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Zimmer est déjà de retour avec ses sons électroniques colorés

Zimmer fait partie d’une nouvelle génération bien décidée à prendre le commandement d’une vague électronique française prête à déferler sur le monde. Au sein du collectif Roche Music, Zimmer a sorti son premier album le 20 septembre dernier dont il vient de dévoiler le quatrième extrait Rey. Entre sonorités trip hop et ambiances électroniques à mi-chemin entre l’ambient et la techno, il choisit de ne pas choisir et se laisse la possibilité de varier les couleurs, alternant rythmes énergiques et atmosphères plus éthérées.

Un artiste vibrant et foisonnant

La sortie de Mayans le 6 mai dernier avait montré de quoi était capable l’artiste, avec un clip largement diffusé sur la toile. Zimmer en veut toujours plus et revient avec l’hypnotique Rey, aux saveurs électroniques rappelant une autre vague électronique française ayant déferlé sur le monde dans les années 90. L’album montre de quoi est capable Zimmer, entre voix angéliques et ambiances furieusement électroniques. Au sein de Roche Musique (Kartell, FKJ, Darius, Cézaire…), il tente de percer auprès du grand public et n’hésite pas à multiplier les sets de DJ pour montrer ses talents en live sur la base de ce premier album à venir en septembre qui pourrait séduire le plus grand nombre.
Ce sont quelques singles bien sentis comme Galapagos ou Saturday Love qui l’ont d’abord fait connaitre ainsi que des remixes pour le danois . Se servant aux sources disco, pop ou house, il a vu sa notoriété se développer des deux côtés de l’Atlantique et c’était naturel qu’il passe le cap de la composition. Avec sa double culture française et californienne, il n’a pas eu peur de toucher à tous les styles. Le titre Wildflowers a été un beau déclencheur avec l’aide du chanteur australien Jarrah McCleary en featuring. Ce nouvel album est une belle confirmation de ses talents, avec ses rythmes tantôt en terrain connu et tantôt en pleine expérimentation.

Artiste à suivre, Zimmer pourrait bien faire parler de lui plus largement dans les temps à venir!

Un réjouissant cours magistral dans Toute l’éco et la socio en BD aux éditions La Boîte à Bulles

Toute l’éco et la socio en BD

Si vous pensez que l’économie et la sociologie resteront à jamais pour vous des notions floues et rebutantes, les éditions La Boîte à Bulles ont une solution tout trouvée. Toute l’éco et la socio en BD s’adresse principalement aux élèves de Seconde avec un déroulé collant au plus près du programme de SES. Associés aux éditions Belin éducation, La Boîte à Bulles fonde une collection aussi intéressante que divertissante qui ouvre également son spectre au grand public avec un ton résolument distrayant voire amusant tout en ne perdant pas de vue l’objectif éducatif. C’est une sorte de rêve éveillée d’élève qui peut se lire avec légèreté ou plus de concentration selon l’objectif visé. Claire Fumat colle au plus près du programme et apporte quelques touches désopilantes qui permettent de prendre du recul et d’appréhender plus efficacement ces matières trop souvent considérées comme rébarbatives. Les dessins d’Emilie Boudet, Lyan et Maud Hopsie rivalisent d’ingéniosité pour égailler et mettre en lumière les notions fondamentales. Et les auteurs n’en sont pas à leur coup d’essai car ils ont déjà décrypté les fondamentaux de l’économie et de la sociologie dans quatre volumes hauts en couleur. Bref, c’est le moment d’étudier en vous amusant, voire de vous amuser en étudiant!

Infos de l’éditeur :

Rassemblant pour la première fois un éditeur de bande dessinée (La Boîte à Bulles) et un éditeur scolaire (Belin Éducation), cette nouvelle collection s’adresse aux lycéens, mais aussi au grand public. Chaque volume s’appuie sur des exemples humoristiques et décalés pour expliquer un thème du programme de SES.
À la fin de chaque séquence, un schéma de synthèse reprend les points essentiels à retenir. Le programme de SES sera couvert par 6 livrets différents (4 d’économie et 2 de sociologie) pour la Première, et 1 livret pour la seconde. D’autres ouvrages dans les séries « Toute l’éco » et « Toute la Socio ».ui vous est promise…

Après avoir décrypté les fondamentaux de l’économie et de la sociologie dans quatre volumes hauts en couleur, Claire Fumat et Émilie Boudet s’attellent cette fois au pro-gramme de seconde. Comment les économistes, les sociologues et les politistes raisonnent-ils et travaillent-ils ? Comment se forment les prix sur un marché ? ou com-ment devenons-nous des acteurs sociaux ? Autant de questions pointues auxquelles les deux auteures répondent minutieuse-ment chapitre par chapitre dans ce nou
veau volume. Jargon et grandes théories économique passent à la moulinette de la pédagogie et de l’humour pour être exposées en illustrations claires et ludiques facilitant la compréhension et la mémorisation.
Au travers d’exemples humoristiques et décalés, ce livre vous donnera les clés pour comprendre les fondamentaux de la discipline, décrypter l’actualité et saisir les en-jeux de notre époque.
Tout le programme de sciences économiques et sociales de seconde dans un album à mettre entre toutes les mains !

Date de parution : 16 octobre 2019
Auteur : Claire Fumat, Emilie Boudet, Lyan, Maud Hopsie
Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 14,99 € (96 pages)

Découvrons ensemble Multiplications et divisions (Editions Usborne)

Découvrons ensemble Multiplications et divisions (Editions Usborne)

Les Editions Usborne ont un catalogue très varié qui s’adresse aux enfants. N’hésitez pas à aller consulter leur site.
Découvrons ensemble Multiplications et divisions est un grand livre cartonné avec plus de 130 rabats à soulever. Sous chaque rabat se trouve la solution !
Chaque page est cartonnée. Les dessins sont simples, colorés et gais. Chaque page aborde un thème : soit la multiplication, avec ses différentes méthodes, soit la division. La notion de double et de moitié est abordé sous forme de devinettes.
Le jeu du labyrinthe permettra à l’enfant d’appliquer son savoir ! Il commencera aussi à appréhender les fractions, toujours sous forme de jeux.
Le jeune lecteur terminera son livre avec une belle course au trésor !
Découvrons ensemble Multiplications et divisions s’adresse aux enfants du primaire, dès le CE2 et jusqu’au CM2 (avis personnel de retraitée de l’Education Nationale) !
Une jolie façon d’apprendre ses tables et surtout de comprendre ces calculs ! Une belle idée de cadeau !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 29 août 2019
Auteur : Lara Bryan
Editeur : Usborne
Prix : 12,50 €

Kitsune, une BD déroutante des éditions La Boite à Bulles

Kistsune, La Boîte à Bulles

Franck est un architecte renommé qui traverse une crise existentielle. Entre culpabilité et dépression sournoise, il se rend au Japon pour participer à un concours. Dans un pays qu’il ne connait pas et où rien ne lui semble si évident, il navigue à vue et multiplie les maladresses. Le scénario de Stéphane Presle rappelle furieusement l’ambiance éthérée de Lost in Translation, le héros est accompagné d’une traductrice qui l’accompagne sans qu’il ne réussisse à savoir si elle le méprise ou si elle est fascinée. Le voyage au Japon ressemble à une lente descente aux enfers, entre différences culturelles et apitoiement prolongé sur soi. L’architecte génial essaye de tout oublier pour se réinventer, jusqu’à se mettre en danger physiquement et mentalement. Mais peut-être est-ce le seul moyen pour parvenir à se dépasser et devenir un autre, encore meilleur, plus talentueux et en accord avec lui-même. Les dessins géométriques de la BD apportent une dimension synthétique au récit, transformant le récit onirique en calcul mathématique issu d’un puissant ordinateur. La lecture invite à se poser des questions, pages après pages. La lecture est sinueuse mais plaisante, avec un héros dévasté sur le chemin de la rédemption, presque malgré lui, par la grâce d’une traductrice qui l’aide à se relever pour surmonter ses tourments intérieurs.

