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L’île au trésor, en édition collector, intégrale et illustrée (Sarbacane)

L’île au trésor, en édition collector, intégrale et illustrée (Sarbacane)

Les éditions Sarbacane nous propose une magnifique édition de luxe du roman : L’île au trésor, de Robert Louis Stevenson. Histoire qui a été écrite en 1881 !
C’est une version intégrale, et merveilleusement illustrée par Anton Lomaev. Chaque illustration ressemble à un tableau, en couleurs ou couleur sépia. C’est juste sublime. Le livre, grand format, a une très belle couverture cartonnée. Edition collector.

Le texte intégral de Robert Louis Stevenson a été traduit par Jean-Jacques Greif. Il a parfaitement conservé le langage familier des « vrais » pirates ! C’est un pur régal !

Nous avons tous lu, dans notre enfance, L’île au trésor ! Le fait de se replonger dans cette merveilleuse aventure, ne peut que nous enchanter. Nous retrouvons le jeune Jim Hawkins, embarqué dans une aventure complètement folle. Il tient l’auberge familiale avec sa mère alors qu’il rencontre un pirate qui se fait tuer sous ses yeux. Il comprend vite qu’il y a quelque chose à prendre dans la malle du pirate. Il s’empare des pièces d’or et d’un vieux paquet soigneusement emballé. Il s’agirait d’une carte au trésor…

Très vite, Jim va former un équipage avec son ami le Dr Livesey et le capitaine Smolet, capitaine de l’Hispaniola. Et en route pour l’aventure vers l’île au trésor !
Avec des aventures toutes plus incroyables les unes que les autres !

Jim va-t-il s’en sortir vivant au milieu de tous ces pirates ? Sur qui peut-il vraiment compter ?
Qui va trouver le fameux trésor ? 

Naturellement, Publik’Art ne vous dévoilera rien des aventures musclées de Jim ! On tremble souvent pour lui !

Ce magnifique livre, L’île au trésor, est un superbe cadeau à offrir aux petits comme aux grands ! Une collection hors-norme, pour un chef-d’œuvre de la littérature, et illustré par un grand illustrateur-peintre contemporain ! Notre coup de cœur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Novembre 2023
Auteur :Robert Louis Stevenson
Illustrateur : Anton Lomaev
Editeur : Sarbacane
Prix : 35€

Une belle soirée Chassenay d’Arce au Sir Winston à Paris

Le dernier moment passé avec l’équipe de Chassenay d’Arce au restaurant Bonhomme laisse un souvenir difficile malgré la qualité du moment. La nuit d’avant, un incendie détruisait totalement un bâtiment du champagne Chassenay d’Arce, celui affecté à l’accueil et au stockages des matières sèches. Mais la vie continue et le plaisir de retrouver la responsable marketing opérationnel et digital Elise Dinquel, le chef de caves Romain Aubriot et le directeur Manuel Henon reste toujours le même. Alors que le salon Vinexpo bat son plein à Paris Expo Porte de Versailles, la maison de champagne a invité journalistes, confrères et exposants au Sir Winston pour un moment de convivialité autour de quelques bouteilles dégustées avec modération, avec un DJ pour l’ambiance musicale et quelques mignardises proposées par l’établissement. Ce moment fut l’occasion d’échanger sur les nouveautés de la maison avec un verre de Cuvée première brut issue d’un assemblage de 60,5% de Pinot Noir, de 39% de Chardonnay et de 0,5% de Pinot blanc, un champagne classique et complexe tout à fait caractéristique du terroir de la Vallée de l’Arce, avec de fines bulles apportant élégance et fraicheur pour une belle longueur en bouche. Le rendez vous est pris pour une prochaine dégustation afin de découvrir les nouvelles cuvées de la maison Chassenay d’Arce.

Publireportage:

Fondée par 5 pionniers en 1956 à Ville-sur-Arce, ce sont aujourd’hui 130 familles et 3 générations de vignerons qui composent la Maison Chassenay d’Arce. Le fonctionnement d’origine perdure dans un même esprit de coopération, de solidarité et de transmission des savoirs. Au cœur de la Côte des Bar, le vignoble Chassenay d’Arce s’étend sur 315 hectares et sur 14 villages répartis le long de la rivière, l’Arce. Façonné par un paysage unique où alternent vignes et forêts, il est également caractérisé par la diversité de nos cépages et par la culture raisonnée que nous y pratiquons. L’esprit de la Maison, c’est à la fois l’esprit de famille, l’esprit du terroir et l’exigence partagée par nos vignerons pour élaborer des champagnes de grande qualité. Les champagnes Chassenay d’Arce sont l’expression du terroir spécifique de la Côte des Bar et de son sol kimméridgien autrefois recouvert par la mer. Au fil des saisons, les pieds de vignes prennent corps, les grappes se colorent et les cuvées s’élaborent… La vallée de l’Arce est située tout au sud de la Champagne à proximité de la Bourgogne. La douceur du climat, l’exposition des vignes et la nature des sols (ici, les ceps plongent leurs racines dans des marnes caillouteuses) permettent de récolter à la fin de l’été des fruits à pleine maturité. Le cépage dominant sur ce territoire est le pinot noir. Nous élevons également du chardonnay, du pinot meunier et du pinot blanc, ancien cépage de la Champagne. Cette diversité nous permet de proposer des cuvées aux personnalités très variées. Tout au long de l’année, chaque pied de vigne est ici choyé et façonné pour offrir le meilleur de lui-même et donner les raisins les plus généreux. Nous sommes la première Maison de champagne labellisée Vignerons Engagés. Basé sur un cahier des charges exigeant, le label est audité par l’AFNOR tous les 18 mois. Il s’appuie sur la norme ISO 26000, référence internationale reconnue par plus de 100 pays pour le développement durable et la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Nous défendons une vision globale bâtie sur 4 piliers fondamentaux : agir pour l’environnement, garantir une qualité de la vigne au verre, soutenir le territoire et le patrimoine local, offrir le juste prix au producteur et au consommateur. Être Vignerons Engagés, c’est adresser un signal fort, celui d’une organisation qui assume les impacts de ses décisions et s’engage pour un développement durable de ses activités. Cela se traduit de façon tangible dans nos actions et investissements via : un mode de culture raisonné, des achats éco-responsables, des coûts de fonctionnement énergétiques maitrisés, des déchets recyclés, des dispositifs en faveur de la biodiversité, Plus qu’une démarche environnementale, c’est une véritable philosophie sociétale que nous défendons.

Pour en savoir plus : www.vignerons-engages.com

Découverte éblouissante des Virginia Wines à l’ambassade des Etats-Unis

C’est dans le cadre prestigieux de l’ambassade américaine que les vins de Virginie ont été présentés au cours d’un diner fastueux. 7 vins ont été dégustés pour un reflet fidèle de la diversité des cépages et des appellations. Région américaine viticole depuis les temps de l’ancien président Thomas Jefferson, la 6e région productrice de vin en volume aux Etats-Unis est reconnue pour la qualité de ses vins. Cet évènement a été l’occasion d’une belle confirmation avec cavistes, producteurs et rédacteurs vins rassemblés autour d’un diner spécialement concocté par les chefs Yves Roquet de la résidence de l’ambassadeur et Tim Moore de Early Mountain Vineyards en Virginie. Les vins de chacun des 7 domaines présents à Vinexpo ont été dégustés, en présence des viticulteurs ou de leurs représentants: Early Mountain Vineyards, King Family Vineyards, Michael Shaps Wineworks, Paradise Springs Winery, Rosemont Vineyards, Veritas Vineyard and Winery et Williamsburg Winery.

Des vins de Virginie à découvrir

La région viticole de Virginie compte plus de 280 vignobles et sept appellations d’origine (American  Viticultural  Areas). Les Etats-Unis comptent outre la Californie mondialement connue pour sa Nappa Valley de nombreuses autres régions productrices comme l’Oregon, l’État de Washington, New York, le Texas et donc la Virginie, qui connait une production de vins à petite échelle dont très peu de cuvées traversent les frontières de l’État et donc du pays. Le producteurs multiplient les occasions de se faire connaitre, à travers l’œnotourisme et des rencontres aux cours d’évènements prestigieux. Car la Virginie est une région productrice de vin très ancienne, avant même la création des Etats-Unis au cours du 18e siècle, les vignes produisaient déjà du vin. Ce fut un grand amateur de vins français, un des premiers présidents américains Thomas Jefferson, qui fit beaucoup pour développer la culture de la vigne dans une des 13 premières colonies de l’union. Si le succès ne fut pas forcément au rendez-vous à cause des maladies qui proliférèrent, les bases étaient jetées. Pour l’anecdote, il est aujourd’hui possible de visiter la maison historique de Thomas Jefferson à Monticello, demeure inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. L’industrie viticole de Virginie a connu un nouvel essor à partir des années 70 alors que la famille italienne Zonin et son vignoble de Barboursville s’y installaient. Les années 80 et 90 ont vu de nombreux vignobles éclore et les années 2000 ont vu passer le nombre de vignobles de 160 à aujourd’hui 280.

