[BD] Sangre tome 3 : Hovanne l’irrésolue ou le voyage au pays de glace (Soleil)
Série proposée sur un scénario de Christophe Arleston, et des dessins de Fred Blanchard et Adrien Floch, Sangre retrace la quête de vengeance à travers les mondes d’une jeune femme traumatisée après avoir assisté à l’assassinat de sa propre famille par sept criminels appelés les Écumeurs. Chaque album nous emmène ainsi dans un monde différent exploré par Sangre pour les retrouver, un à un.
Dans ce troisième opus, c’est Hovanne l’irrésolue qui nous intéresse, au coeur d’un monde entièrement fait de glace, où les manoirs voyagent à dos d’icebergs à la dérive et où la culture du prestige et la hiérarchie sociale qui en découle y sont poussées à l’extrême. Les plus nobles de Mi-Ho-Dwigg ont par ailleurs le pouvoir de ne pas craindre le froid… mais évidemment, Sangre va devoir percer ce mystère comme de nombreux autres pour parvenir à ses fins.
Une série qui se poursuit avec une qualité toujours au rendez-vous, parvenant à se renouveler intrigues après intrigues. Et ce troisième album ne déroge pas à cette recette qui marche. Une bonne lecture promise à chacun.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Introduite au manoir de Mermillade, Sangre enquête pour savoir laquelle des jeunes nobles a eu un passé secret de pirate sous l’identité d’Hovanne. Un exercice difficile dans cette société d’oisifs où tout est basé sur le prestige personnel.
Date de parution : le 05 janvier 2022 Auteurs : Christophe Arleston (Scénario), Fred Blanchard Adrien Floch (Dessin), Claude Guth (couleurs) Genre : Heroic Fantasy
Editeur: Soleil Prix : 14,95 € (56 pages) Acheter sur : BDFugue
[BD] Mezkal : drogues, cartels et plus si affinités (Soleil)
Récit complet explosif, Mezkal raconte l’improbable trajectoire d’un jeune américain qui perd sa mère dépressive chez qui il habite toujours. Boulot pourri, vie de m… rien ne va plus pour Vananka qui décide de fuir vers un monde meilleur… ou pas. De l’autre côté de la frontière mexicaine, il va enfin pouvoir trouver l’amour. Mais pas que ! Que ce soit les cartels locaux, les gangs de motards ou la DEA, tout le monde semble vouloir s’amuser avec Vananka !
Plein de ressources, le scénario de Kevan Stevens ne manque pas de nous poudrer la figure à grands renforts de trafic de drogues et de traite d’êtres humains, le tout arrosé d’une bonne dose de munitions pour gros calibres. Car Mezkal est une course poursuite où chacun cherche l’autre en quête de vengeance. Et autant dire que les balles sifflent et que les bagnoles explosent. Un récit explosif ultra efficace, servi par le dessin très musclé de Jef (Gun Crazy). On passe vraiment un très bon moment au coeur de ce délire très revigorant. A lire d’urgence !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Un jeune américain part à l’aventure après la mort de sa mère. Il va croiser une jeune femme au sang indien sur laquelle veille un chaman aux étranges pouvoirs. Mais aussi l’un des plus grands cartels mexicains pour qui il va être forcé de travailler. Vananka n’aura qu’une idée en tête : retrouver sa bien-aimée, détenue par une famille de Hell’s Angels…
Date de parution : le 05 janvier 2022 Auteurs : Kevan Stevens (Scénario) Jef (Dessin) Genre : BD Aventure
Editeur: Soleil Prix : 26,50 € (184 pages) Acheter sur : BDFugue
Yohann Le Ferrand est un guitariste sans frontières. Il le prouve dans son nouveau projet Yeko en collaborant avec des artistes africains et plus spécialement maliens. Les rythmes occidentaux et de là bas se mélangent dans une belle rencontre à découvrir le 14 janvier 2022 chez Back2Bam Production.
UN beau métissage musical
Le titre Yerna Fassé enregistré avec la chanteuse Khaira Arby à la voix, considérée comme la voix d’or de Tombouctou et trop tôt disparue, montre la couleur et l’autre titre Dunia avec Tina Traoré le confirme. Le guitariste a voulu rencontrer de prestigieux musiciens d’Afrique de l’Ouest pour un beau métissage musical entre Europe et Afrique, les rythmes sont envoutants et les voix célestes. Les morceaux ressemblent à des portraits musicaux comme un compte-rendu d’un voyage riche et passionnant dans des territoires mal connus de beaucoup vu d’ici. L’album se veut à la fois pop et rythmé, la guitare se fond dans un paysage musical rappelant les étendues jaunâtres du Sahara. Des percussions du désert mènent la danse jusqu’à la transe, les sonorités de cuivres chauds accompagnent les mélodies et un violon peul accompagne le refrain pour le relier aux musiques traditionnelles. Les 6 titres de l’album Yeko se compose de 4 titres très rythmés qui donnent envie de se lever pour danser avec une jolie touche afro-beat matinée de funk. 2 autres titres, Dunia avec Salimata Tina Traoré au chant et Sauver avec Kiko Dembélé sont 2 belles balades qui touchent au cœur avec des sonorités émouvantes entre folk et musique traditionnelle malienne. La guitare et la Kora y jouent en parallèle pour une belle intensité. Yohann Le Ferrand a commencé son exploration musicale de l’Afrique de l’Ouest en s’attachant plus particulièrement au Mali. Il a participé à la guitare aux spectacles de Rokia Traoré & Serge Aimé Coulibaly, et aux côtés d’Inna Modja ou même Tiken Jah Fakoly. Si le guitariste a débuté en spécialisant en musique traditionnelle bretonne, il a vite évolué vers des musiques afro-américaines jazz et funk pour un débouché plus qu’évident vers l’Afrique.
Ce voyageur musical propose un bel album à découvrir le 14 janvier 2022 pour un vrai choc musical entre Europe et Afrique, tantôt doux, tantôt rythmé, une belle surprise pour ce début d’année 2022!
Le Boîte à Bulles laisse la plume à Olivier Oltramare et Hervé Loiselet pour répondre à 5 questions simples en lien avec la spiritualité. Alors que le frère ainé d’Hervé vient de mourir, ce dernier ressent l’envie de répondre à des questions insuffisamment abordées dans notre société matérialiste sur le thème de la spiritualité. Et pour cela, les 2 amis vont rencontrer des personnalités de tous horizons pour faire valoir les singularités et les différences dans un véritable enrichissement mutuel. Aidés par la dessinatrice Violette Vaïsse, ils livrent une BD aussi érudite que divertissante et intéressante pour rendre compte de leur démarche.
Une BD comme un chemin de vie
La BD est organisée en 5 grandes questions correspondant aux questions posées par les 2 amis à leurs interlocuteurs: Mais qu’est-ce que la spiritualité? Comment découvrons-nous la spiritualité? Quelle parabole illustrerait votre pensée? Quelle place pour la spiritualité aujourd’hui? Quelle est la place de la mort? Une autre question est ajoutée à la fin, Quelles sont les limites entre profane et sacré? Si les questions sont les mêmes pour tous les interlocuteurs, les réponses sont libres et chacun peut répondre selon sa sensibilité, son histoire ou son appartenance religieuse. De nombreuses réponses renvoient à des paraboles ou à des histoires, tirées de Platon, de la bible, de la pensée bouddhiste ou autre. Le déroulement de l’ouvrage se change en parcours multiple et passionnant où les interventions orientent chacune des pensées dans une direction, avec au total une densité de réponses assez impressionnante. Les 2 amis rebondissent sur les réponses, y apportent des éclaircissements et des commentaires qui densifient encore un peu plus l’ouvrage. Des explications renvoient également à la franc-maçonnerie pour en savoir un plus plus. L’organisation de la BD fait rebondir la réponse de chaque intervenant sur celle des autres, pour un cheminement éclairant.
L’ouvrage apporte des réponses variées qui pourront toucher chaque lecteur à la mesure de son histoire ou de sa sensibilité. L’ouvrage ne ferme aucune porte et ne fait aucun jugement dans un respect des croyances assez réconfortant. Une bonne lecture pour ouvrir un peu son esprit et son âme.