Infos de l’éditeur :

Franck est considéré comme un des plus grands architectures de son temps. Rongé par la culpabilité suite à un terrible accident sur l’un de ses chantiers, il rêve de tout plaquer.
Devant l’insistance de ses partenaires et commanditaires, il se rend tout de même au Japon pour participer à un important concours dont il se sait déjà le vainqueur programmé…
A peine a-t-il posé le pied au Pays du soleil levant que le voici pris en charge, dorloté voire manipulé…
Franck ne croit plus en ce projet pour lequel on l’a fait venir ni à plus rien de ce qu’il a fait jusqu’ici.
Dans un Japon qu’il découvre pas à pas, Franck suit une sorte de voyage initiatique… Mais on ne se dérobe pas impunément à la gloire qui vous est promise…
Quand un architecte est Lost in translation…

Date de parution : 9 octobre 2019
Auteur : Stéphane Presle, Thibault Chimier
Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 22 € (127 pages)

Papicha, un film algérien glaçant sur les années de plomb, en salles le 9 octobre

Le film Papicha revient sur une époque récente où les ravages du terrorisme ont durablement marqué la société algérienne. Le début très léger et inconséquent laisse vite place aux menaces, à l’intimidation et finalement à la violence aveugle. Les désirs de liberté sont vite écrasés sous le poids d’une terreur psychologique qui effraye les plus téméraires. La montée du fondamentalisme quitte la zone grise périphérique pour devenir une préoccupation centrale, touchant tous et toutes. Le film se concentre sur les conséquences de cette future guerre civile sur les femmes avec des actrices qui forcent l’admiration. Un film à découvrir absolument au cinéma prochainement .

Un film comme un étendard

Les actrices algériennes du film Papicha sont plongées dans une atmosphère de trouble et de désolation bien éloignée de leurs préoccupations de jeunes adultes, Lyna Khoudri en tête. Interprète de la jeune étudiante Nedma, elle vit une existence entre sorties en boite et rêves de stylisme. Ses sorties nocturnes à travers le grillage défoncé de la Cité U symbolisent ses aspirations à la liberté. La construction d’un mur d’enceinte coïncide avec les premières menaces et la montée des opinions radicales. Marchand de tissu qui abandonne les couleurs chatoyantes pour vendre des Niqabs, petits amis qui n’acceptent plus aucun comportement « déviant », la parole des extrémistes de libère et fait ployer ceux et celles qui voudraient que la société algérienne continue d’être plus tolérante sous le joug de leur intolérance. Difficile à croire qu’il y a moins de 30 ans des kalachnikovs aient pu faire craindre un embrasement généralisé de l’autre côté de la Méditerranée. C’est pourtant ce que raconte ce très beau film. La scène de fin est un sommet d’effroi avec l’exaction finale du film, comme un avertissement à ne pas trop laisser se déployer les ailes noires des extrémistes de ce côté-ci de la Méditerranée. Le parti pris ultra réaliste du film empêche toute ambiguïté, les personnages aspirent avant tout à vivre leur vie, pas à imposer aux autres quoique ce soit, c’est justement ce que les extrémistes n’acceptent pas, jusqu’au passage à l’acte, implacable. La galerie de personnages avant tout féminins fait découvrir des tempéraments et des cas de conscience au début d’une décennie qui aura vu le pays passer tout près d’une guerre ouverte généralisée.

Papicha pourrait rencontrer un très large public grâce à son réalisme total et ses interprétations admirables. Sans pathos ni cours magistral, le film ouvre une lucarne sur un pays plus complexe qu’on ne peut le croire a priori.

Résumé :

Alger, années 90. Nedjma, 18 ans, étudiante habitant la cité universitaire, rêve de devenir styliste. A la nuit tombée, elle se faufile à travers les mailles du grillage de la Cité avec ses meilleures amies pour rejoindre la boîte de nuit où elle vend ses créations aux  » papichas « , jolies jeunes filles algéroises. La situation politique et sociale du pays ne cesse de se dégrader. Refusant cette fatalité, Nedjma décide de se battre pour sa liberté en organisant un défilé de mode, bravant ainsi tous les interdits.

Sortie : le 9 octobre 2019
Durée : 01h45
Réalisateur : Mounia Meddour
Avec : Lyna Khoudri, Shirine Boutella, Amira Hilda Douaouda
Genre : Drame

Anna Mouglalis et Xavier Legrand dans un duel au sommet, sont de retour à Paris

Anna Mouglalis et Xavier Legrand : un duel au sommet
Anna Mouglalis et Xavier Legrand photo Franck Berloncle

Anna Mouglalis et Xavier Legrand dans un duel au sommet, sont de retour à Paris

Après un succès public et critique, Anna Mouglalis et Xavier Legrand reviennent au théâtre de l’Atelier à Paris.

« Mademoiselle Julie » est l’une des pièces d’August Strindberg parmi les plus complexes dans l’approche psychologique des personnages, chargés d’ambiguïté et d’hésitations. Le drame qui va lier Julie, l’aristocrate, et Jean le domestique de son père, ne se résout pas dans la seule analyse sociale. À l’opposition de classes se mêle celle des sexes et, plus profonde encore celle que chacun se livre à lui-même dans la contradiction de ses désirs.

Un duel entre un homme et une femme qui se charge aussi d’une danse de mort pour la domination où les personnages sont mus malgré eux par des forces qui les dépassent, les débordent, dans une ambivalence aussi cruelle que perverse.

August Strindberg imagine selon ses termes une « tragédie naturaliste » où les rêves et les désirs se fracassent sur la fatalité du réel. Rêve de s’émanciper des carcans sociaux pour Mademoiselle Julie. Désir d’ascension sociale pour Jean. Mais une attirance destructrice où chacun des amants veut dominer l’autre.

La pièce démarre pourtant dans l’euphorie de la fête de la Saint-Jean. Julie, fille du comte, danse avec les paysans et les domestiques. Dans la cuisine, Jean et sa fiancée Kristin critiquent l’attitude de leur maîtresse. Julie fait irruption et provoque Jean. Un peu ivre, elle l’oblige à danser avec elle et entreprend de le séduire sous les yeux de sa fiancée, Kristin la cuisinière.

Le mépris est au cœur de la tragédie. De son père Julie a hérité un mépris de classe envers les serviteurs et de sa mère la haine des hommes. Elle veut dominer Jean. Mais les serviteurs méprisent la conduite de Julie, qu’ils traitent de folle. Et au jeu de la domination, parce qu’il est un homme, et parce qu’elle est une femme dévorée par une folie intérieure, le choc est périlleux.

Et lorsqu’au bout de ce rapport de répulsion-attirance, domination-soumission, haine-fascination qui les lie, les deux protagonistes succombent enfin à leur désir, c’est l’échec. L’un après l’autre tomberont en cascades les rêves et les illusions, les grands desseins et les vastes horizons : appel du désir, élans d’amour, élévation sociale, conquête d’un ailleurs, échappée belle loin du moule originel.

Un duo habité

“Mademoiselle Julie” porte à son paroxysme les frustrations des personnages qui se débattent avec leur passé, leur condition, et se trouve à jamais empêchés dans leur désir d’émancipation.

Dans la cuisine où se déroule toute l’action, espace intermédiaire entre les logements des domestiques et les appartements du comte, une pièce où la parole se libère, l’auteur se livre à une analyse des êtres qui interroge sans donner de réponse. La pluralité des points de vue et le renversement des rôles entre dominant et dominé, orchestrés d’une main de maître par Strindberg, alimentent à dessein le trouble de la relation et sa complexité. Faut-il partir ? Faut-il rester ? Qui doit obéir à qui ? Qui est le maître et qui est l’esclave ?

