Accueil Blog Page 245

L’encyclopédie curieuse et bizarre volume II – les chats de Billy Brouillard par Guillaume Bianco (Soleil)

L’encyclopédie curieuse et bizarre volume II – les chats de Billy Brouillard par Guillaume Bianco (Soleil)L’encyclopédie curieuse et bizarre volume II – les chats de Billy Brouillard par Guillaume Bianco (Soleil)

L’Encyclopédie curieuse et bizarre, volume deux, nous amène tout droit dans l’univers de nos compagnons à quatre pattes : les chats.

Guillaume Bianco, à la fois scénariste et dessinateur n’en est pas à son premier coup d’essai (L’encyclopédie curieuse et bizarre : les fantômes ; Billy Brouillard, le chant des sirènes…). Avec cette encyclopédie sur les chats, il signe un véritable coup de maître. Que l’on aime ou non (et cette option va être difficile), on ne peut que reconnaître le travail monumental qu’il a accomplit pour nous offrir sa vision du félin. En articulant sa bande-dessinée en trois parties, il nous décrit dans un premier temps tout ce que l’on a à connaître sur les chats (l’ABC du chat). La seconde partie, quant à elle nous amène dans le mystique avec des histoires de chat, mais surtout celle d’un chat en particulier, Tarzan, fidèle compagnon de l’auteur. Enfin, Les trucs et astuces matoumatiques de la dernière partie sont une belle invitation au jeu et à l’imagination. Guillaume Bianco alterne habilement entre humour, fantasmes et vérités scientifiques. On ressent nettement la nostalgie à l’évocation de son Tarzan et on le comprend.

La qualité de l’édition est impressionnante pour cette encyclopédie, et l’alternance des pages en couleurs style parchemin et du noir et blanc en fait un ouvrage très complet. A recommander d’urgence, surtout pour les plus jeunes qui se délecteront à lire dans tous les sens, et dans tous les recoins cette excellente bande-dessinée. Vivement celle des chiens !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

À l’instar du premier volume de cette encyclopédie, ce second opus – consacré aux chats – est scindé en trois parties : L’ABC du chat, Histoires de chats et Trucs & Astuces Matoumatiques. Les L’ABC du chat répond à toutes les questions liées à cet animal, grâce à Billy Brouillard qui s’interroge avec humour et curiosité : Comment les chats font-ils pour ronronner ? Pourquoi enterrent-ils leurs cacas ? Comment font-ils pour se lécher les orteils ? Etc. Dans Histoires de chats, un voile se lève : Billy raconte tout sur son regretté chat, Tarzan, sur son tricot super capuche et surtout, sur… la GENÈSE DE SON DON DE TROUBLE VUE ! Enfin, la rubrique Trucs & Astuces Matoumatiques propose une série d’exercices très spéciaux qui permet d’acquérir les aptitudes des chats et de devenir, comme Billy, un… super héros ! Ne le répétez pas, mais… le chat, c’est un animal… MAGIQUE !

Date de parution : le 12 novembre 2015
Scénariste(s) : Guillaume Bianco
Dessinateur(s) : Guillaume Bianco
Genre : Humour encyclopédique
Editeur : Soleil
Prix : 14,95 €
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Kendrick Lamar, l’art de la déstabilisation permanente

Kendrick Lamar
Kendrick Lamar sur la scène des Grammy Awards à Los Angeles, le 15 février 2016


Kendrick Lamar, l’art de la déstabilisation permanente

Kendrick Lamar a l’art de nous déstabiliser. Cela tient globalement à sa grande qualité d’artiste. Qui n’a jamais en effet ressenti un émoi perturbateur devant les plus grands, qu’ils soient chanteurs, peintres, écrivains, danseurs ou sportifs. Tous détiennent la capacité de nous perturber par leur excellence.

Mais ce sentiment constant de ne plus savoir sur quel pied le rappeur de Compton nous fait danser, tient, si on essaye de creuser un tant soit peu, à un inventaire de plusieurs facteurs. Et premièrement à un effet de surprise qu’il exerce à la perfection.

Kendrick nous surprend, le 16 mars 2015, quand il sort une semaine en avance sur la date prévue To Pimp A Butterfly, qui s’avèrera être sans conteste le meilleur album hip/hop de l’année, toutes catégories confondues. Kendrick nous surprend par l’aspect même de TPAB : bien plus hermétique et abstrait au niveau musical que l’antérieur Good Kid, M.A.A.D. City et plus frontalement engagé encore au niveau des textes, ce nouvel album nous demande une plus grande qualité d’écoute. Il s’avère aussi, dans l’ensemble, bien différent de l’entrain pop du premier single déjà dévoilé depuis plusieurs semaines alors à ce moment-là, « i ».

Kendrick nous surprend encore, le 15 février dernier, quand, lors de sa prestation aux Grammy Awards (qui lui décerneront cinq récompenses méritées dont celle du meilleur album rap), et comme en pied de nez à l’actuelle ultra-incarcération des afro-américains aux Etats-Unis, il débarque sur scène, en uniforme de détenu, le pas fatigué et affublé de menottes dont les cliquetis répétitifs nous hantent encore les oreilles, pour une magnifique performance live. Un véritable show, à l’américaine certes, mais d’une puissance glaçante.

Enfin, Kendrick nous surprend quand le vendredi 4 mars dernier, sans en avertir les badauds, il sort un album androgyne, entre la mixtape et l’album, sorte de prototype venant du passé composé de productions datées principalement de 2014, soit pendant la période d’enregistrement de TPAB. Sobrement intitulé untitled unmastered, paré d’une pochette vert kaki monochrome, ce dernier surfe naturellement sur l’ambiance créatrice de son prédécesseur multiplement sacré aux Grammys. Plus lâche et épars, les puristes apprécieront son aspect plus rêche et spontané, dans la plus pure tradition « ready-made » du hip/hop.

Foudroyant, fluide et précis : un modèle de technique

Mais ces effets de surprise ne sauraient bien évidemment expliquer à eux seuls la valeur de l’artiste. Le succès de Kendrick Lamar se fonde sur un perfectionnement musical poussé, une attention minutieuse consacrée aux moindres détails. Une rigueur peut-être empruntée à la légende Dr Dre, avec qui il a l’opportunité de travailler, après que ce dernier a repéré, il y a quelques années, son énorme potentiel. «Il est perfectionniste, la musique c’est une science pour lui » nous disait Kendrick à son propos, dans une interview pour Clique.tv.

Kendrick Lamar cultive également une qualité de flow actuellement inégalée. Foudroyant, fluide et précis : un modèle de technique pour tous les jeunes mc’s tentant de percer. Sur un de ses morceaux les plus anciens, devenus cultes pour tout bon fan qui se respecte, Ignorance Is Bliss (ci-dessous en libre écoute), il nous avait débité un couplet intemporel de près d’une minute, nous giflant sans nous prévenir et sans prendre ne serait-ce qu’une bouffée d’oxygène. Ou quand la performance physique rejoint la performance artistique.

L’année dernière, les arrangements et accompagnements de To Pimp A Butterfly, s’affairant à emprunter au spectre entier de la musique noire-américaine, de la soul au jazz, constituaient une caractéristique rare (unique ?) dans la production du rap américain actuel. Un projet monstre, mais brillamment maitrisé au final.

Cette quête perpétuelle de perfection s’effectue chez Kendrick en toute sérénité. Son humilité apparait jusque dans les codes dont ils ne s’embarrassent pas. Il ne fume pas, ne fait pas d’excès de boissons, ne s’encombre pas de bijoux, et entame souvent ses prestations scéniques en simple t-shirt/jean. Après avoir arboré le pseudonyme de K-Dot, il ne s’intéressa même plus à populariser un nom de scène. Son nom de naissance suffira, une singularité dans le milieu du hip/hop.

Kendrick Lamar est déjà culte.

