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Réplicons, de Tonvoisin (Pygmalion)

Réplicons, de Tonvoisin (Pygmalion)

Voilà un livre rempli d’humour, Réplicons ! L’auteur qui se prénomme Tonvoisin, nous fait part de ses quelques réflexions sur son art de répondre aux cons, non sans humour. Le sous-titre de son livre est très évocateur : « Apprenez l’art de la répartie face à la connerie. »

D’après lui, nous sommes entourés de cons et ce n’est pas nouveau ! Il nous cite les plus grands philosophes et les plus anciens pour appuyer ses propos !

Si quelqu’un vous envoie une remarque parfaitement désagréable, comment faut-il réagir ?

En général, il est bon de garder son calme, et même de ne pas répondre immédiatement.

Certains passages peuvent faire sourire ! Et même rire !

Ceci dit, l’auteur a raison : pour vivre heureux, il faut en dévoiler le moins possible sur nous-même !

Avec Réplicons, chaque lecteur trouvera comment mieux s’en sortir face à la bêtise humaine ! Face aux cons, dirait l’auteur !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : avril 2021
Auteur : Tonvoisin
Editeur : Pygmalion
Prix : 15 €

Les sentiers de l’oubli, un beau film sensible sur la redécouverte de soi, sortie au cinéma le 4 aout 2021

Claudina est une femme d’âge mûr. Elle perd son mari. Au cœur d’un petit village chilien, elle doit faire face à la solitude et au spleen. Elle emménage avec sa fille et son petit-fils et rencontre sa voisine d’en face Elsa, une femme de la soixantaine dont le mari est souvent absent. Celle-ci est moderne et indépendante, les liens entre les deux femmes se font de plus en plus proches, jusqu’à la découverte d’une attirance inattendue. Le film rappelle le récent et très beau Deux pour une histoire d’amour qui touche à l’universel.

Un film sur le poids de la pression sociale

Engoncée dans son existence de femme mariée et affairée, Claudina a oublié de vivre ses aspirations, comme si sa liberté devait toujours passer après les impératifs de vie maritale. Elsa devient pour elle une porte de sortie pour recommencer à vivre et ressentir à nouveau la beauté de la liberté. Alors qu’elle doit faire des choix, elle n’a plus peur et ressent le frisson du laisser aller. Le film offre une vision très réaliste de ce qu’est actuellement l’amour entre 2 femmes au Chili, surtout dans une région rurale. Claudina et Elsa sont confrontées sans le vouloir à la pression sociale de tous ceux qui n’acceptent pas ce choix de vie hors des sentiers battus traditionnels. Les gens de l’extérieur, comme les gens plus proches comme la fille de Claudina, rejettent cet amour incompris, et la fille de Claudina va jusqu’à interdire à sa mère de continuer à voir Elsa, signe de rejet ultime qui fend le cœur des spectateurs. L’histoire aussi simple et intense de cet amour sans contraintes offre des moments de pure beauté que la cruauté de l’environnement social met à mal. La tendresse est enfouie sous les cendres de cette société qui n’accepte pas la différence.

Les sentiers de l’oubli est un beau shoot de beauté formelle avec deux personnages qui se découvrent et veulent faire le choix d’une vie aussi intense que sincère. Alors qu’à l’âge de 70 ans, on pourrait croire que la vie est plus proche de la fin, elles montrent qu’il n’y a pas d’âge pour vivre le grand amour.

Synopsis: Après le décès de son mari, Claudina se retrouve dans une routine solitaire. Elle décide de quitter la campagne pour rejoindre son petit-fils Cristóban et sa fille Alejandra, avec qui la communication est compliquée. C’est ici qu’elle fait la connaissance d’Elsa, une femme indépendante et mariée qui chante dans un bar caché appelé « Porvenir » (L’avenir). Une rencontre qui va lui permettre de s’émanciper d’une vie religieuse et conservatrice.

Le groupe de punk garage Yoko? oh no! sort son album Tatoos & Chlamydia le vendredi 23 juillet

Depuis 2 ans, le groupe bordelais Yoko? Oh No! (vous voyez la référence?) balance sa musique punk rock avec des membres
soudés par une énergie survitaminée. John Lemon à la guitare et au chant) et Stone à la basse et au chant se connaissent depuis longtemps, leur rencontre avec Tim à la batterie et au chant a permis de former un trio rempli d’énergie. L’album Tatoos & Chlamydia signe leur credo de bruit et de fureur.

