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Le pays des purs, Hubert Maury et Sarah Caron, Editions La Boîte à Bulles
Le pays des purs, une BD de combat aux éditions La Boîte à Bulles
Les éditions La Boîte à Bulles ouvrent une lucarne sur une page d’histoire trop méconnue dans un des plus grands pays musulmans du monde. A travers le parcours véridique d’une jeune photographe française, c’est toute la complexité de la situation politique actuelle dans le monde musulman qui s’éclaire à partir d’un fait divers à valeur de prophétie. L’assassinat de Benazir Bhutto en 2007 a ouvert une ère de troubles dont les répercussions se font encore ressentir aujourd’hui. Sarah Caron et Hubert Maury proposent un moment de BD instructif à des lecteurs éberlués par tant de détails et de compréhension d’un pays étranger.
Une BD complexe et limpide à la fois
Dès les premières pages, le ton de la BD est à la catastrophe. La photographe Sarah Saron est mandatée pour immortaliser une Benazir Bhutto en danger de mort. Mais quand la première femme élue démocratiquement à la tête d’un pays à majorité musulmane tombe dans un attentat, c’est toute une aventure qui commence pour la jeune journaliste. Perdue au milieu d’un pays aux règles bien particulières et aux castes bien délimitées, elle doit trouver sa voie. Ce qu’elle fera avec l’aide de personnages providentielles qui l’empêcheront de se faire étriper par la foule ou identifier par de belliqueux talibans. La BD revient sur une époque où une femme était une figure marquante du Pakistan, alias le pays des purs, et a été pour son malheur la principale opposante aux présidents Muhammad Zia-ul-Haq et Pervez Musharraf. Avec le dénouement que l’on sait.
Un dessin aussi brillant que le scénario
La clarté du trait d’Hubert Maury est au diapason du récit. Les visages reflètent les sentiments et les péripéties de l’héroïne mettent en relief un pays aussi entortillé qu’une assiette de spaghettis. Et comme le récit est haletant au possible, impossible de lâcher l’ouvrage avant d’arriver à son terme. Pour un premier réflexe immédiat: une relecture est souhaitable autant que nécessaire pour mieux appréhender l’avalanche de tenants et d’aboutissants pour une histoire tellement vraie qu’elle en devient terrifiante. Car si la BD est par moment assez divertissante du fait d’une héroïne à la jugeote accomplie, le sac de noeuds où elle se trouve placée font craindre la lapidation voire pire… Telle une Tintin reporter moderne, Sarah Caron se sort des pires mauvais pas et le lecteur peut enfin respirer.
Le pays des purs est une BD à lire absolument pour s’immerger dans une culture dont la compréhension permet de comprendre beaucoup de choses. Une BD de combat, le mot n’est pas du tout usurpé. A découvrir absolument aux souvent excellentes éditions La Boîte à Bulles!
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Le 27 décembre 2007, la ville de Rawalpindi, au Pakistan, est la proie de violentes émeutes, suite à l’assassinat de Benazir Bhutto, principale opposante au régime en place.
Dans la foule, Sarah Caron, photographe française, saisit avec son appareil les moindres détails de la scène. Mais très vite, la jeune femme est repérée et se retrouve poursuivie, craignant pour sa vie.
Un mois plus tôt, Sarah rencontrait Benazir Bhutto afin de réaliser une série de portraits commandée par le magazine Time. Une entrevue difficilement décrochée et qui, par un pur hasard, survenait le jour même de l’assignation à résidence de l’opposante. Une aubaine pour Sarah : pendant 4 jours, elle se retrouvait aux premières loges de l’actualité ! De jour, elle mitraillait les lieux, de nuit, elle transférait ses clichés.
En immersion totale et au gré des commandes, la jeune femme passe cette année-là du monde de l’élite pakistanaise à celui des talibans, avec l’aide d’un fier guerrier pachtoune. Son objectif est une arme dont elle se sert pour frapper les esprits et franchir les frontières, qu’elles soient physiques ou culturelles, et ce malgré le danger des lieux et des situations.
Une immersion sous-tension dans le hors-champ du reportage photographique, vu sous toutes ses coutures.
Date de parution : Mai 2017 Scénariste(s) : Sarah Caron, Hubert Maury Dessinateur(s) : Hubert Maury Genre : Humour Editeur : La Boîte à Bulles Prix : 25 € (192 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Le pays des purs Le pays des purs Le pays des purs Le pays des purs
La bible de l’homme, un concentré d’humour signé Lolywood (404 éditions)
La bible de l’homme est un livre écrit par Lolywood, trois humoristes principalement connus pour leurs sketchs sur YouTube. Ici, pas de roman, pas de personnages vivant des aventures extraordinaires ou d’histoires improbables. La bible de l’homme, c’est une suite de chapitres complètement indépendants qui traitent de tout et de rien. On y retrouve par exemple « les sujets à éviter lors d’un premier rendez-vous », ou encore « le petit lexique du langage féminin » ou « les pires coupes de cheveux à avoir ». Comme pour leurs sketchs, attention, tout est à prendre au second degré.
Le livre est rythmé par ces chapitres sans aucun lien les uns avec les autres, toujours ponctués d’humour. Le tout se lit rapidement et la lecture est très fluide. Tout est tourné en dérision et les auteurs jouent parfaitement sur les petites mésaventures du quotidien.
L’alternance des sujets permet de ne pas s’ennuyer et de garder la dynamique du livre sans perdre le lecteur. Le thème reste le même du début à la fin, soit se servir de ce que tout le monde connaît et a vécu au moins une fois pour le tourner en ridicule.
Le public visé est très large, puisqu’il s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes qui tenteront tant bien que mal de comprendre les hommes. Des petites illustrations par-ci par-là permettent d’appuyer sur le côté divertissant du livre.
La bible de l’homme est une lecture rafraîchissante, qu’on peut arrêter n’importe quand pour reprendre des jours après sans en perdre le fil.
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Auteur : Lolywood
Illustrateur : Marie Capriata |
La Bible de l’homme enfin révélée !
Depuis la nuit des temps, La Bible de l’homme aide les hommes à affronter les pièges que leur tend la vie.
« Vous pensez vraiment que j’aurais pu pécho Emma Watson sans La Bible de l’homme ? »
Ron Weasley
« Habituellement, les livres apprennent beaucoup grâce à moi. Cette fois-ci, c’est La Bible de l’homme qui m’a tout appris. »
Chuck Norris
« Je l’ai lue donc je suis. »
Descartes
« Je cherchais une destination cool, La Bible de l’homme m’a conseillée les USA. J’ai kiffé ! »
Christophe Colomb
« J’ai détesté ce livre… »
Donald Trump
Date de parution : le 20 avril 2017 Auteur : Lolywood, Editeur : 404 éditions Prix : 14,95 € (270 pages) Achetersur : Amazon
Molières 2017 : « Edmond » et les « Damnés » plébiscités – Huppert honorée
La 29e cérémonie des Molières s’est tenue lundi soir devant ses pairs à Paris au Théâtre des Folies Bergère pour récompenser le meilleur du théâtre public et privé. Nicolas Bedos a orchestré une fois encore le show avec l’aisance et l’impertinence qu’on lui connait, multipliant les allusions décalées à l’actualité politique ainsi que quelques mots d’esprit et des vannes parfois bien senties ou chacun en a pris pour son grade.
« Qu’y a-t-il de plus centriste que Les Molières ? », a t’il ironiser où contenter le théâtre public et le théâtre privé dans une même soirée relève du défi d’équilibriste.
Après une entrée en matière chantée très réussie se moquant des comédies musicales surjouées, quelques têtes de turc qu’il a plaisir à railler et une pique à l’adresse de Delphine Ermotte PDG de France Télévisions « venue se distraire entre deux licenciements », Nicolas Bedos a déclaré ouverte cette nuit des Molières, saluant les « théâtreux » de France, « les derniers à attendre Godot, les derniers à savoir que la mouette n’est pas qu’un oiseau ».
“Edmond » d’AlexisMichalik et « Les Damnés » d’après Visconti sont sans surprise les grands vainqueurs de la soirée avec respectivement 5 et 3 récompenses.
La pièce “Edmond” qui raconte le « making-off » de Cyrano de Bergerac remporte le Molière du meilleur auteur francophone vivant, du meilleur spectacle, du metteur en scène de théâtre privé et que deux de ses acteurs sur les douze que compte la troupe, GuillaumeSentou et Pierre Forest sont aussi honorés de la fameuse statuette.
Quant à l’adaptation choc du scénario du film de Visconti qui a marqué l’ouverture du dernier festival d’Avignon, mise en scène par Ivo van Hove, cristallisant la descente aux enfers d’une grande famille d’industriels allemands gangrenée par le nazi, elle remporte trois Molières (meilleure pièce de théâtre public, meilleure création visuelle et meilleure comédienne pour Elsa Lepoivre).
Isabelle Huppert s’est vu remettre un Molière d’honneur des mains d’Ivovan Hove rappelant que seul l’avenir et les projets tiennent en vie, laquelle était à l’affiche du Théâtre de l’Odéon ces trois dernières années à Paris, dans « les Fausses confidences » mises en scène par Luc Bondy (2014-15) et dans « Phèdre(s) » (2016).
