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11 septembre 2001, le jour où le monde a basculé, une BD qui ravive le souvenir du drame et analyse la suite des évènements 20 ans après, sortie le 20 août 2021 aux éditions Dargaud

Alors que le monde s’apprête à se souvenir des évènements du 11 septembre 2001 à l’occasion des 20 ans de ce drame, la BD sortie aux éditions Dargaud fait le point sur cette journée fatidique et ses conséquences pour le monde. Après l’incompréhension initiale, la stupeur, les premières mesures coercitives, avec non pas un solutionnage de la situation mais peut-être plus une aggravation dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Et encore, la BD n’évoque pas le retour récent des talibans au pouvoir en Afghanistan. A travers un cheminement chronologique sur 144 pages, avec la grande histoire mais aussi toutes ces petites histoires qui rapprochent de la réalité, cette BD est un incontournable pour mieux comprendre ce qu’a été et ce qu’est encore aujourd’hui le 11 septembre 2001.

Un jalon clé de l’histoire moderne

La phrase est quelque peu devenue anodine, mais il est bien vrai que tout le monde se souvient exactement de ce qu’il faisait et où il était quand il a entendu la nouvelle des attentats du 11 septembre 2001. Ces images de tours jumelles en feu à New York passaient en boucle à la télévision et le monde retenait son souffle, se demandant si d’autres attentats n’allaient pas se produire et si le monde entier n’allait pas basculer dans le chaos. Si les plus jeunes ne comprenaient pas grand chose, les ainés n’étaient pas plus à même de mener une réflexion éclairée. La BD parue aux éditions Dargaud dresse un état des lieux éclairant du déroulement de la journée, alors que les pompiers montaient les escaliers, que la foule se regroupait dans les rues et que personne ne se doutait que les 2 gigantesques édifices allaient s’écrouler dans un épais nuage de poussière. Les premières pages offrent un retour en arrière salutaire avant que ne s’ouvre de nombreuses pages sur l’enlisement des Etats-Unis dans des conflits dont ils ne sont pas sortis grandis, au contraire au vu des évènements récents en Afghanistan. La BD-reportage se lit comme une vraie enquête journalistique avec pour fil rouge une jeune fille, Juliette, qui a vécu comme beaucoup les évènements dans son jeune âge via le prisme télévisuel déformant et décide se se rendre à la Grande Pomme, avec des mesures de sécurité drastiques et un port du masque devenu bien évidemment obligatoire. Le journaliste Baptiste Bouthier accumule les faits et les données pour un vrai travail d’analyse sur la marche inéluctable du cycle de la guerre. La décision du gouvernement de Georges W. Bush d’intervenir a permis de déloger le dictateur Saddam Hussein d’Irak mais sans mettre aucun régime durable à la place, avec pour conséquence l’avènement de l’Etat Islamique et une vague d’attentats sur l’Europe pendant les années 2000 et 2010. La BD évoque également les contrôles de sécurité drastiques, le patriot-act liberticide adopté dans de nombreux pays dans des versions locales, le terrorisme global, Vigipirate, Guantanamo, les révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden. Et puis nous voilà en 2021, et rien n’est vraiment résolu, ne reste que la douleur d’un souvenir marqué au fer rouge dans les esprits. Le dessin d’Héloïse Chochois permet de s’élever au-dessus des débats pour un retour en arrière qui fait mal.

La BD est un incontournable de la rentrée à lire absolument pour mieux comprendre la situation géopolitique héritée du 11 septembre. Et puis elle permet de se souvenir de ceux qui ont subi de plein fouet la tragédie, ceux qui sont intervenus, les pompiers, les policiers, et puis ces images de corps tombés des tours pour échapper aux flammes… ça fait toujours aussi mal.

Synopsis: Le mardi 11 septembre 2001, dix-neuf pirates de l’air du réseau Al-Quaïda s’emparent de quatre avions de ligne. Deux avions sont projetés sur les tours jumelles, symboles de la puissance financière américaine, le troisième termine sa course sur le Pentagone, siège du département de la Défense. Le bilan de ces quatre attentats-suicides est de 2 977 morts et 6 291 blessés. Construit en deux temps, ce documentaire raconte cette journée historique de l’intérieur en suivant plusieurs points de vue, et dressent un bilan du 11 Septembre, dans les jours, les semaines et les années qui suivent, montrant le bouleversement international de cet événement dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui.

Editeur: Dargaud

Auteurs: Baptiste Bouthier (Scénario) / Héloise Chochois (Dessin)

Nombre de pages / Prix: 144 pages / 18 euros

Une histoire du Velvet Underground, un groupe mythique de rock revisité aux éditions Dargaud, BD disponible depuis le 5 mars 2021

La carrière discographique du groupe The Velvet Underground se limite à 3 années et 4 albums sortis entre 1967 et 1970, mais le groupe a marqué au fer rouge des générations de fan de rock avec ses titres sans concessions, surtout sur les 2 premiers albums avec des partis pris à la marge du rock system. La BD dessinée et scénarisée par Prosperi Buri aux éditions Dargaud revient en détail sur une histoire d’espoirs et de luttes pour s’imposer et communiquer un art brut au plus grand nombre, difficilement pendant la période d’activité du groupe, mais avec succès depuis sa dissolution, comme le montre le nombre impressionnant d’artistes influencés par cette oeuvre unique dans son exigence.

Un groupe mythique revisité avec humour

La BD débute avec deux scènes qui font référence aux origines du groupe. D’abord Andy Warhol va assister au concert d’un jeune groupe alors inconnu dans la cave d’un bar à touristes de New York. Il est d’abord réticent mais tombe immédiatement sous le charme des titres et du chanteur. Puis un jeune Lewis Reed détalle du cocon familial pour échapper à des séances d’électrochocs. Si la vérité est quelque peu différente selon les biographes pour cette seconde anecdote, le ton est donné. Celui qui insiste pour se faire appeler Lou a commencé à écrire des poèmes et des chansons très jeune pour évoquer sa psyché tourmentée, avide de substances illicites pour échapper à une réalité quotidienne décevante et aux attirances physiques alors mal vues. La BD retrace son histoire avec force détails, n’oubliant ni sa rencontre fondamentale avec l’artiste de musique concrète John Cale ni ses recherches de drogue sur Lexington Avenue. Les traits quasi enfantins du dessin de l’auteur français autodidacte Prosperi Buri mettent à distance les côtés les plus sordides de l’existence du chanteur et choisit l’humour pour accompagner les péripéties d’une aventure jalonnée d’esclandres. C’est la rencontre avec le mythe vivant Andy Warhol qui permet au groupe initialement formé de Lou Reed, John Cale, Sterling Morrison et Maureen Tucker de trouver des concerts et d’enregistrer un premier album rentré depuis dans la légende. Si l’album à la banane a été un échec commercial à sa sortie, rejeté par les médias et très mal distribué, son aura a traversé les frontières et les âges, avec ses chansons évoquant pêle-mêle les effets de la prise d’héroïne, le New York interlope jonché de travestis et de junkies, ou les mœurs masochistes. L’auteur n’hésite pas à évoquer les difficultés du groupe pour se faire une place sur la scène rock et les addictions de membres perpétuellement sur la brèche faute de promotion suffisante. La BD continue avec l’évocation du caractère de plus en plus autodestructeur de Lou, qui se débarrasse d’abord d’un Andy Warhol de moins en moins investi, d’un John Cale désabusé et qui tombe sous la coupe d’un producteur véreux qui impose le jeune Doug Yule dans le groupe. Les dialogues sont souvent drolatiques, le ton de la farce est préféré par l’auteur à un ton plus dramatique, avec des Moe et Sterling en chroniqueurs amusés des aventures de plus en plus désastreuses du groupe.

La BD est clairement destinée aux fans avec ses références précises et sa narration proche de la vérité historique, mais les moins connaisseurs trouveront matière à rentrer dans un univers fascinant, jusqu’à peut-être se risquer à écouter des albums à découvrir absolument du Velvet Underground. Merci Prosperi Buri!

Synopsis: En 1964, rien ne laisse présager que la rencontre entre un jeune new-yorkais accro aux médicaments, Lou Reed, et un Gallois pédant et multi-instrumentiste, John Cale, allait aboutir à la création du groupe de rock le plus scandaleux et original de son époque. En moins de dix ans, ils vont chambouler tous les codes musicaux, artistiques et culturels et influenceront des générations de musiciens. Prosperi Buri, avec son humour acide, décrit ces années de bruits et de fureur, pour un portrait à la fois juste et sans complaisance.

Editeur: Dargaud

Auteur: Properi Buri

Nombre de pages / Prix: 80 pages / 16,50 euros

L’échiquier du vent, un film iranien hypnotique à découvrir en salles le 18 août 2021

La section Cannes Classics permet de redécouvrir des films rares en copies restaurées. L’échiquier du vent (Shatranj-e Baad en VO) du réalisateur Mohammad Reza Aslani date de 1976, avant la révolution islamique, tel un témoignage de la vie d’avant, avec son hypocrisie et ses faux-semblants. Le rythme lent fait apparaitre les complexités d’une vie quotidienne engoncée dans des conventions plus bourgeoises que religieuses, au milieu de personnages ambivalents. Une splendeur à découvrir.

