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La Chinese Food Week, parfait pour découvrir les spécialités culinaires chinoises

Chinese Food WeekLa Chinese Food Week, parfait pour découvrir les spécialités culinaires chinoises !

La 3e édition de la Chinese Food Week se tient à Paris du 6 au 12 Juin 2016. Le principe est simple : 7 jours, 7 restaurants, 7 façons de découvrir la cuisine chinoise.

La soirée de lancement s’est tenue jeudi 2 juin au Centre culturel de Chine, voilà de quoi aiguiser vos papilles et vous donner envie de réserver votre table ! Les éditions précédentes de la Chinese Food Week ont laissé un souvenir impérissable à des participants conquis. Des restaurants complets pour tous les diners, des retours enthousiastes, une visibilité exceptionnelle pour les restaurants participants, des publications nombreuses dans la presse et les blogs spécialisés. Chaque semaine gastronomique chinoise est l’assurance de la découverte et de la surprise, donnant envie d’y retourner rapidement pour expérimenter les nouvelles tables de l’édition 2016. Car ce n’est pas un hasard si la cuisine chinoise est une des meilleures du monde. Ses déclinaisons sont nombreuses et chaque région de cet immense pays détient des secrets gastronomiques que l’évènement permet de découvrir. Cuisines du Sichuan, Hunan, Guangdong et bien d’autres, la Chinese Food Week permet d’ouvrir à de nouvelles saveurs. Si les nems sont un symbole autant que la frite pour la cuisine belge ou le boeuf bourguignon pour notre cuisine nationale, la cuisine chinoise offre bien plus que cela!

7 restaurants de la capitale ont été sélectionné par l’équipe de la Chinese Food Week après desCARTE DES RESTAURANTS semaines de tests minutieux. Afin de sélectionner les tables les plus succulentes et représentatives, rien n’a été laissé au hasard. Et le programme n’est rien de moins qu’alléchant. Les 3 Royaumes et sa spécialité de poisson grillé, La Chine sur la langue et ses plats pimentés, L’orient d’or et sa cuisine du Hunan, ces quelques exemples devraient aisément vous inciter à regarder les cartes des restaurants proposés. En plus des restaurants à déguster, le salon de thé Tang Xuan situé rue La Fayette permet également de découvrir les thés chinois ainsi que les desserts. Pour une partie de Go ou de Mah Jong, le cadre dépaysant du Tang Xuan permet de découvrir des pans entiers de la culture chinoise. Un forfait de 8 euros permet de passer un moment tout en délice. Et si vous vous sentez l’âme d’un chef chinois, l’atelier de raviolis se déroulera le dimanche 12 juin au restaurant Chine Gourmande rue du Faubourg Montmartre. Ticket d’entrée à 30 euros pour impressionner vos amis lors d’un prochain diner !

Le Centre culturel de Chine a offert un vaste panorama des spécialités à déguster tout au long de la semaine. Après des discours enthousiastes sur les liens étroits tissés entre la Chine et la France depuis bien longtemps, les buffets ont ravis une assistance nombreuse. Avec comme chaque année possibilité de tester le Moutai, cet alcool blanc distillé à base de sorgho fermenté. Le Kweichow est la marque la plus représentative, ça fait du bien par où ça passe. L’Association des Jeunes Chinois de France (AJCF) a fait les choses en grand pour organiser un évènement encore très attendu. En collaboration avec Chine-info.com et la bloggeuse Lifestyle La Petite Banane, il est plus que temps d’aller découvrir lChinesees restaurants sélectionnés. Avec un peu de chance, vous pourrez vous aussi vous faire tirer le portrait avec la mascotte de l’évènement…

Il reste des places à saisir d’urgence pour apprécier les spécialités culinaires de la Chine ancestrale. Rendez-vous sur le site Internet de la Chinese Food Week pour en savoir plus!

Dates : du 6 au 12 juin 2016
Lieu : Chinese Food Week
Entrée : 23 €

34ème édition du Marché de la Poésie au Quartier Latin du 8 au 12 juin

Emeric de Monteynard
Emeric de Monteynard
Le marché de La Poésie

34ème édition du Marché de la Poésie au Quartier Latin du 8 au 12 juin

 

La 34ème édition du Marché de la Poésie se déroulera au Quartier Latin, Place Saint Sulpice, du 8 au 12 juin 2016.
Vous pourrez y rencontrer de très nombreux auteurs, participer à des tables rondes et à des lectures. Emeric de Monteynard, notre poète préféré, sera présent les samedi 11 et dimanche 12 juin, de 15 à 17h pour vous faire dévoiler toutes ses publications et vous faire des dédicaces.

Editorial de Vincent Gimeno-Pons, délégué général de la manifestation : (source)

Désormais incontournable, le Marché de la Poésie est un événement unique en son genre. Rappelons-le, l’activité principale du Marché comme de sa Périphérie est l’animation de l’édition de poésie, avec, notamment, une concentration exceptionnelle, place Saint-Sulpice, de plus de 500 éditeurs et revues de poésie et de création littéraire.

Cette mise en présence des éditeurs et des lecteurs et amateurs de poésie est pour nous un enjeu majeur. Et la venue de très nombreux auteurs permet de multiplier les échanges entre lecteurs et producteurs de poésie.

Complétant le dispositif, les lectures, signatures, tables rondes et rencontres organisées Place Saint-Sulpice et au-delà visent à renforcer cette vitrine de l’édition de poésie.

Face à ce qu’il est convenu d’appeler les industries culturelles, nous défendons une certaine forme d’artisanat culturel, et le succès de cette formule ne faiblit pas. D’année en année, c’est cet esprit de marché que nous nous attachons à promouvoir.

Illégitime d’Adrian Sitaru ou la peur du vide

Illégitime
Illégitime, film d’Adrian Sitaru, Copyright Damned Distribution

Illégitime d’Adrian Sitaru ou la peur du vide

Illégitime est un film roumain d’Adrian Sitaru, un vrai bâton de dynamite dont l’explosion est prévue pour le 8 juin. Le film ne baisse pas de rythme 1h30 durant avec une série de déflagrations familiales qui laissent le spectateur pantois. Les secrets se dévoilent, les masques tombent et pas un personnage n’est épargné par les outrances du scénario. Une famille peut elle survivre à l’usurpation des règles morales qui fondent les liens de la fratrie ? Le film interroge sur le sens du sacré et de l’identité dans le cadre familial avec une sincérité qui interpelle…

Un repas familial dégénère tandis que le passé troublé du père fait surface. La dispute qui en résulte n’est que le premier niveau de la catastrophe qui n’annonce. La divulgation en chaine de secrets soigneusement cachés sous les attitudes habituellement convenues va confronter les membres de la famille à des choix moraux inédits. Passé trouble du père sous Ceausescu, opinions divergentes sur la question de l’avortement et surtout relation entre frère et soeur jumeaux font craindre le pire pour le fragile équilibre familial.

Après 5 ans d’absence, Adrian Sitaru revient avec un 6e film qui choisit délibérément le choc frontal. Collusion avec un régime dictatorial, avortement, inceste, le film pourrait enchainer  les sujets brulants jusqu’à saturer les spectateurs. Et pourtant le film se suit comme un passionnant thriller sociologique. Avec une absence totale d’effets visuels et d’AR dans le temps, la narration reste limpide grâce à sa simplicité. Les malaises et incompréhensions interrogent sur la capacité de chacun à envisager l’incompréhensible. Les tabous fondent des règles de vivre ensemble même si eux mêmes sont susceptibles d’évolution. L’avortement était encore interdit il y a peu, l’homosexualité était passible de peine de prison jusqu’en 1982 en France. Un exemple récent : Le conseil d’éthique allemand a proposé en septembre 2014 de dépénaliser les relations sexuelles en frère et soeur adultes (tout en recommandant de durcir les sanctions dans les cas de relations incestueuses avec un mineur).

Ces quelques exemples mettent un cadre pour un film qui propose allègrement d’en sortir. Pour une surprise continue tout le film durant. Le sens du sacré dans la famille est battu en brèche avec ces échanges de coups entre père et fils, ces relations charnelles entre frère et soeur et cette surprise additionnelle. Le film pourrait se contenter d’être simplement licencieux voire scabreux et pourtant il réussit à captiver. Par sa mise en scène nue et littérale, il abolit la distance et fait pénétrer dans l’intimité de ce cercle familial. Frères, soeurs, père, tous basent leur identité sur des rapports normés et des repères partagés. Quand un nombre significatif d’entre eux se retrouvent annulés, la peur du vide laisse craindre une fin de la société humaine. Et pourtant, le film insiste sur l’empathie fraternelle inaliénable pour sortir de l’ornière… Les acteurs mettent tous l’accent sur la sobriété même au plus fort de la crise, du grand art.

Cet Illégitime est un moment de cinéma puissant, perturbant mais également pertinent. Parce que le cinéma devrait toujours pouvoir se faire poser des questions sur ce qui fonde notre existence, ces vérités jamais interrogées… parce que la norme souffre des exceptions… acceptables ou pas, telle est la question.
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IllégitimeLors d’un repas de famille, quatre frères et sœurs découvrent le passé polémique que leur père leur a caché. Tandis que cette révélation divise la famille, un autre scandale surgit: Romi et Sasha, frère et sœur jumeaux, entretiennent secrètement un amour fusionnel et physique.

Sortie : le 8 juin 2016
Durée : 1h29
Réalisateur : Adrian Sitaru
Avec : Alina Grigore, Adrian Titieni, Robi Urs
Genre : Drame

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Joyeux suicide et Bonne année, un hymne à la vie de Sophie de Villenoisy (Denoël)

Sophie de Villenoisy
Sophie de Villenoisy, French writer and journalist. Photo : © Andrew Kovalev (ckovalev.com) for Les Éditions Denoël

Joyeux suicide et Bonne année, un hymne à la vie de Sophie de Villenoisy (Denoël)

Sophie de Villenoisy nous embarque dans la vie de Sylvie Chabert. Dès les premières lignes, on est comme happé par l’écriture de Sophie de Villenoisy.

Sylvie est une vieille fille, d’une quarantaine d’années, et qui plus est, tout juste orpheline. Elle a perdu subitement sa mère, 4 ou 5 ans auparavant et elle vient juste de perdre son père d’un cancer. Après s’être beaucoup occupé de lui, elle se retrouve seule, démunie. Sylvie Chabert ne sait plus qui elle est. Ou plutôt si, elle dit n’être la fille de personne. Sylvie vit seule, travaille comme juriste et a toujours eu une vie rangée en répondant aux attentes de ses parents. Mais maintenant elle se retrouve extrêmement seule. Et même complètement dépressive.

