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Bleu Amer, une fascinante fiction sur le drame d’une époque tourmentée (La Boîte à Bulles)

Bleu Amer
Bleu Amer

Bleu Amer, une fascinante fiction sur le drame d’une époque tourmentée (La Boîte à Bulles)

Sylvère Denné et Sophie Ladame imaginent une fiction pleine de sens durant la seconde guerre mondiale, entre tableau sociale et tourmente amoureuse. Pierre et Suzanne forment un couple distant sur les îles Chausey. Les habitants de l’île vivent à l’écart du second conflit mondial et les rapports avec l’occupant allemand sont suffisamment rares pour permettre à la vie des pêcheurs de s’écouler sans tourments. Pourtant, l’irruption d’un parachutiste américain va monter les habitants les uns contre les autres dans un drame qui reflète la difficulté des rapports humains et le poids des non-dits. Bleu Amer est une bande dessinée au dessin délicat qui fascine par l’âpreté de son récit.

Des références à foison 

La couleur des dessins mélange majoritairement le marron et le bleu avec des traits aux ellipses gracieuses. Les traits des visages empruntent à d’illustres acteurs américains, James Dean et Bruce Willis en tête. Le scénario met en première ligne Pierre, un pêcheur rêveur dont le mariage avec Suzanne tient plus de la cohabitation forcée que du franc amour passionné. Quand le soldat américain débarque, le calme plat de leur existence vire à la tempête silencieuse tant le yankee détient le charme discret du bellâtre étranger que personne ne comprend mais dont le visage angélique parle pour lui. Les rapports compliqués entre les villageois se tendent quand deux camps se forment, livrer ou non le soldat américain pour sauvegarder l’existence du village ou au contraire faire preuve de caractère. Le récit sinueux tourne autour de ces deux possibilités sans que rien ne laisse présager le dénouement final avant la toute fin. Les paysages de l’île et les voyages en mer donnent un charme océanique à ce drame de la vie courante, surtout en temps de guerre. Sans que les personnages soient suffisamment empathiques pour créer un lien avec le lecteur, la dureté de leur existence crée finalement ce lien qui perdure tout au long du récit.

Bleu Amer ouvre une lucarne sur une fiction qui s’inscrite dans une époque où il était impossible de ne pas prendre parti. En ajoutant une dimension sentimentale, le récit devient actuel et touche au coeur. Les dessins  de Sophie Ladame laissent beaucoup de place à l’imagination pour un beau moment de bande dessinée.

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Printemps 44, îles Chausey, Suzanne profite des grandes marées pour pêcher à pied. Ses marches contemplatives constituent ses instants d’évasion dans une existence morne, marquée par des rapports distants avec son mari Pierre.
Lui, de son côté, s’oublie à bord de son bateau et dans le café de l’île avec l’alcool pour échappatoire.
Un jour de pêche, il trouve un soldat américain gisant sur la grève, et décide, contre l’avis de certains îliens, de le cacher aux
allemands.
Le convalescent se lie avec Pierre et Suzanne soulagés de voir ainsi rompue la monotonie de leur vie. À l’approche du navire de ravitaillement allemand, ce nouvel équilibre perd de sa légèreté et la tension monte…

Date de parution : le 10 janvier 2018
Scénariste(s) : Sylvère Denné
Dessinateur(s) : Sophie Ladame
Genre : Fiction
Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 20 € (128 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Bleu Amer
Bleu Amer

 

 

 

 

 

Le Grand Jeu, séduisant sur le papier, inconstant à l’écran

Le Grand Jeu
Le Grand Jeu, film de Aaron Sorkin, Copyright SND

Le Grand Jeu, séduisant sur le papier, inconstant à l’écran

Le scénariste Aaron Sorkin passe derrière la caméra et ne prend pas beaucoup de risques en copiant allègrement le scénario de The Social Network qu’il avait lui même présenté à David Fincher. Dans un nouveau contexte et avec de nouveaux personnages, Jessica Chastain remplace Jesse Eisenberg dans le rôle de la surdouée attaquée en justice mais toujours agile pour ne jamais se laisser décontenancer et garder la tête froide en toutes circonstances. Ne pas de fier au pitch trompeur du film qui le compare bizarrement avec Le Loup de Wall Street en version féminine. Un procès en fil rouge, de nombreux flash-backs qui déconstruisent l’intrigue, des révélations incessantes, une ténacité à toute épreuve, de la résilience en toutes occasions, de l’ironie mordante… ça ne vous rappelle vraiment rien?

Poker, ton univers impitoyable

Les américains adorent ces histoires de self made men partis de rien, devenus des rouages essentiels des abysses du capitalisme avant de s’y brûler les ailes. En y ajoutant si possible un peu de complexe d’oedipe et de psychologie légèrement simpliste afin de boucler la boucle de la psychés du héros. Le personnage de Molly Bloom qu’interprète la toujours flamboyante Jessica Chastain a réellement existé et Aaron Sorkin insiste bien sur son contexte familial et son génotype de winneuse. Promise à un brillant avenir dans l’équipe américaine d’alpinisme, un accident lui fait reconsidérer son destin. Débarquée à Los Angeles pour une année sabbatique avant d’entreprendre ses études de droit, la brillante jeune femme apprend illico les rouages du star system et l’intérêt qu’elle peut trouver à organiser des parties de poker clandestines pour des richards tout près à distribuer de substantiels pourboires. Le film suit un récit tout en flashbacks à partir du moment où l’héroïne est attaquée en justice plusieurs années après ses exploits. Obligée d’embaucher un avocat roublard campé par l’ex-futur James Bond Idris Elba, le fil de sa vie se déroule devant les yeux des spectateurs en mode filou experte. Et tout comme The Social Network, son débit mitraillette accompagne les images avec recul et effervescence dans un déroulé sans fin de manigances et d’apparences trompeuses. Car là où l’héroïne espère gagner sa vie le plus honnêtement possible, elle se rend vite compte que la clandestinité fait côtoyer des crocodiles avides de chaire fraiche et dénués de tout scrupules.

Tomber, se relever, retomber et se relever à nouveau

Et le film continue sans fin sur le mode American Warrior, rien ne m’abattra jamais, je suis une américaine. Malgré les arnaques et les entourloupes, Molly Bloom quitte la jungle de Los Angeles pour celle de New York, gardant en tête sa volonté de se refaire continuellement, comme tout joueur de poker qui se respecte. Sauf que les acteurs en goguette sont remplacés par la mafia russe, ce qui change passablement le niveau de risque. Le film insiste fortement sur des péripéties répétitives pour en mettre plein les mirettes, plongeant l’héroïne au milieu d’un univers mâtiné des pires extrémités de notre temps, avec une gradation dans les dangers auxquels elles se confronte, transformant l’intrigue en parodie de film noir. L’argent à foison transforme-t-il automatiquement les êtres humains en êtres vachards et égocentriques? La thèse d’Aaron Sorkin tend un miroir peu glorieux de l’humanité dans une ambiance où l’argent coule à flots et où l’empathie est réduite à sa portion congrue. La relation client/avocat fournit son lot de phrases truculentes et la relation fille/père se concentre sur un examen de conscience bien américain. Au final, le film finit par ennuyer par son alternance de grandes désillusions et de leçons magistrales. Au moins, le personnage de Mark Zuckerberg ne se justifiait pas et menait sa barque crânement, tandis que Molly Bloom parait constamment sur la brèche entre action et dépression.

Le Grand Jeu offre de bons moments de spectacles avec ses scènes de poker grandiloquentes et des rebondissements hollywoodiens. Cependant, un visionnage suffit car  le film n’offre pas de scènes aussi tragicomiques que celles de The Social Network qui lui peut se regarder à l’envi.

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Le Grand Jeu
Le Grand Jeu

La prodigieuse histoire vraie d’une jeune femme surdouée devenue la reine d’un gigantesque empire du jeu clandestin à Hollywood ! En 2004, la jeune Molly Bloom débarque à Los Angeles. Simple assistante, elle épaule son patron qui réunit toutes les semaines des joueurs de poker autour de parties clandestines. Virée sans ménagement, elle décide de monter son propre cercle : la mise d’entrée sera de 250 000 $ ! Très vite, les stars hollywoodiennes, les millionnaires et les grands sportifs accourent. Le succès est immédiat et vertigineux. Acculée par les agents du FBI décidés à la faire tomber, menacée par la mafia russe décidée à faire main basse sur son activité, et harcelée par des célébrités inquiètes qu’elle ne les trahisse, Molly Bloom se retrouve prise entre tous les feux…

Sortie : le 3 janvier 2018
Durée : 2h20
Réalisateur : Aaron Sorkin
Avec : Jessica Chastain, Idris Elba, Kevin Costner
Genre : Thriller, Drame

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Disparition du metteur en scène de théâtre Jacques Lassalle

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Disparition du metteur en scène de théâtre Jacques Lassalle
Jacques Lassalle photo DR

Disparition du metteur en scène de théâtre Jacques Lassalle

L’une des grandes figures du théâtre français depuis les années 1970, le dramaturge, metteur en scène et écrivain Jacques Lassalle est mort, à 81 ans, mardi 2 janvier à Paris, a annoncé sa famille ce mardi.

Affecté par la mort de son épouse Françoise il y a un an, Jacques Lassalle avait été hospitalisé récemment et était en maison de repos où « il n’a pas pu retrouver ses forces », a dit son fils Antoine.

Metteur en scène de plus d’une centaine de spectacles, grand directeur d’acteurs, au rang desquels Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Christine Fersen, Catherine Hiégel, ami des auteurs, Nathalie Sarraute et Michel Vinaver, il avouait « aimer célébrer ceux qui se cachent, parler de ceux que le monde rejette, avoir la passion des sans histoire, des vies humbles ».

En 1967, il fonde le Studio-Théâtre de Vitry-sur-Scène, inaugurant à la tête d’une jeune compagnie aux moyens limités, un parcours de metteur en scène exigeant et préoccupé par la dimension esthétique et sociologique de l’acte théâtral.

Né le 6 juillet 1936 à Clermont-Ferrand, il a aussi vécu à Toul, Epinal, Nancy. Il fait ses classes au Conservatoire de Nancy, puis au Conservatoire de Paris dans la classe de Fernand Ledoux, et débute comme comédien mais renonce un temps au théâtre pour gagner sa vie comme professeur à l’université.

La pédagogie restera pour Lassalle un point d’ancrage : il enseigne de 1969 à 1971 à l’Institut d’études théâtrales de l’université de Paris-III, puis au Conservatoire national d’art dramatique (1982-1983).

Ancien directeur de la Comédie-Française

En 1983, il est nommé directeur du Théâtre National de Strasbourg en remplacement de Jean-Pierre Vincent et frappe un grand coup en créant « Tartuffe » avec Gérard Depardieu et François Perier. Il dirige ensuite la Comédie-Française de 1990 à 1993.

Il a reçu le Grand Prix national du théâtre en 1998 et était titulaire de la Légion d’honneur ainsi que l’Ordre national du mérite des Arts et lettres.

Petite sélection de beaux livres pour enfants

Voici une sélection de beaux livres et autres découvertes pour les enfants pour bien commencer l’année !

