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Le Grand Palais expose Hergé pour mieux connaitre l’homme derrière Tintin

Hergé
Exposition Hergé, Grand Palais

Le Grand Palais expose Hergé pour mieux connaitre l’homme derrière Tintin

Si tout le monde connait le célèbrissime personnage de bandes dessinées Tintin reporter, immanquablement accompagné de son fidèle chien Milou et du toujours vociférant Capitaine Haddock, peu connaissent la personnalité de son créateur, dessinateur, scénariste et démiurge Georges Rémi, alias Hergé. Pudique jusqu’au choix de son anonyme nom d’artiste, il est le guide d’une exposition qui rend hommage à son art éternel et universel.

Un précurseur de la bande dessinée 

Vu la place centrale donnée à la BD aujourd’hui, on a du mal à imaginer l’élan vertigineux donné à Hergé au 9e art. Lorsque les premières aventures de Tintin paraissent en janvier 1929, son créateur n’imagine pas encore que 24 albums vont suivre entre 1930 et 1986, avec le succès de librairie que l’on connait. Le reporter belge tient d’ailleurs une place centrale dans cette exposition organisée en lien avec le Musée Hergé et extrêmement bien documentée. Des planches de BD cohabitent avec certaines des oeuvres d’art moderne collectionnées par Hergé et certaines de ses peintures. Initialement destiné à ce qu’on appelait alors la réclame, Georges Rémi dessine des héros de BD avant de connaitre un succès considérable avec Tintin.

Tintin, le vrai héros de tous les temps 

Tintin est rentré dans la culture populaire mondiale. Lu de New York à Shanghai, la légende indique qu’il est destiné à un public de 7 à 77 ans. L’exposition explique quelques unes des raisons de ce triomphe renouvelé à chaque génération. L’une d’elle veut que chaque planche suive un scénario simple en apparence mais richement illustré et mis en scène. Une des nombreuses vidéos exposées voit le réalisateur Yves Robert expliquer scientifiquement les effets visuels quasi cinématographiques utilisés par le dessinateur. Derrière une jovialité qui tend vers la bonhommie se cache un bourreau de travail qui ne compte pas ses heures pour livrer des oeuvres à la richesse phénoménale. Quand il créée les studios Hergé en 1950, le dessinateur s’entoure d’une armée de petites mains pour réaliser les différentes étapes des albums, de la retranscription des croquis jusqu’à la colorisation.

Hergé, le renard curieux

Prénommé Renard Curieux chez les scouts, Hergé commença très tôt à dessiner, noircissant des pages de cahier avec ses croquis. Son art de l’autocritique lui fait d’ailleurs dire qu’il dessinait d’abord très mal. Mais à force de persévérance, il ne cessa pas pour atteindre une maitrise parfaite de son art. L’exposition richement documentée montre la rigueur d’un homme qui n’hésitait pas à se documenter pour enrichir son oeuvre et l’inclure dans des contextes qui transforment les bandes dessinées en quasi témoignages historiques. Les multiples vidéos laissant Hergé deviser sur son oeuvre montrent un homme à la simplicité confondante et à l’admirable humilité.

Nul besoin d’être un fan hardcore du célèbre reporter à la houppette pour admirer une exposition qui se visite avec un plaisir immense. Textes explicatifs, dessins et vidéos aiguillent dans la découverte d’un homme attachant qui a su imposer son art au monde entier. La sérigraphie d’Andy Warhol lui rend un hommage émouvant avec cette pose typique, sobre et simple à la fois. Hergé, le vrai héros de tous les temps.

Dates : Du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017
Lieu : Grand Palais, Paris
Entrée : 14 €

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Juste la fin du monde, film inégal de Xavier Dolan (Festival de Cannes 2016)

Juste la fin du monde
Juste La Fin Du Monde : Photo Gaspard Ulliel, Léa Seydoux, Nathalie Baye, Marion Cotillard et Vincent Cassel

Juste la fin du monde, film inégal de Xavier Dolan (Festival de Cannes 2016)

Le film de Xavier Dolan était sans doute l’un des plus attendus du Festival de Cannes. Le réalisateur prodigue signe avec Juste la fin du monde sa première adaptation. Cette pièce de théâtre créée par Jean-Luc Lagarce raconte l’histoire d’un jeune trentenaire qui revient après 12 ans d’absence dans sa famille pour la revoir une dernière fois, lui annoncer sa mort prochaine, lui faire ses adieux.

Habitué du Festival, Dolan a gravi les échelons de la compétition en débutant par la Quinzaine des Réalisateurs avec son premier film, J’ai tué ma mère. Un coup de coeur immédiat pour le public cannois. Il revient dès l’année suivante avec Les amours imaginaires, sélectionné cette fois dans la catégorie « Un Certain Regard ». Rebelote en 2012 avec Laurence Anyways avant de revenir en 2014 en compétition officielle avec Mommy (son cinquième film : il avait aussi sorti Tom à la ferme entre temps), qui reçut le prix du Jury.

Un parcours remarquable auquel il ne manque plus que la Palme d’Or. Jusqu’ici, Dolan a toujours écrit ses scénarios. En acceptant de signer une adaptation avec Juste la fin du monde, le réalisateur prend un risque. La critique n’a pas manqué de s’en inquiéter, évoquant la fin d’un cycle. Moins incandescent que son incroyable Mommy, encore très présent dans les esprits, Juste la fin du monde apparaît comme un film au talent dilué. Un film qui n’appartient pas à son auteur et qui montre que Dolan n’a pas le même génie lorsqu’il s’aventure sur une histoire qui n’est pas sienne.

On retrouve pourtant dans Juste la fin du monde la patte de l’artiste qui n’a rien perdu de sa superbe. La réalisation est inondée de lumière, abreuvée de plans audacieux et d’une multitude de détails qui font la grandeur de Dolan. De ce point de vue, impossible d’être déçu, on reconnait instantanément à qui on a affaire. Mais la mise en scène semble oubliée au profit d’un scénario rectiligne, sans surprise ni fulgurances. L’intrigue n’a ni la saveur, ni le relief de l’écriture de Dolan.

L’esprit s’y retrouve néanmoins pour l’essentiel, notamment grace à des acteurs investis corps et âmes dans l’aventure Dolan. Il faut souligner la performance de Nathalie Baye dans un rôle de composition totalement décalé comme celle de Vincent Cassel qui crève l’écran. L’acteur signe l’une de ses interprétations les plus intenses, avec une profonde sincérité.

Juste la fin du monde pourrait remporter la Palme malgré la fragilité de son scénario. Le film est aussi déséquilibré qu’il compte d’immenses atouts pour convaincre. Que ce soit pour sa réalisation, pour sa photographie ou pour ses grands acteurs, Juste la fin du monde méritait le déplacement.

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Juste la fin du mondeAdapté de la pièce de théâtre éponyme de Jean-Luc Lagarce, le film raconte l’après-midi en famille d’un jeune auteur qui, après 12 ans d’absence, retourne dans son village natal afin d’annoncer aux siens sa mort prochaine.

Sortie : 21 septembre 2016
Durée : 1h45
Réalisateur : Xavier Dolan
Avec : Gaspard Ulliel, Léa Seydoux, Nathalie Baye, Marion Cotillard et Vincent Cassel
Genre : Drame

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Cézanne et moi, biopic enthousiasmant sur 2 monuments de la culture française

Cézanne et moi
CÉZANNE_&_MOI Danièle_THOMPSON

Cézanne et moi, biopic enthousiasmant sur 2 monuments de la culture française

Cézanne et Moi représente certainement ce que le cinéma français sait faire de mieux. Farfouiller dans son histoire secrète pour éclairer une époque et jeter un éclairage tour à tour comique et dramatique. Porté par un formidable duo de comédiens, le film s’impose comme un must de la rentrée!

L’amitié mal connue entre un peintre précurseur de la modernité picturale et un écrivain phare de la littérature française du XIXe siècle sert de fil rouge à un film perpétuellement en équilibre entre biopic et drame social. Tous deux originaires d’Aix-en-Provence, Paul Cézanne et Emile Zola vivront d’intenses aventures émaillées de rencontres récurrentes, l’un sereinement avide d’écrire une oeuvre marquante tandis que l’autre imprime de son caractère bien trempé son oeuvre iconoclaste. Guillaume Canet en Emile Zola et Guillaume Gallienne en Paul Cézanne rayonnent littéralement dans des rôles qui marqueront leurs carrières respectives. Si le visage perpétuellement immobile du premier et l’accent faussement chantant du second laisseront certains sceptiques, leurs joutes oratoires finissent par convaincre tant la passion le dispute à l’émotion.

Les extérieurs urbains de nuit sont délicatement illuminés, les paysages de Provence rivalisent de couleurs et de senteurs, les cadres transportent littéralement dans cette histoire d’amitié profonde et de jalousie larvée. Le fils d’émigré italien deviendra une sommité de son vivant tandis que le fils de richissime banquier se battra toute sa vie pour une reconnaissance que la postérité lui accordera fort justement, Pablo Picasso en tête. Le tragique et le comique se battent tout du long dans un déferlement de disputes et de rabibochages, avec toujours le mauvaise caractère de l’un et la patience du second. Autour du duo d’acteurs, Deborah François, Alice Pol et Sabine Azéma semblent profiter de la lumière pour se mettre au diapason et camper des personnages dépendants de leurs deux pygmalions.

Tout du long, le récit de ces deux vies enthousiasme par le choix de l’intimité et de la pudeur, sans étalage de chair mal avisé ou coups de théâtres pseudo dramatiques. Tout respire l’authenticité et la sincérité. De quoi donner envie de tenter le voyage pour entendre le doux chant des cigales.

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cezanne-et-moiIls s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. Tous hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, se baignent nus, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe, dessinent le jour des modèles qu’ils caressent la nuit, font trente heures de train pour un coucher de soleil… Aujourd’hui Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.

