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La traversée poétique et organique de Nathalie Béasse

La traversée poétique et organique de Nathalie Béasse
Photo Nathalie Béasse

La traversée poétique et organique de Nathalie Béasse

Nous revivrons est une partition libre autour du texte de L’Homme des bois de Tchekhov, où l’humanité et la nature entremêlent leurs destins.

De cette puissance évocatrice, Nathalie Béasse (également chorégraphe et plasticienne) s’en empare dans un geste fort et singulier où chaque élément − objet, lumière, son, espace, musique, imaginaire – devient un partenaire de jeu pour les acteurs·ice·s, démultipliant les chemins d’un possible et son appropriation sensorielle, poétique, terrestre et picturale. Une réussite.

En s’éloignant d’une forme narrative, la metteuse en scène retient l’esprit et le souffle de la pièce. L’histoire elle-même n’étant évoquée que par fragments textuels et sensations.

Dans « L’homme des bois », Tchekhov se montre un écologue visionnaire sur les problèmes de déforestation et de ressources en eau des territoires surexploités par l’homme. Des scènes de la vie ordinaire y sont évoquées et donnent à voir des joies simples, des gaités exubérantes, des combats vifs et le poids de la solitude.

Un recommencement

« L’homme a été doté de raison pour trouver des solutions pour multiplier les choses », lance Soriba Dabo, interprétant Voïnitski. Mais qu’en a-t-il fait ?, questionne en suspens « Nous revivrons ». La phrase lance le thème de cette pièce d’une actualité brûlante.

Il y est aussi question d’un entre-deux, entre l’arrivée et le départ, entre l’été et l’hiver, d’un entre soi entre un univers intime et amical, entre le dire et le silence, entre le rire et le drame, avant l’orage, après l’orage. C’est le chemin invisible qui mène de la joie à la mélancolie.

Chorégraphie des corps et de l’espace sont à l’œuvre pour fait vivre et respirer ce déferlement d’humanité où se mêlent et s’entrechoquent les passions contradictoires, les doutes et la conscience aiguë du renoncement et de l’emportement.

C’est tout cet embrasement à vif et cette poésie de la matière : eau, bois, terre, que convoque la metteuse en scène dans des jeux d’enfant et une course poursuite emmenée par trois acteurs formidables : Julie Grelet, Mehmet Bozkurt et Soriba Dabo qui chutent, se battent, se relèvent et repartent à l’assaut d’un monde à défendre à nouveau et d’une enfance mémorielle. Bravo !

Dates : 6 au 31 mars 2023 – Lieu : Théâtre de la Bastille (Paris)
 Mise en scène : Nathalie Béasse

Un bon début, un documentaire comme un gros shoot de réalité, sortie en DVD le 7 mars 2023

Un bon début est tout bonnement un documentaire nécessaire. Certains jeunes ne sont pas faits pour le système scolaire lambda, ils nécessitent un suivi plus serré et surtout plus personnalisé avec des enseignants capables de droiture, de modestie et qui font vivre au quotidien ce qui est pour eux une véritable vocation. Un bon début suit 15 jeunes en totale rupture scolaire. Alcool, fugues, trafic, ils ne s’en sortent pas. Admis à Grenoble dans une classe unique en France du nom de Starter, ils réapprennent à avoir confiance en eux pour reprendre leur vie en main. Admirable.

Un bel exemple de résilience et de persévérance

La réalisatrice Agnès Molia a entendu Antoine, instituteur de formation, parler à l’enterrement d’un ami de Xabi Molia, Matthieu, tué au Bataclan. Spécialisé dans le soutien d’élèves en grande difficulté, Antoine l’a séduite par son parler vrai. Son expérience est un enchainement de rattrapages de profils ramassés à la petite cuillère à cause les coups de la vie et remis en selle au sein de Starter. Lors de sa visite dans l’établissement, gros choc pour la réalisatrice face à des élèves intenses et dont les vies sont remplis d’un degré d’urgence inattendue. Urgence de trouver des solutions, urgence de leurs vies personnelles cabossées, urgence des situations familiales difficiles. De quoi lui donner immédiatement de faire un film. Déjà à l’œuvre dans son premier opus Le Terrain, elle a ressenti cette même envie de parler de l’adolescence, ce temps de transition si difficile à relever pour certains jeunes pas encore adultes et plongés dans l’incertitude. Comme expliqué dans les prospectus du dispositif, Starter est implanté depuis 2012 dans le lycée professionnel Guynemer, à Grenoble. Le dispositif public accueille des élèves de 14-15 ans, qui habitent dans l’agglomération et sont en situation de décrochage scolaire. Ces élèves passent leur année de 3e sous la responsabilité d’un enseignant spécialisé, coordonnateur du dispositif, et de deux professeurs (français/anglais et mathématiques). Pendant cette année scolaire, les élèves effectuent 10 semaines de stage dans le monde du travail, ce qui les aide à ébaucher un projet d’orientation professionnelle. Xabi Molia et Agnès Molia ont réalisé de longs repérages initiaux pendant 1 an et demi. De quoi suivre 2 promotions avant de suivre la troisième avec 15 élèves plus spécifiquement mis sous les projecteurs du documentaire. Chaque histoire particulière est une somme de difficultés à surmonter. Des apparences frêles mais des volontés de fer, tel est le sentiment impossible à ne pas ressentir à la vue des images. Rien de facile pour Tamara la fugueuse à répétition ou Nels, mais ils vont tenir jusqu’au bout grâce à l’accompagnement sans faille du corps enseignant. Les parents ont également joué le jeu pour s’approcher encore plus du réel. Les images sont d’une proximité totale avec des jeunes qui se livrent et font tout leur possible pour réussir quelque chose dans la vie.

Un bon début fait vivre le quotidien de jeunes que la vie n’a pas aidé, mais qui ont l’envie de s’en sortir pour construire leur existence grâce à la patience et à l’investissement de quelques professeurs dévoués. Le documentaire alterne scène difficiles et moments d’espoir dans un déroulé passionnant. Le film est à découvrir absolument le 7 mars en DVD!

Synopsis: Ils ont l’âge d’entrer en troisième et déjà une réputation d’irrécupérables. Pendant des mois, ils ont vécu loin du collège, en rupture presque totale avec la vie scolaire. A Grenoble, une classe unique en France du nom de « Starter » leur ouvre ses portes. Pendant cette année particulière, Un bon début a filmé leur adolescence, difficile et malmenée – mais dont le cours peut encore changer.

Le film Pacifiction en Blu Ray et en DVD le 7 mars, langueur tourmentée sous les tropiques

Le réalisateur Albert Serra situe Pacifiction – Tourment sur les îles dans les tropiques, à Tahiti, loin de la métropole. Il imagine un haut fonctionnaire de l’état constamment en train de jouer aux funambules entre les intérêts des locaux et ceux de l’état français. Certains y verront de l’ennui, d’autres un cinéma proche de celui de Apichatpong Weerasethakul, le film divise, c’est certain.

Un tropical trip

Albert Serra s’est basé sur les mémoires de Tarita, femme de Marlon Brando originaire de Tahiti rencontrée pendant le tournage des Révoltés du Bounty en 1962. Elle y parle de sa rencontre avec l’acteur et de son enfance, insistant sur l’innocence de son jeune temps et l’influence nocive des occidentaux. La dichotomie entre paradis et corruption a inspiré le réalisateur pour Pacifiction (Pas si fiction?). Benoit Magimel y tient le rôle principal, celui d’un Haut-Commissaire de la République, plus haut représentant de l’Etat français en Polynésie. Homme mesuré et renfermé, il recèle des secrets pas toujours recommandables. Alors que des rumeurs de reprise des essais nucléaires se font de plus en plus pressante, le fonctionnaire essaye de temporiser, jusqu’à se créer de nouveaux ennemis. Le tournage a eu lieu en août 2021, pendant 25 jours de confinement total. Île vidée, plateau de cinéma réservé pour l’équipe, l’ambiance est pesante et nombreux sont ceux à avoir contracté le virus. L’impression de vide du film a été d’autant plus renforcée avec ce contexte réel anxiogène. Le réalisateur s’est grandement inspiré de films existants pour son opus, notamment À cause d’un assassinat d’Alan J. Pakula et Cutter’s way d’Ivan Passer. Le héros vit dans une constante paranoïa, s’imaginant perdre son poste sans s’y attendre, il s’éloigne de la réalité, creusant ainsi lui-même son précipice. Le film a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2022 et la presse a encensé son film, louant sa langueur et son ton de quasi documentaire.

