Résultats concours : Free State of Jones, 10 places de ciné gagnées !
Vous avez été 3421 participants au concours Free State of Jones. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :
David Bigot, Marine Breard, Muriel Vachet, Elian Derycke, Rodolphe Glasson
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
Les jeux de l’amour et d’Offenbach, Théâtre de Poche Montparnasse
Effervescence et folie douce avec les jeux de l’amour et d’Offenbach
Les jeux de l’amour et d’Offenbach offre un florilège des oeuvres les plus emblématiques de l’illustre compositeur français au coeur d’une truculente intrigue d’attirances et de répulsions. Une soprano et un baryton autrefois en couple se retrouvent à l’occasion d’une audition qui va raviver leurs sentiments. L’amour est au centre de cette pièce musicale enjouée et pétillante.
Une heure durant, les deux acteurs chanteurs Edwige Bourdy (en alternance avec Mélanie Boisvert) st Jean-Michel Séréni (en alternance avec Lionel Peintre)s’affrontent sur des airs d’Offenbach avant de succomber à nouveau à leurs charmes respectifs. Le ton est à la comédie, et le burlesque enjolive constamment les faciès. Mines déconfites, cris de surprise et courses poursuites endiablées égrènent ce doux et musical moment de théâtre. Une vingtaine d’extraits des oeuvres d’Offenbach accompagnent l’intrigue dans un déluge de surprises. D’Orphée aux enfers jusqu’à La Périchole en passant par La Fille du Tambour Major, c’est à un large panorama de sa riche oeuvre qu’assiste un public enthousiaste. Chaque extrait sert une avancée des rapports entre les personnages, d’abord surpris et inquiets de se rencontrer avant de se chercher, de s’amadouer et de finalement se séduire.
Nina Uhari (en alternance avec Erika Guiomar ou Sophie Teulon) accompagne au piano les interprètes dans un déferlement de mélodies chantantes. L’énergie déployée force le respect et met en valeur le texte et la mise en scène d’Yves Coudray. Réparties croquignolettes, algarades humoristiques, chaque péripétie provoque de francs sourires voire de tonitruants rires qui garnissent chaque salve d’applaudissements concluant les prestations. Et même si Offenbach n’est pas de la plus éblouissante actualité, le numéro de duettiste emporte l’adhésion générale malgré le côté suranné de l’opérette.
Ces jeux de l’amour et d’Offenbach soulèvent l’adhésion devant l’énergie déployée par les acteurs en état de grâce. Humour et émotion empreignent ce moment de théâtre musical d’un engouement enjoué.
Dates : du 13 septembre au 6 novembre 2016 Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Yves Coudray Avec : Edwige Bourdy, Jean-Michel Séréni, Nina Uhani
Un mardi en novembre au Guichet Montparnasse : un mort et une famille à la dérive
Tous les vendredis et samedis à 19 heures, le théâtre Le Guichet Montparnasse accueille un quatuor de comédiens (Ghislain Geiger, Julien Séchaud, Juliette Stevez et Annie Vergne) pour jouer Un mardi en novembre.
Un rendez-vous familial
C’est un rendez-vous de famille que même les morts n’ont pas voulu manquer. Eva, comédienne acerbe et fière a quitté la scène brutalement il y a cinq ans. Avec son fils aîné, Aurélien, leur relation a toujours été soit tumultueuse soit silencieuse et accusatrice. Pianiste reconnu qui a arrêté net sa carrière, cet homme tourmenté va se confronter à sa mère. Mais sa visite inopinée après un long éloignement ne doit rien à l’amour, c’est sur la demande de Lisa, sa cousine, qu’il est venu. Lisa, femme dévouée, s’occupe de sa tante Eva depuis longtemps au lieu de s’occuper d’elle. Elle a assisté au déclin de la santé d’Eva que la maladie d’Alzheimer commence doucement à ronger.
Les trois personnages sont hantés par un même passé : la mort de Samuel, le plus jeune fils d’Eva. Enfant « différent », éternel enfant, Samuel va leur apparaître et tenter de les réconcilier, de les apaiser.
De l’amour, trop d’amour ?
L’histoire, finalement, est assez simple. Au début de la pièce, tout le monde est égaré et cache quelques rancœurs. A la fin, chacun a retrouvé son chemin et de la tendresse pour l’autre… C’est le monde des bisounours pour adulte. Un appel à s’aimer malgré tout, à mettre de côté son orgueil et à se parler. Une vision un peu naïve, un peu facile du monde. Peut-on vraiment réconcilié une famille déchirée ?
Un appel à s’aimer malgré tout
Parlons du mort, parlons de Samuel. Il va apparaître à tous les personnages un par un. Et mi magicien, mi psychologue, il va leur souffler des solutions, leur permettre de se libérer du poids de leurs non-dits et de leurs conflits. Sous le visage d’un enfant, c’est la paix qu’il leur apporte à chacun.
Julien Séchaud, en plus d’interpréter Samuel, est l’auteur de cette histoire de famille. Les dialogues sont beaux, poétiques, clairs et bien coupés. Des dialogues que les comédiens se sont appropriés avec succès. Ils font tous une belle performance.
Mais si l’histoire est prenante, elle traîne sur la fin. Et le dénouement « tout est bien qui finit bien » est un peu trop facilement amené. Enfin tout est bien… Eva continue à décliner et à se battre contre sa maladie mais les enfants sont finalement heureux. Si les parents finissent effectivement toujours par mourir pas sûr, en revanche, que les enfants arrivent toujours à s’épanouir. Mais le théâtre peut être porteur d’espoir après tout.
C’est un bon moment à passer qui pourra faire résonances à vos propres histoires de famille. La salle était pleine, alors pour assister à Un mardi en novembre, n’arrivez pas à la dernière minute si vous voulez avoir de bonnes places où simplement de la place !
Dates : du 2 septembre au 17 décembre Lieu : Le Guichet Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Annie Vergne Avec : Ghislain Geiger, Julien Séchaud, Juliette Stevez et Annie Vergne
Son of Light / Noisy Blast : l’album concept de Mat3r Dolorosa
Album concept à l’oxymore prononcé, Son of Light / Noisy Blast fait naître de méandres sombres et tortueux une lumière évocatrice. L’artiste producteur lyonnais Mat3r Dolorosa propose un deuxième album dense et puissant, dont le titre fait référence au poète anglais John Milton et à son poème sur le mythe chrétien du jardin d’Eden « Le Paradis perdu ». Un album bicéphale et elliptique où s’entrechoquent des instrus élaborés aux confins de l’abstract hip-hop et de l’électro. Retroaction donne le là. Ce premier titre introduit la construction complexe et réfléchie d’un récit musical maitrisé. Voyons donc les titres dans leur ordre d’apparition.
Une oeuvre architecturale nourrie de contraires
L’explosion de Paradise, débordant d’effets sonores percutants, précède ensuite l’inévitable Décline, beaucoup moins digeste pour les oreilles. Black Memories ouvre un nouveau chapitre, avec une énergie différente qui annonce enfin la renaissance : le Son Of Light, pierre angulaire de l’album. On bascule ensuite vers de nouvelles sonorités, plus claires (bien que Claro soit plutôt anxiogène), plus lumineuses mais toujours aussi intenses. Parfois à l’extrême.
Que ce soit dans le temple de My Little Chapel, dans How We Pray For Her ou dans Pagan, on s’aperçoit que Son of Light / Noisy Blast est une oeuvre architecturale nourrie de contraires. La lumière puise sa force dans l’ombre qu’elle projette.
Un album parfois tortueux mais cohérent et structuré qui porte la signature Mat3r Dolorosa. A découvrir le 23 septembre.
Pablo Escobar est le personnage ciné du moment. Campé sur grand écran par le troublant Bénicio del Toro dans le finalement moyen Paradise Lost, proie inapprochable dans l’actuel Infiltrator au cinéma, il fascine scénaristes et réalisateurs par son incommensurable réussite suivie d’une chute aussi brutale que vertigineuse. 7ème fortune mondiale au coeur des années 80, il a construit un édifice considérable pour devenir l’unique importateur de cocaïne aux Etats-Unis. De quoi s’attirer les foudres de l’administration américaine et du couple présidentiel. Narcos raconte son existence dans un biopic exaltant. Et la série tient en haleine comme rarement.
Narcos en trois mots : exécutions, intimidation, massacres.
La série aurait pu durer 6 saisons rien qu’avec le contenu de ces 2 saisons. Hyper denses, travaillées à l’extrême, elles contiennent tous les ingrédients du thriller à grand spectacle. Là où beaucoup de séries se contentent trop souvent de délayer pendant de longues saisons, Narcos synthétise en deux saisons l’ascension puis la traque d’Escobar. Avec un matériau sans équivalent : la réalité. Comment Pablo a créé le Cartel de Medelin en réunissant autour de lui les barons de la drogue, comment il a tenté de se faire élire député, comment il a semé la terreur en Colombie. La série ne manque ni de rythme ni de scènes qui font froid dans le dos. Exécutions, intimidation, massacres. Tout cela est vrai.
