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Don Quichotte, livre 1 : une BD Cervantes et Rob Davis (Warum)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Don Quichotte tome 1

Don Quichotte, livre 1

Ah ! Don Quichotte ! Ce mythe littéraire dont on a tous entendus parler est une nouvelle fois adapté en BD. L’œuvre écrite en deux temps (dix ans séparaient alors le premier tome du second) par l’espagnol Miguel de Cervantes (1547-1616) est cette fois revisitée par l’anglais Rob Davis (dessinateur de Judge Dredd). Une adaptation nominée pour deux Eisner Awards en 2014, qui sera publiée en deux tomes, elle aussi.

Date de parution : le 18 février 2015
Auteurs : Rob Davis (scénario et dessin), d’après l’oeuvre de Miguel de Cervantes
Editions : Warum
Prix : 20 € (160 pages)

Résumé de l’éditeur :

Il y a plus de 400 ans, l’espagnol Miguel de Cervantes (1547-1616) envoyait son incorrigible optimiste de héros s’attaquer aux éoliennes. Don Quichotte, l’illustre hidalgo, et son voisin fermier à la prosaïque philosophie, Sancho Panza, sont parmi les figures les plus drôle et les plus populaires de la littérature, s’attaquant au grand pour le tourner en ridicule. Dans cette adaptation du classique Cervantes, Rob Davis utilise un trait moderne et comique, servi par une palette de couleurs narratives pour donner vie au Chevalier errant. Don Quichotte dans sa recherche de l’aventure et des rencontres galantes affrontera de terribles adversaires, comme la logique, les convenances ou la santé mentale. Mais il vaincra toujours !

Don Quichotte tome 1

Le point sur l’album :

Chapitré en dix petites scènes, le récit nous plonge immédiatement dans le monde loufoque de ce vieux Don Quichotte de la Manche. Un nom choisi par ce noble personnage qui a mis toute sa fortune dans l’acquisition de toute la littérature chevaleresque existante à son époque. Perdu dans les pages de ses livres (et ruiné), le vieux monsieur va faire comme un burn-out. C’est alors paré d’un heaume à la visière en carton qu’il va partir à la conquête du monde (et des moulins à vent), persuadé d’être l’émanation d’un preux chevalier. L’occasion d’aller croiser le fer en compagnie de son voisin Sancho Panza

Burlesque, fantasque et amusant, le ton employé va à merveille à ce grand classique, où les styles narratifs se croisent pour donner un mélange croustillant de comique.

Le morcellement de la trame générale par petits épisodes ne fait par ailleurs que parfaire un découpage très propre. Un scénario d’une belle tenue, très respectueux de l’oeuvre paternelle car habité par son esprit.

C’est aussi grâce au trait caricatural de l’auteur, qui s’amuse avec des lignes anguleuses à mettre en scène toute l’incongruité de la légende. Un dessin qui fait le choix du modernisme avec une certaine audace.

En résumé, et sans attendre la parution du second tome, on peut signaler que s’il y a beaucoup d’adaptations de Don Quichotte, il en est une qu’il ne faut pas rater : celle de Rob Davis évidemment.

Résultats concours : Hungry hearts, 20 places de ciné gagnées et 2 affiches dédicacées.

Sortie le 25 février 2015

 

A l’occasion de la sortie du film Hungry hearts, Publik’Art, en collaboration avec BAC Films, vous a offert la possibilité de gagner :

10×2 places de ciné pour le film : Hungry hearts

2 affiches dédicacées

 

Vous avez été très nombreux à participer : 4 031 joueurs. Bravo à tous et merci de votre excellente participation.

 

Les deux heureux gagnants d’une affiche sont :

Angélique Tinois et Quentin Ghekiere

 

Les dix heureux gagnants de deux places de ciné sont :

Sophie Lapouge, Laurence Brodis, Jean Fauquembergue, Thierry Verger, Christophe Herter, Mathieu Klamber, Myriam Skarka, Remy Thierry, Karine Schriffure et patrick Imbert.

Notre partenaire vous enverra vos lots très prochainement et d’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

 

Samba, un film d’Eric Toledano et Olivier Nakache (DVD)

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Samba

Samba, un film d’Eric Toledano et Olivier Nakache

Après le très populaire Intouchables, les réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache (qui ont aussi signé des films comme Tellement proches ou Nos jours heureux) retrouvent leur acteur fétiche Omar Sy, qui donne la réplique à Charlotte Gainsbourg. Un film adapté de Samba pour la France, un roman de Delphine Coulin.

Sortie : le 18 février 2015
Durée : 1h59
Avec :  Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim, Izïa Higelin
Prix :  14,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent… Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?

Samba

Notre avis sur le film :

On retrouve dans Samba la sensibilité chaleureuse de l’équipe du film d’Intouchables. Evidemment Samba aura du mal à souffrir la comparaison au delà. C’est un film plus délicat, qui aborde une fois encore des sujets graves (les sans-papiers, le burn-out) mais sur un ton légèrement plus sérieux. Un scénario habile et humaniste qui illustre bien les terribles difficultés vécues par ces travailleurs clandestins qui n’ont qu’un rêve : rester sur leur terre d’accueil. Même si pour cela ils doivent travailler dur, en esclave d’une économie parallèle bien connue et pourtant ignorée. Un film ponctué de moments forts, où l’on rit mais aussi où la peur nous surprend.[pull_quote_right]Un scénario habile et humaniste[/pull_quote_right]

Si le destin de Samba est celui du personnage du roman, celui d’Alice a été créé pour le film, afin de mettre en scène un couple à l’écran. Et ça marche. Les deux se lient avec beaucoup de naturel. Un plus qui permet une très belle alchimie entre les deux acteurs principaux. Un ton souvent très juste, qui donne de la crédibilité au film.

Comme son titre ne l’indique pas, Samba est un film plus touchant que drôle. Mais il porte bien la marque et la fraîcheur d’Eric Toledano et Olivier Nakache.

Les bonus du DVD : 

Making of (HD – 45′)
Scènes coupées commentées par les réalisateurs (HD – 10′)
Entrez dans la danse (HD – 3′)
Enregistrement musical de Ludovico Einaudi illustré des photos exclusives du film (HD – 3′)
Bande-annonce (HD)

Robert Sax, tome 1 : une BD de Rodolphe et Louis Alloing (Delcourt)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Robert Sax tome 1

Robert Sax, tome 1 : Nucléon 58

C’est autour d’une nouvelle série policière que le duo Rodolphe (Memphis, Le Baron Fou, Si seulement, Kenya, Assassins…) et Louis Alloing (Marion Duval) se retrouve après avoir réalisé La Marque JacobsRobert Sax est un garagiste dandy des années soixante qui va être mêlé presque malgré lui (il l’aura quand même bien cherché) à une affaire d’espionnage. Nom de code : Nucléon 58. 

Date de parution : le 18 février 2015
Auteurs : Rodolphe (scénario), Louis Alloing (dessin) et Drac (couleurs)
Editions : Delcourt
Prix : 14,95 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

1956. Robert Sax traîne son désarroi dans la ville de Bruxelles. Garagiste malgré lui suite à l’héritage de son père, seul depuis la disparition de sa femme, sa vie se concentre autour de Boon, son meilleur ami libraire. Quand ce dernier se trouve kidnappé par des Roumains à la recherche d’un mystérieux crayon, son quotidien en est profondément bouleversé.

[rev_slider RobertSax1]

Le point sur l’album :

Ce polar s’inscrit dans la plus pure tradition franco-belge, comme un hommage aux meilleures séries qui ont fait sa renommée. Robert Sax ne révolutionne pas le genre en proposant un récit d’espionnage plutôt classique, avec sa partition de péripéties et de rebondissements. Le scénario de Rodolphe s’amuse de différentes ficelles – du kidnapping au petit gadget sorti de la panoplie de l’agent secret – pour composer son histoire. Sans s’attarder sur ses personnages, il parvient à les rendre plutôt attachants en leur donnant un certain charisme. On regrette néanmoins les clichés qui ponctuent la BD, peut-être dus aux années soixante mises en scène. On aurait aimé plus de culot, une histoire un peu moins convenue.[pull_quote_right]Un trait d’une netteté et d’une précision chirurgicale.[/pull_quote_right]

Mais c’est aussi ce côté traditionnel qui séduit dans le dessin de l’école « ligne claire » de Louis Alloing. Un trait d’une netteté et d’une précision chirurgicale. A la fois design et rétro, l’ambiance qu’il installe par ce style tintinophile est particulièrement harmonieuse. Le travail d’un artiste accompli. 

Robert Sax fait des présentations un peu timides dans Nucléon 58. Mais les auteurs suscitent la curiosité par le potentiel déployé. Une série qui pourrait s’imposer dans la longueur.

Gemma Bovery, un film d’Anne Fontaine (DVD)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Gemma Bovery

Gemma Bovery, un film d’Anne Fontaine 

Adapté de la BD éponyme de Posy Simmonds (Tamara Drewe), Gemma Bovery raconte l’histoire d’une jeune femme – Gemma – venue de Londres s’installer dans la campagne française avec son mari Charles. Ils y feront la rencontre de Martin, un voisin interprété par Fabrice Luchini qui va immédiatement faire le rapprochement avec le chef d’oeuvre de Gustave FlaubertMadame Bovary.

Sortie : le 21 janvier 2015
Durée : 1h39
Avec :  Gemma Arterton, Fabrice Luchini, Jason Flemyng
Prix :  19,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Martin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d’un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d’imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu’un couple d’Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s’installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s’appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, l’occasion est trop belle de pétrir – outre sa farine quotidienne – le destin de personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n’a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie…

Gemma Bovery

Notre avis sur le film :

Réalisé par Anne Fontaine, à qui l’on doit notamment Coco avant Chanel ou encore Perfect Mothers, le film est une plongée introspective dans l’imaginaire sentimental de Martin, personnage central qui s’ennuie terriblement dans une vie trop paisible, menée loin de la ville. Ce boulanger va se trouver un hobby : tombé instantanément sous le charme de Gemma Bovery – ne serait-ce que par l’évocation de son nom,  il va orchestrer son remake de Madame Bovary. Un scénario particulièrement bien adapté sur pellicule, et propice aux mises en perspective. Car il s’agit bien d’un film qui se tourne dans la tête de Martin. Une idée originale faite pour le cinéma.

