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Men & Chicken, aux limites de l’absurde et de l’abstraction

Men & Chicken
Men & Chicken, film d’Anders Thomas Jensen, Copyright Urban Distribution

Men & Chicken, aux limites de l’absurde et de l’abstraction

Men & Chicken s’annonce comme l’OVNI ciné du 25 mai 2016. A la frontière du film de science fiction, de la comédie de moeurs et du film social, l’opus danois d’Anders Thomas Jensen vogue dans des eaux iconoclastes et brise les tabous. Il invoque la génétique et abat les murs entre les espèces. Une curiosité crispante et philosophiquement dérangeante.

A la mort de leur père, deux demi-frères apprennent leur origine d’enfants adoptés et ils rejoignent une fratrie dégénérée et décalée recluse sur une île mystérieuse. La cohabitation met à jour les moeurs primaires d’une famille aux comportements bien étranges. Elias (Mads Mikkelsen) et Gabriel (David Dencik) sont eux mêmes assez farfelus mais ce n’est rien par rapport à ce qu’ils vont découvrir. Le film vogue vers le documentaire animalier avec cette profusion de poules, cochons et autres animaux rustiques qui cohabitent avec leurs frères. Une ambiance proche de L’île du Docteur Moreau se dessine petit à petit avec un dénouement… surprenant, voire très étrange. Le film ne rentre dans aucune case et déroute tout du long. Les personnages ont chacun leur manière de réagir aux évènements, sans logique et en toute absurdité.

Peu familier de l’oeuvre d’Anders Thomas Jensen, le public français sera vraisemblablement dérouté devant un film pareil à nul autre. Mads Mikkelsen apporte sa renommée internationale comme une caution populaire. Révélé dans son rôle du Chiffre dans Casino Royale, confirmé dans Michael Kohlhass et La Chasse, bientôt à l’affiche de Star Wars Rogue One et Docteur StrangeMads Mikkelsen est un acteur hot des années 2010. Son apparition dans Men & Chicken va beaucoup faire pour un film à la frontière du film expérimental. Ambitieux et iconoclaste, mais également retors et presque antipathique. Les personnages ne se laissent approcher qu’avec difficulté, exposant plus souvent leurs travers que qualité. Le réalisateur ne fait pas du tout dans la facilité pour un résultat assez ahurissant.

Men & Chicken est un film concept, intéressant pour sa transversalité, assumée mais assez peu grand public. Le film mérite la découverte pour ouvrir son esprit au monde de l’étrange, du bizarre, de l’insolite.
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Men & Chicken 1A la mort de leur père, Elias et Gabriel découvrent qu’ils ont été adoptés et que leur père biologique, Evelio Thanatos, est un généticien qui travaille dans le plus grand secret sur une île mystérieuse.
Malgré leur relation houleuse, ils décident de partir ensemble à sa rencontre. Arrivés sur cette île éloignée de la civilisation, ils vont découvrir une fratrie étrange et des origines inquiétantes.
Il devient évident que, décidément, on ne choisit pas sa famille.

Sortie : le 25 mai 2016
Durée : 1h44
Réalisateur : Anders Thomas Jensen
Avec : Mads Mikkelson, David Dencik, Nicolas Bro
Genre : Comédie dramatique

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Résultats concours : Trahisons, 10 places de théâtre gagnées

Trahisons
Trahisons, A la Folie Théâtre, mise en scène de Carole Proszowski

Résultats concours : Trahisons, 10 places de théâtre gagnées !

Vous avez été 869 participants au concours Trahisons. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de théâtre Trahisonsà Paris, A la folie Théâtre, le 28 mai, à 21h30, sont les suivants :

Ludovic Bercier, Yannick Briand, Emmanuel Goupilleau,

Pascale Gatine et Vincent Bouilly

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Joël Pommerat, grand vainqueur des Molières 2016

Joël Pommerat, grand vainqueur des Molières 2016

Joël Pommerat, grand vainqueur des Molières 2016

La 28e nuit des Molières s’est tenue lundi soir devant ses pairs à Paris au Théâtre des Folies Bergère pour récompenser le meilleur du théâtre public et privé.

Alex Lutz, qui a reçu au cours de la soirée le Molière de l’humour pour son spectacle  très enlevé, succédait à Nicolas Bedos  et à son ton corrosif pour un show à la plume moins fielleuse.

Avec des clins d’œil aux grands textes, aux auteurs et à des situations loufoques, les sketchs se sont enchainés. Alex Lutz a fait rire en ouvreuse débutante formée sans complaisance par Monique alias Muriel Robin. Michel Fau et Maxille d’Aboville se sont faits remarquer dans un extrait de l’Ecole des Femmes revisitée tandis que Sandrine Kiberlain a excellé en télé conseillère au bord de la crise de la nerf et appelée à la rescousse par des utilisateurs de box capricieuses.

S’agissant du palmarès largement couvert par Publik’Art, la grand gagnant de cette édition 2016 est Joël Pommerat (absent pour cause de tournée en Chine) et qui rafle pas moins de quatre Molières.

Il repart avec celui du théâtre public, du metteur en scène et de l’auteur francophone de l’année pour son immersion captivante dans le combat politique et idéologique de la Révolution Française avec son spectacle aux Amandiers de Nanterre « ça ira (1). Fin de Louis« . Le Molière du jeune public lui est aussi décerné pour ”Pinocchio” présenté aux Ateliers Berthier.

Dominique Blanc, nouvelle pensionnaires de la comédie française, qui campe actuellement une grande « Agrippine » dans « Britannicus », a reçu le Molière de la meilleure comédienne dans un spectacle public pour son rôle de Merteuil dans « Les Liaisons Dangereuses » de Pierre Choderlos de Laclos, mise en scène Christine Letailleur.

La composition hypnotique toute en intériorité malmenée de Charles Berling dans « Vu du Pont » d’Arthur Miller, mis en scène par Ivan Van Hove  à l’Odéon, est saluée du Molière du meilleur comédien dans un spectacle de théâtre public.

Année exceptionnelle pour Catherine Frot, qui après le César de la meilleure actrice 2016 pour le film « Marguerite » réalisé par Xavier Giannoli, obtient le Molière de la comédienne dans un spectacle du théâtre privé pour son rôle dans « Fleur de Cactus » de Barillet et Grédy, mis en scène par Michel Fau .

LE PALMARÈS INTÉGRAL DES MOLIÈRES 2016 :

Molière d’honneur : Fabrice Luchini

Molière du théâtre public : Ça ira (1) Fin de Louis , de et mis en scène par Joël Pommerat

Molière du théâtre privé : Les Cavaliers , d’après Joseph Kessel, mis en scène par Eric Bouvron et Anne Bourgeois

Révélation féminine : Géraldine Martineau  (Le Poisson belge de Léonore Confino)

Révélation masculine : Alexis Moncorgé (Amok de Stefan Zweig)

Molière de la Comédie : Les Faux British , de Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields, mis en scène par Gwen Aduh (actuellement au Théâtre Saint-Georges)

Molière de la création visuelle : 20 000 lieues sous les mers, d’après Jules Verne, mis en scène par Christian Hecq et Valérie Lesort à la Comédie-Française

Molières du spectacle musical : Les Fiancés de Loches, de Georges Feydeau et Maurice Desvallières (Théâtre du Palais Royal)

Molière du jeune public : Pinocchio, de et mis en scène par Joël Pommerat

Molière de l’humour : Alex Lutz, d’Alex Lutz et Tom Dingler, mis en scène par Tom Dingler

Molière Seul en scène : Andréa Bescond (Les Chatouilles ou la danse de la colère, mis en scène par Eric Métayer)

Molière de la comédienne d’un spectacle de théâtre public : Dominique Blanc (Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos )

Molière du comédien d’un spectacle de théâtre public : Charles Berling (Vu du pont d’Arthur Miller)

Molière de la comédienne d’un spectacle privé : Catherine Frot (Fleur de Cactus mis en scène par Michel Fau)

Molière du comédien d’un spectacle privé : Wladimir Yordanoff  (Qui a peur de Virginia Woolf d’Edward Albee, mis en scène par Alain Françon)

Molière de l’auteur francophone vivant : Joël Pommerat pour Ca ira (1) Fin de Louis

Molière du metteur en scène d’un spectacle de théâtre privé : Alain Françon pour Qui a peur de Virginia Woolf

Molière du comédien dans un second rôle : Didier Brice dans À tort et à raison  de Ronald Harwood, mis en scène par Georges Werler

Molière de la comédienne dans un second rôle : Anne Bouvier dans Le Roi Lear de William Shakespeare, mis en scène par Jean-Luc Revol

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Le Paris Fringe festival va secouer la capitale

Paris Fringe

Le Paris Fringe festival va secouer la capitale

Le festival international de théâtre en anglais, le Fringe Festival, fait étape à Paris. Après San FranciscoAmsterdamPhiladelphiePrague ou Edimbourg, la manifestation culturelle a lieu  dans le 9e arrondissement parisien du 23 au 29 mai 2016.