Un album de furieux

Pour comprendre la démarche, ils faut connaitre les influences. Beatles évidemment vu le nom du groupe, et également des groupes remplis de caractère et de puissance comme NOFX, The Clash, Arctic Monkeys, Franz Ferdinand et The Hives. Les membres du groupe aiment varier les plaisirs avec des affinités techno, blues ou jazz à l’occasion pour élargir les horizons. Pour les chansons, les morceaux de Yoko? Oh No! sentent la force garage et la puissance rock matinées de mélodies accrocheuses aux paroles contestataires assez réjouissantes, et surtout remplies d’humour. Leur premier EP Super Forty Five Tour est sorti en 2019 pour précéder l’album de 10 morceaux Tattoos & Chlamydia voulu comme un hymne au mode de vie punk et au comportement foutraque que les premiers concerts dans les bas fonds bordelais leur ont permis d’éprouver. Le groupe a été en finale de l’édition 2020 du Tremplin Musique des 2 Rives et a gagné le Prix musique ICART de Bordeaux en 2021. Les deux morceaux phares sont Shame, avec ses riffs de guitare stridents et la batterie frénétique, et Alone, beaucoup plus pop et mélodique pour une chanson d’amour aux accents personnels qui parleront à tout le monde. Sylvia et Out Of Question suivent la même voie pour des vraies émotions musclées à l’écoute. Le morceau instrumental Cabaret Sauvage et l’intermède faussement acoustique Last Waltz démontrent l’étendue de leurs qualités musicales.

Yoko? Oh no! est la preuve ultime que le rock n’est pas mort, le punk non plus. Vivement la rentrée pour pouvoir aller les écouter en concert et prendre un bon uppercut d’énergie dans la tronche.

Un spectacle musical enchanteur avec J’aime Brassens au Théâtre Edgar

Georges Brassens n’est à l’heure actuelle pas un chanteur très populaire auprès des jeunes générations. La faute peut-être à une voix à l’intonation rurale et à une guitare un peu sèche dénuée de vraie rythmique. Les textes sont pourtant d’une étonnant actualité et d’une musicalité sans pareille, comme l’expose magnifiquement la chanteuse Aude Duhamel dans un spectacle où ses talents de conteuse font merveille. Elle enchaine les anecdotes et les tours de chant avec sa voix tour à tour jazzy et mélancolique pour des réinterprétations en tout point inoubliables du natif de Sète. Accompagné par le guitariste Andrea Campagnolo, ils captivent tous deux la foule pour une vraie réussite à découvrir les samedi et dimanche jusqu’à fin 2021 au théâtre Edgar. Une splendeur.

Un spectacle musical +++

Tout le monde connait le nom de Brassens sans pour autant l’écouter ni l’apprécier forcément. Ce spectacle permet d’en savoir plus sur le chanteur initialement sans le sou et devenu une figure de la chanson française aux côtés de Léo Ferré et Jacques Brel, et Aude Duhamel le partage avec le public! En savoir plus sur sa vie et son oeuvre permet de s’approcher d’intentions poétiques qui franchissent le mur des conventions et de la morale habituelle. Le spectacle laisse libre cours à des tours de chant savoureux où la chanteuse démontre ses qualités vocales bien au-dessus de la moyenne. Elle réinterprète les chansons avec grâce, entonnant des airs parfois repris en chœur par le public, elle encourage d’ailleurs cette ambiance très conviviale. Elle enchaine les classiques, Les copains d’abord, Chanson pour l’Auvergnat, La mauvaise réputation, pour le plus grand plaisir du public. Les anecdotes méconnues s’insèrent harmonieusement pour mieux connaitre la vie de l’artiste et les sources de son inspiration. La chanteuse parle de femmes, de famille, de saucisson, de tabac et d’intransigeance poétique. Avec des paroles immanquablement en vers et en rimes, les chansons font voyager au cœur du XXe siècle pour un récit musical rempli d’émotions, les larmes montent parfois aux yeux quand certains airs universellement connus sont entonnés sur scène et repris par la foule des spectateurs pour un poids immédiat sur le cœur. L’auteur de la pièce n’est autre que Jacques Pessis, grand spécialiste de la chanson française et connaisseur du grand Georges.

Le spectacle musical est magique, ça dure à peine une heure et c’est une parenthèse enchantée à découvrir absolument au Théâtre Edgar avec une chanteuse habile au chant et au conte, accompagnée d’un guitariste renversant.

Détails:

Théâtre Edgar 58 boulevard Edgar Quinet 75014 ParisTel: 01.42.79.97.97

Tous les samedis à 15h et les dimanches à 15h30 – dates à vérifier

La loi de Téhéran, un triller iranien fiévreux à découvrir dans les salles le 28 juillet 2021

Le film La loi de Téhéran a reçu tout récemment le Grand Prix et Prix de la Critique au Festival Reims Polar. Ecrit et réalisé par Saeed Roustaee, le film tient en haleine en suivant 3 protagonistes dans le monde corrompu et en dehors de la loi de la capitale iranienne. Le film débute avec une scène de course poursuite qui met dans l’ambiance, surtout quand on connait son dénouement. Ce film policier est un modèle d’équilibre et de cinéma vérité sur les turpitudes cachées de la réalité iranienne.

