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Le chanteur Oete dévoile son nouveau single la tête pleine

Le chanteur Oete a 22 ans mais il sait déjà se faire reconnaitre avec sa voix singulière et ses chansons lancinantes. Récemment signé sur le label Roy Music, l’artiste définit son univers musical comme de la variété alternative pour bien se singulariser parmi la horde de chanteurs émergents. Son premier titre HPV et la reprise remarquée du titre de Niagara
Pendant que les champs brûlent ont annoncé la couleur, Oete n’en est qu’à ses débuts et son nouveau titre La tête
pleine
annonce le meilleur à venir.

Un nouveau titre audacieux

Avec les évènements qui se sont abattus sur la planète depuis bientôt 18 mois, la jeune génération a subi frustrations et avanies. Oete veut personnifier cette envie de vivre mise entre parenthèse qui n’attend que de s’exprimer. De son vrai nom Thibaud Blond, Oete (à prononcer « eut ») débarque de sa Picardie natale pour exprimer son envie de vivre à travers ses chansons. Grand amateur de spectacle vivant, le jeune homme rejoint un parcours spécialisé dans l’art du cirque à Amiens. Son cursus artistique mêle les arts plastiques, le théâtre et la danse, et il rejoint Lyon pour s’engager comme volontaire en service civique. Cette expérience lui permet d’apprendre la musique tandis qu’il office auprès de populations fragiles. Il intègre ensuite l’école d’éducateur spécialisé dont il ressort diplômé. Ce parcours lui ouvre les portes d’une vocation musicale basée sur la mise en recul de son parcours, ses faiblesses, ses espoirs et son avenir. Il écrit alors des premiers textes et ainsi des chansons. Oete arrive alors à Paris pour un tremplin dans ses aspirations. Il se met en scène dans dans ce clip réalisé par Simon Vanrie (Clou, Bertrand Belin, Barbara Carlotti, Albin de la Simone) et tourné à la Maison de la Création de Bruxelles. Auteur, compositeur et interprète, Oete n’hésite pas à lâcher prise dans un clip à l’image de sa musique.

Le clip de la tête pleine est à découvrir depuis le 17 septembre pour découvrir un artiste décidé à se faire une place sur la scène musicale francophone.

Un premier ouvrage passionnant avec Les Aquatiques d’Osvalde Lewat aux éditions Les Escales

La rentrée littéraire 2021 recèle une belle pépite. Les Aquatiques est une plongée passionnante dans un destin de femme à la vie tiraillée entre ce que sa vie maritale lui permet et ce que son cœur lui fait miroiter. L’écriture est belle et fluide, la profusion de détails concourt à la profondeur des tumultes internes, la lecture est épileptique. Une très belle découverte proposée par les Escales éditions.

Un beau destin de femme

Katmé est le prénom d’une héroïne au destin singulier. L’image de sa mère enterrée il y a bien longtemps mais toujours présente ne cesse de la hanter. Un bon mariage avec Tashun, personnalité ascendante de la scène politique locale, lui offre un confort dont peu peuvent se targuer. Maison avec du personnel, voiture puissante, et surtout deux filles jumelles qui font sa joie. Le lecteur se rend vite compte que le côté face de l’existence de Katmé n’est qu’un décor d’apparat qui dissimule des turpitudes personnifiées par son meilleur ami Samy, artiste maudit angoissé qu’elle considère comme son frère. Leurs liens remontent au lycée. L’existence insatisfaisante de Katmé tient en équilibre précaire, les quelques satisfactions lui suffisent pour surmonter l’attitude méprisante d’un mari volage et par trop occupé par ses fonctions. Le déclencheur d’une remise en cause profonde débute lorsqu’elle apprend que la tombe de sa mère doit être déplacée pour permettre la construction d’une nouvelle autoroute. Et comme son mari profite de l’occasion pour organiser avec faste la nouvelle inhumation d’une femme oubliée de tous pour se faire mousser et concourir à de plus hautes fonctions, Katmé comprend que l’évènement ne pourra être que funeste. Le roman est un vrai moment de lecture assidue tandis que le destin de Samy s’assombrit et que Katmé comprend que son mari ne le sortira pas de prison pour le faire échapper aux accusations d’homosexualité. La scène la plus douloureuse du livre montre une population devenue folle exercer un lynchage qui se lit avec les traits tirés. Le destin d’une femme en est changé à jamais, ses certitudes s’effondrent d’un coup, elle comprend où sont ses vraies priorités, son métier d’enseignante, ses filles et cette certitude que son bonheur ne tient pas dans toutes les couleuvres qu’elle est quotidiennement obligée d’avaler.

Les Aquatiques est un premier roman d’une auteur franco-camerounaise qui montre son art du détail dans des descriptions fouillées et un déroulé qui touche au cœur. Une fois la dernière page achevée, il est difficile d’oublier Katmé, preuve que l’ouvrage a abrogé les frontières et les différences entre la métropole et l’Afrique.

Synopsis: Le roman d’émancipation d’une femme africaine au XXIe siècle, entre ombre et lumière.« Je n’étais jamais retournée sur la tombe de Madeleine. N’y avais jamais apporté son repas préféré, de l’huile de palme, du sel ou une cruche de vin de raphia. Madeleine, pour autant que je m’en souvienne, préférait le vin rouge. Mais enfin, le vin de raphia, c’est ce que l’on déposait sur la tombe des morts dans le Haut-Fènn. » Vingt ans après la mort de sa mère, Katmé Abbia, enseignante, apprend que la tombe doit être déplacée. Son mari, Tashun, préfet de la capitale, voit dans ce nouvel enterrement l’occasion providentielle de réparer les erreurs du passé et surtout de donner un coup d’accélérateur à sa carrière politique. Quand Samy, artiste tourmenté, ami et frère de toujours de Katmé, est arrêté et jeté en prison, les ambitions politiques de son mari entrent en collision avec sa vie et la placent devant un choix terrible. Porté par une écriture puissante où l’âpreté du réel le dispute à un humour à froid, Les Aquatiques est à la fois le portrait intérieur d’une femme qui se révèle à elle-même et une réflexion profonde sur les jeux de pouvoir dans une société africaine contemporaine.

Editeur: Les escales éditions

Auteur: Osvalde Lewat

Nombre de pages / Prix: 304 pages / 20 euros

“Comme tu me veux”: le beau geste Pirandellien de Stéphane Braunschweig à l’Odéon

“Comme tu me veux”: le beau geste Pirandellien de Stéphane Braunschweig à l’Odéon
« Comme tu me veux » de Luigi Pirandello, mise en scène Stéphane Braunschweig
Cécile Coustillac, Claude Duparfait, Lamya Regragui Muzio, Chloé Réjon, Thierry Paret, Alexandre Pallu Comme tu me veux © Juliette Parisot

“Comme tu me veux”: le beau geste Pirandellien de Stéphane Braunschweig à l’Odéon

Stéphane Braunschweig est pirandellien dans l’âme : il se confronte au dramaturge pour la quatrième fois avec ”Comme tu me veux”. On y retrouve aussi dans cet opus les thèmes déjà abordés dans « Soudain l’été dernier » de Tennessee Williams et « Nous pour un moment » d’Arne Lygre qui sont les énigmes de l’identité, l’impact des traumatismes et les jeux de simulacres grâce auxquels on survit.

La pièce a été écrite en même temps que « Les Géants de la montagne » qui met à l’œuvre aussi une réalité parallèle. Dans les deux pièces, il s’agit en effet pour Pirandello de se révolter contre la réalité concrète, objective, contre ce qu’il appelle « les faits », et de tenter de donner voix et corps à la réalité subjective, celle qui est en chacun de nous, et au pouvoir de l’imagination et de la poésie, grâce auxquelles, précisément, on peut s’élever au-dessus des faits et d’une réalité invivable. La mise en abîme – du théâtre dans le théâtre – est l’un des thèmes favori de Pirandello.

Ainsi, dans « Comme tu me veux », l’héroïne prend deux visages, réversibles : celui de la Folle, à jamais hors de la réalité et sans identité, et celui de l’Inconnue, véritable figure de l’actrice, capable de se réinventer dans une nouvelle identité, de donner vie aux fantômes et de repousser les limites de la réalité. Le dramaturge travaille donc en permanence la question de la permutation des places, des fonctions, du double identitaire. Où le passage d’une vérité à l’autre dans un jeu de miroir incessant et abyssal se charge et se déconstruit.

Stéphane Braunschweig s’empare avec un beau geste de cet univers où l’art côtoie la folie pour abolir le déni, la manipulation des faits et surtout les dommages psychologiques engendrés par la violence et la guerre.

Dix ans après la Grande Guerre à Berlin, une danseuse de cabaret règne sur le monde de la nuit, lorsqu’un photographe croit reconnaître en elle la femme d’un de ses amis, disparue en Italie à la fin du conflit, et que son mari n’a cessé de chercher après sa démobilisation. Mais est-ce bien elle ? A-t-elle voulu changer de vie ? Est-elle amnésique ? Qu’a-t-elle vécu pour en arriver là ? S’agit-il d’une imposture lorsqu’elle acceptera de retrouver en Italie son supposé mari ? Son amant la laissera-t-il partir ? Et son mari, la reconnaîtra-t-il vraiment ou s’agit-il d’un opportunisme pour des motifs plus ou moins avouables ? Quant à la famille de la supposée amnésique, a-t-elle intérêt à la voir revenir ?

Le monde d’après…

Dans une Europe convalescente, Pirandello observe les retombées des grands bouleversements de l’Histoire sur les vies personnelles. Après le fracas des armes, les gouvernements ont changé, mais tous les individus ne peuvent pas renouer avec une existence normale. On peut vouloir repartir à zéro ou au contraire maintenir ce qu’on a connu. On peut s’étourdir dans de nouveaux divertissements ou au contraire vouloir retrouver ce qu’on a perdu. Avec cette pièce, Pirandello montre une Europe bien décidée à oublier ses traumatismes et des individus qui hésitent entre leurs divers choix de vie et donc d’identité !

Rappelons que la Vénétie a été envahie de 1917 à 1918 par les troupes autrichiennes, hongroises et allemandes. Multipliant les exactions avant de battre en retraite, l’ennemi s’est livré à des viols et des enlèvements de femmes restées seules alors que leurs maris combattaient au front.

Mais la volonté d’oubli ne suffit pas toujours à panser les blessures et vouloir effacer le passé peut conduire à un aveuglement qui empêche de voir les marasmes qui s’annoncent. Les années vingt sont typiques à cet égard avec les divers extrémismes qui tentent de s’installer.

Et puis, à travers un destin particulier et comme en écho à notre époque, la pièce aborde aussi la lutte que certaines femmes ont commencé à mener il y a un siècle pour pouvoir s’affirmer en dehors de la tutelle des hommes, ainsi que la remise en question d’une hiérarchisation des valeurs et d’un conformisme social et idéologique qui peut conduire à de nouvelles catastrophes.

L’amnésie – processus dramatique ?

