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« Café Müller » possédé par Pina Bausch

"Café Müller" possédé par Pina Bausch
© Uwe Stratmann

« Café Müller » possédé par Pina Bausch

Des panneaux vitrés d’une porte-tambour tournent. Une femme, poussée dans la pénombre de la scène par le tourniquet, se faufile entre les chaises vides pour disparaître à nouveau côté cour. C’est le début de « Café Müller », une pièce de Pina Bausch et chef-d’œuvre fondateur de sa singulière danse-théâtre.

Evoluant dans un espace encombré de chaises et de tables vides, six hommes et femmes se poursuivent et s’étreignent sans fin avec violence ou passion. Ils veulent s’apprivoiser, se conquérir, laisser parler leur désir, mais en vain : la solitude l’emporte. Les corps en mouvements sont hésitants, se font violence, se heurtent entre eux ou contre les murs, se cherchent, se collent et se repoussent.

Une traversée chahutée donc. D’un élan sans cesse menacé et qui donne naissance à une chorégraphie radicale évoquant les thèmes majeurs et fondateurs de la chorégraphe : la solitude, l’errance, la perte, l’incommunicabilité, la douleur d’être soi, la difficile relation à l’autre.

Une dramaturgie dansée

Le désir y est aussi criant. Les danseurs s’y livrent à corps perdus, avec une rage de vivre bouleversante. Car la détermination qui se manifeste dans cette quête éperdue recèle toujours une force, une volonté de ne pas abandonner, de ne pas se laisser détourner de sa destinée, aussi écrasante et désespérante que puisse paraître la situation.

Dans une scène d’anthologie, un danseur place une danseuse dans les bras d’un autre danseur. Ce dernier ne cesse de la laisser tomber avec nonchalance, tandis qu’elle se retrouve dans une infernale boucle d’étreintes éphémères saccadées par des chutes.

Il y a là toute la grammaire de Pina Bausch dans cette intense fuite en avant. Une dramaturgie dansée d’une pureté à couper le souffle. Dans son vocabulaire, on retrouve les poignets tournés vers l’avant et vecteurs de mouvements, des corps parfois basculés en arrière, des gestes étirés, répétés, le tout dans une chorégraphie aux prises avec un enjeu dramaturgique et une évocation du réel.

La musique et les arias de Purcell résonnent d’une ferveur mélancolique tandis que les moments de silence dansés et puissants suspendent le temps. Là où la danse exalte les sentiments et leurs territoires mouvants. Bravo !

Dates : 6 au 12 juillet 2023 – Lieu : La Villette et Théâtre de la Ville hors les murs (Paris)
 Mise en scène et Chorégraphie : Pina Bausch
Direction artistique : Boris Charmatz

Ollie et Compagnie, un beau film pour enfants, le 12 juillet dans les salles

Les 9 histoires réalisées par Anton Setola sont proposés par les Films du Whippet pour 35 minutes de programme à découvrir dès 3 ans. L’aventure se déroule en 9 chapitres:
Chapitre 1 Sauvons les bulles: Ollie, Mabel & Charlie découvrent des bulles de savons et leur fragilité.
Chapitre 2 Un goûter super taupe: Le Goûter d’Ollie perturbé par une petite taupe bien sympathique.
Chapitre 3 Mabel, toute belle pour son anniversaire: Ollie et Charlie rivalisent pour lui offrir la plus belle fête. Laquelle va-t-elle choisir ? 
Chapitre 4 Chasse à l’Arc-en-ciel: Ollie et Charlie veulent capturer l’Arc-en-ciel. Vont-ils y arriver ?
Chapitre 5 Moment de solitude pour Charlie: Charlie a envie d’un moment à lui pour se distraire mais c’est sans compter sur Ollie et Mabel.
Chapitre 6 Concert de tonnerre: Nos trois amis vont transcender la peur par la musique. 
Chapitre 7 Rien ne sert de tricher: Le trio se lance un défi à la voile. Qui sera le gagnant ? 
Chapitre 8 Pas la forme pour Mabel la cigogne: Ollie et Charlie sont aux petits soins pour leur amie. 
Chapitre 9 Nid de miel pour petite coccinelle: Une petite coccinelle vient s’installer dans l’univers d’Ollie et de ses amis.   
Le programme est un plaisir pour toute la famille.

Synopsis : En plein cœur d’une ville grouillante, existe un havre de paix. C’est un petit parc, fermé et oublié, une véritable oasis au milieu de la jungle urbaine. C’est le pays d’Ollie, le hibou, de Charlie, la grenouille, de Mabel, la cigogne, et de cinq petits oiseaux. Les amis de Ollie y vivent de nombreuses aventures racontées en 9 chapitres et qui traitent, au niveau des regards d’enfants, des petites (mais essentielles) choses de la vie : la découverte, l’amitié, la solitude… Il vaut mieux venir à la tombée de la nuit pour rencontrer Ollie et ses complices : c’est le moment où la ville s’endort et où ses habitants vont se coucher. Mais pas nos héros qui, eux, restent bien éveillés pour vivre leurs petites aventures. 
Note d’intention de l’équipe de distribution Adapter une série au cinéma, tel est le nouveau défi des Films du Whippet ! Au travers de neuf chapitres très courts, nous proposons aux enfants une première séance au cinéma tout à la fois récréative et éducative en traitant différents sujets chers aux enfants. Dans quel but ? Un enfant n’a qu’un seul désir dans la vie : jouer pour apprendre en s’amusant. 
OLLIE & COMPAGNIE est particulièrement adapté aux tout-petits pour commencer à se familiariser avec l’image. Si dans cette nouvelle proposition, les valeurs de partage, de mieux vivre ensemble mais aussi la découverte de la vie sont évoquées, c’est avant tout d’émotions dont il sera question : la colère, la jalousie, la joie, la surprise… 

Captain Sparks & Royal Company dévoile son nouveau EP Objectif Lune

Captain Sparks et Royal Company est de retour avec un second EP intitulé Objectif Lune. L’énergie est toujours présente, communicative et vivifiante. Captain Sparks et Royal Company racontent des histoires tout en faisant danser, de quoi donner envie de les écouter pour se remuer tout l’été.

Un joyeux ramdam

Captain Sparks s’appelle Antoine Rigaud, grand dénicheur d’ambiances de fête et d’histoires inspirées de ses propres souvenirs. Le morceau La bande à picsou s’inspire ainsi de son expérience en gestion de patrimoine avec cette constante course au profit qui rend fou et amène à sacrifier l’avenir pour faire fructifier le présent. Le chanteur manie aussi bien le rap que la chanson française ou l’orchestration en fanfare, de quoi rappeler les riches heures de la Mano Negra ou des Négresses vertes grâce à cette petite touche de folie qui fait la différence. Originaires de Rouen, Captain Sparks et Royal Company s’inspirent autant de Georges Brassens que de NTM, le collectif n’a aucune limite pour manier les mots dans une verve bien sentie et les agrémenter d’orchestrations portées par des sources urbaines, latines, électro ou portées par des cuivres ruisselants. La voix du Captain trouve sans difficultés des atours poétiques pour des morceaux entre hip-hop et chanson française. Nostalgie des bons moments du passé, espoir dans un avenir qui chante, références à l’amour et à la vie, le combo cherche le soleil. Ca tombe vraiment bien en ce début juillet 2023. L’album sera défendu sur scène par un groupe qui a envie d’en découdre, les normands partent en tournée tout cet été, leur musique est faite pour être jouée en live, avec un surcroit d’énergie qu’il tarde d’entendre. Les 6 musiciens sont survoltés et vont enflammer les scènes.

Après des Premières lignes découvertes en EP 7 titre en mars 2019, le groupe rouennais a été lauréat du dispositif Go (Région Normandie – 2020) et ne cesse pas de faire saturer les sonos sur scène pour proposer des morceaux irrésistibles.

