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Sylvain Creuzevault possédé par les Frères Karamazov

Sylvain Creuzevault possédé par les Frères Karamazov
Les Frères Karamazov © Simon Gosselin

Sylvain Creuzevault possédé par les Frères Karamazov

Les Frères Karamazov est une œuvre monstre.

Sylvain Creuzevault taille dans les 1300 pages les éléments d’une lecture inspirée par Heiner Müller et Jean Genet, selon qui l’ultime roman de Dostoïevski est avant tout « une farce, une bouffonnerie énorme et mesquine ».

Le parti pris farcesque devient ici un manifeste sous le regard percutant de Creuzevault qui s’empare avec l’exigence foutraque qu’on lui connait, du roman russe, où il traque, sans relâche, le mouvement paradoxal d’une écriture qui ne cesse de se retourner (le rationnel devient fou, le croyant quitte le monastère…) où s’abolissent les frontières entre l’innocence et la culpabilité, la pureté et la perversité, la foi et l’impiété, la liberté et la servitude.

Ainsi, après avoir annoncé le roman de formation d’un jeune saint en devenir, voilà que le narrateur se met à raconter l’histoire d’un crime impossible. Lequel de ses fils a tué l’ignoble Fiodor Karamazov ? Dimitri le sensuel, rival de son père en amour, semble le coupable idéal.

Mais si Aliocha, fortement attiré par Dieu, est vertueux, naïf, il pourrait bien avoir joué un rôle dans l’affaire, ne serait-ce qu’en ne voyant rien venir. Enfin Ivan, l’intellectuel brillant mais tourmenté par la question du mal radical, ne l’a-t-il pas souhaité malgré lui ?

Adaptation hors norme

À roman démesuré, adaptation hors norme car elle déborde le cadre narratif et son intrigue pour s’enraciner dans des questions philosophiques et métaphysiques : affrontement abyssal entre le bien et le mal, remise en question de Dieu, de la justice, de la grâce et subtile mécanique du retournement qui confronte les personnages à leurs contradictions existentielles. Où la bouffonnerie de Dostoeïvski peut alors s’exercer sous tous les angles possibles : métaphysique, politique, familial.

Ce sont toutes ces dimensions que Creuzevault explore par tous les bouts et qui met à mal les paradoxes d’un monde hanté par ses démons originels. De ce jeu de pistes aux multiples facettes, le plateau offre un magnifique terrain de jeu où la scène entremêle à l’envi la farce, le drame, la croyance et la défiance, la politique et l’intime.

A l’abri d’un décor clinique (cloisons blanches, portes aveugles, lampes leds, prises de vue au smarthphone retransmises en direct), d’une bande son interprétée en live par deux musiciens (Sylvaine Hélary & Antonin Rayon) où la mise en scène transpose l’œuvre ici et maintenant, la fuite en avant des protagonistes aux destins contrariés et explosés atteint son paroxysme.

Porté par des acteurs exceptionnels d’un naturel confondant (Sylvain Creuzevault, Vladislav Galard, Arthur Igual, Sava Lolov, Frédéric Noaille, Servane Ducorps, Banche Ripoche, Sylvain Sounier, Patrick Pineau), toute la folie dostoïevskienne d’un monde privé de ses pères et de ses repères, se déploie, interroge et résonne avec notre monde contemporain chaotique et confus.

Dates : du 6 au 22 janvier 2023 – Lieu : Odéon- Théâtre de l’Europe (Paris)
Mise en scène : Sylvain Creuzevault

Top expos 2022: l’année Frida Kahlo au Palais Galliera

12 expos vues en 2022, au Musée d’Orsay, au Musée Jacquemard André, au Palais Galliera, au Musée de l’Orangerie, au Musée Marmottan Monet et à l‘Atelier des Lumières. Mention spéciale pour ce dernier où les plus jeunes peuvent se perdre dans la contemplation d’œuvres illustres, comme pour Cézanne et Kandinsky, idéal pour les parents qui peuvent même les perdre dans le noir. Mais 2022 restera fameuse surtout pour l’exposition flamboyante consacrée par le Palais Galliera à Frida Kahlo toujours visible jusqu’au 5 mars 2023. Surtout qu’à la base, je ne suis pas forcément fan. Mais il faut connaître l’histoire et le parcours faits de souffrance et de résilience pour percer le mystère de son œuvre et de sa vie. Une surfemme marquée par un très grave accident à son adolescence, de ceux qui marquent une vie et impriment leur marque sur une destinée. Exposition dense et variée, avec tableaux, vêtements, photos, films et explications fouillées. Avec Rosa Bonheur au Musée d’Orsay, Füssli et Gallen-Kalela au Musée Jacquemart André, Face au soleil au musée Marmottan Monet, l’année expo 2022 fut belle et riche, de quoi donner envie d’y retourner rapidement! Surtout que 2023 s’annonce elle-même très riche, voyez plutôt:

  1. Sayed Haider Raza au Centre Pompidou du 15 février au 15 mai 2023
  2. Matisse. Cahiers d’art, le tournant des années 30 au musée de l’Orangerie du 1 mars au 29 mai 2023
  3. Basquiat & Warhol, à quatre mains à la Fondation Louis Vuitton du 5 avril au 28 août 2023
  4. Célébration Picasso, la collection prend des couleurs ! au Musée national Picasso du 7 mars au 27 août 2023
  5. Avant l’orage à la Bourse du Commerce du 8 février au 11 septembre 2023
  6. Manet / Degas au Musée d’Orsay du 7 mars au 27 août 2023
  7. Léon Monet au musée du Luxembourg du 15 mars au 16 juillet 2023
  8. Senghor et les arts au musée du Quai Branly – Jacques Chirac du 7 février au 19 novembre 2023
  9. Picasso et la préhistoire au musée de l’Homme du 8 février au 12 juin 2023
  10. Germaine Richier au Centre Pompidou du 1er mars au 12 juin 2023

Top Théâtre 2022: la folie douce au pouvoir avec l’Ecume des jours au Lucernaire

Difficile de multiplier les sorties théâtres avec deux petits à l’appartement. Et pourtant, 33 pièces vues, beaucoup avec les petits mais pas que. Le moment de confirmer que l’offre de spectacle pour les petits est pléthorique à Paris, à la Comédie Tour Eiffel, à l’Espace Plaine ou au Lucernaire. Pour les plus grands, Amaury démontre bien la richesse de l’offre théâtre à Paris. J’en rajoute un peu!

Le Lucernaire, une passion de théâtre

L’adaptation du roman de Boris Vian rassemble tout ce qui fait l’intérêt de cette salle nichée à proximité de Montparnasse et du Luxembourg. Des comédiens jeunes et talentueux, des libertés prises avec le texte sans jamais trahir l’esprit, et de la folie douce à tous les étages. Et comme la pièce est visible jusqu’au 12 mars 2023, il ne faut pas hésiter! En 2022, le Lucernaire a aussi proposer Soie, Les Ritals, Boule de suif, Don Juan, le malade imaginaire, Paris la grande, Richard Gotainer fait des phrases, époques différentes mais toujours le même plaisir. En vers, en prose, en chanson, l’effet est garanti. Passage réussi également au Théâtre de la Contrescarpe pour Charles VII et Jacques de Basher, deux belles pépites cachées au centre du quartier Mouffetard. Pas de grande salle parisienne cette année, mais ce n’est que partie remise! J’aurais adoré voir la grande Isabelle Huppert dans la Ménagerie de verre, grand auteur, grande comédienne, regret éternel, il me reste les souvenirs de l’avoir vue dans Un Tramway et Phèdre(s) pour des grands moments d’extase théâtrale, rien que ça.

Côté pièces pour enfants, Jack et le haricot magique au Lucernaire, Bonne nuit Choupinou à la Comédie Tour Eiffel ou Haensel et Gretel à l’Espace Plaine, autant de bons moments partagés en famille pour inoculer le virus du théâtre aux plus jeunes, ça n’a pas de prix!

