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Résultats concours : #Chef, 3 Blu-ray gagnés.

Sortie le 11 mars 2015

 

A l’occasion de la sortie du film#Chef, en DVD et Blu-ray et VOD, Publik’Art , en partenariat avec Sony Pictures Home Entertainment, vous a offert la possibilité de gagner :

3 Blu-ray pour le film : #Chef

 

Vous avez été très nombreux à participer : 4 956 joueurs. Bravo à tous et merci de votre excellente participation !

 

Les trois heureux gagnants sont :

 

Frédéric Gregory, Aurore Guilbaud et Aurélie Paillusson.

Notre partenaire vous enverra votre lot très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

Un homme idéal, un film de Yann Gozlan

Un homme idéal, un film de Yann Gozlan

Un homme idéal, un film de Yann Gozlan

Très joli titre pour un film sans aucun intérêt ! Très grosse déception ! Yann Gozlan a eu la bonne idée de choisir l’acteur césarisé cette année. sans cela, personne n’irait voir son film, Un homme idéal !

Sortie le : 18 mars 2015
Durée : 1h37
Avec : Pierre Niney, Ana Girardot, André Marcon

Synopsis :

Mathieu, 25 ans, aspire depuis toujours à devenir un auteur reconnu. Un rêve qui lui semble inaccessible car malgré tous ses efforts, il n’a jamais réussi à être édité. En attendant, il gagne sa vie en travaillant chez son oncle qui dirige une société de déménagement…
Son destin bascule le jour où il tombe par hasard sur le manuscrit d’un vieil homme solitaire qui vient de décéder. Mathieu hésite avant finalement de s’en emparer, et de signer le texte de son nom…
Devenu le nouvel espoir le plus en vue de la littérature française, et alors que l’attente autour de son second roman devient chaque jour plus pressante, Mathieu va plonger dans une spirale mensongère et criminelle pour préserver à tout prix son secret…

Un homme idéal, un film de Yann Gozlan

Un homme idéal, un film de Yann Gozlan

Tout le long du film Un homme idéal, je me suis demandée comment on pouvait réaliser un film aussi idiot ! Et comment Pierre Niney a-t-il pu accepter un tel rôle !

Le scénario est mauvais, mais vraiment mauvais. Tout est tellement accentué que c’en est risible. Rien n’est vraisemblable. Et au fur et à mesure, l’acteur principal s’enlise. Comme nous d’ailleurs ! La musique est de plus en plus forte pour faire monter le stress… Pénible ! Il a fallu rester patient pour ne pas sortir avant la fin du film…

Bref, rien à dire sur ce film qui a pourtant de très belles critiques ! Encore du commercial ! Si vous ne voulez pas gaspiller votre argent alors, n’allez pas voir ce film.

Bande annonce du film Un homme idéal :

Les Deux Van Gogh, un manga de Hozumi (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Les Deux Van Gogh couv

Les Deux Van Gogh, un manga de Hozumi

Qui ne connaît pas Vincent Van Gogh n’habite sans doute pas notre planète. L’illustre peintre avait également un frère cadet, Théodorus. Moins connu, il a néanmoins joué un rôle très important dans la vie du virtuose. Hozumi revisite avec Les Deux Van Gogh la vie des deux frères dans une biographie fictive captivante.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteur : Hozumi (Scénario et Dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 10,75 € (384 pages) 

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Résumé de l’éditeur:

Fin du XIXe siècle, Paris. Théodorus Van Gogh est un célèbre vendeur d’art chez Goupil & Cie. Ses clients : des grands bourgeois, conservateurs, en quête de signature prestigieuses et valorisantes, persuadés que l’Art n’est accessible qu’à un échelon supérieur de la société, en excluant d’emblée la plèbe ignorante. Mais Théo recherche et développe de nouveaux talents, manieurs de techniques révolutionnaires. Souhaitant détruire le système de l’intérieur, il se sert de sa position pour mettre en avant des artistes peu académiques… dont son propre frère, Vincent.
En France, l’œuvre d’Hokusai a eu une grande influence sur les peintres impressionnistes grâce à l’ouvrage La Manga présent dès 1860 dans les ateliers parisiens. Au Japon, Hokusai ressurgit dans les années 1950 dans les mangas, ces BD qui redécouvrent le trait dépouillé et l’économie de moyen dont il s’était fait le chantre… mais qui se retrouvent injustement méprisés en tant qu’“arts dérisoires”. Cependant, quand la jeune génie du manga Hozumi ose réinterpréter à sa manière les mythiques frères Van Gogh, c’est un ouvrage tout aussi iconoclaste que le Déjeuner sur l’herbe qui nous est livré.
Le titre a remporté le très populaire prix “Kono manga ga Sugoï” 2014, un prix décerné par un “jury” composé de plus de 400 professionnels de l’édition et de la librairie.

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Le point sur l’album :

On ne boude pas notre plaisir en parcourant cette nouvelle version de la vie de ces frères inséparables, jusque dans la tombe (ils sont en effet enterrés côte à côte). Les Deux Van Gogh mêle avec succès fiction et réalité en mettant en scène la grande complicité qui unissait Vincent et Théodorus. On découvre l’ambiance parisienne de l’époque, avec son marché de l’art fermé aux seuls académiciens, bien que d’autres artistes comme Henri de Toulouse-Lautrec entrèrent en résistance. Théodorus est alors négociant pour les vendeurs d’arts Goupil & Cie. Ce dernier va tout mettre en oeuvre pour pousser son frère, qu’il admire depuis toujours malgré ses différences, à faire de la peinture. Et il fera tout ce qui est en son pouvoir pour le faire connaître.

De nombreux points convergent vers la réalité de l’histoire hors du commun de ces deux frères. Mais Hozumi en profite pour s’amuser un peu avec quelques rebondissements qui viennent pimenter son récit. L’auteur canalise très bien sa créativité en explorant toutes les facettes de l’histoire des Van Gogh. Tout s’imbrique parfaitement, même si certaines circonstances imaginées pour l’occasion peuvent paraître incongrues.

Le dessin de l’artiste est quand à lui exécuté avec finesse et légèreté. Un trait à la précision irréprochable, qui a de quoi nous ravir.

Bref, Les Deux Van Gogh, c’est une histoire qui surprend pas seulement parce qu’elle porte une part de fiction mais aussi pour ce que ces deux frères ont vraiment vécu.

H.ELL, tome 2 : une BD de Stephen Desberg et Bernard Vrancken (Le Lombard)

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H.ELL tome 2 couverture

H.ELL t.2 : La Nuit, royaume des Assassins

Thriller fantastico-médiéval, H.ELL est une série BD écrite par Stephen Desberg (Empire USA, Cassio, Les Mille et autres Nuits, Golden Dogs…) et illustrée par Bernard Vrancken, duo qui avait réalisé I.R.S. ou encore Le Sang Noir. Chevalier déchu, Harmond Ellander a été privé de tous ses titres, de ses biens et de sa famille. Condamné à errer dans les bas-fonds de la ville, loin de la Cour du roi, il est envoyé au donjon en tant que nouveau quester. Un nouvel enquêteur chargé désormais d’élucider les meurtres en série d’une créature diabolique…

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteurs : Stephen Desberg (scénario) et Bernard Vrancken (dessin)
Editions : Le Lombard
Prix : 14,45 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le chevalier Harmond Ellander a commis une faute irréparable. Il est banni par le Roi et condamné à servir comme questeur au sein de la police de la ville. Arraché au confort de la cour royale et plongé dans les bas-fonds de la cité, il lui faudra apprendre les codes de son nouvel univers. Et il devra le faire sans tarder : un mystérieux prédateur rôde dans les ruelles et laisse dans son sillage des cadavres atrocement mutilés…

H.ELL tome 2 plancheLe point sur l’album :

Avec ce deuxième album de H.ELL, le récit déjà sombre poursuit sa course dans les profondeurs abyssales de l’enfer. Une prison terrestre à ciel ouvert dans laquelle notre ancien chevalier semble décider à enquêter quoiqu’il arrive. Au prix d’inquiétantes alliances, il découvre malgré lui que la créature meurtrière pourrait être multiple. Mais rien de vraiment consistant ne nous est révélé. On a l’impression d’être volontairement maintenus dans l’ignorance. Les questions sont multiples, qu’elles portent sur l’histoire personnelle d’Harmond Ellander, celle des membres de sa famille, ou celle encore liée à ces victimes retrouvées déchiquetées et démembrées.[pull_quote_left]H.ELL est bien parti pour nous faire vivre l’enfer.[/pull_quote_left]

C’est donc en entretenant un épais mystère que le scénario de ce second tome intitulé La Nuit, royaume des Assassins, vient nous hanter. Déboussolé de ne pas avoir de réponse, le lecteur est tiré un peu plus loin dans le brouillard environnant. Ce qui ne manque pas d’attiser la curiosité et d’installer un suspense certain.

