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Stronger ou les impacts insoupçonnés d’un choc post traumatique

Stronger
Stronger, film de David Gordon Green, Copyright Metropolitan FilmExport

Stronger ou les impacts insoupçonnés d’un choc post traumatique

Un Jake Gyllenhaal rajeuni et amaigri pour paraitre 10 ans de moins hante le film Stronger avec un éternel sourire pincé et une bonne volonté battue en brèche par ses démons intérieurs. Car en perdant ses deux jambes lors des attentats du 15 avril 2013 en marge du marathon de Boston, son personnage perd peu à peu pied au propre comme au figuré entre un traumatisme jamais vraiment pris en charge médicalement et une famille disfonctionnelle toxique. Si le film touche par son indéfectible sincérité et sa volonté d’aborder le sujet de front sans faux semblants, il finit néanmoins par tourner en rond mais bien heureusement sans parvenir à lasser le spectateur!

Un drame de l’ère moderne

En s’intéressant à Jeff, jeune homme issu d’une famille redneck US urbanisée mais toujours furieusement simpliste dans ses raisonnements, le réalisateur David Gordon Green confronte les visions du monde dans un grand maelström philosophique. Car si Jeff a tout du bon gars placide et bienveillant, sa mère alcoolique et excessive en tout manque de déteindre sur lui, agressant autant le spectateur que tous ceux qui entendent sa logorrhée patriote matinée de racisme primaire et d’américanisme basique. Le deuxième personnage principal du film est Erin, petite amie épisodique qui court le fameux marathon auquel Jeff est venu assister afin de la supporter. Ses sentiments lui font supporter l’insupportable, à savoir la famille de Jeff et cette mère cloitrée dans ses préjugés nauséabonds, avec une éternelle clope vissée au bec malgré ses incessants toussotements. Sans le savoir, cette dernière représente une Amérique imbue d’elle même, va-t-en guerre et incapable d’aucune remise en cause. Jeff est balloté entre un traumatisme dont il a peine à se remettre mais rien n’y fait, sa mère ne pense qu’à elle même sans savoir réellement se préoccuper de son fils. Quand Erin fait montre d’une patience infinie, cette mère reste figée dans ses certitudes primaires, personnifiant ainsi une certaine Amérique honnie d’une grade partie du monde.

Un film proche des évènements

Le film a été tourné à Boston peu après les évènements, moins de 5 ans après, faisant affronter les souvenirs personnels des figurants et d’une grand partie de la population. Le film s’inscrit dans la vie de la cité, faisant dérouler certains scènes dans les enceintes de hockey des Bruins ou de Base-ball des Red Sox. Au coeur de ce qui a été pendant longtemps le poumon économique de l’Amérique, c’est à une certaine idée de la fierté que le film confronte. Pendant que le héros sombre dans une rééducation sans motivation faute de prise en charge psychologique, le spectateur se questionne sur ce nouvel état du monde où les peuples se craignent sans se connaitre. Jake Gyllenhaal interprète comme toujours son personnage avec cette touche de faiblesse mêlée de volonté qui le rend si poignant. Et si le film baisse de rythme, c’est parce que la chute du personnage est lente et ô combien réaliste.

Stronger propose une aventure humaine où la volonté seule peut permettre de soulever des montagnes. Poignant et authentique, le film touche par sa sincérité.

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Stronger
Stronger

En ce 15 avril 2013, Jeff Bauman est venu encourager Erin qui court le marathon : il espère bien reconquérir celle qui fut sa petite amie. Il l’attend près de la ligne d’arrivée quand une bombe explose. Il va perdre ses deux jambes dans l’attentat. Il va alors devoir endurer des mois de lutte pour espérer une guérison physique, psychologique et émotionnelle.

Sortie : le 7 février 2018
Durée : 1h59
Réalisateur : David Gordon Green
Avec : Jake Gyllenhaal, Tatiana Maslany, Miranda Richardson
Genre : Drame, Biopic

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Outlander 3 : le voyage, enfin disponible en livre audio (Audible)

outlander Outlander 3 : le voyage, vient de sortir en livre audio

Audible vient de sortir le livre 3 : Le Voyage de la série fantasy Outlander, que vous connaissez peut-être pour son adaptation en série-télé disponible sur Netflix. Ecrit par Diana Gabaldon, Outlander est entièrement incarné par la voix de la comédienne Marie Bouvier, qui adopte des intonations différentes en fonction des personnages.

Dans ce troisième livre audio de la série, on retrouve nos héros en proie aux dilemmes. Pour mémoire, en traversant une brèche d’un menhir, Claire Beauchamp-Randall – infirmière de guerre en 1945 (et mariée à un certain Franck Randall) – s’est retrouvée au XVIIIe siècle ! Soit 200 années en arrière. Là, elle a dû faire face à Jack Randall (l’ancêtre de son mari) et pour lui échapper, elle a dû épouser un autre homme : Jamie Fraser. Elle découvre vingt ans après que son premier amour, Jamie, a survécu à une terrible bataille alors qu’elle le croyait mort. Claire va-t-elle vraiment remonter le temps pour retrouver son Jamie tant aimé ? Mais où est-il donc ? Est-il seulement vivant ? Claire vit avec Frank, son nouveau mari qui est parfaitement au courant de cette histoire incroyable. Même s’il a du mal à le digérer…

On ne spoilera pas mais autant dire qu’il ne sera pas facile d’interrompre sa lecture tout au long des 35h37min qui jalonnent ce troisième opus. Au rythme de la voix caméléon de Marie Bouvier, chaque chapitre dévoile son lot de rebondissements avec la richesse et la force descriptive propres à l’écrit. Une lecture qui offre suspens, angoisses et surprises, plaçant nos personnages au coeur d’un tourbillon d’incompréhensions, d’espoirs, de drames et de colères. Rien ne leur sera épargné.

Conclusion : une expérience audio à la hauteur

L’expérience du livre audio à travers des séries comme Outlander, Alien ou Game Of Thrones tient ses promesses. Que ce soit dans les transports en commun ou dans son lit, on voyage avec nos héros préférés qui ponctuent notre journée ! Mais attention, ne tombez pas amoureuse de notre Jamie ! Il va désormais falloir attendre la parution du quatrième volet, d’ores et déjà prévu pour le 8 mars 2018 dans le catalogue d’Audible.

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Le voyage (Outlander 3)

Vingt années se sont écoulées depuis le périple de Claire Beauchamp-Randall dans l’Écosse du XVIIe siècle. Si l’infirmière britannique a refait sa vie depuis, le souvenir de Jamie Fraser et des années tumultueuses vécues ensemble reste intact. Aussi, lorsqu’elle apprend qu’il a survécu à la sanglante bataille de Culloden ayant marqué la défaite de l’armée écossaise, elle se trouve confrontée à un terrible dilemme. En remontant une nouvelle fois le temps, retrouvera-t-elle celui qu’elle a quitté deux décennies auparavant ?

Fuite, tempêtes, intrigues politiques et prophéties étranges : la suite d’une série incontournable !

Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©1997 Baror International / Presses de la Cité pour la traduction française. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Philippe Safavi (P)2018 Audible Studios

Date de parution : le 25 janvier 2018
Auteur : Diana Gabaldon
Lu par : Marie Bouvier
Durée : 35h et 37 mn
Acheter sur : Audible

L’insulte, un film troublant sur les arcanes cachées de la haine

L'insulte
L’insulte, Film de Ziad Doueiri, Copyright Diaphana Distribution

L’insulte, un film troublant sur les arcanes cachées de la haine

D’une situation conflictuelle mais anecdotique entre deux hommes aux caractères peu commodes, le film L’insulte dévie vers un tableau sans concessions du Liban contemporain. Pays encore récemment en guerre et aux blessures jamais complètement refermées, le Liban accueille une proportion importante de réfugiés palestiniens qui génèrent encore beaucoup de crispations dans des communautés qui vivent ensemble sans forcément s’apprécier. La caméra de Ziad Doueiri s’attache à complexifier à dessein la situation à partir d’une base ultra caricaturale pour détricoter savamment le contexte et les tensions cachées. Un vrai travail d’orfèvre.

Un fait divers lourd de sens

Le film débute comme une énième fiction sur les avanies du quotidien. Un ouvrier palestinien se prend sur le cou de l’eau s’échappant d’une gouttière au dessus de lui. En levant la tête, il aperçoit un homme en train d’arroser sa terrasse. La gouttière n’est pas règlementaire, l’ouvrier consciencieux décide de proposer ses services au quidam pour la lui réparer gratuitement. Devant son refus plutôt hostile de le laisser entrer chez lui, l’ouvrier met en oeuvre une réparation rapide pour mettre la gouttière aux normes. Sans rien demander, il la découpe et la remplace par un système de raccordement au dispositif d’évacuation de l’immeuble, mais le quidam s’énerve et casse tout rageusement au marteau, invectivant vertement l’ouvrier qui l’insulte alors. Cette insulte triviale va devenir un noeud de friction entre les deux hommes et la situation va s’envenimer jusqu’à aboutir à un procès retentissant qui fera s’embraser les différentes communautés du pays. Continuer à résumer l’intrigue ne rendrait pas parfaitement justice à un film qui s’échine à brouiller les pistes sous une épaisse couche de préjugés et de silences pesants. Mais les deux acteurs principaux multiplient savamment les regards en coin et les attitudes belliqueuses pour entretenir le flou et tenir le spectateur en haleine tout du long. Car en plus d’être très bien ficelée, l’histoire tourne tout le monde en bourrique avec des retournements inopinés et des basculements d’opinion. Car comme nous l’apprend le film, il n’y a pas de coupables, juste des blessés de la vie qui continuent de vivre avec le poids de blessures cachées qui n’attendent qu’une étincelle pour exploser. L’insulte se suit à la fois comme un thriller et un western dans son ambiance de poudrière moyen orientale au carrefour des inimités et des rivalités. Entre Israel et la Syrie, avec l’Iran et l’Arabie Saoudite pas loin, le Liban est un petit pays forcément instable. Et quand le film se finit sur une note d’espoir avec une justice à l’écoute des susceptibilités et désireuses de maintenir la paix sociale, le spectateur ne peut que respirer.

L’Insulte est un vrai film de genre qui porte haut le cinéma souvent complexe et léché du Moyen-Orient. Une telle alternative aux films caricaturaux et souvent malheureusement tout semblables d’Hollywood ne se refuse pas. L’Insulte est un vrai bon film touchant et puissant qui ravira les esthètes et amateurs de cinéma exigeant.

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L'insulte
L’insulte

A Beyrouth, de nos jours, une insulte qui dégénère conduit Toni (chrétien libanais) et Yasser (réfugié palestinien) devant les tribunaux. De blessures secrètes en révélations, l’affrontement des avocats porte le Liban au bord de l’explosion sociale mais oblige ces deux hommes à se regarder en face.

