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Adieu au langage, un film de Jean-Luc Godard

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Sortie : le 21 mai 2014

Durée : 1h10

Prix du Jury à Cannes (ex-aecquo)

Avec :  Zoé Bruneau, Héloïse Godet, Kamel Abdelli

 

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles »

Ce sont là les voyelles d’Arthur Rimbaud. Travail visuel de la lettre, haillons du récit … ce qu’a écrit le jeune poète frappe aussi à la vision d’Adieu au langage, le dernier film du maestro Jean-Luc Godard.

[pull_quote_left] Je cherche de la pauvreté dans le langage. [/pull_quote_left]

Son nom seul est une signature, et vaut le détour. Le vieux de la Vague, l’intello anciennement tendance maoïste, puis l’exilé trublion réalise depuis deux décennies des films coup de poing à l’hermétisme certain (en vrac : Eloge de l’amour, Notre musique, Film Socialisme) quelque peu déroutants pour quiconque n’a qu’en tête Le Mépris ou Pierrot le fou, pourtant eux-aussi porteurs de chaos dans leurs formes et leurs langage.

Dans Adieu au Langage, le propos tient en quelques phrases, écrite par Godard himself :

« Une femme mariée et un homme libre se rencontrent. Ils s’aiment, se disputent, les coups pleuvent. Un chien erre entre ville et campagne. Les saisons passent. L’homme et la femme se retrouvent. Le chien se trouve entre eux. L’autre est dans l’un. L’un est dans l’autre. Et ce sont les trois personnes. L’ancien mari fait tout exploser. Un deuxième film commence. Le même que le premier. Et pourtant pas. De l’espèce humaine on passe à la métaphore. Ca finira par des aboiements. Et des cris de bébé. »

 

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(c) Wild Bunch

Lettre d’un voyant, pamphlet humaniste ou au contraire ultra cynique… délicat d’aborder un film de Godard, comme si aucune interprétation n’était plus valable qu’une autre.

Dans Adieu au langage, la surprise tient des effets et la migration des images mis en oeuvre. Certainement que le film, s’il n’était pas signé JLG, n’aurait pas été distribué. Alors, sans aller dans l’étude pure de ces propositions (ce qui prendrait un siècle), retenons la violence de ces enchainements. Godard brouille toutes les pistes possibles, visuelles et sonores : les multiples références deviennent ses propres mots, les images d’archives et d’anciens films sont à égalité du film lui-même. Plus une oeuvre totale qu’un film, Adieu au langage fait preuve d’un lyrisme anarchique.

De ce film, on retient surtout un chien, Roxi, seul ‘’personnage’’ filmé avec énormément d’amour, comme représentatif d’un être absous de tout, des contraintes et des conventions.

C’est sans doute là la magie du cinéaste : une idée, une image, un son chacun retiendra ce dont il a envie mais surtout Godard fait ce qu’il lui plait. En effet le film est tantôt poétique, philosophique, scatologique, aveuglant et assourdissant.

Finalement ce qui reste après la vision de ce mix étrange, c’est la sensation d’avoir vécu un pur moment de cinéma.

Deux jours, une nuit, un film de Jean-Pierre Dardenne et de Luc Dardenne

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Publié le : 21 mai 2014

Durée : 1h35

Avec : Marion Cotillard, Fabrizio Rongione…

Les frères Dardenne sont très attachés au social. Et ce film rappelle un peu « Rosetta », film très émouvant où nous avions découvert Emilie Dequenne, époustouflante de vérité. Elle se démenait chaque jour pour trouver du travail, avoir une vie normale, comme les autres. Avec une énergie bouleversante.

Dans ce nouveau film Rosetta est devenue Sandra. Sandra n’est pas aussi misérable que Rosetta, mais pas loin. Elle sort de dépression, mais nous n’en connaissons pas la raison, et doit se battre pour garder sa place au bureau.

Synopsis :

Sandra, aidée par son mari, n’a qu’un week-end pour aller voir ses collègues et les convaincre de renoncer à leur prime pour qu’elle puisse garder son travail.

Pas vraiment se battre. Son « patron » a fait une drôle de proposition à ses employés : soit il garde Sandra, soit il leur donne leur prime de 1000 euros. Mais il ne peut pas faire les deux, crise oblige.

Drôle de chantage. Mais avec la crise en toile de fond, on peut tout se permettre…

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Et voilà, notre Sandra, fragile, déprimée, sans aucune énergie, qui part quand même au combat, soutenu par son mari. Elle va voir chaque collègue en les suppliant, sans grande conviction, de voter pour elle, car elle a besoin de son salaire pour vivre.

Le film est un peu répétitif. 16 collègues à voir, toujours les mêmes dialogues, les mêmes gestes… Un collègue accepte, quand l’autre refuse… Normal, quoi ! Rien d’original dans le scénario… La déprime, la prise de médocs… Et l’actrice, sans surprise, ne nous émeut pas vraiment… En plus, ses tenues, toujours les mêmes, finissent par nous énerver : débardeurs qui laissent voir les bretelles de soutien-gorge… Moches, quoi !

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C’est un film un peu long, triste, voire déprimant. Marion Cotillard interprète bien cette Sandra qui se sent abandonnée par tous et qui ne compte pour personne. Dommage qu’elle oublie un peu trop son rôle de mère, bien plus important que son rôle à l’usine… Mais pour les frères Dardenne, le plus important est le côté social des situations. Le côté familial ne prime pas… On l’a bien compris !

Bref, je ne comprends pas bien comment tout le monde espérait que ce film remporte un Prix au festival de Cannes, comment les critiques sont, encore une fois, dithyrambiques !

Ouf, Cannes ne l’a pas récompensé !

Et Publik’Art ne sera pas indulgent !

Palmarès du 67ème Festival de Cannes 2014, avec la vidéo de la cérémonie de clôture.

 

Voilà le palmarès complet du Festival de Cannes 2014, présidé par Jane Campion, selon le site officiel du Festival.

Pour en savoir plus, cliquez : ici

LONGS MÉTRAGES

  • Palme d’or

WINTER SLEEP Réalisé par Nuri Bilge CEYLAN

  • Grand Prix

LE MERAVIGLIE (LES MERVEILLES) Réalisé par Alice ROHRWACHER

  • Prix de la mise en scène

Bennett MILLER pour FOXCATCHER

  • Prix du scénario

Andrey ZVYAGINTSEV pour LEVIATHANOleg NEGIN pour LEVIATHAN

  • Prix d’interprétation féminine

Julianne MOORE dans MAPS TO THE STARS Réalisé par David CRONENBERG

  • Prix d’interprétation masculine

Timothy SPALL dans MR. TURNER Réalisé par Mike LEIGH

  • Prix du Jury

MOMMY Réalisé par Xavier DOLAN

COURTS MÉTRAGES

  • Palme d’or du court métrage

LEIDI Réalisé par Simón MESA SOTO

  • Mention spéciale – court métrage

AÏSSA Réalisé par Clément TREHIN-LALANNE

Le Roi Lear de William Shakespeare, mise en scène de Christian Schiaretti, à Paris

Le Roi Learde William Shakespeare mise en scène  Christian Schi

© Christian Ganet

Théâtre de la Ville jusqu’au 25 mai 2014 (durée 3h55) avec entracte

En fidèle héritier shakespearien où l’imposante scène circulaire au décor épuré trace un demi cercle qui rappelle les théâtres élisabéthains, le directeur du TNP de Villeurbanne, Christian Schiaretti, nous livre une version puissamment politique de ce « Roi Lear » où les enjeux intimes et géopolitiques scellent sa chute.  Et pour incarner le vieux Lear, un monstre sacré : Serge Merlin, 81 ans, impressionnant de virtuosité dont le jeu incandescent s’inscrit comme nul autre dans cette tragédie de père abandonné et de souverain déchu, méprisé de tous.