Un thriller tendu et nerveux

C’est d’abord Samad (Peyman Maadi), le flic retors et obstiné qui tient les reines de l’intrigue. Le film noir va révéler petit à petit plusieurs destins de part et d’autres de la loi, tu bon côté et du mauvais côté, pour révéler les passe-droits et les latitudes possibles pour s’en accommoder. Certains sont des laissés-pour-compte et d’autres savent se frayer un chemin. La police et la pègre jouent au chat et à la souris, certains y trouvent leur compte, d’autres deviennent des victimes expiatoires. Personne d’autre que William Friedkin a soutenu ce cinéma tumultueux, rappelant le très en forme actuellement cinéma coréen dans ce domaine, comme l’ont montré par exemple Lucky Strike ou Parasite. La violence est frontale, le rythme est enlevé, enlevé, les péripéties sont inattendues. En Iran, la vérité est simple, être pris en possession de 10g ou 10kg de drogue ne fait aucune différence, la sentence capitale est la seule issue acceptée par la loi. Dans un tel contexte, les trafiquants ne font pas dans la demi-mesure, jouant sur du velours avec un parc de consommateurs domestiques estimé à 6,5 millions dans un pays où les mollahs Mollahs dirigent les âmes et les corps de 83 millions d’habitants. Le début du film suit donc Samad, désireux de coffrer le plus gros trafiquant, impossible pendant longtemps à identifier. Et puis le fameux Naser est appréhendé, et ce nouveau personnage devient le centre de l’action. Au cœur de prisons surpeuplées pour cause de raffles massives au cœur de bidonvilles qui comptent le plus de consommateurs, on le voit tenter de joindre des accointances pour échapper à la peine qui lui prend au nez. Entre les rivalités policières et ce gros gibier, les histoires entremêlées se succèdent pour montrer que le méchant n’est pas forcément ce lui qu’on croit.

Le suspense est roi dans un film qui déconstruit les stéréotypes et soulignent le poids de la pauvreté dans l’explosion du trafic de drogue, les difficultés économiques ne faisant qu’aviver de gouffre abyssal combattu par une police dépassée et elle-même tiraillées par les rivalités internes. La chronique sociale révèle la complexité d’une société iranienne rarement montrée sous ce jour, victime des trafics et la corruption. Ce second long métrage est un coup de maitre à découvrir en salles le 28 juillet.

Synopsis: En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n’ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé. Bilan : 6,5 millions de personnes ont plongé. Au terme d’une traque de plusieurs années, Samad, flic obstiné aux méthodes expéditives, met enfin la main sur le parrain de la drogue Nasser K. Alors qu’il pensait l’affaire classée, la confrontation avec le cerveau du réseau va prendre une toute autre tournure…

Milla, un film touchant de Shannon Murphy sur une jeune femme en pleins tourments, le 28 juillet en salles

Le film débute avec Milla (Eliza Scanlen), une adolescente a priori lambda, mais elle cache au fond d’elle l’envie de s’envoler et de vivre les choses à son rythme. Quand elle rencontre le jeune chien fou Moses (Toby Wallace), son choix est fait, elle veut le côtoyer, l’apprivoiser et le faire rentrer dans le cocon familial. La proposition de cinéma est touchante et pour son premier film, la réalisatrice Shannon Murphy choisit un sujet pas facile du tout. Une belle découverte cinéma à ne pas manquer en salles le 28 juillet.

Une jeune femme en pleins tourments

Pour ceux qui sont habitués à ce genre de cinéma, Milla rappelle deux autres longs-métrages tout aussi intéressants, This is not a love story et Ghost world. Tout le monde n’accepte pas de suivre le chemin tout tracé de la vie, surtout quand il s’agit d’une adolescente gravement malade, couvée par ses parents voie étouffée. C’est une adaptation de pièce de théâtre et l’évocation du premier amour est ardue. L’histoire se situe dans une banlieue australienne comme il y en a tant, avec un père psychiatre et une mère dépressive qui n’arrivent plus à gérer le réel. Pour eux, le réel, c’est des sentiments intimes mis sous l’entonnoir et une fille pour qui ils veulent tout donner. Si la tristesse est inévitable, elle est contrebalancée par une histoire si réelle qu’elle pourrait se dérouler n’importe où. Ce qui dépareille le plus, c’est ce petit ami mi-voyou mi-dealer, qui s’introduit par la fenêtre et déguerpit par la porte. C’est pour le bonheur de leur fille que les parents – impeccables Ben Mendelsohn et Essie Davis – acceptent à contrecœur chez eux. Les scènes de la vie quotidienne s’enchainent comme autant de chapitres pour un scénario à l’équilibre quasi miraculeux. Les personnages sont dysfonctionnels et la normalité semble une notion assez éloignée de leurs capacités. Cris, désillusions et joies se côtoient dans un déroulé improbable mais pourtant si vrai.

La jeune malade cherche à gagner du temps pour composer une existence en lien avec ses aspirations, faute de temps, elle compose et se débrouille. Pour un résultat qui touche au plus profond de l’être par la fragilité du lien de la vie qui unit les personnages. Le film est à découvrir le 28 juillet pour un beau moment de cinéma au plus près des turpitudes du réel.

Synopsis: Milla n’est pas une adolescente comme les autres et quand elle tombe amoureuse pour la première fois, c’est toute sa vie et celle de son entourage qui s’en retrouvent bouleversées.

