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Le domino des bruits et Haut les pattes : des jeux à découvrir pour nos petits 

Le domino des bruits
Le domino des bruits L’Ecole des Loisirs


Le domino des bruits et Haut les pattes : des jeux à découvrir pour nos petits !

Publik’Art a décidé de vous faire découvrir deux petits jeux de l’Ecole de loisirs qui ont tout pour plaire : un concept classique revisité, des dessins amusants aux couleurs vives, des règles simples et évolutives en fonction de l’âge de l’enfant. La qualité du design est un plus non négligeable et son ergonomie éprouvée. Très faciles à ranger et peu encombrants, on peut les transporter n’importe où !

Le domino des bruits est l’adaptation en jeu des  Livres des bruits, jeunesse de Soledad Bravi. Les dessins sont très agréables et rigolos pour les enfants. On nous propose deux niveaux de jeu en fonction de l’âge de l’enfant, différenciés par des cartes roses ou bleues. Le premier utilise des concepts simples adaptés aux enfants dès 3 ans. Le deuxième va nécessiter que l’enfant puisse comprendre des concepts plus compliqués tels que le bruit d’une goutte d’eau qui tombe.

Le but du jeu est simple, il est de placer les dominos les uns à la suite des autres en imitant le bruit conceptualisé sur la carte ou en le mimant. Si les parents ont un doute, ils peuvent s’aider de la notice où les sons sont expliqués. Pour l’enfant, c’est très simple et très amusant. Il est ravi de participer activement dans ce jeu où personne ne perd, ce qui est très encourageant pour lui.

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Haut les pattes ! est un jeu de cartes qui s’adresse aux enfants dès 4 ans et dont le but est de récolter vingt noisettes. Pour cela des cartes amusantes représentant Billy et Jean-Claude dans différentes situations (lever les bras, chanter ….) et des jetons de différentes valeurs (1 noisette, 5 noisettes, 10 noisettes). Les adultes ne s’ennuieront pas avec ce jeu qui allie mémoire et imitation, car suivant le nombre de cartes que l’on décide de retourner, on s’impose une liste de gestes à reproduire de mémoire et dans le bon ordre.

Un jeu très intelligent qui demande à l’enfant de la concentration, de la mémoire, et qui aborde progressivement les additions.

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Haut les pattes ! – Jeu d’ambiance pour 2 à 8 joueurs à partir de 4 ans.

Un jeu de cartes d’après l’univers de Catharina Valckx.« Haut les pattes ! » est un jeu édité par l’Ecole des Loisirs en co-édition avec PlayBac.Comme Billy et Jean-Claude, préparez-vous à un festin de noisettes ! Vous devrez imiter, les yeux fermés, tous les gestes rigolos de nos deux petits héros afin de récolter le plus de noisettes possible. Attention, tenez-vous prêts : des cartes spéciales peuvent tomber à tout moment et chambouler la récolte.Observation, mémoire et stratégie : que le meilleur se régale ! Contenu : 48 cartes illustrées et 35 jetons. Durée moyenne d’une partie : 15 minutes. L’Ecole de loisirs

L’Ecole de loisirs est depuis 1965 un éditeur français de littérature jeunesse. Avec comme principaux auteurs : Claude Ponti, Mario Ramos, Stephanie Blake, Marie Desplechin, Tomi Ungerer, Grégoire Solotareff, Alex Sanders, Philippe Corentin…

Mon premier Festival de Cannes

Festival de Cannes
La montée des marches du Festival de Cannes

Mon premier Festival de Cannes

On la reconnait dès qu’on lève les yeux au ciel, chahuté par un balai de petits avions à réacteur. Depuis le 11 mai, la Ville de Cannes a laissé place au Festival. Les jets privés abondent sur ce petit bout du monde où tous les regards se tournent. Les voitures de luxe donnent le change aux yachts gargantuesques. Si la culture s’intéresse à L’Homme d’argent – éternelle figure de cinéma – à Cannes, c’est l’Homme d’argent qui vient au cinéma. Une fascination réciproque qui vaut au Festival de Cannes une place hors norme dans le monde.

La bonne nouvelle, c’est que j’ai un point commun avec l’Homme d’argent. En tant qu’homme, donc, il me fallait bien vivre l’expérience d’un voyage dans les entrailles du cinéma du monde.

Arrivé cinq jours après l’ouverture, faute de budget suffisant (les loyers étant inabordables pour ces deux semaines un peu particulières pour les cannois), je prends le pouls d’un Festival en vitesse de croisière. Installé à 45 minutes du Festival, j’emprunte le bus pour m’y rendre. A l’intérieur, tous portent leur badge. Il me reste trois quart d’heures de trajet mais je suis déjà au Festival. Arrivé à bon port, je dévale les rues qui descendent jusqu’à la mer. Il est 9h. Le monde est déjà levé depuis longtemps. A chaque croisement de ruelles, j’assiste à un fourmillement de personnes qui convergent vers l’épicentre : le Palais des Festival et des Congrès de Cannes. 4000 journalistes, 90 nations. On entend même certains dire que Cannes est la seule ville qui compte plus de journalistes que d’habitants.

Une fois sur place, on fait face à une organisation quasi-militaire. Chaque centimètre carré est sectorisé, compartimenté, contrôlé et recontrôlé. On est plus proche de la vérité en disant qu’il y a au moins autant de vigiles que de journalistes. Le plan vigipirate est sur les dents. Je retire mon badge d’accréditation, je découvre mon casier qui déborde de dossiers de presse et je teste les checkpoints. Ne sachant pas mon degré d’accréditation, j’ai droit à quelques regards incertains la plupart du temps suivis d’un soulagement mêlé de satisfaction (« là, je passe ») bien qu’on m’invite parfois à faire demi-tour  (« Vous cherchez quelque chose »?). Tout le palais est recouvert de moquette rouge. La presse est soignée et ne manque de rien dans ses quartiers. Il ne me reste qu’à monter les marches pour assister aux projections du prestigieux Grand Théâtre. Ce sera chose faite, emboitant le pas à l’équipe du film de Jim Jarmush : Paterson.

Encore deux autres films (Câini de Bogdan Mirica et Hell or high water de David Mackenzie) et je me sens comme une petite poussière dans l’édifice du monde. Ce soir, c’est sûr, je vais pouvoir rayer un truc de ma To do list. Et ce ne sera pas seulement écrire un article au milieu de la nuit.

Bref, j’y suis ; mon premier Festival de Cannes commence.

 

Un homme à la hauteur, une comédie pleine de bons sentiments

Un homme à sa hauteur
Un homme à sa hauteur Photo © Gaumont Distribution

Un homme à la hauteur, une comédie pleine de bons sentiments

Laurent Tirard n’est plus dans le registre du Petit Nicolas, puisque cette fois-ci, son héros n’est pas un enfant mais un homme de petite taille. Alexandre n’est pas nain mais il est resté petit.

On imagine bien que dans la vie quotidienne, rien n’est simple pour les personnes de petite taille. Et Un homme à sa hauteur le montre bien. Le plus dérangeant reste, bien entendu, le regard des autres, comme pour toute différence. Un homme à la hauteur est en fait un remake du film argentin paru en 2014, Corazon de Leon.

Pas sûr que Laurent Tirard ait eu une bonne idée de choisir Jean Dujardin comme héros principal. Il est vrai que plus charmant que lui, c’est difficile. Et avec Virginie Efira, on ne peut pas s’ennuyer. Mais tout le long du film, on trouve Jean Dujardin trop bizarre. S’il avait vraiment fait jouer l’homme de petite taille qui double Dujardin sur certaines scènes, le succès du film n’aurait pas été le même, bien sûr !

Les effets spéciaux envahissent ce film et on a réellement l’impression que Jean Dujardin mesure 136cm ! La différence de taille est accentuée par le fait que Diane porte des talons très hauts ! Quelques passages sont assez ridicules car trop exagérés.

Mais bon, l’important n’est pas là. Entre Diane et Alexandre, il se passe quelque chose. Une certaine alchimie prend. Mais Diane a du mal avec la taille d’Alexandre et surtout avec le regard des autres. Les seconds rôles passent quasi inaperçus tellement le film est porté par Alexandre et Diane. En plus, ils n’ont guère d’intérêt.

Une histoire d’amour qui pose les bonnes questions sur le sens à donner à sa vie. Quelles sont les priorités que chacun s’est fixé dans la vie ? Et comment accepter la différence, si petite soit-elle ? Mais bon, voilà, c’est tout de même limité. On ne va pas dire que ce film est d’une grande portée philosophique.

On aurait pu craindre que cette comédie soit ridicule et bien, non! Les personnes porteuses de tout handicap trouveront sans doute que le sujet est traité avec dignité et … hauteur ! Et avec une certaine justesse. Enfin, on l’espère ! Un bon moment de cinéma que l’on oubliera sans doute assez vite !

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Un homme à sa hauteurDiane est une belle femme. Une très belle femme. Brillante avocate, elle a de l’humour et une forte personnalité. Et comme elle vient de mettre un terme à un mariage qui ne la rendait pas heureuse, la voilà enfin libre de rencontrer l’homme de sa vie. Le hasard n’existant pas, Diane reçoit le coup de fil d’un certain Alexandre, qui a retrouvé le portable qu’elle avait égaré. Très vite, quelque chose se passe lors de cette conversation téléphonique. Alexandre est courtois, drôle, visiblement cultivé… Diane est sous le charme. Un rendez-vous est rapidement fixé. Mais la rencontre ne se passe pas du tout comme prévu…

Sortie : le 4 mai 2016
Durée : 1h38
Réalisateur : Laurent Tirard
Avec : Jean Dujardin, Virginie Efira, Cédric Kahn
Genre : Comédie, Romance

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Victor Hugo amoureux, une merveille de Christine Clerc (Rabelais)

Christine Clerc
Christine Clerc

Victor Hugo amoureux, une merveille de Christine Clerc (Rabelais)

Bien sûr, tout le monde connaît la vie de Victor Hugo, ses œuvres, son génie. Mais cette fois-ci, Christine Clerc va s’attacher à sa vie amoureuse ! Et Dieu sait comme elle a été riche ! Christine Clerc est une grande journaliste française, que tout le monde a lu aussi ! Elle a déjà écrit sur « Les de gaulle, une famille française, Tigres et tigresses, histoire intime des couples présidentiels et Le Tombeur du Général. Elle entre dans l’intimité de Victor Hugo avec une aisance qui nous ravit !