Au-delà de la violence de la confrontation, Julie Brochen explore d’un regard neuf l’ambivalence des personnages où l’orgueil démesuré des deux amants dans un rapport de séduction/répulsion, les pousse à s’aimanter. Elle le provoque, il l’utilise. Elle l’humilie, il l’a manipule. C’est un véritable rapport de force qui se joue entre les protagonistes, prisonniers de leurs certitudes, dont ils sont à la fois auteur et acteur.

Le décor de Lorenzo Albani et sa judicieuse perspective qui offre une ouverture en fond de scène, imprègne de son emprise la dramaturgie dont les notes du bal de la Saint-Jean se font entendre.

Et dans cette fuite en avant, les comédiens sont magnifiques. Anna Mouglalis électrise la scène d’une présence aussi fiévreuse qu’inquiétante, tandis que Xavier Legrand (récompensé en tant que réalisateur par 5 Césars en 2019 pour son film « Jusqu’à la Garde ») impose avec brio une élégance et une force naturelle. Quant à Kristin (la cuisinière) interprétée par Julie Brochen, elle est d’une justesse parfaite.

Dates : du 01 octobre 03 novembre 2019 Lieu : Théâtre de l’Atelier (Paris)
Metteur en scène : Julie Brochen

Le Misanthrope sobre et aiguisé d’Alain Françon

Le Misanthrope sobre et aiguisé d’Alain Françon
Le Misanthrope de Molière, mise en scène Alain Françon, Photo © Jean-Louis Fernandez

Le Misanthrope sobre et aiguisé d’Alain Françon

La vanité, le jeu des influences, les faux-semblants, mais aussi la perfidie des courtisans sont au cœur de cette pièce de Molière et de la proposition d’Alain Françon.

Alceste, le misanthrope, est le plus loyal et le plus droit des hommes. Cet incompris, qui veut changer la face du monde, se retrouve pris au piège d’un système plus fort que lui, car il a le mauvais goût de rejeter les futilités et les mondanités.

Alceste souffre donc de l’hypocrisie du monde dans laquelle il vit. Il est pourtant amoureux de Célimène, une mondaine habitée par cet art de paraître qui voit défiler dans son salon des petits marquis courtisans, avides et calculateurs, dont il n’a que mépris.

La conversation et l’appartenance sociale avec ces signes de reconnaissance sont les éléments fondateurs de ce microcosme. Entre soi, on se croise, on échange et on tente de répondre à la question qui est sur toutes les lèvres : Célimène est-elle sincère dans son amour ?

Avec ses enjeux, son interaction entre les protagonistes, ses contradictions à travers la posture morale d’Alceste qui se confronte à l’appel paradoxal de son désir, la parole est au centre du dispositif. Mais aussi de la lecture précise d’Alain Françon qui se focalise sur le texte fondateur et la direction d’acteurs.

Joutes glaciales

Ce parti pris prend pour cadre un salon luxueux et froid d’un hôtel particulier où les joutes verbales, les médisances, les confidences interagissent ou s’immobilisent. C’est en costumes contemporains qu’évolue ce petit monde clos qui renvoie à une classe dominante et élitiste, sûre de son entre-soi et de son pouvoir.

La mise en scène sobre et exigeante scrute au plus près ce bal des hypocrites et des flatteurs où le jeu des ambitions se dispute à celui des compromissions et révèle les ressorts secrets d’une caste arrogante, dissimulés sous le vernis de la politesse.

Les discussions, dont le placement des acteurs offre une fluidité parfaite, mettent à l’épreuve la sincérité d’Alceste qui erre, telle une âme écrasée et torturée par le poids de ses contradictions, désarmé face aux déceptions de la vie, faisant preuve de réactions contradictoires et porteuses d’emportements suivis de périodes d’atonie et de faiblesse.

Mais aussi capable de se ressaisir face aux sentiments qu’il éprouve pour Célimène, refusant dans sa critique du monde une société du paraître, de la dissimulation et dans laquelle la médisance s’avère un art à part entière. Avant que la solitude n’emporte le cœurs de chacun des amants vers leur destin respectif.

Les comédiens sont au diapason pour faire entendre la posture désinvolte et contrariée d’Alceste, seul contre tous, incarnée vaillamment par Gilles Privat.

Dates : du 18 septembre au 12 octobre 2019 – Lieu : Espace Cardin (Paris)
Metteur en scène : Alain Françon

Un géant de la musique se dévoile aux éditions Delcourt dans Ravel, un imaginaire musical

Ravel, un imaginaire musical, Delcourt

Si Maurice Ravel est universellement connu grâce à son célébrissime Boléro diffusé encore et encore dans tous les médias du monde, peu de gens peuvent néanmoins se targuer de bien connaitre une existence riche et variée, entre excentricité et rigueur académique. Car le compositeur n’était pas à un paradoxe près, on peut très bien imaginer un individu rigide et monotone, mais on devine moins bien le joyeux luron membre de la confrérie des apaches et près à toutes les acrobaties musicales pour relever des paris osés dans ses compositions. Les auteurs Karol Beffa et Guillaume Métayer rendent un vibrant hommage au musicien sous la plume d’Aleksi Cavaillez dans une BD aussi érudite que documentée.

Ravel, cet inconnu

L’air du Boléro fait penser pour beaucoup à une mélodie répétitive et laborieuse, difficile à discerner et à écouter plus d’une fois. Maurice Ravel explique pourtant que cette composition est une sorte d’aboutissement dans une œuvre qui l’aura vu s’abreuver à toutes les sources. Bach et Mozart comme grandes inspirations, Satie comme parangon, Debussy comme inspiration, le musicien se découvre bien tôt un gout pour la composition plus que pour l’interprétation. Il se dévoile dans cette bande dessinée auprès de son ami Roland Manuel venu le visiter pour lui prendre des nouvelles avant que de devenir son confident. Car Ravel se sait fragile et sa mémoire lui joue des tours, il lui faut se raconter pour révéler anecdotes et secrets qui tomberaient autrement et irrémédiablement dans l’oubli. Les 200 pages de la BD Ravel, un imaginaire musical partent de l’enfance avec de longs apartés sur ses parents avant d’aborder la riche éducation musicale sous les auspices de Fauré, la confession est un long monologue, palpitant et passionnant, où le vieil homme se laisse aller à de surprenantes fantaisies, lui qu’on pourrait imaginer dénué d’humour. Il n’en était pourtant rien, l’homme s’est mêlé aux salons littéraires, il a partagé de longs moments avec d’illustres contemporains et n’a commencé sa vie d’ermite dans sa maison de Monfort L’Amaury qu’à un page respectable loin des projecteurs parisiens.

Les amateurs de musique seront ravis de la présence constante d’une riche atmosphère musicale, les férus de BD apprécieront le foisonnant noir et blanc de l’illustrateur teinté d’ombres mystérieuses. Les anecdotes pullulent et la lecture est un ravissement.

Infos de l’éditeur :

1936. Ravel entreprend de conter son histoire à son fidèle ami et disciple Roland-Manuel. On assiste à la création de Gaspard de la nuit, de Daphnis et Chloé, du Concerto pour la main gauche et du Boléro. Le musicien se lance dans une évocation bigarrée de sa vie, tissée d’amitiés indéfectibles et de fulgurances musicales, où l’on croise Debussy, Fauré, Ida Rubinstein ou Colette.