Le Festival s’ajoute à la communauté déjà foisonnante des Fringes du monde entier. La Cérémonie d’ouverture du lundi 23 mai au théâtre Les Feux de la Rampe a ouvert les festivités avec une présentation haut en couleur de tous les participants. Spectacles comiques, improvisation chantées ou jouées, spectacles artistiques, ce sont pas moins de 16 compagnies qui sont en représentation. Les artistes viennent du monde entier pour un moment de partage avec les artistes locaux et le public de la capitale. Le Fringe est un carnaval alternatif des arts et de la performance, une chaine de passion et d’énergie qui lie les humains et leur donne envie de se surpasser. Paris intègre un club large et reconnu de capitales de la culture, dans le monde entier. La liste des spectacles proposés:

New – “New Musical Comedy” (France/Allemagne) – Comédie musicale improvisée
Bruno Banon – “Luv” (France) – Une comédie typique de Broadway mêlée d’absurde
Flabbergast – “Tatterdemalion” (UK) – One-man show intégrant mime et des marionnettes
Petar Miloshevski – “AMOUR” (UK) – Solo « post-théâtral »poétique, tragique et visuel
Bric à Brac – “Ash” (UK) – Comédie musicale (« devising theatre ») sur l’amour du tabac
– Leeds Studio – “9 Lives” (UK) – One-man show sur la vie de réfugié
Two Tongue – “Twisted and Tongue Tied” (France/UK) – Comédie noire sur la parité
Comedy French Fried – “French Fried” (France/USA) – Stand-up avec plusieurs artistes
Sarah Tullamore – “London – Paris – Roam!” (France/UK) – One-woman show musical
Oortocht – “inlay” (Belgique) – Théâtre de rue interactif et musical
Broadway au Carré – “Seasons” (France/USA) – Comédie musicale sur l’amour
Apuka Theatre – “Encore” (Canada/France) – Théâtre interactif improvisé selon le lieu
Peter Vickers – “Gonzo” (UK/France) – Comédie noire sur l’amitié et la trahison
Jennifer Cole – “Quasar Blues” (International) – Reconstitution d’un crime
BremnerSings – “33 Kabaret” (USA) – One-man show musical
Mutinerie Collective – “Superdiscount” (France) – Théâtre « physique » explorant la société de consommation (bilingue)

Des artistes internationaux participent à cette première édition du Paris Fringe ! Leur site résume tous les spectacles de la manifestation sur le lien suivant:  www.parisfringe.org. La cérémonie d’ouverture a été animée par Éric Bouvron, nominé aux Molières 2016. Le programme s’étale sur les 6 jours du festival et prend place dans tous les théâtres partenaires de l’évènement: Théâtre Les Feux de la Rampe, Théâtre Trévise et Le KibéléDom Douglas et Reka Polonyi sont les directeurs artistiques du festival, littéralement, festival « en marge » des institutions théâtrales.

Ne reste plus qu’à regarder le programme pour aller profiter de l’évènement.

Dates :  du 23 mars au 29 mai
Lieu : Théâtre du 9e arrondissement (Paris)
Metteur en scène : Divers
Avec : Divers

La vie intense de Tristan Garcia : l’impossible équation de la modernité (Autrement)

Tristan Garcia 
Tristan Garcia photo © zone-litteraire.com

La vie intense de Tristan Garcia : l’impossible équation de la modernité (Autrement)

A 35 ans, Tristan Garcia est un écrivain et philosophe que certains considèrent comme la relève française. Livres philosophiques, essais, articles, ses œuvres sont déjà nombreuses et il n’a certainement pas fini d’occuper les rayons par ses réflexions. Son dernier ouvrage intitulé « La vie intense. Une obsession moderne » pense le monde d’aujourd’hui sous le prisme de l’intensité.
Qu’est-ce que l’intensité d’une vie aujourd’hui ? A quoi se mesure-t-elle ? Vivons-nous plus intensément lorsque nous choisissons un magnum intense plutôt qu’un Cornetto fraise ? L’utilisation de ce terme et de ses dérivés (crème « miracle », œufs « ultra frais » …) a été galvaudée par notre société de communication. Le marketing se l’est approprié mal à propos. Ainsi, Tristan Garcia nous avertit : « Il est donc nécessaire de se lancer dans une course moderne contre l’approvisionnement de l’intensif et sa réduction au non-intensif ».
La première partie du livre correspond à la genèse moderne de l’intensité qui serait née de la découverte de l’électricité en 1800 par Volta. Cette date aurait un impact déterminant sur ce que nous sommes aujourd’hui. Si vous en doutez, Paul Valéry n’en dit pas moins dans Vues : « La découverte du courant électrique […] ouvre cette ère des faits nouveaux qui vont changer la face du monde ». Cette séquence historique cependant est ardue à assimiler. Un peu dense, Tristan Garcia se dévoile bien plus intéressant lorsqu’il pénètre dans le domaine de la philosophie pure.
Alors que nous souffle-t-il qu’il nous faut retenir ? Qu’à trop vivre, on s’épuise avant notre heure ? Oui sûrement, mais à ne pas tout donner, on meurt avec des regrets ! L’auteur en est conscient puisque ce problème insoluble se dessine au fil des pages du livre. Et il n’a pas de réponse si ce n’est un entre deux, un équilibre franchement impossible à atteindre et à tenir. Il faudrait ni trop vivre ni pas assez. Où est le curseur ?
Ce n’est qu’un petit bout réducteur de son développement. Pour le comprendre dans toute son ampleur et sa complexité, lisez-le.

Livre clairvoyant qui, peut-être, manque de limpidité pour un esprit fatigué qui l’ouvre en fin de journée. Certaines formulations sont remarquables alors qu’on peut se perdre dans les virages de sa pensée en d’autres endroits. Mais ici, il faut également incriminer le lecteur (donc moi-même) pour son manque de concentration et peut-être de réflexion.
Bonne lecture !

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La vie intense de Tristan Garcia « L’homme intense se lasse vite. »
Tristan Garcia est écrivain et philosophe.
Enseignant à l’université Jean Moulin – Lyon 3, il est l’auteur de romans et d’essais philosophiques. Citons les remarquables 7 (2015), Faber (2013), La Meilleure Part des hommes (Prix de Flore 2008), et Forme et objet : un traite des choses (PUF, 2011).
Passionné d’images et de cinéma, Tristan Garcia est aussi directeur d’une collection sur les séries télévisées aux PUF.

Date de parution : le 27 avril 2016
Auteur : Tristan Garcia
Editeur : Autrement
Prix : 14,90 €
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John From, langueur et onirisme dans l’été lisboète

John From
John From, film de João Nicolau, Copyright Shellac Distribution

John From, film onirique et languide de João Nicolau

John From est un film portugais avec une langueur adolescente troublante pour toile de fond. Rita et Sara sont deux jeunes filles de 15 ans, livrées à elles mêmes et démobilisées durant l’été chaud et moite de Lisbonne. Tandis que Rita en pince pour Philippe, le nouveau voisin installé à proximité, les héroïnes voguent entre soleil et fantasmes de territoires lointains.

Le réalisateur João Nicolau marie harmonieusement Portugal et Mélanésie dans un récit aux frontières de l’onirisme. Le titre mystérieux John From fait référence au prophète John Frum, objet d’un culte du cargo au Vanuatu. Esprit apparu vers 1939, il transcende l’esprit anti colonialiste du peuple des Man Tanna qui y retrouvent leur soif d’indépendance. Le nom de John From proviendrait de ces soldats américains qui se présentaient aux locaux sous le sobriquet de John from America. Les Man Tanna désignent maintenant du nom de John les hommes blancs. Arrivés sur des bateaux, les colonisateurs ont durement marqués les locaux qui retrouvent dans le culte de John From la force de se réunir et d’invoquer les vieilles coutumes. João Nicolau fait une référence à ce culte du bout du monde pour expliquer l’enthousiasme estival des deux héroïnes, comme par-devers elles.

