Qui ne dit mot consent, un terrible huis-clos (Mercure de France)
Alma Brami nous livre son dernier roman, le septième, Qui ne dit mot consent. On pourrait croire que le titre est suffisamment explicite. Mais en fait, non ! On ne peut imaginer le terrible huis clos dans lequel nous plonge l’auteur.
Des mots qui font mal
Quand vous lisez la première phrase, vous ne comprenez pas vraiment tout ce qu’elle sous-entend : « Sabine aurait aimé que mon mari ne soit qu’à elle. »
Par l’analyse grammaticale de la phrase, vous savez que Sabine, le sujet, aime « mon mari », COD, qu’elle ne veut qu’à elle. Mais le problème est que le COD est un mari ! Donc, un homme marié ! Et qui parle ? La femme du fameux mari !
Bon, ça y est, vous avez compris ? Emilie est marié avec Bernard. Ils ont deux enfants. Sabine est une des maîtresses de Bernard. Car Bernard a plusieurs maîtresses, bien entendu. Et il les ramène toutes chez lui, c’est-à-dire, chez eux, dans leur maison à la campagne. En fait, il les présente toujours comme de « nouvelles amies » pour Maman ! Et Emilie ne dit rien à la grande exaspération de sa fille. Elle subit les extravagances de son mari qui lui assure n’aimer qu’elle. Emilie aime son mari, inconditionnellement. Et elle endure ses folies adultérines, sans rien dire, ou presque rien. De peur de le perdre complètement.
Histoire tout à fait probable
Il disparaît d’une heure à l’autre et quelquefois pendant plusieurs jours. « J’ai besoin de faire le point, de me recentrer » assure-t-il. p.68
« Après Elsa, je pensais que ce serait fini. Mais à chaque début d’hiver, j’avais droit au cérémonial de la bouteille jetée à la mer, et de la nouvelle amie pour Maman. » p.74
Le huis clos terrible qui se passe sous nos yeux nous plonge dans un abîme sans fonds. La plume d’Alma Brami est d’une finesse et en même temps d’une lourdeur qui nous met mal à l’aise. Ses nombreuses répétitions quant aux discours de Bernard et ses actes qui s’enchaînent de façon malsaine et inéluctable renforcent ce sentiment désagréable d’extrême perversion. Jusqu’où ira Emilie ? Cette question on se la pose davantage que jusqu’où ira Bernard ? Car à la limite, Bernard, le grand manipulateur, on préfèrerait l’oublier, qu’il n’existe pas. Et Emilie, on se met tellement à sa place. On voudrait tellement la sauver… On aimerait tellement qu’elle réagisse… On repense au titre terrible et si bien choisi : Qui ne dit mot consent.
« Mon mari me rapportait ses proies, comme un chat victorieux qui dépose aux pieds de son maître un oiseau, un lézard ou un mulot. » p.75
L’adultère est une chose mais ce que décrit Alma Brami est tout autre. Il faut lire ce roman pour plonger au cœur de la complexité de l’âme d’une femme amoureuse et en même temps au centre de violences conjugales que l’on espère peu communes. Un seul conseil : commencez ce livre en ayant du temps devant vous. Une fois commencé, vous ne pourrez plus le lâcher !
Qui ne dit mot consent : un véritable coup de cœur ! Un livre choc !
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Émilie et Bernard vivent à la campagne avec leurs deux enfants. Pour quitter la ville, Bernard a parlé de qualité de vie, d’épanouissement et d’air pur ; Émilie a suivi docilement, abandonnant derrière elle parents et amis. Pour le confort de sa femme, Bernard a eu une idée brillante : il a recruté par petite annonce une amie pour Émilie ! Depuis, les « amies » se succèdent, auprès d’Émilie comme dans le lit de Bernard. Sabine, Elsa, Odile, Aurélie… toutes interchangeables, et renvoyées aussitôt que Bernard se lasse… et trouve refuge auprès de sa petite femme adorée ! Vue de l’extérieur, la situation peut sembler cocasse ; mais dans l’intimité, Émilie souffre et perd pied… Comment exprimer sa colère et retrouver sa dignité ?
Sur le ton tragi-comique qui caractérise son oeuvre, Alma Brami nous entraîne au coeur d’une famille bien étrange. Oscillant entre le réalisme et le conte, elle dresse le portrait émouvant d’une femme meurtrie pour qui le couple est devenu un piège.
Date de parution : le 24 août 2017 Auteur : Alma Brami Editeur : Mercure de France Prix : 16,80 € (168 pages) Achetersur : Amazon
Les Fantômes de lmormo, dessin et scénario de Bruno Loth, Editions La Boîte à Bulles
Les Fantômes de Ermo, tome 1 (Editions La Boîte à Bulles), une BD qui se dévore
Bruno Loth raconte la guerre d’Espagne en 1936 avec des personnages de fiction qui traversent la grande histoire et cotoient les figures marquantes de la lutte anarchiste contre les nationalistes de Franco. En dotant le jeune Ermo de pouvoirs fantastiques, l’auteur introduit un peu de magie dans le récit tragique d’un combat inégal entre l’utopie communiste et la froideur fasciste. Le dessin de Bruno Loth rappelle les premières oeuvres d’Enki Bilal et font écho aux précédentes bandes dessinées du dessinateur scénariste Mémoires d’un ouvrier et John Bost un précurseur, avec toujours ce ton humaniste et bienveillant si révélateur.
Un garçon pas comme les autres
Ermo est un orphelin qui rappellera à beaucoup le dessin animé Rémi sans famille. Débrouillard et futé, il jouit d’un pouvoir particulier qui le rend si spécial. En choisissant de suivre une caravane d’artistes, ils le mèneront au plus près de l’actualité de 1936 en Espagne. La lutte pour le pouvoir oppose anarchistes et nationalistes commence à faire rage et Ermo va rencontrer certaines des figures de la lutte dans un récit qui accumule les péripéties. Personnages héroïques et crapules se côtoient avec un manichéisme qui montre la très forte affinité du dessinateur scénariste avec l’humanisme exacerbé des idées anarchistes décrites dans le récit. Les 160 pages de la bande dessinée se suivent comme une aventure extraordinaire d’un enfant pris dans le torrent de l’histoire. Sa place perd peu à peu en importance pour laisser au premier plan le combat de ceux qui rêvaient à un monde meilleur mais que la dure réalité fasciste allaient vite rattraper. L’incursion de la magie donne des airs de conte à une histoire pourtant très proche de la réalité. Les traits du dessinateur marient détails, précisions et grotesque dans une sarabande de références.
Le récit des aventures d’Ermo se lit avidement que le volume est avalé très rapidement. Heureusement, un tome 2 est prévu et permettra de retrouver notre jeune héros au coeur de la tragédie espagnole.
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Orphelin des rues rêvant d’aventures et d’horizons lointains, Ermo rejoint, à l’été 1936, la troupe du magicien Sidi Oadin qui parcourt l’Espagne en roulotte. Le jeune garçon ne se doute pas que ce voyage s’avèrera plus mouvementé et dangereux que prévu car le pays bascule peu à peu dans la guerre civile. À peine arrivés dans une première ville en Andalousie, Ermo et ses compagnons se retrouvent confrontés à la montée en puissance du fascisme qui cherche à renverser le pouvoir en place. Il faudra à Ermo du courage, de l’inventivité et l’aide – effective ou fantasmée ? – de ses défunts parents pour tirer la troupe de ce mauvais pas. Malgré tout, l’Histoire s’est mise en marche avec ses sanglants dégâts collatéraux. Bien vite, le petit groupe rejoint les factions anarchistes et la colonne du célèbre Durruti pour défendre la cause du peuple espagnol. Ainsi, de Barcelone à Saragosse, hommes et femmes espagnols s’entraident et résistent tant bien que mal, tandis que le jeune Ermo tente de conserver son innocence… Un album qui offre un regard éclairé sur la Guerre Civile espagnole – en particulier sur le rôle joué par les anarchistes, et qui est aussi un récit initiatique universel, au discours profondément humaniste.
Date de parution : Août 2017 Scénariste(s) : Bruno Loth Dessinateur(s) : Bruno Loth Genre : Historique
Le fabriquant de produits électroniques AUKEY nous l’a déjà démontré avec ses enceintes bluetooth, il sait proposer des produits de qualité lorsqu’il s’agit de son. Rentrée rimant avec transports en commun pour bon nombre d’entre nous, on s’est cette fois intéressé à leurs écouteurs et casques bluetooth.
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Les plus :
Bluetooth, of course
L’avantage d’un casque bluetooth… c’est qu’il est bluetooth, évidemment ! Et de ce côté là, les trois produits testés démocratisent tous cette technologie : les écouteurs EPB-24, les écouteurs EP-B21 et le casque EP-B26. Le jumelage se fait en moins d’une minute. Oui, mais encore faut-il qu’ils soient bluetooth assez longtemps pour en profiter comme on l’entend. Et justement, l’autonomie est plutôt bonne.
Une autonomie et un son au rendez-vous
La qualité du son est de bonne facture pour la gamme. Cela grâce à la technologie APTX qui permet de transmettre des données plus complètes (réduit la perte de données) plus rapidement. De même, à l’usage l’autonomie des écouteurs s’est à chaque révélé performante (8 à 10 heures d’utilisation pour le casque EP-B24 et jusqu’à 24 heures pour le casque EP-B21.
Conception ergonomique et légère
La conception de ces trois produits a fait l’essentiel en aboutissant à des produits très légers (presque trop) mais également bien pensés. On apprécie notamment les écouteurs aimantés (EP-B24 ou EP-B21) qui permettent de les mettre autour du coup en « circuit fermé », ce qui est plutôt pratique pour éviter de les perdre (on les porte alors comme un collier). Le casque EP-B26 se plie quant à lui convenablement.
Ce dernier propose un petit plus avec un micro intégré pour la fonctionnalité kit main libre. Très appréciable. On regrette qu’il ne soit pas présent sur les deux autres modèles.
LE(S) MOINS :
L’absence de micro sur les modèles « écouteurs »
AUKEY n’a pas intégré de micro sur les modèles écouteurs. Seul le casque en est pourvu ce qui est dommage pour ceux qui sont plus à l’aise avec le port d’écouteurs.
Conclusion :
De prix toujours attractifs (on note d’ailleurs une palette de prix resserrée autour de 20 euros), ces écouteurs et casque AUKEY font le job ! A tester soi-même !
Home de Fien Troch sur les écrans le 13 septembre 2017
La réalisatrice belge Fien Troch place sa caméra à hauteur d’adolescents dans un film qui semble d’abord se diriger dans les traces de Larry Clarke avant de prendre son propre envol. L’ennui engendre la tentation de l’excès loin du regard des adultes dans une autonomie illusoire qui n’apporte aucun enthousiasme si ce n’est celui de faire ses propres expériences. Puis une histoire se met en marche avec comme protagonistes principaux trois jeunes garçons aux difficultés qui dépassent de loin celles de leur classe d’âge. La dramaturgie monte crescendo avec le parti pris d’une certaine surenchère dans le trash, avec une ligne rouge qui obsède les jeunes adolescents. Un film qui aurait pu se contenter de la peinture d’une classe d’âge désenchantée mais qui sait mettre en place un scénario qui le fait aller bien au-delà
Au-delà de l’intempérance de l’adolescence
Home débute avec un constat redondant dans le cinéma actuel. Les adolescents sont confrontés à toutes les tentations que leur exposent des médias sans limites. L’innocence n’est plus de mise quand tout est (trop) facilement accessible via internet ou la télévision sans le filtre des adultes pour protéger et prévenir. Les jeunes gens se testent, expérimentent, se mettent au défi de grandir encore plus vite avec comme écueil un rapport à l’autre biaisé. Là où le film aurait facilement pu filer vers un trash bon teint à la Larry Clarke, la réalisatrice Fien Troch choisit de mettre en place un vrai scénario de film, loin de se contenter de seulement décrire d’une adolescence morose. 3 adolescents sont mis en avant avec des parcours de vie qui brouillent les frontières entre fiction et réalité. Kevin (Sebastian Van Dun) sort de prison et tente de rattraper le fil de son âge loin de la violence qui lui tend les bras. John (Mistral Guidotti) se débat avec une mère désaxée qui lui fait mener la vie dure. Sammy (Loïc Bellemans) voit l’échec scolaire lui tendre les bras et la motivation l’abandonner pour y remédier. Ces 3 anti-héros tentent de trouver du positif dans leurs parcours de vie compliqués mais c’est le drame qui se présente à eux.
Une réalité sans tabou
La caméra de la réalisatrice se raccroche le plus possible à la réalité, suivant les personnages dans leur quotidien, via l’écran de leurs téléphones ou à la manière d’une caméra cachée. La liberté la plus totale semble donnée aux jeunes acteurs pour figurer une adolescence faite de doutes et de désillusions. La limite sociale des tabous les plus élémentaires est allègrement franchie pour une intrigue qui heurte le spectateur par la facilité du passage à l’acte. La violence est l’exutoire le plus immédiat autant que le plus accessible, danger qui tend les bras à ces adolescents en manque de repères. Les rapports sociaux sont empreints d’une méfiance qui tranche avec le mythe de l’ami éternel à qui on peut tout pardonner. Chaque adolescent devra choisir son parcours de vie et faire ses propres choix. Et c’est exactement là que le film de Fien Troch touche à l’admirable, offrant une porte de sortie, comme une rédemption pour ceux qui ont la force de devenir adulte.
Un film qui bouscule par son fragile équilibre entre damnation et rédemption. Sur les écrans ce 13 septembre, cet Home a ce léger parfum de souffre qui intrigue mais il va au-delà de la polémique pour offrir un portrait d’adolescents tout à fait cinématographique. A découvrir.