1. Le deuxième opus de la série Bruno après Quelques jours de ma vie très intéressante. Ce nouvel ouvrage intitulé Bruno : Le jour où j’ai offert une plante à un inconnu nous (re)plonge donc dans l’univers très drôle, touchant et fantastique du petit chat Bruno et de ses aventures extraordinaires. A travers cinq chapitres, Bruno va vivre une aventure pleine de rebondissements. L’histoire commence avec son ami Michou le vieux poney, au détour d’une balade en ville, où il décide d’offrir à un inconnu une plante verte trouvée dans la ville. Ce geste très louable lui vaudra maintes péripéties sur un fond bien plus profond qu’il n’y paraît.
On y découvre l’importance du plaisir d’offrir à des amis ou des inconnus, mais cela sans ne jamais rien attendre en retour sous peine d’être déçu et que si tel était le cas, la vie finie toujours par apporter de belles récompenses en échange.
Les dessins, avec tous ses animaux personnifiés sont très agréables et le récit très bien narré. Le livre s’arrête bien trop vite et on attend avec impatience le prochain volet.

BRUNO Le jour où j’ai offert une plante à un inconnu
Editions : L’école des loisirs I Auteurs : Catharina Valckx, Nicolas Hubesch
Pour enfants de 5 à 7 ans
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Résumé de l’éditeur : « Pourquoi Bruno le chat a-t-il une vie si intéressante ? Tout simplement parce qu’il a l’art et la manière de voir du beau, du drôle, du tentant et du touchant dans les moindres petits événements de la vie quotidienne. Ce matin, par exemple, en voyant une plante en pot jetée sur le trottoir, au lieu de passer son chemin, Bruno s’arrête, l’attrape, et décide de l’offrir à un inconnu dans le bus. Magique ! C’est le début d’une magnifique aventure… »

2. Cheval de bois, Cheval de vent est une véritable petite pépite dénichée pour vous et vos enfants. Il s’agit d’une très belle bande dessinée signée Wilfrid Lupano et Gradimir Smudja.
Avant même de lire le récit, on se retrouve totalement captivé par la qualité et les chaudes couleurs des différentes bulles. On y croise des personnages loufoques hauts en couleur. Les enfants ne peuvent être que captivés et emportés par ce monde imaginaire. Le récit, quant à lui est également d’une grande qualité. L’histoire est celle d’un roi, qui souhaite un gâteau pour son anniversaire. Ce dernier lui est volé par deux enfants sur un cheval de vent. Tout le monde se lance alors dans une course poursuite effrénée, alors que les enfants partagent le gâteau avec tous les habitants du village…
A la fin du livre, vous aurez même le droit à un petit jeu de l’oie !
On ne vous en dira pas plus, mais vous l’aurez compris, c’est un ouvrage à découvrir d’urgence !

Cheval de bois, Cheval de vent
Editions : Delcourt I Auteurs : Wilfrid Lupano et Gradimir Smudja
Pour enfants dès 7 ans
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Résumé de l’éditeur : Le roi n’en peut plus d’impatience… C’est son anniversaire et qui dit anniversaire dit gâteau… Mais deux gamins juchés sur un cheval de vent viennent de le lui voler avant même qu’il ait pu en goûter une miette ! Tout ce que le château contient de gardes et de serviteurs se précipite alors en un instant, portant en tête de colonne sa majesté et sa monture de bois, à la poursuite des maraudeurs…

3. On le sait les enfants et la télévision, c’est vraiment toute une histoire. Jean Leroy nous livre ici une belle histoire pour petits enfants afin de leur expliquer qu’il y a mieux à faire que de regarder la télévision. Les dessins de Matthieu Maudet sont simplistes mais très efficaces avec ce grand-père chat et ses trois petits enfants qui ne savent comment s’occuper. Le papy décide alors de les faire voyager à l’aide d’une histoire qu’ils construisent tous ensemble.
Un récit amusant qui ouvre l’imagination. A lire lorsque l’on ne sait plus comment occuper ses enfants par une longue après-midi d’hiver !

Les trois petits casse-pieds
Editions : L’école des loisirs I Auteurs : Jean Leroy et Matthieu Maudet
Pour enfants de 5 à 7 ans
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Résumé de l’éditeur : Leur vieux papy voudrait bien faire la sieste tranquille sur le canapé, mais voilà ses trois petits-enfants qui déboulent en hurlant ! Un combat sans merci s’engage alors entre les trois contestataires qui veulent regarder un dessin animé et le Grand-Père qui propose une belle histoire à l’ancienne. Qui va gagner ? sachant que les trois infatigables ont réponse à tout, mais que le vieux grigou a plus d’un tour dans son sac et possède un argument imparable.

4. Pénélope Jossen, à la fois auteur et illustratrice, nous livre ici un très bel ouvrage autour d’une jolie histoire entre un enfant Alexandre le grand et un cheval nommé Bucéphale. L’animal ne se laisse approcher par aucun des adultes présents. Le jeune Alexandre, découvre que Bucéphale est juste effrayé par son ombre. L’enfant réussi lui à l’apprivoiser. Les dessins à l’aquarelle tout en finesse et expressivité parlent d’eux-mêmes. Un sentiment intense à la lecture malgré le peu de dialogue. Un coup de cœur !

Bucéphale
Editions : L’école des loisirs I Auteur : Pénélope Jossen
Pour enfants de 5 à 7 ans
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Résumé de l’éditeur : Bucéphale est très grand. Alexandre est très petit. Bucéphale est un cheval. Alexandre est fils de roi. Bucéphale est indomptable : il a peur d’un monstre noir qui le suit partout, accroché à ses pieds. Alexandre, par sa jugeote, comprend qui est vraiment cet affreux, et comment l’anéantir. Pourvu que le roi son père le laisse approcher Bucéphale…Leur rencontre légendaire sera décisive. Ensemble, corps et âme, ils s’apprêtent à conquérir le monde et à livrer leurs deux noms à la postérité.

5. Plonger au cœur de l’univers de Pierre Bertrand et Magali Bonniol, avec l’adaptation de leur personnage terrifiant de Cornebidouille sous forme de deux puzzles avec des difficultés plus ou moins importantes. Les dessins sont toujours amusants, la qualité des pièces au rendez-vous et l’enfant peut s’aider d’un poster avec les formes pré-dessinées pour se débrouiller tout seul. Les enfants seront ravis !

Cornebidouille 2 puzzles pour moustiques à plumes
Pour enfants à partir de 5 ans
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Résumé de l’éditeur : Mélangez 100 grammes de crottes de sanglier, deux cafards bien moelleux, une larme de bave de crapaud et vous obtiendrez une belle soupe préparée par Cornebidouille : la Mistigrouille ! Faites tourner la roue, débarrassez-vous de vos cartes en deux coups de cuillère à pot… et ne soyez surtout pas le dernier à finir la partie avec la Mistigrouille en main !

Les loyautés, un livre noir et époustouflant de Delphine de Vigan (JC Lattès)

Delphine de Vigan

Les loyautés, un livre noir et époustouflant de Delphine de Vigan (JC Lattès)

Delphine de Vigan a le don de nous tenir en haleine de la première ligne à la dernière ligne de son roman : Les loyautés.
Cette fois-ci, il s’agit d’un roman choral à plusieurs personnages.
Hélène est professeur au Collège. Elle a Théo et Mathis dans sa classe, en 5ème. Depuis la rentrée, elle s’inquiète de l’état de Théo. Elle sent qu’il se passe quelque chose dans la vie de cet enfant. Une profonde intuition… Elle sait, elle, ce qu’elle ressent, contrairement aux autres qui ne peuvent pas le faire…
Théo a douze ans et demi. Un garçon plutôt timide, introverti, mal dans sa peau. Avec Mathis, ils ne se quittent plus. Tous les deux ensemble, loin des autres… Les parents de Théo sont divorcés. Il est en garde alternée. Sa mère ne veut pas entendre parler du père… Et Théo ne raconte rien à personne.
Mathis, lui, vit avec ses deux parents. Sa mère, Cécile, ne travaille pas. Enfin si : elle est mère au foyer. Un jour, elle a découvert une autre facette de son mari…
Mathis et Théo vont entrer dans le monde adulte par la mauvaise porte…
Et tout ce petit monde va se rencontrer. De façon fortuite…
Le lecteur est comme happé par cette histoire sans fin… Le livre aurait pu continuer sur des pages et des pages. Mais Delphine de Vigan a choisi de nous laisser écrire nous-même la fin de cette histoire.
Tout au long du roman, on découvre des facettes de chaque personnage. Certaines visibles et d’autres totalement invisibles et même inimaginables pour autrui. Vous vivez avec un homme depuis vingt ans et vous découvrez un autre pan de sa personnalité, qui vous révulse totalement et qui était inimaginable.
Vous pensiez connaître votre enfant de douze ans et vous ne pouvez imaginer ce qu’il vit et ce qu’il ressent au plus profond de lui-même…
Publik’Art a un gros faible pour l’écriture de Delphine de Vigan (D’après une histoire vraie) et ce dernier roman, Les loyautés, ne l’a pas déçu, bien au contraire ! Un très bon, et très vrai, moment de lecture !

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Jeanne Hébuterne est une jeune fille quand, en 1916, elle rencontre Amedeo Modigliani. De quinze ans son aîné, il est un artiste « maudit », vivant dans la misère, à Montparnasse. Elle veut s’émanciper de ses parents et de son frère, et devenir peintre elle aussi. Ils tombent fous amoureux. De Paris à Nice – où ils fuient les combats de la Première Guerre mondiale –, ils bravent les bonnes mœurs et les interdits familiaux. Mais leur amour incandescent les conduit aux confins de la folie.

Date de parution : le 23 août 2017
Auteur : Olivia Elkaim
Editeur : Stock
Prix : 19 € (248 pages)
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Le système iranien schizophrénique décrypté dans Un homme intègre

Un homme intègre
Un homme intègre, filmée Mohammad Rasoulof, Copyright ARP Sélection

Le système iranien schizophrénique décrypté dans Un homme intègre

Récompensé par le prix Un Certain Regard au Festival de Cannes 2017, Un homme intègre raconte le combat d’un homme seul pour conserver son terrain autant que sa dignité. Confronté à l’omnipotence d’une compagnie privée décidée à le contraindre à vendre, le héros Reza va mener un combat perdu d’avance face à la puissance de l’argent et la corruption du système iranien. Le film est aussi réaliste que possible et a valu à son réalisateur Mohammad Rasoulof de voir son film interdit en Iran, avec l’épée de Damoclès d’une possible incarcération.

Un homme seul face à un système injuste

Le film débute sur un ton doux amer. Reza (Reza Akhlaghirad) et son épouse Hadis (Soudabeh Beizaee) ont quitté Téhéran pour rejoindre la campagne et gagner en sérénité. Il élève des poissons et elle est directrice d’école. Ils élèvent tous deux leur fils dans un environnement qu’ils souhaitaient plus sain. Le choix d’une vie simple leur apporte  des tourments inattendus quand une compagnie privée met tout en oeuvre pour récupérer leur terrain. Le réalisateur Mohammad Rasoulof ouvre une lucarne sur un système tellement corrompu qu’un homme seul décidé à rester dans la légalité a du mal à lutter pour faire respecter ses droits. Le régime des Mollahs drapé dans ses grands principes inflexibles est bien loin d’appliquer la même sévérité au quotidien pour défendre le peuple contre les puissances de l’argent. La contradiction intrinsèque du régime tout entier ressort dans cette évocation d’un pays figé dans l’aveuglement et le mutisme. Les ragots font le reste pour abattre toutes les bonnes volontés. Le style du film privilégie le réalisme avec un dépouillement qui fait ressortir la tempête sous le crâne du héros, obligé de se dédire pour rester debout et faire respecter son honneur.