Jusqu’au jour, où elle prend la ferme décision de se suicider le jour de Noël. Dans trois mois, c’est décidé, elle passe à l’action. Mais avant, elle décide de voir un psychothérapeute, Franck, pour lui confier son projet.  Chaque semaine, Franck va lui donner un « devoir » à faire. Une tâche qu’elle n’aura jamais fait auparavant. Soit elle doit dépasser ses propres limites, soit commettre un fait répréhensible à ses yeux… Chaque fois, l’exercice ressemble à quelque chose d’insurmontable. Mais c’est toujours Sylvie elle-même qui choisit ses « tâches » à accomplir.

Et elle n’y va pas avec le dos de la cuiller ! Voilà ses objectifs : se faire épiler le maillot intégralement, donner un RV avec un gars qu’elle ne connaît pas, et sans culotte, svp… Bref, les pages se tournent à toute vitesse, et on découvre la personnalité de Sylvie se transformer peu à peu. Le scénario est très original et tout à fait probable ! Et bien rigolo tout en touchant des questions existentielles profondes.

A la lecture de ce livre, on suit Sylvie dans son cheminement et on assiste à sa renaissance, grâce aux questions de Franck et surtout à ses obligations à remplir d’une semaine sur l’autre… C’est bien écrit et franchement, quand on commence le livre, on ne s’arrête plus ! Un très bel hymne à la vie ! Et un beau jour, le déclic arrive !

Un très beau moment de lecture qui nous donne la pêche pour un moment !

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Joyeux suicide et Bonne année,«Tu fais quoi à Noël?
Moi je me suicide et toi?

Bien sûr, dit comme ça, ça peut paraître sinistre, mais à quarante-cinq ans c’est ma meilleure option. Ce n’est pas comme si je faisais des malheureux autour de moi. Comme si j’abandonnais mari et enfants. Je n’ai ni chien ni chat. Même pas un perroquet pour me pleurer.
Et puis ça me laisse deux mois pour faire connaissance avec mon vrai moi.
Deux mois c’est court. Ou long, ça dépend de ce qui se passe, en fait.

Tour à tour hilarant et émouvant, Joyeux suicide et bonne année est un antidote à la solitude, un hymne à la vie raconté avec finesse et impertinence par Sophie de Villenoisy.

Date de parution : le 2 mai 2016
Auteur : Sophie de Villenoisy
Editeur : Denoël
Prix : 15,90 € (176 pages)
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Rihanna sort son nouveau single Nothing is Promised (feat. Mike Will Made-It)

Rihanna
Rihanna continue de truster l’actu musicale avec Nothing is Promised (feat. Mike Will Made-It)

Rihanna sort son nouveau single Nothing is Promised (feat. Mike Will Made-It)

Rihanna et le producteur Mike Will Made-It ont sorti cette nuit le single Nothing is promised. Le titre, premier extrait du nouveau projet de Mike Will Made-It intitulé Ransom 2, va certainement très vite être propulsé parmi les premières positions sur le classement des titres les plus téléchargés du moment sur iTunes.

Vous pouvez d’ailleurs écouter un extrait de Nothing is promised ci-dessous. Rihanna pose sa voix sur un beat en mode trap music aux influences Dirty South. On ne devrait pas tarder à voir ce nouveau titre diffusé sur toutes les ondes, avant un probable nouveau clip… Après ses collaborations avec Drake (notamment Work sur son dernier album Anti) ou encore This Is What You Came For avec Calvin Harris, on n’a décidément jamais fini d’entendre paler d’elle.

Fragments de lucidité ou quand J. L. Servan Schreiber pense le monde en costume de vieux sage (Fayard)

J. L. Servan Schreiber
J. L. Servan Schreiber © cles.com

Fragments de lucidité ou quand J. L. Servan Schreiber pense le monde en costume de vieux sage (Fayard)

Jean-Louis Servan-Schreiber est un monument de la presse française. Avec sa femme, il crée en 2010 le très beau magazine CLES (« trouver du sens, retrouver du temps »). Une aventure qui s’est malheureusement arrêtée très récemment à cause de la crise de la presse écrite.

Pourtant, il n’en était pas à son premier coup, il avait précédemment dirigé L’Expansion, Psychologies, l’Express et bien d’autres titres. Journaliste et patron de presse mais aussi écrivain, il a déjà publié une quinzaine d’essais. Une activité à laquelle il s’adonne de plus en plus souvent, étant devenu « quasiment allergique à l’actualité ». Les livres en plus de durer lui laissent le temps de la réflexion, l’actualité ne permet ni l’un ni l’autre. « Fragments de lucidité » (ed. Fayard), son dernier essai, nous transporte dans ses pérégrinations spirituelles du moment.

J. L. Servan-Schreiber fouille la métaphysique de la vie : le savoir, la postérité, la fugacité, l’oubli …La richesse des sujets abordés contraste avec le peu d’arguments déployés. C’est un choix, bien sûr. Parce que cet essai que nous tenons en main n’est pas philosophique, à peine didactique. J. L. Servan Schreiber partage avec nous les pensées, les conseils que lui souffle sa lucidité. Une lucidité qu’il tient pour certaine et qu’il chérit bien qu’elle soit lourde à porter. Elle ne reste cependant qu’un point de vue certes appuyé sur une vie riche d’expériences.

Sa clairvoyance ne laisse effectivement pas de doutes. S’avouer qu’il sait qu’il ne sait rien, souligner l’éloignement de l’autre même le familier, même l’ami, accepter que nous sommes éphémères ou encore se questionner sur l’omniprésence du divertissement, autrefois figurant, devenu protagoniste dans le film de notre vie. A tous ces questionnements, il répond par la résilience. A-t-il lutté contre le monde lorsqu’il était jeune ? Aujourd’hui en tout cas, il l’accepte tel qu’il est.

Il adopte la posture du vieux sage. Peut-être l’est-il vraiment. Devant un tel étalage de sagesse consciente d’elle-même, le lecteur oscillera entre apaisement et agacement : « pourtant, après quelques années vécues dans ce monde, je commence à entrevoir ce qui compte vraiment », « inutile de le déplorer puisqu’il ne peut en être autrement »… Et d’après lui, le monde va mieux. Aujourd’hui, il est heureux d’y vivre ne serait-ce que pour les progrès médicaux et la diminution de la douleur. C’est inestimable cependant je n’oserai affirmer que le monde va mieux aujourd’hui. Du moins le monde de l’esprit. De la demi hauteur de mes 23 ans, je n’ai pas envie d’acquiescer. Mais il a vécu, pas moi.

Mais si le fond est discutable, la forme est impeccable. Ouvrez ce livre, vous serez entrainé par la limpidité et la fluidité de son écriture. Chapitres courts, multiplication de paragraphes synthétiques plutôt qu’accumulation de pavés. Un plaisir de lecture. Tout est à portée intellectuelle. On sent poindre le journaliste dans ce style accessible et agréable. Et son irréductible bonne humeur atténue la dureté des questions existentielles qu’il ne cesse d’aborder. On en oublierait presque qu’il n’a pas de réponses, que personne n’a de réponses, qu’il n’y a pas de réponses …

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Fragments de lucidité« Être désespéré, c’est la moindre des choses quand on se veut lucide. Le monde est compliqué, plus que je ne peux le comprendre. Les autres sont surtout indifférents, parfois hostiles. Ma vie est insignifiante, et si brève. Je n’y peux rien, c’est le réel. Et pourtant je suis plutôt content de vivre. »

Être lucide sur les réalités de l’existence, sur soi-même et continuer à aimer la vie est le défi quotidien de Jean-Louis Servan-Schreiber. Pour lui, la lucidité, notre bouclier contre l’illusion, est indispensable pour ruser avec la déception et l’amertume.

En résultent trente petits chapitres ciselés où chacun pourra trouver en écho ses questionnements intimes.

Accompagné des pingouins philosophes de Xavier Gorce, Jean-Louis Servan Schreiber nous propose d’approcher l’essentiel avec le sourire.

Date de parution : le 11 mai 2016
Auteur : J. L. Servan Schreiber
Editeur : Fayard
Prix : 16,50 € (224 pages)
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Grand moment d’ivresse au Théâtre de Poche Montparnasse avec Cabaret Picasso

Cabaret Picasso
Cabaret Picasso, Theatre de Poche Montparnasse

Grand moment d’ivresse au Théâtre de Poche Montparnasse avec Cabaret Picasso

Le Théâtre de Poche Montparnasse ravive la légende du Montmartre 1900 avec Cabaret Picasso jusqu’au 14 juillet. L’effervescence d’une époque bouillonnante de création et d’agitation est mise en scène dans une ambiance de cabaret éblouissante. Des chansons truculentes alternent avec des déclamations de poème dans une narration interactive et onirique.

Lorsque Pablo Picasso s’installe en 1904 au Bateau Lavoir sur la butte Montmartre, c’est le début d’une aventure artistique qui marquera l’histoire de la peinture. Une bande d’amis inséparables se forme autour de l’immortel catalan avec Guillaume ApollinaireMax Jacob et André Salmon. Tandis que Pablo révolutionne l’art pictural, une existence chiche et débridée s’installe au mythique Bateau Lavoir. Ce qui s’appelle encore La maison du trappeur est une ancienne fabrique de piano devenue un atelier de serrurerie avant d’être divisé en ateliers en 1889. Max Jacob le renomme Bateau Lavoir à cause de son insalubrité et de ses longs couloirs le faisant ressembler aux coursives d’un bateau. Pas de gaz ni d’électricité, un trou lugubre en guise de toilettes et un robinet d’eau pour tous. C’est dans ce taudis que se joue pourtant jusqu’en 1914 une des pages les plus flamboyantes de l’histoire parisienne.

Un équipage truculent ressuscite les mythes d’une décennie magique. Le créateur de la pièce Reinhardt Wagner s’installe au piano avec le soutien d’un accordéoniste expert tandis qu’Emmanuelle Goizé commence son tour de chant. L’ambiance intimiste est renforcée par la disposition de l’audience attablée à des petites tables et qui salue d’applaudissements enthousiastes chacun des numéros chantés. Héloïse Wagner rejoint bientôt la scène dans le rôle de Fernande Olivier, compagne et muse de Picasso à l’époque du Bateau Lavoir. Les deux chanteuses entonnent les textes de Frank Thomas dans des évocations tout à tour pittoresques et émouvantes de cette époque bénie des dieux. Pour ajouter à l’émotion, Jean-Jacques Beineix himself déclame des poèmes d’ApollinaireMax Jacob et André Salmon de sa voix posée et assurée. Les textes se font suggestifs au fur et à mesure que se créée la légende.