Par ailleurs l’ovni théâtral « Bigre », petit bijou de décalage et de poésie est reparti avec le Molière de la comédie.
Rodin, film de Jacques Doillon, Copyright Shanna Besson / Les Films du Lendemain
Un Rodin finement ciselé dans un vibrant hommage cinématographique
Jacques Doillon se passe d’artifices visuels ou scénaristiques superflus pour évoquer l’existence riche et laborieuse d’un génie reconnu à la toute fin de sa vie. Il privilégie l’épure, le ressenti et la langueur pour figurer un artiste hors norme avant tout représenté en longs plans fixes. Auguste Rodin eut beau attendre ses 40 printemps pour honorer sa première commande pour l’état français, la machine était en marche et la postérité allait reconnaitre son apport considérable à l’art de la sculpture, le classant aux côtés de Michel-Ange dans le panthéon universel. Le sculpteur a porté l’art du modelage vers une nouvelle étape, modelant la souffrance ou l’érotisme avec un réalisme exacerbé. Le film Rodin rend un hommage vibrant via des acteurs habités et des scènes à la beauté formelle saisissante.
Un film au réalisme tranchant
A une époque où les Blockbusters chargés de dollars et d’effets spéciaux font la loi au box-office, ce Rodin parait presque anachronique. Les plans sont d’une extrême simplicité, tout entiers tournées vers le regards fiévreux d’un artiste jamais satisfait et toujours aux aguets. Si l’acteur peine à figurer le monolithisme et la rigidité d’un homme que Gérard Depardieu représentait mieux grâce à son physique puissant, la palette de l’acteur et son regard font ressortir un riche éventail de sentiments qui font toucher du doigt la fragilité de l’homme. Car Vincent Lindon gagne en subtilité ce qu’il perd en virilité. Comme si Jacques Doillon voulait avant tout représenter l’homme secret derrière la façade publique, l’insatiable dénicheur de formes derrière le coureur de jupons surnommé le bouc sacré de son vivant. Les femmes sont omniprésentes dans ce film qui fait ressortir la présence perpétuelle de la compagne Rose (Séverine Caneele) face à des conquêtes de passage, avec au premier lieu Camille Claudel (Izia Higelin) beaucoup plus dans la retenue que Juliette Binoche et surtout Isabelle Adjani avant elle. Si sa soif de vivre prend le pas sur une pathologie psychiatrique qui se manifesta après sa rupture avec l’ours rugueux, elle accompagne l’artiste dans un passage clé de sa recherche artistique.
Un hommage à l’homme et à l’artiste
En cette année 2017 où les célébrations du centenaire de la mort d’Auguste Rodin se multiplient (Exposition au Grand Palais, Bande Dessinée), ce film met en relief un homme déterminé à représenter la nature avec une expressivité jamais vue auparavant. Impossible de rester de marbre devant Le Baiser, Le penseur ou Les Bourgeois de Calais tant ces oeuvres renvoient à la plus pure humanité. Le film retrace les étapes clés de sa carrière, la commande La Porte de l’Enfer, le buste de Victor Hugo, la Statue de Balzac et tous ces rapports avec Monet, Cézanne ou Mirbeau, pour bien montrer la place de Rodin dans l’histoire de l’art. Camille Claudel apparait telle un feu follet qui réchauffera Rodin et le poussera dans ses retranchements. Sans pour autant le décider à la séparation d’avec une Rose présentée comme un phare insubmersible. L’existence de l’artiste est présentée par petites touches, pour ne montrer que l’essentiel et sous-entendre son inlassable quête plastique. L’homme touche les arbres, observe la nature et ne ménage ni les modèles ni ses proches. Une telle intransigeance tend à la bougonnerie mais sous les traits de Vincent Lindon, impossible de ne pas y attacher des sentiments très humains, fragilité et insécurité en tête.
Ce Rodin subjugue par son ambition esthétique. Si les nombreuses longueurs et une placide lenteur pourront rebuter certains, impossible de ne pas s’émerveiller devant des choix stylistiques qui donnent au film une majesté impériale.
À Paris, en 1880, Auguste Rodin reçoit enfin à 40 ans sa première commande de l’Etat : ce sera La Porte de L’Enfer composée de figurines dont certaines feront sa gloire comme le Baiser et le Penseur. Il partage sa vie avec Rose, sa compagne de toujours, lorsqu’il rencontre la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d’admiration commune et de complicité. Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement. Il fait face et au refus et à l’enthousiasme que la sensualité de sa sculpture provoque et signe avec son Balzac, rejeté de son vivant, le point de départ incontesté de la sculpture moderne. À 60 ans, enfin reconnu, il devient le sculpteur le plus célèbre avec Michel-Ange.
Sortie : le 24 mai 2017 Durée : 1h59 Réalisateur : Jacques Doillon Avec : Vincent Lindon, Izia Higelin, Séverine Caneele Genre : Drame, Biopic
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Pirate des Caraïbes 5, Film de Joachim Rønning et Espen Sandberg, Copyright The Walt Disney Company France
Fin de série pour les Pirates des Caraïbes?
Le pirate Jack Sparrow est de retour pour de nouvelles aventures, échappant à la guillotine, à l’étripage et au saucissonage sans presque jamais quitter son air ahuri devenu si mythique. Insubmersible et irrésistible, il anime un cinquième épisode inconséquent et tout entier tournée vers le divertissement. Les forbans des mers du Sud mélangent têtes connues et guests stars portées par un Javier Bardem en flamboyant méchant de pacotille. L’ambiance est au blockbuster, les fans du moineau se régaleront, certains plus sceptiques estimeront que la farce n’a que trop duré. L’originalité n’est plus de mise, reste juste l’émerveillement d’un monde fantaisiste dénué de tout réalisme.
L’éternel retour d’un personnage devenu culte
L’histoire est connue, l’embauche par Disney de Johnny Depp dans le rôle de Jack Sparrow était tout sauf une évidence. 5 succès mondiaux très fructueux plus tard, il n’est plus temps de se questionner sur ce choix devenu gagnant. Les effets spéciaux et les scènes d’action trépidantes sont les deux autres ingrédients de choix pour animer les débats entre un anti-héros malin comme un singe et des adversaires immanquablement assoiffés de vengeance. Le sérieux est totalement absent pour laisser place à des farces drolatiques qui se répètent épisodes après épisodes. Au bout du 5e, est-il encore possible de s’enthousiasmer devant des aventures en pilotage automatique et sans plus trop de surprises? La controverse fait rage entre admirateurs et contempteurs de flibustiers transformés en manne financière très rentable. Avec un 5e opus certainement destiné à s’inscrire comme le dernier de la série, il est difficile de faire la fine bouche. Les moments de bravoure agrémentent l’intrigue dans un rythme trépidant qui raviront petits et grands, inutile de chercher une quelconque nouveauté révolutionnaire.
La retraite est en vue
Aux côtés du héros perpétuellement saoul, Brenton Thwaites et Kaya Scodelario forment le duo glamour de circonstances, totalement dans les clous pour de telles aventures. Geoffrey Rush, Kevin McNally et Stephen Graham sont de retour et font le lien avec les épisodes précédents dans des rôles bien connus. Quelques guets stars font des apparitions remarquées, telles Golshifteh Farahani en sorcière dégarnie ou Paul McCartney en oncle pirate débonnaire. L’apparition la plus remarquée se situe à la toute fin avec une réunion surprise qui boucle la boucle. Le lien avec le tout premier opus de 2003 ravira les nostalgiques, retrouverons-nous Jack Sparrow et ses acolytes dans un 6e épisode? L’épuisement guette sévèrement, il est peut être temps de remiser les tricornes au placard de peur d’épuiser les patiences pour de bon. Les meilleures blagues étant souvent les plus courtes, il est fort probable que les producteurs réfléchiront à deux fois avant de faire appel à nouveau à un acteur dont les rumeurs rapportent d’incessants écarts de conduite alcoolisés. Ce 5e épisode se tient finalement pas si mal, inutile de chercher la petite bête plus longtemps pour l’épisode de trop.
La vengeance de Salazar contient les ingrédients habituels, de ceux qui font raviront les aficionados et ennuieront les chercheurs d’originalité. Le blockbuster est assumé, ces Pirates des Caraïbes nous auront quand même fait passer de bons moments durant toutes ces années.
Les temps sont durs pour le Capitaine Jack, et le destin semble même vouloir s’acharner lorsqu’un redoutable équipage fantôme mené par son vieil ennemi, le terrifiant Capitaine Salazar, s’échappe du Triangle du Diable pour anéantir tous les flibustiers écumant les flots… Sparrow compris ! Le seul espoir de survie du Capitaine Jack est de retrouver le légendaire Trident de Poséidon, qui donne à celui qui le détient tout pouvoir sur les mers et les océans. Mais pour cela, il doit forger une alliance précaire avec Carina Smyth, une astronome aussi belle que brillante, et Henry, un jeune marin de la Royal Navy au caractère bien trempé. À la barre du Dying Gull, un minable petit rafiot, Sparrow va tout entreprendre pour contrer ses revers de fortune, mais aussi sauver sa vie face au plus implacable ennemi qu’il ait jamais eu à affronter…
Sortie : le 24 mai 2017 Durée : 2h09 Réalisateur : Joachim Rønning, Espen Sandberg Avec : Johnny Depp, Javier Bardem, Brenton Thwaites Genre : Aventure, Fantastique, Action
L’Amant Double, L’Amant Double, film de François Ozon
L’Amant Double, un exercice de style à la limite du gênant
François Ozon livre avec L’Amant Double un thriller érotique dans la droite lignée de Sitcom,Gouttes d’eau sur pierres brulantes et Swimming Pool avec des personnages ambivalents aux lisières de la pathologie psychiatrique. Marine Vacth et Jérémie Renier se livrent à un mano a mano à la perversité anxiogène dans une ambiance résolument érotique. Les rebondissements sont nombreux jusqu’à un twist final surprenant. Le film est plongé dans une ambiance qui peine à ne pas verser dans le kitsch, générant quelques rires sonores malvenus dans la salle de cinéma, signe que la subtilité n’est pas forcément au rendez-vous dans cet étalage gratuit de chair triste.
