Ben, éco-responsable au Lucernaire ou les délices de l’absurde
Depuis son passage à l’école d’On n’demande qu’à en rire (ONDAR), Ben fait partie de la cour des grands des humoristes de sa génération. Ses camarades sont Arnaud Tsamère, Olivier de Besnoit, Alex Lutz, Jérémy Ferrari, Gaspard Proust… Et même s’il n’est pas le plus en vue, si on lui pique parfois son goûter, il mérite amplement sa place. Ben détonne par un accent absurde unique et hilarant poussé à l’extrême. Une nouvelle fois, dans « Ben, éco-responsable » au Lucernaire, il nous prouve par 1+2 = 6 qu’il est un humoriste à ne pas lâcher !
A trente-sept ans, il n’est plus débutant depuis belle lurette et pourtant, la fraicheur de son jeu et sa (fausse ?) candeur prolongent cette sensation. Et c’est agréable, très agréable. Sur scène, il a toujours l’air un peu perdu. Une marque de fabrique dont il use habilement, dissimulant son professionnalisme derrière un apparent dilettantisme. Pas de melon, pas de show ultra-rodé, c’est comme un bol d’air frais dans une salle close remplie d’humoristes aux profils similaires. Ben ne ressemble qu’à Ben.
On pourrait l’écouter divaguer pendant des heures, il ne manque que la tasse de thé. De digressions en digressions, il nous amène n’importe où, peu importe, on suit. Se saisissant de sujets importants tels que l’arnaque au tilapias, l’avantage de porter un tee-shirt si l’on veut vraiment bien réussir sa vie ou les idées très arrêtées de ses parents… il ne touche par contre jamais aux communautés, aux religions, au racisme, bref, aux sujets chauds faciles à détourner en humour. Mais ce spectacle est particulier, il a un goût d’engagement. Dans « éco-responsable », Ben a décidé de se servir de l’humour comme d’une arme. Parce que l’’humour divertit mais il avertit aussi. On sent l’accusation pointé sous le rire lorsqu’il évoque Facebook et surtout l’environnement. Un virage dans son parcours ? Une envie d’un peu plus de sens ? Un spectacle à voir.
Dates : du 7 septembre au 31 décembre 2017 Lieu : Le Lucernaire (Paris) Metteur en scène : Ben et Thibault Segouin Avec : Ben
Les simples prétextes du bonheur, un conte iranien, joliment écrit (JC Lattès)
Nahal Tajadod nous entraîne dans le monde très spécial de Cécile Renan dans son dernier roman : Les simples prétextes du bonheur. Une sorte de réflexion à la fois simple et profonde sur notre façon de vivre à l’occidentale.
L’histoire de Cécile
A priori Cécile est une star qui n’a besoin de rien ni de personne. Elle connaît la célébrité, on la reconnaît dans la rue et pourtant sa rencontre avec des personnes iraniennes va transformer sa vie. Tout simplement. Tout bêtement. A l’épicerie du coin, tenue par Kamal. Avec des petites histoires sans grande importance, mais dans le fond, si essentielles au bonheur. Des histoires d’amitié, d’amour, et surtout d’humanité. Des recettes de cuisine, iraniennes bien sûr, des médicaments à l’eau de rose et au miel, oui, oui, ça existe et ça calme, et puis Kamal de Jakamir, de la rue de Jakamir ! Bref, tout un monde qui évolue autour de Cécile et qui lui font pointer du doigt que le bonheur est à côté d’elle, avec eux, au milieu d’eux !
Un jour, elle va volontairement vider son sac, abandonner tous ses papiers, ses cartes de crédit, et se retrouver sans rien… Qui lui viendra en aide ? Qui lui prêtera de l’argent, la nourrira ?
Une douleur, une souffrance, un cheminement vers…
Au quotidien, Cécile a en permanence une gêne, une souffrance à la hauteur de son sternum. Une boule, un nodule… ? Elle ne sait mais ce fichu point ne la quitte jamais. Révélateur ce nodule ? Forcément, mais de quoi ? Les simples prétextes du bonheur dévoile une succession de petites histoires, sans grande importance en apparence, mais qui, dans le fond, contribue au bien-être voire au bonheur de Cécile. Elle va se retrouver à Téhéran, comme une simple femme et découvrira tout le bonheur vrai d’une personne au milieu de centaines d’autres personnes. Finie sa situation d’être exceptionnelle, parfaite ! Téhéran, à des années-lumière de Paris !
Beaux portraits de femmes, beaux personnages, belles descriptions, font du livre Les simples prétextes du bonheur un doux moment de lecture, une belle évasion, une approche vers le bonheur.
A travers Cécile, non seulement le lecteur voyage, mais il réalise aussi un voyage intérieur, comme une pause bénéfique et révélatrice pour chacun.
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Cécile Renan est une femme singulière. Elle est riche et spendide. Mais cette bonne fortune s’accompagne d’un frisson secret et tenace. Elle a peur de tout perdre, de se perdre, de traverser la vie tout en marchant à côté d’elle-même. Un jour, elle pousse la porte d’une épicerie iranienne à Paris. Que cherche-t-elle ? Elle l’ignore. Mais elle se lie avec le patron et sa famille délurée, fantasque, qui n’ont rien à lui refuser. Ils bouleversent la vie de Cécile et se laissent éblouir par elle.
Nahal Tajadod nous plonge dans un univers loufoque, oriental, où une femme française, se faufilant entre deux mondes, part à sa propre reconquête.
Date de parution : le 24 août 2016 Auteur : Nahal Tajadod Editeur : JC Lattès Prix : 20 € (400 pages) Achetersur : Amazon
Antonio Pappano dirige une pléiade d’artistes reconnus dans une nouvelle production du chef-d’oeuvre lyrique de Bellini.
Cette nouvelle production de Norma pour L’Opéra Royal se distingue par sa distribution exceptionnelle composée de chanteurs de renommée internationale. L’opéra classique bel canto de Bellini est riche en mélodies complexes et en tours de chants incroyable pour les talents. Il est particulièrement connu pour l’éblouissante aria de Norma Casta diva.
Àlex Ollé, qui dirige l’innovante troupe de théâtre catalane La Fura dels Baus, apporte une touche de modernité à cette histoire intemporelle d’amour, de rivalité et de trahison, sur fond de guerre menée par les extrêmes d’une société religieuse fanatique.
Le directeur musical de l’Opéra Royal Antonio Pappano dirige cette distribution d’exception qui inclut la soprano bulgare Sonya Yoncheva (Norma), Joseph Calleja (son amour secret Pollione), Sonia Ganassi (la prêtresse Adalgisa) et Brindley Sherratt (Oroveso, le père de Norma).
Cette remarquable nouvelle production ouvre la saison 2016/17 des opéras et ballets au cinéma en direct du Royal Opera House.
Durée approximative de 3 heures, comprenant un entracte, et une introduction de 15 minutes.
Chanté en italien avec des sous-titres en anglais
NORMA – SONYA YONCHEVA
POLLIONE – JOSEPH CALLEJA
ADALGISA – SONIA GANASSI
MUSIQUE – VINCENZO BELLINI
CHEF D’ORCHESTRE – ANTONIO PAPPANO
METTEUR EN SCENE – ÀLEX OLLÉ
« Faust I & II » : le deal parfait de Bob Wilson avec le Diable
Dans le cadre de la programmation du Théâtre de la Ville, le Théâtre du Châtelet présente la première mondiale de la nouvelle œuvre du Berliner Ensemble : Faust I & II, créée en avril 2015 à Berlin, sur la scène mythique fondée par Bertolt Brecht.
Le metteur en scène Bob Wilson dont nous avons chroniqué les spectacles a souvent collaboré avec cette troupe européenne emblématique de la scène allemande, et le Théâtre de la Ville les accueille depuis 2010.
Bob Wilson trouve dans le pacte entre Faust et le Diable, le grand classique de Goethe, un matériau idéal à sa vision du mythe faustien. Il le revisite d’une main de maître avec l’artiste rock HerbertGrönemeyer qui signe le livret et en délivre une version qui capte à foison la dimension allégorique, sarcastique, onirique et dionysiaque de l’œuvre. Du grand art !.
L’oeuvre emprunte son titre au nom d’un alchimiste du 16ème siècle, héros d’un conte populaire. Goethe a consacré une longue partie de sa vie à la réécriture de ce mythe aux accents fantastiques, qui met en scène l’une des grandes tentations de l’homme : passer un pacte avec le Diable, qui lui offrirait, en échange de son âme, l’amour éternel et la connaissance des secrets du monde.
[…] une version qui capte à foison la dimension dionysiaque de l’œuvre […]
C’est donc sur ce deal entre Dieu et le Diable, que s’ouvre Faust , l’une des pièces les plus célèbres du grand écrivain allemand.
L’histoire du Docteur Faust est celle d’un savant respectable qui voit sa vie bouleversée par la passion. Où tout se joue autour d’une rencontre inquiétante : celle de Faust, l’homme de raison, avec une créature irrationnelle, le Diable, qui apparaît sous le nom de Méphistophélès.
Bob Wilson s’empare avec un puissant geste de cette diablerie poétique […]
Ces deux personnages symbolisent la lutte entre le bien et le mal, l’enfer et le paradis, mais aussi l’opposition entre la pensée et l’action. Car, au-delà d’une réflexion philosophique sur la place de l’homme dans la Création, l’œuvre peut aussi se lire comme un roman initiatique plein de péripéties qui précipitent le savant dans l’action, et le conduiront « du Ciel au Monde et du Monde à l’Enfer ».
Bob Wilson trace le récit d’un Faust quadruple, qui se singularise, puis fusionne avec sa moitié diabolique.
A l’abri en fond de scène d’un à-plat lumineux et de décors abstraits propres au vocabulaire « wilsonien », le poème prend les allures d’un conte dionysiaque mené par le génial christopher nell, facétieux Méphisto qui finit par endiabler Heinrich Faust, son frère siamois, joué par quatre interprètes en première partie, puis par le seul Fabian stromberger dans la dernière.