Le groupe, c’est:
– Chant lead/ Trombone: Antoine “Sparks” Rigaud
– Guitare/ Chant choeur: Josselin Sauvage
– Batterie/ Percus: Yves-Marie Dien
– Saxo: Jérémy Meglinky
– Trompette/ Chant chœur: Thomas Bourreau
– Claviers/ Machines: Julian Mauvieux

[Album jeunesse] Les petits bonheurs de Charlie Blossom, nouvelle série au charme fou (Glénat Jeunesse)

[Album jeunesse] Les petits bonheurs de Charlie Blossom, nouvelle série au charme fou (Glénat Jeunesse)

Nouvelle série au charme fou, Les petits bonheurs de Charlie Blossom nous invite à un doux voyage à travers deux albums écrits avec beaucoup de délicatesse par Camille Osscini et illustrés par le très talentueux Julien Arnal. Tandis qu' »Une glace à la mer » signe le début des vacances d’été, « Des noeuds dans les cheveux » s’ouvre sur la fin de la saison. Et chacun des deux albums commence par le visage de cette petite fille qui garde les yeux fermés avant de plonger dans ces véritables bulles de bonheur. 

Tous les sens sont explorés avec brio, on ressent le premier bain de mer – et toutes les sensations qui l’entourent – comme dans nos souvenirs. Voilà qui nous ramène directement au coeur de notre enfance. Accompagnés par des illustrations absolument sublimes, ces récits offrent un vrai plaisir nostalgique que l’on peut partager à notre tour avec nos enfants. Nous n’en dirons pas plus car il faut faire l’expérience des petits bonheurs de Charlie Blossom en cultivant la surprise et le lâcher prise (bref, avec une âme d’enfant). 

Alors, il ne vous reste plus qu’à vous jeter dessus les yeux fermés !

Extrait :

Résumé de l’éditeur :

Les petits bonheurs de Charlie Blossom, ce sont ces instants de l’enfance, précieux, éphémères, savoureux, qui rendent l’instant présent unique. « Il y a des traces de sel sur la peau et les pointes de cheveux emmêlées par le vent. Si l’on traînait encore un peu ? Aujourd’hui, c’est presque comme des vacances, et les vacances, c’est pas fait pour être sérieux. Qu’est-ce qu’on est bien. C’est donc ça le bonheur, comme une glace à la mer. » Le bonheur, ça se goûte, au présent, les cinq sens en éveil.

Les petits bonheurs de Charlie Blossom, ce sont ces instants de l’enfance, précieux, éphémères, savoureux, qui rendent l’instant présent unique. Sans que tu t’en rendes compte, l’été s’achève. C’est vrai que les cigales chantent un peu moins fort. Mais aujourd’hui, tu as encore le temps, on s’occupera des valises plus tard. Un album tout en douceur et en délicatesse pour goûter ces instants, ces moments de l’enfance précieux, souvent anodins et toujours éphémères, qui accompagnent ensuite toute une vie. Ceux qui remontent au gré d’un parfum dans l’air, d’une musique, d’une saveur.

Date de parution : le 5 juillet 2023
Auteurs
: Camille Osscini (Scénario)
Julien Arnal (Dessin)
Genre : jeunesse, bonheur
Editeur : Glénat
Prix : 12,50 € (32 pages)
Acheter sur : BDFugue

Le fardeau tranquille des choses, une pépite de Ruth Ozeki (Belfond)

Le fardeau tranquille des choses, une pépite de Ruth Ozeki (Belfond)

Ruth Ozeki est une auteure et réalisatrice américaine. Son père est américain et sa mère japonaise. Tout au long de son excellent livre, Le fardeau tranquille des choses, sa double nationalité transpire et nous réjouit.

Mais ce n’est pas tout. Ruth Ozeki a étudié aux Etats-Unis, mais également au Japon. Après la réalisation de quelques films, elle se lance dans l’écriture. Immédiatement ses livres sont couronnés de succès et reçoivent des prix. En 2010, Ruth Ozeki est ordonnée prêtre bouddhiste zen.

Le fardeau tranquille des choses est son quatrième livre. Une véritable pépite !

Benny, jeune adolescent de 13 ans, vient de perdre son père, d’un accident stupide. Il se retrouve seul avec sa mère. Il adorait son père qui était musicien. Depuis sa mort, Benny n’est plus le même. Il entend des voix, de plus en plus de voix qui l’empêchent de se concentrer. Ces voix sont parfois bienveillantes, mais d’autres fois, elles peuvent être cruelles. Voire violentes. Non seulement il entend des voix, mais même les objets lui parlent. Même Son Livre lui parle et analyse sa propre vie.

A la maison, tout se dégrade. Sa mère comble le vide de son mari en accumulant des objets de manière psychotique. Bientôt la maison ne ressemble plus à rien, hormis la chambre de Benny. Et Benny ne supporte plus ni l’école, ni sa mère qui vit dans une extrême solitude…
Benny se réfugie, dès qu’il le peut, à la bibliothèque. Au huitième étage, seul dans un petit box, entouré de livres. Dans cet endroit, les voix ne font que murmurer.

A la bibliothèque il va faire des rencontres, toutes plus insolites les unes que les autres.

Et ce sont ces rencontres qui vont transformer, petit à petit, la vie de Benny.

Ce livre de 590 pages, ne peut être dévoilé tellement sa richesse est immense. Tout est écrit sur l’Humain, ses faiblesses, ses failles, mais aussi ses forces et sa puissance. Ses dérives psy de toutes sortes, ses addictions, mais aussi ses sentiments, l’amour et l’amitié. La relation mère-fils est analysée de façon complexe, Comme elle est dans la vie… Mais également la relation entre chaque homme et femme. On ne peut pas vivre les uns sans les autres. Même les marginaux ont leur place ! Une place de choix, même ! Et quelle richesse !
Rien n’est tout blanc, rien n’est tout noir.
Le vide, le plein.
Le sens à donner à sa vie.
La vie, la mort.
La folie, la sagesse. 

La quête spirituelle tient une place fondamentale dans ce livre, sans jamais la citer. De même que la folie. Les maladies mentales. L’univers psychiatrique.
La vie forme un tout ! Et nous formons ce Tout !

La plume de Ruth Ozeki est envoûtante, débordante d’imagination, et nous entraîne exactement là où elle veut. Et nous, lecteurs, nous sommes sous son emprise et c’est tout simplement magique. Un moment de lecture hors du temps ! Quand on commence, Le fardeau tranquille des choses, on ne peut plus s’arrêter et surtout on ne veut pas arriver à la fin du livre. Cela voudrait dire qu’on a terminé cette aventure humaine extraordinaire… Alors qu’on s’est attaché à Benny, à Annabelle et à ceux qui les ont aidés dans leur cheminement de l’acceptation du deuil. Sur le chemin de Vie.

Merci Ruth Ozeki ! Merci pour ce chef-d’œuvre qui nous a bouleversés. Et qui a reçu le « Women’s prize for fiction 2022 ». Et le coup de cœur de Publik’Art !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2023
Auteur : Ruth Ozeki
Editeur : Belfond
Prix : 24 €

Le cirque Les Gontellis de retour à Paris

Comme tous les ans au mois de juillet, les Gontellis s’installent place Dupleix dans le 15e à Paris pour le plus grand plaisir des enfants. Places à 5€, ambiance familiale, les petits sont ravis et les parents aussi. Les spectateurs à partir de 2 ans sont les bienvenus, la taille du chapiteau est à hauteur d’enfant, monté dans un square ou un parc à la manière d’un théâtre de Guignol

Une famille d’artistes

Toute la famille s’active pour accueillir le public. La maman à la caisse et au micro, le papa en monsieur loyal, les enfants participent au contrôle des billets et maquillent les enfants, Ils sont aussi mis à contribution pour réaliser des numéros d’équilibriste, de clown ou de rodéo. Les numéros s’enchaînent dans une ambiance bon enfant, le public est mis à contribution pour se faire entendre avec des applaudissements ou des cris. Le moment préféré des enfants, c’est l’arrivée des clowns Patate, Chocolat et Cornichon. Le spectacle dure 1 heure, les enfants sont ravis. La Reine des Neiges et la Fée Clochette font partie du spectacle dans une belle bienveillance chaleureuse. Des numéros sans animaux mais avec des membres doués d’une famille d’artistes qui font leur spectacle place Dupleix depuis… 17 ans, rien que ça! Année après année, le spectacle est modifié, par petites touches, pour continuer à surprendre les habitués. Nouveauté cette année, les Minions débarquent et le chapiteau se transforme en piste de danse, les enfants en redemandent, ils se trémoussent au son du Born du te alive, les parents bougent en rythme, les enfants se défoulent joyeusement. Les 2 minions doivent balayer le sol, mais ils ne résistent pas à l’envie de désobéir, au grand dam du Papa Gontellis, les enfants sont ravis!

