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Le Festival d’Ile de France a ouvert ses portes le 6 septembre, avec une programmation exceptionnelle !

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Du 6 septembre 2014 au 12 octobre 2014

C’EST LA RENTRÉE !

Au programme : festivals, concerts et sorties d’album viendront vous faire oublier la nostalgie des vacances.

FESTIVAL D’ILE DE FRANCE

Le FESTIVAL D’ILE DE FRANCE fera sa grande rentrée le 06 Septembre prochain pour une durée d’un mois et demi.
Une programmation éclectique où les musiques du monde, les musiques classiques et les musiques actuelles se conjugueront sur le thème des
« TABOUS, Musiques et Interdits »

ADAM COHEN

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Après l’album « Like A Man » sorti fin 2011, ADAM COHEN sortira un nouvel opus le 15 septembre prochain !
Intimiste et audacieux, « We Go Home » s’annonce captivant et saisissant. Un disque plein de douceur a ne surtout pas manquer…

JEFF MILLS

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Le producteur de musique techno le plus inventif  au monde sera à la Machine du Moulin Rouge ce 19 Septembre pour
la 4ème édition de Time Tunnel.
Un voyage à la fois auditif et visuel dans les méandres de la Techno !

BLACK STROBE

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2014 est l’année de Black Strobe !
Le groupe blues-rock emmené par le charismatique Arnaud Rebotini a prévu d’envahir les bacs avec premièrement leur EP « Broken Phone Blues »
dont la sortie est prévue le 8 Septembre suivie de celle de leur nouvel album « Godforsaken Roads » le 06 Octobre.

THE DEDICATED NOTHING

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Décidément, le 06 Octobre est une date à marquer d’une pierre blanche, puisqu’en plus des albums de Black Strobe et Ali Campbell,
nos jeunes rockeurs/surfeurs des Dedicated Nothing ont eux aussi prévue de sortir leur album « Dawn to Dusk » le même jour.

NOUR HARKATI

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Le jeune et talentueux tunisien Nour Harkati, qui à l’âge de 16 ans a tout abandonné pour réaliser son rêve et devenir artiste,
fait désormais parti des artistes d’Ephelide.
Sa voix particulière et ses reprises ont fait sa naissante renommée afin de préparer la sortie de son premier album « Dive »,
dans les bacs le 3 novembre.

TWIN ATLANTIC

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Après le succès de « Free », les écossais de Twin Atlantic sortent leur nouvel album « Great Divide » le 10 novembre prochain.
Une claque musicale susceptible de devenir incontournable pour animer vos soirées.

Walkyrie, tome 2 : une BD de Sylvain Cordurié et Drazen Kovacevic (Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs : Sylvain Cordurié (scénario) et Drazen Kovacevic (dessin), Simon Champelovier (couleurs)
Prix : 14,95 € (62 pages)

Walkyrie est un diptyque fantastique qui met en scène avec brio nombre de figures de la mythologie viking (les géants de glace, les nains, les Dieux d’Asgard etc…) sur un scénario de Sylvain Cordurié (Celeste noir, Acriboréa, Sherlock Holmes…) et un dessin de Drazen Kovacevic (L’Epée de feu, La Meute de l’Enfer, La roue).

Résumé de l’éditeur : 

Asgard est tombée. Et des Ases, il ne reste que Hermód. Avec sa compagne Gunhild et une ambassade viking menée par Alrik, il a dû fuir la cité des dieux, détruite par les Elfes blancs et leurs alliés, pour se retrouver face à de nouveaux adversaires : Freyja et ses walkyries. Pendant que les fugitifs luttent pour leur survie et tentent de comprendre comment la vigilance d’Odin et des Nornes a pu être trompée, les armées ennemies écrasent les Hommes sur Midgard.

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Le Dixième Monde sonne le glas des neuf autres après une guerre sans merci où toutes les créatures les peuplant ont dû s’affronter sans relâche. Dans ce second et dernier album, le scénariste ne laisse aucun répit au lecteur, faisant preuve d’une grande maîtrise dans le déploiement de son récit comme dans son dénouement qu’il soigne à la façon d’une grande saga. Partie initialement pour quatre tomes, la série a dû être raccourcie faute d’avoir rencontré son public. Mais cela n’empêche pourtant pas Cordurié d’être plus que généreux, donnant à la fois plus encore de relief à ses nombreux personnages, si charismatiques, et offrant de magnifiques scènes de guerres, tout en rythme et en tension. Une lecture jouissive et haletante, que l’on aurait aimée retrouver sur d’autres épisodes de cette série à fort potentiel.

Surtout quand y sont associés les talents de Drazen Kovacevic. Ce dernier parvient à dessiner de véritables fresques avec une finesse rare. Un graphisme presqu’en mouvement, qui dynamise remarquablement les scènes d’affrontement (voir planche ci-dessus qui en est une belle illustration). Bluffant.

En conclusion, il est toujours temps de réparer nos erreurs. Courrez donc vous procurer ce diptyque, vivier à sensations fortes. L’une des parutions à ne pas manquer de cette rentrée.

Tykko des sables, tome 3 : une BD de Arleston, Melanÿn et Keramidas (Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs : Christophe Arleston, Melanÿn (scénario),  Nicolas Keramidas (dessin) Kan-J (storyboard) et Cyril Vincent (couleurs)
Prix : 13,95 € (48 pages)

Tykko des sables est un triptyque héroic-fantasy des légendes de Troy co-écrit par l’indémodable Christophe Arleston (Les Naufragés d’Ythaq, Odyxes, Lanfeust…) et Melanÿn (Les guerrières de Troy, l’Expédition d’Alunÿs), le tout dessiné par Nicolas Keramidas (Luuna) sur un storyboard de Kan-J (Blackwood). Une belle équipe réunie autour d’une trilogie vivifiante dont le dernier album vient de paraître.

Résumé de l’éditeur : 

Quatre ans après la sortie du tome 2, voici le dernier tome de la saga Tykko des sables. Mubarre, sud du Delpont. Alors que Tykko poursuit le rêve d’un avenir meilleur, ce sont les fantômes du passé qui ressurgissent. Sur les traces de la mystérieuse Ayasha, Tykko entame la quête initiatique de ses origines. Il va se trouver plongé au cœur même du problème qui mine, petit à petit, la vie du désert et de ses habitants.

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Le scénario de Tykko des sables arrive à sa conclusion avec La Colline des cents temples et toujours le même entrain. On s’amuse à retrouver Tykko et ses ennemis loufoques comme on regrette de les quitter en fin d’album, malgré l’absence véritable de surprise dans le final. L’essentiel est dans l’énergie qui parcourt le récit, qui fait vivre un bon moment grâce à un scénario qui se tient et invite à la lecture.

On reconnaît par ailleurs la patte du dessinateur de Luuna, Nicolas Keramidas, aux traits si spécifiques, jouant de courbes et d’angles sur des personnages qui respirent la fantasy.

La saga Tykko des sables s’achève comme elle avait commencé : sur une note positive !

Fatale, une BD de Doug Headline et Max Cabanes (Dupuis / Aire Libre)

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Date de sortie : 5 septembre 2014
Auteurs : Doug Headline (scénario) et Max Cabanes (dessin)
Prix : 22 € (132 pages)

Fatale est l’adaptation BD du roman noir de Jean-Patrick Manchette par le très grand illustrateur Max Cabanes (Bellagamba, Le Roman de Renart, Rencontre du troisième sale type, Dans les villages, La Princesse du Sang…) avec l’aide du scénariste Doug Headline (La Princesse du Sang).

Résumé de l’éditeur : 

Aimée a tout pour plaire aux notables de Bléville : jeune, belle et veuve, elle s’intègre rapidement dans la sociabilité de cette ville de province rongée par l’habituel cocktail d’histoires de fesses et d’histoires de fric qu’on garde entre soi. Aimée observe. Elle attend la crise inévitable, celle qui finit toujours par éclater. Alors elle pourra enfin jouer franc jeu avec tous ces pourris, et les faire payer, dans tous les sens du terme. Car ce que personne ne sait, c’est qu’Aimée est une tueuse professionnelle…
Une adaptation fidèle et magistrale du roman de Manchette, dont on retrouve le sens implacable de la narration et une finesse psychologique qui range Fatale parmi ses romans les plus sombres et les plus marquants. Après La Princesse du sang, Max Cabanes poursuit son travail d’adaptation d’une oeuvre qu’on ne se lasse pas de redécouvrir, et à laquelle il donne une dimension inédite.

