Huang Yong Ping offre sa version de Monumenta au Grand Palais
Huang Yong Ping se plie à l’exercice Monumenta annuel au Grand Palais avec une installation titanesque dénommée Empires. Un colossal squelette de serpent côtoie des montagnes de containers et un bicorne napoléonien de 3 tonnes pour une expérience immersive hors du commun. De quoi se sentir tout petit face à ce un concept majuscule.
Depuis 2007, la Réunion des musées nationaux organise au Grand Palais les impressionnants évènements Monumenta. Des installations gigantesques remplissent la majestueuse Nef du Grand palais de 13 500 mètres carrés et 35 mètres de hauteur. Après Anselm Kiefer,Richard Serra, Christian Boltanski, Anish Kapoor,Daniel Buren, Ilya et Emilia Kabokov, c’est au tour de l’artiste franco-chinois Huang Yong Ping de proposer sa version du gigantisme. Un Squelette de serpent métallique de 120 mètres de longueur git comme un monstre échoué sur les vestiges d’une civilisation éteinte. Des containers rouillés tout droit sortis des plus gros super tankers sont amassés comme des cercueils effrayants des funestes ambitions humaines. Le Grand Palais se transforme en cimetière rouille avec ses spectres desséchés et alarmistes. N’est ce pas notre fin prochaine qui se profile à l’horizon?
La démesure de l’installation n’a d’égal que son luxe de pistes explicatives. Tout juste apprend on l’attrait de l’artiste pour l’épopée napoléonienne et son cortège de massacres. Le célèbre bicorne renvoie à l’épisode de la Bataille d’Eylau où le grand homme déclara devant le carnage un tel spectacle est bien fait pour inspirer aux princes l’amour de la paix et l’horreur de la guerre. Huang Yong Ping l’utilise pour invoquer des souvenirs guerriers et les mettre en rapport avec l’appétit toujours insatiable de l’homme. Conquérir de nouveaux territoires et étendre son emprise sur la nature sont du même ordre quand faune et flore dépérissent sous le poids d’installations toujours plus gigantesques. La déambulation entre les containers entassés sous la nef laisse apparaitre la carcasse métallique sans fin. Elle frôle la verrière jusqu’à s’approcher du sol et offrir ses arêtes métalliques aux mains des visiteurs. Cette perspective fait prendre un recul effarant sur la place ubuesque des réalisations humaines face à la nature.
L’exposition évènement interpelle et fascine. Huang Yong Ping raconte une histoire étonnante d’Empires en voie d’extinction. Une vision éclairante sur la place fragile de l’homme dans un univers qui le dépassera toujours.
Dates : Du 8 mai au 18 juin 2016 Lieu : Grand Palais Entrée : 10 €
Shirley Souagnon lance sa chaîne Youtube ! Chaque semaine retrouvez une vidéo inédite, un sketch, extrait de spectacle, making-of et bien d’autres exclus. Pour cette première semaine, Shirley propose un extrait de sa nouvelle émission, le Shirley Souagnon Show (diffusé sur Afrostream), dans lequel elle danse le hip hop avec Anne Roumanoff :
2ème édition du Darwin Océan Climax : Sciences – Talks – Music – Art – Ride !
Mouillez-vous pour les océans !
Il va nous falloir patienter encore un peu pour découvrir tout le beau programme de cette 2ème édition du Festival de musique, qui aura lieu à Bordeaux du 8 au 11 septembre 2016.
Une première vague d’artistes nous est dévoilée : Air – De la Soul – Cassius – Selah Sue.
Pendant trois jours, Edgar Morin va parrainer ce Festival hors du commun. Il est en effet le parrain de cette édition 2016. Le Darwin Ocean Climax accueillera une programmation hybride entre musique, conférences, arts et sports urbains pour s’emparer des thématiques : océans, climat et leurs conséquences humanitaires. Une édition à la pointe de la brûlante actualité.
Omar Sy aux côtés de Tom Hanks et Felicity Jones dans Inferno – bande annonce
Omar Sy se montre à plusieurs reprises dans la première bande annonce d’Inferno, la suite de la saga Da Vinci Code et Anges & Démons réalisée par Ron Howard. L’acteur préféré des français donnera la réplique à Tom Hanks et Felicity Jones dans ce nouveau volet, qui est en fait l’adaptation du quatrième livre de Dan Brown.
La bande annonce laisse deviner un épisode dans la veine des précédents opus, avec cette fois l’actrice principale de Rogue One : A Star Wars Storypour tenir compagnie à Tom Hanks. La belle succède ainsi à Audrey Tautou qui avait tenu un rôle équivalent précédemment dans la saga. Quant à Omar Sy, il semble avoir un rôle très secondaire et discret mais il apparait tout de même plusieurs fois dans cette première vidéo.
A quand un vrai rôle à l’américaine pour Omar Sy, façon Marion Cotillard à la mode masculine ? Pas dansInferno visiblement.
Dans « Inferno », le célèbre expert en symbologie suit la piste d’indices liés au grand Dante lui-même. Robert Langdon se réveille dans un hôpital italien, frappé d’amnésie, et va devoir collaborer avec le docteur Sienna Brooks pour retrouver la mémoire. Tous deux vont sillonner l’Europe dans une course contre la montre pour déjouer un complot à l’échelle mondiale et empêcher le déchaînement de l’Enfer…
Sortie : le 9 novembre 2016 Durée : inconnue Réalisateur : Ron Howard Avec : Tom Hanks, Felicity Jones, Irrfan Kahn, Omar Sy, Sidse Babett Knudsen.
Nos adorables belles-filles, un roman de famille de Aurélie Valognes (Michel Lafon)
Aurélie Valognes est une toute jeune auteure qui a déjà eu son succès avec son premier livre : Mémé dans les orties (2015). Cette année, elle s’attaque aux belles-familles par le biais des belles-filles !
Aurélie Valognes nous raconte l’histoire de la famille Le Guennec. Une famille ordinaire avec trois fils. Enfin, ordinaire, pas si sûr ! Jacques et Martine sont mariés depuis 40 ans et leurs grands fils sont tous en couple. Matthieu, Nicolas et Alexandre. Mais ce ne sont pas eux les héros du livre, ce sont leurs femmes. Ou plutôt leurs compagnes. Stéphanie, Laura et la toute dernière arrivée dans la famille : Jeanne. Car en fait, les fils, l’auteure ne s’y attaque pas trop ! Ce ne sont pas eux les piliers de la famille…
Ils se retrouvent tous chez Jacques et Martine, en Bretagne, dans leur grande maison, pour quelques jours de vacances, à Noël, et durant l’été. Mais comme dans toutes les familles, il y a de l’ambiance, surtout au moment des repas ! Les remarques, souvent désagréables, de Jacques, fusent. Et cela exaspère Martine qui n’hésite pas à donner ses « ordres » à Jacques avant chaque rencontre. Mais les belles-filles ont du répondant et ne se laissent pas faire ! Enfin, elles n’hésitent pas à mettre « en boîte » leur beau-père qui n’a pas un caractère facile et qui joue facilement au patriarche, voire même au grincheux qui critique tout et toutes, jusqu’au jour où…
Bref, ce roman est sympa et peut paraître léger. Mais en fait, il n’en est rien. Il aborde des sujets importants centrés sur les relations humaines, et mets des mots sur les malaises que peuvent avoir, souvent, les pièces rapportées ou ajoutées ! Surtout dans une famille nombreuse. Difficile de faire sa place, difficile de s’adapter aux habitudes alimentaires de la belle-famille et tout simplement difficile de se faire accepter et de ne pas se sentir comme une étrangère. Chaque lecteur pourra se retrouver à travers l’un ou l’autre des personnages de ce roman bien sympa.
