Après le tome 21 chroniqué en février 2021, c’est maintenant au tome 22 de paraitre, une logique implacable qui plairait certainement à l’Ours Barnabé. Toujours aussi débonnaire et supra cool, il ne s’inquiète de rien, s’adapte à toutes les situations et trouve toujours le moyen de voir le bon côté des choses. Un vrai ours philosophe dont les enseignements devraient être présentés aux plus jeunes à l’école, dès 4 ans, et mêmes au parents pour les faire parfois redescendre de leur vie speedée. Philippe Coudray utilise toujours les mêmes dessins d’une simplicité enfantine pour croquer des situations génialement alambiquées. L’album parlé d’étoiles, mais pas seulement, l’auteur part dans toutes les directions, au gré de ses envies et de son inspiration pour des thématiques diverses qui font toujours mouche. Pas d’ennui avec l’Ours Barnabé toujours accompagné de son ami lapin, pas moins rempli de bon sens pour ne pas arrêter de surprendre un lecteur avec le sourire aux lèvres du début à la fin des 48 pages. Vivement le tome 23! L’Ours Barnabé est devenu un classique de la BD que les parents peuvent acheter pour leurs petits comme un leg de sagesse et de bon sens.
Synopsis: Exempt de toute angoisse (car trop fort pour craindre un prédateur) Barnabé vit paisiblement dans la montagne qui l’a vu naître. Aux prises avec la nature et ses éléments, il peut s’adonner à des expérimentations en tous genres. Accompagné par son ami lapin, il nous livre les secrets de son implacable logique et de sa capacité de raisonnement… À destination des plus jeunes (dès 4 ans) et des lecteurs de toutes langues, cet ouvrage au format différent (couverture souple, plus grand), au tout petit prix et sans paroles, est un recueil de 32 gags spécialement sélectionnés pour être compréhensibles sans le recours d’aucun mot !
La peinture magique : Pâques, un cahier d’activités des Editions Usborne
Publik’Art vous avait déjà fait découvrir ce principe de peinture magique avec : Le jardin
Il est destiné aux tout-petits dès qu’ils peuvent tenir un crayon dans leurs petites mains.
Cette fois-ci, le thème est sur Pâques. Avec le pinceau, fourni, le jeune artiste pourra tremper celui-ci dans de l’eau et le passer sur les jolis dessins de Pâques. Il pourra réaliser sa première peinture !
Les dessins sont en noir et blanc, et comme par magie, ils vont se colorer ! Attention à ne pas mettre trop d’eau car les feuilles ne sont pas épaisses…
Succès garanti avec ce joli cahier d’activités. Les oeufs de Pâques vont se parer de leurs plus belles couleurs, ainsi que les lapins, les fleurs, les souris, les écureuils…
La peinture magique : Pâques, un joli moment d’activités manuelles et artistiques pour nos bambins !
Le film l’Evènement se déroule en 1963, époque où l’avortement était interdit en France, la contraception non plus, il était mal vu d’être une fille-mère, le regard des autres faisait le reste, celui des médecins aussi. La jeune Anne tombe enceinte et la course contre la montre débute. Ce qui parait aujourd’hui anecodtique pour celles qui ne veulent pas garder leur enfant relevait du parcours du combattant. Le film montre la course jusqu’à la 12e semaine, lente et angoissante pour une jeune fille avide de liberté et d’autonomie.
La vie d’avant
Le 28 décembre 1967, la loi Neuwirth autorisant la contraception était signée par le Général De Gaulle. Le 17 janvier 1975, la loi dépénalisant l’avortement, dite loi Veil, était adoptée. Des victoires pour les femmes, mais comment cela se passait-il avant? L’évènement se veut une plongée dans le temps pour suivre une jeune fille enceinte qui ne veut pas d'(un enfant. Certaines images font froid dans le dos, l’avortement clandestin ne se passe pas tout à fait bien et le jeune fille a trouvé une accoucheuse d’ange in extremis. Mais elle finit à l’hôpital et a la chance de tomber sur un médecin bienveillant. Car à l’époque; aucun médecin ou presque ne prescrivait de produit pouvant aboutir à une sorte d’avortement. Le film fait deviner le dénouement difficile et laisse songeur sur la place laissée à la femme pour décider de son destin, chose assez inenvisageable au moins chez nous, d’autres pays commencent à vouloir revenir en arrière comme dans certains états des USA. Le film montre aussi des mentalités corsetées, passer à la casserole peut avoir des conséquences sociales fâcheuses, personne ne veut d’un accident car le regard d’autrui est dévastateur. Les jeunes gens ont visiblement les hormones en ébullition à l’orée des années 60, ils et elles veulent faire des études pour prendre d’autres chemins que leurs parents. Cette révolution sociale, la non reproduction sociale des jeunes sur le modèles de leurs parents, a des conséquences sociales mais aussi intimes. Car les jeunes femmes ne veuulent pas se marier jeune suite à une grossesse non désirée. Et on devine alors ce nombre inoui de générations passées par cette réflexion bien loin de nous aujourd’hui.
Le film L’évènement fait un focus sur une période charnière de l’époque universelle, celle où les femmes ont voulu mener à bien leurs études, partager leur intimité avec qui elles veulent sans avoir à en subir les conséquences, mariage, enfant et tutti quanti. EN celà, la réflexion a du bon.
Synopsis: France, 1963. Anne, étudiante prometteuse, tombe enceinte. Elle décide d’avorter, prête à tout pour disposer de son corps et de son avenir. Elle s’engage seule dans une course contre la montre, bravant la loi. Les examens approchent, son ventre s’arrondit.
Mes animaux préférés, dans la collection Mon livre sonore à toucher (Usborne)
Les Editions Usborne nous proposent un nouvel album, entièrement cartonné et joliment illustré, dans la collection : Mon livre sonore à toucher : Mes animaux préférés. Publik’Art vous avait déjà fait découvrir dans cette même collection : Au bord de la mer et Les animaux sauvages.
Avec Mes animaux préférés, le tout jeune lecteur va reconnaître un monde proche de son quotidien, surtout s’il a chez lui des animaux domestiques. Le chat, le chien, le cochon d’Inde… Ce qui va beaucoup amuser le tout-petit est d’entendre les différents miaulements du chat ou les différents aboiements du chien. En fonction des situations et de la taille des animaux ! Une chose est sûre, il va adorer appuyer sur le bouton pour entendre ses animaux préférés !
Mes animaux préférés, un livre sonore qui va épater les tout-petits !
Pour ceux qui ne le connaissent pas, Vincent Peirani est un accordéoniste virtuose et il n’hésite pas à explorer de nouvelles sonorités en formant un trio avec le guitariste Federico Casagrande et le batteur Ziv Ravitz. Loin d’être un instrument rétrograde ou passé de mode, l’accordéon est encore une formidable inspiration comme le confirme l’album Jokers.
