fait preuve d’inventivité et de personnalité.

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STIFI (pour les intimes) est à ne pas rater. Les rater serait comme laisser un club-sandwich seul sur un plateau apéro : ça serait triste.
A écouter sans modération :

Oms en série, tome 2 : une BD de Jean-David Morvan et Mike Hawthorne (Ankama)

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Oms en série est une adaptation de l’oeuvre de l’un des pères de la science-fiction française : Stefan Wul (la collection des univers de Stefan Wul a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire 2014 avec un Prix Spécial tant ce projet éditorial est atypique – voir aussi Le Temple du passé ou encore Rayons pour Sidar dans la même série-concept). C’est l’incontournable scénariste Jean-David Morvan (Sillage) et l’excellent dessinateur Mike Hawthorne (Fear Agent) qui font le job dans cette série. Le tome 2, intitulé L’exom, monte en puissance et en tension avec l’évolution spectaculaire des oms….

Date de sortie : 10 octobre 2014
Auteurs :  Jean-David Morvan (Scénario) et Mike Hawthorne (Dessin)
Prix : 13,90 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Terr a pris la tête des Oms libres et a guidé la construction de leur cité clandestine, à l’abri des Draags. Dans ce refuge souterrain se joue l’émancipation de leur espèce : pour atteindre le continent d’où leurs anciens maîtres lancent leurs navettes spatiales, les Oms y construisent d’immenses navires capables de conquérir de nouveaux territoires. Mais les événements s’accélèrent lorsque les Draags repèrent la tanière de ceux qu’ils considèrent encore comme des animaux de compagnie.

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Le point sur l’album :

Le scénario de Jean-David Morvan trouve dans ce deuxième album une dimension spectaculaire. Il met en scène un Terr devenu un véritable guide (l’édile). Il forme les siens pour aller affranchir d’autres oms domestiqués par les Draags. Et c’est une cité d’oms libres qui va naître clandestinement, à l’abri de l’ennemi. Ce qui n’empêchera pas des confrontations sanglantes où certains Draags feront preuve d’une cruauté sans borne. Le récit est palpitant. Le lecteur suit la conquête des oms, tenu en haleine par un découpage parfait. Ce second tome est passionnant, notamment grâce à des personnages attachants qui ne connaîtront pas tous une issue heureuse…

Le style de Mike Hawthorne – qui dessine pour de grandes maisons américaines (comics) telles que Marvel, DC/Vertigo ou encore Dark Horse – est idéal pour une oeuvre SF de ce gabarit (colossal). Résolument moderne, fin et anguleux, son trait est superbement mis en perspective dans de très belles planches aux cadrages recherchés. La coloration, déléguée cette fois à Scarlett Smulkowski est un cran en dessous de celle du premier album (où Mike Hawthorne avait fait un très beau travail). Les couleurs sont en effet assez sombres dans l’ensemble, dénotant un petit léger de contrastes.

En conclusion, ce triptyque est sans doute parmi les meilleurs de la série des univers de Stefan Wul. Un second album à ne pas manquer, comme son dénouement que l’on attend avec impatience.

Bonne journée, une BD d’Olivier Tallec (Rue de Sèvres)

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Bonne journée est un petit livre illustré plus qu’une BD. Un livre composé de très belles illustrations en pleine page, bourrées d’une inventivité foisonnante où le rire tient le premier rôle. Olivier Tallec signe ainsi un superbe ouvrage, d’une plume audacieuse, drôle et surprenante.

Date de sortie : 1er octobre 2014
Auteurs :  Olivier Tallec (Scénario et Dessin)
Prix : 14,00 €

Résumé de l’éditeur :

Olivier Tallec nous emmène dans les situations des plus cocasses au travers le temps et l’espace. Depuis la préhistoire à la savane ou au pôle nord, en passant par la vie quotidienne des superhéros, tout est prétexte à l’ironie. Derrière la tendresse du dessin, on découvre un Olivier Tallec à la plume piquante et réjouissante.

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Le point sur l’album :

Bonne journée est un très bel album. Sa naïveté apparente cache un humour délicieusement caustique. Ce livre illustré est donc surtout à destination des plus grands qui, le temps de quelques saynètes, retrouvent leur âme d’enfant tout en se délectant de la vision de l’adulte qui s’y cache. Un point de vue savoureux que l’auteur nous livre à travers mille et uns univers, du plus citadin au plus sauvage, du plus réaliste au plus fantastique voire fantasque. Un jeu inattendu dans lequel on se laisse bien volontiers emporté.

De l’incongru et du piquant à lire et relire sans modération.

Vie sauvage, un film de Cédric Kahn

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Sortie : 29 octobre 2014

Durée : 1h46

Avec : Mathieu Kassovitz, Céline Sallette

Ce film s’inspire d’une histoire vraie, celle de Xavier Fortin qui avait enlevé ses enfants, à leur mère, à l’âge de 6 et 7ans, et ce, durant onze années.

Le réalisateur, Cédric Kahn, réussit à faire un film sans prendre parti pour l’un ou l’autre des parents. Un film rempli d’humanité avec un homme qui va jusqu’au bout de ses pensées.

Synopsis :

Philippe Fournier, dit Paco, décide de ne pas ramener ses fils de 6 et 7 ans à leur mère qui en avait obtenu la garde.
Enfants puis adolescents, Okyesa et Tsali Fournier vont rester cachés sous différentes identités. Greniers, mas, caravanes, communautés sont autant de refuges qui leur permettront de vivre avec leur père, en communion avec la nature et les animaux.
Traqués par la police et recherchés sans relâche par leur mère, ils découvrent le danger, la peur et le manque mais aussi la solidarité des amis rencontrés sur leur chemin, le bonheur d’une vie hors système : nomades et libres.
Une cavale de onze ans à travers la France qui va forger leur identité.

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Les acteurs collent au plus près de la réalité. Mathieu Kassovitz est très fort. Et malgré un personnage un peu dur, on est plein d’empathie pour lui. On se dit même que sa façon de vivre est plus saine que la nôtre, broyée par le système.

Les enfants ont vécu comme des « sauvages » tout en recevant une éducation de leur père, convaincu de détenir « la vérité ». « Revenus » à la vie normale, il ne semble souffrir d’aucune lacune.

Leur vie de cavale durant ces onze ans est bien résumée. Leurs conditions de vie sont difficiles, voire douloureuses. On découvre les idées très arrêtées du père, qui frise une certaine dictature avec ses enfants. On est en droit de se poser certaines questions. Comme le font ses enfants lorsqu’ils deviennent adolescents. Ils n’ont pas peur de se confronter à leur père et de remettre en question ses idées. Excellents acteurs, enfants et ados…

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Si aujourd’hui, l’histoire paraît improbable, il faut la remettre dans le contexte des années 70 où élever des chèvres constituaient un certain idéal.