Le Roi Learde William Shakespeare mise en scène  Christian Schi

© Christian Ganet
[pull_quote_center]Un spectacle de répertoire dans la pure tradition du théâtre de Jean Villar[/pull_quote_center]

Dans l’Angleterre médiévale, Lear, roi guerrier et tyran vieillissant, se décide à partager son empire entre ses trois filles, à condition qu’elles déclarent publiquement l’amour qu’elles lui portent. Tandis que les aînées rivalisent d’allégeance, la benjamine Cordélia refuse le jeu de la confession publique entrainant les foudres du monarque et son bannissement avant que les aînées décident de s’affranchir de l’autorité royale en chassant leur père du pouvoir.

Le royaume sombre rapidement dans les guerres et les luttes de clans où les drames sanglants se disputent aux destins politiques et démesurés des protagonistes.

Le Roi Learde William Shakespeare mise en scène  Christian Schi

© Christian Ganet

Dans une scène-arène propice à tous les oracles, les combats et à tous les déchirements, Serge Merlin irradie la scène. Se montrant tour à tour puissant et fragile, autoritaire et désœuvré, sénile et enfantin, il nous entraîne, d’une voix sonore et ténébreuse, au plus profond de l’âme humaine et de ses errements.

[pull_quote_left]Et pour incarner le vieux Lear, un monstre sacré :  Serge Merlin, 81 ans, impressionnant de virtuosité dont le jeu incandescent s’inscrit comme nul autre dans cette tragédie de père abandonné et de souverain déchu, méprisé de tous[/pull_quote_left]

A l’abri de mouvements chorégraphiques et hiératiques parfaitement orchestrés, les 25 comédiens vont et viennent sur le plateau grâce aux nombreuses portes encerclant l’espace où se déploie implacablement la folie des hommes prisonniers de leur soif de pouvoir et de domination.

Le Roi Learde William Shakespeare mise en scène  Christian Schi

© Christian Ganet

Ils impriment un rythme et une énergie sans faille à la langue crépusculaire de Shakespeare dans une traduction limpide et vibrante de Yves Bonnefoy.

Un spectacle de répertoire dans la pure tradition exigeante du théâtre de Jean Villar

Le confident, un livre d’Hélène Grémillon

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Publié en avril 2012 aux Editions Gallimard

Collection Folio

Hélène Grémillon écrit là, magistralement, son premier roman.

Vous cherchez un livre pour vos vacances. Cela peut être Le confident.

Vous cherchez un livre à lire sans difficulté, dès la première page. Un livre qui vous obsèdera pendant longtemps, tant que vous ne l’aurez pas terminé, et même après l’avoir lu, c’est Le confident.

Ouvrez la première page seulement après vous être assuré avoir du temps devant vous !

Bref, vous l’aurez compris, ce livre est un thriller teinté de psychologie surtout féminine. Le thème central est la maternité, ou plus exactement le désir de devenir mère. Ou aussi un secret de famille… Mensonges, trahisons, chantages, folie… Mais aussi l’Amour. Tout est dit ! Une terrible histoire d’amour sur fond de Guerre.

A la mort de sa mère, Camille reçoit des lettres de condoléances. Parmi elles, Louis. Il lui écrit des pages et des pages, de semaine en semaine, en lui racontant toute une histoire qui se serait passée durant la seconde Guerre Mondiale. Au fil du roman, on essaie de découvrir qui est ce Louis, quel est le rapport de cette histoire avec Camille… Et on reste dans un contexte historique terrible et très précis.

Une très bonne analyse des personnages du roman rend la lecture captivante, quoique effroyable.

Bien sûr, les mères se reconnaîtront à travers ce roman qu’elles vivront avec leurs entrailles. Quant aux hommes, ils approcheront la notion de maternité sous un autre angle. Un angle peut-être insoupçonnable.

Mais je ne vous en dirai pas plus sur l’histoire et vous laisse le plaisir de la découvrir.

Le confident a obtenu cinq prix littéraires et a été traduit en dix-huit langues

Bref, un très bon moment de lecture !

Be (Who You Wanna Be), nouveau single de Malo’

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Malory Legardinier, alias Malo’, n’a que 19 ans, et déjà un riche parcours musical.

Malo’ c’est un univers magique et une voix hors du commun. Son écriture est atypique, il s’en dégage une vraie poésie mêlée à des compositions Pop/Folk.
Après avoir sorti un premier album en 2011, sur lequel il était auteur-compositeur, musicien et arrangeur, Malo’ sortira cette année son second album « Be/Etre ».

Si les français l’ont découvert il y a quelques mois seulement grâce au succès de la chanson « Paradise » de la jeune belge Noa Moon, c’est en Australie, en 2011, que son parcours a réellement commencé. Parti pour y retrouver une mère qu’il n’a jamais vraiment connue, il y enregistre son premier album, le prometteur “The Old Way”, pour lequel il revêt toutes les casquettes (auteur-compositeur, musicien, arrangeur, mixeur). Déjà les éléments essentiels de sa musique sont là : des chansons belles et fragiles, un univers magique et singulier, une voix hors du commun.

Au cours de ce séjour, Malo’ rencontre John Stone, père d’Angus & Julia, qu’il accompagne à l’occasion de sa tournée en Tasmanie avec l’orchestre symphonique “Barrenjoey Band”.

Avec son propre groupe, il effectue ensuite une tournée qui passe par la prestigieuse salle de concert “The Basement” à Sydney, ou encore par le festival Nothern Beaches 2012, dont il remporte l’édition devant une centaine de groupes australiens.

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A son retour en France, début 2013, le jeune autodidacte écrit les chansons qui composeront son second album, « Be/Etre », à paraître cette année. Rencontrée à l’occasion d’un enregistrement live au Labomatic, la réalisatrice artistique Bénédicte Schmitt (qui a officié notamment auprès de Benjamin Biolay ou Mélissa Laveaux) propose spontanément ses services, séduite par la voix de Malo’ et la richesse de son univers. Ce « coup de coeur » sera partagé par Jean-Louis Aubert qui, sollicité pour un duo, décide de co-réaliser l’album, ce qu’il n’a jamais fait pour aucun autre artiste.

C’est avec le même intérêt que des musiciens exceptionnels – Albin de la Simone, Vincent Segal, Colin Russeil et Oliver Smith – répondent immédiatement présents après avoir écouté les maquettes de l’album.

Ces collaborateurs précieux se sont véritablement mis au service des chansons de Malo’, apportant leur expérience et leur talent sans jamais en déstabiliser l’équilibre et la singularité.

A l’image de son auteur, l’écriture de Malo’ est atypique; il s’en dégage une vraie poésie, qui mêlée à des compositions pop ou folk offre un air nouveau à la chanson française.

