Accueil Blog Page 104

Une BD sur la difficulté d’être adolescente avec Fraiche aux éditions La Boîte à Bulles

Fraiche est l’histoire d’une adolescente victime de tous les affres des jeunes de son âge. Complexée, manquant de confiance en elle, en pleine insécurité affective et désireuse de grandir plus vite pour accéder à un monde adulte qu’elle idéalise. Comme en plus elle vit mal sa virginité, elle a du mal à trouver sa place parmi ses congénères. Marguerite Boutrolle lève le voile sur une catégorie d’âge où personne ne se fait de cadeaux, une lucarne ouverte sur un parcours qui en rappellera d’autres.

Adolescence, âge ingrat

Fraiche s’adresse surtout à un public féminin, l’héroïne tente non sans mal de de s’intégrer à un nouveau lycée privé. Les groupes de jeunes se toisent, se jaugent et lancent des rumeurs fondées ou pas. Pia doit gérer les nécessités scolaires et ses aspirations intimes: rencontrer un garçon qui l’aime et enfin perdre enfin sa virginité. Cette idée de nécessité personnelles n’est pas nouvelle et doit représenter une constante chez beaucoup de jeunes filles. La BD insiste sur un point oublié de tous les adultes, le passage à l’acte est vécu par tous ces jeunes comme un impératif catégorique pour passer un pallier et être eux-mêmes considérés comme des adultes. Cela peut faire sourire avec le recul, mais force est de constater que certaines choses ne changent pas, générations après générations. Pia le vit à sa manière, forcément personnelle, forcément subjective pour un épisode fondateur de sa féminité, pas forcément conforme à ses aspirations mais semblable à d’autres expériences similaires vécues de par le monde. La BD ressemble presque à un témoignage d’une expérience un peu décevante mais qui a été ce qu’elle est, une première fois différente de ce qu’on est en droit d’imaginer, avant. La BD se déroule en 2011, avant la génération internet, avant l’accès à plein de choses sur la toile, de quoi imaginer une nouvelle BD qui se déroulerait en 2021 avec d’autres considérations beaucoup plus cash.

Fraiche joue le réalisme avec une histoire de fille qui se voit en femme et pense devoir passer par une étape clé pour être considérée comme adulte. Le ton est doux amer, avec tous les motifs de l’adolescence sans confiance, de quoi se replonger dans le bain.

Synopsis: En 2011, Pia quitte l’école publique pour le privé et entre en terminale dans son nouveau lycée avec un objectif en tête : avoir un mec, des amis stylés, et des soirées dignes du film LOL. Pour elle, c’est ça, la vie normale d’une fille de son âge.
En essayant à tout prix de se conformer aux idéaux d’un monde bourgeois et ultra normé, Pia ne sait plus situer son libre arbitre et ne voit pas qu’elle s’enfonce dans une histoire d’amour nuisible. Le pire, c’est qu’elle ne discerne pas les oppressions qui lui sont faites et a l’impression de tout choisir. De fait, les insécurités générées par le besoin de validation au lycée sont pesantes et, pour rentrer dans le moule, Pia est prête à tout.

Fraîche pose un regard sur le caractère malsain et abusif que peuvent revêtir les premières expériences amoureuses, en se focalisant sur les détails supposément anodins du quotidien. En critiquant un univers bourgeois qui construit des mondes adolescents bien peu propices au consentement, l’ouvrage interroge cette notion aujourd’hui présente dans les débats, mais beaucoup moins répandue il y a dix ans.

Editeur: La Boîte à Bulles

Auteurs: Marguerite Boutrolle

Nombre de pages / Prix: 272 pages / 28 euros

[BD] Marshal Bass, tome 7 : le jour où tout a basculé (Delcourt)

[BD] Marshal Bass, tome 7 : le jour où tout a basculé (Delcourt)

Autant le dire tout de suite, Marshal Bass est l’une des meilleures séries western actuelle. Mettant en scène un ancien esclave noir devenu shérif, Marshall Bass est signé par les croates Darko Macan (scénario), Igor Kordey (dessin) et Nikola Vitkovic (couleurs) qui s’étaient déjà fait remarquer avec Nous, les morts.

On retrouve la marque très reconnaissable de ces auteurs avec un récit toujours très sombre et violent appuyé par un dessin qui dégage beaucoup de puissance et de caractère. Dans ce septième album, on découvre enfin les origines du surnom de River Bass et son terrible parcours d’esclave placé sous les ordres d’un certain Maitre Bryce, aussi tyrannique que malhonnête… 

Un album qui fait une nouvelle fois mouche et touche sa cible en plein coeur. Un indispensable pour tout amateur de western qui se respecte. Ne passez pas à côté de Marshal Bass !

 

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

L’histoire du jour où tout à basculé, où River Bass est devenu l’homme que l’on connaît, le premier afro-américain à porter l’étoile, l’impitoyable Marshal Bass.
C’est un temps d’allégresse pour la famille Bass. La fête bat son plein. L’après-midi est douce, les souvenirs vont bon train… Mais l’histoire que tout le monde a envie d’entendre est celle de Marshal Bass, lorsqu’il était sous les ordres terribles de Maître Bryce. C’est l’histoire du jour où tout à basculé, où River Bass est devenu l’homme que l’on connaît.

Date de parution : le 5 janvier 2022
Auteurs
: Darko Macan (Scénario), Igor Kordey (Dessin), Nikola Vitkovic (couleurs)
Genre : BD western
Editeur : Delcourt
Prix : 14,95 € (56 pages)
Acheter sur : BDFugue

Le Lucernaire vous invite en consultation avec la pièce déjantée Psy Cause(s) Lui

Josiane Pinson débarque au Lucernaire avec sa pièce Psy Cause(s) Lui consacrée aux tréfonds de séances en cabinet de psychiatre. Le comédien Alexis Victor interprète tour à tour le thérapeute et ses patients pour une plongée abyssale dans des esprits très modernes et très perdus. Les expressions et les intonations changent pour figurer des personnages sortis tout droit du réel. Un siège, un divan, un écran, quelques meubles, la scène est surtout occupée par d’incessantes confessions faites entre les murs discrets d’un local de médecin lui aussi tourmenté par son impossibilité à gérer correctement sa vie.

Une longue séance de thérapie

Les pièces Psy Cause(s) sont montées sur scène depuis 2010 et la première mouture mise en scène par Daniel Berlioux. Psy Cause(s) Lui s’intéresse cette fois ci non pas à des personnages féminins, mais à des hommes qui s’épanchent sur leurs vies imparfaites, leurs insatisfactions et leurs frustrations. Alexis Victor se lève, s’assoit, s’allonge et interprète des hommes qui doivent consulter pour aller mieux. Le ton est tour à tour comique et très léger, ou au contraire très profond. Les hommes ne viennent pas consulter pour rigoler mais pour trouver des solutions et se libérer de pois devenus trop lourds. La salle est attentive aux révélations, le comédien sait hypnotiser pour délivrer un message clair. Nous sommes tous les mêmes, au fond, par-delà les réussites ou les échecs, l’échappatoire existe. Le psychiatre lui aussi vit en pleine tourmente. Quand il reçoit une jeune patiente intelligente et joueuse, il doit faire face à la tentation et ne pas oublier son serment d’Hippocrate. Ces intermèdes personnels font penser à la récente série En Thérapie qui a triomphé sur Arte. Le médecin est un homme avant tout, sa résistance est éprouvée alors que son couple bat de l’aile, comment va-t-il réagir? C’est tout l’enjeu de la pièce.

Psy Cause(s) Lui est un bon moment de théâtre juché dans le réel d’une société qui laisse glisser ses membres tout en les laissant se débrouiller tous seuls, avec leurs faiblesses et leurs aspirations. La pièce se joue jusqu’au 12 mars 2022, mise en scène par Josiane Pinson elle-même au Lucernaire.