[…] sorte de saga familiale, mettant en jeu trois générations.
Nos adorables belles-filles est une sorte de saga familiale, mettant en jeu trois générations. Car Antoinette, la belle-mère de Martine, a une juste place ! Et les deux petits gars de Stéphanie et Matthieu aussi ! Des portraits qui sonnent bien justes même si l’auteure se défend d’avoir une belle-famille ressemblant aux Le Guennec !
Nos adorables belles-filles est un livre facile à lire, un bon livre de vacances ! Un livre à offrir soit à ses belles-filles, soit à ses beaux-parents, sans aucune arrière-pensée, bien sûr ! Un bon moment de plaisir grâce à Aurélie Valognes !
Et comme vous êtes des bons lecteurs, Publik’Art vous donne la possibilité de gagner le livre de Valérie Valognes en jouant au concours : Nos adorables belles-filles.
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Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : Un père, despotique et égocentrique, Jacques. Une mère, en rébellion après 40 ans de mariage, Martine. Leurs fils. Matthieu éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants. Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps. Alexandre, rêveur mou du genou.
Et surtout… trois belles-filles délicieusement insupportables ! Stéphanie, mère poule angoissée. Laura, végétarienne angoissante. Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l’arrivée va déstabiliser l’équilibre de la tribu.
Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d’une sagesse (bien à elle) à faire pâlir le Dalai Lama, et un chien qui s’invite dans la famille et dont personne ne veut.
Mélangez, laissez mijoter… et savourez !
Date de parution : le 4 mai 2015 Auteur : Aurélie Valognes Editeur : Michel Lafon Prix : 17,95 € (269 pages) Achetersur : Amazon
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
Vous avez été 961 participants au concours Winston Carter. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de spectacle de Winston Carter, le 10 mai, au Théâtre Les feux de la rampe, à 18h45 sont :
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Vidéo insolite : quand une mouette finit dans la gueule d’un thon
Voici une vidéo assez surprenante où un thon se trompe d’appât et engloutit totalement une mouette qui barbotait tranquillement à la surface de l’eau. L’image a été capturée par des plaisanciers il y a quelques jours. Heureusement, aucun animal n’a été blessé durant le tournage, comme vous pourrez le voir par vous-mêmes.
Phèdre(s) suscite la controverse à l’Odéon Théâtre de l’Europe
Phèdre(s) est encore à l’affiche de l’Odéon Théâtre de l’Europe pour quelques jours et ne cesse de susciter la controverse. Si la prestation d’Isabelle Huppert ne souffre d’aucune contestation au vu de son implication et de son intensité, les textes abscons et les choix audacieux de mise en scène font débat et déchirent les spectateurs. L’hypersexualisation aperçue lors d’une première représentation au mois de mars a laissé place à une pièce plus viscérale et plus violente, avec autant de questionnements.
Il faut revenir sur le mythe de Phèdre pour mieux comprendre l’argument de la pièce. Episode emblématique de la mythologie grecque, le récit est riche en symboles et métaphores. Phèdre est la fille du roi de Crète Minos. Elle épouse le roi d’AthènesThésée,précédemment marié à l’Amazone Antiope. Il a eu de cette première union, un fils, Hippolyte. Les sources divergent quant aux causes de l’amour de Phèdre pour son beau-fils Hippolyte. La rivalité entre Artémis (révérée par Hippolyte) et Aphrodite (qu’il méprise) prévaut avec la vengeance de cette dernière pour aiguiller le destin du jeune homme. Toujours est il qu’il repousse Phèdre et que cette dernière se venge en accusant le jeune homme d’avoir cherché à la violer. Thésée invoque Poséidon pour châtier son fils. Phèdre, morte de chagrin et prise de remords, se tue.
La version classique d’Euripide a été reprise par Senèque avant de traverser les siècles et d’inspirer les tragédiens : Racine évidemment et plus près de nous Wajdi Mouawad, Sarah Kane et J.M. Coetzee. Les 3 auteurs ont réécrit des versions modernes, déroutantes, aux frontières de la psychanalyse avec des personnages névrosés et décadents. Loin d’être linéaire, la pièce de Krzysztof Warkikowski fait intervenir des Phèdre tour à tour maternelle, psychotique ou nymphomane. Victime de sa passion dévorante, elle affronte des Hippolyte adolescent, épris ou éreinté. Des spectateurs perplexes suivent les 3h30 de la pièce en ne sachant sur quel pied danser. Le metteur en scène n’explique rien, à dessein, laissant les spectateurs se faire leur propre compréhension.
Isabelle Huppert éblouit le spectacle de sa présence tonitruante. Le ton de sa voix s’allie magnifiquement à ses expressions outrancières pour hypnotiser le public. Elle joue de multiples Phèdre(s) et se glisse dans des rôles ambigus avec toujours le même naturel. Elle déambule sur une scène transformée en grande salle de bain. Les lavabos et pommeaux de douche semblent seuls capables de purifier des personnages salis par leurs impuretés. Un box de verre se meut régulièrement au centre de la pièce, chambre épurée d’un Hippolyte constamment dépressif et coupé du monde, en cage, seul avec ses tourments. Les assauts de sa belle mère en font une victime quasi sacrificielle et objet des disputes entre les déesses. Et si les dieux sont absents de la pièce à l’exception d’une Aphrodite grimée en rombière au tout début, ils semblent tisser des fils invisibles entre tous les personnages, les menant à leur perte et à la mort. Thésée devient un mari/père absent et les pulsions semblent des malédictions stigmatisant les protagonistes.
Rythmes orientaux et percussions dissonantes cadencent la pièce de leurs implacables sonorités tribales. Une danseuse érotique déambule sur scène comme pour susciter une variation chrétienne du fruit défendu. Son physique parfait et ses mouvements puissants attirent irrésistiblement les regards de spectateurs incapables de baisser les yeux. Tout comme Phèdre qui ne peut restreindre son attirance pour son beau-fils, la danseuse s’impose dans une irrésistible chorégraphie, lascive et sensuelle. La pièce laisse moins la place à une sexualité débridée qu’à un jeu d’aimants entre des corps qui se frôlent sans jamais vraiment se toucher. Les contacts se font violents, abjects et dégradants.
