Sortie en DVD/BluRay du beau film Le Testament Caché le 4 avril 2018
Jim Sheridan réalise une histoire de l’Irlande au XXe siècle, entre les reliquats de puritanisme d’antan et les règles comportementales très strictes. Les curés font la loi et les hommes surveillent leurs femmes à la mode d’autrefois, sans flexibilité aucune ni permission de fausses notes. Rooney Mara et Eric Bana enjolivent le film de leurs présences charismatiques pour un beau moment de cinéma à découvrir en DVD le 4 avril. Parce qu’avant les femmes voilées des pays musulmans, la même chose se déroulait chez nous. Une bonne piqure de rappel pour un peu plus de compréhension.
Un film haletant
Rooney Mara incarne une Roseanne McNulty jeune à l’orée de son internement. Sa jeunesse et sa vivacité attirent la convoitise des hommes de son village mais elle s’éprend d’un aviateur anglais recueilli chez elle pendant la seconde guerre mondiale. Ce qui pose problème car les irlandais détestent les anglais pour d’évidentes raisons de recherche de l’indépendance, avec l’IRA et tutti quanti. On parle d’un temps ancien que les plus jeunes ne connaissent pas. La vieille femme est interrogée par un médecin incarné par Eric Bana et leur bienveillance mutuelle cache un lourd secret. Les incessants flashbacks portent magnifiquement une histoire d’injustice et de loi du talion comme l’histoire en a souvent montrées, avec de belles images de l’Irlande éternelle et une belle réflexion sur le temps qui passe.
Le Testament caché est un très beau film qui ravira autant les fans de romance que de plongée historique, pour mieux comprendre l’histoire récente et faire preuve d’indulgence envers les pays qui n’ont pas encore connu le développement social de nos contrées.
Roseanne McNulty a passé 50 ans de sa vie dans un hôpital psychiatrique. Alors que celui-ci s’apprête à fermer, le docteur William Grene est appelé pour réévaluer son état…Il est intrigué par l’histoire de cette femme et son attachement tout particulier à sa bible qui recèle tous ses secrets. Au fur et à mesure que Roseanne conte son histoire, le docteur découvre ce qu’elle a traversé. Ses révélations sont effrayantes… Entre manipulations, jalousies et abus de pouvoir, plongez dans le récit bouleversant d’une vie volée.
SortieDVD : le 4 avril 2018 Durée : 01h48 Réalisateur : Jim Sheridan Avec : Vanessa Redgrave, Rooney Mara, Eric Bana Genre : voir fiche allociné Prix : 14,99 € (DVD) Acheter : sur Amazon
Une exposition Guernica à ne manquer sous aucun prétexte au Musée Picasso
Si Guernica est devenu au fil du temps l’un des tableaux les plus représentatifs du XXe siècle au côté des Marilyn d’Andy Warhol ou de la Danse d’Henri Matisse, ce ne peut être le fruit du hasard. Le paysage apocalyptique dessiné par Pablo Picasso recèle d’une intensité tellement évocatrice que personne ne peut rester indifférent. Même si le tableau lui même est absent de l’exposition au Musée Picasso, résidence à vie au Musée Reina Sofía à Madrid et interdiction de sortie du territoire espagnol obligent, l’exposition Guernica au Musée Picasso donne toutes les clés pour comprendre la signification du tableau dans un parcours qui multiplie les détails éclairants. Une fois la visite terminée, il n’est pas interdit de recommencer le parcours pour profiter au maximum de l’évènement.
Un manifeste pictural
Guernica, c’est d’abord un cri, tous les personnages du tableau semblent hurler leur souffrance à la face des spectateurs. Car le lundi 26 avril 1937, une attaque aérienne a rasé la ville basque espagnole de Guernica. 44 avions de la Légion Condor allemande nazie et 13 avions de l’Aviation Légionnaire italienne fasciste ont largué leurs bombes jusqu’à laisser derrière eux un paysage de désolation. Le premier bombardement aérien d’ampleur de l’ère moderne choqua l’opinion internationale et Picasso profita de la commande du gouvernement espagnol pour son pavillon de l’exposition universelle en 1937 à Paris pour peindre le tableau dans ses ateliers parisiens du Quai des Grands Augustins. L’exposition au Musée Picasso expose avec un luxe de détails le contexte personnel de l’artiste, ses oeuvres parallèles et ses études préparatoires. Le contexte guerrier rajoute à la compréhension d’une oeuvre destinée à marquer les foules car la lutte entre armée républicaine et troupes fascistes de Franco donna lieu à de multiples exactions sans jamais aucune intervention des pays voisins dits libres. Le parallèle avec les guerres actuelles au Moyen Orient frappe le spectateur, lui laissant penser que décidément rien ne change vraiment… Guernica n’empêche donc pas des catastrophes similaires de se produire à nouveau, l’homme est décidément incorrigible…
L’exposition Guernica au Musée Picasso est un évènement majeur de la saison artistique parisienne. Elle permet de se plonger dans une époque pas si lointaine où des calamités se produisaient sous notre nez. Saurons-nous y faire face si elles devaient se produire à nouveau? La question reste ouverte.
Dates : du 27 mars au 29 juillet 2018 Lieu : Musée Picasso (Paris) Entrée : 12,5 €
Orphée et Eurydice est l’une des pièces majeures de Pina Bausch, créée à Wuppertal en 1975 et entrée en 2005 au répertoire de l’Opéra de Paris. Un opéra-dansé qui consacre un des sommets de son art chorégraphique.
Parti aux Enfers chercher celle qu’il aime, Orphée échoue à ramener Eurydice d’entre les morts et la voit disparaître à jamais.
La chorégraphe allemande donne corps à la partition de Gluck dans une mise en scène épurée, où le dialogue se noue entre le chant et la danse.
Chacun des personnages a été dédoublé en une voix chantante et un corps dansant, qui, exécutés en parallèle, représentent les différentes expressions d’un même sentiment.
Une dramaturgie dansée
Sans jamais illustrer l’œuvre, Pina Bausch nous entraîne dans une danse aérienne et terriblement ancrée qui se charge du mythe grec jusqu’au vertige. Il y a quelque chose de théâtral dans ces images qui se succèdent – le cerbère à trois têtes représenté par un puissant et magnétique trio de danseurs en tablier de cuir usé, ou encore Eurydice figée comme une Pietà.
Car si la danse, fluide, dévoile des corps passionnés et emportés, elle suggère aussi leur fragilité. Le chant implore Zeus et l’émeut. Mais la danse, elle, pieds nus reliés au sol, rappelle la condition humaine. Elle dit la mort inéluctable.
À chacun de ses quatre tableaux, la chorégraphe a donné un titre éloquent : “Deuil”. “Violence”. “Paix”. “Mort”, esquissant déjà les thèmes fondamentaux qu’elle déclinera ultérieurement en d’innombrables variations.
Pour elle, l’étreinte la plus fondatrice demeure celle de l’adieu. L’amour ne rendra pas Eurydice à son corps de mortelle. Seules la mort, la perte de l’espoir et le lâcher prise finiront par se transformer en un rapport serein au monde et en une réconciliation avec soi-même.
Il y a déjà là toute la grammaire de Pina Bausch dans cette intense supplication. Cette dramaturgie dansée d’une pureté à couper le souffle. Dans son vocabulaire, on retrouve les poignets tournés vers l’avant et vecteurs de mouvements, des corps parfois basculés en arrière, des gestes étirés, répétés, le tout dans une chorégraphie aux prises avec l’élan mortel des deux amants.
Marie-Agnès Gillot (Eurydice) qui fera ses adieux dans ce rôle à la scène le 31 mars prochain, impose d’entrée de jeu sa stature baroque dont la douleur mortifère nous hante, et impressionne par sa maîtrise formelle et corporelle. Quant à l’Orphée de Stéphane Bullion, sculptural, il est cet être éperdu et blessé.
Dates : du 24 mars au 6 avril 2018 l Lieu : Palais Garnier (Paris) Chorégraphe : Pina Bausch
Une Actrice, mise en scène de Pierre Notte, Théâtre de Poche Montparnasse
Une Actrice au Théâtre de Poche Montparnasse
Une Actrice est une véritable déclaration d’amour de deux hommes et une femme pour Judith Magre. La comédienne est d’abord Anne Laure, qui raconte sa vie avec André, ses joies et ses peines. Puis elle est Judith, actrice qui rechigne à raconter sa vie malgré l’insistance d’un homme qui veut écrire un livre sur sa vie. Elle s’y refuse obstinément mais lâche tout de même des bribes d’informations. Pierre Notte discourt avec elle pour lui arracher anecdotes et confidences comme sur le divan d’un psychiatre. Le ton est badin, le discours est sans gravité, elle ne veut pas ouvrir le livre de ses souvenirs mais s’y complait finalement comme une énième cabriole contradictoire. Pendant que Marie Notte pousse la chansonnette en assistante de luxe de son frère, les mots de Philippe Minyana creusent la mise en abime d’une actrice qui floute les frontières entre rêve et réalité.
Une pièce libre
Une Actrice donne l’impression d’une discussion intimiste dans une alcôve de restaurant. Après une première partie où Judith Magre interprète Anne-Laure, un personnage qui tombe amoureux d’un dos avant de raconter sa relation décevante avec André, un homme d’abord fascinant mais qui dépérit à petit feu, elle devient Judith. Est-ce elle même qui va s’épancher devant le public ou est-ce encore une fois un personnage sorti de l’esprit de Philippe Minyana? Le doute est savamment entretenu tant les échanges entre Judith Magre et Pierre Notte semblent de la plus pure décontraction, flirtant même avec l’improvisation et la confession privée. Le doute est tant et si bien entretenu que les comédiens boivent (ce qu’il semble être?) du vin sur scène et poussent la chansonnette. Marie Notte qui chante les textes de son frère depuis l’âge de 6 ans se laisse aller à entonner 3 morceaux qui structurent en 3 parties les échanges vifs et piquants entre l’actrice et son confesseur. L’atmosphère apaisée voit 2 amis retracer le fil d’une vie où les grands noms et les grands rôles se sont succédés. Philippe Minyana connait très bien la comédienne et a pu insérer des éléments véridiques dans une fiction qui a tous les atours de la réalité. Les spectateurs ressentent la liberté invoquée à tout bout de champ par une actrice qui revendique son affranchissement de toute contrainte. Si la mise en scène prend le parti d’une sobriété simplement égayée de quelques jeux de lumière, les comédiens font vivre un moment de théâtre secret qui ravit, surtout que la comédienne souffrante a très bien su tenir sa place malgré une grippe envahissante le soir de la représentation. Chapeau l’artiste.
Une Actrice fait partager un moment d’intimité avec des comédiens qui jouent le jeu de la révélation, en étant un peu eux-mêmes sur scène, mais pas trop, juste ce qu’il faut pour lier un fil d’intimité réjouissant avec le public.
