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Monstrueuse féérie de Laurent Pépin, un roman psychologique entre rudesse et lucidité

Roman court, à peine 100 pages, plus sûrement une nouvelle, en tout cas le début d’un triptyque qui fascine par ses règles très éloignées des standards habituels, ou son absence de règles justement. Pas de début ni de fin, un monologue entre passé et présent, entre rêve et réalité, entre folie et lucidité? L’auteur Laurent Pépin est psychologue clinicien, il ne donne pas de nom à son narrateur à l’équilibre déséquilibré, qui semble glisser doucement mais sûrement sur la pente d’une psychose qui le dévore. Tout est affaire de supposition, rien n’est figé et chacun peut y trouver ce qu’il souhaite. Roman autobiographique, fruit d’observations quotidiennes auprès de ses patients, l’imagination est reine et il faut se laisser emporter par une lecture semblable à une ivresse, tout à tour ardue, douloureuse et réjouissante.

Un roman de tous les possibles

Le lecteur attentif sait bien dès le départ que le roman qu’il tient dans le mains n’apportera pas de réponses définitives au chemin psychologique tourmenté du narrateur. Il lui faut déjà comprendre que l’écriture en italique renvoie à des réminiscences du passé et que l’écriture droite suit un présent tortueux. Les mots utilisés sortent du cadre commun, le personnage principal est un psychologue au jargon très personnel, comme un langage poétique utilisé autant pour comprendre ses patients (aka ses monuments) que pour se protéger. Car son histoire est singulière avec des parents dysfonctionnels qui l’ont marqué à jamais. Sont-ils stricto sensu à l’origine de ses tourments névrotiques, le roman laisse la porte ouverte. Il force en tout cas à se projeter dans un esprit tortueux car le narrateur psychologue côtoie lui-même la folie quotidiennement, jusqu’à flouter encore un peu plus ses repères. Au fil des pages, ce qui pourrait apparaitre comme de la folie prend des atours de plus en plus normaux, le lecteur peut abandonner ce qu’il sait de la vie pour se figurer la réalité d’un état schizophrénique. Le jour et la nuit semblent se confondre, la bienveillance devient une manipulation cachée et ce qui peut ressembler à de la la torture psychologique passe pour un acte d’amour. Mieux vaut lire le livre bien assis dans son fauteuil sous peine de tanguer sous le coup des bourrasques poétiques de l’auteur, car il réussit le tour de force de faire rentrer dans un univers qui pourrait passer pour totalement délirant selon le point de vue, mais à la logique irrésistiblement fascinante. Comment parler de ce livre hors-norme sans évoquer les parties cauchemardesques et, a contrario, cette fausse légèreté mettant le personnage comme en apesanteur. Les scarifications et la boulimie morbide alternent avec un vocabulaire de conte de fée, sans vraiment savoir ce qui fait le plus partie du réel ou de l’imaginaire.

Le mélange opéré par l’auteur est saisissant car il interroge in fine sur soi-même et sa propre vision du monde. Le cataloguer comme une plonger dans la folie est réducteur, mais c’est faire preuve d’angélisme que de ne pas souligner la souffrance constante ressentie par ce narrateur obligé de parcourir un territoire psychologique rempli de pièges. Ne reste plus qu’à découvrir les 2 autres tomes du triptyque pour savoir où l’auteur va bien pouvoir mener le lecteur. 100 pages pour ce premier volet, c’est court mais intense.

Synopsis: Depuis toujours, j’ai du mal à établir des contacts avec les gens « normaux ». Quand je suis dans le trou noir, la tronche à l’envers, avec l’envie d’engueuler le vent et les oiseaux, je me dis parfois que ce sont des modèles en série, des ersatz, des brumes floues, sans consistance.
Alors que les bizarres, c’est plus noble. Eux, ce sont des modèles uniques qui sont nés sans mode d’emploi et en kit et qui ont dû se fabriquer seuls. Alors, bien sûr, ça donne des constructions très personnelles. Les idées ne sont pas au bon endroit, ou bien elles sont morcelées ou trop vastes, sans limites. Et parfois, il manque des pièces. C’est le problème des trucs en kit.
Je suis devenu psychologue et je travaille dans ce Centre. Souvent mon boulanger me demande si ce n’est pas trop dur de travailler avec « les fous ». Moi j’ai envie de lui répondre que ce qui est vraiment dur, c’est plutôt ce genre de dialogue, mais je me tais.
Et je ne peux pas répondre que parmi les Monuments, on peut parfois trouver des elfes.

Editeur: Flatland édition

Auteur: Laurent Pépin

Nombre de pages / Prix: 100 pages / 8,50 euros

Le Festival Les femmes s’en mêlent est de retour du 15 au 27 novembre 2021

La programmation de cette nouvelle édition du festival Les Femmes s’en mêlent annonce la couleur avec notamment Brisa Roché, Laura Cahen, Sônge, Dope Saint Jude, Ottis coeur, Sophia Kennedy, Natalie Bergman, c’est un programme qui fait envie pour des concerts entre Paris, Pantin et Montreuil. La dernière édition remonte à 2019, autant dire que ce retour se veut écléctique et passionnant pour reprendre le gout de la fête dans des conditions sanitaires optimales.

Le retour des good vibes

Le festival des Femmes s’en mêlent ne se déroule plus au printemps comme en 2019 mais à l’automne avec des artistes féminines investies et prêtes à mettre le feu. Entre le 15 et le 27 novembre, des très nombreuses artistes vont intervenir dans différentes salles entre Paris, Pantin et Montreuil. L’objectif de soutenir des artistes femmes permet de programmer un large éventail d’artistes, jeunes et moins jeunes, intimistes ou plus explosives. Depuis sa création en 1997 par Stéphane Amiel, les femmes ont toujours été au centre du dispositif pour leur permettre une meilleure représentation. Maintenant que le gros de la crise sanitaire semble derrière nous, c’est le moment de donner un nouveau coup de pouce à celles qui ont souffert d’une sacrée période de vaches maigres. La programmation propose 80% d’artistes françaises et un bon nombre de musiciennes un peu barrées qui passent un peu trop souvent sous le radar des radios hexagonales. Pour en citer un certain nombre dans une liste non exhaustive, on peut citer La Battue, Good Morning TV, Vulves Assassines, Romane Santarelli, Tracy deSa, MZA, Minuit Machine, Cœur, les rappeuses de la Souterraine avec Turtle White, Yelsha, Ngielix, la liste est longue. Si le festival a à cœur de révéler des nouvelles artistes pleines de promesses, il aime à suivre celles qui se sont installées sur la scène musicale comme Laura Cahen, Elsie Caron et Brisa Roché. Le festival est destiné à se localiser dans dans tout Paris avant de visiter d’autres villes de France avec des concerts itinérants pour permettre de découvrir des artistes internationales ou françaises au tout début de leur carrière.

Conférences, networking, projections et concerts sont au programme pour une nouvelle édition riche et variée à découvrir, plus d’informations sur le site lfsm.net.

Le Concert Extraordinaire présente un spectacle irrésistible avec les chansons d’Elton John, The Rocket Man – A tribute to Sir Elton John

Quelle joie de pouvoir assister au concert à Paris Salle Pleyel le 21 octobre comme un avant gout de la tournée prévue dans toute la France en 2022. Le spectacle The Rocket Man – A Tribute to Elton John a été imaginé par Richard Walter Productions pour rendre hommage à l’un des plus grands musiciens de tous les temps, Sir Elton John, lui dont le biopic récent a connu un succès mondial phénoménal, remettant au gout du jour son répertoire. Un spectacle enthousiasmant, rien de moins!

Un spectacle musical vertigineux

Pour incarner Reginald Kenneth Dwight, il fallait un performer à la hauteur du phénomène. Jimmy Love s’acquitte de la tâche avec un réalisme déconcernant et surtout avec la touche de folie nécessaire pour être parfaitement crédible. Et comme la ressemblance physique est bluffante, le tour est joué et les spectateurs n’ont plus qu’à chantonner en chœur les hymnes ultra connus de la star britannique. Il arrive sur scène en fanfare pour entonner le tube des Who, Pinball Wizard, les spectateurs comprennent qu’ils vont en profiter au maximum. La première partie enchaine les costumes de scène fantasmagoriques ornés de plumes, on s’y croirait. Le concert de 2 heures se sépare en 2 parties, d’abord les tubes des années 70 avec notamment Candle in the wind, Rocket Man, Tiny Dancer, Bennie and the Jets et Goodbye Yellow Brickroad. La seconde partie revient sur les tubes planétaires des années 80, I’m still standing, Sacrifice et Don’t go breaking my heart. Les musiciens qui accompagnent le chanteur sont très bons et le son est impeccable, la basse résonne sans grésillements, les enchainements sont au poil. Et comme le chanteur en profite également pour raconter les histoires des principaux morceaux, le public est conquis. Surtout que la star chante, parle, virevolte, à se demander combien il a de poumons. Les fans sont comblés mais au final le spectacle ravit absolument tout le monde, fans ou moins fans. 2 heures de show n’est pas de trop pour revisiter toutes les périodes du chanteur. Ce spectacle fait suite au déjà très réussi One Night of Queen qui se joue dans tous les Zéniths de l’hexagone

La tournée The Rocket Man reviendra en France en avril 2022 pour une vaste tournée d’une vingtaine de dates dans toutes les grandes villes de France. Légende multirécompensée de la musique, Elton John a vendu plus de 400 millions d’albums vendus à travers le monde avec une centaine de tubes incontournables. Jimmy Love incarne parfaitement Elton John, de quoi se laisser aller à un spectacle haut en couleurs!

