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Sortie du DVD/BluRay de Marvin ou la belle éducation le 27 mars 2018

Marvin ou la belle éducation
Marvin ou la belle éducation, film d’Anne Fontaine

Sortie du DVD/BluRay de Marvin ou la belle éducation le 27 mars 2018

L’adaptation au cinéma du roman autobiographique à succès En Finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis fait découvrir un parcours de vie jalonné de difficultés mais aussi de belles rencontres. Si la trame du film ne suit pas stricto sensu l’ouvrage, il en garde l’esprit et cette nécessité impérieuse de se réaliser en adaptant, ici au théâtre, l’enfance pénible d’un esprit trop sensible pour son milieu social plus rustre. Les acteurs livrent une interprétation toute en silences et en nuances, Finnegan Oldfield en tête, et malgré quelques longueurs et problèmes de rythme, Marvin ou la belle éducation est un beau moment de cinéma à découvrir.

Un film témoignage

Après le très beau film Les Innocentes, Anne Fontaine revient avec un opus qui adapte l’ouvrage d’Edouard Louis. Une enfance passée entre brimades, vexations et intolérance pour sa sensibilité exacerbée l’ont décidé à choisir une vie culturelle, dans le film il choisit le théâtre, l’auteur quant à lui est rentré à Normale et est devenu écrivain. Le film se déroule au rythme de flashbacks incessants, avec le jeune Marvin Bijou qui évolue entre une famille disfonctionnelle et un collège où il devient la tête de turc des terreurs de la récrée. Les images de l’adolescent décidé à poursuivre sa vocation théâtrale le voient hésiter entre différents modèles jusqu’à la consécration sur scène. Anne Fontaine se laisse le temps avec un récit parfois anémié mais toujours humain où le personnage cherche à s’accomplir malgré les embuches.

Marvin ou la belle éducation peut se découvrir en DVD à partir du 27 mars pour un moment de cinéma être volonté et difficultés.

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Marvin ou la belle éducation
Marvin ou la belle éducation

Martin Clément, né Marvin Bijou, a fui. Il a fui son petit village des Vosges. Il a fui sa famille, la tyrannie de son père, la résignation de sa mère. Il a fui l’intolérance et le rejet, les brimades auxquelles l’exposait tout ce qui faisait de lui un garçon «différent». Envers et contre tout, il s’est quand même trouvé des alliés. D’abord, Madeleine Clément, la principale du collège qui lui a fait découvrir le théâtre, et dont il empruntera le nom pour symbole de son salut. Et puis Abel Pinto, le modèle bienveillant qui l’encouragera à raconter sur scène toute son histoire.
Marvin devenu Martin va prendre tous les risques pour créer ce spectacle qui, au-delà du succès, achèvera de le transformer.

Sortie DVD : le 27 mars 2018
Durée : 01h53
Réalisateur : Anne Fontaine
Avec : Finnegan OldfieldGrégory GadeboisVincent Macaigne
Genre : voir fiche allociné
Prix : 19,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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Once and for all, une romance à mi-chemin entre douceur et émotions (Lumen)

Once and for all, une romance à mi-chemin entre douceur et émotions (Lumen)

Sarah Dessen, auteure américaine aux multiples best-sellers, s’attaque une nouvelle fois au genre Young Adult, avec un roman chargé en émotions qui saura plaire aux plus réticents. Dans un univers féerique mêlé de cynisme, elle nous transporte aux côtés de ses personnages.

Des personnages principaux identifiables

Louna, dix-sept ans, profite de l’été pour travailler avec sa mère, wedding-planneuse. Adolescente en apparence comme les autres, on peut très facilement s’identifier à elle. Une meilleure amie avec qui elle partage les moindres détails, une mère nerveuse, un parrain qu’elle adore… tout en Louna résonne chez les adolescents. Si elle semble avoir renoncé à la notion même d’amour, elle n’en reste pas moins attachante et doté d’un humour très fin.

Ambrose, s’il n’est pas la voix de ce roman, en est pourtant un personnage incontournable. Dès son apparition, il apporte à Once and for all de la légèreté, de l’humour et un certain nombre de situations loufoques qui ne manqueront pas d’entraîner d’incontournables fous rires.

Le grand Amour existe-t-il ?

Malgré leur profession, il semblerait que croire en l’amour éternel ne soit pas un pré-requis. Louna, elle, y a tout simplement tiré une croix. Elle a déjà connu le grand amour et pour une raison que le lecteur découvrira au fil des chapitres, elle n’a pas l’intention de tenter à nouveau l’expérience. Tout ce qu’elle cherche, c’est une relation confortable. La thématique de l’existence d’un seul et unique grand amour est très présente, tout au long du roman. C’est même la ligne directrice de Once and for all. Le roman débute et se termine sur cette question, elle guide les personnages et toutes leurs actions en découlent, qu’ils en aient conscience ou non.

Des thèmes forts

Si on pourrait qualifier Once and for all de romance toute en douceur pendant les cent premières pages, on découvre ensuite une partie de l’intrigue qui ne nous laissera pas indifférent. L’apparition de cette intrigue se fait pas à pas au début, puis de manière très brutale, pour mieux nous faire comprendre l’état d’esprit de Louna. C’est cette intrigue, et tout ce qu’elle amène, qui donne de la profondeur au récit et nous fait poser le roman sans pour autant en oublier le contenu.

Une plume sans pareille

Chaque phrase de Sarah Dessen saura retentir, vous rappeler un jour, un instant où vous vous êtes retrouvé dans une position similaire à celle de Louna. La justesse des mots de l’auteure ne peut pas passer inaperçu et apporte au roman une sensibilité difficile à égaler. Un vrai coup de coeur pour Publik’Art !

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À l’aube de son entrée en fac, Louna passe son été à assister sa mère, qui a fait du plus beau jour de votre vie sa spécialité et a embrassé la profession de wedding planner. Louna est au premier rang pour s’émouvoir avec les uns et partager le stress des autres, observer les vœux et les regards, les discours et les sourires. En fin de soirée, tandis que ses collègues et amis parient sur la longévité de chaque mariage, Louna soupire, absolument sûre d’une chose : l’amour, ce n’est pas pour elle. Ce n’est plus pour elle. Et si l’été lui donnait tort ?

Date de parution : le 8 mars 2018
Auteur : Sarah Dessen
Editeur : Lumen
Prix : 15 € (448 pages)
Acheter sur : Amazon

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, le terrible secret de Diane Ducret (Flammarion)

Diane Ducret

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, le terrible secret de Diane Ducret (Flammarion)

Cette fois-ci Diane Ducret ne révèlera pas de secret d’Histoire, comme elle a le don de faire, (voire Les Indésirables) mais elle dévoilera ses propres secrets. Dans son dernier livre La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, l’auteure nous livre la vie bouleversante d’Enaid.

Vie d’une jeune fille ordinaire

Si Enaid paraît être une jeune fille comme les autres, en fait sa vie n’est pas du tout ordinaire. Il semblerait qu’Enaid n’ait jamais de chance. Mais elle est super intelligente, voire surdouée, réagit toujours avec beaucoup d’humour et vit à 300 à l’heure ! Au début du livre, on assiste au désarroi d’Enaid qui se fait larguer par téléphone. Elle est en Pologne pour donner des conférences sur les Droits des femmes, et un coup de fil de son chéri va la faire tomber. Son chéri la trouve super mais il la quitte…

Diane Ducret a une plume toujours aussi majestueuse et pleine d’humour. Donc, on vit cette séparation assez légèrement… Avec humour aussi. Puis au fil des pages, quand on découvre la vie d’Enaid, son enfance, puis son adolescence, on ne rit plus. Mais vraiment plus du tout. On finit même le livre en pleurant… C’est une petite fille qui n’a quasiment pas connu ses parents dont elle a été séparée à l’âge de 3 ans. Et même si elle n’est pas malheureuse, elle sent qu’il lui manque l’essentiel et ce, depuis toujours. Elle découvrira que ses parents adoptifs sont en fait ses grands-parents, que sa mère est indigne d’élever un enfant. C’est comme ça. Personne n’y peut rien. Mais Enaid ne comprend pas et du coup, elle va se faire du mal, chaque jour davantage.

Une succession de catastrophes

A son adolescence, Enaid va faire les 400 coups, entrainée par les copains, alors qu’elle habite Biarritz, avec ses grands-parents. Elle a la légèreté de l’adolescence, elle n’a peur de rien et fait confiance à tout le monde. Toujours prête à vivre toutes les aventures, malgré sa bonne éducation. Heureusement, Enaid a oublié d’être bête. Ses virées à San Sébastian vont lui faire découvrir le monde obscur des jeunes : alcool, drogue… Un amour qui finira mal, déjà à quinze ans et qui la marquera au fer rouge. Elle ira faire la fête à Ibiza. Même pas peur. Elle sera tatouée, se fera un piercing sur la langue… Elle ne travaillera guère, mais elle est douée, alors, elle réussira quand même son bac, et ensuite ses études supérieures. Elle va tomber sur la personne la plus perverse de Paris. Enaid va souffrir à cause d’un homme, alors qu’elle a à peine 20 ans. Et son corps aussi sera mutilé. Terriblement. La descente en enfer.

Des coups, toujours des coups

Enaid a tendance à faire confiance aux hommes et à la vie. C’est sa nature. Une belle nature. Une nature forte. Mais depuis toute petite, elle ne comprend pas pourquoi, elle les attire, les mauvais. Et cette fois-ci, l’homme qui devait l’aider avec des cours particuliers va devenir son pire bourreau. Elle vit l’enfer à Rome, loin des siens.
Sa vie sera une série d’aventures toutes plus dramatiques les unes que les autres. On ne rit plus du tout. On espère juste que ce n’est pas autobiographique. Elle se blesse en montant à cheval. Et en sera très fortement handicapée. Elle marche comme un flamand rose. Et alors, au final, c’est beau un flamand rose, non ?

A terre mais jamais par terre

Une fois le livre terminé, on se précipite sur Internet pour savoir si c’est autobiographique. Et là, on découvre, avec tristesse, une interview où Diane révèle qu’Enaid est son « double » !

