[Comics] Sea Of Stars, perdus dans l’immensité galactique (Urban Comics)
Comme une odyssée spatiale, Sea of Stars nous conte l’histoire d’un père, transporteur dans l’espace, qui décide d’embarquer son fils avec lui après un drame familial. Malheureusement pour eux, ils vont croiser la route d’une créature dévastatrice qui va littéralement happer leur vaisseau. Père et fils sont alors séparés dans l’accident, voués à une errance éternelle dans l’immensité galactique.
Gil, le père, est en lutte permanente dans cet environnement hostile avec pour obsession légitime de retrouver son enfant Kadyn, qui lui s’émerveille à l’autre bout de l’univers allant de découvertes en découvertes.
Une aventure en miroir où l’onirisme des uns est chahuté par l’instinct de survie des autres. Comme si deux mondes entraient en collision : celui des enfants et celui des adultes. La narration souffre parfois de cette frontière trop nette qui ne permet pas toute la fluidité qu’aurait mérité le récit. Mais le dessin demeure un très bon atout pour cette histoire bariolée de couleurs et de créatures fantastiques. L’influence d’Alice aux Pays des merveilles version galactique n’est pas très loin.
Sea of Stars affiche un bilan en demi-teinte mais demeure un bon divertissement.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Les yeux perdus dans l’immensité galactique, le jeune Kadyn se morfond devant le hublot du vaisseau convoyeur piloté par son père Gil. Et quoi de mieux pour tromper l’ennui que d’inspecter, sans y être autorisé, la précieuse cargaison provenant d’un musée alien… ? Séparés lors de l’explosion du vaisseau, Gil et Kadyn dériveront dans l’espace, l’un, désespéré, à la recherche de son fils, l’autre, émerveillé par les rencontres exotiques qui rythmeront son odyssée.
A la recherche du rythme perdu, Une histoire de percussions (Favre)
Gilles Scherlé nous offre un très bel album, très joliment illustré, avec A la recherche du rythme perdu.
C’est l’histoire d’une jeune femme européenne qui vient de perdre son père. Il était anthropologue. Et dans ses affaires, elle a trouvé une cassette audio d’enregistrement. Par tous les moyens, elle va essayer de déchiffrer cette cassette. Elle pense qu’elle révèle peut-être qui était sa mère.
Pour cela, elle va rencontrer un percussionniste noir américain, qui fait une tournée mondiale. Elle pense qu’il va l’aider.
Et ensemble, ils vont non seulement parcourir le monde, mais partir à la rencontre de grands musiciens, mais aussi de scientifiques, de gens passionnés. Le lecteur va découvrir au fil des pages les nombreux instruments de percussions et leurs familles !
Cette bande dessinée est une richesse d’informations. A la fin de l’album se trouve un index illustré de tous les instruments de musique découverts dans A la recherche du rythme perdu.
La sortie de cet album a eu lieu au moment du Percussions Festival International qui a eu lieu à Lausanne, en Suisse, du 17 au 19 juin 2022, et qui a mis à l’honneur les percussions, instruments aux sources de la musique, à travers les performances d’artistes du monde entier.
A la recherche du rythme perdu, un très chouette album à lire et à offrir !
[BD] Albert Londres doit disparaître : l’incroyable histoire d’un journaliste reporter pourchassé par l’Etat (Glénat)
Considéré comme le premier grand reporter de l’Histoire de France, Albert Londres a acquis sa renommée par la force de ses reportages qui dénonçaient de multiples scandales à l’autre bout du monde (le Bagne de Cayenne, la traite des Blanches en Argentine…). Jusqu’au jour où il décide de s’intéresser à certaines sphères du pouvoir en Chine avant de disparaître pour toujours…
Albert Londres doit disparaître est un biopic passionnant qui n’hésite pas à proposer sa vision personnelle de l’affaire. Albert Londres découvrira dans les années 30 que la Marine française est impliquée dans un trafic de stupéfiants international (que l’on appellera ensuite la French Connection). L’importation d’opium par la France aurait fait assurément le scandale de trop… Albert Londres va tout faire pour échapper à ses poursuivants mais il échouera à conjurer le sort… Une véritable affaire d’Etat.
Voici donc un album très bien écrit, qui nous fait découvrir un très grand journaliste broyé par le pouvoir, cela à travers une narration fleuve et un dessin à la fois doux et puissant. Un graphisme original qui change un peu de ce quoi on peut avoir l’habitude. Albert Londres doit disparaître fait froid dans le dos. À découvrir d’urgence.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Le secret de son dernier reportage.
Quand, en décembre 1931, Albert Londres embarque pour la Chine, nul ne sait vraiment ce qu’il part y faire. Aucun journal ne l’y a envoyé et ses concurrents se demandent ce qu’il va bien pouvoir rapporter comme scoop alors que Shanghai est au cœur du conflit sino-japonais. Après ses reportages qui ont fait grand bruit sur le bagne de Cayenne, sur la traite des Blanches en Argentine ou sur le traitement indigne des internés en hôpitaux psychiatriques, c’est un trafic d’armes et d’opium qu’Albert Londres va mettre au jour en Asie. Mais les révélations que s’apprête à faire le journaliste, « de la dynamite » de son propre aveu, dérangent en plus haut lieu, à commencer par l’amirauté de la Marine française, qui est impliquée dans ce trafic (qui sera connu plus tard sous le nom de French Connection !). Aussi, sa disparition dans le naufrage du Georges Philippar à son retour de Chine en mai 1932 laisse planer le doute sur le caractère accidentel de sa mort. Surtout quand on sait que ses amis, les époux Lang-Willar à qui il s’était confié sur le contenu de son reportage, vont périr accidentellement avant de pouvoir faire éclater au grand jour ce scandale d’État. Entre biopic et fiction, Albert Londres doit disparaître est une proposition possible de Frédéric Kinder et Borris sur la fin tragique de celui qui, aujourd’hui encore, est considéré comme le premier grand reporter de l’Histoire.
Date de parution : le 11 mai 2022 Auteurs : Frédéric Kinder (Scénario), Borris (Dessin) Genre : historique
Editeur: Glénat Prix : 17,50 € (104 pages) Acheter sur : BDFugue
Après Dali en 2021, les peintres en Méditerranéeen 2020 et Klimt en 2018, c’est au tour de Cézanne et de Kandinsky d’être mis à l’honneur de l’Atelier des lumières dans des parcours toujours aussi fascinants. Les reproductions sont visuellement parfaites, elles se mouvent dans des ballets majestueux, l’effet sur la foule présente est majuscule. Encore une réussite.