Pacifiction est une expérience de cinéma, parfois un peu éreintante mais toujours passionnante. Le film est à découvrir en DVD et Blu-Ray le 7 mars. Benoit Magimel a reçu le prix du nouvel acteur à la récente cérémonie des César, raison de plus de se pencher sur ce film long et langoureux.

Synopsis: Sur l’île de Tahiti, en Polynésie française, le Haut-Commissaire de la République De Roller, représentant de l’État Français, est un homme de calcul aux manières parfaites. Dans les réceptions officielles comme les établissements interlopes, il prend constamment le pouls d’une population locale d’où la colère peut émerger à tout moment. D’autant plus qu’une rumeur se fait insistante : on aurait aperçu un sous-marin dont la présence fantomatique annoncerait une reprise des essais nucléaires français.

En toute liberté, une radio pour la paix, un documentaire comme un rayon de soleil de Xavier de Lauzanne, sortie le 8 mars

Si les médias ne parlent plus aujourd’hui de Daech, beaucoup se souviennent de la chape de plomb posée entre Irak et Syrie par ce régime dictatorial et liberticide. Vu de France, impossible d’imaginer un média libre localisé à proximité des frontières. C’est pourtant Radio Al-Salam qui émet depuis le Kurdistan irakien et qui fait entendre la voix des victimes de la guerre. 7 journalistes, musulmans, chrétiens et yézidis, s’entretiennent avec les civils et entretiennent l’esprit de paix dans un pays ravagé par la guerre.

La force de l’espoir, toujours

Après 9 jours à Raqqa, Xavier de Lauzanne poursuit sa trilogie avec ce second volet dans lequel il suit 7 journalistes de Radio Al-Salam. C’est la seule radio indépendante et multi confessionnelle à ce jour en Irak. Le film fait parler les journalistes et montrent les entretiens avec les habitants comme autant de témoignages. Les anonymes parlent sans crainte des morts, des ravages et des espoirs de lendemain. L’attente est longue avant la reconstruction et la remise en marche des infrastructures. Plan fixes et caméra portée alternent pour un documentaire très vivant et surtout passionnant, avec une proximité rendue très grande avec ces régions touchées de plein fouet par le conflit. L’immersion est rendue la plus totale possible dans un quotidien en construction et en devenir. 2 journalistes français participent au documentaire, Sophia Aram et Sylvain tesson. C’est d’ailleurs ce dernier qui a ouvert l’antenne de Radio Al-Salam en 2015, à Pâques, avec notamment la diffusion d’un message venant de Jean d’Ormesson. La radio a pu également bénéficier de l’aide des associations Radios Sans Frontières et L’Œuvre d’Orient et de l’appui financier de la Fondation Raoul Follereau. Sans cela, rien n’aurait pu être possible. La radio a tout de suite été destinée aux réfugiés et aux différentes victimes de la guerre en Irak pour créer un lien, mettre en lumière la reconstruction du pays, diffuser des contenus sans aucune discrimination envers les minorités ethniques et informer sur les actions menées par les différents acteurs internationaux en Irak. Certains entretiens remplis de larme suscitent une très vive émotion et font espérer une rapide amélioration de la situation des habitants. L’occupation américaine est évoquée avec beaucoup de rancœur car cet évènement est considéré comme le début des problèmes du fait que la désorganisation du pays a mené à l’émergences de milices et de Daech, point de vue intéressant que le documentaire met en avant.

Le réalisateur Xavier de Lauzanne cohabite avec les journalistes liés à la radio, tous dévoués à ces différentes missions, essentielles pour éviter le retour d’un nouveau Daech à l’avenir. En toute liberté peut être une pierre importante dans la construction d’une nation unie et libérée des oppresseurs religieux.

Synopsis: Le média qui donne de la voix à ceux qui n’en ont plus, c’est la radio. Au nord de l’Irak, sept jeunes journalistes, musulmans, chrétiens et yézidis, tendent leurs micros à ceux qui veulent la paix. Ils travaillent pour Radio Al-Salam, antenne affranchie d’influences politiques et religieuses. En toute liberté, des voix s’élèvent sur les ondes et font renaître le lien au sein d’une nation.

Music d’Angela Shanelec, un film hautement contemplatif à découvrir en salles le 8 mars

Le dernier film de la réalisatrice allemande avait fait le même effet. J’étais dans la maison mais envoutait déjà avec son absence quasi totale de narration et ses indices disséminés dans une mise en scène elliptique et minimaliste. Music est du même acabit, avec en plus une économie quasi totale de répliques qui laisse la primauté aux images et aux plans léchés. Le pitch évoque une adaptation libre du mythe d’Oedipe, il vaut mieux ne pas réfléchir trop longtemps sur ce principe abscons sous peine de noeuds aux cerveaux, préférez le lâcher prise pour intégrer lentement l’intention évocatrice de la réalisatrice.

Un cinéma de l’économie

La réalisatrice Angela Schanelec avait gagné l’Ours d’argent de la Meilleure réalisation il y a quatre ans avec J’étais à la maison mais …. Déjà un film pas très facile d’accès, variation sur le Hamlet de Shakespeare, Music n’est pas beaucoup plus évident à appréhender, loin de toute considération commerciale et de toute facilité. Jon est recueilli bébé sur une île grecque. Il ne connait ni sa mère ni son père. Il est possible d’y voir un personnage sans attache, donc libre, libéré en tout cas de la contrainte de l’hérédité. Il tue un jeune (mâle) de son âge et s’éprend d’une jaune (femme) gardienne de prison, voilà peut-être le lien le plus proche avec le mythe grec. Pour le reste, Jon cherche son port d’attache, il part à Londres pour laisser libre cours à ses envies de musique. Le titre longtemps mystérieux, Music, prend sens alors que les mélodies commencent à retentir après la moitié du film. Et le spectateur peut alors comprendre que les regards fixes, les mouvements réduits à l’essentiel et les interactions réduites entre les personnages sont une volonté de la réalisatrice pour laisser toute sa place à la rêverie onirique. Le parti pris formel déroute mais n’en est pas moins évocateur. Membre de la nouvelle vague allemande, la réalisatrice ne se départit jamais de ses intentions sous-jacentes, faire réfléchir le spectateur et le confronter à un monde de l’introspection.

Music sort le mercredi 8 mars dans les salles pour un moment de profonde observation de l’être humain, en totale liberté, sans aucune convention cinématographique moderne, ni dans la narration ni dans le scénario.

Synopsis: Trouvé à sa naissance par une nuit de tempête dans les montagnes grecques, Jon est recueilli et adopté, sans avoir connu ni son père, ni sa mère. Adulte, il rencontre Iro, surveillante dans la prison où il est incarcéré à la suite d’un drame. Elle recherche sa présence, prend soin de lui tandis que la vue de Jon commence à décliner… Désormais, à chaque perte qu’il subira, le jeune homme gagnera quelque chose en contrepartie. Ainsi il deviendra aveugle, mais vivra sa vie plus que jamais.

Proust, du côté de chez Christophe Honoré, de retour à la Comédie-Française

Proust, du coté de Christophe Honoré à la Comédie-Française
« Le côté de Guermantes » d’après Marcel Proust, adaptation et mise en scène : Christophe Honoré,© Jean-Louis Fernandez

Proust, du côté de chez Christophe Honoré, de retour à la Comédie-Française

« Le côté de Guermantes » d’après Marcel Proust est l’adaptation théâtrale de Christophe Honoré, créée le 30 septembre 2020 au Théâtre Marigny, et qui revient en alternance au Français. Le metteur en scène y livre sa vision personnelle de l’œuvre qui met à jour une aristocratie déliquescente où les accents contemporains renvoient à une illusion perdue. 