Si Diane Ducret a voulu écrire ce livre, ce n’est pas pour parler de ses souffrances, mais c’est surtout pour nous montrer que malgré tout ce qu’elle a vécu, elle a trouvé la force d’avancer, de marcher, certes comme un flamant rose, mais elle reste debout et fait face à ce que la vie lui envoie en pleine figure. Elle nous dévoile son terrible secret, son combat de chaque jour. Pour nous insuffler à nous aussi la force d’avancer sur notre chemin, même si notre marche n’est plus trop sûre et semée d’embûches.

Notre coup de coeur

L’écriture de l’auteure est toujours aussi plaisante et ses multiples références philosophiques et culturelles au milieu de ce roman noir, apportent une touche humoristique, indispensable à notre survie comme à celle d’Enaid !

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, un très beau récit, une très belle leçon de vie, une belle leçon d’amour aussi. Il paraît que toute sa vie on recherche sa mère à travers nos actes, il semblerait que ce soit vérifié pour Diane Ducret, notre « archéologue du cœur » préférée. Un vrai coup de cœur pour Publik’Art !

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La loi de Murphy n’est rien comparée à la loi d’Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu’on aurait humainement pu le prévoir.
Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l’évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s’ emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu’elle a depuis l’enfance qu’il lui a toujours manqué quelqu’un ? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l’ETA servent d’école buissonnière. Et que l’accident d’un instant devient la fracture de toute une vie…
On peut se laisser choir ou faire le saut de l’ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l’esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.

Date de parution : le 28 février 2018
Auteur : Diane Ducret
Editeur : Flammarion
Prix : 19, 90 € (271 pages)
Acheter sur : Amazon

Un mois à la campagne, une pièce qui marie parfaitement théâtre russe conventionnel et effusions drolatiques

Un mois à la campagne
Un mois à la campagne, mise en scène d’Alain Françon, Théâtre Dejazet

Un mois à la campagne, une pièce qui marie parfaitement théâtre russe conventionnel et effusions drolatiques

La routine feutrée de la maison bourgeoise d’Arkadi Sergueïevitch se trouve bousculée par l’irruption de sentiments irrépressibles, loin de la retenue coutumière qui oblige d’ordinaire les protagonistes à respecter les conventions sociales au mépris de leurs penchants. La cause en est l’embauche d’Alekseï Nikolaïevitch, tuteur de 21 ans qui fait tourner la tête des femmes de la maison, Natalia Petrovna en tête. La plus célèbre pièce de théâtre d’Ivan Tourgueniev fait souffler un vent de changement aussi soudain que fugace dans un milieu habituellement frustré et corseté. La mise en scène lapidaire d’Alain Françon donne toute la place à des comédiens réjouissants qui hypnotisent le public, Micha Lescot et Anouk Grinberg en tête. La Critique récente d’Amaury sur la page faisait état d’un véritable enthousiasme que je ne saurais démentir, Un mois à la campagne est certainement LA pièce à découvrir actuellement sur Paris au Théâtre Dejazet!

Un vaudeville à la mode russe

A l’instar de son cadet Anton TchekhovIvan Tourgueniev aime à ausculter cette âme slave complexe et finalement si versatile. La pièce débute avec une après-midi infiniment répétée. Une partie de cartes comme tant d’autres se déroule dans le salon de la demeure familiale, la maitresse de maison Natalia Petrovna (Anouk Grinberg) discourt avec son ami Mikhaïl Aleksandrovitch (Micha Lescot), tous deux clament leur attachement affectif mutuel et si une pointe d’ambivalence pointe au détour d’un vocable bien sous tout rapport, aucun d’eux ne semble visiblement prêt à entraver le carcan rigide de leur rang social. La vie est douce mais la vie est longue. Le décor laisse une grande place au vide, de grands panneaux colorés fixe les limites d’un plateau seulement jonché d’un mobilier sommaire. L’atmosphère est morne, l’absence d’éloquence mobilière figure le peu de joie dans la maison. Mais une tornade de tourments affectifs va saisir les personnages à leur corps défendant. La cause en est l’apparition sur scène du jeune tuteur Alekseï Nikolaïevitch en charge des enfants de la maison. Embauché pour les vacances, il ne sait pas que sa présence va enflammer les sens de l’épouse délaissée et de sa jeune pupille Verotchka à l’âge des premiers émois. Tout l’art de Tourgueniev est de faire croire que c’est l’imprévisible qui surgit alors que tout concourt pourtant à son apparition. Le mari Arkadi Sergueïevitch s’affaire incessamment aux travaux de son domaine, brave homme à la visible empathie mais inconscient de ce qu’il délaisse son épouse de bientôt 30 ans. Celle-ci se foudroie elle-même de son inclination pour le jeune tuteur et le jeu épatant d’Anouk Grinberg montre bien l’ambivalence de la femme qui n’ose pas mais aimerait pourtant se laisser aller.

2 heures qui passent dans un souffle

Les décors alternent au gré de l’action entre jardin ensoleillé, salon sans entrain et alcôves secrètes. Si les personnages féminins tentent de dissimuler leurs inclinaisons interdites, tout dans leurs attitudes contribue à les trahir et la duplicité n’en est que plus manifeste. Le jeu florentin tout en subtilité de l’inénarrable Micha Lescot se permet quelques commérages ironiques à l’adresse d’un public ravi qui n’en demandait pas tant. Ses allusions révèlent que lui comme beaucoup d’autres ne sont pas dupes des effusions qui se créent, pour preuve le jeu savamment outré d’une Anouk Grinberg qui ne cesse de se pâmer sur son canapé tout en tentant mollement de rejeter l’objet de son agitation. La pièce toute entière se joue sur ce principe théâtral de l’attirance/répulsion qui met à mal le moi profond des personnages. Qui se résoudra à convoler par pure nécessité sociale, qui tentera de s’extraire de son existence morose, le mois à la campagne ne dure sur scène que quelques jours pour un dénouement aussi soudain que son avènement. Plutôt que de céder à leurs sentiments fiévreux, les personnages préfèrent se quitter pour ne pas chambouler l’ordre social.

Un mois à la campagne réussit à marier bouffonnerie ouatée et attitudes affectées dans une mise en scène qui met en avant des comédiens en état de grâce. Les fans de littérature russe y trouveront autant leur compte que les habitués d’un théâtre plus léger tant Alain Françon parvient à marier les genres. La pièce est à découvrir jusqu’au 28 avril au Théâtre Dejazet pour un moment de théâtre éblouissant.

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Dates : du 9 mars au 28 avril 2018
Lieu : Théâtre Dejazet (Paris)
Metteur en scène : Alain Françon
Avec : Jean-Claude Bolle-Reddat, Laurence Côte, Catherine Ferran, Philippe Fretun, Anouk Grinberg, India Hair, Micha Lescot, Guillaume Levêque

Razzia, une plongée éblouissante dans la diversité de la société marocaine

Razzia
Razzia, film de Nabil Ayouch

Razzia, une plongée éblouissante dans la diversité de la société marocaine

Le CV de Nabil Ayouch fait apparaitre deux films majeurs des 6 dernières années, le très polémique Much Loved et surtout l’étourdissant Les Chevaux de Dieu. Pour qui a eu la chance de les voir au cinéma, se déplacer pour visionner Razzia a tout de l’évidence. Et le résultat est là, Razzia sait mettre en place les éléments d’une tragédie contemporaine complexe avec un dénouement final qui cloue littéralement au siège. 5 personnages aux rêves infinis de liberté se débattent avec les limites d’une société marocaine fermée et finalement trop limitée. Les qualités du film sont nombreuses mais c’est surtout l’émotion qui ressort le plus fort après la séance. Razzia fait son entrée dans le club des films à voir absolument au cinéma en ce début 2018.

Un digne représentant de la vitalité du cinéma arabo-musulman

Entre un cinéma français légèrement décevant, un cinéma américain indépendant souvent surprenant, le cinéma asiatique et le cinéma sud-américain, le cinéma arabo-musulman tire son épingle du jeu avec un vrai cinéma du réel. Entre les films libanais, iraniens, soudanais, algériens, tunisiens et ici marocains, ce cinéma ouvre la plupart du temps des lucarnes surprenantes dans le réel le plus cru. Razzia ne déroge pas à la règle avec 5 personnages plus émouvants les uns que les autres. Un professeur passionné de pédagogie mais brimé par les directives du pouvoir, une adolescente qui se cherche, une femme malheureuse en ménage, un apprenti chanteur fan de Freddie Mercury et un restaurateur juif naviguent dans la nébuleuse Casablanca sans réussir à trouver leur place et le bonheur. Entre les frustrations familiales et l’impossibilité sociale de se réaliser, les personnages enchainent les désillusions dans un tourbillon de plus en plus tumultueux pour aboutir à un dénouement final en tous points tragiques. En situant ses fictions dans les évènements réels de 2015 où la jeunesse de Casablanca a crié sa colère dans les rues de la ville, Nabil Ayouch se la joue Alejandro González Iñárritu avec des destins croisés et dramatiques. Certains spectateurs se souviendront de 21 grammes ou Amores Perros avec cet art du réalisateur mexicain à faire monter la sauce petit à petit jusqu’à une conclusion forcément sombre, avec tout de même des notes d’espoir pour laisser ouverte une fenêtre sur un avenir tout de même optimiste.

Des acteurs au diapason du réalisateur

Chacun des acteurs apporte une nuance pleine de subtilité à la vision d’ensemble du réalisateur. Maryam TouzaniArieh Worthalter et Abdelilah Rachid apportent intensité et profondeur à un scénario qui ne laisse pas les spectateurs respirer un seul instant. Vu la tonalité du film, chaque spectateur imagine le pire à chaque instant. Nabil Ayouch ne ménage pas ses spectateurs, brossant un portrait amer du Maroc contemporain, entre la complicité du gouvernement dans l’avènement des mouvements extrémistes, le cadenassage économique du pays par le pouvoir et le peu de perspectives offertes à une population jeune et confrontée à des préjugés récurrents. Car comme chacun le sait, pour éviter de se faire renverser, un gouvernement n’a rien de mieux à faire que d’inventer de nouvelles cibles pour continuer à fonctionner en toute tranquillité et se faire oublier. Nabil Ayouch frappe fort et ne ménage personne, ni les faux modernes hypocrites, ni les profiteurs, ni une jeunesse par trop délurée ni une bourgeoisie confrontée à ses démons. La part d’hombre de chaque personnage ressort tandis que le film se dirige vers sa fin pour un feu d’artifices dramatique et un sentiment que ce Razzia est décidément un diamant brut.