Accoudé à un tonneau, le réalisateur se prête au jeu du voyage dans le temps tandis que musiciens et chanteuses agrémentent le public d’airs qui s’incrustent instantanément dans la mémoire. La mise en scène de Manon Elezaar renforce l’impression de cave enfumée de la butte Montmartre, à quelques tables des géniaux artistes. Les noms de George BraqueMatisseUtrillo et Gertrude Stein confortent l’irrésistible impression d’étape décisive. L’émulation, l’amitié et les rivalités accouchent d’idées révolutionnaires dans une atmosphère de fête débridée. La première guerre mondiale sonne la fin de la fête et l’éparpillement du joyeux équipage. Après le récent Kiki de Montparnasse joué récemment au Lucernaire, mis en scène par Jean-Jacques Beineix et porté par la même Héloïse Wagner, l’heure reste à la nostalgie d’un Paris fantasmé et légendaire.

Cabaret Picasso enchante et fascine. Musique et textes attisent l’imagination dans une invocation fiévreuse et dynamique. Pas un moment de répit dans ce spectacle d’1h10 où une farandole de personnages est évoquée avec délice. Le moment de théâtre musical laisse le sourire aux lèvres tandis que des applaudissements nourris saluent des artistes euphorisants.

Dates :  jusqu’au 14 juillet 2016
Lieu Théâtre de Poche Montparnasse
Metteur en scène : Manon Elezaar
Avec : Reinhardt Wagner, Héloïse Wagner, Emmanuelle Goizé, Jean-Jaques Beineix

Equateur sort le clip Absolut (feat. Sophie Tith)

Equateur
Equateur sort le clip de son nouveau single « Absolut » feat. Sophie Tith

Equateur sort le clip Absolut (feat. Sophie Tith)

Après Haunted et The lava, le compositeur, chanteur et producteur de la capitale française Equateur (Charles Rocher) annonce son retour. Et le clip d’Absolut est à la hauteur du titre : inspiré et inattendu.

Un air résolument électro domine Absolut dans une atmosphère baignée d’une lumière astrale étonnante, entre lyrisme et enthousiasme. On imagine bien le titre accompagner le prochain film de Sofia Coppola. Une bande son qui fait aussi son effet grâce à la voix de Sophie Tith, gagnante de la Nouvelle Star en 2013. Un retour plus que convaincant !

L’album, Burn the Sun est attendu le 3 juin sur iTunes. Il a été entièrement mixé et masterisé dans les studios de Los Angeles par David Isaac, célèbre producteur et ingénieur du son de Madonna, Michael Jackson, Prince, Eminem ou Eric Clapton).

Le pitch du clip : 2024, quelque part sur la planète Terre, une jeune femme est confinée dans le laboratoire d’un centre de recherche.
Elle n’a qu’un seul but : s’en échapper. Un alignement exceptionnel des planètes révèle alors chez elle un pouvoir mystérieux, qu’elle va devoir apprendre à maîtriser. Ce don si particulier s’avère être, pour elle, autant une force qu’un danger, voire une menace pour sa propre survie.

La Maison dans laquelle, roman ensorcelant de Mariam Petrosyan (Monsieur Toussaint Louverture Editions)

La Maison dans laquelle
Mariam Petrosyan, auteur de La Maison dans laquelle

La Maison dans laquelle, roman ensorcelant de Mariam Petrosyan (Monsieur Toussaint Louverture Editions)

Ne pas frapper, ne pas entrer – Roman protéiforme et vertigineux, La Maison dans laquelle de Mariam Petrosyan nous entraîne dans un univers envoutant qui mêle habilement récit fantastique et roman d’apprentissage. Bienvenue dans une Maison-monde ensorcelante aux frontières infinies, mais aux règles sévères.

Dix ans : c’est le temps qu’il aura fallu à Mariam Petrosyan, jeune écrivaine arménienne, pour concevoir et mettre en forme La Maison dans laquelle. Soir après soir, elle tisse la trame de son roman et repousse un peu plus les murs de cette monstrueuse maison.

Fumeur, l’Aveugle, Noiraud et Sauterelle sont les étranges petits locataires d’un pensionnat pour handicapés, perdu quelque part dans la campagne. Regroupés en clans aux noms d’animaux (« Les rats », « Les Oiseaux » ou encore « Les Faisans »), ces enfants éclopés se livrent une bataille sans merci, faisant de la Maison un territoire hostile et dangereux. Dans cet univers qui emprunte autant à Sa Majesté des mouches qu’à Alice au pays des merveilles, les maisons ne sont pas seulement des lieux qui nous abritent, mais des entités que nous portons en nous.

Véritable personnage principal de ce roman polyphonique, la Maison étend son magnétisme à ceux qu’elle garde en son sein : « Plus tard, il remarqua que la Maison était vivante et qu’elle était capable d’aimer, elle aussi. D’un amour unique en son genre : inquiétant parfois, jamais terrifiant (p.56). »

[Une g]randiose œuvre ouverte qui ne s’épuise pas au grès des relectures (…)

La réussite majeure de ce roman hors norme réside dans l’univers qu’il nous donne à voir et où l’on s’immerge, page après page. On apprend peu à peu les règles drastiques des résidants de ce drôle de monde, pour qui l’Extérieur est autant une source de crainte que de fascination (« Ils avaient décidé que la Maison était la Maison, et que l’Extérieur n’était pas l’espace au sein duquel elle se trouvait, mais quelque chose de tout autre. » p.307). Ce nid aux bras tentaculaires devient alors une métaphore du cocon de l’enfance que l’on peine à quitter tant il nous retient entre ses murs moelleux. Comment mieux parler des adolescents qu’en donnant corps à leur imaginaire, en exprimant par la fiction la complexité des questionnements qui les travaillent ? Les enfants de la Maison ne cessent de se raconter des fables, des histoires qui deviennent des allégories de leurs propres trajectoires.

Si le livre de Petrosyan pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses, c’est bien parce qu’il invite le lecteur à se l’approprier. Sans jamais basculer dans le merveilleux outrancier, le roman égrène ça et là les indices d’un monde différent du notre. À travers un style épuré et une structure éclatée (les différentes époques se succèdent, parfois sans ordre chronologique), l’écrivaine donne un aperçu d’un monde qui semble excéder ses murs de papier : « Pour Sauterelle, la Maison était comme une ruche géante. Dans chaque alvéole, il y avait une chambre ; dans chaque chambre, un monde. » p.135).

Grandiose œuvre ouverte qui ne s’épuise pas au grès des relectures, La Maison dans laquelle devient le parfait reflet de cette Maison expressive : une construction étrange et labyrinthique, un univers baroque teinté d’onirisme dans lequel on prend plaisir à se perdre. Car explorer les entrailles de la Maison, c’est accepter d’y avancer à tâtons sans carte ni boussole, mais en tenant la main de compagnons d’infortune avec qui on ne s’est jamais senti aussi proche et que l’on aura bien du mal à quitter.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

La Maison dans laquelleDans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d’avant. Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis. Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres. Dans la Maison, vous connaîtrez l’amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l’existence, et même quand vous serez seul, ça ne sera jamais vraiment le cas. Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, le temps ne s’écoule pas toujours comme il le devrait, et la Loi y est impitoyable. Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans transformé à jamais et effrayé à l’idée de devoir la quitter.

Ensorcelante évocation de l’adolescence, La Maison dans laquelle est un chant d’amour à cet âge ingrat et bienheureux, à ses exaltations et ses tragédies, au sentiment de frustration et de toute-puissance qui le traverse. Mariam Petrosyan a réussi à créer un univers bariolé, vivant et réaliste, pétri de cette nostalgie et de cet émerveillement que nous avons tous au fond de nous et qui fait que, parfois, nous refusons de grandir et d’affronter la brutalité du monde qu’on appelle la réalité.

Date de parution : le 18 février 2016
Auteur : Mariam Petrosyan
Editeur : Monsieur Toussaint Louverture Editions
Prix : 24,50 €
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Les habitants nous partagent leur intimité grâce à Raymond Depardon

Les habitants nous partagent leur intimité grâce à Raymond Depardon
Les habitants, Raymond Depardon © Palmeraie et désert/ France 2 cinéma

Les habitants nous partagent leur intimité grâce à Raymond Depardon

Raymond Depardon, grand photographe, réalise un film documentaire sur des habitants de différentes villes de France. Du Nord au Sud. En tout, quinze villes et cent quatre-vingt personnes rencontrées et filmées.

Raymond Depardon décide de poser sa vieille caravane sur des parkings, ou sur des places dans des villes et d’y inviter toutes les personnes qu’ils rencontrent et qui ont 30 mn à lui consacrer. Enfin, pas vraiment à lui, mais à sa caméra.
Rien de spécial dans sa caravane : juste une table, deux tabourets et une caméra qui filme les couples de profil, devant la grande fenêtre de la caravane qui donne sur la rue.
On voit défiler toutes sortes de couples, des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des hommes et des femmes. Ils parlent, comme si la caméra n’était pas là. Avec leurs accents, leurs expressions, qu’on ne comprend pas toujours… Le seul point commun qu’ils ont tous : ils sont français.
Ils sont dans la caravane, face à face. Près de la fenêtre de l’arrière de la caravane. Ils se confient leurs vies, avec leurs problèmes, leurs souffrances ou leurs joies, ou leurs conquêtes. Des paroles futiles ou essentielles. Sans aucun rapport entre tous.

Un beau panel représente la France, celle que l’on ne montre pas. Des femmes divorcées, ou en instance de divorce, des femmes battues et qui le disent, des jeunes garçons qui passent le Bac et qui ont peur d’entrer dans le monde adulte, des hommes, le père et le fils, la mère et le fils mal barré, ou les deux meilleurs potes de lycée… Bref, des personnes qui se parlaient dans la rue et qui continuent leur conversation dans la caravane. A travers eux, les réflexions surgissent. Et les questions aussi. Ils parlent de tout : quelquefois de leur ville, d’autres de leurs désirs, de leurs difficultés, de leur solitude… Mais aussi de leur amour !
C’est tellement simple comme film, tellement naturel qu’il est difficile d’en parler. Ce film se vit, se ressent au plus profond de soi. On ne se sent plus tout seul à traverser nos galères ! Raymond Depardon se cache derrière la caméra et on a vraiment l’impression que chaque interlocuteur l’oublie totalement. Ils se retrouvent dans un endroit où il est possible de tout se dire, dans la plus stricte intimité. Dire ce que l’on a envie au moment où l’on en a envie. Sans réserve. Avec une sorte de sincérité troublante. Un brin de confession. Comme pour se soulager de tant de souffrances. Il faudrait que nos politiques voient ce film pour se rendre compte de la vie quotidienne des français, des pensées de ces français en qui chacun de nous peut se reconnaître.
Un pur bijou ! Entre chaque ville, on traverse la France sur les belles routes de campagne, et on reprend notre respiration, sous une musique magique d’Alexandre Desplat … Au générique de fin, les villes choisies sont enfin dévoilées.