Mitsu, un jour parfait, un très chouette album jeunesse (Editions MeMo)

Mitsu, un jour parfait, un très chouette album jeunesse (Editions MeMo)

Publik’Art a découvert dans une très jolie petite librairie des Vallées, à Colombes, un album jeunesse des éditions MeMo : Mitsu, un jour parfait. Même s’il n’est pas récent, il mérite d’être découvert et mis à l’honneur !

Mitsu s’est levée de mauvaise humeur. Cela peut arriver à tout le monde !
Rien à faire, Mitsu va mal. Elle n’a envie de rien ! Cela peut arriver à tout le monde ! Et que c’est désagréable d’être dans cet état ! Elle est triste sans savoir pourquoi.

Eliott vient la voir et lui propose de partir à la cueillette de champignons. Mais Mitsu ne veut pas.
C’est au tour de Mia de venir la voir. Elle lui dit de partir à l’aventure.

Alors Mitsu se décide et part à l’aventure ! Elle prévient au passage son ami Oko !

Mais ce n’est pas si facile de partir à l’aventure alors son ami l’écureuil va lui donner de nombreux conseils…

Et est-ce que cela va permettre à Mitsu de retrouver le sourire ? Demain sera-t-il un jour parfait ? L’amitié va sauver Mitsu !

Mitsu, un jour parfait, est un album jeunesse très joliment illustré et très poétique. Il permet d’aborder des thèmes avec le jeune enfant sur ses sensations et ses émotions. Chaque page peut être lu rien qu’avec les yeux ! Du pur bonheur !

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2008
Auteur : Mélanie Rutten
Illustrateur : Mélanie Rutten
Editeur : MeMo
Prix : 16 €

Top Cinéma 2022: l’année Everything, everywhere, all at once

Comme chaque année, le moment est venu de revenir sur les films marquants vus en salle l’année précédente. Avec 94 films vus en 2022, l’année fut prolifique, et un film sort clairement du lot. Parce que j’ai hésité à sortir de la salle au bout de 30 minutes avant de complètement halluciner et finalement avoir envie de venir le revoir, Everything everywhere all at once réalise une vraie prouesse. Celle de perdre complètement l’audience avant de faire voguer les spectateurs dans l’univers passionnant de la pop culture. Pour cette liste annuelle, 18 films sélectionnés, de tous horizons, français, américains, iraniens, européens, des documentaires, des biopics, l’embarras du choix. A vous de nous dire si certains vous ont touchés!

2022, un bon cru

Si EEAAO pourrait bien connaitre un énorme succès aux multiples cérémonies planifiées jusqu’aux oscars 2022, de nombreux documentaires trouvent également leur place dans le classement. Hallelujah sur la célèbre chanson de Leonard Cohen, Rosy sur la capacité de résilience d’une jeune femme atteinte de SEP, Ennio sur l’éblouissante carrière du Maestro Ennio Morricone, même Notre-Dame brûle fait revivre les terrifiants évènements de 2019 sur un mode ultra réaliste qui suscite l’émotion. Reste un peu se veut également à mi-chemin entre la fiction et le documentaire avec un Gad Elmaleh surprenant en mode confession sur ses convictions religieuses. The Chef est une plongée éblouissante dans une soirée de fou avec un chef qui doit faire face à d’inattendues vicissitudes à son restaurant en mode plan séquence. Le biopic Elvis fait revivre la carrière, la vie et surtout la musique du King pour bien montrer aux plus jeunes qu’il n’y a pas que le R’n’B dans la vie. Leila et ses frères démontre que le cinéma iranien est toujours à la pointe avec ses films percutants. Novembre fait plonger dans l’immédiat après 13 novembre sans laisser les spectateurs reprendre leur souffle.

On reviendra bientôt sur les grosses déceptions de 2022, il y en a eu. Mais c’est le moment de prendre des notes pour rattraper les films qui vous auraient échappé en 2022!

1 Everything, everywhere, all at once
2 Hallelujah
3 Reste un peu
4 Rosy
5 The Chef
6 Notre-Dame brûle
7 Elvis
8 Ennio
9 Leila et ses frères
10 Novembre
11 Mes frères et moi
12 The Innocents
13 Simone, le voyage du siècle
14 L’affaire Collini
15 Le rapport Auschwitz
16 Jeunesse en sursis
17 Vortex
18 Maestro(s)

Top 10 Cinéma : le meilleur de l’année 2022

Réussir ou mourir.

Pandémie, l’année d’après. Que dit le Box Office français ? Pas fou. Oui, ça repart car il y a des locomotives US très viriles dont actuellement l’impressionnant phénomène AvatarCameron qui redémarre. Mais décevant tout de même quand on voit que les 10 premières places sont trustées par des suites-reboots-franchises dont aucune n’est française. Pas cocorico. Et pourtant des perles hexagonales, on en a eu comme le meilleur rôle d’Adèle Exarchopoulos dans Rien à foutre, ou encore les impressionnants Les Promesses ou Un autre monde. Le public est ailleurs. Chez lui ? Cela commence a être une triste réalité accentuée par ces 2 dernières années COVID. Les plus grands ont signés chez Netflix-Apple-Amazon, et les séries depuis le phénomène GOT n’ont plus rien à envier aux longs-métrages. Une chose est sûre, la bataille fait rage et nous ferons tout pour que la salle de cinéma soit pour longtemps encore le symbole de notre exception culturelle.

10 – The Tragedy of MacBeth (Joel Coen – USA).

Sombre est l’avenir, décidé nous avançons.

Joel Coen s’émancipe de son éternelle moitié fraternelle Ethan pour signer un pur bijou pour la plateforme Apple. Une relecture émerveillée et hantée du mythe de MacBeth d’après Shakespeare porté par un toujours impeccable Denzel Washington. Autour de cette figure tutélaire inoxydable navigue un vrai casting de gueule dont l’impressionnant Harry Melling au service de ce dilemme hors du temps servi par le dramaturge anglais. Exit ici le trait d’humour noir si particulier et délectable des Coen Bros, place à une noirceur d’âme et une précision graphique de tous les instants. Le français Bruno Delbonnel nous forge ici parmi les plus belles images de 2022.

9 – The Stranger (Thomas M. Wright – Australie).

En tête à tête avec un ange.

Un autre film de plateforme se distingue cette année, et cette fois sur Netflix. L’australien Thomas M. Wright est loin d’être le plus prestigieux des auteurs à sortir un film sur la plus réputée des plateformes de VOD, et pourtant quel uppercut servi ! Une histoire sombre, prenante, se développe lentement mais surement à travers un narration inspirée et un montage virtuose. Le tout dans l’immensité animale que représente l’Australie et ses grands espaces, offrant des nouvelles vies à qui le veut à coup de milliers de kilomètres de route. Joel Edgerton poursuit sa carrière exemplaire en faisant face au vénéneux Sean Harris, jamais aussi bon que quand il est entouré de mystères. Electrique.

8 – Fièvre Méditerranéenne (Maha Haj – Palestine/Israël).

La thérapie par les maux.

Véritable coup de coeur découvert en compétition au Festival Cinemed de Montpellier, Fièvre Méditerranéenne sait instaurer dès ses premières minutes une tonalité très particulière oscillant entre humour très noir et absurdité. Flirtant régulièrement avec le politiquement incorrect, la cinéaste Maha Haj cultive un vrai amour des mots pour servir cette improbable histoire de voisinage autour du fil rouge de la dépression. Thème éminemment casse-gueule mais qui trouve ici une singularité réjouissante à travers la relation de ces 2 hommes au foyer noyé sous le poids des responsabilités.

7 – Men (Alex Garland – UK).

Woke N Roll.

L’ex-complice de Danny Boyle poursuit son impressionnant parcours de réalisateur après les réussites Ex Machina et Annihilation. Ici le fantastique s’installe de manière plus subtil, prenant la main au spectateur pour la lui serrer de plus en plus fort dans un crescendo que n’aurait pas renié les plus grands noms de l’horreur. La campagne anglaise joue parfaitement son rôle de cocoon ouaté le jour virant au labyrinthe sans fin quand une flopée d’hommes toxiques à têtes de ouf semblent vouloir faire la peau à une pauvre demoiselle sans défense. Si vous vous voulez cauchemarder en 2022, Men est votre chose.