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Fatale, est un polar noir et implacable qui met en scène celle qui se fait appelée Aimée. Une manipulatrice passée experte dans l’art de se faire passer des contrats, qu’elle exécute toujours avec un certain plaisir. Une meurtrière originale dont le lecteur est invité à partager l’intimité et la folie. De quoi glacer le sang.[pull_quote_left]Fatale est un petit bijou, beau et tranchant comme un diamant brut.[/pull_quote_left]

Le scénario de Doug Headline met cette puissance narrative au service de la BD dans un découpage digne de l’oeuvre originelle, ultra rythmé, qui en fait un récit haletant dès les premières planches. A réserver à un public averti.

Mais Fatale se démarque surtout par le travail de son illustrateur. Max Cabanes est un génie. Son style réaliste est graphiquement saisissant. Son trait fin et naturel, brut, sans retouche et sa sublime coloration donnent corps (et âme) au récit de façon unique. Un petit bijou. Un diamant brut.

Fatale est un petit bijou, beau et tranchant comme un diamant brut.

La nuit des morts vivants, tome 1 : une BD de Jean-Luc Istin et Elia Bonetti (Vents d’Ouest)

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Date de sortie : 3 septembre 2014
Auteurs : Jean-Luc Istin (scénario) Elia Bonetti (dessin) Digikore Studios (couleurs)
Prix : 14,50 € (56 pages)

La nuit des morts vivants est évidemment le remake du film culte de George Romero, adapté en BD par le très prolifique Jean-Luc Istin (Merlin, Les Contes du Korrigan, Les Druides, Ys La LégendeExcalibur ChroniquesElfes,LancelotHannibal Mériadec et les larmes d’OdinWorld War Wolves) en compagnie de l’italien  Elia Bonetti (L’ordre des dragons, Captain America, Dogma).

Résumé de l’éditeur : 

La réécriture jouissive et moderne d’un film culte ! Le jour d’Halloween, Lizbeth quitte son mari et ses deux enfants pour accompagner son frère, Leland, à la sacro-sainte visite de la tombe où sont enterrés leurs parents adoptifs. Mais à peine arrivent-ils au cimetière qu’ils se font attaquer par un groupe de morts vivants ! Après une longue course-poursuite, Lizbeth et Leland trouvent refuge dans un hôtel sordide qui va se révéler être le seul rempart contre une horde de zombies avides de chair fraiche. Car l’épidémie s’est généralisée et plusieurs grandes villes sont déjà dévastées. Pas sûr que Lizbeth arrive à retrouver son mari et ses enfants en vie… Créateur du mythe du zombie moderne, le cultissime film La Nuit des morts vivants est ici remis au goût du jour par Istin et Bonetti dans une adaptation rythmée à grand spectacle, qui n’oublie pas d’explorer en profondeur la psychologie des personnages. Tremblez, mortels !

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Voici une nouvelle descente aux enfers orchestrée par Jean-Luc Istin. Une BD 100% zombies qui reprend les fondamentaux de Romero dans un découpage coup de poing, qui ne s’encombre pas des détails. Le lecteur est très vite propulsé dans le vif du sujet et sans tarder, les zombies envahissent les planches, et nos héros courent dans tous les sens. [quote_box_right] »On s’éclate et c’est le but. »[/quote_box_right]

Un premier album qui fait primer le rythme et l’action sur le reste, au détriment peut-être du développement de ses personnages. Mais qu’importe, on est là pour s’amuser, se divertir avec un grand classique fait de chairs putrides et de sang pas frais.

Le dessin d’Elia Bonetti est idéal pour le genre. Un style clairement identifié comics (domaine de prédilection du dessinateur), dont la finesse du trait est parfois bluffante, notamment avec cette première planche (voir ci-dessus). On ne peut qu’aimer.

Alors forcément, ce premier tome de La nuit des morts vivants  se lit à toute allure, mais on s’éclate et c’est le but.

Les aventuriers de la Mer, tome 2 : une BD de Audrey Alwett et Daniela Dimat (Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs :  Audrey Alwett (scénario) et Daniela Dimat (dessin) Pierre Schelle (couleurs) et Laura Csajagi (couleurs de couverture)
Prix : 13,95 € (48 pages)

 

Les aventuriers de la Mer est l’adaptation BD de l’oeuvre fantastique de Robin Hobb  réalisée par la scénariste Audrey Alwett (Sinbad, Voyage aux ombres, Sweety sorcellery…) avec la collaboration de l’illustratrice Daniela Dimat (Sideline, L’Affaire Osmond, Petite Geisha). Après un premier album plutôt calme, Les Chemins de la liberté signe un album plus rythmé où l’aventure a bel et bien commencé.

Résumé de l’éditeur : 

Althéa est folle de rage. Alors que son navire vient juste de s’éveiller, Kyle lui interdit d’y mettre le pied. Mais peu importe ! Elle fera tout pour récupérer Vivacia ! Son neveu, Hiémain, a quant à lui été embarqué de force. La vie à bord s’annonce pénible pour celui qui se consacrait jusqu’ici à la prêtrise. Vivacia a beau tâcher de le réconforter, rien n’y fait…
Pendant ce temps, dans les eaux pirates, le Capitaine Kennit marche vers son destin. Coûte que coûte, il deviendra roi des Îles Pirates, alignant pour cela les actions d’éclat. Son projet n’est cependant pas du goût de tout le monde, et le flamboyant capitaine pourrait bien y laisser sa peau…

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On retrouve dans Les aventuriers de la Mer ces fameux navires vivants, les vivenefs, qui ne peuvent être commandées que par une seule famille. Une intrigue qui prend place dans le même univers que celui du cycle de L’assassin royal. Et si le scénario du premier album prenait son temps pour nous faire découvrir ce monde, et les querelles de familles qui y règnent (autour des vivenefs évidemment), ce deuxième épisode nous fait enfin prendre la mer, tout en allant à la rencontre d’autres personnages secondaires, notamment des pirates. Ces derniers occupent une belle partie – la plus divertissante – de l’album. Pour le reste, attaché à l’intrigue principale, la narration s’attarde sur de longues tirades qui pèsent souvent sur le rythme. Le scénario va néanmoins en s’améliorant et l’on entrevoit son potentiel.

Le dessin réaliste de Daniela Dimat est fin et détaillé, et même s’il manque parfois un peu de caractère à l’instar de sa coloration. Il ne manquera pas de nous faire plaisir en nous faisant voyager dans ces paysages paradisiaques.

Les aventuriers de la Mer n’a pas encore dévoilé tout son potentiel, mais ce dernier tome laisse présager un mieux pour la suite.

Les Combats d’une reine, mise en scène de Françoise Courvoiser, à Paris

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La Manufactures des Abbesses du 28 août au 19 octobre 2014
7, rue Véron
Paris 18ème

« Les Combats d’une reine » évoquent le parcours singulier de Gisélidis Réal qui fut à la fois écrivain et prostituée, et dont l’œuvre est aujourd’hui éditée chez Verticales.

Françoise Courvoisier (convaincante), Judith Magre (impériale) et Magali Pinglaut (sensible) portent à la scène la parole libre de cette femme rebelle, capable de passer avec la même sincérité du trottoir à la plume.

[pull_quote_center]Un bel hommage à l’insoumission et à son verbe souverain[/pull_quote_center]

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Ecrivain dans l’âme et femme engagée qui n’aura cesse de revendiquer sa liberté, on est saisi par la puissance évocatrice des mots, leur versant abrupt, où s’impriment une incorrigible lucidité et une lutte caustique contre le conformisme. Mais on entend aussi ses coups de cœur pour des amants fébriles comme ses coups de blues lorsque la prison l’étouffe ou que, plus tard, la maladie la rattrape.
Grisélidis Réal aimait marcher la nuit. Elle aimait rire, discuter, danser, peindre, philosopher, lire, savourer un bon vin, en un mot vivre par dessus tout.

Si trois périodes marquantes de la vie de l’héroïne sont retracées dans le spectacle, un même sentiment de révolte l’habite, qui jamais ne l’abandonnera, et dressé contre l’hypocrisie morale, les préjugés où l’audace de l’écrivain toujours combative se dispute à un extrême appétit de vivre.