Synopsis: « Lui » est psy. En couple. Père. Fils… Et un rien Borderline. A cause de son père ? De sa mère ? De sa femme ? Ou de ses patients ? Avec tendresse et cruauté, PSY cause(s) LUI met à nu la psyché masculine pour en ausculter les fragilités. Pour rire de notre pauvre condition de mortels. Pour donner vie à nos états euphoriques, nos fracassantes descentes aux enfers, nos frustrations, nos fantasmes et nos pulsions contradictoires. Mais qui est « Lui » ? Il nous ressemble tant…

Détails:

Jusqu’au 13/03/2022

A 19h du mardi au samedi, dimanche à 15h30

Extra ! le récital déjanté de Cinq de cœur dans « Oh la belle vie »

C’est extra...le récital déjanté de Cinq de cœur dans Oh la belle vie
Fabian BALLARIN, Pascale COSTES, Patrick LAVIOSA, Sandrine MONT-COUDIOL, Karine SERAFIN dans CINQ DE CŒUR « Oh la belle vie » Photo Paule Thomas

Extra ! le récital déjanté de Cinq de cœur dans Oh la belle vie

Entre music-hall et théâtre, cinq chanteurs classiques soit deux sopranos, une alto, un ténor et un baryton jouent de leurs voix pour construire a cappella un show aussi surprenant que déjanté.

A la manière des Frères Jacques, ils réinvente ce genre scénique mêlant comédie, humour et chant où le plateau devient leur terrain de jeux favori à partir de situations de la vie quotidienne qu’ils habillent de standards musicaux revisités et de sketchs abracadabrantesques !

Un récital en roue libre

De Joe Dassin à Aretha Franklin en passant par Maître Gim’s et Pharrell Williams mais pas que ! c’est tout un univers musical dont ils s’amusent à prendre le contre-pied pour l’entraîner dans un délire aussi surréaliste que loufoque.

Où à partir d’un mot imposé et tiré au sort par chacun des protagonistes en début de spectacle dont le sens les rattrapera à chaque saynète, l’inattendu est au rendez-vous de ce récital complètement barré.

La mise en scène de Philippe Lelièvre fait feu de tout bois pour accompagner ce répertoire improbable entre une scénographie faite de boîtes à géométrie variable, d’accessoires détournés de leur contexte et d’un code couleur vestimentaire décliné pour chaque comédien-chanteur.

Pascale Costes, Karine Sérafin, Patrick Laviosa, Fabian Ballarin et Sandrine Mont-Coudiol sont extra de virtuosité et de folie mêlées. Car leur répertoire n’a pas de limite : du bruitage d’animaux à la beatbox, en passant par les œuvres classiques les plus célèbres comme de la variété française et internationale. Le jukebox vocal est éclectique !

Dates : du 6 janvier au 29 mai 2022 – Lieu : Théâtre Les Enfants Du Paradis (Paris)
Metteur en scène : Philippe Lelièvre

Une BD pour éclairer sur les bienfaits du yoga avec Ommm : Sur les chemins du yoga aux éditions La Boîte à Bulles, sortie le 4 février

Quand les 2 héroïnes Flore et Flora débriefent dans leur TGV sur le stage de yoga auxquelles elles viennent de participer, elle relatent toutes leurs découvertes et l’inestimable enseignement dispensé par Didier, leur professeur. Le jargon et les mots de la discipline sont expliqués avec détail mais pas trop pour ne pas non plus faire décrocher. La lecture est ludique et divertissante, de quoi donner envie de se mettre au yoga en toute décontraction.

Une BD pour se sensibiliser au yoga… mais pas que!

Si le déroulé de la BD suit à la lettre le déroulé du stage auquel les héroïnes ont participé, avec ses différents phases et sa progression dans la découverte du corps et de l’esprit, une importance non négligeable est apportée à la description des bienfaits de la discipline pour les être humains et ceux qui les entourent. De longues digressions sont consacrées à la philosophie végétarienne suivie par des nombreux yogi, avec un respect absolu pour ceux qui ne le sont pas ou préfèrent des variantes. Le même soin descriptif est apportés aux postures physiques, ou à la méditation avec des expressions chères à l’esprit de ceux qui font du yoga et qui apportera peut-être une introduction bienvenue pour tous ceux qui hésitant à se lancer. En un peu plus de 110 pages, c’est à un large panorama spirituel et humain qu’ouvre la BD.

LA BD donne envie d’être curieux et de s’ouvrir à la philosophie proposée par le yoga. L’ouverture d’esprit est la bienvenue pour sortir de son pré carré et se lancer dans une lecture aussi intéressante que divertissante.

Synopsis:

Les frères de Flore lui ont offert un stage de yoga. Impatiente à l’idée de passer trois jours hors du temps au cœur de la Bretagne, elle décide d’embarquer son amie Flora dans l’aventure. Une fois sur place, les deux sémillantes quinquagénaires retrouvent Didier, un professeur hors pair à la personnalité lumineuse, pleine de gaieté, d’amour et de spiritualité. Au sein d’un groupe hétéroclite d’amateurs, elles découvriront les vertus de cette pratique de plus en plus convoitée !

Guidées par leur mentor, les deux femmes s’essaieront entre autres à la méditation, au chant – très important dans le yoga – ou encore à des postures physiques pour le moins étonnantes. De la philosophie non-violente à l’alimentation végétarienne, ce stage intense et convivial aborde chacun des points essentiels du yoga.

La mise en parallèle avec des flash-backs de leur vie parisienne, automatique et stressante, rend le constat d’autant plus saisissant : cette expérience leur a permis de se recentrer sur elles-mêmes ! Trois jours de partage et de bonne humeur durant lesquels se tissent également des relations amicales.

Une aventure humaine pleine de découvertes et… de courbatures !

Editeur: La Boîte à Bulles

Auteurs: Flore TalamonFlora Saigot

Nombre de pages / Prix: 112 pages / 19 euros

Matou blues, une dure vie de matou (Gallimard jeunesse)

Matou blues, une dure vie de matou (Gallimard jeunesse)

Jory John nous dévoile une belle collection « blues », chez Gallimard Jeunesse : après la Girage blues, et la Banquise blues, c’est au tour du Matou blues.
Vous l’aurez compris, le chat a le blues. Rien ne va plus dans sa vie de matou.

Il n’a pas pu dormir plus de dix-neuf heures, il n’a rien à manger dès le réveil, un autre chat lui pique sa place, il y a du bruit, il ne peut pas aller dehors. Bref, Matou est malheureux. Il s’ennuie. Il envie ceux qui sont dehors.
C’est alors qu’un écureuil lui explique comment est la vie dehors et la chance qu’il a d’être bien au chaud et à l’abri dans sa maison…

Jory John aborde tout ça avec beaucoup d’humour. Et les illustrations de Lane Smith ajoutent encore au désarroi du matou.

Drôle de s’identifier à ce petit chat qui n’est jamais content. Mais, au final, c’est si bon de se contenter de ce que l’on a…

Matou blues, un très chouette album qui redonne le sourire et le moral !

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 20 Janvier 2022
Auteur : Jory John
Illustrateur : Lane Smith
Editeur : Gallimard Jeunesse
Prix : 14 €

Pandapendu dévoile son nouveau EP le 28 janvier 2022

Sous le titre rigolo de Pandapendu se cache le projet solo de Yann Ollivier (The Craftmen Club, Thomas Howard Memorial). Yann a composé les titres écrits ou co-écrits par Maxwell Farrington et produits par Elouan Jégat alias Skopitone Sisko. Les 5 compositions du EP se veulent extrêmement détendues et détendantes, en un mot très cool / chill , entre trip hop et volutes électroniques.