La scène d’attaque du palais de justice à Bogota, par exemple, parait tellement incroyable qu’on ne peut imaginer que cela se soit réellement produit. Et pourtant. 100 morts, un impact sur le pays entier. Tout cela est l’oeuvre de Pablo Escobar. Avec un tel terreau, difficile de se louper. Et la série réussit à maintenir la tension en alternant entre mine patibulaire du narcotrafiquant et exactions à la chaine. Coups de fusils mitrailleurs et machettes aiguisées pullulent…
Plata o plomo
La saison 1 se concentre sur l’organisation du cartel, de la production à la distribution en passant par tous ces faciès de serial killer. Luis Guzman fait un baron de la drogue psychopathe assez crédible. Quand il lâche plata o plomo (l’argent ou le plomb), il ne donne pas envie de rigoler. Les autres comparses ont l’air tout autant déterminés à faire fructifier un trafic inimaginable. Des tonnes de cocaines, des montagnes de billets verts, le pays de cocagne. Sauf que face à eux se trouvent deux agents déterminés à les contrer. Les personnages véridiques de Javier Pena (Pedro Pascal) et Steve Murphy (Boyd Holbrook) servent de fil rouge à une traque impitoyable. Ils assistent les autorités colombiennes pour amoindrir, détruite et traquer Pablo. Humains et faillibles, ils patinent pendant longtemps avant quelques maigres succès. mais ils resserrent l’étau, inexorablement.
Et que dire de l’interprétation de l’acteur brésilien Wagner Moura en Pablo Escobar ? Si sa ressemblance n’est d’abord pas si criante que ça, il parvient à personnifier les doutes et l’implacable volonté du truand colombien. L’alternance d’images d’archives montre le vrai Pablo. A moto, pris en photo par la police, au milieu de ses somptueuses propriétés avec zèbres et flamants roses, il montre qu’Escobar n’est jamais rassasié, jamais arrivé. Il veut toujours plus et surtout se faire aimer. Il y parvient d’abord en construisant un quartier entier et en distribuant la plata. Avant de s’imposer par la terreur et de perdre ses alliés les uns après les autres. Un vrai exemple psychanalytique qu’adorerait Sigmund Freud. Bipolaire ? Schizophrène ? Syndrome de toute puissance ? Syndrome de persécution ? Il ordonne autant qu’il est personnellement capable de tuer un homme à mains nues…
Une saison 2 longuette ?
La série est un modèle d’équilibre. Pas un épisode sans son coup de théâtre, le rythme est perpétuellement garanti dans une farandole d’exécutions et d’arrestations. La saison 2 pourrait paraitre longuette. Pablo est caché, traqué, Los Pepes élimine tous ses alliés. Mais non, on reste aux aguets, toujours friand de coups de théâtre. Et comme Pablo Escobar est également très proche de sa famille, les images du bonheur familial altéré par la traque rythment le film. Même au fond du trou, le personnage garde sa volonté de fer, malgré l’étau qui se ressert et le nombre en constante diminution de ses alliés. La chute est inéluctable, cruelle et pourtant juste. On sort rassuré de la saison 2. Oui, les ordures aussi peuvent ne pas s’échapper…
Alors question : la saison 2 est-elle au niveau de la saison 1 ? Je dirais que non même si elle reste à un niveau tout à fait honorable. J’ai avalé les 10 épisodes aussi vite que possible. Signe que cette série fascine tant par son ampleur que par son impeccable réalisation. C’est un signe.
A suivre dans une troisième saison qui tentera de poursuivre l’aventure Narcos sans Escobar.
Loin d’un simple biopic de Pablo Escobar, Narcos retrace la lutte acharnée des États-Unis et de la Colombie contre le cartel de la drogue de Medellín, l’organisation la plus lucrative et impitoyable de l’histoire criminelle moderne. En multipliant les points de vue — policier, politique, judiciaire et personnel — la série dépeint l’essor du trafic de cocaïne et le bras de fer sanglant engagé avec les narcotrafiquants qui contrôlent le marché avec violence et ingéniosité.
Sortie : 2015 / 2016 Durée : 2 x 10 épisodes Créé par : Chris Brancato, Eric Newman, Carlo Bernard Avec : Wagner Moura, Pedro Pascal, Boyd Holbrook Genre : Drame, Policier, Biopic, Thriller
Infiltrator, film de Brad Furman, Copyright ARP Sélection
Infiltrator rejoue la chasse au Pablo Escobar
Infiltrator sème le doute. Le nom du film sonne comme Terminator ou Prédator et évoque le blockbuster à la sauce survitaminée. Alors que ce très honnête thriller américain évoque surtout la chasse au narcotrafiquant colombien au coeur des années 80. Avec méthode et un Bryan Cranston toujours aussi impérial.
Pablo Escobar est le personnage cinéma du moment. Benicio del Toro l’a magnifiquement interprété dans le finalement moyen Paradise Lost. Wagner Moura le campe avec talent au cours de 2 passionnantes saisons de Narcos. Infiltrator l’invoque à tout bout de champ sans jamais vraiment l’apercevoir. A la tête d’une fortune de plusieurs milliards de dollars, 7e fortune du monde au milieu des années 80, il diligente l’importation de la cocaïne aux Etats-Unis via sa plateforme de Miami. Un organigramme lui permet de régner sur la drogue si prisée des fêtards américains. Mais les services fédéraux américains règnent et vont tenter de démolir l’édifice.
Bryan Cranston est l’agent infiltré qui sacrifie sa vie pour cohabiter avec les trafiquants et gagner leur confiance. Son imperturbable faciès a été suffisamment travaillé au cours de 5 inoubliables saisons de Breaking Bad pour faire immanquablement merveille. Imperturbable même s’il frissonne intérieurement, il échappe aux règlements de compte et intimidations pour démanteler la sinistre organisation. Les 2 heures de film alternent entre moments de tension et plages de calme dans une mise en scène brillante à l’occasion. Brad Furman a tenté l’originalité dans quelques scènes marquantes comme l’arrivée de ce banquier légèrement extravagant ou le plan séquence de mariage. De quoi donner une belle ampleur au film. En invoquant Le Parrain 2 avec un bel art du suspense, le thriller se laisse très bien regarder.
Ce thriller a beau utiliser des codes éculés, il le fait avec brio et remplit le contrat. Faire frissonner et tenir en haleine. N’est-ce pas l’objectif ? Quant à Pablo, on sait comment il a fini. Mal.
L’agent fédéral Bob Mazur a pour mission d’infiltrer le cartel de drogue de Pablo Escobar. Son but : faire tomber 85 barons et une banque internationale. Son plan : s’inventer un passé, une identité, une fiancée. Son risque : le moindre faux pas lui serait fatal.
Sortie : le 7 septembre 2016 Durée : 2h07 Réalisateur : Brad Furman Avec : Bryan Cranston, Diane Kruger, John Leguizamo Genre : Thriller
I Love Piaf, mise en scène de Jacques Pessis, Théâtre Edgar
I Love Piaf donne le frisson au Théâtre Edgar, à Paris.
I Love Piaf n’est rien de moins qu’un sommet de spectacle musical. L’émotion est à son comble quand retentissent ces airs si connus que toute la salle entonne avec entrain. Conteur, chanteuse et accordéoniste font revivre le mythe Edith Piaf sur la scène du Théâtre Edgar avec truculence. De sa jeunesse tourmentée à son succès fulgurant en passant par ses inoubliables chansons, c’est tout un pan de l’histoire de France qui ressurgit et transporte l’audience.
Le personnage est mondialement connu, voire familier. Une véritable légende entoure ce petit bout de femme à la voix si puissante et un film récent a fait triompher son interprète pour une carrière hollywoodienne flamboyante. Et pourtant, l’existence d’Edith Piaf regorge de secrets à découvrir. Jacques Pessis campe ce conteur à la connaissance encyclopédique qui accumule les anecdotes sur Edith Giovanna Gassion, orpheline élevée dans la rue dotée d’un organe vocal saisissant et devenue une star internationale. Pour mettre les mots en musique, Caroline Rose entonne les classiques interprétés ou composés par la Môme Piaf. La taille de la salle autorise une proximité qui avive d’autant l’envie de chantonner que de partager le moment. D’autant qu’Aurélien Noel accompagne la chanteuse avec son accordéon pour un véritable frisson qui parcourt tout le corps.
I Love Piaf, c’est avant tout de l’émotion pendant 1h30 de spectacle mené tambour battant. Cette existence romanesque contient tous les ingrédients d’une légende, souvent extatique, parfois déchirée mais menée toujours à 100 à l’heure. L’alternance d’explications brèves mais percutantes avec les interprétations habitées donne envie d’écouter du Piaf dès la pièce terminée. Le Titi parisien le dispute à la répartie à la volée, la gouaille est permanente et l’alternance la règle. Un morceau de Rock’n’Roll ou l’évocation de figures du Paris des années 30 font replonger dans une époque oubliée. Les noms de Jean Cocteau, Yves Montand ou Marcel Cerdan raisonnent comme des fantômes du passé.