Le tout orchestré dans un espace aux lignes géométriques lumineuses qui ouvre ou délimite la perspective et embrasse à merveille l’univers protéiforme faustien et goethéen.
Où ses personnages à la fois comédiens, danseurs, chanteurs et mimes – dont l’esthétique n’appartient qu’au grand Bob : visages peint en blanc, mouvements décomposés, images épurées, lumières sculptées, sons cauchemardesques – sont aux prises avec leurs doutes existentiels et cette frontière ténue entre les forces du bien et du mal.
D’une unité virtuose, la mise en scène aboutie de Bob Wilson s’empare avec un puissant geste de cette diablerie poétique aussi prodigue que récréative. Bravo !.
Dates : du 23 au 29 septembre 2016 l Lieu : Théâtre du Châtelet (Paris) Metteur en scène : Bob Wilson
Eliogabalo : le pari baroque réussi de Thomas Jolly au Palais Garnier
Figure remarquée de la scène contemporaine où avec Shakespeare, il a mis en scène des monstres politiques que nous avions chroniqués : Henry VI marathon théâtral de 18 h (Molière 2015) et Richard III, Thomas Jolly fait ses premiers pas à l’opéra avec « Eliogabalo » de Francesco Cavalli, une œuvre baroque du XVIIe siècle inédite en France et peu jouée dans le monde.
Il poursuit ainsi son exploration de personnages hors normes et troubles dont le destin du jeune empereur Héliogabale se charge d’un pouvoir aussi démoniaque que subversif.
A l’abri d’une esthétique baroque très réussie qui s’appuie sur la lumière (avec son complice plasticien Antoine Travert) en référence au dieu du soleil (Hélios) vénéré par le monarque, Thomas Jolly installe la dramaturgie.
Elle se structure entre un décor sombre, épuré constitué d’un praticable avec un escalier qui descend dans la fosse représentant la Rome instituée et des faisceaux de lumière dynamiques, en lien avec le tempérament de feu du souverain, dont l’empreinte balaye, sculpte, cisèle, découpe l’espace entre clair-obscur et emprise dionysiaque du personnage, offrant des tableaux hypnotiques.
Si le livret de Cavalli (1602 – 1676) est plutôt sage, la « légende noire » sur laquelle s’est appuyée le metteur en scène qui entoure l’historiographie d’Héliogabalo fait état d’un homme beaucoup plus complexe et intrigant : un tribun fondamentalement subversif qui bouscule tous les codes préétablis dans la cité et interroge ainsi notre rapport à la loi, au genre, au sexe, à la norme, à la religion et plus largement à la différence.
Des images fortes égrènent la dramaturgie […]
L’empereur a régné de quatorze à dix-sept ans où sa souveraineté n’est que contradiction, oxymore, et opposition. C’est en effet un adolescent porté au sommet de l’Empire romain. À cet égard, il incarne une jeunesse désinvolte, insolente, anti-conformiste.
Et parce qu’il est originaire de Syrie, il reconnaît d’autres dieux, arbore d’autres mœurs que celles de cette Rome établie qu’il va déstabiliser. Rapide, impulsif, fougueux, incandescent, sa vie est une flamme, son magistère un grand carnaval où la recherche et la satisfaction de ses pulsions sont sa raison d’être.
Des images fortes égrènent la dramaturgie à l’instar du tableau d’ouverture et son soleil déstructuré, sculptural dont la mouvance constitue le fil rouge opératique. Celles aussi des scènes d’orgie avec les hiboux ou encore celles qui plonge Eliogabalo dans un bain d’or ainsi que l’apparition dans le dernier le dernier acte du buste de l’empereur dont l’effigie cristallise l’empreinte mémoriale.
[…] une esthétique baroque très réussie […]
La distribution est au diapason emmenée par la précision du chef argentin Leoanardo Garcià Alarcon et sa maîtrise parfaite du baroque musical où de concert avec les chanteurs dirigés d’une main de maître par Thomas Jolly, s’imprime une théâtralité de bon augure et en osmose avec la tragédie lyrique.
Le Cid, Théâtre Le Ranelagh, mise en scène Jean-Philippe Daguerre
Un Cid tragi-comique au Théâtre le Ranelagh
Le Cid fait partie des grands classiques du répertoire théâtral français. Les répliques cultes s’enchainent dans un rythme trépidant à coup de Va, je ne te hais point ou de Rodrigue, as-tu du coeur ? Pierre Corneille a posé un jalon monumental auquel toutes les troupes tentent de se frotter. Celle du Grenier de Babouchka a-t-elle réussi à relever le gant? Oui, et plutôt deux fois qu’une avec un respect total au texte et des touches drolatiques vivifiantes!
L’histoire est connue
Doit-on rappeler l’intrigue? Rodrigue et Chimène s’aiment mais le père de l’un est déshonoré par celui de l’autre. Les cartes se brouillent, passion et vengeance se mêlent dans un maelström de sentiments contradictoires. Corneille n’a guère trouvé que Racine pour rivaliser dans le répertoire classique en atteignant un niveau rarement égalé. Des générations de collégiens ont du se frotter aux fameux alexandrins pour rejouer sur leur scène de classe des joutes oratoires rentrées dans l’éternité. Déclamer Ô rage ! ô désespoir ! ô viellesse ennemie ! ou À moi, comte, deux mots! c’est s’étalonner à un monument souvent considéré comme poussiéreux. Heureusement, la troupe Le Grenier de Babouchka bouscule les codes.
Une adaptation surprenante
Si le texte est déclamé avec la majesté qui lui sied, les acteurs embellissent l’action de piques truculentes qui décrochent d’immanquables sourires ravis. La palme revient certainement à Elvire (Sophie Reynaud), la truculente servante de Chimène et au roi zozotant et caricatural (Didier Lafaye). Tous deux égayent la pièce de mines drolatiques et de prestations joyeusement décalées. Quand vient l’heure des combats, d’impressionnantes chorégraphies voient les acteurs s’affronter au risque de se faire égratigner par un coup mal jaugé. Mais la préparation semble avoir été rondement menée et aucun incident ne fut à déplorer, laissant le public bouche bée devant les joutes guerrières.
Un esprit respecté à la lettre
1h40 peut paraitre long mais la pièce passe ici dans un souffle. Le rythme est soutenu et une musique interprétée sur scène agrémente l’action d’une profondeur supplémentaire. Deux multi-instrumentistes s’exercent au fond de la salle aux côtés de l’emblème de Castille. Pas d’ornements supplémentaires à l’exception de ces fameuses épées. Toute la place est laissée à l’action et au texte. Et si les acteurs outrepassent à l’occasion les limites de la scène, c’est pour mieux partager leurs sentiments avec le public. Le couple Chimène/Rodrigue transporte dans ses tourments et sa passion contrariée. Il y a du Roméo et Juliette dans ce couple si fortement épris. Et si l »éternel mythe de l’amour tragique porte la pièce, Corneille a le bon gout de ne pas faire finir les débats dans le sang.
Tous les honneurs qui lui siéent sont rendus à la pièce de Corneille et ce Cid enthousiasme. Drame et comédie se mélangent dans un résultat réconfortant, à la fois classique et moderne. De quoi parler aux plus jeunes jeunes comme aux grands et transporter dans un XVIIe siècle qui n’aura que rarement semblé si proche de nous.
Dates : Du mercredi au samedi à 20h45 Lieu : Théâtre le Ranelagh (Paris) Metteur en scène : Jean-Philippe Daguerre Avec : Manon Gilbert, Kamel Isker ou Thibault Pinson, Charlotte Matzneff ou Flore Vannier-Moreau
René Magritte s’expose au Centre Pompidou dans un parcours riche de sens. Car loin de laisser le visiteur dans un pur rôle de spectateur contemplatif, l’exposition le prend par la main pour lui donner les nécessaires clés à la compréhension de ses oeuvres les plus emblématiques. Les fulgurances s’enchainent sans discontinuer pour un regard neuf et enrichi sur une oeuvre foisonnante.
Comprendre Magritte
Le risque principal avec l’oeuvre de Magritte est de s’enfermer dans un premier degré stérile au risque de s’enfoncer dans une vision infantilisante et de manquer la signification véritable des oeuvres. Car le peintre belge visait surtout à la représentation du sens profond des choses en empruntant aux philosophes classiques et à la pensée universelle. D’où la signification pénétrante du nom de l’exposition, La Trahison des Images, qui renvoie à l’ambition surréaliste du peintre. L’évènement est organisé par grandes thématiques qui renvoient à la pensée classique dans un parcours éclairant. Car nul hasard dans la manière dont sont exposées les oeuvres et s’y plonger permet de mieux en comprendre les intentions du peintre et leurs significations.
Un riche panorama de son oeuvre
Une très grande partie des oeuvres majeures de Magritte est visible avec des explications les mettant en lien avec une ascendance prestigieuse. La mystérieuse signification de la phrase Ceci n’est pas une pipe, les rideaux, les corps morcelés, ces éléments mystérieux prennent du sens au regard des renvois mythologiques qui expliquent la vision du peintre. Entre les mots et les images, Magritte choisit de bousculer la hiérarchie et de fracasser les tables de la loi, à l’instar de Moïse. Les apparences sont trompeuses et ce que l’on voit n’est pas forcément la réalité. Il en est de même pour la peinture, loin de toujours exprimer la réalité nue et froide au delà d’une vision forcément subjective du peintre. Et comme e montre si bien Magritte, il en est de même pour les mots…
Un parcours passionnant
De très longues minutes sont parfois nécessaires pour pénétrer l’oeuvre de Magritte et saisir sa stupéfiante densité. Magritte bouleverse les représentations et semble constamment sur la brèche. Rapports humains, perceptions, trompe-l’oeil, le peintre observe et analyse pour exprimer dans sa peinture les paradoxes philosophiques dont il ne cesse de s’abreuver par ses lectures. Pour preuve ces titres d’oeuvres non pas nébuleux mais aux profondes significations. En tentant de s’extraire du piège de l’illusion et des représentations trompeuses, Magritte vise à la plus pure honnêteté des représentations. Nul volonté de laisser le spectateur dans l’expectative, le peintre tente surtout de l’éclairer pour lui montrer une réalité plus crue qu’il ne peut le croire.
