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Un mardi en novembre au Guichet Montparnasse : un mort et une famille à la dérive

Un mardi en novembre de Julein Séchaud Un mardi en novembre au Guichet Montparnasse : un mort et une famille à la dérive

Tous les vendredis et samedis à 19 heures, le théâtre Le Guichet Montparnasse accueille un quatuor de comédiens (Ghislain Geiger, Julien Séchaud, Juliette Stevez et Annie Vergne) pour jouer Un mardi en novembre.

Un rendez-vous familial

C’est un rendez-vous de famille que même les morts n’ont pas voulu manquer. Eva, comédienne acerbe et fière a quitté la scène brutalement il y a cinq ans. Avec son fils aîné, Aurélien, leur relation a toujours été soit tumultueuse soit silencieuse et accusatrice. Pianiste reconnu qui a arrêté net sa carrière, cet homme tourmenté va se confronter à sa mère. Mais sa visite inopinée après un long éloignement ne doit rien à l’amour, c’est sur la demande de Lisa, sa cousine, qu’il est venu. Lisa, femme dévouée, s’occupe de sa tante Eva depuis longtemps au lieu de s’occuper d’elle. Elle a assisté au déclin de la santé d’Eva que la maladie d’Alzheimer commence doucement à ronger.

Les trois personnages sont hantés par un même passé : la mort de Samuel, le plus jeune fils d’Eva. Enfant « différent », éternel enfant, Samuel va leur apparaître et tenter de les réconcilier, de les apaiser.

De l’amour, trop d’amour ?

L’histoire, finalement, est assez simple. Au début de la pièce, tout le monde est égaré et cache quelques rancœurs. A la fin, chacun a retrouvé son chemin et de la tendresse pour l’autre… C’est le monde des bisounours pour adulte. Un appel à s’aimer malgré tout, à mettre de côté son orgueil et à se parler. Une vision un peu naïve, un peu facile du monde. Peut-on vraiment réconcilié une famille déchirée ?

Un appel à s’aimer malgré tout

Parlons du mort, parlons de Samuel. Il va apparaître à tous les personnages un par un. Et mi magicien, mi psychologue, il va leur souffler des solutions, leur permettre de se libérer du poids de leurs non-dits et de leurs conflits. Sous le visage d’un enfant, c’est la paix qu’il leur apporte à chacun.

Julien Séchaud, en plus d’interpréter Samuel, est l’auteur de cette histoire de famille. Les dialogues sont beaux, poétiques, clairs et bien coupés. Des dialogues que les comédiens se sont appropriés avec succès. Ils font tous une belle performance.

Mais si l’histoire est prenante, elle traîne sur la fin. Et le dénouement « tout est bien qui finit bien » est un peu trop facilement amené. Enfin tout est bien… Eva continue à décliner et à se battre contre sa maladie mais les enfants sont finalement heureux. Si les parents finissent effectivement toujours par mourir pas sûr, en revanche, que les enfants arrivent toujours à s’épanouir. Mais le théâtre peut être porteur d’espoir après tout.

C’est un bon moment à passer qui pourra faire résonances à vos propres histoires de famille. La salle était pleine, alors pour assister à Un mardi en novembre, n’arrivez pas à la dernière minute si vous voulez avoir de bonnes places où simplement de la place !

Dates :  du 2 septembre au 17 décembre
Lieu : Le Guichet Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Annie Vergne
Avec : Ghislain Geiger, Julien Séchaud, Juliette Stevez et Annie Vergne

Son of Light / Noisy Blast : l’album concept de Mat3r Dolorosa

cover-mat3r-dolorosa-1024x919Son of Light / Noisy Blast : l’album concept de Mat3r Dolorosa

Album concept à l’oxymore prononcé, Son of Light / Noisy Blast fait naître de méandres sombres et tortueux une lumière évocatrice. L’artiste producteur lyonnais Mat3r Dolorosa propose un deuxième album dense et puissant, dont le titre fait référence au poète anglais John Milton et à son poème sur le mythe chrétien du jardin d’Eden « Le Paradis perdu ». Un album bicéphale et elliptique où s’entrechoquent des instrus élaborés aux confins de l’abstract hip-hop et de l’électro. Retroaction donne le là. Ce premier titre introduit la construction complexe et réfléchie d’un récit musical maitrisé. Voyons donc les titres dans leur ordre d’apparition.

Une oeuvre architecturale nourrie de contraires

L’explosion de Paradise, débordant d’effets sonores percutants, précède ensuite l’inévitable Décline, beaucoup moins digeste pour les oreilles. Black Memories ouvre un nouveau chapitre, avec une énergie différente qui annonce enfin la renaissance : le Son Of Light, pierre angulaire de l’album. On bascule ensuite vers de nouvelles sonorités, plus claires (bien que Claro soit plutôt anxiogène), plus lumineuses mais toujours aussi intenses. Parfois à l’extrême.

Que ce soit dans le temple de My Little Chapel, dans How We Pray For Her ou dans Pagan, on s’aperçoit que Son of Light / Noisy Blast est une oeuvre architecturale nourrie de contraires. La lumière puise sa force dans l’ombre qu’elle projette.

Un album parfois tortueux mais cohérent et structuré qui porte la signature Mat3r Dolorosa. A découvrir le 23 septembre.

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Narcos, l’incontournable série Netflix

Narcos
Narcos

Narcos, l’incontournable série Netflix

Pablo Escobar est le personnage ciné du moment. Campé sur grand écran par le troublant Bénicio del Toro dans le finalement moyen Paradise Lost, proie inapprochable dans l’actuel Infiltrator au cinéma, il fascine scénaristes et réalisateurs par son incommensurable réussite suivie d’une chute aussi brutale que vertigineuse. 7ème fortune mondiale au coeur des années 80, il a construit un édifice considérable pour devenir l’unique importateur de cocaïne aux Etats-Unis. De quoi s’attirer les foudres de l’administration américaine et du couple présidentiel. Narcos raconte son existence dans un biopic exaltant. Et la série tient en haleine comme rarement.

Narcos en trois mots : exécutions, intimidation, massacres.

La série aurait pu durer 6 saisons rien qu’avec le contenu de ces 2 saisons. Hyper denses, travaillées à l’extrême, elles contiennent tous les ingrédients du thriller à grand spectacle. Là où beaucoup de séries se contentent trop souvent de délayer pendant de longues saisons, Narcos synthétise en deux saisons l’ascension puis la traque d’Escobar. Avec un matériau sans équivalent : la réalité. Comment Pablo a créé le Cartel de Medelin en réunissant autour de lui les barons de la drogue, comment il a tenté de se faire élire député, comment il a semé la terreur en Colombie.  La série ne manque ni de rythme ni de scènes qui font froid dans le dos. Exécutions, intimidation, massacres. Tout cela est vrai.

La scène d’attaque du palais de justice à Bogota, par exemple, parait tellement incroyable qu’on ne peut imaginer que cela se soit réellement produit. Et pourtant. 100 morts, un impact sur le pays entier. Tout cela est l’oeuvre de Pablo Escobar. Avec un tel terreau, difficile de se louper. Et la série réussit à maintenir la tension en alternant entre mine patibulaire du narcotrafiquant et exactions à la chaine. Coups de fusils mitrailleurs et machettes aiguisées pullulent…

Plata o plomo

La saison 1 se concentre sur l’organisation du cartel, de la production à la distribution en passant par tous ces faciès de serial killer. Luis Guzman fait un baron de la drogue psychopathe assez crédible. Quand il lâche plata o plomo (l’argent ou le plomb), il ne donne pas envie de rigoler. Les autres comparses ont l’air tout autant déterminés à faire fructifier un trafic inimaginable. Des tonnes de cocaines, des montagnes de billets verts, le pays de cocagne. Sauf que face à eux se trouvent deux agents déterminés à les contrer. Les personnages véridiques de Javier Pena (Pedro Pascal) et Steve Murphy (Boyd Holbrook) servent de fil rouge à une traque impitoyable. Ils assistent les autorités colombiennes pour amoindrir, détruite et traquer Pablo. Humains et faillibles, ils patinent pendant longtemps avant quelques maigres succès. mais ils resserrent l’étau, inexorablement.

Et que dire de l’interprétation de l’acteur brésilien Wagner Moura en Pablo Escobar ? Si sa ressemblance n’est d’abord pas si criante que ça, il parvient à personnifier les doutes et l’implacable volonté du truand colombien. L’alternance d’images d’archives montre le vrai Pablo. A moto, pris en photo par la police, au milieu de ses somptueuses propriétés avec zèbres et flamants roses, il montre qu’Escobar n’est jamais rassasié, jamais arrivé. Il veut toujours plus et surtout se faire aimer. Il y parvient d’abord en construisant un quartier entier et en distribuant la plata. Avant de s’imposer par la terreur et de perdre ses alliés les uns après les autres. Un vrai exemple psychanalytique qu’adorerait Sigmund Freud. Bipolaire ? Schizophrène ? Syndrome de toute puissance ? Syndrome de persécution ? Il ordonne autant qu’il est personnellement capable de tuer un homme à mains nues…

Une saison 2 longuette ?

La série est un modèle d’équilibre. Pas un épisode sans son coup de théâtre, le rythme est perpétuellement garanti dans une farandole d’exécutions et d’arrestations. La saison 2 pourrait paraitre longuette. Pablo est caché, traqué,  Los Pepes élimine tous ses alliés. Mais non, on reste aux aguets, toujours friand de coups de théâtre. Et comme Pablo Escobar est également très proche de sa famille, les images du bonheur familial altéré par la traque rythment le film. Même au fond du trou, le personnage garde sa volonté de fer, malgré l’étau qui se ressert et le nombre en constante diminution de ses alliés. La chute est inéluctable, cruelle et pourtant juste. On sort rassuré de la saison 2. Oui, les ordures aussi peuvent ne pas s’échapper…

Alors question : la saison 2 est-elle au niveau de la saison 1 ? Je dirais que non même si elle reste à un niveau tout à fait honorable. J’ai avalé les 10 épisodes aussi vite que possible. Signe que cette série fascine tant par son ampleur que par son impeccable réalisation. C’est un signe.

A suivre dans une troisième saison qui tentera de poursuivre l’aventure Narcos sans Escobar.

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Narcos
Narcos

Loin d’un simple biopic de Pablo Escobar, Narcos retrace la lutte acharnée des États-Unis et de la Colombie contre le cartel de la drogue de Medellín, l’organisation la plus lucrative et impitoyable de l’histoire criminelle moderne. En multipliant les points de vue — policier, politique, judiciaire et personnel — la série dépeint l’essor du trafic de cocaïne et le bras de fer sanglant engagé avec les narcotrafiquants qui contrôlent le marché avec violence et ingéniosité.

Sortie : 2015 / 2016
Durée : 2 x 10 épisodes
Créé par : Chris Brancato, Eric Newman, Carlo Bernard
Avec : Wagner Moura, Pedro Pascal, Boyd Holbrook
Genre : Drame, Policier, Biopic, Thriller

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Infiltrator rejoue la chasse au Pablo Escobar

Infiltrator, film de Brad Furman, Copyright ARP Sélection
Infiltrator, film de Brad Furman, Copyright ARP Sélection

Infiltrator rejoue la chasse au Pablo Escobar

Infiltrator sème le doute. Le nom du film sonne comme Terminator ou Prédator et évoque le blockbuster à la sauce survitaminée. Alors que ce très honnête thriller américain évoque surtout la chasse au narcotrafiquant colombien au coeur des années 80. Avec méthode et un Bryan Cranston toujours aussi impérial.