Cure de Kiyoshi Kurosawa, le film énigmatique du maitre japonais disponible en Blu-ray et DVD le 28 juillet

Le réalisateur japonais à la carrière prolifique avec déjà une vingtaine de films à son actif n’a aucun lien de parenté avec l’autre maitre Akira Kurosawa. Il réalisé ici un thriller sans effets inutiles, la caméra reste le plus souvent fixe et imperturbable pour laisser l’esprit du thriller s’insinuer dans l’esprit du spectateur. Un flic recherche un serial killer aux méthodes peu orthodoxes dans un thriller profondément angoissant.

Un Seven à la sauce nippone

Le meilleur parallèle que l’on peut faire avec Cure serait avec le Seven de David Fincher. Tout est question d’ambiance sordide et de lumières crues. L’enquête menée par l’inspecteur Takabe (Koji Yakusho) croupit pendant longtemps sous une lourde chape de mystère. Des crimes sont commis par différents quidams, aucun ne se connait mais tous utilisent des méthodes très proches, jusqu’à laisser l’enquêteur perplexe. Ce n’est que lorsque la police arrête sur les lieux du dernier crime un vagabond apparemment amnésique dénommé Mamiya (Masato Hagiwara) que le film prend son ampleur. Car ce quidam détiendrait d’étranges capacités hypnotiques capables de faire commettre des crimes par ceux à qui il parle. L’enquête prend une tournure d’autant plus intéressante que l’inspecteur et le jeune inconnu tentent chacun leur tour de prendre le dessus l’un sur l’autre pour une rivalité qui devient de plus en plus acerbe. Les crimes sont glauques, les gros plans sur les cadavres devraient en retourner certains et puis les crimes se déroulent le plus souvent avec une énorme surprise. Sans aller jusqu’au surnaturel, le réalisateur empreint son film d’une étrangeté assez saisissante, provoquant un vrai malaise chez lee spectateur.

Sorti en 1999 dans les salles françaises, Cure n’est pas passé inaperçu avec son ambiance glauque et cette enquête perturbante. Les hypothèse s’enchainent pendant longtemps pour une révélation glaçante, le film est disponible en nouveau master restauré HD avec en bonus Le jouet du démon (VF) et un entretien avec le réalisateur (VF) A découvrir le 28 juillet!

Synopsis: Un officier de police, Takabe, enquête sur une série de meurtres dont les victimes sont retrouvées avec une croix gravée dans le cou. Un jour, un jeune vagabond est arrêté près de l’endroit ou a été retrouvé le dernier corps. Il est vite identifié comme un ancien étudiant en psychologie, devenu fou et ayant d’inquiétants pouvoirs hypnotiques, lui permettant de pousser des gens à commettre des actes criminels…

Un retour historique sur une étape méconnue de l’histoire de l’art avec la pièce Le voisin de Picasso au théâtre de la Contrescarpe

La pièce commence avec le personnage d’Antoine, un gardien de musée qui travaille au milieu d’une foule bruyante et disparate, grand admirateur du peintre académique Alexis-Joseph Mazerolle, ultra connu au XIXe siècle mais tombé depuis dans un oubli quasi général. Rémi Mazuel s’amuse à accumuler les rôles pour décrire une histoire remplie d’anecdotes très mal connues. Le spectacle commence comme le récit d’un personnage lunaire pour finir dans le drame, presque sans prévenir.

Un peintre oublié et un personnage ambigu

Mazerolle a vécu à l’époque de peintres rentrés dans la postérité, Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, qui eux à l’époque luttaient pour une reconnaissance incertaine. Mazerolle lui n’a pas connu autant de difficultés, décorant de nombreux lieux de spectacles comme l’Opéra Garnier, la Comédie Française, le Conservatoire de musique de Paris, le Théâtre d’Angers et le théâtre de Baden Baden). Les multiples commandes reçues de l’état français et de prestataires privés ont fait sa prospérité et sa reconnaissance de son vivant, jusqu’à être élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur. Le comédien enchaine les scénettes pour faire connaitre le contexte, l’ascension et la gloire de Mazerolle. Le personnage d’Antoine se transforme en contemporains de Mazerolle, les scènes s’enchainent, jusqu’à mélanger la vie du gardien à celle des autres intervenants. Le titre de la pièce vient de la proximité supposée entre deux salles d’un même musée, celle visitée par tous et consacrée à Picasso, et celle rapidement traversée consacrée à Mazerolle. Le récit tragicomique devient finalement vraiment dramatique quand le nœud de l’affaire est révélé avec un souffle coupé dans toute la salle. il faut voir la pièce pour en savoir plus, désolé, mais ça vaut le coup!

Le voisin de Picasso est un voyage dans l’histoire artistique récente et l’esprit d’un homme troublé par son histoire personnelle. Le spectacle est à découvrir au Théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 1er août 2021.

