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Nicolas Bouchaud & Vincent Guédon : le duo gagnant dans Dom Juan

Nicolas Bouchaud & Vincent Guédon, le duo gagnant dans Dom Juan
Vincent Guédon & Nicolas Bouchaud @ Brigitte Enguérand

Nicolas Bouchaud & Vincent Guédon : le duo gagnant dans Dom Juan

La pièce de Molière est à l’origine d’un énorme scandale. Écrite juste après Tartuffe, où Molière fustigeait l’hypocrisie de certains dévots, elle semble aux yeux des religieux de l’époque une apologie du libertinage. Molière qualifie d’ailleurs son héros de « grand seigneur méchant homme ». Personnage complexe et révolté, il se revendique d’un athéisme forcené. A la fin de la pièce, dans un ultime défi, Dom Juan refuse de se repentir et subit le châtiment divin. Personnage  qui vaudra à la pièce d’être officieusement interdite. Créée le 15 février 1665, elle est arrêtée un mois plus tard.

Pour Dom Juan, il n’y a donc que la liberté qui vaille, gage d’aucune restriction, d’ aucune soumission, ni au père, ni aux femmes, ni à Dieu. C’est un provocateur qui rit de tout. Qui se moque de tout. Qui défie tout.

Une relecture décapante et décomplexée rondement menée par Jean-François Sivadier […]

Plus de trois siècles après être apparue sur la scène de l’Illustre Théâtre, peu après la censure du Tartuffe, la libre-pensée transgressive et provocatrice du personnage de Molière résonne toujours de manière éclatante avec l’actualité.

Mais si Don Juan est l’homme de la négation, de la séduction et de l’inconstance, c’est aussi et surtout le joueur, l’homme de théâtre, qui met au pilori tout ce qui peut enfreindre son indépendance de corps et d’esprit. Il est le masque noir de la liberté, défiant le ciel, défiant la scène du monde. Car Dom Juan est comédien. Son théâtre est celui où s’invente des univers inouïs, des figures imprévisibles, des futurs insensés, des paysages surréalistes, des comportements diaboliques. Son théâtre est ce lieu où la vie est libre de s’inventer comme elle l’entend, quoi qu’en dise le ciel, la morale et le dogme. Dom Juan vit et meurt sur la scène du théâtre.

Et dans cette fuite en avant, le Don Juan de Molière n’existe pas sans Sganarelle, sans la dialectique du maître qui tient son pouvoir du valet, ou du valet qui tient sa légitimité du maître sans le mouvement de l’altérité qui fait de Don Juan l’autre absolu, l’autre qu’on désire par ce qu’il est autre et parce qu’il y a déjà de l’autre en soi, à la fois anamorphose et double secret.

Les deux comparses s’adonnent à un dialogue ininterrompu, un ping-pong verbal, où face à son maître qui ne croit en rien, Sganarelle défend la religion, mais de façon si maladroite qu’elle en devient risible et ridicule.

La suite des personnages et des oppositions rencontrées par Don Juan (et son éternel Sganarelle/Molière), nous entraîne dans une série imprévisible de contrastes humains. Avec au cœur de chaque situation la croyance, ou la crédulité, et sa mise en doute par un esprit qui questionne sa responsabilité propre, à l’abri d’un jugement critique et cynique. Où si, à travers toutes ses séquences, quelqu’un croit en quelque chose, et pas seulement au « Ciel » (le plus souvent cité, bien sûr) : on croit au tabac, au loup-garou, aux flatteries amoureuses, au mirage de l’ascension sociale, à l’amitié entre hommes, à la repentance d’un fils en révolte, la méprise n’en est que plus cinglante.

Sur scène, le duo BouchaudGuédon fonctionne à merveille : subtil, drôle, enlevé, il électrise le public, faisant ressortir l’attraction et la répulsion qui unissent les deux personnages au gré de ruptures de jeu et de ton qui leur donnent toute sa démesure.

Les quatre autres comédiens : Stephen Butel, Marc Arnaud, Marie Vialle et Lucie Valon ne sont pas en reste. Chacun s’emparant des autres rôles avec une aisance aussi facétieuse que mordante.

La scénographie de Daniel Jeanneteau est une boîte magique. Modulable, elle s’adapte aux différents plateaux de théâtre figurant les espaces traversés par Dom Juan mais également l’état d’esprit du protagoniste. Le décor est parsemé de planètes, lunes, étoiles qui font référence à la Vie de Galilée et aux croyances qui remettaient en question les conventions sociales.

Une distanciation ravageuse […]

Des improvisations burlesques sont insérées dans la pièce avec une lecture par Don Juan d’un extrait de La philosophie dans le boudoir du Marquis de Sade ainsi que deux chansons dont l’interprétation et leur contexte constituent le fil rouge du spectacle : la chanson “ Sexual Healing” de Marvin Gaye, chantée par Don Juan dont la traduction défile sur le panneau lumineux ainsi que la chanson “Les passantes” de Brassens que Sganarelle entonne pendant le repas, à la fin de la pièce.

Cette traversée foisonnante à l’instar d’un road-movie multiplie les apartés facétieux et les adresses au public. Dès son entrée en scène, Dom Juan aborde des spectatrices et improvise en fonction des femmes rencontrées. A la moitié de la pièce, avant son tour de chant, il répond par la négative à la demande de Sganarelle qui lui propose un entracte pour les spectateurs.

Un parti pris de mise en scène qui rappelle l’influence importante de la commedia dell’arte dans l’œuvre de Molière et insuffle une distanciation ravageuse, ouvert au questionnement de la pièce.  

Une relecture décapante et décomplexée rondement menée par Jean-François Sivadier où la dimension rock star de Dom Juan se charge d’une fureur de vivre et d’une course-poursuite avec la mort, offrant à la pièce une énergie et une mise en abîme enivrantes. Bravo !.

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Dates : du 14 septembre au 4 novembre 2016 l Lieu Odéon-Théâtre de l’Europe (Paris)
Metteur en scène : Jean-François Sivadier

Eternité, un véritable choc cinématographique

Eternité
Eternité, film de Tran Anh Hung, Copyright 2016 NORD-OUEST FILMS

Eternité, un véritable choc cinématographique

Un seul mot suffit à résumer le sentiment du spectateur éberlué à la fin de la séance d’Eternité : magique. Tout dans le film subjugue, des actrices fascinantes, des images d’une beauté rare, une mise en scène léchée et millimétrée. Le réalisateur Tran Anh Hung façonne un long métrage onirique et laisse ses acteurs en liberté pour livrer un récit familial dramatique et émouvant. La vie même est restituée dans un déroulé authentique où les coups du sort alternent avec des images de quotidien simples et profondes. Le film de l’année ? Peut-être…

Si les critiques consultées de ci de là laissaient craindre un film long et ennuyeux, les premières minutes font rapidement s’envoler les appréhensions. La magie s’installe instantanément dans ce récit de famille sensible et délicat. Tran Anh Hung fait le choix de la langueur pour scruter le quotidien d’une famille à travers les âges. De la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours, les joies et coups du sort se suivent dans une chorégraphie parfaite. Du grand art.

Une voix off ensorcelante 

A la manière du célébrissime Barry Lindon de Stanley Kubrick, une voix off avertit des évènements à venir. L’attention du spectateur ne se porte donc plus sur le sentiment de surprise mais sur l’esthétique, la forme, ce sentiment vaporeux d’éternité. Car si le film avertit très tôt que tout passe et que l’existence peut s’envoler à chaque instant, l’inévitable fugacité de la vie humaine s’inscrit dans un éternel recommencement. Les personnages naissent et disparaissent, vivent des moments de joie ou d’abattement, mais la vie reste toujours la plus forte. Et tandis que cette voix lancinante étrenne les textes profonds et poétiques de l’ouvrage L’Élégance des veuves d’Alice Ferney paru en 1995, c’est un véritable spectacle qui se déroule sur l’écran.

Omniprésente et lancinante bande son

Le film privilégie l’économie de dialogues pour mettre en avant des mélodies de piano évocatrices et lourdes de sens. Tran Anh Hung ne ménage pas le spectateur avec Bach, Chopin, Debussy ou Ravel égrénés tout au long de l’action. Plutôt que d’insister sur des émotions hollywoodiennes superfétatoires et excessives, les sentiments sont rentrés et la bande son prend le soin d’apporter cette nécessaire émotion cinématographique. Par petites touches et en toute pudeur, le réalisateur laisse le fil de la vie se tisser sans rien vouloir y apporter d’autres que de la profondeur.

Eternité
Eternité, film de Tran Anh Hung, Copyright 2016 NORD-OUEST FILMS

Des acteurs en liberté

Le choix du réalisateur de s’affranchir des règles contraignantes de tournage surprend. Sans donner d’indications aux acteurs, il les a laissés s’ébattre en liberté pour capter des situations et les agréger bout à bout. Au risque de l’incompréhension et surtout de finir certaines journées de tournage sans aucun matériel tangible. Pour un film basé sur la l’émotion et la liberté. Les 3 actrices Audrey Tautou, Mélanie Laurent et Bérénice Bejo naviguent dans les pièces de demeures bourgeoises, dans des jardins luxuriants ou dans des paysages paradisiaques avec toujours la même légèreté. Loin de paraitre surjoué ou millimétré, le film ressemble à une respiration dans le cinéma contemporain. Les liens entre les personnages atteignent une dimension d’universalité et d’intense empathie. A-t-on jamais aussi bien filmé les liens entre une mère et ses enfants ?

Un film mal compris ?

L’atmosphère délicieusement surannée du film s’inscrit dans une époque différente et une classe sociale supérieure. Matériellement à l’abri du besoin, ces femmes ne travaillaient pas et enfantaient de longues lignées. Car le film montre bien la fragilité de la vie humaine à une époque où les progrès de la médecine n’avaient pas encore atteint leur efficience actuelle. Pour 6 ou 7 enfants mis au monde, 3 ou 4 devaient mourir de maladies infantiles, d’accidents ou à la guerre. L’éternité soulignée dans le titre du film tient autant dans la force des sentiments que dans la perpétuation de la lignée familiale. De l’arrière grand-mère Audrey Tautou jusqu’à cette jeune fille courant sur le Pont Alexandre III, c’est un siècle de tragédies qui s’effacent devant les grands principes humains. Naissance, vie, mort, l’essentiel est mis tout en haut des contingences humaines.