Un album surprenant
Vincent Peirani est un musicien qui aime à s’adonner à l’improvisation et au défrichage de frontières musicales. Adepte du jazz, il utilise son imaginaire féconde pour des compositions qui frappent les esprits. Il a mené de brillantes études classiques avec de nombreuses récompenses internationales et une plongée dans l’univers jazz qui le voit être couronné aux Victoires du jazz en 2014, 2015 et 2019 pour l’album Night Walker. Fort de cette reconnaissance, il a pu collaboré avec Daniel Humair, Sanseverino et Les Yeux Noirs. Il a également compositeur pour le film Barbara de Mathieu Amalric en 2017. Avec a musique aussi populaire que savante, il bénéficie d’une belle reconnaissance publique. Il a déjà partagé sa musique en duo, notamment avec Emile Parisien, Michel Portal, Michael Wollny, François Salque, en quintet avec Living Being ou récemment en octet avec sa création Autour du monde. Le trio lui permet de proposer une nouvelle aventure sonore, déjà proposée sur scène et maintenant disponible sur l’album Jokers. Vincent Peirani s’est associé avec 2 personnalités qui partagent son gout de l’aventure. Le guitariste italien installé à Paris Federico Casagrande et le batteur israélien Ziv Ravitz, membre du Shai Maestro Trio et maître rythmique. La formation ne recule devant aucune audace et chacun laisse la place à ses acolytes de s’exprimer comme sur le titre Salsa Fake proposé au Maisons-Laffitte Jazz Festival ou le Dream Brother de Jeff Buckley.
L’accordéoniste niçois a travaillé comme soliste en chanson, world, pop et jazz dans ses 14 albums et il continuer à se réinventer avec ses 2 collaborateurs. Les 3 Jokers forment un groupe hybride des plus rafraichissants à découvrir sur l’album Jokers.
« Une cérémonie » ou quand le Raoul Collectif n’en fait qu’à sa fête ! Jubilatoire
Pour son troisième spectacle, le Raoul collectif repart à la conquête du plateau pour interroger la force expiatoire d’un groupe qui se bat contre les périls capitalistes et tout ce qui pourrait entraver ses pulsions de vie.
Mais sur un ton jubilatoire – c’est là toute sa force et sa singularité – à la fois festif et baroque, débridé et inspiré, cultivé et foutraque, politique et rebelle. Un manifeste tout droit sorti de nulle part que le Collectif transcende d’un soleil noir, adressé aux héros d’aujourd’hui, aux anticonformistes et chevaliers errants, qui n’ont pas peur des chemins de traverses, de l’ivresse poétique, des idéaux, et de la sacralisation de la pensée.
Les cinq acteurs-metteurs en scène originaires : Romain David, Jérôme de Falloise, David Murgia, Benoît Piret et Jean-Baptiste Szézot rejoints par deux comédiennes-musiciennes : Leïla Chaarani et Anne-Marie Loop, sont coutumiers d’une écriture collective qui procède par fragments, digressions et embardées chevaleresques, circulante et propice sur scène aux échappatoires individuels, aux rituels, et à la célébration des joies de la libération.
Un manifeste sorti de nulle part
Sur un vaste plateau s’annonce la fête. Déjà la musique s’avance, les chaises volent, l’alcool grise et ensorcelle. Et derrière l’apparente insouciance qui se dégage, c’est le drame d’une société toute entière, déboussolée et carbonisée, qui se répand.
Alors, le groupe cherche. Ils chantent et boivent sans cesse en l’honneur de ce qui les réunit encore ; à la vie que l’on se doit d’arracher à toute épreuve. Au sursaut d’une époque. Les paroles se prennent et se superposent comme pour révéler l’objet de leur cérémonie, qui est peut-être une tragédie à laquelle ils tentent de réchapper.
Une écriture de plateau parfaitement appropriée
Ils portent des toasts (« à l’imprévisible ! »), chahutent et se taisent pour faire place à un silence religieux qui contraste avec l’agitation d’une époque à bout de souffle.
Petit à petit, l’irrationnel s’invite et la chose s’invente en même temps qu’elle s’explore. La musique prend des détours. La cérémonie dérape et se déploie. Des figures mythiques et ancestrales surgissent et prennent place, des lieux et des mondes oniriques apparaissent, des êtres s’incarnent.
De nouveaux signes, de nouveaux questionnements – comment agir ? – pointent alors à l’horizon.
Sous les notes de Duke Ellington et Charlie Parker ardemment interprétées en live, bientôt la révolte gronde et les Raoul de convoquer Antigone et même Don Quichotte.
La tragédie grecque et Cervantès viennent prêter main forte à ce possible appel à la désobéissance, à cette interrogation sur la violence comme légitime défense, à ces menaces qui rôdent et qu’il faut tenir en respect.
Et si le Raoul pose le dilemme sans le trancher, comment oublier ce volatile géant qui surplombe la scène. De ses battements d’ailes, il rappelle constamment que le péril est proche. Readiness is all ! Se tenir prêt, voilà tout.
Le Raoul Collectif n’en fait qu’à sa fête, mais quelle fête… Bravo !
Dates : du 22 mars au 14 avril 2022 – Lieu : Théâtre de la Bastille (Paris) Création et Mise en scène : Raoul Collectif
L’auteur dessinateur Bast a accepté de se rendre 2 heures par semaine dans une prison pour mineurs pour apprendre à dessiner à des jeunes incarcérés. Via sa vision subjective, on voit le petit monde de jeunes obligés d’évoluer dans un monde privé de libertés, derrière les murs et les barreaux. La Chienneté, c’est cette vie de privations et de vexations avec des matons omniprésent et une existence réglée comme du papuer à musique. C’est aussi des rapports de force constants, des typologies de détenus et de belles rencontres exposées dans une BD qui se lit comme du papier à musique. Il y a une mélodie qui parcourt ces pages où l’auteur a appris quelques règles pour éviter les problèmes, notamment ne pas pas parler de lui et ne pas poser de questions. Il découvre des jeunes grandis trop vite et confrontés au monde des adultes trop tôt. Le lecteur est hypnotisé par cette galerie de personnages bizarrement réels et extrêmement touchants. Une lecture obligatoire!
Synopsis: Le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de Gironde a confié à Bast la responsabilité d’animer un atelier de bande dessinée à la Maison d’Arrêt de Gradignan.
L’objectif était de faire découvrir aux détenus une nouvelle forme d’expression à travers le dessin et l’écriture de scénarios. De trouver un moyen de se raconter, de se dévoiler à travers des fictions, de proposer un lieu de communication et d’échange entre détenus et de développer leur imaginaire.
À travers En chienneté, Bast nous fait partager la vie au sein de cet atelier : « C’est le récit d’une expérience particulière qui m’a permis de passer « de l’autre côté » des murs et d’être témoin d’un drôle de microcosme régulé et cloisonné. C’est un regard à la fois distancié et poétique, l’intention est descriptive, l’humeur douce-amère… ».