6 – X (Ti West – USA).

Massacre à la sodomie.

Et si le meilleur film qui rendait hommage à la saga du grand Leatherface n’avait rien à voir avec ? Très vite, Ti West ne nous laisse aucune place au doute. Ambiance 70’s, van peuplé de créatures inconséquentes, ambiance moite et poisseuse. A une chose prêt : on est là pour tourner un film pornographique. Et cela va contribuer à créer une nouvelle ambiance qui se mêle alors avec délectation à celui du survival horror pour mieux perdre ou prendre le spectateur. Saupoudrez le tout d’une qualité photo assez démentielle, de gérontophilie appuyée et d’une qualité d’écriture au-dessus de la moyenne pour ce genre de production, et vous obtenez la meilleure virée en enfer de l’année.

5 – Top Gun : Maverick (Joseph Kosinski – USA).

Je suis une légende.

Les vrais héros ne meurent jamais. En plein gloubi-boulga overdosé du Métaverse, jamais le parallélisme rôle-acteur n’aura autant atteint son paroxysme que quand l’inoxydable Tom Cruise reprend le casque de Maverick. La soixantaine toute atteinte ne semble même pas l’effleurer dans son uniforme pimpante de Top Gun. Et on en prend plein les mirettes. Jamais les vols en avion de chasse n’ont paru aussi immersifs. Hollywood nous sert un blockbuster à l’ancienne comme si la firme Marvel-Disney n’était pas passée par là. Bande son, répliques cultes, photo léchée. Et on en redemande tellement que c’est d’une générosité communicative à tous les niveaux. Tom Cruise quoi !

4 – Red Rocket (Sean Baker – USA).

Bombe à fragmentation incoming.

Sean Baker est LE cinéaste du néo-réalisme américain, et son inspiration puisée au pays le lui rend bien. Après le criard et électrique Tangerine et le lumineux The Florida Project, ses caméras se faufilent en plein coeur du Texas pour nous narrer les délicieuses mésaventures de Mikey Saber, looser magnifique qui tente de se refaire la chique après avoir perdu la trique. L’ex-acteur de film X, Simon Rex campe brillament ce personnage mi attachant, mi détestable au milieu d’une Amérique des laissés pour compte qui prend bien mieux la température du pays que tout ce qu’on trouve dans les chaines d’info en continu. Une vraie pépite Indie.

3 – The Green Knight (David Lowery – USA).

Le saigneur de l’agneau.

Messieurs, vous pouvez poser vos caméras pour 2022, Andrew Droz Palermo a cassé le game. Epoustouflant dans tous ses instants est le nouveau film de David Lowery, qui s’installe définitivement dans le cercle des réalisateurs qui comptent. Tout comme le film de Joel Coen, le choix d’une direction artistique étincelante est le fil rouge de cette relecture de la populaire légende de Sir Gawain. Matinée de noirceur et de fantastique, la vision de Lowery vous hantera encore pendant pas mal de temps après la projection.

2 – The Batman (Matt Reeves – USA).

Une chauve-souris, tout simplement.

Le pari n’était pas des plus simples malgré la matière première démentielle fournie : succéder à la trilogie de Nolan tout en revigorant un personnage récemment perdu dans la médiocrité du DC Universe. Et qui mieux que Matt Reeves, l’homme qui a contribué à la meilleur saga des 2010 (… Of The Apes), pour le relever et avec gourmandise et générosité. Pur polar policier, The Batman distille une noirceur qui colle avec évidence au personnage et à la fameuse Gotham City. Saupoudrez le tout d’images d’Epinal parmi les plus folles de 2022 et d’une bande son à tomber et vous aurez LE blockbuster de l’année.

1 – Decision to leave (Park Chan-Wook – Corée du Sud).

Quand la perfection pourrait presque avoir sa définition sous forme cinématographique. Quand le plus furieux des cinéastes coréens Park Chan-Wook pose ses caméras pour disséquer une sombre histoire de meurtre où la principale suspecte est la femme de la victime, c’est pour nous sortir un objet filmique où le moindre centimètre, le moindre bruit, le moindre mot est placé avec délicatesse sur une partition impeccable. Un tel degré d’exigence semble impossible à atteindre, et pourtant, Decision to leave s’évertue, au fur et à mesure de l’avancé de son intrigue, à nous infuser dans un nectar de virtuosité qui ne quittera l’écran qu’à l’apparition du générique final.

Top 10 Théâtre : le meilleur de l’année 2022

Top 10 Théâtre : le meilleur de l'année 2022
© Jan Versweyveld

Top 10 Théâtre : le meilleur de l’année 2022

Comme pour chaque fin d’année et sa rétrospective, nous nous sommes livrés au classement traditionnel des 10 meilleures spectacles de  l’année 2022. Le classement retenu s’attache à des écritures théâtrales denses, singulières, audacieuses, revisitées ou plus intimes, portées par une qualité de jeu toujours extrême, pour un théâtre qui parle forcément de nous pour mieux parler des autres et donc du monde. Excellente année 2023 à tous.

  1. La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, mise en scène Ivo van Hove
  2. Les Couleurs de l’air, écriture et mise en scène Igor Mendjisky
  3. Jours de joie d’Arne Lygre, mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig
  4. Richard III de William Shakespeare, mise en scène Mathias Langhoff, Marcial Di Fonzo Bo
  5. La Vie est une fête de Jean-Christophe Meurisse & Les Chiens de Navarre
  6. Une Cérémonie du Raoul Collectif
  7. Poquelin II des Tg Stan
  8. Le rêve et la plainte de Nicole Genovese, mise en scène Claude Vanessa
  9. Huis clos de Jean-Paul Sartre, mise en scène Jean-Louis Benoit
  10. L’Autre Fille de Annie Ernaux mise en scène Jean-Philippe Puymartin, Marianne Basler

[BD jeunesse] Le Grimoire d’Elfie, tome 3 : Malaventure en pain d’épices (Drakoo)

[BD jeunesse] Le Grimoire d’Elfie, tome 3 : Malaventure en pain d’épices (Drakoo)

Nouvelle histoire complète, Le Grimoire d’Elfie revient dans un troisième album autour de la thématique de Noël. Disputée par des attaques de bonhommes en pain d’épices et des tempêtes de neige, Elfie fait équipe avec Faustine, la fille du pâtissière et également sorcière. Alors forcément, entre magie et patisserie, le cocktail est gourmand et plein de rebondissements !

Un nouvel album rythmé au coeur de l’Alsace, qui sent bon les effluves des petits plats de Noël et de cette belle région. On apprécie le dessin de Mini Ludvin, entre manga et BD. Un style très moderne, au trait dynamique, qui séduit beaucoup.

Le Grimoire d’Elfie est un très bon album à glisser sous le sapin des plus jeunes !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Un conte de Noël gourmand et mouvementé, qui vient apaiser les secrets du passé. Alors que Noël approche, le bus-librairie d’Elfie et de ses soeurs est immobilisé par une panne, en Alsace. Là, Elfie partage pour la première fois son secret : Faustine, fille de la pâtissière du village, est aussi une petite sorcière ! Mais Faustine est surtout une miss catastrophe qui se fourre dans des situations impossibles et compte sur Elfie pour l’aider à s’en sortir… Entre une tempête de neige et des attaques de bonshommes en pain d’épices, Elfie va découvrir une énigme familiale datant de la seconde guerre mondiale, qui pourrait bien changer la vie du village. Un conte de Noël gourmand et mouvementé, qui vient apaiser les secrets du passé.
Date de parution : le 16 novembre 2022
Auteurs
: Arleston (Scénario) Mini Ludvin (Dessin)
Genre : fantastique jeunesse
Editeur : Drakoo
Prix : 15,90 € (80 pages)
Acheter sur : BDFugue

Bach dans les pas dansés et inspirés de Anne Teresa De Keersmaeker

Bach dans les pas inspirés de Anne Teresa De Keersmaeker
Photos © Anne Van Aerschot © Hugo Glendinning

Bach dans les pas dansés et inspirés de Anne Teresa De Keersmaeker

Anne Teresa De Keersmaeker est de retour à Paris avec sa pièce Les six concertos brandebourgeois chorégraphiée en 2018 et inspirée par la musique de Jean-Sébastien Bach. Un coup de maître.