Des images éblouissantes

La fascination est également transmise par l’art du réalisateur pour restituer sa vision. A se demander si un travail digne de photoshop n’a pas contribué à aviver les couleurs et les lumières pour les faire paraitre presque irréelles et oniriques. Ralentis et flashbacks permettent de faire ressortir ces liens ineffables entre les êtres. A chaque disparition, une séquence avive un souvenir ancré dans l’esprit des survivants. Comme pour graver dans le marbre l’existence du disparu et souligner le sentiment de perte. Le procédé se répète pendant tout le film, avec une récurrence émouvante et dramatique.

Tran Anh Hung réalise un film étalon du cinéma contemporain, donnant à la famille une place centrale dans l’existence humaine. L’émotion et l’empathie affleurent à chaque plan. La beauté se fait film, le film se fait universel. On touche au sublime. Elle est retrouvée. Quoi ? L’éternité.

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eternite-1-225x300Quand Valentine se marie à 20 ans avec Jules, nous sommes à la fin du 19e siècle. À la fin du siècle suivant, une jeune Parisienne, l’arrière-petite-fille de Valentine, court sur un pont et termine sa course dans les bras de l’homme qu’elle aime. Entre ces deux moments, des hommes et des femmes se rencontrent, s’aiment, s’étreignent durant un siècle, accomplissant ainsi les destinées amoureuses et établissant une généalogie… Une éternité…

Sortie : le 7 septembre 2016
Durée : 1h55
Réalisateur : Tran Anh Hung
Avec : Audrey Tautou, Mélanie Laurent, Bérénice Bejo, Jémérie Renier
Genre : Drame

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War dogs de Todd Phillips, la guerre a aussi ses bons côtés

War dogs copyright WB
War dogs copyright WB

War dogs de Todd Phillips, la guerre a aussi ses bons côtés

Todd Phillips n’a pas fait dans le raffiné pour son nouveau film. War dogs est une histoire de trafiquants d’armes à dormir debout et pourtant, inspirée de faits réels. Jonah Hill et Miles Teller incarnent les deux gus « héroïco-looser » de cette comédie qui a fait la clôture du festival de Deauville. Sortie en salle le 14 septembre.

Le trafic d’armes est un business juteux, très juteux… et accessible à tous ! Du moins, pendant la guerre d’Irak. A l’époque, l’armée américaine lançait un appel d’offre pour chaque commande d’armes. N’importe quelle entreprise pouvait entrer dans le jeu et répondre aux demandes considérables en équipements de l’armée. Deux copains à peine adulte, David et Efraim, se lancent dans ce business à risque. Les revenus qu’ils empochent sont d’abord modestes puis, l’argent coule à flot et un jour, ils signent le contrat de leur vie. Trois cents millions d’euros pour équiper les soldats américains qui se battent en Afghanistan. Une chance extraordinaire mais justement, la chance ne leur sourit plus. La situation leur échappe, tout dérape…

Excès et duo gagnant

Il y a des recettes que l’on connait trop bien pour les rater. Celle du film « too much », Todd Phillips la maîtrise parfaitement. Des bastonnades et des armes à gogo. Du rire et de la dérision pour dérider. Le rire idiot que Jonah Hill a composé pour le film est d’ailleurs une perle comique qui vaut le prix de la séance ! Et une pincée de fleur bleue dont Miles Teller se charge, déchiré entre ses affaires et la femme qu’il aime.

Drogue, fric, bad boys et corruption…

Drogue, fric, bad boys et corruption… War dogs est un film d’excès. Et on aime ça même si, parfois, c’est trop, on en perd nos repères. David et Efraim explosent toutes les barrières du rêve américain. La réussite pour tous, oh oui mais pour eux surtout même si c’est aux dépends des autres. Une réussite rapide, incontrôlable, habile ; l’Amérique est à eux. Mais ce sont des post-adolescents profiteurs de peu de vergogne. Pas facile de trouver les bons acteurs pour interpréter ce duo étonnant. Le leader et le suiveur, l’inconscient et le peureux, le vendeur de rêve et l’ambitieux sans y parvenir. Jonah Hill (Le Loup de Wall Street, 21 Jump Street, Le stratège) et Miles Teller (Whiplash, Divergent, Projet X) s’ajustent parfaitement à leur rôle. Un coup de chapeau à Jonah Hill tout particulièrement qui prouve encore une fois qu’il excelle dans le registre comique. Hollywood sourit à ces deux acteurs au look adolescent.

War dogs Todd Phillips
War dogs copyright WB

La rançon du dollar

Ce film est tiré d’une histoire vraie et c’est peut-être ça, sa plus grande réussite. Jusqu’au bout, c’est aberrant, fou, invraisemblable. Mais les millions mis de côté, il s’agit surtout d’une suite de mauvaises décisions prises par deux jeunes en quête d’aventures, d’argent et de succès. L’appât du gain fait taire les remords et on n’arrive pas au sommet sans faire de sacrifices. En l’occurrence, ils ont sacrifié leur intégrité, leur morale et le droit américain. On n’arrive pas au sommet sans arnaquer quelques dupes au passage. C’est le Pentagone qu’ils ont entubé. On n’arrive pas au sommet sans en descendre… Et ça fait mal. C’est la rançon du dollar.

War dogs est-il une satire des USA et du rêve américain ? Une critique de la démesure de ce pays qui ne met aucune limite au capitalisme ? Une attaque contre l’ambition à tout prix ? On peut y voir tout cela mais il n’est pas certain que Todd Phillips y ait mis autant d’intentions. Peut-être voulait-il simplement nous raconter cette folle histoire.

 

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War dogs afficheDeux copains âgés d’une vingtaine d’années vivant à Miami Beach à l’époque de la guerre en Irak, profitent d’un dispositif méconnu du gouvernement fédéral, permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d’offres de l’armée américaine. Si leurs débuts sont modestes, ils ne tardent pas à empocher de grosses sommes d’argent et à mener la grande vie. Mais les deux amis sont totalement dépassés par les événements lorsqu’ils décrochent un contrat de 300 millions de dollars destiné à armer les soldats afghans. Car, pour honorer leurs obligations, ils doivent entrer en contact avec des individus très peu recommandables… dont certains font partie du gouvernement américain…

Sortie : le 14 septembre 2016
Durée : 1h55
Réalisateur : Todd Phillips
Avec : Jonah Hill, Miles Teller, Ana de Armas
Genre : Comédie, drame, guerre

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Résultats concours : Free State of Jones, 10 places de ciné gagnées

Free State of Jones
Résultats concours : Free State of Jones, 10 places de ciné gagnées !

Vous avez été 3421 participants au concours Free State of Jones. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :

David Bigot, Marine Breard, Muriel Vachet, Elian Derycke, Rodolphe Glasson

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Effervescence et folie douce avec les jeux de l’amour et d’Offenbach

Les jeux de l'amour et d'Offenbach
Les jeux de l’amour et d’Offenbach, Théâtre de Poche Montparnasse

Effervescence et folie douce avec les jeux de l’amour et d’Offenbach 

Les jeux de l’amour et d’Offenbach offre un florilège des oeuvres les plus emblématiques de l’illustre compositeur français au coeur d’une truculente intrigue d’attirances et de répulsions. Une soprano et un baryton autrefois en couple se retrouvent à l’occasion d’une audition qui va raviver leurs sentiments. L’amour est au centre de cette pièce musicale enjouée et pétillante.

Une heure durant, les deux acteurs chanteurs Edwige Bourdy (en alternance avec Mélanie Boisvert) st Jean-Michel Séréni (en alternance avec Lionel Peintre) s’affrontent sur des airs d’Offenbach avant de succomber à nouveau à leurs charmes respectifs. Le ton est à la comédie, et le burlesque enjolive constamment les faciès. Mines déconfites, cris de surprise et courses poursuites endiablées égrènent ce doux et musical moment de théâtre. Une vingtaine d’extraits des oeuvres d’Offenbach accompagnent l’intrigue dans un déluge de surprises. D’Orphée aux enfers jusqu’à La Périchole en passant par La Fille du Tambour Major, c’est à un large panorama de sa riche oeuvre qu’assiste un public enthousiaste. Chaque extrait sert une avancée des rapports entre les personnages, d’abord surpris et inquiets de se rencontrer avant de se chercher, de s’amadouer et de finalement se séduire.

Nina Uhari (en alternance avec Erika Guiomar ou Sophie Teulon) accompagne au piano les interprètes dans un déferlement de mélodies chantantes. L’énergie déployée force le respect et met en valeur le texte et la mise en scène d’Yves Coudray. Réparties croquignolettes, algarades humoristiques, chaque péripétie provoque de francs sourires voire de tonitruants rires qui garnissent chaque salve d’applaudissements concluant les prestations. Et même si Offenbach n’est pas de la plus éblouissante actualité, le numéro de duettiste emporte l’adhésion générale malgré le côté suranné de l’opérette.

Ces jeux de l’amour et d’Offenbach soulèvent l’adhésion devant l’énergie déployée par les acteurs en état de grâce. Humour et émotion empreignent ce moment de théâtre musical d’un engouement enjoué.

Dates :  du 13 septembre au 6 novembre 2016
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Yves Coudray
Avec : Edwige Bourdy, Jean-Michel Séréni, Nina Uhani

Un mardi en novembre au Guichet Montparnasse : un mort et une famille à la dérive

Un mardi en novembre de Julein Séchaud Un mardi en novembre au Guichet Montparnasse : un mort et une famille à la dérive

Tous les vendredis et samedis à 19 heures, le théâtre Le Guichet Montparnasse accueille un quatuor de comédiens (Ghislain Geiger, Julien Séchaud, Juliette Stevez et Annie Vergne) pour jouer Un mardi en novembre.

Un rendez-vous familial

C’est un rendez-vous de famille que même les morts n’ont pas voulu manquer. Eva, comédienne acerbe et fière a quitté la scène brutalement il y a cinq ans. Avec son fils aîné, Aurélien, leur relation a toujours été soit tumultueuse soit silencieuse et accusatrice. Pianiste reconnu qui a arrêté net sa carrière, cet homme tourmenté va se confronter à sa mère. Mais sa visite inopinée après un long éloignement ne doit rien à l’amour, c’est sur la demande de Lisa, sa cousine, qu’il est venu. Lisa, femme dévouée, s’occupe de sa tante Eva depuis longtemps au lieu de s’occuper d’elle. Elle a assisté au déclin de la santé d’Eva que la maladie d’Alzheimer commence doucement à ronger.