Sortie : le 31 janvier 2018
Durée : 1h52
Réalisateur : Ziad Doueiri
Avec : Adel Karam, Rita Hayek, Kamel El Basha
Genre : Drame

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Avec le corps qu’elle a, un livre dérangeant et vrai sur la femme (Albin Michel)

Christine Orban

Avec le corps qu’elle a, un livre dérangeant et vrai sur la femme (Albin Michel)

Christine Orban sort un livre brûlant d’actualité, Avec le corps qu’elle a. Elle ne raconte nullement l’histoire d’un viol d’une femme, mais ce que vit cette jeune femme de vingt ans est sans doute autant traumatisant qu’un viol.

La domination perverse d’un homme

Gwendoline a onze ans quand sa maman, veuve se remarie. Pour elle, son beau-père, ancien ministre, ne sera jamais Huber (sans t), mais seulement BP. Sa mère aussi avait peur de BP. Mais jamais elle ne se révoltait. BP dominait, de façon perverse. C’était ainsi. Donc Gwendoline a subi aussi toute sa vie les remarques de son BP. Et cet homme qui se pensait surpuissant l’a complètement détruite et l’a réduite uniquement à un corps. Avec le corps qu’elle a, ça va être facile pour elle… Cette phrase va rester gravée au fond d’elle et va l’empêcher de devenir une femme épanouie. Au contraire, elle n’aura aucune confiance en elle alors que c’est une jeune femme brillante qui vient d’être publiée ! Un seul geste et une seule phrase de son BP auront suffi à détruire cette jeune femme. Une blessure psychologique invisible et enfouie au plus profond d’elle, une perte d’estime d’elle-même. Et ceci pour de nombreuses années…

Sa mère comme mauvais exemple

Chaque mot, chaque phrase, chaque situation vécue par cette jeune femme résonne en nous comme un cri de vérité. Aujourd’hui alors que la parole se délie et que des femmes crient au monde entier leurs souffrances, Christine Orban fait ressortir une vérité vraiment troublante. Comment dénoncer ce qui ne se voit pas, ce qui ne laisse aucune trace physique si ce n’est psychologique ? Il est facile de blesser quelqu’un avec seulement un mot, et encore davantage une jolie jeune femme qui a un corps qui attire tous les regards, malgré elle. Une femme réduite à l’état de corps, une simple attirance sexuelle. Ou même un morceau de corps car elle pose comme mannequin. Soit son cou soit ses pieds, soit ses mains sont photographiés. Elle est morcelée dans son corps comme dans son esprit. Même elle, elle ne se voit plus comme une personne intègre. Et l’attitude soumise de sa mère ne l’aide pas à se rebeller.

Christine Orban fait une très belle analyse d’une femme qui va parler à toutes les femmes, mais également à tous les hommes. Un beau portrait de femme, trop jolie pour avoir pu se réaliser en dehors de cette beauté toujours mise en valeur par les hommes qui l’entourent.

Avec le corps qu’elle a, un livre bouleversant qui pose les bonnes questions et qui montre d’un côté la fragilité de l’esprit humain et d’un autre la facilité du pouvoir de destruction possible… La complexité de notre condition humaine…

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Elle a vingt ans, et son premier roman vient d’être accepté par un éditeur.
Ce jour d’été, au bord de la mer, aurait dû être le plus heureux de sa vie, si Beau-Père ne l’avait pas réduite à un corps dont la beauté serait le seul atout. Debout, au-dessus d’elle, il lui avait lancé devant tous les invités : « Avec le corps qu’elle a, ça va être facile pour elle… » Ces mots vont fracasser son existence pendant des années et la mener au bord du gouffre.
Dans ce roman, Christine Orban explore, avec une grande sensibilité et des accents fitzgéraldiens, les « blessures invisibles » d’une jeune femme, et sa difficulté d’être elle-même dans un monde où triomphent les apparences et la domination masculine.

Date de parution : le 1er février 2018
Auteur : Christine Orban
Editeur : Albin Michel
Prix : 18 € (234 pages)
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Finding Phong, un documentaire fort sur la quête de soi

Finding Phong
Finding Phong

Finding Phong, un documentaire fort sur la quête de soi

Finding Phong est un documentaire qui se passe dans les temps actuels au Vietnam. Les 2 réalisateur suivent Phong, jeune homme qui se considère depuis toujours comme une femme emprisonnée dans un corps d’homme. Profondément malheureux de sa condition, il envisage la solution extrême du changement organique de sexe. Jouer à la femme ne lui suffit plus, il sent le besoin impérieux d’une modification intégrale. Le documentaire s’intéresse au personnage, à son état d’esprit et à sa famille pour un tableau doux amer de la société vietnamienne.

Une identité en construction

Le documentaire débute avec un Phong jeune, mince et déterminé. En tant qu’homme , il n’accepte pas sa place dans le monde. La caméra le suit dans son intimité, chez lui, en train de se filmer et de raconter à l’objectif sa déception de ne pas être né femme. Il sait qu’il pourrait jouer à la femme comme font beaucoup de ladyboys entre le Vietnam et la Thailande, jeunes hommes qui se manucurent, se coiffent et se maquillent jusqu’à ressembler à s’y méprendre à des femmes, sans en être vraiment. L’attitude ne lui suffit plus et il envisage la manière forte, l’intervention chirurgicale définitive qui lui enlèverait cette protubérance non désirée pour la remplacer par un vagin. Combien douloureux aussi bien physiquement que psychologiquement, le choix du changement de sexe s’impose devant la caméra des deux réalisateurs. Le documentaire offre un regard sur soi densifié du regard des autres jusque l’incompréhension d’une famille qui ne peut pas s’opposer. La mère de Phong écoute ses propos et tente de lui faire changer d’avis, en désespoir de cause. Puis le documentaire devient légèrement glauque lorsque Phong rencontre un chirurgien en Thailande qui lui explique par le menu les détails de l’opération. Photos et dessins à l’appui, le spectateur apprend comment procéder exactement. Les possibilités médicales semblent infinies et l’opération est devenue somme toute courante dans cette partie du monde. Mais par delà l’acte lui-même, le documentaire s’intéresse surtout à l’importance de la question de l’identité dans une société déphasée. Entre un conflit encore présent dans toutes les mémoires, les transformations de la société avec une urbanisation galopante, les sirènes du capitalisme et les doutes personnels, chacun doit trouver sa place, quelqu’en soit le prix.

Finding Phong est un documentaire touchant sur un parcours personnel fait de détermination et d’angoisse. Certains seront également un peu effrayés par cette solution extrême qui ressemble un peu à une impasse existentielle. Phong sera-t-il plus heureux en femme qu’en homme, c’est tout ce qu’on peut lui souhaiter.

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Finding Phong
Finding Phong

Phong, benjamine d’une famille de six enfants, a grandi dans une petite ville au centre du Vietnam. Depuis son plus jeune âge, elle s’est toujours considérée comme une fille prise au piège dans un corps de garçon. Lorsqu’à vingt ans elle rejoint Hanoi pour entrer à l’université, elle découvre qu’elle n’est pas l’unique personne à vivre cela. Caméra au poing, Phong décide alors de vivre en accord avec elle-même et amorce une métamorphose qui l’amène à affronter les peurs de sa famille, à éprouver la valeur de ses amis, puis à découvrir, telle une adolescente, les jeux de séduction et la sexualité… Le film accompagne Phong au plus près jusqu’à son ultime décision : doit-elle subir une opération chirurgicale de réattribution sexuelle ?

Sortie : le 14 février 2018
Durée : 1h32
Réalisateur : Phuong Thao Tran, Swann Dubus-Mallet
Avec : Acteurs inconnus
Genre : Documentaire

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Hôtel Feydeau : la pastille réussie et surréaliste de Georges Lavaudant

Hôtel Feydeau : la pastille réussie et surréaliste de Georges Lavaudant
Astrid Bas, Lou Chauvain, André Marcon, Manuel Le Lièvre, Gilles Arbona © Thierry Depagne

Hôtel Feydeau : la pastille réussie et surréaliste de Georges Lavaudant

Georges Lavaudant est à l’affiche de l’Odéon Théâtre de l’Europe après l’avoir dirigé de 1996 à 2007, avec un condensé de cinq pièce de Feydeau, toutes écrites en un acte et à la fin de sa carrière.

A partir d’un découpage enlevé et dynamique qui permet de passer d’une pièce (fragmentée à l’essentiel) à l’autre puis d’y revenir, sur un ton aussi acidulé que décalé, Lavaudant cristallise à l’envi la période de crise et son emballement où chacun des couples exposé s’affronte dans une surenchère de mauvaise foi et de répliques assassines.

Des couples donc et à chaque fois l’apocalypse : un mari qui rentre un peu trop tard d’un bal costumé en Louis XIV, un valet un peu abruti qui frappe à la mauvaise porte pour annoncer la mort subite de la belle-mère ou encore une impossible purgation de bébé en passant par une femme qui veut absolument que son mari porte sur la tête un pot de chambre qui n’a jamais servi !.

Un guerre des sexes

Et pour les incarner huit personnages sur scène : quatre hommes (Gilles Arbona, Benoît Hamon, Manuel Le Lièvre et André Marcon) et quatre femmes (Astrid Bas, Lou Chauvain, Grace Seri et Tatiana Spivakova), qui sont les couples que l’on rencontre dans Feu la mère de madame, On purge bébé !, Léonie est en avance et Mais n’te promène donc pas toute nue !.

La traversée débute par un prologue où John, le valet de chambres s’insurge contre sa maîtresse, voulant altérer d’un crachat  tous les potages des bourgeois de Paris et offre aussi un épilogue, le prologue étant tiré de Cent millions qui tombent, une pièce de Feydeau restée inachevée.

La langue, tranchante, mène le bal dans une danse infernale propice aux saillies à double sens, jeux de mots, et joutes verbales qui mettent à mal le couple réduit en l’absence de tout désir, à une provocation dominatrice et un constat d’impuissance.

Une folie surréaliste

Et dans cette fuite en avant aussi drôle que féroce, André Marcon, Gilles Arbona et Manuel Le Lièvre sont formidables de cocasserie.

Entre les pièces et leur télescopage, un intermède musical jazzy fait naître une chorégraphie avec les comédiens dans le pur esprit de « Palace » et sa folie surréaliste à l’instar du décor très réussi de Jean-Pierre Vergier avec son hall d’hôtel immaculé seulement meublé de huit chaises colorées, laissant de chaque coté apparaître deux portes prêtes à claquer.

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Dates : le 9 février 2018 l Lieu : Théâtre Montansier (Versailles)
Metteur en scène : Georges Lavaudant

La beauté du temps, un panorama des plus belles pièces horlogères (Flammarion)

La beauté du temps, un panorama des plus belles pièces horlogères (Flammarion)

François Chaille et Dominique Fléchon ont réalisé un superbe livre sur La beauté du temps. Vous le lisez comme une visite dans un musée. Un réel plaisir des yeux !

