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Résultats concours : Les Ogres, 10 places de ciné gagnées

Les ogresRésultats concours Les Ogres : 10 places de ciné gagnées !

Vous avez été 3426 participants au concours Les Ogres. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants de 2 places de ciné sont les suivants :

Jeannette Degonzaga, Naïra Sioud Martin, Hong Hanh Nguyen, Françoise Robert er Gérard Besançon

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

Jodorowsky’s Dune, un film documentaire de Frank Pavich

Jodorowsky’s Dune, de Frank Pavich
Jodorowsky’s Dune, Dessin © Lodi

Jodorowsky’s Dune, un film documentaire de Frank Pavich

Et merde. On aurait aimé voir Dune de Jodorowsky, pas Jodorowsky’s Dune. Le documentaire de Frank Pavich raconte l’histoire du plus grand film de science fiction, jamais tourné. Jodorowsky’s Dune c’est l’histoire d’un manqué.

1965, Frank Herbert publie le livre qui deviendra un succès mondial, Dune. Aubaine ! Michel Seydoux demande en 1975 au chilien Alejandro Jodorowsky de se lancer dans l’adaptation folle et fichtrement couillue du best-seller mondial. Il accepte. Michel et Alejandro veulent faire de ce film une des plus grandes réussites du cinéma mondial. Alors, Jodorowsky par en quête de warriors. .

[…] Magma et Pink Floyd acceptent de signer la musique. Pouvait-on mieux faire ?

Il cherche des génies de la création. Il cherche des personnes capables de comprendre que Dune sera LE film, prophétique. Alors ? Jean Giraud (Moebius), Dan O’Bannon, Hans-Ruedi Giger et Chris Foss, pour l’aspect technique et le visuel. Des poids lourds ! Au casting, Mick Jagger, Orson Welles, Salvador Dali, David Carradine, Amanda Lear et son fils Brontis Jodorowsky, âgé de douze ans. Tout simplement. Et comme si ça ne suffisait pas, Magma et Pink Floyd acceptent de signer la musique. Pouvait-on mieux faire ? Pendant deux ans, l’équipe va plancher sur le projet. Ils finalisent l’avant tournage en bâtissant un livre avec tous les dessins, costumes, scripts et story book, d’une précision extrême. C’est une sorte de bible aussi lourde et volumineuse (oui) qu’un parpaing. La production manque de cinq millions de dollars pour finaliser le budget. Jodorowsky essaye de le vendre à Hollywood. Mais, réticents, les distributeurs n’accordent pas un dollar. Pour cause, la tempérance de Jodorowsky. The End.

Franc Pavich met en image cette histoire. Il parcourt le fameux livre de Jodorowsky et arrive à mettre en mouvement quelques dessins de Moebius. Et là on pleure. Parce qu’on aurait aimé voir mouvoir ces dessins sous les ordres de Jodorowsky. Ce livre deviendra d’ailleurs une source d’inspiration pour un bon nombre d’artistes. On s’aperçoit que plusieurs films (post Dune) semblent reprendre les créations de l’équipe du film fantôme. Comme quoi, Dune de Jodorowsky inspire même si il n’a pas été réalisé. À défaut de ne pas pouvoir voir Dune de Jodorowsky, il reste possible et même conseiller de voir Jodorowsky’s Dune de Frank Pavich.

Ce film a été visionné et chroniqué dans le cadre du 6ème Festival 2 Valenciennes.

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Jodorowsky’s Dune, de Frank PavichEn 1975, le producteur français Michel Seydoux propose à Alejandro Jodorowsky une adaptation très ambitieuse de « Dune » au cinéma. Ce dernier, déjà réalisateur des films cultes « El Topo » et « La Montagne sacrée », accepte. Il rassemble alors ses « guerriers » artistiques, dont Jean Giraud (Moebius), Dan O’Bannon, Hans-Ruedi Giger et Chris Foss qui vont être de toutes les aventures cinématographiques de science-fiction de la fin du siècle (« Star Wars », « Alien », « Blade Runner », « Total Recall » etc.).Le casting réunit Mick Jagger, Orson Welles, Salvador Dali, David Carradine ou Amanda Lear, mais également son jeune fils Brontis Jodorowsky, Pink Floyd et Magma acceptent de signer la musique du film… L’équipe de production recherche 5 millions de dollars pour finaliser le budget et se heurte à la peur des studios hollywoodiens qui craignent le tempérament de Jodorowsky…

Sortie : le 16 mars 2016
Durée : 1h25
Réalisateur : Frank Pavich
Avec : Alejandro Jodorowsky, Michel Seydoux, H.R. Giger
Genre : Documentaire, science-fiction

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No Land’s Song, un documentaire de Ayat Najafi

No Lands’Song
No Lands’Song Dessin © Lodi

No Land’s Song, un documentaire de Ayat Najafi

Dans ce documentaire, Ayat Najafi va mettre à l’honneur les femmes iraniennes et dans un domaine très précis, celui de la musique, plus précisément du chant vocal.

La Révolution Iranienne de 1979 transforme le pays en république islamique. La condition de la femme est ébranlée. Une des conséquences de cette mise en branle est le fait qu’elles n’ont plus le droit de chanter en public en tant que solistes. Conséquence mineure ? Non. Une femme ne peut pas chanter seule devant un public mixte. Elle ne peut pas faire vibrer ses cordes vocales si elle n’est pas accompagnée par une troupe devant des hommes et des femmes. En somme, la femme n’est plus libre de faire ce qu’elle veut. Une femme, si elle désire chanter seule, ne peut pas devenir chanteuse. Et puis ça va au-delà du simple fait de chanter. Depuis la mise en place de cette politique islamique radicale, gérée par une poignée d’hommes, la femme doit se taire. Ne pas les autoriser à chanter, c’est les forcer à se taire. La femme doit être aux ordres. C’est tout.

Sara Najafi, héroïne du film, va tenter avec l’aide de quelques français et d’autres personnes, d’organiser un concert où les femmes pourront briller seules. Un concert où des européennes chanteraient avec des iraniennes, devant un public mixte. Hors la loi. Il faut défier le pouvoir. Il faut élever la voix, hausser le ton pour faire entendre ces femmes. La femme ! Quelle place pour celle-ci dans un régime qui tend à sa subordination ? Les théologiens martèlent les crânes afin de faire croire que la femme est poison, et trop les entendre serait dangereux. Evidemment. Trop entendre ceux qui subissent les coups d’un régime peut s’avérer dangereux. Sara se met en danger. Pour les femmes d’Iran. Et pour les femmes.

Derrière la caméra, son frère Ayat suit le parcours de sa sœur sur deux ou trois ans. Si longtemps ! On la retrouve confronter à la Guidance Islamique, palais de la censure, qui ne cesse de foutre des bâtons dans les roues de la téméraire iranienne. Le documentaire est flamboyant. Les poils s’hérissent quand la grâce des voix féminines s’élève. La gorge se noue parfois. La colère tempête aussi face au traitement accordé aux femmes. Si la Guidance Islamique trouve la voix des femmes trop sensuelle, qu’ils se castrent. Ayat et Sara signent un film important.

Ce film a été visionné et chroniqué dans le cadre du 6ème Festival 2 Valenciennes.

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No Lands’Song, un film d’Ayat NajafiEn Iran, depuis la révolution de 1979, les femmes n’ont plus le droit de chanter en public en tant que solistes. Une jeune compositrice, Sara Najafi, avec l’aide de trois artistes venues de France (Elise Caron, Jeanne Cherhal et Emel Mathlouthi), va braver censure et tabous pour tenter d’organiser un concert de chanteuses solo.

Sortie : le 16 mars 2016
Durée : 1h35
Réalisateur : Ayat Najafi
Avec : Sara Najafi, Parvin Namazi, Sayeh Sodeyfi
Genre : Documentaire, musical

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Chala, une enfance cubaine, film de Ernesto Daranas où émotion et énergie électrisent

Chala une enfance cubaine
Chala, une enfance cubaine – Film d’Ernest Daranas -© Bodega Films

Chala, une enfance cubaine, film de Ernesto Daranas où émotion et énergie électrisent

Chala, une enfance cubaine est un récit d’Ernesto Daranas sur un petit garçon volontaire et débrouillard. Avec sa bande de potes, il est pris en charge par l’institutrice dévouée Carmela. Au milieu d’une mère défaillante et de combats de chiens auxquels il participe, le risque est grand de verser dans la petite délinquance mais l’institutrice vaille au grain.

Chala, une enfance cubaine s’interroge sur les moyens de subsistance monétaires et sentimentaux d’une population jeune et énergique

Le cinéma cubain propose régulièrement de petites pépites douces amères détaillant le quotidien chiche et rustre d’une population laissée à l’abandon par les autorités. Tandis que l’ouverture vers l’ouest risque de faire déferler une avalanche de dollars, Chala, une enfance cubaine s’interroge sur les moyens de subsistance monétaires et sentimentaux d’une population jeune et énergique.

L’embargo subi par Cuba depuis plus de 50 ans a stimulé une population obligée de se débrouiller et Chala n’est que le dernier représentant de l’école es débrouilles. Passé maitre dans les meilleures manières de faire vivre un foyer réduit au dénuement le plus complet, il se retrouve mêlé à des combats de chiens clandestins. En se liant à un éleveur de chien, Chala imagine ce dernier en géniteur possible. A l’orée de l’adolescence, les sentiments amoureux naissent dans sa petite caboche et la belle Yeni le trouble et lui fait multiplier les maladresses.

