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Marguerite Duras ressuscitée avec grâce sur la scène du Lucernaire dans La vie matérielle

Le Lucernaire laisse le champ libre à Catherine Artigala ressemblante en diable à la grande Marguerite Duras. Femme de lettres, dramaturge, scénariste et réalisatrice, elle a animé la scène littéraire française jusqu’à sa mort en 1996. En adaptant l’ouvrage La Vie Matérielle paru en 1987 et centré sur sa relation avec l’alcool, Michel Monnereau en fait une femme complexe, à la vie riche et dense entre récits d’Indochine, Paris, Neauphle-le-chateau et Trouville. La pièce se veut une confession à cœur ouvert, puissante et animée, de quoi ravir une audience conquise.

Un témoignage vibrant

La mise en scène de William Mesguich est vivante. Entre photos, livres, papier et bouteilles, l’interprète évolue en liberté, seulement rattachée au monde des vivants par son récit. La comédienne se poste face au public, elle mime des pas de danse, elle se rappelle et évoque son addiction à l’alcool, qu’elle parvient parfois à fuir pour y revenir inéluctablement à chaque fois. Les paroles intimes rappellent sa vie amoureuse et sexuelle, sa relation passionnée avec le jeune Yann Andréa et sa mère. Figure tutélaire de son existence, elle a marqué son enfance et sa carrière littéraire, cette dernière toujours tournée vers des autobiographies romancées. Les multiples prix littéraires et le poids de son œuvre dans la postérité ont rendu la dame devenue vieille et caricaturale, droite dans ses bottes, toujours vêtue des mêmes oripeaux et la voix toujours vibrante. La scène se veut un fourre-tout de souvenirs et de chaines qui enserrent l’auguste femme, fière de son parcours et aux propos teintés d’un beau féminisme. Sa vie fut sans concessions, pas sans douleurs, mais toujours menée tambour battant. La pièce dure 1 heure, assez pour se plonger dans un caractère hors norme et s’y attacher. Pas besoin d’être un fanatique de son œuvre pour se laisser aller et partager ce beau moment d’intimité ravivée sur la scène du Lucernaire.

La vie matérielle se veut un reflet fidèle, forcément théâtral mais toujours juste de ce que fut l’existence de Marguerite Donnadieu, devenue Marguerite Duras et restée profondément ancrée dans l’histoire littéraire française.

Synopsis:

UN MOMENT DE GRÂCE AVEC MARGUERITE DURAS

Marguerite Duras à l’apogée de son œuvre nous invite à une confession intime passionnante. Sur le ton de la confidence, elle fait le bilan de sa vie personnelle et artistique : l’enfance en Indochine, le rapport à la mère, les lieux fondateurs de sa vie, la vie amoureuse et sexuelle, l’alcool, la rencontre avec Yann Andréa, le féminisme (la mère, l’amante, la femme au foyer), le rapport à l’injustice, à la célébrité. Nul besoin d’être un familier de l’œuvre pour découvrir cette vie hors norme.
Une performance de Catherine Artigala dans une mise en scène subtile de William Mesguich.

Avertissement : ce spectacle est déconseillé aux moins de 14 ans.

Détails:

Mercredi < samedi 21h | Dimanche 17h30

Doa, rétablir le chaos, un livre d’entretien passionnant aux éditions Paylist Society, sortie le 22 juin

Né en septembre 1968 à Lyon, l’auteur de romains noirs DOA s’appelle en vrai Hervé Albertazzi. Sous son pseudonyme, l’écrivain a révolutionné le polar français. Pourquoi DOA? C’est une référence au film noir américain Dead on Arrival (1950) réalisé par Rudolph Maté. Son entretien avec la journaliste Elise Lépine est l’occasion d’échanges constructifs et passionnants sur les influences et les credos du génial auteur.

Un auteur mystérieux

Passé d’abord par la case parachutisme au sein d’un régiment d’infanterie de marine, DOA a ensuite travaillé comme producteur de jeux vidéo en France et à Londres avant de se tourner vers la littérature. Sa carrière a été fructueuse, premier roman Les Fous d’Avril paru en 2004 avec le Prix Agostino des lecteurs au Quai du Polar à Lyon en 2005 à la clé. Son autre roman Citoyens clandestins a reçu le Grand prix de littérature policière en 2007, débuts sur les chapeaux de roue pour le moins. En 2009, Le Serpent aux mille coupures a fait partie de la sélection de l’été du prix SNCF du polar. Scénariste de la série télévisée Braquo (épisode 5 de la saison 1, coscénarisé avec Jean-Guy Serrier et Michaël Souhaité), il a aussi publié avec Dominique Manotti le thriller L’Honorable Société qui a obtenu le Grand prix de littérature policière 2011. 5 de ses romans font déjà partie de la célèbre Série noire de Gallimard, c’est dire la renommée de cet auteur à la pointe du thriller. En 2018, Lykaia paru chez Gallimard a créé l’évènement avec une histoire d’amour mélangeant sexe et mort. Tous les romains de DOA se signalent par une documentation préalable hautement fouillée pour aboutir à des univers puissants et coupants comme une lame de rasoir. L’auteur dévoile à Elise Lépine les détails de son parcours et de ses ambitions d’écrivain, non sans se permettre des digressions bien senties sur la marche du monde.

Playlist Society livre un ouvrage passionnant qui ravi les aficionados de l’auteur et donner a certainement envie aux autres de le découvrir avant de le dévorer, tout cru!

Synopsis:

Son Cycle Clandestin, réunissant Citoyens clandestinsLe Serpent aux mille coupures et le diptyque Pukhtu, l’a hissé au rang de monstre sacré du polar français. Mais DOA s’est aussi illustré dans le thriller ésotérique avec La Ligne de sang, le polar politique avec L’Honorable Société (coécrit avec Dominique Manotti), et a mêlé le noir au rouge avec Lykaia, consacré à l’univers du sado-masochisme hardcore. Avec Rétiaire(s), publié en 2023, il pousse le roman noir dans ses retranchements, mêlant guerre des gangs et guerre des services. Le point commun à tous ses ouvrages : une documentation minutieuse, un univers aussi marquant que foisonnant, une écriture précise, puissante.

Composé d’une introduction et d’un entretien, DOA, rétablir le chaos lève le voile sur le parcours de l’auteur, ses intentions littéraires, son regard acéré sur la marche du monde et la violence qui le gouverne.

Elise Lépine est journaliste au Point et chroniqueuse dans l’émission Mauvais Genres sur France Culture. Elle a participé à l’ouvrage collectif Mad Max, au-delà de la radicalité (Playlist Society, 2022).

Editeur: Playlist Society

Auteur: Elise Lépine

Nombre de pages / Prix: 160 pages / 10 euros

Sortie en fanfare du live Motörhead, We play Rock’n’Roll, Live at Montreux Jazz Festival ’07 le 16 juin

Le groupe britannique Motörhead a marqué l’histoire de la musique avec ses touches puissantes de heavy metal. Le groupe formé en 1975 par le bassiste et chanteur emblématique Lemmy Kilmister a été dissout en 2015 à la suite de la mort de cet emblème de la vie en roue libre, entre excès et posture polémique. Le live a été enregistré lors de la tournée Kiss Of Death du groupe à l’Auditorium Stravinski le 7 juillet 2007 au bien connu Montreux Jazz Festival. Le concert se veut une formidable démonstration de puissance par le trio formé par Lemmy, Phil Campbell et Mikkey Dee. 

Un live puissant

Motörhead était un groupe surtout connu pour ses performances scéniques très lourdes et enlevées. SI les albums étaient souvent jugés comme décevants, rien de tel pour les live, le public en prenait plein les oreilles et les fanatiques du groupe ne manquaient aucune prestation pour revivre à chaque fois la même extase. Tout le monde faisait partie du show et si Montreux est connu pour être surtout un festival de jazz, il s’ouvrait à tous les genres pour une communion populaire unique. La venue de Motörhead a été un évènement unique, comme les venues de Miles Davis, Queen ou Deep Purple. Le Festival de Montreux a toujours eu pour objectif de dépasser les frontières du jazz pour accueillir des artistes uniques issus de tous les genres, styles et sensibilités.

Les enregistrements de ces concerts phares ont tous été classés au patrimoine de l’UNESCO en 2013, tant ils sont précieux pour les arts. Autant dire qu’il ne fautr pas rater la sortie de ce live, puissant et décomplexé. Et pour qui connait les albums mythiques OverkillBomberAce of Spades, et surtout No Sleep ’til Hammersmith, ce live rappellera des choses et confirmera la réputation de Motörhead comme l’un des plus grands groupes live de heavy metal.