Sortie : le 21 septembre 2016
Durée : 1h54
Réalisateur : Danièle Thompson
Avec : Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Alice Pol
Genre : Comédie Dramatique, Biopic, Historique

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[TEST] Vineabox allie plaisir et partage pour découvrir de bonnes bouteilles de vin

Vineabox

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Le site Vineabox propose des formules d’abonnement et de cadeaux pour découvrir et déguster de bonnes bouteilles de vin. Sur la base d’un envoi de 2 ou 3 bouteilles par mois, la surprise est constamment au rendez-vous, et le plaisir ! Stanislas Claude a testé une box pour vous et il n’est pas déçu.

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A partir de 19,99€  par mois plus port

Livraison dans toute la France métropolitaine

Note globale obtenue : 4,5/5

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Pour vous faire saliver, voici le contenu de la box testée:

  • Rosé de Gilbert & Gaillard 2015
  • La CigaleCorbières 2012
  • Merlot Villas Garros 2014, Bordeaux.

Vineabox

Contenu de la Vineabox reçue au mois de septembre 2016

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Les formules proposées par Vineabox sont alléchantes à beaucoup de points de vue. Déjà le tarif. A partir de 19,99 euros/mois, vous pourrez recevoir 2 ou 3 bouteilles par mois sélectionnées par le meilleur sommelier d’Europe et de France 2000.

Des fiches dégustations accompagnent l’élégante boite blanche contenant les breuvages adroitement conditionnées sans risque de casse en route. Formules d’abonnement 3 mois / 6 mois / 1 an, la formule d’abonnement ouvre des perspectives insoupçonnées ! Vous pouvez également offrir des cadeaux vins avec des périodicités similaires et 2 bouteilles. Il y a également des ventées privées avec des tarifs préférentiels, des accessoires oenologiques, des remises exclusives et imbattables et des idées cadeaux 100% vin. J’ai pu tester une box et voici mon sentiment.

VineaboxA réception de la box, l’impression initiale est enthousiasmée. Belle boite blanche, finition sérieuse, c’est chic et ludique à la fois. Ca donne envie d’en recevoir plus souvent. J’ouvre la boite presque à contre coeur mais la découverte des 3 bouteilles me rassérène bien vite. 2 bouteilles de vin rouge et une bouteille de rosé ne demandent qu’à être dégustées. Je débute avec le rosé de Gilbert & Gaillard 2015 issu d’un assemblage de Mourvèdre et de Grenache pour un résultat frais et fruité. Un rosé d’été à déguster à l’apéritif et en provenance du coeur du Languedoc à Saint-Chinian.

La 2e bouteille sent bon le sud, La Cigale. Ce Corbières 2012 en provenance du Bouïs associe Grenache et Syrah. Vin charnu et fruité, il marque le palais de son empreinte et accompagne idéalement les grillades.

3e bouteille, le Merlot Villas Garros 2014 en provenance de Bordeaux. Le rouge est sombre, le nez est puissant, on se situe évidemment à proximité de la Garonne. Tannique et savoureux, il a la particularité de bien se déguster jeune. La dégustation des 3 bouteilles procure une vraie satisfaction, celle de découvrir de nouveaux vignobles et des appellations pas forcément facilement accessibles. On sent la patte de l’illustre Sommelier dans ce choix harmonieux et satisfaisant. La formule est simple.

Choix de la formule d’abonnement qui vous convient le mieux, sélection des vins par Vineabox, réception mensuelle de vos bouteilles et… dégustation, partage, échanges ! Le vin se découvre mieux en famille ou entre amis, pour un vrai moment de convivialité et de plaisir.

Pour votre plaisir personnel ou pour offrir, il y a fort à parier que le plaisir soit immanquablement au rendez-vous avec Vineabox.

Money Monster ou les limites de la critique du capitalisme (dispo en DVD / BR)

Money Monster, film de Jodie Foster, Copyright Sony Pictures Releasing GmbH
Money Monster, film de Jodie Foster, Copyright Sony Pictures Releasing GmbH

Money Monster ou les limites de la critique du capitalisme

Money Monster s’inscrit dans la veine actuelle des films prenant pour cible un système financier devenu incontrôlable. Après les puissants Margin Call et surtout The Big ShortMoney Monster aborde la question des excès du capitalisme sous un angle plus clinquant mais aussi moins crédible. Jodie Foster est à la réalisation pour un brulot trépidant même si un peu gonflé. Les bonnes questions sont adroitement posées mais se noient dans un scénario par trop hollywoodien…

Grand pourfendeur du système financier, George Clooney interprète Lee Gates, un présentateur de show télé expert en bons tuyaux. Fantasque et drolatique, il transforme une finance incompréhensible en un jeu cool et festif, capable de vous rendre riche rapidement. Les plus malins sauront bien que ce n’est qu’affabulation mais Lee Gates a fondé son succès sur une formule simple. Singles clinquants, petite danse cool et un débit mitraillette capables de convaincre les plus sceptiques. Quand un quidam débarque sur son plateau télé en menaçant le présentateur de tout faire sauter, la situation est hors de contrôle. Derrière ce pitch pétaradant se cache une pertinente réflexion sur l’impunité actuelle des sociétés financières. Sous prétexte d’une technicité incompréhensible, elles peuvent raconter n’importe quoi avec l’assurance de ne jamais être inquiétées car jamais vraiment comprises.

Les montants en jeu devraient pourtant inciter les corps de contrôle à plus de vigilance mais… est-ce juste possible? Le film imagine une perte sèche de 800M$ dans les comptes d’une entreprise sous prétexte d’une erreur informatique. Le pot aux roses est forcément plus délictueux et il faut être bien candide pour imaginer que tous les contrôles ne soient pas en place pour éviter ce genre de mésaventure. Ca ne vous rappelle rien ? Par exemple ce trader qui aurait fait perdre plus de 4 milliards d’euros à une grande banque française ? Imaginer qu’un couac informatique puisse avoir les mêmes conséquences, c’est mal connaitre la capacité des banques à se protéger. La prise de conscience du personnage interprété par George Clooney le fait vivre le bien connu syndrome de Stockholm et prendre le parti de son ravisseur, pour prouver que la perte de 800M$ est avant tout une fraude.

Le film joue sur des ficelles bien grosses et si Julia Roberts fait une réalisatrice d’émission crédible, c’est surtout sa petite voix dans l’oreille de George Clooney qui fait merveille. Quant à Jack O’Conell, il se cantonne de plus en plus dans le rôle de la victime non consentante et énervée, crédible mais répétitif. Le film fonctionne grâce à l’énergie insufflée par une Jodie Foster enfin de retour derrière la caméra. Après Le petit homme, Week-end en famille et Le complexe du castor, elle surfe sur l’actualité et tente de faire d’une problématique contemporaine rébarbative un film distrayant. Un peu comme Adam McKay pour The Big Short, avec moins d’explications complexes, tout autant de nerfs, un ton de thriller et une morale finale à la Robin des Bois. Le spectateur a envie de croire en ce dénouement heureux tout en sachant pertinemment que ce n’est que du cinéma…

Money Monster tape juste mais traine trop d’incohérences pour vraiment convaincre. A trop en faire, Jodie Foster transforme une réflexion intéressante en fiction fantaisiste…

Ce film a été présenté lors de la 69e édition du Festival de Cannes, hors compétition.

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Money MonsterLee Gates est une personnalité influente de la télévision et un gourou de la finance à Wall Street. Les choses se gâtent lorsque Kyle, un spectateur ayant perdu tout son argent en suivant les conseils de Gates, décide de le prendre en otage pendant son émission, devant des millions de téléspectateurs…

Sortie vidéo : le 21 septembre 2016
Durée : 1h39
Réalisateur : Jodie Foster
Avec : George Clooney, Julia Roberts, Jack O’Connell
Genre : Drame, Thriller
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Ben, éco-responsable au Lucernaire ou les délices de l’absurde

Ben Lucernaire afficheBen, éco-responsable au Lucernaire ou les délices de l’absurde

Depuis son passage à l’école d’On n’demande qu’à en rire (ONDAR), Ben fait partie de la cour des grands des humoristes de sa génération. Ses camarades sont Arnaud Tsamère, Olivier de Besnoit, Alex Lutz, Jérémy Ferrari, Gaspard Proust… Et même s’il n’est pas le plus en vue, si on lui pique parfois son goûter, il mérite amplement sa place. Ben détonne par un accent absurde unique et hilarant poussé à l’extrême. Une nouvelle fois, dans « Ben, éco-responsable » au Lucernaire, il nous prouve par 1+2 = 6 qu’il est un humoriste à ne pas lâcher !

A trente-sept ans, il n’est plus débutant depuis belle lurette et pourtant, la fraicheur de son jeu et sa (fausse ?) candeur prolongent cette sensation. Et c’est agréable, très agréable. Sur scène, il a toujours l’air un peu perdu. Une marque de fabrique dont il use habilement, dissimulant son professionnalisme derrière un apparent dilettantisme. Pas de melon, pas de show ultra-rodé, c’est comme un bol d’air frais dans une salle close remplie d’humoristes aux profils similaires. Ben ne ressemble qu’à Ben.

On pourrait l’écouter divaguer pendant des heures, il ne manque que la tasse de thé. De digressions en digressions, il nous amène n’importe où, peu importe, on suit. Se saisissant de sujets importants tels que l’arnaque au tilapias, l’avantage de porter un tee-shirt si l’on veut vraiment bien réussir sa vie ou les idées très arrêtées de ses parents… il ne touche par contre jamais aux communautés, aux religions, au racisme, bref, aux sujets chauds faciles à détourner en humour. Mais ce spectacle est particulier, il a un goût d’engagement. Dans « éco-responsable », Ben a décidé de se servir de l’humour comme d’une arme. Parce que l’’humour divertit mais il avertit aussi. On sent l’accusation pointé sous le rire lorsqu’il évoque Facebook et surtout l’environnement. Un virage dans son parcours ? Une envie d’un peu plus de sens ? Un spectacle à voir.

 

Dates :  du 7 septembre au 31 décembre 2017
Lieu : Le Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Ben et Thibault Segouin
Avec : Ben

Les simples prétextes du bonheur, un conte iranien, joliment écrit (JC Lattès)

Nahal Tajadod
Nahal Tajadod

Les simples prétextes du bonheur, un conte iranien, joliment écrit (JC Lattès)

Nahal Tajadod nous entraîne dans le monde très spécial de Cécile Renan dans son dernier roman : Les simples prétextes du bonheur. Une sorte de réflexion à la fois simple et profonde sur notre façon de vivre à l’occidentale.