Le spectacle se clôture avec une salle chantant en coeur avec Caroline Rose tandis que tous tapent dans les mains en rythme. Succès total pour cette reprise déjà évoquée dans une de mes chroniquessur Publik’Art. Cette version sous-titrée en anglais rencontrera certainement le même succès !
Dates : A partir du 10 septembre 2016, le samedi à 17h et dimanche/lundi à 20h Lieu : Théâtre Edgar (Paris) Metteur en scène : François Chouquet Avec : Jacques Pessis, Caroline Rose ou Laura Chevalier, Aurélien Noël
Injuriez-vous ! Du bon usage de l’insulte : « pédé« , « chienne » & Cie (La Découverte)
« Fils de pute », « pédé », « chienne »… La vulgarité dans toute sa banalité. Voilà dans quel pétrin Julienne Flory s’est volontairement jetée. Avec Injuriez-vous !, elle nous emmène découvrir l’envers du décor des insultes. Un sens caché ? Une profondeur insoupçonnée ? Ont-elles d’autres raisons d’être que de blesser ?
Insultons-nous mais insultons-nous bien
Ce livre est gentiment subversif. Il nous apprend à manier l’injure pour ne pas se tromper ni de cible ni d’effets. Ce serait dommage. Insulter est un art, cela se travaille. L’analyse du contexte, du statut social et de la personnalité de l’interlocuteur permettront de choisir le nom d’oiseau le plus approprié. Alors injuriez-vous ! Mais s’il vous plaît, faites ça bien !
Ouvrir ce livre, c’est pénétrer dans un monde étrange. Car, à force d’étudier les injures, Julienne Flory les considère presque tendrement. Non, les insultes ne salissent pas la langue française. Elles en font partie et il faut les accepter plutôt que de les chasser à tout prix. Elles font sa diversité et sa jeunesse, son renouvellement même. Un point de vue que les amoureux de la langue française auront sûrement du mal à avaler. Le débat est ouvert.
Oublier les vieilles traditions langagières désuètes, Julienne Flory propose de vivre avec son temps. La beauté de la langue, l’idéal d’une langue poétique et irréprochable… Du passé ! Alors Injuriez-vous ! Oui, c’est blessant, oui, c’est humiliant mais en les utilisant, on casserait les codes, on affirmerait sa différence, on s’écarterait de normes sociétales oppressantes.
Je t’aime – Moi aussi, mon petit bâtard
Ne ressentez-vous pas la tendresse des insultes ? Mais si… sous la surface ! Oui, « bâtard » renferme de l’affection ! Bien sûr « mon petit bâtard »…
Pour réhabiliter les insultes, Julienne Flory a fait fi de leur part d’ombre pour s’approcher de leur part de lumière. A l’intérieur d’un même groupe social, s’injurier peut être une façon pudique de se dire son amour ou son amitié. Aux Etats-Unis, la communauté afro-américaine s’auto-désigne comme « nègre ». Terme autrefois péjoratif, ils lui ont donné une nouvelle vie, ils ont stoppé son pouvoir de nuisance en se l’appropriant.
L’étymologie des insultes, leur misogynie, leur pourvoir… Dans un style fluide et sans s’attarder, Julienne Flory décortique l’injure. Adoptant un point de vue étonnant, presque dérangeant puisqu’elle les défend également. Un livre bien documenté qui ne s’enfonce pas dans une analyse sans fin au risque de perdre le lecteur. On se divertit un peu, on apprend un peu et on se pose des questions.
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« Fils de pute », « nique ta mère », « sale chien », « connasse », « pédé » : pourquoi insulte-t-on ? Dans quels cas les injures sont-elles efficaces ? Comment peuvent-elles aussi rater leur cible et se retourner contre celui qui les profère ?
Injurier, c’est chercher à humilier. Ce livre pourrait certes nous apprendre à « bien injurier », mais il pourrait aussi nous aider à résister à la violence des mots. Celui qui veut injurier efficacement doit se faire apprenti sociologue ! Car les injures renferment des mystères plus profonds qu’il n’y paraît à première
vue. Elles tendent à nous assigner un rôle, à nous définir. Elles recèlent un réel pouvoir magique : celui qui est nommé peut se reconnaître, et trouver ainsi une nouvelle manière d’exister et… de se révolter.
Ce livre explore une variété d’injures et d’insultes courantes aujourd’hui. À chaque fois, il en reconstitue le contexte et le sens. Il propose ainsi un parcours amusant, plein de péripéties et d’aventures dans un monde pas toujours reluisant qui est pourtant le nôtre. C’est aussi un livre d’espoir pour un avenir meilleur.
Date de parution : mai 2016 Auteur :Julienne Flory Editeur : La Découverte collection Les Empêcheurs de penser en rond Prix : 13 € (160 pages) Achetersur : Amazon
Sur l’île, une prison, un livre carcéral de Maurizio Torchio (Denoël)
Maurizio Torchio, écrivain italien, nous livre un récit surprenant sur la vie carcérale. Sur l’île, une prison raconte la vie carcérale, dans ses moindres détails, à travers un homme condamné à perpétuité.
On a tous vu des films sur les prisons et on imagine un peu la vie quotidienne en prison. Mais avec le livre de Maurizio Torchio, le lecteur est plongé au cœur du quotidien des prisons, et également des pensées intimes des prisonniers, et plus particulièrement d’un prisonnier. On devient à part entière un homme privé de toute liberté. Toro est en prison pour avoir séquestré la fille d’un patron, surnommée La Princesse du café. Il nous raconte comment il a surveillé cette otage, des jours et des nuits, sans jamais la toucher. Et une fois en prison, il a littéralement pété un câble et a fini par tuer un gardien. Il se livre de façon intime sur sa vie carcérale, enfin le peu de vie qu’il a à l’intérieur de la prison. On en connaît les moindres détails, qui n’ont aucun point commun avec la vie en-dehors de la prison. C’est presque inimaginable.
[…] Ceux qui disent que les visites sont une torture disent une connerie, et ils le savent. Y compris moi. Il ne faut pas l’oublier, parce que quand on se plaint trop on risque d’en venir aux mains avec ceux qui, peut-être, ont des enfants qui refusent de leur répondre au téléphone depuis dix ans.[…] p.168
Les gardiens ont aussi une vie comparable à celle des prisonniers, même s’ils sont de l’autre côté. L’auteur, Maurizio Torchio, arrive à nous capturer par cette vie désespérée mais qui reste quand même la vie. On se sent « étouffé » par tant de manque de liberté, manque de tout, presque un manque d’oxygène. Quand Toro parle de la place des femmes dans les prisons, cela donne la chair de poule.
Que cherchent-elles, en ces hommes qui les ont laissées seules ? Des belles femmes, qui attendent des heures pour les enlacer un instant. Et elles reviennent, elles reviennent, elles reviennent. Des hommes qui ne pourraient jamais subvenir à leurs besoins. Mais ces femmes semblent se moquer de l’avenir ou du passé. […] p. 161
C’est à la fois presque inhumain et en même temps, tellement humain que c’en est troublant. A travers ce condamné à perpétuité, l’auteur met l’accent sur les contradictions même de l’homme. Incohérence du système, certes, mais aussi incohérence chez l’homme.
Mais jamais de jugement, de morale, juste des faits et des descriptions d’une situation, hélas, bien réelle.
[…] J’ai peur. J’ai honte de le dire. Pourtant si je ne le disais pas, j’aurais encore plus honte. J’ai peur parce que j’ai de l’espoir. Parce que, de façon absurde, j’ai l’impression d’avoir encore quelque chose à perdre. C’est vrai que je suis condamné à perpétuité sans remise de peine, mais les lois changent… Et puis, il y a toujours la grâce. […] p.205
Un très beau livre à découvrir, sans préjugé, juste à découvrir la vie autrement, la vie derrière les barreaux…
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Trad. de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza
Depuis le tréfonds d’une cellule s’élève une voix. Celle d’un homme emprisonné pour avoir enlevé la fille d’un patron local, surnommée «la Princesse du café». Le jour où il tue un gardien, il est alors condamné à perpétuité et décide de tout raconter : les relations entre gardiens et détenus, les rivalités et la solidarité entre les prisonniers eux-mêmes. Il décrit la nourriture, le sexe, le monde extérieur, l’attachement désespéré aux objets, les jours et les nuits qui se confondent – tous les détails, même les plus infimes, sont rapportés avec une minutie sans pitié. Sur l’île, une prison est un roman puissant et hypnotique qui plonge le lecteur dans un univers où l’espace et le temps, le bien et le mal, la lâcheté et le courage tels qu’on les connaît n’ont plus cours. À l’image d’Un prophète de Jacques Audiard, Maurizio Torchio nous livre un récit fascinant et inoubliable, dépourvu de tout jugement ou complaisance, sur la vie carcérale.