Le plaisir reste toujours le même devant le spectacle des Gontellis, les numéros surprennent, amusent, divertissent, du vrai plaisir pour toute la famille!

Le château d’Auguste, dans la collection Je rentre au CP (Castor poche)

Le château d’Auguste, dans la collection Je rentre au CP (Castor poche)

Votre enfant va entrer en CP ou vient juste de finir son CP. Alors, ce petit livre, Le château d’Auguste, joliment illustré, lui est complètement adapté.
Des outils de lecture sont proposés autour du son O : o/au/eau.

L’histoire est très simple et grâce aux illustrations, l’enfant peut tout comprendre tout seul : Auguste fait un château. Il est beau ton château. Auguste court après l’oiseau…
Les phrases sont courtes et les lettres muettes sont grisées.

Ce petit livre présente également des rabats d’aide à la lecture, et des pages d’activités pour renforcer la compréhension de la lecture.

Le château d’Auguste, dans la collection Je rentre au CP, est un joli petit livre pour les lecteurs débutants ! Il existe une version sonore de cette histoire, lue par l’auteure elle-même, Magdalena.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2023
Auteur : Magdalena
Illustrateur : Charlotte Roederer
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 5,80 €

Retour à Séoul, un film sur l’identité et la culture coréenne à découvrir en DVD le 4 juillet

Le film Retour à Séoul a été présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2022. IL est basé sur une histoire biographique et retrace le parcours d’une amie du réalisateur Davy Chou, née en Corée du Sud et adoptée en France à l’âge d’1 an. Après être retournée dans son pays de naissance pour la première fois à 23 ans, elle y a vécu 2 ans avant de repartir en France. Le film souligne la question de l’identité avec une femme qui s’est émancipé des questions d’identité et que la caméra suit sur une période de 8 ans pour explorer son caractère dans un déroulé lancinant et à la limite du documentaire.

Une plongée dans la Corée contemporaine

Lorsque Davy Chou a rencontré Laure Badufle, son histoire l’a interpelé. Il lui a présenté son premier long métrage documentaire, Le Sommeil d’or, au Festival International du Film de Busan. Elle lui a proposé de l’accompagner et lui a indiqué qu’elle ne voulait pas voir son père biologique coréen. Une fois à Busan, elle a décidé de revoir son père et sa grand-mère biologiques, avec la présence de Davy Chou. La jeune femme a partagé ses sentiments avec le réalisateur avec un mélange de tristesse et d’amertume, les regrets et l’incompréhension n’étaient pas loin. Le film montre aussi les caractéristiques de la culture coréenne, faites de politesse et d’extrême gentillesse. Retour à Séoul est surtout le portrait d’une femme inspirée du caractère trempé de son amie qui propose aujourd’hui un accompagnement thérapeutique pour les adoptées et les adoptants. Le réalisateur est lui-même né en France de parentés nés au Cambodge et qui y est allé pour la 1re fois à 25 ans. Il s’est inspiré de sa propre expérience pour imaginer un personnage qui cherche à se réinventer, se reconstruire et se réaffirmer dans son histoire personnelle bousculée par sa nouvelle vie. Certaines scènes sont marquantes, comme celle de la rencontre entre l’héroïne Freddie et sa famille originelle. L’artiste plasticienne Park Ji-Min interprète Freddie pour une première prestation d’actrice. Elle est née en Corée du Sud et est arrivée en France à l’âge de 8 ans. Sans expérience préalable devant la caméra, la femme est directe et sans filtre, communiquant ses émotions de manière brute et avec beaucoup de vulnérabilité.

La lenteur du film permet au scénario de se développer petit à petit sur une période de 8 ans. Pas de baguette magique, la découverte des origines ne règle aucun problème dans ce film hypnotique à découvrir en DVD le 6 juin.

Synopsis: Sur un coup de tête, Freddie, 25 ans, retourne pour la première fois en Corée du Sud, où elle est née. La jeune femme se lance avec fougue à la recherche de ses origines dans ce pays qui lui est étranger, faisant basculer sa vie dans des directions nouvelles et inattendues.

Interdit aux chiens et aux italiens, un film d’animation étonnant et émouvant, en DVD le 4 juillet 2023

Le film d’animation Interdit aux chiens et aux Italiens se veut un dialogue fictif avec la grand-mère décédée du réalisateur Alain Ughetto, Cesira. Il en profite pour poser toutes les questions qu’il n’a pas eu le temps de lui poser. L’évocation de l’émigration italienne se fait comme un hommage à tous ceux qui ont quitté leur terre natale pour trouver une nouvelle terre d’opportunités, malgré les brimades et les vexations. La famille du réalisateur venait d’un petit village du Piémont, Ugheterra, où beaucoup se nomment Ughetto. Le film s’adresse aussi bien aux petits qu’aux grands dans un déroulé aussi touchant qu’émouvant.

Un temps révolu

Le réalisateur dit n’avoir pas trouvé les tombes de sa famille dans le cimetière italien, disant ainsi tout du temps qui passe et des souvenirs qui tombent en poussière. Rien ne permet de se remémorer des raisons de la migration, le peu de nourriture, le peu de moyens et la guerre. L’émigration italienne a été une migration économique pour fournir une main d’œuvre bon marché contre des moyens de subsistance. Le réalisateur s’est servi de ce qu’il a trouvé à Ugheterra pour imaginer le décor à base de brocolis, de charbon et bois et de châtaignes. Un monde disparu reprend vie et le réalisateur met en avant l’intime de personnages oubliés, les grands-parents et les parents dans un contexte historique particulièrement difficile. Le film se veut la chronique d’une famille comme il en a existé des milliers, parties d’Italie pour trouver travail et argent en France. Le réel n’est pas loin, entre guerre et migration, naissances et décès, petits bonheurs et difficultés. Comme le dit le titre, les italiens n’étaient pas très bien vus, différents, suspectés de prendre le travail des locaux pour pas grand chose. L’histoire personnelle prend des atours d’universalité, avec un ton marqué par une belle sincérité. Les personnages du film ont été conçus à Rennes fans les ateliers de Vivement lundi !Alain Ughetto et son équipe ont conçu les personnages, Luigi, Cesira, Vincent (le père), et les poupées qui les accompagnent. Le réalisateur a hérité de son père et de son grand-père un goût certain pour le bricolage et il s’en sert dans son cinéma pour créer une animation quasi artisanale et toujours touchante, un peu à la manière de Wallace et Gromit. Le producteur des films du Tambour de Soie, Alexandre Cornu a aidé ainsi que le scénariste Alexis Galmot pour trouver une trame cohérente. Le tournage a eu lieu à Beaumont-les-Valence dans les studios de Foliascope de janvier 2020 au 31 juillet 2021 et le Covid a évidemment occasionné quelques retards.

Ce film d’animation ravira les plus jeunes comme les plus grands grâce à la grande honnêteté du propos, à découvrir le 4 juillet en DVD.

Synopsis: Début du XXe siècle, dans le nord de l’Italie, à Ughettera, berceau de la famille Ughetto. La vie dans cette région étant devenue très difficile, les Ughetto rêvent de tout recommencer à l’étranger. Selon la légende, Luigi Ughetto traverse alors les Alpes et entame une nouvelle vie en France, changeant à jamais le destin de sa famille tant aimée. Son petit-fils retrace ici leur histoire.