L’histoire de Cécile

A priori Cécile est une star qui n’a besoin de rien ni de personne. Elle connaît la célébrité, on la reconnaît dans la rue et pourtant sa rencontre avec des personnes iraniennes va transformer sa vie. Tout simplement. Tout bêtement. A l’épicerie du coin, tenue par Kamal. Avec des petites histoires sans grande importance, mais dans le fond, si essentielles au bonheur. Des histoires d’amitié, d’amour, et surtout d’humanité. Des recettes de cuisine, iraniennes bien sûr, des médicaments à l’eau de rose et au miel, oui, oui, ça existe et ça calme, et puis Kamal de Jakamir, de la rue de Jakamir ! Bref, tout un monde qui évolue autour de Cécile et qui lui font pointer du doigt que le bonheur est à côté d’elle, avec eux, au milieu d’eux !
Un jour, elle va volontairement vider son sac, abandonner tous ses papiers, ses cartes de crédit, et se retrouver sans rien… Qui lui viendra en aide ? Qui lui prêtera de l’argent, la nourrira ?

Une douleur, une souffrance, un cheminement vers…

Au quotidien, Cécile a en permanence une gêne, une souffrance à la hauteur de son sternum. Une boule, un nodule… ? Elle ne sait mais ce fichu point ne la quitte jamais. Révélateur ce nodule ? Forcément, mais de quoi ?
Les simples prétextes du bonheur dévoile une succession de petites histoires, sans grande importance en apparence, mais qui, dans le fond, contribue au bien-être voire au bonheur de Cécile. Elle va se retrouver à Téhéran, comme une simple femme et découvrira tout le bonheur vrai d’une personne au milieu de centaines d’autres personnes. Finie sa situation d’être exceptionnelle, parfaite ! Téhéran, à des années-lumière de Paris !
Beaux portraits de femmes, beaux personnages, belles descriptions, font du livre Les simples prétextes du bonheur un doux moment de lecture, une belle évasion, une approche vers le bonheur.
A travers Cécile, non seulement le lecteur voyage, mais il réalise aussi un voyage intérieur, comme une pause bénéfique et révélatrice pour chacun.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Les simples prétextes du bonheur Cécile Renan est une femme singulière. Elle est riche et spendide. Mais cette bonne fortune s’accompagne d’un frisson secret et tenace. Elle a peur de tout perdre, de se perdre, de traverser la vie tout en marchant à côté d’elle-même. Un jour, elle pousse la porte d’une épicerie iranienne à Paris. Que cherche-t-elle ? Elle l’ignore. Mais elle se lie avec le patron et sa famille délurée, fantasque, qui n’ont rien à lui refuser. Ils bouleversent la vie de Cécile et se laissent éblouir par elle.
Nahal Tajadod nous plonge dans un univers loufoque, oriental, où une femme française, se faufilant entre deux mondes, part à sa propre reconquête.

Date de parution : le 24 août 2016
Auteur : Nahal Tajadod
Editeur : JC Lattès
Prix : 20 € (400 pages)
Acheter sur : Amazon

Ne manquez pas NORMA au cinéma et en direct du ROH lundi 26 septembre

NORMA

Communiqué de presse : 

Antonio Pappano dirige une pléiade d’artistes reconnus dans une nouvelle production du chef-d’oeuvre lyrique de Bellini. 

Cette nouvelle production de Norma pour L’Opéra Royal se distingue par sa distribution exceptionnelle composée de chanteurs de renommée internationale. L’opéra classique bel canto de Bellini est riche en mélodies complexes et en tours de chants incroyable pour les talents. Il est particulièrement connu pour l’éblouissante aria de Norma Casta diva.

Àlex Ollé, qui dirige l’innovante troupe de théâtre catalane La Fura dels Baus, apporte une touche de modernité à cette histoire intemporelle d’amour, de rivalité et de trahison, sur fond de guerre menée par les extrêmes d’une société religieuse fanatique.

Le directeur musical de l’Opéra Royal Antonio Pappano dirige cette distribution d’exception qui inclut la soprano bulgare Sonya Yoncheva (Norma), Joseph Calleja (son amour secret Pollione), Sonia Ganassi (la prêtresse Adalgisa) et Brindley Sherratt (Oroveso, le père de Norma).

Cette remarquable nouvelle production ouvre la saison 2016/17 des opéras et ballets au cinéma en direct du Royal Opera House.

Durée approximative de 3 heures, comprenant un entracte, et une introduction de 15 minutes.

Chanté en italien avec des sous-titres en anglais 
NORMA – SONYA YONCHEVA
POLLIONE – JOSEPH CALLEJA
ADALGISA – SONIA GANASSI
MUSIQUE – VINCENZO BELLINI
CHEF D’ORCHESTRE – ANTONIO PAPPANO
METTEUR EN SCENE – ÀLEX OLLÉ

« Faust I & II » : le deal parfait de Bob Wilson avec le Diable

Faust I & II : le deal parfait avec le Diable de Bob Wilson
Christopher Nell © Lucie Jansch

« Faust I & II » : le deal parfait de Bob Wilson avec le Diable

Dans le cadre de la programmation du Théâtre de la Ville, le Théâtre du Châtelet présente la première mondiale de la nouvelle œuvre du Berliner Ensemble : Faust I & II, créée en avril 2015 à Berlin, sur la scène mythique fondée par Bertolt Brecht.

Le metteur en scène Bob Wilson dont nous avons chroniqué les spectacles a souvent collaboré avec cette troupe européenne emblématique de la scène allemande, et le Théâtre de la Ville les accueille depuis 2010.

Bob Wilson trouve dans le pacte entre Faust et le Diable, le grand classique de Goethe, un matériau idéal à sa vision du mythe faustien. Il le revisite d’une main de maître avec l’artiste rock Herbert Grönemeyer qui signe le livret et en délivre une version qui capte à foison la dimension allégorique, sarcastique, onirique et dionysiaque de l’œuvre. Du grand art !.

L’oeuvre emprunte son titre au nom d’un alchimiste du 16ème siècle, héros d’un conte populaire. Goethe a consacré une longue partie de sa vie à la réécriture de ce mythe aux accents fantastiques, qui met en scène l’une des grandes tentations de l’homme : passer un pacte avec le Diable, qui lui offrirait, en échange de son âme, l’amour éternel et la connaissance des secrets du monde.

[…] une version qui capte à foison la dimension dionysiaque de l’œuvre […]

C’est donc sur ce deal entre Dieu et le Diable, que s’ouvre Faust , l’une des pièces les plus célèbres du grand écrivain allemand.

L’histoire du Docteur Faust est celle d’un savant respectable qui voit sa vie bouleversée par la passion. Où tout se joue autour d’une rencontre inquiétante : celle de Faust, l’homme de raison, avec une créature irrationnelle, le Diable, qui apparaît sous le nom de Méphistophélès.

Bob Wilson s’empare avec un puissant geste de cette diablerie poétique […]

Ces deux personnages symbolisent la lutte entre le bien et le mal, l’enfer et le paradis, mais aussi l’opposition entre la pensée et l’action. Car, au-delà d’une réflexion philosophique sur la place de l’homme dans la Création, l’œuvre peut aussi se lire comme un roman initiatique plein de péripéties qui précipitent le savant dans l’action, et le conduiront « du Ciel au Monde et du Monde à l’Enfer ».

Bob Wilson trace le récit d’un Faust quadruple, qui se singularise, puis fusionne avec sa moitié diabolique.

A l’abri en fond de scène d’un à-plat lumineux et de décors abstraits propres au vocabulaire « wilsonien », le poème prend les allures d’un conte dionysiaque mené par le génial christopher nell, facétieux Méphisto qui finit par endiabler Heinrich Faust, son frère siamois, joué par quatre interprètes en première partie, puis par le seul Fabian stromberger dans la dernière.

Le tout orchestré dans un espace aux lignes géométriques lumineuses qui ouvre ou délimite la perspective et embrasse à merveille l’univers protéiforme faustien et goethéen.

Où ses personnages à la fois comédiens, danseurs, chanteurs et mimes – dont l’esthétique n’appartient qu’au grand Bob : visages peint en blanc, mouvements décomposés, images épurées, lumières sculptées, sons cauchemardesques – sont aux prises avec leurs doutes existentiels et cette frontière ténue entre les forces du bien et du mal.

D’une unité virtuose, la mise en scène aboutie de Bob Wilson s’empare avec un puissant geste de cette diablerie poétique aussi prodigue que récréative. Bravo !.

Dates : du 23 au 29 septembre 2016 l Lieu Théâtre du Châtelet (Paris)
Metteur en scène : Bob Wilson

« Eliogabalo » : le pari baroque réussi de Thomas Jolly au Palais Garnier

Eliogabalo : le pari baroque réussi de Thomas Joly au Palais Garnier
Eliogabalo par Thomas Jolly (© Agathe Poupeney)

Eliogabalo : le pari baroque réussi de Thomas Jolly au Palais Garnier

Figure remarquée de la scène contemporaine où avec Shakespeare, il a mis en scène des monstres politiques que nous avions chroniqués : Henry VI marathon théâtral de 18 h (Molière 2015) et Richard III, Thomas Jolly fait ses premiers pas à l’opéra avec « Eliogabalo » de Francesco Cavalli, une œuvre baroque du XVIIe siècle inédite en France et peu jouée dans le monde.

Il poursuit ainsi son exploration de personnages hors normes et troubles dont le destin du jeune empereur Héliogabale se charge d’un pouvoir aussi démoniaque que subversif.

A l’abri d’une esthétique baroque très réussie qui s’appuie sur la lumière (avec son complice plasticien Antoine Travert) en référence au dieu du soleil (Hélios) vénéré par le monarque, Thomas Jolly installe la dramaturgie.