Date de parution : le 25 août 2016 Auteur : Maurizio Torchio Editeur : Denoël Prix : 16 € (256 pages) Achetersur : Amazon
Sacha Wolff réalise un film, Mercenaire, soit disant sur le rugby. Mais c’est une fiction, bien sûr. En fait, il s’attache surtout aux mœurs wallisiennes, bien différentes des nôtres. L’histoire est centrée sur un personnage, Soane, un wallisien pure souche et rugbyman qui rêve de devenir un grand.
Le synopsis est simple. Abraham repère Soane et propose à son père de l’envoyer en Métropole pour devenir un grand joueur de rugby. Là-bas, il gagnera beaucoup d’argent et pourra en envoyer à sa famille.
Mais la vie n’est pas si simple pour Soane, interprété par Toki Pilioko, vrai joueur de rugby et pas du tout acteur professionnel. Il semblerait que Sacha Wolff ait voulu faire un film sur le rugby, le monde du sport et montrer de très près un vrai joueur de rugby. Sans oublier Wallis qui apporte une touche toute particulière au film. Soane vit dans un squat, à Nouméa, avec sa famille. Son père abuse de son autorité et sème la terreur et la violence autour de lui.
Bien sûr, vu sous cet angle, le film Mercenaire paraît intéressant. Mais la violence et l’agressivité dominent le film. C’en est insupportable.
On peut regretter aussi que le film Mercenaire ne soit pas davantage centré sur la mentalité d’un club de rugby, ses exigences et son savoir-vivre. On voit davantage Soane se faire tabasser, sous tous les angles, encaisser les coups, avec une violence animale, et se doper pour tenir le coup ou être plus rentable pour le club. Un joueur de sa propre équipe a même tenté de le tuer ! Bien triste image d’un sport d’équipe, d’un sport fraternel avec de hautes valeurs morales…
Les rugbymen ne vont pas apprécier cette image de violence véhiculée par ce film. Dommage, vraiment dommage… Film classé par Publik’Art sans beaucoup d’intérêt ! Mercenaire a reçu un Prix à La Quinzaine des réalisateurs 2016 et a eu une nomination au Festival du Film Francophone d’Angoulême 2016.
Soane, jeune Wallisien, brave l’autorité de son père pour partir jouer au rugby en métropole.
Livré à lui-même à l’autre bout du monde, son odyssée le conduit à devenir un homme dans un univers qui n’offre pas de réussite sans compromission.
Sortie : le 5 octobre 2016 Durée : 1h44 Réalisateur : Sacha Wolff Avec : Toki Pilioko, Iliana Zabeth, Mikaele Tuugahala Genre : Drame
Après « Cook it cool ! – Violences en cuisine » en novembre 2014 et « Tous au bistrot », le 17 novembre 2015, Le Fooding s’engage à nouveau le 24 septembre 2016 en créant l’événement avec San Pellegrino, son partenaire historique.
« Plats de Résistance » ? Un événement agit’popote pour une gastronomie humaniste.
« Plats de Résistance » ? Cinq services pour inviter à la découverte du goût des autres.
« Plats de Résistance » ? Un casting melting popote pour cuisiner la recette du vivre ensemble.
L’eau minérale pétillante de toutes les gastronomies, des plus authentiques aux plus sophistiquées, ne pouvait qu’adhérer à la cause de ce grand banquet festif et international, qui montrera combien la cuisine est un extraordinaire « liant social », avec des chefs français plus singuliers les uns que les autres, et des star chefs de toutes origines.
Au casting du Grand Fooding S.Pellegrino 2016, donc, des super cuistots, artisans et restaurateurs philanthropes, venus du monde entier, engagés dans des causes humanistes et prêts à user de leur talent pour porter des valeurs de partage et de plaisirs simples. Parmi lesquels :
– Yotam Ottolenghi et Sami Tamimi (Ottolenghi, Londres), symboles d’une amitié et collaboration entre Israéliens et Palestiniens
– Pierre Gagnaire (Restaurant Pierre Gagnaire, Paris), parrain pendant plusieurs années d’une initiative gouvernementale d’un programme de réinsertion par la cuisine
– Franck Baranger, (Le Pantruche et Caillebotte, Paris) qui partage son succès en animant des ateliers cuisine pour le Secours Populaire
– Kamal Mouzawak (Souk El Tayeb et Tawlet, Beyrouth) qui célèbre la diversité des producteurs, fermiers et cuisiniers libanais
– Jessamyn Rodriguez (Hot Bread Kitchen, NYC), dont la boulangerie sociale emploie des femmes de minorité
– Céline Pham, chef franco-vietnamienne qui collabore avec l’association Ernest pour lutter contre le gaspillage alimentaire, et soutenir les plus démunis
– Aman Jaspal et Sameena Jaspal (Sarhad, Punjab), qui promeuvent la paix et l’amitié dans leur restaurant situé à la frontière indo-pakistanaise
– Regina Tchelly (Favela Organica, Rio de Janeiro), qui aide les habitants de favelas à cultiver, cuisiner et se nourrir différemment en luttant contre le gaspillage alimentaire
– Niki Kopcke et Roberta Siao (Mazi Mas, Londres) qui donnent une chance aux femmes immigrées en les employant pour les aider à se réinsérer socialement
– Xavier Zapata (Café des Méditerranées, Marseille), son restaurant géré par l’association Cumin promeut les produits et cuisine de la Méditerranée, et donne une chance à des jeunes en contrat d’insertion, en salle et en cuisine
Save the date : la billetterie ouvre le 15 septembre sur le site du Fooding !
Grand Fooding S.Pellegrino 2016 – Plats de Résistance – Infos pratiques
Date : le 24 septembre, dans la foulée de la journée internationale de la paix, pendant la street expo de Martin Parr « Faites l’amour et la cuisine, pas la guerre » organisée par L’Unesco et Le Fooding – renseignements sur demande.
Lieu : La Générale, 14 avenue Parmentier (11ème) Capacité : 1 000 places, en cinq services Réservations : le 15 septembre sur lefooding.com Entrée : 40 € (hors frais de billetterie).
Sur chaque menu payé 5 € seront reversés à SOS MEDITERRANÉE, association civile et européenne de sauvetage qui porte assistance aux personnes en détresse en mer Méditerranée – L’Aquarius c’est eux!
Myriam Boyer et Jean Benguigui dans un face à face intense pour « Le Chat » de Simenon
En 1967, paraît ce roman, Le chat, signé du prolifique écrivain qu’était Georges Simenon et dont l’adaptation au cinéma par Pierre Granier-Deferre vaudra à JeanGabin et Simone Signoret, d’incarner un couple maléfique, gangréné par l’usure, pour un duo aussi glacial que cruel.
Adapté pour la première fois au théâtre, Myriam Boyer et JeanBenguigui reviennent à la version initiale du livre où la guerre qu’ils se livrent se nourrit de leur différence sociale, du poids des souvenirs et de leurs idéaux inconciliables. Un affrontement aussi noir que jubilatoire.
Le Chat, c’est donc l’histoire de deux veufs que tout oppose et qui unissent leurs solitudes sur un malentendu, entre désespérance et intérêt.
Emile est un ouvrier à la retraite, rustique et dépourvu d’éducation tandis que Marguerite appartient à la bourgeoisie cul-béni provinciale mais déclassée, suite à la perte de la biscuiterie familiale.
Ils ont du mal à vivre seuls plus qu’ils n’ont d’élans passionnés, de projets communs et d’affinités électives. Leur mariage célébré va rapidement tourner court et laisser place à l’indifférence et aux ressentiments. Chacun devenant le bourreau et la victime de l’autre.
Un affrontement aussi noir que jubilatoire
La mise en scène rythmée de Didier Long explore avec finesse la psychologie des personnages avec ses attentes, ses failles et ses contradictions.
Où par un procédé de flash-back se déroule leur rencontre pleine d’espoir, la désillusion de la vie commune et le point de rupture qui cristallise le temps présent avec les hostilités déclarées lorsque le chat de l’un et le perroquet de l’autre, deviennent les victimes collatérales de leur affrontement implacable.
Une guerre silencieuse, sournoise et froide où la parole a laissé la place à des échanges délétères sous forme de petits bouts de papiers laconiques interposés et à une délimitation cloisonnée de l’espace commun.
Jean Benguini et Myriam Boyer sont criants de vérité, au plus près de cette condition humaine confrontée à ces manques et à cette incompréhension destructible face à l’autre.
La fuite en avant se décalque aussi sur la fin d’un monde où les promoteurs sont à l’oeuvre pour construire de nouveaux immeubles et faire table rase du quartier populaire de Marguerite qui en refusant de vendre sa maison et par la même se résoudre à son déracinement, s’expose chaque jour à la menace d’un chantier de plus en plus envahissant et opressant.
Un spectacle accompli porté par une adaptation inventive.
