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[TEST] Birchbox : beauté & déception

Birchbox

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Après avoir vu de nombreuses publicités sur les réseaux sociaux sur la box de produits de beauté Birchbox, nous nous sommes dit qu’il serait bon d’essayer. Pendant le mois de juillet, une offre promotionnelle nous livre la première box pour 1 euros si l’on s’abonne pour trois mois. C’était le bon moment pour tenter et le headband en cadeau annoncé ne nous déplaisait pas non plus.

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Sans engagement – un mois : 13 €

Abonnement 12 mois : 130 €

Note globale obtenue : 2,1/5

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Voici le contenu de la box de juillet :

– une lotion pour les cheveux de 14,8 ml
– une eau micellaire de 25 mL
– un produit pour le corps de 50 ml (YOUHOU !)
– une crème solaire Mimitika de 5 ml (de quoi se protéger le bout du nez !)
– un eyeliner
– un coupon de 10 euros de réduction
– un livret explicatif

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Birchbox du mois de juillet 2016
[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Pour commander la Birchbox, rien de plus simple. En quelques clics, vous faites partis de la communauté et vous pouvez définir votre profil beauté.

Jusque là tout va bien. La box est reçue très rapidement. La première des choses qui surprend c’est son volume. Pour avoir testé d’autres box, elles sont souvent généreuses. C’est le principe : une box c’est bien si l’on a l’impression de sortir gagnant. La Birchbox de juillet est toute petite.

Le design est très sympa, avec des étoiles fluorescentes. Lorsqu’on l’ouvre, il y a effectivement plusieurs produits. Mais ces derniers ressemblent plus à des échantillons qu’à de vrais produits ; de plus, pas de Headband pour nous, zut ! La seule chose qui attire au premier regard : l’eye liner qui n’est pas qu’une moitié de produit ! Ouf, on s’en sort pour les 1 euros.

Le problème principal : des soins, des lotions avec un descriptif en anglais, pour qui une traduction serait parfois nécessaire. On se dit : mais à quoi cela sert-il !?! Alors, bon si on est mauvaise langue, il y a un petit livret explicatif. Mais les informations sont minimalistes. On a envie d’en savoir plus, pour être sûr de ne pas se retrouver avec des boutons partout.

Par contre, ce qui ressort bien dans cette boîte, c’est l’accroche marketing derrière. Un peu partout des messages pour nous indiquer que l’on peut acheter ces produits en ligne, avec une petite réduction. On a même un coupon de réduction de 10 euros… pour 30 euros d’achat !

Quand vous vous rendez sur votre compte Birchbox, vous pouvez visualisez les produits que vous avez vu et leur tarif. Enfin, si l’on regarde de plus près, c’est le prix des produits avec un format classique, normal. Alors qu’en pensez ? Rien de bon pour le moment. Alors est-ce que cette box n’a aucun intérêt parce qu’elle fait partie d’une offre promotionnelle ? Est ce que l’on a envie de voir la suite ? Malheureusement on va y être obligés … abonnement de 3 mois oblige !

La danseuse, BA déjà dévoilée du film de Stéphanie Di Giusto

La danseuse
La danseuse

La danseuse, BA déjà dévoilée du film de Stéphanie Di Giusto  !

La danseuse, le dernier film de Stéphanie Di Giusto est époustouflant ! Il est inspirée d’une histoire vraie et raconte la vie de la danseuse Loïe Fuller. « La destinée d’une femme qui a bouleversé son époque ». Loïe Fuller danse comme personne et va même faire des représentations à l’Opéra de Paris. Ce sera une fée jusqu’au jour où… Le film La danseuse sortira sur nos écrans le 28 septembre 2016.

Le film a été présenté au 69e Festival de Cannes dans la sélection Un Certain Regard ».

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]


La danseuseRien ne destine Loïe Fuller, originaire du grand ouest américain, à devenir une icône de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Même si elle doit se briser le dos et se brûler les yeux avec ses éclairages, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter sa chute.

Sortie : le 28 septembre 2016
Durée : 2h
Réalisateur : Stéphanie Di Giusto
Avec : Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry

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Another, tome 1 “Celle qui n’existait pas” : rencontre avec le Mort (Pika Édition)

another
Another : quand le light novel fait son entrée dans le catalogue des éditions Pika

Another, tome 1 “Celle qui n’existait pas” : rencontre avec le Mort (Pika Édition)

Les Éditions Pika, spécialisées dans la publication de mangas (on leur doit notamment Fairy Tail, Sailor Moon ou plus récemment L’Attaque des Titans), ont dévoilé en mars 2016 la création d’une toute nouvelle collection intitulée “Pika Roman”. Le label propose aux amateurs néophytes ou éclairés de “déchirer le voile de l’Imaginaire” en partant à la découverte des romans japonais, les lights novels, qui ont inspiré ou qui ont été inspirés des mangas phares de la maison. Le tome 1 d’Another, sorti le 13 avril 2016, a inauguré la collection avec brio et, à nos risques et périls, nous avons osé déchirer le voile en poussant les portes d’un livre aussi inquiétant que rusé… Attention ! d’angoissants frissons horrifiques se profilent doucement à l’horizon…

Écrit par Yukito Ayatsuji, Another est un light novel composé de deux tomes dans son édition française (le second tome étant sorti en juin 2016 chez Pika). Il a été prépublié au Japon entre 2006 et 2009 dans le magazine Yasai Jidai. Another a connu un immense succès au Japon : il a été décliné en manga (série complète de 4 volumes dont l’édition française est parue en 2015), en un anime de 12 épisodes mais aussi en film…

Cruelle, cruelle malédiction…

Another est un récit qui occupe une bonne place aussi bien dans les champs de l’horreur que du fantastique. Le visuel de couverture de ce premier volume annonce d’emblée un ton volontairement sombre et mystérieux : au-delà de la couleur rouge sang et des cicatrices que portent la jeune fille au visage androgyne, c’est son regard frappant qui accroche, qui inquiète et surtout qui interroge. Que veut-elle ? À quoi pense-t-elle ? Est-elle une victime ? Où est-elle celle qui sème la terreur ? Est-elle l’héroïne ? Est-elle “celle qui n’existait pas” ? D’ailleurs, de quoi nous parle ce livre ? Car le titre n’est pas des plus explicites : “autre”, oui, mais de quel “autre” s’agit-il ?

Année 1998. Le premier tome, narré à la première personne, “Celle qui n’existait pas”, nous fait entrer dans l’univers de Koichi Sakakibara, qui voit sa rentrée en troisième au collège de Yomiyama-Nord retardée à cause de son hospitalisation. Koichi est un garçon de 15 ans un peu maladif, mais il est aussi un élève brillant, poli, curieux et propre sur lui (facettes qui lui joueront des tours). Il est fragilisé par des drames et soucis familiaux : mère morte jeune, père absent, famille disloquée. Au premier abord, c’est l’archétype du héros-orphelin adolescent un peu torturé, mais son calme et sa sagacité ne le rendent ni vraiment rancunier ni perturbateur.

Son nom de famille, “Sakakibara”, fait écho à un enfant tueur en série japonais arrêté en 1997, portant le même nom : ce garçon maltraitait ses souffre-douleurs qu’il harcelait, à l’image de Koichi qui lui-même a été victime d’harcèlement avant son changement de collège. Mais, dans le même temps, lorsque l’on parcourt le premier tome, on se rend compte en lisant entre les lignes que Koichi n’est lui-même pas dénué de cruauté, à l’instar de cet enfant-tueur…

Très vite, lorsqu’il rejoint les bancs du collège un mois après la rentrée, il se rend compte que pèse une ambiance malfaisante au sein de la classe qu’il a intégrée, la 3e3. Règles imposées, comportements contrôlés, mystères, silence de mort… et surtout une élève, Mei Misaki, ignorée par tous, “celle qui n’existe pas”, probablement la jeune fille de la couverture. Fille qu’il a rencontré lors de son séjour à l’hôpital, et qui pourtant semblait bien réelle.

Another, c’est l’histoire d’une malédiction qui frappe la 3e3, relatée dans les interludes qui ouvrent, coupent et terminent ce premier tome : vingt-six auparavant, Misaki était une élève brillante, appréciée de tous. Mais elle meurt dans de mystérieuses circonstances. Un véritable mécanisme de défense et de déni se met en place au sein de la classe : pour continuer à cultiver son souvenir et sa mémoire, chacun fait comme si elle était toujours vivante. Elle interagit avec les autres, élèves comme professeurs, ceux-ci interagissent avec elle. La vie est normale jusqu’à la fin de l’année, où, sur la photo de classe, Misaki y apparaît pourtant en chair et en os. La 3e3, par faute de ne pas avoir su faire correctement son travail de deuil, a déclenché une terrible malédiction. “Un mort” revient les hanter tous les ans, et emmène avec lui son lot de morts successives et de mystères… les élèves étant capables d’interagir avec lui, mais sans le savoir toutefois.

Alors, pourquoi Mei Misaki est-elle aujourd’hui ignorée de tous ? A-t-elle un lien avec la Misaki morte il y a vingt-six ans ? Est-elle “le mort” ?

Une enquête presque policière…

Difficile de dire si la traduction du texte rend hommage au style de Yukito Ayatsuji. Mais celui-ci, hélas parfois pauvre en description pour un récit fantastique, arrive tout de même à dégager une aura sourde et inquiétante au fur et à mesure que s’écrivent les pages : phrases simples, courtes et percutantes, non-dits insoutenables, répétitions nombreuses qui poussent à la psychose, et les dialogues interminables et haletants entre les élèves névrosés nous font plonger dans la terrible moiteur du collège de Yomiyama-Nord… Il s’opère une véritable enquête presque policière auquel Koichi, Misaki, les autres élèves et le lecteur sont invités à élucider : qui est le mort  qui apporte la malédiction ? comment le débusquer ? et comment composer avec la mort qui s’invite de façon permanente dans le quotidien ?

À la façon d’un roman d’Agatha Christie, on se laisse agréablement prêter au jeu des hypothèses ; la narration à la première personne facilite la tâche. Koichi part à la rencontre des autres élèves, on part à la rencontre de leurs proches. Certes, les personnalités secondaires sont un peu faibles et stéréotypées, on peut parfois douter de la sincérité de leurs émotions quand surgit de nulle part la mort et l’horreur tant ils sont dans la retenue (caractéristique typiquement japonaise, cela dit) mais leurs traits sont facilement distincts pour qu’on puisse mieux les cerner. On a comme l’impression de se retrouver piégé dans une maison de poupées obscure, où le déni et la folie sont les maîtres du jeu et où aucun échappatoire ne semble possible tant la mort frappe à chaque virement de couloir.

Les interludes du premier tome aident également à percevoir l’histoire d’une autre façon. Tels des “bruits de couloir”, ces conversations bourdonnantes entre élèves sont abruptes, longues et mystérieuses. Elles aident à fomenter nos hypothèses tout en les démentant…

Ce premier tome est rempli de pudeur tant l’auteur souhaite préserver le mystère sur l’identité du “mort”, les circonstances des drames et des morts qui touchent les élèves de la 3e3 et leurs proches. Les scènes d’horreur arrivent toujours à point nommé et arrachent des frissons d’angoisse auxquels il est difficile de résister. De plus, au-delà de l’intrigue policière que dessine le roman, des aspects existentiels sont traités en filigrane avec beaucoup d’intelligence et de charme : comment réagir face à la mort ? y-a-t-il seulement une bonne façon de réagir ? par le rire ? le déni ? la colère ?

Celle qui n’existait pas” est un premier tome brillant, qui bien que prenant son temps pour installer son intrigue tout en laissant de nombreuses questions en suspend (notamment autour de la famille de Koichi), joue avec les faux-semblants pour mieux nous tromper et nous piéger dans la maison de poupées de Yomiyama-Nord…

P.S. : L’édition de ce light novel ne comporte pas d’illustrations. À notre grand regret !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

AnotherCollège de Yomiyama-Nord, 1972.

Lorsque Misaki, élève de 3e-3, trouve la mort, les autres élèves de la classe refusent de l’accepter, et font « comme si Misaki était toujours en vie ». Tant et si bien que leur camarade apparaît, pâle mais avec le sourire, sur la photo de classe de fin d’année ! Depuis, la « classe maudite » est le théâtre d’accidents en série, terrifiant élèves aussi bien que professeurs. Et si la 3e-3 était devenue l’antichambre de la mort… ?

Date de parution : le 13 avril 2016
Auteur : Yukito Ayatsuji
Editeur : Pika
Prix : 14,95 € (350 pages)
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Elle et Lui et Lui ravive Sacha Guitry au Lucernaire

Elle et lui et lui
Elle et lui et lui, Théâtre Lucernaire

Elle et Lui et Lui ravive Sacha Guitry au Lucernaire

Le Lucernaire accueille deux pièces de Sacha Guitry en une avec Elle et Lui et Lui. Le triangle amoureux joue avec les apparences et enchaine les quiproquos dans deux ambiances diamétralement opposées. Les 3 mêmes acteurs échangent les rôles et passent de la légèreté truculente au drame tragique. L’amour devient un jeu, d’abord sans conséquence puis bien pesant. Agrémenté de tours de chant drolatiques puis dramatiques, le spectacle divertit dans une ambiance joyeusement séduisante.