Les six concertos brandebourgeois est le cinquième opus qu’Anne Teresa de Keersmaeker consacre à l’oeuvre du Cantor de LeipzigBach y a expérimenté d’une manière inédite la relation entre le ripieno – c’est le terme consacré pour désigner l’orchestre en charge de l’accompagnement – et les solistes ; entre le groupe et l’individu, l’avant-plan et l’arrière-plan.

Sur le plateau, les 16 danseurs issus de différentes générations de la compagnie sont accompagnés par la violoniste française, Amandine Beyer, et par l’ensemble B’Rock.

La danse commence par une marche. Ligne calme qui avance, déferle et reflue. Une phrase répétée, modulée dont le déploiement infini s’opère en contrepoint de la ligne musicale.

Les interprètes sont pris, fondus, dans un courant indivisible. Mu par des nombres invisibles, mais inscrits dans la partition. Ecriture. Entrelacs. Géométries sous-jacentes. Les lignes avancent ou vont à reculons. Elles tremblent, se défont, tracent au sol d’autres lignes et ouvrent l’espace suivant. Des hommes à la renverse, sur les mains, pointent le ciel des pieds et tournent, créant de nouveaux équilibres insoupçonnés.

Cette quête infinie produit une fascinante effervescence qui offre, entre la forme et l’expression, entre la durée et l’instant, entre le mouvement muri et le geste instinctif, un dialogue avec la musique dont elle imprime sa polyphonie.

Car la partition est portée par toute une gamme d’impressions et d’affects appartenant à la mémoire de nos corps humains : joie et colère, fierté et mépris, vengeance et pitié, plaisir, douleur, mélancolie.

Le tout dans un mouvement perpétuel, telle une ode à la vie qui ouvre un autre ordre possible. Où le compositeur allie à la fois un caractère dansant et un haut degré d’abstraction à travers cette trame musicale qui met en jeu une multitude de procédés : variations, inversions et développements, en passant de la simplicité à la complexité, de l’ordre au chaos.

Et dont la chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker épouse à merveille les fulgurances, à l’abri de son vocabulaire – entre variation géométrique et dynamique pulsative – mais aussi de nouvelles variations, imprimant une savante organisation des corps dans le temps et l’espace.

La chorégraphe témoigne comme nulle autre de ce rapport unique entre la musique et la danse dont elle imprime dans une écriture singulière, l’empreinte des corps, des gestes et des sons dans une symbiose aussi captive que transcendante.

Car aussi fidèle soit-elle à la partition, la traduction qu’elle en fait n’en est jamais littérale. Du grand art ! Bravo.

Dates : 21 au 23 décembre 2022 – Lieu : La Villette dans le cadre du Festival d’automne  (Paris)
Chorégraphie : Anne Teresa De Keersmaeker

Parution fastueuse des carnets inédits d’Ingmar Bergman

Pour qui connait et apprécie Ingmar Bergman en le plaçant au panthéon du cinéma universel, la sortie de ses carnets est un évènement parfaitement immanquable. De quoi comprendre les intentions du génial réalisateur, ses passions, ses peurs aussi, moi je me lance dans cette lecture passionnante le plus tôt posssible!

Publireportage:

S’astreignant à une discipline d’écriture, Ingmar Bergman consignait dans ses carnets ses moindres réflexions, parfois de façon abrupte, cinglante ou, au contraire, en suivant patiemment les circonvolutions de sa pensée et de son désir, jusqu’à parvenir à leurs formulations exactes à travers des situations, des portraits, des dynamiques. Ici, c’est la germination même du travail créatif de Bergman qui s’offre au lecteur. Comment les idées jaillissent, s’interpénètrent, se font écho ou entrent en collision, se divisent et se nouent, pour aboutir à quelques-uns des plus grands films du XXème siècle.

Du Septième Sceau (1957) à Sarabande (2004), en passant par Persona (1966), Sonate d’automne (1978) ou Fanny et Alexandre (1982), ces Carnets inédits nous dévoilent les coulisses mentales de ses plus célèbres œuvres, mais aussi de projets de films jamais réalisés, au gré de dialogues, de scènes et d’anecdotes où la réalité et les souvenirs se mêlent à la fiction et au rêve.

On y voit Bergman vivre et évoluer avec ses personnages – peut-être même plus qu’avec ses contemporains. Il les découvre, les interpelle, les suit et les écoute, les laissant toujours libres de lui souffler la suite de leur histoire. Et c’est là l’un des aspects inattendus de ces Carnets : l’échange incessant de Bergman avec ses protagonistes, ses fantômes et ses démons, qui l’accompagnent dans ses réflexions les plus triviales comme ses plus ardentes prières.

Tour à tour journal intime et exploration du cœur palpitant de la création, ces Carnets nous livrent un autoportrait poignant, celui d’un artiste au quotidien, avec ses moments d’euphorie et d’abattement, à la recherche éperdue de la vérité enfouie, brute et intime, des êtres et des sentiments.

Traduction de Jean-Baptiste Bardin, note du traducteur, préfaces de Karl-Ove Knausgård et Dorthe Nors, postface de Jan Holmberg.

Ouvrage publié avec le soutien du Centre National du Livre, du Swedish Arts Council et du Fonds Descartes.

[BD] Le Veilleur des Brumes, l’intégrale d’un superbe récit d’aventure (Bande d’Ados)

[BD] Le Veilleur des Brumes, l’intégrale d’un superbe récit d’aventure (Bande d’Ados)

Désormais disponible en intégrale, Le Veilleur des Brumes est un superbe récit d’aventure proposé par Robert Kondo et Dice Tsutsumi. Il s’agit d’une adaptation du court-métrage multirécompensé « The Dam Keeper« . L’histoire très touchante d’un jeune cochon veilleur de Brumes qui s’emploie très consciencieusement, jour après jour, à combattre les ténèbres (ou les brumes) pour les empêcher de gagner son village, qu’il pense être le dernier encore debout. Cela, jusqu’au jour où une catastrophe se produit et l’oblige à partir à l’aventure au-delà des frontières de celui-ci. 

Accompagné de ses deux amis, le périple va être long, ponctué de nombreuses rencontres, de surprises, d’émerveillements et de découvertes souvent inquiétantes… Une épopée magnifique et touchante, dont le rythme ne faiblit à aucun instant malgré la grande générosité du récit (512 pages !). Le résultat est simplement bluffant.

Une grande réussite qu’il ne faut surtout pas manquer !

Extrait de l’album :

Résumé de l’éditeur : 

« Empêcher les ténèbres d’entrer, c’est la mission du veilleur des brumes ». C’est ce que répétait sans cesse le père de Pierre, avant de disparaître. À présent, c’est au jeune garçon que revient cette mission capitale : veiller sur le barrage et faire tourner le complexe mécanisme du moulin afin de repousser les brumes mortelles qui menacent d’engloutir Val-de-l’Aube comme elles l’ont fait du reste du monde. Veilleur des brumes, c’est une responsabilité solitaire : si, ailleurs, le monde est mort, au coeur du paisible village, la vie a repris, avec son lot de joies et de contrariétés. Pierre va à l’école, a des amis. Pourtant, lorsque vient le soir, il est de retour dans sa tour, face à l’épais brouillard qui lui a volé son père, pour permettre aux habitants de conserver leur insouciance. Mais, de l’autre côté des murailles, les ténèbres prennent des forces. Le raz-de-marée mortel revient plus fortement chaque fois, et Pierre et ses camarades vont devoir mener ensemble cette ultime épreuve, ce dernier combat contre les brumes. Cette intégrale réunit les trois tomes de la virtuose adaptation du court-métrage multirécompensé « The Dam Keeper ». Une édition définitive exceptionnelle et généreuse, qui donne à voir toute la portée de ce roman graphique bouleversant et sensible.