Synopsis: Le frère ainé d’Hervé vient de mourir. Le jour des funérailles, l’église est remplie de personnalités politiques et de francs-maçons. A la fin de la cérémonie, Hervé retrouve son ami Olivier qui l’interroge quant à l’appartenance du défunt à cette société. La conversation est entamée, et au fil de leur échange, les deux hommes finissent par se poser une question : la spiritualité ne naît-elle pas de la conscience de la mort ? De cette discussion émerge alors un projet commun : celui de parler du thème de la spiritualité dans une bande dessinée. L’objectif ? Réunir les points de vue de plusieurs « professionnels » issus de religions et de courants de pensées différents, autour de cette notion. Au travers d’entretiens menés par les deux auteurs, Et Dieu dans tout ça présente les visions croisées d’initiés spirituels, dans leur singularité mais aussi dans ce qu’elles ont de commun. En fonction des goûts, des croyances et de la foi de chacun, leur discours est accompagné d’un récit, d’une prière, d’un conte ou d’une légende, qui permet d’imager le courant de pensée traité.
Avec le père Jean-Loup Lacroix, la pasteure Jéma Taboyan, le frère Benoît, le rabbin Azoulay, le cheikh Bentounès, Michel Manens, Long et Kim Quach-Hiep, Michel Aguilar, Cathy Penot, Michel Thao Chan, Jean-André Galeyrand, Olivier Clerc, Jehan Bassigny, Laurent Gounelle, Stéphane Allix, Patricia Serin, Martine Quentric-Séguy et Valérie Seguin.
[BD] Demain, Acte 1 : nouvelle pépite de Léo, Rodolphe et Louis Alloing (Delcourt)
Nouvelle série S.-F. signée Léo et Rodolphe (créateurs des mondes d’Aldébaran, Centaurus et Europa) et illustrée par Louis Alloing, Demaindébarque avec un premier album aussi réjouissant qu’énigmatique. Un premier acte qui plante le décor bien mystérieux de protagonistes appartenant à des univers parallèles diamétralement opposés.
Joe semble mener une vie insouciante au coeur des années 50 en passant du bon temps avec sa bande d’amis ados dans des maisons abandonnées non loin de son village. Fleur a le même âge mais doit se battre seule avec son père dans un monde post-apocalyptique, laissés à leur triste sort face aux gangs hostiles qui font régner la terreur. Fleur va devoir fuir, arme à la main.
Pourtant, ces deux jeunes gens vont se croiser dans leur rêve… On ne sait encore rien des tenants et aboutissants, mais on peut d’ores et déjà affirmer que Demain s’annonce sous les meilleurs auspices grâce à une narration particulièrement fleuve et bien rythmée, appuyée par un dessin, certes très classique mais toujours maitrisé. Une série à suivre de près.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Dans l’insouciance des fifties, Joe découvre dans une vieille maison abandonnée un passage étrange, immense et sombre. Ailleurs, Fleur doit fuir avec son père car les gangs de ce monde apocalyptique dans lequel ils vivent se font de plus en plus menaçants. Deux jeunes adolescents de deux mondes très différents que tout semble séparer et qui pourtant se retrouvent dans leurs rêves…
Date de parution : le 05 janvier 2022 Auteurs : Rodolphe et Leo (Scénario) Louis Alloing (Dessin) Genre : BD S.-F.
Graphiquement irrésistible notamment par son jeu de couleurs punchy, la justesse du trait de Peeters dont l’expressivité des personnage et le sens de la mise en mouvement nous comble de joie à chaque instant. Le scénario prend le lecteur à contrepied en permanence, usant de tous les ressorts possibles pour nous happer littéralement dans cette folle histoire. Les personnages sont aussi barrés et drôles que dangereux et imprévisibles. Saint-Elme n’a jamais été aussi hostile.
C’est donc un réel plaisir que de retrouver la famille Sax et leurs amis. Le résultat est toujours aussi absurde et déjanté. Un coup de coeur assuré.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Franck Sangaré est aux mains des Sax, la famille qui a pris le contrôle de Saint-Elme, et son frère Philippe tarde à répondre aux appels angoissés de madame Dombre. Pendant ce temps, à l’auberge de la Vache Brûlée, Romane Mertens apprend à tirer au pistolet avec Paco tandis que son père passe ses journées à parler seul dans sa chambre… Tout seul, vraiment ?
Date de parution : le 12 janvier 2022 Auteurs : Serge Lehman (scénario) et Frederik Peeters (dessin) Genre : BD Polar
Le dernier livre de Dominique Goblet, Ostende, est sorti le 9 décembre. En Janvier, la maison d’édition LeFrémok fait paraitre une autre facette de ce même projet intitulé Ostende Carnets. Ces carnets montrent les travaux préparatoires à l’écriture de l’ouvrage Ostende ainsi que la vie secrète de ses personnages. L’ouvrage est rempli de formes abstraites, avec très peu de mots pour figurer des divagations virtuoses.
Une clé de lecture fascinante
Ostende Carnets est comme son nom l’indique une sorte de carnet de croquis préparatoires au roman graphique Ostende de Dominique Goblet. Il permet de voir l’évolution des formes et des idées en vue de l’élaboration de l’ouvrage publié à la fin de l’année 2021. Le lecteur peut admirer la naissance des personnages et les motifs picturaux de l’oeuvre. Il est donc souhaitable de connaitre Ostende avant de lire Ostende Carnets. La ville belge d’Ostende située en région flamande est le cadre d’une histoire énigmatique près de la plage vide et grisâtre qui borde la mer du nord. Le héros semble obnubilé par une certaine Irène, il la voit partout et y pense incessamment. Irène est-elle sur la plage en train d’exhiber des parties de son corps ou est-elle le fruit de l’imagination d’un narrateur, chacun pourra se faire son idée.
Ostende et Ostende Carnets semble forme un tout pour un roman graphique onirique à découvrir, avec des couleurs qui laissent divaguer l’esprit et demandent à revenir encore et encore sur ces pages.
Synopsis: «Dans un appartement situé sur la digue, au quatrième étage, on peut voir : quatre femmes élégantes assises autour d’une table carrée. Elles sont habillées de façon sobre et classique, comme on pourrait l’être pour aller un dimanche à la messe. Devant chacune d’elle est posé un verre d’eau. Elles se sont retrouvées pour jouer ensemble. Debout sur la gauche, face contre le mur, immobile, un homme attend slip baissé à un bras de ces dames , plus concentrées semble-t-il par leur combinaison de cartes que par son derrière.»
Ostende – le carnet est l’origine du livre paru quelques semaines plus tôt, la coulisse où le ballet se prépare, la planque reculée d’où l’on peut mieux observer le paysage, la palette où se mélangent les formes, les couleurs, les gestes des personnages et de leur créatrice. Il témoigne d’une oeuvre en gestation, là où Ostende est l’aboutissement de ce travail. Des objets y mutent comme des êtres vivants, des humains évoluent, expérimentent en secret, se découvrent. Des idées naissent, changent, se fixent mais le plus souvent s’y refusent, avant de trouver leur place dans l’oeuvre finale, la série picturale narrative Ostende, que le carnet de Dominique éclaire d’un jour nouveau.
Pour nous, lecteurs et lectrices, le carnet en sera aussi l’aboutissement, la clé de lecture et le révélateur. En voyant ce qui, de la vie des personnages et du travail de l’autrice, n’était pas visible dans les peintures, on percevra ce que les personnages projettent entre les murs d’une grange ou derrière les rideaux. On en apprendra plus sur la majorette et ceux qui l’accompagnent, on y verra des corps ou des parties de corps – bustes, fesses, visages, mains – et l’on comprendra peut-être pourquoi Irène exhibe le sien sur les plages Ostende. Ou peut-être ne le comprendra-t-on pas. On verra, mais on sera libre de donner la suite que l’on veut à ces textes et à ces scènes ouvertes à l’interprétation.
On retournera le point de vue, pour voir enfin derrière. On verra les formes abstraites d’Ostende naître, fondre, se transformer jusqu’à devenir cristaux, roches molles, matière aux contours flous ou abrupts. On percevra des mouvements, des bruits sourdre paisiblement de l’espace vierge des pages d’un carnet, espace de liberté formelle absolue pour sa détentrice.