La mère, merveilleusement interprété par Céline Sallette, n’a guère de place dans le film comme dans la vie. Elle s’est battue toute sa vie pour retrouver ses enfants. Sa vie s’est arrêtée quand ses enfants ont disparu. Et hélas, elle n’a pas « récupéré » les années perdues, perdues pour toujours. Même les retrouvailles avec ses fils sont éprouvantes, voire dures.

La mère n’a rien fait de mal. Elle a juste désiré une autre vie que celle, marginale, proposée par son compagnon. Elle a fui avec ses enfants. Mais ses enfants lui ont été enlevés et sa vie a perdu tout son sens.

Un très beau film qui nous permet de prendre du recul sur notre vie, notre société, notre justice…

Arsène Lupin, les Origines – tome 1 : une BD de Benoît Abtey, Pierre Deschodt et Christophe Gaultier (Rue de Sèvres)

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Rendez-vous en Haute-Boulogne, dans la maison de redressement où est retenu le jeune Arsène, du haut de ses douze ans. Alors qu’un journaliste enquête sur Les disparus de la Haute-Boulogne, le lecteur découvre dans cette adaptation les origines de cette légende au fil d’un premier album qui pose les bases de l’intrigue.

Date de sortie : 1er octobre 2014
Auteurs :  Benoît Abtey, Pierre Deschodt (Scénario), Christophe Gaultier (Dessin) et Marie Galopin (Couleurs)
Prix : 13,50 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Le jeune Arsène est un enfant de la rue. Il a 12 ans quand il est envoyé à la Haute Boulogne, sinistre maison de redressement sur Belle-île en mer. Son crime ? avoir été témoin du meurtre d’un maître de savate, Théophraste Lupin. C’est dans ce bagne pour jeunes garçons que débutent les aventures du jeune Arsène, qui sera adopté dans ce tome 1 par le comte de la Marche. Celui-ci lui assurera la formation d’un gentleman, et lui transmettra son combat personnel, la lutte contre la Confrérie des Lombards, qui gouvernent le monde en coulisses par le crime et l’argent.

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Le point sur l’album :

Benoît Abtey et Pierre Deschodt signent un scénario original, qui nous immerge dans la douloureuse enfance de ce voyou des rues au grand coeur, Arsène. A travers un premier album rythmé par de nombreux rebondissements, et notamment de guet-apens auxquels Arsène va devoir faire face, les auteurs nous révèlent la genèse de l’histoire et les secrets qui l’environnent. Adopté par le Comte de la Marche, le jeune premier va en effet recevoir tous les enseignements nécessaires à la lutte contre la Confrérie des Lombards, société secrète omnipotente. Un récit initiatique assez soigné, qui aurait pu être presque chapitré. L’histoire avance à une telle allure qu’elle paraît en de rares instants un peu saccadée. La lecture ne souffre toutefois pas d’autres défauts.

Le dessin de Christophe Gaultier est assez brut, sans artifices. Son trait irrégulier et charbonneux donne vie à des personnages authentiques, au relief bienvenu. Un graphisme associé à la simplicité assumée de sa coloration (de Marie Galopin). Le résultat ne plaira pas à tout le monde mais il traduit un joli caractère, toujours appréciable.

En conclusion, ce premier album d’Arsène Lupin – les origines séduit et pourrait bien convaincre plus franchement avec les épisodes à venir… A surveiller, donc.

Résultats concours : Un prof pas comme les autres, 10 places de ciné gagnées.

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Sortie le 12 novembre 2014

 

A l’occasion de la sortie du film Un prof pas comme les autres, Publik’Art, en collaboration avec Ocean Films, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film :  Un prof pas comme les autres

Vous avez été très nombreux à participer : 3 219 joueurs ! Bravo à tous et merci de cette excellente participation !

Les cinq heureux gagnants de 2 places de ciné sont :

Cyril Ruchet, Marie-Josée Thouvenin, Cindy Roussel, Joël Bougoin et James Bigand.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

François Truffaut Exposition à La Cinémathèque française

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FRANÇOIS TRUFFAUT
Exposition à La Cinémathèque française
8 octobre 2014-26 janvier 2015

« Je fais des films pour réaliser mes rêves d’adolescent, pour me faire du bien et, si possible, faire du bien aux autres » François Truffaut
Truffaut fut un écrivain de cinéma, ou si l’on veut, un écrivain au cinéma. De tout cela, il reste des archives : scénarios annotés, ouvrages raturés, correspondances, notes et carnets. Ces trésors nourrissent l’exposition où se mêlent documents audiovisuels, extraits de films, photos et affiches, objets, qui dessinent en pointillé l’univers romanesque de François Truffaut. Sa scénographie originale invite le visiteur à entrer dans l’univers intime et singulier du cinéaste, notamment à travers des reconstitutions inédites comme la salle de rédaction des Cahiers du Cinéma ou son mythique bureau des Films du Carrosse.

La Cinémathèque française – 51 rue de Bercy- 75012 PARIS
Lu, Me à Sa, 12h – 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h, Di 10h–20h
Ouverture à 10h pendant les vacances scolaires (18 oct-2 nov, 20 déc-4 jan)
Fermeture le mardi, le 25 décembre et le 1er janvier

Gaudi, Le Mystère de la Sagrada Familia, un film de Stefan Haupt, sortie en DVD le 2 décembre 2014

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Sortie en DVD le : 2 décembre 2014

Durée : 1h30

Bonus : 68 mn

Si vous êtes déjà allé à Barcelone et que vous avez visité la Sagrada Familia, alors, regardez vite  ce film ! Je vous garantis que vous ne serez pas déçu. Quelle luminosité ! Quelles vues époustouflantes !

Et si vous ne connaissez que de nom cette œuvre majestueuse de Antoni Gaudi et qu’elle vous interpelle, alors, ce film vous révèlera bien des secrets quant à sa construction qui dure depuis plus de 120 ans !

Gaudi y a consacré sa vie. Toute sa vie. Il n’avait que 31 ans quand il a été choisi comme architecte pour construire cette cathédrale. A la fin de sa vie, il y vécut, comme un pauvre, dormant sur place, mais ne lâchant toujours pas son travail. Et il est mort à 74 ans, espérant que les générations futures continueront sans relâche cette gigantesque construction.