Kevin, 17 ans, sort de prison. Pour prendre un nouveau départ, il s’installe chez sa tante et se lie d’amitié avec son cousin et ses amis. Ce nouvel équilibre le sauvera-t-il de la délinquance ? Confiance, complicité et trahison se succèdent jusqu’à ce qu’un évènement inattendu bouleverse à jamais le quotidien de ces adolescents.
Sortie : le 13 septembre 2017 Durée : 1h43 Réalisatrice : Fien Troch Avec : Sebastian Van Dun, Mistral Guidotti, Loïc Bellemans Genre : Drame
Surprenante exposition David Hockney au Centre Pompidou
Le Centre Pompidou célèbre avec éclat les 80 ans de David Hockney en lui consacrant une rétrospective aussi richement dotée que captivante. Les 160 oeuvres présentées associent livres, dessins, installations vidéos, photographies et tableaux qui retracent les 60 ans d’une carrière débutée à l’école d’art de Bradford et devenue une référence mondiale dans l’art moderne et contemporain. Aucun besoin d’être expert en art plastique pour s’extasier devant la prodigalité d’une oeuvre multiple.
Un artiste total
Peintre, dessinateur, graveur, décorateur et photographe britannique, David Hockney est devenu une figure majeure du mouvement pop art dans les années 1960 avant de se diriger vers l’hyperréalisme et de nombreux autres styles. Si ses piscines californiennes baignées de soleil restent certainement ses oeuvres les plus emblématiques, il ne faut pas croire que son travail se résume à ces tableaux iconiques. Les toiles correspondant aux années de formation montrent une multitude d’inspirations. Le jeune élève de l’école d’art de Bradford montre très tôt des qualités de dessinateur qui dépassent de loin celles de ses camarades. Il s’essaye à la peinture réaliste socialiste, montrant un quotidien fait de grisaille et de labeur. Son passage au Royal College of Art de Londres le voit découvrir stupéfait Dubuffet, Bacon et l’expressionnisme abstrait américain. Puis c’est le choc Picasso lors d’une exposition londonienne en 1960. Cette rencontre le convainc d’abroger les limites de style. Ce qui aboutira à un hédonisme plastique avec une exaltation constante de la couleur et de la lumière.
Un parcours foisonnant
L’exposition du Centre Pompidou allie exhaustivité et dépouillement. Les salles se suivent avec une économie de toiles dans chacune d’elles. L’essentiel est présenté sans outrance pour ne pas surcharger le regard du visiteur qui peut se concentrer sur chaque oeuvre. Les premières salles présentent les jeunes années à la recherche d’un style avant de s’ouvrir aux paradis californiens, au flirt avec l’abstraction et aux portraits. La visite permet d’appréhender complètement le parcours de l’artiste et de prendre conscience de l’abondance des styles abordés. David Hockney s’est essayé à la photo, à la vidéo et aux nouvelles technologies. Ce qui explique la toujours très grande actualité d’un artiste qui ne cesse de creuser son art pour constamment se renouveler.
L’exposition du Centre Pompidou offre un large panorama sur une oeuvre multiple qui a marqué l’art du XXe siècle avant de se diffuser vers le XXIe siècle. Artiste toujours moderne et à la pointe des possibilités techniques offertes par les nouvelles technologies, David Hockney voit son oeuvre célébrée dans une rétrospective à découvrir absolument.
Dates : du 21 juin au 23 octobre 2017 Lieu : Centre Pompidou (Paris) Entrée : 14 €
Mère Teresa, mise en scène de Pascal Vitiello, Théâtre Le Lucernaire
Emouvante Mère Teresa ombre et lumière au Lucernaire
Si l’image publique de Mère Teresa a marqué l’histoire du 20e siècle et inspiré l’humanité par son exemple de dévouement total, peu peuvent se targuer de véritablement connaitre celle qui a dédié sa vie aux plus pauvres parmi les pauvres. Le Lucernaire invite à un seul en scène hypnotique avec une Catherine Salviat habitée au centre de la scène. Elle invoque l’esprit de celle qui fut canonisée en 2016 par le Pape François et ouvre rien de moins qu’une lucarne de lumière sur l’audience pour un moment de théâtre envoutant.
Une vie au service des autres
Née en 1910 au coeur de l’Empire Ottoman dans ce qui allait devenir bien plus tard l’Albanie, Anjezë Gonxhe Bojaxhiu dédia sa vie entière à aider les autres. Catherine Salviat suit le fil d’une existence unique pour en faire ressortir les jalons essentiels. Car ce petit bout de femme est issu de l’anonymat le plus complet et rien ne la prédestinait à devenir une icône de générosité aux yeux du monde entier. L’appel de la foi allié à une volonté de fer lui firent soulever des montagnes tout au long d’un siècle de souffrance où elle devint un symbole de résilience et de charité. Le seul en scène se veut d’un dépouillement extrême avec son décor de draps tendus et cet emblématique sari blanc aux bordures bleues posé sur scène. La comédienne arpente les planches doucement, relatant le destin d’une femme exceptionnelle. De son entrée dans l’ordre missionnaire des sœurs de Notre-Dame de Lorette jusqu’à l’obtention du prix Nobel de la paix en 1979 en passant par la fondation de sa propre congrégation en 1950, c’est à une vie de défis qu’est dédiée cette pièce. Car il suffit d’un regard vers la photo qui illustre la pièce pour se poser cette question. Comment ce petit bout de femme a-t-il pu être à l’origine de 610 missions dans 123 pays avec des orphelinats, des écoles, des hospices et des maisons d’accueil pour les nécessiteux?
Une pièce rare
L’objectif de la pièce n’est pas du tout le prosélytisme religieux, car celle qui eut sa dose de contempteurs toute sa vie durant se contentait d’agir là où la plupart se contentaient de parler. Le discours de la comédienne aboutit surtout au constat qu’à force de volonté acharnée, n’importe qui peut réaliser des choses extraordinaires. La sociétaire de la Comédie Française prend les oripeaux de la simplicité pour mettre l’exact niveau attendu de sincérité et d’égard dans sa voix et son attitude. Elle ne cherche ni à convaincre ni à imposer quoique ce soit, elle relate simplement une vie faite de grands bonheurs et de doutes récurrents avec comme de l’affection et du respect dans la voix. Si elle prête par moments ses traits à la sainte, c’est pour relater des épisodes d’une vie bien remplie plus que pour véritablement l’incarner physiquement. L’exceptionnel redescend à hauteur de femme avec la belle maxime que rien n’est irréalisable pour qui se donne la peine d’y croire et de se retrousser les manches.
La pièce Mère Teresa Ombre et Lumière émeut par la sincérité du propos et la force transmise par la comédienne pour un exemple de femme parvenue à réaliser son destin en mettant sa vie au service des autres.
Dates : du 23 aout au 4 novembre à 19h du mardi au samedi Lieu : Le Lucernaire (Paris) Metteur en scène : Pascal Vitiello Avec : Catherine Salviat
Comment vivre en héros, ou l’acceptation de notre simple vie de mortel (Gallimard)
Le dernier livre de Fabrice Humbert ne peut que nous interpeller. Comment vivre en héros quand on est un homme tout à fait normal ? Est-ce seulement possible dans notre vie qui n’a rien d’héroïque ?
On est tous un peu Tristan
Fabrice Humbert décrit parfaitement la société dans laquelle nous vivons. Et son héros n’a rien d’un héros. Tristan Rivière sait qu’il n’est pas un héros. Pourtant il aimerait tellement l’être. Il pense que son père est un héros, héros de la résistance. Sans trop savoir ce qu’il a fait, il sait que son père est un héros. Et son père veut que son fils, Tristan, soit digne de lui, donc un héros. Un jour, Tristan aurait pu montrer aux yeux de tous qu’il avait la graine d’un héros. Son prof de boxe se fait tabasser sous ses yeux. Et Tristan au lieu de le défendre, va fuir. Il va s’en vouloir ensuite durant dix ans. Jusqu’au jour où il va vraiment devenir un héros en trente-huit secondes, sans réfléchir.
Une vie somme toute banale
Ce qui est impressionnant dans le roman de Fabrice Humbert est la terrible ressemblance avec nos vies. Au fond, rien ne prédestinait Tristan pour faire les études qu’il a choisies. Mais il y est arrivé. Son mariage est le pur fruit du hasard. Il existant une probabilité quasi nulle de rencontrer la femme qui deviendra son épouse. Ensuite, sa vie est une suite d’évènements comme il nous en arrive à tous. A-t-il vraiment décidé de ses choix ? Sa vie file à toute vitesse. « Bouffé » par ses réunions, ses engagements, il s’éloigne de sa famille… Sa vie tourne à toute vitesse… Il est droit, honnête et se sent mieux le jour où il va voir son prof de boxe qui s’était fait massacrer sous ses yeux…
Et puis, comme tout le monde, il devient un peu moins intègre, un peu plus attiré par la tentation de découvrir autre chose… Et comme tout le monde, il va tomber dans tous les pièges que lui tend la vie. Et ses choix ne seront plus de bons choix. Et quand il le comprendra ce sera trop tard…
La vie, ses pièges
La vie de Tristan défile sous nos yeux, avec ses succès et ses défaites. Et toujours une excellente analyse de la société dans laquelle nous vivons. C’est pourquoi ce livre ne peut que tous nous atteindre, nous qui vivons sans doute la plupart du temps, sans se rendre compte que notre vie, et celle de nos proches, est un trésor.
L’âme pure, le héros des temps modernes, existe-t-il encore en chacun de nous ? Peut-il seulement exister ? Comment vivre en héros, un très beau roman qui nous démontre que nous ne sommes pas toujours conscients de nos engagements et de nos actes. La complexité de l’homme réside en cette inconscience que nous avons tous et que nous ne maîtrisons pas.
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Tristan Rivière a été élevé par son père, ouvrier et militant communiste, dans l’idée qu’il devait être un héros. Malheureusement, à l’âge de seize ans, à la première occasion qui lui est accordée de prouver son courage, il s’enfuit. Après dix années de remords et d’humiliation, Tristan se retrouve dans un train au moment où une jeune femme est agressée par une bande. Et la peur d’autrefois l’envahit. Va-t-il enfin se montrer à la hauteur ? Suivant sa réaction, sa vie prendra des directions entièrement différentes… Roman des vies possibles, de ces moments qui décident d’une existence, interrogation aussi sur le couple et la constance de l’amour, Comment vivre en héros? décrit de façon ironique et tragique le rêve de l’héroïsme et de la pureté dans les sociétés modernes.
Date de parution : le 17 août 2017 Auteur : Fabrice Humbert Editeur : Gallimard Prix : 21,50 € (416 pages) Achetersur : Amazon
Tandis que la brume de rentrée vient envahir nos petits cerveaux ramollis par l’été, on vous propose ce petit test de diffuseurs d’Huiles Essentielles qui va vous permettre de faire de la brume intérieure votre alliée !
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Les plus :
Le monde des huiles essentielles à portée de nez
Les trois modèles que nous avons testé sont des produits proposés par AUKEY : le diffuseur 100ml, son équivalent que l’on appellera l’humidificateur 100ml bien qu’il comprenne les mêmes fonctions, et le diffuseur 500ml. Ces trois diffuseurs d’Huiles Essentielles sont la solution pour parfumer votre intérieur d’une multitudes d’arômes (ils sont très nombreux sur le marché). De quoi apporter de la Zenitude à votre environnement mais aussi à vous-même.
Un objet plutôt design et peu encombrant
Les modèles testés sont fabriqués dans des matériaux plutôt sommaires mais qui demeurent efficaces à l’usage (plastiques et verres) mais surtout de dimensions passe-partout. On peut poser ces petits objets quasiment partout (bureau, table de chevet…) et leur design AUKEY apportera une petit touche de déco sympathique à votre mobilier.
Des fonctionnalités variables
Plus vous monterez en gamme (et en capacité / contenance), plus les fonctionnalités se démultiplieront. Les différents modes de diffusion intermittents sont calibrés sur des périodes de 1h à 6h (selon les modèles) et autorisent aussi une diffusion continue (l’appareil se coupe quand il n’y a plus d’eau dans le réservoir). De même, l’intensité de la brume peut également être réglée pour le modèle en 500ml. Un détail intéressant les jours où le temps est froid et sec (permet de lutter contre l’électricité statique ambiante).
Le petit truc en plus est la fonctionnalité lumineuse, avec la possibilité de programmer jusqu’à 7 couleurs différentes.
LE(S) MOINS :
Prise secteur indispensable
Le seul inconvénient de ces diffuseurs est la nécessité de les installer près d’une prise secteur. Cela diminue leur portabilité et c’est bien dommage.
Conclusion :
Ces trois diffuseurs restent très abordables et technologiquement compétitifs.
Cézanne révélé avec l’exposition Portraits de Cézanne au Musée d’Orsay
Le Musée d’Orsay réunit des tableaux de Paul Cézanne tous exclusivement orientés vers le portrait. Pas de natures mortes ou de paysages, juste des visages et des figures, présentés en lien avec la longue vie artistique de celui que son père destinait à la voie juridique. L’évolution de la technique picturale est patente, jusqu’à une épure qui préfigure le cubisme de Picasso et Matisse. Le parcours se veut chronologique, avec des thématiques fortes. Autoportraits et portraits de son épouse Hortense née Fiquet sont nombreux et illustrent les rapports parfois compliqués entre le peintre et son entourage.