On y retrouve les personnages du roman et leurs relations complexes ainsi que des éléments propres au contexte historique tel que l’antisémitisme à travers l’affaire Dreyfus ainsi que le nationalisme et les salons parisiens.

Se dévoile une société de monstres élégants qui s’adonnent à leurs jeux cruels lors de soirées mondaines. Christophe Honoré accompagne avec l’inspiration qu’on lui connaît et la playlist très seventies qui va avec (De My Lady D’Arbanville de Cat Stevens en passant par Nights in White Satin du groupe The Moody Blues entre autres), cette ménagerie de personnages aux prises avec ses désirs contrariés et un entre-soi outrecuidant.

Jeu de miroir saisissant entre un monde finissant et cette galerie humaine en pleine effervescence dont l’étourdissement vain s’apparente à ses faux semblants et à sa perdition.

L’esprit proustien

Le tout donnant lieu à des séquences clés – à l’abri d’un espace-temps dans le pur esprit proustien – d’une grande maîtrise formelle, puisées dans le roman mais aussi à l’abri de pastilles contemporaines qui s’accordent à merveille.

La traversée s’opère à partir d’un décor somptueux, signé Alban Ho Van et Ariane Bromberger, propice au découpage scénique de la représentation et à cet étirement du temps aussi mélancolique que chaotique.

Avec cette recherche, Honoré évoque donc Proust, l’âme humaine et sa complexité dont les ressorts, entre vacuité d’un jeu social et fêlures intimes, se télescopent.

Le tout emmené par une troupe du Français à l’unisson (20 comédiens sur le plateau), dont l’excellent Stéphane Varupenne à la candeur purement proustienne dans le rôle titre de Marcel mais aussi du narrateur, et un geste artistique aussi assuré qu’enlevé. Une mention également particulière à Elsa Lepoivre, éblouissante et habitée, dans l’incarnation de la Duchesse Oriane de Guermantes, qui compose un jeu intense et poignant. Bravo !     

Dates : du 25 février au 14 mai 2023 – Lieu : Comédie-Française (Paris)
Metteur en scène : Christophe Honoré

Une BD emplie de mystères avec Pourquoi nous sommes las de Michael jordan chez Frémok, sortie le 16 mars

Pourquoi nous sommes las est une BD entre science fiction avant-gardiste et réalisme mystérieux. Un personnage rentre dans une zone interdite et fait des découvertes surprenantes. L’ouvrage s’organise en plusieurs sections. La première se déroule dans des paysages foisonnants, avec une végétation luxuriante, le parcours est une suite de tableaux colorés, avec un jaune, du marron, peu de dialogues et beaucoup d’expectatives. Puis la deuxième section commence dans un environnement urbain. Des indices dévoilent une société plus liberticide que la notre, sans savoir si elle est foncièrement dictatoriale. Les accès sont restreints, les règles sont strictes, les murs sont lépreux, l’ambiance est pesante. Il est question de dépistage, peut être aussi de virus et de pandémie. La société semble bloquée par un évènement sanitaire de grande ampleur. La santé est un bien précieux qui tourmente tout le monde, mais la sensation que quelque chose est caché empreint toutes les pages. La lecture est pesante mais intellectuellement revigorante.

Synopsis:

S’agit-il d’une paranoïaque et dévorante théorie du complot ? Du témoignage d’un rescapé d’expériences biologiques secrètes ? Que cherche notre héros avec son détecteur de métal dans cette forêt sans fin, que va-t-il advenir de lui après l’examen médical auquel il se rend ?

Dans la première Bd en français de l’allemand Michael Jordan, un personnage rassemble ses souvenirs confus : un rendez-vous médical l’a amené à rentrer dans une zone interdite sous haute garde, de terrains vagues en cavernes, jusqu’à des expériences douteuses qui semblent lui avoir laissé quelques séquelles…

Pourquoi nous sommes las est un puzzle, un labyrinthe grand ouvert sans murs ni cul-de-sacs. Y avancer signifie placer sa confiance voire son intégrité mentale entre les mains de spécialistes dont les expériences, si elles peuvent nous échapper, nous assureront plaisirs et intenses réflexions.

Editeur: Frémok

Auteur: Michael Jordan

Nombre de pages / Prix: 108 pages / 23 euros

Suite de la dégustation des vins de la Saint Valentin

Après un premier article enthousiaste publié sur Publik’Art le 16 janvier, d’autres vins ont été reçus pour dégustation, de quoi prolonger l’émotion de la Saint-Valentin!

Cœur d’Apremont 2020, Savoie Apremont

Cette cuvée vin blanc du Domaine Jean Masson & Fils est proposée à la vente au prix à la cave de 24,00 euros. Fleuron du domaine, la cuvée Coeur d’Apremont est issue chaque année des mêmes parcelles, sélectionnées avec le même soin par Jean-Claude Masson. L’enherbement des sols et l’âge de ces vignes (80 ans de moyenne) provoquent une baisse des rendements spectaculaire et nous permet d’amener les raisins au niveau de maturité souhaité. Les vendanges se font en mode manuel pour une meilleure sélection des grappes et une parfaite capacité aromatique des raisins avec pour résultat un von puissant et droit. Le cépage Jacquère permet la mise en bouteille d’un Apremont AOP typique de l’appellation, avec des notes de fruits confits : abricot, mûre, figue & pêche. La longueur en bouche est remarquable. Grâce à sa droiture, il dispose d’une capacité de conservation d’au moins une décennie. Equilibré, il est doté d’une fraîcheur exceptionnelle et d’une bouche charnue et sapide. Le vin est capable d’accompagner tous les types de plats, mais il est quand même optimal avec une entrée épicée ou une viande, aussi bien blanche que rouge. Testé sur une raclette, l’alliance vin et plat a été exceptionnelle.

Cave des Vins Fins de Cruet, L’élégante de Cruet

La cave des vins fins de Cruet présente L’Elégante de Cruet, un vin mousseux issu d’une fermentation naturelle au prix TTC de vente à la cave de 7,90 euros. Composé de Cépage Gamay et produit sur un terroir sol argilo – calcaire, le vin a été vinifié avec une vendange éraflée et un pressurage après une légère macération. A la dégustation, le vin mousseux aromatique est issu d’une fermentation naturelle, ce qui explique sa grande douceur et son sucre naturel. A l’œil, la robe est fraiche. A la bouche, les arômes sont fruités. Le vin s’accorde se déguste parfaitement en apéritif ou en dessert. Son potentiel de garde est de 1 à 2 années. Un vin parfait pour un très bon moment de convivialité avec assez peu d’alcool.

Domaine Franck Chavy, Brouilly sans sulfite 2021

Les vins du domaine Franck Chavy sont bien connus sur Publik’Art avec déjà un article sur les vins sans sulfite. Ce Brouilly Sans sulfite 2021 est proposé au prix TTC départ cave de 14,30 euros. Le cépage Gamay produit un vin équilibré avec du caractère. Le nez est frais, fruité et complexe. La bouche est ronde puissante et très gourmande. Pour profiter pleinement de ce vin, il vaut mieux le servir sans carafage pour accompagner une volaille ou une blanquette.

Le journal de bord doux amer d’une grossesse avec Pregnancy comic journal aux éditions La Boite à Bulles, sortie le 8 mars 2023

La BD Pregnancy Comic Journal est un grand moment d’humour doux amer sur un sujet qui concerne pas mal de monde : la grossesse non attendue, non désirée, surprise, coup de massue. Un couple ne veut pas forcément avoir d’enfants mais un moment d’inattention suffit… Puis l’évidence, et les questions, inévitables. Mais comment est-ce possible ? Et comment tu t’en es rendu compte ?