Ce petit livre, à couverture cartonnée, avec un marque-page à l’ancienne, est un vrai bijou. Non seulement on découvre Victor Hugo de façon intime, mais en plus, ce livre contient de nombreuses illustrations (120), soit sous forme de tableaux, de dessins, ou de nombreux passages des écrits de Victor Hugo. Et la qualité des photos est superbe. La qualité du papier, également.

Bien sûr Victor Hugo était non seulement beau, mais intelligent. Et son succès l’a rendu encore plus attrayant. Dans ce livre, il n’est pas question de parler de toutes les conquêtes qu’il a faites, mais uniquement des femmes qui l’ont marqué, avec de nombreuses anecdotes. Elles sont au nombre de quatre. Adèle, sa femme, Juliette Drouet, sa première et « vieille » maîtresse, Léonie d’Aunet, sa seconde maîtresse et Léopoldine, sa fille ainée chérie. ce livre restitue la place de chacune et son importance aux yeux de l’écrivain. C’est surtout vrai pour Juliette Drouet qui resta dans l’ombre de Victor toute sa vie et qui inspira vraiment Hugo pour l’écriture des Misérables, par exemple.

Un régal ! A travers elles, Victor Hugo a puisé ses sources d’inspiration. Son énergie pour combattre et lutter. Et surtout écrire, encore et encore malgré toutes ses souffrances.

[…] on découvre Victor Hugo de façon intime […]

Si l’auteur nous conte avec humour les amours de Victor Hugo, elle nous donne également une très belle leçon d’histoire, avec des détails croustillants. L’Histoire fut très mouvementée et Hugo en subit durement les conséquences.

Un seul regret pour ce livre : qu’il soit si court ! Et en même temps, me direz-vous, c’est une qualité de savoir raconter le passé sans longueurs inutiles ! Une véritable prouesse !

Victor Hugo amoureux, votre prochain livre de chevet, assurément ! A lire et à offrir !

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Victor Hugo amoureux, une merveille de Christine Clerc (Rabelais)Les femmes ont inspiré à Victor Hugo les plus beaux poèmes de la littérature française. Sa fille Léopoldine, noyée accidentellement, sa maîtresse Juliette Drouet, qu’il abreuvera pendant cinquante ans de lettres d’amour, la romancière Léonie d’Aunet, qui fera de la prison
à cause de lui, la comédienne Alice Ozy, à qui il fera une cour assidue…Et tant d’autres…
On les retrouve aussi dans ses romans et son théâtre. Il aimait tellement les femmes qu’il sera, avant la lettre, l’un des premiers féministes, prônant déjà l’égalité entre les sexes. C’est ce que nous raconte Christine Clerc dans un récit coloré qui restitue une époque en redonnant à ces inspiratrices la place qui leur revient.

Date de parution : le 17 mai 2016
Auteur : Christine Clerc
Editeur : Rabelais
Prix : 14,80 € (144 pages)
Acheter sur : Amazon

Surprenante exposition Paula Modersohn-Becker au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Paula Modersohn-Becker
Paula Modersohn-Becker, exposition au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Surprenante exposition Paula Modersohn-Becker au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris.

Avec l’exposition dédiée à la peintre allemande Paula Modersohn-Becker (1876-1907), c’est un destin exceptionnel qu’invite à découvrir le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Son existence brève mais intense a tout du récit romanesque et fascine. Méconnue du visiteur, elle a pourtant gagné sa place dans la postérité picturale par un avant gardisme surprenant. Son esthétique personnelle audacieuse évoque un Lucian Freud au féminin ou une Marie Laurencin dépouillée.

Paula Modersohn-Becker multiplie les portraits de mères et d’enfants avec un regard résolument personnel. Si les paysages et natures mortes offrent une vision originale sur l’existence, la peintre tente avant tout de capter l’intensité des regards dans les représentations humaines. Proches ou modèles, ils prennent la pose et dévisagent le spectateur avec une intensité froide. Les couleurs participent à la sensibilité et à cette vague impression de mise à nue ressentie par des visiteurs mal à l’aise. Tellement avant gardiste que les nazis ont inclus plusieurs des oeuvres de Paula Modersohn-Becker dans leur exposition Art dégénéré organisée à Munich en 1937. Loin des portraits fidèles et angéliques, la peintre reproduit sans complaisance une réalité où joies et peines se confondent.

Le parcours se clôture par une vidéo passionnante d’une vingtaine de minutes revenant sur les grandes étapes de sa trop courte existence. Ses multiples voyages de son Dresden natale vers Paris contribuent à la faire grandir artistiquement et à côtoyer le bouillonnant microcosme parisien. Travail en atelier, études des modèles dénudés et vie précaire ne l’empêchent pas de produire pas moins de 750 toiles en 14 ans d’activité artistique. L’exposition revient également sur sa forte amitié avec le poète Rainer Maria Rilke dont les correspondances constituent de fascinants témoignages. Il rédigera un vibrant hommage dans son poème Requiem pour une amie à la mort de la peintre à l’âge trop précoce de 31 ans suite à un accouchement.

Une exposition surprenante avec cette vision radicale d’une peintre d’exception. Son caractère fort et affirmé ressort pleinement dans un parcours représentatif et une vidéo pédagogique. Une exposition à découvrir.

Dates : Jusqu’au 21 aout 2016
Lieu : Musée d’Art Moderne de la ville de Paris
Entrée : 10 €

Résultats concours : Max Jury, 4 places de concert gagnées, à Paris

Max JuryRésultats concours : Max Jury, 4 places de concert gagnées, à Paris !

 

Vous avez été 551 participants au concours Max Jury. Merci de votre grande participation. Les 2 heureux gagnants de 2 places de concert de Max Jury à La Gaité Lyrique, à Paris, le 20 mai 2016, 20h, sont les suivants :

Ludovic Bercier et Emmanuel Hery

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Fantasmes et réalités sur les sex addicts, Docteur JC Matysiak nous dit tout (JC Lattès)

Docteur JC Matysiak , auteur de Fantasmes et réalités sur les sex addicts
Docteur JC Matysiak, auteur de Fantasmes et réalités sur les sex addicts

Fantasmes et réalités sur les sex addicts, Docteur JC Matysiak nous dit tout (JC Lattès)

Docteur JC Matysiak est psychiatre avant d’être écrivain. Il est chef du service de traitement des maladies addictives de l’hôpital intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges (94). Mais Docteur JC Matysiak avant d’écrire ce livre en a écrit de nombreux autres, la plupart sur les addictions.

Cette chronique n’est qu’une présentation succincte de ce livre très riche qu’est Fantasmes et réalités sur les sex addicts. Il m’est en effet impossible de vous « résumer » cet essai très ouvert sur différents domaines et différentes représentations mentales. Je ne peux que vous inciter à le découvrir par vous-même.
Cette fois-ci, Docteur JC Matysiak nous fait découvrir, à travers de très nombreux patients, des problèmes liés à notre sexualité. Uniquement notre sexualité. Il aborde un peu tout de même les problèmes liés aux drogues et à l’alcool qui font partie des addictions.
Avec beaucoup de professionnalisme, il nous donne sa propre conception de la sexualité dite normale. Mais ce n’est pas le but du livre. L’objectif qu’il s’est fixé, enfin si j’ai bien compris, est de nous démontrer qu’il est bien difficile de définir une anomalie de la sexualité comme étant une maladie. Pour lui, par exemple, l’hypersexualité est signe de bonne santé mentale. Mais bien sûr, chacun réagit différemment en fonction de son éducation et aussi de sa religion. Pour l’un telle attitude serait perverse alors que pour d’autres ce serait une sexualité normale, vécue sans contrainte. Difficile de parler de norme en matière de sexualité qui est tellement empreinte de notre condition sociale, culturelle, morale et religieuse sans parler de notre propre parcours de vie. Tout est interdépendant.
« […] Tracer plus précisément cette frontière, certes ténue mais fondamentale, pour ne pas transformer nos simples mauvaises habitudes ou excès en maladies. » (p.224)

[…] qu’il est bien difficile de définir une anomalie de la sexualité comme étant une maladie.

Mais il est vrai que la sexualité a beaucoup évolué ces dernières années. L’homosexualité était considérée comme une maladie mentale jusqu’en 1960. Ce qui peut nous paraitre complètement impensable aujourd’hui.
« Le développement des addictions est parallèle à l’affaiblissement des cadres moraux. » (p.274)
Nous sommes en France et notre mentalité n’a rien à voir avec celle des Américains, par exemple. Chez eux, l’adultère est considéré comme une réelle maladie et ils ont créé de nombreux centres, excessivement onéreux, pour guérir de cette pathologie, (ex : Tiger Woods a dû se confesser publiquement sur ses nombreuses relations extra-conjugales en sortant d’une cure). Pour l’auteur, l’infidélité n’est absolument, en aucun cas, une maladie. Cela ne va pas dire pour autant qu’il faille être infidèle pour être heureux !
Avec Internet, tout a changé dans notre vie quotidienne mais également dans notre vie sexuelle. Les enfants peuvent avoir accès facilement à des sites porno, et y prendre même une part active. Et ce, à n’importe quel âge. On imagine bien le danger que cela représente, ainsi que les répercussions sur la vie sexuelle de ces jeunes.
« Pour toute source de plaisir, ou de soulagement, il existe, de fait, un risque de dérapage et de dépendance, et, pour un individu donné, il est très difficile de savoir à quel moment commence l’abus, et quand se profile l’addiction. » (p.116)

Pour l’auteur, l’infidélité n’est absolument, en aucun cas, une maladie.

La frontière est difficile à percevoir entre le fait d’avoir une sexualité différente des autres, riche et variée, et une sexualité qui ferait davantage penser à une maladie mentale, faite d’addictions ou de perversions. Il est naturel, d’après l’auteur, que la femme trompée considère immédiatement son mari comme malade et exige qu’il se soigne. C’est d’ailleurs souvent elle qui accompagne son mari à la consultation. Alors qu’en réalité, d’après le Docteur JC Matysiak, il ne souffre d’aucune maladie. Et toute thérapie ne peut être efficace que si c’est la personne elle-même qui a envie de cette thérapie et qui en ressent le besoin.
« Les troubles du contrôle des impulsions vont donc avant tout concerner des personnes ne supportant pas la frustration (ou le simple fait de différer leur plaisir) et qui mettent en œuvre des conduites leur procurant une satisfaction immédiate.
Le pervers ne peut maîtriser ses pulsions, mais il sait parfaitement que cela vient en affrontement avec la loi et que cela est répréhensible, même s’il tente de le minimiser très souvent… pour certaines conduites virtuelles. » (p.192)

A travers ses nombreux témoignages de patients, le Docteur JC Matysiak nous explique très simplement ce qu’on entend par fantasmes, ou maladies du sexe comme l’inhibition ou les paraphilies, en passant par le voyeurisme, l’exhibitionnisme et la pédophilie. On essaie de comprendre les personnes atteintes d’addictions ou de perversions.
Nous avons tous des fantasmes, plus ou moins élaborés. Et ce livre va nous aider à essayer de comprendre telles ou telles attitudes, soit de notre conjoint, soit de nous-mêmes, ou de nos adolescents. Quelle attitude adopter quand on découvre notre jeune ado en train de se masturber devant des sites porno, et ce, à longueur de nuit ou même de jour ?
« […] le meilleur traitement est souvent le temps, et la vie comporte, heureusement, bien des évènements prévisibles ou imprévisibles qui vont mener une personne à mûrir, à prendre du recul, à se remettre en question et à changer. » (p.227)

Aucune possibilité de cataloguer telle ou telle attitude comme on serait tenté de le faire.

