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Une biographie de Marie Curie dans un nouveau film au cinéma

Marie Curie
Marie Curie, film de Marie Noëlle, Copyright KMBO

Une biographie de Marie Curie dans un nouveau film au cinéma

Egérie scientifique du XXe siècle, détentrice de deux Prix Nobel, Marie Curie est l’héroïne d’un biopic non pas seulement consacré uniquement à sa carrière de chercheuse mais à une page mal connue de son existence. 5 ans après la mort de son mari Pierre avec qui elle partage son premier Prix Nobel, elle entretient une liaison scandaleuse à l’époque avec le chercheur marié Paul Langevin. Le scandale devient une pierre de plus à la misogynie d’une époque où Marie Curie bouscula le dogme de la femme bien cachée dans un coin de la cuisine.

Une femme pionnière

Tout changement sociétal de fond commence par de timides premiers pas. Arrivée de sa Pologne natale, Marie Sklodowska est devenue une icône universelle par sa capacité à bousculer les préjugés phallocrates du début du XXe siècle. Devenue Marie Curie après son mariage avec Pierre Curie, elle a intégré les plus grands organes scientifiques français par la seule force de sa ténacité. Karolina Gruszka prête ses traits sans maquillage et avec une garde robe réduite à la chercheuse pour faire ressortir le peu de gout de la scientifique pour l’apparence. A ses côtés, Charles Berling campe un Pierre Curie jovial trop tôt disparu. La peine de la femme veuve se contrebalance d’une passion naissante pour Paul Langevin (Arieh Worthalter), malheureux en ménage et homme entreprenant. Mais là où l’homme adultère n’est que peu ciblé par les médias de l’époque, la femme veuve est attaquée de toutes parts. La mise en rapport des moeurs de l’époque avec notre temps actuel aboutit à un curieux rapprochement. Avant les réseaux sociaux, la vindicte populaire existait déjà, excitée par des feuilles de choux partisanes qui se jetaient comme des chiens affamés sur le moindre bout d’os. La propension naturelle des populations à s’en prendre à une coupable désignée sans la moindre jugeote fait frémir.

Le film offre un éclairage différent sur une femme qui a marqué l’histoire. Si le propos s’intéresse principalement à un élément somme toute mineur de son existence, la réalisation soignée et la belle galerie d’acteurs justifie un visionnage.

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Marie Curie
Marie Curie

Physicienne-chimiste d’origine polonaise, Marie Skłodowska-Curie est une pionnière dans l’étude de la radioactivité. Elle travaille main dans la main avec son mari, Pierre Curie, pour développer la recherche scientifique. Dans ce milieu particulièrement masculin et conservateur, Marie doit lutter pour se faire une place…

Sortie : le 24 janvier 2018
Durée : 1h35
Réalisateur : Marie Noëlle
Avec : Karolina Gruszka, Arieh Worthalter, Charles Berling
Genre : Biopic

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Une bande dessinée diabolique avec Howard P. Lovecraft, celui qui écrivait dans les ténèbres (éditions 21g)

Howard P. Lovecraft, celui qui écrivait dans les ténèbres, BD de Alex Nicolavitch, Gervasio, Carlos Aon, éditions 21g

Une bande dessinée diabolique avec Howard P. Lovecraft, celui qui écrivait dans les ténèbres (éditions 21g)

Les éditions 21g reviennent sur les principaux évènements qui ont marqué l’existence de l’écrivain d’horreur et de science-fiction Howard Phillips Lovecraft à partir de 1932. S’il est surtout connu son célébrissime mythe de Cthulhu, l’écrivain confidentiel de son vivant a depuis connu une renommée grandissante qui en fait un des auteurs américains majeurs du XXe siècle tant sa postérité est immense. La bande dessinée revient sur l’existence d’un solitaire aux limites de la folie.

Un auteur mal connu

Le titre annonce tout de suite la couleur, Celui qui écrivait dans les ténèbres se concentre sur la part d’ombre d’un homme qui chercha au plus profond de lui même la meilleure manière d’exprimer sa différence. L’ouvrage évoque les obsessions de l’auteur dans une existence passée à fuir sa femme Sonia et New York pour privilégier le cocon protecteur de la ville familiale de Providence et la compagnie de ses tantes. L’imbrication des saynètes dévoile le poids pesant de phobies qui lui font adopter un comportement parfois étrange en société. Mais ses écrits fascinent suffisamment un certain nombre de ses contemporains pour l’inclure de fait dans une école de pensée aux limites de l’occultisme. Issu d’une ancienne famille anglo saxonne devenue désargentée, Lovecraft n’aimait guère ces immigrés qui selon lui pullulaient, accroissant d’autant la part d’ombre du personnage.

Des références nombreuses

La bande dessinée collective d’Alex Nikolavitch, Gervasio et Carlos Aon se se prive pas de multiplier les références à une oeuvre plurielle. Publiées de son vivant dans des pulp magazines tels que Weird Tales, ses histoires créent une mythologie qui ne cesse depuis de fasciner les foules. Le cycle de Cthulhu et le recours fréquent au Necronomicon et aux dieux mettent en avant le surnaturel et la place ténue de l’homme dans un monde de mythes qui le dépassent. Nul doute que les terreurs nocturnes évoquées dans la BD aient participé à l’édification d’une oeuvre issue de l’inconscient et du symbolisme. Les traits de la bande dessinée mélangent le réalisme le plus élégant à des incursions fantastiques qui exhalent l’oeuvre majeure de l’auteur.

Celui qui écrivait dans les ténèbres ouvre une lucarne sur l’existence mal connue d’un auteur resté dans l’ombre de son vivant et devenu culte après sa disparition. La lecture de cette BD permet de de documenter avant de peut être revenir à des écrits rentrés dans l’éternité.

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Une exploration des méandres de l’esprit de cet écrivain américain connu pour ses récits fantastiques, horrifiques et de science-fiction. Une bande dessinée qui met également en scène des extraits de ses oeuvres les plus connues.

Date de parution : le 2 février 2018
Scénariste(s) : Alex Nicolavitch, Gervasio, Carlos Aon
Dessinateur(s) : Alex Nicolavitch, Gervasio, Carlos Aon
Genre : Biopic
Editeur : 21g
Prix : 19 € (112 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

3 Billboards Les panneaux de la vengeance ou l’Amérique à la croisée des chemins

3 Billboards
3 Billboards, Film de Martin McDonagh, Copyright 2017 Twentieth Century Fox

3 Billboards Les panneaux de la vengeance ou l’Amérique à la croisée des chemins

3 Billboards Les panneaux de la vengeance débute comme tant d’autres films américains qui ne dépassent pas le stade de la lutte des opprimés contre un système répressif stérile ou la combat du bien contre le mal. Là où des héros démunis doivent souvent batailler contre le système pour obtenir justice et se faire entendre dans un type d’intrigue séduisant mais maintes fois répété, 3 Billboards transcende le genre du film social américain en brouillant les pistes après une première heure lambda pour s’aventurer dans les territoires de l’anormal et du surprenant. Le réalisateur ose bousculer le spectateur, et celui-ci le lui rend bien.

Un film sans barrières

3 Billboards commence sur les chapeaux de roue. Mildred Hayes (toujours combative  mais pas forcément originale Frances McDormand) veut louer 3 panneaux d’affichage pour dénoncer l’inefficacité de la police locale suite au viol et au meurtre de sa fille toujours non résolu 9 mois après les faits. Le spectateur pourrait craindre un énième film où un individu esseulé doit bousculer le système pour se faire entendre mais le film choisit de ruser pour transformer ses personnages de prime abord caricaturaux tout au long d’une intrigue qui multiplie les surprises. Située en plein coeur du Missouri, dans un midwest souvent dépeint sous l’angle de l’Amérique White Trash oubliée, l’histoire joue avec les stéréotypes pour mieux les dépasser. Les flics blancs sont-ils juste racistes ou bien enfermés dans un régime dont ils ont peine à s’extraire? L’héroïne est-elle au dessus de tout soupçon, elle qui interpelle la police locale sans vraiment faire son examen de conscience? Le manichéisme habituel est dépassé dans un film qui, s’il ne surprend pas par sa mise en scène classique voire routinière, innove de manière significative sur le plan des personnages. Woody Harrelson et surtout Sam Rockwell interprètent des policiers loin des canons habituels, chacun dans son genre, mention spéciale au second qui donne au film toute sa saveur perverse avec une violence interne qui explose à l’occasion. Pas de Deus ex-machina dans un film où le scénario choisit les chemins de traverse pour montrer toute la complexité de l’être humain.

Trump, où es tu?

Il n’est pas surprenant de voir arriver 3 Billboards un an après la prise de pouvoir de Donald Trump. Pas de meilleure manière pour montrer que tout n’est pas tout blanc ni tout noir en Amérique et que s’arcbouter sur des préjugés n’aide en rien les choses à avancer dans le bon sens. Dans un film où la famille américaine est bousculée tout du long, le réalisateur de Bons Baisers de Bruges et Seven Psychopaths passe un cap en conservant son humour pince-sans-rire pour l’adjoindre à un contexte social qui fait sens. Les 3 personnages principaux sont entourés d’une ribambelle de seconds rôles comme Peter Dinklage sorti de Game of Thrones. En plaçant dans son film une proportion infime d’acteurs de couleur, Martin McDonagh illustre la complexité d’une Amérique blanche pas dénuée de parts d’ombres, bien au contraire. Et quand une référence à l’intervention en Irak finit de noircir le tableau, il ne reste plus grand chose pour donner de l’espoir, si ce n’est la réconciliation d’ennemis supposés mortels qui donne encore plus de sel à ce film à part dans le cinéma américain.

3 Billboards est un vrai choc de cinéma qui marque le début de l’année 2018. Si vous avez peur a priori de voir un film social américain semblable à tant d’autres, détrompez vous, la surprise n’en sera que plus belle.

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3 Billboards
3 Billboards

Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

Sortie : le 17 janvier 2018
Durée : 1h56
Réalisateur : Martin McDonagh
Avec : Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell
Genre : Drame, Comédie

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https://www.youtube.com/watch?v=P0Z7KE1L4PE

Inédite Exposition Picasso 1932 Année érotique au Musée Picasso

Exposition Picasso 1932 Année érotique
Exposition Picasso 1932 Année érotique, Musée Picasso

Inédite Exposition Picasso 1932 Année érotique au Musée Picasso

Le Musée Picasso consacre une nouvelle exposition au maitre espagnol en s’intéressant à une année charnière de son existence. En 1932, Picasso a 50 ans, il participe activement à l’organisation de sa première exposition d’envergure et sa relation avec Marie-Thérèse Walter qu’il a rencontrée en 1926 prend une nouvelle tournure. Son oeuvre s’en ressent, principalement tournée vers l’expression de ses sentiments. Si le titre de l’exposition fait explicitement référence à une chanson bien connue de Gainsbourg, son contenu est plus explicitement pictural en mettant en exergue l’effusion de Picasso pour Marie-Thérère tandis que la cote d’Olga Picasso baisse dramatiquement avant que n’apparaisse bientôt Dora Maar.