Pablo Escobar est le personnage cinéma du moment. Benicio del Toro l’a magnifiquement interprété dans le finalement moyen Paradise Lost. Wagner Moura le campe avec talent au cours de 2 passionnantes saisons de Narcos. Infiltrator l’invoque à tout bout de champ sans jamais vraiment l’apercevoir. A la tête d’une fortune de plusieurs milliards de dollars, 7e fortune du monde au milieu des années 80, il diligente l’importation de la cocaïne aux Etats-Unis via sa plateforme de Miami. Un organigramme lui permet de régner sur la drogue si prisée des fêtards américains. Mais les services fédéraux américains règnent et vont tenter de démolir l’édifice.

Bryan Cranston est l’agent infiltré qui sacrifie sa vie pour cohabiter avec les trafiquants et gagner leur confiance. Son imperturbable faciès a été suffisamment travaillé au cours de 5 inoubliables saisons de Breaking Bad pour faire immanquablement merveille. Imperturbable même s’il frissonne intérieurement, il échappe aux règlements de compte et intimidations pour démanteler la sinistre organisation. Les 2 heures de film alternent entre moments de tension et plages de calme dans une mise en scène brillante à l’occasion. Brad Furman a tenté l’originalité dans quelques scènes marquantes comme l’arrivée de ce banquier légèrement extravagant ou le plan séquence de mariage. De quoi donner une belle ampleur au film. En invoquant Le Parrain 2 avec un bel art du suspense, le thriller se laisse très bien regarder.

Ce thriller a beau utiliser des codes éculés, il le fait avec brio et remplit le contrat. Faire frissonner et tenir en haleine. N’est-ce pas l’objectif ? Quant à Pablo, on sait comment il a fini. Mal.

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infiltrator
infiltrator

L’agent fédéral Bob Mazur a pour mission d’infiltrer le cartel de drogue de Pablo Escobar. Son but : faire tomber 85 barons et une banque internationale. Son plan : s’inventer un passé, une identité, une fiancée. Son risque : le moindre faux pas lui serait fatal.

Sortie : le 7 septembre 2016
Durée : 2h07
Réalisateur : Brad Furman
Avec : Bryan Cranston, Diane Kruger, John Leguizamo
Genre : Thriller

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I Love Piaf donne le frisson au Théâtre Edgar, à Paris

I Love Piaf
I Love Piaf, mise en scène de Jacques Pessis, Théâtre Edgar

I Love Piaf donne le frisson au Théâtre Edgar, à Paris.

I Love Piaf n’est rien de moins qu’un sommet de spectacle musical. L’émotion est à son comble quand retentissent ces airs si connus que toute la salle entonne avec entrain. Conteur, chanteuse et accordéoniste font revivre le mythe Edith Piaf sur la scène du Théâtre Edgar avec truculence. De sa jeunesse tourmentée à son succès fulgurant en passant par ses inoubliables chansons, c’est tout un pan de l’histoire de France qui ressurgit et transporte l’audience.

Le personnage est mondialement connu, voire familier. Une véritable légende entoure ce petit bout de femme à la voix si puissante et un film récent a fait triompher son interprète pour une carrière hollywoodienne flamboyante. Et pourtant, l’existence d’Edith Piaf regorge de secrets à découvrir. Jacques Pessis campe ce conteur à la connaissance encyclopédique qui accumule les anecdotes sur Edith Giovanna Gassion, orpheline élevée dans la rue dotée d’un organe vocal saisissant et devenue une star internationale. Pour mettre les mots en musique, Caroline Rose entonne les classiques interprétés ou composés par la Môme Piaf. La taille de la salle autorise une proximité qui avive d’autant l’envie de chantonner que de partager le moment. D’autant qu’Aurélien Noel accompagne la chanteuse avec son accordéon pour un véritable frisson qui parcourt tout le corps.

I Love Piaf, c’est avant tout de l’émotion pendant 1h30 de spectacle mené tambour battant. Cette existence romanesque contient tous les ingrédients d’une légende, souvent extatique, parfois déchirée mais menée toujours à 100 à l’heure. L’alternance d’explications brèves mais percutantes avec les interprétations habitées donne envie d’écouter du Piaf dès la pièce terminée. Le Titi parisien le dispute à la répartie à la volée, la gouaille est permanente et l’alternance la règle. Un morceau de Rock’n’Roll ou l’évocation de figures du Paris des années 30 font replonger dans une époque oubliée. Les noms de Jean CocteauYves Montand ou Marcel Cerdan raisonnent comme des fantômes du passé.

Le spectacle se clôture avec une salle chantant en coeur avec Caroline Rose tandis que tous tapent dans les mains en rythme. Succès total pour cette reprise déjà évoquée dans une de mes chroniques sur Publik’Art. Cette version sous-titrée en anglais rencontrera certainement le même succès !

Dates :  A partir du 10 septembre 2016, le samedi à 17h et dimanche/lundi à 20h
Lieu : Théâtre Edgar (Paris)
Metteur en scène : François Chouquet
Avec : Jacques Pessis, Caroline Rose ou Laura Chevalier, Aurélien Noël

Injuriez-vous ! Du bon usage de l’insulte : « pédé », « chienne » & Cie (La Découverte)

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Injuriez-vous ! Du bon usage de l’insulte : « pédé« , « chienne » & Cie (La Découverte)

« Fils de pute », « pédé », « chienne »… La vulgarité dans toute sa banalité. Voilà dans quel pétrin Julienne Flory s’est volontairement jetée. Avec Injuriez-vous !, elle nous emmène découvrir l’envers du décor des insultes. Un sens caché ? Une profondeur insoupçonnée ? Ont-elles d’autres raisons d’être que de blesser ?

Insultons-nous mais insultons-nous bien

Ce livre est gentiment subversif. Il nous apprend à manier l’injure pour ne pas se tromper ni de cible ni d’effets. Ce serait dommage. Insulter est un art, cela se travaille. L’analyse du contexte, du statut social et de la personnalité de l’interlocuteur permettront de choisir le nom d’oiseau le plus approprié. Alors injuriez-vous ! Mais s’il vous plaît, faites ça bien !

Ouvrir ce livre, c’est pénétrer dans un monde étrange. Car, à force d’étudier les injures, Julienne Flory les considère presque tendrement. Non, les insultes ne salissent pas la langue française. Elles en font partie et il faut les accepter plutôt que de les chasser à tout prix. Elles font sa diversité et sa jeunesse, son renouvellement même. Un point de vue que les amoureux de la langue française auront sûrement du mal à avaler. Le débat est ouvert.

Oublier les vieilles traditions langagières désuètes, Julienne Flory propose de vivre avec son temps. La beauté de la langue, l’idéal d’une langue poétique et irréprochable… Du passé ! Alors Injuriez-vous ! Oui, c’est blessant, oui, c’est humiliant mais en les utilisant, on casserait les codes, on affirmerait sa différence, on s’écarterait de normes sociétales oppressantes.

Je t’aime – Moi aussi, mon petit bâtard  

Ne ressentez-vous pas la tendresse des insultes ? Mais si… sous la surface ! Oui, « bâtard » renferme de l’affection ! Bien sûr « mon petit bâtard »…

Pour réhabiliter les insultes, Julienne Flory a fait fi de leur part d’ombre pour s’approcher de leur part de lumière. A l’intérieur d’un même groupe social, s’injurier peut être une façon pudique de se dire son amour ou son amitié. Aux Etats-Unis, la communauté afro-américaine s’auto-désigne comme « nègre ». Terme autrefois péjoratif, ils lui ont donné une nouvelle vie, ils ont stoppé son pouvoir de nuisance en se l’appropriant.

L’étymologie des insultes, leur misogynie, leur pourvoir… Dans un style fluide et sans s’attarder, Julienne Flory décortique l’injure. Adoptant un point de vue étonnant, presque dérangeant  puisqu’elle les défend également. Un livre bien documenté qui ne s’enfonce pas dans une analyse sans fin au risque de perdre le lecteur. On se divertit un peu, on apprend un peu et on se pose des questions.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Injuriez-vous Julienne Flory affiche« Fils de pute », « nique ta mère », « sale chien », « connasse », « pédé » : pourquoi insulte-t-on ? Dans quels cas les injures sont-elles efficaces ? Comment peuvent-elles aussi rater leur cible et se retourner contre celui qui les profère ?
Injurier, c’est chercher à humilier. Ce livre pourrait certes nous apprendre à « bien injurier », mais il pourrait aussi nous aider à résister à la violence des mots. Celui qui veut injurier efficacement doit se faire apprenti sociologue ! Car les injures renferment des mystères plus profonds qu’il n’y paraît à première
vue. Elles tendent à nous assigner un rôle, à nous définir. Elles recèlent un réel pouvoir magique : celui qui est nommé peut se reconnaître, et trouver ainsi une nouvelle manière d’exister et… de se révolter.
Ce livre explore une variété d’injures et d’insultes courantes aujourd’hui. À chaque fois, il en reconstitue le contexte et le sens. Il propose ainsi un parcours amusant, plein de péripéties et d’aventures dans un monde pas toujours reluisant qui est pourtant le nôtre. C’est aussi un livre d’espoir pour un avenir meilleur.

Date de parution : mai 2016
Auteur :Julienne Flory
Editeur : La Découverte collection Les Empêcheurs de penser en rond
Prix : 13 € (160 pages)
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Sur l’île, une prison, un livre carcéral de Maurizio Torchio (Denoël)

Maurizio Torchio
Maurizio Torchio
Foto di Alessandro Loddi

Sur l’île, une prison, un livre carcéral de Maurizio Torchio (Denoël)

Maurizio Torchio, écrivain italien, nous livre un récit surprenant sur la vie carcérale. Sur l’île, une prison raconte la vie carcérale, dans ses moindres détails, à travers un homme condamné à perpétuité.

On a tous vu des films sur les prisons et on imagine un peu la vie quotidienne en prison. Mais avec le livre de Maurizio Torchio, le lecteur est plongé au cœur du quotidien des prisons, et également des pensées intimes des prisonniers, et plus particulièrement d’un prisonnier. On devient à part entière un homme privé de toute liberté. Toro est en prison pour avoir séquestré la fille d’un patron, surnommée La Princesse du café. Il nous raconte comment il a surveillé cette otage, des jours et des nuits, sans jamais la toucher. Et une fois en prison, il a littéralement pété un câble et a fini par tuer un gardien. Il se livre de façon intime sur sa vie carcérale, enfin le peu de vie qu’il a à l’intérieur de la prison. On en connaît les moindres détails, qui n’ont aucun point commun avec la vie en-dehors de la prison. C’est presque inimaginable.