Be (Who You Wanna Be) :

Agence Quanta, tomes 1 & 2 : une BD de Jean-Marc Krings (Vents d’Ouest)

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Date de sortie : le 21 mai 2014

Auteur:  Jean-Marc Krings (scénario et dessin)

Prix : 11,50 € (48 pages)

L’Agence Quanta est une agence de voyage. Mais pas n’importe laquelle. Elle propose à de riches clients triés sur le volet de voyager à travers les âges. Voici donc le pitch de la récente série de Jean-Marc Krings (La Ribambelle, Violine) dont le second tome, Krakatoa !, vient de paraître.

Résumé de l’éditeur (tome 2):

Elle s’appelle Iona. Elle est la passeuse, la magicienne capable de transporter de riches clients dans le temps et l’espace pour le compte de l’Agence Quanta ! Jusqu’ici, elle avait toujours accompli sa mission sans embarras. Mais cette fois, il pourrait bien en être autrement… Blessée lors de son dernier passage, elle a perdu connaissance et ne peut donc plus faire repartir ses clients bloqués en 1883, alors que le Krakatoa vient d’exploser ! D’autant que dans le présent, le colonel Goldsmith, un obscur militaire des services secrets américains, court depuis des années après une mystérieuse « déesse noire » qui n’est autre que… Iona elle-même !

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Le scénario de Krings va à toute allure, dosant savamment révélations et intrigues mystérieuses dans un récit de science-fiction bourré d’énergie. L’histoire est centralisée sur un personnage : Iona. C’est grâce à elle que les voyageurs peuvent passer d’une époque à une autre (avec la technologie de son grand-père d’adoption). Seulement voilà, elle est la cible d’un scientifique fou (ou pas) et meurtrier. Dans le second album, après qu’une balle a endommagée la machine qui lui permettait de voyager dans le temps, Iona se retrouve bloquée sur une île volcanique avec ses clients, au XIXème siècle, alors qu’un cataclysme se prépare… On aperçoit là la créativité débordante de Krings qui imagine un scénario haletant (presqu’essoufflant) en trimbalant son héroïne dans des environnements hostiles, où qu’elle soit. Dans le même temps, cette dernière reste bien mystérieuse quant à ses origines réelles et la destinée qui lui est réservée.

Son dessin s’inscrit dans le style de l’école de Marcinelle (journal de Spirou ou style atome), avec des traits ronds et enfantins (un peu comme dans la série Seuls).

L’Agence Quanta est une série très divertissante et agréable à suivre. A quand la suite ?

Le Tirailleur, une BD de Piero Macola et Alain Bujak (Futuropolis)

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Date de sortie : le 5 mai 2014

Auteurs :  Alain Bujak (scénario) et Piero Macola (dessin)

Prix : 19 € (120 pages)

Le Tirailleur est un roman graphique écrit par Alain Bujak, photographe qui a rencontré lors d’un reportage Abdesslem, ancien tirailleur marocain, dans un foyer social à Dreux, où il résidait neuf mois de l’année, loin de sa famille, pour pouvoir percevoir une maigre allocation vieillesse. Un témoignage émouvant de ces oubliés de la France illustré par Piero Macola (Aller simple, Dérives, L’Ombre amoureuse).

Résumé de l’éditeur :

1939, Maroc. Abdesslem s’engage pour quatre ans dans le 4ème Régiment des Tirailleurs Marocains (RTM). Il a plus ou moins 17 ans. Il ne connait pas son âge exact. En octobre 39, le 4ème RTM est mobilisé. C’est une drôle de guerre : « On ne faisait que marcher, creuser des trous, poser du fil barbelé, transporter du matériel, marcher des journées entières. Il n’y avait pas de combats. On attendait ; ça nous rendait nerveux. Le froid, la faim, la fatigue… ». En mai 40, les Allemands pilonnent le RTM. Les jeux sont faits. Ils se replient dans l’idée de rejoindre Marseille en suivant la direction du soleil le jour, les voies ferrées la nuit, afin d’embarquer pour le Maroc. Mais ils sont faits prisonniers par les Allemands et sont parqués dans des conditions déplorables, dans un « frontstalag » en France, un camp réservé aux prisonniers de couleur, tous issus de colonies françaises… Quand en 42, il est enfin de retour au Maroc, il réintègre le 4ème RTM pour crapahuter dans le Moyen-Atlas. Il n’obtient sa première permission que trois ans après être parti de chez lui ! D’enrôlements contraints en réengagements volontaires — pour pouvoir percevoir une retraite militaire —, la guerre devient son métier. Ce n’est qu’en 54, qu’il quitte définitivement l’armée, après avoir encore combattu deux ans en Indochine. Revenu dans son village natal, il retrouve les siens et leur quotidien simple et modeste, rythmé par le travail de la terre et leur vie de berger. Il est à sa place, là, « sur ces montagnes où l’air sent si bon qu’on a envie d’en manger ». Et pourtant, les temps changent, c’est la fin du protectorat de la France sur le Maroc, la réévaluation des retraites militaires est gelée, et partout, l’heure est à la modernité. Peu à peu, Abdesslem est rattrapé par le besoin d’argent : « Comment acheter tout ce que tu peux pas cultiver quand tu n’en as pas les moyens ? ». C’est ainsi qu’en 2004, il s’installe à Dreux pour pouvoir toucher une petite allocation vieillesse, qui aide ses proches à subvenir à leurs besoins. C’est à cette époque qu’Alain Bujak fait sa connaissance. En 2010, Abdesslem renonce à cette pension pour vivre ses vieux jours auprès des siens. Il a 86 ans.

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L’écriture du scénario d’Alain Bujak est pensée comme un véritable reportage, à travers la narration introspective d’un reporter qui découvre une histoire qui le touche. Celle de ce jeune tirailleur marocain arraché aux siens sans prévenir alors qu’il n’avait que 17 ans. L’homme sera alors de toutes les guerres, de tous les fronts engagé de 4 ans en 4 ans. Cela parce qu’on lui promettait une retraite. Malheureusement, à 86 ans, le voilà contraint à vivre seul, loin des siens. Il habite neuf mois de l’année dans une cité afin de percevoir une petite allocation… Un récit humaniste qui montre le peu de reconnaissance (voire l’absence de reconnaissance) qui est accordé à ces anciens combattants sinon français au moins de la France. Une histoire est émouvante et intimiste qui touche le lecteur comme elle a touché le journaliste. 

Le dessin de Piero Macola est également d’une grande sensibilité, avec des traits soigneusement appuyés et une coloration naturelle et délicate (à la craie de cire ?).

En résumé, Le Tirailleur est un témoignage touchant, bien exécuté. A lire. 

Le Point Virgule fait l’Olympia et Bobino les 12, 13 et 14 juin !

Le point Virgule fait l'Olympia et Bobino

Depuis 2008, le Point Virgule vous donne rendez-vous pour son événement phare de l’année « Le Point Virgule fait l’Olympia et Bobino ». Des talents incroyables à découvrir les 12, 13 et 14 juin.

Exposition Post Pictura, Picture Est, à la crypte Ste Eugénie, à Biarritz.

COMMUNIQUE EXPO Post Pictura

 

 

Exposition du 24 mai au 21 juin 2014

Ouvert tous les jours de 14h à 19h.

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Les Trois sœurs du Yunnan, un film de Wang Bing.

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Sortie le : 16 avril 2014

Durée : 2h33

Ce film a été tourné au Yunnan, une province au sud-ouest de la Chine, dans un petit village perché en altitude. Le réalisateur, chinois, Wang Bing, filme, au quotidien, une petite fille de 10 ans, Yingying, qui s’occupe de ses deux petites sœurs de 6 et 4 ans. Le père travaille à la ville, et n’est que très rarement là.

