Théâtre Mogador
Du mardi au samedi à 20h
Les samedi et dimanche à 15h
www.lebaldesvampires.fr
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L’Écriture dessinée
Rodin, Duchamp, Dotremont chez Balzac
13 mars > 21 juin 2015
Commissaire : Dominique Radrizzani
Maison de Balzac
47, rue Raynouard
75016 Paris
Heures d’ouverture
Du mardi au dimanche
de 10h à 18h00
Fermé les lundis et jours fériés
Avec L’écriture dessinée, La Maison de Balzac propose une exploration inédite des expériences plastiques autour de l’écriture initiées par Balzac. Pablo Picasso, Jean Cocteau, Christian Dotremont, Alberto Giacometti, Victor Hugo, Asger Jorn, Auguste Rodin, Pierre Alechinsky, Henri Michaux, Pol Bury…près de 100 oeuvres (peintures, gravures, sculptures ou dessins) illustrent, le long d’un parcours ludique et poétique, l’attraction exercée par l’écrivain sur les plus grands artistes du 19e et 20e siècle.
L’exposition s’intéresse en particulier au mouvement international CoBrA qui accorde à l’écriture et à sa spontanéité une place de premier plan, parce qu’elle exprime le psychisme de l’individu, et donc les sources profondes de la création.
Une réflexion déroutante donc sur les ressorts les plus intimes de la création artistique !
Balzac s’interroge sur l’interaction entre la pensée artistique et le geste. Il parsème ses romans d’éléments graphiques, et ses manuscrits témoignent de la manière dont l’écrit, par sa forme même, stimule l’imagination.
Ces expériences rencontrent un écho chez ses contemporains. Les pages hallucinantes de Théophile Bra, les dessins fantastiques de Victor Hugo, les gravures humoristiques de Grandville, trouvent un développement inattendu une centaine d’années plus tard avec le mouvement CoBrA dont les piliers sont Christian Dotremont et Asger Jorn, un écrivains et un peintre, que leur questionnement sur l’art a naturellement conduits à La Comédie humaine.
Célèbre robe de chambre de Balzac statufiée par Rodin, logogrammes de Christian Dotremont, portraits de Balzac par Picasso, Cocteau ou Giacometti, eaux-fortes de Pierre Alechinsky illustrant Le Traité des excitants modernes de Balzac et autres hiéroglyphes de la pensée ponctuent l’exposition et mettent en relief l’empreinte profonde, fécondante et toute en nuances, de la pensée d’un grand écrivain.
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Après nous avoir régalés avec des films cultes comme Bangkok dangerous ou encore The eye du début des années 2000 (on ne parle pas des remakes, hein), Oxide et Danny Pang ressortent leurs vieilles recettes : un film à suspense où les héros se balancent au bout d’une corde… Mais ici, c’est pour échapper aux flammes. Un film à la hollywoodienne qui plonge un immense building dans un brasier incontrôlable, contre lequel les soldats du feu vont devoir se battre.
Sortie : le 10 mars 2015
Avec : Louis Koo, Ching Wan Lau, Angelica Lee
Prix : 19,99 € (DVD/BR)
Synopsis :
Un building de 50 étages. Une simple négligence. Des milliers de personnes prises au piège par l’incendie le plus dévastateur de la décennie. Seul rempart contre les flammes, une escouade de soldats du feu surentrainée et prête à tout pour intervenir.