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Le film nous dévoile toutes les facettes de construction, depuis 1882 à nos jours. On découvre Gaudi, mais aussi ses nombreux successeurs. Ceux pour qui Gaudi s’apparente à un génie, voire un dieu et qui se mettent à sa place pour répondre au mieux à ses « attentes ». Je pense plus particulièrement au sculpteur japonais, qui non seulement s’est converti au catholicisme mais qui plus est a pris la place de Gaudi pour être parfaitement en accord avec lui pour sculpter la pierre. Il nous parle de son métier avec passion.

A l’opposé le sculpteur catalan s’affirme dans son art qui semble très éloigné de Gaudi, mais d’après lui, davantage en adéquation avec notre temps.

A chacun sa vérité. A chacun sa passion.

De nombreux artisans, contremaîtres, architecte, sont interviewés et tous ensemble, ils forment une famille et se consacrent complètement à la Cathédrale des Pauvres que l’on découvre totalement, vue du dessous, vue du dessus, vue de l’intérieur, vue de l’extérieur, vues imprenables !

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On nous dévoile aussi les nombreux problèmes auxquels ils doivent faire face encore aujourd’hui ! Sous la Sagrada Familia, passe une ligne TGV ! L’horreur !

Le parvis devant une des façades de la Sagrada n’existe plus et de nombreux immeubles ont été construits…

Ce film retrace tout l’historique de cette construction gargantuesque et magnifique. On ne peut qu’admirer le travail de milliers d’hommes qui œuvrent ensemble à la construction du génial Gaudi !

Un très beau film, assurément ! Une prouesse de Stefan Haupt.

Avec le DVD, en bonus, vous trouverez un entretien avec le réalisateur, Stefan Haupt, qui explique pourquoi il a choisi de s’intéresser à cette cathédrale. Il a voulu donner une vue de l’intérieur car il voit en La Sagrada Familia un lieu vivant et en même temps sacré. Il a lui-même vécu dans une église à Zurich où ses parents étaient très actifs. Ce film, c’est un peu « revenir sur son passé ». Il dit aussi avoir voulu savoir ce que ressentaient toutes les personnes qui travaillent et contribuent à l’oeuvre de Gaudi.

En supplément, vous aurez également un film de 55 mn, Gaudi le dernier bâtisseur, de Lizette Lemoine et Aubin Hellot, qui retrace l’histoire personnelle et artistique de Gaudi.

Le DVD sera disponible à la vente le 2 décembre au prix public conseillé de 20€. Vous pouvez le trouver sur  :

http://boutique.blaqout.com/products/gaudi-le-mystere-de-la-sagrada-familia

Gaudi, le mystère de la Sagrada familia Bande… par toutlecine

Quand vient la nuit, un film de Michael R. Roskam

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Sortie le 12 novembre 2014

Durée : 1h47

Synopsis :

Bob Saginowski, barman solitaire, suit d’un regard désabusé le système de blanchiment d’argent basé sur des bars-dépôts – appelés « Drop bars » – qui sévit dans les bas-fonds de Brooklyn. Avec son cousin et employeur Marv, Bob se retrouve au centre d’un braquage qui tourne mal. Il est bientôt mêlé à une enquête qui va réveiller des drames enfouis du passé…

Michaël R. Roskam, réalisateur d’origine belge qui a signé en 2011 le premier long métrage très remarqué Bullhead, nous revient avec Quand vient la nuit, un second film qu’il a tourné en amérique et dont l’intrigue prend place à Brooklyn. Quand vient la nuit est au départ une nouvelle de l’écrivain-scénariste à succès Dennis Lehane et intitulée « Animal Rescue » qui va devenir le scénario de Quand vient la nuit, et au passage le premier script original que signe l’écrivain pour le cinéma, car jusque-là ce sont ses romans qui ont servi de base aux films de grands réalisateurs comme Clint Eastwood  avec Mystic River, Martin Scorsese avec Shutter Island ou Ben Affleck avec Gone Baby Gone.

 

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Décrivant un univers noir dans lequel évolue des personnes, prisonniers d’un passé douloureux qui les condamne à la solitude. C’est le cas de Bob incarné magnifiquement par Tom Hardy (Locke, The Dark Knight Rises), un barman retiré du monde et qui a mis toute émotivité en hibernation depuis des années, ce sera la découverte d’un petit chiot qui lui fera rencontrer la douce et mystérieuse Nadia incarné non moins superbement par Noomi Rapace (Millénium, Prometheus). La jeune femme, solitaire et en proie à des traumatismes cachés elle aussi, l’aidera à s’occuper du chien tout en nouant avec Bob une relation sentimentale très subtile et originale, le faisant peu à peu revenir parmi les humains. Les deux comédiens charismatiques sont pour beaucoup dans la réussite du film. Mais Quand vient la nuit n’est pas seulement une histoire d’amour, c’est aussi et surtout un polar, un vrai, avec des personnages et des intrigues secondaires tout aussi forts. Ainsi, le regretté James gandolfini (Les Soprano, Cogan : Killing Them Softly) prête sa carrure et sa bonhomie au personnage du cousin de Bob, Marv, propriétaire du bar dans lequel les deux hommes travaillent et qui sert en fond à des trafics de blanchiment d’argent et à la préparation d’un braquage. Leurs manœuvres vont attirer le soupçon qui réveillera de douloureux souvenirs d’un passé où la violence menace de ressurgir. Après Bullhead, c’est aussi la seconde collaboration du réalisateur avec le jeune et talentueux comédien Matthias Schoenaerts (De rouille et d’os). Ce dernier est Eric, une petite frappe qui fait une fixette sur Nadia, (spoiler) qui s’avère être son ancienne petite amie, et son arrivée annonce le drame qui va suivre. Notamment quand Eric rencontre Bob pour l’informer que son chiot lui appartient, simple prétexte qui entraînera des révélations et un déchaînement de violence, faisant tomber les masques et causant des victimes dans un bain de sang en forme de règlement de compte. Une mise en image parfois digne des premiers Scorsese, dont la réalisation portée par une superbe photographie de Nicolas Karakatsanis, inspirée des tableaux du Caravage et de Vermeer, évoque par instant le travail et l’univers. Le film rappelle également Drive (2011) de Nicolas Winding Refn, à travers la relation amoureuse singulière de ces deux anti-héros solitaires que sont Bob et Nadia, dont le premier cherche à protéger la seconde.

 

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Bien que l’intrigue criminelle ne soit pas la dimension la plus originale vu à l’écran, c’est dans la psychologie très complexe des personnages que cet excellent film noir contemporain qu’est Quand vient la nuit trouve le ton et s’avère une œuvre profondément forte et attachante.