Des productions prestigieuses
50 minutes de Cézanne, 10 minutes de Kandinsky, le timing est parfait pour hypnotiser petits et grands. Le parcours consacré à Cézanne est thématique, celui de Kandinsky se veut plus chronologique. Les reproductions de toiles envahissent les murs et le sol, de quoi subjuguer les regards ébahis. Cézanne est né en 1839 et mort en 1906, il a été membre du mouvement impressionniste pendant un temps avant de devenir le précurseur du post-impressionnisme et du cubisme. Pablo Picasso disait de lui qu’il était « notre père à tous ». L’exposition immersive fait plonger dans un parcours tourmenté, avec un foisonnement de couleurs et une bande son à la mesure de son talent. Les yeux et les oreilles sont au diapason d’une existence faite de tourments et de revirements, avec toujours la nature en point d’orgue. Les arbres et forêts cohabitent avec des baigneuses pour la confirmation d’une œuvre unique. Les thématiques sont nombreuses avec des reproductions des carrières de Bibémus, de l’Estaque, et évidemment de la Sainte-Victoire avec un défilement de représentations de cette dernière qui donne le tournis. Cézanne, lumières de Provence est un grand moment avec la magie créée par le créateur artistique Gianfranco Iannuzzi, précurseur dans la création d’installations artistiques immersives depuis 30 ans et qui accompagne Culturespaces Digital® dans le développement de ses expositions numériques, en Europe et dans le monde. La mise en scène et l’animation vidéo de Cutback sont au diapason. Les 10 minutes consacrées à Kandinsky (1866-1944) sont du même niveau avec une exposition immersive se déroulant en 2 temps divisés par l’avènement majeur de l’invention de l’abstraction. Si les débuts de l’artiste sont plutôt figuratifs, la suite est plus expérimentale, avec des mouvements vertigineux et un rythme surprenant des formes et des couleurs. Là aussi, la bande son est à la hauteur, avec notamment un Space Oddity de David Bowie qui fait frissonner. La création artistique de Virginie Martin propose un vrai voyage intérieur.
Encore un voyage visuel et sonore éblouissant proposé par l’Atelier des lumières avec 2 artistes majeurs du XIXe et du XXe siècle, à admirer jusqu’au 2 janvier 2023.
[Album jeunesse] Les Couzz – La Mouette rieuse célèbre les vacances (Little Urban)
Et c’est parti pour les grandes vacances ! Les Couzzquittent leurs parents pour se retrouver tous ensemble avec leur grand-mère Mamoush qui les emmène à bord de sa jolie petite voiture, Coquette, direction La Mouette Rieuse. Et là-bas, il n’y a pas que les Mouettes qui rient, les enfants et Mamoush aussi ! Chacun aura le droit de choisir son programme, à tour de rôle. Pas de jaloux, et que des bons souvenirs en perspective dans ce village de vacances en bord de mer !
Comme un carnet de bord, on passe de la plage à la piscine en passant par le stand de glaces pour le plus grand bonheur des Couzz. Une tribu attachante qui est ici très joliment illustrée. Voilà qui plaira aux petits comme aux grands, surtout pour ceux qui s’apprêtent à partir à leur tour !
Extrait de l’album :
Résumé de l’éditeur :
Cet été, les Couzz partent au bord de la mer. Plage, karaoké, glaces… les activités ne manquent pas, mais pas simple de contenter tout le monde. Rappel à l’ordre de Mamoush : l’essentiel est de passer des vacances ENSEMBLE ! Dac’ à l’unanimité !
« Shazam », le patchwork très accompli de Philippe Decouflé
Philippe Decouflé revient avec une pièce emblématique de son répertoire qui a marqué l’histoire de la compagnie. « Shazam » – abracadabra en anglais – est un précipité chorégraphique et visuel qui convoque sur une musique interprétée en live, tous les arts : mime, danse, magie, cirque, théâtre, et cinéma.
Décomposé en 18 tableaux, on assiste à un ballet/cabaret hypnotique et burlesque où les séquences dansées, les illusions optiques et les jeux de miroirs s’enchainent à l’envi et avec brio.
Un imaginaire foisonnant
On est saisi par les miroirs réfléchissants et déformants où un triptyque de glaces sans tain disposé sur scène renvoie le reflet des danseurs dans une chorégraphie démultipliée et malicieuse. Élégance des corps, sobriété du geste, décomposition ludique et poétique du mouvement, c’est tout une alchimie subtile qui anime ce voyage mémoriel aux influences et esthétiques multiples.
Tout l’art du chorégraphe est là pour faire danser les cadres et les cadrages, décomposer les corps, et animer les images dans une inspiration hybride et joyeuse, entre décontraction, attraction hypnotique et magie du cinéma.
Un élan souverain qui sait se faire fluide, aérien, poétique, drôle et décomplexé. Pour un instant suspendu hors du temps et kaléidoscopique.
Dates : du 30 juin au 10 juillet 2022 Lieu : La Villette (Paris) Chorégraphe : Philippe Decouflé
La Maison Vidal-Fleury a convié des journalistes pour une dégustation des vins rouges et blancs de l’appellation. Le restaurant La Bonne Franquette situé à Paris, Montmartre recèle tout le charme nécessaire pour accueillir le directeur Antoine Dupré et le laisser présenter les cuvées pour des passionnants échanges. Après la dégustation de décembre dernier, ce fut une nouvelle occasion d’admirer la qualité des vins proposés.
De belles découvertes
L’occasion de discuter à nouveau avec Antoine Dupré autour de bonnes bouteilles a été parfaite pour prendre des nouvelles du domaine. Pas de conditions climatiques trop drastiques durant l’hiver et le printemps, l’espoir est fort que l’été ne réserve pas trop de mauvaises surprises pour assurer un bon millésime 2022. 9 vins ont été dégustés lors de cette belle rencontre, toujours avec modération. D’abord le Crozes-Hermitage blanc 2020 (95% Marsanne, 5% Roussanne, prix de vente TTC en ligne: 20.72 euros) fruité et boisé à la fois. Le Saint-Péray 2020 (100% Marsanne, prix de vente TTC en ligne: 22.93 euros) est un vin aromatique très agréable à déguster entre amis. Le Saint-Joseph blanc 2020 (70% Marsanne, 30% Roussanne, prix de vente TTC en ligne: 26.21 euros) monte en gamme avec des arômes qui s’accordent plus à la gastronomie pour accompagner des viandes blanches comme le poulet ou le lapin. Dernier vin blanc dégusté, le Condrieu 2020 (100% Viognier, prix de vente TTC en ligne: 46.20 euros) est une splendeur avec une vraie empreinte en bouche, parfait là aussi pour accompagner des plats familiaux de qualité, plutôt sur la viande blanche. Après cette belle entrée en matière vinrent les vins rouges. Le Crozes-Hermitage rouge 2020 (100% Syrah, prix de vente TTC en ligne: 21.50 euros) est représentatif de l’appellation, rond et gourmand comme il se doit. Le Saint-Joseph rouge 2019 (100% Syrah, prix de vente TTC en ligne: 24.36 euros) est l’occasion parfaite d’accompagner la dégustation de quelques cochonnailles proposées par le restaurant en attente de la foule de clients du soir pour remplir comme toujours les lieux de convives ravis. Le Cornas 2019 (100% Syrah, prix de vente TTC en ligne: 51.49 euros) est une véritable splendeur, charpenté etpuissant comme il se doit, à la robe sombre, presque noire, et au très bon potentiel de garde. Le Côte-Rotie Brune & Blonde 2019 (95% Syrah, 5% Viognier, prix de vente TTC en ligne: 58.55 euros) monte encore en gamme, parfait pour accompagner un plat familial comme un bon coq au vin par exemple. Les 2 dernières cuvées ont réservé des belles surprises avec les Côte-Rotie Côte blonde La Chatillonne 2016 (88% Syrah, 12% Viognier complanté, prix de vente TTC en ligne: 101.76 euros) et 2006. De quoi confirmer l’excellente qualité des vins de la Maison Vidal Fleury.