Le peintre des femmes 

Si l’on a l’habitude de dire que derrière chaque artiste se cache une femme, ce n’est pas forcément le cas pour Picasso. Lui les accumule et retranscrit autant son attraction que sa répulsion à travers son oeuvre. L’exposition Picasso 1932 Année Erotique suit le cours de cette année charnière avec un parcours organisé chronologiquement, de Janvier à Décembre. Montée avec le concours de la Tate Modern, l’exposition se parcourt comme on lirait un journal intime, la date d’exécution des oeuvres informant sur son état d’esprit et les préoccupations du peintre. Les nus sont nombreux et surréalistes tandis que la crinière blonde de Marie-Thérèse est autant omniprésente qu’obsédante. Une salle revient particulièrement sur l’organisation des rétrospectives à la galerie Georges Petit à Paris et au Kunsthaus de Zurich qui ont vu Picasso s’impliquer consciencieusement, lui qui clamait ne jamais vouloir assister à de tels évènements. Mais la muséification est en marche et l’artiste y voit un intérêt financier qui n’ira qu’en s’accroissant, lui dont les oeuvres commencent en cette année à atteindre un niveau jamais atteint auparavant. Le thème de la Crucifixion est également présent dans des oeuvres qui interrogent sur son rapport au divin. En 1932, il lui reste plus de 40 ans à vivre, avec de nouvelles révolutions à venir et une place dans la peinture du XXe siècle qui n’ira qu’en grandissant.

L’exposition Picasso 1932 Année érotique fait honneur à un musée qui permet à chaque évènement de redécouvrir l’oeuvre du maitre selon des éclairages différents. 2018 sera grandement consacré à Guernica, l’occasion de revenir une fois de plus prendre un grand coup de choc pictural.

Dates : jusqu’au 11 février 2018
Lieu : Musée Picasso (Paris)
Entrée : 12,5 €

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Exposition Picasso 1932 Année érotique, Musée Picasso
Exposition Picasso 1932 Année érotique, Musée Picasso

Exposition Picasso 1932 Année érotique, Musée Picasso
Exposition Picasso 1932 Année érotique, Musée Picasso

Exposition Picasso 1932 Année érotique, Musée Picasso
Exposition Picasso 1932 Année érotique, Musée Picasso

Exposition Picasso 1932 Année érotique, Musée Picasso
Exposition Picasso 1932 Année érotique, Musée Picasso

La première nuit, un huis clos familial époustouflant (JC Lattès)

Ghislain Loustalot

La première nuit, un huis clos familial époustouflant (JC Lattès)

Ghislain Loustalot est grand reporter à Paris Match. La première nuit est son tout premier roman. Un coup d’essai ? Surtout un coup de maitre !

Trois générations qui s’ignorent

Ghislain Loustalot écrit un roman qui pourrait être aussi adapté au théâtre. Tout se passe au même endroit, et ne dure qu’une nuit. Et pourtant pas une seconde d’ennui !
L’auteur croit-il au hasard, aux coïncidences ? Toujours est-il que Milan, le héros de ce roman, va vivre une nuit quasi inimaginable. Il habite un petit appartement, et sa copine, qu’il aime, vient de le quitter. Il n’est pas en état de voir qui que ce soit. La seule chose qu’il voudrait : boire un coup pour oublier… Malchance, son fils Théo, débarque chez lui dans un sale état. Sa mère, l’ex-femme de Milan, vient de le mettre dehors avec toutes ses affaires. Sous prétexte qu’elle ne supportait plus son « bordel »… Deuxième coup de théâtre, avec un nouveau coup de sonnette. Et cette fois-ci, c’est le père de Milan qui se présente, Emilien, lui aussi avec un énorme sac ! Il demande juste l’hospitalité pour une nuit. Mais Milan n’en veut pas. Il n’aime pas cet homme, son père.

L’alcool, leur seul point commun

Au final, les trois générations se retrouvent sous le même toit, et sans aucun moyen d’y échapper. L’écriture de Ghislain Loustalot est d’une telle fluidité, d’une telle sincérité, que le lecteur est complètement absorbé par cette histoire de famille et sent à travers les différents dialogues que le drame est tout proche. Au fil des pages, la tension entre les uns et les autres montent. Le règlement de comptes semble inévitable et ça va faire mal…
Mais la subtilité du scénario nous entraîne beaucoup plus loin qu’un simple règlement de compte. Bien sûr Milan en veut à son père de ne jamais s’être occupé de lui, d’avoir été non seulement un père absent, mais également un grand-père inexistant. Théo n’hésite pas à dire que c’est la sixième fois qu’il voit son grand-père. Bien sûr les langues se délient avec le nombre croissant de bouteilles bues.

Acte d’amour

Et puis, Théo qui est au bord du gouffre va être sauvé par son grand-père. Un geste qui va atténuer toute la haine de Milan envers son père. Entre eux deux les liens du sang et un secret. On le sent dès le début du roman. On tente de deviner quel est ce terrible secret… Un secret qui leur fait mal à tous les deux… Un secret qui ne devra jamais être dévoilé.

Ghislain Loustalot insiste sur la difficulté à être père, sur les bêtises que l’on peut faire et surtout dire, en tant que père, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques pour toute la vie. Ce huis clos tellement bien mené, nous alcoolise, nous envoûte, nous terrorise, puis, comme Milan, nous ramène à la raison et à une certaine unité familiale au petit matin de cette terrible nuit… Un vrai coup de cœur de cette rentrée littéraire !

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À quarante-cinq ans, Milan est toujours séduisant mais aussi alcoolique, taiseux et destructeur. Son ex-femme a obtenu la garde de leurs trois enfants et sa compagne, Catherine, vient de le quitter.
En ce dimanche soir de découragement dans son appartement blanc immaculé, deux visites surprises vont rebattre les cartes : celle de Théo, son fils, et d’Émilien, son père, tous les deux à la recherche d’un refuge pour la nuit.
La réunion familiale prend alors des allures de poker menteur où se posent les questions dont on craint les réponses, où chacun règle ses comptes et où trois générations d’hommes vont s’affronter, se détruire, et peut-être se sauver.
Une nuit d’alcool, de violences et de larmes, de secrets gardés, d’humour noir et de rancœurs crachées au visage.

Date de parution : le 10 janvier 2018
Auteur : Ghislain Loustalot
Editeur : JC Lattès
Prix : 18 € (250 pages)
Acheter sur : Amazon

La rock attitude au féminin de Jean-Claude Gallotta électrise le théâtre du Rond-Point

My Ladies Rock / crédit photo Guy Delahaye

La rock attitude au féminin de Jean-Claude Gallotta électrise le théâtre du Rond-Point

Jean-Claude Gallotta et ses onze danseurs sont de retour au théâtre du Rond-Point. Le chorégraphe y présente le versant féminin de son spectacle My Rock accueilli en 2016.

Après avoir célébré à sa manière les liens entre rock et danse contemporaine, il explore, avec ce nouvel opus, l’influence des rockeuses sur l’histoire du rock. Car les femmes ont dû batailler ferme pour se faire reconnaître dans ce milieu machiste et inscrire leur destin dans un combat d’égalité, encore loin d’être achevé aujourd’hui.

Rock attitude au féminin

Affranchies toute le temps, combattantes souvent, guerrières quelquefois, elles se sont enfin donné le droit « d’être des hommes comme les autres« , habitées par cette rock attitude, jusque dans leurs excès et leur influence musicale.

Au rang desquelles Wanda Jackson, une des pionnières de ce mouvement émancipateur à se hisser au niveau d’Elvis Presley. Puis viendront Aretha Franklin « la reine du soul », Janis Joplin et sa voix éraillée qui connaitra la malédiction des rockers en mourant à 27 ans, deux semaines après Jimi Hendrix et neuf mois avant Jim Morrisson.

Mais aussi Joan Baez, figure engagée et volontaire, dont la voix magnétique a accompagné tous les grands combats pacifistes du demi-siècle, Marianne Faithfull, égérie des Rolling Stones, Patti Smith, tout à la fois chanteuse et poétesse, amoureuse et provocatrice, littéraire et mystique, Nina Hagen, dont les outrances post- punk ne doivent pas faire oublier l’apport vocal exceptionnel, Siouxsie et les Banshees, considérés comme les inventeurs du rock gothique, enfin, Tina Turner, et son timbre de feu, un symbole légendaire de force et de détermination.

Plus confidentielles, Lizzy Mercier Descloux, punk parisienne, égérie de la scène new- yorkaise, météore disparue en 2004, Karen Dalton, la chanteuse préférée de Bob Dylan, entre Billie Holiday pour le chant et Jimmy Reed pour la guitare, Nico, chanteuse du Velvet Underground à ses débuts, marginale et excentrique, à la voix monocorde, nihiliste jusqu’à l’auto-destruction.

Et pour les faire revivre, un manifeste dansé donc avec la voix off de Gallotta pour situer et retracer le contexte artistique de l’artiste avec son parcours, illustré sur fond d’écran à l’abri de photos et d’archives de l’époque.

Quatorze séquences s’enchaînent sur une playlist de choc avec pour fil rouge la danse pulsative et animale du chorégraphe qui explore la fougue, la liberté, la fêlure, la hargne de la rock attitude au féminin.

Explosif, sensuel, poétique, le vocabulaire pulse, dévale, embrasse le plateau entre jeu d’élans, de suspensions, puis de courses incessamment relancées, jaillissements, chutes et soubresauts, et imprime dans un geste d’ivresse et de frénésie, la trace indélébile de cette mémoire du rock au féminin.

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Dates : du 16 janvier au 4 février 2018 l Lieu Au Théâtre du Rond-Point (Paris)
Chorégraphe : Jean-Claude Gallotta

2 semaines de représentations exceptionnelles de La Cantatrice Chauve à l’Athénée Théâtre Louis Jouvet

La Cantatrice Chauve,
La Cantatrice Chauve, mise en scène de Jean-Luc Lagarce, Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet

2 semaines de représentations exceptionnelles de La Cantatrice Chauve à l’Athénée Théâtre Louis Jouvet

Une des pièces les plus jouées en France depuis 70 ans revient pour 2 semaines de représentations exceptionnelles à l’Athénée Théâtre Louis Jouvet. Les personnage  volontairement ridicules et caricaturaux de la cantatrice chauve discourent avec toujours autant de superficialité et si peu de liant dans la mise en scène colorée de Jean-Luc Lagarce. La même troupe reprend les mêmes rôles que dans la version de 2006 déjà jouée au Théâtre de l’Athénée. Les adeptes de Ionesco se délecteront de ce théâtre de l’absurde basé sur une accumulation de non-sens et de dialogues délibérément vides parce que… il faut bien parler, voyez vous, quitte à ne rien dire!

Une pièce fondatrice

L’histoire de la création de la pièce La Cantatrice chauve par Eugène Ionesco en 1950 est truculente en diable. S’amusant des phrases sans signification s’accumulant dans la méthode Assimil anglais/français alors qu’il essaye d’apprendre la langue de Shakespeare, il extrapole un texte fondé sur des phrases sobres et étranges uniquement destinées à faire la conversation. La pièce initialement intitulée L’anglais sans peine trouve son nom définitif quand un comédien victime d’un trou de mémoire remplace la phrase L’institutrice blonde par La Cantatrice Chauve décidant alors son auteur de la renommer ainsi. L’absurde s’insinue dans des dialogues issus du manuel d’apprentissage et sciemment gonflés à l’excès pour les rendre aussi abscons que maniérés. Deux couples anglais issus d’une bourgeoisie engoncée dans des principes pompeux se rencontrent sans vraiment le vouloir et se font la conversation à coups de dialogues de plus en plus vides. Les spectateurs s’extasient d’une telle science du non-sens qui avait exaspéré au plus haut point la critique en son temps avant que la pièce ne devienne finalement un classique.

