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Résultats concours : La vie en grand, 10 places de ciné gagnées

A l’occasion de la sortie du film La vie en grand, le 16 septembre, Publik’Art, en partenariat avec Gaumont, vous a offert la possibilité de gagner :

5×2 places de ciné pour le film : La vie en grand

 

Vous avez été très nombreux à participer : 2 785. Un grand bravo à tous !

Les cinq heureux gagnants sont :

Carmen Zamora, Delphine Butzig, Jean Bourquin, Alain Fleurie et Stéphanie Girola.

Notre partenaire vous enverra vos places très prochainement. D’avance on les en remercie vivement !

Très bon film à tous !

Koralovski, tome 2 : une BD Philippe Gauckler (Le Lombard)

Koralovski, tome 2

Koralovski, tome 2 : Dans l’ombre du Monde

Le milliardaire et fugitif Loukos, Koralovski revient Dans l’ombre du Monde pour un deuxième album dense et complexe, toujours réalisé par Philippe Gauckler (Convoi, Prince Lao) en tant qu’auteur complet. Pour en savoir plus, lire notre chronique du tome 1.

Date de parution : le 28 août 2015
Auteur : Philippe Gauckler (scénario et dessin)
Editeur : Le Lombard
Prix : 12,00 € (48 pages)

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À bord du yacht qui les a secourus, Koralovski et ses compagnons se mettent en route pour un laboratoire off-shore appartenant à sa société. Il s’agit du laboratoire qui a mis au point un procédé révolutionnaire permettant d’extraire la totalité d’un gisement de pétrole soi-disant épuisé. Mais à leur arrivée, le lieu est désert…

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Après avoir mis savamment en place ses pions sur l’échiquier, le scénario de Koralovski se densifie dangereusement au bénéfice de longs exposés sur l’industrie pétrolières et ses enjeux géopolitiques. Si bien que le récit se révèle parfois pénible à parcourir et pourrait bien avoir raison de la patience des lecteurs les moins endurants.

[C]e deuxième tome opère un virage qui ne va pas dans le bon sens.

Si l’histoire n’oublie pas d’avancer, c’est donc non sans un certain déséquilibre entre action et explications ; ce que l’on peut déplorer. Ce détail se répercute malheureusement sur l’album tout entier dont il résulte des cases écrasées par des textes trop bavards, dont la lisibilité souffre également d’un découpage beaucoup trop exigu.

On a du mal à apprécier cet épisode à sa juste mesure, tant la concentration d’informations, à la fois textuelles et graphiques, est importante. Un trop plein qui a eu raison de notre lecture.

En conclusion, ce deuxième tome opère un virage qui ne va pas dans le bon sens. C’est dommage, car on voit bien qu’un gros travail a été réalisé dans l’intention de mieux faire. Mais le mieux se confirme comme l’ennemi du bien….

Bayou Bastardise, tome 1 : une Bd de Armand Brard et Neyef (Ankama)

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Bayou Bastardise

Bayou Bastardise, t. 1 : Juke Joint

Véritable immersion dans la Louisiane profonde gangrénée par la misère, Bayou Bastardise met en scène diverses bandes de petites frappes, voleurs ou trafiquants, qui vivent les uns à côté des autres. Un vrai village mal famé qui ne brille pas par la qualité de ses habitants, surtout lorsque ces derniers n’hésitent pas à se faire justice à eux-mêmes. Un récit imaginé par Armand Brard – scénariste publié pour la première fois – et illustré par Neyef (South Central Stories, DoggyBags).

Date de parution : le 28 août 2015
Auteurs : Armand Brard (scénario) et Neyef (dessin)
Editeur : Ankama
Prix : 14,90 € (96 pages) 

Résumé de l’éditeur:

C’est dans la moiteur des marécages de Louisiane que Neyef et Armand Brard vous embarquent. Danse vaudou, catch dans l’arrière-cour, stress post-trauma et labo clando de méthamphétamine : c’est du 8 Mile dans les marais, du Breaking Bad dans le Sud sauvage. Heureusement il y a la musique. Et forcément, il y a les flingues… « Son of a gun, we’ll have big fun ooon the bayou. »

Bayou Bastardise

Le point sur l’album :

Comme un mixe de la culture locale, le scénario de Bayou Bastardise mélange les genres avec un cocktail à base de scènes de catch musclées, de reprises musicales (avec des références hip-hop bien hardcores comme Onyx, s’il vous plait !) de trafic de drogue, d’incantations vaudou et de prêches évangélistes… Sur un ton décalé, rythmé par les coups de sangs de délinquants poussés dans leurs retranchements, le récit explore avec nervosité les bas fonds humides du bayou, infestés par les crocodiles. Si l’ensemble est lisible, la narration souffre parfois de césures trop brusques, sans transition ni liant. Reste que l’idée et la façon de la mettre en oeuvre sont originales et piquent notre curiosité dès le début.

[U]n premier tome solide (…)

Traduisant à merveille l’univers foutraque et déluré de Bayou Bastardise, le dessin de Neyef montre un certain potentiel. Son trait fin est bourré d’adrénaline en se formant et se déformant au gré des mouvements. On apprécie également le travail des couleurs qui restitue assez bien la lumière et l’ambiance de la Louisiane.

Malgré ses petits défauts narratifs, Bayou Bastardise débute avec un premier tome solide, qui pourrait bien nous emmener beaucoup plus loin à l’avenir. Une série à surveiller.

Charles de Gaulle, 1916-1921 : une BD de Jean-Yves Le Naour et Claude Plumail (Grand Angle)

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Charles de Gaulle, 1916-1921

Charles de Gaulle, 1916-1921 : Le Prisonnier

Album ambitieux, Charles de Gaulle, 1916-1921 retrace les débuts du grand Charles, pendant la Première Guerre. Rapidement repéré par sa hiérarchie, il va être envoyé en première ligne avant d’être fait prisonnier, presque dans la foulée. Une BD racontée par Jean-Yves Le Naour (docteur en histoire, auteur des essais L’affaire Malvy et Les soldats de la honte) et illustrée par Claude Plumail (Le Cybertueur, Dédales, Résistances, Les taxis de la Marne).

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs :  Jean-Yves Le Naour (scénario) et Claude Plumail (dessin)
Editeur : Grand Angle
Prix : 13,90 € (48 pages

Résumé de l’éditeur:

Avant d’être le fondateur de la Résistance le 18 juin 1940 et le président de la République en 1958, le général de Gaulle a d’abord été un combattant de la Grande Guerre, un officier plein d’assurance et d’illusions. Fait prisonnier sur le champ de bataille de Verdun en 1916, le capitaine de Gaulle tente à cinq reprises de s’évader des forteresses allemandes.
Revivez le destin de cet homme hors du commun. Inclus : un cahier supplémentaire de 8 pages sur la vie de Charles de Gaulle.

Charles de Gaulle, 1916-1921

Notre avis sur la BD :

S’attachant à une période peu connue de l’histoire de Charles de Gaulle, le scénario proposé par Jean-Yves Le Naour nous fait découvrir le jeune Charles, fait prisonnier par les Allemands. Mais décidé à ne pas laisser faire le destin qu’on voulait lui réserver dans ces geôles, le futur Général n’avait qu’une idée en tête : s’évader. Faire des plans avec ses camarades en captivité et s’évader. Obsédé et poussé par l’envie de prendre une part active à la guerre pour embrasser sa carrière, il n’aura de cesse de s’évader…. malgré les très nombreux échecs suivis de séjours en cachot et de nouvelles tentatives ! On y découvre un homme d’éducation, animé d’une pugnacité sans pareil, qui avait une grande estime de lui-même et qui n’avait surtout pas froid aux yeux.

Bref, un tour d’horizon assez complet pour une période que l’on connaissait mal à son sujet. C’est donc un réel plaisir de découvrir Charles de Gaulle dans un contexte différent de celui auquel nous sommes habitués. Et Jean-Yves Le Naour a un certain talent pour raconter les histoires !

Le dessin de Claude Plumail est pour sa part d’un réalisme assez classique. Son trait ne parait pas suffisamment mis en valeur par l’encrage. On regrette un manque de régularité et de précision dans les courbes, mais les planches n’en demeurent pas moins agréables à parcourir.