Razzia est un film à découvrir actuellement au cinéma pour admirer la complexité de sa construction, l’ambition formelle de son réalisateur et cette impression que tout reste à faire pour permettre le vivre ensemble, partout dans le monde, ici comme ailleurs.

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Razzia
Razzia

A Casablanca, entre le passé et le présent, cinq destinées sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. Et le bruit d’une révolte qui monte….

Sortie : le 14 mars 2018
Durée : 1h59
Réalisateur :  Nabil Ayouch
Avec : Maryam TouzaniArieh WorthalterAbdelilah Rachid
Genre : Drame

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La Villa, de Robert Guédiguian. Ou la douce mélopée de la vie méditerranéenne en Blu-Ray, DVD & VOD le 3 avril

Gérard Meylan, Ariana Ascaride & Jean-Pierre Darroussin vous invitent à la Villa de Guédiguian.

La Villa, de Robert Guédiguian. Ou la douce mélopée de la vie méditerranéenne à découvrir en Blu-Ray, DVD & VOD le 3 avril

Robert Guédiguian retrouve toute la proéminence du Sud qu’il aime à travers cette calanque dans laquelle se retrouve ses acteurs fétiches. Ariane Ascaride est Angèle, Jean-Pierre Darroussin est Joseph et Gérard Meylan est Armand. Une fratrie éparpillée au quotidien, mais ici réunit autour d’un paternel déclinant. L’occasion n’était que trop belle pour Guédiguian de refaire le monde dans ce huis clos méditerranéen. Humour sans filtre, réflexions philosophiques sur le temps qui passe, la famille, l’ouverture aux autres, le respect des traditions la modernité, le monde entier est fait, refait et défait dans cette calanque marseillaise. Guédiguian sait viser juste, ni trop haut, ni trop bas. Avec d’autres cela pourrait paraitre kitsch voir obsolète, avec lui et ses gouailleurs impayables parmi lesquels en tête trône l’excellent Darroussin, on ne fait que se régaler.

Une œuvre humaniste forte et douce à la fois.

Film minimaliste diront certains, film foisonnant de vie (et de mort), d’envies (et de désirs), d’histoires (la petite comme la grande) et surtout film de comédiens. Ariane Ascaride, Robinson Stévenin, Anaïs Demoustier y sont magnifiques et touchant. Et que dire de Jean-Pierre Darroussin auquel cette Villa semble être un véritable hymne à sa bonhomie, à son côté râleur, à son humour pince-sans-rire et surtout à sa générosité.  En s’entourant de ceux qui l’aiment et qu’il aime, en philosophant autour des thèmes qui lui sont chers, en prenant le temps de faire dialoguer les sentiments de tout un chacun selon une palette allant de la vie à la mort, le cinéaste phocéen signe là un de ses sommets d’auteur. Tout la gourmandise du sud en un grand petit film.

Vivement la prochaine réunion de famille avé l’accent !

La sortie de La Villa en Blu-Ray, DVD et VOD le 4 avril prochain vous permettra de redécouvrir la générosité communicative de son auteur, qui même après des décennies de fiction, nous prouve que le meilleur est encore à venir. Notez également que le remarquable long métrage, KI LO SA ?, donc est extrait les surprenantes images d’archives dans La Villa est offert dans la version éditée par la FNAC.

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La Villa de Robert Guédiguian.

Dans une calanque près de Marseille, au creux de l’hiver, Angèle, Joseph et Armand, se rassemblent autour de leur père vieillissant. C’est le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal qu’il leur a transmis, du monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils ainé, continue de s’occuper. Lorsque de nouveaux arrivants venus de la mer vont bouleverser leurs réflexions…

Sortie DVD : le 4 avril 2018
Durée : 1h47
Réalisateur : Robert Guédiguian
Avec : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Demoustier, Robinson Stévenin
Genre : Comédie Dramatique
Prix : à partir de 19,99 € (DVD)
Acheter : sur fnac.com

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Tesnota, un film russe tout en maitrise et en intensité

Tesnota
Tesnota, film de Kantemir Balagov

Tesnota, un film russe tout en maitrise et en intensité

Quand l’actualité cinéma propose uniquement des films d’actions vides et des comédies françaises pas forcément drôles, il ne faut pas hésiter à se creuser les méninges pour identifier des films plus confidentiels à la vraie ambition cinématographique. Pas d’explosions pétaradantes ou de blagues éculées dans Tesnota, mais plutôt une lucarne éblouissante ouverte sur une réalité où l’espoir le dispute au tragique. Cette histoire de famille juive dans le caucase russe confrontée au rejet des communautés locales et à la violence du quotidien prend aux tripes. Le film ne se contente pas de raconter une histoire, il évoque aussi la situation politique de 1998 avec un regard sans concessions, âmes sensibles s’abstenir.

Une pépite dans le marécage cinématographique actuel

Entre les films concepts 50 nuances plus claires, les Tuche 3, le Labyrinthe 3, la Ch’tite famille, Black Panther ou Tomb Raider, l’actualité cinématographique regorge de films pour se divertir et se vider l’esprit, mais quid des films plus intenses et beaucoup moins faciles d’accès? Il aura fallu une recherche minutieuse dans le catalogue des cinéma d’art et d’essai pour identifier ce Tesnota passé inaperçu dans l’actualité actuelle. A tort. Car le film fait montre d’une virtuosité technique ébouriffante avec ses incessants gros plans sur des personnages tourmentés, faisant ressortir à travers les expressions de leurs visages toute la pesanteur de leur existence. L’héroïne Ilana recherche la liberté et l’épanouissement mais ses perspectives semblent bien limitées entre sa communauté juive renfermée sur elle-même, son frère qui va partir pour se marier et ses parents confrontés à des problèmes financiers insolubles. Ce n’est qu’avec son boyfriend qu’elle parvient à s’épanouir, mais lui-même est issu d’une autre communauté, elle doit donc garder sa relation secrète. Quand son frère et sa future épouse se font kidnapper contre une rançon exorbitante, la situation devient de plus en plus inextricable. Le film se suit comme un thriller psychologique aux nombreux moments de tension. Que dire de cette scène où un reportage télévisuel (véridique?) montre des soldats tchétchènes égorgeant des soldats russes capturés. Le ton est à une retranscription crue et sans concessions d’une réalité grise et tragique. Tesnota se regarde avec la boule au ventre tant les acteurs parviennent à faire passer une empathie totale avec leurs destinées contrariées.

Tesnota passe dans trop peu de cinémas mais le moment de cinéma est éblouissant tant les cadrages, la narration et l’ambiance parviennent à faire plonger les spectateurs dans une histoire vraie. Un film à découvrir pour garder espoir dans le cinéma actuel, quitte à passer par un cinéma venu de pays lointains et éloignés de nos productions hexagonales sans saveur.

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Tesnota

1998, Nalchik, Nord Caucase, Russie. 
Ilana, 24 ans, travaille dans le garage de son père pour l’aider à joindre les deux bouts. Un soir, la famille et les amis se réunissent pour célébrer les fiançailles de son jeune frère David. Dans la nuit, David et sa fiancée sont kidnappés et une rançon réclamée. Au sein de cette communauté juive repliée sur elle-même, appeler la police est exclu. Comment faire pour réunir la somme nécessaire et sauver David ? Ilana et ses parents, chacun à leur façon, iront au bout de leur choix, au risque de bouleverser l’équilibre familial.

Sortie : le 7 mars 2018
Durée : 1h58
Réalisateur : Kantemir Balagov
Avec : Darya ZhovnerVeniamin KatsOlga Dragunova
Genre : Drame

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Exposition Jean Fautrier au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Jean Fautrier
Jean Fautrier, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Exposition Jean Fautrier au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Le peintre, graveur et sculpteur français Jean Fautrier est mis à l’honneur au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris à travers une exposition qui retrace les étapes importantes d’une carrière qui marqua l’histoire de l’art au XXe siècle. Si son nom est bien moins connu que certains de ses contemporains, ses envolées dans les domaines de l’art informel et de la technique de haute pâte lui ont assuré une renommée mondiale.

Un artiste mal connu

Le nom de Jean Fautrier raisonne avec beaucoup moins d’acuité que ceux de Picasso ou Matisse combien même le milieu de l’art connaisse depuis longtemps son impact. Son admission en 1912 à la Royal Academy à l’âge de 14 ans souligne la reconnaissance de qualités artistiques précoces que sa première exposition en 1921 confirme. Il réalise durant l’année 1927 une série de peintures où le noir domine. Portraits, Natures mortes, Animaux écorchés, nus, paysages marquent un style personnel appelé à connaitre la renommée. Le point central de la période consiste en la préparation de gravures pour l’édition illustrée de l’Enfer de Dante préparée par Gallimard mais qui n’aboutira pourtant pas. Avec la crise de 1929, les fonds et subsides se tarissent, forçant Jean Fautrier à une reconversion temporaire dans le monitorat de ski en Savoie avant un retour à la peinture en 1937. Si son expérience douloureuse suite à une arrestation par la Gestapo en 1943 lui inspire son projet des Otages, jusqu’à susciter l’admiration d’André Malraux lui même, l’artiste s’intéressera toujours à l’actualité dramatique de son temps. L’invasion de Budapest par les soviétiques en 1956 l’inspire pour une variation des Otages intitulée Têtes de partisans. Jusqu’à sa mort qui survient en 1964, l’artiste réalise des tableaux d’inspiration plus structurée où se superposent stries, lignes colorées et grilles à plusieurs côtés.

L’exposition propose un parcours chronologique pour faire découvrir l’évolution et les phases essentielles d’une carrière riche et iconoclaste qui s’inscrit dans l’art du XXe siècle. L’exposition est à découvrir jusqu’au 20 mai.