Cette atmosphère puissamment brumeuse est d’ailleurs mise en scène par le dessin surprenant de Bernard Vrancken. Très sombre, ses planches sont dominées par une profonde noirceur. Une coloration très originale, et technique puisque l’illustrateur y a ajouté du lavis. Il en résulte une savante intensité.

H.ELL est bien parti pour nous faire vivre l’enfer. Car il va falloir être patient avant d’avoir réponse à nos questions. Ce deuxième album n’étant pas plus bavard que le précédent. Il n’en demeure pas moins que l’univers de la série compte de beaux atouts pour séduire, notamment par son univers graphique.

L’amour et les forêts, Eric Reinhardt : toute la vérité sur ce livre.

L’amour et les forêts, un livre de Eric Reinhardt

L’amour et les forêts, un livre de Eric Reinhardt

Bénédicte prend contact, par écrit, avec Eric Reinhardt, pour lui signifier toute son admiration quant à son dernier livre Cendrillon. A la suite d’échanges de mails, ils se rencontrent, à Paris, deux fois. Et Bénédicte se livre à lui en toute confiance. Voilà le début de L’amour et les forêts. Terrible histoire.

Publié aux Editions Gallimard en août 2014 – 21,90€


L’amour et les forêts, un livre de Eric Reinhardt

L’amour et les forêts, Eric Reinhardt

 

Je vous demande, cher lecteur, de lire cette chronique jusqu’au bout. Pour comprendre la réalité, la vérité sur ce livre. Vérité qui ne fait pas plaisir d’autant plus qu’on apprécie beaucoup cet auteur.

L’amour et les forêts, livre bouleversant qui entre dans l’intimité d’une femme harcelée par son mari. Le harcèlement est tellement présent, que nous, simples lecteurs, nous sentons aussi harcelés par cet homme ignoble, pervers et manipulateur. Le rythme est rapide, mais avec des phrases longues, comme pour insister sur la souffrance de Bénédicte qui n’a pas le temps de respirer librement au côté d’un homme psychiquement malade qu’on pourrait traiter de « pervers narcissique ». Mais ce n’est pas lui que l’on va soigner. C’est Bénédicte. Comme si la coupable était cette jeune femme !

Bénédicte est une jeune femme brillante, agrégée de lettres. Professeur de français. Mariée. Mère de famille de deux enfants. Tout pour être heureuse… Mais ce ne sera pas le cas.

L’auteur nous entraine dans son récit, avec beaucoup de psychologie, et aussi un cri de révolte contre la vie absurde de son héroïne. Au fil des pages on a envie de crier à Bénédicte de partir, de fuir cette vie insupportable qu’elle subit. Et les scènes de ménage sont tellement vraies, tellement absurdes qu’on a même l’impression de les avoir vécues un jour.

Très belle écriture. Ressentis puissants. Récit bouleversant. Heureusement, Bénédicte connaît une merveilleuse parenthèse de bonheur. Très très courte parenthèse mais qui permet au lecteur d’espérer ou en tout cas de reprendre sa respiration durant quelques pages.

Vous l’aurez compris, je ne peux pas vous en dire davantage sur cet incroyable livre. Commencez-le en prenant soin d’avoir plusieurs heures de tranquillité devant vous. Car une fois commencé, vous ne le lâcherez plus. Et vous ne l’oublierez pas ! Une écriture époustouflante qui nous permet d’accepter une lecture souvent traumatisante. Dure mais juste. Il n’est jamais aisé de donner la parole à une femme maltraitée. Mais l’auteur le fait de façon presque sublime, ce qui rend toute sa dignité à son héroïne, à son admiratrice… Une façon de réhabiliter cette jeune femme.

L’amour et les forêts a reçu le prix Renaudot des Lycéens 2014, le prix France Télévision et le prix des étudiants France Culture/Télérama 2015.

L’actualité de ce livre au 25 mars 2015 :

Après avoir écrit ces quelques lignes, je vais voir ce qui est écrit sur ce livre, sur le Net, comme je le fais toujours. Et là, désagréable surprise. Tout s’effondre. Si j’avais bien l’impression que cette histoire sentait le vécu, c’est qu’elle a été vraiment vécue. Par l’héroïne, justement. Pas Bénédicte mais une autre jeune femme. Une fan de l’auteur qui a réellement pris contact avec lui, folle admiratrice de son dernier roman Cendrillon. Toute la majorité du livre est l’exacte vérité de cette jeune femme. Elle s’est confiée à l’auteur, lui a écrit des mails, lui a raconté ses déboires conjugaux. En toute confiance. Elle lui a même offert, pour son anniversaire, une quarantaine de pages écrites de sa main, racontant ses souffrances. Et aujourd’hui, elle se dit prête à assigner en justice l’auteur pour atteinte à la vie privée et contrefaçon. Car non seulement Reinhardt a écrit son histoire, mais il y a même inséré ses écrits. Sans son autorisation, bien sûr.

Vous pourrez découvrir tous les détails de cette sordide affaire qui date du 23 mars 2015 : l’Express

Du coup, quelle déception ! Impossible de ne pas revenir sur ma chronique. Je mets 5 étoiles à Bénédicte, elle-même. Et j’espère qu’elle me lira. Je la soutiens dans son nouveau combat qui est celui de la dignité.

Et je déplore qu’un tel auteur se soit approprié les écrits d’une jeune femme en souffrance. On comprend mieux pourquoi on avait l’impression que l’auteur avait lui-même connu une telle souffrance. L’auteur, non, mais Bénédicte, oui.

Je ne réécris pas, volontairement, ma critique. J’estime que tout ce qui est positif revient à cette jeune femme qui, aujourd’hui, est blessée par l’écrivain qu’elle admirait tant.

J’en veux à l’auteur d’avoir volé la vie de Bénédicte, d’avoir volé son intimité, ses écrits. C’est comme un viol.

Publik’Art va suivre cette affaire de très près et vous tiendra au courant.

Touriste, une BD de Julien Blanc-Gras et Mademoiselle Caroline (Delcourt / Mirages)

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Touriste BD

Touriste, de Julien Blanc-Gras et Mademoiselle Caroline

Roman de Julien Blanc-Gras (journaliste pour M le Mag) adapté en BD par Mademoiselle Caroline (Enceinte, Mamaaaan ?! quoi encore ?, Quitter Paris et Je commence lundi, le régime anti-régime, Chute libre, carnets du gouffre), Touriste est un carnet de voyage autour du monde insolite et décalé. Un récit malicieux, qui joue avec impertinence sur les clichés liés au Touriste et à ses rencontres.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteurs : Mademoiselle Caroline (scénario et dessin), Julien Blanc-Gras (scénario)
Editions : Delcourt
Prix : 23,95 € (208 pages)

Résumé de l’éditeur :

Adaptant en bande dessinée son roman éponyme, Julien Blanc-Gras montre une autre façon de voyager. Il traverse la vie, curieux et détendu, prend le temps d’être futile, de s’adonner à des activités non-productives mais enrichissantes. Facétieux, il est doté du regard décalé de celui qui sait apprécier sans être dupe. Les dessins pétillants de Mademoiselle Caroline renforcent la justesse des situations.

Le point sur l’album :

Chapitré par destinations, Touriste nous invite pour un tour du monde drôle et dépaysant vu par Julien Blanc-Gras. L’Inde, la Colombie, le Maroc, la Tunisie, le Brésil, la Chine, Madagascar, ou encore le Mozambique sont autant d’épisodes savoureux dans l’aventure de cet éternel globe-trotteur. Sur un ton décontracté, l’auteur nous livre avec un certain flegme ses impressions de Touriste, sur les coutumes locales, les autochtones, les administrations et également les autres touristes. Un carnet de voyage que l’on prend beaucoup de plaisir à parcourir.[pull_quote_right][U]n petit tour du monde plein de fraîcheur et d’intelligence[/pull_quote_right]

Mademoiselle Caroline s’est accaparée l’univers du romancier avec panache, faisant ressentir avec brio son amour pour le voyage. Une insatiable soif de découverte. Julien Blanc-Gras ne cache d’ailleurs pas son ambition de fouler chaque coin de la planète.