Charles de Gaulle, 1916-1921 propose donc un sujet original dont l’intérêt n’est pas démenti par la lecture. Un album savoureux qui met en scène un jeune et fougueux soldat, frustré par son statut de prisonnier.

Drones, tome 1 : une BD de Sylvain Runberg, Louis et Véronique Daviet (Le Lombard)

Drones tome 1

Drones, tome 1

Récit d’anticipation qui imagine les guerres de demain, en 2037, où le terrorisme est combattu à travers le monde à grand renfort de drones, cette nouvelle série bénéficie des talents de son scénariste Sylvain Runberg (Cases blanchesL’Ombre des ShinobisKonungar, Trahie, Orbital, Infiltrés, Warship Jolly Roger) et de son dessinateur Louis (Les aventures de Tessa, agent intergalactique, Escobar, le Dernier Maya), aidé par Véronique Daviet aux couleurs.

Date de parution : le 21 août 2015
Auteurs : Sylvain Runberg (scénario), Louis (dessin) et Véronique Daviet (couleurs)
Editeur : Le Lombard
Prix : 13,99 € (48 pages)

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Deux femmes, deux ennemies. Louise Fernbach et Yun Shao. La militaire européenne contre la terroriste catholique chinoise. Et depuis que cette dernière a causé la mort de soldats du vieux continent, Louise veut sa peau. A tout prix. Louise ne connaît pas la pitié. Louise est pilote de drone. Pour elle, la guerre est un jeu vidéo auquel elle joue depuis son QG de Stockholm, tandis que Yun Shao affronte un robot. Bienvenue dans la guerre moderne…

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Si le pitch de Drones est relativement simple, l’efficacité avec laquelle Runberg l’a élaboré ne déçoit pas. Il nous emmène en 2037 au coeur d’une base des forces armées européennes, située au Danemark. Là, des pilotes de Drones sont monopolisés pour une mission : l’extermination d’une chinoise, leader d’un mouvement terroriste religieux. Les opérations sur le terrain vont évidemment se compliquer pour le bonheur des lecteurs égoïstes que nous sommes. Nos soldats vont devoir être obligés de passer par la « case psy » pour évaluer les dégâts… Un scénario très basique mais calibré et très bien ordonné pour entretenir un suspens perpétuellement renouvelé dans l’action.

Quant au dessin de Louis, il fait passer une belle énergie à travers un trait fluide et dynamique, assez fin et précis. Un style moderne exacerbé par une coloration très nette, sans bavures.

Récit de genre, ce premier tome de Drones tient ses promesses de champ de bataille futuriste. A suivre.

Le Rêve du Requin – Cycle 2 (t.2), une BD de Matthias Schultheiss (Glénat)

Le Rêve du Requin - Cycle 2 (t.2)

Le Rêve du Requin – Cycle 2 (t.2)

Après un premier cycle réalisé par Schultheiss Matthias en 1986, Le Rêve du requin poursuit ses pérégrinations avec ce second cycle captivant dans un deuxième album toujours aussi explosif et macabre. Le mystique Lambert est de retour après avoir été sauvé par un mystérieux trafiquant… Pour en savoir plus, lire notre chronique du premier tome.

Date de parution : le 2 septembre 2015
Auteur : Schultheiss Matthias (scénario et dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)

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Rescapé de son voyage en enfer, Lambert est contacté par Lee, un mystérieux personnage qui lui propose un marché : travailler ou mourir. Son organisation contrôle la piraterie internationale et c’est pourquoi Lambert se retrouve à devoir former une flotte de pirates ultra-modernes dans un petit village de pêcheur près de Singapour. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que Lee est également agent au service de la famille royale saoudienne qui cherche en secret à établir un sultanat en Asie du Sud-Est. Prise en étau, la bête en Lambert se réveille. Ceux qui espéraient tirer profit de sa sauvagerie risquent fort de le regretter… Matthias Schultheiss déroule toujours la même puissance narrative, au dessin précis et efficace, dans la suite de sa série phare : épopée baroque et violente dans les eaux troubles de la piraterie moderne.

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Une jambe sauvée mais désormais borgne, Lambert se réveille dans une étrange clinique privée, sauvé par les soins d’une équipe médicale tenue par le sceau du secret interdisant de divulguer qui a bien pu financer ce sauvetage. Un homme en tout cas intéressé par les talents de pirate de Lambert… Une fois ce dernier remis sur pieds, c’est un très gros braquage qui se prépare. Lambert est alors chargé de constituer son équipe et de mettre un bateau en état de marche… mieux équipé qu’un navire de guerre ! Mais les vieux démons du borgne vont ressurgir et le mettre à l’épreuve. Les choses ne vont pas évoluer comme son employeur pouvait l’espérer…

[U]ne série incontournable

Le récit de Schultheiss, habité par les fantômes de Lambert, est d’une implacable violence. Le personnage de Lambert fait froid dans le dos tant il incarne à merveille la fureur d’un homme qui a totalement perdu pied, sans aucun repère. Pourtant, le suspens est habilement entretenu par un fait nouveau : il agit sous la menace d’un homme puissant dont il ignore tout. Et quand la folie vient s’y mêler, on se demande vraiment où ce bain de sang va finir.

Quant au dessin, il dégage une puissance phénoménale. Son trait est mouvant et sa coloration éblouissante, tant dans ses effets de lumière que dans sa structure très complexe. On ne peut qu’être bluffé par ce déchainement graphique.

Bref, le Rêve du requin est une série incontournable que ce deuxième tome ne manque pas d’honorer.

Démons de Lars Norén, mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo, à Paris

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© Stéphane Trapier

Théâtre du Rond-Point du 9 septembre au 11 octobre 2015

Lars Norén est un des dramaturges suédois les plus radicaux de la seconde moitié du XXè siècle. Considéré comme le digne successeur de Strindberg ou Bergman, il ne cesse de creuser au cœur des angoisses existentielles et relationnelles pour en décortiquer les ressorts psychologiques et pervertis. Il écrit Démons en 1984, un huis clos décapant sur le couple où le temps d’une soirée, une danse de mort s’exhorte entre les protagonistes dont la mise en scène cinématographique et aiguisée de Marcial Di Fonzo Bo traque sans relâche la spirale démoniaque.

Un théâtre coup de point où l’écho du renoncement se fait sans appel

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Frank (Romain Duris) et Katarina (Marina Foïs) s’aiment mais ne peuvent plus se supporter. « Ou je te tue ou tu me tues, on se sépare ou on continue comme ça. Choisis ! » dit-elle. « Je ne peux pas choisir. Choisis, toi », répond Frank. Ils ne choisiront pas mais inviteront pour la soirée leurs voisins, un jeune couple moins installé qu’eux financièrement et qui vient d’avoir un enfant, pour les contaminer de leur emprise vénéneuse et transgressive.

La mère de Frank vient de mourir et un recueillement se prépare pour le lendemain, une mort qui hante les lieux car les cendres contenues dans un sac plastique ont été ramenées à l’appartement par son fils.

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Jenna (Anaïs Demoustier) et Tomas (Gaspard Ulliel) sont alors les spectateurs, les complices, les victimes pétrifiées ou consentantes, d’un règlement de comptes sans fin, sans espoir, toujours plus incohérent et à l’humour toujours plus noir à mesure que l’alcool imprègne les esprits et que s’affolent les jeux cruels de la provocation et de la séduction, les amenant progressivement à se déchirer eux aussi et à faire exploser leur apparente tranquillité et complicité.

Romain Duris est cet astre noir, inquiétant, à l’attraction/répulsion où s’aimante, résiste, s’abîme une Marina Foïs sexy et intrépide. Face à eux, Gaspard Ulliel, en taiseux absent  traine son indolence avant de devenir vindicatif saisis par ses démons tardifs tandis qu’Anaïs Demoustier campe une âme innocente mais insatisfaite.

L’écriture féroce et incisive de Lars Norén dévoile autant qu’elle ne dissimule. Elle cristallise par delà la crise conjugale les rapports de force entre dominants et dominés avec la place de l’individu au sein du couple, du groupe : son éducation, sa liberté, son libre arbitre ? son dévoiement entre quotidienneté, mensonge, désirs bafoués, frustration et solitude.

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Telle une course poursuite, le texte va crescendo et se charge de la perversité et de l’ambiguïté sous jacente de chacun des personnages qui devient à la fois victime et bourreau.