Un peintre central dans l’histoire de la peinture
Si la postérité ne cesse de rendre hommage au natif d’Aix-en-Provence, cela s’explique probablement par une technique éprouvée et révolutionnaire à laquelle chacun s’attache encore aujourd’hui à reconnaitre la singularité. Si les paysages reviennent souvent dans les exemples généralement référencés, les portraits sont moins évoqués. Et pourtant le peintre en réalisa plus de 200 dans son millier d’œuvres, avec des grandes thématiques. Lui-même en premier lieu, le visage plus ou moins fermé et l’air généralement bougon. Celle qui devint tardivement son épouse pose également avec des regards souvent absents qui tranchent avec sa patience légendaire pour permettre pendant des heures à son compagnon d’achever ses oeuvres. Quant aux tiers, ils illustrent parfaitement la place centrale du peintre dans la vie culturelle de son époque. Emile Zola et amis impressionnistes apparaissent ainsi régulièrement dans ses toiles, posant docilement pour des tableaux passés à la postérité.
Une exposition avant tout pédagogique
La balade dans les différentes salles de l’exposition rend parfaitement compte de l’évolution de la technique picturale de Cézanne. Celui que Matisse comme Picasso désignèrent comme notre père à tous imprima une marque tellement forte dans l’histoire de la peinture occidentale que nombreux sont ceux qui s’y réfèrent encore aujourd’hui comme un jalon de l’histoire de la peinture, achevant la révolution impressionniste jusqu’à échafauder une passerelle vers la suite. Fauvisme, cubisme et art moderne en émergeront à l’orée du XXe siècle. A noter qu’un évènement très spécial aura exceptionnellement lieu autour de cette exposition. Intitulé Curieuse nocturne, il se tiendra le jeudi 21 septembre de 18h30 à 23h en se penchant sur l’exposition avec des conférenciers accompagnant les visiteurs pour narrer sa jeunesse parisienne jusqu’à son exil provençal pour découvrir intimement les plus beaux portraits et autoportraits de l’artiste. D’autres évènement sont également prévus comme une exposition De Mantes au Musée d’Orsay Au fil de l’image, un concert de la Maison Tellier ou une sélection de portraits des étudiants de l’Ecole du Louvre. D’autres happenings sont également à la carte. L’évènement sera gratuit pour les -26 ans (ressortissants ou résidents de l’UE) et les autres devront s’acquitter de la modique somme de 9 euros. Plus d’informations sur le site du Musée d’Orsay. De quoi passer une soirée enchantée sous me signe de Paul Cézanne.
Dates : du 13 juin au 24 septembre 2017 Lieu : Musée d’Orsay Entrée : 13,70 €
La vengeance du pardon, quatre nouvelles redoutables (Albin Michel)
Eric-Emmanuel Schmitt nous révèle avec La vengeance du pardon, cette fois-ci, quatre histoires uniques. Toutes tournées autour des sentiments humains, pas vraiment réjouissants ! Chacune a sa morale…
Scénarios originaux et palpitants
La première histoire, Les sœurs Barbarin (94 pages), est centrée sur la vie de jumelles, Lily et Moïsette, durant quatre-vingts ans ! Ce sont des vraies jumelles, parfaitement identiques. Mais si apparemment ce sont les mêmes, dans leur tête, elles n’ont guère de point commun. Moïsette est jalouse de son ainée, de trente minutes, depuis sa naissance. Il faut dire que Lily est parfaite et toujours prête à pardonner les misères que lui fait subir sa sœur. Jusqu’où ira Moïsette avec sa sœur ? L’analyse psychologique de Moïsette est tellement excellente, qu’on lit cette histoire à toute vitesse en se demandant jusqu’où l’auteur veut nous emmener. A coup sûr sur un terrain très glissant…
La seconde histoire, Mademoiselle Butterfly (97 pages), raconte l’histoire d’un homme très riche, William Golden, directeur d’une célèbre banque. Dès le début de l’histoire, on apprend que cette banque est en très grosse difficulté par la faute de trois employés, dont le fils de William. Ensuite, l’auteur nous parle de William au moment de son adolescence ; Il a 17 ans, il part en vacances en montagne, dans les Alpes, avec son groupe d’amis, les Aigles. Et bêtement, William va dire oui à un pari lancé par ses amis : coucher une fois avec la jeune fille, voisine de leur maison, très jolie mais un peu simplette, Mandine. Cette histoire est celle qui nous aura le plus marqués. Beaucoup de messages y sont envoyés par le biais de cette fameuse rencontre avec Mandine. Une rencontre qui sera déterminante pour William mais qui ne l’apprendra que plusieurs années plus tard… Mandine, la simple d’esprit, donne une très belle leçon d’amour inconditionnel…
Les deux autres histoires sont un peu plus courtes. Tout d’abord, La vengeance du pardon (78 pages) et Dessine-moi un avion (74 pages). La vengeance du pardon est une bien singulière histoire avec une morale tout aussi surprenante. Elise a perdu son enfant unique, Laure, violée et tuée par Sam Louis. Ce criminel, elle le voit en prison à Paris depuis deux ans. Il vient d’être transféré en Alsace. Du coup, Elise déménage et s’installe près de la nouvelle prison. Au début, on ne comprend pas du tout où veut en venir Elise avec cet homme qui a tué sa fille. Elle-même ne le sait pas vraiment. Il est complètement inhumain, ce n’est pas un homme, il en a juste l’apparence. Ils finissent par s’apprivoiser mutuellement… Relations malsaines, perverses ? Ce n’est qu’à la toute fin de l’histoire, que la clé du mystère est dévoilée…
Quant à la dernière histoire, elle reprend l’histoire du Petit Prince de Saint-Exupéry avec la rencontre d’un vieillard et d’une petite fille qui lui demande de lui dessiner un avion. Pas par hasard mais parce qu’elle sait qu’il est aviateur… Et lui, au fil de l’histoire qu’il lit à la petite Daphné, va se découvrir aussi assassin…
Amour et pardon
Publik’Art n’aime pas trop les romans composés de nouvelles ; chaque nouvelle pourrait faire l’objet d’un livre ! Surtout les deux premières nouvelles, absolument captivantes. Elles tournent toutes autour du pardon, mais de façon tellement différente ! Certaines font peur, d’autres non. Eric-Emmanuel Schmitt met l’accent à travers ces nouvelles, des sentiments humains très forts, comme l’amour mais aussi et surtout la haine. L’homme est-il naturellement bon ou plutôt mauvais ? La nature humaine n’est pas forcément celle que l’on croit. L’important est de l’accepter, de la comprendre et ensuite de pardonner… Toujours avec amour… Pardonner à l’autre ou se pardonner. L’écriture de Eric-Emmanuel Schmitt est toujours brillante, avec un vocabulaire pointilleux et laisse planer un suspens à travers chacune de ses phrases… Ce livre, La vengeance du pardon, se lit avec beaucoup de plaisir et à toute vitesse avec toute l’ambiguïté du pardon et toute la beauté de l’amour. Mais c’est un livre à garder : à lire et à relire pour en puiser tous les messages.
Quelques extraits :
– Si je l’aime, je lui pardonne. – Si tu lui pardonnes, tu ne t’aimes pas, tu ne te respectes pas. – – Mais c’est bien ça, aimer. Vouloir que l’autre soit heureux. Faire passer l’autre avant soi. P.82
En amour, le mérite réside dans celui qui aime, pas dans celui qui est aimé.
P. 200
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Quatre destins, quatre histoires où Eric-Emmanuel Schmitt, avec un redoutable sens du suspens psycho- logique, explore les sentiments les plus violents et les plus secrets qui gouvernent nos existences. Comment retrouver notre part d’humanité quand la vie nous a entraîné dans l’envie, la perversion, l’indifférence et le crime ?
Date de parution : le 1er septembre 2017 Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt Editeur : Albin Michel Prix : 21,50 € (336 pages) Achetersur : Amazon
Génération Propaganda, livre de Benoit Marchisio, Editions Playlist Society
Les éditions Playlist Society exaltent la culture populaire
Il est souvent ardu de trouver des collections qui parviennent à creuser des sujets culturels sans avoir à parcourir moins de 500 pages. L’éditeur Playlist Society démontre sans mal que la richesse des informations peut aller de pair avec la concision sans perdre pour autant dans le niveau de détails. 9 ouvrages sont pour l’instant disponibles aux formats papiers et numériques avec des essais, des monographies et des cartographies de mouvements, dédiés à la musique, au cinéma et à la littérature. Quelques uns ont été dévorés cet été avec le constat d’une abondance d’informations propre à ravir n’importe quel amateur de culture.
Les territoires interdits de Tobe Hooper de Dominique Legrand
La disparition récente de Tobe Hooper donne à l’ouvrage de Dominique Legrand de forts accents d’actualité. Le réalisateur américain a écrit les tables de la loi du film d’horreur avec son Massacre à la Tronçonneuse réalisé en 1974. Car loin de se contenter d’exalter l’horreur dans un aspect simplement gore et effrayant, Tobe Hooper a toujours voulu le revêtir des oripeaux de la critique avec toujours comme cible principale cette société américaine si schizophrénique. Souvent réduit à ce seul film, le réalisateur a pourtant réalisé d’autres opus comme Poltergeist en 1982 ou Mortuary en 2005 avec toujours ce style si particulier et cette incessante visée politique. L’ouvrage de 144 pages offre un tour d’horizon fouillé et didactique sur une oeuvre unique à redécouvrir à l’aune de cette ambition philosophique qui lui donne tout son cachet.
Swans et le dépassement de soi, de Benjamin Fogel
Entre analyse musicale et récit historique, Benjamin Fogel revient sur la carrière mouvementé d’un groupe fondateur de la New Wave, Swans. Si peu le connaissent aussi bien qu’un Sonic Youth bien plus médiatisé, l’ouvrage propose une plongée riche en anecdotes et explications dans une étape passionnante de l’histoire de la musique contemporaine. De quoi donner envie de découvrir ou redécouvrir un groupe fascinant par son exigence et sa singularité.
Génération Propaganda de Benoit Marchisio
Qui connait la société Propaganda? Benoit Marchisio revient sur sa place centrale dans l’émergence dans les années 80 d’artistes et de moyens d’expression ayant durablement influencé la culture populaire américaine. En 160 pages, ce sont Guns’n’Roses, Madonna, Michael Jackson, la culture clip et les blockbusters qui sont passés en revue avec l’évidence d’une influence notable sur notre époque actuelle. Comment une société a-t-elle pu autant influencer une génération entière, c’est exactement ce qu’expose Benoit Marchisio dans un récit riche en références et en analyses.
Les révolutions de Mad Men, de Damien Leblanc
Qui n’a pas suivi avec délectation les 7 saisons de la série Mad Men à la télévision? Les aventures de Don Draper à partir des années 50 et jusqu’aux années 70 ont passionné les foules et fait accumuler des dizaines de récompenses aux concepteurs d’une série révolutionnaire. Si les ouvrages pullulent sur le sujet, peu abordent en si peu de pages (136!) la quintessence de ce qui rend Mad Men unique. Son acuité dans l’analyse des évolutions d’une société, que ce soit au niveau des moeurs ou des rapports homme/femme ne laisse de faire réfléchir, faisant penser que cette série est bien plus qu’un simple divertissement télévisuel.
Ces 4 ouvrages donnent une idée assez préciser de l’exigence de la collection publiée chez Playlist Society. De quoi vous donner envie d’aller rendre visite à votre libraire de quartier pour dévorer vous aussi les différents ouvrages proposés!
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Date de parution : 2016/2017 Auteurs : Benoit Marchisio, Benjamin Fogel, Damien Leblanc, Dominique Legrand Editeur : Playlist Society Prix : 14 € ou 16 € (moins de 200 pages) Achetersur : Amazon
Cyparis, BD de Lucas Vallerie, Editions La Boîte à Bulles
Eblouissante et tragique BD Cyparis, le prisonnier de Saint Pierre (Editions La Boîte à Bulles)
Lucas Vallerie entreprend le récit d’une catastrophe qui a marquée l’histoire par l’ampleur de son bilan. A travers le destin de quelques protagonistes, le souvenir de la ville de Saint Pierre est invoqué ainsi que celui des 30 000 personnes qui ont périt suite à l’éruption de la Montagne Pelée. Colons blancs et locaux cohabitent dans une sorte de paradis où les habitants rivalisent de truculence au milieu des joutes de pouvoir et de gouvernants incapables de prendre la mesure du drame qui se prépare. Cyparis est le personnage principal, ouvrier agricole qui devient un des seuls survivants de la catastrophe. Lucas Vallerie est au dessin et au scénario pour une BD qui impressionne par sa riche documentation et la tension entretenue jusqu’au bout.
Un pan oublié de l’histoire
Quand la jeune nièce d’un notable de Saint Pierre débarque en Martinique, elle n’imagine pas le cours que va prendre son destin. Subjuguée par la beauté de la ville et sa luxuriance, elle visite les lieux et se fait happer par son ambiance légère et colorée. Locaux et coloniaux cohabitent dans un intérêt mutuel bien compris. Aux immigrés blancs la richesse, aux indigènes la joie de vivre. A l’ombre de la Montagne Pelée, Saint Pierre et ses habitants prospèrent. Mais c’est sans compter sur l’implacabilité d’une nature aveugle. La BD se déroule au rythme de la terre qui tremble et des signes avant coureurs du drame à venir. Les scientifiques ont beau alerter les autorités, l’imminence des élections occupe tous les esprits. Du 1er avril au 8 mai 1902, rien n’y fait, ni les pluies de cendres, ni les coulées de boues ni la terre qui tremble ne décident à une évacuation des habitants. Lucas Vallerie insiste sur l’aveuglement collectif et l’absence de tout principe de précaution. Dans sa prison, Cyparis assiste impuissant à la disparition d’une ville entière et de ses habitants. Sorte de BD catastrophe, Cyparis, le prisonnier de Saint Pierre fait froid dans le dos.