Une BD cocasse et si réaliste

La nouvelle d’une grossesse est un choc, pour tout le monde, avec des réactions tout à fait personnelles. L’héroïne Sara n’y pensait pas, loin de là même, elle tombe donc de son arbre tranquille. Les signes avant coureurs diffèrent selon les femmes. Nausée pour certaines, poitrine qui grossit pour d’autres, ce ce côté-là, la BD est aussi humoristique que pédagogique avec toutes les étapes disséquées. La prise de conscience, l’angoisse, la communication. Avec des dessins très graphiques, l’auteur parvient à faire passer une masse de sentiments et d’informations. Sans éviter de parler de la question fatidique, le garder ou pas, avec son lot de questionnements et d’analyses décomplexées. L’héroïne et son compagnon réfléchissent, pèsent le pour et le contre… et quand le choix est fait, il faut encore l’accepter. Bref, la BD se lit au départ comme un thriller, le dessin de l’héroïne est tout bonnement délirant. Avec son visage en forme de poire et sa manie de pleurer pour un oui oui pour un non, elle emporte immédiatement l’empathie du lecteur. Tandis que le décompte des semaines rend la perspective de plus en plus tangible, les personnages se font à l’évidence qui se dessine. Le scénario multiplie les moments de stress et de tendresse et la lecture fait naitre moult sourires sur le visage.

Beaucoup se souviendront eux-aussi de leur expérience personnelle au fur et à mesure de la lecture pour un très bon moment de lecture, de ceux qui font sourire et réfléchir. Quant à ceux qui ne connaissent pas l’expérience de la grossesse, ce livre est rempli de surprises à découvrir!

Synopsis: Sara et Dario n’avaient pas prévu d’avoir d’enfants. D’ailleurs, ils les trouvent plutôt bruyants…
Un jour pourtant, Sara se rend compte qu’elle est enceinte. S’ensuivent de longues conversations, de longs silences, de longues balades en forêt, pour essayer de déterminer quoi faire. Garder l’enfant et voir sa vie chamboulée ? Ce n’était pas prévu, ce n’était pas voulu, mais cela se fera.
Sans fard, elle raconte les étapes qui jalonne toute grossesse ainsi que les peurs et interrogations souvent tues. De la crainte de ne pas aimer l’enfant aux questions d’ordre pratique, comme tout futur parent, il faut désormais composer avec le doute.
Ponctuant le récit des étapes psychologiques et physiques traversées d’anecdotes drôles ou mélancoliques, Sara Menneti nous entraîne avec elle dans cette aventure à la fois merveilleuse et terrifiante qu’est la vie.

Editeur: La boite à bulles

Auteur: Sara Menetti

Nombre de pages / Prix: 240 pages / 29 euros

Une vrai belle page de dépaysement avec Sur la tête de mon père aux éditions La Boite à Bulles, sortie le 8 mars 2023

Sur la vie de mon père est un vrai beau voyage dans le temps, 2e tome après Sur la vie de ma mère paru en 2020. L’auteur et dessinateur Gaston raconte l’histoire de son père Jean-Claude Rémy et de son grand-père René Rémy à travers des pérégrinations dans les anciens territoires des colonies. Indochine, Madagascar, Maroc, c’est un mini tour du monde qui empreint la BD d’un bel air de nostalgie familiale. C’est aussi le ballotement de la grande histoire qui se fait entendre à travers le pages, les guerres mondiales, la décolonisation, le retour à la métropole, le départ à nouveau. A travers des anecdotes croquignolettes, l’auteur croque aussi les mœurs familiales bien particulières dans les territoires lointains. La lecture est un concentré d’images fortes sur ce qui fait l’enfance, les odeurs, les clichés, le ressenti à hauteur de courtes pattes et les souvenirs qui durent à l’âge adulte. Un vrai beau moment de lecture. Didier Tronchet s’occupe de la préface pour rappeler le rôle qu’a joué Jean-Claude Rémy dans sa vie, touchant.

Synopsis: Avant de devenir un chanteur à l’éphémère succès dans les années 1970, Jean-Claude Rémy avait, à seulement 25 ans, déjà pas mal de kilomètres au compteur. Fils d’un Français parti faire carrière en Indochine et d’une nourrice indigène, il est l’un de ces « petits bâtards » issus de la colonisation, comme il aime le dire. Il passe quelques temps en métropole, sa mère restée au pays et son père à l’affection peu démonstrative s’éloignant. Puis vint l’âge adulte, la paternité au Maroc, le retour en France, la chanson sous le patronage de Pierre Perret, le succès entrevu qui finalement se refuse à lui, les amours, les emmerdes, mais toujours l’appel de l’aventure et ce goût pour l’ailleurs…

Après Sur la vie de ma mère, Gaston nous conte la destinée tout aussi passionnante de son père. Et même si cette figure paternelle n’aura finalement pas été très présente dans la vie de son fils, ce dernier brosse avec tendresse le portrait de cet homme singulier, doté d’un appétit gargantuesque pour la vie…

Du Vietnam à Madagascar, de la France au Maroc, Gaston rend un hommage drôle et touchant à son père, le fameux « Chanteur perdu » de Didier Tronchet.

Editeur: La Boite à Bulles

Auteur: Gaston

Nombre de pages / Prix: 320 pages / 29 euros

Le Chateau de la Jaubertie dévoile son très intéressant vin Tradition rouge 2019, AOP Bergerac

Le Château de la Jaubertie est un habitué de Publik’Art avec un article vins blancs en 2022 et vins rouges en 202O. C’est aujourd’hui le tour de son vin rouge emblématique, gourmand, croquant et rond d’être dégusté. Le vin rouge Tradition rouge 2019, AOP Bergerac, disponible à la cave au prix de vente de 8,30 euros mérite plus qu’une dégustation.

Un Bergerac représentatif de l’appelation

Déclinées dans toutes les couleurs, les cuvées de la gamme Tradition sont l’accomplissement d’un travail attentif sur la vigne, sous certification biologique depuis 2008. Le vin rouge Tradition rouge 2019, AOP Bergerac est composé des cépages Merlot pour 60%, Malbec pour 30% et Cabernet Franc pour 10%. Le vin a subi une macération à froid pendant 72 heures après le pressurage dès la fin de la fermentation alcoolique. Puis le vin a été élevé en barriques de chêne pendant 10 mois. A l’œil, la robe est couleur rubis. Le nez est frais, concentré et assez intense avec des arômes de fruits rouges mûrs, d’épices cardamome, de vanille et une touche de tabac. La bouche est assez ample et vive, avec des tanins présents et souples, fruitée, croquante, longue, sur une note chocolatée. Le vin accompagne parfaitement un bœuf grillé, une magret de canard et du brie de Meaux. Proposé au prix de vente TTC au Château de 8,30€, c’est une belle découverte à ne pas manquer.

Publireportage:

La famille Ryman propose des cuvées de prestige de toutes les couleurs et en parfaite symbiose avec la nature, à 100km de Bordeaux, sur un plateau argilo-calcaire à 170m au-dessus de la vallée de la Dordogne. Les vignes sont superbement ensoleillées et protégées des vents du Sud-Ouest par un rideau d’arbres. Le Château de la Jaubertie affirme les particularités climatiques, historiques, culturelles et agricoles de son environnement – et apporte une grande attention aux détails avec l’utilisation de méthodes naturelles. Toutes les pratiques culturales sont apportées
pour produire des raisins d’exception. La certification Agriculture Biologique est une réponse au souci de
l’environnement : la conversion a commencé en 2005 et le vignoble est certifié depuis 2008.

Brûlez tout ! Un roman passionnant de Henri Guyonnet (Anne Carrière)

Brûlez tout ! Un roman passionnant de Henri Guyonnet (Anne Carrière)

Henri Guyonnet s’est intéressé de très près à la vie d’Arthur Rimbaud et nous fait des révélations incroyables avec son roman : Brûlez tout !