L’exposition vient juste de s’ouvrir et il est temps de se frotter à une oeuvre extrême et se laisser à une passionnante analyse d’un peintre unique en son genre. Et s’élever, probablement. Pour voir la réalité différemment.
Dates : Du 21 septembre 2016 au 23 janvier 2017 Lieu : Centre Pompidou, Paris Entrée : 14 €
24 heures de la vie d’une femme, une passion dévorante au Guichet Montparnasse
Stefan Zweig est à la mode. Le monde d’hier, La peur, Lettre d’une inconnue, Le joueur d’échecs sont autant de nouvelles de l’auteur autrichien qui se jouent actuellement dans les salles de théâtre parisiennes. Un tel succès est dû à des textes courts plus facilement adaptables au format théâtral autant qu’à une écriture d’une élégance et d’une précision étonnante. Au théâtre Le Guichet Montparnasse aussi, ils ont cédé au génie de Stefan Zweig. Tous les jeudis à 20h45, Pascale Bouillon joue 24 heures de la vie d’une femme, un monologue sur l’emprise irrémédiable de la passion.
Une femme se remémore une rencontre qui a bouleversé sa vie. Au casino de Monte-Carlo, après la mort de son mari, elle avait l’habitude de venir observer les mains des joueurs. Un jour, une paire de mains l’a trouble infiniment et lorsqu’elle glisse son regard sur le visage de son propriétaire, elle s’éprend de lui. En lutte contre des sentiments qu’elle n’arrive pas à refluer, cette femme droite, presque rigide, va se laisser emporter dans une folle aventure. Une histoire presque ordinaire mais Stefan Zweig, tailleur de mots et conteur de l’amour, saisit et transcrit la complexité des sentiments de cette femme avec brio. Comme un mode d’emploi, la construction de la passion est minutieusement détaillée : premier émoi, lutte contre un trouble grandissant, exaltation et étourdissement, regrets… Nous ne sommes pas seulement dans la vie d’une femme mais au plus profond de son esprit.
Le défi d’une telle passion n’est pas facile à relever sur scène. Pascale Bouillon incarne avec retenue et grâce cette femme agitée par ce souvenir lointain et pourtant brûlant. Accompagnée d’une mise en scène très sobre de Patrick Rouzaud, la comédienne nous fait vivre cette tempête intérieure bien que parfois les sentiments atteignent un paroxysme que le spectateur n’arrive pas à ressentir avec la même intensité. Pascale Bouillon a un jeu technique très maîtrisé, peut-être trop lorsqu’il s’agit de jouer une femme qui ne se contrôle plus tout à fait. Une belle pièce.
Dates : du 1er septembre 2016 au 26 janvier 2017
Lieu : Le Guichet Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Patrick Rouzaud Avec : Pascale Bouillon
Les Elans ne sont pas toujours des animaux faciles, mise en scène Laurent Serrano
Les Elans se lâchent au Lucernaire
Un trio survitaminé manie l’absurde et le non sense pendant 1h20 de spectacle énergique et truculent. Les scènettes s’enchainent dans un rythme endiablé avec situations absconses et épilogues musicaux animés par des prestations entrainantes.
Déjà présents sur la scène du Lucernaire en 2014, lesElans sont de retour pour apporter toujours plus de joie à un public qui en redemande. Absence de logique et situations délirantes sont narrées avec truculence par un trio de vieux amis qui philosophent sur leurs existences respectives, avec toujours l’art de tout mettre en musique. Entre femmes, espoirs de voyages et bouteilles de whisky, la discussion s’enfonce dans un salmigondis délirant et toujours enjoué.
Des textes à la limite du n’importe quoi (assumé)
Les discussions de comptoir mélangent loufoquerie et absurde dans un sens aigu de la démesure. Ces 3 amis ne s’embarrassent d’aucun bon sens pour perdre le spectateur dans un labyrinthe ubuesque de bizarreries échevelées. Le public en redemande. Et comme toute histoire se finit en chansons, l’ambiance passe du théâtre de boulevard au cabaret par la magie d’un piano, d’une guitare et d’une basse de fortune maniés avec dextérité.
Du Music Hall anglo-francophone
Les discussions débouchent immanquablement sur des numéros de cabaret mi-picaresques mi-didactiques. Comme des enseignements concluant les palabres, les musiques élèvent le débat et réunissent des personnages rarement d’accords. Et les numéros musicaux invoquent autant la Chanson d’Automne de Verlaine que le Summertime Blues d’Eddie Cochrane dans un savoureux mélange des genres. Entre poésie et humour décalé, la pièce navigue dans une bonne humeur constante.
Et c’est le souvenir persistant qui reste plusieurs heures après. Sourires et humour agrémentent ce moment d’humour d’une chatoyante joie de vivre. L’ambiance est gentiment éthylique et sacrément réussie pour se sortir du quotidien. L’automne approche ? Eh bien chantons le!
Dates : du 24 aout au 6 novembre 2016 Lieu : Lucernaire (Paris) Metteur en scène : Laurent Serrano Avec : Pascal Neyron ou Vincent Jaspard, Benoit Urbain, Emmanuel Quatra
Double assassinat dans la rue Morgue, Céka/Clod, Akileos
Céka et Clod adaptent Edgar Allan Poe avec truculence
Ceka et Clod adaptent la nouvelle d’Edgar Allan PoeDouble assassinat dans la rue Morgue en apportant leur touche personnelle pour une BD truculente à lire. Le texte est évidemment respecté à la lettre avec un surplus d’humour et un dessin dynamique pour une lecture à la fois divertissante et enrichissante.
Deux femmes ont été tuées dans leur appartement de la rue Morgue. Seul hic: toutes les issues étaient fermées de l’intérieur. La police patine et soupçonne un commis du méfait. Mais le détective Charles Auguste Dupin ne l’entend pas de cette oreille et va mener l’enquête pour débusquer le véritable coupable.
Un précurseur de Sherlock Holmes
La BD se lit comme un roman policier avec un Paris entre fantasme et réalité. Les immeubles sont de travers, le trait est dynamique et porte un récit qui ne laisse pas de récit. Le détective Dupin et son acolyte english préfigurent Holmes et Watson avec la même truculence évoquée dans la série télévisée récente. Le premier enchaine les analyses et déductions, le second essaye de suivre tant bien que mal. Edgar Allan Poe fait paraitre la nouvelle en avril 1841 là où Sir Conan Doyle donne vie à son détective en… 1887. La même agilité intellectuelle et ce sens aigu de l’observation donnent aux détectives l’art de résoudre les cas les plus ardus.
Le Paris d’avant Haussman
Paris est encore un amas de ruelles quand se déroule l’action de la BD. Les boulevards ne sont creusés qu’à partir de 1853 et le scénariste imagine le Paris d’avant, héritier du Moyen-Âge, pas encore modernisé et avec l’apparence qu’il a encore aujourd’hui. Les ruelles sont sombres et les immeubles dépareillés. L’agent de la force de l’ordre est un ancien grognard de l’épopée napoléonienne et le souvenir de l’empereur est encore dans tous les esprits. C’est un temps oublié qui est exhumé dans cette BD originale. Le ton est léger et badin, l’enquête se suit avec plaisir. Si Dupin semble résoudre l’énigme facilement, il laisse le lecteur dans l’expectative pendant longtemps. Pour un dénouement surprenant, sauf si vous avez lu la nouvelle.
Akileos propose une adaptation bien menée et richement mise en bulles pour un moment de lecture prenant et divertissant.
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Deux femmes sont retrouvées assassinées rue Morgue. Étrange : toutes les issues de leur appartement sont condamnées… de l’intérieur ! Comment les meurtriers ont-ils réussi à s’enfuir ? Qui sont-ils ? Le Chevalier Dupin et son acolyte sont bien décidés à démêler les fils de cette « histoire extraordinaire ».
Date de parution : Août 2016 Scénariste(s) : Ceka Dessinateur(s) : Clod Genre : Policier, fantastique, Humour Editeur : Akileos Prix : 14 € (56 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
L’exposition Rembrandt Intime au Musée Jacquemart André offre un éclairage original sur l’oeuvre du maitre flamand. Rentré depuis longtemps dans le panthéon de la peinture universelle aux côtés de Velazquez, de Vinci ou Van Gogh, Rembrandt ne cesse de se faire redécouvrir avec un plaisir à chaque fois renouvelé. Rembrandt Intime scrute l’homme et ses fêlures dans un parcours riche et fascinant.
Un maitre du clair obscur
Rembrandt est connu pour être un des peintres les plus accomplis dans l’utilisation du clair obscur. Dans la lignée du grand maitre Caravage, Rembrandt juxtapose ombres et lumière dans une stupéfiante maitrise. Une vidéo fort instructive explique que pour tenir son pinceau lors de ses autoportraits sans obscurcir la toile avec l’ombre du pinceau, il devait diriger une lumière de sa gauche, le faisant se reproduire avec le côté gauche du visage éclairé et le côté droit dans l’obscurité. Simple, encore fallait-il y penser, tout est question de pinceau!
Le peintre de l’intériorité
L’exposition accumule les autoportraits comme autant de marques de son évolution stylistique. Sa peinture évolue tandis que son visage se marque. Sans complaisance mais avec une acuité saisissante, il éclaire sur son intériorité. Les traits de son visage, son demi-sourire ou son faciès ténébreux, il ne cache rien. Tout comme pour les nombreux portraits exposés, il privilégie le regard sur la psyché plutôt que la pure ressemblance avec le modèle. Un tableau de Rembrandt recèle secrets et détails imperceptibles quo concourent à la profondeur de l’oeuvre.
