Vous n’aurez pas ma haine, un livre universel à mettre entre toutes les mains (Fayard)
Antoine Leiris a eu dans sa vie : un avant et un après. Avant le 13 novembre 2015. Après l’attentat du Bataclan où il a perdu sa femme, Hélène, mère de son fils, Melvil, alors âgé de 17 mois.
Antoine Leiris n’avait jamais écrit de livre. Mais il sait écrire puisqu’il est journaliste. Et son livre, Vous n’aurez pas ma haine, se présente comme un journal de bord. Il commence le 13 novembre, 22h37 et se termine le 25 novembre, 7h45.
Juste quelques jours, juste quelques pages. Mais ce que nous confie Antoine Leiris nous marquera à jamais. Aucun pathos, aucun détail choquant. Pas de voyeurisme. Antoine nous livre ses pensées depuis que sa vie a basculé. Son combat de chaque jour, de chaque heure.
Il doit faire face au quotidien, et continuer à vivre, lui qui a été amputé de sa moitié. Il doit s’occuper de son fils, Melvil, qui a besoin de soins quasi en permanence. Pas droit au désespoir. Le biberon, les changes, la crèche, les promenades, le bain, le diner, le rituel du coucher, tout ça sans maman… Faut tenir, encore et encore…
Ce livre est un cri d’amour. Un cri d’amour étouffé, étouffé par la douleur. Etouffé pour ne pas effrayer Melvil, trop petit pour entendre cette souffrance. Mais un énorme cri d’amour que nous entendons tous résonner au loin.
Rien n’est dit sur les assassins de sa femme. Ils n’ont pas droit à la parole. Ils n’auront aucune place dans ce livre, de même qu’ils n’auront jamais sa haine. Ce serait leur donner de l’importance. Or, ils n’en n’ont pas. Ils sont anonymes, et ne pas leur donner de nom les réduisent au néant. Car ils ne sont rien.
« La mort attendait sa mère ce soir-là, eux n’étaient que des ambassadeurs ». p.40
« Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. » p.63
Antoine Leiris écrit un livre à valeur universelle. Sur la haine, la colère, la mort, le chagrin mais surtout sur l’Amour et sa force. Hélène, son amour, restera à jamais dans son cœur et dans celui de leur fils et son amour sera éternel. Un livre magnifique, d’une humanité bouleversante. Comme un hommage à toutes les nombreuses victimes du terrorisme dans le Monde entier.
Un livre que nous n’oublierons pas.
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume. À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer. C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre. Un témoignage bouleversant.
Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. Vous n’aurez pas ma haine est son premier livre.
Date de parution : le 30 mars 2016 Auteur : Antoine Leiris Editeur : Fayard Prix : 12,90 € (144 pages) Achetersur : Amazon
L’Arche de Noé racontée par Van Cleef & Arpels, Paris, 2016 Clips lapins photo DR
L’Arche de Noé racontée par Van Cleef & Arpels et Bob Wilson : un coup de maître
Pour présenter sa nouvelle collection de Haute Joaillerie, la Maison a confié la scénographie au grand Bob Wilson, dont on connait les mises en scène d’opéra et de théâtre qui associent lumière, espace, aplat de couleur infini et ambiance sonore, le tout dans une épure et inspiration totales.
Il est à noter que Bob Wilson sera au Théâtre du Châtelet avec le Berliner Ensemble dans le cadre de la programmation du Théâtre de la Ville pour « Faust I & II » du 23 au 29 septembre 2016 et « L’Opéra des quat’sous », donné au Théâtre des Champs-Elysées du 25 au 31 octobre. Il retrouvera également Mikhail Baryshnikovdans « Letter to a Man » du 15 décembre au 21 janvier 2017, présenté à l’Espace Cardin.
Composition parfaite que cet espace temps proposé par Bob Wilson pour évoquer la mer et son mystère qui à l’abri d’un cube bleuté et sensoriel, zébré de points translucides, nous entraine dans les mystères de la création et son voyage sensible.
Sur fond d’un ciel obscurci et d’éclairs tonitruants qui précèdent l’orage, le départ de l’Arche s’opère sous les éléments déchaînés puis retour à l’accalmie où la musique introspective nous invite à la découverte d’un paradis retrouvé.
Ecrin magique donc offert à des pièces de joaillerie exceptionnelles évocatrices de la faune animale et de ses richesses.
Où l’emprise intemporelle et épurée de la mise en scène empreinte de l’expérience sensitive et théâtrale de Bob Wilson imprime entre terre et ciel, une odyssée incomparable. Une pure merveille à découvrir absolument.
Fin de la parenthèse, une bande dessinée voluptueuse et ensorcelante de Joann Sfar (Rue de Sèvres)
Avec cet album, Joann Sfar met définitivement à mal la barrière symbolique qui sépare la peinture de la bande dessinée, en proposant un prolongement de l’œuvre de Salvador Dali sous la forme d’une réflexion sur les affres de la création artistique.
Seabearstien, peintre maudit, n’en peut plus de cette vague d’obscurantisme religieux qui s’étend sur la France. Déterminé à prouver que l’art peut lutter contre toute forme d’oppression intellectuelle, Seabearstien décide de mettre en place une expérience artistique hors du commun. Il convoque ainsi quatre modèles de haute couture pour s’enfermer nues avec lui dans un château perdu quelque part dans Paris. En recréant plusieurs des tableaux du maître du surréalisme, il espère pouvoir faire renaître son esprit…
Dés la préface de l’album, Joann Sfar en annonce la couleur : « Le livre dessiné que vous tenez en mains n’est que la transcription d’une expérience réelle, vécue à Paris l’an dernier par quatre modèles et un dessinateur.» Au-delà de la simple retranscription d’une expérience (dont on se moque bien de savoir si elle s’est véritablement déroulée, tant son caractère fantasmagorique l’emporte sur tout le reste), l’album devient une sorte de point central, un terrain de jeux que se partagent Dali et Sfar. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette rencontre s’avère des plus fructueuses : les deux univers, malgré leurs différences formelles respectives, finissent par s’imbriquer naturellement, au point que l’on finit par avoir l’impression de trouver du Sfar chez Dali.
Joann Sfar, Espace Dali
En dépit de son sujet qui semble être situé hors du temps (les cinq personnages vivent reclus dans un château coupé du monde extérieur), le nouvel album de Joann Sfar est en réalité parfaitement ancré dans son époque. À l’origine de son concept se trouve en effet une interrogation qui fait tristement écho aux tragiques évènements actuels : l’art a-t-il encore la force de lutter contre l’obscurantisme religieux ? La complexité de ce thème est abordée à travers le prisme de plusieurs personnages qui se confient chacun leur tour et voient dans l’art un moyen de faire reculer la barbarie. Le mot « Daech » n’est jamais prononcé par les personnages, Joann Sfar préférant écrire par non-dits afin de laisser le lecteur maître de son propre jugement.
Dans cet album qui met la féminité au cœur de son esthétique, les formes semblent fragiles, tout en courbes et en postures lascives. À mesure que l’album se déroule, les cases s’agrandissent de plus en plus, comme pour se libérer de la contrainte du gaufrier classique et laisser plus de place à ces corps de femmes qui s’étendent. Ces corps au désir à fleur de peau font pourtant rimer érotisme et morbidité, comme les deux faces d’une même fesse, croquée avec malice par Joann Sfar (« Tu crois qu’il va réussir à faire bosser quatre filles à poil en vase clos pendant quatre jours et quatre nuits sans retirer ses vêtements ? » p. 37). Le repli de ces personnages sur eux-mêmes finit par avoir des accents de fin du monde, comme si l’érotisme devenait un refuge contre la menace qui gronde. Dans sa manière de mêler érotisme et mise en scène suffocante, l’album de Sfar peut être rapproché de The Dreamers de Bernardo Bertolucci, qui fait lui aussi de la sexualité un objet politique.
Album surréaliste et envoutant, Fin de la parenthèse agit comme un sortilège qui donne envie de se replonger dans les œuvres du grand maître Dali. Comme pour mieux souder les liens entre la peinture et le neuvième art, la parution de l’album sera accompagnée d’une exposition à l’Espace Dalí, dans le 18e arrondissement de Paris du 9 septembre 2016 au 31 mars 2017, intitulée « Une seconde avant l’éveil », dans laquelle les dessins originaux de l’album seront exposés.
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Seabearstein met fin à son exil d’artiste maudit pour participer à une expérience artistique hors normes. L’art étant à ses yeux la seule issue possible pour une société en prise avec un obscurantisme croissant, le peintre est chargé de réveiller le seul prophète non-religieux possible, qui n’est autre que Salvador Dali, maintenu cryogénisé à Paris. Il devra pour cela invoquer son esprit grâce aux mises en scènes de quatre modèles de haute couture qui recomposent des tableaux de Dali. Coupés de toute communication avec le monde extérieur, ils embarquent pour un trip mystique et philosophique totalement inédit.
Sauront-ils faire renaître l’esprit du peintre surréaliste ? Et s’ils y parviennent, que pourront la culture, la connaissance et l’amour dans un monde chahuté ? Questions d’autant plus fondamentales que notre héros sera, à l’issue de cette parenthèse, confronté à une réalité violente.
Date de parution : le 14 septembre 2016 Scénariste(s) : Joann Sfar Dessinateur(s) : Joann Sfar Editeur : Rue de Sèvres Prix : 20 € (112 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Vidéo : ils font du surf canapé et d’autres choses complètement folles
Accrochez vous, ces gars là sont totalement cramés jusqu’à la moelle ! Ils surfent des grosses vagues avec à peu près tout et n’importe quoi : des bouées, des skis, un surf pour deux, deux surfs pour un et même…. un surf canapé (qui n’est autre qu’un canapé gonflable). Vous vous demandez sûrement comment c’est possible. Eux ne se sont visiblement pas posés la question.
Montez le son, attitude rock de circonstance pour se mettre en condition avant de regarder cette vidéo complètement folle !
Max Perkins, un éditeur de génie, de nouveau d’actualité (Michel Lafon)
A .Scott Berg a écrit et publié cette biographie fabuleuse de Max Perkins en 1978. Son livre vient d’être publié aux Editions Michel Lafon, et traduit en français, en même temps que sortait sur nos écrans, Genius, le film de Michael Grandage.
Max Perkins, un éditeur de génie, va être LE livre de cet été. A. Scott Berg nous fait voyager à travers l’Amérique des années 1920 à 1940. De très belles années mais aussi la très grave dépression de 1929. L’auteur nous dévoile la vie professionnelle d’un éditeur, un des plus grands de son époque : Max Perkins. Il est devenu éditeur chez Scribner, un peu par hasard. Mais ce fut un grand génie qui travaillait dans l’ombre…
A.Scott Berg nous dévoile un grand pan de sa vie professionnelle mais également celui de sa vie privée. Bien sûr, ses auteurs vont devenir ses meilleurs amis. Si Max Perkins a découvert de nombreux auteurs, il en a fait des écrivains connus du monde entier, tels que Francis Scott Fitzgerald et sa femme Zelda, Ernest Hemingway et Thomas Wolfe. Rien ne fut facile, ni pour lui, ni pour eux, ni pour leurs amours.
Max Perkins, coach sportif
A la manière d’un coach sportif, Max Perkins était sans cesse sur eux, avec eux. Il ne fallait pas relâcher la pression, tout en leur donnant envie d’écrire. Il fallait apporter de très nombreuses corrections, pour Wolfe, de très nombreuses coupures et ce fut un travail de longue haleine, parfois, jusqu’à deux ans de corrections, avant d’arriver à imprimer le livre. Et encore, si les critiques étaient dithyrambiques, le succès commercial l’était toujours moins.