Goutte d’or, sortie DVD et BRD le 4 juillet du film à la peinture sociale effarante de Clément Cogitore

Goutte d’or a été présenté à la Semaine Internationale de la Critique au Festival de Cannes 2022 avec un fort retentissement critique, un peu moins au niveau du public. Film particulièrement urbain situé entre Barbès et la Porte de la Chapelle jusqu’à la Plaine Saint-Denis, le film dévoile le quotidien mal connu de tous ceux qui font leur business pour s’en sortir, à coup de magouilles et de larcins, dans un contexte où tout est cher et souvent inaccessible. Le réalisateur se focalise sur Ramsès (excellent Karim Leklou, comme toujours) médium un peu roublard et un groupe de jeunes délinquants, reflet de la situation migratoire actuelle très difficile à appréhender.

Un film reflet de l’époque

Goutte d’or se veut une plongée dans une partie réalité de ce quartier parisien, certains la connaissent bien, d’autres moins. Les populations émigrées s’entassent dans le quartier de la Goutte d’Or, le quotidien est bondé, voire violent avec l’existence de bandes de jeunes délinquants. Et en plein milieu vivent les marabouts, abusant de la crédulité des plus faibles pour leur offrir des services chers mais tout de même vecteurs de réconfort pour consoler des douleurs réelles. L’escroquerie n’est pas loin et il faut être fort pour ne pas paraitre ridicule, Ramsès y arrive bien avec une structure bien huilée. Ramsès est un escroc, mais sa bienveillance apparente n’est pas feinte, il connait sa valeur et ses efforts pour paraitre crédibles le rendent authentique. Ramsès parvient à faire subsister son petit business mais il rencontre une bande d’enfants venus de Tanger, clairement analphabètes, débrouillards mais surtout irrespectueux des locaux, ils zonent et se servent des échafaudages pour s’introduire dans les appartements. Le spectateur est amené à se poser la question, mais que fait la police? Comme ils sont mineurs, la justice n’a pas de prise sur eux, interrogeant sur la crédibilité du système judiciaire.

Toutes ces histories se mélangent pout un film qui fait se demander s’il se déroule vraiment en France. 1h30 de film, c’est assez pour brosser le portrait d’un individu et d’une société où les règles sont à géométrie variable.

Synopsis: Ramsès, trente-cinq ans, tient un cabinet de voyance à la Goutte d’or à Paris. Habile manipulateur et un peu poète sur les bords, il a mis sur pied un solide commerce de la consolation. L’arrivée d’enfants venus des rues de Tanger, aussi dangereux qu’insaisissables, vient perturber l’équilibre de son commerce et de tout le quartier. Jusqu’au jour où Ramsès va avoir une réelle vision.

Mon grand livre de coloriage, des éditions Usborne

Mon grand livre de coloriage, des éditions Usborne

Les éditions Usborne nous proposent un grand cahier d’activités pour nos petits lecteurs : Mon grand livre de coloriage.

Ce cahier s’adresse aux enfants dès l’âge de 3 ans. Plus de 90 coloriages leur sont proposés : des animaux de toutes sortes comme : l’éléphant, le crabe, la pieuvre, le lion, la tortue, la licorne, l’écureuil, le singe, le tyrannosaure, les abeilles, le caméléon…
Ou encore des camions, des châteaux, des avions, des fleurs, des champignons…
Et même un Bonhomme de neige, un lutin, des fées, des super-héros…

Bref, il y en a pour tous les goûts ! Des gros dessins naïfs, faciles à colorier !

Mon grand livre de coloriage va occuper, intelligemment, nos enfants cet été ! Tout en coloriant, ils développent leur motricité fine ! Et sont calmes…

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : juin 2023
Auteur : collectif
Illustrateur : collectif

Editeur : Usborne
Prix : 5,95 €

Lhomé dévoile son nouvel album Miracle(s), sortie le 30 juin chez L’atelier du Pélican / Absilone

Lhomé propose des morceaux de rap aux paroles profondes et à l’orchestration limpide. Les mots s’enchainent dans des harmonies hypertravaillées, il veut faire passer des messages positifs, pas de frime ou de bimbos comme souvent, le propos est engagé et interroge notre société. L’enregistrement lors de la Nouvelle Scène France Bleu Poitou a permis à l’artiste Châtelleraudais de présenter son nouvel album Miracle(s) prévu pour le 30 juin.

Du rap harmonieux et lancinant

Lhomé, c’est Julien de son vrai nom, qui s’est lancé dans la musique à la fin de ses études pour faire ce qu’il souhaite, dans des harmonies rap. Lhomé, c’est un hommage à sa ville de naissance, Lomé, capitale du Togo. Le rappeur rappelle ses racines, avec un h en plus, pour évoquer l’humilité et l’humain, mots qui lui tiennent à cœur pour ne pas oublier l’essentiel. Plusieurs EP sont déjà parus, forts de titres engagés, qui préfigurent ce Miracle(s). L’album se veut intimiste, porté par des textes au sens profond et une musique qui invite autant à la méditation qu’au voyage. L’artiste évoque la vie, tous les petits combats quotidiens, l’importance de rester soi et ne pas se croire plus beau que ce que l’on est. Le rappeur se risque même à quelques titres personnels, très intimes et d’autant plus sincères. Les textes se veulent précis, les musiques sont envoutantes. Même si certains textes nous font rentrer dans l’intimité du rappeur, Miracle(s) va plus loin. Grâce à des textes précis et des musiques envoûtantes, Lhomé ne se cache pas derrière un ego malvenu, il parle vrai et évoque les disfonctionnements de notre société. Ce qui est maintenant le 3e album de l’artiste se veut un aboutissement après 2 années de travail et 15 titres plus percutants les uns que les autres. L’écriture est intense, le résultat est le fruit de nombreux sacrifices. De nombreux artistes ont participé, Lamento pour le mix de 25 titres avec finalement 15 choisis, Guillaume Barbier, Greg B et Sorrento qui ont recomposé l’album, et Korey et Evgeny qui ont accepté de lui vendre en exclusivité leurs magnifiques compositions.

La production et la promotion de ce 3ème album est assurée par L’Atelier du pélican au résultat si envoutant, à découvrir le 30 juin pour un vrai beau moment musical.

Je suis née au son du violon, La vie de Camille Urso (Editions Infimes)

Je suis née au son du violon, La vie de Camille Urso (Editions Infimes)

Bénédicte Flye Sainte Marie nous livre la biographie de Camille Urso avec son livre : Je suis née au son du violon. Un énorme travail de recherches sur cette femme exceptionnelle.
Camille Urso est née en 1840, au son du violon. Elle fut brillante violoniste dès son plus jeune âge. Alors qu’à l’époque le violon était réservé aux hommes.

Elle fut l’une des premières jeunes filles, à neuf ans seulement, à être admise dans les classes de violon du Conservatoire de Paris et à remporter un prix à la fin de ses années d’études. Sa carrière fut incroyable, d’autant plus qu’elle partit faire des concerts aux Etats-Unis, où son succès fut immense !

Camille était une jeune femme discrète et humble. Mais quand il s’agissait de violon, elle devenait tout autre et semblait toujours prête à se battre pour que les femmes soient davantage reconnues dans ce milieu. Aucune femme à l’époque n’était embauchée dans un orchestre de renom ! Tout au long de sa vie, Camille réclama plus d’égalité entre homme et femme dans le milieu artistique. Surtout pour les musiciennes professionnelles qui étaient souvent obligées de jouer dans des conditions inacceptables.

Camille Urso fit plus de huit cents concerts durant toute sa carrière et l’on peut s’étonner qu’aujourd’hui il ne reste rien de son histoire incroyable ! Alors que c’était une enfant prodigieuse avec un talent incroyable !

A son époque, toute femme arrêtait ses activités le jour où elle se mariait. Elle devait obéir à son mari et se sacrifier, l’homme étant le chef moral de la famille ! Il n’en a rien été pour Camille qui a tenu bon malgré les nombreuses critiques ! Elle menait son combat personnel au nom de toutes les femmes, pour faire évoluer les mentalités.