Plusieurs niveaux de lecture apparaîtront alors. On pourra observer ces changements comme des mouvements primaires que l’œil reconstitue, récits sans objet quelque part entre l’animation et la séquence, ou chaînon manquant entre le figuratif et l’abstraction. On pourra voir des personnages en train d’être créés et de se créer eux-mêmes une nouvelle identité, cachée, imperceptible mais pourtant bien présente sur les plages d’Ostende. On verra une artiste se chercher, chercher son propos et les techniques appropriées à celui-ci, et une oeuvre se construire par touches successives, du fourmillement de tentatives chaotiques et audacieuses à la sérénité qui fait la force d’Ostende. Et l’on fera, comme elle, des va-et-vient d’un livre à l’autre, d’un format à l’autre, repérant quelles techniques, quelles présences, quelles formes ont retenu son attention, tentant de comprendre ce qui se joue en chacun des êtres et des lieux représentés.
Conférence évoque la volonté de se souvenir d’un attentat tragique en Russie, survenu en 2002, pour les survivants et leurs proches. La prise d’otages du théâtre Dubrovka en 2002 a fait 128 morts, un total très lourd qui a laissé des traces. Le film suit principalement les récits de ceux qui ont vécu la tragédie de près, avec énormément de réalisme et une volonté de remettre les choses à leur place. Pas de scènes inutiles ou d’effets spectaculaires, juste le besoin de mémoire pour pouvoir continuer à vivre.
Un drame inoubliable pour les familles et les survivants
Le réalisateur Ivan I. Tverdovsky, déjà à la barre de l’insensible en 2016, a imaginé un film destiné à montrer le cours des évènements à ceux qui n’y étaient pas. Le film débute avec un contexte familial particulier pour l’élargir et évoquer un sentiment de peur général. Quand les participants à cette session de mémoire se réunissent, leur temps est compté;, les responsables de la salle ont donné une heure limite. Pourtant le personnage de Natasha refuse d’abroger la rencontre et se comporte comme une preneuse d’otages, bloquant les portes et étirant en longueur la séance. Son objectif est d’abroger cette peur qui tiraille tous les survivants de cette véritable tragédie russe, très mal connue chez nous, et pourtant aussi marquante que le 11 septembre en Russie. Tout le monde là-bas connait de près ou de loin quelqu’un qui y est lié. Le réalisateur a préparé son film en rencontrant lui-même des personnes qui étaient présentes dans ce théâtre de sinistre mémoire. Il a recueilli des témoignages et il a été attentif aux gestes et aux attitudes pour coller au plus près de la réalité. Conférence n’est pas un titre anodin, car le récit de chacun des survivants se veut extrêmement précis et détaillé pour faire revivre la tragédie minute pas minute. Qui entrait, qui sortait, qui allait aux toilettes… Il est intéressant de voir des personnages qui eux semblent se souvenir d’absolument rien, comme s’ils souhaitaient occulter cette partie douloureuse de leur existence. On peut identifier des mannequins gonflables présents dans la salle, soit pour combler les places vides, soit pour figurer des terroristes, soit pour rappeler les personnes décédées et donc absentes de cette conférence. Le film a souvent des airs de documentaire et les histoires racontées dans le film sont vraies mais jouées par des acteurs extrêmement crédibles.
La limite entre fiction et réalité est troublante et donne tout son sel à ce film au plus près de la réalité.
SYNOPSIS :
17 ans après la prise d’otages du théâtre Dubrovka, l’une des tragédies majeures du 21ème siècle dans l’histoire de la Russie, Natalia, revient à Moscou pour organiser une soirée commémorative pour les familles des victimes de l’attentat d’octobre 2002. Pourquoi s’est-elle retirée dans un monastère depuis si longtemps ? Pourquoi sa fille la rejette-t-elle ? Quel est le but de sa démarche ?
Quand Marine apprend à 21 ans qu’elle est atteinte de la Sclérose en plaques, SEP pour les intimes, c’est le choc. Elle n’en connait rien mais sait que la pathologie peut potentiellement la mener à la chaise roulante. Mais elle décide de ne pas se laisser abattre et le documentaire Rosy raconte l’histoire de sa réaction. Et c’est impressionnant.
Un documentaire pour ne pas se laisser abattre
Là où beaucoup tombent dans l’inaction et la stupeur après une telle nouvelle, Marine décide de partir en voyages en Nouvelle-Zélande, en Birmanie et en Mongolie pour en apprendre plus sur elle-même et trouver les moyens de faire face. Avec un sac à dos, une tente, l’argent d’une cagnotte organisée sur internet et son téléphone, elle va vivre des expériences que peu connaitront dans une vie. Les paysages sauvages et escarpés de la Nouvelle-Zélande lui ont permis d’éprouver son corps, un séjour dans un lieu de silence en Birmanie lui a fait rencontrer son esprit, de longues randonnées à cheval en Mongolie lui ont fait toucher son âme. Ce périple a d’abord fait l’objet d’un livre, et puis Marion a décidé d’utiliser les 28 heures d’images récoltées pour monter un documentaire avec Anne-Sophie Bion. On la voit traverser des moments de doute, de découragement, d’euphorie, de folie douce, mais jamais elle ne compte abandonner son périple. Cette résilience fait plaisir à voir. Elle raconte son histoire depuis la découverte de la maladie avec des problèmes visuels inattendus, le diagnostic et l’incompréhension. Marine se documente pour en savoir plus, la maladie est incurable et agit par poussées visibles par IRM avec l’apparition de signaux colorés sur les images. Le documentaire souligne la force de caractère de l’héroïne, sa tchatche intarissable et son envie d’en découdre. Et c’est parti pour 1h30 d’ode à la vie et à la volonté.
Rosy est le surnom donné par Marine à sa maladie. Sclérose, rose, rosy, elle sait que son chemin se fera toujours avec elle, elle ne peut pas le refuser, son voyage lui a permis de l’accepter. Ce chemin de vie est comme une prouesse, un parfait exemple en tout cas pour tous ceux qui sont atteints de maladie, de SEP ou qui ne sont pas malades. Le documentaire est touchant, à découvrir en salles actuellement.
Synopsis: Marine, jeune étudiante de 21 ans, apprend qu’elle est atteinte d’une sclérose en plaques, une maladie auto-immune incurable. Le choc de l’annonce, l’urgence de la situation et le besoin de prendre une décision quant au traitement à suivre, la poussent à trouver une solution en elle… Elle décide de partir pour un long voyage initiatique dans 3 pays : la Nouvelle-Zélande pour redécouvrir son corps, la Birmanie pour apaiser son esprit et la Mongolie pour renouer avec son âme. À travers des expériences inoubliables, Marine part à la rencontre d’elle-même et d’un nouvel équilibre avec cette sclérose qu’elle surnomme Rosy.
En fan éternel de u ballet de Tchaikovsky, je me souviens de la dernière représentation de Casse-Noisette vue au Palais desCongrès en janvier 2020. Je comptais le revoir en janvier 2021, mais les circonstances sanitaires ont mené à l’annulation de cette session annuelle. Quelle joie de pouvoir de nouveau se rendre au Palais des Congrès pour venir admirer cette oeuvre inimitable porte par une troupe de danseurs talentueux et survoltés. A noter que la dernière représentation du 7 janvier 2022 est reportée au 24 février 2022.