Les films sur l’enfance prennent le risque de pêcher par excès d’infantilisation ou d’ambiguité. Ce film évite les deux écueils et propose un récit enlevé et passionnant. La vieille institutrice rencontre bien des difficultés pour canaliser la jeunesse impétueuse et c’est avec Chala la vraie personnage principale. Alina Rodriguez a interprété cette femme forte avant de décéder peu après la fin du tournage. Elle tient Chala à l’écart d’une violence omniprésente dans ce petit film qui a tout des grands.

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Chala, une enfance cubaineChala, jeune cubain, malin et débrouillard, est livré à lui-même. Elevé par une mère défaillante qui lui témoigne peu d’amour,il prend soin d’elle et assume le foyer. Il rapporte de l’argent en élevant des chiens de combat. Ce serait un voyou des rues sans la protection de Carmela, son institutrice, et ses sentiments naissants pour sa camarade Yeni…

Sortie : le 23 mars 2016
Durée : 1h48
Réalisateur : Ernesto Daranas

Avec :  Armando Valdes Freire, Alina Rodriguez
Genre : Comédie dramatique

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Le pianiste Evgeny Kissin déferle sur le Théâtre des Champs-Elysées

 

Evgeny Kissin
Evgeny Kissin
Théâtre des Champs Elysées

Un pianiste de légende fait vibrer le Théâtre des Champs Elysées

Le récital d’Evgeny Kissin au Théâtre des Champs Elysées a attiré la foule des grands soirs. Une salle comble des caves au plafond attendait le pianiste russe avec la certitude d’assister à un moment d’exception. Evgeny Kissin est l’équivalent à ce début de 21e siècle d’un Vladimir Horowitz au 20e siècle ou d’un Herbert Von Karajan pour la direction d’orchestre. Le monument du piano mondial a livré un récital riche et varié le mardi 16 mars 2016 ponctué par une standing ovation debout, vibrante et émouvante.

Evgeny Kissin a connu une notoriété extraordinairement précoce. Enfant prodige du piano, il interprète les deux Concertos pour piano de Chopin à l’âge de 13 ans avec l’Orchestre philharmonique de Moscou et il rejoint Herbert von Karajan à 17 ans pour un Concerto n°1 pour piano de Tchaikovsky resté dans toutes les mémoires. Il faut voir débarquer cet adolescent au visage juvénile sur la scène du Berlin Philarmonic Orchestra pour se rendre compte de son assurance et de son talent.

Nullement impressionné par la statue du commandeur Karajan dirigeant comme à l’habitude d’une main de fer son orchestre, Kissin fait corps avec son instrument et livre une prestation gravée pour l’éternité, presque plus gêné par l’ovation finale que par les 40 minutes de sa prestation tigresque. A maintenant presque 45 ans, Kissin parcourt les plus prestigieuses scènes du monde entier et c’est tout naturellement qu’il fait étape au Théâtre des Champs Elysées pour son offrande annuelle.

Un mélange de compositeurs germaniques et espagnols pour un résultat surprenant

Le souvenir du concert donné en décembre 2014 raisonne encore des noms de compositeurs prestigieux interprétés sur la scène du TCEBeethovenProkofievChopin et Liszt ont été autant de cols de haute altitude franchis avec brio par le pianiste russe. Le programme de mars 2016 mélange les compositeurs germaniques et de compositeurs espagnols pour un résultat surprenant.

Si ses habituelles prestations font la part belle aux compositeurs romantiques et classiques, Evgeny Kissin révèle une curiosité rafraichissante en intégrant Albéniz et Larregla à son répertoire de concert. Aux côtés des incontournables MozartBeethoven et BrahmsKissin ne se contente pas d’interpréter les morceaux de bravoure de compositeurs prestigieux et bigarre l’évènement d’influences insoupçonnées.

La salle est archi-comble quand Kissin prend possession de la scène. Le concert débute avec la Sonate n°10 de Mozart. Un chapelet de notes sautillantes déferle dans le TCE avec une vivacité fulgurante. SI le compositeur autrichien n’a jamais été avare d’ornements cristallins, Kissin lui fait honneur en alliant précision chirurgicale et fougue passionnée. Véritable personnage de théâtre habité par son rôle, le génial pianiste vibre de tout son corps pour un Allegro moderato enlevé avant de se plonger dans une intense introspection pour l’Andante Cantabile.

Il revient à la vie pour l’Allegretto, comme possédé par l’esprit de Wolfgang Amadeus. Nuances et couleurs se révèlent tout autant au bout des doigts que dans chaque partie de son corps. La Sonate  n°23 Appassionata de Beethoven qui suit percute la foule comme un train en marche avec sa vive allure et sa puissante destructrice. Le compositeur en avait fait un impétueux torrent de puissance tourmentée, le pianiste le met en exergue avec sa coutumière honnêteté. Un tonnerre d’applaudissement accueille l’entracte, il est temps de souffler.

La salve d’applaudissement finale se double d’une standing ovation debout, émouvante et vibrante

La seconde partie du concert débute avec trois intermezzos de Brahms plus doux, romantiques et berçant presque l’audience. Quand surviennent Albéniz et Larregla, la surprise le dispute à l’éblouissement. Les rythmes andalous embarquent les auditeurs dans les paysages méditerranéens de l’Hispanie éternelle.

La foule reconnait le célèbre Asturias habituellement interprété à la guitare. Quand le concert se cloture, la foule réclame un rappel, elle en obtiendra trois. Pas d’informations à maintenant sur leur contenu, elles devraient arriver très prochainement. Tandis que le 3e rappel se finit, la salve d’applaudissement finale se double d’une standing ovation debout, émouvante et vibrante. Un génie est passé sur la scène du TCE, l’audience ne s’y est pas trompé, lui rendant un nécessaire hommage conforme à sa classe internationale.

Free to Run, un documentaire sportif au féminin de Pierre Morath au Festival 2 Valenciennes

Free to Run, de Pierre Morath
Free to Run Photo © DCM Filmverleih

Free to Run, un documentaire sportif au féminin de Pierre Morath au Festival 2 Valenciennes

Free to Run est un film documentaire de Pierre Morath centré sur la course. On ne peut pas courir en robe ou en jupe. Comment devenir champion avec des talons hauts ? Et puis les cheveux bordel, les cheveux dans les yeux ! Les filles ne peuvent pas courir. En tout cas, pas comme les garçons. Qu’elles courent dans leur jardin, mais qu’elles laissent aux hommes, aux mâles, la piste rouge des stades.

 Il y a cinquante ans, ce genre de propos serait normal, et absolument pas dégradant. La course à pied était il y a un demi siècle une pratique uniquement masculine. Et en plus d’être une discipline virile, elle devait être encadrée par une structure sportive. Faire son jogging ou courir librement dans les rues, les parcs, sur les routes étaient des activités mal perçues. Court, le fou !

La course à pied était il y a un demi siècle une pratique uniquement masculine.

On ne courrait pas dans les parcs le week-end. Les hommes foulaient la terre battue en suivant des règles strictes, sous le joug d’un coach trop bruyant et de l’institution d’athlétisme. Aujourd’hui, la course à pied n’est plus uniquement une affaire de club et de performance, mais elle se retrouve partout. Hommes, femmes, enfants, personnes âgées, tout le monde court ! Le documentaire Free to Run de Pierre Morath montre comment la course à pied est passée d’une pure activité physique institutionnelle réservée aux hommes, à une foulée militante, une foulée libre.

L’équipe du documentaire a mis huit ans pour donner naissance au film. Quand les financements se sont trouvés, c’était parti. Il a fallu chercher une quantité incroyable d’images d’archives, trouver les premiers joggeurs de New York, organiser des entretiens avec des paires de jambes légendaires de l’histoire athlétique. Et le résultat est surprenant. Ce n’est pas simplement un documentaire sur la course. C’est autre chose. C’est une démonstration : l’homme court pour être libre. Nombreuses personnes le disent, on ne court par pour la perf, mais pour le principe. La sensation des kilomètres avalés soigne le corps et l’esprit.

Free To Run est une bouffée d’air frais.

Les femmes n’étaient donc pas autorisées à courir dans des clubs, et étaient mal vues si elles courraient seules. Pourquoi ? L’homme explique : « Nous, nous sommes des beaux gosses, biceps ok, cuisses monstrueuses, gueules sympa. Imaginez les courbes d’une frêle femme détruites par le sport ! Elles ne peuvent être viriles ! ». Le mâle ne veut pas voir le féminin courir. Mais cette vision étriquée sera vivement combattue par des fortes têtes comme Kathrine Switzer, première femme à montrer que l’homme n’est pas le seul à pouvoir parcourir un marathon sans mourir, ou comme Fred Lebow, qui va populariser la course à pied à New York en créant la course reine, le marathon de New York, et notamment permettre aux femmes d’avoir un marathon destiné (ce qui permettra l’entrée de la discipline femme aux Jeux Olympiques). Et d’autres encore !

Free To Run est une bouffée d’air frais. Même si il y a quelques longueurs, le documentaire n’en reste pas moins quelque chose de fichtrement réussi, profondément sensible, et lourd de sens.

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Free to Run, de Pierre MorathDes rues de New York aux sentiers des Alpes suisses, hommes et femmes, champions ou anonymes… Ils sont chaque année des dizaines de millions à courir. Il y a 40 ans, la course à pied était encore considérée comme un acte marginal, une pratique quasi déviante cantonnée aux athlètes masculins et à l’enceinte des stades. «Free to Run» retrace la fabuleuse épopée de ce sport solitaire devenu passion universelle. Le nouveau film de Pierre Morath est un hymne à la gloire de la course libre et de ceux qui la font exister.