[…] Ceux qui disent que les visites sont une torture disent une connerie, et ils le savent. Y compris moi. Il ne faut pas l’oublier, parce que quand on se plaint trop on risque d’en venir aux mains avec ceux qui, peut-être, ont des enfants qui refusent de leur répondre au téléphone depuis dix ans.[…] p.168

Les gardiens ont aussi une vie comparable à celle des prisonniers, même s’ils sont de l’autre côté. L’auteur, Maurizio Torchio, arrive à nous capturer par cette vie désespérée mais qui reste quand même la vie. On se sent « étouffé » par tant de manque de liberté, manque de tout, presque un manque d’oxygène. Quand Toro parle de la place des femmes dans les prisons, cela donne la chair de poule.

Que cherchent-elles, en ces hommes qui les ont laissées seules ?
Des belles femmes, qui attendent des heures pour les enlacer un instant.
Et elles reviennent, elles reviennent, elles reviennent.
Des hommes qui ne pourraient jamais subvenir à leurs besoins. Mais ces femmes semblent se moquer de l’avenir ou du passé. […] p. 161

C’est à la fois presque inhumain et en même temps, tellement humain que c’en est troublant. A travers ce condamné à perpétuité, l’auteur met l’accent sur les contradictions même de l’homme. Incohérence du système, certes, mais aussi incohérence chez l’homme.
Mais jamais de jugement, de morale, juste des faits et des descriptions d’une situation, hélas, bien réelle.

[…] J’ai peur. J’ai honte de le dire. Pourtant si je ne le disais pas, j’aurais encore plus honte. J’ai peur parce que j’ai de l’espoir. Parce que, de façon absurde, j’ai l’impression d’avoir encore quelque chose à perdre. C’est vrai que je suis condamné à perpétuité sans remise de peine, mais les lois changent… Et puis, il y a toujours la grâce. […] p.205

Un très beau livre à découvrir, sans préjugé, juste à découvrir la vie autrement, la vie derrière les barreaux…

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Sur l’île, une prisonTrad. de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza

Depuis le tréfonds d’une cellule s’élève une voix. Celle d’un homme emprisonné pour avoir enlevé la fille d’un patron local, surnommée «la Princesse du café». Le jour où il tue un gardien, il est alors condamné à perpétuité et décide de tout raconter : les relations entre gardiens et détenus, les rivalités et la solidarité entre les prisonniers eux-mêmes. Il décrit la nourriture, le sexe, le monde extérieur, l’attachement désespéré aux objets, les jours et les nuits qui se confondent – tous les détails, même les plus infimes, sont rapportés avec une minutie sans pitié.
Sur l’île, une prison est un roman puissant et hypnotique qui plonge le lecteur dans un univers où l’espace et le temps, le bien et le mal, la lâcheté et le courage tels qu’on les connaît n’ont plus cours. À l’image d’Un prophète de Jacques Audiard, Maurizio Torchio nous livre un récit fascinant et inoubliable, dépourvu de tout jugement ou complaisance, sur la vie carcérale.

Date de parution : le 25 août 2016
Auteur : Maurizio Torchio
Editeur : Denoël
Prix : 16 € (256 pages)
Acheter sur : Amazon

Mercenaire, du mauvais rugby

Mercenaire
Mercenaire Photo © Ad Vitam

Mercenaire, du mauvais rugby ! 

Sacha Wolff réalise un film, Mercenaire, soit disant sur le rugby. Mais c’est une fiction, bien sûr. En fait, il s’attache surtout aux mœurs wallisiennes, bien différentes des nôtres. L’histoire est centrée sur un personnage, Soane, un wallisien pure souche et rugbyman qui rêve de devenir un grand.

Le synopsis est simple. Abraham repère Soane et propose à son père de l’envoyer en Métropole pour devenir un grand joueur de rugby. Là-bas, il gagnera beaucoup d’argent et pourra en envoyer à sa famille.

Mais la vie n’est pas si simple pour Soane, interprété par Toki Pilioko, vrai joueur de rugby et pas du tout acteur professionnel. Il semblerait que Sacha Wolff ait voulu faire un film sur le rugby, le monde du sport et montrer de très près un vrai joueur de rugby. Sans oublier Wallis qui apporte une touche toute particulière au film. Soane vit dans un squat, à Nouméa, avec sa famille. Son père abuse de son autorité et sème la terreur et la violence autour de lui.

Bien sûr, vu sous cet angle, le film Mercenaire paraît intéressant. Mais la violence et l’agressivité dominent le film. C’en est insupportable.
On peut regretter aussi que le film Mercenaire ne soit pas davantage centré sur la mentalité d’un club de rugby, ses exigences et son savoir-vivre. On voit davantage Soane se faire tabasser, sous tous les angles, encaisser les coups, avec une violence animale, et se doper pour tenir le coup ou être plus rentable pour le club. Un joueur de sa propre équipe a même tenté de le tuer ! Bien triste image d’un sport d’équipe, d’un sport fraternel avec de hautes valeurs morales…

Les rugbymen ne vont pas apprécier cette image de violence véhiculée par ce film. Dommage, vraiment dommage… Film classé par Publik’Art sans beaucoup d’intérêt ! Mercenaire a reçu un Prix à La Quinzaine des réalisateurs 2016 et a eu une nomination au Festival du Film Francophone d’Angoulême 2016.

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MercenaireSoane, jeune Wallisien, brave l’autorité de son père pour partir jouer au rugby en métropole.
Livré à lui-même à l’autre bout du monde, son odyssée le conduit à devenir un homme dans un univers qui n’offre pas de réussite sans compromission.

Sortie : le 5 octobre 2016
Durée : 1h44
Réalisateur : Sacha Wolff
Avec : Toki Pilioko, Iliana Zabeth, Mikaele Tuugahala
Genre : Drame

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Plats de résistance : Le Fooding s’engage !

Plats de Résistance - crédit AAAAA
crédit : AAAAA


Après « Cook it cool ! – Violences en cuisine » en novembre 2014 et « Tous au bistrot », le 17 novembre 2015, Le Fooding s’engage à nouveau le 24 septembre 2016 en créant l’événement avec San Pellegrino, son partenaire historique.

« Plats de Résistance » ? Un événement agit’popote pour une gastronomie humaniste.

« Plats de Résistance » ? Cinq services pour inviter à la découverte du goût des autres.

« Plats de Résistance » ? Un casting melting popote pour cuisiner la recette du vivre ensemble.

L’eau minérale pétillante de toutes les gastronomies, des plus authentiques aux plus sophistiquées, ne pouvait qu’adhérer à la cause de ce grand banquet festif et international, qui montrera combien la cuisine est un extraordinaire « liant social », avec des chefs français plus singuliers les uns que les autres, et des star chefs de toutes origines.

Au casting du Grand Fooding S.Pellegrino 2016, donc, des super cuistots, artisans et restaurateurs philanthropes, venus du monde entier, engagés dans des causes humanistes et prêts à user de leur talent pour porter des valeurs de partage et de plaisirs simples. Parmi lesquels :

Yotam Ottolenghi et Sami Tamimi (Ottolenghi, Londres), symboles d’une amitié et collaboration entre Israéliens et Palestiniens

Pierre Gagnaire (Restaurant Pierre Gagnaire, Paris), parrain pendant plusieurs années d’une initiative gouvernementale d’un programme de réinsertion par la cuisine

Franck Baranger, (Le Pantruche et Caillebotte, Paris) qui partage son succès en animant des ateliers cuisine pour le Secours Populaire

Kamal Mouzawak (Souk El Tayeb et Tawlet, Beyrouth) qui célèbre la diversité des producteurs, fermiers et cuisiniers libanais

Jessamyn Rodriguez (Hot Bread Kitchen, NYC), dont la boulangerie sociale emploie des femmes de minorité

Céline Pham, chef franco-vietnamienne qui collabore avec l’association Ernest pour lutter contre le gaspillage alimentaire, et soutenir les plus démunis

Aman Jaspal et Sameena Jaspal (Sarhad, Punjab), qui promeuvent la paix et l’amitié dans leur restaurant situé à la frontière indo-pakistanaise

Regina Tchelly (Favela Organica, Rio de Janeiro), qui aide les habitants de favelas à cultiver, cuisiner et se nourrir différemment en luttant contre le gaspillage alimentaire

Niki Kopcke et Roberta Siao (Mazi Mas, Londres) qui donnent une chance aux femmes immigrées en les employant pour les aider à se réinsérer socialement

Xavier Zapata (Café des Méditerranées, Marseille), son restaurant géré par l’association Cumin promeut les produits et cuisine de la Méditerranée, et donne une chance à des jeunes en contrat d’insertion, en salle et en cuisine

 Save the date : la billetterie ouvre le 15 septembre sur le site du Fooding ! 

Grand Fooding S.Pellegrino 2016 – Plats de Résistance – Infos pratiques

Date : le 24 septembre, dans la foulée de la journée internationale de la paix, pendant la street expo de Martin Parr « Faites l’amour et la cuisine, pas la guerre » organisée par L’Unesco et Le Fooding – renseignements sur demande.

Lieu : La Générale, 14 avenue Parmentier (11ème)
Capacité : 1 000 places, en cinq services
Réservations : le 15 septembre sur lefooding.com
Entrée : 40 € (hors frais de billetterie).

Sur chaque menu payé 5 € seront reversés à SOS MEDITERRANÉE, association civile et européenne de sauvetage qui porte assistance aux personnes en détresse en mer Méditerranée – L’Aquarius c’est eux!

Myriam Boyer et Jean Benguigui dans un face à face intense pour « Le Chat » de Simenon

Myriam Boyer et Jean Benguigui dans un face à face intense pour "Le Chat" de Simenon
Myriam Boyer & Jean Benguigui « Le Chat » de Georges Simenon © DR

Myriam Boyer et Jean Benguigui dans un face à face intense pour « Le Chat » de Simenon

En 1967, paraît ce roman, Le chat, signé du prolifique écrivain qu’était Georges Simenon et dont l’adaptation au cinéma par Pierre Granier-Deferre vaudra à Jean Gabin et Simone Signoret, d’incarner un couple maléfique, gangréné par l’usure, pour un duo aussi glacial que cruel.

Adapté pour la première fois au théâtre, Myriam Boyer et Jean Benguigui reviennent à la version initiale du livre où la guerre qu’ils se livrent se nourrit de leur différence sociale, du poids des souvenirs et de leurs idéaux inconciliables. Un affrontement aussi noir que jubilatoire.

Le Chat, c’est donc l’histoire de deux veufs que tout oppose et qui unissent leurs solitudes sur un malentendu, entre désespérance et intérêt.

Emile est un ouvrier à la retraite, rustique et dépourvu d’éducation tandis que Marguerite appartient à la bourgeoisie cul-béni provinciale mais déclassée, suite à la perte de la biscuiterie familiale.

Ils ont du mal à vivre seuls plus qu’ils n’ont d’élans passionnés, de projets communs et d’affinités électives. Leur mariage célébré va rapidement tourner court et laisser place à l’indifférence et aux ressentiments. Chacun devenant le bourreau et la victime de l’autre.

Un affrontement aussi noir que jubilatoire

La mise en scène rythmée de Didier Long explore avec finesse la psychologie des personnages avec ses attentes, ses failles et ses contradictions.

Où par un procédé de flash-back se déroule leur rencontre pleine d’espoir, la désillusion de la vie commune et le point de rupture qui cristallise le temps présent avec les hostilités déclarées lorsque le chat de l’un et le perroquet de l’autre, deviennent les victimes collatérales de leur affrontement implacable.