Elle se structure entre un décor sombre, épuré constitué d’un praticable avec un escalier qui descend dans la fosse représentant la Rome instituée et des faisceaux de lumière dynamiques, en lien avec le tempérament de feu du souverain, dont l’empreinte balaye, sculpte, cisèle, découpe l’espace entre clair-obscur et emprise dionysiaque du personnage, offrant des tableaux hypnotiques.

Si le livret de Cavalli (1602 – 1676) est plutôt sage, la « légende noire » sur laquelle s’est appuyée le metteur en scène qui entoure l’historiographie d’Héliogabalo fait état d’un homme beaucoup plus complexe et intrigant : un tribun fondamentalement subversif qui bouscule tous les codes préétablis dans la cité et interroge ainsi notre rapport à la loi, au genre, au sexe, à la norme, à la religion et plus largement à la différence.

Des images fortes égrènent la dramaturgie […]

L’empereur a régné de quatorze à dix-sept ans où sa souveraineté n’est que contradiction, oxymore, et opposition. C’est en effet un adolescent porté au sommet de l’Empire romain. À cet égard, il incarne une jeunesse désinvolte, insolente, anti-conformiste.

Et parce qu’il est originaire de Syrie, il reconnaît d’autres dieux, arbore d’autres mœurs que celles de cette Rome établie qu’il va déstabiliser. Rapide, impulsif, fougueux, incandescent, sa vie est une flamme, son magistère un grand carnaval où la recherche et la satisfaction de ses pulsions sont sa raison d’être.

Des images fortes égrènent la dramaturgie à l’instar du tableau d’ouverture et son soleil déstructuré, sculptural dont la mouvance constitue le fil rouge opératique. Celles aussi des scènes d’orgie avec les hiboux ou encore celles qui plonge Eliogabalo dans un bain d’or ainsi que l’apparition dans le dernier le dernier acte du buste de l’empereur dont l’effigie cristallise l’empreinte mémoriale.

[…] une esthétique baroque très réussie […]

La distribution est au diapason emmenée par la précision du chef argentin Leoanardo Garcià Alarcon et sa maîtrise parfaite du baroque musical où de concert avec les chanteurs dirigés d’une main de maître par Thomas Jolly, s’imprime une théâtralité de bon augure et en osmose avec la tragédie lyrique.

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Dates : Palais Garnier du 16 septembre au 15 octobre 2016 l Lieu Palais Garnier (Paris)
Metteur en scène : Thomas Jolly

Un Cid tragi-comique au Théâtre le Ranelagh

Le Cid
Le Cid, Théâtre Le Ranelagh, mise en scène Jean-Philippe Daguerre

Un Cid tragi-comique au Théâtre le Ranelagh

Le Cid fait partie des grands classiques du répertoire théâtral français. Les répliques cultes s’enchainent dans un rythme trépidant à coup de Va, je ne te hais point ou de Rodrigue, as-tu du coeur ? Pierre Corneille a posé un jalon monumental auquel toutes les troupes tentent de se frotter. Celle du Grenier de Babouchka a-t-elle réussi à relever le gant? Oui, et plutôt deux fois qu’une avec un respect total au texte et des touches drolatiques vivifiantes!

L’histoire est connue

Doit-on rappeler l’intrigue? Rodrigue et Chimène s’aiment mais le père de l’un est déshonoré par celui de l’autre. Les cartes se brouillent, passion et vengeance se mêlent dans un maelström de sentiments contradictoires. Corneille n’a guère trouvé que Racine pour rivaliser dans le répertoire classique en atteignant un niveau rarement égalé. Des générations de collégiens ont du se frotter aux fameux alexandrins pour rejouer sur leur scène de classe des joutes oratoires rentrées dans l’éternité. Déclamer Ô rage ! ô désespoir ! ô viellesse ennemie ! ou À moi, comte, deux mots! c’est s’étalonner à un monument souvent considéré comme poussiéreux. Heureusement, la troupe Le Grenier de Babouchka bouscule les codes.

Une adaptation surprenante

Si le texte est déclamé avec la majesté qui lui sied, les acteurs embellissent l’action de piques truculentes qui décrochent d’immanquables sourires ravis. La palme revient certainement à Elvire (Sophie Reynaud), la truculente servante de Chimène et au roi zozotant et caricatural (Didier Lafaye). Tous deux égayent la pièce de mines drolatiques et de prestations joyeusement décalées. Quand vient l’heure des combats, d’impressionnantes chorégraphies voient les acteurs s’affronter au risque de se faire égratigner par un coup mal jaugé. Mais la préparation semble avoir été rondement menée et aucun incident ne fut à déplorer, laissant le public bouche bée devant les joutes guerrières.

Un esprit respecté à la lettre

1h40 peut paraitre long mais la pièce passe ici dans un souffle. Le rythme est soutenu et une musique interprétée sur scène agrémente l’action d’une profondeur supplémentaire. Deux multi-instrumentistes s’exercent au fond de la salle aux côtés de l’emblème de Castille. Pas d’ornements supplémentaires à l’exception de ces fameuses épées. Toute la place est laissée à l’action et au texte. Et si les acteurs outrepassent à l’occasion les limites de la scène, c’est pour mieux partager leurs sentiments avec le public. Le couple Chimène/Rodrigue transporte dans ses tourments et sa passion contrariée. Il y a du Roméo et Juliette dans ce couple si fortement épris. Et si l »éternel mythe de l’amour tragique porte la pièce, Corneille a le bon gout de ne pas faire finir les débats dans le sang.

Tous les honneurs qui lui siéent sont rendus à la pièce de Corneille et ce Cid enthousiasme. Drame et comédie se mélangent dans un résultat réconfortant, à la fois classique et moderne. De quoi parler aux plus jeunes jeunes comme aux grands et transporter dans un XVIIe siècle qui n’aura que rarement semblé si proche de nous.

Dates :  Du mercredi au samedi à 20h45
Lieu : Théâtre le Ranelagh (Paris)
Metteur en scène : Jean-Philippe Daguerre
Avec : Manon Gilbert, Kamel Isker ou Thibault Pinson, Charlotte Matzneff ou Flore Vannier-Moreau

Un Magritte philosophe révélé au Centre Pompidou

Magritte
Magritte, La Trahison des Images, Centre Pompidou

Un Magritte philosophe révélé au Centre Pompidou

René Magritte s’expose au Centre Pompidou dans un parcours riche de sens. Car loin de laisser le visiteur dans un pur rôle de spectateur contemplatif, l’exposition le prend par la main pour lui donner les nécessaires clés à la compréhension de ses oeuvres les plus emblématiques. Les fulgurances s’enchainent sans discontinuer pour un regard neuf et enrichi sur une oeuvre foisonnante.

Comprendre Magritte 

Le risque principal avec l’oeuvre de Magritte est de s’enfermer dans un premier degré stérile au risque de s’enfoncer dans une vision infantilisante et de manquer la signification véritable des oeuvres. Car le peintre belge visait surtout à la représentation du sens profond des choses en empruntant aux philosophes classiques et à la pensée universelle. D’où la signification pénétrante du nom de l’exposition, La Trahison des Images, qui renvoie à l’ambition surréaliste du peintre. L’évènement est organisé par grandes thématiques qui renvoient à la pensée classique dans un parcours éclairant. Car nul hasard dans la manière dont sont exposées les oeuvres et s’y plonger permet de mieux en comprendre les intentions du peintre et leurs significations.

Un riche panorama de son oeuvre

Une très grande partie des oeuvres majeures de Magritte est visible avec des explications les mettant en lien avec une ascendance prestigieuse. La mystérieuse signification de la phrase Ceci n’est pas une pipe, les rideaux, les corps morcelés, ces éléments mystérieux prennent du sens au regard des renvois mythologiques qui expliquent la vision du peintre. Entre les mots et les images, Magritte choisit de bousculer la hiérarchie et de fracasser les tables de la loi, à l’instar de Moïse. Les apparences sont trompeuses et ce que l’on voit n’est pas forcément la réalité. Il en est de même pour la peinture, loin de toujours exprimer la réalité nue et froide au delà d’une vision forcément subjective du peintre. Et comme e montre si bien Magritte, il en est de même pour les mots…

Un parcours passionnant

De très longues minutes sont parfois nécessaires pour pénétrer l’oeuvre de Magritte et saisir sa stupéfiante densité. Magritte bouleverse les représentations et semble constamment sur la brèche. Rapports humains, perceptions, trompe-l’oeil, le peintre observe et analyse pour exprimer dans sa peinture les paradoxes philosophiques dont il ne cesse de s’abreuver par ses lectures. Pour preuve ces titres d’oeuvres non pas nébuleux mais aux profondes significations. En tentant de s’extraire du piège de l’illusion et des représentations trompeuses, Magritte vise à la plus pure honnêteté des représentations. Nul volonté de laisser le spectateur dans l’expectative, le peintre tente surtout de l’éclairer pour lui montrer une réalité plus crue qu’il ne peut le croire.

L’exposition vient juste de s’ouvrir et il est temps de se frotter à une oeuvre extrême et se laisser à une passionnante analyse d’un peintre unique en son genre. Et s’élever, probablement. Pour voir la réalité différemment.

Dates : Du 21 septembre 2016 au 23 janvier 2017
Lieu : Centre Pompidou, Paris
Entrée : 14 €

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24 heures de la vie d’une femme, une passion dévorante au Guichet Montparnasse


24 heures de la vie d'une femme affiche24 heures de la vie d’une femme,
une passion dévorante au Guichet Montparnasse

Stefan Zweig est à la mode. Le monde d’hier, La peur, Lettre d’une inconnue, Le joueur d’échecs sont autant de nouvelles de l’auteur autrichien qui se jouent actuellement dans les salles de théâtre parisiennes. Un tel succès est dû à des textes courts plus facilement adaptables au format théâtral autant qu’à une écriture d’une élégance et d’une précision étonnante. Au théâtre Le Guichet Montparnasse aussi, ils ont cédé au génie de Stefan Zweig. Tous les jeudis à 20h45, Pascale Bouillon joue 24 heures de la vie d’une femme, un monologue sur l’emprise irrémédiable de la passion.