Dates : du 20 mars au 20 mai 2018 Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Pierre Notte Avec : Judith Magre, Pierre Notte, Marie Notte,
Un toit pour les oiseaux, un magnifique album cartonné jeunesse (Piccolia)
Vous voulez tout savoir sur les maisons des oiseaux et la fabrication de leurs nids ? Alors, ce livre, Un toit pour les oiseaux, est fait pour vous. Il est magnifiquement illustré par Clover Robin et le texte de Libby Walden est tout à fait adapté aux enfants.
L’album est d’une très belle qualité, grosse couverture cartonnée, et des pages également cartonnées, avec des volets à surprises. Les enfants adorent soulever les volets et y découvrir les petits trésors. Sous chaque volet se trouvent des informations essentielles sur les différents oiseaux, avec de beaux dessins : le canard, le pigeon, la colombe, le pic, l’hirondelle, le moineau, la chouette. Chaque oiseau a sa propre façon de se construire un toit pour protéger sa famille.
Les illustrations sont simples, joliment colorées et très proches de la réalité. Un toit pour les oiseaux, un très bel album à mettre entre toutes les mains, dès 2 ans et jusqu’à 8 ans ! Après avoir lu cet album, les enfants seront plus sensibles à leur propre environnement qui recèle bien des trésors ! Un vrai coup de cœur de Publik’Art !
Page de l’éditeur :
Bienvenue dans la maison des oiseaux ! Même si tu ne les vois pas toujours, ces animaux sont partout dans les jardins. Représentés par de nombreuses espèces, leur présence est indispensable à l’équilibre de notre environnement. Découvre comment ces maisons très spéciales constituent un abri sûr pour les habitants du jardin. Cela te permettra également de les observer de plus près sans les déranger. Soulève les volets et apprends des informations passionnantes sur les canards, les abeilles, les pics, les coléoptères, les pigeons, les araignées…
Collection : Un toit dans le jardin Illustrateur(s) : Clover Nombre pages : 16 Prix : 15€ Format en cm : 21 x 24 Editeur : Piccolia Acheter : Piccolia
Part-time Friends, Born to try, Sony Music / Un plan simple
Born to try, un deuxième album surprenant pour le duo Part-time friends, le 30 mars dans les bacs
Après la sortie de leur premier album Fingers Crossed en 2016 porté par le hit Here we are rendu célèbre grâce à une publicité pour une marque de voitures françaises, le duo indie pop Part-time friends revient aux affaires avec leur second album Born to try prévu pour le 30 mars toujours sur le label Un Plan Simple. Pauline et Florent formaient sur leur premier album ce touchant duo féru de mélodies pop et sensibles. L’alliance de leurs deux voix avec la voix de Pauline plus en avant alliée à une production simple et directe avait fait merveille pour un résultat entre harmonies légères et rêveries doucereuses. Du temps est passé et l’heure est venue de quitter l’artisanat folk pour la machinerie industrielle. Le duo y a-t-il perdu son âme? Mais non, évidemment!
Toujours accompagnés de leur fidèle producteur Tom Manning, Part-time Friends débarque avec un Ghost Away qui démontre la volonté dynamique du duo. Plus de rythme et toujours autant d’harmonie pour accompagner une marche en avant ambitieuse et ainsi marquer le coup. Si le premier album avait été en quelque sorte l’aboutissement d’une passion commune 10 ans après la rencontre du duo sur les bancs de l’école, l’heure est venue de transformer l’essai avec un luxe de moyens supplémentaires. Pauline et Florent assument leur ambition et n’hésitent pas à densifier le son à coup de synthés et de guitares électriques. La maturité y est certainement pour beaucoup et c’est tant mieux. Le son évolue, les repères se brisent et le groupe ne perd pas son âme, au contraire. Qui a connu le son des années 90 comprend vite les références du duo pour un revival aussi touchant que réussi. Le luxe de moyens s’est notamment matérialisé avec l’enregistrement de Streets & Stories à Los Angeles à l’invitation d’un éditeur américain, comme un début de consécration internationale. Le reste de l’album a suivi le même cheminement que le premier avec un enregistrement au Pays de Galles en compagnie d’un Tom Manning maintenant heureux détenteur des studios Monnow Valley. Sur les traces d’Oasis et de Black Sabbath, Part-time Friends a pu profiter de la même équipe pour mettre en boite ses 11 titres. Si Hear that sound sonne comme un rappel vivifiant du premier album, d’autres titres marquent parfaitement l’évolution du groupe vers un son plus chargé. I Don’t Mind, La La La in LA, Ghost Away et Born To Try marquent une vraie progression pour un album à découvrir le 30 mars!
Ghost away est un titre produit par Un Plan Simple.
Le Lauréat, mise en scène de Terry Johnson, Théâtre Montparnasse
Un Lauréat truculent et rythmé à découvrir au Théâtre Montparnasse
L’adaptation au Théâtre Montparnasse du classique de 1967 de Mike Nichols porté par Dustin Hoffman et Anne Bancroft fait revivre la duplicité des Etats-Unis de la fin des années 60. Entre puritanisme de façade et libération sexuelle, l’intrigue fait vivre au héros Benjamin Braddock une initiation accélérée aux choses de la vie. Avec une intrigue qui voit le jeune étudiant brillamment diplômé coucher avec une amie de ses parents de deux fois son âge mais tomber amoureux de sa fille, le film avait connu un succès surprise à l’époque et la pièce suit le même rythme enlevé. Les comédiens s’en donnent à coeur joie et le héros faussement naïf fait finalement preuve de caractère pour imposer ses idées et bousculer les certitudes.
Derrière la coucherie, une métaphore des Etats-Unis
Qui a vu maintes fois le chef d’oeuvre Le Lauréat retrouvera l’esprit du film mais adapté à la mode théâtre. Car la pièce a le bon gout de prendre des libertés avec le scénario de l’oeuvre de Mike Nichols pour s’en détacher et gagner en surprises. Les ingrédients principaux sont bien évidemment présents pour retrouver le trouble et la perfidie de l’oeuvre originale. Anne Parillaud figure avec succès une Mrs Robinson vampirique décidée à s’amuser avec le jeune étudiant apparemment malléable à souhait. Incapable de résister aux avances de son entreprenante ainée, Arthur Fenwick reprend la partition de Dustin Hoffman avec la même joliesse. Loin de se laisser emporter par le torrent des évènements, le jeune étudiant finira par imposer ses principes libertaires à ses parents, aux amis de ses parents et à leur fille. Le film de 1967 symbolisait déjà la furia de la jeunesse face à l’ordre établi, la pièce rebondit sur ce principe avec une mise en scène rythmée à souhait. Les décors mouvants s’articulent autour d’une scène centrale tournant au gré de l’action pour faire apparaitre chambres, bars ou intérieurs sans jamais aucune coupure de rythme. Aux côtés du couple phare de la soirée, Marc Fayet, Jean-Michel Lahmi et Françoise Lépine multiplient les casquettes avec truculence pour interpréter une multitude de personnages hauts en couleur au gré des évènements. Seule Adèle Bernier campe uniquement Elaine, l’innocente fille de Mrs Robinson que Ben souhaite ardemment conquérir et détourner de son chemin tout tracé. Comme une vengeance contre son envahissante marâtre?
Une pièce sans temps morts
Les spectateurs sont sollicités de tous côtés par une multitude de références savamment distillées tout du long de 2h de spectacle incessant. L’ambiance libertaire des années 60 est sans cesse évoquée par des musiques rappelant les airs célébrissimes de Simon & Garfunkel mais également Lou Reed, le Velvet Underground ou les Beatles. Des images sont également projetées sur le décor pour rappeler quelques scènes du film difficilement transposables sur scène tel le héros plongeant dans la piscine parentale au coeur de l’été ou conduisant cheveux au vent son Alfa Romeo Spider rouge. Le dynamisme est le maitre mot de la pièce avec une suite ininterrompue de coups de théâtre et l’esprit du Boulevard transparait à l’occasion dans quelques scènes cocasses qui avivent la caricature dérisoire d’une époque. Car la jeunesse a pris le pouvoir et l’ordre ancien est irrémédiablement bousculé par un irrépressible vent nouveau. L’histoire a depuis montré que l’ouragan n’a été qu’un feu de paille et une nouvelle révolution est attendue pour bouleverser à nouveau les choses. Les années 60 encore engoncées dans les principes anciens mais tiraillées par la nouvelle génération évoquent en filigrane l’époque actuelle sur le point de basculer…
Le Lauréat est une vraie réussite théâtrale grâce à des comédiens déchainés et une mise en scène ultra dynamique. Le spectacle est visible jusqu’au 28 mai au Théâtre Montparnasse!
Dates : du 10 mars au 28 mai Lieu : Théâtre Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Terry Johnson Avec : Anne Parillaud, Arthur Fenwick, Marc Fayet, Françoise Lépine, Jean-Michel Lahmi, Adèle Bernier
Liz Blackrock nous régale avec son dernier roman : EVJF, tout avait si bien commencé… Bien sûr, tout le monde connaît la signification de EVJF, terme très à la mode aujourd’hui ! Pour ceux qui ont un doute : Enterrement de Vie de Jeune Fille.
Un événement tant attendu
Et dans ce roman, il s’agit de l’EVJF d’Amandine. Et c’est Justine qui est chargée de préparer ce fameux we. C’est un peu son métier à Justine, elle travaille dans l’évènementiel ! Donc, pour elle, c’est un jeu d’enfant ! Amandine va aller de surprise en surprise durant ces fameuses 24h. Elle est entourée de ses meilleures amies qui ne se connaissent pas entre elles. Cela va se passer dans le Sud, à Cassis. Endroit magnifique, donc forcément un we mémorable.
Analyse des rapports humains et sociaux
Liz Blackrock nous fait bien rire en décrivant la belle-famille d’Amandine, famille très aristo, avec de vieilles traditions familiales datant du XIX siècle ! Amandine est en plein doute. A-t-elle raison de vouloir épouser son chéri au nom à rallonge, avec sa maison qui ressmeble à un château, et une robe de mariée qui se passe de génération en génération ? Elle ne sait plus trop. Tout lui semble tellement compliqué…
Ses demoiselles d’honneur sont toutes autour d’elle mais ce qui va se passer sort totalement de l’ordinaire ! Mieux vaut ne pas lire ce roman si on est en train de préparer son propre mariage ! Quelques sueurs froides vous attendent…
Avec les filles, pas de cadeau. Si l’une d’elle a quelque chose à dire, elle ne va pas se gêner, surtout si ce n’est pas un compliment. Et dans ce domaine, Justine est très forte, une vraie langue de vipère. Chacune d’elle a un secret qui ne doit pas être dévoilé… Rien ne va se passer comme pourrait l’imaginer Amandine.
Mais une chose est sûre : vous n’aurez qu’une envie en commençant ce livre, EVJF, le finir au plus vite pour voir jusqu’où vous emmène l’auteur ! Un bon moment de lecture ! Sauf pour les futures mariées !!!