Petite anecdote : J’ai vu le film à Bayonne. Et dans la salle, durant la projection, une de mes voisines a dit : voilà, là, c’est Strasbourg ! Et en fait, c’était Bayonne !!! Comme quoi, non seulement on connaît mal sa région, mal son voisin mais on ne reconnaît même pas sa ville !
Les habitants, un film à découvrir absolument !

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Les habitantsRaymond Depardon part à la rencontre des Français pour les écouter parler. De Charleville-Mézières à Nice, de Sète à Cherbourg, il invite des gens rencontrés dans la rue à poursuivre leur conversation devant nous, sans contraintes en toute liberté.

Sortie : le 27 avril 2016
Durée : 1h24
Réalisateur : Raymond Depardon
Genre : Documentaire

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L’escale, un livre envoûtant de Virginie Jouany (Geste Editions)

Virginie Jouany
Virginie Jouany © ile-aux-livres.fr

L’escale, un livre envoûtant de Virginie Jouany (Geste Editions)

Virginie Jouany n’est pas un auteur comme tous les auteurs. Elle a deux métiers. Après des études en sciences économiques, elle se tourne vite vers l’écriture tout en faisant des petits boulots. Aujourd’hui, elle tient une épicerie dans son petit village, Thonac, et cela lui laisse du temps pour écrire. L’escale est son quatrième roman.

Virginie Jouany va nous entraîner dans la vie de Rose. Et sa vie ne fut vraiment pas ordinaire. Il y a déjà eu Aldo, le bel italien avec qui elle a eu un enfant, Tony. Mais cette vie-là ne dura pas vraiment longtemps mais fut suffisamment traumatisante pour que Rose en garde des cicatrices toute sa vie. Et puis, au moment, où Rose s’y attendait le moins, Oscar, l’aviateur, lui sauva la vie, dans tous les sens du terme. Et l’amour d’Oscar et Rose explosa jusqu’au jour où Oscar eut un terrible accident avec sa moto, cadeau qu’il avait reçu pour son anniversaire.

Evidemment, la vie d’Oscar bascule mais aussi celle de Rose. Heureusement Rose a l’Escale, son bar-tabac-épicerie, sur la presqu’île du Cap-Ferret. Elle essaie de tout gérer au mieux : son mari dans son fauteuil roulant, et son Escale. Comment gérer les relations avec Oscar ? Vivre autrement l’amour qu’elle lui porte ? Un jour, elle va embaucher le jeune Gabriel, avec sa gueule d’ange. Et Gabriel ressemble, étrangement à son fils qu’elle n’a pas revu depuis des années, enlevé par son père. Alors, bien sûr, Rose va tomber sous son charme. Et malgré les reproches qu’Oscar fera à l’encontre de Gabriel, Rose ne voudra rien entendre.

Le suspens monte au fil des pages… On ne sait jusqu’où vont nous emmener la folie de Rose et la fausseté de Gabriel. Sans oublier Oscar qui ne dit rien, qui ne peut rien faire mais qui voit tout ! L’escale est un livre que l’on lit avec plaisir, bien écrit et avec un scénario captivant. Même si on peut lui reprocher une fin un peu abrupte et des plus inattendues.

 

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L’escale, un livre envoûtant de Virginie JouanyEn 1989, Rose est au bord du gouffre quand elle rencontre l’espoir en la personne d’Oscar, un jeune aviateur. La magie opère, et Rose décide de sauter dans l’inconnu. Elle quitte sa Dordogne natale pour la presqu’île du Cap-Ferret où le soleil exacerbe les passions. Elle reprend le bar-épicerie du village et lui redonne vie. Rires, tranches de bonheur, personnages truculents se mêlent et s’entrechoquent. Alors que Rose réalise son rêve, un drame s’abat sur le couple. Entre les soupçons et les mensonges, qui se trompe ou trompe l’autre ?
Un roman captivant qui nous prend par les sentiments et au suspens grandissant.

Date de parution : mai 2016
Auteur : Virginie Jouany
Editeur : La Compagnie du Livre
Prix : 17 € (243 pages)
Acheter sur : Geste Editions

Point Final, livre de William Lafleur (Michel Lafon)

William Lafleur
Profil Twitter de Monsieur le Prof (@MsieurLeProf ) encore appelé William Lafleur

Point Final, livre de William Lafleur (Michel Lafon)

Point Final – Qui n’a jamais rêvé de disparaître soudainement de sa propre vie ? De pouvoir se cacher dans un trou de souris afin d’observer la réaction de ses proches ? À partir de ce fantasme aussi morbide qu’aguichant, William Lafleur tire un premier livre touchant aux allures de fable existentielle.

Si le nom de William Lafleur semble inconnu, c’est parce qu’il s’agit d’un des nombreux avatars de celui qui sévit sous le nom de « Monsieur le Prof » sur les réseaux sociaux. Tour à tour espiègle, moqueur et cynique, Monsieur le Prof s’est bâti une réputation de prof hors du commun à coup de phrases cinglantes et de photomontages hilarants. Pourtant derrière la truculence de ce personnage virtuel se cache un réel désir de faire partager son expérience de professeur d’anglais en région parisienne, quitte à démolir certaines idées reçues trop souvent reprises sur le métier d’enseignant.

À mille lieues des élucubrations du prof sarcastique, le premier roman de William Lafleur met en scène un père qui décide de se faire passer pour mort afin d’observer secrètement les réactions des membres de sa famille. L’homme se cache, branche des caméras un peu partout dans la maison et place un mouchard dans l’ordinateur des enfants afin de suivre en direct leur quotidien. La vie de sa famille ne lui apparaît désormais plus que sur des écrans de télévision, comme si celle-ci n’avait plus ni substance ni réalité (« J’ai l’impression de suivre un soap opera, je veux savoir la suite, quelle tournure vont prendre les évènements. » p.29). Devenant ainsi une entité surplombante, le père prend la forme d’un narrateur omniscient capable de connaître les pensées de chaque personnage et d’influencer leurs décisions.

[L]’heure n’est plus à la révolte, mais au suicide 2.0. qui peut être liké, commenté et partagé.

Paru initialement sous la forme d’un feuilleton à suivre sur un blog, le roman de William Lafleur est structuré comme un journal intime dans lequel le père de famille vient consigner ses observations et analyses de la situation. Si le blog flirtait avec l’ambiguïté (les textes étaient présentés comme réels, les fruits d’une véritable expérience), Point final est annoncé explicitement comme une fiction. Les évènements décrits importent moins que les réactions qu’ils provoquent chez le narrateur : le père s’extrait de son monde pour mieux l’observer scientifiquement, en comprendre les rouages et les errements. Peut-on changer de point de vue sur un univers aussi familier que celui dans lequel on vit ? Les nombreuses questions soulevées par le roman, auxquelles William Lafleur ne répond jamais de manière dogmatique, donnent lieu à une expérience de lecture des plus stimulantes.

De fait, le lecteur ne cesse d’être pris à partie par le narrateur comme pour mieux l’inclure de force dans l’histoire à laquelle il assiste : « Peut-être que j’espère que quelqu’un me regarde à mon tour, de l’autre côté du miroir. Peut-être est-ce vous ? » (p.18) ou encore « Cessez de me lire, et pensez-y. Ne parcourez pas la suite, ne faites pas la même erreur que moi. » (p.104). Si l’on peut déplorer la présence de ce dispositif quelque peu artificiel, force est de constater que celui-ci n’entrave en rien l’émotion qui se dégage du livre.

Derrière ce touchant portrait d’un père qui perd pied face à la superficialité de son monde se cache une profonde réflexion sur la vacuité de la vie. La peur du vide contamine chacune des pages de ce trop court roman, les personnages ne devenant plus que des coquilles vides traversées par le néant. Cette indifférence qui habite les personnages, cette impression de ne plus être sensible au monde qui les entoure donne une importante clé de lecture à Point final qui peut ainsi être lu comme une métaphore de la dépression (« Qui s’ennuie le plus ? Celui qui vit le néant ou celui qui le voit ? » p.99).

À travers ce premier roman mature à l’écriture riche, William Lafleur révèle la complexité des états d’âme d’un homme qui s’éclipse de sa propre vie. Dans ce glaçant paysage d’un monde dans lequel la réalité ne se voit plus qu’à travers un écran, l’heure n’est plus à la révolte, mais au suicide 2.0. qui peut être liké, commenté et partagé.

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Point_final_hd« Ce matin, je suis mort. J’ai mis un point final à cette vie. »
Dans leur maison, une mère de famille et ses deux enfants viennent d’apprendre la mort accidentelle de leur mari et père.
Tout à leur souffrance, comment pourraient-ils se douter qu’ils sont épiés jour et nuit, que des caméras et des micros enregistrent chacun de leurs gestes et chacune de leurs paroles ? Que celui qui les observe n’est autre que leur cher disparu ? Bien vivant, à quelques rues de là, il tient froidement un journal dont les mots se nourrissent de leurs larmes.
Voyeur de la douleur des siens, manipulateur de leur détresse, celui dont l’existence se limite aux pages qu’il noircit jour après jour invite le lecteur à devenir complice de son jeu littéraire…

Date de parution : le 2 juin 2016
Auteur : William Lafleur (Monsieur Le Prof)
Editeur : Michel Lafon
Prix : 14,95 €
Acheter sur : Amazon

The Party, l’excellent troisième album d’Andy Shauf


Andy ShaufThe Party, l’excellent troisième album d’Andy Shauf

Andy Shauf est un compositeur pour le moins prolifique. Pour son deuxième album, The Bearer of Bad News, le jeune canadien vivant dans la province du Saskatchewan avait débarqué avec une centaine de morceaux et avait réduit le tout à 11 superbes compositions qui avaient fait de ce disque l’un des « plus surprenants de 2015 » selon le magazine britannique NME.

En ce mois de mai 2016, le moment est venu pour Shauf de nous présenter son second album, The Party, concentré pop et folk de 12 morceaux tout autant brillamment maîtrisés. Un album observateur, relatant l’histoire d’une petite fête, autour de l’évocation de situations mettant en scène des personnages singuliers. Du bout des lèvres, le jeune artiste nous révèle l’envers de ce décor imaginatif. Alors que certains convives sont arrivés bien avant le début de la fête (décrits dans le très joli Early to the Party), voilà qu’une jeune fille se met à danser au milieu de la piste et à capter tous les regards (All Eyes on Her). Mais personne ne peut pour autant s’empêcher de penser à ce type qui s’est effondré alors qu’il venait de fumer ce qu’il avait promis être son dernier paquet de cigarettes (Alexander all Alone).

Dans une ambiance musicale évoquant les sixties, Shauf s’installe à la guitare le lendemain de ces péripéties nocturnes et nous livre le déroulement des évènements. Des cordes, des clarinettes et des belles lignes de basses l’accompagnent dans cette évocation sortant tout droit de son imagination débordante. Et l’amour qu’il porte au célèbre songwriter Elliott Smith s’entend, dès lors que l’on tend l’oreille.