Une femme se remémore une rencontre qui a bouleversé sa vie. Au casino de Monte-Carlo, après la mort de son mari, elle avait l’habitude de venir observer les mains des joueurs. Un jour, une paire de mains l’a trouble infiniment et lorsqu’elle glisse son regard sur le visage de son propriétaire, elle s’éprend de lui. En lutte contre des sentiments qu’elle n’arrive pas à refluer, cette femme droite, presque rigide, va se laisser emporter dans une folle aventure. Une histoire presque ordinaire mais Stefan Zweig, tailleur de mots et conteur de l’amour, saisit et transcrit la complexité des sentiments de cette femme avec brio. Comme un mode d’emploi, la construction de la passion est minutieusement détaillée : premier émoi, lutte contre un trouble grandissant, exaltation et étourdissement, regrets… Nous ne sommes pas seulement dans la vie d’une femme mais au plus profond de son esprit.

Le défi d’une telle passion n’est pas facile à relever sur scène. Pascale Bouillon incarne avec retenue et grâce cette femme agitée par ce souvenir lointain et pourtant brûlant. Accompagnée d’une mise en scène très sobre de Patrick Rouzaud, la comédienne nous fait vivre cette tempête intérieure bien que parfois les sentiments atteignent un paroxysme que le spectateur n’arrive pas à ressentir avec la même intensité. Pascale Bouillon a un jeu technique très maîtrisé, peut-être trop lorsqu’il s’agit de jouer une femme qui ne se contrôle plus tout à fait. Une belle pièce.

Dates :  du 1er septembre 2016 au 26 janvier 2017

Lieu : Le Guichet Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Patrick Rouzaud
Avec : Pascale Bouillon

Les Elans se lâchent au Lucernaire

Les Elans ne sont pas toujours des animaux faciles
Les Elans ne sont pas toujours des animaux faciles, mise en scène Laurent Serrano

Les Elans se lâchent au Lucernaire

Un trio survitaminé manie l’absurde et le non sense pendant 1h20 de spectacle énergique et truculent. Les scènettes s’enchainent dans un rythme endiablé avec situations absconses et épilogues musicaux animés par des prestations entrainantes.

Déjà présents sur la scène du Lucernaire en 2014, les Elans sont de retour pour apporter toujours plus de joie à un public qui en redemande. Absence de logique et situations délirantes sont narrées avec truculence par un trio de vieux amis qui philosophent sur leurs existences respectives, avec toujours l’art de tout mettre en musique. Entre femmes, espoirs de voyages et bouteilles de whisky, la discussion s’enfonce dans un salmigondis délirant et toujours enjoué.

Des textes à la limite du n’importe quoi (assumé)

Les discussions de comptoir mélangent loufoquerie et absurde dans un sens aigu de la démesure. Ces 3 amis ne s’embarrassent d’aucun bon sens pour perdre le spectateur dans un labyrinthe ubuesque de bizarreries échevelées. Le public en redemande. Et comme toute histoire se finit en chansons, l’ambiance passe du théâtre de boulevard au cabaret par la magie d’un piano, d’une guitare et d’une basse de fortune maniés avec dextérité.

Du Music Hall anglo-francophone

Les discussions débouchent immanquablement sur des numéros de cabaret mi-picaresques mi-didactiques. Comme des enseignements concluant les palabres, les musiques élèvent le débat et réunissent des personnages rarement d’accords. Et les numéros musicaux invoquent autant la Chanson d’Automne de Verlaine que le Summertime Blues d’Eddie Cochrane dans un savoureux mélange des genres. Entre poésie et humour décalé, la pièce navigue dans une bonne humeur constante.

Et c’est le souvenir persistant qui reste plusieurs heures après. Sourires et humour agrémentent ce moment d’humour d’une chatoyante joie de vivre. L’ambiance est gentiment éthylique et sacrément réussie pour se sortir du quotidien. L’automne approche ? Eh bien chantons le!

Dates :  du 24 aout au 6 novembre 2016
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Laurent Serrano
Avec : Pascal Neyron ou Vincent Jaspard, Benoit Urbain, Emmanuel Quatra

Double assassinat dans la rue Morgue : BD truculente de Céka et Clod

Double assassinat dans la rue Morgue
Double assassinat dans la rue Morgue, Céka/Clod, Akileos

Céka et Clod adaptent Edgar Allan Poe avec truculence 

Ceka et Clod adaptent la nouvelle d’Edgar Allan Poe Double assassinat dans la rue Morgue en apportant leur touche personnelle pour une BD truculente à lire. Le texte est évidemment respecté à la lettre avec un surplus d’humour et un dessin dynamique pour une lecture à la fois divertissante et enrichissante.

Deux femmes ont été tuées dans leur appartement de la rue Morgue. Seul hic: toutes les issues étaient fermées de l’intérieur. La police patine et soupçonne un commis du méfait. Mais le détective Charles Auguste Dupin ne l’entend pas de cette oreille et va mener l’enquête pour débusquer le véritable coupable.

Un précurseur de Sherlock Holmes

La BD se lit comme un roman policier avec un Paris entre fantasme et réalité. Les immeubles sont de travers, le trait est dynamique et porte un récit qui ne laisse pas de récit. Le détective Dupin et son acolyte english préfigurent Holmes et Watson avec la même truculence évoquée dans la série télévisée récente. Le premier enchaine les analyses et déductions, le second essaye de suivre tant bien que mal. Edgar Allan Poe fait paraitre la nouvelle en avril 1841 là où Sir Conan Doyle donne vie à son détective en… 1887. La même agilité intellectuelle et ce sens aigu de l’observation donnent aux détectives l’art de résoudre les cas les plus ardus.

Le Paris d’avant Haussman

Paris est encore un amas de ruelles quand se déroule l’action de la BD. Les boulevards ne sont creusés qu’à partir de 1853 et le scénariste imagine le Paris d’avant, héritier du Moyen-Âge, pas encore modernisé et avec l’apparence qu’il a encore aujourd’hui. Les ruelles sont sombres et les immeubles dépareillés. L’agent de la force de l’ordre est un ancien grognard de l’épopée napoléonienne et le souvenir de l’empereur est encore dans tous les esprits. C’est un temps oublié qui est exhumé dans cette BD originale. Le ton est léger et badin, l’enquête se suit avec plaisir. Si Dupin semble résoudre l’énigme facilement,  il laisse le lecteur dans l’expectative pendant longtemps. Pour un dénouement surprenant, sauf si vous avez lu la nouvelle.

Akileos propose une adaptation bien menée et richement mise en bulles pour un moment de lecture prenant et divertissant.

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Deux femmes sont retrouvées assassinées rue Morgue. Étrange : toutes les issues de leur appartement sont condamnées… de l’intérieur ! Comment les meurtriers ont-ils réussi à s’enfuir ? Qui sont-ils ? Le Chevalier Dupin et son acolyte sont bien décidés à démêler les fils de cette « histoire extraordinaire ».

Date de parution : Août 2016
Scénariste(s) : Ceka
Dessinateur(s) : Clod
Genre : Policier, fantastique, Humour
Editeur : Akileos
Prix : 14 € (56 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Rembrandt dévoilé au Musée Jacquemart André

Rembrandt Intime
Rembrandt Intime, Musée Jacquemart André

Rembrandt dévoilé au Musée Jacquemart André

L’exposition Rembrandt Intime au Musée Jacquemart André offre un éclairage original sur l’oeuvre du maitre flamand. Rentré depuis longtemps dans le panthéon de la peinture universelle aux côtés de Velazquez, de Vinci ou Van Gogh, Rembrandt ne cesse de se faire redécouvrir avec un plaisir à chaque fois renouvelé. Rembrandt Intime scrute l’homme et ses fêlures dans un parcours riche et fascinant.

Un maitre du clair obscur

Rembrandt est connu pour être un des peintres les plus accomplis dans l’utilisation du clair obscur. Dans la lignée du grand maitre CaravageRembrandt juxtapose ombres et lumière dans une stupéfiante maitrise. Une vidéo fort instructive explique que pour tenir son pinceau lors de ses autoportraits sans obscurcir la toile avec l’ombre du pinceau, il devait diriger une lumière de sa gauche, le faisant se reproduire avec le côté gauche du visage éclairé et le côté droit dans l’obscurité. Simple, encore fallait-il y penser, tout est question de pinceau!

Le peintre de l’intériorité

L’exposition accumule les autoportraits comme autant de marques de son évolution stylistique. Sa peinture évolue tandis que son visage se marque. Sans complaisance mais avec une acuité saisissante, il éclaire sur son intériorité. Les traits de son visage, son demi-sourire ou son faciès ténébreux, il ne cache rien. Tout comme pour les nombreux portraits exposés, il privilégie le regard sur la psyché plutôt que la pure ressemblance avec le modèle. Un tableau de Rembrandt recèle secrets et détails imperceptibles quo concourent à la profondeur de l’oeuvre.

Des représentations de la bible foisonnantes

Au coeur d’un XVIIe siècle profondément chrétien, Rembrandt reproduit les passages les plus riches de sens de la bible. Il faut voir ce tableau de Saint Paul à son bureau en pleine méditation, semblant regarder au plus profond de l’existence. Ou La fuite d’Egypte tout en ellipse et en évocation religieuse. L’art de Rembrandt s’exalte d’un regard unique sur le rapport de l’homme à Dieu.

Gravures et dessins concourent à la densité de la visite devant le foisonnement d’oeuvres exposées. Le plaisir est autant esthétique que contemplatif dans un parcours d’une richesse folle. L’âme semble s’élever au fur et à mesure de la visite. C’est bon signe.

Dates : Du 16 septembre 2016 au 23 janvier 2017
Lieu : Musée Jacquemart André, Paris
Entrée : 13 €

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Rêve d’Olympe ou l’impossible fuite vers l’occident

Rêve d'Olympe
Rêve d’Olympe, BD de Reinhard Kleist, La Boite à bulles

Rêve d’Olympe ou l’impossible fuite vers l’occident

Les somaliens doivent quitter leur pays pour fuir la guerre et les exactions des islamistes locaux, les Shehab. Pour vivre tout simplement. A travers le destin de Samia Yusuf Omar, représente somalienne aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008 sur demi-fond, l’auteur allemand Reinhard Kleist raconte le destin douloureux de populations entières. Pour un récit émouvant et tragique. Et surtout à méditer.