Un diner somptueux

C’est Madame l’ambassadrice elle-même Mme Denise Campbell-Bauer qui a accueilli les convives au 41, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Ce rendez-vous au cœur de l’ambassade est l’occasion d’échanger, en anglais et en française pour mieux connaitre la région de Virginie et ses producteurs. Le diner a été un grand moment de gastronomie. L’entrée était composée de 3 mignardises, gaufre de patate douce de Caroline du Nord et pickles de légumes aux grains de caviar, tartare de bœuf au caviar osciètre royale avec sa crème de Koji et un pancake de maïs avec sa gelée de pomelos de Floride et son homard du Maine. Le vin proposé était le très profond Petit Manseng 2021 de Michael Shaps. Puis carpaccio de Saint-Jacques avec un tartare d’avocat avec un autre vin blanc, le très fruité sauvignon blanc 2021 de King Family Vineyards. Puis Filet de bœuf Black Angus rôti au poivre avec son mille-feuille de pommes de terre et échalottes confites. 3 vins rouges à déguster, tous très différents, l’intense Cabernet franc 2013 de Rosemont Vineyards, le plus équilibré Rise 2017 de Early Mountain Vineyards, le fruité PVT 2019 de Paradise Springs, le très gouleyant Trianon 2019 de The Williamsburg Vinery. En dessert, douceur au chocolat d’après James Henings avec sa glace à la mélasse de sorgho et ses mignardises, accompagné du liquoreux Raisin d’être 2015 de Michael Shaps.

La soirée fut une très belle occasion de découvrir des vins de qualité variés, reflets d’une région viticole aux production diverses.

Une triste histoire de vendetta dans le film Nuit noire en Anatolie, sortie en salles le 14 février 2024

Nuit noire en Anatolie rappelle tant de films tout aussi dramatiques où la vendetta ou la loi du talion s’appliquent sans discernement dans la ruralité la plus désertique, comme ici en Anatolie au cœur de la Turquie éternelle. Ishak revient dans son village natal 7 ans après l’avoir quitté. Il n’est pas le bienvenu mais lui se targue de venir s’occuper de sa mère malade. Rapidement, les regards en coin s’accumulent, des images du passé ressurgissent et le spectateur en vient à comprendre le drame silencieux qui se joue. Le film fonctionne par fulgurances, de longues plages de calme alternent avec des coups d’éclat tristes à mourir. Le film se suit comme un thriller rural à l’instar de Jean de Florette où l’appel à la vengeance occasionne tant de chagrin.

Une vengeance brutale

Ce qui marque le plus dans Nuit noire en Anatolie, ce sont les paysages sublimes où les falaises abruptes cohabitent avec des bois épars. Un petit village semble vivre en harmonie jusqu’à l’arrivée d’Ishak. Mais les non-dits ont la vie dure et les inimités se font jour rapidement. Pourquoi le jeune Ali a-t-il disparu si soudainement 7 ans auparavant? Les raisons vont être communiquées au compte gouttes jusqu’à ce que la sérénité du village soit battue en brèches sous les coups de boutoir d’habitants taiseux et retors. L’hostilité se répand comme une trainée de poudre alors qu’Ishak se transforme en personne à abattre. Pourquoi? Les raisons se cachent du côté de la jeune Sultan, autrefois courtisée par tous, et du côté du comportement inapproprié du jeune Ali, coupable d’enlever les pièges à ours dans une contrée où les locaux n’aiment pas qu’on leur dicte leur comportement. Et comme lui et Sultan ressentent une attirance interdite l’un pour l’autre, les choses ne vont faire que s’envenimer. Les sauts temporels révèlent des indices tout au long du film pour une narration qui prend littéralement aux tripes.

Acteurs et actrices se fondent magnifiquement dans le moule de leurs personnages, le résultat est à la hauteur de l’attente pour un film qui se suit comme un drame naturaliste mâtiné de thriller.

Synopsis: Ishak vit seul dans la province d’Anatolie et gagne sa vie en jouant du luth dans une boîte de nuit. Un jour, il doit se rendre au chevet de sa mère dans son village natal qu’il a dû quitter subitement 7 ans auparavant. De retour dans son village Ishak est alors confronté à l’hostilité de tous ainsi qu’aux tourments de son propre passé.

Ca m’énerve, un album jeunesse de Casterminouche

Ca m’énerve, un album jeunesse de Casterminouche)

Ca m’énerve est un petit album souple, joliment illustré, des Editions Casterman dans la collection Casterminouche.

C’est l’histoire d’un petit garçon qui, dès le réveil, s’est levé du mauvais pied. Il s’énerve tout seul.

On l’a oublié ce matin, alors forcément ça l’énerve.
Personne ne l’a réveillé.
Alors tout l’énerve, même son doudou !

Du coup, il décide de tout faire tout seul. Il s’habille tout seul, il fait son lit tout seul, il prépare son petit-déjeuner tout seul, et il continue à s’énerver.
Il aimerait tellement habiter chez sa grand-mère… Mais il décide de partir à l’école, oubliant qu’aujourd’hui, c’est dimanche…

Ca m’énerve est un album qui permet au jeune d’exprimer sa colère. Après la colère, on se sent tellement mieux… L’auteur, Rémi Chaurand écrit depuis toujours pour la jeunesse. C’est lui qui écrit les scénarios des fabuleux  » Tom Tom et Nana » !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2024
Auteur : Rémi Chaurand
Illustrateur : Thierry Manes
Editeur : Casterman
Prix : 5,95 €

L’éducation sentimentale, Flaubert adapté avec grâce et talent au Théâtre de Poche jusqu’au 3 mars 2024

Le Théâtre de Poche propose une adaptation ambitieuse du classique de Gustave Flaubert. Woody Allen cite Sentimental education by Flaubert au début de Manhattan à propos des things worth living for, au milieu des swedish movies et de Groucho Marx, et on comprend pourquoi. Les 2 comédiens Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps rendent plus qu’un vibrant hommage à un chef d’œuvre de la littérature française qui a fait souffrir des générations de lycéens hexagonaux par sa longueur et sa hardiesse. Le texte est dense, les personnages sont nombreux et le destin du jeune oisif Frédéric Moreau a fait réfléchir nombre d’adolescents épris d’idéaux et d’illusions. Au milieu d’évènements historiques majeurs du XIXe siècle, il choisit la voie de l’amour à jamais contrarié, ce que les 2 comédiens musiciens évoquent avec maestria.

Un temps ancien ravivé avec énergie

Le XIXe siècle, ses révolutions, les rentes, les villages à portée de tir de la capitale, les rêves d’ascension sociale et d’union pécuniairement avantageuse. Flaubert, à l’instar de Balzac ou Stendhal dans le même siècle, en rend compte avec un sens aigu de la psychologie humaine. Gustave Moreau monte à Paris pour faire son droit, mais voyant bien l’effet qu’il fait sur la gente féminine, il se demande s’il ne vaut pas mieux choisir un chemin plus simple. Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps interprètent toute la galerie des personnages avec rythme et densité, les époux Arnoux, Rosanette, Deslauriers, le ménage Dambreuse, le père Roque, la jeune Louise, Frédéric Moreau gravite au centre d’une galaxie où bourgeois, ambitieux et petites gens se côtoient au gré des révolutions d’un monde qui hésite entre la monarchie, la république et l’empire. Entre citations et apartés musicaux, l’histoire et l’Histoire se racontent sans fausse note devant un public conquis. Les 2 comédiens s’accompagnent à la guitare ou brandissent un micro pour des effets scéniques démultipliés.

Flaubert aurait adoré cette adaptation pleine de liberté et de partis pris anarchique, le texte n’en pâtit pas du tout et nombreux sont ceux dans le public qui ont du réfléchir à la possibilité d’une relecture de ce pavé central de la littérature française. De quoi en conclure que l’objectif de la pièce est atteint,

Synopsis: Voici l’épopée ordinaire d’un des plus magnifiques anti-héros de la littérature : Frédéric Moreau. En pleine Monarchie de juillet, entre Nogent et Paris, suivons les déambulations amoureuses et politiques de cet enfant d’un siècle en pleine mutation. De ce roman d’apprentissage qui pulvérise nos dernières illusions, deux acteurs-musiciens font une matière à jouer moderne et survoltée. Flaubert s’électrise !

Détails:

Du mardi au samedi 19H – dimanche 15H jusqu’au dimanche 3 mars 2024

Durée : 1h20

Les souliers rouges à la Salle Pleyel, une comédie musicale entre ballet et damnation pour le plus grand plaisir des petits et des grands

Les souliers rouges est une comédie musicale créée aux Folies Bergères en 2020 par Marc Lavoine et Fabrice Aboulker. Le spectacle est inspiré du conte de Hans Andersen nommé Les Souliers Rouges. La féérie est de retour les 9, 10 et 11 Février 2024 à Paris – Salle Pleyel avant de partir en tournée dans toute la France.