Le découpage comme la réalisation sont par ailleurs d’une efficacité redoutable. Débutant sur un rythme plutôt tranquille, Madame Bovery surprend dans son épilogue, où tout s’accélère. Un film où l’on rit par les errements d’un  Fabrice Luchini en bonne forme, étant lui-même grand amateur de Flaubert. Mais également un film où la tension d’abord sous-jacente vient nous exploser à la figure alors qu’on ne s’y attend pas.

Madame Bovery créé ainsi la surprise et déconcerte par sa capacité à croiser les styles, sous un filigrane à la fois poétique, ironique et dramatique. A voir.

Les bonus du DVD : 

« Sur les pas d’Emma… » (20′)
Teaser et bande-annonce

Les Oscars 2015 : Le palmarès complet.


Oscars

Les Oscars 2015 : Le palmarès complet.

La 87ème édition des Oscars a eut lieu cette nuit. Voilà donc son palmarès dans son intégralité. Publik’Art a eu la chance de voir Birdman en avant-première et en a été subjugué ! Il a été le grand vainqueur avec 4 Oscars ! Quant aux autres grands gagnants, on est ravi de retrouver Whiplash, avec 3 Oscars, excellent film, ainsi que les seconds rôles qu’on a adoré, dans Boyhood et Whiplash ! The Grand Budapest Hotel a eu 4 « petits » Oscars : film français très américanisé, mais avec une très belle musique, de très beaux costumes, il est vrai. On n’est pas étonné que Timbuktu soit reparti bredouille… Pas assez de pub aux USA et pas de rapport avec leur actualité ! On regrette que Mommy ne soit pas récompensé, heureusement il a eu le César du meilleur film étranger ! Pour terminer notre propos, on est ravi que American Sniper n’ait eu qu’un tout petit Oscar !

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Birdman : 4 Oscars 2015.

Le palmarès complet des Oscars 2015 :

Meilleur film :  Birdman, d’Alejandro Inarritu

Meilleur réalisateur : Alejandro Inarritu pour Birdman

Meilleur acteur : Eddie Redmayne pour « Une merveilleuse histoire du temps »

Meilleure actrice : Julianne Moore pour « Stille Alice.

Meilleur acteur second rôle : J.K. Simmons pour Whiplash

Meilleur actrice second rôle : Patricia Arquette pour Boyhood

Meilleur film en langue étrangère : Ida (Pologne)

Meilleur film d’animation : « Les nouveaux héros »

Meilleure photographie : Emmanuel Lubezki, Birdman.

Meilleurs costumes :  The Grand Budapest Hotel

Meilleurs maquillages et coiffures : The Grand Budapest Hotel
Meilleure direction artistique : 
The Grand Budapest Hotel
Meilleur court métrage documentaire : « Crisis Hotline: Veterans Press 1 »
Meilleur court métrage de fiction : « The Phone Call »
Meilleur court métrage d’animation : « Festin »
Meilleur mixage sonore : 
Whiplash
Meilleur montage sonore : « American Sniper »
Meilleurs effets spéciaux : « Interstellar »
Meilleur montage : Tom Cross, 
Whiplash
Meilleur documentaire:
Citizenfour
Meilleure chanson: Glory, « Selma »
Meilleure bande originale: Alexandre Desplat,
The Grand Budapest Hotel
Meilleur scénario original: 
Birdman
Meilleur scénario adapté: « The Imitation Game »

Au monde, opéra de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat, à Paris

2014-15 Opéra Comique "AU MONDE" OPÉRA de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.

© E.Carecchio

Opéra Comique du 22 au 27 février 2015

Une rencontre au sommet entre un compositeur d’opéra et un écrivain de plateau qui fera date

Depuis plus de quinze ans, Joël Pommerat qui se revendique “écrivain de plateau”, écrit et met en scène. Reconnaissables dès les premières secondes pour l’univers poétique dont elles sont tissées, mêlant intimement le clair-obscur de l’imaginaire (l’inconscient) à la réalité mais aussi les rapports sociaux entre individus, les histoires scéniques de Joël Pommerat s’apparentent à des comtes moraux et immoraux. Où comment le bien et le mal se masquent, se mélangent l’un derrière l’autre, l’un avec l’autre. Et à partir d’un sujet qui semble tout à fait réaliste donc concret, le dramaturge nous entraîne de par son écriture dans une autre réalité, celle de personnages enfermés en eux-mêmes qui rêvent et parlent seuls à travers de longs discours émouvants ou encore entre eux, déterminés par le rôle familial/social dans lequel ils sont enfermés.

Les artistes/chanteurs sont à l’unisson pour interpréter leur personnage de conte initiatique dans un subtil ballet de va-et-vient propre à l’expression nuancées et variées des tessitures entre gravité et radicalité

Avec Au monde (créé en 2004), tout l’art de la mise en scène de Joël Pommerat se trouve là et annonciateur de son histoire de théâtre qui n’est pas seulement de raconter la société ou le politique mais aussi de concrétiser un univers sensible : Plateau dépouillé, utilisation de la lumière (d’où vient-elle et comment éclaire-t-elle ?), quasi- absence de couleurs (des contrastes), mise en valeur du corps de l’interprète dans l’espace scénique mais solitude de ces corps, utilisation du fonds de scène comme unique décor stylisé. On y devine le mystère, la solitude et le possible inaccompli de chacun des personnages. 2014-15 Opéra Comique "AU MONDE" OPÉRA de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.

De sa rencontre avec Philippe Boesmans, compositeur des superbes Reigen et Yvonne, princesse de Bourgogne, habitué à mettre en musique des grands textes de Shakespeare, Schnitzler ou Strindberg adaptés par le fidèle Luc Bondy, est né l’adaptation au genre lyrique de sa pièce éponyme.

Et le résultat se révèle une réussite totale où les paroles empreintes de mystère permettent à la musique de Boesmans d’imprimer d’une nouvelle résonnance la dramaturgie porteuse de sous-entendus et de non-dits, amplifiant l’écho suggestif.

Elle est portée par un plateau vocal d’exception dirigé d’une main de maître par Patrick Davin à la tête de l’Orchestre philharmonique de Radio France et emmenée par l’éblouissante Patricia Petibon.

2014-15 Opéra Comique "AU MONDE" OPÉRA de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.

On est ici introduit dans une famille de la grande bourgeoisie industrielle. Un patriarche vieillissant est désireux de passer la main à son fils cadet introverti, soudainement revenu d’une guerre lointaine. Trois soeurs – la similitude avec « Les trois soeurs » de Tchekhov est intentionnelle – se débattent avec leurs traumatismes. L’aînée, enceinte d’on ne sait qui, comme absente, la seconde rêvant d’un « monde qui fera de l’homme la seule valeur » , mais animatrice d’une émission de télévision et enfin la plus jeune, adoptée pour remplacer une enfant mystérieusement disparue.

Les hommes, puissants, en costume-cravate vaquent à leurs affaires et tentent de composer avec les femmes de la famille, entièrement vouées, elles, aux affres de la séduction et de l’amour. Ambitions et jeux de pouvoir, omnipotence de l’aisance, de l’argent, de la sphère masculine, épaississent les ténèbres de ce microcosme glaçant que percent peu à peu une quête obstinée de la vérité chez ces êtres aux personnalités troubles flouées par leurs secrets interdits.

2014-15 Opéra Comique "AU MONDE" OPÉRA de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.

Dans ce huis-clos en forme de labyrinthe intime où s’aborde des préoccupations du quotidien : comme le travail et la famille, le décor anxiogène cristallise vertigineusement un ballet d’ombres où une barre verticale de lumière blanche presque éblouissante dans la pénombre, constitue la seule ouverture vers le dehors et face à laquelle une des soeurs souvent se cogne et se raccroche.

Les échanges sont ponctués d’angoisses et d’attentes obscures. Les incertitudes de la mémoire, du désir, de l’identité, troublent la limite entre jour et nuit, tandis que çà et là éclatent des faits à demi énigmatiques et nous renvoie à des considérations philosophiques et existentielles. Le frère cadet ne cherche-t-il pas à « faire quelque chose de vrai, quelque chose de profond »? Un peu comme chacun de nous cherche sa place Au monde.

2014-15 Opéra Comique "AU MONDE" OPÉRA de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.

Mais de même qu’on ne peut, sans doute, se trouver simultanément dans plusieurs pièces de cet appartement aux recoins pour le moins fantastiques, de même on ne saurait fixer de point de vue unique d’où embrasser l’ensemble des positions et des histoires de tous ses occupants. Comme si, où que l’on cherche à se placer, il subsistait toujours un point aveugle. Telle est bien la complexité de cet espace familial et des personnages qui le hantent avec cette part aussi de trivialité, là comme à la surface du monde, à la surface du réel.

Sur le plateau, les actions s’enchaînent parfaitement découpée en brèves séquences entre un clair obscur sidérant et une sophistication fascinante qui constituent la sensibilité esthétique de l’auteur metteur en scène. Où la partition musicale en transfigure l’atmosphère. Comme le fit Debussy sur le Pelléas et Mélisande de Maeterlinck, Philippe Boesmans distille une substance sonore au silence, au noir et à la lumière.

Une expérience sensorielle qui ouvre à une nouvelle dimension de l’œuvre propice à son climat d’étrangeté et de perdition.