 

Dates : Du au 
Lieu : Musée de la ville moderne de la ville de Paris (Paris)
Entrée : 15 €

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Jean Fautrier
Jean Fautrier

Jean Fautrier
Jean Fautrier

Jean Fautrier
Jean Fautrier

Jean Fautrier

Emmanuelle Bodin se lache sur la scène des Feux de la Rampe

Emmanuelle Bodin
Emmanuelle Bodin, mise en scène de Eric Delcourt, Les Feux de la Rampe

Emmanuelle Bodin se lache sur la scène des Feux de la Rampe

Une foule nombreuse a accueilli la jeune comédienne Emmanuelle Bodin aux Feux de la Rampe dans un spectacle placé sous le signe de l’humour vache. Elle caricature la Génération Y adepte de Tinder et de la drague sans lendemain en mettant en scène des personnages à la recherche de l’amour mais pas le vrai, pas tout de suite, il peut attendre après avoir fait des expériences. Elle navigue entre copine adepte de la transparence jusqu’à l’excès et du look qui tue, mais pas sans oublier la petite fée de sa vie, prénommée Olympe, héroïne d’un sketch tout en tendresse pour finir le spectacle.

Une humoriste sans complexes

Emmanuelle Bodin n’a peur de rien. Elle peut aussi bien enchainer des figures de yoga acrobatiques ou mimer des personnages représentatifs de notre temps. Entre les individus scotchés à leur Tinder, des réseaux sociaux et pas trop regardants, et un coach pour la préparation à l’accouchement, elle n’hésite pas à faire le grand écart. Car si la femme moderne veut profiter de la vie, il arrive un moment où le bébé arrive, presque irrémédiablement. La comédienne met en abime sa propre expérience personnelle pour évoquer la joie, mais aussi les écueils, de la vie de jeune maman. Elle le fait avec une avalanche de grimaces décomplexées et de réflexions percutantes qui font se mourir de rire tout le public. Une dédicace passée inaperçue pour la plupart des gens dans le public pique les oreilles du rédacteur quand il entend son vrai nom sur scène. Serait-il vraiment cet ex abandonné il y a bien longtemps? Il ne crois pas.

Le spectacle d’Emmanuelle Bodin aux Feux de la Rampe fait passer un bon moment d’humour désopilant. Si quelques expressions flirtent parfois gentiment avec une grossièreté contrôlée, l’humoriste sait aussi faire preuve de tendresse et d’empathie, de quoi rire sans complexe de ses sketches finement présentés sur une scène parisienne illustre.

Dates :  du 18 janvier au 17 mars 2018
Lieu : Les Feux de la Rampe (Paris)
Metteur en scène : Emmanuelle Bodin
Avec : Eric Delcourt

Ta putain de vie commence maintenant, lettre ouverte à tous les ados (Albin Michel)

Louise Pasteau

Ta putain de vie commence maintenant, lettre ouverte à tous les ados (Albin Michel)

Louise Pasteau est une jeune actrice française. Si elle n’est plus en pleine adolescence, elle a 34 ans, elle a eu envie d’écrire à tous les ados de la terre juste pour les rassurer sur leur vie trouble d’adolescent.

Une lettre ouverte pleine de bon sens

On a tous traversé cette période si difficile qu’est l’adolescence. Et certains d’entre nous la vivent au quotidien. Ce livre peut les aider à accepter les grandes transformations qui s’opèrent en eux, aussi bien physiquement que psychiquement. Garder de l’estime de soi au milieu de cette tempête n’est pas une mince affaire. Un moment où tout peut devenir un combat…

Tableau cru mais vrai

Louise Pasteau fait un portrait de l’adolescent qui devrait parler à chacun d’eux. Ne pas se braquer contre nos jeunes ados n’est pas chose aisée. Et ce livre peut à la fois aider les jeunes mais aussi leurs parents. L’auteure donne certaines clés pour redonner confiance aux jeunes, les faire réagir et surtout leur redonner l’amour d’eux-mêmes. Avec un style direct, (quelques mots interdits dans une dissertation), qui ne peut que plaire aux jeunes :

[…] c’est maintenant que vous êtes au top de vos capacités. Et le potentiel de votre corps est dingue. Sérieux, c’est une machine de ouf : 1) cérébrale (on y reviendra) 2) musculaire… Alors, développez ce putain de potentiel ! p.24

« C’est tellement con de flipper de faire des trucs cool. Franchement. En fait, dès que le risque que l’on court n’est pas susceptible d’engendrer de graves conséquences – REELLEMENT – ça veut dire que la peur est irrationnelle… […] » p.38

Publik’Art a apprécié que l’auteure analyse chaque domaine avec beaucoup de naturel. Que ce soit du côté des performances physiques, ou intellectuelles ou encore sexuelles. Des conseils de bon sens et faciles à mettre en pratique !

Alors bonne lecture à tous ! et Vive l’adolescence où tout, ou presque, est permis !

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T’es où, là ? Dans le bus, dans un train, sur la plage, dans ton lit, dans un parc, sur l’herbe, dans le métro, dans les chiottes ? On s’en fout. Déjà plus de trois secondes pour ouvrir ce bouquin et te mettre à le lire. Presque dix maintenant. Tu multiplies par six et ça fera une minute ; par soixante, une heure ; par vingt-quatre, un jour ; par 365, un an ; par 80 et ce sera fini. Game over. Dead. Out.

J’écris pas pour t’emmerder, j’écris pour te faire gagner du TEMPS, donc de l’ARGENT, et du PLAISIR (T.A.P.). J’aurais trouvé ça cool qu’on m’écrive une lettre de ce genre. Alors, par principe, à défaut de l’avoir reçue et parce que j’ai mis un sacré paquet de temps pour comprendre tout le bordel dont je vais te parler, je vais la pondre.

Date de parution : le 1er mars 2018
Auteur : Louise Pasteau
Editeur : Albin Michel
Prix : 7,90 € (96 pages)
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Le secret de Grand-Père, un beau secret de famille et d’histoire (Gallimard)

Le secret de Grand-Père, un beau secret de famille et d’histoire (Gallimard)

Gallimard Jeunesse relance sa collection Folio Cadet et réédite ses meilleurs romans. Et Publik’art est heureux de vous faire partager le livre de Michael Morpurgo, illustré par Michael Foreman, Le secret de Grand-Père.

Michael Morpurgo est anglais et a déjà écrit plus de cent livres pour la jeunesse avec près de 3 millions d’exemplaires vendus en France ! C’est également un spécialiste des fermes puisqu’il en dirige trois au Royaume-Uni où il reçoit chaque année plus de 3000 enfants.

C’est le petit-fils qui est le narrateur. Chaque été il est content de passer ses vacances à la campagne chez son grand-père, contrairement à ses parents. Il aime entendre son grand-père lui raconter sa vie d’autrefois. Il lui parle de son épouse qu’il a perdu il y a vingt ans et aussi de la 1ère Guerre mondiale où il s’est engagé à l’âge de 14 ans. Peu à peu, une relation de confiance s’installe entre le petit-fils et le grand-père. Ce dernier lui confie un terrible secret. Un secret que seul sa femme connaissait… Un secret qui va bouleverser la vie même du petit-fils… Le grand-père va demander l’aide de son petit-fils pour réaliser son rêve.

Non seulement le lecteur est passionné par les histoires du grand-père, mais il va également découvrir la vie qu’a vécue ce grand-père et ses nombreux combats. Le secret de Grand-Père est un livre recommandé par l’Education nationale pour le Cycle 3. Il est joliment illustré par Michael Foreman, mondialement reconnu.

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Collection Folio Cadet Premiers romans (n° 14), Gallimard Jeunesse

« Mes parents n’ont jamais vraiment aimé la vie à la ferme. Alors que moi j’adore jouer dans la grange, sur le vieux tracteur, et surtout écouter Grand-père parler de son enfance, de son père, le fameux Caporal, et de Joey, son cheval. Peut-être même me racontera-t-il un jour l’histoire de ce vieux tracteur auquel il tient tant. Mais parfois, il devient triste, silencieux et fuit mon regard. Je sens que quelque chose le tourmente… quel est le secret de Grand-père ? Et comment puis-je l’aider ? »
A partir de 9 ans

Date de parution : le 8 mars 2018
Auteur : Michael Morpurgo
Illustrateur : Michael Foreman
Editeur : Gallimard Jeunesse
Prix : 12,90 €
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Des comédiens en état de grâce dans « un mois à la campagne », sous la direction magistrale d’Alain Françon

Des comédiens en état de grâce dans "un mois à la campagne", sous la direction magistrale d'Alain Françon
« Un mois à la campagne » d’Ivan Tourgueniev – © Michel Corbou

Des comédiens en état de grâce dans « un mois à la campagne », sous la direction magistrale d’Alain Françon

Alain Françon, fabuleux directeur d’acteurs et fin connaisseur des tourments russes pour avoir souvent mis en scène le théâtre de Tchekhov, nous plonge avec délice dans les affres de l’amour qui vient, le temps d’un été, semer le trouble puis le désordre, chez des bourgeois paisibles et tranquillement alanguis à la campagne.

Un jeune homme un peu mal dégrossi, engagé comme tuteur du fils de la maison, est convié à entrer dans le salon mais cette irruption soudaine dans un monde de conventions et d’insatisfaction, va faire chavirer les cœurs. Celui de Natalia, la maîtresse des lieux, et de Vera la jeune pupille.

Il y a là un ordre social chahuté, remis en cause d’habitude par des soulèvements ou des mouvements de révolte, et que l’attraction amoureuse ici bouscule jusqu’à révolutionner la maisonnée, chambouler la vie quotidienne, faire vaciller l’équilibre social et familial. Car là où le désir circule, le trio est secoué.

L’âme russe en effervescence

De ces personnages en proie à des sentiments irraisonnés aux prises entre l’illusion de leurs vies et sa frustration intime, on côtoie le tragique et le comique finement rendus par la mise en scène subtile et organique d’Alain Françon.

De frustrations en bonheur inaccompli, de jalousie en rivalité calfeutrées, les tensions s’accumulent, l’orage menace. Les sentiments qu’éprouvent Natalia font naître chez elle un incroyable vague à l’âme alors qu’en même temps, elle ne peut admettre de trahir sa condition et son mari.

Une femme amoureuse à la fêlure romanesque

Natalia éprouve pour la première fois la fulgurance d’aimer, et c’est à cette déflagration de tout son être à laquelle on assiste et dont elle n’est pas préparée.