Une comédie musicale pour toute la famille

Le spectacle de 2 heures est mis en scène par Jérémie Lippmann avec des beaux tours de chant et des numéros de danse chorégraphiés par Tamara Fernando. Les 3 personnages principaux interprétés par Céleste Hauser, Guilhem Valayé et Benjamin Siksou multiplient les tours de chant pour une historie qui fascine et intrigue. Le spectacle fait penser à d’autres histoires célèbres, Le Fantôme de l’Opéra, Faust et bien évidemment Roméo et Juliette. Une jeune fille rêve de devenir une danseuse étoile. Quand un producteur lui propose de passer un pacte, elle ne sait pas que son destin est scellé. En acceptant, elle accepte aussi de renoncer à l’amour. Les numéros de danse sont impressionnants alors que l’histoire se déroule avec son lot de féérie et de désillusions. Car la jeune femme finit par tomber amoureuse, pour son plus grand malheur. Les mélodies imaginées par Fabrice Aboulker et les mots de Marc Lavoine se marient pour un spectacle enchanteur, destiné à toute la famille, avec son lot de frissons et d’émotion.

Les 2 heures de spectacle se regardent avec fascination, l’histoire est belle et un grand soin a été apporté à chaque détail. Costumes, regards, numéros de danse, scénographie, tout concourt à enchanter petits et grands avec quelques moments de magie qui pourraient marquer la saison.

Synopsis:

L’histoire débute comme un conte de fées, celui d’Andersen, Les Souliers Rouges. Des chaussons magiques et maudits qui permettent à Isabelle de devenir une étoile si elle renonce à l’amour.

« Le Silence » et son écho au Vieux-Colombier

"Le Silence" et son écho au Vieux-Colombier
Le Silence – Mise en scène Lorraine de Sagazan (© Jean-Louis Fernandez)

« Le Silence » et son écho au Vieux-Colombier

« Dans l’économie de paroles, un autre rapport à la vérité se dévoile » écrivent Lorraine de Sagazan et Guillaume Poix, les auteurs de ce spectacle radical et habité. Un drame sans dialogue donc, inspiré du cinéma d’Antonioni et dans lequel le spectateur, plus disponible que jamais, compose la narration.

Car le spectateur est dans la position d’un enquêteur dont le parcours est jalonné par des moments-clés, où c’est à lui d’agencer à sa guise et selon son propre ressenti, les pièces d’un puzzle dont le dessin se précise peu à peu tout au long de la représentation.

Il ne s’agit pas ici de l’adaptation d’un scénario mais d’une création inspirée de la vision artistique du cinéaste avec ses thèmes de prédilection tels que le manque d’amour, la disparition, la recherche de la vérité, le temps qui passe et de sa dimension plastique qui travaille sur le monologue intérieur.

Le plateau, en bifrontal, sépare le public en deux. Vision panoramique sur un appartement bourgeois, bohème, et en désordre : siège confident, piles de 33-tours, bibliothèque, buffet, table en faux marbre, photos sous cadre, livres (La Révolution copernicienne, La Fabrique des rêves), des post-it sur une glace, ou encore une bouteille de whisky. Dans un coin, des cartons emballés et en surplomb au dessus du mobilier, un écran vidéo. Et puis un chien qui déambule dans ce décor en mouvement et immobile, du dedans et du dehors.

Des sensations à l’introspection 

Une scénographie (Anouk Maugein) narrative aux couleurs chaudes et sous les musiques enflammées de Lucas Lelievre. Un couple de parents (Marina Hands et Noam Morgensztern) est là, porteur d’une douleur immense.

Sur scène, le couple mutique est rejoint par deux proches, Julie Sicard et Stéphane Varupenne, ainsi qu’un personnage mystérieux (une mémoire) Baptiste Chabauty, qui reçoit impassiblement tous les affects.

D’entrée un climat s’impose et s’empare des personnages avec une essence singulière et une acuité particulière où l’on découvrira peu à peu la raison de ce chaos intérieur au travers des objets, des sons et des images projetées.

Un tempo porté par des résonnances multiples aux prises avec la perte, l’attente, l’absence ou le désir de couples qui se font et se défont.

Dans ce théâtre introspectif et de l’intime au bord du vide, les acteurs sont saisissants. D’un insaisissable mystère, Marina Hands capte la scène d’un jeu d’une infinie précision aux maintes variations où elle donne tout. Entre emportement, abattement, pleurs, ressaisissement, jusqu’à cette scène mémorable où elle livre une danse tribale aussi introspective qu’exutoire.

Ses allées et venues, à la manière de formules incantatoires, créent un rythme lancinant et instaure une ambiance lourde où le malaise du couple se fait asphyxiant.

Une détresse envahit l’espace où la mise en scène incarnée de Lorraine de Sagazan cristallise au plus près ce huis clos et le temps qui se suspend, se tend et s’anéantit, là où la condition d’être se débat entre l’ici et l’ailleurs, la rage et le renoncement, la force et la brisure. Bravo !

Dates : du 31 janvier au 10 février 2024 – Lieu : Comédie-Française – Vieux- Colombier (Paris)
Mise en scène : Lorraine de Sagazan

A nous trois, un super roman de Marie Sellier (Casterman)

A nous trois, un super roman de Marie Sellier (Casterman)

Marie Sellier nous propose un très chouette roman, centré sur l’adolescence : A nous trois.

C’est l’histoire de trois filles, adolescentes. Elles entrent en 3ème dans le même collège. Lilly vient de Nice, Mina de Nantes, quant à Angèle, elle a toujours été à Paris mais elle change aussi de collège suite à un déménagement.

Dès le premier jour de la rentrée, elles font connaissance. Toutes les trois nouvelles ! Alors, forcément, pas d’ami !

Et puis elles se rendent compte qu’elles habitent tout près les unes des autres. Même rue ! et Lily et Mina habitent même le même immeuble ! Et deviennent très vite le trio inséparable.

Elles sont très différentes ces trois adolescentes. Mais chacune a déjà un lourd passé. Rien n’a été facile pour elles. Au fil des pages, le lecteur découvre le passé de chacune, avec ses épreuves, ses douleurs, ses angoisses. Pas facile de se confier…

L’auteur aborde des thèmes très importants, comme le harcèlement scolaire, la violence familiale, le divorce, la crainte du lendemain, les relations intergénérationnelles, l’amitié…

Rien n’est vraiment facile pour elles. Mais en se confiant les unes les autres, elles vont trouver la force d’affronter des situations qui leur paraissaient impossibles ! A trois, elles peuvent tout faire ! Tout affronter !

Elles se comprennent tellement bien et peuvent tout se dire !

A nous trois est une très belle histoire qui donne de la force et de l’espoir même quand tout va mal. Les filles retrouvent une bonne estime de soi, chacune à leur tour et leur vie au collège devient nettement plus enrichissante.

On attend avec impatience la suite de cette histoire car on ne peut pas rester sans suite ! N’est-ce pas Marie Sellier ? Dites-nous vite s’il y aura une suite ! On est accro à Lilly, Mina et Angèle…

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2024
Auteur : Marie Sellier
Editeur : Casterman
Prix : 12,90 €

Louis Arlette dévoile son nouvel album Chrysalide

Louis Arlette enchaine les albums depuis Sourire Carnivore en mars 2028 en passant par Blanc et Bleu en 2021 et Sacrilèges en avril2023. Il continue de tracer son sillon avec un cinquième album qui le voit encore évoluer vers une nouvelle incarnation, plus obscure et toujours un peu plus tourmentée. Sa musique tend vers une électro-rock sophistiqué aux accents trip-hop assez fascinants. Les paroles sont toujours teintées de poésie abrasive pour une écoute toujours plus investie.

Un retour fascinant

L’album Chrysalide s’ouvre sur le titre Lapis Lazuli qui donne le ton. Les tonalités sont à la limite de la musique industrielle pour mettre en valeur la plume toujours tranchante du chanteur. Les autres titres comme Magnifique ou Babylone + Calories Calimero entretiennent l’ambiance métallique qui s’échappe des mélopées. Certains titres sont particulièrement envoutants comme Samsung enragé ou Croque Odile, et Le cafard et les sashimis louvoie du côté des rêves tourmentés. L’ auteur-compositeur-interprète, ingénieur du son et producteur français a vu sa crinière se développer depuis le premier titre marquant qui l’a révélé en 2017, Le moment est venu. Lui qui a collaboré avec le groupe Air depuis 2007, a également collaboré avec des artistes comme Jean-Paul Goude, Carla Bruni, Cat PowerCharles BerlingColin Greenwood du groupe Radiohead et a créé son propre studio d’enregistrement le Bruit Blanc. Un échange internet en 2021 a permis d’échanger avec l’artiste sur sa philosophie de vie à l’heure de son album L’arbre de vie et ses intentions, avec une sincérité réconfortante en des temps immémoriaux de crise sanitaire. Il est toujours aussi intense et convaincant avec ce nouvel album que l’on espère reconnu à une plus grande échelle publique.