Jan Karski, l’homme qui a découvert l’holocauste : une BD de Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso (Steinkis)

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Jan Karski, l’homme qui a découvert l’holocauste est une autobiographie adaptée en roman graphique par le scénariste Marco Rizzo (Peppino Impastato, Mafia Tabloïds, Que Viva Che Guevara) et l’illustrateur Lelio Bonaccorso (Mafia Tabloïds, 419 African Mafia). Les deux italiens font pour la première fois l’adaptation du récit de la vie de ce héros de la seconde guerre mondiale, soldat polonais qui a livré son témoignage de l’holocauste au Président américain après avoir vécu dans un camp d’extermination dans le cadre d’une mission secrète.

Date de sortie : 5 novembre 2014
Auteurs :  Marco Rizzo (Scénario) et Lelio Bonaccorso (Dessin)
Prix : 16 € (160 pages) 

Résumé de l’éditeur :

« Monsieur, je n’ai pas dit que ce jeune homme mentait. J’ai dit que je suis incapable de le croire. Ce n’est pas la même chose. »
1939. Jan Kozielewski, jeune Polonais de bonne famille, catholique, est happé par la guerre. Sous le nom de Jan Karski, il devient un agent de la résistance.
Sa mission : s’introduire au cœur du ghetto de Varsovie puis dans un camp d’extermination et transmettre son rapport au Président des États-Unis.

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Le point sur l’album :

La vie de Jan Karski est aujourd’hui encore assez méconnue. Pourtant, son témoignage des camps de concentration a marqué l’Histoire. Alors qu’il était résistant polonais, il s’infiltre dans le ghetto de Varsovie pour mesurer la réalité du terrain, afin de collecter des informations sur l’extermination des juifs perpétrée par les allemands. D’abord émissaire de Pologne, le rapport de Karski dépassera vite les frontières de l’Europe. Il livrera ainsi son témoignage jusqu’aux plus hautes instances des Etats-Unis (et notamment, le Président Roosevelt). Felix Frankfurter, juge de la Cour suprême des États-Unis et lui-même juif, réagira à ce témoignage : « M. l’ambassadeur, je n’ai pas dit que ce jeune homme mentait. J’ai dit que je suis incapable de le croire. Ce n’est pas la même chose. ».

Cette adaptation chapitrée est romancée dans le respect des faits relatés dans l’oeuvre originelle. Le travail de narration est réalisé avec brio, aboutissant à des dialogues fluides et un récit tout aussi fleuve. Marco Rizzo rend compte de l’horreur de la guerre, de la tension insoutenable qui y régnait et de la mort qui l’habitait.

Le dessin de Lelio Bonaccorso allie finesse, simplicité et efficacité. Un trait d’une grande sobriété, qui dégage une certaine sensibilité.

En résumé, cette adaptation de l’autobiographie de Jan Karski a déployé les moyens de ses ambitions. Une oeuvre qui nous rappelle à notre devoir de mémoire en mettant en lumière un homme d’exception (qu’il soit controversé ou non).

Aâma, tome 4 : une BD de Frederik Peeters (Gallimard)

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Tu seras merveilleuse, ma fille est le dernier album d’Aâma, la série de science-fiction multi-primée du suisse Frederik Peeters (Pilules bleues, Lupus, Koma, RG). Un album qui, dans une sorte d’apocalypse aâmaienne, nous illumine par sa folie. Un imaginaire grandiosement orchestré, de bout en bout, par son auteur.

Date de sortie : 16 octobre 2014
Auteurs :  Frederik Peeters (Scénario et Dessin)
Prix : 18,50 € (104 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Sur la planète Ona(j), le petit groupe parti à la recherche de la substance Aâma est arrivé au bout de son périple. Seul rescapé de l’aventure, Verloc Nim sait que sa rencontre avec Aâma ne le laissera pas indemne, mais il compte bien utiliser cette nouvelle puissance pour rentrer chez lui et retrouver sa fille. Un final en apothéose.

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Le point sur l’album :

Considérée très tôt comme une oeuvre culte, Aâma (notamment prix de la série du Festival International de la BD d’Angoulême 2013) a suscité immédiatement l’engouement des lecteurs. Chaque épisode était attendu, non sans une certaine tension. Celle que l’on devine lorsqu’il s’agit, sinon de faire mieux, de ne pas faire moins bien. Mais les innombrables talents de Frederik Peeters sauront parvenus à nous emmener un toujours plus loin dans cet univers fantastique, avec une implacable facilité.

Car l’auteur n’y va pas par quatre chemins et veille à mettre en phase un scénario remarquable avec une écriture simple et limpide, qui ne nous perd jamais en route. Aussi clair que clairvoyant, le récit nous happe dans un monde aux influences moebusiennes où toutes les créatures ont leur secret à dévoiler. Et c’est celui d’Aâma qui explose en plein jour dans cet ultime épisode où notre héros Verloc Nim fait face à son destin : celui de ne faire qu’un avec la « bête ».

Un feu d’artifice qui se joue aussi dans un graphisme époustouflant, servi d’un trait fin aux lignes arrondies, bariolé de couleurs aussi vives que multiples. Des planches, voire des fresques, qui ponctuent une narration de plus en plus discrète dans ce dernier épisode où se joue l’ultime partition.

Aâma se termine donc par une explosion de couleurs qui culmine à perte de vue. Une oeuvre éblouissante et géniale.

Deux Minutes, nouvel EP de Yépa, duo exceptionnel

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Un petit peu d’oxygène dans ce monde abrupte. Deux bouteilles, deux jumeaux ayant de la bouteille, se lançant comme deux bouteilles à la mer dans l’océan qu’est la scène musicale actuelle. Deux bouteilles au message simple : croque ta vie. Duo optimiste, Remo et Le Bon Nob ont commencé à tricoter Yépa il y a deux ans : leur première Seine, c’était sur les planches mouvantes de l’asiatique Dame de Canton. Nous les avons retrouvé Mercredi dernier sur le même navire à l’occasion de la sortie de leur nouvel EP « Deux Minutes« .

YEPA, NE PAR HASARD
Remo et Le Bon Nob n’ont pas toujours chanté ensemble. Quand l’un chantait les poèmes de son père, l’autre composait ses textes de rap. L’un propose à l’autre un jour de faire, le temps d’un moment, de la musique ensemble. Et toc. Ça sonne bien. Ça leur plait. Et ça plait aux autres. Ils se rendent compte que leur deux univers peuvent coller, qu’il y a du plaisir à aller chercher. Le projet Yépa voit le jour il y a deux ans. Les voila aujourd’hui en première partie (il y a peu) des Zoufri Maracas, une de leur source d’inspiration. Yépa, né par hasard.