Synopsis :

Trois jeunes soeurs vivent dans les montagnes de la Province du Yunnan, une région rurale et isolée, loin du développement des villes. Alors que leur père est parti en ville pour chercher du travail, Ying, 10 ans, s’occupe seule de ses soeurs Zhen, 6 ans, et Fen, 4 ans. La caméra de Wang Bing observe et accompagne durant plusieurs mois leur vie quotidienne.

 

 

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C’est un documentaire, sans musique, sans scénario. Rien que le quotidien de cette petite fille qui n’arrête pas une seconde pour s’occuper de tout : de la maison, de ses sœurs, du feu, des moutons, des chèvres, des cochons… De ramasser des patates, du crottin, des pommes de pins… De faire cuire des patates, du riz, de nourrir ses sœurs, de les élever… Et éventuellement de se laver… On imagine qu’il fait très très froid, mais on n’apprend qu’à la fin du documentaire que cela se passe dans un village de 80 familles à 3 200m d’altitude ! On ne voit guère les habitants du village, si ce n’est la tante et les cousins de Yingying. Donc, on imagine les conditions de vie non seulement très difficiles matériellement mais aussi quasi insupportables au niveau physique.

Les deux petites dernières partent à la ville avec leur père. Et Yingying reste seule, complètement seule. Extrême solitude où elle continue à tout assumer toute seule, sans l’aide de quiconque… Avec courage et détermination. Quelle leçon de vie !

Les paysages sont sublimes : on les découvre, caméra à l’épaule, à toutes les saisons : l’automne sous le brouillard, l’hiver avec la neige, et l’été sous le soleil, enfin du soleil !

La vie est rude, très rude, on a du mal à imaginer que des gens vivent ainsi dans la misère la plus totale, le plus grand dénuement, sans aucune hygiène, sur la même planète que nous. Mais le film n’est pas triste. Bien sûr, on voit cette misère, mais discrètement, comme si c’était naturel.

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On ne peut qu’être profondément touché par ce film. Une très grande émotion nous envahit tout au long du film. Et ne nous quitte plus. On est comme happé par Yingying, avec beaucoup d’admiration.

Ils n’ont rien, ou presque rien, mais ils n’ont pas l’air malheureux. Même perdus au bout du Monde, quelques uns ont un téléphone portable, et qui fonctionne ! Et la télévision trône au milieu de tous, dans certains foyers. Et les regards sont rivés sur cette boite qui sort des images comme par miracle ! Et ils se retrouvent tous, dans 10m2, à 50, à déguster un repas de fête ! Tous ont l’air heureux.

Vraiment un très beau film à découvrir et qui laissera son empreinte en nous, assurément durant longtemps.

Maps to the Stars, un film de David Cronenberg

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Sortie le : 21 mai 2014

Durée : 1h51

Avec : Julianne Moore, Mia Wasikowska, John Cusack, Olivia Williams

Synopsis :

A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide  à se réaliser en tant que femme et actrice. La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité. Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang.

 Cosmopolis en 2012 avait laissé les fans de David Cronenberg assez dubitatifs. Trop bavard, avec pour héros « Cronenbergien » un Robert Pattinson aussi lisse que peu pénétré par son personnage. Le film dégageait au final un ennui plutôt mortel malgré une réalisation toujours aussi soignée. Pour son nouveau film Maps to the Stars écrit par le scénariste Bruce Wagner (Wild Palms, Freddy 3), le cinéaste d’origine canadienne fait le choix de réengager Robert Pattinson mais dans un rôle plus « modeste » et plus en adéquation avec son apparence du dandy ténébreux révélé par son rôle de vampire amoureux dans Twilight (2008). Ici Pattinson incarne un chauffeur de stars qui se rêve scénariste à Hollywood, mais en attendant de toucher du doigt le Saint Graal du rêve américain, le jeune homme se voit contraint de conduire les célébrités. Mais ce que David Cronenberg nous propose ici n’est pas un paradis mais au contraire une vision cauchemardesque de Hollywood, un enfer luxueux peuplé de névrosés, de drogués et de psychopathes. Le film s’attache à suivre les membres d’une même famille et de ceux qui gravitent autour avec à la clef une intrigue mêlant le trauma à un désir de revanche désespéré dont l’issue et le but seront d’atteindre un firmament bien loin d’être celui que le titre laisse deviner.

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Au casting on retrouve la comédienne Julianne Moore qui livre une performance extraordinaire en actrice mûre vivant dans l’obsession et l’unique but d’obtenir un rôle qui n’est pas pour elle. Maps to the Stars est aussi un film rempli de fantômes qui viennent hanter et tourmenter les vivants qui ressemblent aux personnages désincarnés des romans de Bret Easton Ellis ou Chuck Palahniuk évoluant dans un monde factice fait d’illusions et de faux-semblants (pour reprendre le titre de l’un des meilleurs films du cinéaste). Très onirique également, le film vient prouver que le cinéaste n’a pas tiré ses dernières cartouches et semble vouloir ouvrir de nouvelles dimensions passionnantes à une œuvre qui a débuté par le genre fantastique avec La mouche (1986) ou Le festin nu (1991).

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Concernant le reste du casting, entre les acteurs confirmés (John Cusack, Olivia Williams) et les révélations (Mia Wasikowska, Evan Bird), le nouveau film de David Cronenberg distille un charme vénéneux en montrant, comme il a su le faire par le passé dans son cinéma, la noirceur de l’âme humaine la plus profonde. On retrouve l’aspect sulfureux de Crash (1996) et la même force des dialogues et des situations, dont n’est pas exclu un humour assez noir, dans certaines scènes. Au final Maps of the Stars apparaît comme une œuvre étincelante de noirceur dont l’éclat continu de briller bien après la projection.

 

Rendez-vous sur le Quai de la Gare #3, à Biarritz : Mallandain Ballet Biarritz avec Thierry Malandain

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Mardi 20 mai 2014 : Soirée découverte.

Publik’Art a été heureux d’assister à la soirée découverte, hier soir, du Mallandain Ballet Biarritz qui nous a offert une soirée exceptionnelle, à La Gare du Midi, à Biarritz. Dès notre arrivée sur les lieux, nous découvrons, dans le hall de la gare, de très belles photos des danseurs, photos prises par Olivier Houeix, et des costumes traditionnels de Claude Iruretagoyena de la compagnie Maritzuli. Un régal pour les yeux !

Sur scène se sont trouvés réunis les danseurs de la compagnie Mallandain Ballet Biarritz et aussi de nombreux danseurs pré-professionnels du Centre de Formation Professionnelle en Danse de Biarrtiz- Gillet Lipszyc. Un savant mélange de grâce et d’élégance.

La première partie, François d’Assise, est un ballet qui a été créé en 1995 par Thierry Malandain, et remonté par Dominique Cordemans, responsable de la sensibilisation et transmission du répertoire au Mallandain Ballet Biarritz . Un très beau ballet avec une chorégraphie, de Thierry Malandain, très variée, très exigeante et difficile. Les jeunes danseurs, une douzaine de pré-professionnels, ont réalisé une petite merveille sur le Concerto pour 2 pianos de Francis Poulenc. Un spectacle d’une fraîcheur et d’une communion palpable. Moment de très grande humanité.