Phèdre(s) a perdu son caractère sexuel pour devenir une danse de la répulsion. Et si la pièce éveille des sentiments contradictoires, elle garde sa puissance évocatrice, personnifiée par une impressionnante Isabelle Huppert.
Dates : jusqu’au 13 mai Lieu : L’Odéon Théâtre de l’Europe Metteur en scène : Krzysztof Warlikowski Avec : Isabelle Huppert, Agata Buzek, Andrzej Chyra, Alex Descas
Yvan Attal : pourquoi ils sont partout mais pas à Cannes ?
Ils sont partout sauf à Cannes, c’est ce qui met Yvan Attal en colère. Son prochain film s’annonce comme une comédie à succès avec une pléiade d’acteurs de renom : le casting pourra compter sur le réalisateur lui-même mais aussi Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg, Grégory Gadebois, Denis Podalydès, Gilles Lellouche ou encore François Damiens.
Yvan Attal a piqué une petite colère à propos de sa comédie qui n’a pas eu l’accueil qu’elle aurait mérité de la part des membres du Festival de Cannes, qui ne l’ont donc pas retenu dans leurs sélections. Sue Europe 1, il aurait déploré « que Cannes, qui se targue d’être le reflet et le miroir du monde d’aujourd’hui, n’ait pas envie de dire que dans ce pays un certain nombre de choses se passent et que l’on pourrait en parler ».
En pointant du doigt les difficultés qu’il a eues à financer ils sont partout, il ajoute : « J’aurais aimé aller à Cannes, peut-être dans une soirée spéciale. J’aurais aimé avoir des institutions françaises non juives à mes côtés (…). Depuis le début de ce film, je n’ai rien eu du tout. Pour répondre aux antisémites qui pensent que l’on finance un film sur l’antisémitisme avec l’argent public, nous n’avons rien trouvé pour faire ce film ». Il enfonce le clou en affirmant :« quand bien même le scénario était nullissime, on a déjà vu des films nullissimes se faire financer sans problème et avec un casting bien moindre ».
Yvan se sent persécuté par un antisémitisme grandissant et il a l’habitude de s’entendre dire qu’il exagère, qu’il est paranoïaque. Lors de séances chez son psy, Yvan parle donc de ce qui le concerne : son identité, être français et juif aujourd’hui. Mais ces rendez-vous sont aussi et surtout une sorte de fil rouge reliant entre elles plusieurs histoires courtes qui tentent de démonter, sur le mode tragi-comique, les clichés antisémites les plus tenaces !
Sortie : le 1er juin 2016 Durée : inconnue Réalisateur : Yvan Attal Avec : Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg, Grégory Gadebois, Denis Podalydès, Gilles Lellouche, François Damiens, Yvan Attal
Tracks, un trip onirique fascinant dans le bush australien
Tracks adaptel’ouvrage ultra-conu du même nom publié en 1975. Robyn Davidson y raconte son périple d’est en ouest pendant 3000 kilomètres pour rallier l’Océan Indien. En 1975, elle parcourt à pied le bush australien avec 4 dromadaires et son fidèle chien. Pas d’action échevelée mais des obstacles et des péripéties sur ce chemin intérieur languissant et onirique.
Quand une petite blondinette décide de se lancer seule dans une aventure jamais tentée auparavant, tout son entourage s’évertue à la décourager. Mais la jeune adulte a des comptes à régler avec elle-même et son passé. Mia Wasikowska prête sa mine enfantine à la tête de mule avide de solitude et de grands espaces. La providence met sur sa route les bonnes personnes pour lui apporter les moyens de son odyssée. Un éleveur de chameaux, un photographe du National Geographic et des sympathiques aborigènes vont l’aider à réaliser son exploit. Où l’on apprend que l’Australie compte un nombre ahurissant de chameaux éparpillés sur son grand territoire, vestiges d’une traversée réalisée au XIXe siècle. Loin de se s’éteindre après leur remise à l’état sauvage suite à la fin de l’expédition, les bêtes se sont multipliées jusqu’à faire de l’Australie un des principaux pays hôtes de la race dans le monde. D’ailleurs, ce sont surtout des dromadaires plus que des chameaux, mais ne rentrons pas dans ce débat…
L’héroïne semble bien frêle et fragile pour réaliser sa traversée. Mais les raisons motivant sa volonté sont dans sa tête avant tout. De subtils flashbacks éclairent au comte gouttes son passé tourmenté et les blessures de sa petite enfance. Un deuil jamais vraiment réalisé et des traumatismes jamais vraiment éludés forment des raisons inconscientes fortes et compréhensibles pour rechercher la solitude. A ses côtés, Adam Driver fait une apparition remarquée en photographe ahurit. En lui donnant l’idée de vendre son périple au célébrissime magazine National Geographic, l’héroïne trouve un sponsor et le financement nécessaires à son expédition.
Et c’est parti pour 2 heures d’onirisme dans le bush australien. Les pas s’enchainent, Mia contemple les paysages vierges et sauvages d’un territoire inexploré par l’homme blanc. La magie des grands espaces fait partie du quotidien des hommes premiers, ces aborigènes qui connaissent les significations magiques de cette terre aride. L’héroïne apprend et grandit tandis que des évènements formidables doivent être surmontés pour parfaire son chemin intérieur. Le défi est avant tout intérieur et les images languissantes de paysages désolés aident à partager ce formidable moment. Le rythme lent, la langueur du périple, la sécheresse environnante et cet éternel ciel bleu font du film un vrai trip. Un film de baba cool peut être mais à la profondeur intérieure insondable. Un moment fascinant pour sûr.
Tracks est une pépite à contempler absolument en salles. La beauté des paysages et la réalisation de ce challenge insensé forcent le respect, pour un énorme moment de cinéma.
En 1975, Robyn Davidson, une jeune femme en quête de sens, abandonne sa vie urbaine pour traverser le désert Australien sur 3200 km. Sa solitude sera troublée par Rick Smolan, un photographe du National Geographic qui couvre son expédition. Inspiré d’une histoire vraie, son périple est jalonné de rencontres qui lui permettent de s’ouvrir au monde et de découvrir sa force intérieure.
Sortie : le 27 avril 2016 Durée : 1h52 Réalisateur : John Curran Avec : Mia Wasikowska, Adam Driver,Rainer Bock Genre : Aventure
Dieu, ma mère et moi : une comédie nonchalante sur l’apostasie et la liberté
Dieu, ma mère et moi, est une petite comédie espagnole qui a trouvé le chemin des salles françaises pour notre plaisir. Réalisée par Federico Veiroj sur l’inspiration d’Alvaro Ogalla, elle est sortie en salle le 4 mai.
Gonzalo Tamayo, la trentaine tout juste amorcée, s’éternise dans des études de philosophie à force de redoublements. Mais son attention est ailleurs, toute absorbée par son ardent désir d’apostasier, de faire disparaitre son nom des registres de l’Eglise afin de retrouver sa liberté. Cette obsession, au grand dam de sa mère et dans l’incompréhension générale, va guider sa conduite et lui, qui ne se soucie de rien, va s’acharner contre Eglise et prélats pour arriver à ses fins.
