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Kersten, médecin d’Himmler, tome 1 : une BD de Pat Perna et Fabien Bedouel (Glénat)

Kertsten est l’incroyable récit d’un héros oublié de la Seconde Guerre Mondiale : Félix Kersten. Médecin particulier d’Himmler, il parvint à sauver 60.000 juifs grâce au Contrat pour l’Humanité. Un parcours de vie mis en forme en diptyque par Pat Perna (Calagan,Tuning Maniacs, Paddock, les coulisses de la F1…) qui en fait ici un thriller noir, où fiction et réalité s’entrechoquent avec génie. Ce qui est d’autant plus vrai lorsque l’on sait que le dessin est l’oeuvre de Fabien Bedouel (1916, L’Or et le sang, Un Long Destin de sang, OPK).

Date de sortie : 14 janvier 2015
Auteur : Pat Perna (scénario) et Fabien Bedouel (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)

Résumé de l’éditeur :

L’Histoire oublie parfois ses héros… 23 juin 1941. Un train blindé fonce dans la nuit vers le front de l’Est. À son bord : Heinrich Himmler avec sa garde rapprochée et tous les membres de ses services. Lors des séances de soin avec son médecin particulier, le docteur Félix Kersten, le Reichsführer a pris l’habitude de se confier, délivrant des informations capitales sur les plans secrets du Reich. Fort de sa position, Kersten se livre de son côté à un marchandage : en guise d’honoraires, il obtient la libération de prisonniers de guerre. Mais ce pacte avec le diable commence à intriguer Heydrich, chef de la Gestapo et bras droit d’Himmler, qui voit d’un mauvais œil la complicité entre le médecin et son patient. Il soupçonne Kersten d’être un agent allié infiltré…
Personnage discret et injustement oublié de la Deuxième Guerre mondiale, Félix Kersten est celui qui sera à l’origine du « Contrat pour l’Humanité », sauvant la vie de 60 000 Juifs emprisonnés dans les camps de la mort. Entre fiction et réalité, Patrice Perna raconte ici le parcours incroyable de ce « Dernier des Justes » dans un thriller noir mâtiné d’espionnage et de lutte de pouvoir. Un diptyque haletant et salutaire emmené par toute la puissance et le dynamisme du trait de Fabien Bedouel.

Le point sur l’album :

Le scénario élaboré de Kersten met en scène la vie de cet homme d’exception dans son quotidien au côté d’Himmler, imaginant des intrigues haletantes entre lui et le personnel encadrant (les hauts gradés de la SS) sur fond de filatures. Qui espionne qui ? Difficile à dire pour ce Kersten qui démontre un sang froid à toutes épreuves, n’hésitant pas à faire part de ses exigences humanistes au grand Himmler. Pat Perna fait preuve d’une belle maîtrise dans son écriture et le découpage qu’il en propose. Minutieusement ciselé, le récit fait la par belle aux non-dits, aux secrets que cachent chacun des protagonistes. Une façon de maintenir la tension tout au long de la lecture. Impossible d’y résister.

On retrouve par ailleurs la patte nerveuse de Fabien Bedouel, qui rend ce thriller encore plus glacial par son dessin ultra-réaliste. Son trait est d’une finesse redoutable. Ses personnages sont génialement détaillés, les traits des visages étant particulièrement expressifs. Fabien Bedouel confirme sa place de dessinateur de la meilleure BD de 2014L’Or et le sang.

Un diptyque à posséder, évidemment !

Bran, une BD de Grimaldi et Maike Plenzke (Glénat)

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Bran, une histoire de l’île d’Errance

Bran est un album écrit par la scénariste jeunesse Grimaldi (Tib & Tatoum, Big Bang Cats) et illustré par Maike Plenzke. Une histoire fantastique à mi-chemin entre Merlin l’enchanteur et Harry Potter. Un album one shot (semble-t-il) qui met en scène un jeune prince arrogant, voire détestable. Ce dernier chasse avec cruauté une créature magique de la forêt interdite quand tout à coup, il se retrouve changé en corbeau…

Date de sortie : 14 janvier 2015
Auteurs : Grimaldi (scénario) et Maike Plenzke (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,95 € (64 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Quoi de mieux qu’une sorcière-renard pour sauver un prince changé en corbeau ? Sur l’île d’Errance, les Humains se méfient comme de la peste des Créatures, des êtres magiques aux pouvoirs redoutables. Lors d’une partie de chasse dans la Forêt Interdite, le jeune et arrogant Bran blesse mortellement une biche aux cornes d’or qui s’avère être l’une de ces Créatures. Elle lui jette alors un terrible sort : le jour, Bran se changera en corbeau pour ne redevenir humain qu’une fois la nuit tombée. Rejeté par les siens, Bran trouve alors refuge auprès de Macha, une belle Créature-sorcière capable de se transformer en renard. Perdu dans un monde auquel il ne connaît rien, il se résout à la suivre dans son voyage à la recherche d’un remède pour une jeune Créature sur le point de mourir. Remède qui pourrait bien être en mesure de guérir aussi le mal de Bran…
Avec Bran, Grimaldi nous plonge dans un merveilleux univers de fantasy inspiré des contes et légendes celtiques. Un nouveau très bel album de la collection Tchô! L’aventure… en grand format, empreint de chaleur humaine et d’empathie, relayé par le dessin élégant et sensible de Maike Plenzke.

Bran

Le point sur l’album :

Avec son allure de fable racontée par Grimaldi, Bran jouit d’un monde que la fantasy immerge de créatures magiques. Assez sombre, le scénario expose le jeune prince à une malédiction : ce dernier se transforme en corbeau le jour et reprend sa forme originelle la nuit mais il perd alors l’usage de la parole… Une jeune femme qui a notamment le pouvoir de se transformer en renard (elle fait partie des Créatures de la forêt interdite), va alors accepter de l’aider. A moins que ce ne soit là encore qu’un jeu d’apparence ? L’album apportera sa conclusion, à la façon d’un one shot (rien n’indique si une suite est envisagée). Bien construit, Bran profite d’un découpage calibré. Le style narratif choisi, plutôt familier, peut décevoir un peu néanmoins. Les grossièretés (rares dans l’ouvrage mais gratuites) semblent être préférées lorsque l’on s’adresse aux jeunes. Pourquoi ?

Le dessin de Maike Plenzke est pour sa par original. Son trait est fortement imprégné du dessin d’animation. La coloration vive et contrastée est plutôt réussie, malgré quelques planches nocturnes trop sombres pour être appréciées à leur juste valeur.

Reste que Bran est un bon récit d’aventure et de fantasy pour les jeunes ados. Il ne pourra que plaire.

L’île aux femmes, une BD de Zanzim (Glénat)

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L’île aux femmes

Zanzim (Ma Vie Posthume, Les Yeux Verts, La Sirène des Pompiers, Tartuffe, Les Gens Normaux) revient en solo dans la belle collection 1000 Feuilles aux éditions Glénat (collection qui fête d’ailleurs ses 5 ans). L’ïle aux femmes est une invitation au paradis : un Don Juan fait naufrage sur une île isolée, en forme de poitrine de femme. Et là, il découvre un peuple autochtone original : des femmes ! Uniquement des femmes, dans leur plus simple appareil….

Date de sortie : 14 janvier 2015
Auteur : Zanzim (scénario et dessin)
Editions : Glénat
Prix : 19,50 € (80 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Lorsqu’un Don Juan se retrouve prisonnier sur une île remplie de femmes… Céleste Bompard est un « Coq en l’air », un as de la voltige. Ses prouesses lui valent un large succès auprès de la gent féminine. Il aligne les conquêtes. Engagé alors que la Grande Guerre éclate, il est chargé de transporter les lettres que les soldats du front écrivent à leurs femmes. Mais lors d’une mission, Céleste est victime d’un tir ennemi et son biplan se crashe sur une île mystérieuse. Obligé de survivre dans cet endroit visiblement désert, il trompe son ennui en lisant les lettres que les poilus destinent à leurs femmes. Un jour, en parcourant les lieux, il découvre un jardin d’Éden entièrement peuplé de femmes ! De véritables amazones, aussi belles que redoutables, qui ne tardent pas à le capturer pour remplacer leur  » reproducteur  » actuel. Alors qu’il avait l’habitude de mener la danse avec les femmes, voilà que Céleste est devenu leur esclave !
Zanzim revient dans la collection 1000 Feuilles et en solo avec un nouvel album truculent à souhait et féministe. Son trait sobre et élégant restitue à merveille les courbes des créatures de rêve qui peuplent son Île aux femmes !

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Le point sur l’album :

Le récit de Zanzim est plein de fraîcheur. Il nous amuse avec ce personnage un peu idiot, qui se retrouve à devoir lutter contre ses bas-instincts au milieu de toutes ces amazones, qui lui sont par ailleurs hostiles. L’aviateur ne manquera pas d’user de tous les stratagèmes possibles pour sortir son épingle du jeu, c’est-à-dire, le plus souvent, rester vivant (n’allez pas croire !). Imaginatif, le scénario exploite de belles idées, débusque la moindre parcelle d’humour à labourer sur cette île décidément bien fertile. On passe un bon moment de détente et de lecture avec cette île aux femmes.