Date de parution : le 9 novembre 2022
Auteurs
: Robert Kondo (Scénario)
Daisuke Tsutsumi (Dessin)
Genre : Aventure
Editeur : Bande d’Ados
Prix : 36,90 € (512 pages)
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[Comics] November, récit choral pour un thriller urbain ultra-violent (vol. I & II, Sarbacane)

[Comics] November, récit choral pour un thriller urbain ultra-violent (vol. I & II, Sarbacane)

Entre roman graphique et comics, November est un récit choral original dont le style très marqué, que ce soit dans sa narration ou dans son graphisme, en ferait presque un OVNI. November n’en est pas moins un véritable thriller urbain dont la violence est omniprésente de A à Z. Il raconte les destins croisés de trois jeunes femmes, dont une junkie et une flic qui traine de vieilles casseroles…

Sur fond de trafics mystérieux et de flics ripoux, le récit est aussi haletant que violent. La narration minimaliste et percutante ne nous ménage pas. Le découpage est marqué, mais dégage efficacité et dynamisme. L’effet est donc réussi ! L’univers graphique est quant à lui réfléchi, avec l’utilisation d’une coloration aux codes ingénieux. 

November est un diptyque redoutable, tout en crescendo, qui ne laisse pas insensible, loin de là. Un cadeau de noël idéal pour tous ceux qui aiment les récits noirs !

 

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Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Dee la junkie éclopée, Kay la flic déchue rongée par la culpabilité, et Emma-Rose la belle survoltée tombée au mauvais endroit au mauvais moment, se retrouvent dans ce dernier acte prises en étau par une conspiration invisible orchestrée par des flics pourris et des gangsters de la pire espèce. À mesure que la nuit avance, le piège se referme sur elles… Dans cette histoire co-créée par l’auteur Matt Fraction (Sex, Criminals, Casanova, – des best-sellers du New York Times) et l’illustratrice Elsa Charretier (Star Wars, Infinite Loop), mise en couleur par Matt Hollingsworth, November suit trois femmes dont les trajectoires vont se croiser dans un underground noir et criminel. Alors que le feu et la fureur se déchaînent dans leur ville pendant un jour et une nuit, elles découvrent que leurs destins sont liés par un homme mystérieux qui semble tirer les ficelles. Une nuit. Une ville. Trois femmes. November.

Car, quand on a 9 ans, un été peut tout changer et nous faire grandir !

Date de parution : le 2 novembre 2022
Auteurs
: Matt Fraction (Scénario)
Elsa Charretier (Dessin)
Genre : roman graphique, thriller
Editeur : Sarbacane
Prix : 24 € (152 pages)
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[Album jeunesse] Il Suffit d’y Croire, un coup de coeur qui fait rêver (Gautier-Languereau)

[Album jeunesse] Il Suffit d’y Croire, un coup de coeur qui fait rêver (Gautier-Languereau)

Nouvel album illustré signé Fabrice Colin et Gérald Guerlais, Il Suffit d’y Croire est un livre… pour tous les amoureux des livres. Un album qui ne manquera pas de séduire et transmettre cette envie de découvrir de belles histoires aux plus jeunes.

Superbement illustré, l’album met en scène un personnage donné à chaque double page. Et au gré des rencontres qui peuplent ces petits récits, avec beaucoup de poésie, d’autres personnages font leur apparition pour venir occuper les pages suivantes et nous offrir leur propre histoire. Des destins entremêlés avec brio, qui nous font voyager à travers l’album, jusqu’à retomber sur ses pieds. 

Il Suffit d’y Croire est un album avec énormément de charme qui vous séduira instantanément ! A lire et à relire ! 

Extrait de l’album :

Résumé de l’éditeur : 

Lorsqu’Yseult plonge dans un livre, elle n’est jamais seule. Les histoires s’enchaînent de page en page, toutes reliées entre elles par un fil. D’une image à une autre, d’un univers à un autre le tout forme un grand récit. Celui de Tristan et de son aimée Luan, séparés par la guerre. De la rencontre dans une forêt enchanteresse de Luan avec Marc, qui prépare un Noël magique. De Marc, de son frère Victor et de leur galerie d’art…

Quand des images puissantes et évocatrices inspirent le récit, c’est le principe de cet album illustré par Gérald Guerlais et de son histoire, imaginée par Fabrice Colin.

Le célèbre ballet de Piotr Tchaïkovski est ici raconté par Philippe Lechermeier et sublimé par les illustrations d’Amanda Minazio.

Date de parution : le 2 novembre 2022
Auteur(s)
: Fabrice Colin, Gérald Guerlais
Genre : romance, histoires
Editeur : Gautier-Languereau
Prix : 15,95 € (40 pages)

Une tournée So Floyd à ne pas manquer en 2023

Après un concert Pink Floyd à Chantilly en 1994, un concert David Gilmour à l’Olympia en 2006, un concert The Wall par un célèbre groupe de reprises à l‘Olympia et 2 concerts Roger Waters The Wall à Bercy en 2012 et au Stade de France en 2013, c’est peu dire que l’annonce de la tournée du groupe So Floyd en France en 2023 avec 14 dates prévues me fait frémir de plaisir. Des dates dans toute la France au milieu d’un European Tour, c’est parfait pour écouter les plus grands morceaux de ce groupe mythique.

Une tournée qui fait plaisir

So Floyd se veut un hommage né d’une passion de tous les membres du groupe pour Pink Floyd, les passionnés le savent, ce groupe suscite les passions les plus dévorantes. Un spectacle de So Floyd se veut être plus qu’un spectacle, c’est une belle tentative pour invoquer la passionnante musique d’un des plus grands groupes anglais de tous les temps. Avec des mentions aux périodes psychédéliques, planantes et résolument rock, le groupe offre un large panorama des plaisirs floydiens les plus divers. La tournée débute le 4 février au Zénith Toulon pour se finir le 14 mai au Zénith Orléans. Entre les 2, So Floyd va parcourir tout l’hexagone avec notamment un passage le 10 février à la Salle Pleyel Paris.

Amateurs de spectacle et de Pink Floyd, ce concert est fait pour vous. Le 10 février, je serai à Pleyel, l’occasion de partager une passion sans limites pour un groupe inoubliable! De quoi réécouter Money, Learning To Fly, Another Brick In The Wall ou Shine On You Crazy Diamond à travers 14 dates situées partout dans l’hexagone!

Détails de la tournée:

4 février – Zénith Toulon / 9 février – Théâtre Yerres / 10 février – Salle Pleyel Paris / 11 février – Zénith Rouen  / 9 mars – Zénith Clermont-Ferrand / 10 mars – Summum – Grenoble / 11 mars – Zénith St Étienne / 16 mars – Zénith Montpellier /17 mars – Zénith Toulouse / 25 mars – La Palestre Le Cannet / 5 avril – L’Axone  Montbéliard / 6 avril – Zénith Strasbourg / 7 avril – Le Galaxie Amnéville / 11 mai – Le Liberté Rennes / 12 mai – L’Amphitéa Angers / 13 mai – L’Acclameur  Niort / 14 mai – Zénith Orléans /

LE SITE :

https://sofloyd.com/

A Bastille, « La Force du destin » ou l’opéra verdien par excellence

A Bastille, "La Force du destin" ou l'opéra verdien par excellence
Anna Pirozzi (© Charles Duprat / Opéra national de Paris)

A l’Opéra Bastille, « La Force du destin » ou l’opéra verdien par excellence

La Force du destin est un des très rares opéras de Verdi dont le titre ne se réfère pas à l’un des personnages. Car le seul acteur de l’œuvre est le destin lui-même : un astre noir qui attire chacun des protagonistes sur des voies contraires, sans lutte possible, les broyant irrémédiablement.

