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L’Encyclopédie des débuts de la terre, une BD d’Isabel Greenberg (Casterman)

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L'Encyclopédie des débuts de la terre

L’Encyclopédie des débuts de la terre

Très bel ouvrage d’Isabel Greenberg, L’Encyclopédie des débuts de la terre est aussi un fabuleux voyage aux confins de l’Histoire de l’humanité. Multipliant les références aux mythes de nos civilisations, l’auteur – qui signe sa première bande-dessinée – se révèle être une grande conteuse d’histoire. Un récit où l’on suit un jeune garçon venu du Nord, traverser les continents à la recherche d’une partie de son âme perdue… Pour survivre durant son périple, le nordiste va utiliser ses talents de conteur et narrer les histoires les plus fantastiques aux étrangers qu’il rencontrera.

Date de parution : le 7 janvier 2015
Auteur : Isabel Greenberg (scénario et dessin)
Editeur : Casterman
Prix : 24,00 € (176 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Depuis une île lointaine, nous suivons le voyage mouvementé d’un jeune garçon qui a perdu une partie de son âme et tente de la retrouver. Pour déjouer les coups du sort et se sortir des mauvaises passes ce dernier se sert de l’art absolu, celui de conter. On découvrira ainsi comment une vieille femme terrassa un géant en lui faisant manger des saucisses grillées, comment la femme du pôle sud et l’homme du pôle nord tombèrent éperdument amoureux sans jamais parvenir à se toucher, comment trois sœurs demandèrent à un chaman sans scrupule de leur partager un bébé… Souverains sanguinaires, monstres marins, guérisseurs fous, Arche de Noé, la talentueuse Isabel Greeberg convoque les plus grands mythes et nous fait revivre, intensément, les débuts de la Terre, quand les glaces recouvraient une bonne partie du globe, quand les hommes et les dieux se côtoyaient, quand la magie était partout.

L'Encyclopédie des débuts de la terre

Le point sur l’album :

Comme un hommage à tous les conteurs d’histoires, Isabel Greenberg vient souffler un vent de poésie sur un scénario à tiroirs, où les récits d’aventures se démultiplient à mesure que celui qui les raconte évolue. L’auteur livre une histoire aussi douce que cruelle, servie par une narration fleuve où l’humour tutoie la gravité. Une diversité de styles très justement dosée qui ajoute à L’Encyclopédie des débuts de la terre la sensation d’un scénario très abouti, et participe à la magnification de son universalité.

Faisant le choix d’un dessin noir-et-blanc au trait appuyé, proche de la caricature, Isabel Greenberg renforce la dimension fantastique de ce voyage enchanteur. Un graphisme audacieux où viennent se nicher quelques touches de couleurs, disséminées de façon très mesurée tout au long du récit.

Oeuvre dense et puissante, L’Encyclopédie des débuts de la terre est une profonde inspiration où résonnent les fondements et les croyances de l’humanité, mais où vibre aussi un amour immodéré pour l’art de les raconter.

Kinderland, une BD de Mawil (Gallimard)

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Kinderland-BD

Kinderland, une BD de Mawil

Ecrit par Mawil (auteur allemand qualifié de Woody Allen de la bande dessinée locale), Kinderland fait le récit du quotidien d’un jeune garçon en ex-RDA, à l’Est du mur de Berlin dans les années 80. Un monde d’enfants très peu concernés par les problèmes que traverse son pays. Mirco est trouillard et maladroit. Il est le souffre douleur de sa classe. Tandis que Torsten est n’a peur de rien sous ses allures de marginal.

Date de parution : le 14 novembre 2014
Auteur : Mawil (scénario et dessin)
Editeur : Gallimard
Prix : 27,00 € (296 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Berlin-Est, 1989. À l’ombre du Mur, la bataille fait rage. Mirco le trouillard et Torsten le rebelle affrontent les brutes du collège dans un match de ping-pong épique. Smashant les balles comme s’il y allait de leur vie, ils ne voient pas que le monde qui les entoure s’apprête à s’écrouler. Avec verve et humour, Mawil raconte l’Allemagne de l’Est de son enfance, jusqu’à la chute du Mur.

Kinderland BD planche

Le point sur l’album :

Comme un témoignage de son enfance berlinoise, Mawil livre un petit pavé sur les pré-ados à l’époque du mur. Sur un ton étonnamment jovial, l’auteur nous attendrit à travers Mirco, un petit gars qui a bien du mal à faire sa place mais qui ne baisse jamais les bras. Un personnage attachant dans son rôle de canard boiteux, qui va faire la rencontre d’un mouton noir : Torsten, qui est tout son contraire. Sans prétention, le scénario semble être le réceptacle des souvenirs de l’auteur qui a vécu lui-aussi son enfance en ex-RDA. Une histoire ponctuée par les petits troubles qui inquiètent ces enfants… Des préoccupations loin des nôtres et ça fait du bien.

Efficace sur la forme, Kinderland va droit au but grâce à un style narratif minimaliste qui s’anime principalement dans le dessin. Ce dernier est réalisé dans la plus grande simplicité, sans fioritures. Un trait caricatural associé à un découpage fluide aboutissent à un plaisir de lecture incontestable, bien queKinderland ne suscite pas de coup de coeur.

En bref, Kinderland est un album plaisant et généreux. A découvrir.

« Le Cid » de Jules Massenet, direction : Michel Plasson, à l’Opéra de Paris

Le Cid / Massenet - Roubaud

© Agathe Poupeney / Opéra National de Paris

Palais Garnier du 27 mars au 21 avril 2015 

Le Cid, a vraiment existé, il a vécu en Espagne au 11ème siècle. Et il a inspiré Corneille qui en a fait une grande pièce de répertoire. Ensuite c’est Jules Massenet qui s’est emparé de l’œuvre pour en composer un opéra en 1885 qui n’avait plus été donné à Garnier depuis 1919. Son attrait et sa fascination pour la langue du Grand siècle fait la part belle au livret où la partition tonique qui enchaine héroïsme et romantisme, se pare des célèbres alexandrins : “ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie, Rodrigue as-tu du cœur, à moi, comte, deux mots, qu’on est digne d’envie quand avec la force on perd aussi la vie, va, je ne te hais point, aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années”.

[pull_quote_center]La distribution est emmenée par l’inégalable Roberto Alagna dont l’ampleur et l’étendue du timbre embrassent à merveille la composition chevaleresque et romantique du personnage. Tandis que la Chimène de la mezzo-soprano Sonia Ganassi, spécialiste du bel canto italien, se révèle intense sur l’air ”Pleurez, pleurez mes yeux !”.[/pull_quote_center]

Le Cid / Massenet - Roubaud

Entre les scènes collectives propices à l’effervescence du chœur et les duos tourmentés des amants Rodrigue (Roberto Alagna) et Chimène (Sonia Ganassi) se déclinent sur fond d’une romance de cap et d’épée les enjeux de l’intrigue qui voit s’opposer le sens de l’honneur et la passion du cœur.

[pull_quote_left]Michel Plasson, grand défenseur de la musique française, restitue avec brio l’ouverture opératique du livret et ses airs épiques aux multiples couleurs ornés d’une touche hispanisante, sous l’emblème du drapeau espagnol, rouge et or.[/pull_quote_left]

Pour venger l’offense faite à son père, Rodrigue doit défier le père de Chimène, sa bien-aimée.  Avant même de le tuer, Rodrigue comprend son malheur : « Devais-tu m’imposer, ô fortune cruelle, pour ma première épreuve une épreuve mortelle ! (…) Hélas, tout mon bonheur perdu ! » chante-t-il à la toute fin du premier acte.

La jeune femme ne peut donc plus épouser Rodrigue et, pour venger son père, doit se résoudre au  châtiment suprême pour son amoureux.

Mais le roi a besoin de Rodrigue pour combattre les Maures. Il revient de cette mission victorieux et est proclamé Cid campeador (chef guerrier).

Lorsque le souverain demande à Rodrigue la récompense qu’il désire, il réplique que seule Chimène peut la lui accorder. La voyant alors hésiter, Rodrigue s’apprête à s’immoler avec sa propre épée. Ce geste rédempteur a raison des dernières réticences de Chimène qui lui annonce son pardon et lui réitère son amour.

Le metteur en scène Charles Roubaud transpose l’action sous Franco à l’abri d’une scénographie imposante et circulatoire propice aux effets spectaculaires et visuels des scènes de groupe mais aussi aux déclamations amples et sentencieuses des protagonistes.

Michel Plasson, grand défenseur de la musique française, restitue avec brio l’ouverture opératique du livret et ses airs épiques aux multiples couleurs ornés d’une touche hispanisante, sous l’emblème du drapeau espagnol, rouge et or.

Le Cid / Massenet - Roubaud

La distribution est emmenée par l’inégalable Roberto Alagna dont l’ampleur et l’étendue du timbre embrassent à merveille la composition chevaleresque et romantique du personnage. Tandis que la Chimène de la mezzo-soprano Sonia Ganassi, spécialiste du bel canto italien, se révèle intense sur l’air ”Pleurez, pleurez mes yeux !”.

Annick Massis (l’infante) témoigne d’une belle performance vocale assortie d’une prestance toute aussi royale sans oublier les prestations remarquées de Paul Gay (Don Diègue), Nicolas Cavallier (le Roi), et Laurent Alvaro (le Comte de Gormas).