Radiographie passionnée mais aussi cruelle des conflits intérieurs qui bouleversent l’être et dont l’espace scénique imaginé par Jacques Gabel, fait vivre et respirer chaque soubresaut d’émotions contrariées où se mêlent et s’entrechoquent la passion impossible, l’emportement, les doutes, les peurs, et les renoncements.

La pièce d’Ivan Tourgueniev est au plus près du ressenti émotionnel, intérieur et pluriel des êtres, de leurs pulsions, leurs contradictions, leurs désirs, et leurs faiblesses.

Tous les comédiens sont en état de grâce pour accompagner à l’unisson cet embrasement de l’âme. Il est porté par une Anouk Grinberg au sommet de son art, irradiant de cette vérité humaine à la fois flamboyante et mélancolique, lumineuse et complexe, cette femme amoureuse à la fêlure romanesque. Bravo.

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Dates : du 9 mars au 28 avril 2018 l Lieu Au Théâtre Dejazet (Paris)
Metteur en scène : Alain Françon

Mission capitale #Londres, une enquête sur mesure (Rageot)

Mission capitale #Londres, une enquête sur mesure (Rageot)

Béka est le pseudo d’un duo d’auteurs jeunesse et scénaristes de bandes-dessinées, Caroline Roque et Bertrand Escaich. #Londres est le premier tome d’une série, Mission Capitale. Le prochain épisode, #Bruxelles, paraîtra d’ailleurs à l’Automne 2018.

Une virée à Londres

Naïs et Jules, respectivement douze et quatorze ans, sont des adolescents français qui profitent de leurs vacances à Londres pour visiter. Naïs rêve de suivre les traces de son père, grand reporter disparu. En attendant de débuter sa carrière, elle entend bien voir tout ce qu’il y a à voir dans la capitale britannique. London Eye, Big Ben, le musée d’histoire naturelle et son T-rex plus vrai que nature, sur les traces de Jack L’Eventreur, le très célèbre et luxueux magasin Harrods, le quartier de Camden Town… tout y est pour que les lecteurs découvrent Londres, en ayant l’impression d’y être.

Une enquête à mener

Après quelques visites, le premier jour de leur séjour, Naïs et Jules décident de se reposer quelques minutes dans un pub, réputé pour être le point de repère de Jack l’Eventreur. C’est là qu’ils croisent le chemin de Ghost, un jeune homme mystérieux qui est en fuite. En essayant d’échapper à deux hommes, il laisse discrètement une clé USB à Naïs et Jules. Quelques instants plus tard, Jules reçoit un SMS de Ghost, lui donnant rendez-vous pour récupérer sa clé USB le lendemain. Piqués par la curiosité, le frère et la sœur lisent la clé USB sur l’ordinateur de leur hébergeuse et trouvent un programme, sans comprendre ce qu’il contient.

Naïs et Jules vont mener l’enquête pour découvrir les secrets de Ghost et surtout, échapper aux hommes qui le poursuivent, pour lui remettre sa clé USB.

Une plongée dans l’univers « geek »

Ghost est un « hacker » extrêmement doué, qui a crée un programme capable du pire… comme du meilleur. Naïs et Jules vont tenter de comprendre tout ce vocabulaire qui ne leur disait rien, en même temps que le lecteur. Les termes sont expliqués par les différents personnages qu’ils rencontrent, et ouvrent la voie pour la suite de leurs enquêtes…

Grand format

Parution : 14 mars 2018

160 pages Prix : 11.90 €

Editeur : Rageot

Une cavale amoureuse tragique avec Seasonal Affective Disorder au Lucernaire

Seasonal Affective Disorder
Seasonal Affective Disorder, mise en scène de Lélio Plotton, Le Lucernaire

Une cavale amoureuse tragique avec Seasonal Affective Disorder au Lucernaire

Dolly et Vlad sont deux personnages un peu paumés. Elle est une adolescente sans complexes, pas encore femme mais plus vraiment une enfant. Il est un mystérieux inconnu, plutôt taiseux mais qui détient un flingue, elle est conquise. Tous deux partent en cavale pour échapper à la police et sortir de ce monde qui ne veut pas d’eux. Ils discutent, ils fuient, mais la route est sans issue. Le Lucernaire laisse carte banche à ces Bonnie & Clyde modernes pour une pièce lauréate du prix Lucernaire Laurent Terzieff – Pascale de Boysson 2017.

Deux héros hors du temps

Les personnages qui déambulent sur scène semblent sortis de la plus parfaite normalité.   Anne-Lise Heimburger est Dolly, adolescente encore mal dégrossie, souvent rieuse mais parfois lunaire. Laurent Sauvage est Vlad, un inconnu à la voix caverneuse, il ne sourit jamais mais apprécie la présence de sa charmante comparse. Tous deux vagabondent entre hôtels et supermarchés pour survivre avec le strict nécessaire chapardé de ci de là. Des larcins leur permettent de traverser la France, mais la police les piste, les suit, les harcèle. L’atmosphère est grisâtre, le soleil est caché quelque part derrière les nuages. Les dialogues ne comptent ni rimes ni alexandrins mais comportent le plus souvent des propos injurieux qui résonnent comme des mantras à leur impasse existentielle. Le metteur en scène Lélio Plotton laisse la plus grande partie de la scène à deux micros et à un écran où passent des images de la route pluvieuse empruntée par les deux personnages. L’espoir est absent d’une cavalcade qui mène aux rivières sauvages, à une discothèque de province et à des hôtels cheap. Le romantisme est absent d’une aventure sans issue, menée sans entrain mais pas sans crainte. De quoi seront fait les lendemains de ces deux amants sans visibilité de l’avenir? Des musiques d’ambiance accompagnent leurs aventures, au rythme des lumières et des péripéties qui vont lier les deux personnages pour toujours.

Seasonal Affective Disorder est une aventure sans âge. D’entre Dolly et Vlad, qui est le plus innocent des deux, qui désire le plus une fin tragique qui scellerait leur destin à tous les deux dans l’éternité? Le Lucernaire propose jusqu’au 31 mars une pièce sans concessions mais pas sans poésie.

Dates :  du 14 février au 31 mars, du mardi au samedi à 21h
Lieu : Le Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Lélio Plotton
Avec : Anne-Lise Heimburger, Laurent Sauvage

Cirque Alfonse présente Tabarnak à Bobino dès le 16 mai

Le Cirque Alfonse vient présenter son nouveau spectacle Tabarnak à Paris à Bobino du 16 mai au 09 juin 2018 !

Le parcours d’un requin capitaliste au studio Hebertot avec l’intense L’abattage rituel de Gorge Mastromas

L'abattage rituel de Gorge Mastromas
L’abattage rituel de Gorge Mastromas, mise en scène de Franck Berthier, Studio Hebertot

Le parcours d’un requin capitaliste au studio Hebertot dans l’intense L’abattage rituel de Gorge Mastromas

Le Studio Hebertot propose une pièce sur un adolescent sans histoires devenu un requin capitaliste sans scrupules avant de dépérir par excès d’argent et de suspicion. Yannick Laurent passe de son rôle d’amant dans Trahisons au Lucernaire au rôle de Gorge Mastromas avec une aisance confondante, tour à tour adolescent ingénu, jeune adulte volontaire, chef d’entreprise sans scrupules et milliardaire misanthrope. Il y a du Michael Corleone dans ce personnage obligé de croire à sa propre caricature pour ne pas sombrer dans le gouffre de ses contradictions. L’adjonction de 6 comédiens au four et au moulin épaissit une épopée de sang et de dollars qui ne lâche pas les spectateurs 2 heures durant.

Une pièce dans l’air du temps

En même temps que sa pièce Choisir de vivre dans le même Studio Hebertot, Franck Berthier met en scène le parcours tumultueux d’un gentil garçon devenu un loup pour l’homme. En devenant un redoutable businessman, Gorge Mastromas se désincarne en transformant ses principes humanistes en 3 règles mettant en avant le mensonge, la duplicité et l’absence totale de scrupules. Seul compte l’enrichissement en marchant sur la tête de ses semblables s’il le faut, et il le faut souvent. 6 comédiens figurent les congénères du héros, affublés ou pas de masques d’animaux, ils ne sont que des quantités négligeables sacrifiées sur l’autel de la réussite sociale. La scène est sommairement meublée de sièges, avec un rideau meublé par la grâce d’un rétroprojecteur, les costumes changent en fonction de l’intrigue sur des comédiens présentés comme interchangeables selon les soirs et les représentations. 3 hommes et 4 femmes sont d’abord des voix off truculentes dans une première partie qui narre l’ascension du jeune homme timide jusqu’à sa position sociale dominante. Commentaires acides et postures outrancières agrémentent cette amorce dans une ambiance follement scorsesienne, les rires fusent alors que les comédiens multiplient les apartés mélangeant premier et second degré dans une délicieuse sarabande décomplexée. Puis vient le temps où le héros se réalise, devenant celui qu’il ne pensait jamais être, un individu sans scrupules brassant les millions et jouant avec ses contemporains.

Entre Jordan Belfort et Patrick Bateman

Gorge Mastromas rappellera aux fans de Bret Easton Ellis le personnage de Patrick Bateman et aux fans de Scorsese celui de Jordan Belfort. Ces métaphores des excès du capitalisme se trouvent partout dans le monde professionnel, profitant des largesses humaines pour s’imposer et remiser au placard tous ceux qui font preuve d’un excès de sentiments. Qu’importe les moyens pour arriver à leurs fins, ces individus transforment les sociétés capitalistes en pièges à loup. Yannick Laurent passe sans mal de l’ingénuité au cynisme pour peindre le portrait sans fard d’un arriviste converti aux méthodes les plus viles. La pièce se regarde avec plaisir, le tourbillon des exactions se finissant comme souvent dans les pires extrémités. La multiplication des voix off et des personnages donne un rythme follement endiablé à une pièce qui ne laisse pas indifférent, voire émerveille au plus haut point.