Les trois personnages sont hantés par un même passé : la mort de Samuel, le plus jeune fils d’Eva. Enfant « différent », éternel enfant, Samuel va leur apparaître et tenter de les réconcilier, de les apaiser.

De l’amour, trop d’amour ?

L’histoire, finalement, est assez simple. Au début de la pièce, tout le monde est égaré et cache quelques rancœurs. A la fin, chacun a retrouvé son chemin et de la tendresse pour l’autre… C’est le monde des bisounours pour adulte. Un appel à s’aimer malgré tout, à mettre de côté son orgueil et à se parler. Une vision un peu naïve, un peu facile du monde. Peut-on vraiment réconcilié une famille déchirée ?

Un appel à s’aimer malgré tout

Parlons du mort, parlons de Samuel. Il va apparaître à tous les personnages un par un. Et mi magicien, mi psychologue, il va leur souffler des solutions, leur permettre de se libérer du poids de leurs non-dits et de leurs conflits. Sous le visage d’un enfant, c’est la paix qu’il leur apporte à chacun.

Julien Séchaud, en plus d’interpréter Samuel, est l’auteur de cette histoire de famille. Les dialogues sont beaux, poétiques, clairs et bien coupés. Des dialogues que les comédiens se sont appropriés avec succès. Ils font tous une belle performance.

Mais si l’histoire est prenante, elle traîne sur la fin. Et le dénouement « tout est bien qui finit bien » est un peu trop facilement amené. Enfin tout est bien… Eva continue à décliner et à se battre contre sa maladie mais les enfants sont finalement heureux. Si les parents finissent effectivement toujours par mourir pas sûr, en revanche, que les enfants arrivent toujours à s’épanouir. Mais le théâtre peut être porteur d’espoir après tout.

C’est un bon moment à passer qui pourra faire résonances à vos propres histoires de famille. La salle était pleine, alors pour assister à Un mardi en novembre, n’arrivez pas à la dernière minute si vous voulez avoir de bonnes places où simplement de la place !

Dates :  du 2 septembre au 17 décembre
Lieu : Le Guichet Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Annie Vergne
Avec : Ghislain Geiger, Julien Séchaud, Juliette Stevez et Annie Vergne

Son of Light / Noisy Blast : l’album concept de Mat3r Dolorosa

cover-mat3r-dolorosa-1024x919Son of Light / Noisy Blast : l’album concept de Mat3r Dolorosa

Album concept à l’oxymore prononcé, Son of Light / Noisy Blast fait naître de méandres sombres et tortueux une lumière évocatrice. L’artiste producteur lyonnais Mat3r Dolorosa propose un deuxième album dense et puissant, dont le titre fait référence au poète anglais John Milton et à son poème sur le mythe chrétien du jardin d’Eden « Le Paradis perdu ». Un album bicéphale et elliptique où s’entrechoquent des instrus élaborés aux confins de l’abstract hip-hop et de l’électro. Retroaction donne le là. Ce premier titre introduit la construction complexe et réfléchie d’un récit musical maitrisé. Voyons donc les titres dans leur ordre d’apparition.

Une oeuvre architecturale nourrie de contraires

L’explosion de Paradise, débordant d’effets sonores percutants, précède ensuite l’inévitable Décline, beaucoup moins digeste pour les oreilles. Black Memories ouvre un nouveau chapitre, avec une énergie différente qui annonce enfin la renaissance : le Son Of Light, pierre angulaire de l’album. On bascule ensuite vers de nouvelles sonorités, plus claires (bien que Claro soit plutôt anxiogène), plus lumineuses mais toujours aussi intenses. Parfois à l’extrême.

Que ce soit dans le temple de My Little Chapel, dans How We Pray For Her ou dans Pagan, on s’aperçoit que Son of Light / Noisy Blast est une oeuvre architecturale nourrie de contraires. La lumière puise sa force dans l’ombre qu’elle projette.

Un album parfois tortueux mais cohérent et structuré qui porte la signature Mat3r Dolorosa. A découvrir le 23 septembre.

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Narcos, l’incontournable série Netflix

Narcos
Narcos

Narcos, l’incontournable série Netflix

Pablo Escobar est le personnage ciné du moment. Campé sur grand écran par le troublant Bénicio del Toro dans le finalement moyen Paradise Lost, proie inapprochable dans l’actuel Infiltrator au cinéma, il fascine scénaristes et réalisateurs par son incommensurable réussite suivie d’une chute aussi brutale que vertigineuse. 7ème fortune mondiale au coeur des années 80, il a construit un édifice considérable pour devenir l’unique importateur de cocaïne aux Etats-Unis. De quoi s’attirer les foudres de l’administration américaine et du couple présidentiel. Narcos raconte son existence dans un biopic exaltant. Et la série tient en haleine comme rarement.

Narcos en trois mots : exécutions, intimidation, massacres.

La série aurait pu durer 6 saisons rien qu’avec le contenu de ces 2 saisons. Hyper denses, travaillées à l’extrême, elles contiennent tous les ingrédients du thriller à grand spectacle. Là où beaucoup de séries se contentent trop souvent de délayer pendant de longues saisons, Narcos synthétise en deux saisons l’ascension puis la traque d’Escobar. Avec un matériau sans équivalent : la réalité. Comment Pablo a créé le Cartel de Medelin en réunissant autour de lui les barons de la drogue, comment il a tenté de se faire élire député, comment il a semé la terreur en Colombie.  La série ne manque ni de rythme ni de scènes qui font froid dans le dos. Exécutions, intimidation, massacres. Tout cela est vrai.

La scène d’attaque du palais de justice à Bogota, par exemple, parait tellement incroyable qu’on ne peut imaginer que cela se soit réellement produit. Et pourtant. 100 morts, un impact sur le pays entier. Tout cela est l’oeuvre de Pablo Escobar. Avec un tel terreau, difficile de se louper. Et la série réussit à maintenir la tension en alternant entre mine patibulaire du narcotrafiquant et exactions à la chaine. Coups de fusils mitrailleurs et machettes aiguisées pullulent…

Plata o plomo

La saison 1 se concentre sur l’organisation du cartel, de la production à la distribution en passant par tous ces faciès de serial killer. Luis Guzman fait un baron de la drogue psychopathe assez crédible. Quand il lâche plata o plomo (l’argent ou le plomb), il ne donne pas envie de rigoler. Les autres comparses ont l’air tout autant déterminés à faire fructifier un trafic inimaginable. Des tonnes de cocaines, des montagnes de billets verts, le pays de cocagne. Sauf que face à eux se trouvent deux agents déterminés à les contrer. Les personnages véridiques de Javier Pena (Pedro Pascal) et Steve Murphy (Boyd Holbrook) servent de fil rouge à une traque impitoyable. Ils assistent les autorités colombiennes pour amoindrir, détruite et traquer Pablo. Humains et faillibles, ils patinent pendant longtemps avant quelques maigres succès. mais ils resserrent l’étau, inexorablement.

Et que dire de l’interprétation de l’acteur brésilien Wagner Moura en Pablo Escobar ? Si sa ressemblance n’est d’abord pas si criante que ça, il parvient à personnifier les doutes et l’implacable volonté du truand colombien. L’alternance d’images d’archives montre le vrai Pablo. A moto, pris en photo par la police, au milieu de ses somptueuses propriétés avec zèbres et flamants roses, il montre qu’Escobar n’est jamais rassasié, jamais arrivé. Il veut toujours plus et surtout se faire aimer. Il y parvient d’abord en construisant un quartier entier et en distribuant la plata. Avant de s’imposer par la terreur et de perdre ses alliés les uns après les autres. Un vrai exemple psychanalytique qu’adorerait Sigmund Freud. Bipolaire ? Schizophrène ? Syndrome de toute puissance ? Syndrome de persécution ? Il ordonne autant qu’il est personnellement capable de tuer un homme à mains nues…

Une saison 2 longuette ?

La série est un modèle d’équilibre. Pas un épisode sans son coup de théâtre, le rythme est perpétuellement garanti dans une farandole d’exécutions et d’arrestations. La saison 2 pourrait paraitre longuette. Pablo est caché, traqué,  Los Pepes élimine tous ses alliés. Mais non, on reste aux aguets, toujours friand de coups de théâtre. Et comme Pablo Escobar est également très proche de sa famille, les images du bonheur familial altéré par la traque rythment le film. Même au fond du trou, le personnage garde sa volonté de fer, malgré l’étau qui se ressert et le nombre en constante diminution de ses alliés. La chute est inéluctable, cruelle et pourtant juste. On sort rassuré de la saison 2. Oui, les ordures aussi peuvent ne pas s’échapper…

Alors question : la saison 2 est-elle au niveau de la saison 1 ? Je dirais que non même si elle reste à un niveau tout à fait honorable. J’ai avalé les 10 épisodes aussi vite que possible. Signe que cette série fascine tant par son ampleur que par son impeccable réalisation. C’est un signe.

A suivre dans une troisième saison qui tentera de poursuivre l’aventure Narcos sans Escobar.

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Narcos
Narcos

Loin d’un simple biopic de Pablo Escobar, Narcos retrace la lutte acharnée des États-Unis et de la Colombie contre le cartel de la drogue de Medellín, l’organisation la plus lucrative et impitoyable de l’histoire criminelle moderne. En multipliant les points de vue — policier, politique, judiciaire et personnel — la série dépeint l’essor du trafic de cocaïne et le bras de fer sanglant engagé avec les narcotrafiquants qui contrôlent le marché avec violence et ingéniosité.

Sortie : 2015 / 2016
Durée : 2 x 10 épisodes
Créé par : Chris Brancato, Eric Newman, Carlo Bernard
Avec : Wagner Moura, Pedro Pascal, Boyd Holbrook
Genre : Drame, Policier, Biopic, Thriller

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Infiltrator rejoue la chasse au Pablo Escobar

Infiltrator, film de Brad Furman, Copyright ARP Sélection
Infiltrator, film de Brad Furman, Copyright ARP Sélection

Infiltrator rejoue la chasse au Pablo Escobar

Infiltrator sème le doute. Le nom du film sonne comme Terminator ou Prédator et évoque le blockbuster à la sauce survitaminée. Alors que ce très honnête thriller américain évoque surtout la chasse au narcotrafiquant colombien au coeur des années 80. Avec méthode et un Bryan Cranston toujours aussi impérial.