Un ballet magique
Le chef d’œuvre classique Casse-Noisette est devenu au fil des siècles une véritable institution de la période de Noël propre à enchanter petits et grands. L’intrigue est connue. Ce conte est l’histoire de Clara, jeune fille qui reçoit un Casse-Noisette en forme de petit bonhomme en cadeau de Noël. La nuit animée et virevoltante voit un enchantement réveiller tous les jouets pour faire vivre à la jeune fille une féérie où les jouets menés par Casse-Noisette livrent une bataille contre les souris de la demeure où Clara vit. Elle participe au combat aux côtés de Casse-Noisette qui se transforme en prince charmant pour danser avec Clara dans un royaume de magie et de féérie. Ce ballet en 2 actes a été présenté la première fois en décembre 1892 à Saint-Pétersbourg au Théâtre Mariinsky avec la célèbre musique de Tchaïkovsky comme élément supplémentaire de magie. Car les morceaux ultra-connus émaillent le spectacle pour un supplément constant d’émotion. La troupe de danseurs du Bolchoï deMinsk concourt à la magie de l’instant avec une prestation en tous points parfaite, avec des portés vertigineux, des duos magiques et une danseuse d’une grâce infinie dans le rôle de Clara. La salle était remplie pour enfin pouvoir admirer ce ballet, dans des conditions de respect total des conditions sanitaires et un plaisir décuplé. L’orchestre a fait honneur au compositeur russe Tchaikovsky en insufflant la fougue nécessaire pour porter les passages cultes du ballet. La valse des fleurs, le pas de deux, tout est interprété avec virtuosité par le talentueux orchestre. Quant aux décors et aux costumes, c’est un enchantement permanent pour un spectacle de 2 heures conclu par une salve méritée d’applaudissements enthousiastes.
Casse-Noisette est un véritable joyau du répertoire classique, à admirer années après années en famille pour faire revivre l’enfant en chacun de nous. Ce spectacle au Palais des Congrès ne dépareille pas et tout est parfait pour ressentir des émotions inoubliables.
Le nouvel album d’EZ3kiel est foisonnant par ses rythmiques très recherchées et ses sons à la frontière de la musique expérimentale. Les membres originaires de Tours multiplient les ambiances pour un album qui ne cesse de surprendre écoutes après écoutes.
Un concept album séduisant
La mémoire du feu se veut consciemment un concept album entre musique et littérature. L’album est le fruit de la collaboration entre les 3 musiciens Johann Guillon, Stéphane Babiaud et Nicolas PUAUX (Narrow Terence, Narco Terror) et l’auteur de polar Caryl Ferey (Zulu, Mapuche, Condor). L’album raconte l’histoire de 2 presque jumeaux nommés Diane et Duane, unis par un amour brûlant et qui se consume au fil d’une saison en enfer pour finalement renaître de ses cendres. La musique et la poésie se mélangent pour souligner la persévérance de l’être humain. L’album de 45 minutes alterne entre morceaux chantés, morceaux parlés et plages instrumentales pour évoquer le destin tourmenté des 2 protagonistes. Les morceaux chantés sont interprétés par les voix magnétiques et puissantes de Jessica Martin-Maresco / Diane et de Benjamin Nerot / Duane. L’actrice Olivia Nicosia fait office de chœur à la manière antique pour des interventions comme des interludes entre les chansons. Elle narre en spoken words les tensions intérieures des 2 amants. Les morceaux instrumentaux, soulignent la dramaturgie d’un album qui surprend pas sa force, à la manière des oeuvres classiques de Bach, littéralement. Le groupe électro rock instrumental EZ3kiel fait un pari osé mais gagnant en utilisant les textes en français de Caryl Ferey, pour une oeuvre vraiment singulière et passionnante. Cette marche en avant était risquée mais le résultat est à la hauteur de l’investissement, c’est vraiment prenant et le disque s’écoute du début à la fin.
La Mémoire du Feu est un album concept vraiment attractif, sans limite et à la portée universelle. Le mélange de rock et d’électronique mâtinés de folk accouchent d’une musique à découvrir absolument.
2022 est peut-être bien l’année du thriller iranien, tout comme 2021. Après le récent La Loi de Téhéran, Marché Noir suit les mêmes traces tendues. Crimes scabreux et vendetta modifient l’existence de personnages parfois pris de remord, parfois sans vergogne au cœur d’un système d’échange de devises, interdit par le régime des mollahs, mais très rémunérateur. De quoi motiver les âmes simples et avides d’ascension sociale.
Un film entre cauchemar et réalité
Le héros Amir, interprété par Amirhosein Fathi sait tout mais il ne dit rien. Car il est tiraillé entre les intérêts de sa famille, les impératifs économiques de son activité et sa conscience. Quand plusieurs individus sont retrouvés morts de froid dans le frigo d’une usine d’abattage de viande, il ne sait pas sur quel pied danser. Le film va révéler le vrai contexte de ce crime odieux, entre Iran et Irak, trafic de devises et vengeance familiale. Le héros semble constamment aux aguets, désireux d’aider mais aussi d’éviter les problèmes, que ce soit avec la justice ou avec la famille des défunts. Le rythme du film montre petit à petit l’envers du décor, les paris, les trafics, les rivalités économiques et la soif d’argent des possédants que rien ne permet d’étancher. Le contexte particulier de l’Iran, pays coincé cans une région pleine de tensions et de rivalités, ajoute encore un peu plus à la pression ambiante. Le thriller iranien, primé à Reims Polar, devait sortir début octobre 2021, il est repoussé à janvier 2022 du fait du contexte sanitaire.
Le titre original du film est The Slaughterhouse, tout un programme pour ce film qui multiplie les fausses pistes jusqu’à la revanche finale, tellement cruelle mais dans le ton de ce thriller sans pitié.
Synopsis: Expulsé de France, Amir retourne vivre chez sa famille en Iran. Par solidarité avec son père, il se retrouve impliqué dans un crime et va devoir fréquenter le traffic de devises étrangères au marché noir. Mais la culpabilité le ronge…
Publik’Art augmente sa collection des tout-doux de chez Usborne avec la sortie du dernier album dans un beau coffret : Où est mon nounours ? un album avec un petit nounours en peluche, vraiment tout doux ! Avec son nez trop doux, ses pattes trop rêches, ses oreilles trop poilues…
Cette fois-ci, non seulement, le tout jeune lecteur pourra toucher son livre et ses différentes matières, mais il pourra en même temps câliner sa petite peluche. Que du bonheur !
Où est mon nounours ? un très chouette album à offrir à nos charmants bambins !
Film allemand conceptuel s’il en est, J’étais à la maison mais… enchaine les ambiances surréalistes avec des personnages comme autant de métaphores du réel. La mise en scène d’Angela Schanelec fait le reste avec un réalisme exacerbé et une humilité qui rend ses intentions accessibles. Les énigmes à tiroirs parcourent le film et chacun pourra y trouver sa propre compréhension à force de patience et de persévérance. Le film devait sortir le 25 novembre 2021, mais la sortie a été déplacée au 5 janvier!
Une fascinante étrangeté
Si l’hommage à Ozu se révèle dès le titre (J’ai été diplômé mais…, J’ai été recalé mais…), J’étais à la maison, mais … présente des individus plongés dans le réel mais profondément décalés. Le jeune Philippe, 13 ans, revient dans la maison familiale après une disparition de plusieurs jours en forêt alors qu’Astrid, sa mère, semble voguer dans son monde intérieur. Et que dire de la petite sœur de Philippe, toujours absente. Les personnages se côtoient mais ne se connaissent pas vraiment, chacun reste une énigme pour ses proches dans une diatribe métaphysique non point exacerbée mais toujours en filigrane. J’étais à la maison, mais… évoque surtout l’incommunicabilité entre les êtres, l’impossibilité de s’ouvrir comme d’obtenir la parole d’autrui, pour des raisons physiques ou éminemment personnelles. Les paroles de chansons ou les monologues de théâtre ne sont que des récitations sans emprise sur l’esprit de celui ou celle qui les récite. Le film reste sans explications, l’épure est reine et Angela Schanelec creuse le sillon radical de l’Ecole de Berlin qu’elle créa il y a 20 ans avec Thomas Arslan (Gold) et Christian Petzold (Barbara, Phoenix). Les séquences mystérieuses s’enchainent et certains se désintéresseront faute de didactisme. L’angoisse sous-jacente n’est pourtant pas une impasse, l’impossibilité de communiquer est un concept suffisamment universel pour toucher un large nombre de spectateurs.
J’étais à la maison, mais… a tout du conte moderniste fait de solitude et de violence silencieuse. La société ordonne à chacun de jouer un rôle, il est possible de le refuser et de rester soi-même, même au sein de la ville, même au sein du foyer. Conceptuel, pour le moins!