Dates de la tournée 2022:
AMIENS / ZENITH – JEU 28/04/22 – 20H00
CHALONS EN CHAMPAGNE / LE CAPITOLE – VEN 29/04/22 – 20H30
AMNÉVILLE / LE GALAXIE – SAM 30/04/22 – 20H30
STRASBOURG / PALAIS DES CONGRÈS – MAR 3/05/22 – 20H00
MONTBÉLIARD / AXONE – MER 4/05/22 – 20H00
DIJON / ZENITH – JEU 5/05/22 – 20H00
CLERMONT FERRAND / ZENITH – BEN 6/05/22 – 20H30
LYON / AMPHITHEATRE – SAM 7/05/22 – 20H30
ORLEANS / ZENITH – MAR 10/05/22 – 20H00
RENNES / LE LIBERTÉ – MER 11/05/22 – 20H00
NANTES / CITÉ DES CONGRÈS – JEU 12/05/22 – 20H00
CHATEAUROUX / LE MACH 36 – VEN 13/05/22 – 18H00
BORDEAUX / ARKÉA – SAM 14/05/22 – 20H30
NARBONNE / ARENA – DIM 15/05/22 – 18H00
NICE / ACROPOLIS – MAR 17/05/22 – 20H00
MONTPELLIER / ZENITH – MER 18/05/22 – 20H00
TOULOUSE / ZENITH – JEU 19/05/22 – 20H00
MARSEILLE / LE SILO – VEM 20/05/22 – 20H00

[BD] Blacksad, tome 6 : 8 ans d’attente et alors ? (Dargaud)

[BD] Blacksad, tome 6 : 8 ans d’attente et alors ? (Dargaud)

Qui ne l’attendait pas ? C’est à croire que John Blacksad, le détective privé le plus populaire du neuvième art, avait presque tenté de disparaître… Evidemment, personne ne l’a oublié durant ses huit années sans nouvelles. L’attente a été longue. Alors, tout tombe est venu y mettre fin, annonçant même une suite, donc un tome 7, dès 2023 !

C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve l’univers New Yorkais de Blacksadqui est confronté à une mission des plus difficiles : protéger le Président du syndicat des travailleurs du métro, menacé par la mafia. Entre hommages appuyés au monde du théâtre, ses lumières et ses paillettes, et l’univers sombre des bas fonds de la ville, l’album fait osciller deux facettes d’une même pièce dans un scénario plutôt bien construit. Ce dernier est certes assez classique, mais cela n’enlève rien au plaisir de le découvrir. 

Ce dernier album de Blacksad séduit avant tout par son dessin toujours aussi fourni et inspiré. La patte de Juanjo Guarnido (dont on avait aussi adoré le travail sur Les Indes Fourbes) est à n’en pas douter l’atout phare de la série, débordant de détails aux couleurs chatoyantes. De véritables tableaux que l’on admire de page en page. 

Bref, avec ce Blacksad, on retrouve un membre de la famille que l’on avait pas vu depuis longtemps. Et ça fait du bien.

Extrait de la BD :

 

Résumé de l’éditeur :

Chargé de protéger le président d’un syndicat infiltré par la mafia à New York, John Blacksad va mener une enquête qui s’avèrera particulièrement délicate… et riche en surprises. Dans cette histoire pour la première fois conçue en deux albums, nous découvrons à la fois le quotidien des travailleurs chargés de la construction du métro dans les entrailles de la ville, mais également la pègre et le milieu du théâtre, contraste absolu entre l’ombre et la lumière, le monde d’en bas et celui d’en haut incarné par l’ambitieux Solomon, maître bâtisseur de New York. Le grand retour de la série star de la bande dessinée !

Date de parution : le 01 octobre 2021
Auteurs
: Juan Díaz Canalès (Scénario)
Juanjo Guarnido (Dessin, Couleurs)
Genre : Aventure, Action
Editeur : Dargaud
Prix : 15,00 € (60 pages)
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[BD] Nautilus, tome 2 : le vaisseau du Capitaine Nemo est de retour (Glénat)

[BD] Nautilus, tome 2 : le vaisseau du Capitaine Nemo est de retour (Glénat)

C’est le retour de notre agent secret préféré, accompagné cette fois du Capitaine Nemo, comme promis à la lecture de l’excellent premier album de NautilusL’agent britannique Kimball O’Hara se fait ici passer pour un français du nom de Jean Paillol, désireux d’éviter une guerre mondiale, parfait prétexte pour requérir l’aide du Capitaine du Nautilus et partir à la recherche de l’épave qui permettra de l’innocenter.

Ce deuxième tome, intitulé Mobilis in Mobile, va au-delà de ses promesses grâce à un retournement de situation très bien amené. Parvenant à maintenir un rythme toujours aussi haletant et sans aucune rupture, l’album jouit d’une narration fluide et équilibrée. Le divertissement est total, d’autant plus que le dessin et sa coloration sont toujours aussi réussis. 

Nautilus poursuit donc sur sa lancée avant un troisième album qui viendra conclure cette trilogie de très grande qualité !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Pour prouver son innocence, il plongera 20 000 lieues sous les mers.

Tout en se faisant passer pour un agent du gouvernement français du nom de Jean Paillole, Kimball parvient à faire évader Némo de la prison russe qui le retenait depuis plus de 10 ans. Avec son capitaine libéré, le légendaire Nautilus est prêt à se diriger vers la baie de Bombay où reposent toujours les documents que Kimball convoite tant. Le temps presse, l’évasion de Némo à fait grand bruit et Kimball est toujours suivi à la trace. Pourtant, le submersible n’a pas encore démarré que le ton monte entre les deux hommes. S’ils veulent s’en sortir, il devront rester soudés… Mais les dissenssions sont à chaque instant plus flagrantes. Une question reste alors en suspens : lequel trahira l’autre en premier ?

Deuxième partie d’un triptyque haletant, veritable course poursuite à l’échelle planétaire où se mêlent espionnage, situations inextricables et scènes spectaculaires, Nautilus continue de proposer un récit beau et palpitant.

Date de parution : le 20 octobre 2021
Auteurs
: Mathieu Mariolle(scénario)
et Guénaël Grabowski (dessin)
Genre : Aventure, Action,
Editeur : Glénat
Prix : 14,95 € (56 pages)
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[Comics] Reckless, nouveau polar coup de poing d’Ed Brubaker, Sean Phillips (Delcourt)

[Comics] Reckless, nouveau polar coup de poing d’Ed Brubaker, Sean Phillips (Delcourt)

Ils ont encore frappé. Après Un été cruel Ed Brubaker et Sean Phillips (également auteurs de Criminal, Pulp, Kill or be killed…) réitèrent avec Reckless. C’est donc un nouveau polar à l’odeur de souffre qui nous est offert sur un plateau.

Ils nous proposent de suivre un certain Ethan Reckless, propriétaire d’un cinéma de quartier et – pour les connaisseurs – titulaire d’une ligne téléphonique bien particulière : il suffit d’appeler et de laisser un message. Ethan s’occupera de régler votre problème quelqu’il soit tant que vous y mettrez le prix. De quoi couvrir les frais de son cinéma et de son unique salariée.

Dans ce premier tome (il s’agira d’une trilogie), Ethan – qui souffre d’une amnésie partielle, est rattrapé par son passé. L’occasion d’un scénario à rebours qui nous dévoile peu à peu qui était Ethan et pourquoi il se retrouve dans cette situation. Un récit parfaitement construit qui sait nous tenir en haleine de la première à la dernière seconde. Le dessin appuyé de Phillips est quant à lui un formidable catalyseur d’atmosphère, toujours noir et explosif. Effet maximum garanti.

Bref, on retrouve le cocktail idéal dont ils ont le secret : Reckless fait mouche. Vivement la suite.

Extrait de la BD :

 

Résumé de l’éditeur :

Ethan Reckless est un ancien étudiant radical. Son job? Régler les problèmes. Toutes sortes de problèmes, quels qu’ils soient… à condition d’y mettre le prix. Les activités d’Ethan Reckless lui ont fait rouler sa bosse, comme on dit. Et il ne craint pas grand-chose… Si ce n’est que son passé le rattrape. Et cela semble bien être le cas…

Date de parution : le 06 octobre 2021
Auteurs
: Ed Brubaker (scénario),
Sean Phillips (dessin), Jacob Phillips (couleurs)
Genre : Polar
Editeur : Delcourt
Prix : 16,50 € (144 pages)
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[BD] Amelia Woods, tome 1, récit fantastique à destination des plus jeunes (Vents d’Ouest)

[BD] Amelia Woods, tome 1, récit fantastique à destination des plus jeunes (Vents d’Ouest)

Diptyque à destination des plus jeunes, Amelia Woods amorce dans son premier album intitulé Le Manoir de Lady Heme un récit fantastique peuplé de créatures magiques venues perturber le séjour d’une jeune fille du nom d’Amélia arrivée en Angleterre pour étudier les oiseaux. Logeant dans un manoir hanté, la jeune fille va faire des rencontres étonnantes, qui ne manqueront pas de la questionner.