Une mise en scène rose bonbon

Jean-Luc Lagarce a voulu renouveler l’intérieur bourgeois initial du décor en le transposant dans un jardin anglais propret. Les couleurs vives renvoient à un certain esprit anglais désuet déjà évoqué dans les chansons des Kinks à la fin des années 60 qui déjà invoquaient un esprit anglais en cours de disparition. Si une inquiétude pointe par instants, c’est surtout de voir cette douce félicité intangible s’évanouir dans la marche inexorable du temps. Les personnages d’abord stricts dans leurs costumes so english rappelant la Reine d’Angleterre et son invisible mari s’agitent de plus en plus jusqu’à devenir des marionnettes à qui on aurait coupé les fils. Une narration volontairement brinquebalante aboutit à des personnages s’inventant eux-mêmes une histoire, invitant des spectateurs sur scène pour mieux intervertir les rôles. L’esprit de Ionesco est invoqué à tout bout de champs avec par exemple des rappels comiques de la mise en scène de Nicolas Bataille qui tombent comme des gros cheveux sur une soupe pataphysique.

L’heure et demi de spectacle se clôture en fanfare avec le sentiment que le théâtre de l’absurde a encore de beaux jours devant lui. Les comédiens donnent une tonalité proche des Monty Pythons voire d’Absolutely Fabulous qui ravira les inconditionnels d’humour anglais.

Dates :  du 17 janvier au 3 février 2018
Lieu : Théâtre de l’Athénée (Paris)
Metteur en scène : Jean-Luc Lagarce
Avec : Mireille Herbstmeyer, Jean-Louis Grinfeld, Marie-Paule Sirvent, Emmanuelle Brunschwig, Olivier Achard, Christophe Garcia, François Berreur

La vie après le suicide d’un proche, témoignages poignants de plusieurs familles (Le Passeur)

Katia Chapoutier

La vie après le suicide d’un proche, témoignages poignants de plusieurs familles (Le Passeur)

 

Katia Chapoutier a réalisé un très beau documentaire sur le suicide, ou plus exactement La vie après le suicide d’un proche. Il a été diffusé sur France 5, hier soir, le 17 janvier 2018. Elle-même a perdu sa soeur qui s’est suicidée. Ce livre est en quelque sorte le prolongement de ce documentaire bouleversant et permet à chacun de trouver les clés pour se relever après un tel drame. Comment survivre après le décès d’un proche que ce soit le conjoint, la conjointe, ou un de ses enfants ?

Des témoignages vrais et d’une grande dignité

Pas de recettes miracles, mais des témoignages terriblement bouleversants de familles en deuil et en souffrance. Très souvent, aucun signe d’alerte avant le drame. Un drame très souvent inexpliqué qui laisse les familles dans le désarroi le plus total. Comment continuer à vivre en portant un si lourd fardeau ?
Ces témoignages nous apportent une certaine compréhension devant cet acte si violent pour ceux qui restent. Cette lecture peut apporter une sorte de réconfort à toutes les personnes qui ont vécu ce drame. Il ne faut pas oublier que plus de 10 000 personnes se suicident chaque année. Et que dans notre société, le suicide reste un sujet tabou, qui fait trop peur. Et aucun milieu n’est épargné. Aucune famille n’est épargnée.

Une explication médicale possible

Ce livre va permettre à chacun de comprendre une part de lui-même. A travers le suicide d’un proche, tout devient tellement incompréhensible. Les explications des professionnels comme Christophe Fauré, psychiatre, Xavier Pommereau, « chirurgien de l’âme », Monique Séguin, professeur et chercheuse au Québec, Thérèse Hannier, présidente de l’association PHARE, vont dans le même sens : il y a une vie après le suicide d’un proche. Tous sont là pour aider les familles à accepter l’inacceptable et à se remettre debout.
Ce livre, La vie après le suicide d’un proche, est une aide pour chacun d’entre nous ayant vécu cette terrible épreuve qu’est le suicide d’un proche, ou même pour tous ceux qui veulent comprendre le pourquoi du suicide, sans être directement concernés. Au final, le suicide est un réel problème de société qui doit être révélé de façon à le prendre en charge en prévention. La situation est urgente !

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L’ouvrage

En France, environ 10 000 personnes se suicident chaque année. Toutes les classes d’âge et les catégories socio-professionnelles sont touchées. On estime que chaque suicide impacte lourdement environ 40 personnes. Quand un proche se donne la mort, son entourage vit un véritable tsunami. Choc posttraumatique, culpabilité, colère, honte, le deuil après le suicide est bien particulier. Ce que vivent les familles touchées par le suicide d’un proche reste encore méconnu.
Ce livre donne la parole à ces endeuillés du suicide. Que le décès date de quelques mois ou de plusieurs années, ils racontent leurs histoires, partagent leurs expériences et prouvent que l’on peut non seulement survivre mais vivre. Leurs témoignages sont éclairés et complétés par les regards de spécialistes comme le psychiatre Christophe Fauré ou Xavier Pommereau, psychiatre travaillant avec les adolescents.
Ce travail sur le suicide mené par Katia Chapoutier donnera lieu à un documentaire diffusé sur France 5 en octobre 2017. Ce livre en constituele prolongement et l’approfondissement en donnant aux lecteurs les clefs fondamentales pour se reconstruire après le suicide d’un proche et continuer de vivre.
L’auteur

Katia Chapoutier est journaliste et réalisatrice de documentaires. Elle collabore régulièrement avec France Télévision, Arte et TF1. Elle est également l’auteur au Passeur de Lost in Jerusalem (2013) et Les vies secrètes de Paris (2014).

Date de parution : le 12 octobre 2017
Auteur : Katia Chapoutier
Editeur : Le Passeur
Prix : 19,50 € (288 pages)
Acheter sur : Amazon

Belle de Casablanca, le premier single de Galite, offert en avant-première sur Publik’Art

Galite © Xavier Belrose et Noémie Lantil

Belle de Casablanca, le premier single de Galite, offert en avant-première sur Publik’Art

Auteure-compositrice-interprète et mélodiste passionnée, Galite sortira en Janvier 2018 son premier EP baptisé « Prélude ».

Enregistré et mixé par Sylvain Mercier (Vanessa Paradis, Asa, Benjamin Biolay) aux Studios Davout, Prélude révèle une artiste pudique et poétique dont la plume se promène avec une mélancolie rayonnante entre gravité et légèreté.

Le cœur bat vite, le cœur bat fort et sa guitare nous emmène vers des thèmes qui lui sont chers : le déracinement, le coeur des femmes, leurs sacrifices, par amour ou par habitude, la grande solitude, mais aussi l’enfance et son sentiment de liberté.

Galite nous plonge au coeur d’orchestrations pop élégantes et d’arrangements vocaux à cinq et six voix. Vous pouvez la suivre sur sa page Facebook : facebook.com/galitemusic.

Elle construit ainsi une musique solaire, onirique et métissée.

Écoutez le single Belle de Casablanca ici-même et téléchargez cette chanson gratuitement pendant trois jours en cliquant sur « Download »

Note d’intention de Galite :

J’écris parce que je ne sais pas crier.
À travers les chansons de « Prélude » et avec mes arrangements de chœurs, j’ai voulu faire résonner la voix des femmes, mais aussi la voix des timides et de ceux qui gardent en eux une certaine fragilité. Le fil rouge de cet EP est notre rapport au temps et à l’affirmation de soi.
J’ai rencontré des femmes exceptionnelles sur ma route, et je tenais à chanter aussi pour elles. La chanson « Belle de Casablanca » fait référence à ma grand-mère, à ma mère et à mes origines. Lorsque je l’ai écrite, la phrase « Moi la lumière je la vois quand je ferme les yeux » m’est restée tout de suite en mémoire. J’ai ensuite construit toute la chanson autour de cette première impulsion, et j’ai déroulé le fil pour tenter de saisir la part d’universel dans nos vies de femmes, sur différentes générations.
Ma chanson « Louisa » raconte quant à elle la découverte de soi au détour d’une rencontre amoureuse. Les chœurs tiennent une place essentielle dans ma musique et particulièrement dans cette chanson. Plusieurs voix soutiennent le propos et donnent de la force au personnage que j’ai imaginé d’un naturel doux et sensible.
À travers ce disque, j’ai aussi voulu me dévoiler avec le plus de sincérité possible. C’est un prélude, une rencontre, mon premier rendez-vous.
Galite

Sarah Lancman revient avec son nouvel album A Contretemps

Sarah Lancman A contretemps
Sarah Lancman A contretemps, Jazz Eleven

Sarah Lancman revient avec son nouvel album A Contretemps

2 ans après son album Inspiring Love, la chanteuse Sarah Lancman, également pianiste, compositrice, auteure et interprète de jazz française propose des compositions originales en anglais et en français. L’atmosphère jazzy envoute dès les premières notes avec l’accompagnement du pianiste expert Giovanni Mirabassi, du contrebassiste Gianluca Renzi et du batteur Gene Jackson. En invité, le chanteur et trompettiste japonais TOKU accompagne Sarah Lancman sur trois morceaux qui rappellent les riches heures des duos de Frank Sinatra.

Le grand retour du jazz

Sarah Lancman  a éclaté au grand jour en 2012 en remportant le premier prix du concours International Shure Jazz Vocal, au Montreux Jazz Festival, présidé cette année-là par personne d’autre que le grand Quincy Jones. Belle manière de se faire connaitre et d’éclore sur la scène jazz internationale. Pourtant la chanteuse est d’abord une pianiste, elle qui débuta le piano à 7 ans et fut diplômée en piano classique au conservatoire du centre de Paris. Mais c’est le jazz qui l’anime très tôt, elle qui effectua un stage avec la Bill Evans Piano Academy. Il n’est d’ailleurs pas surprenant d’apprendre qu’elle cite Diana Krall comme influence vocale et Bill Evans comme modèle au piano. A contretemps fourmille de sérénades jazzy parcourues d’envolées pianistiques aux tonalités douces amères. L’amour est le grand thème d’un album parcouru par la mélancolie chère à la fameuse note bleue. La chanteuse déploie sa voix suave dans des registres allant de la femme fatale à la jeune femme candide, par la grâce d’une voix aux tonalités multiples qui s’échappent de 10 compositions envoutantes. L’émotion est au rendez-vous sur un album qui s’écoute autant attentivement qu’en fond sonore, délivrant sa fascinante ambiance jazzy sans temps mort.

Loin des standards actuels simplistes et répétitifs, Sarah Lancman creuse le sillon du jazz pour un album hors du temps et parfaitement maitrisé. Le Rock’n’Roll est peut être mort, mais le jazz lui est bien vivant!