Le Cid ou la noblesse du cœur, olé !

Résultats concours : Cerise, 10 places de ciné gagnées.

Sortie le 1er avril 2015

 

A l’occasion de la sortie du film Cerise, Publik’Art, en collaboration avec Gaumont, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : Cerise

Vous avez été très nombreux à participer : 3 767 joueurs ! Bravo à tous et merci de cette excellente participation !

Les cinq heureux gagnants sont :

Mikaël Quoturel, Amandine Lenormand, Aline Loriol, Lise Salija et Jean-Marc Follin.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

Tiens-toi droite, un film de Katia Lewkowicz (DVD)

Tiens-toi droite

Tiens-toi droite, film de Katia Lewkowicz en DVD

Deuxième film de la réalisatrice Katia Lewkowicz (après Pourquoi tu pleures ?), Tiens-toi droite est une injonction qui s’adresse aux femmes. Un film décousu qui s’anime par tout ce qui peut pourrir la vie d’une femme. Articulé autour de trois personnages féminins, et autant d’actrices de talent, le film fait la tentative de l’originalité à travers une narration complexe, voire anarchique.

Sortie : le 1er avril 2015
Avec :  Marina Foïs, Noémie Lvovsky, Laura Smet
Durée : 1h34
Prix :  15,99 € (DVD)

Synopsis :

Louise, Sam, Lili. Trois femmes qui ne se connaissent pas mais dont la volonté farouche d’évolution va les faire se rencontrer, se rejoindre, se juxtaposer.
C’est l’histoire de Louise qui quitte le pressing de famille pour travailler dans une grande entreprise de fabrication de poupée où l’a pistonnée son amant.
De Lili, Miss Nouvelle-Calédonie, qui fait la rencontre d’un riche industriel.
De Sam, mère de famille nombreuse, qui décide de prendre son indépendance.
Il y a la pression de leurs mères, de leurs sœurs, de leurs amies.
Il y a leurs hommes qui disparaissent. Il y a leurs filles qui les regardent, les imitent.
Et il y a la conception de ce nouveau modèle de poupée, enfin à l’image de la femme.
Mais est-ce le modèle qui doit s’adapter à la femme ou l’inverse ?

Tiens-toi droite

Notre avis sur le film :

Difficile à appréhender dans sa forme, Tiens-toi droite ne parvient pas à retenir toute l’attention qu’il faudrait sans doute lui consacrer quant au fond. On s’échine à suivre trois femmes dans un quotidien parfois pénible, fait de petites contrariétés et surtout d’un grand foutoir. Tout s’enchaine dans un grand capharnaüm généralisé, aidé d’une voix off aux formules sibyllines, censées nous intriguer.

Un scénario à la lecture difficile, malgré l’aide d’un trio d’actrices plutôt inspiré. Marina Foïs, Noémie Lvovsky et Laura Smet portent le film. On regrette le choix narratif opéré par la réalisatrice, qui casse quelque peu la magie du spectacle.

Tiens-toi droite est en conclusion un film de belle intention qui se complique inutilement la tâche. Un acte manqué. Dommage.

Les bonus du DVD : 

Essais filmés avec les enfants
Scènes coupées
Interview de Laura Smet
Photos du Tumblr #TIENSTOIDROITE
Interview de Katia Lewkowitch par MadmoiZelle

Bonté Divine, un film de Vinko Bresan

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Bonté Divine, un film de Vinko Bresan

En décembre dernier, Charlie Hebdo et le réalisateur de Bonté Divine, Vinko Bresan ont signé un accord de partenariat. Possédant une vision commune de l’art, Charb a dessiné trois illustrations pour le film quelques jours avant l’attentat du 7 janvier 2015. Le long métrage est adapté d’une pièce de théâtre mise en scène par le meilleur ami du réalisateur, Mate Matistic en 1999. C’est d’ailleurs lui qui a composé la musique du film et aidé au scénario.

Sortie : le 1er avril 2015
Durée : 1h37
Avec :  Kresimir Mikic, Niksa Butijer, Marija Skaricic

Synopsis :

Un jeune prêtre est envoyé sur une ile isolée de Dalmatie. Il décide avec deux complices de percer tous les préservatifs en vente sur l’ile afin d’augmenter rapidement la natalité. L’opération est un tel succès que le phénomène devient national voir international.

Bonté divine

Bonté Divine

Bonté Divine est bel est bien une comédie qui décapote. Le personnage principal de la comédie est le père Fabijan, joué par Kresimir Mikic, l’un des plus grands acteurs croates. Il arrive sur une petite île de Croatie où tout le monde se côtoie. Alors que sa mission est de reprendre les rênes de la paroisse, il est inquiété par le fort taux de mortalité de l’île. Il décide d’un stratagème afin de créer un regain considérable dans les naissances. Ce prêtre, naïf et rêveur fait équipe avec Petar, le propriétaire du kiosque local, un homme à la fois rustre et soumis par sa femme. Leur mission est de trouer tous les préservatifs vendus sur l’île afin que toute reproduction soit… productive.

Les personnages ne sont ni plats ni inutiles. Ils sont tous construits intelligemment avec leur caractère repoussant ou attachant. Bien que parfois exagérés, ils restent crédibles.

L’humour noir, le décalage et la satire sont des éléments qui font de cette comédie une œuvre réussie. La comédie critique premièrement certains dogmes religieux incompatibles avec la modernité, mais aussi les hommes de pouvoir qui ne sont pas si forts et bons qu’ils le paraissent, et le peuple, parfois trop réducteur, qui ne voit que ses problèmes sans prendre en considération le contexte global des choses. Les critiques sont à la fois concrètes et drôles.

Bonté Divine

Bonté Divine

La morale du film est bonne. Bien que les éléments comiques nous fassent unanimement rire, le fond est grave et sérieux. Bonté Divine traite de la manipulation, de l’abus de pouvoir et de confiance ainsi que de l’imperfection des Hommes, surtout des religieux. Ce n’est pas une comédie classique, et cela fait du bien de voir des réalisateurs sortir des cases qu’on aime leur attribuer.

Le folklore croate est représenté véridiquement. Vinko Bresan dénonce les fortes mœurs catholiques d’un pays qui se cache derrière la religion depuis la fin du communisme. Il nous montre l’attirance qu’ont les hommes de pouvoir manipuler le peuple ainsi que l’hypocrisie et la distance qui existent entre l’apparence religieuse des croates et la nouvelle génération qui apparait peu à peu au grand jour. Le film nous montre que l’Eglise ne peut pas tout contrôler, et même si elle le pouvait, elle se verrait vite dépassée dans le monde actuel.[pull_quote_right][Une] puissante chance pour [la Croatie] de s’exposer et de faire progresser les consciences[/pull_quote_right]

Bonté Divine nous montre une critique comique complète et argumentée d’une Croatie qui essaie de s’insérer difficilement dans un mondialisme, à cause de mœurs trop conservatrices aux niveaux religieux et politique. La télévision nationale a d’ailleurs refusé de financer le film malgré la difficulté en Croatie de trouver des investisseurs. Elle a cependant acheté des droits de diffusion après la réussite du film. Un intellectuel croate a décrit le travail de l’équipe de Vinko Bresan, sur la une d’un grand journal national comme « le travail d’une bande de transsexuels, de lesbiennes et de communistes« . La Serbie a, quant à elle, beaucoup aidé à la production. Les artistes croates ont ainsi une fine mais puissante chance pour le pays de s’exposer et de faire progresser les consciences vers une ouverture sur le monde.

Cela reste de bon augure car le film est le plus visionné dans le pays depuis son indépendance et les droits ont été vendus dans 32 pays. La place de cinéma est par ailleurs vendue avec un préservatif… et il n’est pas troué !

Bande annonce du film Bonté Divine 

 

Les Rêveurs Lunaires, une BD de Cédric Villani et Baudoin (Gallimard / Grasset)

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Les rêveurs lunaires

Les Rêveurs Lunaires : Quatre génies qui ont changé l’Histoire

Ouvrage dense et ambitieux paru aujourd’hui, Les Rêveurs Lunaires propose un aperçu de quatre personnalités qui ont marqué l’Histoire par leur génie : Werner Heisenberg, Alan Turing, Leo Szilard et Hugh Dowding. Un récit écrit par le mathématicien et physicien Cédric Villani (médaille Fileds 2010) et illustrée par Baudoin (L’Arléri, Peau d’Âne, Piero, Mat…).

Date de parution : le 2 avril 2015
Auteurs : Cédric Villani (scénario) et Baudoin (scénario et dessin)
Editeur : Gallimard / Grasset
Prix : 22,00 € (192 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Werner Heisenberg, l’incertain. Alan Turing, l’affranchi, Leo Szilard, le prophète errant et Hugh Dowding, le chevalier du ciel. Physiciens, mathématicien et militaire, ils ont été les acteurs cruciaux autant que discrets d’une aventure qui les dépassait : la Seconde Guerre mondiale. Un jour, une nuit, en songeant dans la rue ou en rêvant au clair de lune, ils ont eu un éclair de lucidité qui a changé la face du monde.

les rêveurs lunaires

Le point sur l’album :

Au fil d’un entretien entre le scénariste scientifique et l’illustrateur, Les Rêveurs Lunaires raconte le destin hors du commun de quatre hommes d’exception. Des scientifiques ou militaire, dont les noms ne sont pas connus du grand public et qui ont pourtant marqué l’Histoire à leur façon, lors de la Seconde Guerre Mondiale. Le scénario de Cédric Villani n’hésite pas à rentrer dans les détails d’explications scientifiques, parvenant à se faire comprendre en quelques lignes assez facilement (tirant profit de son expérience du professeur de mathématiques, sans doute).