Kendrick n’a pas besoin de tous ces artifices : il est sorti tout droit de Compton (clin d’œil au film à succès de F. Gary Gray, sorti l’année dernière). Il n’a fait aucun détour, comme il l’avait confié au célèbre comique américain Stephen Colbert, lors d’une interview décalée. L’appartenance à sa communauté, malgré le succès commercial vertigineux, il la tient par la grande vérité et authenticité de son écriture. Son mode de vie à l’opposé de beaucoup de gansta-rappeurs ne l’a en aucun cas fait tomber dans le rap moralisateur. A vrai dire, pourquoi donner des leçons ? Ce dont il se préoccupe, c’est de peindre la réalité nue et sans voile de la rue, celle qu’il a vécu dès son enfance dans cette modeste ville du comté de Los Angeles, mine d’or historique du rap US.

La complexité presque schizophrène de son écriture fait qu’il n’a pas eu peur d’écrire très cruellement pour lui-même « je suis le plus grand hypocrite de 2015 » pour amorcer son tube The Blacker The Berry, avant de mettre en perspective, dans ce même morceau, l’indignation de la communauté noire suite aux tragiques homicides perpétrés par la police, avec la situation sociale actuelle de ces villes menant les personnes de cette même communauté à s’entretuer. Les regains de tension entre policiers blancs et personnes afro-américaines ne doivent pas nous faire oublier qu’une grande partie des crimes aux Etats-Unis demeurent en effet intra-communautaires et intra ghettos pauvres. Pour conclure ce même morceau, il rappe, terriblement : «pourquoi je me suis mis à pleurer quand Trayvon Martin était dans la rue, alors que les gangs me font tuer un mec encore plus noir que moi ? »

Kendrick Lamar untitled masteredKendrick Lamar est un artiste global. Il réconcilie maitrise de l’aspect show et marketing des grands artistes pop, et grande intégrité artistique. Il parle à la fois à la culture populaire et à celle plus intello de la sphère politique. Ce faisant, il jette la réalité du ghetto devant le parvis de la Maison Blanche mais aussi celui de notre monde ultra-connecté, plus alerte encore qu’à l’époque où le défunt Tupac, son idole, rappait sur l’engagé White Man’z World. Le mouvement social Black Lives Matter s’est d’ailleurs approprié le slogan « We gon’t be alright », issu de Alright, un des titres les plus célèbres de To Pimp A Butterfly. Il a fait se prolonger la position politique de pointe de la musique noire américaine.

Il fut un temps où Billie Holiday chantait Strange Fruit, frissonnante chanson sur les lynchages extra-judiciaires de noirs. Il fut un temps où Marvin Gaye s’indignait contre une époque guerrière dans l’album What’s Going On, où Gil Scott-Heron dénonçait par ses chansons-poèmes la politique du gouvernement américain vis-à-vis de la pauvreté. Les exemples des artistes noirs-américains engagés politiquement sont légion. Lamar est, en 2016, dans cette droite ligne. Et il semble actuellement un bien seul représentant de ce rap politique sans concession parvenant à toucher un public large. Kanye West s’est également politisé mais de manière plus égocentrique, dirons-nous.

Kendrick Lamar est déjà culte. Mais notre admiration ne doit en aucun cas détenir le pouvoir de l’apprivoiser, ou encore pire, de le prévoir. L’ouïe à peine remise de l’écoute de Untitled Unmastered, nous attendons déjà avec impatience le moment où le « good kid » venu de la « mad city » de Compton devenu le meilleur rappeur (du monde, de la décennie ? à vous de vous faire un avis) nous fera une fois de plus tomber à la renverse. Même si c’est pour un album fourre-tout de chutes comme le dernier venu, dans lequel on ne sait pas sur quoi tomber. Mais dans la discographie de Kendrick Lamar, comme chez le mendiant affamé d’une pauvre banlieue américaine périphérique et délaissée, chaque « poubelle » est bonne à ouvrir.

untitled unmastered. (Aftermath/Interscope) disponible depuis le 4 mars dernier

Rimbaud, l’explorateur maudit : une BD de Thomas Verguet et Philippe Thirault (Glénat)

RimbaudRimbaud, l’explorateur maudit : une BD de Thomas Verguet et Philippe Thirault (Glénat)

Rimbaud, l’explorateur maudit nous amène tout droit dans la vie que l’on connaît peu d’Arthur Rimbaud, qui est celle d’un aventurier, d’un explorateur. Rimbaud, dont les poèmes sont reconnus et applaudis de tous, et ce depuis sont plus jeune âge, a très vite ressenti le besoin de découvrir d’autres pays et même d’autres continents.

Les voyages en bateau pendant de longs mois, les différentes maladies qui l’ont terrassé ne l’ont jamais freiné. Cette bande-dessinée nous raconte le périple de Valentin Bracq, son ami de toujours, pour suivre les traces des aventures du poète parti en Abyssinie (actuelle Ethiopie) pour faire commerce. Ce fut le dernier voyage de Rimbaud, qui succomba à une synovite aggravée à 37 ans.

Le dossier historique à la fin de la bande-dessinée est très intéressant, car il nous relate toute la vie de Rimbaud et est richement illustré. Le récit de Philippe Thirault est malheureusement quant à lui un peu plus hasardeux, notamment à cause de ces bons entre l’époque de Rimbaud et celle de Valentin Bracq ; on s’y perd un peu parfois.

A noter les très belles illustrations de Thomas Verguet et Céline Labriet, qui nous plongent dans les chaleurs intenses de l’Ethiopie et nous confronte ainsi aux dures réalités du périple du poète.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

On connait Rimbaud le poète. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’à l’âge de 29 ans, il partit seul étudier une région dangereuse et inexplorée de l’Ethiopie. Ce travail fut publié par la Société de Géographie française. C’est sur les traces de ce Rimbaud « l’explorateur » que part Valentin Bracq, son ami d’enfance. En 1892, il arrive à Harrar dans l’ancienne maison de l’auteur. Rimbaud est déjà mort de la gangrène. Valentin va alors mener une véritable enquête, et revivre le voyage de son ami en Abyssinie comme si c’était le sien.
Grâce à la collection « Explora », découvrez une autre facette de l’un des plus grands auteurs français : Rimbaud, l’explorateur maudit. Celui dont, toute sa vie durant, le goût du voyage accompagnera une œuvre tourmentée et flamboyante.

Date de parution : le 2 mars 2016
Scénariste(s) : Thomas Verguet
Dessinateur(s) : Philippe Thirault
Editeur : Glénat
Prix : 14,95 € (56 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Michel Fau, lauréat du prix du Brigadier 2015

Michel Fau, lauréat du prix du Brigadier 2015
Photo Michel Fau

Michel Fau, lauréat du prix du Brigadier 2015

Le Prix du Brigadier, créé en 1960 à l’initiative de l’Association de la Régie Théâtrale reconnue d’Utilité publique, subventionnée par la Ville de Paris et l’Association pour le Soutien du Théâtre Privé, récompense l’évènement théâtral de la saison écoulée et met à l’honneur cette année, Michel Fau, un artiste aussi complet que créatif.

Michel Fau s’est vu remettre le prix du Brigadier 2015, vendredi 11 Mars à la Comédie des Champs Elysées pour ses mises en scène au Théâtre de l’œuvre : Un amour qui ne finit pas qui nous avait emballé, et au Théâtre Antoine : « Fleur de Cactus ».

Michel Fau dont on connait la folie inventive  mettra en scène Chantal Ladesou à partir du 08 septembre 2016 dans « Peau de Vache », une comédie de Barillet et Gredy au Théâtre Antoine.

Un amour qui ne finit pas  avec Léa Drucker, Pascale Arbillot, Pierre Cassignard, Michel Fau et la participation de Philippe Etesse, reviendra au  au Théâtre Antoine du 17 mai au 8 juillet 2016, à vos marques donc si vous n’avez pas encore vu ce petit bijou théâtral.

Topaze, tome 1 : BD de Serge Scotto, Eric Stoffel et Eric Hubsch (Grand Angle)

TopazeTopaze, tome 1 : BD de Serge Scotto, Eric Stoffel et Eric Hubsch (Grand Angle)

Topaze est l’adaptation graphique d’une pièce de théâtre de Marcel Pagnol jouée pour la première fois à Paris en 1928. L’histoire est celle d’un homme quelque peu crédule, qui enseigne la morale à de jeunes élèves. Il donne également des cours particuliers à un garçon de bonne famille élevé par sa tante dont les charmes certains le troublent quelque peu. L’école où il travaille est dirigé par Monsieur Muche, qui s’avère être également le père de la belle enseignante, dont Topaze est amoureux.