Sortie : le 13 avril 2016
Durée : 1h39
Réalisateur :  Pierre Morath
Avec :  Philippe Torreton
Genre : Documentaire

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Le Songe d’une nuit d’été … en attendant l’été


Le Songe d’une nuit d’étéLe Songe d’une nuit d’été … en attendant l’été

Ah Shakespeare … éternel Shakespeare. Sa comédie, Le Songe d’une nuit d’été, est déjà 4 fois centenaire !

Et toujours de nouveaux téméraires se lancent ! Jusqu’au 8 mai au théâtre Le Proscenium, une petite troupe improbable née d’une passion et non d’une profession commune, tente l’aventure. Ils avaient pris l’habitude de se réunir chaque semaine pour prendre des cours, aujourd’hui, il y a les spectateurs en plus mais ils jouent ensemble toujours. L’action se déroule à Athènes où un quatuor de jeunes amoureux contrariés n’arrive pas à concilier les souhaits d’un père et les inclinations de leur cœur.

Hermia aime Lysandre et Lysandre aime Hermia. Démétrius aussi chérit la belle et, avec la bénédiction de son géniteur, veut l’épouser de bonne heure. Hermia le rejette pourtant alors qu’Hélène l’aime éperdument. Un nœud gordien amoureux donc, auquel la reine et le roi des fées viendront se mêler tandis qu’une troupe d’artisans rustres répètent une pièce de théâtre. Leur point commun : le lieu.

Le sublime et la poésie de Shakespeare se perdent dans la précipitation.

Complexe l’histoire ? Assurément. A ceux qui n’ont pas lu le texte au préalable, il sera d’ailleurs moins aisé de suivre l’action. Parce que la pièce manque de respiration, de repos, de périodes d’assimilation. Le sublime et la poésie de Shakespeare se perdent dans la précipitation. Mais le corolaire, c’est leur dynamisme : ils donnent tout et ils ont beaucoup à donner. Les échanges sont vifs, les corps très sollicités et ils passent, en deux claquements de doigt, du tragique au comique, ils endossent même, chacun, les costumes de 2 ou 3 personnages différents. Cet entrain communicatif se double d’une complicité manifeste.

Débrouillards, avec peu de moyens, ils ont réussi une mise en scène originales et modernes. La salière pour philtre d’amour ou l’IPad dans les mains de Philostrate, ordonnateur des fêtes d’Athènes, étonnent mais ne détonnent pas ! En résumé, une énergie, une complicité et des trouvailles dans la réalisation qui pardonnent leur technique pas encore parfaite et le manque de souffle de la pièce. Ils sont jeunes, enthousiastes et ils ont tous un boulot à côté aussi, il ne faut pas l’oublier !

Dates : du 19 mars au 8 avril 2016
Lieu : Théâtre le Proscenium (Paris)
Auteur : William Shakespeare
Metteur en scène : Flavie Fontaine
Avec :  Benoît Durand, Christelle Florence, Stéphane Martins, Maïté Merlot, Frédéric Moulin, Emilie Ramet, Matthieu Sautel, Véronique Vasseur

Ultimo Tango, film musical et magnifique de German Kral au Festival 2 Valenciennes

Ultimo Tango, de German Kral
Ultimo Tango Photo © Gabriela Malerba

Ultimo Tango, film musical et magnifique de German Kral

Pour faire un documentaire sur le tango, German Kral chercha le profil qui serait apte à symboliser cette danse. Après enquête, il tombe face à María Neves Rego. Trente secondes suffisent pour qu’il comprenne que cette femme de quatre-vingts ans doit être le moteur de son documentaire sur le tango. Et comme le tango se danse à deux, il a fallu chercher le partenaire de María : Juan Carlos Copes.

Passion amoureuse, haine et dépendance à l’autre pour faire tanguer les jambes et miroiter les yeux, sont quelques traits que l’on peut dégager du documentaire de Kral. María et Juan se rencontrent très tôt. Ils deviennent partenaires de tango. María raconte que le tango était une activité de pauvres. Une paire de chaussures et deux jambes suffisaient. Et c’est dans les salons de danse, à foison dans les années 50’ et 60’, qu’ils commencent à tanguer ensemble. Ils deviennent rapidement le couple de tango de Buenos Aires.

Passion amoureuse, haine et dépendance à l’autre […]

 Ce même couple qui fera que le tango claque aujourd’hui ses talons partout dans le monde. Ultimo Tango puise sa force dans la relation particulière qu’ont eu Juan et María. Partenaires d’une vie. Amant et amante. Cocu et cocue. La passion a fait son écart quand chacun à un moment donné a préféré prendre son pied.
María Nieves crève l’écran. Elle porte le film. Seule aujourd’hui, la reine de Buenos Aires dégage quelque chose d’incroyablement puissant. C’est une fauve. Elle a passé sa vie à danser et fera certainement claper ses chaussures compensées sur le bois de sa boîte mortuaire. Enchainant les clopes sans retenue, elle dévore le film. Elle en devient le centre. Kral pensait faire un documentaire sur le tango. Il en a fait un biopic sur María.

Les images sont belles, la lumière est impeccable, les chorégraphies sont incroyables.

Ultimo Tango est visuellement beau. Les images sont belles, la lumière est impeccable, les chorégraphies sont incroyables. German Kral a fait le choix de mettre en scène son documentaire. Les images d’archives sont maigres. Mais suffisantes. On entend et on voit Juan et María. Des acteurs, tous d’excellents danseurs, jouent le rôle du couple lorsqu’ils étaient plus jeunes. En parallèle des mots de la baronne et du baron, ces acteurs font danser leur corps pour redonner vie à des moments d’histoire. Kral navigue entre de la reconstitution, où sa petite équipe tente en discutant avec Juan et María de percer le secret tango, et des images spontanées. D’ailleurs, cette spontanéité est menée par le couple. Et c’est sans doute ces moments délicieux qui font le charme du documentaire. À ce propos, le genre documentaire peut être discuté. Parfois, nous avons la sensation de tomber dans de la narration imagée, qui frôle de deux doigts la fiction. Autre petit hic, quelques longueurs. On attendrait d’un documentaire sur le tango un rythme millimétré. Or, les courbettes de la docu-fiction tendent à la minute de trop.

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Ultimo Tango, de German KralPassions amoureuses. L’histoire de Maria et Juan, les deux plus célèbres danseurs de la légende du tango.

Sortie : le 4 mai 2016
Durée : 1h25
Réalisateur :  German Kral
Avec :  inconnus
Genre : Documentaire, musical

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Dora ou les névroses sexuelles de nos parents, film de Stina Werenfels

Dora ou les névroses sexuelles de nos parents
Dora ou les névroses sexuelles de nos parents
Film de Stina Werenfels

Dora ou les névroses sexuelles de nos parents interroge sur la sexualité des handicapés mentaux

Le film de Stina Werenfels se concentre sur Dora, jeune handicapée mentale couvée par des parents qui ne l’ont pas vue grandir. Quand elle fête ses 18 ans, elle revendique son autonomie, son droit à l’amour et ses aspirations à une sexualité ordinaire. Mais l’absence de discernement l’expose aux dangers d’individus sans scrupules et pose la question de sa vulnérabilité dans un monde d’adultes cyniques.

L’amour devient un casus belli différenciant qu’elle ne supporte plus.

Dora ou les Névroses sexuelles de nos parents évoque radicalement le sujet de la sexualité des handicapés mentaux. Hasta La Vista de Geoffrey Enthoven se concentrait en 2012 et avec humour sur la question des handicapés physiques et brisait la barrière avec honnêteté. Le droit à une sexualité normale est une aspiration légitime car réfléchie et désirée. La jeune Dora a un âge mental bloqué à l’enfance mais vit dans un monde d’adultes. Elle s’enthousiasme des ballons et cotillons de sa fête d’anniversaire, ses amis ont un handicap similaire et ses parents la protègent contre elle-même. Tandis que Dora surprend son père et sa mère en pleins ébats amoureux, une impulsion la guide vers autrui pour réclamer un amour qu’elle perçoit comme manquant à son existence.

Car Dora perçoit le regard d’autrui et les réflexions qui la mettent dans une case qu’elle refuse. Handicapée mentale certes mais pas hermétique aux sentiments d’autrui. Sa différence l’obsède de plus en plus et l’amour devient un casus belli différenciant qu’elle ne supporte plus. Dora ne perçoit cependant pas que l’amour ne se réclame pas, il se construit et se vit, processus compliqué dont Dora ne saisit pas toutes les nuances. Sentiments amoureux et ébats se brouillent dans un esprit qui simplifie à l’excès et ne fait pas de différenciation. La rencontre avec un homme ambigu la confronte au plaisir tant réclamé. Et le sujet devient brulant. Abuse-t-il vraiment d’elle alors qu’elle le perçoit comme son « amoureux » et que le plaisir survient ? Pas de violences, pas de contrainte, les relations sont librement consenties. La question se déplace sur le rôle des parents de Dora, incapables de faire face à la situation et de lui fournir des explications propres à l’éveiller.

Le film flirte avec la ligne rouge et la crainte d’assister à l’indescriptible obnubile le spectateur. Le viol, la violence ou l’insupportable sont des risques ignorés par l’innocente Dora mais pourtant bien réels. Les parents revendiquent la liberté pour eux mais peinent à l’appliquer à leur fille. Confrontée à un amour à sens unique et coupé de toute profondeur sentimentale, l’impasse est inévitable. Le film privilégie un réalisme cru, non sans pudeur mais sans tabous. L’actrice Victoria Schulz interprète avec force l’héroïne, mélangeant interprétation et réalité.