Le film vogue entre lenteur, candeur et enthousiasme. A 15 ans, un rien suffit à mobiliser des adolescents pleins de rêve. Une exposition organisée dans le quartier de Rita et Sara fait renaitre l’ambiance tropicale, avec ses tableaux de lagunes et d’autochtones, transformant le quotidien estival un peu vide en songe éveillé. João Nicolau privilégie l’ellipse à la construction et évite toute surcharge narrative. Au risque de perdre quelques spectateurs en route, mais le film est visiblement placé sous le signe de la rêverie, le parti pris hypnotise avec ce soleil omniprésent et ce rythme tout en retenue. Les jeunes filles baladent leur plastique sous le soleil chaud du Portugal, multipliant les regards vides et les poses lascives.

John From est à la frontière du film conceptuel, invoquant Virgin Suicides ou Mustang avec cette langueur adolescente. La Mélanésie devient un territoire du bout du monde, obsédant et porteur des espoirs du lendemain. Métaphore un peu facile mais pleine de sens.

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John fromLisbonne, dans des familles sans histoire, Rita et Sara, 15 ans, partagent leurs vacances d’été entre cafés glacés et après-midi lascives. La rencontre de son nouveau voisin, Philippe, enflamme la jolie Rita d’un désir violent. Le quartier tranquille en devient magique et merveilleux, comme une île de Mélanésie au cœur du Pacifique.

Sortie : le 25 mai 2016
Durée : 1h35
Réalisateur : Vincent Garenq
Avec : Júlia PalhaClara Riedenstein, Filipe Vargas
Genre : Comédie Dramatique

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Le Système Ribadier, un Feydeau revisité à la Pépinière Théâtre

le-systeme-ribadierUn Feydeau modernisé

Le Système Ribadier, pièce en trois actes écrite par Georges Feydeau et son maitre Maurice Hennequin à la fin du XIXème siècle, s’inscrit dans la pure tradition du vaudeville.
Ribadier est le second mari d’Angèle, veuve de « feu Robineau ». Devenue très suspicieuse suite aux tromperies de son ex-mari, Angèle a développé une jalousie frisant la paranoïa et surveille étroitement les activités de son deuxième époux. Mais Ribadier possède un don, d’un simple regard, il peut hypnotiser sa femme et vaquer à ses occupations douteuses…

Dans un décor d’une froideur déconcertante, on est bien loin du Système Ribadier que Zabou Breitman mettait en scène à la Comédie Française en 2013. Ici, Jean-Philippe Vidal choisit un décor épuré. Deux portes, une côté cour et l’autre côté jardin, deux fauteuils noirs et un écran géant sur lequel apparaît le visage blafard de Robineau, l’ex-mari d’Angèle. Cet écran-vidéo en devient presque hypnotique et donne à ce Feydeau revisité une touche de modernisme toute particulière. Le spectateur est alors invité, par son imaginaire, à créer lui-même son décor.

Dans cette comédie en trois actes, une spécialité de Feydeau, on trouve tous les traits d’un bon vaudeville. Un quiproquo absurde, des personnages pathétiques mais touchants, et un comique de situation omniprésent, incarné par les personnages de l’amoureux transit Thommereux (Romain Lagarde) et du couple improbable formé entre la bonne et le cocher des Ribadier (Ludmilla Dabo, Pierre-Benoist Varoclier). Hélène Babu (Angèle) excelle dans le rôle de la veuve jalouse hypnotisée par son mari, elle fait rire le public aux éclats par sa performance hystérique et minutieuse à la fois (NDLR : on retiendra ce moment hilare où elle fait la femme hypnotisée et tétanisée sous hypnose). Pierre Gérard (Ribadier) est lui aussi impressionnant dans ce rôle de Dom Juan qui lui va comme un gant.

Un Feydeau modernisé qui fonctionne très bien !

Dates :  à partir du 18 mai 2016
Lieu : Pépinière Théâtre (Paris)
Metteur en scène :Jean-Philippe Vidal

 

Avec : Hélène BabuGauthier Baillot / Arnaud Simon, Ludmilla Dabo, Pierre Gérard, Romain Lagarde, Pierre-Benoist Varoclier / Nathan Gabily

L’origine de la violence : quand le passé fait de l’ombre à l’avenir

L’origine de la violence
L’origine de la violence Photo © L’Origine Productions

L’origine de la violence : quand le passé fait de l’ombre à l’avenir

Adapté du livre éponyme de Fabrice Humbert, L’Origine de la violence retrace l’histoire d’un homme à la recherche de ses origines. Réalisé par Elie Chouraqui, il sortira en salle le 25 mai 2016.

La judéité, l’antisémitisme, la Seconde Guerre Mondiale sont des sujets récurrents dans la filmographie du réalisateur, des obsessions certainement liées à ses propres origines juives. On peut citer son précédent film, Ô Jérusalem, qui abordait l’immigration juive et les dérives d’une amitié judéo-arabe devenue impossible ou encore, plus modeste, le documentaire Antisémitisme, la parole libérée au titre des plus éloquents. Ainsi, adapter le roman de Fabrice Humbert était un défi taillé pour lui.

[…] ce film est une histoire de famille et une quête d’identité.

L’origine de la violence est une histoire de famille et une quête d’identité. Nathan Fabre, professeur de français, fait une thèse sur la résistance sous l’occupation nazie. Pour ses recherches, il se rend en Allemagne où il rencontre Gabi. Il en tombe amoureux. Tous les mercredis, il mange du foie de veau et du céleri avec son père au même restaurant. Parfois, il rend visite à son grand-père et sa grand-tante, Marcel et Clémentine Fabre qui habitent un fastueux manoir.
Cette pièce-montée familiale est garnie de silence. Tout le monde se cache derrière sourire et bonne humeur. Et les silences font plus de mal que les mots, ils empêchent les blessures de cicatriser notamment celles de Nathan qui est un homme tourmenté. Il lutte contre un ennemi invisible qui l’habite depuis l’enfance. Pour s’en défaire ou l’oublier, il a choisi la violence. La violence est l’expression extérieure de son mal-être. Il ne sait pas contre quoi il se bat, il tente d’exorciser des démons qu’il ne comprend pas. Lorsque Nathan, au camp de Buchenwald, découvre une photo d’un déporté qui ressemble trait pour trait à son père dans sa jeunesse, il va tenter de briser ces silences, d’interroger, de remonter dans le passé, bref, de chasser ses démons. C’est en questionnant ses origines qu’il va se réconcilier avec lui-même. Il part à la recherche de son identité, cette partie de lui manquante qui le faisait tant souffrir.

Emouvant et élégant, L’origine de la violence est un film aux multiples facettes qui abordent – parfois rapidement – des sujets difficiles : le poids des secrets, la définition de la famille, l’amour tragique, Le régime nazie … lourd de thèmes aussi graves et de la souffrance inhérente. Pour que la quête de Nathan aboutisse, il doit savoir et pour savoir, il doit accepter de souffrir car les secrets les mieux gardés sont les plus difficiles à accepter. Des éclats de gaité et d’insouciance parsèment le film pour lui donner un peu de légèreté.
Les personnages secondaires sont lumineux, davantage que le protagoniste, notamment la grand-tante au sourire et à l’espièglerie irrésistible et Gabi pour son allant, son charme. Un autre personnage hante le film : la mort. Toujours présente, elle ne se matérialise pourtant jamais, on ne la voit pas. On s’arrête à son seuil comme par pudeur ou par élégance de sa part et de celle du réalisateur.
L’origine de la violence, une belle fresque familiale en deux temps : le temps d’avant et le présent. Les flashbacks qui nous transportent à l’époque de la France sous l’occupation nazie fournissent la dose d’action qu’il manquerait autrement.
Une tranche de vie tourmentée à croquer si notre appétit ne veut pas manger trop léger.

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L’origine de la violenceLors d’un voyage en Allemagne, un jeune professeur, Nathan Fabre, découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie.
De retour en France, le souvenir de cette photographie ne cesse de l’obséder. Face au silence de son père, il décide alors de se pencher sur l’histoire de sa propre famille. Les secrets qu’il y découvre bouleversent son existence.

À l’issue de sa quête, Nathan comprendra que le passé, même enfoui au plus profond des mémoires, finit toujours par ressurgir…

Sortie : le 25 mai 2016
Durée : 1h50
Réalisateur : Élie Chouraqui
Avec : Richard Berry, Stanley Weber, César Chouraqui
Genre : Drame

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Festival de Cannes 2016 : et la Palme d’Or est attribuée à….

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Festival de Cannes 2016 : et la Palme d’Or est attribuée à….