Cette dernière abuse de cet attrait et mène l’homme épris par le bout du nez. Mais un jour, la mère d’un des enfants s’offusque des mauvaises notes qui ont été données à son fils et le pauvre Topaze se voit renvoyé, d’autant plus que Monsieur Muche a appris qu’il convoitait sa fille. Le voilà alors sans travail, mais de mauvaises rencontres vont le mener dans des histoires moins glorieuses.

Eric Stoffel et Serge Scotto essaient ici de donner autant de relief à Topaze que sur scène. Le récit s’y prête très bien et on perçoit la subtilité des différents personnages. Les dessins d’Eric Hubsch sont très joyeux et réalistes, avec une couleur qui donne beaucoup de pep’s. Belle adaptation de Marcel Pagnol pour Topaze !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Naïf et sincère, Topaze est professeur de morale dans un pensionnat dirigé par Monsieur Muche, dont le principal souci est de ne pas déplaire aux riches parents de ses élèves. Or, c’est précisément la faute que commet Topaze en refusant de mettre une bonne note à un élève qui ne l’a pas méritée. Apprenant par mégarde que Topaze souhaite épouser sa fille, Muche, furieux, le licencie. Congédié, le professeur trouve une place de secrétaire auprès d’un homme politique à la moralité douteuse. Topaze se retrouve entraîné dans des affaires louches, bien loin des leçons de morale qu’il enseignait à ses élèves.

Date de parution : le 2 mars 2016
Scénariste(s) : Serge Scotto, Eric Stoffel
Dessinateur(s) : Eric Hubsch
Genre : Adaptation
Editeur : Grand Angle
Prix : 15,90 € (58 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Person A, nouvel album de Edward Sharpe and the Magnetic Zeroes

PersonA, nouvel album de Edward Sharpe and the Magnetic ZeroesPerson A, nouvel album de Edward Sharpe and the Magnetic Zeroes

La décade, dix pages, dix personnages, dix musiciens, est de retour. Edward Sharpe and the Magnetic Zeroes est de retour. Et on dit oui.

Cette troupe active depuis 2007 à l’heureuse manière de matérialiser le bonheur, l’optimisme et l’amour à l’aide de chansons, des cymbales et de guitares. L’amour oui. L’optimisme carrément. Le bonheur, à la pelle. Home, fulgurance sortie en 2009 est devenue la cariatide de leur élévation sur la grande scène. On retrouve Home dans des séries (Community, Glee, Modern Family) et dans la petite boîte appelée télévision, pour des publicités. Ils explosent. D’autres chansons sont notables comme Mayla, incroyable histoire d’un « je t’aime », ou I don’t wanna pray. Ce qui singularise la bande, c’est l’extrême liberté qu’elle laisse paraître, et la folle abondance du cœur dans leurs chansons.

Une troupe de shamans au spirituel monstre […]

Ils sont dix. Mais peuvent être douze, quinze ou vingt, peu importe en somme. Ce qu’ils sont ? Une troupe de shamans au spirituel monstre, alternant guitares et banjos, rugissements et chuchotements, lyrisme amoureux et petites histoires prenantes. Et ils sont de retour. Sortira le 15 avril 2016 Person A, leur quatrième album. On retrouve tout ce qu’on aime chez Edward Sharpe and the Magnetic Zeroes. L’univers, l’amour, les gens. Alex Ebert aussi, tous les autres. Ce nouvel album est une invitation à aimer. Pas de démagogie. De la pure cocaïne émotionnante qu’on sniffe par les oreilles et qui file droit au cœur. Plus jazzy (enregistré à La Nouvelle Orléans), Person A témoigne d’une évolution tout en gardant le ton propre au groupe. Alex Ebert, leader du groupe, déclare d’ailleurs que leur évolution est naturelle : « Nous avons longtemps été une expérience sociale en premier lieu, puis des musiciens en second. Cependant, au fil des heures passées ensemble nous nous révélions être un groupe de musiciens qui pouvaient vraiment jouer ensemble. » Jouer ensemble. Tout le monde joue, danse, chante. C’est comme une sorte de carriole sortie d’un western qui roulerait dans les plus incroyables et poétiques endroits, peinte de toutes les teintes possibles, où la troupe, derrière, gratterait et pousserait la chansonnette. Quand on ferme ces dix pages de l’album, une seule chose nous rend vraiment triste. Devoir attendre le prochain tome.

[vc_text_separator title= »CLIP » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Edward Sharpe and The Magnetic Zeros, Person A : No Love Like Yours :

O (Olivier Marguerit) chante une rivière vivifiante

Olivier Marguerit
O – Olivier Marguerit

O (Olivier Marguerit) chante une rivière vivifiante

A quoi tient une chanson ? Une guitare folk, des percussions légèrement frappées, des notes pianotées comme transparentes pour accompagner des paroles faussement naïves, la description d’une jolie petite rivière, tout cela au bord d’une piscine, et nous voilà atteindre une forme de volupté.

Olivier Marguerit, auteur-compositeur-interprète depuis peu, ayant longtemps muri en tant que guitariste du groupe de folk-pop Syd Matters, a préféré se réfugier derrière la lettre O au moment de se lancer en solitaire dans le grand bain. Ce dernier mot prend tout son sens quand on sait que l’élément aquatique revient souvent à nos oreilles dans son premier album intitulé, presque logiquement, Un Torrent, La Boue.

[U]n puissant élixir (…)

Il y a dans cette lettre – la quinzième de l’alphabet – quelque chose d’infini et protecteur, sans aspérité aucune, comme un grand lac au repos, la nuit, quand aucun baigneur n’ose plus y nager et créer des vagues. L’écriture simple et minimaliste de O cache de nombreux aspects secondaires. Il confiait à la fin février au magazine Modzik apprécier « être apparemment lisible/simple pour amener à découvrir une lecture plus cachée ». Au même titre qu’un Mathieu Boogaerts, par exemple, de simples évocations suffisent à nous emporter.

La rivière décrite est toute fluette, un simple « fil d’Ariane », mais ses pouvoirs sont insoupçonnés. La voix de O participe du même effet, fragile et grêle, non assurée. Toujours est-il que l’association du sujet et de l’interprète, aussi délicats soient-ils, se révèle un puissant élixir capable de solidifier nos sentiments et notre humeur lorsque ces derniers se liquéfient.

La description de cette rivière a quelque chose de vivifiant, et c’est sans doute parce qu’elle nous suggère, dans un élan optimiste, qu’elle continuera à couler à nos côtés, coûte que coûte, qu’importe ce qu’elle rencontre dans son lit, et que même nos pleurs alimenteront son courant.

Un vrai remède, on vous dit.

[vc_text_separator title= »CLIP » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]


Un Torrent, la Boue, premier album disponible (Vietnam label/Because Music)
O sera en concert le mardi 29 mars 2016 à la Maroquinerie (Paris)

Les seigneurs de la terre, tome 1 : une BD de Fabien Rodhain et Luca Malisan (Glénat)

Les seigneurs de la terreLes seigneurs de la terre, tome 1 : une BD de Fabien Rodhain et Luca Malisan (Glénat)

Les seigneurs de la terre est une BD originale qui traite du monde agricole, de la mondialisation et de la recherche du profit. Le scénariste, Fabien Rodhain qui écrit pour la première fois au service du neuvième art, nous livre ici un récit d’une très grande qualité. L’intrigue est haletante, les dialogues rondement menés, ce qui se comprend très bien car Fabien Rodhain est avant tout un écrivain de roman.

L’histoire est celle de Florian, avocat en droit des familles émérite, qui est plongé dans des milieux très mondains pour raison professionnelle, mais avant tout personnelle, car sa fiancée à la folie des grandeurs. Lui ne se reconnaît pas du tout dans ce rôle. En proie à de violents cauchemars qui lui rappellent la mort de sa mère alors qu’il était jeune enfant, il est convaincu que la vraie vie se trouve ailleurs. Son père, président d’une corporation agricole, l’emmène avec lui comme traducteur lors d’un voyage au Paraguay pour y visiter des cultures de Soja. Il en revient transformé, persuadé qu’il a un rôle à jouer dans l’exploitation de son père pour donner un sens à sa vie. Mais pour cela, il va devoir convaincre sa future femme …

Les dessins de Luca Malisan (In vino veritas, Les amants de Carcassonne), pourtant un peu vieux jeu, sont d’une précision déroutante. Les visages des personnages d’une très grande beauté et les décors très bien détaillés.

