The Servant, Studio des Champs Elysées, Mise en scène de Thierry Harcourt
Un Servant méphistophélique au Studio des Champs Elysées
The Servant est repris sur les planches du Studio des Champs Elysées et ne perd rien de l’ambiance délicieusement perverse du film de Joseph Losey. Le jeu de pouvoirs entre le serviteur perfide et son maitre velléitaire se déroule dans un festival de mines faussement contrites et de faciès vraiment impénétrables. Les personnages prennent vie sous les traits convaincants d’acteurs au diapason de l’esprit vicieux du roman de Robin Maugham.
Le film The Servant tourné en 1962 a marqué l’histoire du cinéma britannique en détournant les règles immuables de l’establishment british. L’aristocratie archaïque est tournée en ridicule dans le roman de Robin Maugham scénarisé par le prix Nobel Harold Pinter. Joseph Losey y trouve une matière première polémique pour remettre en cause l’ordre établi et appliquer la dialectique Maitrise/Servitude chère à Hegel. Le maitre se rend dépendant de l’esclave en lui laissant faire tout le travail, ce dernier devient le maitre du maitre et finit par l’asservir. Le postulat philosophique est appliqué avec gravité pour décrire un monde qui s’éteint dans la débauche et la décadence. Dirk Bogarde faisait un serviteur méphistophélique que Maxime d’Aboville interprète avec un sens inné de la nuance.
Maxime d’Aboville fait preuve d’une retenue jubilatoire pour exprimer une mortification que toute l’audience sait forcée tandis que le faible Lord Tony interprété par Xavier Lafitte se laisse prendre au piège de l’empathie. Les amis du Lord interprétés par Adrien Melin et Roxane Bret en alternance avec Juliette Petiot sont bien à mal de prévenir le malheureux du danger représenté par son homme à tout faire. Le public voit clair dans le jeu du majordome ouvertement servile mais expert en cachoterie. Les acteurs exhument avec bonheur la critique sociale du film de 1962 dans un déluge de scènes drolatiques. Le canapé central sert de pivot à une mise en scène sommaire mais dynamique, les personnages rentrant et sortant incessamment de l’appartement du Lord. L’inévitable bouteille de whisky sert de fétiche et il faut voir la toile patiemment tissée par le serviteur Barrett et son acolyte Vera jouée par Alexie Ribes. L’appartement de Tony se transforme en prison dorée pour un lord réduit en esclavage par le petit personnel machiavélique.
The Servant se contemple avec une jubilation communicative. Le Lord trop naïf et son serviteur sans scrupules jouent une partie aux dés pipés, l’anormalité du second abusant de la bienveillance du premier. La pièce devient une fable politique sur la lutte des classes et l’éternelle quête de pouvoir de l’être humain.
Dates : A partir du 3 juin 2016 Lieu : Studio des Champs Elysées Metteur en scène : Thierry Harcourt Avec : Maxime d’Aboville, Roxane Bret ou Juliette Petiot, Xavier Lafitte, Adrien Melin, Alexie Ribes
Oscar (R) winner Mark Rylance stars as the BFG (Big Friendly Giant) in Disney’s fantasy-adventure, THE BFG, directed by Steven Spielberg based on the best-selling book by Roald Dahl, which opens in theaters nationwide on July 1.
Le BGG : Le Bon Gros Géant : enfin la bande annonce définitive à découvrir !
Un film réalisé et produit par Steven Spielberg, scénarisé par Melissa Mathiso (E.T.). Adapté du célèbre conte de Roald Dahl
Avec : Mark Rylance, Ruby Barnhill, Penelope Wilton, Jemaine Clement, Rebecca Hall, Rafe Spall, Bill Hader
Les talents des deux immenses conteurs, Steven Spielberg et Roald Dahl, pour adapter à l’écran le célèbre classique de l’auteur britannique. Voici l’incroyable histoire d’une petite fille et du géant qui lui fera découvrir les merveilles et les dangers du Pays des Géants. Le Bon Gros Géant ne ressemble pas à ses congénères. Avec ses grandes oreilles, son excellent odorat et ses 7 mètres de haut, c’est le plus petit des géants et contrairement aux autres, il est végétarien. À son arrivée au Pays des Géants, Sophie a d’abord peur de lui, mais elle se rend vite compte que le BGG est très gentil. Il va tout lui apprendre sur la magie des rêves. Jusqu’ici, le BGG et Sophie s’étaient toujours sentis seuls, chacun dans son monde. Leur rencontre va tout changer…
Le Bon Gros Géant ne ressemble pas du tout aux autres habitants du Pays des Géants. Il mesure plus de 7 mètres de haut et possède de grandes oreilles et un odorat très fin. Il n’est pas très malin mais tout à fait adorable, et assez secret. Les géants comme le Buveur de sang et l’Avaleur de chair fraîche, sont deux fois plus grands que lui et aux moins deux fois plus effrayants, et en plus, ils mangent les humains. Le BGG, lui, préfère les schnockombres et la frambouille. À son arrivée au Pays des Géants, la petite Sophie, une enfant précoce de 10 ans qui habite Londres, a d’abord peur de ce mystérieux géant qui l’a emmenée dans sa grotte, mais elle va vite se rendre compte qu’il est très gentil. Comme elle n’a encore jamais vu de géant, elle a beaucoup de questions à lui poser. Le BGG emmène alors Sophie au Pays des Rêves, où il recueille les rêves et les envoie aux enfants. Il va tout apprendre à Sophie sur la magie et le mystère des rêves…
Avant leur rencontre, le BGG et Sophie avaient toujours été livrés à eux-mêmes, chacun dans son monde. C’est pourquoi leur affection l’un pour l’autre ne fait que grandir. Mais la présence de la petite fille au Pays des Géants attire bientôt l’attention des autres géants…
Sophie et le BGG quittent bientôt le Pays des Géants pour aller à Londres voir La Reine et l’avertir du danger que représentent les géants. Mais il leur faut d’abord convaincre la souveraine et sa domestique, Mary que les géants existent bel et bien ! Tous ensemble, ils vont mettre au point un plan pour se débarrasser des méchants géants une bonne fois pour toutes…
Sortie : le 20 juillet 2016 Durée : 1h55 Réalisateur : Steven Spielberg Avec : Dany Boon, Ruby Barnhill, Mark Rylance…
Résultats Concours : 5 livres Victor Hugo amoureux gagnés !
Vous avez été 4294 participants au concours Victor Hugo amoureux. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants d’un livre Victor Hugo amoureux sont :
Michel Crochemore, Isabelle Bardi, Jean-François Ossowski, Marie Lesurques et Sophie Hayet
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
Océane, la petite vague, un album charmant de Benoît Charlat (L’Ecole des loisirs)
Pour tous les amoureux de la mer, Benoît Charlat a écrit et illustré un album pour enfants, Océane, la petite vague. Il s’adresse surtout aux tout petits. Benoît Charlat a déjà publié une trentaine d’albums pour les 0-3 ans.
Océane, la petite vague raconte l’histoire d’une vague. Les dessins sont très naïfs et facilement compréhensibles pour les tout petits. Les couleurs sont à dominante bleue. Benoît Charlat représente la naissance de la vague, à l’horizon, dans la tempête. Plus la vague grossit, plus elle joue. D’abord avec un bateau, puis avec une bouée, et même un dauphin.
Océane se rapproche du rivage et joue avec… un surfeur. Et puis, Océane roule et… disparaît… Mais qu’est devenue Océane, la petite vague devenue grosse ?
Le dernier-né de Benoît Charlat est un très bel album cartonné, carré, de 20×20 cm. Belles couleurs, dessins répétitifs avec à chaque nouvelle page, un ou plusieurs détails différents qui montrent l’évolution de la vague. Un album tout à fait adapté aux tout petits à partir de 18 mois. Le seul reproche que l’on pourrait faire est que l’album est trop lourd pour les tout petit-petits. Mais il est toujours possible de le lire dans les bras de papa ou maman. Un pur instant de bonheur ! Un livre indispensable à tous les parents surfeurs !
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Océane, la jolie petite vague, grossit, grandit et roule sur la mer pour s’évanouir sur la plage… Voilà qu’elle disparaît… mais… Qu’y a-t-il à l’horizon ?
Serait-ce elle de nouveau ?
Date de parution : 15 juin 2016 Scénariste(s) : Benoît Charlat Dessinateur(s) : Benoît Charlat Genre : album cartonné jeunesse Editeur : Ecole des Loisirs Prix : 10,50 € Acheter sur : Amazon
Allo la police ? un recueil de demandes hétéroclites récoltées par Matthieu Kondryszyn (cherche midi)
Matthieu Kondryszyn est non seulement l’auteur du livre Allo la police ?, mais c’est aussi et surtout un brigadier qui travaille dans la Police, à l’état-major de Paris depuis quelques années déjà. Il est donc très bien placé pour recevoir les appels du 17.