Le jury de la 69e édition du Festival de Cannes, présidé par George Miller (Mad Max) a tranché. La Palme d’Or est attribuée à…

Voici donc le palmarès complet :

Palme d’Or : Moi, Daniel Blake, le film de Ken Loach

Grand Prix du jury : Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Prix du jury : American Honey de Andrea Arnold

Prix d’interprétation masculine : Shahab Hosseini dans Le client

Prix d’interprétation féminine : Jaclyn Jose dans Ma’Rosa

Prix de la mise en scène : Cristian Mungiu pour Baccalauréat et Olivier Assayas pour Personal Shopper

Prix du scénario : Asghar Farhadi pour Le client

Caméra d’Or : Divines de Houda Benyamina

Palme d’honneur : Jean-Pierre Léaud

Le jury de cette édition 2016 était composé de George Miller, Arnaud Desplechin, Kirsten Dunst, Valeria Golino, Mads Mikkelsen, Laszlo Nemes, Vanessa Paradis, Katayoon Shahabi et Donald Sutherland.

Vidéo en direct de la cérémonie de cloture du Festival de Cannes 2016

Vidéo en direct de la cérémonie de cloture du Festival de Cannes 2016

Vivez en vidéo et en direct la cérémonie du 69e Festival de Cannes. Le palmarès de la compétition officielle, et notamment la Palme d’Or, devrait être dévoilé aux alentours de 20 heures. Le suspens est à son comble ! Bonne cérémonie à tous !

On vous fera un petit récap’ très rapidement dans la soirée.

Où va le chagrin quand il s’en va, un livre de Claire Vassé (JC Lattès)

Claire Vassé
Claire Vassé

Où va le chagrin quand il s’en va, un livre de Claire Vassé (JC Lattès)

Où va le chagrin quand il s’en va ? C’est sûrement une suite logique pour Claire Vassé. Elle raconte toujours la perte de l’être cher et d’une façon absolument incroyable, à vous donner la chair de poule. Ses mots sonnent si justes, qu’on imagine qu’une bonne part du roman est autobiographique. Mais cela reste un roman !
L’amour perdure après la mort de l’être cher, de différentes façons. Voilà le message du beau roman de Claire Vassé. A chacun de le gérer, à sa façon. De le sentir et de le vivre comme il peut.
C’est à la fois un hymne à la vie, mais aussi un hommage à ceux que l’on aime et qui sont décédés. Claire Vassé continue à faire vivre les morts, par l’intermédiaire des vivants.
L’écriture est fluide et ne s’embourbe jamais dans le pathos. Le chagrin est tellement insupportable à vivre, pour soi et pour ceux qui nous entourent. Claire Vassé le sait. Claire Vassé l’a vécu. Dans son livre, Où va le chagrin quand il s’en va ? tout tourne autour de la mort de Lenny. Solange a perdu son mari, Lenny, mais s’est bien remariée avec Paul qui s’occupe de la petite Angèle comme son vrai père. Mais cela n’empêche pas  Solange de péter un câble, un jour, envahi par son ancien mari, Lenny. Bien sûr Lenny est décédé. Mais son numéro de téléphone sonne car Solange n’a jamais pu l’effacer de son répertoire. Mais qui appelle Solange avec le numéro de téléphone de Lenny ? Est-ce Lenny ? Angèle, 6 ans, va nourrir une fausse relation, emplie d’espoir, avec ce numéro de téléphone qu’elle croit être celui de son père. Et Paul, comment va-t-il réussir à surmonter la réapparition de Lenny ?
Les relations humaines sont montrées sous un jour complexe, avec en toile de fond la douleur, la perte, le deuil.  « Ressentir la souffrance serait donc un premier pas vers la guérison ? Oui, il y a pire que souffrir : encaisser les coups sans s’en rendre compte, l’âme anesthésiée, exilée du monde. » p.189
On peut être capable de gestes qui ne nous ressemblent nullement. Uniquement parce que la douleur nous envahit. Claire Vassé nous entraîne sur son chemin où les embûches sont nombreuses. Entre rêve et réalité.
Arrivera-t-elle à faire disparaître son chagrin ? Pour le découvrir, il ne vous reste plus qu’à lire le dernier livre de Claire Vassé !

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Ou_va_le_chagrin_quand_il_s_en_vaIl y a quatre ans, Solange a perdu Lenny, l’homme qu’elle aimait et le père de sa fille. Depuis, elle a « refait sa vie » avec Paul. Une vie de famille paisible et heureuse, jusqu’au jour où le numéro de téléphone de Lenny éclaire à nouveau l’écran de son portable. Cet appel est-il le fruit du hasard ? Ou celui d’un imposteur ? Ou le signe du destin ? Et s’il s’agissait de Lenny, s’exprimant par-delà les limbes, pour ramener Solange à la réalité de leur amour et de son chagrin de l’avoir perdu ? Car en vérité, son chagrin, l’a-t-elle vraiment vécu ? Et si oui, qu’est-il devenu ?
Où va le chagrin quand il s’en va ? Pour avoir enfin le courage de se confronter à cette question, Solange se laisse emporter, là où les vivants côtoient les morts, là où l’effroi devant les manquements de l’existence n’est plus l’obstacle à fuir mais le miroir à traverser pour accéder à la vitalité de ses sentiments.
Où va le chagrin quand il s’en va raconte aussi la peur d’une petite fille âgée de six ans d’accéder à l’âge de raison et de perdre le lien avec son père mort. Et celle de Paul, le nouvel amour, bien vivant, qui craint soudain de ne plus faire le poids. Avec comme toile de fond la ville des amoureux, Paris, des quais de la Seine aux bancs du canal Saint Martin, comme autant de souvenirs et de fantasmes dessinant la carte du tendre de Solange.

Date de parution : le 9 mars 2016
Auteur : Claire vassé
Editeur : JC Lattès
Prix : 18 € (250 pages)
Acheter sur : Amazon

Personal Shopper, film inabouti de Olivier Assayas (Festival de Cannes 2016)

Personal Shopper
Personal Shopper : Photo Kristen Stewart © Les Films du Losange

Personal Shopper, film inabouti de Olivier Assayas (Festival de Cannes 2016)

Présenté en compétition officielle à Cannes, Personal Shopper est un film traitre. Il ne choisit pas son genre, reste entre deux eaux et déstabilisé forcément le spectateur en quête d’une lecture claire, codée, rangée.

Impossible de dire s’il s’agit d’un film d’horreur, d’un thriller et pourquoi pas d’une pseudo romance par procuration. Olivier Assayas propose une immersion dans le monde des Personnal Shopper, incarné par Maureen et jouée par Kristen Stewart (Café Society, Sils Maria). Elle achète bijoux et vêtements de haute couture pour le compte de sa riche cliente qui n’a pas le temps de s’y consacrer. Un métier qu’elle déteste presque autant que celle pour qui elle travaille. Mais cela lui permet de payer son loyer parisien. Jusqu’au jour où tout va basculer.

Mais l’histoire ne se limite pas à ça. La jeune femme avait un jumeau. Depuis son décès dans la capitale, elle n’a de cesse d’attendre un signe de lui depuis l’au-delà. Ses dons de médium lui permettent parfois d’entrer en contact avec des présences fantomatiques, qui s’incrustent avec surprise dans le scénario.

Le thriller qui accable la Personal Shopper a du mal à intégrer pleinement la dimension de la quête fantomatique qui occupe la médium. Alors que le scénario semble en difficulté, une vraie proposition est toutefois faite en dénouement. Cette dernière aurait reçu toute mon adhésion si la dualité d’intrigues avait été mieux orchestrée. Le film aurait sans doute mérité d’être digéré une première fois pour soigner davantage un scénario dont les murs porteurs sont nus et apparents. La surprise manque, la lecture est téléphonée. Les hypothèses sont conjecturées. Et la déception pointe.

Personal Shopper se prend les pieds dans le tapis, manque certainement la marche à peu de choses. Le film porte en lui une prise de risque qui aurait pu aboutir à un chef d’œuvre. On a vraiment l’impression d’être passé à côté de quelque chose qui aurait pu être grand. C’est dommage autant que c’est raté.

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Personal ShopperMaureen, une jeune américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité.
C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu.
Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…

Sortie : 19 octobre 2016
Durée : 1h45
Réalisateur : Olivier Assayas
Avec : Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz
Genre : Fantastique, thriller

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Résultats concours : Mila, 6 places gagnées pour son concert, à Paris

Mila Auguste

Résultats concours : Mila, 6 places gagnées pour son concert !