GROUPE OU DUO ?
Une des particularités de Yépa, c’est son originalité. Raconteur et rapeur sur le pont, belles histoires et musicalité à la proue. Yépa c’est l’accord des deux genres, qui ne s’interdit rien. Yépa ne fait pas de rap, de chanson française, Yépa fait du Yépa. Sur une même chanson, l’un peut chanter quand l’autre déballe ses textes. Et quels textes… Ce duo atypique accorde de l’importance à l’écriture. Les chansons véhiculent leurs pensées, sur n’importe quel sujet, mais le texte n’est pas juste un prétexte pour faire sonner les cordes vocales de chacun, sinon la pièce maitresse du groupe. De plus, chez Yépa, on chante en français. Challenge quand on sait que c’est bien plus simple de se faire entendre en anglais. Yépa est ambidextre.

DEUX LASCARS BRAILLANTS
Sur scène, on se laisse kidnapper par leur sens du show. Sur le disque, on se laisse embarquer par leurs mélodies assaillantes. Entre leurs sons qui dé-roots, leur rythmique sympathique, le timbre jazzy de Remo, et le rap prenant du Bon Nob, Yépa a tout pour continuer à bavarder avec nous.

Deux bouteilles à la mer, qui continueront à valser sur les courbes aquatiques, deux bouteilles à la mer qu’il faut s’empresser d’attraper pour se délecter en toute musicalité, et en toute jovialité.

Constellation, un livre d’Adrien Bosc, Grand Prix du Roman de L’Académie Française 2014

9782234077317-X

 

Constellation, un livre d’Adrien Bosc

Publié aux Editions Stock en septembre 2014

192 p – 18€

Publik’Art remet en une cette chronique concernant le livre Constellation,  d’Adrien Bosc, sachant qu’il a été gagné le Grand Prix du Roman de L’Académie Française 2014, le 30 octobre 2014. Et nous le félicitons et sommes ravis de cette excellente récompense qui promet un très bel avenir à Adrien Bosc !

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L’auteur s’intéresse de très près à l’accident d’avion du 27 octobre 1949. Le fameux Constellation.
Bien sûr, Adrien Bosc va essayer de comprendre ce qui s’est passé les quelques minutes avant l’atterrissage mais il va surtout s’intéresser à la vie des trente sept passagers et des onze membres d’équipage, de leur vie avant l’accident.
Y a-t-il un hasard ? Ou tout est-il écrit d’avance ?
Quels étaient les passagers de cet avion qui reliait Paris à New York ? Pourquoi ont-ils pris cet avion ?
Marcel Cerdan en faisait partie… Marcel était l’amoureux de Piaf et sûrement le plus grand champion de son temps.
Ginette Neveu, violoniste prodigieuse, aussi…

Des personnes connues de par le Monde et d’autres de simples bergers…

L’originalité de ce livre réside dans sa façon d’aborder les vies de ces personnes illustres, ou non. Et bizarrement, l’auteur arrive à tisser des liens entre eux…

Ce livre est comme un hommage à ces personnes subitement et bêtement disparues. Célèbres ou non. Une vie est une vie. Unique. Chacune son destin.

Adrien Bosc est tout jeune puisqu’il n’a que 32 ans et publie là son premier roman, avec subtilité et poésie. Et de nombreuses références littéraires.
On lui souhaite une belle réussite car sa plume est très agréable et facile à lire !

Je ne sais si le Prix Goncourt 2014 lui sera décerné mais il vient d’être sélectionné et fait partie des quinze romans sélectionnés pour le Goncourt.
Alors, bravo Adrien et bonne chance !

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Les 15 romans en piste pour le Goncourt 2014 :
♦ Adrien Bosc, « Constellation » (Stock)
♦ Kamel Daoud, « Meursault, contre-enquête » (Actes Sud)
♦ Grégoire Delacourt, « On ne voyait que le bonheur » (JC Lattès)
♦ Pauline Dreyfus, « Ce sont des choses qui arrivent » (Grasset)
♦ Clara Dupont Monod, « Le roi disait que j’étais diable » (Grasset)
♦ Benoît Duteurtre, « L’Ordinateur du paradis » (Gallimard)
♦ David Foenkinos, « Charlotte » (Gallimard)
♦ Fouad Laroui, « Les Tribulations du dernier Sijilmassi » (Julliard)
♦ Gilles Martin-Chauffier, « La femme qui dit non » (Grasset)
♦ Mathias Menegoz, « Karpathia » (P.O.L)
♦ Éric Reinhardt, « L’Amour et les Forêts » (Gallimard)
♦ Emmanuel Ruben, « La Ligne des glaces » (Rivages)
♦ Lydie Salvayre, « Pas pleurer » (Seuil)
♦ Joy Sorman, « La Peau de l’ours » (Gallimard)
♦ Éric Vuillard, « Tristesse de la terre » (Actes Sud)
Prochaines sélections les 7 et 28 octobre. Lauréat le 5 novembre, pour succéder à l’«Au revoir là-haut» de Pierre Lemaître.

Comment vous racontez la partie, texte et mise en scène de Yasmina Reza, à Paris

COMMENT VOUS RACONTEZ LA PARTIE

© Pascal Victor/ArtcomArt

Théâtre du Rond-Point du 5 novembre au 6 décembre 2014 Salle Renaud-Barrault 21h

Six ans après « Le Dieu du carnage », Yasmina Reza revient au théâtre avec sa nouvelle pièce : « Comment vous racontez la partie ». Une comédie enlevée sur le jeu des apparences avec pour toile de fond l’entre-soi médiatico-culturel où, par delà la vacuité des attitudes, se débusquent les failles existentielles. Un régal

[pull_quote_center]Instantané de la condition humaine, parfois tendre, parfois cruelle, souvent drôle, mais toujours juste où chacun se joue de soi et des autres[/pull_quote_center]

Nathalie Oppenheim, écrivain policée et pudique, découvre la salle polyvalente de Vilain-en-Volène, où elle est invitée à parler de son dernier roman “Le Pays des lassitudes”. Roland, responsable culturel, admirateur et précieux, l’accueille. Rosana Ertel-Keval, enfant du pays devenue une critique littéraire reconnue, l’interviewe en public avec l’assurance de sa position dont elle sait l’importance.

L’humeur charmante de cet après-midi littéraire bascule vite dans un climat trouble lorsque l’invitée entame la lecture d’extraits de son œuvre et doit la commenter en répondant aux interrogations de plus en plus personnelles de la journaliste.