Aujourd’hui, le sexisme est moindre mais toujours présent car, comme le précise l’auteure, seulement 6% des chefs d’orchestre sont des femmes et un peu plus d’un quart des solistes sont des femmes.

L’auteure, Bénédicte Flye Sainte Marie, a fait un travail de recherche remarquable pour écrire Je suis née au son du violon. Avec ce livre, elle rend un très bel hommage à Camille Urso !

Le combat d’une avant-gardiste, d’une féministe musicienne, d’une femme tout simplement ! A lire sans plus attendre !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Janvier 2023
Auteur : Bénédicte Flye Sainte Marie
Editeur : Editions Infimes
Prix : 14 €

Un nouveau vin blanc des Orfèvres du vin à découvrir, le Mâcon Charnay Blanc

Récompensé au prestigieux Concours Général Agricole de Paris, le Mâcon Charnay Blanc Domaine les Perserons millésime 2022 des Orfèvres du vin a fait forte impression. Le Chardonnay est vif et frais, parfait pour accompagner les premiers barbecues de l’été et agrémenter les repas festifs qui s’annoncent!

Un vin blanc à découvrir

La Médaille d’Or a été reçue pour récompenser un vin issu de parcelles de vignes de plus de 40 ans nichées sur les coteaux de la commune de Charnay-Lès-Mâcon. A l’œil, la robe est couleur or avec des reflets flamboyants, claire et brillante. Tout en fraîcheur et en subtilité, le vin dévoile en bouche un savant mélange de pêche de vigne, de fumée, une touche minérale et un soupçon de fleur blanche infusée, le fruité est subtil, typé et généreux. Le vin se déguste idéalement avec une fricassée de veau, un risotto aux champignons ou une truite aux amandes. De quoi trouver sa place lors des repas d’été en famille ou des mariages à l’ombre des magnolias qui se profilent à l’horizon. Le prix public de 11,10 Euros TTC la bouteille est très intéressent, le vin est également proposé en carton de 6 bouteilles au prix de 59.40 Euros TTC.

Publireportage:

Fondée en 1929, la cave regroupe l’équivalent d’un gros Domaine avec 60 adhérents. Les Orfèvres du Vin sont devenus au fil des années des artistes autant que des artisans. Car c’est réellement tout un art de développer une telle palette de 15 appellations de qualité constante, sur 120 hectares, cultivés et soignés dans la plus pure tradition vigneronne. Et il faut tout le talent et tout le savoir-faire d’artisans passionnés par leur métier et amoureux du Mâconnais pour élever années après années des vins blancs et rouges qui se distinguent régulièrement dans les concours régionaux et nationaux. Situés aux portes du Mâconnais, les Orfèvres du Vin sont depuis toujours attachés à donner leurs plus belles lettres de noblesse aux cépages phares de la région : l’Aligoté bien sûr, mais aussi l’inimitable Chardonnay ainsi que le Gamay et le Pinot noir. Pour vos destinations de loisirs et de week-end, le chai est situé idéalement dans un écrin de verdure au départ de la Voie verte Mâcon-Cluny, face à la Roche de Solutré. Le circuit du Val Lamartinien, ou encore le circuit des églises romanes, achèveront de vous dépayser dans un cadre touristique et culturel authentique et varié.

La maitresse en maillot de bain (Père Castor)

La maitresse en maillot de bain (Père Castor)

Voilà bientôt les grandes vacances, pour nos petits, comme pour les maîtresses !

Alors, pour remercier la maitresse de votre petit lecteur, quoi de mieux qu’un livre ?

La maitresse en maillot de bain des éditions du Père Castor est un album à offrir aux petits comme aux maîtresses !

Eh oui ! La maîtresse est aussi en vacances et a droit d’en profiter un peu ! Elle est très excitée et part avec son chat, au bord de la mer ! Pas sûr qu’elle n’oublie rien !
Elle mange trop de glaces, a mal au ventre, ne veut pas sortir de l’eau. Elle fait aussi des concours de château de sable !

Aura-t-elle envie de retourner à l’école pour faire sa rentrée ?

La maitresse en maillot de bain est à mettre entre toutes les mains pour bien démarrer les vacances !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2023
Auteur : Anne-Claire Lévêque
Illustrateur : Olivier Latyk
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 9,50 €

Le Samouraï, le classique de Jean-Pierre Melville en sortie restauration 4K inédite en salles le 28 juin

Le Samouraï est un opus long et intense, une descente dans un esprit tourmenté qui se force à une discipline de fer pour ne pas sombrer. Alain Delon est Jef Costello, tueur à gages mutique et perpétuellement sur le qui vive. Quand il est aperçu par un témoin lors d’un énième assassinat, sa vie bascule et la traque commence dans une ambiance froide et clinique.

Un film noir à l’ancienne

Pas d’effets spéciaux, pas de course poursuite haletante, juste un regard concentré qui fait deviner les tourments intérieurs. Jef Costello est une ombre qui craint la lumière, le silence est son arme, la discrétion son credo. Tout juste se permet-il de visiter une maîtresse interprétée par Nathalie Delon Le film se déroule entre le 36 Quai des Orfèvres, le boulevard Masséna, la Petite Ceinture de Paris et des endroits de la capitale, souvent dans le métro. Le film est une traque, le tueur cherche ses proies, la police cherche le tueur, les personnages n’en disent pas beaucoup, tout est suggéré par les postures et les regards. Le Samouraï est un film référence pour de nombreux réalisateurs contemporains, de John Woo à Jim Jarmusch en passant par Quentin TarantinoJoel Coen et Michael Mann. L’action est ralentie, pesante, le tueur est un mur vivant, uniquement mu par sa quête criminelle Le réalisateur fait d’ailleurs référence au Bushido, le livre des samouraïs avec une phrase fondatrice: Il n’y a pas de plus profonde solitude que celle du samouraï, phrase que le réalisateur a en fait inventée pour souligner le caractère excessivement introverti de son personnage. Le tournage a eu lieu dans les studios Jenner en 1967, ravagés par un incendie et dont les décors ont du être reconstruits à l’identique dans les studios de Saint-Maurice. Le réalisateur a eu une vision, un homme seul allongé sur son lit, avec un bouvreuil (l’oiseau du tueur) à ses côtés. John Woo a d’ailleurs repris cette idée dans A toute épreuve.

Le film est devenu un classique du film noir, à l’ambiance si particulière et à l’intrigue parfaitement hypnotisante. Il est à découvrir en salles via une version restaurée 4K le 28 juin.

Synopsis: Jeff Costello, dit le Samouraï est un tueur à gages. Alors qu’il sort du bureau où git le cadavre de Martey, sa dernière cible, il croise la pianiste du club, Valérie. En dépit d’un bon alibi, il est suspecté du meurtre par le commissaire chargé de l’enquête. Lorsqu’elle est interrogée par celui-ci, la pianiste feint ne pas le reconnaître. Relâché, Jeff cherche à comprendre la raison pour laquelle la jeune femme a agi de la sorte.

Viva la Muerte, sortie DVD le 28 juin d’un film scandaleux

L’expression espagnole Viva la muerte! (en français : Vive la mort) était le cri de ralliement du camp franquiste pendant la guerre d’Espagne. Le réalisateur Fernando Arrabal était à l’époque interdit de séjour dans l’Espagne franquiste, les prises de vue extérieures du film se sont fait en 1970 à Hergla en Tunisie, là où Roberto Rossellini a tourné Les Actes des Apôtres en 1968. Un jeune tunisien joue le rôle principal dans un film qui met mal à l’aise. Le réalisateur a vécu les souffrances engendrées par le fascisme, il le critique sans retenue dans une approche totale, pas facile il faut bien l’admettre.