Vous avez été 970 participants au concours Mila Auguste. Merci de votre excellente participation. Les 3 heureux gagnants de 2 places  pour le concert de Mila Auguste, le 27 mai 2016, au FGO Barbara à Paris, sont les suivants :

Stéphanie Girerd, Pierre Le Fol et Jean-Luc Beauchard

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Boulevard ou la dernière apparition touchante de Robin Williams

Boulevard
Boulevard, film de Dito Montiel, Copyright PRO-FUN MEDIA

Boulevard ou la dernière apparition touchante de Robin Williams

Robin Williams nous quittait le 11 aot 2014, laissant des millions de fans immensément tristes de ne plus pouvoir admirer les talents comiques et dramatiques du comédien américain. Boulevard restera comme son ultime prestation, plus dramatique que comique, comme révélatrice du malaise profond de l’acteur face à une maladie qui touchait aussi bien son corps que son esprit. Un dramatique mélange de Parkinson et d’Alzheimer le mettait en colère, avec la fin que l’on sait… Son rôle révèle une dernière fois sa subtilité touchante.

Boulevard a été tourné en 2013 et coïncide à la période d’apparition de la démence à corps de Lewy chez Robin Williams. Encore lucide, il exprime à la perfection la tempête sous un crâne d’un homme décidé à assumer ses penchants homosexuels à l’aube de ses 60 ans. Une vie de confort simple aux côtés d’une femme aimante n’ont pas eu raison de son moi profond et d’une culpabilité remontant à l’enfance. Dans une société qui condamnait ces penchants, le jeune Nolan a choisi de refouler ses sentiments et de faire sans, pour se conformer à l’image que la société voulait de lui. Une rencontre fortuite avec un jeune paumé le chamboule suffisamment pour faire ressurgir cet adolescent perclus de culpabilité. Le film démontre les efforts vains entrepris pour rentrer dans une norme qui n’est pas la sienne.

Le cadre d’une banlieue lambda entoure cette histoire de retour à soi. Kathy Backer interprète la femme intimement convaincue de la duplicité de son mari, ouvertement empathique mais secrètement malheureux. Robert Aguirre est Léo, ce jeune prostitué désemparé devant les sentiments inexprimables de son ainé. Le triangle amoureux est bancal devant les doutes du héros. Sortir de sa vie rangée lui coûte autant que continuer à refouler ses sentiments. Les évènements décideront pour lui, pour le meilleur à en juger par son sourire final. Choix de film ambitieux pour un Robin Williams aussi connu pour ses prestations jubilatoires que pour ses rôles en dedans. Mrs Doubtfire contre Insomnia, Good Morning Vietnam contre Photo Obsession, la carrière de Robin Williams a sans cesse vogué entre l’auto dérision et le drame. Ce dernier rôle ne fait que confirmer le talent d’un acteur qui manquera à tous…

Boulevard vaut autant par son propos subtilement abordé que par la joie d’apercevoir Robin Williams dans un dernier rôle touchant. Un drame du quotidien qui émeut à plus d’un titre.
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BoulevardSi Nolan et sa femme Joy vivent sous le même toit, ils font chambre à part depuis longtemps. Employé de banque modèle, Nolan affiche pourtant un air absent et se montre insensible à une promotion. Rien ne semble pouvoir combler le vide de son existence.
Un soir, alors qu’il circule le long d’une avenue déserte, il fait la rencontre de Léo, jeune homme écorché. Rattrapant le temps perdu, Nolan retrouve un nouveau sens à sa vie et décide enfin de ne plus se mentir...

Sortie : le 18 mai 2016
Durée : 1h24
Réalisateur : Dito Montiel
Avec : Robin Williams Kathy Backer, Roberto Aguire
Genre : Drame

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Julieta : peinture d’Almodovar sur la douleur des mères (Festival de Cannes 2016)

Julieta
Julieta – Photo Adriana Ugarte, Rossy de Palma © El Deseo – Manolo Pavón

Julieta : peinture d’Almodovar sur la douleur des mères (Festival de Cannes 2016)

Avertissement : cette chronique dévoile quelques aspects de l’intrigue, dont l’effet de surprise repose en grande partie sur la mise en scène. 

Une énième fois en compétition officielle, Almodovar expose dans son dernier film Julieta la douleur d’une mère punie par la vie.

Avant d’être mère, Julieta était une jeune femme épanouie et amoureuse. L’amour de sa vie, pêcheur de profession, décide de partir en mer après une dispute, malgré les mauvaises conditions météorologiques. Il ne s’en sortira pas. Sa disparition soudaine va plonger la famille dans le deuil et anéantir durablement la jeune maman. C’est sa fille, pré-ado, qui va s’occuper d’elle avec amour avant de décider, à sa majorité, de partir se recueillir en retraite.

Pour une raison inconnue la jeune fille ne donnera plus signe de vie à sa mère. Après le deuil de son amour, Julieta subit celui de sa fille. Une douleur immense mêlée à une profonde incompréhension. Mais alors qu’elle se refusait de penser à sa fille, une amie dit l’avoir croisée par hasard une semaine plus tôt. Tout le passé de cette mère blessée ressurgit alors avec émoi.

L’histoire de Julieta ne se résume pas à une jeune fille qui disparaît et refait surface en bouleversant sa mère. Almodovar livre surtout un aperçu émotionnel des épreuves qui jalonnent l’existence d’une mère. Cette femme blessée, endeuillée et abattue se raccroche à la moindre lueur d’espoir dans de grands bouleversements.

Le pitch paraît minimaliste surtout quand on a assisté à l’exercice de style du réalisateur. Il excelle une fois encore dans une mise en scène de haute volée. Almodovar peint une véritable toile sous nos yeux. Un tableau vierge où les traits courent anarchiquement, épousent des formes mystérieuses et ne dévoilent leur évidence que dans leur finalité. Une toile de mères de tous âges et de tout temps. Un sujet universel et ô combien intemporel, traité avec beaucoup de symboliques.

Servi par des actrices que l’on n’a pas l’habitude de voir – et ça fait du bien – le personnage de Julieta contraint à la performance de l’excès. Mais n’est-ce pas un mal nécessaire quand on parle de mères en détresse ? On pourrait en effet reprocher quelques débordements émotionnels, quelques larmes ou tremblements de trop, mais sans excès un Almodovar ne serait pas un Almodovar. Le film n’a pourtant pas fait l’unanimité sur la croisette, loin de là.

Ce Julieta qui ne me faisait pas franchement envie (j’avais lu le synopsis et la bande annonce avant, chose que je préfère d’ordinaire faire après). Mais il est pour moi l’un des favoris pour la Palme d’Or. Verdict ce soir avec le palmarès de la compétition officielle du Festival.

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JulietaJulieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.
Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé.

Sortie : 18 mai 2016
Durée : 1h39
Réalisateur : Pedro Almodóvar
Avec : Emma Suárez, Adriana Ugarte, Daniel Grao
Genre : Drame

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Paterson, poésie décalée de Jim Jarmush (Festival de Cannes 2016)

Paterson
Paterson – Photo : Adam Driver et Golshifteh Farahani © Mary Cybulski

Paterson, poésie décalée de Jim Jarmush (Festival de Cannes 2016)

Paterson est conducteur de bus. Il porte le prénom de sa ville. Ville sinistrée mais ville de poètes, au premier rang desquels William Carlos Williams. Amateur de strophes, Paterson ne quitte jamais son petit carnet secret où il écrit ses poèmes dès qu’il a un moment.

Film poétique et hautement décalé, Paterson affiche les jours de la semaine qui défilent dans le quotidien rangé de ce brave trentenaire et de son entourage : son improbable compagne, son chien qu’il tolère par amour, son collègue et ses amis du bar du coin. Jim Jarmush décompose un quotidien fade qui n’émeut personne à l’exception de Paterson, incarné avec brio par Adam Driver (Star Wars 7).

Personnage à l’allure presque burlesque, notre poète chauffeur de bus trouve son inspiration dans ce rien qui rythme sa vie. Il livre des vers bruts, sans rime, sans figure de style, sans artifice. Une poésie sans poème.

Alors que tout semble l’enfermer et le contraindre dans une routine qu’il subit, on découvre peu à peu sa grande liberté intérieure. Cet homme est un extra terrestre qui trouve son bonheur dans trois fois rien. Bien qu’il n’ait pas le talent que sa compagne – totalement perchée – aimerait lui prêter, on se laisse séduire par ses histoires faites de boîtes d’allumettes et autres bizarreries. Paterson est un esprit libre qui voit des choses que d’autres ne voient pas. Au delà des mots qu’il griffonne, sa vision du monde et son inspiration font le poète. Elles sont aussi le poème.