Pièce très noire donc mais non sans humour où par-delà toutes les transgressions, une vérité humaine se fait jour.

Le dispositif scénique avec son intérieur design sophistiqué, installé sur un plateau qui tourne, s’accorde aux joutes intempestives et auto-destructrices des amants diaboliques ainsi qu’à leurs souffre-douleurs dont les déplacements obéissent à une circulation chorégraphique.

Il se fait le catalyseur, sous différents angles, des humeurs, des peurs, des frustrations, des paroles, des silences, des convenances édictées, bafouées, du jeu de soumissions et de dominations des personnages.

Dans un manège aussi fluide que sensoriel, le jeu s’imprègne efficacement de la progression dramatique et déconstruite de la langue du dramaturge servi par quatre comédiens investis et habités.

Romain Duris est cet astre noir, inquiétant, à l’attraction/répulsion où s’aimante, résiste, s’abîme une Marina Foïs sexy et intrépide. Face à eux, Gaspard Ulliel, en taiseux absent  traine son indolence avant de devenir vindicatif saisi par ses démons tardifs tandis qu’Anaïs Demoustier campe une âme innocente mais insatisfaite.

Un théâtre coup de point où l’écho du renoncement se fait sans appel…

DoggyBags, tome 8 : violence 100% graphique ! (Ankama)

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DoggyBags tome 8

DoggyBags, tome 8

Retour sur ce huitième rejeton de DoggyBags qui convoque nos pires cauchemars pour une valse nocturne horrifique autour de trois récits à glacer le sang : Soledad, une histoire signée Noëllie Pravia et Le Hégarat ; To serve and protect, d’El Diablo et Luché et The City of darkness, de Jonathan Garnier et Mathieu Bablet.

Date de parution : le 28 août 2015
Auteurs : Noëllie Pravia, El Diablo, Jonathan Garnier (scénarios), Le Hégarat, Luché, Mathieu Bablet (dessin)
Editeur : Ankama
Prix : 13,90 € (120 pages) 

Résumé de l’éditeur:

Au sommaire :
– « Soledad », une histoire de Noëllie Pravia et Le Hégarat.
– « To serve and protect », d’El Diablo et Luché.
– « The City of darkness », de Jonathan Garnier et Mathieu Bablet.

DoggyBags tome 8

Le point sur l’album :

Eloignez les enfants, car ce huitième tome est un vrai sac à viande, paru dans les bacs avec trois nouveaux récits complets garantis 100% violence graphique. Des récits inspirés des faits divers les plus glauques, qui mettent principalement en scène des psychopathes cannibales plus qu’effrayants. Si ce DoggyBags débute doucement avec Soledad, qui revisite de vieilles légendes nicaraguayennes avec des créatures assoiffées de sang comme La Cegua ou encore Le Cadejo, il atteint des sommets dans l’horreur avec les deux récits qui suivent. Sans en révéler davantage, les esprits les plus vicieux et insatiables y trouveront sans doute leur salut !

[L]es esprits les plus vicieux et insatiables y trouveront sans doute leur salut

Quant aux dessins, il sont à la fois très différents d’un dessinateur à l’autre mais aussi semblables dans l’atmosphère qu’ils dégagent. Une moiteur qui colle à toute cette hémoglobine qui se dérobe sous les jours des portes d’entrée des immeubles.

Ce DoggyBags, comme les précédentsest indispensable à tout lecteur de genre qui se respecte. A lire sans plus tarder !

Les secrets des autres, un film de Patrick Wang

Les secrets des autres, un film de Patrick Wang

 

Les secrets des autres est un film très intimiste. Le réalisateur, Patrick Wang, a filmé une famille américaine qui a priori est une famille comme tout le monde. Mais elle a ses secrets. Son film est une adaptation du roman de Leah Hager Cohen. Ce qu’il montre est la conscience de chacun des membres de cette famille face à un drame.

Sortie le : 26 août 2015
Durée : 1h43


Synopsis :

L’histoire d’une famille hantée par un destin tragique. Une visite inattendue va à la fois rouvrir des blessures enfouies, et offrir une voie de sortie à ce deuil irrésolu.

Les secrets des autres, un film de Patrick Wang

Les secrets des autres, un film de Patrick Wang

La réalisation de ce film est très originale. Tout est fait pour que ce soit nous, qui comprenions ce qui se trame dans cette famille, à travers de nombreux flash back. Dès les premières images, nous voyons deux femmes penchées en avant, et faisant des caresses à un bébé qu’on ne voit pas. On réalise très vite, je ne sais par quel miracle, qu’elles sont en train d’accompagner un bébé qui meurt. Et pourtant tout est flou, tout est rose, très rose, trop rose. Rien n’est explicite, rien n’est dit. Images pourtant gravées dans nos mémoires et que l’on reverra au milieu du film… Le cœur du film.

A nous de comprendre et surtout de ressentir ce qui se trame dans cette famille et ce que chaque membre ressent face à leur drame.

« La maman va mettre au monde un bébé qui ne peut pas vivre. La maman a mis au monde un bébé non viable. L’horreur absolue. L’indicible! »

Biscuit, la petite fille d’une dizaine d’années, réagit violemment, en faisant l’école buissonnière, en mettant le feu à la maison, mais en n’expliquant aucun de ses gestes.

Son frère ainé souffre aussi sans rien pouvoir exprimer et se fait maltraiter à l’école, souffrant d’obésité. Mais il minimise la situation.

Là-dessus, arrive Jessica, la fille ainée du père, née d’une première liaison, et qui, comme par hasard, est enceinte.

La mère essaie de gérer la situation en se cachant à elle-même et aux siens, la terrible réalité. Jusqu’au jour où… Quant au père, il souffre et le crie à sa façon.

Chacun a ses secrets. Et le propre des secrets est de ne pas dire ce que sont ces secrets.

Ce deuil va toucher chacun d’entre eux, chacun à sa façon. Pas besoin de dialogues, pas besoin d’explications, leur ressenti est si fort, si naturel, si empreint de vérité que nous ne pouvons qu’être en communion avec eux. Et ceci fait avec beaucoup de douceur et de poésie.

C’est un beau film sur le deuil, mais aussi sur la famille, les liens intrinsèques d’une famille où chaque membre souffre si l’un d’eux ne va pas bien. Beaucoup de souffrances, beaucoup d’émotions, beaucoup d’empathie et surtout beaucoup d’amour.

La fin du film est sublime.

A voir assurément !

Bande annonce : Les secrets des autres


LES SECRETS DES AUTRES – Bande-annonce VO par CoteCine

Mitterrand, un jeune homme de droite : une BD de Philippe Richelle et Frédéric Rebena (Rue de Sèvre)

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Mitterrand, un jeune homme de droite

Roman graphique écrit par Philippe Richelle (Les coulisses du pouvoir, Les Mystères de la République) et illustré en noir et blanc par Frédéric Rebena (La ménagerie d’Agathe), Mitterrand, un jeune de droite retrace le parcours de jeunesse du Président, étudiant en droit, pétainiste, puis résistant.

Date de parution : le 16 août 2015
Auteurs : Philippe Richelle (scénario) et Frédéric Rebena (dessin)
Editeur : Rue de Sèvre
Prix : 18 € (152 pages

Résumé de l’éditeur:

Personnage controversé et mystérieux s’il en est, figure incontournable de la Cinquième République, Mitterrand n’en finit pas d’intriguer. Philippe Richelle nous propose de découvrir ses années de formation, entre 1935 et 1945 (entre ses 19 et 29 ans). Il sera notamment fait prisonnier pendant la guerre, s’évadera avant de s’impliquer pour l’aide à la réinsertion des prisonniers sous le régime de Vichy. Outre ses rapports avec nombre de figures historiques telles que le maréchal Pétain, Laval ou Giraud, ce roman graphique donne à voir un leader et surtout un fin politicien en construction.

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Notre avis sur la BD :

Homme de trempe à la personnalité forte et complexe, Mitterrand fascine nombre de biographes. Il était étudiant en droit, passionné par les lettres, lorsque la Seconde Guerre éclata. Portant un regard sévère et sans complaisance à l’égard des politiques, il fréquentait la haute société et flirtait bien volontiers avec la droite antirépublicaine de l’époque. Vouant une admiration sans faille à Pétain, perçu comme la majorité des français d’alors comme le héros de la Première Guerre mondiale, Mitterrand se construit, forge son esprit à la chose politique avant de s’engager du côté de la Résistance.