Synopsis: Alors qu’il avait totalement disparu, Phillip revient à la maison au bout d’une semaine, blessé au pied, sans aucune explication ni un mot pour sa mère Astrid. Aidée par son professeur elle cherche à répondre à des questions sans réponses: qu’était-il parti chercher ? Se confronter au sentiment d’impuissance face à la force de la nature provoqué par la mort de son père ?
L’oiseau de pluie, très joli conte (Le Père Castor)
Le Père Castor nous propose une très belle histoire avec ce petit album à la couverture cartonné : L’oiseau de pluie.
Banioum est un petit garçon qui habite en Afrique. Son pays souffre terriblement de la sécheresse. Banioum demande auprès de sa grand-mère, puis de son père, et également auprès du Grand Sage de son village, si l’oiseau de pluie pourrait sauver leur village. Certains disent oui, d’autres non.
Alors, Banioum décide qu’il lui fallait à tout prix ramener l’oiseau de pluie à son village pour qu’il amène la pluie.
Même les animaux de la brousse vont l’aider pour capturer ce fameux oiseau.
Mais quand il le ramène au village, rien ne se passe comme Banioum le veut… On ne fait pas ce qu’on veut avec la Nature !
L’oiseau de pluie est un très joli conte que les éditions du Père Castor viennent de rééditer ! Pour le bonheur de tous !
Le personnage de Marion mène une vie lambda dans notre société moderne, tiraillée entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle. La fatigue et les tourments la rendent particulièrement vulnérable, la déprime guette, si ce n’est la dépression.. Aussi quand elle rencontre ce qui ressemble à un bon samaritain qui lui présente un cocon protecteur et rassurant, elle se laisse convaincre. La BD Dans la secte montre les dangers d’une secte toute prête à vous dévorer tout cru vous et votre argent si vous ne faites pas attention.
Un récit pour alerter et prévenir
La BD montre bien qu’il ne suffit pas d’être dans la marge et particulièrement instable pour se laisser séduire par le fonctionnement d’une secte. Le manque de confiance en soi et l’envie de passer à autre chose sont suffisants pour tendre l’oreille et se laisser séduire. Marion, plombée par sa carrière professionnelle brinquebalante et sans perspectives de vie amoureuse, est une proie facile. Pourtant elle est équilibrée et intelligente, mais le discours qu’elle entend lui plait, améliorer son rapport aux autres, avoir une vie plus intéressante et œuvrer pour un monde meilleur, pas critiquable en l’état. Mais voilà, elle ne voit pas les avanies survenir, les demandes d’argent incessantes, le rythme harassant d’une vie communautaire qui empêche de réfléchir et de prendre du recul, elle tombe dans un piège bien connu. Car ce que propose la secte, ce n’est pas juste d’aider son prochain, elle prend aussi l’argent et étend son emprise sur l’existence toute entière de ses membres. L’enthousiasme initial laisse vite place au doute face à des méthodes confinant à la propagande fasciste. Le récit montre une plongée toute en douceur, sans effets spectaculaires ni grande tragédie, le fonctionnement de la secte se laisse du temps pour saper le moral et se rendre indispensable. Le dessin rappelle celui du célèbre duo Dupuy / Berberian pour plus de réalisme et de pertinence. Le récit fait froid dans le dos, rappelant parfois la manière de procéder de certaines entreprises capitalistes qui elles-mêmes mènent. leurs troupes au désespoir.
Dans la secte se veut être un témoignage sur une jeune femme qui tombe dans un piège mais fort heureusement parvient à s’en sortir sans trop de dommages, ni séquelles psychologiques ni ruine financière. Cette réédition souligne la pédagogie du récit et sa grande clarté, inscrite dans un quotidien qui pourrait concerner n’importe qui.
Synopsis: Dans la nuit, Marion court pour attraper son train. Elle désire partir au plus vite. Mettre des kilomètres entre elle et cette secte où elle vient de passer plusieurs mois. Dans la tranquillité du train qui file vers Paris, la jeune fille se souvient de l’itinéraire qui l’a menée jusqu’ici. Conseillée par un ami qui prétendait l’aider à sortir d’une mauvaise passe, elle a mis le doigt dans un engrenage dont il lui faudra des années pour s’extirper entièrement. Une réédition enrichie d’un cahier de prévention, qui a été offerte par la MIVILUDES aux 11’000 CDI de France.
Tassili une femme libre au paléolithique se déroule il y a très longtemps. Des personnages évoluent au sein d’une nature luxuriante située dans le Sahara… Dur à croire aujourd’hui, pourtant ce lieu désormais hostile regorgeait semble-t-il de verdure. Beaucoup de dialogues entre les protagonistes, Djané la femme avide de liberté et de changement, et les membres de son clan. Cette tentative a quelque chose de maladroit, donner des idées d’aujourd’hui à des individus d’alors est quelque peu troublant. Cette manie de vouloir réécrire l’histoire sévit dans tous les arts, et pourquoi pas.
Une époque mal connue
C’est alors que le paléolithique doit laisser la place à l’ère plus moderne du néolithique que se situe cette intrigue. La civilisation n’est pas encore vraiment là mais des peintures rupestres s’apprêtent à traverser les âges jusqu’à nous et les codes anciens vont changer de manière irréversible. Le clan de chasseurs-cueilleurs compte une jeune femme pleine de jugeote et d’idées, elle ne veut pas voir l’ordre ancien perdurer, elle propose du changement. Non plus un homme pour plusieurs femmes, pas une place qu’avec les enfants, mais une vraie destinée dans un monde qui va lentement évoluer. Elle a conscience des conséquences de l’activité humaine sur l’environnement, elle se demande si la faune et la flore ne vont pas pâtir de l’activité incessante de son clan en pleine expansion. Les coutumes archaïques conduisent pour elle tout droit à la catastrophe, ses propos dérangent, beaucoup ne veulent pas voir l’ordre ancien et les traditions remises en cause, même si Le sol s’effrite et que certains animaux commencent à disparaitre.
Le combat que mène Djané dans cette BD ressemble beaucoup à certaines luttes actuelles pour changer le mode de vie d’une société humaine surpeuplée et trop consommatrice d’énergies fossiles polluantes. Son désir d’émancipation et sa volonté de lâcher prise avec les règles rigides héritées de ses ancêtres ont une consonnance très actuelle. De quoi nous-mêmes réfléchir sur le monde qui nous entoure.
Synopsis:
À la fin du paléolithique, un clan de chasseurs-cueilleurs évolue au cœur du Tassili, une région saharienne alors riche en faune et en flore. Au sein de ce groupe vit Djaré, une jeune femme avide de liberté, d’amour et de changement.
Djaré est une jeune femme habile de ses doigts : elle aime confectionner des outils et a découvert que les plantes pouvaient se semer, la terre se travailler… Mais n’est-ce pas là contrarier les esprits ?
Djaré aime Doro, un vaillant chasseur. Mais comme toutes les femmes du clan en âge de procréer, elle n’a le droit de se donner qu’à Ghat, le meilleur guerrier de la famille.
Djaré aimerait prendre son indépendance. Elle pense que les membres du clan devrait bien plus se mélanger avec ceux d’autres tribus, et cesser de continuer à se reproduire entre eux.
« Tassili », c’est l’histoire d’un combat pour l’émancipation, celui d’une femme qui lutte pour permettre le passage à un nouveau mode de production et de vie, qui lutte aussi pour l’amour, pour que chacun puisse choisir qui il veut aimer. Un combat pour instaurer un monde nouveau, le néolithique.
Une page d’histoire humaine qui se déroule au sein d’un Sahara inattendu, luxuriant, tel que nous ne l’avons jamais vu ; un paradis terrestre ou sont nées les fameuses peintures rupestres de Tassili.
L’humanisme rageur au coeur d’une année de reconquête.
Pandémie année 2 : sommes-nous sur la bonne pente ? La non-fermeture des lieux de culture en ce mois de décembre où tous les curseurs se sont à nouveau emballés peut le laisser penser. Au-delà de célébrer une année presque pleine où Hollywood aura été moins frileux pendant que la grande bataille des salles et de la VOD bat sont plein, il est à surligner d’un marqueur rouge que l’optimisme est grandement de retour après une année 2020 maussade. Certes, LE fameux virus reste plus menaçant que jamais, mais le cinéma, et plus généralement la Culture, ont su tirer leur épingle du jeu. On a jamais été aussi friand de lecture, de concerts, de partages, de conseils, de vie.