Une BD à lire absolument
Par la précision de son dessin et son panorama historique, cette BD est tout bonnement impressionnante. Sa lecture suscite l’émoi et l’émotion avec ces destins brisés par un évènement équivalent à un Pompéi moderne. Les préoccupations quotidiennes et les luttes intestines semblent bien futiles quand tout s’achève sous la cendre. Lucas Vallerie fait réfléchir sur l’insignifiance de la vie humaine face à une nature imprévisible. Le lecteur aimerait dire aux personnages de fuir mais rien n’y fait. L’histoire s’est achevée avec une hécatombe collective que la BD invoque comme un souvenir à garder à l’esprit.
Cyparis, le prisonnier de Saint Pierre est une des BD’s de la rentrée à lire absolument. Un moment d’histoire éprouvant mais ô combien nécessaire.
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Ah, la Martinique ! Saint Pierre, son jardin botanique, son port, son marché et ses rues pittoresques, sa végétation luxuriante, sa montagne Pelée… À l’aube du XXe siècle, les Occidentaux de tous horizons se pressent sur les côtes de cette colonie française pleine de charmes et d’avenir. Mais au printemps 1902, ce n’est pas l’exquis parfum du rhum et des plantes exotiques qu’exhale l’île au fleurs mais celui, nauséabond, du soufre. Et que dire des inquiétantes fumerolles qui s’échappent du sommet de la montagne Pelée ? Mais le maire et le gouverneur ont plus important à faire : préparer les élections législatives ! Et peu importe les signes envoyés par la montagne… Tandis que toute la ville est en émoi, Louis-Auguste Cyparis, condamné au cachot, attend impatiemment que l’on veuille bien le libérer. Il ne sait pas encore que cette cellule étriquée lui sauvera la vie et fera de sa destinée une légende… Un pan marquant de l’histoire de la Martinique magnifiquement mis en images et en couleur… Un premier album absolument superbe et maîtrisé !
Date de parution : Septembre 2017 Scénariste(s) : Lucas Vallerie Dessinateur(s) : Lucas Vallerie Genre : Historique Editeur : La Boite à Bulles Prix : 32 € (256 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Oualou en Algérie, dessin de Lounis Dahmani, Scénario de Gyps, Editions la Boite à Bulles
Oualou en Algérie, entre humour et devoir de mémoire (La Boîte à Bulles)
Un nouveau détective de choc débarque dans le monde de la BD. Il se prénomme Nadir Oualou et ila tout du personnage désinvolte à qui on la fait pas. Le dessin clair de Lounis Dahmani illustre avec élégance les aventures algériennes d’un héros décidé à remonter le fil du temps dans un pays qui a connu une crise majeure pendant les années 90. Les exactions du FIS sont restées dans toutes les mémoires et l’enquête exhume un passé douloureux, avec un mélange détonnant d’humour et de lucidité.
Un pays tiraillé entre mémoire et pardon
Le personnage de Nadir Oualou hésite à retourner en Algérie et le lecteur comprend vite pourquoi. Méconnaissant totalement les codes du pays, il risque de s’y perdre sans réussir à détricoter les fils d’une enquête aussi compliquée qu’il l’appréhendait. Un peu comme Jack Palmer dans L’enquête Corse, il lui faut apprendre à manier la ruse pour retrouver la trace de la fille de Nicole Benamou. Mariée à un algérien, elle a du abandonner son pays d’adoption et sa fille quand la menace du FIS s’est faite trop présente dans les années 90. Elle cherche maintenant à la retrouver et il faudra toute la persévérance du détective pour y parvenir. La BD utilise la toile de fond d’un pays encore marqué par les années 90 pour montrer la réalité sans fard. La menace islamiste ne date pas d’hier et avait déjà tissé sa toile de l’autre côté de la Méditerranée, entre répulsion et attraction au sein d’une population profondément divisée. Mais loin d’être trop ardue, la lecture se veut avant tout plaisante avec un humour omniprésent mettant à distance les horreurs commises par le biais d’un dessin ludique et d’un scénario à tiroirs. Le héros profondément empathique ne juge ni ne critique un pays dont il est issu même s’il se définit avant tout comme français, « comme Zidane ».
Des références omniprésentes à la culture BD
Les 64 pages de la BD se dévorent grâce au rythme soutenu qu’entretient le scénariste Gyps. Entre les incessantes découvertes réalisées par Nadir et son cousin, le regard sans concession sur un pays en plein clivage religieux et les références incessantes à la culture BD, le lecteur ne s’ennuie pas. Mention spéciale aux 4 affreux jojos dérivés des frèresDalton dans Lucky Luke. Le format de la BD emprunte au format belge, le dessin également, loin de la culture manga actuelle. Les plus jeunes retrouveront le dynamisme des BD’s contemporaines, les plus anciens s’amuseront des références de leur jeune âge. Car le scénariste Gyps joue autant avec les codes de la société algérienne qu’avec le savoir faire de la bande dessinée.
L’intrigue mélange histoire réelle et fiction pour un résultat convaincant qui laisse à penser que le personnage de Nadir pourrait bien devenir récurrent aux éditions La Boîte à Bulles. C’est tout le bien que l’on peut lui souhaiter!
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Nadir Oualou, détective privé en banlieue parisienne, est français, « comme Zidane ». Très France black blanc beur, il donnerait tout pour éviter de devoir retourner au bled… jusqu’à ce qu’une cliente se présente avec une demande qu’il ne peut refuser : Nicole Benamou, ex-épouse de Said Benamou, un ancien membre du Front Islamique du Salut qui sévissait lors des guerres civiles de 1990, cherche à retrouver sa fille dont on l’a séparée il y a plusieurs années. Et pour cela, elle est prête à payer cher… Mais pour ce faire, Oualou devra retourner au pays, et affronter ses peurs… et sa famille ! Commence alors une enquête en « territoire hostile » : Oualou a pour tout indice une adresse et beaucoup d’incertitudes. D’autant qu’il lui faudrareconstituer le parcours de Saïd, durant la «guerre civile» et ses excès de tout bord. Et affronter les sinistres frères Batata, version algérienne des frères Dalton. Une enquête pleine d‘humour et de clins d’oeil, qui mêle avec talent stéréotypes et différences culturelles, à l’instar de L’Enquête Corse de René Pétillon.
Date de parution : Août 2017 Scénariste(s) : Gyps Dessinateur(s) : Lounis Dahmani Genre : Humour Editeur : La Boîte à Bulles Prix : 15 € (64 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Oualou en Algérie Oualou en Algérie Oualou en Algérie Oualou en Algérie
Et soudain la liberté, ou les combats de toute une vie de femmes (Les Escales)
Evelyne Pisier voulait écrire l’histoire de sa mère, Paula Caucanas, décédée en 1988, par suicide. Il semblerait qu’Evelyne soit aller voir son éditrice, Caroline Laurent, pour lui exposer son projet. Très vite elles sont devenues amies, malgré la grande différence d’âge. Caroline a tout juste vingt-huit ans et Evelyne, soixante-seize. Peu importe, elles se comprennent, même à demi-mots. Mais leur rêve ne pourra pas se réaliser, Evelyne est décédée en février 2017. C’est alors que Caroline décide de prendre la plume pour « finir » ce roman…
Un très bel hommage
Evelyne confie à Caroline toute la trame de son livre, toutes les anecdotes, tout ce qu’elle veut révéler dans son roman sur sa mère et sur elle-même. Mais à travers leurs vies, Evelyne veut surtout raconter le passé : du temps des colonies, la vie en Indochine avec l’invasion japonaise, ensuite, Nouméa, puis Cuba où elle rencontrera de façon très intime Fidel Castro. Mai 68 en France, son combat révolutionnaire, puis féministe, ses hautes études de Droit, son premier mariage avec Bernard Kouchner (qui n’est pas cité dans le livre)… Et surtout à travers ses récits, Evelyne dévoile le combat de la femme de sa vie, de sa mère, pour l’égalité homme-femme, pour la libéralisation sexuelle, le doit à l’avortement. Sa mère va la pousser à faire des études, de plus en plus difficiles, pour arriver au plus haut niveau et ne pas faire comme elle… Pour gagner sa liberté et ne rien devoir à personne et surtout pas à un homme.
Une page d’Histoire
Le livre, Et soudain la liberté, est très bien écrit. Caroline Laurent donne ses propres impressions entre les chapitres. Jamais sûre d’être dans le bon chemin… La seule chose qui est un peu déconcertante, c’est la forme du roman. C’est un roman avec des noms fictifs, mais en fait, tout ce qui est écrit s’est réellement passé, nous précise-t-elle. Il aurait été plus simple d’utiliser les vrais prénoms… Et soudain la liberté est centrée sur la femme qu’a été Paula Caucanas mais dans le fond surtout à la femme qu’elle a façonnée, sa fille Evelyne.
On reste un peu sur notre faim, car de la vie récente d’Evelyne, on n’en apprendra rien. Il ne s’agit que du passé lointain… Une façon de préserver son mari, ses enfants et petits-enfants. Sans doute… Et puis, c’est un roman ! Absolument pas une biographie…
En lisant ce livre, on a l’impression qu’Evelyne voulait l’écrire pour rendre hommage à sa mère et peut-être tenter de comprendre sa vie, son suicide et parallèlement, Caroline Laurent, elle, a repris la plume d’Evelyne pour finaliser son projet et en quelque sorte rendre hommage à son amie.
Paula Caucanas, Evelyne Pisier et Caroline Laurent restent des femmes hors du commun avec une volonté farouche d’arriver à leurs buts et d’obtenir une forme de liberté, une liberté de femme du XX et XXI siècle. Un grand bravo à Caroline Laurent qui a eu le courage et la force de reprendre le flambeau
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Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie. À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu’au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C’est la naissance d’une conscience, le début de la liberté. De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l’avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s’ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n’a qu’un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu’elle y fera la rencontre d’un certain Fidel Castro…
Et soudain, la liberté, c’est aussi l’histoire d’un roman qui s’écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d’une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent – un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s’arrêter en février 2017, au décès d’Evelyne. Rien ne s’arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.
Date de parution : le 31 août 2017 Auteur : Evelyne Pisier & Caroline Laurent Editeur : Les Escales Prix : 19,90 € (448 pages) Achetersur : Amazon
La Vallée du Diable, BD d’Anthony Pastor (Casterman)
Après Le Sentier des reines, Anthony Pastor propose un nouveau récit d’aventure en nous emmenant cette fois dans La Vallée du diable, en Nouvelle-Calédonie. Les décors enneigés de la Savoie ont été abandonnés par Blanca, Florentin, Pauline et Arpin, qui trouvent refuge sur des terres arides, théâtre d’un drame annoncé.
Dotant ses personnages d’une authentique profondeur, Anthony Pastor excelle dans l’art de la mise en scène. Il instaure ainsi dans La Vallée du diableune atmosphère pesante à l’instar de la chaleur étouffante qui hante les pages d’un récit où le mystère est toujours intelligemment cultivé.
La Vallée du Diable ou la force brute de Pastor
Du caractère. De la puissance. Presque de l’âpreté. C’est un méli mélo de sentiments qui nous saute à la figure à chaque vignette offerte par Anthony Pastor. Dans son habit de dessinateur, il semble laisser libre court à ses crayons. Les personnages naissent avec beaucoup de reliefs dans un semblant de chaos qui noircit ses planches. Un style qui reflète à la perfection le propos de l’histoire : la douleur, la torture de la frustration qui mène à la folie meurtrière.
On ne sort pas indemne de La Vallée du Diable. À découvrir sans tarder.
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Nouvelle-Calédonie, 1925. Loin de leur Savoir natale, qu’ils ont fuie aux lendemains de la guerre, Blanca, Florentin, Pauline et Arpin ont fini par s’établir aux Antipodes. Mais cette nouvelle vie dans les colonies ne satisfait pas leur rêve de justice sociale et de liberté. Et, alors que l’air se fait de plus en plus irrespirable, l’heure des règlements de comptes est venue.
Date de parution : le 30 août 2017 Scénariste(s) : Anthony Pastor Dessinateur(s) : Anthony Pastor Genre : Récit d’aventure, thriller Editeur : Casterman Prix : 20 € (128 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Inge Schilperoord est hollandaise, journaliste et auteure. Elle est également psychologue judiciaire. Dans le cadre de son travail, Inge Schilperoord a côtoyé de nombreux pédophiles et son expérience va lui être indispensable à l’écriture de son livre. La tancheest son premier roman, couronné aux Pays Bas du Bronze Owl, meilleur premier roman de l’année.
Scénario très original
Inge Schilperoord nous tient en haleine de la première à la dernière page. Elle nous raconte l’histoire de Jonathan qui vient d’être libéré, faute de preuves. Très vite on comprend que Jonathan a violé une petite fille, sans rentrer dans les détails de l’histoire. Il est sorti de prison, faute de preuves. Jonathan a commencé une thérapie en prison et il sait qu’il a de fortes chances de récidives. Il doit travailler sur lui et se faire aider pour se soigner.
