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Baudelaire amoureux, mais de qui en fait ? (Editions Rabelais)

Jannick Alimi
Jannick Alimi

Baudelaire amoureux, mais de qui en fait ? (Editions Rabelais)

Après Balzac, Victor Hugo, Napoléon, Picasso, Louis XIVGauguin (tous chroniqués sur Publik’Art) Les Editions Rabelais s’attaque à Baudelaire ! Les amours de Baudelaire. Jannick Alimi nous dresse un portrait de Charles Baudelaire étonnant en s’appuyant sur de nombreux écrits du grand homme qui ne fut reconnu grand qu’au moment de sa mort, à 46 ans.

Les femmes ou sa mère ?

Charles Baudelaire n’a-t-il jamais aimé les femmes ? Vu ce qu’il écrit dans Les fleurs du Mal, on peut effectivement se poser la question. L’auteur Jannick Alimi fait une analyse fine des sentiments de Baudelaire. Il a été souvent très malheureux en amour et « grâce » à ces souffrances, il a écrit de très beaux poèmes. Il a « craché » sur le papier ce qu’il avait sur le cœur. Et les femmes sont bien souvent maltraitées dans les écrits de Baudelaire. Une revanche ?

Quelles sont ses femmes ?

Baudelaire a aimé avant tout sa mère. Ayant perdu son père très jeune, il a eu une relation totalement fusionnelle avec sa mère qu’il adorait, comme tout enfant de 6 ans. Mais cela ne dura pas. Le Général Aupick a épousé sa mère et Charles est devenu encombrant… Il était rebelle aux valeurs bourgeoises et militaires. Et il fut rejeté par sa mère autant que par son beau-père.
Il a aimé des femmes comme Jeanne Duval, qui était plus intéressée par l’argent que par l’homme. Pas de chance pour elle, Baudelaire est très vite endetté et même placé sous tutelle, par sa propre mère…
Les amours avec Jeanne durèrent plusieurs années, ce qui ne l’a pas empêché de rencontrer parallèlement Marie Daubrun et Apollonie Sabatier qui l’ont également beaucoup inspiré. Mais sa principale source d’inspiration reste très certainement sa mère. Plus ces femmes le décevaient et le faisaient souffrir, plus il avançait dans son œuvre Les Fleurs du Mal ! Œuvre qui fut condamnée pour « outrages aux bonnes mœurs » en 1857.

Baudelaire et ses contradictions

Jannick Alimi met l’accent sur le fait que Baudelaire a écrit des choses terribles sur les femmes et se pose la question cruciale : mais Baudelaire aimait-il les femmes ? Elle se demande si Baudelaire n’était pas plus attiré par les hommes et qu’en fait, il méprisait profondément la femme. Certains écrits sont en effet très négatifs à l’égard de la femme. Pire, la femme serait une idiote :
« La femme ne sait pas séparer l’âme du corps. Elle est simpliste, comme les animaux – Un satirique dirait que c’est parce qu’elle n’a que le corps. » p.108

Jannick Alimi fait une analyse fine de la vie de Baudelaire qui fait froid dans le dos. Il a connu des femmes, certes, des prostituées également, et a contacté la syphilis qui lui a gâché la vie et l’a fait mourir jeune. Alors qu’au fond, il ne devait pas aimer les femmes hormis sa mère qu’il a adorée et qui l’a rejeté quasiment toute sa vie. Et grâce à ses souffrances Baudelaire est resté éternellement vivant à travers ses écrits !

Un très beau livre, richement illustré, avec des extraits des écrits de Baudelaire qui ne laisseront personne indifférent !

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Baudelaire amoureuxLes fleurs du Mal sont une ode aux femmes, toutes les femmes, des plus idéales aux plus charnelles, des plus pures aux plus toxiques. L’ode d’un homme, d’un poète, d’un créateur. Quatre femmes ont marqué son existence et sa poésie : Jeanne Duval, le diable noir; Marie Daubrun, la madone en or ; Apollonie Sabatier, la déesse, et au début et à la fin de tout, sa mère, Caroline Aupick.
De là à dire que Baudelaire n’a vécu que par et pour les femmes, qu’il en a retiré toute sa sève créatrice, tous les bonheurs et surtout tous les malheurs… Et si Baudelaire, en fait, n’aimait pas les femmes ? Incapable de les considérer comme les égales des hommes, des individus à part entière ? Sa poésie est la marque de ce mépris, de cette haine, de ce dégoût… Baudelaire et l’amour ? Oui, tant l’artiste a fait corps et âme avec les sujets de sa poésie. Mais l’amour de quoi, de qui ?

Date de parution : le 18 octobre 2016
Auteur : Jannick Alimi
Editeur : Editions Rabelais
Prix : 14,80 € (140 pages)
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[BD] Quand le nouvel Hollywood a révolutionné… Hollywood

Le Nouvel Hollywood
Le Nouvel Hollywood de Jean-Baptiste Thoret et Brüno, Le Lombard

Quand le nouvel Hollywood a révolutionné… Hollywood

Une génération de réalisateurs auteurs a mis à plat le système hollywoodien vieillissant et sans avenir au cours des années 70. D’aucuns datent le début de cette révolution aux sorties d’Easy Rider en 1969 ou Bonnie & Clyde en 1967. Liberté et violence crue envahissaient les écrans dans une tentative d’ultra réalisme loin des standards hollywoodiens classiques.

Jean-Baptiste Thoret raconte une belle histoire avec son récit relatant l’ascension de réalisateurs ambitieux bien décidés à devenir auteurs et non plus seulement des faiseurs. Jusque là, les producteurs avaient droit de vie et de mort sur leurs films. La donne allait changer, pour toujours.

Une génération talentueuse

4 réalisateurs sont restés les plus emblématiques de cet âge d’or qui s’est terminé à l’orée des années 80. Le parrain Coppola, le rital énervé Scorsese, l’iconoclaste de Palma et le golden boy Spielberg ont apporté un vent de fraicheur à une industrie qui peinait à amasser les dollars au commencement des années 60. A leurs côtés, une myriade de réalisateurs ont apporté leur vista pour des films restés dans l’éternité. La BD liste ces films marquants en montrant leurs points de vue novateurs et leurs réalisations inédites.

Un récit expert

La BD se lit comme un ouvrage expert sur le cinéma, créant un enthousiasme sans limite chez les cinéphiles endurcis. Les films de légende s’enchainent et les anecdotes défilent tandis que des thèses documentées sont exposées avec talent. Le graphisme de la BD fait cohabiter noir, blanc et orange dans une esthétique très seventies. Des points de vue véritablement innovants génèrent une addiction à la bande dessinée, pour une première relecture et des relectures successives.

Ce nouvel Hollywood ressemble à un récit d’aventure, avec ses héros maudits, ses losers magnifiques et ses légendes écrites dans la pellicule. Une BD à lire absolument si vous êtes cinéphiles endurcis, mais pas seulement!

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On appelle « New Hollywood » cette jeune génération politisée de réalisateurs, notamment par la guerre du Vietnam, qui a pris d’assaut à la fin des années 60 les inaccessibles grands studios d’Hollywood. Ce véritable essai en bande dessinée nous éclaire sur cet âge d’or et revient sur les points communs qui lient les oeuvres de Scorsese, Coppola, Altman, Peckinpah, Romero, Woody Allen et bien d’autres…

Date de parution : le 20 mai 2016
Scénariste(s) : Jean-Baptiste Thoret
Dessinateur(s) : Brüno
Genre : Documentaire, Biographie
Editeur : Le Lombard
Prix : 10 € (96 pages)
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[TEST Halloween] Funidelia, le paradis des masques digitaux horrifiques et suréalistes

Funidelia

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En cette saison où le jour décline peu à peu, on s’est dit qu’il fallait bien réaliser un petit test spécial « Halloween« . Question costumes et accessoires en tout genre, il faut dire que la boutique Funidelia a de quoi nous occuper pendant toute une vie ! On s’est donc laissé tenter par deux des nombreux masques digitaux qu’ils proposent. Le constat est sans appel : âmes sensibles s’abstenir !

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Prix d’un masque digital : 49,99 €

Note globale obtenue : 4/5

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Les Plus : 

Le masque en latex 2.0

Porter un masque en latex, c’est un peu un must have en matière de déguisement. Couvrant intégralement le visage et la base du cou, le résultat est totalement effrayant de réalisme. Comme vous pouvez le constater sur leur sélection spéciale « masque halloween« , il existe une grande variété de masques horrifiques capables de donner des cauchemars aux petits comme aux grands. Largement de quoi rejouer le premier film Halloween, la Nuit des masques (1978).

Notre choix s’est porté plus particulièrement du côté du masque digital. Un qualificatif curieux à la première lecture qui désigne en fait la possibilité d’intégrer un élément digital au masque en utilisant un smartphone. Le système est ingénieux : après avoir téléchargé une application, vous insérez votre smartphone dans une petite poche dont l’ouverture est quasi-invisible, écran tourné vers l’extérieur… tadam ! Un oeil ultra-réaliste s’anime et s’oriente dans tous les sens accompagné de ses bruitages.

masque halloween
De gauche à droite : modèle « Pinned Eye Clown » et modèle « Wandering Eye Zombie »

C’est une idée bien trouvée qui fait entrer le traditionnel masque en latex dans l’ère du 2.0. On a donc testé tout cela et le rendu est vraiment spectaculaire. La boutique Funidelia a quant à elle honoré notre commande dans des délais extrêmement brefs, avec beaucoup de professionnalisme, ce qui n’est pas négligeable. Si vous voulez tester l’aventure du masque digital, on ne peut que recommander le service proposé.

Les Moins : 

Un confort relatif pour le masqué

Un seul petit bémol : le confort du visage à l’intérieur du masque. Le latex rend évidemment l’air difficilement respirable, mais les modèles choisis ne sont pas dotés d’ouvertures assez généreuses, ce qui est un peu dommage. Si le Masque digital « Wandering Eye Zombie » offre un confort relatif, le modèle « Pinned Eye Clown » a tendance à appuyer fort sur l’oeil qu’il nous reste pour voir (car, il ne reste évidemment qu’un oeil pour observer le monde extérieur).

Mais il faut sans doute aussi souffrir un peu pour être le plus horrible possible !

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[BD] Adivasis meurtris : le drame d’un peuple sacrifié dans l’Inde moderne

Adivasis meurtris
Adivasis meurtris, BD d’Eddy Simon et Matthieu Bertod, La Boite à Bulles

Adivasis meurtris pointe le drame d’un peuple sacrifié sur l’autel du capitalisme dans l’Inde moderne

Adivasis meurtris revient sur le drame silencieux vécu par un peuple du centre de l’Inde. Spoliés, massacrés, ignorés, les adivasis sont les laissés pour compte du développement économique fulgurant de l’Inde moderne. Face aux milliards récoltés par les grandes multinationales via l’exploitation de leurs sols riches en métaux, le sort d’un peuple de chasseurs/cueilleurs ne pèse pas bien lourd…

Si la communauté internationale ignore autant que le 2e pays le plus peuplé du monde le destin d’une centaine de millions d’individus démunis et laissés sur le bord de la route, rien ne permet d’en savoir plus dans les médias occidentaux. Eddy Simon a enquêté sur place pour connaitre l’exacte situation politique et en sortir un récit triste comme la nuit. Pris entre le marteau et l’enclume, chassés par des milices gouvernementales et des groupes rebelles, les adivasis n’ont que la fuite pour survivre.

