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Top 10 Cinéma : le meilleur de l’année 2023

Tracer des lignes.

Le monde d’après. Retenir les leçons. S’en émanciper. Apprendre à (s’)aimer. Comprendre notre destinée. Le cinéma, miroir de notre quotidien, de nos sociétés, gouffre d’exploration infini de l’âme humaine, cela est encore d’actualité au moment où nos certitudes et turpitudes flirtent de plus en plus intensément. Éteindre l’écran, mais lequel. Étreindre l’écran, mais lequel. Au moment où l’on n’a jamais été autant abreuvé de créations audiovisuelles, se pose de plus en plus la question de l’éducation à l’image, de la transmission des ressentiments, de la consommation juste et idéale sans paraitre élitiste. Des géants s’effondrent, Disney, Marvel, Warner, tous vacillent ou tremblent. Le cinéma français est plus que jamais source de créativité inépuisable. Je cite les absents de notre Top 10 mais qui auraient largement pu y être : Anatomie d’une chute, Chien de la casse, Le règne animal ou encore La passion de Dodin Bouffant. Un modèle qu’il faut absolument protéger, cajoler et plébisciter, et ce au-delà de toutes considérations transpartisanes. N’est-ce pas Monsieur le Président ?

10 – Copenhague Cowboy (Nicolas Winding Refn – Danemark).

Le monstre des mères.

On commence avec cette dixième place synonyme d’entrée de jeu d’entorse au règlement, une mini-série. Ou plutôt telle que je la vois : un long film de 8 heures où sont concentrées toutes les obsessions formelles et scénaristiques de NRW, alias de l’esthète danois Nicolas Winding Refn, de retour au pays. Un pur polar vénéneux où la complexité des relations humaines est scruté avec délectation par l’un des plus grands plasticiens de notre époque. Il y compose également un surprenant portrait d’anti-héros féminin tel qu’on en avait plus vu depuis Kill Bill. Un choc démentiel produit par Netflix qui a passé son année à bousculer les salles obscures.

9 – De grandes espérances (Sylvain Desclous – France).

Marder on the dancefloor : vous n’êtes pas prêt de l’oublier.

De grandes espérances : c’est tout ce que l’on peut souhaiter à Rebecca Marder, dont l’ascension fulgurante débutée l’an passée rappelle fortement l’étoile filante Adèle Exarchopoulos. A l’image de son personnage ici, timoré, effacé, puis transcendé par la force des choses. Elle avale littéralement le toujours magnifique Benjamin Lavernhe, autre météorite de notre cinéma, dans une sombre histoire de quête de pouvoir et d’ambition, de culpabilité et de rédemption impossible. Un film brillant porté par une écriture exigeante et très maline.

8 – Past Lives (Celine Song – Corée du Sud/USA).

Cascade la plus dangereuse de l’année 2023.

Celine Song et Greta Lee sont deux nouveaux noms à graver dans le marbre du petit manuel du cinéphile édition 2023. La première pose une partition hallucinante de maitrise dans le rythme, les mots, les corps et le cadre pour narrer cette histoire de retrouvailles d’amour d’enfance. Un thème vu et revu où Song nous impose un trio d’acteurs exceptionnels parmi lesquels Greta Lee, vraie lumière qui dicte le tempo de ce retour aux sources délicat. La finesse déployée confère à l’ensemble une aura où le moindre regard, mouvement du corps, mot prononcé, provoque frisson et émotion de part et d’autre de l’écran. Et ça c’est fort.

7 – Limbo (Soi Cheang – Chine).

Héroïne the Dark.

Attention, grosse claque esthétique en perspective. Tant et si bien que l’on peut rapidement se demander si on ne tiendrait pas le 3e frère caché de la saga Noire Sin City de Miller. Soi Cheang est littéralement l’OVNI que personne n’aura pu voir venir en 2023. Honnête faiseur de chinoiserie depuis plus de 20 ans, rien ne pouvait nous préparer à cette noyade dans les poubelles de Hong Kong sur les traces d’un tueur en série. Cette noirceur intense couplée à une maitrise visuelle de tous les instants font de Limbo le polar sensation de l’année.

6 – Wes Anderson & Roald Dahl chez Netflix (USA).

Grosse Dahl pour Wes Anderson en 2023.

Nouvelle entorse avec ces 4 petites merveilles de court-métrage balancées coup sur coup sur Netflix. Une association évidente que celle du romancier de l’enfance merveilleuse par excellence, le britannique Roald Dahl, et l’un des plus bels illustrateurs de l’art cinématographique bonbon-pastel, Wes Anderson. Une réussite époustouflante où la maestria des mots se confondent avec la virtuosité d’une mise en scène théâtrale où chaque acteur pose une note quasi parfaite sur l’écran. 4 petits bijoux d’humour caustique, de morale suggérée et de sentiments contrastés. Encore !

5 – Yannick (Quentin Dupieux – France).

Ra-Pha-Ël Que-Nard, messieurs, dames, Raphaël Quenard !

Personnellement découvert et apprécié il y a 2 ans dans la nouvelle errance estivale sétoise, Fragile, sous le format de second rôle à grande gouaille et coupe punk à gel improbable, jamais je n’aurais pu prédire que les cinéastes et les cinéphiles allaient tomber aussi rapidement amoureux de Raphaël Quenard, avec pas moins de 8 films sortis en 2023 (!!). Tant et si bien que Quentin Dupieux ose complètement renverser la table du film et de la pièce de théâtre à travers Yannick, succulent moment hors du temps où tout devient possible. Un délire fou servi par des dialogues d’une intelligence et d’une noirceur comique communicative. Et au sommet de cet art : Quenard ! Évidemment.

4 – Tár (Todd Field – USA).

Todd Field, maître de son art, mieux vaut Tár que jamais.

Et si Tár allait titiller Amadeus au sommet des grands films sur la musique ? D’autant plus que derrière cette partition réglée à la demi-croche près, se trouve le sommet de 2 artistes : l’inattendu Todd Field et la Reine des reines : Cate Blanchett. Elle y joue tout et avec une perfection rarement atteinte au cinéma. Et cela tombe bien car Field lui a concocté du sûr-mesure dans le portrait de cette cheffe d’orchestre qui doit constamment dealer avec la perfection. Réalité et fiction se confonde, tant l’exigence est omniprésente et carnivore. Nous, on s’en délecte encore et encore.

3 – Winter break (Alexander Payne – USA).

2 retours au sommet, 2 révélations absolues, un nouveau classique de Noël.

On croyait qu’il avait perdu sa science des maux, Winter break siffle la fin de la sieste pour Alexander Payne, de retour en pleine forme. Une simple histoire de pardon, d’amour et de mort, comme autant de thèmes évidents pour contrecarrer la magie de Noël. Le tout servi par un improbable trio déjà inoubliable : Paul Giamatti, Da’vine Joy, et la découverte de l’année, Dominic Sessa, tous dramatiquement drôles. Payne n’avait plus autant visé juste depuis Sideways. En croquant sous la neige les destins croisés de ces trois cabossés de la vie, il nous offre un nouvel instantané culte de Noël.

2 – Le monde après nous (Sam Esmail – USA).

Miroir, mon beau miroir (brisé).

Mr Robot et sa parano débarque sur grand écran. La série démentielle à la maitrise folle a enfanté d’un bijou de stress 18 carats que n’aurait pas renié Shyamalan, qui par ailleurs a moissonné plus mollement sur ce terrain de la fin du monde en début d’année. Sam Esmail joue à la tisane et infuse ses arômes vicieux aux spectateurs, acteurs à part entière de ce cauchemar éveillé et étourdissant où collapsent Tesla, pétrolier et avion. Esmail s’amuse en semant la confusion constamment dans un quasi huis-clos de toute beauté formellement, et où la fiction se nourrit fortement de notre réalité. C’est peut-être là, sa plus grande force : se nourrir de nos propres peurs quotidiennes.

1 – L’enlèvement (Marco Bellocchio – Italie).

Guerre de religions, guère très religieuse.

Tutoyer les sommets, c’est ce que Marco Bellocchio ne cesse de faire depuis quelques années. L’enlèvement et sa terrible histoire dramatique au cœur de l’Inquisition lui offre l’occasion rêvée de marquer un peu plus le 7e Art. Toucher à l’enfant, la famille, dernière valeur refuge quand tout semble vaciller autour. Arpenter les arcanes impénétrables du pouvoir pontifical pour comprendre que le droit divin est avant tout formé par l’égo humain. Peindre la scène la plus déchirante de l’année face à un mur qui se veut être l’amour tout puissant et universel, la compassion et le partage. Et nous faire chavirer. Définitivement.

Une lecture palpitante avec Yougo, un conscrit casque bleu, à paraitre aux éditions La Boite à Bulles le 3 janvier

David Cénou continue de raconter l’histoire de Sam, déjà entrevue dans Mirador, tête de mort. Il se concentre ici sur son incorporation dans les troupes des nations unies parties en Yougoslavie en 1992 au plus fort de la guerre qui opposait les serbes à toutes les autres nationalités. Il voit surtout pour lui une opportunité de gagner plus d’argent et de préparer l’avenir. Mais la réalité va vite le rattraper. La BD est également l’occasion de revenir sur le contexte géopolitique local compliqué après la fin de la fédération yougoslave et la montée des nationalismes slovènes, croates et serbes. La multiplicité des religions n’a pas facilité les choses et dessiné un terrain glissant pour tous les protagonistes. L’auteur se concentre sur la vie entre soldats avant d’ouvrir son scope sur la population locale dans les territoires visités. Sam est un chien fou, peu apprécié des autres soldats, il joue avant tout pour lui-même et revendique son appartenance skinhead, du moins au début. Car tout va changer sur le terrain militaire, il va connaitre les brimades et le contexte militaire ordonné va le changer plus qu’il ne l’aurait imaginé. Le dessin réaliste permet de souligner les regards et de deviner ce que pensent les esprits. La lecture fait attendre un drame à chaque début de page, la sérénité est limitée, donnant à ce moment une dimension toute particulière.