[pull_quote_left]Avec son écriture proche du réel et en même temps très stylisée, l’auteure metteuse en scène convoque la bonne distance entre un regard lucide mais aussi surréaliste où son humour ravageur fait mouche.[/pull_quote_left]

Mal à l’aise, la romancière préfère esquiver les questions, ce qui n’est pas du goût de son interlocutrice qui la relance dans un ping-pong verbal aux répliques acerbes et définitives, virant à la joute sémantique et à une interprétation fausse de son roman, dont l’auteure se défend provoquant l’irritation de la chroniqueuse. Puis, le débat se clos par l’incontournable cocktail où les invités sont rejoints par le Maire “sans étiquette” de la commune.
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Et cet épisode marque alors dans la pièce une rupture de ton porteur d’une mélancolie qui voit les personnages, à l’instar d’une fuite en avant jubilatoire, abandonner leur rôle social et révéler leur manque.

Ainsi, dans la grande salle polyvalente impersonnelle, les quatre personnages désinhibés sous l’effet de l’alcool et du lâcher prise entonnent « Nathalie » de Gilbert Bécaud qui laissent entrevoir leurs rêves inaccomplis et leur ultra moderne solitude.

Le décor de Jacques Gabel avec son espace panoramique qui accapare toute la scène participe à la mise en abîme et au vide existentiel qu’il renvoie.

Yasmina Reza n’a pas son pareil pour se moquer du conditionnement social et de ses travers qui font la part belle à la vanité, l’égocentrisme et le snobisme tout en imprimant à ses personnages une faiblesse foncièrement humaine. Avec son écriture proche du réel et en même temps très stylisée, l’auteure metteuse en scène convoque la bonne distance entre un regard lucide mais aussi surréaliste où son humour ravageur fait mouche.

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Les protagonistes imaginés par Yasmina Reza impliquent donc authenticité, tranchant et second degré, facultés que possède haut la main le quatuor réuni sur le plateau : Dominique Reymond, souveraine et irrésistible, Zabou Breitman, parfaite, Romain Cottard, une découverte, et André Marcon, royal.

Instantané de la condition humaine, parfois tendre, parfois cruelle, souvent drôle, mais toujours juste où chacun se joue de soi et des autres…

Sirènes, texte et mise en scène de Pauline Bureau, à Paris

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Théâtre du Rond-Point du 4 novembre au 6 décembre 2014
Salle Jean Tardieu/durée 2 h

Pauline Bureau est une auteure metteuse en scène créative et exigeante où avec son spectacle « La Meilleure Part des hommes », adapté du livre de Tristan Garcia, elle révélait sa capacité à s’emparer d’une histoire  générationnelle marquée par les années SIDA, à partir d’un traitement singulier mêlant la narration, la vidéo et la musique live.

[pull_quote_center]Un spectacle réjouissant où la quête identitaire et son déploiement, entre le sensible et le poétique, font sens[/pull_quote_center]

Avec « Sirènes », elle nous raconte une saga familiale estampillée de ses secrets et de ses non-dits, traversée par trois générations de femme, qu’elle construit comme un puzzle à reconstituer et que son écriture de plateau : poétique, visuelle et musicale, sert à merveille.

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Ce sont donc trois périodes qui s’articulent sur scène autour de 3 espaces :

1966, la grand-mère est alors une jeune femme que l’on découvre dans une cuisine en formica et qui, abandonnée par son mari, se retrouve seule pour élever sa jeune enfant.

1983, la mère est diplômée d’HEC, enceinte presque à terme qui, dans un appartement à la décoration contemporaine, apprend que son père absent vient de mourir.

2013, la petite-fille, trentenaire, est une chanteuse pop-rock qui, dans une salle concert, perd sa voix et dont le remède à son problème vocal viendra en recomposant l’arbre généalogique.

Les scènes vont s’entrecroiser dans un climat subtil, imagé, où, si on retrouve dans le texte des allusions à Homère, Andersen et Disney, c’est à partir d’une construction originale – à l’abri de vidéos, de compositions pop rock écrites par Vincent Hulot, de flashbacks, d’intermèdes visuels – que se déploie l’intrigue.

C’est avec beaucoup de fluidité que l’on passe d’un destin à un autre où les récits de vie se répondent entre eux : coïncidences, répétitions, parallèles, réminiscences et retissent le lien originel.

Le théâtre devient le lieu où se livrent toutes les batailles intimes et collectives avec son lot de désillusions, de  révélations, de conventions, de peurs enfouies mais aussi de rêves et d’espoirs.

Un spectacle réjouissant où la quête identitaire et son déploiement, entre le sensible et le poétique, font sens…

Pétronille : 23 ème roman d’Amélie Nothomb

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Contrairement à Sylvain David, j’ai été déçue par ce dernier livre d’Amélie Nothomb. Comme je l’avais été avec celui de l’année dernière : Nostalgie heureuse, livre sans intérêt où elle raconte son retour au pays, son pays, le Japon. Livre néanmoins parfaitement bien écrit, comme toujours, parfaitement commercial.

Cette fois-ci, plus question de Japon. Mais Amélie se penche sur une amitié. Une certaine Pétronille. Un jeune talent littéraire qui aime le champagne et surtout celui d’Amélie. Que de très bons crus, bien entendu ! Pétronille est prête à tout pour boire le champagne avec son idole littéraire, Amélie Nothomb. Rien d’autobiographique, précise l’auteure.

L’amitié serait le thème du livre… Drôle d’amitié centrée sur le champagne.

Le plus important est la personne avec qui on va le boire… Et Amélie la trouve en la personne de Pétronille.

Tout au long du livre, le lecteur ressent tout de même des brides de vérité. Vérités à peine camouflées.

Qui est cette Pétronille pétillante qui a écrit autant de romans ? Allez, un petit clic sur google et hop, vous avez la réponse.

Pétronille n’est autre que Stéphanie Hochet. Si elle n’a pas écrit Vinaigre de miel, en revanche, elle a réellement écrit Moutarde douce… Elle est très « grande gueule », très française, et n’a peur de rien. Et Amélie Nothomb ne s’en cache pas : elle dévoile très facilement son héroïne à l’émission : La grande librairie du 4 septembre de cette année. Et avoue qu’elle a « mis » beaucoup d’elle dans ce livre. Il faut savoir boire et surtout trouver la personne capable de boire avec vous… Drôle de programme…

Aucune originalité, aucun scénario. Où est la belle plume tranchante d’Amélie ?

L’amitié serait le thème du livre… Drôle d’amitié centrée sur le champagne…

Tant mieux pour ce jeune talent littéraire, Stéphanie Hochet, grâce à ce roman, on la découvre et on a envie de la lire ! Excellente pub !

Bref, vous lisez les 169 pages à toute vitesse, sans rien en retenir…

Malgré tout, un bon moment de détente.

Amélie Nothomb aurait déjà vendu près de 15 millions d’exemplaires depuis son premier livre Hygiène de l’assassin, écrit en 1992 !

Mais avec Pétronille, on est très loin de l’excellent Stupeur et tremblements….