Attachant et généreux en commentaires, le voyageur est aussi mis en images avec beaucoup d’habileté. Le trait humoristique de la dessinatrice participe à la bonne ambiance générale, renforcée par des couleurs très vives, qui pétillent littéralement.

Touriste est un petit tour du monde plein de fraîcheur et d’intelligence. A lire.

A la folie, un film de Wang Bing


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A la folie, un film de Wang Bing

A la folie, un film de Wang Bing

Publik’Art avait découvert Wang Bing en 2012 avec son très beau film documentaire : Les sœurs de YunnanCette fois-ci, Wang Bing s’attaque à un monde très spécial : le monde de la folie. Il filme, caméra au niveau du ventre, dans un hôpital psychiatrique, qui ressemble davantage à un asile, des personnes internées. Il a filmé plus de 300h pour au final sortir un documentaire, A la folie, de près de 4h.

Sortie : le 11 mars 2015
Durée : 3h47
Avec : les malades eux-mêmes

A la folie, un film de Wang Bing

A la folie, un film de Wang Bing

Bien sûr, cette durée inhabituelle peut faire fuir les cinéphiles. Une entracte a été faite, au milieu du film, pour se dégourdir les jambes, et je peux vous dire qu’aucune personne n’est partie avant la fin du film !

La caméra de Wang Bing ne joue pas l’intruse. D’ailleurs les personnes filmées la regardent comme une amie ou comme quelque chose qui fait partie de leur décor. Visiblement, la caméra ne les gêne pas du tout.

Wang Bing ne va pas émettre de commentaires, comme à son habitude. A nous de le suivre. A nous d’entrer dans son monde. On ne sait rien sur les personnes internées, ou quasiment rien. On les voit juste vivre, ou plutôt essayer de survivre dans des conditions de vie inhumaine. C’est l’hiver, il neige, et tout est ouvert sur l’extérieur. Pas de chauffage. On imagine alors le froid qu’ils doivent endurer. Certains sont tout nus. Un malade se verse de l’eau froide, plusieurs fois, sur son corps nu. Personne n’est là pour les surveiller, les encadrer, les aider. Sauf au moment de la prise des médicaments.

A la folie, un film de Wang Bing

A la folie, un film de Wang Bing

Il fait sûrement très froid, mais ils se réchauffent comme ils peuvent. Ils dorment à trois dans le même lit, sans jamais se battre. Au contraire, entre eux, règne une vraie fraternité. Ils se consolent, se caressent, se donnent de l’affection, une sorte d’amour. Pas une seule fois, on ne voit de bagarre. Le monde dans lequel ils vivent est hors temps, calme et drogué. Ils sont seuls et en même temps, ils sont entourés de frères. Ils partagent, tout ou presque. Ils vivent dans une prison mais entre eux quelque chose d’incroyable les lie. Ils partagent ce qu’ils peuvent partager. Tout est sale, très sale même. Certains font leurs besoins n’importe où. On imagine alors les odeurs que doivent supporter les malades.

Comment ne pas devenir fou enfermé dans cet hôpital, en faisant le tour circulaire de l’étage, de jour comme de nuit, en marchant ou en courant ? En longeant des grilles ?

On apprendra à la toute fin du film le melting-pot des internés. Ils ne sont pas tous malades psychiques puisque certains opposants au régime y sont aussi internés…

En faisant ce film, le réalisateur a-t-il sans doute voulu dénoncer les pratiques barbares qui s’y pratiquent. Acte politique ? Acte de remise en cause du régime ? Ou simplement acte de sensibilisation de l’Occident à ce qui se passe en Chine encore au XXI siècle ?

Wang Bing dit qu’il a simplement voulu montrer les conditions de vie de ces personnes enfermées.

De toute manière, quelque que soit la finalité profonde du réalisateur, son film restera gravé longtemps dans nos mémoires, hélas. Avec un immense sentiment d’impuissance et de révolte. Et jamais les 3h47 du film ne nous ont été pénibles. C’eut été un comble en regard de ce que ces personnes endurent au quotidien.

Film vrai, film dur, film témoin. Encore un chef d’œuvre de Wang Bing.

Bande annonce du film : A la folie, de Wang Bing :

Haïda, l’immortelle baleine : une BD de Séverine Gauthier et Yann Dégruel (Delcourt jeunesse)

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Haïda, l'immortelle baleine

Haïda, l’immortelle baleine

Après L’Homme MontagneHaïda, l’immortelle baleine est l’autre nouvel album de la scénariste Séverine Gauthier (Mon arbre, Aristide broie du noir, Washita, Garance). Elle a cette fois réalisé ce projet avec Yann Dégruel (Genz Gys Khan, Sans famille, L’Enfant d’éléphant…), dessinateur également habitué à la BD jeunesse. Le duo nous emporte ici dans une légende du peuple de l’île d’Haïda Gwaii, archipel canadien au large de la Colombie-Britannique.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteurs : Séverine Gauthier (scénario) et Yann Dégruel (dessin)
Editions : Delcourt
Prix : 10,95 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

Ce matin-là, le village se réveille et chaque habitant constate que la marée a fait monter l’eau particulièrement haut. Personne ne sait ni ne comprend ce qui se passe. Tout le monde parle beaucoup mais nul ne semble vraiment s’en inquiéter. C’est comme si Kùn, l’immortelle baleine, s’était enfoncée un peu plus profond dans l’océan, inondant les villages qui se trouvent sur son dos.

Haïda, l'immortelle baleine planche

Le point sur l’album :

C’est accompagnés de l’écriture délicate de Séverine Gauthier que nous sommes invités à voyager dans cet archipel. Un lieu que la légende explique comme étant le dos d’une baleine qui sommeille. Mais voilà, l’eau monte de manière inquiétante et menace les habitants de l’île. Deux jeunes enfants vont alors chercher à comprendre ce qui arrive… La baleine immortelle est-elle en danger ? Sur un scénario mystique aux figures pas toujours rassurantes, l’auteur livre un récit original et intriguant.

Le dessin envoutant de Yann Dégruel ne manque pas d’apporter sa touche chaleureuse et poétique à l’album. Un trait plein de vie qui ose des choix originaux.

Avec la mise en image de la légende d’Haïda, l’immortelle baleine les auteurs signent un album entre légèreté et gravité, qui parlera aux enfants.

L’Homme Montagne, une BD de Séverine Gauthier et Amélie Fléchais (Delcourt jeunesse)

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L'Homme Montagne couv

L’Homme Montagne, ou l’art de la poésie initiatique

Conte initiatique sur le passage dans l’au-delà, L’Homme Montagne est un album BD écrit par Séverine Gauthier (Mon arbre, Aristide broie du noir, Washita, Garance, Haïda l’immortelle baleine) et illustré par Amélie Fléchais (Chemin perdu, Le Petit loup rouge). Un récit complet à destination des plus jeunes, qui propose d’aborder tout en délicatesse l’épreuve de la perte d’un être proche, en l’occurence le grand-père d’un petit garçon.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteurs : Séverine Gauthier (scénario) et Amélie Fléchais (dessin)
Editions : Delcourt
Prix : 10,95 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

Une rencontre entre la plume lyrique de Séverine Gauthier et le graphisme tout en délicatesse d’Amélie Fléchais. Un livre initiatique qui aborde avec émotion le thème de la disparition d’un être cher. Un dernier voyage plein de tendresse… Grand-père ne peut plus voyager. Les montagnes qui ont poussé sur son dos tout au long de sa vie sont devenues trop lourdes. L’heure est venue pour lui d’entreprendre son dernier voyage, mais c’est un voyage lors duquel, cette fois, le petit garçon ne peut l’accompagner. L’enfant lui fait alors promettre de ne pas partir tout de suite. Pour lui, il va aller chercher le vent le plus puissant, celui qui peut soulever les montagnes.

L'Homme Montagne planche

Le point sur l’album :

La plume sensible de Séverine Gauthier vient chanter une belle histoire autour d’une épreuve difficile. Ce petit garçon va partir à l’aventure, comme pour mieux se préparer au départ de son grand-père. Une aventure douce et fantastique, à l’imaginaire riche en symboliques. Laissant aussi une large part à la libre interprétation, l’auteur guide son héros à travers les montagnes avec bienveillance. Une écriture poétique joliment mise en scène.

Tout comme le sublime dessin onirique de Amélie Fléchais. La dessinatrice insuffle de la magie au récit avec un trait audacieusement adapté.

L’Homme Montagne est une jolie fable, courageuse et habile. A conseiller.