Ce morceau de vie serait bien banal si ce drôle de gusse n’était pas un étonnant personnage. La société, ses règles et sa morale n’ont pas d’impact sur lui, il se fout de tout, des autres et de demain. De leurs jugements et des peines suscitées. Il habite un autre monde. Guidé par ses sensations plus que par la raison, il en devient cruel car sans filtre et indifférent aux conséquences.
Ce film est une petite perle d’incongruité totalement décalé. Il traite par l’humour ce cheminement vers une impossible liberté. Gonzalo harcèlera prêtres et autorités religieuses avec une constance et une volonté qu’il ne fournit nul par ailleurs ! L’obsession de la femme et du sexe se glissent dans ses péripéties, des sujets traités avec légèreté et une douce folie à l’instar du reste du film.
L’humour absurde et la nonchalance du personnage cachent une question fondamentale. Comment peut-on être libre ? Gonzalo, joliment interprété par Alvaro Ogalla qui est également l’auteur du film, nous offre une piste : être libre c’est ne pas laisser de trace. C’est se débarrasser de son identité sociale pour n’être plus que soi, en toute discrétion. A méditer.
Le film a été vu lors d’une avant-première organisée par Espagnolas en Paris avec à l’issue de la projection une rencontre avec l’acteur Alvaro Ogalla qui est aussi le scénariste du film.
Gonzalo Tamayo, madrilène d’une trentaine d’années, poursuit toujours ses études de philosophie, sans grande conviction. Au tournant de sa vie d’adulte, Gonzalo pense qu’un obstacle entrave son aspiration à réinventer sa vie : on ne lui a jamais demandé son consentement pour être baptisé ! Il décide donc d’apostasier et entreprend des démarches pour être radié des livres de l’Eglise. Il voit dans cette rupture radicale la fin de ses tourments et de son attachement à sa mère. Il entre alors dans une course folle, de prélat en cardinal, entraînant dans son sillage un doux chaos. A travers cette quête irraisonnée aux yeux de tous, il revisite son passé et est envahi par de drôles de visions. Va-t-il accéder à sa liberté ?
Sortie : le 4 mai 2016 Durée : 1h20 Réalisateur : Federico Veiroj Avec : Álvaro Ogalla, Marta Larralde, Bárbara Lennie Genre : Comédie
Philippe Katerine se confie avec amusement dans l’émission On n’est pas couché
Vidéo : Philippe Katerine a tué un hérisson pour éviter la prison (On n’est pas couché)
Philippe Katerine était samedi 7 mai dans l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couché. Entre hilarité et sincérité décalée, l’artiste a répondu aux questions des chroniqueurs et invités. Il est notamment revenu sur les circonstances d’une anecdote qui avait fait parler : le meurtre qu’il a perpétré contre un hérisson.
L’univers du chanteur-compositeur est abordé à travers son nouvel album intitulé Le Film, sa relation avec ses parents dont son père décédé en 2014, son histoire d’amour avec Julie Depardieu ou l’éducation de ses enfants. Mais c’est surtout son identité musicale qui est exploré, ses influences, ses goûts (il déteste Brel et adore A la queue leu leu…) et sa façon de travailler ses morceaux. Une interview totalement décalée où on ne sait jamais si Philippe Katerine dit vrai et ne manque pas de décontenancer les invités.
Vous allez donc certainement vous amuser en regardant cette vidéo. Pour acheter le nouvel album de Philippe Katerine, vous pouvez le faire sur Amazon en vous rendant directement ici.
Grandeur et décadence des frères Lehman ou le capitalisme en embuscade
La saga des frères Lehman savamment racontée en 3 parties par Stefano Massini, un jeune auteur ltalien, et orchestrée avec brio par Arnaud Meunier, le directeur de la Comédie de Saint-Etienne, est de retour sur les planches.
Une success story dans la pure tradition du rêve américain qui débute avec l’arrivée des trois frères juifs bavarois au 19è siècle sur le sol yankee jusqu’à la faillite en 2008, provoquée par la crise des subprimes, de l’empire devenu entre temps la quatrième banque du monde d’investissement.
Lehman Brothers donc où la première institution financière sacrifiée sur l’hôtel du dérèglement du système bancaire et qui entrainera dans sa chute les Bourses mondiales. Le nom de cet établissement devient alors indissociable de la crise économique que nous connaissons et sa déconfiture le symbole de la crise d’un système tout entier, dérégulé à l’envi et qui avait fini par échapper à ses fondateurs.
Dans Chapitres de la chute, Stefano Massini s’empare de ce sujet brûlant dans une forme théâtrale très inspirée et rythmée qui fait résonner efficacement la grande et la petite histoire où l’auteur mêle habilement le destin d’une saga familiale sur plusieurs générations à l’évolution économique du capitalisme.
[…] une figure percutante de la chute propre à chacun des personnage […]
Portée par un chœur de six comédiens masculins (tous excellents), passant sans cesse de la brève incarnation au récit, on est littéralement happé par les événements familiaux, amoureux, religieux et professionnels qui jalonnent la grande épopée. Laquelle esquisse progressivement une figure percutante de la chute propre à chacun des personnage où ambition, désirs, intrigues, rivalité, croyances, transmission construisent un empire mais aussi un déséquilibre jusqu’à son effondrement fatal.
A l’abri d’une scénographie ludique et évolutive, le metteur en scène Arnaud Meunier nous plonge d’abord au cœur de la petite entreprise de tissu puis de la banque d’affaires avec son hall de réception où les entrées et les sorties des comédiens se font par un ascenseur. Tandis que sur les baies ouvertes sur la ville monde s’illustrent grâce à des vidéos de Pierre Nouvel les soubresauts capitalistiques.
Après son parcours dans l’oeuvre de Michel Vinaver (King, Par-dessus bord, adapté par Oriza Hirata, 11 septembre, créé avec un groupe d’adolescents de Seine-Saint-Denis), Arnaud Meunier poursuit son exploration sociétale et humaine aussi revigorante que percutante.
Captain America Civil War s’écoute aussi avec sa BO hollywoodienne composée de pas moins de 23 titres qui ont eux aussi la folie des grandeurs. On vous propose de découvrir l’album en libre écoute.
Sortie hier, cette bande originale tombe bien puisqu’elle pourra accompagner vos lectures ce week-end, une fois que vous serez allé chercher vos comics gratuits dans le cadre du Free Comic Book Day aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies (ou sur internet).