A Contretemps est un album produit sur Jazz Eleven

Les heures sombres ravivent la mémoire d’un éléphant de l’histoire à visage humain

Les heures sombres
Les heures sombres, film de Joe Wright, Les heures sombres

Les heures sombres ravivent la mémoire d’un éléphant de l’histoire à visage humain

Quand le réalisateur du Soliste et d’Anna Karénine s’attaque à une période clé de la vie de Winston Churchill, il ne fait pas dans le détail. Joe Wright ressuscite le colosse alcoolique, charmeur et hâbleur avec l’aide d’un Gary Oldman grimé qui, s’il ne ressemble pas totalement physiquement à son modèle, sait multiplier les attitudes outrées ou joviales pour en devenir le sosie parfait. 30 jours de la seconde guerre mondiale qui ont vu passer le Royaume Uni de l’illusion de la paix négociée  à la logique guerrière pour ne pas laisser le monstre nazi traverser le Channel jusqu’aux côtes anglaises. Le biopic est suffisamment rythmé pour emmener avec lui les spectateurs ravis. Quant à Gary Oldman, l’Oscar du meilleur acteur lui tend les bras…

Un biopic loin des idées reçues

Les Heures Sombres ont tout d’abord le mérite de rappeler le courage d’un homme qui s’éleva contre l’impasse pacifiste de son prédécesseur Neville Chamberlain. Les accords de Munich en 1936 firent certes sortir de la crise des suèdes mais aboutirent à la disparition de la Tchécoslovaguie. Le Royaume Uni reste engoncé dans cette posture d’évitement quand l’invasion de la Hollande, de la Belgique et de la France placent les panzers allemands aux portes du royaume insulaire. Les troupe britanniques et françaises piégées à Dunkerque représentent le seul espoir pour le pays afin de se défendre, mais encore faut-il évacuer les troupes d’une nasse soigneusement contrôlée par les allemands. La crise politique amène Winston Churchill au poste de premier ministre car seule personnalité acceptée par l’opposition. Contre l’avis général, il promeut la résistance armée contre l’ogre nazi, ce que le film relate parfaitement tout au long de son déroulé. Contre Chamberlain, Halifax et le roi Georges VI qui ne l’apprécient d’abord guère, Churchill est porté à la tête d’un gouvernement de coalition et se définit comme dernier rempart européen contre la menace d’occupation totale du continent. En cela, les Heures Sombres se positionnent comme un film ultra réaliste politiquement.

Un personnage bigger than life

Mais là où le film réussit le mieux, c’est en décrivant par le détail les habitudes particulières de Winston Churchill. Entre les addictions alcooliques, le caractère colérique et les réflexions à l’emporte-pièces, on comprend mieux le scepticisme de la classe politique à suivre les visées va-t-en-guerre d’un héraut de l’Empire britannique, ancien soldat et correspondant de guerre fait du même bois que ceux qui ont amarré leur bateau sur les îles les plus lointaines du monde en leur temps. Il fallait un grand acteur pour lui insuffler l’ampleur nécessaire, Gary Oldman ne se fait pas prier pour transformer l’ours des livres d’histoire en être humain perclus de doutes et désireux de trouver la meilleure voie possible pour son pays. Entre les scènes intimistes et les vrais moments de bravoure, le film ne laisse que quelques longueurs aux spectateurs pour reprendre leur souffle. Si nombreux sont ceux qui se sont déplacés à reculons au cinéma pour assister à une énième évocation du second conflit mondial, celle-ci ne les a certainement pas déçus.

Les Heures Sombres se concentrent sur l’essentiel et laisse Gary Oldman mener sa barque au milieu d’un casting prestigieux composé notamment de Kristin Scott Thomas et Ben Mendelsohn. Pour le sentiment final que ce biopic se détache de la masse pour atteindre le statut de vrai film de guerre sur un homme finalement mal connu dans nos contrées.

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Les heures sombres
Les heures sombres

Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill est un des piliers du Parlement du Royaume-Uni, mais à 65 ans déjà, il est un candidat improbable au poste de Premier Ministre. Il y est cependant nommé d’urgence le 10 mai 1940, après la démission de   Chamberlain, et dans un contexte européen dramatique marqué par les défaites successives des Alliés face aux troupes nazies et par l’armée britannique dans l’incapacité d’être évacuée de Dunkerque. 
Alors que plane la menace d’une invasion du Royaume- Uni par Hitler et que 200 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque, Churchill découvre que son propre parti complote contre lui et que même son roi, George VI, se montre fort sceptique quant à son aptitude à assurer la lourde tâche qui lui incombe. Churchill doit prendre une décision fatidique : négocier un traité de paix avec l’Allemagne nazie et épargner à ce terrible prix le peuple britannique ou mobiliser le pays et se battre envers et contre tout. 
Avec le soutien de Clémentine, celle qu’il a épousée 31 ans auparavant, il se tourne vers le peuple britannique pour trouver la force de tenir et de se battre pour défendre les idéaux de son pays, sa liberté et son indépendance. Avec le pouvoir des mots comme ultime recours, et avec l’aide de son infatigable secrétaire, Winston Churchill doit composer et prononcer les discours qui rallieront son pays. Traversant, comme l’Europe entière, ses heures les plus sombres, il est en marche pour changer à jamais le cours de l’Histoire.

Sortie : le 3 janvier 2018
Durée : 2h06
Réalisateur : Joe Wright
Avec : Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Ben Mendelsohn
Genre : Biopic, Historique, Drame

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TOP 10 des meilleurs livres 2017 : Bakhita en tête

TOP 10 des meilleurs livres 2017 : Bakhita en tête

2017 fut une année très riche en littérature. Publik’Art a publié environ cent vingt chroniques littéraires en 2017. C’est à la fois beaucoup de livres mais aussi très peu, vu le nombre de nouveautés qui sortent chaque année.
Publik’Art en profite pour remercier les éditeurs de nous envoyer les livres demandés et de leur retour au moment de la publication de notre chronique, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Je lis en moyenne huit à dix livres par mois…
Je remercie également les auteurs qui prennent contact avec nous, suite à une de nos publications. C’est tellement gratifiant d’être lu par un auteur !
Etant une femme, j’ai été naturellement portée par des livres écrits par des femmes, mais pas que… Et 2017 fut une année très riche en évènements concernant la femme.
Beaucoup de très bons romans ont vu le jour en dévoilant un terrible secret, réel ou imaginaire. Que ce soit sur les enfants, l’adolescence, les relations difficiles, les femmes maltraitées, l’Art, les artistes, les amours, la guerre, l’Histoire, la vie, la mort, chaque livre lu m’a marquée, amusée, attristée, accompagnée, nourrie, envoûtée.

Un Top 20 aurait été plus facile à réaliser et sûrement plus juste ! (Vos commentaires seront les bienvenus sur mes choix…)

Voilà donc le TOP 10 de mes meilleurs livres 2017 :
1 – Bakhita 
2 – Les Indésirables
3 – La tresse
4 – Qui ne dit mot consent
5 – Mes vrais enfants
6 – Qu’il emporte mon secret
7 – Le vertige des falaises
8 – La veuve des Van Gogh
9 – Une vie de Gala
10 – Traverser les murs

Chaque livre cité vous captivera dès la première page, avec une mention toute spéciale pour Bakhita ! Il suffit de cliquer sur chaque titre pour lire notre chronique.
Je me permets juste de vous rappeler qu’un livre ne se prête pas ! Il s’achète sinon l’auteur ne peut pas vivre et continuer à écrire et à nous enchanter !
Très bonne lecture à tous !

Plongée dans un esprit tourmenté avec la BD Phil, une vie de Philip K. Dick (Editions 21g)

Phil, une vie de Philip K. Dick
Phil, une vie de Philip K. Dick, Dessins de Mauro Marchesi, scénario de Laurent Queyssi , éditions 21g

Plongée dans un esprit tourmenté avec la BD Phil, une vie de Philip K. Dick (Editions 21g)

Les aficionados de science-fiction et les cinéphiles avertis connaissent sur le bout des doigts les illustres films Blade Runner et Minority Report, ils savent également que leur auteur Philip K. Dick est à l’origine de certains des ouvrages de genre majeurs du XXe siècle. Mais connaissent-ils l’existence d’un auteur balloté entre démons personnels, divorces multiples et addictions notoires? La BD Phil, une vie de Philip K. Dick aux éditions 21g offre une plongée passionnante dans un esprit tourmenté qui a fondé une oeuvre pléthorique malgré les avanies et les obstacles, nonobstant une faiblesse originelle qui le fit voguer sur les eaux agitées de la paranoïa et de la dépression.

Un auteur américain

Né à Chicago en 1928 et mort en Californie en 1982, Philip K. Dick a traversé le XXe siècle au rythme effréné de ses romans, de ses nouvelles et de ses essais de science-fiction. Bien que récipiendaire de nombreux prix littéraires de son vivant, signe d’une large reconnaissance critique, tel le prix Hugo pour Le Maître du Haut Château, et le prix John Wood Campbell Memorial pour Coulez mes larmes, dit le policier, Philip K. Dick a passé la majorité de sa carrière dans une quasi-pauvreté et un état maladif de dépendance aux amphétamines. Auteur prolixe, il avait un besoin constant de stimulants pour écrire jours et nuits, ce qui exacerbait malheureusement sa paranoïa et générait des accès fréquents de dépression. L’auteur Laurent Queyssi ne cache rien de ces troubles en évitant soigneusement l’hagiographie pour se concentrer sur une narration la plus réaliste possible. Phil écrit, tombe amoureux, se déchire, puis réécrit, retombe amoureux, se rédéchire… Sans misérabilisme aucun, le portrait de Philip K. Dick montre surtout un homme instable et profondément ancré dans son fertile imaginaire. Les plaisirs au-delà de la littérature semblent minuscules comparé à une addiction à l’écriture qui le dévora tout au long de sa vie, jusqu’à mettre en danger sa santé physique autant que mentale. Les dessins réalistes de Mauro Marchesi accompagnent parfaitement ce parti pris naturaliste qui permet de côtoyer l’esprit fécond d’un des plus grands auteurs du XXe siècle.

La BD Phil, une vie de Philip K. Dick se lit avec un tel plaisir qu’elle donne surtout envie de se replonger dans l’oeuvre littéraire d’un auteur barré (c’est lui-même qui le disait) et visionnaire (personne n’en doute).

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Philip K Dick (1928-1982) est un des auteurs de science-fiction les plus influents et novateurs du XXe siècle. Depuis les années 1980, son oeuvre, qui questionne la réalité et le principe d’humanité, a été adaptée maintes fois au cinéma et à la télévision et est enseignée dans les plus grandes universités du monde. Blade Runner, Total Recall, Ubik, Minority Report, A Scanner Darkly et les séries The Man in the High Castle ou Electric Dreams sont quelques-uns des univers sortis de son esprit fertile. Philip K Dick n’a pourtant vraiment connu le succès qu’après sa mort et son existence a plutôt rimé avec galères, dépressions, divorces en série et expériences mystiques…

Date de parution : 19 janvier 2018
Scénariste(s) : Laurent Queyssi
Dessinateur(s) : Mauro Marchesi
Genre : Biopic
Editeur : 21g
Prix : 22 € (144 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Spectacle Horowitz, le pianiste du siècle le samedi 3 février prochain à la Salle Gaveau pour une représentation unique exceptionnelle!