Un tonnerre d’applaudissement salue la performance des comédiens et le moment de théâtre musclé. Empathie et consternation se mêlent devant l’ascension d’un individu destiné à finir seul et malheureux, tel un Citizen Kane moderne. Certes il reste impuni par la justice des hommes mais son esprit tourmenté finit de le condamner pour un commentaire que chacun se fait dans la salle comme une maxime finale réconfortante: tout ça pour ça

Dates : Mardi, mercredi et samedi à 21h, dimanche à 17h                                    Lieu : Studio Hebertot (Paris)
Metteur en scène : Franck Berthier
Avec : Yannick Laurent, Amélie Manet, Marie-Caroline Le Garrec, Claire Ruppli, Adrien Guitton, Geoffrey Couët, Marion Feugère et José Corpas

Un grand trip musical communiste avec Marx Attack, le nouvel album du groupe français Soviet Suprem

Soviet Suprem, Marx Attack
Soviet Suprem, Marx Attack

Un grand trip musical communiste avec Marx Attack, le nouvel album du groupe français Soviet Suprem

A la vu de la pochette, il est difficile de dire à quoi s’attendre avec le groupe Soviet Suprem. Rock soviétique? Ode au régime de Poutine ou au contraire attaque grinçante? Il faut donc l’écouter pour le croire, Soviet Suprem offre un voyage en aller-simple en folk franco-russe electro rap. Certains morceaux rappellent furieusement la bronca déjantée du No Smoking Orchestra d’Emir Kusturica avec son mélange de cordes, de cuivres et d’instruments de fête foraine. Pour ceux qui avaient déjà écouté le précédent opus L’internationale sorti en 2014, certains titres avaient retenu l’attention. C’était le cas du bien-nommé rongrakatikatong chanté dans un mélange de français et d’une langue mal connue dans nos contrées. Les onomatopées ricochaient sur un rythme folk punk assez iconoclaste, dérivant également sur des paroles rap mi-drôles mi-acides. Propaganda flirtait avec le folk disco et donnait envie d’empoigner sa compagne pour un pas de danse endiablé. Sur le nouveau Marx Attack, c’est le morceau Vladimir qui attire l’attention avec son énumération de prénoms russes et de dirigeants soviétiques pour une farce truculente portée par les sonorités russes et des paroles bouffonnes. Sa musique de jeu vidéo rappelle un mélange de Tétris et de fanfare russe dans le métro. Post Soviet, 1917 et International continuent sur le même rythme pour un voyage musical complètement décalé à découvrir le 16 mars prochain. Soviet Suprem se compose de Sylvester Staline (alias R.wan, chanteur du groupe Java), John Lénine (alias Toma Feterman, chanteur de La Caravane Passe) assistés de DJ Croute Chef. Le concept est clair, composer de la musique dans un futur alternatif imaginaire où l’URSS aurait remporté la guerre froide contre son grand rival US, réduisant à néant l’influence américaine sur la musique mondiale. Autre moment de gloire de Marx Attack, la reprise du morceau culte T’as le look coco en duo avec Laroche Valmont himself histoire de confirmer que l’heure n’est pas au sérieux mais plutôt au lâcher prise complet.

Soviet Suprem sera le 17 mai à l’Elysée Montmartre à Paris et en tournée dans toute la France.

Vladimir est un titre produit par Chapter Two / Wagram.

https://www.youtube.com/watch?v=nTOfCf_a4nw

Les Invisibles, dénonciation d’une forme d’esclavage moderne en Corse (JC Lattès)

Antoine Albertini

Les Invisibles, dénonciation d’une forme d’esclavage moderne en Corse (JC Lattès)

Antoine Albertini est journaliste à la rédaction de France 3 Corse, rédacteur en chef adjoint de Corse-Matin et également correspondant pour le Monde. Il habite lui-même en Corse. Dans son dernier livre Les Invisibles, il dénonce les conditions de vie de milliers d’immigrés venus clandestinement en Corse, en tentant d’élucider un crime d’un Invisible.

Scénario qui fait froid dans le dos

A travers l’histoire vraie de El Hassan Msarhati, l’auteur dénonce tout un système que l’on pensait éradiquer depuis longtemps. El Hassan Msarhati fait partie des Invisibles. Il habite en Corse mais aux yeux de tous, il est comme tous les immigrés maghrébins, Invisible. Son histoire à lui s’est mal terminée. Il a été assassiné, lâchement, d’une balle dans le dos, en novembre 2009, à 40 ans. L’auteur tente de résoudre l’énigme de ce crime, en comprendre les motifs et surtout trouver son assassin. Et ce n’est pas le seul Invisible à se faire tuer pour rien…

Esclavage moderne

A travers la victime, on découvre les conditions de vie de tous les travailleurs immigrés. Non seulement ils doivent payer un passeur dans leur pays d’origine, avant même d’arriver en Corse, mais une fois sur place, ils se font exploiter de façon totalement inhumaine. En Corse, dans la plaine orientale, se trouvent les plus belles exploitations agricoles de l’île. Et ce sont ces Invisibles qui vont faire tout le  » sale boulot  » des petites mains. Entretenir et ramasser les récoltes des fruits. Leurs salaires sont misérables et leurs conditions de vie déplorables. Mais ils ne peuvent rien dire car ils sont quasiment tous des travailleurs clandestins. Et les autorités laissent faire. Car tout ce trafic rapporte beaucoup d’argent…

Sur fonds de racisme

Bien sûr, le racisme est au cœur de cet esclavage. Mais non seulement les propriétaires sont racistes face aux immigrés et les traitent moins bien que leurs chiens, mais les Invisibles entre eux sont aussi racistes et certains d’entre eux n’hésitent pas à aller racketter les plus pauvres en leur volant la minable paye du jour ou du mois… Une loi sociale implacable… L’exploitation de l’homme par l’homme à tous les niveaux des classes sociales.

Antoine Albertini n’a pas peur des conséquences que son livre risque de soulever. Car les Corses n’aiment pas qu’on puisse ne serait-ce, que les soupçonner ! L’auteur cherche à tout prix à élucider la mort de ce pauvre El Hassan Msarhati, le misérable d’entre les misérables et à dénoncer haut et fort les horreurs vécues par les Invisibles. Pour que cela cesse, enfin.

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« Le 16 novembre 2009, un homme était abattu sur une route de campagne déserte dans la Plaine orientale de la Corse. Je l’avais rencontré une semaine auparavant à l’occasion d’un documentaire sur les filières d’immigration clandestine. Il s’appelait El Hassan M’Sarhati. Il m’avait raconté comment un passeur l’avait acheminé dans l’île, comment il avait travaillé pour des patrons inhumains, comment il se retrouvait à cette époque sans ressource, sans travail, les mains fracturées. Ce jour-là, j’ai fait mon métier, je l’ai convaincu de parler. Il a accepté en m’avertissant : Si je parle, ils vont me mettre en balle dans la tête. C’est ce qui est arrivé. »
La justice n’a jamais su qui étaient ces ils. Les assassins n’ont jamais été retrouvés.
Antoine Albertini a voulu reconstituer le parcours de cet homme exécuté dans le dos, d’une balle de fusil de chasse. Il a enquêté. Visité les mobils homes où vivent des milliers de déracinés, serfs des temps modernes, qui récoltent le raisin, les kiwis, les clémentines dans les champs corses. Il a rencontré des immigrés clandestins, des avocats, des gendarmes, des vignerons. A travers le destin tragique d’El Hassan, Antoine Albertini révèle le sort de milliers d’hommes dont on ne parle jamais, il décrit une économie, une société, un monde caché. Lorsque le rosé bu par les touristes sur une plage de Porto-Vecchio a un arrière-goût de sueur d’esclaves.

Date de parution : le 7 mars 2018
Auteur : Antoine Albertini
Editeur : JC Lattès
Prix : 17 € (200 pages)
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Une belle histoire d’adolescents dans le film chilien Mala Junta

Mala Junta
Mala Junta

Une belle histoire d’adolescents chiliens dans le film Mala Junta

Le premier film de la réalisatrice chilienne Claudia Huaiquimilla s’intéresse à Tano et Cheo, deux adolescents aux destins contraires et aux influences cruciales sur leurs existences respectives. Le premier est autant turbulent et colérique que le second est placide et sujet aux moqueries de ses camarades. Le film très réaliste, voire naturaliste, se concentre sur une période de la vie de tous les possibles tout en pointant du doigt le combat pour la défense du territoire Mapuche, communauté aborigène objet d’une féroce répression par le gouvernement central chilien.

Destins croisés

Mala junta, que l’on peut traduire par Mauvais conseil en français, se concentre d’abord sur Tano, jeune homme en pleine crise d’adolescence confié par sa mère dépassée à son père plus rigoureux. Le film suit son déménagement dans le sud du Chili comme une dernière chance pour lui éviter un centre de redressement. Mais le jeune homme n’écoute pas et continue ses petits larcins en toute impunité. Ce n’est qu’en faisant la rencontre de Cheo qu’un profond changement va s’opérer. Car le second d’origine mapuche est le souffre douleur des terreurs du lycée. La réalisatrice opère une métaphore filée entre les revendications de l’identité amérindienne et la destinée des deux garçons. Au fur et à mesure que Tano et Cheo se lient d’amitié, le second s’implique de plus en plus dans la défense du territoire Mapuche tout en aidant le premier à canaliser sa colère. Doutes et coups de théâtre émaillent un film qui semble tourné caméra à l’épaule avec un naturalisme fascinant pour mettre en lumière l’inanité du gouvernement chilien qui ne ménage pas ses populations indigènes, voire les brime. Au début du film, Tano symbolise un peu ce gouvernement chilien qui fonce tête baissé sans se soucier du monde qui l’entoure pour devenir au contact de Cheo plus concerné par les questions sociales. Mais si le destin des deux adolescents va connaitre un cercle vertueux, le gouvernement chilien lui ne change pas de politique d’exploitation abusive des terres mapuches. Le film interroge sur une politique quasi colonialiste qui, par delà les changements de gouvernement, ne se modifie pas et ne cesse de malmener la communauté mapuche. Les deux jeunes comédiens Andrew Bargsted et Eliseo Fernández sont épatants dans leurs rôles et magnétisent l’attention du spectateur avec leurs mines d’ados qui se confrontent aux problèmes de la vie. 

Mala junta fait partie de ces petits films venus d’ailleurs qui ouvrent une lucarne sur une réalité mal connue via une histoire d’amitié et de révélation. Mala junta sort le 14 mars sur les écrans français pour un grand bol de dépaysement.