Dr Matysiak explique avec des mots simples et beaucoup de pudeur la réalité qui touche le monde très secret de la sexualité. Tous les domaines sont abordés sous un côté médical mais surtout humain. Aucune possibilité de cataloguer telle ou telle attitude comme on serait tenté de le faire. Ce n’est pas si simple.
Ce livre est là pour nous aider à mieux nous comprendre nous-mêmes, à mieux appréhender le mystère de notre sexualité, à mieux comprendre notre conjoint, ou nos enfants. Après avoir lu ce livre, ce qui ressort très nettement est le non-jugement de l’auteur, une forme de déculpabilisation. Les cas les plus pervers relèvent de la justice et non de la médecine, mais ils sont rares. Il conclut sur trois mots-clés dans toute relation de couple : respect, consentement, réciprocité, pour une sexualité épanouie.
Dr Matysiak conclut très joliment son livre : « A chacun d’entre vous sa réponse. » (p.273) ! Ce qui peut vouloir dire : à chacun ses fantasmes et à chacun de les gérer au mieux, en accord avec soi-même, avec son conjoint et avec la société dans laquelle on vit ! Mais à chacun son interprétation !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Fantasmes et réalités sur les sex addicts, Docteur JC MatysiakNotre sexualité et nos pratiques n’échappent pas à la tentative de normalisation d’une société qui culpabilise tout débordement de notre recherche de plaisir (alcool, alimentation, jeux…). Il nous faudrait jouir, au sens large du terme, mais surtout sans excès.
Cet essai se propose de mettre à jour les dérives d’une récupération excessive, par la médecine et la psychiatrie, de certaines de nos conduites sexuelles, même excessives, qui ne sont en rien une maladie. Être hypersexuel ne signifie pas être déviant ou malade inéluctablement.
Les récents cas, très médiatisés, des frasques sexuelles de personnalité, ont été l’occasion de mettre à jour cette dérive sociale. Tour à tour ont été convoqués les termes de perversion, d’addiction sexuelle ou encore de maladie mentale, qualifiant des conduites qui ne relèvent bien souvent que de l’infidélité, de besoins sexuels au-dessus de la moyenne, de perte de contrôle ou de conduites pénalement condamnables.
Ce livre, basé sur de nombreux cas cliniques et une expérience de plus de trente ans de prise en charge des addictions, se propose de redonner à la maladie sa juste place. L’addiction sexuelle ne sert elle pas souvent de prétexte à des conduites, certes excessives, mais qui ne relèvent en vérité que de la morale, de diktats religieux ou d’une vision sociale de la normalité à une époque donnée ?
Cette culpabilisation sociale, morale ou religieuse, de certaines de nos pratiques sexuelles, incite de nombreuses personnes à pousser la porte des addictologues ou des psychiatres, alors qu’ils ne sont en aucun cas malades.
Mais alors, peut-on définir une sexualité « normale » ? Cet essai tente également d’en cerner les contours mouvants.

Date de parution : le 6 avril 2016
Auteur : Docteur JC Matysiak
Editeur : JC Lattès
Prix : 18,50 € (250 pages)
Acheter sur : Amazon

Résultats concours : 10 places de concert gagnées, Gatane à Paris

Gatane

Résultats concours : 10 places de concert gagnées, Gatane à Paris

 

Vous avez été 651 participants au concours Gatane. Merci de votre grande participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de concert de Gatane le 19 mai au Sentier des Halles, à 20h, sont les suivants :

Mustapha Bouterid, Clémence Préault, Jade Prigent,

Elodie Lafarge et Olivier Grandjean

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

A war, une peinture glaçante et ultra réaliste de la condition du soldat moderne

A War
A War, un film de Thomas Lindholm, Copyright Studiocanal GmbH

A war, une peinture glaçante et ultra-réaliste de la condition du soldat moderne

Avec A war, le réalisateur Tobias Lindholm filme la guerre dans sa plus implacable cruauté. Les soldats danois expédiés en Afghanistan patrouillent sans trop savoir pourquoi et s’inquiètent d’abord pour leur survie. Le constat est accablant. Pas de gentil ni de méchant dans ce conflit absurde, juste des victimes. Pilou Asbaek réalise une prestation mémorable en chef de section dépassé par les évènements. Un film âpre et haletant.

Pas d’effets spéciaux superfétatoires pour cette peinture du conflit afghan. Les expressions sont renfrognées et l’angoisse est palpable. Chaque pas peut déboucher sur une mine ou un tir sans sommation. Le spectateur frissonne avec les personnages. La jeunesse des belligérants tranche avec la brutalité des enjeux. La caméra colle au plus près de ces soldats professionnels obligés de combattre non par amour du drapeau mais parce que c’est leur job. Tuer ou être tué, le quotidien sans pitié fait s’effondrer les plus robustes. Le réalisateur fait ressortir la froide réalité : il n’y a ni méchants ni gentils, juste des victimes. Le soleil est accablant, les pas sont lents, les yeux sont plissés. La mission visant à pacifier l’Afghanistan s’enlise pour les troupes occidentales comme pour les troupes russes auparavant. Le sac de noeuds pose des questions au chef de troupe seul responsable des actes de sa section.

Le réalisateur met fort adroitement en rapport le quotidien du soldat avec celui de sa famille restée au pays. L’angoisse est partagée, le temps est long et monotone de chaque côté. Lorsque le drame accable le soldat et ses proches, le film quitte les plaines afghanes pour se concentrer sur le procès du soldat. Comment juger des actes militaires pris au coeur de l’action sous la pression des tirs ennemis ? Fort intelligemment, le film ne tranche pas et laisse au spectateur le soin de se faire son opinion. Ni tout blanc ni tout noir, le soldat a fait son travail, dans l’intérêt de ses coéquipiers et de la survie collective. Mais les dommages collatéraux sont là, incalculables et meurtriers. Qui condamner ? Le film sous-entend que les vrais coupables ne sont pas dans le box des accusés, ces décisionnaires qui envoient des soldats trop jeunes combattre à l’autre bout du monde… Le film est tragique et prend un recul habile pour ne pas juger mais surtout constater. Il n’y a ni vainqueur ni perdant dans des conflits aussi ubuesques.

Thomas Lindholm et Pilou Abaek se retrouvent après le crispant Hijacking et son équipage pris en otage par des pirates somaliens. Les plus assidus se souviendront également de ce fascinant R avec les deux mêmes maitres d’oeuvre. Le film dépeignait le destin tragique d’un jeune homme enfermé dans un quartier de haute sécurité aux côtés de criminels bien plus dangereux que lui. Le réalisateur aime faire frissonner et toucher directement à l’estomac. Sa science est impressionnante pour faire froid dans le dos avec tant de conviction. Ce A War est moins romanesque et plus viscéral. Nul doute que la collaboration entre le réalisateur et son acteur fétiche débouchera sur de nouveaux moments de grâce.

Loin de l’héroïsme de John Wayne ou de la folie de Coppola, A War offre une tranche de vie prenante dans le quotidien des soldats, de leurs familles et des civils. Une vision sans jugement mais pas sans conclusions. Si certains évènements font sursauter ou s’attrister de la folie des hommes, c’est que A War a atteint son objectif. Dépeindre la guerre sans fard ni parti pris.

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A war 2Claus Michael Pedersen, commandant de compagnie danois est déterminé, dans son combat pour changer le monde et diriger ses troupes, tout en se persuadant, lui et ses hommes, que le jeu en vaut la chandelle. Mais au Danemark, la guerre prend un tout autre visage : Maria, l’épouse de Claus, se bat pour élever leurs trois enfants qui grandissent en l’absence de leur père. Au cours d’une bataille contre les Talibans, une patrouille tourne très mal : un jeune soldat est grièvement blessé et Claus prend instinctivement la décision de bombarder la zone afin de permettre l’arrivée d’un hélicoptère de secours. La mission est couronnée de succès. Le jeune soldat a la vie sauve. Mais Claus ne se doute pas que sa décision prise en une fraction de seconde impactera le reste de sa vie : les corps de 11 femmes et enfants afghans sont retrouvés sous les ruines. Claus est arrêté et accusé de crime de guerre. Il rentre chez lui, non pas auréolé de gloire, mais bien pour affronter la justice militaire et se battre pour son intégrité et celle de sa famille.

Sortie : le 1er juin 2016
Durée : 2h00
Réalisateur : Thomas Lindholm
Avec : Pilou Absaek, Tuva Novotny, Dar Salim
Genre : Drame

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Résultats concours : 3 jeux Mémo rigolo gagnés

Mémo rigolo

Résultats concours : 3 jeux Mémo rigolo gagnés !

Vous avez été 4949 participants au concours Mémo rigolo. Merci de votre excellente participation. Les 3 heureux gagnants de 3 jeux sont les suivants :

Marie-Claude Gaillard, Cheryl Campos et Audrey Anzelin

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

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Trahisons ou le triangle amoureux déconstruit

Trahisons

Trahisons ou le triangle amoureux déconstruit

Harold Pinter se télétransporte sur la scène dA la folie Théâtre dans une adaptation enlevée et dynamique de ses Trahisons. Un homme, sa femme et l’amant dans le placard, les relations entre les 3 personnages sont présentées à rebours, de la découverte de l’adultère jusqu’à la rencontre de la femme avec son amant. Une chronologie inversée qui met à nu les apparences, les travestissements et les compromissions.