Une BD placée sous le signe d’Amnesty International

Le sujet est suffisamment révoltant pour avoir attiré l’attention d’Amnesty International. Les dessins de Matthieu Berthod utilisent le noir et blanc pour suivre un récit qui enchaine les avanies. Si le passé voyait ce peuple vivre chichement mais normalement en plein milieu de la nature, le présent n’est qu’une lente agonie pour un peuple que la logique capitaliste préfère balayer plutôt que de prendre en charge. Quand des individus n’ont rien à proposer pour perdurer économiquement, ils n’existent simplement plus.

Cette BD est un vrai cri d’alarme. Un avertissement pour tous ceux que la logique capitaliste sans scrupules répugne.

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Peuple indigène pacifique et quasi-autarcique, les Adivasis seraient, selon un recencement en 2010, au nombre de 100 millionsUn chiffre aléatoire et décroissant car le sort de cette population reste mal connu. En effet ses conditions de vie deviennent de plus en plus catastrophique et son avenir, alarmantSpoliés par l’État qui exploite et pille les richesses naturelles de leurs terres, menacés d’expulsion par la déforestation intensive et les industries de minerais, massacrés par l’armée indienne car amalgamés aux révolutionnaires « naxalistes », les Adivasis se retrouvent dans une situation désespérée qui n’émeut pourtant ni leurs compatriotes, ni l’opinion publique mondiale.  

Considéré comme une « sous-caste », le peuple des Adivasis n’a pas voix au chapitre et disparaît en silence, oublié des médias et écrasé par les vagues de la mondialisation d’un pays en plein essor.
Eddy Simon (qui a enquêté sur place) et Matthieu Berthod dévoilent ici leur calvaire et analysent avec recul et minutie la descente aux enfers d’une population abusée.

Date de parution : Aout 2016
Scénariste(s) : Eddy Simon
Dessinateur(s) : Matthieu Berthod
Genre : Drame
Editeur : La Boite à Bulles
Prix : 16 € (88 pages)
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Le Royal Opera House Live Cinema annonce 12 spectacles pour la saison

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Le Royal Opera House Live Cinema annonce 12 spectacles pour la saison

Le Royal Opera House de Londres s’associe à Picture House Entertainment pour proposer ROH Live Cinema, qui porte à l’écran 12 des plus grands opéras et ballets en haute définition et en direct du Royal Opera House de Covent Garden, dans plus de 1500 cinémas à travers le monde, dont la France – avec un 60aine de salles partenaires.

Sortez vos agendas, la saison 2016/2017 du ROH Live Cinema diffusera 6 opéras et 6 ballets. Après Norma, vous pourrez découvrir l’opéra de Mozart Così Fan Tutte, lundi 17 octobre. Viendront ensuite Anastasia (2 novembre), Les Contes D’Hoffmann (15 novembre), Casse Noisette (8 décembre), Il Trovatore (31 janvier), Woolf Works (8 février), La Belle au bois dormant (28 février), Madama Butterfly (30 mars), Joyaux (11 avril), The Dream / Symphonic Variations / Marguerite and Armand (7 juin) et pour finir Otello (28 juin).

[vc_text_separator title= »COMMUNIQUE DE PRESSE – Così Fan Tutte » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

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En direct au cinéma le lundi 17 octobre

Semyon Bychkov dirige une distribution de jeunes talents prometteurs, incluant la soprano américaine Corinne Winters dans une nouvelle production de l’opéra de Mozart qui interroge sur la nature de l’amour.

À quel point aimez-vous votre partenaire ? À quel point lui faites-vous confiance ? L’opéra classique de Mozart Così fan tutte met deux couples à l’épreuve, sur une musique magnifique aux résultats variés et inattendus.

Pour cette nouvelle production, le metteur en scène Jan Philipp Gloger crée un monde théâtral riche. Un terrain de jeux pour une comédie décalée dans laquelle deux hommes tentent de courtiser leurs partenaires réciproques au cours d’un pari. Don Alfonso — le maitre du jeu de cette expérimentation amoureuse – utilise tous les décors, accessoires et ficelles du métier pour imaginer de nouvelles scènes qui mettront à l’épreuve l’amour des deux amants. Cette interprétation vivante, jeune et imaginative de l’un des opéras amoureux les plus appréciés est représentée par un casting d’étoiles montantes dirigées par Semyon Bychkov.

Durée approximative de 3 heures et 15 minutes, comprenant un entracte, et une introduction de 15 minutes. Chanté en italien avec des sous-titres en anglais.

Un programme magique au Théâtre des Champs Elysées pour octobre et novembre

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L’Opéra de Quat’sous, Théâtre des Champs-Elysées

Un programme magique au Théâtre des Champs Elysées pour octobre et novembre

Le Théâtre des Champs-Elysées invite à la magie dans un programme flamboyant pour les 2 prochains mois. Amoureux de musique et de spectacles oniriques, jetez un oeil concentré sur l’agenda de la célèbre salle de spectacle, vous pourriez bien y trouver votre bonheur.

Un Opéra de quat’sous si attendu 

Si l’adaptation de Norma enchante actuellement le public du TCE avec la grande Cecilia Bartoli en héroïne tragique, l’évènement de la fin octobre sera sans nul doute cet Opéra de quat’sous programmé pour 6 soirées d’affilée à partir du 25 octobre. La pièce de Kurt Weill et Bertold Brecht n’a jamais cessé de fasciner et la mise en scène de Bob Wilson promet un feu d’artifices kaléidoscopique éblouissant. Porté par le Berliner Ensemble, le spectacle se présente comme un mélange onirique de cinéma muet, d’art expressionniste, de cirque, de music-hall et une musique où se côtoient jazz, chanson et opéra. Il doit certainement rester des places, ce spectacle n’est à manquer sous aucun prétexte.

Des concerts à foison

Les fanatiques de piano retrouveront 3 interprètes d’exception au mois de novembre. Tout d’abord le toujours impeccable Christian Zacharias le 7 novembre pour des interprétations de Schubert, Beethoven et Schumann qui devraient enflammer la salle. Le souvenir d’un concert de janvier 2013 dans les mêmes lieux avec le même interprète prêche pour une réservation immédiate. Quant à Grigoy Sokolov, son concert du 16 novembre est déjà complet depuis des mois. Pour l’avoir écouté en 2014 et 2015, je pleure de ne pouvoir le revoir cette année interpréter du Mozart et du Schumann. Massif et puissant, il envoute la salle de sa technique plus que parfaite. Quant à la star mondiale Lang Lang, il offrira un programme pléthorique le 12 novembre pour un concert destiné à marquer les esprits.

Des orchestres d’exception

Les orchestres du monde entier sont les bienvenus au TCE. L’Orchestre Philarmonique de Saint-Pétersbourg sera accompagné de Jean-Yves Thibaudet le 10 novembre pour un programme fastueux. Petrouchka de Stravinsky et surtout le meilleur de Maurice Ravel avec la Valse et le Concerto. On touche au sublime, la soirée devrait sans nul doute enchanter dans une prévisible apothéose. Surtout que le même orchestre sera également à l’honneur le 9 novembre accompagné du grand Boris Berezovsky pour le Sacre du printemps de Stravinsky et le Concerto pour piano n°3 de Rachmaninoff.

D’autres spectacles sont au programme, n’hésitez pas à consulter l’agenda pour prévoir dès maintenant vos sorties musicales d’octobre et novembre au Théâtre des Champs-Elysées. Le ravissement et l’émotion sont assurés.

Le Showeb de rentrée met l’eau à la bouche

Showeb de rentrée
Showeb de rentrée

Le Showeb de rentrée met l’eau à la bouche

Une avalanche de bandes annonces et de projections a conquis les blogueurs ciné toute la journée du mardi 11 octobre. Confortablement vissés dans les sièges profonds et moelleurs du Gaumont Champs Elysées – Marignan, les blogueurs ont fait un triomphe aux 13 distributeurs venus annoncer leur programme ciné du prochain semestre. Images et informations exclusives ont égrené le fil de la journée. avec une impression globale: le prochain semestre ciné va en mettre plein la vue.

Deux films aguichants en projection 

On débute avec les deux films présentés: le bidonnant et interdit aux enfants Sausage Party. L’humour est délibérément graveleux mais tellement jubilatoire… Nos amis les aliments prennent vie et n’imaginent pas le sort qui leur est réservé. Ebouillantés, découpés, ingérés, leur destin funeste leur est inconnu… jusqu’à la révélation. Et la rebellion. Seth Rogen contribue notamment à la farce bidonnante. Avouns le, ça ne vole pas très haut, mais le résultat est là. On se gausse, on s’esclaffe. Quant à Manchester by the sea, il joue quant à lui la carte de l’émotion avec Casey Affleck et Michelle Williams.

Florilège des annonces les plus marquantes

Sur la cinquantaine de trailers dévoilés, il faut bien faire un choix. Disney a fait fort en posant sa carte Marvel avec un extrait exclusif de 10 minutes du si attendu Doctor Strange avec Benedict Cumberbatch et Tilda Swinton. Les Gardiens de la Galaxie reviennent dans un second épisode et si aucune nouvelle image de Star Wars Rogue One n’a été dévoilé, la pression monte…  La Fox a remis une couche sur le très attendu Birth of a nation et les images de Kingsman 2 en ont surpris plus d’un. Europacorp a sorti le bazooka pour présenter Valérian et la cité des mille planètes. Paramount a notamment fait saliver avec son Fences et Denzel Wahsington au casting puis Alliés prévu pour très bientôt.

Toujours plus de surprises

Gaumont a fait fort avec Patients, adaptation de la biographie de Grand Corps Malade, et Au revoir là haut, farce jubilatoire et iconoclaste d’Albert Dupontel. Puis Le Pacte a sorti l’artillerie lourde avec un line up hautement aguichant. La Palme d’Or Moi, Daniel Blake, le film roumain Baccalauréat de Cristian Mungiu fort en émotion et Que Dieu nous pardonne ont enchanté la salle. Petit mais costaud, Urban Distribution a étalé son brelan magique: Tanna, The Music of Strangers (bientôt visible en projection presse!) et Noma au Japon. Studio Canal a fait forte impression en annonçant le retour de James Gray avec son The lost city of Z, le film Le redoutable sur JLG avec un Louis Garrel méconnaissable et Gold avec Matthew McConaghey.