10 – Les choses humaines (Yvan Attal – France).
Détendus de pouvoir prendre le métro sans masque.
Yvan Attal commence à se forger une carrière de réalisateur touche-à-tout plutôt intéressante. Passé le trouble de le voir fondu parfaitement en une seule personne avec son ex-compagne Charlotte Gainsbourg, à travers les traits de leur fils Ben, on se laisse agréablement surprendre par ce fait divers au relent très actuel : la question du consentement et où démarre le viol. Se jouant merveilleusement bien du spectateur, avec son approbation, Yvan Attal orchestre un savant mélange des genres et soulève énormément de problématiques en y interrogeant à tour de rôle la célébrité, la culpabilité, la religion, le tabou voire même le voyeurisme à travers nous. La distribution est bluffante, surtout la révélation Suzanne Jouannet. Le réquisitoire final laisse pantois. A travers ses mots, sa direction artistique, l’intensité de ses acteurs.
9 – Falling (Viggo Mortensen – UK).
« Le Républicain, c’est moi ! »
Chose rare : un 2e film réalisé par un acteur dans ce classement. Et ce coup-ci, un néophyte : l’excellent Viggo Mortensen. Et pour corser la difficulté quoi de mieux que de tourner dans son propre premier film ? Et là encore, comme souvent avec le danois, c’est une vraie lumière. Le sujet pouvait être sacrément casse-gueule, surtout après l’excellent The Father sorti cette même année : la dégénérescence de nos aïeux. Et à ce petit jeu, le duo qu’il forme avec le toujours très bon Lance Henriksen n’a rien à envier à la paire Zeller/Hopkins. Bien au contraire, en saupoudrant le tout de mal de sujets d’actualité et en inscrivant papi Républicain dans la place, il y a là matière à autant s’insurger, que s’émouvoir, voire rires aux éclats parfois. Un beau coup d’essai Viggo !
8 – Blue Bayou (Justin Chon – USA).
Une dernière danse avant que Jean rouspète.
Doté d’une photo assez démentielle, Blue Bayou représente presque tout ce que l’on adore dans le cinéma Indie US : des personnages écorchés par leur situation, des décors naturels bien plus proches du revers de la médaille du fameux rêve américain, et surtout un contexte social propre à ce melting-pot permanent qu’il constitue. Même s’il n’échappe pas à un certain manichéisme, Justin Chon fait preuve d’une vraie générosité dans son portrait des immigrants adoptés légaux devenus illégaux par un vide juridique volontaire. Le tout teinté d’une vraie poésie et d’une grande gourmandise artistique. Le final a littéralement emporté le coeur de votre serviteur.
7 – Hive (Blerta Basholli – Kosovo).
Objectif du jour : broyer les conventions.
Vous reprendrez bien une part de avjar ? Mais oui, vous savez bien la fameuse sauce kosovare à base de poivrons rouges grillés rendue célèbre par le film Hive. Cela pourrait bien être le prochain refrain connu par le tout Hollywood lors de la prochaine cérémonie aux Oscars tant cet écrin venu du Kosovo ne fait que briller et ramasser des prix partout où il passe depuis Sundance jusqu’au Cinemed de Montpellier. L’histoire : des veuves « en suspens » depuis le départ à la guerre de leurs maris décident d’unir leurs efforts afin de ne plus être à la merci du patriarcat désobligeant qui règne sur leur quotidien. Quoi de mieux que de bâtir leur entreprise sur ce qu’elles savent faire le mieux : le fameux avjar. Et ce avec toutes les contraintes morales, mentales et physiques que l’Homme peut faire peser sur la Femme. Un vrai film solaire et méditerranéen au contexte difficile.
« James, on devrait s’asseoir sinon Jean sera colère ».
Et si la plus longue saga au cinéma pouvait se résumer au 5 films de Daniel Craig ? Impensable, mais tout de même. Intro brillante sous Martin Campbell, catharsis avec Sam Mendes, avant cette conclusion épique et déroutante chez Fukunaga, l’agent secret le plus célèbre de la planète, j’ai nommé James Bond, ce sera offert une vraie résurrection sous les traits de Daniel Craig. Ce dernier épisode ose tout ou presque comme une ouverture ultra-glaçante digne des thrillers les plus noirs, avant d’enchainer ses péripéties aux couleurs chaudes et réjouissantes des Pouilles et des Caraïbes. La photo de Sandgren y est exceptionnelle. Le Bond Mooresque cotoie celui de Connery avant de s’envoler vers une conclusion qui laissera personne insensible. Pour le meilleur et pour le pire, au service secret de sa Majesté.
5 – Teddy (Ludovic & Zoran Boukherma – France).
Quand la 26e vague arrive …
Attention, nouveau talent en approche ! En l’occurrence, on peut l’écrire au pluriel pour les jumeaux Boukherma. Biberonnés au film de genre, quoi de plus logique pour un premier film que de dépoussiérer le mythe du Loup Garou. Et l’une des plus grande réussite de cette entreprise est de ne pas le faire ressembler à un film de monstre dans sa globalité mais plutôt à un mix très réussi convoquant aussi bien Bruno Dumont, pour son humour absurde et sa contextualisation sociale, que M. Night Shyamalan pour son rapport aux personnages et la gestion du suspens. Un coup d’essai virtuose porté par celui qui fait un début de carrière sans faute : Anthony Bajon.
4 – St Maud (Rose Glass – UK).
« N’oubliez pas de faire vos prières du soir ».
Le film de genre le plus haut placé cette année est une antithèse de ce qu’on attend de lui. Certes, il y aura bien des vertèbres qui craquent, des noms d’oiseaux pas très catholiques ou encore des châtiments plutôt sévères, mais St Maud est bel et bien le verso de L’Exorciste et toutes sa déclinaison de film vomitif. Un contrepied brillant qui installe le mal-être par petite touche et distille son venin dans une relation aussi toxique pour le patient que le curateur. En l’occurrence, la troublante infirmière campée par l’incroyable talent de Morfydd Clark, véritable définition de la dévotion et du fanatisme. La réalisatrice Rose Glass nous guide inéluctablement vers un crescendo halluciné qui n’a rien à envier à celui d’Hérédité d’Ari Aster. On lui souhaite la même carrière.
3 – Minari (Lee Isaac Chung – USA).
Steven Yeun & Free.
Une vraie pépite humaniste se cache derrière Minari. Du nom de la petite bourgade dans l’Arkansas dans laquelle vienne de s’installer cette famille coréenne. La pure ruralité les y attend avec ce que cela comporte comme difficulté logistique et sociale. Pour surmonter ces péripéties, ils pourront compter sur la grande-mère fraichement débarquée de Corée. S’y ajouteront les mésaventures de l’âge, de la langue, des traditions, de l’insertion et évidemment de l’argent. Le magnétique et communicatif Steven Yeun porte alors sur ses épaules cette construction du Rêve Américain aux échos très contemporains et aux résonnances très Fordiennes à la fois.
2 – DUNE (Denis Villeneuve – USA).
Vole comme un Harkonnen, pique comme un Atréides.
Et si Denis Villeneuve réussissait l’impensable : adapter le chef d’oeuvre littéraire SF Dune. Lynch s’y est essayé avec un succès relatif. Jodorowsky n’est pas arrivé au bout. Après 2h36, force est de constaté que le Canadien semble pourtant bien parti pour inscrire sa saga parmi les classiques du 7e Art. On pourra lui reproché sa froideur ou la puissance dévastatrice et assourdissante de sa bande son. Mais c’est aussi ce qui forge sa légende. Autant que son esthétisme hallucinant de beauté dans la conception et la réalisation d’univers unique et si impactant visuellement. Le casting n’est pas en reste, convoquant ce qu’Hollywood fait de mieux, y compris les jeunes premiers Chalamet et Zendaya jusqu’à l’overdose. Vivement la suite !
1 – Sound of Metal (Darius Marder – USA).
Riz Ahmed légendaire !