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Coédition Denoël / Hildegarde
L’enterrement de vie de jeune fille d’Amandine s’annonce sous les meilleurs auspices : – une organisation au cordeau grâce à Justine, gérante d’une agence d’événementiel et témoin de la mariée, – un décor paradisiaque : les calanques de Cassis, – et quatre demoiselles d’honneur triées sur le volet dont Charlotte, la meilleure amie d’Amandine, enceinte jusqu’aux yeux.
Tous les éléments sont réunis pour passer trois jours de rêve!
Amandine attend ce week-end entre copines avec d’autant plus d’impatience que, à trois semaines du mariage, elle est en plein doute. Entre sa belle-famille, des aristocrates englués dans leurs traditions ancestrales, son futur mari, pilote de ligne toujours entre deux long-courriers, et les préparatifs du mariage qui sont loin d’être terminés, Amandine commence à se demander si cette mascarade a toujours un sens…
Pourtant la future mariée va vite déchanter. L’EVJF tant attendu vire au cauchemar : entre coups bas et mesquineries, mensonges et jalousies, les masques tombent et Amandine vacille. Mais n’est-ce pas dans l’adversité qu’on reconnaît les siens ?
Date de parution : le 1er mars 2018 Auteur : Liz Blackrock Editeur : Denoël Prix : 17,90 €
Ce premier tome des Filles de l’astrologuepose le décor imaginé par le duo d’auteurs Françoise de Guibert et Laurence Schaack. Ces deux auteurs, spécialistes de la littérature jeunesse dont la réputation n’est plus à faire, signent un roman puissant et très fluide, sur fond historique. Quand Louis XIV, autrefois passionné d’astrologie, la fait interdire, c’est toute la vie de Thérèse, Philomène, Ariane et Soledad qui s’effondre. Le père des trois premières et oncle de la dernière est emprisonné par le roi pour la pratiquer, mais tout porte à croire qu’il s’agit d’un complot. Les quatre jeunes filles se voient obligées de se débrouiller entièrement seule pour la première fois de leur vie, sans savoir si elles pourront revoir leur père.
Des héroïnes au destin unique
Les quatre héroïnes apportent chacune leurs différences au roman. Après l’emprisonnement de leur père, elles mettent tout en œuvre pour le faire libérer. Seulement, épreuve après épreuve les force à se séparer. D’habitude entourée de trois sœurs et un père, les voilà chacune plus seules que jamais. Ce qui leur apparaît au début comme une tragédie les pousse à repousser leurs limites, pour le meilleur comme pour le pire. Elles gagnent en indépendance et apprennent la difficulté de faire confiance à des inconnus, ainsi que ses revers.
L’astrologie au centre de l’intrigue
L’astrologie est l’une des thématiques les plus importantes de Les filles de l’astrologue puisque toute l’intrigue repose sur cette pratique. Les quatre héroïnes doivent cacher leur attrait pour cette science, qui leur a été enseignée dès leur plus jeune âge. Ainsi, le thème astral et autres prédictions reviennent rapidement sur le tapis. L’astrologie est ce qui a fait emprisonner leur père, mais peut-être également leur moyen de survivre…
Un complot à démêler
Nos quatre protagonistes vont en effet pouvoir mettre tous leurs talents et qualités à l’épreuve pour retrouver leur vie. Leur objectif ? Prouver que Germain est innocent des pratiques de sorcelleries dont on l’accuse. Elles vont ainsi devoir démontrer que l’astrologie n’est rien de plus qu’une science. C’est Ariane, la scientifique des quatre, qui a assisté son père depuis la mort de leur mère, qui est investie de cette mission. Si les trois autres héroïnes ont le même objectif, elles semblent toutes se perdre en chemin. Soledad découvre l’attrait de la Cour et ses dangers, Thérèse l’amour et tout ce que ça implique et Philomène la vie proche de la nature et la liberté qui l’accompagne.
Une évolution notable
La partie la plus intéressante du roman de Françoise de Guibert et Laurence Schaack est dans l’évolution des personnages principaux. Thérèse connaît l’évolution la plus brutale. Depuis la mort de leur mère, l’aînée s’occupe de ses sœurs, s’assurent qu’elles respectent les règles et est autoritaire. Une fois séparées, Thérèse doit apprendre à se définir pour elle-même et non plus par rapport à ses sœurs. L’écriture est fluide et l’on passe d’un personnage à un autre au fil des chapitres pour suivre l’évolution des quatre personnages en même temps. Cette méthode permet de ne pas perdre le lecteur et le peu de personnages secondaires de ne pas l’embrouiller.
Date de parution : le 21 mars 2018 Auteur : Françoise de Guibert et Laurence Schaack Editeur : Rageot Prix : 14,90 € (352 pages)
La course au bonheur, une touche de surnaturel au Young Adult (Casterman)
La course au bonheur traite de thèmes récurrents en littérature Young Adult : l’amitié, l’amour, la famille, le deuil, la culpabilité… mais de manière très différente, originale. L’auteure introduit ici deux personnages qui font basculer le roman : une mère et sa fille, hékamistes toutes les deux. Les hékamistes sont apparentées à des sorcières, utilisant l’hékamie, pratique interdite et passible de prison. Cet ajout de surnaturel permet de prendre du recul sur ces thèmes, sans s’en éloigner complètement.
L’hékamie
Echo est une adolescente qui rêve de vivre sa vie comme les autres. Personnage secondaire du roman, elle a abandonné toute chance d’une vie normale en devenant hékamiste, comme sa mère avant elle. L’hékamie est au centre de La course au bonheur, au coeur de toutes les situations rencontrées par les personnages. Les hékamistes font payer à leurs clients des sorts, censés leur rendre la vie plus facile.
Kay, personnage principal du roman, a reçu il y a de cela quelques temps, un sort de beauté, chargé de la rendre plus belle qu’elle ne l’a jamais été, pour toujours. Ari, quant à elle, a reçu un sort d’oubli quand elle était jeune pour ne pas se remémorer la mort de ses parents, qu’elle a vue de ses propres yeux. Seulement, avec ces sorts viennent les effets secondaires. L’hékamie ne donne rien, elle redistribue simplement. En échange d’une beauté nouvelle, Kay a perdu une partie de son intelligence. Contre l’oubli de ces terribles souvenirs, Ari se réveille tous les matins avec une vive douleur au poignet.
Le prix à payer
Le roman traite d’une question à laquelle il est difficile de répondre : est-on prêt à tout pour atteindre le bonheur ? Est-ce même possible ? Les effets secondaires se multiplient sort après sort, ôtant autant qu’ils donnent. Les personnages doivent faire face aux conséquences de leurs choix, ce qui s’avère encore plus compliqué que prévu. Chacun perd un peu de sa personnalité en modifiant un souvenir, une apparence. Et finalement, est-on prêt à tout perdre pour se sentir un peu moins malheureux ?
Une vraie réflexion
La course au bonheur m’a beaucoup fait réfléchir, pendant et après ma lecture. Les personnages du roman ont recours à l’hékamie plus que de raison, ça peut même être vu comme une solution de facilité. Sitôt que quelque chose leur tombe dessus, ils foncent chez l’hékamiste pour régler leurs problèmes. Et puis, le fil conducteur du roman m’a fait me questionner. C’en est, à mon avis, son objectif : si vous aviez la possibilité d’oublier une personne que vous avez aimé et perdue, le feriez-vous ?
Date de parution : le 14 mars 2018 Auteur : Maggie Lehrman Editeur : Casterman Prix : 16 € (320 pages)
Monsieur Motobécane, mise en scène de Catherine Maignan et Bernard Crombey , Théâtre Antoine
Un très ambivalent Monsieur Motobécane au Théâtre Antoine
Le lundi 26 mars a eu lieu une représentation unique de la pièce Monsieur Motobécane au Théâtre Antoine. Bernard Combey joue depuis 2005 cette adaptation d’un texte tiré de l’ouvrage Le Ravisseur de Paul Savatier édité en 1978 chez Julliard. Le seul en scène voit un personnage mi-lunaire mi-déficient raconter son histoire du fin fond de sa cellule, lui qui a été accusé de la disparition d’une petite fille, il raconte avec ses mots l’erreur de la justice et ses bons sentiments. Le ton très Deschiens de la pièce a divisé le public à en juger par le nombre significatif de spectateurs qui se sont éclipsés plus ou moins discrètement avant la fin. Il faut dire que le parti pris très rustique du personnage interroge sur son ingénuité. Est-il simplement benêt ou potentiellement dangereux, la question ne cessera de tarauder de nombreux spectateurs.
Un exercice de style périlleux
Dès le départ, le ton est donné. Monsieur Motobécane vit dans le nord, il subsiste de la récupération de bouteilles vides et ne connait du monde que ce que son modeste engin bleu pétaradant peut lui permettre d’en voir. Mais surtout il manie le français avec l’ignorance de celui qui n’a jamais eu la capacité d’en apprendre beaucoup plus au delà de la 5e. Son langage fleuri fleure bon la campagne, la faute de grammaire et le néologisme. La pièce entière se déroule au fil des intonations doucereuses de ce gentil pécore accusé de la mort d’une petite fille de 10 ans. Lui explique avoir voulu la soustraire, avec son accord, à la violence de ses parents. Il s’en explique avec naïveté à un public suspendu à ses lèvres. Un plateau bancal de 9 mètres carrés figure la cellule exigüe de celui qui se remémore l’emballement médiatique autour de la disparition de la jeune fille. Certains y verront un éloge de la candeur, d’autres s’interrogeront sur la caricature plus ou moins bienveillante faite de cet homme de la campagne, qui plus est du Nord, pas bien malin mais dont le potentiel de nuisance reste à définir. Victor de son vrai nom vitupère contre cette justice qui met tout le monde dans des cases sans chercher à comprendre vraiment le cours des choses. Beaucoup se demanderont cependant si ses propos incohérents tiennent plus de la sincérité que de la nigauderie, jusqu’à finalement s’interroger sur sa conscience de soi-même. Le personnage est-il seulement naïf ou bien irresponsable? Dans ce cas là, la pièce perd beaucoup de son attrait tant une ambiguité douteuse ne cesse de pointer à longueur d’explications.
A s’en tenir au premier degré et à la volonté de bien faire du personnage, la pièce flirte déjà dangereusement du côté de la caricature. A chercher un peu plus loin, la pièce met surtout mal à l’aise. L’émotion recherchée est alors difficilement trouvable, surtout si l’humour des Deschiens vous laisse plus qu’insensible.
Dates : 26 mars Lieu : Théâtre Antoine (Paris) Metteur en scène : Catherine Maignan, Bernard Crombey
La Prière raconte le parcours d’un toxicomane à qui est offert la chance de sortir du cercle infernal de la dépendance grâce à un séjour dans une communauté religieuse en plein coeur de l’Isère. La majesté des montagnes environnantes côtoie la souffrance de ces jeunes blessés par la vie mais désireux de s’en sortir au contact de la prière. Le réalisateur Cédric Kahn propose une expérience de vie toute de rudesse et de candeur mêlées, sans prosélytisme mais pas sans sentiments.