Tout au long du livre, on vit avec Jonathan, avec ce qui se passe dans sa tête et dans son corps. On découvre toutes les pulsions auxquelles il doit faire face. Son combat contre l’horreur, contre lui-même. Jonathan vit seul avec sa mère. Il essaie d’être bon, de faire en sorte d’être le plus normal possible. Il écrit les tâches qu’il doit accomplir au quotidien et essaie de s’y tenir. Sortir le chien, aller travailler, aider sa mère, nourrir le poisson, la tanche. Tout ça paraît facile à faire, mais pas pour Jonathan. Et la petite fille de la maison d’à côté, Elke, va lui compliquer considérablement sa vie quotidienne. Cette petite est seule toute la journée, ses parents sont séparés et sa mère travaille au café. Du coup, Elke vient voir souvent Jonathan car elle adore les animaux, le chien d’abord et puis le poisson qu’ils ont pêché ensemble et qui est mal en point. Et aussi Jonathan, elle l’aime bien.
Un monde innommable
Inge Schilperoord analyse avec de nombreux détails le monde dans lequel vit Jonathan. C’est sans doute la première fois qu’un auteur entre ainsi dans l’esprit et le corps d’un pédophile. Si Jonathan souffre de multiples façons, tout au long du livre, le lecteur se rend compte dans quel monde il est enfermé. C’est absolument terrifiant, à mille lieux de notre vie. Le livre est très bien écrit, à la portée de tous et en même temps, Inge Schilperoord nous éclaire sur les processus psychiques mis en place chez un pédophile. Des pulsions immaîtrisables. On ne va pas pour autant excuser le pédophile, mais sans doute ce livre va-t-il nous apporter un nouveau regard face à ce monde que l’on préfèrerait ne pas exister. La tanche, un livre qui nous marquera, à jamais.
Inge Schilperoord sera à Paris pour rencontrer ses lecteurs le 25 septembre 2017, à 19h, à la Maison de la Poésie. Pour vous inscrire, cliquez ici.
Quelques extraits :
Le juge avait conclu qu’il avait abusé d’elle. Mais, pour sa part, il avait plutôt l’impression qu’une chose immense, incommensurable, une chose indicible extérieure à lui-même avait abusé de lui. Extrait p.124
[…] Et maintenant il aurait aimé concevoir, d’une manière ou d’une autre, quelque chose, peu importe quoi, qui aurait fait peser sur elle aussi une part de culpabilité dans cette histoire. Si seulement il avait pu trouver comment la rendre coupable également.[…] p.196
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Couronné par le Bronze Owl, nommé cinq fois livre de l’année par la presse, finaliste des plus grands prix littéraires, un premier roman qui a semé le trouble aux Pays-Bas en s’attaquant à un sujet tabou : entrer dans la tête d’un homme en lutte contre lui-même et contre ses pulsions pédophiles. Sombre et captivante, une lecture choc et pourtant nécessaire. En cette étouffante journée d’été, Jonathan sort de prison. Dans le bus qui le ramène chez sa mère, il se répète ce que lui a dit le psychologue : ce n’est pas lui qui est mauvais, ce sont ses actes. Et s’il parvient à organiser rigoureusement ses journées, il sera un homme meilleur. Jonathan se le promet. Il va s’occuper de sa mère asthmatique, retourner travailler à l’usine de poissons, promener le chien, aller à la pêche. Il restera seul, il ne parlera à personne, il va s’occuper les mains, l’esprit, tout faire pour ne pas replonger.
Car il le sait, s’il a été libéré, faute de preuves, le psy a parlé d’un taux de récidive de 80 %. Il ne doit pas se laisser déborder à nouveau.
Or, dans ce quartier en démolition où vit sa mère, vivent aussi une jeune femme et sa fillette…
Date de parution : le 17 août 2017 Auteur : Inge Schilperoord Editeur : Belfond Prix : 21 € (224 pages) Achetersur : Amazon
La tresse, ou le coup de cœur de Publik’Art (Grasset)
Laetitia Colombani est réalisatrice, actrice, scénariste et auteure française. La tresse est son premier roman. Un roman qui s’est fait immédiatement remarquer dans le monde littéraire ! Il a été vendu dans seize pays dans le Monde avant même sa sortie en France !
La femme au centre
Au cœur du roman de Laetitia Colombani, règnent trois femmes, Smita, Giulia et Sarah. Aucun point commun entre elles si ce n’est qu’elles sont femmes. Trois femmes, de trois continents différents, l’Inde, la Sicile et le Canada. L’auteure ne va pas raconter dans le détail la vie quotidienne de ces femmes, mais elle va faire en sorte de nous donner envie de découvrir un pan de la vie de chacune. Trois vies dans trois sociétés différentes.
Smita, une Dalit
Smita est une Intouchable, une Dalit. Elle a une fille de six ans et rêve qu’elle aille à l’école pour ne pas perpétrer la tradition et que sa fille ne vive pas le même calvaire qu’elle. Elle nettoie chaque jour les toilettes « sèches » des gens. Bref, elle ramasse « de la merde » tous les jours. Et c’est normal. C’est le sort réservé aux Dalits (ils sont plus de 200 millions en Inde, d’après Wikipédia). Elle n’est pas payée pour ça. Parfois, on lui jette de la nourriture par terre, comme à un chien… Parfois, même pas… Elle s’est jurée que sa fille ne connaîtrait jamais cette vie-là.
Tu mourras dans la merde, comme ta mère et grand-mère avant toi. Comme tes enfants, tes petits-enfants, et tous ceux de ta descendance. Il n’y aura rien d’autre pour vous, les Intouchables, rebuts de l’humanité, rien d’autre que ça, cette odeur infâme, pour les siècles et les siècles, juste la merde des autres, la merde du monde entier à ramasser. Extrait p.70
Giulia, une sicilienne
Giulia a vingt ans, elle travaille avec son père, dans son usine qui fabrique des perruques à partir de vrais cheveux. Son père a un accident de scooter et tombe dans le coma. Peu de temps après, Giulia découvre que la situation de l’usine est catastrophique. Elle doit réagir pour sauver leur usine, sauver les emplois des ouvrières surtout, même si son père est mourant. Une rencontre va lui être déterminante.
Chaque soir, elle se rend à son chevet après la fermeture de l’atelier. Elle a pris l’habitude de lui faire la lecture – d’après les médecins, les patients dans le coma entendent ce qu’on dit autour d’eux. Alors, Giulia lit à haute voix, des heures durant, de la poésie de la prose des romans. C’est à moi de lui lire des histoires à présent, se dit-elle. Il l’a tant fait pour moi. De là où il est, son papa l’entend, elle le sait. Extrait p.75
Sarah, une avocate réputée au Canada
Quant à Sarah, elle habite au Canada, a trois enfants, et vit seule. Elle a divorcé deux fois, mais ne semble pas en souffrir. C’est une grande avocate dans un des cabinets d’avocats le plus réputé. Son planning est millimétré, jusqu’au jour où elle découvre qu’elle a un cancer. Mais elle va faire comme si tout allait bien… Le cancer, elle va le cacher… Faire comme si… Mais elle sera dévoilée et mise à l’écart. On n’aime pas la maladie, les faibles, on les met très vite de côté, pas assez rentables…
[…] Elle est une guerrière. Elle va se battre. Sarah Cohen va traiter cette affaire comme elle a traité toutes les autres. Elle qui ne perd jamais un dossier (ou si peu) ne va pas se laisser impressionner par une mandarine, aussi maligne soit-elle. Extrait p.85
Combats de femmes
Dès les premières pages du livre, le lecteur est comme happé par ces trois histoires parallèles. On passe de l’une à l’autre, de chapitre en chapitre, avec angoisse. La tresse se forme petit à petit. Leur vie est tellement dissemblable qu’on n’imagine pas qu’un jour elles puissent avoir un point commun. Ce sont toutes des femmes, courageuses, qui livrent un combat. Elles ont décidé de ne pas se laisser aller et de mener leur vie même si tout paraît perdu pour elles. Leur force est de croire, chacune, en elle-même. Leur combat est unique et n’a de sens que pour elle-même. Un combat pour la liberté, un combat pour le respect d’elle-même, le respect de la Femme.
Ces trois histoires vibrantes d’humanité, nous emportent tellement loin de notre vie à nous. Smita, Giulia et Sarah agissent, envers et contre tous, avec courage et détermination. Et surtout elles croient en leur avenir. La tresse, qui aura presque fait le tour du monde, sera leur point commun, sans même qu’elles le sachent… Une banale histoire de cheveux ? Sûrement pas ! Une magnifique histoire de femmes ! Laetitia Colombani nous délivre un très beau message d’amour et de solidarité et surtout un très bel hommage rendu à toutes les femmes, à travers son premier roman, La tresse !
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Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.
Date de parution : le 10 mai 2017 Auteur : Laetitia Colombani Editeur : Grasset Prix : 18 € (224 pages) Achetersur : Amazon
L’enfant-mouche, ou la vie incroyable d’une petite-fille (Flammarion)
Philippe Pollet-Villard est un homme complet ! Il est à la fois acteur, réalisateur et écrivain ! Et brillant dans chaque domaine ! Son dernier livre, L’enfant-mouche, a retenu toute notre attention.
Scénario surprenant
On est en avril 1944, Marie-Angèle est infirmière dans un dispensaire au Maroc, à Casablanca. Un jour, elle reçoit un télégramme lui annonçant l’accident de sa sœur, Mathilde, à Paris. Elle plaque tout pour aller la voir. Marie-Angèle va découvrir l’employeur de sa sœur et va s’immiscer dans les affaires de Mathilde. Et très vite, elle va s’embarquer dans une drôle d’histoire et se retrouver avec une petite Marie sur les bras, soi-disant orpheline. Mais rien n’est très clair autour de cette enfant qu’elle fait passer pour sa nièce.
Du jour au lendemain, elle doit quitter précipitamment Paris, avec l’enfant. On les envoie dans l’Est de la France, en zone occupée.
Une histoire de survie
Une nouvelle vie s’offre à elles. Mais rien ne sera simple et les habitants du village ne les accueillent pas vraiment. Elles sont pauvres, n’ont rien à manger et Marie-Angèle attend désespérément le patient dans son dispensaire. Marie doit se débrouiller toute seule. Elle part à l’affût de la moindre nourriture, très inquiète de l’état de santé de la « vieille » qui perd des kilos et semble perdre la tête. Mais rien n’effraie Marie.
On la suit sur les divers chemins qu’elle emprunte avec courage et souvent dérision. Elle se met en danger avec les Allemands, sans sembler s’en rendre compte. Elle est jeune la petite Marie. La guerre, ce n’est pas son problème. Les Allemands, non plus. Son problème c’est se nourrir ! Et tous les moyens sont bons pour y arriver.
Une histoire familiale
L’écriture de Philippe Pollet-Villard est tellement fluide, et souvent drôle qu’on lit son livre avec beaucoup de plaisir tout en étant sidéré de la vie de cette pauvre Marie. On sait en lisant la 4ème de couverture que ce roman est tiré de sa propre histoire familiale, ce qui nous émeut encore davantage. Même si on n’en apprendra pas davantage en lisant le livre ! « Cette histoire est inspirée de l’enfance de ma mère […], et dont l’évocation la faisait presque toujours fondre en larmes. » L’enfant-mouche, un très beau roman de cette rentrée littéraire ! A découvrir sans tarder !
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1944. La vie d’Anne-Angèle bascule lorsqu’elle accepte de prendre en charge Marie, une orpheline aux origines troubles. Ensemble, elles doivent quitter précipitamment la capitale pour s’installer dans un village de province où elles se heurtent aussitôt à l’hostilité des habitants. Anne-Angèle tombe malade et l’enfant, qui veille désormais sur son étrange tutrice, se trouve confrontée à un quotidien de combines, de bassesses et de violences répondant au seul impératif de la survie. Animée par une force parfois surhumaine, prête à tout, Marie détonne dans le paysage. Lorsqu’elle s’aventure du côté allemand, c’est un nouveau monde qui s’ouvre à elle. Marie devient L’enfant-mouche. Tiré de la propre histoire familiale de Philippe Pollet-Villard et dans la veine tragi-comique qu’on lui connaît, ce roman fait ressurgir d’un passé tabou le destin inimaginable d’une petite fille livrée à elle-même.
Date de parution : le 23 août 2017 Auteur : Philippe Pollet-Villard Editeur : Flammarion Prix : 21 € (432 pages) Achetersur : Amazon
L’Education nationale, une machine à broyer, un appel au secours d’une prof (Editions du Rocher)
Isabelle Dignocourt est entrée dans l’Education nationale il y a 25 ans. Après avoir écrit personnellement au Ministre Najat Vallaud-Belkacem, en mars 2016, toute sa colère contre le système de l’Education nationale, Isabelle Dignocourt vient de publier son livre : L’Education nationale, une machine à broyer.
Un constat alarmant
En tant que Professeur des Ecoles à la retraite, je soutiens et félicite Isabelle Dignocourt pour son courage et sa persévérance. Se battre contre l’absurdité du système de l’Education nationale réclame énormément d’énergie. Jamais Isabelle Dignocourt ne baisse les bras malgré toutes les difficultés auxquelles elle doit faire face. Elle qui était si fière d’être arrivée à intégrer l’Education nationale, a choisi, avec passion, d’enseigner le français et les langues anciennes. Aujourd’hui, la déception est d’autant plus amère.
La valse des ministres
Qui dans le privé, écrit-elle, supporterait un changement de patron tous les 2 ans, voire moins ? Treize ministres en vingt-cinq ans !
Les professeurs ne décident plus de leur façon de travailler. On leur impose sans cesse de nouveaux programmes, nouveaux objectifs, nouvelles façons d’enseigner et surtout leur nombre d’heures autorisées… Mais ceux qui décident, ont-ils seulement idée de ce qu’est une classe de trente élèves ? Que leur fichu programme est tout simplement impossible à appliquer ? Et maintenant, on empêche les professeurs de transmettre leurs savoirs et on diminue chaque année leur nombre d’heures, surtout dans le domaine des langues anciennes. Un véritable appauvrissement pour nos enfants, souligne avec justesse l’auteure.