Synopsis:

Sam, jeune skinhead néonazi part en Ex-Yougoslavie comme casque bleu. Il rêve de participer à des combats… Mais sur place, il doit faire face à une toute autre réalité.

Juin 1992, les nations constitutives de la Yougoslavie se déchirent. Pendant ce temps, en France, Samuel Marchadier, jeune skinhead nationaliste effectue son service militaire au 126e régiment d’infanterie de Brive-la-Gaillarde. Attentif aux débuts de ce conflit, Samuel voit se présenter une opportunité inespérée d’en devenir un de ses acteurs car son régiment est appelé à y intervenir, dans le cadre du mandat donné à la Force de protection des Nations Unies (FORPRONU). Demander à Samuel ses motivations pour partir là-bas, c’est aller au-devant d’une vraie déception car le sens du devoir humanitaire et de l’aide à son prochain ne font pas partie de ses valeurs : faire la guerre, partir au feu constituent le leitmotiv de ce jeune homme aux idées aussi courtes que ses cheveux, bien content par la même occasion d’arrondir quelque peu sa solde de conscrit. Pourtant, il se retrouvera bientôt face à une réalité bien différente de elle qu’il attendait et à ses émotions d’homme. Un récit autobiographique vivant, captivant et sans concessions.

Editeur: La boite à bulles

Auteur: David Cénou

Nombre de pages / Prix: 320 pages / 30 euros

Boris Vian fait son cinéma, une collection de courts métrages à découvrir en DVD et VOD

Boris Vian est décédé en 1959 à l’âge de 39 ans. Auteur, musicien, acteur, scénariste, il a personnifié l’artiste complet du 20ème siècle et il a laissé une postérité encore reconnue aujourd’hui. Il a laissé 18 scénarios datés entre 1941 et 1959, dont beaucoup ont été écrits en collaboration avec Pierre Kast.

Boris Vian en liberté

Aucun scénario n’a été tourné de son vivant mais ils ont été finalement publiés en 2017 dans le recueil Rue des ravissantes dont le titre s’inspire du projet d’une comédie musicale. 5 de ces sommets de drôlerie et d’inventivité ont été adaptés entre 2014 et 2016 dans la collection de courts-métrages Boris Vian fait son cinéma diffusée sur France 2 et France 3L’Autostoppeur, De quoi j’me mêle, Le Cow-boy de Normandie, Notre Faustet Rue des ravissantes auxquels s’ajoute La Mécanique des tournesols, produit par l’Association 1000 visages et Nolita Cinéma en 2022 et réalisé par 5 jeunes réalisatrices. Tous ces courts métrages modernisent les projets de scénarios de l’auteur et permettent à la jeune génération de scénaristes et de cinéastes de proposer une vision très personnelle des scénarios. Chaque court métrage est accompagné par une chanson de Boris Vian reprise par des interprètes actuels. La dramaturgie en est d’autant plus avivée avec une vraie liberté de ton et un décalage burlesque et/ou poétique inimitable avec la réalité. Surtout, l’univers si particulier de l’auteur est conservé tout en s’imprégnant de la patte des réalisateurs. Côté interprètes, on remarque Hugo Becker dans L’Autostoppeur, Jean-François Gallotte dans De quoi j’me mêle, Lou de Laâge, Alice Isaaz et Audrey Fleurot dans Notre Faust et encore Salif Cissé et Liliane Rovère dans La Mécanique des tournesols. Il y a également le disparu Jacques Herlin dans Rue des ravissantes.

La collection Boris Vian fait son cinéma propose 6 courts-métrages multipliant les sensations et les émotions à découvrir en DVD et en VOD.

Synopsis: La collection « Rue des ravissantes » est une série de 6 courts métrages inspirés de textes inédits de Boris Vian : De quoi j’me mêle, L’autostoppeur, Le Cowboy de Normandie, La mécanique des Tournesols, Notre Faust et Rue des ravissantes. La collection « Rue des ravissantes » est une série de 6 courts métrages inspirés de textes inédits de Boris Vian : De quoi j’me mêle, L’autostoppeur, Le Cowboy de Normandie, La mécanique des Tournesols, Notre Faust et Rue des ravissantes.

Top 10 Théâtre : le meilleur de l’année 2023

Top 10 Théâtre : le meilleur de l'année 2023
Crédit photos © Jean-Louis Fernandez

Top 10 Théâtre : le meilleur de l’année 2023

Comme pour chaque fin d’année et sa rétrospective, nous nous sommes livrés au classement traditionnel des 10 meilleures spectacles de  l’année 2023. Le classement retenu s’attache à des écritures théâtrales nouvelles, singulières, audacieuses, revisitées ou plus intimes, portées par une qualité de jeu toujours extrême pour un théâtre qui parle forcément de nous pour mieux parler des autres et donc du monde. Excellente année 2023 à tous.

1) Othello, de William Shakespeare, mise en scène Jean-François Sivadier

2) Andromaque, de Jean Racine, mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig

3) James Brown mettait des bigoudis, texte et mise en scène Yasmina Reza

4) Le Roi Lear, d’après William Shakespeare, mise en scène Thomas Ostermeier

5) Le Côté de Guermantes, d’après Marcel Proust, adaptation et mise en scène Christophe Honoré

6) Fin de partie, de Samuel Beckett, mise en scène Jacques Osinski

7) Daddy, texte de Marion Siéfert, Matthieu Bareyre, mise en scène Marion Siéfert

8) Après la répétition / Persona, de Ingmar Bergman mise en scène Ivo van Hove

9) La Collection, d’Harold Pinter, mise en scène Ludovic Lagarde

10) Mémoire de fille, d’après Annie Ernaux, adaptation et mise en scène Silvia Costa

La Bête dans la jungle, un film mystérieux à découvrir en DVD depuis le 5 décembre 2023

La bête dans la jungle est l’adaptation d’un roman court d’Henry James paru en 1903. L’histoire originale parle d’un homme qui attend un évènement extraordinaire qui changera toute sa vie et demande à une femme de l’attendre avec lui, au risque de passer à côté de leur vie. Le réalisateur Patric Chiha interroge sur ce qu’est la bête, un danger mystérieux ou le risque de passer sa vie à attendre pour rien, entre fantasme et réalité. Une ambiance de mystère empreint tout le film étalé sur une durée de 25 ans.

Un film en retrait

Le film suit 2 personnages, un homme et une femme dans le cadre d’une boîte de nuit sur une durée de 25 ans. Le cadre nocturne sert d’écrin pour des retrouvailles à intervalles plus ou moins réguliers. Le spectateur voit Anaïs Demoustier danser frénétiquement, il reste en retrait et ils parlent, de leur passé et surtout d’un mystérieux événement à venir qui va bouleverser peut être sa vie à lui, sans savoir le quand et le quoi. Le film parle donc beaucoup de l’attente, au son d’une B.O passant de la disco à la techno pour marquer les changements d’époques. Une voix off accompagne la narration, celle de Béatrice Dalle, c’est elle qui nomme les personnages, May et John (Tom Mercier) et situe le début de l’histoire en 1979. Les dialogues sont (volontairement?) sobres et participent à cette attente d’un évènement censément extraordinaire. La moment tant attendu arrive enfin et… il faut laisser planer le mystère. Tom Mercier est (volontairement?) sans emphase, les paroles sont prononcées sur un ton monolithique, robotique. Elle veut l’embrasser, il refuse parce qu’il dit avoir été choisi pour quelque chose d’extraordinaire qui va bouleverser sa vie. Anaïs Demoustier fait preuve de plus d’enthousiasme, sauvant peut être le spectateur de l’ennui. Pas de folie ni d’excitation, de la musique et de la danse mises en balance de cette maudite attente. Le décor de la boite de nuit transforme le film en quasi documentaire sur une boite de nuit entre 1979 et 2004, entre présent permanent, éternelle jeunesse illusoire et espace mélancolique du temps infini.

La bête dans la jungle est un film qui se médite, avec des élans fugaces et des longs moments d’atermoiement. Il est à découvrir en DVD pour une vraie expérience de cinéma.

Synopsis: La Bête dans la jungle, librement adapté de la nouvelle de Henry James, est l’histoire d’un huis clos vertigineux : pendant 25 ans, dans une immense boîte de nuit, un homme et une femme guettent ensemble un événement mystérieux. De 1979 à 2004, l’histoire du disco à la techno, l’histoire d’un amour, l’histoire d’une obsession. La « chose » finalement se manifestera, mais sous une forme autrement plus tragique que prévu.

Une BD témoignage dure et sincère avec Journal d’une bipolaire aux éditions La Boite à Bulles, parution le 3 janvier 2024

Camille est bipolaire, elle raconte son histoire, ses crises d’angoisse, ses dépressions, ses crises incontrôlables d’achats compulsifs, ses difficultés à trouver une place professionnelle, ses rapports humains compliqués, ses séjours en instituts spécialisés pour tenter de remonter la pente. La lecture n’est pas simple, elle montre que le fil de soi ne tient parfois à pas grand chose et que rien n’est simple quand l’esprit émet l’hypothèse de verser dans le vide. Le chemin de Camille est tortueux, entre chagrin d’amour et moments de crise à l’orée d’échéances clés. Les dessins très réalistes montrent tout, les tentatives de suicide, les états de légume après les prises de médicament, les regards constamment torves. La BD est une lucarne ouverte sur l’esprit humain tiraillé entre une multitude de courants contraires, de quoi faire comprendre la situation de personnes en état de détresse psychologique. Entre états dépressifs et états maniaques, difficile de s’en sortir, jusqu’à ce que la maladie soit correctement diagnostiquée pour une sortie du tunnel, enfin. L’autobiographie est tortueuse, Patrice Guillon raconte l’histoire de sa fille avec tendresse et sans œillères, tout est raconté dans un réalisme troublant. Le dessin de Sébastien Samson donne une dimension supplémentaire à un récit qui ne peut pas laisser indifférent.