Problèmes financiers, problèmes de concentration, problèmes de dépression et d’alcool, problèmes personnels, Max Perkins était au courant de toutes les souffrances de ses écrivains et de leurs addictions. Et à cela s’ajoutait ses propres problèmes personnels. Néanmoins, il était là pour leur assurer son soutien, aussi bien financier que littéraire ou tout simplement humain. Il a en quelque sorte sacrifié sa vie de famille, et ses cinq filles qu’il adorait pour se consacrer à son métier.
« Tom avait de plus en plus besoin d’impliquer Maxwell Perkins dans sa vie et dans son travail. Les deux hommes ne pouvaient plus se séparer, et ils ne le souhaitaient pas. Wolfe devenait chaque jour davantage le fils que Perkins n’avait pas eu. » p.221
Le livre de Scott Berg est fabuleux dans les nombreux détails qu’ils nous révèlent. Si le livre est long et dense, plus de 600 pages, jamais l’on ne s’ennuie. A travers lui on découvre la réalité de vivre au quotidien, surtout chez le génial éditeur qu’a été Max Perkins mais aussi chez les auteurs. La folie n’est jamais très loin des génies.
Une nouvelle édition à découvrir avec passion !
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Les talents qu’il a découverts en tant qu’éditeur sont admirés mondialement : Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway qui lui a dédié son chef-d’œuvre, Le Vieil Homme et la Mer, ou encore Thomas Wolfe. Maxwell Perkins (1884-1947) fut à la fois, pour ses auteurs, leur premier critique, le manager de leurs carrières, leur soutien financier, leur psychanalyste et leur ami. Mais cet homme n’en restait pas moins, jusqu’ici, un mystère. Max Perkins, un éditeur de génie est la toute première biographie à explorer la vie professionnelle et privée du plus grand éditeur américain. A. Scott Berg nous entraîne dans les coulisses de la création littéraire et des relations intimes entre Perkins et les plus éminents auteurs, lumières littéraires du xxe siècle. Mais on découvre aussi sa vie privée, son mariage orageux, ses excentricités si attachantes, sa liaison secrète avec une mondaine qui fut sa confidente pendant vingt-cinq ans, au fil d’une passionnante correspondance… Une plongée inédite dans l’âge d’or de l’édition.
Date de parution : juillet 2016 Auteur : A .Scott Berg Editeur : Michel Lafon Prix : 21,95 € (574 pages) Achetersur : Amazon
Eye in the sky Alan Rickman copyright Bleecker street
Eye in the sky ou l’impossible dilemme de la guerre moderne
C’est un sujet brûlant et difficile à manier que Gavin Hood (X—Men Origins : Wolverine, La Stratégie Ender) porte sur nos petits écrans dans son nouveau film, Eye in the sky. Aujourd’hui, nos guerres se mènent à distance. Déshumanisées, elles posent de multiples questions morales et stratégiques que le réalisateur met habilement en images.
En sélection officielle au Festival du film américain de Deauville, il n’y a que là-bas que les plus chanceux pourront voir le film sur grand écran. Pour les autres, sa sortie e-cinéma (sur toutes vos plates-formes VOD) est prévue pour le 9 septembre.
Un scénario élaboré assez réaliste
Une opération militaire top secrète est conduite par l’Angleterre pour capturer des terroristes réfugiés à Nairobi (Somalie). Mais leur filature est source d’une découverte qui change tout : ils préparent un attentat suicide. Le risque est imminent, il faut les empêcher de tuer… En les frappant les premiers. Dans le ciel de Nairobi, trop loin pour les yeux de ses habitants, un drone de combat attend les ordres du colonel Katherine Powell, aux commandes de la mission. L’autorisation de frappe est donnée lorsqu’une petite fille entre dans la zone de tir… Que faire ? La mort d’une enfant est-elle un dommage collatéral acceptable ?
Pendant 1h42, tous les partis impliqués dans cette opération (et il y en a une valise) vont tergiverser ou camper sur des positions contradictoires. Reculant une prise de décision de plus en plus pressante. Le colonel K. Powell veut neutraliser les kamikazes au plus vite. Son supérieur, le lieutenant général Frank Benson, la soutient mais doit convaincre des politiciens indécis. Dans une cabine sombre du Nevada, Steve Watts pilote le drone qui doit lancer le missile décisif. Mais sur son écran de contrôle, la présence de cette petite fille qui risque de mourir retient son geste…
Eye int he sky copyright UGC
Impossible dilemme
L’attente s’étire au cœur de l’urgence. Grâce à une dynamique de film bien maitrisée, le suspens nous prend et nous garde jusqu’au bout. « Il faudrait se presser ! » a-t-on envie de leur crier ! Une décision vite. Mais elle ne vient pas…La force d’Eye in the Sky, c’est son dilemme. Stopper un attentat suicide ou tuer une innocente ? Il n’y a pas de bonne réponse.
Au cœur de ce processus de décision à retardement, Gavin Hood a glissé plusieurs critiques. Par combien d’hommes aux opinions divergentes faut-il passer pour mener à bien cette mission ? Trop. Avocat de la Couronne, ministre des Affaires étrangères, secrétaire d’Etat américain, même le Premier ministre est évoqué… C’est un défilé de politiciens. La décision finale leur appartient. Mais s’ils travaillent pour le bien de leur pays, ils ont une conscience aigüe du jugement que leur peuple aura de leurs actions. La guerre des armes ne doit pas faire oublier la guerre de propagande.
Quel camp rejoindre ? Tout l’art de Gavin Hood est de nous perdre et de retourner sa veste. Un instant dans la peau d’un militaire et celui d’après dans celle d’un politicien, il adopte les intérêts et les points de vue de chacun. Un militaire doit sauver le plus de vies possible oui mais un politicien lui, doit sauver son pays d’une mauvaise presse et d’une propagande néfaste. Alors qui a raison ? Impossible dilemme.
Eye in the sky copyright UGC
Casting étoilé
Pour donner vie à cette situation complexe, Gavin Hood a réuni un casting excellent. En colonel inflexible, Helen Mirren délivre une belle performance qui confirme son talent déjà récompensé par un Oscar en 2007 (The Queen). Et que dire de feu Alan Rickman qui s’approprie et transcende son rôle de général en chef. Eye in the sky marque son ultime apparition au cinéma. Mort en janvier 2016, ce grand comédien manquera au 7ème art pour son charisme, son hypnotisme même et sa singularité. On ne peut pas tous les citer. Un dernier : Aaron Paul (Breaking Bad), émouvant en pilote de drone écartelé.
Parti pris ?
Etonnamment, cette guerre est parsemée de situations comiques. L’humour ici se fait surtout sur le dos des politiciens. Un ministre transpirant, un autre qui à la diarrhée et un secrétaire d’Etat qui décide d’une attaque aérienne entre deux balles de ping-pong. Le sérieux des politiques est sérieusement mis en doute ! Ce sont des hommes comme nous, nous souffle le réalisateur, des hommes qui n’aiment pas décider et qui sont atteints de maux communs. Cette petite note comique est la bienvenue pour faire baisser la tension.
Mais Gavin Hood a-t-il une dent contre les politiciens ? Car malgré une tentative d’impartialité, il prend parti. Les militaires sont mieux traités, mieux considérés dans ce film. Il influence subtilement notre jugement. Ou peut-être adopte-il l’opinion dominante.
Il n’y a qu’une solution pour se faire un avis : aller voir le film.
Le colonel Katherine Powell (Helen Mirren), officier du service d’espionnage, est placé aux commandes d’une opération top-secrète impliquant plusieurs nations. Un groupe de terroristes réfugié à Nairobi doit être capturé ; les services secrets découvrent que le groupe prépare une attaque suicide. Le risque est imminent, il faut agir très vite pour stopper les terroristes coûte que coûte. Dans une base du Nevada, Steve Watts (Aaron Paul), pilote de drones, est prêt à intervenir pour éliminer la menace. Une petite fille entre dans la zone de tir… Entre dommages collatéraux et pressions politiques, sauront-ils prendre la bonne décision ?
Sortie : le 9 septembre 2016 en e-cinema Durée : 1h42 Réalisateur : Gavin Hood Avec : Helen Mirren, Alan Rickman, Aaron Paul Genre : Thriller
Wax Tailor et Ghostface Killah dans « Worldwide », le clip en stop motion
Après I Had A Woman, Wax Tailor revient dans un nouveau clip extrait de son cinquième album prévu dans les bacs le 14 octobre prochain. Dans Worlwide, ce n’est autre que l’immense Ghostface Killah (du Wu Tang Clan) qui vient poser en featuring pour un clip qui fleure bon la conquête du monde ou la rencontre de deux artistes au-delà de l’océan qui les sépare.
Un clip en papier
Le clip réalisé par Mathieu Le Proux en stop-motion, a demandé 2 mois de travail. Et pour cause, un seul matériau compose la scène : c’est le papier qui a été choisi pour mettre en relief ce clip bien trouvé.
Couverture de Sword Art Online light novel volume 1 (Ofelbe)
Sword Art Online : reflet fantasy d’une génération ?
Oeuvre transmédia incontournable dans le paysage pop-culturel depuis ces dernières années, Sword Art Online cristallise à lui seul l’essence même du genre littéraire du light novel et s’en est fait le porte-drapeau au-delà des frontières nippones. Alors que la saison 3 de l’anime est fébrilement attendue, qu’un film intitulé Ordinal Scale est prévu pour 2017 que son éditeur français Ofelbe a annoncé l’arrivée du premier tome de l’arc “Alicization” également pour le début de la même année, il est temps de revenir sur le succès de la franchise… dont les clés de la réussite ne sont pas si évidentes qu’elles n’en ont l’air.
S’il y avait un seul et unique light novel dont il faudrait recommander la lecture, tous publics confondus, ce serait celui-ci. Pour de bien multiples raisons qui vont au-delà de sa popularité flagrante. C’est le light novel de tous les records mais aussi de tous les paradoxes : lancé en 2009 par son éditeur japonais Kadokawa, Sword Art Online a réussi le pari d’inonder littéralement le marché littéraire et audiovisuel international. Décliné en anime, manga, jeux vidéos, film, goodies, il s’agit d’un succès qui ne doit rien au hasard tant celui-ci a été étudié et orchestré par son éditeur et tant le fond même du light novel était novateur lors de sa parution. Il surfait – et surfe toujours mais d’une façon nettement moindre – sur la popularité que connaît les jeux massivement multijoueurs en ligne, les MMORPG, aussi bien auprès d’un public jeune que plus âgé.
Un light novel ne s’aventure pas sur les voies de la transmédialité par hasard : les ventes doivent être au rendez-vous, et l’anime lancé ne peut connaître de suite si ces dernières ne sont toujours pas au rendez-vous par la suite.
Chronique d’une déception…
Succès paradoxal également car il suffit de jeter un oeil à la blogosphère occidentale, de lire quelques critiques ça et là pour comprendre que Sword Art Online a fait l’objet de nombreuses déceptions. Des pistes non explorées, un univers envoûtant mais pas assez exploité, des personnages secondaires lisses et parfois sans saveurs, des “japoniaiseries” qui n’ont pas plu auprès de l’audimat, des projections fantasmées de l’auteur bien évidentes et parfois farfelues, des facilités scénaristiques usées jusqu’à la moelle, un monde bien trop civilisé alors que le synopsis de base s’annonce cauchemardesque… Sword Art Online semble avoir fauté sur bien des tableaux, sans que jamais son succès ne soit réellement décrié.