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On retrouve sur la plateau la jeune prisonnière de 35 ans (interprétée par Magali Pinglaut) qui se bat pour la liberté avec quatre enfants laissés à la maison et un amant qui ne reviendra pas, la militante de 50 ans (Françoise Courvoisier) se reconnaissant une mission sociale contre la misère sexuelle et qui prend la tête d’un mouvement de défense des droits et de la dignité des travailleurs du sexe, et la femme de 75 ans affrontant avec candeur et parfois dérision le cancer dans un ultime combat pour la vie (Judith Magre).

Trois épisodes donc pour trois lieux suggérés par une valise, un comptoir de bar, une table bureau où chacune des actrices se glisse avec intensité, à l’abri d’un jeu fluide en parfaite harmonie offrant entre elles des allers-retours sur un destin en dehors des clous, dans le costume unique mais pluriel de cette pasionaria.

Un bel hommage à l’insoumission et à son verbe souverain…

Expos Paris : La carte Paris Musées, le bon plan culture de la rentrée !

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Les Musées de la ville de Paris font aussi leur rentrée

A partir de la rentrée, la carte Paris Musées offre l’occasion de profiter en toute liberté de la programmation d’expositions riche et variée des 14 musées de la ville de Paris !

La Carte Paris musées, c’est évidemment un « bon plan » avec un tarif de 40 € (ou 60 € à deux et 20 € pour les moins de 26 ans) permettant pendant 1 an un accès illimité et coupe-file à la trentaine d’expositions proposée chaque saison.

C’est aussi de nombreux avantages comme des tarifs préférentiels dans les librairies-boutiques du réseau des musée.s et dans les cafés-restaurants ainsi qu’une relation privilégiée avec les musées, chaque abonné est informé en priorité de l’actualité des établissements tout au long de la saison.

Une saison 2014/2015 marquée par la première grande rétrospective française consacrée à Sonia Delaunay au musée d’Art moderne, une Carte blanche à Christian Lacroix au musée Cognacq-Jay, un hommage exceptionnel à la maison Baccarat au Petit Palais, le monde du théâtre en photos avec Regards croisés Hugo, Nadar, Vilar, Varda, Vitez, Honoré à la Maison de Victor Hugo, ou encore l’hommage rendu à Charles Nodier au musée de la Vie romantique ou par l’exposition offrant un nouveau regard sur la mode des années 50, période charnière qui mêle haute couture et prémices du prêt-à-porter au Palais Galliera.

La rentrée est donc le moment idéal pour acquérir la carte !

Musées de la Ville de Paris : le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, la Maison de Balzac, le Musée Bourdelle, le Musée Carnavalet – Histoire de Paris, le Musée Cernuschi, le Musée Cognacq-Jay, le Palais Galliera, le Musée Jean-Moulin, le Petit Palais, le Musée de la Vie Romantique, la Maison de Victor Hugo et le Musée Zadkine.

Au royaume des Aveugles, tome 3 : une BD d’Olivier Jouvray, Fred et Greg Salsedo (Le Lombard)

Couverture

Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs : Olivier Jouvray (scénario) et Fred Salsedo (dessin) Greg Salsedo (couleurs)
Prix : 14,45 € (56 pages)

Au royaume des Aveugles est un triptyque écrit par Olivier Jouvray (Lincoln, Moby-Dick, Camilo), illustré par Fred Salsedo (Ratafia, Nous ne serons jamais des héros) et mis en couleurs par Greg Salsedo (Ratafia, Nous ne serons jamais des héros). Un thriller social où une petite poignée de citoyens décident de se rebeller contre le système en place : un monde du futur dominé par la vidéo-surveillance.

Tel et vu qui croiyait prendre vient mettre un point final à une série coup de poing…

Résumé de l’éditeur :

Deux ans ont passé depuis que Francis est devenu le cerveau derrière les yeux omniprésents du XXIe siècle, évinçant au passage tous les témoins gênants de son irrésistible ascension. Exilée à Montreal, Laurette pensait ne plus jamais entendre parler de son père. Mais lorsqu’Adil et elle apprennent l’ampleur des manipulations de leur géniteur et en comprennent les conséquences, une dernière réunion de famille s’impose…

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Avec ce troisième album Olivier Jouvray ferme la marche d’un scénario épaissi de tournures toujours plus inattendues les unes que les autres. Sur fond de corruption, de trahisons, de menaces, de trafic d’influence, l’auteur a joué jusqu’au bout la carte de l’explosion familiale et le patriarche va le payer cher. Surtout lorsque ses vieux démons vont réapparaître pour demander leur reste. Suspense et rebondissements sont toujours au tournant, au fil d’une écriture haletante qui use d’un découpage très habile dans la construction du récit. Dès qu’il le peut, Olivier Jouvray cultive l’effet de surprise pour notre plus grand plaisir.

Le dessin de Fred Salsedo est de son côté sympathique : un trait fin agréablement cadré, mis en couleurs par son frère Greg.

Un triptyque à découvrir vite !

Isabellae, tome 3 : une BD de Raule et Gabor (Le Lombard)

Couverture

Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs : Raule (scénario) et gabor (dessin)
Prix : 13,99 € (48 pages)

La séduisante guerrière Isabellae, créée par Raule (Jazz Maynard, Vies à contre-jour) et mise en images par Gabor (Curiosity Shop, Green World, Les Patriciens), vient de terminer son premier cycle avec ce troisième album, Filles de Eriu. Un album riche en rebondissements, où les deux soeurs se retrouvent pour un face à face sans concession.

Résumé de l’éditeur :

Si Isabellae a entamé son voyage pour retrouver sa soeur Suiko, cette quête est maintenant d’une urgence pressante. En effet, elle est la seule à pouvoir guérir Jinku, mordu par un des zombies invoqués en mer de Chine. Et la sabreuse rousse ne connaît qu’un moyen de financer rapidement ses recherches : chasser des primes ! Prête à écrire l’histoire en idéogrammes de sang, elle ignore encore que la réunion de famille aura lieu plus tôt que prévu..

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Voilà une belle conclusion telle que Raule nous l’avait promise. On ne peut que se réjouir en lisant ce dernier tome paru, qui nous livre son lot de révélations, notamment sur les origines des filles d’Eriu. Le scénario fait toujours la part belle aux duels et combats multiples, Isabellae ne manquant pas une occasion de sortir son katana de son écrin. Ce qui est souvent l’occasion de serrer les liens qui unissent désormais sa bande d’amis et protecteurs dévoués. Le récit est ainsi enrichi de personnages attachants, et pour la plupart assez différents les uns des autres. Un panel que l’on retrouve dans le rythme de l’écriture, qui alterne habilement scènes d’action et moments de réflexions (flash-backs…).

Le dessin de Gabor est pour sa part un vrai régal. Son trait dégage force et dynamisme. Les échanges de sabres en deviennent vite décoiffants grâce à une coloration subtile, aux codes couleurs multiples et variés. Un style graphique irréprochable.

Isabellae, Filles de Eriu est un album détonnant qui ne déçoit pas. Voilà un premier cycle accompli. A quand la suite ?

Odyxes, tome 1 : une BD de Christophe Arleston et Steven Lejeune (Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs :  Christophe Arleston (scénario) et Steven Lejeune (dessin)
Prix : 13,95 € (48 pages)

Odyxes est la nouvelle série fantastique de Christophe Arleston (Les Naufragés d’Ythaq, Tykko des sables, Lanfeust…), illustrée par Steven Lejeune (Dieux a les boules !, Les chroniques de Sillage). Naufragé du temps est un premier album qui ouvre le bal d’un voyage dans le temps qui promet d’être long… du moins on l’espère.

Résumé de l’éditeur :

Oscar Rimbaud est étudiant en médecine, à Paris. Mais il se réveille dans la peau d’un marin de la Grèce antique, commandant une flottille. Est-il en train de rêver ? Non, tout autour de lui semble trop réel. Et il a le souvenir de cette fille étrange, rencontrée à l’hôpital, qui l’a attiré chez elle… En attendant, coincé dans un port égyptien, il doit trouver le moyen de ramener ses hommes en Grèce, et va pour cela utiliser quelques-unes de ses connaissances modernes. Oscar, devenu Odyxes, va s’ingénier à survivre dans un monde rude qui s’avère plus complexe qu’il ne l’imaginait, et tenter de comprendre pourquoi il a été projeté dans ce passé lointain..