Horowitz, le pianiste du siècle
Horowitz, le pianiste du siècle, mise en scène de Steve Suissa, Salle Gaveau

Spectacle Horowitz, le pianiste du siècle le samedi 3 février prochain à la Salle Gaveau pour une représentation unique exceptionnelle!

Le 3 février prochain aura lieu un spectacle exceptionnel entre théâtre et concert classique à la Salle Gaveau. Le pianiste légendaire Vladimir Horowitz sera à l’honneur d’un spectacle entre théâtre et envolées pianistiques avec le comédien Francis Huster à la narration et la pianiste Claire-Marie Le Guay au clavier. Régulièrement acclamé comme ayant été le plus grand pianiste du vingtième siècle, Vladimir Horowitz a laissé de nombreux disques et des vidéos éternelles pour continuer d’apprécier son art du piano. Grosse pression sur le spectacle pour faire renaitre une émotion similaire aux interprétations légendairesdu maitre!

Un pianiste absolu

Né en Russie en 1903, Vladimir Horowitz a enchanté les salles de concert du monde entier jusqu’à peu avant son décès en 1989. Devenu quasiment mythique et reconnu comme le Roi des rois parmi les pianistes, Vladimir Horowitz a été admiré pour la puissance de son jeu et pour ses prouesses techniques au piano, certains le surnommant même le Satan au clavier tant sa maitrise était diabolique. Pianiste le mieux payé du monde en son temps grâce à ses nombreux récitals, il est au centre d’un spectacle qui l’honore comme il se doit. Nul besoin de présenter un Francis Huster à la voix grave et profonde ainsi q’à la déjà très riche carrière théâtrale. Son rôle de narrateur se jouera en parallèle des interprétations expertes de la pianiste Claire-Marie Le Guay. Née en 1974, la pianiste française est présente depuis de très longues années sur les scènes internationales. Depuis l’âge de 15 ans, la concertiste multiplie les apparitions avec un gout prononcé pour Bach, Liszt, Haydn et Mozart. Le duo devrait séduire le public de la Salle Gaveau pour raviver la mémoire d’un pianiste d’exception et des interprétations flamboyantes. Les aficionados de concerts classiques apprécieront, ceux de théâtre également!

Le 3 février, la musique classique sera à l’honneur à la Salle Gaveau avec un évènement placé sous l’égide du pianiste légendaire Vladimir Horowitz. De quoi donner envie de réserver dès maintenant ses places pour une éblouissante soirée musicale!

Dates :  3 février 2018
Lieu : Salle Gaveau (Paris)
Metteur en scène : Steve Suissa
Avec : Francis Huster, Claire-Marie Le Guay

Incroyable BD Les Damnés de la Commune (Delcourt)

Les damnés de la Commune
Les damnés de la Commune, Scénario et dessin de Raphaël Meyssan, éditions Delcourt

Incroyable BD Les Damnés de la Commune (Delcourt)

Le Tome 1 des Damnés de la Commune s’intitule A la recherche de Lavalette. Le narrateur de notre temps entreprend des recherches pour savoir qui était ce voisin un siècle auparavant, contemporain de la guerre franco-prussienne de 1870 et qui a participé à l’établissement de la Commune de Paris après bien des péripéties. L’intrigue de ce volume suit la chronologie des faits réels entre les prémices de la guerre jusqu’à la proclamation de la Commune en passant par le désastre de Sedan en 1870 et le tumulte politique qui l’a suivi. Les dessins de l’ouvrage sont des gravure d’époque aux traits ciselés et à la précision d’orfèvre, le Paris de l’époque revit, sans Tour Eiffel ni Sacré-Coeur. Le résultat est une lecture qui ravira les fans d’histoire et d’aventures nichées au creux de la grande Histoire. Une prouesse autant qu’un tour de force, en tout cas un merveilleux cadeau de Noel!

Un Retour vers le Futur historique

Les premières pages des Damnés de la Commune laissent perplexe. Le narrateur cherche à en savoir plus sur le dénommé Lavalette sans qu’on sache vraiment s’il s’agit d’un contemporain ou d’un être issu de l’espace temps. Les dessins sous forme de gravures font un pont entre l’époque actuelle et 1870 avec une double narration qui évolue en parallèle. D’un côté, le narrateur recherche Lavalette et se concentre sur une Victorine elle aussi plongée dans une époque de changements. Au fur et à mesure des découvertes, on voit défiler des évènements qui se raccrochent à la locomotive des circonstances véridiques. Un Napoléon III vieillissant se laisse embarquer dans un conflit avec la Prusse de Bismarck en pleine ascension sur la scène continentale. Alors qu’il croit couper l’herbe sous le pied des mouvements contestataires alors en plein essor à Paris tout en disposant facilement de son encombrant voisin, l’aventure tourne au désastre jusqu’à ce que les prussiens défilent sur les Champs-Elysées sous les yeux médusés des parisiens courroucés. La chute de l’Empire s’accompagne de manoeuvres politiques pour décider de l’avènement de la République ou de la restauration de la Monarchie. La BD se dévore littéralement tant le rythme y est soutenu et l’Histoire totalement respectée, jusqu’à bousculer les certitudes sur une époque qui ressemble en de nombreux points à la notre. Défiance grandissante envers les gouvernants, organisation d’une opposition issue du peuple et face à face grandissant… quand le peuple prend les choses en main, les choses changent!

Les Damnés de la Commune ressemble à un cours d’histoire ludique et passionnant. Une bande dessinée à découvrir absolument pour se plonger dans une aventure à visage humain, sans super héros mais pas sans suspense. Vivement le tome 2!

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Découvrez cette incroyable bande dessinée, réalisée exclusivement à partir de gravures de l’époque de la Commune, qui nous raconte la quête d’un Parisien pour exhumer l’histoire de son voisin communard. Parti à la recherche de Lavalette, le narrateur rencontre Victorine, dont le témoignage bouleversant l’accompagne dans sa quête. Tandis que sa ville se charge peu à peu d’histoires, il découvre les années de tourments qui ont conduit à la révolution de 1871. Témoignage exceptionnel sur la Commune de Paris, ce roman graphique, réalisé à base de gravures du XIXème siècle, présente la manière dont l’époque se voyait elle-même.

Date de parution : le 8 novembre 2017
Scénariste(s) : Raphaël Meyssan
Dessinateur(s) : Raphaël Meyssan
Genre : Histoire
Editeur : Delcourt
Prix : 23,95 € (96 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Les damnés de la Commune
Les damnés de la Commune

Les damnés de la Commune
Les damnés de la Commune

Les damnés de la Commune
Les damnés de la Commune

Les damnés de la Commune

« Tableau d’une exécution » : les liaisons dangereuses entre Art et Pouvoir

"Tableau d'une exécution" : les liaisons dangereuses entre Art et Pouvoir
© Tableau d’une exécution / crédit photo : Simon Gosselin

« Tableau d’une exécution » : les liaisons dangereuses entre Art et Pouvoir

“Tableau d’une exécution” questionne les relations de l’artiste avec le pouvoir politique et sa responsabilité éthique de créateur vis à vis de la vérité. Car si cette pièce, c’est l‘histoire de l’exécution du tableau, de sa commande et du lien entre l’artiste et son commanditaire, c’est aussi et surtout l’histoire d’une femme peintre, qui revendique sa liberté de création et d’interprétation.

Les liaisons dangereuses entre Art et Pouvoir

Au lendemain de la bataille de Lépante, le plus grand massacre en mer de l’histoire, l’artiste peintre Galactia se voit confier par le Doge de Venise la réalisation d’une fresque de trente mètres célébrant la victoire des Vénitiens catholiques sur les Turcs musulmans. Pour le Doge, cette fresque représentera la bataille, elle sera « ce qui reste de l’histoire ».

Galactia, femme jusqu’auboutiste et libre, accepte la commande et convoque les combattants mutilés comme modèles, pour être au plus près de la chair, des corps, des cris, de la douleur et de la vérité. Et choisit donc de peindre la guerre telle qu’elle est : un massacre.

Le doge fait alors emprisonner Galactia mais le tableau divise l’aristocratie. Le clan des amateurs d’art l’emporte : le chef-d’œuvre sera exposé.

Galactia est ainsi libérée car le Doge le sait bien : contre la virulence d’une œuvre, une certaine forme de tolérance peut être un antidote beaucoup plus efficace que la censure la plus brutale. Et l’artiste récupéré à l’abri de petits arrangements presque entre amis entre l’art et le pouvoir !

Où celle qui se voulait héroïne et martyre ne peut que s’exclamer douloureusement : « Être comprise c’est la mort. Une mort atroce« .

Une fresque noire

A l’abri d’une dramaturgie efficace et d’un texte fort, Howard Barker nous plonge au cœur du processus vital, irréductible, qui sous-tend l’acte artistique et ses enjeux.

Nous entrons dès lors dans l’atelier de Galactia et sommes confrontés à sa complexité intime, son goût de la provocation, son indépendance féroce et son orgueilleuse intégrité. Où s’interfèrent les rapports entre l’artiste et le pouvoir ainsi que son libre arbitre revendiqué face au politique ou au jugement de la critique ridiculisé.

Dans sa mise en scène inventive, Claudia Stavisky a reconstitué un atelier de peintre dont la configuration et le désordre font souffler un esprit shakespearien mais aussi contemporain sur cette fresque noire.

La présentation du tableau aux commanditaires est notamment un grand moment avec sans aucun autre artifice, une immense toile couleur rouge sang de 300 m² qui recouvre toute la scène.

Christiane Cohendy à l’abri d’un jeu singulier et instinctif incarne avec fougue Galactia, figure intrépide, inattendue et insaisissable, tandis que Philippe Magnan, parfait, apporte toute sa superbe au personnage du Doge de Venise.

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Dates : du jour 10 au 28 janvier 2018 l Lieu Théâtre du Rond-Point (Paris)
Metteur en scène : Claudia Stavisky

Les conseils de lecture des traders

Chaque année, le Directeur Général de la banque d’investissement Stifel Nicolaus, Dave Lutz, effectue un sondage auprès de ses clients leur demandant quels ont été leurs livres favoris de l’année. Une fois recueillie la liste des recommandations, Dave Lutz publie une compilation de ces ouvrages à l’attention des intéressés, professionnels de la Finance comme membres du grand public. Voici un aperçu des quatre premiers titres de cette liste recommandés par les traders du monde entier – de quoi renouveler vos perspectives après une longue semaine de travail à guetter les indices boursiers mondiaux affichés en temps réel sur IG.com.

Un peu d’air frais de George Orwell (1939)

Dans ce roman tragi-comique, Orwell dresse le portrait d’un commercial d’âge moyen résidant avec sa femme et leurs deux enfants dans une maison de banlieue typiquement anglaise. Un jour, après avoir remporté une petite somme d’argent lors d’un pari, il retourne en vacances dans le village de son enfance pour pêcher de la carpe dans un étang où il n’a pas remis les pieds depuis 30 ans. Hélas, l’étang n’est plus. Le village est méconnaissable, et ces vacances sont interrompues par un bombardement accidentel par l’armée de l’air britannique. 