Un film sorti de l’oubli

L’objet du film met déjà mal à l’aise, un homme est arrêté pendant la période franquiste, dénoncé par sa femme. Leur fils, le jeune Fando, découvre la vérité et a eu mal à faire face. Le film contient des scènes de torture, d’exécution, certains images sont d’ailleurs difficilement soutenables, le surréalisme est à ce prix tel une démonstration des pratiques fascistes avec une violence véritablement frontale. Le jeune héros tombe dans des fantasmes morbides, entre inceste et espoir de revoir le père vivant. Le film a été interdit au moins de 18 à sa sortie, on peut facilement le comprendre. Le film est à la fois une œuvre d’art totale et un réquisitoire implacable. La restauration du film a été achevée en mars 2022 et présentée au Festival de Cannes dans la section Cannes Classics le 24 mai de la même année. Viva la muerte a été scanné et restauré en 4K par la Cinémathèque de Toulouse à partir du négatif original image 35 mm, du négatif son 35 mm de la version française, et d’un élément interpositif 35 mm, contenant le générique de fin qui était absent du négatif. La numérisation et la restauration de l’image sont réalisées par le laboratoire de la Cinémathèque de Toulouse, avec la collaboration de Fernando Arrabal. Les travaux de numérisation et restauration du son sont effectués par le studio L.E. Diapason. Cette restauration est rendue possible grâce au soutien d‘Arrabal, du ministère tunisien des Affaires culturelles, de Mohamed Challouf (Association Ciné-Sud Patrimoine, Tunisie) et de Samir Zgaya (ministère tunisien des Affaires culturelles).

Synopsis: Après la guerre civile espagnole et sous le régime franquiste, Fando, un garçon d’une dizaine d’années, cherche à comprendre pourquoi son père a disparu. Il ne tarde pas à découvrir que c’est sa mère, pieuse catholique, qui a dénoncé son mari antifasciste. Perturbé par ces révélations, Fando va enquêter pour savoir ce qu’est devenu son père. Dans un pays cadenassé par la censure et les interdits religieux, Fando, partagé entre haine et amour pour sa mère et l’espoir de retrouver son père vivant, va enfanter autant de délire sexuels que morbides…

La veuve apprivoisée, un roman de Virginie Bégaudeau (Anne Carrière)

La veuve apprivoisée, un roman de Virginie Bégaudeau (Anne Carrière)

Virginie Bégaudeau nous dévoile son premier roman : La veuve apprivoisée. Roman centré sur la femme, sur son intimité.

L’auteure donne le ton dès la première page : « Moi, à vingt-neuf ans, je suis veuve. »

Daphné vient de perdre son mari alors qu’ils allaient souhaiter leur troisième anniversaire de mariage. Colin et Daphné essayaient d’avoir un enfant et avaient commencé un parcours de procréation médicalement assisté.

Mais Colin est parti. Colin n’est plus. Daphné est veuve. C’est alors que sa belle-mère, Mathilde, lui propose une idée complètement folle. Daphné peut continuer son parcours, grâce à elle. Elle va régler tous les frais et ils partiront à l’étranger pour faire ce bébé car en France c’est interdit. Mathilde veut un enfant de son fils, à tout prix, et pense que cela va sauver aussi Daphné.
Tout au long du livre, l’auteure analyse les sentiments des deux femmes de façon hallucinante. La douleur de ces deux femmes face à la disparition de Colin, et puis cette quête éperdue de le faire revivre, à leur façon…

On voit Daphné de plus en plus sous l’emprise de sa belle-mère, sans vraiment s’en rendre compte.

Jusqu’où ira Mathilde ? Qu’est-elle capable de faire faire à Daphné juste pour assouvir ses propres folies ? Le déni de la mort de son fils domine ses sentiments et la rend follement agressive.

Pas beaucoup de place à l’homme dans ce roman. Il est vrai qu’aujourd’hui, l’homme n’a plus la première place dans le cheminement de la procréation assistée… Le mari de Mathilde fuit la situation, sentant bien qu’elle devient ingérable. La folie ne lui laisse que peu de place.

Ce huis clos féminin nous embarque loin, très loin et nous aide à comprendre tout ce qui peut se passer chez des femmes qui souffrent, suite à un deuil, qui entraine le deuil de ne plus être future mère.

La veuve apprivoisée est un très bon premier roman, à la fois palpitant et angoissant. Le lecteur s’attache immédiatement à Daphné et voudrait la protéger…

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2023
Auteur : Virginie Bégaudeau
Editeur : Anne Carrière
Prix : 19 €

Un documentaire à ne pas manquer avec Dancing in A-Yard, sur la réhabilitation par la danse, projection à Montpellier Danse

Quel choc que ce documentaire plongé au plus profond du réel! Les images de ces détenus d’une prison de haute sécurité en Californie sont d’une intensité constante. Le chorégraphe Dimitri Chamblas vient les faire participer à un programme de réhabilitation par la danse, chacun a un lourd fardeau psychologique à porter, gangs, drogues, familles dysfonctionnelles, parfois homicides. Les peines vont de plus de 10 ans de réclusion à la perpétuité. Le documentaire insert des images de règlements de compte réels dans ces environnements à très forte tonalité explosive, la violence est omniprésente, les détenus ne doivent pas paraitre trop sensibles sous peine de brimades. L’1h10 de documentaire ouvre une extraordinaire lucarne sur la part d’humanité qui reste encore en chacun d’eux, malgré les vexations, malgré les coups du sort et malgré leur sort peu enviable, pour montrer que le bonheur est possible, même en prison.

Un documentaire nécessaire

Le danseur et chorégraphe français de danse contemporaine Dimitri Chamblas est également un directeur artistique et producteur de films. En 2019, il a entamé un nouveau travail au sein d’une prison de Los Angeles, à Lancaster pour une toute première expérience aux États-Unis en milieu carcéral. La danse contemporaine est entrée dans une prison de haute sécurité d’hommes, pas un milieu où l’art, la culture et la danse sont particulièrement promus. Le documentaire Dancing in A-Yard (Danse dans la section A) se veut un témoignage du pouvoir de l’art en général et de la danse en particulier pour changer les hommes. La réalisatrice Manuela Dalle s’intéresse au parcours de chacun des détenus danseurs, leur parcours intérieur pour pouvoir trouver une sorte de paix intérieure. Les témoignages font froid dans le dos et soulignent d’autant plus le succès de cette initiative mise en place par Bidhan Roy, directeur de programmes dans les prisons en Californie pour donner la possibilité aux prisonniers de passer des diplômes ou de s’ouvrir, par exemple grâce à la danse. Les sourires marquent des visages peu habitués à sourire jusque là, les peines de prison sont souvent rédhibitoires, n’offrant parfois que peu de chance de retrouver la vie en dehors. Et pourtant tout le monde s’investit dans la danse pour se sentir exister et se donner une chance de connaitre autre chose que la dureté de la détention.

Le documentaire colle au réel, les gardiens rôdent près des danseurs, les images d’archives font frissonner, les détenus témoignent avec sincérité sur leur parcours et leur volonté de changer, de quoi bouleverser le spectateur devant tant de bonne volonté.

Synopsis: À 60 km au nord de Los Angeles, le chorégraphe Dimitri Chamblas intervient dans une prison haute sécurité et prépare un show avec un groupe de dix détenus, purgeant de lourdes peines. En prison, où la masculinité toxique règne, danser est un tabou absolu et un geste fort. Dans ce contexte exceptionnel, les détenus se livrent avec une sincérité bouleversante, évoquent leur enfance, les gangs, les crimes, la prison, et leur désir de transformation, d’évolution. Au-delà des vies abîmées et d’un système carcéral au bord du gouffre, Dancing in A-Yard offre un regard sur la capacité qu’a chaque être humain de se réinventer, s’il en a la possibilité.

Un concert jazz langoureux avec Sarah Lancman au Café de la danse

Sarah Lancman est une grande habituée des pages de Publik’Art avec des articles publiés pour chroniquer le clip de Je le sais, l’album très jazz Parisienne et l’album A contretemps. Le temps est enfin venu de la voir sur scène, charismatique, piquante, enjôleuse et charmeuse pour un tour de chant enthousiasmant au cœur du quartier Bastille, à 2 pas de la rue de Lappe, au Café de la danse. Entourée de guests prestigieux, elle a conquis le public tout du long d’un concert captivant, avec ses chansons tirées d’un répertoire teinté de jazz et de chanson française, toutes aussi douces et envoutantes les unes que les autres. L’occasion parfaite pour découvrir un peu mieux son nouvel album Le pouvoir des mots paru le 26 mai.