Adieu les plages d’été, les vacances bucoliques dans une nature luxuriante. Retour au béton bien dur de nos villes, grandes ou petites. La rentrée est déjà derrière nous. Oui, mais voilà, le bitume a aussi du bon quand on voit ce que la team New Balance est capable de faire. Bon, ce run se passe en Espagne et fleure bon le soleil mais tout de même, ça donne envie de ressortir sa board et de se défouler comme il se doit en attendant lundi !
Une vidéo pour se faire plaisir et se consoler :
Et en bonus, ce petit record du monde de Nollie Flip :
La GourmiBox, qu’est ce que c’est exactement ? C’est l’opportunité de découvrir chez soi 5 à 7 produits d’épicerie fine, sélectionnés pour leur qualité et leur originalité. Chaque mois, des saveurs différentes et des idées recettes à cuisiner chez soi en toute simplicité.
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Pour vous faire saliver, voici le contenu de la box d’août :
des gressins aux sésames
de la terrine de rillettes au citron vert et au gingembre
de la crème de pousses de navets
250 grammes d’oriechiette
un mélange de graines (lin doré, graines de chia, graines de chanvre)
un dessert poires et framboises
deux fiches recettes
un livret d’explications concernant les produits
1 de 4
Contenu de la GourmiBox du mois d’août 2016
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La GourmiBox, c’est un peu la box montante du moment. Les français sont friands de bonnes découvertes gustatives et nous aussi, alors on a testé.
La box est reçue rapidement, dans un emballage bien soigné qui garantit la bonne réception des produits. A première vue, elle semble très lourde. On a hâte de découvrir ce qu’elle nous réserve. Le packaging de la box est sympa, même s’il manque peut-être d’un peu de couleurs par rapport à ses concurrents. Les produits à l’intérieur sont bien protégés par des papiers absorbeurs de chocs. On arrive tant bien que mal à y trouver les produits, mais cela rajoute un peu de piquants à cette découverte, c’est un peu comme une pêche à ligne le jour d’une fête foraine.
Comme promis dans le descriptif, 6 produits nous sont présentés, avec ses deux fiches recettes et le petit livret de présentation. On s’attarde sur chaque produit face à des intitulés originaux. Que pourra-t-on faire avec ce mélange de graines particulières ? Qu’est ce donc cette crème toute verte aux saveurs italiennes ? Ni une, ni deux, on se jette sur le livret pour découvrir les descriptions et on s’imagine déjà autour d’un bon repas. Pour avoir goûté tous ces produits, ils sont raffinés et nous font passer de bons moments. On se retrouve néanmoins très surpris avec le dessert sucré …. trop sucré. Mais les goûts et les couleurs cela ne se discute pas.
Ce que l’on regrette dans cette Gourmibox, ce sont les quantités ; le dessert est tout petit, les pâtes ne nourriront que deux estomacs, et si malheureusement la famille est nombreuse, et bien il faudra se battre devant tant de découvertes.
C’est donc sûrement cela le gros point noir de cette box : la quantité. Les produits sont de très grande qualité, mais par conséquent pour le prix, et bien il faudra se contenter de petites bouchées.
A noter le très bon point de la Gourmibox pour son esprit écolo : pour un nouvel abonné, un arbre planté : Si ce n’est pas formidable 😉
Amanda Knox face caméra dans le prochain documentaire Netflix
Amanda Knox : le nouveau film documentaire attendu sur Netflix
Amanda Knox, c’est l’intitulé peu bavard du prochain documentaire coup de poing signé Netflix. Après la série Making a Murderer, qui dépeçait une sombre histoire policière en remontant une enquête qui avait aboutie à la condamnation de Steven Avery, c’est au tour d’Amanda Knox, soupçonnée du meurtre de sa colocataire Meredith Kercher en Italie d’entrer dans l’arène.
La jeune femme avait été condamnée (avec son ex-copain) à 26 ans de prison en 2009 avant d’être acquittée en appel en 2011. Affaire à multiples rebondissements, l’arrêt d’appel avait été cassé et suivi d’une nouvelle condamnation à 28 ans de prison en 2014 avant un dernier acquittement en 2015.
Le meurtre de Meredith Kercher a été l’une des affaires policières les plus médiatisées de ces dernières années. La principale suspecte se livrera face caméra dans ce documentaire qui porte son nom. Ce sera à vous de vous faire votre propre opinion.
Eight days a week, film de Ron Howard, Copyright Studiocanal GmbH / Apple Corps Ltd
Eight Days a Week ou la Beatlemania expliquée aux jeunes générations
Difficile d’imaginer aujourd’hui la folie furieuse que fut la Beatlemania entre 1962 et 1966. Eight Days a week fait revivre ces années fastes qui ont marqué l’histoire du XXe siècle en compilant images d’archives et interviews pour un récit fort en émotion. Ron Howard orchestre à la perfection ce documentaire qui ravira fans et béotiens. It’s been a hard day’s night…
Si les Beatles ont livré quelques uns des plus grands albums de l’histoire de la pop music, le groupe a surtout créé sa légende via des concerts enchainés à un rythme dantesque. Parfaitement en place, vêtu de costumes stylisés, coiffés au bol et chacun dans son rôle, les Beatles ont ravi les foules dès leurs premières apparitions. Après une année difficile à jouer au Cavern Club de Liverpool et à enchainer les concerts pour marins en goguette dans le port d’Hambourg, la Beatlemania a éclos comme par magie en 1962 avec leur premier simple Please please me. En enchainant les numéros 1 au Hit parade, les Fab Four ont construit leur légende.
En 1961, tout une génération de teenagers de l’après WWII n’attendait qu’un groupe comme les Beatles pour exprimer sa rage adolescente et laisser libre cours à son déferlement hormonal. Il faut voir ces images de concerts rendus assourdissants par les cris suraigus d’adolescentes en extase. 4 garçons propres sur eux, souriants, comiques et surtout rassurants pour les parents ont raflé la mise. Alors que ceux qui connaissent l’histoire sauront que les Beatles étaient beaucoup moins bien éduqués que les Stones visiblement plus voyous… Livrer des tubes numéros 1 semble avoir été une partie de plaisir. Love me do, I want to hold your hand, Can’t buy me love, chacune de ces chansons s’est imposée dans les charts avant la conquête des Etats-Unis, véritable graal de tout groupe décidé à mettre le monde à ses pieds.
Les 2h de documentaire sont un véritable plaisir de fans. Revoir les 4 scarabées à l’orée de leur vingtaine, hâbleurs, détendus, heureux de vivre chaque jour est un plaisir coupable. Surtout que dès 1965, la lassitude s’installe devant des débordements de plus en plus fréquents. Candestick Park en 1966 clôtura leur carrière scénique, ouvrant la voie à la réalisation d’albums devenus légendaires. Sergeant Pepper, White Album, Abbey Road, Let it be, certains ont rayé leurs cd’s à force de les écouter en boucle… c’est la bande son d’un groupe rentré dans la légende qui défile 2h durant, avec des images inédites clôturées par ce concert au Shea Stadium rendu audible par un fastidieux travail de mixage.
Peut être le documentaire définitif sur les Beatles de la belle époque, avant les tensions et la fin tragique du groupe. Voir les Beatles sur scène, ce devait être le moment d’une vie, comme le dit si bien Whoopi Goldberg avec force soupirs. Ces 4 blancs becs réussirent à unir les gens par delà leur âge et leurs différences, créant une universalité bienveillante et amicale. Belle performance…
Eight days a week tirera une petite larme aux beatlemaniaques tant la magie opère. Les connaisseurs pourront fredonner les tubes avec un large sourire. Ce documentaire est à voir absolument le 15 septembre en séance unique!
Jeudi 15 septembre à 20h, à l’occasion d’une séance unique au cinéma diffusé dans le monde entier, les spectateurs pourront se replonger dans les années 60 aux côtés du groupe légendaire à travers une expérience cinématographique inédite en exclusivité dans plus de 100 salles partout en France.
Avec des images rares et exclusives, The Beatles : Eight Days A Week – The Touring Years retrace les premières années de la carrière des Beatles de 1962 à 1966, marquées par les tournées incessantes à travers le monde. Des centaines de dates, des milliers de fans, des heures de concerts ont permis aux Beatles d’entrer dans la légende, mais aussi d’apprendre à se connaître, à se chercher, à se renouveler et à écrire ensemble toujours plus de chansons mythiques. Du Cavern Club de Liverpool à leur dernier concert au Candlestick Park de San Francisco, découvrez les Beatles comme vous ne les avez jamais vus et jamais entendus, à travers des enregistrements live et archives inédites.
Et spécialement pour cette soirée au cinéma, les spectateurs pourront vivre sur grand écran plus de 30 minutes inédites du concert du SHEA STADIUM de 1695 pour la première fois remasterisées ! Vous connaissez le groupe, pas leur histoire.