Une musique des plus relaxantes

Le pendu est une carte bien connue du tarot de Marseille, la douzième, et représente un personnage pendu par un pied, la tête en bas, les bras derrière le dos. Elle symbolise le sacrifice de l’ancien fonctionnement, d’anciennes idées ou habitudes pour laisser place au renouveau, mais aussi le recul et le détachement. Les morceaux se veulent donc évidemment assez chill et positif dans des couleurs chatoyantes pour insinuer des ondes positives dans l’esprit de l’auditeur. Les morceaux rappellent d’illustres prédécesseurs électro pop comme MGMT, Phoenix ou Metronomy. Le premier single Ruskov annonce la couleur, pas de malaises dans un morceau gorgé de reverb et hautement alléchant. Le morceau appelle à ne pas se prendre la tête et à profiter de l’instant, pas une surprise dans une époque nimbée de questions et de prises de têtes, de rancœurs et de déchirements, c’est un appel à la paix avec soi-même et les autres. Le titre Vaporise suit les mêmes préceptes dans une ambiance marquée par les notes de synthé lancinantes qui appellent à la rêverie. Summertime se veut ouvertement une musique d’été qui prend par la main pour faire plonger dans un univers empreint de mélancolie. Falling in love with you est un peu plus rythmé et hausse le niveau. My tragi-comic mystery se lance dans une épopée électro-pop assez chatoyante. Ce premier EP pourrait bien annoncer un album futur pour accompagner le printemps et l’été qui vont bientôt pointer le bout de leur nez, espérons-le sans virus galopant ni ambiance anxiogène.

Imaginer un Panda pendu par un pied a quelque chose de drolatique, tout à fait l’esprit d’un EP qui se veut une vraie plage de relaxation et de détente avec ses sonorités électro pop qui laissent présager du meilleur pour l’avenir de ce projet musical qui rappelle comme un mantra l’époque décomplexée de la french touch lorsque le premier album de Air est sorti.

L’artiste Fiona Monbet dévoile son nouvel album Maelström le 28 janvier chez Fo Feo Productions

Fiona Monbet est une artiste franco-irlandaise aux multiples talents. Violoniste, compositrice et cheffe d’orchestre, elle louvoie entre musique classique et jazz pour une musique surprenante de profondeur et d’expressivité. Le premier extrait Comme un blues pour dévoiler un univers musical foisonnant et passionnant.

Une artiste inclassable et inépuisable

L’album Maelström semble contenir un peu de tous les univers musicaux de Fiona Monbet. Comme un blues par exemple fait penser à du Gershwin teinté de piano bar, et c’est assez jouissif. Cheffe d’orchestre d’un petit ensemble de chambre, elle aime à allier le romantisme de la musique classique, la frénésie expressive d’un trio jazz et on violon seul qui s’envole dans des sonorités aux multiples facettes selon les morceaux. La musique semble faire apparaitre des images, comme devant un film, avec des ambiances qui font voyager à travers une multiplicité d’univers. Il faut dire que les influences touchent au tango, à la bossa, au blues, au jazz et à la musique traditionnelle irlandaise sans que jamais le rythme ne baisse. Il faut dire que le CV de Fiona Monbet est impressionnant. Diplômée en violon du Conservatoire National de Musique de Paris, Fiona s’est très vite dirigée vers la direction d’orchestre et elle est en résidence à l’Orchestre National de Bretagne depuis septembre 2020. Parallèlement, elle a sorti plusieurs disques de jazz comme O’Ceol en 2013 et Contrebande en 2018 tout en composant également pour le cinéma comme pour Geronimo et Indignados de Tony Gatlif. Les 8 titres de l’album Maelström tournent autour de ce violon virevoltant qui met en avant des envies de légèreté et de liberté pour un maelström sensoriel qui fait à la fois rêver et vibrer.

Tel un miroir de l’artiste, Maelström s’écoute de bout en bout pour une vraie musicalité et une richesse musicale foisonnante. Entre tonalités latines et irlandaises, orchestre classique et trio jazz, violon en liberté et tonalités lumineuses, l’album est une découverte à ne pas manquer le 28 janvier.

Les écrans, c’est pour les grands, un album intelligent du Père Castor

 

Les écrans, c’est pour les grands, un album intelligent du Père Castor

Les Editions du Père Castor proposent une chouette collection : Les années crèche. Le dernier album,    , est écrit par une psychologue qui expose la règle des 3-6-9-12…

Le titre est assez éloquent pour connaître le sujet de l’album, joliment illustré. C’est l’histoire d’un petit garçon, qui a une grosse tête avec d’énormes lunettes rouges ! Son rêve : prendre le téléphone ou la tablette de ses parents pour jouer ! Pourquoi n’y aurait-il pas droit alors que ses parents s’en servent sans cesse. Un jour, lors d’une visite chez le docteur, on lui explique ce qui est bon pour lui. Il réserve alors une drôle de surprise à ses parents !

Les écrans, c’est pour les grands, est un album qui sort aujourd’hui ! Il va permettre aux parents, comme aux enfants de se recentrer sur l’essentiel ! A chacun de prendre conscience de l’envahissement des objets connectés.

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 26 janvier 2022
Auteur : Flore Brunelet
Illustrateur : Madeleine Brunelet
Editeur : Père Castor
Prix : 6,50 €

Jusqu’à la mer, un documentaire émouvant sur la résilience humaine face au handicap, sortie le 26 janvier 2022

mer

Le film se déroule dans le service de médecine physique et de réadaptation d’un grand hôpital à Athènes. De graves accidentés vivent en vase clos et tentent à coups d’effort surhumains de retrouver leurs capacités physiques et une vraie indépendance. Le film se concentre sur ces phases travail pénibles et les échanges entre patients, entre abattement et espoirs de retour à la vie d’avant. De quoi prendre un grand shoot de réalité et connaitre ce que veut dire se battre pour sa vie. De quoi prendre du recul sur sa propre existence.

Un combat pour la vie

Ce qui frappe de prime abord, c’est le dévouement des équipes soignantes à l’empathie énorme. Les patients en ont bien besoin pour surmonter la pente et ne pas se laisser abattre. L’autonomie est à ce prix, il faut accepter les bonnes volontés et s’accrocher, encore et encore. L’équipe médicale pluridisciplinaire force le respect par son dévouement, sa disponibilité et son empathie. Les réunions entre médecins ne sont pas cachées, le spectateur voit les doutes et les espoirs de médecins qui tente le maximum pour faire renaitre des patients sérieusement diminués. Ils pourraient se laisser aller au désespoir, ils sont parfois pas très loin, mais ils parviennent à garder le cap avec en plus leurs familles et leurs voisins de chambre. Les vannes et l’humour sont des bons moyens de garder le moral alors que chacun doit réapprendre tout ce qui fait un homme, avec les gestes élémentaires devenus impossibles à pratiquer sans un long réapprentissage. Tous attendent de récupérer suffisamment de leurs moyens pour retourner à la vie en société avec un état équivalent à leur état antérieur. L’équipe médicale est là pour faire prendre conscience de la difficulté, voire de l’impossibilité de récupérer à 100%. Les objectifs sont réalistes, pas acceptés de prime abord mais le travail porte ses fruits pour revenir à une condition acceptable et acceptée. Un documentaire exemplaire sur la résilience duu corps et de l’esprit humain.

La renaissance a beau être parfois, voire souvent, partielle, elle fait plaisir à voir. Chaque sourire semble provenir du cœur et accepter la vraie beauté de la vie, même si beaucoup rentrent chez eux avec un handicap impossible à effacer.

Synopsis: À la suite de graves accidents qui ont changé brusquement le cours de leur vie, les patients du service de réadaptation d’un grand hôpital athénien luttent pour revenir à une existence autonome. Partagés entre foI espoir et lucide acceptation, ils nous emmènent au cœur-même de la condition humaine.

2 films de Michelangelo Antonioni, Chronique d’un amour et le désert rouge à découvrir le 26 janvier en salles en version 4K inédite

Le réalisateur italien Michelangelo Antonioni a marqué son temps avec ses films exigeants et souvent retors. Avec la ressortie en salles le 16 janvier de 2 films moins connus que les célèbres L’éclipse ou La Notte, à savoir Chronique d’un amour et Le désert rouge, l’accent est mis sur 2 portraits de femme troublées qui naviguent entre aspirations sociales et passions amoureuses.