Devant des appels invraisemblables, il a l’idée de prendre note des requêtes les plus farfelues. Et aujourd’hui, il les publie sous le livre Allo la police ?
Les histoires, souvent très brèves, sont toutes véridiques. Quelquefois on a du mal à le croire, car elles paraissent vraiment stupides.
Les gens appellent le 17 pour n’importe quoi ! Et le livre Allo la police ? récapitule les meilleures demandes parmi les 2000 recensées.
On s’attend à quelque chose de très drôle, mais en fait, c’est surtout idiot. Bien sûr la bêtise fait sourire, et parfois rire, mais 200 pages rien que sur des appels téléphoniques burlesques à la Police, ça ne fait plus vraiment rire !
A la lecture des différentes demandes, on se rend compte que ce sont surtout des gens « dérangés psychiquement » qui téléphonent :
« Allo, le 17 ? Il y avait une bombe atomique dans ma chaudière. Mais il n’y a plus de danger : elle est partie par la fenêtre. » P.128
« Police secours, bonjour ! – Venez vite, s’il vous plait ! Mon mari a égorgé les tapis pour ne pas m’égorger moi ! » p.129
« La police à votre écoute ! – Bonjour, vous pouvez me donner mon numéro de Sécurité sociale ? » p.156
« Urgences police, à votre écoute ! – Bonjour, je n’arrive pas à déplacer ma cuisinière. Vous pouvez venir ? » p.177
Il est vrai que certaines relèvent plus des blagues « Carambar » que de la police !
En fin de compte, on ne peut que plaindre la police d’être envahie de coups de téléphone qui n’ont aucun rapport avec une quelconque urgence. C’est non seulement une perte de temps, d’argent mais ça monopolise la ligne du 17 alors que d’autres personnes ont réellement besoin en urgence de la police.
Un constat alarmant sur l’intelligence des français… Sans doute drôle, mais ça ne m’a pas vraiment éclaté !
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Les perles du 17 !
Le 17 est le numéro réservé aux secours et aux urgences de la police. Mais tout le monde ne l’entend pas de cette oreille ! Canulars, erreurs, requêtes de malades mentaux, querelles familiales, différends de voisinage… Si croustillants qu’ils soient, les coups de fil de ces drôles de requérants – ponctuels ou récidivistes – bloquent la ligne au détriment de personnes en réelle détresse. Matthieu Kondryszyn, brigadier à la préfecture de police de Paris, a rassemblé une foule d’appels aussi délirants que véridiques, venus des quatre coins de la France. Un livre pour rire, mais aussi pour saluer le travail de tous les policiers qui gèrent chaque jour des milliers d’appels.
« Bonjour, ce serait pour une commande de nuggets… – Vous vous êtes trompé de numéro, monsieur. – Ah bon ? Y a pas de poulets ici ? »
*
« J’ai frappé ma femme, c’est pas trop grave. Mais je voudrais savoir si je pouvais déposer plainte contre moi-même, parce qu’elle ne veut pas le faire… »
*
« Je vous appelle pour un accident. – Il y a des blessés ? – Il y a un blessé matériel : ma voiture ! »
*
« Allo, la police ? Je ne retrouve plus mon téléphone. Vous pouvez me le faire sonner ? »
Date de parution : le 4 mai 2016 Auteur : Matthieu Kondryszyn Editeur : cherche midi Prix : 11 € (208 pages) Achetersur : Amazon
1ère édition du Festival International l’Union des Ecoles du 14 au 18 juin, à Limoges !
Communiqué de presse :
Nous avons le plaisir de vous inviter à découvrir le spectacle MUST GO ON de Nathalie Fillion, avec les élèves sortant de l’Académie – Ecole Supérieure Professionnelle de Théâtre du Limousin. A Limoges les 14 et 15 juin au Théatre de l’Union dans le cadre de la 1ère édition du Festival International l’Union des Ecoles
A Paris du 23 au 26 juin à l’Atelier Carolyn Carlson dans le cadre du Festival des Ecoles de Théâtre Public
Jean Lambert-wild, Directeur de L’Académie de l’Union – École Supérieure Professionnelle de Théâtre du Limousin Directeur du Théâtre de l’Union – Centre Dramatique National du Limousin :
Le théâtre est une fugacité qui transforme notre présent. Son influence modifie l’usage des mots, des corps, des objets, des pensées. L’esprit s’y amourache de ce qu’il ne peut encore percevoir mais dont il ose penser le paysage secret. Cela a pour effet de construire une communauté qui, dans la ponctuation d’une éphémère représentation, trouve les perspectives qui fonderont durablement son humanité.
Notre volonté est que la première édition de ce «Festival International L’Union des Écoles» soit un point de ralliement, le lieu où une communauté, avide d’inventer, de penser et de s’égarer, puisse se rassembler, se reconnaître et débattre, dans des jeux de regards où tradition et innovation s’allient pour vaincre les cécités du temps et les troubles de l’époque. Transmettre et former, c’est construire l’engagement commun de notre devenir. C’est l’enjeu partagé de L’Académie de l’Union, École Supérieure Professionnelle de Théâtre du Limousin et du Théâtre de l’Union, Centre Dramatique National du Limousin. Pour cette première édition, nous avons le plaisir de vous inviter à découvrir cette nouvelle génération d’artistes, venant de Suisse, de Géorgie, du Canada, de Côte d’Ivoire, de France. Dans cette joie du théâtre, ils défendront toute la diversité des possibles, aussi bien en interprétant des textes classiques ou des créations contemporaines, qu’en s’emparant du saillant de la poésie. Si l’on désire qu’une intention poétique devienne le motif d’une action politique, il faut définir des objectifs, en partager les effets et ainsi en augmenter l’audience. Notre objectif est de faire de ce festival une pépinière de toute la richesse de la jeunesse au coeur de ce bien commun des francophonies. Le Limousin est une terre d’accueil et d’échanges. Son histoire, sa mémoire, ses valeurs de résistance, ses potentialités sociales, économiques et culturelles, la beauté de ses paysages, de son patrimoine, la fraternité de ses habitants, ses personnalités fortes animées de belles utopies, et aujourd’hui la naissance de ce festival et la volonté politique qui le soutient, sont autant de signes forts qui nous encouragent à lancer cette première édition.
1ère édition du Festival International l’Union des Ecoles
Exposition Yoko Ono au Mac Lyon prolongée jusqu’au 17 juillet
Le 8 mars, journée de la Femme, a eu lieu l’inauguration de l’exposition de Yoko Ono : Lumière de l’aube. A l’ouverture, deux grands chefs cuisiniers lyonnais ont interprété une pièce de Yoko Ono : Kitchen Piece. Mathieu Viannay (restaurant La Mère Brazier) et Grégory Cuilleron (restaurant Cinq mains) ont réalisé une « peinture de cuisine » en cuisinant deux soupes. Une idée des plus originales pour cette inauguration hors du commun ! L’exposition va se prolonger durant une semaine pour vous permettre à tous d’aller l’admirer. Elle se terminera donc le 17 juillet 2016 !
Communiqué de presse :
Du 9 mars au 17 juillet 2016, les trois étages du mac LYON sont dédiés à l’œuvre de Yoko Ono, conceptuelle dès l’origine et qui englobe tout à la fois la performance, les instructions, les films, la musique et l’écriture. Première rétrospective en France, cette exposition intitulée YOKO ONO Lumière de L’aube présente plus de cent œuvres, des poèmes illustrés de 1952 aux grandes installations de 2016, mais aussi des films, des performances… Fidèle à l’esprit de l’œuvre de l’artiste, l’exposition est à voir bien sûr, mais aussi à entendre et surtout à expérimenter.
Plasticienne, musicienne, vidéaste, à l’origine de la performance, engagée pour la Paix, Yoko Ono contribue à redéfinir et élargir considérablement l’art de notre temps.
Ses textes et poèmes, véritables partitions, empruntent toutes les formes de la culture visuelle : spectacle vivant, pièces musicales, actions participatives, peintures, installations, films… accordant une place essentielle à l’imaginaire.
Sur près de 3000 m², cette exposition inédite, entre partage et expérimentation, retrace plus de 60 ans de création.
Dates : du 9 mars au 17 juillet 2016 Lieu : Mac Lyon Entrée : 9 €
Dans les forêts de Sibérie : un hymne à la solitude et à la nature
Dans les forêts de Sibérie est d’abord un livre tiré tout entier du vécu de Sylvain Tesson. Cet écrivain-aventurier stupéfiant refuse la vie de tout le monde, la routine et la société devenue « hystérique et bruyante ». C’est un autre chemin qu’il a pris : celui des voyages, de l’aventure et du danger. Etudiant, il traverse l’Islande à vélo. Ce premier voyage porte tous les autres en lui, il ne s’est plus jamais arrêté : le tour du monde en bicyclette, la traversée de l’Himalaya, les steppes d’Asie centrale, la Russie de long en large … et bien sûr cette vie d’ermite pendant 6 mois sur les bords du lac Baïkal en Sibérie. Un rêve de longue date enfin réalisé.
