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Bob Wilson et Isabelle Huppert : un duo en majesté

Bob Wilson et Isabelle Huppert : un duo en magesté
Isabelle Huppert dans « Mary Said What She Said », de Darryl Pinckney, mise en scène de Bob Wilson. Photo Lucie Jansch

Bob Wilson et Isabelle Huppert : un duo en majesté

Bob Wilson retrouve Isabelle Huppert dans la figure historique de Mary Stuart, la reine d’Écosse et de France qui, à cause de ses passions, perdit sa couronne. Signé de Darryl Pinckney et traduit par Fabrice Scott, le texte est un monologue intérieur aussi tempétueux que mémoriel, car il advient quelques secondes avant que la reine Mary ne soit exécutée.

Telle une fragmentation de la mémoire où s’évoque le destin d’une femme avec ses enjeux de  pouvoir, ses combats, ses morts, ses contradictions mais aussi ses passions intimes. De l’adolescence en France à son retour en Écosse et ses emprisonnements, en passant par la guerre de religion entre les catholiques et les protestants, et sa détestation de Catherine de Médicis.

Un monologue tempétueux

De ses confessions rassemblées et éclatées sur une musique élégiaque très prenante de Ludovico Einaudi, Bob Wilson compose un univers mental à l’abri de son inspiration formaliste envoûtante : éclairages monochromes, attitudes hiératiques, plans découpés façon cinéma muet, images immobiles ou mouvements rapides, visage fardé aux yeux et à la bouche marqués, gestuelle oscillant entre chorégraphie ultra millimétrée et burlesque.

Isabelle Huppert s’aimante au texte dont elle livre dans un embrasement avec les mots et son mouvement introspectif, les multiples fluctuations et infinies résonances. De l’équilibre à la rupture, de l’ombre à la lumière, du rire à l’effroi, de l’ici à l’ailleurs, l’actrice restitue dans un corps à corps intense les affects de la protagoniste, aux prises avec le souvenir, le tumulte intérieur qui fait rage, et la fierté d’une destinée à sa démesure.

Incandescente et vaillante, Isabelle Huppert s’empare comme nulle autre de cette confession sans retour. Elle est cette reine sculpturale et tous ses contraires où son histoire remémorée, nous renvoie à des paysages et territoires mentaux insoupçonnés.

Dates : du 13 avril au 14 mai 2023
Lieu Théâtre de la Ville – Espace Cardin (Paris)
Metteur en scène : Bob Wilson

Une exposition Basquiat x Warhol, 4 mains à découvrir à la Fondation Louis Vuitton du 05/04/2023 au 28/08/2023

La Fondation Louis Vuitton avait déjà été à l’origine de l’exposition Jean-Michel Basquiat en 2018. L’exploration continue avec un focus sur sa collaboration déterminante avec Andy Warhol au début des années 80 dans un parcours qui électrise.

Un duo marquant de l’art des années 80

C’est peu dire que la période collaborative entre Warhol et Basquiat fut aussi brève que féconde. En un an, de 1984 à 1985, ce sont pas moins de 160 toiles qui ont été peintes ensemble, à 4 mains, pour un résultat considéré comme définitif aujourd’hui. L’amitié entre le maitre du Pop Art et l’artiste clochard des rues de New York auto proclamé Samo n’avait pourtant rien de l’évidence. Mais se sachant considéré comme daté et fini à l’orée des années 80, Warhol a voulu se réchauffer à la flamme du talent de son cadet, le prenant sous son aile pour lui faire rencontrer les gens qui comptent dans l’univers de l’art moderne. Basquiat × Warhol, à quatre mains est rien de moins que l’exposition la plus importante jamais consacrée à cette œuvre majuscule à deux. Elle regroupe plus de 300 œuvres et documents dont 80 toiles signées conjointement. L’exposition propose également des œuvres individuelles de chaque artiste et des œuvres des artistes de ce temps fertile de la scène new yorkaise des années 80 comme Futura 2000, Michael Halsband, Keith Haring, Jenny Holzer et Kenny Scharf. L’exposition débute avec la série de portraits croisés qui sont restés dans la légende, Basquiat par Warhol, Warhol par Basquiat, chacun tentant de représenter l’autre à la hauteur de ce qu’il en évalue, plus ou moins subjectivement/objectivement. Puis c’est le temps des premières collaborations initiées par le galeriste des 2 artistes Bruno Bischofberger. Les œuvres s’adjoignent un troisième larron en la personne du peintre italien Francesco Clemente pour une quinzaine d’œuvres à 3. Basquiat et Warhol ont poursuivi leur collaboration avec force et énergie dans des échanges incessants qui enthousiasment les visiteurs tout au long du parcours. Des jalons marquants apparaissent comme la sculpture monumentale Ten Punching Bags (Last Supper) ou la toile de 10 mètres de African Mask.

Basquiat admirait Warhol comme le personnage incontournable du monde de l’art qu’il était. L’ainé a vu en Basquiat une nouvelle étape marquante de la culture populaire, sortie des ghettos et de l’underground pour trouver toute sa place. L’exposition souligne ces allers-retours dans un dialogue de styles qui préfigurent l’insertion de la communauté afro-américaine d’aujourd’hui dans le récit nord-américain. L’exposition est à ne pas manquer jusqu’au 20 aout à la Fondation Louis Vuitton.

Publireportage:

BASQUIAT X WARHOL. PAINTING 4 HANDSFrom April 5 to August 28, the Fondation will continue its exploration of the work of Jean-Michel Basquiat, revealing, this time, his collaboration with Andy Warhol
B-ROLL FOOTAGE: B-ROLL FOOTAGE IS AVAILABLE FREE OF CHARGE AND WITHOUT COPYRIGHT RESTRICTIONS.  B-ROLL FOOTAGE INCLUDES GVS OF EXHIBITON AND INTERVIEWS WITH CURATORS: 00:00 – 02:14: GVs of the exhibition02:15 – 03:54: IV Paige Powell, friend of Jean-Michel Basquiat and Andy  Warhol03:55-05:18: Dieter Buchhart, Curator of the ‘Basquiat x Warhol. Painting 4 Hands’ exhibition05:19-06.08: Suzanne Page, Artistic Director of the Fondation Louis Vuitton06:09-06.48: Olivier Michelon, Associated curator of the ‘Basquiat x Warhol. Painting 4 Hands’ exhibition 
B-roll available for download via Vimeo: https://vimeo.com/showcase/10309542  

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Jean-Michel Basquiat, Andy Warhol, OP OP,             1984-1985
Jean-Michel Basquiat, Andy Warhol, Collaboration No. 19, 1984-1985

Thursday 5th April – Paris, France: In 2018, the Fondation Louis Vuitton featured the « Jean-Michel Basquiat » exhibition, a huge success that drew an estimated 700,000 visitors.

In 2023, from April 5 to August 28, the Fondation will continue its exploration of the work of Jean-Michel Basquiat, revealing, this time, his collaboration with Andy Warhol.

Between 1984 and 1985, Jean-Michel Basquiat (1960-1988) and Andy Warhol (1928-1987) created around 160 paintings together in tandem, « à quatre mains », including some of the largest works produced during their respective careers. Keith Haring (1958-1990), who witnessed their friendship and collaboration production, would go on to speak of a « conversation occurring through painting, instead of words, » and of two minds merging to create a « third distinctive and unique mind. »

In the spring of 2023 at the Fondation Louis Vuitton, « Basquiat x Warhol. Painting 4 Hands » will be the most important exhibition ever dedicated to this extraordinary body of work. Curated by Dieter Buchhart and Anna Karina Hofbauer, in partnership with Olivier Michelon, curator at the Fondation Louis Vuitton, the exhibition will bring together more than 300 works and documents including 80 canvases jointly signed by the two artists. Also featured will be individual works by each as well as a set of works by other major artists (Keith Haring, Jenny Holzer, Kenny Scharf, Michael Halsband…) in order to evoke the energy of the New York downtown art scene of the 1980s. The exhibition will be further enriched and interspersed with photos, including the famous « Boxing Gloves » series of photographs by Michael Halsband produced for the poster of the Jean-Michel Basquiat and Andy Warhol exhibition in 1985.

The exhibition will open with a series of portraits of Basquiat by Warhol and of Warhol by Basquiat. It will continue with the early collaborations. These works, initiated by the two artists’ dealer, Bruno Bischofberger, benefited from a collaboration with the Italian artist, Francesco Clemente (born in 1952). After completing these fifteen paintings together with Clemente, Basquiat and Warhol pursued their collaboration on an almost daily basis, with enthusiasm and complicity. The energy and force of their incessant exchanges will be the driving force of the exhibition, running through works such as Ten Punching Bags (Last Supper) or the 10-meter-long canvas African Mask.

Basquiat admired Warhol as an elder, a key art world personality, and the pioneer of a new language and of a groundbreaking relationship to pop culture. Warhol, in turn, found in Basquiat a renewed interest in painting. Thanks to him, he went back to painting manually on a very large scale. Warhol’s subjects (newspapers, logos of General Electric, Paramount and the Olympic Games) serve as the basis for whole series of artworks that will punctuate the exhibition.

« Andy would start one (painting) and put something very recognizable on it, or a product logo, and I would sort of deface it. Then I would try to get him to work some more on it, I would try to get him to do at least two things » explained Basquiat. « I drew it first and then I painted it like Jean -Michel. I think those paintings were doing to gether are better when you cant tell who did which parts «  noted Warhol.

The exhibition will show these back and forths – a dialogue of styles and forms that also tackles crucial subjects such as the integration of the African-American community into the narrative of North-America – a continent in which Warhol was a leading manufacturer of icons.

-The End-

The Broll can be downloaded free of charge from – https://vimeo.com/showcase/10309542 – and you can download imagery from here.

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ellie@the10group.com | +44 7530 007300

Notes to Editors

Press kits are available to download here:

French : https://presse.fondationlouisvuitton.fr/basquiat-warhol-a-quatre-mains/

English : https://presse.fondationlouisvuitton.fr/basquiat-warhol-painting-four-hands/?lang=en

About Fondation Louis Vuitton

The Fondation grounds its commitment to the contemporary arts within an historical perspective. In 2006, the LVMH Group and its companies opened a new chapter in their history of patronage with the creation of the Fondation Louis Vuitton. The building itself was inaugurated on 24 October 2014, the result of nearly 25 years of commitment to the arts, culture and heritage.

Driven by its mission to serve the public, the Fondation is committed to making art and culture accessible to all. To promote the arts both nationally and internationally, it hosts temporary exhibitions of modern and contemporary art, presents works held in its collection, commissions artists to create site-specific pieces, and stages events across the cultural spectrum (concerts, performances, conferences, film screenings, dance and more).