Mi-drame policier, mi-fable existentielle, cette pièce trouve son origine dans un fait divers, l’affaire Canella-Bruneri qui fit beaucoup de bruit au début du XXème siècle et qui concernait alors la controverse sur l’identité d’un homme. En plaçant ses personnages dans une situation où les probabilités peuvent être en conflit avec la réalité, il montre combien l’être est fragile face aux aléas sociaux ou politiques et combien il est difficile de maîtriser vraiment ce qu’on vit et ce qu’on est. D’autant plus lorsqu’on est confronté aux projections que les autres font sur soi. D’où les tensions diverses que Pirandello s’attache à explorer, la complexité humaine qu’il sait habilement évoquer et les mystères qu’il aime entretenir !

Chaque réplique ébranle la vérité, le mensonge, la complexité humaine : « Tu te mens à toi-même, même avec ta sincérité dégoûtante, parce que, même ça, ce n’est pas vrai, tu n’es pas si atroce que tu le dis. Mais console-toi : personne ne ment vraiment tout à fait. On cherche tous à donner le change, aux autres et à nous-mêmes. »

Stéphane Braunschweig réussie une mise en scène très aboutie dans un espace clair-obscur ingénieux et poétique, à la lisière de l’ici et de l’ailleurs, qui nous plonge d’entrée dans un univers à la fois épuré et ambigu, où la frontière entre le réel et l’imaginaire se révèle tangible et fragile.

La distribution est emmenée par Chloé Réjon, magnifique de tempérament et de composition dans le rôle de Lucia, tandis que Claude Duparfait (Salter), déjanté à souhait, Cécile Coustillac (Mop / La Folle) et Annie Mercier (Lena), toutes deux en intériorité contenue, ne sont pas en reste pour imprimer à la fable un climat trouble et onirique.

Dates : du 10 septembre au 9 octobre 2021  – Lieu : Odéon-Théâtre de l’Europe (Paris)
 Mise en scène : Stéphane Braunschweig

 

Edouard Louis dans la force de l’âge : Changer : méthode aux Editions du Seuil.

Edouard Louis dans la force de l’âge : Changer : méthode aux Editions du Seuil
Edouard Louis photo © JEAN-FRANÇOIS ROBERT/MODDS

Edouard Louis dans la force de l’âge : Changer : méthode aux Editions du Seuil.

Parmi les innombrables livres que chaque année notre « rentrée littéraire » déverse sur les tables des libraires – romans identitaires, mémoires de généraux, confessions de starlettes ou polars métaphysiques – il arrive que l’un d’eux se détache par une forme de nécessité et retienne aussitôt l’attention du lecteur, reléguant dans l’ombre ses pâles confrères de la chose écrite. C’est le cas de Changer : méthode d’Edouard Louis. Certes, Louis n’est pas un inconnu et l’on pouvait aisément craindre que l’auteur d’En finir avec Eddy Bellegueule (2014), livre culte pour une certaine génération de lecteurs, ne s’appuie sur le socle fragile de sa réputation pour offrir une œuvre de moindre envergure, quelque écrit de circonstance né du seul désir de prolonger une reconnaissance trop tôt survenue. Pourtant ce n’est pas le cas, c’est une avancée, un approfondissement, presque une confirmation que représente ce nouveau titre de l’auteur. Et l’on a presque envie de reprendre ces paroles d’un critique s’adressant autrefois à un jeune écrivain plein de promesses : « Courage Louis, votre œuvre est bonne ! »

De quoi s’agit-il dans ce livre au titre laconique ? D’un traité de développement personnel ? D’un programme d’amaigrissement ? D’une confession de maître Zen ? Rien de tout cela, fort heureusement. De l’ambition de Changer : méthode, l’auteur nous entretient dès les premières pages du livre avec une franchise désarmante : « A un peu plus de vingt ans j’avais changé de nom devant un tribunal, changé de prénom, transformé mon visage (…) réinventé ma manière de bouger, de marcher, de parler, fait disparaître l’accent du Nord de mon enfance (…) C’est cette histoire-là- cette odyssée- que je voudrais, ici, essayer de raconter. » Le ton est donné, le décor est planté. Au fil de trois cents pages écrites avec le sang, Changer : méthode apparaît comme le récit d’une métamorphose, d’une odyssée à la fois intime et politique d’un homme né dans la fange et se hissant à la seule force du poignet à une forme nouvelle d’existence que la gloire littéraire vient couronner avec éclat.

Ecrivain de la révolte et de l’émancipation

Mais quoi ? demandera-t-on aussitôt. Encore une histoire de miracle ? De happy end à l’eau de rose ? De rédemption façon people ? Certes, la méfiance est de mise et ces questions sont légitimes. Abandonnée des dieux et orpheline des révolutions, notre époque hantée par la résilience fait désormais peser sur les frêles épaules de chaque individu la responsabilité d’assurer son propre salut, de se transformer, de devenir soi-même, selon l’expression consacrée. Deviens ce que tu es ! exhorte une marque de parfum. Parce que je le vaux bien ! renchérit une autre. Fortes de ce seul credo fleurissent aujourd’hui d’innombrables confessions où s’épanche le récit d’une métamorphose de soi qui n’en possède que le nom, d’un affranchissement qui ne dépasse jamais l’épiderme d’un narcissisme blessé. C’est que la liberté est un long combat dont les opérations échappent à notre conscience, une victoire qui ne se proclame pas à coup d’affirmations péremptoires. Surtout quand on apprend que l’auteur n’a que vingt-huit ans ! Mon dieu, comment prétendre raconter une vie à ses balbutiements ?

A certains aveux d’Edouard Louis, au détour de quelques pages un peu complaisantes, on pourrait craindre que l’auteur de Changer : méthode ne succombe à cet air du temps, pactise avec le mythe contemporain de l’émancipation qui se limite si souvent à une cosmétique révolutionnaire. On pense en particulier aux pages où, Rastignac échappé de sa province, Louis part à la conquête de la haute bourgeoisie parisienne et tente de noyer dans les grands crus de Bourgogne, comme dans les eaux troubles d’une vie de gigolo, sa nostalgie de la boue prolétarienne. Splendeur et misère d’un courtisan ! Est-ce de cette manière qu’on s’affranchit de ses origines et qu’on échappe à la Domination sociale : en couchant avec l’ennemi ? Pourtant, en dépit de cette période assez équivoque que l’auteur a le bon goût de ne pas dissimuler, son odyssée personnelle se poursuit avec ferveur, son combat croît en intensité et, serait-on tenté de dire, sa pureté demeure intacte.

De ce combat qui forme le cœur du livre, c’est en relisant En finir avec Eddy Bellegueule qu’on approchera la source, la blessure originelle, pour mieux mesurer combien la croisade d’Edouard Louis s’impose à lui comme un destin inéluctable, combien la naissance de ce second ouvrage se justifie pleinement – c’est le sixième de l’auteur en réalité -, combien surtout ces deux opus forment ensemble un poignant roman d’apprentissage dont la courbe apparaît enfin dans toute sa plénitude. Sorte de Vipère au poing de gauche, le premier livre d’Edouard Louis dénonçait avec force une origine marquée par la pauvreté et la violence, un milieu familial étroit et mortifère, une enfance enlisée dans la solitude et le déni de soi. C’était une première salve, un premier geste de trahison- bien que l’auteur n’apprécie pas ce terme – une première tentative de l’écrivain pour s’arracher à son passé et inaugurer cette parabole de l’invention de soi qui constitue le leitmotiv de toute son œuvre. Avec ce nouveau livre nous voilà maintenant dans le vif du sujet, dans la Force de l’âge eût dit Simone de Beauvoir, c’est-à-dire dans cette phase de l’existence où les vœux de l’enfant s’affrontent pour la première fois à la réalité du monde au risque de s’y fracasser et de devoir renoncer pour toujours à l’ambition de sa révolte. Changer : méthode a-t-il relevé le défi d’En finir avec Eddy Bellegueule ? Tout ce combat de l’écrivain, tout ce chemin, se clôt-il en définitive par une victoire ou une défaite ?

C’est tout le mérite de Changer : méthode de ne pas trancher cette épineuse question, de ne rien dissimuler des paradoxes d’une émancipation, de ne rien taire non plus des impasses auxquelles se heurte quiconque entreprend de s’arracher à son milieu, de se construire soi-même, de se tailler un destin intime et politique. Au fil de ses longues années d’apprentissage marquées par l’ambition scolaire et l’engouement pour le théâtre, l’émancipation intellectuelle et sexuelle, Edouard Louis dresse le portrait d’un homme divisé avec lui-même, prêt à toutes les compromissions et toutes les ruses pour s’affranchir de son passé, au point de se brûler parfois les ailes au soleil de sa propre liberté.

Mais peu importe en définitive. Ce qui fait la force de ce livre, plus encore que les étapes de son cheminement, c’est l’espèce de vitalité désespérée qui s’en dégage et qui confère à chacune de ses pages l’empreinte indélébile de la vérité. Ecrivain de la révolte et de l’émancipation, plus que théoricien de la lutte des classes, Edouard Louis se révèle avant tout dans cette autobiographie un observateur rigoureux de lui-même, un analyste capable de sonder sans faux-semblants les motifs les plus troubles et les plus puissants de sa volonté. En somme, comme disait un vieux moraliste, « tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui. » En ces temps de fadeur et de compromis, un témoignage universel.

Titre : Changer : méthode
Auteur : Edouard Louis
Editeur : Editions du Seuil
Parution : 16 septembre 2021.

Un muscadet emblématique du Domaine Guilbaud Frères à déguster, le Chateau de la Pingossière 2018

Ce muscadet est d’une très grande qualité quand on sait que seuls les millésimes les plus qualitatifs sont travaillés et mis en bouteille chez Guilbaud Frères pour l’appellation Chateau de la Pingossière. Ce Muscadet est une très bonne cuvée à découvrir.

Du Muscadet en majesté

Constitué évidemment de cépage Melon B., ce vin a la spécificité de provenir de vieilles vignes de 55 ans avec un terroir sur un sol silico-schisteux composé plus particulièrement de Gneiss. Ce vin est le résultat d’une sélection des 4 meilleurs hectares situés en haut de colline, dans le Domaine de la Pingossière à Vallet (Capitale du Muscadet). A l’œil, le vin arbore une belle couleur jaune ocre aux reflets verts brillants. Au nez, des notes florales se font sentir avec une touche de pierre à fusil puis des notes de tilleul et menthe verte. En bouche, l’attaque est très ample avec une grande complexité et des saveurs de
thé, tilleul séché, rehaussé d’une légère astringence pour prolonger la finale. Le vin est parfait pour accompagner un poulet au curry, un filet de sole grillé ou du fromage de chèvre. Le vin doit être idéalement servi frais entre 10° et 12°C. Pour un tarif de 7,50 euros départ cave, il ne faut pas manquer l’occasion de le déguster!