Les auteurs de vaudeville rencontrent un succès à chaque fois renouvelé sur les scènes parisiennes grâce à leurs intrigues comiques savamment orchestrées. Feydeau et Marivaux règnent en maitre sur ce style théâtral souvent échevelé, à la limite de l’abracadabrantesque. Le dramaturge, acteur et réalisateur Sacha Guitry a rédigé pas moins de 124 pièces de théâtre en 56 ans d’activité artistique. Auteur prolixe et comédien acharné, il était un travailleur infatigable et un amoureux des femmes . Ce sont deux de ses oeuvres qui sont portées sur scène, Une paire de gifles et Françoise. Déjà présente au Lucernaire en 2007 avec Maman Sabouleux d’Eugène Labiche, la compagnie théâtrale revient avec le même Nicolas Saint-Georges accompagné de Rebecca Goldblat et Laurent Labruyère. Si le personnage féminin est à chaque fois l’objet des assiduités d’amants très entreprenants, les personnages masculins voient leurs compositions se mélanger.

D’abord mari aveugle et enjoué, Laurent Labruyère ne voit pas le jeu orchestré par l’ami et amant Nicolas Saint-Georges autour de l’épouse insatisfaite et entreprenante. Quand il les surprend au milieu d’une dispute amoureuse, il croit à tort que sa femme a giflé son camarade, alors que l’inverse vient de se produire. S’en suit une scène de boulevard enlevée qui amuse joyeusement la galerie. Les rôles s’inversent dans la deuxième pièce FrançoiseNicolas Saint-Georges devient le mari d’une femme éperdument amoureuse. Le public atterré apprend qu’elle a quitté son premier mari pour convoler avec son amant. Quand le premier mari éconduit est à l’article de la mort, elle se rend à l’hôpital pour apprendre le fin mot de l’histoire. L’ambiance dramatique ne laisse échapper aucun rire et joue surtout sur l’émotion.

Les comédiens toujours souriants et empathiques ne sont pas des machines et nul doute que la chaleur accablante puisse expliquer les quelques bafouillages entendus. Les comédiens aguerris savent conserver leur concentration et l’attention du public en toutes circonstances. Jolie performance saluée par les applaudissements finaux nourris et enthousiastes d’un public lui même sous le coup des grosses chaleurs estivales. La mise en scène de Léonard Matton sobre et elliptique fait la part belle aux comédiens avec quelques paravents et une méridienne disposés innocemment au coeur d’une scène transformée en lieux de rencontres et de palabres.

Sacha Guitry se prête parfaitement aux soirée théâtrales au coeur de l’été. La pièce continue jusqu’au 20 aout sur la scène du Lucernaire.

Dates :  jusqu’au 20 aout 2016
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Léonard Matton
Avec : Nicolas Saint Georges, Rebecca Goldblat, Laurent Labruyère

Electrobeach 2016, Plus fort que jamais

Electrobeach 2016
Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Electrobeach 2016, Plus fort que jamais !

Fort d’une édition 2015 qui avait ENFIN fait entrer la France dans l’ère des très grands festivals EDM (Pour Electronic Dance Music) mondiaux, l’Electrobeach Music Festival allait être fortement scruté sur son line up 2016.

En effet, pas moins qu’Avicii, Tiësto, Alesso, Dimitri Vegas & Like Mike, ou encore Martin Solveig et Don Diablo, avaient tous défilé mi juillet l’an dernier au Barcarès, juste devant le mythique bateau de croisière échoué sur le sable, le Lydia. Pour les puristes qui ne jugent que par l’electro house, l’electro pop, la house, voir le dubstep, la dance ou le hardstyle par moment, avoir une programmation aussi pointue relèverait presque de l’hallucination. Il faut dire que la France est un territoire plutôt réputé pour ses DJs underground techno, minimal, tech house tel Laurent Garnier, Gesaffelstein ou encore Vitalic, qui eux tourne sans aucun soucis dans les plus grands événements électroniques ou non hexagonaux. En quasi parallèle à la French Touch versaillaise emmenée par Daft Punk, un trio composé de David Guetta, Bob Sinclar et Martin Solveig, a su composer des sonorités plus house et grand public, et a ainsi pu pousser les portes des clubs les plus prestigieux de la planète. Malgré une installation durable de ce genre de musique dans les moeurs de la jeunesse française, avant l’été dernier, il n’y avait jamais eu un événement de cet ampleur sur notre territoire, programmation et capacité incluses.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Backstage Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

 Jour 1 : Welcome to the Madness 

Arrivé sur place un jour avant pour profiter de ce cadre magnifique que nous offre la ville du Barcarès, l’excitation est déjà palpable. Ca campe, ça se gare et ça picole joyeusement tout le long du front de mer et de l’avenue du Roussillon qui mène au Marina, club à ciel ouvert qui accueille déjà la pool party officielle de l’EMF. Les basses résonnent un peu partout dans une cacophonie qui fait quand même plaisir à entendre dans cette ambiance de début de vacances pétrie d’odeur de pin. S’articulant toujours autour du Lydia, mais englobant en plus deux restaurants de plage, quelques attractions foraines et un chapiteau bleu et rouge digne du cirque Pinder pour la scène techno, le premier coup d’oeil depuis l’extérieur sur le festival excite joyeusement nos sens. Plus encore lorsque résonne du Daft Punk pour l’ultime balance du jour qui fera vibrer le plancher du poste de secourisme d’où on en prenait plein les tympans.

Lendemain, soit jour J pour toute une flopée de fêtard n’attendant que ces 3 jours pour revenir enfin dans la folie Electrobeach depuis leur séjour de l’an passé. On sent que l’organisation a pris de la bouteille, malgré quelques couacs par ci par là comme l’arrivée tardive des bracelets par courrier. En effet, l’indication des parkings officiels, de la Green Beach (le camping officiel du festival), ou encore l’efficacité des cabanes d’accueil, ou la gestion des files d’attente ; tout cela a permis de réduire l’attente au minimum, même aux heures de pointe. Nous ne sommes pas encore au niveau des festivals hollandais ou allemands, mais on s’en rapproche de plus en plus. Une fois à l’intérieur, même constat, le flop énorme du rechargement de bracelet pour changer la monnaie en EMF (monnaie du festival) de l’an dernier qui avait vu se former des queues interminables aux quelques « banks » n’existe plus. Tout est relativement fluide, que ce soit aux multiples bars, aux stands de nourritures (pas assez variés à mon goût), voir même dans les attractions et autres bars sponsorisés par des marques d’alcool.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Malgré le fait que le festival perd 3 heures de programmation en ne commençant qu’à 17h pour terminer à 2h du mat, la foule est loin d’être dense et compact pour accueillir un Michael Calfan fidèle à lui-même et sa house tribal et classique, parfait warm up pour les premiers pas de danse. Vite, je profite pour me faufiler juste devant les ingés son tant qu’il n’y pas grand monde pour mieux apprécier le son du DJ français qui monte, et aussi pour couper les rafales de vent assez fraiches et prononcées pour l’époque. Ce qui a d’ailleurs empêché l’organisation d’installer l’écran central derrière les artistes. Une transition qui tarde après Calfan ? Et hop, une petite Marseillaise reprise en choeur par tous pour nous rappeler ce jour-ci que l’équipe de France nous a fait rêver il y a peu de jours de cela. Ce ne sera que la première d’une vingtaine d’autres minimum, circonstances obligent.

Vers 21h30, alors que je me faufile dans les backstages pour découvrir un minimum l’intime des DJs et l’envers du décor, un grondement sourd menace au loin dans le ciel. Pas l’ombre d’un nuage noir malgré le vent menaçant. Les gendarmes omniprésents et armés me rappellent suffisamment vite que ce bruit pourrait être autre chose qu’un tonnerre. Ce qui n’est qu’à moitié faux. Soudain, un tonnerre de métal bleu foncé sous la forme d’avion de la Patrouille de France fend le ciel en laissant un bleu-blanc-rouge de toute beauté dans l’axe de la scène principale. A ce balais mécanique aérien repassant quatre autres fois succèdera pour chaque coup une clameur immense du public. Frissons.

Eric Prydz, le DJ néerlandais derrière les pseudos Pryda et Cirez D, premier gros nom de cette édition, débarque dans le même temps et lance officiellement l’Electrobeach 2016 avec un show son & laser dont lui seul a le secret. A coup de nappes de synthé, de basses ronflantes, de rythme soutenu, Prydz qui a l’honneur d’être le premier DJ en sunset time, profite de cette ambiance de coucher de soleil splendide pour nous faire passer dans le côté sombre de la force. Son remix du The Power de Snap et les explosions de laser sur The People et Opus, son crescendo ahurissant, achèvent de convaincre les plus réticents à céder sous le charme d’un set puissant et assez éloigné des critères purs de l’EDM.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Martin Solveig, un des chouchous de l’an dernier au VJing (Technique qui consiste à mixer des vidéos pour qu’elles collent à la musique et au rythme) toujours inspiré, nous dévoile une partition spéciale pour la Fête Nationale : un revival de la French Touch. Pendant plus d’une heure, Daft Punk, Phoenix, The Avener ou encore M83 et DJ Snake vont se succéder entre ses tracks les plus marquants comme Intoxicated, Madan ou sa nouvelle bombe funky Do It Right. L’arrivée de l’obscurité permet de se rendre bien compte de la qualité des nouvelles installations visuelles sur le VJing de Solveig. Le froid malheureusement nous oblige à vite enfiler un pull malgré le fait qu’on soit dans une foule compacte. Décidément une drôle de météo cette année.

S’il y a bien UN DJ qui peut transformer la glace en feu, c’est bien le suivant : Tiësto. Le Néerlandais qui a traversé 3 décennies au sommet nous plonge directement dans le bain avec son terrible morceau Split écrit avec les artistes EDM de l’année The Chainsmokers, et contenant un sample de d’Ashanti. Comme à chacun de ses shows, le son est poussé encore plus fort, les lumières satures, les effets pyrotechniques, de fumée, de lumière nous emmènent très vite sur une autre planète comme très peu de DJs dans le monde savent le faire. A coup de nouveaux tracks, de classiques comme Red Lights ou Adagio for Strings, on passe par de nombreux styles dont un inédit trap complètement jouissif par son tempo, sa dynamique et ses vocaux, Tiësto prouve à tous qu’il reste l’un des plus grands artistes electro de son temps.

Un set conclu de manière épique par le remix d’Alesso d’If I lose myself des One Republic, track qu’on ré-entendra pas mal de fois dans le week end. Pour conclure ce premier jour d’une qualité et d’une variation assez folle, arrive Martin Garrix, le prodige EDM qui a conquit les dancefloors de la planète entière avec ses Animals. Depuis, il n’a fait que confirmer en collectionnant tube sur tube au point que certains experts voient en lui le successeur de … Tiësto. Autant vous dire que c’est une foule en liesse totale qui accueille l’arrivée du phénomène sous les premières notes jouées en piano d’Animals. S’en suit un déluge de ses propres hits, ainsi que quelques inédits, dont un duo dévastateur avec Florian Picasso venu sur scène, qui préfigureront sur son tout nouveau label personnel. Pas beaucoup de surprises, mais une efficacité de tous les instants dû à la qualité de ses enchainements et évidemment de ses tracks qui font jumper à chaque drop la foule entière.

Tremor, Turn up the speakers, Don’t look down ou encore The only way is up, qui offrent à Tiësto une apparition surprise de par son featuring sur l’écriture du son, résonnent encore le long des vagues de Barcarès en ce jeudi 14 juillet 2016. Jour de Fête Nationale conclut par un joli feu d’artifice bleu blanc rouge après une demi-heure de rab « offert » par le prince Garrix.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Garrix Tiesto – Jour1 Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Jour 2 : Le jour d’après

Gueule de bois généralisée. Alcoolisé ou pas. Le drame a encore frappé. Des dizaines de morts. En France, à Nice, sur la promenade des Anglais : l’horreur, le bain de sang, la folie. Innocents que nous étions jusqu’à 2h30 du matin tant les réseaux saturaient près du Lydia. Pendant que nous nous défoulions sur des sons saturés et festifs pour évacuer une année déjà noire, des inconnus étaient écrasés au hasard pour avoir eu la seule volonté d’admirer un feu d’artifice. Ignoble. Lâche. Terriblement injuste. C’est encore une fois notre mode de vie qui est attaqué. Celui de la liberté d’expression, de l’égalité entre homme et femme, et de notre fraternité indestructible entre frères issus de tous les horizons et toutes les religions. Les vrais religions, celles qui prônent paix matin, midi et soir. Comme l’Islam. Pas DAESH. Jamais EI.