Le dessin de l’artiste emprunte au trait humoristique, avec un certain goût pour la caricature. La mise en scène générale (cadrage, découpage) est particulièrement réussie, Zanzim faisant de L’île aux femmes un véritable terrain de jeu au service de la créativité graphique

L’île aux femmes séduit irrésistiblement et promet un bon moment de lecture. Tout en légèreté. Du luxe par les temps qui courent.

Buffalo Runner, une BD de Tiburce Oger (Rue de Sèvres)

Buffalo Runner est une BD western de Tiburce Oger (Ewen, Les chevaliers d’Emeraudes, La Forêt, Gorn…). L’histoire d’un vétéran de la guerre de sécession qui n’a qu’un seul véritable talent dans la vie : savoir tirer avec son fusil. Devenu vieux, Ed Fisher raconte son histoire à une jeune femme qu’il a sauvée d’un guet-apens…

Date de parution : 21 janvier 2015
Auteur : Tiburce Oger (scénario et dessin)
Editions : Rue de Sèvres
Prix : 17,00 € (78 pages)

Résumé de l’éditeur :

1896. Henri Ducharme et ses deux enfants font route depuis la Nouvelle-Orléans vers l’Eldorado californien quand il se font attaquer par un petit groupe d’indiens. Ed Fisher, un vieux cowboy de la région intervient mais ne pourra sauver que la jeune Mary du massacre. Ils s’abritent tous deux dans une maison mal en point, et attendent l’attaque du reste de la troupe indienne. Au cours d’une longue nuit de veille, Ed raconte sa vie aventureuse de Buffalo Runner et l’épisode, essentiel dans la conquête de l’ouest, du massacre des bisons, qui affaiblit les indiens et permit le développement du commerce des peaux, des ranchs, et des lignes ferroviaires.

Le point sur l’album :

Buffalo Runner repose sur un scénario simple mais terriblement efficace. Pendant qu’il confectionne de nouvelles munitions avant un nouvel assaut, ce vieil homme tente de tenir compagnie à la jeune Mary en lui racontant sa vie. Une façon d’attendre que le jour se lève. Le lecteur l’accompagne ainsi, sur le front de la guerre de sécession, sur les plaines garnies de bisons qu’il chassait, sur sa vie d’homme de mains auprès d’un grand industriel français etc… Des lieux et situations variés, qui donnent à ce western un goût particulièrement dépaysant, malgré un ton assez triste dans l’ensemble. Il faut dire que ce vieux briscard n’a pas été épargné par la vie. Très bien écrit, le récit fleure bon l’aventure et la poussière abrasive, respirée à dos d’équidés. Rythmée, la narration est joliment contée, nous ramenant régulièrement au temps présent. Une écriture très agréable.

Le dessin est quant à lui assez fantasque, entre la caricature et le style réaliste. Un doux mélange, qui se révèle explosif quand il faut, grâce à une superbe coloration (couleurs directes, sans doute). Le résultat est étonnant. On admire le travail de l’auteur.

Avec un final de génie, Buffalo Runner est à n’en pas douter l’un des derniers meilleurs western parus. Un one shot à ne pas manquer.

Balles Perdues, une BD de Walter Hill, Matz et Jef (Rue de Sèvres)

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Balles perdues

One shot du scénariste de cinéma Walter Hill (scénariste du film Guet-Apens, réalisateur de 48h et du pilote de Deadwood, producteur d’Alien), Balles perdues est un polar écrit il y a une trentaine d’années. C’est Matz (Le Tueur…) qui sollicita l’auteur lors d’une rencontre sur le tournage de l’adaptation de la BD du plomb dans la tête (BD de Matz adaptée par Walter Hill pour le ciné). Ici, c’est donc Matz qui adapte le scénario ciné de Hill pour la BD, avec la complicité de Jef au dessin (La traque).

Date de parution : 21 janvier 2015
Auteurs : Walter Hill (scénario original) Matz (adaptation et traduction) et Jef (dessin)
Editions : Rue de Sèvres
Prix : 18,00 € (130 pages)

Résumé de l’éditeur :

1931. Arizona, période la Prohibition. Roy Nash sort de prison, à laquelle il était condamné à perpétuité. Pour payer la dette de sa libération envers le boss de Chicago, Roy est à la poursuite de trois braqueurs qui ont filé avec le magot sans partager. L’un a de plus embarqué Lena, l’ex de Roy, dans l’aventure. Roy parcourt les speakeasy et les bas-fonds de Los Angeles à la recherche des fuyards, fâche les mafieux locaux, un détective verreux et ses propres patrons… De la vengeance, du magot ou de Lena, quel sera le vrai moteur de la quête de Roy ? Et surtout, comment survivre au milieu de ces gangsters à la gâchette facile ?

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Le point sur l’album :

Thème redondant tant pour le cinéma que pour la BD, la prohibition fait son retour avec Balles perdues. Avec elle, c’est évidemment les gangs de gentlemen en chapeau qui sont à l’honneur. Balles perdues, c’est l’histoire d’un exécutant venu de Chicago, évadé de prison par le grand patron, Al (Capone). Roy va devoir se rendre à Los Angeles pour assassiner deux malfrats évanouis dans la nature avec des gros billets… Il y retrouvera aussi son amour de toujours. Le scénario, digne d’un grand film mafieux, est très bien huilé. Les vieilles mitrailleuses de l’époque sifflent dans nos oreilles. Mais le personnage principal – Roy – n’est pas seulement un as de la gâchette. Mystérieux, on ne sait pas grand chose, sinon rien de lui. Directement défini par ses actes, dans l’instantanéité du récit, il n’en demeure pas moins attachant, dégageant à la fois charisme, nostalgie, avec un soupçon de romantisme. Une façon plutôt culottée (et réussie) de mettre en scène un personnage de polar.

Le dessin réaliste de Jef se construit autour de vraies gueules de cinéma. Des faciès de caractère pour de vrais truands qui impressionnent par leur présence graphique. Son trait fin et précis est un atout de taille dans le récit, surtout servi par de beaux cadrages.

Balles perdues est un excellent polar mafieux, à lire d’urgence.

Une symphonie américaine, un livre d’Alex George

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Une symphonie américaine

Une symphonie américaine est un livre d’Alex George, auteur né en 1070 et qui a déjà écrit quatre romans.

A travers ce roman, l’auteur, Alex George, retrace une partie de l’histoire américaine. Il s’attache à une famille allemande qui a émigré aux USA au tout début du XXème siècle.

Publié aux Editions Belfond le 6 novembre 2014

408 pages – 22 €

Une symphonie américaine :

Nous sommes à Hanovre, en 1904.

Jette, à dix-huit ans, tomba amoureuse et surtout se retrouva enceinte. Pour ne pas affronter la colère de sa mère, elle fuit aux Etats-Unis avec son compagnon. Sur le paquebot qui les emmène au pays où tout est possible, Jette et Frederick sont mariés par le capitaine, en cinq minutes.

Leur arrivée n’est pas si facile que ça. Heureusement, ils vont faire des rencontres exceptionnelles qui vont leur permettre de subsister. Leur unique but est de devenir américain, un bon américain. Un américain conscient de la chance qu’il a d’être américian.

Le fil conducteur du livre est la musique, de jazz. Frederick a une voix exceptionnelle. Sa rencontre avec Lomax, un musicien noir, va marquer leur vie à jamais.

Ils vont s’installer à Beatrice, petite ville du Missouri. Ils vont traverser les années, les guerres, et leurs enfants et petits-enfants vont voir le jour, tous américains et fiers de l’être. La femme, le racisme, l’esclavagisme, la famille sont des termes centraux du livre.

Le narrateur de Une symphonie américaine n’est autre que le petits-fils de Jette et Frederick.

Voilà un très beau livre qui dévoile l’Amérique, non seulement à travers cette famille d’émigrés, mais aussi à travers la musique, omni présente tout au long du livre. Avec d’ailleurs une playlist à la fin du roman. Une sorte de comédie musicale à lire ! Avec du rire et des larmes…

Alex George vit actuellement dans le Missouri, avec sa famille.

Les MONTY PYTHONS reprennent du service dans Absolutely Anything le 3 juin 2015 !

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Les MONTY PYTHONS reprennent du service dans

Absolutely Anything

 

Découvrez le premier extrait du nouveau film de Terry JONES avec sa bande des MONTY PYTHONS. John CLEESE incarne le chef des Aliens, Terry GILLIAM le méchant, Michael PALIN le gentil réticent à l’idée de mener cette opération, Eric IDLE joue l’Alien espiègle et Terry JONES incarne l’Alien scientifique.

 

Le film réunit Simon PEGGKate BECKINSALE et Robin WILLIAMS (qui fait la voix du chien).

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1er extrait en VOSTFR sur YOUTUBE:

 

Synopsis 

Des extraterrestres capturent un terrien, enseignant de profession, et lui donnent le pouvoir de faire absolument tout ce qu’il souhaite.