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Ensuite, nous avons assisté à « Une dernière chanson », créé en 2012 à l’Opéra de Reims sur une musique de chants traditionnels arrangés par Vincent Dumestre. Thierry Malandain a réalisé à la fois la chorégraphie, les décors et les costumes. Superbes ! Original, subtil, élégant, harmonieux, voluptueux, tel était le ballet !

Ensuite, deux jeunes danseurs, pré-professionnels, ont été, le temps d’une danse, les merveilleux interprètes de Shérazade, sur une musique sublime de Rimsky-Korsakov, avec une chorégraphie de Gaël Domenger.

Pour terminer, Thierry Malandain nous a fait découvrir en avant-première, sa dernière création, pas encore terminée : Estro, sur une musique d’Antonio Vivaldi. Toute la compagnie Mallandain Ballet Biarritz était sur scène, soit une vingtaine de danseurs. Magnifique ! Danse classique revisitée ! Une énergie époustouflante combinée à une grâce et une volupté quasi irréelle ! Même avec les pots de peinture en guise de lanternes, et pas de costume spécial, le ballet fut grandiose !

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Ce fut une très très belle soirée où, encore une fois, le public a apprécié les danseurs qui ne semblaient même pas essoufflés, gardant toujours le sourire aux lèvres. Les costumes mettaient en valeur leur très beau corps, sculptés par leurs muscles. A les voir danser aussi facilement, en symbiose parfaite, on imagine le nombre d’heures de travail qu’ils ont dû réaliser pour arriver à un résultat aussi parfait !

Un grand bravo à tous les danseurs, aux musiciens, aux chorégraphes, aux costumiers et plus particulièrement, bien sûr, à Thierry Malandain.

Rendez-vous est pris pour le 5 et 6 juillet, à La Gare du Midi, pour découvrir Estro dans toute sa splendeur !

Pour en savoir plus : https://fr-fr.facebook.com/MalandainBalletBiarritz

Vidéo : RV sur le Quai de la Gare #1

The Sanctuary Of Us : Mariage aquatique, délice auditif et visuel

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Au pays de monsieur Vernes, dans les profondeurs des océans, un mariage a lieu entre une prouesse audiovisuelle et une performance musicale de Medi, assez remarquable. Un apnéiste confirmé se met en scène dans les profondeurs du géant bleu, tout semble au ralenti, embellissant l’ampleur des gestes de chaque personnage. On se laisse rapidement emporter par les courants poétiques et élégants, et il serait malheureux de tenter de nager contre.
Une très belle vidéo, qui nous pousserait à enfiler le trio masque-tuba-maillot, afin d’assister au mariage de deux léviathans amoureux.

Voilà les images sous-marines puissantes et poétiques montées par Pierre-Marie Croquet, sur une musique de Medi, issue du nouvel album “One Is Not Enough” :

Quand Guillaume Néry, champion du monde d’apnée, plonge à -125 mètres sous l’eau, il est victime de narcose, qu’on appelle aussi ivresse des profondeurs. De ces hallucinations sous-marines, Julie Gautier, sa compagne en a tiré un court métrage qui nous emmène dans un voyage vers l’inconscient « Narcose » d’où les images sont tirées !

Griffe Blanche, tomes 1 & 2 : une BD de Serge Le Tendre et Olivier TaDuc (Dargaud)

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Date de sortie : le 23 mai 2014

Auteurs : Serge Le Tendre (scénario) et Olivier TaDuc (dessin)

Prix : 13,99 € (48 pages)

Griffe Blanche est la dernière aventure en date écrite par Serge Le Tendre (La Quête de l’Oiseau du Temps, Jérôme K. Jérôme Bloche, Les Voyages de Takuan, Chinaman, Cycle de Taï-Dor…) et illustrée par Olivier TaDuc (Mon pépé est un fantôme, Les Voyages de Takuan, Chinaman…). Une nouvelle plongée dans l’héroic fantasy qui nous fait voyager cette fois dans des contrées asiatiques où des grands Seigneurs s’allient et s’affrontent à coups d’épées, et de feu de dragon royal… Le deuxième album, La Révolte du peuple du Singe paraîtra cette semaine.

Résumé de l’éditeur : 

La Révolte du peuple du singe est le deuxième volet de Griffe blanche, la série d’héroic fantasy de Serge Le Tendre et Olivier TaDuc. Accompagnée du lieutenant Foudre et de Taho-le-Vif, Griffe Blanche accomplit son destin en ramenant le dernier oeuf de dragon royal auprès des ultimes survivants de cette espèce. Elle ne sait pas encore que Taho croisera sur sa route un redoutable guerrier qui fut, autrefois, l’assassin de sa famille. Mais les épreuves traversées par Taho l’ont aguerri : l’heure de la vengeance a sonné!

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Le scénario de Serge Le Tendre nous projette une fois de plus dans un monde où le fantastique n’est jamais loin. Sur fond de grand récit de guerre d’une Asie ancestrale, il propose un récit où la magie et le fantastique ne sont jamais loin, bien que tous inspirés de la culture locale. On retrouve ainsi logiquement de grandes figures animales jouer les totems de peuples en proie à la guerre : le singe, le dragon mais également le phoenix etc… L’histoire est déjà bien avancée dans ce second album et notre (anti)-héros Taho-le-Vif  va avoir l’occasion de se faire remarquer, pour notre plus grand plaisir. L’écriture se focalise pour l’instant sur ce dernier personnage, laissant Griffe Blanche au second plan. Sans doute se révèlera-t-elle au lecteur dans un prochain cycle. Les personnages secondaires sont de toute manière nombreux et promettent chacun d’avoir leur chapitre dans cette aventure qui porte bien là la marque de Le Tendre. Quant au scénario lui-même, il est écrit avec la malice qu’on lui connaît, réservant quelques surprises toujours bienvenues.

Le dessin très naturel d’Olivier TaDuc est d’une grande finesse. Ses traits sont précis, son cadrage parfait. Un grand illustrateur qui travaille en couleurs directes (pas le droit à l’erreur !).

Après ce deuxième album, on attend avec impatience que Griffe Blanche nous mène vers d’autres batailles et nous dévoile un peu plus de sa mystérieuse personne !

Wunderwaffen, tomes 1 à 5 : une BD de Richard D. Nolane et Maza (Soleil)

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Date de sortie : le 14 mai 2014

Auteurs : Richard D. Nolane (scénario) et Maza (dessin)

Prix : 14,50 € (56 pages)

 

Wunderwaffen est une uchronie de la seconde guerre mondiale écrite par Richard D. Nolane (20000 siècles sous les mers, Alchimie, Millénaire…) et illustrée par Maza (Lady Spitfire, Jour J…). A l’instar de Block 109, on revisite l’issu du débarquement de Normandie : ici, Hitler a contré l’offensive et repoussé les alliés. Le Reich poursuite donc son règne, en prenant soin d’avoir toujours une longueur d’avance sur ses ennemis. Le programme des armes miracles (Wunderwaffen) fait partie du plan… Le cinquième album paru la semaine dernière revient enfin sur le Disaster Day se consacrant aux évènements du 6 juin 1944. Comme un flash back sur le point zéro de la série.