Sortie : le 15 septembre 2016 séance unique Durée : 2h00 Réalisateur : Ron Howard Avec : John, Paul, George, Ringo Genre : Documentaire
La Version Browning, Mise en scène Patrice Kerbrat, Théâtre de Poche Montparnasse
La Version Browning justifie les attentes placées en elle
La Version Browning se concentre sur un professeur de grec et de latin prêt à quitter son établissement suite à des problèmes cardiaques. 1h20 durant, le digne et méritant cacique chancelle face aux coups de butoir d’un entourage bien moins bienveillant qu’il ne croyait. Robes professorales, impeccables chignons et papier peint ringard ressuscitent l’atmosphère d’une Angleterre des années 40 plus vraie que nature. Les révélations foudroient le malheureux en même temps qu’elles déstabilisent une audience accueillie d’abord sur le ton de la comédie avant de se retrouver face à un drame social acerbe et sans concessions. 7 comédiens animent cette galerie de personnages avec une vraie science de la duplicité pour des effets qui font mouche à chaque fois.
Cette Version Browning ressemble à un safari dans la brousse. L’acharnement généralisé contre la bête blessée informe sur les natures humaines. Le professeur craint par ses élèves et respecté par ses collègues voit l’édifice patiemment échafaudé s’effriter inexorablement. Les racontars initiaux colportés par un élève, un professeur et l’épouse dévouée prennent rapidement vie dès son arrivée sur scène. Le professeur Crocker Harris est une caricature d’universitaire sans vie ni enthousiasme. Il méprise ses élèves et se soumet aux règles du campus avec la raideur d’un vieux dinosaure. Difficile de croire qu’un tel personnage puisse jamais remettre en cause ses propres principes ou les lois de l’établissement. Mais le zèle de chacun pour le mortifier va le révéler à lui même ainsi qu’à ceux qui le jugeaient trop fragile pour oser réagir.
La scène du Théâtre de Poche Montparnasse accueille un huit clos claustrophobique où chacun s’annonce par quelques coups sur une porte imaginaire comme pour annoncer une sentence. Les acteurs, Jean-Pierre Bouvier en tête, magnifient le texte de Terence Rattigan et défilent dans un rythme cauchemardesque. Si le texte traduit de l’anglais fait la part au classicisme suranné d’un temps révolu, les pantomimes laissent peu de doutes sur les intentions de la pièce. Cette critique d’une société profondément injuste et hypocrite sous des atours habilement policés fait froid dans le dos. Pensant récolter les fruits d’un dévouement de toute une vie, Crocker Harris saura conserver sa dignité face aux coups du sort. La scène aura beau devenir cette cellule condamnant le héros à une pénitence éternelle, son flegme changera la sentence en repentir serein.
Chacun se demande ce que cache le titre de la pièce. Quelle est cette fameuse Version Browning? Véritable talisman qui révèlera le professeur à lui même, il faut aller le découvrir pour en savoir plus…
La pièce surprend par son faux rythme et ses révélations en série. Le drame surpasse la comédie et maintient l’attention de spectateurs interloqués tout du long. Le ton n’est pas vraiment au divertissement, mais plutôt à la psychanalyse théâtrale.
Dates : à partir du 1er septembre 2016 Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Patrice Kerbrat Avec : Jean-Pierre Bouvier, Marie Brunel, Nikola Krminac
Vert émeraude, petit dernier d’une trilogie adolescente mitigée
Adaptation cinématographique du dernier tome de La trilogie des gemmes, Vert émeraude est un film fantastique réalisé par Felix Fuchssteiner et Katharina Schöde. Précédé des films Rouge Rubis et Bleu Saphir, il conclut donc cette saga adolescente allemande. Sortie prévue en DVD et Bluray pour le 21 septembre 2016.
Attention, scénario complexe ! Inutile déjà de s’attaquer à ce film si vous n’avez pas regardé les deux premiers. Mais tentons la synthèse. Gwendolyn est une lycéenne londonienne ordinaire tendance empotée. Un jour, elle découvre qu’elle peut voyager dans le temps en atterrissant, malgré elle, dans les années 1900. Hors de contrôle, son nouveau pouvoir l’effraie. Pour le maîtriser, elle doit se résoudre à intégrer la loge secrète, séculaire et très puissante du Comte de Saint-Germain. Là, elle y apprend qu’elle est le dernier des douze voyageurs du temps. Commence alors une aventure à travers les âges où, en compagnie de son beau et prétentieux partenaire, Gidéon de Villiers, elle devra accomplir de nombreuses missions et sauver sa peau.
Voilà le topo, enfin… L’introduction. Maintenant, que se passe-t-il plus précisément dans cet ultime opus ? Gwendolyn et Gidéon savent que la loge cherche à acquérir un immense pouvoir qui pourrait faire courir à l’humanité un grand danger. Pour en savoir plus et pour les contrer, ils vont affronter leurs ennemis dans le passé comme dans le présent. Sur leur route, ils vont également devoir se battre avec les sentiments qu’ils ont l’un pour l’autre.
copyright Concorde Filmverleih GmbH
Film d’amour, d’humour et d’actions, le combiné des trois aurait pu être heureux mais la réalisation est assez bancale. Trop de facilités dans le scénario, de retournements de situations improbables… Il est vrai que le défi n’était pas évident car l’histoire est dense (du fait de la riche imagination de son auteur, Kerstin Gier). La résumer sans l’abîmer était une difficulté qu’ils n’ont pas totalement surmontée, on se perd dans les dédales du scénario.
Bien que de peu d’ambitions, Vert émeraude est « mignon ». Une héroïne rafraîchissante et drôle, la folie des personnages secondaires, une idylle sympathique et mouvementée entre Gidéon et Gwendolyn… Bref, il y a de la matière et du rythme mais, jamais, ils ne réussissent à nous transporter complètement. Un pied dans l’imaginaire du film, l’autre reste posé sur terre.
Divertissant mais pas passionnant. Pour les adolescents mais pas pour un public exigeant. Vert émeraude ne restera pas comme un film du genre mais peut vous faire oublier le quotidien un instant !
Après avoir mis la main sur les notes du comte de Saint-Germain, Gwendolyn et Gideon en sont maintenant certains : la prophétie des voyageurs du temps n’était qu’une chimère destinée à servir les intérêts des veilleurs. Pire, l’humanité pourrait courir un grand danger si le pouvoir du Cercle de sang était libéré. Quel est ce pouvoir et pourquoi le Cercle cherche-t-il a s’en emparer depuis des siècles ? Quels mystères le chronographes peut-il encore cacher ? Les réponses, Gwen et Gideon devront les chercher dans le présent et le passé pour mettre définitivement fin aux activités du Cercle.
Sortie vidéo : le 21 septembre 2016 Durée : 1h52 Réalisateur : Félix Fuchssteiner et Katharina Schöde Avec : Maria Ehrich, Jannis Niewöhner, Laura Berlin Genre : Fantastique Acheter sur Amazon
Comancheria: braquer sa banque pour solder ses comptes (Festival de Cannes 2016)
Réalisé par David Mackenzie,Comancheria (titre original : Hell or High Water) faisait partie de la sélection « Un certain regard » de cette 69e édition du Festival de Cannes. Un film où des cowboys braquent leur banque pour solder leurs comptes.
Ils sont frères. Tanner (Ben Foster) sort tout juste de prison et retrouve le ranch familial. Durant son séjour carcéral, son petit frère Toby (Chris Pine) a dû gérer les mauvais coups du sort, notamment la maladie qui a emporté leur mère. Endetté jusqu’à l’os et pour se venger de sa banque d’avoir tiré parti de la détresse de sa mère, Toby décide de braquer les agences de l’établissement. Les plus petites d’entre elles. Que des petites coupures pour ne pas être traçables. Avec ça, il pourra éponger ses dettes et lever l’hypothèque prise sur le ranch. Comme pour se racheter de son absence, Tanner accepte avec plaisir de participer au plan pour aider son frère.
Dans ce Far-West des temps modernes, Comancheria orchestre une chasse à l’homme entre rangers et braqueurs. Les premiers attendent que les seconds commettent le casse de trop, l’erreur qui les perdra. Alors que l’enquête piétine, le vieux Marcus veut faire confiance à ses intuitions : le ranger magistralement interprété par Jeff Bridges (True Grit, The Big Lebowski) semble avoir flairé le profil des criminels. Il décide de les attendre à la prochaine agence du coin.
Avec un sens de la formule hors pair, le scénario offre des dialogues aiguisés, drôles et percutants. L’ornement idéal pour un récit qui demeure noir. Bien que l’on devine une issue dramatique, tout est fait pour cultiver les sentiments. Que l’on soit flic ou voyou, on s’attache à ces personnages au verbe haut. Et on aimerait presque que tous rentrent à la maison sains et saufs.
Abordant de nombreux sujets avec l’air de ne pas y toucher (l’histoire de ces terres qui appartenaient aux indiens, l’exploitation des sols qu’on y fait, le capitalisme aveugle et absurde, le port des armes….) Comancheria ne manque pas de fond. Mais c’est surtout la forme et le soin apporté aux dialogues qui convainquent. Entre rires et suspense, ce western surprend autant qu’il séduit. David Mackenzie (Les Poings contre les murs, Citadel, Perfect Sense) est décidément un réalisateur sur qui il faut compter.