Sous la forme d’une exofiction, l’auteur raconte l’épopée de Rodolphe Darzens qui découvre l’œuvre de Rimbaud. Rodolphe est journaliste et on lui confie une drôle de mission. Il doit retrouver le poète Arthur Rimbaud qui a disparu depuis près de vingt ans. En partant sur ses traces, il rencontre un de ses anciens amis mais qui possède, sans vraiment le savoir, vingt deux poèmes autographes inédits. Il décide alors de les publier alors que Verlaine, l’ami de Rimbaud est le seul protecteur de l’oeuvre de Rimbaud. Rimbaud aurait donné l’ordre à son ami de tout brûler, d’où le titre. Heureusement ce ne fut pas fait !

Darzens cherche désespérément Rimbaud qui est pourtant rentré chez ses parents, après un long séjour en Afrique, plus précisément en Abyssinie, amputé d’une jambe et bien malade. Sa vie semble brisée. On assiste impuissant à sa fin de vie.

Tout au long du livre, on valse entre la vie de Darzens et celle de Rimbaud. De façon inattendue et magique.
De nombreuses citations de Rimbaud trouvent leurs places au milieu du roman. Comme une évidence. C’est un pur délice de les redécouvrir dans un tout autre contexte. Et en même temps un très bel hommage rendu à Arthur Rimbaud.

Brûlez tout, un livre à lire absolument, qui donne envie de relire Rimbaud !

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 10 février 2023
Auteur : Henri Guyonnet
Editeur : Anne Carrière
Prix : 20 €

Mon bébé, un album pour tout-petit (Père Castor)

Mon bébé, un album pour tout-petit (Père Castor)

Les éditions du Père Castor nous proposent un très joli album, à la couverture cartonnée : Mon bébé.

Un album à lire à votre bébé qui va découvrir au fil des pages : ses yeux, son nez, sa bouche, ses mains, ses pieds… Et à quoi ils servent !

Il va découvrir à travers cet album aux couleurs très colorées, son propre corps de bébé !

Un album à lire et relire ! Que votre bébé soit blond, brun, Européen, Africain, Asiatique, il se reconnaitra !

Mon bébé, un album pour tout-petit, est un très beau cadeau à faire à votre petit amour !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2023
Auteur : Georgette
Illustrateur : Georgette
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 10,90 €

Le spectacle musical Bach is back de retour au Théâtre de l’atelier le samedi 25 mars à 15h et 16h30

Après une première session le 4 février, le Théâtre de l’Atelier laisse à nouveau la place à un spectacle spécialement pensé pour les plus jeunes afin de les initier à la grandiose musique du compositeur Jean-Sébastien Bach. La musique est savante mais nécessite quelques clés pour faciliter sa compréhension, le tout avec humour et pédagogie, exactement ce que propose le spectacle musical Bach is back.

La musique de Bach pour les plus jeunes

L’auteur-compositeur-interprète Yanowski et son complice, le clown et violoniste Christian Tétard savent y faire pour rendre le soi-disant poussiéreux, ancien, has-been Jean-Sébastien Bach des plus actuels et surtout des plus passionnants. Car les parents le savent bien, Bach peut changer une vie, mais comment transmettre le virus à ses bambins sans profondément les démotiver? Les retours après la session du 4 février sont tout à fait unanimes. Humour et musique font très bon ménage et l’audience très jeune est complètement subjuguée par le numéro proposé par un clown blanc et un Jean-Sébastien Bach plus vrai que nature.

Il reste des places pour assister aux spectacles de 15h et 16h30 le 25 mars 2023. C’est le moment de réserver vos places pour un beau moment d’humour et de musique.

Synopsis: Utiliser l’imaginaire pour rendre accessible la musique baroque et se familiariser par là même avec une figure aussi importante que Jean-Sébastien Bach : c’est la formule astucieuse et novatrice imaginée par l’auteur-compositeur-interprète Yanowski et son complice, le clown et violoniste Christian Tétard.

Un tandem détonant composé d’un clown blanc et d’un Jean-Sébastien Bach plus vrai que nature plongé dans son quotidien de compositeur. Le jeune public y trouvera toutes les clés de compréhension de l’œuvre et du processus de création

Détails

DATES

Le samedi 25 mars 2023 à 15h et 16h30

Durée : 50 min

TARIFS

PLACEMENT NUMÉROTÉ

1ère catégorie
Adulte : 25€ – Enfant : 12€
2ème catégorie
Adulte : 20€ – Enfant : 12€

BILLETTERIE

Sur place et par téléphone :
01 46 06 49 24

Réservation également possible en ligne sur ce lien: BACH IS BACK, spectacle musical pour le jeune public – Orchestre Lamoureux

Du mardi au vendredi de 17h30 à 21h
Le samedi de 16h à 21h
Le dimanche de 13h à 17h

Lettres d’hiver, lettres d’été, écrire la maternité (Belfond)

Lettres d’hiver, lettres d’été, écrire la maternité (Belfond)

Lucille Dupré et Maaï Youssef correspondent le temps d’un hiver, le temps d’un été. Seul point commun entre ces deux jeunes femmes : elles écrivent toutes les deux. 

Et le besoin de se raconter devient évident pour elles, même une nécessité.

Lucille et Maaï se connaissent bien, très bien même. Ce sont des amies. De véritables amies. Elles peuvent tout se dire et partagent leurs ressentis, semaine après semaine. Et leur correspondance s’est transformé en livre : Lettres d’hiver, lettres d’été, écrire la maternité.

Lucille est maman de deux enfants, de 4 ans et 9 mois. Elle nous raconte sa relation à la maternité, à son quotidien de mère et son besoin régulier d’oxygène. La fatigue, le rythme éprouvant, la culpabilité, la dépression post-partum. Avec toujours ce besoin de solitude, ce besoin de s’évader… Et pourtant l’amour inconditionnel de ses enfants. Et cette nécessité d’écrire.
Lucille vit avec son compagnon et ses deux enfants à Porquerolles où elle consacre le peu de son temps libre à l’écriture d’un roman.

Quant à Maaï, elle n’a pas d’enfant, elle a vécu un avortement et plusieurs fausses-couches. Mais ça, c’est difficile d’en parler. Tellement difficile de faire une place à ces enfants non nés. Et pourtant portés et aimés. Une tragédie non partagée. Un deuil périnatal vécu dans une extrême solitude. Une détresse, une dépression, une obsession qui empêche d’avancer. Maaï est mère mais non reconnue car ses enfants ne sont pas arrivés au terme… Et elle est seule à porter ses enfants dans son cœur. Surtout ne pas oublier…

Maaï est une intellectuelle : chercheuse en sociologie politique. Elle est en résidence d’écriture à La Ciotat, avec l’association La Marelle. Ecrire donne un sens à sa vie. C’est son travail. Son gagne-pain.

Toutes deux se questionnent sur la maternité et font des recherches littéraires, très poussées, sur le vécu des femmes quant à leur maternité. Et ce qu’elles nous dévoilent est fondamental pour bien comprendre la femme et ensuite la mère.

Vous pensez tout savoir sur la maternité ? Eh bien, Publik’Art peut vous assurer que non ! Le côté intime développé lors de leurs correspondances est bouleversant ! Et remet bien en cause la définition « traditionnelle » de la maternité.

Rien n’est simple avec la maternité. Rien n’est sûr. Tout est possible. Le pire comme le meilleur.

On sait que la femme enceinte est cajolée pendant 9 mois, prise en charge de façon formidable mais ensuite, après la naissance, elle se retrouve seule, sans aide, sans soutien, et surtout sans considération. Alors que c’est justement après une naissance que la femme a le plus besoin d’être entourée et aidée. Cela se vérifie à travers les différents témoignages de mères de ce livre. Cela éviterait bien des dépressions du post-partum ! Il est grand temps de prendre soin de la jeune mère ! Ce livre nous aide à prendre conscience de ce que peut ressentir une jeune maman.

Publik’Art a été souvent bouleversé par les confidences de ces autrices, et par leur vécu. Mais aussi par les nombreux témoignages et les différents extraits d’autrices sur ce sujet.