Ce documentaire retrace le premier contact de Bast avec l’univers carcéral, puis ses rencontres avec les jeunes et nombre d’anecdotes sur les ateliers et leurs participants. Il propose également une réflexion sur la situation actuelle des prisons françaises et se conclut par la reproduction de quelques œuvres produites par les jeunes détenus au fil de ces trois ans.
Une réédition en format cartonné couleurs à l’occasion de la sortie de 17 piges, récit d’une année en prison, réalisé avec Isabelle Dautresme et à paraître en février 2022 chez Futuropolis.
Le nouvel album de Sisterhood Project est à leur image. Garden Of Delights se veut le reflet du féminisme des donzelles et de leur engagement écologique, avec une touche sexy et atmosphérique, ce qui ne gâche rien. Sortie le 25 mars sur leur propre label Beautiful Accident pour une vraie belle surprise pas du tout accidentelle!
Un album à la croisée des influences
L’aventure musical de Marie de Lerena et Dorothée Rascle aka Doo a débuté en 2018 avec des principes gravés dans le marbre. Une sororité à toute épreuve et de la musique sans limites. Ainsi Sisterhood décrivait des portraits de femmes avec des histoires aussi variées que les styles abordés. Jazz, trip-hop, rap, rock, les deux musiciennes avaient choisi de ne pas choisir, ce que démontrait avec éclat l’EP sorti en 2020, Brotherhood, vibrant rappel de la violence subie aussi par des hommes victimes d’une société patriarcale qui les rejette. Les 8 titres de Garden of Delight tracent la même route avec des styles divers, des compositions planantes et des harmonies vocales qui décoiffent. Et comme le milieu de la production musicale est très majoritairement tenu par les mains d’animaux masculins, elles ont décidé de créer leur label Beautiful Accident, un signe précurseur de recherche de liberté et d’indépendance, pour ne pas taper à des portes invariablement fermées. La musique est pour elles un vecteur fort d’émancipation, le bon moyen de toucher les femmes et tous ceux trop souvent oubliés. Si les textes sont visiblement engagés, la bienveillance reste de mise pour aborder des sujets aussi multiples que le sexisme ou le body positivisme.
La musique est au rendez-vous, l’engagement aussi, un mélange à découvrir le 25 mars avec la sortie de Garden of Delight. Les paroles sont anglais mais la musicalité appelle plusieurs écoutes pour s’imprégner d’une ambiance sans jugements mais pas sans combats.
Depuis l’énorme succès de la BD Quai d’Orsay, des auteurs dévoilent les dessous de leur travail au sein d’administrations publiques, fait de petites vexations et d’imbroglios difficiles à démêler. Quand Bertin Leblanc intègre l’Organisation Internationale de la Francophonie pour devenir porte-parole de sa Secrétaire Générale Michaëlle Jean, il ne se doute pas des difficultés qui l’attendent.
Une BD claire et précise
Eléments de langage place les projecteurs dans les coulisses de la diplomatie internationale, chose rarement faite dans les médias. Le fil rouge de l’ouvrage de Bertin Leblanc et Paul Gros est le destin de Michaëlle Jean, femme dynamique et investie mais tout à coup sous le feu des scandales dont son équipe a du mal à se dépêtrer. Les soupçons de sommes publiques indues dépensées pour l’aménagement d’un appartement parisien finissent par jeter l’opprobre sur elle, jusqu’à susciter le scepticisme chez les dirigeants chargés de renouveler son mandat. Bertin Leblanc détaille les relations parfois tendues avec les médias, les efforts pour réagir aux attaques et surtout la fatigue qui accompagne des voyages récurrents à travers tous les fuseaux horaires mondiaux. La BD montre surtout qu’il faut respecter une posture et des éléments de langage que la secrétaire générale bafouent un peu trop souvent, sacrifiant la concision sur l’autel de longues tirades. Les 208 pages montrent les coulisses de pouvoir, avec humour et un dessin entre réalisme et ironie.
Eléments de langage parait le 6 avril aux éditions La Boite à Bulles pour un moment de lecture qui donne le sourire et montrent surtout les sacrifices qu’exigent les spotlights de la politique, au risque de s’y perdre et d’être soi-même sacrifié et laissé sur ke côté de la route.
Synopsis: Bertin Leblanc est québécois mais vit en France depuis quelques années. Cet homme de média se voit proposer un poste en or : porte-parole de la Francophonie. Enfin poste en or, pas si certain : sa cheffe Michaëlle Jean, la Secrétaire générale de la Francophonie, pleine de verve et de dynamisme, a bien du mal à respecter les consignes en termes de concision, de communication et de diplomatie. Au point d’épuiser ses collaborateurs mais aussi, bien plus grave, les chefs d’État. Avec un bilan plutôt flatteur à la tête d’une organisation qu’elle a clairement redynamisée, la Canadienne Michaëlle Jean pense que son mandat devrait être renouvelé sans trop de problèmes. Et pourtant… La presse québécoise commence à se déchaîner contre elle, Emmanuel Macron semble agacé par son activisme et Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, ne la soutient plus que du bout des lèvres. Alors, Bertin et toute l’équipe en place s’activent pour défendre à tout prix le bilan de sa cheffe mal-aimée. Mais est-il encore question de bilan et d’essor de la Francophonie quand le Président français a d’autres enjeux en tête, comme la pacification des relations de la France avec le Rwanda ? Pour résultat, Louise Mushikiwabo, femme politique rwandaise, lui sera préférée à la tête de la Francophonie. Une décision polémique du fait du manque d’engagement du pays envers la défense de la langue française et sa situation en termes de droits humains…
Perla casse des œufs, de Susie Morgenstern (Nathan)
Nous connaissons bien Susie Morgenstern qui écrit pour la jeunesse depuis toujours ! Et nous en sommes fan !
Cette fois-ci, avec la collaboration de Charlotte Roederer, une nouvelle héroïne est née : Perla. et son premier album : Perla casse des œufs.
Perla est une petite fille assez espiègle. Elle veut tout faire toute seule et surtout sans l’aide de ses parents. Elle s’est mis en tête de faire un gâteau toute seule pour l’anniversaire de sa grand-mère.
Elle a des parents formidables, Perla ! Ils ne s’énervent pas quand ils constatent qu’elle a cassé plusieurs œufs par terre ! Et c’est son papa qui lui montre comment faire ! Et pour terminer l’histoire, pourquoi pas une belle bataille de farine !
Bref, une histoire rigolote à condition que votre enfant n’imite pas Perla !
Perla casse des œufs, est joliment illustré par Charlotte Roederer. Sûr que ça va plaire aux tout jeunes lecteurs !