Publireportage: Natifs d’une longue lignée de vignerons, Edouard et Marcel Guilbaud fondent la maison Guilbaud frères en 1927. Ils s’attachent dès lors à offrir et à garantir la qualité de leur production. Une deuxième puis une troisième générations perpétuent depuis cette noble tâche avec une rigueur attentive dans le souci de la devise familiale : sérieux et tradition. L’implantation privilégiée des vignobles familiaux ainsi que la connaissance intime des terroirs donnent aux vins de la production de Guilbaud Frères une réputation de qualité. Au cœur de la célèbre appellation « Muscadet Sèvre et Maine sur Lie », ces hommes du cru ont réussi à marier harmonieusement le savoir-faire ancestral à la plus haute technicité dans le domaine du vin. Ils mettent toute leur expérience pour juger un vin, le sélectionner, l’élever. Ce savoir-là n’appartient qu’à eux. 

Daniel Auteuil se lance dans la chanson avec l’album Si vous m’aviez connu, sortie le 17 septembre

Daniel Auteuil est un immense acteur, connu et reconnu pour ses prestations marquantes sur les grands écrans, comme dans Jean de Florette ou Un cœur en hiver, mais aussi un remarquable comédien de théâtre vu notamment dans la pièce Nos femmes en 2013. Il débute maintenant une carrière dans la chanson avec son premier album Si vous m’aviez connu, réalisé par Gaëtan Roussel. A 71 ans, il n’est pas trop tard pour tenter une incursion dans la chanson, douce et mélancolique, comme le montre le premier extrait Si vous m’aviez connu

De la chanson française douce et mélancolique

Pour ceux qui s’en souviennent, Daniel Auteuil est apparu dans 3 clips, dans L’Homme au bouquet de fleurs de Maxime en 2001, Arigato de Pascal Obispo en 2014 et Je me jette à ton cou de Gaëtan Roussel cette année. La rencontre entre les deux hommes a été fructueuse puisqu’ils ont décidé de continuer leur collaboration musicale dans un album entier. Daniel Auteuil a eu l’envie de mettre en musique des poèmes, sur des textes de Paul-Jean Toulet, Baudelaire, Apollinaire et Alfred de Musset, Gaëtan Roussel a aidé à les arranger avant de les enregistrer. Un spectacle devait avoir lieu en 2020 mais la crise sanitaire que tout le monde connait en a décidé autrement. Déjeuner en l’air a été finalement dévoilé les 13 et 14 juillet 2021 aux Francofolies de La Rochelle. Ce premier album a été enregistré à la guitare qu’il pratique depuis 4 ans et c’est bel et bien Fanny Ardant qui apparait dans le premier clip. Les artistes qui ont influencé le chanteur sont rien de moins que Johnny Hallyday, Claude François et Nougaro. L’acteur a voulu se lancer et son album doux amer pourrait toucher au cœur ses nombreux fans, mais également les fans de chanson française à l’ancienne, avec des beaux textes et des arrangements langoureux.

Les chansons sont douces amères, dans l’air du temps mais aussi dans le sillon d’une chanson française rêveuse et vagabonde. L’album est à écouter ce 17 septembre pour une plongée dans un univers qui pourrait bien offrir quelques surprises.

Une passionnante exposition Chaïm Soutine / Willem de Kooning, la peinture incarnée au Musée de l’Orangerie jusqu’au 10 janvier 2022

Le musée de l’Orangerie met en regard deux peintres majeurs du XXe siècle, Soutine et De Kooning pour des réflexions parallèles sur leurs influences respectives et leurs évolutions. Le peintre de l’École de Paris d’origine russe Chaïm Soutine (1893–1943) et le peintre expressionniste abstrait américain d’origine néerlandaise Willem de Kooning (1904-1997) ont beau ne s’être jamais rencontrés, le second a exprimé l’influence majeure du premier sur son oeuvre. Cette exposition est une opportunité unique d’apprécier l’impact de la peinture de Soutine sur la vision picturale du grand peintre américain.

Une exposition à ne pas manquer

Les deux peintres ont cela pour eux qu’il est possible de les identifier dans l’histoire picturale du XXe siècle. Entre Picasso, Matisse, Lucian Feud et Basquiat, Soutine et De Kooning ont exploré des territoires vierges en partant d’influences décisives pour les pousser encore plus loin. La figure d’artiste maudit de Soutine au cœur de la génération des peintres d’après-guerre située à Paris est étroitement liée à l’image de la bohème et des excès de cette petite caste. En parvenant à rendre son œuvre visible aux États-Unis entre les années 1930 et 1950, Soutine a durablement marqué le courant expressionniste abstrait américain. Son décès en 1943 le coupe dans un élan qui aurait pu le mener plus haut. C’est justement Willem de Kooning qui découvre les tableaux de Soutine lors de la rétrospective qui consacre le peintre au Museum of Modern Art de New York en 1950. Tandis que le peintre néerlandais débute son chantier décisif des Woman, entre figuration et abstraction, l’influence de Soutine est prédominante. Il admire également les toiles de Soutine dans les collections de la Fondation Barnes de Philadelphie, pour une empreinte encore plus marquante sur son univers esthétique. Le parcours de l’exposition offre un panorama très large de deux parcours flamboyants et uniques,

L’exposition est organisée conjointement avec la Fondation Barnes de Philadelphie où l’exposition a été présentée entre mars et aout 2021. Cette fondation possède un nombre important d’œuvres de Soutine qui ont été réunies par le docteur Barnes sur les conseils de Paul Guillaume, qui est à l’origine de la collection du musée de l’Orangerie. Un moment artistique majeur de la saison culturelle parisienne.

Une exposition photographique foisonnante avec Vivian Maier au Musée du Luxembourg

Le Musée du Luxembourg propose une exposition photographique pour s’immerger dans l’univers et la vision de Vivian Maier du 15 septembre 2021 au 16 janvier 2022. Née en 1926 à New York d’une mère française et d’un père d’ascendance autrichienne, Vivian Maier a exercé la profession de gouvernante tout en se passionnant pour la photographie de rue de manière frénétique pour des instantanés pleins de profondeur. L’exposition s’organise de manière thématique pour relater les capacités prodigieuses de la photographe à saisir l’âme de ses modèles improvisés.

Une oeuvre pleine de sens

Sans avoir revendiqué le statut d’artiste ni avoir voulu abandonner les jeunes enfants dont elle avait la charge, Vivian Maier a livré un regard plein de bienveillance sur ses contemporains mais sans aucun angélisme, à partir de 1951 à New York puis dès 1956 à Chicago. Les individus qui apparaissent sur les clichés d’abord en noir et blanc puis en couleur font voyager dans le temps dans une époque si loin si proche où les hommes portaient chapeaux et cravates, et les femmes des robes bien sages. Vivian Maier n’a pas cherché à prendre de la hauteur, s’immergeant littéralement dans la foule au gré de ses promenades et de ses voyages, au cœur de ses contemporains dans la société américaine d’alors, pour faire apparaitre les mutations en cours, qu’elles soient sociales ou politiques. Le concept de rêve américain est porté bien haut et la modernité empreint le quotidien de tous. A côté de clichés bien connus, l’exposition permet d’admirer également, pour la première fois, des archives inédites de la photographe, découvertes en 2007. Photographies vintages que Vivian Maier a pu tirer elle-même dans des conditions artisanales totales, films super 8 jamais montrés auparavant, enregistrements audio avec des discussions attendrissantes entre elle et ses petits protégés, l’exposition permet de saisir l’épaisseur des intentions de la photographe. Les thèmes abordés dans des thématiques variées comme les autoportraits, portraits, gestes, jeux cinétiques, cinéma, couleurs et formes. Un voyage photographique passionnant.

La commissaire d’exposition et directrice de diChroma photography, Anne Morin, propose un parcours qui ravira les admirateurs d’une oeuvre exigeante et surtout parlante. La proximité avec les modèles et les sujets touche les visiteurs pour un moment de visite des plus immersifs.

[BD] Lettres perdues, petit bijou de Jim Bishop (Glénat)

[BD] Lettres perdues, petit bijou de Jim Bishop (Glénat)

Paru aujourd’hui, Lettres perdues est un album à ne manquer sous aucun prétexte. Jim Bishop nous livre une partition onirique qui émerveille autant qu’elle émeut. Un chef d’oeuvre porté par un dessin sublime et un scénario d’une grande subtilité.

Dans un monde où les poissons sont dotés de prothèses biomécaniques, se meuvent et conversent comme les Hommes, le jeune Iode attend. Il attend depuis des années que le facteur, poisson clown et vilain farceur de son état, lui livre la lettre que sa maman aviatrice lui a promise après être partie pour un long voyage. Tandis que Frangine tente de livrer un colis suspect à la mafia dirigée par un certain Pieuvre et que, de l’autre côté de Sunnville, l’agent Cycy rêve de l’affaire du siècle pour monter en grade au sein de la police locale. Trois destins qui vont vite se croiser dans une aventure rocambolesque aux multiples rebondissements…

Récit aux multiples facettes, Lettres perdues associe avec maestria le temps de l’action et celui de la contemplation, le ton de l’humour et celui de la mélancolie, la poésie flamboyante et la petite blague de comptoir. Le tout avec une rythmique endiablée. Une atmosphère magique développée au fil d’un dessin envoûtant. L’œuvre de Jim Bishop n’est pas sans rappeler l’univers de Hayao Miyasaki, l’auteur rendant un hommage appuyé au maître des studios Ghibli notamment grâce à la finesse de son trait aux courbes arrondies qui donne à ses personnages tant de malice, mais aussi grâce à des couleurs vives et à un certain art de la mise en mouvement. On a le plaisir d’admirer de superbes planches où les aéronefs viennent tutoyer le bleu azur de l’horizon où ciel et mer viennent se confondre. Un paysage qui charme forcément, comme un Porco Rosso d’aujourd’hui.

Lettres perdues est un véritable petit bijou, concentré de tout ce qui fait la magie d’une aventure. 

Extrait de la BD :

 

Résumé de l’éditeur :

Les aventures corrosives d’Iode à la recherche de sa mère. Comme tous les matins, Iode attend impatiemment cette lettre que le facteur tarde à lui apporter. Surement une blague de ce farceur de poisson-clown qui s’amuse à livrer son courrier aux voisins… Ou peut-être a-t-il simplement été égaré? Il n’y a qu’un seul moyen d’en avoir le coeur net: se rendre en ville. Embarqué dans sa petite auto vert pomme, Iode fait la rencontre de Frangine, une autostoppeuse au caractère bien trempé qui effectue une livraison pour le compte du mystérieux groupe mafieux «la pieuvre». Seulement, lorsque cette dernière décide de lui fausser compagnie, le jeune garçon s’inquiète et décide naïvement de partir à sa recherche. Sans le savoir, Iode vient de mettre les pieds dans une affaire qui le placera au coeur d’un terrible drame.Sur l’île du soleil où poissons et humains cohabitent, mafieux sans vergognes et policiers incompétents sont monnaie courante. Une cavalcade absurde naviguant entre humour, douceur et drame mélancolique. Un premier roman graphique réalisé par un prodige du dessin nourri au travail de Hayao Miyazaki. Un récit où la rondeur du dessin et la beauté irradiante des couleurs forment paradoxalement une oeuvre tragique qui perturbera les âmes les plus sensibles.