Lettres d’hiver, lettres d’été, écrire la maternité est un livre à lire, à offrir ! Un livre de femmes écrit par deux femmes, mais destiné aux femmes comme aux hommes ! Un livre qui pose question et qui apporte des réponses. Une ouverture indispensable au monde complexe de la maternité, de la parentalité. Un vrai coup de cœur !

Publik’Art souhaite bonne chance à Maaï ! Les lecteurs comprendront… Comme quoi, l’écriture a des pouvoirs magiques !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2023
Autrices : Lucille Dupré et Maaï Youssef
Editeur : Belfond
Prix : 20 €

12 récits et légendes de Rome, de Michel Paporte (Flammarion Jeunesse)

12 récits et légendes de Rome, de Michel Paporte (Flammarion Jeunesse)

Dans la collection Romans poche, les éditions Flammarion jeunesse, nous proposent : 12 récits et légendes de Rome, de Michel Paporte.

Michel Paporte écrit depuis de très nombreuses années pour la jeunesse. Dans cette collection, il a notamment écrit :
Les Rois de France : que d’histoires !
12 récits de l’Enéide
10 contes des Mille et Une Nuits
12 histoires d’amour célèbres
Et enfin : 12 récits et légendes de Rome.

Dans ce dernier roman, l’auteur nous racontent les grandes étapes de l’histoire de la création de Rome. Et comme dit Michel Paporte nous sommes tous plus ou moins romains…
Le roman est divisé en quatre parties.

La première partie est consacrée aux Légendes des origines lointaines, avec trois récits. Puis ce sera La geste de Romulus, puis les Hauts faits des temps héroïques, pour terminer avec La quête de l’hégémonie.

Chaque récit se lit facilement, comme une histoire, souvent assez magique, voire miraculeuse ou assez horrible… Mais toujours extraordinaire !

Cette lecture permettra aux lecteurs de mieux comprendre notre Histoire et de posséder la culture suffisante pour faire une visite au Musée du Louvre en y découvrant les chefs-d’œuvre !
Lecture de contes est au programme de la classe de 6ème ! D’ailleurs, les éditions Flammarion proposent également des outils pédagogiques à l’intention des professeurs !

12 récits et légendes de Rome, de Michel Paporte, une lecture quasi indispensable pour notre culture à tous !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2023
Auteur : Michel Paporte
Illustrateur : Fred Sochard
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 6,50 €

Compte rendu du Webinar New York State of Wine du 21 février 2023

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La région viticole des Finger Lakes dans l’état de New York compte une diversité impressionnante de climats et de types de terrain pour la culture du raisin. Depuis Long Island, exposée à l’Océan Atlantique, jusqu’à l’Hudson Valley, terroir historique des vins de l’état de New York, en passant par les chutes du Niagara et la Champlain Valley à la frontière du Canada, les Finger Lakes comptent près de 650 miles de littoral. Ces vins sont synonymes de climats rugueux, de sols d’une grande variété, avec des sédiments laissés par les glaciers anciens et les mers retirées, pas de surprise à ce que plus de 60 types de cépages soient produits dans cette région si particulière.

2e partie de la trilogie des webinars

Ce webinar a été le second volet d’une trilogie comprenant la terre (premier webinar tenu le 15 novembre dernier), l’eau et le vin. Et c’est l’auteur et écrivain Jamie Goode qui a mené les échanges en compagnie de 3 producteurs reconnus de la région: Oskar Bynke de Hermann J. Wiemer Vineyard (Finger Lakes), Julia Hoyle de Hosmer Winery (Finger Lakes) et Miguel Martin de Mc Call Wines (North Fork of Long Island). Une sélection d’échantillons en vin blanc et vin rouge a été adressée aux journalistes pour vérifier le savoir faire des appellations, et constater que oui, les vins des Etats-Unis et surtout de la région des Finger Lakes regorgent de qualité.

Publireportage:

Located in the heart of New York’s scenic Finger Lakes region, the Finger Lakes wine country is centered around four main lakes with Native American names: Canandaigua (“The Chosen Spot” or “The Chosen Place”), Keuka (“Canoe Landing” or “Crooked Lake”), Seneca (“Place of the Stone”), and Cayuga (“Boat Landing”) with the latter two also recognized as separate viticultural areas due to their unique grape-growing conditions.

Some of the newest growth in this region, however, is coming around the “Little Lakes” – Conesus (“Always Beautiful”), and Hemlock (the only lake named for European settlers) found in the west.

The smaller lakes in the east – Owasco (“Floating Bridge” or “Crossing Place”), Cazenovia (“Lake of the yellow perch “), and Skaneateles (“Long Lake”) are also seeing wineries open in their vicinity.

This region specializes in Sparkling Wines, Riesling, Pinot Noir and Ice Wine, and is also known for its Chardonnay and Cabernet Franc, as well as several French-American and Native American varietals.

Cayuga Lake and Seneca Lake are also recognized as separate AVA’s within the Finger Lakes AVA. More information about AVA’s can be found in the New York Wine Course and Reference.

The seminar recording is now available on the New York Wine & Grape Foundation’s Youtube Channel. Click the video below to watch:

Histoire de l’Art, de la Préhistoire au XXIe siècle (Castor Doc)

Histoire de l’Art, de la Préhistoire au XXIe siècle (Castor Doc)

Dans la collection Castor Doc, les éditons Flammarion Jeunesse nous proposent Histoire de l’Art, de la Préhistoire au XXIe siècle.

Cette collection s’adresse aux jeunes de 11 à 13 ans. Mais elle est tellement bien faite et complète qu’elle peut s’adresser à tout public !

Histoire de l’Art, de la Préhistoire au XXIe siècle retrace toute l’Histoire la plus importante de l’Art. Avec plus de 70 chefs-d’œuvre à découvrir ou redécouvrir !

Dans ce petit livre, excessivement bien fait, on découvre l’évolution de l’Art à travers les différentes époques de l’Histoire. Evolution qui suit l’évolution de la société, son histoire politique, sociale, culturelle, technologique…

De nombreuses illustrations complètent le récit passionnant de cette transformation et dévoilent les grands courants artistiques du monde entier. Et leurs créateurs !

Histoire de l’Art, de la Préhistoire au XXIe siècle est un petit livre, immensément riche, qui nous fait voyager dans le temps et dans l’espace, tout en contemplant des œuvres d’art qui gardent aujourd’hui une place centrale dans notre Histoire. Notre coup de coeur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2023
Auteur : Sonia Chaine
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 9,50 €

Jean-Michel Pilc dévoile son nouvel album Symphony, sortie le 17 février 2023 chez Justin Time Records

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Jean-Michel Pilc est un pianiste de jazz parisien ultra renommé dans le milieu avec une discographie remplie de déjà classiques et des collaborations prestigieuses, notamment avec les célèbres Martial Solal et André Ceccarelli. Il est de retour avec son nouvel album Symphony rempli de très bons exemples de ses talents d’improvisateur.

Du jazz en lâcher prise

L’album Symphony contient 10 morceaux pour une nouvelle confirmation du statut si particulier de Jean-Michel Pilc dans le monde du jazz. Il n’est limité dans aucune case et s’amuse à déstructurer les morceaux comme il le fait dés les premières notes de Leaving. Et ça ne s’arrête jamais avec les autres morceaux Discovery, First Dance, Just Get Up ou Way to go. Le disque tient son origine dans une séance d’improvisation en solo en 2021 au studio OJM au Portugal. Jean-Michel Pilc s’est laissé emporter sur un piano Steinway pour l’aboutissement d’un grand élan créatif qui pourrait carrément faire penser à Keith Jarrett de par sa maestria. Il l’avoue lui-même, le disque est comme un voyage qui le fait quitter le monde réel. Imprévisible et varié, l’album varie les thèmes au gré des humeurs du pianiste. Connu depuis déjà de très longues années pour la qualité de ses improvisations, le pianiste et compositeur Jean-Michel Pilc s’est produit avec des grand noms du jazz. Originaire de Paris et devenu citoyen américain, il a joué avec rien de moins que Roy Haynes, Michael Brecker, Dave Liebman, Jean Toussaint, Marcus Miller ou John Abercrombie. Pas de répétitions, Jean-Michel Pilc se livre sans filet pour le plus grand plaisir des auditeurs grâce à sa très large inspiration et son imagination apparemment sans limites. La liberté et la témérité sont de mise dans une musique riche en harmonies, en dissonances et en longues chevauchées endiablées. L’acoustique du studio, la qualité du Steinway et des paramètres techniques parfaits l’ont conduit à cet enregistrement diablement fascinant. Les ingénieurs du son Xose et José Trincado lui ont laissé le champ libre, enregistrant les improvisations tout du long. Le mixage et le remastering ont suivi avec pour résultat cet album unique.