Date de parution : 21 aout 2019
Auteur : Karol Beffa, Guillaume Métayer, Aleksi Cavaillez
Editeur : Delcourt
Prix : 24 € (200 pages)

Les éditions La Boîte à Bulles ravivent l’esprit d’une série culte avec la BD L’homme de la Quatrième Dimension

Nombreux sont ceux qui ont pu découvrir les épisodes cultes de la série culte La Quatrième Dimension sur TF1 pendant les années 80. En noir et blanc, avec des programmes très courts racontant des histoires fantastiques toutes différentes avec le même effroi devant le twist final. Mais saviez-vous que cette série diffusée aux Etats-Unis entre 1959 et 1964 n’avait duré que 3 saisons avec 138 épisodes de 25 minutes et 18 épisodes de 50 minutes? Cette anthologie d’histoires fantastiques était l’œuvre de Rod Serling, celui-là même qui prévient au début de chaque épisode avec cette phrase rentrée dans les mémoires: Vous voyagez dans une autre dimension. Une dimension où n’entre pas seulement en jeu l’espace mais un monde où peuvent s’entrebâiller et se refermer à tout jamais les innombrables portes du temps. Vous entrez dans la Quatrième dimension. Mais qui était donc Rod Serling? Les éditions La Boîte à Bulles lèvent le voile.

Un destin dévoilé avec talent

Rod Serling n’était pas qu’un petit homme en costume sombre apparaissant cigarette à la main avant chaque épisode. La BD dévoile son destin, depuis son engagement chez les parachutistes pendant la seconde guerre mondiale jusqu’à sa carrière à Hollywood. Dur à cuire obstiné, il força la main du colonel recruteur pour intégrer le régiment de parachutistes qu’il visait malgré sa petite taille avant de connaitre l’effroi d’un conflit sans fin aux confins du pacifique. C’est Rod Serling lui-même qui raconte son histoire à une mystérieuse passagère d’un interminable vol dont le lecteur ne connait d’abord pas la destination. Mais l’homme est volubile et passionne son interlocutrice en rentrant dans tous les détails de son parcours, sa venue dans le monde du divertissement, son mariage et ses ambitions enfin concrétisées par une reconnaissance publique après la diffusion d’un très acclamé épisode de sitcom. Il lui faudra batailler avant de pouvoir détenir sa propre série devenue un succès public avec le temps, The Twilight Zone. Chacun se souvient d’un épisode particulier, celui avec le passager qui voit un mystérieux personnage se balader sur l’aile de son avion, celui où un survivant de catastrophe atomique peut enfin lire à sa guise, celui où des extraterrestres apportent la paix et l’harmonie sur terre. Mais chaque épisode cache en son sein un lourd secret révélé dans un twist final qui donne immanquablement la chair de poule et fait réfléchir. Et si Rod Serling a pu se livrer à tant d’extravagances scénaristiques, sa vie ne fut pas de tout repos avec d’incessantes luttes contre des producteurs voraces, des longs passages à vide et cette éternelle insatisfaction qui le poussait à fumer jusqu’à 4 paquets de cigarettes quotidiens. Le récit de Koren Shadmi se lit sans pouvoir lever le nez de l’ouvrage avec un dessin hyper réaliste qui impressionne par sa richesse de détails. La Bd est une biographie hyper documentée qui force le respect, et pas seulement pour les fans de la série.

La BD est une vrais et belles réussite qui ravira les fans d’histoire belle et tragique. L’auteur ajoute une touche finale très Twilight Zone dans son dénouement, comme un clin d’œil à une série qui a bercé tant d’enfances et fait fonctionner l’imagination des plus petits comme des plus grands.

Infos de l’éditeur :

À travers la carrière de Rod Serling, le multi-primé créateur de la série La quatrième dimension, une plongée dans les coulisses de l’âge d’or de la télé américaine.

Date de parution : 9 octobre 2019
Auteur : Koren Shadmi (scénario et dessin) / Simon Hureau (autre)
Editeur : La Boîte à Bulles
Prix : 24 € (176 pages)

A la conquête de l’homme rouge, un roman plein d’humour de Corinne Maier (Anne Carrière)

A la conquête de l’homme rouge, un roman plein d’humour de Corinne Maier (Anne Carrière)

Corinne Maier nous livre un roman qui ressemble davantage à une satire sociale qu’à un roman d’amour… Quoique le lecteur y trouvera aussi l’amour !
C’est l’histoire de Corinne Zed, et comme par hasard, elle est écrivain ! Elle était mariée, mais son mari l’a quittée et avec lui, toute sa « richesse » s’en est allée !
Elle quitte le monde bourgeois dans lequel elle évoluait pour découvrir tout autre chose. D’abord elle tombe amoureuse. Pas de n’importe qui, d’un homme connu pour ses actes extrêmes : un extrémiste de gauche, ancien poseur de bombes. Il lui inculque la lutte des classes, à sa façon ! Et Corinne est convaincue ! L’auteur raconte sa transformation avec beaucoup d’humour ! 
[…] un prolo de droite nest pas plus paradoxal qu’un bourgeois de gauche. p.92
Tous les domaines s’entrechoquent et nous catapultent loin de nos idées reçues, avec beaucoup de gourmandise ! Un vrai régal !
A la conquête de l’homme rouge, est un roman plus profond qu’il n’y paraît ! Et complètement d’actualité !

 

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Août 2019
Auteur : Corinne Maier
Editeur : Anne Carrière
Prix : 17 € (196 pages)

La famille royale, perdus dans le royaume (Gallimard Jeunesse)

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

 

La famille royale, perdus dans le royaume (Gallimard Jeunesse)

 

Christophe Mauri nous conte une charmante histoire de La famille royale. Alice et Louis-Junior sont les enfants du Roi et de la Reine. Et comme tous les enfants royaux, ils ont des devoirs. Et ce soir, ils doivent aller avec elurs parents à l’opéra royal. Mais eux voudraient aller au match de hockey.
Ils montent dans leur hélicoptère pour se rendre au plus vite à l’opéra… Mais rien ne se passera comme prévu ! La soirée va être très mouvementée et le lecteur va bien rire…
La famille royale, perdus dans le royaume, un joli moment de récréation pour vos enfants !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 2019
Auteur : Béatrice Fontanel
Illustrateur : Alexandra Huard
Editeur : Gallimard
Prix : 14,90 €

Soif, notre coup de cœur de la rentrée (Albin Michel)

Soif, notre coup de cœur de la rentrée (Albin Michel)

Amélie Nothomb ne nous plait pas à tous les coups. Son avant-dernier livre, Les prénoms épicènes nous avait régalés. Mais ce n’est rien face à Soif !

Le narrateur

Amélie Nothomb s’attaque à l’histoire la plus connue et la plus intouchable du monde : celle du Christ. Et elle ose réécrire son histoire, à sa sauce et à la première personne. C’est Jésus lui-même qui se raconte. Qui n’a jamais osé faire parler Jésus, la veille de sa crucifixion ? Personne sauf Amélie Nothomb, dans le style qu’on lui connaît. Simple, vrai, incisif. Chaque mot a sa place et sa signification. Récit court mais fulgurant !

Condamnation à mort

Jésus se sait condamné et a toujours su qu’il serait condamné à mort par ses propres amis, un jour… Son procès est arrivé. Il le raconte rapidement. Les témoins à charge sont nombreux, même ceux que Jésus a sauvés… Jésus ne comprend pas, ne se révolte pas. Ses proches le lynchent.
Amélie Nothomb ne va pas se faire que des amis avec son roman Soif. Elle s’attaque à un sujet sacré. Sans crainte. Et avec beaucoup de liberté. Des libertés quant aux Evangiles qui racontent la vie de Jésus. Des libertés très libertaires… des libertés très humaines. Des libertés très profondes et qui font sens aujourd’hui.

Leçon de vie

Quand on a soif, il faut être vivant. Jésus veut ressentir le besoin de boire au plus haut niveau, pour surpasser ses douleurs :
On n’apprend des vérités si fortes qu’en ayant soif, qu’en éprouvant l’amour et en mourant : trois activités qui nécessitent un corps. P.90

Importance du corps

Car si l’auteur s’attarde sur l’esprit du Christ, il ne peut vivre sans son corps. Et il doit bien sûr aimer son corps. Et s’aimer soi-même. Sans ces préceptes rien n’est possible pour l’humain. L’interaction corps-esprit est au cœur de Soif.