Un homme intègre a presque valeur de témoignage tant le film décrit un système kafkaïen où les apparences de vertu sont altérées par une réalité bien moins vertueuse. Le film devient un vrai thriller sociologique quand le héros décide finalement de résister et de ne pas se laisser abattre, faisant preuve d’une résilience inattendue. Avec très peu de dynamisme et une absence complète d’effets de style hollywoodiens, le film prend aux tripes et emmène avec lui les spectateurs dans un goulot d’engorgement souvent étouffant, faisant partager les doutes et les angoisses d’un héros au pied du mur.  Un prix à Cannes loin d’être usurpé!

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Un homme intègre
Un homme intègre

Reza, installé en pleine nature avec sa femme et son fils, mène une vie retirée et se consacre à l’élevage de poissons d’eau douce. 
Une compagnie privée qui a des visées sur son terrain est prête à tout pour le contraindre à vendre. 
Mais peut-on lutter contre la corruption sans se salir les mains ?

Sortie : le 6 décembre 2017
Durée : 1h58
Réalisateur : Mohammad Rasoulof
Avec : Reza Akhlaghirad, Soudabeh Beizaee, Nasim Adabi
Genre : Drame

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Top 10 Opéra / Ballet : le meilleur de l’année 2017

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Top 10 Opéra / Ballet : le meilleur de l’année 2017

Après notre top 10 des pièces de théâtre pour l’année écoulée, place au top 10 Opéra / Ballet qui consacre des surdoués de la scène opératique ou chorégraphique comme Bob Wilson, Anne Teresa De Keersmaeker, Krzysztof Warlikowski ou encore Pina Bausch mais aussi Wayne McGregor Alexander Ekman et Thierry Malandain.

1) Don Carlos de Giuseppe Verdi, mise en scène Krzysztof Warlikowski
2) Così fan tutte de Wolfgang Amadeus Mozart, mise en scène et chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker
3) Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, mise en scène Bob Wilson
4)  Trompe la mort de Luca Francesconi, mise en scène Guy Cassiers
5) Play d’Alexander Ekman
6) Rain d’Anne Teresa de Keersmaeker
7) Drumming Live d’Anne Teresa De Keersmaeker
8) Tree of Codes de Wayne McGregor
9) La Cenerentola de Rossini, mise en scène Guillaume Gallienne
10 ) Noé de Thierry Malandain

Le Top 10 Théâtre 2017 d’Amaury Jacquet

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Le Top 10 théâtre 2017 d'Amaury Jacquet

Le Top 10 Théâtre 2017 d’Amaury Jacquet

Comme pour chaque fin d’année et sa rétrospective, nous nous sommes livrés au classement traditionnel des 10 meilleures pièces de théâtre de l’année 2017. Le classement retenu s’attache à des écritures théâtrales nouvelles, singulières, revisitées ou plus intimes, portées par une qualité de jeu toujours extrême, et pour un théâtre qui parle forcément de nous pour mieux parler des autres et donc du monde.

1) Festen de Thomas Vinterberg et Mogens Rukov, adaptation théâtrale Bo Hr. Hansen, mise en scène Cyril Teste
2) Soudain l’été dernier de Tennessee Williams, mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig
3) Art de Yasmina Resa, mise en scène Tg Stan et Dood Paard
4) Erich Von Stroheim de Christophe Pellet, mise en scène Stanislas Nordey
5) Un amour impossible d’après le roman de Christine Angot adapté par l’auteur, mise en scène Célie Pauthe
6) Les Trois Sœurs d’après Anton Tchekhov, un spectacle de Simon Stone
7) Bella Figura texte et mise en scène Yasmina Reza
8) Vera de de Petr Zelenka, mise en scène Élise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo
9) La Nostalgie des blattes de et mise en scène par Pierre Notte
10) Hôtel Feydeau d’après Georges Feydeau, mise en scène Georges Lavaudant

Mes 10 expositions préférées de 2017

Le MoMA à Paris
Le MoMA à Paris, Fondation Louis Vuitton

Mes 10 expositions préférées de 2017

2017 fut une année riche en évènements culturels, principalement vus à Paris pour ma part. Peintres classiques ou impressionnistes, collectionneurs ou sculpteurs, photographes ou collections thématiques, il y en a eu pour tous les gouts cette année. J’ai listé 10 expositions déjà chroniquées sur Publik’Art, chacune des références est reliée à l’article indiqué. C’est parti pour mon Top 10 personnel.

De la variété avant tout 

10) Vermeer au Louvre

9) Olga Picasso au Musée Picasso

8) Gauguin l’alchimiste au Grand Palais

Le Louvre a débuté l’année 2018 avec 3 expositions fastueuses dont une consacrée au grand peintre Flamand. Des toiles emblématiques de Vermeer ont subjugué les visiteurs. Le Musée Picasso s’est concentrée sur l’une des muses emblématiques de Picasso, Olga, pour une exposition toute en sensualité et en féroces évocations. Quant à Gauguin, le Grand Palais lui a consacré une exposition retraçant autant sa vie tumultueuse que l’évolution d’un art autodidacte.

Des riches collections 

7) Le jardin secret des Hansen au Musée Jacquemart André

6) Monet Collectionneur au Musée Marmottan Monet

5) Le MOMA à Paris à la Fondation Louis Vuitton

Le Musée Jacquemart André a regroupé des toiles impressionnistes de la collection Ordrupgaard pour créer un vibrant parcours artistique. Le Musée Marmottan Monet démontre une fois de plus le foisonnement d’un artiste qui avait l’oeil pour s’entourer des plus grandes oeuvres des artistes de son temps. Quant à la Fondation Louis Vuitton, elle crée un lien avec le MOMA new yorkais pour faire économiser un billet d’avion et admirer certaines de ses oeuvres les plus marquantes.

Les highlights de la saison 2017

4) Chrétiens d’Orient à l’Institut du Monde Arabe

3) Pissarro à Eragny au Musée du Luxembourg

2) Picasso primitif au Musée du Quai Branly

1) Rodin, une exposition du centenaire au Grand Palais

L’Institut du Monde Arabe a ouvert une passionnante page sur l’histoires des Chrétiens d’Orient au coeur d’une exposition aussi passionnante qu’enrichissante. Le Musée du Luxembourg a réuni les oeuvres les plus lumineuses d’un Pissarro tout entier dévoué à son art en évoquant sa demeure d’Eragny comme lieu central de sa riche existence picturale. Le Musée du Quai Branly a proposé une exposition XXL sur Picasso sous l’angle de sa passion pour les arts premiers, le parcours fut d’une richesse proprement hallucinante. Quant au Grand Palais, il a rendu un hommage mérité à Rodin, l’un des sculpteurs les plus importants de l’histoire  en plein coeur des célébrations du centenaire de sa disparition.

C’est le moment de se replonger dans des expositions qui ont marqué l’année 2017 afin de vivre à nouveau de vrais chocs artistiques!

Mon Top 11 Théâtre 2017

Les Trois Soeurs © Thierry Depagne

Mon Top 11 Théâtre 2017

Le constat au 1er janvier 2018 fleure bon l’évidence: 76 pièces de théâtre vues en 2017 et une bonne dizaine de pépites à se remémorer au moment de rentrer dans 2018 avec encore des belles promesses de soirées théâtres fastueuses en perspective. Alors, a posteriori, quelles pièces placer sur le podium 2017?

De vraies saisons théatrales

Mon année théâtre 2017 a été marquée par 4 grandes offres de théâtre au Lucernaire (27 pièce vues!), au Studio Hebertot (10 pièces), au Théâtre de Poche Montparnasse (9 pièces) et au Théâtre de l’Odéon (4 pièces vues). Plus qu’une question de fidélité, c’est surtout une question de ligne éditoriale et de vraie exigence théâtrale. Si la conscience de ne pas avoir vu tout ce que j’aurais voulu tiraille forcément mon esprit, j’ai heureusement passer de vrais moments d’émerveillement émotionnel et intellectuel. Et c’est parti pour le classement de mes meilleurs souvenirs théâtre 2017!

Du théâtre de la vérité

10) C’est encore mieux l’après-midi au Théâtre Hebertot

9) Priscilla au Casino de Paris

8) Erik Satie ou l’inconnu d’Arcueil au Théâtre du Crève-coeur

Le numéro 10 est un très bon numéro de boulevard, bien au dessus de la moyenne. C’est encore mieux l’après midi a fait jubiler la salle du Théâtre Hebertot pour un bon moment de comédie. Priscilla au Casino de Paris a offert un très bon moment de paillettes et d’extravagance devant une salle extatique. Erik Satie ou l’inconnu d’Arcueil dans le petit théâtre suisse du Crève coeur a levé le voile sur un compositeur mal connu et fantasque.

De belles reconstitutions historiques

7) Rimbaud Verlaine au Théâtre de Poche Montparnasse

6) Moi Caravage au Lucernaire

5) Voltaire/Rousseau au Théâtre de Poche Montparnasse

4) Les Fourberies de Scapin au Lucernaire

Les 3 pièces suivantes sont des évocations d’illustres penseurs, peintres ou poètes, tous à fleur de peau et exigeants. Le Théâtre de Poche Montparnasse et le Lucernaire ont cette capacité à multiplier les tonalités pour une émotion à chaque fois saisissante. Quant à la jeune troupe des Fourberies de Scapin, elle a marqué par la virtuosité de sa mise en scène.

Des pièces éternelles

3 ex aequo) Les Chatouilles

3 ex aequo) Welcome to Woodstock au Comedia

2) Anquetil tout seul au Studio Hebertot

1) Les 3 soeurs au Théâtre de l’Odéon

Les 4 pièces du podium ont été de vrais moments d’enchantement. Les chatouilles racontent l’histoire tragique d’une enfance meurtrie, avec pudeur et intensité. Welcome to Woodstock a ravi les fans de Rock sixties avec des interprétations majestueuses des classiques de Jimi Hendrix ou Janis Joplin. Anquetil tout seul sur la scène du Studio Hebertot a tout eu de la prouesse théâtrale, à vélo et avec entrain. Quant aux 3 soeurs au Théâtre de l’Odéon, sa mise en scène va marquer la scène théâtrale parisienne pour les 10 prochaines années.

Tous les liens sont disponibles vers les critiques faites sur Publik’Art pour des pièces qui resteront gravées dans les mémoires. En attendant d’éventuelles reprises, qui sait?

Mes 10 films préférés en 2017

2017, une année plurielle & vibrante.

Mon année ciné 2017 est clairement à placer sous le signe de l’éclectisme à foison. Beaucoup de rires et de crissements de dents, quelques pincements au coeur, de l’émerveillement, des colères, mais surtout des auteurs de qualité, avec ou sans millions. Et ça, on adore. Surtout à l’aune d’une ère qui semble très cannibalisante : les GAFA qui entrent en force au 7e Art, Netflix qui continue à mener sa guerre contre les salles obscures ou l’ogre Disney. Impossible de dire ce qui restera de la créativité dans les décennies à venir. Ce qui est sûr, c’est qu’ici à PublikArt, on continuera à la défendre coûte que coûte, et ce afin de toujours mieux vous aiguiller dans vos choix culturels.

10° Star Wars – Les derniers Jedi

 

Chewbacca conduit comme un Porg.