Un sujet cinématographique ardu
Dès l’arrivée de Thomas (Anthony Bajon) dans la communauté, le réalisateur s’attache à suivre son cheminement, tant psychologique que religieux. De la colère à l’apaisement, Cédric Kahn prend le temps pour révéler les failles mais aussi la force d’un jeune adulte tombé dans la toxicomanie. La communauté dans laquelle il atterrit tend à guérir la dépendance à la drogue par la prière, le travail et le soutien des autres membres. En remplaçant l’obsession permanente de la drogue par des occupations plus sereines, l’expérience vise à remplacer la prison et la logique stérile de la punition par un travail permanent sur soi pour remonter à la surface et se reconstruire. La colère initiale du héros laisse peu à peu place à la révélation de la foi, lui qui ne s’est jamais posé de question religieuse auparavant. Parler de foi au cinéma est un beau challenge tant le sujet n’est habituellement que peu cinégénique. Les visages absorbés dans la prière, le silence du recueillement, l’allégresse collective ou les postures bienveillantes ne sont guère dans l’ère d’un temps qui privilégie plutôt le déchainement d’action et le montage épileptique. Cédric Kahn parvient cependant à captiver le spectateur à l’aide d’un scénario imaginé comme une suite d’épreuves pour le jeune héros, mettant ainsi à distance toute tentation d’angélisme. La rechute, le rejet et la fuite sont les premiers écueils et ils laissent vite place à ceux du cloisonnement ou du repli sur soi, loin du monde réel. Car la vie en communauté doit aboutir finalement à un retour dans la société, bien difficile pour des jeunes fragiles et protégés au sein d’un environnement fraternel.
Le choix de la sobriété
Tout est fait dans La Prière pour ne pas détourner le spectateur d’une intrigue sobre et profonde. Pas de visages connus hormis celui de l’actrice polonaise Hanna Schygulla qui parlera aux aficionados de Rainer Werner Fassbender et d’Alex Brendemühl aperçu récemment dans Mal de Pierre, des paysages bucoliques à perte de vue et un film qui tend au huit-clos. Même avec une vue imprenable sur les montagnes enneigées, La Prière ne sort longtemps que peu d’un périmètre restreint. Quant à Anthony Bajon, il figure très bien d’abord la colère rentrée puis le retour à la quiétude, seulement troublée par un tiraillement final entre la possible vocation ecclésiastique et le sentiment amoureux. Cédric Kahn ne surcharge pas son film d’effets visuels flamboyants, restant dans la plus pure sobriété pour souligner le réalisme de son oeuvre et toucher le plus de spectateurs possibles.
Le réalisateur réussit à retenir l’attention du spectateur plus d’une heure et demie durant avec un sujet habilement traité et un contexte qui pourrait pourtant largement rebuter. Mais La Prière n’est justement pas qu’une invitation à la spiritualité, c’est aussi une fiction qui interroge sur soi-même avec simplicité et profondeur.
Thomas a 22 ans. Pour sortir de la dépendance, il rejoint une communauté isolée dans la montagne tenue par d’anciens drogués qui se soignent par la prière. Il va y découvrir l’amitié, la règle, le travail, l’amour et la foi…
Sortie : le 21 mars 2018 Durée : 1h47 Réalisateur : Cédric Kahn Avec : Anthony Bajon, Damien Chapelle, Alex Brendemühl Genre : Drame
Lucha, chronique d’une révolution sans armes au Congo, BD de Justine Brabant et Annick Kamgang, La Boite à Bulles
Une BD lourde de sens: Lucha, chronique d’une révolution sans armes au Congo aux éditions La Boîte à Bulles, le 4 avril dans les bacs!
Si les noms de Martin Luther King et Gandhi sont connus de tous, leur combat a surtout inspiré de nombreux mouvements de par le monde désireux de mener leur combat à l’aide de la non violence, seul moyen vraiment efficace pour lutter contre des systèmes injustes. Lucha est un mouvement né dans la République démocratique du Congo en janvier 2012 et toujours sur la brèche pour faire avancer les choses et promouvoir des combats en faveur de la population. La bande dessinée dévoile ce dont est capable la non-violence avec des dessins limpides et une trame qui ne peut qu’enthousiasmer.
Un mouvement en faveur de la non violence
Qui peut se targuer de connaitre le mouvement Lucha? Cette méconnaissance est le résultat du silence des médias tandis que les combats et les exactions au Congo n’ont pas la résonance qu’ils devraient avoir. Bien heureusement, Amnesty International s’associe à La Boîte à Bulles pour y remédier et raconter l’histoire de ce mouvement. Ici, pas de fiction, la bande dessinée relate des évènements réels depuis la colonisation du pays en 1908 jusqu’à l’accession du pays à l’indépendance en 1971 sous le nom de Zaïre. Le quatrième pays le plus peuplé d’Afrique a longtemps vécu sous la dictature de Mobutu avant de connaitre une alternance salutaire en 1997 avec cependant l’avènement de conflits internes envenimés par les interventions scélérates de voisins avides des ressources locales, notamment minières. La longue liste des conflits est évoquée jusqu’à la création de Lucha en 2012. Son objectif a toujours été de pointer du doigt les problématiques essentielles pour la population mais oubliées par le gouvernement. Accès à l’eau, accès à l’éducation, éradication de la faim et des épidémies, Lucha est sur tous les fronts, aidé par l’enthousiasme débordant de ses membres et ses principes inextinguibles de non violence. Le pouvoir central a longtemps tenté de circonscrire le mouvement à coup de répression et de vexations mais Lucha gagne de l’ampleur jusqu’à recevoir enfin une vraie reconnaissante internationale. Le dessin de Justine Brabant illustre parfaitement les explications d’Annick Kamgang pour une lecture aussi riche qu’éclairante.
Lucha, chronique d’une révolution sans armes au Congo est une lecture essentielle pour connaitre le destin d’un pays blessé par les conflits mais désireux de se relever pour devenir un phare en Afrique. Le chemin est encore long mais grâce à des mouvements comme Lucha, l’espoir est permis!
[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]
Un témoignage fort et édifiant sur cinq ans de lutte pacifique pour le changement en République démocratique du Congo, cinq ans de courage, mais surtout cinq ans d’espoir. La Lucha est l’histoire du mouvement du même nom, créé par de jeunes Congolais de tous milieux, origines et religions qui ont choisi de mener un combat pacifique dans un pays où les choses se règlent souvent par les armes, le clientélisme ou la corruption. C’est en Janvier 2012 que ce mouvement citoyen voit le jour à Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo (Kivu). Animé par le désir d’un pays nouveau, véritablement indépendant et démocratique, La Lucha milite, à travers des actions non violentes pour l’accès à l’eau, à l’éducation, la fin de l’impunité des groupes armés et la tenue d’élections présidentielles. Le mouvement a très vite attiré l’attention des autorités qui répriment régulièrement leurs actions.
Date de parution : Mars 2018 Scénariste(s) : Annick Kamgang Dessinateur(s) : Justine Brabant Genre : Histoire Editeur : La Boite à Bulles Prix : 16 € (104 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
Le film Occidental met en boite l’état du monde occidental
Mercredi 28 mars sort sur les écrans français un film volontairement assez expérimental réalisé par Neïl Beloufa, artiste contemporain politique et réalisateur qui expose actuellement à Paris au Palais de TokyoL’Ennemi de mon Ennemi. Un casting de choix justifie le visionnage de Occidental, un film métaphore sur l’état du monde contemporain, et ce n’est pas forcément très positif.
Un monde perdu
Une dizaine de personnages se croise dans un maelström d’intrigues parallèles. Deux compagnons difficiles à cerner louent la suite nuptiale de l’Hôtel Occidental sans que l’on sache s’il s’agît d’un couple homosexuel, de complices réunis pour un braquage ou de fugitifs. Idir Chender et Paul Hamy parlent français, italien et brouillent les pistes. Ils sont bientôt pris en grippe par la gérante de l’hôtel (Anna Ivacheff) qui cherche à s’en débarrasser à tout prix. Ses deux employés Romy (Louise Orry-Diquéro) et Khaled (HamzaMeziani) sont tout aussi peu enclins à intervenir que la police démunie en l’absence de délits. Quant aux autres occupants de l’hôtel, certains font la fête et d’autres semblent errer sans but. L’intrigue principale du film est longtemps difficile à cerner, il faut donc se gratter le ciboulot pour deviner l’intention philosophique du réalisateur. Car tout ce beau monde représente bien une métaphore actuelle du monde occidental, ce qu’explique fort bien le nom de l’hôtel et le titre du film. Car tous les personnages se jaugent, s’épient et se défient en permanence. L’empathie est absente d’un univers de rapports de force et de conflits. Neïl Beloufa n’est pas un artiste contemporain pour rien, les décors très toc semblent être faits exprès pour finir en cendres, les lumières toujours très crues figurent un monde aveuglé par les pensées toxiques des personnages. Car un sentiment de peur accompagne la défiance ambiante sans que le spectateur comprenne vraiment son origine, comme si les personnages avaient été conditionnés à s’en prendre aux autres sans raison particulière. Tout ce beau monde semble évoluer comme des poulets sans têtes, forcément déraisonnables et irréfléchis.
Occidental évolue dans un concept au fort coefficient anxiogène, comme un signal d’alarme sciemment tiré par le réalisateur. L’occasion de réfléchir pour un temps assez court mais intense (1h17) avant d’aller voir l’exposition de Neïl Beloufa au Palais de Tokyo.
Antonio et Giorgio, un couple improbable à l’étrange accent italien, entrent à l’Hôtel Occidental pour y réserver la suite nuptiale. Alors que dans les rues la révolte gronde, leur arrivée va transformer l’atmosphère paisible de l’établissement en théâtre d’une suspicion généralisée. Amants ou voleurs, les deux hommes dissimulent-ils leur identité ou sont-ils victimes des préjugés et des peurs qui traversent notre société?
Sortie : le 28 mars 2018 Durée : 1h17 Réalisateur : Neïl Beloufa Avec : Idir Chender, Louise Orry-Diquéro, Anna Ivacheff Genre : Comédie dramatique
Mektoub my love: Canto Uno, film d’Abdellatif Kechiche, Copyright Pathé Distribution
Mektoub my love: Canto Uno, Abdellatif Kechiche creuse le sillon d’une jeunesse languide
Après la consécration cannoise de 2013 et le règlement de comptes repris en coeur par la critique parisienne, tous deux aussi excessifs l’un que l’autre, Abdellatif Kechiche revient avec un nouveau film mettant une fois de plus en scène la jeunesse de France. En 1994, les regards se croisent dans la ville de Sète et les discussions n’en finissent plus entre des protagonistes aussi juvéniles que hâbleurs. L’énergie foisonnante du film tient place de scénario entre non-dits et duplicité autour du héros Amin, apprécié de tous mais incapable de se déclarer. Les 2h55 de film s’étirent dans une langueur saisissante qui paraitra interminable pour certains et hypnotique pour d’autres.