Safi Nebbou, le réalisateur de ce film au titre éponyme, lorsqu’il a lu l’œuvre de Sylvain Tesson il y a quelques années, a senti naître l’envie de la transposer à l’écran. C’est chose faite… mais en chamboulant totalement le scénario.
« Je suis venu me rapprocher de ce que je ne connais pas : le froid, la solitude et le silence ». Teddy a un besoin impérieux de s’éloigner du monde. Pourquoi ? Pour avoir « la paix », pour se retrouver en silence loin des autres… Alors, il se retire un an dans une cabane de bois modeste et sans électricité sur les rives gelées de la plus grande réserve d’eau douce terrestre : le sublime lac Baïkal. Là, en plein hiver, il prend ses quartiers. Sur cette terre hostile et vide, il va rencontrer Aleksei, un Russe en cavale pour meurtre qui se cache ici depuis 12 ans. Une amitié improbable va se former… Raphaël Personnaz qui joue Teddy est pratiquement le seul acteur de ce film. Et il est emballant, radieux lorsqu’il explose d’une joie enfantine sur la glace. Le sourire jusqu’aux oreilles, le bonheur rayonnant, il s’étale sur le lac, fait des glissades, court, patine… Ces instants de jouissance sont des plus beaux du film. Ceux où l’on sent puissamment tout le bien que lui procure son isolement et la nature. Mais la base du scénario est une quête intérieure, celle de Teddy vers lui-même et loin des autres. Raphaël Personnaz qui incarne joliment l’innocence et l’exaltation de la liberté retrouvée, a plus de mal à jouer le rôle de cet homme fatigué par la société. Comme si lui-même ne pouvait interpréter cette sensation d’étouffement, de trop, de dépassement qu’il n’a pas connu du moins à une telle intensité. Dans ses silences, on voudrait qu’il nous en dise plus. Pour comprendre ses raisons. Mais ce film contemplatif laisse la porte ouverte à toutes les interprétations de cette mise au ban volontaire de la société… Chacun peut y mettre ce qu’il veut.
A-t-on dit que Raphaël Personnaz était l’acteur principal ? Une erreur. Le protagoniste du film, c’est la nature. Incontestablement le plus beau, le plus vibrant et le plus sincère des personnages. Elle prend presque toute la place et tant mieux puisqu’on n’est jamais rassasié de la voir défiler sous nos yeux. La beauté du lac Baïkal bordé de montagnes est incomparable. Nous redevenons des enfants émerveillés.
Au milieu de cette nature brute va se forger une amitié puissante et pudique. Aleksei est un tueur mais Teddy n’en a cure, le Russe lui a sauvé la vie. Il n’y a pas de morale, les sentiments prennent le dessus sans juger… Dans ce désert gelé, une fraternité solide vient réchauffer ces deux cœurs isolés… Un peu facile, trop romanesque. On prend quand même. Notons la prestation d’Evgueni Sidikhine qui est remarquable dans ce rôle de vieil ours solitaire en cavale aux sentiments enfouis.
Fermez-les yeux et vous entendrez une trompette… L’inspiré Ibrahim Maalouf qui a déjà créé la bande originale d’Yves Saint-Laurent, La crème de la crème, Je vous souhaite d’être follement aimée … a posé ses créations musicales sur le film de Safi Nebbou. Et pour célébrer cette nature qui nous dépasse, il a inventé une musique solennelle, presque grandiose. Une musique d’épopée qui nous fait voyager au-dessus du lac Baïkal et des forêts âpres de Sibérie. Parfois pourtant, se glisse une impression de dissociation entre la bande originale et les images qui nous soufflent deux histoires différentes. Comme si le paysage exalte notre désir de solitude et de pureté tandis que la musique nous invite au voyage et au respect de cette immense nature. Deux discours, deux sensations différentes. Un mélange surprenant mais la musique ne parle pas de la même façon à tout le monde.
En salle le 15 juin, n’hésitez pas à vous y rendre pour un grand bol d’air très frais (- 30°).
Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années. Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle.
Sortie : le 15 juin 2016 Durée : 1h45 Réalisateur : Safy Nebbou Avec : Raphaël Personnaz
Message important de Gabriel Gay à tous les enfants (L’Ecole des loisirs)
Gabriel Gay à travers son album va nous délivre un Message important. Un jour, un petit garçon est emmené à l’hôpital en urgence. Son chien court à toute vitesse derrière l’ambulance. Il appelle son maître, mais son maître ne l’entend pas. Il va alors se former une chaîne de solidarité incroyable autour de ce chien malheureux. Le chien va demander l’aide du chat. Il va lui demander de transmettre un message à son maître qui a disparu soudainement à l’hôpital. Et son message important, c’est : Ouaf ! Viens jouer avec moi !
Comme le chat ne va pouvoir aller jusqu’au maître, le chat va transmettre le message important à une souris… La souris non plus ne va pas arriver jusqu’au petit garçon hospitalisé… ce sera… qui va aussi transmettre son message… Je ne vais rien vous dévoiler du tout !
Bref, une superbe chaîne d’animaux va-t-elle permettre au petit garçon de recevoir son message si important ?
Que va-t-il se passer ? Qui sera au bout de cette chaine ? Et quel sera le message délivré ? Gabriel Gay nous raconte une très jolie histoire qui consolera tous les enfants malades et peut-être même que le message important va-t-il les guérir ? ou peut-être même qu’ils ne tomberont jamais malades !
De très beaux dessins accompagnent un texte simple, et des couleurs qui nous attirent !
Bref, un bel album de L’Ecole des Loisirs pour les enfants à partir de 5 ans !
Message important, un album jeunesse de Gabriel Gay
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Un petit garçon vient d’arriver à l’hôpital en ambulance. Son chien est très inquiet et trop grand pour passer les grilles qui se sont refermées. Comment lui envoyer un message d’amitié ? En comptant sur les autres, bien sûr ! C’est une véritable chaîne de solidarité qui se met en mouvement. Chat, souris, fourmi, poux et anticorps se relaient pour arriver au tympan du petit malade. Mais on peut compter sur l’humour iconoclaste de Gabriel Gay pour faire de ce parcours du combattant une histoire à mourir de rire… surtout pour les microbes ! A partir de 5 ans.
Date de parution : 8 juin 2016 Scénariste(s) : Gabriel Gay Dessinateur(s) : Gabriel Gay Genre : album cartonné jeunesse Editeur : Ecole des Loisirs Prix : 12,20 € Acheter sur : Amazon
La nouvelle vie de Paul Sneijder, ou un Thierry Lhermitte époustouflant
Thomas Vincent a adapté le roman de Jean-Paul Dubois, Le cas Sneijder, publié en 2011. L’histoire est tellement plausible qu’on s’attend à voir au générique : inspiré d’une histoire vraie ! Eh, bien non !
La nouvelle vie de Paul Sneijder a un scénario assez simple. Pour une fois, le synopsis et également la bande annonce ne dévoilent rien du film. Donc, j’en ferai autant. Paul a un accident d’ascenseur et suite à ce très grave traumatisme, sa vie prend un tout autre sens. Il voit tout autrement… Y compris en ce qui concerne sa femme : Ma femme, c’est une société anonyme ! Il n’a donc aucune illusion la concernant.
C’est Thierry Lhermitte qui interprète le rôle très difficile de Paul. Tout le film repose sur lui. Il est absolument incroyable. Ses regards, ses silences, sa froideur, tout en lui révèle ce profond mal-être qui le ronge. Cela se passe à Montréal, en plein hiver. Il fait un froid glacial, et cela envenime encore sa souffrance. Paul va rester des heures dehors sous la neige, à se geler, et à souffrir, seul, en silence.
Le film dure près de deux heures, mais on est tellement pris par le film qu’on ne s’en rend nullement compte. Les paysages sont sublimes, ce blanc immaculé de la neige, ses étendues infinies rejoignent la douleur infinie de Paul, accompagné d’une très belle musique. Les chiens vont détendre l’atmosphère pesante du film. Un peu comme une bouffée d’oxygène, aussi bien pour Paul que pour nous !
La nouvelle vie de Paul Sneijder, c’est un drame, bien sûr, mais c’est surtout un film empli d’humanité. Sans hypocrisie. Pas de pathos, juste la réalité face à un drame. Et la façon qu’a trouvée Paul pour s’en sortir.
Je vous assure que ce n’est pas un film triste, même s’il traite du deuil et certains passages nous font bien rire. L’épouse de Paul,Géraldine Pailhas, est assez cocasse et s’enfonce avec son « haut potentiel » !