Loin d’être roborative, la journée a séduit et donné envie d’accélérer le temps pour voir tous ces films! Un grand bravo au Film Français et à Casablanca pour l’organisation impeccable de la journée. Que de critiques de film en perspective…

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Le mythe Beethoven s’expose avec majesté à la Philharmonie de Paris

Ludwig Van, le mythe Beethoven
Ludwig Van, le mythe Beethoven, phlharmonie de Paris

Le mythe Beethoven s’expose avec majesté à la Philharmonie de Paris

Ludwig van Beethoven a composé quelques unes des oeuvres les plus célèbres de la musique universelle. La légende en fait un ronchon acariâtre, sourd par dessus le marché. Pourtant, loin de laisser indifférent ou d’agacer, il ne cesse d’hanter les publicités, les films, les sketches. Le personnage mythique a pris le pas sur le musicien pour devenir une icône admirée à mi-chemin de la divinité. L’exposition explore la postérité de Ludwig Van dans un déroulé où la musique prend toute sa mesure. Réservez au moins 2 heures de votre temps pour profiter au maximum de toutes les ressources mises à disposition. Image, son, textes, tous les sens sont sollicités pour un enivrement extatique!

Beethoven a changé le cours de l’histoire musicale pour toujours. Tandis que l’on fêtera l’année prochaine les 250 ans de sa naissance, l’exposition insiste sur un fait indéniable: chacun possède en soi quelque chose de Beethoven. Une musique qui le transcende, le bouleverse et le touche au plus profond du coeur.

Une mythification précoce

Dès l’heure de sa mort en 1827, Beethoven est devenu très tôt un mythe. Réunissant près de 30 000 personnes, ses funérailles ont officialisé sa place à part dans l’histoire. Son visage figé pour l’éternité à vif ou en masque mortuaire est devenu une icône, reflet d’une fièvre intérieure qui le faisait défricher de nouveaux territoires musicaux tout en imposant sa singularité. L’exposition débute par le passage de la mort à l’immortalité avant de multiplier les références dans la culture mondiale. L’Allegretto de la 7e symphonie résonne en boucle pour bien insister sur la diagonale suivie par le personnage. Presqu’à son corps défendant, il personnifie le triomphe de la volonté et sa place omniprésente en fait un fantasme que chacun peut s’approprier à sa mesure.

Une avalanche d’oeuvres

Statues, peintures, ouvrages, Beethoven n’a cessé d’inspirer les artistes. Son masque funéraire a subi des déclinaisons multiples et le cinéma reprend à l’envi ses oeuvres. Lettres à Elise ou Clair de lune hantent les oeuvres de Gus Van SantB, Tarkovski ou Jean-Luc Godard. Devenu une référence culturelle universelle, il est joué partout dans le monde et des vidéos montrant des orchestres du monde reprendre avec entrain ses oeuvres les plus symboliques laissent songeur. Il faut voir cet orchestre gabonais jouer la 9e symphonie pour comprendre que le compositeur ne connait pas de frontières. Des écouteurs permettent d’écouter de multiples extraits d’oeuvres et des textes lus pour accompagner les découvertes. Débutant ou expert, votre endurance vous fera avancer plus ou moins vite dans un panorama très large de sa postérité.

Qui est Beethoven ? Compositeur précocement sourd, compositeur génial, maillon central de l’histoire moderne, l’exposition propose de nombreuses pistes en hypnotisant le spectateur dans un parcours fastueux qui lui donnera envie de réécouter immédiatement ses oeuvres. Pour se réapproprier le compositeur allemand et se laisser emporter par sa passion.

Dates : du 14 octobre 2016 au 29 janvier 2017
Lieu : Philharmonie de Paris
Entrée : 10 €

« Les Verticaux » de Romaric Sangars, une violente attaque contre la société moderne (Ed. Léo Scheer)

Romaric Sangars
Romaric Sangars

Les Verticaux de Romaric Sangars, une attaque contre la société moderne (Ed. Léo Scheer)

Les Verticaux est un cri de révolte, une alarme, un jugement accablant, un aveu de dégoût et un pilonnage  littéraire contre la société « consumériste » et « parodique » d’aujourd’hui. L’auteur ne met pas de gants pour la dénoncer, au contraire, ses mots sont de l’acide avec lequel il voudrait dissoudre nos modes de vie et de penser. Mais les mots n’ont pas cette portée ou si rarement surtout s’il s’agit d’un premier roman. En effet, Romaric Sangars, critique littéraire, s’est pour la première fois coiffé du chapeau de romancier. Un « passage à l’acte » de bon augure pour cet auteur engagé qui avait tout de même déjà écrit un essai impertinent et accusateur intitulé Suffirait-il d’aller gifler Jean d’Ormesson pour arranger la gueule de la littérature française ?

Retrouver un sens à sa vie et à ses mots 

Vincent Revel est un journaliste désabusé et un écrivain raté. Sans goût pour grand-chose si ce n’est l’alcool, la cigarette et les terrasses de café et incapable de finir un livre à la hauteur de ses ambitions, il se complaît dans une indolence morne sans force pour en changer. Deux rencontres vont le ramener à la vie. Emmanuel Starck et Lia Silowsky, deux caractères hors du temps, sublimes et inquiétants qu’il va aimer et avec qui il va partager un bout de chemin. Ensemble, ils vont littéralement s’insurger contre la société : vandaliser, brûler, malmener plusieurs symboles d’aujourd’hui en guise de protestation. Contre la publicité, contre les multinationales aux poches remplies, contre le matérialisme…

C’est un brûlot donc mais aussi un hymne à la vie, à la vie autrement. Chez les lecteurs pourront naître deux types de réactions : du dégoût qui s’achèvera par la fermeture sans ménagement du livre ou une réflexion intense sur les fondements de notre façon de vivre. Parce que Romaric Sangars de la première à la dernière page de son roman, accuse le déclin débilisant de notre société et cherche un nouveau sens à nos actes. Il a pour cela un style particulier constellé d’aphorismes et de phrases bien senties. Au sujet de la dérive d’une femme : « elle était perdue Loreley mais suffisamment inconséquente pour ne pas en souffrir » ; de l’alcool : un « sabotage éthylique de sa conscience » ; du destin : « la providence comble ceux qui exigent tout d’elle »… Et tant d’autres encore qui illuminent le texte d’une réflexion poétique et concise.

Mépris et extrémisme

Les propos transpirent le mépris pour la société moderne

Vincent Revel, le protagoniste, s’enfonce au fur et à mesure des pages dans un extrémisme anti-sociétal. Simultanément, la vie prend pour lui des teintes nouvelles et exaltantes. C’est donc un autre chemin de vie que propose Romaric Sangars à ses lecteurs mais il le fait avec une pointe de mépris.  Dans son style d’abord, travaillé, très travaillé. Trop. Empruntées, précieuses et précises, ses phrases sont au-dessus de la mêlée littéraire de la rentrée certes mais à force de les « limer« , de les sculpter, son ouvrage semble surfait, et les pensées des personnages sonnent faux. Un roman n’a-t-il pas besoin de tomber dans l’ordinaire d’une discussion anodine et sans intérêt pour enrober des fulgurances qui n’en seront que plus belles ? Quant aux propos, ils transpirent le mépris pour la société moderne. C’est un rien dommage parce que, même en s’accordant avec l’idée d’une dérive du siècle, le ton et la violence empêchent d’y adhérer complètement. Et en même temps, comment se faire entendre autrement ? Ne parle-t-on pas davantage des Femen que du Collectif national pour le droit des femmes.

Mais finalement, la plus grande question que pose Les Verticaux c’est celle de l’identité de son auteur. Vincent Revel, ce journaliste antipathique, n’a-t-il pas récupéré une partie de sa personnalité ? Romaric Sangars cache-t-il dans ses mots une douleur et une haine qu’il ne sait pas comment exprimer autrement ? L’idée d’attentats moraux mise en application par le protagoniste n’est-elle pas quelque chose qui l’attire également ? C’est probable. C’est probable que Romaric Sangars vive assez mal le temps présent et qu’il se retourne souvent sur un passé plus noble mais plus là.

Une belle lecture qui provoquera un tas de remous et allumera peut-être une étincelle contestataire.

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Les verticaux Romaric SangarsVincent Revel, journaliste parisien, écrivain raté, trentenaire désabusé, rencontre deux êtres qui vont relancer sa fièvre initiale. Le premier est une jeune femme inspirée  : Lia Silowsky, habitée par une forme de mysticisme où se mêlent chants bulgares et visions oniriques. Le second, Emmanuel Starck, est un aventurier revenu s’installer à Paris après avoir beaucoup voyagé, expert en hacking comme en arts martiaux, hanté par les traditions d’une chevalerie résolument obsolète. Avec eux, Vincent se livre à des sabotages symboliques plus proches du happening que de l’attentat, tandis que son intérêt pour Lia se mue en authentique passion.

Date de parution : le 24 août 2016
Auteur : Romaric Sangars
Editeur : Léo Scheer
Prix : 17 € (228 pages)
Acheter sur : Amazon

L’Odyssée : le film qui déconstruit le mythe Cousteau

L'Odyssée
L’Odyssée, film de Jérôme Salle

L’Odyssée déconstruit le mythe Cousteau

Disparu il y a 19 ans, Jacques-Yves Cousteau fait partie des souvenirs télévisuels des plus grands tandis que les plus jeunes ignorent son influence considérable sur le débat écologique actuel. Synonyme d’aventure et d’exploration, le commandant a connu une vie privée agitée, franchissant allègrement la ligne rouge entre personnage public adulé et égoïste patenté. Ce biopic ne passe ni le meilleur ni le discutable sous silence, proposant une vision fracturée du mythe. Mais si humaine. Pas d’hagiographie ici, le mythe est comme mis à nu.

Lorsqu’il met au point le premier matériel de plongée en 1949, Jacques-Yves Cousteau ne se doute pas qu’il va devenir une célébrité planétaire, montant un empire dans le documentaire océanographique, devenant une icône internationale mais perdant son crédit auprès de ses proches à force de légèreté. Le film suit le sillon de cette famille, JYC, sa femme Simone, son fils Philippe, tous trois sont les protagonistes tragiques de cette histoire.

Un mythe vivant

Entre 1949 et son décès en 1997, JYC est devenu une icône, un chantre de la préservation des océans, un mythe vivant. Le film suit un double chemin. D’abord celui de la réhabilitation d’un héritage quelque peu oublié. Plus personne n’évoque ce personnage mondialement connu et reconnu avec son éternel petit bonnet rouge vissé sur le crâne et son caractère de fer. Et puis le film tient à montrer le côté obscur moins connu. L’acrimonie avec son fils, sa quête perpétuelle de financements et puis sa légèreté avec la gente féminine. Cet aspect du film frise parfois l’impudeur et la légitimité d’une telle démarche laisse sceptique… L’impératif de vérité ne pouvait peut être pas empêcher cet aspect moins flatteur, le débat est ouvert…

l'odyssée

Une histoire d’hommes… et de femmes

La relation conflictuelle entre JYC et son fils Philippe sert de fil rouge au film. Tous deux amoureux des océans, c’est le fils qui prend conscience de la disparition progressive de la faune marine. Et lorsque le père tient à scénariser des histoires fantaisistes, le fils se rebelle contre cette attitude irresponsable. A poursuivre ses rêves, Cousteau se perd dans les considérations financières et les arrangements malhonnêtes et il faudra la réaction outrée du fils pour le remettre dans le droit chemin. Philippe décède en 1979 dans un tragique accident d’avion et le film ne va pas au delà. La succession reprise par Jean-Michel Cousteau est rapidement abordée, le film s’arrêtant sur la tristesse du père.