Les artistes/chanteurs sont à l’unisson pour interpréter leur personnage de conte initiatique dans un subtil ballet de va-et-vient propre à l’expression nuancées, variées des tessitures entre gravité et radicalité.

Une rencontre au sommet entre un compositeur d’opéra et un écrivain de plateau qui fera date…


L’Enquête, un film de Vincent Gareng

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L’Enquête, un film de Vincent Gareng

Tout le monde a entendu parler de l’histoire Clearstream qui eut réellement lieu entre 2001 et 2003. Evasion fiscale de blanchiment d’argent de cette société. Denis Robert a écrit un livre : Les révélations dont Vincent Gareng s’est largement inspiré.

Sortie : le 11 février 2015

Durée : 1h46

Avec : Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto.

Synopsis :

2001. Le journaliste Denis Robert met le feu aux poudres dans le monde de la finance en dénonçant le fonctionnement opaque de la société bancaire Clearstream. Sa quête de vérité pour tenter de révéler « l’Affaire des affaires » va rejoindre celle du juge Renaud Van Ruymbeke, très engagé contre la corruption. Leurs chemins vont les conduire au cœur d’une machination politico-financière baptisée « l’affaire Clearstream » qui va secouer la Vème République.

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L’Enquête, un film de Vincent Gareng

Voilà un film qui veut tout nous expliquer sur cette sombre histoire de Clearstream. Mais à vouloir trop nous en dire, on se sent très vite perdu dans ce monde la finance où tout est tellement louche. Le problème est que si on n’est pas dans le monde de la finance, on décroche vite !

Au final on découvre que tout le monde est trempé dans cette histoire, en passant par les plus grands, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement… Que la somme de blanchiment d’argent est astronomique ! Qu’au final, même si il y a eu morts d’hommes de Taïwan, personne n’a été inculpé pour ça. Et que la situation s’est retournée contre ce pauvre journaliste, Denis Robert, interprété parfaitement par Gilles Lellouche, qui, heureusement, n’a pas été condamné mais a bien failli l’être.

Le pire de tout est que ce film a coûté près de 9 millions d’euros.

Film très complexe mais pas évident à suivre !

J’espérais mieux comprendre ce qui s’est réellement passé, mais ce ne fut pas le cas…

Essayez et vous verrez, peut-être serez-vous plus doué que moi !

Bande annonce de L’Enquête, un film de Vincent Gareng :

Juniors, une BD d’Hervé Bourhis et Halfbob (Futuropolis)

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Juniors, d’Hervé Bourhis et Halfbob

Récit noir d’une adolescence désabusée, Juniors met en scène deux amis qui se retrouvent à une fête où leurs univers va tout à coup basculer. L’un va connaître son premier baisé tandis que l’autre va se découvrir trompée. Sur un ton léger – mais pas tant que ça – et amusé, Hervé Bourhis (Le Teckel, La main verte, Appelle-moi Ferdinand) met en scène une jeunesse un peu effrayante, très déconnectée des réalités et pourtant connectée non-stop aux réseaux sociaux. Un univers ébouriffant mais tendre également, qui prend des allures résolument rock sous les traits d’Halfbob (Elmer la peluche qui parle).

Date de parution : le 29 janvier 2015
Auteurs : Hervé Bourhis (scénario) et Halfbob (dessin)
Editions : Futuropolis
Prix : 17 € (88 pages)

Résumé de l’éditeur :

Maxime et Victoire ne pensaient pas qu’ils allaient se retrouver à un moment clé de leur vie en allant à la fête de Chloé. Victoire y découvre son amoureux, Félix, dans le lit d’une autre. Elle le larguera sur Twitter. Maxime, lui, a cru bon de venir à cette fête habillé en nazi. Là, pour la première fois de sa vie, il embrasse une fille, Sarah (une gothique), qui se suicidera quelques jours plus tard dans l’indifférence quasi générale. Après un suicide raté, Victoire et Maxime larguent tout pour un concert des Dinosaur Jr à Paris. Sur la route, ils croiseront des skinheads, une fan de Dean Martin, des flics, un routier sympa, le fantôme de Sarah et peut-être même…l’Amour. La jeune génération occidentale est revue et dessinée par ce duo d’auteurs habitués des tribunes rock en bande dessinée. Bourhis & Halfbob donnent un récit drôle et noir sur les adolescents. Ils s’emparent de ces sujets sensibles et parviennent tout à la fois à nous en amuser tout en soulignant la dérive inquiétante de la jeunesse contemporaine qui ne conçoit la vie et les échanges qu’à travers le prisme des écrans Facebook ou Twitter. Et si les rapports humains n’étaient plus gouvernés que par la Toile des réseaux sociaux, le rock restera le dernier rempart pour sauver l’amour et le monde.

[rev_slider Juniors]

Le point sur l’album :

En imaginant ce couple d’adolescents qui fugue pour aller assister à un concert de Dinosaur Jr à Paris, Hervé Bourhis propose une immersion au pays de l’adolescence d’aujourd’hui, un road movie qui peut parfois donner le vertige par l’insouciance de ces enfants en recherche d’expériences ou de sensations fortes. Un récit qui montre aussi, dans une moindre proportion, la cruauté qui règne entre eux. Comme cette jeune gothique qui se suicide dans l’indifférence la plus totale. L’auteur parvient néanmoins à nous faire sourire et nous attendrir par quelques passages touchants qui nous rappellent qu’il y a du bon chez les ados aussi ! Un scénario habile et sans concession, qui va au bout de ses idées… carrément rock.

C’est également le cas du dessin noir et blanc d’Halfbob qui rappelle l’esprit de la série télé Daria. Un trait fin aux allures caricaturales, qui colle au récit à la perfection.

Drôlement noir et touchant, Juniors est à la fois sobre et trash. Efficace. Rock’n roll.

Koralovski, tome 1 : une BD de Philippe Gauckler (Le Lombard)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Koralovski

Koralovski, tome 1 :L’oligarque

Largement inspiré du parcours de Mikhaïl Khodorkovski, ex-propriétaire russe du groupe pétrolier Loukos, Koralovski raconte l’histoire d’un oligarque déchu, emprisonné pour 14 années après une condamnation pour fraude, évasion fiscale et détournement de matière première stratégique. Une série imaginée par Philippe Gauckler (Convoi, Prince Lao), qui en signe à la fois le scénario et le dessin.

Date de parution : le 27 février 2015
Auteurs : Philippe Gauckler (scénario et dessin), Scarlett Smulkowski (couleurs)
Editions : Le Lombard
Prix : 12 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

Il était l’un des oligarques les plus puissants de Russie, mais son insoumission au pouvoir politique a valu 10 ans de prison à Koralovski. Pragmatique et patient, il ne s’attendait pas à une libération anticipée sous la forme d’une attaque au missile. Evadé malgré lui, il va rapidement comprendre qu’il est au coeur d’une conspiration visant à cacher cette vérité hautement géostratégique : la fin du pétrole est un mythe !

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Le point sur l’album :

Thriller politique, Koralovski est une fiction qui s’appuie sur un scénario solidement ancré dans la réalité. Sous la présidence de Vladimir Khanine, les oligarques russes ont été contraints à l’obéissance la plus totale. Koralovski a bien tenté de s’opposer à sa politique en finançant par exemple des partis de l’opposition, cela n’a fait que précipiter sa chute. Emprisonné, il va pouvoir saisir une opportunité de s’échapper de la forteresse pénitentiaire dans laquelle il se trouve. Et pour cause, cette dernière va disparaître sous un bombardement. Jouant avec les ficelles d’un thriller géopolitique, les services secrets du monde entier (ou presque) sont mis en concurrence dans un récit haletant où vient se mêler un enjeu économique majeur : celui des ressources pétrolières. Selon une théorie minoritaire, dite du pétrole abiotique, ce dernier serait en fait une ressource renouvelable… Et pourtant, ceux qui profitent des mouvements du cours de l’or noir sont de plus en plus riches.

Une intrigue élaborée qui fait dans ce premier album la part belle à l’action, parfois au détriment du développement des personnages. Il faudra sans doute attendre la suite pour s’attacher davantage et découvrir le passé de ce Koralovski quelque peu mystérieux.

Philippe Gauckler propose par ailleurs un dessin réaliste très efficace. Son trait naturel et régulier est joliment mis en valeur par les couleurs de Scarlett Smulkowski. Un style entre tradition et modernisme. On aime.

En conclusion, Koralovski est une série à fort potentiel, qui rencontrera certainement le succès qu’elle mérite, auprès d’un large public.

Le pouvoir des innocents, cycle II, t.3 : une BD de Luc Brunschwig et David Nouhaud (Futuropolis)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Le pouvoir des innocents, cycle II Car l'enfer est ici Tome 3

Le pouvoir des innocents : Car l’enfer est ici (t.3)

Alors que l’ex-soldat Logan vit des jours difficiles en prison, le volet politique du Pouvoir des innocents prend de l’ampleur dans ce troisième album. La série culte créée par Luc Brunschwig (Le sourire du clown, La mémoire dans les poches, Après la guerre, Holmes) et Laurent Hirn (Le Sourire du clown),  et dessinée par David Nouhaud (Maxime Murène), met cette fois en scène l’ascension du démocrate Lou Mac Arthur durant la campagne pour le poste de gouverneur de l’Etat de New York. L’issue du vote pourrait bien avoir des répercussions pour notre héros de guerre (Lire aussi notre chronique des tomes 1 & 2).