Le premier album de Coffees and Cigarettes marquait déjà par sa grande originalité. Freak Show date déjà de 2017 et du temps est passé depuis ce premier essai très réussi. L’alliance du rock’n’roll et du hip-hop n’est jamais anodine et les bons exemples pullulent en la matière comme l’a prouvé par exemple l’expérience Gorillaz. Alors que Roller Coaster a débarqué le 18 mars dernier, que penser de ce nouvel album?
De l’énergie en barre
Roller Coaster contient pas moins de 16 morceaux composés par l’auteur-compositeur-interprète Renaud Druel aussi connu sous le diminutif de MC Jesse. Accompagné par ses musiciens pas banals Anna Swieton au violon, Lyllou Chevalier à l’Alto et Quentin Gendrot au violoncelle, l’alchimie reprend là où elle s’était arrêtée. Avec des sonorités électroniques mélangée à des instruments acoustiques, sans oublier le hip, le hop et le rock, l’album ragaillardit les tympans. Il n’y a qu’à écouter Coffees alchimie, J’Flippe ou Le syndrome de Peter Pan pour s’en rendre compte. Surtout que les textes ne manquent pas d’humour et de fantaisie, de quoi décoller à la verticale. Roller Coaster ne rentre dans aucune case pour un voyage musical réconfortant autant que décalé. Les morceaux foufous comme Croquemitaine ou Coselofo sont là pour le rappeler, l’artiste ne rechigne devant aucune expérience, et ce ne sont pas les très énergiques L’arthropode ou Journal de bord qui permettront de penser le contraire. Coffees and Cigarettes choisit de ne pas réfréner ses ardeurs avec des morceaux totalement inclassables comme Emmène moi ou Full HD.
Le titre du disque ne fait pas mentir sur son contenu, le deuxième album de Coffees and Cigarettes est un vrai Roller Coaster qui emporte dans toutes les directions tout azimut. Ca fait du bien d’entendre des artistes qui se déchainent sans retenue, choisissant de ne pas choisir pour sortir complètement des cases. C’est même assez unique dans les remps actuels!
Charamba, hôtel pour chats, Bobine s’en mêle (Flammarion Jeunesse)
Les Editions Flammarion Jeunesse nous proposent une nouvelle série pleine d’humour : Charamba, hôtel pour chats.
Bobine s’en mêle raconte l’histoire d’un hôtel pour chats. Magda a créé un hôtel qui ressemble à un Club Med pour chats. Tout est fait pour que les chats, qui séjournent chez elle, soient le plus heureux possible. Mais ce ne fut pas le cas pour Wolfgang qui reste terré dans sa chambre depuis son arrivée. Sans rien dire à personne. Alors, Bobine, Couscousse, Mulot et Carpette vont mener leur enquête ! Ils pensent que les frères Speed et Hermann y sont pour quelque chose…
Charamba, hôtel pour chats, Bobine s’en mêle, est un roman très rigolo, joliment illustré en noir et blanc ! Si on aime les chats, c’est un pur bonheur. Et si on n’est pas fan, à la fin du roman, on se rend compte que ce petit félin est plus intelligent que l’homme ! Et surtout qu’il a beaucoup d’humour !
Charamba, hôtel pour chats, une série à suivre et à offrir !
Publik’Art vous a fait découvrir la nouvelle série des Editions Nathan : Explorateurs de l’Histoire, avec : Pourquoi a-t-on inventé l’école ? Cette fois-ci, il s’agit d’un sujet connu de tous : Christophe Colomb a-t-il vraiment découvert l’Amérique ?
Eole, Jules et Sara vont partir sur les traces de Christophe Colomb pour pouvoir répondre à cette question. Eole, va encore user de son pouvoir magique de Passeur de Temps. Ils vont se retrouver en 1502 ! Et là, ils vont naviguer sur le bateau de Christophe Colomb. Mais les surprises vont s’enchainer car ils découvrent Christophe Colomb sous un jour qu’ils ne connaissaient pas… Et nous, non plus !
Cette petite série nous embarque dans une enquête historique passionnante. Et à la fin de chaque livre, des questions sont posées à un historien qui raconte, en vrai, les faits historiques concernant le sujet du livre. On devient, nous aussi, Explorateurs de l’Histoire !
Christophe Colomb a-t-il vraiment découvert l’Amérique ?nous dévoile la vraie personnalité de Christophe Colomb. Incroyable !
Les éditions La Boîte à Bulles laissent le champ libre au scénariste-dessinateur Renaud de Heyn pour un vrai travail de fourmi. Il déconstruit avec patience et minutie le monde secret des semences pour expliquer les situations récentes et actuelles ubuesques. C’est la porte ouverte sur un monde secret ignoré du grand public. La disparition de milliers de variétés de cultures, le monopole de grandes firmes agrochimiques aux profits mirifiques, la résistance de petits producteurs décidés à sauvegarder les cultures indigènes, le poids des lobbys sur les décisions politiques prises à Bruxelles, tout est décrit avec une pertinence qui fait froid dans le dos. La BD sort le 6 avril et c’est une lecture nécessaire pour mieux comprendre les enjeux actuels de santé publique.
Le monde impitoyable des semences
La narration débute au lendemain de la seconde guerre mondiale. Après un conflit destructeur, les politiques publiques orientent les politiques agricole dans la direction d’un rendement maximal. Les résultats à l’hectare servent de mètre étalon aux cultures autorisées et privilégiées. Alors que la population augmente et que le monde a faim, rien ne s’oppose à une telle logique. C’est pourtant la porte ouverte à l’exploitation intensive, à l’appauvrissement des sols et au développement des engrais chimiques. La logique conduit les pays à des résultats agricoles records mais aussi à un avenir incertain. Pendant ce temps là, les grandes industries comme Monsanto, Bayer ou Dupont développent des produits aux effets de plus en plus efficaces sur les rendements mais aussi de plus en plus délétères sur la santé. Renaud de Heyn explique la mafia des semences, avec des politiques publiques obligeant à la culture de quelques variétés, souvent brevetées et donc payantes, avec l’obligation d’utiliser les fertilisants et engrais développés par les grandes firmes. L’auteur explique aussi la résistance de producteurs décidés à utiliser des semences non brevetées, au risques d’amendes et de pénalités. Les 80 pages sont dessinées à l’encre de Chine, avec des détails ultra élégants, les physiques, les paysages, tout est ultra réaliste et méga classe. Quant au scénario, il expose un véritable combat entre David et Goliath avec pour enjeu la sauvegarde de la diversité et la préservation des variétés de semence qui n’ont pas besoin d’engrais et de fertilisants pour pousser sans appauvrir les sols, un véritable ennemi pour l’industrie agrochimique désireuse de préserver sa rente à milliards. Vertigineux.
La BD Semences sous influences sort en librairie le 6 avril et c’est une réussite totale. Narration et dessin sont des partenaires parfaits pour raconter une histoire pas très sexy mais diablement intéressante, de quoi se poser la question de notre avenir commun, plutôt chimique ou plutôt naturel.