Co-scénariste des premiers films de Derek Cianfrance, Darius Marder s’émancipe derrière la caméra sous les drums agressifs et déchargés de Riz Ahmed. Sound of Metal, c’est son histoire. C’est plutôt l’histoire de Ruben et Lou, écorchés par la vie pour diverses raisons, mais sur la voie de la rédemption. Leur couple enchaine les concerts jusqu’à ce que la surdité fait son apparition. Le crash de trop pour ses deux êtres lumineux à fleur de peau. La suite sera une merveille de film Indie qui sait croquer au plus près les âmes souffreteuses de l’Amérique contemporaine. A la qualité d’écriture du film s’ajoute une puissante exploration du handicap et de ses conséquences à l’heure de Big Pharma. Une immersion totale portée par deux des meilleurs interprètes de l’année 2021, Olivia Cooke et Riz Ahmed.
Comme pour chaque fin d’année et sa rétrospective, nous nous sommes livrés au classement traditionnel des 10 meilleures spectacles de l’année 2021. Le classement retenu s’attache à des écritures théâtrales nouvelles, singulières, audacieuses, revisitées ou plus intimes, portées par une qualité de jeu toujours extrême, sans oublier le one man show, pour un théâtre qui parle forcément de nous pour mieux parler des autres et donc du monde. Excellente année 2022 à tous.
1) « La Mouette », d’après Anton Tchekhov, adaptation et mise en scène Cyril Teste
2) « Les Frères Karamazov », d’après Fédor Dostoïevski, adaptation et mise en scène Sylvain Creuzevault
En 2021, l’Atelier des Lumières illumine ses murs avec des oeuvres du célèbre peintre espagnol et surréaliste Salvador Dali. Même immobiles, les tableaux semblent en mouvement, alors voir les motifs réellement s’animer a quelque chose de magique, avec les montres coulantes et éléphants sur pattes échasses. Ce sont 60 années créatrices qui sont révélées au son de la musique planante du groupe anglais Pink Floyd, un alliage parfait.
Une oeuvre singulière mise en mouvement
Les plus fanatiques de Pink Floyd reconnaitront les morceaux Time, Another Brick in the Wall, Shine on you Crazy Diamond ou Atom Heart Mother tandis que défilent les oeuvres exposées à travers le monde au Théâtre-Musée Dalí à Figueres, au Dalí Museum en Floride, au Musée Reina Sofía à Madrid, au MoMA à New-York, l’occasion d’admirer des oeuvres extrêmement fidèlement reproduites au cœur de Paris. L’occasion aussi de méditer devant des toiles aux multiples niveaux de lecture,, tant philosophiques que psychanalytiques, pour une plongée resplendissante dans un univers surréaliste profondément personnel. Les oeuvres sont déployées et animées sur le sol et les murs jusqu’à 10 mètres de hauteur, de quoi se laisser aller à un vertige assez unique. Les détails des coups de pinceau et des traits sautent aux yeux pour des jeux de matières qui dévoilent tous leurs secrets. Les peintures, dessins, photographies, installations, films et images d’archives soulignent la personnalité unique d’un peintre parfois considéré comme un illuminé avec sa célèbre moustache et son regard puissant. Obsessions pour l’étrange et le surnaturel cohabitent dans un parcours de 30 minutes qui ne cesse de surprendre. Le spectacle visuel est complété par quelques minutes consacrées à Gaudi avec des détails architecturaux et un focus particulier sur les détails de la Sagrada Familia.
Comme avec Klimt ou Van Gogh auparavant, le spectacle visuel est fascinant, ébouriffant, spectaculaire, dans le respect des règles sanitaires. Cet évènement se clôture le 2 janvier 2022, il faut donc se dépêcher avant de découvrir Cézanne à partir de février 2022, ça n’arrête jamais à l’Atelier des Lumières!
L’orchestre des animaux joue Beethoven, des Editions Usborne
Publik’Art vous avait déjà fait découvrir les livres musicaux des Editions Usborne : Le Carnaval des animaux, avec plusieurs extraits de l’œuvre de Camille Saint-Saëns.
Aujourd’hui, c’est la découverte de Beethoven, avec L’orchestre des animaux joue Beethoven. Une pure merveille. Notre coup de cœur !
Le principe reste le même. L’album est entièrement cartonné, très joliment illustré et nous fait découvrir Beethoven, sa vie et sa musique. Cinq extraits ont été sélectionnés : la symphonie n°5, la symphonie n°6, le concerto pour piano n°5, la symphonie N°9et le concerto pour violon. C’est juste sublime !
Les illustrations sont très colorées et riches de multiples détails. Le jeune lecteur découvrira la vie de Beethoven et sa musique ! Il pourra également créer sa propre histoire basée sur son observation !
Même si les extraits ne durent que quelques secondes, l’enfant peut appuyer sur le bouton pour les réentendre à volonté ! Il est aussi possible d’écouter d’autres morceaux de Beethoven en allant sur la page usborne.com/fr/quicklinks
L’orchestre des animaux joue Beethoven, est notre coup de cœur ! A avoir absolument dans sa bibliothèque !
C’est dans l’intimité de son petit chez soi et avec affabilité que Kid Loco, alias l’artiste et producteur Jean-Yes Prieur nous a reçu. Dans un salon rempli de livres et d’albums, il a accepté de revenir sur sa déjà riche carrière et d’expliquer ses intentions pour un nouvel album appelé Born in the 60s. Il hante la scène française depuis maintenant près de 40 ans et n’a pas fini de nous surprendre, à en juger par ses références répétées à un nouvel album à sortir… dans un temps indéfini. Né dans les années 60, Kid Loco invoque dans son nouvel album des madeleines de Proust issues de sa jeunesse. Born In The 60’s contient des reprises des Rolling Stones, des Stooges, de Pink Floyd, des Temptations, de quoi donner envie d’en savoir plus.
Un artiste constamment sur la brèche
Pour beaucoup, Kid Loco reste attaché à la période des années 90 où la French Touch a déferlé sur le monde avec notamment Air, Daft Punk, Etienne De Crécy, Dj Cam, Dimitri From Paris et Cassius. Avec son album de 1997 A Grand Love Story, Kid Loco a connu une renommée comme un arbre qui cache une forêt. Car si l’album l’a fait connaitre, ce serait réducteur de le réduire à ce simple épisode d’une longue carrière. L’artiste a commencé à confectionner des albums à la maison dès le début des années 80 avant de notamment travailler avec Bérurier Noir via son label BondageRecords. A travers ses propos, on sent l’amour du travail bien fait, quitte à se passer des grandes structures. Cette étape au cœur de l’univers rock tricolore a perduré jusqu’en 1989 avant de passer à autre chose, et plus précisément à l’électro avec des Samplers, des influences reggae et de l’électro à fond les ballons. Passé par la case DJ, Jean-Yves a fait émerger Kid Loco aux environs de 1995 avant de sortir un premier album remarqué au cœur de la vague French Touch. Les samplers font sa renommée grandissante, avant un second album moins couronné de succès et la rencontre avec Tim Keegan. Tous deux réalisent alors des reprises qui apparaissent sur l’album Kill your darlings. Le 3e album est réalisé au piano avec Kid Loco à la voix et des sensations plus pop. Voilà, c’est toute l’histoire d’une carrière où les influences se mélangent et où les routes se croisent. Suite à la réédition des premiers albums par Wagram à partir de 2009, la décision de faire un 5e album est prise alors que lui-même réalise alors beaucoup de productions et de remix. Aujourd’hui, ce sont 11 titres qui composent Born in the 60s; il y chante avec Tim Keegan également, pour faire ressurgir des morceaux marquants de son passé comme autant d’étapes d’une vie riche de rencontres. Arnold Layne de Pink Floyd est notamment marqué par un rythme très Boléro de Ravel sur le break du milieu pour se détacher de la version originale et marquer une vraie originalité. Sunny de Bobby Herbb fait écho à la version originale de la chanson achetée chez Gibert pour une vraie anecdote personnelle. En grand fan de Stax, Kid Loco reprend Suspicious minds d’Elvis Presley pour marquer son gout pour la country soul. Les morceaux repris des Temptations (My Girl), Grateful Dead (Casey Jones) ou des Rolling Stones (Back Street Girl) sont tous reliés à des histoires personnelles qui donnent des vraies touches personnalisées aux morceaux. Little doll repris des Stooges est chanté avec Olga Kouklaki, autre grande complice de l’artiste. L’album est une belle pépite qui montre bien l’univers foisonnant d’un Kid Loco bien décidé à ne pas s’arrêter de si tôt!