Des représentations de la bible foisonnantes
Au coeur d’un XVIIe siècle profondément chrétien, Rembrandt reproduit les passages les plus riches de sens de la bible. Il faut voir ce tableau de Saint Paul à son bureau en pleine méditation, semblant regarder au plus profond de l’existence. Ou La fuite d’Egypte tout en ellipse et en évocation religieuse. L’art de Rembrandt s’exalte d’un regard unique sur le rapport de l’homme à Dieu.
Gravures et dessins concourent à la densité de la visite devant le foisonnement d’oeuvres exposées. Le plaisir est autant esthétique que contemplatif dans un parcours d’une richesse folle. L’âme semble s’élever au fur et à mesure de la visite. C’est bon signe.
Dates : Du 16 septembre 2016 au 23 janvier 2017 Lieu : Musée Jacquemart André, Paris Entrée : 13 €
Rêve d’Olympe, BD de Reinhard Kleist, La Boite à bulles
Rêve d’Olympe ou l’impossible fuite vers l’occident
Les somaliens doivent quitter leur pays pour fuir la guerre et les exactions des islamistes locaux, les Shehab. Pour vivre tout simplement. A travers le destin de Samia Yusuf Omar, représente somalienne aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008 sur demi-fond, l’auteur allemand Reinhard Kleist raconte le destin douloureux de populations entières. Pour un récit émouvant et tragique. Et surtout à méditer.
Reinhard Kleist s’est basé sur les publications Facebook de Samia Yusuf Omar pour en tirer un récit puissant. Athlète amateure obligée de s’entrainer dans des conditions précaires et dans un contexte où les femmes n’ont même pas le droit de courir, elle participe quand même aux Jeux Olympiques de Pékin.
Une histoire vraie
Les images ont fait le tour du monde, les athlètes occidentales surentrainées, bien nourries, sveltes et musclées finissent la course tandis qu’une athlète en T-shirt finit plus de 10 secondes après elles sous les acclamations de la foule. Pour elle, ce fut le plus beau jour de sa vie et la preuve qu’elle devait encore plus s’entrainer pour espérer rivaliser 4 ans plus tard à Londres. Consciente de l’impossibilité de faire mieux dans son pays et quotidiennement menacée d’exécution sommaire, elle doit s’enfuir pour rejoindre l’Europe. Avec un dénouement tragique… l’histoire est vraie, Samia périt dans la traversée de la Méditerranée…
Un témoignage vibrant
L’histoire est pénible et douloureuse, Samia doit traverser la Somalie, l’Ethiopie, le Soudan, la Libye et la Méditerrannée sur un rafiot de fortune. Le périple est dangereux. Dans cet exemple particulier, l’auteur touche à l’universalité et c’est toute la vitalité blessée des peuples de la Corne de l’Afrique qui est exaltée. Les passeurs s’enrichissent, les brigands rackettent, les migrants sont des proies faciles, affaiblies, livrées à elles mêmes. Nulle suspicion d’invasion dans ce récit, c’est la soif de vie et de liberté qui prévaut.
144 pages comme une ode à la liberté
Le trait du dessin est nerveux, le Noir & Blanc elliptique et suffisamment précis pour permettre l’attachement aux personnages. Le scénario est tragique sans être misérabiliste. L’auteur fait sentir que cette histoire se répète chaque jour et que celle de Samia permet simplement de mettre en lumière une tragédie moderne. La coureuse de fond voulait courir, librement, simplement. Mais son rêve était trop grand pour son petit corps chétif.
Une tristesse bouleversante empreint le récit fataliste d’une impasse humanitaire. Le petit bout de femme avait un coeur énorme, Reinard Kleist lui rend un hommage poignant et met le curseur sur une réalité que l’Europe ne veut pas voir. Accueillir, aider, les choix sont nombreux. Mais il faut choisir. Et agir.
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Jeux Olympiques de Pékin, en 2008 : Samia Yusuf Omar, 17 ans, représente la Somalie. Sur la piste, la jeune femme se surpasse et bat son record personnel. Malgré sa dernière place dans la course, le public l’adore et l’acclame. De retour dans sa Somalie natale, Samia ne compte pas rester sur un échec. Mais s’entraîner décemment est devenu impossible car les fondamentalistes musulmans interdisent aux femmes de pratiquer une quelconque activité sportive. Pour atteindre son rêve de participer aux prochains Jeux en 2012, Samia tente le tout pour le tout : elle se lance dans une périlleuse odyssée pour rejoindre l’Europe. Alors à peine âgée de 20 ans, Samia éprouve le calvaire de l’immigration : la violence des passeurs, les camions surchargés de réfugiés, la faim, la soif, la prison… Jusqu’à sa fin tragique. Une plongée dans l’enfer de l’immigration soutenue et postfacée par l’Association France Terre d’Asile.
Date de parution : juin 2016 Scénariste(s) : Reinhard Kleist Dessinateur(s) : Reinhard Kleist Genre : Drame Editeur : La Boîte à bulles Prix : 17 € (144 pages) Acheter sur : Amazonl BDFugue
Partisans, pièce de Régis Vlachos, Théâtre de la Contrescarpe
Partisans bouscule les idées reçues sur la résistance
Partisans place 3 résistants dans le contexte lourd et pesant de l’occupation du pays en 1943. Différents courants politiques sont obligés de s’entendre mais les inimités persistent. Les protagonistes évoquent leurs espoirs et leurs douleurs jusqu’à finalement se rapprocher. La pièce alterne entre intermèdes cocasses et rappels tragiques pour un moment de théâtre éclairant.
Régis Vlachos ravive par son texte une douloureuse page d’histoire de France et va bien au delà des évocations habituelles. Les résistants sont pourchassés mais doivent s’organiser pour définir un programme commun et affronter l’ennemi d’une seule voix. Mais les divergences les séparent.
Une éternelle difficulté à s’entendre
En 1943, ce sont communistes, socialistes et sympathisants de droite qui se jaugent et composent une résistance dispersée. Le pacte germano-soviétique a brouillé l’image du parti communiste, considéré comme bolchévique et peu fréquentable. Les socialistes ont leur leader Léon Blum en prison. Les sympathisants de droite trainent l’image peu glorieuse de bigots antisémites et représentants d’une bourgeoisie honnie par les 2 autres partis. Comment s’entendre quand les considérations politiques divisent plus qu’elles ne rapprochent?
Des acteurs au diapason de la portée de la pièce
Les 3 acteurs Lucie Jousse, Jean-Hugues Courtassol et Aurélien Gouas jouent adroitement sur cette ambiguité et le terreau infertile des inimitiés. Cependant, il y a face à eux un ennemi sans pitié qui emprisonne et torture: l’occupant allemand et sa Gestapo de sinistre réputation qui peuvent s’appuyer sur une police française par trop zélée. Ennemis de l’extérieur et de l’intérieur représentent cet ennemi commun à combattre, et si possible en s’unissant. Cabotinage et menaces laissent peu à peu place à une vérité nue: sans alliance entre les mouvements de la résistance, la victoire est impossible.
Un discours féministe jamais pesant
La pièce appuie très fort sur le contexte de l’époque sans jamais l’atténuer et sait évoquer des problématiques encore plus surprenantes. Comme la nécessité d’accorder le droit de vote à des femmes trop souvent mises à l’écart des décisions du pays. Sans tomber dans le féminisme caricatural, le personnage féminin illustre le chemin parcouru pour faire reconnaitre à 50% de la population adulte le droit de s’exprimer. La pièce joue comme un e loupe sur les français de 1943 pour une mise en parallèle avec les français d’aujourd’hui.
Une mise en abîme de la France de 2016
Par pointes mesurées mais souvent flagrantes, la pièce fait un parallèle subtil entre la France de 1943 et celle de 2016. En ouvrant le débat, elle incite à l’examen de conscience et à ne pas répéter les erreurs d’hier. La peur de l’autre, les réflexes protectionnistes, le jugement hâtif, tous ces réflexes sont évoqués et chaque spectateur peut les mettre en perspective avec la situation actuelle…
Partisans est une pièce ambitieuse, à la fois hommage à ces hommes et femmes qui se sont sacrifiés et réflexion de la lutte contre l’adversité. Avec un enseignement implacable. L’union fait souvent la force…
Dates : à partir du 19 septembre 2016, du lundi au mercredi à 19h30, Lieu : Théâtre de la Contrescarpe (Paris) Metteur en scène : François Boursier Avec : Lucie Jousse, Jean-Hugues Courtassol, Aurélien Gouas
Du kitesurf en territoire Viking, c’est possible ! Loin des paradis au sable blanc et chaud, ce groupe de pros de kitesurf a enfilé d’épaisses combinaisons pour aller se frotter aux eaux froides des territoires nordiques. Des paysages sauvages à couper le souffle occupent l’arrière plan de ces rushs de glace. Une très belle vidéo qui fait presque frissonner de froid.
Soy Nero, film de Rafi Pitts, Copyright 2016 – TWENTY TWENTY VISION FILMPRODUKTION – SENORITA FILMS – PIMIENTA FILMS – ZDFArte
Soy Nero dévoile le sort des soldats apatrides aux Etats-Unis
Soy Nero imagine le destin d’un mexicain né aux Etats-Unis mais expulsé à cause de son statut d’immigré clandestin. Décidé à revenir dans son pays natal, il s’engage dans l’armée américaine pour obtenir la nationalité tant convoitée. Mais malgré l’engagement et l’espoir d’une régularisation, beaucoup de green card soldiers sont renvoyés chez eux pour les motifs les plus futiles. En abordant le sujet de l’immigration clandestine, Rafi Pitts pointe du doigt la duplicité d’un pays toujours prompt à se parjurer.