Des paysages marins époustouflants

Si la faune marine pléthorique revit par la grâce des montages technologiques, le film donne une idée assez fidèle de ce que devait être la découverte des fonds marins à l’orée des années 50. Les poissons luxuriants et multicolores peuplaient les fonds marins… jusqu’à leur inéluctable raréfaction. Pas sûr que la situation se soit particulièrement amélioré depuis l’époque évoquée dans le film… Pour découvrir les fonds marins, Lambert Wilson prête son physique à JYC aux différentes périodes de sa vie. D’abord jeune et athlétique, puis plus vieux et le cheveu blanc. Avec toujours cette attitude mi hautaine mi béate qui lui va si bien. A ses côtés, Audrey Tautou interprète une Simone Cousteau habitante résolue du navire La Calypso. Pierre Niney est ce fils impétueux qui n’hésite pas à recarder son père.

L’Odyssée a le défaut (ou la qualité?) de mélanger les nuances pour ne plus savoir finalement quoi penser de ce personnage parfois surhumain et d’autres fois très humain. Restent ces images magnifiques d’une nature en danger…

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L'Odyssée
L’Odyssée


1948. Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier.

Sortie : le 12 octobre 2016
Durée : 2h02
Réalisateur : Jérôme Salle
Avec : Lambert Wilson, Audrey Tautou, Pierre Niney 
Genre : Biopic, Drame, Aventure

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https://youtu.be/Goy8YMc3KHg

Le roman de Monsieur Molière : héros de théâtre au Lucernaire

Le roman de Monsieur Molière
Le roman de Monsieur Molière, Lucernaire

Le roman de Monsieur Molière : héros de théâtre au Lucernaire

Le roman de Monsieur Molière adapte le récit de Boulgakov centré sur la vie du célèbre auteur des Femmes savantes et de Dom Juan. Truculence, humour et trouvailles scénaristisques émaillent la pièce pour un moment de théâtre jouissif. Les acteurs mettent une ambiance des grands soirs pour un déluge final d’applaudissements!

Jean-Baptiste Poquelin a vécu une existence haute en couleurs au coeur du XVIIe siècle. Entre déceptions et grands succès, il n’a jamais cessé d’écrire et de jouer jusqu’à sa disparition, quasiment sur scène.

Un grand auteur fait revivre le mythe

Mikhaïl Boulgakov n’est pas que l’illustre auteur du Maitre et Marguerite. Il s’est essayé à l’exercice de la biographie en retranscrivant l’existence romanesque de Molière en n’omettant aucun moment d’exaltation ou de désenchantement. Ses 51 années de vie ressemblent à un roman, entre rois de France, enthousiasme populaire et déchainements de violence. Pour donner du relief au texte, Ronan Rivière joue l’économie de moyens avec une charrette en bois antédiluvienne comme unique accessoire. Lui et son complice Michaël Cohen alternent entre extraits de pièces et interprétation de personnages historiques.

Une narration truculente

Ronan Rivière joue le narrateur, reprenant les mots de Boulgakov et l’existence de Molière. Il virevolte sur scène et donne vie à un texte qui raffole de jeux de mots et de grandes anecdotes. Entre chaque scène, les deux compères ne cessent de déplacer la carriole tandis qu’Olivier Mazal interprète 4 morceaux de Lully au piano, comme des respirations pour reprendre son souffle et garder le rythme. Ce qu’il reste avant tout, c’est cette vie donnée par Ronan Rivière dans ce texte si habile et enchanteur. Sa silhouette longiligne semble toujours en mouvement, exalté par les mots et avide de sensations.

La communion entre les comédiens et les spectateurs est totale. La pièce communique une ambiance jubilatoire qu’il faut absolument découvrir. La première fut amplement saluée, nul doute que l’exercice se répète régulièrement jusqu’au 27 novembre!

Dates :  du 12 octobre au 27 novembre 2016
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Ronan Rivière
Avec : Ronan Rivière ou François Kergoulay, Michaël Cohen, Olivier Mazal

Rogue One : l’ultime bande annonce du spin-off dévoilée

Rogue One
Rogue One – capture d’écran de la bande annonce finale

Rogue One : l’ultime bande annonce du spin-off dévoilée

Rogue One dévoile son ultime bande annonce avant sa sortie le 14 décembre prochain. Une belle vidéo où l’on aperçoit la grande majorité des nombreux personnages qui défileront dans ce premier spin-off de la saga Star Wars. Sa présence avait été confirmée dès le mois d’août dans d’autres vidéos mais on bout d’impatience à l’idée de croiser à nouveau le terrible Dark Vador, que l’on aperçoit dans ce dernier teaser.

Une affiche, une bande annonce finale et après ?

La production avait par ailleurs diffusé tout récemment l’affiche officielle du film que vous pouvez voir ci-dessous. On se demande bien ce que nos amis de chez LucasFilm vont bien pouvoir tirer de leur chapeau d’ici la fin d’année pour nous faire patienter. Sans doute des making off et des extraits (mais pas trop en espère cela risquerait de tuer le suspens). Préparez-vous à en entendre parler au moins jusqu’à Noël…

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affiche-officielle-rogue-oneRogue One : A Star Wars Story est le premier film de l’univers Star Wars en standalone de Lucasfilm. Ce premier volet raconte l’histoire d’une bande de rebelles résolus à voler les plans de la redoutable Etoile Noire.

Sortie : le 14 décembre 2016
Réalisateur : Gareth Edwards (II)
Avec : Felicity Jones, Riz Ahmed, Ben Mendelsohn

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Une adaptation choc du chef d’oeuvre 1984 au Théâtre de Ménilmontant

1984
1084, Théâtre de Ménilmontant

Une adaptation choc du chef d’oeuvre 1984 au Théâtre de Ménilmontant

Le célébrissime ouvrage de George Orwell 1984 est porté sur la grande scène du Théâtre Ménilmontant et la puissance du texte est parfaitement restituée. Cette tragédie d’anticipation résonne d’une terrifiante actualité dans sa peinture d’une société totalitaire liberticide et omnisciente. Les acteurs sont au diapason d’une mise en scène à la violence choc, éprouvante et sans concession pour un spectacle total.

Les spectateurs sont accueillis par 4 acteurs silencieux, prostrés et immobiles sur le devant de la scène. Affublés de masques à oxygène et de tenues paramilitaires, ils observent silencieusement l’assistance en train de prendre place. Des films en noir et blanc datant de la seconde guerre mondiale sont projetés à l’arrière plan sur un grand mur blanc. L’ambiance est délibérément anxiogène, l’univers de 1984 sera sombre et pesant.

Un ouvrage culte finement adapté

Aux côtés de Brave New World ou de Chroniques martiennes, 1984 fait partie des incontournable de la science fiction. Avec la particularité d’une fine analyse psychologique des individus embrigadés dans une idéologie dominante et totalitaire. Le metteur en scène Sébastien Jeannerot a découvert la mise en scène d’Alain Lyddiard à Londres en 2001 et le coup de coeur a été immédiat. Reprenant les éléments essentiels du roman de George Orwell, le metteur en scène britannique a volontiers cédé les droits d’une pièce que Sébastien Jeannerot a brillamment adapté pour le public français. 9 années après la première mise en scène de la pièce, elle reprise au Théâtre de Ménilmontant pour un résultat toujours aussi puissant.

Une mise en scène ultra dynamique

L’atmosphère lugubre de l’ouvrage demandait un art consommé de la mise en scène pour capter sans relâche l’attention des spectateurs. Et la pièce est rien de moins qu’un modèle du genre. Tandis que des vidéos sont projetées sur les murs pour approfondir le propos, d’immenses échafaudages sont meus pour modifier la physionomie de la scène. Les habitués du Théâtre de l’Odéon ne seront pas dépaysés tandis que les heureux spectateurs des récents spectacles The Wall de Roger Waters feront le rapprochement avec les messages impérieux projetés sur LE mur qui se construit petit à petit entre le groupe et le public pendant le concert. Décor en mouvement, usage ultra pertinent de la vidéo, impossible de sortir de ce 1984 tant les sens sont sollicités en permanence.

Des acteurs habités

La troupe évolue en petit comité. Aux côtés de l’intense Sébastien Jeannerot dans le rôle de Winston Smith, Helena Foin-Coffe interprète une Julia à à la dramaturgie admirable et Bernard Senders fait un O’Brien crissant en diable. Des acteurs interprètent les soldats/ouvriers/protagonistes tout en mouvant les décors régulièrement en braves manoeuvres dévoués à la dictature en place. Le discours de l’ouvrage est repris à la lettre avec certes quelques élisions mais qui servent idéalement le rythme de la pièce et le principal demeure. L’esprit du livre est respecté et les élèves présents dans la salle ont semblé fasciné par le déroulement de la pièce, émettant certes quelques rires épars mais écoutant religieusement cette mise en garde contre la mise en place d’un état totalitaire.

Ce 1984 semble d’une actualité troublante tant la promotion de la surveillance d’autrui et de la haine généralisée font écho avec l’actualité. Les presque 2h de la pièce tiennent en haleine pour un impact prodigieux sur le public. Un intense moment de théâtre.

Dates : du 20 septembre au 22 décembre 2016
Lieu : Théâtre de Ménilmontant (Paris)
Metteur en scène : Sébastien Jeannerot
Avec : Sébastien Jeannerot, Hélène Foin- Coffe, Bernard Senders

Cigognes et compagnie, un film d’animation drôle et tendrement moral

Cigognes et compagnie Nicholas Stoller
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Cigognes et compagnie de Nicholas Stoller, un film d’animation drôle et tendrement moral

Bien moins fertile que les studios Disney/Pixar, Warner Bros. Animation est tout de même un des plus grands studios d’animation américains. Avec une moyenne d’une ou deux productions par an, ils ont déjà de beaux succès critiques et au box-office tels que Les Noces funèbres, Happy Feet ou Le Pôle Express. Le petit dernier, Cigognes et Compagnie, qui sortira le 12 octobre 2016 est un simili-Disney réussi. Aux commandes, un tandem choc composé du réalisateur de comédies chevronné, Nicholas Stoller (Nos Pires voisins, Les Muppets) et d’un artiste de l’animation numérique, Doug Sweetland (Cars, Toy Story, Le monde de Nemo).

Le synopsis reprend ingénieusement un vieux mythe au potentiel cartoonesque : les cigognes livreuses de bébés. D’un, il y a des animaux ce dont – semble-t-il – plus aucun studio n’arrive à se passer et, de deux, des créatures irrésistibles, minuscules et imprévisibles sont incorporées à l’histoire : des bébés. Et parce qu’il faut vivre avec son temps, surtout si l’on veut plaire aux téléspectateurs, la société moderne, et surtout ses défauts, ne sont pas oubliés au scénario.