De la théorie à la pratique, celui-ci va aller de déconvenue en déconvenue..

 

Sortie Française le 3 Juin 2015

Loin des hommes, un film de David Oelhoffen

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Date de sortie : 14 janvier 2015

Durée : 1h41

Avec : Viggo Mortensen, Reda Kateb

 

Synopsis du film Loin des hommes :

1954. Alors que la rébellion gronde dans la vallée, deux hommes, que tout oppose, sont contraints de fuir à travers les crêtes de l’Atlas algérien. Au coeur d’un hiver glacial, Daru, instituteur reclus, doit escorter Mohamed, un paysan accusé du meurtre de son cousin. Poursuivis par des villageois réclamant la loi du sang et par des colons revanchards, les deux hommes se révoltent. Ensemble, ils vont lutter pour retrouver leur liberté.

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Inspiré lointainement de la nouvelle L’Hôte de Albert Camus, Loin des hommes est le nouveau film du réalisateur David Oelhoffen, qui signe ici son second long métrage après Nos retrouvailles en 2007. Pour porter à l’écran cette histoire de deux hommes que tout oppose et qui vont peu à peu apprendre à se connaître, s’apprivoiser avant de se rendre compte qu’ils ne sont pas si différents, le réalisateur s’est appuyé sur deux comédiens solides venu d’horizons différents. D’abord Reda Kateb (Un prophète, Hippocrate) dans le rôle de l’Algérien Mohamed, offre ici une de ses meilleures performances. Un homme au début vu au second plan, de loin, et qui va peu à peu prendre une place de plus en plus grande jusqu’à habiter la totalité de l’écran, cette place est celle qu’il va peu à peu prendre dans l’esprit du second, Daru, un instituteur étranger qui vit reclus et loin des hommes, incarné par Viggo Mortensen (Le seigneur des anneaux, A history of violence, La route) et qui va s’ouvrir au monde par l’intermédiaire de Mohamed. Daru s’étant éloigné des hommes suite au décès de sa femme.

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Loin des hommes est rempli de scènes magnifiquement filmées et photographiées par le chef opérateur Guillaume Deffontaines, avant tout les superbes paysages donnent un aspect western au parcours à la fois humain et fraternel des deux hommes à travers un pays en plein conflit. Le réalisateur se défend cependant d’avoir fait un film sur la guerre d’Algérie, sa volonté est au contraire plus universelle et philosophique, respectueux de l’approche littéraire de l’auteur de L’étranger et La Peste. Pour son rôle, Viggo Mortensen, qui s’exprime ici dans un français parfait et sans accent, a d’ailleurs relu tout Camus et s’est documenté sur l’histoire de l’Algérie, cela donne une crédibilité à son personnage d’étranger à la fois français et espagnol qui est en réalité ici à sa place nulle part, même dans la communauté pieds-noirs. Une des séquences les plus belles du film se déroule dans un bordel de campagne, là où le film aurait pu tomber dans le graveleux le plus achevé, le réalisateur choisi au contraire la pudeur et montre ce moment comme une naissance au monde pour Mohamed, qui n’a encore jamais connu les plaisirs de la chair, et une renaissance à la vie et au désir pour Daru, qui n’avait pas ressenti le plaisir charnel depuis très longtemps avec une femme. Loin des hommes possède également des séquences beaucoup plus portées sur l’action comme celle d’un assaut dans une grotte entre des soldats du FLN et de l’armée française, efficacement filmée et sans effets de style outranciers. Enfin la musique signée de Nick Cave et Warren Ellis (The proposition, L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) discrète mais pas moins présente, insuffle l’émotion nécessaire à un film au rythme lent et aux images contemplatives mais jamais gratuites du désert algérien (en réalité Marocain qui est le lieu du tournage).

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Loin des hommes parle au final de fraternité, de tolérance et d’union entre deux hommes venant de cultures différentes, des mots dont l’humanité a plus que jamais besoin. Un beau film.

Le Monde de l’Epée de Cristal, tome 1 : une BD de Sylvia Douyé et Fabio Lai (Vents d’Ouest)

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Le Monde de l’Epée de Cristal, tome 1 : Zorya la Noire

Comme son nom l’indique, Le Monde de l’Epée de Cristal est une série spin-off de la saga heroic-fantasy créée par Crisse et Jacky Coupil. Ici, c’est Sylvia Douyé (Les Zinzinventeurs, Les Guides en BD Junior, Les Guides au Féminin, Marie Lune) qui se charge d’écrire le scénario tandis que Fabio Lai (Les Guides junior, Motards à jamais, Les blagues du rail) est aux manettes du dessin.

Date de parution : 7 janvier 2015
Auteurs : Sylvia Douyé (scénario) et Fabio Lai (dessin)
Editeur : Vents d’Ouest
Prix : 14,50 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le spin-off tant attendu d’un classique de l’heroic fantasy ! Cela fait 200 ans que la Grande Nuit de Cristal a eu lieu. Celle où la douce et belle Zorya a basculé du côté du mal pour semer la terreur sur ceux qu’elle avait juré de protéger… Aujourd’hui, après deux siècles d’oppression, Zorya est en exil sur une mystérieuse île. Son absence se ressent étrangement jusque dans la nature. Le volcan s’éteint et certains êtres recouvrent les pouvoirs magiques qu’ils avaient perdus. Dès lors, la rébellion s’organise. Zorya doit revenir avant que le pouvoir ne soit renversé. Son amant doit la ramener. Mais comment sortir d’une île d’où il est dit qu’on ne revient jamais ? Sylvia Douyé et Fabio Lai reprennent les rênes de la mythique série d’heroic fantasy de Goupil et Crisse : L’Épée de cristal ! Dans cette nouvelle aventure plus sombre, mais toujours empreinte de magie et de sensualité, ils narrent le destin tourmenté de la belle Zorya, à présent passée du côté du mal, en compagnie de nombreux personnages de la série mère. Une épopée en trois volumes. Retrouvez L’Épée de Cristal sur Facebook : https://www.facebook.com/lepeedecristal

Le monde de l'épée de cristal tome 1

Le point sur l’album :

Zorya revient dans ce spin-off musclé, où la jeune femme a basculé dans le côté obscur. Aussi, 200 ans après la Grande nuit de Cristal, se prénome-t-elle Zoria la Noire. Mystérieusement exilée sur une île dont on ne peut s’échapper, la belle Zoria va pourtant tenter de s’évader pour retrouver son trône. Depuis son départ, les éléments reprennent vie (la magie revient..). Il lui est donc urgent de faire son retour pour empêcher cela. Un récit forcément plus sombre que la série mère, où les petits meurtres entre amis sont légion. Ponctué de nombreuses rencontres avec les personnages secondaires de L’Epée de Cristal, ce premier épisode est généreux en péripéties et en action. Le défi (de taille) semble plutôt réussi pour la scénariste, qui parvient à donner beaucoup de rythme, et de surprises dans cet album.

Le dessin de Fabio Lai est calqué sur celui de Crisse. Des personnages aux formes généreuses et arrondies, un univers foisonnant de créatures imaginaires et de magie (noire). Une appropriation là encore joliment exécutée, dont on doit reconnaître une certaine maîtrise.

Cette Zoria la Noire a de nombreux atouts de séduction. On se demande bien ce que nous réserve la suite…

Cagaster, tome 4 : un manga de Kachou Hashimoto (Glénat)

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Cagaster, tome 4

Cagaster est un manga de Kachou Hashimoto, d’abord diffusé sur internet, en marge du monde éditorial classique japonais. L’auteur souhaitait en effet s’affranchir de ces contraintes pour réaliser le manga de ses rêves, en toute liberté. Un manga paru pour la première fois en format papier en six tomes aux éditions Glénat. Avec ce quatrième épisode, la tension est à son comble !

Date de parution : 7 janvier 2015
Auteur : Kachou Hashimoto (Scénario et Dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 6,90 € (224 pages) 

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Résumé de l’éditeur:

Les combats s’intensifient à E-05, et les renégats de l’armée ont lancé un ultimatum : si la milice ne se rend pas avant le coucher du soleil, la ville sera mise à feu et à sang. Hadi compte bien reprendre le portail Ouest pour demander une aide extérieure mais le prévôt des marchands veut sa tête ! Quant à Kidow, pour sauver Ilie, il est prêt à tous les risques. Il se rend donc, seul, au cœur de la base ennemie, au milieu des cages de E-07…

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Le point sur la série :

Cagaster continue de nous surprendre avec ce quatrième tome détonnant. Les personnages de la série prennent de plus en plus belle allure. Illie, Acht, Franz, Kidow… Tous ont leur partition à jouer. Mais c’est surtout Illie que l’on a plaisir à voir évoluer. Le scénario de la mangaka Kachou Hashimoto est une belle démonstration de force, et surtout d’action ! Alors que le dénouement n’est maintenant plus très loin, il est bien difficile de faire des pronostiques sur ce qu’il va advenir. La surprise sera certainement au rendez-vous.