Reposant sur des ressorts légers et peut-être déjà vus, l’histoire souffre d’une certaine linéarité mais aussi de la crédulité de ses personnages, qui ressemblent plus à des caricatures d’eux-mêmes. Mais un lectorat plus jeune se sentira sans doute plus concerné ou plus à l’aise. Le dessin est quant à lui très agréable et moderne, à l’influence presque manga.

On ne peut que réserver notre jugement, Amelia Woods faisant partie de ces albums réservés à un public jeune.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

 Une jeune femme en quête de sa magique vérité. Angleterre, veille du XXesiècle, un manoir isolé au coeur d’une baie de carte postale. Amélia, jeune femme férue de rationalisme est venue pour étudier les oiseaux, s’éloignant de Londres et de son père, universitaire trop protecteur. Depuis le décès de sa mère, elle ne peut toucher autrui sans être assaillie par des flashs, des bribes de futurs étrangers, des émotions qui ne lui appartiennent pas et dont les irruptions la déstabilisent de plus en plus. Le manoir de Lady Hème aurait dû être le lieu tranquille où poser ses valises, apaiser son deuil, pour renouer avec certitudes scientifiques et cartésianisme… À l’inverse, la bâtisse semble concentrer les étrangetés autant qu’exacerber le malaise d’Amélia… Chat voleur et fantasque, petit bouc opiniâtre, logeuse inquiétante, architecture capricieuse, et mystérieux inconnu surgissant à la nuit tombée vont bouleverser la réalité de la jeune femme… Bientôt, toutes ses certitudes seront balayées.Magie et suspense sont au coeur de ce diptyque pétillant. Un récit initiatique dans lequel une «jeune femmemoderne» remet en cause tout ce qu’elle croit savoir et éveille sa part spirituelle afin de trouver sa vérité, à l’âge où sentiments et secrets familiaux sont susceptibles d’encore tout bouleverser.

Date de parution : le 22 septembre 2021
Auteurs
: Carole Breteau (scénario)
et Morgane Lafille (dessin)
Genre : Aventure, Fantastique, Jeunesse
Editeur : Vents d’Ouest
Prix : 14,95 € (56 pages)
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[BD] Dernier souffle : western muet et brutal de Thierry Martin (Noctambule / Soleil)

[BD] Dernier souffle : western muet et brutal de Thierry Martin (Noctambule / Soleil)

Fresque scénarisée jour après jour et image par image sur Instagram, Dernier souffle est un roman graphique muet improvisé par Thierry Martin et tout récemment édité dans une superbe version couleurs. Avec une page pour une image, on découvre un western à l’univers aussi surprenant que graphique. 

Un album expérimental qui met en scène un terrible élan de vengeance et se lit d’une traite. Le résultat est en effet d’autant plus efficace que le dessin est ingénieux. Suspens, rebondissements et terribles scènes de violence nous attendent au tournant. Une expérience nouvelle à découvrir.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

L’unique édition en couleurs du Dernier Souffle, un magistral western muet cinématographique, par le talentueux Thierry Martin !
Signé Thierry Martin, Dernier Souffle propose de suivre la traque obsédante et silencieuse, menée par un homme porté par le souffle de la vengeance. Une traque immuable aux multiples rebondissements dont les plus terribles prédateurs ne seront peut-être pas ceux qu’on imagine… Un western haletant né sur Instagram, un défi scénaristique et graphique, une improvisation maîtrisée, au jour le jour.
Date de parution : le 20 octobre 2021
Auteurs
: Thierry Martin
Genre : Western, roman graphique
Editeur : Soleil
Prix : 26,00 € (218 pages)
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Deleuze / Hendrix ou le précipité pop philosophique d’Angelin Preljocaj

 

Deleuze / Hendrix ou le précipité pop philosophique d'Angelin Preljocaj
Le nouvel opus d’Angelin Preljocaj-photo © JC Carbonne

Pas certain que Gilles Deleuze (1925-1995) ait écouté Jimi Hendrix (1942-1970). Hendrix le guitariste a-t-il lu Deleuze le philosophe ? Qu’importe ! Fasciné par les thématiques liées à la transcendance des corps, Angelin Preljocaj s’empare ici des enregistrements audio des cours de Deleuze dans les années 80 et de l’emportement électrique de la guitare de Jimi Hendrix qu’il confronte à la danse.

Une figure intellectuelle de la contestation de 1968 qui irrigue une pensée libre et un musicien novateur qui a fait basculer l’art de la guitare et la musique rock dans une autre dimension, tel est donc le duo choc et osé qui sert de fil rouge à ce nouveau geste chorégraphique. Dans cette archive sonore qui accompagne la chorégraphie, Deleuze traite avec humour et pertinence les réflexions menées par Spinoza autour de la question du corps et du mouvement dans son emblématique Éthique.

Et de ce mouvement de la pensée, processus perpétuel de remise en question, le chorégraphe l’applique à la danse où le corps sur scène est une onde vibratoire qui résonne avec l’espace et lui imprime une matérialité. Où s’expérimente la brûlure de vivre. Le goût du chorégraphe pour la philosophie lui avait déjà inspiré Empty moves, où la musique de John Cage déconstruisait par phonèmes l’essai de Henry David Thoreau « La désobéissance civile ».

Un précipité pop philosophique  

Le travail sur la voix apparaît aussi fréquemment dans ses créations : en 2012 ce sont les mots de Laurent Mauvignier qu’il questionnait avec ferveur dans “Ce que j’appelle oubli”.

Aujourd’hui avec huit interprètes (4 hommes / 4 femmes), Angelin Preljocaj en résonance avec le philosophe, fait se percuter une grammaire des corps et une expérience de la pensée. Les guitares débridées de Jimmy Hendrix alternent avec la bande son où la musique permet de contrebalancer les concepts décrits par Deleuze à l’abri d’une sensualité des corps et d’une chorégraphie propre à l’évocation du cycle de la vie : sexe, naissance, mort, et éternité.

Sur la scène, on y retrouve les corps investis des danseurs, entre complexes enchevêtrements et/ou duos, solos, qui impriment une danse physique et animale, portée par toute la dimension charnelle et émancipatrice de l’esprit vif du penseur et de l’élan irrépressible de la culture pop. Le tout est orchestré dans une esthétique ardente des corps sculptés par les créations lumières de Eric Soyer, et au plus près des rapprochements ou des évitements et des ruptures de rythme qui embrasent le plateau.   

Dates : du 20 au 23 octobre 2021 – Lieu : 104 (Paris)
Chorégraphe : Angelin Preljocaj 

Le duo Octantrion sort son nouvel album II le 22 octobre 2021 chez Quart de Lune / UVM Distribution / Idol

Octantrion est un duo pas comme les autres, plongé dans une musicalité très nordique, proche des fjords norvégiens et des grandes étendues glacées. Eléonore Billy et Gaëdic Chambrier enchainent les morceaux placides et apaisants autour de sonorités faisant la part belle aux instruments scandinaves anciens et aériens.

Une musique ancestrale ravivée

La musique du Nord empreint chacun des morceaux de l’album avec notamment 5 reprises de morceaux traditionnels suédois et islandais très peu connus par ici, qui accompagnent les compositions originales pour ouvrir à l’auditeur un univers bien loin des standards actuels. Comme le montre la pochette de l’album, le corbeau est l’étendard de cet opus qui invoque des cultures païennes remontant aux vikings. Les deux artistes ne se cantonnent pas à la tradition nordique et puisent également dans le folk et le blues à l’aide d’instruments acoustiques qui sentent bon le tour du chant au coin du feu. Les instruments traditionnels comme la nickelharpa, le cistre suédois, le tenorharpa suédois, le hardingfele norvégien ou la mandole celtique entrainent dans un univers musical proche de la lévitation. Et comme la harpiste Cécile Corbel est invitée, le son enrobe et fascine. Eléonore Billy est passionnée par les cultures et musiques scandinaves en musicienne passionnée des cultures et instruments scandinaves, elle n’hésite pas à utiliser les instruments aux noms compliqués pour créer une vraie atmosphère viking. Gaëdic Chambrier est un passionné des instruments à corde pincée pour tous types de guitare modernes ou anciennes. Les mélodies sont sublimes et l’album enchaine les morceaux qui entrainent par delà les mers. Difficile de commenter chaque morceau un par un, c’est un tout cohérent et passionnant. Tout juste peut-on parler du morceau The Dead King qui se rapproche du blues avec ce morceau chanté par Gaëdic à la manière d’un vieux briscard. Ensorcelant.

L’univers sonore de ce second album est d’une densité folle et rappelle qu’il n’y a pas que les boites à rythmes dans la vie, rien ne vaut le retour au sources pour toucher le corps et l’esprit.

Dates de concert annoncées en France:

* 22, 23 et 24 octobre : les Journandises, Journans (01)
* 31 octobre : 1ère partie de Cécile Corbel, Grésy-sur-Aix (73)
* 25 et 26 novembre : Concert à l’Hirondelle, Paris (6e)
* 28 janvier : Concert à l’ECFM, Canteleu (76) // en 1re partie de Josef Van Wissem
* 5 février : Salle du Cèdre, Bazemont (78)

Julien Green ou la défaite du désir. Journal intégral, vol 2 et 3, coll. « Bouquins », Robert Laffont.