Au Mont Cigogne, Amazon règne  

Depuis longtemps, les cigognes ne livrent plus de bébés. Elles se sont converties dans le transport de colis pour un géant du web. Rentabilité et Performance sont les maîtres mots de cette nouvelle organisation qui délivre des millions de colis de par le monde. Et justement, si Junior est une star parmi les cigognes c’est parce qu’il livre à la vitesse de l’éclair et sans fautes ! Bientôt, il sera promu patron sauf… énorme catastrophe. Tulip, une orpheline seule humaine vivant sur le Mont Cigogne, aussi pétulante que maladroite, va causer ce désastre. Elle rallume la machine à fabriquer des bébés et « POF »… En voilà un de créer. Pour ne pas perdre son futur poste de directeur, Junior part livrer ce « paquet encombrant » avant que son patron ne s’en rende compte.

Ciggnes et compagnie de Nicholas Stoller
Copyright all rights reserved

 

Les ficelles sont grosses mais fonctionnent

Bien que le fil directeur de ce film soit le périple de Junior et Tulip jusqu’à la famille du nourrisson, Cigognes et Compagnie est surtout guidé par une morale aussi sous-jacente qu’évidente. En langage moderne, Junior travaille pour Amazon. L’entrepôt géant aux machines reines génératrices de colis, c’est aussi l’entrepôt, le stock d’Amazon. Immense, déshumanisé, seule la marchandise compte et le livreur n’est qu’un moyen de transport : plus vite il arrive à destination, mieux il est considéré. Junior est complètement embrigadé par ce système. Mais, au côté de la gaffeuse et gênante Tulip qu’il n’apprécie même pas, il va découvrir que l’amour de la performance n’est rien comparé à l’amour de son prochain. Les ficelles sont grosses mais fonctionnent. Si vous avez vu Zootopie (Disney), c’est exactement la même recette : un tandem forcé qui va apprendre à s’aimer et changer les choses grâce à leurs idéaux et à leur courage.

Divertissant, Cigognes et Compagnie offre plusieurs degrés de lecture pour que petits et grands y trouvent leur compte. Et effectivement on ne s’ennuie pas d’autant plus que les gags tombent presque tous justes même si certains, répétitifs, peuvent lasser. Un bémol pour cette course à l’ahurissement visuel dont l’intention de nous en mettre plein la vue est trop manifeste. Si d’abord nos yeux brillent de découvrir de si beaux plans, attention trop d’éclats peuvent finir par les faire pleurer.

Un moment de détente et de rire ponctué d’émotion et rempli d’actions. Un bon film d’animation.

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Affiche Cigognes et compagnieLe mythe de la cigogne livreuse de bébés revisité.
Pendant longtemps, les cigognes livraient les bébés. Désormais, elles acheminent des colis pour un géant de l’Internet. Junior, coursier star de l’entreprise, s’apprête à être promu. Mais il actionne accidentellement la Machine à Fabriquer les Bébés… qui produit une adorable petite fille, en totale infraction avec la loi !
Avec l’aide de son ami Tulip, seul être humain sur le Mont Cigogne, Junior se précipite pour effectuer sa toute première livraison de bébé. Le temps presse car son patron ne tardera pas à apprendre la nouvelle… Junior pourra-t-il redonner aux cigognes la vraie mission qui est la leur ?

Sortie : le 12 octobre 2016
Durée : 1h29
Réalisateur : Nicholas Stoller et Doug sweetland
Voix : Florent Peyre, Bérengère Krief, Issa Doumbia
Genre : Animation

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Un Captain Fantastic iconoclaste et aguichant

Captain Fantastic
Captain Fantastic, film de Matt Ross

Un Captain Fantastic iconoclaste et aguichant

Captain Fantastic s’inscrit dans la veine de ces films américains très critiques sur un système capitaliste dominant et déshumanisant. La consommation effrénée et la place congrue laissée à l’intellect transformeraient les humains en bovins sans cervelle. Une famille reclus dans une maison perdue au fin fond des bois refuse les règles de la société. Le film pose la question de la possibilité d’une alternative à la voie dominante avec humour et émotion.

Ben (Viggo Mortensen) élève ses 6 enfants en marge de la société. Pas de télévision ni d’Internet, juste des activités de plein air et des lectures incessantes. Pas d’école ni de lien avec un mode de vie américain complètement ignoré. Suite au décès de leur mère/femme, ils doivent tous quitter leur nid pour affronter le monde réel. La découverte ne se fera pas sans surprises…

Une idéologie alternative séduisante 

Est-il possible de vivre sans liens avec le marketing omniprésent et ce besoin incessant de consommation? Captain Fantastic pose la question ouvertement et a le bon gout de ne pas y répondre complètement par l’affirmative. Si la famille Robinson semble très heureuse de l’absence de tous contacts, le spectateur avisé sait bien que le vase clos n’est pas une solution pérenne ni complètement crédible. Qui dit absence de contacts dit nécessairement pensée en vase clos et esprit obtus.

Le patriarche ressemble à un chef de secte avec sa longue barbe et ses idées figées. Il exige la vérité mais ne prépare pas ses ouailles à la vie dans le monde réel. L’univers capitaliste moderne n’est pas qu’une machine à laver les cerveaux pour qui a la tête bien faite. Le film passe de la fable écolo sur un retour souhaitable à la nature nourricière à une habile réflexion sur l’ostracisme de qui se coupe de ses semblables.

Des personnages attachants

La petite tribu est interprétée par une ribambelle de petites têtes blondes toutes plus choupinettes les unes que les autres. Il faut voir la petite fille de 8 ans réciter les premiers amendements de la constitution à des cousins abrutis de jeu vidéo et de coca. Viggo Mortensen est comme toujours impeccable en papa protecteur même si plus imparfait qu’il ne le souhaiterait.

Si le titre du film n’est pas très représentatif du film, il sous entend tout de même que Ben est censé représenter le super héros indestructible qu’il n’est pas vraiment. La sagesse ne vaut que confrontée à ses semblables sous peine de transformer ses disciples en inadaptés asociaux. Le film suit un cours tumultueux en ne passant pas outre les révélations douloureuses et une irrésistible avancée vers un entre deux salutaire. Et comme il ne rechigne devant aucune situation abracadabrante pour utiliser un humour salutaire, le film se regarde avec un plaisir total.

Il y a du Little Miss Sunshine dans cette quête familiale pour l’harmonie par delà les avatars d’une société déshumanisante. Le film donne envie de prendre un bon bouquin et de se remplir le cerveau de nourriture saine, c’est déjà pas si mal.

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Captain Fantastic
Captain Fantastic

Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes.
Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.

Sortie : le 12 octobre 2016
Durée : 1h58
Réalisateur : Matt Ross
Avec : Viggo Mortensen, Frank Langella, George Mackay
Genre : Drame

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Fabrice Luchini et moi enchante le public du Théâtre l’Archipel

Fabrice Luchini et moi
Fabrice Luchini et moi, Théâtre l’Archipel, Seul en scène de et avec Olivier Sauton

Fabrice Luchini et moi enchante le public du Théâtre l’Archipel

Fabrice Luchini et moi imagine la rencontre entre un jeune acteur débutant et la star Luchini. Si la rencontre en pleine nuit s’est réellement produite il y a une quinzaine d’année, le développement de la pièce est comme fantasmé et rempli de cette truculence que les très nombreuses apparitions du célèbre comédien au cinéma et au théâtre nous ont fait connaitre. Le personnage est rendu singulier et outrancier, comme on l’aime.

Un seul en scène… pas si seul

Si Olivier Sauton est bien le seul acteur sur scène, il se dédouble comme par magie pour imiter Fabrice Luchini. Depuis cette rencontre dans Paris la nuit à 3h du matin jusqu’à ces rendez-vous réguliers imaginés entre la star et le jeune freluquet, c’est toute la palette des expressions de Luchini qui agrémente la pièce d’un humour assez jouissif. Yeux exorbités, moqueries perpétuelles, répétitions des phrases pour mieux les souligner et surtout cet amour du texte et de la littérature française, c’est tout un pan du personnage qui ressurgit devant les spectateurs éberlués. Et si la ressemblance physique n’est d’abord pas absolument frappante, on en vient à confondre l’acteur et son pygmalion à force de numéros inimitables.

Un tour de force jubilatoire

Olivier Sauton mélange souvenir personnel et images d’Epinal de l’acteur Luchini pour un propos à la force presque philosophique. On imagine bien Fabrice tourner en dérision la vacuité culturelle actuelle tout en insistant sur l’importance de la lecture et le retour souhaitable vers les classiques. Olivier Sauton le fait surtout promouvoir la valeur travail, si nécessaire pour se réaliser et quitter la médiocrité du divertissement perpétuel. Entre piques moralisatrices et humour subtil, c’est surtout un appel à la reprise en main qui se dessine entre un acteur accompli et un jeune séducteur libidineux inconscient de son potentiel théâtral. Au contact de la flamme Luchini, l’allumette Sauton prendra en main son destin.

Le public ne peut que rougir de plaisir devant cette évocation fantasmée d’une de ces rencontres capable de changer le cours d’une destinée. Un spectacle qui fait sourire tout du long pour un vrai plaisir théâtral.

Dates :  du 7 septembre au 31 décembre 2016,  mercredi, jeudi et vendredi à 21H / Le samedi à 17H et 21H
Lieu : Théâtre L’Archipel (Paris)
Metteur en scène :Olivier Sauton
Avec : Olivier Sauton

Natascha Kampusch se dévoile à nouveau : 10 ans de liberté (JC Lattès)

Natascha Kampusch se dévoile à nouveau : 10 ans de liberté (JC Lattès)Natascha Kampusch se dévoile à nouveau : 10 ans de liberté (JC Lattès)

Natascha Kampusch, dans son dernier livre, s’explique. C’est une sorte de mise au point de ses dix dernières années, de liberté retrouvée. Un cri de douleur face à tant d’injustices à son égard.

Son histoire

Qui ne se souvient pas de l’histoire de Natascha Kampusch ? Cette jeune fille de 10 ans, se fait enlever sur le chemin de l’école, le 2 mars 1998, à 7h du matin. A Vienne, en Autriche. Elle fut enlevée par Wolfgang Priklopil et séquestrée durant 8 ans et demi dans des conditions épouvantables, dans une cave de 5m2. Le 23 août 2006, elle réussit à s’échapper. Le soir du 23 août, son kidnappeur se suicide en se jetant sous un train…
Natascha Kampusch a écrit un premier livre qui raconte sa séquestration : une autobiographie parue en 2010 : 3096 jours.

Cette fois-ci, dans 10 ans de liberté, Natascha Kampusch fait une sorte de bilan de sa vie depuis qu’elle a retrouvé sa liberté. On pourrait s’imaginer que chaque jour est comme un miracle pour Natascha. Une ode à la vie. Et bien, pas du tout. Elle est constamment agressée, renvoyée à sa situation du passé. On lui fait revivre, sous toutes les formes, son calvaire des 8 ans d’emprisonnement. Pas de répit pour Natascha.