Date de parution : le 15 septembre 2021
Auteurs
: Bishop Jim
Genre : Action, Aventure
Editeur : Glénat
Prix : 22 € (200 pages)
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Une exposition Un.e Air.e de famille éclairante sur la question de la colonisation, à découvrir jusqu’au 8 novembre 2021 au Musée d’art et d’histoire Paul Eluard de Saint Denis

L’exposition Un.e Air.e de famille se tient au Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis jusqu’au 8 novembre 2021. Elle complète d’autres évènements de la Saison Africa2020, comme évoqué dans un autre article Publik’Art, notamment à Rouen. Cette exposition se concentre sur l’engagement anticolonial des surréalistes, à une époque où cette position était fortement minoritaire avec un contexte d’empire colonial tout puissant. Des pièces provenant d’autres collections du musée (Gavarni, Daumier, Jourdain, Effel) sont mises en regard avec des réalisations artistiques contemporaines de 13 artistes femmes venues d’Afrique et de ses diasporas. Une riche programmation culturel pluridisciplinaire se déroule simultanément pour une réflexion nécessaire sur l’héritage post colonial.

Une exposition qui suscite la réflexion

Le musée d’art et d’histoire Paul Eluard de Saint-Denis est, depuis son nom même, un bel hommage aux artistes surréalistes. Il était donc évident que l’étape de la saison Africa2020 consacrée à l’engagement anticolonial de ces artistes se tienne à Saint-Denis. Le parcours riche et foisonnant évite les œillères pour montrer l’esprit d’une époque où les populations d’Afrique et d’Outre-Mer étaient souvent exposées nues, sous des sobriquets peu flatteurs et avec un manque flagrant de considération. Certains documents montrés laissent songeur et le courage pour les montrer force le respect. Car ce n’est pas en se livrant à des autodafés comme actuellement au Canada que les esprit pourront changer. Les documents historiques issus des collections historiques du musée, enrichies de nombreux prêts et des œuvres d’artistes femmes issues du continent africain raisonnent d’une singulière actualité. Les artistes surréalistes connus et reconnus collectionnaient dès les années 20 et 30 des objets d’art extra-occidentaux pour « une primitivité à la fois lointaine et originaire » et aller ainsi au-delà du regard habituel des occidentaux sur ce qui est souvent nommé l’art africain. Le meilleur exemple de cette posture résolument anticolonialiste des surréalistes tient dans cette contre-exposition organisée en 1931 en même temps que se tenait la grande exposition coloniale dans le Bois de Vincennes avec des reconstitutions marquantes, telles le palais d’Angkor. Les tracts montrés n’y vont pas par 4 chemins, exhortant à ne pas visiter l’exposition coloniale officielle. Des documents relatent également des affaires publiques rentrées dans la légende, tel le combat en faveur de la libération d’Henri Martin porté par Eluard et d’autres artistes comme Picasso, Léger et Sartre, dans le sens d’une opposition à la politique coloniale de la France. L’exposition réunit également des oeuvres actuelles d’artistes femmes africaines pour faire entendre leurs voix à travers un large panorama artistique, passant de la peinture au dessin ou à la vidéo et des installations.

Le Musée fait partie des Quartiers Généraux de la Saison Africa2020 et l’exposition est mise en lumière par l’Institut français au titre des focus femmes. Réalisée avec le concours du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, de la Drac Île-
de-France
et de la Saif et avec le soutien du Comité des mécènes de la Saison Africa2020, l’exposition est à découvrir à Saint-Denis. Quelques rédacteurs ont eu la chance d’écouter les explications éclairantes de la commissaire de l’exposition
Anne Yanover, directrice du Musée d’art et d’histoire Paul Eluard de Saint-Denis pour l’évidence d’un évènement à ne pas manquer. Farah Clémentine Dramani-Issifou, chercheuse et programmatrice de films indépendants est également commissaire de l’exposition.

Publireportage:

Artistes invitées:

Laeïla Adjovi (Bénin)
Eliane Aisso (Bénin)
Malala Andrialavidrazana (Madagascar / France)
Yto Barrada (Maroc / France / USA)
les sœurs Chevalme (France)
Nadia Kaabi-Linke (Tunisie / Allemagne)
Katia Kameli (Algérie / France)
Kapwani Kiwanga (Canada / France / Tanzanie)
Tuli Mekondjo (Namibie / Angola)
Otobong Nkanga (Nigeria / Belgique)
Owanto (Gabon)
Thania Petersen (Afrique du Sud)
Euridice Zaituna Kala (Mozambique)

Un catalogue d’exposition, publié sous la direction d’Anne Yanover aux éditions Illustria, comprend
notamment des textes des deux co-commissaires de l’exposition, des conseillers scientifiques Patrice
Allain et Laurence Perrigault (Maîtres de conférences en littérature à l’Université de Nantes) et des
entretiens avec les treize artistes contemporaines invitées.
96 pages, 27 x 22 cm, 12 euros


Programmation culturelle: Quartier général de la Saison Africa2020, le musée propose une très riche programmation
pluridisciplinaire, dans l’esprit d’un « petit centre culturel panafricain temporaire » : performances, rencontres, ateliers slam, workshops avec des artistes, ateliers podcast, siestes musicales, conférence et dj set sur l’histoire du raï, ciné-débats, ciné-goûters pour enfants, balades-ateliers en familles ou encore colloque international.


Saison Africa2020: Initiée par Emmanuel Macron, le Président de la République française, et développée sous le
commissariat général de N’Goné Fall, la Saison Africa2020 (initialement prévue de juin à décembre 2020) se déroule sur tout le territoire français (métropole et territoires ultra-marins) de décembre 2020 à septembre 2021. Plusieurs évènements ont eu lieu au format numérique depuis le mois de décembre. Dédiée aux 54 États du continent africain, la Saison Africa2020 est un projet hors normes. Conçue autour des grands défis du XXIème siècle, elle présente les points de vue de la société civile africaine, du continent et de sa diaspora récente. Africa2020 est la caisse de résonance de ces agents du
changement qui impactent les sociétés contemporaines. www.saisonafrica2020.com.fr @SaisonAfrica2020

Musée d’art et d’histoire Paul Eluard de Saint-Denis
À Saint-Denis, entre la basilique et le Stade de France, le musée d’art et d’histoire Paul Eluard vous accueille pour une visite insolite dans le cadre plein de charme d’un carmel du XVIIème siècle. Primé pour la qualité de ses aménagements (Prix Européen des musées), le musée abrite des collections uniques consacrées notamment à l’archéologie médiévale, à la Commune de Paris de 1871, à Paul Eluard et ses amis artistes (Picasso, Ernst, Man Ray, Léger) et à l’évolution du territoire (Corot, Caillebotte, Christofle, Legras). Il a reçu en 2019 le Premier Prix Osez le musée, décerné à l’unanimité par le Ministère de la Culture, pour l’exemplarité de sa politique envers tous les publics.

Iphigénie : figure crépusculaire et bouleversante, sous le regard inspiré de Krzysztof Warlikowski

Iphigénie : figure crépusculaire et bouleversante, sous le regard de Krzysztof Warlikowski
Iphigénie en Tauride, mise en scène Krzysztof Warlikowski, © Sébastien Mathé / OnP

Iphigénie : figure crépusculaire et bouleversante, sous le regard inspiré de Krzysztof Warlikowski

Confronté à la tragédie grecque, le metteur en scène Krzysztof Warlikowski, en quête de réalisme, offre une relecture contemporaine du mythe et nous livre une Iphigénie bouleversante.

En figurant l’héroïne pensionnaire d’une maison de retraite, hantée par son passé, Warlikowski scrute, sans relâche, une mémoire crépusculaire dont les réminiscences, à l’instar des tourments qui l’assaillent, n’en sont que plus perturbantes, entre remémoration et hallucinations ? Un coup de maître.

Iphigénie est donc aux prises avec ses souvenirs et ses démons : héritière de la malédiction des Atrides, sauvée in extremis par la Déesse Diane, quand son père Agamemnon voulut la sacrifier pour adoucir la colère des Dieux, et que transportée par Diane en Tauride (l’actuelle Crimée), elle en fait sa prêtresse, chargée d’exécuter tous les étrangers qui entrent sur les terres du roi Thoas.

Là où des années plus tard, elle y retrouvera son frère Oreste et son ami Pylade, confrontée dès lors au dilemme du choix sacrificiel et par la même à cette répétition des crimes qui marque à jamais sa lignée (meurtres d’Agamemnon par Clytemnestre, de Clytemnestre par Oreste et enfin d’Oreste par Iphigénie qui sera interrompu à temps).

Et pour installer cette figure tutélaire symbole de toutes les femmes qui, au cours du XXe siècle ont vécu les pires horreurs, le metteur en scène crée avec la décoratrice Małgorzata Szczęśniak, un espace éclaté, d’une grande maitrise formelle, propice au découpage temporel et au déploiement d’un paysage mental aussi fragile que traumatique.

Où les décors, les lumières, la vidéo et les costumes convoquent à la perfection des images ultra-réalistes, en projection totale avec cette histoire de violence et son introspection.

Un coup de maître […]

A l’abri d’un immense miroir sans tain installé sur la scène qui laissera voir le plateau en plusieurs lieux (la salle commune avec ses pensionnaires, une chambrée, un couloir de douches) ou bien reflètera aux spectateurs leurs propres images, déferle en visions kaléidoscopiques le passé d’une vieille femme et les chapitres d’une famille maudite, aux prises avec la violence, le pouvoir, la culpabilité, le sacrifice, et le remords.

[…] une Iphigénie bouleversante […]

Le tout emmené par une distribution, des chœurs, au diapason ainsi qu’une direction d’acteurs/chanteurs qui excelle. Où chaque geste/vocalise s’empare du drame, l’explore et le révèle sur la trame musicale ardente, contrastée, du chef d’œuvre de Gluck, dont l’architecture se dévoile puissamment sous la direction de Thomas Hengelbrock. Du grand art. Bravo.

Dates : du 14 septembre au 2 octobre 2021 l Lieu : Palais Garnier (Paris)
Metteur en scène :  Krzysztof Warlikowski

Le genou d’Ahed, un film israélien complexe, sortie le 15 septembre 2021

Nadav Lapid se lance avec Le genou d’Ahed dans un film conceptuel sur les fêlures provoquées par la guerre en Israël, lui qui s’est fait remarqué avec ton toujours décalé, de ceux qui mettent mal à l’aise comme dans L’institutrice et Synonymes, il tente une oeuvre plus piquante. Il abandonne ici le classicisme de personnages imaginaires pour mettre en scène un réalisateur qui semble lui ressembler. La critique de la politique de l’État israélien est frontale, tout y passe, depuis ses dirigeants jusqu’à sa culture sans oublier le peuple par trop conciliant. Pas facile de ne pas décrocher dans un opus retors qui part dans tous les sens.