Résumé de l’éditeur (tome 5) :

Si la guerre se poursuit toujours en 1947 avec un Reich ressoudé à défaut d’être conquérant, c’est notamment suite au revers majeur pour les Alliés que fut la catastrophe du 6 Juin 1944 en Normandie.
Ce jour, surnommé depuis dans le monde libre Disaster day.
Aux côtés de Murnau, jeune et déjà brillant officier de la Luftwaffe aux commandes de son chasseur Messerschmitt 262 à réaction, voici dans le feu d’une bataille apocalyptique le déroulement d’un désastre aux multiples raisons. Dont certaines restent mystérieuses aux yeux des Allemands eux-mêmes !
Mais quand le destin vous donne pareil coup de pouce, mieux vaut se poser des questions sur sa nature exacte et ses intentions réelles…

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L’essentiel de la série de Richard D. Nolane se passe en 1946 et met en scène les différents fronts occupés par les allemands (à l’est avec les russes, et ailleurs contre les alliés). Une vision proposée de l’intérieur, notamment à travers le regard d’un jeune pilote d’avions qui montera très vite au sommet de l’Etat fasciste grâce à sa capacité de trompe-la-mort. Au fil de la lecture, on se familiarise avec les différentes factions de l’armée du reich (la SS ayant un fonctionnement autonome, comprenant elle-même plusieurs branches occultes) et ses dirigeants (bien que ce ne soit pas toujours évident à suivre au début).

Mais Wunderwaffen se focalise avant tout sur les forces aériennes, en mettant en scène d’innombrables avions de guerres en pleine action. Le dernier album est bienvenu puisqu’il permet de retracer la genèse de la série : l’échec du débarquement. On y apprend donc comment tout cela s’est joué, toujours à travers d’intenses affrontements aériens.

Le scénario est dense et plutôt bien écrit, même si certains passages peuvent être délicats à suivre, surtout lors des échanges dans le ciel où il est parfois difficile de savoir qui est qui. La trame générale reste de belle qualité, avec des personnages complexes donc profonds et une construction habile du récit.

Le dessin de Maza est quant à lui très propre, avec toujours de magnifiques machines volantes, très variées. Le cadrage ne permet pas toujours une lisibilité optimale dans les scènes d’action. Mention spéciale aux impacts explosifs « joliment » dessinés (les corps explosent dans les débris des cockpits…).

Wunderwaffen est en conclusion une bonne série à suivre, et le cinquième album est bienvenu, avec son lot de réponses sur ses origines : le Disaster Day.

Le Captivé, une BD de Christophe Dabitch et Christian Durieux (Futuropolis)

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Date de sortie : le 5 mai 2014

Auteurs :  Christophe Dabitch (scénario) et Christian Durieux (dessin)

Prix : 19 € (120 pages)

Le Captivé est un one shot écrit par Christophe Dabitch (Abdallahi, Jeronimus, La Ligne de fuite, Mauvais garçons) et illustré par Christian Durieux (Appelle-moi Ferdinand, La Maison d’Éther, Le Pont, Un Enchantement). C’est le récit de la vie troublée d’Albert Dadas, patient du docteur Philippe Tissié jeune psychiatre en recherche d’un sujet de thèse. Une histoire vraie qui met en scène ce captivé atteint de la folie du fugueur. Une envie irrépressible de partir. N’importe où ailleurs.

Résumé de l’éditeur :

Modeste employé à Bordeaux dans les années 1880, Albert Dadas a commencé à « fuguer » dès l’adolescence, suite à une chute sur la tête. À l’énoncé d’un nom de ville ou de pays, comme un somnambule, il part, quitte sa maison et commence à marcher. Ça se passe toujours ainsi : « Tout d’un coup, j’ai très chaud, j’ai des suées, j’ai mal à la tête… Il faut absolument que je marche… Et après je ne me souviens de rien. » Il ne sait pas quand il part. Il le sait après, et en est extrêmement malheureux. Ses périples involontaires le mènent à Pau, Paris, Marseille mais aussi en Algérie, à Moscou (où il sera enfermé, soupçonné d’avoir tué le tsar !), Poznan en Pologne, Vienne en Autriche, Liège… Il peut parcourir jusqu’à 70 km par jour ! Et il se « réveille » à l’hôpital ou en prison, sans papiers, sans argent… En mai 1886, il rencontre Philippe Tissié, un jeune interne en psychiatrie à l’hôpital Saint André de Bordeaux, qui parvient à le soigner. Dadas pourra enfin mener une vie normale, se marier et avoir une fille. Le docteur décrira dans sa thèse, sa passion impulsive pour la marche et les voyages ; ses théories le rendront célèbre. Au delà d’un récit clinique de médecin, Le Captivé est aussi une surprenante histoire d’errance, une ode au voyage.

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Le scénario de Christophe Dabitch met en scène un personnage hébété et perdu : Albert Dadas souffre de plusieurs troubles liés à des pulsions qu’il ne peut réfréner (envie de fuguer, mais également de se masturber). Ce qui gâche quelque peu son existence, d’autant plus que sa mémoire ne lui permet pas toujours de retracer ces épisodes pour tenter de les comprendre. C’est ainsi qu’il fit presque le tour du monde, avec une préférence pour le Nord Est (vers la Russie), partant à pieds à chaque fois sur une pulsion, d’une seconde à l’autre. Sans argent, sans but, juste l’obsession de marcher pour se détendre. Et il finira le plus souvent ses séjours dans des prisons, retrouvant dans cette image de liberté itinérante les entraves que représente son trouble : il est en fait un captivé de son obsession. Le docteur Tissié, contemporain de Freud,va tenter de soulager cet homme presque simplet, notamment par l’intermédiaire de l’hypnose… Un récit original, touchant et intimiste qui met en lumière cette histoire (et ce trouble) méconnue.

L’ensemble est illustré par un dessin en noir et blanc aux traits fins et ronds qui donnent une certaine douceur aux personnages et fait passer beaucoup de non-dits dans cette relation particulière qu’auront ce patient et son médecin.

Le Captivé est une histoire à découvrir…

Oracle, L’Esclave : une BD de Ronan Le Breton et Bertrand Benoît (t.2 / Soleil)

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Date de sortie : le 14 mai 2014

Auteurs :  Ronan Le Breton (scénario) et Bertrand Benoît (dessin)

Prix : 14,50 € (56 pages)

Après un très bon premier album (La Pythie), série regroupant 5 one shots différents pour 5 scénaristes et autant de dessinateurs dans un seul univers, c’est au tour de Ronan Le Breton (Les Légendes de la table ronde, Les contes du Korrigan, Arawn…) de prendre la plume du scénario de L’Esclave et celui de Bertrand Benoît (La Mandragore, Les chroniques d’Arawn) de l’illustrer.

Résumé de l’éditeur :

Il est un Thrace, prisonnier de guerre et désormais esclave d’un seigneur de Sparte qui se prend pour le meilleur guerrier de tous les temps. L’esclave veut gagner sa liberté mais, plus encore, il veut prouver à ce sparte qu’il est plus libre que lui.
« Même les dieux ne sauraient lui mettre des chaînes. Malin et fort, l’esclave finira par vaincre le plus puissant d’entre eux : Zeus, le roi de l’Olympe. »

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L’Esclave conte l’histoire d’Akilon, un rejeton de Zeus né de mère mortelle, épouse d’un roi de Thrace. Lorsque ce dernier le découvre il ordonne immédiatement qu’on l’abatte mais Akilon parviendra à en réchapper… Et ce n’est qu’un point de départ vers ce qui va devenir une course vengeresse à l’encontre de ce roi d’abord, puis de son géniteur, Zeus lui-même. Le récit est noir, à l’instar de ce héros vagabond patricide, assoiffé de sang. Un déchainement de violence frappe le lecteur à travers de nombreuses scènes de combats gladiateurs. Ce qui n’empêche pas une écriture élaborée, qui développe un scénario à suspens.