Julien Green (1900-1998) photo Carl van Vechten

Julien Green ou la défaite du désir.
Journal intégral, vol 2 et 3, coll. « Bouquins », Robert Laffont, septembre 2021

Considéré à juste titre comme l’un des auteurs majeurs du XXe siècle français, Julien Green connaît depuis plusieurs années une traversée du désert dont aucune main ne semble pouvoir le sauver. De l’injuste sort qui frappe une œuvre pourtant complexe et foisonnante, riche de plusieurs milliers de pages, cette dernière semble porter quelques responsabilités qui méritent d’être éclaircies. Pourquoi donc ce silence autour de Green ? Pourquoi cet ostracisme ? Afin de répondre à ces questions, sans doute faut-il rappeler avec Rilke que « toute gloire est un malentendu », et que la gloire qui entoura longtemps l’œuvre de Green de son vivant n’était pas exempte de méprises qui contribuèrent grandement aux difficultés de sa postérité artistique.

De quelles méprises s’agit-il ? Romancier de la quête spirituelle, hanté par le sentiment d’une faute originelle et l’espoir d’une rédemption, Julien Green ne répugnait pas à se considérer comme un « écrivain catholique », à l’instar de Claudel ou de Bernanos, et l’on peut supposer que cette douteuse appartenance à une famille littéraire aujourd’hui quasiment tombée dans l’oubli n’ait pas été de nature à lui ouvrir les portes du paradis littéraire. Claudel ? Bernanos ? Mauriac ? Hormis une poignée d’historiens de la littérature, de dévots fervents et nostalgiques, qui se penche encore sur ces auteurs que notre siècle oublieux de la transcendance a condamné au silence ? Excommunié lui aussi par ses contemporains, l’auteur de Moïra et de Chaque homme dans sa nuit, aurait donc connu le même sort que ses compagnons d’infortune, et voilà qui expliquerait l’oubli de son œuvre.

Plausible, cette explication ne clôt pas l’énigme d’un destin littéraire où l’ombre l’a sans cesse disputé à la lumière. Pour comprendre le destin de Julien Green, reportons-nous à cette période de l’entre-deux-guerres où naissent ses œuvres les plus éblouissantes- Mont-Cinère, Adrienne Mesurat, Léviathan et Epaves– avant qu’un lent crépuscule ne vienne recouvrir le soleil noir de son inspiration. Est-ce alors que le malentendu a commencé ? Considéré à cette époque comme l’un des écrivains les plus prometteurs de sa génération, Julien Green voyait sa gloire éclore, tandis qu’au même moment lecteurs et critiques commençaient à se méprendre sur les sources profondes de son inspiration et sur le sens même de son œuvre. Romancier du désespoir et de l’absence de dieu, comparé tantôt à Kafka, tantôt à Dostoïevski, tantôt même à Camus, l’écrivain voyait ses romans exposés aux débats de l’époque, placés au cœur d’une constellation historique à laquelle ils demeuraient en vérité fort étrangers. Et c’est ainsi que peu à peu, inexorablement, Green, cessa d’être un contemporain de son siècle.

Un écrivain inactuel ?

Kafka ? Dostoïevski ? Camus ? Pour appréhender l’œuvre de Julien Green, sa rayonnante solitude au cœur du XXe siècle, tournons-nous vers le passé plutôt que vers le présent, plongeons dans les profondeurs d’un XIXe siècle qu’il affectionnait, lui qui avouait souvent « s’être trompé d’époque comme on se trompe d’étage. » Inactuel Green ? Qu’il suffise pour s’en convaincre de relire le Voyageur sur la terre, Mont-Cinère ou encore Léviathan, et plus aucun doute ne subsistera sur les racines lointaines de son œuvre. Sous l’apparent réalisme de ces romans, en dépit de leurs possibles affinités avec le sentiment contemporain de l’absurde et de la déréliction, c’est bien d’un XIXe siècle mâtiné de ferveur mystique et de puritanisme que s’inspire le jeune écrivain, lecteur enthousiaste de Hawthorne et de Poe. Ecrivain du présent, mais homme du passé, Julien Green aurait-il raté la marche du siècle ? Est-ce une telle méprise qui condamne aujourd’hui son nom à l’oubli ? Reconnaissons que si la grandeur de son œuvre lui offre une place indélébile dans l’histoire, le personnage central de ses romans est bien l’individu divisé et tourmenté du XIXe siècle, non l’homme libre et souverain, émancipé du conflit moral, qui sera la conquête la plus remarquable de la littérature contemporaine.

Le Journal intégral.

Si le romancier puise son inspiration dans l’Ancien monde, qu’en est-il de l’homme lui-même ? Longtemps tenue secrète, la publication en 2019 du Journal intégral de l’écrivain offrait enfin la perspective d’une connaissance plus complète de Julien Green. Qui était l’auteur de l’Autre sommeil ? Qui donc se cachait derrière le visage placide de l’écrivain catholique, de l’académicien en costume sombre, du bourgeois de la rue Vaneau ? A la manière d’un patient effeuillage, le premier volume du Journal offrait pour la première fois un portrait de Green dont aucun lecteur n’aurait pu pressentir la surprenante modernité. C’est que les quelque mille trois cents pages de ce journal écrites d’une main cristalline n’omettent rien du quotidien du jeune écrivain, partagé entre l’élaboration patiente de son œuvre et le tumulte d’une vie affective et sexuelle menée dans l’effervescence de l’entre-deux-guerres : amants de passage, drague diurne et nocturne, partouzes et maladies vénériennes, ferveur amoureuse et contrition intime, la substance même d’une vie d’homme et de créateur se trouvait consignée avec une précision et une sincérité forçant l’admiration. Accueilli diversement par la critique, suscitant tantôt le scandale et la réprobation, tantôt l’enthousiasme et le respect, ce volume avait au moins le mérite de révéler un visage totalement nouveau de l’écrivain. Romancier puritain ? Homme du passé ? Mystique ? Anachorète ? Rien de tout cela ! Dans ces pages admirables de beauté et de force, c’est bien un Julien Green d’aujourd’hui qui apparaissait au grand jour, un contemporain de notre XXe siècle, prêt à assumer la plénitude de ses désirs et le risque de sa liberté. Contemporain de Gide et de Montherlant, en somme, frère de plume et de sang de ces figures de proue en lesquelles notre époque peut encore se reconnaître.

« Toute ma vie »

Cette liberté était-elle un feu de paille ? Une brève flambée ? Reconnaissons que les volumes 2 et 3 du Journal (1940-1950), récemment publiés en septembre 2021, dépeignent un Julien Green nettement moins éclatant, comme gangrené par le mal insidieux de la honte et du remords, en lutte perpétuelle avec la part la plus vivante de lui-même. Quelle mélancolie ! Quelle tristesse dans ces pages crépusculaires, toute imprégnées déjà du renoncement de l’âge mûr ! Pour comprendre un tel revirement, replaçons-nous dans le contexte de l’époque, prenons la mesure de la crise intime que traverse alors l’écrivain. Nous sommes en 1940, une guerre sévit sur toute la planète. Fuyant son pays natal, exilé au cœur d’une Amérique lointaine, Green s’interroge sur le cours du monde et sur lui-même. Quel sens donner à son exil ? A son existence elle-même ? Quel temps lui est encore imparti pour vivre, aimer, écrire ? Sans doute légitimes de la part d’un homme au mitan de sa vie et de son œuvre, ces questions contraignent cependant l’écrivain à une révision déchirante de son passé. C’est que Green est en proie à une crise spirituelle qui le pousse à jeter sur sa défunte jeunesse un regard à la fois nostalgique et amer, empreint d’un profond sentiment de culpabilité. Que reste-t-il de cette vie vouée au plaisir et à l’insouciance ? Qu’est devenue son âme, autrefois promise à Dieu ? S’est-il trahi, renié, quand il se croyait au faîte de sa liberté ? On lira avec intérêt un document inédit, Todos es nada (1941), sorte de journal spirituel où s’exprime avec une franchise désarmante le conflit sexuel et religieux de l’auteur. Confronté au retour de l’élan mystique de son adolescence, brusquement interrompu par le décès de sa mère, l’écrivain entreprend au plus secret de lui-même l’une de ces remontées spirituelles dont il serait coutumier tout au long de sa vie et qui le laisseront chaque fois plus vaincu, plus divisé avec lui-même, oscillant entre la vaine tentation de l’ascétisme et les appels d’une sexualité indomptable. Quant à son œuvre romanesque, c’est à partir de ce jour qu’elle inclinera vers une forme d’apologétique chrétienne dont l’écrivain avait voulu se défendre dans sa jeunesse. L’homme Ancien est détruit, terrassé par l’homme Nouveau: le saint, le dévot, l’ascète.

Pauvre Green ! En dépit de leur richesse, ces nouvelles pages de son Journal, habitées par une lutte incessante entre l’âme et le corps, constituent moins le témoignage d’une victoire que d’une défaite existentielle. Et c’est dans l’ombre de cette défaite, celle d’une liberté qui n’a pas su s’accomplir, qui s’est reniée en ce qu’elle avait de plus vivant, que Julien Green, écrivain du présent et homme du passé, manque à jamais la marche de l’histoire où son œuvre aurait pu retentir.

[BD] Les vacances de Donald, album joyeusement régressif à lire et à relire (Disney, Glénat)

[BD] Les vacances de Donald, album joyeusement régressif à lire et à relire (Disney, Glénat)

Pour fêter les vacances de la Toussaint, les éditions Glénat viennent étoffer encore leur très belle collection Disney, avec un nouvel album cette fois à la gloire de Donald. Particularité des Vacances de Donald : un album muet qui nous replonge dans notre enfance comme une Madeleine de Proust des dessins animés d’antan.