Le film aurait mérité une récompense, mais c’est le film The Happiest Day in The Life of Olli Mäki de Juho Kuosmanen qui a été préféré pour le prix Un Certain Regard.
Après la mort de leur mère, deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque. Ils n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale, et comptent rembourser la banque avec leur propre argent. A leurs trousses, un ranger bientôt à la retraite et son adjoint, bien décidés à les arrêter.
Sortie : indéterminée Durée : 1h42 Réalisateur : David Mackenzie Avec : Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster Genre : Drame, thriller
Relève : histoire d’une création, film de Thierry Demaizière et Alban Teurlai, Copyright Droits réservés
Relève : histoire d’une création ou la passion de la danse
Relève : histoire d’une création est un documentaire retraçant la création du ballet Clean Loud Bright Forward de Benjamin Millepied à son arrivée à la direction de l’Opéra de Paris en 2014. 2h15 de passion de la danse pour un moment de magie pure, entre envie de bien faire et bâtons dans la roues. En choisissant de jeunes danseurs dans le corps du ballet, en les entrainant, en les faisant répéter, il remporte un succès total. 4 mois après, il démissionna pourtant.
Plusieurs aspects sont abordés dans cet excellent documentaire qui ne ravira pas que les fans de danse: l’aspect artistique est mis particulièrement en avant car le danseur étoile respire la danse, la passion ruisselle par tous ses pores et ses yeux perpétuellement exorbités montrent bien son implication totale. Un compte à rebours étrenne les différentes étapes de la préparation avant la performante finale. Pourtant, il doit également gérer l’Opéra, l’administratif, les syndicats, les rancoeurs. La passion artistique se bouscule avec la longue histoire de l’établissement. Les obstacles se multiplient et pourtant Benjamin Millepied conserve le sourire et va de l’avant.
Les 2 réalisateurs Thierry Demaizière et Alban Teurlai multiplient les niveaux de lecture, avivant le trouble dans l’esprit du spectateur. La caméra vogue à travers les salles de répétition, donnant la palme aux danseurs et à l’assistante de Millepied. Suivant le quotidien de l’établissement, elle se glisse dans ces petits moments de concentration et d’expression la plus pure de la passion pour la danse. Difficile de ne pas se laisser emporter par ce récit doux amer que l’on voudrait clôturé par un happy end, et pourtant, la fin laisse un gout amer.
Le documentaire se permet des retours sur l’histoire personnelle du chorégraphe, tout en ellipse er donnant envie d’en savoir plus dès la séance terminée. Son enfance africaine, son inaltérable passion de la danse, sa position de premier danseur au New York City Ballet, son charisme, son aisance pour communiquer. On aperçoit Natalie Portman et la caméra le suit parfois hors Opéra. Avec toujours de la musique et des idées pleins la têtes.
Un documentaire phare de la rentrée 2016 avec le sentiment d’assister à un moment rare, celui où passion et implication aboutissent à la réalisation d’une oeuvre rare. Un documentaire à découvrir absolument dans l’agenda ciné chargé du 7 septembre 2016.
Benjamin Millepied, danseur chorégraphe français, est nommé directeur de la danse de l’Opéra National de Paris en novembre 2014. Sa jeunesse, son regard moderne, sa culture et sa notoriété doivent apporter un renouveau dans la prestigieuse institution. Aussi bien dans ses choix créatifs que par ses méthodes de travail auprès des jeunes danseurs du corps de ballet, Benjamin Millepied va révolutionner les codes de la danse classique. RELÈVE raconte le processus de création de son nouveau ballet “Clear, Loud, Bright, Forward”, une incroyable épopée pleine d’énergie.
Sortie : le 7 septembre 2016 Durée : 2h00 Réalisateur : Thierry Demaizière, Alban Teurlai Avec : Benjamin Millepied Genre : Documentaire
L’Attrape-Rêves, film de Claudia Llosa, Copyright José Haro
L’Attrape-Rêves, rêverie sur la fragilité de la vie humaine
L’Attrape-Rêves suit 3 personnages en quête de sens. Jennifer Connelly, Cillian Murphy et Mélanie Laurent s’ébattent dans un marais de doutes, de coups du sort et de récriminations. Forces mystiques et tentatives de surmonter les obstacles pavent leur route.
Nana (Jennifer Connelly) est une mère confrontée à la maladie de son fils cadet. Son peu d’espoir de guérison l’amène à rencontrer un guérisseur qui ameute les foules. Mais ce dernier estime qu’elle même détient ce fameux pouvoir de guérison, à son grand désarroi tant cela lui semble improbable. Le film multiplie les flashbacks entre une Nana adulte avec ses enfants et le fils ainé Ivan (Cillian Murphy) devenu un adulte en colère. Quand une journaliste (Mélanie Laurent) vient le rencontrer pour glaner des informations sur cette mère perdue de vue et devenue une guérisseuse recherchée, Ivan sombre dans le désespoir.
L’Attrape-Rêves est un film retors et inconfortable. Cris et déchirements se multiplient tout du long pour signifier l’impuissance de personnages pour faire face à la malveillance de la vie. Le fils cadet emprisonne Nana et Ivan dans un perpétuel conflit ouvert. L’ainé ne peut s’accomplir et enchaine les avanies au grand désespoir de ses proches. Devenu adulte, il vit reclus en compagnie de sa petite famille et de ses oiseaux.
Le film se déroule essentiellement dans les paysages sauvages du grand Nord canadien. Neige et grands espaces remplissent l’image comme des témoins muets des drames qui se nouent. Le pathos s’infiltre sans discontinuer dans ses existences tourmentées. Difficile de distinguer de l’espoir dans ce récit elliptique ou tragique selon les contextes. Le vent l’emportera de Manu Chao se fait entendre au détour d’un trajet en voiture et l’impression de purgatoire constant ne quitte que très peu le spectateur. Ce n’est pas l’enfer mais un véritable antichambre, sans rires ni espoir.
Comment réagir face à la maladie, tel semble être le fil rouge d’un film pesant et dramatique.
A Nunavut, dans le Grand Nord canadien, Nana Kunning consulte un guérisseur pour l’un de ses fils. Cette rencontre va bouleverser le cours de son existence. 20 ans plus tard, son fils aîné part sur les traces de sa mère, accompagné d’une journaliste française. Nana est devenue guérisseuse de renom aux confins du Cercle polaire…
Sortie : le 26 octobre 2016 Durée : 1h33 Réalisateur : Claudia Llosa Avec : Jennifer Connelly, Cillian Murphy, Mélanie Laurent Genre : Drame
Jeunesse, Film de Julien Samani, Copyright Alfama Films
Jeunesse de Julien Samani, film sur les rêves de jeunesse fracassés sur les rochers de la réalité
Jeunesse conte le départ vers l’aventure d’un rêveur congénital à bord d’un cargo rouillé. Le jeune homme aux perspectives limitées s’imagine marin dans des contrées exotiques. La tragédie le ramènera bien vite sur terre. Métaphore d’une jeunesse actuelle avide de grand large mais confrontée à des perceptives limitées, le film interpelle et laisse songeur.
Le film débute tandis que deux jeunes freluquets tentent de convaincre le capitaine d’un navire de les embaucher. Sa mine sceptique douche l’enthousiasme du premier mais le second persévère. Sans salaire mais pas sans horizon, il embarque pour le voyage d’une vie. Taches ingrates et mines patibulaires de collègues confrontés à la solitude du marin composent un quotidien limité et répétitif. Le jeune Kevin Azais, aperçu récemment dans Les Combattants, campe l’idéaliste qui s’abime contre le parpaing de la réalité.
Le pavillon panaméen du navire fait figure de mirage. Hissé tout en haut du mât le plus haut, il semble indiquer le sens du vent mais aussi tromper son monde. Les plus anciens ne sont pas dupes, connaissant la destination. Un équipage roué accueille le jeune matelot à coups de regards hostiles. Samir Guesmi (L’effet aquatique) est le second revenu de tout avec le morceau de bois perpétuellement aux lèvres. Lui ne sait rien faire d’autre et doit se contenter de son destin sans saveur. Jean-François Stévenin interprète un capitaine roublard et couve le jeunot avec tendresse. D’abord hors sujet puis apparemment motivé, la recrue devient un membre à part entière du vaisseau fantôme.
Destinations hasardeuses et avaries multiples égrènent un voyage vers l’inconnu, transformant le périple en huit clos pesant et désenchanté. Le navire a beau s’appeler Judée, rien ne ressemble moins à un voyage vers la terre promise. Le silence est la norme sur le cargo et un marin malheureux semble puni pour l’avoir trop oublié. Les dieux se vengent sur un équipage qui se laisser aller à l’optimiste. La traversée de l’océan ressemble à une traversée du désert sans lumière divine mais pas sans embuches.