On y entend autant la voix du peuple italien, les plaintes et les malheurs des pauvres gens que les prières des moines, les cris et les fureurs guerrières tous pris par les fourches caudines de la volonté divine.

La littérature romantique abreuve l’œuvre verdienne et notamment la littérature ibérique, à la source de La Force du destin, éclatante de violence, de pathétisme et d’héroïsme. Mais alors que l’opéra expose les passions extrêmes propres au romantisme, il n’en demeure pas moins influencé par l’une des inspirations majeures de Verdi : Friedrich von Schiller, et plus spécifiquement ici son Camp de Wallenstein.

La religion est aussi une composante de l’ouvrage à travers notamment le cadre du couvent, mais aussi les thèmes de la faute, du châtiment et de la rédemption. L’opéra est parcouru d’un sentiment de religiosité où l’autorité divine est présentée comme une puissance parallèle à celle du dont sont victimes les personnages.

Des personnages sous haute tension

L’intrigue de « La force du destin », opéra créé en 1862 à Saint-Pétersbourg, relate le destin tragique de Leonora qui s’apprête à fuir avec son amant Don Alvaro, fils d’un noble espagnol et de la dernière princesse des Incas. Le père de Leonora, hostile à leur union, les surprend. Il est tué accidentellement par Don Alvaro. Il les maudit avant d’expirer. Les deux amants, séparés dans leur fuite, sont hantés par cette malédiction alors que le frère de Leonora, Don Carlo, les poursuit de sa vengeance aveugle.

Une histoire de vendetta donc, portée à son paroxysme à l’abri d’une partition tantôt pleine d’allant, tantôt déchirante jusqu’à l’excès qui fait coexister un univers intime, replié, habité par la vengeance, et celui, plus large, multiple, propice à des scènes de foule envahies de muletiers, de soldats, de pèlerins et de moines, d’un souffle lyrique saisissant.

Sur scène et en étendard l’inscription « Viva V.E.R.D.I ». Outre le nom du compositeur, Giuseppe Verdi (1813-1901), ce sigle que l‘on peut lire « Viva Vittorio Emmanuele Re D’Italia » était aussi, lors du Risorgimento, au milieu du XIXe siècle, le cri de ralliement des patriotes à l’unité italienne. Le livret fait la part belle aux œuvres espagnoles du XVI et du XVII siècle, basées sur la violence, les horreurs de la guerre, la haine, la vengeance, la foi et la mort, et possède toutes les vertus du mélodrame romantique italien cher à Verdi.

C’est à cette époque que le metteur en scène Jean-Claude Auvray transpose ce drame traversé par toutes les passions : l’amour, le meurtre, la vengeance et la guerre. Dans un geste épuré et minimaliste, le plateau s’apparente à un no man’s land unique et indéfini qui conduit inéluctablement au néant. Un espace tourmenté et introspectif qui se consume au fil du récit et en miroir au déchirement intérieur des personnages et de la perdition qui est à l’œuvre.

Des voix d’exception

Portée par une direction d’acteurs/chanteurs au cordeau, le metteur en scène installe un climat et crée des images évocatrices d’un paysage mental dont les tourments se consument sous un ciel maudit.

Le tout emmené par un plateau vocal de haute tenue, porté par des voix d’exception comme celle de la soprano Anna Pirozzi, divine, du ténor Russell Thomas, et des barytons Ludovic Tézier, Nicola Alaimo ou encore la basse Ferruccio Furlanetto qui exacerbent les actes manqués, la passion dévastée, la rédemption ou la haine mortifère. Sans oublier la présence mémorable du chœur sous la direction de Ching-Lien Wu.

Chaque tessiture des interprètes embrasse alors le drame, l’explore et le révèle sur la trame musicale ardente, intense et foisonnante du chef d’œuvre de Verdi dont l’architecture se dévoile et se déploie sous la direction aboutie et maîtrisée de Jader Bignamini. Bravo !

Dates  : 12 au 30 décembre 2022 – Lieu : Opéra Bastille (Paris)
Mise en scène :  Jean-Claude Auvray

C’est quoi … Le corps humain (Usborne)

C’est quoi … Le corps humain (Usborne)

Les éditions Usborne nous proposent un album entièrement cartonné avec des rabats à soulever sur : C’est quoi … Le corps humain. Une petite merveille !

Cet album s’adresse à nos petits lecteurs pour les aider à découvrir leur corps.
Qu’il y a-t-il dans mon corps ? Qui donne des ordres au corps ?
Qu’est-ce qui me donne une forme ? Mon squelette !
Comment puis-je bouger ? Grâce à mes muscles !
C’est quoi le sang ?
Où vont les aliments ? Comment ça se passe dans les intestins.

Ce petit album est une véritable mine d’informations scientifiques expliquées de façon très simple. A la portée des jeunes enfants !

C’est quoi … Le corps humain, un album, intelligent, pédagogique, et joliment illustré, à mettre entre toutes les petites mains !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : décembre 2022
Auteur : collectif
Illustrateur : collectif

Editeur : Usborne
Prix : 9,95 €

Sum’one révèle son nouveau single Crazy très électro chez Underdog Records

Derrière le nom Sum’One se cache JustMike, le producteur d’Otis Stacks et Dafuniks. Crazy est la première pierre d’un nouvel édifice musical. Composé depuis sa propre maison un cœur d’un petit village au bord de l’océan au nord du Danemark, JustMike est à l’origine d’un univers sonore comme un mélange entre plusieurs styles, électro et beatmaking, hip hop.

Un morceau séduisant

JustMike a quitté la vie urbaine embouteillée pour vivre au cœur de la nature. Le producteur aux casquettes multiples débute une séduisante nouvelle aventure avec comme premier chapitre ce clip en animation réalisé par Antonin Herveet. C’est après plus de 20 ans à travailler sur différents projets que le producteur danois JustMike se décide à se lancer en solo sous le nom de code de Sum’One. Et le premier single Crazy annonce la couleur avec son style électronique séduisant et entrainant, rappelant Kid Francescoli ou French 79. Le clip en animation se veut le reflet visuel de la musique. Le premier extrait de Sum’One préfigure l’EP Hello Vera prévu chez Underdog Records en 2023.

L’artiste Mayu débarque du Brésil avec son 1er EP Pas d’ici, sortie le 9 décembre chez Baboo Music

Le multi-instrumentiste brésilien Mayu fait parler de lui depuis déjà quelques mois et la sortie de son premier single Parle-moi du soleil porté par des paroles écrites par Francis Cabrel. Mayu dévoile aujourd’hui son premier EP Pas d’ici, avec ses 5 titres couleur du soleil, à découvrir sur toutes les plateformes digitales.

Du soleil pour changer de la grisaille

L’EP Pas d’ici se dévoile avec le single du même nom. Mayu fait un audacieux mélange entre sonorités jazz, chanson française et musique populaire brésilienne. Pas d’ici est un single hautement personnel qui retrace le parcours de vie de l’artiste débarqué de son Brésil natal en 2009. Entre Bossa, jazz et textes sensibles, il créée la curiosité et suscite l’intérêt. Pour en savoir plus, Mayu a intégré le Conservatoire d’Agen avant d’être guidé par Aurélie Cabrel et Esthen Dehut. Le premier EP Pas d’Ici est singularisé par la voix suave et caressante de l’artiste, il susurre à l’oreille des paroles intimistes. Si le morceau Ceu est très dansant, Sol Maior se veut résolument lumineux. L’artiste est à la fois contrebassiste, chanteur, compositeur, auteur et multi-instrumentiste, il sait mêler joie et émotion dans ses 5 morceaux. Et comme Mayu est la première signature du label Baboo Music. C’est avec son premier titre en français Prisonnier qu’il a été possible de rentrer dans cet univers si singulier avec ces belles chansons teintées de world music, de jazz et de sonorités brésiliennes.

Mayu est un artiste à la curiosité palpable qui échappe à toute catégorie limitative. Son incursion dans la chanson française ressemble à un beau bol d’air, de quoi ravir en plein cœur de cet hiver froid et rude. Comme le montre bien le clip de Pas d’ici, le sourire est communicatif, les bondes ondes sont nombreuses et il faut se laisser bercer par ces sonorités du soleil.