L’Infinie Comédie de David Foster Wallace (1996)

Une comédie gargantuesque et bouleversante sur la poursuite du bonheur aux États-Unis. Lieu de l’action : un centre de soins pour toxicomanes et une académie de tennis qui servent de décor à l’exploration de plusieurs questions. D’abord, qu’est-ce que le divertissement et comment le divertissement a-t-il pris une place aussi dominante dans nos vies. Puis, en quoi notre désir de divertissement affecte-t-il nos relations avec autrui, et pourquoi les plaisirs que nous choisissons de satisfaire définissent le type de personne que nous sommes. 

L’Aveuglement de Jose Saramago (1997)

Une épidémie de cécité s’abat sur la ville et n’épargne personne. Les autorités confinent les aveugles dans un asile psychiatrique abandonné mais, là, l’élément criminel garde toute le monde captif, volant les rations de nourriture et violant les femmes. Une procession menée par le seul et unique témoin (visuel) de l’histoire se fraie un chemin dans ce cauchemar. Cette sublime parabole sur la perte et la désorientation évoque avec vivacité les horreurs du vingtième siècle.

Et quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey (1964)

Après le remarquable succès de son premier roman, Vol au-dessus d’un nid de coucou, l’auteur américain Ken Kesey publie ce conte atypique centré autour d’une famille de bûcherons de l’Oregon qui refuse de se joindre à la grève des travailleurs locaux. Entre rivalités et trahisons familiales, Ken Kesey parvient à façonner un roman à l’impact mythique semblable à celui d’une tragédie grecque.

À travers cette liste de recommandations, les traders clients de Stifel Nicolaus suggèrent qu’il n’y a pas que dans la littérature financière que l’on peut se ressourcer. Pour se changer les idées, rien de tel qu’un drame poignant ou qu’une comédie retentissante. Toutefois, pour ceux qui cherchent à s’informer sur le monde de la bourse pendant leur temps libre, il existe des ouvrages spécialisés portrayant, par exemple, à quoi ressemble la vie de trader professionnel ou encore comment bien investir le plus tôt possible.

Sources :

https://www.businessinsider.com.au/novels-that-wall-street-traders-like-2013-3#coming-up-for-air-1

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Aveuglement

https://investir.lesechos.fr/marches/c-est-la-recre/les-conseils-de-lecture-de-warren-buffet-pour-l-ete-1696991.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Et_quelquefois_j%27ai_comme_une_grande_id%C3%A9e

Eparse, une foule de confessions émouvantes de Lisa Balavoine (JC Lattès)

Lisa Balavoine
Lisa Balavoine

Eparse, une foule de confessions émouvantes de Lisa Balavoine (JC Lattès)

Lisa Balavoine donne un titre à son premier roman qui lui correspond parfaitement, Eparse. Selon le dictionnaire Larousse, éparse signifie : répandu de tous côtés, dispersé, en désordre.

Une multitude de vérités

Lisa Balavoine se confie de façon éparse, le tout en musique. Pas de sens logique à ses écrits et à ses confidences. Mais toujours du vrai, du ressenti, du vécu semble-t-il. Même son style est volontairement fragmenté, sans signe de ponctuation, avec des enfilades de verbes ou de noms qui peuvent donner le vertige. Pas de chapitres non plus. Juste des paragraphes qui se suivent mais qui sont sans rapport direct. Cela peut paraître à première vue surprenant, mais la lecture en est très agréable et facile. Lisa est née dans les années 70 et tous ses souvenirs d’enfance, nous les avons naturellement connus ! C’est à la fois très drôle avec une pointe de nostalgie. Aujourd’hui, Lisa a la quarantaine, et dresse un peu un bilan de sa vie, surtout sa vie amoureuse. Tout y passe :  ses rencontres, ses amants,  les réactions de ses enfants, leurs commentaires sur elle-même. Elle ne s’épargne pas. Et au fil des pages, on la découvre sans détours. Sans faux-semblants. Lisa manie la langue française avec agilité et surtout créativité. Elle est à l’origine de nouveaux mots, comme Rupturlute (p.109 rupture brutale, à s’en ôter les mots de la bouche)… Toujours beaucoup d’humour chez l’auteur !

Beaucoup d’auto-dérision et d’humour

Publik’Art a été très sensible à cette écriture originale et si humaine. Une femme qui parle au nom de toutes les femmes, avec sa sensibilité, son affection, et qui nous confie tout en vrac, ses souvenirs d’enfance, ses vérités, ses souffrances, les relations difficiles avec sa mère, avec ses amants, ses regrets et sa nostalgie. Comme si la vie filait bien trop vite pour elle et que personne ne l’avait prévenue que ça se passerait ainsi… C’est tellement vrai que le lecteur se sent directement impliqué dans cet examen de conscience très particulier… Chacun piochera ce qui lui correspond au fil des pages…

Oui, Lisa Balavoine, Publik’Art a été sensible à votre côté enfantin qui s’étiole au fil des années mais que nous voudriez ne jamais perdre. Et comme vous avez raison ! Ne pas se prendre au sérieux en tant que femme est une véritable force !
On attend déjà avec impatience votre deuxième roman, Lisa !

Extraits

Si je ne devais garder qu’un seul roman, je serais bien emmerdée, mais je crois tout de même qu’il s’agirait de Haute fidélité, de Nick Hornby : des listes, de la musique et des histoires d’amour ratées. Un bon résumé de ma vie. P.74

Quand j’ai gagné le premier prix à un concours de lettres d’amour, la mienne était remplie de mots écrits pour personne. P.89

Après une énième conversation téléphonique ressemblant à toutes les précédentes, j’ai dit à ma mère que, dans l’éventualité de son décès, je ne pouvais pas lui assurer que je serais triste. P.105

Enfant, j’étais jalouse de Martine. Ses parents s’aimaient, elle habitait une grande maison, elle avait un petit frère, un chien et même une tortue, elle faisait de la danse, du théâtre et du ski et partait en vacances dans une voiture décapotable. En vrai, je la détestais. P.127

Un jour, après que j’ai récupéré ma fille au collège, elle m’a dit : « J’ai plusieurs copines qui adorent Daft Punk, mais comme toi aussi tu les écoutes, je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est de la musique de vieux. » P.155

Exclusivisme (n.m) : droit imaginaire que l’on s’octroie de posséder l’amour exclusif de quelqu’un que l’on aime à l’exclusivité de tout autre. P.220

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

À travers une série de fragments, Lisa Balavoine – la quarantaine, divorcée et mère imparfaite de trois enfants – fait le tour de son existence comme on fait le tour du propriétaire, et signe le roman espiègle et nostalgique de toute une génération.
Convoquant la mémoire de chansons, de films, d’événements emblématiques des années 80 à aujourd’hui, entremêlant souvenirs de jeunesse et instantanés de sa vie quotidienne, elle fait de son histoire intime un récit dans lequel chacun peut se reconnaître. Car les questions qu’elle pose (sur l’éternel recommencement de l’amour, sur les héritages et la transmission…) sont les nôtres. Car ses doutes, ses joies, ses peines fugaces ou durables, nous les connaissons. Car les inventaires audacieux qu’elle propose (description à la Perec d’un tiroir de salle de bain, arguments pour ou contre la vie de couple, liste de ses phobies, déclarations d’amour aux acteurs qu’elle a aimés…) nous renvoient à nos propres obsessions.
Telle est la prouesse de ce livre : à mesure que l’auteur rassemble les morceaux de son puzzle personnel et tente l’autopsie de la première moitié de sa vie, c’est le lecteur qui se redécouvre lui-même.

Date de parution : le 3 janvier 2018
Auteur : Lisa Balavoine
Editeur : Stock
Prix : 19 € (248 pages)
Acheter sur : Amazon

Une femme libre exhumée sur les planches du Studio Hébertot dans la pièce Cantate pour Lou von Salomé

Cantate pour Lou von Salomé
Cantate pour Lou von Salomé, Mise en scène : Anne Bouvier, Studio Hébertot

Une femme libre exhumée sur les planches du Studio Hébertot dans la pièce Cantate pour Lou von Salomé

L’existence de Lou von Salomé s’écoule dans un spectacle tumultueux qui déborde de vie et de passion. Impossible de faire simple pour rendre compte de l’abondance de rencontres et de vies multiples dans une seule vie pour une femme qui vécut sa liberté au lieu de simplement la prêcher. Rainer Maria Rilke, Friederich Nietzsche, Sigmund Freud, la liste des noms illustres l’ayant côtoyée fait rêver et illustre bien l’attraction exercée par une héroïne bien singulière dans un temps où la plupart des femmes restaient encore sagement au foyer. Les deux actrices Bérengère Dautun et Sylvia Roux rivalisent de grâce et d’intensité pour emporter littéralement l’audience avec elles dans un voyage fait de fantaisie et de drames.

Une femme libre

Le captivant film Lou Andréas Salomé avait déjà célébré en 2017 la mémoire d’une femme qui, au tournant des XIXe et XXe siècles, s’était ralliée à la scène culturelle européenne par la force de ses idées. La pièce rédigée par Bérengère Dautun donne envie de mieux connaitre cette héroïne universelle. En compagnie de Sylvia Roux, elle figure l’héroïne femme de lettres allemande d’origine russe, née à Saint-Pétersbourg en 1861 et morte à Göttingen en 1937. Toutes deux évoquent les personnages importants de sa vie via des artifices dont elles se parent pour changer d’identité à l’envi. Une ombrelle par ci, une collier par là, les identités valsent dans une sarabande sans fin. Les parents aimés, les amants éconduits, le mari épousé sans passion, toutes ces étapes sont évoquées dans une chronologie qui fait brillamment ressortir la personnalité de cette intellectuelle bohème pan-européenne, sans attaches mais pas sans convictions. Son existence est marquée par des rencontres avec les plus grands esprits de son temps. La photo où elle fouette l’attelage constitué notamment de Friederich Nietzsche ne laisse de fasciner et sa détermination à accepter le mariage avec Friedrich Carl Andreas en échange de la promesse de ne jamais le consommer donne un aperçu de ses priorités avant tout intellectuelles. L’amour passionné de Reiner Maria Rilke à son égard et la fascination de Sigmund Freud ajoutent à la cosmogonie d’un personnage bigger than life. La mise en scène très simple en même temps que très évocatrice d’Anne Bouvier fait la part belle aux deux comédiennes dont l’amitié jaillit sans mal au détour de saynètes qui donnent envie de se plonger dans l’oeuvre d’une femme envoutante qui a marqué autant son temps que la postérité. L’ajout d’un écran au fond de la scène précise la chronologie avec l’inscription de phrases grandement évocatrices d’une vie placée sous le signe de la liberté.

Cantate pour Lou von Salomé est à découvrir au Studio Hébertot dans une reprise aussi intense que fervente, de quoi raviver la mémoire d’une femme d’exception.