Un drame à déguster

Le film a longtemps été considéré comme perdu, mais il a été miraculeusement retrouvé par la fille du réalisateur chez un brocanteur. Mohammad Reza Aslani a pu retrouver son film et le voir restauré grâce aux efforts de la Film Foundation de Martin Scorsese et de la Cineteca de Bologne. L’intrigue débute au sein d’une immense demeure où règne visiblement le luxe et la volupté. Les décors sont inspirés des miniatures persanes et le drame couve. L’héritière de la maison est handicapée, obligée de se déplacer en fauteuil roulant et imprimant ainsi un rythme lent et hypnotique à tout le film. Sa fortune est convoitée par pas moins de 3 hommes, son beau-père et ses deux neveux. Pour résister, elle bénéficie du soutien inattendu de sa servante et le jeu de massacre peut ainsi débuter. Car le film accumule les décès plus ou moins accidentels dans un rythme digne d’un Cluedo. Si le film est censé se dérouler au début du XXe siècle, le film sorti 3 ans avant la révolution islamique de 1979 devient une métaphore des temps d’avant. Presque tout le film se déroule dans l’intérieur de l’immense demeure autour de l’escalier central monumental. Les scènes de nuit sont éclairées à la bougie avec une impression de mystère touchant même au mysticisme. La maison devient ainsi un véritable personnage, avec des personnages déambulant entre les pièces, dans les couloirs, avec des apartés répétés. L’héritière clouée dans son fauteuil en bois est diminuée dans ses mouvements et dans son influence, ce sont les mouvements plus prestes de la servante qui donnent du rythme à l’intrigue. Le film présente d’ailleurs une relation aussi trouble qu’inattendue entre ces 2 personnages féminins qui tentent de se rapprocher dans une ambiance assez claustrophobique. Et puis dehors sont présentes à intervalles réguliers des lavandières, filmées en plan large, qui discutent de tout et de rien, comme pour ponctuer l’action de synthèse explicatrice.

Le film très pictural est griffé de 2 scènes de violence surprenante. La musique sert l’intrigue avec son rythme très cinématographique, tour à tour pesant ou plus descriptif. Le film fascine par sa maitrise formelle et son air d’Iran d’avant, rappelant étrangement d’autres drames bien de chez nous.

Synopsis: Suite à la mort de son épouse, Haji Amou, un commerçant traditionaliste, patriarcal et corrompu, projette de se débarrasser de sa belle-fille, Petite Dame, héritière en titre de la fortune et de la belle maison luxueuse dans laquelle ils vivent. Cette femme émancipée et moderne est paralysée et ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant. Pour faire face au complot formenté par son beau-père, elle se fait aider par sa servante, ignorant que celle-ci joue sur les deux tableaux…

Lugosi : Grandeur et décadence de l’immortel Dracula, une superbe biographie à paraitre aux éditions La Boîte à Bulles le 18 août 2021

Avant les versions de Coppola avec Gary Oldman et les films avec Christopher Lee, l’interprète le plus mythique de Dracula fut Bela Lugosi, acteur hongrois immigré aux Etats-Unis à l’accent inimitable et au regard en coin rentré dans la postérité. La BD Lugosi revient sur une existence entre ombre et lumière, avec ses phases de fortune et ses passages de misère. L’auteur Koren Shadmi offre une lecture aussi instructive que frissonnante.

Un acteur tombé dans l’oubli

Béla Lugosi, de son vrai nom Béla Blaskó est né en 1882 au cœur de l’empire austro-hongrois. Jusque sa mort en 1956 en Californie, il a enchainé les rôles dans des films fantastiques avec comme sommet son interprétation du célèbre vampire transylvain, le Comte Dracula. Le dessin de Koren Shadmi a déjà été apprécié dans la BD dédiée à Rod Sterling, l’homme de la série La 4e dimension. Cette BD revient sur une existence mal connue. Acteur de théâtre avant d’officier dans le cinéma muet en Hongrie dès 1919, Bela Lugosi a quitté son pays à la suite de la chute de l’éphémère régime communiste de Béla Kun qu’il soutenait. Il part en Allemagne puis aux États-Unis où sa vie est pendant longtemps difficile à cause de son manque de connaissance de l’anglais. C’est lorsqu’il décroche à Broadway le rôle de Dracula que sa carrière décolle grâce à son accent hongrois qui fait frissonner les spectateurs. Puis en 1931 c’est la consécration avec la reprise du rôle au cinéma pour les studios Universal Pictures dans le film de Tod Browning. Puis sa vie ne sera qu’années difficiles avec des films d’horreur de moindre qualité. Devenu alcoolique, dépendant à la morphine et de plus en plus désargenté, il connait un retour de flamme grâce à son amitié avec le réalisateur Ed Wood. Il meurt d’une crise cardiaque en 1956.

La BD revient sur une existence unique avec un homme qui avait une confiance totale en ses talents mais qui n’a pas pu vivre une vie à la hauteur de son ambition. La lecture est captivante et les dessins superbement désignés. La BD est à découvrir à partir du 18 août au éditions La Boite à Bulles.

Synopsis: Acteur emblématique du cinéma d’horreur américain des années 1930, mondialement connu pour avoir donné vie au comte Dracula, Béla Lugosi fait aujourd’hui encore frémir les cinéphiles. Couvert d’éloges dès ses premières apparitions sur scène et au cinéma, il a aussi connu des heures plus sombres. Hongrois d’origine, sa carrière d’acteur à peine entamée, il se retrouva forcé de fuir son pays, pour avoir soutenu la révolution communiste. Arrivé aux États-Unis en 1922, il enchaîne les petits boulots et les seconds rôles, handicapé par sa mauvaise maîtrise de l’anglais. C’est pourtant son accent prononcé qui le mène à la célébrité en 1927, quand il interprète Dracula d’abord à Broadway, puis pour les caméras d’Hollywood. Ce roman (bio)graphique retrace la vie d’un homme qui, après avoir touché les étoiles, connaîtra un déclin tragique. Son orgueil, son style de vie extravagant et son addiction aux drogues l’entraîneront dans une chute sans rédemption. Ses derniers films, tournés par son ami Ed Wood, deviendront tout aussi culte, souvent cités dans les premières places des plus mauvais films de l’Histoire du cinéma.

Editeur: La Boîte à Bulles

Auteur: Koren Shadmi

Nom de pages / Prix: 160 pages / 24 euros

La saga shakespearienne selon Thomas Jolly, dans un geste rare et total, est à voir sur France 4 (épisode 1)

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Thomas Jolly et les siens s’emparent avec un geste rare et total de cette matière théâtrale fleuve et explosive – à la fois poétique et populaire, vorace et légère, noire et tragique, cruelle et épique, où tous les genres de représentations sont convoqués passant sans transition du tragique au bouffon, sur fond de culture pop rock.

Henry VI de Shakespeare – composé de trois pièces publiées en 1592, soit 15 actes, 10 000 vers et 150 personnages, narrant pas moins de cinquante ans d’histoire franco-anglaise opposant les maisons royales de Lancastre et de York sur fond de guerre des Deux-Roses, d’une durée totale de dix-huit heures – n’avait encore jamais été monté en France dans son intégralité et pour cause !

Spectacle hors normes donc auquel le jeune metteur en scène Thomas Jolly, récompensé dernièrement du Molière de la mise en scène, s’est attelé pendant quatre ans et demi, débutant ce pari fou à 26 ans avec sa jeune compagnie, la Piccola Familia. Il en a 32 aujourd’hui.

L’épisode 1 de ce marathon théâtral comportant 8 parties, est à voir sur France 4, le jeudi 12 août à 21h05.

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Thomas Jolly et les siens s’emparent avec un geste rare et total de cette matière théâtrale fleuve et explosive – à la fois poétique et populaire, vorace et légère, noire et tragique, cruelle et épique, où tous les genres de représentations sont convoqués passant sans transition du tragique au bouffon, sur fond de culture pop rock.

A la fois baroque, moderne, outrancière, sanglante, cet Henri VI s’inscrit dans le pure du théâtre élisabéthain, tout en étant de son époque de par ses références et ses clins d’œil pour une traversée jubilatoire.

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L’histoire commence en Angleterre à la mort d’henry V et à l’avènement de son fils henry VI âgé de neuf mois. Henry V appartient à la légende glorieuse du passé où le grand roi n’est plus qu’un cadavre et le nouveau prétendant qu’un enfant autour de qui les antagonismes se font déjà jour.

Alors que les dissensions désorganisent la cour, les Français chassent l’ennemi Anglais et Henry VI perd les conquêtes françaises de son père. Dans son royaume, le roi Henry est menacé car son titre (transmis par les Lancastre) est contestable.

La mise en scène fait la part belle au théâtre de troupe (21 comédiens) et de plateau dans la pure tradition du théâtre de tréteaux. Avec quelques accessoires, une scénographie ingénieuse, et une esthétique influencée par les jeux vidéos, clips, mangas, elle fait naître tout un univers qui épouse le cours de la théâtralité initié par le texte.

Henry IV, le fondateur de la dynastie Lancastre s’est emparé de la couronne en détrônant le souverain en titre, Richard II. Henry IV et Henry V ont su tenir en respect les différents rivaux à la couronne, mais les descendants de Richard II (famille d’York), spoliés, vont maintenant se révolter contre l’héritier d’henry IV.