L’auteur, à travers cette histoire universelle, démontre avec beaucoup de finesse comment l’homme peut vivre heureux sur terre, sans passer à côté de sa vie, ni à côté de sa mort.
Explore ta soif, mon ami. Elle est un voyage, elle te conduit à une source, que c’est beau, entends-tu, oui, c’est la bonne chanson … p.94
L’amour, la soif, la vie, la mort, la peur, les sentiments, la vie éternelle, Amélie Nothomb nous dévoile un chemin de vie surprenant et assez magique car d’une tolérance et d’une subtilité qui permettront à chacun d’y puiser ses propres vérités.
Un livre à lire et relire et surtout à méditer !
Notre coup de cœur de la rentrée !

 

Résumé de l’éditeur :

« Pour éprouver la soif il faut être vivant. »

Date de parution : 21 août 2019
Auteur : Amélie Nothomb
Editeur : Albin Michel
Prix : 17,90 € (162 pages)

Je suis moi, un album cartonné pour tout-petit (Père Castor)

Je suis moi, un album cartonné pour tout-petit (Père Castor)

Je suis moi, voilà un très beau cadeau de naissance à faire ! A la naissance d’un tout-petit, chacun est étonné de cette petite merveille ! Mais qui est ce nouveau-né ?
Est-il un nuage parmi les nuages, ou une fleur parmi les fleurs, ou encore un éléphant parmi les éléphants ? Et bien non ! Il se découvre : « Je suis moi, moi parmi vous. Et j’aime beaucoup ça. »

Le tout-petit va aussi aimer lire ce bel album qui ressemble à une chanson.
Je suis moi, un bel album enfantin, gai, coloré et plein de vie ! Il sort aujourd’hui aux Editions du Père Castor !

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Infos de l’éditeur :

Un album sur la douceur de la naissance et la découverte du monde et des autres.

À lire comme un poème dès les premiers instants, tout doucement, avec amour.

Bienvenue au monde !

Date de parution : 2019
Auteur : Thierry Lenain
Illustrateur : Stéphanie Marchal
Editeur : Père Castor
Prix : 13,00 €

Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, excellent livre de JC Rufin (Gallimard)

Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, excellent livre de JC Rufin (Gallimard)

Jean-Christophe Rufin est connu du monde entier après avoir reçu le Prix Goncourt en 2001 avec son excellent roman Rouge Brésil. Cette fois-ci, l’auteur nous régale avec Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla.

Intimité et fiction


Le livre est écrit à la première personne et le lecteur ne peut s’empêcher de croire que c’est vraiment l’auteur qui a vécu cette histoire. Bien sûr, il s’en défend et dit bien que c’est une fiction (voir La Grande Librairie du 4 avril 2019)
Néanmoins, si JC Rufin a une imagination débordante avec Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, il y a aussi du vécu concernant les re-mariages ayant lui-même divorcé et s’étant remarié plusieurs fois avec la même personne.

Complexité de l’amour


Si Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla est notre coup de cœur, c’est justement parce que l’auteur nous livre des pensées très intimes sur l’amour, le mariage et la rencontre de deux personnes. Edgar et Ludmilla n’ont aucun point commun ! Ils tombent amoureux au premier regard alors que tout semble impossible. Mais quand on aime, on abat toutes les barrières, toutes les frontières. Et c’est ce qui s’est passé quand Edgar va chercher Ludmilla dans un petit village perdu en Ukraine. C’est l’Aventure et surtout l’Amour ! Sans logique, sans calcul.

Analyse psychologique


Le narrateur est médecin, comme JC Rufin. Il est également le mari de Ingrid, la fille de ce fameux couple qui ne cesse de se marier, pour mieux divorcer. Et encore mieux se marier par la suite. L’analyse du couple est complexe et malgré tout, le lecteur entre dans cette profonde intimité. Rien n’est laissé au hasard. Les différences culturelles et même philosophiques des deux protagonistes amplifient leurs sentiments.
Le lecteur appréciera tout particulièrement le détachement matériel de Ludmilla mais aussi celui de Edgar. Ils sont parfois très pauvres, ou l’un devient riche pendant que l’autre galère, ou le contraire. Peu importe, ces situations financières n’entrent pas en conflit avec leur amour. Leurs divorces finissent par coûter une fortune, et leurs mariages aussi. Peu importe également. Le seul intérêt est leur amour !


Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla aurait mérité de faire partie des romans sélectionnés pour le Goncourt 2019. Pour nous, c’est un réel coup de cœur car s’il nous fait sourire, voire même rire, ce roman est une source de réflexions profondes !

 

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2019
Auteur : Jean-Christophe Rufin
Editeur : Gallimard
Prix : 22 €

Les Carnets d’Albert Camus au Lucernaire, un grand moment de vérité

Les Carnets dAlbert Camus

Le Lucernaire laisse le champ libre à l’auteur de La Peste et L’étranger avec une évocation enflammée de ses Carnets, sur base de morceaux adroitement choisis et reflétant bien l’exigence morale d’Albert Camus. Stéphane Olivié Bisson arpente la scène en tous sens pour figurer la tension intellectuelle de celui qui écrivait quotidiennement sans presque prendre de pauses, suivant le fil chronologique des pensées d’un auteur jamais au repos. De l’enfance jusqu’aux dernières années en passant par les luttes politiques, ce sont tous les épisodes de sa pensée qui défilent pendant un spectacle qui ne perd jamais son souffle.

Un seul en scène habité

La scène du Lucernaire est seulement occupée par deux chaises et un terre-plein central rempli de cailloux blancs quand le comédien apparait assis, en pleine lumière, pour déclamer les écrits d’Albert Camus. Le récit début évidemment dans cette Algérie natale si longtemps regrettée. Toujours lucide et autocritique, il évoque les manquements inhérents à une jeunesse toute remplie d’espoirs et de rêves, si loin de s’attacher à un quotidien que le reste de l’existence ne cessera jamais de regretter. Puis l’auteur débute sa carrière d’écrivain en se rendant compte de l’obligation d’écrire et de penser pour non pas se réaliser mais exister. L’arrivée dans la métropole est un déchirement tant le microcosme parisien rebute celui qui n’accorde jamais autant d’importance qu’à la vérité morale des êtres. Le monde de faux-semblants l’opprime mais sa quête intellectuelle le pousse irrémédiablement en avant, avec pour récompense ce Prix Nobel obtenu en 1957, consacrant un esprit libre et perpétuellement en mouvement. Le dépouillement de la mise en scène tranche avec la frénésie intellectuelle d’un auteur rentré dans la postérité pour ses écrits toujours engagés du côté de la sincérité. Albert Camus devient cet ami avec qui il serait si agréable de deviser sur les vérités de ce monde, surtout que ses avis rejoignent ceux de beaucoup sur notre monde actuel. L’opportunisme du personnel politique, l’oppression de la majorité par la vanité de quelques uns, la course factice au mérite sur la seule foi d’opinions frelatées, le monde de Camus semble furieusement ressemblé au notre et cette évocation proposée par un très convaincant Stéphane Olivié Bisson ravit un public acquis à ces pensées remplies de sincérité.

Il faut voir cette pièce emplie de vérité sur un homme jamais satisfait et conscient de ses limites dans un monde imparfait. Ces accents de vérité donnent du baume au cœur et laissent penser que tout n’est pas perdu pour celui qui sait regarder les choses en face sans se laisser abuser par la dissimulation.

Dates : jusqu’au 6 octobre 2019 – Lieu : Le Lucernaire (Paris) – Metteur en scène : Stéphane Olivié Bisson

Departures, Un EP hypnotique par le quatuor Melatonin

Le groupe lyonnais Melatonin révèle son second EP Departures avec un clip réalisé en collaboration avec Temple Caché pour un animé accompagnant la sortie du titre Animal. Avec une musique remplie de mystères et de clairs obscurs, les 4 garçons se teintent de reflets tantôts sombres tantôt éclatants. Leur EP est bientôt disponible pour de beaux moments d’écoute introspective dans un sillon rock aux tonalités électroniques. Le rock n’est pas mort, une preuve de plus.