La force métaphorique du film fascine malgré le peu d’alternance et le manque de rythme. Le jeune héros veut y croire et sa persévérante force l’admiration, malgré tout.
Zico a soif d’ailleurs. Il embarque sur un cargo au Havre. Très vite, les tensions avec le reste de l’équipage et les avaries à répétition mettent à mal ses rêves d’aventures. Une lutte s’engage alors contre les éléments et les épreuves qui frappent ces hommes.
Sortie : le 7 septembre 2016 Durée : 1h23 Réalisateur : Julien Samani Avec : Kevin Azaïs, Jean-François Stévenin, Samir Guesmi Genre : Drame
Pyrénées ou le voyage de l’été 1843, Théâtre Lucernaire
La magnifique ode à Victor Hugo de Pyrénées ou le voyage de l’été 1843 au Lucernaire
Toute la verve de Victor Hugo rejaillit sur la scène du Lucernaire dans une évocation tragicomique de cet été 1843, central dans la vie féconde de l’auteur.
Julien Rochefort n’a besoin que d’une scène et de quelques jeux de lumière pour personnifier Victor Hugo 1h10 durant. Armé d’une diction sirupeuse et délicieusement piquante, il retranscrit le truculent récit de voyage d’un des plus grands auteurs français de l’histoire dans un festival d’anecdotes croustillantes et drolatiques. Loin de lasser le public, le langage suranné et châtié à l’extrême évoque autant qu’il sous-entend. Les descriptions sont tout autant précises qu’allusives, mélangeant allègrement les niveaux de lecture dans un patchwork élégiaque.
L’égo surdimensionné de l’auteur éclabousse l’auditoire par la magie d’un acteur qui manie les nuances de la langue avec dextérité. Semblant continuellement s’écouter parler, il monologue au fil des écrits de Victor Hugo. Goûts et couleurs s’enchainent dans un défilé perpétuellement, volontairement ou prétendument surprenant. La langue est douce, le rythme est soutenu, la mélopée est ininterrompue. A l’instar d’une pièce de Shakespeare ou de Racine, il est doux de se laisser porter par la musique des mots et de leur délicieux agencement.
Ce livre mal connu de l’auteur des Misérables contient en arrière plan le drame de sa vie. Tout occupé à la distraction d’un voyage qui va bien au-delà des Pyrénées, il se fait foudroyer par la mort de sa fille ainée dont il apprend la nouvelle par hasard dans la presse cinq jours plus tard. Le récit drolatique est à considérer à l’aune de cette tragédie. Le récit de voyage ne sera publié qu’à titre posthume, signe de la blessure vivace dans le coeur de Victor Hugo toute sa vie durant.
La pièce est un moment de magie théâtrale, enlevé et prétexte à des badinages gourmands. Le lyrisme le dispute à l’envie de clôturer le moment par le célèbre poème de l’auteur. Demain dès l’aube….
Dates : du 24 aout au 8 octobre 2016 Lieu : Lucernaire (Paris) Metteur en scène : Sylvie Blotnikas Avec : Julien Rochefort
Frantz, film de François Ozon, Copyright Mars Films
Frantz, un film d’époque surprenant de François Ozon
Frantz débute en 1919 avec la visite d’un jeune français à la famille d’un ami allemand disparu. Du postulat d’une amitié franco-allemande fantasmée par delà les conflits, le film se complexifie jusqu’à quitter rapidement sa trame linéaire et bousculer le spectateur. François Ozon ne déroge pas à sa règle habituelle, brouiller les apparences et creuser des sillons inattendus. Porté par un duo d’acteurs intense et captivant, ce Frantz ne peut pas laisser indifférent.
Frantz interpelle tout du long avec ses partis pris inattendus. Mélanger l’allemand et le français, passer du Noir et Blanc à la couleur, les surprises formelles appuient et démultiplient l’effet du scénario tortueux sur l’audience. Car l’effet de surprise ne cesse de se manifester, plusieurs fois, jusqu’à faire douter de l’existence même des personnages. Ne parvenant pas à le cerner, le spectateur joue à deviner les intentions du réalisateur tout du long pour une gymnastique mentale finalement habituelle avec lui.
Si François Ozon fait une fois de plus du Ozon tout en ne se privant pas de surprendre, le film revêt un classicisme, lui, inhabituel, et donc complètement habituel. Le film historique perd ses atours communs, se rapprochant parfois du Ruban Blanc d’Haneke par ses partis pris innovants et inattendus. Entre romance, récit historique et tragédie, le film surfe sur les catégories sans jamais choisir sur quel pied danser. Perdant souvent le spectateur devant un film multiple mais sans jamais l’ennuyer. Car le réalisateur a le sens du rythme et du coup de théâtre.
Pierre Niney fait des merveilles en visiteur plus insondable qu’il n’y parait et Paula Beer fait une fiancée éplorée tout à fait émouvante. Une des prouesses du film tient dans l’art de se faire exprimer chaque personnage dans sa langue natale tout en multipliant les passerelles entre les langages. Le français parle allemand, l’allemande parle français, les efforts contribuent au rapprochement des peuples.
Ne rien dévoiler de l’intrigue est une nécessité pour laisser à chaque spectateur le soin de se faire bousculer. Comme souvent chez les réalisateur, la complexité des intentions surpasse la réalisation somme toute classique portée par de convaincants interprètes.
Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.
Sortie : le 7 septembre 2016 Durée : 1h54 Réalisateur : François Ozon Avec : Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner Genre : Drame
Un dernier baiser de Mozart enlevé et machiavélique
Le baiser de Mozart prend place aux lendemains de la disparition du génial compositeur autrichien. Une avalanche de dettes accable sa veuve Constance bien démunie pour faire vivre dignement leur enfant. La gloire n’a pas rendu le couple riche et il reste ce Requieminachevé que le commanditaire exige sous peine de remboursement des sommes déjà versées. Quand le disciple Franz-Xaver Süssmayer vient prendre des nouvelles, un échange à bâtons rompus s’installe entre passion et récriminations pour un passionnant moment de théâtre.
Wolfgang Amadeus Mozart disparait en 1791 à l’âge de 35 ans. Si son oeuvre s’est inscrite pour l’éternité dans le patrimoine musical universel, Constance Mozart n’a que 200 florins pour subsister chichement. Dépensier, volage, extravagant, Mozart attendait la maturité pour faire fortune. Parti trop tôt, il n’a pas eu le temps de faire fructifier ses compositions. Mais sa veuve compte bien grappiller chaque sou possible. La pièce se joue en huit clos dans l’appartement des Mozart entre Constance et Franz. Un clavecin trône au milieu de partitions éparpillées sur le modeste mobilier. La déférence de l’élève pour la femme du maitre laisse place à des révélations et la surprise le dispute à l’incompréhension. Le besoin d’argent de la survivante rivalise avec le besoin de reconnaissance du compositeur amateur, conscient de ses limites par rapport à l’illustre disparu.
La pièce fait alterner douceurs sucrées et ton plus belliqueux entre les deux survivants éplorés. Dans l’ombre du génie, ils n’ont jamais pu se réaliser pleinement et leurs limites s’imposent à eux comme une évidence. L’air du Concerto 23 se fait entendre tandis qu’un débat sur la pertinence de finaliser le Requiemles oppose. Il clame avoir reçu des directives de Mozart, elle hésite à lui confier le travail. Le Requiem devient un enjeu de chantage, d’autant plus douloureux que la pièce atteint des sommets d’émotion et de complexité. La tristesse laisse place à des révélations fracassantes qui transforment les 1h30 de la pièce en moment d’histoire secrète. La pièce fait perdurer la magie du film Amadeus tant l’ombre du génie semble planer sur la scène. Mozart fut-il le plus grand ? Il n’eut en tout cas pas la vie la moins intéressante.
Delphine Depardieu et Guillaume Marquet incarnent avec conviction les personnages historiques. La badine de la première tranche avec le maladresse du second et il faut bien des palabres pour voir apparaitre l’assurance du disciple et la duplicité de la veuve. Loin d’être figés dans une seule et même posture tout du long, ils alternent avec conviction pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. La mise en scène de Raphaëlle Cambray fait honneur au texte d’Alain Teulié pour une pièce qui tient en haleine comme un thriller historique. Si quelques réflexions assez loin du XVIIIe siècle font quelque peu douter de la valeur historique des échanges, les faciès sont suffisamment convaincus pour ne pas en prêter ombrage.
L’enthousiasme est bel et bien présent dans cet hommage à la postérité du compositeur autrichien. Toute occasion d’évoquer son oeuvre est immanquablement un plaisir, la preuve en est faite une fois de plus. Et quand en plus on peut écouter ses oeuvres en assistant à une belle pièce de théâtre, c’est Byzance!
Dates : à partir du 7 septembre 2016 Lieu : Théâtre Petit Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Raphaëlle CAMBRAY Avec : Delphine Depardieu, Guillaume Marquet