Route 78, une BD d’Eric Cartier et Audrey Alwett (Delcourt / Mirages)

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ROUTE 78 BD couverture

Route 78, à la rencontre du Flower Power

Après cinq années d’absence, Eric Cartier (Kaput & Zösky, Drylander) fait son retour avec Route 78, récit autobiographique où il raconte sa traversée des Etats-Unis en 1978 en compagnie de sa femme. Aidé par Audrey Alwett (SinBad, Princesse Sara, Danseuse, Sweety Sorcellery) pour l’élaboration du scénario qu’il a co-écrit, c’est aussi lui qui a illustré l’album. Une aventure singulière au coeur de l’Amérique marginale.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteurs : Eric Cartier (scénario et dessin), Audrey Alwett (scénario), Pierô Lalune (couleurs)
Editions : Delcourt
Prix : 19,99 € (176 pages)

Résumé de l’éditeur :

1978. Eric et Pat s’envolent pour New York sans un dollar en poche. Leur rêve : traverser le continent en stop pour rejoindre le pays des hippies, San Francisco. Mais dans leur quête du flower power, ils arrivent dix ans trop tard. Ils s’imaginaient un périple de quatre jours, le voyage durera deux mois. Un road trip dans l’Amérique des marginaux, avec des vrais morceaux de trouille et de romance.

Route 78, BD planche

Le point sur l’album :

Débarquer à New York en couple et sans argent, c’était un pari osé, même en 1978. Le voyage qui ne devait durer que trois ou quatre jours s’est d’ailleurs prolongé durant deux mois. Une période pendant laquelle Eric et Pat ont parcouru des milliers de kilomètres en stop, pour rejoindre la communauté hippie de San Francisco. Sur leur route, ils vont faire des rencontres marquantes dans des milieux toujours marginaux. Essayant toutes les drogues qui lui passeront sous la main, Eric va finalement découvrir le fléau social qu’elles représentent.[pull_quote_right]l’envers du décor d’un Flower Power qui se fane[/pull_quote_right]

A la façon d’un carnet de route, on passe de véhicules en véhicules en compagnie de ce couple original et complémentaire, qui n’hésite pas à dormir à la belle étoile quand il le faut (au prix de quelques frayeurs). Un duo qui vit son rêve jusqu’au bout, même si l’on sent une déception inévitable en fin de parcours. Le scénario est découpé avec intelligence, respectant la chronologie du parcours. Il nous fait découvrir l’envers du décor d’un Flower Power qui se fane au milieu des laissés pour compte de l’Amérique. Un tableau finalement assez noir.

Le style graphique utilisé par Eric Cartier apporte quant à lui une certaine chaleur à travers son trait libre et instinctif. Un dessin vivant qui donne une belle sensation de mouvement. La couleur de Pierô Lalune joue également un rôle important, jouant de bichromies très variées tout au long du périple, dont de nombreuses anecdotes se déroulent de nuit.

Entre évasion et désillusion, Route 78 nous immerge dans l’intimité d’un voyage captivant. A découvrir.

Gente de bién, un film de Franco Lolli

Gente de bién, un film de Franco Lolli

Gente de bién, un film de Franco Lolli

Gente de bién a été nommé au Festival de Cannes 2014 pour la Caméra d’Or, ainsi que trois nominations à La Semaine Internationale de la Critique 2014. Franco Lolli réalise avec Gente de bién son premier long métrage, dans sa ville natale, Bogota. Nous sommes en Colombie et le réalisateur s’est largement inspiré de sa propre enfance. Enfance difficile et pauvre, seul avec sa mère.

Sortie : le 18 mars 2015
Durée : 1h27
Avec : Brayan Santamaria, Carlos Fernando Perez, Alejandra Borrero

Gente de biénGente de bién

Le film Gente de bién, raconte l’histoire d’un petit garçon, Eric, et de sa chienne, Lupe, que la mère remet au père dès les premières minutes du film. On n’en connaît pas la raison. Elle s’en débarrasse. Et le père n’a pas l’air plus heureux que ça de récupérer son fils qu’il connaît à peine. Heureusement Eric n’est pas seul. Lupe le suit partout.

Le père d’Eric est dans la misère. Il est menuisier, sans travail fixe. Il travaille chez une femme, plutôt riche et lui répare des meubles. Une « gentille » propriétaire riche. Elle lui propose d’emmener Eric et lui-même dans sa maison de campagne, pour les fêtes de Noel, afin qu’Eric puisse avoir des vacances et un vrai Noël. Et lui, travaillera là-bas, dans la maison, pour gagner quelques sous.

Mais tout n’est pas si simple… Même Lupe, la chienne, va souffrir de la situation.

Bien sûr, on retrouvera de nombreux clichés dans ce film. Les contrastes entre pauvres et riches, les différentes façons de vivre, les discours… Les dialogues aussi sont dans ce sens. Mais n’oublions pas que nous sommes en Colombie, à Bogota, et les différences entre les classes sociales sont énormes. Mais là n’est pas le plus important. Ce film véhicule des sentiments forts et certains passages nous transpercent le cœur. Des images toutes simples et tellement vraies.

Une mention toute spéciale pour l’interprète d’Eric : Brayan Santamaria. Il est tout à fait exceptionnel, d’autant plus que son rôle est loin d’être facile ! D’une sincérité bouleversante.

Un film à voir, assurément !

Bande annonce du film :

Glenn Gould, une vie à contretemps : une BD de Sandrine Revel (Dargaud)

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Glenn Gould BD

Glenn Gould, une vie à contretemps

Pianiste extraordinaire mondialement reconnu, Glenn Gould était un excentrique décalé qui mit fin à sa carrière de concertiste très tôt, à 32 ans. Un génie qui préférait les animaux et les studios d’enregistrement aux gens. Sandrine Revel (Un drôle d’ange gardien, Sorcières et Dépendances…) propose sinon de percer les nombreux mystères de cette personnalité, au moins de retracer le parcourt de ce monument de la musique classique.

Date de parution : le 20 mars 2015
Auteur : Sandrine Revel (scénario et dessin)
Editions : Dargaud
Prix : 21,00 € (128 pages)

Résumé de l’éditeur :

La biographie dessinée d’un génie de la musique. Glenn Gould, star planétaire de la musique classique, génie absolu et solitaire. Cette biographie retrace la vie du célèbre pianiste canadien pour tenter de comprendre sa personnalité cachée et en percer le mystère… Pourquoi a-t-il arrêté si brutalement sa carrière de concertiste ? Pourquoi est-il devenu une des premières figures de l’ère médiatique à vouloir disparaître ? Sandrine Revel met tout son talent au service de cette peinture magnifique d’un génie au mal-être tangible. Sandrine Revel nous offre une biographie époustouflante de ce génie à la personnalité complexe.

Le point sur l’album :

Biographie poétique presque musicale, Glenn Gould, une vie à contretemps nous fait partager l’incroyable destin de ce jeune homme frêle habité par tous les maux. Un jeune garçon laissé à l’écart dans la cour d’école, qui va apprendre le piano avec sa mère. Jouant sur une chaise pliante aux pieds sciés, souvent en croisant les jambes, le musicien se produit sur scène et se fait vite remarquer pour sa façon de jouer. Si certains n’apprécient pas sa mauvaise tenue, d’autres saluent le virtuose. Et très vite, le pianiste se forge une réputation internationale. Il enregistrera dans les années 50 les Variations Goldberg dans les studios CBS. Un enregistrement qui fera date et qui engendrera les meilleures ventes du catalogue classique de Sony pendant de très longues années. Pourtant, l’homme n’a pas rendu la tâche facile aux ingénieurs du son (il chantonnait en jouant, tapait du pied, et faisait grincer sa chaise qu’il n’a pas quitté de toute sa carrière).[pull_quote_right]Un être fragile dont la force musicale s’accomplit chaque jour comme un miracle.[/pull_quote_right]

Un pianiste à la vélocité inégalée, qui était aussi une personnalité complexe, hypocondriaque et maniaque. Il allait jusqu’à mettre le chauffage dans sa voiture, vitres fermées, en plein été. Certains iront jusqu’à avancer l’idée que l’artiste était atteint du syndrome d’Asperger.

Le scénario de Sandrine Revel nous fait parfaitement ressentir le moindre pan de la personnalité de Glenn Gould, en nous invitant à voyager dans son univers. Un récit qui nous place dans son for intérieur, au coeur de sa réflexion, de son génie et de ses étranges manies. Un être fragile dont la force musicale s’accomplit chaque jour comme un miracle.