On attend donc avec une grande impatience le tome 2 des Seigneurs de la terre !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

1999. Florian, jeune avocat, est le fils d’un puissant agriculteur en sud Rhône-Alpes, président de la coopérative régionale. Alors qu’il n’y connait rien (ou presque) au travail de la terre, Florian accompagne son père pour un voyage d’études au Mexique, financé par un fournisseur de pesticides. Sur place, il est frappé par la misère et l’impact désastreux de l’agriculture occidentale industrialisée sur la population locale… et sur le monde. Cette épreuve est un choc pour Florian, qui sent alors retentir en lui l’appel irrépressible de la terre. À son retour, impossible de résister : le jeune homme deviendra paysan. Mais contrairement à son père, il privilégiera une agriculture écologique et responsable. Anne, sa fiancée, voit d’un mauvais œil ce revirement de carrière… Et que dire de son père, qui incarne l’agriculture productiviste, censée  » nourrir la planète  » à grand renfort de technologie et de chimie !
Fabien Rodhain, écrivain et conférencier spécialisé dans le domaine, et Luca Malisan signent avec Les Seigneurs de la terre une saga familiale placée sous le signe de l’agriculture, décrivant les rouages de ce secteur, son implication dans notre société et son évolution au sein des mentalités. Suivez le parcours initiatique d’un jeune avocat à la découverte d’un monde nouveau et impitoyable, avec en point d’orgue la confrontation entre agriculture biologique et intensive.

Date de parution : le 10 février 2016
Scénariste(s) : Fabien Rodhain
Dessinateur(s) : Luca Malisan
Editeur : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Alias Maria, un film terriblement dur de José Luis Rugeles

Alias Maria
Alias Maria Photo © Urban Distribution

Alias Maria, un film terriblement dur de José Luis Rugeles

Jose Luis Rugeles réalise avec Alias Maria un film qui se rapproche davantage d’un documentaire que d’une fiction. D’ailleurs pour choisir ses acteurs, Jose Luis Rugeles a choisi des jeunes qui avaient vécu les horreurs de la guerilla en Colombie. Il a également fait de nombreux interviews d’enfants filles-soldats avant d’écrire son film.

Maria, interprétée par Karen Torres, est une jeune fille de 13 ans. Mais pas comme toutes les jeunes filles de cet âge. Elle, elle est devenue enfant-soldat. Elle fait partie des « guerilleros », et traverse la jungle colombienne et vit la guerre au quotidien. Un jour, sa mission est de déposer le bébé du commandant du camp, dans un endroit sûr et secret. Alors qu’elle est elle-même enceinte, elle doit s’occuper de ce bébé avec l’arme sur l’épaule.

[…] des villages massacrés, des scènes d’horreur, insoutenables […]

On la voit durant près d’une heure trente, traverser la jungle, souffrir, marcher jusqu’à épuisement, accompagnée de son chef qui est aussi son amant et son bourreau, et d’un autre enfant soldat encore plus jeune qu’elle. De la violence, encore et encore.

Les épreuves seront terribles et on ne sait jusqu’où l’horreur va se poursuivre. De très gros plans sur Maria accentuent cette guerre qui ne s’arrête jamais et dont personne ne sort indemne. On voit des villages massacrés, des scènes d’horreur, insoutenables, heureusement très brèves. Mais les dégâts de la guerre sont là et irrémédiables.

Un film qui ne peut que nous marquer et que l’on n’oubliera pas. Excessivement dur, mais, hélas, très proche de la réalité.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]


Alias MariaMaria 13 ans, est une enfant-soldat. Un jour, le commandant du camp, père d’un nouveau-né, confie à Maria ainsi qu’à trois autres guérilleros, la mission de le mettre en sécurité dans une ville voisine. Par le regard de Maria dont on suit le périple, c’est un pays en guerre qui se révèle. Restent la force et l’espoir portés par la vie.

Sortie : le 9 mars 2016
Durée : 1h32
Réalisateur : José Luis Rugeles
Avec :  Karen Torres, Carlos Clavijo, Erik Ruiz
Genre : Drame, guerre

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Gérémy Credeville, spectacle jubilatoire « Parfait et Modeste »

 

Gérémy Credeville
Gérémy Credeville
Parfait et Modeste
Théâtre des Blancs Manteaux

Gérémy Credeville, spectacle jubilatoire « Parfait et Modeste » au Théâtre des Blancs Manteaux

Gérémy Credeville l’avoue avec dépit, chacune de ses apparitions déchaine les passions. Depuis sa venue au monde, les femmes sont folles de son corps. Et pas seulement… Sa modestie naturelle en prend un coup et il s’en explique pendant ce spectacle jubilatoire. Parfait et Modeste guide une audience conquise dans les méandres existentiels de ce bogoss perturbé par son irrésistible charisme. Le spectacle est gentiment adulte et flirte avec la ligne rouge sans jamais tomber dans le graveleux. Une heure de plaisir comique à découvrir d’urgence.

Gérémy Credeville reprend le fil de son existence avec un air-de-pas-y-toucher faussement candide mais vraiment drôle. De sa naissance à ses techniques de séduction, c’est à une confession burlesque que se livre le playboy débarqué dans la capitale. Seul sur scène et parfois seul au monde, il manie la répartie avec art et enchaine les reflexions philosophiques décalées. Les sketchs dézinguent dans à tout va, personne n’est épargné. Hommes, Femmes, homos ou hétéros sont élégamment brocardés sans une once de méchanceté mais avec un zeste de provocation. Le vocabulaire anatomique masculin est manié avec mesure, sans excès et toujours avec a-propos. Un sourire charmeur, un regard aguicheur et les zygomatiques risquent la surchauffe.

Gérémy Credeville livre un One Man Show qui vise juste et atteint sa cible. La salle rit aux éclats une heure durant. Un divertissement parfaitement calibré pour conquérir les foules et augmenter rapidement le taux de natalité de la capitale (ahah!).

Dates : Tous les Mercredis à  21h. Les jeudis, vendredis, samedis à 21h30
Lieu : Théâtre des Blancs Manteaux (Paris)

Metteur en scène : Stéphane Casez
Avec : Gérémy Credeville

 

Mecs Meufs, un court métrage excellent de Liam Engle, en intégralité

Mecs Meufs, un court métrage excellent de Liam Engle
Mecs Meufs Photo © Xavier Dolléans

Mecs Meufs, un court métrage excellent de Liam Engle, en intégralité

Liam Engle réalise un court métrage de 13mn qui est centré sur la relation homme-femme. La drague, pour être précis. Toutes les femmes se font draguer. Et tout le monde trouve ça normal et même charmant ! Seules les femmes souffrent de cet état de « femmes draguées ». Et si on inversait les rôles ? L’espace d’un court instant, l’homme, Bob, va ressentir ce que veut dire « se faire draguer » pour une fille. Les geste de Bob, ses réactions, sa tête, ses ressentis en disent long sur le sentiment d’être dragué ! A vous de voir !

Ce court métrage a déjà reçu 30 prix dont 10 pour le Meilleur film et 6 pour le Meilleur scénario et 5 Prix du public ! Il a été sélectionné dans plus de 100 festivals ! Et Publik’Art lui décerne son coup de cœur !

 

Mecs Meufs
Mecs Meufs Photo Prix
[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Mecs MeufsEn France, les filles ne draguent pas les mecs. Ou alors c’est trop rare, ou trop discret. Bob a 28 ans et en marre de ce constat. A toutes les filles qu’il rencontre, à chaque fois la même question : « Pourquoi vous ne nous draguez jamais ? Pourquoi c’est toujours à nous de faire le premier pas ? ». A force, il est passé maître dans l’art de débattre avec les filles. Il connait leurs arguments par cœur et peut tous les démonter. Mais Bob se retrouve soudain transporté dans un monde alternatif… où les rôles sont inversés ! Ici, ce sont les filles qui draguent les mecs. D’abord ravi, Bob va vite découvrir ce que ça fait d’être à la place d’une fille… et d’être traité comme du bétail !