Un film plein d’émotion, un film poignant. Un film marquant. Un film à voir assurément, ne serait-ce que pour le jeu de Thierry Lhermitte !
Suite à un rarissime accident, Paul Sneijder ouvre les yeux sur la réalité de sa vie de « cadre supérieur » à Montréal : son travail ne l’intéresse plus, sa femme l’agace et le trompe, ses deux fils le méprisent…
Comment continuer à vivre dans ces conditions ? En commençant par changer de métier : promeneur de chiens par exemple !
Ses proches accepteront-ils ce changement qui le transformera en homme libre ?
Sortie : le 8 juin 2016 Durée : 1h54 Réalisateur : Thomas Vincent Avec : Thierry Lhermitte, Géraldine Pailhas, Pierre Curzi Genre : Drame, Comédie
Résultats concours : Aquatics, 5 albums CD « Décroissance » gagnés
Vous avez été 3199 participants au concours Aquatics. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants d’1CD « Décroissance » sont les suivants :
Daniel Gilbert, Sylviane Ramon, Vincent Gautier, Anita Delavault et Isabelle Dumas
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
Sandy Ouvrier Intérieur Jour, Extérieur Nuit, scènes d’Alfred de Musset photo DR
Les journées de juin du conservatoire : des comédiens prometteurs
Nous avons assisté à la présentation du travail des élèves de 2ème année du conservatoire national supérieur d’art dramatique sous la direction de Sandy Ouvrier, composé de scènes d’AlfreddeMusset.
Un spectacle très abouti où à partir de l’œuvre du dramaturge et son questionnement sans fin des désordres amoureux, se brûle et se consume l’obscur objet du désir entre jeu de séduction, intrigue amoureuse, drame, critique sociale, naïveté et légèreté.
Mise à mal des convenances donc qui démasquent les passions, les sentiments comme l’orgueil, le mensonge, la jalousie et fustigent une comédie humaine aux prises avec la loi sociale ou morale.
Sandy Ouvrier s’en empare avec le talent qu’on lui connait : sens de l’espace, du rythme, touche poétique et un regard cinématographique qui font la part belle à des tableaux saisissants et décalés, propre au ton du dramaturge qui opère, en miroir, un basculement des personnages et des situations qui les assaillent.
Une voix off relie judicieusement les différentes scènes d’un même opus tandis que chaque extrait de pièces fait l’objet d’une transition aussi inventive que fluide.
[…] un regard cinématographique […]
La mise en scène et ses trouvailles, qui nous rappelle l’univers inspiré et coloré de Jacques Demy mais aussi ”Les chansons d’amour” de Christophe Honoré avec des compositions très réussies de GrégoryGabriel interprétées en live, cristallisent à merveille l’endroit et l’envers du discours amoureux.
Et les comédiens à la diction parfaite, pleinement investis, aux déplacements millimétrés : James BORNICHE – Sonia CARVALHODE ALMEIDA – Jessica CHANLIAU – Louise CHEVILLOTTE – Manon CHIRCEN – Marceau DESCHAMPS-SEGURA – CharlieFABERT – Louise GUILLAUME – Florent HU – Roman JEAN-ELIE – Hugues JOURDAIN – Jean-Frédéric LEMOUES – HanneMATHISEN – HAGA Sipan MOURADIAN – Morgane REAL – LéaTISSIER – Alexiane TORRES – Sélim ZAHRANI, sont justes et généreux.
8éme Edition : Salon Business’Art à Paris, appel à candidature !
Communiqué de presse :
Appel à candidatures peintres, photographes, sculpteurs, autres plasticiens ou galeristes. Nous vous donnons rendez-vous du 23 au 26 octobre 2016 dans un endroit prestigieux de la capitale. L’art s’est ouvert au monde, s’est affranchi de toute limite. Il est devenu une valeur incontournable de notre environnement. Business’Art est là pour répondre à cette actualité, faire dialoguer les différents acteurs, défendre l’art pour le faire prospérer. Rejoignez-nous, des centaines d’exposants l’ont déjà fait… Pourquoi pas vous ?
Le Salon Business Art se déroule depuis plusieurs années à l’Espace Pierre Cardin. Présentant un nombre important d’artistes, les organisateurs proposent de conjuguer l’art, l’entreprise et l’action humanitaire.
Aller à la rencontre du grand public fait partie des ambitions de ce salon à échelle humaine.
Sa pluralité et sa grande ouverture sont ses points forts. Alors que nous sommes dans une certaine incertitude économique, le Salon Business Art hisse haut ses couleurs en permettant l’accessibilité de l’art contemporain à tous. Ainsi, il s’agit de faire découvrir une grande diversité de talents mais également d’initier les entreprises à la pratique du mécénat et de l’achat des œuvres. En effet, depuis la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, les entreprises peuvent bénéficier de nouveaux avantages sur l’achat d’œuvres d’art. De son côté, le Salon accueille des artistes dont 60% sont soutenus par des entreprises.
Business Art se veut avant tout une plate-forme d’échanges entre les acteurs culturels, le monde de l’entreprise et le grand public. Rendre l’art accessible, voilà le leitmotiv de ce salon. Chacun pourra entrevoir, lors de ces quatre jours, les richesses et la créativité d’artistes, pour la plupart indépendants.
Le Salon débute par un vernissage le jeudi soir, durant lequel les visiteurs peuvent rencontrer les artistes ainsi que les personnalités importantes représentant le salon, autour d’un cocktail. Du Jeudi au dimanche, le salon est ouvert continuellement au public. Les après-midis sont généralement ponctuées par des performances d’artistes comme, par exemple, du body-painting ou encore des conférences concernant le milieu de l’art, le mécénat, etc. De plus, un jeu-concours rythme tous les ans, le salon avec à la clé un bon d’achat valable pour l’acquisition d’une œuvre d’art, présente au salon.
La soirée du samedi est un rendez-vous entre les artistes et le monde de l’entreprise. Elle débute par un discours de présentation sur le mécénat d’entreprise, suivi d’un cocktail convivial dans le but de favoriser la discussion entre les participants.
Le Salon bénéficie d’un partenariat avec le magazine d’art La Gazette des Arts, magazine trimestriel, vendu en kiosque, éditant un numéro spécial chaque année à l’occasion du salon, présentant un catalogue dans lequel vous retrouverez tous les artistes et galeries présents lors de l’événement afin que chacun puisse retrouver facilement ses coups de cœurs du salon.
Situé en plein cœur d’un des carrefours internationaux de l’art, le Salon vous offre chaque année le cadre intime et de grande qualité de l’espace Pierre Cardin pour rencontrer les acteurs et amateurs de l’art contemporain.
L’heure de la lune, un charmant livre cartonné, pour tout-petits, d’Alex Sanders (L’Ecole des loisirs)
Alex Sanders va enchanter les tout-petits avec son dernier livre L’heure de la Lune. Il a inventé une charmante histoire qui reprend différents animaux au moment de l’heure du coucher.
Le rituel du coucher est repris avec chaque animal : que ce soit le lapin, la dauphin, l’éléphant… Chacun doit avoir bien fait ce qu’il faut avant d’aller se coucher. Se brosser les dents, faire pipi, faire un dernier bisou, prendre son doudou…
En bas de chaque page, il y a un lit bien coloré et bien fait qui attend son propriétaire. La première page a un lit, la deuxième page, deux lits et ainsi de suite… Donc, à la dernière page, il y a sept lits, avec sept animaux qui dorment !
C’est tout simplement charmant, avec des couleurs vives et gaies et des dessins très naïfs et très simples. L’enfant, même tout petit va comprendre le livre, même sans l’aide de l’adulte. L’heure de la lune est un livre qui va aider le petit à s’endormir en toute sérénité. Il va vite faire partir du rituel du coucher !
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A l’heure du coucher, maman lune accompagne tous les enfants. Elle vérifie que petit lapin s’est bien lavé les dents, que petit pingouin a son doudou, etc. Un album avec des onglets.
Date de parution : 1er juin 2016 Scénariste(s) : Alex Sanders Dessinateur(s) : Alex Sanders Genre : album cartonné jeunesse de la collection loulou & Cie Editeur : Ecole des Loisirs Prix : 10 € Acheter sur : Amazon
L’Idéal, film de Frédéro Beigbeder, Copyright Légende Distribution
L’Idéal, une charge frustrante contre les dérives du capitalisme
Avec L’Idéal, FrédéricBeigbeder porte à l’écran son roman Au Secours pardonet donne un grand coup de pied dans la fourmilière capitaliste. Mais si le film vise juste en dénonçant la totale et constante hypocrisie d’un système basé sur du rien vendu très cher, il n’évite pas le piège de la farce grotesque. A trop vouloir en faire, l’écoeurement guette et les bonnes dispositions entrevues dans le précédent L’amour dure 3 anss’effacent devant une facilité illusoire.