Steve Rogers est désormais à la tête des Avengers, dont la mission est de protéger l’humanité. A la suite d’une de leurs interventions qui a causé d’importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision. Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l’équipe : Steve Rogers reste attaché à sa liberté de s’engager sans ingérence gouvernementale, tandis que d’autres se rangent derrière Tony Stark, qui contre toute attente, décide de se soumettre au gouvernement…
Sortie : le 27 avril 2016 Réalisateur : Anthony Russo, Joe Russo Avec : Chris Evans, Robert Downey Jr, Scarlett Johansson, Sebastian Stan, Chadwick Boseman, Emily VanCamp, Anthony Mackie, Jeremy Renner… Genre : Action, Fantastique, Super-héros
Free Comic Book Day 2016 : des comics gratuits toute la journée
Free Comic Book Day 2016 : des comics gratuits toute la journée
C’est le Free Comic Book Day 2016 ! C’est le moment d’aller faire votre choix parmi une sélection de comics gratuits, offerts par de nombreux éditeurs toute la journée de ce samedi 7 mai. Un évènement comics que vous pouvez retrouver dans toutes les librairies qui participent au FCBD.
Ce phénomène venu des Etats-Unis fait un vrai carton et même les poids lourds du secteur comme la Fnac y participent. L’opération est sans obligation d’achat. Vous pouvez repartir avec votre comics gratuit tranquillement !
Si vous n’avez pas l’occasion de vous rendre dans une librairie qui participe à ce jour béni, vous pouvez toujours voir dans une boutique en ligne, comme celle de BDFugue qui propose des comics gratuits (il faut juste payer les frais de port pour en avoir un, ou avoir 35 euros d’achat pour en avoir 5).
Vibrant hommage à la grande Edith Piaf au Théâtre du Marais
Piaf, une vie en rose et noir fait revivre avec fougue l’existence romanesque d’Edith Piaf. Le Théâtre du Marais accueille la joyeuse troupe avec Caroline Rose pour sa voix aux airs si connus de la Môme la plus connue de France. Le public conquis ne peut s’empêcher de chantonner les paroles avec entrain. Sa gouaille enthousiasmante accompagne les récits experts de Jacques Pessis avec sa truculente narration truffée d’anecdotes éclairantes. Avec les airs d’accordéon d’Aurélien Noel, le spectacle se transforme en bouffée d’oxygène euphorisante.
Si les chansons d’Edith Piaf ont su conserver leur immense popularité dans le coeur des français, les détails les plus marquants de son existence demeurent encore mal connus. Un long métrage déclencha récemment des acclamations qui ravivaient la flamme en prenant de larges libertés avec la vérité historique. Jacques Pessis réactualise sa pièce inaugurée il y a une décennie pour plus de fantaisie et ressusciter la légende. Ses récits mélangent grandes et petites histoires dans un déroulé passionnant à la frontière du conte. Une jeune fille émerge dans le Belleville miséreux des années 1910, pousse la chansonnette sur les trottoirs de Montmartre avant de se faire repérer et de vivre des aventures extraordinaires. Cette jeune fille se nommait Edith Giovanna Gassion et fut renommée la Môme Piaf. Sa voix puissante fit tourner les têtes et attira les regards. Une star était née.
Caroline Rose joue la singularité en prêtant ses traits pour une osmose parfaite. Elle honore son illustre devancière sans vouloir l’imiter à tout prix. Le tour de chant devient un hommage vibrant à celle qui connut la gloire en Amérique et dans le monde entier. Ses interventions parlées invoquent le titi parisien et l’argot des faubourgs. Elle joue avec un JacquesPessis faussement stoïque qui ne demande qu’à s’exalter à la première occasion. Les moments d’euphorie succèdent aux coups du sort pour une émotion palpable qui embue les yeux de spectateurs ensorcelés par une représentation qui accueille ainés et plus jeunes dans un même enthousiasme. Les applaudissements finaux saluent une prestation hors du temps qui sera encore jouée dans 100 ans, les paris sont lancés.
Ce Piaf une vie en rose et en noir combine astucieusement théâtre, concert et hommage pour une vraie parenthèse enchantée. Edith Piaf n’aurait pas renié cet hommage vibrant à sa forte personnalité et à son oeuvre. Immense.
Dates : Jeudi 19 et 26 mai 2016, retour à la rentrée! Lieu : Théâtre du Marais Metteur en scène : François Chouquet Avec : Caroline Rose, Jacques Pessis, Aurélien Noel
Donostia, Capitale Européenne de la Culture : EMUsik 2016, à Anglet le 6 et 7 mai !
Le Festival Européen des Ecoles de musique de Donosti a commencé ce jour. Pour fêter Donostia, Capitale Européenne de la Culture 2016, 8500 musiciens ont été réunis aujourd’hui à Donostia, soit 420 groupes de 26 pays différents. Ils vont jouer durant 3 jours et un peu partout dans le Pays Basque, de Bilbao à Anglet en passant par Pampelune. C’est ainsi qu’Anglet a eu la chance d’accueillir au Théâtre Quintaou de très nombreux tout jeunes musiciens. Cet après-midi musicale fut grandiose, avec des musiciens venant d’Espagne, de France, de Tchécoslovaquie. Un très bel orchestre, de très nombreux jeunes chanteurs à la voix si pure qu’elle vous fait vibrer. Et même une partie d’une comédie musicale fort sympa, du Conservatoire. 200 élèves des différentes écoles de musique d’Europe nous ont interprété des morceaux superbes et d’un registre très varié. Cette année, tous les élèves des écoles de musique européennes ont appris les mêmes airs pour pouvoir jouer ensemble sur scène. Et le résultat est saisissant ! C’est Stéphane Goueytes qui menait cette grande troupe, lui-même musicien et professeur de trompette au Conservatoire Maurice Ravel.
Demain, à 10h30, toujours à Anglet, le Festival très coloré et très gai continue avec d’autres élèves, de la musique, de la danse et l’Allemagne aussi présente. Et le public sera toujours aussi nombreux et sous le charme ! Ca c’est absolument garanti !
Thomas Barret,The Morning Challenge, et sa start-up du matin de luxe (Marabout)
Qui est donc cet auteur ? Thomas Barret était, il y a peu, inconnu du grand public ! Mais depuis janvier 2015, Thomas se bat pour être connu par le plus grand nombre. Et il réussit. Et quelle est donc sa raison ? Il vient de publier un livre. Non, pas un roman. The Morning Challenge, est son journal, enfin son journal, non pas intime, son journal d’entrepreneur !
Oui, Thomas Barret s’est lancé ! A seulement 31 ans, il a osé créer sa propre boîte. Au fil des pages, il nous raconte, semaine après semaine, la galère qu’il a traversée, toujours avec beaucoup d’humour. Son livre est aussi truffé de trucs et astuces pour toutes les personnes qui se lancent dans la même aventure.
C’est bien présenté. Thomas est consciencieux. On imagine une formation scientifique avec tous les beaux camemberts qu’il nous dresse à chaque fin de semaine. C’est aussi un grand buveur de café !
Bref, son livre est sympa, très gai et pas prise de tête ! Ses premières créations, ses premières précommandes, son premier salon et enfin, ses premières commandes ! Mais rien ne s’obtient facilement, ça on le comprend bien ! Il faut être têtu et surtout croire en soi, croire en son projet ! Envers et contre tous !
Il faut être têtu et surtout croire en soi, croire en son projet !