Pas de concerts prévus pour porter l’album sur scène, la galette est prévue pour le 28 janvier avec un retour aux affaires du chanteur avant un nouvel album… encore en projet!
Les vins rouges de l’appellation Coteaux du Vendômois proposés à la dégustation sont des reflets fidèles de ce que cette région viticole trop secrète et pas assez connue peut proposer dans le respect de son terroir. Les 3 vins sont des assemblages de 3 cépages biens connus, le Pineau d’Aunis local, le Cabernet Franc et le Pinot noir, avec parfois une touche de Gamay. De quoi donner envie d’en savoir plus sur le savoir faire des viticulteurs de la région.
Le Haut des Coutis 2018 sans sulfite ajouté des Vignerons du Vendômois
Ce vin est composé de 100% de Pineau d’Aunis, avec des vignes plantées sur 1 ha pour un volume de 4700 bouteilles. Ce millésime 2018 a été récolté en octobre 2018 avec es raisins à pleine maturité pour allier la fraîcheur naturelle du Pineau d’Aunis à une belle intensité. L’aromatique du vin est liée à l’expression du terroir d’argiles à silex. Le millésime 2018 est solaire et apporte rondeur et générosité. La vinification du cépage Pineau d’Aunis pur a été réalisée sans sulfite ajouté. A l’œil, la robe est rouge intense, limpide et brillante. Au nez, on peut sentir un bouquet frais, exhalant des arômes de fraise et de petits fruits noirs, avec un fond d’épices, zan et réglisse. La bouche est ronde et chaleureuse avec la vivacité juteuse du fruit. Les tanins sont soyeux et tapissant avec toujours les fruits rouges et fruits à noyaux, ainsi que des épices et du bois fumé. Le vin peut se garder 5 à 6 ans, il est parfait pour un apéritif et pour accompagner charcuteries, ribs de porc et agneau grillé ou rôti. Le vin est distribué en vente directe, chez des cavistes et dans les restaurants locaux. Son prix TTC départ cave : est de 9,00 euros pour un beau moment de dégustation.
La Cuvée Benjamin 2020 du Domaine du Four à Chaux
Cette cuvée très originale s’exprime sur des arômes d’épices de poivre et de fruits rouges comme la framboise et la cerise. L’attaque est souple avec un milieu de bouche composé de la même gamme aromatique de petits fruits rouges. La finale retour est particulièrement portée sur les épices. La vin accompagne parfaitement gibiers, plats épicés, viandes blanches, bavette à l’échalotte et petit salé. Le vin est distribué en vente directe, chez les cavistes et CHR. Son prix TTC départ cave est de 5,20 euros, un prix très attractif comme souvent pour les vins des Coteaux du Vendômois, surtout ramené à sa qualité.
Vieilles Vignes Aunis 2020 de Charles et Florent Jumert, Domaine de La Berthelotière
Le faible rendement des Vieilles Vignes donne des vins poivrés, très structurés à la couleur cerise très murs. Le vin s’accorde parfaitement avec des viandes rouges, ainsi que des gibiers mais également des fromages. Son temps de-garde optimal se situe entre 5 à 8 ans avec une température idéale de consommation entre 13 et 15° C. Le vin est distribué en vente directe et chez les cavistes. Son prix TTC départ cave de 6,50 euros est très attractif, un vin de même qualité provenant d’une région viticole plus réputée serait au moins le double, une bonne raison de plus de se laisser tenter, comme toujours avec modération.
Le Cambodge est certes un petit pays de 16 millions d’habitants mais il offre régulièrement des films qui interpellent sur une société en mouvement. Le réalisateur Kavich Neang propose un premier film prenant pour cadre un immeuble historique de la capitale Phnom Penh, héritage d’une période de tous les possibles mais bien lointaine face aux enjeux capitalistes d’aujourd’hui. Le film suit une galerie de personnages confrontés à la réalité d’un monde qui ne fait pas de quartier. Entre les sacrifiés et lees exclus, le tableau du Cambodge d’aujourd’hui fait peine à voir.
Un film juché dans le réel
Phnom Penh fut autrefois le cadre d’un développement urbain fulgurant initié par le roi Sihanouk. Des quartiers entiers furent érigés dans un plan d’urbanisme global ambitieux inspiré de l’architecture brutaliste du Corbusier et visant à moderniser la cité. Mais c’était avant le cauchemar des Khmers rouges à l’origine d’un drame humain qui a vidé la ville de sa population et de sa jeunesse. A la fin de cette période sanglante aux millions de morts, une population abattue est venue reprendre possession des habitations, dont cet immeuble blanc autrefois résidence d’état destinée aux fonctionnaires du ministère de la Culture. C’est dans ce lieu presque insalubre et plus guère blanc que vivent des habitants attachés à ce lieu de mémoire que des promoteurs veulent raser pour ériger un nouvel ensemble plus luxueux et remplacer des habitants démunis par une nouvelle génération d’habitants plus aisés. Le réalisateur suit Samnang, jeune habitant du white building de vingt ans, héritier de cette génération meurtrie qui a réinvesti ce lieu pendant les années 80 pour panser les blessures du passé. Le réalisateur montre la vie quotidienne d’un véritable ghetto urbain où les habitants se connaissent et ne font plus attention aux fuites d’eau qui dégoulinent le long de murs noirs de crasse. Les promoteurs proposent un dédommagement aux habitants pour les faire partir, jusqu’à créer une dissension querelleuse entre les habitants, certains sont tentés d’accepter tandis que d’autres persistent à refuser, au risque de se faire expulser sans compensations comme ceci semble avoir déjà eu lieu dans des immeubles voisins. Mais la jeunesse a des rêves et Samnang rêve de devenir danseur professionnel, jusqu’à se demande si quitter les lieux ne serait pas préférable pour lui. Kavich Neang ausculte une vraie micro-société à l’ambiance de village à l’intérieur de la métropole, avec ses habitudes et son voisinage omniprésent et bruyant. Le film devient une étude de la société cambodgienne à hauteur d’hommes et de femmes, avec ses solidarités, ses dissensions et son avenir incertain. Le film se découpe en 3 chapitres pour montrer un passé très lointain pour les plus jeunes et bien présent pour les ainés, et l’impossibilité de se battre à armes égales contre les puissances financières du présent.
White building ne manque pas d’images fascinantes pour suivre une société cambodgienne otage des forces de l’argent et encore tiraillée entre traditions familiales et aspirations des plus jeunes. Difficile de ne pas être séduit par un film aux ambitions si vastes.
Synopsis: Samnang, 20 ans, doit faire face à la démolition de la maison qu’il a toujours habitée à Phnom Penh, le » White Building « , et aux pressions de la famille, des amis et des voisins qui surgissent et se croisent alors que sonne la démolition du bâtiment.
Les animaux sauvages, dans la Collection Mon livre sonore à toucher (Usborne).
Les Editions Usborne ont une très belle collection : Mon livre sonore à toucher.
Le jeune lecteur appuie sur le bouton, qu’il repère à toute vitesse, et il entend des sons.
Publik’Art vous avait partagé son enthousiasme avec l’album Au bord de la mer, cette fois-ci, il s’agit des animaux sauvages.
Même l’adulte va découvrir les sons des animaux et surtout le bon vocabulaire quant à leurs expressions orales !
Les ours grondent, le loup hurle, le morse siffle, le renne brame, et l’hippopotame, il fait quoi ? et les suricates ? et le dromadaire ? et l’ara macao ? De très jolis dessins accompagnent les cris des animaux. Très colorés et vivants. L’album tactile et sonore est entièrement cartonné, avec des « trous » qui permettent au jeune lecteur de s’approprier physiquement le livre.
Les animaux sauvages, dans la Collection Mon livre sonore à toucher, un très bel album à avoir dans sa bibliothèque !