Je n’ai jamais été un grand féru de la saga Skywalker. Pour une simple et bonne raison, tout comme la saga Terminator avec la famille Connor, il faut savoir passer à autre chose quand le summum semble avoir été atteint. Ici, on parle évidemment de la trilogie originelle où la paternité était le nerf de la guerre. Ceci étant dit, tout nouvel épisode de la saga Star Wars apparait pour moi comme une agréable ballade spaciale truffée d’FX derniers cris et peuplé de créatures délirantes et délicieuses. En ce sens, Les derniers Jedi m’ont largement régalé. Irrévérences face aux héros légendaires, agréables surprises scénaristiques, retour d’un humour space-Lucas, que semblait avoir égaré J.J Abrams et surtout une audace visuelle renouvelée lors de la très belle bataille finale. Rian Johnson délivre un épisode fortement ludique et enjoué, à défaut de paraitre inoubliable, faute à ces diables de Skywalker !

9° Brimstone

La danse avec la mort virtuose de Dakota Fanning et Guy Pearce.

Tout sépare le n° 10 de ce classement et Brimstone. L’épique western réalisé par le Néerlandais Martin Koolhoven fait parti de ces films qui trottent des heures durant dans votre subconscient après l’avoir visionné. Débarqué sur nos écrans sans faire de bruits et porté par un joli casting de seconds couteaux, les mésestimés Dakota Fanning et Guy Pearce, ce western sera un parmi les plus âpres que vous pourrez voir. Inceste, pédophilie, rédemption ou tortures servent les desseins funestes d’une sombre famille dont la femme est muette et doit faire face à obsession irréel du prêcheur local. Une esthétique gothique brillante, une interprétation glaçante et un montage à rebours font de Brimstone l’un des chocs de cette année 2017 et une vraie ode au féminisme.

8° La Villa

Les fables de Darroussin, incontournables 2017.

Robert Guediguian sait tout faire, et il nous l’a amplement prouvé depuis le début des années 2000 en s’éloignant régulièrement de son style pour nous conter des histoires qui lui tenaient à coeur. Mais, le cinéaste à l’accent qui fleure bon les cigales du Sud n’est jamais aussi bon et à l’aise que quand il retrouve ses calanques et sa Méditerranée. Film minimaliste diront certains, film foisonnant de vie (et de mort), d’envies (et de désirs), d’histoires (la petite comme la grande) et surtout film de comédiens. Ariane Ascaride, Robinson Stévenin, Anaïs Demoustier y sont magnifiques et touchant. Et que dire de Jean-Pierre Darroussin auquel cette Villa semble être un véritable hymne à sa bonhomie, à son côté raleur, à son humour pince-sans-rire et surtout à sa générosité. Tout la gourmandise du sud en un grand petit film.

7° Le sens de la fête

L’équipe de l’année 2017 bosse chez Toledano-Nakache.

Il est absolument incontestable qu’ils l’ont le sens de fête. Ils, soit Eric Tolédano et Olivier Nakache, inséparable duo et Intouchables depuis le film du même nom. Après une Samba plus contestatrice, moins enjouée, ils reviennent à ce qu’ils savent faire à la quasi-perfection en tant qu’héritiers du Feel-Good Movie à la Apatow, la comédie de groupe à la répartie qui tue. Et quel groupe ! Macaigne, Lellouche, Rouve et surtout Bacri en chef de file stressé et exténué pour entrer dans les coulisses de la réception d’un mariage BCBG. Tolédano-Nakache ou le sens du rythme de la vanne en expertise. La comédie française à son meilleur.

6° Split

Un petit tête à tête avec James McAvoy. Si, mais lequel ?

On avait quitté M. Night Shyamalan, sus-nommé enfant prodige de la SF au début des années 2000 avec ses cartons publics et critiques Sixième sens, Signes ou Incassables, en net regain de forme après avoir cumuler quelques fours aussi vite vus, aussi vite oubliés. Ce retour est amplement validé par Split où le cinéaste d’origine Indienne retrouve ce qui a fait l’essence même de ses premiers hits : pitch psyché, huis-clos graphique et maitrisé et surtout une direction d’acteur implacable. Ce n’est pas un hasard si James McAvoy y tient l’un de ses tout meilleur rôle dans la peau du dérangé Kevin Wendell Crumb. Un des personnages les plus mémorables de l’année dans l’un des thrillers les plus stressants de 2017. « Hi ! I’m Baaaarry ! »

5° 120 battements par minute

Le battement de coeur de l’année.

Le film est certes perfectible (l’insupportable musique électronique cheap d’Arnaud Rebotini, que pourtant j’adore sous son sobriquet de Blackstrobe), mais quelle putain de claque ! Cannes avait bruissé la nouvelle, 2 heures et 20 minutes plus tard, elle est confirmée. Robin Campillo a bel et bien signé l’un des plus beau film français des 10 dernières année. Traitant de la maladie, de l’amitié, du courage, de l’amour, beaucoup d’amour, mais qui ne dégouline jamais, et de fougue. L’amour de la vie, maintenant, pour toujours. Et ces visages qui vous hanteront bien au delà de 2017, les néophytes Nahuel Perez Biscayart et Arnaud Valois.

4° Mother !

Partouse générale chez Aronofsky, le WTF de l’année.

De fougue et de passion, il y est totalement question dans Mother ! du décidément très clivant Darren Aronofsky. On y trouve aussi un millier d’autre thème ou sujet, le tout condensé en 2 heures sous forme de thriller domestique paranoïaque à forte dose d’effets en tout genre (bruitage, FX, musique …). Jennifer Lawrence y confirme qu’elle est LA nouvelle reine d’Hollywood, agaçante, apeurée, amoureuse, énervée, contre un Javier Bardem au charisme non feint. C’est l’un des premiers films où je n’ai jamais su deviner ce qui allait arriver de la première à la dernière image. Et malgré son quota surélevé de situations WTF, l’expérience jusqu’au-boutiste vaut à elle seule sa présence aussi haut dans ce classement.

3° Kingsman – Le cercle d’or

Class like British, Drink like American.

C’est un comble pour beaucoup de retrouver si bien classé un blockbuster, surtout en cette période d’infamies et d’indigestions (Coucou DC Comics). Et pourtant, les mots me manquent encore pour décrire la jouissance totale que m’a apporté ce second épisode de la franchise d’espionnage pop-ludique Kingsman. Les vrais amateurs de 7e Art savent que cet exploit est en grande partie dû à Matthew Vaughn, l’un des seul réalisateur à avoir tâté plusieurs genres avec une réussite unanime. Ici, plus besoin d’intro, on rentre dans le vif du sujet pied au plancher. Tout explose, tout virevolte, avec une décontraction et une virtuosité technique assez sidérante. L’humour british sert de décapant quand tout ralenti, et surtout est balancé à la Tarantino, soit avec une irrévérence crue et bienvenue dans un océan de films aseptisés. Quand la Pop Culture touche au culte en 2017.

2° Blade Runner 2049

Tu es mon père. Presque.

Oui, je fais parti des déçus de Blade Runner 2049. Il manque tout ce qui rendait le film de Ridley Scott culte, son côté tellement organique et ce malgré un univers futuriste glacé. La musique orgiaque de Vangelis m’a manqué également. Cela veut-il que tous les films classés avant sont médiocres ? Bien sûr que non. Denis Villeneuve n’est pas un manchot. Loin de là. L’univers visuel est une splendeur sans nom. Mieux qu’avant. Le sens du cadrage et de l’esthétique du virtuose Canadien y est pour beaucoup. Son compatriote Ryan Gosling face caméra fait le job avec le mysticisme et le mutisme qu’il sait transmettre. L’intrigue tient largement la route et renouvelle même l’univers des Runners. Mais comme tous les films de Villeneuve, il me manque la dose d’humanité et de sentiment qui fera passer ses films d’exceptionnel à légendaire.

1° La La Land

Ca commence comme un bonbon pop trop sucré. Des jeunes gens se lancent dans une chorégraphie dansée-chantée au beau milieu d’une bretelle d’autoroute ensoleillée avec pour mot d’ordre : « It’s another day of sun ». On nous déroule la rencontre pimpante entre les wanna-be Ryan Gosling et Emma Stone, tous deux bien trop beaux et doués pour échouer dans la Cité des Anges, L.A. Puis, le récit se pimente, puis s’acidule, toujours au rythme de chansons bien trouvés et écrites par le surdoué Damien Chazelle, jusqu’à un dénouement sur un échange de regard que personne ne pourra oublié. De l’orfèvrerie des sentiments de haut vol. Du grand cinéma romantique et romanesque. Hollywood à son meilleur en 2017.

Emma Stone toise Ryan Gosling, une sacrée histoire de trompette.

Les frustifiants

Ils auraient largement pu avoir leur place dans ce classement tant l’année 2017 fut une bonne année ciné. Les français Au revoir là haut, la petite histoire rejoint la grande sous les caméras d’Albert Dupontel à son meilleur, et Ce qui nous lie, du vin et de la fratrie conté par Klapisch, très bon cru. Les thrillers Get out, concept malin et revendicatif, It comes at night, minimaliste et organique, ou encore Ça, la relecture stylisée du roman de King. Sans oublier The lost city or Z, épique et très beau et La planète des singes – Suprématie, blockbuster intelligent et soigné.

Mes attentes ciné pour 2018

Comme souvent les suites sont mises à l’honneur : curieux de voir ce que donnera Jurassic World : Fallen kingdom avec la patte de l’Espagnol Bayona, si McQuarrie confirmera avec Mission : Impossible 6, si l’Italien Stefano Sollima saura rendre Soldado aussi puissant et anxiogène que Sicario, ou encore si Solo : A Star Wars story ressuscitera comme il se doit le mythe du personnage culte de la saga.

Steven arrivera t-il à rattraper son modjo ?

Les grands cinéastes ne chômeront pas non plus avec 2 films très attendus pour Steven Spielberg, le thriller journalistique Pentagon Papers, et surtout Ready Player One, oeuvre matricielle de SF censée nous rappeler qui est le vrai boss à Hollywood. Damien Chazelle reviendra déjà avec First man où l’histoire du premier homme sur la Lune, encore avec Ryan Gosling. Tandis qu’Asghar Farhadi nous présentera son premier film tourné en espagnol où il tourmentera les tourtereaux Penelope Cruz et Javier Bardem.

En outsider, je citerai Hostiles qui devrait installer Scott Cooper définitivement dans la A-list, le Lion d’or de Venise The shape of water nouveau conte fantastique de Guillermo Del Toro, le retour de Kechiche avec Mektoub my love, ou encore mon grand favori de l’année : Bohemian Rhapsody sur le légendaire Freddie Mercury.

En bonus

Prenez le temps qu’il faut pour vous organiser, mais ne loupez surtout pas mes deux coups de coeur du Festival Cinemed de Montpellier : Manuel (Il Figlio) de Dario Albertini et porté par le futur grand Andrea Lattanzi, et Razzia de Nabil Ayouch, l’oeuvre la plus dense et complète de son auteur.

Et vous, quelles sont vos préférés de l’année ? Vos coups de griffe ? Vos attentes pour 2018 ?

 

Mon Top 12 des meilleurs films de 2017

Nocturnal Animals
Nocturnal Animals, film de tom Ford, Credit: Merrick Morton/Focus Features

Mon Top 12 des meilleurs films de 2017

Fallait-il voir très exactement 120 films au cinéma en 2017 pour en retenir un tout en haut de la liste et se rendre compte au final qu’il s’agît du tout premier film vu cette année-là? Nocturnal Animals restera la sulfureuse pépite de 2017, critiquée en son temps sur Publik’Art, tout comme les 11 autres films de ce classement. Voilà qui tombe bien, l’occasion de faire un petit récapitulatif personnel des 12 pépites que l’histoire pourra retenir de l’année 2017. C’est parti.