Un film qui interroge et aborde un sujet souvent tabou pour le rendre très tangible. Les questions du droit à l’amour dans un contexte de vulnérabilité ne trouvera pas de réponse du jour au lendemain. Après une présence remarquée à la Berlinale 2015 ainsi qu’à d’autres festivals, le film sera présenté prochainement au Festival de Femmes de Créteil, pour un choc bien prévisible. Ne reste plus qu’à attendre une date de diffusion dans les salles françaises.

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Dora ou les névroses sexuelles de nos parents

Alors que sa mère décide de ne plus lui administrer de médicaments, Dora, jeune handicapée mentale de dix-huit ans, commence à s’épanouir. Mais quand Dora découvre sa sexualité, sa lutte pour son indépendance devient de plus en plus risquée. Au grand dam de sa mère, Dora a une relation sexuelle spontanée avec un homme ambigu, évidemment épris de cette sensualité décomplexée. Comme cette rencontre se mue en liaison secrète, les parents de Dora se battent pour protéger leur enfant vulnérable… Rude, cru, organique, Dora s’inscrit dans une réalité sans ltre. Aux antipodes du reportage sociologique, le lm s’appuie sur le jeu exceptionnel des comédiens.

 

Sortie : Pas de date de sortie
Durée : 1h28
Réalisateur : Stina Werenfels
Avec : Victoria Schultz et Lars Eldinger
Genre : Drame

West coast, bande annonce du futur film de Benjamin Weill

West coast
West coast Photo © Julien Panié

West coast, bande annonce du futur film de Benjamin Weill

Benjamin Weill nous prépare un nouveau film : West coast qui sortira sur nos écrans le 27 avril 2016. Après avoir réalisé, Les Infidèles en 2012, Mea Culpa et La crème de la crème en 2014, voilà Benjamin Weill qui nous présente West coast, une comédie qui va nous surprendre et nous faire rire ! L’histoire ne se passe pas sur la côte ouest des Etats-Unis, mais sur la côte ouest française ! En Bretagne, pour être plus précis. Et les héros du film ne sont pas des vrais « bad boys » mais plutôt des ados en pleine crise !

Prêts pour affronter leurs énormes bêtises et vivre leurs aventures de mauvais gars ? Alors, rendez-vous au cinéma pour les rejoindre dès le 27 avril !

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West coastCopkiller, Flé-O, Delete et King Kong ne jurent que par leurs casquettes taguées, jeans baggy et chaînes en or de gangsta rappeurs. Mais ces bad boys de la West Coast sont en réalité Malo, Erwan, Loïc et Brieuc, quatre adolescents maladroits et boutonneux et ils habitent en effet sur la côte ouest… mais à Plougoumelen en Bretagne ! La veille des grandes vacances, Sylvain, un élève populaire, les humilie devant toute la classe. Mais on ne touche pas à leur « Gang » comme ça. Les quatre amis d’enfance décident d’aller à la fête qui réunit tout le collège pour reconquérir leur réputation. Voler un revolver, le perdre, fumer son premier joint, échapper aux gendarmes, ne jamais avoir été aussi proche d’une fille en sous-vêtements… En une journée, Copkiller et sa bande vont vivre la dernière aventure de leur enfance, celle qui restera gravée pour toujours dans leur mémoire.

Sortie : le 27 avril 2016
Durée : 1h20
Réalisateur : Benjamin Weill
Avec : Devi Couzigou, Victor Le Blond, Mathis Crusson

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Robyn Bennett & Bang Bang en concert le 17 mars au Café de la Danse, à Paris

Robyn Bennett & Bang Bang
Robyn Bennett & Bang Bang Photo Single

Robyn Bennett & Bang Bang en concert le 17 mars au Café de la Danse, à Paris

Robyn Bennet & Bang Bang nous revient avec son tout nouveau single : The song is you, déjà disponible, et en écoute ci-dessous. Son album sortira le 8 avril. En attendant, vous pourrez aller l’écouter et la fêter le 17 mars au café de la Danse, à Paris. Réservez vite votre place ! RV sur sa page Facebook pour découvrir toutes les dates de sa tournée !

Communiqué de presse :

Venue des Etats-Unis, Robyn BENNETT nous délivre des mélodies entêtantes, des cuivres explosifs et des rythmes irresistibles accompagnées par des sonorités jazzy. L’atmosphère «rétro-chic » qui s’en dégage, avec sa voix remarquable, ses musiques contagieuses, ses ballades nostalgiques et son swing dansant, fait merveille.

Après plus de 15 ans de scène entre New-York et l’Europe, elle présente son nouvel opus avec un 1er single, rendez-vous le 8 avril pour découvrir l’album complet !!
Jazz, swing, funk, rock country ou encore blues sont au rendez-vous pour une prestation live qui marque les esprits et qui réchauffe les cœurs !! Sur scène le 17 mars au Café de la Danse à Paris et en tournée dans toute la France !

New Single : The song is you :

Merci Patron ! un film désopilant et triste de François Ruffin

Merci Patron ! un film désopilant et triste de François Ruffin
Merci Patron ! Photo © Jour2fête

Merci Patron ! un film désopilant et triste de François Ruffin

François Ruffin, franco-belge, s’intéresse depuis toujours, en tant que journaliste, à la fermeture de grosses entreprises et ses conséquences. Cette fois-ci, il va aller encore plus loin dans ses investigations car il décide de tout filmer, à l’insu de l’autre. Et l’autre, c’est qui ? Bernard Arnaud, l’homme le plus riche de France.

L’histoire de Merci patron ! est toute simple : l’usine Kenzo, à Poix-du-Nord, a fermé ses portes, mettant au chômage près de deux cents personnes, dont la famille Klur. Un costume cousu en Pologne coûte 30€ alors qu’à Poix du Nord, il coûtait 100€. Alors, on délocalise. Les gens du Nord ont travaillé toute leur vie pour LVMH dont le patron n’est autre que Bernard Arnaud. Ils sont licenciés, tous, et sont dans la m… mais ce n’est pas grave. Qui va s’en soucier ?

Son film est plein d’humour, de dérision, d’émotion […]

Mais c’est sans compter sur François Ruffin. Lui, il va s’y intéresser de très près à ces gens-là, et plus particulièrement à la famille Klur, menacée d’expulsion car ne pouvant plus payer ses dettes. Le journaliste va avoir une idée géniale, aidée d’une ex-déléguée CGT de l’ex-usine… Ils vont essayer de piéger le patron de LVMH. Il faut dire que François Ruffin a essayé de l’aborder de nombreuses fois, le très grand (par le porte-monnaie) Arnaud et s’est toujours fait salement remballer. Cette fois-ci, avec l’aide des Klur, il espère réussir ! Son film est plein d’humour, de dérision, d’émotion et franchement même si le sujet est grave et véridique, et triste, on ne peut s’empêcher de rire ! François Ruffin a réalisé son film avec l’équipe de son journal Fakir et n’hésite pas à nous entrainer dans une douce folie à laquelle on se laisse gentiment entrainer. Il va tout faire pour piéger le grand patron de LVMH.

Un film à la fois drôle et triste car tellement vrai.

Bien sûr, on est à fond avec lui et la mayonnaise prend immédiatement. Et toujours avec beaucoup d’humour : «  Moi je suis là pour renouer le dialogue social. J’ai vu des délégués CGT et même des délégués CFDT qui disaient du mal de Bernard Arnault alors j’ai décidé de réconcilier la France d’en haut avec la France d’en bas et de les amener à se parler parce qu’en fait ce qui se passe dans ce pays c’est le manque de dialogue. Si les gens se parlaient il en serait fini de la lutte des classes ». (source reservoirposts)

Pas de publicité pour ce « petit » film, mais un film largement plébiscité par les cinéphiles … de gauche et pas que ! Le succès qu’il reçoit est tel qu’il continue à être diffusé dans pas mal de cinémas en France ! Et à chaque fois, il est applaudi, paraît-il !!! Alors, allez le voir, vous ne serez pas déçu et en plus, vous allez rire et repartir gonflé à bloc ! Il paraît qu’en plus aucune critique sur ce film n’a été publiée dans le journal « Parisien », propriété de qui ? Vous vous en doutez de LVMH. Censuré le film de Ruffin ! En France, eh ben, oui, la censure, ça existe. (marianne.net). Alors, du coup, Publik’art vous demande de faire passer le message du dialogue social et s’offre le luxe de lui décerner son coup de cœur ! Un film à la fois drôle et triste car, hélas, tellement vrai. Longue vie à Merci patron ! et merci surtout à François Ruffin qui a osé s’attaquer à l’intouchable !

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Merci Patron ! un film désopilant et triste de François RuffinPour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison. C’est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d’un inspecteur des impôts belge, d’une bonne soeur rouge, de la déléguée CGT, et d’ex-vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l’assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le coeur de son PDG, Bernard Arnault. Mais ces David frondeurs pourront-ils l’emporter contre un Goliath milliardaire ? Du suspense, de l’émotion, et de la franche rigolade. Nos pieds nickelés picards réussiront-ils à duper le premier groupe de luxe au monde, et l’homme le plus riche de France ?