Synopsis: L’alimentation figure en bonne position parmi les problématiques clés de notre société actuelle. De tout temps, le monde agricole a sélectionné ses semences pour améliorer sa production mais, depuis quelques décennies, des variétés sans cesse plus sophistiquées sont créées au service d’un productivisme effréné. Les technologies mécaniques, chimiques, biologiques ou génétiques, alliées à l’industrialisation, à la course perpétuelle au rendement nous ont conduit à un désastre environnemental, alimentaire et sanitaire. Sans même parler des fameux OGM, dont l’usage reste heureusement strictement encadré en Europe, l’agriculture intensive, la surexploitation des terres, l’usage de semences dites « hybrides » ont rendu l’agriculture dépendante de produits nocifs pour l’ensemble du vivant. Face à cette agriculture dominante, de petits agriculteurs développent, à l’échelle nationale et européenne, une alternative autour des semences anciennes. Mais le combat pour faire valoir leur droit à l’utilisation de semences non issues de laboratoires industriels est rude. En effet, la législation – et les critères de validation pour faire entrer les semences au « Catalogue officiel » – favorisent les produits industriels, et les agriculteurs agroécologiques ont été contraints d’opérer en toute illégalité durant des décennies. Avec « Semences », Renaud De Heyn nous invite à découvrir les coulisses d’un secteur au sein duquel les intérêts privés l’emportent trop souvent sur la préservation de l’environnement et la santé publique…
Le jardin de Basilic, une très jolie série sur la nature. Cette fois-ci, la question est : Comment naissent les bébés plantes ? Cet album, joliment illustré, sort aujourd’hui !
Evidemment, c’est un sujet qui ne peut que passionner nos jeunes lecteurs. Heureusement que Mamie Carotte va pouvoir non seulement expliquer, mais montrer comment naissent les bébés plantes ! Elle plante des haricots secs dans la terre. Elle va les arroser régulièrement et hop, bientôt il y aura une plante ! Chaque plante a sa graine à elle !
Comment naissent les bébés plantes, dans la série du Jardin de Basilic, nous dévoile les petits secrets du jardin ! Votre enfant n’aura plus qu’à essayer de faire pousser des graines, chez lui !
Cette collection autour de la philosophie rassemble pour la première fois un éditeur de BD et un éditeur scolaire. La Boîte à Bulles et Belin se sont associés pour créer une collection qui s’adresse d’abord aux lycéens mais pas seulement. Tout le monde peut trouver son compte dans la lecture d’ouvrages qui font plus que donner des clés pour mieux appréhender des notions universelles. L’art, la nature, la vérité et la technique sont les 4 premiers tomes d’une collection qui pourrait bien vous réconcilier avec la philo!
La philo n’a jamais été aussi simple
Souvenez-vous de vos cours de philo en terminale. Peut-être étiez vous légèrement assoupi en train d’écouter un prof au langage abscons. Peut-être êtes-vous même actuellement en terminale, désespéré par cette matière qui ne vous parle pas. Les 2 éditeurs ont pris le problème à bras le corps pour trouver une solution et vous permettre de ne plus vous sentir étranger à la philo. Les 4 premiers tomes abordent des sujets symboliques de cette matière, avec pédagogie et humour. Chaque volume se présente d’une manière parfaite en s’appuyant sur des exemples concrets, des mythes et des récits illustrés, avec des dessins et des explications qui ne laissent plus de place au doute. 2 auteurs se sont associés pour créer des contenus qui associent le savoir académique et des dessins aussi limpides que de l’eau de roche. La prof est Martine Gasparov, enseignante de philo à l’École et Lycée des Métiers d’Art et du Design Auguste-Renoir, à Paris. Ce n’est pas une débutante en la matière, elle qui a déjà écrit quelques ouvrages comme À table ! Petite philosophie du repas en 2014 pour la collection Chouette ! Penser aux éditions Gallimard Jeunesse, ou Lire, à quoi bon ?en 2020 dans la collection Philophile aux éditions Gallimard. Elle transpose ici les notions au programme du baccalauréat de philosophie pour présenter cette matière de manière moderne et attirante. Pour cela, l’illustratrice Émilie Boudet fournit les bulles et les dessins. Elle a dessiné en 2014 Superman n’est pas juif (… et moi un peu) sur un scénario de Jimmy Bemon déjà aux éditions La Boîte à Bulles. Elle est également illustratrice de plusieurs albums de la collection Toute l’éco et lasocio en BD aux éditions La Boîte à Bulles et Belin Éducation. Une belle preuve de savoir-faire.
Toute la philo en BD est une excellente surprise. 2 prochains tomes sont prévus pour le 18 mai 2022, la justice et la liberté pour continuer à lire et apprendre avec le sourire.
Synopsis: Qu’est-ce que l’art ? Tout le monde peut-il être un artiste ? Une œuvre d’art peut-elle être immorale ?
Explorez ces questions à travers des exemples concrets, des mythes et des textes philosophiques racontés sous forme de bande dessinée. Un album qui présente de manière simple et ludique une notion essentielle de la philosophie : l’art.
Pourquoi a-t-on inventé l’école ? Explorateurs de l’Histoire (Nathan)
Les éditions Nathan nous proposent une nouvelle série : Explorateurs de l’Histoire. L’auteure, Laurence de Cock, est professeur d’Histoire en lycée et chargée d’enseignement à l’université. Voilà ce qu’elle dit à propos de cette nouvelle série :
« Parce que l’Histoire ne se réduit pas à des dates et des grands personnages, je tente ici d’embarquer les enfants dans le plaisir de l’enquête historique. » Et c’est parfaitement réussi avec : Pourquoi a-t-on inventé l’école ?
Jules et Sara sont gardés par leur baby-sitter, Eole. Eole est Passeur de Temps. Il a les pouvoirs de changer d’époque sans que personne ne s’en rende compte.
Jules ne veut plus aller à l’école. Alors, du coup, Sara se demande pourquoi on a inventé l’école. Pour répondre le plus justement possible à cette question, Eole les embarque pour un voyage dans le passé… Et les voilà projetés en 1881. Et c’est justement à cette date que l’école est devenue obligatoire. Et comment ça se passait alors à l’école ? Aussi incroyable que cela paraisse, Eole, Sara et Jules vont se rendre sur place pour constater comment c’était l’école en 1881.
Cette nouvelle série, Explorateurs de l’Histoire, va faire découvrir l’Histoire autrement aux enfants ! Ces petits romans s’adressent aux jeunes lecteurs, dès 8 ans.
Pourquoi a-t-on inventé l’école ? va répondre à toutes les questions sur l’Histoire de l’école ! Indispensable et vraiment sympa !