Je vous encourage à lire L’Education nationale, une machine à broyer où la situation actuelle est bien analysée. Isabelle Dignocourt nous incite à prendre conscience du danger de toutes ces réformes, et du désastre de notre système.
Ne nous laissons pas broyer par ce système stupide, nous conseille Isabelle Dignocourt.
En cette veille de rentrée scolaire, on se prend toujours à espérer que le nouveau ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, va, enfin, prendre en compte les demandes des professeurs. Il n’est jamais trop tard… Enfin, on l’espère tant ! Que l’on permette aux professeurs d’exercer leur métier dans de meilleures conditions et surtout avec respect et reconnaissance. Tout le monde en sortira grandi, surtout les élèves, nos enfants…
Bonne future rentrée à tous !
Extrait p.200 : Demander aux professeurs d’être davantage présents qu’ils ne le sont déjà aujourd’hui est tout simplement impossible parce qu’ils le sont déjà au-delà même de ce qui est imaginable et plus encore cette année. Parce qu’aujourd’hui, les professeurs n’en peuvent plus. Ils n’en peuvent plus de passer pour les privilégiés qu’ils ne sont pas, de passer pour les coupables qu’ils refusent d’être, d’être les lampistes qui seront responsables de l’échec de leurs élèves, d’être les complices du massacre quotidien auquel ils assistent. Oui, l’école va mal. Que ceux qui sont responsables l’assument enfin.
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Professeur de lettres classiques à Roubaix et Tourcoing pendant plus de vingt ans, Isabelle Dignocourt incarne la crise de l’Education nationale. Fille d’ouvriers, Isabelle a choisi d’enseigner le français et les langues anciennes par passion et parce qu’elle voulait partager son amour des mots et de la culture antique avec des élèves pour la plupart issus de milieux modestes. Cette envie de transmettre ne l’a pas quittée, mais sa colère contre la machine administrative qu’est l’Education nationale n’a cessé de croître au rythme de la valse des ministres. Treize en vingt-cinq ans ! De réformes en rapports, et de rapports en réformes, concoctés par les technocrates de la rue de Grenelle adeptes de la novlangue, l’auteur constate (hélas, elle est loin d’être la seule) que l’école va de plus en plus mal. L’Education nationale est une machine aveugle et inhumaine qui broie les professeurs et leur ôte toute liberté. Face à ce désastre, Isabelle appelle à la résistance : laissons les professeurs faire leur travail, afin que l’école redevienne un lieu de transmission de tous les savoirs ! Isabelle Dignocourt enseigne, depuis la rentrée 2014, dans un collège à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais). Isabelle Dignocourt est professeur de français et de lettres classiques depuis 1992. Fermer L’éducation nationale, une machine à broyer
Date de parution : le 23 août 2017 Auteur : Isabelle Dignocourt Editeur : Editions du Rocher Prix : 18,90 € (220 pages) Achetersur : Amazon
La vie commence demain, un 1er roman très alléchant (City Editions)
Difficile de croire que La vie commence demain est le tout premier roman de Céline Sébillon ! Dès la toute première page de ce roman de près de 400 pages, on est comme happé par l’histoire passionnante de tous ces personnages, mais plus particulièrement de celui de Blanche.
Scénario captivant, un « feel-good book » excellent
Blanche a des talents cachés et pas toujours avouables, que l’on découvre au fil des pages, à travers son carnet intime qu’elle a écrit il y a des décennies… Blanche est très âgée et vit dans une maison de retraite. Elle attend la visite de son neveu, Bernard.
Mais Bernard ne viendra pas. Il a eu un très grave accident de voiture sur la route qui menait à la maison de retraite de sa tante, Blanche.
Toute la jeunesse de Blanche est contenue dans son vieux cahier vert. Alors qu’elle n’avait que dix-sept ans, elle a confié, presque chaque jour, à sa maman décédée, tous ses tourments, ses secrets, dans ce fameux cahier… C’était toute sa vie qu’elle partageait ainsi avec sa chère maman partie trop tôt. On rit, on s’étonne, on a peur, on pleure avec Blanche. Mais une chose est sûre, on s’attache à cette toute jeune Blanche, d’à peine dix-sept ans !
Une vie étonnante et secrète
Nous, lecteurs, découvrons aussi la vie de Blanche aujourd’hui, entourée des personnes qui s’occupent d’elle, comme Anita, son aide-soignante, et sa fille surdouée Eglantine, Florette et Jules, les voisins chéris. Mais aussi Anne, la femme de Bernard qui cache depuis des années une lettre de rupture à son mari. La personnalité complexe d’Anne nous est révélée tout au long du roman. Si Blanche est le personnage central du livre, Bernard est, indirectement, le héros de La vie commence demain. Céline Sébillon sait nous tenir en haleine, nous faire autant rire que pleurer ! Cette histoire inouïe mais pas invraisemblable, de Blanche nous émeut. Le petit côté érotique ajoute une touche originale, sensuelle voire même sexuelle, sans aucun sous-entendu vulgaire. Très belle prouesse de l’auteure ! Même si tout n’est pas rose dans la vie de Blanche, elle continue à se battre et à toujours croire en un avenir meilleur… Une belle leçon de courage !
Commencez donc ce roman, La vie commence demain, vous le terminerez bien vite, pris au piège de cette drôle de famille ! Vraiment un coup de coeur ! Publik’Art attend déjà avec impatience le prochain roman de Céline Sébillon !
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Anne, la quarantaine, rêve d’une autre vie. Elle a décidé de rompre avec son mari Bernard et compte le lui annoncer aujourd’hui, alors qu’ils sont en route pour rendre visite à une vieille tante. Dans sa maison de retraite, l’aïeule attend impatiemment leur visite. Au crépuscule de sa vie, elle a décidé de leur dévoiler son journal intime. Dans ces pages, elle révèle son passé trouble et des secrets de famille trop longtemps cachés. Quand la voiture du couple croise celle d’Anita, une jeune femme qui vivote entre renoncements, rires et larmes, c’est l’accident. Un choc qui va bouleverser leurs vies à tous. Mais les chemins qui se heurtent peuvent parfois être porteurs d’une promesse inattendue : le bonheur… Entre rires et larmes, tout quitter pour mieux recommencer.
L’auteur
Céline Sébillon
Céline Sébillon signe avec « La vie commence demain » son premier roman, un feel-good book magistral. Dans la vraie vie, elle est institutrice près de Rouen et a déjà remporté plusieurs concours d’écriture.
Date de parution : février 2017 Auteur : Céline Sébillon Editeur : City éditions Prix : 18,50 € (382 pages) Achetersur : Amazon
Un clafoutis aux tomates cerises ou le journal intime d’une grand-mère (Flammarion)
Véronique de Bure nous émeut avec son dernier roman : Un clafoutis aux tomates cerises.Il s’agit en fait du journal intime de Jeanne, quatre-vingt-dix ans, durant toute une année.
Jeanne habite à la campagne, dans l’Allier. Durant un an, Jeanne va écrire sur son journal intime qui débute au printemps et se termine exactement au printemps suivant. Véronique de Bure a su, avec une extrême délicatesse, se mettre à la place de cette très vieille grand-mère. Elle nous raconte son quotidien, ses occupations, son potager, mais aussi sa vie d’avant ; quand elle était jeune, habitait Paris, pendant la Guerre.
Si rien de paraît indispensable dans les écrits de Jeanne, on sent le fil de la vie à travers elle. Et alors, tout prend un sens. Jeanne est très âgée, fatiguée, mais ne se plaint jamais. Elle continue à bouger, à marcher, à faire son jardin, à aller voir ses amies, jouer au bridge, boire un petit coup de vin blanc, aller à la messe, faire ses choux, ses gâteaux, les congeler… des petits riens qui font toute une vie !
Les ressentis de Jeanne sonnent tellement justes ! L’auteure a dû beaucoup aimer sa grand-mère et avoir une grande intimité avec elle pour pouvoir sentir aussi bien cette Jeanne !
Bien sûr que Jeanne est contente qu’ils débarquent tous chez elle pour les grandes occasions, mais comme cela la fatigue ! Ils n’imaginent même pas !
Après avoir lu ce livre, on se sent très proche de cette grand-mère qui sent inéluctablement sa fin de vie arriver, sereinement. Tout sonne tellement simplement si juste !
Ca donne envie de prendre soin de nos grands-mères ! En même temps, on prend conscience de l’importance des petits riens de nos âgés qui pour eux ont une tout autre signification. Un clafoutis aux tomates cerises, un très beau livre à mettre entre toutes les mains !
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Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l’un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut – et ce qu’elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir – pas trop souvent – ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine… Un clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d’une femme qui nous donne envie de vieillir. Véronique de Bure est l’auteur d’un premier roman très remarqué par la critique, Une confession (Stock, 2009), et de plusieurs récits dont Un retraité (Stock, 2011).
Date de parution : le 22 février 2017 Auteur : Véronique de Bure Editeur : Flammarion Prix : 19,90 € (381 pages) Achetersur : Amazon
Plus de 192 000 personnes ont fait la fête pendant 3 jours à l’Electrobeach Festival.
(Chronique réalisée avec Natacha Delafoy & Rajiv Siousarram)
Le Barcarès, été 2017. Il flotte comme un parfum de fête foraine sitôt parquée la voiture pas loin de l’avenue du Roussillon, promenade d’environ un kilomètre reconnu pour être le before et/ou l’after officieux des dernières éditions de l’EMF, l’Electrobeach Music Festival. Stand de barbapapa, effluves de gaufres saupoudrées, le tout mêlé à une ambiance bonne enfant où on a la place de tout. Première grosse surprise (et très agréable) : terminé le camping sauvage agrémenté d’une relative cacophonie mélangeant subwoofer hardstyle ou big room nasillarde, les organisateurs ont fait place nette de la fameuse avenue bordée de pins. Volonté de mieux sécuriser le site, surement, résultat, attente quasi-nulle dans ce premier sas de contrôle, ainsi que lors des contrôles des bracelets. Cela peut paraître peu comme initiative, mais l’efficacité est maximal au niveau du ressenti : zéro coupure entre le warm up extérieur et le festival. Dans le contexte que l’on sait, un maximum de sécurité avec autant d’impression de calme et de liberté, chapeau bas.
En restant sur l’organisation structurelle, on peut saluer unanimement l’élargissement de la surface « dansante » de l’Electrobeach. Le chapiteau techno, qui revenait pour la deuxième année consécutive, est repoussé un peu plus loin sur la gauche, le long de la plage, dévoilant une zone qui a offert un sentiment de quiétude, et ce malgré les 20 000 festivaliers de plus cette année. Ce changement est une conséquence direct de l’arrivée d’une quatrième scène musicale voulue directement par son organisateur, Silvain Berreteaga : la scène hardstyle par Revolution by Che. Un vrai choix fort qui ouvre encore plus les portes de l’EMF aux amoureux en tout genre de musique électronique. En effet, en plus d’attirer les amoureux de BPM élevé, Electrobeach continue à nourrir ses festivaliers de sets house, future house, tropical house, deep house du côté de sa Beach Stage, ainsi que de minimal, techno, tech house pointus sous sa Techno Stage, sans même parler de la fameuse Main Stage, digne des plus grands festivals de la planète, et qui a joué autant de Big Room, d’Acid House que de Trap, Moombahton, voir même de trance. On est donc très éloigné de l’article cliché pondu par nos confrères de Tsugi emballant le tout sous l’étiquette passe-partout « EDM ». Etonnant de la part de sommités comme eux ne sachant pas reconnaitre l’éclectisme musical de l’EMF.
Ceci étant dit, passons à la partie la plus excitante : la musique !
Beaucoup de festivaliers assez jeunes (coeur de cible) ont eu la dent plutôt dure au moment du dévoilement de la line up de cette 6e édition. Il faut dire que l’antépénultième Electrobeach avait réuni un casting qui aurait fait pâlir plus d’un gros festival, et en 3 ans ce sont pas moins que le haut du panier des DJs de la planète qui ont posé leurs mains sur les platines de la Main Stage. Citons pêle-mêle Avicii, Martin Garrix, Axwell Λ Ingrosso ou encore Dimitri Vegas & Like Mike. Un vrai plébiscite EDM en quelque sorte pour des ados biberonnés par Fun Radio. Mais, l’EMF refuse cette étiquette, sans toutefois la renier. « Il est possible d’aimer la musique électronique sous toutes ses formes », clame la tête pensante du festival, Silvain Berreteaga.
Donc, acte. Club Cheval, Troyboï, Mike Cervello, Tony Romera squattent tous la Main Stage avec un éventail électronique qui va de la house French Touch à des beats Urban très prononcés. Le tout devant une foule très réceptive qu’importe l’heure. Ajoutons à cela ce désir toujours aussi fort de conquérir le coeur des festivaliers avec une Techno Stage à la programmation exceptionnelle : Seth Troxler en B2B avec The Martinez Bros, Bodzin & Romboy, les éternels complices aux mélopées acid dévastatrices, ou encore Dixon, Agoria, Oxia. Un pur régal pour les oreilles. La Beach Stage n’a pas été en reste avec des DJs qui n’auraient pas dénoté sur la Main (Shapov, Nora en Pure ou New-ID) côtoyant de belles promesses (Yall, Yotto). Une énergie que l’on retrouvait multiplié par 2 du côté de la scène Revolution by Che. Pour sa première, elle a souvent été bien remplie et a pu bénéficier de quelques DJs prestigieux hardstyle : Angerfist, Brennan Heart et Coone. Nul doute que cette 4e scène annoncée sur le tard bénéficiera d’une médiatisation tout autre lors de l’édition 2018.