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À 30 km au sud de Lyon, sur les bords du Rhône, se dresse, au cœur du vignoble de Côte-Rôtie, la plus ancienne maison de la vallée du Rhône, encore en activité : la Maison Vidal-Fleury. Fondée en 1781, elle a su traverser les siècles grâce à la ténacité d’hommes résolument amoureux du vin… depuis plus de 230 ans, Vidal-Fleury fait partie des Maisons emblématiques de Côte Rotie. Négociant-Éleveur qui a gardé son métier de Producteur, Vidal-Fleury dispose de tous les savoir-faire, depuis les vignobles, la vinification, l’élevage, le conditionnement et le vieillissement en bouteille : cela lui permet de livrer à travers le monde des bouteilles toujours à l’optimum de leur qualité. « Notre philosophie : l’art de la patience » – « Aucun compromis, seule la qualité compte » : Chez Vidal-Fleury, le vin se fait avec du raisin bien sûr, mais aussi avec beaucoup de temps. Ce travail, long, patient, intègre et maîtrise toutes les étapes du vin : vignoble, vinification et élevage. Si chaque étape est importante, toutes ne recouvrent pas les mêmes enjeux. La Maison Vidal-Fleury considère, en effet, que seuls le vignoble et l’élevage façonnent réellement la personnalité du vin. La vinification et le conditionnement doivent être traités avec excellence mais génèrent moins de différenciation parmi les terroirs. Pour acquérir le caractère de son appellation, chaque vin a besoin d’un soin personnalisé, adapté à sa propre évolution et à ses origines. Tout d’abord, la sélection minutieuse des raisins sur les terroirs au cœur de la Vallée du Rhône, puis le respect des délais de maturation et de vieillissement. Ce n’est qu’ainsi que le vin pourra dévoiler la pleine maturité de ses arômes et atteindre un niveau d’excellence.
Une plongée en absurdie : hilarante ! sur C8, le 2 juillet 2022
Cette pièce à fait l’objet d’une captatation diffusée le 2 juillet 2022 à 21h15 sur C8.
Sébastien Thiéry, comédien, est aussi auteur de pièces de théâtre où son écriture portée plutôt vers l’absurde et affranchie de toute morale, cohabite avec la comédie de boulevard, n’hésitant pas à déstabiliser le spectateur.
On se souvient de sa comédie noire et hilarante « L’origine du monde », montée au Théâtre du Rond-Point en 2013, dans une mise en scène de Jean-Michel Ribes, où s’imaginant condamné à mourir, il devait dans un défi aussi improbable que psychanalytique pour éviter la mort annoncée, prendre une photo du sexe de sa mère jouée par Isabelle Sandoyan !
Aujourd’hui, c’est à une une crise d’identité aussi kafkaïenne que loufoque que nous convie Sébastien Thiéry avec un couple de Français moyen Jean-Claude et Nicole Bélier qui va devenir à l’insu de son plein gré, Henry et Nadine Schmitt !
La pièce impose dès les premiers instants cette idée saugrenue qui voit les repères habituels de monsieur et madame Bélier disparaître les uns après les autres. De découvertes en découvertes, pour le couple « rien ne tourne comme avant ». Le portrait de « maman », les bouquins dans la bibliothèque, les vêtements, tout est différent. Impossible de sortir de chez eux de surcroît. « Une histoire de fou ».
De l’absurde au comique, il n’y a qu’un pas…
L’absurde de la situation – d’un comique irrépressible – est un cauchemar parce que les personnages ont conscience de vivre une emprise irrésistible, impossible, et irréelle.
Si à la longue, madame en arrive à changer de peau, monsieur se fait fort de résister. Une césure entre les deux protagonistes qui alimente et complexifie encore l’intrigue avec cette question oppressante : assiste-t-on à une machination ou à un délire névrotique ?
Le duo Stéphane de Groodt et Valérie Bonneton fonctionne à merveille, décalé à souhait, aussi intriguant qu’inquiétant, il nous ballade allègrement entre la France et le Luxembourg, entre Ionesco et Pinter sans oublier Feydeau, entre l’ici et l’ailleurs, et se joue à l’envi des quiproquos abracadabrantesques qui font exploser la frontière entre la raison et la supercherie, pour toujours mieux nous déstabiliser.
Un vrai casse tête chinois !
Date : le 2 juillet 2022 sur C8 à 21h15 (Paris) Metteur en scène : Jean-Louis Benoit
La Philosophe, le Chien et le Mariage, un super roman graphique (Paquet)
Barbara Stock, auteure néerlandaise, nous raconte, avec passion, l’histoire vraie d’Hipparchia, en bande dessinée, avec son dernier roman graphique : La Philosophe, le Chien et le Mariage.
C’est une histoire qui se situe en Grèce, Il y a plus de 2300 ans ! Hipparchia est une jeune femme, passionnée par la philosophie, comme son père et son frère. Elle n’est pas comme les femmes de son époque. Elle a envie de lire et d’apprendre. Même si elle n’en a pas le droit. Elle est promise à un homme très riche, à Athènes, fils d’une grande famille. C’est donc à Athènes qu’elle va rencontrer un philosophe peu ordinaire, Cratès. Pour pouvoir suivre ses cours, elle ne va pas hésiter à se déguiser en homme. Car les femmes n’ont pas le droit de s’instruire. Elles doivent rester à la maison. Hipparchia est très courageuse. On la voit évoluer au fil des pages. Et en même temps, on découvre le mouvement des philosophes cyniques qui prône une vie minimaliste, sans contraintes matérielles, sans aucune richesse. Hipparchia va oser exprimer ce qu’elle pense et surtout vivre en accord avec ses pensées. Au risque de tout perdre !
Ce roman graphique est passionnant, et merveilleusement illustré ! On est plongé dans l’Antiquité, tout en s’imprégnant de l’ambiance de l’époque, et des différents courants philosophiques. Avec de nombreux détails tant sur le mode de vie que sur la vie quotidienne, ou même la vie sociale.
Hipparchia nous parle encore aujourd‘hui ! Et elle a toujours le pouvoir de nous inciter à nous remettre en question, nous qui avons traversé la crise de la Covid et qui nous sommes directement replongés dans notre vie comme si rien ne s’était passé ! Aurions-nous son courage pour avancer autrement ?
La Philosophe, le Chien et le Mariage, un roman graphique à lire et à relire et surtout à méditer, tellement il est riche d’enseignements ! Un grand bravo à Barbara Stock ! Notre coup de coeur BD !
Fatbabs a puisé son inspiration dans des courants musicaux comme le jazz, la soul, le funk, la disco, le hip-ho et la house, ça s’entend, ça fourmille d’influences et d’énergie. Fatbabs est une très bonne surprise à découvrir!