Le dessin de la mangaka, au trait fin et habile, apporte par ailleurs fraîcheur et dynamisme à ce récit de science fiction.

Cagaster continue son ascension, crescendo. A suivre.

Soliman, le Magnifique : une BD de Clothilde Bruneau, Estéban Mathieu, Julien Loiseau et Cristi Pacurariu (Glénat)

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Ils ont fait l’Histoire – Soliman, le Magnifique

Avec Soliman, le Magnifique, la collection Ils ont fait l’Histoire met l’un des plus puissants sultants d’orient en images. Un long règne raconté par les scénaristes Clothilde Bruneau, Estéban Mathieu (Alter, Linked, Kingsley), avec la collaboration de Julien Loiseau (maître de conférences en histoire de l’Orient médiéval et membre junior de l’Institut universitaire de France) et celle du dessinateur Cristi Pacurariu (Le Testament des Siècles, Légendes de la Table ronde, Assassin).

Date de sortie : 07 janvier 2015
Auteurs : Clothilde Bruneau, Estéban Mathieu (scénario), Julien Loiseau (Historien) et Cristi Pacurariu (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,50 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur :

À sa mort en 1566, cela fait plus de 15 ans que les rumeurs courent en Europe : le Turc est très mal. Soliman, le Sultan qui a su si bien étendre l’empire déjà puissant des Ottomans depuis son avènement en 1520, fascinait par le faste de sa cour, sa puissance et ses richesses au point que les princes européens le surnommaient le Magnifique. Ses ennemis reconnaissaient l’ordre et la justice qu’il faisait régner dans ses états grâce à l’instauration du kanun, un code civil, qui lui valut le surnom de Législateur en Orient. Les dernières années de son si long règne, furent celles de la mise en chantier d’Istanbul, de la rivalité avec la Perse, mais aussi et surtout du règlement de la question dynastique ; n’hésitant pas à sacrifier ses enfants sur l’autel de cet empire dont il était le symbole et le seul détenteur légitime du pouvoir de par la volonté de Dieu.
Clotilde Bruneau et Esteban Mathieu, guidés par l’historien Julien Loiseau, nous font découvrir la nature et la complexité du pouvoir ottoman au XVIe siècle par le biais d’un récit enluminé par Cristian Pacurariu.

Soliman le magnifique planche 1

Le point sur l’album :

On découvre avec cet album un personnage ô combien charismatique, qui aura marqué l’Histoire à travers les époques et les continents. Très respecté de par ses ennemis et par le monde entier, Soliman usait de son autorité naturelle à chaque instant. On aperçoit un personnage froid et distant, qui n’hésitera pas à sanctionner ses fils trop ambitieux de manière définitive : par la mort. Une descendance qui lui ressemblait peut-être trop puisque Soliman était avant tout un chef de guerre hors normes, dont l’ambition ne quittera jamais l’esprit. Le scénario de l’ouvrage met ainsi en lumière les multiples facettes de cet homme énigmatique, en retraçant quelques moments clés de son règne. Parfois décousue, l’histoire ne permet pas réellement de s’attacher aux personnages. Mais l’envie de pousser la lecture plus loin ne nous quitte pas pour autant.

Le dessin de Cristi Pacurariu est authentique. Son trait est brut, comme griffonné. Les visages sont illustrés avec de belles aspérités qui mettent en valeur les expressions. Les décors sont quant à eux assez sommaires, malgré la présence de très beaux palais et monuments historiques.

En conclusion Soliman, le Magnifique sait faire oublier ses quelques défauts grâce la personnalité marquante de son sujet.

Golden Globe Awards 2015 : Le palmarès intégral

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Golden Globe Awards 2015

Publik’Art retransmet en intégralité le palmarès des Golden Globe Awards 2015, qui a eu lieu hier soir, le 11 janvier 2015, résumé sur le site officiel des Golden Globe.

Les Golden Globe Awards se sont associés aux français en ce grand jour de fraternité. George Clooney a rendu hommage à Charlie Hebdo et aux nombreuses victimes des attentats et portait un pin’s « Je suis Charlie ».

Le 11 janvier 2015 appartient à l’Histoire de la France. A jamais.

George Clooney aux Golden Globe Awards 2015 :

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Golden Globe Awards 2015

Au cinéma , les grands gagnants sont Boyhood (3 prix), Birdman (2 prix) et The Grand Budapest Hotel (meilleure comédie musicale).

Publik’Art avait chroniqué et très bien noté les films Boyhood et The Grand Budapest Hotel, grands gagnants des Golden Globe Awards ! Comme quoi, vous pouvez faire confiance aux chroniqueurs de Publik’Art !

Publik’Art espérait aussi un Golden pour l’excellent film Wiplash qui, l’a obtenu avec le second rôle, le terrifiant professeur de musique !

Palmarès des Golden Globe Awards 2015, dans son intégralité :

Catégorie cinéma

  • Chanson originale de film : Glory (Selma)
  • Musique originale de film : Une merveilleuse histoire du temps (pour Johann Johansson)
  • Scénario de film : Birdman
  • Film dans une langue étrangère : Leviathan (Russie)
  • Film d’animation : Dragons 2
  • Acteur dans un film, comique ou musical : Michael Keaton (Birdman)
  • Acteur dans un second rôle dans un film : J. K. Simmons (Wiplash)
  • Actrice dans un film dramatique : Julianne Moore (Still Alice)
  • Actrice dans un second rôle dans un film dramatique : Patricia Arquette (Boyhood)
  • Actrice dans un film, comédie ou musical : Amy Adams (Big Eyes)
  • Film, comédie ou musical : The Grand Budapest Hotel
  • Acteur dans un film dramatique : Eddie Redmayne (Une merveilleuse histoire du temps)
  • Réalisateur d’un film : Richard Linklater (Boyhood)
  • Film dramatiqueBoyhood
  • Catégorie télévision :
  • Série, comédie musicale ou sitcom : Transparent

Actrice dans une série dramatique : Ruth Wilson (The Affair)

  • Actrice dans un second rôle de série ou téléfilm : Joanne Froggatt (Downton Abbey)
  • Actrice dans une série comique ou musicale : Gina Rodriguez dans Jane The Virgin
  • Acteur dans un second rôle dans une série ou téléfilm dramatique : Matt Bomer (The Normal Heart)
  • Acteur dans une série comique ou musicale : Jeffrey Tambor (Transparent)
  • Mini-série ou téléfilm : Fargo
  • Acteur dans une série dramatique ou téléfilm : Billy Bob Thornton (Fargo)
  • Acteur dans une série dramatique : Kevin Spacey (House of Cards)
  • Série dramatique : The Affair
  • Actrice dans une mini-série ou un téléfilm : Maggie Gyllenhaal (The Honorable Woman)

Platonov de Anton Tchekhov par le collectif les Possédés, à Paris puis à Colombes

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La Colline – Théâtre national du 8 janvier au 11 février 2015
Grand Théâtre – durée 3h30 avec entracte

A l’Avant Seine / Théâtre de Colombes le 13 février 2014
Parvis des Droits de l’Homme
88 rue Saint Denis
92700 Colombes

Anton Tchekhov a 18 ans quand il écrit Platonov. Pourtant, cette pièce de jeunesse est une œuvre majeure : elle contient, en puissance, tout le théâtre du dramaturge russe du XIXème siècle profondément ancré dans une crise existentialiste face à un monde finissant.

Si le paradis de Tchekhov est déjà perdu, le Platonov des Possédés, dans sa relecture audacieuse et convaincante dirigée par Rodolphe Dana, n’est nullement emprunt de nostalgie ni de tristesse, mais d’un espoir brûlant en l’amour pour se consoler de son destin en exacerbant, le temps d’un été, son désir de vivre.

Aucun climat d’ennui ni de torpeur dans cette nouvelle version de la pièce mais une énergie folle, festive, drôle, ludique, inventive, profonde, où chacun des protagonistes face à l’incertitude du monde, cherche éperdument à se sauver dans l’autre afin de se sauver lui-même

Et ce Platonov là est magistralement porté par le collectif où chacun des comédiens est habité par ces personnages à la recherchre de sens et d’étourdissement.

On se retrouve pour un dernier été dans la propriété d’Anna Petrovna (ardente Emmanuelle Devos), une jeune veuve accablée de dettes. Il y a là des aristocrates oisifs, des propriétaires fonciers, des bourgeois avides, des piques assiettes, des jeunes femmes romantiques. Des privilégiés qui refusent le monde de leurs pères et vivent dans le cynisme et la décadence sans avoir à proposer autre chose.

La distribution est au diapason avec dans les rôles titres Rodolphe Dana qui incarne à la perfection ce Platonov aux prises avec ses incertitudes insurmontables, à la fois séducteur et dépossédé de sa vie, tandis qu’Emmanuelle Devos a la fêlure romanesque de cette vibrante humanité tchekhovienne

Et au milieu de tous, Platonov (ombrageux Rodolphe Dana), surnommé le Hamlet local malheureux dans son couple. Un intellectuel velléitaire, insolent, qui fascine et séduit toutes les femmes, et se trouve le pivot malgré lui de cette microsociété. Provocateur et manipulateur, il aiguise sa frustration et se délecte d’une nécessaire confrontation avec son entourage.