Sortie : 2013
Durée : 13mn
Réalisateur : Liam Engle
Avec : Robert Hospyan
Genre : Humour

[vc_text_separator title= »COURT METRAGE INTEGRAL » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Kiki de Montparnasse, une BD enivrante de Catel & Bocquet (Casterman)

Kiki de Montparnasse
Kiki de Montparnasse
Catel et Bocquet
Casterman

Kiki de Montparnasse, une BD enivrante de Catel et Bocquet (Casterman)

Kiki de Montparnasse est une légende parisienne du 20e siècle. Née en plein coeur de la Cote d’Or, Alice Prin est entrée dans l’éternité sous son surnom de Kiki de Montparnasse. Avec sa personnalité fantasque et son inimitable gouaille, elle a animé le quartier de Montparnasse pendant les années 20 et 30 et servi de muse aux plus grands peintres. Sa personnalité bigger than life a irrésistiblement attiré les plus grands artistes. La bande dessinée fait revivre une existence jalonnée de joies et de peines, d’amour et de désillusions. Mais avec toujours cette inextinguible joie de vivre couplée à cette incessante soif de liberté.

Le quartier du Montparnasse reste lié aux mythes qui y sont éclos. La vie artistique parisienne faite de bohème et de dénuement donne l’image de ces ateliers hantés d’artistes fantasques et alcooliques. Modigliani y a réalisé ses plus grandes oeuvres, les surréalistes ont animé les cafés du quartier, Kiki y a poussé la chansonnette et envouté les foules. La jeune bourguignonne piquante a connu les années de galère avant de s’attacher à ceux qui sont passés à la postérité. Les longues nuits de bamboche sont saisies dans leur magie enchanteresse par un dessinateur privilégiant l’émotion du trait à son exactitude. C’est toute une ambiance qui défile pages après pages avec la reine de Montparnasse comme égérie des lieux. Héroïne de théâtre dans les théâtres parisiens des années 2010, il faut découvrir ce roman graphique pour comprendre l’insatiable fuite en avant que fut son existence.

[A] dévorer comme un alcool fort, avec frénésie et délectation.

La jouissance effrénée de l’instant présent lui a apporté ses plus grandes joies mais causé également les plus grands déchirements. Si Man Ray a été le grand amour de sa vie et occupe une partie significative de l’ouvrage, les surréalistes ne sont pas en reste, tout comme ces lieux rentrés dans la légende du Montparnasse de l’entre-deux guerres. La Coupole et le Dome, le Boeuf sur le Toit et le Jockey sont autant de lieux qui ont accueilli les folles nuits d’excès. Avec toujours la déchirante Kiki, exaltée de joie de vivre et oublieuse des contraintes terrestres. Ses aventures américaines et allemandes soulignent son indefectible lien avec un quartier qui était sa vie.

Une bande dessinée ensorcelante, à dévorer comme un alcool fort, avec frénésie et délectation.

Retrouvez Kiki de Montparnasse en ce moment au Théâtre Lucernaire !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Kiki de Montparnasse, née Alice Prin au tout début du XXe siècle, fut l’une des figures les plus marquantes de la vie artistique parisienne de l’entre-deux guerres, lors des Années Folles. Égérie et amie de très nombreux artistes – Modigliani, Duchamp, Desnos, Picasso, Cocteau, Aragon, bon nombre des surréalistes –, Kiki fut la muse et l’inspiratrice de créateurs devenus depuis des signatures majeures de l’art moderne, comme Foujita et Man Ray. C’est cette existence hors norme, retracée à travers la plupart des épisodes-clés d’un parcours de vie trépidant, que racontent avec passion Catel et José-Louis Bocquet, dans un album ambitieux qui est autant l’évocation d’une époque que le magnifique portrait d’une femme libre. Plus de trois cent planches de création exigeante et généreuse, en hommage à l’art sous toutes ses formes.

Date de parution : 23 mars 2007
Scénariste(s) : José-Louis Bocquet
Dessinateur(s) : Catel
Genre : Roman graphique
Editeur : Casterman
Prix : 20 €
Acheter sur : Amazon l BDFugue

La Rivière, pièce de théâtre à la Comédie des Champs Elysées

La Rivière
La rivière
Pièce d’après Jez Butterwoth
Comédie des Champs-Elysées

La Rivière, pièce de théâtre pesante et perturbante de Jez Butterworth à la Comédie des Champs Elysées

La Rivière est mise en scène à la Comédie des Champs-Elysées pour un moment de théâtre pesant et dramatique. Un homme hirsute et sauvage (Nicolas Briançon) vit dans une cabane reculée au fond des bois. Sauvage mais charismatique, il y emmène une charmante jeune femme (Emma de Caunes) pour une partie d’amour et de pêche près de la rivière en contrebas.

La Rivière mélange les repères temporels quand une seconde jeune femme (Anne Charier) apparait sur scène dans une mystérieuse alternance. L’atmosphère mélange rapidement onirisme et dramaturgie avec le souvenir d’une 3e femme planant sur les personnages. Scénariste et réalisateur américain, Jez Butterworth est à l’origine des scénarios du récent Striclty Criminal avec Johnny Depp, de l’évocation de la vie de James Brown dans Get on Up et du survitaminé Fair Game avec Sean Penn et Naomi Watts. Sa carrière d’auteur de théâtre a pris une ampleur inattendue lors la mise en scène acclamée de The River à Broadway avec le Wolverine Hugh Jackman dans le rôle titre. Montée à la Comédie des Champs-Elysées, la pièce laisse l’audience dans le doute pendant un long moment. Les discussions mélangent sentiments amoureux et techniques de pêche dans une équivoque qui laisse d’abord perplexe. Si les acteurs donnent corps à leurs personnages, les dialogues semblent de prime abord obscurs voire inconsistants.

Un Moment de théâtre pesant et perturbant

Quand le spectateur comprend qu’il assiste à différents moments temporels, invariablement répétés dans des structures étrangement similaires, l’argument de la pièce se fait jour. Le héros hirsute cherche à exorciser un souvenir tragique qui ne cesse de le poursuivre. Les évocations répétées des moeurs de la Truite de mer ont beau être passionnantes, les atours de l’habile subterfuge apparaissent sans lui apporter la sérénité tant désirée. Hanté par l’image de cette robe rouge immergée dans la fameuse rivière, l’illusoire allégresse suit le plus profond abattement. Jusqu’à hypothéquer les relations naissantes avec ses conquêtes.

La Rivière n’est pas une pièce facilement accessible. Il faut se laisser emporter par le courant des conversations, bercer par la musique dramatique et pénétrer par les projections visuelles pour saisir son argument et la tragédie de cet homme impuissant devant l’adversité.

Dates :  Du 5 février au 20 mars 2016
Lieu : Comédie des Champs-Elysées
Metteur en scène : Jérémie LIPPMANN
Avec : Nicolas BRIANCON, Anne CHARRIER, Emma DE CAUNES, Clara HUET

Egon Schiele, une BD de Dimitri Joannidès et Nicolas Sure (Glénat)

Egon Schiele, une bande dessinée de Dimitri Joannidès et Nicolas Sure (Glénat)Egon Schiele, une BD de Dimitri Joannidès et Nicolas Sure (Glénat)

Egon Schiele, célèbre peintre autrichien du début du XXème siècle est l’artiste consacré tout au long de cette bande-dessinée. Les auteurs Dimitri Joannidès et Nicolas Sure y dépeignent le personnage de Egon Schiele très controversé, par ses œuvres évocatrices où les corps nus sont souvent au cœur de la toile. Néanmoins, son talent est reconnu. La narration est assez bien conduite, mais toutefois un peu pauvre. La courte vie du héros, en est sûrement l’explication la plus probable. On y perçoit très bien les différents élans artistiques du début du XXème siècle dans une ville moderne et effervescente comme Vienne. La collection « Les grands peintres » trouve encore ici un très beau sujet, et nous ouvre à cet art de manière très abordable.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