Une intrigue confuse
Le réalisateur met la duplicité à l’honneur avec des protagonistes hantés par leur gémellité fantasmée ou avérée. Fragile et torturée, l’héroïne Chloé charme son psy et ouvre la boite de Pandore. S’en suit une relation déséquilibrée et la découverte d’un premier secret qui en amènera d’autres. Le jeu du chat et de la souris peut débuter pour une évolution lente mais irrémédiable vers un cul-de-sac existentiel. L’intrigue place ses pièces patiemment, presque trop, épaississant le mystère à coup de musique kitsch et de péripéties sans fin. L’Amant Double ne joue pas dans la subtilité et préfère le nu frontal pour dérouler explicitement le fil d’ébats mi-gratuits mi-voyeuristes. Là où Frantz par exemple privilégiait l’épure et l’ellipse, le film se laisse aller à une démonstration d’ébats bruyants et explicites, comme une fuite en avant vers l’inéluctable. Le film passe de l’appartement au cabinet du psy, encore et encore, avec des lits, des sous-vêtements et une sensualité omniprésente même si forcée. François Ozon transforme Marine Vacth et Jérémie Renier en couple complexe décomplexé, toujours sur la brèche et finalement toxiques pour la pathologie de l’héroïne.
Une frontière ténue entre thriller et absurde
Le réalisateur ne ménage pas le spectateur en dispensant (avec parcimonie heureusement) des images crues à la limite du graveleux. Les effets sont foncièrement excessifs, le spectateur est emmené avec force dans l’univers de manipulation de personnages transversaux et décalés. Les réactions dans la salle de cinéma laissent craindre que le ton martial recherché soit à la limite du kitsch pour un effet forcément à côté. A force de dévoiler les physionomies sans ménagement, François Ozon brouille le message et manque le coche. Le Thriller flirte un peu trop avec le porno soft des années 70 pour être considéré avec tout le sérieux recherché. Des personnages secondaires amènent des regards en biais qui concourt à l’ambiance de défiance sans pour autant complètement se justifier. Et cette musique… on se croirait chez Georges Romero, voire Dario Argento, sans forcément générer le même trouble chez le spectateur.
Au final, le film L’Amant Double semble surtout très long et la fin est accueillie avec un soulagement perceptible chez des spectateurs désabusés. Les circonvolutions de l’héroïne peinent à accrocher l’intérêt du public, le film apparait finalement bien gratuit, tel un exercice de style par trop désincarné.
Chloé, une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul. Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.
Sortie : le 26 mars 2017 Durée : 1h47 Réalisateur : François Ozon Avec : Marine Vacth, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset Genre : Thriller, Erotique
Colette & l’Amour, conçu et animé par Philippe Tesson, Théâtre de Poche Montparnasse
Une vie richement remémorée avec Colette & l’Amour au Théâtre de Poche Montparnasse
Le Théâtre de Poche Montparnasse rend hommage à Colette dans une évocation aussi enrichissante que truculente. 3 conteurs experts joutent au coeur d’une salle aménagée comme un cabaret littéraire, entourés de tables et de chaises où une assistance enthousiaste boit les paroles autant que les verres de Chablis et les coupes de Champagne. Les coeurs sont réchauffés par les incessantes piques entre l’inoxydable Philippe Tesson et l’insubmersible Elisabeth Quin tandis que l’éternelle Judith Magre cite les mots de Sidonie-Gabrielle Colette avec l’air rêveur de celle qui sait de quoi elle parle. Tandis que les ritournelles de piano égrenées par Jean-Baptiste Doulcet ouvrent des lucarnes sur des contrées enchantées, l’ambiance parfois un peu trop décontractée ne gâche pas ce moment alliant à merveille divertissement et sagacité.
Un attelage à toute berzingue
Les 3 figures de proue de la soirée prennent place tandis que le pianiste se lance dans une Valse de Ravel envoutante. Philippe Tesson prend enfin la parole pour prévenir le public que la soirée sera toute entière placée sous les glorieux augures d’une figure tutélaire de la littérature française. Colette a marqué son époque par son extravagance et multiplié les mots d’esprit pour une évidence. La jeune femme à l’accent bourguignon si prononcé que les R resteront roulés toute sa vie a ensorcelé hommes et femmes sans jamais perdre de vue ses aspirations impérieuses à la liberté. Les narrations de Philippe Tesson et Elizabeth Quin s’entremêlent pour faire ressortir une époque de tous les possibles, où les amants alternaient entre richesse et dénuement et dans laquelle l’écrivaine s’appesantissait avant tout sur l’amour et rien d’autre. La place de Judith Magre tendrait hélas à l’insuffisance, ses interventions se comptant presque sur les doigts d’une main, ce qu’un rodage plus poussé pourrait bien rectifier de lui-même. Les piques réjouissent d’abord pour finalement lasser quelque peu, surtout quand le bout de la nuit pointe à l’horizon. L’énergie est chronophage, nul doute que de menues rectifications sauront amender pleinement le spectacle pour un sentiment final plus unanimement chaleureux.
Une vie de paradoxe
Un mot marque les esprits tant il est incessamment répété par les 3 Dalton: trahison. L’apprentissage de l’amour et des réalités de ce monde apporteront bonheurs et désillusions alternées à une femme qui, bien que décidée, n’en fut pas pour autant moins victime des évènements. Quand les coeurs et les inclinations manquent de se mettre au diapason, les déception suivent, dont pourtant elle ne cessera de se remettre en continuant d’avancer. Les choix des extraits et les orientations des narrateurs donnent un souffle épique à ce moment de théâtre, tenant les spectateurs en haleine devant les épisodes richement étaillés d’une existence à nulle autre pareille. Les différentes parties se structurent autour du pianiste interprétant des oeuvres de Debussy, Fauré et Ravel dans un pot-pourri qui permet à tout le monde de reprendre son souffle en musique. L’ambiance est élégiaque, le plaisir est partagé, une endurance bienveillante est néanmoins nécessaire pour ne pas décrocher et rester attelé à cette charrette littéraire.
Le spectacle Colette & l’Amour ravit par la richesse de son contenu et la frénésie érudite des narrateurs. Le moment de théâtre est pittoresque, et s’il n’est pas dénué de longueurs, il donne finalement envie d’applaudir à tout rompre tant l’implication de Philippe, Elisabeth et Judith fait plaisir à voir.
Dates : du 26 mai au 1er juillet 2017, vendredi et samedi à 20h30 Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Philippe Tesson Avec : Philippe Tesson, Judith Magre, Elisabeth Quin
Black Project, dessin et scénario de Gareth Brookes, Editions La Boîte à Bulles
Une bande dessinée iconoclaste à découvrir: Black Project (La Boîte à Bulles)
Les éditions La Boîte à Bulles éditent enfin en français la bande dessinée Black Project de Gareth Brookes parue en 2013 au Royaume-Uni. Cet ODNI (Objet Dessiné Non Identifié) est semblable à nul autre, attirant irrémédiablement le lecteur dans la singularité si particulière de son héros Richard déterminé à mener à bien un projet complètement extravagant. Carle jeune adolescent a un secret qu’il tient à garder loin des regards extérieurs. D’une beauté graphique à la fois lugubre et saisissante, Black Project est un roman graphique classieux et atypique dont la lecture subjugue par son ton à la fois étrange et intimiste.
Un anti-héros iconoclaste
Gareth Brookes narre l’histoire de Richard, jeune adolescent encore à la lisière du monde des adultes et prostré dans une solitude auto-entretenue. Fuyant obstinément la compagnie de semblables qu’il juge sévèrement, il s’imagine tel le Dr Frankenstein capable de créer une créature artificielle pour en faire une véritable amie avec qui discuter et tout partager, jusqu’à des relations très intimes. L’auteur met à distance le personnage en ne le montrant jamais sur bulle, la narration seule suit le fil des pensées intérieures et des rares dialogues qu’il mène avec ses parents et d’autres êtres qu’il méprise obstinément. Dans un noir et blanc figurant la morosité du personnage, la bande dessinée suit ses tentatives pour assembler des corps faits de bric et de broc dans une démarche occulte incessamment répétée. Papier mâché, ballons, tissus, canettes et ficelles lui servent à mener à bien son grand projet dans une totale clandestinité. Car le jeune héros craint plus que tout les réactions outrées face à la possible découverte de ses desseins, imaginant des subterfuges ambitieux pour garder ses créations cachées, en pure perte pourtant.