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Mala Junta
Mala Junta

Tano, adolescent turbulent, est envoyé dans le sud du Chili, chez son père qu’il n’a pas vu depuis plusieurs années. Au lycée, il fait la connaissance de Cheo, jeune garçon timide d’origine mapuche, malmené par les autres élèves. Ils se lient d’amitié, chacun apprenant à dépasser ses difficultés grâce à l’autre. Si Tano canalise progressivement sa colère, Cheo quant à lui trouve la force de revendiquer son identité amérindienne. Tous deux s’impliquent alors dans la défense du territoire Mapuche…

Sortie : le 14 mars 2018
Durée : 1h29
Réalisateur : Claudia Huaiquimilla
Avec : Andrew BargstedEliseo FernándezFrancisco Pérez-Bannen
Genre : Drame

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Palatine, un premier album hypnotique intitulé Grand Paon de nuit et prévu pour le 23 mars chez Yotanka Records!

Palatine, Grand paon de nuit
Palatine, Grand paon de nuit, Yotanka Records

Palatine, un premier album hypnotique intitulé Grand Paon de nuit et prévu pour le 23 mars chez Yotanka Records!

Formé en 2015, le groupe Palatine (et non pas Palpatine, désolé les fans de Star Wars) regroupe 4 musiciens tous venus de Paris avec le chanteur compositeur Vincent Ehrhart-Devay accompagné dAdrien Deygas, Jean-Baptiste Soulard et Toma Milteau. Révélé au Printemps de Bourges, le groupe a d’abord sorti un premier EP fin 2016 porté par le titre fondateur Baton Rouge, première étape qui préfigura une victoire encore plus importante au Chorus festival des Hauts-de-Seine, festival qui eut déjà le bon gout de révéler avant eux les désormais célèbres Christine & The Queens et Feu! Chatterton. Pas mal pour un début mais le groupe doit maintenant passer par la case premier album pour se faire découvrir plus largement auprès du grand public. Porté par le petit filet de voix fragile du chanteur Vincent Ehrhart-Devay, le groupe met à l’honneur des textes mélancoliques chantés alternativement en français et en anglais. Le premier single Paris – L’ombre dévoile un groupe influencé par les sonorités américaines et porté par des choix musicaux avant tout oniriques, entre poésie et déclaration d’amour. La voix du chanteur rappelle immédiatement celle de Antony Hegarty, devenu célèbre au sein du groupe Antony & The Johnsons, d’autres identifieront une touche de PJ Harvey dans les orchestrations fouillées des différentes chansons d’un album qui s’écoute tout du long, une première fois, puis une seconde fois, avant de s’inscrire irrémédiablement dans l’atmosphère sonore de la pièce, comme s’il avait toujours été là. Certaines plages retiennent plus facilement l’attention comme la 6e plage Golden Trinckets et la 8e plage Stockholm. Nul doute que le groupe saura défendre ses chansons entre mélancolie et magnétisme pour se faire un (grand) trou dans le paysage musical hexagonal!

Palatine jouera un premier concert très attendu au Café de la Danse le 15 mai 2018.

Paris / L’ombre est un titre produit par Yotanka Records et écrit par Vincent Ehrhart Devay

Rencontre dans l’Upper East Side, une comédie romantique (&H)

Rencontre dans l’Upper East Side, une comédie romantique (&H)

Sarah Morgan est la reine des romances toutes en douceur, toujours teintées d’émotions. Rencontre dans l’Upper East Side est le premier tome de la trilogie From New Yor with love, dont les deux tomes suivants sont à paraître en juillet et novembre 2018.

Des personnages que tout oppose

Sarah Morgan signe ici une comédie romantique à la troisième personne, centrée sur deux personnages en apparence très différents. Molly, psychologue, a quitté Londres précipitamment il y a quelques années pour New York, à la suite d’un scandale dont le lecteur ne sait rien. Elle a crée un blog,  » Parle avec elle « , pour donner des conseils en relations amoureuses. Ce que tous les lecteurs de son blog ne savent pas, c’est que Molly est très douée pour donner des conseils, mais beaucoup moins pour les mettre en pratique. La personne qui partage sa vie, c’est Valentin, son dalmatien. Daniel, quant à lui, est un avocat spécialisé dans les divorces, qui prend son métier très à cœur et refuse de s’engager émotionnellement avec qui que ce soit.

Au lecteur de les découvrir progressivement

Si ces personnages sont très différents, ils sont tous les deux de véritables mystères émotionnels. Ils semblent s’être entièrement fermés à l’idée même de l’amour, sans vraiment que le lecteur ne sache pourquoi. Au fil des pages, on découvre les particularités, l’enfance des deux personnages, tout ce qui les rend à la fois unique et faits l’un pour l’autre.

Une rencontre originale

Le problème des comédies romantiques, c’est qu’elles répondent souvent à des clichés. C’est inévitables. La plupart du temps, elles n’ont rien de vraiment original. Mais dans Rencontre dans l’Upper East Side, l’auteure a su se raccrocher à une part d’originalité, dans la rencontre des personnages. À force de voir Molly courir tous les jours à Central Park avec son chien, Daniel décide qu’il veut la rencontrer. Pour l’approcher, lui, avocat reconnu sans aucune attache émotionnelle, fait tout son possible pour emprunter un chien, qu’il promène maintenant tous les jours. Molly cerne immédiatement la personnalité de Daniel, à part un élément qui détonne dans le décor : son chien.

Une romance rythmée

Le rythme de cette romance est tout ce qui la rend aussi addictive, alors que les personnages la rendent attachante. Tous les dialogues sont teintés d’humour mais aussi chargés en émotions : un dosage parfait. La narration à la troisième personne permet d’accéder aux pensées des personnages secondaires comme des principaux. Les chapitres ne sont pas trop longs et permettent au lecteur de ne pas s’ennuyer. La plume de Sarah Morgan est entraînante et promet un mélange d’humour et de sentiments pour les deux tomes à venir.

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Série « From NewYork with Love » – Tome 1/3

Voici Molly.

Rédactrice au courrier du cœur à New York, elle se considère comme une experte en relations amoureuses. Enfin, seulement celles des autres. Car pour elle, le grand amour de sa vie, c’est son dalmatien.
Et voici Daniel.

Avocat spécialiste des divorces, il est bien placé pour savoir que les relations amoureuses sont à éviter à tout prix. Pourtant, un beau matin, il se retrouve à faire des pieds et des mains pour emprunter un chien… tout ça dans le but de provoquer une rencontre avec la mystérieuse joggeuse qu’il croise quotidiennement à Central Park avec son dalmatien…

Molly et Daniel ont un avis bien arrêté sur les relations amoureuses. Leur rencontre risque de tout bouleverser…

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Tout tout tout vous saurez tout sur Christopher Nolan dans La possibilité d’un monde aux éditions Playlist Society

Christopher Nolan, la possibilité d'un monde
Christopher Nolan, la possibilité d’un monde, livre de Timothée Gérardin, Editions Playlist Society

Tout tout tout vous saurez tout sur Christopher Nolan dans La possibilité d’un monde aux éditions Playlist Society

Réalisateur majeur du XXIe siècle, Christopher Nolan s’est imposé aux côtés des David Fincher, Wes Anderson et Guillermo del Toro comme une valeur sûre du cinéma actuel, de ceux que l’histoire retiendra pour évoquer le grand cinéma du début des années 2000. Timothée Gérardin retrace son parcours à coup d’anecdotes révélatrices et d’analyses pertinentes. Tout le monde a l’impression de connaitre Christopher Nolan, pourtant sa machinerie intellectuelle reste un mystère. Alors, qui es tu Christopher Nolan?

Une formation académique, une carrière mondiale

Timothée Gérardin évoque les débuts semblables à tant d’autres de Christopher Nolan. Un choix d’études lui permettant d’accéder à un matériel minimal pour travailler sa technique, trois courts métrages de formation et un premier long métrage qui le fait remarquer, Following. L’auteur révèle que le noir et blanc de ce dernier, loin d’être simplement expressionniste, est avant tout un artifice pour cacher les insuffisances d’exposition. Car Nolan apprend vite et sa rigueur autant que son exigence apparaissent rapidement, deux qualités qui s’attacheront à son nom tout au long d’une carrière qui a enchainé les films marquants. Si en 20 ans, Nolan est passé des films à petit budget aux grandes productions hollywoodiennes, c’est parce que le réalisateur a compris les exigences d’Hollywood en utilisant des idées simples et fortes exposées de manière monumentale. Mais son don le plus précieux semble être sa quête farouche d’indépendance, validée par un succès public érigé en paradoxe. Car loin de se contenter des moyens monumentaux du cinéma américain, le réalisateur anglo-américain a surtout suivi ses idées personnelles et intimes pour ériger un monde singulier qui a finalement séduit le monde entier. Entre l’amnésie, le monde des rêves et la quête de l’univers, Nolan a multiplié les focus pour ériger des mondes en dehors du monde, sensoriels, trépidants et différents. L’ouvrage des éditions Playlist Society se dévore comme un thriller, diablement synthétique comme à l’habitude pour cette collection et surtout straight to the point. Pas de digression poétique ou de thèse nébuleuse, l’ouvrage de Timothée Gérardin multiplie les occurrences pour un panorama aussi complet que plaisant de l’univers de Christopher Nolan.

Les 128 pages de Christopher Nolan, La Possibilité d’un monde se dévorent avec appétit. Les cinéphiles seront comblés de redécouvrir un de leurs réalisateurs préférés à la lumière des analyses de Timothée Gérardin, de quoi donner envie de revoir toute la filmographie d’un émule de Stanley Kubrick qui laissera sans aucun doute une marque toute aussi profonde dans l’histoire du cinéma.

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Christopher Nolan, la possibilité d'un monde
Christopher Nolan, la possibilité d’un monde, livre de Timothée Gérardin, Editions Playlist Society

Il aura fallu moins de vingt ans à Christopher Nolan pour passer du statut de jeune espoir du cinéma indépendant à celui de grand auteur américain. Après s’être fait connaître avec Following et Memento, Nolan a renouvelé le personnage de Batman au cinéma, à travers la trilogie Dark Knight, et bénéficie, depuis le succès d’Inception, d’une liberté créative sans équivalent dans l’industrie hollywoodienne. Pris dans des intrigues souvent complexes, les personnages de Christopher Nolan ont en tête une idée pourtant simple : celle de comprendre le monde. Car celui-ci ne va pas de soi : morcelé, sensoriel, virtuel, trop vaste ou trop réduit, il échappe à l’entendement et reste sans cesse à redécouvrir ou à réinventer. Christopher Nolan, la possibilité d’un monde analyse l’œuvre paradoxale d’un illusionniste qui cherche la vérité et d’un réalisateur intimiste qui s’épanouit dans le grand spectacle.