Chronique d’un amour (1950), un film entre film noir et chronique de moeurs

Chronique d’un amour est un jalon marquant dans la longue carrière d’Antonioni. Lui qui avait réalisé 9 documentaires entre 1943 et 1950, il réalise son premier film en 1950 avec cette première tentative marquée par une forte empreinte moderniste qui va influencer le cinéma de son temps. Porté par le couple formé par Lucia Bosé et Massimo Girotti, le film évolue dans une ambiance de film noir nimbée de mystère. Le noir et blanc fait penser que le film se déroule constamment la nuit, les regards sont fuyants, les sourires sont compassés, les non-dits sont omniprésents. Chronique d’un amour est un premier long-métrage qui annonce les thématiques à venir dans la carrière d’Antonioni, le malaise dans le couple, les différences qui se creusent dans les aspirations de chacun et puis la peur du lendemain mêlée à la crainte de finir seul. Sorte de première tentative d’échafauder un vrai style cinématographique, le film annonce notamment L’Avventura avec une forte thématique catholique souvent plongée en pleine culpabilité vis à vis de leurs actes et de leurs aspirations. Le film est réellement destiné aux aficionados du cinéma italien, si élégant dans sa scénographie et son image.

Synopsis: Un riche industriel milanais charge un détective privé d’enquêteUn riche industriel engage un détective privé pour enquêter sur le passé de sa femme. Se rendant à Ferrare, ville où Paola a vécu et fait ses études, l’homme apprend que sept ans auparavant, la jeune femme a aimé Guido, un modeste vendeur de voitures dont la fiancée s’est suicidée…

Le désert rouge (1964), le premier film en couleur du maitre italien

Le désert rouge a notamment reçu le Lion d’or au Festival de Venise de 1964, en faisant un sommet marquant dans la carrière de Michelangelo Antonioni, notamment par l’utilisation de la couleur pour la première fois. La grande égérie du réalisateur, Monica Vitti, interprète une femme souffrant d’un mystérieux mal. Le film se déroule dans le décor grandement industriel d’une ville portuaire du nord de l’Italie. Des cheminées crasseuses rejettent des fumées noires, les murs sont sales, les décombres encombrent les rues et leurs bas-côtés. Les couleurs sont blafardes, le ciel est gris et chargé de pluie à tomber. L’effet ressenti par le spectateur est immédiatement anxiogène, presque plombant. L’atmosphère oppressante semble un miroir déformant de l’état d’esprit de l’héroïne fragile. Le film n’égrène pas les moments marquants, le quotidien répétitif est la norme, avec l’apparition du regretté Richard Harris et des personnages qui semblent perdus. Le portrait de femme prend toute la place et sert le propos du film, avec subtilité et élégance.

Synopsis: Mariée à un riche ingénieur, Giuliana est sujette à de fréquentes crises d’angoisse. Dans la banlieue industrielle de Ravenne, elle cherche le réconfort auprès de Corrado, un collègue de son mari venu recruter de la main-d’œuvre…

Pop.pop.pop, les animaux familiers, un imagier pop-up (Nathan)

 

Pop.pop.pop, les animaux familiers, un imagier pop-up (Nathan)

Les Editions Nathan nous proposent une nouvelle collection : Mon imagier pop-up. Pour les tout-petits, dès un an.

Pop.pop.pop, les animaux familiers, est un album, entièrement cartonné, centré sur le chat, le chien, le cochon d’Inde et le poisson rouge.

C’est très gaiement illustré, et la présentation est très originale. L’enfant peut manipuler l’album et le tourner sur 360° pour tout découvrir. Sur chaque page, l’enfant va découvrir le bon vocabulaire et aura un « cherche et trouve » qui va lui permettre de mettre des mots sur des dessins, et inversement. Une façon ludique d’apprendre de nouveaux mots.

Exemple : dans la famille des rongeurs, le lapin, le hamster, la souris sont associés au cochon d’Inde. Avec la carotte, les graines et les crottes, bien sûr ! Sans oublier la paille, le jouet, la cabane, l’œil…

Sur la dernière page de l’album, un grand décor avec une double page pop-up qui reprend tous les animaux de la maison !

Pop.pop.pop, les animaux familiers est un très chouette album pop-up, à offrir aux plus jeunes !

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 27 janvier 2022
Auteur : Géraldine Cosneau
Illustrateur : Géraldine Cosneau
Editeur : Nathan
Prix : 9,95 €

Sortie du nouvel album de La Bronze le 28 janvier 2022 chez Audiogram / The Orchard, Vis moi

La Bronze se présente comme une artiste aux multiples facettes, portée par une pop électro grisante, tour à tour énergisante et émouvante. Elle s’est fait connaitre avec la reprise du Formidable de Stromae en arabe marocain et elle n’a pas fini de surprendre comme le prouve son nouvel album Vis moi.

Une chanteuse totale

La Bronze est aux manettes de son oeuvre et s’occupe de presque toutes les strates de sa musique. A la fois Auteure, compositrice et interprète, elle nous vient du Quebec et n’hésite pas à porter bien haut et sans complexes ses racines marocaines. Sa musique mélange avec art électro, pop alternative et rock pour un mélange détonnant porté par une voix charismatique et grisante. Ses performances sur scène mettent bien en avant son envie de liberté et de faire partager au public son envie d’affirmer sa féminité et sa volonté de partage. Surtout qu’elle est également actrice, apparue dans le chef d’oeuvre de Denis Villeneuve Incendies et la série Quart de vie, tout en menant en plus une carrière d’animatrice. Certains la connaissent surtout pour la série Jeunesse arabe, Yallah! diffusée sur TV5 pour laquelle elle a parcouru 5 territoires à la rencontre d’une jeunesse avide de liberté. Le premier extrait de l’album, Briller, est décrit comme un titre ouvertement pop et se veut le reflet de cette pression infligée par les réseaux sociaux d’être toujours parfait, quitte à oublier qui on est. L’album proposer des titres rythmés qui alternent avec des chansons plus intimistes comme le monte bien le single A fleur de peau. L’artiste se fait accompagner sur son nouvel album de musiciens, cuivres et danseuses pour faire passer une impression festive et introspective des plus réjouissantes.

Vis moi est une vraie belle découverte, l’artiste pourrait bien exploser auprès du public français par la variété et la qualité de ces morceaux qui s’impriment bien profondément dans l’esprit.

Une Exposition Gaston Paris, l’œil fantastique étonnante à la Galerie Roger-Viollet jusqu’au 23 avril 2022

Tombé dans l’oubli depuis son décès en 1964, le photographe Gaston Paris est actuellement en pleine réhabilitation avec 2 expositions organisées au Centre Pompidou (sous le titre Gaston Paris. La photographie en spectacle) et à la Galerie Roger-Viollet. Cette dernière a acquis en 1964 plus de 15 000 tirages de cet artiste à l’œil acéré pour saisir des instantanés de l’existence à l’aide de son appareil Rolleiflex. La visite permet d’admirer des photos aux thèmes variés et à la puissance évocatrice étonnante.

Un photographe phare des années 30 et 40


Différentes thématiques s’étalent sur les murs de la Galerie Roger-Viollet. Cirques et fêtes foraines, portraits de star, ouvriers à l’usine et spectacles aux Folies-Bergères soulignent la folie des années d’avant seconde guerre mondiale. Gaston Paris, de son vrai nom, a été le seul photographe salarié de la célèbre revue VU et ses clichés ont connu une grande notoriété en son temps. Et puis la guerre est passée par là et le photographe a immortalisé les difficultés de l’après deuxième guerre mondiale avec des clichés émouvants d’enfants et de familles démunis dans les faubourgs de Paris. Tous les clichés sont de forme carrée, la forme des images prises par le célèbre appareil Rolleiflex. Les clichés présentés dans la galerie semblent exhumés d’un trésor enfoui et oublié. L’accrochage de 80 tirages modernes permet d’admirer tout l’art d’un photographe qui devrait regagner une notoriété plus à la hauteur de son talent. Il est possible d’admirer Edith Piaf, Henri Salvador, Kiki de Montparnasse, Joséphine Baker et tant d’autres illustres personnages des années 30. Des clichés semblant échappés de romans photos policiers permettent également d’admirer les talents de mettre en scène d’un photographe phare de son époque.