Une sensualité à fleur de peau
Coupons d’abord court aux prévisibles récriminations issues d’une Vie d’Adèle parsemée de multiples et excessives scènes d’exhibition sexuelle: si Mektoub my love débute par une scène extrêmement explicite d’ébats bruyants, le film ne renouvelle plus l’exercice et préfère insister sur les corps qui se frôlent, les regards qui se dérobent et une perpétuelle tchatche. Plusieurs jeunes garçons et plusieurs jeunes filles forment une bande qui hante la plage le jour et les bars la nuit. L’inconséquence est apparemment reine mais les inimités ne tardent pas à éclore, souvent silencieuses mais rendues visibles par une caméra à la permanente insistance. En se concentrant sur les regards en coin autant que sur les formes pulpeuses des héroïnes, le réalisateur révèle les pensées silencieuses, bien plus bruyantes que les perpétuelles discussions adolescentes. Car les papotages s’éternisent, n’en finissent pas et sont visiblement étirés pour communiquer l’énergie adolescente. Presque 3 heures de baignades et de conversations, le procédé donne une idée du foisonnement des hormones. Car hormis la scène du début, rien ne perce au delà des maillots de bains et des décolletés. Abdellatif Kechiche rend compte de la sensualité débordante des protagonistes sans presque jamais trop en montrer, la pudeur reste le plus souvent reine tout en restant à la limite de l’exhibition.
Un héros qui n’ose pas
Amin (Shaïn Boumedine) est le grand personnage du film, beau jeune homme bien sous tous rapports mais mis sous l’entonnoir par des cousins tchatcheurs sans vergogne. Tony (Salim Kechiouche) est prêt à toutes les flagorneries pour parvenir à ses fins, entreprenant autant Ophélie (Ophélie Bau) que Charlotte (Alexia Chardard) sans leur prêter plus d’attention que ça, à la maniére des jeunes de la ville, tous plus sûrs d’eux les uns que les autres, ce qui plait aux filles. Alors qu’Amin se transforme en mateur, notamment dans la scène du début, toujours indécis et timide alors que le spectateur aimerait le pousser à enfin oser, les semaines s’écoulent, des amitiés se nouent, des moutons mettent bas et les tenues se font toujours aussi courtes. Le réalisateur peint une toile de la jeunesse éternelle, à la fois inconséquente et ombrageuse, en tout cas toujours tapageuse, comme pour figer le temps et arrêter son défilement implacable. Car ce que dit le film en filigrane, c’est bel et bien que le temps passe et qu’il faut profiter de chaque minute de fraicheur adolescente. L’exercice de style paraitra vain à beaucoup, charmant à quelques uns et fascinant à d’autres. Car Abdellatif Kechiche sait filmer les corps et faire naitre les sentiments dans l’esprit des spectateurs. Il est même l’un des meilleurs depuis L’esquive et La graine et le mulet. Critiqué, vilipendé, hué, le réalisateur garde ses admirateurs, ils devraient être plus nombreux. Ce que confirme la présence de la toujours intense Hafsia Herzi au casting.
Mektoub my love fascine par cette démonstration d’impudence adolescente. Les journées sont ensoleillées, les nuits sont longues, les mensonges se multiplient mais tout cela est sans conséquence car la vie est longue… même s’ils ne le savent pas.
Sortie en DVD/BluRay le 4 avril 2018 du puissant film tunisien La Belle et la meute
Au début des années 2010, un fait divers défraye la chronique en Tunisie. Des policiers sont coupables d’un odieux viol sur la personne d’une jeune femme qui, pour porter plainte, doit s’adresser à la police. Le film est un véritable film d’horreur anxiogène avec une héroïne confrontée à l’hostilité de policiers qui cherchent à tout prix à étouffer l’affaire. Le scénario déjà bien costaud est épaulé par une suite de scènes en longs plans séquences qui plongent le spectateur au coeur de l’action. Impossible de décrocher devant un thriller qui prend aux tripes et retourne complètement le spectateur. La sortie de la Belle et la Meute en DVD/BluRay le 4 avril est l’occasion de découvrir un film marquant de l’année 2017.
Un fait divers violent
La Belle et la Meute confronte le spectateur à une réalité multiple au coeur de la Tunisie contemporaine. L’ouverture des mentalités permet l’organisation de fêtes étudiantes où les jeunes gens peuvent échanger et se rencontrer dans une ambiance de la plus pure convivialité. Le voile n’est pas obligataire et les tenues de fête dénudent les corps. Les premières minutes du film montrent un pays ouvert et moderne. Mais très vite, tout bascule. L’héroïne Mariam court dans les rues, en pleurs. Elle vient d’être victime d’un viol. Commence alors pour elle un véritable chemin de croix pour porter plainte et confondre ses agresseurs qui ne se trouvent pas être des voyous fondamentalistes, mais bel et bien des membres de la police. Et un autre visage du pays se dévoile, celui des mentalités archaïques et machistes. La réalisatrice Kaouther Ben Hania offre un véritable tour de force avec ses longs plans séquences qui n’évitent aucun aspect du profond trouble de Mariam, jetée en pâtures à des policiers qui tentent de l’intimider pour lui faire retirer sa plainte. En 1h30 de film, le spectateur est embarqué dans un drame qui fait bien plus frissonner que n’importe quel film d’horreur abracadabrantesque. Car ici, les monstres sont très humains et banalisent trop souvent le mal en accusant la tenue provocante de Mariam…
La Belle et la Meute est une prouesse cinématographique en même temps qu’un vibrant plaidoyer pour la liberté. Si vous ne l’avez pas vu au cinéma, c’est le moment de le découvrir en DVD/BluRay à partir du 4 avril!
Lors d’une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef. Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc. Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?
SortieDVD : le 4 avril 2018 Durée : 01h40 Réalisateur : Kaouther Ben Hania Avec : Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda Genre : voir fiche allociné Prix : 19,99 € (DVD) Acheter : sur Amazon
4 ex-taulards acceptent de participer à un spectacle de théâtre pour exposer leur passé sur une scène, l’occasion pour eux de revenir sur leur histoire et peut être aussi de faire un bilan tout neuf de cette longue et triste période de leur vie. Car chacun a vécu de longues années derrière les barreaux suite à des condamnations pour braquage. 15 ans au moins coupé du monde, ça change un homme, de quoi aboutir à un grand moment d’émotion, avec les séquelles et les comportements particuliers qui vont avec.
Des témoignages vibrants
Le documentaire donne la parole à ceux qui doivent se reconstruire hors les murs. Les témoignages de fraternité carcérale, de phobie du contact physique ou de recherche d’amour semblent tellement humains que le spectateur a difficulté à croire que les personnages ont été considérés dangereux par l’autorité judiciaire. Les blagues fusent, les moments pesants aussi, mais une empathie grandit peu à peu pour ses personnages qui ont tiré des enseignements vibrants de leurs expériences. Aucun d’eux ne conteste la sévérité des jugements mais tous se demandent si les solutions d’incarcération sont les bonnes. Face au réalisateur qui les interroge et les fait se dévoiler, ce sont des lucarnes ouvertes sur des existences cabossées qui se dévoilent. Le documentaire est sobre, les protagonistes sont interrogés presque face caméra, certains ont des difficultés pour mettre des mots sur des années de galère, mais tous y parviennent pour s’exprimer à la toute fin sur une scène et grandir tout en faisant grandir.
Après l’ombre recèle d’une humanité peu commune qui donne à réfléchir sur les solutions trouvées par les tribunaux pour protéger ceux du dehors contre ceux du dedans. Jusqu’à se demander si l’enfermement est la solution adéquate… Le documentaire sort le 28 mars au cinéma pour un témoignage vibrant sur des vies cabossées et une expérience qui fait du bien.
Une longue peine, comment ça se raconte ?
C’est étrange ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps.
Ainsi s’exprime Didier Ruiz lorsqu’il entreprend la mise en scène de son dernier spectacle monté avec d’anciens détenus de longue peine. Dans le temps suspendu des répétitions on voit se transformer tous ces hommes – le metteur en scène y compris.
Le film raconte la prison, la façon dont elle grave dans les chairs des marques indélébiles et invisibles.
Il saisit le travail rigoureux d’un metteur en scène avec ces comédiens « extraordinaires ».
Et surtout il raconte un voyage, celui qui va permettre à cette parole inconcevable de jaillir de l’ombre pour traverser les murs.
Sortie : le 28 mars 2018 Durée : 1h33 Réalisateur : Stéphne Mercurio Avec : N/A Genre : Documentaire
L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine , mise en scène de Hervé Dubourjal et Eric Bu
Un spectacle interactif et réjouissant avec L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine à la Reine Blanche
Les deux comédiens du spectacle accueillent le public en personne dans la salle du Théâtre de la Reine Blanche histoire de détendre l’atmosphère. Les spectateurs vont jouer un rôle fondamental dans un spectacle où leur contribution va influer sur le cours des évènements. Car Jean-Louis Cassarino et Hervé Dubourjal pointent du doigt les paradoxes nombreux auxquels chaque être humain peut être confronté au cours de son existence, avec les choix moraux qui en découlent. Mais si le sujet est plutôt grave, le traitement mélange joyeusetés et bon esprit dans une sarabande de plaisanteries qui font rire et sourire.
Des situations inextricables
Le spectacle suit un cheminement à la fois tortueux et comique avec l’exposition de situations plus paradoxales les unes que les autres et des choix moraux que les comédiens présentent en interrogeant le public. Quel choix ferait chacun d’eux dans les situations présentées? Y-a-t-il seulement des choix meilleurs que d’autres? Jean-Louis Cassarino et Hervé Dubourjal s’escriment sur la scène dans une constante bonne humeur, ils manient des concepts philosophiques et sociologiques sans se départir d’une bonhommie qui fait mouche. Car les interventions du public font partie intégrante du spectacle, chacun des spectateurs est incité à participer et à faire preuve d’a propos, si possible avec humour. Les comédiens distribuent les cartons jaunes pour recentrer les débats quand les spectateurs s’éloignent des hypothèses de départ. Des intermèdes drolatiques donnent lieu à des numéros de music hall musicaux qui participent à la bonne humeur ambiante. La bonne dose d’improvisation contribue au dynamisme du spectacle et le moment de théâtre passe comme dans un souffle.
L’art des comédiens pour rebondir sur toute occasion pour mettre en boite les spectateurs aboutit à un beau moment d’humour à découvrir au Théâtre de la Reine Blanche jusqu’au 22 avril. Et comme le soulignent les comédiens, chaque spectacle est différent du précédent et du suivant en fonction du public. A vous de jouer. Et quant à l’odeur des crissants, vous aurez le fin mot de l’histoire!