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Arleston nous propose un nouveau voyage : à travers le temps. Notre jeune héros, Oscar, est interne en médecine. Sauf que, aux premiers temps de la Grèce Antique, il s’appelle Odyxes, capitaine d’une flotte de huit navires en perdition, au large de l’Egypte. Un saut dans le temps (et dans l’espace tant qu’à faire) qu’il ne s’explique pas et qu’il aura du mal à réaliser dans un premier temps. L’idée de ce passage temporel subi, non voulu, pas plus qu’expliqué, créé évidemment son lot de rebondissements et de situations inconfortables pour notre ex-étudiant. Une série qui combine, comme toujours avec Arleston, action, aventure, intrigues, dépaysement et humour. Et avec talent s’il vous plaît. Avec Naufragé du temps, la série prend un très bon départ.

Le dessin de Steven Lejeune est graphiquement très « nouvelle école » avec une coloration ultra-numérique (joue même avec les effets de flou). Le trait fin et légèrement arrondi (comme souvent dans l’univers d’Arleston) participe à l’échappée belle, malgré une sensation de manque d’audace qui peut poindre de temps en temps.

Odyxes ne fait pas que des promesses avec ce premier album, il commence une belle aventure dès les premières pages. A suivre !

Rédemption, tome 1 : une BD de Nicolas Tackian et Lajos Farkas (Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs :  Nicolas Tackian (scénario) et Lajos Farkas (dessin)
Prix : 13,95 € (48 pages)

Dévotion est le premier album de Rédemption, diptyque où les templiers occupent la scène. Une BD créée par le scénariste Nicolas Tackian (Orks, Le syndrome de Caïn, La Compagnie des Lames, Kookaburra Universe…) et illustrée par Lajos Farkas.

Résumé de l’éditeur :

Le destin d’un homme ne s’écrit pas dans le sang des innocents.

1190 – Comté du Rouergue en France.
Bernard le pèlerin, un moine cruel au service du pape, sillonne le comté semant la terreur dans les villages qu’il traverse. Sa mission : constituer une armés de « croisés » afin de libérer le tombeau du christ à Jérusalem. Dans ce but, il rend visite au bailli Tancrède Delaridelle qui lui fait un accueil des plus hostiles. Mais le moine est un homme retors qui n’entend pas que l’on contrarie ses plans et il décide de former une mauvaise troupe de repris de justice pour forcer la main aux villageois.
À quelques lieux de là, Adhémar de Montfort, vétéran des croisades, vit seul dans une extrême pauvreté. De son passé tourmenté au service du roi, il ne demeure que son immense épée accrochée au dessus de l’âtre de sa cheminée. Rongé par la culpabilité de ses actes et des violences qu’il a commis au nom de Dieu, il vit reclus sur lui même.
Jusqu’au jour où un jeune paysan vient lui demander de l’aide pour sauver son village des violences du moine Bernard. D’abord réticent à l’idée de devenir un mercenaire, Adhémar accepte et reforme sa troupe de chiens de guerre avec ses anciens compagnons, tous encore hantés par les atrocités commises en Terre Sainte. En allant sauver ces villageois, Adhémar se voit offrir une ultime chance de rédemption…

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Dans Rédemption, comme son titre évocateur l’indique, il est question pour un ancien soldat de lumière de se retrouver en accord avec lui-même, trouver le chemin du repentir et du pardon. Car ce soldat, Adhémar de Montfort, a défendu Jérusalem pendant plus de 10 ans en massacrant de nombreux innocents, femmes et enfants compris. La nouvelle campagne qui se prépare pour reconquérir le tombeau du Christ sème la terreur dans les villages (forcés à y participer en envoyant leurs habitants). L’occasion pour Adhémar de Montfort d’intervenir à condition qu’il parvienne à chasser ses vieux démons. Le scénariste trouve une façon originale de traiter des templiers par le biais d’un ex-soldat qui va devoir se retourner contre l’ordre, pour trouver son salut. Dans ce premier tome, dont le découpage offre de belles scènes d’action, l’histoire se développe avec aisance, en s’attardant sur quelques personnages au relief intéressant. Ce qui donne toute sa crédibilité au récit, qui se lit avec enthousiasme car bien rythmé.

Le dessin réaliste de Lajos Farkas sert l’ambition du scénariste. Les traits sont fins, jouissant de beaucoup de précision, que ce soit avec les personnages ou que ce soit avec les décors mis en valeur par de beaux cadrages. Une belle fresque qui participe largement à cette aventure violente, mais presque salutaire.

Rédemption semble bien parti pour être un excellent diptyque !

Elfes, tome 7 : une BD de de Nicolas Jarry et Gianluca Maconi (Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs :  Nicolas Jarry (scénario) et Gianluca Maconi (dessin)
Prix : 14,50 € (54 pages)

Le second cycle de la série-concept Elfes enchaîne avec ce septième album paru moins de trois mois après le tome 6. Pour mémoire, rappelons qu’après un premier cycle de 5 albums et autant de races d’Elfes (ou d’intrigues, ces albums étant indépendants les uns des autres) la série a ouvert un second cycle dans la continuité du premier. Ainsi, ce septième épisode est la suite du deuxième tome de la série (comme le tome 6 était la suite du premier album). Et ce sont les Elfes sylvains les stars, telles qu’imaginées par Nicolas Jarry (Oracle, Tokyo Ghost, Nains !, Mercenaires, Troie) et couchées sur papier par Gianluca Maconi (Elya, les brumes d’Asceltis)

Résumé de l’éditeur :

Grâce au sacrifice de la princesse Llali et d’Yfass le Sylvain, fils de la reine de la forêt de Duhann, les Humains et les Elfes ont repoussé les Orcs et sauvé la cité d’Eysine…
Mais les rois des archipels n’en sont pas restés là, ils ont mené une guerre d’usure contre l’alliance et sont parvenus à repousser leurs adversaires jusqu’à la forêt, ne laissant de la cité qu’un tas de ruines…
Aujourd’hui est venu le temps de la reconquête… pourtant l’avenir s’annonce bien sombre pour les hommes d’Eysine et les Elfes, car des milliers de navires nodrënn déferlent sur leurs côtes.
À moins que la reine Elfe ne retrouve à temps le crystal vert, ils sont condamnés.

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Nicolas Jarry nous offre une suite digne de sa première grande bataille qui avait vu humains, orcs et elfes s’affronter dans un bain de sang. Il est évidemment toujours question de guerroyer car les elfs vont devoir contenir leur désir de vengeance avant de défendre leur forêt contre les humains. Cette fois, il n’y aura qu’une solution pour ces premiers : trouver le crystal vert. Le scénario joue donc sur plusieurs tableaux, en plusieurs endroits et à plusieurs moments différents. Si cela encombre parfois inutilement la lecture (et casse un peu le rythme), on s’y retrouve aisément. L’action étant toujours au coeur du récit, qui promet de belles batailles.

Le dessin de Gianluca Maconi est pour sa part tout à fait plaisant, tout particulièrement en ce qui concerne les décors très travaillés. 

Le Crystal des Elfes sylvains est un nouvel épisode réussi de cette grande saga !

Oracle, Le Petit roi : une BD de Nicolas Jarry et Gwendal Lemercier (t.3 / Soleil)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs :  Nicolas Jarry (scénario) et Gwendal Lemercier (dessin)
Prix : 14,50 € (54 pages)

Le Petit roi est le troisième album de la série Oracle, regroupant 5 one shots différents pour 5 scénaristes et autant de dessinateurs dans un seul univers. Ici, c’est le scénariste Nicolas Jarry (Elfes, Tokyo Ghost, Nains !, Mercenaires, Troie) et l’illustrateur Gwendal Lemercier (Durandal, Charlemagne) qui s’y collent. Et autant dire que le Petit roi n’a de petit que le titre.

Résumé de l’éditeur :

Il est le roi du plus petit royaume de Grèce. Sa parole compte peu au regard de celle d’Athènes ou celle de Sparte. On le lui fait sentir, pire, on le lui dit. Il n’est rien qu’un grain de poussière grecque. Les Dieux ne lui accordent pas même l’ombre d’un regard. Il ne peut rivaliser dans l’art de la guerre. Mais il est d’autres arts. Ce roi, jeune, était un grand sculpteur avant que son talent se soit étouffé par son devoir envers son peuple.
Zeus va le mettre à l’épreuve… Il fera de ce minuscule royaume un havre de paix à condition que le petit roi parvienne à l’émouvoir. Le seigneur de l’olympe pleurera devant la plus belle statue qu’il ait jamais vue.