Sortie : le 24 février 2016
Durée : 1h24
Réalisateur : François Ruffin
Avec : inconnus
Genre : Documentaire

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Féline, pièce poétique mais obscure à l’Aktéon Théâtre

Féline

Féline, pièce poétique mais obscure à l’Aktéon Théâtre

Féline à l’Aktéon Théâtre met en scènes trois femmes. Elles se livrent et se mettent à nu. Leurs pensées secrètes sont dévoilées dans des confessions poétiques et débridées. Elles parlent d’elles, de leurs rêves et de leurs angoisses. Les monologues croisés interpellent mais pêchent par un excès d’obscurité nébuleuse.

Leur hermétisme interroge tant sur le fond que sur la forme

Féline fait cohabiter poésie et surréalisme dans une ambiance pesante et troublante. La mise en scène minimaliste privilégie le jeu d’actrices mises à nues mais non point dénudées. Les confidences invoquent petits moments du quotidien et obsessions intimes. Les 3 personnages semblent incarner différentes faces d’une même réalité, cette femme complexe et à jamais insatisfaite. La pudeur le dispute aux aveux délurés. Le fond de la scène cache un personnage mystérieux sous d’épais draps froissés, comme une bête tapie dans l’ombre qui agrippe les corps pour assouvir son insatiable appétit.

Des considérations existentielles s’égrènent au fur et à mesure de changements d’accoutrements symboliques. Mais si les apartés enchainent de belles pensées poétiques, leur hermétisme interroge tant sur le fond que sur la forme. Les femmes sont complexes et semblent se compliquer inutilement la vie. Tant de proximité avec les personnages interroge sur leur vie, leur quotidien, leur travail ou leur enfance. Tant de sujets non abordés et laissés de côté. Le réalisme n’est abordé que par le petit bout de la lorgnette et l’onirisme est ostensiblement privilégié, au risque de perdre quelques spectateurs en route…

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Féline, c’est cet appétit insatiable, urgent. C’est cette envie d’y croire et d’y croire toujours. Féline, c’est se dire qu’on est l’héroïne de sa propre histoire. Féline, c’est cette angoisse aussi. Féline, c’est le chemin de trois femmes exaltées : Blanche, Lou et Pomme qui révèlent avec poésie, sensibilité et insolence des pensées inavouables, le cœur de leur intimité…

Féline c’est oser se livrer pour se dépasser mais c’est aussi le jeu sans filet de ce trio face à un personnage énigmatique : un homme zébré qui jubile en les écoutant et les pousse à devenir une seule et même FEMME FÉLINE. La pièce oscille entre confidences troublantes, dialogues quotidiens et surréalisme, elle exalte le mystère et le fantastique du puissant vertige de l’impact amoureux. Poussée par le désir, la femme qui se sent chatte, oiseau, dinde, tigre, entraine avec sincérité et dérision le spectateur dans un voyage où les sensations en sont le paysage.

Dates : Du 19 dévier au 19 Mars 2016
Lieu : Aktéon Théâtre (Paris)
Metteur en scène : Mathieu Farhi
Avec : Marie-Emilie Michel en alternance avec Delphine Alexandre, Christelle Beausire, Laura Mokaiesh, Sébastien Martin

Boitelle et le café des colonies : une BD de Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice (Grand Angle)

Boitelle et le café des colonies Boitelle et le café des colonies : une BD de Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice (Grand Angle)

Boitelle et le café des colonies est l’adaptation en bande-dessinée d’une nouvelle de Maupassant, parue en 1889 dans l’écho de Paris. Dider Quella-Guyot nous livre ici sa version très touchante de Boitelle, ce pauvre homme dont le métier était de réaliser toutes les sales besognes, telles que vider le purin ou creuser des trous.

Boitelle en a malheureusement bien conscience, et trouve sa vie bien triste. Il nous raconte ici comment il est passé à côté d’une vie meilleure alors qu’il n’avait que vingt ans. En effet, alors soldat au Havre, il rencontre un jour, devant le café des colonies, une charmante jeune femme de couleur dont il tombe éperdument amoureux. Il décide de l’épouser, à la seule condition que ses parents l’acceptent. Malheureusement, le racisme à cette période est bien trop virulent, et le couple de paysans, même s’ils apprécient la jeune femme, refuse que leur fils l’épouse. Voilà comment il se retrouve aujourd’hui dans cette position.

Les dessins de Sébastien Morice sont d’une très grande qualité pour illustrer ce récit. Les personnages y sont très expressifs et la colorisation nous fait penser à un film d’animation. On regrette néanmoins que Boitelle et le café des colonies soit si court !

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Malmené par la vie, le père Antoine Boitelle se remémore sa chère jeunesse : lorsqu’il était soldat au Havre, à rêver devant les navires en partance pour les pays lointains ; son coup de foudre pour la belle Norène, une jeune Africaine serveuse au Café des colonies. Si le jeune Antoine vécut une immense passion, il se heurta également à la laideur du racisme quotidien et à la résistance de ses parents, paysans, face à un mariage beaucoup trop « coloré » à leur goût.

Date de parution : le 6 janvier 2016
Scénariste(s) : Didier Quella-Guyot
Dessinateur(s) : Sébastien Morice
Editeur : Grand Angle
Prix : 13,90 € (48 pages)
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L’encyclopédie curieuse et bizarre volume II – les chats de Billy Brouillard par Guillaume Bianco (Soleil)

L’encyclopédie curieuse et bizarre volume II – les chats de Billy Brouillard par Guillaume Bianco (Soleil)L’encyclopédie curieuse et bizarre volume II – les chats de Billy Brouillard par Guillaume Bianco (Soleil)

L’Encyclopédie curieuse et bizarre, volume deux, nous amène tout droit dans l’univers de nos compagnons à quatre pattes : les chats.

Guillaume Bianco, à la fois scénariste et dessinateur n’en est pas à son premier coup d’essai (L’encyclopédie curieuse et bizarre : les fantômes ; Billy Brouillard, le chant des sirènes…). Avec cette encyclopédie sur les chats, il signe un véritable coup de maître. Que l’on aime ou non (et cette option va être difficile), on ne peut que reconnaître le travail monumental qu’il a accomplit pour nous offrir sa vision du félin. En articulant sa bande-dessinée en trois parties, il nous décrit dans un premier temps tout ce que l’on a à connaître sur les chats (l’ABC du chat). La seconde partie, quant à elle nous amène dans le mystique avec des histoires de chat, mais surtout celle d’un chat en particulier, Tarzan, fidèle compagnon de l’auteur. Enfin, Les trucs et astuces matoumatiques de la dernière partie sont une belle invitation au jeu et à l’imagination. Guillaume Bianco alterne habilement entre humour, fantasmes et vérités scientifiques. On ressent nettement la nostalgie à l’évocation de son Tarzan et on le comprend.

La qualité de l’édition est impressionnante pour cette encyclopédie, et l’alternance des pages en couleurs style parchemin et du noir et blanc en fait un ouvrage très complet. A recommander d’urgence, surtout pour les plus jeunes qui se délecteront à lire dans tous les sens, et dans tous les recoins cette excellente bande-dessinée. Vivement celle des chiens !

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À l’instar du premier volume de cette encyclopédie, ce second opus – consacré aux chats – est scindé en trois parties : L’ABC du chat, Histoires de chats et Trucs & Astuces Matoumatiques. Les L’ABC du chat répond à toutes les questions liées à cet animal, grâce à Billy Brouillard qui s’interroge avec humour et curiosité : Comment les chats font-ils pour ronronner ? Pourquoi enterrent-ils leurs cacas ? Comment font-ils pour se lécher les orteils ? Etc. Dans Histoires de chats, un voile se lève : Billy raconte tout sur son regretté chat, Tarzan, sur son tricot super capuche et surtout, sur… la GENÈSE DE SON DON DE TROUBLE VUE ! Enfin, la rubrique Trucs & Astuces Matoumatiques propose une série d’exercices très spéciaux qui permet d’acquérir les aptitudes des chats et de devenir, comme Billy, un… super héros ! Ne le répétez pas, mais… le chat, c’est un animal… MAGIQUE !

Date de parution : le 12 novembre 2015
Scénariste(s) : Guillaume Bianco
Dessinateur(s) : Guillaume Bianco
Genre : Humour encyclopédique
Editeur : Soleil
Prix : 14,95 €
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Kendrick Lamar, l’art de la déstabilisation permanente

Kendrick Lamar
Kendrick Lamar sur la scène des Grammy Awards à Los Angeles, le 15 février 2016


Kendrick Lamar, l’art de la déstabilisation permanente

Kendrick Lamar a l’art de nous déstabiliser. Cela tient globalement à sa grande qualité d’artiste. Qui n’a jamais en effet ressenti un émoi perturbateur devant les plus grands, qu’ils soient chanteurs, peintres, écrivains, danseurs ou sportifs. Tous détiennent la capacité de nous perturber par leur excellence.

Mais ce sentiment constant de ne plus savoir sur quel pied le rappeur de Compton nous fait danser, tient, si on essaye de creuser un tant soit peu, à un inventaire de plusieurs facteurs. Et premièrement à un effet de surprise qu’il exerce à la perfection.

Kendrick nous surprend, le 16 mars 2015, quand il sort une semaine en avance sur la date prévue To Pimp A Butterfly, qui s’avèrera être sans conteste le meilleur album hip/hop de l’année, toutes catégories confondues. Kendrick nous surprend par l’aspect même de TPAB : bien plus hermétique et abstrait au niveau musical que l’antérieur Good Kid, M.A.A.D. City et plus frontalement engagé encore au niveau des textes, ce nouvel album nous demande une plus grande qualité d’écoute. Il s’avère aussi, dans l’ensemble, bien différent de l’entrain pop du premier single déjà dévoilé depuis plusieurs semaines alors à ce moment-là, « i ».