De l’émotion en barre

Mon top 2017 est un Top 12. 120 films vus au cinéma cette année-là et une dizaine de pépites à classer, c’est beaucoup et peu à la fois. Mais c’est le jeu, il faut enchainer les séances pour dénicher des films mémorables, ceux qui resteront dans les mémoires et auront marqué mon année 2017. C’est parti avec les numéros 12, 11 et 10.

12) A mon âge je me cache encore pour fumer
L’adaptation de l’ouvrage de Rayhana est une belle réussite. Au coeur d’un hamam, les femmes sont libres de parler et d’échanger leurs opinions. Les langues se délient et les vérités apparaissent au grand jour. Un film avec Hiam Abbass est souvent une réussite, en voici encore une belle preuve pour un vrai moment de vérité, tragique et émouvant à la fois.

11) Rodin
L’année 2017 fut l’année Rodin et elle a vu Jacques Doillon confier à Vincent Lindon le rôle de l’illustre sculpteur pour une prestation toute en tension contenue et en sobriété. Pas le film le plus dynamique de l’année mais une évocation magistrale d’une vie consacrée à l’art, et aux femmes.

10) Noces
Un film coup de poing qui m’a laissé tétanisé. La question du mélange difficile entre aspirations à la modernité et respect des traditions hante ce film avec des actrices parfaites et une intrigue tragique. A découvrir absolument.

Un cinéma de la vérité

9) Fences
L’adaptation de la pièce de théâtre où Denzel Washington a triomphé à Broadway devient un film avec… Denzel Washington. Le personnage d’un autre temps a des préoccupations tellement essentielles… la famille, le respect, la droiture… Un film extrêmement sobre et ardu mais d’une belle intensité!

8) I’m not your negro
Un documentaire sidérant sur l’existence de l’activiste américain James Baldwin. Un regard acéré sur l’histoire américaine contemporaine, sans concessions, surtout à notre époque actuelle troublée. Pour que l’histoire évolue enfin, regardez le passé récent, et surtout ce documentaire!

7) La passion Van Gogh
Mon film d’animation préféré de l’année 2017. Plus de 60 000 tableaux mis bout à bout pour raconter une vie de Van Gogh, c’est passionnant et surtout extrêmement pictural. Un vrai coup de coeur de l’année 2017

Les premières surprises

6) Mother
Le film de Darren Aronofsky est le vrai film d’horreur de l’année 2017. Je l’ai ressenti dans ma chair et en suis ressorti passablement retourné. Ma phobie principale est celle de la foule en furie, ce film m’a donc filé une peur bleue. Un grand moment de cinéma paranoïaque, tout simplement. Pas besoin de monstres bizarres ou de fantômes impossibles pour faire peur, la preuve…

5) Mise à mort du cerf sacré
The Lobster avait marqué ses spectateurs par son histoire sans queue ni tête et pourtant si intense. Le nouveau film de Yórgos Lánthimos fait encore mieux avec cette histoire de famille prise en otage par un ado sans cruauté, simple figure de la justice divine faite homme. Le ressenti à la sortie du film est juste incroyable…

4) A Beautiful Day
Joaquin Phoenix mérite 100 fois sa récompense cannoise. Son rôle d’écorché vif jamais vraiment remis de son service sous les armes et devenu une machine à tuer m’a laissé pantois. La musique industrielle du film rend compte de la tension nerveuse du personnage, l’action est tranchante comme une lame de rasoir et le film est un enchantement. Numéro 4, il y aurait donc 3 films encore plus marquants en 2017, est-ce possible???

Un beau tiercé gagnant

3) Au Revoir Là Haut
Le meilleur film français de l’année 2017 est un OVNI, une pépite et une surprise. Albert Dupontel réalise un film foisonnant, intense et ébouriffant en adaptant parfaitement l’ouvrage de Pierre Lemaitre, Au Revoir là haut. En y mettant sa patte et en ne l’adaptant pas littéralement, il se l’approprie et livre un film complètement fou, pendant au moins les 4/5e de sa durée. Si la fin est certes un peu bâclée, les premières 1h20 se regardent avec délice. Une prouesse narrative et scénaristique, un vrai bon film qui, je l’espère, va triompher aux prochains César, à la place d’un 120bpm qui a fait le buzz auprès de la critique parisienne mais m’a beaucoup moins convaincu…

2) Le jeune Karl Marx
Le film politique de l’année, sur l’éclosion d’une pensée forte qui allait marquer l’histoire du XIXe siècle et de l’humanité toute entière. August Diehl campe un Karl Marx fiévreux et passionné, francophile, germanophile et anglophile, humaniste avant tout donc, dans un film qui exprime parfaitement sa pensée. Le communisme était une belle idée, qu’il a échafaudée et portée avant que ses idéaux ne soient bafoués dans son application soviétique. Un vrai cours d’histoire mené tambour battant et en tout point passionnant. Un film qui n’a hélas pas fait beaucoup d’entrées alors que bon, le film exprime la pensée en action, belle, profonde et forcément utopique. C’est beau et il me tarde de le revoir!

1) Nocturnal animals
Paradoxe suprême, mon film numéro 1 de l’année 2017 fut ma première séance de l’année. Tom Ford réalise un film retors et onirique, brutal et tortueux. Une vraie prouesse de cinéma total. Inutile de rappeler qu’Amy Adams aurait 100 fois mérité l’Oscar et que Michael Shannon est à son apogée dans ce film. Un film que je pourrais revoir encore et encore, ce qui est la marque de mes films préférés. 2017 restera à jamais l’année Nocturnal Animals pour moi, et ce n’est que justice…

Voilà une belle liste qui donnera, je l’espère, des idées de films à voir pour tous ceux qui n’ont pas la chance d’aller si souvent que ça au cinéma. C’est maintenant l’heure du rattrapage, alors faites vous plaisir, et bonne année 2018!

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Hysteria Lane, une plongée dans l’univers hollywoodien (Belfond)

Alex Cartier

Hysteria Lane, une plongée dans l’univers hollywoodien (Belfond)

Hysteria Lane nous plonge dès les premières lignes dans un univers à première vue doré, où Hollywood n’est qu’un rassemblement des plus grandes stars du monde vivant en pleine harmonie. Rapidement, on comprend qu’on était bien loin du compte et que derrière des apparences de rêve, Hollywood est un environnement impitoyable, où les amis ne le sont pas vraiment et où on ne peut avoir confiance en personne.

A la poursuite d’un rêve presque irréalisable

Laure est le personnage principal de ce récit à la première personne, elle nous livre son histoire de ses débuts, alors qu’elle possède avec son associée et meilleure amie une agence de relation de presse. Petit à petit, Laure réalise que son rêve est ailleurs, qu’elle se verrait bien à la tête de la production d’une série télé. Seulement, elle se lance dans cette aventure un peu folle par hasard, dans le but de lancer un acteur méconnu.

Quand vie privée et professionnelle s’emmêlent

Si c’est l’histoire personnelle de Laure qui la pousse à voler de ses propres ailes et réaliser son rêve – produire une série télévisée –, elle est omniprésente et tire Laure vers le bas par la suite. Malheureusement, on avance autant dans la création de la série que Laure recule dans sa vie personnelle.

Des références à tout-va

Hysteria Lane est truffé de références en tout genre : cinématographiques, musicales, ou encore littéraires, impossible de passer à côté de ces clins d’oeils à peine masqués. Il y en a pour tous les goûts ! De Mozart à Colleen Hoover en passant par la très célèbre série Desperate Housewives, Alex Cartier touche à tous les genres, chacun y trouvera son compte.

Un univers à double tranchant

Alex Cartier nous offre une plongée dans un monde qu’on imagine, dont on rêve, mais dont on ne connaît finalement pas grand-chose. Entre gaffes, péripéties et confiance accordée aux mauvaises personnes, Laure nous livre un récit des plus bosselés. A Hollywood, les hauts sont pavés d’Oscars et autres récompenses, mais il est si simple de tomber en bas de l’échelle…

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Plongez dans l’univers des tournages de séries à Hollywood, la capitale mondiale du divertissement. Vous avez aiméDesperate Housewives ou Vampire Diaries ? Vous allez adorer Hysteria Lane.
Laure dirige une société de relations publiques dans le cinéma à Hollywood. Quand son boyfriend part travailler en France et que sa meilleure amie (et associée) s’en va assister au tournage du film réalisé par son fiancé, Laure se pose des questions sur le sens de sa vie.
Et lorsqu’elle rencontre un acteur canadien d’une grande beauté qui n’a pas encore percé, elle réalise que son destin est de produire une série. Mais quelles sont ses motivations réelles : le séduire, lui procurer le rôle dont il a besoin pour se faire connaître ? Ou bien est-ce une véritable vocation ?
Elle va découvrir que, derrière les paillettes, Hollywood est un monde impitoyable pour une jeune femme à l’expérience limitée. Heureusement, Laure ne manque ni de charisme ni de relations pour se sortir des pires situations…

Date de parution : le 12 octobre 2017
Auteur : Alex Cartier
Editeur : Belfond
Prix : 17 € (560 pages)
Acheter sur : Amazon

Derniers jours : Emmanuelle Devos, savoureuse, en midinette paumée dans la pièce de Yasmina Reza

Emmanuelle Devos savoureuse en midinette paumée et névrosée dans la pièce de Yasmina Reza
Bella figura de Yasmina Reza © p. Pascal Victor Artcom Press

Emmanuelle Devos, savoureuse, en midinette paumée et névrosée dans la pièce de Yasmina Reza

Yasmina Reza met elle-même en scène « Bella figura », pièce qu’elle avait initialement écrite pour les comédiens de la Schaubühne de Berlin dirigés par Thomas Ostermeier. On retrouve dans cette tragicomédie la singularité de son théâtre avec des personnages isolés du monde et qui, aux prises avec les faux-semblants et les non-dits, sont en situation de crise prêts à exploser.

Ils se retrouvent donc tous au cœur d’un drame existentiel, propice à ouvrir les hostilités sous forme de règlement de comptes et de lâcher prise.

La dramaturge détourne les codes du vaudeville pour faire advenir derrière le vernis qui se craquelle, les fêlures intimes, les petites et grandes lâchetés des personnages confrontés à l’angoisse de la solitude, l’incertitude du bonheur, la faillite du couple et la tragédie de la vieillesse.

Des personnages en roue libre

Dans une voiture jaune rutilante, sur le parking d’un restaurant recommandé par sa propre femme, un chef d’entreprise, Boris (Louis-Do de Lencquesaig) et sa maîtresse Andrea (Emmanuelle Devos) une femme instable et névrosée qui joue les midinettes, se disputent à propos du choix de cet établissement.

C’est alors qu’en voulant reculer avec son véhicule, Boris renverse une vieille dame, Yvonne (Josiane Stoléru) venue fêter son anniversaire avec son fils, Eric (Micha lescot) et sa belle-fille, Françoise (Camille Japy). Si la vieille dame se relève sans aucun mal, il s’avère que Françoise est la meilleure amie de la femme de Boris. La comédie va pouvoir virer au drame.

Yasmina Reza n’a pas son pareil pour distiller les situations incongrues qui font tomber les masques, exploser les certitudes et exacerber les manques.

Des personnages perdus, fragiles, désinvoltes se débattent avec leur conditionnement social et ses travers, poussés dans leurs derniers retranchements en se confrontant à une fuite en avant décapante, à leur égocentrisme, leurs blessures mais aussi leur rébellion sous-jacente et sans filtre qui les rendent attachants.