Une guerre silencieuse, sournoise et froide où la parole a laissé la place à des échanges délétères sous forme de petits bouts de papiers laconiques interposés et à une délimitation cloisonnée de l’espace commun.

Jean Benguini et Myriam Boyer sont criants de vérité, au plus près de cette condition humaine confrontée à ces manques et à cette incompréhension destructible face à l’autre.

La fuite en avant se décalque aussi sur la fin d’un monde où les promoteurs sont à l’oeuvre pour construire de nouveaux immeubles et faire table rase du quartier populaire de Marguerite qui en refusant de vendre sa maison et par la même se résoudre à son déracinement, s’expose chaque jour à la menace d’un chantier de plus en plus envahissant et opressant.

Un spectacle accompli porté par une adaptation inventive.

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Dates : A partir 6 septembre 2016 l Lieu Au Théâtre de l’Atelier (Paris)
Metteur en scène : Didier Long l Avec : Myriam Boyer et Jean Benguigui

Vidéo skate : la team NB fait son run de rentrée

42394Vidéo skate : la team NB fait son run de rentrée

Adieu les plages d’été, les vacances bucoliques dans une nature luxuriante. Retour au béton bien dur de nos villes, grandes ou petites. La rentrée est déjà derrière nous. Oui, mais voilà, le bitume a aussi du bon quand on voit ce que la team New Balance est capable de faire. Bon, ce run se passe en Espagne et fleure bon le soleil mais tout de même, ça donne envie de ressortir sa board et de se défouler comme il se doit en attendant lundi !

Une vidéo pour se faire plaisir et se consoler :

Et en bonus, ce petit record du monde de Nollie Flip :

[TEST] : La GourmiBox du mois d’Août

GourmiBox

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La GourmiBox, qu’est ce que c’est exactement ? C’est l’opportunité de découvrir chez soi 5 à 7 produits d’épicerie fine, sélectionnés pour leur qualité et leur originalité. Chaque mois, des saveurs différentes et des idées recettes à cuisiner chez soi en toute simplicité.

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Sans engagement – un mois : 29,90 €

Livraison offerte en France

Note globale obtenue : 4,2/5

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Pour vous faire saliver, voici le contenu de la box d’août :

  • des gressins aux sésames
  • de la terrine de rillettes au citron vert et au gingembre
  • de la crème de pousses de navets
  • 250 grammes d’oriechiette
  • un mélange de graines (lin doré, graines de chia, graines de chanvre)
  • un dessert poires et framboises
  • deux fiches recettes
  • un livret d’explications concernant les produits

 

Contenu de la GourmiBox du mois d’août 2016

[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

La GourmiBox, c’est un peu la box montante du moment. Les français sont friands de bonnes découvertes gustatives et nous aussi, alors on a testé.

La box est reçue rapidement, dans un emballage bien soigné qui garantit la bonne réception des produits. A première vue, elle semble très lourde. On a hâte de découvrir ce qu’elle nous réserve. Le packaging de la box est sympa, même s’il manque peut-être d’un peu de couleurs par rapport à ses concurrents. Les produits à l’intérieur sont bien protégés par des papiers absorbeurs de chocs. On arrive tant bien que mal à y trouver les produits, mais cela rajoute un peu de piquants à cette découverte, c’est un peu comme une pêche à ligne le jour d’une fête foraine.

Comme promis dans le descriptif, 6 produits nous sont présentés, avec ses deux fiches recettes et le petit livret de présentation. On s’attarde sur chaque produit face à des intitulés originaux. Que pourra-t-on faire avec ce mélange de graines particulières ? Qu’est ce donc cette crème toute verte aux saveurs italiennes ? Ni une, ni deux, on se jette sur le livret pour découvrir les descriptions et on s’imagine déjà autour d’un bon repas. Pour avoir goûté tous ces produits, ils sont raffinés et nous font passer de bons moments. On se retrouve néanmoins très surpris avec le dessert sucré …. trop sucré. Mais les goûts et les couleurs cela ne se discute pas.

Ce que l’on regrette dans cette Gourmibox, ce sont les quantités ; le dessert est tout petit, les pâtes ne nourriront que deux estomacs, et si malheureusement la famille est nombreuse, et bien il faudra se battre devant tant de découvertes.

C’est donc sûrement cela le gros point noir de cette box : la quantité. Les produits sont de très grande qualité, mais par conséquent pour le prix, et bien il faudra se contenter de petites bouchées.

A noter le très bon point de la Gourmibox pour son esprit écolo : pour un nouvel abonné, un arbre planté : Si ce n’est pas formidable 😉

 

Amanda Knox : le nouveau film documentaire attendu sur Netflix

Amanda Knox Netflix
Amanda Knox face caméra dans le prochain documentaire Netflix

Amanda Knox : le nouveau film documentaire attendu sur Netflix

Amanda Knox, c’est l’intitulé peu bavard du prochain documentaire coup de poing signé Netflix. Après la série Making a Murderer, qui dépeçait une sombre histoire policière en remontant une enquête qui avait aboutie à la condamnation de Steven Avery, c’est au tour d’Amanda Knox, soupçonnée du meurtre de sa colocataire Meredith Kercher en Italie d’entrer dans l’arène.

La jeune femme avait été condamnée (avec son ex-copain) à 26 ans de prison en 2009 avant d’être acquittée en appel en 2011. Affaire à multiples rebondissements, l’arrêt d’appel avait été cassé et suivi d’une nouvelle condamnation à 28 ans de prison en 2014 avant un dernier acquittement en 2015.

Le meurtre de Meredith Kercher a été l’une des affaires policières les plus médiatisées de ces dernières années. La principale suspecte se livrera face caméra dans ce documentaire qui porte son nom. Ce sera à vous de vous faire votre propre opinion.

Eight Days a Week ou la Beatlemania expliquée aux jeunes générations

Eight days a week
Eight days a week, film de Ron Howard, Copyright Studiocanal GmbH / Apple Corps Ltd

Eight Days a Week ou la Beatlemania expliquée aux jeunes générations

Difficile d’imaginer aujourd’hui la folie furieuse que fut la Beatlemania entre 1962 et 1966. Eight Days a week fait revivre ces années fastes qui ont marqué l’histoire du XXe siècle en compilant images d’archives et interviews pour un récit fort en émotion. Ron Howard orchestre à la perfection ce documentaire qui ravira fans et béotiens. It’s been a hard day’s night…

Si les Beatles ont livré quelques uns des plus grands albums de l’histoire de la pop music, le groupe a surtout créé sa légende via des concerts enchainés à un rythme dantesque. Parfaitement en place, vêtu de costumes stylisés, coiffés au bol et chacun dans son rôle, les Beatles ont ravi les foules dès leurs premières apparitions. Après une année difficile à jouer au Cavern Club de Liverpool et à enchainer les concerts pour marins en goguette dans le port d’Hambourg, la Beatlemania a éclos comme par magie en 1962 avec leur premier simple Please please me. En enchainant les numéros 1 au Hit parade, les Fab Four ont construit leur légende.

En 1961, tout une génération de teenagers de l’après WWII n’attendait qu’un groupe comme les Beatles pour exprimer sa rage adolescente et laisser libre cours à son déferlement hormonal.  Il faut voir ces images de concerts rendus assourdissants par les cris suraigus d’adolescentes en extase. 4 garçons propres sur eux, souriants, comiques et surtout rassurants pour les parents ont raflé la mise. Alors que ceux qui connaissent l’histoire sauront que les Beatles étaient beaucoup moins bien éduqués que les Stones visiblement plus voyous… Livrer des tubes numéros 1 semble avoir été une partie de plaisir. Love me do, I want to hold your hand, Can’t buy me love, chacune de ces chansons s’est imposée dans les charts avant la conquête des Etats-Unis, véritable graal de tout groupe décidé à mettre le monde à ses pieds.

Les 2h de documentaire sont un véritable plaisir de fans. Revoir les 4 scarabées à l’orée de leur vingtaine, hâbleurs, détendus, heureux de vivre chaque jour est un plaisir coupable. Surtout que dès 1965, la lassitude s’installe devant des débordements de plus en plus fréquents. Candestick Park en 1966 clôtura leur carrière scénique, ouvrant la voie à la réalisation d’albums devenus légendaires. Sergeant Pepper, White Album, Abbey Road, Let it be, certains ont rayé leurs cd’s à force de les écouter en boucle… c’est la bande son d’un groupe rentré dans la légende qui défile 2h durant, avec des images inédites clôturées par ce concert au Shea Stadium rendu audible par un fastidieux travail de mixage.

Peut être le documentaire définitif sur les Beatles de la belle époque, avant les tensions et la fin tragique du groupe. Voir les Beatles sur scène, ce devait être le moment d’une vie, comme le dit si bien Whoopi Goldberg avec force soupirs. Ces 4 blancs becs réussirent à unir les gens par delà leur âge et leurs différences, créant une universalité bienveillante et amicale. Belle performance…

Eight days a week tirera une petite larme aux beatlemaniaques tant la magie opère. Les connaisseurs pourront fredonner les tubes avec un large sourire. Ce documentaire est à voir absolument le 15 septembre en séance unique!

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Eight days a week
Eight days a week

Jeudi 15 septembre à 20h, à l’occasion d’une séance unique au cinéma diffusé dans le monde entier, les spectateurs pourront se replonger dans les années 60 aux côtés du groupe légendaire à travers une expérience cinématographique inédite en exclusivité dans plus de 100 salles partout en France.

Avec des images rares et exclusives, The Beatles : Eight Days A Week – The Touring Years retrace les premières années de la carrière des Beatles de 1962 à 1966, marquées par les tournées incessantes à travers le monde. Des centaines de dates, des milliers de fans, des heures de concerts ont permis aux Beatles d’entrer dans la légende, mais aussi d’apprendre à se connaître, à se chercher, à se renouveler et à écrire ensemble toujours plus de chansons mythiques. Du Cavern Club de Liverpool à leur dernier concert au Candlestick Park de San Francisco, découvrez les Beatles comme vous ne les avez jamais vus et jamais entendus, à travers des enregistrements live et archives inédites.

Et spécialement pour cette soirée au cinéma, les spectateurs pourront vivre sur grand écran plus de 30 minutes inédites du concert du SHEA STADIUM de 1695 pour la première fois remasterisées ! Vous connaissez le groupe, pas leur histoire.

Sortie : le 15 septembre 2016 séance unique
Durée : 2h00
Réalisateur : Ron Howard
Avec : John, Paul, George, Ringo
Genre : Documentaire

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La Version Browning justifie les attentes placées en elle

La Version Browning
La Version Browning, Mise en scène Patrice Kerbrat, Théâtre de Poche Montparnasse

La Version Browning justifie les attentes placées en elle

La Version Browning se concentre sur un professeur de grec et de latin prêt à quitter son établissement suite à des problèmes cardiaques. 1h20 durant, le digne et méritant cacique chancelle face aux coups de butoir d’un entourage bien moins bienveillant qu’il ne croyait. Robes professorales, impeccables chignons et papier peint ringard ressuscitent l’atmosphère d’une Angleterre des années 40 plus vraie que nature. Les révélations foudroient le malheureux en même temps qu’elles déstabilisent une audience accueillie d’abord sur le ton de la comédie avant de se retrouver face à un drame social acerbe et sans concessions. 7 comédiens animent cette galerie de personnages avec une vraie science de la duplicité pour des effets qui font mouche à chaque fois.