Du rythme et de l’inspiration
Daily Jam part de tous les côtés, et on adore ça. Dès la première écoute, une ambiance très chill rappelle les riches heures du trip hop éclos dans les années 90. Daily Jam mélange trompettes, instruments jazz, douce guitare, avec une rythmique tranquille comme tout et quelques scratches qui rappellent la grande époque. Brother donne la même impression, la musique s’écoute divinement bien, pas de prise de tête ni de nœuds au cerveau. Certains se rappelleront de Air, Morcheeba ou Saint Germain, c’est peut-être fait exprès. Fatbabs est un producteur, dj et beatmaker extrêmement doué, il a déjà travaillé avec d’autres artistes et il recèle d’une vraie inspiration aussi musicale que variée. Naâman est présent et les potes ont l’air de bien s’amuser. L’EP Daily Jam – Aimer séduit avec ses samples et ses touches de Reggae. La grande surprise, c’est sa voix qui se dévoile sur le titre aimer. Fatbabs est connu pour être associé aux grandes figures du Reggae français comme Naâman et ce depuis 2012 et le tube Skanking Shoes suivi de 4 albums. Au fil des expériences Fatbabs a enchainé les collaborations et produit des instrumentales pour Vanzo, MC Kaur, Volodia et Balik. En 2019, Fatbabs est passé à la vitesse supérieure et dévoilé son premier projet solo Music is for kids avec 20 chanteurs invités et la confirmation qu’il fallait compter sur lui, c’est chose faite. Ca fourmille d’idées, c’est très bonne ambiance, que demander de plus?
Fatbabs propose une vraie bonne première production en solo, à découvrir début juillet pour un été sans soucis.
MLD ne fait pas les choses à moitié. Caché sous un masque, il a dévoilé le clip d’anticipation We Are Your Future, premier extrait de son EP We Are, sorti le 24 juin 2022. Et il se plonge dans le futur, sur fond de synthwave et d’électro, un passionnant voyage vers l’avenir de la musique.
MLD, le futur est déjà là
MLD a gagné en popularité avec son premier EP Futur sorti en mars 2021. Un album live a suivi en septembre 2021 et c’est maintenant l’heure du second EP avec We Are sorti récemment sur le label Les Airs à Vif. Composé de 5 morceaux, MLD démontre son intérêt pour la science-fiction avec ce qui ressemble à une bande son dystopique. On sent la passion du gamin pour les films cultes Matrix, Terminator ou Blade Runner pour une vraie plongée dans l’imaginaire foisonnant d’un gamin des années 90. MLD utilise des synthés vintage qu’il amasse avec une ferveur peu commune avec passion. Friand de son analogiques de la grande époque et de boites à rythmes vintages, il invite à la danse et à la bamboche en invoquant les glorieux ainés Vitalic, Scratch Massive ou French79. Lorsqu’il se produit en live, MLD n’utilise pas d’ordinateur, il joue sur ses synthés analogiques qu’il synchronise entre eux. Pas de performance artificielle, il performe sans filet et ses livre totalement, sans back up factice ou ordinateur de secours. Le vrai nom de MLD est Stéphane Mourgues, aussi connu sous les pseudonymes de DJ Moule et Hello Bye Bye. Les autres titres Incantation, Slaves and masters, I love my robot et Hidden place sont du même acabit, électro et séduisant!
MLD pourrait faire son trou avec ce EP qui dévoile ce que pourrait être l’avenir de la musique. Et ça nous plait! Affaire à suivre!
Petite goutte d’eau deviendra grande a remporté le P’tit Molière du Meilleur spectacle Jeune Public et les spectateurs comprennent vite pourquoi. Pendant 40 minutes, les enfants sont subjugués par cette histoire de goutte d’eau qui raconte son parcours de la mer au ciel et jusqu’aux rivières. Le spectacle écrit et mis en scène par Sophie Hoyer est porté par une comédienne envoutante, pédagogue, chanteuse et rigolote, de quoi fasciner la salle entière.
La fascinante histoire de l’eau
La salle de la Comédie Tour Eiffel est pleine à craquer quand débute le spectacle. Deborah Chantob (ou Margot Tramontana) joue 2 rôles, celui de la narratrice et celui d’une petite goutte d’eau figurée par une petite lampe qui change de couleur. La pièce raconte le cycle de l’eau, de quoi initier les plus jeunes sur l’importance du H2O et l’importance de ne pas la gâcher inutilement. La pièce fait appel à tous les sens des spectateurs, avec des musiques pour l’ouïe, des lumières évocatrices pour les yeux, des petits jets d’eau pour le toucher, de quoi ravir les plus jeunes. La comédienne pose des questions, interroge le public et suscite l’enthousiasme, les rires fusent, c’est un vrai succès.
Petite goutte d’eau deviendra grande est une petite merveille de pièce de théâtre, les enfants se faisaient prendre en photo avec la comédienne, fous de bonheur, de quoi motiver les parents à y aller avec leurs enfants!
Synopsis: C’est l’histoire d’une goutte d’eau dans l’éternel cycle de l’eau. Les plus petits mettront leur sens en éveil l’odorat avec des odeurs de mer et de pluie, le toucher avec quelques éclaboussures, la vue avec la neige qui tombe même en plein automne, l’ouïe avec des comptines connues de tous mais aussi des extraits de musique classique Rusalka de Dvorak, Nuages » de Debussy ou encore Moldau de Smetana. Les plus grands sauront enfin : Pourquoi la mer est bleue ? Pourquoi elle est salée ? Pourquoi les castors construisent des barrages ?
Détails:
Les samedi à 16h, relâche Juillet/Aout
La Comédie Tour Eiffel – 14, rue Desaix, 75015 PARIS
Les Terrasses du Château du Domaine Château du Moulin-à-Vent, Appellation AOC Moulin-à-Vent Millésime 2020 est un vrai plaisir à déguster, toujours avec modération. Le vin est ensoleillé, reflet d’une très bonne année, solaire. Les vendanges précoces au 17 août et longues en raison de l’hétérogénéité de maturité des terroirs n’ont pas empêché le vin de gagner en qualité!
Moulin-à-vent, appellation d’excellence
Ce Vin rouge tire à 13.0% d’alcool. Composé de cépage 100% Gamay, il a été produit à 60 000 bouteilles et atteindra son apogée entre 2022 et 2027. A l’œil, le vin arbore une belle robe grenat aux reflets violines. En bouche, le vin est charnu avec des tanins fins et une belle longueur sur les épices. Le nez dévoile des arômes de fruits rouges et noirs parfaitement mûrs, ainsi que des épices fines et des notes florales de rose, de pivoine et de violette. Un vin rouge parfait à découvrir chez Monoprix au tarif de 14,50 euros!