Kendrick nous surprend encore, le 15 février dernier, quand, lors de sa prestation aux Grammy Awards (qui lui décerneront cinq récompenses méritées dont celle du meilleur album rap), et comme en pied de nez à l’actuelle ultra-incarcération des afro-américains aux Etats-Unis, il débarque sur scène, en uniforme de détenu, le pas fatigué et affublé de menottes dont les cliquetis répétitifs nous hantent encore les oreilles, pour une magnifique performance live. Un véritable show, à l’américaine certes, mais d’une puissance glaçante.

Enfin, Kendrick nous surprend quand le vendredi 4 mars dernier, sans en avertir les badauds, il sort un album androgyne, entre la mixtape et l’album, sorte de prototype venant du passé composé de productions datées principalement de 2014, soit pendant la période d’enregistrement de TPAB. Sobrement intitulé untitled unmastered, paré d’une pochette vert kaki monochrome, ce dernier surfe naturellement sur l’ambiance créatrice de son prédécesseur multiplement sacré aux Grammys. Plus lâche et épars, les puristes apprécieront son aspect plus rêche et spontané, dans la plus pure tradition « ready-made » du hip/hop.

Foudroyant, fluide et précis : un modèle de technique

Mais ces effets de surprise ne sauraient bien évidemment expliquer à eux seuls la valeur de l’artiste. Le succès de Kendrick Lamar se fonde sur un perfectionnement musical poussé, une attention minutieuse consacrée aux moindres détails. Une rigueur peut-être empruntée à la légende Dr Dre, avec qui il a l’opportunité de travailler, après que ce dernier a repéré, il y a quelques années, son énorme potentiel. «Il est perfectionniste, la musique c’est une science pour lui » nous disait Kendrick à son propos, dans une interview pour Clique.tv.

Kendrick Lamar cultive également une qualité de flow actuellement inégalée. Foudroyant, fluide et précis : un modèle de technique pour tous les jeunes mc’s tentant de percer. Sur un de ses morceaux les plus anciens, devenus cultes pour tout bon fan qui se respecte, Ignorance Is Bliss (ci-dessous en libre écoute), il nous avait débité un couplet intemporel de près d’une minute, nous giflant sans nous prévenir et sans prendre ne serait-ce qu’une bouffée d’oxygène. Ou quand la performance physique rejoint la performance artistique.

L’année dernière, les arrangements et accompagnements de To Pimp A Butterfly, s’affairant à emprunter au spectre entier de la musique noire-américaine, de la soul au jazz, constituaient une caractéristique rare (unique ?) dans la production du rap américain actuel. Un projet monstre, mais brillamment maitrisé au final.

Cette quête perpétuelle de perfection s’effectue chez Kendrick en toute sérénité. Son humilité apparait jusque dans les codes dont ils ne s’embarrassent pas. Il ne fume pas, ne fait pas d’excès de boissons, ne s’encombre pas de bijoux, et entame souvent ses prestations scéniques en simple t-shirt/jean. Après avoir arboré le pseudonyme de K-Dot, il ne s’intéressa même plus à populariser un nom de scène. Son nom de naissance suffira, une singularité dans le milieu du hip/hop.

Kendrick Lamar est déjà culte.

Kendrick n’a pas besoin de tous ces artifices : il est sorti tout droit de Compton (clin d’œil au film à succès de F. Gary Gray, sorti l’année dernière). Il n’a fait aucun détour, comme il l’avait confié au célèbre comique américain Stephen Colbert, lors d’une interview décalée. L’appartenance à sa communauté, malgré le succès commercial vertigineux, il la tient par la grande vérité et authenticité de son écriture. Son mode de vie à l’opposé de beaucoup de gansta-rappeurs ne l’a en aucun cas fait tomber dans le rap moralisateur. A vrai dire, pourquoi donner des leçons ? Ce dont il se préoccupe, c’est de peindre la réalité nue et sans voile de la rue, celle qu’il a vécu dès son enfance dans cette modeste ville du comté de Los Angeles, mine d’or historique du rap US.

La complexité presque schizophrène de son écriture fait qu’il n’a pas eu peur d’écrire très cruellement pour lui-même « je suis le plus grand hypocrite de 2015 » pour amorcer son tube The Blacker The Berry, avant de mettre en perspective, dans ce même morceau, l’indignation de la communauté noire suite aux tragiques homicides perpétrés par la police, avec la situation sociale actuelle de ces villes menant les personnes de cette même communauté à s’entretuer. Les regains de tension entre policiers blancs et personnes afro-américaines ne doivent pas nous faire oublier qu’une grande partie des crimes aux Etats-Unis demeurent en effet intra-communautaires et intra ghettos pauvres. Pour conclure ce même morceau, il rappe, terriblement : «pourquoi je me suis mis à pleurer quand Trayvon Martin était dans la rue, alors que les gangs me font tuer un mec encore plus noir que moi ? »

Kendrick Lamar untitled masteredKendrick Lamar est un artiste global. Il réconcilie maitrise de l’aspect show et marketing des grands artistes pop, et grande intégrité artistique. Il parle à la fois à la culture populaire et à celle plus intello de la sphère politique. Ce faisant, il jette la réalité du ghetto devant le parvis de la Maison Blanche mais aussi celui de notre monde ultra-connecté, plus alerte encore qu’à l’époque où le défunt Tupac, son idole, rappait sur l’engagé White Man’z World. Le mouvement social Black Lives Matter s’est d’ailleurs approprié le slogan « We gon’t be alright », issu de Alright, un des titres les plus célèbres de To Pimp A Butterfly. Il a fait se prolonger la position politique de pointe de la musique noire américaine.

Il fut un temps où Billie Holiday chantait Strange Fruit, frissonnante chanson sur les lynchages extra-judiciaires de noirs. Il fut un temps où Marvin Gaye s’indignait contre une époque guerrière dans l’album What’s Going On, où Gil Scott-Heron dénonçait par ses chansons-poèmes la politique du gouvernement américain vis-à-vis de la pauvreté. Les exemples des artistes noirs-américains engagés politiquement sont légion. Lamar est, en 2016, dans cette droite ligne. Et il semble actuellement un bien seul représentant de ce rap politique sans concession parvenant à toucher un public large. Kanye West s’est également politisé mais de manière plus égocentrique, dirons-nous.

Kendrick Lamar est déjà culte. Mais notre admiration ne doit en aucun cas détenir le pouvoir de l’apprivoiser, ou encore pire, de le prévoir. L’ouïe à peine remise de l’écoute de Untitled Unmastered, nous attendons déjà avec impatience le moment où le « good kid » venu de la « mad city » de Compton devenu le meilleur rappeur (du monde, de la décennie ? à vous de vous faire un avis) nous fera une fois de plus tomber à la renverse. Même si c’est pour un album fourre-tout de chutes comme le dernier venu, dans lequel on ne sait pas sur quoi tomber. Mais dans la discographie de Kendrick Lamar, comme chez le mendiant affamé d’une pauvre banlieue américaine périphérique et délaissée, chaque « poubelle » est bonne à ouvrir.

untitled unmastered. (Aftermath/Interscope) disponible depuis le 4 mars dernier

Rimbaud, l’explorateur maudit : une BD de Thomas Verguet et Philippe Thirault (Glénat)

RimbaudRimbaud, l’explorateur maudit : une BD de Thomas Verguet et Philippe Thirault (Glénat)

Rimbaud, l’explorateur maudit nous amène tout droit dans la vie que l’on connaît peu d’Arthur Rimbaud, qui est celle d’un aventurier, d’un explorateur. Rimbaud, dont les poèmes sont reconnus et applaudis de tous, et ce depuis sont plus jeune âge, a très vite ressenti le besoin de découvrir d’autres pays et même d’autres continents.

Les voyages en bateau pendant de longs mois, les différentes maladies qui l’ont terrassé ne l’ont jamais freiné. Cette bande-dessinée nous raconte le périple de Valentin Bracq, son ami de toujours, pour suivre les traces des aventures du poète parti en Abyssinie (actuelle Ethiopie) pour faire commerce. Ce fut le dernier voyage de Rimbaud, qui succomba à une synovite aggravée à 37 ans.

Le dossier historique à la fin de la bande-dessinée est très intéressant, car il nous relate toute la vie de Rimbaud et est richement illustré. Le récit de Philippe Thirault est malheureusement quant à lui un peu plus hasardeux, notamment à cause de ces bons entre l’époque de Rimbaud et celle de Valentin Bracq ; on s’y perd un peu parfois.

A noter les très belles illustrations de Thomas Verguet et Céline Labriet, qui nous plongent dans les chaleurs intenses de l’Ethiopie et nous confronte ainsi aux dures réalités du périple du poète.

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On connait Rimbaud le poète. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’à l’âge de 29 ans, il partit seul étudier une région dangereuse et inexplorée de l’Ethiopie. Ce travail fut publié par la Société de Géographie française. C’est sur les traces de ce Rimbaud « l’explorateur » que part Valentin Bracq, son ami d’enfance. En 1892, il arrive à Harrar dans l’ancienne maison de l’auteur. Rimbaud est déjà mort de la gangrène. Valentin va alors mener une véritable enquête, et revivre le voyage de son ami en Abyssinie comme si c’était le sien.
Grâce à la collection « Explora », découvrez une autre facette de l’un des plus grands auteurs français : Rimbaud, l’explorateur maudit. Celui dont, toute sa vie durant, le goût du voyage accompagnera une œuvre tourmentée et flamboyante.