[Un récit] assez hermétique à toute forme de divertissement.

Le scénario propose un angle de vue original et encore peu connu de la vie de Mitterrand : sa jeunesse étudiante, loin de toute ambition politique, en quête d’expériences intellectuelles et amoureuses. Son personnage reflète un certain mystère, très dur et très secret. Une opacité qu’il entretiendra tout au long de sa vie et qui contribuera à la réussite qu’on lui connait. Le récit est dense de dialogues très documentés, qui peuvent avoir tendance à peser sur la lecture. A l’instar de son personnage Mitterand, un jeune homme de droite est assez hermétique à toute forme de divertissement.

Et le dessin de l’ouvrage n’y déroge pas. Il a du mal à se saisir de Mitterrand. Le trait plutôt fin et insistant de Frédéric Rebena emprunte des formes variées, offrant des visages pas toujours reconnaissables avec aisance. Une lisibilité perfectible.

Mitterand, un jeune homme de droite est une oeuvre exigeante sur une parenthèse méconnue de la vie du Président. Un récit qui oublie de séduire. Pour lecteurs avisés.

Palmarès de la 41eme édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville

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PALMARÈS – AWARDS : Festival du Cinéma Américain de Deauville  

Le Jury de la 41e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, présidé par Benoit Jacquot, entouré de Pascal Bonitzer, Louise Bourgoin, Louis-Do de Lencquesaing, Marc Dugain, Sophie Fillières, Marie Gillain, Julien Hirsch et Marthe Keller a décerné les prix suivants : President of the Feature Films Jury of the 41st edition of the Deauville American Film Festival, Benoit Jacquot, and jury members Pascal Bonitzer, Louise Bourgoin, Louis-Do de Lencquesaing, Marc Dugain, Sophie Fillières, Marie Gillain, Julien Hirsch and Marthe Keller has given the following awards:

GRAND PRIX – GRAND PRIZE : 99 HOMES de/by Ramin Bahrani

(Distribution France: Wild Bunch)

PRIX DU JURY – JURY PRIZE : TANGERINE de/by Sean Baker

(Distribution France: ARP Sélection)

Le Jury de la Révélation de la 41e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, présidé par Zabou Bretman, entourée Alice Isaaz, Rachelle Lefèvre, Géraldine Nakache et Stanley Weber a décerné son Prix Kiehl’s de la Révélation: President of the Revelation Jury of the 41st edition of the Deauville American Film Festival, Zabou Breitman, and jury members Alice Isaaz, Rachelle Lefèvre, Géraldine Nakache and Stanley Weber has given its Kiehl’s Revelation prize:

PRIX KIEHL’S DE LA RÉVÉLATION – THE KIEHL’S REVELATION PRIZE JAMES WHITE de/by Josh Mond

(Distribution France: Diaphana Distribution)

Le Jury de la Critique, composé de 5 journalistes, a décerné le prix suivant :

The Jury of the Critics’ prize, composed by 5 journalists, has given the following award:

PRIX DE LA CRITIQUE- CRITICS’ PRIZE KRISHA de/by Trey Edward Shults

(Ventes international/World sales: Visit Films)

Le Prix du Public de la ville de Deauville a été remis au film suivant :

The Deauville Audience Award was given to the following film:

PRIX DU PUBLIC DE LA VILLE DE DEAUVILLE – THE CITY OF DEAUVILLE AUDIENCE AWARD

DOPE de/by Rick Famuyiwa (Distribution: Happiness Distribution) _________________________________________________________________________________________________________________

PRIX LITTÉRAIRE LUCIEN BARRIÈRE – THE LUCIEN BARRIÈRE LITERARY AWARD Dinaw Mengestu pour son roman Tous nos noms – Dinaw Mengestu for his novel All our names

(Collection « Terres d’Amérique », Albin Michel, 2015)

PRIX D’ORNANO-VALENTI – THE D’ORNANO-VALENTI AWARD LES COWBOYS de/by Thomas Bidegain

(Distribution France: Pathé Distribution)

Festival du Cinéma Américain de Deauville (page officielle) www.festival-deauville.com

Madame Butterfly de Giacomo Puccini, mise en scène par Bob Wilson, à l’Opéra de Paris

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© Photo Julia Peirone, Cherry Burst artwork de la série Black Berry Bloom, 2008 courtesy stene projects

Opéra Bastille du 5 septembre au 13 octobre 2015

Une production de Bob Wilson est toujours un événement attendu tant son univers hypnotique fait naître un nouveau rapport au plateau, décomposant le temps et l’espace jusqu’à tendre à l’intemporalité.

Quand l’art protéiforme du maître texan rencontre le feu puccinien pour un spectacle total

Et qui mieux que Bob Wilson, irréductible japanophile, pour mettre en scène cette œuvre japonisante où s’esquisse sur fond de réalité fantasmé la figure délicate de l’héroïne séduite puis abandonnée, la plus émouvante que Puccini ait jamais créée.

Imprégnée donc de la culture et des rites japonais, Madame Butterfly raconte l’histoire d’un lieutenant américain (Pinkerton) qui courtise puis épouse par amusement une geisha, nommée Cio-Cio-San (Madame Papillon, en français).

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Après une courte idylle, Pinkerton retourne en Amérique, promettant à Butterfly de vite revenir. Celle-ci, malgré l’opprobre dont la société et sa famille l’ont accablée après s’être convertie au christianisme par amour, s’obstine éperdument, dans une attente contemplative et mélancolique, à entretenir la flamme et à espérer revoir son mari.

D’une épure virtuose, la mise en scène immaculée de Bob Wilson s’empare avec un geste visuel absolu de cet amour impossible où les chanteurs/comédiens à la gestuelle inspirée du théâtre nô impriment un jeu millimétré et hiératique

De leur brève liaison est né un enfant. Trois ans ont passé et Butterfly refuse toujours les prétendants qu’on lui présente. Goro l’entremetteur l’avertit mais il ne peut aller jusqu’au bout : elle refuse de l’entendre et affirme qu’elle préférera mourir plutôt que redevenir geisha.

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Mais lorsque, quelques années plus tard, Pinkerton revient à Nagasaki, elle revit à nouveau avant de sombrer dans le désespoir. Pinkerton s’est en effet marié et accompagné de sa nouvelle femme américaine, il est revenu pour lui demander de lui rendre son fils.

Dans un ultime renoncement Madame Butterfly s’y soumettra avant de se suicider en se poignardant.

Avec Madame Butterfly, tragédie intimiste qui offrait à Puccini la matière à une composition luxuriante et impressionniste, traversée par une musique colorée et passionnée, le grand Bob y calque sa partition formelle/abstraite (images – lumières – scénographie) et son épure extrême, portant à son paroxysme la dimension intérieure, sensorielle, dramatique et mélodique de l’œuvre.

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D’une épure virtuose, la mise en scène immaculée de Bob Wilson s’empare avec un geste visuel absolu de cet amour impossible où les chanteurs/comédiens à la gestuelle inspirée du théâtre nô impriment un jeu millimétré et hiératique. Tandis que des faisceaux de lumière cerclent les visages et morcellent les corps aux prises avec la passion dévorante, sa trahison puis son offrande sacrificielle.

A l’abri en fond de scène d’un à-plat lumineux propre au vocabulaire wilsonien, se projettent successivement différents tons d’abord bleutés puis progressivement refroidis et métallisés au gré des changements de situation et d’affect des personnages. Le tout dans une chorégraphie scénique aux lignes graphiques qui ouvre ou délimite la perspective et scrute de ces images glacées la dramaturgie.

L’orchestre, emmené d’une main experte par Daniele Rustioni, se charge des voix irradiantes à la transparence vibrante sacralisant l’emprise du drame intemporel emprunte des illusions perdues.

Quand l’art protéiforme du maître texan rencontre le feu puccinien pour un spectacle total…

Dheepan, un film de Jacques Audiard

Dheepan, un film de Jacques Audiard

On a du mal à croire que Dheepan a reçu la Palme d’Or au Festival de Cannes 2015.

C’est un film de Jacques Audiard qui traite d’un sujet sensible et complètement d’actualité : les migrants. Bien sûr, on ne peut pas rester impassible devant un tel sujet. Nous sommes tous concernés. En cela le réalisateur a vu juste. Mais son film est à la fois empreint de réalisme tout en étant complètement surréaliste et inimaginable.