Notre avis sur le film :
C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’on débute la lecture du DVD d’Inferno, les frères Pang ayant su se faire une place parmi les meilleurs réalisateurs de Hong-Kong malgré une parenthèse outre-atlantique (avec l’auto-remake de Bangkok Dangerous) pas franchement convaincante. Et Inferno reflète bien tout cela à la fois. Le film multiplie d’abord habilement les intrigues dans cet immeuble de grande hauteur, qui abrite nombre de personnages au potentiel intéressant du point de vue scénaristique. Assez rapidement, les protagonistes, comme leurs destins vont se rejoindre à mesure que les flammes vont gagner du terrain. Une idée bien pensée, même s’il y a quelques incohérences (notamment la chute dans la cage d’escalier de l’un des héros…). Et cela se sentirait davantage si la réalisation était plus nette.[pull_quote_right][Une] pyrotechnie (…) bancale[/pull_quote_right]
Car de ce côté, il faut avouer une déception qui se résume essentiellement dans les effets-spéciaux, censés faire d’Inferno une superproduction. Si une marche est franchie, il en reste de nombreuses à gravir. La pyrotechnie est bancale, les flammes et la fumée sont la plupart du temps grossièrement numériques… et ça se voit. Ce qui pourrait n’être qu’un détail pour n’importe quel film gêne vraiment dans la crédibilité des évènements lorsqu’il s’agit d’un film autour du feu. Voilà qui gâche un peu la fête et empêche de concrétiser quelques bonnes idées qui ponctuent le scénario.
Inferno profite néanmoins d’une cadence soutenue, qui ne relâche jamais la pression. Pas de temps morts, et c’est tant mieux. La présence de Ching Wan Lau (révélé dans Running out of time) dans l’un des rôles principaux est également un plus. On aime le charisme de l’acteur, qui porte bien la combinaison ignifugée sous ses airs nonchalants.
Si vous aimez les films d’action, Inferno pourrait bien vous plaire, mais n’attachez pas trop d’importance à la qualité des effets-spéciaux.
Les bonus du DVD :
Dans les coulisses du film (27 min)
La Ville d’Anglet accueille le sculpteur TTITTO AGUERRE qui présente une sélection de ses dernières réalisations. Ttitto AGUERRE (Uhart Cize, 1974) présente à Anglet une exposition de sculptures intitulée « Mugak II – Limites ».
Exposition à La Villa Beatrix Enea, à Anglet.
Entrée libre du 7 mars au 4 avril 2015.
Composition de l’exposition : œuvres réalisées sur bois, acier, aluminium, cuivre, albâtre ou papier.
Ttitto Aguerre : Mugak II – Limites
Une sculpture très intimiste construite autour de formes géométriques, rigoureuses, volontaires et toniques ; des conversations de matières et de vides qui décalent notre regard à travers des œuvres réalisées sur bois, acier, aluminium, cuivre, albâtre ou papier.
Propos de Ttitto Aguerre recueilli par Anne Benoist Khayat :
Observer les éléments naturels, les matières. Les observer avec insistance. Aller chercher la veine de la matière, appréhender sa vérité et ses limites, et déloger la forme cachée. Chercher pour découvrir, pour se (re)découvrir : on finit toujours par découvrir quelque chose. Découvrir qu’une intention graphique peut s’accorder avec plusieurs matières. Rechercher et travailler plusieurs séries et pièces à la fois. Marcher, puis s’arrêter, puis revenir plus tard et marcher encore. Rechercher non pas ce que l’on voit au premier abord, mais rechercher ce que l’on peut voir à travers la matière, avec un souci du langage simple qui renvoie chacun à sa propre réflexion.
Chaque sculpture résulte d’une série de décisions. Chaque décision façonne le résultat, avec un aspect irréversible dès lors qu’on enlève de la matière ; on ne peut pas revenir en arrière. C’est en ce sens que la sculpture a quelque chose de vertigineux.
Je pratique ce mode singulier d’expression qu’est la sculpture, et j’ai décidé de la mettre en partage. C’est une expérience profonde et complexe, un état particulier de conscience, une mise en situation de grande réceptivité. Sculpter, c’est donner du sens à la forme, à la nature et à l’humain, voir à travers la matière, voir à travers soi, puis voir de manière élargie comme pour sonder les profondeurs de l’humanité.
Dans notre rapport à la nature et au monde, qu’elles soient physiques ou psychiques, les limites sont omniprésentes. On n’en finit pas de rôder autour.
Contraignantes ou pas, mais toujours structurantes, les limites réelles ou selon l’idée qu’on s’en fait, sont à la fois le début et la fin, le possible et l’interdit, protectrices ou aliénantes. Par nature ambigües, à la fois les limites empêchent, parce qu’elles interdisent, mais paradoxalement elles permettent, parce que précisément elles interdisent.
Évidentes ou non, les limites sont en nous, pour l’essentiel d’entre elles.
Ttitto Aguerre, 2014
Théâtre de l’Île Saint-Louis-Paul
39 Quai d’Anjou – 75004 Paris
17h30: le 8, 15 mars 2015
21h00: le 5, 6, 7, 10, 11, 12, 13, 14, 17, 18, 19, et 20 mars 2015
Emile Zola, alors critique dramatique, déclare: » Une comédie ne va pas, selon moi, sans une étude plus ou moins poussée des caractères, sans une peinture quelconque d’un milieu réel ».
Le vaudeville était réputé bourgeois, commun, facile ou grossier. Feydeau contribua à lui donner ses titres de noblesse, le vaudeville a gagné en subtilité et complexité, tout en conservant une mécanique du rire inégalable (aux rouages parfaitement huilés). Le Fil à la patte illustre à merveille cet art consommé du vaudeville.
Avec : Julie Vion, Gilberte de Poncheville, Annie Bessières, Amandine Pujos, Julia Sauveur, Mireille Mimoun, Hervé Masnyou, Jean-Louis Besnard, Gregory Tieblin, Michel Milkovitch, Nicolas Navon, Gérard Maarech.
D’après Allociné, Ioanis Nuguet a passé 3 ans sur les terrains roms de Seine-saint-Denis. C’est Spartacus qui a demandé au réalisateur de s’intéresser à lui et de lui donner la parole.
Sortie : le 11 février 2015
Durée : 1h20
Avec : Cassandra Dumitru, Spartacus Ursu, Camille Brisson
Synopsis :
Spartacus, jeune Rrom de 13 ans et sa soeur Cassandra, 10 ans sont recueillis dans le chapiteau-squat de Camille, une drôle de fée trapéziste qui prend soin d’eux, leur offre un toit et leur montre le chemin de l’école. Mais le cœur des enfants est déchiré entre l’avenir qui s’offre à eux… Et leurs parents qui vivent encore dans la rue.
Spartacus et Cassandra, un film de Ioanis Nuguet
Spartacus et Cassandra sont frère et sœur. Ils sont Rroms. Et ce documentaire retrace leur vie.
Très simplement, dès la première minute du film, Spartacus nous plonge dans son univers. De sa naissance à aujourd’hui. A 1 an, il marchait, à 2 ans, il mangeait de la terre. A 3 ans, il faisait la manche avec ses parents… On découvre le quotidien de ces enfants, 11 et 13 ans, alors que la justice les a séparés de leurs parents, incapables de les prendre en charge. Ils ont été recueillis par Camille Brisson, sous un chapiteau. Camille n’est pas le centre du film. Elle dit douter de ses capacités d’éducation. Mais sans elle, les enfants ne sont plus. Leurs parents vivent toujours dans la rue, après un échec de vie commune sous le chapiteau.
Spartacus et Cassandra, un film de Ioanis Nuguet
On les voit évoluer, s’exprimer. On pourrait penser que tout est bien pour eux puisque cette toute jeune femme, 21 ans, les a pris sous son aile. Quelle belle rencontre ils ont faite ! Avec beaucoup de patience et de bienveillance, et d’amour, Camille les fait avancer, en sécurité, en autorité, simplement. Mais en fait, non, rien n’est simple. Spartacus comme Cassandra souffrent de savoir leurs parents dans la rue, sans manger à leur faim. Avec un père alcoolique qui bat leur mère. Des parents qui réclament leurs enfants car les enfants sont devenus, très vite, les parents de leurs parents.
Ce film pourrait ressembler à un conte. Mais c’est une histoire vraie qui donne à réfléchir. Et qui concerne des enfants, des enfants qui n’ont jamais pu être des enfants. Donc une histoire sacrée. Et bouleversante.
Un film vrai à voir, bien entendu.
Bande annonce du film Spartacus et Cassandra :
Les résultats du 1er concours d’écriture francophone sont en ligne. Nos lecteurs ayant été très actifs dans ce concours, nous les en remercions vivement.
Nous vous invitons à découvrir sur ce lien, le classement des 500 premières nouvelles du concours, les 3 lauréats du Jury ainsi que le Prix du Public. Et vous pourrez aussi y découvrir les Nouvelles !
Grand Prix du Jury : Tom d’Emmanuelle Solac
Les 10 nouvelles finalistes ont récolté plus de 1 300 « J’aime » sur Facebook.
A l’année prochaine pour la troisième édition d’Edilivre !


Dernier volet de sa trilogie sur l’Amérique post 11 septembre, après la dénonciation des excès de la guerre anti-terroriste dans My Country, My Country et une plongée dans la base navale de la baie de Guantánamo, la réalisatrice Laura Poitras s’attaque à la NSA. Documentaire produit par Steven Soderbergh, CitizenFour traite de la surveillance mondiale généralisée. Et nous, Français, comment ne pas se sentir directement concernés, surtout après les événements de Charlie Hebdo ?
Sortie : le 4 mars 2015
Durée : 1h53
Avec : Edward Snowden, Julian Assange et Jeremy Schaill
BAFTA 2015 du meilleur documentaire
Oscar 2015 du meilleur documentaire
Synopsis :
En 2013, Edward Snowden révèle des documents secret défense en provenance de la NSA, déclenchant l’un des plus grands séismes politique aux Etats-Unis. Sous le nom le code CITIZENFOUR, il contacte la documentariste américaine Laura Poitras, qui part le rejoindre à Hong Kong et réalise en temps réel Citizenfour, un document historique unique et un portrait intime d’Edward Snowden