Reinhard Kleist s’est basé sur les publications Facebook de Samia Yusuf Omar pour en tirer un récit puissant. Athlète amateure obligée de s’entrainer dans des conditions précaires et dans un contexte où les femmes n’ont même pas le droit de courir, elle participe quand même aux Jeux Olympiques de Pékin.

Une histoire vraie 

Les images ont fait le tour du monde, les athlètes occidentales surentrainées, bien nourries, sveltes et musclées finissent la course tandis qu’une athlète en T-shirt finit plus de 10 secondes après elles sous les acclamations de la foule. Pour elle, ce fut le plus beau jour de sa vie et la preuve qu’elle devait encore plus s’entrainer pour espérer rivaliser 4 ans plus tard à Londres. Consciente de l’impossibilité de faire mieux dans son pays et quotidiennement menacée d’exécution sommaire, elle doit s’enfuir pour rejoindre l’Europe. Avec un dénouement tragique… l’histoire est vraie, Samia périt dans la traversée de la Méditerranée

Un témoignage vibrant

L’histoire est pénible et douloureuse, Samia doit traverser la Somalie, l’Ethiopie, le Soudan,  la Libye et la Méditerrannée sur un rafiot de fortune. Le périple est dangereux. Dans cet exemple particulier, l’auteur touche à l’universalité et c’est toute la vitalité blessée des peuples de la Corne de l’Afrique qui est exaltée. Les passeurs s’enrichissent, les brigands rackettent, les migrants sont des proies faciles, affaiblies, livrées à elles mêmes. Nulle suspicion d’invasion dans ce récit, c’est la soif de vie et de liberté qui prévaut.

144 pages comme une ode à la liberté

Le trait du dessin est nerveux, le Noir & Blanc elliptique et suffisamment précis pour permettre l’attachement aux personnages. Le scénario est tragique sans être misérabiliste. L’auteur fait sentir que cette histoire se répète chaque jour et que celle de Samia permet simplement de mettre en lumière une tragédie moderne. La coureuse de fond voulait courir, librement, simplement. Mais son rêve était trop grand pour son petit corps chétif.

Une tristesse bouleversante empreint le récit fataliste d’une impasse humanitaire. Le petit bout de femme avait un coeur énorme, Reinard Kleist lui rend un hommage poignant et met le curseur sur une réalité que l’Europe ne veut pas voir. Accueillir, aider, les choix sont nombreux. Mais il faut choisir. Et agir.

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Jeux Olympiques de Pékin, en 2008 : Samia Yusuf Omar, 17 ans, représente la Somalie. Sur la piste, la jeune femme se surpasse et bat son record personnel. Malgré sa dernière place dans la course, le public l’adore et l’acclameDe retour dans sa Somalie natale, Samia ne compte pas rester sur un échec. Mais s’entraîner décemment est devenu impossible car les fondamentalistes musulmans interdisent aux femmes de pratiquer une quelconque activité sportivePour atteindre son rêve de participer aux prochains Jeux en 2012, Samia tente le tout pour le tout : elle se lance dans une périlleuse odyssée pour rejoindre l’Europe. Alors à peine âgée de 20 ans, Samia éprouve le calvaire de l’immigration : la violence des passeurs, les camions surchargés de réfugiés, la faim, la soif, la prison… Jusqu’à sa fin tragique. Une plongée dans l’enfer de l’immigration soutenue et postfacée par l’Association France Terre d’Asile.

Date de parution : juin 2016
Scénariste(s) : Reinhard Kleist
Dessinateur(s) : Reinhard Kleist
Genre : Drame
Editeur : La Boîte à bulles
Prix : 17 € (144 pages)
Acheter sur : Amazon BDFugue

Partisans bouscule les idées reçues sur la résistance

Partisans
Partisans, pièce de Régis Vlachos, Théâtre de la Contrescarpe

Partisans bouscule les idées reçues sur la résistance 

Partisans place 3 résistants dans le contexte lourd et pesant de l’occupation du pays en 1943. Différents courants politiques sont obligés de s’entendre mais les inimités persistent. Les protagonistes évoquent leurs espoirs et leurs douleurs jusqu’à finalement se rapprocher. La pièce alterne entre intermèdes cocasses et rappels tragiques pour un moment de théâtre éclairant.

Régis Vlachos ravive par son texte une douloureuse page d’histoire de France et va bien au delà des évocations habituelles. Les résistants sont pourchassés mais doivent s’organiser pour définir un programme commun et affronter l’ennemi d’une seule voix. Mais les divergences les séparent.

Une éternelle difficulté à s’entendre

En 1943, ce sont communistes, socialistes et sympathisants de droite qui se jaugent et composent une résistance dispersée. Le pacte germano-soviétique a brouillé l’image du parti communiste, considéré comme bolchévique et peu fréquentable. Les socialistes ont leur leader Léon Blum en prison. Les sympathisants de droite trainent l’image peu glorieuse de bigots antisémites et représentants d’une bourgeoisie honnie par les 2 autres partis. Comment s’entendre quand les considérations politiques divisent plus qu’elles ne rapprochent?

Des acteurs au diapason de la portée de la pièce

Les 3 acteurs Lucie Jousse, Jean-Hugues Courtassol et Aurélien Gouas jouent adroitement sur cette ambiguité et le terreau infertile des inimitiés. Cependant, il y a face à eux un ennemi sans pitié qui emprisonne et torture: l’occupant allemand et sa Gestapo de sinistre réputation qui peuvent s’appuyer sur une police française par trop zélée. Ennemis de l’extérieur et de l’intérieur représentent cet ennemi commun à combattre, et si possible en s’unissant. Cabotinage et menaces laissent peu à peu place à une vérité nue: sans alliance entre les mouvements de la résistance, la victoire est impossible.

Un discours féministe jamais pesant

La pièce appuie très fort sur le contexte de l’époque sans jamais l’atténuer et sait évoquer des problématiques encore plus surprenantes. Comme la nécessité d’accorder le droit de vote à des femmes trop souvent mises à l’écart des décisions du pays. Sans tomber dans le féminisme caricatural, le personnage féminin illustre le chemin parcouru pour faire reconnaitre à 50% de la population adulte le droit de s’exprimer. La pièce joue comme un e loupe sur les français de 1943 pour une mise en parallèle avec les français d’aujourd’hui.

Une mise en abîme de la France de 2016

Par pointes mesurées mais souvent flagrantes, la pièce fait un parallèle subtil entre la France de 1943 et celle de 2016. En ouvrant le débat, elle incite à l’examen de conscience et à ne pas répéter les erreurs d’hier. La peur de l’autre, les réflexes protectionnistes, le jugement hâtif, tous ces réflexes sont évoqués et chaque spectateur peut les mettre en perspective avec la situation actuelle…

Partisans est une pièce ambitieuse, à la fois hommage à ces hommes et femmes qui se sont sacrifiés et réflexion de la lutte contre l’adversité. Avec un enseignement implacable. L’union fait souvent la force…

Dates :  à partir du 19 septembre 2016, du lundi au mercredi à 19h30,
Lieu : Théâtre de la Contrescarpe (Paris)
Metteur en scène : François Boursier
Avec : Lucie Jousse, Jean-Hugues Courtassol, Aurélien Gouas

Vidéo : du kitesurf en territoire Viking

kitesurfVidéo : du kitesurf en territoire Viking

Du kitesurf en territoire Viking, c’est possible ! Loin des paradis au sable blanc et chaud, ce groupe de pros de kitesurf a enfilé d’épaisses combinaisons pour aller se frotter aux eaux froides des territoires nordiques. Des paysages sauvages à couper le souffle occupent l’arrière plan de ces rushs de glace. Une très belle vidéo qui fait presque frissonner de froid.

MANERA – VALHALLA from MANERA – Watermen Experience – on Vimeo.

Soy Nero dévoile le sort des soldats apatrides aux Etats-Unis

Soy Nero
Soy Nero, film de Rafi Pitts, Copyright 2016 – TWENTY TWENTY VISION FILMPRODUKTION – SENORITA FILMS – PIMIENTA FILMS – ZDFArte

Soy Nero dévoile le sort des soldats apatrides aux Etats-Unis

Soy Nero imagine le destin d’un mexicain né aux Etats-Unis mais expulsé à cause de son statut d’immigré clandestin. Décidé à revenir dans son pays natal, il s’engage dans l’armée américaine pour obtenir la nationalité tant convoitée. Mais malgré l’engagement et l’espoir d’une régularisation, beaucoup de green card soldiers sont renvoyés chez eux pour les motifs les plus futiles. En abordant le sujet de l’immigration clandestine, Rafi Pitts pointe du doigt la duplicité d’un pays toujours prompt à se parjurer.

Un héros anonyme

Du haut de ses 19 ans, Nero n’est ni différent ni spécial. Il représente cette vague d’immigration à la recherche d’une vie meilleure et d’un avenir plus rose. Mais né dans la clandestinité, il n’est rien aux Etats-Unis et n’existe pour ainsi dire pas. Le film aborde l’impact sur sa personnalité de n’être qu’une ombre dans un pays de cocagne. Expulsé, il tente de revenir et de devenir quelqu’un. Etranger au Mexique et pourchassé aux Etats-Unis, il personnifie l’ambiguité d’un pays à la fois attirant et répulsif.

Un rythme lent et hypnotique

Le film ne montre aucune virtuosité ou effets surpuissants. Le rythme est aussi lancinant que le héros est placide. Ses espoirs sont aussi immenses que ses perspectives restent longtemps hasardeuses. Il rejoint son frère qui lui fait croire mener la grande vie dans une banlieue cossue de LA. Mais le miroir aux alouettes fonctionne à plein et l’évidence se fait jour. Néro va devoir s’engager pour gagner son identité. Les promesses de régularisation le décident mais l’armée fait ce qu’elle veut…

Une impasse existentielle

Difficile de ne pas avoir une énorme empathie pour ce héros inoffensif et plein de bonne volonté qui se retrouve le bec dans l’eau. L’injustice est criante, les promesses sont bafouées. L’émotion est palpable dans un récit qui vise à critiquer un système égoïste qui ne sert que ses propres intérêts. Néro est et restera une victime. Le réalisateur Rafi Pitts aborde un sujet polémique dans un récit languissant à la fatalité triste.