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L’Oracle nous raconte donc le destin de ce Petit roi, qui a oublié son don d’artiste sculpteur, trop occupé à régner sur son peuple et partir en guerre au nom de son alliance avec Athènes… Mis à l’épreuve, il va devoir lancer un défi au Dieu de l’Olympe pour tenter de sauver les siens d’une guerre (et d’une mort) certaine. Et cela passera par la sculpture. Un récit original écrit par un Nicolas Jarry égal à lui même : un scénario simple et efficace. On voyage une nouvelle fois dans ce monde antique où les dieux et les oracles nous parlent. Un plaisir à chaque fois renouvelé à travers cette série qui réalise un sans faute jusqu’ici (voir les chroniques du tome 1 et du tome 2).

Le dessin de Gwendal Lemercier s’inscrit lui aussi dans la droite lignée de la série, dans un style réaliste soigné. Le trait est fin, nourrit de nombreux détails et la lumière omniprésente met brillamment l’ensemble en valeur.

Ce troisième album offre ainsi son lot de plaisirs visuels et scénaristiques !

Texas Cowboys 2 : une BD de Matthieu Bonhomme et Lewis Trondheim (Dupuis)

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Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs :  Lewis Trondheim (scénario) et Matthieu Bonhomme (dessin)
Prix : 20,50 € (152 pages)

Texas Cowboys est une série western qui porte la griffe du scénariste Lewis Trondheim (Donjon, Ralph Azham, Maggy Garrisson), dont l’humour si british est omniprésent, sur des dessins de Matthieu Bonhomme (Esteban). Parue en supplément de la revue Spirou, l’aventure est à nouveau publiée en intégrales, dont le second tome vient de sortir.

Résumé de l’éditeur :

Le retour de Drinkwater à Fort Worth.
Désormais reconnu grâce à ses chroniques de Fort Worth, le coin le plus pourri et le plus dangereux de l’Ouest américain, Drinkwater continue d’entretenir une correspondance avec Ivy Forest. Lorsque ce dernier lui demande, par télégramme de sauter dans le premier train et de le rejoindre, Drinkwater est loin de se douter du comité d’accueil qu’il va trouver à Fort Worth…
Un western revu et corrigé par Lewis Trondheim, qui offre un savoureux mélange d’aventures, de coups bas et de répliques cinglantes, sous le trait délié et vigoureux de Matthieu Bonhomme, l’auteur d’Esteban.

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Texas Cowboys mêle habilement western et humour, sous la plume exquise de l’inimitable Lewis Trondheim. Non seulement l’auteur instille son esprit dans chaque vignette de l’aventure, mais il découpe son scénario avec un grand génie, par séquences entrecroisées. Un style narratif très original, qui fait mouche par sa grande efficacité, grâce au rythme soutenu qui en découle. Les personnages créés pour l’occasion sont quant à eux aussi nombreux qu’attachants, et les intrigues sont multiples n’oubliant pas un fil conducteur entretenu avec intelligence tout au long de l’aventure.

Le dessin réaliste de Matthieu Bonhomme joue de lignes claires digne de l’école Marcinelle (de Spirou). Un dessin qui nous fait replonger en enfance pour notre plus grand plaisir.

Texas Cowboys est une excellente série qui met le talent au service du divertissement. A suivre donc…

Enemy, un film de Denis Villeneuve

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Sortie le 27 août 2014

A l’instar de cette phrase qui ouvre la projection en signe d’avertissement, « Le chaos est un ordre qui n’aurait pas encore été déchiffré », Enemy est un film tentaculaire et ludique où chaque plan participe à son énigme. Envoûtant.

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[pull_quote_center]une œuvre atypique et habile dont le trouble est constant[/pull_quote_center]

Adam (Jake Gyllenhaal), professeur de philo, mène une vie routinière entre ses cours à l’université et une relation épisodique avec Mary (Mélanie Laurent), sa petite amie. Alors qu’il visionne un film un soir sur son ordinateur, il découvre au cours d’une scène en arrêtant puis en revenant sur l’image, un acteur, Anthony St. Claire (Jake Gyllenhaal), ayant ses traits. Il décide alors d’entrer en contact avec lui et après avoir dépassé le trouble de la rencontre, accepte pour une nuit d’échanger sa vie contre la sienne dans un jeu de pistes fébrile, intime, à la lisière du fantastique, aussi angoissant que dangereux.

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Adapté du roman « L’autre comme moi » de l’écrivain portugais José Saramago, prix Nobel de littérature, Enemy explore le double à la fois labyrinthique et énigmatique dans la pure tradition du thriller psychologique très influencé par David Lynch, David Cronenberg mais aussi Roman Polanski, où cet autre n’est ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.

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A l’abri d’une mise en scène esthétisante et impressionniste au service d’une narration heurtée au suspens diffus, offrant au leitmotiv scénaristique de la toile d’araignée une lecture métaphorique précise et subtile, elle orchestre une ambiance oppressante et déstabilisante où se déploient cliniquement et efficacement les affres de l’inconscient aux prises avec ses phobies, ses fantasmes, ses peurs et ses obsessions.

Une œuvre atypique et habile dont le trouble est constant…

Secrets – Heureuse vie, heureux combats : une BD de Marianne Duvivier et Denis Lapière (Dupuis)

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Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs :  Denis Lapière (scénario) et Marianne Duvivier (dessin)
Prix : 19,00 € (112 pages)

Heureuse vie, heureux combats est le dernier album de la série de diptyques à succès Secrets où les secrets de famille étaient mis au service de scénarios de différentes époques. Ce dernier album est particulier puisqu’il retrace la vie de Marianne Duvivier, dessinatrice à l’origine de la série – avec le scénariste Frank Giroud. Elle livre ainsi son autobiographie à l’aide de la plume du scénariste Denis Lapière.

Résumé de l’éditeur :

Le père de Marianne Duvivier était au coeur des luttes des indépendances africaines. Engagé en particulier aux côtés de Patrice Lumumba au Congo, puis des syndicats algériens, c’est aussi un homme qui n’a pas su trouver sa place au sein de sa propre famille. Marianne, la cadette, est devenue le pilier, celle qui soigne les blessures de l’âme, avant de trouver sa liberté dans l’amour et la création.
Le titre « Heureuse vie ! Heureux combats!  » est extrait d’une dédicace, comme un ordre de vie du père à sa fille…

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On découvre la vie incroyable de Marianne Duvivier et de sa famille. Une vie jalonnée d’épreuves. Une vie que la violence de la vie n’a pas épargnée, que ce soit pour son père, pour ses soeurs, ou encore pour sa mère. Le récit de Denis Lapière semble avoir été écrit par Marianne Duvivier elle-même tant il est sincère et chargé d’affect. On ressent la douleur de la vie comme on reçoit une vérité en pleine figure : nous ne sommes pas éternels. Et ce qu’a traversé chacun des membres de la famille de l’auteure bouleverse le lecteur. Voici donc un album de Secrets qui est non seulement hors normes mais sans doute le meilleur.

Le dessin de Marianne Duvivier traduit également une grande sensibilité : son trait sans retouche, à la coloration aquarelle et naturelle, est comme une paisible oasis au milieu d’un désert déchainé par les vents. On comprend vite pourquoi la dessinatrice a trouvé refuge dans l’exercice de cet art.

Heureuse vie, heureux combats est une autobiographie poignante d’une vie de famille pas comme les autres, loin de là. A lire d’urgence.

L’insurrection, Tome 1, une BD de Marzena Sowa et Gawron (Dupuis)

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Date de sortie : 29 août 2014
Auteurs :  Marzena Sowa (scénario) et Gawron (dessin)
Prix : 15,50 € (64 pages)

L’insurrection est l’histoire d’un couple vivant à Varsovie en 1944, alors que les nazis occupent encore la capitale polonaise. Un scénario écrit de la plume sensible de Marzena Sowa (Marzi) et sobrement illustrée par Gawron.