Une famille intranquille selon Krzysztof Warlikowski, à l’Opéra Garnier
A Quiet Place est créé en 1983 par Leonard Bernstein. Il s’agit de la dernière composition scénique du compositeur américain, pensée comme la suite de l’opéra Trouble in Tahiti, où l’on retrouve le personnage de Sam trois décennies plus tard. Contrairement à son titre, A Quiet Place résonne du fracas d’une famille dysfonctionnelle et constitutif de la rupture entre Sam, le père, et ses enfants.
Suite au décès de la mère qui vient de mourir brutalement dans un accident de voiture, les retrouvailles forcées vont exhumer les blessures inavouées et confronter la famille à ses blessures, son hypocrisie, ses préjugés, et les tabous de la société américaine. Une mise à mal d’un bonheur trop parfait qui fait exploser les illusions et les promesses d’un modèle familial bâti sur le mensonge et la mascarade.
Une famille dysfonctionnelle
Le fils Junior arrive en retard pour le dernier adieu à sa mère (Dinah) ; il y revoit plus de 15 ans après les avoir quittés, son père Sam, qui n’a que rancœur, haine et agressivité à son encontre ; sa soeur Dede avec laquelle il a eu des relations incestueuses ; enfin le mari de cette dernière, un canadien français, François, dont il a été l’amant.
Toute la tension repose ici sur le personnage clé de Junior dont la relation tourmentée avec le père se révèle aussi traumatique qu’irréconciliable (lequel finira cependant par pardonner). Mais il faut toute la seconde partie de l’action (les actes II et III) pour que, au cours d’un quatuor vocal ininterrompu qui frappe par la diversité débridée de sa composition, les âmes se dévoilent entre la sœur, le père, François et Junior, pour que le grand pardon s’accomplisse enfin.
Krzysztof Warlikowski dont on connait la singularité et l’exigence de metteur en scène, accompagne d’un geste enlevé cette mise en abîme, où l’inconscient convoque les non-dits familiaux, les refoulements, les frustrations, la culpabilité et les actes manqués.
Idée astucieuse et malicieuse de Warlikowski qui fait apparaitre, dès l’enterrement, le fantôme de Dinah (Johannah Wokalek) où sa figure tutélaire et névrotique hante les protagonistes jusqu’à leur émancipation finale, consacrant l’acceptation de la perte.
Pour installer cette mémoire familiale et ses traumas, le metteur en scène crée avec la décoratrice Małgorzata Szczęśniak, un espace éclaté, d’une grande rigueur formelle, propice au découpage séquentiel et au déploiement, en filigrane, d’un paysage mental aussi fragile qu’introspectif.
Un geste enlevé
Un décor anguleux qui sied à merveille la mise en scène de Warlikowski. Constitué de plexiglas et de boîtes/lieux/ coulissantes, il offre une exploration sur plusieurs niveaux du drame, entre réalité et introspection, laquelle s’ouvre sur un salon funéraire, puis les pièces de la maison, où les éléments scénographiques, les lumières, la vidéo, les couleurs, convoquent de concert des séquences ultra-réalistes et oniriques, en correspondance parfaite avec le déroulé de la dramaturgie et son embrasement orchestral.
Dans la fosse, Kent Nagano cisèle avec une précision infinie, l’écriture si particulière de Leonard Bernstein. Chaque tableau accompagne la psyché des personnages entre séquences orchestrales, phases méditatives, et tonalités régulières jazzy. Le tout propice à des ruptures et à une énergie singulière et tellurique en synergie avec le déroulement composite de l’œuvre.
Vocalement, le quatuor est parfait. Claudia Boyle vibre de sa voix de soprano légère mais parfaitement équilibrée dans le rôle de Dede aux prises entre un amour filial et conjugal. Le baryton Gordon Bintner campe avec vérité un Junior tourmenté et en quête éperdue de reconnaissance, tandis que le ténor Frédéric Antoun se révèle convaincant dans son personnage aux sentiments troubles. Enfin, Russell Braun incarne ce père à la fois douloureux et résilient.
Les vignerons des Crus, des Loges et des Pierres Dorées, ont décidé de s’unir pour valoriser leurs Grands Terroirs du Beaujolaiset d’écrire une nouvelle page de leurs vignobles avec un Beaujolais Nouvelle Génération. Plus qu’un label d’appellation ou environnemental, il s’agit surtout d’un objectif pour mettre en exergue la biodiversité des terroirs. Les étiquettes ont été réalisées par Maud Briand, naturaliste française qui a dessiné 3 symboles des la région. Une huppe fasciée, une abeille charpentière et une spargoute printanière pour bien souligner que la gamme du ciel à la terre est destinée à s’enrichir de nouvelles gammes auxquelles seront associés de nouveaux oiseaux en entrée de gamme, des insectes en milieu de gamme et des plantes en haut de gamme. Les 3 premières cuvées sont déjà présentes en boutique et ont été récemment présentées lors du salon Wine Paris. Le référencement est en cours chez les cavistes, e-cavistes, restaurants et bars à vins, français et étrangers.
Terroirs des loges – Abeille Charpentière Beaujolais Villages 2020
OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Avec du cépage 100% Gamay, ce vin arbore une belle robe rubis assez intense. Le nez est expressif et mûr, avec une touche de violette, des notes de cassis et de cerise noire, ainsi que du poivre gris. La bouche et généreuse et veloutée, longue sur la cerise et le poivre. Le vin se déguste idéalement avec une terrine de campagne, de la rillette de canard, du bœuf bourguignon, du hachis parmentier ou du formage de chèvre sec. Le vin est proposé au prix TTC départ cave de 13 euros pour un très bel exemple de vin rouge expressif.
Terroirs des crus – Spargoute 2020 Chénas 2020
OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Là aussi du cépage 100% Gamay, avec un belle robe rubis. Le nez fait ressentir des aromes de baies rouges et noires cerise-mûre-cassis-framboise, avec un ton épicé cannelle-cardamome-réglisse zan et une touche fumée bergamote. La bouche est fraîche, ample et croquante, avec des tanins présents mais fondus et une note chocolatée dans la longueur. Le vin accompagne parfaitement une rillette de canard, des légumes grillés à l’italienne, de la cuisine indienne épicée, du bœuf carottes, un tajine d’agneau, du gouda vieux et du parmesan. Proposé au prix de 17 euros TTC départ cave, c’est de la qualité supérieure de Beaujolais!
Encore une fois, un vin 100% cépage Gamay pour ce vin à la robe rubis brillant. Le nez est gourmand, fruité explosif avec un cocktail de fruits rouges, vanille, réglisse, poivre gris. La bouche est fraîche, fruitée et gourmande jusque dans la longue persistance. Le vin accompagne harmonieusement des gougères, des feuilletés de fruits de mer, de la blanquette de veau, un saumon grillé ou poché, du comté et de la tarte pommes prune. Proposé au tarif de 9 euros TTC départ cave, c’est un bel exemple de Beaujolais à déguster entre amis, à la bonne franquette!