Encore et toujours harcelée

Que ce soit les journalistes, les enquêteurs, les magistrats, la police, et même les gens dans la rue, dans le métro, Natascha n’est jamais tranquille. On lui reproche tout. Elle reçoit régulièrement des insultes, soit par lettres, soit directement dans la rue ! Ce qu’elle a vécu est tellement inimaginable qu’elle n’est pas crue. De victime, elle passe très facilement au statut de coupable. On lui invente des faits horribles, encore et encore…

[…] Mais les dérapages que se sont autorisés des adultes à mon égard ont été incomparablement plus graves. Ils survenaient toujours lorsque les médias venaient de dévoiler une prétendue révélation, un nouveau scandale dans le « cas Kampusch ». p.244

Durant sa séquestration, Natascha explique très bien son rêve de liberté. Elle pense que dehors, tout le monde est « beau et gentil ». Mais à travers son livre, 10 ans de liberté, on sent une jeune femme très accablée par tous les reproches qu’on lui fait. Elle doit en permanence se justifier. Elle ne cesse d’endurer et d’endurer encore et encore. Des rumeurs épouvantables circulent à son sujet. Elle et sa famille sont en permanence humiliées.

La nature humaine est vraiment laide. Au lieu d’avoir un minimum de compassion pour cette personne qui a vécu l’enfer, on va continuer à l’enfoncer et à la salir le plus possible.
Je pense que ce livre a été écrit uniquement pour dire au monde entier la souffrance qu’elle a vécu non pas durant son emprisonnement, ça c’est une chose acquise, mais depuis qu’elle s’est enfuie et a retrouvé une vie normale au milieu des personnes dites normales. Aujourd’hui, Natascha a davantage d’ennemis que d’amis. Comment est-ce possible ?

Natascha tournée vers les autres

Pas beaucoup de bonheur pour Natascha. Mais une force intérieure la pousse, envers et contre tous, vers les autres. Son action humanitaire au Sri Lanka nous prouve que Natascha a réussi, malgré toutes ses épreuves, à se tourner vers les autres et leur venir en aide.

Natascha Kampusch, aidée de Heike Gronemeier, dresse un portrait assez terrible de la société dans laquelle elle vit où il y a davantage d’êtres malveillants que bienveillants.

[…] Dans le métro, les gens chuchotaient derrière mon dos qu’il fallait m’enfermer et que je devrais épargner ma vue aux autres. J’ai reçu des lettres de plusieurs pages où des hommes déversaient leurs fantasmes sur les « femmes soumises » qu’ils voulaient humilier et auxquelles ils vouaient un mépris que je n’avais jamais rencontré, même durant ma captivité. Et moi qui croyait naïvement avoir été la proie d’un esprit dérangé unique en son genre. p.246

On souhaite que ce livre apporte enfin la sérénité à Natascha de façon à ce qu’elle vive, enfin, libre et la plus heureuse possible, sans avoir rien à prouver à personne. Et que la méchanceté des gens s’arrête enfin. Son passé fut un enfer, son présent s’en rapproche, que son avenir lui fasse découvrir, enfin, le bonheur.

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Natascha KampuschLe 23 août 2006, l’un des pires enlèvements de ces dernières décennies prend fin. Natascha Kampusch réussit à s’enfuir de la cave dans laquelle elle était retenue prisonnière depuis huit années. Dans un récit saisissant, 3096 Jours, elle a raconté son effroyable calvaire. Dix ans plus tard, elle nous livre un aperçu de son retour à la liberté : ses expériences, les plus douloureuses comme les plus belles, ses rêves et ses cauchemars, son investissement dans des projets humanitaires (notamment au Sri Lanka) et son engagement auprès de jeunes eux aussi blessés par la vie. Peut-on s’affranchir d’un passé aussi terrible ? Comment trouver la force de se reconstruire après un tel traumatisme ?

Traduit de l’allemand par Céline Maurice et Sylvie Roussel

Date de parution : le 28 septembre 2016
Auteur : Natascha Kampusch
Editeur : JC Lattès
Prix : 20,90 € (260 pages)
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Snowden : Conférence de presse d’un Oliver Stone qui ne mâche pas ses mots

Snowden
Snowden

Snowden: Conférence de presse d’un Oliver Stone qui ne mâche pas ses mots

Oliver Stone est de passage à Paris et Publik’Art était présent à la conférence de presse. Le réalisateur de 70 ans n’a rien perdu de son mordant pour attaquer son pays et sa propension à dénigrer complètement la vie privée de ses concitoyens. Morceaux choisis.

Un film nécessaire

Oliver Stone indique avoir rencontré Edward Snowden 9 fois à Moscou sans idée préconçue de réaliser un film sur ce personnage marquant de l’ère contemporaine. En divulguant des informations au grand jour quant au système de surveillance généralisée de la NSA aux Etats-Unis, Ed Snowden a perdu sa nationalité américaine, doit se cacher à Moscou et est officiellement inculpé sous les chefs d’accusation d’espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux.

Si le documentaire Citizen Four se concentre sur la rencontre du renégat avec 3 journalistes dans une chambre d’hôtel à Hong Kong, le film d‘Oliver Stone raconte les 9 années précédant le scandale. Comment Snowden a eu accès aux documents confidentiels, quels choix cornéliens a-t-il été amené à faire, comment a-t-il finalement sacrifié sa vie confortable sur l’autel de ses valeurs morales. Complémentaires plus que répétitifs, les deux films apportent des éclairages différents sur l’individu et ses motivations. Oliver Stone indique avoir reçu des informations inédites de Snowden pour densifier son film et le personnage de crack en informatique.

Un pays devenu paranoïaque

InterviewDepuis l’apparition d’internet, aucun organisme national ou international ne régit son fonctionnement, donnant l’occasion aux pays ou à des individus de naviguer en toute impunité sur les réseaux. Oliver Stone n’est pas dupe sur les lucarnes ouvertes sur nos vies privées, d’autant plus large que l’individu vieillit et emmagasine à l’envi des informations sur ses ordinateurs. Un bazar sans ordre caractérise actuellement le fonctionnement d’Internet.

Et si le choc de juin 2013 a pu ressembler à un séisme, le lanceur d’alertes est pourchassé comme tous ses congénères. La génération des Erin Brokovitch et autres, élue personnalité de l’année de Time Magazine en 2000, parait bien loin. Sous couvert de sécurité, une organisation globale de contrôle d’internet a été institué. Or, comme le rappelle Oliver Stone, ce sont les actions ciblées qui se révèlent finalement efficaces pour protéger les pays. Mais il sera difficile de faire marche arrière, Obama n’a fait qu’accentuer les actions de Bush, sans resserrer la pression sur les lanceurs d’alerte.

Un réalisateur pessimiste

Quand les questions abordent la carrière du réalisateur, Oliver Stone balaye les commentaires d’un revers de la main d’un I don’t give a shit accueilli par la salle avec enthousiasme. Il voulait raconter une histoire nécessaire selon lui sans compter sur un potentiel succès public qu’il n’attend presque pas. L’important est de faire passer un message, peu importe la qualité du messager. Le réalisateur jongle entre le français (qu’il maitrise via son ascendance maternelle) et un anglais fort compréhensible. Le traducteur est parfois repris par Oliver Stone qui le recadre à l’occasion pour accentuer ses propos. Les mots sont secs et accentués pour bien faire comprendre l’ampleur de la situation actuelle et son impact sur les libertés individuelles.

La critique de Snowden est parue sur Publik’Art début septembre. Les propos du réalisateur donneraient presque envie d’y retourner. A vous de juger si l’importance du sujet et la remarquable prestation de Joseph Gordon Levitt vous donnent envie de tenter un visionnage.

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Snowden
Snowden

Patriote idéaliste et enthousiaste, le jeune Edward Snowden semble réaliser son rêve quand il rejoint les équipes de la CIA puis de la NSA. Il découvre alors au cœur des Services de Renseignements américains l’ampleur insoupçonnée de la cyber-surveillance. Violant la Constitution, soutenue par de grandes entreprises, la NSA collecte des montagnes de données et piste toutes les formes de télécommunications à un niveau planétaire.
Choqué par cette intrusion systématique dans nos vies privées, Snowden décide de rassembler des preuves et de tout divulguer. Devenu lanceur d’alerte, il sacrifiera sa liberté et sa vie privée.
En juin 2013, deux journalistes prennent le risque de le rencontrer dans une chambre d’hôtel à Hong Kong. Une course contre la montre s’engage pour analyser les preuves irréfutables présentées par Snowden avant leur publication.
Les révélations qui vont être faites dans cette pièce seront au cœur du plus grand scandale d’espionnage de l’histoire des États-Unis.

Sortie : le 1er novembre 2016
Durée : 2h15
Réalisateur : Oliver Stone
Avec : Joseph Gordon-Levitt, Shailene Woodley, Melissa Leo
Genre : Thriller, Biopic

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Le ciel attendra, ou l’embrigadement des filles par Daesh

Le ciel attendra
Le ciel attendra © Guy Ferrandis

Le ciel attendra, ou l’embrigadement des filles par Daesh

Marie-Castille Mention-Schaar réalise un film qui pourrait être un documentaire, tellement il est proche d’une terrible réalité. Le ciel attendra est centré sur l’histoire de deux jeunes filles qui vont être embrigadées par Daesch.

Histoire terriblement vraie

Le film est un peu difficile à suivre au début, du fait de nombreux flash-back, mais c’est voulu. Le passé, le présent, l’avenir, Sonia, Mélanie, une maman, puis l’autre, tout s’entremêle à toute vitesse, sans en comprendre le mécanisme. On ne comprend pas tout, tout de suite. Puis peu à peu, le scénario se met en place, implacable.

Marie-Castille Mention-Schaar va s’intéresser à la vie de deux jeunes filles, en pleine adolescence. On voit Sonia, puis Mélanie au cœur de leur famille. Aucun lien entre elles, si ce n’est leur soudaine transformation.
Mélanie joue du violoncelle, tout va bien pour elle jusqu’au jour où elle perd sa grand-mère. Sur Internet, elle va faire une « mauvaise » rencontre qui va déterminer toute sa vie. Le film montre très bien l’évolution de la vie de ces adolescentes, en pleine crise d’identité. Sonia, quant à elle, est de plus en plus dure avec son entourage et rattrapée à temps avant son départ en Syrie. Ses parents décident de la garder chez elle, pour éviter le centre de détention. Et c’est l’enfer à la maison.

Embrigadement et « désembrigadement »

Si le film est poignant c’est parce qu’on voit évoluer ces jeunes filles, de façon irrémédiable, mais aussi on suit leurs parents et leurs cris de désespoir. Tout sonne tellement juste que c’en est effrayant. Y compris les vidéos de propagande qui circulent sur le Net ; les vraies vidéos.

Marie-Castille Mention-Schaar a choisi de filmer Dounia Bouzar, dans son vrai rôle. Celui de « désembrigadement ». Dounia Bouzar se laisse filmer au coeur de son travail, en pleine séance d’écoute des parents ou des jeunes filles. Elle explique aux parents le processus d’embrigadement de leurs enfants et avec les jeunes, elle travaille sur le « désembrigadement ». Un long travail d’écoute et de réflexion centré sur « Comment sortir de l’emprise  djihadiste » qui est d’ailleurs le titre de son dernier livre (2015).