Synopsis:

Journal d’une bipolaire est le récit autobiographique bouleversant d’une jeune femme en proie à une fluctuation anormale des troubles de l’humeur.

Lorsque Camille rentre de ses vacances au Canada, tout se précipite : son amoureux québécois (resté sur place) exerce sur elle une sorte de chantage affectif et l’arrivée des examens n’est pas de nature à la rassurer… S’ensuit une montée de stress qui va bouleverser à jamais sa vie ! Epuisée, constamment au bord des larmes, Camille découvre le quotidien d’une bipolarité (maniaco-dépression) qui lui donne plusieurs fois envie d’en finir. Elle enchaîne les séjours en centres psychiatriques, au grand désespoir d’un entourage qui a parfois du mal à la comprendre… Entre euphories passagères, expérimentations diverses et rechutes brutales, Camille tente de retrouver une vie de jeune femme « normale »… Si le trouble bipolaire est une pathologie psychiatrique bien connue, rares sont les témoignages qui la présentent simplement, dans son apparition et ses conséquences sur le quotidien. Un témoignage authentique, qui n’est pas sans rappeler Dans la secte, un livre déjà scénarisé par Patrice Guillon, alias Pierre Henri qui met ici en forme le récit de sa propre fille. Un récit porté par les dessins vifs et expressifs de Sébastien Samson, un débutant au dessin déjà mature…

Editeur: La Boite à Bulles

Auteurs: Patrice Guillon, Emilie Guillon & Sebastien Samson

Nombre de pages / Prix: 112 pages / 19 euros

Le malade imaginaire, un beau feu d’artifice final pour une riche année 2023 au Théâtre des Champs Elysées

Le point final de l’année 2023 au Théâtre des Champs Elysées a été salué comme il se doit par une salle pleine à craquer pour un triomphe sonore et retentissant. La prestation de la troupe de la Comédie Française avec Guillaume Gallienne dans le rôle titre a emporté le public et confirmé la toujours grande actualité de la pièce de Molière. Annoncées dès le 13 décembre sur Publik’Art, les 16 représentations du Malade Imaginaire sont l’occasion d’admirer le talent des comédiens et comédiennes du Français dans un cadre différent, loin de la salle Richelieu habituelle, rive droite et avec toujours autant de vista.

2023, l’année du Malade Imaginaire

L’année 2023 avait commencé en janvier avec un Malade Imaginaire à destination d’un jeune public conquis par la pièce de Molière à la Comédie Tour Eiffel, elle se finit avec une version mêlant habituellement académisme, respect du texte et criante modernité au Théâtre des Champs-Elysées. Argan est toujours aussi désespéré de voir sa santé se détériorer jour après jour, il est encore dépendant du diagnostic des médecins, il veut toujours marier sa fille à un fils de médecin et son épouse veut toujours le déposséder habilement de ses biens. La trame a beau être archi-connue, le plaisir reste le même lorsque une troupe défend avec talent le texte. Car le texte est là et bien là, Molière prend pour cible la tendance un peu trop prononcée des médecins du XVIIe siècle à profiter des riches hypocondriaques pour leur distiller des remèdes inefficaces à coup de traitements onéreux pour créer une dépendance proche pour eux de la rente. L’auteur en fait une satyre qui décrie un jeu de dupes décriant la connaissances somme toute limitée de prétendus hommes de science surtout habiles à duper les riches crédules. Argan personnifie la bonne foi roulée dans la gadoue par des médecins ressemblant plus à des croquemorts qu’à des sauveurs providentiels. Si heureusement la discipline médicale s’est depuis considérablement professionnalisée et crédibilisée, la pièce permet surtout d’apprécier le talent de l’auteur pour appuyer le trait là où ça fait mal, avec des mots savamment choisis et des situations diablement alambiquées. Surtout qu’avec en plus la fille et sa belle-mère, la pièce ajoute encore un niveau de lecture pour un résultat qui tient en haleine 2h30. La troupe rivalise d’effets comiques qui font rire et sourire. Seul bémol, la difficulté à parfois entendre bien distinctement les dialogues, la faute peut être à une acoustique plus adaptée à la musique qu’aux longues tirades, surtout pendant la première heure. Et puis finalement le public s’habitude, les comédiens aussi surement, et les intermèdes musicaux tirés de la musique d’époque densifient d’autant plus la prestation.

La scène finale est un feu d’artifice qui comble de joie un public qui en redemande. Le théâtre permet aux comédiens et aux comédiennes de montrer leur talent de transformisme, la troupe de la comédie française le démontre avec talent que n’aurait pas renié Molière lui-même.

Synopsis: Trentième et ultime pièce de Molière, Le Malade imaginaire est souvent considéré comme le testament de son auteur. C’est un « classique » à la fois élégant et puissant où tout son art du comique et du tragique se mêlent avec subtilité. Cette production fut créée il y a plus de vingt ans par le regretté Claude Stratz avec une composition musicale originale de Marc-Olivier Dupin, mais elle a su conserver toute sa fraîcheur et sa modernité au travers des différentes générations de comédiens du Français qui l’ont joué. Guillaume Gallienne a repris le rôle-titre en 2019, lui offrant une incroyable tendresse. Un pur moment de poésie et une grande leçon de théâtre.

Production Comédie-Française
En collaboration avec le Théâtre des Champs-Elysées

Avec le soutien d’Aline Foriel-Destezet, 
Grand Mécène de la saison artistique du Théâtre des Champs-Elysées et de la Comédie-Française
En partenariat avec Le Figaro

Un concert pétaradant des 2 amis des Fills Monkey à la Nouvelle Eve le 20 décembre

Fills Monkey a livré un concert rempli d’énergie et d’enthousiasme le jeudi 20 décembre dans la salle habituelle de cabaret de la Nouvelle Eve à Paris. Les 2 compères Yann Coste et Sébastien Rambaud multiplient les numéros entre rôles clowns et musiciens experts pour terminer l’année en beauté. La salle tapait des mains continuellement devant l’imagination débordante de numéros entre énergie rock et humour ultra efficace.

Un concert de folie

Yann Coste et Sébastien Rambaud sont 2 prodiges des percussions, mais pas seulement. Ils multiplient les instruments pour densifier un numéro de musique ultra complet. Qu’ils soient assis derrière leurs futs ou déambulant sur scène affublés de tenues originales et pourvus d’instruments plus ou moins exotiques / électroniques / divers, ils hypnotisent le public, n’échangeant aucune parole mais ne lésinant pas sur les moyens de communication (grognements, rythmes personnalisés, sourires, rires). Le concept est unique au monde et les spectateurs en redemandent. Surtout que le niveau sonore est variable, plus ou moins intimiste ou déchainé pour varier les plaisirs et ne pas rendre le public définitivement sourd. Les plus férus de Rock reconnaissent avec plaisir les airs de Sunday Bloody Sunday, Whole Lotta Love, Come together, The Weeknd ou We will rock you. Les styles sont variés pour toucher une audience la plus large possible sans se contenter d’une niche complètement et uniquement rock. Les compères utilisent une variété impressionnante d’instruments, un handpan, un banjo électrifié, des boites à rythme, un ordinateur ou des tamtams dans un déferlement de prestations alambiquées et séduisantes. Habitué aux grandes odyssées internationales, le groupe s’est produit en Allemagne, en Ecosse, en Chine ou à Taiwan pour proposer un spectacle vraiment familial, les adolescents étaient nombreux dans la salle pour profiter d’un spectacle qui reviendra à la Cigale le 07 décembre 2024.

La complicité entre les 2 musiciens est évidente, ils se répondent et se défient avec humour dans des joutes musicales truculentes. Les 2 virtuoses savent tenir la salle pour un spectacle de folie à découvrir absolument.

« Blanche-Neige » sous le regard décalé, endiablé et sexy d’Angelin Preljocaj, revient à l’Opéra Royal  

« Blanche-Neige » Photo © Jean-Claude Carbonne

« Blanche-Neige » sous le regard décalé, endiablé et sexy d’Angelin Preljocaj, revient à l’Opéra Royal

Il y a huit ans, Angelin Preljocaj créait Blanche-Neige. Le succès de ce ballet fut immédiat à sa création et depuis, il s’est imposé en France et à l’étranger. Il est de retour à l’Opéra Royal   

Chorégraphe singulier, Angelin Preljocaj est aussi à l’aise dans le sillage du compositeur d’avant-garde John Cage que dans l’univers néo-classique.

Avec ce ballet, il donne à voir sur le plateau une héroïne moderne, griffée haute couture (Jean-Paul Gaultier), dans un univers scénographique extravagant et baroque à la danse investie où le chorégraphe s’attache à dévoiler la transcendance des corps. Angelin Preljocaj avait annoncé la couleur : « Mon idée est de raconter Blanche-Neige comme un conte de fée, avec le merveilleux et l’enchantement propre au genre. Il est aussi plein de chausse-trapes psychanalytiques. Bettelheim a parlé d’un Œdipe renversé qui me semble très actuel aujourd’hui où les femmes de 45-60 ans sont encore belles, mais souffrent de l’ombre portée de leurs propres filles ».