P. mon adolescence trans, un roman graphique de Fumettibruti (Massot Editions)
L’auteure, Fumettibruti , sous le diminutif « P », est une auteure de BD très connue en Italie. Elle a remporté le prix Micheluzzi, avec sa première BD : Romanzo esplicito.
Avec Mon adolescence trans, P. nous livre un roman graphique autobiographique.
L’adolescence de P n’est pas comme tout le monde. Chaque adolescent souffre dans son corps, a du mal à l’accepter. P. aussi et en plus elle souffre du regard des autres.
C’est l’année de sa terminale, elle est de plus en plus mal dans son corps. Du coup, elle a un comportement excessif, dans tous les domaines, mais surtout sexuel. En fait, P est né dans un corps de garçon mais elle s’est toujours sentie fille.
Elle raconte son enfer au quotidien. Les dessins, comme l’écriture, sont sans détour, souvent crus et dérangeants. Mais toujours vrais !
P. prend conscience de la nécessité pour lui, pour elle, de changer de corps. Nécessité vitale. Sa vie au quotidien ressemble à un enfer où le harcèlement est roi. En racontant son combat, P. espère : « aider les adolescents ».
« La honte du corps est quelque chose qui est instillé dans la tête de tous les enfants, garçons ou filles, peu importe. J’ai dessiné cette BD pour aider les adolescents » explique Fumettibrutti.
P. mon adolescence trans, un roman graphique bouleversant à faire connaître au plus grand nombre ! Le 31 mars est la journée internationale de visibilité transgenre. Cette journée est destinée à célébrer les personnes transgenres et à faire prendre conscience de la discrimination qu’elles subissent dans le monde entier.
Le jeudi 17 mars paraîtra aux Éditions L’Œil du Prince la réédition des Cancans de Carlo Goldoni. L’intrigue a tout du marivaudage et du persiflage. Checchina doit épouser son fiancé Beppo mais les ragots vont bon train et sèment le trouble et la discorde. L’intrigue rappelle les riches heures du théâtre italien du XVIIIe siècle, à redécouvrir pour un vrai plaisir de lecture.
Un texte d’une belle modernité
A l’heure où les réseaux sociaux font la loi en termes de racontars méprisants, de ragots erronés et de fake news, il est pertinent de relire ce texte de Goldoni pour se rendre compte que le phénomène n’a absolument rien de nouveau. De tous temps, les potins ont détruit des réputations et brisé des mariages. L’auteur dramatique vénitien Carlo Goldoni fait encore des prouesses en multipliant les personnages et les niveaux de lecture pour une narration passionnante. Les gens de haute classe s’expriment avec emphase, les petites gens usent de formulations argotiques et tout ce beau monde se mélange pour sauver ou détruire le mariage en préparation. Là où un Molière appuie le trait pour critique les tares de ses contemporains, quitte à les vouer à la damnation, Goldoni fait lui au contraire preuve d’un optimisme à toute épreuve et tout est bien qui finit bien. L’auteur dramatique vénitien, déjà très cosmopolite en son temps, maniait à la perfection les langues toscane, vénitienne et française ce qui lui permis de s’exiler en France en 1762 et de continuer d’écrire. Le créateur de la comédie italienne moderne a écrit au total en 20 ans plus de 200 pièces d’importances diverses et dans différents genres : tragédies, intermèdes, drames, livrets d’opéra et saynètes de carnaval même si aujourd’hui ce sont ses comédies qui assurent sa postérité.
La lecture des Cancans fait apparaitre des sourires ravis sur le visage du lecteur tant le texte multiplie les grandes bassesses, les petites lâchetés et les beaux sauvetages tout du long. Cette réédition est l’occasion de redécouvrir un auteur d’une surprenante modernité.
Synopsis: Checchina doit épouser Beppo, son fiancé, mais un ragot lâché dans le plus grand secret : « la fille de Patron Toni est une bâtarde ! » se propage très vite de bouche de cousine en oreilles de voisines… Il sème le trouble et la discorde, et brise, un temps, les projets de mariage des deux amoureux… La modernité de cette pièce, qui montre à l’oeuvre la puissance dévastatrice d’un cancan, est évidente. Ne sommes-nous pas, et plus que jamais, grâce à la multiplication des médias et des réseaux sociaux, dans une société où le potin est roi ?
Chroniques noires d’un hussard de la République, de Lou Garance (Editions F.Deville)
Lou Garance n’a peur de rien et surtout pas du système dans lequel elle est entrée, par la grande porte, et qu’elle dénonce dans son livre : Chroniques noires d’un hussard de la République.
Lou Garance est une jeune femme cultivée. Elle a fait des études de littérature, 10 ans d’études. Pour arriver au plus haut niveau. D’ailleurs, elle nous fait partager ses savoirs et analyses littéraires à travers ces chroniques… C’est un vrai régal !
« Et pour éviter le chômage après dix ans d’études, un diplôme dévalorisé sous le bras et une thèse qui sert désormais de cale-porte dans l’autre. » P.133
Elle passe donc le concours pour devenir professeur et enfin recevoir un salaire. Même modeste… Et du coup, elle ne peut s’empêcher de nous faire partager ses désillusions.
Mais ce n’est pas l’enjeu réel de son livre. Son but est de dénoncer la formation des professeurs stagiaires.
En effet, pour entrer dans l’Education nationale, il faut passer un concours, loin d’être facile. Ensuite, si on est retenu, on a droit à une année de stage à l’ESPE, anciennement l’IUFM. Mais aujourd’hui, nommé INSPE. Il n’y a que le nom qui change, apparemment !
Il est vrai qu’en lisant Chroniques noires d’un hussard de la République, je me revois, moi-même, stagiaire à l’IUFM, il y a … 30 ans ! Effectivement, c’est exactement la même chose ! Tout y est aberrant ! Et la pression sur les professeurs stagiaires demeure toujours ! Avec les angoisses des « visites » qui nous donneront, ou pas, la fameuse titularisation ! Des visites qui sont en fait des inspections où on demande des préparations aberrantes au professeur stagiaire. Sans parler de la formation pédagogique qui n’a rien de pédagogique. Où l’on a vraiment l’impression de perdre notre temps alors qu’on a tellement de travail de préparation à faire !
Lou Garance a beaucoup de courage de dénoncer haut et fort les aberrations de l’Education nationale. Tout ce qu’elle dénonce est vrai !
Il faut absolument lire Chroniques noires d’un hussard de la République si on veut entrer dans cette grosse machine à broyer qu’est l’Education nationale !
En plus, Lou Garance n’a pas eu de chance car elle a effectué cette année de stage-formation, en pleine crise de la Covid, avec le confinement et les cours en ligne, où la moitié de ses élèves ont déserté ! Mais le Bac était, soi-disant, maintenu ! Le stress garanti tout au long de l’année ! « J’ai l’impression que cette année aura été une succession de petits groupes à suivre. Peut-être est-ce la raison d’être de l’ESPE : constituer des groupes. Un inspecteur pour les gouverner tous, un formateur pour les trouver. Une formation ESPE pour les amener tous et dans les ténèbres les lier. » A bon entendeur, salut !
