
Un Portrait de Dorian Gray jubilatoire à la Comédie des Champs Elysées
Le Portrait de Dorian Gray offre un feu d’artifices de répliques piquantes et irrévérencieuses sur les planches de la Comédie des Champs Elysées. Oscar Wilde n’aurait pas renié cette adaptation dynamique et truculente de son plus célèbre texte. Si la mise en scène minimaliste peut faire débat, les acteurs font l’unanimité et gratifient l’audience de prestations jubilatoires. Un charme diabolique agit magnifiquement sur l’audience ensorcelée.
Le texte de l’écrivain irlandais est universellement connu. Un jeune aristocrate à la beauté troublante souhaite voir un magnifique portrait de sa personne vieillir à sa place. Tandis qu’il se livre aux pires dépravations, le tableau devient le reflet de son âme putride. Oscar Wilde invoque le mythe de la jeunesse éternelle et multiplie les répliques ironiques dans la bouche de Lord Henry. Véritable Méphisto à la philosophie hédoniste, il fascine son jeune ami en lui enjoignant de profiter des plaisirs de la vie. Tandis que Dorian appelle de ses voeux la fameuse toile à subir les outrages du temps à sa place, il s’enfonce inéluctablement dans une vie de débauche. En invoquant à la fois le mythe européen de Faust et de l’Ambroisie chez les dieux grecs, Oscar Wilde s’assure d’une ascendance prestigieuse et universelle.
Cette adaptation théâtrale a l’indiscutable bon gout de faire clairement référence au film mythique de 1945 avec Hurd Hatfield et George Sanders. Même physique diaphane pour Arnaud Denis dans le rôle de Dorian Gray et même barbiche satanique pour Thomas Le Douarec en Lord Henry. Même la blondinette Caroline Desvimes n’est pas sans évoquer la jeune Angela Lansbury. La large scène de la Comédie des Champs Elysées propose des décors épurés et privilégie le jeu d’acteur aux artifices visuels elliptiques. Le texte déclenche des fous rires par son outrance assumée et son ironie teintée de fausse candeur. Le numéro de duettiste fonctionne à la perfection entre le parangon de vice et le jeune ingénu. Lord Henry fascine tout autant son jeune disciple que l’audience toute prête à se damner pour lui.
Les plus assidus se souviendront de la petite salle du Lucernaire sur les planches de laquelle la même troupe a débuté. Le même allant accompagne la prestation d’acteurs rompus à l’exercice. Connivence naturelle et prestations convaincantes portent un texte flamboyant qui ne saurait faire mouche sans une compréhension aboutie de ses enjeux par des acteurs au diapason. Séduction et fascination se mêlent d’une ambiguité toute nouvelle par rapport à la précédente mise en scène. Les inclinations du jeune éphèbe paraissent fort justement bien plus équivoques qu’auparavant. Les 1h30 initiales s’agrémentent de scènes rallongées et de musiques supplémentaires (il me semble). Toujours ce piano placé sur le côté et ce canapé transporté selon les passages.
Ce Portrait de Dorian Gray va animer la fin de saison théâtrale par sa fine truculence et la débauche d’énergie de ses comédiens. La pièce ne manquera pas de vous conquérir, tout comme le séduisant speech final de Thomas Le Douarec teinté de douce ironie et de gourmandise!
Dates : à partir du 5 avril 2016
Lieu : Comédie des Champs Elysées
Metteur en scène : Thomas Le Douarec
Avec : Thomas Le Douarec, Arnaud Denis ou Valentin de Carbonnières, Lucile Marquis ou Caroline Devismes, Fabrice Scott et Thomas Le Douarec

« Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.





Serge est l’un des meilleurs vendeurs de France. Depuis 30 ans, il écume les zones commerciales et les grands magasins, garantissant à ses employeurs un retour sur investissement immédiat et spectaculaire. Il a tout sacrifié à sa carrière. Ses amis, ses femmes et son fils, Gérald, qu’il ne voit jamais. Et sa santé. Quand Gérald vient lui demander un travail pour financer les travaux de son futur restaurant, Serge hésite puis accepte finalement de le faire embaucher comme vendeur. Contre toute attente, Gérald se découvre un don.
Elle aime Françoise Sagan, les éclairs au chocolat, écouter Radio Bonheur et fleurir les tombes.

Une série historique subtile

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