Bertrand Benoît propose quant à lui des planches très graphiques, aux traits fins qui font ressortir les muscles saillants de ces combatants sanguinaires, ainsi qu’une coloration et des effets de lumières intéressants. Un dessin assez moderne et réussi.

La série Oracle poursuit donc son chemin avec un deuxième album à la hauteur du premier. Vivement le prochain épisode.

NELSON, avec Chantal LADESOU au théâtre de la Porte St-Martin dès le 12 septembre 2014

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Représentations À partir du 12 septembre 2014
Du mardi au vendredi à 20h00 Samedi à 16h30 et à 20h30 Dimanche à 15h

Une pièce de Jean ROBERT-CHARRIER Mise en scène de Jean-Pierre DRAVEL et Olivier MACÉ Avec Chantal LADESOU, ARMELLE, Éric LAUGÉRIAS, Thierry SAMITIER, Clémence ANSAULT, Simon JEANNIN, Simon LARVARON. Décor Stéfanie JARRE, Costumes Michel DUSSARAT Lumières Laurent BÉAL, Musiques Georges BIZET

Retrouvez Chantal Ladesou, entourée de six acteurs et d’un lapin, dans une comédie taillée sur mesure pour la tornade des comédies de boulevard…
Le pitch : comment peut-on lorsqu’on est une puissante avocate, passionnée par l’argent, la gloire personnelle, la grande cuisine… et la fourrure, se faire passer, le temps d’un dîner, pour la plus aimable des humanistes végétaliennes, grande protectrice des petits animaux »? Cela paraît bien complexe, mais c’est pourtant ce que Christine, jeune étudiante en socio, va demander à sa mère Jacqueline, pour tenter de partir en mission humanitaire. L’amour soudain de Jacqueline pour le petit Nelson, lapin nain de son état, suffira-t-elle à faire oublier les activités troubles de notre héroïne »? Comment la famille écolo réagira-t-elle lors de sa confrontation ?

Folly & The Hunter « TRAGIC CARE » sortie le 20 mai (Outside Music/ Differ-Ant)

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En concert le lundi 26 MAI au POP-UP du label à partir de 20h
 Entrée libre
Ouverture des portes 19h30 – Première partie David Simard (Le Bateau)
(Le Pop-Up du label – 14 rue Abel 75012 Paris)

« Timeless Folk »  EXCLAIM
« Pop-folk chaleureuse, riche et orchestrale aux harmonies saisissantes »  ROLLING STONE
« Une Harmonieuse Coexistance »  LE POINT

Réunis ensemble sous le nom de Folly & The Hunter, ces musiciens créent un son original qui est non seulement imprégné de folk américain, mais aussi teinté par les courants contemporains tels que l’indie pop et le post-rock.

Après s’être fait remarquer à M pour Montréal, SXSW et lors de concerts avec Half Moon Run, The Barr Brothers, Aidan Knight ou encore sur les bandes originales des series Awkward, Degrassi, Being Farrah, Cracked… le groupe de Montréal, Folly & The Hunter arrive enfin en France !
Enregistré à Montréal au renommé studio Breakglass, Tragic Care a été réalisé par Dave Smith et Jace Lasek des Besnard Lakes et masterisé par Ryan Morey (Arcade Fire, Half Moon Run, The Barr Brothers).

Fruit d’une rencontre toute montréalaise, Folly & The Hunter est un groupe composé de trois individus uniques qui cumulent des expériences aussi riches que variées. Ces parcours multiples influencent leur son, le rendant à la fois singulier et authentique.  Pour la petite histoire, Nick Vallee, le parolier et chanteur, est né et a grandi à Vancouver. Il a déménagé à Montréal dans le but de terminer son cours universitaire et, comme bien des musiciens, il s’est fait aspirer par la vibrante scène locale musicale dont il n’est plus ressorti! Laurie Torres, une Montréalaise de souche, a quant à elle fait partie de plusieurs groupes depuis son adolescence. Elle joue d’ailleurs d’une pléthore d’instruments, dont piano, guitare, batterie & banjo. Christopher Fox, qui a grandi en Angleterre, joue lui aussi de plusieurs instruments et a longtemps travaillé en tant que réalisateur de disques et ingénieur du son.

Résultats concours : OneRepublic, 5 albums gagnés

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A l’occasion de la sortie du nouveau single inédit Love Runs Out, du groupe OneRepublic, Publik’Art vous a offert la chance de gagner :

5 albums Love Runs Out

Vous avez été très nombreux à participer : 3 565 joueurs !

 

Bravo à tous et merci de votre participation !

 

Les cinq heureux gagnants sont :

Jean-Arnaud Fourment, Marie-Claire Perret, Camille Willeme, Gilles Bruynooghe et Patrick Hyvert.

Notre partenaire vous enverra votre album très prochainement. D’avance nous les en remercions vivement.

Très bonne écoute à tous !

La Chambre bleue, un film de Mathieu Almaric, avec Mathieu Almaric.

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Sortie le : 16 mai 2014

Durée : 1h16

Avec : Mathieu Almaric,  Stéphanie Cléau, Léa Drucker

 

Voilà un bon film policier, adapté du roman homonyme de George Simenon, écrit en 1963.

Mathieu Almaric aurait scrupuleusement respecté Simenon. Il a juste transposé le scénario à notre époque et changé les prénoms des protagonistes.

Synopsis :

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Dis- moi Julien, si je devenais libre,  tu te rendrais libre aussi ?
– Tu dis ?…
Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour.
Du moins l’homme semble le croire.
Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots.
« La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup. »
Que s’est-il passé, de quel crime est-il accusé ?…[/pull_quote_center]

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C’est un film court, très bien réalisé, esthétiquement beau, avec de très belles scènes, que ce soit dans la fameuse chambre bleue, à la plage aux Sables d’Olonne… Et une musique parfaitement adaptée. Un film sans effets spéciaux, avec très peu de personnages et un budget limité. Cela n’empêche pas Almaric de réaliser un très bon polar qu’il a co-écrit avec sa compagne dans la vie, Stéphanie Cléau.

 

Par contre, on ne ressent pas vraiment les sentiments de cet homme Julien, interprété par Almaric lui-même. Aime-t-il toujours et encore sa jolie femme, Delphine, jouée par Léa Drucker ? Et sa maitresse, Stéphanie Cléau, est-ce juste une relation physique ou éprouve-t-il de l’amour pour elle ?

Rien n’est très clair, ni pour lui, ni pour nous ! Il semble complètement perdu… Et nous aussi !

Le film est superbement réalisé car on se demande durant longtemps de quoi on accuse Julien. Que s’est-il donc passé ?

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Prenez-en de la graine, Messieurs, les maitresses, ça peut être dangereux !

Ce film est présenté au Festival de Cannes 2014, dans la catégorie « Un Certain Regard ».

Souhaitons-lui bonne chance !