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Moulin-à-Vent est un vignoble ancien, dont les racines remontent au 1er siècle avec l’arrivée des Romains. Le vin des “Torreins” est ensuite agréé par le roi Louis XIV et fait son entrée à la cour de France au XVIIème siècle, marquant ainsi le début de la notoriété grandissante du Cru. En 1872, les villages bourguignons obtiennent l’autorisation d’adjoindre à leur nom celui de leur meilleur terroir. Le “Chambertin”, la “Romanée”, le “Montrachet” et les “Thorins” complètent le nom des villages de Gevrey, Vosne, Puligny et Romanèche. L’appellation Moulin-à-Vent se situe à l’extrémité septentrionale du Beaujolais, à 70 kilomètres au sud de Beaune et 50 kilomètres au nord de Lyon. Un îlot de 630 hectares de vignes se répartit autour du moulin-à-vent, dont la présence témoigne de vents réguliers et puissants qui favorisent un état sanitaire optimal ainsi que la concentration des jus. Les parcelles de vignes s’épanouissent sur une mosaïque de terroirs, puisque 69 lieux-dits alternent sables granitiques plus ou moins fins, exposition au vent, présence d’oxyde de fer, présence d’argiles en profondeur, présence de silice en surface, profondeur de sols, exposition au soleil, etc. Ces sols complexes résultent de l’érosion pendant plus de 300 millions d’années des derniers contreforts de granites métamorphiques du centre de la France.
Romy Ryan James a dévoilé son EP Golden Gone au mois d’avril et les fans trépignaient de pouvoir la voir le défendre en concert, ce fut chose faite vendredi 24 juin sur la péniche El Alamein non loin de la Bibliothèque François Mitterrand. Le beau temps était au rendez-vous, la foule nombreuse a pu faire la fête à la chanteuse que l’on aimerait voir percer pour de bon!
Les femmes ont pris le pouvoir
La performance scénique de Romy a été accompagnée de 2 premières parties enthousiasmantes. D’abord le fascinant duo féminin pop folk les Seagulls. Les voix de Fanny et Justine s’entrelacent délicatement dans des compositions qui chantent la nature et le vivant, un grand moment de fraicheur. Puis a suivi la chanteuse engagée féministe Marie-Pierre à l’univers plus électronique et ambient. Enfin, Romy Ryan James est arrivée, accompagnée d’un groupe parfait pour l’accompagner. Une guitare, une basse, une batterie, un clavier, tout pour créer une ambiance festive et atemporelle. Le concert a débuté avec le tube It’s over, de ceux que l’on ne peut pas oublier et qu’on se repasse en boucles avec plaisir. Puis suivirent les 3 autres titres du EP Golden Gone, Ficherman, Only sun et Dance with the wind. Sourires sur les lèvres, visages guillerets, applaudissements nourris, chaque pause permet de se rendre compte de l’enthousiasme général. Et comme Romy occupe la scène avec grâce, l’objectif de passer un très bon moment est atteint. 2 morceaux sont chantés en plus dont un Toxic extrêmement réjouissant. Pour ceux qui ne le savent pas, le single It’s Over a été choisi par la Cinémathèque Française pour la vidéo Vœux 2021, une super alliance du son et de l’image. Le clip est sorti en mai 2021, écrit et réalisé par elle et avec de nombreux articles et coups de cœur de la presse web musicale, dont Publik’Art.
L’artiste parisienne multidisciplinaire Romy Ryan James trace sa route et l’écho qui a accompagné la sortie de son 1er EP prouve bien qu’elle n’est certainement qu’au début d’une belle et grande aventure.
Terre d’Emotion Blanc de Noirs est un excellent exemple du savoir-faire du Champagne Charpentier situé à Charly-sur-Marne. Proposé au tarif de 43,50 € TTC (disponible chez de nombreux cavistes et sur la boutique), la dégustation réserve bien des surprises!
Un champagne majuscule
Composé des cépages Pinot Noir pour 80% et Pinot Meunier pour 20%, le champagne est un parfait exemple de la qualité du terroir de la Vallée de la Marne. A l’œil, la robe est vieil or à reflets lumineux. Les bulles sont fines et crémeuses. Le nez est concentré, expressif, aérien avec des notes fruits rouges, toast, vanille et épices. Le champagne est racé et élégant. La bouche est franche à densité sphérique révélant les arômes du nez. La longueur est bien présente sur une minéralité fraîche. Le champagne est un reflet parfait de la culture de la Vigne, en conversion totale vers l’Agriculture Biologique. Cette appellation revendique une pratique totale de la Viticulture Biodynamique depuis 2009 (certification non revendiquée actuellement). La flore est naturelle avec un travail mécanique des sols pour un mode de culture naturel des vignes dédiées, complété par la philosophie du terroir et l’expertise de Jean-Marc Charpentier.
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Champagne Charpentier (Charly-sur-Marne) est une Marque exclusive montante dotée d’un vignoble historique : Jean-Marc Charpentier aime dire qu’il a reçu en héritage « la passion de l’art de vivre la terre ». Il apprécie particulièrement aussi le respect, de la terre, de la matière première, des 8 générations qui ont participé au vignoble familial. 24 hectares en coteaux, répartis en 72 parcelles à Charly-Sur-Marne, en Vallée de la Marne, à 30 minutes des portes de Paris. Des cépages complémentaires : 45 % Chardonnay – pourcentage unique dans la Vallée de la Marne car son grand-père avait été dans les premiers à le planter dans cette région – et Pinot Meunier 40 % et Pinot Noir 15 %.
David Fray a été accueilli par une salle ultra motivée au Théâtre des Champs Elysées. Le temps récent du confinement a été pour beaucoup comme pour moi un temps de privation, sans avoir l’opportunité ni le droit d’assister à un tel évènement. Je me souviens d’un concert dans les mêmes lieux et avec le même interprète en 2013, on ne se rendait pas alors compte de la chance, que dis-je, du privilège de pouvoir sortir et se rendre à des concerts. Ce sentiment enthousiasmant devait être présent dans l’esprit de chaque spectateur. Sortir, enfin, et écouter un merveilleux concertiste jouer 2 heure durant, oui, c’est une chance, vraiment.
Schubert et Fray, un duo magique
Pour ceux qui le connaissent, David Fray est surtout un des plus grands interprètes de Bach. Comme l’ont si bien prouvé 2 des 3 rappels composés d’extraits des Variations Goldberg. Technique parfaite, rythme mathématique, très peu de pédale, il me tarde de pouvoir revenir l’écouter pour l’intégrale de cette œuvre culte. Ce qui laisse penser que l’interprétation des œuvres romantiques de Schubert se fait d’une manière très baroque, avec là aussi très peu de pédale et un romantisme volontairement édulcoré, ce qui est intéressant à écouter. Là où un Alexandre Tharaud joue justement Bach avec beaucoup de pédale et une haute dose de romantisme. Bref, 2 écoles différentes. La première partie a débuté avec un apéritif sympathique sous la forme de l’Allegro en do mineur avant la première pièce majeure et les 4 Impromptus opus 90. Interprétation impeccable, très personnelle, avec beaucoup de notes jouée sans pédale, pas de noyade dans les notes et une sensation d’entendre un pianiste exigeant qui préfère l’exigence aux assortiments fantaisistes ou artificiels. La 3e partie rappellera aux fans le film Amour de Michael Haneke et sa scène inaugurale dans ce même théâtre. Puis vint l’entracte avant la Sonate en si bémol majeur D.960 pour l’entièreté de la seconde partie. Très belle pièce qui fait voyager les spectateurs avant un atterrissage colossal et une belle salve d’applaudissements dithyrambiques.