Cette Version Browning ressemble à un safari dans la brousse. L’acharnement généralisé contre la bête blessée informe sur les natures humaines. Le professeur craint par ses élèves et respecté par ses collègues voit l’édifice patiemment échafaudé s’effriter inexorablement. Les racontars initiaux colportés par un élève, un professeur et l’épouse dévouée prennent rapidement vie dès son arrivée sur scène. Le professeur Crocker Harris est une caricature d’universitaire sans vie ni enthousiasme. Il méprise ses élèves et se soumet aux règles du campus avec la raideur d’un vieux dinosaure. Difficile de croire qu’un tel personnage puisse jamais remettre en cause ses propres principes ou les lois de l’établissement. Mais le zèle de chacun pour le mortifier va le révéler à lui même ainsi qu’à ceux qui le jugeaient trop fragile pour oser réagir.

La scène du Théâtre de Poche Montparnasse accueille un huit clos claustrophobique où chacun s’annonce par quelques coups sur une porte imaginaire comme pour annoncer une sentence. Les acteurs, Jean-Pierre Bouvier en tête, magnifient le texte de Terence Rattigan  et défilent dans un rythme cauchemardesque. Si le texte traduit de l’anglais fait la part au classicisme suranné d’un temps révolu, les pantomimes laissent peu de doutes sur les intentions de la pièce. Cette critique d’une société profondément injuste et hypocrite sous des atours habilement policés fait froid dans le dos. Pensant récolter les fruits d’un dévouement de toute une vie, Crocker Harris saura conserver sa dignité face aux coups du sort. La scène aura beau devenir cette cellule condamnant le héros à une pénitence éternelle, son flegme changera la sentence en repentir serein.

Chacun se demande ce que cache le titre de la pièce. Quelle est cette fameuse Version Browning? Véritable talisman qui révèlera le professeur à lui même, il faut aller le découvrir pour en savoir plus…

La pièce surprend par son faux rythme et ses révélations en série. Le drame surpasse la comédie et maintient l’attention de spectateurs interloqués tout du long. Le ton n’est pas vraiment au divertissement, mais plutôt à la psychanalyse théâtrale.

Dates :  à partir du 1er septembre 2016
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Patrice Kerbrat
Avec : Jean-Pierre Bouvier, Marie Brunel, Nikola Krminac

Vert émeraude, petit dernier d’une trilogie adolescente mitigée

Vert émeraude Felix Fuchssteiner
Vert émeraude copyright Concorde Filmverleih GmbH

Vert émeraude, petit dernier d’une trilogie adolescente mitigée

Adaptation cinématographique du dernier tome de La trilogie des gemmes, Vert émeraude est un film fantastique réalisé par Felix Fuchssteiner et Katharina Schöde. Précédé des films Rouge Rubis et Bleu Saphir, il conclut donc cette saga adolescente allemande. Sortie prévue en DVD et Bluray pour le 21 septembre 2016.

Attention, scénario complexe ! Inutile déjà de s’attaquer à ce film si vous n’avez pas regardé les deux premiers. Mais tentons la synthèse. Gwendolyn est une lycéenne londonienne ordinaire tendance empotée. Un jour, elle découvre qu’elle peut voyager dans le temps en atterrissant, malgré elle, dans les années 1900. Hors de contrôle, son nouveau pouvoir l’effraie. Pour le maîtriser, elle doit se résoudre à intégrer la loge secrète, séculaire et très puissante du Comte de Saint-Germain. Là, elle y apprend qu’elle est le dernier des douze voyageurs du temps. Commence alors une aventure à travers les âges où, en compagnie de son beau et prétentieux partenaire, Gidéon de Villiers, elle devra accomplir de nombreuses missions et sauver sa peau.

Voilà le topo, enfin… L’introduction. Maintenant, que se passe-t-il plus précisément dans cet ultime opus ? Gwendolyn et Gidéon savent que la loge cherche à acquérir un immense pouvoir qui pourrait faire courir à l’humanité un grand danger. Pour en savoir plus et pour les contrer, ils vont affronter leurs ennemis dans le passé comme dans le présent. Sur leur route, ils vont également devoir se battre avec les sentiments qu’ils ont l’un pour l’autre.

Vert émeraude
copyright Concorde Filmverleih GmbH

Film d’amour, d’humour et d’actions, le combiné des trois aurait pu être heureux mais la réalisation est assez bancale. Trop de facilités dans le scénario, de retournements de situations improbables… Il est vrai que le défi n’était pas évident car l’histoire est dense (du fait de la riche imagination de son auteur, Kerstin Gier). La résumer sans l’abîmer était une difficulté qu’ils n’ont pas totalement surmontée, on se perd dans les dédales du scénario.

Bien que de peu d’ambitions, Vert émeraude est « mignon ». Une héroïne rafraîchissante et drôle, la folie des personnages secondaires, une idylle sympathique et mouvementée entre Gidéon et Gwendolyn… Bref, il y a de la matière et du rythme mais, jamais, ils ne réussissent à nous transporter complètement. Un pied dans l’imaginaire du film, l’autre reste posé sur terre.

Divertissant mais pas passionnant. Pour les adolescents mais pas pour un public exigeant. Vert émeraude ne restera pas comme un film du genre mais peut vous faire oublier le quotidien un instant !

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Vert émeraudeAprès avoir mis la main sur les notes du comte de Saint-Germain, Gwendolyn et Gideon en sont maintenant certains : la prophétie des voyageurs du temps n’était qu’une chimère destinée à servir les intérêts des veilleurs. Pire, l’humanité pourrait courir un grand danger si le pouvoir du Cercle de sang était libéré. Quel est ce pouvoir et pourquoi le Cercle cherche-t-il a s’en emparer depuis des siècles ? Quels mystères le chronographes peut-il encore cacher ? Les réponses, Gwen et Gideon devront les chercher dans le présent et le passé pour mettre définitivement fin aux activités du Cercle.

Sortie vidéo : le 21 septembre 2016
Durée : 1h52
Réalisateur : Félix Fuchssteiner et Katharina Schöde
Avec : Maria Ehrich, Jannis Niewöhner, Laura Berlin
Genre : Fantastique
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Comancheria : braquer sa banque pour solder ses comptes (Festival de Cannes 2016)

Comancheria
Comancheria, photo : Chris Pine et Ben Foster

Comancheria : braquer sa banque pour solder ses comptes (Festival de Cannes 2016)

Réalisé par David Mackenzie, Comancheria (titre original : Hell or High Water) faisait partie de la sélection « Un certain regard » de cette 69e édition du Festival de Cannes. Un film où des cowboys braquent leur banque pour solder leurs comptes.

Ils sont frères. Tanner (Ben Foster) sort tout juste de prison et retrouve le ranch familial. Durant son séjour carcéral, son petit frère Toby (Chris Pine) a dû gérer les mauvais coups du sort, notamment la maladie qui a emporté leur mère. Endetté jusqu’à l’os et pour se venger de sa banque d’avoir tiré parti de la détresse de sa mère, Toby décide de braquer les agences de l’établissement. Les plus petites d’entre elles. Que des petites coupures pour ne pas être traçables. Avec ça, il pourra éponger ses dettes et lever l’hypothèque prise sur le ranch. Comme pour se racheter de son absence, Tanner accepte avec plaisir de participer au plan pour aider son frère.

Dans ce Far-West des temps modernes, Comancheria orchestre une chasse à l’homme entre rangers et braqueurs. Les premiers attendent que les seconds commettent le casse de trop, l’erreur qui les perdra. Alors que l’enquête piétine, le vieux Marcus veut faire confiance à ses intuitions : le ranger magistralement interprété par Jeff Bridges (True Grit, The Big Lebowski) semble avoir flairé le profil des criminels. Il décide de les attendre à la prochaine agence du coin.

Avec un sens de la formule hors pair, le scénario offre des dialogues aiguisés, drôles et percutants. L’ornement idéal pour un récit qui demeure noir. Bien que l’on devine une issue dramatique, tout est fait pour cultiver les sentiments. Que l’on soit flic ou voyou, on s’attache à ces personnages au verbe haut. Et on aimerait presque que tous rentrent à la maison sains et saufs.

Abordant de nombreux sujets avec l’air de ne pas y toucher (l’histoire de ces terres qui appartenaient aux indiens, l’exploitation des sols qu’on y fait, le capitalisme aveugle et absurde, le port des armes….) Comancheria ne manque pas de fond. Mais c’est surtout la forme et le soin apporté aux dialogues qui convainquent. Entre rires et suspense, ce western surprend autant qu’il séduit. David Mackenzie (Les Poings contre les murs, Citadel, Perfect Sense) est décidément un réalisateur sur qui il faut compter.

Le film aurait mérité une récompense, mais c’est le film The Happiest Day in The Life of Olli Mäki de Juho Kuosmanen qui a été préféré pour le prix Un Certain Regard.

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ComancheriaAprès la mort de leur mère, deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque. Ils n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale, et comptent rembourser la banque avec leur propre argent. A leurs trousses, un ranger bientôt à la retraite et son adjoint, bien décidés à les arrêter.

Sortie : indéterminée
Durée : 1h42
Réalisateur : David Mackenzie
Avec : Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster
Genre : Drame, thriller

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Relève : histoire d’une création ou la passion de la danse

Relève : histoire d'une création
Relève : histoire d’une création, film de Thierry Demaizière et Alban Teurlai, Copyright Droits réservés

Relève : histoire d’une création ou la passion de la danse

Relève : histoire d’une création est un documentaire retraçant la création du ballet Clean Loud Bright Forward de Benjamin Millepied à son arrivée à la direction de l’Opéra de Paris en 2014. 2h15 de passion de la danse pour un moment de magie pure, entre envie de bien faire et bâtons dans la roues. En choisissant de jeunes danseurs dans le corps du ballet, en les entrainant, en les faisant répéter, il remporte un succès total. 4 mois après, il démissionna pourtant.

Plusieurs aspects sont abordés dans cet excellent documentaire qui ne ravira pas que les fans de danse: l’aspect artistique est mis particulièrement en avant car le danseur étoile respire la danse, la passion ruisselle par tous ses pores et ses yeux perpétuellement exorbités montrent bien son implication totale. Un compte à rebours étrenne les différentes étapes de la préparation avant la performante finale. Pourtant, il doit également gérer l’Opéra, l’administratif, les syndicats, les rancoeurs. La passion artistique se bouscule avec la longue histoire de l’établissement. Les obstacles se multiplient et pourtant Benjamin Millepied conserve le sourire et va de l’avant.

Les 2 réalisateurs  Thierry Demaizière et Alban Teurlai multiplient les niveaux de lecture, avivant le trouble dans l’esprit du spectateur. La caméra vogue à travers les salles de répétition, donnant la palme aux danseurs et à l’assistante de Millepied. Suivant le quotidien de l’établissement, elle se glisse dans ces petits moments de concentration et d’expression la plus pure de la passion pour la danse. Difficile de ne pas se laisser emporter par ce récit doux amer que l’on voudrait clôturé par un happy end, et pourtant, la fin laisse un gout amer.