Une métaphore du mal être adolescent
A travers ce récit, Gareth Brookes met en scène ce que beaucoup d’adolescents vivent sans aller aussi loin dans la matérialisation de leur mal être. Car les poupées créées par le héros sont autant de démarches pour s’isoler des autres et se conforter dans l’illusion de la solitude, sans jugement ni critique. Le rythme de la bande dessinée suit les préparatifs méticuleux de Richard pour produire en secret ses figurines corporelles. L’auteur a utilisé la technique de la linogravure consistant à enlever les blancs et les mettre en réserve du résultat final, mais également la broderie pour un résultat qui plonge le lecteur dans un malaise persistant. Au fur et à mesure des essais répétés et infructueux du héros, le doute s’installe sur le destin du jeune homme besogneux, appliqué mais malchanceux, jusqu’à se demander si la frustration générée ne le fera pas basculer dans une pathologie psychiatrique. Sont évoqués également en filigrane et tout en délicatesse la découverte de la sexualité et du désir charnel dans le contexte d’un adolescent créateur de ce qui pourrait ressembler à des poupées gonflables artisanales, sans que la BD ne verse jamais dans la vulgarité
Black Project a tout du projet graphique totalement original et si les premières pages plongent dans la circonspection, le fil des pages génère un inévitable enthousiasme pour un sentiment final plus que favorable. Le sentiment d’avoir découvert une oeuvre unique domine et donne envie d’y retourner au plus vite.
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Laura, Charlotte, Mélissa, Jessica… Autant de petites amies que Richard, le jeune héros de cette étrange histoire, n’a pas eu le temps de connaître en profondeur. Il faut dire que l’une se retrouva brûlée telle un « Monsieur Carnaval », tandis qu’une autre fut dévorée par les souris… Car Laura, Charlotte, Mélissa et Jessica étaient toutes plus ou moins faites de papier mâché, de ballons, de laine et de ficelles. Car pour Richard, se construire une petite amie est facile. Un peu d’imagination et une bonne paire de ciseaux suffisent ! La garder secrète, en revanche, c’est une autre histoire. Chaque fois, ses amours clandestines et son obsessionnel artisanat se retrouvent à deux doigts d’être découverts par les adultes. Tout est alors à recommencer et si possible, à améliorer. Bizarre, dérangeant, à la fois drôle et grotesque, Black Project frôle l’objet d’Art Contemporain, tant au niveau graphique que scénaristique.
Date de parution : Mai 2017 Scénariste(s) : Gareth Brookes Dessinateur(s) : Gareth Brookes Genre : Humour Editeur : La Boîte à Bulles Prix : 22 € (208 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Black Project Black Project Black Project Black Project Black Project Black Project
Anna Karenine, mise en scène de Laetitia Gonzalbes, Festival d’Avignon
Anna Karenine se dévoile avant son passage au Festival Off d’Avignon au mois de Juillet
La troupe de la Compagnie Kabuki a investit la scène du Studio Hebertot pour dévoiler une Anna Karenine modernisée et bientôt à l’affiche du Festival Off d’Avignon. Une femme de la haute bourgeoisie fait un mariage arrangé insatisfaisant, sa tentative pour trouver l’amour la met au ban de la société quand son mari condamne l’effrontée. Cette adaptation du drame de Léon Tolstoï revisite les conventions sociales en substituant une Varinka moderne au traditionnel amant Vronsky. Une pièce au potentiel théâtral certain qui nécessite encore quelques ajustements pour toucher complètement le public.
Une ambiance très Neon Demon
La scène du Studio Hebertot se pare de néons apposés à la verticale de la scène pour figurer les ambiances des situations ainsi que les humeurs des personnages. Des couleurs jaunes, vertes, bleues et blanches alternent tout au long d’une pièce qui suit l’intrigue de Tolstoï. Une jeune femme courtisée par beaucoup convole avec un haut fonctionnaire studieux qui la néglige tant qu’elle s’éprend d’une jeune femme aventureuse. La variation moderne sur l’ouvrage de Tolstoï actualise le classique du XIXe siècle. Surtout que les créations musicales de Tim Aknine et David Enfrein invoquent l’atmosphère décadente de Neon Demon avec ses faux semblants et ses travers psychologiques. L’innocente héroïne est condamnée à entendre sagement son mari sans voler de ses propres ailes. Pour figurer les atermoiements d’une femme trop libre pour se contenter d’un carcan social étriqué, le texte Enragée de Maupassant sert de base à la passion interdite de l’héroïne pour une femme indépendante. Le contexte est rendu flou et indéterminée, quittant le XIXe siècle pour se situer dans un entre deux onirique.
Une pièce entre tirades et ellipses
Les 4 comédiens rentrent et sortent de scène dans une sarabande rythmée. Samuel Debure navigue entre les rôles de narrateur, serviteur et maitre de cérémonie avec sa tenue de chevalier noir entre Game of Thrones et Blade Runner. David Fisher reste dans le classicisme en rappelant Jude Law dans l’adaptation cinématographique récente, emprunté et hautain, toujours sensible et finalement déterminé en Alexei engoncé. Peggy Martineau et Maroussia Henrich soufflent le chaud et le froid dans une relation vouée à l’échec. Côté scénographie, les automatismes entre les comédiens se créeront au fur et à mesure des représentations pour une intensité plus affinée.
Anna Karénine renait pour un spectacle à programmer au mois de juillet sur la scène du Théâtre du Roi René à Avignon. De la précision et des automatismes donneront à la pièce un impact prévisible cet été.
Dates : du 7 au 30 juillet 2017 à 14h05 Lieu : Théâtre du Roi René (Avignon) Metteur en scène : Laetitia Gonzalbes Avec : Samuel Debure, Maroussia Henrich, Peggy Martineau, Nicolas Buchoux
Rodin: Amor fugit, portrait intime, Eddy Simon / Joel Alessandra
Une bande dessinée à découvrir, Rodin: Fugit amor, portrait intime (Editions 21g)
2017 est une année riche en célébrations en raison du centenaire de la mort d’Auguste Rodin. Après l’exposition Rodin au Grand Palais déjà chroniquée sur cette page, c’est maintenant la bande dessinée Rodin: Fugit amor, portrait intime qui parait aux éditions 21g pour une plongée intimiste dans la carrière romanesque du célèbre sculpteur. Celui qui imprima très profondément sa marque dans l’histoire de l’art universel connut une reconnaissance tardive et durable comme l’illustre le partenariat avec le Musée Rodin qui a ouvert ses portes pour une grandiose visite guidée à l’occasion de la parution de ce portrait intime en bande dessinée.
Un destin singulier
Rodin: Fugit amor, portrait intime revient sur l’existence riche et passionnée d’AugusteRodin, depuis son gout précoce pour les représentations en 3 dimensions jusqu’à la création du Musée à son nom dans l’Hotel Biron et la donation de ses oeuvres à l’état français. Le scénariste Eddy Simon et le dessinateur Joël Alessandra s’associent une nouvelle fois après la BD Gustave Eiffel, le Géant du Fer pour faire revivre la destinée glorieuse d’un grand personnage de l’histoire de France. Les principaux jalons de son existence sont relatés à travers trois grandes étapes liées à trois femmes ayant eu des influences décisives dans le parcours du sculpteur. La compagne d’une vie Rose Beuret, la talentueuse sculptrice Camille Claudel et Claire de Choiseul à l’origine de son rayonnement américain furent des personnages clés de son existence. Car Auguste Rodin connut bien des avanies avant de s’imposer aux yeux de tous. 3 échecs au concours d’entrée aux Beaux-Arts, des travaux dans l’ombre des grands sculpteurs de l’époque, le dénuement d’une existence désargentée, ce n’est qu’à l’orée de ses 40 ans qu’il connut un début de consécration tandis qu’il s’attaquait à sa monumentale Porte de l’Enfer. Artiste accompli, Auguste Rodin dessinait, sculptait et s’évertuait à retranscrire la nature le plus fidèlement possible pour en faire ressortir toute sa beauté.
Un partenariat avec le Musée Rodin
Le dessinateur et le scénariste s’accordent habilement pour retranscrire le plus fidèlement possible la quête du sculpteur pour emmener son art vers la plus impressionnante majesté. Le dessin se veut naturaliste quand le cheminement chronologique fait ressortir clairement l’accession du besogneux artisan vers une légitimité que personne ne peut désormais lui contester. La rencontre avec le duo lors d’une visite du Musée Rodin confirme l’importance donnée à une objectivité que le fameux film consacré à Camille Claudel avec Gérard Depardieu et Isabelle Adjani tendait à romancer narquoisement. Auguste Rodin devient ici un artiste à la curiosité perpétuellement en éveil et décidé à s’imposer aux yeux de tous, ce qu’il fit de son vivant. La BD fait découvrir des détails marquants d’un parcours loin d’être linéaire tout en faisant cheminer dans une époque clé de l’histoire artistique, avec mention de nombreux noms connus pour bien distinguer la place centrale du sculpteur.
La bande dessinée Rodin: Fugit amor, portrait intime se feuillette avec plaisir pour partir à la rencontre d’un sculpteur à la vie riche comme un roman et marquante comme un poème.