Ce nouvel album Chrysalide laisse présager d’une envie d’expérimentation qui laisse pantois, l’inventivité est constante et il nous tarde de le découvrir sur scène pour partager les volutes d’une atmosphère remplie de poésie et d’ambition artistique. Les 9 chansons sont comme des récits initiatiques qui tiennent en haleine tout du long.

Les feuilles mortes, un nouveau film concept d’Ari Kaurismaki à découvrir en DVD/BRD/VOD le 6 février

Le cinéma d’Aki Kaurismaki a ses aficionados et ses détracteurs, difficile de ne pas avoir une opinion tranchée sur ses choix esthétiques et scénaristiques. Le charme désuet peut plaire ou pas, l’histoire d’Ansa (Alma Pöysti) peut soulever une vraie empathie ou laisser froid. La femme est courageuse, elle enchaine les boulots sans intérêt et rencontre Holappa (Jussi Vatanen), lui aussi à l’existence minuscule et alcoolique. Il voit les portes se fermer devant lui, ils sont faits pour se rencontrer.

Un film particulier

L’image qui reste, c’est ces 2 personnages assis l’un à côté de l’autre avec les regards dans le vide. La Finlande ne devrait pas connaitre un boom touristique avec ce film, les bars sont glauques, les karaokés sont sinistres, pas de rire ni d’action, encore moins de sourires. Le choix esthétique du réalisateur est tranché, faisant plonger le spectateur dans une marmite remplie de spleen entre amertume et mélancolie. Pendant ce temps là, les nouvelles de la guerre en Ukraine remplissent les ondes, rajoutant une couche au spleen ambient. Le film ouvre une lucarne sur une réalité sociale peu connue dans les pays nordiques connus pour leur démocratie avancée et leur haut niveau d’enseignement qui n’empêche pas les travailleurs de se faire jeter dehors en un temps record, c’est du moins ce que semble montrer le film. La question se pose de l’existence d’un contrat de travail et d’indemnité de licenciement. Ansa est mise dehors sous un prétexte étrange, elle a pris avec elle un surgelé périmé au lieu de le jeter à la poubelle, le prétexte est assez sommaire. Le réalisateur préfère se concentrer sur des futilités, certes futiles mais remplies d’humanité, sans action ni violence, car la vie est déjà suffisamment violente. Le désir d’amour, la solidarité et l’espoir en l’autre fondent son cinéma. Le titre du film est évidemment inspiré d’une chanson, celle homonyme signée Prévert et Kosma. Par ailleurs, cette tragi-comédie est la quatrième partie que l’on croyait perdue de la trilogie du réalisateur (Ombres au paradis, Ariel et La fille au allumettes).

Les Feuilles mortes a obtenu le Prix du Jury au Festival de Cannes 2023Aki Kaurismäki revient régulièrement sur la Croisette, lui qui a déjà présenté Au loin s’en vont les nuages, L’Homme sans passéLes Lumières du Faubourg et Le Havre. Le film est à découvrir le 6 février pour une séance de rattrapage.

Synopsis: Deux personnes solitaires se rencontrent par hasard une nuit à Helsinki et chacun tente de trouver en l’autre son premier, unique et dernier amour. Mais la vie a tendance à mettre des obstacles sur la route de ceux qui cherchent le bonheur.

Un Crémant de Bourgogne AOC Brut Méthode Traditionnelle des Orfèvres du vin à découvrir

Ce Crémant de Bourgogne AOC Méthode Traditionnelle est représentatif des méthodes traditionnelles de Bourgogne du Sud, qui comporte des parcelles situées sur les meilleurs coteaux de secteurs complémentaires. Cette cuvée bénéficie des soins attentifs de viticulteurs professionnels réputés et du Maître de Chais Amélie Thomas. Ce millésime est un assemblage de millésimes choisis. A l’œil, il se distingue par une robe légère et lumineuse. Au nez, il est possible de distinguer des arômes fruités. En bouche, l’attaque est souple et tendue à la fois. Le vin est sec, il doit être servi de manière préférentielle pendant l’apéritif sous forme de kir royal. La bouteille est proposée au tarif très avantageux de 10,50 euros, une bonne raison pour une dégustation avec modération.

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Fondée en 1929, la cave regroupe l’équivalent d’un gros Domaine avec 60 adhérents. Les Orfèvres du Vin sont devenus au fil des années des artistes autant que des artisans. Car c’est réellement tout un art de développer une telle palette de 15 appellations de qualité constante, sur 120 hectares, cultivés et soignés dans la plus pure tradition vigneronne. Et il faut tout le talent et tout le savoir-faire d’artisans passionnés par leur métier et amoureux du Mâconnais pour élever années après années des vins blancs et rouges qui se distinguent régulièrement dans les concours régionaux et nationaux. Situés aux portes du Mâconnais, les Orfèvres du Vin sont depuis toujours attachés à donner leurs plus belles lettres de noblesse aux cépages phares de la région : l’Aligoté bien sûr, mais aussi l’inimitable Chardonnay ainsi que le Gamay et le Pinot noir. Pour vos destinations de loisirs et de week-end, le chai est situé idéalement dans un écrin de verdure au départ de la Voie verte Mâcon-Cluny, face à la Roche de Solutré. Le circuit du Val Lamartinien, ou encore le circuit des églises romanes, achèveront de vous dépayser dans un cadre touristique et culturel authentique et varié.

[BD] L’Orateur : un polar antique captivant sur l’art de la plaidoirie à Rome (Glénat)

[BD] L’Orateur : un polar antique captivant sur l’art de la plaidoirie à Rome (Glénat)

Récit complet proposé par Luca Blengino, David Goy (au scénario) et Antonio Palma (au dessin), L’Orateur est une plongée dans la Rome Antique de Marc Aurèle. Une plongée qui cultive avec brio le sens de la mise en scène à travers une enquête policière menée par le plus grand orateur de la ville : Marcus Cornelius Florens. Ce dernier est sorti de sa retraite pour s’intéresser au meurtre de son ami médecin grec, dont l’accusé n’est autre que le fils. Un parricide très lourdement sanctionné par une peine de mort atroce (contrairement à l’infanticide qui lorsqu’il est commis par le pater familias, n’est que banalité pour Rome).

L’avocat hors pair, après s’être forgé une conviction profonde à travers son enquête, va faire la pleine démonstration de ses talents en place publique, lors d’un procès retentissant. Un récit rythmé et captivant qui offre une fenêtre sur l’Histoire de Rome, ses us et coutumes de l’époque. Le tout est illustré avec un trait réaliste qui développe des personnages graphiquement travaillés et expressifs. On a plaisir à parcourir ces planches.

L’Orateur ne déçoit pas. Un album one shot à découvrir sans plus attendre !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Un coupable idéal

Rome, IIe siècle après J.-C. Edilus, le médecin le plus respecté de la communauté grecque de Rome vient d’être sauvagement assassiné. Son fils Alexandre, que le vieux médecin comptait à minima déshériter est déjà désigné coupable ! Un procès expéditif attend donc ce garçon qui, selon les lois romaines, encourt la peine capitale pour parricide. Mais ce verdict intrigue Marcus Cornelius Florens. Cet orateur hors pair, le meilleur avocat de Rome, se douterait-il de quelque chose ? Lui qui se tient depuis des années à l’écart des basses intrigues de la « vie publique » se méfie surtout des coupables trop parfaits. Contre toute attente et sur les supplications d’Hipatia, la veuve d’Edilus, Marcus accepte de défendre ce jeune fils d’immigré grec accusé du crime le plus grave dans la cité impériale. Mais sans témoins, sans preuves, ni alibi, les chances de renverser le cours de l’enquête sont quasi nulles. À moins… qu’en remontant le fil de l’histoire familiale, l’enquête ne ramène Marcus là où tout a commencé : dans la maison de la victime… Le procès public, très attendu, approche. Bientôt Marcus va déployer tout son talent lors d’une joute oratoire où la vérité compte moins que cet art du discours…
Polar judiciaire sous la Rome antique de Marc Aurèle, ce one shot nous plonge habilement à une époque où tout comme les gladiateurs du Colisée, l’art oratoire était un sport redoutable, mais pratiqué dans une arène différente, le Forum. Ce bel album au dessin réaliste et au scénario romanesque éveille en plus notre curiosité historique à travers cette enquête pleine de tensions et de péripéties dans les ruelles romaines.

Date de parution : le 17 janvier 2024
Auteurs
: Luca Blengino, David Goy (scénario) et Antonio Palma (dessin)
Genre : Histoire, Policier
Editeur : Glénat
Prix : 16,95 €
Acheter sur : BDFugue

Quarante voleurs en carence affective, Boris Cyrulnik (Odile Jacob)

Quarante voleurs en carence affective, Boris Cyrulnik (Odile Jacob)

Boris Cyrulnik nous révèle toute sa psychologie dans ce livre : Quarante voleurs en carence affective.