Dates :Du jeudi au samedi à 21h, le dimanche à 17h

Lieu : Studio Hébertot (Paris)
Metteur en scène : Anne Bouvier
Avec : Bérengère Dautun, Sylvia Roux

Last Flag Flying ou le drapeau en berne des illusions perdues

Last Flag Flying
Last Flag Flying, film de Richard Linklater, Copyright Metropolitan FilmExport

Last Flag Flying ou le drapeau en berne des illusions perdues

Quand 3 anciens marines vétérans du Vietnam se retrouvent pour assister à l’enterrement du fils de l’un d’eux, la politique belliciste des Etats-Unis en prend pour son grade. Si la question sous-jacente a trait aux raisons qui font entrer continuellement la plus grande démocratie du monde en conflit avec des pays lointains inférieurs en force mais supérieurs en âme, le road movie prend toute la place avec un Bryan Cranston en roue libre aux côtés d’un Steve Carrell d’une encore surprenante sobriété et d’un Lawrence Fishburne dans le rôle d’un pasteur revenu de ses excès passés. La truculence le dispute à la dramaturgie dans un film qui, s’il ne fait pas preuve d’une colossale originalité, a le mérite de poser les bonnes questions dans une ambiance captivante.

La guerre, spectre omniprésent d’une nation blessée

Ce fut la menace rouge qui fit entrer de plein pied les Etats-Unis dans le bourbier du Vietnam, c’est le danger islamiste suite au 11 septembre qui a motivé le pays à s’enterrer en Irak. Le parallèle fait sens pour d’anciens soldats revenus depuis longtemps à la vie civile mais marqués à vie par leur expérience guerrière. Si les récits des exploits passés animent les protagonistes dans des remémorations incessantes, le doute quant à la blessure laissée dans chacun d’eux est vite balayé. Le personnage interprété par Bryan Cranston a beau être fort en gueule, son alcoolisme cache des raisons qui se dévoilent peu à peu au fur et à mesure que les 3 acolytes prennent possession du cercueil du fils défunt et font route jusqu’au cimetière de la ville de Steve Carrell. Transformé en Droopy  larmoyant, ce dernier verse plus dans la sobriété de son rôle dans Little Miss Sunshine que dans sa carapace bestiale et drolatique de The Office. A leurs côtés, Lawrence Fishburne reste dans la lignée des 20 ornière années en vieux sage cette fois versé dans la parole de Dieu. A eux trois, ils forment un équipage mal assorti que les kilomètres avalés feront se rapprocher pour redevenir d’impayables loustics. Le film alterne les longues discussions mi-drolatiques mi-nostalgiques avec des moments d’intensité qui font ressortir la finesse des trois acteurs. Le moment de cinéma se transforme parfois en long pamphlet convenu mais le plaisir de contempler cet aréopage de grands acteurs laisse le sentiment d’une belle collusion menée par un Richard Linklater certes moins raffiné que parfois mais pas moins entreprenant. Le road movie captive jusqu’au bout et si le sentiment d’un film ressemblant à tant d’autres s’agite à la fin, il reste la satisfaction d’un opus solide mené par de brillants acteurs.

Richard Linklater laisse de côté ses tentatives brillantes de films au long cours en se concentrant sur une page sanglante de l’histoire des Etats-Unis, avec une question centrale: les sacrifices en valent-ils la peine? L’amitié éternelle entre les 3 personnages donne un embryon de réponse.

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Last Flag Flying
Last Flag Flying

En 2003, Larry « Doc » Sheperd, un ancien médecin de la Navy, retrouve Sal Nealon, un gérant de bar et le révérend Richard Mueller. Tous les trois ont combattu ensemble au Vietnam mais ils ne s’étaient pas revus depuis trente ans. Larry est venu leur demander de l’accompagner aux funérailles de son fils, mort au combat en Irak et dont le corps vient d’être rapatrié aux Etats-Unis. Sur la route, l’émotion se mêle aux fous-rires car les trois hommes voient leurs souvenirs remonter et ils retrouvent leur camaraderie…

Sortie : le 17 janvier 2018
Durée : 2h04
Réalisateur : Richard Linklater
Avec : Steve Carell, Bryan Cranston, Laurence Fishburne
Genre : Drame, Comédie

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Sexe et mensonges, le dernier livre choc de Leïla Slimani (Les Arènes)

Leïla Slimani

Sexe et mensonges, le dernier livre choc de Leila Slimani (Les Arènes)

Publik’Art est un fan inconditionnel de Leila Slimani. Son Prix Goncourt trotte encore dans nos têtes et y restera longtemps gravé (Chanson douce) !

Cette fois-ci, ce n’est pas un roman que Leila a écrit. Suite à son livre, Dans le jardin de l’ogre (Gallimard, 2014), Leila a rencontré beaucoup de femmes, au Maroc, qui se sont confiées à elle. Et c’est tout naturellement que lui est venu l’idée de ce livre, Sexe et mensonges. Comme une urgence, comme un besoin de crier à la face du Monde : voilà comment vivent les femmes au Maroc au XXI siècle. Leila Slimani fait une sorte de constat de la situation actuelle au Maroc en ce qui concerne la vie sexuelle des femmes. Bien sûr, cela concerne aussi les hommes, mais l’étude porte volontairement sur les témoignages des femmes aujourd’hui au Maroc.

Difficile de parler crûment de sexe au Maroc au XXI siècle ?

Oui, rien n’est aisé au Maroc, et le sexe encore moins que n’importe quel autre domaine. Mais dans les alcôves, les langues se délient très facilement. En lisant le livre de Leila, on a l’impression que rien n’a évolué dans le bon sens en ce qui concerne la sexualité. L’auteur a recueilli des témoignages poignants qui démontrent à quel point la femme est encore prisonnière de l’homme, prisonnière des conventions religieuses, prisonnière des lois. Tout est interdit et tout est passible de prison dans le domaine de la sexualité, pour la femme.
En clair, les jeunes, faites ce que vous voulez, mais faites-le en cachette car sinon, vous risquez la prison. Les femmes, conservez votre hymen, car sinon, votre vie est fichue et celle de votre famille avec… La honte pour le restant de vos jours…
Leila explique très bien la situation actuelle au Maroc, absolument déplorable pour la femme qui ne doit exister que par son mari et avant par son hymen…
Prostitution, homosexualité, et même des baisers dans la rue ou dans votre voiture sont susceptibles de vous envoyer à la case prison.

Vie inimaginable pour nous occidentaux

En 2015, deux jeunes filles sont arrêtées sous prétexte qu’elles portaient des jupes trop courtes… Des femmes victimes, même de viols, se retrouvent souvent dans la position de coupables, sans jamais pouvoir se défendre. Des homosexuels presque lynchés dans la rue…

Nabil Ayouch avait réalisé un très beau film, Much Loved, sur la vie nocturne à Marrakech, à travers des prostituées. . L’actrice principale, Loubna Abidar a été obligée de quitter le Maroc suite à une violente agression parce qu’elle elle avait osé tourné ce film !

Leila Slimani crie à l’hypocrisie et espère que ses révélations vont faire bouger les choses au Maroc. Elle est en colère et nous démontre que la foi devrait permettre à tous de vivre ensemble, et pas le contraire. Esprit de tolérance et de respect mutuel. La vie de la femme aujourd’hui est la même qu’au XIX siècle en ce qui concerne la sexualité. Il est temps que cela change ! Voilà ce que révèle Leila Slimani.
Il serait fort intéressant de savoir comment a été accueilli son livre dans son pays et quelles ont été les réactions des uns et des autres.
Sexe et mensonges, un livre vrai, et courageux. Avec des témoignages authentiques qui font réfléchir sur ce sujet d’actualité brûlante. A quand une réelle liberté pour la femme au Maroc ?

Extraits :

L’article 490 du Code pénal prévoit : « l’emprisonnement d’un mois à un an [pour] toutes personnes de sexe différent qui, n’étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles. » p.16

 […] les hommes ont plus le choix, même s’ils souffrent , eux aussi, de cette hypocrisie. « Eux au moins ont le menu et ils peuvent faire un choix « à la carte ». D’un côté, les femmes avec qui ils couchent. Et de l’autre, celles qu’ils épouseront. » p.102

Pour le Tunisien Abdelwahab Bouhdiba, auteur en 1975 du grand classique La sexualité en Islam, la vision rigoriste, puritaine, morose de la sexualité est en contradiction avec l’esprit même de l’islam. P. 112

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La vie sexuelle au Maroc

Sexe et mensonges, c’est la parole, forte et sincère, d’une jeunesse marocaine bâillonnée dans un monde arabe où le sexe se consomme pourtant comme une marchandise.

Les femmes que Leïla Slimani a rencontrées lui ont confié sans fard ni tabou leur vie sexuelle, entre soumission et transgression. Car, au Maroc, la loi punit et proscrit toute forme de relations sexuelles hors mariage, tout comme l’homosexualité et la prostitution.

Dans cette société fondée sur l’hypocrisie, la jeune fille et la femme n’ont qu’une alternative : vierge ou épouse.

Sexe et mensonges est une confrontation essentielle avec les démons intimes du Maroc et un appel vibrant à la liberté universelle d’être, d’aimer et de désirer.

Date de parution : le 6 septembre 2017
Auteur : Leïla Slimani
Editeur : Les Arènes
Prix : 17 € (192 pages)
Acheter sur : Amazon

Le Souper, une pièce pour fins gourmets au Théâtre de Poche Montparnasse

Le Souper
Le Souper

Le Souper, une pièce pour fins gourmets au Théâtre de Poche Montparnasse

Le dénouement de l’épopée napoléonienne sert d’enjeu à une pièce de théâtre qui fait la part belle aux finesses les plus extravagantes de la langue française. Les deux comédiens Daniel et William Mesguich interprètent des Talleyrand et Fouché qui s’affrontent sur la suite à donner pour la France, restauration de la Monarchie ou proclamation de la République. Le ton se veut cérémonieux mais les enjeux sont avant tout personnels. Qui bénéficiera de la meilleure place dans le régime à venir, tel est l’intrigue principale du Souper sur les planches du Théâtre de Poche Montparnasse.

Une pièce tout en doigté

Dès les premières minutes, les échanges donnent le ton. Le subjonctif plus-que-parfait côtoie les coups à fleurets mouchetés entre deux personnages qui s’estiment autant qu’ils se haïssent. Fouché est le chef de la police, bénéficiaire d’imposants dossiers sur tout ce que la France compte d’homme de pouvoir, le rendant aussi craint que courtisé. Talleyrand est un diplomate, évêque défroqué qui adore rien de moins que la bonne chaire et les plaisirs de ce monde, il est surtout l’ami des puissants et fin diplomate. Napoléon le décrivait comme de la merde dans un bas de soie, rendant bien hommage à la stature de l’homme. William Mesguich investit le premier de son énergie physique malgré une perruque brune alliée à des favoris qui cachent son imposante chevelure blonde habituelle pour bien rentrer dans le personnage. Daniel Mesguich prête sa voix persifleuse pour revêtir le second d’une imposante perruque poudrée quo rend compte de la sournoiserie du personnage. Dans un décor très début XIXe, tous deux ripaillent tandis qu’ils s’affrontent adroitement dans un langage riche de doubles sens. Chacun profite de la moindre maladresse pour saisir son interlocuteur et le reprendre sans ménagement. Les manières y gagnent ce que l’affection y perd.