Si le concept peut séduire en donnant quelques clés qui nous éclairent sur la façon de penser de ces génies, Les Rêveurs Lunaires peinent à capter l’attention de bout en bout pour plusieurs raisons. D’abord par son volume imposant et un choix de lettrage difficile à appréhender (le texte est si dense qu’il donne parfois la sensation de se superposer à lui-même). L’équilibre entre la narration textuelle et la narration graphique s’en trouve bouleversé. Un livre avec quelques illustrations seulement aurait peut-être été un choix plus cohérent et plus lisible.

Car le dessin de Baudoin, déjà assombri par un texte envahissant, est lui-même audacieux si ce n’est élitiste. Peu d’amateurs sauront l’apprécier à sa juste valeur. Un coup de pinceau original qui transmet une énergie intéressante, même si elle est littéralement écrasée par la présence de texte un peu partout. C’est dommage.

Si Les Rêveurs Lunaires pose les bonnes questions sur la vie de ces génies, il n’en demeure pas moins un ouvrage qui n’a pas trouvé son équilibre narratif et visuel, ce qui le rend difficile à aborder pour le commun des mortels.

Voyage en Chine, un film de Zoltan Mayer


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Voyage en Chine, un film de Zoltan Mayer

Voyage en Chine, un film de Zoltan Mayer

Voyage en Chine pourrait être un film lourd et triste puisque Liliane part à la recherche de son fils décédé dans un accident de scooter en Chine. Non seulement il ne l’est pas, mais il est en plus merveilleusement beau. Le réalisateur nous fait voyager, en toute simplicité, et spiritualité, dans le Sichuan, une région en plein cœur de la Chine.
Sortie le : 25 mars 2015
Durée : 1h36
Avec : Yolande Moreau, Qu Jing Jing…

Synopsis :

Liliane part en Chine pour la première fois de sa vie afin de rapatrier le corps de son fils, mort dans un accident. Plongée dans cette culture si lointaine, ce voyage marqué par le deuil devient un véritable voyage initiatique.

Voyage en Chine, un film de Zoltan Mayer

Voyage en Chine, un film de Zoltan Mayer

Décidément, en ce moment, nous découvrons la Chine, sous tous les angles. Entre Les trois soeurs du Yunnan et A la folie, des ambiances à chaque fois très différentes mais toujours profondément humaines.

Yolande Moreau porte le film sur ses épaules puisqu’elle interprète cette femme, sans âge, malheureuse avec son mari et plein de regrets à l’égard de son fils, Christophe qu’elle n’est jamais allée voir en Chine. Elle réalise son rêve, même si c’est trop tard. Elle part à sa rencontre et en même temps à la découverte du pays que son fils avait adopté et également à la découverte de ses amis chinois. Tout paraît presque impossible pour elle, vu les nombreuses barrières. Mais avec beaucoup de sérénité et de paix intérieure, Liliane va réaliser son chemin de deuil avec l’aide de nombreuses rencontres qu’elle va faire, belles et profondes.

Zoltan Mayer était un grand photographe avant de se mettre au cinéma. Voyage en Chine est son premier long métrage. Et ce film est une preuve de son immense talent. Chaque plan est filmé comme un tableau, comme un chef-d’œuvre. On ne peut qu’être émerveillé.

Si d’un côté Liliane est envahie par la mort de son fils, d’un autre, elle est époustouflée par tant de beautés qui l’entourent et tant d’amour qu’elle reçoit. Elle ne pensait pas cela possible.

Bien sûr Yolande Moreau est exceptionnelle, mais les acteurs chinois sont aussi très justes, discrets et profondément humains. Je pense particulièrement à cette ravissante jeune fille,Qu Jing Jing, qui joue la petite amie de Christophe.

Pour profiter pleinement de ce film, ne vous attendez pas à un scénario à rebondissements, il n’y en a pas. Pas vraiment de surprises non plus. Le rythme est lent, voire très lent mais une certaine sérénité vous envahit peu à peu. Et surtout de très beaux plans photographiques vous réconcilient avec la vie ! Le beau à l’état pur !

Un très beau film, à voir assurément !

Bande annonce du film : Voyage en Chine de Zoltan Mayer

Suite Française, un film de Saul Dibb

Suite Française, un film de Saul Dibb

Suite Française, un film de Saul Dibb

Inspiré du roman d’Irène Nemirovsky,  Suite Française de Saul Dibb est un film sur la 2ème guerre mondiale en France occupée de 1940.
Sortie le : 1er avril 2015
Durée : 1h47

Avec : Michelle Williams, Kristin Scott Thomas, Matthias Schoenaerts , Sam Riley, Tom Schilling

Synopsis :

Été 1940. France. Dans l’attente de nouvelles de son mari prisonnier de guerre, Lucile Angellier mène une existence soumise sous l’oeil inquisiteur de sa belle-mère. L’arrivée de l’armée allemande dans leur village contraint les deux femmes à loger chez elles le lieutenant Bruno von Falk. Lucile tente de l’éviter mais ne peut bientôt plus ignorer l’attirance qu’elle éprouve pour l’officier…

Suite Française, un film de Saul Dibb

Suite Française, un film de Saul Dibb

Puissant et autoritaire par sa fonction, le jeune commandant allemand Bruno Von Falk est aussi un musicien à l’âme sensible. L’armée allemande oblige les français à héberger leurs militaires et c’est au village de Bussy, dans la plus belle résidence, qu’il va habiter, là où vivent Lucile Angellier et sa belle-mère. Dans un climat austère, la jeune française doit accepter l’absence de son mari devenu prisonnier de guerre. Son piano est alors son havre de paix, et, dans sa cohabitation forcée avec l’ennemi, leur passion commune pour la musique va rapidement les relier et devenir leur dénominateur commun. Elle ne peut échapper à l’évidence de son attirance pour le commandant et peu à peu, la douce et spirituelle Lucile se laisse happer par cet amour interdit. Mais la violente réalité de la guerre les rattrape. Dans les bouleversements que rencontre le village, les deux amants doivent surmonter les épreuves et chacun se bat à son niveau. Lucile, elle, s’engage dans la résistance. L’adversité de l’occupation allemande entrave avec ambivalence leur relation et repousse les limites de leur amour. Ils se retrouvent alors tiraillés l’un et l’autre par leurs devoirs et leurs émotions.

Suite Française examine le passé avec justesse et sobriété. Il montre comment chacun compose avec l’armée allemande et combien les visages sont multiples au sein des deux camps. La vision singulière d’Irène Nemirovsky qui a vécu cette guerre au premier plan a permis au réalisateur Saul Dibb d’en tirer toute l’authenticité, en mettant en avant la perception des civils, en particulier celle des femmes. Regarder cette tranche de l’histoire sous cet angle permet de toucher directement notre sensibilité, le film met en lumière l’émotion des femmes de l’époque, souligne leurs actions et ce qu’elles ont traversé en l’absence de ceux partis au front.

Suite Française, un film de Saul Dibb

Suite Française, un film de Saul Dibb

Même si le film a quelques lenteurs au début, il va crescendo par la suite, au rythme des événements. L’évolution des couleurs va de pair avec le tempo.

Ce film est d’abord humain, il accuse brillamment l’absurdité de la guerre, l’horreur de l’occupation, mais montre aussi et surtout que l’amour ne répond à aucune race, camp ou conditions. Les images de guerre sont suffisamment rares pour ne pas faire d’ombre à l’intrigue, le casting est harmonieux et les acteurs talentueux.

Le solide et sensible Matthias Schoennaerts incarne parfaitement l’officier dérouté par ses devoirs militaires, transporté par ses émotions mais sachant rester droit et fier.
Michelle Williams dans le rôle de Lucile reflète le visage calme et battant d’une France résistante et courageuse. Par leurs caractères entiers et fermes, Kristin Scott Thomas et Robert Wilson donnent de la solidité au film. Les autres acteurs tels que Tom Schilling ou Sam Riley apportent rebondissements et relief à l’histoire.

Le roman Suite Française a connu un immense succès, et pourtant, déjà controversés lors de leurs publications, les récits d’Irène Nemirovsky sont presque laïques. En effet, ils occultent la question juive. Pour se faire une place dans le paysage littéraire français de l’époque, c’est le positionnement que l’auteur avait choisi car ses origines étaient évidemment un frein à son travail. Cataloguée de « juive antisémite » par la presse américaine, le livre et le film ont suscité beaucoup de polémiques. Cela dit, Saul Dibb, avec ce film, rétablit le sujet et traite la question sans excès ni lourdeur.

En conclusion, Suite Française est un film de guerre très romancé, qui aborde le sujet de l’Occupation avec honnêteté.