La famille d’York va se charger de faire payer à Henry VI la faute de son grand-père.

Henri VI est un roi pieux, sage et raisonnable dont la bonté n’est que faiblesse aux yeux des puissants féodaux se disputant intérêts et fonctions quand ils ne construisent pas pièges et complots.

La tribologie s’achève sur l’assassinant d’Henri VI par le futur Richard III.

Renversement d’alliances, trahisons en tout genre, perfidie à tous les étages, guerres fratricides, sur fond d’opportunisme et de rivalité sans fin pour la légitimité du trône, Shakespeare nous livre le chaos d’un monde en plein bouleversement entre un Moyen Âge finissant et une époque nouvelle qui peine à se révéler. Où l’ordre suprême régi par le divin fait place à un ressort individualiste porteur de toutes les ambitions, les manipulations et de tous les reniements.

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La mise en scène fait la part belle au théâtre de troupe (21 comédiens) et de plateau dans la pure tradition du théâtre de tréteaux. Avec quelques accessoires, une scénographie ingénieuse, et une esthétique influencée par les jeux vidéos, clips, mangas, elle fait naître tout un univers qui épouse le cours de la théâtralité initié par le texte.

Au commencement carnavalesque dans un esprit décalé, la farce médiévale donne à voir l’image d’un royaume ampoulé, à l’abri de vieux matériaux de lin, de bois, de dorures. Puis au fur et à mesure que, avec l’écriture de Shakespeare, on avance dans le siècle -l’invention de l’imprimerie, des armes à feu – le geste scénique évolue.

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A l’abri de projecteurs aux lumières rasantes qui découpent l’espace, de costumes beaucoup plus noirs et silhouettés ainsi qu’une scénographie qui se déploie avec une passerelle et deux tours se séparant, comme un royaume brisé, la mise en scène marque un basculement dans la gravité tragique. Avec une esthétique beaucoup plus baroque, voire renaissance, elle se charge en rebondissements mortifères jusqu’à l’épilogue avec l’anéantissement d’une lignée et l’avènement d’une autre.

Vingt et un comédiens, tous animés du feu sacré, portent avec ferveur et fureur ces personnages, tour à tour héros et traites, glorieux et monstrueux, aux prises avec leurs absolutismes diaboliques et leurs déraisonnables complexités.

Sur une bande son mêlant des musiques du XVIe siècle et de la techno rock, les scènes se succèdent avec rythme et fluidité, dans une énergie communicative, confrontant, entre hier et aujourd’hui, la condition humaine face à sa grandeur et sa noirceur, ses ambiguïtés et ses paradoxes.

La lecture de la pièce est d’une limpidité élémentaire grâce à l’arbre généalogique de la royauté britannique au 15e siècle, commenté à deux reprises sur scène, et à l’apparition d’une narratrice, Manon Thorel, qui vient au cours des 7 actes sur un ton grandiloquent avec beaucoup d’humour et d’esprit, resituer l’action.

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Le jeu souvent frontal donne lieu à des scènes d’anthologie. On citera celle du bûcher de Jeanne d’Arc, au casque de coiffure bleu et harnais de cuir tout droit sortie du film de Luc BessonLe cinquième élément”, constitué d’une montagne de chaises. Mais aussi les scènes de bataille à Orléans et Bordeaux à la chorégraphie aussi inventive que créative où les épées sont remplacées par des rubans GPS pour un effet saisissant, sachant que le sang qui coulera tout au long cours  sera toujours sous la forme d’un ruban rouge déployé.

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Ou encore la nuit de la Saint-Albans, chorégraphiée comme un jeu vidéo à travers trois tunnels rouge, qui voit les protagonistes en transparence apparaître puis disparaître dans une illusion aux lisières du fantastique, aussi étonnante que sidérante.

Vingt et un comédiens, tous animés du feu sacré, portent avec ferveur et fureur ces personnages, tour à tour héros et traites, glorieux et monstrueux, aux prises avec leurs absolutismes diaboliques et leurs déraisonnables complexités.

Un théâtre de troupe qui fait sens et tout à la démesure du grand Will…! Bravo.

Vent chaud, du cinéma gay très explicite en salles le 11 aout 2021

Le réalisateur Daniel Nolasco n’est pas encore très connu en France mais revêt une notoriété grandissante dans le milieu du cinéma brésilien queer. Son documentaire Mr Leather était assez pointu sur le milieu cuir au Brésil, il revient avec un long-métrage très explicite sélectionné pour la Berlinale 2020, Vent Chaud, pour public averti.

Un cinéma sans œillères

Le début du film n’y va pas par 4 chemins. La caméra de Daniel Nolasco s’appesantit en détail sur des anatomies masculines suintant de sueur dans une piscine municipale. La description des corps rappelle des calendriers bien connus tout aussi explicites. La caméra se substitut au regard de Sandro, personnage quarantenaire plutôt solitaire. Le film se veut une plongée dans l’esprit d’un humain ordinaire, pour décrire ses désirs et ses aspirations. Le ton du film est ouvertement frontal, sans limites dans l’expression des corps qui se donnent, certains parleront même de pornographie, le parti pris est clivant mais volontaire. Le cinéma queer se bat pour une reconnaissance plus large, avec des barrières compréhensibles pour préserver les moins concernés et les plus jeunes. Le héros a une obsession évidente pour les corps masculins et l’assouvissement de ses désirs. Les corps nus se multiplient, avec une esthétique très eighties et des images clinquantes à la mode Helmut Newton. L’érotisme est constant, diminuant d’autant la portée du film avec cette caricature d’un gay très porté sur la chose. L’esthétique du film est léchée, entre fantasme et réalité, car Sandro est un ouvrier qui veut explorer sa sexualité, jusqu’à l’excès étant donné le caractère très cru de certaines scènes.

Vent chaud est réservé à un public averti avec son parti pris frontal et des scènes de sexe explicites. La liberté est constante, il faut le savoir avant de tenter le visionnage. 

Synopsis: Sandro travaille au département ressources humaines d’une compagnie minière. A la fin de la journée il retrouve son collègue Ricardo dans la forêt avoisinante où ils ont des relations sexuelles. Régulièrement il se rend à la piscine où il fantasme sur le beau Maicon qui ne le remarque pas. Lorsque celui-ci commence à travailler dans la même compagnie, le désir de Sandro se transforme en obsession, et cela empire lorsqu’il apprend que Ricardo et Maicon ont une aventure.

Rouge, un thriller puissant de Farid Bentoumi, sortie le 11 août 2021

C’est devenu une spécialité chez les américains de proposer régulièrement des films sur la pollution insensée auquel est confronté leur environnement Erin Brockovich et Dark Waters ont sérieusement ébranlé les spectateurs du monde entier avec ces récits sur l’impunité de l’industrie américaine sacrifiant les problématiques environnementales sur l’autel du dollar roi. Rouge suit le même sillon en montrant les conséquences désastreuses du laisser-faire dans un récit où le réalisateur Farid Bentoumi imagine un sujet de fiction inspiré de plusieurs affaires très réelles pour un vrai choix de cinéma.

Le cinéma au plus près du réel

La personnage principale de Rouge découvre que la boite de son père où elle vient d’être embauchée a pollué l’environnement en toute impunité pendant des décennies. Le film n’a rien d’une fiction et évoque frontalement la responsabilité des industriels dans la pollution des paysages naturels, comme si les impératifs économiques pouvaient tout cautionner. Loin d’être simplement un film à charge, Rouge a l’intelligence de poser la question du contexte politique et social, le chômage galopant enjoint les salariés à s’accrocher à leur poste, quel qu’en soit les conséquences, l’écologie passe pour beaucoup après les salaire de fin de mois. Le maintien des emplois se fait parfois en dépit de considérations environnementales. Pourtant le film montre bien que la santé de la population est également en jeu, ceux qui ont toujours travaillé en environnement hostile ne considèrent pourtant pas le danger comme vital pour eux, ce que la jeune Nour a du mal à comprendre. Un emploi représente une fierté, les conséquences néfastes passent au second plan pour son père interprété par le toujours impeccable Sami Bouajila. L’usine de chimie lourde évoquée dans le film devient un cas d’école avec ces boues rouges accumulées en plein cœur de la forêt, à l’abri des regards mais aux conséquences connues de tous, le phénomène a créé des catastrophes inimaginables récemment au Brésil. Le film déroule un scénario sur plusieurs niveaux, la question sociétale avec la montée des votes extrêmes pour maintenir les emplois envers et contre tout, la question familiale avec une fille qui se rebelle contre son père, et la question économique avec les industries qui disparaissent les unes après les autres pour se délocaliser dans des pays à main d’oeuvre moins chère. Le film humanise le débat et le rend très proche du spectateur.

Rouge appuie là où ça fait mal en mettant en lumière les pratiques d’industries polluantes couvertes par les hommes politiques. Le film pourrait connaitre une grande notoriété, on ne peut que lui souhaiter!