C’est en cela qu’on pourrait dire que le film de Marie-Castille Mention-Schaar, Le ciel attendra est un documentaire. Mais ce sont de vrais acteurs, dont Sandrine Bonnaire et Clotilde Courau qui interprètent deux mamans complètement effondrées, qui jouent dans ce film avec beaucoup de justesse. Et bien sûr, les deux jeunes filles, Noémie Merlant et Naomie Amarger sont absolument époustouflantes et nous remuent en profondeur.

Le ciel attendra est un film à montrer à tous les jeunes, de tous milieux et de toutes religions. Publik’Art avait été très marqué par le film de Xavier Durringer, diffusé sur France 2 : Ne m’abandonne pas, qui avait été sélectionné au FIPA 2016 et qui racontait également la terrible histoire d’une jeune fille embrigadée.

Un film à voir en famille et surtout un film qui va permettre le dialogue avec les jeunes, une mise en garde indispensable. Un film à montrer dès le collège, le plus tôt possible !

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Le ciel attendraSonia, 17 ans, a failli commettre l’irréparable pour « garantir » à sa famille une place au paradis. Mélanie, 16 ans, vit avec sa mère, aime l’école et ses copines, joue du violoncelle et veut changer le monde. Elle tombe amoureuse d’un « prince » sur internet. Elles pourraient s’appeler Anaïs, Manon, Leila ou Clara, et comme elles, croiser un jour la route de l’embrigadement… Pourraient-elles en revenir?

Sortie : le 5 octobre 2016
Durée : 1h44
Réalisateur : Marie-Castille Mention-Schaar
Avec : Sandrine Bonnaire, Noémie Merlant, Clotilde Courau
Genre : Drame

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Rappelle toi Barbara fait revivre le mythe au Théâtre de Nesle

Rappelle toi Barbara
Rappelle toi Barbara, Théâtre de Nesle, Bandine Jeannest de Gyvès

Rappelle toi Barbara fait revivre le mythe

Le Theatre de Nesle fait revivre le mythe Barbara dans un spectacle musical où sont égrenées les classiques de la chanteuse française. L’auteure-compositrise-interprète  est à l’origine de chansons mythiques qui lui ont assuré un public fidèle pour une carrière longue d’une quarantaine d’année. Rappelle toi Barbara fait revivre la légende dans un spectacle parcouru des fulgurances de la chanteuse soprano Blandine Jeannest de Gyvès accompagnée du piano expert Ludovic Seimi.

Un mythe de la chanson française 

Barbara a marqué de son empreinte la chanson française. Née Monique Serf en 1930 à Paris, elle a traversé le XXe siècle avec des textes poétiques et la musicalité si particulière de ses compositions d’où émergeait une émotion à fleur de peau. Blandine Jeannest de Gyvès prête sa voix profonde aux chansons si familières de Barbara.

La cave voutée du Théâtre de Nesle raisonne des A GöttingenL’aigle noir et Ma plus belle histoire d’amour c’est vous pour des frissons dans le dos. Des écrans disposés au fond de la scène projettent les images en noir et blanc de Jean-Pierre Schneider, symboliques de la mélancolie de la chanteuse. Ludovic Selmi balade ses mains sur un piano pour accompagner la chanteuse avec quelques envolées magistrales. Il agrémente l’audience de quelques impressionnants solos, reprenant ChopinPoulenc et Beethoven avec hardiesse et majesté.

De l’émotion à fleur de peau

La soprano enrichit le spectacle de monologues inspirés de l’enfance dramatique de la chanteuse, de ses voyages et de ses convictions, lui apportant une poésie mélancolique. Elle emprunte les pas de Barbara pour lui insuffler une émotion toute personnelle. Si la scénographie est minimaliste, les interprétations et les arrangements font revivre avec grâce la magie de la chanteuse disparue en 1997. Les fans de Barbara pourront chantonner avec verve et application ses oeuvres éternelles tandis que les néophytes découvriront avec émerveillement un univers singulier et semblable à nul autre. La voix de Blandine Jeannest de Gyves reprend les accents particuliers de Barbara, d’abord surprenants pour qui n’y est pas habitué avant d’enjôler l’ouïe des spectateurs avec sa sincérité.

Rappelle toi Barbara est un spectacle pour les sens, une merveille pour mettre un pied dans un univers si personnel. Les paroles autant que les intonations bouleversent et donnent envie de mieux découvrir la chanteuse. La Soprano autant que les musiciens sont au diapason pour un bel hommage à découvrir d’urgence au Théâtre de Nesle.

Dates :  Tous les mardis à 20h30 à partir du 4 octobre
Lieu : Théâtre de Nesle (Paris)
Texte et prestation : Blandine Jeannest de Gyvès
Avec : Blandine Jeannest de Gyvès, Ludovic Seimi

Gauguin amoureux, sa vie son œuvre et surtout sa vie sexuelle (Editions Rabelais)

Marc Charuel
Marc Charuel

Gauguin amoureux, sa vie son œuvre et surtout sa vie sexuelle (Editions Rabelais)

Cette fois-ci, Marc Charuel nous entraîne sur le chemin de vie de Gauguin. Route sinueuse comportant de nombreuses bosses et des virages soudains ! Mais toujours des amours nombreuses, tumultueuses et très choquantes.

Crétin ou génie ?

Après Balzac, Victor Hugo, Napoléon, Picasso, Louis XIV, Les Editions Rabelais s’attaque à Gauguin ! Ou plutôt nous dévoile la vie sentimentale de Gauguin. Car Marc Charuel nous livre un récit passionnant de la vie de Gauguin. Dès son enfance, Paul Gauguin est pressenti comme un « crétin ou un génie ». Il deviendra un génie, mais, hélas, reconnu bien après sa mort.

Ses nombreuses conquêtes

Impossible de dénombrer le nombre de femmes qu’il a eues ! Toutes lui ont permis d’exprimer son art, son génie. Mais il est sûr que sa grand-mère Flora, morte quand Gaughin avait 4 ans, lui a transmis son grain de folie, de révolutionnaire, de rebelle. Et sa mère Aline le marqua profondément. Sans doute parce qu’elle mourut jeune aussi.

A 22 ans, il épouse Mette, danoise d’origine, avec qui il aura 5 enfants. Mais Mette est très intéressée par la situation financière de son mari. Et comme celui-ci décide d’abandonner les affaires pour se consacrer uniquement à la peinture, Mette lui fait vivre l’enfer. Ils quittent la France pour s’installer à Copenhague. Mais très vite Gauguin retournera à Paris, pour se consacrer à sa passion, la peinture.
Il souffre du manque d’amour à son égard de Mette, de la perte de ses enfants qu’il ne voit pas grandir, sauf le petit Emile.

Avec Charles Laval, il part à Panama, puis la Martinique. Et là, il va se passionner pour les toutes jeunes filles qu’il prend pour modèle. Mais il ne se contentera pas de les peindre nues… Il en a fait souffrir plus d’une !!! Des gamines de 14 ans à peine…
Marc Charuel nous raconte la vie de Gauguin avec passion. A la fois sa vie est un enfer, Mette le dénigrera toute sa vie, et à la fois, il vit pleinement sa sexualité, sans aucun tabou, et l’écrira même sur les murs de sa maison : « Ici, on fait l’amour ! ». p.98
Gauguin n’était pas un saint, on le dit même : « sauvage, ennemi de l’humanité, révolté, excessif et indomptable », p.102.

Gauguin a beaucoup souffert sur cette terre, mais cela ne l’a pas empêché de réaliser de véritables chefs-d’œuvre surtout lorsqu’il séjournait en Polynésie. Et grâce à Marc Charuel, on découvre l’artiste sous un autre angle.
Un petit livre passionnant, merveilleusement illustré (plus de 120 illustrations), à découvrir sans plus tarder.

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Gauguin amoureuxDe nombreuses biographies et plusieurs essais ont été consacrés à Paul Gauguin. Mais à l’artiste seul. Rien ou presque sur les femmes qui ont guidé son existence et sa peinture, en France ou sous les Tropiques. Elles ont pourtant été la source de son inspiration, elles ont enflammé ses tableaux et compté autant que son art. Même celle qu’il épousa, la terrible et froide danoise Mette Sophie Gad, dont il se sépara, mais à laquelle il continua d’écrire pendant des années. Gauguin aimait la vie, les femmes et le sexe. C’est grâce à celles qui ont vécu à ses côtés qu’il fut le génie qu’on connaît. Peindre et faire l’amour étaient une seule et même chose pour Gauguin. Comme pour Picasso qui ne voyait entre l’art et l’érotisme « pas de différence », comme il le confia un jour à l’historien d’art Jean Leymarie.

Date de parution : le 4 octobre 2016
Auteur : Marc Charuel
Editeur : Editions Rabelais
Prix : 14,80 € (144 pages)
Acheter sur : Amazon

Le Pape François révèle l’homme derrière le personnage public

Le Pape François
Le Pape François, film de Beda Docampo Feijóo et Eduardo Giana, Copyright Saje Distribution

Le Pape François révèle l’homme derrière le personnage public

Le Pape François lève le voile sur l’existence et le caractère de Jorge Mario Bergoglio, évêque de Buenos Aires devenu ce premier pape sud américain de l’histoire. Si le film n’échappe pas à un enjolivement probable de son histoire personnelle, il semble néanmoins au-dessus de tout soupçon tant l’empathie dégagée par le personnage donne envie d’y croire. Humilité, charité, pardon, tous ces mots résonnent d’une force peu commune par les temps actuels…

Le film jongle sur les flashbacks entre l’enfance de celui qui se destinait au séminaire, le prêtre actif dans les quartiers de Buenos Aires et les conclaves de 2005 et 2013. Le film ajoute également le personnage d’Ana, journaliste agnostique qui se lie d’amitié avec le prêtre accessible et sympathique de Buenos Aires.

Une vraie performance d’acteur

Dario Grandinetti incarne l’évêque devenu pape. Aperçu dans le récent Julieta de Pedro Almodovar et dans Les Nouveaux Sauvages, il prête ses traits tranquilles et personnifie habilement celui que personne n’attendait à ce poste si central et sensible. Le film apprend pourtant qu’arrivé second à l’élection de 2005, il représentait l’alternative aux rivalités italiennes stériles et bloquantes. Le film se base sur le best-seller François, Vie et Révolution d’Elisabetta Piqué, journaliste argentine correspondante au Vatican. Le personnage d’Ana s’inspire grandement de cette relation de confiance et d’amitié entre la journaliste et le Padre Jorge de Buenos Aires.

le-pape-francois-photo-filmUn film rare

A deux doigts de friser l’hagiographie béate, le film parvient néanmoins à toucher. La simplicité du personnage ainsi que son bon sens touchent au coeur. Loin des scandales et des ambitions politiques, le personnage semble évoluer dans une bulle protectrice faite de convictions fortes et dépouillées. Comme un rappel des éléments essentiels de toute humanité.

Difficile donc de critiquer des intentions si louables. Il est même permis de s’émouvoir devant cet évêque confronté au gouffre béant de la papauté qui s’apprête à l’engloutir. En insistant sur l’humanité de celui qui n’est justement qu’un homme, la mise en perspective fait du bien. Sans vraiment connaitre la part de vérité et de romanesque, le film parvient à ne pas perdre son équilibre, privilégiant l’émotion à la glorification gratuite.