Un héros anonyme
Du haut de ses 19 ans, Nero n’est ni différent ni spécial. Il représente cette vague d’immigration à la recherche d’une vie meilleure et d’un avenir plus rose. Mais né dans la clandestinité, il n’est rien aux Etats-Unis et n’existe pour ainsi dire pas. Le film aborde l’impact sur sa personnalité de n’être qu’une ombre dans un pays de cocagne. Expulsé, il tente de revenir et de devenir quelqu’un. Etranger au Mexique et pourchassé aux Etats-Unis, il personnifie l’ambiguité d’un pays à la fois attirant et répulsif.
Un rythme lent et hypnotique
Le film ne montre aucune virtuosité ou effets surpuissants. Le rythme est aussi lancinant que le héros est placide. Ses espoirs sont aussi immenses que ses perspectives restent longtemps hasardeuses. Il rejoint son frère qui lui fait croire mener la grande vie dans une banlieue cossue de LA. Mais le miroir aux alouettes fonctionne à plein et l’évidence se fait jour. Néro va devoir s’engager pour gagner son identité. Les promesses de régularisation le décident mais l’armée fait ce qu’elle veut…
Une impasse existentielle
Difficile de ne pas avoir une énorme empathie pour ce héros inoffensif et plein de bonne volonté qui se retrouve le bec dans l’eau. L’injustice est criante, les promesses sont bafouées. L’émotion est palpable dans un récit qui vise à critiquer un système égoïste qui ne sert que ses propres intérêts. Néro est et restera une victime. Le réalisateur Rafi Pitts aborde un sujet polémique dans un récit languissant à la fatalité triste.
Soy Néro est un film qui s’inscrit dans une veine polémiste. Les Etats-Unis sont un pays injuste, en voici une preuve de plus.
Nero a 19 ans, il a grandi aux Etats-Unis puis s’est fait déporter au Mexique.
Etranger dans le pays de ses parents, il est décidé à repasser la frontière coûte que coûte.
Il parvient enfin à retrouver son frère, Jesus, qui vit à Los Angeles.
Pour échapper à la vie de misère à laquelle le condamne sa condition de clandestin, sa dernière chance pour devenir américain est de s’engager dans l’armée.
Nero rejoint le front des green card soldiers.
Sortie : le 21 septembre 2016 Durée : 1h57 Réalisateur : Rafi Pitts Genre : Drame
LA Dance Project, On the Other Side, Benjamin Millepied, Théâtre des Champs Elysées
Le LA Dance Project de Benjamin Millepied enthousiasme le Théâtre des Champs Elysées
Le chorégraphe Benjamin Millepied a présenté sa troupe de danse L.A. Dance Project au Théâtre des Champs Elysées du 15 au 18 septembre 2016 dans l’allégresse générale. Les 4 tableaux de son spectacle ont enthousiasmé et ému une salle remplie jusqu’au plafond. En englobant 60 ans de danse américaine, il a su varier les plaisirs et faire preuve d’une exceptionnelle créativité pour des moments de grâce à couper le souffle.
Sa démission du poste de directeur de la danse à l’Opéra de Paris en février 2016 avait sonné comme un coup de tonnerre. Nommé en novembre 2014, il avait tenté d’insuffler un vent de renouveau dans l’illustre institution. Considérant la danse classique comme à un moindre niveau en comparaison de la danse contemporaine, il avait tenté de créer, de motiver, de régénérer. Mais comme le montre bien le documentaire Relève, il n’est pas aisé de manoeuvrer un lourd paquebot pour le faire dévier de direction. Avec plus de 80% de son temps consacré à l’administratif et trop peu de temps pour la création, le mari de Natalie Portman a préféré laisser la place tout en soulignant la joie d’avoir participé à un projet si ambitieux. Et le revoilà à Paris pour présenter un spectacle multiple et foisonnant.
Des tableaux variés
Les 4 tableaux débutent par Quintett, chorégraphié et scénographié par l’illustre William Forsythe en 1993. Pendant 26 minutes, 5 danseurs s’expriment comme en liberté dans un foisonnement de mouvements souples et harmonieux. L’élasticité des balancements ressemble à des impulsions énergétiques dirigées vers l’assistance. Le rythme des prestations est rendu d’autant plus hypnotique que la musique de Gavin BryarsJesus’ blood never failed me yet répète en boucle un même texte dans une progression lancinante. 2 immenses écrans encadrent une scène vide où trône un projecteur. La danse est tout en équilibre et élancements, les corps se frôlent, se percutent et s’élancent dans une chorégraphie harmonieuse et ensorcelante. Avec toujours cette voix d’outre tombe qui étrenne sa litanie… un pur moment de magie !
Une culture américaine mise à l’honneur
Les deux spectacles suivants Helix et Martha Graham Duets sont comme des respirations plus courtes et ramassées. Le Martha Graham Duets met en scène 3 duos sur des notes économes de piano.La musique électronique d’Esa-Pekka Salonen accompagne le Hélix de Justin Peck et ses duos intimistes et virevoltants. Les deux spectacles font une dizaine de minutes chacun comme pour marquer l’ascendance de Benjamin Millepied et ses influences. Nourri à l’école américaine via ses expériences au New York City Ballet et la création de sa troupe L.A.Dance Project, le chorégraphe privilégie la création artistique pour rester constamment en mouvement et mettre à profit sa passion de la danse.
Un spectacle final impressionnant
Le spectacle se termine par une bouillante création de Benjamin MillepiedOn The Other Side. 8 danseurs s’agitent dans un jeu de lumière colorant plus ou moins une grande fresque positionnée dans le fond. Vétus de costumes colorés, ils virevoltent dans une prestation rythmée, comme dans un mouvement perpétuel. La grâce le dispute à l’élégance dans une mise en scène qui occupe tout l’espace. Le ton est enjoué et l’émotion omniprésente. L’ensemble alterne avec des duos surprenants comme celui avec deux danseurs qui partagent la scène. Le moment de danse s’étire sur 43 minutes de magie sur une musique de Philip Glass, forcément répétitive et d’une grâce folle.
Le chorégraphe Benjamin Millepied est un habitué de Publik’Art avec des articles sur des spectacles présentés à l’Opéra Garnier et au Théâtre du Châtelet. Les applaudissements finaux nourris saluent une prestation qui a parfaitement rempli sa mission, le Théâtre des Champs-Elysées est en liesse. Benjamin Millepied conserve sa verve créatrice et ravira encore longtemps les audiences du monde entier.
Dates : du 15 au 18 septembre 2016i Lieu : Théâtre des Champs Elysées (Paris) Metteur en scène : Benjamin Millepied Avec : LA Dance Project
Exposition Hodler Monet Munch au musée Marmottan Monet
3 peintres de renom au coeur de l’exposition Hodler Monnet Munch au Musée Marmottan Monet
Les oeuvres de Ferdinand Hodler, Claude Monnet et Edvard Munch sont réunies dans une même exposition au Musée Marmottan Monet. La visite permet de découvrir et de mettre en rapport 3 monstres sacrés de la peinture avec leurs techniques et leurs visions du monde. A travers des thématiques similaires, des liens et similitudes se font jour dans un parcours au coeur d’une période clé de la peinture.
L’exposition s’intitulePeindre l’impossiblecomme pour prévenir le visiteur que le parcours enchainera les morceaux de bravoure. Pour peindre des éléments aussi changeants et intangibles que l’eau, le soleil, les montagnes ou la neige, chacun a creusé au plus profond de lui-même pour reproduire la nature selon ses propres principes personnels. L’impressionniste Claude Monet a choisi l’ellipse et le vaporeux pour suggérer plus que décrire le réel. Chacune de ses touches de pinceau se fait subtile et englobante, comme pour évoquer le temps qui passe et son influence sur les choses. C’est un foisonnement exubérant qui compose l’oeuvre du norvégien Edvard Munch. Ses vagues sont des torrents, son soleil est un flambeau éblouissant, ses personnages sont pareils à des spectres. La vision de ses tableaux créée le malaise, comme face à un être venu d’ailleurs. Peintres connus, toujours un plaisir de voir leurs oeuvres.
La découverte la plus significative de l’exposition se constitue de Ferdinand Hodler. Les oeuvres du peintre suisse sont toutes empreintes de son désir d’abstraction riche de couleurs tour à tour vives et épurées. Les montagnes sont bleutées, la terre est ocre orangée, la réalité est à la fois reproduite et augmentée. Loin de la révolution picturale de l’impressionnisme, Hodler préfigure les courants futurs du fauvisme et de l’expressionnisme. Ses toiles métaphorisent la réalité et la confrontation avec ses deux confrères fait d’autant plus ressortir la magie de sa vision du monde. Anne Gratadour livre une scénographie épurée pour mettre en valeur les oeuvres sans effets inutiles. L’exposition se base sur quelques oeuvres immensément connus à l’instar de ce Impressions Soleil Levant mais le choix d’oeuvres plus souvent confidentielles enrichit d’autant la visite.
De longues minutes sont souvent nécessaires pour pénétrer au plus près des intentions des 3 artistes. Densité et profondeur marquent ce moment de vrai plaisir esthétique pour une confrontation inédite et inoubliable.
Dates : du 15 septembre 2017 au 22 janvier 2017 Lieu : Musée Marmottan Monet (Paris) Entrée : 11 €
Clash, film de Mohamed Diab, Copyright Pyramide Distribution
Clash, un brûlot humaniste et désenchanté
Clash est un film qui génère une émotion maximale, la boule au ventre et des cauchemars. Oubliez les films horrifiants pour adolescents et les thrillers américains, ce film égyptien de Mohamed Diab joue la carte de l’ultra réalisme et de la peinture sociale sans concession dans une Egypte au bord de la crise de nerfs. Le film cloue au siège et vous ne serez pas prêt de l’oublier.