Synopsis: Nour vient d’être embauchée comme infirmière dans l’usine chimique où travaille son père, délégué syndical et pivot de l’entreprise depuis toujours. Alors que l’usine est en plein contrôle sanitaire, une journaliste mène l’enquête sur la gestion des déchets. Les deux jeunes femmes vont peu à peu découvrir que cette usine, pilier de l’économie locale, cache bien des secrets. Entre mensonges sur les rejets polluants, dossiers médicaux trafiqués ou accidents dissimulés, Nour va devoir choisir : se taire ou trahir son père pour faire éclater la vérité.

[BD] Fausses Pistes, western moderne de Bruno Duhamel (Grand Angle)

[BD] Fausses Pistes, western moderne de Bruno Duhamel (Grand Angle)

Avec Fausses Pistes, Bruno Duhamel (Jamais, Le Voyage d’Abel, Nouveau contact…) nous emmène dans un univers décalé et inattendu. Un voyage où l’on suit Frank qui pendant 15 ans a incarné un Marshal à l’écran au point de se demander si ce n’était pas désormais le Marshal qui incarne Frank. Un flou artistique qui lui a valu d’être remercié par son producteur, la faute à un comportement quelque peu inquiétant en dehors des plateaux.

Invité par ses collègues à partir en voyage pour fêter sa retraite anticipée, Frank va traverser l’Ouest américain sans grande conviction. Un peu perdu, avec son colt toujours sur lui, il va faire sa traversée du désert à bord d’un bus rempli de touristes… C’était sans savoir qu’il allait sans doute trouver sa place, au coeur d’un western sans trucage.

Un album authentique qui prend à contrepied le lecteur et surprend par son audace. Mettant en scène des personnages tous aussi touchants les uns que les autres, Bruno Duhamel propose un récit plein d’humour et d’humanité, efficacement servi par un dessin bien exécuté. 

Fausses Pistes ne manque donc pas d’arguments. Une histoire complète à découvrir en librairie !

Extrait de la BD : 

Résumé de l’éditeur :

Depuis 15 ans, Frank incarne le célèbre Marshal dans le spectacle quotidien de la ville de Woodstone. Il est obstiné, colérique, et totalement possédé par son personnage. Un peu trop, de l’avis du psychiatre, depuis que Frank a dégainé sur un touriste. Officiellement jugé  » trop vieux  » pour le rôle, Frank perd tout. Son seul horizon : un voyage organisé dans l’Ouest, offert par ses collègues. Pour tout bagage, sa prime de départ, et un authentique Colt simple action, modèle 1880. Et au fond de son âme, une légende à réécrire.

Date de parution : le 09 juin 2021
Auteurs
: Bruno Duhamel (scénario et dessin)
Genre : western moderne
Editeur : Grand Angle
Prix : 17,90 € (80 pages)
Acheter sur : BDFugue

L’exégèse d’Hamlet par Olivier Py, sur France 4, le 5 août à 21h05

L’exégèse d’Hamlet par Olivier Py sur France 4 à 21h05
Hamlet à l’impératif ! – la pièce Olivier Py 2021 © Christophe Raynaud de Lage/Festival d’Avignon

L’exégèse d’Hamlet par Olivier Py, sur France 4, le 5 août à 21h05

Au château d’Elseneur, la folie gagne et la mort rôde. Vengeance, amour, tyrannie, désir, toutes les passions humaines sont en scène dans le chef-d’œuvre shakespearien, devenu source de pensée pour de nombreux artistes et intellectuels. Si Olivier Py a exploré ce destin littéraire au cours d’une spectacle-fleuve de 10 épisodes créé pour le Festival d’Avignon, une version resserrée de 2h a aussi été initiée.

Humain, trop humain !

Parce qu’il continue de voir l’œuvre shakespearienne comme une énigme à percer encore, le directeur du Festival d’Avignon décide de mener l’enquête, à la rencontre des grands penseurs et artistes qui ont dialogué avec Hamlet au fil des siècles. Un immense chantier autour de l’œuvre voit alors le jour, convoquant la philosophie, le droit, la psychanalyse, la linguistique, la politique, la poésie. Une traversée au cours de laquelle Olivier Py propose une lecture radicalement nouvelle de Hamlet. Une aventure donc qui embrasse d’un geste toute la richesse et la profondeur du chef-d’œuvre. En jaillit en filigrane une réflexion sur le théâtre, sur la puissance du langage, sur la figure féminine, la mort et la vie, le temps, la morale et l’action politique. 

Date : 5 août 2021 sur France 4 à 21h05
 

Nadia butterfly de Pascal Plante, la vie complexe de nageuse en film, sortie en salles le 4 août 2021

Nadia est membre de l’équipe canadienne de relais 4X100 m 4 nages. Elle planifie d’arrêter la compétition après les JO de Tokyo de 2020, malgré sa résolution elle ressent un grand vide intérieur. Une vie d’entrainement et ses bras puissants sont la preuve qu’elle peut s’investir, mais dans quoi? Le film offre une réflexion lancinante et pertinente sur le sens de la vie à hauteur de femme.

Une jeune femme moderne

L’héroïne et ses 3 amies ont le rêve fou d’obtenir une médaille aux JO, elles s’investissent tellement qu’elles n’envisagent pas la suite, Nadia est la seule à y penser, à 23 ans seulement, envisageant sa retraite prématurée comme un acte de maturité mais aussi comme une petite mort. L’athlète de haut niveau va devoir passer par toutes les étapes de son deuil sportif. Finis les moments de communauté sportive, la solitude guette à l’horizon et elle sent de plus en plus les liens se détacher avec ses coéquipières. Pascal Plante s’intéresse aux longues séances d’entrainement, aux échauffements inlassablement répétés et à la discipline de fer nécessaire pour atteindre ses objectifs. La course de Nadia aux JO est le grand moment du film, avec le lâcher prise qui suit, où il est permis de boire, de se lâcher, d’oublier la rudesse de la vie d’athlète pour vivre sa vie de femme. Une sorte d’avant-gout de ce à quoi elle aura droit une fois sa vie d’athlète terminée, ou pas, le mirage n’est pas loin. L’actrice principale remplit l’écran à elle seule, ce n’est pourtant pas une actrice à la base mais une nageuse qui a brillé lors de compétitions. Ce choix de l’authenticité se voit à l’écran et malgré quelques dialogues un peu alambiqués manquant de profondeur, le film garantit un beau moment méditatif qui n’est pas sans rappeler l’autre film rempli de spleen à Tokyo, Lost in Translation.

Nadia butterfly est un beau moment de cinéma en compagnie d’une jeune femme à la croisée des chemins, entre cocon protecteur des bassins et découverte de la vie réelle en dehors de la compétition. Le film est à découvrir le 4 août pour un moment de cinéma rempli d’énergie communicative.

Synopsis: À 23 ans, Nadia prend la décision controversée de se retirer de la natation professionnelle et de s’affranchir d’une vie de sacrifices. Après une dernière course, les excès cachés du Village olympique offriront à Nadia un premier souffle de liberté. Mais à mesure qu’elle plonge dans l’inconnu, les doutes surgissent : qui est-elle réellement ?

Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin, Maxence Tual : le trio choc pour sauver la planète !

Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin et Maxence Tual : le trio choc pour sauver la planète !
© photo : Philippe Lebruman

Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin et Maxence Tual : le trio choc pour sauver la planète !

Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin et Maxence Tual se sont rencontrés au sein de la troupe des Chiens de Navarre. De cette expérience commune, ils ont gardé le goût du collectif et de l’improvisation propices à une osmose jubilatoire sur le plateau.

Avec « Jamais labour n’est trop profond », c’est à une série de tableaux qu’ils nous convient, écrits et mis en scène collectivement, sur fond d’écologie, de décroissance et d’effondrement dont la troupe est aussi partie prenante. Le tout armé d’un humour transgressif et de résistance où la satire mais pas que, redonne au théâtre une dimension ludique et singulière : aussi inattendue que poétique.

Sur la scène transformée en laboratoire d’expérimentation, les comédiens se livrent à une exploration intime et artistique de ce qui fait le théâtre aujourd’hui et de son héritage, à l’orée de la révolution écologique.

Le spectacle s’ouvre sur un entretien téléphonique aux toilettes sèches of course ! où Thomas Scimeca échange avec son agent des conditions avantageuses de son prochain tournage. Mais voilà, il fait désormais partie de la compagnie durable et n’a donc plus rien à voir avec les faux-semblants de la notoriété et de l’appât du gain, comme lui rappelle avec pertinence Maxence Tual, qui explose son téléphone portable et fait de lui un homme libre !

Ça enchaîne avec l’exposé du grand projet écologique mené par nos trois acolytes : créer une machine, la « merdoduc » qui permet de créer de l’électricité et de l’eau avec des secrétions humaines.

Et dont le propos est sujet à des tirades qui font mouche : « Netflix produit 9 fois plus de CO² que les compagnies aériennes » ; sur un tournage, « à chaque réplique tu tues un ours blanc ».

Plus tard, Anne-Elodie Sorlin conviera les hommes à table autour d’une pizza où le trio s’épanchera sur la seule solution envisageable face à la surconsommation : le jeûne intermittent (ou le jeune intermittent, c’est selon).

Les scènes se succèdent dans un joyeux bordel portées par une dérision mélancolique et intempestive où le rire questionne autant qu’il débride.