Octave Parango est de retour. Après avoir dénoncé les travers de la pub dans 99FF, il revient pour stigmatiser le fascisme de luxe des marques arborant des gamines de 15 ans pour vendre leur rêve de jeunesse éternelle. Tout en profitant allègrement d’un système qui l’entretient. Octave est embauché pour mettre à profit ses talents de scout dans le but de dénicher la perle rare qui sauvera le géant mondial de la cosmétique de la déroute, L’Or… euh, L’Idéal.
Premier écueil, le casting. Le même Gaspard Proust qui incarnait Marc Marronnier dans L’amour dure 3 ansreprend le rôle d’Octave tenu par Jean Dujardin dansle99FFde Jan Kounen. Vous suivez ?Même acteur mais personnage différent, de quoi s’y perdre et une preuve évidente du trop gros mélange des genres opéré par Frédéric Beigbeder. Demanderait-on à Tom Hanks d’interpréter Jason Bourne à la place de Matt Damon alors qu’il a déjà joué dans Captain Philipsdu même réalisateur PaulGreengrass ? Bref, c’est à peu près du même acabit. Détail peut être, mais une preuve significative de la trop grande décontraction du réalisateur. A trop empiler les niveaux de lecture, il se perd dans ce qui s’apparente à une comédie boursouflée sans saveur. Sous couvert d’une critique acide d’un système régissant les populations occidentales à coup de messages subliminaux permanents, le film déballe une quantité impressionnante de chair fraiche.
Oui, le corps de la femme est au centre du film. Bien plus qu’un opus centré sur un héros bêtement cynique et profiteur, le long métrage accumule les images outrancières en faisant croire qu’il les dénonce. Si les livres du réalisateur fonctionnent, c’est justement parce que rien n’est vraiment évident, tout baigne dans un brouillard flouté de vapeurs hallucinogènes. Ici, la chair est omniprésente, jusqu’à la nausée. L’humour pince sans rire de L’amour dure 3 ans se transforme en grosse machine pas subtile pour un sou, grossière et même tout à fait vulgaire.
Où s’arrête la critique et où débute la complaisance… Vaste sujet. Gaspard Proust s’est laissé pousser la barbe pour ressembler à son mentor, Audrey Fleurot promène sa sexytude rousse sans prouver grand chose, Jonathan Lambert est peut être le personnage le plus décalé et franchement drôle avec cet alliage de colère rentrée et de revanche sur le monde. Quant à la top model Camille Rowe, elle interprète une mannequin neuneu clamant ne faire aucune différence entre les races supérieures et les races inférieures… croustillant.
Le film se veut autant décalé que cette PDG de L’idéal complètement ambivalente, mais le film reste souvent frontal, bassement premier degré et pour tout dire vulgaire. Les femmes sont nues, les femmes sont belles, tant d’étalage lasse bien vite, faisant passer au second plan tout parti pris sociologique pertinent. Bien dommage.
L’ancien concepteur-rédacteur Octave Parango de « 99 francs » s’est reconverti dans le « model scouting » à Moscou. Cet hédoniste cynique mène une vie très agréable dans les bras de jeunes mannequins russes et les jets privés de ses amis oligarques… jusqu’au jour où il est contacté par L’Idéal, la première entreprise de cosmétiques au monde, secouée par un gigantesque scandale médiatique. Notre antihéros aura sept jours pour trouver une nouvelle égérie en sillonnant les confins de la Russie post-communiste, sous les ordres de Valentine Winfeld, une directrice visuelle sèche et autoritaire. Entre les réunions de crise à Paris, les castings à Moscou, une élection de Miss en Sibérie, une fête chez un milliardaire poutinien et une quête des « new faces » aux quatre coins de l’ex-URSS, le fêtard paresseux et la workaholic frigide vont apprendre à se supporter et peut-être même à se sauver.
Sortie : le 15 juin 2016 Durée : 1h30 Réalisateur : Frédéric Beigbeder Avec : Gaspard Proust, Audrey Fleurot, Anamaria Vartolomei Genre : Comédie
Résultats concours : Gigamic, 6 jeux de société Focus gagnés !
Vous avez été 5569 participants au concours Gigamic. Merci de votre excellente participation. Les 6 heureux gagnants d’1 jeu de société Focus sont les suivants :
Bernadette Payard, Anne-Laure Bergereau, Jeremy Feret, Marlène Amador, Maxime Lordat et Matthieu Bastard
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
Les délices de 36 ou le bonheur des congés payés, conté par Nicolas Rey (Éditions Prisma et Steinkis Groupe)
Nicolas Rey nous embarque dans une histoire vieille et pourtant toujours proche de nous ! On est en 1936. C’est à la fois la découverte et le bonheur des congés payés. Les premiers congés payés !
On peut ne rien faire, ne pas travailler et être payé ? C’est carrément le miracle ! Alors, Jean, Bernadette et Marius vont prendre le train (avec un billet populaire, de congé annuel qui existe toujours, le saviez-vous ?). Et pour la première fois de leur vie, ils vont aller au bord de la mer : à Deauville. Ils ont, enfin, obtenu des jours de congés après s’être battu durant des mois et des mois… « La bourgeoisie vomit le prolétariat. Dès la première semaine de ses congés payés, la France est coupée en deux. Comme elle l’a toujours été. Comme elle le sera toujours. » p.22. Nicolas Rey s’intéresse à deux familles : celle de Marius, bien sûr, mais aussi celle d’Emma. Guère de points communs entre les deux. Les portraits des parents sont jubilatoires ! Et puis, contre toute attente, Marius va rencontrer Emma. Et va connaître l’amour fou. « C’est une histoire universelle. Il y a un passé, un destin, des rencontres et un jour débarque l’autre, à savoir l’amour d’une vie. » p.44 Marius et Emma vont s’aimer et à travers eux découvrir et aimer l’amour. L’écriture de Nicolas Rey est limpide comme la jeunesse. Directe sans détours. Et puis, il y a ce clochard que rencontre Marius, toujours aux moments où il en a le plus besoin ! Et ce clochard va lui donner des leçons de vie, leçons de philo : « Parce qu’un chagrin d’amour, ça fait d’un apprenti coiffeur un émule de Socrate. » p.107
Ce petit livre se lit à la vitesse de l’éclair tout en spontanéité et légèreté. Un réel moment de plaisir. A lire et relire !
C’est la dessinatrice Pénélope Bagieu qui a dessiné la première page de couverture, très belle.
Incipit : la petite collection des grandes premières fois :
Une nouvelle collection sera proposée à compter du 23 mars 2016, portée par les Éditions Prisma et Steinkis Groupe. Des auteurs y racontent une première fois, qu’elle soit historique ou universelle, dans des récits mêlant fiction et réalité : « Il s’agit moins d’écrire l’Histoire que de la réécrire, sans offense pour l’Histoire, et pour le plus grand plaisir du lecteur. » Des thèmes variés, et trois premiers ouvrages qui parlent du bikini, de Marguerite Yourcenar à l’Académie et de la première édition du Festival de Cannes…
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Juin 1936 : Jean, Bernadette et leur fils Marius, 15 ans, partent en train pour Deauville. Même dans les rêves les plus fous, personne n’aurait jamais osé imaginer une telle chose : partir. S’en aller. Avoir le droit de vivre, enfin. Mais qu’y a-t-il derrière ces rêves ? Dès la première semaine de ses congés payés, la France est coupée en deux. Comme elle l’a toujours été. Comme elle le sera toujours. Dans cette fiction jubilatoire, Nicolas Rey reconstitue au gré de son imagination les premières vacances de ses aïeux. Les premiers congés payés… L’idée de vacances payées naquit dans les années 1920. En France, il existe des exemples d’initiatives à cette époque. L’expérience initiée au sein du journal «L’information» démontre que l’octroi de vacances payées au personnel est une solution avantageuse pour tout le monde. Journaliste pour « L’Information », Léon Blum découvrit cette initiative qui l’intéressa vivement. Ce fut sans doute l’un des germes de cette révolution culturelle que fut la création des congés payés. En 1936, les grèves joyeuses, impliquant près de 2 millions de travailleurs et paralysant tout le pays, aboutiront à la création des congés payés, fixés à quinze jours à l’origine.
Date de parution : le 1er juin 2016 Auteur : Nicolas Rey Editeur : Éditions Prisma et Steinkis Groupe. Collection Incipit Prix : 12 € (128 pages) Achetersur : Amazon
The Neon Demon, film de Nicolas Winding Refn, Copyright Koch Media
The Neon Demon ou la beauté du diable
The Neon Demon signe le retour de Nicolas Winding Refn après une pause de 3 ans et un Only god forgives moyennement accueilli par la critique et le public. Le réalisateur danois troque le héros impénétrable pour une héroïne glacée comme un iceberg à la beauté du diable. Esthétique de film de science fiction avec ces blancs immaculés, ces rouges flamboyants et ces bleus hypnotiques, pour un spectacle visuel éblouissant.