Prix Nobel 2005 de littérature, le dramaturge et écrivain britannique Harold Pinter n’a cessé de révéler les petits travers humains dans ses oeuvres. En 1977, un scandale éclat quand Harold Pinter divorce pour s’établir avec une autre femme. Sa pièce Betrayals (Trahisons, 1978) se serait inspirée de cette liaison, bien que ce soit plutôt une idylle avec une présentatrice télé qui soit plutôt à l’origine de cette histoire. Harold Pinter a mis beaucoup de lui dans ces personnages stoïques qui vivent les révélations de la duplicité humaine avec flegme et recul. Les 3 acteurs font partie du collectif Le Point ZéroHakim DjaziriSéverine Saillet et Fabien Leca rivalisent de talent pour animer la mise en scène épurée de Carole Proszowski. 4 cubes lumineux deviennent tour à tour canapé, table ou chaise sur les 9 années de l’intrigue, mues par des acteurs caméléons qui se travestissent tout du long tout en gardant leur constance.

Le vaudeville se fait jeu de dupes entre des personnages stoïques par le devant et enragés à l’intérieur. Des chorégraphies de danse frénétiques lient les différentes parties de la pièce comme autant de témoignages des colères rentrées en opposition avec les faciès inexpressifs des rapports sociaux. L’amant et le mari sont des amis de toujours, compliquant d’autant le jeu des apparences et les stratagèmes pour cacher la liaison à un mari pas si ingénu que ça. L’adultère se transforme en mascarade sociale, révélant tous ces petits travestissements qui composent le costume social. Des musiques diverses composent les évolutions des personnages, de la suavité d’Elvis Preisley jusqu’à la rage des Beastie Boys. Les acteurs se mettent à nu en se départissant de leurs masques, en alternance avec leurs éreintants postures de statues sociales.

Un moment de théâtre profond à découvrir au plus tôt à A la folie Théâtre. Puissance des acteurs, acuité de la mise en scène et douce ironie du texte forment un beau ménage à trois. De quoi faire s’élever l’éternelle histoire de l’amant dans le placard vers un niveau quasi philosophique.

Dates :  Jusqu’au 25 juin 2016
Lieu A la folie Théâtre
Metteur en scène : Carole Proszowski
Avec : Hakim Djaziri, Séverine Saillet, Fabien Leca

La révélation Albert Marquet au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Albert Marquet
La révélation Albert Marquet au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

La révélation Albert Marquet au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris met à l’honneur le peintre Albert Marquet (1875-1947). Moins connu que ses prestigieux contemporains, il réalise une synthèse post impressionniste qui le met à part dans une époque de foisonnement pictural. Acolyte d’Henri Matisse, il creuse le sillon d’une insatiable recherche de modernité, du classicisme au fauvisme en passant par des partis pris originaux sur ses nus. Un choc esthétique pour ce peintre gracieux et élégant.

Le parcours chronologique met astucieusement en évidence les constantes explorations d’Albert Marquet. Né à Bordeaux, il a passé la majeure partie de son existence sur les quais de Seine, à proximité de Saint Michel et de Notre Dame de Paris. Ses variations sur la cathédrale rappellent les travaux de Monet sur la cathédrale de Rouen, avec des variations de lumière qui métamorphosent le monolithe de pierre. Il sacrifie aux voyages normands et immortalise les paysages balnéaires, avec ces longues plages épurées et ces quais portuaires. Le gris et le bleu se marient habilement avec moins de brume que les impressionnistes et plus sensibilité de que les académiques. Il offre une vision toujours esthétique et enthousiasmante de paysages comme pour inciter à leur découverte.

Albert Marquet 2Les exercices de nus rendent compte de sa sensibilité, avec ces visages dans l’ombre et ces  harmonieuses courbes. Avide de voyages, Albert Marquet livre sa vision des paysages africains, arpentant Alger la Blanche et l‘Afrique du Nord avec l’oeil toujours curieux. L’eau est son motif favori, il la fait vivre avec une éternelle touche elliptique et dépouillée. Mais c’est ce tableau nocturne qui foudroie le visiteur comme une évidence. Loin des habituels ciels bleus et plages limpides, c’est une vision majestueuse des lumières de la Samaritaine reflétées sur le Pont Neuf adjacent qui éblouit le visiteur. Oeuvre onirique puissante, elle rappelle l’art du peintre pour faire surgir de ses toiles de profonds sentiments. Difficile de sortir de sa rêverie mais les pièces exposées remettent l’esprit en place.

Pas vraiment académique, pas complètement impressionniste, Albert Marquet occupe une place particulière, trop longtemps minorée. Il faut visiter le MAM Paris et découvrir son oeuvre exigeante et singulière, pour un vrai moment de bonheur artistique.

Dates : Jusqu’au 21 aout 2016
Lieu : Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Entrée : 12 €

Ma Loute, un vent d’air frais dans le cinéma français (Festival de Cannes 2016)

Ma Loute
Ma Loute, film de Bruno DUmont, Copyright Roger Arpajou

Ma Loute, un vent d’air frais dans le cinéma français

Ma Loute est un vrai OVNI cinématographique. Iconoclaste, dérangeant, retors. Le film fascine ou rebute. Bruno Dumont mélange bourgeoisie dégénérée et pécheurs cannibales dans une bouffonnerie fantaisiste jubilatoire ou excessivement excentrique, c’est selon. Je suis resté le sourire aux lèvres deux heures durant, captivé par tant d’audace…

Une famille bourgeoise prend ses quartiers d’été sur la côte nord. Les Van Peteghem sont des originaux fortunés, à courte vue et excentriques à leur corps défendant. Entre le mari bossu, la cousine, le beau-frère et l’oncle, impossible de comprendre les liens généalogiques. Ils côtoient les pêcheurs de moules avec une aimable condescendance. Quand des disparitions sont signalées dans la baie de la Slack, l’inspecteur Machin et son adjoint Malfoy mènent l’enquête…

Un mot pourrait suffire pour dépeindre Ma Loute : loufoque. Car les personnages rivalisent de cocasserie. Entre les accents incompréhensibles, les regards obliques et les physiques disgracieux, pas un protagoniste ne semble issu autrement que d’une consanguinité quelconque. La première guerre mondiale viendra balayer cette ère fin de race pour renouveler des filiations à bout de souffle. Si les bourgeois voguent dans des moeurs kitch et dissolues, les pêcheurs de moule sont réduits au cannibalisme le plus gore. Les classes sociales s’opposent sauf dans leurs excès respectifs. Une histoire d’amour improbable lie le fils ainé des pêcheurs, appelé mystérieusement Ma loute, et Billie, rejeton androgyne de la famille Van Peteghem. Fils ou fille, le doute est permis et jamais vraiment éclairci, l’acteur (actrice?) se faisant appeler Raph

Les 2 heures passent comme dans un rêve, entre extravagances et pitreries. Le casting se met à l’heure Dumont pour un festival de cocasseries. Fabrice Luchini marche comme Aldo Maccione avec sa bosse et son accent improbable. Son épouse interprétée par Valéria Bruni Tedeschi ne cesse de tomber tout en semblant inéluctablement et constamment à l’ouest. Juliette Binoche est une soeur échevelée et clownesque. Tout ce petit monde semble personnifier les travers humains les plus reculés, aux frontières de la bâtardise et de la dégénérescence. Les métaphores foisonnent et le spectateur a toute liberté pour comprendre les liens véritables entre les personnages… Si les bourgeois sont tapis dans leurs coutumes de classes, les pêcheurs sont taiseux… méfiance. Le film ressemble à une galerie des horreurs.

Ma Loute est une anomalie dans le cinéma français contemporain et Bruno Dumont un barbare. Son Camille Claudel 1915 éberluait par son tranquille apaisement, La vie de Jésus étonnait par son ton résolument outrancier, Ma Loute s’inscrit dans une nouvelle catégorie, celle des fantaisies intemporelles, restranscriptibles à notre époque, dans le futur ou dans la Préhistoire. Une boutade qui fait du bien.

Ce film a été présenté lors de la 69e édition du Festival de Cannes, dans la sélection « Compétition Officielle ».

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Fabrice LuchiniEté 1910, Baie de la Slack dans le Nord de la France. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L’improbable inspecteur Machin et son sagace Malfoy (mal)mènent l’enquête. Ils se retrouvent bien malgré eux, au cœur d’une étrange et dévorante histoire d’amour entre Ma Loute, fils ainé d’une famille de pêcheurs aux mœurs bien particulières et Billie de la famille Van Peteghem, riches bourgeois lillois décadents.

Sortie : le 13 mai 2016
Durée : 2h2
Réalisateur : Bruno Dumont
Avec : Fabrice Luchini, Valéria Bruni Tedeschi, Juliette Binoche
Genre : Comédie dramatique

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Une Dorothy Parker tour à tour mélancolique et truculente au Lucernaire

Dorothy Parker

Une Dorothy Parker tour à tour mélancolique et truculente au Lucernaire

Le Théâtre Lucernaire laisse carte blanche à Natalia Dontcheva pour ressusciter Dorothy Parker dans un spectacle truculent et enlevé. Poète, scénariste et grande gueule en chef de la haute société new yorkaise des années 30 à bien plus tard, Dorothy Parker est rentrée dans la légende pour sa morgue et son humour caustique. La pièce nous fait découvrir un personnage haut en couleur, souvent révoltée mais également bien seule.

La pièce Dorothy Parker se concentre sur les pierres angulaires de l’existence d’une prêtresse de la critique littéraire. Sa vie romanesque est racontée par le menu via le texte de Jean-Luc Seigle. Saillies vengeresses, monologues enflammés, les principaux faits d’arme d’une éternelle révoltée sont amplement évoqués. Sa relation tumultueuse avec Alan Campbell sert de fil rouge à une vie partagée entre New York et Hollywood, avec toujours cette éternelle bouteille de whisky à ses côtés. Si la passionaria n’hésite pas à égratigner tout azimut, elle est également la cible du maccarthysme triomphant des années 50. Son inscription sur les fameuses listes noires achève de la blacklister pour une fin de vie solitaire et aigrie. Car loin de se laisser déstabiliser, elle se bat de toutes ses forces pur dénoncer l’abus de pouvoir du sénateur vindicatif, jusqu’à léguer ses maigres biens à Martin Luther King comme un dernier pied de nez.

Si Dorothy Parker ne s’est jamais déjugée, la pièce amène à se poser la question de l’intérêt d’une telle posture. Ses interlocuteurs téléphoniques préférés sont le concierge de l’hôtel où elle vit, une amie fortunée aux crochets de laquelle elle survit et son mari/ex-mari irrésistiblement aimanté par elle. L’actrice multiplie les postures outrées pour signifier l’ego surdimensionné d’une diva placée bien au delà des contingences matérielles. Vison, robe Dior et talons hauts forment son quotidien, l’argent n’est qu’une chose vulgaire qui ne doit pas occuper l’esprit. Les monologues de l’actrice n’amènent aucune réponse, ses questions restent sans réponse et le jeu d’actrice est délibérément à sens unique. La mise en scène d’Arnaud Selignac ne fait intervenir aucune autre voix que celle de Natalia Dontcheva, prêtresse omnipotente de son petit univers.