Sur le papier, le pitch de base est pourtant audacieux et prometteur : dans un futur proche, en 2022, il est dorénavant possible, grâce au NerveGear, un casque de réalité virtuelle qui stimule les cinq sens, de se connecter et de s’immerger littéralement dans les MMORPG, en contrôlant son avatar virtuel avec son esprit : ce sont les VRRMORPG.
On suit tout particulièrement les aventures de Kirito, Kazuto Kirigaya de son vrai nom, qui fait parti des beta-testeurs du nouveau VRROMRPG Sword Art Online. Celui-ci prend place dans l’immense donjon volant Aincrad… Jusque-là, le rêve idyllique de tout joueur de MMORPG se dessine au fur et à mesure des premières pages du light novel. Mais le tout prend une dimension cauchemardesque lorsque les 10 000 joueurs se retrouvent piégés dans l’Aincrad par le créateur du jeu : nul ne peut en sortir tant que le jeu n’est pas terminé et toute mort virtuelle équivaut à sa mort dans le monde réel…
Un tel synopsis ne pouvait laisser présager autant de déceptions tant il offrait un champ de possibilités littéraires et scénaristiques importants. Pourtant, Sword Art Online a beaucoup déçu, restant dans une sorte de bulle civilisée où “chacun est beau et gentil”, à l’exception des “méchants” qui n’ont rien pour attirer l’empathie et qui restent cantonnés dans leur vilénie sans nuances.
Mais alors, pourquoi lire (et regarder) Sword Art Online si tant de défauts jalonnent la saga ?
Il est tout d’abord nécessaire de tempérer les critiques et de ne pas se focaliser seulement sur le négatif, les détracteurs de la franchise s’étant déjà suffisamment épanché sur la question. Sword Art Online a de nombreuses ressources et qualités à offrir autre que ses défauts souvent pardonnables (qui répondent notamment à certaines valeurs de bienséance issues de la culture japonaise et à la volonté de ne pas choquer le jeune public). Ses principaux intérêts qui font sa force auprès du public sont incontestablement le couple assez mature de Kirito et Asuna et les différents VRROMRPG mis à l’honneur dans les différents arcs de la saga.
Et bien au-delà de son ton épique, de ses univers mirifiques aux cultures différentes et de ses aventures corsées, la saga littéraire a pour mérite de mettre en exergue, à travers les différents arcs narratifs et la palette de personnages secondaires, un sentiment partagé par de nombreux adolescents et jeunes adultes auquel il est aisé de s’identifier : le confort ressenti lorsque l’on se retrouve plongé dans les mondes virtuels.
Ces mondes virtuels qui sont bien plus faciles à s’approprier que le monde réel, toujours en pleine mutation, plein de paradoxes, violent et dans lequel il est bien plus difficile de trouver sa place. La violence rencontrée dans ces MMORPG est plus facile à appréhender puisque contrôlable et attendue par ces jeunes (à l’exception du premier arc Aincrad qui n’hésite pas à appuyer sur les mauvais aspects quant à l’immersion totale dans un jeu virtuel)…
En somme, la raison d’être de Sword Art Online surfe tout entier sur ce décalage entre monde réel et monde virtuel, dans lequel les jeunes qui s’y aventurent semblent y être bien plus à l’aise et parviennent surtout à devenir adultes. Un joli paradoxe qu’il est nécessaire de souligner et de saluer et que l’auteur Reki Kawahara met un point d’honneur à retranscrire.
Comme l’on se plonge dans la lecture d’un livre pour échapper à la réalité, apprendre, rêver et grandir, les personnages de Sword Art Online voguent de monde en monde pour les mêmes raisons. Kirito, solitaire dans la vraie vie et quelque peu passif face à son existence, se retrouve tout d’un coup, dans les différents arcs narratifs de la franchise, maître de sa vie et dévoile toutes ses qualités.
On découvre un personnage solitaire mais solidaire, toujours prêt à aider son prochain et ne faisant jamais passer son bonheur avant le sien. D’autres personnages qui l’accompagnent ont aussi l’occasion de se dévoiler dans les mondes virtuels : par exemple Lisbeth se découvre une passion pour la forgerie, Yuki dévoilera toute sa force physique et mentale face à la vie par le biais du jeu, Asuna prend confiance en elle-même et n’hésitera pas à appliquer au fur et à mesure l’aisance qu’elle ressent dans les mondes virtuels dans le monde réel, ce qui lui permet de réellement avancer et se construire comme une adulte responsable…
Ainsi, les VRROMRPG sont des prétextes pour les personnages afin de se découvrir, de s’assumer et de se transcender une fois de retour dans la “vraie vie” : la vie en communauté dans les jeux virtuels leur permet de mieux appréhender le monde réel. Ces sentiments ressentis par les personnages de Sword Art Online font alors écho à son lectorat, d’autant plus que sous la plume de Reki Kawahara, il est amené à voyager à travers les différents univers et à ressentir les émotions vécues par la farandole des personnages de la franchise.
Somme toute : une très belle saga à recommander, autant pour voyager et faire travailler son imaginaire que pour les valeurs positives sur l’amitié et sur la confiance en soi qu’elle véhicule. Un beau light novel très shônen en passe de devenir culte pour une génération, afin de rêver, s’évader et grandir…
En France, Sword Art Online est disponible aux éditions Ofelbe en double-tome au prix de 19,90 €. 4 tomes ont été publiés à ce jour.
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Un « game over » entraînera une mort réelle. Kirito a accepté cette certitude depuis qu’il a décidé de combattre en « solo » à l’intérieur de l’Aincrad, cette gigantesque forteresse volante qui sert d’univers au plus redoutable jeu en ligne connu sous le nom de Sword Art Online. Comme lui, des milliers de joueurs connectés, pris au piège dans ce monde virtuel où le moindre faux pas peut être fatal, luttent pour regagner leur liberté. Kirito veut conquérir seul les cent étages qui le mèneront au combat final, mais c’est sans compter sur l’obstination d’Asuna une habile épéiste avec qui il va devoir s’allier. Démarre alors une course effrénée pour survivre dans un monde où l’art de l’épée fait loi.
Date de parution : 2015 Auteur : Reki KAWAHARA Editeur : Ofelbe Prix : 19,90 € (512 pages) Achetersur : Amazon
Nocturama, film de Bertrand Bonello, Copyright Wild Bunch Distribution
Un Nocturama paradoxal et lumineux
La date de sortie de Nocturama est tellement proche des évènements tragiques récents qu’il sera difficile d’échapper à la polémique, voire au piloris. Mais pourtant, loin d’exploiter gratuitement et complaisamment la menace islamiste actuelle et ses inévitables répercussions sociales, le film invoque plutôt l’anarchisme du XIXe siècle et des douloureuses années 70. Cette réaction brutale d’une jeunesse acculée à la violence pour se faire entendre et faire bouger les choses.
Un magnifique brulot contestataire
Les douleurs du 13 novembre et du 14 juillet sont encore tellement à vif qu’il est délicat de les ignorer. Mais faisons cet effort et considérons ce film pour ce qu’il est, un magnifique brulot contestataire qui pose la question de la portée et des limites de telles actions impétueuses. Parfois maladroitement mais souvent intelligemment, avec talent et subtilité.
Bertrand Bonello eut l’idée de Nocturama en amont des évènements qui endeuillèrent la France récemment et pèsent encore sur les esprits. Il n’imaginait certainement pas l’impact d’images d’explosions en plein Paris à une époque où un tel scénario pouvait simplement interpeller plutôt que choquer. Il met en scène 10 jeunes individus déterminés à faire du bruit pour faire bouger les choses. Le film débute sur l’acheminement minutieux et millimétré du groupe éparpillé vers des lieux stratégiques.
Anonymat complet, absence quasi totale de contacts hormis cet inévitable contact entre le jeune homme et sa dulcinée à la faveur d’un transport en métro enténébré. Le plan d’action semble avoir été préparé de longue date, interrogeant sur l’origine de leurs liens. Le réalisateur distille quelques indices en évoquant cursivement quelques indices. Entre étudiants à sciences po et banlieusards, le mélange est détonnant mais harmonieux.
La volonté commune dépasse les intérêts particuliers, soudant le groupe par delà les différences sociales. Et justement, la grande faucheuse apparait bientôt. Plusieurs membres se retrouvent piégés sur les lieux des déflagrations. 2 explosions visent des symboles du capitalisme, une prend pour cible la statue de Jeanne d’Arc à proximité du Louvre et un meurtre crapuleux finit de tacher cette vaine tentative d’insurrection.
Frapper fort
Mêmes elliptiques, les flashbacks de l’origine de cette action éclairent sur les caractères. C’est un grand groupe bancaire qui licencie impunément 50 000 collaborateurs, c’est cette année de chômage impossible à résorber, c’est l’enseignement de la pensée révolutionnaire intimement liée aux milieux de gauche. L’esprit des 3 glorieuses de 1830 est évoqué, plaçant ces explosions dans une longue lignée historique. Ce sont ces tentatives d’assassinats contre les empereurs ou les présidents, toutes ces actions coup de poing qui ont laissé une marque dans l’histoire. Sans affiliation idéologique clairement marquée, la généalogie se veut pourtant limpide. A une époque où l’action révolutionnaire est depuis longtemps réduite à néant, le groupe des 10 veut secouer le cocotier. Et frapper fort.
Le but avoué n’est pas de frapper des innocents au hasard ou de châtier la population. Si le sang coule, le meurtre doit être justifié. Et la question se pose, comment justifier le meurtre ? Des décennies de révolutionnaires ont montré que l’intérêt collectif semble être une justification suffisante, à laisser à la libre appréciation de chacun. Le plan de repli est aussi savamment organisé que celui des actions. Et comble de l’ironie, c’est un grand magasin symbole de la société de consommation qui accueille les 8 fugitifs survivants.
Bertrand Bonello n’hésite jamais à densifier le propos par un recours récurrent et assez puissant aux symboles. Il fait se poser les bonnes questions pour méditer sur le film. Ce sont ce chat et ce lézard aperçus au détour de scènes, évocations d’une nature imperturbable et éloignée des préoccupations humaines. Ce sont ces musiques rap et techno si actuelles qui en disent plus long que de longs discours sur la psyché des héros. Les rythmes répétitifs et saccadés parlent avant tout au corps plus qu’à l’esprit, répondant au besoin d’exultation plus qu’à la conscience. Les morceaux les moins abrutissants sont ceux qui apportent le plus d’émotion et de sens.
C’est l’urgence du Call Me de Blondie pour préfigurer l’inévitable assaut final. C’est ce My Way chanté en playback par un héros grimé en drag queen pour évoquer à demi-mot sa probable homosexualité. C’est cette chanson de générique de la série Amicalement votre qui accompagne le dénouement tragique de révolutionnaires trop jeunes pour comprendre la portée exacte de leurs actes. Qualifiés d’ennemis de l’état, ils finissent sacrifiés sur l’autel de la raison d’état. Car pour consommer tranquillement, il ne faut pas de perturbateurs, leur présence n’est pas indispensable, l’idéologie consumériste n’a aucun scrupule à les faire sacrifier.
Anonymat universel
L’anonymat de ses jeunes individus revêt une universalité troublante. Ce sont chacun d’entre nous, tous ceux qui ne supportent plus la supposée impasse idéologique actuelle. Ce sont les derniers mots du film qui soulignent le réel adage du film. Ce « aidez moi » hurlé à pleins poumons par le dernier survivant pour éviter le peloton d’exécution représenté par des agents du GIGN décidés à l’abattre. Plus paradoxal encore, les jeunes gens s’éclatent au coeur du grand magasin.