[BD] Legio Patria Nostra tome 3 : vers l’impossible bataille de Cameron (Glénat)

[BD] Legio Patria Nostra tome 3 : vers l’impossible bataille de Cameron (Glénat)

Legio Patria Nostra continue de nous régaler après deux premiers albums très réussis. Une série historique qui fait le récit de la Légion Etrangère du milieu du XIXe siècle, venue livrer bataille au Mexique. Au coeur de ce régiment de 60 soldats, les intrigues se multiplient sous le regard du capitaine Danjou. Les liens qui unissent et opposent Casimir Laï et Le Maure occupent une bonne partie de ce troisième tome. Mais entre l’épidémie de vomito negro (fièvre jaune), les rivalités avec les hommes de la Marine, et l’attaque surprise de 3000 hommes fonçant sur le convoi pour la bataille de Cameron, il y a beaucoup de matière tout au long de ce nouvel album !

Un scénario, signé Jean-André Yerlès, toujours d’une belle maîtrise, privilégiant les intrigues entre de nombreux personnages qui s’épaississent au fil de l’histoire. On s’intéresse donc à chacun avec l’envie de poursuivre et d’en apprendre toujours plus, dans un contexte historique riche et passionnant. Le dessin de Marc-Antoine Boidin est toujours très apprécié, avec son trait naturel et sa coloration lumineuse qui laisse transparaître le climat étouffant de Vera Cruz. 

Vivement la suite !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

À la rencontre de leur destin.

Algérie, 1863. Casimir Laï, l’orphelin des rues devenu légionnaire, découvre que le Maure, l’assassin de son ami Dino, s’est lui aussi engagé dans la Légion sous une fausse identité. Alors que la Légion embarque enfin pour aller se battre au Mexique, il doit surveiller ses arrières, craignant que l’ancien criminel veuille se venger. Au bout de 48 jours d’une traversée éprouvante, leur navire accoste enfin à Vera Cruz. Et ils découvrent l’horreur. Le Vomito Negro, la fièvre jaune, tue les soldats français plus efficacement que les balles des Mexicains. Irina et Zélie risquent leur vie à soigner les malades dans des camps de fortune. Le capitaine Danjou et ses hommes veulent se battre. Mais méprisés par le commandement, ils sont cantonnés à des missions de surveillance de la route qui relie Vera Cruz à la ville de Puebla où se déroulent les combats. Lorsqu’un convoi est organisé pour acheminer des armes et de l’or jusqu’à Puebla, c’est à Danjou que l’on confie la mission de reconnaître la route. Les chemins sont tout sauf sûrs, les guérilleros attaquent et pillent sans vergogne, la chaleur et l’humidité épuisent les hommes et les bêtes. Quant à la compagnie, elle a un traitre dans ses rangs et elle ne le sait pas encore. Alors que la compagnie arrive au hameau de Cameron, l’armée mexicaine attaque. Pris en tenaille, Danjou n’a pas d’autre choix que de se replier dans les ruines de l’hacienda, espérant tenir suffisamment longtemps pour donner l’alerte et empêcher l’attaque du convoi. 3000 hommes les entourent et ils ne sont que 60. Ils n’ont aucune chance de s’en sortir. Le combat de Cameron commence. 

Date de parution : le 26 avril 2023
Auteurs
: Jean-André Yerlès (scénariste),
Marc-Antoine Boidin (illustrateur)
Genre : Aventure, Histoire
Editeur : Glénat
Prix : 14,50 € (64 pages)
Acheter sur : BDFugue

IL Y A, très bel album jeunesse (A2MIMO)

IL Y A, très bel album jeunesse (A2MIMO)

Les éditions A2MIMO nous proposent un très bel album jeunesse : IL Y A.
Le jeune lecteur pourra lire les illustrations et inventer sa propre histoire. Car il y a très peu de textes dans cet album. Les illustrations sont superbes, volontairement naïves et surtout très poétiques. Des mots dessinés sur le sable. La beauté de la nature est au cœur de cet album.

Au début de l’album, on découvre deux jeunes garçons qui jouent sur la plage. Et découvre l’univers marin. Ensuite, avec leurs parents, ils découvrent les richesses de la nature. On les imagine frères.

La deuxième partie du livre les dévoile un peu plus vieux. Mais toujours au bord de la mer. Heureux de se retrouver dans un si bel endroit. Un peu nostalgique de leur enfance… Enfin, on imagine !

Le jeune lecteur peut imaginer une tout autre histoire. Juste admirer la beauté des lieux, la richesse de la nature et le bonheur de le partager avec quelqu’un que l’on aime.

IL Y A, Quand le souvenir des moments partagés vibre au présent ! Une très belle balade au bord de la mer !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2023
Auteur : Nicolas Pechmezac
Illustrateur : Jennifer Yerkes
Editeur : A2MIMO
Prix : 17 €

L’astronaute, sortie DVD le 20 juin d’un film ultra réaliste sur la quête de l’impossible

L’Astronaute part d’un principe simple: il est impossible d’aller dans l’espace sans le soutien d’un état et de ses structures de recherche. Le réalisateur et acteur Nicolas Giraud n’est pas d’accord, son personnage de Jim Desforges n’en démord pas, il veut aller dans l’espace par ses propres moyens, seulement aidé de quelques autres idéalistes aussi barrés que lui. Le film sent les bouts de ficelle, l’artisanat, sans écran vert ni grosses explosions. Tintin va dans la lune depuis la campagne française, et pourquoi pas? Le choix du pitch est fort en poésie et invoque les rêves d’enfants.

L’ultime frontière

Le personnage de Jim est censé être arrivé 3e sur 4500 lors des sélections de 2009 qui ont vu Thomas Pesquet décrocher le gros lot avec un décollage en 2016 vers l’ISS. Doué mais resté sur le tarmac, il ne s’est jamais résolu à ne pas pouvoir décrocher la lune. Il décide donc de construire sa propre fusée pour décoller jusqu’à la zone basse de l’atmosphère. Ingénieur à l’ESA, il récupère des pièces pour assembler son véhicule spatial, un ami chimiste amateur lui fournit le combustible aussi instable que puissant, sa grand-mère habituée aux lubies de son défunt mari le soutient et le personnage fictif de Alexandre Ribbot (Mathieu Kassovitz, censé être le dernier français à avoir navigué dans le cosmos) lui apporte son expertise. Le projet est interdit par la règlementation mondiale, tout le monde risque la prison mais personne ne se décourage. Le projet est fou mais les plus grands explorateurs ou inventeurs ont du se battre pour réaliser leurs rêves. Les Christophe Colomb, Thomas Edison ou Marie Curie n’ont pas eu la partie facile mais y sont arrivés. Jim veut devenir le premier à rejoindre l’espace en amateur, rêve fou mais pas impossible. Le film recherche l’authenticité maximale avec des données précises liées à l’aéronautique et l’aide de Jean-François Clervoy, véritable astronaute et l’aide d’ArianeGroup. Le prix de cette sincérité a été un risque financier énorme pour un projet qui a monopolisé le réalisateur 5 ans, soit à peine moins que les 8 ans du personnage du film pour achever sa fusée. Le personnage s’entraine dans une piscine, à la dure, enchainé lourdement et jeté au fond de l’eau avec un trousseau de 70 clés, dont trois seulement pouvaient ouvrir les cadenas qui l’emprisonnaient pour un stress crédible et réaliste, comme pour les astronautes en mission. Le film n’est pas dans l’espace, il va dans l’espace, nuance. Mathieu Kassovitz a participé bien volontiers, séduit par le réalisme du film, loin du ton de science-fiction habituel mais basé sur une anticipation déjà d’actualité avec les vols réalisés par SpaceX. Jeremy Renier fait une apparition sympathique en policier borné, alors que la fusée est partie, impuissant et impressionné devant la volonté de fer du personnage de Jim.

L’Astronaute est un film qui interroge sur la force de la volonté pour renverser les barrières et réaliser ses rêves. Sa sortie en DVD le 6 juin sera le moyen de le découvrir ou redécouvrir.