Avec un dessin imaginatif, l’auteur instille un imaginaire omniprésent dans l’univers de Glenn Gould, artiste qui vit avant tout dans sa bulle. Une créativité canalisée avec beaucoup de douceur et de bienveillance, qui  rend ce Glenn Gould très attachant. La mise en scène est si bien réussie qu’on entendrait presque les notes de piano.

Glenn Gould, une vie à contretemps vient nous murmurer à l’oreille le génie créatif de ce pianiste unique grâce à une immersion brillamment réussie.

Sartre, une BD de Mathilde Ramadier et Anaïs Depommier (Dargaud)

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Sartre - Une existence, des libertés

Sartre – Une existence, des libertés

Biographie de l’un des philosophes les plus marquants du XXème siècle, Sartre est une BD scénarisée par Mathilde Ramadier (Rêves syncopés) et illustrée par Anaïs Depommier, deux auteurs qui se connaissent bien pour avoir grandi ensemble. Comme Jean-Paul Sartre, Mathilde Ramadier est d’ailleurs normalienne et philosophe. Un projet qui bénéficie donc de la plus grande expertise !

Date de parution : le 20 mars 2015
Auteurs : Mathilde Ramadier (scénario) et Anaïs Depommier (dessin)
Editions : Dargaud
Prix : 17,95 € (160 pages)

Résumé de l’éditeur :

À l’occasion des 35 ans de la mort de ce maître de philosophie, découvrez sa biographie dessinée par deux jeunes auteures talentueuses. Figure emblématique de la littérature et de la philosophie française, Sartre fut une personnalité à part : libre penseur et révolutionnaire, c’était un homme moderne qui refusait les honneurs. Ce livre retrace avec émotion son engagement politique, ses écrits, sa relation fusionnelle avec Simone de Beauvoir, la création du mouvement existentialiste, etc. Incontournable ! La biographie dessinée d’un des plus grands philosophes du XXe siècle.

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Le point sur l’album :

Passionné par les livres, Sartre a toujours été un original, une personnalité à part. Professeur de philosophie, ancien élève de l’école « prétendue normale et dite supérieure« , il rencontre très tôt Simone de Beauvoir, sa muse et son « amour nécessaire« . On découvre alors le couple hors-normes qu’il formait avec sa confidente, la seule dont il acceptait les critiques (qui avaient une grande importance pour lui). On savoure son quotidien empreint de liberté et d’indépendance intellectuelle. Et puis on touche un peu à cette époque, où le nazisme monte peu à peu pour se muer en une guerre où le jeune Sartre sera appelé et fait prisonnier. On fait la rencontre de ses amis et de ses inimitiés, de Nizan en passant par Merleau-Ponty, Lévi-Strauss, Duchamp, Malraux, Vian, Genet, Camus etc… Le monde éditorial, le journalisme, la résistance, l’existentialisme (dont il était le père)…. Autant de causes pour lesquelles Sartre s’est battu. Un récit passionnant qui suscite, même après sa lecture, beaucoup de curiosité.[pull_quote_right][Un album] d’une qualité irréprochable[/pull_quote_right]

C’est le dessin délicat d’Anaïs Depommier qui accompagne cet album à l’édition raffinée. Un trait fin aussi simple qu’élaboré, qui montre le potentiel de la dessinatrice. Ses courbes irrégulières donnent une belle âme au récit, tout en restant assez fidèle à l’image que l’on se fait des différents auteurs qui le peuplent.

Cet album de Sartre est donc d’une qualité irréprochable. L’occasion rêvée de découvrir ce grand homme qui fut, pour les moins jeunes d’entre nous, notre contemporain.

Clan, une BD d’Amazing Améziane (Le Lombard)

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Clan Couverture

Clan, une BD d’Amazing Améziane

Nouveau one shot d’Amazing Améziane (Legal, la fin de la prohibition, A quatre mains, Bagmen, Devenir mafieux…), Clan est un récit coup de poing sur la mafia japonaise. Un polar noir très efficace, où un jeune yakusa va partir à la conquête de son clan. Un carnage en perspective où vont se nicher des secrets de famille jusqu’ici bien gardés…

Date de parution : le 13 mars 2015
Auteur : Amazing Améziane (scénario et dessin)
Editions : Le Lombard
Prix : 17,95 € (96 pages)

Résumé de l’éditeur :

Saburo, un jeune yakuza ambitieux, déclenche une guerre des gangs pour renverser l’Obayun Kodama, le parrain de Tokyo. Mais le vieux renard entend bien vendre chèrement sa peau et, pour faire assassiner Saburo, il fait libérer Shi de prison. Le vieux sabreur aveugle attend cela depuis 30 ans. 30 ans passés à l’isolement, dans l’ignorance de la trahison qui a scellé son destin. Et dans le monde des clans, le tranchant d’une lame est souvent la seule distance entre la famille et le business…

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Le point sur l’album :

Amazing Améziane aime maîtriser les sujets qu’il aborde. Il en fait la démonstration avec ce Clan qui se déchire au grand jour. L’auteur concocte un récit noir qui navigue entre tradition et modernisme, à l’instar du japon qu’il met en scène. Si ce n’est pas ostensible, on sent un travail de documentation sur le milieu. Confrontant deux générations de yakuzas, il en profite pour ressusciter une légende : un sabreur hors pair, directement inspiré du grand Zatoichi. Entre ce dernier prénommé Chi et l’ambitieux Saburo, la guerre va faire rage. Ce qui ne va pas empêcher les histoires de coeur de ressurgir. Les yakuzas frappent en effet toujours là où ça fait mal. Un scénario-engrenage qui cultive une mise en scène percutante au service de révélations fracassantes, évidemment.[pull_quote_right]Une belle claque graphique[/pull_quote_right]

Ce cocktail explosif est par ailleurs mis en image avec un talent certain. Amazing Améziane propose un graphisme novateur, très dynamique et relativement précis. Utilisant d’innombrables techniques, dont des contre-jours très réussis, il nous régale par son ingéniosité et sa capacité à se renouveler d’une planche à l’autre. Cela tout en conservant une grande cohérence d’ensemble. L’influence de Tarantino ne semble d’ailleurs jamais loin. Bref, la surprise est au rendez-vous.

Clan est une belle claque graphique au scénario bien huilé. Un excellent divertissement à lire sans modération (attention toutefois à ne pas vous tacher de sang).

KZ Dora, l’intégrale BD de Robin Walter (Des ronds dans l’O)

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KZ Dora ou l’horreur d’un camp de concentration

Inspiré de la vie de son grand-père, Robin Walter (Prolongations) livre avec KZ Dora le récit bouleversant de la vie d’un prisonnier de camp de concentration lors de la Seconde Guerre mondiale. Réunissant les deux tomes parus en 2010 et 2012, cette intégrale est augmentée du récit complet « Notes sur mes années d’internement et de déportation » de Pierre Walter.

Date de parution : le 19 mars 2015
Auteur : Robin Walter (scénario et dessin)
Editions : Des ronds dans l’O
Prix : 24,00 € (244 pages)

Résumé de l’éditeur :

Inspiré par l’histoire vraie de Pierre Walter, prisonnier à Dora de 1943 à 1945. Au matin du 1er septembre 1939, l’Allemagne d’Hitler attaque la Pologne. Cinq personnages, Paul, élève officier français, Émile, jeune résistant insouciant, Hans, SS issu des jeunesses Hitlériennes, Bastian, officier SS d’expérience et Michael, ambitieux scientifique allemand travaillant sur les missiles V1 et V2, armes secrètes d’Hitler, voient leur destin se croiser au camp de concentration de Dora. KZ Dora : Camp de concentration situé à proximité du camp de Buchenwald basé en Allemagne destiné à la fabrication d’armes secrètes, les missiles V1 et V2, en fonctionnement de 1943 à 1945.

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Le point sur l’album :

Avec pas moins de cinq personnages principaux qui se croisent sans toujours le savoir dans le camp de DoraRobin Walter élabore un scénario étoffé et transversal. Une façon de rendre compte de cette sombre époque en jouant sur les deux tableaux : côté nazis et côté prisonniers. Si l’on est particulièrement touché par sa façon de raconter le quotidien des prisonniers menacés de mort à chaque instant, le scénario a du mal à  donner le change avec les protagonistes allemands, Hans, Bastian et Michael. On a en effet tendance à s’y perdre et on se demande finalement s’il n’aurait pas mieux valu se concentrer uniquement sur Paul et Emile qui auraient mérité d’occuper plus encore l’espace. Ceci étant, le récit de Robin Walter a le mérite d’être néanmoins équilibré et agréable à parcourir.