[…] un spectacle total […]

La rencontre esthétique entre le directeur de ballet et le styliste imaginatif fait puissamment corps avec la dimension narrative assumée et la tonalité fantasmagorique donnée à la légende de Blanche-Neige. En prenant le parti pris de suivre pas à pas l’histoire, il en respecte tous les épisode et l’installe très concrètement dans l’espace où les lieux symboliques sont reconstitués au gré de superbes décors évolutifs de Thierry Leproust qui participent et soutiennent l’intrigue.

Les costumes inventifs, à l’instar de personnages de BD de science fiction, inscrivent le conte dans une autre temporalité et offrent aux danseurs une amplitude dynamique.

Avec des tableaux très enlevés et plein d’invention, tels en ouverture la naissance dramatique de Blanche Neige dans une atmosphère apocalyptique, que l’apparition des nains en mineurs avec une petite loupiote sur le front par sept danseurs espiègles qui sortent d’un mur au fond de la scène pour virevolter en verticalité en une danse aérienne époustouflante. Où encore la rivalité entre la reine qui déploie à merveille toute sa sensualité vénéneuse) et sa belle fille où la méchante marâtre est une séductrice redoutable vêtue de vinyle, il donne à cette version une lecture endiablée et sexy.

Blanche-Neige à l’innocence ardente apparaît en robe immaculée très échancrée et jambes nues qui rappellent la mort de sa mère, incarne le sortilège de la jeunesse, et traduit toute la naïveté, la pureté, l’insouciance de la quête amoureuse. Le prince est magnifié, porté par une puissance athlétique.

[…] une lecture endiablée et sexy […)

La reine, charismatique, joue de tous les subterfuges, escortée de deux chats noirs, en guêpière, jupe rouge et talons hauts, elle exhorte de sa jalousie maléfique et personnifie à l’envi la malveillance et les forces des ténèbres.

Le chorégraphe compose subtilement avec le corps de ballet et sa diversité en se focalisant sur ce qu’expriment les corps, les énergies, et sur ce que les personnages ressentent et éprouvent grâce à une gestuelle très ample, le tout porté par la synergie fulgurante du mouvement.

Mais aussi avec des séquences très abstraites, telles que le corps inanimée de Blanche-Neige sur une plaque de verre minéral, que la danse morbide et érotique du Prince (charismatique et athlétique) sur le célèbre Adagietto de la Symphonie n°5 de Mahler, ou encore la vision aérienne de la mort maternelle qui enlève puis relâche le corps de la jeune fille, il insuffle au drame une force poétique très intense.

La scène de la pomme avec une poursuite entre les deux héroïnes jusqu’à l’absorption forcée et fatale offre un grand moment d’inventivité dramatique.

Par delà le merveilleux que contient pour l’imaginaire Blanche-Neige restitué par une chorégraphie incarnée, Preljocaj interroge aussi la symbolique du récit et le rôle de la marâtre, personnage central, dans son désir très narcissique de ne pas renoncer à sa séduction et à sa place de femme, quitte à aller jusqu’au sacrifice de sa belle-fille.

Entre féerie et lutte fratricide à l’éternelle jeunesse et au désir, thèmes très actuels, le reflet du ballet face au miroir magique subjugue et envoute.

Date : du 20 au 31 décembre 2023 / Lieu : Château de Versailles – Opéra Royal
Chorégraphe : Angelin Preljocaj

Un récit sans œillères sur une jeunesse fasciste avec Mirador, tête de mort aux éditions La Boite à Bulles

L’auteur raconte un parcours de jeune plongé dans la mouvance d’extrême droite, un récit fort et puissant, le sien. Il en a tiré des enseignements et souhaite les partager avec les lecteurs. Entre sympathies skinheads, concerts aux paroles explicites, soirées très alcoolisées et violence continuelle, le héros Sam se laisse couler dans un moule extrémiste qui le fait exister dans un monde où les perspectives pour lui sont bien maigres. L’auteur raconte le danger de la fascination pour une idéologie qui privilégie la haine et la baston à la compréhension et au contact. L’intérêt principal est de fédérer les gens blessés par la vie, ceux qui croient avoir été oubliés et pour qui le personnel politique n’a que peu d’intérêt. L’histoire est sincère, portée par des éléments qui font froid dans le dos qui en montrent la sombre noirceur. Ceux qui n’ont rien à perdre sont les premiers à faire le choix de l’extrémisme pour retrouver un entre-soi rassurant loin de la gabegie politique et des discours médiatiques alarmistes. La BD se lit comme un reportage social dans un noir et blanc qui souligne le trait, l’histoire n’est pas drôle ni fleur bleue pour un vrai shoot de réalité. L’auteur se raconte, c’est un beau moment de lecture introspective à ne pas manquer.

Synopsis:

Une plongée sans détour dans l’univers des skinheads et un témoignage rare sur l’itinéraire de Sam, un enfant pas gâté.

Lendemain de fête, quelque part dans Bordeaux. Sam, Doc Marteens aux pieds et Bomber sur le dos émerge de son sommeil de cuite. Au téléphone Mélanie lui demande de venir avec elle, au poste de police pour témoigner au bénéfice de Romain, déjà en garde à vue. Sam est aussitôt mis lui-même en garde à vue : un homme est mort, hier soir et sa bande de skinhead semble être à l’origine du drame. Lui, Sam, ne se souvient pas de ce qu’il s’est passé la veille. Alors il se remémore ses dernières années, « l’histoire de ma descente dans les recoins glauques de la vie où j’aurais pu perdre au moins la raison ». A son retour de l’ex-Yougoslavie, Sam avait retrouvé sa bande de potes, celle avec laquelle il jouait dans les concerts skinheads ou débarquait à Paris pour célébrer le 1er mai aux côtés du Front National.

Editeur: La Boite à Bulles

Auteurs: David Cénou

Nombre de pages / Prix: 128 pages / 18 euros

Une belle retranscription du mythe grec au XVIIIe siècle avec la BD Oedipe-Roi aux éditions La Boite à Bulles, parution le 3 janvier 2024

Dès les premières pages, il n’y a plus de doute. Dans un noir et blanc classieux, les auteurs transportent l’histoire d’Oedipe à Marseille en 1720 alors qu’une épidémie de peste fait rage. Créon, Laïos, Tirésias, Jocaste, tous les personnages originels hantent les pages. La proximité temporelle rajoute une couche surprenante à la lecture rendue plus moderne et peut-être plus compréhensible. Le texte reste rempli des sentiments profonds de l’original de Sophocle et se mélange avec les mœurs du XVIIIe siècle. Duels à l’épée, conspirations, honneur bafoué, un vrai livre de capes et d’épée. Mais la prophétie s’accomplit, la même depuis la nuit des temps pour une tragédie inscrite dans les gênes humains. Même en noir et blanc, la BD sent le sang rouge, celui du drame antique où les yeux sont crevés et les assassinats se suivent. La BD est un bel hommage au mythe, à découvrir aux éditions La Boite à Bulles.

Synopsis:

Et si Œdipe n’avait pas pas régné sur Thèbes mais à Marseille, en 1720, lors de la grande épidémie de peste… Une adaptation inspirée de la pièce de Sophocle.

Œdipe règne sur Marseille  après avoir vaincu la Sphinge et libéré la ville de son emprise. Il s’est également vu offrir la main de Jocaste, la veuve de Laïos, le précédent roi. De leur union sont nés quatre enfants  : Étéocle, Polynice, Antigone et Ismène. 1720, Marseille est submergée par la peste, les cadavres s’entassent sur le Vieux port. Un oracle prévient Œdipe que pour arrêter ce fléau, il doit découvrir l’identité du meurtrier de Laïos et le punir. Mais en menant ses recherches, Œdipe se rend compte qu’il est tout à la fois le  fils de Laïos, son meurtrier et l’époux de sa mère… Une adaptation  fidèle au texte de Sophocle  mais transposée dans un contexte historique plus proche de nous, à Marseille et au 18e  siècle.

Editeur: La Boite à Bulles

Auteurs: Clément Baloup, Sae Youn Koh & Eddy Vaccaro

Nombre de pages / Prix: 80 pages / 16 euros

Un beau récit initiatique avec la BD Entre 2 gares aux éditions La Boite à Bulles, parution le 3 janvier 2024

Un auteur de BD livre son témoignage à 2 voix (voies?) entre souvenirs d’enfance et voyage en avion à New York pour la promotion d’une bande dessinée. Sébastien Samson se raconte avec pudeur, délicatesse et humour dans une BD touchante qui se dévore littéralement. Tout le jeu consiste à une rencontre improbable entre le petit garçon de 9 ans et l’adulte parti dans un voyage spatiotemporel à la découverte de son passé. Entre détails personnels et références scientifiques/archéologiques, le récit est des plus plaisants, surtout que le dessin se situe entre BD belge et manga pour des traits plutôt ronds. Les allusions à une jeunesse enfouie hantent la BD, le bar qui a fermé, le club de foot qui n’existe plus, l’enfant est surpris tandis que l’adulte est dépité. La référence au chemin de fer est ultra métaphorique, comme un tracé vers le passé, le présent et le futur. Le longe de la ligne SaumurPoitiers, le héros raconte et se raconte, médite et invective son double. Le récit regorge de références en plein cœur d’un paysage oublié où le train ne passe plus. Il se souvient des horaires des trains, des signaux échangés entre sa mère cheffe de gare et les conducteurs, avec 3 trains par semaine, le rythme n’était pas effréné. Des histoires issues d’archives séculaires sont également abordées, des photos jaunies sont reçues par la poste, l’auteur refait l’histoire avec persévérance et ténacité pour un vrai panorama historique de cette petite région française oubliée devenue une victime de la désertification rurale. Le moment de lecture est juste ultra passionnant, à découvrir le 3 janvier dans les meilleures librairies!