Les Orfèvres du vin dévoilent un Crémant de Bourgogne Rosé Brut parfait pour les fêtes de fin d’année

Le passage à l’année 2023 se profile déjà à l’horizon et les Orfèvres du vin ne vous oublient pas avec un partenaire parfait pour les différentes festivités attendues. Au menu, un Crémant de Bourgogne rosé brut à la robe rose gourmande et aux bulles fines et délicates.

Un Crémant de qualité supérieure

Avec ses notes de framboise et de groseille de la plus pure délicatesse, ce Crémant démontre que les bulles de Champagne n’ont plus l’exclusivité des fêtes. Pour l’apéritif oui le dessert des fêtes de Noël ou de la Saint Sylvestre, l’alternative est séduisante. Les Orfèvres du Vin savent y faire pour magnifier leur Crémant de Bourgogne Rosé Brut. Issu de la gamme Tradition, ce Crémant est l’aboutissement d’un travail méticuleux, reflet fidèle du savoir-faire des Orfèvres du Vin. Pour l’ouverture des cadeaux en l’apéritif ou en dessert avec des tartes aux fruits rouges, le choix est tout trouvé. Composé d’un assemblage des cépages Pinot Noir, Chardonnay et Gamay, ce vin arbore à l’œil une belle robe rose gourmande. En bouche, les notes de framboise et de groseille surprennent et ravissent. Avec l’ajout d’arômes de grenadine, ce crémant ne laisse pas indifférent. C’est le fruit du travail d’équipes exigeantes, au cœur d’une région viticole reconnue aux méthodes de vinification traditionnelles, entre vendanges exclusivement manuelles et pressurage lent.

Ce Crémant est une véritable ode au terroir et un hymne à la joie avec son bouquet fruité. Au prix public de 9,50 Euros TTC la bouteille et 57 Euros TTC le carton de 6 bouteilles, c’est une belle opportunité à ne pas manquer.

Publireportage:

Spécialistes des vins du Mâconnais et du Beaujolais, Les Orfèvres du Vin, anciennement dénommées “Cave de Charnay-lès-Mâcon” et créée en 1929, regroupent 70 sociétaires et produisent 9.000 hl sur une surface de 140 hectares. Ils viennent d’inaugurer leur nouveau caveau où se mélangent pierres et bois, soulignant ainsi la pertinence de leur signature «Les Orfèvres du Vin» et la recherche constante de l’excellence. La Cave de Charnay a su donner ses lettres de noblesse aux blancs, mais aussi aux rosés, aux rouges et aux vins effervescents de la région. Cette cave se veut comme un grand domaine, élevant de plus en plus de cuvées parcellaires et en respectant ainsi l’authenticité du travail de chaque vigneron. Les Orfèvres du Vin se distinguent régulièrement au concours des Chardonnay du Monde, aux salons de Paris et Mâcon et multiplient médailles d’Or, d’Argent et de Bronze pour ses différents fleurons : Pouilly-Fuissé, Saint-Véran, Viré-Clessé, Mâcon Charnay, Saint-Amour, Crémant de Bourgogne,… Autant de belles récompenses pour ces professionnels qui, au cœur du Mâconnais et du Val Lamartinien, font rimer authenticité et qualité.

Où est mon renne, Les tout-doux des éditions Usborne

Où est mon renne, Les tout-doux des éditions Usborne

Publik’Art est fan de la collection Les tout-doux des éditions Usborne. Après Où est mon lapin ?

Où est mon nounours, et Où est ma tortue de mer

c’est au tour de : Où est mon renne ? Petit album carré, sensoriel, absolument adorable.

Le cou de mon renne n’est pas aussi rêche, ses clochettes sont bien brillantes, ses oreilles trop douces, sa queue trop touffue, Mais où est mon renne ?

Une chose est sûre : Où est mon renne va devenir l’album préféré de votre petit amour !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : novembre 2022
Auteur : Fiona Watt
Illustrateur : Rachel Wells
Editeur : Usborne
Prix : 7,95 €

Une croisière sur le Nil, ou la fabuleuse histoire du Steam Ship Sudan (Albin Michel)

Une croisière sur le Nil, ou la fabuleuse histoire du Steam Ship Sudan (Albin Michel)

Une croisière sur le Nil est une œuvre collective dirigée par Jean-François Rial. Un très beau livre, à tous les points de vue. Tout y est majestueux ! 5000 ans d’Histoire !

Le lecteur va découvrir l’Egypte d’une façon très originale, en voyageant à bord du dernier navire à vapeur : le Steam Ship Sudan. Ce bateau est le seul qui reste de toute la flottille établie par Sir Thomas Cook au début du XXe siècle. Restaurer ce bateau était un projet colossal. Cela allait nous permettre de remonter le temps, l’Histoire et de découvrir à la fois les richesses archéologiques de l’Egypte, mais aussi les grands de ce monde qui ont vogué, autrefois sur ce magnifique bateau. Agatha Christie a écrit Mort sur le Nil en situant son intrigue sur le Sudan.
Jean-François Rial écrit dans la préface :

« Aujourd’hui, le Steam Ship Sudan est devenu le symbole de notre vision du voyage, reposant sur trois valeurs essentielles : une connaissance profonde et respectueuse du pays et de ses habitants, une qualité de service extrême et un esthétisme absolu. »

Vous l’aurez compris ce livre est une pépite ! Il se lit à différents niveaux : juste en admirant les sublimes photos ou documents anciens ou en lisant les textes, passionnants, qui vous révèleront bien des secrets sur l’Egypte antique, l’archéologie, Toutankhamon, les merveilles de l’Egypte découvertes le long des rives bibliques du Nil.

Les photos, illustrations sont d’une richesse incroyable ! Tout donne envie d’aller découvrir ce pays exceptionnel aux mille trésors !

Publik’art a particulièrement apprécié les illustrations originales d’Elliot Beaumont, de personnalités célèbres qui ont participé à l’égyptomanie. On retrouvera entre autres : Gustave Flaubert, Ramsès II, Champollion, Agatha Christie, Nefertiti, Jean Cocteau…

Une croisière sur le Nil fait partie de la collection Beaux livres d’Albin Michel. C’est véritablement une œuvre unique !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : novembre 2022
Auteur : Collectif
Editeur : Albin Michel
Prix : 49 €

Une BD aussi naturaliste que dramatique avec Concerto pour Main Gauche, rééditée aux éditions La Boîte à Bulles

Paul Wittgenstein fut un pianiste marquant du XXe siècle, Yann Damezin lui consacre tout un épais volume pour faire ressortir la complexité d’une vie marquée par des choix paradoxaux et des coups du sort dramatiques. Devenu manchot suite à la première guerre mondiale et la perte de son bras droit au combat, les plus grands compositeurs lui ont créer des morceaux, comme Ravel avec son célébrissime Concerto pour main gauche. L’auteur dessinateur agrémente son récit d’enluminures naturalistes qui rappellent la beauté d’un autre ouvrage récent des plus marquants, Habibi de Craig Thompson. Le récit est passionnant, les dessins sont magnifiques, que demande le peuple?

Une histoire du XXe siècle

Yann Demaizin extrapole autour de la biographie du pianiste autrichien Paul Wittgenstein pour imaginer les pensées et les sentiments d’un personnage ni vraiment sympathique, ni complètement plaisant. L’auteur en fait un récit onirique, entre rêve et réalité, ce que les illustrations constantes sur chaque case avive magnifiquement. Entre les personnages et les détails, ce sont des feuilles, des oiseaux ou des fleurs qui emplissent l’espace, et la biographie gagne autant en symbolique qu’en métaphore, gagnant en contenu et en sentiments. Sa vie est augmentée et la narration requiert un temps considérable pour le lecteur désireux d’en appréhender chaque détail. Fils d’un illustre industriel, le jeune homme s’est concentré sur son instrument avec pour objectif de devenir un soliste recommandable, sous le regard inquisiteur de parents opposés à son projet. Quand il doit partir à la guerre sur le front russe dans les rangs de l’armée autrichienne, il est estropié et souffre le martyr, autant physiquement que moralement. Mais il n’en démord pas et travaille le piano mordicus avec la main gauche. Ce que la BD ne dit pas, c’est que toutes les commandes auprès de compositeurs illustres, Strauss, Prokofiev ou Ravel, l’ont été grâce aux deniers familiaux, donnant la mesure de sa richesse. Ses tournées dans le monde, ses amours contrariés et son destin tragique sont racontés par le scénariste dessinateur dans un rythme qui ne faiblit que rarement.