Soy Néro est un film qui s’inscrit dans une veine polémiste. Les Etats-Unis sont un pays injuste, en voici une preuve de plus.

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Soy Nero
Soy Nero

Nero a 19 ans, il a grandi aux Etats-Unis puis s’est fait déporter au Mexique.
Etranger dans le pays de ses parents, il est décidé à repasser la frontière coûte que coûte.
Il parvient enfin à retrouver son frère, Jesus, qui vit à Los Angeles.
Pour échapper à la vie de misère à laquelle le condamne sa condition de clandestin, sa dernière chance pour devenir américain est de s’engager dans l’armée.
Nero rejoint le front des green card soldiers.

Sortie : le 21 septembre 2016
Durée : 1h57
Réalisateur : Rafi Pitts
Genre : Drame

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Le LA Dance Project de Benjamin Millepied enthousiasme le Théâtre des Champs Elysées

LA Dance Project
LA Dance Project, On the Other Side, Benjamin Millepied, Théâtre des Champs Elysées

Le LA Dance Project de Benjamin Millepied enthousiasme le Théâtre des Champs Elysées

Le chorégraphe Benjamin Millepied a présenté sa troupe de danse L.A. Dance Project au Théâtre des Champs Elysées du 15 au 18 septembre 2016 dans l’allégresse générale. Les 4 tableaux de son spectacle ont enthousiasmé et ému une salle remplie jusqu’au plafond. En englobant 60 ans de danse américaine, il a su varier les plaisirs et faire preuve d’une exceptionnelle créativité pour des moments de grâce à couper le souffle.

Sa démission du poste de directeur de la danse à l’Opéra de Paris en février 2016 avait sonné comme un coup de tonnerre. Nommé en novembre 2014, il avait tenté d’insuffler un vent de renouveau dans l’illustre institution. Considérant la danse classique comme à un moindre niveau en comparaison de la danse contemporaine, il avait tenté de créer, de motiver, de régénérer. Mais comme le montre bien le documentaire Relève, il n’est pas aisé de manoeuvrer un lourd paquebot pour le faire dévier de direction. Avec plus de 80% de son temps consacré à l’administratif et trop peu de temps pour la création, le mari de Natalie Portman a préféré laisser la place tout en soulignant la joie d’avoir participé à un projet si ambitieux. Et le revoilà à Paris pour présenter un spectacle multiple et foisonnant.

Des tableaux variés

Les 4 tableaux débutent par Quintett, chorégraphié et scénographié par l’illustre William Forsythe en 1993. Pendant 26 minutes, 5 danseurs s’expriment comme en liberté dans un foisonnement de mouvements souples et harmonieux. L’élasticité des balancements ressemble à des impulsions énergétiques dirigées vers l’assistance. Le rythme des prestations est rendu d’autant plus hypnotique que la musique de Gavin Bryars Jesus’ blood never failed me yet répète en boucle un même texte dans une progression lancinante. 2 immenses écrans encadrent une scène vide où trône un projecteur. La danse est tout en équilibre et élancements, les corps se frôlent, se percutent et s’élancent dans une chorégraphie harmonieuse et ensorcelante. Avec toujours cette voix d’outre tombe qui étrenne sa litanie… un pur moment de magie !

Une culture américaine mise à l’honneur

Les deux spectacles suivants Helix et Martha Graham Duets sont comme des respirations plus courtes et ramassées. Le Martha Graham Duets met en scène 3 duos sur des notes économes de piano. La musique électronique d’Esa-Pekka Salonen accompagne le Hélix de Justin Peck et ses duos intimistes et virevoltants. Les deux spectacles font une dizaine de minutes chacun comme pour marquer l’ascendance de Benjamin Millepied et ses influences. Nourri à l’école américaine via ses expériences au New York City Ballet et la création de sa troupe L.A.Dance Project, le chorégraphe privilégie la création artistique pour rester constamment en mouvement et mettre à profit sa passion de la danse.

Un spectacle final impressionnant

Le spectacle se termine par une bouillante création de Benjamin Millepied On The Other Side. 8 danseurs s’agitent dans un jeu de lumière colorant plus ou moins une grande fresque positionnée dans le fond. Vétus de costumes colorés, ils virevoltent dans une prestation rythmée, comme dans un mouvement perpétuel. La grâce le dispute à l’élégance dans une mise en scène qui occupe tout l’espace. Le ton est enjoué et l’émotion omniprésente. L’ensemble alterne avec des duos surprenants comme celui avec deux danseurs qui partagent la scène. Le moment de danse s’étire sur 43 minutes de magie sur une musique de Philip Glass, forcément répétitive et d’une grâce folle.

Le chorégraphe Benjamin Millepied est un habitué de Publik’Art avec des articles sur des spectacles présentés à l’Opéra Garnier et au Théâtre du Châtelet. Les applaudissements finaux nourris saluent une prestation qui a parfaitement rempli sa mission, le Théâtre des Champs-Elysées est en liesse. Benjamin Millepied conserve sa verve créatrice et ravira encore longtemps les audiences du monde entier.

Dates :  du 15 au 18 septembre 2016i
Lieu : Théâtre des Champs Elysées (Paris)
Metteur en scène : Benjamin Millepied
Avec : LA Dance Project

3 peintres de renom au coeur de l’exposition Hodler Monnet Munsch au Musée Marmottan Monet

Hodler Monet Munch
Exposition Hodler Monet Munch au musée Marmottan Monet

3 peintres de renom au coeur de l’exposition Hodler Monnet Munch au Musée Marmottan Monet

Les oeuvres de Ferdinand HodlerClaude Monnet et Edvard Munch sont réunies dans une même exposition au Musée Marmottan Monet. La visite permet de découvrir et de mettre en rapport 3 monstres sacrés de la peinture avec leurs techniques et leurs visions du monde. A travers des thématiques similaires, des liens et similitudes se font jour dans un parcours au coeur d’une période clé de la peinture.

L’exposition s’intitule Peindre l’impossible comme pour prévenir le visiteur que le parcours enchainera les morceaux de bravoure. Pour peindre des éléments aussi changeants et intangibles que l’eau, le soleil, les montagnes ou la neige, chacun a creusé au plus profond de lui-même pour reproduire la nature selon ses propres principes personnels. L’impressionniste Claude Monet a choisi l’ellipse et le vaporeux pour suggérer plus que décrire le réel. Chacune de ses touches de pinceau se fait subtile et englobante, comme pour évoquer le temps qui passe et son influence sur les choses. C’est un foisonnement exubérant qui compose l’oeuvre du norvégien Edvard Munch. Ses vagues sont des torrents, son soleil est un flambeau éblouissant, ses personnages sont pareils à des spectres. La vision de ses tableaux créée le malaise, comme face à un être venu d’ailleurs. Peintres connus, toujours un plaisir de voir leurs oeuvres.

La découverte la plus significative de l’exposition se constitue de Ferdinand Hodler. Les oeuvres du peintre suisse sont toutes empreintes de son désir d’abstraction riche de couleurs tour à tour vives et épurées. Les montagnes sont bleutées, la terre est ocre orangée, la réalité est à la fois reproduite et augmentée. Loin de la révolution picturale de l’impressionnisme, Hodler préfigure les courants futurs du fauvisme et de l’expressionnisme. Ses toiles métaphorisent la réalité et la confrontation avec ses deux confrères fait d’autant plus ressortir la magie de sa vision du monde. Anne Gratadour livre une scénographie épurée pour mettre en valeur les oeuvres sans effets inutiles. L’exposition se base sur quelques oeuvres immensément connus à l’instar de ce Impressions Soleil Levant mais le choix d’oeuvres plus souvent confidentielles enrichit d’autant la visite.

De longues minutes sont souvent nécessaires pour pénétrer au plus près des intentions des 3 artistes. Densité et profondeur marquent ce moment de vrai plaisir esthétique pour une confrontation inédite et inoubliable.

Dates : du 15 septembre 2017 au 22 janvier 2017
Lieu : Musée Marmottan Monet (Paris)
Entrée : 11 €

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Clash, un brûlot humaniste et désenchanté

Clash
Clash, film de Mohamed Diab, Copyright Pyramide Distribution

Clash, un brûlot humaniste et désenchanté

Clash est un film qui génère une émotion maximale, la boule au ventre et des cauchemars. Oubliez les films horrifiants pour adolescents et les thrillers américains, ce film égyptien de Mohamed Diab joue la carte de l’ultra réalisme et de la peinture sociale sans concession dans une Egypte au bord de la crise de nerfs. Le film cloue au siège et vous ne serez pas prêt de l’oublier.

Le film débute en 2013. Une première révolution a renversé en 2011 le dictateur Moubarak après un règne sans partage et le vol de toute la richesse de l’Egypte. La seconde en 2012 a porté les Frères musulmans islamistes au pouvoir et la troisième en 2013 a vu l’armée reprendre les choses en main. Des manifestations opposent alliés de l’armée et des Frères musulmans. Entre les deux, l’armée fait le ménage et entasse les manifestants dans des camions sans distinction de bords. La tension s’installe d’abord entre les opposants, puis la dureté des conditions de détention en pleine chaleur fait se rapprocher les ennemis naturels. Mais l’homme est un loup pour l’homme…

Un quasi témoignage des révolutions égyptiennes

Clash scénarise des évènements qui ont dû se produire des dizaines de fois entre 2011 et 2013. Une quinzaine de manifestants de tous bords se retrouvent dans un fourgon de police. Se défient, se menacent pour finalement s’allier dans une nécessité de s’épauler pour survivre. Le film se déroule principalement dans le huit clos du fourgon de la police. Enfermés sans ménagement, sans eau ni accès aux toilettes, les prisonniers sont d’abord ulcérés de devoir cohabiter avec leurs opposants. Islamistes et sympathisants de l’armée sont des bêtes sauvages dans le contexte politique d’un pays divisé au bord de la guerre civile. Pas de voix off ou de recul, la caméra ne quitte l’espace étroit du camion que pour montrer les environs. Foule violente assoiffée de justice, policiers acculés et réduits à l’opposition armée, la caméra ne quitte pas le camion et ses environs pendant tout le film. La tension est étouffante, peut-on imaginer de chez nous le déferlement de rage ? Les images de la place de République à Paris ne soutiennent pas la comparaison…

Pas de répit pendant 1h30

Les scènes de tension alternent avec des plages de calme. Attisés par le feu de la colère, les prisonniers craignent bien vite pour leurs vies. Peur de la police, peur des manifestants qui ne voient qu’un fourgon de police noir sans vraiment discerner ses occupants, les inimitiés laissent place à une complicité surprenante. La femme voilée doit baisser son tissu sous l’effet de la chaleur étouffante, l’islamiste fanatisé fraye avec l’opposant laïc de gauche, peut-on imaginer un destin contraire à un tel exemple de rapprochement humain et emphatique? Mais le réalisateur ne ménage pas le spectateur et le dénouement est un déchirement. L’audience quitte la salle en silence, sans n’avoir rien à dire. Nul besoin de voir des films horrifiants fantaisistes et irréalistes, Clash fait parfaitement l’affaire. L’horreur atteint un sommet rarement atteint au cinéma. L’émotion pour des personnages qui se rapprochent peu à peu pour finalement laisser place à l’horreur.