Résultats concours : A Girl at my Door, 10 places de ciné gagnées

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Sortie le 5 novembre 2014

 

 

A l’occasion de la sortie du film A Girl at my Door, Publik’Art, en collaboration avec Epicentre Distribution, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : A Girl at my Door

 

Vous avez été très nombreux à participer : 2 997 joueurs. Bravo à tous et merci de cette excellente participation !

 

Les cinq heureux gagnants sont :

Emilie Bazin, Claudine Fleury, Laetitia Grosmaire, Pierre Vernon et Stéphanie Delbecq.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

 

’71, un film de Yann Demange

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Sortie le 5 novembre 2014

Durée : 1h39

 

Synopsis :

Belfast, 1971. Tandis que le conflit dégénère en guerre civile, Gary, jeune recrue anglaise, est envoyé sur le front. La ville est dans une situation confuse, divisée entre protestants et catholiques. Lors d’une patrouille dans un quartier en résistance, son unité est prise en embuscade. Gary se retrouve seul, pris au piège en territoire ennemi. Il va devoir se battre jusqu’au bout pour essayer de revenir sain et sauf à sa base.

’71 est le premier long métrage de Yann Demange, cinéaste d’origine française établi à Londres depuis son enfance et qui a débuté par le court métrage avant de s’orienter rapidement vers la fiction télévisée en prêtant sa collaboration à des séries et téléfilms comme Dead Set ou Top Boy, qui ont été acclamés par la critique et ont reçu un succès d’estime auprès du public. Avec ce premier long métrage pour le cinéma, le réalisateur cherchait un scénario qui pourrait exprimer au plus près son désir de faire un thriller, et ce malgré le sujet proposé. En racontant l’histoire d’un jeune soldat perdu dans les rues de Belfast en pleine guerre civile entre catholiques protestants en 1971, le cinéaste souhaitait plus aller dans la direction d’un cinéma d’action et de suspense que d’une approche naturaliste et politique comme pour Bloody Sunday ou Hunger. Ici, malgré une toile de fond très réaliste et une reconstitution fidèle de Belfast (le tournage s’est en fait déroulé à Shefflield et Leeds) le film évoque plus les œuvres de John Carpenter (New York 1997/ Los Angeles 2013) ou Walter Hill (Les guerriers de la nuit/ Les rues de feu) avec ici le point de vue serré sur un personnage qui va devoir se sortir d’une ville dans laquelle règne le chaos et dont il est devenu une cible à abattre.

 

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Pour le casting, le réalisateur engage pour le rôle principal Jack O’Connell, comédien déjà remarqué par ses prestations dans This is England, Eden Lake, Harry Brown ou le récent Les poings contre les murs et qui offre ici un personnage à la fois fort et humain offrant à ce dernier de belles scènes d’émotions comme celle de son amitié naissante avec un jeune garçon que la guerre prendra de façon aussi soudaine que tragique, voir aussi l’esquisse relationnelle avec une jeune femme qui lui donnera des soins après une blessure, l’occasion d’une scène particulière tendue ajoutant au réalisme de l’ensemble. Pour la réalisation, Yann Demange a fait un travail remarquable en soignant chaque détail de son film, comme l’éclairage des rues par des ampoules au faible voltage utilisé de l’époque, ainsi le film se déroule principalement de nuit et ces séquences sont filmés à l’aide d’un matériel de pointe en hd numérique particulièrement adapté aux conditions nocturnes. Pour les séquences de jour, le réalisateur a opté pour de la bonne vieille pellicule 16mm, conférant à son film une patine visuelle en adéquation avec le contexte historique de l’époque.

 

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Autre point fort du film, le scénario signé Gregory Burke qui laisse peu de moment de repos et plonge littéralement le personnage et le spectateur dans l’action, ajouté à une réalisation terriblement prenante et immersive. A la fois film de guerre, drame social et thriller en huis-clos à ciel ouvert, ’71 est une belle première réussite d’un réalisateur forcément à suivre de très près.

Article sponsorisé : Réalisez votre rêve en participant au grand concours facebook de FDJ ! (#AtelierdesRêves)

FDJ

Pour la deuxième année consécutive, FDJ lance son grand concours de l’Atelier des rêves avec pas moins de 80.000 euros de dotations.

Une somme rondelette qui permettra aux heureux gagnants, élus grâce aux votes des internautes, de réaliser leur rêve.

Vous pouvez ainsi, dès le 3 novembre, participer au concours en partageant votre rêve, en le diffuser et en faisant votre promotion depuis l’application dédiée que vous trouverez sur la fan page Facebook de FDJ.

Pour jouer, il vous faudra choisir dans laquelle de ces trois catégories vous souhaitez concourir :

  • Passion & Découverte,
  • Projet solidaire,
  • Projet professionnel.

Le gagnant de chaque catégorie se verra remettre un chèque de 20.000€. Pour souligner le caractère solidaire du jeu, la Fondation FDJ récompensera en plus, 4 projets « Coup de coeur » de la catégorie Projet solidaire, en leur remettant à chacun 5.000€.

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Première étape : votes des internautes :

Dans un premier temps, les internautes ont jusqu’au 24 novembre pour voter et soutenir les projets qu’ils préfèrent (les plus originaux, les plus optimistes, les plus inventifs ou encore les plus solidaires….).

Deuxième étape : sélection des finalistes parmi les 30 projets les plus populaires de chaque catégorie :

Ensuite, c’est au tour de différents jurys (un par catégorie) de sélectionner les finalistes dans chaque catégorie. Ces jurys sont présidés par :

Estelle Denis, journaliste et animatrice du tirage Euro Millions, pour la catégorie Passion & Découverte

Stéphane Diagana, 1er champion du monde d’athlétisme masculin français et 1er Challenger de la Fondation FDJ, pour la catégorie Projet Solidaire

Céline Lazorthes, fondatrice et dirigeante de Leetchi.com pour la catégorie Projet professionnel

Ils sélectionneront trois rêves parmi les trente qui auront obtenu le plus de votes de la part des internautes. Les 9 finalistes des trois catégories seront annoncés le 1er décembre.

Dernière étape : les internautes votent pour les gagnants : 

Entre le 1er et le 8 décembre, les internautes éliront le gagnant de chaque catégorie parmi les finalistes sélectionnés. A la clé, un chèque de 20.000 euros pour chacun des trois gagnants !

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L’info en plus :

En 2013, la première édition de « l’Atelier des Rêves » récompensait quatre gagnants, et leur a permis de réaliser leur rêve :

Caroline, « Un vrai cauchemar » Pour des raisons financières, Caroline ne pouvait finir sa maison, dont les travaux de construction avaient commencé en 2008. Elle a pu aller au bout du chantier, emménager et agrandir la famille.