Publik’Art avait déjà beaucoup apprécié : Là où tout commence, Les 1000 premiers jours. Une oeuvre collective centrée sur le tout-petit.

Il est évident que l’auteur, Boris Cyrulnik, que tout le monde connaît, surtout grâce à sa définition de la résilience, reprend les mêmes idées fondamentales sur l’éducation du jeune enfant. Sur la bienveillance que l’on doit au bébé de façon à ce qu’il se développe le plus possible, et en parfaite sécurité. Thème très cher à l’auteur.

Avec Quarante voleurs en carence affective, l’auteur révèle son vécu, ses observations et ses conclusions. Ayant été privé d’affection, très jeune, il s’est naturellement tourné vers les animaux et a beaucoup appris d’eux. En nous dévoilant les résultats de ses années d’observation, il fait un parallèle entre les comportements animaux et les comportements humains. Dans le seul but de mieux comprendre la complexité de l’humain. Il nous révèle de nombreux témoignages, tous plus incroyables les uns que les autres.

La violence a toujours existé, depuis la nuit des temps, et dans toute société. L’auteur nous explique pourquoi la guerre existe, pourquoi les comportements extrêmes reçoivent un tel succès. Il nous offre une approche psychanalytique de la violence qui règne dans notre monde.
Le lecteur découvrira l’immense culture de Boris Cyrulnik qui, à 86 ans, ne lâche rien, bien au contraire ! C’est un peu un livre où il nous dit tout sur tout ! Tout sur presque tous les sujets ! Tout pour mieux comprendre l’Homme dans son entité, dans son originalité.

Quarante voleurs en carence affective est à lire pour nous aider à avancer en gardant confiance en nous, en notre avenir, en notre jeunesse…

Voilà quelques extraits de Quarante voleurs en carence affective :
– Les grands tyrans comme Napoléon, Hitler ou Staline ont été adorés par le peuple qui désirait consacrer ses forces à faire triompher celui qui avait su les enthousiasmer. P.61
– Les découvertes génétiques ont amené à penser que les femmes bénéficient de l’effet protecteur du double X. Lorsqu’elles meurent jeunes avant les hommes, c’est que la société a mal fait son travail. P.82
– Mal vivre fait vieillir et diminue l’espérance de vie. P.85
– Si un cerveau apte à la parole ne rencontre pas un autre cerveau apte à la parole, il n’aura aucune chance de parler, même s’il est sain. P.168
– Les soins parentaux sont une forme d’altruisme que de nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères manifestent impérativement. P.188
– Avec l’interdit de l’inceste, un acte sexuel biologiquement possible venait de devenir un crime contre la société. P.237
– Les écrans qui nous rendent capables de communications magiques entraînent chez les enfants des retards de langage parfois importants, chez les ados de graves dépendances, chez les adultes des dépressions par isolement social et chez les âgés une entrée précoce dans la maladie d’Alzheimer. P.261

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 2024
Auteur : Elodie Dupuis
Editeur :
Prix : 19 €

Moby Dick, une pièce immersive et puissante à ne pas manquer au Lucernaire

Tout sent les embruns, le hareng saur et le roulis sur la scène Lucernaire dans la salle Paradis pendant la représentation du Moby Dick adapté du chef d’œuvre de Melville paru en 1851. 4 comédiens accueillent les spectateurs pour appareiller au son de chants de marins forts et mélancoliques composés originellement pour rythmer et synchroniser le travail en équipe. Benjamin Bouzy (Ismael), Fabien Floris (Capitaine Achab), Pascal Loison (second Starbuck et rôles divers sous différents accoutrements) et le géant Kevin Poli (divers rôles) ont le cheveu gras et des visages burinés, les vraies gueules de l’emploi pour figurer l’équipage du baleinier Pequod, condamné à suivre la folle lubie d’un capitaine décidé à se venger du cachalot blanc Moby Dick qui lui a blessé la chaire et l’âme. La pièce passe dans un souffle tant sa densité colle les spectateurs au siège et fait voyager dans un récit unique. Et comme souvent, l’économie de moyens suffit à échafauder un voyage plein d’esprit, ils sont forts au Lucernaire.

Une pièce comme un écueil

La Compagnie Les Vagabonds a déjà été récemment à l’œuvre pour une mémorable adaptation de L’Alchimiste de Paulo Coelho dans ce même Lucernaire. Le changement de décor est total avec non plus une fable aux accents universels mais un récit de lutte acharnée et illusoire d’un homme blessé contre le destin. Car personne ne se soulève contre les décisions du Capitaine Achab, il a l’œil mauvais et la patte folle, le gosier aride et le bras sûr. Il cherche à harponner lui-même le géant des mers souvent introuvable sauf pendant quelques rares et temporaires remontées à la surface. C’est le jeune Ismael qui raconte l’histoire. Attiré par la mer et le large, le jeune homme sera le seul rescapé de la funeste rencontre entre le Pequod et son destin. La pièce distille savamment des éléments de dramaturgie, alternant entre plages d’humour et obstination funeste. Des effets artisanaux sont utilisés avec bonheur pour figurer la tempête ou la houle. Les spectateurs se retrouvent littéralement sur le baleinier à côtoyer des hommes prêts à se sacrifier pour leur maitre à penser. Les 4 comédiens rentrent et sortent de scène, se dispersent dans le public, s’assoient sur des caisses de bois, montent sur le toit du baleinier dans une scénographie dynamique appuyée par une bande son qui figure les ambiances dans un voyage appelé à marquer la saison théâtrale. Pas besoin d’une scène immense, d’accessoires nombreux ou d’une troupe pléthorique pour faire revivre cette histoire au symbolisme si puissant où la lutte entre Achab et Moby Dick symbolise celle du Bien contre le Mal. L’orgueil du capitaine, à qui Moby Dick a arraché la jambe, et sa quête de vengeance le mèneront à sa perte. Les personnage cherchent la renommée qu’ils pourrait tirer à vaincre le cachalot, sans comprendre pourtant que la lutte est illusoire, car le monstre est surtout présent dans l’esprit du capitaine et rien ne pourra le libérer de lui-même, si ce n’est dans un prévisible trépas.

La pièce Moby Dick au Lucernaire est un vrai incontournable de la saison théâtrale par son intensité et le jeu puissant des comédiens. Le respect du texte est total, la salle ressent des frissons tout du long, de quoi appeler le plus grand nombre possible à venir s’extasier devant cette grande performance théâtrale.

Synopsis:

VOYAGE AU COEUR D’UNE OBSESSIONNELLE VENGEANCE

Moby Dick, formidable roman d’aventure, raconte l’histoire d’une obsession : depuis qu’un féroce cachalot a emporté la jambe du capitaine Achab, celui-ci le poursuit sans relâche de sa haine et de sa fureur.
Il entraîne à son bord des marins pris peu à peu dans le tourbillon de cette folle vengeance.
Dans ce récit captivant, drôle et rempli d’une étrange sagesse, Melville pose les grandes questions de l’existence humaine et inscrit dans la mémoire des hommes un nouveau mythe : celui de la baleine blanche. La nouvelle création de la compagnie Les Vagabonds vous embarque entre cauchemar et réalité au coeur des océans, dans le fracas de leurs tempêtes, dans le tourbillon de l’âme humaine, dans l’affrontement final de l’homme et du grand Léviathan blanc.
Embarquez dans l’aventure, vous n’en sortirez pas indemne.

Détails:

Mardi < Samedi 21h | Dimanche 17h30

13 décembre au 3 mars 2024, Salle Paradis

Elaha, un beau film de femmes de Milena Aboyan, sortie en salles le 7 février 2024

Elaha est un film surprenant. Le personnage principal interprété par Bayan Layla vit en Allemagne, elle est d’origine kurde et le poids des traditions est très important dans cette communauté. Alors qu’elle doit se marier, un test de virginité est demandé par la future belle-famille, ce qui ne va pas sans lui poser des problèmes de conscience. Le récit tient en haleine tout du long dans un film attachant qui amène à la question centrale: une femme peut-elle rester elle-même dans un monde de traditions?