Le festival est maintenu. La sécurité est renforcée à son maximum. Pas une cinquantaine de mètre de fait sans croiser la police et la gendarmerie, cette dernière sévèrement armée. Pour mes frères qui viennent de Paris, pour que ces gens ne gagnent pas nos peurs, le festival continuera. En général, le deuxième jour est toujours le plus dur. Celui-ci particulièrement. Je ne rentre dans l’EMF que vers 19h. Le temps s’est réchauffé car le vent est un peu retombé. Les festivaliers sont toujours aussi nombreux si ce n’est plus malgré les nouvelles terribles. Le hashtag #PrayForNice fleurit un peu partout sur les bras, torses ou cuisses par-ci, par-là. Les tenues bleu-blanc-rouge également. Le patriotisme euphorique post-Euro a cédé sa place à l’union sacrée comme pour Charlie ou le Bataclan.

Quand on nous dit que la musique adoucit les moeurs, EDX ne le fait pas du tout démentir. Sa progressive house festive et lancinante est le parfait antidote à la morosité ambiante, surtout son très bon remix de Roadkill. Incontestablement un des meilleurs morceaux de cet été. Petit détour sous la tente de la Techno Stage pour faire coucou au maestro Sven Väth, boss du label Cocoon et omniprésent dans le milieu electro depuis plusieurs vies, si je peux me permettre. Une tech house très dansante et festive hante le chapiteau proposant une alternative de haute volée à tout ceux qui ferait une allergie soudaine à l’EDM, tant les styles sont antagonistes. Cette Techno Stage est une des belles nouveautés de l’EMF 2016 avec un line up très relevé, outre Sven Väth, Luciano et Loco Dice viendront régaler les amateurs de tech house-minimal.

Elle complémente bien la toujours cosy Beach Stage où la relève frenchy fait ses armes, avant de basculer, comme Michael Calfan avant eux, sur la Main Stage un jour ? On retrouve un autre artiste qui a fait le grand saut entre les 2 scènes pour un set pêchu parfaitement dans les couleurs et les sonorités du sunset : Robin Schulz. Devenu une référence depuis ses remixes pour Lilly Wood & The Prick ou encore Mr Probz, l’Allemand est devenu un référence absolue en matière de deep house. Pourtant classifiée comme musique d’apéro, tant elle est musicale et calme, sa deep house devient bien plus dansante et entrainante dans son set grâce à l’utilisation de drops bien plus entrainants, d’un VJing nerveux et par l’attitude de Schulz himself, totalement surexcité. On notera le passage du méga nouveau tube house d’Oliver Heldens & Chocolate Puma, Space Sheep, sans doute le track le plus dansant de cet EMF 2016 !

L’ambiance est revenue, bravo à Robin Schulz. Tout le monde est à point pour le DJ français le plus populaire à l’échelle de la planète : David Guetta. Il était du début de l’aventure Electrobeach, il y a quelques années. Il est l’un est l’un des premiers surpris, mais surtout fier de voir ce que cela est devenu. Lui qui tourne dans les plus grands festivals ne peut qu’adouber l’EMF 2016. Pour ma part, je suis un peu partagé. Entre ses mixes dans des avions, ses scandales de clefs USB, de platines pas branchées, le doute est permis. Il ne lui faudra pas 15 minutes pour les dissiper. Une intro façon Rencontres du troisième type toute droit sortie du nouvel hymne estival du déjanté duo Dimitri Vegas & Like Mike en collaboration avec W&W : Arcade. Le feu. Littéralement, avec des jets de flamme de folie, des drops de malade dont le fabuleux Trouble de Gregor Salto, le Français fait le job.

Barbe de deux semaines, veste en cuir, chignon, méga cernes, Guetta devient même ghetto quand il ponctue régulièrement son set de trap. Monstrueux. Le stéréotype du DJ blondinet qui sourit sans arrêt les mains en l’air est balayé sèchement par son track Pelican : hymne progressive house complètement planant dont personne ne pourrait soupçonner qu’il appartient à Guetta. Il choisit d’ailleurs ce morceau pour jouer à mettre la foule à genou avant de la faire sauter à la reprise de son beat puissant. Tous ses morceaux les plus populaires y passent, y compris un mash up génial entre I gotta feeling et Where are U now de Jack Ü. Inutile de définir l’état d’excitation extrême de la foule lorsque surgit dans les hauts-parleurs la voix robotisée de Guetta via un vocodeur.

Extrêmement kitsch mais très bon moment pour tous ceux qui ont vécu dans les années 90’s. Pas beaucoup de personnes en somme dans le public de 23 ans de moyenne de l’EMF. Jeune peut-être mais suffisant pour battre le record de fréquentation sur une journée du festival : 58 000 annonce fièrement le blondinet au look grunge.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

L’Electrobeach est aussi adoré pour ça. Une capacité à nous faire aller dans un autre monde, un autre univers. Il faut bien les minutes de latence entre les deux artistes et une Marseillaise chantée d’un seul homme par la foule pour que l’on se remémore les événements tragiques de la veille. Axwell^Ingrosso profitent de l’ambiance chauffée par Guetta pour la faire exploser encore plus par leur énergie et leur double track d’entrée : Dream bigger et Barricade. Le duo suédois qui formait avec leur complice Steve Angello, les Swedish House Mafia, ne se cache plus ; ils sont les uniques héritiers des tubes planétaires du trio. Bootleg, mash up, remixes, tout y passe. Axwell, particulièrement en forme, va profiter d’un système spécialement amener pour eux de caméra placée juste derrière eux pour se retourner et s’adresser au public face camera.

Des vannes, des jeux, des « We love France », mais surtout une minute solennelle pour communier avec nous après la tragédie de Nice. «We feel sorry if your friends or family was hurt yesterday. We try to bring joy, because it’s the only thing we can do » (Nous nous sentons désolés si vos amis et famille ont été blessés hier. Nous voulons simplement vous apporter un peu de joie, parce que c’est la seule chose que nous pouvons faire.) Un moment d’émotion sincère qui nous redonne encore plus envie de tout lâcher jusqu’au closing. Un soleil qui se lève vers des lendemains plus beaux. Sun is shining.

Garrix Tiesto - Jour1 Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Guetta Bleu Blanc Rouge – Jour2 Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

 Jour 3 : Les larmes du Serpent

Le Barcarès reprend son souffle tranquillement en ce samedi 16 juillet. Difficile de faire de liant entre les événements de Nice et la folie transcendantale de l’Electrobeach. Nous ne sommes pas les seuls dans le cas apparemment. L’ambiance le long de l’avenue du Roussillon semble elle aussi être retombée. Est-ce le retour de la chaleur avec le vent tombé, la fatigue cumulée entre bouches pâteuses et jambes en bois, ou tout simplement le trop plein d’émotion emmagasiné en si peu de temps ? Sans doute un peu de tout ça. Toujours est-il que les festivaliers sont beaucoup moins nombreux à peupler les rues de la petite station balnéaire. On peut y ajouter aussi que ce troisième et dernier jour de l’EMF jouit d’une programmation très éclectique, voir peut-être trop vis-à-vis des puristes de l’EDM.

Dillon Francis et DJ Snake, tous deux sont des puristes du style Trap, Dubstep, Moombahton, voir Moombahcore, c’est à dire un croisement particulier entre la musique électronique et les musiques urbaines comme le rap ou le reggaeton. Autant vous dire qu’on est assez éloigné niveau tempo, culture voir paroles de l’EDM. D’un point de vue personnel, autant j’apprécie la bonne humeur, l’innocence et l’énergie dégagées par les tracks de Tiësto par exemple, que les beats dévastateurs, les couplets enflammés et les skills aux platines de Skrillex. C’est donc avec une curiosité non feinte que je me dirige pour l’ultime fois en 2016 au sein de l’Electrobeach Music Festival.

Quelques minutes avant leur passage sur le Main Stage, j’ai le heureux hasard de croiser Rachid El Uarichi, soit la deuxième partie du duo Pep & Rash. Le sourire en banane, les frisottis qui rebondissent à chaque pas, le jeune Néerlandais confie son enthousiasme débordant de faire un métier dont il a toujours rêvé. « Ecrire des tracks qui cartonnent instantanément comme notre dernier featuring avec Lucas & Steve, Enigma, je ne peux pas vous décrire la sensation que cela fait ! » me confie Rachid en route vers la scène. « Jouer devant autant de personne. Wow ! ». Et on peut dire qu’ils assurent avec leur electro house entrainante sous fond de sunset enchainant les hits de Don Diablo et Oliver Heldens.

C’est alors au tour d’un nouvel Hollandais de leur succéder : l’ultra populaire Hardwell, bien nommé pour son style de set plutôt costaud à la limite du hardstyle par moment. C’est peu dire que le DJ est attendu par une horde de spectateurs en folie tant il est réputé dans le milieu de l’EDM, ce qui lui a valu de gagner plusieurs fois le titre de meilleur DJ de l’année dans cette catégorie. Après une intro explosive, Hardwell nous fait rapidement décoller pour une odyssée spatiale où nos chevilles ne retrouveront la terre ferme qu’une heure après. Collection de tubes et mash up, dont du Major Lazer, et son remix spectaculaire des Chainsmokers, Don’t let me down, achèvent une prestation de haut vol longuement saluée sur les réseaux sociaux des heures après.

Entre l’EDM bon enfant de Pep & Rash et le set surpuissant d’Hardwell, on peut dire que tout est fait pour qu’on entre de plain pied dans ce dernier jour d’EMF et qu’on oublie l’actualité morose du moment. Objectif atteint, et le public semble de retour en masse. Et ce n’est pas le discours du maire du Barcarès, très applaudi, et la Marseillaise reprise en coeur par la foule qui fera retomber l’ambiance.

Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram
Night Pink Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Est-ce que tout ce monde serait venu pour le Néerlandais ou pour Dillon Francis qui prend sa suite ? La réponse risque de déplaire à l’Américain tant la foule semble appelée par les bars, les toilettes, la street food, voir les très jolies espadrilles personnalisées EMF des boutiques officielles. La frontière entre EDM pur et electro urbain semble encore avoir de beaux jours devant elle.

Et pourtant, quel set de Dillon Francis ! Succession de morceaux dévasteurs entre la pure Trap, d’anciens hits hip-hop remixés, du moombahton faisant bootychecker filles comme garçons et du dubstep. Conséquence involontaire de ce set : la place laissée, qui nous permet de danser plus amplement, ne fait que soulever un nuage de sable et de poussière tout à fait indigeste pour nos pauvres poumons.

Le phénomène est si intense et rapide, comme l’an dernier, que je me mis à tousser sans arrêt en quelques minutes. Entre les épileptiques pour les effets stroboscopiques des écrans géants et les asthmatiques, les soigneurs ont dû avoir du pain sur la planche durant ces trois jours. Il faudra que l’organisation veille à trouver une solution pour cette poussière insoutenable, la pelouse ayant résisté moins d’une journée. Toujours est-il que malgré cet inconvénient majeur qui nous a repoussé vers le Lydia, le set de Dillon Francis est sans doute ce que j’ai écouté de plus abouti, surprenant et équilibré des 3 jours. L’efficacité de ses titres I can’t take it, Get low ou Need U n’est plus a démontré, et en live, ils prennent une puissance folle grâce au sound system du festival.

Nicky Romero, qui lui succède n’a aucun mal à faire revenir les fans d’EDM, mais un peu plus de difficulté à faire remonter l’ambiance après une telle claque venue de chez l’Oncle Sam. Le Néerlandais (décidément !) est reconnu pour sa production musicale qualitative alliant un vocal très mélodieux et des refrains electro-pop tout droit hérités de la dance des années 90. Son intro sur Novell fait très bien le job, puis quelques bootlegs bien sentis dont le dernier Calvin Harris en duo avec Rihanna, This is what you came for, et le Guetta/Sia, Bang my head, suffisent à remettre la foule dans le bain. Un set conclu de main de maitre par un inédit et le terrible remix de W&W du très joué Don’t let me down des Chainsmokers.

Il est enfin venu l’heure de conclure cet Electrobeach 2016 avec celui qui a l’honneur d’avoir un stand de merchandising juste pour lui, celui qui a fait distribuer des centaines de drapeaux bleu-blanc-rouge avec la pochette de son album à venir dessus, celui qui est le seul français à pouvoir se targuer du milliard de vues (!) sur YouTube : DJ Snake. Le créateur du label Pardon My French, grand fan du PSG (et qui ne s’en cache pas vu les t-shirts détournés mixant label du club parisien et son blase) est le co-auteur du méga tube de l’an passé Lean On avec Major Lazer. Producteur très réputé dans le milieu underground trap-moombahton, il ne lui manquait qu’un tube pour accéder à une notoriété désormais mondialisée. Positionné comme point final de cet EMF, la popularité du bonhomme qui ne quitte jamais ses lunettes de soleil n’est plus à prouver. Malgré un style assez éloigné du set list global du festival, c’est bien une foule compacte et massive qui se presse et commence à sauter aux premières notes de son intro.

Snake est en fusion sur son estrade et son énergie est vite communicative malgré une saturation de son par moment dans ses drops impressionnants (Wow Propaganda et le remis de Turn down for that). Le Français est heureux d’être devant une foule aussi dense dans son propre pays et s’amuse à communier avec nous. Il refait monter sur scène Dillon Francis pour un Get Low qui restera longtemps dans les mémoires des festivaliers. On appréciera comme on veut son battle entre la droite et la gauche du public où il a profité pour allumer gentiment les VIPs perchés et trop sages. Moi, j’ai eu un grand sourire. Et au beau milieu d’un VJing hallucinant, soudain, on ne perçoit plus que le bruit de l’hélicoptère de la garde civile perchée là haut au dessus de la mer, veillant sur l’EMF. La réalité nous rattrape, DJ Snake aussi. Nouvelle minute de silence après celle plus tôt du maire du Barcarès.