Sortie le : 26 août 2015
Durée : 1h54
 

Synopsis :
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, se connaissant à peine, ils tentent de se construire un foyer.
Dheepan, un film de Jacques Audiard

Dheepan, un film de Jacques Audiard

Dheepan est un film est surréaliste. Et c’est cela qui nous gêne le plus. Aborder le thème des migrants sans être dans la réalité, cela nous est difficilement concevable…

Dheepan, c’est l’histoire de migrants arrivés en France et venant de Sri Lanka où règne une terrible guerre civile. Ils sont trois : une femme, une petite fille de 9 ans et un homme. Aucun lien de parenté entre eux. Mais ils se sont fait passer pour une famille pour pouvoir fuir leur pays. Du coup, ils se retrouvent ensemble, en France, dans un appartement, en plein cœur d’une cité sensible. La petite fille parle français. On ne sait pourquoi. L’homme, Dheepan, est embauché comme gardien de cette cité. Il parle tamoul et ne connait pas un mot de français, mais il sait tout faire et trouve ce travail de gardien immédiatement ! Et la femme est auxiliaire de vie…

« Et dans cette cité, tout est horrible, violent et même monstrueux !

Quel tableau Audiart dresse de la France ! »

La première partie du film, où rien ne se passe vraiment, est très longue. On est tous en observation, comme les acteurs ceylanais (qui ne sont pas des acteurs professionnels mais qui jouent très bien). Ils regardent où ils ont atterri… Et découvrent leur quotidien. Absolument sinistre où la drogue et la violence règnent. et du coup, la peur.

Puis arrive la violence en toute dernière partie du film. Violence extrême à laquelle on ne s’attend pas. Et pourquoi cette violence investit-elle l’écran ?

Pour nous choquer, sans doute, nous faire réagir. La violence appelle la violence.

Passages difficiles à supporter. Et en plus, sans aucun intérêt.

Quant à la fin, express, du film, je n’en dévoilerai rien si ce n’est qu’elle est surréaliste. Elle met l’accent sur l’incohérence de ce film ! Absurde, totalement absurde !

Bref, une énorme déception ! Encore une fois, on ne comprend pas ce choix du jury de Cannes ! Histoire politique, financière ? Publik’Art ne l’aurait pas décernée, cette Palme !

Bande annonce :Dheepan

Résultats concours : Glue, 3 DVD gagnés

GLUE, dispo en DVD le 26 août 2015

A l’occasion de la sortie de l’Intégrale de la saison 1 de GLUE en DVD, le 26 août, Publik’Art, en partenariat avec WILD SIDE, vous a offert la possibilité de gagner :

3 DVD  de GLUE 

Vous avez été très nombreux à participer : 2 759 joueurs. Bravo à tous et merci de cette excellente participation !

Les trois heureux gagnants sont :

Antoine Fabrice, Stéphanie Lorent et Cédric Benoit.

Notre partenaire vous enverra votre lot très prochainement. D’avance on les en remercie vivement.

Très bon film !

Migrations « 12h pour changer de regard », le monde de la culture se mobilise

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Samedi 12 septembre 2015 au Musée National de l’Histoire de l’Immigration
Entrée libre toute la journée
Débats, projections, visites guidées du musée, ateliers pour les enfants et les familles, Street Art, lectures, espace associatif…
12h pour comprendre, échanger, témoigner et débattre

Ce samedi 12 septembre 2015, le monde culturel et intellectuel se mobilise à l’initiative de Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, Benjamin Stora et Mercedes Erra (président du conseil d’orientation et présidente du conseil d’administration du Musée National de l’Histoire de l’Immigration) pour « changer de regard sur les migrations ». 12 heures pour comprendre, échanger, témoigner, débattre sur la question et les enjeux des migrations dans un lieu hautement symbolique : le Musée National de l’Histoire de l’Immigration.

Ce rassemblement citoyen, culturel, sera « un moment où nous nous regardons en face, où nous prenons conscience, durablement, sans naïveté, qu’il y a des choses plus fondamentales que nos peurs. Des choses plus fondamentales avec lesquelles il nous faut aujourd’hui renouer. Il doit nous ramener à l’essentiel : à notre humanité. Or, nous ramener à l’essentiel, c’est ce que fait la culture : en nous ouvrant à nous-mêmes et en nous ouvrant à l’autre, elle nous réhumanise » a annoncé la ministre de la Culture et de la Communication à Perpignan lors de sa visite au Festival Visa pour l’Image vendredi 4 septembre 2015.

12 heures de culture, de débats, de street art, de projections de films et documentaires, de lectures, de théâtre, d’ateliers et parcours pour enfants, d’expositions, un forum des associations, autant de rendez-vous proposés aux citoyens pour éclairer ce qui se joue autour de la question des migrations.

3e Scène, scène numérique de l’Opéra de Paris, à découvrir le 15 septembre 2015

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La scène numérique de l’Opéra national de Paris : Ouverture le 15 septembre 2015 sur operadeparis.fr/3e-scene

Internet est une place publique, un lieu collectif de rencontres, de prises de parole et de création. Après le Palais Garnier en 1875 et l’Opéra Bastille en 1989, c’est sur ces terres-là, celles du digital, que l’Opéra national de Paris a décidé de bâtir sa 3e Scène.

Dans ce nouvel espace, l’Opéra national de Paris veut poursuivre le dialogue avec son public et trouver de nouveaux interlocuteurs. Les spectateurs de la 3e Scène habitent l’ensemble du globe, parlent toutes les langues, aiment l’art sous toutes ses formes. A partir du 15 Septembre 2015, la 3e Scène s’ouvre en grand aux plasticiens, cinéastes, compositeurs, photographes, chorégraphes, écrivains, et les invite à venir créer des œuvres originales liées à l’Opéra national de Paris.

Ce lien entre l’Opéra et les œuvres réalisées peut être franc, solide, subliminal, étiré, allongé, voire distendu. Mais l’objectif avant toute autre chose est que les artistes s’emparent de l’Opéra, puisent dans ses ressources, parcourent ses murs, rencontrent ses talents, pour en faire découvrir les lieux, les couleurs, l’histoire, les questions et les personnes à travers la création.

Cette 3e Scène n’a pas d’égal ni de modèle. Elle se lance librement et généreusement pour proposer un lieu où tradition, création et nouvelle technologie sont, une fois mariés, synonymes de modernité.

La 3e Scène, accessible sur operade.paris.fr/3e-scene, ouvrira avec 17 œuvres, celles de Mathieu Amalric, Carine Brancowitz, UVA, Manuela Dalle, Loren Denis, Denis Darzacq, Pierre Even, Glen Keane, Benjamin Millepied, Wendy Morgan, Alex Prager, Julien Prévieux, Jacob Sutton, Arnaud Uyttenhove, Xavier Veilhan, Karim Zeriahen et de Rebecca Zlotowski.

Eloge de la névrose en 10 syndromes, une BD de Leslie Plée (Declourt)

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Eloge de la névrose en 10 syndromes, une BD de Leslie Plée

Eloge de la névrose en 10 syndromes

L’Eloge de la névrose en 10 syndromes est un roman graphique de Leslie Plée (Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses, L’Effet kiss pas cool, Points noirs & sac à dos, Anarchie & Biactol, Vivre vieux et gros, les clés du succès, Michel un chat sauvage). Auteur complet à l’humour truculent, elle nous livre son diagnostic très personnel d’une névrose qui frappe le plus grand nombre.

Date de parution : le 19 août 2015
Auteur : Leslie Plée (scénario et dessin)
Editeur : Delcourt
Prix : 15,95 € (120 pages)

Résumé de l’éditeur:

Du syndrome de l’adultisme (quand on veut faire des trucs qui font adulte alors même que quand on lit une carte des vins c’est comme du Kafka en japonais), au syndrome du super-héros (quand on veut être trop parfait), en passant par le syndrome de Bernard Montiel, Leslie revisite les syndromes les plus connus pour nous parler avec tendresse, justesse et humour de nos petites névroses au quotiden.

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Notre avis sur la BD :

[U]ne réussite qui ajoute du bien-être dans le long chemin vers l’acceptation de soi.