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Rodin, un des plus grand sculpteurs de l’histoire de l’art. Mais aussi un homme passionné et plein de vie. Un portrait intime sous l’oeil de trois femmes qui ont le plus compté pour lui. Album réalisé en collaboration avec le Musée Rodin.
Date de parution : mai 2017 Scénariste(s) : Eddy Simon Dessinateur(s) : Joël Alessandra Genre : Biopic Editeur : 21g Prix : 22 € (96 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
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Fendre l’armure, ou sept histoires de vraies gens (Le Dilettante)
Anna Gavalda nous livre sept nouvelles, qui pourraient toutes être réelles. « Pour moi, ce ne sont pas des histoires et encore moins des personnages, ce sont des gens. De vrais gens. Pardon, de vraies gens. » dit-elle.
Sept nouvelles uniques
Chaque histoire possède son style, son vocabulaire, ses expressions propres. Chaque personne a une histoire vraie, tellement vraie, que ce pourrait être un carnet intime. D’une certaine façon, chacun « fend l’armure », se lâche, se dévoile même à lui-même. Souvent, grâce à une personne rencontrée, presque par hasard, et qui va servir de « détonateur ». Une rencontre au présent ; pas de passé, pas de futur.
Une sorte de thérapie
Chaque nouvelle est écrite à la première personne. Des histoires souvent tristes, mais pas toujours. Ecrite avec beaucoup d’empathie, toujours. Que ce soit cette femme seule qui rencontre un poète, ou encore cet homme qui va devenir ami avec son voisin de palier, chacun va trouver sa place et se découvrir à travers l’autre. Chaque nouvelle nous interpelle. Le chien de Jean va mourir. A travers lui, il revit sa propre histoire, tellement injuste et cruelle. Insupportable. Mais il y a aussi cet homme dont l’amour de sa vie aime les Happy Meal. Alors, pour lui faire plaisir, il va lui offrir un Happy Meal au lieu de l’inviter dans un bon restaurant… Amour inconditionnel… Une nouvelle plus légère que toutes les autres.
Des faits anodins, mais pas vraiment
Nous lecteurs, restons un peu sur notre faim car les histoires sont courtes. Alors que chaque personne, héros bien malgré lui d’une nouvelle, pourrait faire l’objet d’un livre. Mais bien sûr, on reconnaît la plume d’Anna Gavalda qui sait toucher notre sensibilité et mettre l’accent sur le quotidien absolument banal et conclure sur la richesse de chacun. La vie est dure, oui, mais dans le fond, la vie est belle !
Chaque histoire est unique, chaque personne est une et chacun a sa façon de s’exprimer ! Sept formes d’expressions de vraies gens qui n’ont en commun que le fait d’être chacun en vie et de se sentir souvent seul… Une extrême solitude… Et en même temps, de très belles rencontres, très simples, très humaines. Souvent très brèves. Et surtout très vivantes.
Anna Gavalda est toujours aussi sensible et son côté humain rejaillit avec puissance à travers ces nouvelles. Ce côté à la fois très simple mais aussi très intimiste de l’écriture de Gavalda nous emballe !
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Résumé
On me demande d’écrire quelques mots pour présenter mon nouveau livre aux libraires et aux critiques et, comme à chaque fois, ce sont ces quelques mots qui sont les plus difficiles à trouver. Je pourrais dire que c’est un recueil de nouvelles, que ce sont des histoires, qu’il y en a sept en tout et qu’elles commencent toutes à la première personne du singulier mais je ne le vois pas ainsi. Pour moi, ce ne sont pas des histoires et encore moins des personnages, ce sont des gens. De vrais gens. Pardon, de vraies gens.
C’est une faute que j’avais laissée dans mon manuscrit, « la vraie vie des vrais gens », avant que Camille Cazaubon, la fée du Dilettante, ne me corrige : l’adjectif placé immédiatement avant ce nom se met au féminin. Quelles gens ? Certaines gens. De bonnes gens.
Cette règle apprise, je suis allée rechercher tous mes « gens » pour vérifier que tous s’accordaient bien et j’ai réalisé que c’était l’un des mots qui comptait le plus grand nombre d’occurrences. Il y a beaucoup de « gens » dans ce nouveau livre qui ne parle que de solitude.
Il y a Ludmila, il y a Paul, il y a Jean (!) et les autres n’ont pas de nom. Ils disent simplement « je ». Presque tous parlent dans la nuit, pendant la nuit, et à un moment de leur vie où ils ne différencient plus très bien la nuit du jour justement.
Ils parlent pour essayer d’y voir clair, ils se dévoilent, ils se confient, ils fendent l’armure. Tous n’y parviennent pas mais de les regarder essayer, déjà, cela m’a émue. C’est prétentieux de parler de ses propres personnages en avouant qu’ils vous ont émue mais je vous le répète : pour moi ce sont pas des personnages, ce sont des gens, de réelles gens, de nouvelles gens et c’est eux que je vous confie aujourd’hui. (A.G.)
Date de parution : le 17 mai 2017 Auteur : Anna Gavalda Editeur : Le Dilettante Prix : 17 € (288 pages) Achetersur : Amazon
La Pierre Sacrée des Maori, Musée du Quai Branly Jacques Chirac
La Pierre Sacrée des Maori au Musée du Quai Branly
Le Musée du Quai Branly Jacques Chirac met la culture Maori à l’honneur dans une exposition dédiée à l’or vert de Nouvelle Zélande. Le jade (pounamu en langue māori) se trouve dans les rivières du Te Wai Pounamu (les eaux de la pierre verte) et le habitants de ces contrées ancestrales en ont fait une pierre sacrée, quasi mythique et signe de puissance. L’exposition permet d’en savoir plus sur les spécificités autant géologiques que mythologiques de cet objet de fascination.
Une pierre verte plus rare que l’or
Le parcours de l’exposition invite à apposer ses mains sur des pierres vertes qui procureront force et vigueur aux visiteurs qui les toucheront. Les commentaires explicatifs abondent pour mieux connaitre les spécificités géologiques ainsi que la place unique au sein de l’archipel de cette pierre aussi rare que mythique. L’exposition a été conçue avec l’aimable collaboration du musée Te Papa Tongarewa de Wellington pour mettre en lumière les très riches collections de jade du musée néo-zélandais. Gravées, sculptées, polies par l’eau, les pierres hypnotisent et se laissent découvrir dans un parcours à la fois anthropologique et légendaire. Si les maoris ne représentent plus qu’environ 15% de la population sise dans l’archipel néo-zélandais, leur place centrale donne à l’exposition un regard profond et respectueux sur ce peuple aux racines solidement ancrées dans une histoire millénaire.
Le parcours propose une boucle à travers le pays du long nuage blanc, comme le Musée du Quai Branly Jacques Chirac sait les organiser pour un dépaysement assuré et un focus sur un pays si loin si proche.
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Animal tragique : Anima de Wajdi Mouawad (Actes Sud)
Wajdi Mouawad est né au Liban en 1968. Il émigre avec sa famille à Paris en 1978 à cause de la guerre civile qui déchire le pays. Après cinq ans de batailles administratives, les Mouawad échouent à obtenir les papiers leur permettant de rester sur le territoire français. Ils sont donc contraints de s’exiler une seconde fois, vers le Canada, qui se montrera beaucoup plus accueillant que la France. C’est donc dans la province francophone du Québec, et plus précisément dans la ville de Montréal, que Wajdi Mouawad passe une grande partie de son adolescence et fait ses études de théâtre. En 1991, fraîchement diplômé de l’École nationale du théâtre, il fonde sa propre compagnie, Théâtre O Parleur, avec la comédienne Isabelle Leblanc. Il passe depuis sa vie entre le Québec et la France, tantôt directeur artistique du théâtre d’Ottawa, tantôt invité d’honneur du festival d’Avignon, responsable de plusieurs compagnies françaises et canadiennes. Il a été nommé directeur du théâtre national de la Colline à Paris en 2016.
Comédien de formation, Mouawad est donc avant tout un homme de théâtre. C’est aussi un artiste insatiable et protéiforme qui multiplie les projets de façon frénétique : écriture de pièces de théâtre, de romans, de récits pour enfants, d’essais, de scénarios, mise en scène de ses propres textes, de textes d’autres auteurs et même d’un opéra de Mozart… il semble être sur tous les fronts à la fois sans jamais pour autant s’éparpiller. En mars dernier, il présentait à la Colline Les Larmes d’Œdipe, dernier volet de sa trilogie intitulée Des héros, qui revisite depuis 2014 les tragédies de Sophocle. La pièce met en scène les derniers instants d’Œdipe aux côtés de sa fille Antigone, tandis que la révolte gronde à Athènes suite à l’assassinat par la police d’un jeune manifestant. Mêlant dispositif très contemporain, chant lyrique et théâtre d’ombres, Les Larmes d’Œdipe est une sorte de spectacle total qui donne au sentiment du tragique antique une résonance extrêmement moderne.