Date de parution : le 12 février 2015
Auteurs : Luc Brunschwig (scénario), David Nouhaud (dessin), Laurent Hirn (couleurs, mise en scène et dessins additionnels)
Editions : Futuropolis
Prix : 13 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Rappel des faits : le 4 novembre 1997, un attentat sanglant fait 508 victimes à New York. Six mois plus tard, la démocrate Jessica Ruppert est élue maire de la ville avec une politique sociale et humaniste. Soupçonné d’être l’auteur de la tuerie, Joshua Logan, ancien membre des forces spéciales, se rend à la police pour faire éclater la vérité…
Quatre millions de voix se déroule dans la continuité immédiate de l’épisode précédent, entre le 7 septembre et le 9 novembre 1999 lors des élections du gouverneur de l’Etat de New York. En lice, la très conservatrice Meredith Bambrick semble avoir pris une avance décisive sur le candidat démocrate Lou Mac Arthur après qu’il s’est officiellement déclaré contre la peine de mort en général et contre l’exécution de Logan, « l’homme le plus détesté de la ville » en particulier. « On peut tuer légalement une personne et s’imaginer avoir réglé le problème qu’elle représentait. On peut aussi la laisser en vie… Recueillir sa parole… Savoir ce qui l’a poussé à ce geste fou… Comprendre quels mouvements haineux couvent au sein de notre ville et peut-être trouver comment apaiser durablement cette fureur. » Mais le Pouvoir des Innocents passe aussi par leur vote et le résultat surprise des élections pourrait bien raviver les braises du chaos d’une ville gangrénée par la violence et la corruption.

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Le point sur l’album :

Centré sur la campagne politique pour le poste de gouverneur de l’Etat de New York, le scénario expose le combat mené contre la conservatrice Meredith Bambrick, qui s’annonce favorite face à un Lou Mac Arthur affaibli depuis ses dernières déclarations. Le candidat a en effet affiché son scepticisme quant à l’utilité sociale de la peine de mort. Mais il n’abandonnera ni son ambition, ni sa ferveur, ni ses idées. Les auteurs mettent en scène le discours de la dernière chance pour Lou Mac Arthur. De l’issue de ces élections dépend le sort de Logan. Un suspense en filigrane qui apporte une tension bienvenue dans un épisode finalement monotone. Heureusement, les quelques longueurs sont effacées par des rebondissements qui devraient avoir leur lot de conséquences pour la suite.[pull_quote_right]Des planches superbes où s’exprime [un] trait fin à la précision éblouissante[/pull_quote_right]

Avec son style graphique avant-gardiste,  David Nouhaud livre des planches superbes où s’exprime son trait fin à la précision éblouissante. Les rassemblements populaires sont notamment illustrés avec un réalisme presque photographiques. Une méticulosité rare qui offre au Pouvoir des innocents un atout de taille.

Ce troisième album semble donc faire office de transition avant une suite sans doute plus explosive. Le suspense est donc au rendez-vous, malgré le ralentissement effectué. L’occasion peut-être d’admirer plus longuement le travail remarquable du dessinateur.

Les larmes amères de Petra von Kant de Rainer Werner Fassbinder, mise en scène par Thierry de Peretti, à Paris

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© Huma Rosentalski

Création du Théâtre de l’Œuvre depuis le 12 février 2015 et pour 60 représentations

L’actrice et réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi revient au théâtre, cinq ans après « Rêve d’Automne » mise en scène par Patrice Chéreau, dans « Les larmes amères de Petra von Kant » de Fassbinder dirigée par Thierry de Peretti où sa confrontation à l’univers noir, dévastateur du cinéaste allemand impressionne par une mise en danger envoûtante.

[pull_quote_center]Une pièce où les pulsions de vie et de mort s’entremêlent et se cognent à la douleur d’aimer[/pull_quote_center]

Petra Von Kant, célèbre créatrice de mode est à un moment clé dé sa vie. Après la perte d’un premier mari et la séparation d’avec le second, elle s’interroge sur son existence. Elle cohabite avec Marlene qu’elle se plait à opprimer et qui lui sert d’assistante et de bonne à tout faire.

Tandis qu’elle commente son récent divorce avec son amie Sidonie, survient Karine, une jeune femme d’un milieu social plus modeste qui souhaite faire du mannequinat et dont elle tombe aussitôt amoureuse en lui proposant de défiler pour sa collection et de vivre avec elle.

Sous les yeux de Marlene, spectatrice muette et jalouse intérieurement, la passion de Petra se brûle et se transforme en descente aux enfers.

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Les rapports de forces avec lesquels elle avait voulu rompre en quittant son mari, qui n’avait pas supporté sa réussite, se reconstituent avec Karine, intéressée par le succès et l’argent, ne voulant renoncer ni aux hommes, ni à son marri, dans une forme de dépendance anxiogène.

A travers un huis clos féminin constitué de 7 femmes, Fassbinder orchestre une situation de crise permanente qui décortique au scalpel, entre l’intime et le politique, les relations humaines perverties où se questionne la notion de domination/soumission dans le lien amoureux et sa reproduction dans la sphère sociale, amicale et familiale.

Cette exploration radicale qui est propre à l’univers du dramaturge n’a jamais été aussi percutante et incisive que dans cette pièce où si les arrangements avec la vérité de chacun des protagonistes sont manipulateurs et destructeurs, ils sont aussi animés d’un désir de transgression et de reconstruction.

La mise en scène de Thierry de Peretti joue la carte de l’ultra réalisme en prise frontale avec le mélodrame au ton provocateur qu’il installe dans un décor baroque/bourgeois, transposé dans les années 70, à l’atmosphère grisée et sur fond de playlists en continu qui convoquent l’univers mental de Petra.

Elle rend compte d’une tension diffuse sur fond d’exploitation des sentiments où Petra en maîtresse femme se débat au milieu d’une toile qu’elle a elle-même tissée afin d’immobiliser et de posséder ceux qui se trouvent autour d’elle avant qu’elle en devienne la propre proie.

Dans le rôle-titre, Valeria Bruni Tedeschi, aux intonations rocailleuses, électrise le plateau d’une présence fébrile et sans retenue aux infinies résonnances tandis que sa partenaire (Zoé Schellenberg) se montre calculatrice et arrogante.

Quant à Marlène (la bonne) interprétée par Lolita Chammah, elle est hypnotique, habitée d’une abnégation aussi imprévisible que sourde.

Une pièce où les pulsions de vie et de mort s’entremêlent et se cognent à la douleur d’aimer…

Explicite, Carnet de tournage : une BD d’Olivier Milhaud et Clément C. Fabre (Delcourt)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Explicite, Carnet de tournage

Explicite, Carnet de tournage [Entretien & chronique]

Après avoir joué dans un film, Olivier Milhaud (Le Viandier de Polpette, Agito Cosmos) a décidé d’écrire un scénario autour des notes prises sur le tournage pour tuer l’ennui… Il s’agissait en réalité d’interpréter le rôle d’un inspecteur dans Mangez-moi, un film… pornographique. Avec la complicité du dessinateur Clément C. Fabre (Le Banc de touche), il propose dans Explicite, Carnet de tournage un témoignage à la fois drôle et touchant d’un univers aussi folklorique que particulier. Et comme si cela ne suffisait pas, il répond avec générosité à nos questions dans ce petit billet !

Date de parution : le 11 février 2015
Auteurs : Olivier Milhaud (scénario) et Clément C. Fabre (dessin)
Editions : Delcourt / Mirages
Prix : 16,95 € (128 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le défi relevé par Olivier Milhaud : intégrer le tournage d’un film X en tant qu’unique acteur habillé. Séances de porno amateur, concurrence entre les actrices, difficulté de la trentenaire à trouver sa place parmi les jeunettes de vingt ans, dialogues trash version off au petit déjeuner… Autant de scènes de tournage qui donnent vie à ce reportage immersif. Un récit hilarant et original !

[rev_slider Explicite]

Le point sur l’album :

D’ordinaire scénariste de BD jeunesse, Olivier Milhaud signe avec Explicite, Carnet de tournage une incursion réussie dans un monde résolument plus adulte. En partageant son expérience, l’auteur se fait d’emblée remarqué par son culot et l’originalité de son propos. Une idée qu’il exploite sur un ton décalé en acceptant de se mettre en scène avec beaucoup d’auto-dérision, au beau milieu d’acteurs pornos au tempérament de feu (Liza del Sierra, Phil Hollyday, Coco Charnelle, Katia de Lys, Titof, Rico Simmons, Mike Angelo etc…).

Le récit montre avec tendresse une vraie petite famille, qui compte évidemment ses zones de tensions, ses jalousies d’expériences passées, et ses fortes têtes (surtourt Mike qui est un vrai phénomène). Nul n’est épargné par ce petit tour d’horizon qui décrit dans une ambiance chaleureuse et forcément décontractée, des personnages hauts en couleurs auxquels ont s’attache très vite. La narration fleuve et pudique d’Olivier Milhaud participe à la sensation d’immersion totale. Nous sommes lui. Intimidés par ce petit monde méconnu dont nous sommes les intrus. Mais également amusés par ce quotidien rythmé par les caméras et encadré par l’équipe du film.

Une identification facilitée par le dessin de Clément C. Fabre qui rend très bien compte de l’atmosphère générale du lieu de tournage, dans ce mas du sud de la France. Son trait rond et généreux sait se modeler pour donner de justes expressions. Une belle énergie s’en dégage, renforçant le réalisme de ce récit plein de sincérité et d’humour.

Témoignage courageux et inédit, Explicite, Carnet de tournage ne provoque que par sa capacité à faire rire de ces situations parfaitement incongrues pour celui qui n’a pas l’habitude de vivre sur les lieux d’un tournage. Et encore moins d’un film X, dont voici la bande-annonce (où vous pouvez apercevoir le fameux inspecteur) :

Entretien avec Olivier Milhaud :

P’ART – 1/ Quand vous avez accepté de participer au tournage de Mangez-moi, aviez-vous déjà à l’esprit d’en faire une BD ? John B. Root indique dans sa préface qu’il n’était pas au courant que vous teniez un carnet de tournage… Comment ce projet BD est-il né ?