Le scénariste Frédéric Brrémaud s’associe au dessin lumineux de Federico Bertolucci pour servir une virée en forêt, loin du vacarme de la ville. Mais la nature réserve son lot de surprises et de désagréments à Donald, pourtant bien décidé à passer de bonnes vacances, équipé de son appareil photo et de sa tente. Et pour notre plus grand plaisir, ce sont Tic et Tac qui s’invitent à la fête, en compagnie d’une colonie d’ours plutôt en forme.

Les Vacances de Donald nous enchantent comme une bouffée d’air frais et ensoleillé, à travers son dessin à l’esprit rétro, tout en finesse. Donald amuse la galerie avec beaucoup d’allure et de fluidité. Et toute la famille peut en profiter pleinement. Un très bel album, hautement et irrésistiblement régressif.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Folie légère.Donald n’en peut plus de la ville. Entre les sirènes à toutes heures, les travaux et les éboueurs, le tintamarre général a fini de lui taper sur les nerfs. Donald doit absolument s’éloigner de cet incessant remue-ménage s’il veut se reposer. Un peu d’air frais, le parfum des fleurs, le calme d’une région dépeuplée, voilà les seuls ingrédients dont il a besoin pour se requinquer. À peine cette pensée s’est-elle manifestée que voilà déjà Donald en train de rouler à pleine balle en direction de la campagne. Là-bas, il aura la paix ! Mais le sort ne sera pas si clément avec ce gaffeur de canard car pendant ses vacances, Donald fera tout sauf se reposer…Belle et désopilante, cette nouvelle création Disney est une formidable lettre d’amour adressée à Donald. Son malheur fait notre bonheur et, dans cet opus muet, Donald n’arrête pas de râler. Un livre signé Frédéric Brrémaud et Federico Bertolucci qui rappelle la frénésie des films d’animations Disney des années 1950.

Date de parution : le 20 octobre 2021
Auteurs
: Frédéric Brrémaud (scénario)
et Federico Bertolucci (dessin)
Genre : Aventure, Jeunesse
Editeur : Glénat
Prix : 15,00 € (48 pages)
Acheter sur : BDFugue

Rodolphe Lauretta dévoile son 2e album Kreolia le 15 octobre 2021 chez Cristal Records pour un grand moment de musique en liberté

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Rodolphe Lauretta est un saxophoniste né à Amiens de parents guyano-antillais. Il revient après Raw, son premier album sorti en 2017. Le second opus offre un mélange harmonieux et surprenant de sonorités jazz, funk, hip hop et caribéennes. La rencontre musicale est un régal à écouter, le 7e morceau de l’album, Anticipation avec Geneviève Artadi souligne par exemple l’apport d’invités prestigieux pour faire décoller la musique bien haut.

De la musique réjouissante

Rodolphe Lauretta n’est pas un inconnu du tout sur la planète jazz. Fait d’arme marquant de sa carrière, le programmateur au festival Jazz À Vienne et fondateur de Qwest TV aux côtés de Quincy Jones, Reza Ackbaraly, a passé commande en 2011 au saxophoniste d’un hommage au producteur culte de hip-hop californien Madlib. La création de The Jazz Side Of Madlib sur la scène du Jazzmix à Jazz à Vienne à l’aide d’un répertoire d’arrangements novateurs sur des instrumentaux du beatmaker américain a fait sensation. Les concerts se sont enchainés au festival Jazz sous les Pommiers, au Mona Bismarck American Center de Paris ou au festival Jazz à la Villette. Rodolphe Lauretta est également apparu dans des festivals de jazz en France avec le big-band afro-jazz Kelin Kelin Orchestra et a joué et enregistré avec le trompettiste Jason Palmer, le batteur Famoudou Don Moye ou le légendaire pianiste be-bop et jazz caribéen Alain Jean-Marie. Kreolia est une ode vibrante aux musiques d’ailleurs avec un cocktail jouissif de sonorités diverses. L’album Kreolia enchaine les morceaux virtuoses avec des instruments comme en liberté. Au sein d’une formation regroupant 5 improvisateurs virtuoses, le musicien se déchaine. Ses solos puissants sur le premier morceau titre fait tourner la tête. The Roy s’inscrit dans une même veine de free jazz sans limites. Brazilian Truth bénéficie des interventions rap de Med pour une explosion de couleurs. Ultraviolet est plus calme, carré mais lui aussi très jazz. We all are one laisse la primauté au piano avec l’intervention experte de Dwight Trible. Where to go se veut un aparté lumineux et spatial, presque pop. Mashupdistage revient vers un jazz décomplexé. Sauvée bénéficie de l’intervention de Ruppert Pupkin pour un grand moment de poésie. Smokinwis lord quas navigue du côté d’un jazz encore une fois décomplexé et Haïti conclut l’album dans des sonorités caribéennes.

L’expérimentation est reine dans cet album animé par des musiciens qui enchainent les morceaux de bravoure pour le plus grand plaisir de l’auditeur

Queen, paroles de fans aux éditions Le Camion Blanc, un livre pour mieux comprendre l’engouement populaire extraordinaire autour du groupe britannique

Queen a marqué plusieurs générations de fans depuis leurs débuts au tout début des années 70. Au fur et à mesure de l’évolution du groupe, certains ont abandonné la partie mais beaucoup plus se sont agglomérés à la cohorte très nombreuse des fans existants. Style plutôt glam au départ mâtiné de Hard Rock, pop symphonique, pop plus commerciale, Freddie Mercury glabre avec les cheveux longs ou moustachu, les périodes se sont succédées, drainant toujours plus de fans dans leur sillage. L’auteur Marie Berginiat revient aux éditions Camion Blanc sur plus de 50 ans de carrière pour tenter de comprendre l’engouement toujours présent autour du groupe.

Un livre de fans pour les fans

Pour qui est fan de Queen, le livre est une vraie mine d’or avec tous ces témoignages passionnés. Venus de tous les coins du monde, de France, Belgique, Bosnie ou Brésil par exemple, les fans interrogés dévoilent les origines de leur passion pour Queen avec des souvenirs toujours très précis. Première chanson découverte, effet ressenti alors sur le palpitant, musiciens préférés, impact de la mort tragique du chanteur en 1991, c’est un véritable panorama qui s’ouvre devant les yeux du lecteur. Quand on sait que le groupe vend encore des disques aujourd’hui en quantité considérable et que la tournée repoussée en raison de la crise sanitaire mondiale aura bien lieu en 2022, on comprendra aisément que le souvenir de Queen puisse être encore si vivace dans l’esprit des fans. Surtout que les fans de la première heure sont souvent encore là et qu’une quantité de plus en plus importante de nouveaux fans sont nés après la mort de Freddie Mercury, d’où leur souhait de pouvoir voir jouer le groupe sur scène. Les fans français ont déjà pris rendez-vous pour le concert à l’Accor Arena de Paris le 13 juillet 2022.

Pour se préparer à ce grand moment de retrouvailles, la lecture de ce nouveau tome de la collection Paroles de Fans permet de se mettre l’eau à la bouche pour revisiter le monument Queen à travers des témoignages qui titilleront les lecteurs qui eux aussi reviendront sur leurs propres souvenirs. Un must à lire absolument pour tout fan de Queen qui se respecte!

Synopsis: Queen fait partie des groupes qui ont su renouveler leur musique et leur esthétique, la formation devenant au fil du temps parfaitement polyvalente et hybride. Capable de basculer dans tous les genres musicaux, le quatuor britannique a su s’imposer grâce à des spectacles dantesques et un soin méticuleux pour son image. Il n’est donc pas étonnant que le premier fanclub à avoir officiellement vu le jour soit celui de Queen, dès 1975, année de la sortie de l’un de leurs plus grands albums : A Night At The Opera. Dès lors, la communauté des fans drainés par Queen n’a jamais cessé de croître. Aujourd’hui encore, l’annonce de la tournée avec Adam Lambert et, avant cela, la sortie du film Bohemian Rhapsody, ont permis à toute une nouvelle génération de se plonger dans les plus grands morceaux de la formation et de tomber sous le charme de Freddie Mercury, Brian May, John Deacon et Roger Taylor, à l’instar de leurs parents et grands-parents. Difficile de trouver mieux que les fans pour parler du mastodonte Queen ! Du moment de la découverte de la musique à l’annonce du décès de Freddie Mercury, en passant par leurs expériences de concerts et leur avis sur les albums et bandes originales de Queen, les amoureux du groupe se sont prêtés au jeu, nous livrant des expériences parfois drôles, parfois plus touchantes, mais toujours avec une passion dévorante. France, Brésil, Royaume-Uni, Belgique, Israël… De nombreuses personnes à travers le monde ont décidé de s’unir pour faire une véritable déclaration à leur groupe préféré, leur adressant amoureusement : « God Save The Queen » !

Editeur: Le Camion Blanc

Auteur: Marie Berginiat

Nombre de pages / Prix: 352 pages / 30 euros

[BD] La Cour des Miracles : trilogie très réussie de Piatzszek et Maffre (Soleil /Quandrants)

[BD] La Cour des Miracles : trilogie très réussie de Piatzszek et Maffre (Soleil /Quandrants)

Troisième et dernier tome de La Cour des MiraclesLe crépuscule des miracles clôt le chapitre de la révolte des gueux telle qu’imaginée par un duo d’auteurs rompus à l’exercice et bourrés de talents : Stéphane Piatzszek au scénario et Julien Maffre au dessin. Une aventure de capes et d’épées, où mousquetaires et soldats de La Reynie viennent croiser le fer d’une armée de gueux pour les chasser de la crasse capitale parisienne sur ordre du Roi Louis XIV. 