Dates : du 10 mars au 22 avril 2018 Lieu : Théâtre de la Reine Blanche (Paris) Metteur en scène : Hervé Dubourjal, Eric Bu Avec : Jean-Louis Cassarino, Hervé Dubourjal
Les Espionnes du Salève, une saga historique qui sonne juste, de Mark Zellweger (Eaux Troubles)
Mark Zellweger, écrivain Suisse, est un spécialiste du polar. Et cette fois-ci, avec Les Espionnes du Salève, il s’intéresse à l’Histoire de son pays, la Suisse, et plus particulièrement durant la Seconde Guerre mondiale. Jusqu’à maintenant très peu d’historiens se sont intéressés aux espions suisses. L’espionnage est incompatible avec la neutralité suisse. Et pourtant les personnages de Mark Zellweger ne relèvent pas de la fiction. Ces femmes ont vraiment existé.
Genève se transforme en capitale d’espionnage, vers les années 40. Et le rôle de ces femmes, qui n’ont peur de rien, devient primordial pour les résistants et pour lutter contre l’atrocité nazie. C’est Hannah Leibowitz qui va devenir, naturellement, leur chef. Elles seront appelées, Les Louves ou Les Espionnes du Salève.
Mark Zellweger rend un très bel hommage à ces femmes qui ont agi dans l’ombre et qui ont permis de sauver sans doute des centaines de vies de la barbarie nazie. Elles ont aussi bien aidé les résistants du côté de la frontière française, que des nombreux juifs venus se réfugier en Suisse. On se rend compte que beaucoup de citoyens suisses ont également aidé ces réfugiés pour passer la frontière.
Dans ce premier tome, l’auteur s’intéresse aux années 1940-41. Toute la trame de son roman est historique et basée sur des recherches historiques qu’il a lui-même réalisées. La saga d’espionnage ne fait que commencer et devrait couvrir toute la guerre… Publik’Art attend déjà avec impatience la suite !
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Polar, thriller, espionnage Le 14 juin 1940, l?armée allemande rentre dans Paris et les années sombres recouvrent la France. Aussitôt, le service de renseignement suisse, le SR, s’active aux frontières. En même temps, la communauté internationale du renseignement basée à Genève depuis 1936 se mobilise sous la férule du vice-consul anglais Victor Farrell. Peu à peu des filières de passage entre la France et la Suisse romande se mettent en place, la résistance s’organise entre Genève et Lyon en concertation avec les espions installés à Genève. Hannah Leibowitz, échappée de justesse du ghetto de Lodz, arrive à Genève en juin 1940 avec son fils Avram. Elle prend la tête d?un groupe de femmes de toutes nationalités et résolument décidées à lutter contre la barbarie nazie. On les dénomme : Les Espionnes du Salève. Le 1er juin 1941, Armand jeune lycéen de Gex en zone interdite, est capturé par la gestapo alors qu’il entre en Suisse au nord de Genève. Une certitude s?impose : on l’a dénoncé. Qui est le traître ? Les espionnes et leurs contacts mènent leur enquête. Elles seront confrontées à des collaborateurs sournois prêts à les dénoncer, à des agents allemands déterminés et agissant en Suisse sous couverture et à des trafiquants en tout genre. Une série d’intrigues toutes aussi palpitantes nous mènent entre 1940 et 1942 dans Genève, « nid d’espions ». Mark Zellweger, auteur suisse, Fribourgeois, né en 1959. Diplômé d’histoire romaine de la Sorbonne et de marketing stratégique de Business Schools. Il a été directeur marketing-vente dans l’industrie pharmaceutique en Suisse et à l?Étranger une trentaine d?années. En parallèle, il fut conseiller particulier de directeurs de services de renseignement internationaux de tout premier plan. Aujourd’hui, il se consacre à l’écriture et est considéré comme le nouveau maître du roman d’espionnage par de nombreux critiques spécialisés. Certains vont jusqu’à l?inclure dans le club fermé des grands auteurs que sont : Follett, Ludlum, Clancy, Higgins. Les espionnes du Salève sont son 5e roman. Xtrême préjudice est sélectionné pour le Prix du Polar Suisse Romand 2017 festival Lausannoir.
Date de parution : le 16 février 2018 Auteur : Mark Zellweger Editeur : Eaux Troubles Prix : 21 € (314 pages) Achetersur : Amazon
DJ Snake sera à nouveau l’un des headliners du plus gros festival électronique de France.
Electrobeach 2018, un renouvellement dans la continuité.
2018 sera l’année du changement pour l’EMF. Exit son directeur artistique, Silvain Berreteaga, l’homme derrière une grande partie de la montée en puissance du festival, devenu l’Ultra du Sud de France, place à une nouvelle équipe chargée de poursuivre la montée en puissance d’Electrobeach qui n’a jamais connu de baisse de régime depuis sa mue en 2015. Et si on en quoi les toussotements en coulisses, le résultat devrait être aussi dantesque. A commencer par son line up, fraichement dévoilé sur Fun Radio.
L’EMF s’offre le retour du meilleur DJ de l’année 2016 et 2017 : Martin Garrix …
Martin Garrix, DJ de l’année 2016 & 2017 de retour aux manettes de l’EMF !
Il s’en est passé des choses depuis son passage lors de l’édition 2016 de l’EMF et son closing pyrotechnique du la Main Stage. Pour faire simple et efficace, le prodige néerlandais de 21 ans a depuis été élu 2 fois DJ de l’année au renommé Top 100 de DJ Mag. Pas une seconde affaibli sur la scène EDM par ses collaboration pop fructueuse avec Bebe Rexha et Dua Lipa (contrairement à Zedd ou Alesso, portés disparus depuis), Garrix a enchainé les morceaux d’anthologie tout en zappant, dans son style particulier entre EDM pur et dance aux relents house (WIEE, Byte, Forever ou le formidable Pizza). Absent du 20e anniversaire de l’Ultra Miami, mère de tous les festivals qui ouvre la saison, nul doute qu’Electrobeach a su trouver en la personne du néerlandais le meilleur headliner possible pour l’emmener So far away !
… Et le duo de « Lean On » avec plus de 2 milliards de vues sur YouTube : Diplo & DJ Snake.
Diplo, véritable icône de la musique électronique, est prêt à renverser Electrobeach pour sa 1ere.
Quelle meilleure réponse lorsque l’on parle de renouvellement que d’assurer une continuité de qualité tout en s’adjoignant les services d’un des plus gros dj/showman de la planète, j’ai nommé le duo ayant œuvré sur le giga-tube Lean On, soit Diplo sous son alias Major Lazer et DJ Snake. Pour ce dernier, il s’agit de la 3e apparition d’affilée au festival Electrobeach. Et ce n’est pas son début d’année 2018 réalisé en pleine bourre (Lancement de son propre label, Premiere Classe, scénographie sur l’Arc de Triomphe en direct sur internet, Bercy de folie …) qui nous passera l’envie de le voir jouer son mélange d’electro agressive, de trap efficace ou les envies de pas chaloupés sur son moombahton, Magenta riddim.
Après Deadmau5 l’an dernier, c’est donc une autre légende de la musique électronique qui posera ses scuds au Barcarès : Diplo, producteur de génie, showman sans limite, DJ à éclectisme virtuose. Bref un pur tueur. On pourra compter sur lui dès le premier jour, le jeudi 12 juillet 2018, pour foutre un bordel sans nom dans le French Crownd de l’EMF. Avec lui la trap, le moombahton et l’electro en général se réinvente sans cesse. En témoigne ses nombreux alias en tant qu’artiste : Major Lazer et son Caribbean Spirit, ou Jack Ü, duo lunaire et dévastateur formé avec Skrillex. Tenir 3 jours après un démarrage aussi costaud risque d’être excitant.
Avec Armin Van Buuren, Oliver Heldens, Steve Angello, Afrojack, Tchami X Malaa, Vini Vici, Timmy Trumpet : ça va être le Carnage sur la Main Stage !
Des retours, il y en a forcément vu que l’EMF a quand même brassé les plus gros DJs de la planète depuis 2015 (édition pharaonique). Tchami x Malaa seront donc en charge du closing pour un show exclusif préparé avec minutie comme le crew Pardon My French sait si bien le faire. Steve Angello sera de retour également, auréolé d’un nouveau style musical plus dark et mature. Un set mémorable est dans les tuyaux entre émancipation et racines Swedish House Mafia assumées. Un autre retour ultra plébiscité, le néerlandais Afrojack et son EDM capable de faire exploser une foule durant les 10 premières secondes de son set comme l’an dernier. Et que dire de son compatriote Armin Van Buuren qui avait tout renversé à coup de lasers et de trance dévastatrice le 14 juillet dernier ? Son passage sera sûrement l’un des nouveaux highhlights d’Electrobeach.
Armin Van Buuren sera, encore une fois très attendu, avec son final explosif en 2017.
Et si Vini Vici nous offrait l’orgasme oculaire 2 fois avec Great Spîrit, sa collaboration délirante avec Armin Van Buuren. Ce sera attendu comme le tsunami de hardstyle que le duo pourra déverser sur la Main Stage à l’occasion de leur premier passage dans le sud. Autre première qui fera date, celle de l’autre empereur de Future House avec Don Diablo, j’ai nommé le koala Oliver Heldens. Sa jovialité communicative et son style tout en basses hyper travaillées séduiront à coup sûr l’EMF. Une pause bouncy et rafraichissante avant de reprendre les torrents de kicks puissants de Carnage ou de Timmy Trumpet. Deux styles différents, une énergie similaire, des nouveautés qui vous apporter un vrai plus cet Electrobeach 2018. Un renouvellement en douceur, mais avec toujours autant de muscles électroniques.
LE vrai événement incontournable de la saison estivale en France pour amateurs d’electro mainstream, qui avec la présence de Diplo et , entre autres, s’offre 2 des artistes les plus demandés du gotha mondial.
La Révolte, mise en scène de Charles Tordjman, Théâtre de Poche Montparnasse
Entre contestation et résignation dans La Révolte au Théâtre de Poche Montparnasse
Une femme aide son mari à finaliser les comptes de sa société. Devant la froideur de statue du businessman qui ne s’émeut de rien, elle tente de retrouver une liberté… illusoire. En montrant les mécanismes de la servitude, la pièce La Révolte fait voyager entre perspectives de liberté, rêverie féérique et poids d’une liberté inaltérable. Car comme le disait Aldous Huxley rien n’est plus efficace qu’une servitude volontaire. Elisabeth s’en rend parfaitement compte lorsque Félix se montre apparemment impuissant à la retenir… mais en apparence seulement.