François Chaille est écrivain et passionné d’horlogerie. La beauté du temps n’est pas son premier chef-d’œuvre réservé au temps. Quant à Dominique Fléchon, il est expert en haute horlogerie et également historien.
Avec La beauté du temps, vous trouverez à la fois l’évolution de l’horlogerie dans le Monde et l’Histoire qui l’accompagne. Le tout accompagné de splendides photographies.
Le livre commence au Moyen-Âge pour se terminer au XXIe siècle. Vous allez retrouver l’évolution de la montre au fil des siècles : l’horloge à carillon, astronomique, la pendule murales à pois, des horloges de table miniature, des horloges-automates, des montres de poche, des pendules sur piédestal, des pendules baromètres, la montre  » oignon  » à réveil, le Cartel style Louis XIV, la montre à châtelaine, la pendule Louis XVI, le chronomètre de poche, la pendulette de voyage, la montre de poche extra plate, la pendule  » lyre « , la pendule de cheminée, la montre double-face, montre-broche art déco, la montre de poche à grande complication, la montre cadenas, et enfin la montre-bracelet.

L’évolution des pièces horlogères dévoilent l’évolution de la société et ses progrès techniques. Parallèlement à cette évolution de très beaux chefs-d’œuvre artistiques sont représentés comme ayant marqués l’Histoire.
C’est à la fois dans un contexte historique et technologique qu’a évolué le monde de l’horlogerie.

Ce très beau livre de près de trois cents pages, avec de magnifiques photos se lit comme une visite au musée. Le plaisir des yeux d’abord et ensuite l’explication historique. Un livre accessible à tous les passionnés d’horlogerie et/ou d’histoire.

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François Chaille, Dominique Fléchon
La Beauté du Temps
Flammarion, Hors collection – Architecture & design
Paru le 24/01/2018
Genre : Mode
280 pages, 75€ – 241 x 286 mm Couleur – Relié sous jaquette

Laisse tomber les filles, un livre passionnant sur les années 60 (Albin Michel)

Gérard de Cortanze

Laisse tomber les filles, un livre passionnant sur les années 60 (Albin Michel)

Gérard de Cortanze a choisi les années 60 pour son dernier livre Laisse tomber les filles. Si le titre est léger, le livre ne l’est pas.

Années 60 et la période yéyé

On suit l’histoire de quatre adolescents de 1963 à 2015. Soit à partir de leurs quinze ans. Ce retour en arrière est fabuleux ! Plein de petits détails de la vie quotidienne de cette époque nous ravisent. En découvrant toutes ces particularités, on a l’impression qu’on était à la préhistoire en 1963 ! Émergence de la télévision, en noir et blanc, réservée à une toute petite partie de la population, mode vestimentaire avec l’arrivée de la mini-jupe, évolution des mœurs avec la pilule… L’évolution de la femme démarre dans les années 60… Et Gérard de Cortanze en parle merveilleusement à travers son héroïne, Michèle. Les trois meilleurs amis sont tous amoureux d’elle. Il faut dire qu’elle est jolie, bien dans son corps, toujours contente et un brin féministe. L’histoire est sans cesse bercée par la musique de son époque. France Gall, Johnny Halliday, Les Beatles, les Rolling Stones, un nombre impressionnant de grands chanteurs avec leurs chansons phares prennent toute leur place au cœur du roman, grâce à François, complètement passionné de rock. Antoine, lui, est passionné par la politique. Quant à Lorenzo, c’est un passionné de cinéma et de littérature, et en même temps champion du 800m. Un pur intellectuel, sportif… Michèle vit une histoire d’amour avec chacun d’eux, secrètement et conjointement !

Mai 1968 au moment du Bac

Et puis, arrive 1968. Même si ce sont tous des banlieusards, ils vont s’arranger pour être présents lors des manifestations… Chacun manifeste à sa façon ! On revit les terribles affrontements de 68, les rêves des étudiants et les vagues de protestation et de violence qui ont duré plusieurs semaines. Tout ça pour ça, a-t-on envie de dire…
Et puis, on va surtout s’intéresser à Michèle. A sa façon de vivre, à ses amours. C’est une femme libérée qui ne supporte pas de se sentir prisonnière. Incapable de se fixer longtemps avec la même personne et encore moins de  » sacrifier  » sa vie à l’éducation d’un enfant. Une femme moderne ?

Années jusqu’à 2015

Laisse tomber les filles reste un roman original car son histoire est peu commune et reflète merveilleusement les années 60. Même si les  » mousquetaires  » vieillissent et connaissent les attentats de janvier 2015, leurs meilleures années restent celles de leur adolescence. Ils en parlent, à l’approche de leur soixantaine, avec beaucoup de nostalgie. Si au moment de l’adolescence, les jeunes n’ont pas la conscience de vivre une période unique, elle le devient au fil des années !

Gérard de Cortanze a réalisé un livre vraiment passionnant qu’il faut lire en écoutant sa bande originale composée de 98 titres, 3 CD des plus gros succès des années Yéyé ! A acheter ici !
Un vrai moment de bonheur !

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Le 22 juin 1963 à Paris, quatre adolescents assistent, place de la Nation, au concert donné à l’occasion du premier anniversaire de Salut les copains. Trois garçons : François, rocker au coeur tendre, tenté par les substances hallucinogènes ; Antoine, fils d’ouvrier qui ne jure que par Jean Ferrat ; Lorenzo, l’intellectuel, fou de cinéma et champion de 800 mètres.
Une fille : Michèle, dont tous trois sont amoureux, fée clochette merveilleuse, pourvoyeuse de rêve et féministe en herbe.
Commencé au coeur des Trente Glorieuses et se clôturant sur la « marche républicaine » du 11 janvier 2015, ce livre pétri d’humanité, virevoltant, joyeux, raconte, au son des guitares et sur des pas de twist, l’histoire de ces baby-boomers devenus soixante-huitards, fougueux, idéalistes, refusant de se résigner au monde tel qu’il est, et convaincus qu’ils pouvaient le rendre meilleur.

Date de parution : le 3 janvier 2018
Auteur : Gérard de Cortanze
Editeur : Albin Michel
Prix : 22,50 € (438 pages)
Acheter sur : Amazon

 

[TEST] Quitoque : le panier repas qui change ta vie

panier repas
Quitoque : le meilleur du panier repas ?
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Quitoque, le panier repas idéal ?

La révolution est en marche ! Finie la fameuse liste de course du dimanche soir où l’on se torture l’esprit pour trouver des idées de menu originales qui pourraient égayer nos assiettes et où l’on essaie de ne rien oublier pour ne pas avoir à retourner quatre fois au supermarché. Oui, parce que maintenant, il y a des paniers repas ! Ces livraisons faites pour nous faciliter le quotidien avec tous les produits dont on a besoin pour préparer de bons repas, avec des ingrédients de qualité et toutes les recettes détaillées pour ne jamais se tromper ! Et pour Publik’Art, on a décidé de tester Quitoque. Impossible de passer à côté en ce moment ; Quitoque est partout, mais est-ce qu’ils nous vendent juste du rêve ou on tient vraiment LE panier repas à commander à tout prix ?

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Panier DUO : 39 € pour 2 recettes ou à partir de 57 € pour 4 recettes

Panier TRIO : 69 € pour 4 recettes

Panier FAMILLE (4-5 pers.) : 79 € pour 3 recettes ou 109 € pour 4 recettes

Note globale obtenue : 4,8/5

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Pour le test, on a choisi la formule famille (pour 4-5 personnes) avec 5 repas pour la semaine. Un gros carton contenant tous les ingrédients nous a été livré par Chronopost, en respectant la chaine du froid, le jour et à l’heure que nous avions choisi : très pratique !

Au menu, en ce qui nous concerne, nous avions :

  • Crevettes panko, riz et légumes au soja
  • Filet mignon de porc à l’ananas
  • Escalopes de dindes roulées au chèvre
  • Céréales au potimarron rôti et jambon croustillant
  • Gratin aux pleurotes et crème de pecorino

Nous avons eu également la possibilité de tester deux des options qu’ils proposent : « les fromages de nos régions » (11,90 €) et « des desserts qui vont vous plaire » (9,90 €).

[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Un panier repas énorme et magique à la fois

Première impression en voyant le carton : Ouah ! C’est énorme et magique à la fois ! Mieux qu’un cadeau sous le sapin, on n’a qu’une envie découvrir tout ce que l’on a à l’intérieur.

Et lorsque l’on déballe tout cela, on est loin d’être déçu ! Tout est soigneusement emballé en fonction de sa catégorie (viandes, légumes, produits secs…). A la fin, le réfrigérateur est plus que rempli et on a plus qu’une seule envie : cuisiner, surtout si l’on épluche le livret de recettes, comme on le ferait avec un livre de cuisine.

#onnemangepasquedespâtescheznous

On a bien entendu réaliser toutes les recettes, en prenant quelques libertés parfois (oui on l’avoue les brocolis sont toujours dans le frigo) mais dans l’ensemble, on s’est plutôt bien débrouillé ! Nos plats ressemblaient à leurs photos, et on n’était pas peu fier de çà ! (photos à la famille en mode vous avez vu comme on est forts #onnemangepasquedespâtescheznous obligent)

On n’était tellement motivé que les trente minutes passées aux fourneaux n’étaient finalement plus un obstacle ou une corvée ! On vous le redit, une véritable REVOLUTION ces paniers repas Quitoque !

panier repas
Filet mignon de porc à l’ananas

Au niveau des quantités, on en a eu largement assez ! Les bons mangeurs seront repus et les petits pourront se resservir toute la semaine !

Pour les fromages que nous avons testés en plus, c’est vraiment top : trois fromages différents, originaux et en direct du fromager parfait pour finir le repas. Quant aux desserts reçus également en plus, c’est très bon, mais moins extraordinaire même si on vous propose des marques que l’on ne trouve pas en supermarché !

Et le prix ? Salé ? Et bien non, 109 euros pour 5 recettes pour 5 personnes, c’est 4,36 euros par repas et par personne ce qui est plus que raisonnable ! Les petites options proposées (desserts, fruits frais, petit-déjeuner, fromages) tournent elle autour des 10 euros, ce qui est aussi très correct !

Quitoque a donc été pour nous une très belle découverte gustative et surtout un nouveau Life Style comme le disent si bien les jeunz. On adore, on adopte !