Un film sans détours ni facilités

Le genou d’Ahed ne serait-il qu’un pamphlet sans nuances? Les scènes naviguent en eaux troubles, entre grosses colères, souvenirs et grotesque, sans limites et surtout sans prévenir. Le spectateur se sent parfois pris en otage d’une narration sans queue ni tête. Faut-il en rire ou en réfléchir, le film ne laisse pas le choix, déversant des flots ininterrompus de phrases conceptuelles pour mener l’audience au gré du vent chaud du désert. Le réalisateur évoque la guerre au Liban, une projection qui se passe mal pour le héros lui-même réalisateur (interprété par Avshalom Pollak), à la langue acerbe et au verbe haut. Les dialogues alambiqués occupent beaucoup l’espace, mettant à rude épreuve l’attention des plus endurants. Le récit éclaté pose des questions de rythme et malgré des images très léchées à l’occasion, difficile de ne pas croire que le réalisateur n’en fait qu’à sa tête, un producteur plus lucide aurait demandé à recadrer le propos pour justement ne pas trop sentir du cadre.

La colère est toujours présente, le propos fera réfléchir, mais le genou d’Ahed ressemble un peu trop à un patchwork d’humeurs désunies pour parfaitement convaincre.

Synopsis: Y, cinéaste israélien, arrive dans un village reculé au bout du désert pour la projection de l’un de ses films. Il y rencontre Yahalom, une fonctionnaire du ministère de la culture, et se jette désespérément dans deux combats perdus : l’un contre la mort de la liberté dans son pays, l’autre contre la mort de sa mère.

La confession manquée d’Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Arthur Dreyfus © Hélène Bamberger P.O.L

Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Mon Dieu quelle époque ! Il y a quelques mois apparaissait sur les tables des libraires un volumineux Journal dont le titre vaguement inspiré d’un roman de Mauriac semblait contenir toute l’ambition de son auteur : non seulement évoquer sans détour le quotidien de sa vie sexuelle mais révéler à travers elle l’état d’esprit d’une génération, d’une époque, voire d’un siècle. Arthur Dreyfus a-t-il réussi son pari ? D’un point de vue strictement littéraire, force est de constater que non. Après avoir parcouru d’un œil bienveillant les quelque deux mille trois cent quatre pages de cet interminable pensum, nous inclinons à penser que l’auteur peine à rivaliser avec son illustre prédécesseur tant son style de mirliton pêche par une accablante platitude, tant aussi sa manière élémentaire de raconter ne dépasse guère les prouesses d’un lycéen de seconde.

Or le style, disait l’autre, c’est l’homme. Quel genre d’homme est donc Arthur Dreyfus ? Disons que c’est un gay d’aujourd’hui, comme il vous est loisible d’en croiser chaque jour dans notre vaste métropole, un gay bourgeois et intelligent, nanti de diplômes et de privilèges, que rien ne distingue de son alter ego hétérosexuel, le bobo parisien dans la force de l’âge, plus soucieux du périmètre de son appartement et de son avancement social que des lendemains qui chantent. Rien ? Pas tout à fait cependant. C’est que notre garçon d’aujourd’hui, malgré son profil de gendre idéal, est habité par une tyrannique compulsion sexuelle qui vient bouleverser son quotidien et le soustraire bien malgré lui au destin de ses semblables.

Tel est bien le sujet du livre. Habité par le démon du sexe, Dreyfus voit son existence assez banale- existence dont nous ne savons pas grand-chose : que pense-t-il ? à quoi rêve-t-il ? a-t-il des opinions politiques ou religieuses ? – élevée au rang d’un road-movie pornographique qui l’emporte frénétiquement sur les sentiers de la baise où l’application Grindr fait office d’escale régulière. Bien malgré lui, disions-nous. Et c’est bien là que le bât blesse, que ce Journal sexuel s’avère si décevant, morne, conventionnel, et si peu gay au sens étymologique. C’est que notre auteur n’a rien d’un héros ou d’un martyr, d’un poète ou d’un voyou, il n’est qu’un homme ordinaire que la particularité de son économie psychique, l’épanchement de sa libido, précipitent à son insu dans les bas-fonds du sexe, sans qu’il ne parvienne jamais à extraire de ses incursions souterraines la moindre lumière, la moindre connaissance, sans que ne l’effleure jamais le moindre frisson charnel ou amoureux. Ordinaire, la sexualité de l’auteur l’est également au plus haut degré.

Derrière le voile de fumée d’une apparente transgression, Dreyfus apparait comme un fonctionnaire du stupre hanté par le fantasme de la normalité, s’attachant souvent aux formes les plus conventionnelles de la masculinité. Conformément à l’idéologie dominante des réseaux sociaux, jamais un partenaire n’est présenté autrement que par son âge, sa couleur de peau et ses attributs sexuels : « Son corps est musculeux, il a vingt ans, les cheveux extrêmement blonds, joli sexe, trou parfaitement lisse. » Au demeurant, à peine dégrisé de ses frasques libidinales, l’auteur ne manque pas de nous rappeler que s’il ne baise pas comme les autres il tient à penser comme tout le monde : « Je ne suis pas favorable à la pédophilie, je la réprouve… », etc. Quelle grisaille ! Quel vide ! Oui, répétons-le, à quelques exceptions près, sans doute vers la fin du livre où sourd de cette épaisse mélasse un début de clarté, jamais l’auteur ne s’interroge sur lui-même, ni sur l’autre, jamais il n’interrompt un instant sa frénésie sexuelle pour tenter de l’intégrer à un ensemble plus vaste, à une compréhension plus ample de son existence, en dépit d’ailleurs de sa fréquentation assidue du cabinet de l’analyste qu’il semble traiter avec la même versatilité que ses partenaires sexuels : « dans les jours qui suivent, conscient d’être véritablement malade, je me résous à trouver un autre analyste. » Oui, Arthur Dreyfus baise comme il vit, vit comme il baise, et baise comme il écrit : mal, vite et sans éclat.

Que conclure en définitive de cette confession ? Dans L’Homme sans gravité (2002), le psychanalyste Charles Melman avait prophétisé un bouleversement radical de la condition humaine consécutif à l’expansion de l’économie libérale, un effacement de l’ancien sujet hanté par le désir et la faute devant un individu errant, délesté de tout ce qui le rattachait autrefois à l’Histoire, la Loi et l’Utopie. Telle est, à nos yeux, la signification du Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui. Dans ces pages monotones, on retrouve l’individu sans destin, sans règles et sans attaches de nos sociétés actuelles ; l’individu qui ne pense rien, n’éprouve rien, ne regrette rien et ne s’oppose à rien ; que seule la tyrannie du besoin, confondu avec le désir, mène par le bout de son nez. En ce sens, Arthur Dreyfus a bien réussi son pari : son livre est générationnel. Mais s’agit-il encore d’un livre ? Ni œuvre, ni journal, ni document, cette compilation a plutôt valeur de symptôme. Symptôme d’une époque où la Société du spectacle incline à prendre des vessies pour des lanternes, imposant comme œuvre littéraire ce qui n’en possède que le nom. Nous apprenons que la vessie d’Arthur Dreyfus figure en bonne place sur la liste du Prix Médicis. Gageons que le jour de sa proclamation, elle explosera avec fracas à la face du jury.

Editions P.O.L
Date de parution : Mars 2021
Auteur : Arthur Dreyfus
Prix :
37 €

[BD] Féroce, tome 1 : le danger au coeur de la taïga par Gregorio Muro Harriet et Alex Macho (Glénat)

[BD] Féroce, tome 1 : le danger au coeur de la taïga par Gregorio Muro Harriet et Alex Macho (Glénat)

Entre polar mafieux et récit d’aventure aux accents écologistes, Féroce est un voyage au coeur de la Sibérie, à la frontière entre la Russie, la Corée du Nord et la Chine. Une équipe de reporters vient enquêter incognito sur un trafic de bois orchestré par la mafia à l’internationale, sous couvert de la réalisation d’un reportage sur le principal intéressé par cet habitat naturel : le Tigre de Sibérie. 

Chassé puis blessé par un braconnier, l’animal va alors chercher à se venger en s’engageant dans une véritable chasse à l’homme. Avec l’Amba, cet esprit vengeur en son sein, la taïga se transforme en une souricière particulièrement hostile…

Féroce offre un premier album parfaitement maitrisé, que ce soit de part son scénario ciselé et haletant (signé Gregorio Muro Harriet) ou que ce soit grâce à au dessin de Alex Macho qui impressionne. Une grande aventure garantie. Vivement la suite.

Extrait de la BD :

 

Résumé de l’éditeur :

Quand la nature se déchaîne, personne n’est à l’abri. Sur le territoire du kraï du Primorié, en Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord, un tigre de Sibérie blessé par un braconnier se consacre à la chasse à l’homme. Non par faim mais plutôt par vengeance, il peint du sang de ses victimes la taïga sibérienne. Ni les brigades forestières contrôlées par la mafia sino-russe, ni les agents du Centre du Tigre de l’Amur, ni les groupes environnementaux ne sont en sécurité lorsque l’Amba, l’esprit des forêts, part à la chasse. Inspiré de faits réels, Féroce fascine par ses silences et ses paysages hivernaux désolés. Un récit puissant, peuplé de personnages forts et plus vrai que nature où le massacre et l’horreur peuvent être enclenchés à tout instant.

Date de parution : le 1er septembre 2021
Auteurs
:
Gregorio Muro Harriet (scénariste)
et Alex Macho (dessin)
Genre : Action, Aventure
Editeur : Glénat
Prix : 14,95 € (56 pages)
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Morgon 1920 de Franck Chavy, une cuvée 2020 à découvrir

Morgon 1920 cuvée 2020, c’est une référence à l’année de naissance du grand-père du producteur, Antoine, qui, il y a quelques décennies, cultivait déjà les mêmes ceps, à l’origine de cette cuvée emblématique du Morgon. La cuvée 2020 ne déroge pas à la règle, la qualité est belle et bien présente, comme déjà dans la dégustation de la cuvée sans sulfite.

Un Morgon en majesté

Composé de cépage Gamay, ce Morgon se distingue à l’œil par sa belle robe rubis. Le nez est mûr avec une note florale, fruité cerise petits fruits noirs myrtille épicé muscade reglisse et une touche de clou de girofle. La bouche est ample et fondue, fraîche avec de fins tanins élégants harmonieuse, la finale est longue. Pour déguster ce vin, n’hésitez pas à choisir une terrine de lapin, une tarte tomate, du magret de canard, et pour finir de la glace vanille accompagnée d’un coulis de chocolat, voire une crème caramel. Le prix de vente TTC départ cave est de 15,00 euros, tout à fait au niveau de la qualité de ce vin de Morgon.

Publireportage:

Vignerons depuis 4 générations sur les communes de Villié-Morgon et de Régnié-Durette en pays Beaujolais. Les millésimes et les vignerons se sont succédés, mais la vigne est resté Les ceps les plus anciens ont été plantés entre 1900 et 1910. Ce trésor, qui a été légué par plusieurs générations de vignerons et permet d’offrir les plus grands vins. Le domaine s’étend actuellement sur 10 hectares avec 3,5 ha en Morgon, 2 ha en Brouilly, 3 ha en Régnié, 0.5 ha en Chardonnay et 0,5 ha en Beaujolais village. Le Gamay dit noir à jus blanc est l’unique cépage utilisé pour les crus de la région. L’ensemble des travaux est effectué de la taille de la vigne, à la commercialisation des bouteilles, seule la récolte 100 % manuelle des raisins et les travaux de taille en hiver demande l’intervention de saisonniers. La production est principalement vendue à une clientèle de particuliers en France, soit au domaine, soit au cours de dégustations et salons. Ces rencontres sont la concrétisation d’une année de travail. Le vin est également distribué en Allemagne, Suisse, Pays-Bas , Angleterre, Quebec, Etats-Unis, Danemark.