Une pièce pittoresque toute tournée vers la personnalité démesurée d’une mondaine américaine. L’humour subtil ne déclenche pas de salves de rires mais amène à se poser la question. La solitude est-elle le prix à payer pour conserver intacte son intégrité ?

Dates :  du 4 mai au 25 juin à 19h du mardi au samedi
Lieu Théâtre Lucernaire
Metteur en scène : Arnaud Selignac
Avec : Natalia Dontcheva

Breathe, un témoignage captivant d’un homme paralysé, Stéphane Haskell, qui redécouvre son corps

Breathe, un témoignage captivant d'un homme paralysé qui redécouvre son corps
Breathe, Yoga, un souffle de liberté. Photo extraite du film de Stéphane Haskell

Breathe, un témoignage captivant d’un homme paralysé, Stéphane Haskell, qui redécouvre son corps, en DVD 

Stéphane Haskell, photographe et documentariste, nous dévoile sa propre expérience à travers son film Breathe, Yoga, un souffle de liberté.

Vers 40 ans, Stéphane Haskell se fait opérer du dos et se retrouve paralysé. Les médecins disent ne rien pouvoir pour lui. Il souffre le martyr et sa vie est un enfer. Jusqu’au jour où il découvre le yoga. Peu à peu, grâce au yoga, Stéphane se retrouve et surtout ressent à nouveau son corps. Chaque geste était un supplice, il va apprendre au fil des années à faire re-bouger son corps, en accord avec son esprit.

Et pour s’aider lui-même, il décide très vite de réaliser un film sur sa propre expérience. Une sorte de témoignage. La force du yoga est grande, que ce soit pour des personnes handicapées, ou même des personnes en prison, pour des longues peines, voire, condamnées dans le couloir de la mort depuis des années. A travers le Monde, Stéphane Haskell filme et nous montre les bienfaits du yoga. Que ce soit aux Etats-Unis, ou en Chine, ou en Afrique, ou en Inde, le yoga a ses propres vertus qui permet de travailler sur l’estime de soi. Même les personnes habitant les bidonvilles à Naïrobi se sentent en accord avec elles-mêmes grâce au yoga. Stéphane Haskell va même filmer des femmes qui se trouvent dans une des prisons les plus violentes du Monde, au Kenya, presque toutes atteintes du Sida. Et l’on voit ces femmes retrouver leur énergie vitale, leur sourire et leur sérénité malgré leurs conditions de vie déplorables.

Rien n’est inéluctable même le pire des cauchemars peut être surmonté grâce au yoga, dit-il. Stéphane Haskell a rencontré le grand Maître Abhijata Iyengar qui met l’accent sur la vie intérieure de chacun. Une leçon de vie et en même temps d’humilité.
Stéphane Haskell conclut qu’il faudrait apprendre le yoga dès le plus jeune âge, comme ils le font en Inde, pour aider les élèves, transformer leurs relations entre eux et surtout travailler sur l’estime et la confiance en soi. Le yoga permet de se rencontrer soi-même et de rencontrer l’Autre.

Stéphane Haskell nous offre un très beau témoignage qui redonnera espoir à bon nombre de malades et aussi de bien-portants. Ne jamais baisser les bras ! Chacun est capable de retrouver son énergie vitale, grâce au yoga.

Le DVD offre en bonus : une rencontre avec Abhijata Iyengar, BKS Iyengar et Sharath et également un cours de yoga de 16mn !

Une belle expérience à tenter !

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Breathe, un film de Stéphane HaskellA la suite d’une opération du dos périlleuse, un homme d’un peu plus de quarante ans se retrouve paralysé. On lui prédit qu’il ne pourra plus jamais marcher. Après des années de souffrance, il découvre une voie de guérison possible à travers le yoga. Ce voyage intérieur va non seulement le rendre à lui-même, mais aussi l’ouvrir au monde. Il rencontrera alors des êtres fascinants dans les régions les plus réculées de la planète, que le yoga a sauvé.

Sortie en DVD DVD : le 4 mai 2016
Réalisateur : Stéphane Haskell
Durée : 1h30
Genre : Documentaire
Prix : 16,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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Before we go : une comédie romantique de Chris Evans en VOD

Before we go Photo du film
Before we go Photo extraite du film

Before we go : une comédie romantique de Chris Evans en VOD

Son costume de super-héros (Captain America : Civil war) tout juste retiré, Chris Evans se métamorphose en trompettiste fleur bleue dans un film dont il est également, et pour la première fois, le réalisateur. Before we go, sorti en VOD le 26 avril, l’initie à ce nouveau métier de direction dont les acteurs sont friands.

Un film, une nuit. Ils auront quelques heures seulement pour se découvrir, souffrir et sourire. Nick Vaughan et Brooke Dalton ne se connaissaient pas, ils sont le fruit d’une rencontre hasardeuse à la gare de Grand Central et, ensemble, ils braveront cette nuit. Nick et sa trompette passent une audition capitale le lendemain et Brooke, dépouillée de son sac après avoir raté le dernier train, ne peut plus rentrer chez elle, à Boston, avant le lendemain matin. Le destin leur impose ce bout de chemin nocturne à deux.

Chargés de leurs peines de cœur que nous découvrirons au fil du film, ils tenteront chacun de s’en soulager et d’apaiser celle de l’autre. Ils vont s’aider, s’aider à avancer parce qu’en amour, il n’est pas rare de stagner.

Une histoire sans prétention de deux âmes en transition. Il n’est question que d’amour même s’il est parfois déguisé sous une conversation anodine ou caché par une péripétie inopinée. Les deux protagonistes sont complètement pénétrés par ce sentiment qui les obsède contre leur gré.
Une comédie romantique bien tenue par ses acteurs, douce et légère, même si, certes, elle ne tient pas du grand film. Juste un petit moment hors du temps dans les rues de Manhattan.

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Before we go New York, le temps d’une nuit. Après s’être fait voler son sac à main, la jolie Brooke loupe son train pour Boston. Sur son chemin elle croise Nick Vaughan, musicien. Destinés à se rencontrer, ils vont vivre une nuit pas comme les autres qui pourrait bien changer le cours de leur vie…

Sortie DVD : le 26 avril 2016
Durée : inconnue
Réalisateur : Chris Evans
Avec : Chris Evans, Alice Eve, Emma Fitzpatrick
Genre : Comédie, Drame, Romance

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Bang Gang (une histoire d’amour moderne), le film de Eva Husson en DVD

Bang Gang - Marylin Lima

Bang Gang (une histoire d’amour moderne), le film de Eva Husson en DVD

Chant flamboyant d’une jeunesse qui court dans la savane de la liberté et navigue sur le fleuve nommé Désir, Bang Gang est un souffle de bonheur incroyable dans le cinéma français. C’est un film d’amours, où celles-ci dansent et s’entrelacent au milieu de corps encore frais n’attendant qu’un texto pour venir croquer à pleines dents le bas-ventre de la vie.

Bang Gang est un film sur la jeunesse, sur les jeunes. Au premier abord, nous pourrions penser que l’histoire n’est qu’un prétexte pour faire du cul sur grand écran. Le sexe est secondaire ici. Étonnement. Les héros ne sont pas les reins, l’érotique Éros est le héros. Les jeunes, dans le film entre 16 et 17 ans, sont les pions libres, s’entrechoquant sur le plateau de jeu d’un début d’été ardent. Ils ne s’aiment pas. Mais aiment s’aimer, ne serait-ce qu’un instant.

Les héros ne sont pas les reins, l’érotique Éros est le héros.

À l’origine, deux jeunes gars, Alex et Nikita, profitent de la maison vide du premier pour chiller. George, fleur solaire aux airs de Bardot en ses débuts, en pince pour Alex. Lui, est plutôt du genre badboy. Laetitia sort de chez elle, suit George et copine avec les autres. Une aprèm, le carré d’amis se retrouve dans la maison vide d’Alex. Lui et George couchent ensemble, sous les yeux grands ouverts des deux autres. D’une soirée qui suit, et par l’impulsion de l’incendiaire George, les corps se libèrent, avec toujours plus d’ardeur, toujours plus de chaleur, toujours plus de bonheur. Les corps s’entrechoquent. Les lèvres s’embrassent. Et la chair se brasse. Le gong Bang Gang appelle les jeunes. Toujours plus de monde. Les soirées se filment, les images se publient, les vidéos s’échappent. Une histoire d’amour moderne, où le trivial ensorcellement de la vie pourrie rattrape tout le monde.

La maison d’Alex est un refuge. Les jeunes s’y plaisant témoignent tous d’une particularité dans leur foyer, difficile à gérer quand on a seize ans. La fuite amène au refuge. La castration pousse à l’expérience d’extase. Le jeune demande toujours plus. Le jeune est dans la création. Il ne procrée pas. Il crée. L’antre des Bang Gang est une création. George est seule. Laetitia vit avec son père, souvent absent. Alex est seul. Nikita est noyé chez lui. Gabriel est le substitut, chez lui, de son père accidenté. Ils étouffent. Ne respirent plus. Les électrons chargés en orbite se rencontrent et se réchauffent entre eux. Ensemble, ils ne sont plus seuls.

Eva Husson a déniché avec perfection ses jeunes acteurs. Expérimentés ou non, ils brillent tous, et sont convaincants. La rayonnante Marylin Lima (George) est une diagonale érotique tout au long du film, et toujours avec grâce. Fred Hotier (Nikita) est fichtrement prometteur : maîtrise du corps, absorption totale et excentrique prononcé. Finnegan Oldfield (Alex) jongle entre la dureté d’un queutard viril et la fragilité d’un garçon devenu grand trop vite. Daisy Broom (Laetitia) scotche par sa maitrise d’un passage de la fille pucelle à la jeune femme. Et Lorenzo Lefebvre (Gabriel) rend charismatique le jeune réservé empli de peine. Cette brochette de bons loulous est incroyable et délicieuse. Chaque visage est une peinture sucrée.

Les images sont envoûtantes. Le film est magnifique. L’histoire est touchante. Bang Gang est une comète rose en sueur, bouffant l’espace vide d’un monde tout gris.