Une salle remplie à ras bord

La première partie Emily Dukes & Noé a débuté le set en anglais et avec beaucoup de talent, avec notamment une reprise introductive de Creep très intimiste et puissante. Duo franco-italien actif depuis 2020, formé par Emily Dukes, auteure-compositrice-interprète et violoniste originaire de Milan et Noé, pianiste, compositeur et producteur niçois, tous deux diplômés du Berklee College Of Music de Boston où ils se sont rencontrés, les deux artistes mélangent leurs talents respectifs pour offrir un univers qui allie d’ambiance cinématique et electro pop américaine. Puis Sarah Lancman est apparue pour défendre son 6e album Le Pouvoir des mots. Les compositions originales sont marquées de l’empreinte de Michel Legrand et du jazz. Le piano n’est jamais très loin, accompagné par le Quatuor Hanson et ses violons dirigé par le complice Philippe Maniez. Le concert a vu les incursions aussi amicales que réjouissantes de Jean-françois Prins à la guitare, Louis Billette au saxophone et Lucas Henri à la contrebasse. Le chanteur Paul Barreyre est également apparu pour un duo inédit fort en émotion. Une heure de chanson a permis de rentrer dans un univers musical foisonnant et bienveillant, avec des paroles qui touchent au cœur et emportent le public.

Le concert a été l’occasion de voir une artiste qui aime à partager ses émotions avec le public, tout en complicité et sans jamais d’ostentation superfétatoire. Un concert rare, rempli d’ondes positives et de sensibilité à fleur de peau, de quoi donner envie d’écouter ses 6 albums pour ressentir le même émerveillement.

« Mémoire de fille » : trois voix pour le dire

Mémoire de fille" : trois voix pour le dire
©-Monika-Rittershaus-coll.-Comédie-Française

Mémoire de fille » : trois voix pour le dire

Depuis 35 ans, Annie Ernaux, lauréate du prix Nobel de littérature en 2022, se raconte, elle, son père, sa mère, ses amants, ses années.

Dans « Mémoire de fille », publié aux Éditions Gallimard, Annie Ernaux explore en profondeur les dédales de la mémoire. L’écrivaine part à la recherche de l’été 58 et des deux années qui ont suivies. Elle a dix-huit ans.

Le texte puissant fait alterner le « je » désignant la Annie Ernaux d’aujourd’hui à un impersonnel « elle » qui désigne la jeune femme qu’elle fut.

Monitrice dans un centre de vacances, Annie Duchesne connaît sa première expérience sexuelle, désastreuse, avec le « chef » de 22 ans et, aussitôt abandonnée par l’amant fantasmé, méprisée par ses camarades, elle tombe dans les bras d’un autre garçon. Désir de libération doublé de l’épreuve de l’humiliation : s’ensuivent des périodes d’aménorrhée et de boulimie, mais aussi la prise de conscience, après sa lecture du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, de son rapport à la soumission. « Avoir reçu les clés pour comprendre la honte ne donne pas le pouvoir de l’effacer », dit l’autrice qui a mis plus de vingt ans à écrire sur ce qui est resté pour elle « un trou inqualifiable ».

Un ballet narratif, plastique et sensoriel

Sur le plateau trois corps, trois voix de femmes composent un espace mémoriel : la voix de la jeune fille en 1958 (Coraly Zahonero), qui retranscrit l’exactitude des sensations éprouvées, des paroles prononcées, des gestes effectués, celle de l’écrivaine aujourd’hui (Anne Kesler), portant un regard sans concession sur ce passé et une voix sociétale (Clotilde de Bayser) qui contextualise les années 1950 avec le rôle assigné à la femme (objet) ainsi que les rapports entre les garçons et les filles mais aussi l’éducation des parents.

Autant d’échos qui s’entremêlent dans un effet de mémoire multipliée et une défragmentation du réel. Où une introspection à bonne distance, à l’abri de phrases courtes et acérées, opère une traque du souvenir dans l’objectivité des faits et leur questionnement sous l’angle d’un recul analytique aux prises avec les composantes sociétales d’alors.

Patriarcat, domination masculine, déni du plaisir féminin, quête irrépressible d’émancipation et jugement moral d’une société sclérosée s’évoquent en filigrane.

Et dans ce théâtre de remémoration, Silvia Costa qui a longtemps travaillé auprès de Romeo Castellucci, grand ordonnateur d’images et sensations sidérantes, orchestre un ballet narratif aussi plastique que sensoriel. Là où le rituel des réminiscences, les déplacements, la symbolique des objets, les clairs obscurs, la gestuelle, les éclipses, la musique entêtante, les images abstraites font corps avec le texte et sa déflagration aussi intense que percutante. Bravo !

Dates : 7 juin au 16 juillet 2023 – Lieu : Théâtre du Vieux-Colombier (Paris)
 Mise en scène : Silvia Costa

Les champagnes Chassenay d’Arce dévoilent leur cuvée Blanc de Noirs brut 2014

Chassenay d’Arce est un classique des dégustations Publik’Art avec par exemple ses cuvées Rosé Brut ou Blanc de Noirs 2012. La maison champenoise dévoile aujourd’hui la cuvée Blanc de Noirs 2014 composée de 200% du cépage emblématique de la Côte des Bar, le Pinot Noir. met en avant le cépage emblématique de la Côte des Bar : le pinot noir. Avec un équilibre entre puissance et élégance, le champagne ne peut que se découvrir avec délectation (mais toujours avec modération) au tarif de 33,40 euros prix château.

Un champagne haut de gamme

Assemblé avec donc 100% de cépage pinot noir, le Blanc de Noirs 2014 doit être dégusté dans de grands verres à vin blanc. Le champagne dévoile rapidement un caractère franc et généreux, avec une puissance affirmée et une belle structure. Le nez est riche et puissant avec des arômes de fruits jaunes à noyaux comme la reine-claude et également des notes de mirabelle à l’eau-de-vie. La bouche est en adéquation avec le nez, entre puissance et fraîcheur. Des touches d’épices et des notes beurrées garantissent la complexité de la cuvée. En fin de bouche, une pointe de kirsch se dévoile avec une belle longueur en bouche. Le champagne doit être dégusté de manière idéale lors d’un apéritif dînatoire, avec un plateau de fromages à pâtes cuites ou de la charcuterie, des entrées à base de champignons, et pour accompagner un repas composé de tajine de poulet et d’abricots secs, des volailles rôties ou d’autres préparations longuement mijotées ou confites. Le champagne doit être servi à une température comprise entre 8 et 10°C. Proposé en bouteille 75 cl et en carton de 6 avec ou sans étui, il doit être conservé couché à température constante (entre 10 et 12°C) et à l’abri de la lumière.

Ce millésime est une belle réussite avec un équilibre entre acidité et fraîcheur pour un beau potentiel de garde.

Publireportage: Fondée par 5 pionniers en 1956 à Ville-sur-Arce, ce sont aujourd’hui 130 familles et 3 générations de vignerons qui composent la Maison Chassenay d’Arce. Le fonctionnement d’origine perdure dans un même esprit de coopération, de solidarité et de transmission des savoirs. Au cœur de la Côte des Bar, le vignoble Chassenay d’Arce s’étend sur 315 hectares et sur 14 villages répartis le long de la rivière, l’Arce. Façonné par un paysage unique où alternent vignes et forêts, il est également caractérisé par la diversité de nos cépages et par la culture raisonnée que nous y pratiquons. L’esprit de la Maison, c’est à la fois l’esprit de famille, l’esprit du terroir et l’exigence partagée par nos vignerons pour élaborer des champagnes de grande qualité.    