Un album lancinant

Hormone du sommeil, la mélatonine permet une perte de conscience passagère afin de permettre de recharger les batteries avant un nouveau moment de conscience. Le ton est donné, il faut lâcher prise pour rentrer dans l’ambiance de Departures et se laisser aller à la rêverie. Les influences sont nombreuses. Sous l’égide de groupes aussi illustres que Radiohead époque Kid A, un parti pris rappelant les groupes rock des années 90 ou des années 2000 ou même Archive époque Trip-Hop ou Goldfrapp époque Felt Moutain, Melatonin multiplie les expérimentation sonores pour brouiller les pistes et créer une vraie ambiance kaleïdoscopique rappelant même le Rock Progressif, notamment dans le titre Animal que King Crimson ne renierait pas. Formé en 2016, Melatonin publie un premier clip avec la chanson Sell Your House qui connait un beau succès d’estime. Le premier EP Magnificat parait en 2017 avec une release-party au Brise-Glace qui précède un Magnificat Tour avec près de 50 concerts sur les routes françaises. Departures marque une nouvelle étape qui pourrait les faire connaitre plus largement. L’année 2019 permettra peut-être au groupe d’éclore et de toucher de nouveaux auditeurs dans l’hexagone, il faut leur souhaiter de toucher des circuits à plus grande écoute afin d’amorcer un nouveau rock qui ferait plaisir, de quoi donner envie aux jeunes générations de découvrir les sonorités rock

La release party a eu lieu le 10 septembre à l’espace B. en plein cœur de Paris (75019).

Cahier d’activités des Petits Matheux, une nouveauté à découvrir (Editions Usborne)

 

Cahier d’activités des Petits Matheux, une nouveauté à découvrir (Editions Usborne)

Les Editions Usborne ont un catalogue très varié qui s’adresse aux enfants. Le Cahier d’activités des Petits Matheux permettra à chacun, chacune, quel que soit son âge, d’avoir une autre approche des mathématiques.

Du jeu, encore du jeu

Une approche plus globale et plus interactive. L’enfant, par ses propres démarches et propres constations, résoudra des problèmes sans s’en rendre compte.
Mais bien sûr, il faut qu’il ait déjà acquis de bonnes bases de calculs avant de se lancer dans ce cahier d’activités. Il n’est nullement question de performance mais bien plutôt de jeux, d’énigmes.
Certaines activités seront plus faciles que d’autres.

Pour tous les goûts

L’enfant créera ses propres codes secrets, fera son sudoku, sans aide. Il comprendra ce qu’est un nombre premier, un nombre aléatoire et apprendra même les angles de navigation. Il pourra même épater ses copains en réalisant des tours de magie ou en créant ses cartes mathémagiques.
Il trouvera sur le site d’Usborne, les fiches téléchargeables qui lui permettront de réaliser ces activités.

Pour tous les niveaux

Aucun âge n’est mentionné sur le cahier et on peut le regretter. Publik’Art (avis personnel de retraitée de l’Education Nationale !) conseillerait ce cahier d’activités à des enfants étant déjà au Collège. Ou fin de primaire s’ils sont passionnés par les Mathématiques !
Le Cahier d’activités des Petits Matheux est à la fois ludique et intelligent ! A offrir et à faire en équipe avec l’enfant !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 2019
Auteurs : Collectif
Editeur : Usborne
Prix : 10,95 €

Courage, Lili Graffiti ! Tome 4 des Aventures de Lili Graffiti (Gallimard Jeunesse)

Courage, Lili Graffiti ! Tome 4 des Aventures de Lili Graffiti (Gallimard Jeunesse)

Et voilà la suite des Aventures de Lili Graffiti, écrit par un auteur américain, Paula Danziger. Tous les jeunes lecteurs vont adorer retrouver Lili. 
Mais Lili n’a pas la vie facile en ce moment. Rien ne va plus : Elle a des soucis à la maison, sa chambre n’est jamais rangée ; et des soucis à l’école, elle ne fait plus ses devoirs. Elle se fait gronder par tout le monde. Mais qu’arrive-t-il à Lili Graffiti ?
En fait, Lili Graffiti ne supporte pas que ses parents se soient séparés. Et encore moins qu’ils refassent leur vie, sans lui demander son avis à elle ! Elle n’a pas envie de rencontrer l’amoureux de sa maman et encore moins de l’aimer…
L’auteur aborde des thèmes qui concernent de nombreux enfants. Chaque lecteur pourra facilement s’identifier à Lili Graffiti.
Courage, Lili Graffiti, est un vrai roman pour de jeunes lecteurs qui aiment bien lire !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2019
Auteur : Paula Danziger
Illustrateur : Tony Ross
Editeur : Gallimard
Prix : 6,90 €

Silver Batal et le Dragon d’eau, un roman jeunesse entre désert et océan (Lumen)

Silver Batal et le Dragon d’eau, un roman jeunesse entre désert et océan (Lumen)

Autrice de romans pour enfants et jeunes adultes, K.D. Halbrook est la co-fondatrice du site internet ‘’YA Highway’’, qui donne des conseils tant de lecture que d’écriture, focalisé sur le Young Adult. Elle est inspirée par son héritage familial, et plus particulièrement les origines Slovaques de sa grand-mère et Libanaises de son grand-père. Rien que nous, paru en 2013 chez Albin Michel sous le nom de Kristin Halbrook, avait convaincu le public Young Adult à sa sortie. Silver Batal et le dragons d’eau est le premier tome d’une saga destinée à la jeunesse et a été reçu dès sa parution avec beaucoup d’engouement.

Échapper à son destin

Silver a des rêves plein la tête, des rêves de gloire qui ne coïncident pas du tout avec la succession que lui prépare son père. Depuis sa naissance, Silver est élé-joaillière, une joaillière en devenir. Son père a bien l’intention de lui transmettre sa boutique dans quelques années, la boutique qui fait sa joie et sa fierté. Silver, en plus de n’avoir aucun talent pour la bijouterie, n’a surtout aucun intérêt pour la passion de son père. La question du devoir se pose assez rapidement dans le roman : doit-elle faire ce que l’on attend d’elle, ce que sa famille lui prédit, ou suivre ses rêves et risquer la déception de ses parents ? Silver est une jeune fille de treize ans, qui doit se poser l’une des questions les plus complexes, celle qui va déterminer tout le reste de son existence : enterrer ses rêves ou les embraser ?

Un personnage réaliste, avec ses qualités et ses défauts

Silver a une forte personnalité, un sacré caractère qui la rend très impulsive et lui fait prendre des décisions qui, si elles semblent idéales sur le coup, sont quelques peu irréfléchies. Mais attendre d’une enfant de treize ans une réflexion de chacune de ses décisions et de leurs conséquences serait complètement irréaliste. Le lecteur pourra facilement s’identifier à Silver Batal qui, même si elle a pour compagnie un dragon d’eau, saura parler à tous.

Des codes jeunesse maîtrisés

Silver Batal et le Dragon d’eau reprend les codes jeunesse que l’on connaît, et s’en accommode à la perfection. Le roman de K.D. Halbrook comporte de l’action, des retournements de situation et des antagonistes plus malveillants et difficiles à vaincre les uns que les autres. La plume de l’autrice est très fluide, les chapitres s’enchaînent avec beaucoup de facilité. Le lecteur ne perd pas l’objectif de vue, même si Silver le perd parfois. Silver Batal et le Dragon d’eau nous offre un paysage unique, des décors écrits avec tant de précision et de clarté qu’on pourrait presque sentir les odeurs sortir des échoppes de la capitale.