Une héroïne très actuelle

Elaha vit dans une famille d’origine kurde. Son père au chômage, c’est sa mère qui fait vivre la famille. Elaha cumule études et travail au pressing pour aider à apporter quelques subsides à la maisonnée. L’ambiance est des plus pesantes, le mère est sensible à l’image renvoyée à l’extérieure, rappelant à tout bout de champ sa peur d’une possible honte suscitée par un comportement selon elle mal avisé. Mais Elaha est une jeune femme aux désirs bel et bien présents. Alors quand la perspective du mariage soutenu par sa famille se rapproche, elle se pose la question de ses envies à elle. Veut-elle vraiment se marier? Cette union est-elle sa décision ou celle de sa mère? La réalisatrice Milena Aboyan pose la question de l’autodétermination avec acuité au sein d’une communauté très présente en Allemagne. Les copines délurées, le petit frère atteint d’une pathologie invalidante, le film accumule les détails qui font s’attacher au personnage principal. Car elle se sent seule face à ses interrogations et c’est une prof qui va lui ouvrir les yeux sur elle et son avenir. Car seule, elle ne sait pas quoi penser. Elle envisage une opération de reconstruction de l’hymen, elle réfléchit même à l’utilisation du produit VirginiaCare conçu pour aider les femmes en détresse à simuler leur prétendue virginité à l’aide de capsules de faux sang, mais ce n’est pas la solution pour elle. Le film montre un cheminement vers l’acceptation de ses propres désirs dans un monde qui fait tout pour les juguler. La réalisatrice Milena Aboyan est née kurde yézidie en Arménie en 1992. Elle a commencé une formation sur 4 ans en Allemagne en 2010 pour devenir actrice. Au cours de ce programme, elle a joué dans plusieurs pièces de théâtre et après avoir obtenu son diplôme, elle a changé de discipline pour commencer à se concentrer sur l’écriture. Son dernier film Elaha à la Filmakademie a reçu le Kaiju Cinema Diffusion Prize au Festival du film de Locarno.

Le film raconte l’histoire d’une jeune femme qui certes veut respecter sa culture et ses traditions mais doit surtout se convaincre de son indépendance d’esprit. Le film sort le 7 février en salles pour un beau moment de cinéma.

Synopsis: Elaha, une jeune femme d’origine kurde de 22 ans, cherche par tous les moyens à faire reconstruire son hymen pensant ainsi rétablir son innocence avant son mariage. Malgré sa détermination, des doutes s’immiscent en elle. Pourquoi doit-elle paraître vierge, et pour qui ? Alors qu’un dilemme semble inévitable, Elaha est tiraillée entre le respect de ses traditions et son désir d’indépendance.

Une BD immanquable avec The Velvet Underground, Dans l’effervescence de la Warhol Factory, sortie le 7 février aux éditions La Boite à Bulles

La BD débute en 1987 alors qu’Andy Warhol vient de disparaitre. Suit alors un long récit depuis 1959 pour suivre les destins croisés des membres du groupe mythique The Velvet Underground. Des séances d’électrochocs subis par le jeune Lou Reed pour le guérir de ses tendances homosexuelles à l’isolé John Cale dans un Pays de Galles endormi, la BD raconte tout sans œillères. Les futurs musiciens d’un des plus grands groupes de rock du monde se cherchent, expérimentent et gardent toujours leur intransigeance comme ligne directrice. Viennent les rencontres avec Sterling Morrison et Moe Tucker jusqu’à la rencontre décisive en 1965 avec Andy Warhol au Café Bizarre et leur association fructueuse. C’est tout un pan de la légende du Velvet qui est exposée, dans un déroulé très didactique qui dissèque les différentes phases pour en faire ressortir le génie du groupe. Andy Warhol leur adjoint la chanteuse allemande Nico et le train se met en marche. La BD raconte une histoire aux détails mal connus pour mettre en avant les difficultés et les efforts consentis par le groupe pour en sortir plus forts. La plongée est passionnante et donne envie de réécouter les albums du groupe, un bon signe. Entre paroles agressives et sonorités abrasives, la musique du groupe The Velvet Underground a changé la face du rock, comme le montre bien cette BD richement documentée, aux dessins précis et au rythme continu.

Synopsis: L’histoire tumultueuse du Velvet Underground, le groupe de rock américain qualifié de « plus influent de notre époque » par le New York Times.

Issu de l’emblématique scène artistique du New York de la fin des années 60 et porté par l’esprit brillant et indompté de ses membres fondateurs, Lou Reed et John Cale, le Velvet Underground compte aujourd’hui parmi les légendes du rock… Mais il n’en a pas toujours été ainsi.

Nés sur les deux bords de l’Atlantique, l’un au Pays de Galles et l’autre à Long Island, John et Lou fuient des environnements familiaux nocifs, portés par une même soif de liberté. Réunis par un producteur cupide qui les abandonnera aux premiers remous, les deux marginaux entament une collaboration amicale et artistique qui bouleversera les codes de leur époque.

Du vol de bois pour se chauffer à la Andy Warhol Factory – où le groupe devient un l’objet d’affections mondaines – en passant par l’effritement de l’entente créative de Cale et Reed dans un mélange de jalousie et de paranoïa, l’histoire des Velvets est aussi audacieuse, stimulante et passionnante que leur musique.

Le bédéaste new yorkais Koren Shadmi déploie tout son art pour nous donner à appréhender les parcours de vie et les trajectoires créatives de ce duo – et de leurs comparses – qui ont révolutionné la musique rock et bousculé la société américaine puritaine…

Editeur: La Boite à Bulles

Auteurs: Koren Shadmi

Nombre de pages / Prix: 192 pages / 26 euros

Une vrai bonne BD d’espionnage avec Le dictateur et le dragon de mousse aux éditions La Boite à Bulles, sortie le 7 février 2024

Fabien Tillon et Fréwé mettent en bulles une histoire incroyable mais vraie, celle d’un réalisateur star en Corée du Sud et de son ex-épouse actrice enlevés par le régime nord-coréen dans le but de mettre en scène des films à la gloire du régime. Dans une ambiance oppressante, le destin de ces 2 personnages est racontée avec brio, des premiers temps de la rupture jusqu’à l’extraction finale dans une capitale autrichienne parfaite dans le contexte de la BD. Dans une ambiance très guerre froide, l’histoire se raconte sous forme de flashback avec son lot de paranoïa, d’écoutes secrètes et de tentatives d’échapper à la prison dorée mise en place par un régime corrompu décidé à donner une bonne image de lui-même à l’étranger par l’entremise de films à sa gloire. Le rythme est constant et la BD se joue entre thriller et espionnage avec comme contexte une Corée du Nord jamais à court de coups tordus pour redorer son image à l’étranger.

Synopsis: L’histoire « incroyable mais vraie » de deux vedettes de cinéma enlevées par la Corée du Nord pour réaliser des chefs-d’œuvre et auréoler la dictature d’un prestige international.

Hong-Kong, 1978. Le metteur en scène et producteur Shin Sang-ok – star en Corée du Sud bien qu’en délicatesse avec la junte nationaliste et conservatrice au pouvoir – est à la recherche de son ex-épouse, Choi Eun-hee, qui a disparu depuis plusieurs semaines dans la mégalopole anglo-chinoise. Bien que divorcé, il est resté très lié à elle. Quand il pense avoir retrouvé sa piste, il tombe en fait dans un guet-apens et se retrouve enlevé à son tour.

Quand il revient à lui, il se trouve en résidence surveillée en Corée du Nord, obligé de suivre des cours d’éducation politique. Comme de nombreux autres artistes japonais, chinois ou coréens avant lui, il a été enlevé pour servir la Patrie du Socialisme. Ses tentatives d’évasion se soldent toutes par des échecs patents au cours desquels il risque sa vie.

En février 1983, enfin, on l’extrait de sa résidence pour l’amener rencontrer Kim Jong-il et retrouver son ex-épouse, Choi Eun-hee. Avec des moyens quasi illimités, le guide suprême leur demande de réaliser des films qui marqueront l’Histoire du cinéma…

Sur la base d’une histoire – incroyable mais – vraie, Fabien Tillon et Fréwé mettent en scène un thriller captivant, retracent des destinées hors du commun et reconstituent l’univers incroyable d’une des dictatures les plus isolées du monde, mais pourtant soucieuse de son prestige culturel à l’étranger.

Editeur: La Boite à Bulles

Auteurs: Fabien Tillon, Fréwé

Nombre de pages / Prix: 144 pages / 22 euros

« Rohtko », le théâtre augmenté de Łukasz Twarkowski à l’Odéon – Ateliers Berthier

« Rohtko », le théâtre augmenté de Łukasz Twarkowski à l'Odéon - Ateliers Berthier
Rohtko © Artūrs Pavlovs

« Rohtko », le théâtre augmenté de Łukasz Twarkowski à l’Odéon – Ateliers Berthier

C’est à partir d’une réflexion autour de la valeur de l’art – financière et/ou esthétique – et de la distinction entre original et copie (qui dépasse le seul artiste Rothko) que s’articule le spectacle imaginé par Łukas Twarkowski, qui a longtemps travaillé aux côtés de Krystian Lupa comme assistant metteur en scène ou collaborateur artistique sur « Salle d’attente » ou « Perturbation ».

Depuis une dizaine d’années, il signe en Pologne et dans les pays baltes des productions de théâtre total particulièrement spectaculaires et ambitieuses, mais c’est la première fois que son travail est présenté en France.