Dans cette embardée à la fois prosaïque et surréaliste, le théâtre le plus tragique avec Hamlet et Prométhée est aussi convoqué pour se moquer de ses codes et de ses artifices à travers une scène de tournage chaotique, tout en cristallisant dans son intention l’élan créatif et poétique de l’art théâtral.

Un spectacle revigorant emmené par un collectif au taquet et qui nous fait plus que jamais nous sentir vivants en ces temps si troublés. Bravo !

Dates : du 29 au 31 juillet 2021 – Lieu : Théâtre Paris-Villette dans le cadre de la programmation du Festival Paris l’été
 

Réplicons, de Tonvoisin (Pygmalion)

Réplicons, de Tonvoisin (Pygmalion)

Voilà un livre rempli d’humour, Réplicons ! L’auteur qui se prénomme Tonvoisin, nous fait part de ses quelques réflexions sur son art de répondre aux cons, non sans humour. Le sous-titre de son livre est très évocateur : « Apprenez l’art de la répartie face à la connerie. »

D’après lui, nous sommes entourés de cons et ce n’est pas nouveau ! Il nous cite les plus grands philosophes et les plus anciens pour appuyer ses propos !

Si quelqu’un vous envoie une remarque parfaitement désagréable, comment faut-il réagir ?

En général, il est bon de garder son calme, et même de ne pas répondre immédiatement.

Certains passages peuvent faire sourire ! Et même rire !

Ceci dit, l’auteur a raison : pour vivre heureux, il faut en dévoiler le moins possible sur nous-même !

Avec Réplicons, chaque lecteur trouvera comment mieux s’en sortir face à la bêtise humaine ! Face aux cons, dirait l’auteur !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : avril 2021
Auteur : Tonvoisin
Editeur : Pygmalion
Prix : 15 €

Les sentiers de l’oubli, un beau film sensible sur la redécouverte de soi, sortie au cinéma le 4 aout 2021

Claudina est une femme d’âge mûr. Elle perd son mari. Au cœur d’un petit village chilien, elle doit faire face à la solitude et au spleen. Elle emménage avec sa fille et son petit-fils et rencontre sa voisine d’en face Elsa, une femme de la soixantaine dont le mari est souvent absent. Celle-ci est moderne et indépendante, les liens entre les deux femmes se font de plus en plus proches, jusqu’à la découverte d’une attirance inattendue. Le film rappelle le récent et très beau Deux pour une histoire d’amour qui touche à l’universel.

Un film sur le poids de la pression sociale

Engoncée dans son existence de femme mariée et affairée, Claudina a oublié de vivre ses aspirations, comme si sa liberté devait toujours passer après les impératifs de vie maritale. Elsa devient pour elle une porte de sortie pour recommencer à vivre et ressentir à nouveau la beauté de la liberté. Alors qu’elle doit faire des choix, elle n’a plus peur et ressent le frisson du laisser aller. Le film offre une vision très réaliste de ce qu’est actuellement l’amour entre 2 femmes au Chili, surtout dans une région rurale. Claudina et Elsa sont confrontées sans le vouloir à la pression sociale de tous ceux qui n’acceptent pas ce choix de vie hors des sentiers battus traditionnels. Les gens de l’extérieur, comme les gens plus proches comme la fille de Claudina, rejettent cet amour incompris, et la fille de Claudina va jusqu’à interdire à sa mère de continuer à voir Elsa, signe de rejet ultime qui fend le cœur des spectateurs. L’histoire aussi simple et intense de cet amour sans contraintes offre des moments de pure beauté que la cruauté de l’environnement social met à mal. La tendresse est enfouie sous les cendres de cette société qui n’accepte pas la différence.

Les sentiers de l’oubli est un beau shoot de beauté formelle avec deux personnages qui se découvrent et veulent faire le choix d’une vie aussi intense que sincère. Alors qu’à l’âge de 70 ans, on pourrait croire que la vie est plus proche de la fin, elles montrent qu’il n’y a pas d’âge pour vivre le grand amour.

Synopsis: Après le décès de son mari, Claudina se retrouve dans une routine solitaire. Elle décide de quitter la campagne pour rejoindre son petit-fils Cristóban et sa fille Alejandra, avec qui la communication est compliquée. C’est ici qu’elle fait la connaissance d’Elsa, une femme indépendante et mariée qui chante dans un bar caché appelé « Porvenir » (L’avenir). Une rencontre qui va lui permettre de s’émanciper d’une vie religieuse et conservatrice.

Le groupe de punk garage Yoko? oh no! sort son album Tatoos & Chlamydia le vendredi 23 juillet

Depuis 2 ans, le groupe bordelais Yoko? Oh No! (vous voyez la référence?) balance sa musique punk rock avec des membres
soudés par une énergie survitaminée. John Lemon à la guitare et au chant) et Stone à la basse et au chant se connaissent depuis longtemps, leur rencontre avec Tim à la batterie et au chant a permis de former un trio rempli d’énergie. L’album Tatoos & Chlamydia signe leur credo de bruit et de fureur.

Un album de furieux

Pour comprendre la démarche, ils faut connaitre les influences. Beatles évidemment vu le nom du groupe, et également des groupes remplis de caractère et de puissance comme NOFX, The Clash, Arctic Monkeys, Franz Ferdinand et The Hives. Les membres du groupe aiment varier les plaisirs avec des affinités techno, blues ou jazz à l’occasion pour élargir les horizons. Pour les chansons, les morceaux de Yoko? Oh No! sentent la force garage et la puissance rock matinées de mélodies accrocheuses aux paroles contestataires assez réjouissantes, et surtout remplies d’humour. Leur premier EP Super Forty Five Tour est sorti en 2019 pour précéder l’album de 10 morceaux Tattoos & Chlamydia voulu comme un hymne au mode de vie punk et au comportement foutraque que les premiers concerts dans les bas fonds bordelais leur ont permis d’éprouver. Le groupe a été en finale de l’édition 2020 du Tremplin Musique des 2 Rives et a gagné le Prix musique ICART de Bordeaux en 2021. Les deux morceaux phares sont Shame, avec ses riffs de guitare stridents et la batterie frénétique, et Alone, beaucoup plus pop et mélodique pour une chanson d’amour aux accents personnels qui parleront à tout le monde. Sylvia et Out Of Question suivent la même voie pour des vraies émotions musclées à l’écoute. Le morceau instrumental Cabaret Sauvage et l’intermède faussement acoustique Last Waltz démontrent l’étendue de leurs qualités musicales.

Yoko? Oh no! est la preuve ultime que le rock n’est pas mort, le punk non plus. Vivement la rentrée pour pouvoir aller les écouter en concert et prendre un bon uppercut d’énergie dans la tronche.

Un spectacle musical enchanteur avec J’aime Brassens au Théâtre Edgar

Georges Brassens n’est à l’heure actuelle pas un chanteur très populaire auprès des jeunes générations. La faute peut-être à une voix à l’intonation rurale et à une guitare un peu sèche dénuée de vraie rythmique. Les textes sont pourtant d’une étonnant actualité et d’une musicalité sans pareille, comme l’expose magnifiquement la chanteuse Aude Duhamel dans un spectacle où ses talents de conteuse font merveille. Elle enchaine les anecdotes et les tours de chant avec sa voix tour à tour jazzy et mélancolique pour des réinterprétations en tout point inoubliables du natif de Sète. Accompagné par le guitariste Andrea Campagnolo, ils captivent tous deux la foule pour une vraie réussite à découvrir les samedi et dimanche jusqu’à fin 2021 au théâtre Edgar. Une splendeur.

Un spectacle musical +++

Tout le monde connait le nom de Brassens sans pour autant l’écouter ni l’apprécier forcément. Ce spectacle permet d’en savoir plus sur le chanteur initialement sans le sou et devenu une figure de la chanson française aux côtés de Léo Ferré et Jacques Brel, et Aude Duhamel le partage avec le public! En savoir plus sur sa vie et son oeuvre permet de s’approcher d’intentions poétiques qui franchissent le mur des conventions et de la morale habituelle. Le spectacle laisse libre cours à des tours de chant savoureux où la chanteuse démontre ses qualités vocales bien au-dessus de la moyenne. Elle réinterprète les chansons avec grâce, entonnant des airs parfois repris en chœur par le public, elle encourage d’ailleurs cette ambiance très conviviale. Elle enchaine les classiques, Les copains d’abord, Chanson pour l’Auvergnat, La mauvaise réputation, pour le plus grand plaisir du public. Les anecdotes méconnues s’insèrent harmonieusement pour mieux connaitre la vie de l’artiste et les sources de son inspiration. La chanteuse parle de femmes, de famille, de saucisson, de tabac et d’intransigeance poétique. Avec des paroles immanquablement en vers et en rimes, les chansons font voyager au cœur du XXe siècle pour un récit musical rempli d’émotions, les larmes montent parfois aux yeux quand certains airs universellement connus sont entonnés sur scène et repris par la foule des spectateurs pour un poids immédiat sur le cœur. L’auteur de la pièce n’est autre que Jacques Pessis, grand spécialiste de la chanson française et connaisseur du grand Georges.