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bang-gang Les faubourgs aisés d’une ville sur la côte atlantique. George, jolie jeune fille de 16 ans, tombe amoureuse d’Alex.
Pour attirer son attention, elle lance un jeu collectif où sa bande d’amis va découvrir, tester et repousser les limites de leur sexualité. Au milieu des scandales et de l’effondrement de leur système de valeurs, chacun gère cette période intense de manière radicalement différente.

Sortie vidéo : le 17 mai 2016
Durée : 1h38
Réalisateur : Eva Husson
Avec :  Finnegan Oldfield, Marilyn Lima, Daisy Broom & Lorenzo Lefebvre
Genre : drame
Acheter sur Amazon

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Café Society, un bon cru de Woody Allen (Festival de Cannes 2016)

Café Society
Café Society, film de Woody Allen, Copyright Gravier Productions, Inc. – Sabrina Lantos

Café Society, un bon cru de Woody Allen

Café Society est un Woody Allen annuel tout à fait honorable. Projeté hors compétition au Festival de Cannes 2016, le film perpétue l’atmosphère surannée et nostalgique chère au génial réalisateur new yorkais. Le film est un vaudeville charmant et langoureux, débordant de fantaisie. Une preuve de plus que le réalisateur de Manhattan et Match Point ne perd pas encore la main, quoique le déluge d’éloges déjà entendu soit un peu surfait…

Kristen Stewart et Jesse Eisenberg prennent la suite du duo Emma Stone et Joachin Phoenix à l’oeuvre dans le très surestimé Un Homme Irrationnel. Fraichement débarqué à Hollywood en provenance d’un New York situé sur une autre planète, l’acteur de The Social Network et Batman Vs Superman tombe amoureux de la secrétaire de son oncle interprété par un Steve Carell récemment remarqué en financier irascible dans The Big Short. Mais comme souvent chez Woody Allen, rien n’est jamais si simple et les conflits d’intérêts complexifient l’idylle de jeunes tourtereaux transis d’amour. La sincérité des sentiments se heurte aux réalités cruelles d’un monde féroce et impitoyable. Les facilités et largesses ont tout du mirage où stars et producteurs se côtoient dans une hypocrisie bien comprise.

Woody Allen aime jouer avec ses codes et renverser les perspectives dans une jubilation non feinte. Si ses films se ressemblent toujours un peu avec des éternelles histoires d’amour contrariées, il sait apporter suffisamment de subtilités pour se renouveler encore et toujours, même à 80 ans bien tapés. Ainsi pourrait-on rapprocher le personnage du candide Jesse Eisenberg avec celui plus cynique de Jonathan Rhys Meyers dans Match Point. Car là où Rastignac était prêt à toutes les bassesses pour réussir, Bobby jouit d’une innocence immaculée qu’il ne trahira jamais. Et combien même différents, les deux personnages connaissent ce doute persistant qui les hantera pour toujours. A noter la présence décorative d’une Blake Lively aussi charismatique qu’un Yorkshire. L’enchainement des péripéties ne s’élève dans la stratosphère que par la magie dégagée par le couple Eisenberg/Stewart. Une vraie connivence lie des acteurs déjà réunis dans American Ultra et visiblement heureux de se retrouver.

Une cuvée allennienne séduisante pour un ravissant Café Society qui rappelle l’ambiance désuète d’Accords et désaccords. Pas de jubilation excessive ni de déception carabinée pour un opus dans la bonne moyenne de ce que sait nous proposer Woody Allen.

Ce film a été présenté lors de la 69e édition du Festival de Cannes, hors compétition.

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Café societyNew York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux. Malheureusement, la belle n’est pas libre et il doit se contenter de son amitié.
Jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l’horizon s’éclaire pour Bobby et l’amour semble à portée de main…

Sortie : le 11 mai 2016
Durée : 1h36
Réalisateur : Woody Allen
Avec : Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell, Blake Lively
Genre : Comédie dramatique

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Love Circus : une comédie musicale légère et entraînante aux Folies Bergères

love-circus-afficheBeaucoup d’amour et de kitsch

Love Circus est un spectacle mêlant les acrobaties à la chanson française. Dans un univers à mi-chemin entre cirque et cabaret, les comédiens de Love Circus sont plein d’enthousiasme et savent transporter leur public. Malgré la légèreté du scénario et une histoire clairement à l’eau de rose, le spectacle est une réussite. Après avoir triomphé avec D.I.S.C.O, Stéphane Jarny revient aux Folies Bergères avec cette comédie musicale aux saveurs kitsch.

C’est léger, même très léger. La troupe de Love Circus raconte une histoire de famille et d’amour tout en musique. Elue meilleure comédie musicale de l’année aux Etoiles du Parisien en 2014, ce spectacle reprend les grandes chansons d’amour françaises en racontant l’histoire de trois soeurs en mal d’amour. De Jacques Brel à Edith Piaf en passant même par Prince, tous les classiques y sont re-visités.

On y passe un très bon moment en compagnie de cette troupe attachante et dynamique. Love Circus ravira les familles et couples.

Dates :  du 10 mars au 28 mai
Lieu : Folies Bergères (Paris)
Metteur en scène : Stéphane Jarny
Avec : Vincent Heden, Lola Cès…

Notre petite soeur, un film de Hirokazu Kore-Eda en DVD

Notre petite soeur filmNotre petite soeur, un film de Hirokazu Kore-Eda en DVD

Hirokazu Kore-Eda revient en force ou plutôt en beauté avec son dernier film : Notre petite sœur. Histoire de famille, histoire de sœurs, et même plus largement histoire de femmes. Publik’Art avait eu un réel coup de cœur avec Tel père, tel fils, et cette fois-ci encore, Notre petite sœur nous a émerveillés, subjugués. Le film est une adaptation du Manga Umimachi Diary de Akimi Yoshida.

Hirokazu Kore-Eda a le don de filmer le quotidien d’une famille comme si chaque minute était magique. Cette fois-ci il s’attache à une famille pas comme tout le monde. Trois sœurs, jeunes femmes, vivent ensemble, sans parents, dans une grande maison familiale, vieille mais chaleureuse. Elles vont à l’enterrement de leur père qu’elles n’ont pas revu depuis une quinzaine d’années. Il les a abandonnées pour partir avec une autre femme.

Les films de Hirokazu Kore-Eda font souvent référence à la mort. Et cette fois-ci, même si la mort n’est pas au centre du film, elle est omniprésente tout au long du film. Mais ce n’est pas un film triste. Lors de l’enterrement, elles font connaissance de leur demi-sœur Suzu, âgée de 14 ans. Suzu vit avec sa belle-mère et son tout jeune fils. Au décès du père, les grandes sœurs vont proposer à Suzu d’habiter avec elles. Suzu accepte avec plaisir de quitter cette région pour habiter avec ses sœurs, à Kamakura, au bord de la mer, qu’elle ne connaît pas. Et c’est l’ainée Sachi qui gère ses sœurs, qui fait office de mère. On les voit évoluer, chacune séparément et toutes ensemble. Rien n’est extraordinaire, mais tout est filmé de façon pudique et intime. On découvre petit à petit chaque parcelle de chacune. Et avec une infinie beauté, une grande délicatesse. Toujours autour de la nourriture, délicieuse et des nombreux repas partagés en famille ou avec des amis, avec des poissons fins et cuisinés merveilleusement. Comme si la nourriture allait permettre à ces quatre jeunes femmes de se « dénuder ». Suzu garde en elle ses blessures, sa vie d’avant, n’osant pas parler de son père qui est aussi le leur. Dans son cœur, Suzu est déjà très vieille.

Les souvenirs d’enfance des trois grandes rejaillissent, l’alcool de prune est leur trésor hérité de leur grand-mère et qu’elles essaient de reproduire chaque année, en harmonie avec elles-mêmes. Et avec leurs chers disparus.

La vie est ce qu’elle est et on doit la vivre au mieux, telle est la devise de ces jeunes femmes. Même si leur mère revient après des années d’abandon. Les rapports mère-filles ne sont pas évidents. Chacune réagit comme elle peut, désirant, enfin, une certaine sérénité. Mais n’oublions pas la beauté des cerisiers en fleurs. Au Japon, le cerisier en fleurs est un symbole de mort car les fleurs sont très éphémères. C’est à la fois très beau, très poétique et très triste. Le tout bercé par une musique, de Kanno Yoko, qui incite à une certaine méditation.

Les actrices principales sont remarquables de délicatesse et de naturel. Un film merveilleux dont on ressort zen, parfaitement zen. Un véritable coup de cœur, un bijou d’humanité ! Notre petite sœur a reçu 8 nominations au festival de Cannes 2015, mais aucun prix. Quel dommage !

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Notre petite soeur

Trois sœurs, Sachi, Yoshino et Chika, vivent ensemble à Kamakura. Par devoir, elles se rendent à l’enterrement de leur père, qui les avait abandonnées une quinzaine d’années auparavant. Elles font alors la connaissance de leur demi-sœur, Suzu, âgée de 14 ans. D’un commun accord, les jeunes femmes décident d’accueillir l’orpheline dans la grande maison familiale…

Sortie en DVD : le 11 mai 2016
Durée : 02h07
Réalisateur : Kore-Eda Hirokazu
Avec : Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho
Acheter sur : Amazon

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Maggie a un plan, ou comment se débarrasser de son homme

Maggie a un plan, une comédie extra de Rebecca Miller
Maggie a un plan, une comédie de Rebecca Miller Photo © Diaphana Distribution

Maggie a un plan, ou comment se débarrasser de son homme !

Rebecca Miller nous offre une comédie totalement américaine, au style déjanté de Woody Allen avec son dernier film Maggie a un plan. Un coup de coeur !

Vous voulez rire, vous détendre et passer une bonne soirée ? Alors, Maggie va vous régaler ! L’histoire est très américaine et le scénario pourrait être signé par Woody Allen. Vraiment. Une jeune femme, jeune et jolie, Maggie, veut faire un enfant toute seule. Elle n’arrive pas à rester plus de six mois avec le même homme. Après avoir trouvé son donneur de sperme, non anonyme, elle tombe folle amoureuse d’un professeur d’anthropologie qui est également écrivain. Elle le sort des griffes de sa femme pour son bonheur. Il divorce et  se marie avec Maggie. Et on les retrouve trois ans plus tard avec leur petite Lilly. Maggie est une mère et une belle-mère parfaite ! Elle gère toute la maison, y compris les deux enfants de John de son premier mariage avec Georgette. Car en fait, John ne pense qu’à écrire son livre.