Avec son écriture proche du réel et en même temps très stylisée, l’auteure metteuse en scène convoque la bonne distance entre un regard lucide mais aussi surréaliste où son humour grinçant fait le reste.

Le décor de Jacques Gabel avec son espace temps suspendu qui accapare toute la scène participe à la mise en abîme et au vide existentiel qu’il renvoie.

Une quintette au diapason

Les protagonistes imaginés par Yasmina Reza impliquent donc authenticité et second degré, facultés que possèdent haut la main les cinq comédiens réunis sur le plateau : Emmanuelle Devos excelle en héroïne cabossée à la sensibilité aussi insolente qu’exacerbée tandis que Louis-Do de Lencquesaig, son amant, témoigne d’une désinvolte à toute épreuve. Camille Japy et Micha Lescot sont parfaits face à la décrépitude de leurs certitudes. Quant à Josiane Stoléru, elle est hilarante dans un jeu aussi décomplexé que maîtrisé.

Instantané de la condition humaine, parfois tendre, parfois cruelle, souvent drôle, mais toujours juste où chacun se joue de soi et des autres.

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Dates : du 7 novembre au 31 décembre 2017 l Lieu Théâtre du Rond-Point (Paris)
Texte et mise en scène : Yasmina Reza

La menace, le dernier polar de S.K. Tremayne (Presses de la Cité)

S. K. Tremayne

La menace, le dernier polar de S.K. Tremayne (Presses de la Cité)

 

S. K. Tremayne est un des pseudonymes de l’écrivain et journaliste anglais, Sean Thomas, qui utilise également celui de Tom Knox pour certains de ses ouvrages. Cette fois-ci, il nous entraîne dans une aventure qui fait froid dans le dos, dès les premières pages du polar.

Rachel est folle de joie d’épouser David Kerthen, issue d’une grande famille alors qu’elle est d’origine très modeste. Elle réalise son rêve ! Elle va habiter dans son château, à la campagne et avoir enfin une vie de princesse. Car David est un riche avocat ! Il est veuf depuis deux ans et a un fils, Jamie.
Jamie va mener la vie dure à Rachel. Il va lui prédire des choses qui vont se réaliser et du coup, Rachel va vivre un enfer… Elle va voir des choses, vivre des choses trop bizarres et toujours prédites par Jamie. Mais si elle en parle, on va la prendre pour folle. Très vite les relations avec son mari vont se dégrader et tout va tourner autour de la mort de sa première femme…
Un récit haletant, qui fait froid dans le dos… D’autant plus qu’il ne reste pas beaucoup de temps à Rachel pour résoudre l’énigme de la mort de Nina car elle doit mourir à Noël, d’après Jamie… Et tout ce que dit Jamie se réalise…

La menace se lit très facilement, presque d’une seule traite avec un stress croissant ! Que va-t-il advenir de Rachel dans ce château perdu au milieu de nulle part, en Cornouailles ?

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Quand Rachel épouse David Kerthen, un bel et brillant avocat, elle n’en croit pas sa chance. Loin de Londres et des années de vache maigre, elle découvre les joies de la vie de famille auprès de l’affectueux petit garçon de son mari, Jamie. Au coeur des Cornouailles, dans un manoir surplombant les déchirures de la côte et l’Océan impétueux, elle joue déjà à la châtelaine.
Mais le conte de fées se ternit vite : le souvenir de Nina, la première épouse de David, disparue deux ans auparavant, hante encore les couloirs de cette demeure séculaire. Et peu à peu son petit Jamie adopte vis-à-vis de Rachel un comportement inquiétant, prophétisant l’avenir et niant certaines réalités.Qu’est-il arrivé à Nina ? Que cache le sourire du séduisant avocat ? Et Rachel, que vient-elle faire dans cette histoire ? Tandis que la suspicion commence à ronger le jeune couple, Jamie prédit à Rachel qu’elle mourra à Noël…
Dans un huis clos glaçant où les éléments se déchaînent, l’auteur du best-seller Le Doute revient avec un nouveau supplice psychologique qui capture le lecteur à la croisée du Rebecca de Daphné Du Maurier et du Sixième Sens de M. Night Shyamalan pour ne le délivrer qu’à la toute dernière page.

Date de parution : le 2 mars 2017
Auteur : S. K. Tremayne
Editeur : Presses de la Cité
Prix : 19 € (248 pages)
Acheter sur : Amazon

2018 s’annonce en fanfare au Théâtre de Poche Montparnasse!

Histoire du Soldat
Histoire du Soldat, Mise en scène de Stephan Druet, Théâtre de Poche Montparnasse

2018 s’annonce en fanfare au Théâtre de Poche Montparnasse!

Le programme de la nouvelle saison du Théâtre de Poche Montparnasse à partir de janvier 2018 est officiellement disponible pour des spectacles tout en intensité, en émotion et en diversité. Une reprise d’un spectacle de 2017, des continuations de spectacles récurrents déjà existants et des nouveautés s’annoncent pour un panorama théâtral pléthorique, des styles variés et des auteurs toujours actuels. Suivez le guide!

L’histoire du soldat

L’histoire du Soldat est une reprise du spectacle déjà joué en 2017 (voir la critique déjà parue sur Publik’Art). Le spectacle entre émerveillement et damnation va encore interpeller l’audience par sa richesse narrative. Une troupe nombreuse prend possession de la scène du Théâtre de Poche Montparnasse avec 1 chef d’orchestre, 7 musiciens, 3 comédiens et 1 danseuse qui proposent une pièce délicatement musicale pour faire revivre l’oeuvre de Ramuz et Stravinsky rédigée en 1918 à partir d’un conte russe populaire. L’occasion de voir ce spectacle si ce n’est pas déjà fait, à partir du 5 janvier!

Le souper

Les comédiens William et Daniel Mesguich vont interpréter Fouché et Talleyrand se retrouvant lors d’un souper pour décider du régime à donner à la France après la défaite de Waterloo. Après Claude Rich et Claude Brasseur avant eux dans les mêmes rôles, les comédiens vont offrir une réinterprétation de ce moment fort d’histoire, sur les planches du Théâtre de Poche Montparnasse, à partir du 6 janvier!

Tertulien, Mademoiselle Julie, Camille Claudel et Cie

3 autres pièces vont composer l’affiche à partir de janvier, tous les détails sont disponibles sur le site du Théâtre de Poche Montparnasse, Tertulien d’après le Traité contre les Théâtres, Mademoiselle Julie d’August Strindberg et une pièce évoquant le destin tragique de Camille Claudel. Sans oublier les pièces récurrentes évoquant l’histoire de France, l’histoire du théâtre et l’économie.

Il est temps de vous intéresser ai programme du Théatre de Poche Montparnasse pour imaginer des soirées de théâtre en plein coeur de Paris!

Dates :  A partir de janvier 2018
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)

Ma vie cachée, un policier Young Adult tout en romance (PKJ)

Becca Fitzpatrick

Ma vie cachée, un policier Young Adult tout en romance (PKJ)

 

Ma vie cachée nous plonge dans l’histoire d’Estella Goodwinn, ou plutôt Stella Gordon, comme elle est connue dans sa nouvelle vie au fin fond du Nebraska, loin de tout ce qu’elle a toujours connu. Témoin clé dans une enquête particulièrement complexe, Estella a rejoint le programme de protection des témoins et est devenue Stella Gordon.

Un fin mélange entre la romance et le policier

Si Stella rencontre rapidement Chet, un adolescent habitant dans la même ville qu’elle, et que la romance pourrait prendre le dessus sur l’histoire de base, ce n’est pas le cas. Le lecteur tourne les pages en gardant un sentiment d’angoisse, que l’auteure instaure avec brio.

Des personnages secondaires approfondis

En abandonnant tout ce qui faisait d’elle qui elle était, Stella s’ouvre à de nouvelles possibilités, s’apprête à laisser une chance à cette policière à la retraite qui l’héberge jusqu’à sa majorité, à la fin de l’été. Carmina entend bien ne pas se laisser faire par l’adolescente de la ville. L’évolution de son personnage, en accord avec celui de Stella, a beau être de second plan, elle n’en reste pas moins parfaitement maîtrisée.

Les personnages secondaires apportent tous quelque chose au récit, que ce soit un nouveau sentiment d’inquiétude, ou qu’ils permettent à Stella d’évoluer. Si certains auraient mérités un peu plus d’approfondissement, la plupart d’entre eux ont rempli leur part.

Des sujets forts

Au cœur de  Ma vie cachée, on trouve des sujets forts et extrêmement bien traités, tels que le pardon des personnes qu’on aime, le deuil, ou encore le pardon à soi-même. En plus de les traiter pour les personnages et leur évolution, Becca Fitzpatrick fait réfléchir, opposant des personnages aux opinions entièrement contraires mais dont les arguments ont du sens, autant d’un côté que de l’autre.

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Un nouveau nom. Une nouvelle ville. Une nouvelle vie.

Témoin d’un meurtre, Stella est placée sous protection en attendant le procès. Elle se retrouve catapultée au milieu de nulle part, dans le Nebraska, sous une fausse identité. Son ancienne vie lui manque atrocement, surtout son petit ami, Reed. Elle refuse de reconstruire quoi que ce soit, persuadée que sa nouvelle situation en va pas durer. Mais lorsqu’elle rencontre Chet, il lui est difficile de ne pas sourire… et de garder pour elle son terrible secret.

Date de parution : le 19 octobre 2017
Auteur : Becca Fitzpatrick
Editeur : PKJ
Prix : 17,90 € (432 pages)
Acheter sur : Amazon

The Last Family, portrait de l’artiste et de sa famille

The Last Family
The Last Family, film de Jan P. Matuszynski, Copyright Droits réservés

The Last Family, portrait de l’artiste et de sa famille

The Last Family lève la voile sur la vie de l’artiste polonais Zdzisław Beksiński depuis son arrivée à Varsovie en 1977 jusqu’à sa mort en 2005 suite à un assassinat crapuleux. Plutôt que de s’appesantir sur les motivations de son oeuvre et son travail de peintre surréaliste, le film choisit de lever le voile sur sa vie de famille tortueuse, partagée entre une femme aimante trop tôt disparue et un fils fantasque aux tendances suicidaires. L’âpreté rêche du film n’empêche pas l’empathie avec un homme déchiré entre sa passion artistique et son existence familiale tourmentée.

Un artiste exigeant

 

Peu d’entre nous connaissent Zdzisław Beksiński, artiste peintre, photographe, dessinateur et sculpteur et ses tendances surréalistes et fantastiques. Le film explore assez peu ses manies d’artiste au delà de son gout pour l’écoute de la musique pendant son travail et son existence simple. Pas de voyages, pas de frivolité, juste un appartement en plein coeur de Varsovie et une existence partagée avec sa femme et son fils. Le film choisit de creuser la relation mouvementée avec son fils Tomasz, impulsif et suicidaire, constamment  à la limite du lâcher prise total. Son père et sa mère manient les subterfuges pour constamment tenter de le raisonner. Cette existence complexe a-t-elle eu un rôle dans l’oeuvre de l’artiste? Le film le laisse penser, sans jamais évoquer le régime communiste ni la rigueur de l’existence des polonais sous le joug dictatorial d’un régime oppressif. Le film gagne en profondeur ce qu’il perd en vitalité, s’engonçant parfois dans une faux rythme fait de langueur et de discussions absconses. Le gout de l’artiste pour la photographie et la vidéo sont abordés sous un angle curieux, le transformant en voyeur de sa propre existence, comme une volonté de prise de recul pour maintenir un équilibre psychologique.