Date de parution : le 13 mars 2018
Auteur : Timothée Gérardin
Editeur : Playlist Society
Prix : 14 € (128 pages)
Acheter sur : Amazon

Une vision de la Tunisie actuelle dans L’amour des hommes

L'amour des hommes
L’amour des hommes, film de Mehdi Ben Attia

Une vision de la Tunisie actuelle dans L’amour des hommes

Confrontée au deuil de son mari suite à un accident, Amel est recueillie par sa belle-famille et décide de se lancer dans une entreprise iconoclaste, photographier des garçons, par delà l’ambiguité, assumant l’inévitable érotisme attaché à cette entreprise. S’en suit une peinture subjective de la Tunisie urbaine, entre terrasses de café, rapports homme/femme à l’occidental et verres de bière. L’ombre du radicalisme ne vogue pas sur un film qui se situe au sein d’une société apaisée, au moins dans sa frange la plus aisée. Le réalisateur Mehdi Ben Attia choisit de raconter une histoire de femme confrontée à ses choix, sans se pencher sur les inévitables courants plus radicaux.

Un film (pas) loin des clichés

La Tunis d’Amel se situe dans une étonnante modernité. La jeunesse entreprend d’étudier et de monter ses échoppes pour s’insérer dans la société de demain. Mais derrière cette façade moderne reste ce poids du quand dira-t-on et des traditions. Hafsia Herzi interprète cette jeune photographe au décolleté plongeant et aux jambes nues, autant à l’aise dans son corps que dans sa personnalité. Elle propose à des hommes de les photographier, beaucoup acceptent, certains veulent en profiter pour l’entreprendre, d’autres acceptent l’ambiguité et se laissent sagement shooter. Le titre du film est légèrement trompeur car il laisserait penser qu’elle multiplie les partenaires alors qu’elle ne vise qu’à les photographier le plus possible. Les corps se dénudent, les regards se croisent, les sous-entendus pleuvent. Mehdi Ben Attia installe une ambiance érotisante qui fonctionne car Amel laisse de grandes plages de son corps nu et attise naturellement le désir, le spectateur se demande quelle est la part de naturel et de tentation. Tout en restant la plus grande partie du temps très pudique, il suffit d’une scène pour donner au film des atours plus suggestifs. Cette fameuse scène laisse imaginer que le désir est présent partout, par delà les pays ou les continents, irrépressible, bel et bien présent. Si le film s’installe souvent dans une langueur tranquille, il n’oublie pas pour autant d’interroger, sur la jeunesse de ce pays si proche de nous et peuplé d’individus pétris de rêves et de désirs. Car par delà les âges, le désir existe.

L’amour des hommes charme et surprend avec son parti pris iconoclaste et langoureux évadé d’un pays du Maghreb. L’héroïne fait surgir de plus en plus de questions au fur et à mesure du film jusqu’à se retrouver à une impasse qu’elle refuse, en vraie femme moderne qu’elle est.

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L'amour des hommes
L’amour des hommes

Tunis, aujourd’hui. Amel est une jeune photographe. Quand elle perd son mari, sa vie bascule. Encouragée par son beau-père, elle reprend goût à la vie en photographiant des garçons de la rue. Sans craindre d’être scandaleuse, elle fait le choix de regarder les hommes comme les hommes regardent les femmes.

Sortie : le 28 février 2018
Durée : 1h45
Réalisateur : Mehdi Ben Attia
Avec : Hafsia HerziRaouf Ben AmorHaythem Achour
Genre : Drame

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Le monde selon Frrrintek, une jolie histoire de frérots (Gallimard Jeunesse)

Le monde selon Frrrintek, une jolie histoire de frérots (Gallimard Jeunesse)

Gallimard Jeunesse relance sa collection Folio Cadet. Et Publik’art est heureux de vous faire partager le livre de Agnès Desarthe, illustré par Bruno Salamone, Le monde selon Frrrintek.

C’est Orlando qui nous raconte son histoire. Il a un grand frère qui s’appelle Jasper. Mais comme ils jouent à être des Inuits, ils s’appellent Grondouk et Frrrintek ! Et c’est leur secret ! Personne ne le sait, surtout pas leurs parents !
Frrrintek est en CM1 et connaît tout ! Il raconte toutes les histoires à son petit frère, Grondouk. Et surtout il veille sur lui et le rassure quand il fait un cauchemar.
Quelquefois Orlando est fier de raconter à sa classe ce que lui apprend son grand frère… Mais ce ne sont pas vraiment des histoires à raconter aux autres ! Par exemple l’histoire du camembert et des pyramides d’Egypte.

Quel est le rapport entre le camembert et les pyramides ? Vous voulez savoir la suite ? Alors, plongez-vous dans ce petit livre rigolo et joliment illustré avec beaucoup d’humour ! Un livre à mettre entre toutes les mains des jeunes lecteurs qui prendront du plaisir dès les premières lignes !

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De Agnès Desarthe
Illustré par Bruno Salamone
Frrrintek, mon grand frère, il sait tout. Par exemple, il est peut-être un des seuls êtres vivants sur terre à connaître le lien secret qui existe entre les pyramides d’Égypte et le camembert. Il sait aussi qui habite sur la planète Mars et tout un tas de choses mystérieuses du même genre.
Quoi de plus beau qu’un frère qui aime raconter des histoires ?
De 8 à 13 ans
Thèmes : Famille , Fratrie , Humour , Imagination
Catégorie : Romans & nouvelles

Date de parution : le 8 mars 2018
Auteur : Agnès Desarthe
Illustrateur : Bruno Salamone,
Editeur : Gallimard Jeunesse
Prix : 6,90 € (80 pages)
Acheter sur : Amazon

Un western crépusculaire avec Hostiles de Scott Cooper

Hostiles
Hostiles, film de Scott Cooper

Un western crépusculaire avec Hostiles de Scott Cooper

Hostiles semble débuter alors que le plus gros de la conquête de l’ouest s’est achevé depuis longtemps. Les protagonistes de batailles aussi sanglantes qu’homériques vont bientôt faire partie de l’histoire ancienne et ils le savent au plus profond d’eux-mêmes. Scott Cooper imagine un capitaine de cavalerie obligé d’escorter un chef indien du Nouveau Mexique au Montana, eux deux qui ont perdu quantité d’amis et d’illusions en s’affrontant impitoyablement par le passé. Le ton est plus souvent à l’introspection qu’à la fuira guerrière dans un western qui renvoie tous les personnages dos à dos.

Loin des standards habituels 

Tout le mérite du réalisateur de Strictly Criminal, Les Brasiers de la Colère et surtout Crazy Heart est de ne pas céder aux sirènes trop souvent hurlantes à l’heure actuelle de l’action stérile. Dans un monde cinématographique où les super héros font dorénavant la loi auprès de foules avides d’explosions et d’écrans verts, Scott Cooper choisit de se laisser le temps. Avec ses grands espaces majestueux et ses héros revenus de luttes sanglantes, Hostiles semble se dérouler alors que tout est déjà terminé. Le chef indien Yellow Hawk (Wes Studi) est maintenu captif, lui à l’origine de massacres effroyables qui le font haïr des soldats américains, le capitaine Joseph J. Block (Christian Bale) en tête. Mais le long voyage du sud au nord va rapprocher deux hommes qui se seraient étripés des années auparavant. Hostiles a le bon gout de ne pas faire de distinguo sentimental entre amérindiens natifs et néo américains dans le classement des pires instigateurs d’atrocités. Chacun en prend pour son grade et les héros sont maintenant fatigués. Le dénouement de batailles sanglantes est proche et ni les vainqueurs ni les vaincus semblent n’en avoir cure, ce qui explique les très longues plages de silence contemplatifs, comme si les spectres des victimes passées ne cessaient de hanter les protagonistes.

Tout ça pour ça

Loin de se glorifier de leurs faits d’armes, le capitaine et le chef indien vont surtout aviver un respect mutuel inattendu tandis que des embuches vont se dresser sur leur route. Tribu Comanche hostile, trappeurs blancs vicieux, propriétaires terriens violents, les menaces se multiplient de tous côtés dans une sarabande sans fin de rixes sanglantes. Le film multiplie les personnages secondaires aux durées de vie variables pour épaissir un peu plus l’intrigue. Notamment Timothée Chalamet qui est décidément partout et Rosamund Pike bien trop pouponnée pour son rôle de veuve éplorée au fin fond de l’ouest. Christian Bale arbore une épaisse moustache à la Buffalo Bill dans un rôle tout en douleur contenue, en personnage qui a fait son travail de manière si zélée et appliquée qu’il ne peut plus supporter tout ce sang sur les mains, se demandant silencieusement si tout cela en valait vraiment la peine.

Hostiles se rapproche dans l’esprit du Impitoyable de Clint Eastwood. Même fatigués, les héros se donnent la peine d’une tournée d’adieu pour ne pas se trahir et clôturer leur épisode de la conquête de l’ouest, par delà les fantômes et la culpabilité. Mais personne n’était là pour les juger, dans ce monde sans pitié.

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Hostiles
Hostiles

En 1892, un légendaire capitaine de l’armée américaine accepte à contrecoeur d’escorter un chef de guerre Cheyenne et sa famille, désireuse de retourner sur leurs terres tribales. Sur le chemin, qui va les emmener du Nouveau Mexique au Montana, ils doivent faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus Comanche qu’ils rencontrent, en compagnie d’une veuve dont la famille a été assassinée.

Sortie : le 14 mars 2018
Durée : 2h13
Réalisateur :  Scott Cooper
Avec : Christian BaleRosamund PikeWes Studi
Genre : Western, Drame

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https://www.youtube.com/watch?v=dlv14opBQnY&feature=youtu.be

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