Pablo Escobar est le personnage cinéma du moment. Benicio del Toro l’a magnifiquement interprété dans le finalement moyen Paradise Lost. Wagner Moura le campe avec talent au cours de 2 passionnantes saisons de Narcos. Infiltrator l’invoque à tout bout de champ sans jamais vraiment l’apercevoir. A la tête d’une fortune de plusieurs milliards de dollars, 7e fortune du monde au milieu des années 80, il diligente l’importation de la cocaïne aux Etats-Unis via sa plateforme de Miami. Un organigramme lui permet de régner sur la drogue si prisée des fêtards américains. Mais les services fédéraux américains règnent et vont tenter de démolir l’édifice.

Bryan Cranston est l’agent infiltré qui sacrifie sa vie pour cohabiter avec les trafiquants et gagner leur confiance. Son imperturbable faciès a été suffisamment travaillé au cours de 5 inoubliables saisons de Breaking Bad pour faire immanquablement merveille. Imperturbable même s’il frissonne intérieurement, il échappe aux règlements de compte et intimidations pour démanteler la sinistre organisation. Les 2 heures de film alternent entre moments de tension et plages de calme dans une mise en scène brillante à l’occasion. Brad Furman a tenté l’originalité dans quelques scènes marquantes comme l’arrivée de ce banquier légèrement extravagant ou le plan séquence de mariage. De quoi donner une belle ampleur au film. En invoquant Le Parrain 2 avec un bel art du suspense, le thriller se laisse très bien regarder.

Ce thriller a beau utiliser des codes éculés, il le fait avec brio et remplit le contrat. Faire frissonner et tenir en haleine. N’est-ce pas l’objectif ? Quant à Pablo, on sait comment il a fini. Mal.

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infiltrator
infiltrator

L’agent fédéral Bob Mazur a pour mission d’infiltrer le cartel de drogue de Pablo Escobar. Son but : faire tomber 85 barons et une banque internationale. Son plan : s’inventer un passé, une identité, une fiancée. Son risque : le moindre faux pas lui serait fatal.

Sortie : le 7 septembre 2016
Durée : 2h07
Réalisateur : Brad Furman
Avec : Bryan Cranston, Diane Kruger, John Leguizamo
Genre : Thriller

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I Love Piaf donne le frisson au Théâtre Edgar, à Paris

I Love Piaf
I Love Piaf, mise en scène de Jacques Pessis, Théâtre Edgar

I Love Piaf donne le frisson au Théâtre Edgar, à Paris.

I Love Piaf n’est rien de moins qu’un sommet de spectacle musical. L’émotion est à son comble quand retentissent ces airs si connus que toute la salle entonne avec entrain. Conteur, chanteuse et accordéoniste font revivre le mythe Edith Piaf sur la scène du Théâtre Edgar avec truculence. De sa jeunesse tourmentée à son succès fulgurant en passant par ses inoubliables chansons, c’est tout un pan de l’histoire de France qui ressurgit et transporte l’audience.

Le personnage est mondialement connu, voire familier. Une véritable légende entoure ce petit bout de femme à la voix si puissante et un film récent a fait triompher son interprète pour une carrière hollywoodienne flamboyante. Et pourtant, l’existence d’Edith Piaf regorge de secrets à découvrir. Jacques Pessis campe ce conteur à la connaissance encyclopédique qui accumule les anecdotes sur Edith Giovanna Gassion, orpheline élevée dans la rue dotée d’un organe vocal saisissant et devenue une star internationale. Pour mettre les mots en musique, Caroline Rose entonne les classiques interprétés ou composés par la Môme Piaf. La taille de la salle autorise une proximité qui avive d’autant l’envie de chantonner que de partager le moment. D’autant qu’Aurélien Noel accompagne la chanteuse avec son accordéon pour un véritable frisson qui parcourt tout le corps.

I Love Piaf, c’est avant tout de l’émotion pendant 1h30 de spectacle mené tambour battant. Cette existence romanesque contient tous les ingrédients d’une légende, souvent extatique, parfois déchirée mais menée toujours à 100 à l’heure. L’alternance d’explications brèves mais percutantes avec les interprétations habitées donne envie d’écouter du Piaf dès la pièce terminée. Le Titi parisien le dispute à la répartie à la volée, la gouaille est permanente et l’alternance la règle. Un morceau de Rock’n’Roll ou l’évocation de figures du Paris des années 30 font replonger dans une époque oubliée. Les noms de Jean CocteauYves Montand ou Marcel Cerdan raisonnent comme des fantômes du passé.

Le spectacle se clôture avec une salle chantant en coeur avec Caroline Rose tandis que tous tapent dans les mains en rythme. Succès total pour cette reprise déjà évoquée dans une de mes chroniques sur Publik’Art. Cette version sous-titrée en anglais rencontrera certainement le même succès !

Dates :  A partir du 10 septembre 2016, le samedi à 17h et dimanche/lundi à 20h
Lieu : Théâtre Edgar (Paris)
Metteur en scène : François Chouquet
Avec : Jacques Pessis, Caroline Rose ou Laura Chevalier, Aurélien Noël

Injuriez-vous ! Du bon usage de l’insulte : « pédé », « chienne » & Cie (La Découverte)

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Injuriez-vous ! Du bon usage de l’insulte : « pédé« , « chienne » & Cie (La Découverte)

« Fils de pute », « pédé », « chienne »… La vulgarité dans toute sa banalité. Voilà dans quel pétrin Julienne Flory s’est volontairement jetée. Avec Injuriez-vous !, elle nous emmène découvrir l’envers du décor des insultes. Un sens caché ? Une profondeur insoupçonnée ? Ont-elles d’autres raisons d’être que de blesser ?

Insultons-nous mais insultons-nous bien

Ce livre est gentiment subversif. Il nous apprend à manier l’injure pour ne pas se tromper ni de cible ni d’effets. Ce serait dommage. Insulter est un art, cela se travaille. L’analyse du contexte, du statut social et de la personnalité de l’interlocuteur permettront de choisir le nom d’oiseau le plus approprié. Alors injuriez-vous ! Mais s’il vous plaît, faites ça bien !

Ouvrir ce livre, c’est pénétrer dans un monde étrange. Car, à force d’étudier les injures, Julienne Flory les considère presque tendrement. Non, les insultes ne salissent pas la langue française. Elles en font partie et il faut les accepter plutôt que de les chasser à tout prix. Elles font sa diversité et sa jeunesse, son renouvellement même. Un point de vue que les amoureux de la langue française auront sûrement du mal à avaler. Le débat est ouvert.

Oublier les vieilles traditions langagières désuètes, Julienne Flory propose de vivre avec son temps. La beauté de la langue, l’idéal d’une langue poétique et irréprochable… Du passé ! Alors Injuriez-vous ! Oui, c’est blessant, oui, c’est humiliant mais en les utilisant, on casserait les codes, on affirmerait sa différence, on s’écarterait de normes sociétales oppressantes.

Je t’aime – Moi aussi, mon petit bâtard  

Ne ressentez-vous pas la tendresse des insultes ? Mais si… sous la surface ! Oui, « bâtard » renferme de l’affection ! Bien sûr « mon petit bâtard »…

Pour réhabiliter les insultes, Julienne Flory a fait fi de leur part d’ombre pour s’approcher de leur part de lumière. A l’intérieur d’un même groupe social, s’injurier peut être une façon pudique de se dire son amour ou son amitié. Aux Etats-Unis, la communauté afro-américaine s’auto-désigne comme « nègre ». Terme autrefois péjoratif, ils lui ont donné une nouvelle vie, ils ont stoppé son pouvoir de nuisance en se l’appropriant.

L’étymologie des insultes, leur misogynie, leur pourvoir… Dans un style fluide et sans s’attarder, Julienne Flory décortique l’injure. Adoptant un point de vue étonnant, presque dérangeant  puisqu’elle les défend également. Un livre bien documenté qui ne s’enfonce pas dans une analyse sans fin au risque de perdre le lecteur. On se divertit un peu, on apprend un peu et on se pose des questions.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Injuriez-vous Julienne Flory affiche« Fils de pute », « nique ta mère », « sale chien », « connasse », « pédé » : pourquoi insulte-t-on ? Dans quels cas les injures sont-elles efficaces ? Comment peuvent-elles aussi rater leur cible et se retourner contre celui qui les profère ?
Injurier, c’est chercher à humilier. Ce livre pourrait certes nous apprendre à « bien injurier », mais il pourrait aussi nous aider à résister à la violence des mots. Celui qui veut injurier efficacement doit se faire apprenti sociologue ! Car les injures renferment des mystères plus profonds qu’il n’y paraît à première
vue. Elles tendent à nous assigner un rôle, à nous définir. Elles recèlent un réel pouvoir magique : celui qui est nommé peut se reconnaître, et trouver ainsi une nouvelle manière d’exister et… de se révolter.
Ce livre explore une variété d’injures et d’insultes courantes aujourd’hui. À chaque fois, il en reconstitue le contexte et le sens. Il propose ainsi un parcours amusant, plein de péripéties et d’aventures dans un monde pas toujours reluisant qui est pourtant le nôtre. C’est aussi un livre d’espoir pour un avenir meilleur.

Date de parution : mai 2016
Auteur :Julienne Flory
Editeur : La Découverte collection Les Empêcheurs de penser en rond
Prix : 13 € (160 pages)
Acheter sur : Amazon

Sur l’île, une prison, un livre carcéral de Maurizio Torchio (Denoël)

Maurizio Torchio
Maurizio Torchio
Foto di Alessandro Loddi

Sur l’île, une prison, un livre carcéral de Maurizio Torchio (Denoël)

Maurizio Torchio, écrivain italien, nous livre un récit surprenant sur la vie carcérale. Sur l’île, une prison raconte la vie carcérale, dans ses moindres détails, à travers un homme condamné à perpétuité.

On a tous vu des films sur les prisons et on imagine un peu la vie quotidienne en prison. Mais avec le livre de Maurizio Torchio, le lecteur est plongé au cœur du quotidien des prisons, et également des pensées intimes des prisonniers, et plus particulièrement d’un prisonnier. On devient à part entière un homme privé de toute liberté. Toro est en prison pour avoir séquestré la fille d’un patron, surnommée La Princesse du café. Il nous raconte comment il a surveillé cette otage, des jours et des nuits, sans jamais la toucher. Et une fois en prison, il a littéralement pété un câble et a fini par tuer un gardien. Il se livre de façon intime sur sa vie carcérale, enfin le peu de vie qu’il a à l’intérieur de la prison. On en connaît les moindres détails, qui n’ont aucun point commun avec la vie en-dehors de la prison. C’est presque inimaginable.