Le Béjart Ballet Lausanne visite la capitale pour 5 représentations exceptionnelles de La Flute Enchantée au Palais des Congrès du 7 au 11 février

Béjart Baller Lausanne La Flute Enchantée
Béjart Baller Lausanne La Flute Enchantée, Palais des Congrès

Le Béjart Ballet Lausanne visite la capitale pour 5 représentations exceptionnelles de La Flute Enchantée au Palais des Congrès du 7 au 11 février

Grand oeuvre de Mozart, La Flute Enchantée ne cesse d’inspirer les plus grands créateurs pour des oeuvres lyriques, musicales ou dansantes qui marquent leur temps. L’opéra chanté en allemand a beau daté de 1791, il reste d’une cruciale actualité avec son alternance de scènes magiques et comiques qui entrainent les auditeurs dans une sarabande d’airs ultra connus. Si l’Air de la Reine de la Nuit est devenu un des hymnes classiques les plus universellement écoutés, le déroulé de l’oeuvre en son entier ravit et enchante. Quand le Béjart Ballet Lausanne prend résidence au Palais des Congrès 5 soirs de suite, il faut accepter de braver le froid et la neige pour un vrai moment de magie.

Un héritage artistique toujours intact

10 ans après la disparition de son créateur, le Béjart Ballet Lausanne conserve toute sa légitimité avec un spectacle rassemblant près de 40 danseurs provenant de 18 pays à travers le monde, comme par exemple les Etats-Unis, la France et la Biélorussie. Un brassage culturel qui aboutit à une troupe soudée et animée de la même passion. La création du ballet en 1978 s’est depuis toujours accompagnée de la même fraicheur avec des danseurs âgés de 20 à 25 ans attirés comme des papillons de nuit pat la figure du maitre chorégraphe. Le nouveau directeur Gil Roman tient à conserver cette attraction de la danse et ça se voit sur la scène du Palais des Congrès. Les danseurs s’approprient l’oeuvre exigeante de Béjart avec des sauts acrobatiques et des tours très rapides. Les danseurs enchainent les tableaux accompagnés par une musique enregistrée faisant légèrement regretter l’absence d’un orchestre en direct avec ses chanteurs. Mais l’accent est mis sur la danse et les personnages légendaires de Tamino, Pamina et Papageno enchainent les performances sur une scène transformée en univers magique. Les oeuvres plus récentes du ballet sont moins demandées, faisant regretter une certaine frilosité des salles envers les créations plus originales. Mais Mozart ne se retourne pas dans sa tombe et son oeuvre est totalement respectée avec cette appropriation merveilleuse d’un déroulé qui ne cesse d’émerveiller le public à travers les âges. Se retrouver à écouter La Flute Enchantée avec un ballet dansant en même temps, c’est un moment forcément magique à ne pas bouder.

La Flute Enchantée au Palais des Congrès est une occasion unique d’admirer une oeuvre dansée flamboyante qui n’économise pas des danseurs visiblement heureux de se retrouver ensemble sur la scène. Les airs éternels accompagnent des chorégraphies exigeantes qui mettent à rude épreuve les physiques gracieux et musclés des interprètes. Ne reste plus qu’à se rendre Porte Maillot malgré le froid et les conditions difficiles de circulation pour obtenir la récompense si attendue et profiter d’un spectacle qui marque la saison artistique parisienne.

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Dates : du 7 au 11 février 2018 l Lieu : Palais des Congrès (Paris)
Metteur en scène : Maurice Béjart l Avec : prénoms noms

Hate to love, une romance sombre de Penelope Douglas (Harper Collins)

Hate to love, une romance sombre de Penelope Douglas (Harper Collins)

 

Dans Hate to love, on fait la rencontre de Ryen et Misha. Maintenant adolescents, ils s’écrivent depuis plus de sept ans. Ils n’habitent qu’à une cinquantaine de kilomètres l’un de l’autre mais ne se sont jamais rencontrés. Jusqu’au jour où Misha change d’identité et de lycée. Lui la reconnaît du premier coup d’œil mais pour Ryen, il n’est que le nouveau un peu étrange qui l’effraye.

Des personnages attachants

Ryen et Misha n’ont rien des personnages de romance habituels, ce sont des antihéros et c’est ce qui leur donne ce petit plus qui les rend attachant. Ryen n’a rien de l’adolescente douce que tout le monde aime, Misha n’a rien de l’adolescent au cœur d’or qui chante pour conquérir la fille qu’il aime. Mais ils sont comme une bouée de secours l’un pour l’autre, jusqu’au jour où ils se rencontrent et découvrent qui ils sont vraiment.

Une romance sombre

Leur relation commence sur un mensonge. Si lui sait qui elle est, elle n’en a aucune idée. Pour elle, il n’est que Masen, le nouveau un peu bizarre.
Pendant leurs années de correspondance, Ryen se décrit à Misha comme la fille qu’elle aimerait être. Elle lui jure son mépris pour la pom-pom girl populaire qui préfère s’en prendre au plus faible que de descendre d’un cran sur l’échelle sociale et risquer qu’on ne l’aime plus, sans lui dire que la pom-pom girl qu’elle ne supporte plus, c’est elle. Entre moments de doutes et de culpabilité, Ryen devient plus humaine au fil des pages, jusqu’à toucher du doigt celle qu’elle a toujours voulu être.

Une évolution vers la noirceur

L’originalité de Hate to love n’est plus à débattre, c’est une romance comme on en voit rarement. Les premiers chapitres peuvent être déroutants puisqu’on passe d’une ambiance assez légère, où on en apprend un peu plus sur la relation qui unit Misha et Ryan, à une atmosphère très clairement sombre. En l’espace d’une page, c’est tout le roman qui bascule. S’il faut quelques chapitres au lecteur pour s’acclimater à ce changement, c’est sans doute pour le mieux car c’est ce qui fait de Hate to love un roman aussi original et prenant.

La plume de Penelope Douglas est rythmée et nous tient en haleine jusqu’à la révélation finale.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Ils étaient faits l’un pour l’autre… jusqu’au jour où ils se sont rencontrés

Depuis plus de sept ans, Misha et Ryen échangent des lettres. Des lettres dans lesquelles ils se racontent, se livrent, se soutiennent. Une seule règle : ne jamais chercher à se rencontrer. Un interdit qui a convenu à Misha pendant toutes ces années. Il n’a pas besoin de connaître le visage de Ryen pour qu’elle soit sa muse, son inspiration, celle pour qui il écrit ses chansons et, quelque part, son âme sœur. Mais, un soir, il croise une jeune fille dont les goûts excentriques se rapprochent un peu trop de ceux que Ryen lui a décrits dans ses lettres pour que ce soit une coïncidence… Et alors, face à cette jeune fille d’une beauté solaire, renversante, Misha n’a aucun doute : il sait que c’est elle. Maintenant, impossible de résister, il doit s’approcher. Quitte à ne jamais révéler à Ryen qui il est vraiment. Et quitte à découvrir une Ryen bien différente de l’idéal qu’il s’était imaginé…

Date de parution : le 2 novembre 2017
Auteur : Penelope Douglas
Editeur : Harper Collins
Prix : 14,90 € (468 pages)

Le musicien nigérian Femi Kuti revient avec un nouvel album, One people, One World.

Femi Kuti, One People One World
Femi Kuti, One People One World

Le musicien nigérian Femi Kuti revient avec un nouvel album, One people, One World

Femi Kuti fera paraitre son 10e album One People, One World le 23 février prochain pour creuser le sillon de l’afrobeat. Ce cocktail de jazz, de funk et de musique africaine traditionnelle popularisé dans les années 70 par son père Fela Kuti n’a rien perdu de sa pertinence en relayant un discours de paix et de partage toujours d’actualité. Le clip de One World illustre la multiplicité des influences pour une musique qui pioche autant dans le R&B que dans le reggae et la musique africaine. En s’impliquant dans la politique de son pays, Femi Kuti milite pour un système plus sain et moins marqué par la corruption. Nommé porte-parole de l’UNICEF pour la défense des droits des enfants, Femi Kuti fait montre d’une générosité qui se ressent dans sa musique, lui habitué des concerts de plus de 5 heures non stop terminés au bord de l’épuisement. Enregistré à Lagos au Nigéria, l’album voit l’éternel groupe d’accompagnement de Femi Kuti l’accompagner, Positive Force.

One People, One World ne cache pas son message politique, quitte à naviguer dans un angélisme assumé. Fémi Kuti milite pour la fin des conflits stériles et l’accession vers une unité mondiale. La section de cuivres insistante souligne la voix honnête et familière  du chanteur. Les musiciens font entendre leurs instruments sans temps mort, Awomolo Opeyemi à la guitare, Andrew Aghedo à la basse et Ayodele Alaba à la batterie.

Evoquant des forces supérieures qui lui donnent ce don de jouer de la musique et de la laisser couler hors de lui, Femi Kuti perpétue la mémoire familiale en ne cessant de jouer et de composer, lui qui a battu le record mondial Guinness de la note la plus longue jouée sur un sax avec une performance de 51 min 35 secondes le 15 mai 2017. Impressionnant.

One People One World est un album sorti chez  Partisan / Knitting Factory.

Une Kate Winslet prodigieuse dans le nouveau film de Woody Allen Wonder Wheel

Wonder Wheel
Wonder Wheel, film de Woody Allen, Copyright Mars Films

Une Kate Winslet prodigieuse dans le nouveau film de Woody Allen Wonder Wheel

Depuis toujours, Woody Allen a pris la bonne habitude de réaliser un film tous les ans pour des résultats qui varient du passable au très bon. Qui ne manque jamais ce rendez-vous annuel sait que l’ambiance varie entre comédies plutôt légères et films plus sombres, voire dramatiques. Wonder Wheel s’inscrit dans la deuxième catégorie avec une héroïne tiraillée entre rêves déçus et réalité désenchantée. Kate Winslet est au centre du film et devient une nouvelle égérie allenienne dans la droite lignée de Cate Blanchett dans Blue Jasmine. Son personnage illumine le film grâce à une prestation flamboyante qui subjugue le spectateur.

Un scénario simpliste au coeur des années 50

Dans l’imaginaire américain, les années 50 correspondent à un âge d’or incessamment évoqué au cinéma depuis American Graffiti de George Lucas sorti en 1973. Woody Allen y situe l’action de Wonder Wheel en se concentrant sur l’envers du décor avec 4 outsiders qui vivent en marge du rêve américain. Ginny (Kate Winslet) est au centre du dispositif, mère divorcée et remariée qui n’a jamais pu réaliser son rêve de percer dans le monde du showbiz. Son nouveau mari Humphy (James Belushi) gère un manège dans le parc d’attractions de Coney Island et loue un appartement juste en face de la grande roue, cause de tourments pour son épouse fatiguée du bruit continuel et sujette à d’incessantes migraines. Préoccupée par son fils Richie (Jack Gore) pyromane en herbe, Ginny s’éprend du séduisant maitre nageur Mickey (Justin Timberlake) et espère pouvoir partir avec lui pour enfin trouver le bonheur. Mais l’irruption de la fille d’Humphy Carolina (Juno Temple) remet tout en cause. Plus jeune et plus séduisante qu’elle, Carolina devient une rivale pour Ginny en s’accaparant les bonnes grâces d’Humphy et bientôt de Mickey. Woody Allen imagine un scénario digne d’un soap opéra mais sait y apporter les quelques touches dramatiques nécessaires et inopinées pour pimenter le tout. Et pour cela, il se base comme souvent sur des acteurs en grande forme.