Du Brésil à la Grande Bretagne, des Etats-Unis à l’Allemagne, de Hong Kong à la Russie, CitizenFour retrace notamment l’histoire d’Edward Snowden.
En janvier 2013, Laura Poitras reçoit pour la première fois un e-mail anonyme signé CitizenFour, le nom de code que s’était donné le lanceur d’alerte. Entre scènes historiques et extraits de journaux télévisés, elle nous livre les dessous de l’affaire, ainsi que la rencontre entre Snowden et les deux journalistes du Guardian qui ont révélé le scoop : Glenn Greewald et Ewen MacAskill.
Lorsque Edward Snowden fuit son pays en juin 2013 avec une gigantesque somme de documents, nous sommes à la veille de l’explosion d’un scandale mondial sur les pratiques de la puissante agence de renseignement américaine. Il se réfugie alors à Hongkong où il rencontre plusieurs journalistes, dont la documentariste Laura Poitras. Elle capte tout de ces quelques jours pendant lesquels Edward Snowden va détailler ses motivations, son histoire et expliquer aux journalistes le contenu des premiers documents.
Des plans de construction de sites de la NSA à la sortie de l’ombre de son personnage capital, Laura Poitras signe un film clair mais anxiogène. Truffé de références juridiques et informatiques, par moment CitizenFour peut vous faire piquer du nez, mais c’est pour mieux vous le mettre dans ce scandale vu de l’intérieur.
Une vérité truffée de paranos, souvent fondées. Vous oscillerez alors entre défense nationale et libertés individuelles, cette liberté, d’ailleurs, qui a remplacé, dans nos sociétés, nos vies privées.
Bande annonce du film CitizenFour :
Victoria Hislop, avec Une dernière danse, nous fait voyager à travers deux jeunes femmes amies. Sonia et Maggie quittent Londres pour passer quelques jours de vacances à Grenade, dans l’espoir de prendre quelques cours de danse et pourquoi pas découvrir le flamenco. Et, comme souvent dans les livres rien n’est le fait du hasard…
Publié aux Editions Les Escales en avril 2014
452 p – 21,90€
Mon avis sur le livre :
Voilà une auteure que l’on aime bien et qu’on suit de très près. Son dernier livre, Une dernière danse, a retenu toute notre attention. Une fois le livre commencé, impossible de le lâcher ! Un véritable coup de cœur !
On suit donc les amies anglaises qui profitent de leurs vacances en Andalousie.
Au détour des ruelles de Grenade, Sonia entre dans un bar El Barril, et découvre de surprenantes photos. Elle en demande les origines au propriétaire des lieux et c’est ainsi qu’elle va découvrir l’Espagne d’avant Franco, L’Espagne des années 30, et bien sûr les années de Guerre Civile et l’Espagne franquiste. Mais aussi la culture espagnole, avec le flamenco, la tauromachie, l’ambiance qui régnait avant l’arrivée de Franco au pouvoir.
Des détails passionnants liés à la famille Ramirez, surtout à leur fille Mercedes, adorée par ses trois frères. Et une danseuses aux talents incontestable ! Mercedes va avoir un destin inouï. Oui bien sûr cela concerne une seule famille, mais il y a eu des milliers de famille Ramirez ayant vécu la même tragédie…
On découvre la vie d’une famille à travers son histoire propre mais surtout à travers l’Histoire. Chacun a ses idées, ses idéaux, et ses opinions politiques. Et la tragédie est inévitable. Au cœur de cette famille, de cette ville et hélas, au niveau national. Et aujourd’hui au XXI siècle, les années franquistes ont laissé de nombreuses cicatrices indélébiles à tous les espagnols, qu’ils soient vieux ou jeunes. Transmises de générations en générations, hélas ! Et on comprend pourquoi.
Victoria Hislop a su rendre les détails historiques indispensables et mêler une très belle histoire d’amour au milieu de tant de détresse. Comme elle l’avait aussi merveilleusement fait dans son livre L’île des oubliés. On peut peut-être trouver que Victoria garde le même canevas dans ses livres : séjour touristique d’une jeune anglaise dans un pays étranger où il va découvrir une page de son propre passé familial… Le tout sur une trame historique tout à fait réelle et toujours dramatique…
Toutefois, Une dernière danse est un livre à découvrir sans plus attendre, même si la fin est un peu surréaliste !
© Tristan Jeanne-Valès
Théâtre de l’Aquarium du 3 au 29 mars 2015
La cartoucherie
route du Champ de Manœuvre
75012 Paris
[pull_quote_center]Une traversée d’une densité rare portée par un supplément d’âme[/pull_quote_center]

Les deux personnages rappellent les couples interdépendants célèbres comme Sganarelle et Don Juan ou Don Quichotte et Sancho Panza ou encore Alex et Zavatta, Laurel et Hardy mais aussi une forme de dualité : le père, le fils, l’esprit, le corps.
L’incarnation des deux éclopés par Fargass Assandé et Michel Bohiri, acteurs ivoiriens, qui nous renvoie à tous les laissés pour compte d’aujourd’hui sonne d’une grande justesse. Ils sont magnifiques d’intensité avec cette capacité inouïe à inscrire leur jeu dans une immédiateté et une réalité qui font entendre comme jamais les mots de Beckett et cette humanité confisquée, confrontée à une errance et à une perdition de l’être.
Hérésie d’un monde irréconciliable qui voit se rencontrer nos deux accidentés de la vie et ce couple maître-esclave interprété par Marcel Bozonnet (vibrant) et Jean Lambert-wild (incandescent) où se mettent à jour les rapports de force et la mise en abîme de toutes les détresses humaines, à la fois victimes et bourreaux.
Jean Lambert-wild est un poète de la scène. Les images créées par le co-metteur en scène (le chapeau penseur qui s’éclaire ou encore les chaussures abandonnées qui changent de couleur comme par magie) ainsi que la gestuelle concrète, rythmée des acteurs mobilisent complètement le spectateur, propice à un questionnement en profondeur et universel sur notre époque.
Une traversée d’une densité rare portée par un supplément d’âme…
Philharmonie de Paris
221 avenue Jean-Jaurès – 75019 Paris
La Philharmonie de Paris consacre sa première exposition à David Bowie. Présentée au Victoria & Albert Museum de Londres en 2013, celle-ci sillonne la planète avec un succès retentissant.
Après son immense succès londonien, l’exposition David Bowie is est présentée dans une version légèrement remaniée à Paris en mars 2015 pour l’ouverture de la Philharmonie de Paris.
Qu’il s’agisse du glam rock, du funk ou de la soul, du disco ou de l’électro, David Bowie endosse tous les genres avec une longueur d’avance. De Major Tom à Ziggy Stardust, d’Aladdin Sane à Halloween Jack, David Bowie, fasciné par les avant-gardes, s’invente, se métamorphose et exhibe son corps devenu spectacle. Londres, New York, en passant par Berlin : sa géographie musicale anticipe et traverse les évolutions artistiques de notre histoire récente.
C’est cet itinéraire riche et fascinant que l’exposition se propose de retracer. Provenant essentiellement des archives personnelles de David Bowie, les documents visuels ou sonores inédits, photographies et films, costumes, éléments scéniques, manuscrits, dessins et instruments témoignent du parcours hors normes et de l’influence sur la culture populaire d’un artiste unique et « inclassable ». Et font de l’exposition une véritable expérience visuelle et sonore, réalisée en partenariat avec Sennheiser.
Informations et Billetterie en ligne sur davidbowieis.philharmoniedeparis.fr/
Week-end David Bowie
Du 6 au 8 mars
Concerts – Spectacles – Ateliers – Conférences – Visites
Le temps d’un week-end, entrez dans l’univers de David Bowie, icône glam rock. Philippe Decouflé dévoile un spectacle à mi-chemin entre concert et performance, l’Orchestre national d’Île-de-France conjugue les symphonies de Philip Glass à la période berlinoise de Bowie, et Renaud Cojo explore les multiples visages de Ziggy Stardust.
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Sorties d’un relifting intégral, les Tortues Ninja nous ont offert un petit moment de détente avec cette dernière adaptation cinématographique, sobrement intutlée Ninja Turtles. Un blockbuster musclé réalisé par Jonathan Liebesman (World Invasion : Battle Los Angeles, La Colère des Titans), et produit par un grand nom du cinéma Hollywoodien : Michael Bay (Pearl Harbor, No Pain No Gain, Transformers…). Une sortie DVD qui va faire chauffer votre home-cinema.
Sortie : le 25 février 2015
Durée : 1h42
Avec : Megan Fox, Will Arnett, William Fichtner
Prix : 19,99 € (DVD/BR)
Synopsis :
Tenez-vous prêts : quatre héros de légende vont bientôt faire parler d’eux à New York… Leonardo, le leader, Michelangelo, le beau gosse, Raphael, le rebelle et Donatello, le cerveau, vont tout faire pour défendre la ville de New York, prise entre les griffes de Shredder. Entre deux dégustations de pizzas (sans anchois, bien sûr) et un entraînement intense aux arts martiaux, prodigué par leur maître Splinter, ils vont accomplir leur destin, aidés par la courageuse reporter, April O’Neil.