[…] Ceux qui disent que les visites sont une torture disent une connerie, et ils le savent. Y compris moi. Il ne faut pas l’oublier, parce que quand on se plaint trop on risque d’en venir aux mains avec ceux qui, peut-être, ont des enfants qui refusent de leur répondre au téléphone depuis dix ans.[…] p.168

Les gardiens ont aussi une vie comparable à celle des prisonniers, même s’ils sont de l’autre côté. L’auteur, Maurizio Torchio, arrive à nous capturer par cette vie désespérée mais qui reste quand même la vie. On se sent « étouffé » par tant de manque de liberté, manque de tout, presque un manque d’oxygène. Quand Toro parle de la place des femmes dans les prisons, cela donne la chair de poule.

Que cherchent-elles, en ces hommes qui les ont laissées seules ?
Des belles femmes, qui attendent des heures pour les enlacer un instant.
Et elles reviennent, elles reviennent, elles reviennent.
Des hommes qui ne pourraient jamais subvenir à leurs besoins. Mais ces femmes semblent se moquer de l’avenir ou du passé. […] p. 161

C’est à la fois presque inhumain et en même temps, tellement humain que c’en est troublant. A travers ce condamné à perpétuité, l’auteur met l’accent sur les contradictions même de l’homme. Incohérence du système, certes, mais aussi incohérence chez l’homme.
Mais jamais de jugement, de morale, juste des faits et des descriptions d’une situation, hélas, bien réelle.

[…] J’ai peur. J’ai honte de le dire. Pourtant si je ne le disais pas, j’aurais encore plus honte. J’ai peur parce que j’ai de l’espoir. Parce que, de façon absurde, j’ai l’impression d’avoir encore quelque chose à perdre. C’est vrai que je suis condamné à perpétuité sans remise de peine, mais les lois changent… Et puis, il y a toujours la grâce. […] p.205

Un très beau livre à découvrir, sans préjugé, juste à découvrir la vie autrement, la vie derrière les barreaux…

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Sur l’île, une prisonTrad. de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza

Depuis le tréfonds d’une cellule s’élève une voix. Celle d’un homme emprisonné pour avoir enlevé la fille d’un patron local, surnommée «la Princesse du café». Le jour où il tue un gardien, il est alors condamné à perpétuité et décide de tout raconter : les relations entre gardiens et détenus, les rivalités et la solidarité entre les prisonniers eux-mêmes. Il décrit la nourriture, le sexe, le monde extérieur, l’attachement désespéré aux objets, les jours et les nuits qui se confondent – tous les détails, même les plus infimes, sont rapportés avec une minutie sans pitié.
Sur l’île, une prison est un roman puissant et hypnotique qui plonge le lecteur dans un univers où l’espace et le temps, le bien et le mal, la lâcheté et le courage tels qu’on les connaît n’ont plus cours. À l’image d’Un prophète de Jacques Audiard, Maurizio Torchio nous livre un récit fascinant et inoubliable, dépourvu de tout jugement ou complaisance, sur la vie carcérale.

Date de parution : le 25 août 2016
Auteur : Maurizio Torchio
Editeur : Denoël
Prix : 16 € (256 pages)
Acheter sur : Amazon

Mercenaire, du mauvais rugby

Mercenaire
Mercenaire Photo © Ad Vitam

Mercenaire, du mauvais rugby ! 

Sacha Wolff réalise un film, Mercenaire, soit disant sur le rugby. Mais c’est une fiction, bien sûr. En fait, il s’attache surtout aux mœurs wallisiennes, bien différentes des nôtres. L’histoire est centrée sur un personnage, Soane, un wallisien pure souche et rugbyman qui rêve de devenir un grand.

Le synopsis est simple. Abraham repère Soane et propose à son père de l’envoyer en Métropole pour devenir un grand joueur de rugby. Là-bas, il gagnera beaucoup d’argent et pourra en envoyer à sa famille.

Mais la vie n’est pas si simple pour Soane, interprété par Toki Pilioko, vrai joueur de rugby et pas du tout acteur professionnel. Il semblerait que Sacha Wolff ait voulu faire un film sur le rugby, le monde du sport et montrer de très près un vrai joueur de rugby. Sans oublier Wallis qui apporte une touche toute particulière au film. Soane vit dans un squat, à Nouméa, avec sa famille. Son père abuse de son autorité et sème la terreur et la violence autour de lui.

Bien sûr, vu sous cet angle, le film Mercenaire paraît intéressant. Mais la violence et l’agressivité dominent le film. C’en est insupportable.
On peut regretter aussi que le film Mercenaire ne soit pas davantage centré sur la mentalité d’un club de rugby, ses exigences et son savoir-vivre. On voit davantage Soane se faire tabasser, sous tous les angles, encaisser les coups, avec une violence animale, et se doper pour tenir le coup ou être plus rentable pour le club. Un joueur de sa propre équipe a même tenté de le tuer ! Bien triste image d’un sport d’équipe, d’un sport fraternel avec de hautes valeurs morales…

Les rugbymen ne vont pas apprécier cette image de violence véhiculée par ce film. Dommage, vraiment dommage… Film classé par Publik’Art sans beaucoup d’intérêt ! Mercenaire a reçu un Prix à La Quinzaine des réalisateurs 2016 et a eu une nomination au Festival du Film Francophone d’Angoulême 2016.

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MercenaireSoane, jeune Wallisien, brave l’autorité de son père pour partir jouer au rugby en métropole.
Livré à lui-même à l’autre bout du monde, son odyssée le conduit à devenir un homme dans un univers qui n’offre pas de réussite sans compromission.

Sortie : le 5 octobre 2016
Durée : 1h44
Réalisateur : Sacha Wolff
Avec : Toki Pilioko, Iliana Zabeth, Mikaele Tuugahala
Genre : Drame

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Plats de résistance : Le Fooding s’engage !

Plats de Résistance - crédit AAAAA
crédit : AAAAA


Après « Cook it cool ! – Violences en cuisine » en novembre 2014 et « Tous au bistrot », le 17 novembre 2015, Le Fooding s’engage à nouveau le 24 septembre 2016 en créant l’événement avec San Pellegrino, son partenaire historique.

« Plats de Résistance » ? Un événement agit’popote pour une gastronomie humaniste.

« Plats de Résistance » ? Cinq services pour inviter à la découverte du goût des autres.

« Plats de Résistance » ? Un casting melting popote pour cuisiner la recette du vivre ensemble.

L’eau minérale pétillante de toutes les gastronomies, des plus authentiques aux plus sophistiquées, ne pouvait qu’adhérer à la cause de ce grand banquet festif et international, qui montrera combien la cuisine est un extraordinaire « liant social », avec des chefs français plus singuliers les uns que les autres, et des star chefs de toutes origines.

Au casting du Grand Fooding S.Pellegrino 2016, donc, des super cuistots, artisans et restaurateurs philanthropes, venus du monde entier, engagés dans des causes humanistes et prêts à user de leur talent pour porter des valeurs de partage et de plaisirs simples. Parmi lesquels :

Yotam Ottolenghi et Sami Tamimi (Ottolenghi, Londres), symboles d’une amitié et collaboration entre Israéliens et Palestiniens

Pierre Gagnaire (Restaurant Pierre Gagnaire, Paris), parrain pendant plusieurs années d’une initiative gouvernementale d’un programme de réinsertion par la cuisine

Franck Baranger, (Le Pantruche et Caillebotte, Paris) qui partage son succès en animant des ateliers cuisine pour le Secours Populaire

Kamal Mouzawak (Souk El Tayeb et Tawlet, Beyrouth) qui célèbre la diversité des producteurs, fermiers et cuisiniers libanais

Jessamyn Rodriguez (Hot Bread Kitchen, NYC), dont la boulangerie sociale emploie des femmes de minorité

Céline Pham, chef franco-vietnamienne qui collabore avec l’association Ernest pour lutter contre le gaspillage alimentaire, et soutenir les plus démunis

Aman Jaspal et Sameena Jaspal (Sarhad, Punjab), qui promeuvent la paix et l’amitié dans leur restaurant situé à la frontière indo-pakistanaise

Regina Tchelly (Favela Organica, Rio de Janeiro), qui aide les habitants de favelas à cultiver, cuisiner et se nourrir différemment en luttant contre le gaspillage alimentaire

Niki Kopcke et Roberta Siao (Mazi Mas, Londres) qui donnent une chance aux femmes immigrées en les employant pour les aider à se réinsérer socialement

Xavier Zapata (Café des Méditerranées, Marseille), son restaurant géré par l’association Cumin promeut les produits et cuisine de la Méditerranée, et donne une chance à des jeunes en contrat d’insertion, en salle et en cuisine

 Save the date : la billetterie ouvre le 15 septembre sur le site du Fooding ! 

Grand Fooding S.Pellegrino 2016 – Plats de Résistance – Infos pratiques

Date : le 24 septembre, dans la foulée de la journée internationale de la paix, pendant la street expo de Martin Parr « Faites l’amour et la cuisine, pas la guerre » organisée par L’Unesco et Le Fooding – renseignements sur demande.

Lieu : La Générale, 14 avenue Parmentier (11ème)
Capacité : 1 000 places, en cinq services
Réservations : le 15 septembre sur lefooding.com
Entrée : 40 € (hors frais de billetterie).

Sur chaque menu payé 5 € seront reversés à SOS MEDITERRANÉE, association civile et européenne de sauvetage qui porte assistance aux personnes en détresse en mer Méditerranée – L’Aquarius c’est eux!

Myriam Boyer et Jean Benguigui dans un face à face intense pour « Le Chat » de Simenon

Myriam Boyer et Jean Benguigui dans un face à face intense pour "Le Chat" de Simenon
Myriam Boyer & Jean Benguigui « Le Chat » de Georges Simenon © DR

Myriam Boyer et Jean Benguigui dans un face à face intense pour « Le Chat » de Simenon

En 1967, paraît ce roman, Le chat, signé du prolifique écrivain qu’était Georges Simenon et dont l’adaptation au cinéma par Pierre Granier-Deferre vaudra à Jean Gabin et Simone Signoret, d’incarner un couple maléfique, gangréné par l’usure, pour un duo aussi glacial que cruel.

Adapté pour la première fois au théâtre, Myriam Boyer et Jean Benguigui reviennent à la version initiale du livre où la guerre qu’ils se livrent se nourrit de leur différence sociale, du poids des souvenirs et de leurs idéaux inconciliables. Un affrontement aussi noir que jubilatoire.

Le Chat, c’est donc l’histoire de deux veufs que tout oppose et qui unissent leurs solitudes sur un malentendu, entre désespérance et intérêt.