Synopsis: Ingénieur en aéronautique chez ArianeGroup, Jim se consacre depuis des années à un projet secret : construire sa propre fusée et accomplir le premier vol spatial habité en amateur. Mais pour réaliser son rêve, il doit apprendre à le partager…

[BD] Hacendado, l’honneur et le sang : un western coup de poing à la sauce mexicaine (Glénat)

[BD] Hacendado, l’honneur et le sang : un western coup de poing à la sauce mexicaine (Glénat)

Hacendado, l’honneur et le sang, est un western pimenté à la sauce mexicaine, qui sent la poussière et le scalp (avis aux âmes sensibles). Un récit ultra efficace où la poudre à canon et les lames aiguisées sont au moins aussi bavards que les hommes qui les manient. 

L’Hacendado est un noble respecté. Mais son fils Diego va jeter le déshonneur sur la lignée, accusé d’avoir causé un terrible carnage chez une famille amie. Diego clame pourtant son innocence. Mais cela ne lui suffira pas pour échapper à son destin. Avec un scénario de Philippe Thirault particulièrement bien construit, le lecteur remonte le fil de l’histoire de Diego. Sans en dévoiler davantage, le parti pris est plein d’audace et n’épargne pas le lecteur : le rythme est effréné mais les personnages profitent de chaque occasion pour gagner en profondeur. Une très belle construction narrative. D’autant plus que la conclusion ne manque pas de surprise.

Le dessin de Gilles Mezzomo vient quant à lui sublimer le tout avec un trait vif et dynamique, dont l’aspect brut et naturel vient soutenir un univers aride au graphisme 100% western. Un véritable atout qui accompagne la lecture de la plus belle manière.

Bref, voici une nouvelle parution à ne pas manquer dans vos librairies !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Une aventure impitoyable au cœur du désert mexicain.

Mexique, 1863. Sur ces terres arides où la violence et le crime sont le lot quotidien de la population de l’État de Sonora, le descendant d’une ancienne lignée de conquistadors tente de faire perdurer les notions de justice et d’honneur. C’est pour sauver l’honneur bafoué de son nom que Don Armando, riche Hacendado, décide de faire justice lui-même en condamnant son propre fils à une mort lente mais certaine… Plus tôt en ville, le jeune Don Diego aurait été aperçu couteau à la main, laissant la belle Doña Joselita au milieu d’une mare de sang. Convaincu de la culpabilité de ce fils retors au visage d’ange qui ne cesse de clamer son innocence, Don Armando l’emmène dans le sinistre désert de Sonora et l’y abandonne ! Or, dans ces sierras, il faut autant redouter la sauvagerie des bêtes que celle des hommes. Territoire de la bande d’Abraham Hinter, le plus cruel des chasseurs d’Apaches, le désert est un enfer peuplé de tueurs que le dernier sentiment humain a quitté depuis longtemps… Partie à la recherche de Diego, sa mère Doña Maria, qui refuse de croire à l’horreur, va tout faire pour retrouver ce fils, quitte à se perdre. Car hélas, le désert peut nous révéler parfois plus que ce que l’on aimerait savoir…
Ce western brutal et sauvage nous ouvre les portes d’un univers sans concession pour un one shot sombre et noir, qui nous tient en haleine jusqu’au bout grâce au scénario ciselé de Philippe Thirault et au dessin impeccable de Gilles Mezzomo. Un album saisissant. 

Date de parution : le 14 juin 2023
Auteurs
: Philippe Thirault (Scénario) et
Gilles Mezzomo (Dessin, Couleurs)
Genre : Western
Editeur : Glénat
Prix : 18,50 € (88 pages)
Acheter sur : BDFugue

L’école, Cahier d’activités avec autocollants (Usborne)

L’école, Cahier d’activités avec autocollants (Usborne)

Si votre petit de 3 ans va faire sa rentrée en septembre, les éditions Usborne ont pensé à lui avec ce cahier d’activités centré sur : L’école. Avec plus de 180 autocollants.
Le jeune lecteur va découvrir sa future nouvelle vie :

Avant de partir à l’école, on prépare le sac de l’école, avec une boite à gouter. On part à l’école, à pied, ou à vélo, ou en voiture.

Arrivé à l’école, on suspend son manteau et son sac au porte-manteau et on rencontre les autres copains.

A l’école, on fait des arts plastiques, on apprend les couleurs, on découvre l’univers des sciences et on fait des expériences ! On va aussi en récréation pour jouer !

On fait aussi de la gymnastique et de la musique ! Et puis vient le temps des mamans et des papas…

Une journée à L’école, c’est long et c’est trop bien ! Le jeune lecteur va pouvoir animer les pages de ce cahier avec les nombreux autocollants ! A offrir avant la rentrée prochaine !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : juin 2023
Auteur : collectif
Illustrateur : collectif

Editeur : Usborne
Prix : 6,50€

Un beau film fait par et pour les enfants avec La sorcière et le martien, sortie cinéma le 21 juin

Un film avec des enfants sur des enfants, ce n’est jamais anodin. Thomas Bardinet anime depuis 10 ans à Floirac des ateliers dans la banlieue bordelaise. Il a créé avec des jeunes des dizaines de courts métrages surprenants qui ont précédé ce film plus long de presque 1h20. La sorcière et le martien est un film d’atelier entre science-fiction et chronique sentimentale, rempli de sensibilité et de bienveillance.

Une expérience cinématographique

La sorcière et le martien est le résultat de 3 années de travail entre le réalisateur Thomas Bardinet et une quinzaine d’acteurs des ateliers ou professionnels. Le film est une véritable expérience avec une cinquantaine de figurants, une équipe technique réduite et des lieux de tournage répartis sur tout le territoire Girondin entre Floirac, Cenon, Bassens, Lormont, Bordeaux et la dune du pila. Les adolescents et le réalisateur ont préparé minutieusement les scènes du film pour travailler les émotions et préparer cette histoire de rencontre entre 2 solitudes avec des touches de fantastique et de science-fiction. L’importance de l’imaginaire est primordiale pour emporter les adolescents dans ce projet de long métrage. Le film évite les clichés en faisant intervenir des jeunes venus de tous horizons dans un mélange vivifiant d’énergie et de conviction. Même artisanal, le film réussit à faire passer des messages forts grâce à l’art des plus jeunes pour jouer aux acteurs devant la caméra. L’aventure est réussie, les passages étranges et iconoclastes donnent au film une vraie dimension onirique, mélangeant quotidien de jeunes de banlieue et aventures fantastiques.

La sorcière et le martien a été projeté dans plusieurs salles de France avant sa sortie à Paris le 21 juin. Ces projections sont l’occasion pour Thomas Bardinet d’animer des ateliers de bricolage cinématographique dans les communes accueillantes et de proposer leurs résultats en première partie. Des supers initiatives pour initier les plus jeunes au cinéma. 

Synopsis: Myriam, orpheline, apprend qu’elle va changer de famille d’accueil. Elle est souvent moquée pour sa naïveté, mais cette candeur lui permet de voir ce que d’autres ne voient pas : des animaux qui parlent ou même des sorcières bienveillantes qui gardent la forêt surplombant la cité. Elle seule pourrait croire au destin du jeune Bilal qui va rejoindre ses parents scientifiques sur la planète Mars.
Ce premier jour d’été sera pour les deux le dernier qu’ils vivront sur le territoire de leur enfance.

Isabelle Huppert et Fabrice Luchini en vrai dans le film Par cœurs, sortie DVD le 20 juin

Le réalisateur Benoit Jacquot colle aux basques de 2 immenses comédiens pour tenter d’en saisir la singularité de leurs talents respectifs.   Il a eu envie de suivre Isabelle Huppert à Avignon le jour avant une représentation de La Cerisaie dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Le documentaire fait écho au film Par cœur sorti en 1998 avec Fabrice Luchini qui lisait et disait seul sur scène La Fontaine, Céline, Flaubert, etc. Les 2 artistes partagent tour à tour l’écran en toute intimité et dans un réalisme total.

Un film hommage aux comédiens

Benoit Jacquot a tourné 2 jours avec Isabelle Huppert et 1 journée et demie avec Fabrice Luchini, entre la veille et le jour de la représentation. La complicité est palpable entre les comédiens et la caméra, la confiance aussi. Pas d’entourloupe, chacun se livre à la hauteur de ce qu’il veut bien dévoiler, pendant les répétitions, les habillages et les moments off. Le mot interprétation prend tout son sens, ils jouent certainement avec la caméra, choisissant les intonations et les postures, le naturel est dévoilé à hauteur de leurs consentements, prenant même une dimension philosophique passionnante. La scène de raté sur scène avec Isabelle Huppert (elle répète son texte plusieurs fois) a des beaux accents de sincérité, la caméra montre bien son désarroi face à cette situation a priori inédite. La parole des comédiens a des accents d’invraisemblance tant ils paraissent habituellement insubmersibles. Le réalisateur est habitué à ces moments rares, le spectateur moins. La fragilité se mélange à la sincérité face à la caméra de la directrice de la photographie Caroline Champetier, pas de préparations, les situations sont d’une totale improvisation professionnelle, permise par la confiance entre tous les protagonistes. Fabrice Luchini ne peut pas s’empêcher de faire son cinéma, il s’amuse, multiplie les harangues et les diatribes, il faut du Luchini, et c’est savoureux. Quant à la question du trac, ils en livrent des versions incomparables en s’ouvrant encore un peu plus.