O.M. – Non, à la base, je n’avais aucune intention d’en faire un récit. J’étais beaucoup plus dans le trip : « je vais jouer la comédie dans un film ». Ce fût en fait lors de ces quelques jours passés sur le tournage où j’ai commencé à prendre des notes. Au début c’était un peu par ennui, car on doit beaucoup patienter sur un plateau ciné, mais assez vite, je me suis dis qu’il y avait peut-être un moyen de faire de cette expérience une histoire.

P’ART – 2/ Vous décrivez votre expérience avec un regard amusé, une pointe d’auto-dérision et un certain franc-parlé. Certains des acteurs que vous avez cotoyés ne sont pas épargnés par leur portrait (ce qui ne les rend que plus attachants). Comment ont-ils réagi en découvrant la BD ? Vous avez eu des retours ?

O.M. – Pour que le récit fonctionne, il était important que le personnage de Roman Roquette, soit « moi » un peu caricaturé, soit le personnage relais avec le lecteur et que l’on ne reste que sur son point de vue, disons « candide »… Et oui, il n’était pas non plus question de faire de l’angélisme sur le milieu du X, il fallait trouver un juste milieu entre bienveillance et vérité.

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Effectivement, certains comédiens ne sont pas épargnés et vous avez raison, à mon sens cela ne les rend que plus attachant, notamment Mike Angelo dont on a chargé le portrait mais toujours avec tendresse.
Je ne sais pas si tout le monde l’a lu, mais pour l’instant je n’ai eu que des retours positifs, déjà, ne serait-ce que par le fait que l’on présente le métier de façon « vrai » même si c’est romancé, je voulais m’attacher à montrer que ce sont des gens tout à fait normaux, avec leurs soucis, etc.
Mais il est vrai que j’attends les retours de Mike et Lisa…

P’ART – 3/ Quelle est l’anecdote ou le souvenir qui vous a le plus marqué dans cette expérience ?

O.M. – Je pense que ça a été l’anniversaire de Jasmine, une des comédiennes, il n’est pas trop mis en avant dans le livre, mais c’était un moment très doux, très familial. Jasmine pleurait et les comédiens venaient lui faire des bisous très tendres. Un chouette moment de partage.

P’ART – 4/ Vous décrivez assez bien le trac, l’appréhension à l’idée de vous retrouver devant les caméras. Mais alors, au final :  satisfait de votre performance d’inspecteur dans Mangez-moi ? 

O.M. – Du tout ! Je n’arrive pas à me regarder, d’autant plus qu’il est évident que je suis un piètre comédien qui « joue ». Ça se voit, ça se sent, tout est exagéré dans mon « jeu »… Quasi grotesque.

Explicite, Carnet de tournage

P’ART – 5/ Vous écrivez d’habitude des BD pour les enfants. Aura-t-on l’occasion de vous retrouver sur d’autres projets pour les plus grands ?

O.M. – Oui, bien sur. J’ai plusieurs projets plus adulte, même si je suis toujours très amoureux des bd jeunesse. Peut-être même selon le succès d’Explicite une suite…

P’ART – 6/ Un mot sur Clément C. Fabre, le dessinateur de la BD : comment s’est-il joint à votre projet ? Quelle a été votre manière de faire fonctionner ce duo ?

O.M. – J’ai rencontré Clément par un concours de circonstance et lorsqu’il m’a montré ses travaux, j’ai immédiatement tilté car, sur ce projet, je cherchais un dessinateur de son genre, avec beaucoup de sensibilité, de pudeur, un style quasi féminin. De plus il a un sens de l’acting très fort. Je lui ai donc parlé de ce projet, bien sur il a cru que j’étais fou et s’attendait à une bd porno, mais lorsqu’il a lu le scénario, il avait l’air plutôt emballé.
Ensuite, mis à part, quelques modifications de ci de là lors de la réalisation proprement dite de l’album, je l’ai laissé totalement libre en lui expliquant : « Maintenant, c’est TA bd, c’est toi le metteur en scène, tu l’as fait comme tu veux, comme tu la sens » et il ne m’a absolument pas déçu, il a fait un travail formidable… À mon sens…

40ème Cérémonie des CESAR 2015 : le palmarès en live.


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40ème Cérémonie des CESAR 2015

Cette année c’est Dany Boon qui est le Président des César et qui nous dévoile ses talents de pianiste, accompagné par Edouard Baer, grand chef d’orchestre de la cérémonie.
Publik’Art, cette année, va mettre un point d’honneur à vous transmettre les résultats en live !

César d’Honneur remis à Sean Penn pour sa célèbre carrière d’acteur commencée à l’âge de 14 ans !

Timbuktu a tout raflé ! Film d’humanité et d’humilité, d’après Abderrahmane Sissako, lui-même.

Palmarès intégral des César :

 

Meilleur espoir féminin : Louane Emera dans le film très réussi La famille Bélier. Très émue Louane, 18 ans, qui sort son premier album Chambre 12 début mars !

Meilleur son : Timbuktu, un film extraordinaire de Abderrahmane Sissako

Meilleure photographie : Sofian El Fani : Timbuktu

Meilleur 1er film : Les combattants de Thomas Cailley

Meilleur second rôle : Reda Kateb : Hippocrate

Meilleure musique originale : Amine Bouhafa : Timbuktu

Meilleur film d’animation : court : Les petits cailloux,  long : Minuscule.

Meilleur espoir masculin : Kévin Azaïs, dans Les combattants.

Meilleurs costumes : Anaïs Romand pour Yves Saint Laurent

Meilleur scénario original : Timbuktu

Meilleurs décors : Thierry Flamand pour La bête et la bête

Meilleur montage : Nadia Ben Rachid pour Timbuktu

Meilleur documentaire : Le sel de la Terre, un film de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado.

Meilleur court métrage : La femme de Rio, de Emma Luchini et Nicolas Rey

Meilleur second rôle féminin : Kristen Stewart dans Sils Maria.

Meilleure réalisation : Abderrahmane Sissako pour Timbuktu

Meilleur film étranger : Mommy, l’excellent film de Xavier Dolan

Meilleur acteur : Pierre Niney dans Yves Saint Laurent

Meilleure adaptation : Volker Schlöndorff et Cyril Gely pour Diplomatie

Meilleure actrice : Adèle Haenel pour Les Combattants

Meilleur film : Timbuktu, un film de Abderrahmane Sissako, plébiscité par Publik’Art depuis sa sortie.

Clôture de la cérémonie à 0:53 !

 

 

 

Les archives de Bernard-Marie Koltès entrent à la Bibliothèque nationale de France

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Les manuscrits des œuvres Bernard-Marie Koltès les plus célèbres, comme Quai Ouest, Roberto Zucco ou La fuite à cheval loin dans la ville, mais également des documents moins connus et plus personnels du dramaturge sont désormais accessibles à tous, constituant de précieuses données pour la recherche théâtrale.
Ces archives viennent ainsi enrichir le patrimoine de la BnF, autour d’un auteur plus que jamais étudié et joué dans les écoles comme sur toutes les scènes du monde.
Ce don a été rendu possible grâce à François Koltès, son frère.

La main de Dieu, tome 3 : une BD de Marc Védrines (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50La Main de Dieu - Tome 3

La main de Dieu, t. 3 : l’usurpateur

Avec L’usurpateurMarc Védrines (Phenomenum, Islandia, Attrape-moi, La Saga des Brumes) apporte un point final au parcours incroyable de celui qui aura tenu les rênes du FBI, et des Etats-Unis durant une quarantaine d’années : J. Edgar Hoover. Un triptyque spectaculaire qui s’achève donc sous la présidence de Nixon après celle de JFK. Indéboulonnable, Hoover aura écumé pas moins d’une dizaine de Présidents.

Date de parution : le 18 février 2015
Auteurs : Marc Védrines (scénario et dessin)
Editions : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

La saga de l’homme le plus détesté et le plus admiré des États-Unis. Alors qu’il est devenu l’homme le plus puissant des États-Unis, J. Edgar Hoover voit soudain sa souveraineté menacée… Fraichement élu président, le jeune et fringant John Fitzgerald Kennedy espère bien mettre un terme à l’autorité despotique de Hoover, à la tête du FBI depuis près de 40 ans ! Mais ce dernier dispose de suffisamment d’informations compromettantes sur son adversaire pour se couvrir. Un véritable jeu d’échecs s’engage entre la dynastie Kennedy et le président du Bureau. Tout comme Nixon après eux, ils essaieront de se débarrasser de Hoover sans y parvenir. Car on ne licencie pas Dieu…
Issue de deux ans de recherche, sur tous les ouvrages publiés sur le FBI et Hoover, Marc Védrines conclut une œuvre unique en son genre. La Main de Dieu raconte en trois tomes les secrets qui auraient dû ruiner la carrière et la vie de Hoover.

La Main de Dieu - Tome 3

Le point sur l’album :

C’est la fin d’un récit passionnant qui nous livre tous les secrets d’un homme que l’Amérique n’avait pas vu venir. Il ne devait en effet diriger le FBI que par intérim lorsqu’il a été nommé. 40 ans plus tard, Hoover est toujours là. Et pourtant, ce n’est pas les casseroles qui manquent. Passé maître dans l’art de faire chanter les politiques les plus puissants, dont la multitude de Présidents qui se sont succédé au pouvoir pendant sa carrière, Hoover va s’accrocher à son poste en éliminant toutes les menaces. On suit donc le personnage au gré des alliances qu’il fera et défera avec un grand sens du timing, lui permettant d’éviter d’être mêlé aux scandales (il en profitait d’ailleurs même pour en sortir grandi à chaque fois).