Réalisateur à la côte ascendante depuis son premier Pusher sorti en 1996, Nicolas Winding Refn se crée une légende à coup de films sans concessions à la violence stylisée, aux intrigues puissantes et aux héros énigmatiques. Bronson, Le Guerrier Silencieux et surtout Drive l’ont fait entrer dans le club des réalisateurs attendus à chaque film. Quand il débarque au Festival de Cannes 2016 accompagné d’Elle Fanning pour présenter sonNeon Demon, le buzz est instantané. A tort ou à raison, le film fait la couverture des magazines et les premiers trailers confirment la profondeur insondable de l’héroïne. Habitué au choix de bandes sons judicieuses depuis Kavinsky dans Drive (There’s someting inside you… inoubliable!), le réalisateur nimbe son opus de musiques hypnotiques, teintées de techno lancinante.
L’héroïne est considérée comme l’élue. Jesse a une beauté parfaite, une peau sublime et un visage d’ange mutin. Elle soulève l’enthousiasme de tous ses interlocuteurs. Son destin de mannequin star est tout tracé dans un univers où les visages apparaissent souvent pour disparaitre presque aussitôt. La beauté est l’étalon maitre. Beauty is not everything, it’s the only thing déclare ce couturier tombé sous le charme de la jeune arrivante. L’admiration est évidemment teintée de jalousie et d’envie, transformant les regards de convoitise en menaces silencieuses. Les ambiances colorées donnent à The Neon Demon une aura de film de science fiction. Les plateaux de shooting photo semblent libérés de l’attraction terrestre, les physiques sont mutants et les regards extraterrestres. Plus qu’un film sur la mode, The Neon Demon figure une variation moderne du mythe de Faust, comme si Jesse avait signé un pacte avec le diable pour attirer irrésistiblement tous les regards.
Là où les concurrentes rivalisent d’ingéniosité pour paraitre belles et désirables à coup de chirurgie esthétique, de poses compassées et de regards perdus, la seule présence de Jesse suffit à aimanter l’attention. Le destin de la belle mi-ange mi-démon est automatiquement tragique. C’est le discret Keanu Reeves qui apparait dans un cauchemar et ces mannequins qui ne rêvent que de voler sa beauté. Nicolas Winding Refn entretient le doute entre la coïncidence génétique imprévue et l’arriviste aux dents longues. Jesse est un vrai personnage mystérieux, d’abord ingénue puis consciente de son pouvoir. Et le film enchaine les mises en scène kubrickiennes pour la mettre incessamment en valeur. Est-elle si belle qu’elle puisse fasciner à tout bout de champ ? Un charme magique semble habiter son physique et sa chair… Le dénouement tranche avec l’intrigue, jusqu’à faire douter de sa justesse.
Mais rien ne pourra empêcher de laisser penser queThe Neon Demonest un film intriguant et plastiquement étincelant. Jesse embrasse son reflet dans le miroir comme une variation du conte de Blanche Neige… Mirror mirror on the wall… la beauté parfaite semble une raison suffisante pour perdre son âme. L’obsession de la beauté est au premier plan en même temps qu’à distance. Si la référence à toutes ses jeunes filles s’affamant pour envisager une carrière de mannequin star saute aux yeux, Nicolas WInding Refn va au delà et associe son opus à un conte fantastique. Jusqu’à fasciner le spectateur.
Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d’autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.
Sortie : le 8 juin 2016 Durée : 1h77 Réalisateur : Nicolas Winding Refn Avec : Elle Fanning, Jena Malone, Bella Heathcote Genre : Thriller
Résultats concours : Vicky, 10 places de ciné gagnées !
Vous avez été 3024 participants au concours Vicky. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :
Sophie Boullay, Marie-Claire Allaigre, Thierry Nadim, Pascale Bizet et Juliette Cudry
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !
Publik’Art connaît la bête. À plusieurs reprises, Gatane nous a très gentiment invités à son spectacle « Live Therapy »et à chaque fois, ce fut un plaisir d’être assis et de regarder l’artiste faire marrer la salle. Stop au copinage, rentrons dans le vif du sujet.
Gatane c’est quoi ? Jeune, talentueux, musicien, ce docteur des maux se met en scène depuis quelques temps déjà, accompagné de deux loubards franchement sympa, avec pour objectif d’offrir aux spectateurs un vrai moment. Il est nécessaire d’appuyer sur l’idée de « vrai moment » puisque même après une couplée de semaines passée, la fulgurance de certains moments continue de brailler de joie à l’intérieur de nos crânes. Bref. Sans doute que le meilleur moyen de cerner le personnage, c’est de le laisser parler : Gatane, à la plume.
Lodi – Gatane, Gatane, Gatane… qui es tu? Gatane – Auteur-compositeur-interprète et humoriste, je suis originaire de Marseille et suis installé à Paris, où je joue mon spectacle « Live Therapy ». Mon piano c’est mon arme de guérison massive. Il accompagne toutes mes chansons. Je suis accompagné sur scène également par mes deux excellents musiciens : Thomas Chalindar à la batterie et Ludovic Cotessard à la basse. Outre mes albums et la scène, je compose aussi beaucoup pour la TV, la radio et le cinéma.
L – Depuis combien de temps joues-tu « Live Therapy » ? Gatane – Ça fait deux ans que le spectacle tourne. J’ai commencé aux Déchargeurs à Paris, puis investi l’Apollo et aujourd’hui le Sentier des Halles. Tout ça ponctué de dates de tournée à Marseille et un peu partout en France.
L – C’est toujours un plaisir ? Pas de souci de lassitude ? Gatane – Aucun ! Le spectacle évolue régulièrement et on s’éclate toujours à écrire de nouvelles choses avec mon metteur en scène et co-auteur des sketches Florian Maubert. Le rapport avec le public évolue aussi pas mal. La complicité avec mes musiciens également et du coup la thérapie marche de mieux en mieux !
L – Pourrais-tu présenter ton spectacle ? Gatane – Live Therapy c’est une thérapie musicale du public ! Je suis le musicothérapeute et je promets une guérison spectaculaire ! À travers chansons décalées et sketches, on voyage dans les grands thèmes de la vie et les moments insolites pour trouver en musique la recette du bonheur.
L – Le souci du OneManShow, c’est que ça sente la soupe froide. Mais, et je parle en connaissance de cause, ton show est plutôt chaud et plutôt plaisant. T’en penses quoi de cet essor du « one man standing on stage » ?
Gatane – Le One Man c’est un art difficile et exigeant pour un comédien. Tu es sans filet, il faut être à 100% car tu dois créer de la magie et avoir le sens du rythme. J’aime beaucoup ce style qui permet de s’exprimer de mille façons. Ce qui me touche moins parfois dans certains stands-up c’est quand on ne sent pas de personnages et quand les thématiques sont trop quotidiennes. Je suis plus attiré vers la façon de faire rire d’une Foresti par exemple que je trouve toujours aussi inventive et drôle.
L – Quand est-ce que tu t’es dit « Je me lance, je veux faire rire, j’ai envie d’être sur scène » ? Coup de tête ou aspiration à l’écriture et la scène dès l’âge de tes couches ? Gatane – Depuis petit j’aime faire rire et chanter. On a même retrouvé des enregistrements de moi à 5 ans où je fais le pitre en chantant du Brassens ! C’est collector, je les garde pour chez Drucker ! Je suis tombé dans la musique très jeune aussi, et j’ai appris le piano. Du coup au départ de ma vie d’artiste, j’ai démarré comme pianiste dans les clubs de jazz à Marseille et Paris puis j’ai chanté et mis le pied dans la comédie avec une troupe d’humoristes bien barrée. Je me produisais notamment avec un quatuor vocal d’humour noir baptisé « Les 4 Salopards », avec lesquels on a fait Incroyable Talent sur M6 et une chaîne de vidéos Youtube. C’était trash mais vraiment drôle ! J’y ai de plus rencontré mon metteur en scène. Puis au fil des spectacles, j’ai créé mon propre style, écrit mon répertoire de chansons, de sketches en mixant plein d’expériences personnelles et plein d’observations.
L – Ton spectacle est parsemé de chansons qui, d’une certaine manière, articulent ton heure et demi de sueur. Comment écris-tu ? Gatane – Je pars souvent plutôt du texte avec une idée qui me fait rire ou un thème qui m’inspire. J’aime essayer de trouver des angles et des points de vue un peu inédits, incisifs. Par exemple j’ai écrit une chanson d’amour de daltonien, parce que je trouvais un peu injuste que le rouge soit la couleur de l’amour ! Je compose les musiques généralement au piano puis je réalise moi-même les arrangements dans mon studio. En ce qui concerne les sketches et les chroniques on écrit à deux avec mon metteur en scène Florian Maubert avec lequel on a une super complicité dans le travail.