Le documentaire montre des comédiens en plein travail, l’esprit à pied d’œuvre pour livrer des prestations à la hauteur de leurs talents. En 1h16, la plongée est fascinante avec une mise en abime dont peu ont conscience. Le documentaire est à découvrir en DVD le 20 juin.

Synopsis: Festival d’Avignon, été 2021.
Une comédienne, un comédien, face à leur rôle, leur texte, juste avant les représentations.
Devant la caméra documentaire de Benoit Jacquot, Isabelle Huppert et Fabrice Luchini au travail.

Ashkal L’enquête de Tunis, un film noir puissant, sortie DVD / Blu-Ray le 20 juin (Jour2Fête)

Ashkal L’enquête de Tunis est le premier long-métrage du réalisateur tunisien Youssef Chebbi. Le tournage a eu lieu dans un quartier de Tunis en cours de reconstruction pour un thriller entre chronique sociale et état des lieux de la société tunisienne. Un couple de policiers mène l’enquête dans une ambiance de film noir avec pour toile de fond plusieurs cas d’immolations à répétition qui révèlent surtout l’aspect politique de l’après Ben Ali, le printemps arabe semble alors bien loin. L’atmosphère est volontairement glauque pour un film mystérieux qui interroge.

L’après printemps arabe

Ashkal l’enquête de Tunis mélange révolution, religion et métaphore enflammée dans un rappel fascinant de l’Histoire tunisienne contemporaine. Le film devient fascinant, se déroulant entre réalité et fiction avec de multiples références cinéphiles que certains reconnaitront sans peine, entre Hitchcock, Antonioni et Kiyoshi Kurosawa. Les travaux des Jardins de Carthage sont un arrière plan fascinant, entre échec révolutionnaire et impasse sociologique. Le rêve d’abroger les inégalités a fait long feu et rien n’a vraiment changé dans la société tunisienne, les mêmes élites corrompues sont aux commandes, bloquant les réformes et les rêves de changement. Le chantier symbolise la société bloquée, personne ne sait comment le chantier évoluera et à quoi il aboutira. Ashkal fait appel à des touches de science-fiction et d’étrange pour un film qui ne laisse pas indifférent. Le cinéma tunisien est peu habitué aux films de genre, s’éloignant de l’approche habituellement très frontale pour faire appel à l’imagination. Tradition et modernité se bousculent pour un résultat troublant. Le film Cure de Kiyoshi Kurosawa a marqué le réalisateur et concourt au mélange entre film policier et fantastique. En arabe, Ashkal est le pluriel de forme et est utilisé pour parler de la forme d’une structure, des motifs d’un vêtement, d’un tapis ou encore de la silhouette de quelqu’un, le mot appartient aussi au vocabulaire de l’architecture. Les fameux Jardins de Carthage concourent à l’impression persistante de science-fiction. Les immeubles sont très droits et très vitrés, loin de l’architecture locale traditionnelle et est destiné à accueillir la haute société et des membres du gouvernement. Les loyers y atteignent des montants exorbitants, et la vie de quartier y est quasi inexistante. La vie se déroule à l’intérieur des appartements ou des villas. Les acteur Mohamed Houcine Grayaa et Fatma Oussaifi forment un duo au centre du film, ils mènent l’enquête non sans difficulté.

Le film a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2022 pour une peinture tristement fidèle de la situation actuelle où plusieurs centaines de cas d’immolation se produisent chaque année en Tunisie. Le nom des victimes n’est plus évoqué, ces actes sont devenus tragiquement habituels, perdant de leur impact et ne permettant plus de reconnaitre le désespoir des membres de la société. La sortie DVD et Blu-Ray du film le 20 juin est une bonne occasion de le redécouvrir ou de le découvrir.

Synopsis: Dans un des bâtiments des Jardins de Carthage, quartier de Tunis créé par l’ancien régime mais dont la construction a été brutalement stoppée au début de la révolution, deux flics, Fatma et Batal, découvrent un corps calciné. Alors que les chantiers reprennent peu à peu, ils commencent à se pencher sur ce cas mystérieux. Quand un incident similaire se produit, l’enquête prend un tour déconcertant.

La danse intranquille de Johan Inger et indomptée de Nadav Zelner à la Villette/Chaillot

La danse intranquille de Johan Inger et indomptée de Nadav Zelner à la Villette/Chaillot
Bedtime Story de Nadav Zelner (c) Rahi Rezvani

La danse intranquille de Johan Inger et indomptée de Nadav Zelner à la Villette/Chaillot

Le Nederlands Dans Theater (NDT), basé à la Haye, est l’une des principales compagnies de danse contemporaine au monde qui a imposé sa marque par des productions non conformistes et originales. Elle est de passage à Paris avec sa branche la plus jeune, le NDT2, composée de dix-huit danseurs âgés de 18 à 22 ans, qui s’inscrit par le programme présenté ce soir, dans cette exploration de nouvelles écritures chorégraphiques et un répertoire avant-gardiste. Olé !

Deux pièces d’une vingtaine de minutes chacune sont présentées et qui sortent des sentiers battus. La première signée du Suédois Johan Inger (Out of Breath) déploie une écriture impulsive et éloquente de haut vol, tandis que la seconde du chorégraphe israélien Nadav Zelner (Bedtime story) nous plonge dans une effervescence aussi vitale que théâtrale !

Dualité et frénésie

Avec « Out of Breath », la dualité est à l’œuvre. Une course-poursuite effrénée s’empare du plateau, seul, en duos, ou en groupe, propice à l’élan et à la chute, à la résistance et à la perte, où le chorégraphe scrute sans relâche, d’une main de maître, les ressorts d’un instinct de survie.

La danse, à l’abri d’une gestuelle intranquille et d’une dynamique des corps avec des duos de haute tenue, hypnotise littéralement la scène, tandis que la musique, cadencée et virtuose, composée par Jacob ter Veldhuis et le violoniste Lajko Felix, transcende cette traversée crépusculaire aux prises entre l’anéantissement et l’envol.

Image saisissante que celle qui voit les solistes tomber à la renverse ou s’échapper derrière un décor de mur incurvé. Puis, inexorablement revenir sur la scène pour un retour à la vie, la plus que vive. Du grand art. Bravo !

Changement d’univers radical avec le vocabulaire endiablé et bigarré de Nadav Zelner (Bedtime story) dans un mouvement déstructuré qui est démultiplié, sous des percussions nord-africaines. Le chorégraphe pousse les corps dans ses derniers retranchements et offre une sarabande, prétexte à toute les libertés, aux influences de la danse populaire et du théâtre où s’explore sur un ton décomplexé, le tourbillon des rêves et leur emprise éternelle. Bravo !

Dates : 14 au 17 juin 2023 – Lieu : La Villette et Chaillot Théâtre National de la danse  (Paris)
Festival d’été de Châteauvallon les 22 et 23 juin 2023
Chorégraphes : Johan Inger / Nadav Zelner

Une adaptation haute en couleur follement réussie du mariage de Figaro au Lucernaire

Le Lucernaire donne carte blanche au Collectif La Folle Journée pour insuffler une énergie folle à l’œuvre légendaire de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais appelée au sens large La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro. Beaucoup de folie dans ces 1h35 de spectacle menés tambour battant et sans temps mort. Texte au cordeau, chansons rock, attitudes outrancières, rien ne manque pour adapter l’intrigue à notre temps et la rendre furieusement rock’n’roll. La première représentation le 27 avril 1784 au Théâtre François (aujourd’hui Théâtre de l’Odéon) fut un triomphe, la salle bourrée à craquer et la salve d’applaudissement finale montre qu’il en est de même en 2023.