L’art du scandale1912, Vienne. Le fougueux Egon Schiele fait parler de lui dans la capitale autrichienne. Fasciné par les plaisirs interdits, ce jeune peintre est réputé pour dessiner de très jeunes filles dans des positions lascives et suggestives, s’attirant les foudres de la bienpensante bourgeoisie. Accusé à tort d’avoir violé l’un de ses derniers modèles, une mineure, Schiele est à présent en prison en attente de son jugement. Pour assurer sa défense, ses deux meilleurs amis et son avocat vont faire appel aux plus grands de l’époque alors rassemblés à Vienne : Stefan Zweig, Sigmund Freud, Gustav Klimt… tous, captivés par le génie de Schiele et par amour pour l’art, vont conjuguer leurs talents et leur influence.Peintre sulfureux cultivant le goût du scandale, mort à l’âge de 28 ans, Egon Schiele est une étoile filante de l’histoire de l’art. Sa courte vie aura pourtant marqué l’art du XXe siècle. Retraçant l’épisode de son incarcération de 1912, Dimitri Joannidès et Nicolas Sure nous font découvrir la personnalité tout en excès de ce prodige, et en profitent pour nous plonger dans l’effervescence artistique qui habitait Vienne au début du XXe siècle.

Date de parution : 9 mars 2016
Scénariste(s) : Dimitri Joannidès
Dessinateur(s) : Nicolas Sure
Genre : Aventure historique
Editeur : Glénat
Prix : 14,50 €
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Festival 2 Valenciennes : du14 au 20 mars 2016 au Cinéma Gaumont de Valenciennes

affiche_F2V_2016Festival 2 Valenciennes : du14 au 20 mars 2016 au Cinéma Gaumont de Valenciennes

Le Festival 2 Valenciennes va bientôt débuter ! Et c’est avec plaisir que nous vous annonçons notre présence à cet évènement puisque Lodi s’y rendra pour visionner quelques films parmi la quarantaine proposée durant cette semaine cinéphile. Allez consultez le programme du Festival sur le site officiel ! Rendez-vous au Cinéma Gaumont de Valenciennes !

Communiqué de presse : 

Le Festival 2 Valenciennes présente plus de 40 films pendant une semaine, répartis en différentes sections et 2 Compétitions : la Compétition Documentaires (6 films internationaux et inédits du 14 au 16 mars 2016) et la Compétition Fictions (9 longs métrages inédits venus du monde entier du 16 au 19 mars 2016) en présence des équipes. En parallèle, le Festival propose des Avant-Premières hors Compétition, des Hommages, des Rencontres, des Master Class et un programme Jeune Public.

Cette 6ème édition accueillera Daniel Leconte et Jean-Pierre Mocky en présidents de jurys,Nathalie Baye en invité d’honneur, Diane Kurys en invité « coup de cœur » et bien d’autres grandes personnalités du cinéma Français et Européen qui seront présentes.

Cette année, le festival mettra à l’honneur les coulisses du 7ème art avec l’animation « Fauves Au Cinéma » sur la place d’Arme avec les dresseurs Thierry Le Portier et Félindra.

L’originalité du Festival 2 Valenciennes, c’est son approche particulière du cinéma et de ses métiers, sa convivialité, son caractère cinéphile et populaire, ainsi que son ancrage dans la région Nord-Pas-de-Calais.

Tempête, un film surprenant de Samuel Collardey

Tempête, un film de Samuel Collardey
Tempête, un film surprenant de Samuel Collardey Photo © Ad Vitam

Tempête, un film surprenant de Samuel Collardey

Samuel Collardey réalise un film surprenant et aussi un peu décevant, avec Tempête. On pourrait presque qualifier ce film de documentaire, tellement il est très proche de la vie réelle du héros principal, Dominique Leborne. Ca se passe aux Sables d’Olonne, en Vendée. Dominique joue son propre rôle, et ses enfants, également.

Difficile de s’appuyer sur un père qui n’est pas capable de faire vivre sa famille […]

L’histoire de Tempête est simple : Dominique est marin pêcheur. Il part durant 15 jours en mer pour ne rester que le week-end sur terre. Il est divorcé, a deux enfants qui vivent avec lui. Enfin, ils vivent chez lui mais pas avec lui, ou trop rarement avec lui. Le réalisateur, Samuel Collardey, nous fait découvrir tout un milieu et un métier très spécial et très dur aussi bien physiquement que psychiquement. Les marins ne s’arrêtent jamais. A travers Dominique on pense à tous ceux qui prennent la mer chaque jour, quel que soit le temps et les conditions, au risque de leur vie.

Mais en fait, on va très peu le voir en mer. Aucune image de tempête à l’horizon, à notre grande déception… La plupart du film se passe sur terre, et avec ses deux enfants. Quand leur père est là, ils font la fête ensemble et on se demande même si leur père n’a pas le même âge qu’eux ; un grand ado toujours prêt à faire la fête : fumer des joints, boire de l’alcool, aller en boite… La notion d’éducation n’existe pas trop dans ce film. Et c’est un peu dommage. Le portrait du père, même s’il est très gentil, très généreux, n’est pas réconfortant pour un jeune. Difficile de s’appuyer sur un père qui n’est pas capable de faire vivre sa famille, de la nourrir, ou même de la chauffer et encore moins de l’éduquer.

Je ne sais jusqu’où le scénario est inventé mais ce qui arrive à sa fille est absurde et dramatique et en même temps, il est vrai que même en 2016, des situations aussi catastrophiques existent. Bref, Tempête est un film qui ne nous apprend pas grand chose, d’où son côté décevant, mais qui nous fait « découvrir » un certain milieu social pour qui la vie est un combat de chaque jour. Aucun acteur n’est professionnel dans ce film. Et beaucoup de membres de la famille de Dominique rejouent des scènes certainement déjà vécues plusieurs fois ! Dominique Leborne a reçu un prix d’interprétation à la Mostra de Venise en 2015 mais aussi au festival International du film francophone de Namur en 2015. Beaucoup de prix pour un homme qui n’est pas du tout acteur. On lui souhaite que ce nouveau métier, d’acteur, l’aide à sortir de sa vie de marin-pêcheur, tellement difficile.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]


Tempête, un film de Samuel CollardeyA 36 ans, Dom est marin pêcheur en haute mer et ne rentre que quelques jours par mois à terre. En dépit de ses longues absences, il a la garde de ses deux enfants. Dom fait tout pour être un père à la hauteur. Il rêve même d’avoir sa propre affaire, un petit bateau de pêche à la journée qu’il exploiterait avec son fils. Assez grands pour s’assumer, Mailys et Mattéo n’en sont pas moins deux adolescents qui font leurs propres expériences. L’une d’elles, malheureuse, va forcer Dom à faire un choix entre son métier au grand large et sa vie de famille.

Sortie : le 24 février 2016
Durée : 1h29
Réalisateur : Samuel Collardey
Avec : Dominique Leborne, Matteo Leborne, Mailys Leborne
Genre : Drame

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Foule au rayon politique : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Christiane Taubira, François Fillon

Christiane Taubira, Murmures à la jeunesse
Christiane Taubira, Murmures à la jeunesse Editions Philippe Rey

Foule au rayon politique : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Christiane Taubira, François Fillon…

Les politiques sont pris d’une folie littéraire ! Pour décrire leur programme, exalter la France ou parler d’eux, ils envahissent les rayons … avec risque d’overdose pour le lecteur rigoureux qui voudrait tous les feuilleter. Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Christiane Taubira, François Fillon … panorama rapide (et agacé) de leurs ouvrages.

Pour être à la mode, endosser le costume d’écrivain. Ce nouvel adage a envahi la classe politique ! Qu’est-ce qui les motive à écrire ? Un désir impérieux de clarification, un goût immodéré pour le verbe, la nécessité de sortir de la parole éphémère ? Et peut-être aussi parce que si les confrères s’y collent, il faut suivre.

Dernier paru : Nous avons changé de monde (éd. Albin Michel) de Nathalie Kosciusko-Morizet. Un lancement minutieusement préparé puisqu’il débarque en librairie le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Une façon de lier son combat à celui de toutes les femmes tandis qu’en ce même jour, les médias reprennent leur marotte du sexisme en politique. Dans la foulée, elle annonce sa participation à la primaire de droite pour la présidentielle. Seule femme en lice.