Dans l’Eloge de la névrose en 10 syndromesLeslie Plée donne son point de vue avec un humour savoureux et pertinent pour dénoncer des syndrômes de société qui ont de quoi interroger. Elle en aborde une dizaine, dont quelques généralités honteuses parmi lesquelles on trouve l’adultisme – « jeu de dupes qui consiste à mimer l’âge adulte » – ou encore les règles bleues, l’art de l’imposteur procrastinateur ou celui du fardeau… Autant de syndrômes où l’auteur partage ses expériences vécues, comme son voyage à Stockholm ou son balancement nocturne, un bien étrange trouble noctambule.

Bref, elle nous fait don de sa personne et nous donne une vraie leçon d’humilité, de courage et d’abnégation au service d’un humour délicat mais aussi cocasse. Un ouvrage qui ne perd d’ailleurs jamais un instant pour faire avancer la cause féministe !

L’Eloge de la névrose en 10 syndromes séduit aussi par son côté graphique élaboré dont la couleur déborde de vie et de bonnes ondes. Un dessin simple mais lumineux.

Au final, l’Eloge de la névrose en 10 syndromes est une réussite qui ajoute du bien-être dans le long chemin vers l’acceptation de soi. A lire.

Ocelot, une BD de Morvan, Tréfouël et Fouquart (Delcourt)

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Ocelot, le chat qui n’en était pas un

Album jeunesse sans prétention, Ocelot est aussi un félin imaginé par Jean-David Morvan (SauvageZorn et Dirna, Nomad, Sillage, Spygames, Jaurès, Oms en série) et Séverine Tréfouël qui en signent le scénario (comme sur Youth United ou  Magnum Photo). Un animal par ailleurs mis en image par Agnès Fouquart (Les chroniques de Sillage, tome 4).

Date de parution : le 19 août 2015
Auteurs : Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël (scénario), Agnès Fouquart (dessin) et Magali Paillat (couleur)
Editeur : Delcourt
Prix : 12,50 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur:

Ocelot est un magnifique félin qui parcourt le monde en compagnie de sa maîtresse, une jet-setteuse digne de Nabilla, afin de concourir aux plus importants concours de beauté animale. Mais au moment d’un transfert à Roissy, leurs routes se séparent et le voilà secouru par une curieuse bande de chats prêts à tout pour le ramener à son vrai domicile qu’il n’a jamais connu : la jungle sud-américaine.

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Notre avis sur la BD :

Ocelot est un petit félin perdu entre deux avions, récupéré par des bagagistes mal intentionnés, lorgnant sur la récompense qu’ils pourraient en tirer. Il faut dire que sa maîtresse est une célébrité populaire et qu’Ocelot a eu jusqu’ici une vie de luxe et de volupté. Parvenant à s’échapper des « griffes » de ses ravisseurs, il va devoir mener une vie de bohème malgré lui, et se faire rapidement des amis avec qui visiter les lieux mythiques de Paris.

Le scénario se révèle peu élaboré, sinon fade et téléphoné.

Les scénaristes nous font faire un petit tour en compagnie de ces petites boules de poils à travers un récit d’une grande légèreté. Une narration parfois coquine qui amuse sans faire d’étincelles. On regrette en effet le manque de suspens. Le scénario se révèle peu élaboré, sinon fade et téléphoné.

Question promenade, Agnès Fouquart maitrise son sujet. Elle réalise un dessin pétillant et coloré qui, sans être d’une grande sophistication, contribue largement au plaisir de cette petite sortie d’Ocelot.

Mais en dehors de cela, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent dans cette BD pourtant si mignonne. Dommage.

R.U.S.T., tome 1 : une BD de Luca Blengino et Nesskain (Delcourt)

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R.U.S.T. tome 1

R.U.S.T., tome 1 : Black List

Edité dans un format comics, R.U.S.T. est une trilogie S.-F. scénarisée par Luca Blengino (Les 7 Merveilles, Astrolabe de glace, Sam & Twitch, Les 7 survivants, Casse, Gaijin, Flammingo) et illustrée par Nesskain (Cercle, Harry Potter). Dans ce monde futuriste, l’humanité a été exterminée par une espèce extra-terrestre très puissante et se terre désormais dans les bas-fonds de la planète. Le seul espoir : les Robots Unit.

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs : Luca Blengino (scénario) et Nesskain (dessin)
Editeur : Delcourt
Prix : 17,95 € (144 pages

Résumé de l’éditeur:

An 2100. Lorsque le dernier pilote compatible avec un Robot Unit est tué en combat, le Conseil des Douze Métropoles doit faire un choix. Succomber aux S-Cats, ces créatures mi-organiques, mi-mécaniques, qui ont balayé l’humanité il y a 25 ans et obligé les survivants à se réfugier sous terre. Ou bien faire appel à la Black List et confier les plus puissantes machines dévastatrices jamais construites à de dangereux psychopathes.

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Notre avis sur la BD :

Seuls capables d’affronter les S-Cats, R-U ne peuvent être pilotés que par des êtres humains génétiquement compatibles. Et le dernier d’entre eux en liberté vient d’être tué. Le seul recours à disposition de l’humanité : faire appel derniers humains compatibles, trouvés dans les prisons. Des meurtriers assoiffés de sang et de chair fraiche, à qui l’on confierait l’avenir de notre espèce. C’est ce que l’on appelle une idée originale.

Un dessin presque poétique, qui interroge et séduit en même temps.

Le scénario utilise de nombreuses ficelles du récit d’Evangelion, manga culte où l’on voyait des énormes machines pilotées par des jeunes gens pour combattre d’autres gros monstres. Le principe est ici exactement le même, mais le scénariste ajoute ce qu’il faut de touche personnelle pour piquer suffisamment la curiosité du lecteur, même averti. Plutôt bien écrit, R.U.S.T. est aussi l’occasion de profiter d’un dessin plutôt pas mal.

L’univers graphique de Nesskain prend ici quelques libertés de mouvement et nous emmène parfois dans une dimension abstraite où la difformité règne le temps d’un instant. Un dessin presque poétique, qui interroge et séduit en même temps.

En conclusion, ce premier tome de R.U.S.T. est une bonne amorce, malgré son côté remake. On reste donc assez impatient de découvrir la suite.

L’Homme de l’année, tome 10 : une BD de Duval, Moustey, Subic et Scarlett (Delcourt)

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L’Homme de l’année, tome 10 : 1966

Après l’homme de l’année 1948, c’est le destin de celui de l’année 1966, à l’origine du grand incendie de Londres, qui nous est raconté. Une histoire basée sur Le Journal de Samuel Pepys, notable de Londres qui consignait toutes ses journées dans un journal de bord.

Date de parution : le 26 août 2015
Auteurs : Fred Duval, Nicolas Moustey (scénario), Stevan Subic (dessin) et Scarlett Smulkowski (couleurs)
Editeur : Delcourt
Prix : 14,95 € (56 pages

Résumé de l’éditeur:

1666. Une atmosphère lugubre plane sur les ruelles misérables et insalubres de Londres quand une catastrophe d’une ampleur dantesque s’abat sur elle : le grand incendie. Une apocalypse de flammes dévaste alors une cité en proie au chaos. Un notable racontera dans son journal le fil des événements dont Farynor, un simple boulanger, sera responsable et victime.

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Notre avis sur la BD :

Sur un scénario élaboré par le scénariste Fred Duval (Travis, Hauteville House, Jour J, Carmen Mc Callum, Wonderball), accompagné du rouennais Nicolas Moustey (Axel Rock), L’homme de l’année 1966 met en scène un immense brasier qui ravagea la ville de Londres cette année là. On y découvre une ville insalubre qui porte encore les stigmates de la peste et abrite une population pauvre voire misérable. Les flammes feront d’ailleurs remonter à la surface ces pauvres gens vivant dans l’ombre des ruelles malfamées de Londres et obligés de fuir ce piège meurtrier.

Apportant leur lumière sur l’évènement grace au témoignage laissé par un certain Pepys, les scénaristes montrent comment l’incendie s’est propagé, qui en est à l’origine, comment la panique a envahit la population abandonnée à son sort par les autorités locales (et notamment son maire), et quel en fut l’épilogue, notamment pour celui qui avoua être l’auteur criminel de toute cette horreur. Une mise en perspective plutôt complète, dont le style narratif demeure agréable.

Une atmosphère terrifiante se dégage de ces pierres en feu.

Le dessin de l’illustrateur serbe Stevan Subic apprivoise avec brio ces gigantesques flammes à l’appétit féroce, avec l’aide de la coloriste Scarlett Smulkowski. Le trait est fin et expressif et les décors londoniens sont reproduits avec précision. Une atmosphère terrifiante se dégage de ces pierres en feu.

On ressent bien l’horreur de ce tragique évènement qui marqué l’année 1966, d’autant plus que son épilogue est particulièrement cruel et injuste et que l’Histoire ne réparera pas cette injustice. Mais pour en savoir plus, il vous faudra lire ce dixième album de L’homme de l’année

La nouvelle vague de Raymond Cauchetier, à Paris

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Jules et Jim François Truffaut -1961 – François Truffaut, Jeanne Moreau – Bitschwiller – Alsace
© Raymond Cauchetier / Galerie de l’Instant

La Galerie de l’Instant exposition du 02 octobre au 17 janvier 2016
46 rue de Poitou Paris 75003 – Entrée libre

Raymond Cauchetier est un photographe culte, dont le nom est injustement méconnu, voire inconnu du grand public ! Pourtant ses images ont fait le tour du monde depuis plus de 50 ans, et font partie de notre inconscient collectif. En effet, qui n’a jamais vu les amants d’ A bout de souffle sur les Champs Elysées, la course de Jeanne Moreau dans Jules et Jim, ou encore Anouk Aimée dansant dans Lola ?

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Lola – Jacques Demy -1960 Anouk Aimée Nantes
©RAYMOND CAUCHETIER/ LA GALERIE DE L’INSTANT

Que l’on ait vu ou non ces films, toutes ces images imprimées dans notre mémoire sont le fruit de Raymond Cauchetier, et des années qu’il a passé aux côtés des réalisateurs de la Nouvelle Vague : Godard, Chabrol, Truffaut, Demy, Varda, Tavernier… depuis la fin des années 50, jusqu’à la fin des années 60.

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A bout de souffle – Jean-Luc Godard -1959 Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg Hôtel de Suède, Quai Saint Michel, Paris
©RAYMOND CAUCHETIER/ LA GALERIE DE L’INSTANT

Contrairement aux autres photographes de plateau, Cauchetier dont un des premiers tournages fut le décisif A bout de souffle, photographiait dans un style proche du reportage, là où les autres n’étaient que de discrets « témoins » des scènes filmées. Il documentait le film, et à sa façon modifiait lui aussi les habitudes des anciens, comme le firent les jeunes réalisateurs de cette époque si créative ! C’est à ce travail unique, d’une période elle aussi unique, que nous souhaitons rendre hommage, ainsi qu’à cet homme âgé aujourd’hui de 95 ans, toujours modeste, discret et passionné, qui a eu la générosité de nous ouvrir ses archives, et de nous accorder sa confiance.

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La peau douce – François Truffaut -19613 Françoise Dorléac, François Truffaut Rambouillet
©RAYMOND CAUCHETIER/ LA GALERIE DE L’INSTANT

Tyler Cross, tome 2 : une BD de Fabien Nury et Brüno (Dargaud)

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Tyler Cross, tome 2 : Angola

Comme nous vous l’avions annoncé, c’est le retour des aventures de Tyler Cross, sous la plume de Fabien Nury (L’Or et le sang, Fils du soleil, Silas Corey) et les crayons de Brüno. Dans ce deuxième volet, Tyler Cross se retrouve piégé dans une mauvaise combine et termine sa course à  Angola, un camp de prisonniers infernal qui va lui mener la vie dure.

Date de parution : le 28 août 2015
Auteurs: Fabien Nury (scénario), Brüno (dessin) et Laurence Croix (couleurs)
Editeur : Dargaud
Prix : 16,95 € (100 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Avec la série Tyler Cross, Fabien Nury et Brüno signent une histoire pure et dure de gangster des années cinquante : une BD amorale et jubilatoire La chance tourne. Ce qui devait être un coup sans risque, garanti sur facture, se transforme en descente aux enfers pour Tyler Cross. Un enfer qui porte le doux nom d’« Angola », la plus grande prison de haute sécurité des États-Unis, entourée de marécages et écrasée par le soleil torride de Louisiane. Cerise sur le gâteau : le clan Scarfo a mis un contrat sur sa tête, et les Siciliens sont nombreux parmi les détenus… Si Tyler sort un jour de cet enfer carcéral, ce ne sera pas pour bonne conduite. Tyler Cross est un récit complet ; une histoire de gangster, un polar noir froid et teigneux.

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Notre avis sur l’album :

Condamné à brève échéance sous la domination de la mafia italienne qui a mis un contrat sur sa tête, Tyler Cross va tout mettre en oeuvre pour tenter d’échapper à cet enfer. Avant tout plan d’évasion, c’est d’abord un moratoire qu’il lui faut obtenir. Une semaine serait déjà bien.

Avec un sens aigu du découpage et de la mise en scène, Fabien Nury distille de manière éparse et percutante les éléments clés de son scénario pour reconstituer l’histoire. Tyler Cross n’est définitivement pas un gangster comme les autres. Il a la peau dure et a développé une certaine perspicacité avec l’expérience. Le récit d’Angola nous en fait une fois de plus la démonstration. L’acrimonie de personnages charismatiques, le large éventail de figures hautes en couleur parmi les détenus d’Angola et l’efficacité narrative de ce second tome sont les principaux atouts de ce récit de genre.

[U]n classique de la littérature de gangster !

Mais la sagacité du scénariste n’est pas la seule à faire son effet. Le style graphique de Brüno, résolument moderne, a fait le choix de l’audace. La simplicité de son trait marque par son minimalisme exacerbé, mis en perspective par des cadrages virtuoses. Ces derniers le sont d’autant plus que le dessinateur fait de la lumière un élément de décor de premier ordre. Un dessin savant, agile et puissant.

Efficace, noir, âpre et séduisant, Tyler Cross n’a pas fini de nous en mettre plein la vue. On osera le dire : un classique de la littérature de gangster !

Tungstène, une BD de Marcello Quintanilha (Ça et Là)

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Tungstène

Remarqué pour son recueil de nouvelles, Mes Chers samedisMarcello Quintanilha sort son premier roman graphique : Tungstène. Maître d’oeuvre d’un polar noir hyper-réaliste, l’artiste confirme son grand talent en tant qu’auteur complet en nous promenant le long de la côte brésilienne, les pieds dans l’eau, à Salvador de Bahia.

Date de parution : le 24 août 2015
Auteur : Marcello Quintanilha  (Scénario et Dessin)
Editions : Ça et Là
Prix : 20,00 € (186 pages)

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Résumé de l’éditeur:

Salvador de Bahia, Brésil, de nos jours. Les chemins de quatre habitants de la ville vont se croiser au pied du Fort de Notre-Dame de Monte Serrat, à l’occasion d’un fait divers. Cajù, un dealer à la petite semaine en galère, monsieur Ney, militaire à la retraite complètement névrosé et Richard, policier réputé mais mari exécrable en passe de se faire quitter par sa femme, Keira, se retrouvent tous impliqués dans un incident d’apparence anodine, mais qui va vite dégénérer
en une situation dramatique.
Tungstène est un polar d’une maîtrise confondante. Dans ce petit bijou noir, véritable mécanique de précision, les histoires des principaux protagonistes sont inextricablement liées les unes aux autres. Confrontés à une crise, ils se retrouvent poussés dans leurs retranchements, sur le point d’atteindre le point de rupture (le tunsgtène étant le métal ayant le plus haut point de fusion).

Empruntant à la fois aux codes narratifs et visuels du comics, de la bd franco belge et du manga, Marcello Quintanilha met en scène avec maestria ce récit alternant scènes d’actions débridées et questionnements intérieurs, avec en toile de fond la réalité du Brésil d’aujourd’hui.

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Notre avis sur l’album :

Sous un soleil de plomb, un petit dealer, un flic violent, sa femme sur le point de le quitter et un militaire à la retraite vont jouer une curieuse partition avant que le scénario ne les fasse se rejoindre. Enchaînant les situations incongrues tout au long de son récit, au sein duquel chaque protagoniste semble plus ou moins isolé, Marcello Quintanilha interpelle sans jamais se livrer. Teintant son histoire d’un filigrane noir, qui convoque parfois le cynisme dans la binarité de ses personnages, l’auteur n’oublie pas un aspect essentiel : élaborer un polar démonstratif, sinon violent.

Tungstène escalade avec vélocité le tensiomètre narratif

Car le scénario de Tungstène escalade avec vélocité le tensiomètre narratif dans une structure sous-jacente millimétrée. Sans s’y attendre vraiment – devant la quiétude relative de personnages plutôt tranquilles – tout d’un coup, on sent la pression gagner un palier supplémentaire, jusqu’à un épilogue juste et percutant.

Ajoutez à cela le dessin noir et blanc de Marcello Quintanilha, qui ose des postures presque caricaturales tant elles offrent de latitudes dans les mouvements et les expressions. Un trait libre et vivant qui donne une belle profondeur à Tungstène.

Marcello Quintanilha prouve avec Tungstène qu’il n’a pas volé sa réputation de virtuose de la BD brésilienne. Un immanquable.

Louis Soutter / Victo Hugo, dessins parallèles à la Maison de Victor Hugo, à Paris (derniers jours)

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Louis Soutter, Parvis, 1937-1942, dessin aux doigts, encre sur papier. Courtesy Galerie Karsten Greve, Cologne, Paris, Saint-Moritz, © Galerie Karsten Greve, Cologne

Maison de Victor Hugo jusqu’au 30 août 2015

Poursuivant l’exploration des liens entre l’œuvre de Victor Hugo et l’art moderne, la Maison de Victor Hugo propose la confrontation des dessins du poète avec ceux de Louis Soutter.

Qu’y-a-t-il de commun entre l’un des plus célèbres écrivains français et un violoniste suisse placé sous tutelle dans un hospice pour vieillards, ayant chacun vécu dans un siècle différent, sinon la pratique d’un dessin visionnaire, hors norme et hors marges, brouillant les frontières de l’art ?

L’exposition Louis SoutterVictor Hugo, Dessins parallèles montre pour la première fois les liens ténus entre ces deux œuvres majeures, en rendant hommage à une figure singulière, Louis Soutter.

Dessinateur et violoniste, Louis Soutter (1871-1942), un temps classé par Jean Dubuffet parmi les artistes d’art brut, est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands artistes du XXe siècle. Il se met à dessiner alors qu’il est placé à l’âge de cinquante-deux ans dans un hospice du Jura vaudois, produisant une quarantaine de cahiers d’écolier et recouvrant d’annotations et de croquis de nombreux livres d’art et d’architecture.

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Louis Soutter « Ame » « Partie » 1937-42 Gouache, peinture aux doigts sur papier
© Musée des Beaux arts de Lausanne

Cousin des architectes Le Corbusier et Pierre Jeanneret, il puise son inspiration chez divers auteurs de théâtre, de roman et de poésie. C’est précisément dans ses dessins qu’il lui arrive d’évoquer Victor Hugo, ainsi que William Shakespeare, figure de référence de la création hugolienne. Il est ainsi remarqué par des écrivains comme Jean Giono ou Charles-Ferdinand Ramuz qui l’aident, lui permettant de développer son œuvre jusqu’à la sublime explosion des dessins aux doigts.

Louis SoutterVictor Hugo, Dessins parallèles prend pour point de départ les dessins de Louis Soutter faisant explicitement référence à Victor Hugo – principalement autour de ses romans NotreDame de Paris et Quatrevingt-treize – réunis dans la première salle.

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Victor Hugo, Figure de fantaisie, exposée à la maison Victor Hugo dans le cadre de l’exposition « Louis Soutter – Victor Hugo » Dessins parallèles
© Maison Victor Hugo / Roger Viollet

Une seconde section, très développée, fait ensuite dialoguer les deux artistes à travers des thèmes iconographiques qui leur sont communs – paysages suisses, burgs, châteaux et villes imaginaires, rêveries sur des thèmes héraldiques, architectures orientales, vision de la femme, etc. – révélant d’étonnantes rencontres.

Une troisième étape explore la relation des deux artistes sur le mode poétique, rapprochant de vers de La Légende des siècles des dessins où Soutter semble faire sien le projet hugolien et revisite à son tour l’histoire de l’humanité.

Enfin, se plaçant sous le signe de Shakespeare, figure commune de leur panthéon respectif, la dernière section s’attache à montrer – notamment avec l’engagement plus direct du corps dans la pratique commune du dessin aux doigts – comment les deux artistes incarnent à travers leurs œuvres la vision humaniste qui est la leur. Sans dogmatisme, basé sur la sensibilité visuelle, ce parcours invite ainsi à suivre les pas de deux artistes singuliers qui, indépendamment de toute pratique professionnelle ou académique, bousculent les catégories de l’art en véritables révélateurs d’âme qui ne se laissent guider que par leur vision et leur liberté.

Kid Eternity, un comics de Grant Morrison et Duncan Fegredo (Urban Comics)

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Kid Eternity

Kid Eternity, un récit horrifique exigeant

One Shot publié en 1991, Kid Eternity participe au renouveau de la bande-dessinée américaine de l’époque en s’adressant à un public adulte. C’est même à un public averti sinon avisé que les auteurs destinent leur album. Un duo exigeant et pointu composé du scénariste reconnu Grant Morrison (Les Invisibles, JLA, Seven Soldiers of Victory, Batman et Robin, Superman…) et du dessinateur Duncan Fegredo (Enigma, Judge Dredd, Jay & Silent Bob, Hellboy, MPH).

Date de parution : le 21 août 2015
Auteurs : Grant Morrison (Scénario) et Duncan Fegredo (Dessin)
Editions : Urban Comics
Prix : 15,00 € (160 pages)

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Résumé de l’éditeur:

Humoriste en difficulté, Jerry Sullivan broie du noir. Il s’est déjà fait à l’idée de la mort, et va bientôt en apprendre bien plus sur elle qu’il ne l’aurait souhaité. Rescapé d’un terrible accident de voiture, Jerry va faire la connaissance d’un étrange personnage appelé Kid, récemment échappé des Enfers et en route pour une mission d’importance cosmique que lui aurait confié les forces du Paradis eux-mêmes. Mais pour mener à bien sa mission, Kid aura besoin de Jerry pour libérer quelques-unes des figures les plus emblématiques de l’Histoire.

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Notre avis sur l’album :

Reconnu pour son talent et son influence, Grant Morrison l’est aussi pour la complexité habituelle de ses récits, loin d’être à la portée du premier venu. Le profane pourrait néanmoins saisir l’occasion de la parution de Kid Eternity pour se frotter à l’un de ses scénarios peut-être les plus accessibles. Encore faudra-t-il s’accrocher (on n’a pas dit que ce sera facile, hein !). Car Kid Eternity débute sans transition dans un univers foutraque ou tout part sans dessus dessous. Cette amorce vertigineuse du récit de Morrison finit par atterrir fort heureusement dans quelque chose de plus cadré où l’on parvient à identifier les tenants et les aboutissants de l’histoire.

On a bien du mal à saisir toute la pertinence qui fait sans doute Kid Eternity.

Pour résumer, Jerry Sullivan est témoin de visions horrifiques, meurtrières et sanglantes alors qu’un certain Kid prétend revenir des Enfers et avoir besoin des services de Jerry pour libérer un ami… Une histoire finalement assez classique. Mais c’est son traitement qui en fait une oeuvre loin des conventions et des cadres, surtout, on l’imagine, à son époque.

Faisant voler en éclat tous les standards d’alors, Kid Eternity, dont le récit peut désarmer, est aussi une oeuvre picturale très virulente. Un dessin désordonné où la peinture nous gicle à la figure dans un torrent de violence inouï. Signant son premier véritable comics, Duncan Fegredo se cherche et ne se trouve pas toujours. Là aussi, pourtant, on se fait fondre les rétines devant tant d’extrêmité. Un graphisme élitiste difficile d’appréhension. Surtout lorsque le découpage, le cadrage et l’agencement anarchiques des planches empêchent une lecture limpide.

On a bien du mal à saisir toute la pertinence qui fait sans doute Kid Eternity. Le comics – qui manque tout de même de structure – laisse la sensation de passer à côté d’une oeuvre iconoclaste et avant-gardiste, même près de 25 ans après. Tant pis pour moi.

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