Un mariage acerbe et éffronté

La pièce écrite en 1781 et victime de plusieurs années de censure pour sa dénonciation des privilèges archaïques de la noblesse toucha une si vaste audience qu’elle fut adaptée en opéra par Mozart et Lorenzo da Ponte sous le titre Le nozze di Figaro (Les Noces de Figaro). Quelques mesures se font d’ailleurs entendre à la sauce électronique, un peu à la manière de Wendy Carlos pour les œuvres de Beethoven dans Orange Mécanique. De quoi contribuer à l’ambiance électrique qui secoue les personnages d’une intrigue complètement folle. Chansons de David Bowie (Suffragette City), Queen (Under Pressure) et Richard Cocciante (Le coup de soleil) contribuent au rythme d’une pièce qui va marquer l’été théâtral parisien, comme L’écume des jours le fit en 2022 (déjà de la folie et de l’énergie), pièce d’ailleurs reprise au Lucernaire. Les comédiens sur scène courent, virevoltent, s’époumonent, chantent mais surtout incarnent à la perfection la duplicité de personnages soit imbus d’eux-mêmes soit obligés d’user de duplicité pour trouver une bonne place dans la société et gagner leur vie. Difficile de savoir quels sont les noms des comédiens derrière les personnages (bien dommage!) mais ils méritent tous un immense bravo. La troupe revêt les habits de personnages truculents qui font de la pièce une grande cour d’école délurée. Le valet Figaro est un garnement habile à l’œil rusé, sa promise camériste Suzanne est une jeune femme malicieuse et séduisante, le Comte Almaviva est un aristocrate libertin qui pense être intelligent mais ne l’est pas tant que ça, la Comtesse délaissée joue un bon tour à son cuistre de mari, Chérubin est joué par une comédienne au toupet étonnant, Bazile est un impénétrable professeur de clavecin caché derrière ses lunettes noires (là aussi interprété par une comédienne), Marceline est une femme de charge bougonne, Antonio est un jardinier aux airs de Bourvil, tant de personnages mais toujours la même truculence. L’adaptation de Philippe Person laisse libre cours à une imagination débordante pour aboutir à une bande de personnages grandiose, un peu comme un épisode du Journal de Mickey, les travers sont dépeints avec tendresse et les situations les plus alambiquées sont toutes pleines d’une immense charge comique. Mais surtout le texte est là, subtil, clairvoyant, puissant, énoncer avec grâce et aisance par de jeunes comédiens à l’indéniable talent.

Il faut voir la manière dont une comédienne change une regrettable mais inévitable erreur de prononciation en une irrésistible pirouette comique, signalant ainsi son aisance, son habileté et la maitrise du texte pour ne pas perdre contenance et faire rire le public. Du grand art, comme tous les comédiens qui ont su faire de cette pièce du XVIIIe siècle un grand succès du XXIe siècle.

Synopsis:

PRENONS NOS DÉSIRS POUR LA RÉALITÉ

C’est le jour des noces de Figaro, valet du comte Almaviva et de Suzanne, camériste de la comtesse. Jour de joie donc mais soumis aux dérèglements des cœurs, des corps et des horloges. La journée devient folle. Parmi ses dérèglements, ceux du comte et de ses désirs impérieux pour Suzanne, ceux de Marceline, femme de charge, qui estime que Figaro lui appartient, sans oublier la comtesse qui, délaissée, soupire pour un jeune chérubin dont les sens sont eux-même en ébullition. Tandis que les horloges s’emballent, il s’agit de faire entendre que c’est la société qui est déréglée et qui conduit à ce désordre. Figaro, le fou de cette folle journée est alors le plus sage d’entre tous.

Selon que vous serez puissant ou misérable…

Création inédite à découvrir pour la première fois au Lucernaire.

Détails: Mercredi < samedi 20h | Dimanche 17h

Un triomphe total pour une Bohème au sommet au Théâtre des Champs Elysées

Le Théâtre des Champs Elysées a laissé carte blanche à Eric Ruf pour une adaptation éblouissante de la Bohème, de celles qui marquent la saison lyrique à Paris. L’Opéra légendaire de Puccini bénéficie d’une scénographie à la hauteur et d’une distribution chaudement acclamée à la fin de la représentation. Si la première représentation permettra quelques nécessaires ajustements, rien ne remet en cause les choix réalisés pour faire revivre le Paris du XIXe siècle et l’impression de magie que dégagent les plus de 2h de spectacle.

Un drame ravivé avec élégance

La Bohème est un opéra en 4 tableaux de Giacomo Puccini composé entre 1892 et 1895, il fut créé le 1er février 1896 au Teatro Regio de Turin, sous la direction d’Arturo Toscanini. Rentré depuis dans la légende de l’art lyrique, son action se déroule à Paris en 1830 et 1831. Adaptée des Scènes de la vie de bohème d’Henry Murger, l’œuvre donne naissance à la figure devenue mythique de Mimi, jeune femme éprise de Rodolpho dans un Paris rêvé et synonyme d’insouciante jeunesse estudiantine et artistique. Puccini offre un écrin lyrique de choix à cette romance tragique avec une trame mélodique intense et généreuse. Le couple MimiRodolfo est incarné par la jeune soprano Selene Zanetti et le ténor samoan Pene Pati. Leurs prestations donnent le ton d’un opéra mis en scène avec maestria par le patron du Français, Eric Ruf et orchestré par le jeune chef italien Lorenzo Passerini pour diriger l’Orchestre National de France. 50 et 55 minutes ne sont pas de trop pour laisser s’épanouir les 2 parties du spectacle rythmé par les applaudissements enthousiastes du public face à un drame de l’amour éternel. La distribution est au diapason de l’enjeu lyrique avec un nombre considérable d’interprètes et de figurants pour accompagner le couple mythique et donner un souffle impressionnant à l’intrigue. 4 amis désargentés mais décidés à conquérir la capitale se retrouvent dans une mansarde aussi miteuse que mal chauffée du Quartier Latin. L’un d’eux rencontre l’amour en la personne de la belle Mimi et devient le héros malheureux d’une histoire marquée du sceau de la tragédie. Rodolfo, Marcello, Schaunard et Colline sont interprétés par 4 ténors de talent qui réchauffent le cœur de la salle. L’idylle compliquée entre Marcello et Musetta sert l’intrigue en ajoutant humour et légèreté au contexte. Les immeubles parisiens d’avant Haussmann occupent la scène avec des échafaudages dans une mise en scène très théâtrale et les costumes de Christian Lacroix concourent à un réalisme tragique qui marquera les spectateurs pour longtemps.

France Musique diffusera cet opéra le 2 septembre à 20h (Samedi à l’Opéra présenté par Judith Chaine) et cet opéra sera diffusé prochainement sur la chaîne YouTube du Théâtre (TCE Live). Encore 4 représentations entre le samedi 17 juin et le samedi 24 juin pour s’extasier devant une proposition lyrique majeure de la saison parisienne 2023.

Détails:

CŒUR ORCH. 180 €

CAT. 1 145 €

CAT. 2 105 €

CAT. 3 75 €

CAT. 4 35 €

CAT. 5 15 €

CAT. 65 €

  1. Jeudi 15 juin 19H30
  2. Samedi 17 juin 19H30
  3. Lundi 19 juin 19H30
  4. Jeudi 22 juin 19H30
  5. Samedi 24 juin 19H30

Une vente aux enchères exceptionnelle d’une vingtaine de dessins de Sempé originaux le 29 juin 2023

Quand une vingtaine de dessins originaux de Sempé son mis aux enchères, c’est un évènement. Provenant directement de la famille de l’artiste, les dessins seront mis en vente par l’étude Baron Ribeyre le jeudi 29 juin 2023 à Paris Drouot.

Un dessinateur de légende

Jean-Jacques Sempé est l’un des dessinateurs humoristes français les plus connus de l’histoire. Qui n’a pas lu les histoires du Petit Nicolas ou les scénettes disséminées dans certains des journaux les plus connus du monde comme The New Yorker, Le Figaro, Paris Match, Télérama, Le Nouvel Obs, L’Express, entre autres. Sa notoriété a traversé les âges jusqu’à aujourd’hui pour laisser le souvenir d’un artiste bienveillant, piquant et observateur. L’ensemble des dessins est le premier ensemble mis aux enchères depuis le décès du dessinateur en 2022. La vingtaine de dessins originaux est pour la plupart méconnue du public et réalisée dans la 2e partie de sa vie dans les années 2000. Mon rêve, c’est plutôt d’être au cœur de l’âme de chaque personnage. De regarder l’intime plutôt que le monde. Ses mots résonnent dans l’esprit de tous ceux qui se rappellent à quel point il affectionnait des thèmes plein d’humanité pour mettre en avant les petites hypocrisies, les petites faiblesses et les grands attachements et mettre en relief la complexité de l’être humain. Vie parisienne, musique, danse, enfance, vie mondaine, les thématiques sont nombreuses et toujours très bien avivés dans ses dessins très souvent simplement en noir et blanc précis et fouillés pour mettre en avant un éléments essentiel dans une marée de détails futiles.