Franchement, ce petit livre, bien présenté, avec une belle couverture cartonnée, pourrait vous être bien utile si vous êtes tenté par la même expérience que Thomas. Un bon guide. Et apparemment, ça marche son affaire ! Pourtant ce n’était pas gagné !
Le côté positif de l’auteur c’est qu’il n’écrit pas son livre pour vendre des produits. Aucune image de ses produits n’y figure. On en connaît tous les détails de la fabrication, française, mais rien de plus. Du coup, c’est vrai, qu’on est tenté et qu’on va voir son site ! Joli site ! Et je découvre qu’à ce jour les brosses à dent de luxe sont en rupture de stock ! Donc, c’est une affaire qui roule ! Bravo Thomas ! Il faut dire que quoi qu’il arrive les produits de luxe ont toujours la côte !
Alors, n’hésitez pas à acheter son livre et à suivre ses conseils judicieux, dans l’ordre ! Et ensuite faites-vous plaisir en admirant ses créations. Toutes simples. A tous les prix ! De bonnes idées de cadeaux pour la fête des mères et des pères ! Et en plus personnalisables !! Mais bon, Publik’Art n’est pas là pour faire de la pub, juste pour vous faire découvrir de nouveaux talents. Et Thomas Barret en fait partie ! Vous pouvez même le contacter directement par mail : thomas@themorningchallenge.com
ET bonne chance à toutes les start-up à venir !
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Le 2 janvier 2015, un jeune trentenaire se lance dans la création de son entreprise. Il raconte cette aventure semaine après semaine sur son blog : themorningchallenge.com. Pendant un an, chacun de ses 52 posts est l’occasion de montrer les différentes étapes de la création d’une entreprise : chercher des financements, trouver le nom de sa boîte, choisir ses fournisseurs, organiser la com, gérer les retards, etc. Toujours avec professionnalisme mais sans jamais se prendre au sérieux.Une lecture amusante et instructive.
Date de parution : le 4 mai 2016 Auteur : Thomas barret Editeur : Marabout Prix : 10 € (119 pages) Achetersur : Amazon
Elise a 13 ans et demi. Elise est secrètement amoureuse de Tony. Elise doit s’occuper de sa maman déprimée. Et surtout, Elise prépare une danse en hommage à sa chanteuse préférée pour la fête du collège. « Pour que tu m’aimes encore » est un seul(e) en scène écrit et interprété par Elise Noiraud. Dans ce spectacle plein de fraîcheur, elle raconte avec humour les péripéties d’une ado en phase de débuter sa vie de jeune adulte.
Pas facile d’avoir 13 ans : Elise est amoureuse, elle est aussi première de sa classe, fait de la flûte traversière et compte parmi les fanatiques de Céline Dion. Avec sa mère, Elise est dure, parfois méprisante, et ces relations mère-fille sont explorées avec finesse dans cette pièce. La maman d’Elise, légèrement névrosée, rêve de pouvoir partager d’intenses moments avec sa fille qui elle ne pense qu’à sa chorégraphie de fin d’année. « L’adolescence est un moment paradoxal, période de toutes les perméabilités mais aussi de tous les élans et les désirs » précise l’auteur quant au choix du sujet de sa pièce. Un sujet qu’elle traite à merveille avec une certaine touche autobiographique sûrement.
Elise Noiraud parvient avec prouesse à retranscrire les émotions parfois excessives de l’adolescence : les questionnements existentiels sur « comment s’habiller à la boum », les pulsions et envies amoureuses, les sautes d’humeur et crises amères d’une ado dans un village de province. « Cher journal »… Tous les soirs, Elise raconte les futilités qui rythment ses journées, les premiers baisers de ses copines ou encore l’émerveillement et la soif de liberté qui s’emparent d’elle au cours d’un voyage scolaire en Pologne.
De la prof d’EPS réac’ et un tantinet vulgaire au prof de technologie obnubilé par sa base d’attente téléphonique home-made, la comédienne et auteur manie ses personnages avec finesse. Dénuée de décor, la scène est un plateau de jeu pour la comédienne débordante d’énergie qui n’use que d’une veste de sport et d’une couronne de roi en guise de costumes. Comme dans sa première pièce La banane américaine (qui racontait des aventures et des souvenirs d’enfance), le décor est sobre et laisse place à l’imaginaire du public. Une jolie pièce sur fond de chanson française et d’environnement « rural », à savourer à la Comédie de Paris.
Dates : jusqu’au 25 juin Lieu : Comédie de Paris (Paris) Metteur en scène : Elise Noiraud,
Baptiste Ribrault Avec : Elise Noiraud
Un Portrait de Dorian Gray jubilatoire à la Comédie des Champs Elysées
Le Portrait de Dorian Grayoffre un feu d’artifices de répliques piquantes et irrévérencieuses sur les planches de la Comédie des Champs Elysées. Oscar Wilde n’aurait pas renié cette adaptation dynamique et truculente de son plus célèbre texte. Si la mise en scène minimaliste peut faire débat, les acteurs font l’unanimité et gratifient l’audience de prestations jubilatoires. Un charme diabolique agit magnifiquement sur l’audience ensorcelée.
Le texte de l’écrivain irlandais est universellement connu. Un jeune aristocrate à la beauté troublante souhaite voir un magnifique portrait de sa personne vieillir à sa place. Tandis qu’il se livre aux pires dépravations, le tableau devient le reflet de son âme putride. Oscar Wilde invoque le mythe de la jeunesse éternelle et multiplie les répliques ironiques dans la bouche de Lord Henry. Véritable Méphisto à la philosophie hédoniste, il fascine son jeune ami en lui enjoignant de profiter des plaisirs de la vie. Tandis que Dorian appelle de ses voeux la fameuse toile à subir les outrages du temps à sa place, il s’enfonce inéluctablement dans une vie de débauche. En invoquant à la fois le mythe européen de Faust et de l’Ambroisie chez les dieux grecs, Oscar Wilde s’assure d’une ascendance prestigieuse et universelle.
Cette adaptation théâtrale a l’indiscutable bon gout de faire clairement référence au film mythique de 1945 avec Hurd Hatfield et George Sanders. Même physique diaphane pour Arnaud Denis dans le rôle de Dorian Gray et même barbiche satanique pour Thomas Le Douarec en Lord Henry. Même la blondinette Caroline Desvimes n’est pas sans évoquer la jeune Angela Lansbury. La large scène de la Comédie des Champs Elysées propose des décors épurés et privilégie le jeu d’acteur aux artifices visuels elliptiques. Le texte déclenche des fous rires par son outrance assumée et son ironie teintée de fausse candeur. Le numéro de duettiste fonctionne à la perfection entre le parangon de vice et le jeune ingénu. Lord Henry fascine tout autant son jeune disciple que l’audience toute prête à se damner pour lui.