Quant au dessin noir et blanc de l’artiste, il dégage une belle intensité grâce à des jeux de lumière très pointus. Un graphisme esthétique et puissant qui vient gommer les quelques imprécisions dans le trait de l’auteur. De fait, on a parfois du mal à identifier clairement les visages, ce qui peut parfois freiner la lecture. Mais sans la gâcher.

KZ Dora méritait bien une intégrale. Un récit poignant, à lire.

7e Festival International du Film Policier de Beaune

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7e Festival International du Film Policier de Beaune

du 25 au 29 mars 2015

Danièle Thompson, présidente du Jury.

Succédant à Claude Chabrol en 2009, Olivier Marchal en 2010, Régis Wargnier en 2011, Jean-Loup Dabadie en 2012, Pierre Jolivet en 2013 et Cédric Klapisch en 2014, la présidente du Jury de la 7e édition du Festival International du Film Policier de Beaune sera la réalisatrice et scénariste Danièle Thompson.

Site web officiel du 7e Festival International du Film Policier de Beaune :

www.beaunefestivalpolicier.com

 

 

BEAUNE 2015-CommuniquÈ de presse 2[1]

 

7e Festival International du Film Policier de Beaune

Exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles : Le Monde du Sultan

Affiche

Le Monde du Sultan

Cette exposition, Le Monde du Sultan, met en lumière l’influence de la culture ottomane sur les artistes européens de la Renaissance. Au fil des échanges et des confrontations, entre les XVème et XVIème siècles, une attirance magnétique s’est maintenue entre les différents peuples et s’est transposée dans la peinture, la gravure, la sculpture et autres objets d’art.

L’EMPIRE DU SULTAN : Le monde ottoman dans l’art de la Renaissance
Du 27.02 au 31.05.2015
Palais des Beaux-Arts / BOZAR – Rue Ravenstein 23 – 1000 Bruxelles
Du mardi au dimanche de 10h à 18h (jeudi: 10h à 21h)
12€ : tarif standard – 10€ : tarif réduit
Palais des Beaux-Arts/Bozar


Le Monde du Sultan

Le Monde du Sultan

Huile sur toile de Hans Eworth

Sultan Soliman le Magnifique – 1549

 

Période de renouvellement de l’Art, l’âge de la Renaissance a fortement été marqué par ce contexte historique. C’est en effet entre Occident et Orient, entre Islam et Chrétienté que certains artistes ont trouvé inspiration et légitimité. Après la chute de Constantinople, l’Empire byzantin laisse la place à l’Empire Ottoman qui multiplie les conquêtes en Europe, et au-delà des conflits militaires, des liens se créent et permettent des échanges à différents niveaux et une évolution culturelle dans les deux sens. Via le commerce et la diplomatie, l’Allemagne, l’Autriche, et les Pays Bas au Nord, l’Italie au Sud, la Pologne et la Hongrie à l’Est subissent l’influence de cette grande puissance. Et même si ces ennemis sont à craindre, les ottomans sont admirés pour leurs lois, leur religion, leur sagesse et leurs connaissances scientifiques. Ainsi cet attrait amène de grands artistes tels que Gentile Bellini, Albrecht Dürer, Hans Memling ou le Titien à peindre des sultans, des vizirs, des combats, mais aussi des demeures orientales, des chameaux et divers éléments liés à cet Empire fastueux. Certains d’entre eux partent en voyage en Orient pour répondre à des commandes car la peinture italienne à excellente réputation au sein de l’Empire Ottoman, les sultans désirent leurs portraits sur toiles ou médailles par les plus grands peintres. Et si les conflits militaires s’enchainent, d’autres formes d’alliances presque passionnelles se développent entre occident chrétien et orient islamique. L’Orient est le berceau de la science et de la sagesse et c’est en cela qu’il fascine l’Europe.

Plus de 160 œuvres d’art et objets précieux traduisent au fil de l’exposition cette influence. Par exemple, les ornementations orientales et le raffinement des textiles s’inscrivent dans la mode de l’élite européenne, ils sont adoptés dans les ateliers de fabrication dans tout le continent. Le tapis d’orient devient un signe distinctif du statut social, et, lorsqu’il est représenté dans les peintures religieuses, il symbolise le séparateur de la sphère sacrée et de la sphère profane. De nombreuses étoffes royales, des reliures de cuirs, des instruments scientifiques, des gravures, des armures, et autres masques répercutent le souffle culturel et esthétique des ottomans.

Loin encore des orientalistes du XIXème tels que Jean-Leon Gérôme, Ingres ou Delacroix, il est intéressant de constater combien les couleurs du monde islamique ont fait effet sur l’Europe de la Renaissance alors en plein changement.

Magnifique exposition, très riche et très bien agencée. Et en ces moments de tensions entre Occident et Orient, c’est un espace-temps qui permet de garder mémoire sur ce qui nous relie plutôt que ce qui nous sépare.

Un audioguide accompagne la visite, il est ponctué d’interventions littéraires par la célèbre écrivaine turque Elif Shafak. Elle viendra faire une intervention le 28 mai 2015.

Le Monde du Sultan

Le Monde du Sultan

Gravure de Melchior Lorck

Sultan Soliman le Magnifique – 1559 – Constantinople

 

CITATION

« Venise est asiatique et arabe ; elle est aussi byzantine, gothique, lombarde ; mais c’est le caractère oriental qui domine, et celui sans lequel elle reste incompréhensible. Ses vaisseaux ont rapporté chez elle les styles et les formes de tous les climats : la coupole de Byzance, le minaret du Bosphore, l’ogive de Mahomet, la citerne du désert. Rien ne lui ressemble sur le continent. Le Jupiter du Péloponnèse, l’islamisme, le christianisme, se pressent à la fois en ce lieu de refuge. »

Edgar Quinet

Allemagne et Italie, 1839

Chelli, un film de Asaf Korman

Chelli, un film de Asaf Korman

Chelli, un film de Asaf Korman

Asaf Korman, israélien, réalise son premier long métrage avec Chelli, avec succès. Asaf Korman s’est largement inspiré de la vie de sa propre femme, Liron Ben Shlush, qui a une sœur handicapée mentale. C’est elle-même qui incarne Chelli qui a en charge sa jeune sœur déficiente. Elle en oublie sa propre vie pour ne s’occuper que de Gaby.

Sortie : le 4 mars 2015
Durée : 1h30
Avec : Liron Ben Shlush,Dana Ivgy, Yaakov Zada Daniel

Chelli, un film de Asaf KormanChelli, un film de Asaf Korman

Si Chelli est remarquablement interprétée par Liron Ben Shlush, le rôle de Gaby, la jeune femme handicapée mentale, est jouée par Dana Ivgy. Non seulement elle ressemble à Liron, mais elle joue le rôle de Gaby avec tellement de vraisemblance qu’on est sûr que c’est une vraie personne handicapée qui tient ce rôle. Et bien, non ! C’est époustouflant !

Le réalisateur, qui dans la vie est le mari de Liron, met l’accent sur l’amour fraternel avec tous ses illogismes. Amour, perversité, dominance, instinct de propriété… Tout est dit dans ce film à huis clos. Maltraitance ou trop d’amour ? Liberté ou prisonnière ? Respect ou étouffement ?

On ressent la difficulté d’être accompagnant d’une personne handicapée mais aussi et surtout la souffrance de Gabby, qui reste avant tout une personne à part entière, et qui refuse d’obéir, ne serait-ce que pour affirmer son existence de jeune femme. De la même façon que Chelli l’oblige à mettre son bras autour d’elle quand elle dort. Bras qu’elle retire, à chaque fois, immédiatement. Jusqu’où peut-on aller ? Quelles sont les limites supportables pour Gaby ? Et pour Chelli ? Equilibre fragile qui va exploser à l’arrivée de l’amoureux de Chelli, Zolar.

Un film vraiment profond qui analyse la perversité des rapports humains, loin des règles sociales superficielles. Si Gabby est déclarée handicapée, Chelli tout au long du film nous découvre sa personnalité troublante, obsédée par sa sœur. Et psychiquement fragile. Peut-être qu’au final la personne la plus atteinte est-elle Chelli et non Gabby…

A méditer et à voir sans a priori.

Bande annonce du film Chelli :

The Black Legends, le musical, aux Folies Bergère à Paris


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Folies Bergère du 19 mars au 5 avril 2015

Ce musical fait revivre les grands standards de la musique noire américaine auxquels il relie l’histoire de la communauté afro-américaine qui sert de fil conducteur aux chansons interprétées et à leur contexte social. Divertissant.