Mais Maggie se rend compte qu’elle n’est plus amoureuse de John et que sa vie au quotidien ne la satisfait pas du tout. Et elle élabore un plan ! Dans ce film, on ne peut s’empêcher de rire. Rebecca Miller traite avec énormément d’humour les relations homme-femme. Et pour une fois, c’est la femme qui domine ! Elle manipule l’homme comme elle l’entend ! Et non le contraire ! Du vrai bonheur ! N’en déplaise aux hommes, mais il est jouissif, quand on est soi-même femme, de voir une femme faire ce qu’elle veut de son homme !

Tout est réalisé avec beaucoup de justesse et tellement d’humour ! Les acteurs sont fantastiques, à commencer par Greta Gerwig qui porte le film sur ses épaules. Elle est pétillante de jeunesse, d’insouciance, d’idéalisme et de naturel ! La déco, les costumes, les coiffures sont complètement rétros et aussi ridicules que les personnages ! Julianne Moore est génial dans le rôle de la femme trompée qui écrit un livre pour raconter son malheur au monde entier. Toujours aussi excellente actrice que nous avions repérée dans son dernier film : Still Alice pour lequel elle a reçu, entre autres, l’Oscar de la meilleure actrice. Quant aux hommes, ils sont aussi parfaits dans leur rôle qu’on ne leur envie pas ! On retrouve Ethan Hawke dans le rôle du professeur-écrivain qui lui va comme un gant et le beau Bill Hader, dans le rôle de l’ex-petit-ami confident.

Bref, Maggie a un plan est une comédie qui vaut le détour ! Alors, si vous ne l’avez pas encore vu, foncez ! Vous passerez un délicieux moment ! Rires garantis !

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Maggie a un plan, une comédie extra de Rebecca MillerMaggie, trentenaire, éternelle célibataire et new-yorkaise, a bien l’intention de faire un bébé toute seule, mais elle rencontre John, professeur anthropologie et écrivain en devenir, dont elle tombe immédiatement amoureuse.
John, lui, n’est pas très heureux en mariage avec la tumultueuse Georgette qui ne vit que pour sa carrière. Il la quitte pour Maggie, qui attend désormais un bébé, mais après quelques années de vie commune, Maggie a un autre plan en tête et aimerait jeter à nouveau John dans les bras de Georgette…

Sortie : le 27 avril 2016
Durée : 1h38
Réalisateur : Rebecca Miller
Avec : Greta Gerwig, Ethan Hawke, Julianne Moore
Genre : Comédie

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Eddie the Eagle, un film très émouvant de Dexter Fletcher

Eddie the Eagle, un film très émouvant de Dexter Fletcher
Eddie the Eagle, un film très émouvant de Dexter Fletcher Photo © 2016 Twentieth Century Fox

Eddie the Eagle, un film très émouvant de Dexter Fletcher

Dexter Fletcher nous faire revivre l’incroyable vie de Eddie Edwards. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas été aussi émue au cinéma !

Eddie Edwards est un garçon tout à fait ordinaire. Quand il est petit, il souffre d’une maladie qui touche ses genoux. Il va passer un an à l’hôpital pour se soigner. Ensuite les médecins lui conseillent de ne pas faire trop de sport car ses genoux sont fragiles. Mais Eddie a d’autres rêves ! Il veut être champion de ski et participer aux jeux olympiques. Bien sûr, c’est un rêve de gosse. Il n’en a ni les capacités physiques ni la pratique. Finalement, on lui fait comprendre qu’il ne sera jamais sélectionné. Il n’est pas un athlète. Son père ne cesse de le lui dire. Par contre, sa mère, elle, croit en lui. Elle va l’aider tout au long de ses différentes étapes. Eddie décide de changer de discipline et de se lancer dans le saut à ski ! Tremplin de 10m, de 40m, de 70m et de … 90m ! Que de frissons ! Que de belles images !

Le film est très bien fait et l’acteur Taron Egerton est épatant dans le rôle d’Eddie. Il croit en lui et ne doute de rien. Sa seule conviction : participer coûte que coûte aux Jeux Olympiques. Tout le monde se moque de lui. Personne ne croit à son rêve. Seulement sa mère. Tous les seconds rôles sonnent juste, surtout celui de son coach atypique : Hugh Jackman. Le film est très touchant car on voit cet homme, Eddie, seul contre tous, qui continue à se battre, à avancer, et à réaliser son rêve. Le tout avec une pureté d’âme d’enfant, et un cran d’acier ! Le regard que les autres portent sur lui ? Il s’en fiche ! Il continue sa route, il continue à boire du lait !

Eddie nous donne une très belle leçon de vie qui illustre merveilleusement la maxime du Baron Pierre de Coubertin qui a créé les Jeux Olympiques en 1894 : « Le plus important aux Jeux Olympiques n’est pas de gagner mais de participer, car l’important dans la vie ce n’est point le triomphe mais le combat ; l’essentiel n’est pas d’avoir vaincu, mais de s’être bien battu ».

Eddie Edwards a participé envers et contre tous ! Et quel combat ! Quelle incroyable histoire vraie ! Et que d’émotions ! Un très beau film à voir en famille ! Un vrai coup de cœur pour Publik’Art !

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Eddie the Eagle, un film très émouvant de Dexter FletcherEddie Edwards n’a jamais rien eu d’un athlète, bien au contraire. Pourtant, depuis qu’il est petit, il n’a qu’un seul rêve : participer aux Jeux Olympiques. Au fil des années, ni son piètre niveau sportif, ni le manque de soutien, ni les moqueries n’ont entamé sa volonté. Et c’est ainsi qu’en 1988, celui qui n’a jamais lâché a réussi à se retrouver, on ne sait trop comment, aux Jeux Olympiques d’hiver de Calgary.

Avec l’aide d’un entraîneur aussi atypique que lui, ce sauteur à ski pas comme les autres va secouer le monde du sport et conquérir le cœur du public en accomplissant une performance olympique aussi improbable qu’historique…

Sortie : le 4 mai 2016
Durée : 1h45
Réalisateur : Dexter Fletcher
Avec : Taron Egerton, Hugh Jackman, Christopher Walken
Genre : Comédie dramatique, Biopic

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Au-delà des montagnes, le film de Jia Zhang-Ke en BR et DVD

au delà des montagnes
Au-delà des montagnes : Photo © Ad Vitam

Au-delà des montagnes, le film de Jia Zhang-Ke en BR et DVD

L’histoire se passe en Chine profonde, à Fenyang, une ville de la province du Shanxi. Elle démarre en 1999 et se termine en 2024. Jia Zhang-Ke a centré son film sur Tao, jeune femme, et ses deux amis d’enfance. L’un d’eux travaille dans une mine, Lianzi, et l’autre, Zang, est propriétaire d’une station service et gagne déjà beaucoup d’argent. Tao va choisir son mari entre ces deux « prétendants ». L’argent l’emporte car elle épouse l’homme riche, capitaliste. Elle va avoir un enfant avec Zang qui va l’appeller Dollar. Tout un symbole.

Durant la première partie du film Au-delà des montagnes, on découvre la vie de Tao, interprétée par la comédienne, mais aussi la femme du réalisateur, Zhao Tao, dans sa ville natale. Nous sommes en 1999, moment de l’Histoire où la Chine est en train de se reconvertir. Elle abandonne peu à peu les mines de charbon pour se tourner vers le pétrole. La vie des chinois va en être bouleversée.

La seconde moitié du film Au-delà des montagnes se passe en 2014. On voit Tao, seule, qui revient au pays. Elle a divorcé et c’est le père qui a eu la garde de leur fils. Son fils vient la voir pour être présent à l’enterrement de son grand-père. Il a alors 7 ans. Le choix de Tao de la sécurité financière avec Zang n’a pas suffi à la rendre heureuse. Quant à son ami Lianzi, il n’est pas dans un état qui peut lui faire regretter son choix. Tao est seule et doit assumer cette nouvelle situation et surtout la perte de son fils.

Quant à la troisième partie du film, elle se passe en Australie, chez le père de Dollar, en 2024. C’est alors Dollar qui devient le centre du film. Il est beau gosse, étudiant à la Fac et a tout pour être heureux. Il ne parle qu’anglais mais prend des cours de chinois. Il ne se souvient plus de son pays et son père, toujours riche, vit dans un somptueux appartement, entouré d’armes à feu. Mais la communication est coupée entre le père et le fils. Sa professeur de chinois sera là pour l’aider à retrouver ses racines, au fond de son cœur.

Au-delà des montagnes est un film centré sur l’évolution galopante de la Chine et de la mentalité des chinois, très politiquement correct. Trop correct sans doute ! Il est d’ailleurs sorti sur les écrans chinois, sans censure. En très peu de temps, leur vie a été complètement transformée. Mais les traditions persistent au-delà du modernisme et Tao est là pour en témoigner. Sa façon de réagir, toujours zen, ou presque, sa façon de préparer ses raviolis, toujours avec amour comme si son fils allait débarquer à tout moment. Une mère n’oublie jamais son enfant. C’est le rôle de toute mère, mère nourricière.

Le réalisateur n’a pas fait un film politique mais un film centré sur une façon de penser, une façon de vivre. Attention, semble-dire Jia Zhang-Ke, l’argent est à nos portes mais va-t-il vraiment nous rendre plus heureux ?

C’est un film lent, zen, mais jamais l’on ne s’ennuie. Et pourtant il dure plus de deux heures ! La musique est très belle, avec deux chansons qui reviennent périodiquement, et les plans photographiques sont souvent sublimes, avec un savant mélange de modernité et de traditionalisme. Les acteurs sont tous excellents. Et le film nous laisse interrogatifs, surtout sur la fin. Il n’apporte pas les réponses, à nous de tenter de les trouver…

Au-delà des montagnes a reçu déjà 8 nominations au Festival de Cannes 2015 mais est reparti, hélas, sans prix. Dommage, très dommage ! Il en méritait largement ! Publik’Art lui décerne un réel coup de coeur !

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au delà des montagnesChine, fin 1999. Tao, une jeune fille de Fenyang est courtisée par ses deux amis d’enfance, Zang et Lianzi. Zang, propriétaire d’une station-service, se destine à un avenir prometteur tandis que Liang travaille dans une mine de charbon. Le cœur entre les deux hommes, Tao va devoir faire un choix qui scellera le reste de sa vie et de celle de son futur fils, Dollar. Sur un quart de siècle, entre une Chine en profonde mutation et l’Australie comme promesse d’une vie meilleure, les espoirs, les amours et les désillusions de ces personnages face à leur destin.