La fin approche, les émotions affleurent, et quand retentissent les premières notes puissantes de la Marseillaise dans les haut-parleurs du Main Stage, c’est tout un peuple, français ou pas, qui reprend ou fredonne l’hymne national. Les frissons sont partout, et DJ Snake ne peut retenir ses larmes plus longtemps. L’hommage aux victimes de Nice ne pouvaient être plus fort à ce moment. Il fallait bien que ce soit l’hymne à la joie et la vie qu’est Lean On qui retentisse pour que tout le monde retrouve peu à peu le sourire et l’envie de communier. Il achèvera sa partition sans faute de goût avec ses deux derniers tubes Talk et Middle, me faisant commenter dans ma tête que pour un type qui enchaine « tubes pour gonzesses à la chaine », il a quand même fait un sacré set de bonhomme.

Snake flag - Jour3
Snake flag – Jour3 Electrobeach 2016 Photo © Anthony Ghnassia & Jean-Marie Siousarram

Epilogue

DJ Snake a donc conclu en apothéose une édition de l’Electrobeach Music Festival de tous les records. 176 000 fêtards ont été dénombrés cette année, soit 36 000 de plus que l’an dernier, première fois où l’EMF se déroulait dans sa nouvelle formule en 3 jours avec un line up dantesque. Plus d’un million de photos et vidéos ont été téléchargés sur les réseaux sociaux, saturant régulièrement les lignes locales. On peut donc en conclure que cette édition a été un triomphe total. Et cela était loin d’être joué entre l’audace d’un line-up plus urbain sur le troisième jour, la mauvaise météo du premier jour, et surtout l’attentat niçois qui aura plombé une bonne partie de la bonne humeur du second jour. Mais, c’est uni comme jamais que l’EMF a tenu bon à coup d’une bonne quinzaine de Marseillaise chantée à tue-tête d’une seule voix. C’est par la culture et l’éducation que le terrorisme se combat le mieux. Tous ensemble.

Côté show, cette édition a été tout simplement dantesque, surpassant une édition 2015 qui avait déjà bénéficié d’un plateau extraordinaire. L’amélioration de la scène principale niveau son, lumière, laser, écran, l’ajout de la Techno Stage, les diverses attractions foraines sont parmi les réussites incontestables de cette année. Des améliorations au niveau de la sécurité, décrite comme un gruyère lors du premier jour, des stands de nourriture ou encore de la gestion des sols (trop de poussières) peuvent être faites. Côté DJ, la qualité et l’éclectisme étaient plus au rendez-vous que l’an dernier malgré une quantité moindre de grands noms. Le pari est donc réussi pour l’organisation qui avait justifié les 3 heures en moins par jour par un resserrement qualitatif de sa programmation. Le coup de poker Trap-Moombahton réalisé avec DJ Snake et Dillon Francis est un franc succès. Cela pourrait ouvrir la programmation à des artistes encore plus renommés dans le domaine tel Diplo et Skrillex, réunis sous Jack Ü, pour ne citer qu’eux… A bon entendeur !

[vc_text_separator title= »Martin Garrix – Live @ Electrobeach Music Festival 2016″ color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Le grand retour des auteurs de Death Note avec Platinum End (Kazé)

Platinum EndLe grand retour des auteurs de Death Note avec Platinum End  (Kazé)

Après Death Note et Bakuman, le célèbre duo Obata et Ohba sont de retour pour une nouvelle collaboration. Et c’est avec une certaine excitation que les fans de ce duo attendaient avec ferveur la publication de Platinum End. C’est la maison d’édition Kazé qui va ravir les fans en éditant ce premier tome avec (il faut le signaler) une très belle couverture !

Le manga Death Note a marqué l’histoire du manga, c’est avec une certaine pression et attente que l’on se met à découvrir Platinum End.

Dès les premières pages nous sommes directement plongés dans l’histoire. On va suivre Mirai, un jeune homme dépressif depuis son enfance suite à la mort de sa famille, il est recueilli par son oncle et sa tante qui vont le maltraiter. Rien ne le retient à la vie, c’est alors qu’il décide d’en finir et de se suicider en sautant du haut d’un building.
C’est à ce moment-là qu’un ange assez étrange décide de lui sauver la vie et de passer un marché avec lui. Il lui propose le bonheur, rien que cela ! Et pour y arriver l’ange lui offre la possibilité de voler avec des ailes mais aussi deux flèches. La première peut lui offrir l’amour et la deuxième a le pouvoir de tuer.
Seulement Mirai n’est pas le seul à avoir ces pouvoirs, d’autres anges sont rentrés en contact avec d’autres humains. Ils seront treize au total. Ce qu’il ne sait pas encore c’est le combat qu’il va devoir mener, en effet de ces treize élus il va devoir en rester qu’un seul pour devenir Dieu…

Au sujet de l’histoire, l’aspect psychologique n’est pas sans rappeler Death Note. En effet, nous avons un personnage un peu désorienté qui va devoir faire des choix cruciaux qui changeront à jamais son existence. L’amour, la quête du bonheur et la mort vont être les thèmes centraux de ce manga.

Quant au graphisme, il n’y a rien à redire, le trait est fin précis et harmonieux. On retrouve ici tout le talent de Obata.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Mirai, un jeune homme qui a perdu tout espoir en la vie, décide de se suicider en se jetant du haut d’un building. Mais juste avant qu’il ne touche le sol, un ange, appelé Nasse, le rattrape au vol et lui sauve la vie. Elle lui offre alors la possibilité d’obtenir de puissants pouvoirs, promesses d’une vie meilleure…

 Mais en acceptant, Mirai découvre qu’il participe à une compétition mortelle…

Date de parution : le 25 mai 2016
Scénariste(s) : Tsugumi Ohba
Dessinateur(s) : Takeshi Obata
Genre : Manga
Editeur : Kazé
Prix : 6,99 € (192 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

#AvignonOff : A clown fairytale, quand les choses les plus simples sont aussi les plus drôles

Dandy Danno#AvignonOff : A clown fairytale, quand les choses les plus simples sont aussi les plus drôles

Elle est la diva sexy que tout le monde attend, il est l’empoté amoureux, quoi de plus classique ? Et pourtant, malgré le choix d’un scénario vu et revu, les deux clowns italiens surprennent.

Muet, le spectacle s’appuie sur la musique, qui devient, bien plus qu’un simple support, un personnage à part entière. Le jeu des deux acteurs est entraîné par les paroles d’Edith Piaf, les airs de Carmen ou le rythme d’un tango. Commencée façon music-hall, la pièce se fait vite loufoque, enchaînant les situations comiques qui n’hésitent pas à interagir avec le public.

Tout l’art du clown est là : exubérance, grotesque, maladresses et tendresses, où se tisse une histoire d’amour impossible. Depuis le coup de foudre jusqu’aux soupçons de trahison, le ballet de séduction ne cesse de faire rire. Comment ne pas entrer en empathie avec ce Danno, dandy maladroit qui a pour seul réconfort une manche d’imperméable ? Par ses mimiques convaincantes, Daniele Segalin rend ses lettres de noblesse au « clown triste ».

Mis en scène par le célèbre clown américain Jango Edwards (que l’on a notamment pu voir à la télé aux côtés d’Antoine de Caunes et de Christophe Dechavanne ), ce spectacle mérite que l’on s’y attarde. Un bel exemple d’art clownesque, sans prétention et avec bonhomie, réveille un public redevenu enfant, jusqu’à échanger quelques passes d’un gros ballon avec les comédiens.

Dandy Danno et Diva G, a clown fairytale, de et par Daniele Segalin et Graziana Parisi .
Mise en scène : Jango Edwards.
Festival Avignon Off, tous les jours à 19h10 au théâtre Laurette.

#AvignonOff : bilan 2016 et conseils aux spectateurs !

avignon offVoilà, c’est toujours trop court mais il faut bien rentrer. Quelques jours à Avignon le Off, et on a envie de voir encore 1000 spectacles. En attendant, je vous donne mes quelques impressions sur les spectacles vus, les spectacles que j’aurais voulu voir et les spectacles que j’avais déjà vus et que je vous conseille !

Arrivée à Avignon, je me suis dirigée au Théâtre du Rempart voir Orphans, un spectacle émouvant qu’il faut voir rien que pour le jeu de ses comédiens. Si l’histoire en elle-même reste assez monotone, « le jeu en vaut la chandelle ».  Puis au Théâtre du Roi René, découvrir le Jeu de l’amour et du hasard, célèbre Marivaux mis en scène par Salomé Villiers, qui avait déjà eu du succès au Théâtre du Lucernaire. Superbe moment, splendide et inventive mise en scène. Un OVNI théâtral m’a beaucoup émue au Théâtre de la Luna : Les escargots sans leur coquille font la grimace, un joli moment de théâtre sur la thématique du genre et de l’orientation sexuelle. Pour ceux qui ont besoin de mettre un peu de musique dans leur vie, le spectacle Des Accordés au Théâtre de l’Atelier Florentin vous transportera dans un univers poétique et plein d’ondes positives. A plates coutures vous offrira aussi un moment musical et militant sur le quotidien des ouvrières Lejaby. Pour les théâtreux à la recherche de texte un peu plus torturé, l’unique Voyage dans les mémoires d’un fou de Lionel Cecilio au Pixel Avignon ne pourra que vous plaire.  Et enfin pour les mères un peu trop envahissantes ou les enfants en quête d’indépendance, Poisson et petits pois vous donnera le sourire à la Luna.

Mon coup de coeur de l’année : le seul en scène de Cédric Chapuis, Au-dessus de la mêlée au Théâtre Pandora, qui raconte avec finesse et humour le quotidien d’une équipe de rugby à travers le regard du jeune Bastien.

Les pièces que j’aurais aimé voir : Ma folle Otarie de Pierre Notte au Théâtre des Halles ; Handball, le hasard merveilleux de Jean-Christophe Dollé au Théâtre le Cabestan ; Touchée par les fées de Marie Desplechin au Théâtre du Petit Louvre.

Les pièces que je vous conseille toujours : Maligne de Noémie Caillault ; Le cercle des illusionnistes d’Alexis Michalik ; Pourquoi ? de Michaël Hirsch ; Une vie sur mesure de Cédric Chapuis.

Excellent festival d’Avignon à tous !

[TEST] – La Thé Box : couleurs, saveurs et gourmandises

La Thé Box

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La Thé Box c’est une box fun et colorée dédiée aux saveurs du thé et de ces petits accompagnements. Nous avons choisi de vous présenter la box du mois de juillet qui sent très bon l’été.

[vc_text_separator title= »INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Sans engagement – un mois : 19,90 €

Abonnement 3 mois : 59,70 €

Abonnement 6 mois : 119 €

Abonnement 12 mois : 218 € (1 box offerte)

Note globale obtenue : 4,5/5

[vc_btn title= »VISITEZ LE SITE » color= »primary » align= »center » link= »url:http%3A%2F%2Fgoo.gl%2FUkE0zz|title:La%20Th%C3%A9%20Box|target:%20_blank »][vc_text_separator title= »CONTENU DE LA THE BOX DE JUILLET » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Pour vous faire rêver, voici le contenu de la box de juillet :

  • Un sachet de thé vert Blue 3 sachets de Teapigs ;
  • Un sac de plage et des marque-pages ;
  • Un carré suisse au chocolat au lait, caramel et sel de guérande ;
  • Un sachet de thé vert Acai et Goji
  • Un sachet de thé noir algues et orange ;
  • Un sachet de thé Surf in Plett parfait en thé glacé ;
  • Une barre aux céréales ;
  • 4 sachets de thé Your tea inspirées par la médecine chinoise ;
  • 2 bouteilles de Volvic thé.
La Thé Box du mois de juillet
Contenu de la Thé Box du mois de juillet 2016
[vc_text_separator title= »NOTRE AVIS SUR LA BOX » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

La box est reçue rapidement et dans un conditionnement adapté qui nous la livre dans les meilleurs conditions. A l’intérieur du colis, en plus de la boîte, deux petites bouteilles d’eau parfumée en cadeau avec des bons de réduction. On sent la publicité déguisée, mais on les prend volontiers en ces périodes de fortes chaleurs.

Le design de la box est très adapté à la saison. Il nous rend de bonne humeur et sera parfait pour conserver des trésors par la suite. C’est un contenant réutilisable, ce qui est très positif.

Concernant l’intérieur de la box, pour en avoir déjà testé les mois passés, nous pouvons vous dire que les quantités sont suffisantes pour se faire un thé tous les matins pendant un mois. On nous propose plusieurs sachets de thé individuels ou en vrac pour tous les goûts, mais avec une grande originalité. On voyage gustativement. Les petites mignardises (chocolat et barres de céréales) sont un plus non négligeable.