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Ballet de l’Opéra : George Balanchine/Benjamin Millepied, à Paris

Daphnis et Chloé  / Benjamin Millepied

Daphnis et Cholé @ A. Poupeney/Opéra de Paris

Le Palais de Cristal Chorégraphie de George Balanchine (nouvelle production)
Daphnis et Chloé Chorégraphie de Benjamin Millepied (création)
Opéra Bastille du 10 mai au 8 juin 2014 

Soirée évènement à l’Opéra Bastille qui fait se répondre un grand chorégraphe du XXème siècle, George Balanchine, fondateur du New York City Ballet, et un créateur d’aujourd’hui qui y fut formé, Benjamin Millepied, et prochain directeur de la danse à partir de l’automne 2014.

On a pu suivre avec sa compagnie « le L.A. Dance Project » son vocabulaire pluridisciplinaire où l’on retrouve avec ce programme de haut vol ce lien entre chorégraphie, musique et arts plastiques.

[pull_quote_center]Millepied ou le digne héritier de Balanchine[/pull_quote_center]

Le tout est accompagné par l’orchestre dirigé depuis la fosse d’une main de maître par Philippe Jordan, le chef de l’Opéra de Paris, où toutes les nuances orchestrales et mélodiques se déploient à merveille.

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Le Palais de cristal @A. Poupeney/Opéra de Paris

Le Palais de Cristal est une œuvre de jeunesse de Bizet que Balanchine signe en 1947 pour laquelle Christian Lacroix a créé de nouveaux et somptueux costumes, aux couleurs inspirées des pierres précieuses, dans la continuité de ceux qu’il a imaginé pour « Joyaux », autre ballet de Balanchine.

Divisé en quatre tableaux, le ballet, d’une pureté totale, est d’une perfection absolue dédiée à la danse et à cette géométrie de l’espace propre au maître où chaque partition chorégraphique imprime une couleur différente aux costumes sublimés par le travail du couturier sur la richesse des matières.

Le palais de cristal  /  George Balanchine	  ,

Nolwenn Daniel – Pierre-Arthur Raveau dans Le Palais de cristal @ A. Poupeney/Opéra de Paris

Au premier mouvement rouge (les rubis) s’évoque l’Allegro Vivo, puis un adage plus lyrique en noir (les diamants noirs), suivi d’une variation de tonalité verte (les émeraudes) avec de grands sauts, pour terminer sur un blanc éclatant (les perles), avant un final magistral rassemblant tous les danseurs et ses quatre couleurs réunies qui s’unissent en une ligne symétrique.

Daphnis et Chloé  / Benjamin Millepied

Daphnis et Cholé @ A. Poupeney/Opéra de Paris

Avec « Daphnis et Chloé » de Maurice Ravel, Benjamin Millepied signe sa troisième création pour le Ballet de l’Opéra. Elle narre les amours du berger et de la bergère enlevée par les pirates de Bryaxis, puis délivrée par les Nymphes et le dieu Pan. Ravel a composé une symphonie chorégraphique où les images musicales illustrent l’intrigue et les personnages. Une musique toute en variation et compléxité pour une fresque pastorale et initiatique de l’amour.

Le spectacle s’ouvre sur un rideau de bandes verticales blanches et noires qui constitue l’empreinte graphique de Daniel Buren, auteur de la scénographie.

Daphnis et Chloé  / Benjamin Millepied

Daphnis et Cholé @ A. Poupeney/Opéra de Paris

Daphnis et Chloé  / Benjamin Millepied

Aurélie Dupont (Chloé) et Hervé Moreau (Daphnis)”Daphnis et Cholé @ A. Poupeney/Opéra de Paris

Puis en fond de scène, se dessinent de grandes figures colorées, cercle, carré, triangle dont les formes hypnotiques composent une chorégraphie visuelle en arrière plan du ballet jusqu’à leur rejaillissement en miroir sur les tenues des danseurs.

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Daphnis et Cholé @ A. Poupeney/Opéra de Paris

L’écriture ample, sensuelle et déliée de Millepied – qui fait la part belle aux corps des danseurs avec ses pas de deux amoureux revisités, ses longs portés, ses arabesques glissés, ses bustes cambrés, ses élans suspendus – s’empare à l’abri d’une correspondance parfaite, de toute la musicalité aérienne de Ravel.

Millepied ou le digne héritier de Balanchine

X-men : Days of future past, un film de Bryan Singer

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Sortie : le 21 mai 2014

Durée : 1h37

Avec : Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender…

Les célèbres super-héros mutants sont de retour pour la sixième fois avec ce nouvel opus intitulé X-men : Days of future past et qui va certainement créer la surprise, dans le bon sens.

Synopsis :
[pull_quote_center]Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants.[/pull_quote_center]

La saga initiée par Bryan Singer en 2000 avait connu un léger essoufflement après un troisième épisode X-Men : L’Affrontement final (2006) un peu plus faible que les deux précédents. Ensuite avec la relative déception en 2009 de X-Men Origins: Wolverine consacrée à l’origine du personnage culte incarné par Hugh Jackman, et ce malgré la sympathie autour du personnage, le film ne tenait pas totalement ses promesses. Promesses heureusement relativement comblées en 2013 avec le nerveux Wolverine, le combat de l’immortel de James Mangold. Enfin en 2011, le réalisateur Matthew Vaughn livrait une excellente préquelle rafraichissante avec X-Men : Le Commencement, dont le seul reproche était de ne faire apparaître le personnage de Logan/ Wolverine que dans une seule scène, bien que pas moins mémorable. Ce passionnant épisode s’intéressait à la rencontre du télékinèsiste Erik Lensherr (Michael Fassbender) avec le télépathe Charles Xavier (James McAvoy) et racontait la naissance de leur amitié pour le moins conflictuelle pendant la crise des missiles de Cuba en octobre 1962. Les deux personnages deviendront par la suite Magneto et le professeur X, ne cessant de s’affronter dans une guerre pour le salut des mutants et des humains.

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 Après une ouverture dantesque dans le futur, évoquant le meilleur de la science-fiction, l’intrigue de X-men : Days of future past conduit le récit en 1974, peu de temps après les évènements du précédent film et se déroulent cette fois lors d’une réunion internationale à Paris qui met fin à la guerre du Viêt Nam. A ce titre, la reconstitution des années 70 est parfaite, des décors et accessoires jusqu’au grain de l’image. Le scénario, très prenant, permet de relier le film aux grands thrillers politiques de cette époque voir aux premières œuvres de Clint Eastwood réalisateur comme Un frisson dans la nuit (1971) avec pour clin d’œil la reprise du morceau aujourd’hui un peu kitsh The First Time Ever I Saw Your Face de Roberta Flack, avec un Hugh Jackman qui a de plus en plus des faux airs du grand Clint.

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 S’éloignant du spectacle pop-corn facile, le film de Bryan Singer apparaît plus comme un suspense d’action très prenant et adulte et donc une très bonne nouvelle pour les fans des X-Men. Le scénario permet de retrouver de façon très habile la presque totalité des héros et acteurs de la saga, en même temps que de faire découvrir de nouveaux personnages comme Bishop qu’incarne sobrement un Omar Sy (Intouchables) à peine reconnaissable. X-Men : Day of Future past est sans nul doute un des meilleurs films de la franchise Marvel en même temps qu’un événement à saluer avec le retour de Bryan Singer aux commandes d’un film X-Men. La saga a encore de beaux jours devant elle, la fin du monde et des mutants n’est pas pour demain !

 

 

 

 

 

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