David Fray prit le temps de signer des autographes à des spectateurs encore sous le choc d’un concert majuscule. Il sera de retour au Théâtre des Champs-Elysées le 31 mars 2023 pour un concert dédié à Liszt et Schubert en regard, entre hommage et fête des sens. De quoi réserver rapidement sa place! Surtout que 2 autres concerts sont prévus, le 31 mars 2023 et le 26 juin 2023!
Programme:
Schubert Allegro en do mineur 4 Impromptus opus 90 Sonate en si bémol majeur D.960
Concert surprise accepté à la volée avec ce Image China Concertau Théâtre des Champs-Elysées et je ne l’ai pas regretté. Organisé par China Arts and Entertainment Group, l’évènement était consacré à la musique chinoise moderne et traditionnelle, de quoi faire de belles découvertes sous l’égide du chef d’orchestre Junping Qian, artiste en résidence à l’Institut commun du Conservatoire de Shanghai et du Royal College of Music, et qui vient de terminer sa première saison comme chef adjoint de l’Orchestre national royal écossais. Un concert rempli de belles surprises, de quoi élargir son horizon musical.
La musique chinoise en majesté.
Le concert a débuté avec la pièceGift du jeune compositeur sino-américain Tian Zhou, qui a été nommé récemment aux Grammy Awards de la meilleure composition classique contemporaine. De quoi mettre en action le pléthorique Orchestre Colonne. Orchestre symphonique français, il a été fondé en 1873 par Édouard Colonne et est l’un des plus anciens orchestres associatifs parisiens. Cuivres, violons, harpe, percussions, rien ne manque pour magnifier la musique chinoise. Le concert a été l’occasion d’admirer l’Erhu, l’instrument traditionnel chinois à deux cordes manié par Gan Guo sur les airs de Horse Racing et Hymne à l’amour. La première partie du concert s’est terminé par une pièce pour piano de Qigang Chen, originaire de Shanghai mais qui vit en France depuis le milieu des années 1980 et a été le dernier élève d’Olivier Messiaen, ce qui s’entend très distinctement dans sa musique. La deuxième partie de concert a débuté par un extrait des Pêcheurs de perles de Bizet suivi par The Song of Yangtze River de Shiguang Wang, interprété par la Soprano Erminie Blondel et le ténor Zhiquan Lu, pièce apparemment très connue étant donné l’accueil très enthousiaste du public. Plusieurs pièces de Yuankai Bao, compositeur et professeur très estimé dans son pays, ont conclu le concert en fanfare avant une énorme salve d’applaudissements amplement mérités.
Très beau concert au Théâtre des Champs-Elysées qui aime à promouvoir toutes les musiques pour le plus grand bonheur des spectateurs.
Programme:
Tian Zhou Gift (Commande du Shanghai Symphony Orchestra) Haihuai Huang Horse Racing, Concerto pour Erhu Marguerite MonnotHymne à l’amour, Concerto pour Erhu Qigang ChenEr Huang, Concerto pour piano Saint-SaënsBacchanale Shiguang WangThe Song of Yangtze River (Duopour soprano et ténor) BizetLes pêcheurs de perles, Act II : « Ton coeur n’a pas compris le mien » (Duo pour soprano et ténor) Yuankai BaoChinese Sights and Sounds (Happy Sunrise, Green Willow, Lan Huahua, Guessing Melody, Dialogue on Flowers)
Elle est invisible, impalpable et immanente. Qui ? La gravité bien sûr, cette force essentielle que le chorégraphe Angelin Preljocaj questionne avec brio dans son ballet pour douze danseurs.
Depuis trente ans, Angelin Preljocaj alterne pièces de recherche pure et ballets narratifs. Le chorégraphe note qu’elles sont toutes traversées, « de façon intuitive, par les notions de poids, d’espace, de vitesse et de masse ». Dans Gravité, cette loi universelle qui a tant fasciné Newton ou Einstein devient le fil conducteur de son spectacle. Comment s’en étonner alors que la gravité est pour tout danseur un ami et un ennemi ?
En apesanteur
Jouant avec la pesanteur, les douze interprètes explorent le mouvement dans un ballet millimétré, saisissant et graphique. Sur un plateau épuré, ciselé d’une lumière sculpturale d’Eric Soyer, les corps s’attirent et se repoussent. Ils s’envolent et s’ancrent dans le sol, enchaînent solos, duos, ensembles, au son de musiques éclectiques allant de Bach, Chostakovitch, Philip Glass, à Daft Punk en passant par un époustouflant Boléro de Ravel où les figures de groupe exécutées dans une osmose parfaite, constituent le vocabulaire du chorégraphe.
Entre une éloge de la lenteur et de la vitesse, de la force et de la légèreté, de l’attraction et de l’abandon, les interprètes se confrontent à la gravité et en éprouvent les sensations les plus extrêmes où les corps magnifiés et aériens, dans une course poursuite aux prises avec une attraction charnelle, cosmique et sensorielle, s’en affranchissent et s’en libèrent jusqu’au vertige.
Dessinant une écriture au croisement du classique et du contemporain, Angelin Preljocaj signe un spectacle brillant qui touche au sublime. Bravo !
L’auteur et metteur en scène Sophie Hoyer imagine un joli conte avec la jeune Lisa qui rencontre la petite abeille Mimi au détour d’une balade dans les champs. La petite fille décide de partager le pollen de son coquelicot avec l’abeille pour apprendre tous les secrets de ses êtres fondamentaux de l’écosystème. Apolline Guiné, Charlène Villquin et Déborah Chantob partagent l’affiche à tour de rôle pour interpréter les 2 rôles, les petits adorent, les grands aussi! Dans la petite salle de la Comédie Tour Eiffel, la mise en scène minimaliste est avant tout très efficace et fonctionne à merveille pour distiller des informations aux plus petits et les tenir en haleine pendant 40 minutes. Tours de chant et numéros de danse se succèdent dans une belle farandole pour crée des sourires inestimables sur tous les petits visages! Comment les abeilles recueillent le pollen et le nectar, comment elles se reproduisent, comment son crées les cases hexagonales où le miel s’acumulle, la différence entre abeille et guêpe, tant d’informations essentielles pour mieux connaitre cette population de travailleuses acharnées à la tâche… pour le plus grand bonheur de tous! Ce ne sont pas les applaudissements finaux et les bonbons au miel partagés avec l’audience qui feront dire le contraire!
Synopsis: C’est l’histoire d’une petite abeille qui va vous confier un immense secret : la recette du miel.
Elle vous invitera dans sa maison la ruche et vous présentera sa maman » la Reine des abeilles » qui vous parlera de ses 60 000 enfants ! Elle vous entraînera dans un champs de fleur qui est pour elle comme un immense magasin de bonbons… Elle butinera à vos cotés le pollen et le nectar des fleurs. En chemin elle accomplira la pollinisation. Elle vous expliquera comment cela vous permet de manger 5 fruits et légumes par jour…
Petite abeille sait faire du miel, elle le partage avec nous, protégeons-la pour la remercier !
[Manga] Dead Flag : un battle royal à la sauce piraterie qui dépote (Soleil Manga)
Nouveau seinen à la sauce Battle Royal, Dead Flag débarque avec un premier tome explosif et ultra sanglant. Le pitch est plutôt original : au beau milieu de la cour d’un collège apparait un énorme bateau pirate avec à son bord un mystérieux capitaine Gold Rich. Sa tête a beau faire rire, son discours l’est beaucoup moins : les collégiens doivent réaliser un maximum d’actes de pirateries (du petit méfait jusqu’au meurtre) pour gagner des points. Seuls les 13 premiers au classement survivront à la fin du décompte dans 10 jours.
Autant dire que cette course aux points va être complètement délirante et va précipiter tout le collège dans un abîme horrifique sans fond. Un scénario ultra rythmé et palpitant qui n’hésite pas à en rajouter encore et encore, pour notre plus grand plaisir. La lecture se fait d’une traite, il est difficile de s’arrêter ! Le dessin est très agréable, vif et soigné.
Bref, Dead Flag est une excellente surprise qui s’amuse avec tous les codes du manga horrifique réunis dans ce cocktail détonnant ! A lire d’urgence.
Résumé de l’éditeur :
Un matin comme les autres, dans un lycée comme les autres… Jusqu’au jour où un bateau pirate fait son apparition flottant au milieu de l’école. Démarre alors le jeu sanglant du « Dead Flag ». Piller, détruire et exterminer seront les clés pour obtenir un maximum de points et rester en vie. Seuls ceux sans pitié seront récompensés. Bienvenue dans le jeu mortel des pirates !
Date de parution : le 22 juin 2022 Auteurs : Holico (scénario) et Jun Nishikawa (dessin) Genre : seinen, battle royal
[BD] Arjuna : récit d’aventure folklore conjugué à la sauce hindi (Glénat)
Album one shot à la couverture très réussie, Arjunaprend immédiatement des accents hindis par son graphisme oriental ostentatoire. Et c’est d’ailleurs sans ménagement que cette histoire aux aspects quelque peu débridés débute : dans une Inde colonisée par les anglais, Arjuna est chargée d’user de tous ses pouvoirs pour rapatrier la fille d’un colonel britannique au Royaume-Uni. C’est là que les choses se corsent et obligent la mercenaire à montrer l’étendue de ses pouvoirs : pirates et divinités locales vont se dresser sur leur chemin dans des combats épiques !
Mathieu Mariolle propose un scénario décomplexé qui privilégie l’action et l’aventure au bénéfice d’un rythme soutenu pour ne pas dire explosif ! Un voyage en compagnie de divinités indiennes qui réservent quelques surprises. Le dessin au trait typé de Laurence Baldetti est parfaitement adapté au récit. On apprécie beaucoup le résultat.
Arjuna est donc un très bon divertissement dont on n’a pas vraiment l’habitude et c’est tant mieux !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
La prophétie doit s’accomplir. Inde, XIXe. Tandis que l’occupant anglais cherche à tout prix à séculariser ce pays aux multiples croyances et divinités, la population locale craint l’arrivée d’un enfant qui pourrait bien être la réincarnation du puissant démon Ravana. Dans ce contexte, l’autochtone Arjuna, une belle jeune femme qui met ses pouvoirs singuliers à disposition du plus offrant, se voit chargée de ramener la fille délurée d’un colonel britannique au Royaume-Uni. Mais leur périple maritime va conduire les deux femmes dans l’antre des pirates indépendantistes menés par le commandant Kanhoji. Une révélation inattendue va alors sceller leur destin. Se pourrait-il que cette jeune anglaise porte en son sein l’enfant tant redouté ? Bientôt, Arjuna, Kanhoji et un prêtre excommunié vont former un groupe uni autour d’une même cause : protéger la mère et donner une chance à cet enfant de vivre. Commence alors une longue route semée d’embûches à travers l’Inde coloniale… Mathieu Mariolle au scénario (Nautilus, La Voie du Sabre, Far Cry…) et Laurence Baldetti au dessin (La Quête d’Ewilan…) revisitent le folklore et le bestiaire fantastique indiens au fil d’une fresque envoûtante aux décors flamboyants, riche en aventures spectaculaires, combats titanesques et suspense débridé !
Date de parution : le 1er juin 2022 Auteurs : Mathieu Mariolle (Scénario), Laurence Baldetti (Dessin) et Nicolas Vial (Couleurs) Genre : fantastique
Editeur: Glénat Prix : 19 € (96 pages) Acheter sur : BDFugue
C’est toujours un plaisir de déguster (toujours avec modération) les cuvées de la Maison Chassenay d’Arce. 6 cuvées étaient disponibles, variées et parfaitement enthousiasmantes. Située en plein cœur de la côte des Bar, non loin des vignobles au sol kimméridgien, la Maison Chassenay d’Arce sait y faire pour proposer des cuvées qui accompagnent tous les bons moments de la vie.
Des champagnes avec un grand C
La dégustation a débuté avec le Blanc de Blancs 2012 (100% Chardonnay, prix TTC départ cave: 32.40 euros). Pur chardonnay, le champagne millésimé délivre une finesse et une légèreté exceptionnelles. Issu de la seule vendange 2012, bien mûre et puissante, elle donne au vin un supplément de matière et de volume. La cuvée Blanc de blancs est à privilégier en accompagnement d’entrées et de poissons. La cuvée Pinot blanc 2012 extra-brut (100% Pinot blanc, Prix TTC départ cave: 47 euros) marque immédiatement par son caractère insolite et remarquable, la cuvée Pinot blanc est autant un cépage rare qu’un spécificité de la Maison. A l’image de la vendange 2012, cette cuvée délivre un message flatteur, franc et profond. Le faible dosage lui permet de s’exprimer sans fard et d’apprécier toutes les nuances de son originalité. Cette cuvée accompagne à merveille fruits de mer et poissons crus avec ses notes salées très fines. La cuvée Confidences 2009 (92% Pinot noir, 5% Pinot blanc, 3% Chardonnay, prix TTC départ cave: 57.10 euros) est une cuvée assemblée avec des raisins issus des vignes les plus anciennes du vignoble. Elle est marquée par une intensité et une concentration portées à leurs plus hauts niveaux pour cette cuvée très complexe mêlant fruits blancs, fruits jaunes et épices à des notes florales, minérales finement torréfiées. Quintessence de la Maison, la cuvée Confidences accompagne à merveille les mets les plus raffinés. La cuvée Confidences Rosé 2012 (92% Pinot noir, 5% Pinot blanc, 3% Chardonnay, prix TTC départ cave: 67.60 euros) est une cuvée composée des raisins issus des vignes les plus anciennes du vignoble. En cohérence avec l’année 2012, qui a offert des vins particulièrement friands et séducteurs, cette cuvée de couleur rosée légèrement saumonée se distingue par sa facilité d’accès et le plaisir immédiat qu’elle procure. Cuvée d’excellence, Confidences Rosé accompagne à merveille les mets les plus délicats. La cuvée Origine (100% Pinot noir, prix TTC départ cave: 29.90 euros) tend vers le plus grand respect possible de l’environnement. Le nez assez expressif révèle en bouche une matière fine tout en tension. Le champagne peut être proposé à l’apéritif ou à table avec une cuisine légère et naturelle à base de poissons nobles et de viandes blanches. La cuvée Audace 2014 (100% Pinot Noir, prix TTC départ cave: 36.70 euros) est la seconde cuvée Bio de la Maison, ce champagne 100% pinot noir, millésime 2014 révèle un caractère bien affirmé et une identité propre. Le nez frais et expressif tout en tension révèle un bon potentiel de garde. Le champagne est à servir à l’apéritif ou à table avec une cuisine légère et naturelle à base de poissons nobles et de viandes blanches.
La dégustation s’est déroulée chez Pasco, un restaurant bistronomique somptueux renommé à Paris avec une cuisine tournée vers le Sud, des poissons, des légumes, des épices et de l’huile d’olive, du plaisir à l’état pur. Un écrin parfait pour la dégustation des champagnes de la Maison Chassenay d’Arce.
Informations:
Informations: Champagne Chassenay d’Arce Président : Franck BARROY Directeur : Manuel HENON Responsable œnologie : Brice BÉCARD
11 rue du Pressoir – 10110 Ville-sur-Arce – France – +33 (0)3 25 38 30 70
[BD] Bagnard de Guerre : un album d’une grande maitrise (Grand Angle)
Philippe Pelaez et Francis Porcel proposent avec Bagnard de guerre un album d’une grande maitrise, que ce soit en ce qui concerne la qualité de son scénario mis en avant par une narration fleuve et une mise en scène efficace ou que ce soit pour le très joli dessin qui l’accompagne.
Bagnard de Guerre est un aller simple pour Cayenne où la moiteur locale attend de pied ferme les tristes pensionnaires du plus terrible des bagnes qui s’y trouve. Là-bas, c’est régime sec et coups de lames assurés. Ferdinand Tirancourt est un nouvel arrivé et il s’est immédiatement fait remarquer. Une forte tête posée sur une armoire à glace qui est déjà la personne à abattre.
Mais Bagnard de Guerre ne peut se résumer qu’à cela. À vous d’en découvrir davantage et de tenter l’expérience de cet album one shot très efficace que l’on vous recommande chaudement !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
« On ne mourait pas au bagne, on y agonisait indéfiniment ». Après ses déboires dans les tranchées, Ferdinand Tirancourt se retrouve au bagne de Cayenne pour y purger une peine qui, comme celle des autres insoumis dont il va partager le quotidien, sera longue et définitive. Envoyé au terrible camp forestier de Charvein, réservé aux fortes têtes, il est pris en grippe par un surveillant qui prend un plaisir pervers à le harceler. Pourtant, ce n’est pas ce qui inquiète le plus Ferdinand ; c’est cet autre prisonnier, étrange et silencieux, qui semble épier le moindre de ses gestes.
Date de parution : le 30 mars 2022 Auteurs : Philippe Pelaez (Scénario) et Francis Porcel (Dessin) Genre : historique
Le collectif Radio Kaizman n’hésite pas devant les mélanges, ce que souligne bien son album et son spectacle. Fanfare, musiques du monde et hip hop s’assemblent avec bonheur pour un résultat enthousiasmant. Rien de semblable n’existe, c’est une ambiance de fête foutraque sui fait bouger les corps et les esprits.
Radio Kaizman est dans la place
Une influence première se fait sentir dès les premières notes de l’album, celle de l’ambiance bouillonnante de la Nouvelle Orléans. Les beats du rap US se greffent dessus, accompagnés par des instruments de fanfare composés de cuivres chauds et percutants. 2 vocalistes mènent la danse avec bonheur autour de riffs bien sonnés, des instruments qui frappent fort et un flow qui fait plaisir. Le collectif s’inspire aussi de sonorités urbaines, du groove et des rythmes typiques des marching bands de la New Orleans. La magie du son Radio Kaizman s’assoit sur son percussif et cuivré, avec des influences aussi jazz qu’hip-hop. Le titre de l’album s’inspire de ses fêtes de quartier apparues à partir des années 70, ces block parties qui ont vu émerger la culture Hip Hop issue de ses glorieuses devancières, Soul et Funk, pour déferler sur le monde.
Que dire de plus, il faut écouter et se laisser emporter par la puissance du son engendré par le collectif. Ca confine à la magie, ça rassemble les gens autour de la musique, c’est inédit et ça devrait faire du bruit, au sens propre comme au sens figuré, pour montrer qu’il est toujours de bon aloi de sortir de sa case pour se frotter à d’autres influences musicales et en tirer le meilleur. Pas de barrières pour Radio Kaizman, et ça fait plaisir à entendre! Le collectif sera à Saint-Paul-de-Varax le 19/07/2022 à 19h00 pour s’approprier l’espace urbain et y créer durant une petite heure une fête pour les habitants du quartier.
[BD] La prière aux étoiles, oeuvre détruite de Pagnol joliment revisitée (Grand Angle)
Œuvre détruite par Marcel Pagnol pendant la guerre pour éviter que son film ne soit récupéré par les allemands, La Prière aux étoiles est un diptyque proposé par Eric Stoffel au scénario, mis en images par Iñaki Holgado avec une coloration de Sébastien Bouët. On retrouve un peu le style de Pagnol dans les textes, avec une jolie actrice comme personnage central, qui fera tout pour s’affirmer dans ses choix et aller aussi loin que sa réussite le permettra.
La Prière aux étoiles a une place forcément à part, dans l’œuvre de Pagnol, et les auteurs lui rendent ici un bel hommage entre romance et dramaturgie. La trame narrative est inspirée de son époque tout comme les dessins qui respirent le soleil de Cassis et de son joli port. Un petit voyage en Provence qui accompagne cette parenthèse dans l’univers chatoyant du cinéma et de ses stars.
A découvrir dans la collection dédiée à Marcel Pagnol aux éditions Grand Angle.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
« Tiré du film détruit par Marcel Pagnol, sous la pression nazie, pour éviter de collaborer.” Homme d’affaires lyonnais, Dominique est amoureux de Florence, une apprentie actrice. Mais face à l’obstination à vouloir jouer la comédie de celle qu’il souhaite épouser, Dominique dévoile qu’il a financé ses précédents films pour qu’elle puisse assouvir sa passion et qu’il ne donnera pas suite au prochain tournage. Anéantie par cette nouvelle, mais plus décidée que jamais, Florence refuse la demande en mariage que lui propose Dominique. C’est alors qu’elle rencontre Pierre, jeune musicien. Elle en tombe immédiatement amoureuse et s’enfuit avec lui à Cassis.
Date de parution : le 11 mai 2022 Auteurs : Eric Stoffel (Scénario), Iñaki Holgado (Dessin) et Sébastien Bouët (Couleurs) Genre : roman graphique