Les plus assidus se souviendront de la petite salle du Lucernaire sur les planches de laquelle la même troupe a débuté. Le même allant accompagne la prestation d’acteurs rompus à l’exercice. Connivence naturelle et prestations convaincantes portent un texte flamboyant qui ne saurait faire mouche sans une compréhension aboutie de ses enjeux par des acteurs au diapason. Séduction et fascination se mêlent d’une ambiguité toute nouvelle par rapport à la précédente mise en scène. Les inclinations du jeune éphèbe paraissent fort justement bien plus équivoques qu’auparavant. Les 1h30 initiales s’agrémentent de scènes rallongées et de musiques supplémentaires (il me semble). Toujours ce piano placé sur le côté et ce canapé transporté selon les passages.
Ce Portrait de Dorian Gray va animer la fin de saison théâtrale par sa fine truculence et la débauche d’énergie de ses comédiens. La pièce ne manquera pas de vous conquérir, tout comme le séduisant speech final de Thomas Le Douarec teinté de douce ironie et de gourmandise!
Dates : à partir du 5 avril 2016 Lieu : Comédie des Champs Elysées Metteur en scène : Thomas Le Douarec Avec : Thomas Le Douarec, Arnaud Denis ou Valentin de Carbonnières, Lucile Marquis ou Caroline Devismes, Fabrice Scott et Thomas Le Douarec
Profession du père, un livre terrifiant de Sorj Chalandon (Grasset)
Sorj Chalandon a été journaliste avant de devenir écrivain. Depuis 2009, il est journaliste au Canard enchaîné. Profession du père est son 7ème roman pour lequel il a reçu le Prix du Style 2015. Il faut savoir que chacun de ses livres a été couronné d’un Prix dont le Grand Prix du roman de l’Académie française avec Retour à Killybegs (2011, Grasset) et Le Quatrième Mur (2013, Grasset) avec le Prix Goncourt des lycéens 2013. Sorj Chalandon est une valeur sûre pour Grasset !
Profession du père remplit encore toutes les cases pour remporter d’autres prix. L’auteur, Sorj Chalandon, nous entraîne dans une histoire folle, mais oh combien terrifiante. Emile est le héros, bien malgré lui, de ce roman. On le découvre petit garçon, à 12 ans, vivant seul avec ses parents. Si Emile est un garçon apparemment comme les autres, son père n’est pas comme tous les papas du monde. Son père change de profession chaque jour. Soit il est footballeur, soit parachutiste, soif prof de judo, soit agent secret dont la mission est de tuer le Général de Gaulle. Il confie ça à son fils et va lui faire subir toutes sortes de châtiments corporels pour qu’il devienne un bon agent secret à son tour. Son père le couvre de coups de ceinture en cuir, de coups de poing, sous l’œil de sa mère qui ne dit rien si ce n’est : Tu le connais ton père ! Mais il t’aime. Cette mère est témoin de tout mais ne s’interpelle jamais. Elle supplie de temps en temps son mari pour qu’il ne tue pas Emile. Mais elle aussi est terrorisée par cet homme. Sa passivité nous exaspère et surtout nous insupporte.
Jamais Emile ne se plaindra à personne des maltraitances terribles qu’il subit, enfermé des nuits entières, sans manger, dans le placard de la chambre de ses parents. Mais quand son père lui confie des missions, sous couvert de l’OAS, avec le Général Salan, ou de la CIA avec son parrain Ted, tout prend sens pour le petit Emile. Il faut qu’il s’endurcisse… Ne pas se plaindre et devenir le plus fort possible comme son père. Et surtout servir l’OAS et que son père soit fier de lui ! Son seul objectif : ne jamais décevoir son père.
Le scénario de Profession du père est machiavélique. On commence le roman, impossible de le reposer. Jusqu’où va aller Emile, pour l’amour de son père ? Juste pour que son père soit, enfin, fier de lui ? Juste pour un regard du père ?
Il faut dire que le père d’Emile est un génial agent secret. Il a des idées fabuleuses et Emile y croit à ses histoires ! Ca tient debout ! Un peu comme au théâtre, Emile joue le rôle que lui donne son père, avec excitation. Sans poser de question. Il est fier d’avoir réussi les tâches demandées. Et si ça dérape, et à un moment ou un autre ça dérape, le père d’Emile, sans profession, dérape aussi et la violence s’installe, toujours folle, démente et impulsive. Et là, après les quelques pages de comédie, on est jeté dans l’horreur absolue.
J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, mordant, à l’écriture magistrale ! A certains passages, on souffre tellement avec le petit Emile, qu’on supplie l’auteur d’arrêter là. On est en totale communion avec ce jeune ado qui se sent affreusement seul. Et les dernières pages, Emile a vieilli, beaucoup vieilli. Mais la douleur de l’enfance est toujours là et rejaillit à chaque fois, qu’il revoit ses parents. Emile a été profondément détruit par ses parents et va continuer toute sa vie à quêter un regard de son père. Jusqu’à la dernière ligne, on espère une explication du père.
Sorj Chalandon a su à la fois nous faire partager une page d’histoire des années 60, avec l’Algérie, et une histoire de famille complexe. En filigrane, la démence est décrite mais rarement nommée, ce qui donne toute la force de l’écriture. Un enfant unique entre son père, fou, et sa mère, femme battue et soumise et sûrement atteinte aussi psychiquement.
Un livre qui se dévore malgré l’horreur. On se demande tout au long de la lecture si ce récit a une part autobiographique. Oui, Sorj Chalandon dit lui-même qu’il n’a jamais connu la profession de son père, qu’Emile et lui se sont amusés des rôles offerts par ce père. Que tout aurait été parfait, s’il n’y avait pas eu cette violence. Il y a donc bien une large part autobiographique dans ce livre mais l’auteur précise qu’il s’agit bien d’un roman. Mais quand Sorj Chalandon parle de son livre, c’est avec beaucoup d’émotion, les yeux brouillés, alors qu’il a dépassé la soixantaine. Il reste le petit Emile à vie… Je suis pleine d’admiration devant cet homme, Sorj Chalandon, qui a réussi une brillante carrière professionnelle malgré toutes les souffrances qu’il a subies. Un très bel exemple de résilience et un véritable coup de coeur de Publik’Art pour ce roman !
Un livre qui se dévore malgré l’horreur.
Quelques extraits à découvrir :
p.87 : Je ne pleurais pas. Je tremblais, je gémissais, j’ouvrais et fermais les yeux très vite comme lorsqu’on va mourir, mais je ne pleurais pas. Je pleurais avant les coups, à cause de la frayeur. Après les coups, à cause de la douleur. Mais jamais pendant.
p.173 : J’ai passé la journée dans ma chambre. Avec ordre de marcher. Ni m’asseoir, ni m’allonger, marcher. Et j’ai marché. – C’est le régime des enfants de troupe, disait mon père. Dix fois, il a ouvert violemment la porte pour me surprendre. Mais je marchais. Mes parents ont déjeuné sans moi. Bruit de la radio, de leurs couverts. Pas une voix. Le soir, ils ont dîné à la cuisine. Je marchais toujours. Mon sirop m’aidait à respirer. Je n’étais pas en colère. Je marchais parce qu’il le fallait. […] Toute la journée, j’étais resté en slip et torse nu. Il m’a pris par les cheveux, une grosse poignée près de la tempe. Il m’a emmené dans leur chambre. Il a ouvert la « maison de correction ». Leur grande armoire à glace, celle au pistolet, au béret, au costume de communion. Il a écarté les cintres pour me laisser la place. – A genoux !