Le documentaire se permet des retours sur l’histoire personnelle du chorégraphe, tout en ellipse er donnant envie d’en savoir plus dès la séance terminée. Son enfance africaine, son inaltérable passion de la danse, sa position de premier danseur au New York City Ballet, son charisme, son aisance pour communiquer. On aperçoit Natalie Portman et la caméra le suit parfois hors Opéra. Avec toujours de la musique et des idées pleins la têtes.

Un documentaire phare de la rentrée 2016 avec le sentiment d’assister à un moment rare, celui où passion et implication aboutissent à la réalisation d’une oeuvre rare. Un documentaire à découvrir absolument dans l’agenda ciné chargé du 7 septembre 2016.

Retrouvez tous nos articles sur Benjamin Millepied sur cette page.

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Releve-1
Benjamin Millepied, danseur chorégraphe français, est nommé directeur de la danse de l’Opéra National de Paris en novembre 2014. Sa jeunesse, son regard moderne, sa culture et sa notoriété doivent apporter un renouveau dans la prestigieuse institution. Aussi bien dans ses choix créatifs que par ses méthodes de travail auprès des jeunes danseurs du corps de ballet, Benjamin Millepied va révolutionner les codes de la danse classique. RELÈVE raconte le processus de création de son nouveau ballet “Clear, Loud, Bright, Forward”, une incroyable épopée pleine d’énergie.

Sortie : le 7 septembre 2016
Durée : 2h00
Réalisateur :  Thierry Demaizière, Alban Teurlai
Avec : Benjamin Millepied
Genre : Documentaire

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L’Attrape-Rêves, rêverie sur la fragilité de la vie humaine

L'Attrape-Rêves
L’Attrape-Rêves, film de Claudia Llosa, Copyright José Haro

L’Attrape-Rêves, rêverie sur la fragilité de la vie humaine

L’Attrape-Rêves suit 3 personnages en quête de sens. Jennifer Connelly, Cillian Murphy et Mélanie Laurent s’ébattent dans un marais de doutes, de coups du sort et de récriminations. Forces mystiques et tentatives de surmonter les obstacles pavent leur route.

Nana (Jennifer Connelly) est une mère confrontée à la maladie de son fils cadet. Son peu d’espoir de guérison l’amène à rencontrer un guérisseur qui ameute les foules. Mais ce dernier estime qu’elle même détient ce fameux pouvoir de guérison, à son grand désarroi tant cela lui semble improbable. Le film multiplie les flashbacks entre une Nana adulte avec ses enfants  et le fils ainé Ivan (Cillian Murphy) devenu un adulte en colère. Quand une journaliste (Mélanie Laurent) vient le rencontrer pour glaner des informations sur cette mère perdue de vue et devenue une guérisseuse recherchée, Ivan sombre dans le désespoir.

L’Attrape-Rêves est un film retors et inconfortable. Cris et déchirements se multiplient tout du long pour signifier l’impuissance de personnages pour faire face à la malveillance de la vie. Le fils cadet emprisonne Nana et Ivan dans un perpétuel conflit ouvert. L’ainé ne peut s’accomplir et enchaine les avanies au grand désespoir de ses proches. Devenu adulte, il vit reclus en compagnie de sa petite famille et de ses oiseaux.

Le film se déroule essentiellement dans les paysages sauvages du grand Nord canadien. Neige et grands espaces remplissent l’image comme des témoins muets des drames qui se nouent. Le pathos s’infiltre sans discontinuer dans ses existences tourmentées. Difficile de distinguer de l’espoir dans ce récit elliptique ou tragique selon les contextes. Le vent l’emportera de Manu Chao se fait entendre au détour d’un trajet en voiture et l’impression de purgatoire constant ne quitte que très peu le spectateur. Ce n’est pas l’enfer mais un véritable antichambre, sans rires ni espoir.

Comment réagir face à la maladie, tel semble être le fil rouge d’un film pesant et dramatique.

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L'Attrape-Rêves
L’Attrape-Rêves


A Nunavut, dans le Grand Nord canadien, Nana Kunning consulte un guérisseur pour l’un de ses fils. Cette rencontre va bouleverser le cours de son existence. 20 ans plus tard, son fils aîné part sur les traces de sa mère, accompagné d’une journaliste française. Nana est devenue guérisseuse de renom aux confins du Cercle polaire…

Sortie : le 26 octobre 2016
Durée : 1h33
Réalisateur : Claudia Llosa
Avec : Jennifer Connelly, Cillian Murphy, Mélanie Laurent
Genre : Drame

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Jeunesse de Julien Samani, film sur les rêves de jeunesse fracassés sur les rochers de la réalité

Jeunesse, Film de Julien Samani, Copyright Alfama Films
Jeunesse, Film de Julien Samani, Copyright Alfama Films

Jeunesse de Julien Samani, film sur les rêves de jeunesse fracassés sur les rochers de la réalité

Jeunesse conte le départ vers l’aventure d’un rêveur congénital à bord d’un cargo rouillé. Le jeune homme aux perspectives limitées s’imagine marin dans des contrées exotiques. La tragédie le ramènera bien vite sur terre. Métaphore d’une jeunesse actuelle avide de grand large mais confrontée à des perceptives limitées, le film interpelle et laisse songeur.

Le film débute tandis que deux jeunes freluquets tentent de convaincre le capitaine d’un navire de les embaucher. Sa mine sceptique douche l’enthousiasme du premier mais le second persévère. Sans salaire mais pas sans horizon, il embarque pour le voyage d’une vie. Taches ingrates et mines patibulaires de collègues confrontés à la solitude du marin composent un quotidien limité et répétitif. Le jeune Kevin Azais, aperçu récemment dans Les Combattants, campe l’idéaliste qui s’abime contre le parpaing de la réalité.

Le pavillon panaméen du navire fait figure de mirage. Hissé tout en haut du mât le plus haut, il semble indiquer le sens du vent mais aussi tromper son monde. Les plus anciens ne sont pas dupes, connaissant la destination. Un équipage roué accueille le jeune matelot à coups de regards hostiles. Samir Guesmi (L’effet aquatique) est le second revenu de tout avec le morceau de bois perpétuellement aux lèvres. Lui ne sait rien faire d’autre et doit se contenter de son destin sans saveur. Jean-François Stévenin interprète un capitaine roublard et couve le jeunot avec tendresse. D’abord hors sujet puis apparemment motivé, la recrue devient un membre à part entière du vaisseau fantôme.

Destinations hasardeuses et avaries multiples égrènent un voyage vers l’inconnu, transformant le périple en huit clos pesant et désenchanté. Le navire a beau s’appeler Judée, rien ne ressemble moins à un voyage vers la terre promise. Le silence est la norme sur le cargo et un marin malheureux semble puni pour l’avoir trop oublié. Les dieux se vengent sur un équipage qui se laisser aller à l’optimiste. La traversée de l’océan ressemble à une traversée du désert sans lumière divine mais pas sans embuches.

La force métaphorique du film fascine malgré le peu d’alternance et le manque de rythme. Le jeune héros veut y croire et sa persévérante force l’admiration, malgré tout.

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Jeunesse
Jeunesse


Zico a soif d’ailleurs. Il embarque sur un cargo au Havre. Très vite, les tensions avec le reste de l’équipage et les avaries à répétition mettent à mal ses rêves d’aventures. Une lutte s’engage alors contre les éléments et les épreuves qui frappent ces hommes.

Sortie : le 7 septembre 2016
Durée : 1h23
Réalisateur : Julien Samani
Avec : Kevin Azaïs, Jean-François Stévenin, Samir Guesmi
Genre : Drame

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La magnifique ode à Victor Hugo de Pyrénées ou le voyage de l’été 1843 au Lucernaire

Pyrénées ou le voyage de l'été 1843
Pyrénées ou le voyage de l’été 1843, Théâtre Lucernaire

La magnifique ode à Victor Hugo de Pyrénées ou le voyage de l’été 1843 au Lucernaire

Toute la verve de Victor Hugo rejaillit sur la scène du Lucernaire dans une évocation tragicomique de cet été 1843, central dans la vie féconde de l’auteur.

Julien Rochefort n’a besoin que d’une scène et de quelques jeux de lumière pour personnifier Victor Hugo 1h10 durant. Armé d’une diction sirupeuse et délicieusement piquante, il retranscrit le truculent récit de voyage d’un des plus grands auteurs français de l’histoire dans un festival d’anecdotes croustillantes et drolatiques. Loin de lasser le public, le langage suranné et châtié à l’extrême évoque autant qu’il sous-entend. Les descriptions sont tout autant précises qu’allusives, mélangeant allègrement les niveaux de lecture dans un patchwork élégiaque.

L’égo surdimensionné de l’auteur éclabousse l’auditoire par la magie d’un acteur qui manie les nuances de la langue avec dextérité. Semblant continuellement s’écouter parler, il monologue au fil des écrits de Victor Hugo. Goûts et couleurs s’enchainent dans un défilé perpétuellement, volontairement ou prétendument surprenant. La langue est douce, le rythme est soutenu, la mélopée est ininterrompue. A l’instar d’une pièce de Shakespeare ou de Racine, il est doux de se laisser porter par la musique des mots et de leur délicieux agencement.

Ce livre mal connu de l’auteur des Misérables contient en arrière plan le drame de sa vie. Tout occupé à la distraction d’un voyage qui va bien au-delà des Pyrénées, il se fait foudroyer par la mort de sa fille ainée dont il apprend la nouvelle par hasard dans la presse cinq jours plus tard. Le récit drolatique est à considérer à l’aune de cette tragédie. Le récit de voyage ne sera publié qu’à titre posthume, signe de la blessure vivace dans le coeur de Victor Hugo toute sa vie durant.

La pièce est un moment de magie théâtrale, enlevé et prétexte à des badinages gourmands. Le lyrisme le dispute à l’envie de clôturer le moment par le célèbre poème de l’auteur. Demain dès l’aube….

Dates :  du 24 aout au 8 octobre 2016
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Sylvie Blotnikas
Avec : Julien Rochefort

Frantz, un film d’époque surprenant de François Ozon

Frantz
Frantz, film de François Ozon, Copyright Mars Films

Frantz, un film d’époque surprenant de François Ozon

Frantz débute en 1919 avec la visite d’un jeune français à la famille d’un ami allemand disparu. Du postulat d’une amitié franco-allemande fantasmée par delà les conflits, le film se complexifie jusqu’à quitter rapidement sa trame linéaire et bousculer le spectateur. François Ozon ne déroge pas à sa règle habituelle, brouiller les apparences et creuser des sillons inattendus. Porté par un duo d’acteurs intense et captivant, ce Frantz ne peut pas laisser indifférent.

Frantz interpelle tout du long avec ses partis pris inattendus. Mélanger l’allemand et le français, passer du Noir et Blanc à la couleur, les surprises formelles appuient et démultiplient l’effet du scénario tortueux sur l’audience. Car l’effet de surprise ne cesse de se manifester, plusieurs fois, jusqu’à faire douter de l’existence même des personnages. Ne parvenant pas à le cerner, le spectateur joue à deviner les intentions du réalisateur tout du long pour une gymnastique mentale finalement habituelle avec lui.