[pull_quote_center]Les 30 artistes particulièrement investis – à la fois chanteurs, comédiens et danseurs aux tessitures vocales très larges accompagnés de 9 musiciens live – s’emparent avec une identité propre des tubes planétaires de Ray Charles, la Motown, Otis Redding, Les Supremes, Aretha Franklin, Martha Reeves and the Vandellas, Nina Simone, Whitney Houston, Michael Jackson ou encore Beyoncé.[/pull_quote_center]

De l’abolition de l’esclavage, en passant par la ségrégation raciale et sa rébellion jusqu’à l’élection d’Obama, le peuple noir n’a cessé de lutter pour voir reconnaitre ses droits et conquérir son émancipation.

Nous sommes donc embarqués dans une grande épopée générationnelle à travers 38 tableaux très réussis qui symbolisent dans une mise en scène de Valéry Rodriguez, également chanteur sur le show,  tous les moments forts qui la jalonnent, grâce à des saynètes visuelles et temporelles marquantes où les morceaux se calent sur la chronologie des faits retracés et leurs époques charnières.

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Avec pas moins de 300 costumes, les codes vestimentaire, de couleur, de coiffures sont au rendez-vous pour nous replonger dans chaque période et son son d’origine, incroyablement reconstitué.

A l’abri du gospel, du blues, du jazz New Orléans et de la soul s’investissent sur le plateau des cabarets comme le Cotton Club, Cab Calloway où sont ainsi évoqués et non pas copiés les Bessie Smith, Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Duke Ellington, Ray Charles, Otis Redding ou James Brown.

La figure de Martin Luther King, prêcheur de la non-violence traverse bien évidemment la fresque comme celle de Malcom X et de la courageuse Rosa Parks qui fut la première à oser dénoncer en 1955 la ségrégation noirs/blancs dans les bus, initiant le mouvement des droits civiques.

S’enchainent ensuite la naissance du disco puis le phénomène hip hop sur fond de musique noire revendicatrice.

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Les 30 artistes particulièrement investis – à la fois chanteurs, comédiens et danseurs aux tessitures vocales très larges accompagnés de 9 musiciens live – s’emparent avec une identité propre des tubes planétaires de Ray Charles, la Motown, Otis Redding, Les Supremes, Aretha Franklin, Martha Reeves and the Vandellas, Nina Simone, Whitney Houston, Michael Jackson ou encore Beyoncé.

Tandis que les lumières électriques de Jacques Rouveyrollis irradient cette légende black où la culture noire se pare d’une référence musicale mondiale…

Résultats concours : La tirade du nez, 4 livres gagnés.

Sortie le 5 mars 2015 aux Editions Le Seuil Jeunesse

A l’occasion de la sortie du livre La Tirade du nez, le 5 mars 2015, Publik’Art, en collaboration avec Les Editions Le Seuil Jeunesse, vous a offert la possibilité de gagner :

4 exemplaires cartonnés du livre pour tout petit enfant La Tirade du nez

Vous avez spécialement été nombreux à participer : 6 430 ! Un grand bravo à tous et un grand merci de votre excellente participation.

Les 4 heureux gagnants sont :

Laurent Siraut, Nicolas Van Klaveren, Cathy Rocherioux et Jacqueline Falcon.

Notre partenaire vous enverra votre livre très prochainement et d’avance nous les en remercions vivement.

Très bonne lecture à tous !

La Prochaine fois je viserai le coeur : un film de Cédric Anger (DVD)

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La prochaine fois je viserai le coeur

La Prochaine fois je viserai le coeur en DVD

Cédric Anger (L’Avocat, Le Tueur) signe avec La Prochaine fois je viserai le coeur un film glacial inspiré d’un fait divers des années 70, en France : l’affaire Alain Lamare. Gendarme de profession, ce dernier s’est vu attribuer le titre du tueur en série de l’Oise. Une personnalité complexe magistralement interprétée par Guillaume Canet.

Sortie : le 18 mars 2015
Avec :  Guillaume Canet, Ana Girardot, Jean-Yves Berteloot
Durée : 1h51
Prix :  19,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes. Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

La prochaine fois je viserai le coeur

Notre avis sur le film :

« Il leur disait toujours cette phrase dingue : « Attention je vais vous faire mal » et ne regardait jamais les impacts des balles. C’est aussi pour ça, heureusement, qu’il n’en a pas tuées autant qu’il l’espérait… Alors comme il ratait, tirait dans le ventre, les jambes, il ponctuait ses lettres de menaces de cette phrase : La prochaine fois je viserai le coeur« , raconte le réalisateur (source : Allociné.com).

La Prochaine fois je viserai le coeur n’est pas un film de course-poursuite ou de chasse à l’homme. Le scénario s’attache surtout à suivre le meurtrier dans son quotidien. Un homme torturé sans cesse en mouvement. Que ce soit en voiture pour aller tuer des autostoppeuses, pour faire ses rondes de gendarmes, ou pour aller dormir en forêt, dans le froid et l’humidité ambiante. On y décrit un criminel dangereux et très dur avec lui-même. Un assassin qui n’a jamais pris plaisir à tuer. Qui semblait même avoir une peur panique lorsqu’il passait à l’acte. C’est essentiellement à cela qu’on assiste durant tout le film. [pull_quote_right]Plutôt original et absolument froid.[/pull_quote_right]

Forcément tortueux et complexe, La Prochaine fois je viserai le coeur emprunte la voix tracée par Alain Lamare. Si bien qu’on ne sait pas toujours où le réalisateur veut nous amener, si ce n’est dans les méandres des pensées de ce fou. Un fou qui a d’ailleurs été reconnu irresponsable de ses actes et interné.

La Prochaine fois je viserai le coeur choque autant qu’il interroge sur cette personnalité. Un film sans grand suspense mais qui surprend par sa façon d’aborder le parcours d’un serial killer. Plutôt original et absolument froid.

Les bonus du DVD : 

Interview exclusif de Cédric Anger (30′)
Making-of (15′)

Les promeneurs sous la lune, une BD de Zidrou et Mai Egurza (Rue de Sèvres)

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Les promeneurs sous la lune couverture

Les promeneurs sous la lune ou l’art de dormir debout

Histoire de noctambule, Les promeneurs sous la lune est une BD de Zidrou (L’élève Ducobu), scénariste, et Mai Egurza, dessinatrice espagnole qui signe son premier album. Comme un songe poétique au milieu de la nuit, les auteurs mettent en scène un somnambulisme contagieux qui se propage peu à peu sur les toits de la ville… sous la lune.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteur : Zidrou (scénario) et Mai Egurza (dessin)
Editions : Rue de Sèvres
Prix : 14,00 € (70 pages)

Résumé de l’éditeur :

Napoleon Carvallo même une vie tranquille dans une petite ville catalane jusqu’à ce qu’une nuit il se réveille dans le lit de Linh, une inconnue du quartier, sans avoir aucune idée de comment il est arrivé là. Les choses deviennent de plus en plus étrange lorsque cette aventure se répète plusieurs nuits de suite ! Linh accepte de ne pas porter plainte à condition que Napoleon consulte un spécialiste du sommeil… nos héros ne sont pas au bout de leurs surprises : serait-il possible que toute la ville soit prise d’une étrange épidémie de somnambulisme ?

Les promeneurs sous la lune planche

Le point sur l’album :

C’est suite à une affaire pour le moins troublante que Les promeneurs de la lune débute son récit. Un jeune homme a en effet pris la fâcheuse habitude de se réveiller dans le lit de sa voisine. Le noctambule va devoir enquêter et surtout se soigner car la malheureuse élue a porté plainte. Une idée originale relativement bien écrite par Zidrou à la façon d’une comédie douce. On se laisse ainsi volontiers porter malgré l’absence de véritable enjeu.

Un scénario sans prétention agréablement illustré par Mai Egurza. Son trait fin et son style épuré aux courbes généreuses n’est pas sans rappeler le dessin d’Arthur de Pins. Un univers qui dégage une douceur idéale aux Promeneurs sous la lune.

Au final, si Les Promeneurs sous la lune n’est pas un album inoubliable, il offre un moment de courte évasion qui n’est pas désagréable.