Thomas, « A vélo contre la sclérose en plaque » 5 jeunes et le père de l’un d’entre eux, Gérard, atteint de la sclérose en plaque, ont pu traverser, tous ensemble, 23 pays sur 5 continents en vélo.

Virginie, « Un fascinant voyage » Virginie, 33 ans, atteinte d’un cancer du sein rêvait de faire le tour du monde seule en faisant voyager le ruban rose, le ruban de l’espoir. Virginie avec son âme de globe-trotteuse, de baroudeuse et malgré son cancer, a pu prouver qu’elle pouvait le faire.

Loïc, « Cap Brésil 2014 » (Coup de coeur FDJ) Ou comment donner le sourire à 16 élèves du collège Mandela dans le 93 ! Cap vers le Brésil et sa Coupe du Monde de Foot donc pour Loïc, professeur d’EPS et ses 16 élèves. Leur but ? A la manière de jeunes sociologues en herbe, les élèves de Loïc ont pu partir à la rencontre des brésiliens pour échanger avec eux sur le sport, comme vecteur de solidarité dans le monde.

Un Océan d’amour, une BD de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione (Delcourt / Mirages)

 

Un Océan d’amour est une BD muette écrite par le scénariste surdoué Wilfrid Lupano (Les Vieux Fourneaux, L’Assassin qu’elle mérite, l’Homme qui n’aimait pas les armes à feu, Ma révérence, Le singe de Hartlepool) et illustrée par le spécialiste du genre : Grégory Panaccione (Toby mon ami, Match, Âme perdue). Un album one shot surprenant, qui démontre le génie de ses auteurs à travers un récit drôlatique qui dénonce les méfaits de l’homme sur les mers et les océans.

Date de sortie : 29 octobre 2014
Auteurs : Wilfrid Lupano (Scénario) et Fabio Pezzi (Dessin)
Prix : 24,95 € (224 pages)

Résumé de l’éditeur :

Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c’est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C’est le début d’un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.

Le point sur l’album :

Le scénario de Wilfrid Lupano est une nouvelle pépite lancée à toute allure à la surface de l’eau. Une trajectoire qui offre bien entendu de multiples ricochets et rebondissements. Son découpage donne une force narrative hors normes à cette oeuvre muette. Il en résulte un album beaucoup plus bavard qu’il n’y paraît, qui nous fait rire à un rythme effréné. Ubuesque. Improbable. Inattendu. Incongru… Autant de qualificatif qui ne font que réduire l’impression laissée par Un Océan d’amour. Un océan coup de coeur aussi, que l’on ferait bien de préserver. L’auteur y dénonce en effet la pêche industrielle qui pille les mers de toutes ses ressources, ainsi que la pollution des mers, que ce soit celle engendrée par nos déchets ou celle des hydrocarbures.

C’est aussi grâce aux charmes du dessin de Grégory Panaccione que la magie opère. Un graphisme à nul autre pareil, qui semble s’animer sous le regard ébahi du lecteur. Un cachet inimitable, qui donne à ce récit poétique ses lettres de noblesse.

Un Océan d’amour est une sacrée prouesse. Que vous aimiez ou pas la sardine, il ne faut pas manquer l’embarcadère. Ce serait passer à côté d’un joli coup de coeur.

A girl at my door, un film de July Jung

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Sortie le 5 novembre 2014

Durée : 1h59

Synopsis :

 Young-Nam, jeune commissaire de Séoul, est mutée d’office dans un village de Corée. Elle se retrouve confrontée au monde rural avec ses habitudes, ses préjugés et ses secrets. Elle croise une jeune fille, Dohee dont le comportement singulier et solitaire l’intrigue. Une nuit, celle-ci se réfugie chez elle…

Plébiscité au dernier Festival de Cannes où le film a été sélectionné dans la section Un certain regard, A girl at my door, premier long métrage de la réalisatrice sud-coréenne July Jung débarque ce mercredi sur les écrans français. L’occasion de découvrir une œuvre tout en délicatesse sur un trio de personnages lié par un point commun : la solitude. Condition qui est celle de Young-Nam, jeune commissaire mutée dans ce village isolé et perdu à des kilomètres de Séoul et qui assume mal son orientation homosexuelle au sein de ce nouvel univers professionnel machiste dans lequel elle se retrouve plongée presque de force. Solitude aussi de Dohee, jeune fille de 14 ans qui va se lier avec Young-Nam, principalement pour échapper aux griffes d’un père violent et alcoolique, et dont la conduite marginale et agressive l’isole également.

 

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La réalisatrice s’attache à décrire les rapports entre ce trio lié par la violence, l’isolement, la solitude ou encore l’inceste qui sera évoqué in fine dans une séquence de vengeance à l’aspect pour le moins trouble. Après avoir réalisé quelques courts métrages, la réalisatrice July Jung est remarquée par le producteur et réalisateur Lee Chang-dong (Poetry, Secret Sunshine) suite à un concours de scénario et qui, séduit par le talent de la jeune femme, lui offre de produire son premier long métrage. Pour son casting, la cinéaste débutante fait appel à Doona Bae, comédienne star dans son pays et déjà vu dans de nombreux films à succès comme The Host, Sympathy for Mr. Vengance, Air Doll ou pour les Américains Andy et Lana Wachowski dans Cloud Atlas en 2012. A ses côtés, la jeune Kim Sae-Ron qui a déjà un petit parcours dans le cinéma (The man from nowhere, Une vie toute neuve) est une sorte de jumelle en plus jeune du personnage de la commissaire et leur rapport ressemble à la fois à celui d’une mère pour sa fille et à une relation amoureuse platonique. Cette apparente ambigüité alimentera rapidement le doute et la rumeur de pédophilie au sein des villageois. Enfin c’est l’acteur Song Sae-Byuk, vu auparavant dans l’excellent Mother, qui a été choisi pour le rôle du père buveur. Tout en brutalité, fragilité et nervosité, son rôle s’avère avoir un point commun avec celui de la commissaire qui elle aussi s’isole chez elle pour boire. Dans ce père, il y a aussi un peu l’image de ce que sa fille pourrait devenir plus tard si les démons liés à la maltraitance la conduise à suivre le modèle de son bourreau.

 

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Au niveau de la mise en scène, les plans sont soignés et le montage offre un rythme faisant progresser le drame à pas lent jusqu’à un final inattendu et troublant, montrant toute la complexité des personnages, en particulier celui de la jeune fille. Au final A girl at my door délivre un charme vénéneux non dénué d’émotions et laisse l’impression d’avoir vu une œuvre importante et actuelle du cinéma sud-coréen et du cinéma tout court.


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