Si François Ozon fait une fois de plus du Ozon tout en ne se privant pas de surprendre, le film revêt un classicisme, lui, inhabituel, et donc complètement habituel. Le film historique perd ses atours communs, se rapprochant parfois du Ruban Blanc d’Haneke par ses partis pris innovants et inattendus. Entre romance, récit historique et tragédie, le film surfe sur les catégories sans jamais choisir sur quel pied danser. Perdant souvent le spectateur devant un film multiple mais sans jamais l’ennuyer. Car le réalisateur a le sens du rythme et du coup de théâtre.

Pierre Niney fait des merveilles en visiteur plus insondable qu’il n’y parait et Paula Beer fait une fiancée éplorée tout à fait émouvante. Une des prouesses du film tient dans l’art de se faire exprimer chaque personnage dans sa langue natale tout en multipliant les passerelles entre les langages. Le français parle allemand, l’allemande parle français, les efforts contribuent au rapprochement des peuples.

Ne rien dévoiler de l’intrigue est une nécessité pour laisser à chaque spectateur le soin de se faire bousculer. Comme souvent chez les réalisateur, la complexité des intentions surpasse la réalisation somme toute classique portée par de convaincants interprètes.

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Frantz
Frantz


Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

Sortie : le 7 septembre 2016
Durée : 1h54
Réalisateur : François Ozon
Avec : Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner
Genre : Drame

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Un dernier baiser de Mozart enlevé et machiavélique

Le dernier baiser de Mozart
Le dernier baiser de Mozart, Petit Montparnasse

Un dernier baiser de Mozart enlevé et machiavélique

Le baiser de Mozart prend place aux lendemains de la disparition du génial compositeur autrichien. Une avalanche de dettes accable sa veuve Constance bien démunie pour faire vivre dignement leur enfant. La gloire n’a pas rendu le couple riche et il reste ce Requiem inachevé que le commanditaire exige sous peine de remboursement des sommes déjà versées. Quand le disciple Franz-Xaver Süssmayer vient prendre des nouvelles, un échange à bâtons rompus s’installe entre passion et récriminations pour un passionnant moment de théâtre.

Wolfgang Amadeus Mozart disparait en 1791 à l’âge de 35 ans. Si son oeuvre s’est inscrite pour l’éternité dans le patrimoine musical universel, Constance Mozart n’a que 200 florins pour subsister chichement. Dépensier, volage, extravagant, Mozart attendait la maturité pour faire fortune. Parti trop tôt, il n’a pas eu le temps de faire fructifier ses compositions. Mais sa veuve compte bien grappiller chaque sou possible. La pièce se joue en huit clos dans l’appartement des Mozart entre Constance et Franz. Un clavecin trône au milieu de partitions éparpillées sur le modeste mobilier. La déférence de l’élève pour la femme du maitre laisse place à des révélations et la surprise le dispute à l’incompréhension. Le besoin d’argent de la survivante rivalise avec le besoin de reconnaissance du compositeur amateur, conscient de ses limites par rapport à l’illustre disparu.

La pièce fait alterner douceurs sucrées et ton plus belliqueux entre les deux survivants éplorés. Dans l’ombre du génie, ils n’ont jamais pu se réaliser pleinement et leurs limites s’imposent à eux comme une évidence. L’air du Concerto 23 se fait entendre tandis qu’un débat sur la pertinence de finaliser le Requiem les oppose. Il clame avoir reçu des directives de Mozart, elle hésite à lui confier le travail. Le Requiem devient un enjeu de chantage, d’autant plus douloureux que la pièce atteint des sommets d’émotion et de complexité. La tristesse laisse place à des révélations fracassantes qui transforment les 1h30 de la pièce en moment d’histoire secrète. La pièce fait perdurer la magie du film Amadeus tant l’ombre du génie semble planer sur la scène. Mozart fut-il le plus grand ? Il n’eut en tout cas pas la vie la moins intéressante.

Delphine Depardieu et Guillaume Marquet incarnent avec conviction les personnages historiques. La badine de la première tranche avec le maladresse du second et il faut bien des palabres pour voir apparaitre l’assurance du disciple et la duplicité de la veuve. Loin d’être figés dans une seule et même posture tout du long, ils alternent avec conviction pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. La mise en scène de Raphaëlle Cambray fait honneur au texte d’Alain Teulié pour une pièce qui tient en haleine comme un thriller historique. Si quelques réflexions assez loin du XVIIIe siècle font quelque peu douter de la valeur historique des échanges, les faciès sont suffisamment convaincus pour ne pas en prêter ombrage.

L’enthousiasme est bel et bien présent dans cet hommage à la postérité du compositeur autrichien. Toute occasion d’évoquer son oeuvre est immanquablement un plaisir, la preuve en est faite une fois de plus. Et quand en plus on peut écouter ses oeuvres en assistant à une belle pièce de théâtre, c’est Byzance!

Dates :  à partir du 7 septembre 2016
Lieu : Théâtre Petit Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Raphaëlle CAMBRAY
Avec : Delphine Depardieu, Guillaume Marquet

Le Camp ou les dessous d’une grande école française (CreateSpace)

Nathan Comons © Nathan Comons

Le Camp ou les dessous d’une grande école française (CreateSpace)

Publik’Art est heureux d’avoir eu un contact direct avec Nathan Comons, jeune rédacteur du livre : Le Camp. Ce livre reste un peu particulier car il dissèque une grande école de commerce parisienne, qu’il nomme HIC. Pas besoin de traduction pour comprendre de quelle école il s’agit. Bien sûr, tout a déjà été dit sur cette école sauf ce que dit Nathan ! Il va loin, très loin dans son analyse. Beaucoup de faits perturbants voire dérangeants, de drogue, de sexe surtout, font de ce livre une satire de notre société intellectuelle capitaliste poussée à l’extrême et surtout centrée sur le sexe, sous toutes ses formes. Pour mieux appréhender le contenu du livre, nous avons choisi d’interviewer l’auteur : Nathan Comons.

Publik’Art : Pourquoi as-tu eu besoin d’écrire ce livre ?
Nathan Comons : J’ai écrit l’essentiel du livre pendant que j’étais sur les bancs de l’école, le soir, surtout la nuit en fait, parce que mes jours étaient devenus trop durs à supporter. Comme d’autres étudiants, j’ai littéralement pété un câble, me sentant comme étouffé, dans un environnement glacial et confiné. Il me fallait renouer avec du sens, à la fois pour comprendre ce qu’il m’arrivait, mais surtout pour exprimer un cri. Pas une lamentation, juste un cri, une sorte d’appel à l’aide destiné à interrompre le mal. On peut trouver ça exagéré, et considérer que ce n’était qu’un état d’âme de bobo – j’ai déjà entendu la réflexion. Mais non. C’est quelque chose de profond. Une sorte de désespoir métaphysique absolu provoqué par ma plongée dans ce que j’appelle la « piscine de la finitude » ; un monde sans relief, où seuls les bas instincts persistent. Pendant quelques jours, c’est acceptable, même amusant, à vrai dire ; mais très vite, l’angoisse du vide se répand.

P’A – Il semble que ton héros soit plutôt doué pour les études alors, pourquoi d’un seul coup, il est devenu rebelle face au « système » ?
N C : Le personnage principal, Ethan, est un littéraire, quelqu’un d’assez naïf qui croit pouvoir vivre sa vie en poète, détaché des considérations matérielles et viles. Il a lu trop de livres, vu trop de films, dirait-on. Comme son univers est reconstruit par son imaginaire, le quotidien lui apparaît d’abord comme agréable. Jusqu’au moment où, après son intégration, cet imaginaire vole en éclats, pour laisser apparaître le réel, dans sa version la moins ragoûtante : celle de l’appétit égoïste, du cynisme et de l’ignorance. La répugnance que cet environnement inspire au héros n’est autre que celle des comportements intéressés en général, de l’opportunisme comme mode de vie. C’est un peu le parcours initiatique d’un idéaliste qui découvre progressivement la laideur d’un certain monde. Et sa déception va s’avérer d’autant plus grande qu’il réalise petit à petit qu’on ne peut être en dehors du système : on est forcément dedans, interne à lui.

P’A – Même si tu critiques ouvertement les enseignements donnés à HEC, tout en le nommant HIC, tu parles surtout d’aventures sexuelles multiples et étonnantes. Est-ce une façon pour toi de ridiculiser un peu plus cette Haute Ecole ? On en apprend plus sur les relations entre jeunes hommes que sur ce qui se passe réellement à HEC.
N C : Je n’ai pas voulu faire un livre sur HEC, ce serait lui faire trop d’honneur… J’ai plutôt voulu expliquer ce qu’un garçon de ma génération pouvait ressentir en se retrouvant sur un campus isolé tel que celui que je décris. Le ressenti d’Ethan apparaît d’emblée violent, j’ai voulu montrer quelle était sa façon de résister. Le sexe constitue pour lui le dernier point d’ancrage à la vie, la seule méthode, bien qu’appliquée avec exagération, pour résoudre un trauma existentiel. Ce n’est pas en soi une façon de ridiculiser l’école, puisqu’il s’agit d’un instrument effectif de survie. En revanche, cette résistance hystérisée, trashisée, est volontaire : c’est une contre-violence à la hauteur de la violence originelle. D’abord anecdotique – les allusions libidinales émergeant dès les premières pages du livre –, ce comportement lubrique s’intègre ensuite à la critique du capitalisme que j’essaye de faire. En effet, le personnage va créer une véritable junior entreprise, sur le campus, destinée à proposer des services sexuels, puis sera rapidement « corrompu » par l’école qui y verra une source juteuse de profit. Ou l’hommage du vice à la vertu.

P’A – Le héros de ton roman est très intelligent et en même temps complètement piégé par ses pulsions sexuelles. Tu penses réellement que tous les étudiants sont « bouffés » par leurs pulsions ?
N C : Bien sûr que non ! C’est une manière de réagir ; il y en a d’autres, et c’est aussi un acte désespéré à certains égards. Mais l’idée est de réfléchir plus globalement sur les instincts, et sur leurs extrémités connues : la barbarie. Je crois que la souffrance métaphysique, c’est-à-dire la quête existentielle non résolue, fait disparaître la raison pour ne laisser s’exprimer que les passions tristes, dont les pulsions sont une des catégories. Et en creux, je soutiens la thèse selon laquelle la société de marché laisse de moins en moins de place à la légèreté, à la rêverie, à la méditation. Tout doit s’intégrer à une démarche d’efficacité, de maximisation du profit, de minimisation des pertes, c’est usant ! Tellement usant qu’à force, on ne sait plus trop pourquoi on se lève le matin, ni pourquoi on fait des études. La quête de sens n’est pas une question secondaire, c’est celle qui engendre tout le reste. Si elle est prohibée, ou simplement mise de côté, alors l’empire des passions, des affects, ensevelit notre raison d’être. Beaucoup de gens vivants sont déjà morts, métaphysiquement. La fin physique ne sera pour eux qu’une formalité. A moins, bien sûr – et c’est ce que j’appelle de mes vœux – qu’il y ait un sursaut de lucidité. Sortir du camp, c’est la métaphore de ce mouvement, de cette transformation subjective.