Le Sculpteur, une BD de Scott McCloud (Rue de Sèvres)

Le Sculpteur

Le Sculpteur, une BD de Scott McCloud

Auteur multi-récompensé et reconnu à travers le monde, Scott McCloud (l’Art invisible, Faire de la Bande dessinée, Zot !) signe Le Sculpteur, qui vient de paraître aux éditions Rue de Sèvres. Un pavé de quelques 496 pages qui vient se jeter à notre figure pour exploser comme un feu d’artifices. Autrement dit : un chef d’oeuvre.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteur : Scott McCloud (scénario et dessin)
Editions : Rue de Sèvres
Prix : 25,00 € (496 pages)

Résumé de l’éditeur :

Un roman graphique exceptionnel ! La destinée hors du commun d’un jeune artiste new-yorkais, la grande aventure de la création et les interrogations qu’elle suscite.
David Smith consacre sa vie à l’art – jusqu’à l’extrême. Grâce à un pacte avec le diable, le jeune artiste voit son rêve d’enfance réalisé : pouvoir sculpter tout ce qu’il souhaite, à mains nues. Mais ce pouvoir hors norme ne vient pas sans prix… il ne lui reste que 200 jours à vivre, pendant lesquels décider quoi créer d’inoubliable est loin d’être simple. D’autant que rencontrer l’amour de sa vie le 11e jour ne vient rien faciliter !

Le Sculpteur planche

Le point sur l’album :

Le Sculpteur raconte évidemment l’histoire d’un artiste. Celle d’un Sculpteur qui ne vit que pour son art. Ayant connu le succès dès sa sortie de l’université, il est trop vite tombé dans l’oubli. Depuis, il n’a de cesse de rechercher la reconnaissance du public et de ses pairs. Pour ça, il est prêt à tout, même à pactiser avec le diable. C’est même exactement ce qu’il va faire. Une trame inattendue pour un roman graphique qui débute assez classiquement. Mais Scott Mc Cloud va très vite nous emmener plus loin.[pull_quote_right][Une] oeuvre colossale[/pull_quote_right]

Posant les bonnes questions, l’auteur va exposer toutes les facettes qui font le monde de l’art aujourd’hui. Pour cela, il a choisi la ville de New York. Un terrain de jeu narratif où il nous promène littéralement. On découvre les règles difficiles qui régissent le marché de l’art, sous le dictat des critiques et des mécènes. Scott Mc Cloud met aussi en scène la fièvre créative et interroge sur son processus. Mais il nous raconte surtout une histoire touchante et romantique entre deux hypersensibles qui cherchent à s’accomplir dans la vie. Une rencontre qui va bouleverser le récit, dont le suspense ne sera que plus grand.

C’est dans l’art compliqué de la simplicité que Scott Mc Cloud a choisi d’inscrire Le Sculpteur. Sa narration est d’une extrême efficacité, utilisant avec brio le dessin pour apporter une deuxième lecture à l’histoire. On est presque abasourdi par une oeuvre aussi aboutie au plan narratif, que l’on ne peut s’empêcher de la lire d’une traite.

Minimaliste et recherché, c’est ce que l’on peut dire du dessin de l’auteur. La bichromie noire et bleue utilisée donne une certaine puissance à son trait délicat où les émotions des personnages sont traduites avec beaucoup de sensibilité.

Le Sculpteur marque donc par son originalité et par sa capacité à innover. Une façon inédite d’explorer les codes du neuvième art, qui participe à la qualité de cette oeuvre colossale (déf. Larousse / Colossale : Qui dépasse de beaucoup la mesure normale. Se dit d’une statue qui dépasse nettement la taille naturelle.).

Le Prince de la Nuit, tome 7 : une BD de Yves Swolfs (Glénat)

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Le Prince de la nuit tome 7

Le Prince de la Nuit, t.7 : La Première mort

Près de quinze ans après son sixième album, Le Prince de la Nuit revient nous hanter avec ce prequel intitulé Première mort. Un nouveau cycle s’ouvre pour cette série culte, signée Yves Swolfs (Durango, Dampierre, Légende, Vlad…).

Date de parution : le 11 mars 2015
Auteurs : Yves Swolfs (scénario et dessin), Bérangère Marquebreucq (couleurs)
Editions : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

L’origine du Mal… On l’appelle le Prince de la nuit. Vampire, créature nocturne et immortelle se nourrissant du sang de ses victimes, il inspire la crainte et l’obsession de la famille de Rougemont qui le combattra à travers les âges. Mais qui est véritablement Vladimir Kergan ? Né par une nuit de pleine lune d’une mère qui mourut en lui donnant la vie, il est l’héritier d’un chef de clan du peuple Dace à l’ambition démesurée qui n’hésite pas à défier les toutes puissantes légions romaines. Ce tempérament de feu nourrit la jalousie des membres de sa propre famille ; aussi les devins le prédisent : Kergan le malvenu est prédestiné à être maudit, quoi qu’il arrive. Condamné à être trahi par les siens, il deviendra prêt à tout pour se venger, quitte à pactiser avec le Mal en personne.
À travers le nouveau cycle de cette saga fantastique de référence, le virtuose Yves Swolfs nous raconte les circonstances qui ont mené son personnage à devenir le légendaire Prince de la nuit. Plongez aux sources du Mal…
À l’occasion de la sortie de ce nouvel album, tous les tomes précédents du Prince de la nuit seront réédités avec une couverture exclusive !

Le Prince de la nuit tome 7 planche

Le point sur l’album :

C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve Kergan dans un album à part, puisque Yves Swolfs nous y raconte la genèse de son personnage. Un terrible vampire assoiffé de vengeance dont on ignorait les origines, du moins jusqu’à aujourd’hui. La figure du mal incarné s’humanise un peu le temps d’un épisode qui nous montre les blessures qui ont fait notre Vampire, ce Prince de la Nuit. Un septième album qui ravive la flamme de cette saga fantastique incontournable. [pull_quote_left][Une] saga fantastique incontournable.[/pull_quote_left]

Bien que le scénario ne nous livre pas tous les secrets de Kergan – fort heureusement, il raconte à travers la narration fleuve de Swolfs comment ce chef de clan du peuple Dace en est arrivé à pactiser avec le diable. Un récit de genre palpitant malgré l’absence de véritable enjeu ou surprise.

Ce nouveau cycle est aussi l’occasion rêvée de s’émerveiller devant la qualité irréprochable du dessin de Swolfs. Un trait à la fois puissant et délicat, qui n’a rien perdu de sa superbe, bien au contraire. Du talent à l’état pur.

Le Prince de la Nuit s’est réveillé après un long moment. On espère qu’il va nous faire cauchemarder encore longtemps ! Une aventure à suivre.

The Guest : quand Mads Mikkelsen joue les obsédés pour BoConcept (article sponsorisé)

The Guest

Quand Mads Mikkelsen joue les obsédés 

Après l’élégance dramatique de The Call, voici le glamour décalé dans The Guest, film qui signe la suite et fin du diptyque réalisé pour BoConcept, fabricant et distributeur de meubles design d’origine danoise, qui compte 300 magasins à travers le monde.

A l’occasion de la sortie de ces films, BoConcept lance par ailleurs un jeu pour gagner un service de conseil en décoration avec 10 000 € de meubles. Inscrivez vous sur boconcept.fr.

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Tourné à Valence en Espagne, dans la très belle villa de Morten Georgsen – l’un des designers de l’entreprise, The Guest met en scène l’acteur Mads Mikkelsen en compagnie de son ami Dejan Cukic (acteur mais également scénariste et réalisateur du film). Ici, le premier invite le second dans sa demeure où une surprise l’attend. Dejan va découvrir un paradis peuplé de belles créatures féminines, du sol au plafond. Pourtant, ce n’est pas la surprise que Mads entendait réserver…

C’est en effet sur un ton drôle et léger que l’on découvre un Mads Mikkelsen totalement obsédé par les fonctionnalités de ses nouveaux meubles design, au détriment des jeunes femmes qui se baignent dans la piscine et narguent son ami. L’occasion de mieux découvrir l’univers de la marque et cet intérieur raffiné mis en valeur par un ton sur ton charmeur.

the Guest

C’est donc un panel de blanc-gris beaucoup plus lumineux que dans The Call que l’on découvre ici, avec l’utilisation de cuir, de couleurs métalliques et de verre. Un jeu de textures qui renforce encore l’atmosphère glamour de ce film où l’humour tient le premier rôle.

Une façon de donner le change à un premier film qui nous avait déjà intrigué. The Guest souligne ainsi l’originalité de cette campagne inédite dans le monde de la publicité.

Crédits

Scénario : Dejan Cukic et Thomas Busk
Réalisateur : Dejan Cukic et Thomas Busk
Photographe du film : Nicolaj Brüel
Producteur : Claus Frandsen, the company film[/vc_column]

Son : Alexsounds et Supersonic
Post Production : Decu, Gentlemen Bronocos, the company film
Société de production : the company film

Article Sponsorisé

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