Dans Anima, son grand roman sorti en 2012, Mouawad convoque à nouveau la tragédie antique et la passe au tamis de deux grands traumatismes de l’époque moderne : la guerre du Liban et le génocide amérindien. Wahhch Dech, dont on apprendra plus tard que le nom signifie « monstrueux brutal » en arabe du Liban, est un héros tragique dans la droite lignée d’Œdipe : confronté au démon de ses origines, il finira lui aussi parricide au terme d’une quête identitaire violente et funeste. L’histoire d’Anima commence quand Wahhch découvre le cadavre de sa femme Léonie gisant sur le plancher de son appartement, violée et assassinée, un couteau planté dans le sexe. D’emblée, Mouawad plonge son lecteur au cœur de la terrifiante bestialité des hommes. Et cette bestialité est racontée précisément du point de vue des animaux que le héros croise sur son chemin : chats, chiens, mouches, serpents, putois, oiseaux, araignées… Ce large bestiaire observe Wahhch d’un œil à la fois inquiet et fasciné, flairant déjà en lui l’animal qui repose, prêt à surgir.
Ce procédé de narration polyphonique est parfaitement maîtrisé par l’auteur et ne tombe jamais dans le goût de l’artifice ou le systématisme forcé. Chaque voix animale résonne comme un écho des souffrances de Wahhch et dessine en creux le portrait d’un homme dévasté par un passé traumatique, en proie à une violence qui le hante et semble le suivre partout où il aille, du Liban à la France, du Canada aux États-Unis. Au fil de son chemin de croix, on sent le personnage céder doucement à la bestialité qui sommeille en lui, quand bien même nous ne connaîtrons jamais ses pensées et ses sentiments puisque la focalisation du récit reste toujours à distance de lui. Du reste, Wahhch demeure de bout en bout du roman un parfait étranger : étranger au lecteur, étranger au monde et aux êtres qui l’entourent, étranger à lui-même.
Mouawad a sans doute mis beaucoup de lui-même dans ce personnage. Lui, l’exilé, le déraciné, l’éternel étranger. Le parcours géographique de Wahhch est semblable au sien : né au Liban, il émigre en France puis au Canada. La course du personnage se termine symboliquement au cœur des territoires arides du Nevada où règnent les charognards et où l’humanité n’a plus sa place. Là se libère toute sa bestialité dans un final terrifiant de violence. Avant cela, il aura croisé la route de communautés amérindiennes livrées à la délinquance et au crime, abandonnées par des gouvernements qui ne savent panser leur culpabilité que par l’appropriation culturelle ; de l’assassin de sa femme, lui-même issu de ces communautés ; d’une jeune fille au bord de l’implosion qu’il sauve d’un viol ; et surtout d’un chien-loup monstrueux qui deviendra son plus fidèle compagnon de route et qu’il baptisera Mason-Dixon Line, en référence à la ligne de démarcation entre les états abolitionnistes et les états esclavagistes dans les États-Unis d’avant la guerre de Sécession.
En traversant l’Amérique du Nord, Wahhch court en fait après son passé, qu’il finira par rattraper dans une résolution assez insoutenable. Héros tragique d’aujourd’hui, il n’est pas en conflit avec les dieux ou avec une destinée irrévocable, mais avec lui-même : ses origines, sa filiation, et surtout le traumatisme du terrible massacre de Sabra et Chatilah. Wajdi Mouawad n’a pas vécu ce massacre puisqu’il a quitté le Liban quatre ans avant l’assassinat de Bachir Gemayel. Mais en tant que déraciné libanais, il le porte en lui, et le décrit de façon absolument bouleversante, entre l’abandon à la terreur et à l’affliction et une tentative de détachement qui ne fait que renforcer l’impression que l’auteur souffre en écrivant, à tel point qu’il cherche à mettre à distance ce qu’il raconte pour ne pas sombrer dans la folie. Anima est donc un roman extrêmement noir et éprouvant, qui fait le portrait d’une humanité abandonnée à la violence et à la démence, prête à se précipiter dans le gouffre de son propre anéantissement. Il unit toutes les douleurs et les traumas des hommes dans un seul et même cri déchirant de désespoir.
L’écriture de Mouawad rend avec acuité cette situation profondément tragique : outre ses choix astucieux de narration, il adopte un style très mesuré et musical, qu’il a sans doute hérité du théâtre et qui exacerbe encore l’émotion qu’inspire son histoire, sans pour autant verser dans l’emphase ou la caricature. Les mots sont pesés, choisis avec précision, de façon à ce que chacun résonne gravement au milieu de phrases souvent courtes, qui ne rechignent pas cependant à se laisser aller à quelques envolées lyriques. L’auteur a par ailleurs fait le choix d’un plurilinguisme non traduit : les dialogues en français du Québec, en anglais ou en arabe sont restitués tels quels, sans glose ou notes de bas de page. Son écriture se laisse ainsi féconder par les langues des territoires que traverse l’histoire : l’Amérique du Nord de Montréal à Las Vegas, les réminiscences de la France et du Liban. L’ici et l’ailleurs, le présent et le passé s’entremêlent au fil d’un récit dense et fiévreux qui laisse des traces profondes et douloureuses dans la mémoire du lecteur.
Le coup de coeur de Publik’Art !
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Lorsqu’il découvre le meurtre de sa femme, Wahhch Debch est tétanisé : il doit à tout prix savoir qui a fait ça, et qui donc si ce n’est pas lui ? Éperonné par sa douleur, il se lance dans une irrémissible chasse à l’homme en suivant l’odeur sacrée, millénaire et animale du sang versé. Seul et abandonné par l’espérance, il s’embarque dans une furieuse odyssée à travers l’Amérique, territoire de toutes les violences et de toutes les beautés. Les mémoires infernales qui sommeillent en lui, ensevelies dans les replis de son enfance, se réveillent du nord au sud, au contact de l’humanité des uns et de la bestialité des autres. Pour lever le voile sur le mensonge de ses origines, Wahhch devra-t-il lâcher le chien de sa colère et faire le sacrifice de son âme ? Par son projet, par sa tenue, par son accomplissement, ce roman-Minotaure repousse les bornes de la littérature. Anima est une bête, à la fois réelle et fabuleuse, qui veut dévorer l’Inoubliable.
Date de parution : septembre 2012 Auteur : Wajdi Mouawad Editeur : Actes Sud Prix : 23 € (400 pages) Achetersur : Amazon
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I am not your Negro, film de Raoul Peck, Copyright Dan Budnick
Un documentaire sans concessions avec I am not your Negro
Si l’écrivain américain James Baldwin n’est pas spécialement connu dans nos contrées, il a gagné aux Etats-unis une réputation identique à celles de Martin Luther King et Malcolm X. En explorant les fractures et la duplicité d’une société rongée par les tensions sociales, raciales et sexuelles, l’auteur a gagné sa place dans ce documentaire puissant porté par la voix de Samuel L. Jackson en VO (et Joey Starr en VF) qui revient sur les réflexions saisissantes d’un homme qui a toujours refusé de se taire pour porter bien haut la parole de la raison. Le documentaire provoque un véritable choc émotionnel tant il invoque une issue imaginée comme négative pour la société toute entière.
Une confrontation historique entre passé et présent
Ce qui interpelle le plus dans le documentaire consiste en ces mises en regard entre des propos remontant aux années 60 et des images d’une lugubre actualité. Brutalités policières et discriminations sont toujours monnaie courante dans un pays qui a pourtant connu une intense lutte pour les droits civiques portée par des personnages restés dans la légende. James Baldwin les a connus et a pleuré leurs morts tout en ne s’empêchant pas de garder son objectivité pour ne jamais verser dans la victimisation ni la culpabilisation. Ses propos sur la confrontation de sentiments aussi négatifs que la rage pour certains et la peur pour d’autres ne laissent de faire méditer sur la quadrature du cercle que représente la situation sociale aux Etats-Unis depuis plusieurs siècles et surtout maintenant. Tout en clamant l’importance de ne pas différencier les êtres humains par leur couleur de peau (d’où le titre), l’écrivain fait le constat d’une impossibilité de faire sortir la société américaine de l’ornière tant que les frontières sociales et raciales perdureront. Avec un constat sans appel, la financiarisation de notre société ne contribuera aucunement à un apaisement car, comme le dit si bien l’écrivain, la tyrannie des chiffres n’aidera pas à aider la progression sociale de l’homme, des hommes, et le vivre ensemble
Les temps ne changent pas
Bien que disparu en 1987, la parole de James Baldwin reste d’une cruciale actualité, tout comme celle de Pier Paolo Pasolini assassiné en 1975, les paroles d’hommes sages et objectifs ne gagnent jamais de rides et appuyent les constats présents. L’auteur prévoyait en 1965 qu’un président noir pourrait accéder à la présidence 40 ans plus tard, cette parole a valeur de prophétie ce que les images de Barack Obama confirment. Sans que le spectateur ne puisse réfléchir sur la ruse de l’histoire que constitue sa succession avec l’élection de Donald Trump, peut être pas si longue que ça comme semblent signaler les rumeurs actuelles d’Impeachment. I am not your Negro, soit littéralement Je ne suis pas votre Nègre renvoie à l’héritage esclavagiste des Etats-Unis et surtout à la nécessité absolue de ne pas différencier les êtres humains, étape initiale et primordiale pour ne pas créer de hiérarchie et donc de ségrégation.
Le documentaire passe hélas dans très peu de salles et pourtant… au lieu d’aller voir les sucreries gratuites et inutiles Alien ou King Arthur, qui ne vous apporteront vraiment pas grand chose voire rien du tout à part quelques frissons stériles, vous devriez plutôt aller méditer au cinéma. Devant James Baldwin. Moi, c’est décidé, je vais acheter ses livres pour en savoir plus!