Notre avis sur le film :
Reprenant assez sommairement la genèse des tortues mutantes, le film est surtout prétexte à des grosses cascades façon « réalité virtuelle » (un peu comme dans Transformers). Si pour ceux qui connaissent bien la série d’animation des années 90, Ninja Turtles n’apporte rien de nouveau, c’est dans le style d’exécution que le ton change. On admire d’emblée le design de nos héros, qui prennent ici une dimension tout à fait inédite. Une façon très séduisante de revisiter le mythe sans le dénaturer. Un challenge et un équilibre difficile à trouver. Le cas de Shredder est sans doute le meilleur contre-exemple. Pourquoi en avoir fait un robot totalement automatisé ? Petit craquage de l’équipe du film qui est allée un peu trop loin avec ce personnage.[pull_quote_right][D]es scènes d’action à un rythme effréné. [/pull_quote_right]
Avec un scénario très léger, le film parvient à divertir en enchainant les scènes d’action à un rythme effréné. Si bien qu’on peut même se sentir las par moments. Les dialogues où viennent se nicher quelques touches d’humour sont plutôt bien calibrés. Les Ninja Turtles deviennent vite attachantes par leur complémentarité et la dimension plus humaine que leur a donné le réalisateur. Elles sont en effet un peu plus sombres, plus « énervées » que dans la série mère. Un trait de caractère bienvenu et très bien dosé. En dehors du quatuor infernal, les personnages ont du mal à émerger, que ce soit les méchants ou April O’Neil. Megan Fox, qui interprète cette dernière, ne parvient pas à convaincre dans la peau de la blonde à la veste jaune.
Ninja Turtles est donc avant tout un film d’action tout public, qui ne s’adresse pas qu’aux fans des mutantes vertes. Les plus jeunes auront plaisir à découvrir cet univers s’ils ne le connaissent pas déjà. Quant aux autres, c’est surtout le côté visuel du film qui les séduira.
Les bonus du DVD :
« Réalité digitale »
« Dans ta face ! Les Tortues en 3D »
« J’en ai assez d’être vert »
« Composite évolutif »
« Le rock des tortues »
Fin version longue
Clip « Shell Shocked »
Making of du clip « Shell Shocked »
Noël au Balcon, au Café de la Gare
Du mercredi au samedi 21h et le dimanche à 15h30
41 rue du temple 75004

Diptyque co-scénarisé par le duo formé par Patrick Cothias et Patrice Ordas (Le Fils de l’Officier, La Rafale, S.O.S. Lusitania...), Moses Rose raconte l’histoire du seul survivant de la bataille de Fort Alamo, accusé à tort d’être un déserteur. C’est en hors-la-loi que l’homme va entamer un long voyage pour retourner sur les ruines de cette bataille et tenter de prouver son innocence. Un récit qui nous fait voyager dans l’Amérique des Comanches, très joliment illustrée par Christelle Galland (Le Fils de l’officier).
Date de parution : le 25 février 2015
Auteurs : Patrick Cothias, Patrice Ordas (scénario),Christelle Galland (dessin) et Morgan Tanco (couleurs)
Editions : Grand Angle
Prix : 13,90 € (48 pages)
Résumé de l’éditeur :
La rédemption du seul survivant du massacre de Fort Alamo. Accusé d’avoir été le seul déserteur de la bataille du Fort Alamo, Louis « Moses » Rose espère prouver qu’il a combattu avec ses camarades. Pour échapper à la prison, il n’a d’autre choix que d’aider le shérif Millsaps à retrouver de l’argent et des documents cachés dans les ruines du fort. Mais il s’agit d’un voyage de 900 kilomètres, au travers des contrées hostiles où les Comanches ont repris les armes…

Le point sur l’album :
Nous sommes en 1836, et la bataille de Fort Alamo s’annonce comme un véritable carnage. Les hommes de James Bowie, en forte infériorité numérique, sont promis à une mort certaine face à leurs assaillants mexicains. Tous périront, exception faite de Louis Rose dit Moses. Ce soldat français qui a longtemps combattu pour l’Empire Napoléonien est alors suspecté de désertion. Faisant quelques années plus tard alliance avec le shérif Millsaps – qui souhaite retrouver des documents précieux sur le lieu de la bataille – Moses Rose va entreprendre avec lui un long voyage à travers la Louisiane, en terre comanches, pour tenter de sortir de l’impasse. Un périple dangereux, surtout lorsque l’on est pourchassé par des chasseurs de prime…[pull_quote_left]un scénario riche et ambitieux[/pull_quote_left]
C’est donc un scénario riche et ambitieux que nous proposent Cothias et Ordas. Toujours fortement ancré dans l’Histoire, celui-ci s’apparente à un vrai road trip entre terre et mer. Un western séduisant malgré un découpage parfois abrupte, qui n’hésite pas à prendre des raccourcis là où on aimerait plus de détails. Les contraintes du format ne se font pas toujours oublier. Le récit reste néanmoins fluide, rythmé par de multiples rebondissements. Agréable à lire.
Le dessin réaliste de Christelle Galland bénéficie d’un trait fin et précis qui orne des planches très détaillées. Un travail généreux et soigné qui donne beaucoup de plaisir. Un véritable atout pour cette série.
Ce premier album de Moses Rose ne manque pas d’arguments. A découvrir.

Titre appétissant, couverture flashy pleine de promesses, le nouvel album d’Alexis Laumaillé (Mélissa, La Main du singe) séduit dès le premier coup d’oeil. Folle cuisine est un one shot original, où deux jeunes femmes se lient d’amitié pour se faire une place en cuisine… Mais pas dans n’importe laquelle. Un récit inattendu qui a attisé notre curiosité.
Date de parution : le 25 février 2015
Auteur : Alexis Laumaillé (scénario et dessin)
Editions : Grand Angle
Prix : 19,90 € (92 pages)
Résumé de l’éditeur :
Un thriller gastronomique épicé !Barbara est passionnée de cuisine, mais une maladie rarissime l’empêche de reconnaître les visages. Mathilde, quant à elle, aime faire plaisir à son entourage, quitte à enfreindre la loi. Lorsqu’elles se rencontrent chez leur psy, leur amitié est immédiate et Barbara fera embaucher Mathilde dans son palace pour l’aider à conserver son poste. Mathilde sera les yeux de Barbara et Barbara la conscience de Mathilde…

Le point sur l’album :
Alors que Barbara, serveuse, souffre de prosopagnosie – maladie qui l’empêche totalement de voir les visages avec distinction – elle va tout faire pour conserver son travail. Faire embaucher Mathilde, rencontrée par hasard dans la salle d’attente de son médecin, pourrait être la solution. Cette dernière va l’aider à reconnaître les clients à servir en salle par quelques stratagèmes. Mais c’est sans compter les problèmes de Mathilde, qui doit elle aussi vivre avec une maladie étrange : l’hypomanie. Cette pathologie la pousse à concrétiser les moindres désirs imaginés chez l’autre. Elle va donc se dépasser, et aller bien au-delà de la frontière du raisonnable.
Commence alors une autre intrigue, celle d’une cuisine hallucinogène à base de drogues. Un trafic mis en place au sein de l’hotel où les deux femmes travaillent…. et elles comptent bien en profiter.[pull_quote_right]Folle cuisine nous laisse un peu sur notre faim.[/pull_quote_right]
Un scénario riche de bonnes idées qui donnent la sensation de se laisser porter par un flux imaginaire où l’inspiration se mêle au réel (notamment à travers la propriétaire de l’hotel, alter-ego de Liliane Bettencourt). Malgré cela, le découpage de l’histoire n’est pas toujours optimal. Nos personnages sont dans l’instantanéité. On ne sait rien de leur passé. Et le récit s’en ressent, ne parvenant pas à atteindre une profondeur suffisante. C’est dommage parce qu’il ne manque pas grand chose.
Côté dessin, l’artiste fait preuve d’ingéniosité lorsqu’il s’agit de mettre la prosopagnosie en image. Une ingénieuse façon de représenter visuellement ce que fait vivre cette maladie. Le défi était de taille. Son trait fin associé à une coloration vive, aux contrastes marqués, fait immanquablement penser à une influence comics. Un style plutôt agréable.
Au final, Folle cuisine nous laisse un peu sur notre faim. L’album ose des choses tout en laissant l’impression de ne pas aller au bout. On demeure diverti là où on pensait être vraiment surpris. Toutes les promesses ne sont donc pas tenues…