Une intrigue florentine

Tous deux défendent d’abord leurs prérogatives. Fouché réclame l’instauration de la République tandis que Talleyrand prône le retour de la Monarchie par l’intermédiaire de Louis XVIII tapis à Saint-Denis tout proche. Si les enjeux politiques occupent une très grande partie de la conversation, il apparait très tôt que l’intérêt principal réside dans le futur personnel des deux personnages. La foule parisienne blottie dans la rue à l’entrée de l’immeuble figure un troisième personnage qui met la pression sur deux hommes qui doivent arriver coute que coute à un accord en moins de 2 heures pour assurer leur avenir. Le décor royaliste figure les gouts très sûrs de Talleyrand et son appétence pour le confort fastueux. L’avenir du peuple devient une broutille quand tous deux devisent sur les exploits et avanies passées pour mieux cerner les meilleures possibilités respectives d’avenir. Sur le rythme d’une langue française magnifiée à chaque phrase, les comédiens s’affrontent sur un tapis de velours qui leur permet, en cas de légère glissade rhétorique, de toujours retomber sur leurs pieds avec un minimum de souffrance.

Le Souper se déguste avec appétit tant les deux comédiens savent mettre l’eau à la bouche et proposer un festin d’expressions françaises désuètes. Le numéro d’acteur est à son apogée pour un véritable délice au Théâtre de Poche Montparnasse.

Dates :  à partir du 6 janvier, du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Daniel et William Mesguich
Avec : Daniel et William Mesguich

Charles Gonzalez devient Camille Claudel au Théâtre de Poche Montparnasse

Charles Gonzalez devient Camille Claudel
Charles Gonzalez devient Camille Claudel, mise en scène de Charles Gonzalez, Théâtre de Poche Montparnasse

Charles Gonzalez devient Camille Claudel au Théâtre de Poche Montparnasse

Le Théâtre de Poche Monparnasse laisse le champ libre au comédien Charles Gonzalez pour un seul en scène tour à tour épileptique et pesant. Vêtu d’une robe en lambeaux et pourvu d’une canne pour ne pas trébucher, il incarne l’artiste maudite Camille Claudel en éructant ses correspondances épistolaires avec son frère Paul et sa mère. Internée pendant les 30 dernières années de sa vie, l’artiste a toujours entrevu la possibilité d’une libération à force de suppliques à sa famille. De 1913 à 1943, la force ne l’a jamais quittée pour réclamer une légitime justice et contrecarrer les plans de la supposée Bande à Rodin. La paranoïa le dispute à l’extravagance dans une pièce qui subjugue grâce à l’investissement émotionnel de son comédien.

Après l’année Rodin, la réhabilitation Claudel 

Un comédien qui interprète une femme, c’est de prime abord ambitieux mais finalement captivant. Charles Gonzalez mélange les intonations pour un vrai numéro de théâtre, suivant les mots d’une correspondance abondante où Camille Claudel implore et menace tour à tour, esprit tourmenté victime de l’étroitesse de la médecine de son temps. Le comédien déclame les paroles d’une femme coupée dans son élan et internée à son corps défendant, sans outils ni perspectives dans différents asiles de l’hexagone. Le comédien arpente la scène seulement habitée d’un mannequin, d’un siège et d’une ombrelle, la liberté des mouvements s’entrave rapidement de cordes disposées en travers qui figurent autant les carcans de l’esprit que la privation de liberté. La diction parfaite du comédien s’accompagne de grimaces caoutchoutesques qui soulignent certains intonations plus rudes que les autres. L’émotion est amplifiée par le poids des années qui enserrent de plus en plus l’héroïne dans un cercle sans fin de privations. La salle est subjuguée par ce formidable numéro d’acteur qui fait revivre une artiste au seul grief d’avoir voulu soustraire l’auguste Rodin à son chemin tout tracé vers la célébrité.

Tous les lundis, Charles Gonzalez se mue en victime de la société dans un spectacle qui ne laisse aucun répit sur la scène du Théâtre de Poche Montparnasse. Le rythme trépidant de sa voix hypnotise l’audience pour une plongée abyssale dans l’esprit d’une artiste passée depuis à la postérité et justement réhabilitée.

Dates :  du 8 janvier au 16 avril 2018, tous les lundis à 19h
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Charles Gonzalez
Avec : Charles Gonzalez

Vivre en terre occupée (La Boîte à Bulles), une BD sincère sur une situation compliquée

Vivre en terre occupée
Vivre en terre occupée, dessin et scénario de José Pablo Garcia, La Boîte à Bulles

Vivre en terre occupée (La Boîte à Bulles), une BD sincère sur une situation compliquée

L’organisation Action contre la Faim et les éditions La Boîte à Bulles s’associent pour proposer une bande dessinée décrivant le quotidien des populations vivant dans les territoires occupés entre la Cisjordanie et Gaza. Le propos se veut avant tout focalisé sur l’humain et les vexations vécues par des populations aux existences précaires. Le récit cherche l’ultra réalisme et décrit des conditions de vie difficiles héritées d’une situation géopolitique à la fois tendue et complexe, ce qui n’empêche pas des populations harassées de garder espoir et de chercher à vivre malgré tout. Le trait du dessinateur espagnol José Pablo Garcia allie descriptions précises et humour pince-sans-rires, ce qui donne à la lecture des attraits ludiques autant que hautement informatifs.

Un compte rendu aussi sérieux que plaisant

Lorsqu’il est invité à découvrir Israël et les territoires occupés, les images relayées par les médias assaillent le dessinateur et scénariste José Pablo Garcia. La réalité se chargera de mettre les points sur les i avec des visites réalisées en compagnie de l’équipe locale d’Action contre la Faim. De Jérusalem à Gaza en passant par Naplouse et Jéricho, c’est à un panorama complet de la situation des populations locales que la bande dessinée invite. L’héritage de l’histoire a édifié des murs entre les peuples et suscité une méfiance mutuelle entre deux pays qui pourtant partagent une grande part de la même économie. Les principales victimes sont ces familles rencontrant les pires difficultés pour simplement avoir accès à l’eau ou à l’électricité. Le lecteur attentif note l’importance des troupeaux de chèvres et brebis, la science de la débrouille pour joindre les deux bouts et l’apport inestimable des organisations humanitaires. Le récit du dessinateur multiplie les éclaircissements géographiques et historiques pour une lecture passionnante. Dans la lignée des ouvrages de Joe SaccoJosé Pablo Garcia ouvre une lucarne sur une réalité complexe où seul compte pour les populations la possibilité de vivre le plus normalement possible, par delà les vexations et les difficultés quotidiennes. Mais comme les risques d’attentats et d’affrontements doivent être contenus pour justement permettre la perpétuation de la paix, tout est rendu difficile, que ce soit à l’aéroport, aux postes de contrôles ou dans les territoires.

Vivre en terre occupée est une BD nécessaire tant l’éclaircissement proposé parait authentique et sincère, sans parti pris mais avec un regard profond sur les difficultés des populations locales. Un témoignage précieux par les temps qui courent.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Bien décidé à arrêter son métier d’auteur de bande dessinée, José Pablo Garcia va recevoir une offre qui pourrait bien le faire changer d’avis…
L’association Action Contre la Faim et l’Agence Espagnole de Coopération, lui proposent de partir 10 jours dans les Territoires Occupés puis de réaliser une bande dessinée de sensibilisation aux conditions de vie de la population locale.
Le voici donc parti en Cisjordanie où la population vit depuis plus
de 50 ans sous l’occupation puis à Gaza où le blocus imposé depuis plus de 10 ans rend les conditions de vie encore plus
précaires. José Pablo Garcia porte un regard sans a priori et plein d’humanité sur un conflit qui semble chaque jour plus insoluble.

Date de parution : le 10 janvier 2018
Scénariste(s) : José Pablo Garcia
Dessinateur(s) : José Pablo Garcia
Genre : Témoignage
Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 15 € (88 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Une vie de Gala, magnifique biographie illustrée de Dominique Bona (Flammarion)

Dominique Bona

Une vie de Gala, magnifique biographie illustrée de Dominique Bona (Flammarion)

Dominique Bona a déjà écrit sur Gala, en 1995, avec un très beau livre. Mais cette fois-ci, sa biographie complète la première. Davantage de détails sur la personnalité de Gala, et surtout de très nombreuses illustrations et photos.

Biographie très complète

On commence ce très beau livre, avec une belle couverture cartonnée, d’un grand format (20×25,5cm) et 120 illustrations. On commence le livre avec un sous-titre qui résume parfaitement la personnalité de Gala : Gala, la muse redoutable.
Durant tout le livre, l’auteur s’attache à cette personnalité et essaie encore de la comprendre. Mais la part de mystère de Gala est telle qu’en fait, on ne sait pas si elle est vraiment une muse, ou plutôt le diable. Jamais Gala ne s’est confiée, jamais sa pensée n’a été ouvertement découverte.

Gala et Eluard

Gala a été la muse de Paul Eluard. Elle a tout fait pour qu’il devienne un grand poète. Et puis, un beau jour, son amour s’en est allé et elle l’a abandonné ainsi que sa fille, pour vivre avec Dali qui n’était pas encore un artiste reconnu. Une nouvelle fois, elle s’est investie à fond pour que Dali devienne un génie reconnu dans le monde entier. Une chose est sûre, Gala a su capter le génie des hommes qui l’aimaient. Elle était amoureuse de façon absolue, entièrement dévouée à son homme et son unique but était de le rendre célèbre.

Cette histoire tout le monde la connaît. Mais dans son livre, Dominique Bona met l’accent sur la personnalité trouble de Gala, et celle aussi folle de Dali. Ils sont inséparables et s’enferment dans un monde inaccessible à autrui.

Qui est Gala, la femme ?

Dominique Bona décrit merveilleusement bien le côté obscur de Gala, et son impact auprès de grands génies comme Eluard, Max Ernst et Dali. Elle n’était rien en tant que telle mais sans elle, ces hommes ne pouvaient pas exprimer leur génie. En fait, Dominique Bona explique tout au long de son livre que Gala était la représentation de l’Art à elle toute seule. Elle a eu une vie incroyable, a fait de merveilleuses rencontres, a vu évoluer les différents mouvements d’Art et a aimé deux génies. Paul Eluard est devenu l’homme le plus malheureux de la terre quand Gala l’a quitté… Et à la fin de sa vie Dali a perdu sa béquille car Gala peu à peu s’est éloigné de lui… Il en est devenu fou…

Publik’Art a été subjugué, une nouvelle fois, par la très belle écriture de Dominique Bona qui nous plonge dans les affres de la folie et les mystères de l’Art, en tentant d’approcher la femme qu’était Gala. Un livre passionnant avec de merveilleuses photos. A découvrir absolument !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Qui était Elena Diakonova, plus connue sous le nom de Gala, la mystérieuse et inséparable épouse de Paul Eluard puis de Salvador Dalí ?
Solitaire, fermée sur un monde intérieur dont elle garde farouchement le secret, Gala fascine et joue de ses multiples sortilèges. En elle, ces deux grands artistes du XXe siècle ont puisé une énergie vitale, puissante. Elle fut une part de leur génie.
Cette biographie, enfin illustrée et riche d’archives inédites, nous présente l’aventure surréaliste sous un jour nouveau.

Date de parution : le 1er novembre 2017
Auteur : Dominique Bona
Editeur : Flammarion
Prix : 29,90 € (232 pages)
Acheter sur : Amazon

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