Le film débute en 2013. Une première révolution a renversé en 2011 le dictateur Moubarak après un règne sans partage et le vol de toute la richesse de l’Egypte. La seconde en 2012 a porté les Frères musulmans islamistes au pouvoir et la troisième en 2013 a vu l’armée reprendre les choses en main. Des manifestations opposent alliés de l’armée et des Frères musulmans. Entre les deux, l’armée fait le ménage et entasse les manifestants dans des camions sans distinction de bords. La tension s’installe d’abord entre les opposants, puis la dureté des conditions de détention en pleine chaleur fait se rapprocher les ennemis naturels. Mais l’homme est un loup pour l’homme…
Un quasi témoignage des révolutions égyptiennes
Clashscénarise des évènements qui ont dû se produire des dizaines de fois entre 2011 et 2013. Une quinzaine de manifestants de tous bords se retrouvent dans un fourgon de police. Se défient, se menacent pour finalement s’allier dans une nécessité de s’épauler pour survivre. Le film se déroule principalement dans le huit clos du fourgon de la police. Enfermés sans ménagement, sans eau ni accès aux toilettes, les prisonniers sont d’abord ulcérés de devoir cohabiter avec leurs opposants. Islamistes et sympathisants de l’armée sont des bêtes sauvages dans le contexte politique d’un pays divisé au bord de la guerre civile. Pas de voix off ou de recul, la caméra ne quitte l’espace étroit du camion que pour montrer les environs. Foule violente assoiffée de justice, policiers acculés et réduits à l’opposition armée, la caméra ne quitte pas le camion et ses environs pendant tout le film. La tension est étouffante, peut-on imaginer de chez nous le déferlement de rage ? Les images de la place de République à Paris ne soutiennent pas la comparaison…
Pas de répit pendant 1h30
Les scènes de tension alternent avec des plages de calme. Attisés par le feu de la colère, les prisonniers craignent bien vite pour leurs vies. Peur de la police, peur des manifestants qui ne voient qu’un fourgon de police noir sans vraiment discerner ses occupants, les inimitiés laissent place à une complicité surprenante. La femme voilée doit baisser son tissu sous l’effet de la chaleur étouffante, l’islamiste fanatisé fraye avec l’opposant laïc de gauche, peut-on imaginer un destin contraire à un tel exemple de rapprochement humain et emphatique? Mais le réalisateur ne ménage pas le spectateur et le dénouement est un déchirement. L’audience quitte la salle en silence, sans n’avoir rien à dire. Nul besoin de voir des films horrifiants fantaisistes et irréalistes, Clash fait parfaitement l’affaire. L’horreur atteint un sommet rarement atteint au cinéma. L’émotion pour des personnages qui se rapprochent peu à peu pour finalement laisser place à l’horreur.
Une mise en scène minimaliste pour un effet maximal
Du fait du huit clos, la caméra virevolte en tous sens, passant d’un groupe à l’autre, d’un personnage à son voisin. La caméra passe dans l’interstice des barreaux pour visualiser ce que voient les occupants du camion, se balade à proximité mais des cris ou des zooms rattachent immanquablement le spectateur à la population du camion de police. Le lien n’est jamais rompu et l’identification est inévitable. Peut-on ne pas plaindre ses victimes d’une situation politique inextricable? Le réalisateur avait déjà livré un Les femmes du bus 678 fort en émotion. Il récidive et creuse le sillon émouvant d’un pays perdu et déchiré. Avec une économie de moyens qui tranche avec un cinéma américain pas avare en moyens surpuissants pour des intrigues fantasmées et gratuites. Mais ici, la réalité prévaut. Dure et brutale. Et voir une foule en rage mener par un sentiment de haine et de vengeance, sans rien différencier ni pardonner, n’est ce pas cela le summum de l’horreur ?
Clash est un coup de poing dans l’estomac ; Une expérience cinématographique qui fait s’interroger sur la nature humaine. Et abroge les possibilités d’espoir. De quoi ne plus en dormir pendant plusieurs nuits…
Le Caire, été 2013, deux ans après la révolution égyptienne. Au lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, un jour de violentes émeutes, des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses divergentes sont embarqués dans un fourgon de police. Sauront-ils surmonter leurs différences pour s’en sortir ?
Sortie : le 14 septembre 2016 Durée : 1h37 Réalisateur : Mohamed Diab Avec : Nelly Karim, Hani Adel, Tarek Abdel Aziz Genre : Drame
Le programme ébouriffant du Comic Con Paris 2016 se dévoile
Les derniers détails du prochain Comic Con Paris ont été dévoilé et les fans de Marvel, de DC Comics et de Pop Culture ont de quoi être comblés. Une avalanche de noms et de surprises ont été révélés. Accrochez vous au siège !
Du 21 au 23 octobre 2016 à la Grande Halle de la Villette, ce sont des dizaines d’invités prestigieux qui vont se déplacer pour rencontrer les fans. Master class, séances d’autographes, séances photos, projections, le rythme ne va pas faiblir pendant 3 jour. Petit florilège des évènements principaux révélés aux journalistes réunis pour s’extasier bruyamment aux annonces faites par Pierre-Yves Binctin et son équipe.
Le meilleur des Comics et des éditeurs de bande dessinée
Une dizaines de scénaristes, dessinateurs, storyboarders sont déjà attendus pour l’évènement. Le bon moyen de partager sa passion avec des pointures de l’univers des Comics. Mirko Colak,Chad Hardin, Erik Larsen, Terry Moore, Tony Moore, Greg Pak, Marcus To, William Simpson, la liste est impressionnante et les fans de Deadpool et d’Harley Quinn pourront s’en donner à coeur joie.
Côté éditeurs, les fans pourront retrouver les collections les plus prestigieuses avec Panini Comics, Delcourt, Dargaud, Glénat, Les Humanoïdes Associés et Bliss Comics. Tous seront présents avec leurs auteurs phares et les collections les plus renommées. Fans de Métabarons et de sagas cultes, ne ratez pas le rendez-vous.
Une avalanche de Cosplay et d’animations
Une fois de plus, une compétition de Cosplay permettra aux fans de se lâcher pour ressembler à leurs héros favoris. Une ribambelle de Captain America, Hulk, Wonder Woman et autres zombies devraient se balader dans les travées du Comic Con pour rivaliser de ressemblance et d’accessoires mythiques. Surtout que le jury sera cette année composé de costumes designers réputés accompagnés de Leena Vamp, véritable sommité mondiale en matière de Cosplay.
Côté animations, les grands moyens seront déployés pour vous donner le frisson. Des Escape Rooms, un Rollier Blaster de Partouche Lab et surtout un Coussin Péteur Géant devraient amener leur lot de rires et d’émotions tout au long du week end. Surtout qu’un Espace Canal sera aménagé en plein coeur du salon avec la venue de personnalités pour des dédicaces.
Un sommet de séries et de cinéma
Enfin, le meilleur pour la fin! De nombreux invités sont déjà prévus pour ravir les fans. Dominic Purcell de la célèbre série Prison Break et de DC’s Legends of Tomorrow, Katie Cassidy de la série Arrows et Eliza Dushku de la série Banshee seront exceptionnellement présents. Sans compter Rebecca Romijn de la série Flynn Carson et les nouveaux aventuriers diffusée sur SyFy.
Enfin, roulement de tambour. Pour le cinéma, Michel Hazanavicius, Joe Dante et Lorne Peterson seront de la partie pour partager leur passion du cinéma. Le prochain film de Luc Besson, Valérian et la cité des mille planètes sera mis en avant. Et surtout, des projections exclusives auront lieu. Le si attendu prochain opus de Denis Villeneuve, Premier Contact, Sausage Party et… et… et… projection exceptionnelle de Doctog Strange le dimanche soir. Je ne sais pas si Benedict Cumberbatch sera présent mais la bande annonce donne déjà envie d’en savoir plus. Mais patience…
Voilà, le Comic Con Paris 2016, c’est tout ça et beaucoup plus. De quoi passer un week end de rêve et se laisser aller à sa passion de la Pop Culture. Y serez-vous ? Publik’Art sera présent et fera un compte-rendu exhaustif et extatique de l’évènement !
A la découverte d’Henri Fantin-Latour au Musée du Luxembourg
Le grand peintre français du XIXe siècle Henri Fantin-Latour s’expose au Musée du Luxembourg jusqu’au 12 février 2017. Universellement connu pour ses natures mortes et ses portraits de groupe, il se dévoile dans un parcours dense et varié, avec des surprises et de vrais chocs esthétiques. Vous pensiez pouvoir le ranger dans une catégorie ? Il va falloir reconsidérer vos normes.
Né en 1836 au coeur d’un XIXe siècle pictural précurseur des révolutions à venir, Henri Fantin-Latour a eu le privilège de connaitre la consécration de son vivant. Réputé pour ses portraits et ses compositions florales, il n’a pourtant cessé d’expérimenter, s’ouvrant à des approches différentes, à la lisière de la rêverie. Appelées peintures « d’imagination », ces peintures ne sont pas sans évoquer Odilon Redon ou même préfigurer Marc Chagal avec ces formes mal définies et ces volutes de fumées oniriques. Longtemps cantonné à un travail acharné de commandes, Fantin-Latourse fait plaisir selon ses propres mots, une fois la renommée acquise, pour travailler sur des compositions qui lui tiennent plus à coeur. Rêverie, onirisme, le plaçant comme précurseur de courants entiers de la peinture moderne.
A contrario, loin du courant impressionniste dominant d’à partir de 1860/1870 dont il se détache résolument, Fantin-Latour a creusé le sillon d’un réalisme résolu. Ces portraits de groupe ont contribué à son succès, avec des personnages illustres immortalisés dans des poses éternelles. Emile Zola, Charles Baudelaire, Edouard Manet et les poètes terribles Arthur Rimbaud et Paul Verlaine personnifient leur art par des attitudes variées.Ce dernier ressemble d’ailleurs à un spectre inquiétant regardant les entrailles de la terre tandis que son compère pose nonchalamment la tête sur sa main, dans une pose décontractée.