Résumé de l’éditeur :

licja aime Edward, Krystyna va se marier… Ce serait un beau printemps si nous n’étions en 1944, à Varsovie, un an après l’écrasement du ghetto juif. La guerre va bientôt se terminer, mais personne ne le sait encore. Dans quelques semaines, quelques mois tout au plus, la résistance polonaise sera écrasée par les nazis, sans que les armées russes ne viennent à leur secours. C’est avec « Marzi », sur la Pologne d’avant la chute du Mur, que Marzena Sowa a connu un succès international. En écrivant sa propre histoire, dans sa langue d’adoption, le français, elle a façonné le timbre singulier de son écriture, une qualité toujours rare chez les scénaristes de bande dessinée.

Dans ce nouveau récit pour la collection « Aire Libre », elle revient sur l’histoire de son pays et les événements tragiques de la fin de la guerre, qui ouvrirent la voie à la domination soviétique. Au dessin, Krzyzstof Gawronkiewicz, dit Gawron, donne à Pologne année zéro une étonnante puissance graphique, réaliste dans les décors, expressionniste dans la mise en scène et sensible dans la peinture des sentiments.

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Par sa narration toute particulière, où les personnages mêlent leurs pensées en nous décrivant leur quotidien en ces temps de guerre, Marzena Sowa insuffle beaucoup d’humanité à son récit. Elle choisit de nous raconter non seulement la vie de ce jeune couple promis l’un à l’autre, mais aussi et surtout celui des gens qui les entourent : voisins et amis. On passe ainsi presque d’appartement en appartement en découvrant les destins des uns et des autres, souvent scellés par l’atrocité de la guerre. Car, il faut le dire, si l’écriture est de qualité (mais le découpage manque parfois de panache), le ton n’est pas des plus jovial, évidemment.

Une ambiance, terne comme cette guerre, renforcée par le dessin plutôt sombre de Gawron. Son trait fin et réaliste offre de grands plans larges sur les ruines qui jonchent la ville, ravagée par la guerre. L’illustrateur parvient très bien à traduire la misère, envahie par tant de gravas et de poussière.

Avec ce premier album, Avant l’orage, les auteurs donnent le pouls d’une Varsovie occupée, la veille d’un soulèvement qui sera sévèrement réprimé par les allemands. On n’en ressort pas indemne.

A.N.G.E., tome 1 : une BD d’Anne Robillard et Cristi Pacurariu (Jungle thriller)

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Date de sortie : 20 août 2014
Auteurs : Anne Robillard (scénario) et Cristi Pacurariu (dessin)
Prix : 21,90 € (152 pages)

A.N.G.E. est l’adaptation BD du roman éponyme d’Anne Robillard (Les Chevaliers d’Emeraude) paru aux éditions Michel Lafon (Les Chevaliers d’Emeraude). Une adaptation scénarisée par l’auteure elle-même et illustrée par Cristi Pacurariu (Assassin, Légendes de la Table Ronde). A.N.G.E. est une société secrète qui mène le combat dans l’ombre contre l’antéchrist.

Résumé de l’éditeur :

A.N.G.E. l’Agence Nationale de Gestion de l’Etrange veille sur l’humanité. Ses agents secrets protègent les hommes de l’Alliance, un groupe maléfique qui veut asservir le monde. En formant la nouvelle recrue Cindy Bloom, Océane Chevalier découvre que des prédictions bibliques sont sur le point de s’accomplir. Le retour de l’Antéchrist menace le Canada et les assassins du diable essayent d’assassiner un à un les agents de l’A.N.G.E pour ouvrir le chemin à l’être des ténèbres…

Dans ce premier album, intitulé Genesis, le lecteur est propulsé directement en plein coeur de l’action, en compagnie d’une jeune novice qui fait ses premières armes dans la fameuse Agence. Et c’est sans transition qu’elle va se trouver pourchasser. Le scénario ne prend malheureusement pas le temps de développer son personnage, pas plus qu’il ne le fait pour les autres soldats de lumière, dont on ne sait pas grand chose. L’identification, et tout du moins l’attachement aux personnages, sont inexistants, si bien que leur sort nous est presque indifférent. C’est dommage car cela tue le suspense.

Le dessin de Cristi Pacurariu est quant à lui plutôt original et ne plaira pas à tout le monde. En ce qui nous concerne, il paraît comme un point positif (le seul) de la BD.

Une déception pour cette adaptation qui mêle ésotérisme et action avec une certaine maladresse.

Obvious Child, un film de Gillian Robespierre

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Sortie le : 3 septembre 2014

Durée : 1h23

Avec : Jenny Slate, Jake Lacy, Gaby Hoffmann, Richard King, Polly Draper

Avec Obvious Child, la réalisatrice Gillian Robespierre réalise son premier long métrage. Fan de comédie romantique, elle choisit naturellement de s’intéresser à ce genre tout en y incluant un ton très personnel qui fait tout le charme de ce film, quelque part entre la comédie de Woody Allen – le film a aussi New-York pour décor – et le cinéma indépendant américain.

Synopsis :

 La vie de la jeune Donna Stern n’a rien de particulier : un petit ami, un job dans une librairie, sa bande de potes, des parents divorcés… Mais, chaque soir, sur une scène de Brooklyn où elle interprète son numéro de stand-up, ce quotidien banal devient une source inépuisable de sketches. Avec un humour ravageur et souvent cru, Donna y déballe sa vie intime, ne prend rien au sérieux, se moque de tout et surtout d’elle-même. Mais, coup sur coup, Donna perd son travail, se fait larguer par son petit ami, déprime, a une aventure alcoolisée d’un soir et… tombe enceinte. Dès lors, Donna va devoir assumer ses choix et grandir un peu, mais peut-être aussi rencontrer l’amour au moment où elle s’y attend le moins.

 

Au départ le film était un court métrage coécrit et coréalisé avec Anna Bean et Karen Maine en 2009. Victime de son succès sur les plateformes de diffusion internet avec près de 40 000 visionnages, c’est naturellement que la réalisatrice a pris la décision d’en faire une version longue, aussi pour laisser s’épanouir plus à l’écran la psychologie complexe de son personnage principal incarné par Jenny Slate.

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Bien que déjà illustre comme humoriste par ses sketchs dans le Saturday Night Live et par le court métrage qui portait déjà le titre de Obvious Child, Jenny Slate est la révélation du film et est pour beaucoup dans sa réussite. C’est après avoir vu l’un de ses spectacles de stand-up, que la réalisatrice l’a choisi pour incarner Donna Stern, jeune femme en pleine crise de post-adolescence alors que la trentaine approche et qui va devoir faire des choix, comme celui de décider d’avorter ou pas, et qui l’a rendra enfin adulte. Comme Jenny Slate, Donna fait des spectacles en racontant ses déboires sur scène, ces séquences de stand-up, à la manière du génial Lenny (1974) de Bob Fosse, occupent les trois quarts d’un métrage à la durée relativement courte et n’existaient pas dans le court métrage. Même si le sujet de l’avortement est très présent, Gillian Robespierre se défend d’avoir fait un film militant – Obvious Child a cependant été très bien accueilli par les ligues féministes – et ce qui l’intéresse surtout ici, c’est de parler des choix que l’on doit faire dans la vie et qui font de nous les êtres humains que nous sommes avec nos défauts et nos qualités. La réalisatrice n’a pas non plus oublié de traiter les seconds rôles et Donna partage son temps entre une mère aimante et plutôt coincée (Polly Draper) un père un peu excentrique (Richard King), son meilleur pote Joey (Gabe Liedman) et sa meilleure amie Nellie (Gaby Hoffmann) qui sont pour elle de précieux soutiens, contribuant à la richesse de l’ensemble.

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Qui dit comédie romantique, dit histoire d’amour et avec l’intervention de Max (Jack Lacy) le film prend une tournure plus profonde et dramatique. Le comédien remarqué par son rôle de Pete dans l’ultime saison de la série The Office, apporte la justesse du jeune amoureux à la fois maladroit et plein de bienveillance qui convient à son personnage. Ce couple paraît d’abord n’avoir rien en commun, elle est une boule d’énergie et s’exprime avec un langage très cru, voir par moment franchement scatologique et très loin du politiquement correct, alors que lui est posé et en apparence un peu « vieux jeu » et coincé. C’est cette rencontre de deux êtres qui n’ont en apparence pas grand-chose à faire l’un avec l’autre qui va donner paradoxalement le ton tantôt comique ou dramatique au film. Presque toute l’originalité de Obvious Child se situe dans les dialogues ou les monologues de l’héroïne par lesquels elle exprime sa vision toute personnelle du monde. Certains dialogues sont à ce titre désopilants alors que d’autres sont beaucoup plus dans l’émotion, et le film a parfois du mal à trouver le ton et l’équilibre juste entre la comédie et le drame et parait parfois bancal, cela est sans doute dû au fait que Jenny Slate a essentiellement travaillé sur la partie stand-up de son personnage. Cela n’empêche pas Obvious Child d’être une excellente surprise et l’une des meilleures comédies romantiques us de 2014, et dans laquelle il est fort à parier que Jenny Slate se dessine un très bel avenir au cinéma.