Des petits marque-pages, un sac de plage sont également proposés ainsi qu’un livret explicatifs sur le contenu de la boîte. Tous les thés proposés y sont détaillés, avec la température et la durée d’infusion optimale précisées.

Tout le packaging est vraiment de qualité, et le prix de l’abonnement de 19,90 euros par mois est plus que raisonnable.

A qui s’adresse cette box ?

A tous les amoureux du thé qui souhaitent qu’on leur fasse découvrir d’autres saveurs, mais aussi aux curieux qui souhaitent découvrir chaque mois de belles surprises.

Elvis & Nixon ou le match des icônes

Elvis & Nixon
Elvis & Nixon, film de Liza Johnson, Copyright Steve Dietl / Amazon Studios & Bleecker Street

Elvis & Nixon ou le match des icônes

Elvis & Nixon exhume l’invraisemblable requête du King Elvis Presley désireux de rencontrer le président américain Richard Nixon en 1970. Le choc des personnages donne au film une aura quasi surréaliste que seule l’existence d’une photo parvient à rendre crédible. Malgré leur peu de ressemblance respective, le King Michael Shannon et Richard Kevin Spacey personnifient parfaitement les extravagances de protagonistes perchés bien haut.

Chanteur mythique de l’après WWII, Elvis Aaron Presley a été la première superstar mondiale du Rock. Adulé des foules, mystifié de son vivant, sa renommée internationale l’a transformé en ermite reclus, encore humain seulement pour une garde rapprochée éparse. Son souhait de devenir un agent du bureau fédéral des narcotiques n’est qu’une lubie de plus mais présentée si sérieusement que même le Président des Etats-Unis y consent. Personne n’y croit vraiment, Elvis est à l’origine d’une sorte d’hallucination collective, parvenant à faire croire qu’il contribuera à sauver la jeunesse américaine dissolue du danger de la drogue. Mais comme sa renommée peut contribuer à la popularité de Nixon auprès des jeunes, les équipes du président aident à organiser la rencontre. Les intérêts sont bien compris, prestige de l’un, caprice de l’autre, l’argent et la gloire ouvrent toutes les portes…

Nixon reste un vrai personnage shakespearien. Interprété récemment par Frank Langella dans l’excellent Frost/Nixon de Ron Howard ou par Anthony Hopkins dans le Nixon d’Oliver StoneKevin Spacey reprend le rôle avec talent. L’impitoyable Frank Underwood d’House of Cards brouille les pistes, rendant le parallèle entre réalité et fiction d’autant plus flou. Si Nixon est tombé suite aux révélations fracassantes du Watergate, peut-être que le personnage de série connaitra le même sort… qui sait. Elvis est également un vrai héros de roman, perpétuellement invoqué dans le cinéma mondial comme l’a montré récemment l’argentin Ultimo Elvis. Icône populaire inoxydable, Elvis incarne le rêve universel de gloire et de succès. La rencontre entre les deux sommités est un sommet de burlesque. Elvis ne tient compte d’aucune directive, s’amenant le respect du très bougon président peu habitué à autant de désinvolture.

Elvis & Nixon est rythmé par une bande son ahurissante de cuivres et de feeling. Pour invoquer la sommité absolue du cool qu’était Elvis, il fallait bien Hold on I’m coming de Sam & Dave ou Spinning Wheel de Blood, Sweat & Tears. Le film swingue et Michael Shannon se glisse dans les habits du King avec un naturel invraisemblable, rappelant son rôle du manager Kim Fowley dans The Runaways en 2010. Acteur fétiche de Mike Nichols, il prouve une fois de plus ses talents de caméléon., capable de jouer un père perdu, un agent immobilier véreux ou le King avec la même inspiration. Le résultat est avant tout un divertissement plaisant et truculent, aussi plaisant que la portée d’une telle anecdote minuscule mais fascinante peut en procurer. Un vrai film d’été bien plus intelligent que certaines comédies qui pètent les scores au box office dans une autre hallucination collective beaucoup moins passionnante.

Cette rencontre au sommet entre Elvis et Nixon tient toutes ses promesses grâce à deux acteurs suffisamment excentriques pour surjouer avec talent ces deux monstres sacrés. Le film joue entre images publiques et blessures secrètes pour dévoiler des caractères bien plus ambigus qu’imaginés, avec un humour constant et aussi inoxydable que la coiffure du King.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

 

Elvis & Nixon
Elvis & Nixon

La rencontre improbable et méconnue entre Elvis, la plus grande star de l’époque, et le Président Nixon l’homme le plus puissant du monde. Deux  monuments que tout oppose.
En 1970, Elvis Presley se rend à Washington dans le but de convaincre le président Nixon de le nommer agent fédéral. Se présentant à l’improviste à la Maison Blanche, la rock-star réussit à faire remettre une lettre en mains propres au président pour solliciter un rendez-vous secret. Conseillers de Nixon, Egil « Bud » Krogh et Dwight Chapin expliquent à leur patron qu’une rencontre avec Elvis au cours d’une année électorale peut améliorer son image. Mais Nixon n’est pas d’humeur à donner satisfaction à l’artiste.
C’est sans compter sur la détermination d’Elvis ! Il propose un « contrat » à Krogh et Chapin : il signera un autographe pour la fille de Nixon en échange d’un tête-à-tête avec le président. À la très grande surprise de Nixon et de ses conseillers, l’homme politique et le chanteur se découvrent des affinités. À commencer par leur mépris affiché pour la contreculture …

Sortie : le 20 juillet 2016
Durée : 1h26
Réalisateur : Liza Johnson
Avec : Michael Shannon, Kevin Spacey, Alex Pettyfer
Genre : Comédie, historique, biopic

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Les délices des Jardins d’Orient vous invitent à l’Institut du Monde Arabe

Jardins d'Orient
Jardins d’Orient, Institut du Monde Arabe

Les délices des Jardins d’Orient vous invitent à l’Institut du Monde Arabe

L’Institut du Monde Arabe ravive la légende des jardins paradisiaques de l’Orient éternel. Entre Tigre et Euphrate s’est élevée une civilisation éclairée avec techniques d’irrigation révolutionnaires et oasis luxuriantes. A travers un parcours aux thèmes variés c’est toute la richesse d’un monde allant de l’Atlantique à la Mongolie qui se révèle, en passant par l’Espagne Mauresque et toutes les influences sur l’Europe du XIXe siècle.

Le Jardin d’Orient est considéré comme le reflet terrestre du paradis. Le mot provient d’ailleurs du mot perse pairidaeza signifiant enclos de chasse garni d’arbres et de fleurs. Au milieu des paysages arides et désertiques, un ilot de verdure accompagné d’un cours d’eau fascine et donne envie d’enjoliver encore plus la félicité naturelle. Entre le VIIe siècle et le XIIe siècle, les progrès scientifiques, techniques, culturels, artistiques et philosophiques ont laissé un héritage impérissable rassemblé par l’IMA dans un parcours à la limite de la féérie. De doux chants d’oiseaux accompagnent la visite tandis qu’un bassin d’eau structure le parcours. Echantillons de Perse, pièces de Mongolie ou estampes indiennes évoquent les climats chauds de l’Orient tandis que des croquis imaginent les fabuleux jardins suspendus de Babylone.

La visite se prolonge à l’air libre dans un jardin organisé avec de multiples essences de fleurs et plantes. Un parcours aux senteurs délicieuses mais quelque peu difficile à finaliser sous l’étuve parisienne d’un 19 juillet parisien caniculaire. Qu’importe, l’esprit des Jardins d’Orient est bel et bien présent et de magnifiques roses attirent irrésistiblement le regard. Une terrasse ombragée permet de déguster un sirop de rose ou un verre de la carte. Une infime partie du plaisir ressenti au coeur des jardins d’ailleurs est pleinement ressenti.

L’exposition se termine le 25 septembre, il est encore temps d’aller admirer les paysages angéliques de l’Orient dans cette riche exposition, dépaysante et onirique. Le paradis est un jardin et de très beau exemples sont présents pour le plus grand plaisir des visiteurs. L’IMA se transforme en lieu de paix et d’harmonie rassérénant en ces temps troublés. Tant de quiétude fait le plus grand bien.

Dates : Jusqu’au 25 septembre 2016
Lieu : Institut du Monde Arabe
Entrée : 12 €

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Carton plein pour le NEW YORK CITY BALLET, dirigé par Peter Martins

Carton plein pour le New York City Ballet dirigé par Peter Martins

Carton plein pour le NEW YORK CITY BALLET, dirigé par Peter Martins

Les Étés de la Danse et le Théâtre du Châtelet on accueilli, pour la douzième édition du festival, du mardi 28 juin au samedi 16 juillet, le NEW YORK CITY BALLET dirigé par Peter Martins

Absente des scènes parisiennes depuis la grande tournée de 2008 à l’Opéra Bastille, la Compagnie a retrouvé en 2016 le Théâtre du Châtelet pour 20 représentations exceptionnelles accompagnée de l’orchestre Prométhée.

Le programme a présenté 96 danseurs dans 20 ballets différents chorégraphiés par George Balanchine, Peter Martins, Justin Peck, Alexeï Ratmansky et Christopher Wheeldon.

Grand succès public et critique, les représentations ont accueilli près de 32 000 personnes pour un taux de remplissage record de 99%.

Les Etés de la Danse donneront rendez-vous pour leur treizième édition dans un nouveau lieu dès la fin du mois de juin 2017.

Résultats concours : Joyeux suicide et bonne année, 10 livres gagnés

Joyeux suicide et Bonne année,
Résultats concours : Joyeux suicide et bonne année, 10 livres gagnés !

Vous avez été 4624 participants au concours Joyeux suicide et bonne année. Merci de votre excellente participation. Les 10 heureux gagnants du livre de Sophie de Villenoisy sont :

Bernardette Heuraux, Véronique Fabre, Cédric Alizard, Sébastien Saelens, Benjamin Daubry, Vincent Gautier, Brigitte Bodrato, Claudine Boisseau, Eric Probin et Michèle Cuminetti

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Les Nuits Auréliennes à Fréjus : des pièces dans un théâtre romain

Nuits-Aureliennes-copie-900x450Dates 2016 : 15, 19, 21, 26 et 28 juillet

Le Festival des Nuits Auréliennes, est un rendez-vous estival incontournable pour les amateurs de théâtre, en parallèle du festival d’Avignon. Toutes les représentations sont données en plein air, dans un théâtre romain de 900 places rendu à sa vocation première : le spectacle… Les plus grands comédiens comme de nouveaux talents en devenir se sont succédés sur les planches pour redonner vie chaque soir à la magie du théâtre.

Cette année dans la programmation du festival, on retrouve des grands noms. Une Master Class Huster / Suissa sera également proposée mercredi 20 juillet.

Vendredi 15 juillet : « Irma la douce »

Comédie musicale d’Alexandre BREFFORT – Musiques : Marguerite MONNOT

Mise en scène par : Nicolas BRIANCON

Avec : Lorànt DEUTSCH, Marie-Julie BAUP, Nicole CROISILLE, Andy COCQ, Olivier CLAVERIE, Fabrice DE LA VILLEHERVÉ, Jacques FONTANEL, Valentin FRUITIER, Laurent PAOLINI, Claire PEROT, Bryan POLACH, Pierre REGGIANI, Loris VERRECHIA, Philippe VIEUX

Nestor, un titi parisien dans toute sa splendeur, tombe fou amoureux de sa protégée, Irma. Rongé par la jalousie de savoir sa douce en galante compagnie chaque nuit, Nestor va utiliser tous les stratagèmes pour qu’Irma ne soit plus qu’à lui et rien qu’à lui, peu importe le prix à payer…

Mardi 19 juillet : « Une folie » 

de Sacha GUITRY Mise en scène par : Francis HUSTER

Avec : Olivier LEJEUNE, Lola DEWAERE, Manuel GELIN, Marianne GIRAUD, Odile COHEN

Le docteur Flache, célèbre psychiatre, s’apprête à quitter Paris pour prendre sa retraite dans le midi. Mais voilà qu’un homme, puis sa compagne débarquent dans son cabinet. L’un après l’autre, ils demandent au docteur d’examiner leur moitié qu’ils croient devenue folle. Ce dernier les enverrait bien au diable, mais la femme est plutôt charmante… 

Jeudi 21 juillet « Amok »

Création de Stefan ZWEIG Avec : Francis HUSTER

Francis HUSTER récidive avec « Amok » dans une mise en scène de Steve SUISSA qui entend recréer sur scène la beauté mystérieuse du transatlantique L’Océania voguant de Calcutta à Londres sous les étoiles. Le héros, ZWEIG lui-même, y croise un médecin de Malaisie revenant lui aussi en Europe, non pas pour retrouver les siens mais pour fuir.