Silver Batal et le Dragon d’eau est un roman surprenant, ponctué de retournements de situation qui modifient tout le roman et notre la lecture en un rien de temps. La plume de K.D. Halbrook est rythmée et captivante, sa description de ces créatures mystiques donne envie au lecteur d’en savoir encore plus et, pourquoi pas, d’accompagner Silver à la rencontre de ces dragons d’eau.

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2019
Auteur : K.D. Halbrook
Editeur : Lumen
Prix : 11,70 €

Lilly et Lana Wachowski, la grande émancipation aux éditions Playlist Society

Les sœurs Wachowski mènent leur carrière sous l’égide de la liberté, en choisissant elles-mêmes leurs sujets et la manière de les traiter. Depuis leur premier film Bound en 1996, elles n’ont jamais dévié de leur credo, autant d’un point de vue personnel que professionnel. Matrix, Cloud Atlas ou Sense8 sont autant de preuves de leur intransigeance et de leur quête courageuse pour valoriser avant tout la fraternité humaine. Erwan Desbois rédige un ouvrage aussi riche en références qu’en réflexion, avec des allusions philosophiques qui densifient la lecture et permettent de conclure qu’il a vraiment bien travaillé pour aboutir à un résultat aussi passionnant. Toujours aussi pertinent, l’ouvrage se lit comme un roman philosophique.

Lilly et Lana Wachowski, la grande émancipation

Un ouvrage riche et pertinent

Larry et Andy Wachowski deviennent Lana et Lilly en 2012 et 2016. Ces actes définitifs et courageux montrent la volonté des réalisatrices d’assumer leurs identités et de ne pas renoncer à leurs aspirations. Erwan Desbois se sert de ce fil rouge pour aiguiller sa réflexion dans le sens de l’affirmation de soi, renvoyant à tous les héros des différents films pour souligner leur lutte perpétuelle pour s’affranchir des limites imposées par d’autres. Que ce soit dans Bound, Matrix, Cloud Atlas ou Sense8, les personnages sont placés dans des contextes où les femmes, les minorités ou les plus démunis doivent se battre pour exister et se réaliser. Les luttes ne sont pas gratuites et ne visent pas des cartons au Box-Office, elles sont avant tout portées par les réalisatrices, dans leur chair et dans leur résolution. La narration de l’auteur colle au plus près de cette ligne éditoriale, faisant réfléchir le lecteur, d’autant que les références philosophiques abondent. C’est un vrai ouvrage de passionné de cinéma, qui ne reste pas bouche bée devant l’écran mais tente de percer les intentions de deux réalisatrices qui se sont imposées avec le carton Matrix avant de continuer à creuser patiemment leur sillon. 128 pages, c’est beaucoup et peu à la fois pour faire ressortir les points principaux d’une œuvre point encore achevée. Chacun a son film préféré dans une filmographie assez courte alors que Matrix 4 est annoncé pour 2021. Point de vue personnel, la gymnastique Cloud Atlas avec ses 6 époques et ses acteurs multipliant les rôles reste une prouesse autant scénaristique que technique. L’auteur l’aborde largement, pour ouvrir des lucarnes qui ne laisseront personne indifférent.

L’ouvrage Lilly et Lana Wachowski, la grande émancipation ne se contente pas d’aborder les films pour les expliquer, Erwan Desbois échafaude une vraie réflexion sur notre époque et tous les possibles. La lecture parle autant aux synapses qu’aux tripes, le genre d’ouvrage qui fait plaisir. Comme souvent chez Playlist Society.

Résumé de l’éditeur :

En 1999, Lana et Lilly Wachowski ont réalisé Matrix , l’un des films majeurs de la transition entre le XXe et le XXIe siècle. Dans cette œuvre comme dans toutes les autres, les deux sœurs inventent de nouvelles manières de penser et de concevoir le septième art, sans renier leurs ambitions populaires. Derrière la variété des genres abordés (film noir, science-fiction, adaptation de manga, space opera…), l’œuvre des Wachowski est d’une grande cohérence thématique et humaine. De Bound à Cloud Atlas en passant par la série Sense8, leurs créations sont liées par un engagement commun : accomplir son émancipation personnelle.

Cette quête de liberté fait écho à l’histoire intime des deux sœurs, avec en point d’orgue leurs transitions de genre. Lana et Lilly Wachowski nous invitent à trouver dans les films des beautés et des vérités qui nourrissent positivement nos identités, nos valeurs, nos luttes. Lilly et Lana Wachowski, la grande émancipation nous plonge dans leur expérience personnelle du cinéma hollywoodien, où il est question de courage, de confiance, d’élévation : en somme, de cette transcendance dont l’art peut se faire le vecteur.

Date de parution : 24 septembre 2019
Auteur : Erwan Desbois
Editeur : Playlist Society
Prix : 14 € (128 pages)

A crier dans les ruines, un livre poignant de Alexandra Koszelyk (Aux Forges de Vulcain)

A crier dans les ruines, un livre poignant de Alexandra Koszelyk (Aux Forges de Vulcain)

Difficile de parler du premier roman de Alexandra Koszelyk, tellement il est bouleversant : A crier dans les ruines.

Catastrophe nucléaire

On plonge en avril 1986. Le drame de Tchernobyl. Le 26 avril. Catastrophe nucléaire qui a fait de très nombreux morts et de très nombreux malades.
Léna et Ivan sont amis depuis toujours. Ils ont treize ans en avril 1986. Ils sont très complices, et une tendresse intime est en train de se créer. Ils sont heureux à Pripiat. Tout tourne autour de la centrale. Puis le 26 avril arrive et la catastrophe avec.

L’exil forcé

La famille de Léna décide de quitter le pays immédiatement tandis que celle d ‘Ivan reste. Les deux adolescents n’imaginant pas un instant qu’ils vont être subitement séparés.
L’auteur a une plume remarquable pour décrire la nature de l’Ukraine, avant et après le drame. Si on pouvait imaginer les conséquences de ce drame, en lisant A crier dans les ruines, on se retrouve propulsé au cœur du drame. Partagé entre la vie de Léna, en France et celle d’Ivan resté tout près de Pripiat.

Notre coup de coeur


Les nombreuses références littéraires, culturelles, historiques renforcent la personnalité de Léna qui devient une jeune femme, habitant à paris, faisant des études supérieures, cultivée tournée vers l’avenir mais profondément ancrée dans le passé. Un passé qu’elle essaie de comprendre au mieux, grâce à sa grand-mère et à profonde conviction concernant ses propres racines…
A crier dans les ruines, un véritable coup de cœur pour Publik’Art !

 

Résumé de l’éditeur :

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan sont deux adolescents qui s’aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C’est alors qu’un incendie, dans la centrale nucléaire, bouleverse leur destin. Les deux amoureux sont sépares. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu’Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s’éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena grandit dans un pays qui n’est pas le sien. Elle s’efforce d’oublier. Un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver ce qu’elle a quitté vingt ans plus tôt.

Finaliste du prix Stanislas.
Sélection Jeunes Talents 2019 des librairies Cultura.

Date de parution : Juin 2019
Auteur : Alexandra Koszelyk
Editeur : Aux Forges de Vulcain
Prix : 19 € (254 pages)

Mission Vétos : Un cheval à sauver, Tome 3 (Père Castor)

Mission Vétos : Un cheval à sauver, Tome 3 (Père Castor)

Publik’Art suit de très près la série Mission vétos, éditée par le Père Castor Flammarion Jeunesse). Cette série est écrite par Pierre Gemme, et joliment illustrée par Cécile Becq. Le dernier titre, 3, qui vient de sortir : Mission Vétos : Un cheval à sauver, va ravir nos jeunes lecteurs amoureux des animaux. Chaque tome peut se lire indépendamment les uns des autres.
Inès et Lucas suivent des cours d’équitation. Ils nous racontent comment cela se passe et tout ce qu’ils font au haras. Le jeune lecteur découvrira le monde des chevaux et apprendra le vocabulaire approprié et toujours expliqué en bas de page. Ainsi, le palefrenier, l’écuyer, étriller, la longe, le licol, la carrière, la bombe, et même le crottin n’auront plus de secrets pour lui !
Et Câlichon va pouvoir retrouver une seconde jeunesse grâce à Inès et Lucas !