 

Ceux qui me restent, une BD de Damien Marie et Laurent Bonneau (Grand Angle)

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Date de sortie : 27 août 2014
Auteurs : Damien Marie (scénario) et Bertrand Marchal (dessin)
Prix : 21,90 € (152 pages)

Ceux qui me restent est un roman graphique bouleversant signé Damien Marie (Dans mes veinesLa Cuisine du Diable, Back to perdition, La Poussière des Anges, Ceci est mon corps…) au scénario et Laurent Bonneau (Metropolitan, Douce pincée de lèvres en ce matin d’été, Rêves syncopés) au dessin. Une plongée dans l’angoisse et la paranoïa d’un homme atteint de l’Alzheimer, enfermé dans les quelques bribes de souvenirs qui lui restent.

Résumé de l’éditeur :

Un voyage en Alzheimer.
Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune.
Il a tenté d’élever seul sa trop petite Lilie, maladroitement ou certainement pas assez. Et Florent et sa fille se sont perdus à leur tour. Elle l’a laissé encore plus seul pendant 20 ans. Aujourd’hui, à 70 ans, il n’a qu’un souhait, il veut la retrouver avant de mourir ; sa Lilie qui vient maintenant le voir presque tous les jours, mais qu’il ne reconnaît plus.
La maladie lui vole la mémoire pour le laisser toujours plus seul. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs… Florent n’abandonnera plus ; un voyage en Alzheimer.

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Damien Marie met cette fois son talent de scénariste au service d’une histoire très originale, loin de son registre habituel qu’est le thriller. Il imagine une véritable immersion dans l’esprit d’un malade qui ne vit que dans ses souvenirs les plus lointains. Ceux de la perte de sa femme lorsqu’il avait la trentaine, alors qu’il avait une petite fille de cinq ans, Lilie. Et ces fantômes du passé vont venir le hanter, l’obséder. Il cherchera à retrouver sa fille qu’il finira par perdre également. Perdue dans le ferry qui les ramenait de l’enterrement de sa femme, à moins que c’était bien plus tard, quand Lilie demanda son émancipation…

[quote_box_left] »Un scénario brillant relayé par un dessin de génie »[/quote_box_left]

L’auteur entretien les flous, les imprécisions, les incohérences pour n’en faire ressortir que les sentiments. Les mots, la construction du récit, son découpage, incarnent à tout instant la maladie comme un filtre pour chaque séquence. Seuls restent les sentiments, qui semblent être fidèles à une certaine vérité (car difficile de parler de réalité). Ce sentiment d’avoir perdu sa fille et cette volonté de vouloir à tout prix la retrouver. Une angoisse qui ne le lachera pas. De quoi faire réfléchir et frissonner en donnant la sensation d’entrer en contact de l’intérieur avec la maladie.

Un scénario brillant relayé par un dessin de génie, réalisé par Laurent Bonneau. Son trait est extrêmement fin mais toute la force et l’originalité de son graphisme découle de sa faculté à traduire ces moments de doutes, de souvenirs qui s’étiolent ou ne parviennent pas à faire surface de manière claire. Il introduit des flous, des brouillards, des vignettes où les traits de fusain prennent le pas sur la netteté de l’encrage. Une vraie valeur ajoutée.

Ceux qui me restent  est ainsi un excellent one shot ; à lire d’urgence.

Memphis, tome 2 : une BD de Rodolphe et Bertrand Marchal (Glénat)

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Date de sortie : 27 août 2014
Auteurs : Rodolphe (scénario) et Bertrand Marchal (dessin)
Prix : 13,99 € (48 pages)

Ecrit par Rodolphe (Kenya et Trent, Les Ecluses du Ciel, Les Moineaux, Cliff Burton… ) et illustré par Bertrand Marchal (Les Châtiments de l’an mil, Le Village, Charly), Memphis est un thriller SF dans un univers directement inspiré du Truman Show. La Ville Morte reprend l’enquête du duo de journalistes où elle s’était arrêtée, et va nous en apprendre un peu plus sur cette ville dont personne ne parvient à sortir.

Résumé de l’éditeur :

Lorsqu’une ville se retrouve mystérieusement coupée du monde… Louis et Roosevelt en ont maintenant le cœur net : toutes les routes qui partent de Memphis sont coupées… La ville est totalement isolée du monde ! Mais elle semble également comme coupée du Temps, placée hors du déroulement de l’Histoire. À quand remonte cette aberration ? À force de piocher dans les archives de son journal, Roosevelt acquiert la certitude que quelque chose s’est passé au tout début des années 60, quelque chose qui a totalement modifié leur quotidien, déréglé leur existence… Dans la mouvance du Truman Show et de certains romans de Philip K. Dick comme Ubik, Rodolphe et Bertrand Marchal signent avec Memphis un thriller de S.-F. mystérieux et haletant, surfant sur la théorie du complot. Un récit en trois tomes, à l’imagerie sixties vintage, par les auteurs de Namibia.

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[pull_quote_right]Une belle démonstration[/pull_quote_right]

Le scénario de Rodolphe est une belle démonstration. L’auteur nous embarque à nouveau en nous perdant au milieu de cette ville fantôme qu’est Memphis, comme le sont Louis et Roosevelt. Pourtant ils vont découvrir un certains nombre d’indices qui ne trompent pas, et faire la rencontre d’autres sceptiques avant d’être directement menacés. Sans tout nous révéler des mystères de ce complot hors normes, Rodolphe entretien un suspens haletant en nous faisant entrevoir comme la partie émergée de l’iceberg. On se régale à être mené par le bout des yeux de la sorte. Son écriture et son découpage redoublent d’efficacité dans ce second tome, qui prépare la fin d’un triptyque qui s’annonce réussi.

Le trait fin et réaliste de Bertrand Marchal ajoute à la crédibilité du récit en donnant corps à cette Ville morte, le tout sublimé par une coloration plutôt classique mais agréable.

Memphis s’est donc offert un très bon épisode avec ce dernier album. On attend la suite et fin avec impatience.

Shadow Banking, tome 1 : une BD de Corbeyran, Frédéric Bagarry et Éric Chabbert (Glénat)

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Date de sortie : 3 septembre 2014
Auteurs : Eric Corbeyran, Frédéric Bagarry (scénario) et Éric Chabbert (dessin)
Prix : 13,90 € (48 pages)

Shadow Banking  est un thriller financier qui nous replonge quelques mois avant la crise financière de 2008. Une immersion dans le système financier mondial, en plein coeur de la Banque Centrale Européenne, proposée sur un scénario de Corbeyran (Metronom’, Les ThanatonautesLe Chant des StrygesUchronie[s]Back World, La Conjuration d’Opale) et Frédéric Bagarry (ancien trader et expert du monde de la finance), le tout illustré par Éric Chabbert (Uchronie[s], Black Stone, Nova Genesis, Docteur Monge).