Une mise en scène épurée

Si les extraits de Mozart ou de Bach servent surtout à appuyer la dimension religieuse du film, cela concourt à la douceur ambiante. L’évêque marche dans les rues, salue ses ouailles et connait les prénoms de chacun. La caméra place toujours le personnage à proximité de ses semblables, sans le couper ou lui adjoindre une dimension supérieure.

Avec un sentiment d’intense empathie qui colle à de nombreuses scènes du film. L’évêque semble avoir toujours le mot juste pour chaque situation, avec cette constante impression de sérénité. Prônant sans cesse le pardon et la charité, le personnage est bien loin des polémiques actuelles. Entre fiction et réalité, le film fait le choix de la simplicité.
Un film que certains considéreront comme caricatural mais qui est porté par des sentiments éminemment louables. Une sorte de piqure salvatrice dans ces temps de cynisme quasi fanatique.

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Le Pape François
Le Pape François

Qui se cache derrière le Pape François ?
Ana, jeune journaliste espagnole, est envoyée au Vatican pour couvrir le conclave de 2005. Elle fait alors la connaissance du Cardinal Jorge Mario Bergoglio, évêque de Buenos Aires, méconnu du grand public et outsider de l’élection. Se liant d’amitié, elle apprend à mieux connaitre la vie d’un homme humble et atypique qui a voué sa vie aux luttes contre la dictature, la pauvreté, la drogue, l’esclavagisme moderne. Elle découvre petit à petit le parcours incroyable, depuis son enfance jusqu’à son élection de 2013, de celui qu’on appelle désormais le Pape François.

Sortie : le 28 septembre 2016
Durée : 1h44
Réalisateur : Beda Docampo Feijóo, Eduardo Giana
Avec : Dario Grandinetti, Silvia Abascal, Laura Novoa
Genre : Biopic, Drame

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[BD] Le Marathon de New York à la petite semelle ou l’éloge de la force intérieure

Le Marathon de New York à la petite semelle
Le Marathon de New York à la petite semelle

Le Marathon de New York à la petite semelle ou l’éloge de la force intérieure

Un prof pas sportif pour un sou se décide à suivre sa femme et ses amis à New York pour participer au célébrissime marathon. Mais loin d’anticiper les sacrifices à réaliser, le runner débutant va réaliser l’exploit de sa vie… mais à quel prix!

Une BD jubilatoire

Il faut bien l’avouer, la BD se dévore de la première la dernière bulle. Le dessin très fluide et stylisé de Sébastien Samson s’accompagne de nombreux prouesses techniques. Ses dessins de la côte normande ou de New York mélangent réalisme et poésie, un vrai délice pour les yeux. Quant aux aventures de ce coureur inconscient, elles arrachent de nombreux sourires que comprendront les coureurs même occasionnels. Courir toutes les semaines, c’est bien. Un 10km ou 20km, ça demande quand même une petite préparation. Un Marathon, c’est l’Himalaya du jogger, une épreuve traumatisante pour le corps et l’esprit qui demande au moins 2 ans de préparation. Mais loin de s’en rendre compte, le héros va affronter le mur de sa vie.

Un savoureux cocktail d’humour et d’émotion

Les globules rouges deviennent des personnages à part entière de l’aventure du héros aux côtés de ses amis rompus à l’exercice et de cette épouse coureuse depuis le berceau ou presque. Le héros se fixe un objectif quasi irréalisable pour une belle aventure humaine aux frontières de sa volonté. Parviendra-t-il à rallier le 42e kilomètre au coeur de Central Park après avoir traversé Statten Island, Brooklyn, le Bronx et Manhattan? Il faut lire la BD pour le savoir au gré des magnifiques dessins à l’encre de Chine et de ce Noir&Blanc élégant.

Amis sportifs ou réfractaires du moindre effort au delà du canapé, cette BD est faite pour vous. De quoi vous motiver à perdre quelques kilos pour vivre le jour de votre vie. Avec humour et décontraction!

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Tranquille professeur de dessin sédentaire, Sébastien se retrouve parfois «pris au piège» de dîners avec les amis de sa compagne, tous férus de course à pied. Pour lui, qui n’a pas enfilé de chaussures de sport depuis l’adolescence, ces discussions demeurent bien hermétiques.

Jusqu’au jour où, au détour d’une conversation, ses amis évoquent la possibilité de courir le plus célèbre marathon du monde : celui de New York. Traversé par un éclair de folie, Sébastien annonce que, cette année, il en sera !Est-ce seulement par bravade ou parce qu’il entrevoit enfin la possibilité de visiter cette ville qui lui fait de l’œil depuis des années ?

Toujours est-il que les inscriptions approchent et que Sébastien ne compte pas se démonter, même si son organisme grince au bout d’à peine 10 minutes de petites foulées sur le bitume…

Un appel au dépassement de soi et à la persévérance, doublé d’une véritable visite guidée de New York !

Date de parution : Octobre 2016
Scénariste(s) : Sébastien Samson
Dessinateur(s) : Sébastien Samon
Genre : Humour
Editeur : La boîte à bulles
Prix : 24 € (192 pages)
Acheter sur : Amazon BDFugue

Radin, un film à rire ou à pleurer ?

Radin
Radin, film de Fred Cavaé, Copyright Mars Films

Radin pouvait laisser craindre le pire. Mais le rire est au rendez-vous.

Radin parvient à conserver une crédibilité comique tout du long grâce à un art assez jouissif de la caricature. Le personnage principal en fait trop pour ne pas dépenser un radis et ses outrances font mouche, il faut bien l’avouer. Dany Boon incarne un avare impénitent prêt à tout sacrifier, fille, femme et amis, pour ne rien lâcher. Jusqu’à la prise de conscience finale, inévitable mais si réjouissante.

Un concept qui fonctionne

En jouant sur la radinerie maladive de son héros, Radin ne varie pas les nuances mais n’hésite pas à pousser le bouchon aussi loin que possible. Là où certains films auraient manqué de punch en minimisant les impacts moraux du scénario, celui-ci n’a ici aucune limite. Pas un spectateur pour ne pas le détester autant que ses propres voisins. Le film ose l’outrance, ne s’arrête jamais et dérange autant qu’il fait rire aux éclats. Les mimiques finalement économes de Dany Boon n’y sont pas pour rien. Il ne joue pas ici un hurluberlu ridicule et maladroit mais un violoniste extrêmement doué et bien sous tous rapports, mais…

Impossible de ne pas rire

Au lieu d’aller consulter chez le psy, il va rendre visite à son sympathique banquier pour obtenir des conseils sur la meilleure manière d’économiser. Mais tant de pingrerie finit par se payer, et François Gaultier aura son compte de névroses et évènements inattendus. Et quand on croit qu’il est guéri, il franchit de nouvelles étapes dans la démesure. Les blagues s’enchainent et bien triste celui qui ne parviendra pas à émettre au moins 3 rires sonores pendant la séance. Beaucoup se poseront la question et franchiront peut être la porte de la salle à reculons… mais avouons le, ce Radin est un plaisir coupable qui fait plaisir. Une comédie française qui fait franchement rire, il serait dommage de ne pas en faire la promotion!

Un casting au poil

Les personnages féminins en veulent tous au héros pour des raisons différentes. Les demoiselles obligées de payer l’addition, la fille gentiment mais fermement éconduite, l’ex-compagne quittée à la veille de son anniversaire pour ne pas offrir de cadeau (forcément onéreux). Les rugueux noteront la présence sympathique de Sébastien Chabal et nombreux sont ceux qui se souviendront que Noémie Schmidt avait déjà fait une apparition remarquée dans le touchant L’Etudiante et Monsieur Henri. La jeune fille sait choisir ses filles, elle ira loin.

Vous qui recherchez un film léger et efficace pour un moment de divertissement, Radin est fait pour vous. J’en suis le premier surpris, mais avouons le, le rire est assuré!

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Radin
Radin

François Gautier est radin ! Economiser le met en joie, payer lui provoque des suées. Sa vie est réglée dans l’unique but de ne jamais rien dépenser. Une vie qui va basculer en une seule journée : il tombe amoureux et découvre qu’il a une fille dont il ignorait l’existence. Obligé de mentir afin de cacher son terrible défaut, ce sera pour François le début des problèmes. Car mentir peut parfois coûter cher. Très cher…

Sortie : le 28 septembre 2016
Durée : 1h29
Réalisateur : Fred Cavayé
Avec : Dany Boon, Noémie Schmidt, Laurence Arné
Genre : Drame

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La Reine de Beauté de Leenane : cris et fureur au Lucernaire

La Reine de Beauté de Leenane
La Reine de Beauté de Leenane, Lucernaire, Mise en scène de Sophie Parel

La Reine de Beauté de Leenane

Une mère et sa fille se déchirent dans un coin reculé de l’Irlande. Cris et fureur résonnent au Lucernaire dans une atmosphère éprouvante qui prend aux tripes. Les 4 acteurs mettent le public au défi de supporter leurs querelles pour une tragédie moderne prenante sur fond de misère sociale crasse. Plus que 7 représentations, il faut s’activer pour ne pas manquer ce puissant moment de théâtre!

Du théâtre de combat

La Reine de Beauté de Leenane met immédiatement dans le bain. Un cocon familial réduit au maximum voit une vieille hypocondriaque et sa fille communiquer constamment sur le mode guérilla familiale. La mise en scène épurée s’appuie sur un mobilier minimal pour caractériser un dénouement total et des repères brouillés. La porte s’ouvre avec un éternel bruit de vent violent, la télé raisonne de programmes ineptes, la nourriture se réduit à de maigres portions de produits que l’on imagine chimiques. Pas de paroles douces ou de communications apaisées, les décibels sont en mode avion au décollage et c’est supposé se produire depuis déjà trop longtemps…

Des péripéties perturbantes

Les deux harpies frayent avec deus voisins englués dans le même contexte de gueuserie généralisé. La vieille fille a le secret espoir de s’échapper de la mouscaille lorsqu’elle se rapproche d’un voisin penaud mais attirant. Même dans l’obscurité la plus sombre d’une existence sans lendemain qui chante, la lueur de l’espoir se fait entrapercevoir. Le public espère un happy end après un préambule plombant. Mais le ton est à la tragédie, et si des rires se font entendre, ils sont jaunes et désabusés. La petite troupe emmène l’assistance dans le désespoir d’une pièce écrite par Martin McDonagh, réalisateur de Bon Baisers de Bruges et les 7 psychopathes. Auteur de théâtre, l’auteur de 46 ans choisit un ton désenchanté pour révéler les drames existentiels de petites gens sans avenir.

La pièce est pesante mais puissante, elle crispe tout du long et révèle ce qu’une troupe aguerrie peut produire avec un texte de qualité. Cette Reine de Beauté mérite le détour!

Dates :  Jusqu’au 16 octobre 2016 à 19h du mardi au samedi et 15h le dimanche
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Sophie Parel
Avec : Catherine Salviat, Gregori Baquet, Sophie Parel et Arnaud Dupont

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