Emile est un ouvrier à la retraite, rustique et dépourvu d’éducation tandis que Marguerite appartient à la bourgeoisie cul-béni provinciale mais déclassée, suite à la perte de la biscuiterie familiale.

Ils ont du mal à vivre seuls plus qu’ils n’ont d’élans passionnés, de projets communs et d’affinités électives. Leur mariage célébré va rapidement tourner court et laisser place à l’indifférence et aux ressentiments. Chacun devenant le bourreau et la victime de l’autre.

Un affrontement aussi noir que jubilatoire

La mise en scène rythmée de Didier Long explore avec finesse la psychologie des personnages avec ses attentes, ses failles et ses contradictions.

Où par un procédé de flash-back se déroule leur rencontre pleine d’espoir, la désillusion de la vie commune et le point de rupture qui cristallise le temps présent avec les hostilités déclarées lorsque le chat de l’un et le perroquet de l’autre, deviennent les victimes collatérales de leur affrontement implacable.

Une guerre silencieuse, sournoise et froide où la parole a laissé la place à des échanges délétères sous forme de petits bouts de papiers laconiques interposés et à une délimitation cloisonnée de l’espace commun.

Jean Benguini et Myriam Boyer sont criants de vérité, au plus près de cette condition humaine confrontée à ces manques et à cette incompréhension destructible face à l’autre.

La fuite en avant se décalque aussi sur la fin d’un monde où les promoteurs sont à l’oeuvre pour construire de nouveaux immeubles et faire table rase du quartier populaire de Marguerite qui en refusant de vendre sa maison et par la même se résoudre à son déracinement, s’expose chaque jour à la menace d’un chantier de plus en plus envahissant et opressant.

Un spectacle accompli porté par une adaptation inventive.

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Dates : A partir 6 septembre 2016 l Lieu Au Théâtre de l’Atelier (Paris)
Metteur en scène : Didier Long l Avec : Myriam Boyer et Jean Benguigui

Vidéo skate : la team NB fait son run de rentrée

42394Vidéo skate : la team NB fait son run de rentrée

Adieu les plages d’été, les vacances bucoliques dans une nature luxuriante. Retour au béton bien dur de nos villes, grandes ou petites. La rentrée est déjà derrière nous. Oui, mais voilà, le bitume a aussi du bon quand on voit ce que la team New Balance est capable de faire. Bon, ce run se passe en Espagne et fleure bon le soleil mais tout de même, ça donne envie de ressortir sa board et de se défouler comme il se doit en attendant lundi !

Une vidéo pour se faire plaisir et se consoler :

Et en bonus, ce petit record du monde de Nollie Flip :

[TEST] : La GourmiBox du mois d’Août

GourmiBox

[vc_text_separator title= »La GourmiBox » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

La GourmiBox, qu’est ce que c’est exactement ? C’est l’opportunité de découvrir chez soi 5 à 7 produits d’épicerie fine, sélectionnés pour leur qualité et leur originalité. Chaque mois, des saveurs différentes et des idées recettes à cuisiner chez soi en toute simplicité.

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Sans engagement – un mois : 29,90 €

Livraison offerte en France

Note globale obtenue : 4,2/5

[vc_btn title= »VISITEZ LE SITE » color= »primary » align= »center » link= »url:http%3A%2F%2Fgourmibox.com%2F|title:La%20GourmiBox|target:%20_blank »][vc_text_separator title= »CONTENU DE LA GOURMIBOX DU MOIS D’AOUT » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Pour vous faire saliver, voici le contenu de la box d’août :

  • des gressins aux sésames
  • de la terrine de rillettes au citron vert et au gingembre
  • de la crème de pousses de navets
  • 250 grammes d’oriechiette
  • un mélange de graines (lin doré, graines de chia, graines de chanvre)
  • un dessert poires et framboises
  • deux fiches recettes
  • un livret d’explications concernant les produits

 

Contenu de la GourmiBox du mois d’août 2016

[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

La GourmiBox, c’est un peu la box montante du moment. Les français sont friands de bonnes découvertes gustatives et nous aussi, alors on a testé.

La box est reçue rapidement, dans un emballage bien soigné qui garantit la bonne réception des produits. A première vue, elle semble très lourde. On a hâte de découvrir ce qu’elle nous réserve. Le packaging de la box est sympa, même s’il manque peut-être d’un peu de couleurs par rapport à ses concurrents. Les produits à l’intérieur sont bien protégés par des papiers absorbeurs de chocs. On arrive tant bien que mal à y trouver les produits, mais cela rajoute un peu de piquants à cette découverte, c’est un peu comme une pêche à ligne le jour d’une fête foraine.

Comme promis dans le descriptif, 6 produits nous sont présentés, avec ses deux fiches recettes et le petit livret de présentation. On s’attarde sur chaque produit face à des intitulés originaux. Que pourra-t-on faire avec ce mélange de graines particulières ? Qu’est ce donc cette crème toute verte aux saveurs italiennes ? Ni une, ni deux, on se jette sur le livret pour découvrir les descriptions et on s’imagine déjà autour d’un bon repas. Pour avoir goûté tous ces produits, ils sont raffinés et nous font passer de bons moments. On se retrouve néanmoins très surpris avec le dessert sucré …. trop sucré. Mais les goûts et les couleurs cela ne se discute pas.

Ce que l’on regrette dans cette Gourmibox, ce sont les quantités ; le dessert est tout petit, les pâtes ne nourriront que deux estomacs, et si malheureusement la famille est nombreuse, et bien il faudra se battre devant tant de découvertes.

C’est donc sûrement cela le gros point noir de cette box : la quantité. Les produits sont de très grande qualité, mais par conséquent pour le prix, et bien il faudra se contenter de petites bouchées.

A noter le très bon point de la Gourmibox pour son esprit écolo : pour un nouvel abonné, un arbre planté : Si ce n’est pas formidable 😉

 

Amanda Knox : le nouveau film documentaire attendu sur Netflix

Amanda Knox Netflix
Amanda Knox face caméra dans le prochain documentaire Netflix

Amanda Knox : le nouveau film documentaire attendu sur Netflix

Amanda Knox, c’est l’intitulé peu bavard du prochain documentaire coup de poing signé Netflix. Après la série Making a Murderer, qui dépeçait une sombre histoire policière en remontant une enquête qui avait aboutie à la condamnation de Steven Avery, c’est au tour d’Amanda Knox, soupçonnée du meurtre de sa colocataire Meredith Kercher en Italie d’entrer dans l’arène.

La jeune femme avait été condamnée (avec son ex-copain) à 26 ans de prison en 2009 avant d’être acquittée en appel en 2011. Affaire à multiples rebondissements, l’arrêt d’appel avait été cassé et suivi d’une nouvelle condamnation à 28 ans de prison en 2014 avant un dernier acquittement en 2015.

Le meurtre de Meredith Kercher a été l’une des affaires policières les plus médiatisées de ces dernières années. La principale suspecte se livrera face caméra dans ce documentaire qui porte son nom. Ce sera à vous de vous faire votre propre opinion.

Eight Days a Week ou la Beatlemania expliquée aux jeunes générations

Eight days a week
Eight days a week, film de Ron Howard, Copyright Studiocanal GmbH / Apple Corps Ltd

Eight Days a Week ou la Beatlemania expliquée aux jeunes générations

Difficile d’imaginer aujourd’hui la folie furieuse que fut la Beatlemania entre 1962 et 1966. Eight Days a week fait revivre ces années fastes qui ont marqué l’histoire du XXe siècle en compilant images d’archives et interviews pour un récit fort en émotion. Ron Howard orchestre à la perfection ce documentaire qui ravira fans et béotiens. It’s been a hard day’s night…

Si les Beatles ont livré quelques uns des plus grands albums de l’histoire de la pop music, le groupe a surtout créé sa légende via des concerts enchainés à un rythme dantesque. Parfaitement en place, vêtu de costumes stylisés, coiffés au bol et chacun dans son rôle, les Beatles ont ravi les foules dès leurs premières apparitions. Après une année difficile à jouer au Cavern Club de Liverpool et à enchainer les concerts pour marins en goguette dans le port d’Hambourg, la Beatlemania a éclos comme par magie en 1962 avec leur premier simple Please please me. En enchainant les numéros 1 au Hit parade, les Fab Four ont construit leur légende.

En 1961, tout une génération de teenagers de l’après WWII n’attendait qu’un groupe comme les Beatles pour exprimer sa rage adolescente et laisser libre cours à son déferlement hormonal.  Il faut voir ces images de concerts rendus assourdissants par les cris suraigus d’adolescentes en extase. 4 garçons propres sur eux, souriants, comiques et surtout rassurants pour les parents ont raflé la mise. Alors que ceux qui connaissent l’histoire sauront que les Beatles étaient beaucoup moins bien éduqués que les Stones visiblement plus voyous… Livrer des tubes numéros 1 semble avoir été une partie de plaisir. Love me do, I want to hold your hand, Can’t buy me love, chacune de ces chansons s’est imposée dans les charts avant la conquête des Etats-Unis, véritable graal de tout groupe décidé à mettre le monde à ses pieds.

Les 2h de documentaire sont un véritable plaisir de fans. Revoir les 4 scarabées à l’orée de leur vingtaine, hâbleurs, détendus, heureux de vivre chaque jour est un plaisir coupable. Surtout que dès 1965, la lassitude s’installe devant des débordements de plus en plus fréquents. Candestick Park en 1966 clôtura leur carrière scénique, ouvrant la voie à la réalisation d’albums devenus légendaires. Sergeant Pepper, White Album, Abbey Road, Let it be, certains ont rayé leurs cd’s à force de les écouter en boucle… c’est la bande son d’un groupe rentré dans la légende qui défile 2h durant, avec des images inédites clôturées par ce concert au Shea Stadium rendu audible par un fastidieux travail de mixage.

Peut être le documentaire définitif sur les Beatles de la belle époque, avant les tensions et la fin tragique du groupe. Voir les Beatles sur scène, ce devait être le moment d’une vie, comme le dit si bien Whoopi Goldberg avec force soupirs. Ces 4 blancs becs réussirent à unir les gens par delà leur âge et leurs différences, créant une universalité bienveillante et amicale. Belle performance…

Eight days a week tirera une petite larme aux beatlemaniaques tant la magie opère. Les connaisseurs pourront fredonner les tubes avec un large sourire. Ce documentaire est à voir absolument le 15 septembre en séance unique!