Résumé de l’éditeur : 

2008, une crise financière d’ampleur inégalée frappe plusieurs grandes banques et des sociétés d’assurance américaines qui déposent le bilan. Les répercussions économiques sur le monde sont catastrophiques et des pays entiers font faillite… Quelques mois plus tôt, Mathieu Dorval, jeune diplômé de HEC fraîchement débarqué à la BCE, avec l’aide de Victor de la Salle, numéro 2 de l’institution européenne et également père adoptif de Mathieu, relève justement d’inquiétantes données à propos de la dette de la Grèce : le pays serait en situation de quasi-faillite depuis 2 ans ! Au fil de leurs découvertes, les deux hommes vont mettre le doigt dans un engrenage redoutable, les conduisant aux sources de la crise qui s’annonce et de ses protagonistes peu scrupuleux…

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Le duo CorbeyranBagarry livre avec ce premier album, Le pouvoir de l’ombre, un thriller palpitant rythmé par les dérives de la finance mondiale, telles qu’on peut les observer depuis le siège de la BCE. Les deux protagonistes principaux de cet épisode sont en effet le numéro 2 de la BCE et son plus proche collaborateur (qu’il considère comme son fils). Pris dans le scandale de la dette Grecque dont il vont faire la découverte malgré eux, les deux hommes vont vite devenir les cibles d’hommes de l’ombre armés et mal intentionnés… Shadow Banking désigne d’ailleurs ce système d’intermédiation financière regroupant des entités extérieures au secteur bancaire traditionnel (ainsi qu’on peut le lire dans un lexique récapitulatif à la fin de la BD).[pull_quote_right] »Une amorce bien exécutée, avec beaucoup de rythme. »[/pull_quote_right]

L’album permet de lancer les premières intrigues et de familiariser le lecteur avec quelques ficelles du métier (tout en lui faisant découvrir un peu de jargon financier). Une amorce bien exécutée, avec beaucoup de rythme, même si l’on aimerait en connaître un peu plus sur notre héros trader, Matz, qui paraît avoir quelques prédispositions pour combattre son ennemi invisible (ce qui met parfois en péril la crédibilité de l’histoire, par exemple avec l’épisode de l’ascenseur, qui surprend un peu). Mais il faut bien rêver.

Le style graphique d’Éric Chabbert est quant à lui assez classique. Son trait fin est agréable mais la coloration employée (par Luca Malisan) ne le met pas véritablement en valeur.

Shadow Banking promet cependant d’être une série passionnante, profitant de la grande expérience de terrain de Bagarry. A suivre avec intérêt !

L’homme qui sauva le monde et autres sources d’étonnement, premier livre de Patrick Baud.

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Publié aux Editions Lulu.com

Date de parution : 26 février 2012

180 pages – 15 Euros.

            Patrick Baud est un réel passionné des curiosités de notre monde. Pour partager sa passion il a d’abord animé une émission de radio « Exocet », sur laquelle il nous raconte des histoires étranges, bizarres avec toutes un point commun : leur véracité.

Puis depuis 2009 il a créé le site axolot.info ainsi qu’une chaîne sur youtube , sur lesquels il répertorie toutes des infos , des histoires étranges dans divers domaines qui ne sont pas forcément connues de tous, mais dont l’intérêt est de susciter l’étonnement du lecteur.

            « L’homme qui sauva le monde et autres sources d’étonnement » est le premier livre de Patrick Baud qui est en fait un regroupement des meilleures histoires de son site internet.

            Dans ce livre, nous allons découvrir de courtes histoires séparées en 6 chapitres correspondants à 6 thèmes différents qui sont :

⁃                                  Histoire et culture

⁃                                  Lieux et constructions

⁃                                  Nature et animaux

⁃                                  Humains

⁃                                  Sciences et esprit

⁃                                  Mystères.

            Avec cet ouvrage vous allez apprendre entre autre :

– Pourquoi l’on doit sans doute la vie à un officier russe.

– Quelle est la maison la plus étrange des Etats-Unis.

– Combien de temps peut vivre un poulet sans tête.

– Où se trouve la véritable « Silent Hill ».

– Comment votre cerveau vous manipule.

et bien plus de 100 autres histoires insolites et étonnantes.

            La personne qui parle le mieux de ce livre n’est autre que son auteur :

« Vous trouverez dans ce livre des histoires qui auraient leur place dans une anthologie du fantastique. Des artefacts mystérieux, des expériences scientifiques que Victori Frankenstein n’aurait pas reniées, des lieux tout droit sortis d’une nouvelle de science-fiction … et même un homme qui sauva le monde sans lever le petit doigt. »

 

            Ce qui est appréciable dans ce livre, c’est que l’on n’est pas obligé de le commencer par la première page et de le terminer par la dernière. Mais au contraire, l’ouvrir à l’endroit que l’on veut, lire une petite histoire et le refermer. C’est un livre qui se picore, qui se lit petit à petit pour pouvoir profiter un maximum de ces petites sources d’étonnement.

            Que l’on soit passionné de curiosité, d’histoires insolites ou non, tout le monde peut trouver son compte tant les histoires ici sont totalement différentes les unes des autres. Au fil de la lecture et sans s’en rendre compte, on apprend pas mal de petites informations insolites.

            Et si vous voulez pousser un peu plus votre curiosité, Patrick Baud, vient de sortir un tout nouveau petit livre qui s’intitule : « 20 INCONNUS AU DESTIN HORS DU COMMUN DONT VOUS N’AVEZ JAMAIS ENTENDU PARLER AVANT » Et pour la fin de l’année la sortie d’une bande dessinée sur les histoires d’Axolot aux éditions Delcourt.

 

Les Poilus d’Alaska, tome 1 : une BD de Michael Delbosco, Daniel Duhand et Félix Brune (Casterman)

9782203068582

Date de sortie : 27 août 2014
Auteurs : Michael Delbosco, Daniel Duhand (scénario) et Cédric Babouche (dessin)
Prix : 13,50 € (56 pages)

Les Poilus d’Alaska reprend le destin hors norme d’un capitaine de l’armée  française durant la première guerre mondiale : Louis Joseph Moufflot. Un homme qui ira jusqu’en Alaska chercher une meute de 400 chiens de traineau pour aller combattre les allemands sur la neige qui recouvre les Vosges. Une histoire vraie contée par Michael Delbosco et Daniel Duhand, et illustrée par Félix Brune.

Résumé de l’éditeur : 

Racontée avec panache et passion, l’histoire véridique d’une meute de 400 chiens de traineau d’Alaska mobilisés durant la Première Guerre mondiale.

Novembre 1914, Alaska. Dans le lointain village de Nome, deux Français, un ingénieur, René Haart, et un curé, le père Benoît, s’apprêtent à embarquer, destination l’Europe. La France rappelle à elle tous ses hommes disponibles. Ils laissent derrière eux Scotty Howard, personnage rugueux réputé être un as du traineau, l’un des rares humains capables de se faire comprendre des chiens à demi sauvages qu’on emploie ici pour courir les glaces.
Novembre 1914, dans les Vosges. La neige est partout. Louis Joseph Moufflot, capitaine de l’armée française, est donné pour mort lors d’une embuscade meurtrière qui décime sa compagnie. Contre toute attente pourtant, récupéré et soigné par les Allemands, il survit. Mû par un formidable instinct de conservation, il réussit même à leur échapper malgré ses graves blessures. Réintégré dans l’active alors que les troupes françaises de ce secteur ne savent comment surmonter le terrible hiver qui entrave tous leurs mouvements, Moufflot, profitant de l’influence que lui vaut son nouveau statut de héros, propose une solution inédite : mobiliser par centaines des chiens de traineau venus d’Alaska pour assurer les communications sur le front des Vosges. Mais il faudra pour cela faire appel à l’expertise de Scotty Howard, envers lequel Moufflot, lui-même ancien de l’Alaska, nourrit un grave contentieux…

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Le scénario de ce premier album amorce tout juste la véritable aventure des chiens de traineau qui suivra. Ici, les auteurs font comme la genèse du personnage de Louis Joseph Moufflot, qui est au coeur de cet épisode. Son parcours nous est peu à peu révélé, sur le terrain mais également en dehors de ses faits d’armes. Et de nombreuses ramifications vont peu à peu se nouer entre lui et des personnages secondaires qui se trouvent pour certains à l’autre bout du monde (en Alaska). Un premier album original qui plante le décor en prenant parfois son temps, malgré quelques accélérations qui viennent pimenter le récit. L’écriture et le découpage sont par ailleurs de qualité et le plaisir de lecture est au rendez-vous.

[quote_box_left] »De belles promesses […] pour la suite. »[/quote_box_left]

Le dessin de Félix Brune donne du caractère à l’ensemble par ses traits irréguliers à l’aspect brut et assumé. Ses cadrages sont souvent intelligents, surtout quand la coloration (réalisée par Albertine Ralenti) joue avec les premier et second plans par des codes couleurs intéressants. A pousser peut-être encore plus loin.

Ce premier tome [des] Poilus d’Alaska, intitulé Mouffolt, Hiver 1914, ne permet pas de donner un avis tranché car l’histoire principale est tout juste amorcée. Mais l’on y prend plaisir et de belles promesses nous sont faites pour la suite.

L’album offre d’ailleurs les premières planches du deuxième album en bonus, ainsi que quelques pages documentaires à propos de l’histoire vraie, illustrées de quelques photos. Un plus !

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