Contemporain de l’apparition de la photographie, Fantin-Latour s’est enthousiasmé pour cette nouvelle représentation du réel, collectionnant des centaines de photos. Il utilise des clichés de femmes nues pour les représenter en peinture, offrant des déclinaisons personnelles de belles posant négligemment dans le plus simple appareil. Ses nus sont tout autant sensuels qu’oniriques.
L’organisation chronologique de l’exposition permet de clairement visualiser l’évolution de la technique du peintre ainsi que ses états psychologiques. Ses autoportraits le montrent tour à tour préoccupé puis résolu. Les portraits de ses soeurs constituent des témoignages picturaux familiaux avec d’omniprésentes soeurs immortalisées en pleine lecture.
Une visite à ne manquer sous aucun prétexte pour découvrir un peintre hors des courants et tout entier dévoué à son art, comme le démontrent ces quelques beaux échantillons de son oeuvre pléthorique (500 oeuvres !).
Dates : Du 14 septembre 2016 au 12 février 2017 Lieu : Musée du Luxembourg, Paris Entrée : 12 €
Vincent Guédon & Nicolas Bouchaud @ Brigitte Enguérand
Nicolas Bouchaud & Vincent Guédon : le duo gagnant dans Dom Juan
La pièce de Molière est à l’origine d’un énorme scandale. Écrite juste après Tartuffe, où Molière fustigeait l’hypocrisie de certains dévots, elle semble aux yeux des religieux de l’époque une apologie du libertinage. Molière qualifie d’ailleurs son héros de « grand seigneur méchant homme ». Personnage complexe et révolté, il se revendique d’un athéisme forcené. A la fin de la pièce, dans un ultime défi, Dom Juan refuse de se repentir et subit le châtiment divin. Personnage qui vaudra à la pièce d’être officieusement interdite. Créée le 15 février 1665, elle est arrêtée un mois plus tard.
Pour Dom Juan, il n’y a donc que la liberté qui vaille, gage d’aucune restriction, d’ aucune soumission, ni au père, ni aux femmes, ni à Dieu. C’est un provocateur qui rit de tout. Qui se moque de tout. Qui défie tout.
Une relecture décapante et décomplexée rondement menée par Jean-François Sivadier […]
Plus de trois siècles après être apparue sur la scène de l’Illustre Théâtre, peu après la censure du Tartuffe, la libre-pensée transgressive et provocatrice du personnage de Molière résonne toujours de manière éclatante avec l’actualité.
Mais si Don Juan est l’homme de la négation, de la séduction et de l’inconstance, c’est aussi et surtout le joueur, l’homme de théâtre, qui met au pilori tout ce qui peut enfreindre son indépendance de corps et d’esprit. Il est le masque noir de la liberté, défiant le ciel, défiant la scène du monde. Car Dom Juan est comédien. Son théâtre est celui où s’invente des univers inouïs, des figures imprévisibles, des futurs insensés, des paysages surréalistes, des comportements diaboliques. Son théâtre est ce lieu où la vie est libre de s’inventer comme elle l’entend, quoi qu’en dise le ciel, la morale et le dogme. Dom Juan vit et meurt sur la scène du théâtre.
Et dans cette fuite en avant, le Don Juan de Molière n’existe pas sans Sganarelle, sans la dialectique du maître qui tient son pouvoir du valet, ou du valet qui tient sa légitimité du maître sans le mouvement de l’altérité qui fait de Don Juan l’autre absolu, l’autre qu’on désire par ce qu’il est autre et parce qu’il y a déjà de l’autre en soi, à la fois anamorphose et double secret.
Les deux comparses s’adonnent à un dialogue ininterrompu, un ping-pong verbal, où face à son maître qui ne croit en rien, Sganarelle défend la religion, mais de façon si maladroite qu’elle en devient risible et ridicule.
La suite des personnages et des oppositions rencontrées par Don Juan (et son éternel Sganarelle/Molière), nous entraîne dans une série imprévisible de contrastes humains. Avec au cœur de chaque situation la croyance, ou la crédulité, et sa mise en doute par un esprit qui questionne sa responsabilité propre, à l’abri d’un jugement critique et cynique. Où si, à travers toutes ses séquences, quelqu’un croit en quelque chose, et pas seulement au « Ciel » (le plus souvent cité, bien sûr) : on croit au tabac, au loup-garou, aux flatteries amoureuses, au mirage de l’ascension sociale, à l’amitié entre hommes, à la repentance d’un fils en révolte, la méprise n’en est que plus cinglante.
Sur scène, le duo Bouchaud–Guédon fonctionne à merveille : subtil, drôle, enlevé, il électrise le public, faisant ressortir l’attraction et la répulsion qui unissent les deux personnages au gré de ruptures de jeu et de ton qui leur donnent toute sa démesure.
Les quatre autres comédiens : Stephen Butel, Marc Arnaud, MarieVialle et Lucie Valon ne sont pas en reste. Chacun s’emparant des autres rôles avec une aisance aussi facétieuse que mordante.
La scénographie de Daniel Jeanneteau est une boîte magique. Modulable, elle s’adapte aux différents plateaux de théâtre figurant les espaces traversés par Dom Juan mais également l’état d’esprit du protagoniste. Le décor est parsemé de planètes, lunes, étoiles qui font référence à la Vie de Galilée et aux croyances qui remettaient en question les conventions sociales.
Une distanciation ravageuse […]
Des improvisations burlesques sont insérées dans la pièce avec une lecture par Don Juan d’un extrait de La philosophie dans le boudoir du Marquis de Sade ainsi que deux chansons dont l’interprétation et leur contexte constituent le fil rouge du spectacle : la chanson “ Sexual Healing” de Marvin Gaye, chantée par Don Juan dont la traduction défile sur le panneau lumineux ainsi que la chanson “Les passantes” de Brassens que Sganarelle entonne pendant le repas, à la fin de la pièce.
Cette traversée foisonnante à l’instar d’un road-movie multiplie les apartés facétieux et les adresses au public. Dès son entrée en scène, Dom Juan aborde des spectatrices et improvise en fonction des femmes rencontrées. A la moitié de la pièce, avant son tour de chant, il répond par la négative à la demande de Sganarelle qui lui propose un entracte pour les spectateurs.
Un parti pris de mise en scène qui rappelle l’influence importante de la commedia dell’arte dans l’œuvre de Molière et insuffle une distanciation ravageuse, ouvert au questionnement de la pièce.
Une relecture décapante et décomplexée rondement menée par Jean-François Sivadier où la dimension rock star de Dom Juan se charge d’une fureur de vivre et d’une course-poursuite avec la mort, offrant à la pièce une énergie et une mise en abîme enivrantes. Bravo !.
Eternité, film de Tran Anh Hung, Copyright 2016 NORD-OUEST FILMS
Eternité, un véritable choc cinématographique
Un seul mot suffit à résumer le sentiment du spectateur éberlué à la fin de la séance d’Eternité : magique. Tout dans le film subjugue, des actrices fascinantes, des images d’une beauté rare, une mise en scène léchée et millimétrée. Le réalisateur Tran Anh Hung façonne un long métrage onirique et laisse ses acteurs en liberté pour livrer un récit familial dramatique et émouvant. La vie même est restituée dans un déroulé authentique où les coups du sort alternent avec des images de quotidien simples et profondes. Le film de l’année ? Peut-être…
Si les critiques consultées de ci de là laissaient craindre un film long et ennuyeux, les premières minutes font rapidement s’envoler les appréhensions. La magie s’installe instantanément dans ce récit de famille sensible et délicat. Tran Anh Hung fait le choix de la langueur pour scruter le quotidien d’une famille à travers les âges. De la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours, les joies et coups du sort se suivent dans une chorégraphie parfaite. Du grand art.
Une voix off ensorcelante
A la manière du célébrissime Barry Lindon de Stanley Kubrick, une voix off avertit des évènements à venir. L’attention du spectateur ne se porte donc plus sur le sentiment de surprise mais sur l’esthétique, la forme, ce sentiment vaporeux d’éternité. Car si le film avertit très tôt que tout passe et que l’existence peut s’envoler à chaque instant, l’inévitable fugacité de la vie humaine s’inscrit dans un éternel recommencement. Les personnages naissent et disparaissent, vivent des moments de joie ou d’abattement, mais la vie reste toujours la plus forte. Et tandis que cette voix lancinante étrenne les textes profonds et poétiques de l’ouvrage L’Élégance des veuves d’Alice Ferney paru en 1995, c’est un véritable spectacle qui se déroule sur l’écran.
Omniprésente et lancinante bande son
Le film privilégie l’économie de dialogues pour mettre en avant des mélodies de piano évocatrices et lourdes de sens. Tran Anh Hung ne ménage pas le spectateur avec Bach, Chopin, Debussy ou Ravel égrénés tout au long de l’action. Plutôt que d’insister sur des émotions hollywoodiennes superfétatoires et excessives, les sentiments sont rentrés et la bande son prend le soin d’apporter cette nécessaire émotion cinématographique. Par petites touches et en toute pudeur, le réalisateur laisse le fil de la vie se tisser sans rien vouloir y apporter d’autres que de la profondeur.
Eternité, film de Tran Anh Hung, Copyright 2016 NORD-OUEST FILMS
Des acteurs en liberté
Le choix du réalisateur de s’affranchir des règles contraignantes de tournage surprend. Sans donner d’indications aux acteurs, il les a laissés s’ébattre en liberté pour capter des situations et les agréger bout à bout. Au risque de l’incompréhension et surtout de finir certaines journées de tournage sans aucun matériel tangible. Pour un film basé sur la l’émotion et la liberté. Les 3 actrices Audrey Tautou, Mélanie Laurent et Bérénice Bejo naviguent dans les pièces de demeures bourgeoises, dans des jardins luxuriants ou dans des paysages paradisiaques avec toujours la même légèreté. Loin de paraitre surjoué ou millimétré, le film ressemble à une respiration dans le cinéma contemporain. Les liens entre les personnages atteignent une dimension d’universalité et d’intense empathie. A-t-on jamais aussi bien filmé les liens entre une mère et ses enfants ?
Un film mal compris ?
L’atmosphère délicieusement surannée du film s’inscrit dans une époque différente et une classe sociale supérieure. Matériellement à l’abri du besoin, ces femmes ne travaillaient pas et enfantaient de longues lignées. Car le film montre bien la fragilité de la vie humaine à une époque où les progrès de la médecine n’avaient pas encore atteint leur efficience actuelle. Pour 6 ou 7 enfants mis au monde, 3 ou 4 devaient mourir de maladies infantiles, d’accidents ou à la guerre. L’éternité soulignée dans le titre du film tient autant dans la force des sentiments que dans la perpétuation de la lignée familiale. De l’arrière grand-mère Audrey Tautou jusqu’à cette jeune fille courant sur le Pont Alexandre III, c’est un siècle de tragédies qui s’effacent devant les grands principes humains. Naissance, vie, mort, l’essentiel est mis tout en haut des contingences humaines.
Des images éblouissantes
La fascination est également transmise par l’art du réalisateur pour restituer sa vision. A se demander si un travail digne de photoshop n’a pas contribué à aviver les couleurs et les lumières pour les faire paraitre presque irréelles et oniriques. Ralentis et flashbacks permettent de faire ressortir ces liens ineffables entre les êtres. A chaque disparition, une séquence avive un souvenir ancré dans l’esprit des survivants. Comme pour graver dans le marbre l’existence du disparu et souligner le sentiment de perte. Le procédé se répète pendant tout le film, avec une récurrence émouvante et dramatique.
Tran Anh Hung réalise un film étalon du cinéma contemporain, donnant à la famille une place centrale dans l’existence humaine. L’émotion et l’empathie affleurent à chaque plan. La beauté se fait film, le film se fait universel. On touche au sublime. Elle est retrouvée. Quoi ? L’éternité.
Quand Valentine se marie à 20 ans avec Jules, nous sommes à la fin du 19e siècle. À la fin du siècle suivant, une jeune Parisienne, l’arrière-petite-fille de Valentine, court sur un pont et termine sa course dans les bras de l’homme qu’elle aime. Entre ces deux moments, des hommes et des femmes se rencontrent, s’aiment, s’étreignent durant un siècle, accomplissant ainsi les destinées amoureuses et établissant une généalogie… Une éternité…
Sortie : le 7 septembre 2016 Durée : 1h55 Réalisateur : Tran Anh Hung Avec : Audrey Tautou, Mélanie Laurent, Bérénice Bejo, Jémérie Renier Genre : Drame
War dogs de Todd Phillips, la guerre a aussi ses bons côtés
Todd Phillips n’a pas fait dans le raffiné pour son nouveau film. War dogs est une histoire de trafiquants d’armes à dormir debout et pourtant, inspirée de faits réels. Jonah Hill et Miles Teller incarnent les deux gus « héroïco-looser » de cette comédie qui a fait la clôture du festival de Deauville. Sortie en salle le 14 septembre.
Le trafic d’armes est un business juteux, très juteux… et accessible à tous ! Du moins, pendant la guerre d’Irak. A l’époque, l’armée américaine lançait un appel d’offre pour chaque commande d’armes. N’importe quelle entreprise pouvait entrer dans le jeu et répondre aux demandes considérables en équipements de l’armée. Deux copains à peine adulte, David et Efraim, se lancent dans ce business à risque. Les revenus qu’ils empochent sont d’abord modestes puis, l’argent coule à flot et un jour, ils signent le contrat de leur vie. Trois cents millions d’euros pour équiper les soldats américains qui se battent en Afghanistan. Une chance extraordinaire mais justement, la chance ne leur sourit plus. La situation leur échappe, tout dérape…
Excès et duo gagnant
Il y a des recettes que l’on connait trop bien pour les rater. Celle du film « too much », Todd Phillips la maîtrise parfaitement. Des bastonnades et des armes à gogo. Du rire et de la dérision pour dérider. Le rire idiot que Jonah Hill a composé pour le film est d’ailleurs une perle comique qui vaut le prix de la séance ! Et une pincée de fleur bleue dont Miles Teller se charge, déchiré entre ses affaires et la femme qu’il aime.
Drogue, fric, bad boys et corruption…
Drogue, fric, bad boys et corruption… War dogs est un film d’excès. Et on aime ça même si, parfois, c’est trop, on en perd nos repères. David et Efraim explosent toutes les barrières du rêve américain. La réussite pour tous, oh oui mais pour eux surtout même si c’est aux dépends des autres. Une réussite rapide, incontrôlable, habile ; l’Amérique est à eux. Mais ce sont des post-adolescents profiteurs de peu de vergogne. Pas facile de trouver les bons acteurs pour interpréter ce duo étonnant. Le leader et le suiveur, l’inconscient et le peureux, le vendeur de rêve et l’ambitieux sans y parvenir. Jonah Hill (Le Loup de Wall Street, 21 Jump Street, Le stratège) et Miles Teller (Whiplash, Divergent, Projet X) s’ajustent parfaitement à leur rôle. Un coup de chapeau à Jonah Hill tout particulièrement qui prouve encore une fois qu’il excelle dans le registre comique. Hollywood sourit à ces deux acteurs au look adolescent.
War dogs copyright WB
La rançon du dollar
Ce film est tiré d’une histoire vraie et c’est peut-être ça, sa plus grande réussite. Jusqu’au bout, c’est aberrant, fou, invraisemblable. Mais les millions mis de côté, il s’agit surtout d’une suite de mauvaises décisions prises par deux jeunes en quête d’aventures, d’argent et de succès. L’appât du gain fait taire les remords et on n’arrive pas au sommet sans faire de sacrifices. En l’occurrence, ils ont sacrifié leur intégrité, leur morale et le droit américain. On n’arrive pas au sommet sans arnaquer quelques dupes au passage. C’est le Pentagone qu’ils ont entubé. On n’arrive pas au sommet sans en descendre… Et ça fait mal. C’est la rançon du dollar.
War dogs est-il une satire des USA et du rêve américain ? Une critique de la démesure de ce pays qui ne met aucune limite au capitalisme ? Une attaque contre l’ambition à tout prix ? On peut y voir tout cela mais il n’est pas certain que Todd Phillips y ait mis autant d’intentions. Peut-être voulait-il simplement nous raconter cette folle histoire.
Deux copains âgés d’une vingtaine d’années vivant à Miami Beach à l’époque de la guerre en Irak, profitent d’un dispositif méconnu du gouvernement fédéral, permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d’offres de l’armée américaine. Si leurs débuts sont modestes, ils ne tardent pas à empocher de grosses sommes d’argent et à mener la grande vie. Mais les deux amis sont totalement dépassés par les événements lorsqu’ils décrochent un contrat de 300 millions de dollars destiné à armer les soldats afghans. Car, pour honorer leurs obligations, ils doivent entrer en contact avec des individus très peu recommandables… dont certains font partie du gouvernement américain…
Sortie : le 14 septembre 2016 Durée : 1h55 Réalisateur : Todd Phillips Avec : Jonah Hill, Miles Teller, Ana de Armas Genre : Comédie, drame, guerre
Résultats concours : Free State of Jones, 10 places de ciné gagnées !
Vous avez été 3421 participants au concours Free State of Jones. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :
David Bigot, Marine Breard, Muriel Vachet, Elian Derycke, Rodolphe Glasson
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
Les jeux de l’amour et d’Offenbach, Théâtre de Poche Montparnasse
Effervescence et folie douce avec les jeux de l’amour et d’Offenbach
Les jeux de l’amour et d’Offenbach offre un florilège des oeuvres les plus emblématiques de l’illustre compositeur français au coeur d’une truculente intrigue d’attirances et de répulsions. Une soprano et un baryton autrefois en couple se retrouvent à l’occasion d’une audition qui va raviver leurs sentiments. L’amour est au centre de cette pièce musicale enjouée et pétillante.
Une heure durant, les deux acteurs chanteurs Edwige Bourdy (en alternance avec Mélanie Boisvert) st Jean-Michel Séréni (en alternance avec Lionel Peintre)s’affrontent sur des airs d’Offenbach avant de succomber à nouveau à leurs charmes respectifs. Le ton est à la comédie, et le burlesque enjolive constamment les faciès. Mines déconfites, cris de surprise et courses poursuites endiablées égrènent ce doux et musical moment de théâtre. Une vingtaine d’extraits des oeuvres d’Offenbach accompagnent l’intrigue dans un déluge de surprises. D’Orphée aux enfers jusqu’à La Périchole en passant par La Fille du Tambour Major, c’est à un large panorama de sa riche oeuvre qu’assiste un public enthousiaste. Chaque extrait sert une avancée des rapports entre les personnages, d’abord surpris et inquiets de se rencontrer avant de se chercher, de s’amadouer et de finalement se séduire.
Nina Uhari (en alternance avec Erika Guiomar ou Sophie Teulon) accompagne au piano les interprètes dans un déferlement de mélodies chantantes. L’énergie déployée force le respect et met en valeur le texte et la mise en scène d’Yves Coudray. Réparties croquignolettes, algarades humoristiques, chaque péripétie provoque de francs sourires voire de tonitruants rires qui garnissent chaque salve d’applaudissements concluant les prestations. Et même si Offenbach n’est pas de la plus éblouissante actualité, le numéro de duettiste emporte l’adhésion générale malgré le côté suranné de l’opérette.
Ces jeux de l’amour et d’Offenbach soulèvent l’adhésion devant l’énergie déployée par les acteurs en état de grâce. Humour et émotion empreignent ce moment de théâtre musical d’un engouement enjoué.
Dates : du 13 septembre au 6 novembre 2016 Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Yves Coudray Avec : Edwige Bourdy, Jean-Michel Séréni, Nina Uhani