Certains de ne pouvoir être identifiés ni découverts, ils consomment allègrement sans travail ni argent, profitant gratuitement des rayons habillement, nourriture ou bijouterie. Deux protagonistes aperçoivent d’ailleurs deux mannequins vêtus exactement comme eux. Preuve qu’eux mêmes font partie de cette société qu’ils rejettent si fort. C’est ce t-shirt de sport à la virgule horizontale ou cette chemise de costume que le tout à chacun peut acquérir contre paiement par CB. Le paradoxe est total. 10 jeunes gens combattent un système auquel ils appartiennent et qui leur feront payer leur audace. Sans sommation et impitoyablement.
Le titre Nocturama semble renvoyer à un obscurantisme à courte vue. Outre qu’il emprunte à un album de Nick Cave, il suit 10 personnages aux caractères différents. 2 d’entre eux semblent être les meneurs. Interprétés par Vincent Rottiers et Robin Goldbronn, leur détermination trace le sillon où s’écoule le besoin de vengeance de leurs camarades. Car le doute subsiste sur leur réelle compréhension de leurs actes. A force de regarder des clips violents et de jouer aux jeux vidéos, font-ils réellement la part des choses ? Les 2 supposés leaders sont absents du grand magasin et André le futur énarque prend le lead mais les personnages sont désorganisés. Leur appétence latente pour les symboles capitalistes les rattrape.
Les téléviseurs du magasin les informe de l’évolution de la situation. Avec une timide contamination auprès de leurs semblables. C’est un début d’incendie près du Louvre, c’est une voiture qui brule, les germes de l’insurrection n’ont pas encore fait tache d’huile. Bertrand Bonello fait apparaître Adèle Haenel pour un message clair. Ca devait arriver, comme un écho à la réalité. Les autres acteurs participent à cette impression de révolte immature. Finnegan Oldfield, Hamza Meziani ou Manal Issa prêtent leurs traits juvéniles à ces ennemis de l’intérieur mal dégrossis.
Le film devait initialement s’intituler Paris est une fête, titre abandonné bien vite par le réalisateur. Paris reste cependant un personnage central du film dont le début ressemblerait presqu’à une balade touristique. On reconnait les stations et les lignes de métro. La Fourche sur la 13, Rue du bac sur la 12, Concorde également sur la 12 et sur la 1, Champs Elysées Clémenceau sur la 1 et la 13.
Le réalisateur évoque également un arrière plan social avec ce SDF joué par Louis Rego invité à venir profiter du Grand Magasin avec sa compagne. Il s’appelle Jean-Claude, vit dans la rue et symbolise cette population en plein déclassement social. Le réalisateur invoque aussi des forces spirituelles inconnues. Ce sont ses rêves et apparitions expliquant l’absence des 2 compères disparus. Et surtout cette référence au paradis des djihadistes lorsque l’un d’eux explique ne pas craindre la mort car le paradis l’attend. Enfin, le film n’évite pas les références cinématographiques comme celle au film Le Jouet lorsqu’un d’eux fonce dans les couloirs du magasin dans son kart.
Tant à dire sur ce film formellement éblouissant et si abouti qu’un seul visionnage peine à le révéler totalement. Les symboles pullulent, les cellules grises seront mises à rude épreuve. Le propos se veut avant tout social, le réalisateur évoque cette cocotte minute prête à exploser pour décrire la France de 2016. Cette jeunesse porteuse d’espoir serait laminée par un pouvoir assimilé à une dictature.
Médias, forces publiques, surveillance continue, tout concourrait au sentiment d’inéluctabilité. La preuve, les héros sont rattrapés, eux qui se croyaient à l’abri, masqués, inconnus. Mais même invisibles au coeur de la population, les jeunes gens sont retrouvés. On ne voit plus qu’eux. Le frère et sa soeur, le petit ami de celle ci, les 3 personnages qui se rencontrent à Pole Emploi, leurs amis. Une question demeure : est-ce que le fait de rechercher un emploi depuis 1 an ou qu’une banque puisse licencier 50 000 personnes peuvent justifier l’action violente et le meurtre ? A défaut de réponse claire, il reste cette empathie pour des personnages perdus, victimes sacrificielles d’un système à qui rien ne doit s’opposer. Pas de considérations religieuses dans le film, juste une manifestation de l’insupportable scandale d’un capitalisme en bout de course.
Nocturama pose des questions, échafaude des pistes de réflexion. Le voir au premier degré n’a pas de sens, il demande du recul et de l’analyse. Signe des films éternels qui dérangent, interpellent et servent de laboratoire des possibles.
Paris, un matin. Une poignée de jeunes, de milieux différents. Chacun de leur côté, ils entament un ballet étrange dans les dédales du métro et les rues de la capitale. Ils semblent suivre un plan. Leurs gestes sont précis, presque dangereux. Ils convergent vers un même point, un Grand Magasin, au moment où il ferme ses portes. La nuit commence.
Résultats concours : Un petit boulot, 20 places de ciné gagnées !
Vous avez été 3742 participants au concours Un petit boulot. Merci de votre excellente participation. Les 10 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :
Aurélie Bock, Paulette Regazzoni, Catherine Morville, Christian Jacob, Jean Talbot, Lucienne Tommasini, Cinthya Labrot, Elghriba Bendjedda, Salima Blanche et Gérard Machy
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
L’homme qui voyait à travers les visages, le petit dernier d’Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel)
Cette fois-ci, le dernier livre de Eric-Emmanuel Schmitt, L’homme qui voyait à travers les visages, ne commence pas vraiment bien. Dès les premières pages, on a la chair de poule. Ce qu’il nous raconte est trop proche de notre réalité d’aujourd’hui et une réalité que l’on déteste et qu’on aimerait n’avoir jamais vécu. Un livre qui nous concerne tous, chrétiens, musulmans ou non croyants.
Bien sûr, quand Eric-Emmanuel Schmitt a écrit son livre, on peut penser que c’était peut-être même avant les attentats du Bataclan. Depuis, les attentats se succèdent et s’aggravent dans l’horreur et dans l’inimaginable.
Alors forcément quand on ouvre un livre on veut s’évader et ne pas revivre LE cauchemar, pour ne pas dire LES cauchemars.
L’homme qui voyait à travers les visagesraconte l’histoire d’un stagiaire, Augustin, qui travaille, bénévolement, car non payé par son patron, dans un journal « Demain », le quotidien de Charleroi. Comme il ne gagne pas un sou, Augustin est pauvre, très pauvre, mal nourri et dort où il peut. Mal traité, son patron, Philibert Pégard, finit par l’envoyer dans la rue pour faire une enquête sur des personnalités, avoir leur avis sur ce qui se passe dans le monde… Une façon de se débarrasser de lui.
Le pauvre Augustin se retrouve dans la rue, tout penaud et dégoûté.
« Tu es nul partout. Ouste sur le trottoir ! Ramène-nous ce que tu auras déniché au fond du caniveau. Ramasser des ordures, ça, tu y arrives, non ? » p13
Augustin, témoin et victime d’un attentat
Augustin est donc dehors, sur la place Charles II, au mauvais endroit, au mauvais moment. Et là, il est témoin et victime… d’un attentat. Oui, vous avez, hélas, bien lu ! Dès la 25ème page, on assiste à un attentat d’un kamikaze. En plein cœur de ville, devant une église. Oh, non, encore des victimes, encore cette horrible violence ! Encore un cauchemar… Et devant une église qui se prépare à un enterrement.
On a presque envie d’arrêter de lire. Et puis, l’histoire prend une tout autre dimension. Ouf. On s’accroche. On s’accroche à Augustin, qui pourtant ne paye pas de mine. Il est victime et en même temps, il a des réactions bizarres… Bref, il n’est pas comme tout le monde. Il décèle et communique avec les morts qui continuent à entourer les vivants… Une sorte de don. Il peut même communiquer avec les morts. Bien sûr, il n’ose pas le dire, ou à très peu de personnes, car on le prendrait pour un fou…
Eric-Emmanuel Schmitt, le personnage
L’histoire est un peu surréaliste mais attachante. Jusqu’où veut nous emmener Eric-Emmanuel Schmitt ? Sur son terrain de prédilection : la religion, bien sûr ! Et cette fois-ci, le scénario est vraiment original. Augustin va rencontrer un spécialiste des religions. Qui ? vous ne devinez pas ? Eh bien : Eric-Emmanuel Schmitt, lui-même !
Et ce grand auteur va révéler à Augustin ce qu’il pense de Dieu et des hommes et surtout de leurs rapports. Qui est Dieu ? Existe-t-il vraiment ? Et ses écrits, ils révèlent quoi au juste ?
A travers ce livre, toujours aussi bien écrit, Eric-Emmanuel Schmitt veut nous amener à une réelle réflexion sur l’Homme, sur ses actes barbares… Et aussi sur les différentes religions et leurs points communs.
« Tu postules que les guerres se font au nom de Dieu parce que les hommes instrumentalisent Dieu, usurpent sa parole et lui empruntent une légitimité. Selon toi, ils l’utilisent en écran, une nuée qui dissimule leur cruauté, une excuse à leur cynisme. Et si c’était… l’inverse ? » p. 158
Le scénario est très original puisque l’auteur s’introduit lui-même dans son propre livre et va inciter le jeune Augustin à découvrir Dieu, le Grand Œil, et même à le rencontrer pour lui poser toutes les questions possibles… La fin du livre est aussi dérangeante que le début du livre, mais dans le fond, la morale prend le dessus… Le livre incite à la réflexion, pour tous : Dieu, le bien, le mal, la religion, la liberté de l’homme…
Une sorte de compréhension de l’incompréhensible.
Peut-être que Eric-Emmanuel Schmitt veut nous faire prendre conscience de la complexité de notre situation actuelle face aux attentats terroristes et le pourquoi du comment…
Un livre surprenant mais un livre riche en réflexions, comme souvent chez Eric-Emmanuel Schmitt qui réussit toujours à placer ses nombreuses références et croyances religieuses.
« Choisir entre les propos de Dieu ? De quel droit ? Par quelle autorité ? Nos caprices l’emporteraient sur votre toute-puissance ? Absurde ! Selon ce que je picore dans le Coran, je tiens dans mes mains un livre de paix ou un livre de guerre. Pour ma part, j’apprécie le musulman qui adopte les paroles douces, je réprouve celui qui sélectionne les paroles agressives, mais je demeure incapable de déterminer lequel se conduit en vrai musulman. Qu’est-ce que l’islam chimiquement pur ? Le Coran renferme au moins deux Coran. » p. 325
Aujourd’hui alors que je viens de terminer de rédiger cette chronique, un prêtre vient d’être égorgé dans son église. On monte dans l’échelle de l’insoutenable. « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » a dit Jésus sur sa croix…
Que dirait Eric-Emmanuel Schmitt devant tant de barbarie, lui qui avait imaginé possible un attentat devant une église ?
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Une vague d’attentats ensanglante Charleroi. Morts et blessés s’accumulent. On soupçonne des mobiles religieux sous ces actes radicaux. Augustin, jeune stagiaire au journal local, se trouve pris, malgré lui, au cœur des événements. Pour prouver qu’il n’est pas l’idiot que tout le monde croit, il mène son enquête. Pour cela, il possède un don unique : il voit à travers les visages, percevant autour de chaque personne les êtres minuscules — souvenirs, anges ou démons — qui la motivent ou la hantent. Est-il un fou ? Ou le sage qui déchiffre la folie des autres ? Son investigation sur la violence et le sacré va l’amener à la rencontre dont nous rêvons tous… Éric-Emmanuel Schmitt poursuit de manière originale son exploration des mystères spirituels.