« Angels in America » ou les triangles amoureux d’Arnaud Desplechin, diffusé sur France 4

"Angels in America" ou les triangles amoureux d'Arnaud Desplechin au Français
Jérémy Lopez et Clément Hervieu-Léger dans « Angels in America » mis en scène par Arnaud Desplechin à la Comédie Française Crédits : Christophe Raynaud de Lage

« Angels in America » ou les triangles amoureux d’Arnaud Desplechin, diffusé sur France 4

« Angels in America », la pièce fleuve de Tony Kushner, qui a fait son entrée au répertoire de la Comédie-Française en 2020 dans la mise en scène du réalisateur Arnaud Desplechin, inaugurant sa deuxième collaboration avec la troupe après « Père » de Strindberg en 2015, fait l’objet d’une diffusion sur France 4, le samedi 24 juin à 21h10.

Cette pièce monstre est un flash-back sur les années 80 qui dresse un portrait à la fois baroque, fantasmagorique et profondément humain d’une époque, secouée par les années Reagan. Une présidence particulièrement réactionnaire marquée par l’incarnation du libéralisme économique et de la morale conservatrice. Mais aussi par l’arrivée dévastatrice du Sida où la pandémie se répand et décime les homosexuels.

Œuvre chorale par excellence, elle entrecroise les destins de plusieurs personnages dont chacun d’eux représente à lui seul une vision de l’Amérique et scrute, sans relâche, les protagonistes aux prises avec leur démon ou leur ange, qui devront repenser dans cette atmosphère de doute, de déstabilisation, de désir de vivre envers et contre tous, leur rapport à la mort, à la vie.

Il y a Prior et Louis, qui s’aiment, mais le SIDA les sépare ; un couple mal accordé, Harper et Joe, troublé par une sexualité incertaine et des croyances religieuses pesantes ; un grand avocat d’affaires, Roy M. Cohn impliqué dans les scandales financiers et politiques du parti au pouvoir ou du maccarthysme antérieur, et dont la vie est aussi en danger ; il y a Belize, infirmier miséricordieux, lourd du double handicap d’être Noir et drag-queen ; il y a Hannah, mère de famille mormone découvrant l’homosexualité nouvelle de son fils. Il y a aussi le fantôme d’Ethel Rosenberg et un Ange qui élit Prior comme Prophète d’un Occident mal en point avant de rejoindre ses congénères dans un paradis aride et déserté par Dieu.

Des anges passent

S’il y est question de peurs et de mensonges aux autres et à soi-même, de la figure emblématique de Roy Con, jouée par Michel Vuillermoz, qui concentre tous les péchés de l’Amérique, la pièce se charge aussi d’une quête d’amour et d’humanisme. Et qu’Arnaud Desplechin exploite avec finesse à travers le triangle amoureux composé des ex-amants Prior et Louis, du juge mormon qui fait son « coming out », de l’infirmier drag-queen, Belize, agrémenté de la parole des anges qui fait son œuvre.

Le tout séquencé à travers une fresque théâtrale fluide qui mêle de nombreux registres allant du sublime au trivial, du comique au tragique, du burlesque à l’intime.

Où à l’abri d’un décor ingénieux mouvant de Rudy Sabounghi, fait de panneaux coulissants, de rideaux et d’images vidéo, on passe d’un lieu, d’une situation à l’autre, alliant la mise en abyme intime des personnages à la dimension politique du propos, qui voit des anges passer et dénoncer le rêve américain ou faire ressurgir au grès des hallucinations des fantômes encombrants de l’histoire à l’instar d’Ethel Rosenberg.

La troupe est emmenée par un Michel Vuillermoz tonitruant, redoutable Roy Coy à la posture aussi insolente que monstrueuse mais aussi Dominique Blanc qui endosse avec une facilité déconcertante, six rôles masculins et féminins. Clément Hervieu Léger porte avec intensité et fragilité toute la blessure intime et spirituelle de Prior, le malade devenu prophète malgré lui, tandis que Julien Frison (Joe Pitt) brûle de sa nouvelle orientation sexuelle. Sans oublier Jennifer Decker, Jérémy Lopez, Florence Viala et Gaël Kamilindi qui ne sont pas en reste.

Date : 24 juin 2023 sur France 4 à 21h10
Metteur en scène : Arnaud Desplechin

Une chance sur trois, un chouette roman d’Olivier Adam (Flammarion jeunesse)

Une chance sur trois, un chouette roman d’Olivier Adam (Flammarion jeunesse)

Publik’Art apprécie particulièrement la plume d’Olivier Adam. Je vais bien, ne t’en fais pas, La tête sous l’eau, avec Une chance sur trois, on le découvre comme auteur jeunesse ! Et quel enchantement !

Nino a un grand frère, Simon, en pleine adolescence ! Il mange la bouche ouverte, joue sans arrêt à ses jeux vidéos ou passe sa vie sur son portable. Nino n’est pas du tout comme lui. Il adore jouer avec ses copains. Son meilleur ami Kader le comprend si bien qu’ils n’ont même pas besoin de se parler !

Alors, à Kader il lui raconte ce qui lui arrive. Car franchement, ce qui se passe dans sa tête, ça commence à lui faire peur.

Quand quelqu’un de son entourage pose une question, Nino a trois flashs. Trois situations différentes où la catastrophe s’annonce. Alors Nino réfléchit à toute vitesse pour empêcher ces catastrophes !

Les situations sont drôles et nous embarque dans des situations complètement dingues !
Comment Nino va s’en sortir ? Car ces flashs l’épuisent et en plus, il ne peut rien dire à personne sinon on va le prendre pour un fou !

Une chance sur trois, un très chouette roman jeunesse, avec quelques belles illustrations, à mettre dans ses valises pour les vacances ! Il ne pourra qu’emballer nos lecteurs, dès l’âge de 9 ans !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2023
Auteur : Olivier Adam
Illustrateur : Thomas Baas
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 13,90 €

Festival de la création artistique en réalité augmentée et des innovations culturelles immersives au Grand Palais éphémère du 23 au 25 juin


Le Grand Palais éphémère propose 3 jours de festival immersif pour découvrir des œuvres en réalité augmentée. Un parcours fascinant avec des images à découvrir sur l’écran de votre téléphone portable ou de votre portable.

Publireportage:

Artistes représentés: Liu Bolin (né en 1973, Chine), Salomé Chatriot (née en 1995, France), Lu Yang (né en 1984, Japon), Tobias Gremmler (né en 1970). Ce festival, initiative de Fisheye et de la Rmn GrandPalais, a pour ambition de dresser un état des lieux des innovations technologiques liées à la culture. Au programme de cette 3ème édition : un parcours d’œuvres inédites en réalité augmentée créées par des artistes internationaux et accessibles depuis les smartphones des visiteurs, des expériences interactives numériques dans des espaces appelés « labs », et une agora publique, abordant des thématiques liées à la création numérique contemporaine.
Toutes les œuvres sont des commandes originales créées pour le festival.
 
Labs
En parallèle de l’exposition, une dizaine d’expériences innovantes et engageantes sont proposées au public par des musées, des acteurs technologiques et des écoles d’art, pour permettre la rencontre, l’échange et l’apprentissage des nouvelles technologies. 
 
Giant Lab
L’Oréal, mécène du festival, proposera un parcours immersif explorant les différentes facettes de la beauté du futur. Ce parcours qui mêle plusieurs technologies (3D, réalité augmentée, tracking en temps réel) prend la forme d’une carte blanche donnée à quatre artistes digitaux contemporains : 
Ines Alpha, Romain Gauthier, Sam Madhu et Kami.
 
Agora
Un cycle de prises de parole inédites aura lieu au centre du Grand Palais Éphémère, sur les trois jours de l’événement. Experts, artistes, penseurs, écoles, entreprises et institutions pourront débattre et échanger sur des sujets de fond liés aux nouvelles sociétés numériques.
 
Informations pratiques
 
Ouverture au public
Vendredi 23 juin : 12h – 20h
Samedi 24 juin : 10h – 20h
Dimanche 25 juin : 10h – 18h
 
Billetterie 
https://www.grandpalais.fr/fr/evenement/palais-augmente-3

Programmation détaillée
https://www.grandpalais.fr/fr/thematique/palais-augmente-3-la-programmation

Application « Palais Augmenté 3 » disponible sur Androïd et Apple.

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