Shauf s’inscrit comme l’une des belles révélations pop actuelles (…)

Shauf a précisé qu’il ne concevait pas sa dernière œuvre comme un album concept mais plutôt comme un agrégat de chansons dont seulement certaines d’entre elles entrent en résonance, comme « plusieurs choses se passant dans différentes pièces lors d’une fête » précise-t-il. La délicatesse avec laquelle il nous raconte ces histoires tonitruantes est surprenante. Il est ainsi tout aussi étonnant d’apprendre que c’était en tant que batteur d’un groupe punk qu’il s’illustra il y a quelques années.

Sur The Party, il a été au four et au moulin et y a joué tous les instruments, mis à part les cordes. Un enregistrement perfectionniste et chronophage, commencé en Allemagne à la suite d’une tournée européenne mais achevé de retour à la maison, dans sa ville de Regina. Pour un résultat très enthousiasmant. Shauf s’inscrit comme l’une des belles révélations pop actuelles et ce dernier album ne fait rien pour nous faire penser autrement !

The Party, troisième album de Andy Shauf, sorti le 20 mai 2016

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Une Pénelope Cruz admirable dans le Ma Ma de Julio Medem

Ma Ma
Ma Ma, film de Julio Medem, Copyright Entertainment One

Une Pénelope Cruz admirable dans le Ma Ma de Julio Medem

Ma Ma offre à Penelope Cruz un rôle tragique à la mesure de son talent devant la caméra de Julio Medem. En mère courage atteinte d’une maladie incurable, elle resplendit de courage et de détermination. Le film n’échappe pas à un Pathos larmoyant très ibérique mais que la maestria du réalisateur et de son actrice parviennent à transcender. Du grand art.

Après ses récents rôles pop corn dans Grimsby et Zoolander 2Penelope Cruz revient aux affaires devant la caméra du grand Julio Medem. Les plus assidus se souviendront de son magistral Lucia y el sexo sorti en 2000 avec une Paz Vega jamais aussi belle ni aussi bien mise en valeur. Ma Ma est le 9e film du réalisateur espagnol et il signe un retour marquant après 5 ans d’absence des grands écrans. Il choisit une fois encore une histoire de femme forte pour un long métrage qui vogue savamment entre comédie et drame par la grâce d’une Pénélope Cruz à la fois charmante, piquante et émouvante. Son personnage de Magda est une institutrice au chômage et séparée du père de son fils adoré. Quand elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, elle ne se démonte pas et entreprend de se battre de tout son être. Le destin met sur sa route des hommes qui l’accompagneront et la soutiendront dans son combat.

Le sujet du film a beau se prêter à une affectation poignante, Julio Medem parvient à s’extraire du précipice de l’auto accablement avec une magie assez désarmante. Le personnage de Magda est digne des héroïnes d’Almodovar et de tous ces personnages prêtes à en découdre avec le destin. L’humour et le recul de Magda désamorcent toute tentative de pleurnicherie avec un naturel confondant. La pente est raide mais le film ne tombe jamais dans le gouffre du geignement, ou alors avec grâce et attendrissement. L’existence de Magda s’inscrit dans une époque politique troublée où le chômage des jeunes atteint 54% de la population espagnole  et le chômage en général 25%. Les perspectives sont difficiles et une force de caractère d’acier est plus que nécessaire pour ne pas perdre le fil.

Luis TosarAlex Brendemühl et Asier Etxeandia incarnent les hommes subjugués et attentifs au destin d’une femme moderne, parfait exemple d’une Espagne qui ne doit pas se laisser dépérir devant les coups du destin. Le film multiplie les moments de grâce avec une Pénélope Cruz digne de son rôle maitre dans Volver. Elle ne joue jamais mieux que dans des rôles de femme enflammée brandissant le poing. Elle trouve ici de quoi se rappeler à notre bon souvenir, espérons qu’elle garde le rythme pour oublier les apparitions dans des comédies US oubliables.

Ma Ma n’est pas un film facile mais il est de ceux qui fascinent par la force de ses personnages et la justesse de son histoire. La vie n’est pas toujours rose, il faut lutter encore et toujours, sans se laisser décourager…
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Ma Ma
Ma MA, film de Julio Medem, Copyright Entertainment One

Magda est institutrice et mère d’un petit garçon de 10 ans. Elle a du mal à faire face à la perte de son emploi et le départ de son mari. Mais lorsqu’on lui diagnostique un cancer du sein, plutôt que de se laisser abattre, elle décide de vivre pleinement chaque instant. Elle profite de son fils, de son médecin bienveillant et d’un homme qu’elle vient à peine de rencontrer. De son combat contre la maladie va naître une grande histoire d’amour entre tous ces personnages.

Sortie : le 8 juin 2016
Durée : 1h51
Réalisateur : Julio Medem
Avec : Penelope Cruz,  Luis Tosar, Alex Brendemühl
Genre : Drame

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Le Comic Con débarque à Paris en octobre 2016

Comic Con
Comic Con

Le Comic Con débarque à Paris en octobre 2016!!!

Le Comic Con Paris 2016 se tiendra cette année du 21 au 23 octobre 2016 à la Grande Halle de la Villette. Le festival mondialement connu et reconnu dédié à la Pop Culture quitte ses territoires américains pour conquérir l’Europe. Il va tenter de rééditer le succès phénoménal de l’édition 2015 où 30 000 visiteurs venus visiter le meilleur de la culture US. Les fans français et européens pouvaient découvrir le meilleur de l’entertainment. Au programme : animations originales, rencontre avec des stars et découverte de contenus exclusifs. Suivez le guide !

Fans de comics, de cinéma, de séries TV, de gaming ou de cosplay, le Comic Con est fait pour vous! Pas une semaine sans une annonce d’invités prestigieux ou d’évènements incroyables. La liste est assez phénoménale, jugez plutôt:

– Invités série/Cinéma : Katie Cassidy (Arrow), Dominic Purcell (Prison Break), William Simpson (Game of Thrones), Eliza Dushku (Buffy contre les vampires).

– Invités comics : Tony Moore (The Walking Dead), Jean-Claude Mézières (Valérian), Chad Hardin (DC Comics)

– Invités Cosplay : LeeAnna VampStéphanie Maslansky

Le Comic Con Paris 2016 ouvre une large fenêtre sur la pop culture actuelle. Les fans de séries, de comics ou de super héros pourront visiter des stands entièrement dédiés à leurs personnages préférés. Si la culture américaine est au centre du phénomène avec les véritables phénomènes de société que sont The Walking Dead ou Game of Thrones, une multitude d’exposants permettra aux fans de laisser libre cours à leurs passions. Costumes et déguisement donneront l’occasion de se déguiser en Hodor ou en Daenerys pour un moment hors du temps.

Patience, patience, de plus amples informations paraitront régulièrement pour vous donner encore plus envie de visiter le Comic Con Paris 2016 ! Restez à l’écoute et visitez le site de l’évènement ! Toutes les informations utiles vous seront dispensées en temps voulu !

Dates : 21-23 octobre 2016
Lieu : Grande Halle de la Villette
Entrée : à partir de 15 €

Frantz, BA du prochain film de François Ozon avec Pierre Niney

Frantz
Frantz : Photo Paula Beer, Pierre Niney © Mars distribution

Frantz, BA du prochain film de François Ozon avec Pierre Niney

Pierre Niney tiendra le premier rôle dans Frantz, le prochain film de François Ozon. L’histoire se passe au lendemain de la Première Guerre mondiale. Pierre Niney incarne un jeune français venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Il y rencontrera ainsi sa famille, et notamment sa veuve.

Le film en noir et blanc est le 16e long-métrage du réalisateur de Potiche ou encore de 8 Femmes. Cette première vidéo annonce une romance impossible entre deux êtres hantés par le souvenir d’un homme.

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FrantzAu lendemain de la première guerre mondiale, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un français est venu, lui aussi, fleurir la tombe de son ami allemand.

Sortie : le 7 septembre 2016
Durée : inconnue
Réalisateur :François Ozon
Avec : Pierre Niney, Paula Beer, Cyrielle Clair

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Pour 600 balles, t’as plus rien

600 euros
600 euros, film d’Andante Tragha, Copyright les films qui causent

Pour 600 balles, t’as plus rien

600 euros est un film viscéral, tourné avec l’énergie de la jeunesse et l’enthousiasme du réalisateur Adnane Tragha. Situé dans le contexte rempli d’espoirs (déçus?) des élections présidentielles 2012, le film revêt une signification toute particulière à la lumière des évènements actuels… En suivant les galères professionnelles et personnelles de Marco, le film fait un focus sur une France en plein doute, tiraillée entre le renoncement et la résistance. La lutte demande un investissement que tous ne sont pas prêts à faire…

Le film débute alors que Marco a un besoin impérieux de réunir… 600 euros. Pour assurer l’enregistrement d’une artiste qu’il tente de lancer, pour payer son loyer, pour vivre tout simplement. Devant les difficultés à réunir cette somme, il sombre peu à peu dans l’abattement et le désespoir. Jusqu’à commettre l’irréparable ?

Tourné avec des bouts de ficelle et un parti pris amateur assumé, 600 euros enthousiasme. Sa galerie de tout petits personnages élève à l’universalité par leurs comportements singuliers et imprévisibles. C’est cette étudiante qui peine à payer son loyer et qui se prend d’affection pour ce veuf fatigué et esseulé, ce jeune des cités qui pousse ses camarades à aller voter pour faire entendre leur voix et ce héros plein de bonne volonté qui ne parvient pas à garder la tête hors de l’eau. Par ces exemples minuscules mais représentatifs, Adnane Tragha interroge sur l’état de la société française. Le geste citoyen n’aurait-il plus de sens quand la voix du peuple n’est plus entendue ? L’enthousiasme des manifestations monstres de 2012 tranche avec les désespoirs particuliers, comme un avertissement ce qui se produit actuellement. Quand le vote n’a plus de sens, quand les fins de mois causent d’inévitables maux de tête, quand les perspectives sont trop ténues, il n’y a plus qu’une solution, la manifestation…

Afin de capter l’atmosphère si particulière de l’engouement populaire de 2012, Adnane Tragha s’est lancé dans son film sans vraie préparation ni équipe technique. Caméra à la main, il a placé ses comédiens au coeur des manifs, avec une vraie impression d’urgence et de vérité. Tourné finalement sur une période de 2 ans et demi, le film s’est tourné sur 5 périodes de 6 semaines. Avec ces plages de temps réduites, le sentiment de précarité voire de dénuement s’impose sans artifices ni effets pyrotechniques. Le quotidien le plus basique devient une aventure pour des jeunes acteurs saisis de près, dans des ruelles de la capitale ou dans leurs appartements minuscules. Une impression de claustrophobie accompagne ces destins singuliers qui semblent s’ouvrir au contact de la foule. Comme pour prévenir qu’à plusieurs, on est plus fort…

600 euros s’inscrit dans ce mouvement ardent et impétueux destiné à secouer la jeunesse. Car il y a des lendemains qui chantent et l’énergie ne devrait jamais se tarir devant les coups du sort. Un beau film d’espoir et d’énergie, signe d’audace et de dynamisme!
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600 euros
600 euros

Alors que la campagne présidentielle bat son plein, Marco Calderon, qui a longtemps milité, a décidé de ne plus voter. A la fois déçu par la politique et embourbé dans des problèmes d’argent, il tourne peu à peu le dos à notre société.