Date de parution : le 1er septembre 2016 Auteur : Éric-Emmanuel Schmitt Editeur : Albin Michel Prix : 22 € (420 pages) Achetersur : Amazon
Agnes Obel sort Golden Green, très bel extrait de Citizen Of Glass
Agnes Obel vient de sortir Golden Green, titre extrait de son prochain album Citizen Of Glassà paraître le 21 octobre 2016 chez PIAS. Un titre mélodieux qui dégage toute la grace de la danoise. Après Philharmonics et Aventine, le troisième album de la chanteuse à la voix de cristal s’annonce comme l’un des plus attendus de cette fin d’année.
Citizen Of Glass ou la transparence du verre
« Depuis le début, j’ai voulu me mettre dans un mode personnel et conceptuel. Ce thème de la transparence intervient dans les paroles, dans les arrangements. Un choix dicté par une volonté de faire les choses autrement« , nous livre Agnes Obel. Quand on écoute Golden Green, on s’aperçoit que l’artiste est parvenu à ses fins, pour notre plus grand bonheur.
Quand on se lance dans la construction de l’étoile noire façon Go Rogue
Go Rogue Chapitre 1 : l’incroyable série qui refait le film avec des jouets
Une équipe de rebelles qui ne recule devant rien, c’est sans doute ce qui se cache derrière le projet Go Rogue(ou #GoRogue pour les intimes). Cette première vidéo sent la promotion à plein nez pour les produits dérivés du prochain A Rogue One : A Star Wars Story, mais on s’en moque un peu. L’important, c’est la beauté du geste.
Dans ce Chapitre 1 de Go Rogue, quelques superbes plans nous sont proposés, mêlants figurines articulées classiques, LEGO et figurines POP. Franchement, c’est assez bien fait et ça marche plutôt bien. Certes, la pseudo course-poursuite de la fin de ce premier épisode n’est pas vraiment à la hauteur des premiers plans mais bon… cela reste une bonne mise en jambes !
La BD de la rentrée : Coquelicots d’Irak (L’Association)
A l’heure où l’Irak est devenu synonyme d’islamisme et de djihad, Brigitte Findakly et Lewis Trondheim rappellent qu’il n’en a pas toujours été ainsi dans une BD touchante et édifiante.
Coquelicots d’Irak invoque les souvenirs d’une jeune fille innocente devenue une femme effondrée par ce qu’est devenu son pays. Souvenirs d’enfance touchants et réflexions acides émaillent un récit intelligent et troublant. Si l’histoire de l’Irak semble n’avoir jamais été un long fleuve tranquille, le mouvement s’accélère au détriment de populations prises en otage par un pouvoir despotique.
L’auteure a quitté son pays à l’orée des années 70 pour fuir les tourments mais n’a jamais oublié son pays. Ce livre rend un bel hommage à tous ceux victimes aujourd’hui du joug oppressant des djihadistes. La BD se lit avec un plaisir immense et qui voudra aller au delà des apparences renvoyées par des médias binaires pourront découvrir la réalité d’un pays à l’histoire riche et au destin tragique. Coquelicots d’Irak est un puissant moment d’émotion et de joie, par delà les malheurs. Une BD comme on les aime, intense et poétique à la fois.
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Lewis Trondheim et Brigitte Findakly forment en bande dessinée comme à la ville un duo depuis de nombreuses années. Si la bibliographie pléthorique de Lewis Trondheim n’a plus de secret pour personne, celle de Brigitte Findakly, son épouse et coloriste, quoique toute aussi importante, reste moins connue. De Pif Gadget, à ses débuts, au Chat du Rabbin, des Formidables aventures de Lapinot au Retour à la terre, en passant par Ralph Azham, on lui doit la mise en couleurs d’une centaine d’albums dont certains ont été les plus marquants de ces dernières années.
Avec ce livre à quatre mains, Lewis Trondheim délaisse ses animaux anthropomorphisés et dessine de véritables êtres humains pour raconter l’histoire de celle qui partage sa vie. Née en Irak, d’un père irakien et d’une mère française à l’orée des années 1960, le livre retrace son enfance passée à Mossoul, ville du nord de l’Irak, à une époque où, bien avant l’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein, se succèdent coups d’État et dictatures militaires. Déroulant le fil de ses souvenirs, on découvre alors une vie de famille affectée par les aberrations de la dictature et leurs répercussions sur la vie quotidienne, jusqu’à l’inéluctable exil vers la France au début des années 1970. Une arrivée en France elle aussi difficile, une expérience migratoire faite de difficultés administratives, sociales et culturelles.
Dans ce récit qui prend pour toile de fond une triste actualité, Lewis Trondheim et Brigitte Findakly brossent en saynètes percutantes et sans ambages, mais pas moins sensibles, la trajectoire singulière de la coloriste qui, pour la première fois, occupe le premier rôle dans un livre. Ponctué de photos et de parenthèses sur les coutumes, la culture irakienne et les souvenirs de Brigitte Findakly, on partage avec elle, la nostalgie de ceux qui ont laissé derrière eux leur pays d’origine, et les liens fugaces qui subsistent. À l’image des coquelicots qui fanent si vite.
Date de parution : Aout 2016 Auteur(s) : Brigitte Findaky – Lewis Trondheim Genre : Biographie, historique, humour, drame Editeur : L’association Prix : 19 € (112 pages) Acheter sur : Amazon
Racine ou la leçon de Phèdre, Théâtre de Poche Montparnasse
Intense moment de théâtre avec Racine ou la leçon de Phèdre au Théâtre de Poche Montparnasse
Racine ou la leçon de Phèdre vous plonge dans ce XVIIe siècle central pour le théâtre français avec quelques uns de ses plus illustres représentants. C’est un tsunami avec Corneille, Molière… et surtout Jean Racine. Anne Delbée mêle éléments biographiques et extraits d’oeuvres dans une farandole d’anecdotes et de tirades enchanteresses, pour une prestation enivrante.
Orfèvre de la langue française, tragédien de génie, cauchemar des collégiens en goguette, Jean Racine est tout ça à la fois et bien plus. Anne Delbée lui rend hommage dans un seul en scène éblouissant de maestria. Après une première étape récente et pleine de promesses au Théâtre de la Contrescarpe, la metteur en scène et tragédienne transforme l’essai avec une transcription qui marquera la saison théâtrale au Théâtre de Poche Montparnasse. La scène, plus grande et plus aérée, est nettement plus adaptée à son déploiement d’énergie. La proximité avec le public est immédiate et créée une connivence enthousiasmante 1h30 durant.
Racine, figure tutélaire d’Anne Delbée
Anne Delbée retrace l’existence homérique de cet enfant de la balle devenu un symbole flamboyant du théâtre français. Ce contemporain de Louis XIV a livré quelques uns des moments les plus marquants du livret national, avec Britannicus, Bérénice, Andromaque… et surtout Phèdre. Son maniement éblouissant des alexandrins n’a cessé de fasciner autant les amoureux de la langue française que les aficionados de théâtre.
Encore faut-il savoir jouer du Racine, ce que la comédienne exprime parfaitement, armée de son impeccable diction, riche de force et de nuances. Sa carrière entière a toujours été placée sous la figure tutélaire de Racine, ne cessant jamais de l’adapter sur les plus grandes scènes. Phèdre à la Comédie Française, trilogie Racine (Andromaque, Bérénice, Phèdre) au Festival d’Avignon, Anne Delbée n’a jamais cessé de clamer son amour pour l’auteur de théâtre.
Le triomphe de Racine ou la leçon de Phèdre
La truculence de la comédienne le dispute à l’émerveillement d’entendre quelques unes des plus célèbres tirades de la langue française. Anne Delbée respire le théâtre comme d’autres l’encens et Racine est son oxygène. Sa passion est communicative et nombreux seront ceux qui se replongeront dans l’oeuvre du tragédien pour prolonger le plaisir. Elle ne se ménage pas, enchainant numéros de danse et mises en situations élégiaques.
La sobre scénographie met en avant les jeux de lumière avec des musiques emblématiques du XVIIe, Bach et Lulli en tête. Des vidéos elliptiques illustrent la démonstration pour en souligner les moments les plus emblématiques. Amours, trahisons, triomphes, Anne Delbée ravive une existence mal connue mais si évocatrice que l’audience fait un triomphe final à une pièce qui transporte et fascine.
Le Théâtre de Poche Montparnasse débute sa saison 2016/2017 avec une pièce appelée à faire un triomphe. La beauté du sujet et la force déployée par la comédienne séduisent et donnent envie d’y retourner. Rien de moins.
Dates : à partir du 27 aout 2016 Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Anne Delbée Avec : Anne Delbée
Séduire Isabelle A., un livre distrayant de Sophie Bassignac (JC Lattès)
Dans son dernier roman, Séduire Isabelle A., Sophie Bassignac nous plonge au cœur de la famille Pettigrew, celle d’Isabelle. Pierre est amoureux fou d’elle. Mais cette dernière veut qu’il passe une semaine de vacances au milieu des siens avant de l’épouser.
Sophie Bassignac rend son livre léger tout en abordant des thèmes sérieux comme celui du mariage. Tout oppose les deux familles. Celle de Pierre est très conventionnelle, rangée, et sans surprise. Son éducation est plutôt stricte et exigeante. Par contre, Isabelle fait partie d’une famille plus qu’originale, les Pettigrew. Déjà, ils sont très nombreux. On se perd un peu au milieu de toutes ces générations qui se retrouvent durant l’été, dans leur belle maison familiale. Si leur rencontre est haute en couleurs, on ne se souvient plus très bien qui est qui ! Mais en fait, cela n’a guère d’importance.
La seule chose intéressante est de découvrir comment Pierre va s’adapter à cette famille parfaitement loufoque. Si étonnamment burlesque qu’au début on est épaté mais à la fin du livre, on est un peu déçu car on s’habitue à leurs situations invraisemblables. Et on aime leur « folie douce » ! Au fil des pages, il nous semble qu’elle devient de plus en plus douce, cette folie, de plus en plus « normale ». Et c’est un peu dommage.
L’écriture de Sophie Bassignac est légère et agréable et vous enverra loin de votre quotidien. Découvrir une nouvelle famille, une nouvelle façon de vivre, et surtout partager tout son temps avec des personnes excentriques, représentaient pour Pierre le plus grand de ses challenges !
« Il y avait des limites à l’excentricité Pettigrew. Pas d’importuns ni de pisse-froid, répétait Suzanne, et surtout pas de souffrances inutiles. » P.132
Que l’on ait l’intention de se marier ou pas, Séduire Isabelle A. est un livre que l’on dévore, à toute vitesse, impatient de savoir comment va s’en sortir le futur mari d’Isabelle.
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Isabelle a été très claire. Elle n’épousera Pierre que s’il est accepté par tous les membres de sa famille, les Pettigrew. Lors d’une semaine caniculaire sur les bords de Loire, les présentations vont tourner au cauchemar. Car tout sépare le jeune journaliste un peu coincé de cette joyeuse clique de libres penseurs passablement allumés. Pour être adopté, le nouveau venu sera soumis à un baptême du feu décoiffant… Drôle et déluré, Séduire Isabelle A. évoque avec finesse la folie du microcosme familial et l’art de vivre ensemble.
Date de parution : le 31 août 2016 Auteur : Sophie Bassignac Editeur : JC Lattès Prix : 18,50 € (234 pages) Achetersur : Amazon
Economie du bien commun de Jean Tirole, comprendre aujourd’hui pour changer demain (éd. PUF)
Entendons-nous, ce livre est un pavé. Plus de six cents pages de descriptions et d’explications de notre système économique. Aucun thème majeur n’est épargné : chômage, finance, climat, Union européenne, révolution numérique… A la seule lumière de son travail, de celui de ses collègues et de ses connaissances, Jean Tirole éclaire notre système et ces défaillances. Et des défaillances, il n’en manque pas. Pourtant peu porté au pessimisme, il y a « de fortes raisons de s’inquiéter » avoue l’économiste émérite. Sans fatalité, il sonne le tocsin.