Et sinon, ça a donné quoi sur la Main Stage ?
Deadmau5 & Armin Van Buuren délivrent 2 sets de légende.
Nappes musicales envahissantes, beat inspiré et entrainant, casque de souris aux yeux exhorbités mis, Joel Zimmerman AKA Deadmau5 se lance dans ce qui sera le meilleur set de cet EMF, tout simplement.
Dèdmo-cinq, c’est qui ? J’avoue, c’est un peu caricaturé. Mais, pas tant que ça. Si nos jeunes festivaliers s’étaient un minimum penché sur Deadmau5 (prononcez dèdmoss, soit souris morte), ils auraient réalisé à quel point Silvain Berreteaga a réalisé un boulot hors du commun, et pourquoi il a été le premier headliner annoncé pour cette édition. Derrière ce sobriquet mortifère se cache l’une des personnalités les plus singulières et
controversées de la musique électronique des deux dernières décennies, j’ai nommé l’excentrique Joel Zimmerman. Musicien de génie à l’oreille parfaite, surtout des machines, amoureux des chats et de grosses cylindrés, clasheur hors-paire sur le web 2.0, il a surtout été élu plusieurs années DJ de l’année tout genre confondu. Son style, bien qu’oscillant souvent vers de la progressive house aux sonorités new wave et trance, est assez insaisissable, ses lives magiques. Tant et si bien que ses dates sont hyper rares et ultra demandées en Europe. En France, on frôle le néant, et ce malgré un succès commercial certain. Pour tout cela, Deadmau5 est assurément LE coup de force de cette 6e édition. Une confirmation immédiate s’empare des nous dès les premières notes en ce jeudi 13 juillet 2017. Nappes musicales envahissantes, beat inspiré et entrainant, casque de souris aux yeux exhorbités mis, Joel Zimmerman se lance dans ce qui sera le meilleur set de cet EMF, tout simplement. Il y met tout et son contraire avec une maestria démentielle. Moments calmes lancinants alternant avec techno sombre dévastatrice. Des notes de ses tubes Ghost N Stuff, Avaritia, Strobe ou encore le délicieux Polaris sont entrecoupés de sonorités sombres, le tout relevé par un VJing succulent (les Deadmau5 qui pètent des cables, les doigts d’honneur qui balancent en rythme …). Deadmau5 livre un spectacle total où l’homme sous le casque ose se moquer ouvertement de ses confrères DJs à base de « One, Two, Three … JUMP! » alors que beat est totalement absent. Anticonformisme, humour noir, grand écart musical mais ultra maitrisé, la souris était en très grand forme au Barcarès, et offrait d’ors et déjà, dès ce premier jour, un highlight qui divisera des festivaliers qui se demandent encore ce qui s’est passé (Encore plus quand tu sors de 3 heures d’EDM de gros calibre avec Nervo et le toujours génial Tiësto).
Armin Van Buuren possède en commun avec Zimmerman cet amour des mélodies entêtantes et puissantes qui caractérisent la plupart de leurs compositions, et leur notoriété acquise il y a quelques années en étant élu DJ de l’année. Mais, c’est à peu près tout. AVB est même son antithèse. Totalement inscrit dans son délire musical, le DJ néerlandais assume avec brio depuis des décennies le titre d’empereur de la Trance Music. A chacune de ses représentations, le spectacle est total tant au niveau musique avec ces sonorités particulières mêlant vocal entêtant et mélopée psychédélique, que visuel à travers les lasers, le VJing et les effets pyrotechniques. L’annulation de Prydz la veille nous avait échaudé sur ce dernier point, surtout que la Main Stage possédait des écrans dans tous les coins jusqu’au plafond et s’était doté d’un nombre de lasers supérieurs à l’an dernier. Armin va exploiter l’arsenal de l’EMF à son maximum. Set dévastateur entrecoupé par un faux-problème technique délicieux (Wow!), le Boss d’Armind Record va tout faire péter en ce 14 juillet, jour de Fête Nationale, avec un final apocalyptique. Saving Lights de Gareth Emery lance les hostilités, sitôt suivi par le track le plus festif de cet année 2017 en live : son Great spirit en duo avec Vini vici et son vocal de chant amérindien nous entrainant dans une trance infinie, le tout dopé ensuite par le remix de Wildstylez (WOW!!) sous fond de furie pyrotechnique. Mais ce n’est pas tout. Pour achever une audience qu’aucun cacheton ou aucun rail de coco ne pourra mettre aussi high, Armin Van Buuren balance son Dominator sous le feu nourri des artificiers de l’EMF. Le show est total, tant et si bien que l’on a littéralement l’impression que la scène explose sur les dernières notes ! Dingue.
DJ Snake, Guetta, Solveig, la French Connexion a assuré.
Et pourtant les autres headliners de ces deux premiers jours ont été très bons. Tiësto, véritable habitué du festival, a régalé la foule en alternant ses derniers tracks dont l’excellent beatmover Boom avec ses productions plus anciennes remixés Redlight par Hungry Man à la sauce plus urban, tout en délivrant des sonorités deep house venues de son nouveau label AFTRHRS. Annoncé en surprise ce premier jour, le retour du frenchy le plus hype du moment, DJ Snake a enflammé comme il sait le faire l’EMF entre tsunami hardstyle et Get low de folie organisé dans la foule. C’est même tout le label Pardon My French ou presque qui a mis le feu à cette édition 2017 avec la présence de Malaa, l’homme à la cagoule, et Tchami, le confesseur sur la Main Stage le 2e jour. Délivrant une future house puissante et racée anti-commerciale via leurs tracks Notorious, Fade, Adieu ou World to me, entrecoupé de big room ou encore de l’excellent Pump de Valentino Khan.
En ce jour de Fête Nationale, l’édition émouvante de l’an dernier, suite à l’attentat de Nice, refait surface à travers le magistral survol de la Brigade de France sous fond de l’incroyable coucher de soleil comme la région en délivre à foison dans l’année. Les Frenchies Martin Solveig et David Guetta font le show enchainant les remix plus ou moins inspirés de leurs tubes avec un VJing toujours efficace. On pardonnera au premier ses quelques fausses notes lors de la Marseillaise entonnée par plus de 50 000 personnes, ainsi que son look hip-hop pas très assorti à sa légendaire moustache. Guetta lui confirme que malgré son aura resté assez pauvre en France, il est bien passé dans une autre dimension depuis que ses productions ont vu se succéder les plus grands noms Pop à ses côtés. Un show inspiré et puissant hybride passant de drops EDM assez violents, à de la trap, voir de la future house. Un set qui rejoint les propos de Tiësto disant que l’EDM en tant que tel allait à son terme. Une ouverture magnifique pour Armin avec le résultat que l’on sait.
Don Diablo, KSHMR & Afrojack, des headliners en feu.
Samedi, pas le temps de mollir. Ou si un peu avec le set très plage privée/sunset moment d’Alok, le prometteur brésilien. Puis, c’est l’heure de mon moment groupie. Petit tour en coulisse pour voir Don Diablo se faire interviewer par les confrères de Fun Radio. Le mec est hyper cool et détendu. Autour de lui, son staff s’affaire. C’est un des DJ qui utilise le mieux les réseaux sociaux, et on comprend amplement comment tout cela s’organise, une vraie machine de communication parfaitement huilée (et minutée). Quelques vannes et mots en français, puis le hollandais prend les commandes de la Main Stage pour délivrer un set dont il a le secret. Le roi de la Future House, c’est lui. Remixes, mashups et tracks originaux se succèdent en embarquant à sa suite un public qui semblent connaitre par coeur les paroles sous forme yaourt de Cutting shapes, Anytime ou plus faciles Momentum (« Right here, right now » à volonté). Une prestation de haute volée pour un DJ qui devrait tutoyer les sommets des prochains classements annuels.
S’en suit un festival 100% EDM et à un niveau ultra-spectaculaire avec KSHMR et Afrojack. Le premier, d’origine indienne, a concocté une prestation totalement originale pour l’occasion mettant en avant son amour de l’Orient. Protégé de Tiësto avec lequel qu’il a conçu le tube Secrets, puis le mois dernier Harder, le néophyte est complètement désinhibé et envoie du très lourd grâce à ses tracks dopés aux drops surpuissants. Ceux-ci sont entrecoupés de temps en temps par une histoire en français dans le texte diffusée sous forme de cinématiques brillamment réalisées. Le show est total encore une fois avec la nouvelle configuration de la Main Stage. Des couleurs qui se marient parfaitement avec le dernier coucher de soleil de cet Electrobeach 2017.
Maintenant, il est temps de prendre sa dose d’ « Afrojack music » comme aime si bien le dire le DJ néerlandais. Auréolé à la quasi-unanimité des festivaliers de l’Ultra Miami comme celui qui a délivré le meilleur set, le producteur ne va pas faire démentir ses fans. C’est fort, très fort un set d’Afrojack. Un véritable ouragan de beats puissants, de drops aigris, de breaks hip-hop parfaitement sentis, le tout avec la maestria des techniciens de l’EMF. Grosse claque pour tous les amateurs de Dance music. Afrojack partage avec Guetta, entre autres, cette capacité d’explosion du dancefloor en préparant méticuleusement leurs sets, notamment avec des mashups de folie. Qu’on aime ou pas l’EDM, c’est surtout de l’état d’esprit de faire la fête dont il est question ici, qu’importe le style musical. Mais, force est de constater qu’en ce moment même, il parait presque impossible de ne pas jumper avec le ce monstre de puissance.
Le feu d’artifice Yellow Claw pour conclure Electrobeach 2017.
De l’audace jusqu’au bout. Merci Silvain Berreteaga. Loin derrière pas mal d’artistes qui se sont produits lors de cet Electrobeach, niveau notoriété, les Yellow Claw se voient confier la lourde tâche de fermer le festival. Les néerlandais succèdent surtout à 3 heures de pure musique commerciale, eux dont les productions, qui mélangent moombahton, trap, hardstyle et pop, semblent relativement plus confidentielles. Et pourtant, je voudrais remercier, sûrement au nom de presque toute l’audience du festival ce soir là, le directeur du festival pour ce culot aussi bien musical que populaire. Car, OUI, les YMFC sont des artistes géniaux, et des showmens encore plus débridés. Et, OUI, comme pour l’an dernier avec DJ Snake, il a su choisir les artistes les plus prometteurs pour achever son festival (les 2 ont sorti un album gigantesque, Encore pour le Frenchy l’an dernier, Los Amsterdampour les hollandais). Et quel closing ce fut ! Enchainant drop sur drop, le duo excite au plus au point la foule de l’EMF. De la poussière se lève même au milieu de tous les jets de CO2 et autres lasers, et ce malgré le revêtement mis cette année (merci encore), c’est dire à quel point les Yellow Mother F****g Claw ont tout cassé, et ce même sans feu d’artifice final pour cause de fortes rafales. Mais, qu’importe, Jim & Nils étaient les pyrotechniciens de service ce soir.
Cette sixième édition aura été la plus brillante niveau spectacle depuis que le festival a changé de dimension en 2015, confirmant, si ce n’était pas déjà le cas, que l’Electrobeach Music Festival est bien devenu un rendez-vous incontournable de la saison estivale. Reste à voir si sa tête pensante, Silvain Berreteaga, continuera à jouer la carte de éclectisme et de l’exigence électronique, quitte à en décevoir certains, ou cèdera à la facilité d’une programmation Mainstream qui pourrait faire chavirer définitivement l’EMF en tête des festivals les plus populaires de France. Wait & see.
Cendrillon de Joël Pommerat : une fable initiatique au cœur de l’inconscient
Après le Petit Chaperon rouge en 2004, et Pinocchio en 2008, c’est à Cendrillonque se frotte Joël Pommerat pour nous en proposer un spectacle troublant, à découvrir au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Maître dans l’art de réincarner les contes, il en révèle les facettes les plus sombres sans pour autant se défaire de leur magie. Ici, le metteur en scène a troqué la jolie Cendrillon de Disney contre une fillette prépubère prénommée Sandra, traumatisée par la mort de sa mère. À travers elle, il met en relief l’expérience du deuil et propose un voyage dans les affres de la psyché. Entre pulsions de vie et névrose obsessionnelle, sa jeune Sandra est l’héroïne d’un parcours sinueux, à la reconquête de sa propre existence.
La perte comme fil conducteur
La pièce s’ouvre sur la jeune Sandra (Déborah Rouach), au chevet de sa mère mourante. Celle- ci souffle quelques mots quasiment inaudibles à sa fille, qui les comprend de travers. « Pense à moi à chaque instant, ne m’oublie pas et je ne mourrai pas vraiment », entend la fillette… Déterminée à garder sa mère en vie, elle se donne pour impératif de penser à elle 24h/24. Elle a même réglé une alarme sur sa montre, qui la rappelle à l’ordre toutes les cinq minutes ! Quand son esprit divague, c’est le drame et elle est prise d’une immense culpabilité. Pour expier ses oublis elle se détache progressivement de toute trace d’amour propre. Une fois son père (Alfredo Canavate) remarié, elle accepte d’être accablée des tâches ménagères les plus ingrates par son horrible belle mère (Catherine Mestoussis), et consent à se faire appeler Cendrier par ses belles sœurs (Noémie Carcaud et Caroline Donnelly). Alors qu’elle est devenue la bonne à tout faire de la maison, elle fait la connaissance de sa marraine (Noémie Carcaud). Cette fée apprentie magicienne, un peu brut de décoffrage, a surtout le mérite de lui ouvrir les yeux et de lui montrer le chemin de la vie. La marâtre et la marraine, ces deux pôles antagonistes, sont comme des allégories du combat intérieur de la fillette : la culpabilité destructrice face à l’irrésistible envie de vivre.