Date de parution : le 2 mars 2016
Scénariste(s) : Thomas Verguet
Dessinateur(s) : Philippe Thirault
Editeur : Glénat
Prix : 14,95 € (56 pages)
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Michel Fau, lauréat du prix du Brigadier 2015

Michel Fau, lauréat du prix du Brigadier 2015
Photo Michel Fau

Michel Fau, lauréat du prix du Brigadier 2015

Le Prix du Brigadier, créé en 1960 à l’initiative de l’Association de la Régie Théâtrale reconnue d’Utilité publique, subventionnée par la Ville de Paris et l’Association pour le Soutien du Théâtre Privé, récompense l’évènement théâtral de la saison écoulée et met à l’honneur cette année, Michel Fau, un artiste aussi complet que créatif.

Michel Fau s’est vu remettre le prix du Brigadier 2015, vendredi 11 Mars à la Comédie des Champs Elysées pour ses mises en scène au Théâtre de l’œuvre : Un amour qui ne finit pas qui nous avait emballé, et au Théâtre Antoine : « Fleur de Cactus ».

Michel Fau dont on connait la folie inventive  mettra en scène Chantal Ladesou à partir du 08 septembre 2016 dans « Peau de Vache », une comédie de Barillet et Gredy au Théâtre Antoine.

Un amour qui ne finit pas  avec Léa Drucker, Pascale Arbillot, Pierre Cassignard, Michel Fau et la participation de Philippe Etesse, reviendra au  au Théâtre Antoine du 17 mai au 8 juillet 2016, à vos marques donc si vous n’avez pas encore vu ce petit bijou théâtral.

Topaze, tome 1 : BD de Serge Scotto, Eric Stoffel et Eric Hubsch (Grand Angle)

TopazeTopaze, tome 1 : BD de Serge Scotto, Eric Stoffel et Eric Hubsch (Grand Angle)

Topaze est l’adaptation graphique d’une pièce de théâtre de Marcel Pagnol jouée pour la première fois à Paris en 1928. L’histoire est celle d’un homme quelque peu crédule, qui enseigne la morale à de jeunes élèves. Il donne également des cours particuliers à un garçon de bonne famille élevé par sa tante dont les charmes certains le troublent quelque peu. L’école où il travaille est dirigé par Monsieur Muche, qui s’avère être également le père de la belle enseignante, dont Topaze est amoureux.

Cette dernière abuse de cet attrait et mène l’homme épris par le bout du nez. Mais un jour, la mère d’un des enfants s’offusque des mauvaises notes qui ont été données à son fils et le pauvre Topaze se voit renvoyé, d’autant plus que Monsieur Muche a appris qu’il convoitait sa fille. Le voilà alors sans travail, mais de mauvaises rencontres vont le mener dans des histoires moins glorieuses.

Eric Stoffel et Serge Scotto essaient ici de donner autant de relief à Topaze que sur scène. Le récit s’y prête très bien et on perçoit la subtilité des différents personnages. Les dessins d’Eric Hubsch sont très joyeux et réalistes, avec une couleur qui donne beaucoup de pep’s. Belle adaptation de Marcel Pagnol pour Topaze !

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Naïf et sincère, Topaze est professeur de morale dans un pensionnat dirigé par Monsieur Muche, dont le principal souci est de ne pas déplaire aux riches parents de ses élèves. Or, c’est précisément la faute que commet Topaze en refusant de mettre une bonne note à un élève qui ne l’a pas méritée. Apprenant par mégarde que Topaze souhaite épouser sa fille, Muche, furieux, le licencie. Congédié, le professeur trouve une place de secrétaire auprès d’un homme politique à la moralité douteuse. Topaze se retrouve entraîné dans des affaires louches, bien loin des leçons de morale qu’il enseignait à ses élèves.

Date de parution : le 2 mars 2016
Scénariste(s) : Serge Scotto, Eric Stoffel
Dessinateur(s) : Eric Hubsch
Genre : Adaptation
Editeur : Grand Angle
Prix : 15,90 € (58 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

Person A, nouvel album de Edward Sharpe and the Magnetic Zeroes

PersonA, nouvel album de Edward Sharpe and the Magnetic ZeroesPerson A, nouvel album de Edward Sharpe and the Magnetic Zeroes

La décade, dix pages, dix personnages, dix musiciens, est de retour. Edward Sharpe and the Magnetic Zeroes est de retour. Et on dit oui.

Cette troupe active depuis 2007 à l’heureuse manière de matérialiser le bonheur, l’optimisme et l’amour à l’aide de chansons, des cymbales et de guitares. L’amour oui. L’optimisme carrément. Le bonheur, à la pelle. Home, fulgurance sortie en 2009 est devenue la cariatide de leur élévation sur la grande scène. On retrouve Home dans des séries (Community, Glee, Modern Family) et dans la petite boîte appelée télévision, pour des publicités. Ils explosent. D’autres chansons sont notables comme Mayla, incroyable histoire d’un « je t’aime », ou I don’t wanna pray. Ce qui singularise la bande, c’est l’extrême liberté qu’elle laisse paraître, et la folle abondance du cœur dans leurs chansons.

Une troupe de shamans au spirituel monstre […]

Ils sont dix. Mais peuvent être douze, quinze ou vingt, peu importe en somme. Ce qu’ils sont ? Une troupe de shamans au spirituel monstre, alternant guitares et banjos, rugissements et chuchotements, lyrisme amoureux et petites histoires prenantes. Et ils sont de retour. Sortira le 15 avril 2016 Person A, leur quatrième album. On retrouve tout ce qu’on aime chez Edward Sharpe and the Magnetic Zeroes. L’univers, l’amour, les gens. Alex Ebert aussi, tous les autres. Ce nouvel album est une invitation à aimer. Pas de démagogie. De la pure cocaïne émotionnante qu’on sniffe par les oreilles et qui file droit au cœur. Plus jazzy (enregistré à La Nouvelle Orléans), Person A témoigne d’une évolution tout en gardant le ton propre au groupe. Alex Ebert, leader du groupe, déclare d’ailleurs que leur évolution est naturelle : « Nous avons longtemps été une expérience sociale en premier lieu, puis des musiciens en second. Cependant, au fil des heures passées ensemble nous nous révélions être un groupe de musiciens qui pouvaient vraiment jouer ensemble. » Jouer ensemble. Tout le monde joue, danse, chante. C’est comme une sorte de carriole sortie d’un western qui roulerait dans les plus incroyables et poétiques endroits, peinte de toutes les teintes possibles, où la troupe, derrière, gratterait et pousserait la chansonnette. Quand on ferme ces dix pages de l’album, une seule chose nous rend vraiment triste. Devoir attendre le prochain tome.

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Edward Sharpe and The Magnetic Zeros, Person A : No Love Like Yours :

O (Olivier Marguerit) chante une rivière vivifiante

Olivier Marguerit
O – Olivier Marguerit

O (Olivier Marguerit) chante une rivière vivifiante

A quoi tient une chanson ? Une guitare folk, des percussions légèrement frappées, des notes pianotées comme transparentes pour accompagner des paroles faussement naïves, la description d’une jolie petite rivière, tout cela au bord d’une piscine, et nous voilà atteindre une forme de volupté.

Olivier Marguerit, auteur-compositeur-interprète depuis peu, ayant longtemps muri en tant que guitariste du groupe de folk-pop Syd Matters, a préféré se réfugier derrière la lettre O au moment de se lancer en solitaire dans le grand bain. Ce dernier mot prend tout son sens quand on sait que l’élément aquatique revient souvent à nos oreilles dans son premier album intitulé, presque logiquement, Un Torrent, La Boue.

[U]n puissant élixir (…)

Il y a dans cette lettre – la quinzième de l’alphabet – quelque chose d’infini et protecteur, sans aspérité aucune, comme un grand lac au repos, la nuit, quand aucun baigneur n’ose plus y nager et créer des vagues. L’écriture simple et minimaliste de O cache de nombreux aspects secondaires. Il confiait à la fin février au magazine Modzik apprécier « être apparemment lisible/simple pour amener à découvrir une lecture plus cachée ». Au même titre qu’un Mathieu Boogaerts, par exemple, de simples évocations suffisent à nous emporter.

La rivière décrite est toute fluette, un simple « fil d’Ariane », mais ses pouvoirs sont insoupçonnés. La voix de O participe du même effet, fragile et grêle, non assurée. Toujours est-il que l’association du sujet et de l’interprète, aussi délicats soient-ils, se révèle un puissant élixir capable de solidifier nos sentiments et notre humeur lorsque ces derniers se liquéfient.

La description de cette rivière a quelque chose de vivifiant, et c’est sans doute parce qu’elle nous suggère, dans un élan optimiste, qu’elle continuera à couler à nos côtés, coûte que coûte, qu’importe ce qu’elle rencontre dans son lit, et que même nos pleurs alimenteront son courant.

Un vrai remède, on vous dit.

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Un Torrent, la Boue, premier album disponible (Vietnam label/Because Music)
O sera en concert le mardi 29 mars 2016 à la Maroquinerie (Paris)

Les seigneurs de la terre, tome 1 : une BD de Fabien Rodhain et Luca Malisan (Glénat)

Les seigneurs de la terreLes seigneurs de la terre, tome 1 : une BD de Fabien Rodhain et Luca Malisan (Glénat)

Les seigneurs de la terre est une BD originale qui traite du monde agricole, de la mondialisation et de la recherche du profit. Le scénariste, Fabien Rodhain qui écrit pour la première fois au service du neuvième art, nous livre ici un récit d’une très grande qualité. L’intrigue est haletante, les dialogues rondement menés, ce qui se comprend très bien car Fabien Rodhain est avant tout un écrivain de roman.