Un livre dense à la hauteur de l’urgence
Jean Tirole a le souci de demain et veut nous le transmettre. Un sacré défi au vu de la taille de l’ouvrage et de la difficulté des sujets abordés. Les politiques et les médias ont tendance à nous faire oublier la complexité du réel. Economie du bien commun nous y confronte directement, et si tant est qu’on arrive au bout, c’est une claque qu’on se prend. Oui mais justement, tourner les pages jusqu’à la dernière n’est pas une mince affaire. Ce livre est comme un repas de Noël : tout semble appétissant et pourtant, vient un moment où on saute des plats. Il y en a trop, il faut choisir pour ne pas souffrir l’indigestion.
Ici, il s’agit bien sûr d’indigestion intellectuelle car passer de l’avenir de l’Union Européenne à la fin de notre planète si la température ne baisse pas… C’est exténuant ! Mais notre prix Nobel d’économie 2014 s’en doutait. Ainsi, chaque chapitre (au nombre de dix-sept) est autonome et il vous suffit de vous rendre à celui qui vous attirera en fonction de vos préoccupations. Alors, la prochaine fois qu’une réforme du chômage se dessine, allez donc au chapitre neuf et voyez ce qu’en dit le président de la Toulouse School of Economics (TSE) car ses paroles sont censées et argumentées.
Climat, chômage et avenir européen… rien que ça
Après avoir réhabilité le rôle et le travail des économistes, il s’attaque à la partie dure, à des thèmes pressants qui nous concernent tous même si nous préférons souvent faire l’autruche. Pour préserver la terre, il appelle à un accord unique et global capable de restreindre les hausses de température. Seule solution, selon lui, à la hauteur de l’enjeu.
Son diagnostic européen n’est pas beaucoup plus reluisant. En panne, l’UE nécessiterait plus de fédéralisme alors que les temps sont aux populismes. A l’échelle nationale enfin, il dresse un portrait alarmant de notre marché du travail. Ses mots heurtent. Demain s’annonce mal. L’espoir se situe dans de futures réformes qu’il souhaite, que nous souhaitons, que toute la France souhaite et que pourtant, nous ne mettons pas en œuvre. Nous sommes un vieux pays qui vit sur les restes de sa puissance d’antan mais qui ne mise pas assez sur l’avenir semble-t-il nous dire en filigrane.
Dessin de Chaunu
Demain, c’est aujourd’hui
Jean Tirole détecte, analyse, aiguille
Dans les derniers chapitres, Jean Tirole nous prépare à demain. Celui de la révolution numérique, du bouleversement de nos modes de travail et d’échanges. Les défis sociétaux à venir sont immenses et il nous les expose pour mieux nous armer. L’information est notre arme. Car l’information, dans cette économie de la connaissance, est une nécessité pour ne pas se tromper de chemin. Surtout ne pas refuser de savoir, ne pas se voiler la face.
Jean Tirole détecte, analyse et aiguille. Ce cerveau brillant a tenté de rendre accessible à tous le sort de la France et du monde. De sa belle écriture, il nous déroule le fil de sa pensée et de ses inquiétudes. Beaucoup de passages resteront obscurs et mériteraient une deuxième relecture. Plus tard, peut-être. C’est trop. Plus tard, sûrement car une fois le livre rangé, ne risquons-nous pas d’en oublier les enseignements ?
Motif d’indignation et d’une volonté de changement, Economie du bien commun est une lecture nécessaire pour gagner en acuité et en compréhension du monde économique. Un ouvrage à garder en mémoire pour ne plus se laisser berner par des discours trop simplistes. Mais pour l’entamer, il faut un esprit alerte et motivé car il requiert toute notre attention. Et il n’est pas exclu que vous en sortiez avec quelques mots de tête !
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Avec ce premier livre en français destiné à un large public, le prix Nobel d’économie 2014 nous invite à partager sa passion pour cette discipline. Il défend une certaine vision de l’économie, science qui croise la théorie et les faits au service du bien commun, et de l’économiste, chercheur et homme de terrain. C’est dire que le lecteur pénètre dans l’atelier d’un économiste et voyage à travers les sujets affectant notre quotidien : économie numérique, innovation, chômage, changement climatique, Europe, État, finance, marché… En dressant un panorama des grandes problématiques de l’économie d’aujourd’hui, Jean Tirole nous fait entrer au cœur des théories dont il est le père.
Rodéo ouvre les perspectives sur le Brésil moderne
Rodéo suit les pérégrinations d’une famille brésilienne travaillant dans le milieu des vaquejadas, ces rodéos traditionnels et ritualisés du nord du Brésil. Le réalisateur Gabriel Mascaro suit le quotidien de personnages dévoués à leur métier et finalement attachants.
Les spectacles ruraux de rodéo au nord du Brésil consistent à lâcher des taureaux pour laisser des cavaliers aguerris les attraper par la queue et les faire se retourner. Loin des rituels européens souvent critiqués, cette manière de se faire affronter l’homme et la bête se fait sans effusion de sang tout en montrant bien la bravoure de cavaliers confrontés au symbole de la nature sauvage. Des troupes itinérantes portent les spectacles de villages en villages, préparant les taureaux avant chaque spectacle pour parfaire les prestations. Le quotidien banal et ritualisé des 5 personnages est bousculé par le rêve d’Iremar de devenir styliste. Au sein d’un univers rude et machiste, sa sensibilité détonne et interpelle.
La campagne brésilienne
Gabriel Mascaro choisit de trancher avec les représentations habituelles du Brésil moderne. Loin de l’univers urbanisé de villes faisant cohabiter favelas défraichies et building ultra-modernes, il évoque la campagne d’un pays multiple et foisonnant. La peinture sociale n’est pas loin dans cette évocation de forains déracinés de toute terre à l’existence cyclique et routinière. La langueur des images contraste avec la violence inopinée de chaque session de rodéo. Iremar prépare la queue de chaque taureau en la badigeonnant de talc pour faciliter l’accroche par les cavaliers, transformant la tâche en chorégraphie pleine de sens.
Les acteurs semblent parfaitement amateurs, plongés dans un monde de dénuement volontaire avec des attitudes décontractées soulignant le complet choix de vie. Le milieu des vaquejadas ressemble à une aventure quotidienne, faite de répétitions sans fin et d’évènements inattendus. Le rythme emprunté par le réalisateur hypnotise, suscitant la fascination face à ces paysages désertiques. La caméra toujours en mouvement ajoute au lien avec des personnages plus complexes qu’il n’y parait.
Rodéo est une belle plongée dans un Brésil mal connu de nous, aux couleurs multiples et aux touches surprenantes pour qui n’a que l’image de Copacabana en tête.
Iremar et sa famille de substitution vivent sur les routes, travaillant dans le milieu des vaquejadas, rodéos traditionnels du Nord du Brésil pour lesquels ils préparent les taureaux. Rêvant de devenir styliste, Iremar accumule étoffes et paillettes, coupant et assemblant ses créations et les derniers modèles à la mode…
Sortie : le 7 septembre 2016 Durée : 1h41 Réalisateur : Gabriel Mascaro Avec : Juliano Cazarré,Maeve Jinkings,Alyne Santana Genre : Drame
Stefan Zweig, adieu l’Europe, film de Maria Schrader, Copyright X Verleih
Stefan Zweig, adieu l’Europe rend un bel hommage au célèbre écrivain autrichien
Stefan Zweig, adieu l’Europe évoque les 6 dernières années de la vie du célébrissime auteur du Joueur d’échecs ou de Amok. Mondialement connu et reconnu, il vit mal sa fuite d’une Europe en plein marasme. La sensibilité le dispute à la mélancolie dans ce biopic quasi onirique.
Européen convaincu et humaniste à fleur de peau, Stefan Zweig est obligé de fuir le péril nazi en 1936. Son ascendance juive le met en grand danger face aux rafles qui se multiplient en Allemagne dès 1933. Précédant l’invasion de l’Autriche en 1938, son entourage l’enjoint à quitter cette Europe qu’il aime tant pour se réfugier sur le continent américain. Le Brésil, l’Argentine et les Etats-Unis accueillent à bras ouvert l’auteur mondialement acclamé de chefs d’oeuvres de la littérature. Mais Zweig vit mal son exil forcé, se torturant dans un auto apitoiement incessant.
De 1936 au tragique dénouement du 22 février 1942, le film suit les différents épisodes du périple américain de Stefan Zweig. Tandis que ses hôtes fêtent l’écrivain partout où il passe, son esprit semble ailleurs, à quelques milliers de kilomètres, dans ces pays qu’il ne verra plus jamais. Loin de le réjouir, les multiples hommages le mettent mal à l’aise, l’éclairant sur l’aveuglement humain face à la tragédie européenne. Plus ses hôtes le fêtent, plus il s’enfonce dans un insondable malaise.
Joseph Hader personnifie physiquement le malaise d’un auteur à la sensibilité exacerbée. Sa fine perception de l’esprit humain le rend d’autant plus vulnérable à la tragédie européenne qu’il la ressent de tout son être. Celui que son entourage loue pour sa sagacité ne supporte pas le déferlement de violence qui s’installe sur son continent. L’acteur prête ses traits perpétuellement mélancoliques et son sourire contrit pour évoquer le trouble d’un homme accablé par les insupportables preuves de la barbarie humaine.
Le film accumule les scènes comme autant de tableaux merveilleusement mis en scène. La scène d’ouverture et le tableau final impressionnent et émeuvent par leur chorégraphie millimétrée. La perfection formelle renvoie à l’art de l’auteur pour décrire la psyché humaine, suscitant autant l’humour que la perplexité face aux imprévisibles réflexes de personnages souvent perdus et abattus. Les nombreux admirateurs de son oeuvre se réjouiront de le voir comme déambuler à l’écran, passant du français à l’allemand en passant par le portugais avec une aisance naturelle, reflet de son inimitable agilité intellectuelle.
Cette évocation de Stefan Zweig fascine et interpelle. La souffrance intérieure de l’écrivain autrichien affleure dans chaque plan, révélant sa profonde honnêteté et son éternelle sincérité.
Ariana Grande et Nicki Minaj viennent de dévoiler leur clip de « Side to Side »
Ariana Grande et Nicki Minaj dévoilent le clip sexy Side to Side
Ariana Grande & Nicki Minaj viennent de dévoiler cette nuit le clip de leur titre Side to Side, extrait de l’album de la première, Dangerous woman. Si la vidéo du live qu’elles ont donné aux MTV Video Music Awards laissait un peu sceptique, ce clip rassurera les fans des deux stars.
Nicki Minaj se retrouve une fois de plus en tenue sexy tandis que sa copine est légèrement plus vêtue. Le clip est plutôt bien réalisé, assez propre malgré quelques placements de produits un peu énormes pour la marque GUESS (qui a eu l’exclusivité de la diffusion du clip ces dernières 24 heures). Un contrat qui a certainement dû être juteux pour les deux femmes puisqu’il s’agit de la seule marque présente dans Side to Side.
Affiche du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg 2016
Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg : Dario Argento au programme !
Le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg accueillera pour sa 9e édition, le maître du giallo, Dario Argento pour une rétrospective et une master class animée par Jean-François Rauger.
Vous pourrez également y voir William Lustig (Maniac) ainsi que John Ajvide Lindqvist (auteur de Morse), Veronika Franz (réalisatrice de Goodnight Mommy) et Brontis Jodorowski à qui a été confiée la lourde tâche de décerner l’Octupus d’or et le Méliès d’argent.