The Last Family privilégie le gris à la couleur, l’introspection à l’exubérance et la folie à la sagesse. Ce qui aboutit à un film parfois aride mais toujours sincère, à découvrir sur les écrans le 17 janvier 2018.

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The Last Family
The Last Family

Né en 1929, Zdzisław Beksiński, peintre surréaliste polonais connu pour ses inquiétantes œuvres post-apocalyptiques, vit avec sa femme Zofia, catholique convaincue, et leur fils impulsif et suicidaire Tomasz, célèbre animateur radio. Une histoire incroyable mais vraie filmée au plus près par la caméra de l’artiste devenue un membre de la famille à part entière et qui témoigne intimement des changements de la société polonaise dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Sortie : le 17 janvier 2018
Durée : 2h03
Réalisateur : Jan P. Matuszynski
Avec : Andrzej Seweryn, Dawid Ogrodnik, Andrzej Chyra
Genre : Biopic, Drame

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https://www.youtube.com/watch?v=Enju-guK2Zg

Hip Hop Family Tree volume 3 (Papa Guédé) sélectionné au Festival d’Angoulême!

Hip Hop Family Tree Vol3
Hip Hop Family Tree Vol3, dessin et scénario d’Ed Piskor, éditions Papa Guede

Hip Hop Family Tree volume 3 (Papa Guédé) sélectionné au Festival d’Angoulême!

Le 3e volume de la saga Hip Hop Family Tree publié aux éditions Papa Guédé fait partie de la sélection officielle du prochain Festival d’Angoulême qui se déroulera du 25 au 28 janvier 2018. Le moment pour vous de vous plonger, si ce n’est déjà fait, dans des tomes richement documentés et savamment dessinés pour une plongée érudite dans un mouvement majeur de la culture musicale de la fin du XXe siècle.

Une sélection méritée

La présence de cette BD dans la sélection officielle d’un des plus grands festivals mondiaux de la bande dessinée ne doit rien au hasard. Son auteur Ed Piskor se fait une place centrale dans le milieu de la BD avec notamment une implication grandissante dans le design de la série X-Men. Cette excellente nouvelle s’accompagne également d’une riche actualité autour de Hip Hop Family Tree en cette fin d’année 2017:

– La mixtape du Vol.3 de G High Djo, le DJ qui accompagne musicalement chaque épisode, est en ligne.
– La Playlist YouTube, qui réunit tous les documents évoqués dans le volume 3, est également disponible.
– Marvel publie, le 20 décembre prochain aux États-Unis, le 1er numéro de la nouvelle série d’Ed Piskor, X-Men : Grand Design.
Ed Piskor devient ainsi le premier auteur à assurer à la fois le scénario, le dessin, l’encrage, les couleurs et le lettrage d’une série Marvel.
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Ce troisième volet de la série culte d’Ed Piskor (Wizzywig, X-Men: Grand Design) nous plonge dans les années 1983 et 1984, période où les caméras se braquent sur le phénomène hip-hop : celles de la télévision avec l’émission fondatrice « Graffiti Rock » et celles du cinéma avec des films comme Breakin’ n’ Enterin’ ou Style Wars, qui abordent respectivement le West Coast style et les dessous du graff new-yorkais.
À cette époque, le rap se situe à une étape charnière de son histoire, avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’artistes (Run-DMC, les Fat Boys, LL Cool J, Public Enemy, Slick Rick, Doug E. Fresh, Whodini…) résolue à supplanter les pionniers du mouvement.
Best-seller traduit en neuf langues et couronné d’un Eisner Award aux États-Unis, Hip Hop Family Tree confirme une nouvelle fois son statut de bande dessinée historique, au propre comme au figuré.

Date de parution : le 15 novembre 2017
Scénariste(s) : Ed Piskor
Dessinateur(s) : Ed Piskor
Genre : Historique
Editeur : Papa Guédé
Prix : 26 € (112 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Shades of Magic, un univers aux multiples facettes (Lumen)

Shades of Magic Shades of Magic, un univers aux multiples facettes (Lumen)

Shades of Magic est le premier roman d’une trilogie de V. E. Schwab. On y découvre Kell, un des derniers magiciens capables de passer d’un monde à l’autre. La magie est au centre de ces quatre mondes, tous plus différents les uns que les autres. Aujourd’hui, personne ne connaît l’existence des autres mondes, en dehors des dirigeants et des magiciens comme Kell. Une seule règle régit ces mondes : il est interdit de transporter un quelconque objet d’un monde à l’autre. Aucune exception, sans quoi l’équilibre pourrait être rompu. »

Des personnages envoûtants aux mille pouvoirs

On est happés par le récit dès les premières lignes, envoûtés par un personnage charismatique et intriguant : Kell. Kell a été adopté par la famille royale du Londres rouge lorsqu’il avait cinq ans. Si beaucoup de mystères entourent cette adoption, des mystères que Kell tente tant bien que mal de percer à jour, il est désormais considéré par tous comme le fils des souverains. La famille royale lui apporte un statut, suffisamment d’argent, elle subvient à tous ses besoins mais malgré tout, Kell ne parvient pas à se défaire du sentiment de ne pas être à sa place. Pour combler un vide qui l’accompagne depuis toujours, Kell brave le plus grand interdit des trois mondes : il transporte des objets, bien qu’inoffensifs, d’un Londres à l’autre. Kell est un Antari, un des rares magiciens de sang restant, ce qui lui donne le pouvoir de passer d’un monde à l’autre.

Lila est la seconde voix de ce récit unique. Elle vient du Londres gris, celui que nous connaissons, dépourvu de toute magie. Mais Lila n’est pas sans pouvoirs, loin de là. Elle n’a besoin de personne pour se défendre et se bat pour sa vie depuis toujours. Elle vole pour survivre, et ne parvient pas à résister à la tentation quand Kell se présente à elle. Le duo qu’elle forme avec Kell est à la fois évident, tant ils se ressemblent, et improbable, puisque rien ne les destinait à se rencontrer.

Une intrigue qui mène le lecteur en haleine de la première à la dernière phrase

Lorsque Kell récupère une pierre provenant du Londres noir, celui englouti par la magie des siècles auparavant, il n’a aucune idée de ce qu’il vient de créer. C’est une véritable bataille qu’il mène malgré lui aux côtés de la jeune voleuse du Londres gris. La pierre, un puits de magie, est convoités par tous et menace l’équilibre de cet univers tel qu’ils le connaissent. Lentement, de luttes en combats, nos personnages vont approcher de leur but – détruire la pierre, mais à quel prix ?

Une plume captivante et passionnante

C’est un tout nouvel univers que créée V.E. Schwab, un univers dont il devient difficile de se détacher une fois le roman terminé. V. E. Schwab manie les mots à la perfection, nous faisant boire chacune de ses phrases, attendre la suivante avec impatience.

L’auteure prend le temps de poser le décor, approfondir des personnages déjà complexes avant d’entrer au cœur de l’intrigue, sans pour autant lasser le lecteur. Au contraire, cette attente ne fait que renforcer l’envie d’en savoir plus, de découvrir où cette histoire va mener les deux personnages principaux.

Le vocabulaire, l’enchaînement des actions, une maturité rarement vue dans un roman pour jeunes adultes… ce premier tome est un véritable trésor. La plume de V. E. Schwab est entraînante, addictive, en un mot : magique.

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Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d’un monde à l’autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l’âme. Le nôtre est gris, sans magie d’aucune sorte. Celui de Kell, rouge – on y respire le merveilleux à chaque bouffée d’air. Le troisième est blanc : là, les sortilèges se font si rares qu’on s’y tranche la gorge pour une simple incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui l’a envahi quand la magie a dévoré tout ce qui s’y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui. Depuis cette contagion, il est interdit de transporter le moindre objet entre les univers. C’est malgré tout ce que Kell va prendre le risque de faire, histoire de défier la famille royale qui l’a pourtant adopté comme son fils, à commencer par le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait par ailleurs sa vie sans hésiter. Mais, à force de jouer avec le feu, il finit par commettre l’irréparable : il emporte jusque dans le Londres gris une pierre noire comme la nuit, qu’une jeune fille du nom de Lila décide, sur un coup de tête, de lui subtiliser. Pour elle comme pour lui – pour leurs deux mondes, à vrai dire – le compte à rebours est lancé. Un autre monde vous attend, là, de l’autre côté du mur… Découvrez Shades of Magic, trilogie unanimement saluée par la critique, signée d’une jeune auteure prodige, V. E. Schwab. Elle y tisse un univers magique d’une grande originalité qu’elle peuple de personnages inoubliables, insolents de panache, pour le plus grand délice de ses nombreux fans.Aussi à l’aise dans le domaine de la fantasy ou les histoires de super-héros que dans l’univers young adult, V. E. Schwab se passionne pour les contes et légendes, le folklore et les récits qui vous font douter de la réalité du monde. Née en 1987, fille d’une mère britannique et d’un père californien, elle a grandi dans le Sud des États-Unis. Elle a été très remarquée pour divers ouvrages jeunesse, ainsi que Vicious, roman destiné aux adultes, mais Shades of Magic est indubitablement son grand succès du moment.

Date de parution : le 8 juin 2017
Auteur : V.E. Schwab
Editeur : Lumen
Prix : 15 € (505 pages)
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Résultats concours : Dr Groov, 1 box musicale gagnée

Dr Groov
Dr Groov

Résultats concours : Dr Groov, 1 box musicale gagnée

Vous avez été 3465 participants au concours Dr Groov. Merci de votre excellente participation. L’heureuse gagnante est :

Emmanuelle Delbreil

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

L’incongruité reine dans Orphée et Eurydice à bicyclette au Lucernaire

Orphée et Eurydice à bicyclette
Orphée et Eurydice à bicyclette, mise en scène de Manon ANdersen, Le Lucernaire

L’incongruité reine dans Orphée et Eurydice à bicyclette au Lucernaire

Le Lucernaire laisse libre cours à la fantaisie burlesque de Pierre Lericq dans une pièce aussi charmante que poétique. En invoquant le mythe grec du musicien et poète Orphée, il inscrit son récit dans la plus pure métaphore et y adjoint des tours de chant aux tonalités au contraire bien contemporaines. Accompagné de Marie Réache, ils interprètent  tous deux une foultitude de personnages entre fiction et réalité, humour et tragédie, espoir et désolation. La logique n’a plus cours dans une histoire plus onirique que métaphysique mais toujours sympathique.

Un lâcher prise total

Le titre de la pièce laissait entrevoir une adaptation littérale du mythe d’Orphée,  héros de la mythologie grecque descendu aux Enfers pour ramener sa femme Eurydice dans le monde des vivants mais qui échoue en se retournant un poil trop tôt avant que son aimée ne parvienne à la lumière du jour. Mais le titre est en fait assez trompeur, prétexte à une évocation avant tout métaphorique d’une histoire d’amour longtemps contrariée. La narration plurielle invoque 7 personnages tous représentatifs de catégories humaines très différentes, panorama sans ambages mais pas sans humour de la pluralité complexe de l’être humain, du pire au meilleur. Le déroulé chronologique suit les tourtereaux Orphée et Eurydice de leur naissance à la félicité retrouvée à travers une suite d’aventures plus désopilantes les unes que les autres. Les deux comédiens prennent un plaisir communicatif à évoluer sur scène, enchainant les pièces musicales autant que les niveaux de lecture dans une véritable mise en abime de notre époque. Les parents d’Orphée apparaissent alternativement avec deux narrateurs fantasques et un italien aussi canaille que Méphisto. L’extravagance côtoie le sensible dans une pièce qui se déroule en mode folie douce.