Au delà du Happy End , un salut personnel
Joël Pommerat met en scène toutes les étapes du deuil, du choc post-traumatique à l’autopunition, pour enfin aboutir à l’acceptation. La fin de la pièce est heureuse, mais elle correspond à l’aboutissement du propre cheminement de l’héroïne. Sandra réalise qu’elle ne peut se laisser happer par le passé, qu’elle doit aller de l’avant. Si la rencontre avec le prince (Caroline Donnelly) fait office de déclic, celui-ci n’en devient pas pour autant un sauveur ! Aussi juvénile et chétif que l’héroïne, tout autant obsédé par sa mère, il fait figure d’homologue masculin. Cette dualité est d’ailleurs soulignée à travers quelques clins d’œil complices au conte de Charles Perrault : Ce n’est pas Sandra, mais le prince qui offre son soulier en guise de souvenir. Il s’agit d’ailleurs plus d’un gage d’amitié que d’une promesse d’amour. Il en est de même lors de l’étreinte finale, loin du baiser attendu elle apparaît plus comme une marque de soutien. Chez Pommerat, la romance est troquée contre une relation fraternelle entre les deux personnages, un peu comme deux âmes perdues dont les chemins se sont croisés.
Un conte cruel et une ode à la vie
En reprenant Cendrillon, le metteur en scène souhaitait créer une pièce “sur la mort, sur la vie et sur le temps”. Contrairement à ce que l’on peut craindre avec une telle ambition, la pièce se dévoile toute en légèreté. L’humour y est pour beaucoup ! Que ce soit dans la voix tonitruante de la marâtre, convaincue de « faire plus jeune » que son âge, du père engoncé dans un costume de Louis XVI, ou encore du franc-parler de la marraine bien décidée à dévergonder sa filleule, les occasions de rire ne manquent pas ! Le metteur en scène développe ainsi des thématiques existentielles, sans jamais tomber dans la lourdeur d’un développement conceptuel. L’enchaînement des scènes est d’autant plus agile qu’il y a dans l’esthétique de la pièce quelque chose de surnaturel. Dès le début, on est captivé par une voix off enchanteresse, relayée par une héroïne déconcertante, à la fois enfantine et mature. Le tout raisonne dans un décor fait de lumières oniriques et de grandes projections murales. Même la maison familiale en verre, semble appartenir à une dimension parallèle ! Les oiseaux s’y cognent, et les arbres s’y reflètent comme dans une grande cloche de cristal. Du début à la fin, cette esthétique hypnotise complètement le spectateur et le plonge dans les recoins les plus sombres de son subconscient.
Loin des fables édulcorées, Joël Pommerat poétise l’existence dans ce qu’elle a de plus fragile. Avec Cendrillon, il crée une expérience plus qu’un spectacle, tant il nous renvoie à nos propres incertitudes intérieures. On en sort bouleversé, un peu secoué mais la tête remplie d’étoiles !
» En collaboration avec le Théâtre National Wallonie-Bruxelles et la Compagnie Louis Brouillard
Une création théâtrale de Joël Pommerat d’après le mythe de Cendrillon
Mise en scène de Joël Pommerat
Avec Alfredo Cañavate, Noémie Carcaud, Caroline Donnelly, Catherine Mestoussis, Nicolas Nore, Deborah Rouach, Marcella Carrara, Julien Desmet.
Scénographie / Lumière Eric Soyer. Costumes Isabelle Deffin. Son François Leymarie. Vidéo Renaud Rubiano. Musique originale Antonin Leymarie.
Collaborateur artistique Philippe Carbonneaux.
Résumé : La pièce. A la mort de sa mère, une très jeune fille se fait la promesse de ne jamais cesser de penser à elle plus de cinq minutes… Elle suit son père dans une maison de verre où les attend une nouvelle famille. Cette Cendrillon nous parle du deuil, du désir de vivre, du pouvoir de l’imagination et des mensonges des adultes.
Avec une délicatesse qui n’exclut pas l’humour, Joël Pommerat aborde encore une fois les questions graves et vitales de toute enfance.
Durée 1h40
Théâtre de la Porte Saint Martin, 18 boulevard saint martin
Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie, une saga familiale très intime (Fayard)
Virginie Grimaldi écrit son troisième roman : Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie. Un roman, certes, mais très largement inspiré de sa propre vie, nous confie-t-elle à la toute fin du roman…
De l’humour, du rire et …
Le livre, Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie, débute comme une excellente saga familiale. Beaucoup d’humour et de dérision le rendent très agréable à lire. Au début, le ton est léger malgré la situation de Pauline qui reste incompréhensible pour elle. Son mari, Ben, l’a quittée. Elle se retrouve seule avec son fils de 4 ans, et retourne habiter chez ses parents. Elle décrit très bien ses rapports avec son frère et sa sœur, sans oublier sa mère avec qui la relation est tendue, comme toujours, sans vraiment savoir pourquoi. Mais pour Pauline, c‘est un mauvais rêve ! Ben va se réveiller et se rendre compte qu’ils s’aiment toujours. Cela ne peut pas être autrement. Elle consulte un psy, elle fait tout pour « récupérer » son mari. Elle décide de lui écrire tous leurs souvenirs de bonheur en commun. Des lettres et des lettres qui vont rester sans réponse. Mais Ben les lit toutes et garde la communication orale avec Pauline. Quand Pauline a fini d’envoyer tous ses souvenirs, elle est sûre qu’il va revenir vers elle. Tant de bonheur ensemble ! Ca ne peut que continuer… Mais qu’est-ce qu’elle l’aime son Ben !
La vie n’est pas vraiment un conte de fées
Ben lui propose alors, à son tour, d’envoyer ses souvenirs à lui… Et là, ce qu’elle va lire, sera comme une énorme claque qu’elle reçoit. Ces souvenirs-là, Pauline les avait enfouis, très profonds. C’était tellement au fond d’elle-même, qu’elle les avait presque oubliés. Le fait de faire resurgir toutes ces souffrances va aider Pauline à enfin cicatriser. On ne rit plus du tout, on comprend tout, Pauline et ses rapports aux autres, avec chaque membre de sa famille. On découvre aussi les secrets de chacun, chacune. Une famille dans son ensemble, ça respire le bonheur, mais si on s’enfonce un peu en chacun, on découvre les non-dits qui ont fait tant de mal durant toute une vie…
Chaque famille a ses secrets, ses souffrances, ses malheurs. Et si Virginie Grimaldi nous livre les siens, c’est toujours avec beaucoup de pudeur et une très grande délicatesse. On ne peut s’empêcher de « prendre » sa place et de la comprendre. On rit, et on pleure avec elle. Et surtout on lui souhaite maintenant une « jolie vie » !
« Ce n’est pas parce que ça ne finit pas comme on le veut que ça finit mal ».
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« Je ne t’aime plus. » Il aura suffi de cinq mots pour que l’univers de Pauline bascule. Installée avec son fils de quatre ans chez ses parents, elle laisse les jours s’écouler en attendant que la douleur s’estompe. Jusqu’au moment où elle décide de reprendre sa vie en main. Si les sentiments de Ben se sont évanouis, il suffit de les ranimer. Chaque jour, elle va donc lui écrire un souvenir de leur histoire. Mais cette plongée dans le passé peut faire resurgir les secrets les plus enfouis.
Avec une extrême sensibilité et beaucoup d’humour, Virginie Grimaldi parvient à faire revivre des instantanés de vie et d’amour et nous fait passer du rire aux larmes. Une histoire universelle.
Virginie Grimaldi est l’auteur de deux best-sellers, Le Premier Jour du reste de ma vie (LGF, 2016) et Tu comprendras quand tu seras plus grande (Fayard, 2016 ; LGF, 2017). Ses romans ont déjà séduit des centaines de milliers de lecteurs.
Date de parution : le 3 mai 2017 Auteur : Virginie Grimaldi Editeur : Fayard Prix : 19 € (464 pages) Achetersur : Amazon
Alien La Sortie des profondeurs est une exclusivité Audible
Alien : La sortie des profondeurs, immersion au pays de l’audio
En quête d’une série à découvrir cet été, on s’est intéressé à une création d’un nouveau genre avec Alien : La sortie des profondeurs. Une série produite pour le géant du livre audio Audible.fr(filiale d’Amazon)qui étoffe ainsi son catalogue avec une oeuvre originale de poids et affiche son ambition en offrant une experience hautement immersive. L’alternative à la vidéo à la demande est née. Et elle a de quoi surprendre.
Appli Audible installée sur le smartphone, on s’empresse de charger les 10 épisodes de la série exclusive Alien : La sortie des profondeurs. On met nos écouteurs en place, confortablement installé dans la profondeur de la nuit. Et on embarque pour une aventure SF inédite à tous points de vue. On se fait un petit rewinder avec vous, juste pour le plaisir des yeux, après celui des oreilles.
Ellen Ripley sort du silence
Avouons-le, c’est la première question qu’on s’est posée : Ripley sera-t-elle du voyage ? Parce qu’Alien sans Ripley, on conviendra que ça n’a pas la même saveur. Mais le casting répond avec brio aux attentes avec des voix très connues, dont l’incontournable de Tania Torrens, voix française de Sigourney Weaver. Si le personnage met un (tout petit) moment à faire son apparition, la mayonnaise prend immédiatement grâce à des comédiens sortis tout droit des superproductions américaines. Nos compagnons de voyages plantent directement le décor en nous rassurant de leurs présences vocales. Un atout de taille.
Un scénario très addictif (…). Alien promet de beaux coups de chaud.
Un scénario et une mise en scène extraterrestres
Pour un livre (ou série) audio, les créateurs d’Alien : La sortie des profondeursn’ont pas hésité à prendre des risques. On s’attendait à une lecture mais c’est un vrai film audio qu’on nous propose ici. Pas de descriptions, pas de texte lu, uniquement du discours direct. L’aventure (et l’horreur) se vit en live. Le spectateur est une petite souris au coeur de l’action et se fait sa propre idée de l’environnement immédiat à travers quelques astuces de mise en scène intégrées aux dialogues. Le contextuel et le sens de la déduction font le reste, d’autant que l’ambiance sonore est judicieusement dosée entre bruitages et musique de fond.
L’impression générale laissée par cette mise en scène audacieuse est parfois en demi-teinte. Mais l’envie d’avoir plus de détails visuels est rapidement balayée par l’enchainement des évènements. Un scénario très addictif, chapitré en dix épisodes coups de poing de 25 à 32 minutes. L’imaginaire fuse et on ne tarde pas à trembler au coeur de l’été !
Conclusion : coup de chaud assuré
Sans en dévoiler davantage sur les ressorts de cette nouvelle épopée horrifique, gorgée d’acide et peuplée de mâchoires acérées, Alien promet de beaux coups de chaud. La climatisation pourra être salvatrice en cette saison estivale quand, au coeur de la nuit, vous serez piégé(e) sur une planète hostile pour récupérer du carburant dans l’espoir de vous échapper…
Pour des sensations optimales, faites l’expérience d’Alien de nuit, cela vaut le détour !
Et toujours l’Offre d’essai Audible : 1 livre audio gratuit !
Profitez de l’offre d’essai toujours en cours pour vous offrir gratuitement un livre Audio avec Audible.fr, pendant le premier mois d’un abonnement mensuel. Si vous n’avez pas aimé l’expérience, vous pouvez vous désabonner quand vous le souhaitez. Si au contraire, vous souhaitez rester abonné, vous recevrez chaque mois un crédit audio vous permettant de télécharger un livre audio, pour 9,95 euros.
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Enfant, Chris Hooper rêvait souvent de monstres. Mais dans le fin fond de l’espace, il n’a trouvé que la solitude et l’isolement. Une fois arrivés sur la planète LV178, Hooper et ses compagnons de bord ont découvert une terrible tempête de sable, un véritable enfer… et de la trimonite, la matière la plus dure connue de l’homme.
Quand une navette s’écrase dans le vaisseau spatial le Marion, les mineurs installés sur la planète apprennent qu’il y avait bien plus que de la trimonite au fond des cavernes. Il y avait le mal, qui lui, hibernait et attendait une proie convenable. Hoop et ses acolytes découvrent un nid de Xénomorphes, et l’enfer prend alors une autre dimension. Ils vont rapidement se rendre compte que leur seul espoir viendra du plus improbable des sauveurs… Ellen Ripley, la dernière survivante humaine du navire de sauvetage Nostromo.
Tania Torrens, la voix française de Sigourney Weaver, incarne le rôle d’Ellen Ripley. A ses côtés, vous entendrez les magnifiques voix de Patrick Béthune (Hooper), Frantz Confiac (Lachance), Sophie Riffont (Kasyanov), Jérôme Pauwels (Baxter), Hélène Bizot (Sneddon), Paul Borne (Ash), Cédric Dumond (Welford), Eric Peter (Powell), Marie Chevalot (Jordan), Odile Schmitt (Garcia), François Hatt (Vic), Fily Keita (Keech) et Max Jacobs (ordinateurs).
Date de parution : le 16 mars 2017 Auteur : Tim Lebbon , Dirk Maggs Lu par : Tania Torrens , Patrick Béthune , Frantz Confiac , Sophie Riffont , Jérôme Pauwels , Hélène Bizot. Écouter sur Audible.fr