Synopsis:

Arpentant le Poitou – et la maison de garde-barrière – où il a grandi, Sébastien se confronte au petit garçon qu’il a été, à ses rêves d’enfant et à l’évolution du monde rural…

Fils aîné d’une famille de jeunes ruraux, le jeune Sébastien Samson ne connait que le périmètre de son petit village et du chemin de fer qui le traverse comme une veine et rythme les journées de sa maman, garde-barrière. Enfant, il se construit dans ce monde clos, dans lequel la naïveté et l’ignorance du monde favorisent les rêves, en même temps qu’elles tendent à les rendre caduques. Pourtant, Sébastien sent déjà que sa vie ne se passera pas ici, pas dans le même monde que ses parents. Aujourd’hui, Sébastien est devenu adulte, parent. En plus d’être professeur d’arts plastiques, il est également auteur de bande dessinée. Il se rend à New York pour la promotion de son dernier livre. Soudainement, Sébastien croit apercevoir son double, enfant, en plein New York. Une illusion saisissante… Revenu sur les terres de son enfance rendre visite à ses parents, l’adulte entame un dialogue avec ce petit garçon plein d’ambitions qu’il a été. Explorant ensemble les terrains en jachère et maisonnettes en ruine de son passé, Sébastien éclaire d’une lumière nouvelle cette enfance disparue. D’abord tenté par une forme de nostalgie, Sébastien adulte va progressivement transformer son regard sur cet environnement familier, jusqu’à considérer que l’enfance vécue ici était privilégiée, sans doute même favorisée, à rebours des clichés sur la vie en milieu rural.

Editeur: La Boite à Bulles

Auteurs: Sébastien Samson

Nombre de pages / Prix: 144 pages / 24 euros

Astuces et maléfices dans un Cendrillon truculent sur la scène du Lucernaire

2 comédiens et 2 comédiennes réinventent le conte de Charles Perrault sur la scène du Lucernaire dans la mise en scène complètement folle de Rebecca Stella remplie de références aux mangas qui raviront les parents. Les grands ingrédients du conte sont bien là, la chaussure de vair, les 2 filles pimbèches de la Marâtre (transformée ici en Maléfique échappée d’un autre conte de Perrault, La Belle aux bois dormants) mais tout est mâtiné d’une vraie folie douce. Les interprètes multiplient les rôles et tout le monde est convaincu par cette réinvention pleine de folie.

Une Cendrillon prise dans un tourbillon

La pièce est une revisite du conte sans être pour autant une copie de la version la plus connue, celle de Disney évidemment. La souillon Cendrillon passe plus de temps avec son paternel, la belle-mère est plus une ombre au poids omniprésent et le prince prend plus de place avec son fidèle majordome. Tous deux devisent, brettent et tentent de faire échapper le prince au chemin tout tracé du mariage sans amour. Les aventures de succèdent dans une farandole de références diverses que les parents s’amusent à compter. Les enfants quant à eux sont emportés dans un festival d’humour et de féérie. La palme revient à ce comédien transformé en une des deux filles de la Marâtre/Maléfique, certains ne s’en sont pas encore remis et en parlent plusieurs heures après la fin du spectacle. Cendrillon échappe à son destin peu ragoutant par l’entremise ici non pas d’une Marraine magicienne mais de l’esprit d’une mère défunte l’entourant de ses prévenances (les versions sut ce point sont nombreuses et divergentes). L’heure de spectacle est ponctuée de chansons douces fredonnées par le prince et/ou Cendrillon, ces 2 là sont faits pour s’aimer, les enfants sont contents et les parents attendris.

Ce moment de théâtre jeunesse est un vrai triomphe public, la salle était pleine et les enfants ne se faisaient pas priés pour se faire prendre en photo à l’issue du spectacle. Bravo à tous, c’est une réussite totale.

Synopsis:

UN CONTE MILLÉNAIRE FAÇON MANGA

À partir de 5 ans.

Dans une pauvre chaumière, un artisan vit seul avec sa fille. Il tombe amoureux d’une veuve qui l’emmène loin de chez lui. Cendrillon doit cohabiter avec ses deux méchantes filles qui la persécutent.
Au château, un bal est organisé pour que le prince choisisse sa future femme. Bien que découragée par ses demi-soeurs, Cendrillon, avec la complicité de sa mère réincarnée, s’y rendra. Alors qu’elle danse avec un inconnu, minuit sonne.
En fuyant elle laisse tomber une pantoufle. Le prince recherche alors dans tout son Royaume la jeune fille à qui ira la pantoufle de verre.
Malgré les embûches, rien n’empêchera ces deux âmes de s’aimer.

Entre tradition et modernité, Cendrillon se chausse de l’univers manga pour raconter sa véritable histoire.

Détails

Mercredi et samedi 15h | Dimanche 11h

6 décembre24 mars 2024

L’affaire Jeanne d’Arc un documentaire historique à découvrir le 19 décembre 2023 sur France 2 /  sortie en DVD le 2 janvier

Diffusion le mardi 19 décembre à 21.10 sur France 2
À voir et à revoir sur france.tv

Diffusé le mardi 19 décembre à 21h10 sur France 2, L’affaire Jeanne d’Arc est un programme entièrement réalisé en animation 3D. Le film raconte des évènements qui se sont déroulés 25 ans après la mort de Jeanne d’Arc sur le bûcher pour préparer un procès en réhabilitation près à s’ouvrir. Le film tente de dévoiler la nature profonde de celle que l’on appelait la Pucelle et qui a œuvré pour libérer le royaume de France de l’emprise anglaise. Sont aussi dévoilées les méandres d’une histoire remplie de mystères.

Une œuvre historique

L’affaire Jeanne d’Arc tente de montrer qui était celle qui a sauvé le royaume de France ravagé par une interminable guerre. De son apparition pour chercher l’adhésion de premières troupes jusqu’à l’abandon final débouchant sur le bucher à Rouen. Réalisé en animation 3D, le film fait plonger les spectateurs au cœur d’une enquête riche en détails mal connus. Le récit se situe ouvertement entre l’Histoire et la légende pour raconter l’histoire de Jeanne d’Arc, jeune fille de 17 ans se réclamant envoyée de Dieu pour sauver le royaume de France alors plongé dans les heures les plus noires de la Guerre de Cent ans. Le docu-fiction se veut plus une enquête qu’un biopic pour une évocation d’une histoire unique dans l’histoire de France. 25 ans après sa mort sur le bûcher, le procès en réhabilitation est l’occasion d’une évocation menée par 2 frères qui se comportent en véritables détectives. C’est le Grand Inquisiteur de France, Jean Bréhal, qui reconstitue le puzzle de la courte vie mais intense de Jeanne, avec une accumulation de témoignages de ses compagnons d’armes et de ses juges. L’enquête part du village natal de Domrémy jusqu’à Rouen, avec les étapes obligatoires à Orléans et à Reims, entre références religieuses et arguments politiques. L’Affaire Jeanne d’Arc souligne le tragique de la situation et détricote le mythe pour un portrait des plus intéressants. Faire plonger les spectateurs dans l’année 1456 ne manque pas de piquant.

Le réalisateur/auteur Antoine de Meaux et le coréalisateur Sarry Long signent un film hybride entre fiction en animation 3D avec des séquences quasi-documentaires en images réelles et en Motion Design 3D (Dépositions des témoins, cartographies, géographie des batailles, périple de Jeanne, etc.). Le film est d’un grand intérêt et à découvrir au plus vite.

Synopsis: 1456. Vingt-cinq ans après la mort de Jeanne d’Arc sur le bûcher, un procès en réhabilitation est ouvert. En véritable détective, l’inquisiteur Jean Bréhal, à la tête de la justice de l’Église de France, va reconstituer le puzzle de la courte vie de Jeanne, en partant à la recherche des témoignages de ses amis d’enfance, de ses compagnons d’armes et de ses juges. Une enquête haletante, de Domrémy à Rouen, en passant par Orléans et Reims, entre intrigue religieuse et manipulation politique : L’Affaire Jeanne d’Arc dénoue les fils d’une épopée tragique, et dessine, derrière le mythe, le portrait d’une jeune femme à l’incroyable destin.

Les Orfèvres du vin proposent un Pouilly-Fuissé Vieilles Vignes 2021 à ne pas manquer (prix direct cave: 21,90 euros)

Les Orfèvres du Vin dévoilent leur cuvée Pouilly-Fuissé Vieilles Vignes 2021 pour une belle confirmation. Cette appellation Pouilly-Fuissé est rien de moins que le fleuron de leur gamme Prestige dans la droite ligne de la tradition de la maison et composée de raisins issus de leurs meilleurs coteaux mondialement connus de Fuissé et Solutré. La Maître de Chais Amélie Thomas prodigue des soins particulièrement attentifs pour en faire sortir le meilleur.

Un vin blanc parfait pour les festivités qui s’annoncent

Ce Millésime 2021 arbore à l’œil une belle robe brillante couleur or dorée intense. Au nez, le vin est frais et très aromatique, il fait ressortir des arômes de fruits mûrs tels que la poire mêlée à des notes de miel. En bouche, l’expressivité est évidente avec de la tension. Elle est riche et volumineuse, sur des notes légèrement caramélisées. Sa fraîcheur et son amplitude font de cette cuvée un vin harmonieux avec un final rond et minéral. Le vin se déguste idéalement avec un poulet de Bresse à la crème, des noix de Saint-Jacques au piment d’Espelette ou une blanquette de veau à l’ancienne. Le vin peut se garder de 5 à 8 ans pour sublimer le Chardonnay et profiter au maximum des arômes de cette très belle cuvée.