Le festival fera également comme à son habitude la part belle aux nouvelles productions avec une sélection des dernières pépites du genre venues du monde entier. Vous trouverez l’intégralité des sélections ci-après.
Les événements habituels du festival seront aussi au rendez-vous avec la traditionnelle Zombie Walk (annulée pour des raisons de sécurité – voir EDIT ci-dessous), la projection en plein air devant la cathédrale de Strasbourg de Jurassic Parkainsi que la projection des Dents de la mer aux bains municipaux de style art déco.
Pour la quatrième année, le festival organisera une compétition internationale pour les développeurs de jeux vidéo indépendants, l’Indie Game Contest, ainsi qu’une sélection d’expériences en Réalité Virtuelle.
Bref, un joli programme que vous pourrez suivre à Strasbourg du 16 au 25 septembre 2016.
[EDIT] : Pour des mesures de sécurité, la Zombie Walk est remplacée par un apéro (place de l’université)
Voici le programme:
– de 14h à 15h : une session maquillage par les étudiants de l’école Candice Mack et la fanfare El INSA Banda
– de 15h à 16h30 : élection de Ms et Mr Zombie et dj set.
– de 17h à 18h : concert de The One Armed Man, quatuor alsacien grand gagnant du tremplin Sound of the Dead. Un subtil mélange de Blues, Rock et Stoner qui fera planer la horde en transe.
– de 18h à 19h : dj set.
Durant toute l’après-midi, des animations et le coin buvette/snack pour les affamés…
Les sélections :
COMPÉTITION FANTASTIQUE
Under The Shadow de Babak Anvari avec Narges Rashidi, Bobby Naderi, Arash Marandi (Britannique/Jordanie/Qatarie) Transfiguration de Michael O’Shea avec Eric Ruffin, Chloe Levine, Aaron Moten (États-Unis) I am not a serial killer de Billy O’Brien avec Christopher Lloyd, Laura Fraser, Max Records (Irlande) Shelley de Ali Abbasi avec Ellen Dorrit Petersen, Cosmina Stratan, Björn Andrésen (Danemark) Grave de Julia Ducournau avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella (France/Belgique) Another Evil de Carson D. Mell avec Dan Bakkedahl, Beck DeRobertis, Dax Flame (États-Unis) The Love Witch de Anna Biller avec Samantha Robinson, Gian Keys, Laura Waddell (États-Unis) Jeeg Robot de Gabriele Mainetti avec Claudio Santamaria, Luca Marinelli, Ilenia Pastorelli (Italie) K-Shop de Dan Pringle avec Ewen MacIntosh, Reece Noi, Lucinda Rhodes Thakrar (UK) The Open de Marc Lahore avec James Northcote, Maia Levasseur-Costil, Pierre Benoist (France/Belgique) PET de Carles Torrens avec Dominic Monaghan, Ksenia Solo, Jennette McCurdy (États-Unis/Espagne) Seoul Station de Sang-ho Yeon avec Seung-ryong Ryu, Joon Lee, Eun-kyung Shim (Corée)
COMPÉTITION CROSSOVERS
Psycho Raman de Anurag Kashyap avec Nawazuddin Siddiqui, Sobhita Dhulipala, Vicky Kaushal (Indien) Opération Avalanche de Matthew Johnson avec Matthew Johnson, Krista Madison, Samantha Michelle (États-Unis /Canada) Outlaws and Angels de J.T. Mollner avec Chad Michael Murray, Francesca Eastwood, Teri Polo, Luke Wilson (États-Unis) Creative Control de Benjamin Dickinson avec Benjamin Dickinson, Dan Gill, Alexia Rasmussen (Etats-Unis) Detour de Christopher Smith avec Tye Sheridan, Stephen Moyer, Bel Powley (États-Unis) Dogs de Bogdan Mirică avec Dragos Bucur, Vlad Ivanov, Costel Cascaval (Roumanie/France) Trash Fire de Richard Bates Jr. avec Adrian Grenier, Angela Trimbur, AnnaLynne McCord (États-Unis)
MIDNIGHT MOVIES
31 de Rob Zombie avec Sheri Moon Zombie, Malcolm McDowell, Elizabeth Daily (États-Unis ) The Greasy Strangler de Jim Hosking avec Michael St. Michaels, Sky Elobar, Elizabeth De Razzo (États-Unis) We are the flesh (Tenemos la carne) de Emiliano Rocha Minter avec María Cid, María Evoli, Diego Gamaliel (Mexique) Holidays de Anthony Scott Burns, Kevin Kolsch, Dennis Widmyer, Nicholas McCarthy, Adam Egypt Mortimer, Gary Shore, Kevin Smith, Sarah Adina Smith, Scott Stewart avec Harley Quinn Smith, Kevin Smith, Lorenza Izzo (Etats-Unis) Ballad in blood de Ruggero Deodato avec Narges Rashidi, Bobby Naderi, Arash Marandi (Italie) Miruthan de Shakti Soundar Rajan avec Jeyam Ravi, Lakshmi Menon, Kaali Venkat (Inde) Yoga Hosers de Kevin Smith avec Genesis Rodriguez, Lily Rose Depp, Harley Quinn Smith (États-Unis) Terra Formars de Takashi Miike avec Rinko Kikuchi, Rila Fukushima, Kane Kosugi (Japon)
RÉTROSPECTIVE M FOR MURDER
Comme chaque année, le FEFFS remet au goût du jour des classiques du cinéma de genre lors de rétrospectives à thématique. Cette année, le festival explorera la figure du tueur en série à travers une sélection de films emblématiques traversant l’histoire du cinéma.
Du mètre étalon de Fritz Lang, M le Maudit, en passant par la délicieuse comédie noire Noblesse oblige, réalisée aux studios d’Ealing par le britannique Robert Hamer avec un Alec Guiness qui endosse huit rôles différents, jusqu’à des films plus sombres tels que L’Etrangleur de Boston avec un Tony Curtis à contre emploi dans un film à la mise en scène novatrice de Richard Fleischer qui s’essaye au split screen, ou encore Cruising de William Friedkin avec Al Pacino dans un de ses rôles les plus marquant.
M le Maudit de Fritz Lang avec Peter Lorre, Ellen Widmann, Inge Landgut (1932) Noblesse Oblige de Robert Hamer avec Dennis Price, Valerie Hobson, Alec Guinness (1949) L’Étrangleur de Boston de Richard Fleischer avec Tony Curtis, Henry Fonda, George Kennedy (1968) Cruising de William Friedkin avec Al Pacino, Paul Sorvino, Karen Allen (1980) Maniac de William Lustig avec Joe Spinell, Caroline Munro, Abigail Clayton (1980) Schizophrenia de Gerald Kargl avec Erwin Leder, Silvia Rabenreither (1983) Henry portrait d’un tueur en série de John McNaughton avec Michael Rooker, Tom Towles, Tracy Arnold (1986) Manhunter de Michael Mann avec William Petersen, Kim Greist, Joan Allen (1986) Carmin profond de Arturo Ripstein avec Regina Orozco, Daniel Gimenez Cacho, Marisa Paredes (1996)
Stranger Things : voyage horrifico-hypnotique au coeur de l’âge pop
Nouvelle série Netflix, Stranger Things déploie un pouvoir hypnotique insoupçonné en parvenant à faire de nos vieux souvenirs des années 80 une intrigue fantastique quasi-irrésistible. Créée par Matt et Ross Duffer (scénario et réalisation), Stranger Things opère un retour nostalgique vers les clés de la pop culture, en usant de ses codes jusqu’à la trame.
Les années 80’s : berceau de la geekerie
Choisie soigneusement, l’époque nous plonge immédiatement dans le bain des années 80. Celles de tous les possibles pour les trentenaires et quarantenaires actuels (soit le coeur de cible des abonnés Netflix). Une flopée de souvenirs réveillés pour une fête cinéphile de huit épisodes durant une première saison haletante. Dans un petit bled de l’Indiana, quatre jeunes garçons d’une dizaine d’années ne vivent que pour Donjons & Dragons, le jeu de rôle façon heroic fantasy. En rentrant chez lui après une partie de 10 heures, l’un d’eux disparaît mystérieusement. Sa famille et ses amis vont tout faire pour tenter de le retrouver.
Une série noire va alors s’abattre sur le petit village après une seconde disparition inquiétante, suivie du meurtre du patron du fast food local… Tandis que les trois jeunes geeks cherchent à tout prix leur copain disparu, la police piétine et la mère de l’enfant devient totalement folle…. Elle dit qu’elle entend son fils dans le mur de sa maison. A l’autre bout de la ville, une petite fille échappée d’un centre d’expérimentations secrètes fait son apparition. Et un étrange monstre se met à roder dans les bois. Loi d’être la fin, c’est le début du commencement.
Les enfants rois
Les intrigues se multiplient comme sur un plateau géant du célèbre jeu de rôle. Innervé de nombreux clins d’oeil aux années 80 – de la sortie de Star Wars sur les écrans à la télékinésie en passant par les décors et, notamment, ces vieux vélos à l’américaine pour enfants qui avaient de très larges des selles – le scénario appâte le spectateur avec une ambiance ultra-référencée patinée de nostalgie à outrance (et ça marche). C’est d’autant plus vrai que dans la série, les adultes sont tous passés au second plan. Dans Strangers Things, seuls les enfants semblent détenir la clé et auront voix au chapitre final.
Un voyage dans le temps qui cultive adroitement le fantasme de l’enfant roi tout en faisant émerger un genre hybride, entre le film d’horreur et l’enquête policière. Bref, Strangers Things réussit à innover là où le cinéma est au point mort.
Un casting digne des plus grands
Point de grande figure connue dans Stranger Things. Et pourtant quelques visages nous parlent comme celui du Chérif interprété par David Harbour (Suicide Squad, Strictly Criminal…) ou encore l’excellente maman en détresse jouée par Winona Ryder (Experimenter). Mais l’alchimie qui semble régner entre le quatuor d’enfants est de loin le meilleur atout de la série. Le directeur de casting a fait un grand travail en réunissant sur un même plateau tant de talents méconnus. Chapeau.
A l’instar du casting, la BO est elle aussi remarquable, faisant la part belle aux sonorités électro sans doute largement inspirées des synthés des années 80.
Un dénouement trop net
Comme dans toute bonne série, le dénouement a son importance et on regrette déjà quand vient l’heure d’éteindre la télé. La douleur est ici un peu particulière puisque malgré une tentative d’ouverture sur la saison 2, on sent que la boucle est bouclée. Mais quand on en vient à regretter une fin trop nette, c’est qu’on s’est vraiment régalé avec les épisodes de la saison écoulée.
Même si on sent bien que les monstres referont leur apparition dans une saison prochaine, la découverte de Stranger Things, c’est une bonne dose de plaisir à savourer précieusement comme une première fois. Il n’y a jamais de seconde chance…
A Hawkins, en 1983 dans l’Indiana. Lorsque Will Byers disparaît de son domicile, ses amis se lancent dans une recherche semée d’embûches pour le retrouver. Dans leur quête de réponses, les garçons rencontrent une étrange jeune fille en fuite. Les garçons se lient d’amitié avec la demoiselle tatouée du chiffre « 11 » sur son poignet et au crâne rasé et découvrent petit à petit les détails sur son inquiétante situation. Elle est peut-être la clé de tous les mystères qui se cachent dans cette petite ville en apparence tranquille…
Première diffusion : juillet 2016 Durée : 10 épisodes de 59 minutes Réalisateurs : Matt Duffer, Ross Duffer Avec : Chris Sullivan, Gordon Dillard Jr., Hugh B. Holub, Winona Ryder, Millie Bobby Brown, Finn Wolfhard, Caleb McLaughlin, Gaten Matarazzo, Noah Schnapp Genre : Fantastique Acheter : sur Amazon
Ariana Grande et Nicki Minaj interprètent Side to Side aux MTV Video Music Awards 2016
Ariana Grande et Nicki Minaj : duo de choc en live dans Side to Side (vidéo)
Ariana Grande et Nicki Minaj ont enfilé leurs petites tenues pour les MTV Video Music Awards 2016 à New York. C’est depuis le Madison Square Garden que les deux stars ont interprété leur duo Side to Side en live. Une performance parfois approximative mais cela s’explique notamment parce que la chanson est censée se dérouler dans une salle de fitness / musculation.