Sortie : le 8 juin 2016
Durée : inconnue
Réalisateur : Adnane Tragha
Avec : Adlène Chennine, Lisa Cavazinni, Youssef Diawara
Genre : Drame

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American Hero ou la revanche des losers

American Hero
American Hero, film de Nick Love, Copyright Chrysalis Films

American Hero ou la revanche des losers

Olivia Bugault nous a déjà fait une très belle chronique sur ce film qui va sortir le 8 juin : American Hero chamboule la définition du héros et du spectateur. Voici donc la vision « masculine » de American Hero, rédigé par Stanislas Claude :

American Hero présente un superhéros ordinaire, caché parmi nous et peu décidé à aider son prochain. Oubliez Batman, Iron Man ou Superman, cet American Hero est un être unique mais à hauteur d’homme. Faible et fragile, moitié toxico et poivrot à temps partiel, sans mission à accomplir ni quête à mener. Ce superhéros pourrait être vous ou moi… mais surtout vous.

En choisissant un super héros sans rien des atours habituels de l’être fantastique, le réalisateur Nick Love prend le contre pied des blockbusters habituels. Stephen Dorff reprend la tête fatiguée déjà arborée dans le Somewhere de Sofia Coppola pour incarner un être pas conscient du tout de ses devoirs d’être exceptionnel. Là où le héros de Kick Ass s’inventait des super pouvoirs fantasmés pour faire prévaloir l’ordre et la justice, Melvin détient bel et bien le don de télékinésie. Il peut déplacer les objets à distance mais ne s’en sert que pour grappiller quelques piécettes. La trentaine bien tapée, un éternel T shirt blanc à la propreté douteuse, logé chez sa mère, habitué à bruler la chandelle par les deux bouts dans des soirées bien arrosées, Melvin s’inscrit dans une jeunesse désabusée. L’ouragan Katrina est passé par là en 2005, La Nouvelle Orléans porte autant de stigmates que notre super héros qui s’ignore.

Mais le jour où la mère de son fils décide de partir avec le rejeton, Melvin a une prise de conscience. Ne devrait-il pas exploiter son pouvoir ? Les paysages désolés et dévastés de la Nouvelle Orléans laissent entrevoir l’espoir tout comme Melvin sait bien qu’il peut récupérer son fils à force de persévérance. Le réalisateur Nick Love met en parallèle la vie de lose de son héros avec une ville jamais vraiment remise. Melvin a des super pouvoirs comme la ville a l’énergie de sa jeunesse, aucun des deux ne semble en mesure de les exploiter. Le ton du film est réaliste, pessimiste, intimiste. Le réalisateur lui adjoint un ami cloué sur une chaise roulante et des gangs bien décidés à faire leur loi, rappelant Lost River, le film de Ryan Gosling où un chef de gang règne sur un territoire désolé suite au départ des habitants suite à la crise économique.

Cet American Hero est peut être le super héros que l’on mérite, désoeuvré et sans cause juste à laquelle se rallier. Reflet d’une époque d’abattement décidément et fatalement bien à la mode au cinéma. Si l’époque ne peut accoucher de rêves propres à rallier et enthousiasmer la jeunesse, vers quoi se tourner? Melvin ne se lève que pour se diriger vers de fêtes vainement divertissantes, sans substance ni profondeur. La morale du film tient debout, la jeunesse a besoin de causes à défendre, de projets à construire, de perspectives à lesquelles adhérer. Si Melvin a le pouvoir de télékinésie, chacun de nous détient à son niveau ses propres capacités et ses propres pouvoirs

Nick Love propose donc une fable cocasse autant que pertinente pour sortir plus concerné de la séance de ciné. Un film à découvrir pour lancer ses projets et croire en l’avenir, même sans super pouvoirs!
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American Hero 1Melvin est super-héros malgré lui. La trentaine bien entamée, il habite encore chez sa mère et ne vit que pour la fête, les femmes et la drogue. Jusqu’au jour où il réalise que la seule façon pour lui de revoir son fils, que la justice lui interdit d’approcher, c’est d’accepter son destin, et d’exploiter ses super pouvoirs pour lutter contre le crime. Mais dans un monde dans lequel personne ne comprend ni sa situation, ni d’où il tient ses incroyables pouvoirs, ces derniers pourraient bien causer sa perte…

Sortie : le 8 juin 2016
Durée : 1h26
Réalisateur : Nick Love
Avec : Stephen Dorff, Eddie Griffin, Luis Da Silva Jr.
Genre : Comédie, Fantastique

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Picasso Amoureux conté par Frédéric Ferney (Rabelais)

C.Clerc, S.Bertière, E.de Boysson, F.Ferney
C.Clerc, S.Bertière, E.de Boysson, F.Ferney

Picasso Amoureux conté par Frédéric Ferney (Rabelais)

Dans son dernier livre, Frédéric Ferney nous présente Picasso sous un jour nouveau. Ce qui ressort de Picasso Amoureux est la relation très spéciale qu’il a eue avec toutes les femmes qu’il a aimées.

Non seulement Frédéric Ferney nous parle de l’œuvre de Picasso, de son évolution, souvent liée à l’Histoire mais surtout aux femmes avec qui il partage sa vie. Ses amours furent nombreuses et Picasso en a broyé plus d’une ! Pour l’auteur, Picasso a été profondément marqué par sept femmes, ses sept muses. Elles sont toutes jolies, jeunes et lui servent de modèle, enfin durant un certain temps. La plupart se sentent complètement prisonnières de leur Maître qui après les avoir aimées passionnément, les « tue » psychiquement. Avec Picasso vient presque toujours le temps de la souffrance. Seule Françoise Gilot résiste et lui fait face, jusqu’à même oser partir avec ses deux enfants sous le bras. Comme l’écrit Ferney : Sa chance, Picasso ne le saura jamais, c’est de n’être jamais tombé sur une vraie garce ! p.99

Picasso Amoureux nous explique l’évolution de l’art de Picasso à travers ses conquêtes et ses amis artistes. C’est tout simplement passionnant. En rapport avec ses femmes, mais aussi avec l’Histoire, surtout avec celle de l’Espagne. La Guerre lui donne une énergie exceptionnelle. Il ne fait pas la guerre au front, mais il la peint chaque jour dans ses tableaux.

Même si on ne peut pas tout savoir sur ce génie, Frédéric Ferney nous en dit beaucoup. Après Victor Hugo amoureux, Picasso Amoureux se lit avec autant de plaisir, dans cette très belle collection, couverture cartonnée, petit marque-page à l’ancienne, et surtout toujours de très belles illustrations (120). Dans ce dernier ouvrage, beaucoup de toiles de Picasso mais aussi de nombreuses photos de ses femmes et de Picasso lui-même entouré de ses amis.

L’écriture est fluide, tout en ayant un contenu dense. Il faut dire qu’il n’est jamais aisé de « résumer » une vie aussi riche que celle de Picasso. Les génies s’entourent de femmes qui deviennent de véritables muses, sans qui ils ne s’envoleraient jamais aussi haut ! Cette  belle collection éditée par les Editions Rabelais met non seulement en avant Picasso mais aussi l’Art à travers un homme de génie, et également les femmes qui ont permis l’expression la plus divine de cet art. On ne peut que l’apprécier à sa juste valeur !

Voici quelques photos prises le 30 mai 2016 au sénat pour l’enregistrement de l’émission de Jean-Pierre Elkabbach « la bibliothèque Médicis » qui passera sur la chaine Public Sénat le 10 juin à 22h, rediffusion le 11 juin à 13h et 20h.
Les auteurs de Balzac, Picasso et Victor Hugo Amoureux étaient là ainsi que Simone Bertière.
Bibliothèque Médicis 2016
Bibliothèque Médicis 2016
Christine Clerc et Frédéric Ferney
Christine Clerc et Frédéric Ferney
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Picasso Amoureux conté par Frédéric FerneyOn ne peut dissocier Picasso des femmes qui ont traversé sa vie.Elles n’étaient pas seulement des modèles mais aussi des inspiratrices de l’ombre, apparaissant dans ses tableaux, figuratifs, cubistes ou surréalistes, tristes ou triomphantes, torturées ou sereines…Ses trois principales sources d’inspiration sont la femme, le sexe et la guerre. « Au fond, il n’y a que l’amour », disait-il. Mais un amour dévorant qui en a laissé plus d’une pantelante. « Les femmes de Picasso sont des esclaves », affirmera le peintre Gaston Chaissac. Frédéric Ferney a identifié sept muses qui correspondent chacune à un moment de son oeuvre : la période bleue avec Germaine, la période rose et le cubisme avec Fernande, le temps des collages avec Eva, le surréalisme avec Olga, Guernica avec Dora…Il nous raconte leur destin, parfois heureux, souvent tragique.

Date de parution : le 24 mai 2016
Auteur : Frédéric Ferney
Editeur :  Rabelais
Prix : 14,80 € (144 pages)
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Un Lucia di Lammermoor d’exception au Théâtre des Champs Elysées

Lucia di Lammermoor
Lucia di Lammermoor, Théatree des Champs Elysées, Diana Damrau

Un Lucia di Lammermoor d’exception au Théâtre des Champs Elysées

Lucia di Lammermoor incarne l’Opéra tragique italien par excellence. Une histoire d’amour interdite, un destin contraire, la folie, le drame, Gaetano Donizetti ne recule devant aucun ingrédient pour serrer le coeur et multiplier les moments de bravoure. Le Théâtre des Champs Elysées a accueilli une représentation exceptionnelle le vendredi 27 mai 2016 avec une distribution en tout point éblouissante. Non point mis en scène mais chanté dos à l’orchestre Teatro Regio Torino mené par Gianandrea Noseda, la représentation a fait littéralement chavirer la foule.