Publireportage: Fondée en 1929, la cave regroupe l’équivalent d’un gros Domaine avec 60 adhérents. Les Orfèvres du Vin sont devenus au fil des années des artistes autant que des artisans. Car c’est réellement tout un art de développer une telle palette de 15 appellations de qualité constante, sur 120 hectares, cultivés et soignés dans la plus pure tradition vigneronne. Et il faut tout le talent et tout le savoir-faire d’artisans passionnés par leur métier et amoureux du Mâconnais pour élever années après années des vins blancs et rouges qui se distinguent régulièrement dans les concours régionaux et nationaux. Situés aux portes du Mâconnais, les Orfèvres du Vin sont depuis toujours attachés à donner leurs plus belles lettres de noblesse aux cépages phares de la région : l’Aligoté bien sûr, mais aussi l’inimitable Chardonnay ainsi que le Gamay et le Pinot noir. Pour vos destinations de loisirs et de week-end, le chai est situé idéalement dans un écrin de verdure au départ de la Voie verte Mâcon-Cluny, face à la Roche de Solutré. Le circuit du Val Lamartinien, ou encore le circuit des églises romanes, achèveront de vous dépayser dans un cadre touristique et culturel authentique et varié.

I need to live, une exposition de Juergen Teller à découvrir au Grand Palais Ephémère

Juergen Teller est considéré comme l’icône d’un groupe très restreint de photographes reconnus internationalement, très connus dans le monde de la photographie commerciale et de l’art contemporain. Il réalise pour ses portraits francs de célébrités, ses éditoriaux de mode provocateurs et ses campagnes emblématiques pour divers créateurs. Sa notoriété en tant que photographe à Londres a commencé à émerger au début des années 1990 où Teller a produit d’importantes séries d’œuvres personnelles dans lesquelles il s’interroge lui-même, sa famille, ses racines et son identité. Au cours des années récentes, Teller a travaillé avec son épouse Dovile Drizyte sur des projets communs qui mettent en avant leur relation, leur mariage et leur rôle de parents. Avec des personnages mélangeant sérieux et intimité, avec beaucoup d’humour et des mises en scènes au style grotesque, Juergen interpelle. Le titre de l’exposition, I need to live rappelle des faits marquants de la propre existence de Juergen, avec parfois un sens aigu de la tragédie. Le style est direct et réaliste, comme souvent dans son œuvre. A l’aide de ses images, l’artiste célèbre la valeur de la vie tout en soulignant la fragilité de l’existence humaine. L’exposition se veut spectaculaire et c’est la plus importante de l’artiste à ce jour. Elle présente des œuvres personnelles et commandées, des images instantanément reconnaissables, de nouvelles séries de photographies et des vidéos et des installations. La scénographie de l’exposition a été créée par 6a architects, ils ont déjà construit le studio de photographie londonien de l’artiste, achevé en 2016.

Juergen Teller est l’auteur de plus de quarante livres d’artistes, réalisés en collaboration avec Gerhard Steidl de la maison d’édition Steidl Verlag, Göttingen, au cours de ces vingt dernières années. Une large sélection de ces livres sera présentée à l’occasion de l’exposition, aux côtés d’autres publications, de magazines et supports imprimés, révélant le contexte culturel dans lequel s’inscrit le travail de Juergen Teller.
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Jeux d’enfance, un magnifique album pop-up de Gérard Lo Monaco

Jeux d’enfance, un magnifique album pop-up de Gérard Lo Monaco

Gérard Lo Monaco est auteur, illustrateur, ingénieur papier, directeur artistique et scénographe. Un très grand artiste, connu au niveau international. Il sera présent le dimanche 17 décembre pour une séance spéciale dédicace, de 11h à 13h, à la librairie Libellule et Coccinelle, 2 rue Turgot, 75009 Paris.


Gérard Lo Monaco a toujours été fasciné par les jouets et les marionnettes de Ladislav Sutnar (artiste créateur Tchèque des jouets modernistes). Il a eu le projet de les faire vivre sous la forme de pop-up, en les réalisant avec « la technique du pochoir, pour exprimer la vibration des contours de leurs formes abstraites et l’emploi des couleurs primaires. ».

Ce très bel album, à la couverture cartonnée, ressemble à une œuvre d’art. Chaque double page, de très belle qualité, se découvre comme on admire une œuvre au musée ! Un travail exceptionnel !

Les jouets, objets, prennent vie à chaque page en créant la surprise. Que ce soit une marionnette (1924), un cheval de bois (1923), La ville usine (1927), le lion (1930), et bien d’autres encore, tous vibrent de vie. Le jeune lecteur découvre la magie du pliage et du trompe l’œil ! Très joliment colorés de couleurs primaires.

Voilà ce que dit l’auteur, Gérard Lo Monaco, à propos de son album :

« Le pop-up est un art du raccourci, de l’ellipse, un monde caché entre deux pages que l’on fait éclore en ouvrant, et que l’on découvre avec des yeux d’enfants.

Il y a un côté archaïque, un peu magique, dans cet art, où les scènes semblent disparaître dans les plis de la page. Un message envoyé à tous de surprises et de poésie. »

Jeux d’enfance est notre coup de cœur d’album pop-up ! A offrir au plus grand nombre !

Plusieurs rendez-vous, à ne pas manquer, sont organisés à l’occasion de sa sortie, pour une rencontre avec l’auteur, Gérard Lo Monaco :
05 Octobre: Dédicace chez Hermès, Librairie Chaine d’encre à 17h
Adresse: 17 Rue de Sèvres, 75006 Paris
Exposition Centre Tchèque Paris du 7 au 22 Octobre
Adresse: 18 Rue Bonaparte, 75006 Paris
07 Octobre: Dédicace au Centre Tchèque à 16h
11 Octobre: Conférence et dédicace à la Médiathèque Françoise Sagan à 18h Adresse: 8 Rue Léon Schwartzenberg, 75010 Paris
12 Octobre: Conférence et dédicace au Musée des Arts Décoratifs à 18h30 Adresse: 107 Rue de Rivoli, 75001 Paris
21 Octobre: Dédicace au Musée D’Art Moderne à 15h
Atelier pop-up au Musée D’Art Moderne à 11h
Adresse: 11, Avenue du Président Wilson, 75016 Paris

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Octobre 2023
Auteur, créateur : Gérard Lo Monaco
Conception graphique : Gérard Lo Monaco et Marina Cedro
Editeur : Editions Lo Monaco
Prix : 29€

Le gentleman cambrioleur est de retour dans la pièce Arsène Lupin au Lucernaire

Le Lucernaire choisit un retour aux sources avec un Arsène Lupin multipliant les références à la série originale de 1971. Chanson fredonnée par Jacques Dutronc, style suranné, humour pince sans rires, le charismatique Grégoire Baujat marche dans les pas de l’interprète original Georges Descrières. Entouré d’excellents autres comédiens et comédiennes, il mène la danse pour une intrigue qui met surtout en avant un humour certes désuet mais au charme toujours fou.

Un héros de notre enfance

Nombreux sont ceux à avoir passé de longues après-midis devant la télé pour admirer les aventures rocambolesques du plus grand des voleurs. Devenu une série Netflix nettement moins charmante, le héros créé par Maurice Leblanc garde une vraie cote d’amour auprès du public. Bonnes manières, langage châtié, toujours plus fort que l’ignoble commissaire Guerchard, il sort toujours un dernier tour de passe-passe de son sac pour remporter la partie. Il est ici un faux duc de Charmarace décidé à subtiliser le diadème de la princesse de Lamballe. La mise en scène sautillante de Delphine Piard laisse toute la place à la petite troupe. Clins d’œil au public, intermèdes musicaux avec comédiennes se pâmant devant le gentleman s’emparant de vos valeurs sans arme ni violence. Le moment de théâtre est aussi agréable que divertissant, les effets de manche fonctionnent à plein devant un public ravi du spectacle.

1h20 de plaisir passe en un souffle pour cet Arsène Lupin plein de charme et de décontraction, à découvrir au Lucernaire jusqu’au 28 janvier 2024.

Synopsis:

C’EST LE PLUS GRAND DES VOLEURS !

1908. Nous sommes au château des Gournay-Martin à 3 heures de Paris. On rédige les faire-part du mariage de Germaine Gournay-Martin avec le Duc de Charmarace. La domestique prépare le thé, le Duc revient de sa promenade à cheval. C’est alors que l’arrivée d’une lettre à l’attention de M. Gournay-Martin va tout faire basculer.
« Monsieur, j’attire votre attention sur le diadème de la Princesse de Lamballe. J’ai la ferme intention de m’approprier ce joyau et me rendrai dès demain dans votre office parisien, où vous l’exposez et où vous entassez toutes vos œuvres, pour une respectueuse perquisition. » Arsène Lupin

Entre malice et espièglerie, le Lupinisme est au rendez-vous !

Détails

8 novembre au 28 janvier 2024

Mardi < Samedi 20h | Dimanche 17h

Dégustation du surprenant champagne Billecart-Salmon, cuvée Brut sous Bois 

La maison de champagne Billecart-Salmon nous a adressé un échantillon unique pour une dégustation à ne pas manquer. La cuvée Brut sous bois est typique du savoir faire ancestral de la maison et surtout unique, entièrement vinifiée sous bois, à la manière des champagnes originels. Le champagne est composé des 3 cépages champenois pour un résultat inoubliable, à déguster avec modération.