Dates:

le 31 JUILLET à 18h30

le 1er AOÛT à 18h30

La comédienne Séverine Cojannot lumineuse dans la pièce Jeanne d’Arc, visible encore une semaine au Théâtre de la Contrescarpe

La comédienne arrive sur scène et la ressemblance est troublante avec l’actrice Renée Falconetti dans la Jeanne d’Arc du film réalisé par Carl Theodor Dreyer et sorti en 1928, classique d’entre les classiques. Mêmes cheveux courts, même regard habité, même présence troublante. La comédienne Séverine Cojannot offre une déclinaison moderne de l’existence courte mais intense d’une figure de l’histoire de France. De la révélation à l’âge de 13 ans jusqu’au bucher à 19 ans, la jeune fille issue de Domrémy en Lorraine a convaincu le roi Charles VII de lui confier son armée pour bouter les anglais hors du Royaume. En tenue d’homme, le drapeau à la main, elle a repris Orléans et insufflé une vitalité à un pays proche de se désagréger. La pièce est d’une intensité rare, la comédienne se révèle complètement dans un texte des plus intenses et la mise en scène de Monica Guerritore parfaite pour mettre la comédienne en valeur. Un moment rare de théâtre où les artifices sont superflus pour colporter des idées humanistes toujours autant d’actualité.

Une Jeanne d’Arc d’aujourd’hui et d’hier

La comédienne arrive sur scène en T-Shirt et treillis noirs avant de se revêtir de pièces d’armure pour déclamer son texte avec talent, sans hésitations ni écorchures. Jeanne d’Arc est déjà emprisonnée à Rouen et jugée avec pour seule issue cet inévitable bûcher. Elle revient sur sa vie de bergère et les voix entendues maintes et maintes fois pour l’enjoindre d’embrasser son destin et de bouter les armées anglaises hors de France. Pour accompagner son monologue toujours autant habité que volontaire, des musiques fort à-propos se font entendre, Carmina Burana de Carl Off, l’Adagio de Samuel Barber, The Show must go on de Queen et le requiem de Mozart. L’émotion n’en est que plus décuplée pour rendre très réel ce récit rentré dans la légende. Des voix, un destin, un symbole, la jeune fille a accompli un parcours hors normes devenu un exemple pour la République. Le message parait simple, et pourtant. En proclamant que chacun de nous peut combattre les injustices et changer le cours de l’Histoire, elle parle surtout de montagnes à déplacer et de miracles à accomplir, de ceux auxquels se sont attaqués Martin Luther King, Che Guevara ou Greta Thunberg, dont les images apparaissent sur le rideau à l’arrière plan. Cette Jeanne d’Arc a tout d’une jeune fille moderne, résolue et déterminée, car guidée par une voix selon elle divine qui l’emplit d’une ineffable confiance en elle et dans sa mission. Elle a pourtant devant elle un tribunal d’ecclésiastiques retors qui s’appuient sur des arguments péremptoires et vides de sens pour la pousser dans ses retranchements. Attaquée sur sa tenue d’homme, accusée de mensonge et de blasphème, elle doit se défendre contre une intransigeance teintée de misogynie crasse encore trop souvent d’actualité en 2021, certaines choses ne changent pas, avait-elle vraiment une chance contre un tribunal d’hommes payés par l’ennemi anglais? 300 000 spectateurs à travers le monde ont déjà assisté à ce spectacle fort en émotion grâce à la prestation puissante de la comédienne et ce texte non pas empli de prosélytisme partisan mais d’un souffle qui peut parler à chacun, croyants comme athées. Le texte parle d’une jeune femme dont la résolution a permis d’infléchir le cours de l’histoire, un exemple à enseigner à tous les jeunes hommes et toutes les jeunes femmes pour montrer que la résolution est un bien rare mais cher.

La pièce Jeanne d’Arc au Théâtre de la Contrescarpe se joue jusqu’au 1er août, Dimanche 25 juillet à 14h30, vendredi 30 juillet à 19h et Dimanche 1er aout à 14h30. Une pièce immanquable pour un beau souffle d’humanisme, à la fois féministe et universel, un vrai moment de grâce théâtral.

Guide pratique de médecine vétérinaire énergétique, du Docteur Walter Villiger (Favre)

Guide pratique de médecine vétérinaire énergétique, du Docteur Walter Villiger (Favre)

Walter Villiger est vétérinaire, passionné d’animaux. Il pratique des soins énergétiques pour soigner chiens et chats. C’est à dire qu’il prend en compte à la fois l’environnement, le comportement à la fois du côté émotionnel et énergétique de ses petits malades.

Dans son livre, Guide pratique de médecine vétérinaire énergétique, Walter Villiger nous explique comment soigner nos animaux différemment et de façon naturelle. Son livre s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels. Il n’est en aucun cas opposé aux vétérinaires, bien au contraire, il est complémentaire.

Après avoir décrit la médecine énergétique, l’auteur passe en revue les différentes pathologies : émotionnelle, croissance, gériatrique, urinaire, peau, appareil digestif, système respiratoire, traumatisme, système nerveux, endocrinienne, système reproducteur…

A chaque chapitre, un résumé et des recommandations thérapeutiques de l’auteur. Avec très souvent des exemples concrets, parfois étonnants ! Nous pouvons soigner nos bêtes, sans leur faire de mal, en agissant sur les énergies, avec des remèdes naturels et les bons dosages prescrits par le Docteur Viliger.