Les photos sont accrochées jusqu’au 23 avril 2022 pour un saut dans le temps émouvant qui fait revivre une époque aujourd’hui oubliée et pourtant riche de vrais moments de joie de vivre. Tous les clichés peuvent être achetés selon une grille tarifaire disponible à la galerie.

La chanteuse Vanessa Philippe fait paraitre son nouvel album soudain les oiseaux le 21 janvier 2021 chez Le Poisson spatial / Modulor

Certains se souviennent de l’album A L’Abri Du Vent sorti en 2018, Vanessa Philippe revient avec son nouvel album Soudain les oiseaux porté notamment par les singles Suivre Le Soleil, Les maux et Soudain les oiseaux. L’album sort le 21 janvier dans un univers toujours aussi onirique entre rêve et réalité. L’artiste, chanteuse et la musicienne ne cesse de surprendre avec 12 titres à l’originalité pop qui devrait faire mouche sur la scène musicale française.

Un univers singulier

Pour ceux qui la connaissent mal, l’auteur et chanteuse Vanessa Philippe a passé son enfance en Afrique, plus précisément au Cameroun et en Mauritanie avant de revenir passé son adolescence à Marseille et mené des études à la McGill University de Montréal. Beau parcours de vie avant un atterrissage à Paris où elle peut continuer à mener de front sa grande passion, l’écriture, ainsi que la danse avec notamment une formation au RIDC (Françoise et Dominique Dupuy). Après une hésitation sur le fait de chanter elle-même ou de proposer ses textes, elle décide de chanter, devenant auteure et interprète de ses 2 premiers albums de chanson française, La dérive en 2008 et La fille sans qualités en 2011. En 2015 elle saut le pas de faire un disque franco-anglais plus rock avec My Man, co-composé avec Naïm Amor (Calexico), avec Yan Péchin à la guitare (Bashung, Brigitte Fontaine). Et ça ne s’est pas arrêté là avec un nouvel opus plus électro pop en 2018 intitulé A l’ abri du vent, qu’elle a écrit et composé seule pour 5 titres recomposés avec Fredda. Le nouvel album Soudain les oiseaux trouve son origine, tragique, dans le décès de sa grande sœur en août 2019 et la chanteuse le lui dédie avec émotion. La réalisation est une fois de plus l’oeuvre de Pascal Parisot et le mixage est l’oeuvre de Angy Laperdrix. Cet album est porté par des clips réalisés par Vanessa Philippe où elle se met en scène elle-même pour bien marquer son univers. Avec sa voix fragile, elle cisèle des paroles douces amères empreintes d’une grande mélancolie comme dans Les Maux, surtout quand on connait le contexte.

Soudain les oiseaux est un album coup de cœur, empli de sensibilité et de mélancolie, de quoi laisser l’album courir du début à la fin pour se laisser emporter par cette petite voix portée par une belle musicalité et les sonorités diverses d’un album très dense et varié.

.

Une BD qui donne le sourire, Le jeune acteur 1, aventures de Vincent Lacoste au cinéma par Riad Sattouf aux éditions Les livres du futur

Devenu un des dessinateurs les plus en vue depuis le succès de ses séries Les pauvres aventures de Jérémie, Pascal Brutal et L’arabe du futur, Riad Sattouf s’est également lancé dans le cinéma avec 2 films plutôt comiques, Les Beaux Gosses en 2009 et Jacky au royaume des filles en 2014. L’auteur revient sur sa rencontre avec un jeune Vincent Lacoste, pas du tout destiné au cinéma mais au naturel qui fait mouche.

Une rencontre incongrue

Les premières pages offrent un surprenant dialogue entre l’acteur et l’auteur. Ils se racontent tour à tour pour offrir 2 visions d’une rencontre faite de malentendus et de subjectivités. L’auteur n’est pas encore la star qu’il est devenu depuis, il est mal à l’aide et n’a pas forcément confiance dans ses capacités de réalisateur. Le jeune Lacoste a 14 ans, il est encore au collège et n’a encore rien tourné. La rencontre a tout du malentendu, Riad Sattouf a d’autres premiers choix, Lacoste a l’impression d’avoir foiré son audition, et pourtant, l’attraction se fait petit à petit. Le lecteur comprend vite que chacun est le miroir de l’autre, ils se retrouvent chacun dans les faiblesses et les ambitions de l’autre, et ils doivent s’apprivoiser pour grandir tous deux. Le récit autobiographique est double et chacun se dévoile en révélant leurs histoires respectives. Riad Sattouf a été marqué par François Truffaut et son personnage lui-même miroir d’Antoine Doinel interprété 4 fois par Jean-Pierre Léaud, Vincent Lacoste évolue dans un milieu légèrement hostile où les ados dominants s’accaparent les plus jolies filles. Les anecdotes et les digressions font côtoyer au plus près une relation privilégiée entre 2 personnages devenus extrêmement marquants dans la culture populaire avec des albums pour l’un et des films pour l’autre.

La BD se lit avec le sourire aux lèvres, avec toujours cet effet grossissant d’identification cher à l’auteur. Les dessins s’inscrivent dans la droite lignée de son oeuvre déjà pléthorique et appelée à devenir un reflet miroir de son époque et surtout de sa jeunesse.

Synopsis: En 2008, Riad Sattouf réalise son premier film, Les Beaux Gosses. Il choisit comme premier rôle le jeune Vincent Lacoste, timide et complexé, qui n’avait jamais imaginé être acteur. Le collégien de 14 ans se retrouve alors propulsé dans le monde secret, fascinant et parfois flippant du cinéma !

Editeur: Les livres du futur

Auteur: Riad Sattouf

Nombre de pages / Prix: 144 pages / 21,50 euros

Cachée, un témoignage bouleversant de Sylvie Benilouz (Editions du Rocher)

Cachée, un témoignage bouleversant de Sylvie Benilouz (Editions du Rocher)

Sylvie Benilouz est née en 1934, à Paris. Ses parents sont juifs, originaires de Russie. Elle décide de nous confier ses souvenirs d’enfance avec son livre, Cachée, coécrit avec Agathe Steyn.

Cachée renferme tous les souvenirs de Sylvie Zalamansky. Des souvenirs douloureux, très douloureux puisqu’en rapport avec la Seconde Guerre mondiale. Toute sa vie Sylvie a témoigné de ce qu’elle a vécu enfant. Et elle continue à le faire et à être très active puisqu’aujourd’hui encore, Sylvie contribue encore au Mémorial de la Shoah et témoigne dans les écoles pour la mémoire de toutes les victimes de la Shoah. Pour que personne n’oublie jamais.

Si elle a écrit ce livre-témoignage, c’est surtout pour elle, écrit-elle. Autant sa mère fuyait son passé et ne voulait jamais en parler, autant Sylvie a besoin d’en parler pour, peut-être soulager, son immense douleur. Une façon aussi de remercier toutes les personnes qui l’ont aidée, elle, mais aussi, tous les Juifs en souffrance durant la Seconde Guerre mondiale. Et également une jolie façon de continuer à faire vivre son père qui a été déporté et est mort quand Sylvie avait neuf ans.

Sylvie Zalamansky a été heureuse durant sa petite enfance mais l’Histoire lui a volé son enfance et son adolescence et sans doute une grande partie de sa vie adulte. A sa façon, elle nous montre le chemin de la Vie !

Cachée, un magnifique témoignage à faire lire au plus grand nombre. Pour ne jamais oublier !

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 19 janvier 2022
Auteur : Sylvie Benilouz, Agathe Steyn
Editeur : Editions du Rocher
Prix : 14 €

Mad Max, au delà de la radicalité aux éditions Playlist Society, une analyse multiple de la mythologie post apocalyptique de George Miller

Playlist Society laisse pour une fois la parole à plusieurs contributeurs pour tenter de cerner l’univers Mad Max. Alors si les analyses sont parfois un peu succinctes avec moins de 30 pages allouées à chaque rédacteur, la multiplicité des angles permet de cerner l’histoire, le contexte, les contraintes et les ambitions qui ont accompagné l’oeuvre du réalisateur australien George Miller. A la lecture des 128 pages, il y a de quoi vouloir plonger encore un peu plus dans un univers de moins en moins dystopique et aux ambitions autant formelles que scénaristiques tellement poussées que la quadrilogie est devenue tout simplement culte.