[…] Ils ont tous dégainé la plume comme une arme politique […]

La primaire à droite justement se joue aussi dans les rayons : François Fillon, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Bruno Le Maire, Jean-François Copé … ils ont tous dégainé la plume comme une arme politique : pour défendre leurs convictions et tracer un programme. Pour se dévoiler aussi. Mêler l’intime au futur de la nation, fameux mélange ! Ils cherchent à se rapprocher de leurs électeurs, à pénétrer leur cœur. Ainsi, François Fillon évoque ses racines rurales, NKM se livre sur sa famille tandis que le président du groupe Les Républicains et le maire de Meaux font leur mea culpa et s’essaient à plus de modestie après leurs tourments judiciaires. Seul Alain Juppé se restreint et n’aborde que son programme pour la France, vaste programme puisqu’il sera publié en 4 tomes. C’est moins vendeur bien sûr mais l’homme est de la vieille école. Moins commercial, plus pudique.

L’écriture semble-t-il est l’apanage de l’opposition au gouvernement socialiste. Christiane Taubira attendra de démissionner de son poste de Garde des Sceaux pour exposer ses objections et son incompatibilité avec la politique gouvernementale dans un essai Murmures à la jeunesse (éd. Broché). Comme si faire partie du gouvernement muselait et qu’à leur départ, la plume les démangeait. Demandez à Cécile Duflot, ex-ministre du logement sous François Hollande.

Il y a bousculade, on ne pourra pas tous les citer. On ne pourra pas tous les lire non plus. Ce n’est peut-être pas plus mal.

Littérature politique

Amok de S. Zweig ou quand Alexis Moncorgé incarne la folie

AFF-AMOK-Prolong

Une adaptation puissante du texte de S. Zweig 

Une nuit de Mars 1912, sur le pont d’un navire qui file vers l’Europe, un homme, au secret trop lourd à porter, se confie à la faveur de l’obscurité. Ce jeune médecin fuit la Malaisie où il a exercé durant cinq années, jusqu’au jour où une mystérieuse femme est venue solliciter son assistance. Récit fiévreux d’une course contre la mort où la passion se confond avec la folie, où l’obsession qui l’aliène à une femme ressemble à l’amok, crise meurtrière dont sont pris soudainement les opiomanes malais.

Dates :  A partir du jour mois 2015
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Caroline Darnay
Avec : Alexis Moncorgé

Amok ou le fou de Malaisie : la nouvelle de Stefan Zweig publiée au début du XXème siècle, racontait l’histoire d’un médecin qui, lors d’une mission en Malaisie, tombe littéralement fou amoureux d’une femme qu’il rencontre au hasard d’une consultation. Ivre d’amour et de folie, le médecin va tout faire pour porter secours à cette femme qui suscite chez lui des attitudes insensées. « Moins d’une heure après l’entrée de cette femme dans ma vie, je me jetais dans le vide comme… un Amok« .

Entre réalité et fiction, c’est une pièce dont on ne sort pas indemne  

l' »Amok », est celui dont la rage est incontrôlable, dénuée de toute raison, presque démoniaque : une dérive comportementale observée par de nombreux ethnologues, notamment en Malaisie. Dans la nouvelle de Zweig, le médecin européen se retrouve donc imprégné de cette démence. Alexis Moncorgé signe une adaptation puissante du texte de Stefan Zweig et incarne à la perfection le rôle de l’amok : il réalise dans cette pièce une performance littéralement incroyable où corps et âmes sont possédés par son personnage. Dans les premières minutes du spectacle, on s’imagine dans la cale d’un bateau, chavirant avec lui sur l’oscillation des vagues. « L’histoire chemine sur un fil ténu, fragile, périlleux, dans une permanente ambigüité entre réalité et irréalité, sens et non-sens, raison et folie. Où est la limite entre imagination et description objective du réel ? Entre le rêve et les faits… ? Qui ne s’est jamais demandé « Est-ce que je rêve ? » ».

Entre rêve et réalité, réel et fiction, démence et raison, c’est une pièce à la mise en scène forte et obscure, dont on ne sort pas indemne.

[vc_video link= »https://youtu.be/XlTm8Z2ufns » title= »Teaser de la pièce « ]

Résultats concours : une édition exceptionnelle de Love streams gagnée

Love streams

Résultats concours : une édition exceptionnelle de Love streams gagnée

Vous avez été 4484 participants au concours Love streams. Merci de votre excellente participation. L’heureux gagnant de l’édition exceptionnelle de Love streams, en édition Blu-ray + 2 DVD + Livre est :

Dominique Montviloff

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Iris Apfel – de l’art au gros œuvre ?

 

dessin de Lodi © Lodi Marasescu

Iris Apfel – de l’art au gros œuvre ?

On en parle en ce moment. Iris Apfel, vitrine ambulante des plus grandes réalisations du monde de la mode garnis de bijoux cheap achetés pour une monnaie de pain, revient sur Paris pour exposer au Bon Marché une dizaine de ses précieuses collections personnelles. Cette baronne de la mode, en plus de son excellence dans la coupe et la recherche de tissus, a consacré un morceau de sa vie à la décoration d’intérieur. L’américaine s’est notamment occupée de reconcevoir neuf fois l’agencement de la Maison Blanche, de Truman à Clinton.

En parallèle, Trump se rapproche de plus en plus de la chaise présidentielle. Il avance à découvert comme un ogre, vomissant les pires mots, et avalant les voix du peuple. En 2016, si Donald Trump accède au trône américain, que fera Iris Apfel de sa mèche ?

Les Brumes de Grandville – Les Folies de Paris (Editions B.)

Les Brumes de Grandville - Les Folies de Paris
Les Brumes de Grandville – Les Folies de Paris
Gwendoline Finaz de Villaine

Les Brumes de Grandville – Les Folies de Paris (Editions B.)

A l’occasion de la sortie du Tome 2 de Les Brumes de Grandville – Les Folies de Paris aux éditions B., l’auteure Gwendoline Finaz de Villaine a gratifié une audience nombreuse d’un show music-hall aux Folies Bergère. Chanteuse, danseuse, accompagnée de 2 choristes pareillement surexcitées et d’un orchestre de 4 musiciens appliqués, elle a fait le show.

Le Tome 2 des Brumes de Grandville parait un an et demi après le Tome 1. L’histoire d’Apollonie est celle d’une femme forte, libre et déterminée. Histoire d’amour avec Hector, un héros ténébreux qui mène l’héroïne à Paris pour concrétiser leur histoire. Les Editions B. comptent sur l’impatience des fans du premier volume et proposent une suite présentée comme tout autant passionnante et enlevée.

La voix de la talentueuse chanteuse envoute une foule ravie (…)

C’est dans le cadre mythique des Folies Bergère que l’ouvrage est présenté au milieu du strass et des dorures. Des costumes d’époque trônent sur un podium où l’auteure doit signer les ouvrages à la fin du show. Le volume 1 est gracieusement distribué à une foule nombreuse, heureuse de visiter les lieux et d’assister à un show présenté comme Glam Rock. Perturbé par cette dénomination, je m’attends à un sosie de David Bowie avec éclair de rigueur au milieu du front. C’est en fait un spectacle style cabaret music-hall qui multiplie les chansonnettes à l’élégance très Années Folles qui est offert. La voix de la talentueuse chanteuse envoute une foule ravie, quelques fans multipliant les cris extatiques à chacune de ses apparitions.