Rahan, le héros le plus populaire de la préhistoire revient avec une aventure inédite : Les Fantômes du Mont-Bleu. Un titre évocateur puisqu’il s’agit de l’endroit même où Rahan a vu son clan anéanti par l’éruption du volcan alors qu’il n’était qu’un jeune garçon. L’album relance ainsi cette série créée il y a plus de quarante ans par Roger Lécureux et André Chéret. Et ce n’est autre que le fils de ce premier qui reprend le flambeau du scénario, en compagnie du dessinateur de toujours de Rahan.
Date de parution : le 4 février 2015
Auteurs : Jean-François Lécureux (scénario) et André Chéret (dessin)
Editions : Soleil
Prix : 14,95 € (64 pages)
Résumé de l’éditeur :
Rahan est de retour pour de nouvelles aventures ! Pour la première fois depuis qu’il a entrepris de partir à la découverte de Ceux qui marchent debout, le Fils de Crao, guidé par son coutelas d’ivoire, voit ses pas le ramener au pied du Mont Bleu. Là-même où périrent jadis tous les siens. Sur les lieux précis où il fit le serment à son père adoptif de respecter à jamais tous ses frères et de partager ses connaissances avec eux. Mais qu’elle n’est pas la surprise de Rahan de constater qu’en son absence, un mystérieux sorcier a détourné ses inventions pour asservir tout un peuple et détruire l’environnement.

Le point sur l’album :
Guidé par son coutelas d’ivoire, Rahan va donc opérer malgré lui un retour aux sources, aux origines même de la légende de l’esprit aux cheveux-de-feu. Là-bas, il va être capturé par un clan qu’il ne connaît pas. Et pourtant, tous ont entendu parler de lui. Le village semble d’ailleurs concentrer toutes ses inventions, comme si les fruits de son savoir et de son expérience avaient été soigneusement répertoriés et reproduits. Rahan va alors découvrir le revers de tels progrès techniques : des déviances écologiques, politiques et sociales.
C’est donc un récit aux enjeux résolument modernes que propose Jean-François Lécureux. Donnant un écho de notre temps à Rahan, le scénariste insuffle un vent de fraîcheur à cette série vieillissante malgré son succès populaire. Son scénario esquisse une fable à la morale omniprésente, qui prend parfois le pas sur le rythme en pesant sur les dialogues. L’histoire de ce nouvel album s’inscrit dans l’esprit d’une série familiale, qui pourrait régaler les plus jeunes (un peu au détriment d’un public plus adulte).
L’inimitable dessin d’André Chéret procure quant à lui de belles sensations, dont un brin de nostalgie. Son trait n’a pas pris une ride. On aime sa précision et son côté vieille école, exacerbé par la couleur directe utilisée. Longtemps remarqué pour son côté novateur, le dessin de Rahan séduit aujourd’hui pour des raisons inverses.
Respectant donc tous les fondamentaux de la série, Rahan, Les Fantômes du Mont-Bleu se met au goût du jour sans grande révolution. Un album néanmoins agréable lire.
Alexandre Dratwicki
Directeur scientifique du Palazzetto Bru Zane (Venise), docteur en musicologie et ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), Alexandre Dratwicki est spécialiste de la musique française du XIXe siècle. Diplômé du Conservatoire de Paris (esthétique), il a enseigné l’histoire de la musique dans plusieurs universités et a été producteur à Radio France (« La Querelle des Bouffons » et « Sortez les jumelles » en 2006- 2007). Il a notamment publié chez Somogy, Le
Cavalier bleu, Ediciones singulares, Brepols, Vrin et Symétrie. Son ouvrage Un nouveau commerce de la virtuosité (1780-1830) a reçu le prix des Muses 2007 de l’essai. Il a codirigé avec Julia Lu Le Concours du prix de Rome de musique (1803-1968) et a obtenu en 2013 un prix de la Fondation Napoléon pour La Mort d’Abel de Rodolphe Kreutzer.
Académie Maurice Ravel – 8, place Maurice Ravel – 64500 Saint-Jean-de-Luz
Pour en savoir plus : www.academie-ravel.com
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Réalisé par le méconnu Gregg Araki (Kaboom), White Bird raconte l’histoire d’une adolescente qui grandit sans sa mère, après la disparition soudaine de cette dernière. Un vide qu’elle ne parviendra pas à combler et qui la poussera à chercher à comprendre ce qu’il s’est passé. Un film adapté du roman de Laura kasischke, et nominé au Festival du film de Sundance de 2014.
Sortie : le 17 février 2015
Durée : 1h31
Avec : Shailene Woodley, Eva Green, Christopher Meloni
Prix : 19,99 € (DVD/BR)
Synopsis :
Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité, Kat semble à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…