Une mise en scène minimaliste pour un effet maximal

Du fait du huit clos, la caméra virevolte en tous sens, passant d’un groupe à l’autre, d’un personnage à son voisin. La caméra passe dans l’interstice des barreaux pour visualiser ce que voient les occupants du camion, se balade à proximité mais des cris ou des zooms rattachent immanquablement le spectateur à la population du camion de police. Le lien n’est jamais rompu et l’identification est inévitable. Peut-on ne pas plaindre ses victimes d’une situation politique inextricable? Le réalisateur avait déjà livré un Les femmes du bus 678 fort en émotion. Il récidive et creuse le sillon émouvant d’un pays perdu et déchiré. Avec une économie de moyens qui tranche avec un cinéma américain pas avare en moyens surpuissants pour des intrigues fantasmées et gratuites. Mais ici, la réalité prévaut. Dure et brutale. Et voir une foule en rage mener par un sentiment de haine et de vengeance, sans rien différencier ni pardonner, n’est ce pas cela le summum de l’horreur ?

Clash est un coup de poing dans l’estomac ; Une expérience cinématographique qui fait s’interroger sur la nature humaine. Et abroge les possibilités d’espoir. De quoi ne plus en dormir pendant plusieurs nuits…

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Clash
Clash

Le Caire, été 2013, deux ans après la révolution égyptienne. Au lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, un jour de violentes émeutes, des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses divergentes sont embarqués dans un fourgon de police. Sauront-ils surmonter leurs différences pour s’en sortir ?

Sortie : le 14 septembre 2016
Durée : 1h37
Réalisateur : Mohamed Diab
Avec : Nelly KarimHani AdelTarek Abdel Aziz
Genre : Drame

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Le programme ébouriffant du Comic Con Paris 2016 se dévoile

Comic Con
Comic Con

Le programme ébouriffant du Comic Con Paris 2016 se dévoile

Les derniers détails du prochain Comic Con Paris ont été dévoilé et les fans de Marvel, de DC Comics et de Pop Culture ont de quoi être comblés. Une avalanche de noms et de surprises ont été révélés. Accrochez vous au siège !

Du 21 au 23 octobre 2016 à la Grande Halle de la Villette, ce sont des dizaines d’invités prestigieux qui vont se déplacer pour rencontrer les fans. Master class, séances d’autographes, séances photos, projections, le rythme ne va pas faiblir pendant 3 jour. Petit florilège des évènements principaux révélés aux journalistes réunis pour s’extasier bruyamment aux annonces faites par Pierre-Yves Binctin et son équipe.

Le meilleur des Comics et des éditeurs de bande dessinée

Une dizaines de scénaristes, dessinateurs, storyboarders sont déjà attendus pour l’évènement. Le bon moyen de partager sa passion avec des pointures de l’univers des Comics. Mirko Colak,Chad Hardin, Erik Larsen, Terry Moore, Tony Moore, Greg Pak, Marcus To, William Simpson, la liste est impressionnante et les fans de Deadpool et d’Harley Quinn pourront s’en donner à coeur joie.

Côté éditeurs, les fans pourront retrouver les collections les plus prestigieuses avec Panini Comics, Delcourt, Dargaud, Glénat, Les Humanoïdes Associés et Bliss Comics. Tous seront présents avec leurs auteurs phares et les collections les plus renommées. Fans de Métabarons et de sagas cultes, ne ratez pas le rendez-vous.

Une avalanche de Cosplay et d’animations

Une fois de plus, une compétition de Cosplay permettra aux fans de se lâcher pour ressembler à leurs héros favoris. Une ribambelle de Captain America, Hulk, Wonder Woman et autres zombies devraient se balader dans les travées du Comic Con pour rivaliser de ressemblance et d’accessoires mythiques. Surtout que le jury sera cette année composé de costumes designers réputés accompagnés de Leena Vamp, véritable sommité mondiale en matière de Cosplay.

Côté animations, les grands moyens seront déployés pour vous donner le frisson. Des Escape Rooms, un Rollier Blaster de Partouche Lab et surtout un Coussin Péteur Géant devraient amener leur lot de rires et d’émotions tout au long du week end. Surtout qu’un Espace Canal sera aménagé en plein coeur du salon avec la venue de personnalités pour des dédicaces.

Un sommet de séries et de cinéma

Enfin, le meilleur pour la fin! De nombreux invités sont déjà prévus pour ravir les fans. Dominic Purcell de la célèbre série Prison Break et de DC’s Legends of Tomorrow, Katie Cassidy de la série Arrows et Eliza Dushku de la série Banshee seront exceptionnellement présents. Sans compter Rebecca Romijn de la série Flynn Carson et les nouveaux aventuriers diffusée sur SyFy.

Enfin, roulement de tambour. Pour le cinéma, Michel Hazanavicius, Joe Dante et Lorne Peterson seront de la partie pour partager leur passion du cinéma. Le prochain film de Luc Besson, Valérian et la cité des mille planètes sera mis en avant. Et surtout, des projections exclusives auront lieu. Le si attendu prochain opus de Denis Villeneuve, Premier Contact, Sausage Party et… et… et… projection exceptionnelle de Doctog Strange le dimanche soir. Je ne sais pas si Benedict Cumberbatch sera présent mais la bande annonce donne déjà envie d’en savoir plus. Mais patience…

Voilà, le Comic Con Paris 2016, c’est tout ça et beaucoup plus. De quoi passer un week end de rêve et se laisser aller à sa passion de la Pop Culture. Y serez-vous ? Publik’Art sera présent et fera un compte-rendu exhaustif et extatique de l’évènement !

Dates : 21-22-23 octobre 2016
Lieu : Grande Halle de la Villette, Paris
Entrée : de 15 à 250 €

A la découverte d’Henri Fantin-Latour au Musée du Luxembourg

Fantin Latour
Fantin Latour, Musée du Luxembourg

A la découverte d’Henri Fantin-Latour au Musée du Luxembourg

Le grand peintre français du XIXe siècle Henri Fantin-Latour s’expose au Musée du Luxembourg jusqu’au 12 février 2017. Universellement connu pour ses natures mortes et ses portraits de groupe, il se dévoile dans un parcours dense et varié, avec des surprises et de vrais chocs esthétiques. Vous pensiez pouvoir le ranger dans une catégorie ? Il va falloir reconsidérer vos normes.

Né en 1836 au coeur d’un XIXe siècle pictural précurseur des révolutions à venir, Henri Fantin-Latour a eu le privilège de connaitre la consécration de son vivant. Réputé pour ses portraits et ses compositions florales, il n’a pourtant cessé d’expérimenter, s’ouvrant à des approches différentes, à la lisière de la rêverie. Appelées peintures « d’imagination », ces peintures ne sont pas sans évoquer Odilon Redon ou même préfigurer Marc Chagal avec ces formes mal définies et ces volutes de fumées oniriques. Longtemps cantonné à un travail acharné de commandes, Fantin-Latour se fait plaisir selon ses propres mots, une fois la renommée acquise, pour travailler sur des compositions qui lui tiennent plus à coeur. Rêverie, onirisme, le plaçant comme précurseur de courants entiers de la peinture moderne.

A contrario, loin du courant impressionniste dominant d’à partir de 1860/1870 dont il se détache résolument, Fantin-Latour a creusé le sillon d’un réalisme résolu. Ces portraits de groupe ont contribué à son succès, avec des personnages illustres immortalisés dans des poses éternelles. Emile Zola, Charles Baudelaire, Edouard Manet et les poètes terribles Arthur Rimbaud et Paul Verlaine personnifient leur art par des attitudes variées. Ce dernier ressemble d’ailleurs à un spectre inquiétant regardant les entrailles de la terre tandis que son compère pose nonchalamment la tête sur sa main, dans une pose décontractée.

Contemporain de l’apparition de la photographie, Fantin-Latour s’est enthousiasmé pour cette nouvelle représentation du réel, collectionnant des centaines de photos. Il utilise des clichés de femmes nues pour les représenter en peinture, offrant des déclinaisons personnelles de belles posant négligemment dans le plus simple appareil. Ses nus sont tout autant sensuels qu’oniriques.

L’organisation chronologique de l’exposition permet de clairement visualiser l’évolution de la technique du peintre ainsi que ses états psychologiques. Ses autoportraits le montrent tour à tour préoccupé puis résolu. Les portraits de ses soeurs constituent des témoignages picturaux familiaux avec d’omniprésentes soeurs immortalisées en pleine lecture.

Une visite à ne manquer sous aucun prétexte pour découvrir un peintre hors des courants et tout entier dévoué à son art, comme le démontrent ces quelques beaux échantillons de son oeuvre pléthorique (500 oeuvres !).

Dates : Du 14 septembre 2016 au 12 février 2017
Lieu : Musée du Luxembourg, Paris
Entrée : 12 €

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