Le Guide pratique de médecine vétérinaire énergétique du Docteur Walter Villiger va devenir le livre de chevet de nombre d’entre nous, amoureux des bêtes !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 1er juillet 2021
Auteur : Docteur Walter Villiger
Editeur : Favre
Prix : 18€

« Love Chapter 2 » : la danse sous haute tension de Sharon Eyal et Gai Behar

« Love Chapter 2 » : la danse sous haute tension de Sharon Eyal et Gai Behar
Photo : © André Le Corre

« Love Chapter 2 » : la danse sous haute tension de Sharon Eyal et Gai Behar

Sharon Eyal est née à Jérusalem en 1971. Elle danse au sein de la Batsheva Dance Company de 1990 à 2008. D’abord assistante à la direction artistique, elle devient chorégraphe associée de la compagnie entre 2005 et 2012. En 2013, Sharon Eyal lance avec son collaborateur de longue date Gai Behar, la compagnie L-E-V, nom qui signifie « coeur » en hébreu.

LOVE chapter 2 s’inspire d’un poème slamé de Neil Hilborn traduisant dans les corps les émotions mises à mal. Sous le beat implacable qu’impose le crescendo techno de Gai Behar et Ori Lichtik, la chorégraphie développe une danse hybride et impulsive, où les pulsions corporelles font corps avec les pulsations de la musique.

Passant d’une danse fluide au cassant, la chorégraphie se fait altière et fiévreuse, arrêtant les mouvements dans l’élan avec une précision de scalpel. Comme si Sharon Eyal cherchait à donner forme à la dimension obscure d’une danse en résistance.

Un corps à corps dansé 

Love Chapter 2 évoque l’effondrement. Une fois l’explosion de l’amour consommée. « Je vis, j’aime, je fonctionne tout en étant brisé.e en miettes d’amour ». Un manifeste qui traduit la saccade et l’urgence d’une continuation, après le désastre.

L’amour cesse donc. Mais l’énergie perdure. Corps aux prises avec le manque, à l’impossible solitude. Danse éperdue, furieuse, Love Chapter 2 scrute un désir qui refuse de s’éteindre. Après la perte et son vertige, la danse continue. Là où ne reste que l’illusion qui se prolonge dans un corps aveuglé, épuisé. Sans garde-fou, le danger devient soi dirigé contre soi. Le désir non consommé réclame son dû, et les corps des danseurs brûlent d’une force noire. Cadencée et avide, la pièce Love Chapter 2 plonge ainsi dans le trop-plein du manque.

Les sons obsédants et répétitifs d’Ori Lichtik exercent alors un pouvoir absolu sur les danseurs, leurs corps étant habités d’une énergie combative et potentiellement ravageuse, mais toujours contenue. Le tout pour une danse à l’unisson impétueuse, nerveuse, et sophistiquée.

Sous haute tension, la danse sculpte chaque muscle, chaque torsion, chaque contraction. Avec une maîtrise sans failles, Love Chapter 2 portée par une physicalité extrême, accompagne sans relâche l’effervescence d’un brûlure intérieure.

Dates : du 21 au 24 juillet 2021 – Lieu : Lycée Jacques-Decour (Paris 9ème) dans le cadre de la programmation du Festival Paris l’été
 Chorégraphie : Sharon Eyal, Gai Behar

Chirac, un personnage bigger than life mis en scène avec maestria sur les planches du théâtre de la Contrescarpe

Jacques Chirac pourrait n’avoir été qu’un personnage de fiction. Grand, charmeur, charismatique, une carrière remplie de coups d’éclats et de coups du sort, une existence nimbée d’une aura de légende, il reste de lui un souvenir encore présent dans beaucoup d’esprits. Mais connait-on vraiment un homme aussi complexe, disparu à 77 ans avec des rumeurs d’Alzheimer? La pièce offre des éclairages saisissants en se basant visiblement sur son autobiographie pour un résultat étonnant. Il faut dire que Marc Chouppart, ancien pensionnaire de la Comédie Française, joue le mimétisme avec énormément de conviction. Une pièce à découvrir absolument au Théâtre de la Contrescarpe pendant l’été 2021.