À travers les propos et les écrits de l’écrivain noir américain James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies.
Sortie : le 10 mai 2017 Durée : 1h34 Réalisateur : James Baldwin Avec : Samuel L. Jackson Genre : Documentaire
Les Flottants, mise en scène de Bertrand Degrémont, Le Lucernaire
Les Flottants en roue libre au Lucernaire
Un mariage qui part à vau-l’eau sur la scène du Lucernaire, deux femmes qui se battent pour le même homme, deux autres hommes qui aimeraient bien qu’on se batte pour eux, c’est le contexte des Flottants, une pièce où tout se met à tanguer dans un joyeux bazar sans queue ni tête. Si les spectateurs sont de prime abord un petit peu paumés, c’est fait exprès, surtout quand une voix off annonce à intervalles réguliers des informations loufoques qui épaississent toujours un peu plus le désordre ambiant. Entre non-sense rythmé et fractures psychologique, les Flottants ne cessent de manier les faux semblants dans un moment de théâtre sans logique mais pas sans intensité.
Entre les Monty Pythons et Dalida
L’audience est accueillie devant ce qui ressemble à une salle de bal, une boule à facettes tourne langoureusement pendant qu’un couple tournoie en silence sur un slow aussi maussade que les visages des personnages. Un troisième est affalé sur la table, l’ambiance est à la morosité, très loin du déchainement des sens. A intervalles réguliers, le Lucernaire laisse carte blanche à un(e) jeune auteur(e) pour mener par le bout du nez des spectateurs médusés. Sonia Nemirosvky mène ici le bal d’une fanfaronnade décomplexée ou les marins admirent leurs muscles devant des sirènes sans complexes. La troupe de 5 comédiens s’invective joyeusement avec toujours l’envie d’en découdre et de chercher la polémique. Sans que les spectateurs ne sachent a priori l’objet des litiges. Mais une scène, des personnages masculins, des personnages féminins, nul besoin d’être devin pour soupçonner les griefs sous jacents d’hommes éconduits et de femmes objets de toutes les sollicitations. L’heure de spectacle accumule les bousculades et les incidents pour un constat final sur la nécessité d’aimer et d’échanger pour ne pas sombrer dans l’apathie.
Les Flottants raviront les aficionados de théâtre décomplexé, avec une mise en scène foisonnante et des personnages perdus qui se retrouvent. Ou pas.
Dates : du 17 mai au 1er juillet 2017, 21H du mardi au samedi Lieu : Le Lucernaire (Paris) Metteur en scène : Bertrand Degrémont Avec : Gregory Vouland, Jean-Loïc François, Olivier Kuhn, Sonia Nemirovsky, Emilie Piponnier, Pauline Lacombe, Suzanne Marot
Histoire du soldat, mise en scène de Stephan Druet, Théâtre de Poche Montparnasse
Emerveillement et damnation avec l’Histoire du soldat au Théâtre de Poche Montparnasse
Une troupe pléthorique s’invite sur la scène du Théâtre de Poche Montparnasse pour narrer cette Histoire du Soldat. 1 chef d’orchestre, 7 musiciens, 3 comédiens et 1 danseuse prennent possession des planches pour une pièce délicatement musicale et faire revivre l’oeuvre de Ramuz et Stravinsky rédigée en 1918 à partir d’un conte russe populaire. Une ambiance à la fois fantastique et onirique accompagne les pérégrinations d’un jeune soldat qui vend son âme au diable sans prendre conscience du risque (pourtant bien connu) de damnation éternelle.
Du folklore mis en musique
Stéphane Druet met en scène cette pièce iconoclaste avec simplicité et extravagance. Le narrateur interprété par Claude Aufaure présente l’action avant qu’elle ne se produise à la manière du Barry London de Stanley Kubrick. Quand une troupe de soldats investit la scène, un d’eux se détache tandis que les 7 autres mettent l’instant de théâtre en musique. Une majorité de cuivres donne une ambiance de fête foraine aux pérégrinations du soldat inconnu en route vers son village pour y retrouver sa mère, ses amis et sa fiancée. Les doux traits de Fabien Wolfrom figurent autant l’innocence de la jeunesse que la naïveté du personnage. Face au truculent diable moustachu interprété par un Licinio Da Silva aux faux airs de Frank Zappa, il cède à la tentation. Comme Adam avant lui, ou le Docteur Faust et tant d’autres. Le marché lui semble si honnête qu’il abandonne son violon pour un ouvrage qui contient l’avenir et le rendra riche. Mais loin de rencontrer le bonheur, il connaitra surtout la solitude et la damnation.
Vanité des vanités…
L’Histoire du Soldat a tout du conte cruel, comme ceux que les parents racontent à leurs enfants pour les prévenir des dangers de l’existence à venir. Le choix de la facilité par ce soldat ingénu le confrontera à de profondes désillusions, rappelant d’autres contes bien connus comme par exemple Pinocchio ou Hansel et Gretel. La musique accompagne des aventures qui voient le diable mener le héros par le bout du nez pour le faire toucher du doigt la félicité avant de faire s’effondrer le bel édifice. La pièce est autant divertissante que philosophique et la musique de Stravinsky accompagne idéalement la pièce en lui insufflant un souffle lyrique qui ne laisse pas de répit au spectateur. Emporté dans la douce folie de la pièce, il suit l’Histoire du Soldat avec des yeux d’enfant qui le font s’émerveiller et applaudir à tout rompre à la clôture du spectacle. Et quand Aurélie Loussouarn gratifie l’audience d’une merveilleuse partie dansée, il n’est question que d’émerveillement et de grâce qui préfigure la chute finale du héros qui, comme tant d’autres avant lui, se retrouve dans les filets du bonimenteur qui lui a fait entrevoir la félicité.
L’Histoire du Soldat émerveille le public par le ton délicat de sa narration et la prodigalité des effets théâtraux. Les comédiens et les musiciens s’allient pour offrir un vrai moment de ravissement théâtral qui ravira petits et grands.
Dates : du 9 mai au 16 juillet 2017, du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Stéphan Druet Avec : Claude Aufaure, Licinio Da Silva, Fabian Wolfrom, Aurélie Lousouarn
Le vertige des falaises ou l’âme sombre d’une adolescente (Plon)
Gilles Paris nous livre un roman poignant, à la fois grave et sombre. Le vertige des falaisesnous donne vraiment le vertige et fait froid dans le dos. Il se lit comme une saga familiale, mais aussi comme un thriller avec une tension qui monte au fil des pages.
Une Ile sauvage
A travers Marnie, nous découvrons l’histoire de toute la famille Mortemer qui vit et règne sur une Ile. Marnie vit avec sa mère, Rose, et sa grand-mère, Olivia, et une gouvernante, dans une très belle maison d’architecte, construite par son grand-père, Aristide. Elle a 14 ans, mais elle entend tellement les conversations des adultes, à leur insu, qu’elle dit qu’elle pourrait avoir 100 ans !
Originalité du scénario
Dès la première page du livre, on découvre les deux décès importants qui ont eu lieu dans la famille Mortemer. Pas de suspens, pourrait-on croire. Mais en réalité, il n’en est rien ! Gilles Paris fait parler à tour de rôle les différentes protagonistes de son roman, et leurs révélations vont faire office de chapitres. Bien sûr, Marnie prend plus souvent la parole que les autres. Elle est au cœur du roman. Jeune adolescente, rousse, elle reste très sauvage tout en étant rebelle. Difficile de l’approcher. En elle, toute la fougue de la jeunesse et la complexité de l’adolescence ! Marnie vit sur une Ile. On ne sait pas laquelle. Peu importe. Une Ile très sauvage avec de nombreuses tempêtes. Une Ile à son image. Sa maison domine les falaises. Tout en verre et acier. Sa grand-mère, Olivia, est très « reine-mère ». Marnie adore sa mère et profite de chaque seconde passée en sa compagnie. En fait, la famille des Mortemer n’est pas une famille comme les autres. A l’image de leur maison que tout le monde envie. Même s’il y a eu des hommes dans cette maison, tout tourne autour de ces trois générations de femmes.
Vie infiniment triste malgré un cadre magnifique
Marnie est profondément triste ; d’un côté sa grand-mère qui ne parle pas beaucoup. De l’autre sa mère, alitée, abattue par un cancer en phase terminale. Il y a aussi son grand-père, Aristide. Elle ne l’aime pas. Et son père, Luc, jamais là. Heureusement, elle a Jane, la fille de Prudence qui est au service de la famille depuis des années. Jane est aveugle, mais elle voit tout quand même ! Jane est toujours là quand Marnie en a besoin… Marnie a aussi Vincy, son jeune amoureux. Elle découvre les premiers émois de son corps et n’en parle à personne.
Un scénario surprenant
Impossible d’en raconter davantage sur ce très beau roman choral. La force de ce roman réside en ces différentes « confessions ». Il en ressort une intimité presque palpable avec chaque personnage du livre. Une ambiance familiale hors du commun. Beaucoup de souffrances, beaucoup de non-dits, ont détruit Marnie, comme Olivia, comme Rose, ou même comme le Docteur Géraud, le seul Docteur de l’Ile qui connaît tous les secrets de chacun. Ou même le curé, Côme. Et tout le monde croit que Marnie ne sait rien, mais Marnie a toujours traîné là où il ne fallait pas… Marnie en sait beaucoup plus que tout le monde !