L – On trouve donc des chansons, mais aussi des moments où tu cherches le public. C’est la spontanéité qui parle parfois. Penses-tu que l’on puisse tenir un public sans laisser la spontanéité et l’improvisation parler ?
Gatane – On ne tient pas le public, on lui donne juste à entendre une bonne histoire, une belle situation qui crée de l’attente. On peut alors selon son style improviser ou rester sur son texte mais ce qui compte vraiment c’est de servir la situation et créer des surprises, comme un artificier qui voudrait surprendre sans cesse. Moi j’ai un gros plaisir à improviser et j’aime être surpris par mes musiciens ou par le public. Ça fait des moments vraiment uniques !
L – Comment vois-tu le succès ? Est-ce que par exemple, le succès c’est une certaine renommée médiatique, ou bien c’est ce que tu as et ressens quand tu as réussi à faire rire une salle, petite, moyenne, dantesque ?
Gatane – J’ai vu une vidéo Youtube très intéressante récemment sur la différence entre succès et réussite. En gros ça disait qu’on peut avoir du succès sans vraiment avoir réussi ce qu’on voulait, et on peut réussir ce qu’on aime sans pour autant avoir beaucoup de succès. Pour moi le plus important c’est que les spectateurs oublient leurs soucis pendant 1h30 et voyagent avec moi. Quand j’entends les gens me dire : « ça devrait être remboursé par la sécu ! » c’est ça le vrai succès pour moi. Je pense que si on garde cette éthique sur des salles très importantes tout marche aussi. Mais il faut rester dans une vraie exigence au niveau du travail et connecté à sa démarche d’artiste.
L – Que penses-tu du rapport à l’argent dans le milieu de l’intermittence ? Gatane – Mais on le sait tous… Un musicien qui n’a pas de Rollex à 50 ans c’est que franchement… Non sérieusement je pense que c’est un domaine où on se fait beaucoup presser sous couvert de passion. Mes musiciens par exemple s’impliquent beaucoup pour le spectacle et on doit souvent batailler pour qu’ils soient correctement rémunérés, comme tout artisan qui réalise un travail par passion mérite un salaire convenable.
(L – Du coup, est-ce que le succès c’est de pouvoir vivre des planches ?) Gatane – Ça y ressemble bien !
L – Je crois que tu es prof (Me trompé-je ?). Comment jongler entre la chemise de l’enseignant et celle que tu portes sur scène ? Gatane – Tu as un bon indic ! Et oui j’ai fait des études de maths j’ai passé mon agreg de math avant de m’engager dans la musique, et pas qu’un peu car j’ai poussé jusqu’à l’agrégation de maths. Donc j’enseigne les maths et la musique à mi-temps dans un lycée près de Paris. Pour tout te dire ça me plait plutôt de jongler entre les deux. L’enseignement est une super façon d’être en contact avec un public pas facile qui en plus n’a pas toujours envie d’être là ! Donc le challenge est génial de les intéresser avec des maths ! Ça demande de l’originalité, de la passion et pas mal d’humour ! Et puis je teste quelques vannes sur eux c’est de bonne guerre. La plupart de mes élèves savent que je suis artiste car ils m’ont vu en TV et du coup ils viennent même aux concerts de leur prof de maths ! C’est assez drôle pour eux et pour moi. Pour les parents d’élèves par contre je sais pas…
L – Conseil de classe. Le cas suivant est le tien. Fais le prof, fais ton bilan. Gatane – Alors l’élève suivant c’est… Gatane…voyons donc… Histoire Géo 9/20, quelle idée aussi de confondre Marseille et Paris sur la carte de France ! Maths ça va ça passe… par contre Gatane bavarde beaucoup trop en classe… J’ai appris qu’il fait même payer des gens pour venir l’écouter… c’est pas très sérieux tout ça . Enfin, si la proviseur Mme Publikart ne s’y oppose pas je propose de lui laisser les compliments cette fois-ci pour « Live Therapy » mais si cet élève continue à faire chanter ses camarades et à se marrer en classe avec son piano, ce sera le conseil de discipline direct au prochain trimestre !
L – Voudrais-tu seulement faire de la scène ? Gatane – J’adore la scène et c’est mon meilleur terrain d’expression ! Mais le bon équilibre c’est aussi de garder un pied dans la composition et le studio. Je compose beaucoup pour la télévision notamment et les phases de studio sont très complémentaires avec les tournées.
L – Après le 13 novembre, on a ressenti une sorte de climat de peur en ce qui concerne les salles de concerts, spectacles… Certaines personnes, spectateurs ou artistes, étaient sur la réserve. Que pensais-tu et que penses-tu aujourd’hui de ce climat là ? Ton regard a-t-il changé ?
Gatane – J’étais sur scène au Sentier des Halles pendant cette période. Le climat était vraiment très particulier. Nous sur scène et le public dans la salle avions l’impression curieuse d’être dans un acte de résistance. Il y avait quelque chose de troublant et aussi parfois un peu disproportionné. Certaines de mes chansons comme « Je marchais dans Paris », un hymne assez léger à la balade parisienne, semblait être une chanson militante tout à coup. C’était à la fois émouvant et flippant. Aujourd’hui ce climat s’est un peu apaisé. Les gens sortent à nouveau. Mais il faut garder à l’esprit que nous défendons toujours un modèle de société et que chaque spectacle compte pour le faire.
L – En ce qui concerne la suite. Es-tu en écriture pour un prochain spectacle ? Gatane – Pas pour l’instant. Nous travaillons sans cesse pour faire évoluer notre « Live Thérapy » et l’enrichir. Mais je suis en écriture de chroniques pour la radio et la TV. Et je compose actuellement des pièces pour piano.
L – Je crois qu’il te reste une date au Sentier des Halles, à Paris. C’est le 14 juin. Grande date, non ? Gatane – La dernière de la saison ! Ce sera une très belle date oui et on a hâte d’y être ! Les musiciens sont tout excités… calmez vous les gars ça se fait pas ! Ensuite on part en province et on reviendra avec plein de nouveautés à Paris à la rentrée !
LIVE THERAPY : 14 JUIN à 20H AU SENTIER DES HALLES
52 RUE D’ABOUKIR 75002 PARIS, Metro Sentier
Billetterie : Fnac, Ticketac, Ticketnet, Billetreduc.com
Les délices de Tokyo, un film délicieux de Naomi Kawase en DVD
Naomi Kawase réalise un film empreint de poésie avec Les délices de Tokyo. On y découvre la fameuse recette des dorayakis. Et même si tout semble tourner autour de la cuisson des haricots rouges, on découvre toute une philosophie de vie à travers ce conte. Publik’Art avait eu coup de cœur pour Still the water, Les délices de Tokyo sont de la même veine !
Bien sûr quand on va voir un film de Naomi Kawase, on se prépare mentalement à voir un film japonais, en mode zen. Les délices de Tokyo se déguste tout doucement pendant près de deux heures et se digère ensuite durant des jours et des jours. Sur le moment, on a l’impression d’avoir vu un film sans grande histoire, tellement elle est simple, mais après réflexion, le film prend une tout autre dimension.
Les délices de Tokyo raconte l’histoire de Sentaro qui cuisine, péniblement, et vend lui-même ses dorayakis. Jusqu’au jour, où une femme, déjà âgée, lui propose de lui faire sa propre recette. Il commence par refuser, vu son grand âge et la fatigue de la tâche. Tokue va finalement être embauchée et ensemble ils vont faire les meilleurs dorayakis du monde. Mais là n’est pas l’essentiel du film.
Toute la première partie du film est centrée sur la cuisson des haricots rouges, durant des heures et des heures. Au fil de ces heures, la relation entre Sentaro et Tokue va prendre forme, naturellement, sans beaucoup de dialogues. Tokue va prendre sa place de « sage ». Chez la réalisatrice, Naomi Kawase, les personnes âgées ont toujours le rôle déterminant. Le rythme est lent, voire très lent, mais toujours poétique. On admire au passage la nature, les cerisiers en fleurs, les jeunes collégiennes qui discutent. Rien d’essentiel à première vue. Aucune notion de temps, de stress.
On n’a pas du tout l’impression d’être à Tokyo, mais on ressent bien l’ambiance japonaise. Puis, la réalisatrice Naomi Kawase va nous révéler le secret de cette femme, Tokue, qui est aussi le secret de l’Histoire du Japon. Cela n’empêche pas Tokue de respirer la joie de vivre et de s’extasier devant une feuille qui bouge. Elle va nous dévoiler son message en regard de la vie qu’elle a eue, qu’elle a subie. Et le film va prendre une tout autre dimension. Comme un conte philosophique. Comme chacun des films de Naomi Kawase. Tokue va délivrer à Sentaro, comme si c’était son fils, les moyens d’être heureux sur terre. Pas besoin d’être un grand homme, pas besoin de donner un sens à sa vie, admirer la nature et l’écouter, vivre en accord avec elle est déjà un immense bonheur.