Une biographie jouée sur scène

Une femme lit sur des sièges ressemblant à ceux disposés au Jardin du Luxembourg. L’atmosphère est estivale, elle feuillette un livre et s’endort tout naturellement. C’est alors qu’apparait un grand homme avec les cheveux plaqués en arrière, de grandes lunettes et une démarche immédiatement reconnaissable. Le spectateur se demande si c’est un songe, l’inconnu réveille celle qui se prénomme Valérie et se présente comme l’ancien président présenté sur l’affiche. S’en suit une heure de mots bien connus de tous (Ecoutez…. Vous savez… Valérie…) qui font naitre une aura de connivence entre les spectateurs et les comédiens, qui en jouent avec grâce. Les faits d’armes sont relatés, les points de friction avec son suiveur Nicolas Sarkozy ou son adversaire Valéry Giscard d’Estaing, presque rien sur François Mitterrand, bizarrement, Chirac badine, Chirac construit sa légende, depuis son enfance, son départ sur un cargo au large des cotes africaines et son passage à l’ENA. C’est une vraie pièce de théâtre, qui en apprendra beaucoup sur ceux qui connaissent mal celui que les Guignols ont appelé Supermenteur, c’est surtout un concours de bons mots et de plaisanteries savantes (Moi aussi, je suis mal à droite, et parfois gauche, savoureux!). Était-il vraiment à droite ou plutôt à gauche, militariste ou pacifiste, fidèle ou séducteur, le Chirac de scène enchaine les effets de manche pour brouiller les pistes. Son interlocutrice a beau être une connaisseuse éprouvée de ses faits d’arme, il ne se trouve quasiment jamais pris en défaut, enchainant les citations poétiques pour montrer sa valeur humaniste à défaut d’avoir laissé son empreinte dans l’histoire de la Ve République.

Cette pièce louvoie entre comédie drolatique et moments plus graves pour offrir un portrait tout en contradiction d’un personnage d’apparence simpliste mais qui cachait son jeu pour mieux contrôler l’opinion publique, la marque des grands hommes politiques que de savoir se faufiler dans la jungle épaisse, voire hostile, de la masse des votants. La mise en scène sobre et efficace de Géraud Bénech est parfaite pour donner toute la pleine mesure des comédiens!

Planning de la pièce:

Jusqu’au 1er août :
• MERCREDIS, JEUDIS, VENDREDIS à 21h
•  SAMEDIS à 20h30
•  DIMANCHES à 16h30

Du 4 au 22 août
• MERCREDIS, JEUDIS, VENDREDIS, SAMEDIS à 20h30
• DIMANCHES à 15h30

L’artiste israélien de folk rock Tomer Lavie se réinvente avec le projet TheLongoodBye disponible le 23 juillet

Ce sont 2 singles sortis en 2020, Tomorrow never came et Love was over qui ont devancé ce premier EP à sortir le 23 juillet. TheLongoodBye, c’est un projet formé par l’artiste israélien Tomer Lavie originaire de Berlin. Grand fan de films de détective en noir et blanc, il a trouvé son nom en regardant le film The Long Goodbye de Robert Altman avec Philip Marlowe comme personnage principal d’après Raymond Chandler. Il apprécie aussi Humphrey Bogart, Jean-Paul Belmondo et Elliot Gould, de quoi donner une teinte toute cinématographique à sa musique.

Une musique aux sentiments troubles

Love was over et Tomorrow never came se distinguaient par la voix profonde et chaude du chanteur avec des morceaux à la tonalité plutôt triste, voire mélancolique, pas de grandes envolées lyriques mais une musicalité toute en retenue, comme pour raconter une histoire triste ou annoncer une mauvaise nouvelle. De quoi donner le blues, mais avec un art certain pour le faire avec classe. La pop alternative rappellera à certains Mercury Rev époque Deserter’s song ou la pop désincarnée aux accents ambients de Mogwai. TheLongoodBye se base sur l’inspiration de Tomer Lavie qui a enregistré ses chansons de retour en Israël à Tel Aviv dans un appartement presque vide et accoucher de nouveaux morceaux en toute simplicité, à la guitare. Une semaine entière lui suffit pour écrire un EP entier. Le Le single Love was over donnait le ton en mai dernier sous forme de ballade très années 50, emplie de nostalgie, avec une voix un peu cassée et une guitare. Le saut temporel est parfait. Le premier titre de l’EP Orchestrate Your Sins est dans le ton avec ce titre troublant. Il faut dire que l’artiste aime faire appel à sa sensibilité pour mélanger ironie pince sans rire et romantisme. Le lien entre les années 50 et le présent apporte une profondeur certaine à sa musique.

L’EP est à découvrir pour un vrai shoot de nostalgie qui appelle à l’introspection et à l’écoute attentive. L’EP est disponible le 23 juillet pour un beau moment de musique.

L’été apporte un excellent Viognier Terrasses d’Aupenac 2020 en provenance de la Cave de Roquebrun

La Cave de Roquebrun sait comment aviver l’appétit des français avec un Viognier Terrasses d’Aupenac 2020 aux qualités indéniables. Ce vin léger dénote une grande finesse, il ne faut pas hésiter à le déguster rapidement pour s’en rendre compte!

Un vin blanc parfait pour l’été

Ce Viognier se distingue par ses arômes variés et le cépage privilégié des vins du sud de la France n’en manque pas. Ce qui en fait un vin parfait pour les vacances, en plus de sa grande qualité, c’est la grande finesse des Terrasses d’Aupenac. Ce vin blanc à la robe claire annonce un nez puissant aux notes de fruits et une bouche bien équilibrée, complexe et légèrement
vanillée. Élégant dans sa bouteille à l’habillage personnalisé, c’est le parfait vin de l’été qui se déguste en toutes occasions entre amis, à l’apéritif, pour accompagner des poissons grillés, des crustacés flambés ou un plateau de fruits de mer tout droits sortis de l’eau. Pour un prix public de 12,80 euros, c’est une vraie bonne occasion de passer un bon moment convivial, évidemment comme toujours avec modération!