La lecture de cette BD tient autant du roman que du tableau. Les cases sont richement décorées et le destin du personnage tient autant du parcours du combattant que de l’extase artistique. L’ouvrage rend honneur au pianiste même s’il ne ménage pas l’homme décrit bien souvent comme un personnage peu recommandable, ce qui n’empêche en rien la découverte d’une bande dessinée au noir et blanc éblouissant.

Inspiré par la biographie du pianiste autrichien Paul Wittgenstein, Concerto pour main gauche nous transporte dans un univers onirique et poétique, au cœur de la psyché de ce personnage tourmenté, mélancolique et complexe, que seule la musique semble apaiser.

Blessé lors de la première guerre mondiale, Paul Wittgenstein fut amputé du bras droit mais poursuivit une carrière de concertiste malgré ce
handicap. La fortune laissé par son père lui permit de commander des œuvres pour la main gauche aux plus grands compositeurs de l’époque. Ainsi, c’est à sa demande que Maurice Ravel composa le célèbre Concerto pour la main gauche.

Un destin extraordinaire porté par l’élégance et la poésie du dessin de Yann Damezin.
Un premier album magistral, entre David B. et Nancy Peña…

Date de parution : le 9 novembre 2022
Scénariste(s) : Yann Damezin
Dessinateur(s) : Yann Damezin
Genre : Biopic
Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 17 € (112 pages)
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Le groupe français Cancre est de retour avec tout s’efface

Un article avait été publié sur Publik’Art en novembre 2021 pour évoquer la sortie du EP Etrangler de Cancre. Le groupe est de retour avec Tout s’efface, toujours aussi efficace, une belle preuve de la capacité du groupe pour composer des morceaux aussi accrocheurs que poétiques.

Du rock français, enfin!

Cancre est un groupe formé par deux frères, Mathias et Robin Millasseau, avec un très bon ami d’enfance, Klet Beyer. Cancre a vu le jour lorsque le power trio a découvert un recueil de poèmes inédit et émouvant, celui rédigé par l’arrière-grand-père dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale. Des paroles fortes, comme un écho lointain aux temps actuels, l’idée leur est venue de mettre les textes en musique. Très vite; l’idée vient de composer des textes en français et non pas en anglais, le tout dans une esthétique résolument rock, dans la droite lignée des ainés Noir Désir ou Pony Pony Run Run. L’album a été fait à la maison, écrit, composé, enregistré et mixé dans le cercle des amis proches, en restant cloîtrés pendant le confinement, les 3 compères sont arrivés à un beau résultat rock. Tout s’efface fait suite à 2 EP d’expérimentations et démontre que la maturité est bien en route. Le premier single Mon accoutumance en fait l’éclatante démonstration avec une balade entre rock brut et nostalgie. De quoi préfigurer d’un album dans la même veine. Le trio fait preuve d’audace et de talent pour accoucher d’un album cohérent et hypnotique. Dans le clip du premier single, le  groupe  joue  face caméra tous décibels dehors, avec des plans larges filmés dans un hangar sous des lumières puissantes, tour à tour bleu pétrole et rouge éclatant.

Cancre est une nouvelle preuve de la vitalité du rock français, avec le concours du réalisateur Eric Digaire et Klet Beyer qui participe à la composition et enfin Florian Pardigon, ami d’enfance, qui enrichit la formation de sa participation. L’aventure ne faire que commencer et le trio pourrait gagner en notoriété grâce à leur musique puissante et décomplexée.

Vapa dévoile son nouvel EP 6 titres Venloer

Le producteur français Vapa présente son 3ème EP Venloer. La référence à la rue habitée à Cologne, Venloer Strasse, a beau être évidente, c’est plus compliqué que ça. L’EP accentue le propos artistique d’une manière plus concise, plus directe, pour aller à l’essentiel et exprimer une créativité à travers des titres puissants taillés pour le live. Entre Vitalic, Paul Kalkbrenner et ThylacineVAPA n’y va pas par 4 chemins.

Un EP musclé

L’artiste se nomme David et uk a été bercé dans un univers rock très seventies avant de passer au rap au collège et de découvrir le métal vers 17 ans. Il apprend alors la guitare en se servant de celle de son père cachée au grenier. Dés lors, il multiplie les rencontres et les jams, tout en testant plusieurs groupes plus ou moins concluants. Puis vient l’heure de la composition sur différents ordinateurs, il en profite pour composer la Bande son du court métrage d’un ami. Avec ses voyages de plus en plus nombreux, il multiplie les expériences et profite du temps des voyages pour faire quelque chose de nouveau. Le format audio l’interpelle et le fait réfléchir, avec des atmosphères électro qu’il cisèle selon ses gouts pour des résultats punchy. VAPA, c’est un écho à la fameuse phrase de ColucheVous n’Avez Pas d’AvisIls ne vous demandent pas votre avis, ou vous n’avez pas d’avis ?. Il sample cette phrase dans son premier titre Coluche et le socialisme en 2017. VAPA souhaite trouver des réponses pour que chacun devient maitre de son destin, trouvant une différence très claire et définitive entre les critique simple et l’action plus compliquée. Rester passif n’est pas pour lui une bonne solution, il pousse à prendre conscience pour agir et ne plus subir. Son premier titre est sorti en 2018, et déjà 23 singles sont parus sur 3 EP. Vapa a également collaboré avec Cross, Camille Sorel, Cabadzi, I Am Stramgram, Charlotte Cegarra, Mey, ATOEM, Obsimo, TRINIX, Calling Marian, DeLaurentis

David a déménagé à Cologne en Allemagne, ville culturelle et carrefour de la musique s’il elle en est. Il a rencontré beaucoup de musiciens en jams sessions ou en studio dans une ambiance très inspirante. Le premier titre rythmé, percussif, entraînant et techno Odonien montre la voie aux amateurs de fêtes tardives. Le single multiplie les variations et les textures pour se baser un riff puissant avec un groove hypnotique. Pour tout dire, ça déchire. Avis aux amateurs!

[Manga] Les enfants de la mer, tome 1 (Moonlight/Delcourt)

[Manga] Les enfants de la mer, tome 1 (Moonlight/Delcourt)

Comme de nombreux mangas incontournables, Les enfants de la mer s’offrent une réédition avec une très belle couverture semi-transparente. Ce premier tome nous plonge dans cet univers aquatique à la fois fantastique et contemplatif.

Quand Ruka fait la rencontre Umi et Sora, une sorte de fascination s’exerce immédiatement sur elle. Ces deux garçons ont été élevés par des dugongs, mammifères marins menacés d’extinction. Et lorsqu’ils sont dans l’eau, ils sont comme des poissons. Ces enfants de la mer semblent venus d’ailleurs…

Un manga intriguant et original, dont on a envie de découvrir la suite.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Ruka, une collégienne éprise de liberté, vit au bord de la mer. Pendant les vacances d’été, elle fait la connaissance de deux garçons, Umi et Sora, qui ont été élevés par des Dugongs, des mammifères marins menacés de disparition. Quand ils nagent dans la mer, ils donnent l’impression de voler et parfois se mettent à briller. Qui sont réellements ces deux garçons fascinants ?
Date de parution : le 19 octobre 2022
Auteurs
: Daisuke Igarashi (Scénario, Dessin)
Genre : seinen, contemplation
Editeur : Delcourt
Prix : 15,00 € (336 pages)
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