Notre avis sur le film :
Sous un pitch séduisant, qui laisse planer le mystère pendant quelques minutes, White Bird nous divertit à travers Kat Connors, ado décomplexée qui vit pleinement sa vie et sa sexualité florissante. Un personnage interprété assez justement par Shailene Woodley (Nos étoiles contraires), jeune et ambitieuse actrice. Elle donne d’ailleurs la réplique à Eva Green (Dark Shadows, Casino Royale)- dans le rôle de la mère alcoolique et dépressive – ainsi qu’au très bon Christopher Meloni (New York Unité Spéciale) dans la peau de son père, qu’elle ne cessera de décrire comme une lavette.
Bref, une petite famille banale que va abandonner une mère malade. Oui, mais voilà, le scénario ne laisse pas d’autres issues que de faire des pronostics. Et manque de chance, on est rarement remis en question. Le film manque du coup d’un quelconque effet de surprise malgré une réalisation générale de bonne qualité. Le coup de grâce est d’ailleurs porté par un final bâclé, qui laisse une très désagréable sensation. Si la première impression est bonne (et dieu sais qu’elle est importante), la conclusion est à l’opposée. Les personnages sont presque vidés de toute substance par une fin moribonde qui nous coupe l’herbe sous le pied.
Malgré la présence d’acteurs plutôt percutants, la réalisation et le découpage de White Bird ne parviennent pas à faire oublier la fragilité du scénario. C’est dommage.
Les bonus du DVD :
Scènes coupées commentées
© E.Carecchio
La Colline – théâtre national du 26 février au 22 mars 2015
[pull_quote_center]Célie Pauthe fait résonner les deux texte à l’abri d’une mise en scène fine et subtile qui convoque dans son exposition une représentation à distance des méandres du désir pour la Bête dans la jungle, en contrepoint à une approche objective dans la Maladie de l’amour où se défie l’obscur objet du désir[/pull_quote_center]
Quel est le lien entre Henry James et Marguerite Duras ? La bête dans la jungle, immanquablement, cette nouvelle de l’écrivain américain (1843-1916), écrite en 1903, dont l’auteur français a signé en 1962 une adaptation théâtrale où son livre La maladie de la mort opère un effet de miroir en creusant les mêmes thèmes : la difficulté d’aimer, l’effroi du désir, l’expérience de l’inassouvissement, la césure entre le masculin et le féminin, l’intériorité, le manque, la marque indélébile de l’enfance.
Célie Pauthe imagine donc un diptyque théâtral à partir des deux œuvres pour explorer en hors champs puis en plan rapproché deux relations très particulières où se questionnent la quête et la nature profonde du sentiment amoureux. Hypnotique.
Catherine Bertram retrouve John Marcher qu’elle avait rencontré dix ans plus tôt et se souvient du secret qu’il lui avait confié. Il est convaincu qu’un événement susceptible de modifier sa vie se produira un jour et le traque, comme « une bête tapie dans la jungle, prête à bondir ». Ils décident d’attendre ensemble ce destin, mais la bête ne se montre pas.
C’est comme si cette bête dans la jungle était un échappatoire mais dont on redoute la possibilité, cristallisant un empêchement insurmontable.
Car qu’est-ce que cette bête dans la jungle, que cache t’elle ? Un traumatisme d’enfance ? sachant qu’elle a pris toute sa place dans la vie du protagoniste.
[pull_quote_left]Les comédiens John Arnold, Valérie Dréville et Mélodie Richard, habités d’une intériorité saisissante, sont indissociables de ce voyage mental et de son vertige[/pull_quote_left]
Et peu à peu, au cours des années, Catherine commence à avoir l’intuition que peut-être, ce destin que John Marcher attend avec une telle obsession, comme un possible qui doit arriver, est au fond en train de s’accomplir.
Henry James suggère en effet : est-ce que ce n’était tout simplement pas elle, cette femme, le destin que John Marcher n’a pas su saisir ? N’est-elle pas la vie même, l’amour, qui était là, et qu’il n’a pas pu reconnaitre ?.
Lorsque Henry James écrit ce texte, il a déjà une œuvre romanesque importante derrière lui et sur laquelle il s’interroge : la littérature est-elle la vie ? tout en questionnant aussi sur ce qu’est une œuvre : un aboutissement, ou une recherche ?.
Avec la Maladie de la mort, on suit le parcours d’un homme qui paie une femme pour venir le rejoindre plusieurs nuits dans une chambre. Le contrat est assez clair : elle lui demande « Vous voulez quoi » ?, et il lui dit « Je veux apprendre à aimer ».
Et, à la fin, alors que l’homme tente désespérément d’interroger la jeune femme sur les dérobades possibles à sa maladie –pourquoi ne peut-il aimer ? Pourquoi ne peut-il être aimé – on est aux prises avec la mémoire se remémorant cet inaccomplissement. Une faille au commencement, un cauchemar d’enfant, une scène originelle dont on ne s’est jamais sauvé, sur laquelle on n’a aucune prise et qui ne cesse de se rejouer.
Les deux textes sont au cœur de ce manque, de cette carence pathologique du coeur, qui prend la forme d’une anesthésie du désir, d’un froid intérieur dont les deux figures masculines – interprétées par John Arnold – sont paradoxalement les victimes et contre lesquels elles luttent, à leur manière, aveuglément, de toutes leurs forces.
Un empêchement d’autant plus émouvant qu’il s’avère proportionnel à la conscience refoulée de la violence du sentiment amoureux, à sa brutalité, à sa démesure, à la dévastation, à la dissolution, à la brûlure, à la peur de la perte de soi auxquels l’amour dans son emportement expose.
Célie Pauthe fait résonner les deux texte à l’abri d’une mise en scène fine et subtile qui convoque dans son exposition une représentation à distance des méandres du désir pour la Bête dans la jungle, en contre point à une approche objective dans la Maladie de l’amour où se défie l’obscur objet du désir avec un lit et un corps féminin offert.
Le décor, aux enfilades de pièces vides et grises d’un château signé Marie La Rocca, installe à merveille l’immobilité des sentiments où se miroitent dans un miroir central des silhouettes empêchées et interdites.


Récit intense sur l’immigration clandestine venant du Maroc pour atteindre l’Espagne, Les Mains Invisibles a été longtemps préparé par son auteur, le finlandais Ville Tietäväinen (Hymyilevä kuu, Des oiseaux, des mers). Ce dernier a en effet réalisé un vrai travail d’investigation qui a duré plus d’un an, entre les deux continents et qui a donné cette fiction saisissante de réalisme.
Date de parution : le 28 janvier 2015
Auteurs : Ville Tietäväinen (scénario et dessin)
Editions : Casterman
Prix : 27 € (224 pages)
Résumé de l’éditeur :
Rachid quitte sa femme, sa fille et son pays, le Maroc, pour « passer» en Espagne. Dans cette Europe fantasmée, il espère trouver un emploi rémunérateur et offrir une vie meilleure à sa famille. Il n’y trouve pourtant que des salaires de misère, une vie précaire, des travaux de force et une clandestinité qui ressemble à de l’esclavage. De désillusions en trahisons, la quête de ce travailleur acharné et idéaliste l’emmène jusqu’à Barcelone, où elle se conclue. Enfin. Les Mains Invisibles racontent le choc entre rêves de richesse et réalité de l’immigration clandestine, mais aussi l’espoir, la force et les déceptions qui poussent ces hommes à avancer, toujours plus loin. L’auteur aura enquêté plus d’un an, passé plusieurs mois en Espagne et au Maroc et fait des dizaines de rencontres pour amasser la matière de cette fiction ultra-réaliste. Un roman dense et noir en bande dessinée qui dit le vrai de notre temps et dont le lecteur ne sort pas indemne.