Parmi cette collection, un dessin original appelé La danseuse coloré à l’aquarelle et paru en couverture du journal The New Yorker le 24 Octobre 2005 est le joyau le plus visible.

Détails:

BARON RIBEYRE
Expositions à Drouot
Mercredi 28 juin 11h à 18h et Jeudi 29 juin de 11h à 12h
Vente aux enchères – Paris – Hôtel Drouot
Jeudi 29 juin 2023 à 13h30

Une belle rétrospective sur l’âge d’or du cinéma mexicain au cinéma le 14 juin avec 5 films noirs (Camelia)

5 films mexicains très noirs sont à découvrir en salles le 14 juin 2023. L’âge d’or du cinéma mexicain se situe généralement dans la période coïncidant avec la Seconde Guerre mondiale. Mais plusieurs années avant, ce cinéma pas bien connu a connu un niveau technique et artistique de très haute qualité et bénéficiait de très bonnes retombées, localement ou à l’international. 5 films sont à redécouvrir le 14 juin pour de belles découvertes cinéphiliques présentés dans une rétrospective qui fait l’évènement.

Crepusculo (Crépuscule)

De Julio Bracho
Avec Arturo de Cordova, Gloria Marín, Julio Villarreal

Synopsis: Le docteur Alejandro Mangino vient de publier un livre, intitulé Crépuscule, où il semble évoquer sa propre déchéance. À cette occasion, il se remémore les événements dramatiques qui l’ont conduit à remettre en question sa brillante carrière de chirurgien. Amoureux fou de Lucía qui l’avait quitté, il découvre à son retour d’Europe, après de brèves retrouvailles fortuites dans un atelier de sculpture, qu’elle a épousé son meilleur ami. Les deux anciens amants ne tardent pas à renouer une liaison, malgré la résistance d’Alejandro, troublé par ses sentiments naissants pour la sœur cadette de Lucía, Cristina.
 

Distincto Amanecer (Une aube différente)

De Julio Bracho
Avec Andrea Palma, Pedro Armendariz, Narciso Busquets

Synopsis: Sur ordre du gouverneur Vidal, un dirigeant syndical est assassiné au centre de tri postal de Mexico. Son camarade, Octavio, parvient à s’échapper, mais il est poursuivi par des agents secrets lancés à ses trousses. Il se réfugie dans un cinéma où il rencontre par hasard Julieta, son amour de jeunesse. Cette dernière mène désormais une existence misérable, aux côtés d’un écrivain raté qui était autrefois l’ami d’Octavio. Le couple décide d’aider le fugitif à empêcher que des documents compromettants tombent entre les mains des hommes du gouverneur.
 

Salon Mexico (Les bas-fonds de Mexico)

De Emilio Fernandez
Avec Miguel Inclan, Marga Lopez, Rodolfo Acosta

Synopsis: Mercedes, une entraîneuse du cabaret Salón México, amasse chaque semaine la somme d’argent nécessaire pour payer les coûteuses études de sa jeune sœur Béatrice, pensionnaire dans une institution huppée. Elle espère ainsi lui offrir un avenir plus radieux que le sien. Personne ne connaît la double vie épuisante de Mercedes, à l’exception d’un agent de police qui tente de lui venir en aide.
 

El Suavecito (Roberto la douceur)

De Fernando Méndez
Avec Enrique del Castillo

Synopsis: Dans un quartier modeste de Mexico, Lupita, employée de magasin, est amoureuse de son voisin Roberto, surnommé « le doux » (« El suavecito »), un mauvais garçon irresponsable qui lui rend la vie impossible. Carlos, chauffeur de taxi honnête et travailleur, s’éprend de Lupita, provoquant la jalousie de Roberto.

El medallon del crimen (Le médaillon du crime)

De Juan Bustillo Oro
Avec Rosario Granados, Manolo Fabregas, Rita Macedo

Synopsis: Un employé de bureau, après une soirée trop arrosée entre collègues, aborde une femme seule dans un bar, attiré par la broche sur sa robe qui a appartenu autrefois à son épouse. Sous l’emprise de l’alcool, il se retrouve mêlé malgré lui à une affaire de meurtre, et traqué par un tueur fou.

Mayu dévoile son premier album Espérance, Sortie le 09/06/2023 chez Baboo Music / Kuroneko

Le chanteur et compositeur Mayu dévoile son premier album Esperance le 09 juin 2023 et se produira le 13 juin au Zèbre de Belleville en live pour rencontrer son public. L’artiste brésilien a composé des chansons en français pour une belle rencontre culturelle entre les 2 pays.

Un album du soleil

Mayu n’est pas un nouveau venu sur la scène musicale. Il a sillonné les routes en tant membre de diverses formations, il est à la fois contrebassiste, chanteur et multi-instrumentiste, il semble n’avoir aucune limite et exprime sa passion pour la musique de toutes les manières possibles. Mayu se lance maintenant en solo sous son propre nom, accompagné par divers musiciens de talent, aussi bien sur l’album que sur scène. Nicolas Auger aux claviers, Lucas Ghelfi à la guitare et Simon Flouret à la batterie l’accompagnent dans des compositions empreintes de bossa nova, de jazz et de musique populaire brésilienne. Son premier EP Pas d’ici a déjà fait un joli buzz, le voilà de retour avec Espérance, déclaration d’amour en français à la musique sous toutes ses formes dans un éblouissant mélange culturel. 2 clips vidéo sont déjà disponibles, Parle-moi du soleil et Pas d’ici pour un vrai coup de cœur musical. Mayu est arrivé de son Brésil natal en 2009 et a intégré rapidement le Conservatoire d’Agen avant que son potentiel n’intéresse Aurélie Cabrel et Esthen Dehut. Le premier single Parle moi du soleil est une composition de Francis Cabrel, pleine de suavité et de douceur. Le premier album Espérance se veut intimiste et dresse des ponts entre chanson française, jazz et musique populaire brésilienne. Si les rythmes de là-bas accrochent rapidement l’oreille, une vraie originalité s’en dégage du fait de la voix du chanteur et de son jeu bondissant de contrebasse. Le morceau Ailleurs est chatoyant et caresse l’oreille, Ceu est plus rythmé et bondissant, Sol Maior est plus lumineux.

La joie et l’émotion se bousculent à travers les 11 titres d’un album à découvrir tandis que l’été arrive sur la métropole. Intimiste et coloré, l’album est à découvrir le 13 juin prochain au Zèbre de Belleville à Paris pour célébrer un artiste qui devrait percer à plus grande échelle très prochainement.

[BD] Nautilus tome 3 : épilogue d’un récit d’espionnage spectaculaire (Glénat)

[BD] Nautilus tome 3 : épilogue d’un récit d’espionnage spectaculaire (Glénat)

Clap de fin pour la très bonne série Nautilus qui vient de tirer sa révérence de la plus belle des manières avec un épisode conclusif dans la lignée des précédents albums. Le Capitaine Nemo et l’agent Kimball vont une nouvelle fois voir leur destin s’entremêler dans un récit dense où espionnage, trahison et secrets d’Etat ne font pas bon ménage.

Un scénario élaboré qui élude tout écueil manichéen et sert une vision tout en nuance des intérêts en présence. L’action est toujours au coeur de cette plongée explosive dans les abysses qui font le terrain de jeu du Nautilus. Le dessin aura offert un vrai spectacle tout au long de cette trilogie.

C’est donc à regret que nous quittons le NautilusUne série à lire, que vous soyez adepte de Jules Verne ou que vous préfériez les récits d’espionnage. 

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Le danger viendra du fond de l’océan…

Accusé à tort d’avoir commis un attentat meurtrier, Kim n’a cessé de clamer son innocence !  Maintenant, les documents qui auraient pu prouver cette méprise ont à jamais disparu dans l’abysse de l’océan. Quant à la guerre qui se prépare entre la Couronne britannique et le tsar de Russie, elle semble inéluctable. À bord du Nautilus, un homme se réjouit de la tournure que prennent les événements : le capitaine Némo. Aux manettes de son vaisseau insubmersible, il s’attaque à la flotte anglaise, guidé par sa soif de vengeance. Jaya, qui œuvre pour la Couronne, doit à tout prix trouver un moyen de l’arrêter. Kim, quant à lui, veut empêcher un conflit sanglant qui ferait des milliers de victimes ! Contraints de s’allier contre la menace que représente Némo, ils vont échafauder un plan audacieux : détourner le sous-marin russe du général Ostrov afin d’attirer le Nautilus ! Mais Kim parviendra-t-il à épargner les dommages civils et à revoir son fils ? Sera-t-il à jamais considéré comme un traître ? Le dernier tome de cette trilogie spectaculaire tient toutes ses promesses ! Ce récit d’espionnage et d’aventures riche en personnages complexes nous offre une véritable course-poursuite à l’échelle planétaire.