Paterson n’est pas un film sur l’écriture. C’est une poésie sur l’âme du poète. Une comédie douce qui convoque incongruité et second degré et parvient parfois à amadouer. Le pari n’était pas gagné. Avec ce grand rien répétitif à outrance, Jim Jarmush réalise un exercice aussi loufoque que difficile. On a de quoi être décontenancé. L’absence d’un scénario plus élaboré est un vrai handicap plus qu’un coup de génie. On aurait aimé suivre une histoire plutôt qu’un almanach aux relents insipides. Heureusement, la photographie recherchée, le ton inattendu et inspiré du film ainsi que le casting sauvent le film.

Paterson demeure une insondable promenade au pays de la poésie qui nous impose un dilemme : a-t-on aimé ou non ? Impossible de trancher.

Ce film a été présenté en Compétition officielle au 69e Festival de Cannes (2016).

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Paterson Paterson vit à Paterson, New Jersey, cette ville des poètes – de William Carlos Williams à Allan Ginsberg aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, il mène une vie réglée aux côtés de Laura, qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme et de Marvin, bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas…

Sortie : 21 décembre 2016
Durée : 1h55
Réalisateur : Jim Jarmusch
Avec : Adam Driver, Golshifteh Farahani, Kara Hayward
Genre : Drame

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résultats concours : Tutu, 20 places de spectacle gagnées pour le 24 mai à Paris

Tutu

Résultats concours : Tutu, 20 places de spectacle gagnées pour le 24 mai à Paris !

Vous avez été 1033 participants au concours Tutu. Merci de votre excellente participation. Les 10 heureux gagnants de 2 places de spectacle Tutu, la danse dans tous ses états, le 24 mai, à Bobino, à Paris, sont :

Pauline Soudanne, Carole Rathier, Anne Quemy, Léa Laxton,  Igor Zamanski, Bénédicte TOUZET, Hugo Mazaud, Pascale Argenton,
Amandine Delannoy,   Alex Yakonowsky 

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Dans les forêts de Sibérie : magnifique BA en ligne

Dans les forêts de Sibérie
Dans les forêts de Sibérie Photo © NORD-OUEST FILMS

Dans les forêts de Sibérie : magnifique BA en ligne !

Publik’Art est heureux de vous dévoiler la bande-annonce du film d’aventure « Dans les forêts de Sibérie », film adapté du best seller de Sylvain Tesson, avec Raphaël Personnaz dans le rôle principal et une bande-originale signée Ibrahim Maalouf.

Vous verrez, les images sont sublimes. Mais pour voir le film au cinéma, il va vous falloir patienter jusqu’au 15 juin.

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Dans les forêts de SibériePour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années. Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle.

Sortie : le 15 juin 2016
Durée : 1h45
Réalisateur : Safy Nebbou
Avec : Raphaël Personnaz

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The Last Face : farce de la croisette

The last face
The last face Photo © Mars Films

The Last Face : farce de la croisette

Sean Penn a offert, et de loin, le pire film de la croisette avec The Last Face présenté ce matin. Le réalisateur offre une contre performance inédite dans l’histoire du cinéma et du Festival, faisant d’un sujet grave une comédie involontaire atrocement immonde.

The Last Face suit des médecins du monde en Sierra Leone dans les années 2000. Tandis que la guerre civile fait rage, le conflit est introduit par un court texte faisant figure de prologue improbable du genre : « Ce conflit sanglant ne peut être compris par les occidentaux que comme un amour impossible entre un homme… et une femme. » Immédiatement, les rires éclatent dans toute la salle. Le film n’a même pas commencé, il montre déjà toute son absurdité.

L’histoire, vaut-elle qu’on en parle, est d’une stérilité intersidérale. Deux medecins du monde tombent amoureux entre les obus, les viols, les épurations et les sols jonchés de cadavres. Les images atroces à répétition n’ont aucune lecture narrative. Des successions de plans de guerre qui cachent l’évidence : il n’y a pas d’histoire. Du remplissage qui exacerbe d’autant plus les dialogues, lorsqu’il y en a. Et autant dire que le dialoguiste du film devait être aux toilettes pendant la demi-heure où le film a été écrit. Et le stagiaire qui le remplaçait s’est soit trompé de film (pensant faire une parodie) soit saoûlé comme un cochon avant de prendre son poste.

On a droit à un florilège de formules incroyables. « C’est pas choper, c’est aimer » dit un Jean Reno surréaliste et décalé. On n’en revient pas. La salle est hilare. La farce est totale. The Last Face ne sera heureusement pas le dernier visage du Festival de Cannes…

Le générique de fin généreusement hué, on se passe un coup d’eau froide sur le visage. Oui, ce film a réellement existé. Il est à Cannes. On ne pensait pas que le scandale de cette année serait celui de la honte ou au moins de l’embarras. Et il aurait été fou de penser qu’il viendrait de Sean Penn. Une belle perle.

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The last faceAu Libéria, pays d’Afrique ravagé par la guerre, le docteur Miguel Leon, médecin humanitaire, et le docteur Wren Petersen, directrice d’une ONG, tombent passionnément amoureux l’un de l’autre.
S’ils sont tous les deux engagés corps et âme dans leur mission, ils n’en sont pas moins profondément divisés sur les politiques à adopter pour tenter de régler le conflit qui fait rage.
Ils devront surmonter leurs clivages et le chaos qui menace d’emporter le pays tout entier – sous peine de voir leur amour voler en éclats…

Sortie : prochainement
Durée : 2h11
Réalisateur : Sean Penn
Avec : Charlize Theron, Javier Bardem, Adèle Exarchopoulos
Genre : Drame

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Festival de rire pour des Nice Guys désopilants à Cannes

The Nice Guys
The Nice Guys, film de Shane Black, Copyright EuropaCorp Distribution

Festival de rire pour des Nice Guys désopilants à Cannes !

Shane Black délaisse la lucrative franchise Marvel pour revenir à ses premiers amours. Dans la suite de son Kiss Kiss Bang Bang, The Nice Guys ne raconte pas les relations tumultueuses entre Iron Man et Captain America mais la rencontre improbable entre un détective privé pied nickelé et un porteur de nouvelles aux méthodes musclées. Ryan Gosling et Russell Crowe font la paire dans un buddy movie efficace et divertissant. Des blagues désopilantes? Oui. Un scénario inoubliable? Pas vraiment…

Les années 70, l’ambiance disco, les rouflaquettes et les cols pelles à tarte sont de sortie. Les grosses Cadillac dévalent les pentes, les Plymouth Barracuda et les Mustangs se pourchassent sur les pentes serpentées de LA. L’atmosphère rétro respire le tabac froid dans les bars et les costumes bariolés. Shane Black invoque nos souvenirs de séries télé seventies, de Starsky & Hutch à Baretta en passant par Shérif fais moi peur pour planter un décor nostalgique et rutilant. Pour déjà une question sur l’impact de l’industrie automobile sur l’environnement, une sorte d’écologie des temps anciens, avant les pots catalytiques et le scandale Volkswagen. Holland March (Ryan Gosling) et Jackson Healy (Russell Crowe) recherchent la même femme et vont unir leurs talents pour découvrir un complot de grande ampleur.

Le scénario par trop tarabiscoté n’est qu’un prétexte pour un festival de situations désopilantes et de blagues grasses. L’humour fonctionne-t-il ? Oui, plutôt, des salves de rire accueillent chaque plantage d’un Ryan Gosling très convaincant en anti-héros éternellement flanqué de sa fille et expert en cagades. Russell Crowe se la joue gros malabar qui frappe toujours avant de parler. Un duo qui fait plaisir à voir, visiblement heureux d’être réuni dans une ambiance doucement frappadingue. Ryan Gosling abandonne ses rôles de héros taiseux et mystérieux qui ont fait sa gloire dans Drive ou The Place beyond the PinesRussel Crowe ne lève visiblement plus le pied sur le burger vu son embonpoint. La musique très seventies fait intervenir Earth Wind & Fire, rythmes discos et rythmiques entrainantes pour une éternelle envie de remuer le popotin.

Ce genre de buddy movie peut aboutir à un très bon moment de cinéma ou laisser complètement en dehors le spectateur. L’équilibre est subtil et pas forcément automatique. Car là où Kiss Kiss Bang Bang ne fonctionnait pas vraiment avec des Val Kilmer et Robert Downey Jr loin de l’osmose parfaite, les acteurs de The Nice Guys trouvent une vraie complémentarité. Assez magique si on en juge au résultat dans la salle.