Le spectacle musical est magique, ça dure à peine une heure et c’est une parenthèse enchantée à découvrir absolument au Théâtre Edgar avec une chanteuse habile au chant et au conte, accompagnée d’un guitariste renversant.

Détails:

Théâtre Edgar 58 boulevard Edgar Quinet 75014 ParisTel: 01.42.79.97.97

Tous les samedis à 15h et les dimanches à 15h30 – dates à vérifier

La loi de Téhéran, un triller iranien fiévreux à découvrir dans les salles le 28 juillet 2021

Le film La loi de Téhéran a reçu tout récemment le Grand Prix et Prix de la Critique au Festival Reims Polar. Ecrit et réalisé par Saeed Roustaee, le film tient en haleine en suivant 3 protagonistes dans le monde corrompu et en dehors de la loi de la capitale iranienne. Le film débute avec une scène de course poursuite qui met dans l’ambiance, surtout quand on connait son dénouement. Ce film policier est un modèle d’équilibre et de cinéma vérité sur les turpitudes cachées de la réalité iranienne.

Un thriller tendu et nerveux

C’est d’abord Samad (Peyman Maadi), le flic retors et obstiné qui tient les reines de l’intrigue. Le film noir va révéler petit à petit plusieurs destins de part et d’autres de la loi, tu bon côté et du mauvais côté, pour révéler les passe-droits et les latitudes possibles pour s’en accommoder. Certains sont des laissés-pour-compte et d’autres savent se frayer un chemin. La police et la pègre jouent au chat et à la souris, certains y trouvent leur compte, d’autres deviennent des victimes expiatoires. Personne d’autre que William Friedkin a soutenu ce cinéma tumultueux, rappelant le très en forme actuellement cinéma coréen dans ce domaine, comme l’ont montré par exemple Lucky Strike ou Parasite. La violence est frontale, le rythme est enlevé, enlevé, les péripéties sont inattendues. En Iran, la vérité est simple, être pris en possession de 10g ou 10kg de drogue ne fait aucune différence, la sentence capitale est la seule issue acceptée par la loi. Dans un tel contexte, les trafiquants ne font pas dans la demi-mesure, jouant sur du velours avec un parc de consommateurs domestiques estimé à 6,5 millions dans un pays où les mollahs Mollahs dirigent les âmes et les corps de 83 millions d’habitants. Le début du film suit donc Samad, désireux de coffrer le plus gros trafiquant, impossible pendant longtemps à identifier. Et puis le fameux Naser est appréhendé, et ce nouveau personnage devient le centre de l’action. Au cœur de prisons surpeuplées pour cause de raffles massives au cœur de bidonvilles qui comptent le plus de consommateurs, on le voit tenter de joindre des accointances pour échapper à la peine qui lui prend au nez. Entre les rivalités policières et ce gros gibier, les histoires entremêlées se succèdent pour montrer que le méchant n’est pas forcément ce lui qu’on croit.

Le suspense est roi dans un film qui déconstruit les stéréotypes et soulignent le poids de la pauvreté dans l’explosion du trafic de drogue, les difficultés économiques ne faisant qu’aviver de gouffre abyssal combattu par une police dépassée et elle-même tiraillées par les rivalités internes. La chronique sociale révèle la complexité d’une société iranienne rarement montrée sous ce jour, victime des trafics et la corruption. Ce second long métrage est un coup de maitre à découvrir en salles le 28 juillet.

Synopsis: En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n’ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé. Bilan : 6,5 millions de personnes ont plongé. Au terme d’une traque de plusieurs années, Samad, flic obstiné aux méthodes expéditives, met enfin la main sur le parrain de la drogue Nasser K. Alors qu’il pensait l’affaire classée, la confrontation avec le cerveau du réseau va prendre une toute autre tournure…

Milla, un film touchant de Shannon Murphy sur une jeune femme en pleins tourments, le 28 juillet en salles

Le film débute avec Milla (Eliza Scanlen), une adolescente a priori lambda, mais elle cache au fond d’elle l’envie de s’envoler et de vivre les choses à son rythme. Quand elle rencontre le jeune chien fou Moses (Toby Wallace), son choix est fait, elle veut le côtoyer, l’apprivoiser et le faire rentrer dans le cocon familial. La proposition de cinéma est touchante et pour son premier film, la réalisatrice Shannon Murphy choisit un sujet pas facile du tout. Une belle découverte cinéma à ne pas manquer en salles le 28 juillet.

Une jeune femme en pleins tourments

Pour ceux qui sont habitués à ce genre de cinéma, Milla rappelle deux autres longs-métrages tout aussi intéressants, This is not a love story et Ghost world. Tout le monde n’accepte pas de suivre le chemin tout tracé de la vie, surtout quand il s’agit d’une adolescente gravement malade, couvée par ses parents voie étouffée. C’est une adaptation de pièce de théâtre et l’évocation du premier amour est ardue. L’histoire se situe dans une banlieue australienne comme il y en a tant, avec un père psychiatre et une mère dépressive qui n’arrivent plus à gérer le réel. Pour eux, le réel, c’est des sentiments intimes mis sous l’entonnoir et une fille pour qui ils veulent tout donner. Si la tristesse est inévitable, elle est contrebalancée par une histoire si réelle qu’elle pourrait se dérouler n’importe où. Ce qui dépareille le plus, c’est ce petit ami mi-voyou mi-dealer, qui s’introduit par la fenêtre et déguerpit par la porte. C’est pour le bonheur de leur fille que les parents – impeccables Ben Mendelsohn et Essie Davis – acceptent à contrecœur chez eux. Les scènes de la vie quotidienne s’enchainent comme autant de chapitres pour un scénario à l’équilibre quasi miraculeux. Les personnages sont dysfonctionnels et la normalité semble une notion assez éloignée de leurs capacités. Cris, désillusions et joies se côtoient dans un déroulé improbable mais pourtant si vrai.

La jeune malade cherche à gagner du temps pour composer une existence en lien avec ses aspirations, faute de temps, elle compose et se débrouille. Pour un résultat qui touche au plus profond de l’être par la fragilité du lien de la vie qui unit les personnages. Le film est à découvrir le 28 juillet pour un beau moment de cinéma au plus près des turpitudes du réel.

Synopsis: Milla n’est pas une adolescente comme les autres et quand elle tombe amoureuse pour la première fois, c’est toute sa vie et celle de son entourage qui s’en retrouvent bouleversées.

Cure de Kiyoshi Kurosawa, le film énigmatique du maitre japonais disponible en Blu-ray et DVD le 28 juillet

Le réalisateur japonais à la carrière prolifique avec déjà une vingtaine de films à son actif n’a aucun lien de parenté avec l’autre maitre Akira Kurosawa. Il réalisé ici un thriller sans effets inutiles, la caméra reste le plus souvent fixe et imperturbable pour laisser l’esprit du thriller s’insinuer dans l’esprit du spectateur. Un flic recherche un serial killer aux méthodes peu orthodoxes dans un thriller profondément angoissant.

Un Seven à la sauce nippone

Le meilleur parallèle que l’on peut faire avec Cure serait avec le Seven de David Fincher. Tout est question d’ambiance sordide et de lumières crues. L’enquête menée par l’inspecteur Takabe (Koji Yakusho) croupit pendant longtemps sous une lourde chape de mystère. Des crimes sont commis par différents quidams, aucun ne se connait mais tous utilisent des méthodes très proches, jusqu’à laisser l’enquêteur perplexe. Ce n’est que lorsque la police arrête sur les lieux du dernier crime un vagabond apparemment amnésique dénommé Mamiya (Masato Hagiwara) que le film prend son ampleur. Car ce quidam détiendrait d’étranges capacités hypnotiques capables de faire commettre des crimes par ceux à qui il parle. L’enquête prend une tournure d’autant plus intéressante que l’inspecteur et le jeune inconnu tentent chacun leur tour de prendre le dessus l’un sur l’autre pour une rivalité qui devient de plus en plus acerbe. Les crimes sont glauques, les gros plans sur les cadavres devraient en retourner certains et puis les crimes se déroulent le plus souvent avec une énorme surprise. Sans aller jusqu’au surnaturel, le réalisateur empreint son film d’une étrangeté assez saisissante, provoquant un vrai malaise chez lee spectateur.

Sorti en 1999 dans les salles françaises, Cure n’est pas passé inaperçu avec son ambiance glauque et cette enquête perturbante. Les hypothèse s’enchainent pendant longtemps pour une révélation glaçante, le film est disponible en nouveau master restauré HD avec en bonus Le jouet du démon (VF) et un entretien avec le réalisateur (VF) A découvrir le 28 juillet!

Synopsis: Un officier de police, Takabe, enquête sur une série de meurtres dont les victimes sont retrouvées avec une croix gravée dans le cou. Un jour, un jeune vagabond est arrêté près de l’endroit ou a été retrouvé le dernier corps. Il est vite identifié comme un ancien étudiant en psychologie, devenu fou et ayant d’inquiétants pouvoirs hypnotiques, lui permettant de pousser des gens à commettre des actes criminels…

Un retour historique sur une étape méconnue de l’histoire de l’art avec la pièce Le voisin de Picasso au théâtre de la Contrescarpe

La pièce commence avec le personnage d’Antoine, un gardien de musée qui travaille au milieu d’une foule bruyante et disparate, grand admirateur du peintre académique Alexis-Joseph Mazerolle, ultra connu au XIXe siècle mais tombé depuis dans un oubli quasi général. Rémi Mazuel s’amuse à accumuler les rôles pour décrire une histoire remplie d’anecdotes très mal connues. Le spectacle commence comme le récit d’un personnage lunaire pour finir dans le drame, presque sans prévenir.