Jean-Michel Pilc a déjà sorti 4 albums de piano solo salués par la critique. L’album Symphony est le résultat enivrant d’une séance d’improvisation en solo et sort le sur le label Justin Time Records. Un album à ne pas manquer.

Mission Vétos : Un écureuil sous la neige (Castor roman)

Mission Vétos : Un écureuil sous la neige (Castor roman)

Publik’Art suit de très près la série Mission vétos, éditée par Castor Romans (Flammarion Jeunesse). Cette série est écrite par Pierre Gemme, et joliment illustrée par Cécile Becq.

Aujourd’hui sort le tome 10 de Mission Vétos : Un écureuil sous la neige.

On retrouve nos héros, Inès et Lucas. Alors qu’ils font un bonhomme de neige dans leur jardin, ils s’aperçoivent que leurs noix, qui servaient d’yeux au bonhomme de neige, avaient disparus. Très vite, grâce à leur chien, ils repèrent leur voleur : un petit écureuil blotti dans sa hotte, en haut du charme.

Du coup, les enfants décident de lui donner tous les jours des noix pour qu’il puisse se nourrir. Mais leurs parents, vétérinaires, leur expliquent que ce n’est pas bien de nourrir des animaux sauvages et que cela peut même être dangereux pour eux.

Un jour, ils entendent un grognement bizarre… et découvrent le petit écureuil blessé.

Que s’est-il passé ? Arriveront-ils à le sauver ?

Une nouvelle mission pour les apprentis vétos !

Le jeune lecteur découvrira que rien n’est facile quand il s’agit de soigner un animal sauvage. Mais que tout est possible ! Et ils découvriront le monde de l’écureuil !

Mission Vétos : Un écureuil sous la neige, est un album qui va ravir nos passionnés d’animaux ! Dès l’âge de 7 ans !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2023
Auteur : Pierre Gemme
Illustrateur : Cécile Becq
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 6,30 €

Pulse, un thriller psychologique à découvrir le 22 février 2023

Pulse est une histoire de jeunes femmes à la croisée des chemins. La blonde finlandaise Alina et sa demi sœur Sophia sont les héroïnes d’un chasse croisé toxique. La première se cherche dans le rap et arbore une toison couleur verte ultra courte qui la masculinise. Elle est attirée par la seconde, ballerine classique aussi belle que délurée. Entre beats électro et longues images contemplatives, Pulse instille un jeu de pouvoir fait de manipulation et de manœuvres scélérates. Qui est le petit chaperon rouge, qui est le loup, et si aucun rôle n’était défini pour toujours?

Un vrai thriller amoureux

Pour son film, la réalisatrice Aino Suni s’est inspirée du documentaire consacré à la rappeuse finlandaise Mercedes Bentso, Never Again. En utilisant le rap pour exprimer ses sentiments, ses peurs et ses fantasmes, la rappeuse a choisi de ne pas cacher son homosexualité. Si le personnage d’Alina semble entouré d’un halo maléfique souligné par des images très graphiques (lumière rouge, regard en biais, sourire quasi satanique), cela sert avant tout le film pour diffuser une ambiance de thriller psychologique. Tous les personnages sont cernés par une ambiguïté morale avec des pratiques libertaires niveau sexe et drogue pour Sofia qui déstabilisent Alina. Obligée de se mesurer à plus libre et sexy qu’elle, elle adapte son jeu avec des comportements limite niveau morale. L’époque internet lui permet de photographier ou de filmer en secret pour servir des plans machiavéliques. Surtout que les 2 personnages sont à l’orée de la majorité, pas encore totalement lancés sur les rails de la vie et encore en période d’expérimentation. 2 lieux de prédilection servent le film, la french riviera avec ses villas luxueuses et la ville d’Hambourg plus bobo. La finlandaise maitrise le finnois, le français, l’allemand et l’anglais pour un film ouvertement multilingue, les chansons rap s’expriment à l’international et l’actrice Elsi Sloan a pu rapidement apprendre la langue pour la prononcer avec son charmant accent. Les jeux des 2 actrices, dont la vraie révélation Carmen Kassovitz, fille du réalisateur et acteur français bien connu, servent le film avec leurs charismes respectifs. Des préparations intensives ont permis de répéter les scènes en amont pour une vraie fluidité à l’écran, le naturel est assez bluffant et les liens entre demi soeurs gagnent en évidence.

Le scénario multiplie les chausse-trappes dans un film fascinant avec 2 vraies révélations à découvrir le 22 février en salles.

Synopsis: Elina, une jeune rappeuse en herbe de 17 ans, est contrainte de quitter son pays natal, la Finlande, lorsque sa mère décide de rejoindre son petit ami sur la Côte d’Azur. Elina est tout de suite fascinée par sa nouvelle sœur par alliance de 18 ans, Sofia, une ballerine très charismatique qui mène une double vie faite de soirées, de garçons et de drogues. Mais cette amitié apparente se transforme vite en jeu de pouvoir aux conséquences toxiques…

Le racisme, Mon livre des questions-réponses (Usborne)

Le racisme, Mon livre des questions-réponses (Usborne)

Dans la collection, Mon livre des questions-réponses, les éditions Usborne nous proposent un nouvel album sur : Le racisme.

C’est quoi le racisme ? Ca veut dire quoi ? A quoi ça ressemble le racisme ?
Pourquoi le racisme ? Pourquoi est-il difficile de parler du racisme ?

Oui ou non ? Est-ce que seules les personnes à la peau foncée sont victimes de racisme ? C’est ma faute s’ils me harcèlent ?

Comment le racisme est-il né ? Comment le racisme touche-t-il les familles ?

Que puis-je faire ? Qui va m’écouter ? Peut-on vraiment changer les choses ?

Qui es-tu ? Salim, Sofia, Beslyn, Liza, Manjula…. Des quatre coins du Monde !

Cet album sur Le racisme permet de mieux comprendre non seulement l’origine mais les conséquences du racisme sur notre société actuelle. Le lecteur trouvera des réponses simples à comprendre sous chaque rabat où se trouve une question.

L’album est entièrement cartonné avec de jolies illustrations et s’adresse aux lecteurs dès l’âge de 7 ans.

Le racisme est un très chouette livre de questions-réponses qui permet une prise de conscience sur ce sujet délicat.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 9 février 2023
Auteur : collectif
Illustrateur : collectif

Editeur : Usborne
Prix : 12,50€

Le détroit de la faim, un classique du film japonais à découvrir pour la 1ère fois en Blu Ray le 21 février

Réalisé en 1964 par Tomu Uchida et sorti en 1965, le film Le détroit de la faim est un thriller policier, mâtiné de fantastique et agrémenté de flashbacks qui brouillent les pistes. Une enquête criminelle sert de prétexte à une représentation sans concessions de la société japonaise de l’après la seconde guerre mondiale avec ce sentiment diffus mais persistant de culpabilité générale. Le film sort en Blu-Ray le 21 février pour mieux le redécouvrir.