Au coeur de La Cour des Miracles vont se faire et se défaire les destins du roi des gueux, de ses successeurs et de son peuple, dans le sang mais sans les larmes. Car les affrontements sont violents, la volonté et la quête de vengeance toujours chevillées au corps. Convoquant luttes de pouvoirs internes, corruption à outrance et secrets bien gardés, la trilogie fait battre le pavé parisien à un rythme haletant, pour notre plus grand plaisir.

Le Paris du XVIIe siècle est superbement mis en scène à travers des planches extrêmement bien travaillées, explorant un environnement profondément insalubre et humide. Le dessin est toujours habile à orchestrer de très belles scènes d’actions tout comme il l’est à donner vie à des personnages hauts en couleurs grâce à des traits fins et naturels magnifiés par une coloration sublime.

Bref La Cour des miracles ne manque pas d’arguments. Une série que l’on regrette d’avoir déjà terminée.

 

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

La Cour des Miracles fait face à la ténacité du lieutenant La Reynie, déterminé à « nettoyer Paris » de la vilaine engeance qui déstabilise le pouvoir et terrorise les parisiens. Mais profitant de l’absence du roi Louis XIV au château de Saint Germain, la Reine de la Canaille entraîne les siens, guidés par le comédien Scaramouche à jouir des luxes du palais royal le temps d’une nuit de liesse…

Date de parution : le 22 septembre 2021
Auteurs
: Stéphane Piatzszek (scénario) et Julien Maffre (dessin)
Genre : Aventure, Historique
Editeur : Soleil
Prix : 15,50 € (64 pages)
Acheter sur : BDFugue

Green Urbex, Le Monde sans nous (Albin Michel)

 

Green Urbex, Le Monde sans nous (Albin Michel)

Dans la collection Beau Livre, les Editions Albin Michel nous propose le livre de Romain Veillon : Green Urbex. Avec un sous-titre très évocateur : Le Monde sans nous.


Ce très beau livre est illustré de photos toutes plus magnifiques les unes que les autres et surtout très impressionnantes. Romain Veillon a parcouru le monde à la recherche de lieux qui ne ressemblent plus du tout à ce qu’ils étaient il y a quelques années.

En effet, Romain Veillon a photographié des lieux qui ont tous un point commun : ils ont été abandonnés par l’homme, il y a plus ou moins longtemps. Et ce sont tous des lieux qui ont été splendides, un jour ! Des endroits qui continuent à transmettre leur histoire.

Le livre est composé de trois parties : la première, Au commencement, l’abandon. Puis la seconde partie est consacrée au Pourrissement. Et enfin, en dernière partie, La nature reprend le dessus.

Les photos parlent d’elles-mêmes. Que deviendrait la terre si l’Homme venait à disparaître ? Et la réponse est éloquente : elle se porterait à merveille !

Ce livre est préfacé par Sylvain Tesson qui n’a pas peur d’écrire : « Il y a bien une vie après la mort : les pissenlits ». Et c’est tellement vrai !

Publik’Art a trouvé ce très beau livre unique. Se consacrer à des lieux qui tombent en ruine et qui sont envahis par la végétation est un pari risqué. Mais réussi ! Chaque photo raconte une histoire passée et présente. On peut imaginer comment les lieux ont été habités autrefois, souvent somptueusement. Avant de lire ce livre, on pouvait penser que l’habitat était éternel. Eh, bien non ! Sans les bons soins de l’Homme, il se dégrade très vite ! On prend conscience de l’importance de nos gestes, de nos actes et de la fragilité de notre planète.

Les focus sur certains endroits sont riches d’enseignements.

Green Urbex, Le Monde sans nous, une référence à retenir et à découvrir sans tarder !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 30 septembre 2021
Auteur : Romain Veillon
Illustrateur : Romain Veillon
Editeur : Albin Michel
Prix : 39 €

Le film Ammonite disponible depuis le 5 octobre 2021 en DVD avec 2 actrices exceptionnelles

Ammonite se concentre sur des aspects intrigants de la vie de la paléontologue Mary Anning interprété par la grande Kate Winslet, et plus particulièrement sur la période en 1840. Dans une époque où les romances féminines abondent au cinéma, comme dans le récent Portait de la jeune fille en feu, le film Ammonite apporte un éclairage différent avec une femme habitée par sa passion, vivant chichement dans une maison en bord de mer et fuyant presque la compagnie de ses semblables, jusqu’à l’arriver d’une riche bourgeoise interprétée par Saoirse Ronan.

Une histoire d’amour féminine

Le 2e long métrage de Francis Lee après Seule la terre suit le même sillon, le premier film racontait déjà l’attirance entre un fermier du Yorkshire et un travailleur immigrant roumain. Le sujet s’intéresse maintenant à deux femmes dans un même environnement naturel hostile et rugueux, sans artifices ni effets de manche. L’héroïne passe tout son temps à récupérer des pierres incrustées de fossiles pour les vendre à des touristes ou à des musées. La paléontologue Mary Anning gagne ici une sorte de reconnaissance posthume, elle dont les qualités n’ont pas été vraiment saluées de son vivant. Le réalisateur Francis Lee s’inspire librement d’une existence mal connue pour imaginer une liaison entre l’héroïne issue d’un milieu modeste et une jeune femme de la haute société, logée chez elle pour se remettre de problèmes de santé. Autant Mary Anning semble se ficher de son apparence, autant Charlotte est coquette et toujours bien apprêtée. Leur attirance se fait petit à petit, dans un village reculé, presque à l’abri des regards mais pas des commérages des locaux du Dorset qui voient d’un mauvais œil cette romance. La manière de film et les images soulignent la rudesse de ce monde entre terre et mer en partie grâce au directeur de la photographie français Stéphane Fontaine qui a notamment travaillé sur Un prophète et Elle. Les actrices Kate Winslet et Saoirse Ronan sont investies dans leurs rôles, accompagnées par une hautement crédible Gemma Jones dans le rôle de l’atrabilaire et méfiante mère de Mary.

Ammonite est un beau moment de cinéma au cœur d’une terre désolée où les sentiments naissent presque par miracle entre 2 femmes aux existences opposées mais aux sentiments partagées. Le film est à découvrir en DVD pour se plonger dans une époque âpre aux possibilités limitées pour qui ne faisait pas partie de la bonne société.

Synopsis: 1840. Mary Anning fut une paléontologue renommée mais vit aujourd’hui modestement avec sa mère sur la côte sud et sauvage de l’Angleterre. Mary glane des ammonites sur la plage et les vend à des touristes fortunés. L’un d’eux, en partance pour un voyage d’affaires, lui demande de prendre en pension son épouse convalescente, Charlotte. C’est le début d’une histoire d’amour passionnée qui défiera toutes les barrières sociales et changera leurs vies à jamais.

La saison d’art contemporain 2022 se prépare à la Métropole Rouen Normandie avec la 6e édition de la Ronde


La Ronde
est un évènement annuel pour l’Art Contemporain organisé dans les musées de la métropole rouennaise. La 5e édition 2021 a eu lieu entre le 11 juin et le 20 septembre et déjà se prépare l’édition 2022. Des journalistes ont eu l’occasion de rencontrer la responsable et les artistes pour un beau moment de partage sur ce qui se prépare concernant cette 6e édition.

Un évènement varié et foisonnant

Intitulée Féminin pluri.elles au cœur d’une saison consacrée aux Héroïnes, la ronde 2022 se tiendra une fois de plus pendant l’été avec 3 longs mois dans la musées et les jardins. Cet évènement est surtout l’occasion rêvée pour visiter 11 musées de la RMM pour profiter de créations contemporaines. En 6 ans, depuis la première édition en janvier 2016, La Ronde a su s’installer dans le paysage de l’art contemporain sur le territoire de la métropole Rouen Normandie. Reflet du dynamisme des musées locaux et de leur capacité à promouvoir des artistes actuels, l’évènement proposera à partir du 24 juin 2022 à 10 artistes émergents ou confirmés, de proposer des oeuvres protéiformes. 3 institutions s’ajoutant aux musées pour densifier encore un peu plus le réseau, le Jardin des plantes, le Centre Hospitalier Universitaire et le musée national de l’éduction de Rouen. La liste des artistes sélectionnés permet de se rendre compte de la variété des domaines abordés. D’abord Aurélia Jaubert qui proposera des vastes compositions rappelant les tapisseries du Moyen-Âge. Florence Jou qui mène un travail en collaboration avec un groupe de femmes participant à une création commune. Samuel Buckman aura un projet pour interroger les caractéristiques et dénominations du genre féminin de la ville. Garance Alvès créera des objets et installations en matière textile pour explorer la mémoire et l’absence des corps. Lou Parisot partira de l’histoire des sœurs Dionne, quintuplées nées en 1934 aux Etats-Unis et qui furent présentées comme une attraction. Catherine Menoury proposera une installation vidéo nommée Le Dîner pour présenter des tranches de vie qui grandissent, désirent et vieillissent. Fabien Lerat présentera une installation textile et de captation vidéo centrée sur 5 femmes. Guy Lemonnier proposera La Fiancée asynchrone pour faire un parallèle avec Marcel Duchamp. Iris Sara Schiller évoquera les traces non verbales engendrées par le traumatisme de la Shoah. Kacha Legrand va rebondir sur les clés du Musée Le Secq des Tournelles pour donner à ses héroïnes le pouvoir d’ouvrir des portes physiques, mentales ou spirituelles. Nina Childress travaille sur l’image de Simone de Beauvoir pour en faire ressortir les aspects contradictoires ou scandaleux.