Kate Winslet au firmament

Wonder Wheel aurait atteint le niveau passable sans plus de Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu ou L’homme irrationnel s’il n’y avait eu Kate Winslet pour livrer une prestation rien de moins que faramineuse. Tout à tour charmeuse et névrosée, elle se débat avec une existence qui la dépasse pour finalement faire un choix irrémédiable. Pleine de bonne volonté, désireuse d’empêcher son mari de boire et de soigner son fils pyromane compulsif, elle franchit la ligne rouge en devenant épouse adultère pour voir finalement ses rêves de nouvelle vie s’envoler avec l’irruption d’une belle fille contre qui elle n’a pas les armes de la beauté et de la jeunesse pour lutter. Wonder Wheel, littéralement la roue magique, est un miroir aux alouettes qui contemple les protagonistes sans jamais pouvoir réaliser leurs rêves. Et Kate Winslet se débat tant et bien contre un destin contraire qu’elle livre une prestation éblouissante devant la caméra du réalisateur qui multiplie les gros plans pour bien saisir l’intensité de son jeu. Elle éblouit et permet au film de s’élever parmi les très bons crus du réalisateur.

Qui a vu le film Carnage de Roman Polanski sait déjà à quel point Kate Winslet sait se transcender devant un réalisateur de talent. Wonder Wheel ne déroge pas à la règle et malgré son scénario simpliste, il atteint des sommets grâce à un casting de qualité. A 82 ans, Woody Allen sait y faire pour bien s’entourer et diriger ses acteurs de main de maitre. Cate Blanchett avait reçu l’oscar en 2014 pour son rôle dans Blue Jasmine, Kate Winslet le mériterait bien également!

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Wonder Wheel
Wonder Wheel

Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l’effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses.

Sortie : le 31 janvier 2018
Durée : 1h41
Réalisateur : Woody Allen
Avec : Kate Winslet, James Belushi, Juno Temple
Genre : Drame

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Samuele s’affirme avec son album Les Filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent
Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

Samuele s’affirme avec son album Les Filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

La jeune auteure compositrice interprète Samuele a sorti en 2017 l’album Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent écouté récemment et dont je ne peux pas m’empêcher de vous parler. Sa voix gouailleuse s’accompagne de la batterie de Jean-Sébastien Brault-Labbé, de la guitare de Julie Miron et de la basse de Alex Pépin pour des morceaux doux amers au réalisme saisissant. La chanteuse semble plus réciter ses textes que véritablement chanter pour bien insister sur le contenu poétique des chansons plutôt que sur une virtuosité vide et superficielle.

Après un premier album sorti en 2011 intitulé Z’album et porté par l’hypnotique morceau Le goût de rien, c’est l’heure de confirmer l’essai avec 11 chansons qui naviguent dans une poésie touchante et surtout interpellante. Ces histoires d’amour déçu font penser à un cri de révolte que beaucoup comprendront car la chanteuse parle avec le coeur et un langage direct. Encore insuffisamment connue sur la scène nationale, la chanteuse a pourtant fait du chemin pour affirmer une singularité qui commence à éclore auprès du grand public. Demi-finaliste au Francouvertes 2015, vainqueur de la finale du Festival international de la chanson de Granby, elle pourrait faire son trou cette année armée de son excellent album au titre si évocateur. La songwriteuse a la sincérité chevillée au corps et son authenticité pour convaincre en tambour. Sa voix éraillée agrémente des chansons comme des tranches de vie. Son absence de complexe lui font revendiquer des textes engagés qui parlent d’amour et de partage. Déjà dans le Gout de rien, quand elle répétait comme un mantra Sers moi fort, on ne pouvait que la croire. La chanteuse interprète des textes en français qui résonnent aux oreilles de l’auditeur pour une vraie belle expérience musicale. Un album à écouter et découvrir!

 

Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent produit par
InTempo Musique

Keep me in mind, une bataille contre soi-même de Jaime Reed (La Martinière Jeunesse)

Keep me in mind, une bataille contre soi-même de Jaime Reed (La Martinière Jeunesse)

Suite à une chute et un traumatisme crânien, Ellia Dawson a oublié les deux dernières années de sa vie et jusqu’à l’existence même de Liam, son petit-ami. Alors que ses parents y voient une occasion de la formater pour être la fille qu’ils ont toujours espéré, Ellia tente de trouver le juste milieu entre celle qu’elle est et celle qu’on attend qu’elle soit. Liam, quant à lui, essaye de laisser à sa petite-amie (ou ex-petite-amie) autant de temps et d’espace que nécessaire, mais personne ne leur a fourni de mode d’emploi. Liam décide alors d’écrire leur histoire, dans l’espoir qu’Ellia retrouve sa mémoire.

Une tragédie à grande étendue

Les points de vues alternent d’un chapitre à l’autre. Chacun leur tour, Ellia et Liam partagent leur histoire. On découvre alors que la victime première d’une tragédie n’en est pas la seule touchée. Si c’est Ellia qui a dû vivre un traumatisme crânien, des visites régulières à l’hôpital et une perte de mémoire de près de deux ans, c’est tout son entourage qui en subit les compétence. Tous doivent apprendre à vivre avec la nouvelle Ellia, accepter que certains ne sont pour elle que des inconnus.

Apprendre à vivre à nouveau

Ellia ne se reconnaît pas dans les anecdotes qu’on lui raconte. Des moments de sa vie qu’elle a oubliés mais surtout, qu’elle a du mal à imaginer. Pour elle, qui se voit toujours comme une collégienne de troisième, à la vie bien rangée et prête à accomplir les rêves de ses parents.
Mais quand Stacey, sa meilleure amie de toujours, la seule dont elle se souvienne, et Liam tentent de combler ces deux années de vide, Ellia découvrir une lycéenne, une adolescente casse-cou et prête à tout pour défier l’autorité de ses parents. Elle ne sait plus conduire, a oublié qu’elle rêvait de faire de la mode sa carrière et ne sait plus comment se comporter avec un garçon qui se dit son petit ami mais qui reste un inconnu.

Une bataille contre sa propre image

Ellia se bat contre elle-même, contre l’image erronée que ses amis et ses parents ont d’elle, contre les rêves de ses parents de la transformer en petit soldat, contre tout ce qu’on attend d’elle. Alors qu’elle se fait de nouveaux amis et s’apprête à débuter une nouvelle vie, Ellia ne sait plus vraiment quoi faire de l’ancienne. Keep me in mind nous fait réfléchir jusqu’à la fin, pose les bonnes questions et ne fait qu’en suggérer les réponses.

La principale question du roman, qu’on garde en tête jusqu’à la dernière ligne, reste sans réponse : vaut-il mieux avoir oublié les deux dernières années de son existence ou ne plus être reconnu par la personne qu’on aime ?

Une écriture fluide et entraînante

La plume fluide de Jaime Reed, une écriture simple et entraînante font de Keep me in mind un roman complet et étrangement léger, compte tenu du sujet abordé. Les personnages sont profonds et on comprend leurs peurs, leurs motivations et ce qui les fait avancer chaque jour. On découvre le quotidien de tous ceux qui ont été et sont toujours affectés par la perte de mémoire d’Ellia.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Lorsqu’elle se réveille sur son lit d’hôpital, Ellia ne reconnaît pas le garçon assis à côté d’elle.
Il s’agit pourtant de Liam, son petit ami depuis deux ans.
Son petit ami ? Ellia n’en a aucun souvenir. Elle se souvient de son propre prénom. De ses parents. Et de sa meilleure amie. Elle se souvient qu’elle rêve de travailler dans la mode. Mais pas d’avoir aimé Liam.
Et plus celui-ci essaie de la convaincre, plus elle peine à y croire.
Alors Liam, dévasté, se lance pour elle dans l’écriture de leur histoire commune. Ainsi pense-t-il faire renaitre les sentiments d’Ellia pour lui.
Mais leur histoire est-elle vraiment celle qu’il croit avoir vécue ?
Et si, finalement, celle-ci n’avait été qu’un leurre destiné à dissimuler leurs histoires respectives ?

 » Un puissant voyage sur le chemin de la découverte de soi et de la renaissance. » (Kirkus reviews)

Date de parution : le 5 octobre 2017
Auteur : Jaime Reed
Editeur : La Martinière Jeunesse
Prix : 16 € (336 pages)
Acheter sur : Amazon

Le groupe The Buttshakers revient avec son nouvel album survitaminé Sweet Rewards

 

The Buttshakers
The Buttshakers

Le groupe The Buttshakers revient avec son nouvel album survitaminé Sweet Rewards

Difficile de croire que le collectif The Buttshakers existe déjà depuis plus de 10 ans tant le groupe a réussi à conserver sa fraicheur primale pour dégager une énergie communicative et réjouissante avec toujours autant de peps! L’absence de lassitude se ressent immédiatement dans l’album Sweet Rewards à paraitre le 18 février prochain sur Underdog Records. Et le groupe réussit à marier sa folie douce avec l’actualité la plus rude comme le montre parfaitement le premier extrait In the city. Le groupe pointe du doigt les violences policières aux states et les émeutes avec la projection d’images sans détours pendant ses concerts, le moyen d’envoyer un message d’espoir et de solidarité à travers les eaux de l’Atlantique. La surénergétique chanteuse Ciara Thompson mène toujours la danse entourée d’une section rythmique digne des plus riches heures de la Motown. Cuivres, percussions, il n’y a plus qu’à sauter en rythme. Les plus férus de voix féminines chaudes et puissantes se rappelleront des représentantes les plus illustres des années 60, Janis Joplin et Tina Turner en tête, pas de chichi, juste de l’intensité hypnotisante et communicative. Et comme la chanteuse aime autant évoluer dans les ambiance Rock, Funk que Soul, le voyage musical laisse exsangue. Ne l’ayant jamais vu sur scène, j’imagine fort bien le déferlement de décibels subi par le public toujours plus demandeur.

L’album Sweet Rewards reproduit fidèlement la magie sonore déjà préssentie dans les très bons albums précédents tels Night Shift ou Soul Kitchen en mêlant toujours aussi magiquement les influences musicales. Les 9 titres de l’album déversent une énergie communicative qui réveillerait n’importe quel bougon du monde. Si In The City fait sautiller votre neurone musical, les autres titres vous toucheront tout autant pour un album à découvrir dès la mi-février! Le morceau Sweet Rewards débute l’album dans une ambiance Soul digne des Supremes avant qu’In the City ne prenne la suite avec son ambiance contestataire et la voix de Ciara Thompson qui commence à s’envoler. What you say lâche les chevaux avec une guitare funky qui fait frétiller le popotin. Movin on est tout de suite plus rock seventies. Hynopitzed envoie la sauce avec sa petite guitare funky. Tax Man n’est pas une adaptation des Beatles et emmène l’auditeur du côté de la Soul cuivrée. Trying to Fool se balade du côté de la Motown avec des cuivres en roue libre et Roll Miss Roll propose une pause pop bienvenue pour reprendre un peu son souffle. Weak Ends finit l’album sur les chapeaux de roue, sans faiblesse ni temps mort, c’est même ambiance total Freak Out, parfait pour finir l’album avec la pêche!