Un film à déguster comme une bonne gourmandise bien sucrée. The Nice Guys colle à l’âge d’or d’Hollywood où imagination et audace aboutissaient à du divertissement XXL. Les deux acteurs s’en donnent à coeur joie pour un moment de légèreté assumée.

 Ce film a été présenté lors de la 69e édition du Festival de Cannes, hors compétition.
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The nice guysLos Angeles. Années 70. Deux détectives privés enquêtent sur le prétendu suicide d’une starlette. Malgré des méthodes pour le moins « originales », leurs investigations vont mettre à jour une conspiration impliquant des personnalités très haut placées…

Sortie : le 15 mai 2016
Durée : 1h56
Réalisateur : Shane Black
Avec : Ryan Gosling, Russell Crowe, Margaret Qualley
Genre : Comédie, Policier

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Théo & Hugo dans le même bateau, une romance gay dans Paris la nuit

Théo & Hugo dans le même bateau
Théo & Hugo dans le même bateau, Copyright Ecce Films

Théo & Hugo dans le même bateau, une romance gay dans Paris la nuit

Passées les 20 minutes très explicites et presque brutales, Théo et Hugo dans le même bateau navigue sur les eaux du film d’auteur. Discussions, passion, circonvolutions, les deux héros tournent autour de la peur du Sida et de leur quotidien somme toute banal. Si le démarrage met tout de suite dans le bain, le film se concentre surtout sur une romance gay qui ouvre au monde. Un film touchant et intimiste.

Théo et Hugo fréquentent les back rooms parisiennes sordides, aux échanges immédiats et sans pincettes. C’est pourtant au coeur de cet amas de chair en fusion qu’ils se rencontrent, dans une fulgurance magnifiée par le sexe, mais au-delà du simple plaisir charnel. Les réalisateurs insistent sur les regards. Geoffroy Couët et François Nambot se dévorent du regard, le crush est palpable. Le reste de l’univers n’existe plus, les autres protagonistes de l’orgie sont relégués au second plan. La chair ne fait relayer que l’information de l’épiderme au coeur, du coeur au cerveau, le reste n’est que philosophie. C’est pourtant dans ce moment hors du temps que le drame survient. Un des deux partenaires est séropositif, exposant l’autre aux affres de la maladie, de la trithérapie, de la différence.
C’est sur ces bases bancales que débute une histoire d’amour toute en retenue et en confidences. Les deux amants traversent Paris, se frôlant, se fuyant mais se retrouvant toujours, comme deux amants irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Malgré la peur de la contamination, malgré les différences, les deux hommes déambulent dans les rues et échangent leurs confidences à coeur ouvert, révélant leur soif de l’autre et leur solitude. Ne pas se laisser heurter par un début très cru et frontal. Les héros cherchent le contact et l’extase comme des portes de sortie. En se trouvant, ils rentrent dans une nouvelle phase de leur vie, éperdument. Le film est avant tout le récit d’une rencontre, d’un coup de foudre entre deux hommes. La nuit est leur témoin et leur irrésistible attraction ne pose aucune question, comme une évidence. Et si le bateau doit voguer sur des eaux troublées, ils l’acceptent de bon coeur.

Olivier Ducastel et Jacques Martineau livrent un opus tour à tour brutalement explicite puis magiquement onirique. Théo et Hugo font partie de cette jeunesse avide d’amour et d’avenir, tout simplement.

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ThéeoDans un sex-club, les corps de Théo et de Hugo se rencontrent, se reconnaissent, se mêlent en une étreinte passionnée. Passé l’emportement du désir et l’exaltation de ce premier moment, les deux jeunes hommes, dégrisés, dans les rues vides du Paris nocturne, se confrontent à leur amour naissant.

Sortie : le 27 avril 2016
Durée : 1h37
Réalisateur : Olivier Ducastel, Jacques Martineau
Avec : Geoffrey Couët, François Nambot, Mario Fanfani
Genre : Drame

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Agnès bande en toute décontraction dans la cave du Sonart

Agnès bandeAgnès bande en toute décontraction dans la cave du Sonart

La jeune comédienne Agnès Hurstel fait son show sur la scène du Sonart avec un titre joyeusement explicite : Agnès bande. Elle explique le subtil fonctionnement de sa libido et insiste sur la place plus qu’anecdotique de son coeur face aux deux autres centres névralgiques de sa personnalité : son cerveau et sa… Un one-woman show qui donne la pêche (et l’abricot).

L’heure de spectacle se déroule dans une ambiance follement débridée. Les hommes des premiers rangs sont plus que mis à contribution par une comédienne qui multiplie les clins d’oeil et joue la connivence plein pot. Les échanges se font de plus en plus resserrés et… Agnès rivalise d’ingéniosité pour maintenir la pression et faire passer un facétieux moment à une salle hilare. Difficile de rester de marbre devant cette mise en abîme drolatique de la solitude contemporaine. Le personnage se rêve en prédatrice alors qu’un petit coeur bat derrière cette épaisse couche d’auto dérision. Le langage est fleuri mais reste surtout grivois et jamais vraiment vulgaire. Ce petit brin de femme sait rester correcte jusque dans ses outrances, ne se ménageant pas mais préservant le bon goût.

Tous ses ex semblent hanter la cave si l’on croit des propos aussi appuyés que ses oeillades. Les compagnes de devront pas prendre ombrage de cette drague au lance flamme orchestrée par un personnage désespéré de ne pas trouver l’amour. Si elle semble multiplier les conquêtes, la durée de vie de ses aventures laisse des doutes sur la manière de s’y prendre… L’heure de spectacle passe sans s’en rendre compte, raison de plus d’aller tâter de cet humour désopilant et qui ne ménage ni la chèvre ni le choux.

Agnès débute et devrait se faire plein de nouveaux amis avec ce spectacle faussement cafardeux mais vraiment drôle.

Dates : Tous les mercredis du mercredi 25 mai au 29 juin
Lieu : Le Sonart
Metteur en scène : Agnès Hurstel
Avec : Agnès Hurstel

Dogs, thriller roumain de Bogdan Mirica (Festival de Cannes 2016)

Dogs
Dogs : Photo Dragos Bucur, Gheorghe Visu

Dogs, thriller roumain de Bogdan Mirica (Festival de Cannes 2016)

Dogs (titre original : Câini) est l’un des films de la sélection « Un certain regard » de cette 69e édition du Festival de CannesBogdan Mirica signe son premier film avec ce thriller oppressant mais riche de talents.

Dans un décor rural, aride et poussiéreux, une maison trône isolée du reste du monde. Entourée de terres sauvages qui s’étendent à perte de vue, la bâtisse a triste mine. Ouverte aux quatre vents, elle tombe en ruine mais n’est pas inhabitée : son nouveau propriétaire vient d’en prendre temporairement possession. L’homme vient d’hériter de son grand père, un riche « paysan » qui possédait plusieurs centaines d’hectares contigus à sa vieille baraque. Que faire de toutes ces terres désertiques sinon s’en débarrasser contre un bon prix ? Telle est la volonté de ce petit-fils qui n’appartient pas à ce monde.

Mais voilà, dès la première nuit, des visiteurs s’aventurent sur ses nouvelles terres. Les lumières des phares de leurs véhicules trahissent leur présence. Le lendemain, le chien de garde de la propriété ramène un pied. Un pied arraché retrouvé dans l’étang situé non loin de là, sur les terres du récent héritier. Le shérif du coin vient mener son enquête. Il pose des questions au nouveau venu. Et l’invite à s’en poser lui-même. Comment son grand-père a-t-il pu devenir un si grand propriétaire terrien ?  Chef sanguinaire de la mafia locale, ce dernier n’opérait pas seul. Il laisse derrière lui ses hommes, qui entendent bien profiter encore longtemps des terres de leur parrain disparu. Le projet de vente contrarie évidemment ces meurtriers en puissance qui se révèlent prêts à tout pour conserver leur droit de passage.

D’une ineffable noirceur, Dogs installe une tension inouïe dans un non-dit permanent exacerbé par des silences étouffants. Les hommes échangent des regards, s’observent, font parfois connaissance mais le dialogue est muet. Il est muet et sourd. Car ces hommes paraissent comme des sauvageons, loin de toute civilisation, abandonné à leur sort, sans éducation. Sous un soleil brûlant, les esprits s’échauffent au fil des jours. La loi de la jungle semble vouloir garder ses droits.