Une révolte en clair obscur
La pièce d’Auguste de Villiers de l’Isle Adam adaptée par Charles Tordjman au Théâtre de Poche Montparnasse ressemble longtemps à un mano a mano entre le mari moins inébranlable qu’il n’y parait et la jeune femme moins docile qu’il ne semblait. La petite main Elizabeth interprétée avec force par Julie-Marie Parmentier s’affaire à retranscrire scrupuleusement la comptabilité complexe de son mari Félix incarné par un Olivier Cruveiller monolithique. Quand l’épouse apparemment soumise s’ébroue pour fuir et retrouver sa liberté, son mari joue la surprise et l’accablement tandis que les menaces fusent. Mais la jeune femme a bien préparé son coup, calculant la part qui lui revient exactement sans avoir à affronter une quelconque controverse, son exactitude est son arme pour partir sans que rien ne puisse la retenir, si ce n’est cette fille adorée qu’elle s’apprête pourtant à quitter. La scène se passe en 1870, la Commune de Paris va s’installer à la suite de la défaite des troupes de Napoléon III contre l’envahisseur prussien. Le peuple va tenter de récupérer sa liberté dans une autogestion dénuée de pouvoir autocratique, pour un dénouement connu de tous, la révolte sera écrasée impitoyablement par les troupes versaillaises loyalistes, laissant un gout de cendres dans la bouche de la liberté. La Révolte suit un cheminement similaire aux évènements historiques, d’abord le dos courbé, puis la tête qui se relève, l’espoir qui ressuscite et finalement… le retour à un ordre nouveau pas si différent de l’ordre ancien.
Une mise en scène sommaire pour des comédiens au diapason des enjeux de la pièce
Ce n’est pas seulement une querelle de couple qui se déroule devant les yeux ébahis des spectateurs. Si quelques rires sonores légèrement bouffons entendus dans le public coupent quelque peu des enjeux de la pièce, le spectateur attentif saura resté concentré sur la lutte philosophique qui se joue. Ce n’est pas seulement l’homme contre la femme, l’épouse contre le mari, le dominant contre le dominé, c’est surtout le maitre contre le serviteur, lutte toujours actuelle dans un système capitaliste déshumanisant où la parole du peuple se trouve amoindrie par des procédés scélérats entretenus par des médias complices. On est loin du d’abord pertinent mais de plus en plus ridicule #Balancetonporc et plus proche de la lutte de cheminots qui tentent d’inverser l’emballement médiatique à leur désavantage. Car si la minorité opulente ne manque pas d’arguments péremptoires pour défendre leur statut, même dans la plus complète mauvaise foi, la situation se décante souvent d’elle-même, de guerre lasse. Elisabeth représente cette majorité opprimée mais finalement impuissante, tant philosophiquement que socialement. Car il est difficile de changer une mentalité, tant individuelle que collective. Le jeu des comédiens rend compte du changement qui s’opère dans l’esprit d’Elisabeth avec cette hérédité inexpugnable du statut social.
La Révolte fait surgir nombre de questions dans l’esprit des spectateurs les plus vigilants pour un moment de théâtre tout en intensité. La pièce est à découvrir au Théâtre de Poche Montparnasse, il reste encore pléthore de dates!
Dates : A partir du 17 mars 2018, du mardi au samedi 21h, dimanche 15h Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris) Metteur en scène : Charles Tordjman Avec : Julie-Marie Parmentier, Olivier Cruveiller
Le film d’animation La Passion Van Gogh disponible en DVD/Blu Ray le 27 mars 2018
La Passion Van Gogh avait déjà été chroniqué sur Publik’Art avec un sentiment final proche de l’enthousiasme total. La splendeur formelle du film alliée à son atmosphère de thriller historique permet découvrir les causes d’une mort mystérieuse mais gravée dans l’histoire culturelle de l’humanité. Le film d’animation peut maintenant se découvrir en DVD pour admirer le travail de titan réalisé par l’équipe technique pour aboutir à un petit bijou!
Une série de tableaux filmés
Les oeuvres de Van Gogh servent littéralement de toile de fond pour aligner bout à bout 62 450 plans peints à la main par 90 artistes venus du monde entier. Les acteurs en chair et en os ont d’abord tourné pour évoquer les toiles du peintre ou sur des fonds verts. Puis les tableaux ont été incrustés par composting, puis animés en infographie. Le tournage des prises de vues réelles s’est partagé entre des studios à Londres et Wroclaw et les images tournées ont servi de canevas de travail pour les peintres animateurs. Le résultat final est une vraie prouesse visuelle avec cette impression constante d’observer des tableaux mouvants peints à la main. Il est difficile d’imaginer l’énorme charge de travail nécessaire pour aboutir à un résultat si proche de l’oeuvre du peintre. Ce qui devait initialement être un court métrage est devenu un film destiné à faire date dans l’histoire de l’animation. Et quand on sait que Clint Mansell tient la baguette de la BO et Pierre Niney double le personnage principal, on prend encore un peu plus la mesure de ce projet.
Un Van Gogh plus réel que jamais
Loin d’être un biopic classique et linéaire, La Passion Van Gogh suit les pérégrinations d’Armand Roulin chargé par son père de remettre une lettre de Vincent à son frère Théo Van Gogh. L’arrivée du fils du facteur d’Arles à Auvers sur Oise va lui faire rencontrer les personnages qui ont côtoyé le peintre avant sa mort. Le film remonte le fil de la vie de Van Gogh de manière décousue, les informations se changent en indices qui aiguillent le jeune homme vers une vérité qui se défausse sans cesse. Le génie des toiles du maitre retient toute l’attention du spectateur. Le film explique que sa carrière de peintre débuta à 28 ans avec plus de 800 oeuvres réalisées en très peu de temps. Le film insiste également sur le gâchis d’une mort trop précoce, privant le monde d’oeuvres supplémentaires, un peu comme pour Mozart avant lui.
La Passion Van Gogh est une merveille d’animation en même temps qu’un film très bien construit. Le DVD permet de s’enthousiasmer devant un film d’animation proche de la perfection, à découvrir à partir du 27 mars 2018!
La Passion Van Gogh, film de Dorota Kobiela, Hugh Welchman
Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante et passionnée. Et que sa vie conserve une grande part de mystère.
SortieDVD : le 20 mars 2018 Durée : 01h35 Réalisateur : Dorota Kobiela, Hugh Welchman Avec : Pierre Niney, Gérard Boucaron, Chloé Berthier Genre : voir fiche allociné Prix : 19,99 € (DVD) Acheter : sur Amazon
Qui ment ? un page-turner tout en rebondissements (Nathan)
On nous promet un mélange entre le film culte Breakfast club et la série pour adolescents Pretty Little Liars… et c’est chose faite.
L’art de manier les apparences
La question des apparences est extrêmement importante puisque c’est là-dessus que repose toute la première partie du roman. Quatre adolescents de milieux totalement différents, qui étudient au même lycée et se croisent tous les jours sans pour autant se voir, se retrouvent pris dans une tempête médiatique. Des détails de leur vie privée sont dévoilés tous les jours où presque, des secrets pouvant mettre en danger tout leur avenir sortent au grand jour. Ces personnages nous dévoilent l’art de la tromperie, où la façon qu’ils ont tous de se cacher derrière un titre ou une catégorie sociale pour ne pas qu’on creuse un peu plus.
Des stéréotypes qui gagnent en profondeur
Quatre personnages, quatre catégories sociales :
– L’intello
– Le sportif
– Le délinquant
– La reine de beauté
Voilà à quoi sont cantonnés les quatre adolescents : un simple titre supposé les définir. Des personnages stéréotypés voués à ne jamais se rencontrer. Seulement, au fil des pages, ces personnages acquièrent une profondeur nouvelle. L’intello n’est pas si parfaite, le sportif pourrait bien avoir plus d’une chose à se reprocher, le délinquant a juste besoin qu’on l’écoute et la reine de beauté ne rêve que d’avoir son libre arbitre.
Quand ils pensaient ne pas se ressembler…
Ce tour de passe-passe de Karen M. McManus est bluffant, puisqu’elle retourne la situation en quelques chapitres. Ces quatre personnages ont des secrets qu’on n’aurait jamais pu imaginer et leur vie est prête à voler en éclat. Cet aspect du roman est le plus abouti, le plus intéressant. L’auteure brasse les catégories sociales pour les faire finalement disparaître en rapprochant ces personnages qui ne devraient rien avoir en commun et qui pourtant, se ressemblent.
Une intrigue qui tient en haleine
L’intrigue est haletante et nous tient en haleine de la première à la dernière page. Le lecteur cherche le moindre indice prêt à faire pencher la balance, à donner un motif à un personnage plutôt qu’à un autre. La plume de l’auteure est fluide et addictive, nous emmenant jusqu’au dernier chapitre avec le même enthousiasme qu’au début de notre lecture.
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Auteur : K. McManus
Traducteur : A. Delcourt Une intello, un sportif, un délinquant, une reine de beauté… un meurtrier.
Qui allez-vous croire ?
Dans un lycée américain, cinq adolescents sont collés : Bronwyn (l’élève parfaite), Addy (la fille populaire), Nate (le délinquant), Cooper (la star du baseball) et Simon (le gossip boy du lycée). Mais Simon ne ressortira jamais vivant de cette heure de colle… Et les enquêteurs en sont vite sûrs, sa mort n’est pas accidentelle. Dès lors qu’un article écrit par Simon contenant des révélations sur chacun d’eux est découvert, Bronwyn, Addy, Nate et Cooper deviennent les principaux suspects du meurtre.
Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont tous quelque chose à cacher…
Date de parution : mars 2018 Auteur : K. McManus Editeur : Nathan Prix : 13,99 € (364 pages) Achetersur : Amazon
Un week end au Salon du livre 2018, à Paris, avec Publik’Art
Cette année, Publik’Art était présent au Salon du Livre 2018, à Paris. Et c’est Elisa Houot qui a été notre représentante. Elle nous confie ses impressions du we et ses nombreuses rencontres avec des auteurs qu’elle avait auparavant sélectionnés. Bien sûr, on reconnaîtra la littérature Young Adult mise en avant par notre jeune chroniqueuse !
Livre Paris a ouvert ses portes jeudi 16 mars, pour un week-end où amateurs de fantasy, de polar ou de romance arpentent les allées. Durant le plus grand événement littéraire de France, mettant cette année la Russie à l’honneur, les auteurs de best-sellers côtoient les primo-romanciers, comme les maisons d’édition dont la réputation n’est plus à faire s’installent à côté de celles qui inaugurent leur premier salon.
Une scène Young adult faisait son apparition cette année à Livre Paris, où auteurs et éditeurs se succédaient pour échanger des succès de cette littérature. À tous les « grands » stands, une collection « young adult » est mise à l’honneur, pour mon plus grand plaisir. Mon genre de prédilection était à l’honneur chez Pocket Jeunesse, Lumen, la Collection R, Hugo New Way et bien d’autres encore.