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Eight days a week
Eight days a week

Jeudi 15 septembre à 20h, à l’occasion d’une séance unique au cinéma diffusé dans le monde entier, les spectateurs pourront se replonger dans les années 60 aux côtés du groupe légendaire à travers une expérience cinématographique inédite en exclusivité dans plus de 100 salles partout en France.

Avec des images rares et exclusives, The Beatles : Eight Days A Week – The Touring Years retrace les premières années de la carrière des Beatles de 1962 à 1966, marquées par les tournées incessantes à travers le monde. Des centaines de dates, des milliers de fans, des heures de concerts ont permis aux Beatles d’entrer dans la légende, mais aussi d’apprendre à se connaître, à se chercher, à se renouveler et à écrire ensemble toujours plus de chansons mythiques. Du Cavern Club de Liverpool à leur dernier concert au Candlestick Park de San Francisco, découvrez les Beatles comme vous ne les avez jamais vus et jamais entendus, à travers des enregistrements live et archives inédites.

Et spécialement pour cette soirée au cinéma, les spectateurs pourront vivre sur grand écran plus de 30 minutes inédites du concert du SHEA STADIUM de 1695 pour la première fois remasterisées ! Vous connaissez le groupe, pas leur histoire.

Sortie : le 15 septembre 2016 séance unique
Durée : 2h00
Réalisateur : Ron Howard
Avec : John, Paul, George, Ringo
Genre : Documentaire

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La Version Browning justifie les attentes placées en elle

La Version Browning
La Version Browning, Mise en scène Patrice Kerbrat, Théâtre de Poche Montparnasse

La Version Browning justifie les attentes placées en elle

La Version Browning se concentre sur un professeur de grec et de latin prêt à quitter son établissement suite à des problèmes cardiaques. 1h20 durant, le digne et méritant cacique chancelle face aux coups de butoir d’un entourage bien moins bienveillant qu’il ne croyait. Robes professorales, impeccables chignons et papier peint ringard ressuscitent l’atmosphère d’une Angleterre des années 40 plus vraie que nature. Les révélations foudroient le malheureux en même temps qu’elles déstabilisent une audience accueillie d’abord sur le ton de la comédie avant de se retrouver face à un drame social acerbe et sans concessions. 7 comédiens animent cette galerie de personnages avec une vraie science de la duplicité pour des effets qui font mouche à chaque fois.

Cette Version Browning ressemble à un safari dans la brousse. L’acharnement généralisé contre la bête blessée informe sur les natures humaines. Le professeur craint par ses élèves et respecté par ses collègues voit l’édifice patiemment échafaudé s’effriter inexorablement. Les racontars initiaux colportés par un élève, un professeur et l’épouse dévouée prennent rapidement vie dès son arrivée sur scène. Le professeur Crocker Harris est une caricature d’universitaire sans vie ni enthousiasme. Il méprise ses élèves et se soumet aux règles du campus avec la raideur d’un vieux dinosaure. Difficile de croire qu’un tel personnage puisse jamais remettre en cause ses propres principes ou les lois de l’établissement. Mais le zèle de chacun pour le mortifier va le révéler à lui même ainsi qu’à ceux qui le jugeaient trop fragile pour oser réagir.

La scène du Théâtre de Poche Montparnasse accueille un huit clos claustrophobique où chacun s’annonce par quelques coups sur une porte imaginaire comme pour annoncer une sentence. Les acteurs, Jean-Pierre Bouvier en tête, magnifient le texte de Terence Rattigan  et défilent dans un rythme cauchemardesque. Si le texte traduit de l’anglais fait la part au classicisme suranné d’un temps révolu, les pantomimes laissent peu de doutes sur les intentions de la pièce. Cette critique d’une société profondément injuste et hypocrite sous des atours habilement policés fait froid dans le dos. Pensant récolter les fruits d’un dévouement de toute une vie, Crocker Harris saura conserver sa dignité face aux coups du sort. La scène aura beau devenir cette cellule condamnant le héros à une pénitence éternelle, son flegme changera la sentence en repentir serein.

Chacun se demande ce que cache le titre de la pièce. Quelle est cette fameuse Version Browning? Véritable talisman qui révèlera le professeur à lui même, il faut aller le découvrir pour en savoir plus…

La pièce surprend par son faux rythme et ses révélations en série. Le drame surpasse la comédie et maintient l’attention de spectateurs interloqués tout du long. Le ton n’est pas vraiment au divertissement, mais plutôt à la psychanalyse théâtrale.

Dates :  à partir du 1er septembre 2016
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Patrice Kerbrat
Avec : Jean-Pierre Bouvier, Marie Brunel, Nikola Krminac

Vert émeraude, petit dernier d’une trilogie adolescente mitigée

Vert émeraude Felix Fuchssteiner
Vert émeraude copyright Concorde Filmverleih GmbH

Vert émeraude, petit dernier d’une trilogie adolescente mitigée

Adaptation cinématographique du dernier tome de La trilogie des gemmes, Vert émeraude est un film fantastique réalisé par Felix Fuchssteiner et Katharina Schöde. Précédé des films Rouge Rubis et Bleu Saphir, il conclut donc cette saga adolescente allemande. Sortie prévue en DVD et Bluray pour le 21 septembre 2016.

Attention, scénario complexe ! Inutile déjà de s’attaquer à ce film si vous n’avez pas regardé les deux premiers. Mais tentons la synthèse. Gwendolyn est une lycéenne londonienne ordinaire tendance empotée. Un jour, elle découvre qu’elle peut voyager dans le temps en atterrissant, malgré elle, dans les années 1900. Hors de contrôle, son nouveau pouvoir l’effraie. Pour le maîtriser, elle doit se résoudre à intégrer la loge secrète, séculaire et très puissante du Comte de Saint-Germain. Là, elle y apprend qu’elle est le dernier des douze voyageurs du temps. Commence alors une aventure à travers les âges où, en compagnie de son beau et prétentieux partenaire, Gidéon de Villiers, elle devra accomplir de nombreuses missions et sauver sa peau.

Voilà le topo, enfin… L’introduction. Maintenant, que se passe-t-il plus précisément dans cet ultime opus ? Gwendolyn et Gidéon savent que la loge cherche à acquérir un immense pouvoir qui pourrait faire courir à l’humanité un grand danger. Pour en savoir plus et pour les contrer, ils vont affronter leurs ennemis dans le passé comme dans le présent. Sur leur route, ils vont également devoir se battre avec les sentiments qu’ils ont l’un pour l’autre.

Vert émeraude
copyright Concorde Filmverleih GmbH

Film d’amour, d’humour et d’actions, le combiné des trois aurait pu être heureux mais la réalisation est assez bancale. Trop de facilités dans le scénario, de retournements de situations improbables… Il est vrai que le défi n’était pas évident car l’histoire est dense (du fait de la riche imagination de son auteur, Kerstin Gier). La résumer sans l’abîmer était une difficulté qu’ils n’ont pas totalement surmontée, on se perd dans les dédales du scénario.

Bien que de peu d’ambitions, Vert émeraude est « mignon ». Une héroïne rafraîchissante et drôle, la folie des personnages secondaires, une idylle sympathique et mouvementée entre Gidéon et Gwendolyn… Bref, il y a de la matière et du rythme mais, jamais, ils ne réussissent à nous transporter complètement. Un pied dans l’imaginaire du film, l’autre reste posé sur terre.

Divertissant mais pas passionnant. Pour les adolescents mais pas pour un public exigeant. Vert émeraude ne restera pas comme un film du genre mais peut vous faire oublier le quotidien un instant !

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Vert émeraudeAprès avoir mis la main sur les notes du comte de Saint-Germain, Gwendolyn et Gideon en sont maintenant certains : la prophétie des voyageurs du temps n’était qu’une chimère destinée à servir les intérêts des veilleurs. Pire, l’humanité pourrait courir un grand danger si le pouvoir du Cercle de sang était libéré. Quel est ce pouvoir et pourquoi le Cercle cherche-t-il a s’en emparer depuis des siècles ? Quels mystères le chronographes peut-il encore cacher ? Les réponses, Gwen et Gideon devront les chercher dans le présent et le passé pour mettre définitivement fin aux activités du Cercle.

Sortie vidéo : le 21 septembre 2016
Durée : 1h52
Réalisateur : Félix Fuchssteiner et Katharina Schöde
Avec : Maria Ehrich, Jannis Niewöhner, Laura Berlin
Genre : Fantastique
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Comancheria : braquer sa banque pour solder ses comptes (Festival de Cannes 2016)

Comancheria
Comancheria, photo : Chris Pine et Ben Foster

Comancheria : braquer sa banque pour solder ses comptes (Festival de Cannes 2016)

Réalisé par David Mackenzie, Comancheria (titre original : Hell or High Water) faisait partie de la sélection « Un certain regard » de cette 69e édition du Festival de Cannes. Un film où des cowboys braquent leur banque pour solder leurs comptes.

Ils sont frères. Tanner (Ben Foster) sort tout juste de prison et retrouve le ranch familial. Durant son séjour carcéral, son petit frère Toby (Chris Pine) a dû gérer les mauvais coups du sort, notamment la maladie qui a emporté leur mère. Endetté jusqu’à l’os et pour se venger de sa banque d’avoir tiré parti de la détresse de sa mère, Toby décide de braquer les agences de l’établissement. Les plus petites d’entre elles. Que des petites coupures pour ne pas être traçables. Avec ça, il pourra éponger ses dettes et lever l’hypothèque prise sur le ranch. Comme pour se racheter de son absence, Tanner accepte avec plaisir de participer au plan pour aider son frère.

Dans ce Far-West des temps modernes, Comancheria orchestre une chasse à l’homme entre rangers et braqueurs. Les premiers attendent que les seconds commettent le casse de trop, l’erreur qui les perdra. Alors que l’enquête piétine, le vieux Marcus veut faire confiance à ses intuitions : le ranger magistralement interprété par Jeff Bridges (True Grit, The Big Lebowski) semble avoir flairé le profil des criminels. Il décide de les attendre à la prochaine agence du coin.

Avec un sens de la formule hors pair, le scénario offre des dialogues aiguisés, drôles et percutants. L’ornement idéal pour un récit qui demeure noir. Bien que l’on devine une issue dramatique, tout est fait pour cultiver les sentiments. Que l’on soit flic ou voyou, on s’attache à ces personnages au verbe haut. Et on aimerait presque que tous rentrent à la maison sains et saufs.