Bande annonce du film Suite française :

Puzzle, un film de Paul Haggis (DVD)

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Puzzle DVD couverture

Puzzle, le film de Paul Haggis en DVD

Dernier film en date signé par le scénariste-réalisateur Paul Haggis (Dans la Vallée d’Elah, Collision, Les trois prochains jours…) Puzzle met en scène trois couples différents qui se font et se défont devant la caméra. Installés à New York, Paris et Rome, ces derniers n’ont en apparence pas grand chose en commun. Si ce n’est l’éternelle question de l’amour. Un film articulé autour du personnage incarné par Liam Neeson, écrivain primé du Pulitzer qui prépare une nouvelle oeuvre.

Sortie : le 18 mars 2015
Avec :  Liam Neeson, Maria Bello, Mila Kunis
Durée : 2h17
Prix :  19,99 € (DVD/BR)

Synopsis :

Puzzle raconte trois histoires d’amour, de passion, et de trahison qui se déroulent à New York, Paris et Rome. Michael, écrivain lauréat du Prix Pulitzer, s’est enfermé dans la suite d’un hôtel parisien pour achever son dernier roman. Il a récemment quitté sa femme Elaine et il entretient une liaison orageuse avec Anna, une jeune romancière ambitieuse. Scott, homme d’affaires peu scrupuleux, est en Italie pour voler leurs modèles à des maisons de couture. Alors qu’il cherche un restaurant, il tombe sur Monika, tzigane d’une beauté à couper le souffle, qui s’apprête à récupérer sa petite fille. Mais quand elle s’aperçoit qu’on lui a volé l’argent qu’elle avait économisé pour payer le passeur, Scott se sent obligé de lui venir en aide. Ils mettent alors le cap sur une ville du sud de l’Italie mais Scott commence à se demander s’il n’est pas la victime d’une escroquerie.
Julia, ancienne actrice de feuilletons télé, se bat avec son ex-mari Rick, célèbre artiste new-yorkais, pour obtenir la garde de son fils de 6 ans. Entre la suppression de sa pension alimentaire et ses frais d’avocat, Julia en est réduite à travailler comme femme de chambre dans l’hôtel de luxe où elle avait l’habitude de séjourner autrefois. L’avocate de Julia, Theresa, a réussi à lui obtenir l’audience de la dernière chance dans l’espoir de se voir enfin confier la garde de son fils. Trois histoires qui vont se révéler liées par un secret…

Puzzle photo film

Notre avis sur le film :

Avec ses trois intrigues qui s’entrecoupent tout au long du film, Puzzle impose une danse rythmée et captivante. Brillamment mis en scène, le film imagine le destin de trois couples à différents stades. Le premier est en formation : un amour naissant à l’épreuve d’une sombre histoire de kidnapping dont on a du mal à mesurer la véracité. Le second est un couple séparé qui se déchire autour de la garde de leur enfant. Quant au dernier, au centre du film, il est un couple adultère qui jongle entre fantasmes et trahisons. Un cocktail détonnant qui ne manque pas de nous tenir en haleine.

Le spectateur cherche un axe, un point commun, une façon d’interpréter ce défilé théâtral ayant pour colonne vertébrale la confiance. La confiance envers l’autre, dans l’amour. Jusqu’où peut-on aller dans la confiance ? Que risque-t-on à la perdre ? Des petites questions dont les réponses se disséminent ingénieusement dans ce Puzzle.

Car une fois que les pièces sont assemblées, on réalise combien il ne fallait pas faire confiance au scénario de Paul Haggis. Ce dernier créé en effet la surprise avec un épilogue appréciable et recherché. Associé à sa réalisation plutôt léchée, on ne peut que dire du bien de ce dernier.

Au final, Puzzle se révèle être un beau voyage au pays difficile de l’amour, lorsqu’il est en proie aux questions de confiance.

Les bonus du DVD : 

Making-of

Belle-île en père : une BD de Patrick Weber et Nicoby (Vents d’Ouest)

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Belle-île en père

Amoureux de Bretagne et d’air marin, Belle-île en père pourrait vous plaire ! Une BD imaginée par le scènariste Patrick Weber (également chroniqueur belge spécialisé sur les familles royales) et illustrée par Nicoby (Vacances, La Voix, 20 ans ferme), duo qui a déjà collaboré sur l’album Ouessantines. Des amoureux de la côte bretonne qui livrent deux récits croisés d’actrices venues passer des vacances sur Belle-île-en-Mer.

Date de parution : le 25 mars 2015
Auteur : Patrick Weber (scénario) et Nicoby (dessin)
Editeur : Vents d’Ouest
Prix : 18,50 € (144 pages) 

Résumé de l’éditeur:

« Qui voit Belle-Île cingle sans péril ». Vanessa Blue est la vedette principale de Au premier regard, un feuilleton télévisé à succès. Mais, alors que la série pulvérise les records d’audience et que sa cote de popularité est au plus haut, la jeune femme décide de partir faire un point sur sa carrière à Belle-Île, en Bretagne. Un lieu sauvage et isolé apparemment propice aux remises en question puisque c’est ici que, plus d’un siècle auparavant, la grande Sarah Bernhardt était venue s’installer afin de se « confronter aux éléments. » Après Ouessantines, le duo Patrick Weber et Nicoby nous emmène sur les terres d’une nouvelle île bretonne au parfum de bout du monde. En nous décrivant le destin parallèle de deux femmes icônes de leur temps, ils livrent une touchante chronique sociale sur la quête d’identité, l’accomplissement de soi et le rapport à la célébrité.

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Le point sur l’album :

Belle-île en père met en scène les vacances de deux actrices à deux époques différentes. A travers ces récits entrecoupés, on découvre deux personnalités fortes, venues chercher le calme et l’anonymat (et ce sera un échec). Si le personnage de Sarah Bernhardt, actrice exubérante de la fin du XIXème siècle n’apporte pas grand chose au scénario, ce dernier repose essentiellement sur Vanessa Blue. Jeune retraitée d’une série télé à succès, l’actrice vient se recueillir sur les terres de son père. Mais à Belle-île, tout le monde semble mieux connaître son histoire qu’elle même. Pire encore, les habitants veulent qu’elle quitte l’île au plus vite…

Une intrigue bien mystérieuse qui apporte de l’eau au moulin. On reste toutefois sur la réserve quant à l’épilogue aux allures anodines qui lui est donné. Un potentiel qui n’est pas exploité jusqu’au bout, c’est dommage. Mais la lecture de Belle-île en père n’en demeure pas moins légère et divertissante.

Le trait brut et dynamique de Nicoby n’est pas pour déplaire, bien que l’on aimerait plus de précision, plus de détails sur cette Belle-île en père qui aurait tellement à offrir. Son dessin sommaire va à l’essentiel, sans faire de chichi. Pourquoi pas.

Avec ses chroniques sociales légères et sans prétention, Belle-île en père amuse et intrigue sans aller plus loin. L’horizon offrait des possibilités tellement étendues que c’en est presque décevant.

Conquistador, tome 4 : une BD de Jean Dufaux et Philippe Xavier (Glénat)

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Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Conquistador, tome 4 couv

Conquistador, t. 4 : la Noche Triste

Jean Dufaux et Xavier Philippe – qui font déjà le show sur la série Croisade – nous régalent à nouveau avec ce quatrième tome de Conquistador, série qui mêle avec génie Histoire et fantastique. Nous emmenant à la conquête du trésor des Aztèques sous le commandement du général Cortès, le récit de ce nouvel album met en scène la malheureuse Noche Triste de 1520. C’est donc l’aspect historique qui prend le dessus dans la conclusion d’un second cycle épique.

Date de parution : le 25 mars 2015
Auteur : Jean Dufaux (scénario) et Philippe Xavier (dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 14,50 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Ils cherchaient le trésor des Aztèques. Ils vont affronter l’Histoire… Hernando Del Royo est à présent le chef de la tribu des Hiburas. Tous le reconnaissent sous le nom de « l’Oqtal » : le dieu des racines. Fort de sa nouvelle position, il mène une armée rassemblant les autres tribus hostiles à Moctezuma… De son côté, l’empereur aztèque espère restaurer son autorité auprès des grands prêtres. Il doit pour ce faire à tout prix mettre la main sur la croix de Txlaka, ce dont il charge la belle Catalina Guerero. Mais il ignore que celle-ci est toujours fidèle à Cortès qui, aux portes de Tenochtitlan, espère entrer dans la majestueuse cité aztèque avec toute son armée…
Le second diptyque de la captivante série Conquistador, toujours mené de main de maître par le tandem Dufaux et Xavier, se conclut en apothéose ! Mêlant toujours aussi savamment aventure et mythologie sud-américaine, il est cette fois plus ancré dans la réalité historique, mettant en scène les circonstances qui ont mené au massacre de la célèbre « Noche Triste » de 1520…

Conquistador, tome 4 planche

Le point sur l’album :

Dans ce nouvel épisode (lire la chronique des tomes précédents), le Général Cortès retourne à Tenochtitlan défier les Aztèques. Le but est évidemment de mettre enfin la main sur leur trésor. Le scénario va alors nous offrir sur un plateau la fameuse Noche Triste du 30 juin au 1er juillet 1520 qui vit sonner la retrait sanglante des troupes de Cortès, tombées dans le piège des Aztèques qui n’en firent qu’une bouchée. Problème : le général espagnol n’a évidemment toujours pas mis la main sur le trésor si convoité des indigènes. Le récit attendu d’un massacre annoncé.

Jean Dufaux remplit aisément sa part du contrat grâce à sa plume juste et incisive, qui vient découper un scénario habilement orchestré. Une façon percutante de revisiter l’Histoire qui fait la marque de l’auteur. L’intrigue se focalise sur le pouvoir remis en cause au sein du peuple Aztèque après l’arrivée de Cortès. Les personnages clés de Conquistador font chacun leur apparition et donnent à l’intrigue des perspectives toujours réjouissantes (lorsque l’on se place du côté du lecteur).

Quel plaisir encore de contempler les planches sublimes de Philippe Xavier ! Un dessin à l’environnement généreux et détaillé, qui nous émerveille par sa dextérité.

Conquistador fait partie des immanquables BD. Une série à lire sans modération.

Emmett Till – Derniers Jours d’une Courte Vie, une BD d’Arnaud Floc’h (Sarbacane)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Emmett Till - Derniers Jours d'une Courte Vie

Emmett Till – Derniers Jours d’une Courte Vie

Emmett Till est un jeune garçon de quatorze ans venu de Chicago en vacances chez son oncle dans le Mississipi. Cinq jours plus tard, Emmett Till va disparaître. Nous sommes en 1955 et son tort est d’être noir. Une histoire vraie et terrifiante racontée avec brio par Arnaud Floc’h (Les otages, Le poisson-chat…).

Date de parution : le 1er avril 2015
Auteur : Arnaud Floc’h (scénario et dessin)
Editeur : Sarbacane
Prix : 19,50 € (80 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Un livre édifiant, salutaire et nécessaire. Pour ne jamais oublier. De nos jours, un homme blanc, jeune journaliste, questionne un vieux musicien noir. En fait il s’intéresse assez peu au blues : il voudrait savoir quels ont été – 60 ans plus tôt – les liens du musicien (alors âgé de treize ans), avec Emmett Till. Et le bluesman, non sans émotion, accepte de parler, et de remonter le temps… Quand Emmett Till, jeune adolescent noir de quatorze ans venu de Chicago passer ses vacances chez Moïse son grand-oncle, descend le 24 août 1955 du train en gare de Money dans le Mississippi, il ne sait pas encore qu’il va vivre les cinq derniers jours de sa courte vie. Il aura eu la malchance de pénétrer dans une épicerie réservée aux Blancs et de se comporter de « manière provocante » vis-à-vis de Carolyn, épouse de l’épicier, Roy Bryant.Mis au courant de « l’affront », Roy, accompagné de son demi-frère Milan, part dans une chasse à l’homme qui finira tragiquement. Après avoir kidnappé Emmett, ils le tortureront avant de le jeter dans l’eau de la rivière. Ils seront plus tard acquittés et se vanteront de leur « exploit » dans la presse

Emmett Till - Derniers Jours d'une Courte Vie planche

Le point sur l’album :

Le récit bouleversant des derniers jours de la courte vie d’Emmett Till est raconté par un vieil homme, bluesman, qui était l’un des camarades de jeu de la victime au moment du drame. L’auteur nous décrit la ségrégation ambiante de l’époque, avant d’entrer dans les détails qui ont abouti au kidnapping et au meurtre du petit Emmett Till. Un garçon crédule, sûr de son bon droit mais ignorant les règles racistes qui régnaient dans le Mississipi (le Sud étant en retard par rapport aux progrès sociaux de Chicago, dont Emmett Till était originaire). Il finit assassiné pour être entré dans une épicerie tenue par une femme blanche, qui s’est plainte au près de son mari.[pull_quote_right]Le témoignage de deux crimes abominables : celui d’un enfant, et celui de la justice. [/pull_quote_right]

Ce dernier accompagné de son beau-frère passèrent à l’acte dans une expédition punitive atroce, qu’Arnaud Floc’h ne nous épargne pas. Rapidement identifiés comme suspects, puis accusés du meurtre, ils furent acquittés par un jury exclusivement composé de blancs… Une histoire effroyable, d’autant plus lorsqu’on la met en perspective avec des faits divers de notre temps (l’affaire Trayvon Martin en 2012, ou encore celle de Michael Brown, dite « de Ferguson » en 2014).

Servi par le dessin réaliste d’Arnaud Floc’hl’album est mis en scène avec sobriété et efficacité. Un joli coup de pinceau, qui donne une profondeur naturelle au récit.

En résumé, Emmett Till – Derniers Jours d’une Courte Vie est une BD à lire. Le témoignage de deux crimes abominables : celui d’un enfant, et celui de la justice.

Orbital, tome 6 : une BD de Sylvain Runberg et Serge Pellé (Dupuis)

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Orbital, tome 6 : Résistance

Série de science-fiction devenue incontournable, Orbital vient de paraître son sixième album, concluant la troisième mission de Caleb et Mézoké. Avec Sylvain Runberg (Cases blanchesL’Ombre des ShinobisKonungar, Trahie) au scénario et Serge Pellé au dessin, Orbital frappe toujours plus fort.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteurs : Sylvain Runberg (scénario) et Serge Pellé (dessin)
Editeur : Dupuis
Prix : 14,50 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Après leur spectaculaire évasion d’Orbital, Caleb et Mézoké se sont réfugiés sur la planète Shem, au sein d’une petite communauté d’exilés volontaires dont les parents de Mézoké font partie. La vie s’écoule paisiblement quand surgissent les vaisseaux de guerre Achérodes qui ont réussi à remonter leur piste, semant chaos et désolation parmi leurs hôtes. Obligés de fuir, sauvés in extremis par Kristina, la soeur de Caleb, ils se trouvent confrontés à un choix : soit fuir éternellement, soit affronter leurs poursuivants, et faire éclater en pleine lumière la machination qui menace l’équilibre de la confédération. D’autant que sur Terre, gronde la menace d’une guerre imminente… Avec ce nouvel épisode des aventures de Caleb et Mézoké, certains secrets sont révélés, notamment au sujet de la mort des parents de Caleb et Kristina, mais de nouvelles interrogations surgissent… De quel étrange pouvoir Caleb est-il investi, et surtout, quel lien s’est tissé entre lui et Angus le névronome ?

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Le point sur l’album :

Caleb et Mézoké sont plus que jamais recherchés dans toutes les galaxies, depuis leur spectaculaire évasion. La Confédération est au bord de l’implosion, mais l’arrestation des deux fugitifs est une priorité. En parallèle, une autre mystérieuse équipe d’assassins se lance à la recherche de Caleb. Alors que ce dernier, qui semble connecté au Névronome en cours de restauration, se remet doucement de ses crises psychiques, le couple va être retrouvé. Et le sang va couler. Un scénario explosif, qui atteint son point culminant dans la tension, la violence et le suspense.[pull_quote_left]Un sixième album extrême et jouissif[/pull_quote_left]

Le récit de Sylvain Runberg ne déçoit pas malgré la forte attente de son lectorat. Les révélations en cascade ont de quoi abondamment satisfaire notre curiosité et notre soif de rebondissements. Tout cela à un rythme très soutenu. Caleb se révèle un peu plus dans sa figure d’anti-héros, en cédant à une colère destructrice qui fait penser dans son expression à celle de Tetsuo dans Akira de Katsuhiro Otomo.

Une influence qui se retrouve dans le dessin époustouflant de Serge Pellé, qui a trouvé les clés d’un graphisme fin et puissant. A l’image de son trait audacieux et de sa superbe coloration.

Orbital offre un sixième album extrême et jouissif. Une BD qui fait d’ores et déjà partie de celle qu’on cite lorsqu’on évoque la S.-F. dans le neuvième art.

Résultats concours : Suite française, 20 places de ciné gagnées.

Sortie le 1er avril 2015

 A l’occasion de la sortie du film le 1er avril 2015, Suite FrançaisePublik’Art, en collaboration avec l’Agence DEJA, vous a offert la possibilité de gagner :

10×2 places de ciné pour le film : Suite Française 

Vous avez été très nombreux à participer : 4 083 joueurs. Bravo à tous et merci de cette excellente participation !

Les dix heureux gagnants sont :

Francis Vieillard, David Simon, Franck Viguier, Michel Lafond, Nicolas Serre, Samaira Hamami, Monique Mahe, Séverine Hubert, Anne Abaut et Christelle Longo.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement et d’avance nous les en remercions vivement.

Très bon film à tous !

48h BD 2015 : programme de la course aux BD des 3 et 4 avril 2015

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48h BD

48h BD 2015 : courrez chez votre libraire !

Evénement devenu incontournable du monde du neuvième art, les 48h BD se dérouleront les vendredi 3 et samedi 4 avril 2015. Au programme cette année, plus de 150 dédicaces et plus de 1200 libraires participants ! Retrouvez la liste des libraires participants sur le site web : http://www.48hbd.com/librairies.html. Les parrains et portes paroles de cette nouvelle édition sont : Yoann, Wilfrid Lupano, Cyprien, Philippe Vandel ou encore Romain Sardou.

Date des 48h BD : les 3 et 4 avril 2015

Le principe :
Les 3 et 4 avril 2015 : 1 BD = 1€= 1 B.A. Vous donnez 1€ à votre libraire, il vous propose une BD au choix parmi les 12 albums participants à l’opération (cf. ci-dessous) et ensemble, en partenariat avec Ludic et l’ABF, 50.000 BD seront offertes à des écoles, collèges, lycées et des bibliothèques.

Une édition qui passe de 100.000 exemplaires proposés à 216.000 ! Autant dire que les BD vont pleuvoir !

48h BD liste BD

Communiqué de presse :

Pour Moïse Kissous, président de Steinkis Groupe et des 48h BD, l’objectif des 48h BD est d’attirer pendant 2 jours l’attention du public sur la diversité de l’offre BD , il y a de quoi satisfaire tous les goûts, aucun genre ni aucun sujet n’échappe aujourd’hui au 9eArt, et c’est important que nous le fassions savoir au plus grand nombre, que le nombre de lecteurs de bd progresse, afin de pouvoir continuer à offrir une telle diversité, éditeurs comme auteurs.

Preview : Outcast, t. 1 – le nouveau comics de l’auteur de Walking Dead !

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Outcast tome 1 couverture

Outcast, nouvelle série de Robert Kirkman

Créateur de la série culte Walking DeadRobert Kirkman (qui est aussi l’auteur de nombreuses autres séries comics comme Invincible, Le Maître Voleur, Les Gardiens du Globe, Tech Jacket…) s’associe au dessinateur Paul Azaceta (B.P.R.D. 1946, Irrécupérable, The Amazing Spider-Man, Grounded…) sur une nouvelle série qui rencontre déjà un beau succès outre-Atlantique. C’est avec Passion, premier tome d’Outcast, que les hostilités vont s’ouvrir. Un album disponible en librairie dès demain.

Date de parution : le 1er avril 2015
Auteurs : Robert Kirkman (scénario), Paul Azaceta (dessin) et Elizabeth Breitweizer (couleurs)
Editeur : Delcourt
Prix : 16,95 € (160 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Kyles Barnes vit reclus dans sa maison, terrassé par un passé douloureux. Il lutte depuis son enfance contre l’emprise de démons sur sa vie et son entourage. Lorsque le révérend de sa ville natale le sollicite pour l’aider à pratiquer un exorcisme, Kyle commence à faire le lien avec la possession de sa mère. Il est sur le point de dévoiler la véritable nature de ses dons, qui vont s’avérer terrifiants…

A noter : l’adaptation d’Outcast en série télé est d’ores est déjà en cours de développement !

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Communiqué de presse :

Depuis toujours, Kyle Barnes est tourmenté par des possessions démoniaques. Lorsqu’il se met en quête de réponses, les secrets qu’il découvre pourraient mettre fin à la vie sur Terre telle que nous la connaissons… Un récit haletant, par le créateur de Walking Dead !

U-Boot, tome 4 : une BD de Jean-Yves Delitte (Glénat)

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U-Boot, t. 4 : Oncle Harry

Avec ce quatrième album de U-BootJean-Yves Delitte (Les coulisses du pouvoir, Tañatos, Black Crow, Belem…) met fin à un thriller haletant dont l’action prend naissance lors de la Seconde Guerre Mondiale pour aller jusque dans les années 2050. Un récit ambitieux où vaisseaux sous-marins ou aériens sont superbement dessinés.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteur : Jean-Yves Delitte (scénario et dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Un complot qui traverse les générations…En 2054, base de surveillance située au milieu du désert du Nouveau-Mexique. Harry, le père adoptif de Jude, fait une découverte stupéfiante : le groupe Maher cherche à mettre la main sur un sous-marin allemand datant de la Deuxième Guerre mondiale, type U-Boot, qui détiendrait dans ses cales… 500 kilos d’oxyde d’uranium ! Une découverte d’autant plus troublante que la hiérarchie d’Harry cherche visiblement à étouffer l’affaire… Les différentes pièces du puzzle disséminées à travers les époques vont-elles finalement se rassembler ? L’heure du dénouement est proche…
Mêlant récit historique marin et thriller d’anticipation, Jean-Yves Delitte nous tient en haleine d’un bout à l’autre sur fond de scandale financier et médical… La série U-Boot se conclut avec ce quatrième volume.

U-Boot tome 4 planche

Le point sur l’album :

Mêlant intrigue financière, mythe sur l’immortalité et récit d’espionage à travers un siècle d’une histoire qui nous propulse dans le futur, U-Boot est un récit complexe mais palpitant. Jean-Yves Delitte nous promène à travers des époques différentes, entrecoupées à un rythme soutenu (toutes les trois-quatre planches). L’intrigue s’épaissie très rapidement, pour atteindre parfois un certain niveau d’opacité, face à un scénario qui multiplie les pistes et les genres, science-fiction en tête.

Ce quatrième album ne va malheureusement qu’effleurer les réponses attendues. Un épilogue qui aurait sans doute mérité un album supplémentaire pour explorer le potentiel de personnages attachants, développés en profondeur par le scénariste. Ici, tout se précipite un peu, et des personnages comme Jade deviennent presque fantômatiques. Un scénario un peu dépassé par l’ampleur de son sujet.[pull_quote_right]Un graphisme aussi technique que puissant[/pull_quote_right]

Rien n’est par contre trop grand, ni trop ambitieux pour le dessin de Jean-Yves Delitte. Spécialiste inégalé en ce qui concerne les vaisseaux marins, l’auteur démontre toute l’étendue de ses talents en s’amusant avec quelques aéronefs parfaitement dessinées. Une précision hors normes qui nous explose à la figure avec des pleines pages à couper le souffle (surtout les p.16-17 de ce quatrième album, qui montre une épave admirable).

Doué d’un graphisme aussi technique que puissant, U-Boot nous perd parfois en route, mais quelques retours en arrière éviteront d’en rester naufragés. La destination finale proposée par ce dernier album risque toutefois de frustrer certains voyageurs, toujours tenus en haleine.

Tas de riz, tas de rats, un livre pour bébé de Thierry Dedieu

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Tas de riz, tas de rats, un livre pour bébé de Thierry Dedieu 

Tas de riz, tas de rats, un livre pour bébé de Thierry Dedieu

Tas de riz, tas de rats, voilà un très beau livre de Thierry Dedieu pour bébé dès la naissance ! Et très vite le bébé va s ‘approprier cet énorme livre, avec de très grandes pages cartonnées, tout en noir et blanc. Comme le tout-petit ne distingue pas les couleurs, mais seulement les contrastes, l’auteur a choisi le noir et blanc.

Publié aux Editions Le Seuil Jeunesse en mars 2015

12 pages cartonnées – 14,50€

Format 28 x 38 cm.

Des dessins très simples, un peu comme des ombres, représentent d’un côté les rats et de l’autre un tas de riz. Et en bas de la page, une très jolie phrase comme par exemple :

Tas de riz tentant tenta tas de rats tentés.

Même les adultes vont se régaler avec la lecture de ce livre géant pour enfant de 0 à 3 ans. Une lecture de toutes petites comptines qu’on serait tenté d’apprendre par cœur  !

A la sortie du 1er livre de Thierry Dedieu, La tirade du nez, Publik’Art avait organisé un concours auquel

6 430 personnes ont participé. Une participation exceptionnelle !

 En ce moment, vous pouvez encore gagner un exemplaire d’un des livres de Thierry Dedieu en participant au concours qu’organise Publik’Art. Pour cela, il vous suffit de cliquer : ICI

Et vous pouvez découvrir toute la nouvelle collection de cet auteur, publiée en mars 2015 :

Dans sa maison, un grand cerf 

Le théorème de Pythagore

La tirade du nez

Alors, rendez-vous vite chez votre libraire préféré !

John Arthur Livingstone – Le Roi des singes, tome 2 : une BD de Philippe Bonifay, Fabrice Meddour et Stéphane Paitreau (Vents d’Ouest)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50John Arthur Linvingston Le roi des singes tome 2

John Arthur Livingstone – Le Roi des singes t.2

Diptyque écrit par Philippe Bonifay (La Compagnie des glaces, Les Oubliés, Origines, Gitans des mers, Blanche-Neige) et illustré par Fabrice Meddour (Hispanola, Le Temps des Cendres, Enwin, La Geste des Chevaliers Dragons, Blanche-Neige), John Arthur Livingstone – Le Roi des singes achève son aventure animale avec ce second tome. Un personnage charismatique et sauvage qui aura entraîné bien des spéculations sur l’issue d’une enquête policière…

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteurs : Philippe Bonifay (scénario), Fabrice Meddour (dessin) et Stéphane Paitreau (couleurs)
Editeur : Vents d’Ouest
Prix : 14,50 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur:

D’une jungle à l’autre… Londres, à la fin du XIXe siècle. Darwin a disparu il y a peu, et voici qu’apparaît à point nommé un homme qui illustre la proximité entre l’Homme et le singe… John Arthur, aujourd’hui lord anglais, est cet homme extraordinaire. Il a été retrouvé enfant sur une île où il vivait nu, en compagnie d’orangs-outans. Douloureusement, il a appris à se plier aux codes de la civilisation, à dompter son animalité. Cependant, des jeunes femmes se font assassiner dans les ruelles sombres de Londres… Le monstre est-il de retour ou est-ce une nouvelle bête qui rôde ?
Un passionnant diptyque, dans l’esprit des romans de Robert Louis Stevenson, rendu somptueux par la langue élégante de Bonifay et le dessin d’un Meddour au sommet de son art, formidablement mis en valeur par les couleurs de Stéphane Paitreau.

John Arthur Linvingston Le roi des singes planche tome 2

Le point sur l’album :

John Arthur Livingstone – Le Roi des singes est une aventure en plein coeur du Londres du XIXème siècle, dont l’ambiance n’est jamais très loin de L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, nouvelle écrite par Robert Louis Stevenson dont l’auteur fait d’ailleurs lui-même référence dans son récit. John Arthur Livingstone est un homme trouvé dans la jungle, élevé par les singes et expatrié à Londres pour jouer l’héritier de David Livingstone. Personnifiant les rêves et les craintes des hommes de Londres, John a bien du mal à se faire à sa nouvelle vie. Ses habits l’entravent tant qu’il les retire dès qu’il le peut pour grimper aux arbres. [pull_quote_left]Un scénario captivant[/pull_quote_left]

Ses souvenirs de sa vie dans la jungle, avec son amour autochtone, ne le quittent jamais. Et les parfums des femmes de Londres viennent lui rappeler la douceur féminine, la volupté et l’ivresse des sens. Mais dans les ruelles de la ville, certaines filles de joies sont brutalement assassinées, étranglées à mains nues. L’enquête va piétiner et le récit va, sans le dire, désigner ce Roi des singes comme le coupable idéal. Un scénario captivant, qui joue avec le lecteur de façon très adroite.

Le dessin délicat de Fabrice Meddour est quant à lui magnifié par la coloration subtile et complexe de Stéphane Paitreau. Très esthétique et original.

En résumé, John Arthur Livingstone – Le Roi des singes séduit par sa façon d’entretenir et de mettre en scène les fantasmes sauvages de la société londonienne de l’époque victorienne. A lire.

La Vie trépidante de Brigitte Tornade, une BD de Camille Kohler, Véronique Grisseaux et AstridM (Vents d’Ouest)

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La Vie trépidante de Brigitte Tornade

La Vie trépidante de Brigitte Tornade est une série de fictions radiophoniques (35 épisodes) diffusée sur France Culture depuis 2012. Camille Kohler, Véronique Grisseaux (a également participé pendant 8 ans à l’écriture  de la série TV : Un Gars/Une Fille, auteur de nombreuses BD jeunesse :Totally Spies,Danse, Meilleures Ennemies.) et AstridM (Je suis une Super Maman, Abécédaire de mon bébé, Bouge tes fesses, Poulette !…) se sont rassemblées autour de ce projet humoristique, où une jeune mère fait ce qu’elle peut pour organiser sa vie de famille, avec son mari et leurs quatre enfants.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteurs : Camille Kohler (scénario), Véronique Grisseaux (adaptation) et AstridM (dessin)
Editeur : Vents d’Ouest
Prix : 18,50 € (112 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Un vent de folie souffle sur la famille Tornade ! Si vous vous êtes épanouie dans les joies de la maternité, mais que vous avez retrouvé la vie « active » avec un certain « soulagement » ; si vous ressentez le besoin de prendre des calmants avant de partir au ski avec quatre enfants ; si vous n’assumez pas la véritable nature de vos week-ends familiaux face à vos collègues ; si vous avez déjà manqué de dignité face à un orthophoniste gentil ; si vous avez négocié un temps partiel comme une vraie gourde ; s’il vous est arrivé de pimenter une « soirée adulte » en déclarant vos impôts… alors bienvenue dans La Vie trépidante de Brigitte Tornade ! Brigitte Tornade partage sa vie entre ses 4 enfants et un boulot à plein temps. Brigitte Tornade est une femme moderne, travailleuse acharnée et une mère de famille débordée. Brigitte Tornade… c’est vous !
Une série piquante à souhait sur la folie ordinaire d’une famille nombreuse, en passant par l’école et les fêtes de fin d’année, les grands-parents, la vie de bureau, l’écologie et la décroissance, et bien sûr les relations de couple… La Vie trépidante de Brigitte Tornade est l’adaptation en bande dessinée d’un feuilleton radio actuellement diffusé sur France Culture. Découvrez le premier épisode ici : http://urlc.fr/tv8XFQ

La Vie trépidante de Brigitte Tornade planche

Le point sur l’album :

Après Parents mais presquec’est autour de La Vie trépidante de Brigitte Tornade de nous distraire sur la vie de famille. Brigitte tornade est le prototype de la maman d’aujourd’hui. Elle nous décrit avec un sens aigu de la dérision son quotidien, d’abord de mère au foyer, puis de maman active. Un personnage qui rencontre le succès en radio avec une cinquième saison en cours sur France Culture.

Cette adaptation est un florilège de petites scènes de ménage (ou de bureau), qui joue souvent sur l’exaspération de Brigitte tornade face aux clichés, ou à d’autres petites contrariétés du quotidien. Sur un ton amusé et pétillant, La Vie trépidante de Brigitte Tornade apporte un vent de fraîcheur à tout parent qui se respecte.

Le dessin d’AstridM est pour sa part très fin, avec des couleurs vives qui donnent du peps à la lecture. Agréable !

En conclusion, La Vie trépidante de Brigitte Tornade est un album plein de vérités, qui ne manque pas de faire rire tout ceux qui s’y reconnaîtront.

Mettez des mots sur votre colère, une BD de Marc Malès (Glénat)

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Mettez des mots sur votre colère

Réalisée par Marc Malès (Vécu avec Hemingway, Mort d’un Léopard, Hammett, Les Révoltés, Mille Visages, Lucy, Sous son regard, Hollywood) en tant qu’auteur complet, Mettez des mots sur votre colère est une BD inspirée de la vie de Lewis Hine, photographe qui avait notamment dénoncé l’horreur du travail des enfants aux Etats-Unis au début du XXème siècle.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteur : Marc Malès (scénario et dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 25,50 € (144 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Photographier l’horreur pour mieux la combattre. Début des années 1900, aux États-Unis. Owen Brady, photographe, s’est spécialisé dans la prise d’instantanés représentant des portraits d’enfants. Ils ont tous en commun le fait de venir de milieux défavorisés et d’être, malgré leur âge, obligés de gagner leur vie. Soutenu par le National Child Labour Committee, voilà plus de quatre ans qu’il parcourt le pays dans le but de dénoncer le scandale de l’exploitation de ces jeunes travailleurs. Mais ce combat, il le livre aussi pour lui-même : Owen a été l’un de ces enfants. Ces cicatrices mal refermées ont fait de lui un écorché vif, en lutte contre toutes les formes d’injustices…
Dans ce somptueux album au format à l’italienne, Marc Malès nous livre une histoire bouleversante et humaniste sur les conditions de vie des enfants travailleurs aux États-unis au début du XXe siècle.

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Le point sur l’album :

Avec Lewis Hine comme point de départ, Marc Malès nous fait revivre le parcours d’un photographe parti en reportage pour l’association NCLC (National Child Labor Commitee USK) dans le but de changer la législation sur le travail des enfants sur le continent américain. Centré sur son personnage principal – Owen Brady – le scénario est construit à la façon d’une rétrospective sur le documentaire photographique qu’il a effectué. Une expérience douloureuse au contact d’enfants malheureux qui lui ont ouvert les yeux sur la réalité, si ce n’est l’horreur, vécue par tant d’entre eux. Largement romancé, l’album met en scène un personnage tourmenté qui a du mal à suivre son idée de la morale. Une personnalité trouble, parfois violente, qui ne supporte pas que l’on habille la réalité, que l’on cède au mensonge.

Accroché à ce Owen Brady au tempérament imprévisible, l’attention du lecteur ne faiblit pas tout au long de la lecture de cet épais one shot, édité à l’italienne (format paysage). Original et plutôt bien écrit.

Marc Malès utilise par ailleurs la mise en couleurs directe par la méthode dite de « l’huile à l’eau ». Des tons sépia qui installent l’atmosphère de ce début du XXème siècle avec brio. Un choix pertinent.

Intelligent et documenté, Mettez des mots sur votre colère est un album captivant.

« Le Faiseur » d’Honoré de Balzac, mise en scène par Emmanuel Demarcy-Mota, à Paris

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Théâtre de la Ville – Les Abbesses du 26 mars au 11 avril 2015

Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre 
de la Ville, ressuscite une pièce d’Honoré de Balzac, « le Faiseur », écrite en 1848 sous le règne de Louis-Philippe mais furieusement contemporaine. Elle met à l’œuvre Auguste Mercadet (Serge Maggiani), un spéculateur aux abois qui n’en demeure pas moins affairiste, à l’imagination débordante, vivant continuellement d’expédients, où l’illusion du gain et son pouvoir spéculatif capable de tourner à vide font allègrement la fortune des uns et la ruine des autres.

[pull_quote_center]Les comédiens sont à l’unisson dans un jeu nerveux et surréaliste où tels des pantins aux prises avec la comédie humaine, ils aspirent à sauver leur peau dans une fuite en avant sans foi ni loi.[/pull_quote_center]

Dans son essai « Vouloir nous brûle », Barthes analysait très justement ce Faiseur comme « un créateur absolu »,  un ­alchimiste capable de tirer quelque chose du néant, du vide, c’est-à-dire de la dette. Et de ce vertigineux vaudeville financier, Demarcy-Mota en livre une version endiablée et décalée où sur le titre « Money » des Pink Floyd repris en boucle se scrutent implacablement les affres du bonimenteur, tricheur.

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© Jean-Louis Fernandez

Mercadet est un homme d’affaires ruiné qui s’emploie à rassurer ses créanciers de plus en plus pressants par des conseils financiers aussi trompeurs qu’hasardeux. Pour les faire patienter, il invoque aussi un ancien associé, Godeau (comme l’autre de Samuel Beckett également attendu et qui ne viendra jamais !), parti faire fortune aux Indes et sur le point de revenir pour rembourser ses dettes.

[pull_quote_right]Et de ce vertigineux vaudeville financier, Demarcy-Mota en livre une version endiablée et décalée où sur le titre « Money » des Pink Floyd repris en boucle se scrutent implacablement les affres du bonimenteur, tricheur.[/pull_quote_right]

Alors qu’il est sur le point d’être saisi de tous ses biens et expulsé de son appartement, Mercadet décide de monnayer sa fille Julie, amoureuse d’un homme sans fortune, pour la marier à un riche parti : monsieur de la Brive. Cependant, le prétendant qui cultive deux identités, est encore plus endetté que son futur beau-père. Heureusement, le salut viendra du premier soupirant écarté qui se révèlera richissime grâce à une filiation révélée…

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A travers le prisme de ­Mercadet, Balzac décortique avec un ton et une ironie mordante les mœurs affairistes de son époque où règnent la tromperie, le mensonge et la manipulation pour spéculer sur de fausses informations et créer artificiellement de fausses valeurs à l’instar des produits structurés toxiques d’aujourd’hui !.

Lesquelles sont source de fluctuation et de déséquilibre entre les aguerris et les naïfs, les pays pauvres et les pays riches, la dette privée et la dette souveraine, à l’instar du plateau mouvant en chausse-trapes qui tangue à l’abri des coups de semonce des marchés financiers et des ombrages humains collatéraux.

Les comédiens sont à l’unisson dans un jeu nerveux et surréaliste où tels des pantins aux prises avec la comédie humaine, ils aspirent à sauver leur peau dans une fuite en avant sans foi ni loi.

Serge Maggiani est impressionnant en ce Faiseur désincarné par le pouvoir de l’argent et son irrépressible illusion…

Hertz, tome 5 : une BD de Didier Convard, Éric Adam, Christian Gine et Denis Falque (Glénat)

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Hertz, t. 5 : La troisième mort de l’Empereur

L’espion particulier de Napoléon, Hertz termine son aventure d’ombre de l’Aigle avec ce cinquième album. Cette série de l’univers du Triangle des Secrets (au même titre que I.N.R.I ou Les Gardiens du sang) est signée par les scénaristes Didier Convard (Le Triangle SecretVincil’Ange briséTanâtosKaplan & Masson, Neige : Fondation, Marco Polo, Vercingétorix...) et Eric Adam (Contes du Septième SouffleLes CarrésD’Artagnan, Neige : Fondation, Marco Polo, Vercingétorix) et illustrée par Christian Gine ( Le Protocole du Tueur, Le Triangle des Secrets, I.N.R.I) et Denis Falque (Mathieu Lamy, Neige, le Triangle Secret, Les Boucliers de Mars…). Un quatuor de choc.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteur : Didier Convard, Éric Adam (scénario), Christian Gine et Denis Falque (dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 14,50 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur:

L’histoire d’André Hertz, espion particulier de Napoléon Bonaparte. 1821, Île de Sainte-Hélène. Piégé sur cette île isolée, pris en étau dans un machiavélique complot ourdi par le général britannique Hudson Lowe, la mort de Napoléon semblait inéluctable… C’est son propre aide de camp, Louis Hertz, victime d’un odieux chantage, qui avait pour mission de l’empoisonner. Heureusement, l’Empereur disposait d’un atout de taille : André Hertz, l’ombre de l’Aigle, qui vaut une armée à lui tout seul ! Sauvé par son espion particulier, l’Empereur est à présent en fuite vers l’Égypte, mais il est toujours victime de ce poison qui continue de le ronger à petit feu. Sans compter sur la ténacité de Lowe qui, lancé à leur poursuite, fera tout pour entrer dans l’Histoire comme celui qui sera parvenu à débarrasser le monde de l’Ogre corse…

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Le point sur l’album :

Avec leur façon unique de revisiter l’Histoire et ses secrets, les auteurs de Hertz ont vu les choses en grand. Dans ce dernier épisode, André Hertz est venu au secours de son Empereur, en le faisant s’évader de l’île de Sainte-Hélène. Napoléon va alors être sujet à des visions, qui vont le guider jusqu’en Egypte. Et c’est toute l’armée britannique qui va le poursuivre pour le tuer une seconde fois. Une course-poursuite que l’ombre de l’Aigle va tenter de combattre tout au long de l’album. Un voyage dépaysant et rythmé, qui surprend quelque peu dans son épilogue et dans sa tournure mystique. Si la surprise est là, elle n’est pas forcément celle que l’on espérait.

Heureusement, les auteurs prévoient déjà le retour de notre espion préféré, qui vaut bien à lui tout seul toute une armée, avec Le Secret d’Evariste Gallois.

L’univers graphique de Hertz porté par Christian Gine et Denis Falque, est sans doute l’un des plus abouti de l’école de la ligne claire. Un dessin précis et détaillé qui nous transporte dès les premières images. On ne s’en lasse pas.

Si ce dernier album de Hertz nous coiffe un peu sur le poteau avec un dénouement inattendu, on passe un agréable moment de lecture en compagnie d’un Napoléon en fin de vie… Une série à lire.

Kokkoku, un manga de Seita Horio (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Kokkoku manga tome 1

Kokkoku, un manga de Seita Horio

Signée Seita Horio, l’histoire de Kokkoku débute tranquillement, au sein d’une famille d’apparence (très) ordinaire. Puis le récit prend une toute autre tournure avec un évènement violent : le kidnapping de deux d’entre eux. Le grand-père va alors prendre le problème à bras le corps pour tenter de les retrouver. Pour cela il va… figer le temps ! Rein de moins.

Date de parution : le 18 mars 2015
Auteur : Seita Horio (Scénario et Dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 7,60 € (224 pages) 

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Résumé de l’éditeur:

Juri Yukawa tente de recoller les morceaux entre un grand-père bougon, un frère cloitré chez lui, un père dépressif et son neveu. Mais la journée ordinaire vire au cauchemar : deux membres de la famille ont été kidnappés. Les ravisseurs exigent cinq millions de yens en liquide, à payer dans la demi-heure, sinon les otages seront exécutés ! Malheureusement, ils n’ont aucun moyen de se rendre à l’heure au lieu-dit. À moins d’utiliser une magie occulte transmise de génération en génération et capable de figer le temps. Mais dans ce monde inerte, régi par des règles dangereuses, les Yukawa vont découvrir qu’ils ne sont pas les seuls à pouvoir se déplacer librement…
Nominé aux Taisho manga awards 2011, ce titre mélange polar et SF dans une intrigue qui nous rappelle Umezz (auteur de Baptism, L’École emportée…). Alors que l’on suit le rapt de deux membres d’une même famille, le scénario bascule dans le fantastique par l’entremise du temps arrêté. Mais l’auteur ne se contente pas d’un pitch rocambolesque, il adjoint à cette possibilité d’arrêter le temps une réflexion sur le monde existant entre les secondes, qui réfère aux théories des mondes parallèles. Le scénario se nourrit parfaitement des nombreux rebondissements de situation pour livrer une œuvre dense et complète en 8 volumes.

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Le point sur l’album :

Avec un scénario inattendu (sans avoir lu le pitch), Kokkoku nous télé-transporte sans crier gare dans un univers de science-fiction bien loin des premières pages. Très rapidement, et sans trop d’explications, les personnages principaux s’affairent autour d’une mystérieuse pierre qui va les propulser dans une ville figée. Le lecteur ne le saisit pas tout de suite, d’ailleurs (car pour différencier des personnes qui ne bougent pas par rapport à d’autres en mouvement, c’est plutôt délicat lorsqu’ils sont tous couchés sur papier). Une fois dans cette dimension temporelle, ils vont pouvoir tenter de retrouver leurs proches kidnappés, en prenant de court les ravisseurs en attente de rançon. Mais là, une mystérieuse milice va les doubler. Puis une succession d’événements va notamment faire apparaitre une créature impitoyable, ou va encore les obliger à effectuer des bonds dans le temps… Bref, le scénario se densifie finalement à grande vitesse, si bien qu’on peut se sentir dépassé.

On regrette en effet que Seita Horio ne prenne pas plus de temps pour nous expliquer les tenants et aboutissants de son histoire. Cela casse un peu la fluidité de la mise en scène. Mais le scénario, qui dégénère en course-poursuite haletante, reste agréable à découvrir.

Côté dessin, Kokkoku est assez bien réalisé, avec un trait tout en finesse, assez classique pour un manga.

Ce premier tome de Kokkoku va à l’essentiel : le vif du sujet. Soyons sûr qu’il y a encore de quoi nous occuper durant les sept prochains tomes !

A LIRE