Néon personnalisé comme expression de « l’art commercial »

Comme nous le savons, l’art commercial ou l’art publicitaire est l’une des principales expressions artistiques de notre époque. De nos jours, la publicité est certainement le principal moteur de la production artistique dans le monde. Lorsque nous pensons à l’art commercial, nous pensons aux clips publicitaires, aux chansons d’époque que nous ne pouvons pas nous sortir de la tête, ou à la conception graphique. Cependant, il devient de plus en plus important pour les marques, grandes ou petites, de prendre soin de la décoration et des éléments physiques de leurs établissements.

L’importance de l’art dans les points de vente

Pour les petites marques, qui ne peuvent pas se permettre de grandes campagnes publicitaires, leur(s) magasin(s) sont leur principale vitrine au monde. Pensez, par exemple, aux magasins de votre quartier. Dans une mesure plus ou moins grande, ils ont tous fait un effort pour donner à leur établissement un aspect accueillant et conforme au service qu’ils proposent. Si c’est un bureau, donnez-lui un air professionnel. Si c’est une librairie, qu’elle stimule notre imagination. Ou, s’il s’agit d’un café ou d’un bar, qu’il transmette chaleur et calme ou, au contraire, l’envie de discuter et de passer un bon moment en compagnie d’autres personnes.

Les grandes entreprises, quant à elles, doivent relever le défi de paraître familières et ouvertes à leurs clients potentiels. Et à cet égard, l’un des aspects les plus importants est l’apparence de chacun de leurs établissements. Ils s’engagent à créer des atmosphères qui offrent une expérience agréable à chacun d’entre nous, en fonction du service qu’ils proposent. Et cette atmosphère doit également être reconnaissable, de sorte que, partout où nous trouvons un établissement de la marque, nous pensons toujours que nous allons répéter la même expérience satisfaisante que nous avons eue dans un autre endroit. Pensez, par exemple, aux grandes entreprises de restauration. Par exemple, une chaîne de restauration italienne. Où que nous soyons, nous pensons que nous aurons une expérience très similaire à celle que nous avons vécue dans un autre établissement de la marque. Dans ce cas, une expérience qui évoque l’Italie et sa gastronomie.

L’entretien des magasins est une chose qui s’est toujours produite historiquement. Les magasins, quels que soient le type et l’époque de l’histoire, se sont toujours efforcés d’attirer l’attention de leurs clients potentiels et d’évoquer la solution à leurs besoins. Pensez à l’art contenu dans les grandes galeries commerciales ou dans des villes entières comme Las Vegas. L’art commercial est présent autour de nous tous les jours, nous vivons avec et inconsciemment il nous pousse à visiter des lieux, à consommer des marques qui nous inspirent. Et, dans ce sens, nous voulons vous présenter une ressource qui devient indispensable dans la plupart des ateliers les plus avancés artistiquement. Il est partout, et nous allons vous expliquer brièvement pourquoi. Nous parlons du Néon LED personnalisé.

La grande ressource des néons LED personnalisés

La partie la plus visible et la plus proéminente des façades de magasins dans le monde entier est leur enseigne. Traditionnellement, il s’agissait de panneaux, de lettres peintes, etc. Mais le néon est entré dans nos vies et tout a changé. Que serait Las Vegas sans le néon ? Que serait la nuit de n’importe quelle grande ville sans l’existence du néon ?

Stimulé par la culture pop et sa motivation à faire de l’art à partir du quotidien et à le rendre accessible à tous, le néon a été utilisé dans le monde entier depuis sa première apparition. Et c’est précisément en raison de tous les avantages qu’elle offre. Tout d’abord, il est à la fois très accrocheur et sophistiqué et permet de réaliser pratiquement toutes les formes. Associé au design graphique, entre autres disciplines, il est parfait pour inspirer mais avec un aspect très amusant et accessible.

Deuxièmement, au-delà du fait d’attirer l’attention, le néon ne sert que peu de ressources à la mission principale de la publicité : transmettre un message de manière claire. En d’autres termes, un magasin dont l’enseigne est en néon ou dont les murs en sont décorés se distingue des autres et est clair dans l’impression qu’il veut donner à ses clients potentiels.

Le néon est à nouveau très répandu dans de nombreux établissements, et ce grâce au fait que les fabricants de ce type ont opté pour l’innovation et que les caractéristiques techniques du néon sont aujourd’hui impressionnantes. Nous tenons à souligner trois qualités : le néon permet aujourd’hui de personnaliser pratiquement n’importe quelle forme, son installation est très simple et il n’y a pratiquement aucun entretien à effectuer. En bref, les entreprises qui incluent le néon dans leurs enseignes, sur leurs murs ou lors de leurs événements, montrent qu’elles sont une entreprise au caractère décontracté, amical et amusant, mais professionnel et sophistiqué.

Exposition Botticelli, Artiste et Designer au Musée Jacquemart André, un éblouissement artistique

Le Musée Jacquemart André fait honneur à un artiste majeur du XVe siècle, abandonné pendant longtemps et redécouvert au XIXe siècle, Sandro Botticelli (1445 – 1510) est dévoilé à travers une quarantaine d’oeuvres majeurs et un focus sur son atelier où l’art de la copie a été poussé à son paroxysme. Si la Naissance de Vénus n’est évidemment pas présente, certaines de ses déclinaisons et d’autres oeuvres majeures sont présentes pour une une belle plongée dans les temps anciens. Certains des peintres contemporains à son oeuvre sont également présents pour un regard vertigineux sur une période artistique majeure.

Un artiste complet

Au XVe siècle, le rayonnement de Florence dépasse les frontières de ce qui est alors l’Italie. Alors que la famille Médicis accumule les commandes, Botticelli profite de cette manne financière pour approfondir son art. Si aujourd’hui son oeuvre est connue et reconnue, sa vie reste nimbée de mystères et un seul autoportrait est dévoilé, et encore, sur une fresque où il joue un tout petit rôle. L’exposition insiste sur sa qualité de designer avec l’accompagnement de nombreux assistants qui lui permettaient de concourir à une profusion de commandes. La pratique d’atelier se rapproche du concept plus moderne de laboratoire artistique, un peu comme la Factory d’Andy Warhol, avec un foisonnement d’idées et d’approfondissements pour faire avancer la pratique artistique. Botticelli fut non seulement artiste créateur, mais également entrepreneur et formateur, au plus près des exigences de ses commanditaires. L’exposition s’organise de manière à la fois chronologique et thématique, avec un parcours illustrant le développement stylistique de l’artiste, les liens entre son œuvre et la culture de son temps, et la place unique de l’artiste au milieu de ses contemporains. Les prêts reçus d’institutions aussi prestigieuses que le musée du Louvre, la National Gallery de Londres, le Rijksmuseum d’Amsterdam, les musées et bibliothèques du Vatican, les Offices à Florence et la Gemäldegalerie de Berlin montrent bien l’ampleur qu’ont voulu donner les Commissaires de l’exposition Ana Debenedetti, historienne de l’art et spécialiste de l’art florentin de la Renaissance, et Pierre Curie, conservateur en chef du patrimoine.

L’exposition Botticelli au Musée Jacquemart André est un évènement majeur de la rentrée culturelle à Paris. Elle dure jusqu’au 24 janvier 2022 pour un tarif plein de 17 euros. Il ne faut pas hésiter à aller la visiter!

Le Visiteur d’après Eric-Emmanuel Schmitt au Théâtre Rive Gauche, une pièce drôle et puissante à découvrir

Un Sigmund Freud (Sam Karmann) vieux et malade doit faire face à la montée du nazisme dans la Vienne de 1938, avec son lot de vexations et de craintes. Au milieu du tumulte ambient, la possibilité de partir très vite s’offre à lui pour arrêter de courir le risque d’une arrestation et d’une déportation que représente l’officier nazi (Maxime de Toledo) qui le persécute continuellement. Un personnage étrange fait alors irruption dans son appartement pour des échanges à batons rompus qui révèlent l’esprit toujours vif de l’inventeur de la psychanalyse et son questionnement sur l’existence de Dieu…

Une pièce vertigineuse

Tout le sel de la pièce tient dans ces échanges verbaux entre Sigmund Freud et… cet inconnu. Le huit-clos montre la détresse du docteur face à la cruauté des évènements et la peur d’un avenir qu’il sait court. Ses problèmes de santé ne font guère de doute, il s’inquiète surtout pour ses proches. Pour qui a lu des ouvrages d’EricEmmanuel Schmitt, la même vivacité intellectuelle est parfaitement retranscrite sur scène par des comédiens au diapason de l’oeuvre littéraire. les textes se déroulent sans peine, les expressions des visages sont habitées par les comédiens et rien ne permet de préjuger du dénouement. La fille de Freud, Anna (Katia Ghanty) personnifie les envie de résistance à la barbarie, illusoire étant donné la vigueur montante du parti d’Hitler à l’époque. Pour se défendre, Freud n’a que sa faconde et son habileté à manier les mots et les concepts. Quand il se trouve en présence d’un inconnu qui laisse planer le doute sur son identité, c’est à un véritable examen de conscience que se livre Sigmund. Sa jeunesse, son ambition, ses échecs, ses espoirs, tout est passé en revue avec maestria. La pièce passe comme dans un souffle, sans longueurs inutiles ni temps mort inopportuns. La pièce est un voyage fascinant dans une époque où le pire de l’humain s’est manifesté dans un tourbillon de violence incontrôlée. La tranquillité presque apaisée du vieil homme tranche avec l’agitation du dehors, dedans / dehors, c’est toute la thématique de la pièce, tranquillité apparente, tourments cachés… force visible, faiblesse cachée… athéisme de façade, doutes profonds.

Le jeu des apparences est soigneusement interprété pour un vrai moment de théâtre rempli de fulgurances et de pertinence. Les comédiens font vivre le texte avec art, rien à redire, il faut surtout aller en profiter au Théâtre Rive Gauche!

Synopsis: Dieu et Freud doivent avoir énormément de choses à se dire puisqu’ils ne sont d’accord sur rien… Vienne 1938 : les nazis ont envahi l’Autriche et persécutent les juifs. Par optimisme, Sigmund Freud ne veut pas encore partir ; mais en ce soir d’avril, la Gestapo emmène Anna, sa fille, pour l’interroger. Freud, désespéré, reçoit alors une étrange visite. Un homme en frac, dandy léger, cynique, entre par la fenêtre et tient d’incroyables discours… Qui est-il ? Un fou ? Un magicien ? Un rêve de Freud ? Une projection de son inconscient ? Ou bien est-il vraiment celui qu’il prétend être : Dieu lui-même ?
Comme Freud, chacun décidera, en cette nuit folle et grave, qui est le visiteur… ? Le retour sur scène de la pièce phénomène de Eric-Emmanuel Schmitt !