 

Mardi 26 juillet : « Le fusible »

Comédie de Sylvain MEYNIAC Mise en scène par : Arthur JUGNOT

Avec : Stéphane PLAZA, Arnaud GIDOIN, Philippe DUSSEAU, Gaëlle GAUTHIER, Juliette MEYNIAC et Irina NINOVA

Paul, (Stéphane PLAZA), un homme d’affaire de 45 ans, est sur le point de changer radicalement de vie… Il a tout organisé dans les moindres détails. La vente lucrative de son site internet à une compagnie russe, son divorce et son départ sur une île paradisiaque avec sa maîtresse…. Seul confident de son stratagème et de ses projets du lendemain : son ami Michel, (Arnaud GIDOIN), génie de l’informatique naïf et gaffeur qui suit Paul comme un phare… 

Jeudi 28 juillet : « L’Impresario de Smyrne »

Classique de Carlo GOLDONI Adaptation par : Michael STAMPE Mise en scène par : Christophe LIDON
Avec : Bernard ALANE, Denis BRENER, Catherine JACOB, Bernard MALAKA, Nicolas VAUDE

Dans la flamboyante Venise du XVIIIème siècle, si proche d’un univers théâtral idéal, GOLDONI nous raconte comment un nabab Turc décide de s’improviser « producteur » pour créer à Smyrne, sa ville natale, le plus illustre Opéra que l’époque ait vu monter.

David Gilmour fait chavirer la foule à Chantilly

David GilmourDavid Gilmour fait chavirer la foule à Chantilly

Le guitariste mythique David Gilmour passait à Chantilly ce samedi 16 juillet pour un concert attendu de pied ferme par les fans de Pink Floyd. Son nouvel album Ratttle that Lock entérine la fin définitive du groupe anglais après le décès récent du claviériste Rick Wright et la volonté affirmée du vaillant septuagénaire de se concentrer sur sa carrière solo. Pour un moment de musique intense et une fois de plus exceptionnel.

Le dernier passage parisien de David Gilmour datait de 2006. L’Olympia avait accueilli le guitariste accompagné du batteur Nick Mason et du claviériste Rick Wright pour un moment de pure magie onirique. La formation resserrée autour du toujours vert David Gilmour avait livré la pépite Echoes à une salle sous le choc. Les connaisseurs de la vidéo Live at Pompéii et surtout de l’album Meddle avait instantanément reconnu ce Si caractéristique du début de l’odyssée sonore de plus de 22 minutes. Le choix de Chantilly comme passage parisien de David Gilmour en 2016 n’est pas le fruit du hasard. Le rédacteur nostalgique avait assisté au concert de Pink Floyd sur l’hippodrome voisin pour le premier concert de sa vie en 1994. Quelle meilleur manière de débuter une vie passée à égrener de nombreux concerts passés depuis par les Rolling StonesPaul McCartneyACDCColdplay et Depeche Mode (ente autres)…

Les années récentes ont vu Roger Waters, l’ancien bassiste de Pink Floyd et ancien ennemi intime de David Gilmour, promener son show The Wall sur les scènes du monde entier avec un accueil extatique des fans. D’abord vu à Bercy puis au Stade de France, le spectacle était à la hauteur de sa légende. Voir un immense mur se dresser entre la scène et le public avec un déluge d’effets visuels projeté dessus pour un effondrement final, les poils se hérissent encore sur les bras des heureux spectateurs à cette simple évocation. Pour faire contrepoint à cette ébauche extravagante, David Gilmour a choisi l’épure. Le légendaire (et copyrighté) écran circulaire, quelques effets visuels, une formation resserrée et surtout pas d’Another Brick in the Wall au programme. Même rabiboché avec WatersGilmour a son petit caractère, pas question de verser un centime de droits au détenteur des chansons de The Wall, à savoir nul autre que Roger Waters. S’il a chanté Run like Hell et Comfortably Numb, David fait partie des ayant droits de deux des seuls morceaux ayant échappés à l’avidité du bassiste, nuance…

24 000 spectateurs se dirigent vers le magnifique parc du Château de Chantilly. Une scène, pas si imposante que ça, fait majestueusement face au château. Une sécurité sur les dents fait prendre 45 minutes de retard au concert mais personne ne se plaint. C’est d’ailleurs par une minute de silence forte en émotion que débute l’évènement. En hommage aux 84 victimes de l’attentat de Nice, c’est toute la foule sans AUCUNE exception qui se recueille. Les larmes montent aux yeux de nombreuses personnes, l’émotion est totale, l’hommage est unanime, le moment de communion collective silencieuse sera marqué pour longtemps dans tous les esprits. Puis le héros de la soirée arrive sur scène dans un déluge d’applaudissements. Le concert n’a pas été annulé ; toutes les précautions ont été prises, aucun incident ne sera à déplorer malgré une foule coudes à coudes. Le respect est le maitre mot de la soirée.

David Gilmour alterne entre morceaux de son dernier album et classiques du répertoire floydien. Le rédacteur fanatique du Floyd n’a écouté que d’une oreille distraite les morceaux anecdotiques débutant par le jungle de la SNCF (Rattle that locke) ou naviguant dans les eaux d’un piano jazz oubliable (Girl with yellow dress). La guitare de Gilmour lâche inopinément dès le départ, l’obligeant à en changer au pied levé. Certains y ont vu un symbole…  Contrairement à son habitude, il ne coupe pas le concert en 2 parties distinctes, première avec des compositions personnelles et seconde exclusivement dédiée à Pink Floyd. Pourquoi pas. Quand retentit au bout de 3 morceaux What do you want from me, la foule exulte, elle n’aura pas à attendre une heure pour entendre le plus gros de la carrière de David Gilmour. Extrait du Division Bell de 1994, le morceau rappelle l’exact reflet joué 22 ans auparavant sur l’hippodrome voisin. Souvenirs…

Un premier hommage à Rick Wright survient rapidement. C’est sa universellement connue composition The Great gig in the sky qui raisonne sous le ciel encore bleu de Chantilly. Ce n’est pas le froid qui fait frissonner l’audience mais l’émotion d’un morceau culte extrait du vendu à plus de 50 millions d’exemplaires The Dark Side of the MoonGilmour rend hommage à son acolyte de la plus belle des manières, les voix magnifient le chant intense imaginé par Clare Torry en 1973. La légende raconte que la jeune chanteuse toute penaude alla s’excuser après sa performante devant un groupe complètement bluffé par son chant. Le duo de chanteuses accompagné par un chanteur font honneur au morceau imaginé par Wright à l’époque de Zabriskie Point et refusé par Antonioni pour la Violent Sequence. La foule exulte, le concert est enfin lancé.

Suivront 3 autres morceaux du Floyd pour cette première partie, et pas les moins significatifs. Wish you were hère fait se hérisser les poils surtout que le clavier accompagnant Gilmour livre une déclinaison jazzy rafraichissante sur la fin du morceau. Ce J’aimerais que tu sois là semble s’adresser au tant à Rick Wright qu’à Syd Barrett. L’inoxydable Money fait se trémousser la foule, surtout qu’un pont là aussi très jazzy agrémente le morceau phare de DSOTM. La première partie se finit avec l’étendard High Hopes, porte d’entrée de la jeune génération pour l’univers riche et coloré de Pink Floyd. Passé en rotation lourde sur les radios à l’époque de Division Bell en 1994 le morceau est rentré tout droit dans le coeur des fans de tous âges. 15 minutes de break, la foule n’en a pas fini avec l’émotion.

Le groupe revient pour un classique du Floyd. One of thèse days envoie sa basse technoide à une foule déjà en transe. Pas de tours adjacentes avec des cochons baladant leur morgue dans la deuxième partie du morceau, mais toujours ce solo hypnotisant à la steel guitare. Une spectatrice à côté de moi ne cesse de s’extasier devant les prouesses guitaristiques de David Gilmour. A 70 ans, il envoie toujours du lourd et démontre qu’il n’a rien perdu de son expertise guitaristique. L’écran central montre ses doigts en action, de quoi impressionner jusqu’au plus hardi fan de One Direction. Puis vient le morceau de bravoure Shine on you Crazy Diamond. Cet hommage à peine voilé à Syd Barrett fait son effet, les ambiances s’enchainent, la guitare répond au clavier qui répond au saxo. Remember when you were young… Suivent les plus anecdotiques mais rafraichissants Coming back to life, Fat Old Sun, On an Island et Sorrows avant une fin de concert en apesanteur.

Les habitués du Floyd savent que David Gilmour finit habituellement ses concerts avec les mêmes morceaux. Il innove ce soir. Souvent joué à la toute fin, il commence avec un Run Like Hell lui aussi technoïde. Les habitués de The Wall mettent les mains en croix pendant les Run, Run, Run et la foule se laisse griser par cette critique en règle de l’idéologie fasciste. La voix du rédacteur vient à manquer quand des horloges se mettent à raisonner bruyamment. C’est bel et bien Time que l’orchestre va interpréter. Le meilleur pour la fin. Le claviériste remplace Rick Wright pendant les ponts et le morceau fait exulter la foule par sa puissance sonore et philosophique. Shorter or breath, one day, closer to death... Gilmour ne pouvait pas ne pas finir avec son solo de guitare le plus acclamé à la fin de Comfortabley numb. Pas de boule disco mais des lasers pour clôturer le morceau.

David Gilmour s’est exercé sur un vaste panel des plus belles guitares de la galaxie. La même Gibson SG que Angus Young dans ACDC, la célébrissime Les Paul comme Jimmy Page dans Led Zeppelin, une Telecaster, la Stratocaster qui a rendu l’âme au début du concert. Il faut le meilleur pour le meilleur. La soirée est parfaite. Temps de saison, ciel bleu, château de Chantilly en paysage paisible, mêmes vidéos vues en 1994 pour High HopesShine on et TimePink Floyd est un sacerdoce et David Gilmour en est un digne représentant. Après le récent ouragan The Wall, le guitariste rappelle qui est le boss. De la plus belle des manières.

Dates :  Samedi 16 juillet 2016
Lieu : Château de Chantilly
Avec : David Gilmour

Résultats concours : Le BGG – Le bon gros géant, 10 places de ciné gagnées

Le BGG Le Bon Gros Géant
Le BGG Le Bon Gros Géant – Affiche


Résultats concours : Le BGG – Le bon gros géant, 10 places de ciné gagnées !

Vous avez été 3421 participants au concours Le BGG – Le bon gros géant. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :

Emmanuelle Delbreil, Agnès Salson, Alain Grosjean, Willy Sarlotte et Sébastien Lalouette

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Gaspard ne répond plus, le roman de l’été, loufoque à souhait (JC Lattès)

Anne-Marie Revol
Anne-Marie Revol

Gaspard ne répond plus, le roman de l’été, loufoque à souhait (JC Lattès)

Anne-Marie Revol nous régale avec son dernier roman : Gaspard ne répond plus. Elle nous emmène très loin de la France, plus précisément au Vietnam.

Gaspard est le héros de son livre. Il est jeune, il est beau, sympa, pas sportif pour un sou, mais a quand même été sélectionné pour le jeu de téléréalité : Un jour j’irai à Shangai avec toi.

Il fait équipe avec Cindy. Mais un jour, Gaspard tombe d’un pick-up en pleine nuit et aucun membre de l’équipage ne s’en aperçoit. Ils s’en rendent plusieurs heures après. Gaspard échoue dans un fossé, les deux jambes brisées. Il est ramassé par deux gars qui le trimballent durant des kilomètres, à travers des paysages escarpés. Finalement, il termine sa course dans un très triste état, les deux jambes brisées, dans un coin très reculé du Nord Vietnam, près de la frontière chinoise, dans une tribu comme il en existe peu.

C’est My Hiên, la chef de tribu. Et en fait, elle va prendre Gaspard comme « otage » pour sauver son peuple de tout élément de modernisme. Pas d’électricité, pas d’appareil radio, pas de téléphone, rien qui puisse abîmer leur mode de vie tribal. Gaspard va devoir s’adapter… Heureusement, il découvre les écrits de Hubert Butillon, le défunt mari de My Hiên. Et s’en régale, et nous aussi ! Son journal intime est passionnant. Il faut dire qu’il n’a pas eu beaucoup de chance Hubert dans sa vie, surtout avec les femmes. Il nous dévoile tout, avec une telle sincérité qu’on en est forcément touché.

Autant les affres de la production de l’émission TV ne nous passionne pas, autant les récits très personnels d’Hubert nous ravissent. On s’attache à tous ces personnages. Enfin, pas tous ! Certains plus que d’autres…

A travers ce roman beaucoup de personnages prennent vie au fil du récit. Mais on ne se perd jamais. On les découvre avec humour, et souvent passion. Car rien n’est anodin. A travers eux, ce sont des vies entières qui se déroulent sous nos yeux. Pas toujours heureuses, d’ailleurs. Mais bizarrement entrelacées…

Pourquoi Gaspard a-t-il absolument voulu faire ce jeu de téléréalité ? Alors qu’il a si peu de dispositions physiques pour y arriver ? Que cherchait-il vraiment en allant au Vietnam ? Sa mère adoptive et son colocataire vont tout faire pour le retrouver.

Gaspard ne répond plus est fascinant. Toutes ces vies qui s’entremêlent et qui, comme un roman policier nous dévoile une nouvelle trame, une nouvelle piste… La découverte de cette tribu, de leur façon de vivre, tellement éloignée de la nôtre nous fait réfléchir aussi sur notre société de consommation.