Faisant preuve d’une causticité précoce, Tchekhov dresse dans sa pièce le portrait d’une société sur le déclin, en perte de repères comme la nôtre aujourd’hui, pétrie de valeurs auxquelles elle ne croit plus que par lâcheté et résignation : les pères, la famille, l’amour conjugal, la religion.

Mais ou seuls les désirs : d’aimer, d’amitié, de s’enrichir, de se réaliser, de s’étourdir apparaissent alors comme le dernier rempart contre le néant existentiel.

« Je suis en train de me perdre », dit-il, torturé par ses pulsions contradictoires. « Trop de passion et pas assez de force », poursuit-t’il encore, dans une efficace traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan.

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Aucun climat d’ennui ni de torpeur dans cette nouvelle version de la pièce mais une énergie folle, festive, drôle, ludique, inventive, profonde, où chacun des protagonistes face à l’incertitude du monde, cherche éperdument à se sauver dans l’autre afin de se sauver lui-même.

Platonov est une pièce fleuve à la fois comique, tragique, sentimentale, brutale, elle offre au collectif tout un registre de jeu dont il s’approprie avec une grande fluidité par un jeu très corporel et libéré des codes traditionnels de la théâtralité.

Les comédiens évoluent dans un décor de désordre apparent où la troupe dans une osmose toujours juste, touche à l’essentiel pour faire corps et âme avec ses personnages et leur quête existentielle.

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La distribution est au diapason avec dans les rôles titres Rodolphe Dana qui incarne à la perfection ce Platonov aux prises avec ses incertitudes insurmontables, à la fois séducteur et dépossédé de sa vie, tandis qu’Emmanuelle Devos a la fêlure romanesque de cette vibrante humanité tchekhovienne.

Et quand les espoirs tournent courts « que faire ? Enterrer les morts et réparer les vivants »

Altaïr, tome 3 : un manga de Kotono Kato (Glénat)

Altaïr tome 3

Altaïr, tome 3

Après deux tomes enthousiasmantsAltaïr, de Kotono Kato, nous emmène en pleine guerre. Une guerre d’envergure à Phoenicia où l’univers de ce shonen prometteur murit un encore un peu plus, tout en s’assombrissant davantage.

Date de parution : 7 janvier 2015
Auteur : Kotono Kato (Scénario et Dessin)
Editeur : Glénat
Prix : 7,60 € (192 pages) 

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Résumé de l’éditeur:

Dans le but de redevenir un pacha digne de ce nom, Mahmud s’est embarqué pour Phœnicia, la plaque tournante de la mer Centro. Mais il ne s’attendait pas à tomber en plein dans une guerre contre l’empire !! Or si Phœnicia tombe, la Türkiye se retrouvera dans une position délicate… Mahmud fait donc de son mieux pour mener les Phœniciens à la victoire. La tension est à son comble alors qu’éclate la première guerre de Phœnicia !

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Le point sur la série :

Ce nouveau tome d’Altaïr entame une nouvelle aventure pour notre jeune héros Mahmud, parti à la découverte du monde pour regagner son titre de Pacha le plus légitimement possible. Toujours relativement indépendant des tomes précédents, ce nouveau récit paraît plus sombre et plus sanglant. Les personnages secondaires sont nombreux, mais la plupart ne fera malheureusement pas long feu. Mahmud semble bien seul dans sa quête à travers le monde. Mais le scénario de Kotono Kato est plutôt bien pensé et déroule sa trame avec aisance, faisant réapparaître des figures ennemies désormais connues. On se plait dans cet univers riche, même si l’aventure est pour le moment vécue en solitaire. On aimerait toutefois une plus grand continuité entre les épisodes, qui sont encore trop détachés les uns des autres.

Le dessin de la mangaka est un gros point fort. Sa finesse d’exécution, sa fluidité et ses paysages variés sont des plus agréables.

En résumé, Altaïr développe son potentiel petit à petit. Un bon manga, à suivre.

Les mystères de la quatrième république, tome 3 : une BD de Philippe Richelle et Alfio Buscaglia (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50Les mystères de la quatrième république, tome 3

Les mystères de la quatrième République, tome 3

Après la troisième et la cinquième, c’est au tour des mystères de la quatrième République de voir paraître un nouvel album. La saga à succès du scénariste Philippe Richelle se poursuit donc avec ce dernier tome paru, dessiné par Alfio Buscaglia (Nuisible, 100 âmes). L’occasion de suivre, au côté du commissaire Coste, une nouvelle enquête policière à Paris.

Date de parution : 07 janvier 2015
Auteurs : Philippe Richelle (scénario), Alfio Buscaglia (dessin)
Editions : Glénat
Prix : 14,50 € (56 pages)

Résumé de l’éditeur :

Le polar historique dévoilant les sombres années de la République française. Printemps 1953. Le commissaire Coste, victime d’un attentat trois ans plus tôt à Marseille, a décidé de rejoindre les effectifs de la police de Paris pour la sécurité de sa famille. Il est envoyé avec l’un de ses adjoints sur une scène de crime près de Coulommiers. Là, sur le sol mouillé d’une aire de repos déserte, gît le corps d’un certain Paul Nouzières, abattu par une balle de calibre 11.43 en pleine poitrine. Homme de lettres, ancien résistant et ex-membre du Parti communiste, Nouzières avait récemment rejoint un parti révolutionnaire dissident aux financements occultes : le MRT. En suivant cette piste, Coste va s’apercevoir que les méthodes crapuleuses de certaines officines de la capitale n’ont rien à envier à celles des pires mafieux de la cité phocéenne… Philippe Richelle et Alfio Buscaglia nous plongent dans une nouvelle enquête du commissaire Coste au cœur des affaires sordides qui émaillent la France de la IVe République, dont les plaies laissées par l’Occupation ont décidément bien du mal à cicatriser… À ce jour, la série Les Mystères de la République totalise déjà plus de 110 000 exemplaires vendus, et ce n’est qu’un début !

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Le point sur l’album :

Chaque parution de cette série (qui compte trois cycles) est attendue. Il faut dire que Philippe Richelle a su se faire remarquer grâce à des scénarios toujours imaginatifs, mêlant avec brio contexte historique fort et affaire criminelle. Ce troisième album des mystères de la quatrième République nous plonge au début des années 50, où d’anciens collabos blanchis par le pouvoir semblent mouillés à un assassinat qui reste à élucider. Des collabos qui ont investi les partis politiques (communistes et anti-communistes). Entretenant le brouillard, le scénariste multiplie les rebondissements en rythme. Un récit propre et sans bavure, qui ne perd jamais son objectif de vue : aller au bout de l’enquête.

Incisif, c’est aussi le style d’Alfio Buscaglia. Son dessin au réalisme résolument moderne est un pur plaisir. Son trait est précis et régulier, tout en finesse. La coloration de Claudia Boccato le met particulièrement en valeur grace à des jeux de lumière irréprochables. Du très bon boulot.

Une fois de plus, les mystères de la quatrième République offrent une bonne enquête, particulièrement bien mise en scène, au scénario comme au dessin.

Saint Louis, une BD de M. Mariolle, A. Nikolavitch, E. Anheim, V. Theis et F. Cenni (Glénat)

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Ils ont fait l’Histoire – Saint Louis

Nouvel album de la collection Ils ont fait l’Histoire, Saint Louis fut roi de France de 1226 à 1270 (neuvième monarque de la dynastie des capétiens). Scénarisé par Mathieu Mariolle (Pixie, De sang froid, Nuisible, Shanghai, La Voie du Sabre, Dans la Paume du Diable, Blue Note) et Alex Nikolavitch (La Dernière Cigarette, Spawn Simony, Tengu-Do, Crusades, Burton), l’album bénéficie de l’appui des historiens Etienne Anheim (maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l’université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines) et Valérie Theis (maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée). L’occasion de parcourir un règne long de 44 ans sous des planches illlustrées par Filippo Cenni (Contes et légendes des régions de France).