Rohtko (avec une faute d’orthographe volontaire !), créé en Lettonie avec des acteurs lettons, polonais et chinois, s’inspire à la fois de la vie du grand peintre américain Mark Rothko et d’un incroyable scandale de contrefaçon qui a bouleversé le monde de l’art il y a une douzaine d’années avant d’en arriver aux récentes formes d’art digital et de « crypto-art ».

Une mise en scène spectaculaire et percutante 

En 2004, un tableau de Mark Rothko, « Untitled », 1956, est vendu par une célèbre galerie d’art new-yorkaise à un couple de collectionneurs pour plus de huit millions de dollars. Sept ans plus tard, on découvre qu’il s’agit d’un faux – un Rohtko. C’est Pei-Shen Qian, un artiste chinois devenu professeur de maths dans le Queens, qui l’a peint dans son garage, avec quelques autres Pollock et De Kooning.

Un tableau falsifié peut-il encore nous émouvoir ? Quelle est l’importance des originaux à l’heure des NFT et des blockchains ? Qui décide de la valeur d’une œuvre d’art ? À quel point un artiste est-il libre ? Qu’est-ce que l’art, en fin de compte ? Quelle est l’importance de l’art – quelle est l’importance de la vie elle-même – maintenant que les réalités virtuelles existent ?

Sans oublier le concept chinois de shanzai qui sert aussi de fil rouge à l’intrigue et consistant à nier la division traditionnelle entre copie et original, marquant une différence capitale avec l’Occident.

Ce sont toutes ces questions qui traversent ce spectacle de quatre heures dans une mise en scène spectaculaire et percutante. Car ici ce ne sont pas les dialogues qui importent mais les images et leur illusion sensorielle, confusionnelle.

A l’abri d’effets visuels, cinématographiques et sonores foisonnants et/ou tonitruants qui superposent la temporalité et les lieux d’action, démultiplient les points de vue, le dispositif scénique embarqué et impressionnant brouille les frontières entre le réel et la fiction, faisant écho à la relation trouble qui se joue entre l’original et le faux (sa confusion) et sa nouvelle représentation dans un environnement virtuel et ultra-capitaliste.

Emmené par une distribution de haut vol, chacun des comédiens dessine sa partition et interagit entre le kaléidoscope augmenté, déroulé sur scène, de l’art physique et virtuel, ou l’art dupliqué. Bravo !

Dates : du 31 janvier au 9 février 2024 – Lieu : Ateliers Berthier (Paris 17ème)
Metteur en scène : Łukas Twarkowski

“La Mouette” de Brigitte Jaques-Wajeman, un vol captivant

“La Mouette” de Brigitte Jaques-Wajeman , un vol captivant
Crédit / Copyright : ©GillesLeMao

“La Mouette” de Brigitte Jaques-Wajeman, un vol captivant

Dans La Mouette, Anton Tchekhov (1860-1904) fait de l’art et de l’amour le terrain de prédilection des passions inaccomplies et des désillusions.

Celles notamment de Nina, une jeune fille qui rêve d’être actrice mais dont la vocation sera détruite par une trahison amoureuse, ou celles de Constantin Treplev, épris de Nina qui en regarde un autre. Treplev est un jeune auteur épris d’absolu en quête de reconnaissance et de l’amour d’Irina, sa mère, comédienne célèbre, qui le méprise ouvertement et n’a d’yeux que pour l’écrivain en vogue, Trigorine, son amant.

Il y a Trigorine qui représente un art conventionnel, souvent auto-satisfait, un art reconnu mais qui manque cruellement de radicalité, de liberté et sans doute de passion, à l’inverse de celui de Constantin qui se cherche, ne connaissant pas les lois, les règles de la scène, du théâtre, de la narration, mais qui veut révolutionner le théâtre, témoigner d’un engagement, au risque d’être ridicule, superficiel et dérisoire dans son art.

Comment vivre ?

Une rivalité qui embrasse alors une expérience humaine avec ses non-dits et ses conflits intérieurs, où le spectacle donné par Treplev devant ses proches qui se transforme en un manifeste pour un théâtre avant-gardiste, est fustigé par sa mère. Et si les liens intimes et la condition d’artiste sont mis à mal, l’amour y est aussi compliqué : l’instituteur aime Macha qui aime Constantin qui aime Nina qui aime Trigorine, lequel fait semblant d’aimer Arkadina.

Entre frustrations et acte manqués, chacun des protagonistes est suspendu à un flot continu d’espoirs et de renoncements. Un condensé de vie où Brigitte Jaques-Wajeman scrute avec finesse les abîmes indicibles et les fuites avortées.

Sur le plateau, l’abstraction est de mise avec comme décor un tréteau nu, constitué de billots de bois brut, qui donne sur un ciel immense, représenté par un tableau, dont les variations lumineuses scandent le déroulement des quatre actes de la pièce. Une scénographie à l’épure parfaite qui télescope le dedans et le dehors, l’ici et l’ailleurs, propice à une temporalité aux prises avec la vie et ses méandres.

Portée par la traduction enlevée de Gérard Wajcman, « La Mouette » résonne dans le présent où les protagonistes se confrontent au réel.

Des notes de musique traversent la pièce, cristallisant le spleen des personnages et leur empêchement à être, alors que gronde au plus profond d’eux-mêmes un désir de vivre enfin…

Ardent, sensible, désespéré, Raphaël Naasz est magnifique dans le rôle de Treplev dont il porte de tout son être, la fureur et la blessure de vivre. Ses partenaires ne sont pas en reste où chacun dessine sa partition dans un mouvement à l’unisson et donne à cette « Mouette » toute sa dimension symbolique et sacrificielle. Bravo !

Dates : 31 janvier au 11 février 2024 – Lieu : Théâtre de la Ville – Les Abbesses (Paris)
 Mise en scène : Brigitte Jaques-Wajeman

Sortie du thriller Lost in the night en DVD le 6 février pour une intense plongée dans l’enfer de la société mexicaine

Le réalisateur Amat Escalante n’est pas un débutant. Il a déjà réalisé le film Heli en 2013, prix de la mise en scène à Cannes, Los Bastardos en 2009 et les épisodes 5 et 6 de la première saison de la série Narcos : Mexico. Son nouveau Lost in the night est un gros choc, un thriller social palpitant qui fait plonger au centre d’un Mexique violent – police et gangsters -, corrompu – du pain béni pour les trafiquants – et marqué par les inégalités. La richesse du scénario est un point fort avec un ton entre satire noire de la société mexicaine et critique de ses avanies actuelles (poids disproportionné des réseaux sociaux, excès de l’art contemporain). Le film traite du cadre global de la société mexicaine dans un contexte de thriller policier tendu et efficace, l’enquête va de surprises en surprises Le personnage bouleversant d’Emiliano est incarné par l’intense acteur mexicain Juan Daniel García Treviño. A ses côtés, l’actrice espagnole Ester Expósito aperçue dans la série Elite incarne une influenceuse ambiguë. La photographie de Lost in the night est très soignée avec une palette de couleurs percutante, souvent dans un contexte nocturne. Les plans aux abords d’un lac, des paysages désertiques, des plans de ciel à perte de vue, la nature prend une place importante en contrepoint de scènes de violence full frontal à l’effet percutant sur le spectateur, c’est même ce qui est le plus marquant dans le film pour une vision très noire de la société mexicaine. Le film est visible le 6 février 2024 avec sa sortie en DVD ! Le film sera accompagné en bonus d’un entretien avec le réalisateur Amat Escalante.

Synopsis: Dans une petite ville du Mexique, Emiliano recherche les responsables de la disparition de sa mère. Activiste écologiste, elle s’opposait à l’industrie minière locale. Ne recevant aucune aide de la police ou du système judiciaire, ses recherches le mènent à la riche famille Aldama.

Les Travailleurs de la mer, un vrai choc tellurique à découvrir sur la scène du Lucernaire

Le Lucernaire aime les challenges, le comédien Elya Birman apparemment aussi, car Les Travailleurs de la mer est un vrai choc de théâtre. La pièce est intense, le récit est poignant, l’histoire de Gilliatt, un homme qui à l’instar de Sisyphe doit se battre contre les éléments pour accomplir son destin et secourir une épave menacée d’ensevelissement sous les flots. L’illustre Victor Hugo imagine une histoire qui confine à l’universel et la mise en scène organique de Clémentine Niewdanski est au diapason de la dureté du récit. Le public de la salle Paradis est resté coi devant l’intensité de la pièce.