Le système TikTok, un livre d’Océane Herrero (Editions du Rocher)

Le système TikTok, un livre d’Océane Herrero (Editions du Rocher)

Océane Herrero est journaliste économique. Elle nous livre son premier livre, une véritable enquête sur le phénomène TikTok : Le système TikTok, Comment la plateforme chinoise modèle nos vies.

Depuis sa création en 2016, l’application chinoise TikTok ne cesse de prendre de l’ampleur. Aujourd’hui, elle compte 1 milliard d’utilisateurs à travers le monde, dont 17,7 millions en France. La plupart, de très jeunes utilisateurs.

La force de cette application réside dans un algorithme de recommandation excessivement pointu. « For you », pour toi, ces vidéos. TikTok sélectionne les vidéos qui peuvent intéresser celui qui est branché, et ce, sans interruption. En général des vidéos courtes, de moins de trente secondes, ce qui permet au jeune de rester connecté très longtemps sans s’en apercevoir !
TikTok sait tout de la personne. Au plus intime.
Et voilà le danger. Le respect de la vie privée est-il respecté ?

Au niveau de la religion, à cause de TikTok, on voit des chrétiennes qui se voilent pour faire leurs prières et achètent ces voiles, 2€, sur le Net. D’où une certaine standardisation du voile !

« Mais ce phénomène génère également une concurrence entre les religions. »
« Paganisme, christianisme, islam : bien que différentes, ces spiritualités convergent dans la forme qu’elles prennent sur TikTok. » P.53

Le jeune adolescent est prêt à transmettre de nombreuses données sur lui-même et en échange, il reçoit des vidéos personnalisées. En fonction de ce qu’il « like », l’application va lui soumettre le même style de vidéos et va construire « une persona numérique ». P78

Océane Herrero raconte plusieurs cas de jeunes qui ont fait un véritable carton sur TikTok en publiant leurs vidéos. Ils doivent en faire chaque jour davantage pour ne pas perdre d’audience. Ils passent un temps fou sur cette application et en font un travail à temps plein, avec une lourde charge émotionnelle et souvent des ondes très négatives et même des agressions. Une pression de plus en plus importante… et pas toujours supportable.

L’auteure parle également des modérateurs de contenus. Un métier terrible : intense, horaires décalés, travaillant jusqu’à 16 h par jour, et violence de certains contenus qu’ils sont obligés de voir. De véritables traumatismes. On l’aura compris, la nature humaine n’est pas belle ! Et comme le but de ces vidéos est souvent de choquer le plus possible pour être vues le plus possible, on imagine le contenu…
Tout se décide en Chine, ne l’oublions pas !

« Certains neuroscientifiques commencent à alerter sur l’impact que peut avoir l’exposition prolongée à TikTok chez les jeunes enfants. Comme des bonbons, les vidéos courtes activent le système de récompense du cerveau, et délivrent une décharge de dopamine. » P.161
TikTok est une application fabuleuse dont il faut se méfier, une sorte de drogue dont le cerveau ne peut plus se passer, comme attaqué par une intelligence artificielle, dit Andrej Karpathy, spécialiste en intelligence artificielle.

A nous, parents, de surveiller ce que regardent nos enfants ! Mais aujourd’hui, c’est presque mission impossible !

Lisons donc Le système TikTok, d’Océane Herrero ! On comprendra beaucoup mieux cette application, le génie de certains et le pouvoir qu’elle exerce sur nos enfants !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2023
Auteur : Océane Herrero
Editeur : Editions du Rocher
Prix : 17,90 €

Théorème Je me sens un cœur à aimer toute la terre, une pièce surprenante au Théâtre du Vieux Colombier

La troupe de la Comédie Française interprète une adaptation moderne du Théorème du Pier Paolo Pasolini sorti sur les écrans en 1968. L’écrivain, poète, peintre, journaliste, traducteur, dramaturge, artiste visuel, acteur, scénariste et réalisateur italien avait choqué la société italienne avec sa critique acerbe et frontale de la bourgeoisie si pleine de certitudes endormies. Amine Adjina reprend l’essentiel du canevas initial en ajoutant des éléments très actuels pour évoquer notre époque si emplie de peurs sur l’avenir et le présent.

Une métaphore pleine de sens

Le film de Pasolini n’y va pas par 4 chemins. Sitôt arrivé au sein de la famille, l’énigmatique étranger ne tarde pas à avoir des rapports sexuels avec chacun de ses membres : la bonne, le fils, la mère sexuellement refoulée, la fille timide et le père tourmenté. Les différences entre la pièce et l’opus tiennent notamment aux choix de mise en scène de l’auteure et d’Emilie Prevosteau. Rencontré par la matriarche de la famille sur une plage, l’étranger est invité dans sa maison alors que le reste de la famille est sur le point d’arriver pour un séjour. La scène rend compte de cette maison aux atours estivaux, faite pour le repos mais qui va connaitre des véritables retournements de conscience, incessants et continus. Les inimités sont légion dans ce microcosme en vase clos. Le fils et la fille envisagent des carrières artistiques que leur père entrepreneur assidu réprouve. Leur mère est en mode pilotage automatique pour éviter de ressentir les contrariétés et la bonne prend soin seule de la grand-mère en fin de vie. L’étranger bouscule cet ordre établi. Par son attitude perpétuellement mesurée et son physique avenant, il ensorcèle la maisonnée comme à l’aide d’un maléfice. Les têtes et les esprits tournent et les certitudes s’effondrent comme en quelques secondes. La pièce insert des éléments qui détonnent, comme avec cette mention d’un poète écrasé sur un parking près de la plage, de la même manière que Pasolini lui-même sur la plage d’Ostie en novembre 1975. La mise en abime est totale et confond réalité et fiction. Les protagonistes évoquent incessamment une candidate d’extrême droite aux portes de la présidence, sans mentionner de nom, mais la salle sait exactement de qui il s’agit, surtout l’ex candidate socialiste assise dans la salle. La plus jeune répète le rôle d’Elvire dans la préparation du Dom Juan de Molière, rappel de ce que l’étranger se sent un cœur à aimer toute la terre. Et le sortilège fait son chemin, enlevant avec lui tous les membres de la famille. Les 2h15 de spectacle passent dans un souffle avec cette bande son dramatique qui emplit l’air de vibrations contradictoires. Un tour de chant de la jeune fille finit par persuader que plus rien ne sera jamais le même une fois l’étranger reparti. Le théorème est démontré avec l’incapacité pour l’homme et la femme moderne de percevoir, écouter et partager avec ses semblables. L’étranger s’en fait l’émissaire et l’interprète, tel un deux ex anima sorti de la bible, mi-démiurge mi démon.

Les 4 comédiennes et les 3 comédiens sont tous au diapason d’un texte lourd de sens et profond comme un abime sans fond. La pièce est visible jusqu’au 11 mai au Théâtre du Vieux Colombier pour un moment de théâtre qui ne laisse pas indifférent.

Synopsis: Dans cette photographie d’une famille bourgeoise du XXIe siècle, assurée de son confort matériel et moral, l’intimité est bousculée par la venue d’un garçon au charisme en tous points exceptionnel. Cette pièce originale d’Amine Adjina, écrite pour la Troupe, se déroule dans une maison au bord de la mer où résident la grand-mère paternelle et Nour, jeune fille qui s’occupe d’elle. À leur arrivée, les parents et leurs deux enfants apprennent que la grand-mère a invité un inconnu croisé à la plage. Les metteurs en scène, Amine Adjina et Émilie Prévosteau, qui travaillent depuis 2012 au sein de la compagnie du Double sur les mythes anciens et modernes, de Phèdre à Marilyn Monroe, s’emparent ici de la parabole de la Visitation, développée par Pasolini dans son roman Théorème et le film au titre homonyme qui fit scandale en 1968 à la Mostra de Venise. Le thème est croisé avec le personnage d’Elvire dans Dom Juan de Molière, que la jeune fille apprentie-comédienne répète. Le fils s’exerce pour sa part à des portraits vidéo, sans que ces deux âmes d’artiste ne soient prises professionnellement au sérieux par le père, chef d’entreprise. La tension dans son couple est vive, tant son épouse se sent étriquée dans sa vie. L’arrivée du garçon bouleversera intimement tous les membres du foyer, qui succomberont à son charme inexplicable. Au sein d’une scénographie aux multiples espaces qui permet une circulation des corps et des regards, la pièce interroge la domesticité contemporaine mais aussi la notion d’héritage, social et culturel. Dans une France prête à basculer à l’extrême-droite, les relations entre les personnages racontent notre appréhension du monde moderne, de la vieillesse et du désir. L’ancrage familial hésite entre le clanique et l’émancipation. De ce quotidien émane la force poétique et libératoire du théâtre. Le texte de la pièce est à paraître le 5 avril 2023 chez Actes Sud-Papiers. Avec le généreux soutien d’Aline Foriel-Destezet, grande ambassadrice de la création artistique

[BD] Hippie Surf Satori : voyage initiatique au coeur de l’esprit surf des années 70 (Glénat)

[BD] Hippie Surf Satori : voyage initiatique au coeur de l’esprit surf des années 70 (Glénat)

Récit initiatique qui débute sur les plages de Biarritz, Hippie Surf Satori suit les aventures d’un jeune frenchy et ses potes surfers américains, qui vivotent entre vagues et trafic de cannabis dans l’insouciance des années 70. Et puis très vite, on voyage du côté de la côte Ouest des Etats-Unis, sous le soleil de Californie. 

Comme une sorte de documentaire surf imprégné de culture hippie, où motifs à couleurs vives et psychédéliques donnent le change aux groupes de musiques de woodstock et participent à une certaine apologie de liberté. Celle d’une époque qui parait bien loin mais pourtant si proche. Un brin de nostalgie accompagne l’air marin qui soulève ces belles vagues où bottom turn et cutback s’invitent au fil de l’eau. Du plaisir pour tout amateur qui aime parler planches et shaping. 

Hippie Surf Satori restitue une atmosphère unique à travers des dessins inspirés, dont le naturel colle parfaitement au propos. 

Un album qui ne manque pas de charme et nous laisse nostalgique d’une époque que nous n’avons pas connue !

 

Extrait de la BD :

 

Résumé de l’éditeur :

Une plongée dans la culture surf des années 70.

1969, le surf s’est installé sur la côte basque depuis une dizaine d’années. Avec lui, toute une nouvelle génération se laisse porter par des sensations de glisse uniques et un style de vie qui s’affirme. Planche sous le bras, Pierre savoure chaque session mais rêve d’évasion. Impliqué dans un petit trafic de cannabis, il décide de quitter Biarritz sans se retourner, direction la Californie, où un ami surfeur local peut l’accueillir. Quand le petit frenchie débarque là-bas, le mouvement hippie bat son plein. Dans ce monde fleuri et déjanté, Pierre va découvrir le mythique quartier de Haight-Ashbury à San Francisco et l’effervescence de sa scène musicale avec Jimi Hendrix, Santana et Janis Joplin ! Puis ce sera Hawaï, le voyage initiatique de tout surfeur. Expériences uniques, rencontres inouïes, il va vivre un trip extraordinaire à une époque où tout est encore possible. Mais cette route et ses dangers psychédéliques risquent de le mener bien plus loin qu’il ne l’avait imaginé…  

Alain Gardinier, journaliste spécialiste du surf et de la musique, signe avec Renaud Garreta, dessinateur d’Insiders avec JC Bartoll et du Maître de Benson Gate avec Fabien Nury, un album pertinent et poétique qui donne envie de prendre la route. Véritable fuite en avant autour du monde, ce livre se démarque par son univers exaltant et ses dessins d’une rare beauté.

Date de parution : le 5 avril2023
Auteurs
: Alain Gardinier (scénariste)
et Renaud Garreta (dessin)
Genre : surf
Editeur : Glénat
Prix : 22,50 € (128 pages)
Acheter sur : BDFugue

Tour de France Des Rosés et des Bulles Roses 2023 (2/2)

Suite du Tour de France avec 4 bulles rosées qui vont vous faire tourner la tête, métaphoriquement, car la dégustation est toujours faite avec modération. 4 dégustations variées pour se rendre compte de la diversité et de la qualité des bulles rosées dans l’hexagone.

Chassenay d’Arce Cuvée Rosé Brut,  prix de vente à la cave 27,90 euros

Chassenay d’Arce est une maison bien connue sur Publik’Art avec déjà de multiples dégustations en 2022, en 2022 et en 2021. Beaucoup de détails sur la vinification dans la pure tradition champenoise en cuverie inox thermorégulée avant mise en bouteille et incorporation de 13% de vin rouge élaboré à partir des raisins du vignoble de la Maison. Puis 4 ans de vieillissement en bouteilles sur lies avec un dosage brut de 9 g/l. L’assemblage se fait à raison de 51% pinot noir, 31% de chardonnay, 12% de meunier et 6% de pinot blanc issus de plusieurs vendanges. Le champagne se déguste idéalement lors d’apéritifs festifs ou dînatoires en accompagnement de
viandes en sauce avec des fruits rouges comme un canard aux cerises et des tartes à pâte sablée également aux fruits rouges. Le conditionnement est fait avec une bouteille 75 cl en carton de 6 pour une conservation de la bouteille couchée à température constante (entre 10 et 12°C) et à l’abri de la lumière. Au nez, le champagne est expressif et équilibré avec des arômes de fraises des bois compotées et de framboises fraîches. La bouche est très gourmande avec toute une palette de fruits rouges sublimée par une pointe de bonbon à la violette. La finale se veut agréable avec une petite pointe acidulée apportée par le chardonnay. Un champagne de grande qualité à déguster absolument.

Coteaux du Vendômois, Méthode Traditionnelle brut gris Charles Jumert, prix de vente à la cave 7,50 euros

Ce Méthode traditionnelle La Berthelotère de Charles Jumert est comme toujours dans les Coteaux du Vendômois composé de cépage Pineau d’Aunis. Léger et fruité, cet vin est parfait pour l’apéritif, en Dessert ou pour un vin d’honneur, à servir nature ou en kir. Le vin est proposé à un prix indicatif TTC départ cave de 7,50 euros, un tarif exceptionnel pour cette qualité.

Savoie : Domaine des Anges Bulles Rosé Le Dé Lys, prix TTC de vente à la cave 8 euros

Ce vin Méthode traditionnelle demi-sec est composé de 100% de cépage Gamay. L’âge des vignes est d’environ 45 ans pour un rendement d’environ 60HL/ha. La vinification est réalisée par pressage avec une vinification naturelle en levure indigène. La méthode traditionnelle est une méthode d’élaboration de vins effervescents qui consiste en une seconde fermentation en bouteilles d’un vin tranquille, puis l’ajout d’une liqueur de tirage. A l’œil, le Dé Lys se distingue par une jolie couleur rose bonbon. Le nez est expressif, avec une légère sucrosité. En bouche, c’est une explosion de fines bulles accompagnée de notes de fruits rouges. Le vin accompagne parfaitement les apéritifs ou bien les desserts (Vacherin, pavlova aux fruits rouges, entremets au chocolat). Le prix de vente TTC particulier départ chai est de 8€. Le vin est distribué chez les cavistes, chez les restaurateurs et dans les fromageries.

Cellier de Sordan Brut rosé, Méthode traditionnelle, prix de vente à la cave: 9,10 euros

Le Cellier de Sordan est situé en Savoie est propose un Rosé Brut réalisé en Méthode Traditionnelle. Le Rosé Savoie Brut est un vin de Savoir AOC, rigoureusement élaboré selon le principe ancestral du moine champenois Dom Pérignon. Ce vin rosé est issu du pressurage des meilleurs cépages savoyards tels que le Pinot Noir ou le Gamay. Les bulles sont obtenues après un séjour de plusieurs mois en cave pour développer le côté floral et les saveurs de fruits rouges. Cette cuvée peut être servie lors d’un diner entre amis, autant en après-midi qu’en apéritif ou en dessert. Cette cuvée est entièrement élaborée par les frères Barlet, viticulteurs au Cellier de Sordan.

Successions. L’argent, le sang et les larmes (Albin Michel)

Successions. L’argent, le sang et les larmes (Albin Michel)

Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider ont fait des recherches sur de grandes familles françaises et nous livrent leurs conclusions dans leur dernier livre : Successions. L’argent, le sang et les larmes.

Il faut déjà comprendre la signification de la notion même de « grandes familles ». Ce sont en fait les familles des plus grands entrepreneurs de France. Elles les ont contactées et certaines ont bien voulu se soumettre à leurs longs interviews. Ainsi douze chapitres passent au crible les familles suivantes :
les Bolloré, Bernard Arnault et ses cinq enfants, François Pinault et son fils François-Henri, la famille Peugeot, Arnaud Lagardère, Les Gallimard, la famille Hermès, les Mulliez, les Decaux, les Bettancourt, les Bouygues.

Bref, ce sont tous des personnes que tout le monde connaît ne serait-ce que de nom.

Des familles qui ont fait fortune à un moment de l’Histoire et qui ont su faire encore davantage fructifier leur capital. Des familles d’entrepreneurs, et surtout d’éternels travailleurs. Ils ont voué leur vie à leur entreprise. Ils n’ont jamais cessé de travailler. Comment vont-ils assurer la succession de leur empire ?

Arriveront-ils à laisser à leurs enfants les rennes de leur entreprise ? Comment est prévue leur succession ? Rien ne sera jamais facile et les familles vont souvent s’entre-tuer… Du sang et beaucoup de larmes riment avec argent… des brouilles et des séparations familiales… D’une tristesse infinie !

On connaît déjà des histoires dramatiquement sinistres, comme celle des Bettencourt mais on connaît moins celles d’autres familles tout aussi pitoyables !

Avec Successions. L’argent, le sang et les larmes, les auteures analysent très bien la situation tant financière que psychologique et humaine, de chaque famille. On se laisse prendre au jeu même si notre vie est bien loin de la leur !

Finalement, on se rend compte à quel point l’argent gâche tout ! A tous les niveaux ! Et franchement, on ne les envie nullement ces richissimes !

Successions. L’argent, le sang et les larmes est à lire comme un roman tout en sachant que ce livre ne révèle que des réalités pas toujours bonnes à dévoiler !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Octobre 2022
Auteures : Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider
Editeur : Albin Michel
Prix : 20,90 €

Portrait de famille, Un programme de 5 histoires pour célébrer la vie et la famille en musique, en salle le 12 avril

Portrait de Famille est un film composé de 5 contes réalisés par les cinéastes iraniens Morteza Ahadi Sarkani et Mohammad Ali Soleymanzadeh. Ils ont déjà collaboré ensemble en 2006 sur Le Corbeau et un drôle de moineau. Un troisième larron s’est greffé au duo, Mahin Javaherian, à qui l’on doit un autre court métrage d’animation, Le Rêve et autres courts sorti en 2008. Le film est un bel exemple de ce que sait faire l’Iran en matière de cinéma d’animation à destination des enfants et de toute la famille.

Du beau cinéma d’animation iranien

On ne compte plus tous les films d’animation venus d’IranLe Petit monde de Bahador en 2006, La Montagne aux bijoux en 2005 et évidemment Persepolis en 2007. Portrait de Famille utilise le procédé de l’animation image par image tourné en 2D numérique et la 3D tournée en Haute Définition. Le Corbeau est un animal régulièrement utilisé par Morteza Ahadi Sarkani et Mohammad Ali Soleymanzadeh, c’est le cas ici dans l’un des contes de Portrait de Famille où il est question d’un corbeau qui décide de se marier, mais aussi d’un duel avec un renard. Les films du Whippet rééditent le film en copie restaurée un programme réalisé à l’intention de toute la famille il y a 10 ans. Ces 5 films proviennent de Kanoon ( institut pour le Développement Intellectuel des Enfants et des Adolescents en Iran) et sont sans paroles, notamment La Citrouille qui roule, Maman Corbeau et le renard et Le Mariage de Hajar.

Le film dure 42 minutes et peut être regardé à partir de l’âge de 3 ans. avec 5 histoires qui célèbrent la vie, la fête et la famille en musique.

Synopsis:

Le Pays des contes des mille et une nuit est en ébullition..
La fête bat son plein chez les papillons…
Maman Corbeau met au point une stratégie pour se débarrasser d’un renard affamé.
Maître Corbeau va se marier sous les yeux d’un chat ébahi !
Une Grand-mère qui n’a pas froid aux yeux prend la route pour rendre visite à son petit fils qui vient de naître.
Un village prépare avec enthousiasme, le mariage de la belle Hajar 

Loup & Chien, un film très actuel, sortie le 12 avril 2023

Loup & Chien se déroule sur l’île de São Miguel située dans l’archipel des Açores. Contexte de soleil et de mer où des mondes différents cohabitent, faits de traditions anciennes et de communauté queer bien ancré. La jeune Ana (Ana Cabral) s’apprête à rejoindre le continent pour construire sa vie et son futur et louvoie entre ces mondes, elle semble tout voir et tout entendre, réagissant toujours avec tendresse et bienveillance. Elle anime le film avec Lui, jeune homme intégré à la communauté gay. Le film souligne également le regard de la réalisatrice Claudia Varejao qui mélange tons de documentaire et échappées oniriques.

Entre racines et actualité

Les racines traditionnelles s’illustrent avec des évènements antédiluviens faits de processions religieuses et d’un prêtre-confesseur. Au même niveau se situe le quotidien d’une forte communauté queer aux valeurs tout aussi établies, faites de sens de la communauté et bienveillance partagée. Cláudia Varejão fait prendre conscience de toutes ces réalités pour une vision sociale des plus réussies. L’île est partagée entre ces mondes qui ne s’opposent pas et se construisent dans un vivre ensemble idéalisé. La principale ombre au tableau du scénario tient dans ce commerce clandestin où les drogues se vendent touchant en priorité les jeunes hommes et cette scène de dispute violente entre un père et son fils. Le ton du film tient à la chronique adolescente, l’héroïne s’ouvre à la différence pour se faire sa propre vision personnelle, dans des contextes alternativement très ensoleillés en plein jour et bleutés dans des ambiances nocturnes entre chien et loup.

Lobo e Cão est un film portugais qui interroge sur l’héritage patriarcal et religieux avec lequel la jeunesse décomplexée doit apprendre à composer. Envies de liberté et présence des mères aimantes finissent à donner au film un ton des plus actuels.

Synopsis: Née sur une île marquée par la religion et les traditions, Ana embarque pour un voyage libérant de nouveaux désirs alors qu’elle rencontre la rayonnante Cloé et se lie d’amitié avec la communauté queer locale.

Shakespeare à pile ou face dans la remarquable pièce Roméo et Juliette au Lucernaire

Le Lucernaire remet au gout du jour le duo romantique par excellence Roméo et Juliette dans un chambardement plein de sens. Le public est prévenu avec humour dès le départ de la pièce. Caroline de Touchet (une des 2 metteurs en scène) se mue en madame loyale et désigne au hasard des membres du public afin de… sélectionner la vingtaine de personnages de l’intrigue parmi les 2 comédiens et 5 comédiennes présents sur scène. Jeunes, innocents, peut-être même intimidés, ils ne s’en laissent pourtant pas comptés. 5040 combinaisons possibles, soit un spectacle complètement différent chaque soir. Le résultat est-il à la hauteur de l’enjeu? C’est peu de dire que l’énergie déployée sur scène laisse le public coi et admiratif.

Une revisite magique du classique de Shakespeare

2 comédiens et 5 comédiennes, toutes les combinaisons sont possibles et le vertige guette. Roméo et Juliette peuvent être interprétés tous deux par des hommes, ou des femmes, Mercutio peut être une femme, la mère de Juliette un homme. Chacun dans le public a juste le temps de se faire son propre choix avant que le verdict tombe. La soirée du 6 avril voit le couple mythique interprété par 2 comédiennes aussi jeunes qu’inventives. Le spectacle d’un peu plus d’une heure est proche du feu d’artifice avec danse effrénée (le bal des Capulet), répliques cultes (Roméo, pourquoi es-tu Roméo?) et interprétations intenses. Une rapide réflexion laisse entrevoir le travail de préparation nécessaire pour que chacun des comédiens et comédiennes connaisse l’intégralité des textes et des jeux de chacun des personnages, vu que chacun peut chaque soir endosser un rôle complètement différent. La compagnie Raymond Acquaviva relève le gant avec brio, pas un interprète qui ne subjugue pas l’audience à la hauteur de ses camarades pour une parfaite osmose collective.

Grand hommage à ces jeunes comédiens et comédiennes qui animent la flamme de Shakespeare avec art (le 6 avril, Roméo est interprété par la numéro 5 en partant de la gauche, Juliette la numéro 7). Des étendoirs sont placés au fond de la scène pour permettre des changements de costume en fonction des rôles et faciliter la dynamique des mouvements. Pour ceux qui ont eu la chance de voir l’adaptation d’Olivier Py au Théâtre de l’Odéon en 2011, il ne leur aura pas échappé que 2 échafaudages mobiles avaient été utilisés, permettant aux interprètes de virevolter sur la scène. Le même procédé est repris avec le même succès. Pareillement, Olivier Py avait modernisé le texte et assigné plusieurs rôles aux comédiens et comédiennes. Certains avaient été ridiculeusement effarouchés (mention spéciale à l’horrible article de Libération) parlant de désinvolture coupable. Tant de sclérose intellectuelle laisse songeur…

La modernité n’est pas un crime, que ce soit dans la mise en scène, les textes ou le choix des interprètes. L’immobilisme est le vrai crime et nul doute que Shakespeare lui-même aurait applaudi cette adaptation réussie et virevoltante. Le public ne s’y est pas trompé, offrant une salve d’applaudissement ô combien méritée aux valeureux artistes! Une pièce à ne manquer sous aucun prétexte!

Synopsis: Une pièce planétairement connue, sans doute la plus célèbre, dont l’amour est le centre et qui fut déclinée de multiples façons depuis sa création en 1597.Roméo aime Juliette qui aime Roméo, mais la haine de leurs deux familles s’opposera à cette union fusionnelle dans la vie pour ne leur laisser que le choix de se retrouver éternellement dans la mort. La Compagnie Raymond Acquaviva en choisissant la jeunesse des acteurs des « Divergents » présente une toute nouvelle version de ce drame en laissant au public la possibilité de choisir lui-même le personnage que devra interpréter l’acteur, quel que soit le genre ou le physique, donnant ainsi à l’amour la place centrale qu’il mérite dans son universalité.

Détails:

Tarif: 28 € Plein Tarif

MARDI 18H30

MERCREDI 18H30

JEUDI 18H30

VENDREDI 18H30

SAMEDI 18H30

DIMANCHE 15H

Une belle autobiographie avec Je chante si on me donne du chocolat de Jacqueline Taïeb aux éditions Nouvelles & Anciennes

Jacqueline Taïeb est une chanteuse française d’origine tunisienne. Rentrée dans la légende avec son tube intemporel 7h du matin paru en 1967, elle a surtout écrit pour de nombreux interprètes renommés: Yves Montand, Michel Fugain, Mauranne, Dave et Fabienne Thibeault. Ce premier livre raconte avec sincérité une vie riche et accomplie.

Une carrière singulière

Je chante si on me donne du chocolat est un récit à la première personne, un témoignage rempli de force. Légende des sixties et porte-parole engagée pour la liberté des femmes, Jacqueline Taïeb se livre en détaillant son œuvre personnelle et ses contributions pour des interprètes marquants. La récapitulation de moments importants de sa vie est touchante, drames et moments heureux, ses parents et l’histoire familiale, jusqu’à devenir une quasi confession. Elle évoque sa Tunisie natale et surtout les années 1960 où son tube 7h du matin, enregistré à Londres, lui ouvre les portes du show bizz après avoir remporté le premier MIDEM de janvier 1967. Elle vit plusieurs vies et devient alors compositrice. Etre à l’origine d’un standard international est une bénédiction autant qu’une malédiction, surtout que le titre ne cesse d’être repris dans des films et des publicités, véritable marqueur d’une époque. Le titre sorti en 1967 préfigure l’évènement phare à venir, Mai 68. Les autres titres n’ont pas connu le même succès, Le cœur au bout des doigts, Le Printemps à Paris ou La fac de lettres mais sont néanmoins les reflets de toute une époque. Les photos nombreuses agrémentent la lecture pour retracer un parcours riche et varié, les grands noms sont légions et les références donnent la chair de poule. De quoi faire apparaitre des belles images dans l’esprit du lecteur!

Les anecdotes s’accumulent dans un livre qui revient sur les rencontres, l’écriture des chansons et l’histoire familiale. Les accents de franchise et de sincérité rendent la lecture plaisante, à découvrir notamment sur Amazon.

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Une nouveauté 21g immanquable avec la BD Nous n’irons pas à Paisley Park, sur la route avec Prince, sortie le 7 avril 2023

Les éditions 21g proposent une BD complètement folle, rocambolesque, fantasmatique pour tout fan de Prince qui se respecte. Le pitch est à la hauteur du délire du concept: 2 français partent à Minneapolis récupérer les bandes secrètes des sessions réalisées par Prince et Miles Davis. C’est parti pour 112 pages de pure délire. Références musicales, télescopages historiques, invités surprise (Snoop Doggy Dog entre autres), la BD est un pur plaisir de fan de musique. Oubliez toute logique et tout sens commun pour vous laissez aller à un vrai moment de plaisir. Le chemin vers Paisley Park est pavé de surprises et de discussions érudites entre les 2 habitués du magasin de disques tenu par un vieux collectionneur assez fou pour les envoyer aux states. Il est rare de dévorer une BD de la première à la dernière pages en recommençant illico une seconde lecture dès la dernière bulle parcourue. C’est magique. Avec des dessins hyper stylisés rendant un bel hommage à la mythologie du rock’n’roll et des péripéties toutes les 2 pages, difficile de lâcher la lecture et de ne pas retourner sur les routes américaines pour continuer à rêver à l’histoire du rock en général et celle de Prince en particulier. Les auteurs JEF et Thomas Kotlarek ont fait un bon boulot!

Synopsis: Le 21 avril 2016, Prince est retrouvé mort à 57 ans, dans son studio d’enregistrement de Paisley Park au fin fond du Minnesota. De l’autre côté de l’Atlantique, la nouvelle foudroie Sergio, un vieux disquaire excentrique et collectionneur patenté de la rockstar. Ce dernier persuade alors deux de ses fidèles clients désoeuvrés de partir en quête du seul élément manquant à son palmarès : les enregistrements des sessions musicales inédites de la rencontre entre Prince et Miles Davis, des bandes que la légende prétend être archivées dans le coffre-fort de Paisley Park… Un voyage déjanté sur la route du Midwest américain d’aujourd’hui, en hommage à la musique Funk et au Kid de Minneapolis avec l’élection de Trump en arrière-plan.

Editeur: 21g

Auteur: JEF / Thomas Kotlarek

Nombre de pages / Prix: 112 pages / 20,95 euros

À l’opéra Bastille, Ludovic Tézier en majesté

A l'Opéra Bastille, Ludovic Tézier en majesté
Eve-Maud Hubeaux & Jean Teitgen – Hamlet par Krzysztof Warlikowski (© Bernd Uhlig – OnP)

À l’opéra Bastille, Ludovic Tézier en majesté

En montant aujourd’hui Hamlet, l’opéra romantique d’Ambroise Thomas (1868), sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier, Krzysztof Warlikowski retrouve l’univers shakespearien de ses débuts qu’il affectionne. À ceci près que dans la version opératique, Hamlet ne meurt pas et devra vivre lesté du poids du meurtre de son oncle, de la mort d’Ophélie et de celle de son père.

Un livret qui s’éloigne aussi de la vision politique de Shakespeare car il se focalise sur l’intime, scrutant la relation existante entre ce fils de roi et sa mère ainsi que les ravages intérieurs de la perte du père et de celle d’Ophélie.

En figurant l’action dans un hôpital psychiatrique qui se déploie à partir d’un flash-back inaugural où Hamlet cohabite avec d’autres pensionnaires, Warlikowski refait le film et fouille, sans relâche, une mémoire dont les réminiscences, à l’instar des tourments qui l’assaillent, n’en sont que plus dévoratrices, entre remémoration et hallucinations. Un coup de maître.

Un Hamlet de l’intime

La scène d’ouverture pose les jalons. Inscrite dans l’aujourd’hui, on y voit Hamlet, cheveux gris, vêtu d’un vieux gilet qui partage la pièce d’une salle commune avec la reine, sa mère âgée à la silhouette fatiguée, assise dans un fauteuil roulant et prostrée devant un écran de télévision. Image saisissante qui voit deux personnages isolés et retirés du monde dans un lieu carcéral renvoyant à un univers mental où des êtres fantomatiques vont et viennent dans un couloir sombre et sans issue.

Lorsque fait alors soudainement irruption dans une séquence éblouissante, une foule d’invités constituée du chœur et venue célébrer le couronnement du nouveau roi Claudius, recadrant l’intrigue à son point de départ. Elle inaugure un sens aigu de la rupture dont ne se départira plus la mise en scène dans un geste aussi théâtral que cinématographique, propice à une mise en abyme vertigineuse de la psychologie des protagonistes.

Pour devenir roi du Danemark, Claudius a tué son propre frère et épousé sa veuve, Gertrude. Hamlet, le fils du roi assassiné, aime Ophélie mais il doit accomplir la vengeance que le spectre de son père lui réclame. Ophélie, se croyant délaissée, sombre dans la folie et meurt noyée, au grand désespoir d’Hamlet.

Une mise en scène électrisante 

Un spectre qui n’en a pas fini de hanter Hamlet et à l’origine d’une accumulation de drames intimes dont il est et restera jusqu’à sa mort le dépositaire. Hamlet empreinte à la figure de Sisyphe. Il porte en lui des fantômes qui ne le lâchent pas. « The time is out of joint » déclare Hamlet sous la plume de Shakespeare. « Le temps est détraqué » chez Hamlet le survivant qui fait figure d’énigme. Car tout semble se mêler et se troubler dans cette configuration existentielle dont il est à la fois le protagoniste, la victime et l’instigateur.

Pour nous plonger dans les arcanes de la psyché et des âmes torturées des protagonistes, le metteur en scène crée avec la décoratrice Małgorzata Szczęśniak, un espace éclaté, d’une grande maitrise formelle, propice au découpage temporel et au déploiement d’un paysage mental aussi ravageur que traumatique. Où les décors, les lumières, la vidéo et les costumes convoquent à la perfection des images spectrales, en projection totale avec cette histoire de folie intérieure et d’introspection.

A l’abri d’un immense espace installé sur la scène qui laissera voir le plateau en plusieurs lieux (la salle commune avec ses pensionnaires, une chambrée, un couloir latéral carcéral), déferle en visions kaléidoscopiques la tragédie d’un homme incapable d’exister par lui même et d’écrire une vie libérée de ses parents. Elle focalise une impossible émancipation face à la figure paternelle complexifiant d’autant plus le lien à la mère et son emprise complexe qui voit Hamlet se confronter à la situation freudienne d’Œdipe, tiraillé entre amour filial et son propre désir.

Le tout emmené par un plateau vocal de haut vol avec en premier lieu le baryton Ludovic Tézier dans le rôle titre qui impose une puissance vocale et un jeu théâtral de premier ordre, au plus près des ambiguïtés et des interrogations existentielles de son personnage. Lisette Oporesa, à la voix d’or, révèle une Ophélie de caractère face à une passion dévastée tandis qu’Eve-Maud Hubeaux donne à la reine Gertrude une stature et une fêlure dans une tessiture riche en tonalité. Jean Teitgen campe quant à lui un Claudius solide, à la diction sans faille.

Dans la fosse, Pierre Dumoussaud cisèle d’un geste sûr et souple la partition dont il traduit avec finesse le caractère pluriel et composite de l’œuvre. Bravo ! 

Dates : 11 mars au 9 avril 2023 – Lieu : Opéra Bastille (Paris)
 Mise en scène : Krzysztof Warlikowski

Rugby : Mourir fait partie du jeu, de Philippe Chauvin (Editions du Rocher)

Rugby : Mourir fait partie du jeu, de Philippe Chauvin (Editions du Rocher)

Philippe Chauvin nous livre son combat avec son livre : Rugby : Mourir fait partie du jeu.

Son fils, Nicolas, 18 ans, joueur de rugby depuis son plus jeune âge, était voué à un avenir radieux. Au moment de l’adolescence, il a arrêté quelques temps de jouer au rugby, pour revenir quelques mois plus tard, avec une carrure exceptionnelle et des atouts pour devenir un joueur professionnel. C’est ainsi qu’il devient titulaire en catégorie Espoirs du Stade Français Paris. Lors de son premier match en tant que titulaire, il joue à Bordeaux, le 9 décembre 2018. Il est victime d’un terrible double placage d’une violence telle qu’il a un arrachement de la seconde vertèbre cérébrale, qui provoque un arrêt cardiaque. Nicolas ne s’en sortira pas malgré sa jeunesse, et sa force. Il mesurait 1,94cm et pesait 95 kg.

Depuis ce jour, son père se bat pour que cela ne se produise plus jamais. Dès le départ, il a été bien soutenu mais au fil des mois, des années, ce soutien s’est peu à peu dissipé et aujourd’hui, il se retrouve très seul dans son combat.

Tout au long de son livre il essaie de comprendre ce qui s’est passé. Il revient sans cesse sur le fait qu’il y a eu volontairement violence. Que les règles ont été bafouées et qu’il faut dénoncer les responsables. Rien ne peut excuser un tel placage. Il faut redéfinir les règles du rugby, interdire les placages au-dessus de la ceinture, pour éviter les accidents mortels. En 2018, Nicolas n’a pas été le seul jeune à mourir sur un terrain de rugby ! Quatre jeunes sont décédés des suites d’un match de rugby ! Sans parler de ceux qui se retrouvent tétraplégiques à la suite d’un match !

Philippe Chavin est un lanceur d’alerte : il faut que cela cesse ! Il n’a rien à gagner personnellement à ce combat. Il le fait pour les autres. Pour protéger les joueurs. Il contacte toutes les personnes susceptibles de faire changer les choses, au plus haut niveau.

L’auteur nous dévoile le monde sportif, de haut vol, ainsi que les instances officielles. Un monde qui parle, promet mais n’agit pas. Un monde indifférent à la douleur d’une famille, au deuil insoutenable d’un enfant en pleine santé.

Philippe Chauvin se bat, avec courage et détermination, pour que son enfant ne soit pas mort pour rien. Le rugby tue ! On doit le savoir. Il faut que cela cesse. Et hélas, ça ne s’arrête pas…

Il y a encore un long chemin à parcourir quand on pense au jeune Mathias Dantin, 17 ans, qui est devenu tétraplégique, suite à un placage, lors d’un match de rugby scolaire, en décembre 2022. Il s’en sort vivant, mais dans quel état ! 

Rugby : Mourir fait partie du jeu est un livre qui fait un triste constat des institutions officielles et de la famille du rugby… Et qui oublie l’Humain ! A lire absolument !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 5 Avril 2023
Auteur : Philippe Chauvin
Editeur : Editions du Rocher
Prix : 19,90 €

Un public en folie avec la truculente Princesse Cracra à la Folie Théâtre

A la Folie Théâtre a gâté son audience d’enfants en folie et de parents ravis avec une salle comble et un spectacle irrésistible. 2 comédiennes et 1 comédiens n’arrêtent pas de solliciter les plus jeunes pour les aider à identifier un dragon, répondre à leurs interrogations et leur donner les solutions à leurs problèmes. Pas un enfant n’y résiste pendant une heure de spectacle rondement mené. Victime d’un sort jeté par la sorcière Gribouillis, la Princesse Mélanie se transforme en Princesse Cracra, la salle n’arrête pas de rire. Le Prince Fred tente de l’aider à se délivrer du sortilège, avec l’aide des pipelettes qui hantent le public et ne cessent de l’apostropher, pour le plus grand plaisir de tous. Tours de chants et jeux de lumière participent à un énorme moment de joie collective. Pas un siège de libre, la liesse est totale. La troupe donnera une suite à ce conte moderne à partir du mois d’août avec une pièce centrée sur le personnage de la Sorcière Gribouillis, tout le monde a hâte! Le moment de revoir les excellents interprètes Morgane Drubigny, Lilou Cortes, Arnaud Gagnoud et Nathalie Javelle pour un nouveau moment de magie théâtrale!

Synopsis: Une princesse qui pète, rote, se cure le nez… Venez aider le chevalier à délivrer la princesse Cracra du sort que lui a jeté la sorcière Gribouillis ! La Princesse Mélanie se prépare pour la grande fête du royaume. Le chevalier Frédéric, quant à lui, chasse le dragon de la sorcière. La sorcière Gribouillis est furieuse et lui jette un sort : la femme dont il tombera amoureux deviendra « cracra ». Dès leur rencontre, Frédéric et Mélanie tombent éperdument amoureux. La pauvre princesse se retrouve ainsi à péter, roter, se gratter les fesses sans même s’en rendre compte… Le chevalier est horrifié ! Afin de rompre le sortilège, le chevalier, la princesse et les enfants devront unir leurs forces !

Détails:

Du mercredi 15 mars 2023 au samedi 13 mai 2023
À 16h30, les mercredis et les samedis (sauf pendant les vacances scolaires).
Pendant les vacances scolaires du 24 avril au 6 mai 2023 : à 10h30, du lundi au vendredi, à 16h30, les samedis.

Relâche le 1er et le 8 mai.

Tarif plein : 15€

Tarif réduit : 12€ et 7€

Tour de France des Rosés et des Bulles Roses 2023 (1/2)

Le Tour de France 2023 des rosés et des bulles roses envoie du très lourd avec des cuvées de qualité à déguster. 4 rosés et 4 bulles roses, avec de la qualité et de la diversité, c’est déjà l’été, mais toujours avec modération!

Jeanne B. 2022, Côtes-du-Rhône rosé, prix TTC de vente à la cave : 8,50 euros

Chez Laurent Brusset (@laurentbrusset), c’est toujours de très belles cuvées à déguster. Ce rosé est le résultat d’un assemblage entre cépages Grenache, Syrah et Cinsault. A l’œil, la robe arbore un beau rose pâle brillant et lumineux. Le nez est fruité agrumes (pomelos), petits fruits rouges et épices douces, poivre blanc et réglisse. La bouche est fondue, fraîche, très fruitée fraise des bois-citron, poivrée, avec une finale longue et saline. Ce rosé est parfait pour accompagner Saint-Jacques aux agrumes, langoustines grillées aux épices, rouget, saumon grillé, saint-marcellin, comté et panna cotta à la pistache. Le vin est distribué en vente directe, en CHR et chez les cavistes. Le prix TTC de vente à la cave est de 8,50 euros. Le juste prix pour un rosé qui confirmé la qualité du domaine dans toutes les couleurs, mais également en rosé.

Château de la Jaubertie, Tradition rosé 2022, AOP Bergerac Bio, prix TTC de vente à la cave : 8,30 euros

Le Château de la Jaubertie (@chateau_jaubertie) propose son Tradition rosé 2022, AOP Bergerac. Assemblage de Merlot pour 60% et Cabernet Sauvignon pour 40%, c’est un rosé très qualitatif. A l’œil, la robe est rose saumon avec une belle brillance. Le nez est fruité raisin-cerise, finement épicé cardamome-poivre blanc et une touche de réglisse, estragon. La bouche est harmonieuse entre fraîcheur et matière. Le rosé accompagne parfaitement la cuisine thaï, des papillotes de poisson au lait de coco, des crevettes sautées au poivre, un sauté de porc au curry et du chèvre frais. Distribué en vente directe, en CHR et chez les cavistes, son prix TTC de vente à la cave est de 8,30 euros, de quoi donner envie de se aller à une belle dégustation.

La Cave du Prieuré, Rosé de Gamay 2022, prix TTC de vente à la cave : 7,00 euros

Le rosé de Gamay 2022 est un AOP Savoie 100 % Gamay (@vins_de_savoie). Il arbore une robe rose saumon clair, lumineuse à reflet argenté. Le nez est complexe, floral aubépine, fruité fraise des bois-cerise et pomelo, épicé poivre blanc, estragon. La bouche est fondue, fraîche et gourmande, fruitée citron et finement épicée. Les plats parfaits pour le déguster sont le crabe, le homard, du risotto aux fruits de mer, des crevettes sautées au poivre et du chèvre frais. Distribué en vente directe, chez les cavistes et en CHR, son prix TTC de vente à la cave s’élève au très beau tarif de 7,00 euros, idéal pour une dégustation toute en douceur.

Le brut rosé 2021 AOP Savoie se compose également de cépage 100 % Gamay. A l’œil, sa robe est rose saumon clair, lumineuse à reflet argenté. Le nez est complexe, floral aubépine, fruité fraise des bois-cerise et pomelo, épicé poivre blanc, estragon. La bouche est fondue, fraîche et gourmande, fruitée citron et finement épicée jusque dans la longue persistance. Le mousseux accompagne idéalement crabe, homard, risotto aux fruits de mer, crevettes sautées au poivre et chèvre frais. Distribution en vente directe, chez les cavistes et en CHR, c’est un plaisir de mousse, surtout quand on connait son petit prix TTC de vente à la cave de 9,50 euros. Ce Brut Rosé est une « méthode traditionnelle » à découvrir : c’est la méthode qui est utilisée pour élaborer le Champagne.

Denis Noury, Saveurs d’Été Gris 2022, AOP Coteaux du Vendômois

Denis Noury propose ce vin rosé Saveurs d’Été Gris 2022 AOP Coteaux du Vendômois (@caveduvendomois) au prix TTC de vente à la cave de 6,00 euros. Composé comme souvent dans la région de cépage 100 % Pineau d’Aunis, il arbore à l’œil une robe pâle lumineuse à nuance argentée. Le nez est intense, floral pivoine, fruité poire-mirabelle. La bouche est ample et fondue, croquante, finement poivrée-pimentée en finale. Le vin se déguste idéalement en accompagnement de charcuterie, grillades, poulet aux épices, lotte au poivre vert, camembert ou pont l’Evêque. Distribué en vente directe, chez les cavistes et en CHR, c’est un bel emblème de ce que savant faire les cavistes du Vendômois en rosé.

Saint-Omer, un film de procès à ne pas manquer, sortie le 4 avril en DVD

Saint-Omer est un film de procès fascinant. Le film s’inspire d’un cas réel, l’affaire Fabienne Kabou, mère condamnée en 2017 pour infanticide. En obtenant le Lion du Futur du Meilleur Premier Film et le Grand Prix du Jury lors de la 79ème Mostra de Venise, le film a connu un retentissement bien mérité. Il a également reçu le Prix Jean Vigo et a concouru un temps pour représenter la France à l’Oscar du meilleur film international. Il sort le 4 avril pour une séance de rattrapage à ne pas manquer.

La force de la parole

Quel crédit accorder à une mère qui avoue elle-même avoir posé son enfant de 15 mois sur une plage alors que la marée haute s’annonçait? Meurtre prémédité, reflet d’une fragilité enfouie, appel au secours d’une jeune femme démunie? Le film ne propose pas de thèse définitive et laisse la parole aux avocats et à la juge dans un interrogatoire où le personnage de Laurence Coly se dévoile peu à peu. Dans un français châtié à l’extrême, elle raconte son parcours entre un père absent, une mère distante et un amant paternaliste. Au fur et à mesure que ses propos s’égrènent, le spectateur prend conscience de la situation difficile de la jeune mère, sans pour autant valider son acte incompréhensible. Les longs plans séquence montrent une Guslagie Malanda convaincante dans le rôle de l’accusée mystérieuse. Le choix de ses mots transforme lentement le film en quasi pièce de théâtre, ce sont les digressions autour de la romancière Rama spectatrice du procès, à coup de flashbacks, qui donnent une aura toute cinématographique à Saint-Omer. Premier long métrage de la réalisatrice Alice Diop, le film brasse un large scope de ,thématiques. La principale tient en cette inspiration de l’affaire Fabienne Kabou, mère condamnée en 2017 pour infanticide. Le 20 novembre 2013, le corps de sa fille Adélaïde, 15 mois, est retrouvé par un pêcheur sur la plage de Berck-sur-Mer dans le Pas-de-Calais. Sa mère, qui ne l’avait jamais déclarée à l’état civil, l’avait abandonnée la veille sur cette plage à marée montante. Si les autorités envisagèrent d’abord qu’il s’agissait d’une migrante dont l’embarcation avait chaviré, leurs soupçons se tournèrent vers Fabienne Kabou qui reconnaîtra en garde à vue avoir mis fin aux jours de sa fille parce que « c’était plus simple comme ça ». Son procès s’est ouvert en 2016 devant la cour d’assises de Saint-Omer. Alors qu’elle encourait la réclusion criminelle à perpétuité, elle est condamnée en première instance à vingt ans de réclusion criminelle. Jugée en appel à Douai en 2017 devant la cour du Nord, elle est finalement condamnée à quinze ans de réclusion criminelle. Une peine assortie d’un suivi socio-judiciaire de huit ans avec injonction de soins.

Une obsession marquante

Alice Diop a voulu faire de cette tragique affaire un film après avoir vu une photo publiée dans le journal Le Monde en 2015: une image en noir et blanc prise par une caméra de surveillance et montrant une femme noire, gare du Nord, poussant un bébé métisse emmitouflé dans une combinaison. Tout comme le personnage de Rama, la réalisatrice s’est rendue au procès de Fabienne Kabou à Saint-Omer avec le sentiment que son image de noire était d’autant plus mal considérée que les habitants étaient déclassés et soumis à une situation sociale défavorisée, ce qui n’est finalement pas si prégnant dans le film, beaucoup plus concentré sur les histoires personnelles de Rama et Laurence que sur le contexte social de la ville de Saint-Omer. Le sujet des origines sénégalaises de Laurence et de sa situation de jeune noire en France ne prennent pas toute la place, donnant au film une aura universelle qui touche au cœur. La réalisatrice évoque des références admises, comme La Vérité d’Henri-Georges Clouzot, Souvenirs de la cour d’assises d’André Gide et De sang-froid de Truman Capote.

Le film ressemble à un documentaire par son ambiance judiciaire très réglée et ses personnages jetés dans l’arène du tribunal. Le procureur affirme avec véhémence son point de vue très strict, l’accusée est soumise à un flot ininterrompu de questions auxquelles elle ne répond pas toujours très clairement, le film est un moment de cinéma prenant, qui aborde en filigrane le statut des noirs en France avec subtilité.

Synopsis: Rama, jeune romancière, assiste au procès de Laurence Coly à la cour d’assises de Saint-Omer. Cette dernière est accusée d’avoir tué sa fille de quinze mois en l’abandonnant à la marée montante sur une plage du nord de la France.

Max Darmon dévoile son 1er EP La grande aventure, sortie le 31 mars chez Antipodes Music, concert le 10 mai au Etoiles

Max Darmon dévoile un premier EP nommé La Grande Aventure, sorti le 31 mars 2023 chez Antipodes Music. Celui qui est avant tout connu comme bassiste professionnel se révèle à 29 ans comme auteur, compositeur et interprète. Il suit le sillon d’autres artistes bien connus comme Alain Souchon ou Jean-Louis Murat avec son EP 6 titres gorgé de chansons françaises introspectives.

6 titres enchanteurs

Max Darmon saute le pas. Née du confinement, l’écriture des 6 titres a débuté dans le Lot avec des chansons qui parlent avec pudeur du sentiment amoureux, des doutes et des espoirs. Plutôt habitué aux univers du jazz, du blues et de la soul, Max Darmon fait montre d’indéniables talents de multi instrumentiste avec une écriture qui touche au cœur. Après les titres déjà parus Fuis-moi et L’itinérante, c’est maintenant au tour du titre Te Retrouver d’être placé sous les projecteurs. Il évoque le moment des retrouvailles avec l’espoir jamais vaincu d’une nouvelle chance et la volonté de tout partager avec l’autre. La voix est remplie d’espoir pour tenter de convaincre de sa bonne foi pour redonner une nouvelle chance à une histoire en pointillés. L’émotion suinte des paroles et de la voix accompagnée d’un tempo rythmé invitant à la danse avec son sautillant beat électro. Ce premier projet sent le travail concentré et studieux pour un résultat enthousiasmant. L’isolement semble avoir donné à Max Darmon la volonté de se confier pour briser l’isolement et mettre à profit un temps salutaire dans l’écriture et la composition. La solitude a été porteuse et a permis de ne pas succomber à l’angoisse d’une période incertaine. La réflexion a entrainé la maturité issue d’un retour sur soi salvateur. Le premier titre issu de cette période d’introspection a été Allez viens, un titre qui invite au lâcher prise et au partage. Aidé de musiciens fidèles, l’EP s’est mis lentement en place avec Florian Robin aux claviers, Romain Roussouliere à la guitare, Wendy Killman et Florian Gouello à la batterie et Jérémy Rassat à la réalisation et à la direction artistique.

L’EP La Grande Aventure sonne justement comme le point de départ d’une grande aventure avec des mélodies et des textes à l’unisson d’une belle harmonie, à découvrir en live à Paris le 10 mai au Théâtre les Etoiles.

[Livre jeunesse] Les Clans du Ciel, tome 1 : La quête d’Ellie (Bayard Jeunesse)

[Livre Jeunesse] Les folles semaines de Pia ! – Un manoir pour douze (Tilt!, Milan)

Les Clans du Ciel de Jessica Khoury se déroule dans un monde imaginaire rempli de magie, de créatures fantastiques et de clans aériens qui se battent pour leur survie et leur liberté. Le récit suit la vie d’une jeune fille nommée Alouette, qui se découvre descendante du clan de la Tempête, l’un des cinq clans du ciel. Les clans du ciel sont des groupes de personnes dotées de capacités aériennes spéciales, telles que la capacité de voler ou de contrôler les éléments. Ils vivent dans des villes flottantes qui se déplacent dans les airs.

Lorsque les membres du clan de la Tempête découvrent l’existence d’Alouette, ils l’emmènent dans leur ville flottante pour la former à leurs compétences aériennes uniques. Cependant, les autres clans ne sont pas tous amicaux envers les membres de la Tempête et une guerre s’ensuit, mettant en danger la vie d’Alouette et de ses nouveaux amis.

Au fil de l’histoire, Alouette doit apprendre à maîtriser ses nouvelles compétences aériennes, à naviguer dans les relations interclaniques complexes et à trouver sa place dans le monde des clans du ciel. Elle doit également faire face à des choix difficiles qui affectent non seulement sa vie, mais aussi la vie de tous ceux qui l’entourent.

« Les Clans du Ciel » est un roman captivant qui convoque suspense, aventure et magie, pour transporter les lecteurs dans un monde créatif et enchanteur. L’histoire de l’apprentissage d’Alouette et de sa quête de liberté est à la fois inspirante et émouvante, et ne manquera pas de captiver les lecteurs de tous âges.

Résumé de l’éditeur : 

Un monde où les humains ont des ailes !

Alors qu’elle participe à un concours pour devenir apprentie chevaleresse, Ellie, une Moineau, rencontre le Corbeau Nox, un voleur. Malgré leurs différences, tous deux doivent s’unir pour rejoindre Thelantis, la capitale du royaume. Les voilà qui s’envolent pour une aventure pleine de magie, mais aussi de dangers. Car les gargouilles, ces monstres venus du ciel, ne sont jamais très loin…

Date de parution : le 8 février 2023
Auteurs
: Jessica Khoury
Genre : Aventure, magie
Editeur : Bayard Jeunesse
Prix : 14,90 € (384 pages)

Laurent Brusset dévoile son Cairanne blanc L’Esprit de Papet 2022

Le Domaine Brusset est un habitué du site Publik’Art. Après une dégustation au restaurant Tan Dihn à Paris, des vins rouges et des vins blancs, c’est aujourd’hui le Cairanne L’esprit de Papet 2022 qui a été reçu pour une dégustation des plus satisfaisantes, comme toujours avec modération.

Un vi n blanc de caractère

Assemblage des cépages Roussanne et Viognier, ce vin blanc a été élevé sur un sol argilo-sablonneux en coteaux. La vinification a été réalisée par pressurage direct pneumatique et débourbage à froid. La fermentation alcoolique a eu lieu en fûts avec bâtonnage, sans levurage. A l’œil, la robe est couleur or brillante avec des reflets argentés. Le nez est élégant, gourmand et mûr, avec des arômes de fleurs blanches, fruité poire, pêche, épices douces, clou de girofle-cannelle-muscade. La bouche est élégante, ample, fondue et minérale, fraîche, gourmande et longue sur le citron, avec une note grillée et saline en finale. Le plat se déguste idéalement en accompagnement d’asperges blanches, d’une terrine de lapin, de gambas grillées aux épices, d’une blanquette de veau avec poêlée de champignons, un curry de légumes et du comté. Proposé en circuit de distribution vente direct, CHR et cavistes, le prix de vente au caveau est de 19 euros, attractif compte tenu de la qualité de la cuvée.

Publireportage:

Dans ce domaine familial, depuis 1947, la famille Brusset a su allier au savoir faire, les nouvelles techniques apportées par chaque génération. André Brusset (1910-1999) fondateur de l’exploitation a transmis sa passion à son fils Daniel et son petit-fils Laurent. Deux passionnés, deux expériences qui font du Domaine Brusset une rareté où la complémentarité de deux générations donne les meilleurs résultats, dans le respect des traditions. C’est au sein des vignobles des Côtes-du-Rhône méridionaux, à Cairanne, que se situe le domaine Brusset. Totalisant 70 hectares, nos vignobles s’étendent sur cinq appellations prestigieuses : Gigondas, Cairanne, Rasteau, Côtes-du-Rhône et Ventoux. De nombreux cépages nobles y sont cultivés. Pour les vins rouges et rosés : Grenache, Syrah, Mourvèdre, Cinsault et Carignan. Grenache blanche, Viognier, Roussanne, Clairette pour nos vins blancs. Les célèbres vins rouges du domaine représentent 90 % de la production.

Les mauvaises épouses, un roman de Zoe Brisby (Albin Michel)

Les mauvaises épouses, un roman de Zoe Brisby (Albin Michel)

Zoe Brisby nous propose son dernier roman, Les mauvaises épouses, dont l’histoire se situe aux Etats-Unis, dans les années 1950.

Edward et Summer habitent sur la base militaire Nevada Test Site, en plein désert du Nevada. Edward est le chef du département scientifique de la base. Un fervent défenseur de la bombe atomique. A chaque essai de lancement de la bombe atomique, tous ceux de la base se réjouissent d’assister en direct à un tel spectacle.

D’autant plus qu’ils font des recherches pour fabriquer une bombe encore plus puissante, qui ferait des ravages bien plus importants que ceux d’Hiroshima !

Mais Summer se pose des questions. Même si elle fait semblant d’être parfaitement intégrée à la base américaine, et organise des barbecues atomiques formidables, au fond d’elle, quelque chose cloche.

Un jour, elle a de nouveaux voisins. Très vite elle va devenir amie avec Charlie. Elle est belle, n’a peur de rien. Et surtout pas des commérages des autres femmes…
Mais Summer découvre l’impensable. Charlie a un lourd secret. Son mari, si charmant, si beau, n’est pas un mari parfait, loin de là ! Et Charlie va entrainer Summer dans une belle aventure.

Elle ne peut pas cacher son secret à Summer. Et on les voit, au fil des pages, évoluer, dans une relation de plus en plus intime. On assiste également à la toute-puissance de l’Amérique avec ses progrès scientifiques incroyablement fous.

Deux mondes que tout oppose. Charlie est synonyme de liberté. Summer arrivera-t-elle à y accéder malgré l’énorme pression de la base ?

Si, Les mauvaises épouses, paraît un roman d’aventures, vintage, très glamour, il n’en est rien. Derrière se cache la bombe atomique. Et l’auteure en profite pour aborder des thèmes très forts comme la liberté des femmes, leur émancipation, leur combat face aux violences des hommes ou simplement face à leur pression. C’est un roman contre toute forme de violence. Un roman pour les femmes. Un cri d’espoir aussi !

Les mauvaises épouses se lit comme un roman des belles années, qui cachent bien des secrets, de terribles secrets… Tous les éléments historiques de ce livre sont basés sur des faits réels. Ce qui donne la chair de poule…

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : mars 2023
Auteur : Zoe Brisby
Editeur : Albin Michel
Prix : 20,90 €

Bob Marley revit dans la BD Il était une fois en Jamaïque aux éditions Futuropolis, sortie le 5 avril

Tout le monde connait le nom de Bob Marley mais peu connaissent sa véritable histoire. Futuropolis propose d’y remédier avec cette BD très documentée sur fond d’indépendance de la Jamaïque et de querelles politiques. Loulou Dedola a mené une enquête approfondie pour raconter l’histoire d’un concert mythique à Kingston Bob Marley a réussi à se faire rencontrer les 2 ennemis politiques à la base des rivalités en Jamaïque. Le dessinateur Luca Ferrara prête sa plume pour un dessin très réaliste où l’esprit de l’île est ravivé et l’histoire de Bob Marley expliquée.

Reggae et violence

Dès les premières pages, la violence règne sur une île perdue des Caraïbes. 2 partis s’appuient sur les gangs, le PNP et le JLP, dans une guerre qui déchire la Jamaïque. Les dessins font très BD belge, la précision des traits accompagne le récit. En 1976, Bob Marley a été victime d’une tentative d’assassinat, il a quitté l’île après un concert et les Wailers sont séparés. Les élections anticipées donnent la victoire au TNP, avec en filigrane la rivalité entre gangs pour le trafic de ganja et de cocaïne. Jusqu’à l’espoir de paix sur l’île entre les différentes factions hostiles, comme un miracle que le retour de Bob Marley exilé rend d’autant plus possible. Histoire mal connue dans nos contrées mais digne des plus grands thrillers. Quand des politiciens utilisent les ghettos pour assoir leur pouvoir, les exactions vont de concert et la BD explique comment les chefs de gang se sont dédouanés de cette rivalité politique pour ramener la paix, avec Bob Marley comme étendard. Les préparatifs du concert One Love Peace font monter la pression, tout va-t-il se passer comme prévu? La musique bat son plein et s’entend presque dans les bulles pour célébrer ce moment historique, au moins pour un moment. Car comme le rappellent les pages finales, la trêve n’a duré qu’un temps…

L’argot local remplit les pages pour une belle plongée dans le microcosme insulaire, avec la musique comme blason et les discussions politiques comme fil rouge d’une histoire sur un peuple qui tente de se réunir. Les pages finales recommandent des morceaux à écouter en tournant les pages, de quoi donner envie de se remettre au bon reggae!

Synopsis:

L’histoire de la Jamaïque et du reggae racontée à travers le One Love Peace concert ! Ce concert donné à Kingston le 22 avril 1978 a marqué l’histoire. Il marque le retour de Bob Marley après deux ans d’exil, grâce à deux chefs de gangs décidés à mettre fin à la guerre civile qui déchire la Jamaïque. Une enquête, près de 50 ans plus tard : Loulou Dedola est allé à la rencontre des derniers témoins pour raconter les coulisses de ce concert mythique de Bob Marley en Jamaïque, certainement le plus important événement de l’histoire du reggae. C’est toute l’histoire de la Jamaïque et du reggae qui prend vie sous la plume de Luca Ferrara. Que s’est-il passé réellement avant pendant et après ce mythique concert reggae du 22 avril 1978 au stade de Kingston en Jamaïque ? Deux partis politiques se livrent une lutte sans merci pour le pouvoir. L’électorat du ghetto est crucial pour départager le très conservateur JLP (Jamaica Labour Party) du socialiste et non-aligné PNP (People’s national Party). Les deux partis ont recours aux gangs pour prendre le contrôle électoral des « slums » (taudis) et des « shanty towns » (bidonville) de Trenchtown, Tivoli Garden, Kingstown Twelve… La guerre civile fait rage. On assassine, on pille, on viole sous toutes les bannières.
Pourtant, de deux camps opposés, deux hommes vont tenter d’inverser le cours des événements : Claudius Massop et Bucky Marshall. Ils appartiennent à des gangs rivaux mais leurs routes vont se croiser au fond d’une cellule de la prison de Kingston. Ces hommes forts des gangs de Tivoli Garden et Trenchtown savent que le reggae est le ciment du peuple jamaïcain. L’idée d’un concert pour la paix germe dans leurs esprits. Pour cela ils ont besoin d’un homme, le roi du reggae, leur ami d’enfance, parti en exil deux ans auparavant après un attentat manqué contre lui : Bob Marley !

Editeur: Futuropolis

Auteurs: Loulou Dedola, Luca Ferrara

Nombre de pages / Prix: 20 euros

Les pires, un film coup de poing à découvrir en DVD le 4 avril chez pyramide vidéo

Entre film dans le film et documentaire, Les Pires brouillent les pistes. Un réalisateur choisit des acteurs mineurs et amateurs du quartier Picasso à Boulogne sur mer pour interpréter les personnages principaux de son film. Il les veut brut de décoffrage, entiers et sans filtres pour camper des jeunes à problème. Le souci de sincérité du réalisateur (dans le film Johen Heldenberg) est des plus ambivalents, sa sincérité est remise en cause par des scènes ambigues. Le langage fleuri voire hardcore des jeunes se veut le reflet d’une certaine réalité dans les quartiers, pas forcément pour le meilleur, d’où des interrogations légitimes.

Un film tendu

Les Pires a obtenu le Prix Un Certain Regard au Festival de Cannes 2022 et le Valois de diamant (récompensant le meilleur film) au Festival du film francophone d’Angoulême, de quoi valider la démarche pas si évidente que ça des 2 réalisatrices. Montrer les quartiers avec un tel niveau de full frontal prend le risque de rebuter, voire de stigmatiser. La lucarne ouverte est à la limite de la caricature, ça tchatche, ça met en boite, ça crée des rumeurs, les gens sont vite catalogués. Le film est le premier long métrage des réalisatrices Lise Akoka et Romane Gueret et le confort n’a visiblement pas été leur priorité, bien au contraire. Impossible de savoir si les acteurs se conduisent dans la réalité comme dans le film, s’il jouent, ils sont très forts. Les Pires se veut la continuité du court-métrage Chasse Royale qui se concentrait sur le moment du casting, tandis que le long raconte surtout le tournage qui en découle. Le tournage a eu lieu dans le nord de la France pour un vrai gouffre entre enfants d’un quartier populaire et adultes issus du monde du cinéma. Les réalisatrices ont un fort intérêt pour les enfances cabossées, marquées par le dénuement et les accidents de la vie qui touchent à vie, dès le plus jeune âge. Le casting du film a été issu en grande partie d’un casting sauvage et l’histoire est le résultat de l’écoute de tous ces petits personnages aux existences difficiles pour un scénario qui sent la réalité. Entre vie et fiction, le film mélange les tons, et les 2 films (le vrai et le film dans le film) brouillent les perceptions avec force.

Le film est une vraie expérience de cinéma, pas toujours confortable mais assez enthousiasmante, à découvrir en DVD le 4 avril.

Synopsis: Un tournage va avoir lieu cité Picasso, à Boulogne-Sur-Mer, dans le nord de la France. Lors du casting, quatre ados, Lily, Ryan, Maylis et Jessy sont choisis pour jouer dans le film. Dans le quartier, tout le monde s’étonne : pourquoi n’avoir pris que « les pires » ?

Impressionnante exposition Manet / Degas au Musée d’Orsay du 28 mars au 23 juillet 2023

L’exposition immanquable de la saison se trouve au Musée d’Orsay. Parcours riche, prise d’assaut par les visiteurs au risque de difficultés compréhensibles pour atteindre les œuvres, la grande institution parisienne associe deux frères ennemis pour une mise en rapport fastueuse. Les tableaux universellement connus sont bel et bien présents (Olympia, L’absinthe, Nana) mais c’est surtout le moment d’approfondir la connaissance des 2 maitres du XIXe siècle.

Des contrastes et des similitudes

Édouard Manet (1832-1883) et Edgar Degas (1834-1917) sont des presque exacts contemporains. Ils ont représenté la nouvelle peinture des années 1860-1880. L’exposition ne cesse de confronter les œuvres des deux peintres en soulignant autant les contrastes que les points communs. Tour à tour complices et rivaux, ils démontrent à quel point la modernité picturale du XIXe siècle était surtout question d’hétérogénéité, de conflits et de respect mutuel. Après le décès de Manet, Degas fit l’acquisition de nombreuses œuvres de son frère ennemi. Tout aussi cruciaux l’un que l’autre, ils furent bien obligés de concourir sur les mêmes thématiques comme les courses de chevaux, les scènes de café ou la prostitution. Membres des mêmes cercles amicaux, notamment auprès de Berthe Morisot, et habitués des mêmes lieux (cafés, salles de spectacle), leur proximité était évidente. Mais c’est surtout la distance avec l’impressionnisme initié par Monet qui surprend. Issus de familles bourgeoises, tous deux désireux de quitter très tôt des études de droit pour se consacrer à l’art pictural, ils connaissent aussi la guerre de 1870 et le contexte de la Commune de Paris. Point saillant, Manet recherche la reconnaissance quand Degas préfère s’éloigner des canaux officiels, créant ainsi une différence marquante entre leurs aspirations. Une fois l’âge venu, Manet est friand de sociabilité quand Degas vit reclus dans une existence secrète. Coexistence et dissonance marquent leurs carrières pour des contrastes qui prennent aujourd’hui tout leur sens. Ce fut la mort de Manet qui les reconcilia, ce que souligne l’importance de la collection de Degas des oeuvres de Manet.

L’exposition est organisée par les musées d’Orsay et de l’Orangerie avec le significatif concours du Metropolitan Museum of Art de New York où elle sera présentée de septembre 2023 à janvier 2024. Un moment somptueux de visite au sein d’un des plus beaux musées de Paris.

Détails:

Plein tarif horodaté 16 €

Horaires:

Dimanche 9h30 – 18h00

Lundi Fermé

Mardi 9h30 – 18h00

Mercredi 9h30 – 18h00

Jeudi 9h30 – 21h45

Vendredi 9h30 – 18h00

Samedi 9h30 – 18h00

Marilyn, dernier regard avec Adjani

Marilyn, dernier regard avec Adjani
Photo © Marcel Hartmann

Marilyn, dernier regard avec Adjani

Isabelle Adjani, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, est sur scène pour Le Vertige Marilyn. Ce spectacle convoque la figure de l’icône, disparue il y a tout juste 60 ans, et installe, in fine, un face à face entre les deux femmes. Un double jeu troublant qui croise deux destins et nourrit un dialogue imaginaire.

Parmi les multiples points de convergence entre les deux actrices à la fragilité extrême, toutes deux sont des transfuges de classes, ont accédé très rapidement et même de manière assez violente à la célébrité, ont joué avec les plus grands réalisateurs de leur époque, se sont essayées à la chanson et ont soufferts de grandes incursions dans leur vie intime et amoureuse, de la rumeur, de la parole mensongère… Le dialogue est presque partagé entre trois figures : Isabelle Adjani, Norma Jean (le nom de naissance de Marilyn Monroe) et le personnage de Marilyn que Norma Jean a créé pour s’en sortir.

Le texte du spectacle s’appuie sur la dernière interview donnée par Marilyn deux jours avant sa mort par overdose de barbituriques, à 36 ans. Mais aussi sur des extraits d’entretiens donnés par Adjani ou encore un poème de Pasolini.

Tout commence dans l’obscurité et sur des paroles prononcées d’une voix éthérée, soufflée parfois, au téléphone. C’est Marilyn Monroe qui appelle le standard, veut donner une interview, dire qu’elle n’est pas morte, affirmer qu’elle a des projets, des révélations à faire aussi, ne plus taire sa solitude…

Une « installation immersive » comme concept nous accueille, conçue par Olivier Steiner d’après son propre livre Le Ravissement de Marilyn Monroe et un décor conçu par le plasticien Emmanuel Lagarrigue, où du noir Soulages domine car le cœur du Vertige, ou plutôt son noyau dur, son trou noir, c’est la mort, celle de Marilyn mais aussi cet arrêt brutal sur image, que focalise le scandale de la mort.

Actrice absolue

Puis le plateau s’éclaire furtivement, une femme (Isabelle Adjani) apparait dans une robe noire magnifique, signée Dior, réplique parfaite de celle de l’Américaine durant son dernier shooting, six semaines avant sa disparition (devenu culte sous le nom de The Last Sitting), pour le magazine Vogue. Une silhouette nouvelle vers laquelle Marilyn voulait aller, en abandonnant les tenues trop collantes et sexy.

Une mise en abîme vertigineuse où Isabelle Adjani en interrogeant Marilyn dans une intimité d’esprit et un jeu de miroirs abyssal, nous plonge dans les méandres d’un destin brulé aux prises entre une blessure indomptable et une solitude irréconciliable. Un questionnement aussi sur la condition d’actrice, son isolement et sa surexposition, sa soumission au pouvoir de l’image, de la jeunesse, de la représentation du corps et de la presse.

Une forme de diffraction s’opère non plus via l’image mais dans la chair du texte et sa polyphonie, dont la résonance multiple et fantomatique nous habite.

D’un insaisissable mystère porté par une voix céleste et sensorielle, Isabelle Adjani, actrice absolue, magnétise l’espace d’un jeu et d’un timbre aux insondables variations et sensations. Du grand art. Bravo !

Dates : du 20 au 21 juillet 2023 : – Lieu : Festival les Nuits de Fourvière au Radiant-Bellevue (Caluire)
 Conception et montage : Olivier Steiner

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