Sortie vidéo : le 3 mai 2016
Durée : 2h06
Réalisateur : Zhang-ke Jia
Avec : Zhao Tao, Sylvia Chang, Dong Zijian
Genre : Drame, romance
Acheter sur : Amazon

Quinze rounds, un livre vérité de Richard Bohringer (Flammarion)

Quinze rounds, un livre vérité de Richard BohringerQuinze rounds, un livre vérité de Richard Bohringer (Flammarion)

Il est rare que Richard Bohringer se mette à nu ainsi ! Or, dans son livre, Quinze rounds, il n’est question que de lui, de sa vie, de ses douleurs et surtout de ses très nombreuses rencontres, de tous les gens qu’il a aimés. Il nous parle de son enfance, avec sa mamie, la seule personne qui s’est occupé de lui. Il a bien galéré, Richard Bohringer. Pas d’enfance et son adolescence ne fut guère mieux. Peut-être pire même. Très vite, il a fait de mauvaises rencontres, et il est devenu dépendant de cette foutue drogue, toutes sortes de drogues. Jusqu’au coma. Plusieurs fois à l’hôpital entre la vie et la mort. Plusieurs cures de désintox… La drogue, l’alcool, la musique et l’écriture. C’était ça sa vie.

Et puis, peu à peu la vie a commencé à sourire à Richard. Il a fait de belles rencontres. Il a écrit, beaucoup écrit, en écoutant de la musique. Grâce à sa mamie, son HLM refuge pour Richard. Et on a commencé à le lire. Espoir, enfin te voilà ! C’est beau la ville la nuit ! Premier chef d’œuvre de Richard. Et de rencontres en rencontres, le cinéma est venu à lui. D’abord, pour de petits rôles, puis de plus en plus importants. Il nous raconte en détails ses tournages, ses partages avec les équipes de film, avec les gens du pays qui l’accueillait. Toujours émerveillé Richard. Toujours étonné de son propre succès.

Sa vie fut tumultueuse à tous les niveaux. Côté amours, beaucoup de belles femmes et aussi beaucoup de ruptures. Et souvent des enfants… Ses trésors. Sa fierté. Son bonheur. Son style est comme lui : pressé, brut de décoffrage, sans fioriture. On sent l’homme à fleur de peau, écorché vif, comme quand il était gamin. Car dans le fond, Richard, c’est toujours l’enfant abandonné par ses parents, et en plus, le fils du boche… Du lourd, du très lourd à porter.

Richard a eu plusieurs vies en une seule. Il les a toutes vécues à fond, au temps présent. Sa colère le poussait à des extrêmes, toujours, ou presque toujours. L’alcool a été sa plus fidèle compagne… Sa vie n’avait pas vraiment de valeur à ses yeux. Et puis la chance est arrivée ! Enfin ! Il a eu sa place.

Richard a eu plusieurs vies en une seule.

Grâce au cinéma, il a voyagé, à travers le Monde, dans des conditions incroyables ! Même s’il pense que le cinéma l’a aussi fait souffrir, il lui a offert l’Afrique, sa terre d’adoption et le Monde entier ! Des millions de kilomètres parcourus sur cette Planète, grâce au cinéma !

Radio, chanson, écriture, cinéma, théâtre, une vie professionnelle aux mille facettes ! Et toujours le succès au rendez-vous et l’émerveillement de Richard face à ses récompenses. Beaucoup d’amis à qui il rend hommage dans ce livre. Sans doute un peu trop, d’ailleurs. Même à ceux qui sont déjà partis. Même à ceux avec qui il a eu des embrouilles. Ce livre est comme un dernier message d’amitié, ou dernier message d’explication sur des relations pas toujours calmes. Mais uniquement des personnes qu’il a aimées. Pas les autres.

Et puis, arrive ce foutu cancer et tout ce qui va avec … Quinze rounds. Le but de la vie est d’arriver à ce fichu 15ème round, celui qui fait mal, dit-il… Son livre lui ressemble, brut de décoffrage. Il vide son sac. Sans doute avec beaucoup de franchise et sûrement pour la première fois. Comment un homme aussi mal barré dans la vie a-t-il pu faire une telle carrière ? On ne peut qu’avoir de l’admiration pour lui, après avoir lu son livre. C’est incroyable toutes les souffrances qu’il a vécues. Toutes les belles rencontres qu’il a faites aussi. Son livre est un énorme message d’espoir pour les personnes qui galèrent ou souffrent d’une façon ou d’une autre. Richard ne baisse jamais les bras. Il est toujours sur le ring et il vaincra ! Et nous, on l’aime Richard !

Quelques extraits :

P66 : J’ai arrêté la came. Deux comas en dix jours, le flic qui m’avait secoué. La lutte quotidienne pour avoir sa dose et puis, très vite, ses doses. Putain d’héroïne. J’ai bien cru qu’elle allait me faire la peau. J’ai décroché tout seul, avec des tubes de Valium et d’autres produits plus puissants afin de dormir. La sueur, la peur, j’en voulais plus.

P122 : J’écrirai avec ce que je crois. J’écrirai avec ma foi. J’écrirai toujours fraternellement. Ce livre ne sera pas entaché de règlements de comptes ou d’amertume. […] Grâce à la maladie, j’ai retrouvé mon chemin. Je suis l’éditeur du catalogue des grimaces.

P161 : Ecrire pour ne dire que des belles choses, les beaux sentiments, les belles personnes, c’est ennuyeux, cher lecteur. Vouliez-vous un livre plein d’amertume ? Où je vous dirais que puisque je ne tourne plus, c’est la faute des autres ? C’est de ma faute. J’étais infernal.

P268 : Le théâtre est un lieu tranquille. Je me cache dans sa maison. Grâce à toi, ma fille, grâce à toi, Romane. Ce que je peux être, c’est à toi que je le dois. Chaque soir. Ta grâce me bouleverse. Nancy glacée, un vrai paradis.

P279 : Je ne céderais pas, je veux vivre encore. Comme Jean-Baptiste Mendy là-haut sur le ring. Bien sûr que les choses sont âpres avec des moments maudits. Bien sûr que tu chiales la nuit. Tellement tu souffres que la souffrance des autres devient ta lumière. J’ai tellement été con du temps où j’allais bien. Pas tout le temps, mais trop souvent.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Quinze rounds, un livre vérité de Richard Bohringer« J’ai passé ma vie sur la route. Tout seul. Avec la blonde. Avec mes fils, avec la musique, avec mes filles. Des milliers et des milliers de kilomètres. Coureur de savanes, enjambeur d’océans. T’as trop couru, t’as le souffle court. Les hanches, ça va toujours. Même si elles servent plus à grand chose, elles ont le tempo pour écrire. Voilà ce que je ramène. Quinze rounds. Celui qui clôt. Qui ferme le rideau. »

De l’enfance aux frasques de la jeunesse, des premiers rôles aux succès qui ont jalonné sa carrière, de la découverte de l’Afrique à la passion de l’écriture, Richard Bohringer se raconte dans ce récit au style enfiévré, au rythme syncopé. Tour à tour fulgurant et émouvant, entre coup de blues et coups de coeur, Quinze rounds est un combat qui se livre sous nos yeux en même temps qu’une déclaration d’amour à la vie.

Date de parution : le 11 mai  2016
Auteur : Richard Bohringer
Editeur : Flammarion
Prix : 17 € (292 pages)
Acheter sur : Amazon

Angry Birds, du rire garanti pour petits et grands

Angry Birds, film de, Clay Kaytis et Fergal Reilly, Copyright Sony Pictures Releasing GmbH
Angry Birds, film de, Clay Kaytis et Fergal Reilly, Copyright Sony Pictures Releasing GmbH

Angry Birds, du rire garanti pour petits et grands

Les irascibles volatiles d’Angry Birds se transfèrent de l’écran des smartphones vers le grand écran à partir du 11 mai 2016. Avec les voix d’Omar Sy et d’Audrey Lamy, l’ambiance est à la joyeuse pagaille et au règlement de comptes avec les cochons verts (et vicieux). Un film clairement destiné à un public familial avec parents et enfants unis dans un même éclat de rire. Les nostalgiques des parties effrénées d’Angry Birds dans le métro pourront aussi vivre une belle séance de nostalgie.

Les 3 oiseaux les plus connus du célèbre jeu mènent la danse. Red est un oiseau perpétuellement rouge (de colère), Chuck est à l’oiseau ce que Speedy Gonzalez est à la souris et Bomb est un oiseau noir qui a le chic d’exploser à tout bout de champs. Au coeur d’une île déserte, ils animent un tranquille paradis qu’une invasion de cochons verts (et vicieux) va bientôt bouleverser. Red est un vilain petit canard complexé par des sourcils très voyants mais il va sauver ses semblables avec l’aide de ses amis. Je vous rassure, le scénario n’est qu’un prétexte léger pour un défilé de blagues potaches et distrayantes. Pas de surmenage neuronal en vue devant cette boutade qui vise la distraction à fond la caisse. Quelques péripéties cocasses font mouche tandis que les 1h38 du film se déroulent tranquillement.

Quelques faits notables pourront vous motiver pour accompagner votre petit neveu préféré voir Angry Birds. Black Sabbath se fait entendre à gauche (Paranoid je crois), ainsi que Steve Aoki pour une scène de rave endiablée plus une version survitaminée du tube I will survive. Les plus assidus reconnaitront une référence à Daft Punk avec ces cochons DJ casqués et d’autres se rappelleront de la scène la plus emblématique de X-Men Days of future past. Pour ceux qui ont passé des heures sur le jeu addictif de Rovio, le film propose quelques scènes de catapultage pour casser du cochon vert (et vicieux). Les plus sceptiques noteront que la civilisation porcine est quasiment annihilée par les joyeux vertébrés tétrapodes ailés, plus communément appelés oiseaux. Sony Pictures ne lésine pas sur le budget avec un total de 175 M$, pour un carton mondial attendu et prévisible.

Angry Birds propose un divertissement furieusement désopilant qui alimentera les discussions dans la cour de récrée. Les sourires sont au rendez vous pour un moment de repos intellectuel qui fait du bien.

Profitez-en pour jouer à notre grand concours Angry Birds !

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Angry BirdsCe film nous amène sur une île entièrement peuplée d’oiseaux heureux et qui ne volent pas – ou presque. Dans ce paradis, Red, un oiseau avec un problème de colère, le très pressé Chuck, et l’imprévisible Bomb ont toujours été mis à l’écart. Mais lorsqu’arrivent des cochons verts mystérieux sur l’île, ce sera la mission de ce groupe de parias de découvrir ce que trament les cochons.

Sortie : le 11 mai 2016
Durée : 1h38
Réalisateur : Clay Kaytis, Fergal Reilly
Avec :  Omar Sy, Audrey Lamy, Jason Sudeikis
Genre : Animation, Famille, Comédié

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