Publireportage: Créée en 1967, la Cave de Roquebrun est située dans le Parc Régional du Haut-Languedoc. Héritière de toute la richesse de ce terroir, elle bénéficie d’un climat tempéré tout au long de l’année et offre à ses 650 ha de vignobles en gestion, la meilleure exposition au soleil, plein sud. Regroupant différents viticulteurs de Roquebrun et des communes
limitrophes (40 sociétaires vivant exclusivement de la vigne), elle s’attache depuis l’origine à proposer un véritable partenariat entre producteurs et acheteurs afin de garantir la qualité de ses vins et de son environnement. C’est pourquoi, forte de ses cépages nobles (Syrah, Grenache noir, Mourvèdre, Roussanne, Viognier et Grenache blanc), la Cave de Roquebrun respecte un cahier des charges rigoureux, respectueux de la terre, de la vigne et des hommes. C’est sans doute ce qui lui permet de produire, en terres du Languedoc, des vins d’une qualité hors pair, en Appellation d’Origine Contrôlée Saint-Chinian et, depuis 2004, des vins en Appellation Saint-Chinian-Roquebrun, concrétisant ainsi sa typicité unique.

Ressortie en salle du chef d’oeuvre de Wong Kar-Wai, In the Mood for Love le 21 juillet 2021

Tout le monde se souvient de la sortie d’In The Mood for Love sur les écrans français en 2000. Choc esthétique, choc scénaristique, une ambiance surannée, des regards qui se croisent, une love story impossible, un chef d’oeuvre pour beaucoup. L’histoire est pourtant simple mais le film est inoubliable. La nouvelle sortie en salles avec une copie restaurée 4K est un incontournable du mercredi 21 juillet 2021.

Un chef d’oeuvre à redécouvrir en copie neuve

Il y a du cinéma de la grande époque dans ce film. Ces deux êtres qui aimeraient se retrouver mais n’y parviennent pas a quelque chose d’universel. Wong Kar-Wai transcende le modèle bien connu de l’histoire d’amour contrariée en y apposant un style visuel devenu un modèle, avec une esthétique en tous points parfaite et une finesse faite de pudeur et de retenue. Le film est surtout silencieux, pas de dialogues à l’emporte pièces ou superflus. Les regards et les expressions suffisent pour faire comprendre ce que recèlent les cœurs et les esprits. Il y avait d’autres couples connus auparavant, Humphrey Bogart et Lauren Baccall, Clark Gable et Vivien Leigh, Tony Leung et Maggie Cheung s’inscrivent dans une lignée ultra connue en étant filmés à la perfection par un Wong Kar-Wai en état de grâce. Les tenues vintage, les décors coloniaux, les atmosphères claires-obscures, tout concourt à faire passer les sentiments dans un film sans presque jamais d’action. Les volutes de fumée, les ralentis, les petits détails font les grands touts et parviennent à faire passer une vraie connection avec les 2 personnages principaux. Quant à la musique, elle est rentrée dans l’éternité du cinéma. Le thème de Shigeru Umebayashi au violoncelle est attaché à ce film sans qu’aucun doute ne puisse apparaitre à son écoute. Et la photo est au diapason avec ces plans toujours parfaits, millimétrés, pour exprimer l’ineffable et faire passer les sentiments.

Rappeler que ce film est un chef d’oeuvre est une lapalissade. C’est le moment de le voir pour la première fois ou de le revoir en salle pour constater sa vraie dimension onirique. L’émotion est pure, elle est authentique, c’est le moment de le constater demain pour la nouvelle sortie en salles du film en version restaurée 4K.

Synopsis: 20 ans après, redécouvrez au cinéma le film romantique ultime, dans une copie restaurée 4K exceptionnelle… Hong Kong, 1962. Mme Chan loue une chambre chez Mme Suen. Le même jour et sur le même palier, s’installe M. Chow. Leurs conjoints sont souvent absents. Un jour, M. Chow et Mme Chan découvrent que leurs époux sont amants. Blessés, ils se fréquentent alors de plus en plus et développent eux aussi une liaison…

L’exposition Paul Signac, les harmonies colorées au Musée Jacquemart André est prolongée jusqu’au 26 juillet, une bonne occasion d’admirer les oeuvres de cet illustre peintre néo-impressionniste

Le Musée Jacquemart André accorde une semaine de plus aux visiteurs pour se rendre dans ses magnifiques installations pour admirer les oeuvres de Paul Signac (1863-1935). Ce maitre du paysage et illustre théoricien du néo-impressionnisme est exposé à travers un parcours chronologique riche en explications et en références picturales représentatives. En compagnie d’oeuvres significatives de son art, ce sont Georges Seurat, Camille Pissarro, Maximilen Luce, