Le Théâtre de Passy ravive le souvenir d’une grande artiste du début du XXe siècle, hélas tombée dans l’oubli aujourd’hui malgré son immense talent. Disparue en 1920 à seulement 39 ans, Gaby Deslys a été une star internationale du Music-Hall, de Paris à New York en passant par Londres. Interprétée par la piquante Cléo Senia, la performeuse enflamme la scène avec ses tours de chant et ses numéros de danse. A ses côtés, Jean-Christophe Born enchaine les rôles avec maestria et Mark Nadler s’escrime avec art au piano et au chant. Les 3 sont au diapason d’une pièce hautement inflammable, summum de burlesque et de bonne humeur. Un must de la saison pour passer un immense moment de plaisir en musique.
Une grande star de son temps
Qui se souvient aujourd’hui de Gaby Deslys? Native de Marseille, elle a conquis Paris puis le monde de la Belle époque. Il fallait une interprète à sa mesure pour l’interpréter, Cléo Senia relève le défi et offre une performance à sa mesure, donnant de sa personne sans discontinuer. Elle enfile les magnifiques costumes confectionnés par l’Atelier Sevin-Doering avec des numéros de music-hall chorégraphiés par Sébastien Oliveros. La salle est conquise et applaudie à chaque numéro délivré sur scène. Le piano de Mark Nadler fait revivre les chansons de ce temps avec folie, les airs du grand compositeur Irving Berlin retrouvent une seconde jeunesse et donnent un spectacle des airs trépidants de comédie musicale de la grande époque. L’idée originale de Jean-Christophe Born donne lieu à un déferlement d’Entertainment de haute volée, la scène du Théâtre de Passy s’anime sans discontinuer avec des accessoires s’enchainant pour varier les lieux et les péripéties. L’énergie déployée est phénoménale, la joie est communicative et le public est conquis.
C’est un numéro de haute volée, les corps s’animent, les voix exaltent les ritournelles d’antan et le piano est dantesque. En un mot, Gaby Deslys est une pièce en tous points flamboyante proposée par le théâtre de Passy.
Synopsis:
Un spectacle musical sur la vie extravagante, libre et audacieuse de la première star du Music-Hall !
Ce spectacle musical nous fait revivre le destin exceptionnel de Gaby Deslys, qui allait enflammer la scène internationale du Music-hall, de Paris, Londres, New-York. Audacieuse et novatrice elle osa par son style inimitable, son chant et ses danses, bousculer les codes du music-hall de la belle époque, et fut la première à descendre le Grand Escalier accompagnée par un orchestre de jazz Band en 1917 ! Jusqu’à faire tourner la tête du roi du Portugal … qui y laissa sa couronne.
Femme d’affaires moderne Gaby Deslys s’offrira un bel hôtel particulier à Paris du côté de Passy, délivrant ainsi un message d’indépendance aux femmes (et aux hommes !) de son temps, avant de disparaître en pleine gloire. Une vie extravagante, libre et audacieuse !
Du théâtre, du rire, de l’émotion, du chant, de la musique, de la danse, des perles, des plumes, et des paillettes ! Plongez dans cette période qui va de la Belle Epoque aux Années Folles avec Cléo Sénia (Gaby Deslys) et Jean-Christophe Born (Manuel de Bragance et Harry Pilcer), et au piano par l’étonnant Mark Nadler, tout droit venu de Broadway, dans le rôle du pianiste fantaisiste Eugène.
Détails:
Dès le 09 mars, du jeudi au samedi à 19h, et les dimanches à 18h.
[BD] BTK – Dennis « Bind Torture Kill » Rader : un Monsieur-tout-le-monde qui glace le sang (Glénat)
Dennis Rader est un Monsieur-tout-le-monde qui mène une vie de père de famille ordinaire. A ceci près qu’il passe son temps libre à préparer longuement des atrocités qu’il envisage de commettre dans son voisinage. Comme une rétrospective sur son parcours glaçant de serial killer, l’autoproclamé BTK pour Bind Torture Kill (attacher, torturer, tuer) répond à une interview depuis sa prison où il reçoit un journaliste un peu malaisant, qui l’interroge avec une curiosité parfois déplacée sur le sens de ses actions.
C’est alors une succession de scènes d’horreur absolue – quand on sait qu’elles sont véritables – qui ont perduré 17 années durant. Cela grâce à une police largement dépassée par les méthodes de BTK… Si le scénario manque un peu de liant dans la narration qu’il propose, le dessin joue avec brio avec des ambiances sombres très à propos. Un graphisme sûr et puissant qui donne le change.
BTK – Dennis « Bind Torture Kill » Rader est un monstre. Mieux vaut être au courant avant de se lancer dans la lecture de cet album !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
10 meurtres en 17 ans de méfaits.
Dennis Rader est un tueur en série américain surnommé le BTK Killer pour « Bind, Torture and Kill » soit « Attacher, Torturer et Tuer », son modus operandi. Il l’a lui-même reconnu, il aimait torturer des animaux étant petit, une caractéristique que l’on retrouve régulièrement chez les tueurs en série. Rader est responsable de la mort de 10 personnes (dont 2 enfants), ses « projets » comme il les appelait. Il attendait les victimes dans leur maison et les séquestrait avant de les étrangler. S’il ne les violait pas, il a affirmé lors de son procès avoir agi pour répondre à des pulsions sexuelles. Son dernier crime date de 1991, mais il ne fut arrêté qu’en 2005, après avoir recommencé à envoyer des lettres anonymes aux médias et à la police pour se vanter de « son œuvre ». Pourquoi ? Parce qu’il s’ennuyait… Étienne Jallieu obtient à grand peine l’autorisation d’aller l’interviewer dans sa prison : El Dorado Correctional Facility, au Kansas, où il est condamné à 10 peines de perpétuité consécutives. Leur entretien sera glaçant.
Date de parution : le 15 février 2023 Auteurs : Jean-David Morvan (Scénario)Sergio Monjes, Francisco del E, Facundo Teyo (Dessin) Genre : Serial Killers
Editeur: Glénat Prix : 17,50 € (56 pages) Acheter sur : BDFugue
Certains s’en souviennent, le Tour de France 1998 fut surnommé le tour de la honte à cause des affaires de dopage qui l’ont entaché. Commencé à Dublin en Irlande, le tour est marqué par le jour du 8 juillet lorsqu’un soigneur de l’équipe Festina est interpellé à la frontière franco-belge la voiture bourrée de produits dopants. Richard Virenque est diabolisé, lui se dit victime d’une machination, dopé à l’insu de son plein gré. Le film est avant tout une romance, avec coureurs concurrents, tension au sein des équipes et rivalités. Les noms sont changés, mais l’esprit est là, le tour 1998 changea tout au cyclisme.
Un domestique dévoué et bafoué
Dans le cyclisme, le domestique (aussi appelé l’équipier) doit se sacrifier pour faire gagner son leader. Souvent méconnu du grand public, il protège du vent, ravitaille, aide à faire ses besoins et l’attend en cas de problèmes mécaniques. Plus prosaïquement, il doit aussi attaquer ou poursuivre pour déstabiliser et affaiblir les équipes adverses. Le réalisateur Kieron J. Walsh revient sur un Tour de France pas comme les autres. Départ pour la première fois de l’étranger, affaire de dopage et renforcement de la lutte anti dopage. Il montre surtout que la vie des coureurs cyclistes n’est pas une sinécure. Dopage organisé à l’EPO, jeu du chat et de la souris avec les tests anti dopage, hôtels bon marché et séances de vélo nocturne pour ne pas mourir d’arrêt cardiaque. Il souligne aussi le sort peu enviable des vieux coureurs poussés vers la sortie car jugés moins performants. Kieron J. Walsh a inclus également une petite histoire d’amour, la mort d’un soigneur et quelques esclandres bien sentis. Il s’est documenté en lisant des livres sur le cyclisme comme The End of the Road sur le scandale Festina du Tour 1998, The Rider du Néerlandais Tim Krabbé ou La Course secrète de Tyler Hamilton, ancien équipier de Lance Armstrong qui révèle sa pratique du dopage. Le Belge Louis Talpe interprète Dom Chabol, équipier expérimenté qui rêve du maillot jaune. Acteur télé passionné de cyclisme, il a naturellement une bonne forme. Il participe notamment à des compétitions Ironman. La préparation pour le rôle a été drastique, l’acteur devait réduire son indice de masse corporelle, ce qu’il a fait en 6 semaines pour apparaître aussi maigre qu’un cycliste professionnel. Les courses sont filmées au plus près, en variant les angles de vue, sur les vélos, au sol ou au-dessus pour un réalisme total et donner parfois au film des tons de documentaire très réussi.
Le film se suit comme un thriller haletant. Cette plongée dans le monde du vélo avec ses gentils et ses méchants. Eddy Merckx disait que le meilleur est celui qui sait le mieux supporter la douleur. Tout est dit pour un film à découvrir en DVD le 21 mars.
Synopsis: Tour de France 1998. Dom Chabol, un équipier expérimenté qui rêve du maillot jaune est lâché par l’équipe auquel il a consacré toute sa vie. Alors qu’il se prépare à rentrer chez lui, une erreur élimine un autre coéquipier et Dom doit se remettre en selle…
[Album jeunesse] Qui veut un câlin ?, l’album qui fait un carton auprès des tout-petits (Milan)
Voilà un album qui a provoqué le coup de coeur de notre petite fille de 20 mois ! Qui veut un câlin ? est un livre cartonné qui distribue des câlins à tous les animaux qu’il contient !
Un joli petit tour plein de tendresse que les enfants ne manquent pas de faire et de refaire… et cela se termine toujours en un gros câlin pour toute la famille ! Un album très mignon !
Résumé de l’éditeur :
Grande distribution de câlins ! Si tu as mal, voilà un câlin bobo. Si tu es seul, vive le câlin copain. Câlin trop chouette ou câlin train train ? Parmi tous ces câlins, il y a forcément le tien…
Date de parution : le 8 février 2023 Auteurs : Alexandra Garibal (scénario) et Claudia Bielinsky (dessin) Genre : album cartonné
Editeur:Milan Prix : 11,90 € (32 pages) Age : 2 ans
Depuis son précédent album Parisienne en 2020, la chanteuse jazz Sarah Lancman n’a pas chômé et elle revient aujourd’hui avec un 6e album d’une douceur infinie, le pouvoir des mots annoncé par le premier titre Je le sais. La voix angélique se marie harmonieusement avec les douces notes de piano égrenées avec grâce. Les compositions originales sont clairement inspirées de l’univers de Michel Legrand ou Charles Aznavour, mariant ainsi le jazz et la chanson pour un album à écouter en toute quiétude.
Un retour en douceur
La chanteuse, pianiste et compositrice française née et vivant à Paris démontre une fois de plus son immense talent pour créer des univers musicaux ouatés. Celle qui a été diplômée de la Haute Ecole de Musique de Lausanne (HEMU) en chant musique et qui a remporté en 2012 le Premier Prix du concours international de la Shure Jazz Voice Competition du Festival de Montreux, présidé cette année-là par Quincy Jones, creuse le sillon d’une musique toute en délicatesse. Le pouvoir des mots contient 12 morceaux rivalisant tous de douceur. Accompagnée par le Quatuor Hanson, elle accueille aussi des invités prestigieux. Le guitariste belge-new yorkais Jean-François Prins, le saxophoniste Louis Billette, le contrebassiste Lucas Henric et le chanteur Paul Barreyre pour un duo inédit. Le premier morceau Je le sais fait littéralement frissonner par sa torpeur mélancolique, il annonce parfaitement la teneur de l’album. Les notes de piano sont douces, la voix est enchanteresse, les accompagnements participent à l’ambiance très jazz piano bar. Arrangé par Philippe Maniez, l’album invite à un total lâcher prise. Sarah Lancman associe à la musique un recueil de poésie avec des textes et des poèmes inédits ainsi que les paroles de son nouvel album.
Le Concert de sortie du nouvel album se tiendra le 24 juin au Café de la danse, de quoi rencontrer une artiste complète à la sensibilité à fleur de peau.
Ma maman vit avec une maladie invisible mais moi je la vois ! (Atelier de la Belle étoile)
Tamara Pellegrini nous propose un album jeunesse magnifique, très joliment illustré par Mathilde Baudy : Ma maman vit avec une maladie invisible mais moi je la vois !
Déjà le titre nous révèle avec originalité le sujet abordé dans ce très bel album jeunesse. Il s’agit à la fois de maladie et de maladie invisible. Une personne sur trois souffrirait de maladie invisible.
Cet album raconte l’histoire d’une petite fille dont la maman souffre d’une maladie invisible, qu’elle a appelé, Chromi. Hélas, Chromi ne quitte pas sa maman. Quelquefois, cela ne l’empêche pas de vivre, mais d’autres fois, elle ne peut plus rien faire tellement elle souffre. Alors Rose essaie par tous les moyens de capturer Chromi, ou de la chasser, mais ça ne marche pas. Sa maman lui explique qu’on ne peut rien faire contre Chromi. Il faut apprendre à vivre avec. Ce n’est la faute de personne. Et ça n’empêche pas qu’on s’aime quand même très fort, dit petite Rose.
Ma maman vit avec une maladie invisible mais moi je la vois est un magnifique album qui aborde un thème douloureux, avec beaucoup de dignité et de respect. La maladie fait peur et à travers cet album, la maladie invisible devient visible et ne fait plus peur. L’amour est plus fort que la maladie. La vie est plus forte que la maladie.
A la fin de l’album, le lecteur trouvera des explications sur les maladies invisibles, et également, pour les parents, de nombreux contacts, de nombreuses associations de maladies invisibles, chroniques.
Tamara Pellegrini est elle-même atteinte d’une maladie chronique, et Mathilde Baudy également ! A leur façon, elles se battent pour rester vivantes malgré leurs souffrances. Mathilde Baudy a créé avec son compagnon, l’entreprise l’Atelier de la belle étoile et s’engage pour l’éducation, les droits des femmes et l’écologie.
Un grand bravo pour cette superbe création qui va aider de nombreuses familles et surtout permettre une approche différente de la maladie !
Ma maman vit avec une maladie invisible mais moi je la vois !est notre album coup de cœur, à mettre entre toutes les mains !
The Kinks fut l’un des groupes de rock britanniques les plus connus issu des années 60. A côté des Beatles, des Rolling Stones et des Who, ils ont su durer très longtemps et influencer plusieurs générations d’autres groupes. Révélés par le single You really got me et l’utilisation d’une guitare saturée innovante, ils ont ensuite enregistré des albums passés à la postérité comme The Village Green Preservation Society. Le groupe des frères Ray et Dave Davies fête en 2023 ses 60 ans d’existence, le moment de faire le point avec ce double album fastueux.
Un groupe éternel
Le groupe The Kinks s’est formé en 1963 dans le quartier de Muswell Hill situé dans le nord de Londres. Porté par les 2 frères ennemis (aussi querelleurs que les Gallagher), le groupe s’adjoint les services de leurs amis Pete Quaife et Mick Avory. Les premiers singles cartonnent, You really got me évidemment, mais aussi Sunny Afternoon ou All day and all of the night. Le groupe a vendu plus de 50 millions dedisques dans le monde et est maintenant largement écouté en streaming (plus d’un milliard de fois). 5 singles dans le Top 10 américain, 9 albums au Top 40 américain, 17 singles au Top 20 britannique, 5 albums au Top 10 britannique, le groupe a marqué la deuxième partie du XXe siècle avec son œuvre pléthorique. Le cerveau du groupe, Ray Davies, est reconnu comme un des plus grands auteurs compositeurs britanniques, comme Paul McCartney ou Pete Townshend.La campagne The Kinks 60 est prévue comme une célébration de 2 ans à la hauteur de l’illustre carrière du groupe. Pour marquer cette étape importante, l’anthologie de leur carrière baptisée The Journey est publiée en 2 parties chez BMG, avec la première partie The Journey – Part 1 prévue pour le 24 mars 2023. Les 2 disques reprennent le fil d’une carrière dense et passionnante, avec un focus sur la période 1964-1975 et des morceaux triés pour la première fois par par Ray, Dave et Mick. Les plus gros succès sont présents, You Really Got Me, Waterloo Sunset, All Day And All Of The Night, mais aussi des hits moins connus de par chez nous mais ne demandant qu’à être découverts comme Celluloid Heroes, Supersonic Rocket Ship, Dead End Street et Death Of A Clown. Tous les titres ont été soigneusement remasterisés à partir des bandes originales. Cet album est la suite logique de la remasterisation des albums The Village Green Preservation Society, Lola Versus Powerman Part 1, Muswell Hillbillies et Everybody’s In Show-Biz pour leur 50e anniversaire.
The Journey Part 1 est un beau voyage parmi certains des titres les plus emblématiques des Kinks. Le voyage dans le temps est éblouissant, mieux vaut ne pas le manquer!
Suzanne Griotte et le parc aux limaces, un excellent roman jeunesse de Thibault Bérard (Gallimard Jeunesse)
Thibault Bérard nous régale avec son roman Suzanne Griotte et le parc aux limaces, joliment illustré par Clément Devaux. Le premier volume d’une série que l’on va suivre, assurément !
Publik’Art a vraiment été subjugué par cette histoire, emplie de tendresse et d’humour ! A la fois haletante, intrigante, joyeuse, rigolote, attachante et tendre ! Tous les ingrédients sont réunis pour que le lecteur se sente comme happé par l’histoire incroyable de Suzanne Griotte ! On a adoré aussi le fait que l’auteur s’adresse directement au lecteur à plusieurs reprises en plein milieu de son histoire ! Quelle originalité ! C’est absolument génial ! On a trop envie de lui répondre ! Et quand l’histoire nous prend aux tripes, l’auteur se tait, nous sentant trop accaparé par la vie de Suzanne et d’Adèle ! L’évolution de leur relation et les pensées de Suzanne…
Suzanne est une très vieille dame, connue pour être méchante, n’aimant personne, et considérée un peu comme une sorcière. Mais un jour, elle rencontre le diable qui lui propose un marché alléchant ! Et bien sûr elle accepte ! Un marché terrible qui va mettre en danger une très gentille petite fille, Adèle. Suzanne est ravie jusqu’au jour où elle se rend compte de ce qu’elle est prête à faire…
Publik’Art ne peut pas en dire davantage ! Il faut absolument lire ce roman ! C’est une vraie leçon de vie, que l’on peut lire dès que l’on sait lire ! Votre enfant testera peut-être les saucisses à la confiture et découvrira les valeurs de l’amitié ! Suzanne Griotte et le parc aux limaces, est notre coup de cœur jeunesse de ce mois ! Une série, drôle, intelligente, trépidante, originale, à suivre, absolument ! Une pépite !
Un Varon (Un mâle, en espagnol) a tout du film épidermique. Son jeune héros est confronté quotidiennement aux trafics, aux rapports de force et à la violence. Il sait que seuls les forts peuvent se faire respecter dans les rues de Bogota, alors il se cherche une prestance, un charisme apparent. Mais le naturel revient inévitablement au galop. A la lisière du documentaire sur une jeunesse perdue dans la dureté d’une l’existence sans repères au delà de la drogue, le film fait un effet bœuf sur les spectateurs. C’est âpre comme seuls les films sincères parviennent à l’être.
Un film coup de poing
Le réalisateur Fabián Hernández a commencé l’écriture du scénario d’Un Varón dès 2012. Il a bien connu l’ambiance des rues et il y trainait lui-même avec un gang qui faisait du breakdance et du hip-hop. Habitué aux codes locaux, expressions, démarche, habillement, regard, il a pris conscience de l’impasse de son existence lorsqu’il a été témoin d’un évènement très violent. Pas de choix pour lui, pour survivre, il a décidé de changer de vie. Ce premier long métrage est l’aboutissement d’une démarche personnelle longuement murie. Avec succès puisque le film a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2022. Un Varon interroge sur la représentation masculine, la violence est utilisée comme instrument de pouvoir avec la mort comme dernière extrémité. Le compte de victimes tient lieu de palmarès pour apparaitre comme le plus fort et le plus légitime pour régner. Le jeune Carlos s’en rend rapidement compte, confronté sans trop être surpris à force d’y être confronté à cette valeur cardinale des quartiers. Mais ces valeurs ancrées dans tous les esprits n’empêchent pas les questionnements personnels liés aux désirs, à la sexualité et à l’affection des proches, tout est caché au plus profond de soi pour ne pas apparaitre comme des aveux de faiblesse. Le côté très brut du film, très proche du réel, sans aucun effet dans les images et les séquences, soulignent d’autant plus la lisière avec le documentaire pour une vraie honnêteté. Les personnages font très crédibles, semblent bouger comme des vrais caïds et ne s’embarrassent d’aucun scrupule. L’acteur Felipe Ramirez est une vraie révélation dans le rôle de Carlos, ses doutes intérieurs sont cachés sous sa carcasse pour ressortir violemment si le contexte l’y oblige.
Plongé dans les quartiers populaires de Bogota, le film montre une triste réalité. Des centres fermés existent pour retirer les plus jeunes d’un quotidien de violence et les guider. La chanson Yo tengo un ángel est à ce titre un beau symbole du film, comme une preuve qu’il est possible de s’en sortir à force de volonté.
Synopsis: Carlos vit dans un foyer du centre de Bogotá, un refuge à l’abri duquel la vie se fait un peu moins violente qu’à l’extérieur. C’est Noël et Carlos aimerait partager un moment avec sa famille. À sa sortie du foyer, Carlos est confronté à la rudesse des rues de son quartier, où règne la loi du plus fort. Carlos doit montrer qu’il peut lui aussi être l’un de ces mâles alpha. Il lui faudra choisir entre adopter ces codes d’une masculinité agressive, ou, à l’opposé, embrasser sa nature profonde.
Le musicien, compositeur, interprète et producteur américain Léo Sidran est de retour avec son nouvel album très doux What’s trending. Le fils du jazzman Ben Sidran fait étalage de ses dons de multi instrumentiste dans un album que le titre très langoureux There was a fire a annoncé en début d’année.
Un album tout en douceur
Loin d’être un inconnu, Leo Sidran a déjà été nominé aux Grammy avec ses crédits incluant la coproduction de la chanson oscarisée Al Otro Lado Del Rio pour la bande originale du film The Motorcycle Diaries (Carnets de voyage chez nous). Très tôt initié à la musique par son père, Leo Sidran est un véritable homme-orchestre. Batteur avec le Steve Miller Band alors qu’il n’était encore qu’adolescent, il a composé pour le cinéma, la télé et il a créé avec son père le label Nardis Music. Son 8e album What’s trending est clairement inspiré par de glorieux ainés pop comme Steely Dan, Toto, The Police ou Stevie Wonder. Pour l’accompagner sur son album très moderne, Leo Sidran s’est bien entouré avec Janis Siegel, Louis Cato, Jon Lampley, Jake Sherman, Lauren Henderson et Michael Leonhart. Très famille, l’artiste s’est entouré dans le clip de There was a Fire de toute la famille Sidran avec sa fille, son père. Le ton très mélancolique et langoureux de l’album rappelle les albums du groupe Lambchop, ce que la voix très douce et caressante de Leo amplifie d’autant. A noter que le morceau There was a fire s’inspire du livre du même nom de Ben Sidran et évoque la contribution des juifs à la musique populaire en Amérique et se base sur une légende du 18ème siècle, d’origine juive également, qui traite de l’importance de se souvenir de qui vous êtes et d’où vous venez.
Le disque What’s Trending sera défendu en concert le 20 avril 2023 à Paris au Sunside, bonne nouvelle pour entendre en vrai les chansons doucereuses de Leo Sidran.
[Livre jeunesse] « Mes p’tites questions Et Moi » – Les filles, les garçons et moi (Milan)
Encore un ouvrage très complet autour de vastes questions, toutes abordées avec bienveillance et sans tabou. Les filles, les garçons et moi est un album très complet qui propose de répondre à une multitude d’interrogations incontournables pour des enfants ayant atteint l’âge de raison. Est-ce qu’on a le choix d’être une fille ou un garçon ?, Pourquoi les filles ont les seins qui poussent ? Est-ce que les filles et les garçons sont égaux ? Est-ce que j’ai le droit de refuser un bisou ? Pourquoi on écrit ils quand on parle de garçons et de filles
Avec pas moins de 16 sujets différents, le panel est riche et ne manque pas d’audace, osant emprunter des sentiers souvent délicats mais toujours avec brio et délicatesse. Bref, un livre documentaire qui répondra à beaucoup de questions !
Résumé de l’éditeur :
Ce n’est que vers 2-3 ans que les enfants commencent à faire la différence entre fille et garçon. Pourtant, ils subissent déjà les stéréotypes de genre, ce qui conditionne leur comportement ou le choix des activités… Dans cet ouvrage, on apprend comment est fait le corps des filles et des garçons, quelle est la différence entre le sexe biologique et le genre, pourquoi le corps change quand on grandit, ou encore pourquoi on attribue certains traits de caractère aux filles et d’autres aux garçons. Les questionnements autour de l’identité étant des sujets émergents, ce livre permet aussi d’y voir plus clair sur ces termes compliqués (genre, sexe, transgenre…), apporte des connaissances sur le genre et combat ses stéréotypes.
16 questions d’enfants pour mieux connaître soi et les autres Est-ce qu’on a le choix d’être une fille ou un garçon ? Pourquoi les filles ont les seins qui poussent ? Est-ce qu’un garçon peut mettre une jupe ? Est-ce que les filles et les garçons jouent aux mêmes jeux ? C’est vrai que les filles sont moins bonnes en maths ? Pourquoi on dit que les filles aiment se faire belles ? On peut être un garçon sans se bagarrer ? Est-ce que les filles et les garçons sont égaux ? Que répondre si on me traite de garçon manqué ? Comment dire à quelqu’un qu’on l’aime ? Est-ce que j’ai le droit de refuser un bisou ? C’est les garçons ou les filles qui doivent faire le ménage ? Pourquoi on écrit « ils » quand on parle de garçons et de filles ? Comment les garçons et les filles peuvent être plus à égalité ? Est-ce que les garçons et les filles peuvent être amis ?
Chasser les stéréotypes de genre Les garçons ne devraient pas avoir les cheveux longs, les filles seraient nulles en maths… Ls enfants subissent les stéréotypes de genre dès le plus jeune âge, ce qui conditionne leurs goûts, leur comportement, le choix des activités, puis de leur métier. Ce livre explique les principaux stéréotypes de genre que vivent les filles et les garçons au quotidien, pour mieux lutter contre ces inégalités.
Date de parution : le 15 février 2023 Auteurs : Audrey Guiller (scénario) et Amélie Vidélo (dessin) Genre : documentaire
Editeur: Milan Prix : 8,90 € (32 pages) Age : 7 ans
L’éducation bienveillante, ça suffit, de Didier Pleux (Odile Jacob)
Didier Pleux émet un signal d’alarme quant à l’éducation positive qui règne en France depuis plusieurs années. Avec son livre, L’éducation bienveillante, ça suffit ! Tout est une question de bon sens ! Mais il faut croire qu’aujourd’hui, les parents ont perdu tout bon sens en rejetant en bloc l’éducation qu’ils ont eux-mêmes reçue et en adoptant l’éducation positive. La notion même d’autorité semble avoir totalement disparu.
Didier Pleux avait déjà alerté sur ce fléau qu’est l’éducation positive avec son livre : De l’enfant roi à l’enfant tyran.
Cette fois-ci, il analyse finement les travers de l’éducation positive, à l’aide de nombreux exemples. Il critique ouvertement l’éducation stricte d’autrefois, comme l’éducation permissive de Françoise Dolto, comme la parentalité positive d’Isabelle Filliozat ou les explications par les neurosciences de Catherine Gueguen.
Ce livre, L’éducation bienveillante, ça suffit, est à mettre entre toutes les mains parentales. L’auteur nous aide à comprendre notre enfant, notre ado, leurs réactions et leurs besoins. Leurs colères, leurs crises, leur mal-être… Et comment les gérer.
« Quand je parle éducation avec les parents, je parle « d’amour » et … de frustration, l’un ne va pas sans l’autre. L’éducation positive, elle, nous vend un faux bonheur. » P.78 L’éducation restera toujours bienveillante et s’adaptera à chaque enfant. Mais ce n’est en aucun cas à l’enfant de décider. Et l’enfant de devra pas être survalorisé au risque de le rendre égocentrique, narcissique et tout-puissant.
Tout est une question de dosage et surtout de bon sens ! L’enfant doit apprendre et accepter la frustration. Il ne peut pas obtenir ce qu’il veut. Et ne faire que ce qu’il a envie ! C’est l’adulte qui élève l’enfant et pas le contraire !
» Un enfant, « personne en devenir », n’est pas légal de ses parents ou de ses éducateurs mais celui qui deviendra humain et singulier avec la médiation de ces tutelles. » P.104 L’autorité parentale doit retrouver sa place avec justice, justesse et bienveillance.
Publik’art a beaucoup apprécié les analyses de Didier Pleux. Le lecteur comprendra mieux le côté indispensable de l’autorité et des barrières à mettre en place qui servent de tuteurs à notre enfant. Toujours avec respect, amour et bienveillance.
L’éducation bienveillante, ça suffit ! un livre incontournable, et une aide précieuse, pour nous, parents ! Notre coup de cœur !
Le Musée du Luxembourg présente une exposition inédite dédiée à Léon Monet (1836-1917). Chimiste en couleurs, industriel rouennais et collectionneur d’art, il fut surtout le frère aîné du célèbre peintre porte étendard de l’impressionnisme, Claude Monet. Beaucoup moins connu qu’Oscar Claude Monet (Oscar fut utilisé pour les premières signatures O. Monet), le frère oublié joua pourtant un rôle décisif dans la reconnaissance de son frère en achetant ses toiles et en veillant à ses affaires jusqu’à son irrésistible ascension. L’exposition offre un beau panorama de ses gouts sûr à travers ses achats et la collection qu’il réussit à réunir.
Un frère businessman et collectionneur
Lorsqu’en 1872, Claude Monet peint au Havre son œuvre maitresse Impression, soleil levant, Léon Monet fonde dans le même temps la Société industrielle de Rouen, jalon essentiel pour soutenir activement et financièrement son frère et ses collègues impressionnistes. Grâce à cela, le peintre doué mais point trop connu, Claude, va voir sa carrière décoller pour représenter à lui-même un mouvement majeur et décisif de la peinture moderne. Ce sont plus de 100 œuvres qui sont assemblées, avec des toiles peintes par des amis eux-aussi doués, Sisley, Pissarro et Renoir (pas de Manet, évidemment). Claude a commencé à dessiner des caricatures prisées dans sa ville natale du Havre, il ne se met pas tout de suite à la peinture, il le fait en 1858 sous l’impulsion d’Eugène Boudin. Il le dit lui-même, Si je suis devenu un peintre, c’est à Eugène Boudin que je le dois. Des caricatures sont présentes, ainsi que des dessins, reflets de l’art de Claude Monet pour le graphisme à la main. Livres de couleurs, échantillons de tissus, estampes japonaises, documents d’archives et photographies de famille agrémentent le parcours pour rendre compte de l’intérêt du maitre pour tout ce qui l’entoure. Une pièce rare est exceptionnellement présente, le portrait énergique de Léon par son frère réalisé en 1874, reflet de l’affection profonde qui unit les deux frères. Les anecdotes sur le peintre pullulent, comme celle concernant la cataracte le rendant de plus en plus aveugle et l’obligeant à toujours assembler dans le même ordre les couleurs sur sa palette.
L’exposition permet de relier définitivement les 2 frères Léon et Claude Monet pour ne jamais oublier que sans Léon, il n’y aurait peut être pas Claude. L’exposition est réalisée avec le soutien exceptionnel du Musée d’Orsay, du Musée Marmottan Monet et de l’Académie des beaux-artsde Paris.
Peu connu dans nos contrées, le réalisateur allemand Michael Roemer est à l’origine de 3 films marquants, faisant de lui un des plus grands réalisateurs indépendants américains du siècle dernier. Nothing but a man (film préféré de Malcolm X), Harry Plotnik seul contre tous et Vengeance is mine sont visibles au cinéma mercredi 15 mars en version restaurée pour des vraies expériences de cinéma engagé. Les Films du Camélia ont exhumé une œuvre marquante du cinéma américain contemporain.
Une trilogie américaine
Chacun des 3 films a sa tonalité propre. Vengeance is mine est un film en couleur très années 80 sur les conséquences du divorce sur les plus jeunes, Harry Plotnick seul contre tous est une comédie acide que Woody Allen n’aurait pas reniée avec une plongée truculente dans le monde de familles juives et Nothing but a man montre le monde étriqué des jeunes noirs obligés de se battre pour exister dans un univers ségrégationniste anxiogène. Michael Roemer a aujourd’hui 95 ans et tous ces films ont abordé au XXe siècle des problématiques toujours autant d’actualité aujourd’hui, alors que les films ne sont pas si récents. Il fait ressortir les mécanismes des jeux de domination dans plusieurs contextes avec une acuité bluffante. Les films du Camélia font mouche avec ces ressorties cinéma qui toucheront un public avide de films sociaux au plus près du réel. La société américaine a ses propres mystères, Michael Roemer nous aide à les déchiffrer.
Nothing but a man
Synopsis: Duff Anderson, un jeune Noir, gagne sa vie en travaillant dans les chemins de fer. Un jour, il rencontre Josie, la fille d’un prêtre Noir, passionnée par son métier d’institutrice. Duff et Josie s’éprennent l’un de l’autre et décident de se marier. Ils s’installent en ville mais Duff se rebelle rapidement contre le système imposé par les Blancs.
The plot against Harry
Les aventures d’Harry Plotnick, médiocre escroc qui retrouve, après un bref séjour en prison, son univers bouleversé. Il va vivre une série de situations cocasses dans cette satire du milieu juif new-yorkais jouée par des comédiens amateurs.
Vengeance is mine
Tentant sans succès de refermer d’anciennes blessures familiales lors d’un voyage vers Rhode Island, lieu de son enfance misérable, Jo (Brooke Adams), récemment divorcée, se lie d’amitié avec sa voisine Donna (Trish Van Devere), artiste psychologiquement fragile. Mais elle se retrouve bientôt mêlée à un autre drame familial.
Le Musée d’Orsay réunit plus de 100 œuvres pour mettre en évidence les maitres du pastel en résonance avec l’exposition Le Mystère et l’éclat qui remonte déjà à 2009 et déjà consacrée aux joyaux du pastel. Millet, Degas, Manet, Cassatt, Redon, Lévy-Dhurmer, ce sont des toiles de peintres universellement reconnus qui sont données à être admirées dans un parcours somptueux aussi intéressant que picturalement éblouissant.
Le pastel en majesté
Le musée d’Orsay compte environ 500 œuvres de pastel dans sa collection. Pas très difficile pour les commissaires d’exposition d’en retirer une centaine pour les arranger dans un parcours thématique plein de sens. La conservatrice des arts graphiques au musée d’Orsay, Caroline Corbeau-Parsons, a été à la baguette pour une exposition qui enjoint à la flânerie pour passer d’artistes à d’autres dans une belle harmonie générale. L’exposition rappelle que le XVIIIe siècle est un âge d’or du pastel, technique passée de mode à la Révolution française, pour revenir au premier plan à partir de la moitié du XIXe siècle jusqu’au début du XXe. Les nuances et les textures se multiplient pour des expérimentations exceptionnelles. Le rapport immédiat du pastel à la matière en fait une technique unique, constituée de pigments purs reposant en suspension sur le grain du papier ou sur la toile. La technique est fragile, un rien peut nuire à son harmonie. Couleurs et partis pris graphiques permettent de belles évolutions. Les nombreuses œuvres présentées d’Odilon Redon et d’Edgar Degas valident le choix de couleurs audacieuses et de compositions réjouissantes. 8 grands thèmes articulent le parcours, avec des surprises du côté des chimères et des symboles, autant que d’autres travaux orientés sur les préoccupations sociales.
L’exposition débute le 14 mars et lance véritablement la saison des expositions à Paris, avant une exposition Manet Degas à venir dès le 28 mars dans les mêmes murs pour un autre grand moment pictural au Musée d’Orsay!
Guillaume Léglise multiplie les casquettes. Producteur, réalisateur, mixeur, remixeur, musicien multi-instrumentiste, compositeur pour le théâtre ou la danse contemporaine, il donne envie de faire ce qui lui plait, se réinventant au gré des collaborations et des envies. Il dévoile aujourd’hui son premier album Auto Fictions sur le label La Tebwa. La pop est singulière et lumineuse, légère et bondissante, avec des mélodies entêtantes et une bonne humeur contagieuse.
Le soleil en musique
Auto Fictions est une heureuse surprise. Accompagné depuis 2 ans à la basse et aux chœurs par la charismatique Clémence Lasme, l’artiste s’est donné le temps de la réflexion. 4 ans très exactement se sont écoulés depuis son EP Riviera pour aboutir à un résultat fidèle à ses intentions. Influencé par une pop très eighties et porté par ses sonorités sous influence new wave, il échafaude une atmosphère très ouatée portée par une voix rappelant celle de Philippe Katerine, comme une voix de dessin animé faussement naïve et nasale. Le premier extrait Les Dunes, en duo avec Cléa Vincent, annonce la couleur. Les paroles sont dans les lignées de Serge Gainsbourg ou de Christophe, les mots sont recherchés avec application pour leurs double sens et leurs sonorités très musicales. Pour ceux qui avaient écouté l’EP Riviera, le morceau Coma Carole Anne préfigurait d’une belle inspiration sous l’égide des glorieux ainés. Connu dans le landernau hexagonal depuis de nombreuses années avec son travail à la réalisation, la production et au mixage, Guillaume Léglise pourrait bien devenir le nouveau dandy national. Sa pop se rapproche d’une variété élégante, inconséquente et frivole avec ses mélodies qui font mouche. Ses collaborations avec entre autres Vox Low ou Lisa Li-Lund préfiguraient ce bel aboutissement. Les 10 morceaux sont agrémentés d’une poésie très années 80 comme le montrent bien les titres Les Mots et Elle. Flashback et Monde Incandescent sont 2 autres titres à bien écouter pour prendre conscience du talent du bonhomme pour créer des atmosphères très personnelles capables de parler à beaucoup.
Guillaume Léglise prêche une belle parole avec un album qui pourra connaitre un large écho au sein de la production nationale. L’écoute est aisée, presque canaille, de quoi apporter des bonnes ondes à ne pas manquer.
Petit Dinosaure n’est pas d’accord est une pièce pour tous les petits fans des dinosaures à la Comédie Tour Eiffel. Une comédienne explique en compagnie d’une petite peluche animée par un autre comédien les détails les plus représentatifs des habitants du Crétacé. Le plus grand, le plus plus long, le plus protégé par sa carapace, le plus cruel, les enfants sont captivés et les adultes se concentrent pour pouvoir répondre aux questions inévitables de leurs progénitures après coup.
Dinosaures et compagnie
La peluche de dinosaure n’est pas contente. Elle se sent trop petite par rapport à ses glorieux ainés. Une gentille narratrice essaye de le consoler pendant toute la durée du spectacle en lui contant les désavantages de la grandeur et de la grosseur. Les explications sont savantes, le petit dinosaure fait répéter à chaque fois au public le nom du dinosaure évoqué pour bien faire mémoriser… les parents! La bienveillance est de mise, les plus jeunes n’hésitent pas à participer, déclenchant des rires dans toute la salle. Cerise sur le gâteau, des chansons sont entonnées et reprises par tous. Ca rigole, ça plaisante, c’est instructif, le petit dinosaure et son amie sont parfaits pour en savoir plus sur le monde merveilleux des dinosaures.
Des images sont projetées sur les murs pour bien montrer à quoi ressemblaient les dinosaures, un son et lumière aussi astucieux qu’évocateur. Une pièce à ne pas manquer, tous les dimanches à 16h à la Comédie Tour Eiffel.
Synopsis: Petit dinosaure en a assez d’être petit, il voudrait tellement être plus grand comme le Diplodocus, encore plus géant que le Giganotosaure. Petit dinosaure voudrait être autrement avoir des cornes comme le Tricéraptor ou encore une armure comme l’Ankylosaure, et être bien protégé comme le Stégosaure. Petit dinosaure n’est pas d’accord, il voudrait être différent il voudrait être le Tyrannosaure mais il voudrait aussi être le plus rapide. Ça tombe bien petit dinosaure ne le savait pas mais c’est un Vélociraptor, celui qui bat tous les records. Finalement il est trop fier d’être lui !
La cure, un roman de Cécile David-Weill (Odile Jacob)
Cécile David-Weill est romancière française et américaine. Elle a surtout beaucoup d’humour. Son dernier livre, La cure, peut paraître d’un premier abord léger alors qu’il n’en est rien !
C’est une sorte de comédie sociale où l’auteure pose son regard acéré. C’est l’histoire de deux femmes qui partent, ensemble, en cure d’amaigrissement. Christine fait des chroniques gastronomiques et veut perdre du poids. Elle s’inscrit donc à une cure de jeûne, dans une clinique au Sud de l’Espagne. Brigitte est ravie de l’accompagner, une bonne occasion de fuir ses obligations familiales.
Dès le départ, les dés sont faussés. Christine n’a pas envie que Brigitte l’accompagne mais comme c’est elle qui va faire l’avance de ses frais de la cure, elle ne peut plus rien dire. Et cette situation va perdurer… En plus, Brigitte est une femme, de 50 ans, très élégante et très belle. Brigitte n’a peur de rien ! Sans rien dire à personne, elle emmène avec elle son petit chien, alors qu’il est strictement interdit dans la clinique. Cela complique considérablement la situation. Mais Brigitte ne peut pas vivre sans son chien…
Une fois arrivée à la clinique, les évènements s’enchainent et on suit ces deux femmes durant leur cure.
Si vous n’avez jamais fait de cure, lisez ce livre ! Il vous ravira et vous donnera envie d’y aller… ou pas ! Une chose est sûre, on s’occupe de vous et on vous fait des choses pour le moins inattendue !
Et vous ferez des rencontres qui sortent de l’ordinaire, comme Christine et Brigitte.
Publik’Art a lu avec plaisir ce roman et a en même temps beaucoup appris sur le déroulement d’une prise en charge d’une cure de jeûne, sur les menus diététiques, mais aussi sur l’humain avec toute sa complexité.
Vous apprendrez que les massages ayurvédiques relèvent d’une technique originaire de l’Inde qui permet de réduire les tensions des épaules, cou, tête et visage. Qui n’en rêve pas ? Vous découvrirez aussi l’histoire des shungas, estampes érotiques produites au japon du XVI au XIX siècle. Tout un monde !
L’auteure a une fine analyse psychologique de chacun de ses personnages. Passionnant !
Croire ou non au paranormal ? On peut se poser la question après avoir lu La cure !
La cure, un très bon moment de lecture qui aborde de nombreux thèmes, avec beaucoup d’humour et de psychologie.
Pour ceux qui ont vu le film Soul Kitchen en 2010, l’acteur héros interprété par Adam Bousdoukos est de retour dans la comédie chypriote Where is Jimi Hendrix? Sous prétexte de retrouver un chien, prénommé Jimi Hendrix et perdu entre les 2 frontières grecques et turcs traversant la capitale Nicosie de l’île de Chypre, le réalisateur Marios Piperides souligne l’aberration de la situation politique. Le mur de Berlin est tombé mais pas celui coupant Chypre en 2. L’ONU est présent, les militaires sont à cran, la population est prise en otage, et Jimi court toujours.
Une comédie irrésistible
Marios Piperides est lui-même originaire de Chypre, il a grandi du côté grec et a connu l’invasion turque de 1974. Les on-dit quant à la supposée barbarie des envahisseurs a contaminé l’esprit des grecs et ce n’est qu’en 2003 grâce à l’instauration du premier checkpoint entre les deux côtés de Chypre, qu’il a pu visiter la partie turque. Il y a retrouvé… quelques différences mais surtout beaucoup de familiarités, il a compris que les rumeurs étaient infondées et que le vivre ensemble était possible. Une île, 2 pays, c’est ce contexte que sous tend le film. Le héros voit son chien lui échapper, il le retrouve dans la partie turque mais les lois d’hygiène en vigueur l’empêchent de revenir dans la partie grecque avec lui. C’est le début d’un imbroglio savamment orchestré. Beaucoup d’humour dans le film, avec des situations abracadabrantesques prises au premier degré et qui génèrent automatiquement un sourire sur le visage du spectateur. Le film aborde aussi en filigrane la question des inévitables trafics, de la mémoire et de l’avenir. Car beaucoup d’habitants ne rêvent que de partir. Et puis du point de vue du chien, la situation est un non sens. Lui travers les frontières sans se poser de questions sur les supposés territoires occupés du nord qui paralysent Chypre depuis plus de 40 ans. Comique et absurde cohabitent pendant toute la durée du film pour mettre à mal les préjugés tenaces entre les deux communautés.
La sortie de DVD et VOD le 8 mars de Where is Jimi Hendrix est l’opportunité de voir un film drôle comme tout. Sur la base d’une situation géopolitique pas comique du tout, le réalisateur aboutit à une comédie à ne pas manquer!
Synopsis: Yiannis, musicien raté, a décidé de quitter Chypre pour démarrer une nouvelle vie à l’étranger. Mais quand le chien de son ex, surnommé Jimi Hendrix, lui échappe et s’enfuit dans la partie turque de l’île, il doit mettre son projet de côté.
A la Folie Théâtre propose un saut dans le temps avec la description d’un futur proche dystopique pourtant si semblable aux pires fléaux de notre présent. La privatisation des services publics, l’effondrement écologique, la violence généralisée, e cadre de vie est dominé par les écrans et les rapports de puissance. 5 personnages sont constamment au bord du précipice et tentent de survivre à l’ombre de l’IA Minotaure en charge du système d’exploitation. Jusqu’au drame dans une agence de la CAN (Caisse d’allocation nationale). Les 5 comédiens (Karine Bocobza,Adeline Belloc, Xavier Kutalian, Amira Hadzic, Tom Bérenger, en alternance) font vivre la pièce de l’auteur et metteur en scène Luc Mouret rivalisent de talent et d’implication pour subjuguer les spectateurs dans une scénographie dense et fascinante.
Du non-sens entre Black Mirror et la 4e Dimension
Les références culturelles sont nombreuses dans cette pièce d’une belle densité. Des références culturelles qui parleront à tout le monde pour créer un cadre commun d’identification. Les noms empruntent à la mythologie grecque pour souligner l’omniprésence de dieux (technologiques) taquins et trompeurs. Les destins sont constamment contrariés par des volontés supérieures qui créent des conditions de vie proches de la torture permanente. L’employée de la CAN acculée par les objectifs de rentabilité inatteignables et des conditions de travail qui l’empêchent d’aider les allocataires démunis (Dédaleen pleine quadrature du cercle permanente), le livreur de repas aussi mal considéré qu’incapable d’empêcher les commandes manquantes (Hermès en quasis sosie de Freddie Mercury), la maman aux abois sous la crainte de perdre la garde de ses enfants mais que le système a sorti des bases de données l’empêchant ainsi de toucher ses allocations (Gaïa, proche de la Mother du film d’Aronofsky), le jeune homme en pleine crise existentielle à tendance psychanalytique (Morphée en saillant legging moulant dans une caricature de jeu télévisé), la militante écologiste catastrophiste que personne n’écoute (évidemment nommée Cassandre). L’auteur s’inspire du quotidien actuel pour imaginer un futur en tous points pires que les extrémités du présent. Les situations suscitent immanquablement l’empathie du public. Qui n’a pas eu maille à partir avec des services administratifs sourds aux demandes et incapables d’y répondre, ou à une commande Uber dans laquelle manquent des éléments de la commande? La narration non linéaire de la pièce intercale numéros de danse contemporaine, musique industrielle sous influence Nine Inch Nails, scénettes tragicomiques et constats accablants de la diminution des rapports humains. Les écrans ont pris toute la place, les personnages ont choisi de se laisser guider par l’IA, hélas à leurs dépens malgré l’espérance de simplification de l’existence. Le constat est sans retour, l’humain est devenu secondaire dans un monde où les rapports de puissance ont remplacé l’émulation collective.
Le théâtre gagne ici de belles lettres de noblesse, lanceur d’alertes, poétique, cathartique, il se place sous le haut patronage de BertoldBrecht en utilisant le rire pour dénoncer. Aussi moderne qu’accessible au plus grand nombre, Système d’exploitation est une terrifiante réussite qui mêle émotion et érudition avec la validation d’un public nombreux et enthousiaste, comme l’a prouvé la salve d’applaudissements finale.
Synopsis: Comment ne pas devenir fou quand les écrans sont partout ? L’intelligence artificielle « Minotaure » mène l’enquête. Dans un futur proche, alors que la crise écologique et économique s’accélère, les citoyens restent scotchés à leur smartphone. Deux coups de feu résonnent dans une « agence sociale » récemment privatisée. Cassandre une militante éco-anxieuse, Morphée un chômeur insomniaque, Hermès un livreur ubérisé, Gaïa une mère isolée et Dédale une cadre en burn-out, étaient sur place. Que s’est-il passé ? Leurs méta-données vont être croisées et analysées sous nos yeux. Système d’exploitation est une tragi-comédie dystopique entre Brecht et Black Mirror.
Détails:
Du jeudi 2 février au samedi 15 avril 2023. Du jeudi au samedi à 21h30
La Mélisande possédée de Richard Brunel aux Bouffes du Nord
Richard Brunel livre sa propre interprétation du destin de Mélisande lui évoquant des correspondances avec Barbe-Bleue. Celui d’une jeune femme blessée dont l’âme et le corps meurtris se refusent à l’Amour.
Mélisande, l’une des femmes de Barbe-Bleue donc, a fui son bourreau. En suivant Golaud, elle croit s’assurer une protection mais elle ne trouve que la prison d’une conjugalité oppressante.
L’intrigue originelle est celle d’un amour impossible qui s’inspire de la légende médiévale de Tristan et Iseult. Lors d’une partie de chasse, Golaud, prince au royaume imaginaire d’Allemonde, se perd dans la forêt et rencontre Mélisande en pleurs au bord d’une fontaine. Il décide de la prendre pour femme et rentre dans son château sans ne rien connaitre du passé de son épouse. Mélisande y rencontre Pelléas, le demi-frère de Golaud et très vite ils tombent amoureux.
Golaud, s’percevant du lien qui réunit les deux jeunes amants, se consume peu à peu dans la jalousie. Rongé par le désespoir et la rage, il tue son frère Pelléas tandis que Mélisande se laisse mourir, emportant avec elle ses lourds secrets, sans que Golaud ne parvienne à établir la vérité des sentiments qui l’unissaient à Pelléas.
Une musique théâtrale
Une femme dont on ne sait rien, aux prises entre deux hommes, mais une femme qui lutte contre ses démons, qui ne veut pas se résigner allant jusqu’à provoquer Golaud, aimer Pelléas et si mort il y a, c’est une mort choisie, envers et contre toute convention.
Quatre instrumentistes et quatre chanteurs-acteurs (Judith Chemla, le chanteur Benoît Rameau et les comédiens Jean-Yves Ruf et Antoine Besson) donnent corps à cette légende mélodramatique où la musique se charge de l’intériorité de la langue et des émotions qu’elle charrie. Une musique théâtrale qui embrasse la dramaturgie et offre une lecture puissante du chef-d’œuvre de Debussy.
Le compositeur et arrangeur Florent Hubert s’appuie sur une partition pour percussion, harpe, accordéon et violoncelle, qui capte la dimension allégorique, allusive et onirique de l’œuvre tout en préservant une part de parole jusque dans les moments ouvertement chantés.
Une troublante étrangeté
Pour faire entendre cette écriture entre ciel et terre, entre le visible et l’invisible, où le rapport amoureux se joue dans le silence et l’interdit, Richard Brunel installe une troublante étrangeté, qui saisit les personnages aux prises entre un appel intérieur plus fort qu’eux et la réalité contrariée de leur destin. Un univers flottant entre le conte métaphysique et le réalisme qui nous plonge aussi au coeur d’une psyché et d’un traumatisme lointain.
Richard Brunel signe une mise en scène au cordeau, tout en éclat poétique et mouvement chorégraphique, dont le ballet des corps imprime une fluidité et une permanence propice aux réminiscences intérieures et musicales.
Il orchestre une scénographie qui donne toute sa part à la dimension concrète mais aussi allusive et allégorique de l’œuvre, rappelant que le symbolisme de Maurice Maeterlinck a toujours cherché à voir le monde par-delà les apparences. Sur le plateau, le décor cristallise une ambiance crépusculaire et chaotique, dans un environnement et un monde intérieur au bord du gouffre.
De l’intérieur à l’extérieur, d’une pièce du château à l’autre, l’espace scénique plongé dans des lumières de Victor Egéa ouvre ou délimite la perspective et embrasse à merveille le conte métaphorique et sa noirceur. Où ses personnages font corps avec les éléments naturels, opaques du Royaume d’Allemonde dont leur inconscient en est le miroir trouble et réfléchissant.
D’une atmosphère de fin du monde, rappelant le film Melancholia de Lars von Trier ou le cinéma de Tarkovski, au personnage de Mélisande dont on ne sait rien si ce n’est qu’elle a connu des souffrances insondables, la mise en scène se charge du drame énigmatique empreint de mystères, de secrètes motivations et de passion inaccomplie.
Judith Chemla, entre l’ici et l’ailleurs, est une Mélisande femme-enfant à la fragilité de porcelaine tandis que Benoît Rameau (Pelléas) incarne un amoureux candide. Quant à Jean-Yves Ruf, habité dans le rôle de Golaud, il est cet homme à la mélancolie fiévreuse et brisé par la jalousie. Bravo !
Composé du cépage Altesse, le vin blanc de Savoie Chateau de Monterminod de la Maison Perrier est un vin parfait pour l’hiver qui n’en finit pas de durer. Avec une bonne raclette pour se réchauffer, le vin est parfait.
Un vin parfait pour l’hiver
Elevé sur un terroir local, coteaux sur moraine glacière avec un mélange argilo-calcaire, les Côteaux de Monterminod (8 hectares) sont des Vieilles Vignes très pentues, exposés en plein Sud, à la réputation presque millénaire. Les vendanges sont manuelles avec un pressurage des raisins. Le vin se caractérise par une grande souplesse, sa rondeur et sa stabilité. A l’œil, sa robe est jaune or brillant indiquant une altesse ramassée très mûre. En bouche, le vin est équilibré, très structuré à la fois vif et plein avec un très bel amer de l’écorce d’orange en fin de bouche, garant d’un grand potentiel. Le nez est subtil, frais par des notes fleuries et fruitées, puis touches épicées et balsamiques : Aubépine, poivre et rhubarbe. Le vin peut se garder plus de 5 ans et accompagne idéalement de la charcuterie, du poisson au fenouil ou à l’oseille et des plats épicés exotiques. Cette cuvée est aussi disponible en Magnum de 150cl sur demande.
Un peu d’histoire
Le vignoble de Monterminod a été créé suite à une charte du XI ème Siècle, à l’initiative de St Odilon, grand Abbé de l’Abbaye de Cluny, pour produire des vins destinés à réconforter les bons moines qui venaient de fonder une colonie sur les bords du Lac du Bourget.
Ce vignoble entourait le Château qui avait une position stratégique priviligiée dans le système défensif de la Savoie.
C’est la princesse Anne de Chypre surnommée « la plus belle princesse qui fût au monde », devenue par son mariage Duchesse de Savoie, qui à son arrivée en Savoie, introduisit le cépage des Templiers qu’elle amena dans ses bagages et qui est à l’origine du cépage « Altesse ».
Publireportage: Viticulteur depuis 1853, Jean Perrier et fils vous propose une sélection de vins d’appellation d’origine contrôlée (AOC), vins blancs, vins rouges et rosés. Propriétaire, producteur et éleveur, l’histoire de la Maison Perrier se confond avec celle des vins de Savoie et des Alpes (France). De l’Apremont au Pétillant de Savoie en passant par le Chignin, le Gamay ou encore la Mondeuse, ils représentent un art de vivre authentique et sauvage, internationalement reconnu. Nous nous attachons à élever cette qualité de vie comme une marque distincte d’exception. Le vin de Savoie reste une tradition unique dans le monde viticole français.
L’auteur Bruno Geneste n’y a pas été par le dos de la cuillère. Il entraine le lecteur dur la route de la poésie rock, de Bob Dylan à Brigitte Fontaine avec près de 60 artistes ou groupes revisités sous l’angle de l’alliance entre rock et poésie. Etats-Unis, Royaume-Uni, France, le chemin est balisé mais pas sans surprises tant les analyses ouvrent une lucarne surprenante sur des œuvres connues mais ravivées avec force. L’auteur pointe du doigt le profondeur des textes, leur portées évocatrice, les échos de l’adolescence, la sagesse de la vieillesse, tous ces aspects qui donnent envie de s’immerger dans la musique et les textes. This is the end…
Un ouvrage comme un évangile
Bruno Geneste évoque à plusieurs reprises des auteurs classiques, ou pas si classiques que ça, pour rallier les grands auteurs du rock à une mythologie quasi biblique, en toute cas au moins romantique et subversive. Blake, Shakespeare, Rimbaud, tous sont cités pour créer une mythologie remontant bien plus loin que le XXe siècle électrique (ou acoustique). L’ouvrage est autant nostalgique qu’érudit, il faut avoir été soi-même touché pare la grâce rock pour comprendre l’engouement de l’auteur et les implications de son analyse. La musique n’est pas qu’une énergie ou une cérémonie, c’est une ouverture sur d’autres mondes ouverts par tous ces chanteurs conscients de l’infinité des choses, hors des sentiers battus et de ce que l’école nous apprend. Le thème de la route est central, l’auteur cite de nombreuses paroles et y apportent son éclairage savant pour un propos à la densité clairvoyante. Les 328 pages sont à lire consciencieusement, pas trop vite, pour en saisir toutes les illuminations. Après une très belle préface de Patrick Lepetit et une introduction qui donne l’eau à la bouche, c’est parti très fort avec un texte sur le grand Bob Dylan. Le ton général de l’ouvrage y perce avec des citations, des paroles de chanson, des retours historiques et des analyses sous l’angle poétique. Utilisation de la langue, sens évidents ou cachés, références personnelles au chanteur ou à l’histoire, la lecture apprend une somme de choses.
Sur la route poétique du rock revisite des textes et des histoires avec subtilité et pertinence. La lecture est une merveille, le rock revit, il est éternel, encore un peu plus avec les mots de Bruno Geneste.
Synopsis: « Set the controls for the heart of the sun », pour reprendre l’injonction de Roger Waters dans A Saucerful of Secrets en cette année 1968 d’heureuse mémoire, « Réglez les commandes pour le coeur du soleil », c’est précisément ce qu’il nous faut faire au moment d’entreprendre le voyage auquel nous convie Bruno Geneste sur la « Route poétique du rock », « cette galaxie où se cristallisent une multitude d’univers, mettant à nu nos sens, les aiguisant à la lumière tranchante des confins », parce que « les confins nous parlent et les rockers de la poésie y puisent les plus fines intuitions, les plus subtiles convergences ». Dans ce livre, puissante analyse doublée d’une superbe anthologie, c’est l’auteur lui-même, Bruno Geneste, en fait, qui, à l’image des Maîtres dont il évoque les oeuvres, est « habité par la mythologie américaine du voyage initiatique », mais lui, c’est le long de la route poétique du rock qu’il nous entraîne, filant à toute vitesse vers l’inconnu sur les traces de tous ces géants dont les chansons auront souvent accompagné de l’adolescence à la tombe les gens de notre génération.
C’est peu de dire que le Théâtre Herbertot sublime la pièce de Jean Cocteau avec la reprise du spectacle créé au Théâtre de Nice et adapté par Christophe Perton dans son adaptation 2023. Le drame familial se noue dès la première scène avec Yvonne (Muriel Mavette-Holtz parfaite en mater familias grandiloquente) à la présence incroyablement théâtrale et haute en couleurs. Son amour inconditionnel pour son fils Michel (Emile Berling) tient de fil rouge pendant 2 heures de spectacle hypnotique. Georges (Charles Berling) est un mari et père rempli de duplicité, condition nécessaire à sa survie pour ne pas succomber à un amour maternel toxique qui le tourmente en le mettant à l’écart. Maria deMedeiros (Léo) est un juge de paix pas si empatique qu’il n’y parait, tirant les ficelles selon son bon vouloir. Lola Créton (Madeleine) est la femme qui bouleverse l’équilibre de la fragile famille. La pièce est véritablement portée par ses interprètes, tous plus investis les uns que les autres pour un résultat rien moins que magistral.
Une pièce totale
L’intrigue débute dans un appartement familial, et plus précisément dans la chambre d’Yvonne. Probablement diabétique sans que cela ne soit jamais mentionné, elle manque de faire une overdose d’insuline. Ce qui pourrait n’être qu’un incident prend des atours suicidaires quand la trame du drame ses met en place. Seule et oublieuse du monde, elle ne vit que pour son fils adoré, Michel, rejeton inconséquent qui vit comme ses parents aux crochets de Léo, parente seule décideuse d’avoir elle-même entretenu la ménagerie toxique. Maisonnée auto-surnommée la roulotte car sans attaches dans la société, son fonctionnement tient autant de la farce que de la psychiatrie. L’équilibre est forcément instable mais il tient malgré tout, jusqu’à la nouvelle qui va tout pervertir. Michel a une nouvelle femme dans sa vie en lieu et place de sa mère. La pièce fait voir un univers totalement atypique, de ceux qui ne semblent n’exister que dans les films ou sur une scène. Mère martyrisée par l’amour qu’elle porte à son fils, père mis de côté, fils qui ne se rend aucunement compte du tragique de la situation, le mélodrame emprunte visiblement à ses illustres devancières grecques. Tous les ingrédients sont réunis pour un véritable maelström d’émotions, involontaire pour les personnages, jouissif pour les spectateurs. Les réparties décalées font réagir le public au corps défendant des personnages, preuve que la pièce fonctionne brillamment. Chacun des comédiens et des comédiennes se fond complètement dans la peau d’un individu loin de toute normalité. La mère est dans l’excès de son amour pour son fils, le père cache une relation extraconjugale, le fils est un innocent uniquement concentré sur sa petite personne, la tante intériorise son amour interdit pour son beau-frère. Les machinations s’accumulent jusqu’à donner des airs de soap américain, en beaucoup plus recommandable bien entendu. La mise en scène se fait auront d’un lit, fait ou défait, transformé en canapé et témoin muet du drame, les personnages rentrent et sortent comme dans un ballet. la dynamique ne retombe jamais, entretenue par les esclandres qui s’enchainent. La musique souvent percussive rappelle le film Birdman avec son rôle à jour dans l’évolution du drame, porteur de sacrifices et sans jamais aucun vainqueur. Les dessins de Jean Cocteau s’étalent sur les murs au dénouement pour bien rappeler que tout cela n’est que du théâtre, ce que les protagonistes mentionnent à plusieurs moments dans des dialogues remplis de second degré, pour le plus grand plaisir du public. La salve d’applaudissements finale reflète parfaitement le ravissement collectif devant une pièce aux éclatantes qualités .
La pièce fonctionne par l’art des comédiens et des comédiennes pour donner à la situation ubuesque des airs d’universalité. La famille malade devient pendant 2 heures presque normale tant les personnages sont rendus puissants et attachants. La pièce est véritablement un must de la saison théâtrale, à découvrir au Théâtre Hebertot pour un moment de théâtre qui transporte.
Publireportage: Qu’y a t’il de plus beau et de plus émouvant que d’entrevoir le dessein d’un écrivain brouillant les pistes et disparaissant au travers d’une forme pour mieux apparaître dans le fond de son écriture ? Jean Cocteau, victime de l’échec de ses pièces précédentes, isolé et raillé par son propre milieu artistique, homosexuel assumé avant l’heure, drogué maladif et solitaire, prétend en 1938 renverser la table en écrivant une pièce de boulevard pour répondre aux attentes du public populaire et faire un succès digne de ce nom. « Les parents terribles » répondent à cette idée reprenant avec une maestria diabolique tous les codes du vaudeville pour produire par la forme une situation, un rythme, une mécanique et des dialogues, qui pulsent une énergie comique redoutable. La recette est magistrale et produit le succès attendu.
La pièce restera à l’affiche plus d’une année s’attirant les foudres de l’extrême droite, les éloges de la critique, et plus d’un million de spectateurs avant d’être ensuite immortalisée par le cinéma. Sauf qu’à y regarder de plus près il apparait clairement que le carburant de cette machine infernale se compose de tous les éléments qui fondent la tragédie universelle. Puisant chez les grecs, à la source du mythe originel de l’amour maternel pour le mâle nommé « fils », photographiant les vices et les aliénations qui fondent en forme de convention la famille française idéale, Cocteau dresse le terrible portrait des ravages que produit le sentiment universel de l’amour. Sans concession, sans compromis, il dissèque ces corps gangrénés, atrophiés par cette maladie qu’est l’amour. Mais plus profondément encore, cet amour impossible d’Yvonne, femme de 45 ans pour Michel, son fils de vingt ans, se reflète aussi, sans presque aucune déformation, dans l’amour de Cocteau pour Jean Marais, l’interprète historique du personnage de Michel.
Glissant tragiquement dans le costume d’Yvonne, Jean Cocteau substitue l’insuline dont le personnage est esclave, par l’opium qu’il fume lui-même sans relâche pour échapper à la solitude où l’enferme la sublime liberté avec laquelle il assume sa sexualité, ses désirs, son art et sa vie d’artiste. Cocteau dit en substance que nous vivons dans l’ère de l’actualité, alors que la poésie est la langue de l’intemporalité, d’une vérité accouchée de la nuit par un autre « moi » plus profond, plus dangereux que nous essayons de dominer à longueur de temps. C’est « cet autre » qui fait scandale et crée le malaise dans cette pièce abyssale qui pose l’équation du chaos incarné par le désordre d’Yvonne qui à l’instar des enfants et des fous ne dissimule pas ce moi profond et les désirs terribles qui en découlent.
Synopsis: Dans un grand appartement parisien, Yvonne 45 ans, ne peut se résoudre à voir son fils Michel la quitter. Elle et son mari Georges vivent aux crochets de Leo, la soeur d’Yvonne, 47 ans. Michel est l’enfant choyé de cette étrange « roulotte » qui semble rouler à l’écart du monde. Yvonne idolâtre son fils jusqu’à en oublier son mari. Elle s’oublierait elle-même si elle ne devait pas s’occuper de son traitement à l’insuline. Lorsque Michel découche pour la première fois, c’est pour avouer à sa mère (qu’il surnomme Sophie) qu’il aime Madeleine, une jeune femme qu’il souhaiterait lui présenter. Jalouse et exclusive, Yvonne finit par capituler devant le chagrin de son fils et l’insistance de sa soeur Léo. On découvre entre-temps que Madeleine a déjà un « vieil amant » avec lequel elle veut rompre et qui n’est autre que Georges, le père de Michel. Léo qui dissimule depuis toutes ces années son propre amour pour Georges va tenter d’ordonner cette tragique comédie de la vie.
Détails:
Durée : 1h50 Plein tarif : Cat. Or : 53 € / Cat. 1 : 47 € / Cat. 2 : 38 € / Cat. 3 : 25 € / Cat. 4 : 15 € Infos et réservation : au guichet du théâtre, 78 bis boulevard des Batignolles 75017 Paris (ouvert le mardi de 12h30 à 18h, du mercredi au samedi de 12h30 à 20h, le dimanche de 11h à 16h30, fermé le lundi. Fermeture estivale du 30 juillet au 5 septembre inclus), par téléphone au 01 43 87 23 23 et sur notre billetterie en ligne.
Ce documentaire est une adresse de la réalisatrice à sa mère, jeune femme des années 50 et réticente à la maternité et à la vie domestique. La réalisatrice dialogue également avec Michelle Perrot, historienne des femmes qui revient sur les principales étapes de l’émancipation des femmes tout au long du XXe siècle.
Un siècle d’émancipation
Devenue mère de famille, la réalisatrice a souhaité renouer avec le quotidien de sa grand-mère dans le contexte d’une France profondément agricole et catholique du début du XXe siècle. Le documentaire fait un parcours depuis le temps de la discipline et d’une vue bien rangée jusqu’à aujourd’hui, en passant par le portrait de la mère de la réalisatrice, rétive à la maternité et à la vie rangée dans le cocon domestique. La région vendéenne où la famille était localisée était particulièrement engoncée dans des principes stricts antédiluviens. Le passé est invoqué avec des témoignages de femmes qui ont connu leurs ainées et se souviennent de leurs propos. L’obéissance aux parents et aux bonnes sœurs a marqué des générations, avant la soumission au mari. Levées les premières, couchées les dernières, les femmes suivaient une vie complètement réglée. Sans machines à laver, lave-vaisselles ni aucune facilité de la vie moderne, le rôle de femme au foyer était un vrai sacerdoce. Puis vient le temps où les femmes peuvent travailler, gagner leur propre argent et accéder à la vérité. Le travail comme outil de libération de la femme, c’est une autre époque. Et plus la remontée dans le temps avance, plus les surprises se multiplient. Qui dit libération dit vies particulières avec amours cachées. Le film retisse le fil de vies qui demandent à être redécouvertes pour être mieux comprises et surtout pas oubliées. Certains passages sur les femmes modernes évoquant la maternité et le ménage mettent les choses en perspective, les temps ont changé, pour de vrai…
Le documentaire est surprenant et passionnant, comme une machine à remonter le temps pour redécouvrir l’histoire des femmes au cours d’un XIXe siècle ouvert à toutes les nouveautés.
Synopsis: Marie, Odile et Valérie, trois parcours de femmes et de mères se déroulent sur plus d’un siècle. Marie, née en 1902, a eu 10 enfants dans une France agricole et catholique. Odile, sa fille, ne voulait pas d’enfants, elle souhaitait se libérer des contingences domestiques. Elle est devenue dans les années 50 fonctionnaire et citadine. Installée en Ariège, Valérie, la 3ème génération, se sent piégée par sa vie de mère de famille. Elle convoque le passé et interroge ses proches sur ces rôles encore largement assignés aux femmes. Avec l’historienne Michelle Perrot, elles questionnent un siècle d’émancipation au sein de la sphère familiale.