Les 40 minutes s’écoulent quand est annoncée la séance de dédicaces. Le Tome 2 est proposé à la vente pour la modique somme de 15 euros. La séance commence pour une durée proportionnelle à l’attente suscitée par l’ouvrage.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Rappel du Tome 1: 1919. Au lendemain de la première guerre mondiale, Apollonie devient professeur de musique. Belle, libre et déterminée, la jeune orpheline découvre la vie au château de Grandville. Elle ne tarde pas à faire la connaissance du fils de la Comtesse, le magnétique et mystérieux Hector, dont la beauté n’a d’égal que le cynisme. Apollonie, encore troublée par cette rencontre, tombe sous le charme indécent d’une voix mystérieuse sortie des ombres…

Tome 2: De Grandville à Paris, des Folies Bergère au cœur des Années folles, Apollonie entame la reconquête d’Hector et cherche à percer ses secrets, sans savoir qu’un péril bien plus grand menace son amour. Une étrange malédiction pèse sur les Montfaucon, qui rend particulièrement dangereuse l’attraction que l’envoûtant maître des lieux exerce sur elle. Face à son destin et à la multiplication des obstacles, Apollonie parviendra-t-elle à ramener celui qu’elle aime et à raviver les mémoires obscurcies ?
La saga des Brumes se poursuit, plus tourmentée et sombre que dans le précédent tome. Apollonie et Hector se cherchent, se frôlent et s’affrontent dans une France marquée par les cicatrices de guerre, au cœur d’un domaine qui n’a pas fini de révéler ses secrets.

Date de parution : 25 février 2016
Auteur :  Gwendoline Finaz de Villaine
Editeur : Editions B.
Prix : 15 € (424 pages)
Acheter sur : Amazon

Gauguin, une BD de Patrick Weber et Nicoby (Glénat)

GauguinGauguin, une BD de Patrick Weber et Nicoby (Glénat)

Gauguin est un biopic qui nous relate le séjour de Paul Gauguin chez Vincent Van Gogh à Arles en 1888. La narration à la première personne de Paul Gauguin nous dévoile avec sensibilité ses impressions sur cette cohabitation très particulière. Les deux hommes, dont le seul point commun que l’on puisse leur trouver après la lecture de cet ouvrage est l’amour de la peinture, se dévoilent être complètement opposés dans leurs sentiments, leurs façons d’appréhender leurs modèles, mais surtout, leur perception de leur collaboration.

Si Gauguin fait preuve d’une certaine compassion, et est prêt à suivre les dictats de son comparse, Van Gogh, quant à lui, surnommé le « Fada », oscille entre phases hystériques et passionnelles. Le scénariste Patrick Weber, nous montre très bien comment Gauguin s’aperçoit très rapidement que leur peinture à quatre mains est une douce illusion. Les dessins de Nicoby nous plongent également dans cette relation troublante, mais fascinante. Le récit est bien trop court. On en redemande. Les pages pédagogiques présentent à la fin sont un plus très positif. Coup de cœur !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Novembre 1888. Fourbu, Paul Gauguin arrive à Arles à la fin de la nuit… Cela fait des semaines que Van Gogh l’implore de venir le rejoindre dans le sud. Il rêve d’un travail en atelier. C’est alors le début d’une drôle de vie en commun. Les deux peintres font plus que cohabiter, ils tentent d’unir leurs talents et confrontent leurs existences. S’ils sont conscients de leur génie respectif, chacun s’estime supérieur à l’autre. Les deux amis en arrivent à se détester lorsque Paul travaille sur une œuvre personnelle alors que Vincent voudrait privilégier un travail commun. Mais Paul ne veut rien entendre, il conçoit seul le « Portrait de l’artiste au Christ jaune », que Van Gogh se met à haïr… Patrick Weber et Nicoby nous font découvrir l’œuvre de Gauguin à travers un moment charnière de sa vie : sa cohabitation à Arles avec Van Gogh. Deux mois d’amitié, d’affrontement et d’incompréhension, animés par la passion de l’art et les pulsions destructrices qu’elle peut engendrer.

Date de parution : le 9 mars 2016
Scénariste(s) : Patrick Weber
Dessinateur(s) : Nicoby

Editeur : Glénat
Prix : 14,50 € (56 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Peur de rien, un film toujours d’actualité de Danielle Arbid

Peur de rien, un film toujours d’actualité de Danielle Arbid
Peur de rien, un film de Danielle Arbid Photo

Peur de rien, un film toujours d’actualité de Danielle Arbid

Danielle Arbid a réalisé le film Peur de rien, et dit bien qu’il n’est pas autobiographique. Pourtant il ressemble fort à sa propre histoire. Lina est libanaise et quitte son pays pour venir faire ses études en France, dans les années 90. Comme Danielle Arbid l’a fait elle-même, il y a dix sept ans !

Peur de rien raconte l’histoire de cette jeune fille, Lina, qui débarque en France, à Paris, un peu comme un oiseau tombé du nid. Elle a quitté Beyrouth pour faire ses études à Paris. Etudes d’économies, à l’université. A travers elle, on découvre la difficulté de s’adapter, pour jeune étranger, au pays d’abord, aux nouvelles coutumes, mais aussi à toutes les rencontres, bonnes ou mauvaises que l’on peut faire.

[…] ce côté un peu rétro mais encore tellement d’actualité avec toujours l’intégration au second plan.

Et Lina va évoluer en fonction de ces rencontres. Elle va peu à peu se forger une personnalité, grâce aux personnes qu’elle va rencontrer de façon plus ou moins intime. Et son parcours sera juché de bonnes rencontres mais aussi de grosses déceptions. La réalisatrice montre combien les rencontres, dans une vie, sont primordiales. Manal Issa, Lina, est saisissante de réalisme et de naturel. Avec un regard perçant. Et pourtant, elle n’est pas actrice professionnelle, mais ingénieur de formation ! D’ailleurs elle a reçu le Prix d’interprétation féminine au festival de Cinéma Européen des Arcs en 2015. Manal Issa, un nom à retenir car forcément, on va la retrouver sur nos écrans !

Tous les acteurs dans ce film sont simples, mais vrais. On est plongé dans Paris, il y a presque 20 ans ! Les jeunes sont à fond dans ce qu’ils font. Ils y croient ! Ils sont emplis d’idéaux. Sans parler des cours à la fac ! C’est vraiment chouette. Publik’Art a aimé ce côté un peu rétro mais encore tellement d’actualité avec toujours l’intégration au second plan. Tous les garçons que rencontre Lina n’ont guère de point commun. Et pourtant ce sont ceux qui vont donner une nouvelle force à la jeune et talentueuse Lina. Même pas peur, la belle Lina ! Elle puisera en chacun un trésor qui fera d’elle une femme avec toute sa propre personnalité, non sans pleurs, non sans douleurs, non sans risques.

Peur de rien, un très beau film, vrai, comme on les aime.

 

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Peur de rien, un film toujours d’actualité de Danielle ArbidLes années 90. Lina, 18 ans, débarque à Paris pour ses études. Elle vient chercher ce qu’elle n’a jamais trouvé au Liban, son pays d’origine : une certaine forme de liberté. L’instinct de survie comme seul bagage, elle vogue d’un Paris à l’autre au rythme de ses rencontres amoureuses. Parce qu’à 18 ans, on rêve d’embrasser le monde et pas qu’un seul garçon…

Sortie : le 10 février 2016
Durée : 2h
Réalisateur : Danielle Arbid
Avec : Manal Issa, Vincent Lacoste, Paul Hamy
Genre : Comédie dramatique

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

2ème édition du Festival des monteurs associés, à Paris dès le 9 mars

Festival des monteurs associés2ème édition du Festival des monteurs associés, à Paris dès le 9 mars

Le Festival des monteurs se passe au cinéma La Clef à Paris. Vous pourrez y découvrir 8 films, à la fois des documentaires et des fictions. A la fin de chaque film, des débats avec les monteurs et les réalisateurs sont organisés. Vous aurez droit à une soirée spéciale courts-métrages, le jeudi 10 mars. Et également une carte blanche aux monteurs québécois avec la projection d’un documentaire sur le poète québécois Gaston Miron. Une table ronde sera animée autour du thème : Le son au montage. Et vous pourrez aussi admirer l’exposition de photos : Souvenirs de la salle de montage.

Ambiance cinéphile et chaleureuse assurée ! Pour en savoir plus :

Le Festival des monteurs associés

Résultats concours : Operator, 5 DVD gagnés

Operator
Résultats concours : Operator, 5 DVD gagnés

Vous avez été 4568 participants au concours Operator. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants d’1 DVD sont :

Marie Herbet, Malvina Beaudet, Grégory Rossi, Patrick Gibeaux et René Bonnefoy

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

A LIRE