Plus on avance dans le roman, plus les révélations des uns et des autres, y compris du coiffeur d’Olivia, sont des électrochocs pour le lecteur. C’est comme un joli puzzle dont on découvre des pièces de moins en moins belles et qui sont même terrifiantes !
Le vertige des falaises, un vertige de tout mortel face à la complexité de la vie et aux multiples souffrances engendrées par l’homme lui-même. Publik’Art est sûr que ce dernier roman de Gilles Paris rencontrera un énorme succès ! Son écriture est si belle, sensible, étonnamment humaine et centrée sur l’amour et la femme. Les hommes n’ont vraiment pas le bon rôle…
Après Autobiographie d’une Courgette qui a été récompensée, quinze ans après sa sortie, par de multiples prix avec son adaptation au cinéma, Gilles Paris nous plonge dans un tout autre univers empli de secrets et …vertigineux ! Beaucoup d’émotions à travers ce roman grave et souvent triste mais aussi palpitant de la première à la dernière ligne ! Un véritable coup de cœur pour Publik’Art qui sera peut-être un jour adapté au cinéma !
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Après le best-seller Autobiographie d’une Courgette, le nouveau roman de Gilles Paris met en scène Marnie, une adolescente effrontée, sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, trois femmes au fort caractère. Un jeu de dupes ou les masques tombent les uns après les autres. Et si une seule personne détenait tous les secrets d’une famille sans le laisser paraitre ? Sur une île sauvage et désertée, Marnie, adolescente effrontée et fragile, vit au-dessus des falaises au coeur d’une imposante maison de verre et d’acier avec sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, qui règne sur la famille et sur l’île tout entière. Des plaines aux herbes hautes, des sentiers au bord de mer, la nature se révèle aussi cruelle que les mystères trop longtemps ensevelis. Et si une seule personne détenait tous les secrets de cette famille et s’en libérait enfin ?
Après son best-seller Autobiographie d’une Courgette, adapté au cinéma par Claude Barras (Ma vie de Courgette), récompensé par deux César et sélectionné aux Oscars, Gilles Paris signe ici un émouvant roman choral qui se lit comme un thriller et se dévore comme une grande saga romanesque.
Date de parution : le 6 avril 2017 Auteur : Gilles Paris Editeur : Plon Prix : 16,50 € (240 pages) Achetersur : Amazon
Le chanteur de Gaza, film de Hany Abu-Assad, Copyright 2016 Koch Media
Un grand bol d’air frais avec Le chanteur de Gaza
Gaza fait plus souvent la une des actualités pour le conflit meurtrier qui s’y déroule depuis déjà trop longtemps que pour des pensées d’espoir. Le chanteur de Gaza n’oublie pas le contexte politique et social tendu de ce territoire acculé par son puissant voisin mais s’élève vers une simplicité féérique qui émeut et enthousiasme. Les acteurs sont pour la plupart amateurs, le film est réalisé avec trois bouts de ficelle et n’est pas exempt de maladresses mais il apporte au final une candeur rafraichissante qui maintient l’intérêt et donne envie d’y croire. Un gamin de Gaza qui réalise son rêve à force de persévérance par-delà les difficultés du quotidien? Et pourquoi pas étant donné que le film est adapté d’une histoire vraie!
De la difficulté de grandir à Gaza
Le film débute avec une bande de gamins braillards et débrouillards. Parmi eux se cache une pépite, le petit Mohammed Assaf à la voix d’or qui tente avec ses jeunes amis de monter un groupe pour se faire connaitre et se faire un peu d’argent. Car la lutte pour la survie n’est jamais très loin dans cette gentille historiette, des individus estropiés traversent sans arrêt l’écran pour bien rappeler où se tourne le film. Gaza est une enclave surpeuplée où s’entassent dans un dénuement total une population abandonnée de tous. Le réalisateur Hany Abu-Assad y a pourtant tourné le premier film réalisé là-bas depuis 20 ans en tentant d’apporter de l’espoir. Oui, les moyens sont limités, les enfants tombent gravement malades et les embuches sont nombreuses avant d’accéder au firmament. La copine Nour du héros jouit d’un caractère en acier trempé pour pousser son camarade vers le haut. La réalisation est complètement maladroite, les jeunes comédiens sont rarement justes mais qu’importe, l’esprit est là et l’enthousiasme colle à la pellicule. Des cinéphiles chevronnés s’agaceront de l’amateurisme du récit et ils auront bien tort car le ton est au conte moderne où le chemin vers la réussite n’est jamais autant réjouissant que quand il s’affranchit des pires difficultés.
Une histoire vraie remplie d’espoir
L’histoire de Mohammed Assaf n’est pourtant pas qu’un conte et sa victoire à Arab Idol a levé un énorme vent d’enthousiasme au sein d’une population habituellement dénuée de véritables raisons d’espérer. Il faut penser à une victoire en coupe du monde de football pour imaginer l’effet produit par cet évènement. Le film ne lésine pas sur les focus sur les danses, les hourras et l’emballement collectif. Devenu grand, le héros réussit à rallier l’Egypte pour convaincre le jury de son talent et devenir une idole dans son pays. L’histoire est vraie et le dénouement du film met en perspective le destin minuscule de celui qui y a toujours cru pour s’accomplir. Pas sans moments de doute ou d’abattement, mais jamais sans y renoncer. La fin du film ressemble à une farandole d’ondes positives, peut être simplistes mais tellement réjouissantes qu’il est impossible de quitter la salle sans avoir le sourire aux lèvres. Ce Chanteur de Gaza a su faire fructifier son talent pour réaliser son destin et si le scénario du film n’échappe pas à ce que certains pourraient considérer sommairement comme des poncifs, l’important est ailleurs. Car le film a valeur de témoignage et de maxime de vie. Même au beau milieu d’un territoire oublié de la félicité, ceux qui y croient peuvent s’accomplir. On ne parle pas ici d’American Idol ou de The Voice mais d’un véritable évènement populaire qui a redonné sa fierté à une population trop souvent humiliée.
Le Chanteur de Gaza offre un vrai moment d’humanité où les esprits quittent la mesquinerie ou l’animosité pour se rallier à celui qui les convainc tous de sa bienveillance. Un peu à la manière de CharlieChaplin ou Roberto Benigni avant lui. Et à la fin, c’est le bon qui gagne, pour une fois.
Emy Taliana, Briser nos chaines, EMY TALIANA MUSIC
Emy Taliana revient avec son nouvel album: Briser nos chaines
L’auteur compositeur interprète Emy Taliana fait paraitre son nouveau EP Briser nos chaines. Après un premier album déjà auto-produit, sorti en 2015 et intitulé Ose Moi , elle présente ses 6 nouveaux titres depuis le 25 avril avec une bonne humeur communicative. Enregistré en français avec une toute nouvelle équipe, l’album est porté par une chanson éponyme péchue qui pourrait bien agiter les dance floors hexagonaux cet été.
Une passion viscérale pour la musique
Bien qu’originaire de Nantes, la petite Emy a surtout grandi près des calanques de Marseille jusqu’à l’orée de ses 20 ans. Ses ascendances à la fois bretonnes et italiennes l’ont dotée d’un optimisme à tout épreuve et convaincue de suivre sa voie dans la chanson. D’abord appréhendé comme une thérapie à des blessures familiales profondes, l’écriture et la composition sont devenus des parties intégrantes de son ADN. Devenue une artiste en pleine ascension après un premier album devenu possible par la grâce d’un crowfunding salvateur, elle peut désormais défendre sa musique sur toutes les scènes d’Europe avec un crochet surprenant par New York. Pas simple d’émerger dans le monde ultra concurrentiel de la chanson francophone, pourtant Emy Taliana s’est accrochée avec ses tripes et poursuit son aventure avec un deuxième album, toujours grâce à la générosité des donateurs du crowfunding. Produire et éditer un album coute cher, très cher, les frais compilent à la fois le studio, les musiciens, l’ingénieur du son, le mixage, le mastering pour un résultat à la hauteur des ambitions de la jeune chanteuse.
Un album comme un cri du coeur
Les tonalités de l’album Briser nos chaines sont résolument pop, d’aucuns diront même qu’elles évoquent les glorieuses heures de la variété française. Et il faut absolument entendre la chanteuse en live pour percevoir son enthousiasme si communicatif, comme si elle profitait de chaque seconde en ayant pleinement conscience de réaliser un rêve, elle a la chance de pouvoir défendre ses chansons sur les scènes du monde, ce n’est pas donné à tout le monde et elle le sait. Une nouvelle écoute après l’avoir entendu pour de vrai prend une toute autre saveur, comme si ses messages personnels résonnaient d’une intensité encore plus forte. Chanteuse, guitariste, compositrice, elle multiplie les cordes à son arc pour un résultat qui ravira ses fans et en attirera d’autres.
Briser nos chaines peut se faire entendre sur la page emytaliana.comet sur toutes les plateformes d’écoute sur internet. A vous de découvrir la pétillante chanteuse à la sincérité chevillée au corps (et à la guitare).