Abordant de nombreux sujets avec l’air de ne pas y toucher (l’histoire de ces terres qui appartenaient aux indiens, l’exploitation des sols qu’on y fait, le capitalisme aveugle et absurde, le port des armes….) Comancheria ne manque pas de fond. Mais c’est surtout la forme et le soin apporté aux dialogues qui convainquent. Entre rires et suspense, ce western surprend autant qu’il séduit. David Mackenzie (Les Poings contre les murs, Citadel, Perfect Sense) est décidément un réalisateur sur qui il faut compter.

Le film aurait mérité une récompense, mais c’est le film The Happiest Day in The Life of Olli Mäki de Juho Kuosmanen qui a été préféré pour le prix Un Certain Regard.

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ComancheriaAprès la mort de leur mère, deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque. Ils n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale, et comptent rembourser la banque avec leur propre argent. A leurs trousses, un ranger bientôt à la retraite et son adjoint, bien décidés à les arrêter.

Sortie : indéterminée
Durée : 1h42
Réalisateur : David Mackenzie
Avec : Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster
Genre : Drame, thriller

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Relève : histoire d’une création ou la passion de la danse

Relève : histoire d'une création
Relève : histoire d’une création, film de Thierry Demaizière et Alban Teurlai, Copyright Droits réservés

Relève : histoire d’une création ou la passion de la danse

Relève : histoire d’une création est un documentaire retraçant la création du ballet Clean Loud Bright Forward de Benjamin Millepied à son arrivée à la direction de l’Opéra de Paris en 2014. 2h15 de passion de la danse pour un moment de magie pure, entre envie de bien faire et bâtons dans la roues. En choisissant de jeunes danseurs dans le corps du ballet, en les entrainant, en les faisant répéter, il remporte un succès total. 4 mois après, il démissionna pourtant.

Plusieurs aspects sont abordés dans cet excellent documentaire qui ne ravira pas que les fans de danse: l’aspect artistique est mis particulièrement en avant car le danseur étoile respire la danse, la passion ruisselle par tous ses pores et ses yeux perpétuellement exorbités montrent bien son implication totale. Un compte à rebours étrenne les différentes étapes de la préparation avant la performante finale. Pourtant, il doit également gérer l’Opéra, l’administratif, les syndicats, les rancoeurs. La passion artistique se bouscule avec la longue histoire de l’établissement. Les obstacles se multiplient et pourtant Benjamin Millepied conserve le sourire et va de l’avant.

Les 2 réalisateurs  Thierry Demaizière et Alban Teurlai multiplient les niveaux de lecture, avivant le trouble dans l’esprit du spectateur. La caméra vogue à travers les salles de répétition, donnant la palme aux danseurs et à l’assistante de Millepied. Suivant le quotidien de l’établissement, elle se glisse dans ces petits moments de concentration et d’expression la plus pure de la passion pour la danse. Difficile de ne pas se laisser emporter par ce récit doux amer que l’on voudrait clôturé par un happy end, et pourtant, la fin laisse un gout amer.

Le documentaire se permet des retours sur l’histoire personnelle du chorégraphe, tout en ellipse er donnant envie d’en savoir plus dès la séance terminée. Son enfance africaine, son inaltérable passion de la danse, sa position de premier danseur au New York City Ballet, son charisme, son aisance pour communiquer. On aperçoit Natalie Portman et la caméra le suit parfois hors Opéra. Avec toujours de la musique et des idées pleins la têtes.

Un documentaire phare de la rentrée 2016 avec le sentiment d’assister à un moment rare, celui où passion et implication aboutissent à la réalisation d’une oeuvre rare. Un documentaire à découvrir absolument dans l’agenda ciné chargé du 7 septembre 2016.

Retrouvez tous nos articles sur Benjamin Millepied sur cette page.

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Releve-1
Benjamin Millepied, danseur chorégraphe français, est nommé directeur de la danse de l’Opéra National de Paris en novembre 2014. Sa jeunesse, son regard moderne, sa culture et sa notoriété doivent apporter un renouveau dans la prestigieuse institution. Aussi bien dans ses choix créatifs que par ses méthodes de travail auprès des jeunes danseurs du corps de ballet, Benjamin Millepied va révolutionner les codes de la danse classique. RELÈVE raconte le processus de création de son nouveau ballet “Clear, Loud, Bright, Forward”, une incroyable épopée pleine d’énergie.

Sortie : le 7 septembre 2016
Durée : 2h00
Réalisateur :  Thierry Demaizière, Alban Teurlai
Avec : Benjamin Millepied
Genre : Documentaire

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L’Attrape-Rêves, rêverie sur la fragilité de la vie humaine

L'Attrape-Rêves
L’Attrape-Rêves, film de Claudia Llosa, Copyright José Haro

L’Attrape-Rêves, rêverie sur la fragilité de la vie humaine

L’Attrape-Rêves suit 3 personnages en quête de sens. Jennifer Connelly, Cillian Murphy et Mélanie Laurent s’ébattent dans un marais de doutes, de coups du sort et de récriminations. Forces mystiques et tentatives de surmonter les obstacles pavent leur route.

Nana (Jennifer Connelly) est une mère confrontée à la maladie de son fils cadet. Son peu d’espoir de guérison l’amène à rencontrer un guérisseur qui ameute les foules. Mais ce dernier estime qu’elle même détient ce fameux pouvoir de guérison, à son grand désarroi tant cela lui semble improbable. Le film multiplie les flashbacks entre une Nana adulte avec ses enfants  et le fils ainé Ivan (Cillian Murphy) devenu un adulte en colère. Quand une journaliste (Mélanie Laurent) vient le rencontrer pour glaner des informations sur cette mère perdue de vue et devenue une guérisseuse recherchée, Ivan sombre dans le désespoir.

L’Attrape-Rêves est un film retors et inconfortable. Cris et déchirements se multiplient tout du long pour signifier l’impuissance de personnages pour faire face à la malveillance de la vie. Le fils cadet emprisonne Nana et Ivan dans un perpétuel conflit ouvert. L’ainé ne peut s’accomplir et enchaine les avanies au grand désespoir de ses proches. Devenu adulte, il vit reclus en compagnie de sa petite famille et de ses oiseaux.

Le film se déroule essentiellement dans les paysages sauvages du grand Nord canadien. Neige et grands espaces remplissent l’image comme des témoins muets des drames qui se nouent. Le pathos s’infiltre sans discontinuer dans ses existences tourmentées. Difficile de distinguer de l’espoir dans ce récit elliptique ou tragique selon les contextes. Le vent l’emportera de Manu Chao se fait entendre au détour d’un trajet en voiture et l’impression de purgatoire constant ne quitte que très peu le spectateur. Ce n’est pas l’enfer mais un véritable antichambre, sans rires ni espoir.

Comment réagir face à la maladie, tel semble être le fil rouge d’un film pesant et dramatique.

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L'Attrape-Rêves
L’Attrape-Rêves


A Nunavut, dans le Grand Nord canadien, Nana Kunning consulte un guérisseur pour l’un de ses fils. Cette rencontre va bouleverser le cours de son existence. 20 ans plus tard, son fils aîné part sur les traces de sa mère, accompagné d’une journaliste française. Nana est devenue guérisseuse de renom aux confins du Cercle polaire…

Sortie : le 26 octobre 2016
Durée : 1h33
Réalisateur : Claudia Llosa
Avec : Jennifer Connelly, Cillian Murphy, Mélanie Laurent
Genre : Drame

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Jeunesse de Julien Samani, film sur les rêves de jeunesse fracassés sur les rochers de la réalité

Jeunesse, Film de Julien Samani, Copyright Alfama Films
Jeunesse, Film de Julien Samani, Copyright Alfama Films

Jeunesse de Julien Samani, film sur les rêves de jeunesse fracassés sur les rochers de la réalité

Jeunesse conte le départ vers l’aventure d’un rêveur congénital à bord d’un cargo rouillé. Le jeune homme aux perspectives limitées s’imagine marin dans des contrées exotiques. La tragédie le ramènera bien vite sur terre. Métaphore d’une jeunesse actuelle avide de grand large mais confrontée à des perceptives limitées, le film interpelle et laisse songeur.

Le film débute tandis que deux jeunes freluquets tentent de convaincre le capitaine d’un navire de les embaucher. Sa mine sceptique douche l’enthousiasme du premier mais le second persévère. Sans salaire mais pas sans horizon, il embarque pour le voyage d’une vie. Taches ingrates et mines patibulaires de collègues confrontés à la solitude du marin composent un quotidien limité et répétitif. Le jeune Kevin Azais, aperçu récemment dans Les Combattants, campe l’idéaliste qui s’abime contre le parpaing de la réalité.

Le pavillon panaméen du navire fait figure de mirage. Hissé tout en haut du mât le plus haut, il semble indiquer le sens du vent mais aussi tromper son monde. Les plus anciens ne sont pas dupes, connaissant la destination. Un équipage roué accueille le jeune matelot à coups de regards hostiles. Samir Guesmi (L’effet aquatique) est le second revenu de tout avec le morceau de bois perpétuellement aux lèvres. Lui ne sait rien faire d’autre et doit se contenter de son destin sans saveur. Jean-François Stévenin interprète un capitaine roublard et couve le jeunot avec tendresse. D’abord hors sujet puis apparemment motivé, la recrue devient un membre à part entière du vaisseau fantôme.

Destinations hasardeuses et avaries multiples égrènent un voyage vers l’inconnu, transformant le périple en huit clos pesant et désenchanté. Le navire a beau s’appeler Judée, rien ne ressemble moins à un voyage vers la terre promise. Le silence est la norme sur le cargo et un marin malheureux semble puni pour l’avoir trop oublié. Les dieux se vengent sur un équipage qui se laisser aller à l’optimiste. La traversée de l’océan ressemble à une traversée du désert sans lumière divine mais pas sans embuches.

La force métaphorique du film fascine malgré le peu d’alternance et le manque de rythme. Le jeune héros veut y croire et sa persévérante force l’admiration, malgré tout.

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Jeunesse
Jeunesse


Zico a soif d’ailleurs. Il embarque sur un cargo au Havre. Très vite, les tensions avec le reste de l’équipage et les avaries à répétition mettent à mal ses rêves d’aventures. Une lutte s’engage alors contre les éléments et les épreuves qui frappent ces hommes.

Sortie : le 7 septembre 2016
Durée : 1h23
Réalisateur : Julien Samani
Avec : Kevin Azaïs, Jean-François Stévenin, Samir Guesmi
Genre : Drame

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