Les oeuvres ne sont pas encore terminées et seront travaillées jusqu’à l’été 2022 pour être présentées aux visiteurs. La rencontre avec les artistes a permis de prendre le pouls de leur investissement personnel créatif en vue de la Ronde 2002, ne reste plus qu’à attendre pour pour les admirer à partir du 24 juin 2022.

La réédition d’un film mythique avec The Fisher King en édition Blu-ray+DVD+Livret le 20 Octobre

The Fisher King fête ses 30 ans, une bonne occasion pour redécouvrir le film dans une édition classieuse avec Blu-Ray, DVD et livret. Le réalisateur Terry Gilliam a toujours aimé les sujets iconoclastes, filmés avec une multitude d’images entre rêve et réalité. Cette fable dans un New York moderne (d’il y a 30 ans!) met aux prises un hurluberlu interprété par le regretté Robin Williams avec un Jeff Bridges cynique au possible en présentateur radio irrévérencieux. Le bon moment de se replonger dans ce film aux frontières de la maladie mentale.

Un classique de Terry Gilliam

Tout le monde connait le réalisateur issu des Monty Pythons, réalisateur de chefs d’oeuvre comme Brazil, L’armée des 12 singes et Le Baron de Münchhausen. L’homme sait y faire pour créer des univers tirés de son imagination, fantaisistes, sans vraie logique et finalement toujours attirants. Il imagine ici un animateur radio à succès qui a le malheur de conseiller à un auditeur d’aller commettre un massacre dans un restaurant à la mode… ce que ce dernier finit par faire. Jack ne s’en remet pas, s’apprêtant à mettre fin à ses jours quand un clochard interprété par Robin Williams vient le sauver. La rencontre entre les 2 personnages s’inscrit dans la veine de ces duos mal assortis au cinéma qui finissent par devenir complémentaires et à s’apporter une aide mutuelle décisive. Terry Gilliam ajoute à un New York très réaliste une touche fantastique pour un grand écart entre rêve et réalité. Robin Williams semble constamment en plein délire là où Jeff Bridges a les pieds vissés au sol, entre cynisme et dépression. Le réalisateur ajoute une touche médiévale en prêtant au clochard Parry le vœu secret de trouver le sacré Graal. Le scénario est l’oeuvre de Richard LaGravenese, déjà à l’origine de celui de Sur la route de Madison. Le réalisateur a été récompensé du Lion d’argent au festival de Venise, preuve que son oeuvre touchante et sensible a su touché un vaste public.

Le film mène une réflexion désarmante sur la vanité de tous ceux qui cherchent la réussite matérielle sans se préoccuper de leurs semblables. A la fin, l’amour et l’amitié triomphent dans un film qui a marqué tous ceux qui l’ont vu au cinéma à l’époque de sa sortie. A vous de tenter l’expérience pour un beau moment de lévitation!

Suppléments:

Conte de fées à Manhattan (35′ – inédit) : Terry Gilliam raconte à Albert Dupontel la genèse du tournage
– Le clochard céleste (14′) : entretien avec Robin Williams
– Essais : costumes (4′) / expressions du visage (2′) / Chevalier Rouge (2′)
– Les répétitions (1’32)

+ le livret de 50 pages, Knight and the City, écrit spécialement par Frédéric Albert Levy et illustré de photos d’archives.
– NOUVEAU MASTER RESTAURÉ – 

Prix public indicatif : 29,99€ le Blu-ray+DVD+Livret

Synopsis: Arrogant, irrévérencieux, le célèbre animateur radio Jack Lucas triomphe sur les ondes et rien ne pourrait stopper son ascension. Rien… excepté ce conseil malavisé à un auditeur instable qui commet une tuerie après son passage à l’antenne. Trois ans plus tard, la star déchue continue de dévaler la pente. Lors d’une nuit d’errance, Jack, imbibé d’alcool, s’apprête à faire le grand saut sous le pont de Manhattan lorsque des voyous l’attaquent. Tel un preux chevalier surgit alors Parry, un clochard qui le sauve de leurs griffes… et de la noyade. Quelque peu illuminé et persuadé d’avoir trouvé l’Élu, Parry demande à Jack de l’aider dans l’aventure de sa vie : la quête du Graal…

Le milieu de l’horizon, un film familial ardu à découvrir en salles le 20 octobre

Le milieu de l’horizon est d’abord un roman de Roland Béti coécrit avec Joanne Giger. C’est aussi le second long métrage de la réalisatrice suisse Delphine Lehericey. La mère incarnée par Laetitia Casta est un personnage engoncé dans un quotidien morne et répété, une exploitation familiale obligée de faire face à la canicule légendaire de 1976. Entre son mari investi par son travail et son fils Gus (Luc Bruchez), elle n’a pas la place d’exister pour elle-même. Quand Cécile (Clémence Poésy) arrive dans l’exploitation, son cœur chavire et son monde s’écroule.

Un film d’initiation

Même si 1976 n’est pas 2011, la réalisatrice y accumule les tendances d’aujourd’hui. La sécheresse inhabituelle voire surprenante pour l’époque n’était pas destinée à se reproduire. Ce phénomène devenu récurrent montre bien que ce qui était considéré comme conjoncturel est souvent devenu structurel, aussi bien pour le climat que pour les sentiments. Le dérèglement climatique est devenu également un dérèglement social que ce soit pour le secteur de l’agriculture ou même pour la famille. Au milieu des années 70, la famille du film se trouver bousculée par une période charnière où l’activité économique est mise en péril alors que le jeune Gus voit les rapports entre ses parents s’effondrer sous le coup de la chaleur mais surtout de ses envies d’ailleurs, remettant ainsi en cause ses certitudes d’enfant sur le point de rentrer dans l’âge souvent difficile de l’adolescence.

Le milieu de l’horizon se veut un film ultraréaliste avec sa description des mœurs d’une époque et d’une classe sociale, sans fards ni faux semblants.

Synopsis: La sécheresse de 1976. Sous le soleil implacable de cet été, Gus quitte l’enfance. La nature se désagrège, les sentiments s’exacerbent, le noyau familial éclate : tout craque et se fissure jusqu’à ce que l’impensable arrive. Les orages tant espérés balaieront une campagne épuisée et emporteront un monde avec eux.

Rivière, Banquise, deux superbes petits albums pour tout-petits (Nathan)

Rivière, Banquise, deux superbes petits albums pour tout-petits (Nathan)

Les Editions Nathan viennent de sortir deux très jolis petits albums, entièrement cartonnés et d’une grande originalité, avec des illustrations magnifiques d’Amandine Laprun : Rivière et Banquise.

Chaque double page présente un dessin en noir et blanc. On sait que le bébé ne perçoit pas distinctement les couleurs, mais plutôt les contours et les contrastes. Alors, cette fois-ci, ces imagiers sont exactement faits pour lui : il va d’abord repérer les contours, en noir et blanc, puis, en tirant sur le volet, chose qu’il adore faire, le bébé va découvrir l’animal en couleurs ! Comme par magie ! Et que c’est beau ! Il va pouvoir aussi découvrir de quel animal il s’agit, et quelles sont ses couleurs. Une lecture qui peut prendre du temps et procurer beaucoup de plaisir au tout-petit, tout en le stimulant !

Au bord de la Rivière va faire découvrir au bébé des animaux qui vivent au bord d’une rivière. La première page sera consacré au martin pêcheur, puis ce sera au tour de la libellule dotée de ses belles couleurs, suivi du canard, de la grenouille puis du héron.

Sur la Banquise, le bébé va s’émerveiller devant un autre monde animal : ce sera au tour du bébé phoque de se dévoiler, puis, au manchot, à l’ours blanc, au renne, et au morse ! Avec un effet de surprise garanti entre les images en noir et blanc et celles en couleurs !

Les Editions Nathan ont déjà publié cette année, dans la même collection, Dans le jardin, et Dans la jungle.

Rivière, Banquise, deux superbes petits albums pour tout-petits à offrir pour toutes occasions ! Avec ces cadeaux, on est sûr de faire plaisir à nos tout-petits ! Coup de cœur pour Publik’Art !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : septembre 2021
Auteur : Amandine Laprun
Illustrateur : Amandine Laprun
Editeur : Nathan
Prix : 8,90 €

La jeune fille et l’araignée, un film labyrinthique à découvrir en salles le 20 octobre

Les réalisateurs Ramon et Silvan Zürcher filment un déménagement apparemment sans histoires dans leur film La Jeune Fille et l’Araignée. Apparemment car en réalité, la séparation entre Mara (Henriette Confurius) et Lisa (Liliane Amuat) ne se fait pas sans regards en coin lours de sens. Les 2 jours et 1 nuit de travaux et de visites de proches sont encore augmentés par des histories de séduction entre un ouvrier polonais et les habitantes du lieu. Au final, le film s’organiser en plusieurs chapitres où la relation entre les futures anciennes colocataires se change en un labyrinthe des sentiments.