Sweet Rewards est un album produit par Underdog Records.

Des mots et des notes pour raconter Horowitz, le pianiste du siècle

Horowitz, le pianiste du siècle
Horowitz, le pianiste du siècle, mise en scène de Steve Suissa, Salle Gaveau

Des mots et des notes pour raconter Horowitz, le pianiste du siècle

La Salle Gaveau a connu un moment littéralement hors du temps en accueillant Francis Huster et Claire-Mary Le Guay le samedi 3 février pour aviver le souvenir de Vladimir Horowitz, considéré comme le pianiste le plus emblématique du XXe siècle. Un comédien d’exception accompagné d’une pianiste prodige n’étaient pas de trop pour narrer en mots et en musique l’existence de l’interprète virtuose du Concerto n°1 de Tchaikovsky et ami personnel de Rachmaninoff. De sa naissance en Ukraine jusqu’à sa reconnaissance mondiale en passant par l’exil américain et le long fil de disparitions tragiques qui parcourut sa vie, c’est à une véritable histoire du XXe que se livre l’éblouissant duo plus d’1h30 durant.

Une scène et un piano

La prestigieuse Salle Gaveau avait accueilli Vladimir Horowitz en concert des décennies auparavant, il était donc tout naturel que le spectacle Horowitz le pianiste du siècle s’y tienne. La scène est sobrement meublée, ne contenant qu’un inévitable et majestueux piano noir Steinway & Sons et deux simples sièges. Un écran projette des images de celui que les spécialistes surnommaient respectueusement L’ouragan des steppes. Lorsque Francis Huster et Claire-Marie Le Guay prennent possession des lieux, le public peut enfin se mettre en lévitation. Le célèbre comédien arpente les planches pour évoquer une vie de musique, de passion et de tragédies. Vladimir Gorowitz nait à Kiev en 1903 dans une famille bourgeoise où la musique joue une très grande part. Très tôt initié au clavier, il n’est pas considéré par ses professeurs comme un enfant prodige, son caractère entier, sa ténacité et la chance aussi le feront devenir le Roi des rois parmi les pianistes sous le nom d’Horowitz. Le comédien enchaine anecdotes et souvenirs pour brosser un portrait tout en délicatesse d’un homme torturé, marqué par les drames qui jalonneront sa vie. Si les rencontres avec le chef d’orchestre italien Arturo Toscanini, le compositeur français Maurice Ravel ou le rival et ami Arthur Rubinstein sont narrées avec truculence, ce sont bien des disparitions tragiques qui le laisseront profondément blessé. Frères et soeurs pendant l’avènement de la Russie soviétique, mère adorée, et surtout sa fille Sonia disparue à 40 ans, le génial pianiste cachait-il sa souffrance en se plongeant totalement dans le piano, Francis Huster évoque cette possibilité de sa voix si particulière.

Des interprétations virtuoses

Si le comédien fascine par son récit habité, la pianiste Claire-Marie Le Guay captive par ses interprétations des morceaux les plus emblématiques interprétés en leur temps par Horowitz. Récits et exécutions au clavier alternent avec grâce sans jamais se phagocyter. Et les amoureux de piano ont pu se régaler du jeu tout en subtilité de la pianiste. Schumann, Liszt, Rachmaninoff, Tchaikovsky, ScriabineRavel et surtout Chopin, les morceaux transforment le spectacle en voyage dans l’histoire de la musique. Il fallait bien l’adjonction des éléments de concert pour rendre parfaitement honneur à Vladimir HorowitzClaire-Marie Le Guay s’y prête avec grâce en retranscrivant l’énergie légendaire du pianiste sur la scène de la Salle Gaveau. Pendant que des images d’un Horowitz de plus en plus âgé défilent derrière la scène, révélant notamment ses mains immenses capables comme celles de Liszt de couvrir 12 notes blanches,

Horowitz, le pianiste du siècle est une merveille de spectacle musical, de ceux dont les mots font rêver et les mélodies décoller. Les fanatique de piano repenseront à tous ces compositeurs connus magnifiés sous les doigts de diamant du grand Vladimir. Espérons que ce spectacle soit repris pour pus de dates à travers la France!

Dates :  3 février 2018
Lieu Salle Gaveau (Paris)

 

Metteur en scène : Steve Suissa
Avec : Francis Huster, Claire-Marie Le Guay

La réalité de la situation en république centrafricaine dépeinte dans l’intense BD Maison sans fenêtres (La Boîte à Bulles)

Maison sans Fenêtres
Maison sans Fenêtres, Scénario de Marc Ellison et
Dessin de Didier Kassaï, La Boîte à Bullles

La réalité de la situation en république centrafricaine dépeinte dans l’intense BD Maison sans fenêtres (La Boîte à Bulles)

Le photojournaliste Marc Ellison et le dessinateur Didier Kassai se sont associés pour rencontrer les populations de la république centrafricaine pour un constat accablant. Ce pays en proie à d’incessants conflits est peu ou mal abordé par les médias occidentaux, laissant une population entière livrée aux exactions, aux maladies et au désespoir. Heureusement, il existe quelques initiatives pour redonner de l’espoir dans un pays où il est urgent de soigner et d’éduquer une jeune génération qui représente l’avenir du pays.

Un photoreportage au récit éclairant

Quand les deux compagnons vont à la rencontre des enfants de la capitale Bangui, ils sont loin de se douter de l’urgence de la situation. Des milliers d’enfants sont livrés à eux mêmes dans les artères d’une ville peu sûre une fois la nuit tombée. Pour s’occuper de toutes ces âmes perdues, un seul lieu existe pour abriter, soigner, nourrir et éduquer ceux à qui la vie n’a fait aucun cadeau. Car les institutions publiques en république centrafricaine peinent à faire face à la situation faute de moyens. MSF a pris le relais sur le terrain pour vacciner et prendre en charge des familles confrontées à une violence endémique et quotidienne. Car par delà les conflits religieux, c’est bien l’accès aux ressources qui génère tant de tensions. Eau, nourriture et diamants représentent des richesses inestimables pour une population largement pauvre qui mélange peuplades nomades, agriculteurs sédentaires et une jeunesse pléthorique dénuée de formation et de perspectives d’avenir. La bande dessinée s’organise en 3 sections. Les enfants perdus de Bangui, la fièvre du diamant et les difficultés sanitaires. L’ouvrage se lit avec une concentration évidente tant il choisit la sincérité et un ton direct pour ne rien éluder de la situation. Les lignes très claires de dessin mélangent pastel et couleurs très chaudes faisant ressortir le climat chaud et humide d’un pays touché de plein fouet par le paludisme. Les 160 pages alertent sur l’urgence de la situation dans un pays oublié de tous qu’évoque très bien son titre. L’absence de fenêtres à la maison sans fenêtres empêche de voir ce qu’il s’y passe à l’intérieur alors que la situation est toute aussi préoccupante qu’au Congo voisin ou au Soudan du Sud beaucoup plus relayés par les médias. Et encore, c’est beaucoup dire.

Maison sans fenêtre décrit avec précision et sans faux semblants la réalité d’une situation alarmante dans un pays livré à des conflits ininterrompus depuis 30 ans et livré aux pillards. La BD se finit sur une note d’espoir, l’accès à l’éducation et un système de santé plus performant sont les moyens de remédier à la situation, ne manque plus qu’une véritable volonté politique.

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En république centrafricaine, les enfants grandissent dans l’insécurité, la pauvreté, et la malnutrition. Le conflit de 2013 n’a fait qu’exacerber cette situation. Accablés par l’incertitude, ils vivent dans la peur. Dans l’impossibilité de se rendre à l’école, leur enfance est interrompue. Avant même le début de la crise, cette ancienne colonie française était considérée comme le pire pays au monde pour être un enfant.
Pourtant, les médias internationaux restent désespérément muets sur cette tragédie : La République centrafricaine est devenue « une maison sans fenêtres. »
Au travers de dessins, de photos et de vidéos (activées par QR codes), cette BD vous plonge aux côtés des plus démunis de cette « crise oubliée. »
Guidé par l’artiste centrafricain Didier Kassai (Tempête sur Bangui), et le photojournaliste britannique Marc Ellison, partez observer le travail des enfants dans une mine de diamants, découvrir la vie dans un camp de réfugiés, et rencontrer les enfants des rues de Bangui.

Date de parution : le 7 février 2018
Scénariste(s) : Marc Ellison
Dessinateur(s) : Didier Kassaï
Genre : Témoignage
Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 18 € (160 pages)
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Un monologue habité avec Premier amour de Samuel Beckett au Théâtre de Nesle

Premier Amour
Premier Amour, Mise en scène de Mo Varenne, Théâtre de Nesle

Un monologue habité avec Premier amour de Samuel Beckett au Théâtre de Nesle

Dans sa nouvelle rédigée en 1946, Samuel Beckett imagine un vagabond solitaire plus porté sur les morts que sur les vivants car, voyez vous, ils sentent meilleur! Expulsé de la maison paternelle au décès d’un père absent, il squatte un banc bientôt squatté également par une dame qui cherche à se lier à lui. Homme de peu, il ne supporte pas l’intrusion de cette étrangère dans son espace privé en devant céder une partie de son banc. Mais l’attachement se crée et bientôt nait cet affreux amour qui va tant l’empoisonner. La brutalité tranquille du texte de Beckett est parfaitement restituée sur scène avec ce numéro désespérant d’un atrabilaire à qui est offerte une dernière chance de frayer avec ses semblables. Un pessimisme amer empreint un texte à qui la prestation de Pascal Humbert rend parfaitement justice dans une mise en scène habilement minimaliste.

Une pièce sur l’affreuse expérience terrestre

Samuel Beckett s’escrime dans ce texte déroutant qui ne laisse aucun repos au spectateur. Avec un titre emprunté à Tourgueniev, il place son personnage dans des tourments perpétuels qui déroule le fil de son existence à un interlocuteur imaginaire, lui si solitaire et bilieux. Certains se rappelleront de l’utilisation du même procédé chez Camus dans La ChuteJean-Baptiste Clamence confesse les affres de son existence dans un rade d’Amsterdam nommé Mexico City. De fait de bar, le lieu principal de la narration se situe sur un simple banc ouvert aux 4 vents, décrit comme particulièrement pénible en hiver quand les températures se mettent à baisser. Mais à la grande surprise du spectateur, le narrateur sans nom se lie à une femme qui requiert une place sur ce banc, plongeant le héros dans les pires tourments intérieurs, obligé qu’il est de se serrer un peu plus sur un espace réduit. Mais quand Lulu, il préfère l’appeler Anne, lui propose de la suivre chez elle, le spectateur s’attend à un refus catégorique et impoli. Mais non, il la suit jusqu’à découvrir sa profession. Si l’oeuvre est déroutante par son fiel pessimiste déstabilisant ininterrompu,  elle fascine tout de même par sa poésie grotesque. Même malmené par des propos outrageusement moroses, les spectateur s’attache à ce personnage absurde. La mise en scène de Mo Varenne place le curseur sur un antihéros au discours certes châtié mais toujours bougon dont la mort apparait comme une délivrance pour rejoindre cette engeance qui lui plait tant. Le spectateur ne saura jamais son nom, inconnu jusqu’au bout.

Le spectacle ouvre une lucarne sur une histoire de solitude mal vécue et de destin contrarié, métaphore de l’être humain constamment balloté entre l’exigence de frayer avec ses semblables et de s’accepter lui-même. Premier Amour est à découvrir tous les vendredis jusqu’au 23 février à 19h au Théâtre de Nesle!

Dates :  jusqu’au 23 dévier à 19h
Lieu : Théâtre de Nesle (Paris)
Metteur en scène : Mo Varenne
Avec : Pascal Humbert

Brisa, la famille très spéciale de Bénédicte Martin (JC Lattès)

Bénédicte Martin

Brisa, la famille très spéciale de Bénédicte Martin (JC Lattès)

Bénédicte Martin est journaliste et auteur. Dans son dernier roman, Brisa, elle raconte en fait la vie de ses grands-parents.
Au début du livre, le lecteur se sent un peu perdu. Puis, peu à peu, on s’introduit dans cette famille peu ordinaire, pour ne plus la quitter. Le livre commence au début du XX siècle. Et il se termine avec la vie actuelle de Bénédicte Martin.
Grâce à l’étude approfondie de la vie extraordinaire de ses grands-parents, l’auteur comprend beaucoup mieux sa propre vie et même le sens profond de ses écrits, comme si son héritage se lisait dans ses livres, à travers ses propres mots.

Pierre a épousé Brisa en 1941. Il l’aime d’un amour fou. Mais très vite, Madame Yvonne s’immisce dans ce couple. Et cela durera toute leur vie. Elle ne quittera pas Brisa dont elle tomba follement amoureuse. Et Madame Yvonne est une personne… peu recommandable.
A travers ses affres, mais aussi à travers l’Histoire de la France, Bénédicte Martin nous fait revivre toute une page de notre passé. Sans faux-semblants. De façon plutôt crue, comme la vie de Madame Yvonne. Vocabulaire direct, mots qui choquent, mots qui résonnent :

Pourquoi la décadence des femmes me plaît, le courage des hommes en armes m’attire, pourquoi j’aime écrire sur les sexualités périphériques, pourquoi je n’ai jamais su choisir entre la sueur des aisselles des filles et le liquide blanc des gars. P. 104

Si parfois le style peut choquer, il en ressort une grande sincérité et un bel hommage rendu à sa grand-mère tant aimée, quel que soit son passé.
Brisa, un livre vrai, sans détour, sur une histoire familiale véridique et originale !

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Elle s’appelait Brisa, lui Pierre. C’étaient les grands-parents de Bénédicte Martin. Aujourd’hui Bénédicte vit avec son fils dans leur appartement, à Paris, face à la prison de la Santé. Dans ces pièces, l’auteur s’interroge sur son héritage : qui étaient cet homme et cette femme, que lui ont-ils laissé, quelle femme est-elle devenue grâce ou à cause d’eux, quelle est sa dette ?
Son roman raconte leur histoire, leur amour, fait de passion, d’une grande liberté, de non-dits et de secrets. Entre Brisa et Pierre, il y avait une femme, une héroïne singulière : Eléonore, devenue Madame Yvonne. Elle était la fille d’un riche armateur de Toulon et d’une blanchisseuse, elle n’aimait que les femmes, vécut des années au Lutetia puis dans un hôtel du XVIIIe arrondissement qui était surtout un bordel, elle avait les cheveux courts, sortait chaque soir au Monocle ou Chez Moune, elle était autoritaire, rebelle et libre. Elle devint une amie de Pierre, et tomba follement amoureuse de Brisa.
Bénédicte Martin raconte les destinées de Brisa, de Pierre et d’Yvonne, ces vies flamboyantes, leur amour, leur liberté folle, leur audace.
« J’ai grandi avec des maisons où trônaient partout des photos de Madame Yvonne, même si j’ai compris un jour que, bien que je voyais un homme en costume, il s’agissait d’une femme. Elle m’a longtemps fait peur car elle imposait toujours le silence quand je voulais parler d’elle à mes grands-parents. Pendant plus de vingt ans, j’ai cru que c’était un sort, alors qu’en fait, c’était ma chance. J’ai compris que mon héritage n’était pas sonnant et trébuchant mais plutôt un legs insaisissable ».

Date de parution : le 31 janvier 2018
Auteur : Bénédicte Martin
Editeur : JC Lattès

Prix : 18 € (200 pages)
Acheter sur : Amazon

Le groupe Tample présente un premier album maîtrisé avec Summer light

Tample
Tample, Summer Light

Le groupe Tample présente un premier album maîtrisé avec Summer light

Le groupe Tample présente son premier album Summer Light résolument pop avec des sonorités synthé modernes qui enchantent l’ouïe de l’auditeur! Les 4 bordelais maitrisent l’art de la formation guitare/basse/batterie en ne se refusant pas des envolées atmosphériques voire électroniques à l’occasion.

Le premier extrait Chimera débute l’album pour lancer les hostilités avec une grosse batterie accompagnée d’une guitare lancinante qui tourne en boucle. Certains y verront une douce référence à Joy Division jusqu’à ce que la voix prenne toute la place et qu’une atmosphère quasi spatiale s’installe langoureusement. La violence initiale s’efface au profit d’une douceur pop très plaisante. Puis arrive Keep your distance avec toujours cette voix très pop rappelant un peu de loin en loin Chris Martin de Coldplay pour un morceau résolument plus classic pop. Summer light devient beaucoup plus dansant avec son titre éponyme qui déboule comme une cavalcade rythmée par une guitare plus rythmée, le bon morceau pour suer avec bonheur en concert. One night stand fait baisser la tension avec une rêverie pop d’abord plus langoureuse avant de dévier vers de l’électro stimulante. Love keep us alive met la basse en avant pour un morceau à la fois calme et rythmé. Vu son titre, Runaway ne fait pas dans la dentelle. Si l’intro à la batterie peut rappeler le récent Dans la forêt de Lescop, la chanson part vite dans sa propre galaxie avec les synthés bien plus mis en avant. Le rythme de Power se fait plus lent, presqu’angoissant, à la limite du martial. King of Earth conclue parfaitement, le morceau pourrait même devenir un hymne en concert pour le groupe.

En définitive, les fans de pop rock y trouveront leur compte dans un album aux sonorités multiples et brillamment réalisé. Il sera temps de s’en rendre compte lors du concert de Tample à La Boule Noire (Paris) le 7 février pour découvrir leur album et avoir confirmation de leur talent!

Summer light est produit par Yotanka Records/Pias

Une pièce de théâtre totale au Théâtre Hebertot avec Les Inséparables

Les Inséparables
Les Inséparables, mise en scène de Ladislas Cholat, Théâtre Hebertot

Une pièce de théâtre totale au Théâtre Hebertot avec Les Inséparables

Les nostalgiques de la Télé des Inconnus s’attendent à une comédie désopilante en voyant le nom de Didier Bourdon sur l’affiche. De l’humour il y en a, des rires aussi, mais le ton de Les Inséparables est surtout mélancolique et émouvant. L’histoire de cet homme, peintre célèbre mais maussade qui vient de fêter ses 60 ans et a reçu un appartement en leg de la part d’une mystérieuse artiste nonagénaire, touche le spectateur par son accumulation de révélations qui se font dans une ambiance douce amère. Un vrai moment de surprise que cette pièce de théâtre loin d’être aussi évidente qu’attendue!

Une pièce à tiroirs

Quand Didier Bourdon apparait sur la scène, le spectateur ne sait pas trop à quoi s’attendre. La lassitude de son personnage s’étend instantanément sur l’audience avec ses remarques cyniques et son caractère de chien. Peintre célèbre en panne d’inspiration depuis plusieurs années, il hérite d’un appartement parisien de la part d’une inconnue, peut-être admiratrice de son art pictural, en tout cas mystérieuse. Attifé de frusques informes, il semble trainer son mal être comme un boulet. La scène du Théâtre Hebertot contient l’appartement en son entier, juché sur un toupie pour tourner au fur et à mesure de l’action et révéler tous ses recoins. Le procédé déjà utilisé récemment avec brio au Théâtre de l’Europe-Odéon avec Les 3 Soeurs est tout aussi éblouissant et permet de complexifier l’action en multipliant les angles et les points de vue. Un même salon n’est plus tout à fait le même selon la perspective avec laquelle il est regardé. Et puis Didier Bourdon apparait de nouveau vêtu d’un impeccable costume 3 pièces et le spectateur comprend que les sauts chronologiques vont confronter plusieurs générations d’une famille légèrement disfonctionnelle. Les raisons de la relation trouble entre un grand père banquier et son petit fils artiste, tous deux interprétés par le même Didier Bourdon, prend graduellement de l’ampleur jusqu’à la divulgation finale des raisons de leur brouille.

Des personnages secondaires épatants

Aux côtés d’un Didier Bourdon, parfois aussi drôle que dans sa grande époque mais surtout souvent étonnant d’émotion et de subtilité, le casting de la pièce n’y va pas par le dos de la cuillère. Une Valérie Karsenti échappée de Scènes de Ménages fait étalage de ses talents de comédienne bien au delà de ce que lui permet habituellement le programme familial de M6. Thierry Frémont est égal à lui même en indéfectible ami galiériste du héros, Pierre-Yves Bon et Elise Diamant font des jeunes pleins d’entrain et d’innocence. La pièce tourne autour de cette malédiction à l’origine de la brouille entre grand père et petit fils et les raisons apparaissent à la toute fin d’une pièce qui jongle entre truculence et émoi dans une belle sarabande d’émotions contraires. Les comédiens semblent follement s’amuser dans les scènes d’humour et voir les larmes affleurer sur leurs yeux dans les moments d’émotion. La pièce fait réfléchir sur tous ces non-dits qui paralysent les relations humaines et stigmatisent des tensions jamais avouées pour des fêlures qui sautent les générations. L’éternel thème du Famille je te hais pourrait résumer la pièce mais ce serait un peu léger tant Les Inséparables aime brouiller les pistes et creuser le sillon de la psychologie familiale.

Les inséparables est une vraie belle surprise théâtrale avec sa mise en scène éblouissante et ses comédiens au diapason. Une pièce à ne pas manquer pour passer un moment de théâtre unique.

Dates :  A partir du 24 janvier 2018
Lieu : Théâtre Hebertot (Paris)
Metteur en scène : Ladislas Cholat
Avec :  Didier Bourdon, Valérie Karsenti, Thierry Frémont, Pierre-Yves Bon, Elise Diamant

Un thriller français avec Money

Money
Money, film de Gela Babluani, Copyright Océan Films

Un thriller français avec Money

Le réalisateur de 13 Tzameti revient avec un casting francophile de haut vol. Vincent Rottiers et George Babluani affrontent Benoit Magimel et Louis-Do de Lecquesaing pour rafler un beau magot et s’extraire de leur basse condition sociale. Mais la quête du graal est jonchée d’obstacles mortels qui symbolisent la difficulté de changer de condition dans un monde figé dans ses stéréotypes.

Un film à tiroirs

Quand les personnages interprétés par Vincent Rottiers et George Babluani épaulés par Charlotte Van Bervesselès entreprennent de cambrioler une maison cossue pour rafler plusieurs centaines de milliers d’euros, ils y vont à la cool, sans plan préconçu et sans anticiper les embuches. Le film débute comme un casse facile à réaliser pour des personnages qui s’enlisent dans des difficultés grandissantes. Le réalisateur Gela Babluani  fait le choix de l’ultra réalisme avec une intrigue qui évolue toujours dans deux endroits principaux, la baraque cossue et le quartier miteux des protagonistes, histoire de mettre en perspective les différences de milieux sociaux. L’action monte petit à petit après un début très placide pour évoluer dans le gunfight et les règlements de comptes. La facture du film est classique et peine à s’élever au delà de la peinture sociale habituelle. Un film à découvrir pour la performance comme toujours très habitée de Vincent Rottiers.

Money ne fera peut être pas date dans l’histoire du thriller à la française mais il se regarde avec plaisir. Et vous, que feriez vous pour mettre la main sur 800 000 euros?

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Money
Money

Fatigués de leurs fins de mois difficiles, trois jeunes sans avenir voient l’opportunité de gagner beaucoup d’argent en volant une mallette à un notable du Havre. Sans le savoir, ils viennent de braquer un secrétaire d’État corrompu et de voler l’argent d’une entreprise criminelle. Débute alors, une spirale qui les dépasse complètement.

Sortie DVD : le 7 février 2018
Durée : 01h30
Réalisateur : Gela Babluani
Avec : George Babluani, Vincent Rottiers, Charlotte Van Bervesselès
Genre : voir fiche allociné
Prix : 14,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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Une foisonnante mise en abime du théâtre avec Dom Sganarelle au Théâtre Le Ranelagh

Une foisonnante mise en abime du théâtre avec Dom Sganarelle au Théâtre Le Ranelagh

Dom Sganarelle
Dom Sganarelle, mise en scène de Jean-Philippe Ancelle et Michel Pilorgé , Théâtre le Ranelagh

Deux comédiens se retrouvent pour répéter la pièce Dom Juan de Molière en prévision d’une possible mise en scène dans un théâtre. Ils connaissent le texte sur le bout des doigts, ils ont déjà interprété les deux personnages de Dom Juan et Sganarelle 30 ans auparavant, quand ils étaient alors plus jeunes. La répétition dévie très vite vers des considérations très personnelles sur l’âge et le temps qui passe, constamment mises en balance avec les dialogues épiques des deux personnages. Jean-Philippe Ancelle et Michel Pilorgé proposent une variation toute en finesse sur le texte éternel du dramaturge du XVIIe siècle. Les comédiens devant jouer Dom Juan et Sganarelle doivent ils nécessairement être jeunes et fringants pour être crédibles sur scène? La pièce Dom Sganarelle au Théâtre Le Ranelagh offre une réponse truculente dans un déroulé vif et captivant.

Une pièce dans la pièce

Le choix du titre lui-même en dit long sur les intentions d’une pièce qui s’amuse à casser les codes et joue avec les clichés. Dans l’esprit collectif, Dom Juan est le seigneur à la superbe légendaire, coureur de jupons, athée convaincu et bretteur invétéré, Sganarelle est pour lui au mieux un faire-valoir, au pire un sous-fifre. Les deux comédiens réels Jean-Philippe Ancelle et Michel Pilorgé interprètent deux comédiens se nommant Philippe Leroy et Michel Claude, ce qui donne déjà un très fort indice sur qui joue qui dans la pièce jouée dans la pièce. Une question se fait rapidement jour, un comédien doit-il nécessairement être attaché à un personnage sans pouvoir interpréter son pendant? Le texte de Molière est décliné sous l’angle quasi exclusif des rapports entre Dom Juan et Sganarelle, toutes les scènes avec d’autres personnages sont éludées pour conserver la substantifique moelle des rapports complexes entre eux deux. Et Philippe Leroy et Michel Claude multiplient les apartés pour évoquer leurs existences de comédiens de seconde zone, jamais devenus assez connus pour que leurs noms puissent apparaitre tout en haut de l’affiche. Un peu frustrés par leurs destins légèrement contrariés, ils se dévouent néanmoins à leur art et donnent le meilleur d’eux mêmes pour réciter le plus parfaitement possible la prose de Molière. Le passage du langage familier évoquant les avanies du quotidien au langage châtié du XVIIe siècle se fait de manière impeccable pour le constat clinquant d’une maitrise théâtrale totale par les deux comédiens. Et quand ils échangent leurs rôles l’espace d’une scène, la pièce ne perd rien de sa force.

Deux comédiens jouent avec Molière

Dom Juan est un monument du théâtre français, une comédie en 5 actes qui défie le temps qui passe et conserve toute son irrévérence. La tirade évoquant l’hypocrisie « l’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus » semble ne pas avoir d’âge et pourrait très bien s’appliquer à notre époque actuelle, soulignant sa force constante. Les comédiens s’appliquent à varier les tons pour démultiplier l’intensité du texte. Pas d’Elvire, de Gusman ou de Francisque sur scène, la pièce se concentre sur deux comédiens récitant leur texte pour en améliorer l’impact. Et l’intensité des personnages se mêle aux rires des spectateurs, car les dires de Dom Juan sont tellement gros que leur effet sur le public est immanquablement ironique. Les réactions outrées de Sganarelle y font également beaucoup, surtout quand quelques instants auparavant les deux comédiens évoquent leurs péripéties personnelles avant de revenir au texte stricto sensu. La pièce Dom Sganarelle devient une mise en abime du théâtre, rappelant à l’envi que les rôles sont joués par des comédiens aux sentiments exacerbés qui mettent beaucoup d’eux mêmes dans leurs interprétations.

Dom Sganarelle au Théâtre Le Ranelagh est un bonheur de théâtre avec une variation pertinente sur le texte de Molière. Pour qui a vu maintes et maintes fois Dom Juan au théâtre, la pièce offre une variation rafraichissante avec un regard habile sur le texte. Une pièce à découvrir jusqu’au 8 avril!

Dates :  jusqu’au 8 avril à 19h au mercredi au samedi, le dimanche à 15h
Lieu : Théâtre le Ranelagh (Paris)
Metteur en scène : Jean-Philippe Ancelle, Michel Pilorgé
Avec : Jean-Philippe Ancelle, Michel Pilorgé

Couleurs de l’incendie, la fabuleuse plume de Pierre Lemaitre (Albin Michel)

Pierre Lemaitre © lemonde.fr

Couleurs de l’incendie, la fabuleuse plume de Pierre Lemaitre (Albin Michel)

Souvenez-vous, Pierre Lemaitre a reçu le Prix Goncourt en 2013 pour son livre Au revoir là-haut. Couleurs de l’incendie est le deuxième volet de cette trilogie. Quand on termine le livre, on est très triste de quitter tous ces personnages, mais on sait qu’un troisième livre va encore nous régaler !

Scénario passionnant

Pas besoin de se souvenir de Au revoir là-haut pour comprendre la famille Péricourt. Dès les premières pages nous voilà replongés au cœur de cette famille. Nous sommes en 1927, Madeleine vient de perdre son père, Marcel, qui a bâti un véritable empire financier, la banque Péricourt. Le jour de l’enterrement, Paul, huit ans, le petit-fils et unique héritier, a échappé de peu à la mort en se jetant d’une fenêtre, sur le cercueil de son grand-père qu’il affectionnait particulièrement. La vie de Madeleine devient un calvaire. Elle ne pense qu’à une chose : sauver son fils. Elle ne s’intéresse pas aux affaires de son père qu’elle laisse gérer par ses hommes de confiance. Elle emploie un précepteur pour Paul et le garde à ne rien faire après l’accident. Leonce, sa personne de confiance prend soin d’elle et de Paul. Elle est parfaite. Elle est même devenue une amie. Un jour, on lui prouve qu’elle pique dans la caisse depuis plusieurs mois. Peu importe ! C’est de la faute de Madeleine qui n’a même pas pensé à augmenter son salaire ! La pauvre ! Du coup, Madeleine lui fait même un énorme chèque pour éponger toutes ses dettes. Madeleine est généreuse, très généreuse. Les soucis d’argent, ce n’est pas son affaire. Elle signe ce qu’on lui demande de signer… Mais quand il faut placer tout son argent dans le pétrole irakien, elle préfère le roumain…

Revirement complet en 2ème partie

Pierre Lemaitre a une plume absolument géniale ! Le lecteur est complètement absorbé par cette saga familiale de la première à la dernière page. Cette fois-ci, deux époques vont être relatées : avant 29 et après la crise en 1933. La vie de Madeleine et de Paul aura bien changé en seulement quelques années… Et avec la montée du nazisme.
Dans la deuxième partie du livre, Madeleine n’a pas du tout la même vie. Pas d’argent, plus de domestiques, plus d’amis car plus d’argent. Elle se rend compte que toutes les personnes qui l’entouraient du temps de sa splendeur ont abusé d’elle, l’ont volé la pensant stupide. Mais cette femme n’a pas dit son dernier mot. Elle devient complètement machiavélique et imagine des scénarios complètement improbables pour se venger de toutes les personnes qui lui ont fait du mal à elle ou à son fils. Car elle va enfin découvrir le terrible secret de son fils…
Pierre Lemaitre imagine la vie de cette famille tout en relatant des faits historiques réels de l’époque. C’est tout simplement passionnant. Toute une époque de l’Histoire de notre pays est au centre de ce roman. Couleurs de l’incendie nous tient en haleine de la première ligne à la dernière ! Un vrai coup de coeur ! On attend déjà avec impatience le dernier volet de cette trilogie. Un grand bravo à Pierre Lemaitre !

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Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Couleurs de l’incendie est le deuxième volet de la trilogie inaugurée avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013, où l’on retrouve l’extraordinaire talent de Pierre Lemaitre.

Date de parution : le 3 janvier 2018
Auteur : Pierre Lemaitre
Editeur : Albin Michel
Prix : 22,90 € (535 pages)
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