Date de sortie : 07 janvier 2015
Auteurs : Mathieu Mariolle, Alex Nikolavitch (scénario), Etienne Anheim, Valérie Theis (historiens) et Filippo Cenni (dessin)
Editions : Glénat / Fayard
Prix : 14,50 € (56 pages) 

Résumé de l’éditeur :

« Ni cette perte, ni autre quelconque, ne saurait me séparer de la fidélité que je dois à mon Dieu ». Louis IX, plus connu sous le nom de Saint Louis, roi de France de 1226 à 1270, est le neuvième monarque de la dynastie des Capétiens. Personnage plus complexe et paradoxal que ce que nous laissent entrevoir les images d’Épinal du bon roi dispensant la justice sous le chêne, Louis IX, élevé dans un respect de la foi et une piété rigoureuse sous la coupe de sa mère Blanche de Castille, a une conception essentiellement religieuse de sa fonction et se voit en monarque idéal d’un royaume chrétien. Cette foi inébranlable qui marque l’ensemble de son règne contribue à faire de lui un Saint de son vivant et l’objet d’une vénération après sa mort ; mais elle incarne aussi sa faiblesse face aux réalités économiques, sociales et politiques de son époque. Avec la collection « Ils ont fait l’Histoire », découvrez en BD, le destin de celui qui marquera le XIIIe siècle dans l’histoire comme le « siècle d’or de Saint Louis. »

Saint Louis

Le point sur l’album :

Louis IX connu sous le nom de Saint Louis était un homme pieux et bon, toujours soucieux du sort des plus faibles et des plus pauvres. Un roi en quête de justice, aimé de ses sujets, qui pourtant ont dû souvent payer le prix fort pour lui permettre de partir en croisade en Terre Sainte. Retraçant l’ensemble de son règne, la BD emprunte sa narration aux Enseignements de Saint Louis, texte composé de conseils du roi à destination de son fils pour bien gouverner tant le royaume que lui-même. C’est par la voix du souverain que le récit est donc conté.

Peut-être insuffisamment romancé, le scénario de Saint Louis avance à travers les époques en se concentrant très principalement sur le roi de France. Bien sûr, on y découvre ses relations avec sa mère, son épouse, son homme de confiance Jean de Joinville ou encore avec le trône d’Angleterre. Malgré cela, le roi est bien isolé tant dans sa charge que dans ce récit. On a du mal à s’identifier car les personnages secondaires ne parviennent pas à s’installer. Il en résulte un effet catalogue où l’on déroule les années marquantes de ce roi qui sortait tant de l’ordinaire.

Filippo Cenni propose un dessin réaliste chargé de détails bienvenus. Son trait fin excelle dans l’art de recréer l’univers de Saint Louis : les costumes d’époques, le physique du souverain, les chateaux, Eglises, villages etc… Un travail méticuleux que l’on ne peut qu’apprécier.

En résumé, Saint Louis souffre d’une mise en scène trop timide mais reste plus agréable qu’un manuel d’Histoire ! Les passionnés y trouveront leur compte.

Ballet Royal de Suède : Juliette et Roméo, Mats Ek, à l’opéra Garnier

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Photos : © Francette Levieux / Opéra national de Paris

Opéra national de Paris, Palais Garnier du 6 au 10 janvier 2015 

Danseur et chorégraphe suédois, Mats Ek a commencé sa carrière comme metteur en scène de théâtre et n’a opté pour la danse qu’en 1973, lors de son entrée dans le Ballet Cullberg dont il sera le directeur artistique de 1985 à 1993. Il y signera une trentaine de chorégraphies, toutes innovantes.

Sa danse physique et expressive non dépourvue d’humour, s’imprègne de toute la dimension intime, charnelle, guerrière, inhérente aux texte de Shakespeare, qui voit les corps exacerber l’amour fou et le désir ardent, la haine et la trahison, l’injustice et la l’oppression

Ses lectures provocantes de Giselle (1982), du Lac des Cygnes (1987), de La Belle au Bois dormant (1996) ou de Carmen (2002) ont fait sa célébrité. De retour au théâtre dans les années 1990, Mats Ek y fera danser les acteurs. Il travaillera également pour la télévision (La Vieille et la Porte, en 1991, un film ayant sa mère pour interprète).

Pour le 240e anniversaire du ballet royal de Suède en 2013, le chorégraphe crée une nouvelle version de Roméo et Juliette présentée à l’opéra Garnier pour six représentation exceptionnelles, qu’il intitule Juliette & Romeo, mettant ainsi l’accent sur la figure de l’héroïne dont le premier amour interdit en fait une rebelle contre l’ordre établi.

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Photos : © Francette Levieux / Opéra national de Paris

Elle y incarne cette soif d’aimer immergée dans un environnement hostile marqué par les clivages de la société et l’autoritarisme d’un pouvoir patriarcal qui dressent des clans les uns contre les autres et annihilent toute volonté d’émancipation.

Cette relecture à laquelle il lui préfère aussi la partition de Tchaïkovski – d’une vibration en osmose parfaite avec l’esprit de la narration – à celle de Prokofiev, se révèle une réussite totale. Sa danse physique et expressive non dépourvue d’humour, s’imprègne de toute la dimension intime, charnelle, guerrière, inhérente aux texte de Shakespeare, qui voit les corps exacerber l’amour fou et le désir ardent, la haine et la trahison, l’injustice et l’oppression.

Le tout à l’abri de l’écriture caractéristique du chorégraphe marquée par un jeu de mains aux doigts regroupés et tendus dans le prolongement de la paume comme une pelle, des pieds flex, de grands pliés, des mouvements enroulés, et des ruptures de ton.

La ville des amants maudits se matérialise par un espace glaçant de Magdalena Aberg aux lumières métalliques, constitué de noirs panneaux coulissants qui apparaissent puis disparaissent, s’ouvrent et se referment, au gré de la rébellion qui fait rage et de la défense absolue de leur amour.

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Photos : © Francette Levieux / Opéra national de Paris

La distribution est au diapason où le final, dans un tableau saisissant d’intensité, parachève son homogénéité et consacre sans détour la mort simultanée des deux amants, à jamais réunis pour l’éternité…

Pour Charlie

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Nous reproduisons le communiqué de notre consœur, Marie-José Sirach, Présidente du Syndicat Professionnel de la Critique.

Pour Charlie

Le Syndicat professionnel de la critique dramatique, danse et musique tient à exprimer sa douleur et toute sa solidarité à l’équipe et aux familles de Charlie Hebdo. Le massacre perpétré à l’encontre de nos confrères avait pour but de faire taire des voix, des plumes qui exerçaient leur esprit critique sans tabou et plaçaient la liberté d’expression au-dessus de tout : de la bêtise, de la peur, de l’ignorance, de l’obscurantisme. Leur mort, brutale, est injuste et révoltante. En assassinant de sang-froid des journalistes, c’est la démocratie que l’on voudrait faire taire. Plus que jamais, dans nos journaux, nous continuerons à porter haut et fort la critique, la pensée, la controverse.

La Bonne Ame du Se-Tchouan, mise en scène de Jean Bellorini, à Saint-Denis

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Théâtre Gérard-Philippe du 8 au 18 janvier 2014
Salle Roger-Blin
93 Saint-Denis

Théâtre d’interrogations face à la violence du monde mais dont l’empreinte poétique et survoltée si propre à Brecht fait naître une puissance à la fois ravageuse et sensible si propre à Brecht fait naître une puissance à la fois ravageuse et sensible.

A l’abri d’un geste esthétique fort et d’un travail de troupe saisissant, Jean Bellorini (jeune metteur en scène de 32 ans qui signe aussi la traduction avec Camille de la Guillonnière, la scénographie, les lumières, les compositions) et ses dix -huit comédiens-chanteurs-musiciens font circuler et étinceler le verbe au plus près de l’expérience humaine et de ses antagonismes dont la résonance l’inscrive dans une contemporanéité frappante : un souffle enivrant.

On connaît l’argument sur laquelle repose cette bonne Ame, définie par le dramatruge comme une « parabole dramatique », et la tâche assignée à Shen Té, la prostituée de Se-Tchouan, par les dieux : être la bonté même, continuer à être bonne dans un monde où les dieux n’ont nulle part rencontré des « gens qui aient réussi à mener une existence digne de l’homme », prouver que l’altruisme y est possible. She té a eu beau protester, crier ses craintes : « Mais je ne suis pas sûre de moi, dieux illustres. Comment faire pour être bonne quand la vie est si chère ? » , les dieux n’entendent rien car ils se moquent des questions économiques.

 [pull_quote_right]A l’abri d’un geste esthétique fort et d’un travail de troupe saisissant, Jean Bellorini et ses dix -huit comédiens-chanteurs-musiciens font circuler et étinceler le verbe.[/pull_quote_right]

Une fois Shen Té installée dans le petit débit de tabac que les mille dollars laissés par les dieux lui ont permis d’acheter, sa mise à l’épreuve commence. Forte de cette nouvelle activité, elle constate que son commerce est aussitôt pris d’assaut par des pauvres plus avides que jamais tandis que les nantis tentent sous des prétextes fallacieux de l’escroquer.

Elle décide alors de s’inventer un double Sui Ta, un homme dur, calculateur, chargé de la défendre contre sa volonté de faire le bien et d’assurer ses arrières. Un être qui ne se soucie pas d’être bon, mais seulement un homme d’affaires pragmatique inspirant le respect aux riches et la crainte aux plus faibles affirmant sans complexe « Pour lui garder sa boutique, je suis prêt à aller jusqu’à l’extrême limite de ce qui est légalement permis ».

Entre temps, elle sera aussi tombée amoureuse d’un aviateur dont elle s’apprête à tout lui sacrifier alors que ce dernier est seulement prêt à profiter d’elle afin de réaliser son propre rêve en achetant un avion. Peut on faire le bien dans un monde de brutes ? Faut il sauver les hommes ou les confondre ?

Brecht questionne sans relâche l’exploitation de l’homme par l’homme ainsi que l’impuissance des dieux à changer le monde et nous met face à un modèle revendiquant de plus en plus sa part de duplicité et son égoïsme. Une fable sans morale mais dont le questionnement nous renvoie à une réalité très actuelle.

Dans un rapport frontal avec le public, les allées et venues des protagonistes s’organisent à partir d’une aire de jeu à deux niveau avec une échelle coté cour où dans un emportement festif et rythmique, le plateau s’apparente à un choeur qui cristallise le tumulte d’une humanité entre espoir et perdition, mise à mal et instinct de survie, l’intime et le collectif.

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En autant de fragments, de ruptures, de tonalités pop/piano, de trouvailles scénographiques inventives, la parole polyphonique s’incarne et se fédère dans une dimension chorale, musicale, originale et unitaire de l’œuvre portée par des acteurs, tous magnifiques.

[pull_quote_left]le plateau s’apparente à un choeur qui cristallise le tumulte d’une humanité entre espoir et perdition, mise à mal et instinct de survie, l’intime et le collectif.[/pull_quote_left]

Karyll Elgrichi (She té) à l’allure tour à tour bohème et androgyne irradie la scène dans un élan fébrile qui se charge de toute la contradiction paradoxale du personnage où se révèle sa complexité porteuse de fragilité, de tension et de doutes. Tandis que François Deblock (Wang le porteur d’eau), son ami à la vie à la mort, s’illustre d’un jeu investi et virevoltant.

Un embrasement dont l’unité fait corps avec la parole engagée du poète…

Roma, tome 1 : une BD d’E. Adam, P. Boisserie, D. Convard et R. Penet (Glénat)

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Roma, tome 1 : La Malédiction

Nouvelle grande saga des éditions GlénatRoma est une fresque épique prévue en 13 albums, qui rend hommage à Rome, la ville éternelle. A raison d’un album par semestre, le rythme de publication s’annonce soutenu. Chaque album sera illustré par un dessinateur différent.

Un concept proposé par le regretté Gilles Chaillet (Vasco, Dans la Rome des Césars, Les Boucliers de Mars), disparu en 2011. Le premier album amorce un scénario ambitieux autour de la malédiction du Palladium. Et c’est une pleïade de scénaristes de renoms que l’on retrouve avec plaisir pour ce projet : Éric Adam, Didier Convard et Pierre Boisserie, aidés de l’historien Bertrand LançonRégis Penet (Fleurs carnivores, Marie des loups) s’est quant à lui chargé du dessin de cet épisode.

Date de parution : 7 janvier 2015
Auteurs : Éric Adam, Didier Convard, Pierre Boisserie (scénario), Régis Penet (dessin), Nicolas Bastide (couleurs), Bertrand Lançon (conseiller historique) d’après un concept original de Gilles Chaillet.
Editions : Glénat
Prix : 14,95 € (64 pages)

Résumé de l’éditeur :

1250 av. J.-C. Alors que la guerre de Troie fait rage, des mystérieuses jumelles arrivent aux portes de la cité fortifiée. L’une tient dans ses bras une magnifique idole d’orichalque : le Palladium. Léonidas et Aquilon, deux officiers troyens semblant dissimuler un lourd secret, sont immédiatement séduits par la beauté trouble des jumelles. Et il ne faut pas longtemps pour que chacun en épouse une, fondant ainsi deux familles.

Ce que tout le monde ignore, c’est que dans le Palladium est enfermée Ker, une déesse maléfique qui, de sa prison d’orichalque, réserve une terrible malédiction aux deux familles. Une malédiction qui les poursuivra à travers les âges, accompagnant le destin de la ville mythique qu’elles s’apprêtent à fonder : Rome.

Conçu à l’origine par le regretté Gilles Chaillet, Roma est un projet ambitieux visant à raconter l’éternité de Rome à travers une grande fresque historico-fantastique de 13 albums, construite autour de la malédiction du Palladium. À raison d’une parution tous les 6 mois, chaque album, formant une histoire complète et réalisé par un dessinateur différent, nous décrit en toile de fond un épisode spécifique et emblématique de l’histoire de Rome. Un contexte historique hautement mis en lumière par l’apport de Bertrand Lançon, éminent historien spécialiste de la cité éternelle, qui contribue aux dossiers pédagogiques de fin d’album.

Roma tome 1 planche 1

Le point sur l’album :

C’est avec enthousiasme que nous ouvrons ce premier album, dont l’ambition est de nous livrer la genèse de la malédiction du Palladium. C’est en plein coeur de la cité troyenne, dans l’antiquité, que le scénario propose de nous emmener, bien avant la naissance de la toute puissante Rome. Une fresque historique où viennent s’imprégner figures mythologiques et légendes fantastiques. L’album met d’abord en scène les deux troyens Léonidas et Aquilon, à l’origine de la malédiction qui anéantira leur cité (avec l’épisode du Cheval de Troie). Dans un second temps, c’est le prince Enée, père de Romus et Romulus, qui prendra de l’importance…

Dans un récit fleuve et continu, les scénaristes retracent un arbre généalogique complexe qui prend racine dans un terrible méfait commis par Léonidas et Aquilon. De nombreuses aberrations contre-nature vont alors s’y greffer, jusqu’à aboutir aux fondateurs même de Rome. Entretenant habilement le mystère autour de la malédiction et de sa cause, l’intrigue attise la curiosité de bout en bout. Un scénario bien exécuté qui démontre un potentiel certain pour Roma.

Avec son trait fin et naturel, Régis Penet propose de son côté des planches au réalisme soigné, malgré une coloration (de Nicolas Bastide) un peu fade. Le dessin séduit par ses détails et sa force d’expression.

En conclusion, Roma tient ses promesses avec des débuts épiques, qui mêlent habilement Histoire et fantastique. A lire.

Charlie Hebdo : de tout coeur avec eux

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Aujourd’hui, mercredi 7 janvier 2015, le France a subi un terrible attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo. Les médias du monde entier ont relayé l’information, tandis que les éditions spéciales se succèdent sur l’ensemble des supports dans l’hexagone, après des déprogrammations en cascade (pour radios et télés). En tant que média web, nous partageons l’immense peine et l’incompréhension du monde face à l’horreur qui a frappé ces journalistes et policiers qui ne faisaient que leur métier.

Parmi eux se trouvaient 4 dessinateurs hors norme : Wolinski, Cabu, Tignous et Charb.

Voici, à leur propos, le communiqué des éditions Glénat :

« Parmi les 12 personnes assassinées ce matin à la rédaction de Charlie Hebdo, quatre auteurs proches des éditions Glénat sont morts parce qu’ils défendaient leurs idées, leur vision du monde, leur bonheur de toujours dessiner notre vie quotidienne.
Lâchement exécutés dans leurs bureaux parisiens par des individus lourdement armés, ils sont morts au champ d’honneur de la liberté de la presse.
Toutes les équipes des Editions Glénat, choquées par l’annonce de la disparition de leurs amis, font part de leur solidarité avec l’ensemble des journalistes, dessinateurs de presse et auteurs, qu’elles côtoient tous les jours dans leur travail, et qui se sentent aujourd’hui aussi menacés.
La maison d’édition Glénat s’associe à la douleur des familles et des proches des nombreuses victimes, dont les policiers qui les protégeaient.
Jacques Glénat, qui débuta comme garçon de courses à Charlie Hebdo, pleure ses maîtres Wolinski et Cabu et leurs jeunes disciples Tignous et Charb.
Les Editions Glénat »

Le dernier dessin de Charb est saisissant, sous la lumière des terribles évènements du jour :

Charb dessin attentat

En tant que citoyen du monde, au-delà des nationalités ou des religions, on ne peut que se sentir solidaire des victimes de ce nouvel attentat qui vise le choeur d’une démocratie, ceux qui en portent la voix : les journalistes, premiers garants de la liberté d’expression. Premiers sacrifiés en son nom aussi.

Comme l’écrit le dessinateur Plantu sur son compte Twitter, nous sommes tous de tout coeur avec Charlie hebdo. Nos pensées vont vers toutes les victimes, leurs familles, leurs collègues et leurs amis. Nous sommes tous Charlie.

plantu

 Voici encore le témoignage bouleversant de Philippe Val, ancien patron de Charlie Hebdo :

Saru, un manga de Daisuke Igarashi (Sarbacane)

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Saru, de Daisuke Igarashi

Auteur de la série Les Enfants de la mer (parue en 5 tomes aux éditions Sarbacane), Daisuke Igarashi propose cette fois un one shot d’envergure avec Saru. Un joli pavé de près de 450 pages où l’ésotérisme est mis à l’honneur à travers la prophétie de Nostradamus et d’anciennes légendes chinoises relatives au(x) roi(s) Singe(s)….

Date de parution : le 7 janvier 2015
Auteur : Daisuke Igarashi (scénario, dessin)
Editions : Sarbacane
Prix : 17,90 € (448 pages)

Résumé de l’éditeur :

Daisuke Igarashi nous replonge dans une histoire vertigineuse et puissante ! Après sa formidable série en 5 tomes, Les Enfants de la mer (éditions Sarbacane), Daisuke Igarashi nous enchante de nouveau avec Saru. Dans ce beau et volumineux manga (450 pages), il change néanmoins de registre : l’histoire mêle ici une prophétie de Nostradamus et d’anciennes légendes chinoises liées au roi Singe. On retrouve la veine ésotérique qu’Igarashi avait explorée avec Sorcières (Casterman), mais dans un cadre à grand spectacle (et où une partie de l’action se passe – clin d’œil de l’auteur – dans la capitale mondiale de la bande dessinée : Angoulême !)..

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Le point sur l’album :

L’épaisseur de l’ouvrage intrigue tout autant que sa couverture où un avion vient se superposer à une jeune fille, un visage de singe et un masque de totem mystérieux. Et dès les premières planches de Saru, on comprend que le récit tient les promesses faites par le package : un scénario très dense ! Propulsé aux quatre coins du monde, et notamment à Angoulême (joli clin d’oeil de l’auteur), on suit en rythme des personnages divers et variés, que ce soit une jeune étudiante japonaise, un habitant du Boutan, un prêtre exorciste, une jeune fille possédée etc… Une diversité de lieux et de sujets habilement orchestrée dans de courtes scènes découpées avec soin, de sorte à ne pas perdre le fil de la trame générale : celle d’un conte apocalyptique. Un récit qui séduit malgré sa complexité.

Le dessin de Daisuke Igarashi est quant à lui réalisé avec le soin qu’on lui connaît. Son trait est si fin qu’il dégage un aspect griffonné, surtout pour les personnages aux contours souvent irréguliers. Les décors fourmillent par ailleurs de détails, surtout lorsqu’il s’agit de grands espaces (les montagnes Afghanes par exemple…). Un style propre à Daisuke Igarashi, qui charme une fois encore dans Saru.

En conclusion, Saru est un manga qui ne manquera pas de plaire à tout amateur d’ésotérisme ou de mythologie. Attention toutefois à ne pas se laisser happer par la densité du récit.

The Sword, tome 2 : un comics de Jonathan et Joshua Luna (Delcourt)

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The Sword, tome 2 : l’Eau

Souvenez-vous, les frères Luna avaient frappé fort avec leur thriller Girls (ils sont également auteurs de Ultra ou Spider-Woman). C’est avec The Sword qu’ils ont fait leur grand retour dans les librairies. Un récit fantastique prévu en quatre tomes, où une jeune étudiante paraplégique sans histoire tombe sur un glaive aux pouvoirs extraordinaires… Autant dire que Dara Brighton va vite devoir apprendre à s’en servir !

Date de parution : le 3 décembre 2014
Auteur : Jonathan et Joshua Luna (scénario, dessin)
Editions : Delcourt
Prix : 15,95 € (148 pages)

Résumé de l’éditeur :

Dara Brighton, étudiante paraplégique dotée de pouvoirs surhumains dus à un glaive extraordinaire, a découvert des informations qui la mènent sur les traces des trois meurtriers de sa famille. Aidée par ses compagnons de fortune, elle continue sa quête de vengeance, tout en luttant pour leur survie. Après Girls, la nouvelle tétralogie des talentueux frères Luna.

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Le point sur l’album :

La quête se poursuit donc avec un premier voyage aux Bahamas en compagnie de Dara et ses acolytes (Julie et Justin). Et pendant que les souvenirs et Dara ponctuent la première partie de ce second tome, celui qui maîtrise le feu, Zakros se manifeste. Un combat épique s’amorce alors… jusqu’à la fin de l’épisode. Les frères Luna livrent un scénario d’action digne d’Hollywood, au découpage précis et fluide. Généreux en hémoglobine et cruautés, les auteurs n’omettent pas de donner du sens à ces enchainements plutôt physiques. Ils mettent notamment en perspective le handicap de la jeune et combative Dara.

Le dessin d’apparence simpliste de The Sword peut être trompeur. Le trait fin pâtit d’une infographie en manque de nuances, notamment dans sa coloration. Les détails semblent parfois oubliés. Mais ces planches sont indiscutablement travaillées pour renforcer le sens de l’action. Les cadrages sont en effet souvent de qualité. Et on aime le contraste qui se dégage du graphisme épuré et innocent qui n’hésite pas à faire couler le sang.

The Sword ne déçoit pas. Il se bonifie même avec le temps. A suivre, donc.

Rasl, tome 2 : un comics de Jeff Smith (Delcourt)

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RASL, tome 2 : Uma

RASL est une trilogie signée par le créateur de Bone : Jeff Smith. Ce dernier signe un récit plus adulte, mettant en scène un certain Rasl, ancien chercheur devenu voleur d’oeuvres d’arts. Son outil de travail est un peu particulier puisqu’il s’en sert pour dériver à travers des univers parallèles…

Date de parution : le 3 décembre 2014
Auteur : Jeff Smith (scénario, dessin)
Editions : Delcourt
Prix : 17,95 € (192 pages)

Résumé de l’éditeur :

Grâce aux carnets secrets de Tesla, RASL, voleur d’oeuvres d’art, est à même de voyager entre les mondes parallèles. Mais lorsqu’il croise la route d’un mystérieux étranger également capable de circuler à travers les dimensions, son secret est en danger… Le créateur de Bone continue de nous guider dans un univers où crimes et fantastique s’entremêlent avec art.

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Le point sur l’album :

Après l’agréable découverte d’un premier tome posant les bases du récit de RASL, l’auteur pousse l’aventure un peu plus loin, en nous proposant un peu d’Histoire. L’invention de Tesla a en effet modifié son cours, tandis que Rasl profite d’une courte trêve convenue avec son poursuivant. La narration prend une allure plus sérieuse, mais n’a rien perdu en rythme, ni en charme. Rasl est un récit de science-fiction soigné qui bénéficie d’un scénario construit.

Le dessin de  Jeff Smith est quant à lui original. Son trait authentique est un doux mélange de fantaisie et de réalisme. Un style assez unique, qui plaît.

Pour conclure, Rasl est un comics de bonne qualité, qui plaira sans doute à un large public. Le troisième tome est attendu pour le mois d’avril.

Le roi se meurt d’Eugène Ionesco, mise en scène de Georges Werler, à Paris (2015)

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Théâtre de Paris, succès ! prolongation jusqu’au 10 janvier 2015
15, rue Blanche
75009 Paris

Michel Bouquet reprend ce rôle mythique en se réinventant une nouvelle fois avec ce don d’émerveillement si propre aux éternels enfants et aux côtés d’une distribution remarquable. Un grand moment de théâtre.

Le roi se meurt, sa mort est annoncée. Il lui reste une heure et demie à vivre, le temps du spectacle, pendant lequel cinq personnages, se divisent autour de lui et avec lui, entre fatalisme, angélisme et mesquinerie, face à l’accomplissement du destin. Avec Béranger 1er, l’homme universel, c’est son univers monde qui s’effondre : le palais se fissure et les frontières de la mort se rapprochent.

Regard malicieux à la voix pénétrante, Michel Bouquet est saisissant de vérité et d’intériorité au plus près de la condition humaine et de son essence comme de sa finitude énigmatique

La pièce est composée d’un seul acte où seule la condition physique, psychologique du protagoniste évolue, observée et commentée par son entourage. La jeune et bien aimée reine Marie, symbole de l’amour, de l’innocence et de la vie, qui veut encore espérer et lui cacher la vérité. Tandis que la vieille reine Marguerite, la première épouse austère, fataliste et grande ordonnatrice de cette cérémonie doit s’assurer du bon déroulement de cette fin dont chaque étape est déjà programmée. Elle sera la dernière à accompagner le roi dans la mort. Le tout ponctué par les apartés du médecin et son savoir péremptoire contre lequel on ne transige pas.

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Mais le monarque justement n’est pas prêt à mourir. Et c’est donc à ce cheminement initiatique par lequel le personnage doit passer, emprunt d’une irrésistible drôlerie et bouffonnerie où la vie se joue de la mort et vice versa, auquel nous assistons.  Le vieux roi passant par trois attitudes successives : le déni, la révolte et la résignation jusqu’au passage final et total où la lumière fait corps enfin avec la nuit éternelle.

la mise en scène de Georges Werler respectueuse du texte, souligne jusqu’à l’épure l’issue dérisoire et inéluctable.  A l’abri de cette définition du dramaturge « Le comique étant intuition de l’absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. Le comique n’offre pas d’issue« , Ionesco nous livre une farce métaphysique tout en subtilités et humour noir. Où le comique nait du décalage entre la représentation grandiloquente de la figure royale et la simple condition d’homme face à la mort.

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Regard malicieux à la voix pénétrante, Michel Bouquet est saisissant de vérité et d’intériorité au plus près de la condition humaine et de son essence comme de sa finitude énigmatique…

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