Un film monde

Le huit clos de l’appartement est figuré par un plan des lieux incessamment modifié par l’ajout de petits griffonnages enfantins. Même grand, l’appartement parait minuscule quand tout le monde vaque entre les pièces, se croise, se frôle, s’épie ou se dévisage avec ou sans paroles. L’équipe du film a du jongler entre les couloirs étroits et les pièces exigües pour créer un effet d’enfermement entre les personnages qui déplacent des objets, les ouvriers qui réalisent des travaux et ceux qui viennent soi-disant pour prêter main forte. Les réalisateurs cadrent les personnages dans des scénettes d’un quotidien qui ressemble à une toile d’araignée incessamment tissée. Le titre original du film est The girl and the spider pour bien préciser que Mara est le point central du film. Le spectateur en vient à demander si ce n’est pas elle l’araignée qui tente de maintenir Lisa dans sa toile. Le cocon confortable où les 2 jeunes filles vivaient en harmonie devient tout brouillé avec l’arrivée d’une foule nombreuse, évolutive, intrusive, qui modifie sans cesse la physionomie des lieux à coup de travaux et de casses involontaires. Le cinéaste suisse Ramon Zürcher revient après L’étrange petit chat pour un récit entre 2 étages et plusieurs pièces où des airs de piano et des dragues timides se jouent au fur et à mesure que le déménagement se concrétise. Le spectateur français remarquera surtout l’air incessant de Voyage, Voyage de Desireless, comme une métaphore de la séparation en train de se produire.

La Jeune fille et l’araignée ressemble parfois à un film de laboratoire, les réalisateurs semblent observer leurs personnages se cogner les uns contre les autres pour en voir ce qui va en sortir.

Synopsis: Pendant des années, Lisa a vécu en colocation avec Mara et Markus. Mais le moment de prendre un appartement pour vivre seule est enfin venu. Un curieux manège de désirs prend son envol. Un film catastrophe tragi-comique, une ode poétique au changement et à l’éphémère.

Le documentaire Indes Galantes sort en DVD et VOD le 19 octobre / Pyramide Vidéo, entre instinct des danses urbaines et discipline de l’Opéra

Le documentaire montre les répétitions de l’Opéra Indes Galantes de Rameau prévu à l’Opéra Bastille. Des chanteurs lyriques, un orchestre classique et des jeunes danseurs de banlieue cohabitent pour monter un spectacle entre classicisme et modernité. La fougue des jeunes danseurs de hip-hop, Krump, Break, Voguing s’intègre parfaitement à la mise en scène de Clément Cogitore, l’agilité se marie à la grâce et le documentaire montre le mélange harmonieux de cultures trop souvent parallèles qui gagneraient à se regarder et se comprendre.

Un documentaire sur la liberté artistique

La préparation est longue est fastidieuse, les répétitions s’enchainent pour aboutir au résultat souhaité. Les danseurs jouent le jeu et découvrent un univers fait de rigueur, ils voient les musiciens rivaliser de virtuosité, les chanteurs et chanteuses interpréter des airs impossibles de complexité, ils sont visiblement subjugués. Et les danseurs enchainent les figures énergiques et virtuoses devant le reste des participants subjugués. La fascination est réciproque, le documentaire ne montre pas que les danseurs, tous les participants ont leur place, le documentaire n’oublie personne. Puis arrivent les représentations de la nouvelle production de Les Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau à l’Opéra Bastille du 27 septembre au 15 octobre 2019. La mise en scène de Clément Cogitore utiliser la chorégraphie de Bintou Dembélé sont suivis par l’équipe de réalisation menée par Philippe Béziat (Le Crépuscule des dieux, Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles, Noces, Stravinsky/Ramuz et Traviata et nous. Les commentaires des danseurs évoquent la colonisation et la souffrance des peuples colonisés avec des propos pleins de sens qui montrent de vraies réflexions sur les influences respectives des différents peuples à travers l’histoire.

Le documentaire Indes galantes est un éblouissement, soulignant que le mélange des styles et des cultures apporte un enrichissement mutuel à chacun. La trentaine de danseurs de krump, break, popping, voguin se frotte au répertoire classique, les interprètes classiques découvrent les danses urbaines, du vrai gagnant gagnant.

SynopsisC’est une première pour 30 danseurs de hip-hop, Krump, Break, Voguing… Une première pour le metteur en scène Clément Cogitore et pour la chorégraphe Bantou Dembélé. Et une première pour l’Opéra de Paris. En faisant dialoguer danses urbaines et chant lyrique. Ils réinventent ensemble le chef-d’oeuvre baroque de Jean-Philippe Rameau, Les Indes Galantes. Des répétitions aux représentations publiques, c’est une aventure humaine et une rencontre aux enjeux politiques que nous suivons: une nouvelle génération d’artistes peut-elle aujourd’hui prendre la Bastille?


Bonus– Scènes coupées – 14mn- Les Indes Galantes, court métrage de Clément Cogitore – 2007 –  6mn

La petite histoire du temps machine, un livre sur la passion de la musique

La petite histoire du Temps Machine revient sur la genèse et l’existence d’une salle de concert pas comme les autres à Tours. Le journaliste Adrien Durand a récolté les témoignages et anecdotes de tous ceux qui ont participé à cette aventure pour un panorama séduisant de la vie culturelle française, entre luttes de pouvoir, politique, ambitions nationales et groupes révélés sur la scène du Temps Machine. La lecture est agréable, la chronologie pleine de sens et les étapes mettent en avant des protagonistes tout décidés à influer sur la vie culturelle locale.

Une histoire musicale fascinante

Le Temps Machine est une vraie salle de spectacle toujours en activité. Son agenda est complet et la structure respecte les mesures gouvernementales en matière de pass sanitaire. Mais avant d’être installée dans le paysage local, différentes associations se sont battues pour promouvoir le projet de la salle, dédiée à toutes les musiques actuelles, au-delà de la simple diffusion de concerts. Les objectifs de la salle ont toujours été de réduire les inégalités engendrées par l’offre culturelle pour crée un lien social fort entre les populations. Plus ou moins jeunes ont toujours été invités à se frotter à des musiques qui rendent compte de l’état de la société, pour mieux la comprendre et y participer. Les artistes et les spectateurs peuvent se rencontrer dans des structures permettant d’abroger les barrières. L’ouvrage se construit à travers de témoignages qui rendent compte des efforts et des implications à tous les niveaux. Il est séduisant de constater que Management et bénévoles œuvrent sans un objectif de proximité comme de découverte, dans la structure et en dehors. Adrien Durand a récolté une masse d’informations pour faire toucher du doigt l’esprit du Temps Machine.

Cet ouvrage ouvre les portes d’une histoire mal connue qui doit refléter la difficulté de faire vivre un lieu culturel ouvert sur le monde et dédié à tous les types de musique actuelle. L’ouvrage est court et bien réalisé pour une lecture dynamique au gré des participants passionnés qui se souviennent.

Synopsis:

Pour célébrer les 10 ans d’existence du Temps Machine nous avons lancé le projet d’un livre qui retracerait ses mille et une vies. Nous avons confié sa réalisation au journaliste Adrien Durand.

Une “petite histoire” donc, qui s’est écrite au cours des années grâce aux personnalités de celles et ceux qui ont contribué à définir les contours de ce lieu important de la vie culturelle française. 

Au travers d’une histoire orale qui donne la parole à une cinquantaine de protagonistes (équipe, artistes, bénévoles, abonné·es, collaborateur·ices, acteur·ices de la vie locale), le livre dessine les grands enjeux d’une salle de concerts et retrace les difficultés et les joies d’un projet culturel humain en mutation permanente. 

Loin d’une volonté d’auto-célébration ou de revendication patrimoniale, cette publication est aussi l’occasion de donner la parole aux acteurs et aux actrices de la musique de la région tourangelle, et de célébrer le formidable tissu créatif de la ville qui gravite autour du Temps Machine. 

Cette “petite histoire du Temps Machine” est un point de bascule entre l’histoire de la salle et son futur. Un livre qui offre la photographie d’une époque et ouvre de nombreuses pistes de réflexions culturelles et sociétales !

Editeur: Le temps machine

Auteur: Adrien Durand

Nombre de pages / Prix: 112 pages / 12 euros

Mes 1000 premiers mots en anglais (Usborne)

Mes 1000 premiers mots en anglais (Usborne)

Les Editions Usborne nous proposent un très chouette album pour nos enfants : Mes 1000 premiers mots en anglais. Un album bienvenu quand on sait le niveau en anglais en France !

Bien sûr il s’adresse à des enfants qui savent déjà lire. Chaque mot est écrit en gros caractères en anglais, et en petit caractère en français. De plus, les dessins sont très explicites et très colorés. Ils ne pourront que plaire à nos charmantes petites têtes blondes !

Ces mille mots anglais sont répertoriés sous forme de thème :

La maison et la famille, la santé, l’école, les aliments, le corps, la ville, le temps, la mer, les voyages, le sport, etc…

Et pour être sûr de la bonne prononciation anglaise, il suffit de scanner le QR code pour écouter la lecture des mots en anglais ! Le grand luxe !

Mes 1000 premiers mots en anglais, une jolie façon d’appréhender l’anglais et de faire des progrès !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : août 2021
Auteur : collectif
Illustrateur : collectif

Editeur : Usborne
Prix : 9,95 €

A LIRE