Une histoire puissamment réaliste

Ceux qui l’ont vu en 1979 le savent bien, le premier Mad Max était d’abord classé X, donc difficile à voir. Car très violent, certainement trop pour la censure tatillonne de l’époque. Avec un budget minimal, George Miller a imposé pourtant sa patte pour toucher une audience très large au niveau mondial. Car le film tourné en Australie est imprégné de la culture locale faite d’immigration européenne, de forte culture automobile pour parcourir les grands espaces et d’héroïsme très mâle dans un pays que la civilisation européenne a du dompter, quitte à laisser sur le carreau la population aborigène locale. La mythologie australienne imprègne le premier volet pour se diffuser dans les 3 suivants. Jusqu’à 2015 et la diffusion d’un Mad Max Fury Road largement acclamé avec ses cascades furieusement réalistes réalisées sans (trop) d’effets spéciaux pour plus de punch à l’écran. Et ça a marché, toute une nouvelle génération s’est ruée sur les anciens épisodes avec le d’abord policier Mel Gibson devenu un outlaw dans un monde sans loi suite à l’élimination violente de sa famille. L’ouvrage de Playlist Society peut se lire d’une traite ou se déguster pour peser les mots des illustres rédacteurs de la collection. Les mots sont précis et les analyses finement amenées, jusqu’à titiller le cortex du lecteur. Si le sujet est grand public, à la limite du blockbuster, les pistes déroulées rivalisent d’ingéniosité, de quoi s’élever à la hauteur de la légende d’une collection qui commence à faire son nid dans l’esprit des cinéphiles, pour devenir bientôt culte elle aussi?

Après quoi… 15? 20? livres lus chez Playlist Society, il n’est pas question de s’attendre à une quelconque facilité, les auteurs qui écrivent ici livrent de vraies pépites d’analyse, de quoi contextualiser, analyser et rêver sur des histoires qui cachent bien leur jeu. Et derrière la poussière du bush australien se cache une mine d’analyses brillamment exposées dans cet ouvrage petit mais costaud.

Synopsis: De son surgissement, incarné par Mel Gibson, à sa renaissance, portée par Tom Hardy et Charlize Theron, la saga Mad Max a traversé pied au plancher quatre décennies de cinéma. Peuplée de formes hybrides, elle se nourrit de mutations successives, passant du film fauché au spectacle total, du nihilisme à la fragile lueur d’espoir. Chacun des quatre films remet les compteurs à zéro et réinvente la saga. Pour nous alerter sur les catastrophes écologiques et sociales à venir, ils transforment les voitures en monstres. Elles consument les hommes, deviennent un prolongement de leurs chairs, un substitut de leurs âmes.

Dopés à l’adrénaline, noircis par la hantise de la dévastation, les Mad Max soulignent l’influence destructrice des hommes sur le monde. Mad Max, au-delà de la radicalité est une plongée dans l’œuvre phare de George Miller, créateur lucide et ambitieux, qui espère prendre les hommes de vitesse pour ouvrir une voie vers un futur vivable.

Editeur: Playlist Society

Auteurs: Nico Prat, Manouk Borzakian, Alexandre Mathis, Elise Lépine, Erwan Desbois, Lloyd Chéry

Nombre de pages / Prix: 128 pages, 14 euros

[BD] L’Ogre Lion : Le Lion Barbare, un album coup de coeur signé Bruno Bessadi (Drakoo)

[BD] L’Ogre Lion : Le Lion Barbare, un album coup de coeur signé Bruno Bessadi (Drakoo)

Proposée par Bruno Bessadi pour la première fois en tant qu’auteur complet (il était dessinateur notamment sur Zorn et Dirna, Bad Ass, Amazing Grace), L’Ogre Lion est une nouvelle série heroic fantasy parue aux éditions Drakoo, prévue en trois tomes. Le Lion Barbare est un premier album musclé mais aussi particulièrement réussi. La référence à Conan n’est pas un hasard puisque L’Ogre Lion en est en partie inspiré.

Série anthropomorphique, L’Ogre Lion nous plonge dans un univers médiéval où un petit chevreau du nom de Wilt fait une rencontre incongrue : celle d’un être cornu survolté qui dévaste tout sur son passage avant de se réincarner dans le corps d’un Lion amnésique et dépressif… C’est ce dernier, bardé de cicatrices et meurtri par les flashbacks de son lourd passé, qui va accompagner Wilt dans un périple jusqu’aux Terres du Sud, en quête de liberté et de vérité. Sur leur route, ils vont rencontrer dans ce premier album un peuple de petites souris guerrières toute mignonnes, qui nous réserverons quelques surprises.

Les personnages sont aussi attachants qu’ils savent attiser la curiosité. Le mystère qui les entoure est très plaisant. Un peu dans le même esprit que Zorn et Dirna, on retrouve un trait aux courbes arrondies qui dégage une certaine douceur de l’enfance et qui vient violemment se télescoper à des scènes de rage intense où les corps sont déchiquetés en masse… Le contraste est intéressant et brillamment mis en tension. Le scénario comme le dessin sont en parfait équilibre et on le ressent à la lecture qui est d’une grande fluidité. Bref, L’Ogre Lion est un excellent album à ne surtout pas manquer !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Une généreuse aventure tendre et farouche où s’entrechoquent démon maléfique et injustices sociales.
Dans les contrées du Nord, nul n’a jamais vu de lynx aussi grand.
Normal : Kgosi est un lion. Mais que fait-il si loin de ses terres ? Pourquoi partage-t-il son corps avec un sanguinaire démon pourfendeur de carnivores ? Accompagné de Wilt, imprévu compagnon de route, Kgosi va découvrir au fil du périple vers le royaume au-delà des mers la vérité qui lui permettra de se retrouver et de délivrer son peuple…

Date de parution : le 19 janvier 2022
Auteurs
: Bruno Bessadi (Scénario et Dessin)
Genre : BD heroic-fantasy, Conan
Editeur : Drakoo
Prix : 14,50 € (56 pages)
Acheter sur : BDFugue

Anéantir de Michel Houellebecq, le destin d’un homme dans le vide de l’existence

Véritable évènement littéraire de ce début d’année 2022, la sortie du 8e roman de Michel Houellebecq a fait beaucoup parlé, dans tous les sens, en bien ou en mal. Outre le temps nécessaire pour venir à bout des 736 pages, l’accumulation de mini-intrigues jamais vraiment finalisées destabilise, comme si l’auteur avait amalgamé plusieurs ouvrages jamais finis pour aboutir à Anéantir. Histoire politique, histoire de famille, histoire personnelle, tous les styles se juxtaposent avec quelques personnages pour créer un semblant de lien et une cohérence de bric et de broc. Pas de sensation de lire un livre qui traversera les âges comme pour Extension du domaine de la lutte en 1994, Plateforme en 2001 ou son grand oeuvre Les Particules élémentaires en 1998, comme si le prix Goncourt reçu en 2010 pour La Carte et le Territoire avait eu raison de la singularité inspirée de Michel Houellebecq.

Une ampleur limitée

Une fois la dernière page tournée, le sentiment qui domine est une sorte de Tout ça pour ça. Les pages réellement profondes existent mais sont rares, une longue litanie de faits et de gestes prédomine, les personnages font des trajets en voiture, ouvrent des bouteilles, entrent dans des pièces, les interactions ne font pas le sel de l’ouvrage. Le livre se lit en quelques jours studieux mais il ne reste aucun sentiment final perturbant ou intrigant. Le buzz autour du personnage du ministre Bruno Juge inspiré de Bruno Lemaire ressemble à plus à une galéjade journalistique plutôt qu’à une réelle plus-value littéraire. Le personnage principal, Paul Raison, a l’apparence de tout haut-fonctionnaire dévoué à la cause de l’état mais la proximité de ses 50 ans le fait gentiment dérailler et s’interroger sur son parcours, ses rencontres, ses amours et ses parents. Assez peu de sexe frontal dans cet ouvrage, peut-être pour la première fois l’auteur préfère l’ellipse à la description chirurgicale des actes, des fantasmes et des positions. Là où Les particules élémentaires ne se refusaient rien, Anéantir ne va pas au bout, et c’est un signe. Car au-delà des nombreuses scènes explicites, Les particules élémentaires était surtout un brillant ouvrage de science-fiction s’interrogeant sur l’avenir de l’homme en révélant son profond ennui et la vacuité de son monde réel, un des 2 frères découvrait la possibilité inouïe de relier tous les humains par des gênes de jumeaux, de quoi abolir les conflits et les guerres. L’adaptation récente du livre au Théâtre de l’Odéon faisait cohabiter grande thèse sociologique et détails graveleux dans un mélange savoureux. Et justement, Anéantir n’offre aucun ajout notable sur la grande étagère des idées lumineuses. Anéantir est souvent malin, il ne se prive pas d’interroger sur le sens de la vie et des priorités de chacun, invoquant les affres répétés de la société déshumanisante, mais sans jamais se hisser bien haut.

La semaine de lecture de l’ouvrage est agréable mais non point inoubliable, tout comme pour Soumission ou Sérotonine, encore que quelques pages de ces 2 ouvrages parvenaient à se hisser bien haut, moments courts mais intenses. Anéantir cache sous son nombre important de pages une chronique contemporaine qui colle à l’actualité, certes sans Covid, mais surtout sans proposition pour s’interroger sur notre avenir.

Synopsis: L’histoire se situe en 2027. Elle est centrée sur le personnage de Paul Raison, conseiller et confident d’un ministre de l’Economie prénommé Bruno (allusion à Bruno Lemaire qui s’est vanté récemment de son amitié avec l’écrivain ?) et fils d’un fonctionnaire de la DGSI.

Editeur: Flammarion

Auteur: Michel Houellebecq

Nombre de pages / Prix: 736 pages / 26 euros

From the Astral, le nouvel album très jazz de Oli Astral est sorti le 14 janvier 2022 chez Multiple Chord Music

Oli Astral, c’est 3 musiciens qui échafaudent une musique entre jazz moderne et technologie avec Olivier Grenier Bédard à la guitare, Frédéric Alarie à la contrebasse et William Régnier à la batterie . L’univers musical est singulier et touche rapidement l’auditeur par sa grande sincérité.

Un groupe jazz canadien à suivre

Oli Astral navigue dans des sonorités jazz portées par l’adjonction des 3 instruments et menées par cette guitare qui semblerait un peu jazz manouche. La technologie audio numérique donne une belle profondeur à une musique rythmée et emballante. Le groupe se distingue par la présence d’ordinateurs sur scène, l’utilisation d’instruments virtuels, des contrôleurs MIDI et les synthétiseurs modulaires de Frédéric Alarie. Tous ces éléments étonnants ne font pas oublier la pierre angulaire qu’est le Jazz avec ces longues séances improvisations qui démontrent la grande capacité du trop et son talent créatif, à la limite de la prise de risque. Chaque morceau s’organise autour d’une mélodie pour s’envoler autour d’un déroulé où les instruments se marient à merveille dans une ambiance aussi poétique qu’onirique, sans paroles ni mots mais pas sans allant, comme si les notes faisaient office de texte. Des artistes audio ont travaillé sur cette musique, Thibaut Quinchon, Derek Orsi et Olivier Grenier-Bédard avec l’utilisation des techniques du mixage créatif, du montage créatif et de la conception sonore par ordinateur. Le groupe parvient ainsi à élargir ainsi ses sonorités avec l’adjonction de textures musicales, de boucles et d’overdubs qui ancrent la musique dans son époque, comme dans le très beau From The Deep qui rappelle les expériences sonores de Yes ou de ELP, voire Pink Floyd. Le trio apprécie plus que tout l’expérience Live pour faire plonger les auditeurs dans une véritable expérience sensorielle. L’enregistrement a été suivi d’un travail avec l’artiste visuel Bruno Scabini pour créer une illustration visuelle et animée de la musique avec des techniques de dessin créatives et des effets cinématographiques. Sur scène, une image vidéo complète la musique pour l’accompagner et l’approfondir.

L’univers musical du groupe est impressionnant. A note qu’Olivier Grenier-Bédard est un membre actif du groupe montréalais LEAF, dont le premier album éponyme est sorti en 2017. Il est également titulaire de prix et distinctions tels que le Prix du public du Concours La Musique Change des Vies (2015) organisé par le Festival International de Jazz de Montréal et le Prix du Public (2019) au Festival International de Jazz de Rimouski, dans le cadre du Grand Prix LOJIQ avec LEAF. Autant dire que le groupe mérite plus qu’une écoute distraire, au contraire, c’est cu vrai jazz qui fait rêver.

« Avant la retraite », un huit clos sulfureux au Théâtre de la Porte Saint-Martin

"Avant la retraite",un huit clos sulfureux au Théâtre de la Porte Saint-Martin
© Jean-Louis Fernandez

« Avant la retraite », un huit clos sulfureux au Théâtre de la Porte Saint-Martin

L’œuvre de Thomas Bernhard brûle d’une rage dévastatrice et se débat à la fois contre et avec le poids d’une culture empreinte de traditions, de chaos et de contradictions. Une hargne propre à dénoncer une société mortifère, gangrénée par sa lâcheté collective, et qui s’efforçait de cacher son passé historique dans lequel elle s’était compromise.

Attaquant violemment son Autriche natale et son histoire, Bernhard témoigne aussi de nos sociétés occidentales écrasées par le poids de la culture muséifiée et conformiste dont elles se servent comme expiation à leur médiocrité et à leur vide spirituel.

Cet emportement verbal qui procède chez le dramaturge d’une impossibilité viscérale à supporter le monde tel qu’il va, est celui d’une voix solitaire, qui butte et s’obstine, soutenue par le seul combat obstiné de l’artiste, jusqu’au risque de sa détestation et de son autodestruction.

Coincés dans la maison familiale, un frère et deux soeurs attendent que l’heure soit venue. L’heure de la retraite. L’heure de fêter l’anniversaire de Himmler, comme tous les ans. L’heure de pouvoir le faire au grand jour, à nouveau. Créée en 1979, « Avant la retraite » s’apparente à un exutoire destiné à se débarrasser des résidus nazis nichés dans les entrailles domestiques des sociétés allemandes et autrichiennes.

Rudolf Höller (Andre Marcon), ancien officier nazi reconverti en respectable président de tribunal, s’apprête donc à prendre une retraite bien méritée au terme d’une carrière exemplaire au service du droit et de la justice. Sous le vernis d’honorabilité bourgeoise, sommeille, pourtant, encore la bête immonde.

Névroses et frustrations

C’est ainsi que chaque année, le sept octobre, il endosse son plus bel uniforme pour fêter dans le secret de son appartement l’anniversaire du Reichsführer SS Heinrich Himmler, lequel fut, faut-il le rappeler, l’organisateur méthodique des camps d’extermination.

Dans cette sordide mise en scène clandestine, qu’il orchestre comme une « conjuration », avant que ne vienne le temps où, il n’en doute pas, il pourra le faire « au grand jour devant tout le monde », il revit dans une extase teintée de paranoïa l’époque héroïque où il était commandant de camp, entraînant sa sœur Vera (Catherine Hiegel) – et amante – dans un duo d’amour-haine proprement hallucinant.

Cette grande plongée orgiaque et nostalgique dans le passé pourrait donner lieu à un bonheur sans faille, si il n’y avait la présence violemment réprobatrice de sa seconde sœur Clara (Noémie Lvousky), paraplégique, qui les observe, enfermée dans son silence. Parole interdite, elle exprime, immobile, une haine infinie pour les siens, où elle est à la fois le souffre-douleur, l’otage et le réceptacle de cette fratrie.

La pièce est un véritable blasphème contre les autrichiens qui non seulement ont plébiscité Hitler, mais participé largement aux exactions nazies. Après la guerre, malgré une vague de procès, nombre d’entre eux ont été amnistiés (20% d’anciens nazis avaient des responsabilités dans la politique et la fonction publique). Et un silence aussi criminel que les crimes s’étant imposé en Autriche. Mais la pièce n’étant pas écrite sur le mode de la critique ou de la dénonciation, on assiste à une cérémonie d’une hérésie inclassable, à la verve satirique aussi ravageuse que dévastatrice. D’un humour noir, très noir.

Sous-titrée « comédie de l’âme allemande », elle racle dans les recoins les plus nauséabonds de la bonne conscience et de l’hypocrisie d’une société toujours travaillée par ses vieux démons. Construite comme une partition de musique répétitive, servie par une langue obsessionnelle, elle ne se contente pas de démasquer, ce qui serait trop naïvement optimiste, mais démontre qu’un masque peut en cacher un autre derrière lequel l’humain est trop souvent dissimulé. « Parfois, on s’attend au pire, mais on a tort, car c’est bien pire encore qui arrive. »

La mise en scène avec sa direction d’acteurs au cordeau d’Alain Françon, ainsi que les éclairages et la musique, offrent une partition ciselée à ce huis clos familial aussi feutré que vampirique.

Catherine Hiegel est impressionnante d’aisance et d’ambiguïté. Elle est tour à tour cette maîtresse femme monstrueuse, dévoratrice, mais aussi une femme soumise à la destinée étouffée entre son rôle de mère et d’amante de son frère castrateur, où s’explorent en filigrane toutes les névroses, frustrations et empêchements que provoque cette relation incestueuse. Le tout distillant un climat sulfureux et anxiogène. Face à elle, André Marcon est parfait dans le rôle du frère repu, ignoble et satisfait de lui-même tandis que Noémie Lvovsky incarne cette humanité interdite.

Dates : du 12 janvier au 2 avril 2022 – Lieu : Théâtre de la Porte Saint-Martin (Paris)
Mise en scène : Alain Françon

[BD] Les Mantes religieuses tome 1 : une évasion royale (Soleil)

[BD] Les Mantes religieuses tome 1 : une évasion royale (Soleil)

Faire évader Louis XI de ses geôles, c’est la mission confiée à un duo improbable grimé en bonnes soeurs pour l’occasion. L’évasion de l’araignée est le premier album de cette nouvelle série humoristique nommée Les Mantes Religieuses

Avec un certain sens de l’aventure et du jeu de mots, Bernard Swysen et Sophie Flamand proposent un scénario simple mais efficace dans la bonne humeur et la joie. Les pirouettes sont multiples et le ton léger. L’album offre un bon moment de détente, accompagné du trait inspiré de Christian Paty.

Un univers qui séduit sans se prendre au sérieux, loin de là !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Pour délivrer le roi emprisonné par un vil conspirateur, Blanche et Arnaud, héros malgré eux, seront intégrés à leur insu à un couvent des plus atypiques, abritant une communauté religieuse aux spécificités surprenantes. Forts de leurs pouvoirs respectifs, chacun contribuera à sa manière à venir en aide à un Louis XI résigné, n’ayant plus pour seul atout que sa maîtrise du monde animal.

Date de parution : le 12 janvier 2022
Auteurs
: Bernard Swysen et
Sophie Flamand (Scénario)
Christian Paty(Dessin)
Genre : BD humour
Editeur : Soleil
Prix : 14,95 € (48 pages)
Acheter sur : BDFugue

Un documentaire puissant à découvrir, Sunless Shadows, sortie le 26 janvier 2022

Le réalisateur iranien Mehrdad Oskouei avait livré le déjà très puissant Des rêves sans étoiles en 2016 qui s’intéressait à un centre de détention et de réhabilitation pour mineures en Iran pour lequel il avait du attendre 7 ans pour obtenir une autorisation de tournage. Le réalisateur est de retour dans le même établissement pour Sunless Shadows où il suit le quotidien d’un groupe d’adolescentes accusées de meurtre sur la personne de leur père ou d’un membre de leur famille, le plus vouent avec l’aide ou la complicité de leur mère. Pas un sujet très répandu par ici!

Un documentaire qui prend aux tripes

La réalisation du film Des rêves sans étoiles avait valu à Mehrdad Oskouei une condamnation d’un an d’emprisonnement, à laquelle il échappa finalement. De cette expérience subsista une question sur laquelle il voulait pouvoir creuser un peu plus concernant les raisons qui peuvent pousser à tuer son père. Après d’encore grandes difficultés pour obtenir l’autorisation de tourner dans ce centre de détention, il réussit finalement à instaurer un climat de confiance pour échanger avec quelques jeunes filles pour les laisser s’exprimer et relater des souvenirs douloureux. Chaque jeune fille s’adresse directement à la caméra, sans voir l’interlocuteur et sans témoin de leurs propos. Chaque jeune fille déclenche l’enregistrement lorsqu’elle se sent prête à se livrer. Elles passent des messages à leurs familles ou à leurs mères, ou même au père qu’elles ont tué, avec des analyses sur leurs actes ou leurs motivations en toute sincérité. Chaque jeune fille revient assez peu sur les meurtres eux-mêmes ne laissant subsister que les raisons que chacun peut deviner, une lutte contre l’oppression au quotidien que subissent les femmes dans la société iranienne marquée par le poids de la religion et la présence omniprésente des mollahs. La violence subie par elles au sein de leurs foyers en est certainement la conséquence. L’page des jeunes filles surprend, elles sont jeunes, presque trop pour ce type d’accusations pour lesquelles les familles refusent souvent d’accorder un pardon qui les libérerait.

Le film est direct en présentant des jeunes filles qui ne dénoncent pas directement le système mais montrent la réalité des violences subies par les femmes en Iran. A noter que le film a reçu de nombreux prix dont en 2019 celui du meilleur réalisateur à l’IDFA (International Documentary Film Festival d’Amsterdam), et en 2020 le Grand Prix Nanook (Festival International Jean Rouch, Paris). Un film à voir pour en savoir un peu plus sur la réalité de la vie pour les femmes en Iran.

Synopsis: Le réalisateur suit la vie d’un groupe d’adolescentes qui purgent une peine dans un centre de détention pour jeunes filles coupables du meurtre de l’un des hommes de leur famille. Avec la caméra en témoin, elles révèlent leurs pensées intimes, leurs sentiments et leurs doutes.

[BD] Le Loup Gris : nouvelle machine de guerre imaginée par Pécau, Mavric et Verney (Delcourt)

[BD] Le Loup Gris : nouvelle machine de guerre imaginée par Pécau, Mavric et Verney (Delcourt)

Le Loup gris est le cinquième album de la série de one shots Machines de Guerre, imaginée par le scénariste Jean-Pierre Pécau avec Senad Mavric au dessin et Jean Verney à la coloration.

Reprenant les basiques du concept, Le Loup Gris est un char d’assaut de la Seconde Guerre Mondiale ultra gros calibre capable de pulvériser n’importe quel tank ennemi. Une femme soldat de l’armée russe va le découvrir au dépens de ses camarades. Elle en sortira seule rescapée et va se lancer à sa poursuite pour tenter de mettre fin à son règne. Une course poursuite à dos de monstres de métal imaginaires qui reste très linéaire et sans grande surprise quant à son issue.

Le Loup Gris pêche un peu par sa manière expéditive d’appréhender les choses. On aurait aimé une histoire plus inspirée. Mais l’album n’est pas déplaisant à lire.

 

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Ce projet de char, le plus gros de toute la Seconde Guerre, un monstre de 188 tonnes, fut produit à seulement deux exemplaires. Dans notre histoire, le titan d’acier rôde dans les forêts ukrainiennes, semant chaos et destruction. Une jeune et courageuse chef de tank russe s’est jurée de stopper sa course meurtrière. Le combat s’annonce rude.

Date de parution : le 12 janvier 2022
Auteurs
: Jean-Pierre Pécau (Scénario), Senad Mavric (Dessin), Jean Verney (couleurs)
Genre : BD histoire, uchronie
Editeur : Delcourt
Prix : 15,95 € (56 pages)
Acheter sur : BDFugue

A LIRE