Et on oublie volontairement la production de ce jeu de téléréalité qui panique complètement et perd les pédales quand elle apprend, plusieurs heures après la disparition de Gaspard. Tout est une question financière. Les enjeux sont énormes et Gaspard passe bien après…

Franchement, vous ne trouverez pas le temps long avec ce livre agréable à lire et qui vous fera voyager à travers la Chine. L’écriture est fluide et légère. Le style simple mais les détails ne manquent pas. Anne-Marie Revol nous fait joliment évader et le dépaysement est total, jusqu’à la dernière page ! Un bon livre de vacances, assurément !

Anne-Marie Revol  a déjà publié en 2010 chez Stock « Nos étoiles ont filé » qui a reçu le Prix des lectrices de ELLE. Peut-être recevra-t-elle un nouveau prix pour son protégé Gaspard ?

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Gaspard ne répond plusDans le cadre d’un jeu de téléréalité, Gaspard de Ronsard doit traverser l’Asie en stop. Son périple tourne court lorsqu’il chute d’un pick-up et échoue au fond d’un fossé…
La suite se déroule entre Paris et un village égaré dans les rizières du Nord Vietnam. On y rencontrera une brocanteuse cartomancienne, un détective fleur bleue, un diariste fantasque, des producteurs de télé affolés, et une vieille chef de tribu acariâtre, My Hiên. Celle-ci n’a qu’une idée en tête : obliger Gaspard à sauver son peuple d’un danger imminent.
Parviendra-t-il à rentrer chez lui ?
Dans ce roman drôle et déluré, chacun cherche quelque chose à l’autre bout du monde, pour le meilleur comme pour le pire. Mais il faut peut-être accepter de tout perdre si l’on veut se retrouver…

Date de parution : 11 mai 2016
Auteur : Anne-Marie Revol
Editeur : JC Lattès
Prix : 21,50 € (448 pages)
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Carmina, une comédie populaire espagnole et truculente

Carmina
Carmina, film de Paco Leon, Copyright Bodega Films

Carmina, une comédie populaire espagnole et truculente

Carmina s’inscrit dans la veine de ces films espagnols bavards et excessifs, familiaux et truculents. L’héroïne Carmina est une femme de 58 ans, extravagante et forte en gueule. Second film concentré sur ce personnage, Carmina y Amen en espagnol la voit prendre les choses en main à la mort de son mari et balader sa morgue autant que sa surcharge pondérale avec une décontraction qui fait tout le sel du film.

Le premier volet des aventures de Carmina dans Carmina O Revienta révélait à toute la péninsule ibérique Carmina Barrios, la mère du réalisateur Paco Léon. Devenue une star après cette prestation remarquée dans de nombreux festivals, elle occupe tout l’espace et en fait beaucoup sans forcément en rajouter. Son charisme évident la fait enchainer les cigarettes autant que les saillies bien senties. Plutôt que de s’apitoyer, elle fait front et retarde l’annonce du décès de son mari pour toucher une prime exceptionnelle. Arnaqueuse au grand coeur, elle personnifie la résistance passive des espagnols dans une société où le chômage et la débrouille sont devenus des éléments clés du quotidien. Paco Leon révèle sa propre mère Carmina ainsi que sa soeur Maria Leon dans un film transformé en affaire de famille.

Le ton résolument comique voit des scènes quasi documentaires s’insérer dans une fiction macabre drolatique. C’est une amie qui vient parler du rôle médicinal de la fumet dans sa vie, c’est Carmina qui fait appel à des amis costauds pour imposer sa loi. Tant un pan de la société se révèle dans une peinture acide et caustique du quotidien. Sorte de Dominique Lavanant espagnole vitupérante au grand coeur, cette Carmina plaira aux amateurs de comédie espagnole (ou italienne) où le ton de la voix ne descend jamais sous les 100 décibels. Comédie résolument populaire et burlesque, Carmina touche avant tout par sa visée sociétale bien plus que par son premier degré délibérément picaresque, voire parfois à la limite du grossier. La comédie est familiale et plaira aux fans harcodre de comédie espagnole.

Cette Carmina peut rebuter ou fasciner selon les penchants comiques de chacun. L’actrice fait un vrai festival et montre bien qu’un peu de jugeote n’est pas un luxe pour survivre dans ce monde de barbares.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

 

Carmina
Carmina

Carmina, sévillane, femme extravagante, décide lors de la mort subite de son mari chéri de ne pas déclarer son décès afin d »encaisser ses derniers salaires. Elle convainc sa fille Maria de sa bonne intention. Un succession de péripéties et situations loufoques s’entremêlent alors…

Sortie : le 27 juillet 2016
Durée : 1h33
Réalisateur : Paco Leon
Avec : Carmina Barrios, Maria Leon, Paco Casaus
Genre : Comédie

 

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La couleur de la Victoire célèbre Jesse Owens et critique les Etats-Unis

La couleur de la victoire
La couleur de la victoire, film de Stephen Hopkins, Copyright SquareOne/Universum

La couleur de la Victoire célèbre Jesse Owens et critique les Etats-Unis

La couleur de la victoire revient sur l’odyssée olympique de Jesse Owens. De ses aptitudes physiques exceptionnelles au triomphe olympique à Berlin en 1936 en passant par la peinture de la ségrégation raciale aux Etats-Unis, le biopic insiste sur les difficultés humaines et sociales rencontrées par le prodige américain pour récolter 4 médailles d’Or. Classique et pudique, le film n’oublie pas d’aborder des sujets cruciaux, même aujourd’hui.

James Cleveland Owens, plus connu sous le nom de Jesse Owens, fait partie des icônes du XXe siècle. Alors que l’Allemagne nazie comptait se servir des Jeux Olympiques de 1936 à Berlin à des fins de propagande, l’américain remportait toutes ses épreuves haut la main au nez et à la barbe de ses adversaires allemands. L’épisode fameux du refus d’Hitler de saluer personnellement le vainqueur prête à interprétation encore aujourd’hui. Owens affirme avoir vu Hitler le saluer de la main pour le saluer en retour et une photo de poignée de main existerait. Le film fait au plus court en insistant sur la personnalité anxiogène d’un Goebbels froid comme un charognard et symbolique du régime nazi. L’athlète était clairement au-dessus du lot et si le film insiste sur la stupéfaction des locaux, ce n’est en rien une extravagance. Mais l’important n’est pas là.

Car avant de concourir, Jesse Owens a surtout du batailler face aux instances olympiques nationales et aux comportements clairement ségrégationnistes de ses compatriotes. Entraineurs, athlètes, journalistes, quidams, une frange significative de la population américaine semblait clairement plus nazie que les nazis. Le film n’hésite devant aucun poncif pour décrire le purgatoire quotidien vécu par Owens. Par la grâce d’un entraineur investi interprété par Jason Sudeikis et d’un industriel influent joué par Jeremy Irons, il parvint à représenter son pays à Berlin, mais que ce fut difficile. La phrase d’Owens raisonne encore dans les esprits : Hitler ne m’a pas snobé, c’est Roosevelt qui m’a snobé. Représentant du monde libre, il n’a pas vécu les Jeux comme on peut l’imaginer…

Le jeune Stephen James interprète sobrement Jesse Owens alors qu’un certain John Boyega était pressenti pour le rôle avant de choisir de jouer finalement dans Star Wars VII. Un entraineur spécialisé lui a permis de courir dans le style si particulier d‘Owens. Le film revient sur l’épisode mal connu de l’hésitation des Etats-Unis de participer aux Jeux, décidés au dernier moment par les compromis acceptés par l’Allemagne. Si le film est longtemps dénué d’ampleur, il prend sens au fur et à mesure des vexations ressenties par l’athlète et montrées par le réalisateur. Au delà du style assez académique, La couleur de la victoire fait revivre une époque soigneusement passée sous silence où les USA eux-mêmes ne ménageaient pas les minorités. Au moment où les tensions raciales sont ravivées sous l’effet d’abus policiers et de répliques sanglantes, le film se place dans une sinistre actualité.

Le réalisateur Stephen Hopkins est surtout connu pour les réalisations d’épisodes de House of Lies et Californication. Il a également réalisé le trop méconnu Moi, Peter Sellers avec Geoffrey Rush et Charlize Theron en 2004. Il signe ici un biopic qui ravive des souvenirs autant glorieux que douloureux.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

La couleur de la victoireDans les années 30, Jesse Owens, jeune afro-américain issu du milieu populaire, se prépare à concourir aux Jeux d’été de 1936 à Berlin. Cependant, alors qu’Owens lutte dans sa vie personnelle contre le racisme ambiant, les Etats-Unis ne sont pas encore certains de participer à ces Jeux, organisés en Allemagne nazie. Le débat est vif entre le président du Comité Olympique Jeremiah Mahoney et le grand industriel Avery Brundage. Pourtant, la détermination de Jesse à se lancer dans la compétition est intacte…

Sortie : le 27 juillet 2016
Durée : 1h58
Réalisateur : Stephen Hopkins
Avec :  Stephan James, Jason Sudeikis, Eli Goree, Jeremy Irons
Genre : Drame, Biopic, Historique

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Jean-Michel Jarre : 1er concert de sa grande tournée : Electronica World Tour, à Bayonne

Jean-Michel Jarre aux Arènes de Bayonne
Jean-Michel Jarre : 1er concert de sa grande tournée : Electronica World Tour, à Bayonne

C’était le 13 juillet 2016 : Jean-Michel Jarre était aux Arènes de Bayonne pour son premier concert de sa tournée Electronica World Tour. Fantastique concert !

En première partie, ce fut le musicien Rone qui joua pour nous durant une petite heure. Rone est un musicien français, et joue de la musique électronique, nouvelle génération. Une musique très différente de celle de JM Jarre mais sans doute plus moderne, plus jeune, plus électronique pure.

Rone – Bye Bye Macadam (Official Video) :

Les arènes affichaient complet pour ce concert exceptionnel où Jean-Michel Jarre nous a dévoilé son dernier album qui est sorti le 6 mai dernier : Electronica volume 2 : The Heart of Noise. D’ailleurs pour ce nouvel album, Jean-Michel Jarre a travaillé avec plusieurs artistes dont Rone avec qui il a créé des titres de cet album. Mais aussi :

« Pet Shop Boys, Primal Scream, E.S., Julia Holter, Gary Numan, Jeff Mills, Peaches, Siriusmo, Yello, The Orb, Sébastien Tellier, Hans Zimmer, Cyndi Lauper et Christophe ont été choisis par Jarre pour compléter son projet de double album Electronica. »

Jean-Michel Jarre aux Arènes de Bayonne
Jean-Michel Jarre aux Arènes de Bayonne © B de Loriol

Et Publik’Art a particulièrement apprécié ce moment unique que nous a offert Jean-Michel Jarre. C’était à la fois de la musique, mais aussi des véritables tableaux de lumière. Un son et lumière comme lui seul peut le faire. Chaque titre était unique et coloré. La musique nous a fait vibrer, et même donner la chair de poule. Un grand écran, des rideaux de lumière sur le public, sur la scène, des figures artistiques, bref, du rêve pour tous ! Des vibrations au cœur et au corps !

Jean-Michel Jarre aux Arènes de Bayonne
Jean-Michel Jarre aux Arènes de Bayonne © B de Loriol

Jean-Michel Jarre a su se renouveler et moderniser sa musique. Du neuf, du vibrant, du beau, du grand, du magique. Bien sûr, vers la fin du concert, Jean-Michel Jarre a repris ses vieux tubes, comme Oxygène, Equinoxe, au grand bonheur des vieux fans de l’artiste, très nombreux dans le public !

Un vrai moment de bonheur partagé avec tout le public bayonnais qui était à la hauteur de notre star. Applaudissements, ovations, hurlements, Jean-Michel Jarre a donné beaucoup ce soir-là, dans un cadre exceptionnel, à son public qui l’a ovationné comme il le mérite.

Jean-Michel Jarre aux Arènes de Bayonne © B de Loriol
Jean-Michel Jarre aux Arènes de Bayonne © B de Loriol

De la grande musique et du grand art ! Découvrez la tounrée de Jean-Michel Jarre, avec ses 45 dates à travers le Monde, ICI.

Qu’il est bon de vivre ces moments de bonheur en ces temps si douloureux.

Tournée de Jean-Michel Jarre :
17 octobre 2016 : Strasbourg
24 novembre : Lyon
26 novembre : Dijon
28 novembre : Clermont-Ferrand
29 novembre : Nantes
12 décembre : Paris

#AvignonOff : Poisson et petits pois, une pièce tendre et drôle

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Poisson et petits pois, de Ana-Maria Bamberger mise en scène de Slimane Kacioui et Aliocha Itovitch
Avec : Dorothée Martinet et Marie-Hélène Lentini
Festival Avignon Off, tous les jours à 15h45 au Théâtre de la Luna

Les relations mère-fille ne sont pas toujours si simples. Poisson et petits pois est l’adaptation théâtrale de la pièce « Marthe et Mathilde » de l’auteur roumaine Ana-Maria Bamberger. Marthe, la mère (Marie-Hélène Lentini dont on avait déjà remarqué l’aisance théâtrale dans Coiffure et Confidences de Didier Caron), reste cloîtrée chez elle à longueur de journée, les rideaux fermés. Sa fille lui rend visite quotidiennement pour lui porter ses courses, l’ai pressé et désemparé, le teint blafard et l’allure négligée.  Toujours les mêmes courses : du pain, du beurre, du thé et cette fois-ci… du poisson et des petits pois. De quoi susciter chez sa mère une colère qui ne s’arrêtera pas là.