Sans verbe, ou si peu, le noeud se noue de plus en plus fort autour de la gorge de cet homme têtu qui ne cède pas face à ces bêtes sauvages. Un crescendo qui aboutit à son torrent de violence. Brut. Sanglant. Meurtrier.

Avec une photographie d’une beauté extrême, le réalisateur saisit des images sublimes de la nature roumaine, notamment sur l’un de ses plans où la nuit se jette sur le sol et plonge les silhouettes dans le noir tandis que le ciel jouit de son bleu éclatant du jour. Les plans de génie sont nombreux et enthousiasment le spectateur à l’affût.

Violence et beauté s’entremêlent dans un balai d’acteurs aux gueules fortes et aux regards puissants. Au service de personnages à l’histoire discrète, chacun d’entre eux apporte une profondeur sincère et incarne son rôle à merveille pour donner un résultat d’une harmonie totale.

Le cinéma Roumain brille littéralement avec Dogs, une révélation qui méritait bien ses applaudissements au Festival de Cannes.

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Dogs, thriller roumain de Bogdan MiricaRoman est de retour sur les terres de son grand-père qu’il vient de recevoir en héritage. Alors qu’il décide de vendre cette propriété où rien ne pousse, il se retrouve confronté à des mafieux dont son aïeul était le chef. Ces derniers ne reculeront devant rien pour préserver cette terre au centre de leur trafic.

Sortie : indéterminée
Durée : 1h44
Réalisateur : Bogdan Mirica
Avec : Gheorghe Visu, Vlad Ivanov, Dragos Bucur
Genre : Drame, thriller

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La distance abolie, un livre russe traverse l’Europe pour devenir un webprojet illustré

Lunettes pour un Alcoolique
Lunettes pour un Alcoolique – © Amo.k Photography 2016

La distance abolie, un livre russe traverse l’Europe pour devenir un webprojet illustré

Publik’Art est heureux d’évoquer le projet culturel et ambitieux de la jeune étudiante Alexandra Petrov. Elle lance un pont entre la Russie et la France, multiplie les supports et met à profit son enthousiasme débordant pour traduire et faire découvrir l’écrivain russe Alexandr Safonov. Son projet invoque l’image et la prose, les alphabets cyrillique et romain, Paris et Moscou pour proposer deux nouvelles illustrées par les images oniriques de Lauren Rigaudière.

Alexandr Safonov et Alexandra Petrov se sont rencontrés à Moscou en 2015, inopinément, comme un coup de pouce du destin. Etudiante en Master 1 – Communication Interculturelle Muséologie dans l’Europe Rénovée (CIMER en abrégé) à l’Université Paris Sorbonne (Paris IV), la pétillante jeune femme doit valider son année en participant à la diffusion d’un texte littéraire de son choix. La discussion aboutit si bien que les deux décident de collaborer à un projet commun.
Alexandr Safonov imagine des nouvelles issues de ses expériences personnelles matinées de surréalisme que l’étudiante traduit en français. Ses parents franco-russes lui ont transmis une âme slave qui la conduit à de fréquents allers-retours vers un pays pas si lointain.
La France et la Russie entretiennent des rapports étroits, tant culturels que fraternels. Portée par deux écoles littéraires universellement acclamées, cette entente se matérialise une fois encore via ce projet interculturel.

Lunettes pour un Alcoolique
Lunettes pour un Alcoolique – © Amo.k Photography 2016

Alexandr Safonov fournit plusieurs textes parmi lesquels Alexandra Petrov extrait deux préférences dont Lunettes pour un alcoolique. Les frontières entre réalité et imaginaire se brouillent dans l’esprit embué du personnage principal. S’il évoque boire en toutes petites quantités, ses dialogues avec des interlocuteurs fantaisistes semblent prouver le contraire. Pour illustrer des textes courts et oniriques, Alexandra Petrov collabore avec une jeune photographe française Lauren Rigaudière. Ses images en noir et blanc traduisent subtilement l’esprit irréel du texte. L’artiste sans frontière aime exposer dans des lieux symboliques des échanges culturels, que ce soit Berlin, Moscou, ou Bordeaux. Ses oeuvres seront accessibles au public à l’occasion de l’exposition itinérante L’autre&moi organisée par l’association Epopure (https://www.facebook.com/epopure/) du 21 juin au 02 juillet à la Galerie l’Inattendue à Paris.

La discussion aboutit si
bien que les deux décident de collaborer à un projet commun.

Les distances sont abolies entre des textes russes traduits et leur mise en ligne pour une découverte élargie au plus grand nombre. Dans une époque de raccourcis troublants sur un pays plus libre qu’il n’y parait, Alexandre Safonov fait parler sa jeunesse pour construire des ponts qu’Alexandra Petrov l’aide à parcourir avec joie. Un lien sera bientôt en ligne pour découvrir un auteur à la carrière ouverte sur le monde.

Date de parution : le 17 mai 2016
Auteur : Alexandr Safonov
Site internet : Alexandra Petrov

L’homme qui venait d’ailleurs sort en blu-ray

L'homme qui venait d'ailleurs
L’homme qui venait d’ailleurs, film de Nicolas Roeg, Copyright Tamasa Distribution

L’homme qui venait d’ailleurs sort en blu-ray

Le classique de 1976 L’homme qui venait d’ailleurs  est édité en Blu-ray par Potemkine depuis le 3 mai 2016. Le regretté David Bowie interprète Thomas Jerome Newton, personnage étrange comme débarqué d’une autre planète. La star du Rock prête ses traits androgynes et son teint diaphane à l’alien venu d’ailleurs pour sauver les siens. Un film de Nicolas Roeg est quasi expérimental et s’imprègne de l’esthétique seventies dans un trip barré.

Un individu fait sensation sur la planète terre en industrialisant des brevets révolutionnaires. Des photographies immédiatement imprimables, des systèmes de son parfaits et des produits avant gardistes lui permettent de faire fortune et de mettre en échec les géants de l’époque, Kodak, Dupont et autres RCA. Cet inconnu devient milliardaire en un temps record, il s’agit de Thomas Jerome Newton, individu mystérieux et discret, ressortissant apparemment britannique à en juger par son passeport. Quand il veut vendre sa compagnie et empocher les bénéfices, les autorités s’inquiètent de l’impact inédit sur l’économie et font tout pour faire échouer son projet de voyage spatial. Tandis qu’il finalise les travaux de sa fusée, il se fait kidnapper.

L’homme qui venait d’ailleurs est un OVNI mythique du cinéma des années 70. Adapté de la nouvelle L’homme tombé du ciel publiée par Walter Stone Tevis en 1963, le film oppose l’innocence candide de l’extraterrestre à l’arrogance cynique de l’être humain. Alors qu’il pense mener à bien sa mission de sauvetage des siens restés sur une planète en voie d’assèchement, le héros se perd dans des addictions bien humaines. Dépendance à la télévision, asservissement à l’alcool, soumission à la femme tentatrice, il oublie peu à peu sa mission, sacrifiant son dessein à un présent éternellement hédoniste. Le film est une réflexion acide sur la disparition possible de l’humanité. Prophète prêchant dans le désert, Newton est manipulé et trahi par les siens, devenant une marionnette imbibée d’alcool tout juste bon à enregistrer des disques incompréhensibles.

Nicolas Roeg offre à David Bowie son premier grand rôle au cinéma. Parfaitement taillé pour le rôle, la star du glam rock incarne un personnage vulnérable et sensible qui se dirige irrésistiblement vers le désenchantement. Pensant s’appuyer sur une humanité compatissante pour mener à bien sa tâche et sauver sa famille, il précipite leur perte au contact de cette espèce parasite et inconséquente. Les décors épurés à la stérilité obsessionnelle laissent place à un désordre grandissant, symbolisant la tempête sous un crâne trop fragile. Des références nombreuses à la mystique et aux religions pavent le film d’icônes détournées. Le projet novateur laisse place aux tourments de l’extra terrestre corrompu. Suprêmement intelligent mais psychologiquement inadapté, il s’écroule.

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L'homme qui venait d'ailleurs Venu d’une autre planète malmenée par la sécheresse pour chercher de l’eau sur terre, Newton bâtit un empire industriel grâce à sa maîtrise de technologies futuristes. Riche, il entreprend de construire un vaisseau qui lui permettra de retourner chez lui. Mais la rencontre de Mary-Lou vient bouleverser l’ordre des choses et Newton, déchiré par cet amour véritable, sombre peu à peu…

Sortie : le 3 mai 2016
Durée : 2h00
Réalisateur : Nicolas Roeg
Avec : David Bowie, Buck Henry, Candy Clark
Genre : Drame, Science fiction

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