Un homme extrêmement puissant, qui ne perdit jamais une bataille en public comme en coulisses. Dans ce troisième tome, l’homme a pris de l’âge et connaît quelques problèmes de santé. Mais il ne compte pas pour autant rendre les armes face à Kennedy ou encore à Nixon. Il va d’ailleurs trouver des moyens radicaux pour se défendre. Décrit comme un personnage sombre qui cachait sa relation homosexuelle entretenue avec son assistant, Hoover glace le sang par sa personnalité : un calculateur, opportuniste et manipulateur. Le scénario de Marc Védrines installe brillamment ce personnage machiavélique dans la durée, en offrant un épilogue assez intense. D’une efficacité indéniable, le découpage du récit fait la part belle aux intrigues politiques et meurtrières en imposant un très bon rythme.

Le style original du dessin de Marc Védrines est un autre atout de taille. Avec une ligne claire, son trait incisif, à la fois fin et robuste, charme par sa modernité et sa capacité à s’approprier les personnages de l’époque. On est en Amérique, mais l’Amérique de Marc Védrines. Et on prend notre pied.

On ne peut que saluer l’excellent travail réalisé par Marc Védrines sur La main de Dieu. Une trilogie passionnante à ne pas manquer.

Résultats concours : Vincent n’a pas d’écailles, 10 places de ciné gagnées.

Sortie au cinéma le 18 février 2015

A l’occasion de la sortie du film Vincent n’a pas d’écaillesPublik’Art, en partenariat avec Le Pacte, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : Vincent n’a pas d’écailles

 

Vous avez été très nombreux à participer : 2 731 joueurs !

Bravo à tous et merci de votre participation.

 

Les cinq heureux gagnants sont :

Viviane Dinau, Magali Zettl, Bruce Mollet Linnea, Damien Amiot et Christelle Canal.

 

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

Joseph, un livre de Marie-Hélène Lafon

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Joseph, un livre de Marie-Hélène Lafon

Marie-Hélène Lafon est actuellement enseignante de lettres classiques à Paris. Joseph est son treizième livre. Elle a déjà reçu de nombreux prix littéraires dont le prix Renaudot des lycéens pour Le soir du chien, en 2001.
Publié aux Editions Buchet/Chastel en août 2014
140 p – 13€

Note de l’éditeur :

Joseph est ouvrier agricole dans une ferme du Cantal. Il a bientôt soixante ans. Il connaît les fermes de son pays, et leurs histoires. Il est doux, silencieux. Il a aimé Sylvie, un été, il avait trente ans. Elle n’était pas d’ici et avait beaucoup souffert, avec et par les hommes. Elle pensait se consoler avec lui, mais Joseph a payé pour tous. Sylvie est partie au milieu de l’hiver avec un autre. Joseph s’est mis à boire, comme on tombe dans un trou.

Joseph a un frère, marié, plus beau et entreprenant, qui est allé faire sa vie ailleurs et qui, à la mort du père, a emmené la mère vivre dans sa maison. Joseph reste seul et finira seul. Il est un témoin, un voyeur de la vie des autres.

Joseph est le nouvel opus de Marie-Hélène Lafon. Roman émouvant, traversé en profondeur par une rivière souterraine qui a prénom de femme et de servante : Félicité. Avec talent et humour, Marie-Hélène Lafon rend ici un magnifique hommage à son cher Flaubert…

Marie-Hélène LafonJoseph, un livre de Marie-Hélène Lafon

 

Joseph, titre très court pour un tout petit livre.

Joseph, c’est l’histoire d’un ouvrier agricole. Vie simple. Vie solitaire. Vie triste aurait-on envie d’ajouter. Mais pas si sûr !

Pas vraiment d’histoire dans ce livre. Mais une très jolie écriture qui voudrait sans doute nous mener au cœur de la vie de Joseph, vie bien lointaine de nos vies.

Joseph est humble, travailleur, très bon travailleur. Il fait son travail avec amour a-t-on envie de dire. Mais au quotidien connaît-il l’amour ?

L’auteur nous décrit cette campagne comme si nous ne la connaissions plus. Un monde si éloigné du nôtre… Presque en dehors du temps… Comme le choix du prénom !

Un livre vrai, empli de dignité et de respect. Pas si courant de nos jours…

Le Magicien de Whitechapel, acte 1 : une BD de Benn (Dargaud)

Couverture5Le Magicien de Whitechapel, acte 1 : Jerrold Piccobello

Trilogie de Benn (Monsieur Cauchemar, Elmer et Moi, Mic Mac Adam, Woogee), Le Magicien de Whitechapel entame avec son premier acte, Jerrold Piccobello, le récit de vie de l’un des magiciens les plus réputés de Londres au XIXème siècle. Un voyage dans une enfance aussi magique que difficile.

Date de parution : le 20 février 2015
Auteurs : Benn (scénario et dessin)
Editions : Dargaud
Prix : 15,99 € (64 pages)

Résumé de l’éditeur :

Londres, 1887. Jerrold Piccobello, magicien parmi les plus prestigieux du royaume britannique, se fait une nouvelle fois remballer d’une audition comme un malpropre. Désespéré, l’homme revient sur les lieux de son enfance, là où tout a commencé et où il fera une rencontre pour le moins inattendue…Premier tome du Magicien de Whitechapel, une trilogie qui oscille entre l’aventure humaine et le récit fantastique.

Le point sur l’album :

Benn propose la rétrospective de son personnage magicien. Ce dernier raconte son enfance, comment il est devenu orphelin, élevé par des artistes dans les coursives d’un théâtre londonien. Là-bas, il fera la rencontre de son mentor, un magicien à l’aplomb extraordinaire qui l’éblouit par sa capacité à utiliser ses dons de prestidigitateur en toutes circonstances. Que ce soit pour séduire les femmes, ou pour gagner les plus fortes mises au casino (surtout lorsqu’il s’agit de donner des leçons à de bien mauvais tricheurs). On voyage donc dans cette époque chaleureuse,  à travers une narration teintée de nostalgie car tournée vers l’enfance d’un homme.

Benn donne de belles sensations en nous faisant toucher du doigt (surtout des yeux) par quelques anecdotes l’atmosphère des planches de spectacles de la fin du XIXème siècle. Puis, de manière assez inattendue, le scénario bascule en fin d’album avec l’apparition d’une créature imaginaire… Voilà qui attise la curiosité quant à la suite de la série.

[U]ne pointe de folie généreuse et bienveillante

On doit beaucoup au dessin de l’auteur qui installe vraiment l’ambiance dans le Le Magicien de WhitechapelSon trait fin, à l’aspect griffonné dégage une belle sensibilité, avec une pointe de folie généreuse et bienveillante. Un graphisme lui aussi chaleureux qui participe à la magie de ce conte.

En conclusion, Le Magicien de Whitechapel séduit par son originalité en proposant un moment de détente saupoudré de magie et de nostalgie. On est curieux de voir ce que la suite nous réserve…

Documentaire exceptionnel sur le harcèlement scolaire, sur France 2.

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Souffre-douleurs, ils se manifestent

Ce documentaire sur le harcèlement scolaire fut programmé le 10 février sur France 2, à 22h26. Avec de nombreux témoignages de jeunes victimes, et des parents des victimes, très dignes et très poignants.

Durée : 54 mn.
Tous publics.
Réalisateur : Andrea Rawlins-Gaston, Laurent Follea.
En partenariat avec France Inter et Le Parisien.

sans_titre_12_1Souffre-douleurs, ils se manifestent

 

France 2 se mobilise pour dénoncer le harcèlement scolaire. Si vous n’avez pas pu voir ces documentaires, diffusés à une heure tardive, vous pouvez les voir en replay durant encore 24 jours. Alors, surtout, allez sur Infrarouge !

Il est carrément scandaleux que ce genre d’émission ne passe en début de soirée, heure où les jeunes peuvent regarder la TV avec leurs parents et échanger ensemble sur un sujet aussi fondamental que le harcèlement. Heureusement le replay existe !

Et cela n’illustre nullement ma phrase : France 2 lutte contre le harcèlement …

Tout le monde connaît le harcèlement scolaire. Tout le monde en a entendu parler. Mais sommes-nous bien conscients des conséquences qu’il peut avoir sur les jeunes victimes ?

C’est un désastre. Un véritable désastre. Un cauchemar. Qui, hélas, peut les mener jusqu’au suicide. Ou jusqu’à des actes irréversibles, comme se brûler à l’alcool à bruler.

Plusieurs jeunes ont accepté de témoigner, avec beaucoup de sincérité et de dignité, de leur souffrance. Emeline, Agathe, Lucas, Jacky, Charlène, Jonathan. Et surtout beaucoup de courage.

Quel était leur problème ? Aucun. Il ne se sentait pas différent des autres. Mais ils ont été pris pour cible par leurs camarades d’école, sous les yeux des profs, des pions, du proviseur. Dans l’indifférence générale. Seul l’un d’eux dit avoir trouvé la raison de son harcèlement : il est homosexuel. Un autre est bègue…

Mais que leur regard est beau, profond, empli de sagesse et de pardon. Point de haine. Juste envie de dire : Assez, Stop. La tête haute. Après tant de souffrance vient le temps de la re-naissance.

Et puis, des parents prennent la parole. Ceux dont leur enfant ne peut plus témoigner. Ne supportant plus les mises à mort de leurs camarades, ils se sont suicidés. Le plus souvent en laissant une lettre. Avec les noms des bourreaux.

Bouleversant. Marion, Mattéo. Mattéo, Marion. Ils sont morts pour rien.

Mattéo était roux. Voilà la raison de sa mort. Un magnifique gamin roux !

Marion, rien. Pas de raison. Morte pour rien. Parce qu’elle était la 1ère de sa classe…

matteoSouffre-douleurs, ils se manifestent : Mattéo

Il est temps que l’Etat fasse quelque chose et combatte ce fléau. L’école est devenue un champ de guerre où les plus faibles se font « assassiner » ?

10% des élèves se disent harcelés. Cela fait 1,2 millions d’enfants et adolescents !

Peut-être avons-nous un de nos enfants victime de harcèlement et qui n’en parle pas ?

Les victimes ont toujours honte. D’où le silence. Il faut briser ce silence et défendre nos jeunes.

Moins l’enfant parle de son harcèlement, plus la situation est grave. Les parents ne doivent jamais sous-estimer les dires de leur enfant. Et trouver très rapidement une solution avant que ce ne soit trop tard, quitte à les déscolariser.

C’est pourquoi Publik’Art soutient tous ces jeunes qui sont dans la souffrance et morale, et psychique et physique. Et leurs familles, marquées à vie au fer rouge.

C’est insupportable.

Plus jamais ça.

Extrait du documentaire de Infrarouge sur le harcèlement scolaire : Souffre-douleurs, ils se manifestent.

Ce documentaire est complété par  Le harcèlement scolaire : briser le silence, également visible en replay sur France 2. Dans cette partie on analyse les mesures mises en place dans les écoles et collèges, la loi pour lutter contre le harcèlement scolaire.

La loi du 4 août 2014 redéfinit le terme de harcèlement, comme délit moral, applicable partout. Mais, hélas, pas de pénalisation du harcèlement scolaire.

En France, on a encore beaucoup à faire pour lutter contre le harcèlement.

Boyhood, un film de Richard Linklater (DVD)

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Boyhood, un film de Richard Linklater

Voilà un film qui a mérité toute notre attention ! Il a été tourné sur douze ans, avec les mêmes acteurs, principaux et secondaires. Ce qui est déjà un bel exploit dans le monde du cinéma américain. Lors de la 68e cérémonie des Baftas de 2015, les récompenses du cinéma britannique remises début février au Royal Opera House de Londres, le film a reçu plusieurs prix dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice. Rien que ça.

Sortie : le 18 février 2015
Durée : 2h45
Avec :  Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke

Synopsis :

Chaque année, durant 12 ans, le réalisateur Richard Linklater a réuni les mêmes comédiens pour un film unique sur la famille et le temps qui passe. On y suit le jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité, vivant avec sa sœur et sa mère, séparée de son père. Les déménagements, les amis, les rentrées des classes, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui rythment sa jeunesse et le préparent à devenir adulte…

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Notre avis sur le film :

On suit le jeune Mason de l’âge de 6 ans à 18 ans. Le scénario fut écrit au fil des années, collant au plus près de la réalité de la vie de Ellar Coltrane qui interprète le jeune Mason. Pour Richard Linklater, tout ce que ressentait Ellar était pris en compte dans le film. Et c’est le réalisateur qui s’adaptait à Ellar et non l’inverse ! Le scénario fut écrit ainsi au fil des années. Une aventure unique ! Tellement bien retranscrite par tous les acteurs qu’on a l’impression d’avoir affaire aux vrais personnages !

Il en ressort une justesse étonnante dans le rôle de ce jeune américain. A travers-lui, on découvre le style de vie américain, l’ambiance, les mentalités, et aussi l’évolution de la société américaine… Mais on suit surtout le cheminement intérieur de Mason. On découvre sa famille et ses passions (il a réellement eu des parents divorcés, il est réellement passionné d’art et de photos). C’est lui-même qui a réalisé sa fresque dans sa chambre…

Le réalisateur s’est aussi largement inspiré de sa propre vie. Ce n’est pas une auto-biographie, mais c’est un beau mélange de biographie de Linklater et de Ellar Coltrane qui sont en réalité, très proches.

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On a apprécié Patricia Arquette qui interprète le rôle de la mère de Mason. Et Ethan Hawke, le père qui est aussi musicien. Quant à Samantha, la sœur de Mason, c’est la propre fille du réalisateur qui l’interprète, Lorelei Linklater.

Ce n’est pas un film léger, mais au contraire un film qui ressemble à une leçon de philosophie, et d’éducation. Mason pose les questions et ses parents essaient d’y répondre. Non sans mal.

Beaucoup de finesse, d’intelligence, d’intimité, de maturité et de naturel chez Mason font de ce film un petit bijou de vérité. Et une excellente BO.

Mason évolue au fil des années, mais son entourage aussi. Et les questions sur le sens à donner à sa vie se font plus insistantes. Il en ressort une maturité que n’ont pas de nombreux adultes…

La scène finale de la mère qui voit partir son « petit dernier » pour la Fac est tout simplement magistrale. Et tellement vraie !

Si les enfants ont beaucoup changé physiquement tout au long du film, il n’en est rien des adultes ! Même si le temps file à toute vitesse en nous rendant tous nostalgiques…

Un film à voir, quelque soit votre âge ! Il parlera à tous, adolescents ou adultes !

Les bonus du DVD : 

Digibook avec le livret « Le projet Boyhood » (32 pages)
DVD :
Entretien exclusif avec Richard Linklater lors de son passage à Paris (33′)
« Grandir devant les caméras » : making of (10′)
Les coulisses du tournage (20′)

Le Divin : une BD de Boaz Lavie, Tomer et Asaf Hanuka (Dargaud)

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Le Divin, de Boaz Lavie, Tomer et Asaf Hanuka

Johnny et Luther Htoo sont deux frères jumeaux connus à la fin des années 1990, pour avoir pris la tête d’un groupe de réfugiés Karen originaires de Birmanie et avoir combattu le pouvoir birman sous le nom d’« armée de Dieu ». Du haut de leur 12 ans, ils avaient pris en otage 500 personnes dans un hôpital thaïlandais durant 24 heures. Une fratrie qui a vu de nombreuses légendes se tisser autour d’elle (on lui prêtait des pouvoirs magiques).

Le Divin s’inspire de ces légendes pour nous emmener dans un récit d’aventure fantastique brillamment réalisé. Une BD signée Boaz Lavie (écrivain, réalisateur, designer et producteur de jeux vidéos),  accompagné des talentueux frères Hanuka (Bipolar) dont le travail est mondialement reconnu (nous avions d’ailleurs chroniqué K.O. à Tel Aviv d’Asaf Hanuka).

Date de parution : le 16 janvier 2015
Auteurs : Boaz Lavie, Tomer et Asaf Hanuka (scénario), Tomer et Asaf Hanuka (dessin)
Editions : Dargaud
Prix : 20,90 € (160 pages)

Résumé de l’éditeur :

Une histoire incroyable d’une guérilla entre gamins, menée par des jumeaux aux pouvoirs divins. Mark, spécialiste américain en explosifs, accepte un job dans un pays d’Asie du Sud-Est pour le compte de la CIA. De l’argent facile. Mais il se retrouve embarqué dans une guérilla improbable et surréaliste entre l’armée locale, aidée par son collègue américain, et une bande de gamins, menée par deux jumeaux appelés « le Divin » à cause de leurs pouvoirs surnaturels. Cette plongée en enfer est basée sur une histoire vraie, celle de la God’s Army, qui se déroula en Thaïlande et en Birmanie. Puissant, dérangeant et émouvant, ce roman graphique nous raconte l’histoire d’une terrible guérrilla entre gamins, menée par des jumeaux aux pouvoirs divins.

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Le point sur l’album :

Né d’une idée à la fois téméraire et originale, le Divin est le récit d’une véritable aventure aussi horrifique qu’onirique. Horrifique, car le scénario nous plonge dans ce que l’être humain a de pire, obligeant des enfants à prendre les armes pour reconquérir leurs terres, volées à leur parents par les occidentaux. Une guerre sans pitié à l’origine de nombreux champs de mines dans ces forêts d’Asie du Sud-Est. Pour tenter de préserver leur « royaume du dragon » qu’ils vénèrent, ils vont prendre en otage un artificier américain. Et c’est à travers lui que l’on va découvrir la puissance du Divin. Le scénario bascule ainsi très vite dans un monde imaginaire où les deux frères font la démonstration de toute l’étendue de leurs pouvoirs.

Une mise en scène spectaculaire se met en place, où le chaos règne en maître. Le Divin semble invincible malgré son apparence innocente. Une duperie qui ne fera pas long feu.[pull_quote_right]il se dégage du Divin une énergie foudroyante. [/pull_quote_right]

Dans les traits des dessinateurs, à la finesse remarquable, les chairs se décomposent comme des dissections en apesanteur alors que l’enfant Divin frôle la rupture d’anévrisme. Comme si Otomo lui-même avait enfanté ce mythe. L’ombre d’Akira, l’enfant roi au pouvoir incontrôlé, semble en effet planer comme celle d’un grand frère prophétique sur ce troublant roman graphique (qui trouve tout de même sa source dans une histoire vraie). Que ce soit les cadrages très élaborés, le découpage parfait ou la magnifique coloration bariolée, il se dégage du Divin une énergie foudroyante.

Vous ne ressortirez certainement pas indemnes du Divin. Un One shot à la qualité exceptionnelle.

Paci, tome 3 : une BD de Vincent Pierrot (Dargaud)


Paci tome 3

Paci, tome 3 : Rwanda

Série noire en trois volumes, Paci se termine avec Rwanda, ultime épisode où l’attachant mais dangereux Pacifique met le milieu à feu et à sang. Signé Vincent Pierrot (Entre Deux, Taïga Rouge, Belleville story), ce triptyque percutant s’impose parmi les meilleurs polars de ces dernières années.

Date de parution : le 9 janvier 2015
Auteurs : Vincent Pierrot (scénario et dessin), Isabelle Merlet (Couleurs)
Editions : Dargaud
Prix : 17,95 € (88 pages)

Résumé de l’éditeur :

Dans Paci, polar noir dont voici le 3e et dernier tome, Vincent Perriot raconte l’histoire de Pacifique dit Paci… Avec Miguy dans sa vie, Paci doit se ranger définitivement. Mais son passé de trafiquant lui colle à la peau. Une seule solution : faire imploser l’empire d’Ashram, son ancien boss. Miguy se doute de quelque chose et lorsqu’elle débarque dans le club où Paci « travaille », ça dérape. La mission dégénère, et s’engage alors une course-poursuite meurtrière. Pour Paci, deux choses comptent : retrouver Miguy et terminer ce qu’il a commencé. Un polar ultra nerveux et dense, salué par la critique. 3e et dernier volet de Paci, un pur polar français contemporain ; une série puissante et enlevée sur le monde de la drogue. De l’énergie à l’état brut !

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Le point sur l’album :

Avec PaciVincent Pierrot propose une plongée dans le milieu du traffic de drogues. Importées de Londres, ces dernières sont débarquées à Calais avant d’être distribuées dans tout l’hexagone sous forme de petits parapluies, comme ceux que l’on trouve plantés sur les cocktails colorés servis dans les bars et discothèques. Bien décidé à rester éloigné de ce milieu, Paci qui sort de prison va tenter de s’en sortir… avant d’échouer et de reprendre sa place au sein du réseau. Une place centrale car Paci dispose d’un carnet d’adresses très étoffé et surtout d’un savoir-faire inégalable. Et les big boss le savent bien. Mais Paci, qui semble toujours désireux d’une autre vie, a un plan pour faire imploser le réseau. Et il le met magistralement en oeuvre dans ce troisième album. [pull_quote_right]On sent l’horreur venir.[/pull_quote_right]

Alors que l’action et le suspense dominent largement Rwanda, le scénario abouti de Vincent Pierrot marque par sa mise en scène percutante. Les personnalités complexes des personnages s’expriment avec pudeur dans une narration minimaliste mais dont l’efficacité est à toute épreuve. Le dialogue est avant tout graphique et nous emmène droit dans les flemmes d’une carcasse de voiture écrasée contre un platane. On sent l’horreur venir. Mais on ne sait pas où elle va frapper la première. Car avec son découpage implacable, l’auteur explore avec brio le carcan dans lequel se trouve notre Paci. Coincé entre deux feux dont il est lui-même à l’origine.

Illustré d’un trait naturel et audacieux, Paci tire parti d’excellents cadrages et d’une belle fluidité dans les scènes d’action. Les couleurs contrastées d’Isabelle Merlet ajoutent une belle énergie à ces planches nerveuses, voire explosives. Un dessin coup de poing qui fait mouche.

En résumé, Vincent Pierrot nous a régalés avec Paci. Un polar à ne surtout pas manquer.

Les Estivants d’après Maxime Gorki, mise en scène de Gérard Desarthe, à la Comédie-Française

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© Cosimo Mirco Magliocca

Comédie-Française du 7 février au 25 mai 2015 – Salle Richelieu

Les auteurs russes sont à l’honneur de la saison théâtrale parisienne. Après « Platonov » et « Ivanov » au Théâtre de la Colline et à l’Odéon, c’est la pièce « Les Estivants » qui se joue au Français.

Dans la mise en scène élégante de Gérard Desarthe qui s’appuie sur la version scénique de Peter Stein et Botho Strauss, le spectacle de la vie s’installe, s’immobilise au milieu des bouleaux, résonne de son vertige existentiel, puis explose sous l’injonction “que faire ?” dans une construction aussi aboutie qu’organique, à l’abri du décor onirique de Lucio Fanti

Passionnante comédie humaine de Maxime Gorki, dans une mise en scène inspirée de Gérard Desarthe, elle interroge, à la veille de la révolution russe, le couple, l’engagement, le rôle des intellectuels et l’émancipation des femmes. Mais là où Tchekhov dépeint un homme empêché qui s’ennuie à mourir, Gorki esquisse une prise de conscience susceptible de changer la donne.

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C’est l’été dans la campagne russe. Comme chaque année, une certaine intelligentsia s’y retrouve : avocats, médecins, ingénieurs, entrepreneurs, des bourgeois à la fortune faite mais récente. Les journées s’étirent de bavardages en salon de musique, de lectures en pique-niques. On boit, on s’amuse, les esprits se relâchent, les couples jouent à s’aimer et à se perdre.

Mais cet ordonnancement est troublé par l’arrivée de l’écrivain Chalimov (parfait Samuel Labarthe) qui entre en conflit avec le médecin Maria Ivovna , une intellectuelle engagée (vibrante Clotilde De Bayser).

Or, leur présence et leur souterraine hostilité vont obliger chacun des protagonistes à se positionner, en questionnant sa place et sa responsabilité dans la société. Car si pour certains, elle est la juste récompense de leurs efforts, pour d’autres elle marque un repli égoïste, un oubli coupable et dangereux du monde qui les entoure.

Le tout étant propice à une fracture de la cohésion du groupe et à l’émergence d’individualités où entre confidences et affrontements apparaissent les idéaux reniés, les amours inassouvis, les lâchetés, les abandons, les déceptions, et les espoirs d’émancipation.

Gorki fait le constat très visionnaire de l’impossibilité d’envisager l’identité collective d’une classe (en l’occurence celle d’un groupe d’intellectuels) tant l’affirmation de la singularité de ses membres est devenue  incontournable à l’expression d’un dessein individuel.

La distribution est à l’unisson (mention spéciale à Sylvia Bergé, éblouissante de candeur et de sensibilité retenue dans le rôle de Warwara, femme de Bassov) où chacun des 15 comédiens parfaitement dirigés, donne corps et âme à ce concentré d’humanité, porteur d’un destin à assumer

Et ce sont les femmes qui initient le changement, revendiquent l’action face à des hommes faibles, lâches, compromis et machistes.

La pièce est une critique féroce de l’intelligentsia russe issue du peuple mais dont la réussite sociale lui a fait oublier ses origines en la rendant sourde, conformiste, passive et fataliste face à un monde qui s’effondre, ébranlé par la désespérance. Elle fait pleinement écho à la déconnexion aujourd’hui des élites qui privilégient une posture au détriment de l’action où les classes populaires ne s’estiment plus représentées, ni entendues.

LES ESTIVANTS (Gerard DESARTHE) 2015

Dans la mise en scène élégante de Gérard Desarthe qui s’appuie sur la version scénique de Peter Stein et Botho Strauss, le spectacle de la vie s’installe, s’immobilise au milieu des bouleaux, résonne de son vertige existentiel, puis explose sous l’injonction “que faire ?” dans une construction aussi aboutie qu’organique, à l’abri d’un décor onirique de Lucio Fanti.

La distribution est à l’unisson (mention spéciale à Sylvia Bergé, éblouissante de candeur et de sensibilité retenue dans le rôle de Warwara, femme de Bassov) où chacun des 15 comédiens parfaitement dirigés, donne corps et âme à ce concentré d’humanité, porteur d’un destin à assumer…

SPRG – Service de Protection des Renseignements Généraux, tome 1 : une BD de Fred Lamour, Pierre Dragon et Alain Gillot (Casterman)

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SPRG – Service de Protection des Renseignements Généraux, tome 1

Pierre Dragon, qui travaille lui-même aux renseignements généraux, retrouve Alain Gillot (duo de scénaristes déjà formé autour d’Une histoire du 36, Quai des Orfèvres) avec SPRG – Service de Protection des Renseignements Généraux, série où chaque album est composé d’une histoire complète et dont le premier d’entre eux est illustré par Fred Lamour (pour qui il s’agit d’une première publication).

Date de parution : le 11 février 2015
Auteurs : Pierre Dragon et Alain Gillot (scénario)et Fred Lamour (dessin)
Editions : Casterman
Prix : 13,50 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Simon est un flic à poigne, il aime l’adrénaline et les interventions musclées. Il gère une équipe de durs dans laquelle l’amitié et la confiance sont le ciment d’une réelle efficacité sur le terrain. La vie va le rattraper et Simon devient … papa. Fini de faire le gignolo, un gamin c’est des responsabilités et son épouse n’entend pas l’éduquer seule. Alors Simon raccroche et rejoint le plus ‘routinier’ Service de Protection des Renseignements Généraux : des bureaucrates en cravate. La sérénité familiale est à ce prix. Il garde cependant des contacts avec son ancienne équipe, notamment avec Adrien, son partenaire. Sa routine va être mise à mal dans une mission moins banale qu’il n’y parait. Simon et sa nouvelle équipe seront les gardes du corps d’un grand entrepreneur français, engrenage capital d’une négociation commerciale de haut vol. Mais cette négociation irrite de mystérieux opposants qui seront prêt à tout pour empêcher le deal. La mise en danger de ce grand patron va pousser l’équipe dans ses derniers retranchements. Chaque album constitue une histoire complète. Derrière l’enquête, nous suivons la vie d’une équipe avec ses hauts, ses bas, ses moments de joie et de tristesse. Par le scénariste de RG (2 tomes réalisés avec Frederik Peeters chez Bayou Gallimard).

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Le point sur l’album :

Le personnage de Simon, c’est un peu l’alter-égo du scénariste Pierre Dragon, pour qui la paternité a changé les perspectives de carrière et de vie. Simon était dans une équipe de durs dans la DTNA (Direction Nationale de l’Anti-Terrorisme), sur le terrain. Il décide peu après la naissance de son enfant de quitter cette vie pour se « planquer » au SPRG, à la protection de VIP. C’était sans compter sur une première mission plutôt difficile. Avec un regard de l’intérieur, le scénario prend ses aises et se focalise sur toute l’équipe. Leur façon de fonctionner, les rapports qu’ils ont entre eux, qu’ils soient bons ou mauvais. Tout comme les relations parfois tendues entre les agents et les personnes protégées. Une écriture équilibrée et enthousiasmante grâce à de l’action et des rebondissements servis en rythme.

Fred Lamour propose pour sa part un dessin réaliste au trait épaissi, qui charme malgré un léger manque de détails et de précision. Ses cadrages sont propres, tout comme les traits de ses personnages qui portent toujours la juste expression. La coloration est quant à elle un peu grossière, numérisée sans grande nuance.

Ce premier tome de SRPG révèle donc un bon scénario et un dessin agréable malgré quelques défauts qui passeront inaperçus pour les néophytes.

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