Date de parution : le 31 mai 2023
Auteurs
: Mathieu Mariolle(scénario)
et Guénaël Grabowski (dessin)
Genre : Aventure, Action,
Editeur : Glénat
Prix : 14,95 € (56 pages)
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[Manga] La Dame de la chambre close : oeuvre culte rééditée pour vous faire frissonner (Glénat)

[Manga] La Dame de la chambre close : oeuvre culte rééditée pour vous faire frissonner (Glénat)

Récemment rééditée, La Dame de la chambre close est un manga one shot plus que glauque où une jeune femme d’apparence très étrange harcèle un jeune étudiant de jour comme de nuit. Installant un climat suffocant et anxiogène, Minetaro Mochizuki signe un récit au style indescriptible. Un inclassable qui oscille entre thriller, fantastique, et horrifique. 

C’est ainsi que La Dame de la chambre close s’est facilement imposé comme un classique dès sa première parution en 1993 et c’est un plaisir de pouvoir le redécouvrir. Ce fut aussi l’occasion de se replonger dans l’univers de Minetaro Mochizukiz, avec son autre manga (série) culte Dragon Head. 

Une sortie à ne pas manquer !

Résumé de l’éditeur :

Toc toc toc, je suis là…Alors que Hiroshi s’était enfin décidé à déclarer sa flamme à la fille qu’il aime, le voilà harcelé par… cette inconnue. S’il n’était pas sorti ce soir-là pour vérifier ce qu’il s’y passait, cette grande femme à l’imperméable lugubre ne serait jamais entrée dans sa vie ! Qui est donc cette inconnue qui s’invite chez lui ? Pourquoi l’appelle-t-elle à toute heure du jour comme de la nuit ? Que lui veut-elle et pourra-t-il lui échapper ? Minetaro Mochizuki signe cette histoire fantastique en 1993, deux ans avant sa série culte Dragon Head. Déjà son talent hors pair et son sens du suspense explosent à chaque page. Et ses traits si particuliers nous plongent avec facilité dans une ambiance glauque et angoissante. Ce one-shot, grand classique du manga horreur-fantastique apportera son lot de frissons à tous ceux qui veulent (re)découvrir la légende urbaine de la femme qui sonnait aux portes.

Date de parution tome 3 : le 19 avril 2023
Auteurs
: Minetaro Mochizuki (Scénario, Dessin)
Genre : seinen, horreur
Editeur : Glénat
Prix : 6,99 € (220 pages)
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Les Gueules Noires dévoilent leur nouvel album le 15 juin chez L’autre distribution

Gueules Noires propose une musique résolument rock et se veut un hommage aux mineurs exploités dans les mines belges et congolaises. Le premier titre Diep Graaf (Creuser en profondeur, en français) n’y va pas par 4 chemins, le devoir de mémoire est au cœur de la musique du groupe emmené par le chanteur et guitariste Dierick.

Un album très rock

Chacun s’en souvient, gueules noires était le surnom des mineurs, belges ou français, obligés de descendre très profondément sous terre pour exploiter le charbon au risque des accidents et des maladies. Le groupe évoque aussi les esclaves congolais obligés de subir le même sort pour les seuls intérêts capitalistes et coloniaux des occupants belges. Le guitariste belge Dierick choisit de se souvenir pour ne pas oublier ces forçats de la faim dans un hommage à la culture minière, à sa région et au courage des familles belges et congolaises. Les XIXe et XXe siècle ont été marqués par cet épisode de l’industrialisation et le groupe en fait un vibrant écho aux problématiques économiques et sociales d’aujourd’hui. Les singles Diep Graaf et Qu’elle me revienne sont à l’image de l’album, rock et sans concession. Les textes sont acides, reflet d’une rage qui ne demande qu’à s’exprimer et interrogent sur la digitalisation du monde actuel. Le groupe fait la thèse (osée mais crédible) de la prise en otages des esprits actuels par le monde internet dirigé par les grandes puissances capitalistes, comme l’étaient les corps des mineurs marqués par la peur du coup de grisou et le labeur à des centaines de mètres de profondeur. Gueules Noires évoque également le passé colonial comme une tâche sur les consciences. Le groupe pousse un cri radical porté par la voix de Dierick et les guitares qui résonnent à grands coups de médiator. La musique est rock, monolithique, le son est fort et va directement aux tripes, la guitare ressemble aux pioches qui creusaient dans le charbon.

Les titres en anglais et en français reviennent sur des faits historiques trop souvent poussés sous le tapis de la bonne consciences. L’album revient sur des souvenirs d’enfance de Dierick entendus de la bouche de ses parents et grands-parents. Un album qui stimule le cortex et donne envie de sauter le plus haut possible pour essayer de se faire entendre des autorités capitalistes.

La Double Inconstance sous le regard acéré de Galin Stoev, sur France 4

La Double Inconstance sous le regard acéré de Galin Stoev
La DOUBLE inconstance © Marie Liebig

La Double Inconstance sous le regard acéré de Galin Stoev, sur France 4

Cette pièce sera diffusée sur France 4 le 11 juin à 21h10.

Le théâtre de Marivaux est tout un art, l’art même du théâtre, où il est d’usage d’orchestrer des stratégies amoureuses avec sa part de faux-semblants. Si le cœur est une forteresse, alors il faut déployer des trésors d’ingéniosité pour parvenir à ses fins. Il y a dans ce goût du calcul et de la manipulation, une certaine dose de mystification. Mais ce n’est qu’une étape nécessaire pour obtenir, à la fin, le cœur de celui (ou celle) qu’on convoite ardemment.

Épris d’une jeune paysanne prénommée Silvia, un prince et sa suite doivent user de tous les stratagèmes pour briser la relation amoureuse qui unit cette dernière à Arlequin, un garçon de son village. Manipulés, trompés, les deux fiancés sont peu à peu amenés à désavouer les promesses de mariage qui les destinaient l’un à l’autre.

Entre-temps ce sera cruellement explorée la confusion des sentiments à l’abri de multiples stratèges, machinations diverses, mensonges, émois et aveux, mettant à l’épreuve les personnages dans un processus laborieux et initiatique avant qu’ils ne puissent se révéler à eux-mêmes.

Les corps endiablés se jouent à merveille de l’amoralité du marivaudage

Dans une scénographie captivante d’Alban Ho Van, toute en transparence et sous-entendu, mélangeant rotonde bucolique et palais princier high-tech avec écrans de contrôle et caméras de surveillance, Galin Stoev éclaire d’une dimension nouvelle et cruelle la manipulation des âmes innocentes. La fluctuation des inclinaisons amoureuses et l’ambiguïté des rapports de force y sont passés au scalpel. Où ce classique de Marivaux se renouvelle par sa sensualité et sa modernité.

Galin Stoev y explore avec un regard acéré l’opposition flagrante de deux mondes : celui du pouvoir et celui de la soumission. L’authentique amour entre Silvia et Arlequin devient un sujet d’expérience, « pareil à une souris blanche » dans un laboratoire. Les paysans amoureux que le prince veut manipuler pour conquérir l’élue sont enfermés dans une cage de verre où ils sont observés, écoutés, et déstabilisés dans le but de les éloigner l’un de l’autre.

La langue magnifique et experte de Marivaux, délestée ici de toute emphase, porte à son paroxysme les jeux de séduction et d’abus de pouvoir et fait la part belle au trouble, au désir, à la provocation, et à la soumission des personnages.

Les comédiens sont excellents dans cette fuite en avant où les corps endiablés se jouent à merveille de l’amoralité du marivaudage, imprimant à ce Marivaux un renouveau gagnant.