Opéra en langue italienne, Lucia di Lammermoor adapte pourtant un roman anglo saxon, en l’occurrence La Fiancée de Lammermoor de Walter Scott. A l’instar de son ouvrage le plus connu Ivanhoe, l’argument est forcément tragique. Lucia est une héritière qui doit se résoudre à épouser un prétendant choisi par son frère Enrico pour des raisons éminemment politiques. Mais secrètement amoureuse d’Edgardo, ennemi mortel de sa famille, elle ne pourra obéir que suite à une honteuse traitrise. Quand le procédé est découvert, elle sombre dans la folie scellant le destin funeste des deux amants. Il y a du Roméo et Juliette dans cet opéra. La scène de la folie chantée par Lucia et l’air funèbre exprimé par Edgardo représentent rien de moins que le summum de l’opéra tragique.

Pour cet évènement sold out des caves au plafond, le casting ne pouvait être autrement qu’au diapason. Diana Damrau est une soprano allemande parmi les plus illustres de la planète. Sa virtuosité dans les suraigus coupe le souffle tandis que la clarté de sa diction soulignent sa technique parfaite pour communiquer une émotion saisissante. A ses côtés, Piero Pretti fait un Edgardo puissant et émouvant. Les deux méchants barytons sont interprétés par l’imposant Gabriele Vivianni en Enrico et Nicolas Testé en Raimondo. Chacune de leurs apparitions fait vaciller la foule avec leurs graves profonds et intenses. L’alliance de tous ses grands interprètes déclenche rien de moins que des torrents d’applaudissement après chacune de leurs prestations.

Les 3 heures de la représentation passent comme dans un souffle. Les surtitres permettent de suivre l’argument en temps réel tandis que l’orchestre livre une prestation titanesque. Ce qui ressemble à un instrument cabalistique accompagne la fameuse scène de la folie avec ses verres de cristal délicatement frottés par un musicien expert. L’atmosphère vogue entre onirisme et fantastique, retranscrivant parfaitement les tourments intérieurs de l’héroïne. Diana Damrau multiplie les prouesses vocales pendant 20 minutes de pure apesanteur. Pas besoin d’être un expert en art lyrique pour ressentir des frissons de chavirement. Le drame de cette amoureuse trahie et bafouée briserait le coeur le plus insensible. Les experts autant que les béotiens partagent un moment de parfaite harmonie lyrique.

Le Théâtre des Champs Elysées confirme son positionnement unique sur la scène lyrique parisienne. La salve finale d’applaudissement laisse craindre des débordements, l’enthousiasme manifesté est à deux doigts de faire voler les sièges tant le délire est unanime. De quoi scruter consciencieusement la fin de la saison 2016 et attendre avec impatience la saison prochaine !

Austerlitz sort son single Tokyo et en juin son EP Japan

Austerlitz

Austerlitz sort son single Tokyo et en juin son EP Japan

Maki maquillage.

Trois Français, Gil Charvet, Nicklaus Rohrbach et Jocelyn Soler forment Austerlitz, groupe de Rock-Kitch-Électro. Sorte de retour aux sources parfois grinçantes de la musique électro des années capillairement douteuses, Austerlitz y fait son shopping pour y tirer ce qu’il y avait de meilleur.

De ces années où le floor s’embrasait en découvrant l’électro, il récupère le synthé. Un gros coup de souffle pour virer la poussière crasseuse entre les touches. Un peu de sauce punchy, et du brio. Et BIM. Austerlitz. C’est, d’une certaine manière, le résultat d’une partouze géante entre Weather Report, Pac-Man, la douceur de Neil Young (FLOWERS d’Austerlitz appelle A Man Needs a Maid de Young), et d’autres, tout ça sur un Flipper. Le pliage origamiorgasmique est étonnant.

Fondé en 2001, le groupe sortira le 10 juin leur EP « Japan » qui mérite un détour. En attendant, le titre tête TOKYO et son clip délirant est à consommer ici :

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Elle, un thriller aux bases solides mais pas assez audacieux de Paul Verhoeven (Festival de Cannes 2016)

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Elle film de Paul Verhoeven, Copyright SBS Distribution

Elle, un thriller aux bases solides mais pas assez audacieux de Paul Verhoeven

Paul Verhoeven signe un retour très francophile avec un Elle au casting 100% tricolore. Isabelle HuppertLaurent LafitteVirginie Efira et Anne Consigny sont les personnages ambivalents d’un scénario idéalement basé sur des fondations complexes et perverses. Si le contexte sème les doutes et les embuches dès le départ, avec un potentiel de stupre alléchant, le réalisateur ne pousse pas suffisamment le concept. Huppert Verhoeven, l’alliance promettait un no limit captivant mais le film ne sort pas du cadre, dommage.

Paul Verhoeven traine une réputation sulfureuse depuis des années 80 passées sous les projecteurs. De 1987 avec Robocop jusqu’à 1997 avec Starship Troopers en passant par Total Recall, Basic Instinct et Showgirls, le réalisateur hollandais s’est fait une place au soleil d’Hollywood. Pas un film sans scandale, pas un opus sans son lot de controverses. De quoi le renforcer dans ses ambitions et lui donner une réputation unique. Difficile cependant d’enchainer les coups de massue ad vitam aeternam sans s’essouffler. L’heure est venue pour lui d’entretenir son aura de stupre avec des scénarios de moins d’envergure mais non sans ambition. Et ô surprise, il revient après une pause de 4 ans avec un film franco-français. Et Isabelle Huppert annonce la couleur dès l’affiche. Regard ambigu, une main tient un rideau dans l’ombre, l’ambiance sera forcément pesante.

Les ingrédients du thriller sont distillés avec délectation. Un passé trouble, une personnalité difficile à cerner, des comportements imprévisibles, Isabelle Huppert joue l’équivoque, attisant l’imagination. Et justement, le spectateur attentif est prêt à imaginer les pires extrémités, les dénouements les plus puissants et les retournements les plus scabreux. Sans en avoir hélas pour ses efforts intellectuels. Sans trop en dire, l’héroïne Michèle mène son business et une histoire tragique empreint autant son passé que son présent. Quand des voisins se rapprochent d’elle, les rapports se font ambigus… Agressée par un inconnu cagoulé, sa vie prend un tournant surprenant. Voilà, difficile d’en dire plus sans spoiler le film. Isabelle Huppert multiplie les mimiques, les poses, les réflexions, c’est un plaisir à chaque fois renouvelé. Surtout qu’elle fait preuve d’une sobriété à toute épreuve, amenant une belle dose d’incertitude.

Le décor est planté, ne reste plus au scénario qu’à mener le spectateur par le bout du nez et à le surprendre. Et justement, le départ pétaradant s’installe vite dans un surplace frustrant. Isabelle Huppert plante des graines qui ne donnent pas beaucoup de fruits. Laurent Lafitte peine à communiquer sa duplicité, Anne Consigny reste constamment en retrait et Virginie Efira joue les utilités.

Manque d’audace ? Hésitations devant des perspectives potentiellement trop polémiques ? Pas de réponse mais un constat indéniable. Elle ne déçoit pas vraiment mais ne répond pas à toutes les attentes placées en lui.
Elle a été présenté en compétition officielle au 69e Festival de Cannes (2016).
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Elle 2Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

Sortie : le 25 mai 2016
Durée : 2h10
Réalisateur : Paul Verhoven
Avec : Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Virginie Efira, Anne Consigny
Genre : Thriller

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https://youtu.be/YqGJtnKZ2vs

Brisa Roché surprend avec son nouvel album Invisible 1

Brisa Roché
Brisa Roché, Invisible 1

Brisa Roché surprend avec son nouvel album Invisible 1

L’album Invisible 1 marque le retour tant attendu de Brisa Roché. La chanteuse américaine francophile au doux filet de voix quitte sa zone de confort et se risque dans des territoires jusqu’ici inexplorés, électroniques pour la plupart. Chanteuse labellisée folk à textes, Brisa Roché fait appel à des artistes issus d’univers parallèles pour enrichir sa gamme chromatique de sonorités. Publik’Art a eu la chance de visualiser son sourire de très près dans le cadre cosy de la salle de striptease de l’hôtel Pigalle. Pas de déflorage au programme mais des détails éclairants sur sa déjà longue carrière et la concrétisation jouissive d’un l’album prévu pour le 3 juin.

Brisa Roché manie la langue de Booba avec un large sourire et une décontraction confondante. Son sourire confirme qu’aucun sujet n’est tabou et il faut la convaincre que non, il n’est pas nécessaire de tester la barre de Pole dance pour enrichir l’entretien. Elle confirme les impressions entrevues à l’écoute d’Invisible 1, le projet s’est placé dès le départ sous le signe de l’exploration. Hors de question de copier/coller les sonorités de Whistle ou Mystery ManBrisa Roché a tout de la femme de caractère bien décidée à défricher de nouveaux univers musicaux pour satisfaire sa curiosité et abroger les limites. La liberté a été le maitre mot d’un projet débuté en Californie et finalisé à Paris. Le voyage a débuté avec la composition de 40 morceaux bruts pris en main par les producteurs Marc CollinThibaut Barbillon et Blackjoy pour des atmosphères surprenantes.

On a hâte de voir sa folie sur scène… avec peut être une mise en scène incluant une barre de pole dance ?

L’album débute avec le planant Lit Accent aux accents pop évoquant superbement GoldfrappEcho of what I want fait irrésistiblement penser à Lana Del Rey avec cette voix chaude séduisante tout en invoquant Massive Attack époque Protection avec ce mid tempo langoureux. Sa voix s’envole dans ses aigus hypnotiques et se démultiplie comme dans un rêve éveillé. Changement d’atmosphère avec Night Bus, l’orchestration se fait plus présente pour un morceau bref mais dense de 2:17 aux sonorités très RadioheadBaby comme over fait penser à un rap seventies mêlant harmonieusement Keisha que Tom Jones, le ton ludique s’impose et donne envie de remuer le popotin. Groupie ralentit le tempo, assume les sonorités électroniques et transforme la voix de Brisa Roché en Madonna du dance floor. A Minute fait retrouver sa voix enfantine dans une complainte douce comme une pluie d’été.

Quand surgit le simple Disco, le lecteur reconnaitra peut être les sonorités rythmiques et dansantes de feu le groupe New Yorkais The Rapture, certains ont dansé dessus toutes les années 2000, le parallèle est inévitable. You like a fire laisse la voix de Brisa Roché s’exprimer en toute sincérité, débutant sur un contenu dépouillé avant de monter graduellement dans l’émotion. Each one of us insiste sur la voix douce de la chanteuse pour un résultat très pop et délicieusement envoutant, aux frontières de la complainte et de l’invocation. Diamond Snake flirte avec le R’n’B, Walk with me surprend en mélangeant trompettes et sons de basse pour une comptine mystérieuse. Vinylize a tout du tube rock électro que les DJ’s s’amuseront à remixer sans fin avec sa petit guitare jazzy. Find me clôture l’album comme un mantra, trouvez moi…

Un gros accent a été mis sur le mastering pour aboutir à une transformation totale entre les premières compositions de la chanteuse et le travail des producteurs. Le résultat est une vraie surprise avec un album ennivrant comme un verre de téquila de trop. Brisa Roché  s’éloigne de ses racines Psychedelic Folk issues de Joni Mitchell et Kate Wolf pour un album à écouter en boucle pour une fascination répétée. En choisissant une nouvelle vie et un nouveau manager, Brisa Roché prépare la suite avec une foultitude d’albums de retard à enregistrer au plus vite. Une tournée est évidemment prévue en France, les dates disponibles sur Facebook. On a hâte de voir sa folie sur scène… avec peut être une mise en scène incluant une barre de pole dance ?