Chroniques noires d’un hussard de la République est un livre à lire, même si on n’est pas professeur ! On doit savoir ce qui se passe à l’intérieur de ce monstre qu’est l’Education nationale ! Bravo Lou Garance, en espérant que vous ne serez pas pénalisée durant toute votre vie enseignante, à cause de ce vibrant témoignage ! Ca, ce n’est pas gagné !
Aujourd’hui, les Editions Flammarion jeunesse nous proposent dans la collection Je suis en CE1, Citoyennes, citoyens. Cette série est écrite par une enseignante, Magdalena. Elle connaît bien le niveau de lecture des élèves. Normalement, chaque élève de CE1 peut lire tout seul, ou avec l’aide d’un adulte, ce petit livre.
En cette période de campagne électorale, Citoyennes, citoyens, est bienvenu ! Il rappelle les fondamentaux de notre République. Une jolie leçon d’éducation civique.
C’est quoi une République ? D’où vient le drapeau Français ? Quels sont les symboles de la République ? Quel est le rôle du Président de la République ? Et de nombreux autres thèmes sont abordés comme : l’égalité, la différence, nos droits, nos devoirs, la laïcité, la politesse, la solidarité, le harcèlement…
Citoyennes, citoyens, est un petit livre très riche en enseignements ! A lire à tous les âges !
Comme tous les ans, à l’approche de l’été survient un Dossier Tour de France des Vins et bulles Rosés pour se préparer au bon temps, aux terrasses et aux apéros entre amis, toujours avec modération. Cette année, ce sont 5 cuvées qui ont été dégustées pour des confirmations et une attente décuplée de voir les beaux jours arriver!
Maison Cavaillé : Gamay rosé Terres de Famille 2021 – Savoie
Avec son 100 % Gamay, ce Rosé de Savoie tient toutes ses promesses. A l’œil, avec sa belle robe rose tendre aux notes argentées, le vin fait envie. Au nez, il dénote une belle intensité, complexe et aromatique, avec des notes florales rose-pivoine, et fruitées fruits rouges fraise des bois-framboise-orange, poivre blanc, estragon-thym. La bouche est harmonieuse entre fruit, fraîcheur, minéralité et matière, jusque dans la jolie longueur. Le vin se déguste idéalement avec un jambon de pays, une salade aux fruits de mer, de la pizza, du couscous ou des brochettes de volaille marinées épices-citron. Distribué en vente directe, en CHR et chez les cavistes, le prix indicatif TTC départ cave est de 6,00 euros pour l’assurance de passer un bon moment.
Champagne Chassenay d’Arce dans la gamme LES ESSENTIELLES : Cuvée Rosé Brut
On ne présente plus le Champagne Chassenay d’Arce sur Publik’Art. Avec ses cépages 60 % pinot noir, 33 % chardonnay, 5 % pinot meunier et 2 % pinot blanc, c’est un vrai bonheur à déguster. A l’œil, la bulle légère et la robe saumonée brillante. Le nez est complexe, floral violette, fruits rouges et fruits confits, finement épicé. La bouche est souple, harmonieuse entre fruits rouges et noirs (cassis, fraise). Le champagne accompagne parfaitement un apéritif, des pruneaux au bacon, des noix de Saint-Jacques, un curry doux de volaille, de la panacotta aux fruits rouges ou des fraises. Distribué en vente directe, chez les cavistes, en CHR et au Repaire de Bacchus, le prix TTC départ cave est de 27,80 euros, parfait pour se faire plaisir sans se ruiner.
Maison Adrien Vacher : Le Rosé Château de la Violette 2021 – Savoie
Ce rosé se compose des cépages Gamay et Pinot. A l’œil, sa robe rose saumon est brillante. Le nez est frais et intense, floral pivoine, fruité fraise des bois-pamplemousse. La bouche est équilibrée entre fruit, matière et de fins tanins, avec une finale assez longue. Le rosé se déguste avec une terrine de poisson, de la blanquette de veau, un gratin de fruits de mer ou un coulommiers. Distribué en vente directe ou en CHR, il est proposé au prix tout doux TTC départ cave de 6,00 euros.
Domaine Couly-Dutheil – Chinon : René Couly 2021
Ce rosé se compose de 100 % de Cabernet franc. A l’œil, sa robe est rose et lumineuse. Le nez est fraise des bois-framboise-groseille et agrumes. La bouche est harmonieuse entre fruit, matière, fraîcheur et de fines épices, assez longue et complexe. Ce rosé se déguste en accompagnant des asperges, des sushis, du canard laqué, un cuisine exotique (poulet tandoori) et des grillades. Distribué en vente directe, sur la boutique internet, chez des cavistes comme les Caves Bossetti, les Caves Guy Jeunemaitre notamment en CHR, ce rosé classe et élégant est proposé au prix TTC départ cave de 8,90 euros.
Pascal Creuzet, Domaine de La Cave aux Caux : Gris 2021
Composé de 100 % de Pineau d’Aunis, ce vin arbore une belle robe rose pâle à reflet argenté. Le nez est frais, fruité abricot-fraise-citron, estragon, poivre gris. La bouche est vive et fraîche, mûre et longue, saline en finale. Le vin se déguste idéalement avec des noix de saint jacques aux agrumes, du poulet à la crème et aux champignons ou du saumon. Distribué en vente directe et chez les cavistes, son prix TTC départ cave est de 4,90 euros, toujours assez bas auu vu de sa qualité!
Les forêts, un monde fabuleux à découvrir, tout en BD (Casterman)
Les forêts est un album qui se présente comme une BD. Mais une BD intelligente ! Une BD qui nous fait entrer au plus profond de la nature, des forêts et nous révèle tous ses secrets. De façon ludique mais très scientifique aussi !
L’auteur, Jean-Baptiste de Panafeu a été professeur de Sciences naturelles au lycée. Il a envie de faire partager au plus grand nombre son savoir pour tenter de sauvegarder notre planète.
Le jeune lecteur va découvrir différentes forêts : européennes, tropicales et boréales. Un atlas à la fin de l’album recense les principales forêts du Monde. En lisant cette BD, on découvre combien la nature est belle, précieuse, complexe, et combien on doit en prendre soin pour sauvegarder toutes sa flore mais aussi toute sa faune. Et tous les risques qu’elle encoure, comme la déforestation et les incendies. On apprend comment en prendre le plus grand soin.
Les forêts, un monde fabuleux à découvrir, est à la fois une histoire, une BD, et aussi un vrai cours de Géographie et de Sciences naturelles. Quelle richesse ! Cet album ravira petits et grands !