P’A – Outre les scènes proprement sexuelles, l’ambiance du roman est assez sombre, pourquoi cette tonalité ?
N C : D’abord parce que j’ai voulu construire une satire, dès lors, il fallait aussi exagérer, grossir certains points pour les faire ressortir encore plus ridicules qu’ils ne le sont – même si plusieurs lecteurs m’ont confié que je n’étais pas allé assez loin ! Au-delà, l’atmosphère que j’ai essayé de créer, en particulier pour les scènes d’orgies, se veut teintée de sadisme. C’était un choix. Il me semble qu’un livre, de la même manière qu’un film, se doit d’être dérangeant. Peut-être même gênant, parfois. Quand j’ai fini un bouquin, je ne veux pas seulement m’être diverti, je veux sentir quelqu’un chose d’obsédant, y compris si cette obsession n’est pas agréable. Il ne s’agit pas de faire l’éloge du mal, ou de la souffrance, mais simplement de dire que certaines questions – comme celle de l’émancipation – supposent un passage par le négatif. Je lisais récemment des critiques qui avaient été faites au moment de la sortie de Fight Club ; certaines étaient terribles. Et pourtant, c’est aujourd’hui un film culte. Même chose pour Sade : presque tout le monde s’accorde aujourd’hui à dire que son œuvre est immense.

P’A – Le héros du livre, dont l’on devine la judéité, se lie d’affection, et même davantage, avec un jeune musulman : est-ce un message de tolérance ?
N C : Je n’aime pas les livres à « message », la littérature offre une interprétation du monde qui se suffit à elle-même, sans qu’il soit nécessaire de la recouvrir d’autre chose. C’est d’ailleurs sa force : au début, je voulais faire un essai, qui aurait repris mes lectures – Badiou, Zizek, Lordon. Mais c’est souvent assez chiant à faire et à lire. Ecrire un roman, c’est enthousiasmant. Je me trompe peut-être, mais j’ai le sentiment que la fiction fournit un matériau à la fois plus souple et plus intense. Dans Le Camp, il y a effectivement un trio qui se forme entre trois garçons, et il se trouve que l’un d’eux est protestant, un autre juif et un dernier musulman. Le thème de la religion n’est qu’effleuré, et c’est bien ainsi. Je préfère celui de la différence culturelle, une différence qui s’offre à l’autre et qui l’accueille. La société mourrait si elle était uniforme. Les apologistes de l’identité m’effraient, tant ils se fabriquent un méta-monde qui n’existe pas, ou plus. La société est comme elle est, c’est-à-dire diverse. Ce qui uniformise, ce qui tribalise, ce qui homogénéise, c’est le marché, pas les communautés. On a tous fait l’expérience de l’altérité, c’est parfois un exercice difficile, mais si chacun surmonte sa méfiance, le résultat peut être étincelant.

P’A – L’histoire telle qu’elle est racontée suggère que l’injustice triomphe toujours : est-ce vraiment le cas ?
N C : Je ne suis ni rousseauiste ni hobbesien, l’homme n’est ni fondamentalement « bon » ni fondamentalement « mauvais ». Il est les deux, à chaque instant. Médiocre et généreux. Généreux et médiocre. Jamais l’un sans l’autre. Il faut prendre l’homme tel qu’il est et non tel qu’on voudrait qu’il fût, comme le rappelle Frédéric Lordon. A partir de là, on peut parfaitement envisager une trajectoire d’émancipation, personnelle et politique, qui soit pertinente. Je note d’ailleurs que toutes les révolutions, individuelles ou collectives, rencontrent un obstacle exactement à ce moment : soit lorsqu’on oublie les valeurs, les principes qui président à l’action, soit au contraire lorsqu’on maintient les idées à un niveau tellement haut que l’humain n’est plus capable de les servir. L’horizon d’une société franchement différente de la nôtre est donc possible, mais l’un des problèmes, aujourd’hui, c’est qu’on ne sait plus qui est l’ennemi. Le personnage d’Ethan se heurte à ce mur. La partie négative d’une lutte, d’un cheminement existentiel doit passer par une forme de destruction, réelle ou symbolique. Certaines figures nous écrasent et doivent être renversées. Mais encore faut-il savoir contre qui se battre… C’est la grande victoire du capitalisme contemporain, ou de ce qu’on appelle un peu bêtement le « système » : il est omniprésent, et pourtant, on a l’impression qu’il n’existe pas. Il faut ajuster nos lunettes.

Merci Nathan de nous avoir révélé les « dessous  » de ton livre ! Bonne route pour la suite ! Publik’Art laisse le soin à ses lecteurs d’en découvrir plus en lisant Le Camp !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Le CampDans la meilleure école de commerce de France, un étudiant s’ennuie. Redoublant sa deuxième année, il déplore le conformisme de ses camarades et s’isole du reste du monde. La drogue et la pornographie consument petit à petit ce jeune homme en quête de sens. Mais une rencontre fortuite va bouleverser son quotidien terne. L’enjeu n’est pas seulement d’exister : il faut essayer de vivre, par-delà le bien et le mal. L’acidité de l’auteur, son style percutant nous entraînent sur un terrain dérangeant et magnétique ; son regard sur l’hypocrisie de notre société fait coexister dans ce texte les critiques cyniques, les scènes érotiques et la puissance de l’auto-fiction. Ce livre est une enivrante satire estudiantine et morale.

Date de parution : mai 2016
Auteur : Nathan Comons
Editeur : CreateSpace
Prix : 14,90 € (304 pages)
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Watership Down, une odyssée de Richard Adams (Monsieur Toussaint Louverture)

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Richard Adams

Watership Down, une odyssée de Richard Adams (Monsieur Toussaint Louverture)

Peu connu en France malgré un succès retentissant dans les pays anglo-saxons, Watership Down de Richard Adams ressort aujourd’hui dans une édition entièrement remaniée par les précieuses éditions Monsieur Toussaint Louverture. Le roman, qui mêle aventures épiques et rêveries lyriques, raconte la fuite d’un groupe de jeunes lapins vers Watership Down, la terre promise. Un voyage loin d’être de tout repos pour un roman immersif qui se lit les sens en éveil et les oreilles dressées.

Rien ne va plus dans la garenne de Sandleford. Fyvver, jeune frère du valeureux Hazel, a le pressentiment qu’une catastrophe menaçant la quiétude des lapins est sur le point de se produire. N’écoutant que son courage, Hazel rassemble une poignée de braves afin de fuir le danger et trouver une terre accueillante où les lapins pourront s’ébattre joyeusement. Hazel et ses compagnons devront braver bien des épreuves et affronter de nombreux ennemis avant d’espérer pouvoir jouir de la quiétude de Watership Down.

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Culte, extraordinaire, magistral : les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette œuvre hors du commun. Si les raisons qui expliquent le succès d’un livre sont bien souvent insaisissables, comme une potion magique dans laquelle on ne distinguerait pas les ingrédients, le secret d’Adams est à chercher dans la prose qu’il met en œuvre. Résultat d’un cocktail entre une narration soutenue qui fait s’enchainer les péripéties et de longs passages purement contemplatifs, son écriture est aussi envoutante qu’addictive.

Formant un récit d’aventures dans la lignée des voyages extraordinaires de Jules Verne ou de Jonathan Swift, Adams construit une intrigue parfaitement ficelée en la saupoudrant d’un suspense savamment dosé. Le parallélisme proposé en quatrième de couverture entre le roman et la série The Walking Dead est loin d’être aussi incongru qu’il y paraît. Dans la pure tradition du roman-feuilleton, chaque fin de chapitre se termine par un cliffhanger ou un retournement de situation qui attise le désir du lecteur de savoir comment l’aventure va se poursuivre

« A cet instant précis, un violent coup sur le côté le cloua au sol. Quelque chose effleura sa fourrure et le piqua dans le dos jusqu’au sang. Il agita ses pattes de derrière, mais ne rencontra que le vide. » p.458.

On vous prévient, Watership Down n’est pas de ces romans que l’on quitte facilement, mais plutôt de ceux dont on aimerait que le monde qu’ils contiennent s’étende encore et encore.

Car à l’instar d’un Tolkien ou d’une Rowling, Adams est un créateur de mondes : en quelques phrases, le romancier nous plonge dans un milieu à la fois proche de nous, mais qui possède toutefois le parfum d’un exotisme merveilleux : « La saison des primevères était passée. Seules quelques taches d’un jaune décoloré subsistaient encore parmi les mercuriales vénéneuses et les racines de chêne à l’orée du bois, là où les arbres laissaient place à une clairière en pente douce. » (p.9). En dépit de cette large place accordée à la nature, tantôt jungle menaçante et tantôt asile rassurant, Watership Down « fait » monde grâce à la société de lapins qui le constitue. L’humanité de ces boules de poils n’est pas seulement décrite par la profondeur de leurs sentiments, mais aussi et surtout à travers leurs croyances.

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À l’aide de récits ou de fables racontés le soir au coin du feu, les lapins tissent un univers de croyance mettant en scène des héros mythologiques, véritables sources d’inspiration pour Hazel et ses compagnons (« Tu veux raconter une histoire ? demanda-t-il à Dandelion. – Oui, oui, cria-t-on. Allez ! Une histoire, et une bonne, s’il te plaît. » p.287). Reprenant à son compte les fameuses théories de Joseph Campbell (les histoires que nous aimons ne seraient que la constante reprise d’un même schéma), Adams fait de son épopée une véritable réflexion sur les mythes et la manière dont ils nous constituent.

La boucle est ainsi magistralement bouclée : Hazel, porté par ces récits, finira à son tour par devenir un héros mythologique dont nous nous sommes appropriés les histoires. On comprend donc mieux la nécessaire réédition de ce grand texte : faire partager au plus grand nombre une histoire que l’on croit connaître, mais que l’on redécouvre pourtant chaque fois avec le même plaisir. Et c’est peut-être ça, au fond, le secret de la recette magique de Watership Down.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Watership-Down_1000px« Avant Harry Potter, il y avait Watership Down de Richard Adams, l’un des plus grands classiques et best-sellers de tous les temps.» — BBC

C’est dans les fourrés de collines verdoyantes et idylliques que se terrent parfois les plus terrifiantes menaces. C’est là aussi que va se dérouler cette vibrante odyssée de courage, de loyauté et de survie.

Menés par le valeureux Hazel et le surprenant Fyveer, une poignée de braves choisit de fuir l’inéluctable destruction de leur foyer. Prémonitions, malices et légendes vont guider ces héros face aux mille ennemis qui les guettent, et leur permettront peut-être de franchir les épreuves qui les séparent de leur terre promise, Watership Down. Mais l’aventure s’arrêtera-t-elle vraiment là ?

Aimé et partagé par des millions de lecteurs à travers le monde, l’envoûtant roman de Richard Adams fait partie de ces récits mythiques et hors du temps, une épopée sombre et violente, néanmoins parcourue d’espoir et de poésie. Vous sentirez le sang versé. Vous tremblerez face aux dangers. Vous craindrez la mort. Et, par dessus tout, vous ressentirez l’irrépressible désir de savoir ce qui va se passer.

Date de parution : septembre 2016
Auteur : Richard Adams
Editeur : Monsieur Toussaint Louverture
Prix : 21,90 € (544 pages)
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