Un film fresque

D’une durée de 3 heures, Le Détroit de la faim est une vraie fresque entre film social à charge et film noir. Le cinéaste engagé Tomu Uchida (Le Mont Fuji, La lance ensanglantée) met en scène l’acteur Rentaro Mikuni (La Harpe de Birmanie) dans une enquête criminelle retorse qui fait la part belle à une exploration de la psyché japonaise tourmentée. Avec une mise en scène tenant autant du documentaire que de l’expressionnisme, Le Détroit de la faim est enfin visible en Blu-ray. Film japonais assez peu connu dans nos contrées, c’est un chef d’œuvre immensément connu dans son pays d’origine. De prime abord film policier avec victimes et assassins, le film se concentre également sur la misère de l’après-guerre avec un aspect quasi documentaire donne à cette enquête criminelle se passant entre 1947 et 1957 une ampleur inédite. Le détroit de la faim est un film central pour son réalisateur, prisonnier en Chine alors qu’il est parti filmer en Mandchourie dans les années 40 et contraint au travail forcé. Il a découvert les écrits de Mao Zedong pour s’en inspirer dès ses premiers films Le Mont Fuji et La lance ensanglantée pour se concentrer sur les rapports de classe. Il mélange les tons avec des touches de fantastique qui densifient le film. Uchida a débuté la réalisation de films dès 1922 avec 70 films tournés dont beaucoup ont hélas été perdus. L’éditeur Carlotta a publié six films (1961-71) adaptés du roman Musashi d’Eiji Yoshikawa racontant la vie du samouraï légendaire Musashi Miyamoto, d’une facture plus classique.:

Le détroit de la faim est un classique du cinéma japonais à découvrir en Blu Ray le 21 février.

Synopsis: Le 20 septembre 1947, alors que le sud de l’île de Hokkaido est menacé par un typhon, trois hommes décident de fuir par la mer. Après la tempête, deux corps non identifiés subsistent parmi les noyés. On soupçonne qu’ils sont les meurtriers des Sasada, des prêteurs sur gages pillés le jour des intempéries. L’inspecteur Yumisaka recherche un troisième complice, Inugai, qui s’est réfugié chez une prostituée…

Retour sur un crime d’état avec le film les harkis, sortie le 21 février aux éditions Pyramide Vidéo

Le film Les Harkis a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2022. Il raconte l’histoire des algériens qui se sont battus dans les troupes françaises pendant la guerre d’Algérie, enrôlés de bon cœur puis abandonnés une fois les accords d’Evian signés. Le réalisateur Philippe Faucon déjà auteur du film La Trahison revient une fois encore sur une page douloureuse de l’histoire de France contemporaine.

Une guerre sans nom mais pas sans souffrances

Né pendant la guerre d’Algérie, le réalisateur ne cesse de revenir sur ce conflits rempli de morts, de tortures et de trahisons. Algériens, pieds noirs et harkis ont tous souffert d’un conflit mené à reculons par l’armée française. Le film revient sur le sort de ceux qui s’étaient engagés comme Harkis, c’est-à-dire supplétifs algérien de l’armée française, pendant la guerre d’indépendance algérienne entre 1954 et 1962, membres d’une unité appelée harka (mot arabe signifiant mouvement. Pas de personnage principal qui se dégage particulièrement du film parmi eux, le groupe prime sur l’individu. Chacun semble renfermé sur lui-même, avec la peur de ce qui l’attend en cas de départ de l’armée française. Pas d’épanchements mais beaucoup de regards fuyants angoissés parmi ceux que la France a abandonné à une population ivre de vengeance. Concentré sur les 3 dernières années du conflit de 1959 à 1962, le film fait en quelque sorte écho à des débats ayant courts actuellement dans la vie politique national. Sans prendre véritablement parti, le réalisateur n’oublie pas que cette population a subi des exactions et une destinée peu reconnue pour les rapatriés dans l’hexagone. Camps de transit, ghettoïsation, amnésie collective, les harkis semblent mis sur la touche de l’histoire de France. Sans trop d’artifices ni aucun effet spéciaux, le film s’intéresse à la chronologie, aux promesses et à la trahison, avec le sentiment d’une intense injustice à leur égard.

Le film s’ouvre sur la tête décapitée d’un harki cachée dans un sac en osier. Une manière de ne pas passer sous silence la violence et l’horreur du conflit. Le film sort en vidéo le 21 février pour un vrai shoot de réalité.

Synopsis: Fin des années 50, début des années 60, la guerre d’Algérie se prolonge. Salah, Kaddour et d’autres jeunes Algériens sans ressources rejoignent l’armée française, en tant que harkis. Á leur tête, le lieutenant Pascal. L’issue du conflit laisse prévoir l’indépendance prochaine de l’Algérie. Le sort des harkis paraît très incertain. Pascal s’oppose à sa hiérarchie pour obtenir le rapatriement en France de tous les hommes de son unité.

« Tom à la ferme », un huis clos sous haute tension

"Tom à la ferme", un huis clos sous haute tension
Photo DR

« Tom à la ferme », un huis clos sous haute tension

On se souvient de l’adaptation au cinéma par Xavier Dolan en 2013 de cette pièce singulière de Michel Marc Bouchard, centrée autour du mensonge, de la détresse morale et des non-dits qui accompagnent un jeune homosexuel de retour sur les terres de son compagnon.

Après la mort de celui-ci, Tom, se rend à la ferme familiale pour ses funérailles. Il y rencontre sa mère (Agathe), qui ignore tout de l’orientation sexuelle de son fils défunt, et son frère, un homme viril et violent qui insiste pour que Tom cache leur relation à sa mère éplorée.

Tom va donc se taire. Il se laisse définir comme le collègue, le camarade, l’ami, invente un passé au défunt, dont une ex petite amie, donne ainsi le change auprès d’Agathe où s’installe un faux-semblant dont personne pourtant ne semble dupe ! mais aussi et surtout une relation ambiguë avec le frère (Francis) empreinte de violence, de répulsion et d’attraction, de domination et de soumission.

Car Tom voit en Francis son amant décédé et trouve dans sa brutalité la seule violence surpassant la peine qui l’accable. Il voit aussi dans le travail de la ferme la virilité qu’il se reproche de ne pas avoir eue et est en quête de rédemption pour cette mort dont il s’accuse en s’aliénant à Francis et à son emprise malsaine.

Quant à Francis, terriblement seul, il est prêt à tout pour être aimé et a perdu toute forme de raison. Il passe sa vie avec les bêtes, et en est une. Il ne connaît plus les usages, ni les limites possibles – les siennes ou celles des autres. Avec lui, la loi du plus fort, celle de la sauvagerie, donc, est toujours la meilleure.

Un vrai mystère

Entre moments vécus et racontés, un vrai mystère plane sur la pièce où l’écriture du dramaturge est à la fois dense et fluide, dans une langue très directe. Le style est particulier, puisque le héros, au milieu des répliques qu’il adresse aux autres personnages, parle aussi au défunt, cet homme qu’il a aimé et qui n’est plus. Ce système d’adresse qui s’apparente au chaos du personnage, est dans un premier temps perturbant pour le spectateur car on ne sait pas vraiment au début si les autres personnages entendent ou non ces répliques.

Emprise psychologique, confusion des sentiments, mensonges et perversion sont donc à l’œuvre dans ce huis clos sous haute tension où par delà l’immersion dans un deuil impossible, c’est aussi la ruralité qui s’oppose à la ville, le secret à la vérité, la tolérance face à l’homophobie.

La mise en scène sobre de Vincent Marbeau qui joue aussi le personnage de Tom, explore à dessein l’étrangeté de la pièce et donne toute sa place aux rapports de force teintés de solitude, de manque et de tromperies mises à mal.

Et dans cet enfermement psychologique, le jeu des acteurs n’est pas en reste avec une mention spéciale à Thomas Bernier (Francis), impressionnant de rudesse et d’ambiguïté mêlées. Face à lui, Vincent Marbeau dans le rôle de Tom, se montre à la fois ingénu et perdu.

Dates : prolongations jusqu’au 27 mars 2023 tous les lundis à 19h – Lieu : Manufacture des Abbesses (Paris)
 Mise en scène : Vincent Marbeau

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