Détails:

A partir du 8 septembre 2021

Du mardi au samedi à 21h
Matinées les dimanches à 15h

[BD] La geste des princes-démons, tome 2 : le space opera adapté par Morvan et Traisci (Glénat)

[BD] La geste des princes-démons, tome 2 : le space opera adapté par Morvan et Traisci (Glénat)

Oeuvre phare du monde de la S.-F., La geste des Princes-Démons de Jack Vance a fait l’objet d’une adaptation ambitieuse par Jean-David Morvan et Paolo Traisci. En témoigne ces deux albums denses à la fois en terme de scénario mais aussi en terme d’univers graphique. 

Kirth Gersen est un mercenaire en quête de vengeance. Et il en veut aux Princes-Démons qui ont tué ses parents. Lorsqu’il identifie l’un d’entre eux, Attel Malagate, dit « Le Monstre », il décide de le prendre en chasse et de lui tendre un guet-apens très élaboré. Toute la difficulté étant d’abord d’identifier sous quels traits ce Prince-Démon se cache. Une chose est sûre, il voyagera au côté de Kirth.

Space-opera explosif ponctué par de nombreux échanges musclés, La geste des princes-démons conclut son premier diptyque en tenant ses promesses avec son lot de révélations finales. Malgré cela, cette adaptation parait maladroite et décousue dans son propos ainsi que dans sa capacité à développer les personnages secondaires (on pense à la « romance » entretenue par Gersen, trop peu travaillée et peu crédible). On ne ressent aucun attachement pour ces personnages, d’autant plus que la narration semble souvent aléatoire sinon bâclée, et le découpage peu lisible, jusque dans le fil de l’action. Cela gêne continuellement la lecture et c’est dommage.

Pourtant, les magnifiques couvertures et l’univers graphique de cette saga à haut potentiel avaient de quoi séduire…

Extrait de la BD :

 

Résumé de l’éditeur :

Une épopée spatiale cruelle et homérique.

Kirth Gersen a soif de vengeance. Orphelin à l’âge de neuf ans, il décide de se lancer à la poursuite des assassins de ses parents. Cinq Princes-Démons en sont les responsables, ils paieront ce crime de leur sang. Pendant des années, Kirth Gersen a formé son corps et son esprit. Aujourd’hui, Attel Malagate, dit « Le Monstre », est sa première cible. Kirth traversera les galaxies, anéantira les obstacles et s’associera à toute âme bienveillante pour accomplir sa tâche.Seconde partie de l’adaptation du Prince des étoiles, œuvre culte de Jack Vance qui entame la saga de La Geste des Princes-Démons, retrouvez en bande dessinée un récit de Jean-David Morvan sublimement illustré par Paolo Traisci, jeune prodige qui révèle son talent hors du commun dans des planches au graphisme somptueux.

Date de parution : le 1er septembre 2021
Auteurs
:
Jean-David Morvan (scénariste)
Paolo Traisci (dessin) et Fabio Marinacci (couleurs)
D’après une œuvre de Jack Vance
Genre : S.-F.
Editeur : Glénat
Prix : 14,95 € (54 pages)
Acheter sur : BDFugue

Le Domaine Cauhapé présente sa nouvelle cuvée moelleuse très douce, Belle des vignes

Cette nouvelle appellation Belle des Vignes du Domaine Cauhapé réserve une très belle surprise avec ses aromes fruités qui tirent vers des arômes exotiques, type ananas et pêche jaune. Pour un tarif conseillé de 14 euros, c’est une belle découverte.

Un Jurançon tout en délicatesse

Ce Jurançon moelleux 2019 propose une belle intensité avec un nez qui exprime des arômes de fruits exotiques et d’agrumes portés par des notes de pains d’épices. En bouche, dès l’attaque, ce sont la douceur et la fraîcheur qui jaillissent pour une vraie sensation de plaisir. Pour accompagner la sortie de cette nouvelle cuvée, le Domaine Cauhapé a élaboré une belle vidéo présentant le mythe de la Belle des Vignes de quoi donner envie de se laisser aller à la dégustation, comme toujours avec modération. Ce vin peut être idéalement servi au moment de l’apéritif, il s’accorde également avec harmonie avec du foie gras mi-cuit et une cuisine sucrée-salée. Pour terminer le repas, il est le bienvenu avec des tartes aux fruits : abricots, pêches, fraises, framboises ou bien des charlottes. Le vin peut se garder 5 ans.

Publireportage: Les vins blancs secs et vins blancs moelleux du domaine Cauhapé enchantent les amateurs de grands vins racés et signés. Arômes fruités et complexes, robe dorée… Ils expriment un terroir d’exception, emblématique du Jurançon. Les vins de Cauhapé expriment toute la typicité des cépages du Jurançon. Le petit Manseng est le grand cépage, c’est une liane avec sous les feuilles de petites grappes aux grains ajourés. La pellicule épaisse est un grand atout. Elle permet de pousser très loin les vendanges et d’obtenir un très haut niveau de maturité. Gros Manseng et Courbu apportent la finesse et le fruit. Depuis quelques années, Cauhapé explore aussi les cépages oubliés Camaralet et Lauzet qui viennent anoblir les Jurançons secs, pour élaborer des vins plus authentiques et plus expressifs que jamais.

Cendres sur les mains, une pièce de Laurent Gaudé puissante et poétique à découvrir au Studio Hébertot

La pièce de théâtre est adaptée d’une oeuvre littéraire de Laurent Gaudé publiée aux éditions Actes Sud dans la collection papier. Dans un pays en guerre dont rien n’est dit, ni le nom du pays ni la raison de la guerre, 2 fossoyeurs sont chargés de brûler les morts. Leur tâche les répugne mais ils la réalisent avec application, suivant les ordres à la lettre. Quand une jeune femme laissée pour morte se relève d’entre les cadavres, le doute s’installe dans leur esprit. La pièce fait penser à d’illustres prédécesseurs comme Dino Buzzati dans Le Désert des Tartares ou Samuel Beckett avec En attendant Godot pour un moment de théâtre entre bouffonnerie et réflexion mystique.

Du théâtre tragique à la mode antique

La guerre est là mais ses fracas n’apparaissent pas sur scène. La mise en distante interroge sur la place de l’homme face au fracas ambiant. Les deux héros dont le spectateur ne connaitra pas les noms se livrent à leur tâche ingrate avec le gout du travail bien fait. Alors qu’une jeune femme se joint à eux, littéralement revenue d’entre les morts, silencieuse et absente du quotidien, la graine du doute germe dans leurs esprits. La fumée qui se dégage des buchers les indispose, ne pourraient-ils pas utiliser de la chaux au lieu de tous ces savons utilisés pour enlever les traces de cendre sur leurs peaux? L’horreur de leur tâche ne les étreint pas, pas plus la dimension intrinsèquement horrifiante de leur activité quotidienne. Bruler des corps n’est pas un problème pour eux, mais l’effet de la fumée sur leurs organismes, si. Pour créer cette histoire de tragédie moderne, Laurent Gaudé s’est inspiré du Rwanda avec une première écriture courte de la pièce et c’est le témoignage d’une femme kosovare qui lui a permis d’écrire l’intégralité de la pièce. Le metteur en scène Alexandre Tchobanoff place les deux comédiens Arnaud Carbonnier et Olivier Hamel dans des considérations syndicales qui renvoient à leur insignifiance à l’échelle de l’humanité. Ce qui élève l’homme et la femme, c’est ce personnage féminin mystérieux interprété par Prisca Lona, à la dimension quasi mystique, ressuscitée des morts, quasiment une divinité qui ne parle pas avec les hommes. Elle se contente d’apporter du réconfort aux morts, et peut être aussi à leurs âmes tourmentées, mais elle n’a que faire des vivants, surtout s’ils n’ont aucune importance. Des sacs s’étalent sur scène pour montrer le côté terrien des deux personnages masculins, une échelle permet à l’un d’eux de s’élever sporadiquement tandis que l’inconnue se tient au pied d’un lampadaire comme pour figurer une statue de la liberté moderne, symbolique de ses aspirations à l’universalité et à l’élévation. Car ce qui se joue, c’est bien les génocides entre peuples rivaux et cette faculté humaine à nier l’humanité de l’autre.

Les expressions outrancières et bavardes des deux ouvriers font penser à cette part conséquente de l’humanité qui agit sans vraiment savoir ce qu’elle fait, ils n’ont pas besoin de justification, ils suivent les ordres et se dédouanent de toute responsabilité. Une vision pessimiste de l’humanité, en somme. La pièce est à voit au Studio Hébertot du 05 septembre au 28 novembre 2021, tous les lundis à 21h, les mardis à 19h et les dimanches à 17h.

Synopsis: Une pièce engagée et humaniste aux accents « beckettiens » entre absurde et poésie. Dans un pays dévasté par la guerre, deux Fossoyeurs exécutent inlassablement leur tâche. Jusqu’au jour où une femme, laissée pour morte, se relève.« Que faire ? » se demandent-ils. S’ensuivent, pour les deux Fossoyeurs, des situations tragi-comiques aussi absurdes que grotesques contrebalancées par la poésie et l’humanité de cette femme, la Rescapée. Une véritable ode à la vie et à l’humanité.

Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, un roman de Gilles Paris (Gallimard)

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Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, un roman de Gilles Paris (Gallimard)

Publik’Art suit de très près et depuis toujours l’auteur Gilles Paris. Après
Le vertige des falaises, La lumière est à moi, Inventer les couleurs, Certains cœurs lâchent pour trois fois rien, Gilles Paris nous livre un roman centré sur les adolescents : Un baiser qui palpite là, comme une petite bête.

L’écriture de Gilles Paris nous embarque loin, très loin de notre quotidien. On est dès les premières lignes, immergés dans le monde ado. Un baiser qui palpite là, comme une petite bête est un roman choral où plusieurs ados prennent la parole. C’est Iris qui ouvre le roman. Et d’une façon choc. Un premier chapitre qui va hanter le lecteur tout au long du livre. Il n’aura pas d’autre choix que de le lire d’une seule traite.

Que vous soyez ado ou pas, ce livre vous concerne. Si vous êtes en pleine adolescence, cette histoire peut sans doute vous permettre de mieux comprendre cette période dure, mais aussi passionnante, qu’est l’adolescence. De mieux vous comprendre, tout simplement. Et de prendre conscience du danger qui rôde partout…

Et si vous êtes parents d’ado, vous allez tout simplement halluciner, entrer dans leur monde de plain-pied ! Y compris au niveau vocabulaire !

Même si l’histoire peut paraître invraisemblable, les personnages sont bien décrits et le lecteur ressent toute la complexité liée à cette période de la vie : les comportements extrêmes, ce besoin de plaire et d’attirer l’attention des autres, cette quête permanente d’identité, les pulsions sexuelles très fortes, cette violence exprimée soit verbalement, soit physiquement, sans oublier le harcèlement dont sont victimes de nombreux jeunes aujourd’hui, à cause des réseaux sociaux. Tout est finement analysé par l’auteur qui met l’accent sur les conséquences des actes. Souvent, hélas, désastreuses. Mais les adolescents sont aussi très solidaires et leur amitié est indestructible.

Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, un livre à mettre entre toutes les mains d’ados qui découvriront de belles références littéraires, et qui pourront s’identifier à tel ou tel personnage, toujours en quête identitaire ! Le roman de Gilles Paris sort aujourd’hui !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 9 septembre 2021
Auteur : Gilles Paris
Editeur : Gallimard
Prix : 13,50 €

Compte-rendu de la nouvelle dégustation fastueuse des cuvées du Club Vignobles & Signatures le 6 septembre sur la péniche Rosa Bonheur

La toujours accueillante péniche Rosa Bonheur nichée à proximité des Invalides à Paris n’a pas lésiné sur les prestations de qualité pour la dégustation des vins des domaines du Club Vignobles & Signatures. Les 17 domaines étaient présents, le soleil également, des huitres et des bulots aussi pour présenter des nouveautés comme la toute nouvelle cuvée Belle des Vignes du Domaine Cauhapé. Tour d’horizon des cuvées dégustées.

Les cognacs des domaines Francis Abécassis

4 cuvées représentatives de cette grande appellation de cognac étaient disponibles pour dégustation. L’ABK6 Cognac VS Pure Single, l’ABK6 Cognac VSOP, l’ABK6 Artist Reserve Edition Limitée n°2 et l’ABK6 Cognac XO Renaissance. L’article récent paru sur Publik’Art rendait déjà compte de la qualité de plus en plus renommée de ces liqueurs. Nouvelle confirmation, les domaines Francis Abécassis comptent de plus en plus sur la scène du cognac et méritent une dégustation pour se rendre compte de leur ampleur.

Le Domaine Cauhapé et ses jurançons secs et moelleux

Henri Ramonteu était présent pour faire la promotion des cuvées du Domaine Cauhapé avec sa faconde habituelle. La Canopée 2018, Quatre temps 2018, Belle des Vignes 2019 et Quatuor 2016 étaient disponibles à la dégustation pour se rendre compte de la générosité de cuvées élaborées par un artisan passionné des Jurançons secs ou moelleux, principalement à base de cépage Petit Manseng, mais aussi avec du Gros Manseng.

Le Domaine Couly-Dutheil, le Chinon à son meilleur

Plusieurs cuvées étaient disponibles chez Domaine Couluy-Dutheil à la dégustation pour des expériences à approfondir. Les Chanteaux 2019 avec son chenin 100%, Les Gravières 2019 et son Cabernet Franc 100%, le Domaine René Couly 2017 et son Cabernet Franc 100% et le Clos de l’écho 2017 et son Cabernet Franc 100%. Les récompenses pleuvent sur ce domaine attaché à son terroir et à ses traditions.

Coume Del Mas, le Roussillon en force

3 cuvées dégustées avec le Folio 2019 Collioure blanc, les Schistes 2019 et Quintessence 2017. Coume Del Mas profite d’un terroir exceptionnel et propose depuis 2001 des vins à la qualité toujours confirmée année après année.

Chammpagne Drappier, des bulles pour profiter de la vie

Plusieurs cuvées dégustées chez Champagne Drappier avec l’évidence d’un champagne de qualité. Que ce soit le brut nature 100% Pinot Noir ou les déclinaisons rosées ou extra brut, ce champagne mérite une découverte pour profiter de ses belles qualité et de breuvages très réconfortants.

Le Muscadet de Guilbaud Frères, un vin blanc des plus réconfortants

Par la faute d’un carton perdu en route, impossible de déguster les dernières cuvées en date des muscadets Guilbaud Frères. Mais un échantillon du Chateau de la Pingossière 2018 doit être adressé très prochainement pour dégustation , un article paraitra sur Publik’Art. Il était possible de gouter une fois de plus Le Soleil Nantais et le Clos du Pont, toujours des réussites à découvrir absolument.

La dégustation a été quelque peu écourtée par la faute d’une cheville récalcitrante, mais des vins vont être adressés pour des expériences plus avancées, articles à venir sur Publik’Art! La qualité est toujours au rendez-vous, les vignerons regroupés dans le club Vignobles & Signatures recherchent la qualité et ça se ressent!

Publireportage: Vignobles & Signatures, c’est un club de 17 appellations à découvrir:

Domaines Francis ABECASSIS – Cognac
Domaine CAUHAPÉ – Jurançon
Domaine COULY-DUTHEIL – Chinon

COUME DEL MAS – Banyuls, Collioure, Côtes du Roussillon…

Champagne DRAPPIER – Champagne
Jean DURUP Père et Fils – Chablis
Domaines FABRE – Haut -Médoc, Margaux

FIGUIÈRE – Provence
GUILBAUD Frères – Muscadet

Vignobles Joseph JANOUEIX – Saint -Emilion, Pomerol, Côtes de Castillon

Alain JAUME – Vallée du Rhône

Famille LESGOURGUES – Bas Armagnac, Bordeaux, Graves, Madiran
Famille ORLIAC – Domaine de L’Hortus – Pic Saint Loup

Maison PIRON– Beaujolais
Domaine Philippe et Sylvain RAVIER – Savoie
Domaine ROUX – Bourgogne
Château de TRACY – Pouilly-Fumé

17 entreprises familiales sont unies par un projet de vie, de passion, de continuité et de pérennité ; une association fondée sur la solidarité et l’amour du travail bien fait, avec un objectif d’échanges d’idées, de techniques et de pratiques commerciales.

[BD] How I live now, album touchant de Lylian et C. Circosta (Glénat)

[BD] How I live now, album touchant de Lylian et C. Circista (Glénat)

How I live now est une nouvelle adaptation du roman éponyme de Meg Rosoff traduit en français par Maintenant c’est ma vie. Un roman qui avait été porté à l’écran en 2013 par Kevin Macdonald (voir bande annonce ci-dessous) . Cette fois, c’est en bulles et en images que l’oeuvre de fiction nous est proposée par Lylian (au scénario) et Christine Circosta (au dessin).

Une oeuvre touchante où l’on suit Elisabeth, qui se fait aussi appeler Daisy, jeune ado envoyée par son père depuis les Etats-Unis, chez sa Tante Penn en Angleterre alors que la Troisième Guerre Mondiale est sur le point d’éclater. Dans leur grande maison à l’écart de la ville, Daisy fait connaissance pour la première fois avec ses cousins : Edmond, Piper, Isaac et Osbert. Une nouvelle famille qui l’accueille à bras ouverts et lui font découvrir la quiétude et les plaisirs de la vie. Une douceur de vivre qui va rapidement être bouleversée par la guerre.

How I live now est un doux récit dont le romantisme est envahi d’une mélancolie douce-amère, navigant entre l’insouciance de l’enfance et la gravité du monde adulte qui provoque l’effondrement de toute une vision du monde. Un entre deux eaux allégorie de l’adolescence qui imprègne au récit une tonalité bien particulière, savamment restituée à travers un scénario et une mise en scène raffinés. How I live now est un album très réussi, qui marque par son atmosphère unique. A découvrir.

 

Extrait de la BD :

 

Résumé de l’éditeur :

Hors du temps, loin du monde.

Elisabeth préfère qu’on l’appelle Daisy. Au prétexte de la guerre qui s’annonce, cette new-yorkaise de 15 ans en conflit avec son père et sa nouvelle compagne est envoyée au fin fond de la campagne anglaise, chez une tante et des cousins qu’elle ne connait pas. Edmond, Piper, Tante Penn, Isaac et Osbert l’accueillent avec une gentillesse désarmante et ce nouveau cadre familial déstabilise Daisy avant de la charmer, lui faisant presque oublier la mort de sa mère… Et, surtout, il y a l’amour naissant entre elle et Edmond. Cette bulle presque rêvée prend fin brutalement à l’apparition d’une guerre que l’on ne voit pas, mais dont l’écho transforme leur vie en chaos. Daisy n’aura alors de cesse de retrouver sa nouvelle famille, et son Edmond.

Récit transpirant la tendresse et l’affection portée à cette période qu’est l’adolescence, How I live Now est une aventure sensible et humaine. Adaptation du livre éponyme de Meg Rosoff déjà transposé au cinéma, elle évoque en bande dessinée le travail de Charles Forsman (The End of the F***ing World ou I am not okay with this) et s’habille d’une douce mélancolie qui provoque autant l’apaisement que le désarroi.

Date de parution : le 8 septembre 2021
Auteurs
: Lylian (scénariste)
Christine Circosta (dessin et couleurs)
D’après une œuvre de Meg Rosoff
Genre : Roman graphique
Editeur : Glénat
Prix : 19,95 € (144 pages)
Acheter sur : BDFugue

Un film argentin emballant inspiré d’une histoire vraie, Le braquage du siècle, en salles le 8 septembre

Le film Le Braquage du siècle a fait le 2ème meilleur démarrage de l’histoire du cinéma argentin, preuve de son immense succès public mais aussi critique. Le cerveau du braquage a également participé à la rédaction du scénario, preuve de l’extrême crédibilité d’un scénario au cordeau rempli de rebondissements. La trame du film n’est pas sans rappeler la série espagnole à succès La Casa de Papel avec sa tension permanente et ses personnages tous emplis d’un côté obscur qui se dévoile petit à petit. Le braquage véridique a marqué toute une génération en Amérique Latine, de quoi inspirer un film qui ne cesse de tenir en haleine tout du long.

Un film tendu à l’extrême

Les acteurs principaux du film, Guillermo Francella apparu dans Dans ses yeux en 2009 et Diego Peretti vu dans Le médecin de famille en 2013 portent, littéralement, le film sur leurs épaules. Cette histoire d’un assemblage de truands du dimanche désireux de réussir enfin un coup rocambolesque dans leurs histoires de petites frappes touche les spectateurs avec ces incessants va et vient entre préparation du casse et contraintes personnelles. Le scénario fait entrer dans des psychés qui se mettent toutes au diapason pour enfin réussir un coup d’envergure. Préparation minutieuse, entrainement frénétique, repérages minutieux, rien n’est laissé au hasard pour enfin aboutir au succès qui pourra changer leurs vies. Quand vient le jour J, le film se déroule comme une partie d’échecs entre malfrats et police, avec un négociateur chevronné tout prêt de faire échouer le coup. Il en faut peu pour passer de l’échec retentissant à la réussite fulgurante, le film sait jouer sur la corde raide pour laisser imaginer le pire comme le meilleur à des spectateurs subjugués. Car les caractères sont creusés avec autant d’application que des péripéties incessantes qui rythment le film tout du long. Difficile à croire après coup que l’histoire soit vraie, et pourtant, le braquage a réellement eu lieu, avec autant d’ampleur que ce que le film en montre, chapeau les artistes.

Le braquage du siècle est un vrai film haletant qui devrait emporter une large adhésion parmi le public à sa sortie en salles le 8 septembre. Difficile de faire mieux dans le genre bande de pieds nickelés qui parviennent, pendant un temps du moins, à déjouer les policiers les plus chevronnés.

Synopsis: Argentine, 2006. Un groupe de cambrioleur s’apprête à réaliser un des plus célèbres et des plus ingénieux braquage de l’histoire d’Argentine, celui de la banque Río.

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