Le point sur l’album :
BD récompensée par le Prix Finlandia, plus grand prix décerné par la Fondation finlandaise pour la culture, Les Mains Invisibles fait le récit d’un jeune père de famille marocain qui quitte femme et enfant dans l’espoir de lendemains meilleurs, en Europe. Souhaitant avant tout subvenir aux besoins des siens, Rachid va mettre le doigt dans un terrible engrenage, qui débute par la traversée clandestine de la mer méditerranée pour l’Espagne. Guidé par l’espoir qui ne le lâchera jamais, il va connaître d’innombrables épreuves.[pull_quote_right](…) profond et puissant.[/pull_quote_right]
Personnalité crédule, son arrivée en Espagne va se faire dans la souffrance d’une désillusion brutale. Seul, sans ses compagnons naufragés, il va se retrouver à travailler au noir dans les plantations. Une existence fantômatique réduite à un dur labeur, sous-payé, qui le renvoie chaque fin de journée à son habitation de fortune, dans le bidonville local. Malgré sa farouche volonté de s’en sortir, son voyage – qui ne va pas s’arrêter là- va l’entrainer un peu plus loin dans la misère… et la folie. Jusqu’à Barcelone.
Un scénario noir et dense, particulièrement bien mis en scène. Le récit de Ville Tietäväinen passionne autant qu’il effraie. Sans doute est-ce dû à sa dimension réaliste très importante (qui le rapproche du docu-BD Clandestino).
Le trait appuyé et la bichromie utilisée donnent au dessin une belle profondeur. Un naturel graphique qui colle parfaitement à l’esprit des Mains Invisibles et offre une narration minimaliste très efficace.
Dénonçant les vicissitudes d’un système hypocrite qui autorise encore l’esclavage, Les Mains Invisibles est un roman graphique profond et puissant. A lire.
Avec Soufi, mon amour, ouvrage romanesque, historique et philosophique, l’écrivaine turque Elif Shafak signe un chef d’œuvre littéraire. Percutant et universel, ce traité sur l’Amour se déploie par tranches de vies, tel un éventail intelligemment organisé, auquel chaque personnage participe à la cadence et au souffle.
Publié aux Editions Phébus en 2010
Publié aux Editions 10/18 en 2011
Auteur : Elif Shafak, oeuvre traduite par Dominique Letellier
Prix : 9,10€ (470 pages) aux Editions 10/18
Résumé de l’éditeur :
Ella Rubinstein a en apparence tout pour être heureuse : une jolie maison dans le Massachusetts, trois beaux enfants, un chien fidèle. Mais, à l’aube de ses quarante ans, elle se demande si elle n’est pas passée à côté d’elle-même. Les infidélités de son mari ne sont plus un mystère et les cours de cuisine du jeudi ne suffisent pas à exalter sa vie monotone. Décidée à reprendre une activité professionnelle, elle est engagée comme lectrice par un agent littéraire. Sa première mission : rédiger une note sur un manuscrit signé par Aziz Z Zahara. Ce roman, qui retrace la rencontre entre le poète Rûmi et le plus célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz, va être une révélation pour Ella. Au fil des pages, elle découvre le soufisme, le refus des conventions et la splendeur de l’amour. Cette histoire se révèle être le miroir de la sienne. Aziz – comme Shams l’a fait pour Rûmi sept siècles auparavant – serait-il venu la libérer ?
Soufi, mon amour, un livre de Elif Shafak
Mon avis sur le livre Soufi, mon amour :
Soufi, mon amour, il s’agit d’un roman dans un roman, qui nous transporte de notre époque au XIIIème siècle, de l’Occident à l’Orient. Il dresse ainsi de multiples jonctions et parallèles avec beaucoup de finesse. Son architecture originale nous permet en effet, au fil des chapitres, de porter les habits de chacun des protagonistes, de vivre leurs émotions et de voir avec leurs yeux. Par le biais de ce prisme ingénieux, « Doux blasphème« , le roman incorporé, nous fait surtout découvrir et explorer les racines du soufisme, sagesse ésotérique de l’Islam née au VIIIème siècle mais déployée vers 1245, à Konya, dans l’actuelle Turquie.
La pureté, la persévérance, la connaissance, le détachement et l’élévation sont les valeurs et les idéaux que la voie soufi conjugue au sein de ses confréries et se charge de prêcher. Pour les apprécier et les comprendre Elif Shafak a choisi de nous relater la bouleversante amitié entre le grand sage et prédicateur Djalâl Al-dîn Rûmî et le derviche errant Shams de Tabriz venu de Perse. Reliés par un amour céleste, admiratifs l’un de l’autre, ils bâtissent un équilibre parfait, spirituel et florissant. A la fois maître et élève de l’autre, chacun puise sa force et son inspiration en cette amitié fusionnelle. Ils approfondissent leur savoir religieux et partent à la quête de la vérité. Shams vient compléter l’âme de Rûmî, l’aide à révéler son talent de poète et le comble par son amour divin. En retour, Rûmî par son savoir et sa sagesse enrichit et apaise l’esprit du derviche rebel. Ils deviennent inséparables et c’est ensemble qu’ils instituent le sema, danse d’extase mystique des derviches tourneurs.[pull_quote_left]Soufi, mon amour, jongle avec les éléments, avec le temps, et révèle une sagesse universelle, inspirante et saisissante (…)[/pull_quote_left]
Mais les disciples et l’entourage de Rûmî jalousent cette union, ne la comprennent pas et veulent y mettre un terme. Pourtant, Shams est tel un caïd de l’ancien temps que l’on voudrait suivre à la trace, inlassablement. Provocateur, charismatique et empreint de liberté, il est semblable à un astre dans le ciel dont la lumière éblouit ceux qu’il croise et même si parfois il dérange le petit monde de Konya, il s’engage à propager l’Amour en enseignant ses 40 règles.
La magie de Soufi, mon amour, comparable à celle des contes des milles et une nuit, réside dans la douceur et le mystère de l’Orient qui émanent de chaque tableau, mais aussi dans la force des épreuves que les personnages traversent. C’est avec un style sobre et métaphorique que l’auteur nous dévoile la science sublime et subtile du soufisme, religion de l’Amour. Magnifiquement écrit et traduit (par Dominique Letellier), Soufi, mon amour, jongle avec les éléments, avec le temps, et révèle une sagesse universelle, inspirante et saisissante qui touche en plein cœur et redonne à la foi tout son sens.
Parmi les 40 règles de Shams décrites dans Soufi, mon amour, en voici 2 :
« Le destin ne signifie pas que ta vie a été strictement prédéterminée. En conséquence, tout laisser au sort et ne pas contribuer activement à la musique de l’univers est un signe de profonde ignorance. Il existe une harmonie parfaite entre notre volonté et l’Ordre de Dieu. Le destin n’est pas un livre qui a été écrit une fois pour toutes. C’est une histoire dont la fin n’est pas décidée, qui peut prendre beaucoup de voies différentes. »
« Ne tente pas de résister aux changements qui s’imposent à toi. Au contraire, laisse la vie continuer en toi. Et ne t’inquiète pas que ta vie soit sens dessus dessous. Comment sais-tu que le sens auquel tu es habitué est meilleur que celui à venir ? »
Soufi, mon amour a été publié en 2009, traduit dans plus de 40 langues et vendus à plus de 750 000 exemplaires. Elle reçoit pour ce roman le Prix ALEF – Mention Spéciale Littérature Etrangère en 2011.
Jean-Jacques Goldman est la personnalité préférée des français, selon un sondage IFOP de 2014. Selon Wikipédia, il aurait déjà vendu près de 33 millions d’albums ! C’est pourquoi nous publions ce petit billet d’une de nos internautes qui permettra à beaucoup d’autres de profiter de cette rediffusion sur JJG. Alors, tous à vos tablettes !
Diffusé : le 23 février 2015
Réalisé par : Stéphane Benhamou et Laurent Rousseau
A voir sur France 3 en replay
Pour les fans de JJG bien sûr !!! Je viens de voir un documentaire consacré à ce chanteur que j’adore en replay sur FR3 pour 3 jours encore. Des chansons entrecoupées de quelques (trop) rares interview qu’il a données. A voir pour la nostalgie des années 80 et 90 et pour son sourire qui laisse entrevoir toute sa bonté et sa générosité. (Commentaire qui nous a été envoyé par Joëlle Le Mouel, merci à elle !)
Jean-Jacques Goldman : Je te donne :


Affublé de quatre lettres rouge sang, Ugly annonce la couleur. Ce thriller saisissant est une vraie révélation pour qui, comme nous, ne connaît pas, ou trop peu, le cinéma indien. Réalisé par Anurag Kashyap (Gangs of Wasseypur, No smoking, Bombay Talkies), le film montre l’implosion d’une famille entière suite à l’enlèvement d’une petite fille de dix ans issue d’un premier lit. Une immersion dans un monde glaçant, où le réalisateur nous fait voir ce qu’il y a under the carpet, comme il le dit si bien lui-même. Autant dire que c’est pas beau à voir.
Sortie : le 3 février 2015
Durée : 2h06
Avec : Ronit Roy, Tejaswini Kolhapure, Rahul Bhat
Prix : 19,99 € (DVD)
Synopsis :
Rahul et Shalini, les parents de Kali, 10 ans, sont divorcés. La fillette vit désormais avec sa mère et son beau-père, Shoumik, responsable d’une brigade de la police de Bombai. Un samedi, alors que Kali passe la journée avec son père Rahul, elle disparaît…