Ariana Grande ouvre la marche avec un levé de rideau sur une dizaine de vélos elliptiques. La chorégraphie tente d’intégrer au mieux les vélos, ce qui oblige la chanteuse à pédaler et à faire quelques acrobaties sur la selle de sa machine (on la sent un peu essoufflée).
Ariana Grande et Nicki Minaj : l’union fait la force
Lorsque Nicki Minaj rejoint Ariana Grande, tout va beaucoup mieux. La rappeuse aux hanches démesurées ajoute sa petite touche pour apporter le peps qu’il faut à Side to Side, avant un final qui joue la provocation… Vous êtes prévenus !
Tandis que les records de fréquentation des salles obscures sont battus chaque année, l’essor des films tiré des univers comics a inauguré une nouvelle ère de superproductions regorgeant de scènes d’action tout en recherchant une certaine qualité scénaristique pour satisfaire les fans. Le nombre croissant de séries télévisées de grand standing a obligé Hollywood à intensifier ses efforts.
Nous ne sommes qu’à un peu plus de la moitié de l’année et nous avons déjà pu voir cinq films entrer dans le top 50 des productions les plus rentables de tous les temps. Jetons un coup d’œil aux mois à venir pour cette année 2016, avec les films à ne pas manquer cet automne.
Assassin’s Creed
Historiquement, les films tirés de jeux vidéo ne fonctionnent pas très bien. La plupart du temps, personne n’est véritablement séduit, ni les fans de l’œuvre originale sur laquelle le film se base, qui ont le sentiment que leur jeu favori a été utilisé pour un résultat médiocre et peu fidèle, ni les cinéphiles, qui ne sont pas familiers avec le jeu et ont tendance à ressortir du film un peu confus.
Assassin’s Creed vise à être différent. Tiré du jeu vidéo populaire, il se présente avec un casting exceptionnel dirigé par Michael Fassbender (X-Men, Hunger, Steve Jobs), dont Jeremy Irons (Le Roi Lion, Batman vs Superman) et Brendan Gleeson (Bons Baisers de Bruges, Calvary) dans les rôles principaux.
Le film se déroule dans un futur lointain, le personnage joué par Fassbender, Callum Lynch, ayant la faculté de réanimer les souvenirs de ses ancêtres au moyen de la technologie Animus. Il s’agit ici de son ancêtre Aguilar de Nerha, un assassin notoire.
Jack Reacher : Never Go Back
Le film d’action thriller de 2012 Jack Reacher avec Tom Cruise (Mission: Impossible, Vanilla Sky) a été un succès critique inattendu qui a généré suffisamment d’entrées pour qu’une suite lui soit consacrée, dans laquelle Tom Cruise reprend son rôle.
Le héros éponyme Jack Reacher est un ancien membre de la Police Militaire qui est un véritable dur à cuire, pour dire les choses simplement. Il est à présent retraité et passe son temps à sillonner les routes des États-Unis, avec des petits boulots de ci et de là, souvent à enquêter sur des événements étranges et parfois dangereux. Le personnage fut créé par le romancier Lee Child.
Le premier film débordait de scènes d’action, parmi lesquelles une poursuite de voitures plutôt haletante (et dans laquelle Tom Cruise réalisa lui-même ses cascades). Cette suite semble également en mesure d’apporter son lot d’action et de suspens.
Les Sept Mercenaires
De nombreux sceptiques, dont nous faisons partie, disent que nous vivons une époque de remakes. Ce film en est un de plus. Réalisé par Antoine Fuqua (Training Day), Les Sept Mercenaires est un remake du classique de 1960, qui lui-même était déjà un remake du film japonais de 1954 Seven Samurai.
L’acteur Denzel Washington (Training Day, Man on Fire), primé aux Oscars, Chris Pratt (Jurassic World, Les Gardiens de la Galaxie) et Ethan Hawke (Gattaca, Boyhood) sont à la tête des sept hors-la-loi enrôlés afin de venir en aide à la petite ville de Rose Krick.
Pour la petite info, le film original, au casting de rêve dans lequel figure Steve McQueen (La Grande Évasion, Le Kid de Cincinnati) et Charles Bronson (La Grande Évasion, Un Justicier dans la Ville), est conservé dans le National Film Registry Américain par la Bibliothèque du Congrès.
Les Sept Mercenaires
Jason Bourne
Techniquement parlant, ce film est déjà sorti. Stanislas Claude en a donné un avis mitigé. Mais Jason Bourne fonctionne tellement bien au box-office qu’il devrait rester dans les salles pendant une bonne partie de l’automne. Le film a été tourné à Las Vegas et nous fait ainsi visiter certains des casinos les plus emblématiques au monde. Les célèbres casinos de Las Vegas sont des lieux que tout joueur digne de ce nom a déjà visités, ou rêve de visiter tout en jouant aux jeux de casino en ligne à la maison.
Le cinquième film de la série est la suite du film La Vengeance dans la Peau. Il nous offre tout ce que nous sommes en droit d’attendre de la part du réalisateur : une histoire certes, pas toujours passionnante, mais des acteurs toujours agréables à regarder, parmi lesquels Julia Stiles et Tommy Lee Jones, et évidemment Matt Damon dans le rôle titre. Bien sûr, vous pouvez vous attendre aux scènes d’action et aux poursuites.
Les Animaux Fantastiques
Longuement anticipé, le monde de la sorcellerie de JK Rowling est revisité pour notre plus grand plaisir avec Les Animaux Fantastiques. Avec l’acteur primé aux Oscars Eddie Redmayne (The Danish Girl, Une Merveilleuse Histoire du Temps) dans le rôle de Newt Scamander.
Contrairement aux films précédents qui se déroulent dans le monde d’Harry Potter, ce film présente deux différences majeures : les événements qu’il décrit ont lieu en 1926, et il nous offre pour la première fois un regard sur le monde de la sorcellerie aux États-Unis. Le film suit les aventures de Scamander tandis qu’il cherche à récupérer un groupe de créatures magiques et dangereuses qui se sont échappées et errent dans la ville de New York.
Le livre de 2001 duquel le film est tiré et qui fut écrit par JK Rowling sous le pseudonyme de Scamander n’est apparemment pas un ouvrage romanesque, mais plutôt une sorte de documentaire sur les diverses créatures magiques rencontrées dans l’univers d’Harry Potter.
Les Animaux Fantastiques
Rogue One : A Star Wars Story
En Décembre 2015, la franchise Star Wars a effectué un retour triomphal sur les grands écrans et pour la première fois en tant que production Disney, Star Wars : Le Réveil de la Force a pris d’assaut le box-office pour devenir le troisième film de tous les temps quant aux recettes générées.
À présent, ce prequel nous offre un retour en arrière, à l’époque des films originaux. Rogue One : A Star Wars Story se déroule avant les événements de Star Wars : Un Nouvel Espoir, en 1977, et raconte la manière avec laquelle l’alliance rebelle est parvenue à découvrir L’Étoile de la Mort et à voler ses schémas.
Felicity Jones(À La Folie, Une Merveilleuse Histoire du Temps) joue le rôle de Jyn Erso aux côtés de la superstar du cinéma en Chine Donnie Yen (Ip Man) et de Mads Mikkelsen (Casino Royale, Doctor Strange). Les fans de Star Wars semblent très enthousiastes à l’idée de voir une approche plus moderne prendre le pas sur l’ère classique de Star Wars, avec un film dans lequel apparaît l’imposant et terrifiant Dark Vador.
Michel Butor est mort, et si on lisait Hugo ? (éd. Buchet Chastel)
Ce sont ses mots issus d’une œuvre pléthorique mais aussi ceux des autres qui resteront de son passage sur terre. Ainsi, dans le dernier livre que Michel Butor a signé, il s’efface devant plus grand. Hugo (éd. Buchet Chastel) est une anthologie du célèbre poète aux plus de cent mille vers. De ce monstre sacré, il a fouillé les tiroirs pour nous faire découvrir quelques morceaux moins connus de son talent, de ses poèmes, de ses romans…
Michel Butor est un aventurier littéraire qui, toute sa vie d’écrivain, n’a cessé d’expérimenter. Chaque œuvre doit être unique et aucune ne doit ressembler à la suivante. En 1957, il publie un roman étonnant, un monologue intérieur entièrement écrit à la deuxième personne du pluriel, La modification. L’histoire est anodine : un homme part à Rome retrouver sa maîtresse pour lui proposer une situation à Paris mais, pendant les vingt-deux heures de trajet en train qui constituent l’essentiel du livre, sa décision va peu à peu s’inverser. L’intrigue est sommaire voire inexistante mais le résultat est excellent. Son travail paye : il reçoit le Prix Renaudot.
Michel Butor : une passion masochiste
Très vite cependant, il se détourne du genre roman trop « étroit », il a besoin de plus de liberté. Poèmes, essais, livres-objets, récits de rêves et de voyages, écrits sur la peinture… il aura tout essayé, tout inventé jusqu’aux limites de son art.
Et même lui n’en revient pas : « Je suis étonné de ce que j’ai écrit » confesse-t-il récemment. Etonné de toutes les formes que son style a su adopter mais aussi de la densité de sa production alors qu’il a « beaucoup de mal à écrire », de son propre aveu. Mais alors, pourquoi a-t-il embrassé cette carrière ? Parce qu’écrire était une « passion un peu masochiste » et que sans elle, sa vie aurait été bien terne.
Sur ce qui s’édifie et ce qui se détruit, Laissons rouler du temps, du gouffre et de la nuit (Extrait de l’anthologie de Michel Butor sur Victor Hugo)
A 89 ans d’une vie professorale et littéraire, il s’est éteint et assurément, il n’aura pas eu le temps de s’ennuyer. Grand voyageur, il a connu la Suisse, l’Egypte, les Etats-Unis, l’Australie, le Mexique et tant d’autres pays. Grand travailleur, ses publications se comptent par centaines. Grand homme, oscillant entre l’espoir et le pessimisme, il écrivait pour changer la vie car il trouvait qu’elle n’était pas si belle, que les choses n’allaient pas si bien. A nous peut-être de prendre le relai. En le lisant, en écrivant bref en faisant. Michel Butor n’est pas mort… Et si l’on commençait par son dernier livre, Hugo.
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Michel Butor a fouillé, remué les vieux cartons du grenier hugolien qui regorge de surprises, livrant au lecteur de longs extraits, souvent inattendus, et même quelques dessins.
« Il en fait trop : non seulement le théâtre, mais le roman, non seulement les invectives, mais les chansons, les petites épopées, mais le promontoire du songe ; non seulement la littérature mais le dessin. Il finira par nous prendre toute la place ! »
Dans la vie d’un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains contemporains à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.
Date de parution : le 3 mars 2016 Auteur : Michel Butor Editeur : Buchet/Chastel Prix : 12 € (208 pages) Achetersur : Amazon