Une pièce physique

Le contexte est posé dès le départ. Le rustre pêcheur Gilliatt est secrètement épris de la belle Déruchette. Quand le navire à vapeur La Durande s’échoue sur un écueil, le propriétaire du navire Mess Lethierry promet de donner la main de sa nièce Déruchette à celui qui récupérera la machine de l’épave coincée entre les deux rochers de l’écueil Douvres au large de Guernesey. Ni une ni deux, Gilliatt se propose pour réaliser l’impossible, seul contre les éléments, réussissant à récupérer la machine, résistant à la faim, à la soif, à l’épreuve physique, allant jusqu’à combattre une pieuvre belliqueuse. Mais même en ayant réussi sa mission, Gilliatt s’aperçoit à son retour que Déruchette s’est éprise en son absence du jeune pasteur Ebenezer, et que celui-ci l’aime en retour. Gilliatt doit se sacrifier et s’effacer pour le bonheur de Déruchette. Les Travailleurs de la mer est un roman de Victor Hugo écrit à Hauteville House durant l’exil du poète dans l’île anglo-normande de Guernesey et publié en 1866. Le rythme est pesant, le héros Gilliatt doit se battre contre le destin et les éléments, le comédien transmet la souffrance du personnage avec énormément de conviction, il s’ébroue sur scène, il s’époumone, il transbahute le décor, le jeu de lumières concourt à l’abysse existentielle vécue par le pêcheur malheureux. Les spectateurs voient un navire faire de bric et de broc à leur arrivée en salle, tous ses éléments serviront à construire les péripéties du récit, laissant un vrai chantier sur scène à son aboutissement.

L’adaptation est viscérale, le moment de théâtre est éreintant, les spectateurs sortent fourbus de la salle, heureux d’avoir vécu une expérience unique avec un comédien finalement souriant et copieusement applaudi, à découvrir absolument au Lucernaire jusqu’au 17 mars 2024.

Synopsis:

SEUL AU COEUR DE LA TEMPÊTE

Prodigieux chef d’oeuvre de Victor Hugo, ce seul en scène est le récit éblouissant d’un homme poussé au-delà de ses limites. Gilliatt, personnage étrange et isolé, aime en secret une jeune fille à qui il n’a jamais osé parler, et cet amour semble impossible. Un navire fait naufrage. Son propriétaire promet la main de la jeune fille à qui sauvera le bateau. Gilliatt se précipite alors en pleine mer, où la tempête fait rage, pour tenter de secourir l’épave… C’est le début d’une aventure aux périls les plus extrêmes. Véritable performance d’acteur, ce spectacle est une plongée vertigineuse au coeur de la nature humaine et des mystères du monde.

« Ils disaient personne n’ira, c’est impossible… Alors j’y suis allé. »

Détails :

Mardi < Samedi 19h | Dimanche 15h30

24 janvier au 17 mars 2024

Tous français d’ailleurs, Douze histoires, cent ans d’immigration (Casterman poche)

Tous français d’ailleurs, Douze histoires, cent ans d’immigration (Casterman poche)

Les éditions Casterman poche nous proposent une petite pépite : Tous français d’ailleurs, Douze histoires, cent ans d’immigration.

Le lecteur va découvrir douze vies. Douze enfants et leur famille. Douze histoires chargées d’Histoire.

Reem dans la brume : Reem est avec sa famille sur une plage turque et leur rêve est d’atteindre l’île grecque de Chios, la porte de l’Europe. Pour échapper aux bombes de son pays, la Syrie. Il faut traverser 12 km en mer. Et on sait comme la mer est devenue un cimetière pour tant de personnes qui fuient leur pays. Reem raconte sa terrible traversée en zodiac, de nuit.

Antonio ou la résistance : Juin 1939. Le père d’Antonio est interné dans le camp des hommes à Argelès sur Mer. Un héros, son père. « Ces hommes, on dirait des prisonniers, mais ce sont des soldats, les miliciens vaincus de la République espagnole ». P23
Son but : combattre Franco. Par tous les moyens…

On va aussi découvrir la vie de Leïla qui quittera l’Algérie avec sa famille pour s’installer à Billancourt. Puis, celle de Thiên An, vietnamien, installé à Paris… Et celles d’Adama, Lyuba, Anouche, Jacek, Angelica, Joao, Chaïma, Ning. Des histoires qui font froid dans le dos.

Chaque héros de ce livre a été obligé de quitter son pays, en catastrophe, pour rejoindre la France. Seul moyen de rester en vie. Ils ont tous risqué leur vie à faire ce long voyage dans des conditions excessivement difficiles. Et leurs installations en France ne furent pas faciles du tout. Encore un autre combat. Mais tous sont devenus français et ont offert à la France leurs richesses, leurs cultures, leurs diversités et leurs résiliences.
Quelle leçon de vie !

Tous français d’ailleurs est un livre à mettre entre toutes les mains. Un livre qui va recentrer le problème de l’immigration. Chaque immigré est un héros. Un livre qui raconte cent ans d’immigration. Notre livre coup de cœur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Janvier 2024
Auteur : Valentine Goby
Illustrateurs : Philippe de Kemmeter, Ronan Badel
Editeur : Casterman
Prix : 8,95 €

Eternelle féérie Casse Noisette au Palais des Congrès

Comme tous les ans, le spectacle féérique de Noel passe au Palais des Congrès. Après 2022, 2023 et 2020, le ballet mis en musique par Tchaïkovski revient enchanter un public nombreux venu remplir la gigantesque salle pour des salves d’applaudissement régulières ponctuant les performances athlétiques de danseurs et danseuses en état de grâce. L’histoire de Clara est connue, son Casse noisette offert à Noel s’anime pour livrer bataille contre l’armée des rats avant qu’ils vivent une romance entre rêve et réalité. C’est la troupe de danseurs de l’Opéra Ballet d’Etat d’Astrakhan qui livre des numéros dansés prodigieux, accompagnés par l’Orchestre de l’Opéra National de Russie dans une communion musicale inoubliable. Encore deux représentations disponibles les 1 et 2 février à 20h, car les places sont parties rapidement, et pour cause, la musique, la danse, les décors, les costumes, tout concourt à donner un maximum de plaisir aux spectateurs.

Synopsis:

Un soir de Noël, la jeune Clara se voit offrir un casse-noisette, pantin inanimé qu’elle tient dans ses bras avant de sombrer dans un profond sommeil. Elle plonge alors dans un rêve étrange où soldats de plomb, rats et chauve-souris se livrent bataille. Guidée par son petit hussard de bois, devenu prince charmant, Clara affronte ses peurs et ses doutes comme autant de sentiments nouveaux et inconnus.

La magie est au rendez-vous avec ce classique de Tchaïkovski interprété par l’Opéra National de Russie – Opéra Ballet d’État d’Astrakhan ! Casse-noisette, ballet en deux actes, fut présenté pour la première fois en décembre 1892 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Le spectacle proposé par le Palais des Congrès est l’occasion de (re)découvrir la célèbre musique du compositeur. Un moment magique pour petits et grands !

Le spectacle Casse-Noisette est référencé dans notre rubrique Opéras / Ballets-Danse.

Un documentaire les yeux dans les yeux avec Les prières de Delphine, sortie en salles le 31 janvier 2024

Delphine est assise en tailleur sur un lit défait, son visage est face caméra pour échanger avec Rosine Montgo Mbakam et raconter son existence cabossée. Elle parle sans œillères, tous les mots qui sortent de sa bouche semblent attendre d’être divulgués à une oreille amie. Leur amitié dure depuis 14 ans, toutes deux camerounaises débarquées à Bruxelles. L’une a eu la chance de s’inscrire dans une école de cinéma, l’autre a suivi un mari belge rencontré au pays. Elles connaissent toutes les deux la violence d’un monde qui les a accueilli du bout des lèvres. Tous deux ont ont ri et pleuré ensemble, elles se sont moquées des péripéties de leurs existences, le film est un documentaire vibrant qui raconte les souffrances de la femme africaine. Delphine a choisi de tout partager avec Rosine car elle a confiance et connait le patient travail politique mis en place par la documentariste à travers son œuvre. Rosine traque et déconstruit les idées préconçues et souligne la place centrale des femmes trop peu souvent interrogées pour livrer leur vision de l’histoire.

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Rosine Montgo Mbakam est née au Cameroun en 1980. Après une formation en audiovisuel, elle travaille 4 ans pour la chaîne privée STV (Spectrum Télévision) à Douala. En 2007, elle quitte le Cameroun pour suivre une formation à la réalisation à l’INSAS (Bruxelles). Son diplôme en poche, elle propose en 2012 un premier court métrage de fiction « Tu seras mon allié » et coréalise avec Mirko Popovitch un portrait de l’artiste congolais Freddy Tsimba « Mavambu ». Elle fonde en 2014, avec Geoffroy Cernaix, Tândor Productions et réalise en 2016 « Les Deux visages d’une femme Bamileke », son premier documentaire de création, sélectionné dans une soixantaine de festivals, « Chez Jolie Coiffure » en 2018 remporte plusieurs prix et enfin « Les prières de Delphine » en 2021 fait sa première à Cinéma du réel.

Synopsis: Les Prières de Delphine est le récit de l’arrivée d’une jeune camerounaise en Belgique. Peu à peu, au fil des confidences, se dessine le portrait implacable d’une génération de femmes sacrifiées, perdues dans le rêve d’un monde meilleur en Europe.

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