Notre avis sur le film :
Ugly est d’abord l’histoire d’un trio qui se déteste : le mari, commissaire qui va diriger l’enquête sur ce terrible enlèvement, son épouse, mère de la petite Kali, ainsi que le père de cette dernière qui en avait la garde le jour de la disparition. L’enquête va d’emblée prendre une tournure ultra violente, avec l’interrogatoire du père et de l’un de ses amis. Le commissaire va en effet commencer par se défouler littéralement sur eux, ce qui attisera une certaine pitié pour le spectateur. Ce flic, droit dans ses bottes, est très ancré dans la société patriarcale indienne. Il est l’homme et il fait en sorte que sa femme reste à la place qu’il lui a choisie.
Un personnage complexe, qui sous ses airs exemplaires se révèle être un véritable dictateur, d’une grande violence (surtout sur un plan psychologique). Mais c’est aussi lui qui mettra tout en oeuvre pour retrouver Kali. Car ses parents, comme ses oncle et tante vont tour à tour endosser le rôle de suspect dans une affaire qui atteint des sommets d’immondice…[pull_quote_right]Un film coup de poing, sale et choquant.[/pull_quote_right]
Laissé dans le flou de cette enquête qui piétine autour de cette lugubre famille, le spectateur s’identifie peu à peu à ce commissaire aux traits obscurs, mais dont la hargne ne quitte jamais. Les péripéties sont nombreuses et nous plongent avec brio dans les méandres d’une société affreusement vicieuse, où la tension souffle d’un vent froid sur une moiteur apparente. De quoi donner des sueurs froides. Car le scénario opère avec une maîtrise sans égale un crescendo dans l’horreur.
Servie par un jeu d’acteurs convaincant, la réalisation met en scène une ville gargantuesque où les habitations s’enchevêtrent presque. Une densité qui pèse beaucoup dans l’atmosphère aux accents claustrophobes de Ugly.
Un film coup de poing, sale et choquant. Peut-être pas représentatif du cinéma indépendant indien, mais sans doute l’un de ses meilleurs ambassadeurs. A ne surtout pas manquer.
Les Bonus DVD :
Entretien avec le réalisateur, Anurag Kashyap.
Martin Bourboulon a voulu faire une comédie drôle avec ce film Papa ou maman . Mais ce n’est pas vraiment drôle, plutôt affligeant. Quel dommage car tout le monde espérait bien rire avec ce film qui a fait beaucoup de pub !
Sortie : le 4 février 2015
Durée : 1h25
Avec : Marina Foïs, Laurent Lafitte
Synopsis :
Florence et Vincent Leroy ont tout réussi. Leurs métiers, leur mariage, leurs enfants. Et aujourd’hui, c’est leur divorce qu’ils veulent réussir. Mais quand ils reçoivent simultanément la promotion dont ils ont toujours rêvée, leur vie de couple vire au cauchemar. Dès lors, plus de quartier, les ex-époux modèles se déclarent la guerre : et ils vont tout faire pour NE PAS avoir la garde des enfants.
Papa ou maman
Bien sûr la situation est cocasse : les parents se séparent et aucun ne veut la garde des enfants. La situation n’est pas courante puisqu’en principe les parents se déchirent à cause de la garde des enfants. On aurait tendance à trouver que les acteurs en font sans doute un peu trop : Marina Foïs et Laurent Lafitte.[pull_quote_right]Vulgaire et grossier…[/pull_quote_right]
Là, on entre dans un monde où l’égocentrisme règne. Chacun pense à sa carrière… Mais les gags ne sont pas drôles du tout. En plus, le film ne peut pas être vu aux moins de 12 ans, à mon avis. Sinon, ils risquent d’être choqués par le côté très olé olé des adultes, un monde où tout est permis… Vulgaire et grossier…
Quant au jeu des enfants, quel manque de naturel ! L’enfant-roi beaucoup trop caricatural pour être crédible. Mais qui pourra servir d’exemple aux enfants vivant la situation de divorce de leurs parents ! Alors bon courage aux parents !
La fin est aussi stupide que le film !
Regardez la bande annonce, et vous aurez vu le film !
Bande annonce Papa ou maman :
La carrière de Michael Keaton reste marquée par son rôle de super-héros ténébreux qu’il a incarné par deux fois dans Batman (1989) et sa suite Batman : Le Défi (1992) réalisés par Tim Burton. Suite à ce succès public, l’acteur américain a composé des personnages souvent tordus dans des œuvres estimables comme Fenêtre sur pacifique, L’enjeu ou encore Jackie Brown…
Sortie : le 25 février 2015
Durée : 1h59
Avec : Michael Keaton, Zack Galifianakis, Edward Norton, Naomi Watts, Emma Stone
Oscars 2015 : Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleure Photographie, Meilleur Scénario original.
Synopsis :
À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego. S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir…
Mon avis sur le film :
…Depuis ces derniers films, l’acteur avait un peu délaissé les écrans, et nous revient à 63 ans dans Birdman et dans la peau d’un super-héros. Enfin pas exactement, car le nouveau film de Alejandro González Iñárritu (Babel, 21 Grammes, Amours chiennes) est en réalité un drame psychologique qui tend un miroir à l’acteur qui ne pouvait être que l’unique choix pour le rôle de cet alter ego de lui-même, en tout cas le plus pertinent.
Construit à la manière d’un long et unique plan-séquence, le tournage de Birdman ou (la surprenante vertu de l’ignorance) s’est déroulé dans l’ordre chronologique, et chaque segment a été filmé d’une traite, puis assemblé pour donner l’illusion d’un seul et long plan fluide et continu rythmé par la musique du batteur de jazz Antonio Sanchez. Un travail de mise en scène qui a demandé beaucoup de patience aux acteurs, offrant une performance proche de celle du théâtre.[pull_quote_right]Michael Keaton, absolument habité […]. Edward Norton (…) fantastique.[/pull_quote_right]
Ce n’est donc pas un hasard si le film se déroule dans les coulisses d’une scène à Broadway où cette sympathique troupe menée par Riggan Thomson (Michael Keaton), comédien vieillissant hanté par le personnage de super-héros qui a fait de lui une star naguère, et depuis retiré des plateaux d’Hollywood et de la célébrité, tente de redonner un second souffle à sa carrière en montant une pièce tirée d’une nouvelle (« Parlez-moi d’amour« ) de l’écrivain Raymond Carver. Un support dramatique qui entre étrangement en résonance avec sa vie tumultueuse faite d’échecs à répétitions.
Michael Keaton, absolument habité par son rôle et totalement investi dans le personnage de Riggan, apparaît tantôt agaçant, drôle ou bouleversant dans ses rapports avec un entourage à la fois bienveillant et dur envers lui, composé de sa fille Sam (Emma Stone), son ex-femme Sylvia (Amy Ryan), Laura sa maîtresse (Andrea Riseborough) ou Brandon son agent (Zack Galifianakis). Face à lui, Edward Norton (Fight Club) joue le comédien de Broadway Mike Shiner, un quadra excentrique tantôt touchant ou horripilant. Edward Norton est fantastique et trouve dans le personnage de Mike Shiner un de ses meilleurs rôles. Ils donnent la réplique à Lesley, une comédienne sur le retour et qui espère elle aussi que son rôle dans la pièce donnera un second souffle à sa carrière, un personne complexe et ambivalent que Naomi Watts incarne avec délicatesse.
Birdman aborde de multiples sujets qui ont pour la plupart des résonances très modernes comme la célébrité et sa perception à l’heure des réseaux sociaux comme Twitter, le temps qui passe et les bons et mauvais choix que l’on fait dans une vie ou une carrière professionnelle, au risque de s’aveugler ou se briser les ailes… Un film (trop ?) riche qui va sans doute récolter quelques récompenses aux Oscars le 22 février prochain (après déjà 9 nominations !), dont le prix du meilleur acteur pour Michael Keaton, et cela sera amplement mérité.
N.B. : cette chronique a été rédigée bien avant la cérémonie des Oscars.