L’infinie Comédie, le chef d’œuvre de David Foster Wallace

David Foster Wallace
David Foster Wallace

L’infinie Comédie, le chef d’œuvre de David Foster Wallace

Près de vingt ans après sa publication américaine, le chef d’œuvre de David Foster Wallace, écrivain méconnu en France mais adulé aux États-Unis, est enfin traduit dans la langue de Molière. De quoi donner envie de se jeter sur ce pavé aussi déroutant qu’addictif.

L’infinie comédie est une œuvre monumentale. D’abord par sa forme – 1400 pages qui l’érigent au rang des plus gros pavés littéraires –, mais aussi par l’empreinte indélébile qu’elle a laissée dans la littérature américaine. Publié en 1996, le livre conquiert rapidement son public, allant même jusqu’à élever Wallace au rang de rock-star. Après de nombreux tumultes éditoriaux , les éditions de l’Olivier proposent enfin l’ouvrage dans une traduction française digne de ce nom, signée par des talentueux Francis Kerline et Charles Recoursé. 1400 pages gargantuesques, délirantes et mélancoliques, dans lesquelles les styles d’écritures s’entremêlent et s’entrechoquent.

Dans un futur proche, les États-Unis ont fusionné avec le Canada et le Mexique, formant ainsi « L’O.N.A.N. », un immense territoire où tout semble être dicté par le culte du divertissement. Les théories de la société du spectacle de Debord sont désormais érigées en modèle de vie : les enfants sont formés dés leur plus jeune âge à devenir des champions de tennis et tous les habitants n’aspirent à vivre que dans l’ultra consommation.

Dans ce monde au capitalisme effréné, même le temps est sponsorisé par de grandes marques : 2010 est ainsi surnommée « L’année du Whopper », en référence au célèbre burger américain. David Foster Wallace entend démonter les rouages de cette société aseptisée, en faisant se croiser trois arcs narratifs qui explorent trois versants particuliers de ce monde cauchemardesque. Nous suivons ainsi le quotidien de Hal Incandenza, brillant tennisman dont la famille est en proie à de dangereux séparatistes québécois. Ces derniers cherchent à mettre la main sur « L’infinie Comédie », une vidéo réalisée par le père de Hal dont la vision provoque une addiction mortelle. Ajoutez à cela les pérégrinations rocambolesques de Gately chez les Alcooliques Anonymes ainsi qu’une curieuse joute verbale entre deux espions et vous aurez la trame générale de L’infinie Comédie.

Développer une histoire narrativement bien construite et cohérente ne semble pourtant pas être au cœur des préoccupations de Wallace. Comme dans ses précédents écrits, l’histoire n’est qu’un prétexte à dérouler sous nos yeux un monde incroyablement dense, rempli de détails hilarants et absurdes. Plus qu’un écrivain, Wallace est un dessinateur hors pair qui croque ses contemporains avec une ironie mordante et un sens de l’humour qui touche au génie : « Tiny Ewel, en costard bleu, avec un chronomètre laser et des chaussures si luisantes qu’elles pourraient servir de lampe de lecture, partage un cendrier en aluminium sale avec Nell Gunther, laquelle a un œil de verre qu’elle s’amuse à porter à l’envers, pupille et iris vers l’intérieur, de sorte qu’on ne voit que la face arrière blanche où sont inscrites les coordonnées du fabricant en toutes petites lettres (p.504) ».

À l’aide de phrases sinueuses à la syntaxe parfois labyrinthique, Wallace fait ressortir l’étrangeté du quotidien tout en dressant la cartographie d’un monde en faillite. Car derrière cette prose drolatique se cache un regard désabusé, voire nihiliste (David Foster Wallace s’est suicidé à 46 ans), qui ressort sous forme de saillies au sein d’une architecture orgiaque et cacophonique : « Nous entrons dans une puberté spirituelle où nous découvrons que la grande horreur transcendante est la solitude, l’exclusion, le confinement à l’intérieur du moi. Quand nous avons atteint cet âge, nous sommes prêts à tout donner et à tout prendre, à porter n’importe quel masque, pour être intégrés, participer n’être pas Seuls, nous les jeunes ».

Située au pinacle du postmodernisme, L’infinie comédie est une œuvre somptueuse qui affirme une beauté ainsi qu’une lucidité prophétique à chacune de ses pages. David Foster Wallace ne nous a pas seulement légué un chef-d’œuvre littéraire, mais un outil pour nous permettre de mieux voir notre réel et d’en pointer les errements. À nous d’en faire bon usage, donc !

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l'infinie comédieTraduit de l’anglais (États-Unis) par Francis Kerline

L’Amérique, dans un futur proche.
Les U.S.A., le Canada et le Mexique ont formé une fédération surpuissante, et la Société du Spectacle a gagné : les habitants ne vivent plus qu’à travers la télévision, les médicaments, l’ultra-consommation et le culte de l’excellence. Parmi eux, la famille Incandenza, avec les parents James et Avril et leurs trois fils – dont Hal, un tennisman surdoué promis à un brillant avenir. Mais de dangereux séparatistes québécois, en lutte
contre la fédération, traquent cette famille singulière pour mettre la main sur une arme redoutable : L’Infinie Comédie, une vidéo réalisée par James Incandenza, qui suscite chez ceux qui la regardent une addiction mortelle…

Livre culte dès sa parution aux États-Unis en 1996, ce texte prophétique a fasciné ses lecteurs dans le monde entier. Considéré comme l’un des cent meilleurs romans du XXe siècle, L’Infinie Comédie est enfin publié en France.
David Foster Wallace naît en 1962 à Ithaca dans l’État de New York. Après de brillantes études en littérature, philosophie et mathématiques, il publie à vingt-cinq ans un premier roman remarqué. En 1991, alors enseignant en littérature à Boston, il se lance dans l’écriture d’un roman « total » : L’Infinie Comédie (Infinite Jest), livre hors norme reçu comme un chef-d’oeuvre. David Foster Wallace publiera ensuite deux recueils de nouvelles ainsi que de courts essais sur la littérature, la musique, la télévision et le tennis. En 2008, il se suicide et laisse derrière lui un roman inachevé, Le Roi pâle (Au diable vauvert, 2012), finaliste du prix Pulitzer.

Date de parution : le 20 août 2015
Auteur : David Foster Wallace
Editeur : Editions de l’Olivier
Prix : 27,50 € (1788 pages)
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Napoléon revit dans l’écrin flamboyant du Palais Vivienne

Palais Vivienne 1Napoléon revit dans l’écrin flamboyant du Palais Vivienne

Le Palais Vivienne se pare des couleurs napoléoniennes pour sa réouverture. Peu de lieux permettent d’admirer les ors de l’épopée impériale dans la capitale, ce lieu d’exception se propose d’y remédier avec des oeuvres rarement exhibées avec autant de flamboyance. Lieu d’exception, le Palais Vivienne exhibe des pièces inestimables et reçoit des évènements de haut standing pour les faire admirer à leur juste valeur.

La construction de ce qui allait devenir le Palais Vivienne remonte à l’époque du Roi Soleil. En 1706, son ordonnateur Thomas Rivié de Riquebourg est anobli et devient Secrétaire du Roi. L’édifice traverse les siècles avec des fortunes diverses, voyant passer des personnalités illustres telles que Matisse ou Picasso. Resté trop longtemps en déshérence, le Palais passe récemment sous le pavillon de Pierre-Jean Chalençon. Véritable passionné de Napoléon, il possède pas moins de 2000 objets datant de l’époque napoléonienne, il collectionne sans relâche les pièces les plus emblématiques de ce temps mythique. Surnommé l’Empereur à DrouotPierre-Jean Chalençon est reconnu pour son expertise et administre le Cercle France Napoléon. Si les institutions françaises aiment amoindrir de manière incompréhensible la portée d’une époque qui a vu la mise en place du baccalauréat, du Code civil, des préfets et de nombre de réformes toujours en vigueur, les pays étrangers ne se privent pas pour admirer les pièces de ce temps fastueux.

Palais Vivienne
Palais Vivienne

Depuis 1999, ce sont pas moins d’une vingtaine d’évènements qui se sont tenus dans le monde entier pour exhiber les pièces uniques de la collection de Pierre-André ChalençonL’Australie, les USA, la ChineL’Amérique du Sud, tous les continents se bousculent pour héberger des évènements qui font chavirer les foules. Il est temps pour la collection de bénéficier d’un port d’attache à la mesure de ses joyaux. Le Palais Vivienne fera office de vaisseau amiral et s’ouvrira à des évènements sur-mesure. Showroom, défilé de mode, lancements de produits, séminaires, remises de prix, ventes aux enchères, soirée privées, les lieux se prêtent à toutes les fantaisies. Une visite privée organisée par le directeur général Tarik Bougherira me donne l’occasion d’admirer des pièces uniques comme cet immense tableau en pied de l’empereur par François Gérard ou ces titres de noblesse soigneusement conservés dans une boite scellée.

Un moment hors du temps fait se sentir tout petit face à tous ces bijoux. Napoléon ne fut pas qu’un homme d’état fascinant et un conquérant défricheur de territoires à l’origine de l’Europe actuelle, il multipliait les casquettes, promouvant la beauté et l’exceptionnel. Le petit Caporal ne laissait passer aucun détail comme le montrent bien ces annotations fiévreuses apposées sur un des premiers exemplaires imprimés du Mémorial de Saint Hélène de Las Cazes. Omnipotent et omniscient, l’Empereur a marqué non seulement la France mais le monde tout entier. C’est un hommage plus que vénérable que lui livre Pierre-Jean Chalençon. En véritable zélateur, il contribue à la mémoire du grand homme pour lui donner la place qui lui revient dans l’histoire, tout en haut du podium.

Le Palais Vivienne est un de ces trésors cachés qui donne tout son cachet à Paris. Lieu d’exception, il ravira tous les passionnés de Napoléon, et dieu sait qu’il y en a légion. Plus d’informations paraitront sur les expositions organisées avec les pièces phares de la collection.

Dates : Sur demande
Lieu : Palais Vivienne

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