Un peintre oublié et un personnage ambigu

Mazerolle a vécu à l’époque de peintres rentrés dans la postérité, Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, qui eux à l’époque luttaient pour une reconnaissance incertaine. Mazerolle lui n’a pas connu autant de difficultés, décorant de nombreux lieux de spectacles comme l’Opéra Garnier, la Comédie Française, le Conservatoire de musique de Paris, le Théâtre d’Angers et le théâtre de Baden Baden). Les multiples commandes reçues de l’état français et de prestataires privés ont fait sa prospérité et sa reconnaissance de son vivant, jusqu’à être élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur. Le comédien enchaine les scénettes pour faire connaitre le contexte, l’ascension et la gloire de Mazerolle. Le personnage d’Antoine se transforme en contemporains de Mazerolle, les scènes s’enchainent, jusqu’à mélanger la vie du gardien à celle des autres intervenants. Le titre de la pièce vient de la proximité supposée entre deux salles d’un même musée, celle visitée par tous et consacrée à Picasso, et celle rapidement traversée consacrée à Mazerolle. Le récit tragicomique devient finalement vraiment dramatique quand le nœud de l’affaire est révélé avec un souffle coupé dans toute la salle. il faut voir la pièce pour en savoir plus, désolé, mais ça vaut le coup!

Le voisin de Picasso est un voyage dans l’histoire artistique récente et l’esprit d’un homme troublé par son histoire personnelle. Le spectacle est à découvrir au Théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 1er août 2021.

Dates:

le 31 JUILLET à 18h30

le 1er AOÛT à 18h30

La comédienne Séverine Cojannot lumineuse dans la pièce Jeanne d’Arc, visible encore une semaine au Théâtre de la Contrescarpe

La comédienne arrive sur scène et la ressemblance est troublante avec l’actrice Renée Falconetti dans la Jeanne d’Arc du film réalisé par Carl Theodor Dreyer et sorti en 1928, classique d’entre les classiques. Mêmes cheveux courts, même regard habité, même présence troublante. La comédienne Séverine Cojannot offre une déclinaison moderne de l’existence courte mais intense d’une figure de l’histoire de France. De la révélation à l’âge de 13 ans jusqu’au bucher à 19 ans, la jeune fille issue de Domrémy en Lorraine a convaincu le roi Charles VII de lui confier son armée pour bouter les anglais hors du Royaume. En tenue d’homme, le drapeau à la main, elle a repris Orléans et insufflé une vitalité à un pays proche de se désagréger. La pièce est d’une intensité rare, la comédienne se révèle complètement dans un texte des plus intenses et la mise en scène de Monica Guerritore parfaite pour mettre la comédienne en valeur. Un moment rare de théâtre où les artifices sont superflus pour colporter des idées humanistes toujours autant d’actualité.

Une Jeanne d’Arc d’aujourd’hui et d’hier

La comédienne arrive sur scène en T-Shirt et treillis noirs avant de se revêtir de pièces d’armure pour déclamer son texte avec talent, sans hésitations ni écorchures. Jeanne d’Arc est déjà emprisonnée à Rouen et jugée avec pour seule issue cet inévitable bûcher. Elle revient sur sa vie de bergère et les voix entendues maintes et maintes fois pour l’enjoindre d’embrasser son destin et de bouter les armées anglaises hors de France. Pour accompagner son monologue toujours autant habité que volontaire, des musiques fort à-propos se font entendre, Carmina Burana de Carl Off, l’Adagio de Samuel Barber, The Show must go on de Queen et le requiem de Mozart. L’émotion n’en est que plus décuplée pour rendre très réel ce récit rentré dans la légende. Des voix, un destin, un symbole, la jeune fille a accompli un parcours hors normes devenu un exemple pour la République. Le message parait simple, et pourtant. En proclamant que chacun de nous peut combattre les injustices et changer le cours de l’Histoire, elle parle surtout de montagnes à déplacer et de miracles à accomplir, de ceux auxquels se sont attaqués Martin Luther King, Che Guevara ou Greta Thunberg, dont les images apparaissent sur le rideau à l’arrière plan. Cette Jeanne d’Arc a tout d’une jeune fille moderne, résolue et déterminée, car guidée par une voix selon elle divine qui l’emplit d’une ineffable confiance en elle et dans sa mission. Elle a pourtant devant elle un tribunal d’ecclésiastiques retors qui s’appuient sur des arguments péremptoires et vides de sens pour la pousser dans ses retranchements. Attaquée sur sa tenue d’homme, accusée de mensonge et de blasphème, elle doit se défendre contre une intransigeance teintée de misogynie crasse encore trop souvent d’actualité en 2021, certaines choses ne changent pas, avait-elle vraiment une chance contre un tribunal d’hommes payés par l’ennemi anglais? 300 000 spectateurs à travers le monde ont déjà assisté à ce spectacle fort en émotion grâce à la prestation puissante de la comédienne et ce texte non pas empli de prosélytisme partisan mais d’un souffle qui peut parler à chacun, croyants comme athées. Le texte parle d’une jeune femme dont la résolution a permis d’infléchir le cours de l’histoire, un exemple à enseigner à tous les jeunes hommes et toutes les jeunes femmes pour montrer que la résolution est un bien rare mais cher.

La pièce Jeanne d’Arc au Théâtre de la Contrescarpe se joue jusqu’au 1er août, Dimanche 25 juillet à 14h30, vendredi 30 juillet à 19h et Dimanche 1er aout à 14h30. Une pièce immanquable pour un beau souffle d’humanisme, à la fois féministe et universel, un vrai moment de grâce théâtral.

Guide pratique de médecine vétérinaire énergétique, du Docteur Walter Villiger (Favre)

Guide pratique de médecine vétérinaire énergétique, du Docteur Walter Villiger (Favre)

Walter Villiger est vétérinaire, passionné d’animaux. Il pratique des soins énergétiques pour soigner chiens et chats. C’est à dire qu’il prend en compte à la fois l’environnement, le comportement à la fois du côté émotionnel et énergétique de ses petits malades.

Dans son livre, Guide pratique de médecine vétérinaire énergétique, Walter Villiger nous explique comment soigner nos animaux différemment et de façon naturelle. Son livre s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels. Il n’est en aucun cas opposé aux vétérinaires, bien au contraire, il est complémentaire.

Après avoir décrit la médecine énergétique, l’auteur passe en revue les différentes pathologies : émotionnelle, croissance, gériatrique, urinaire, peau, appareil digestif, système respiratoire, traumatisme, système nerveux, endocrinienne, système reproducteur…

A chaque chapitre, un résumé et des recommandations thérapeutiques de l’auteur. Avec très souvent des exemples concrets, parfois étonnants ! Nous pouvons soigner nos bêtes, sans leur faire de mal, en agissant sur les énergies, avec des remèdes naturels et les bons dosages prescrits par le Docteur Viliger.

Le Guide pratique de médecine vétérinaire énergétique du Docteur Walter Villiger va devenir le livre de chevet de nombre d’entre nous, amoureux des bêtes !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 1er juillet 2021
Auteur : Docteur Walter Villiger
Editeur : Favre
Prix : 18€

« Love Chapter 2 » : la danse sous haute tension de Sharon Eyal et Gai Behar

« Love Chapter 2 » : la danse sous haute tension de Sharon Eyal et Gai Behar
Photo : © André Le Corre

« Love Chapter 2 » : la danse sous haute tension de Sharon Eyal et Gai Behar

Sharon Eyal est née à Jérusalem en 1971. Elle danse au sein de la Batsheva Dance Company de 1990 à 2008. D’abord assistante à la direction artistique, elle devient chorégraphe associée de la compagnie entre 2005 et 2012. En 2013, Sharon Eyal lance avec son collaborateur de longue date Gai Behar, la compagnie L-E-V, nom qui signifie « coeur » en hébreu.

LOVE chapter 2 s’inspire d’un poème slamé de Neil Hilborn traduisant dans les corps les émotions mises à mal. Sous le beat implacable qu’impose le crescendo techno de Gai Behar et Ori Lichtik, la chorégraphie développe une danse hybride et impulsive, où les pulsions corporelles font corps avec les pulsations de la musique.

Passant d’une danse fluide au cassant, la chorégraphie se fait altière et fiévreuse, arrêtant les mouvements dans l’élan avec une précision de scalpel. Comme si Sharon Eyal cherchait à donner forme à la dimension obscure d’une danse en résistance.

Un corps à corps dansé 

Love Chapter 2 évoque l’effondrement. Une fois l’explosion de l’amour consommée. « Je vis, j’aime, je fonctionne tout en étant brisé.e en miettes d’amour ». Un manifeste qui traduit la saccade et l’urgence d’une continuation, après le désastre.