Dans cette pièce au décor translucide (des meubles de verre et un rideau opaque), mère et fille vont respectivement s’introduire dans la vie de l’autre. Quand la mère se permet de dire que son gendre est un coureur de jupons, la fille lui rétorque qu’elle non plus n’a pas réussi sa vie amoureuse. S’en suit une multitude de règlements de compte entre mère et fille. Mais derrière ces chamailleries se cache une relation fusionnelle. Marie-Hélène Lentini est épatante en mère sarcastique, et Dorothée Martinet pleine d’émotion dans son rôle de fille torturée et psychorigide.

Dans cette pièce, il y a beaucoup de vérités. Sur les difficultés des relations mère-fille, sur l’absence d’un père ou d’un mari, sur la féminité. C’est une pièce tendre, délicate et surtout, une pièce qui fait sourire.

Nahid, un film poignant sur la femme de Ida Panahandeh, à voir en VOD

Nahid, un film de Ida Panahandeh,
Nahid, un film de Ida Panahandeh, Photo © Habib Madjidi

Nahid, un film poignant sur la femme de Ida Panahandeh, à voir en VOD

La réalisatrice Ida Panahandeh pointe un très beau film sur la femme iranienne. Elle s’attaque à un sujet lourd de conséquences : le divorce d’une femme iranienne. Son objectif : dévoiler au monde entier la vie insupportable des femmes dans son pays.

Rien n’est simple pour la femme, en Iran. Si elle divorce, la tradition veut que la garde des enfants aille au père. C’est ainsi.
Nahid est divorcée et elle a réussi à convaincre son ex-mari qu’il était préférable qu’elle garde leur fils de 10 ans. Il a accepté à la condition expresse qu’elle ne se remarie jamais. Si elle voulait se remarier, c’est lui qui prendrait l’enfant.
Bien sûr, Nahid rencontre un homme, Massoud, qui est tombé fou amoureux d’elle. Et à partir de ce jour, sa vie va devenir un enfer. Ils vont se marier mais ce sera un mariage temporaire. Pour ne pas perdre son fils… Ils vont devoir se cacher.
Le film montre bien toute l’ambiguïté du mariage en Iran. Sareh Bayat incarne merveilleusement cette femme forte et en même temps tellement fragilisée par son ex-mari, tellement apeurée et soumise. Mais au fond d’elle, on sent la mère prête à tout pour récupérer son fils. Une femme forte et déterminée. Une mère avant tout, comme toutes les mères, non ?
Les acteurs sont tous remarquables de naturel. Et le film est vraiment poignant.
Nahid a été présenté au Festival de Cannes 2015 et nommé pour la Caméra d’Or. Ida Panahandeh a reçu le Prix spécial du Jury dans la catégorie Un Certain Regard.
Nahid, un très beau film à voir absolument.

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Nahid, un film poignant sur la femme de Ida Panahandeh, à voir en VODNahid, jeune divorcée, vit seule avec son fils de 10 ans dans une petite ville au bord de la mer Caspienne. Selon la tradition iranienne, la garde de l’enfant revient au père mais ce dernier a accepté de la céder à son ex femme à condition qu’elle ne se remarie pas. La rencontre de Nahid avec un nouvel homme qui l’aime passionnément et veut l’épouser va bouleverser sa vie de femme et de mère.

Sortie VOD : Universcine
Durée : 01h44
Réalisateur : Ida Panahandeh
Avec : Sareh Bayat, Pejman Bazeghi, Navid Mohammadzadeh
Genre : Drame

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Contre la bienveillance d’Yves Michaud : halte aux vertus mal placées ! (Stock) 

Contre la bienveillance d’Yves Michaud : halte aux vertus mal placées ! (Stock) 
Yves Michaud

Contre la bienveillance d’Yves Michaud : halte aux vertus mal placées ! (Stock)

Comment ça « contre la bienveillance » ? Yves Michaud tournerait le dos à une vertu moderne de premier plan ? C’est effronté et surtout, c’est calculé… Son titre ne se rapporte qu’à la politique.

C’est dans ce domaine et dans ce domaine seulement que le philosophe s’oppose à l’intrusion de la bienveillance. Parce que les politiciens usent et abusent de cette arme pour séduire les électeurs. Plein de sollicitude et de leçons morales, ces hommes devraient être le cœur vibrant de l’Etat mais ils sont plutôt le fruit de son dysfonctionnement ! On ne base donc pas une politique sur la générosité et l’altruisme. Voilà ce que nous détaille Yves Michaud dans ce livre source de débats.
Certaines de nos vertus appartiennent à la sphère privée, elles sont belles parce que discrètes. Elles ne devraient jamais basculer dans le domaine public, du moins pas de façon aussi ostentatoire et envahissante. Comme les politiques qui tirent trop sur notre corde morale dans leur discours.
L’auteur voudrait un retour à plus de rationalité. Et c’est les pieds sur terre et sans sentimentalisme qu’il se pose et nous pose des questions mille fois ressassées mais jamais résolues. Faut-il accepter les migrants sur notre territoire ? Le FN est-il un monstre ou un parti républicain comme les autres ? L’ingérence internationale est-elle justifiée par le bien-être des populations locales qui souffrent ?… Autant d’interrogations où il nous avertit : la morale ne doit pas être notre guide.

Au fur et à mesure des pages tournées, on découvre les multiples obsessions de l’auteur. L’une d’elles : « l’Etat guichet ». Un Etat où chacun en fonction de ses vulnérabilités et de ses souffrances vient se servir. Un Etat où les droits ne sont plus équilibrés par les devoirs. RSA, indemnisations, revenus minimum, allocations… Les Français n’ont qu’à venir piocher. Un problème qu’il voudrait résoudre par une touche d’autoritarisme.
Selon lui, l’Etat ne peut pas tendre la main à tout le monde en exigeant si peu en retour. Car nous avons tous tendance à être des passagers clandestins. Nous montons sur l’embarcation sans payer. Mais alors qui paie ?
Ce n’est pas un livre divertissant mais le fruit d’une réflexion qui se fait urgente. A contre-courant de l’humanisme qui parcourt les rangs du pays, des idéaux de Nuit Debout et de la gauche altruiste. Mais son argumentaire ne se range dans aucun parti, ne cherchez pas. Et c’est probablement parce qu’il en est détaché, qu’il est intéressant. Lisez-le même que ce soit pour acquiescer ou le contester.

Entorse au bon journalisme, ce n’est que maintenant que l’identité de l’auteur est dévoilée. Philosophe, Chevalier de la Légion d’honneur et Officier des Arts et des Lettres, il a transmis son savoir dans les universités de Montpellier, Berkeley, Edimbourg, Rouen… bref, il a de la bouteille. Et parfois les gorgées de vie sont un peu amères. Récemment, elles l’ont été pour tous.
84 nouveaux morts nous rappellent, si besoin, que notre politique est défaillante. Mais nous le savons déjà : la France pleure trop souvent ces derniers temps. Et notre génération, celle qui doit faire demain, ne pourra qu’empêcher qu’il se défasse. Un avenir pas des plus lumineux.
Combien de morts encore pour que l’on devienne plus fort
Combien d’errances parce que les politiques manigancent
Combien de discours où leurs mots ne tiendront pas un jour

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Contre la bienveillance (ed. Stock) d’Yves Michaud : halte aux vertus mal placées !Le constat est maintenant partout : la puissance du fondamentalisme religieux, la montée des populismes de droite comme de gauche, le discrédit de la classe politique, le rejet de la construction européenne, rendent caducs les schémas anciens. En particulier l’idée que la démocratie, à force de bienveillance, peut tolérer toutes les différences, toutes les croyances.
Oui ! Il y a des croyances insupportables et intolérables. Non ! Le populisme n’est pas une illusion qui se dissipera d’elle-même avec un peu de pédagogie et de bonne volonté. Non ! La politique internationale n’obéit pas aux chartes du droit international.
Il faut dénoncer la tyrannie des bons sentiments, la politique de l’émotion et de la compassion. Non que la bienveillance soit un sentiment indigne, mais nous devons cesser de croire qu’on peut bâtir sur elle une communauté politique.

Date de parution : le 23 mars 2016
Auteur : Yves Michaud
Editeur : Stock
Prix : 18 € (192 pages)
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#AvignonOff : A plates coutures, les ouvrières Lejaby nous racontent…

aplatescouturesA plates coutures, de Carole Thibaut mise en scène de Claudine Van Beneden
Avec : Angéline Bouille, Barbara Galtier, Chantal Péninon, Claudine Van Beneden et Simon Chomel
Festival d’Avignon off, tous les jours à 12h45, Espace Roseau Teinturier

A plates coutures raconte l’histoire des femmes de l’usine Lejaby, renommée pour ses soutiens-gorge, qui avait déposé son bilan en 2012 à la suite d’un plan social, provoquant l’ire des ouvrières. En plein cœur de l’usine, on suit le quotidien de quatre de ces ouvrières en mal d’être licenciées. Certaines ont peur et se replient, d’autres veulent combattre. Ensemble, elles font grève et se révoltent contre le système de rentabilité et les conditions de travail qu’on leur impose. Sur fond de comédie musicale, A plates coutures aborde un sujet d’actualité : les licenciements abusifs, la montée du capitalisme et la dévalorisation des classes ouvrières et salariées. Derrière leur machine à coudre, ces femmes ont aussi une histoire et c’est dans leur intimité qu’elles nous invitent.

Côté mise en scène, nous sommes au cœur de l’usine Lejaby : tables en métal de tapissières, néons apparents et tréteaux de bois. Il ne manque que les machines à coudre pour parfaire ce décor. Mouvements à la chaîne : on assiste à une chorégraphie de couturières parfaitement calibrée.

aplatescoutures-2C’est une pièce douloureuse et pleine d’espoir à la fois, criante de vérité. De temps à autre, les femmes quittent leur poste de travail pour venir se confesser face caméra. Sur grand écran, leur vrai visage se dévoile. Elles confient leurs doutes, leurs envies, leurs besoins. Ce sont des ouvrières, mais ce sont aussi des femmes, des travailleuses, des mères. Les personnages sont sans fard : on entre dans leur intimité comme dans un documentaire. Le public est, comme le précise l’auteur, «  au cœur de leurs récits, de leurs mots, au cœur de cette vie que beaucoup qualifient de (…) petites vies ».

Malgré quelques longueurs, A plates coutures est une pièce émouvante qui fait réfléchir sur des sujets brûlants.

#AvignonOff : Voyage surprenant dans les mémoires d’un fou

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Voyage dans les mémoires d’un fou, seul en scène de et avec Lionel Cecilio
Festival d’Avignon Off, tous les jours à 17h au Théâtre Pixel à Avignon

Stanislas Claude avait déjà beaucoup aimé Voyage dans les mémoires d’un fou au Théâtre Les Déchargeurs à Paris. La pièce revient pour le festival d’Avignon Off, jusqu’au 30 juillet.

« Enfant, j’avais mal à l’être. Jeune homme mal au coeur et à présent adulte, j’ai mal au corps ». Ce jeune adulte dont il est question est atteint d’une maladie incurable. Il va mourir, mais finalement c’est peut-être la plus belle chose qui puisse lui arriver. Frappé par les Mémoires d’un fou de Gustave Flaubert, Lionel Cecilio s’est inspiré du grand écrivain pour écrire son voyage dans les mémoires d’un fou. Il précise que le spectacle reste assez éloigné du roman. Ce voyage, c’est celui d’une vie : à l’article de la mort, le personnage écrit à un lecteur imaginaire pour le faire dépositaire de ses mémoires. Eclairé à la bougie, il écrit à la plume des souvenirs qu’il partage avec son public.

Vous voyez quand vous refusez de vous laisser vivre, vous repoussez un peu l’heure de la mort

C’est un seul en scène impressionnant : Lionel Cecilio campe une multitude de personnage avec une aisance exemplaire. Du médecin fataliste à l’enfant naïf ou à la femme de ménage portugaise, le comédien sait tout faire, et c’est bluffant. Quant au texte, il est tantôt incisif, parfois drôle et surtout puissant. La mise en scène apporte au spectacle une dimension intemporelle : visuelle et sonore, elle transporte le spectateur dans ce voyage fou. C’est « une dimension parallèle comme un rêve, dont on ne prend conscience que lorsque l’on en sort en se réveillant » précise l’auteur et metteur en scène. Un voyage à travers la vie, un voyage vers la mort et l’espoir de ne plus souffrir.

Voyage dans les mémoires d’un fou est un spectacle intelligent, émouvant, drôle et poétique à la fois. Une vraie performance d’acteur comme on n’a pas l’habitude d’en voir.

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