Le film Les délices de Tokyo est à la fois très simple, très léger tout en atteignant une belle profondeur d’âme. La fin du film est plus lourde et pesante et peut d’ailleurs déranger. La tristesse prend le pas sur la gaieté et la légèreté. Mais que de vérités simples, souvent oubliées, sont émises, par le biais de très bons acteurs ! Souvent le scénario se devine à l’avance, mais peu importe, Publik’Art a aimé ce film ! Dans nos vies infernales, ce moment de répit que nous offre Naomi Kawase n’a pas de prix ! De la poésie, de la délicatesse, des photos sublimes, une musique en harmonie avec les images, et beaucoup de mélancolie font de ce film un havre de paix. A voir et à méditer, encore et encore.
Les délices de Tokyo ont eu huit nominations au Festival de Cannes 2015, mais sont repartis, hélas, bredouilles…
Les dorayakis sont des pâtisseries traditionnelles japonaises qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits, « AN ».
Tokue, une femme de 70 ans, va tenter de convaincre Sentaro, le vendeur de dorayakis, de l’embaucher.
Tokue a le secret d’une pâte exquise et la petite échoppe devient un endroit incontournable…
Sortie en DVD : le 7 juin 2016 Durée : 1h53 Réalisateur : Naomi Kawase Avec : Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida Genre : Drame, comédie Acheter sur Amazon
Spectacle de clown pas comme les autres : Fabrice Letertre-Hamelin
Fabrice Letertre-Hamelin est un clown pas comme les autres. Bien sûr, il a un gros nez rouge, mais son maquillage est très perfectionné pour un clown et il ne fait pas trop rire. Il a un regard perçant et son visage s’exprime de mille façons. A travers ses mimiques uniques ! En fait, Fabrice Letertre-Hamelin nous fait un terrible examen de conscience et passe en revue notre vie de tous les jours : la pollution, le bruit, le dérèglement climatique, la pollution des fleurs, des océans, notre rythme de vie à 100 à l’heure… Sans parler, sans prononcer une parole. Bref, à travers ses mimes et surtout sa gestuelle du visage, accentué par son maquillage, toutes les émotions sont représentées et prennent vie sur une bande son qui défile à toute vitesse ! Tout cela est réalisé avec beaucoup de délicatesse et de poésie. Il produit un spectacle qui peut être vu à tous les âges et qui pourra aider les enfants à prendre conscience des conséquences de leurs gestes. Fabrice Letertre-Hamelin se trouve dans le Pays Basque et vous pouvez le joindre sur sa page Facebook !
Folles de joie, un film merveilleusement déjanté de Paolo Virzi
Paolo Virzi s’attaque au monde de la folie avec son dernier film Folles de joie. On pourrait croire que les deux héroïnes sont justes un peu fofolles. Mais non, hélas !
L’histoire de Folles de joie est simple : Béatrice, l’excellente Valeria Bruni Tedeschi, est dans une maison spécialisée dans les maladies mentales. Y séjournent des femmes qui souffrent de graves troubles psychiatriques. C’est une jolie maison, La Villa Biondi, dans un très beau parc. Un beau jour arrive une jeune femme, son opposé. Autant Béatrice est extravertie, élégante, bavarde et se mêle de tout autant Donatella, Micaela Ramazzotti, est timide, mal dans sa peau, tatouée et mal fagotée. Toutes les deux sont belles mais elles ne sont pas comme tout le monde… Et quand on découvre les bêtises qu’elles font alors « qu’elles font le mur », leurs passés, leurs enfances, leurs souffrances ressurgissent violemment. On ne peut alors que mieux les comprendre.
Paolo Virzi nous dévoile toute une sensibilité à travers son film qui est à la fois drôle, car on ne peut pas s’empêcher de rire, et en même temps si grave ! Le monde de la folie est abordé avec beaucoup d’humanité et d’originalité. Et en même temps, c’est un film très gai ! Réaliser un film au sujet triste et en faire un film coloré, gai et plein de vie ! Rien que pour ça, ce film est un chef-d’œuvre !
Les deux actrices sont admirables de beauté, de justesse dans des rôles pourtant bien difficiles. A travers elle, la barrière du normal et de l’anormal est mince, très mince. Et peut être franchie par tous. On le comprend. Paolo Virzi ne juge jamais. Il démontre la vie présente, conséquence de la vie passée. Folle ou pas folle.
Beatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif. Donatella est une jeune femme tatouée, fragile et introvertie. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient d’amitié. Une après-midi, elles décident de s’enfuir bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu’est le monde des gens « sains ».
Sortie : le 8 juin 2016 Durée : 1h56 Réalisateur : Paolo Virzì Avec : Valeria Bruni Tedeschi, Micaela Ramazzotti, Anna Galiena
La Mer d’Edward Bond, dernière vague le 15 juin : plongez !
La Mer occupe dans l’œuvre d’EdwardBond une place assez particulière puisque moins emblématique de la radicalité de l’auteur de Pièces de guerre qui n’a eu cesse de revisiter les moments, les lieux où l’humanité a été niée.
Elle s’inscrit dans une approche initiatique du monde mais foncièrement complexe où se mêlent l’imaginaire et le réel, le tragique et le comique, l’expérience immédiate et le cheminement méditatif, le poétique et le symbolique, pour une humanité en devenir.
La mise en scène très aboutie d’AlainFrançon en restitue toute la dimension organique, fragmentaire et métaphorique où la mer constitue l’élément perturbateur, initiateur d’un bouleversement intime et collectif.
Le spectacle s’articule autour de huit tableaux séquencés par des intermèdes musicaux de Marie-Jeanne Séréro. Tantôt naturaliste ou abstrait, le décor de Jacques Gabel colle à l’univers fragmenté du dramaturge britannique.
L’histoire se situe dans une petite ville du Suffolk en 1907, et a été inspirée à Edward Bond par un souvenir d’enfance : l’image d’un réfugié juif, fuyant le régime nazie pendant la 2ème guerre mondiale, et retrouvé noyé sur les côtes anglaises.
La pièce débute par un naufrage où le jeune Colin se noie sous les yeux de son ami Willy. Sur la plage, le garde-côte volontaire est resté de marbre. Il s’agit de l’étrange Mr Hatch, marchand de tissu local, persuadé que ces naufragés sont des extraterrestres venus envahir la ville selon sa théorie du complot.
Contraint de rester en ville le temps de l’enquête, Willy le survivant apparait vite comme un intrus dans cette petite communauté bourgeoise bornée, repliée sur elle-même, et tenue d’une main de fer par Madame Rafi qui, sur fond de lutte des classes et d’humiliation des gens de peu, assure le maintien des convenances d’une société exsangue.
La troupe très bien dirigée est au diapason
Mais le salut viendra dans la fuite où la jeune Rose, fiancée éplorée de Colin, et son ami Willy seront autorisés à partir et à « changer le monde » sous l’œil approbateur de Madame Rafi qui fera preuve d’humanité et de lucidité. Une éclaircie temporaire car là-bas bientôt il y aura la première guerre mondiale.
Comédie très noire, de facture romanesque, cette fable sociale nous confronte à une expérimentation des personnages face aux situations dont le parcours intérieur se charge d’une évolution existentielle, porteuse de choix. Où la scène d’ouverture marquante de la tempête est emblématique qui voit le mort de l’un des deux garçons suite au nauvrage, initier une renaissance pour le second.
Mais on rit aussi beaucoup dans cette pièce qui voit les villageoises répéter Orphée dans une distribution des rôles aussi autoritaire qu’hilarante ou encore avec cette scène des obsèques de Colin dont la solennité s’éclipse rapidement derrière une rivalité entre Madame Rafi et sa gouvernante en rébellion et dont font les frais les cendres à disperser et les cantiques à entonner.
La troupe très bien dirigée est au diapason. Cécile Brune dans le rôle de Mme Rafi se révèle souveraine où elle incarne avec une fureur sourde et impérieuse ce personnage autoritaire et lucide, au service de sa condition. Dans le rôle de Hatch, Hervé Pierre s’empare avec brio de toute la démesure intérieure de son personnage tandis que Laurent Stocker en Evens, philosophe désabusé, est poignant de vérité.
Elsa Lepoivre est irrésistible en dame de compagnie qui se rebiffe et Jérémy Lopez captif en rescapé mélancolique sans oublier la solaire Adeline d’Hermy, qui interprète Rose.
Une entrée au répertoire aussi accomplie que réussie.