Les bicyclettes sont des artifices plaisants mais finalement secondaires, les deux comédiens tiennent le haut du pavé d’une pièce qui interpelle et convainc. Orphée et Eurydice à bicyclette se joue jusqu’au 10 février, largement le temps d’aller y faire un tour, sans bicyclette!

Dates :  du 13 décembre au 10 février 2018, du mardi au samedi à 21h
Lieu : Le Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Manon Andersen

Avec : Marie Réache, Pierre Lericq

Zykë l’Aventure, l’aventure de Thierry Poncet.

 

« Zykë l’Aventure » de Thierry Poncet.

Communiqué de presse

Un récit d’après une folle histoire vraie, l’incroyable odyssée autour du monde du célèbre écrivain-baroudeur Cizia Zykë et de son ami & rédacteur Thierry Poncet, au sommet du succès littéraire et au cœur de l’amitié de deux hommes que tout oppose. Un récit trépidant et truculent, dur et drôle, sans concession, invraisemblable et vrai : inlâchable.

Si vous aimez sortir des sentiers battus, ce livre est fait pour vous.

« L’écriture est à la fois crue, incisive et poétique […] On aime, on vibre à travers cette aventure que l’on vit par procuration. C’est un bel hommage à Zykë qui flambait la vie par les deux bouts dans une décomplexion jouissive. » (Sophie, du blog Sophie Songe.)

4e de couverture :

Au fond d’un PMU de la rue du Faubourg-Saint-Martin, je tends le texte d’une de mes nouvelles à l’aventurier de la mine d’or.
Il lit les premières lignes et déclare : « C’est toi » comme il cracherait deux écorces de graines de tournesol.
Il aurait pu dire :
« Je viens de décider de t’emmener avec moi, aussi ton destin va-t-il basculer dans les minutes qui suivent, tu vas connaître le monde entier, les grandes ivresses, le sexe, l’amour et le danger, et tu vas devenir écrivain d’une manière que tu n’aurais jamais imaginé. »
Mais non.
Juste : « C’est toi. »

Découvrez les premières pages en ligne ici :

« Zykë l’Aventure » en musique et en images : ici !

Le blog de l’auteur : ici !

Une publication de Taurnada Éditions. Disponible depuis le 12 octobre 2017 en version papier (14,99 €) et numérique (5,99 €).

Portrait Thierry Poncet Credit Photo Catherine Pirat

Star Wars 8 Les derniers Jedi: après l’attente, la confirmation

Star Wars Les Derniers Jedi
Star Wars Les Derniers Jedi, film de Rian Johnson, Copyright 2015 Lucasfilm Ltd. & ™, All Rights Reserved. / John Wilson

Star Wars 8 Les derniers Jedi: après l’attente, la confirmation

C’est peu dire que ce nouvel épisode de Star Wars était attendu avec impatience par tous les fans du monde entier, autant ceux qui ont grandi avec cette saga depuis les années 80 que les initiés récents de la nouvelle génération. Après un épisode 7 plutôt bien accueilli grâce à la réalisation magistrale de JJ Abrams et ce malgré quelques copié/collé rappelant par trop étroitement la saga originale, l’épisode 8 allait-il transformer l’essai? La réponse est claire et limpide: Oui, malgré quelques regrettables cagades qui heureusement ne resteront pas dans les annales.

Une saga légendaire

Star Wars est devenu au fil des décennies une mythologie autant qu’une marque. Les épisodes 4-5-6 sont devenus l’égal de L’Iliade et L’Odyssée dans l’esprit de millions de fans à travers le monde. Aventure, action, science fiction, la saga initiée par George Lucas en 1977 est sortie du magma des séries B des années 70 pour s’imposer dans l’univers hollywoodien et devenir une référence universelle. Les épisode 1-2-3 ont beau avoir divisé la communauté, elle a eu au moins le mérite de perpétuer le mythe. L’heure est maintenant de faire la conjonction de toutes les époques avec une 3e trilogie débutée en 2015. Le réveil de la Force avait provoqué des vagues d’émotion avec cette séquence générique culte et ce texte défilant imperturbablement pour faire le lien et installer un contexte. Une nouvelle héroïne, ses acolytes, un nouveau méchant et le retour rapide de l’illustre Luke Skywalker. Le contrat était rempli, la suite allait-elle suivre le même rythme? Eludons tout de suite les parties qui fâchent. Les Derniers Jedi passe une longue première heure à se mettre en place. Une heure aussi décevante que maladroite où des gags dignes de Benny Hill s’accumulent au grand désespoir des spectateurs. Et tout le monde a droit à sa private joke. Oscar Isaac, John Boyega, même Mark Hamill. Quelles étaient les intentions du réalisateur? Instaurer un peu de légèreté dans un monde de combats fratricides? La saga Star Wars se veut solennelle et emprunte de sérieux, le début de cet épisode est du non-sens complet, une impasse ontologique dirons-certains. Et puis finalement, au bout de cette heure pitoyable, avouons le, les choses se mettent en place, jusqu’au dénouement final, magistral. Car comme souvent, après la nuit la plus noire vient l’aube.

Un vrai Rey-on de soleil 

Le nouveau personnage principal de la saga est une femme, Rey, interprétée par Daisy Ridley. Sa rencontre avec Luke Skywalker étonne et détonne car les deux acteurs ont sensiblement changé depuis la fin de l’épisode 7, mais ce n’est pas vraiment important. Car la rébellion est sur le point de se faire annihiler et seule l’intervention du Jedi ultime semble capable d’empêcher l’inéluctable. Tension, pression, menace, les ingrédients éternels de la saga sont présents. Et comme l’héroïne et son Némésis Kylo Ren interprété par l’excellent Adam Driver parviennent à communiquer grâce au même pouvoir qui les anime (vous l’aurez deviné, je parle de la Force) le film gagne en profondeur et en intensité. Le personnage censé incarner le mal absolu, Snoke, ne sert finalement pas à grand chose et d’autres sous-intrigues se révèlent inutiles. Mais le mano a mano entre Rey et Kylo Ren atteint de surprenantes hauteurs dignes de la trilogie légendaire. Qui parviendra à rallier l’autre à sa cause? L’ambiguité est entretenue et ne faiblira pas avant l’épisode 9. Le dénouement des Derniers Jedi suscite une réelle émotion qui étreindra les fans hardcore de la saga.

Des artifices non négligeables

Les Dernier Jedi contient des éléments scénaristiques qui se révèlent d’un vrai intérêt. Tous les petits animaux inclus dans l’intrigue participent de près ou de loin à l’ambiance. Les porgs apportent une touche de légèreté assez truculente et les magnifiques renards de cristal ont un vrai rôle dans un retournement crucial de l’épisode. Princesse Leia est une fois de plus présente sans que l’on sache vraiment s’il s’agit d’elle ou d’un avatar numérique et la barbe de Luke Skywalker a été coupée comme par magie depuis l’épisode 7. Les combats au sabre laser côtoient les standards règlementaires de la saga et Oscar Isaac prend la place de Han Solo en héros roublard et forcément désobéissant. John Boyega devient au contraire un personnage plus secondaire qui s’insère dans une micro intrigue pas réellement intéressante. L’apparition de Benicio del Toro n’est pas vraiment au niveau et Domhnall Gleeson confirme sa prestation de général fantasque des armées du Premier Ordre. Si les surprises du scénario n’en sont pas totalement, son déroulé contentera les fans, nombreux, ce qui est déjà très bien pour un blockbuster si attendu et pour qui l’échec était interdit.

Les Derniers Jedi font le job. Impossible d’attendre la qualité d’un film d’auteur pour un épisode aux enjeux si colossaux pour Disney. Reste le sentiment de voir une vraie évolution dans la saga, un épisode majeur dont la seule faiblesse réside dans cette détestable première heure. Pour le reste, l’épisode 8 laisse les fans dans l’expectative en attendant l’épisode 9. Vivement 2019!

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Star Wars Les Derniers Jedi
Star Wars Les Derniers Jedi

Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de surprenantes révélations sur le passé…

Sortie : le 13 décembre 2017
Durée : 2H32
Réalisateur :Rian Johnson
Avec : Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac
Genre : Science-fiction, Action

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« Tempête » intérieure qui fait flop à la Comédie-Française

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Photo Vincent Pontet

« Tempête » intérieure qui fait flop à la Comédie-Française

Robert Carsen, metteur en scène d’opéra, signe sa première mise en scène de théâtre en France avec La Tempête de William Shakespeare, présentée à la Comédie-Française, et déçoit par une approche désincarnée et trop éloignée du théâtre élisabéthain.

Regroupant les thèmes fondamentaux du dramaturge anglais, La Tempête se distingue toutefois des autres œuvres de l’auteur. Nous ne sommes ni dans une œuvre historique telle que Richard III , ni dans une rêverie tel que Le songe d’une nuit d’été. Dans cette pièce, le réel et la magie se confondent, brouillant les pistes, laissant le spectateur partagé entre le visible et le caché, ne sachant plus ce qui est illusion et ce qui est vérité.

Et pourtant La Tempête reprend tous les thèmes des tragédies Shakespeariennes : le pouvoir, la trahison, le fratricide, l’homme face à son destin.

Une tragi-comédie iniatique

L’histoire raconte celle de Prospéro qui, voulant se consacrer à des études secrètes, néglige les affaires de l’Etat et confie le gouvernement du duché à son frère Antonio. Celui-ci, avec l’aide du roi Alonso, usurpe le pouvoir et exile Prospéro et sa fille Miranda sur une île déserte.

Grâce à la magie que lui confèrent ses livres, il maîtrise les éléments naturels et les esprits : Ariel, esprit positif de l’air et du souffle de vie et Caliban, être négatif symbolisant la terre, la violence et la mort. Ariel provoque le naufrage d’un navire portant Alonso, le roi de Naples, son fils Ferdinand ainsi que le frère parjure de Prospéro, Antonio. Usant de ses pouvoirs et de l’illusion, Prospéro fait subir aux personnages échoués sur l’île diverses épreuves destinées à les punir de leur traîtrise, mais qui ont également un caractère initiatique.

La pièce sur la scène du Français s’ouvre quinze ans après quand Prospéro se remémore son trauma et prépare sa vengeance par le fameux naufrage du vaisseau du roi et de tous ses ennemis réunis à bord.

Pour seul décor, une grand cube qui inaugure l’espace mental du protagoniste sur lequel défilent en noir et blanc les épisodes et personnages-clés d’une mémoire reconstituée.

Où l’exil n’est pas seulement la matérialisation du traumatisme de la destitution de Prospero et sa vengeance fomentée pendant 12 ans mais aussi un cheminement intérieur, là où se concentrent toutes ses forces et ses faiblesses.

Mais cette dimension en miroir avec ces interrogations sur le destin d’un homme de pouvoir porteur de contradictions qu’a voulu rendre Robert Carsen en faisant abstraction du volet féérique de la pièce, ne fonctionne pas sur le plateau, trop mesuré dans ses intentions et dans son jeu compassé.

Trop en rupture aussi avec l’essence même du théâtre élisabéthain et ses différents degrés de théâtralité, qui oscillent entre réalité et fiction, tragédie et bouffonnerie, ce parti pris de mise en scène nuit par sa linéarité, à la lisibilité du spectacle, dommage !

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Dates : du 9 décembre 217 au 21 mai 2018 l Lieu A la Comédie-Française (Paris)
Metteur en scène : Robert Carsen

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