L’amour cesse donc. Mais l’énergie perdure. Corps aux prises avec le manque, à l’impossible solitude. Danse éperdue, furieuse, Love Chapter 2 scrute un désir qui refuse de s’éteindre. Après la perte et son vertige, la danse continue. Là où ne reste que l’illusion qui se prolonge dans un corps aveuglé, épuisé. Sans garde-fou, le danger devient soi dirigé contre soi. Le désir non consommé réclame son dû, et les corps des danseurs brûlent d’une force noire. Cadencée et avide, la pièce Love Chapter 2 plonge ainsi dans le trop-plein du manque.

Les sons obsédants et répétitifs d’Ori Lichtik exercent alors un pouvoir absolu sur les danseurs, leurs corps étant habités d’une énergie combative et potentiellement ravageuse, mais toujours contenue. Le tout pour une danse à l’unisson impétueuse, nerveuse, et sophistiquée.

Sous haute tension, la danse sculpte chaque muscle, chaque torsion, chaque contraction. Avec une maîtrise sans failles, Love Chapter 2 portée par une physicalité extrême, accompagne sans relâche l’effervescence d’un brûlure intérieure.

Dates : du 21 au 24 juillet 2021 – Lieu : Lycée Jacques-Decour (Paris 9ème) dans le cadre de la programmation du Festival Paris l’été
 Chorégraphie : Sharon Eyal, Gai Behar

Chirac, un personnage bigger than life mis en scène avec maestria sur les planches du théâtre de la Contrescarpe

Jacques Chirac pourrait n’avoir été qu’un personnage de fiction. Grand, charmeur, charismatique, une carrière remplie de coups d’éclats et de coups du sort, une existence nimbée d’une aura de légende, il reste de lui un souvenir encore présent dans beaucoup d’esprits. Mais connait-on vraiment un homme aussi complexe, disparu à 77 ans avec des rumeurs d’Alzheimer? La pièce offre des éclairages saisissants en se basant visiblement sur son autobiographie pour un résultat étonnant. Il faut dire que Marc Chouppart, ancien pensionnaire de la Comédie Française, joue le mimétisme avec énormément de conviction. Une pièce à découvrir absolument au Théâtre de la Contrescarpe pendant l’été 2021.

Une biographie jouée sur scène

Une femme lit sur des sièges ressemblant à ceux disposés au Jardin du Luxembourg. L’atmosphère est estivale, elle feuillette un livre et s’endort tout naturellement. C’est alors qu’apparait un grand homme avec les cheveux plaqués en arrière, de grandes lunettes et une démarche immédiatement reconnaissable. Le spectateur se demande si c’est un songe, l’inconnu réveille celle qui se prénomme Valérie et se présente comme l’ancien président présenté sur l’affiche. S’en suit une heure de mots bien connus de tous (Ecoutez…. Vous savez… Valérie…) qui font naitre une aura de connivence entre les spectateurs et les comédiens, qui en jouent avec grâce. Les faits d’armes sont relatés, les points de friction avec son suiveur Nicolas Sarkozy ou son adversaire Valéry Giscard d’Estaing, presque rien sur François Mitterrand, bizarrement, Chirac badine, Chirac construit sa légende, depuis son enfance, son départ sur un cargo au large des cotes africaines et son passage à l’ENA. C’est une vraie pièce de théâtre, qui en apprendra beaucoup sur ceux qui connaissent mal celui que les Guignols ont appelé Supermenteur, c’est surtout un concours de bons mots et de plaisanteries savantes (Moi aussi, je suis mal à droite, et parfois gauche, savoureux!). Était-il vraiment à droite ou plutôt à gauche, militariste ou pacifiste, fidèle ou séducteur, le Chirac de scène enchaine les effets de manche pour brouiller les pistes. Son interlocutrice a beau être une connaisseuse éprouvée de ses faits d’arme, il ne se trouve quasiment jamais pris en défaut, enchainant les citations poétiques pour montrer sa valeur humaniste à défaut d’avoir laissé son empreinte dans l’histoire de la Ve République.

Cette pièce louvoie entre comédie drolatique et moments plus graves pour offrir un portrait tout en contradiction d’un personnage d’apparence simpliste mais qui cachait son jeu pour mieux contrôler l’opinion publique, la marque des grands hommes politiques que de savoir se faufiler dans la jungle épaisse, voire hostile, de la masse des votants. La mise en scène sobre et efficace de Géraud Bénech est parfaite pour donner toute la pleine mesure des comédiens!

Planning de la pièce:

Jusqu’au 1er août :
• MERCREDIS, JEUDIS, VENDREDIS à 21h
•  SAMEDIS à 20h30
•  DIMANCHES à 16h30

Du 4 au 22 août
• MERCREDIS, JEUDIS, VENDREDIS, SAMEDIS à 20h30
• DIMANCHES à 15h30

L’artiste israélien de folk rock Tomer Lavie se réinvente avec le projet TheLongoodBye disponible le 23 juillet

Ce sont 2 singles sortis en 2020, Tomorrow never came et Love was over qui ont devancé ce premier EP à sortir le 23 juillet. TheLongoodBye, c’est un projet formé par l’artiste israélien Tomer Lavie originaire de Berlin. Grand fan de films de détective en noir et blanc, il a trouvé son nom en regardant le film The Long Goodbye de Robert Altman avec Philip Marlowe comme personnage principal d’après Raymond Chandler. Il apprécie aussi Humphrey Bogart, Jean-Paul Belmondo et Elliot Gould, de quoi donner une teinte toute cinématographique à sa musique.

Une musique aux sentiments troubles

Love was over et Tomorrow never came se distinguaient par la voix profonde et chaude du chanteur avec des morceaux à la tonalité plutôt triste, voire mélancolique, pas de grandes envolées lyriques mais une musicalité toute en retenue, comme pour raconter une histoire triste ou annoncer une mauvaise nouvelle. De quoi donner le blues, mais avec un art certain pour le faire avec classe. La pop alternative rappellera à certains Mercury Rev époque Deserter’s song ou la pop désincarnée aux accents ambients de Mogwai. TheLongoodBye se base sur l’inspiration de Tomer Lavie qui a enregistré ses chansons de retour en Israël à Tel Aviv dans un appartement presque vide et accoucher de nouveaux morceaux en toute simplicité, à la guitare. Une semaine entière lui suffit pour écrire un EP entier. Le Le single Love was over donnait le ton en mai dernier sous forme de ballade très années 50, emplie de nostalgie, avec une voix un peu cassée et une guitare. Le saut temporel est parfait. Le premier titre de l’EP Orchestrate Your Sins est dans le ton avec ce titre troublant. Il faut dire que l’artiste aime faire appel à sa sensibilité pour mélanger ironie pince sans rire et romantisme. Le lien entre les années 50 et le présent apporte une profondeur certaine à sa musique.

L’EP est à découvrir pour un vrai shoot de nostalgie qui appelle à l’introspection et à l’écoute attentive. L’EP est disponible le 23 juillet pour un beau moment de musique.

L’été apporte un excellent Viognier Terrasses d’Aupenac 2020 en provenance de la Cave de Roquebrun

La Cave de Roquebrun sait comment aviver l’appétit des français avec un Viognier Terrasses d’Aupenac 2020 aux qualités indéniables. Ce vin léger dénote une grande finesse, il ne faut pas hésiter à le déguster rapidement pour s’en rendre compte!

Un vin blanc parfait pour l’été

Ce Viognier se distingue par ses arômes variés et le cépage privilégié des vins du sud de la France n’en manque pas. Ce qui en fait un vin parfait pour les vacances, en plus de sa grande qualité, c’est la grande finesse des Terrasses d’Aupenac. Ce vin blanc à la robe claire annonce un nez puissant aux notes de fruits et une bouche bien équilibrée, complexe et légèrement
vanillée. Élégant dans sa bouteille à l’habillage personnalisé, c’est le parfait vin de l’été qui se déguste en toutes occasions entre amis, à l’apéritif, pour accompagner des poissons grillés, des crustacés flambés ou un plateau de fruits de mer tout droits sortis de l’eau. Pour un prix public de 12,80 euros, c’est une vraie bonne occasion de passer un bon moment convivial, évidemment comme toujours avec modération!

Publireportage: Créée en 1967, la Cave de Roquebrun est située dans le Parc Régional du Haut-Languedoc. Héritière de toute la richesse de ce terroir, elle bénéficie d’un climat tempéré tout au long de l’année et offre à ses 650 ha de vignobles en gestion, la meilleure exposition au soleil, plein sud. Regroupant différents viticulteurs de Roquebrun et des communes
limitrophes (40 sociétaires vivant exclusivement de la vigne), elle s’attache depuis l’origine à proposer un véritable partenariat entre producteurs et acheteurs afin de garantir la qualité de ses vins et de son environnement. C’est pourquoi, forte de ses cépages nobles (Syrah, Grenache noir, Mourvèdre, Roussanne, Viognier et Grenache blanc), la Cave de Roquebrun respecte un cahier des charges rigoureux, respectueux de la terre, de la vigne et des hommes. C’est sans doute ce qui lui permet de produire, en terres du Languedoc, des vins d’une qualité hors pair, en Appellation d’Origine Contrôlée Saint-Chinian et, depuis 2004, des vins en Appellation Saint-Chinian-Roquebrun, concrétisant ainsi sa typicité unique.

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