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« Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider. Je n’avais pas le choix. C’était un ordre. J’étais fier. Mais j’avais peur aussi… À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet. »
Date de parution : le 19 août 2015 Auteur : Sorj Chalandon Editeur : Grasset Prix : 19 € (320 pages) Achetersur : Amazon
Jacques Weber : un grand Krapp, l’anti-héros de Beckett
Krapp/Jacques Weber, aux allures de vieux clown sorti de nulle part dont la carcasse trop lourde porte toutes les désillusions à l’exception de ce dernier défi à la vie, est affalé devant son bureau.
Il est sur le point d’enregistrer ses réflexions sur l’année écoulée, comme il le fait tous les ans à chaque anniversaire.
Dans un décor minimaliste au mobilier industriel sous un halo de lumière crépusculaire, une séquence muette débute. Ponctuée par des gestes mécaniques et des râles étouffés, elle se charge des habitudes insignifiantes et obsessionnelles du protagoniste et dans lequel son présent s’est arrêté.
Avant de prendre la nouvelle bobine, il réécoute de vieilles bandes enregistrées quelques trente ans plus tôt. C’est lui et pourtant il ne se reconnait pas. Il s’énerve, se montre sarcastique en entendant ses ambitions passées et ses vieux rêves d’amour inaccomplis.
[…] l’univers beckettien et son insondable vertige
Deux espaces-temps se répondent alors dans un étrange dialogue. Celui du passé lorsque Krapp se réécoute, celui du présent lorsqu’on le voit se débattre dans sa détresse et sa solitude infinie, réprobateur ou dédaigneux à ses souvenirs devenus inaudibles, cristallisant implacablement la perte et l’échec des relations humaines.
[…] Jacques Weber, méconnaissable, est grandiose […]
La voix vibrante d’autrefois porte encore une volonté pleine d’espoir, d’illusions et de bonheur possible contre laquelle désormais il fulmine, tempête de soupirs, de railleries et de ressentiments qu’il noie dans l’alcool et une lucidité sans issue.
L’action minimaliste – dépourvue de rares moments de vie, chère à Beckett avec ses silences et ses bruits furtifs, ses mouvements lents décomposés – souligne toute l’incompréhension du monde, porteuse d’une errance impossible et solitaire.
L’écoute de la bande se fait tendue et intense où le vieil homme l’apostrophe de sa révolte salvatrice ou l’interrompt brutalement avant d’en reprendre la méditation ravageuse.
La mise en scène du grand maître Allemand Peter Stein restitue pleinement l’écriture composite du dramaturge au plus près de l’expérience humaine : son dépouillement, jusqu’à son renoncement libérateur.
En clown échevelé et tragiquement humain, Jacques Weber, méconnaissable, est grandiose, théâtralisant à merveille avec son art aigu de la composition et de l’abandon, l’univers beckettien et son insondable vertige.
Les Enquêtes du Département V : Délivrance, nouvel épisode sorti aujourd’hui
Délivrance est un thriller incroyable. Les enquêtes du Département V est une série de thrillers danois de très grande qualité. Délivrance est le dernier épisode qui sort aujourd’hui en E-Cinéma, après Miséricorde et Profanation.
Dès le début, vous êtes comme happé par le scénario. Pas un instant calme. Tout s’enchaine à une vitesse folle, avec souvent beaucoup de violence et de stress. Le Département V reçoit une vieille bouteille qui a été jetée à la mer il y a déjà plusieurs années. Ils arrivent à décripter le message. Ils comprennent que deux enfants sont prisonniers. Le message a été écrit avec du sang. Mais que veut dire cet appel au secours ?
Au fil de l’enquête, le stress augmente. Même s’il s’agit d’une vieille histoire, le Departement V va faire des recherches qui vont aboutir sur quelques situations terribles. Effectivement des enfants ont disparu. Et ces disparitions n’ont pas été signalées. Il s’agit toujours de familles très religieuses. Mais pourquoi ?
Dès que vous commencez le film, plus aucun répit possible. Le scénario est remarquablement bien ciselé. Le stress est omniprésent. Et les acteurs jouent avec une justesse à vous faire hérisser les poils !
Délivrance, encore un bel épisode du Département V qui ne vous décevra pas. De façon absolument sûre ! Il sort aujourd’hui en e-Cinema ! A ne pas louper !
Le Département V reçoit une vieille bouteille, jetée à la mer il y a 8 ans. À l’intérieur, un message de détresse écrit en lettres de sang.
Pour l’inspecteur Carl Mørck, Assad, son assistant syrien au flair infaillible, et Rose, leur secrétaire, c’est le début d’une nouvelle enquête mêlant un tueur en série, une mystérieuse communauté religieuse et des enfants dont la disparition n’a jamais été signalée à la police…
Mort de Siné : je sens la mort qui rôde… Mourir ? Plutôt crever !
Siné s’en est allé ! Le monde du dessin caricatural est encore en deuil. Maurice Sinet, alias Siné, avait 87 ans. Il est décédé des suites d’une opération, ce matin. Mais dans son dernier article de son journal Siné Mensuel, il a écrit mardi : Je sens la mort qui rôde.
Siné a travaillé pour Charlie Hebdo durant 27 ans avant d’être viré en 2008, suite à une chronique écrite sur Jean Sarkozy (en décembre 2012, Charlie Hebdo est condamné à payer 90 000€ à Siné pour rupture abusive de leur collaboration). Il a ensuite créé son propre journal : Siné Hebdo puis Siné Mensuel.
Voilà un extrait de son dernier article écrit mardi dernier et paru dans Siné Mensuel :
C’est horriblement chiant de ne penser obsessionnellement qu’à sa mort qui approche, à ses futures obsèques et au chagrin de ses proches ! Je pense aussi à tous les enculés qui vont se frotter les mains et ça m’énerve grave de crever avant eux !
Heureusement que vous êtes là, admirateurs inconditionnels, adulateurs forcenés… vous ne pouvez pas savoir comme vos messages me font du bien, un vrai baume miraculeux ! Et banzaï malgré tout ! PS : Puisqu’une fois évacuée, la flotte continue d’envahir mon poumon, après maints revirements et changements de cap, l’opération est finalement programmée pour aujourd’hui, mercredi. Alea jacta est, comme dirait ce connard de César ! Je n’en mène pas trop large, je vous l’avoue et je serre les fesses comme un pressoir à olives pour évacuer le stress !»
On connaît tous la phrase de Siné quand il parlait de mourir : Mourir ? Plutôt crever !
Et voilà, Siné n’a pas eu le choix, la faucheuse l’a chopé, en pleine conscience.
Son humour, ses dessins et ses coups de gueule, ses révoltes vont nous manquer. Et son art aussi.