Date : 11 juin 2023 à 21h10 sur France 4
Mise en scène : Galin Stoev

[BD] Hawkmoon, tome 2 : l’épique bataille de Kamarg (Glénat)

[BD] Hawkmoon, tome 2 : l’épique bataille de Kamarg (Glénat)

Hawkmoon récidive dans ce nouvel épisode plus qu’épique où l’on assiste à la très grand bataille de Kamarg. Le Duc Köln obtient un sursis qui lui permet de s’engager auprès du Comte Airain et se battre pour sauver la cité d’Aigues-Mortes (références qui nous parlent, à Montpellier !). De quoi largement se délecter tout au long des 64 pages spectaculaires qui composent l’album.  Le premier album promettait une belle saga, c’est chose faite.

Jérôme Le Gris (Serpent Dieu, Les Âges perdus, Lord Gravestone) et Benoît Dellac (L’homme de l’année, Serpent Dieu, Nottingham) honorent ainsi l’oeuvre originale de Michael Moodrock pour notre plus grand plaisir !

A ne pas manquer !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

La Kamarg seule contre le Mal !

Le Ténébreux Empire continue d’étendre son pouvoir sur le Vieux Continent. Tombé aux mains de l’ennemi, le duc Dorian Hawkmoon a été victime d’une expérimentation effroyable, et le joyau noir implanté sur son front assujettit désormais son esprit à la volonté du Baron Meliadus. Envoyé comme espion en Kamarg, un des derniers royaumes libres, Dorian a pour mission de gagner la confiance de son souverain, le Comte Airain, et d’enlever sa fille Yisselda ! Mais ce plan machiavélique pourrait bien échouer grâce à la science des savants de Kamarg. Toujours menacé par le pouvoir de la pierre noire, Hawkmoon pourra-t-il arrêter les Granbretons qui marchent sur la cité d’Aigues-Mortes ? Protégée derrière ses hautes tours sentinelles et dotée d’une technologie puissante, la Kamarg peut se défendre. Mais elle n’a encore jamais affronté d’adversaire aussi redoutable. Le légendaire duc de Köln parviendra-t-il à protéger ses alliés et empêcher la chute du Comte Airain face aux armées maléfiques du Roi-Empereur dégénéré…
Après Elric, l’adaptation de l’autre grande saga de fantasy de Michael Moorcock, cette ambitieuse série continue de nous surprendre, révélant une œuvre sombre, mâtinée de science primitive et de magie futuriste. Cycle épique et inclassable par son mélange de références, Hawkmoon est aussi le récit d’une vengeance terrible que Jérôme Le Gris et Benoît Dellac magnifient avec générosité. Ils redonnent à cette œuvre magistrale un souffle d’une troublante modernité. 

Date de parution : le 17 mai 2023
Auteurs
: Jérôme Le Gris (Scénario), Benoît Dellac (Dessin, Couleurs),
Didier Poli (Dessin)
Genre : heroic-fantasy
Editeur : Glénat
Prix : 15.50 € (64 pages)
Acheter sur : BDFugue

Christina Rosmini de retour avec son nouvel album INTI, sortie le 26 mai chez Couleur d’Orange / L’autre distribution

Christina Rosmini est une artiste aux nombreuses facettes. Comédienne, chanteuse, danseuse, musicienne et auteur, elle s’affranchit des barrières et choisit de ne pas choisir. Originaire de Marseille, elle revendique ses origines espagnoles, corses et italiennes avec des chansons dédiées au soleil dans son nouvel album Inti rempli de chansons françaises du monde, entre chanson à texte, jazz et world latine.

Des chansons remplies de sincérité

Dès la première écoute, l’auditeur ne peut pas manquer cette voix chaude et sensuelle, marquée par un joli accent du sud aussi charmant que fascinant. Les paroles sont remplies de fantaisie et d’émotion, de quoi attirer l’attention, surtout qu’elle peut revendiquer une expérience déjà conséquente. Elle a d’abord travaillé le chant et la danse avec Roland Petit à l’école de l’Opéra de Marseille, également à l’école du Studio des Variétés à Paris, puis dans la comédie musicale. Elle a joué et dirigé les arrangements vocaux de la compagnie Roger Louret pour les Z’Années Zazous aux Folies Bergère et les Années Tubes sur TF1. Inti (qui signifie Dieu du soleil amérindien) se veut à l’image de l’artiste, un rappel de l’importance de la bienveillance et de la préservation des liens humains. Elle mélange spiritualité et poésie dans des paroles qui font écho également à son engagement politique plein d’humanisme. L’artiste recherche une sincérité toute pleine de générosité comme le montre bien le clip ci-dessous où elle est accompagnée de musiciens talentueux, Bruno Caviglia aux guitares, Sébastien Debard aux claviers, à l’accordéon, au bandonéon et à l’accordina, Xavier Sanchez à la batterie et au cajón, et Bernard Menu à la basse. Christina Rosmini est une artiste qui ne s’économise pas, ses prestations allient danse, chansons et humour avec une belle générosité. Elle évoque également la spiritualité et la force créatrice féminine pour revendiquer un optimisme dont le monde a tant besoin aujourd’hui. Les influences méditerranéennes suintent dans toutes les chansons d’Inti et donnent envie de danser, tout simplement.

Le nom de l’album évoque un dieu inca et symbolise une œuvre remplie d’ondes positives. L’artiste est engagée, elle s’investit dans des causes humanitaires, comme le soutien aux migrants et migrantes, l’émancipation féminine, ou les problématiques environnementales. E quoi donner envie d’écouter un album qui vous donnera le sourire.

Pourquoi je suis triste, des éditions Usborne

  Pourquoi je suis triste, des éditions Usborne

Dans la collection, C’est quoi… ? des éditions Usborne, un nouvel album vient de sortir : Pourquoi je suis triste ?

Le jeune lecteur va découvrir de nombreuses situations où la tristesse sera ressentie. Il pourra soulever les rabats qui donnent des explications à la situation décrite.

Peut-être parce que tu t’ennuies. Ou tu te sens seul, ou quelqu’un te manque.
Mais pourquoi on pleure ?
Peut-on tous être tristes ? les grands comme les petits ?
Je dois vraiment être triste ?

Parfois, après la tristesse… on ressent le bonheur encore plus intensément !
A la dernière page de ce chouette album, joliment illustré, avec de nombreux rabats, le jeune lecteur trouvera quelques conseils pour ne plus être triste et même retrouver le sourire !
Pourquoi je suis triste, un beau cadeau à faire à tous nos petits trésors !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2023
Auteur : collectif
Illustrateur : collectif

Editeur : Usborne
Prix : 9,95€

Là où murmure le vent, un roman de Cathy Galliègue (Terres de France)

Là où murmure le vent, un roman de Cathy Galliègue (Terres de France)

Publik’Art suit depuis toujours cet auteure emplie d’humanité, Cathy Galliègue.
Après La nuit, je mens, Boire ma vie jusqu’à l’oubli, voilà, Là où murmure le vent.

Cathy Galliègue a des thèmes récurrents, comme les relations familiales, la place du père, l’amour, la mort, les relations intimes… Et dans son dernier roman, on retrouve complètement l’auteure. Ses déchirures, ses cicatrices, ses combats. Mais aussi la vie, l’amour. Et même surtout l’amour !

Gabin est devenu un vieil homme, un homme qui souffre de la maladie d’Alzheimer. Mais il se souvient encore d’avoir été très amoureux, de « la petite ». Où est-elle ? Où habite-t-elle ? Il pose encore et encore la question au Docteur qui passe le voir régulièrement. Il est obsédé par « la petite ». Solange ! Il se souvient de tout, la concernant. C’était son grand amour. Elle avait quinze ans quand ils sont tombés amoureux amoureux. Mais rien n’a été simple. Leurs vies étaient difficiles, aussi bien pour Gabin, que pour Solange. Davantage encore pour Solange qui avait un père violent. Excessivement violent. Mais Suzanne avait aussi un frère, son protecteur, Clovis.

Tout au long du roman, le lecteur ne peut que s’attacher à chacun des personnages, Gabin, Suzanne, Clovis. Et les suivre tout au long des années. Leurs joies, leurs chagrins, leurs combats, leur vie au quotidien, rien n’a échappé à Gabin. Quand il s’agit du passé, il se souvient.
La plume de Cathy Galliègue nous bouleverse, comme à chaque roman. Elle entre dans l’intimité de chacun, avec une justesse infinie.

La vie passe à toute vitesse et quelquefois, on ne fait pas le bon choix… Et c’est trop tard pour revenir en arrière… C’est la vie…

Là où murmure le vent nous à la fois happés et bouleversés ! A découvrir sans plus tarder !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2023
Auteur : Cathy Galliègue
Editeur : Terres de France
Prix : 20 €

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