Un champagne des origines

La cuvée Brut sous Bois est élaborée avec des proportions égales entre les 3 cépages champenois, Chardonnay Premiers et Grands Crus de la Côte des Blancs, Pinot Noir Premiers et Grands Crus de la Montagne de Reims, Aÿ, Mareuil-sur-Aÿ, et Meunier de la Vallée de la Marne (rive droite). A l’œil, le champagne arbore une robe cristalline et rayonnante d’un jaune or aux reflets brillants, animée de fines bulles étincelantes et régulières. Au nez, l’impact olfactif d’une richesse d’expressions harmonieuses (fruits secs, agrumes frais et fruits blancs) associée aux notes séduisantes finement beurrées. En bouche, un éclat de saveurs (notes grillées de petits pains au lait, toffee), propice à l’épanouissement des grands vins de Champagne. Le champagne dévoile une force de caractère marquante à découvrir pour accompagner des viandes blanches ou une poêlée de girolles. Le champagne est à servir à une température de service de 10 degrés comme le recommande Florent Nys, œnologue et chef de cave de la Maison Billecart-Salmon. Le champagne est disponible sur le site champagne-billecart.fr au prix de vente conseillé de 74.80€ TTC, le reflet d’une vraie cuvée d’exception!

Publireportage:

Le champagne de la Maison repose, avant tout, sur le savoir-faire unique de ses hommes qui choient avec rigueur un domaine de 100 hectares et s’approvisionnent sur une superficie totale de 300 hectares en raisins dans 40 crus de la Champagne. La plupart des raisins utilisés pour la vinification proviennent d’un rayon de 20 km autour d’Epernay, là où coexistent les grands crus de Pinot Noir, de Chardonnay et de Meunier dans les terres de la Montagne de Reims, de la Côte des Blancs et de la Vallée de la Marne. Tout a commencé ici en 1818, lorsque Nicolas François Billecart et Elisabeth Salmon s’unirent pour donner naissance à leur Maison de Champagne. Une histoire de famille puisque Louis Salmon, frère d’Elisabeth et passionné d’œnologie, était impliqué dans l’élaboration des vins. Ainsi, depuis 7 générations, chacun des membres de la famille s’attache à perpétuer la tradition familiale en restant fidèle à un serment immuable : « privilégier la qualité, viser l’excellence ».

La comédie Française se produit bientôt au Théâtre des Champs Elysées avec Le malade imaginaire

Comme chacun le sait, Le Malade Imaginaire fut la dernière œuvre dramatique écrite par Molière avant son décès en 1673 en plein milieu de la représentation sur la scène du Palais-Royal à Paris. Cette comédie-ballet en prose se compose de 3 actes où un riche notable exaspère tout du long son entourage à force d’hypochondrie à tout bout de champ.

Un classique de Molière

Ce fut lors de la 4e représentation que Molière devint réellement malade et cacha sa douleur très réelle tout en interprétant Argan. Et s’il mourra en fait chez lui quelques heures plus tard, la légende veut qu’il succomba sur les planches. Le Malade imaginaire est devenu plus que la 31e pièce de Molière, un véritable testament mettant en avant la filouterie de supposés sachants se jouant surtout de la crédulité des gens. Le Théâtre des Champs-Elysées est mis à disposition des comédiens du Français dans cette production créée il y a plus de 20 ans par Claude Stratz. La composition musicale originale de Marc-Olivier Dupin est reprise et c’est une nouvelle génération de comédiens qui interprète les rôles, avec notamment Guillaume Gallienne dans le rôle-titre déjà repris en 2019. Il y insuffle une incroyable tendresse. pour un pur moment de poésie et une grande leçon de théâtre à déguster en famille. La pièce est une production Comédie-Française en collaboration avec le Théâtre des Champs-Elysées. La pièce a été créée avec le soutien d’Aline Foriel-Destezet, Grand Mécène de la saison artistique du Théâtre des Champs-Elysées et de la Comédie-Française

Détails:

Claude Stratz | mise en scène (création 2001)
Ezio Toffolutti | scénographie et costumes
Jean-Philippe Roy | lumières
Marc-Olivier Dupin | musique originale
Sophie Mayer | travail chorégraphique
Kuno Schlegelmilch | maquillages, perruques et prothèses

Avec la troupe de la Comédie-Française
Alain Lenglet | Béralde
Coraly Zahonero | Béline
Denis Podalydès (en alternance) | Monsieur Diafoirus / Monsieur Purgon
Guillaume Gallienne | Argan
Julie Sicard | Toinette
Christian Hecq (en alternance) | Monsieur Diafoirus / Monsieur Purgon
Christophe Montenez | Cléante 
Elissa Alloula | Angélique
Clément Bresson | Thomas Diafoirus / Monsieur Bonnefoy / Monsieur Fleurant

Mathilde Clément, Elisa Cronopol, Eléonore Gattuso, Alice Javary (en alternance) | Louison

Elodie Fonnard | soprano
Jérôme Billy | ténor
Jean-Jacques L’Anthoën | baryton-basse
Jorris Sauquet | clavecin
Marion Martineau | viole de gambe

Dates:

  1. JEUDI 21 décembre 19H30
  2. VENDREDI 22 décembre 19H30
  3. SAMEDI 23 décembre 19H30
  4. DIMANCHE 24 décembre 15H00
  5. MARDI 26 décembre 19H30
  6. MERCREDI 27 décembre 19H30
  7. JEUDI 28 décembre 19H30
  8. VENDREDI 29 décembre 19H30
  9. SAMEDI 30 décembre 19H30
  10. DIMANCHE 31 décembre 19H30
  11. MARDI 2 janvier 19H30
  12. MERCREDI 3 janvier 19H30
  13. JEUDI 4 janvier 19H30
  14. VENDREDI 5 janvier 19H30
  15. SAMEDI 6 janvier 19H30
  16. DIMANCHE 7 janvier 17H00

Réservation:

Théâtre des Champs Elysées

Sombreterre, un roman surprenant (Flammarion jeunesse)

Sombreterre, un roman surprenant (Flammarion jeunesse)

Cassandra O’Donnell nous entraine dans le monde de Sombreterre, à la fois fascinant et inquiétant !

Vous avez entre 9 et 12 ans, ou même plus, et vous aimez les récits fantastiques ? Alors, ce roman est fait pour vous !

Dès les premières pages, le lecteur est comme captivé, voire même envouté ! Il se met dans la peau de Victor et ne comprend plus ce qui lui arrive.

Depuis l’arrivée de la nouvelle élève, dans sa classe, Alina, plus rien ne se passe normalement. Déjà avant, Victor ressentait des trucs très bizarres, mais depuis qu’il est ami avec Alina, une fille vraiment pas comme les autres, il ressent des trucs encore plus dingues !

Mais qui est Alina ?

Que veut-elle à Victor ? On dirait qu’elle a de drôles de pouvoirs.

Elle dit qu’elle a une mission à remplir sur Terre et qu’elle vient d’un autre monde : Sombreterre. Mais c’est quoi, ça ?

Victor ne comprend plus rien. Il est perdu entre tout ce qu’il ressent et les monstres qui envahissent sa vie et celle d’Alina. Il se sent en danger en permanence. Et surtout il est le seul à sentir ces envahisseurs. N’est-il pas normal ? Un simple humain ? Comme son copain Lucas ?
Que va-t-il devenir ? Va-t-il suivre Alina, comme elle le lui ordonne ?
Tout le mystère reste entier !

Sombreterre, un récit surprenant et absolument passionnant ! Mais il ne faut pas avoir peur des monstres et de tout cet univers de « fantasy » assez dingue !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Novembre 2023
Auteur : Cassandra O’Donnell
Illustrateur : Donatien Mary
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 16,90 €

Là où tout commence, Les premiers 1000 jours (Le Cherche Midi)

Là où tout commence, Les premiers 1000 jours (Le Cherche Midi)

Là où tout commence, Les premiers 1000 jours est une œuvre collective réalisée par des spécialistes de la petite enfance :
Nathalie Casso-Vicarini est éducatrice de jeunes enfants
Boris Cyrulnik, neuropsychiatre
Isabelle Filliozat, psychothérapeute
Antoine Guedeney, pédopsychiatre.

Tous ont participé à l’élaboration du livre, Là où tout commence, Les premiers 1000 jours, inspiré de l’excellent documentaire, Les premiers 1000 jours, vu dernièrement sur France Télévision.

Ils s’intéressent plus particulièrement à la mère, à sa grossesse jusqu’aux deux ans du bébé.

On va suivre six bébés à travers leur développement.
On se rend compte comme la notion d’attachement est fondamentale pour le bien-être et le bon développement du tout-petit. Le livre raconte des anecdotes qui se sont passées dans une maison des 1000 premiers jours où les parents viennent avec leur bébé pour échanger avec d’autres familles et des spécialistes.

Boris Cyrulnik dit qu’il faut tout un village pour élever un bébé. Si les dépressions post-partum augmentent autant, dans les pays industrialisés, c’est sans nul doute dû à l’extrême solitude des mères après la naissance.

Le livre est très intéressant car il s’appuie sur des situations vécues. Mais aucune situation n’est irréversible. On va tout faire pour rendre l’environnement du bébé le plus « sécure » possible de façon à ce que le bébé puisse développer cette notion fondamentale d’attachement. Le bébé a avant tout besoin d’être en lien, d’être attaché. Besoin d’amour. De câlins.

Les notions scientifiques importantes sont expliquées en caractère gras et restent à la portée de tous. Ce livre va être d’une grande aide aux parents, et aux familles au sens large. Car une naissance est toujours un tsunami dans une famille !