L’histoire est celle de Florian, avocat en droit des familles émérite, qui est plongé dans des milieux très mondains pour raison professionnelle, mais avant tout personnelle, car sa fiancée à la folie des grandeurs. Lui ne se reconnaît pas du tout dans ce rôle. En proie à de violents cauchemars qui lui rappellent la mort de sa mère alors qu’il était jeune enfant, il est convaincu que la vraie vie se trouve ailleurs. Son père, président d’une corporation agricole, l’emmène avec lui comme traducteur lors d’un voyage au Paraguay pour y visiter des cultures de Soja. Il en revient transformé, persuadé qu’il a un rôle à jouer dans l’exploitation de son père pour donner un sens à sa vie. Mais pour cela, il va devoir convaincre sa future femme …

Les dessins de Luca Malisan (In vino veritas, Les amants de Carcassonne), pourtant un peu vieux jeu, sont d’une précision déroutante. Les visages des personnages d’une très grande beauté et les décors très bien détaillés.

On attend donc avec une grande impatience le tome 2 des Seigneurs de la terre !

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1999. Florian, jeune avocat, est le fils d’un puissant agriculteur en sud Rhône-Alpes, président de la coopérative régionale. Alors qu’il n’y connait rien (ou presque) au travail de la terre, Florian accompagne son père pour un voyage d’études au Mexique, financé par un fournisseur de pesticides. Sur place, il est frappé par la misère et l’impact désastreux de l’agriculture occidentale industrialisée sur la population locale… et sur le monde. Cette épreuve est un choc pour Florian, qui sent alors retentir en lui l’appel irrépressible de la terre. À son retour, impossible de résister : le jeune homme deviendra paysan. Mais contrairement à son père, il privilégiera une agriculture écologique et responsable. Anne, sa fiancée, voit d’un mauvais œil ce revirement de carrière… Et que dire de son père, qui incarne l’agriculture productiviste, censée  » nourrir la planète  » à grand renfort de technologie et de chimie !
Fabien Rodhain, écrivain et conférencier spécialisé dans le domaine, et Luca Malisan signent avec Les Seigneurs de la terre une saga familiale placée sous le signe de l’agriculture, décrivant les rouages de ce secteur, son implication dans notre société et son évolution au sein des mentalités. Suivez le parcours initiatique d’un jeune avocat à la découverte d’un monde nouveau et impitoyable, avec en point d’orgue la confrontation entre agriculture biologique et intensive.

Date de parution : le 10 février 2016
Scénariste(s) : Fabien Rodhain
Dessinateur(s) : Luca Malisan
Editeur : Glénat
Prix : 13,90 € (48 pages)
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Alias Maria, un film terriblement dur de José Luis Rugeles

Alias Maria
Alias Maria Photo © Urban Distribution

Alias Maria, un film terriblement dur de José Luis Rugeles

Jose Luis Rugeles réalise avec Alias Maria un film qui se rapproche davantage d’un documentaire que d’une fiction. D’ailleurs pour choisir ses acteurs, Jose Luis Rugeles a choisi des jeunes qui avaient vécu les horreurs de la guerilla en Colombie. Il a également fait de nombreux interviews d’enfants filles-soldats avant d’écrire son film.

Maria, interprétée par Karen Torres, est une jeune fille de 13 ans. Mais pas comme toutes les jeunes filles de cet âge. Elle, elle est devenue enfant-soldat. Elle fait partie des « guerilleros », et traverse la jungle colombienne et vit la guerre au quotidien. Un jour, sa mission est de déposer le bébé du commandant du camp, dans un endroit sûr et secret. Alors qu’elle est elle-même enceinte, elle doit s’occuper de ce bébé avec l’arme sur l’épaule.

[…] des villages massacrés, des scènes d’horreur, insoutenables […]

On la voit durant près d’une heure trente, traverser la jungle, souffrir, marcher jusqu’à épuisement, accompagnée de son chef qui est aussi son amant et son bourreau, et d’un autre enfant soldat encore plus jeune qu’elle. De la violence, encore et encore.

Les épreuves seront terribles et on ne sait jusqu’où l’horreur va se poursuivre. De très gros plans sur Maria accentuent cette guerre qui ne s’arrête jamais et dont personne ne sort indemne. On voit des villages massacrés, des scènes d’horreur, insoutenables, heureusement très brèves. Mais les dégâts de la guerre sont là et irrémédiables.

Un film qui ne peut que nous marquer et que l’on n’oubliera pas. Excessivement dur, mais, hélas, très proche de la réalité.

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Alias MariaMaria 13 ans, est une enfant-soldat. Un jour, le commandant du camp, père d’un nouveau-né, confie à Maria ainsi qu’à trois autres guérilleros, la mission de le mettre en sécurité dans une ville voisine. Par le regard de Maria dont on suit le périple, c’est un pays en guerre qui se révèle. Restent la force et l’espoir portés par la vie.

Sortie : le 9 mars 2016
Durée : 1h32
Réalisateur : José Luis Rugeles
Avec :  Karen Torres, Carlos Clavijo, Erik Ruiz
Genre : Drame, guerre

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Gérémy Credeville, spectacle jubilatoire « Parfait et Modeste »

 

Gérémy Credeville
Gérémy Credeville
Parfait et Modeste
Théâtre des Blancs Manteaux

Gérémy Credeville, spectacle jubilatoire « Parfait et Modeste » au Théâtre des Blancs Manteaux

Gérémy Credeville l’avoue avec dépit, chacune de ses apparitions déchaine les passions. Depuis sa venue au monde, les femmes sont folles de son corps. Et pas seulement… Sa modestie naturelle en prend un coup et il s’en explique pendant ce spectacle jubilatoire. Parfait et Modeste guide une audience conquise dans les méandres existentiels de ce bogoss perturbé par son irrésistible charisme. Le spectacle est gentiment adulte et flirte avec la ligne rouge sans jamais tomber dans le graveleux. Une heure de plaisir comique à découvrir d’urgence.

Gérémy Credeville reprend le fil de son existence avec un air-de-pas-y-toucher faussement candide mais vraiment drôle. De sa naissance à ses techniques de séduction, c’est à une confession burlesque que se livre le playboy débarqué dans la capitale. Seul sur scène et parfois seul au monde, il manie la répartie avec art et enchaine les reflexions philosophiques décalées. Les sketchs dézinguent dans à tout va, personne n’est épargné. Hommes, Femmes, homos ou hétéros sont élégamment brocardés sans une once de méchanceté mais avec un zeste de provocation. Le vocabulaire anatomique masculin est manié avec mesure, sans excès et toujours avec a-propos. Un sourire charmeur, un regard aguicheur et les zygomatiques risquent la surchauffe.

Gérémy Credeville livre un One Man Show qui vise juste et atteint sa cible. La salle rit aux éclats une heure durant. Un divertissement parfaitement calibré pour conquérir les foules et augmenter rapidement le taux de natalité de la capitale (ahah!).

Dates : Tous les Mercredis à  21h. Les jeudis, vendredis, samedis à 21h30
Lieu : Théâtre des Blancs Manteaux (Paris)

Metteur en scène : Stéphane Casez
Avec : Gérémy Credeville

 

Mecs Meufs, un court métrage excellent de Liam Engle, en intégralité

Mecs Meufs, un court métrage excellent de Liam Engle
Mecs Meufs Photo © Xavier Dolléans

Mecs Meufs, un court métrage excellent de Liam Engle, en intégralité

Liam Engle réalise un court métrage de 13mn qui est centré sur la relation homme-femme. La drague, pour être précis. Toutes les femmes se font draguer. Et tout le monde trouve ça normal et même charmant ! Seules les femmes souffrent de cet état de « femmes draguées ». Et si on inversait les rôles ? L’espace d’un court instant, l’homme, Bob, va ressentir ce que veut dire « se faire draguer » pour une fille. Les geste de Bob, ses réactions, sa tête, ses ressentis en disent long sur le sentiment d’être dragué ! A vous de voir !

Ce court métrage a déjà reçu 30 prix dont 10 pour le Meilleur film et 6 pour le Meilleur scénario et 5 Prix du public ! Il a été sélectionné dans plus de 100 festivals ! Et Publik’Art lui décerne son coup de cœur !

 

Mecs Meufs
Mecs Meufs Photo Prix
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Mecs MeufsEn France, les filles ne draguent pas les mecs. Ou alors c’est trop rare, ou trop discret. Bob a 28 ans et en marre de ce constat. A toutes les filles qu’il rencontre, à chaque fois la même question : « Pourquoi vous ne nous draguez jamais ? Pourquoi c’est toujours à nous de faire le premier pas ? ». A force, il est passé maître dans l’art de débattre avec les filles. Il connait leurs arguments par cœur et peut tous les démonter. Mais Bob se retrouve soudain transporté dans un monde alternatif… où les rôles sont inversés ! Ici, ce sont les filles qui draguent les mecs. D’abord ravi, Bob va vite découvrir ce que ça fait d’être à la place d’une fille… et d’être traité comme du bétail !

Sortie : 2013
Durée : 13mn
Réalisateur : Liam Engle
Avec : Robert Hospyan
Genre : Humour

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A LIRE