Mission Vétos : Un cheval à sauver, un petit livre intelligent à offrir à nos petits, dès 7 ans !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : le 4 septembre 2019
Auteur : Pierre Gemme
Illustrateur : Cécile Becq
Editeur : Père Castor
Prix : 5,95 €

Ashes falling for the Sky 2 (Albin Michel)

Ashes falling for the Sky 2 (Albin Michel)

Nine Gorman a fait ses débuts chez Albin Michel avec son roman « Le pacte d’Emma », après plusieurs années au centre de la scène littéraire en tant que BookTubeuse. Mathieu Guibé a cette fois laissé sa casquette d’éditeur au profit de ce deuxième roman en duo, dont le premier tome est également paru chez Albin Michel.

Une suite à la hauteur

Après un twist final inattendu venu conclure le premier tome d’Ashes falling for the sky, les attentes des lecteurs étaient forcément assez élevées. Matthieu Guibé et Nine Gorman ont su répondre à ces attentes, tout en surprenant les lecteurs de manière régulière. On comprend rapidement que rien n’est acquis et que tout peut arriver. Cet état d’esprit est similaire à celui des personnages, en particulier d’Ash, et permet au lecteur de s’immerger dans l’histoire dès les premiers chapitres.

Et plus sombre encore

Le premier tome trouvait un équilibre entre Ash et Sky, entre la noirceur de l’un et la lumière de l’autre. Entre la fatalité et l’espoir. Cependant, cet équilibre penche dangereusement du côté de la noirceur tandis que Sky perd espoir. Si l’équilibre se fragilisait déjà au terme du premier roman, il est complètement rompu dans ce deuxième tome. C’est ce qui rend la conclusion de l’histoire de Sky et Ash si dure, plus encore qu’à ses débuts.

Montagnes russes

Ashes falling for the sky 2 est comparable à des montagnes russes. Certains passages sont si intenses que le lecteur retiendra sa respiration jusqu’à ce que la tension redescende. Le roman est un enchaînement de retournements de situation et scènes plus reposantes – autant pour les personnages que le lecteur. Le dénouement est l’apothéose finale de ce roman qui aura tenu le lecteur en haleine de la première à la dernière page.

Une narration irréprochable

Encore une fois, le récit à quatre mains s’en sort à merveille. Nine Gorman et Matthieu Guibé ont des plumes complémentaires, pur une écriture fluide qui rend une distinction entre les deux auteurs impossible. Cette maîtrise d’un exercice aussi complexe que celui de l’écriture à quatre mains est surlignée par le fait que les deux auteurs en sont à leur deuxième roman en commun. Un sans-faute pour la narration !

Nine Gorman et Matthieu Guibé ont su relever le défi d’une suite aussi réussie que le premier tome, qui avait placé la barre assez haut. L’histoire d’Ash et Sky est complètement unique, tout en étant sombre et assez dure.

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2019
Auteur : Nine Gorman et Mathieu Guibé
Illustrateur : Alexandra Huard
Editeur : Albin Michel
Prix : 16,90 €

La Biennale de Paris du 13 au 17 septembre 2019, éclairage sur les nouveaux venus de la galerie Imperial Art

La Biennale de Paris 2019 se tient cette année au Grand Palais du 13 au 17 septembre 2019 avec une évolution marquante. Cette année, seulement 5 jours d’ouverture publique sont prévus au lieu de 9 jours précédemment. A la demande des galeries internationales, cette évolution permet de renforcer la dynamique commerciale du salon et de faciliter les participations multiples à plusieurs salons dans un calendrier international très chargé.
Le vernissage se tient le jeudi 12 septembre après le très attendu dîner de gala du mercredi 11. La Biennale de Paris sera ouverte tous les jours de 11h à 22h, sauf le mardi 17 septembre avec une fermeture des portes à 18h. Focus sur un des exposants les plus remarquables de l’édition 2019: Imperial Art.

Imperial Art, l’Empire mis à l’honneur

Lors de la Biennale de Paris 2018, l’Empire avait été à l’honneur et les nouveaux venus Imperial Art exposent cette année leurs œuvres pour la première fois. Galerie dédiée à l’épopée napoléonienne au sein de sa galerie sise au 4 rue Drouot à Paris, elle propose aux côtés des plus grandes galeries mondiales des pièces rares à découvrir. Face à l’exigeant public très international de cet évènement, composé de grands professionnels comme de nombre d’amateurs éclairés, Imperial Art souligne l’importance culturelle et historique de la période napoléonienne. Au sein de la section des Jeunes Talents, Imperial Art vient montrer la splendeur de l’Empire, proposant une vaste sélection d’œuvres et d’objets d’arts. Du superbe buste lauré de l’Empereur à l’émouvante tasse de la Manufacture de Sèvres célébrant la naissance du Roi de Rome, leurs œuvres offrent un voyage à travers les arts et l’histoire pour retrouver la splendeur caractérisant la période qu’est l’Empire. Imperial Art sera présent au stand C09 du 13 au 17 Septembre. Les deux fondateurs Tarik Bougherira et Emmanuel Claude seront ravis de vous y accueillir.

La Biennale de Paris 2019 est un des évènements majeurs de la saison parisienne. Il est possible d’acheter son billet sur le site de la Biennale, 35 euros prix visiteur, 20 euros prix étudiant. Il n’y a pas à hésiter, avec un détour sur le stand d’Imperial Art.

Un album de jazz à découvrir: Symphonic Tales de Samy Thiebault

Le jazz est une musique particulière qui ne s’écoute pas sans attention, elle demande une concentration minimale pour bien infiltrer les synapses. Le 20 septembre, Samy Thiebault va dévoiler son très attendu nouvel album Symphonic Tales qui fera suite au succès de Carribean stories. Le saxo résonne avec toujours autant de maestria dans un mélange raffiné d’orchestre classique, de jazz et de sonorités indiennes.

Du jazz à écouter d’urgence

Le jazz et le classique ont déjà connu de belles histoires croisées, avec les exemples marquants de John Coltrane et de Miles Davis accompagné de Gil Evans, Samy Thiebault creuse un sillon déjà maintes fois parcouru. Loin d’être un débutant, le saxophoniste se lance dans une aventure séduisante qui reflète bien sa sensibilité mondialiste. Originaire de Côte d’Ivoire avec un père français et une mère marocaine, Samy Thiébault n’hésite pas à s’abreuver auprès de toutes les cultures pour en tirer le meilleur. Déjà attiré par les sonorités caraïbéennes dans son précédent opus, le musicien transporte maintenant l’auditeur en Inde dans un Symphonic Tales aux multiples influences. Le nouvel album fait dialoguer le classique, le jazz et la musique indienne dans un album tout simplement réjouissant. Accompagné de l’Orchestre Symphonique de Bretagne, sous la baguette du chef Aurélien Azan Zielinsky, Symphonic Tales ne cesse de surprendre l’auditeur avec son mélange de sonorités diverses et complémentaires. Accompagné de son groupe historique, Samy Thiébault revient à ses amours premières. Adrien Chicot, Sylvain Romano et Philippe Soirat sont accompagnés du joueur de tablas Mosin Kawa à qui est revenu le choix des compositions.

Samy Thiébault présentera son nouvel album dans des prestations enflammées à découvrir à Paris au Duc des Lombards les 9, 10, 11 et 12 septembre, et en Bretagne à l’Opéra de Rennes le 24 octobre 2019.

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