Si les effets indésirables sur le développement de l’enfant sont bien décrits, tous sont réversibles. La notion de résilience y est grandement développée. Les capacités d’adaptation du tout-petit sont infinies ! 1000 jours sont nécessaires pour faire la fondation de la construction de l’enfant. Les 1000 premiers jours ! Pour une fondation solide !

Là où tout commence, Les premiers 1000 jours, un livre qui raconte le vécu des bébés et s’intéresse au développement du tout-petit. Il faut faire en sorte que tout se passe pour le mieux pour l’enfant et sa famille ! Il faudrait que les maisons des 1000 premiers jours se multiplient à travers la France ! Ce serait juste parfait !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Novembre 2023
Auteur : Nathalie Casso-Vicarini, Boris Cyrulnik, Isabelle Filliozat, Antoine Guedeney
Editeur : Le Cherche Midi
Prix : 23,50 €

Un seul en scène puissant au Théâtre du Gymnase avec l’adaptation de L’enfer

Le comédien, auteur et metteur en scène Jacques Elkoubi porte à lui tout-seul la pièce proposée au Théâtre du Gymnase Marie Bell. Plus qu’une occasion pour venir admirer son adaptation de L’enfer, écrit par Henri Barbusse en 1908. Le récit en rappelle un autre, celui de La Chute d’Albert Camus avec un même monologue passionnant plongeant au plus profond de la psyché humaine. Un quidam espionne la chambre voisine de la sienne et extrapole sur sa solitude et la vanité de la société humaine. Entre passages érotiques et digressions philosophiques, le personnage interroge sur le statut d’humanité dans une société foncièrement matérialiste et désireuse de faire oublier l’humain en chacun de nous. La pièce est à découvrir une dernière fois, le lundi 18 décembre à 19h30.

Un beau moment de théâtre introspectif

Un jeune trentenaire jamais nommé débarque de sa province pour travailler à Paris dans une banque. Logé dans une pension de famille et dénué autant d’amis que de famille, le personnage semble fuir toute compagnie humaine inutile. En l’absence de loisirs et d’attache, son attention est attirée vers une fissure dans le mur mitoyen d’une autre chambre où se déroule un petit théâtre de la vie. Les couples s’y suivent, dévoilant sans le savoir leur intimité à un spectateur secret. Le personnage observe une servante, 2 jeunes amants qui ne cessent de s’ébattre, un couple adultère et même un accouchement. Les pensées se bousculent pour un tour d’horizon désenchanté de l’humanité. Lui si seul, le personnage se rend compte bien malgré lui qu’il n’y a d’enfer que dans la fureur de vivre. Le comédien déroule parfaitement la pelote d’un soliloque passant de l’érotisme à la recherche du sens de la vie jusqu’au mystère de la mort. L’élocution est parfaite, le rythme varie pour accentuer les moments clés et faire découvrir un auteur guère plus étudié, à tort.

Le jeu de lumière figure le passage des jours où le personnage ne cesse de partager ses pensées, pour le plus grand bonheur de spectateurs subjugués.

Synopsis: Dans sa chambre d’hôtel, un homme découvre un trou dans la cloison qui lui permet de tout entendre et de tout voir. Presque tout… Il observe plusieurs formes de sexualité, et d’amour. La naissance et la mort. De la solitude aussi. Cet être capture des étincelles de vies et des secrets. Il va être transformé et grandir en humanité. Né en 1873, Henri Barbusse est célèbre pour avoir écrit Le Feu – prix Goncourt 1916 – le récit de sa guerre dans les tranchées ; un chef d’œuvre de la littérature de guerre. En 1908, avec la parution de L’Enfer, l’écrivain conquiert la notoriété, soutenu par la critique littéraire. « Voilà enfin le livre d’un homme » telle est l’opinion d’Anatole France.
Pour Sartre, l’Enfer c’est les autres. Pour Barbusse, l’Enfer est en soi. Son roman fait sensation ; confession d’un voyeur, ou plutôt, d’un voyant. Il meurt en 1935. Par des funérailles grandioses, le peuple de Paris le salue. Henri Barbusse est un écrivain dont le nom est connu de beaucoup. Mais aujourd’hui, qui connaît son écriture ? Cette adaptation de son roman L’Enfer permettra de le redécouvrir.

Détails

Durée : 80 minutes soit 01h20

Lieu:
Théâtre du Gymnase Marie-Bell
Studio Marie Bell au Théâtre du Petit Gymnase

Auteur : Jacques Elkoubi
Artiste : Jacques Elkoubi
Metteur en scène : Jacques Elkoubi

Un régal pour toute la famille avec Mon premier Casse-Noisette au Théâtre Mogador jusqu’au 25 février 2024 pour 42 représentations exceptionnelles

Le Théâtre Mogador propose une version parfaite du ballet féérique Casse-Noisette pour les enfants. Le ballet-féerie dont la musique est composée par Piotr Ilitch Tchaïkovski s’organise initialement en 2 actes, soit 3 tableaux et 15 scènes pour plus de 2 heures de spectacle. Mon premier Casse-Noisette est une 2e tentative réussie d’adapter un classique pour les plus jeunes après Mon premier Lac des Cygnes vu fin 2022 dans le même Théâtre Mogador, ici avec une durée entracte comprise de 1h40. L’intrigue resserrée conserve les morceaux de musique les plus populaires (Valse des fleurs, Pas de deux…), les enfants adorent et parviennent à rester concentrés tout du long devant des prestations dansées éblouissantes, avec notamment le danseur étoile français Karl Paquette de l’Opéra de Paris en prince charmant.

Un ballet de Noël à destination des tous petits et de leurs parents

Le ballet Casse-Noisette est l’adaptation de la version d’Alexandre Dumas du conte allemand Casse-Noisette et le Roi des souris d’Ernst Theodor Amadeus Hoffmann publié en 1816. L’intrigue est légendaire, devenue un classique des spectacles de Noël. Le soir du réveillon de Noël, la jeune Clara reçoit de son oncle un casse-noisette. Pendant la nuit, une merveilleuse féerie commence : dans le salon, les jouets s’animent et le casse-noisette se transforme en prince. La magie est au rendez-vous de ce spectacle de danse rythmé par une musique éternelle. Si Mon Premier Lac des Cygnes a été un véritable triomphe public avec plus de 100 000 spectateurs, le Théâtre Mogador tente de réitérer ce grand succès avec Mon Premier Casse-Noisette, le célèbre conte musical de Tchaïkovsky, revu dans sa longueur (2×40 mn) et avec son format narratif adapté pour le jeune public. Conçu et interprété par Karl Paquette, avec une vraie troupe de danseurs professionnels, le ballet fait rêver le jeune public avec ses décors, ses costumes et une chorégraphie de la plus grande qualité élaborée par Fabrice Bourgeois, maître de ballet à l’Opéra de Paris. La petite Clara voit son Noël sauvé par un Casse-Noisette qui l’entraîne dans un voyage féerique où, dans un royaume peuplé de poupées, il faut combattre le diabolique Roi des souris, les petits trépignent, les morceaux comiques agrémentent le spectacle, pour donner du rire et de l’émotion dans un moment inoubliable de ballet.

Mon Premier Casse-Noisette est un pur moment de poésie et de grâce à partager en famille à voir au Théâtre Mogador jusqu’au dimanche 25 février 2024.

Détails

Samedi et dimanche à 11h

Horaires vacances à 11h ou 14h30 tous les jours

[BD] Inexistences : l’oeuvre inclassable et démesurée de Christophe Bec (Soleil)

[BD] Inexistences : l’oeuvre inclassable et démesurée de Christophe Bec (Soleil)

Voici un album impressionnant, presqu’intimidant lorsqu’on le prend en main. Inexistences est un projet mené de très longue date par l’auteur prolifique Christophe Bec, en tant qu’auteur complet s’il vous plaît. Le scénario offert par Inexistences sonne comme un classique de la S.-F., où dans un environnement post-apocalyptique, l’humanité a perdu la mémoire et erre à travers les vestiges d’un passé qui semble définitivement perdu, tout comme les découvertes et avancées technologiques et scientifiques de ce temps révolu.

Mais une légende raconte qu’un enfant bleu, quelque part au milieu des montagnes, détient la clé de ce passé : la mémoire de l’humanité. Un certain Sol, sniper comme son père avant lui, part alors à sa recherche.

Un récit très ancré dans le genre de prédilection de Christophe Bec, qui est toutefois proposé à travers un médium particulièrement original. Car l’album alterne des passages de pure BD, à des passages écrits à la manière d’un roman, mais également ponctués par de magnifiques doubles pages où le graphisme s’exprime dans son entier. Un trait sombre qui explore les profondeurs abyssales de ce qui reste de l’humanité dans un décor vertigineusement froid et glacial. Un dessin aux cadrages audacieux, qui nous en mettent plein la vue. 

Inexistences est aussi démesuré qu’inclassable. Une expérience à faire dans les meilleures conditions grâce à une édition grand format exceptionnelle. Ne passez pas à côté !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Un beau livre exceptionnel et prestigieux. Un récit post- apocalyptique sombre et fascinant, mêlant bande dessinée et spectaculaires illustrations, écrit et dessiné par Christophe Bec.
Dans les montagnes perdues, tout n’est que désolation. Les survivants errent dans un paysage désolé où ne subsistent que des ruines prises dans les glaces. De grands cataclysmes ont soumis la planète à d’interminables hivers. Il existerait pourtant un sanctuaire où vivrait un enfant bleu, qui aurait conservé la mémoire des temps anciens. Une légende que va tenter de vérifier le sniper nommé Sol.

Date de parution : le 6 décembre 2023
Auteurs
: Christophe Bec (Scénario, dessin)
Genre : S.-F.
Editeur : Soleil
Prix : 29,95 €
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