De nombreux auteurs, appréciés des lecteurs, faisaient leur apparition pour la première fois au Salon, provoquant des files d’attentes longues de plusieurs heures. Chez Pocket Jeunesse, pour la venue de Marissa Meyer, un système de tickets a été mis en place. Ainsi, une fois en possession du fameux ticket, les lecteurs étaient assurés de rencontrer l’auteure à succès de la saga Cinder ou, plus récemment, du Gang des Prodiges.
Pour d’autres maisons d’édition en revanche, c’était leur premier Livre Paris. Au stand de Hugo Publishing, que ce soit pour régler leurs achats ou faire signer leurs romans, les lecteurs étaient au rendez-vous. Les fans de la maison d’édition avaient pu se rendre aux différentes éditions du Festival New Romance, organisées par la maison, une première fois à Bandol et la suivante, en septembre dernier, à Cannes. Mais pour ceux qui n’avaient pas pu faire le déplacement, c’était l’occasion ou jamais de rencontrer leurs auteures préférées : Jay Crownover, Anna Todd, R.K. Lilley ou encore Molly Night côté américain, Jane Devreaux, Battista Tarantini, Elle Seveno, Morgane Moncomble et d’autres encore pour l’équipe française.
Chez Kaya Editions, c’est une équipe 100 % française qui a fait le déplacement. La plupart des auteures signaient un premier récit devant un public conquis. Ainsi, c’est une « génération Wattpad » qui faisait ses premiers pas au Salon du Livre de Paris. Laura E-L, Birdy Li ou encore Julie Bradfer ont été découvertes sur la plate-forme d’écriture et sont passées du virtuel au réel avec des romans maintenant parus chez Kaya Editions. Tout sourire, les auteures s’arrêtent, prennent le temps d’échanger avec les lectrices de leurs personnages et intrigues.
Nine Gorman, auteure du Pacte d’Emmaparu aux éditions Albin Michel, échangeait avec lecteurs et curieux sur la scène Young Adult, pour un débat autour des Origines : De la musique au livre et du livre dans la musique. L’auteure dévoile ses nombreuses et variées inspirations musicales (twenty one pilots, Metallica, Nickelback, 1975, Lana Del Rey…) et la façon dont elle lie musique et écriture. Elle y évoque l’importance d’avoir le physique d’un personnage en tête pour se le représenter, en s’inspirant d’un chanteur ou acteur. Écouter de la musique l’aide à transposer ses mots sur le papier, mais le genre varie en fonction de la scène à écrire. Elle n’écoute pas le même genre musical si elle doit écrire une scène dure, triste ou une ambiance plus drôle.
Chez les férus de littérature Young Adult, une maison d’édition est sortie du lot durant ce salon 2018 : Lumen. La maison d’édition a su tirer son épingle du jeu en créant un stand unique, à l’effigie des romans de leurs deux auteures invitées, Sarah Dessen et V.E. Schwab. Si elles ont rencontré un succès bien mérité avec des files d’attentes qui n’en finissaient pas, à chacune de leurs dédicaces, les auteures ont pu signer leurs romans dans un décor familier, tout droit sorti de leur imagination. Pour V.E. Schwab, c’est l’univers de Shades of magic qui a été représenté, plus vrai que nature, tandis que chez Sarah Dessen, le bureau de wedding-planneuse que l’on retrouve dans Once and for all était à l’honneur. J’ai été ravie de rencontrer l’auteure de ce magnifique récit qu’est Once and for all, tout en justesse et douceur, à l’image de sa créatrice. J’ai également eu le plaisir de faire dédicacer mon exemplaire du très réussi Shades of magic par V.E. Schwab.
Tout au long du week-end, Short Edition présentait ses distributeurs d’histoires courtes, que l’on peut également trouver dans différentes gares et aéroports. Au lecteur de choisir une histoire d’une, trois ou cinq minutes, qui sort ensuite du distributeur sous la forme d’un ticket de caisse. On pouvait également se diriger vers le distributeur « jeunesse » ou « BD », le dernier étant un prototype que Short Edition inaugurait au salon du livre. Alors, pour s’occuper pendant les -longues- files d’attente pour une dédicace ou une photo, quoi de mieux que de la lecture ?
Le dimanche, sur la scène Young Adult, petits et grands pouvaient assister au débat : Girl power – de la romance à la dystopie, via la fantasy ou le réalisme, quelles sont les figures de la femme dans la littérature Young Adult ? Les invitées : Manon Fargetton, Isabelle Rossignol et Cali Keys débattaient de la représentation des personnages féminins en Young Adult. Chacune évoque l’importance pour les jeunes lectrices de s’identifier à des personnages de femmes « fortes ». Ce terme, Manon Fargetton le remet en question, exposant avec justesse qu’« on parle rarement d’un personnage masculin comme d’un homme fort. Par contre, on se sent obligé de mettre ce qualificatif aux personnages féminins qui ne se comportent pas comme des paillassons ».
Quelques heures plus tard, deux autres auteurs ont pris place sur la scène Young Adult pour un échange sur les chemins de la fantasy, les codes à respecter ou à dépasser : Olivier Gay et V.E. Schwab, accompagnée d’une interprète. Olivier Gay prend la parole en premier, affirmant que le plus important pour un récit de fantasy est qu’il garde en cohérence : si l’auteur décide que la téléportation existe, ça implique qu’il n’y ait plus de voitures, de trains ou d’avions, qu’on peut vivre à la mer tout en travaillant à Paris… En fantasy, l’auteur peut inventer un monde créé de toute pièce, mais Veronica Schwab souligne l’importance de garder une part de réalité, pour ne pas déconnecter le lecteur. Les règles du monde qu’elle imagine sont intuitives et aussi naturelles que possibles.
Rapidement, les auteurs distinguent deux catégories d’écrivains : les architectes et les jardiniers. Olivier Gay appartient à la catégorie des jardiniers, il écrit sans savoir où chaque idée va le mener et se laisse porter par son écriture. Veronica Schwab, quant à elle, s’identifie comme une architecte sans hésiter. Elle confie connaître le dénouement de son histoire avant même d’avoir commencé à écrire, elle a besoin de savoir qui sont ses personnages et ce qu’ils vont devenir pour les comprendre.
Après plusieurs heures d’attente, j’ai eu la chance de rencontrer Sophie Audoin-Mamikonian, auteure de la série à succès Tara Duncan et autres one-shots comme La couleur de l’âme des anges. Aucune auteure ne prend le temps d’échanger avec ses lecteurs comme Sophie Audoin-Mamikonian, qui dépasse largement sur son temps de dédicaces pour assurer à tous ses lecteurs une dédicace, une photo et quelques questions. Les files d’attente semblent ne jamais s’épuiser pour des auteures comme Robin Hobb, Diana Gabaldon, V.E. Schwab ou encore Sophie Audoin-Mamikonian, alors que les fans s’arment de patience pour une dédicace sur leur roman préféré.
Ce Salon du Livre restera gravé dans les mémoires, en présence d’auteurs qui venaient en France pour la première fois et d’autres, habitués de l’événement. Un excellent moment pour Publik’art, plein de découvertes et rencontres loin d’être oubliées.
Kupka, pionnier de l’abstraction, exposition au Grand Palais
Un éclairage éblouissant au Grand Palais sur le riche parcours de Kupka, un peintre hors du commun
L’exposition Kupka, pionnier de l’abstraction ouvre une lucarne surprenante sur une carrière insuffisamment connue dans nos contrées. Car le peintre tchèque FrantišekKupka, à l’instar du russe VladimirKandinsky et de la franco-ukrainienne Sonia Delaunay, a creusé son art de manière totale et sans concession, passant de l’art figuratif au symbolisme jusqu’à l’abstraction dans un déroulé épique qui fait comprendre ce qu’est l’exigence artistique. Le parcours offre 300 peintures, dessins, gravures, livres et documents pour mieux connaitre un individu engagé de manière totale dans toutes ses activités artistiques et humaines.
Une recherche constante de la vérité
Le sentiment final prépondérant à la fin de la visite est simple: quel homme, quelle carrière! Impossible de ne pas rester admiratif devant une existence si copieusement abondante. L’art de Kupka est à l’image de l’homme, toujours curieux, toujours en éveil, toujours porté vers l’avant à la recherche de la vérité. Entre son engagement dans la légion tchèque pendant la première guerre mondiale et l’évolution de son art, le même constat se dessine que Kupka ne faisait pas les choses à moitié. Depuis son entrée à l’école des Beaux-Arts de Prague en 1889, l’artiste a creusé le sillon de son art avec toujours la même exigence. S’il débute par des personnages dépeints dans des décors oniriques et symboliques, il se dirige de plus en plus vers l’art non-figuratif avec le constat que l’artiste ne doit pas représenter l’homme et le monde sous peine d’immanquablement se mentir et mentir. C’est la raison pour laquelle Kupka multiplie les oeuvres dénichées au plus profond de lui-même, car comme il le clamait Vous avez oublié que le sens des couleurs se trouve en vous-mêmes. C’est là qu’il faut aller le chercher. Au fur et à mesure du parcours, les formes se font de moins en moins figuratives pour voguer vers des univers colorés, géométriques, vaporeux ou dynamiques, le visiteur sent un esprit fiévreux imaginer des compositions enflammées pour faire décoller le spectateur dans des univers inédits. Car une oeuvre de Kupka ne ressemble à rien d’autre qu’à elle-même.
Un parcours plein de sens
Certains se souviendront de l’exposition Mondrian / De Stijl organisée au Centre Pompidou en 2010, le public découvrait que le peintre avait imaginé ses célébrissimes carreaux blancs entourés de noir à la toute fin de sa carrière, après une vie entière de recherches. L’exposition Kupka donne le même sentiment avec l’impression persistante d’un travail acharné toute une vie durant pour aboutir à une véritable révolution picturale. Si le parcours n’avait pas été chronologique, l’exposition aurait perdu de sens sans faire comprendre le cheminement intellectuel du peintre, ce que l’évènement au Grand Palais réussit parfaitement. Chacune des périodes de travail de Kupka est exposée avec un luxe de commentaires explicatifs qui précisent avec un niveau adéquat de détails ce qu’il est important de comprendre et de garder à l’esprit. Au bout d’une heure de visite, l’esprit est tout plein d’oeuvres plus flamboyantes les unes que les autres. Pour preuve de la complétude de l’exposition, elle est organisée par la RMN-Grand Palais en partenariat avec le Centre Pompidou à Paris, la Národní Galerie v Praze à Prague, et l’Ateneum Art Museum à Helsinki. La preuve d’une véritable volonté de ne rien oublier pour mieux cerner les intentions d’un artiste hors norme que l’exposition ranimera dans l’esprit de tous les visiteurs.
L’exposition Kupka, Pionnier de l’abstraction au Grand Palais fait découvrir un univers pictural qui ravira nombre de spectateurs avec un parcours toujours intéressant et des oeuvres qui ne s’effaceront jamais.
Dates : du 21 mars au 30 juillet 2018 Lieu : Grand Palais (Paris) Entrée : 14 €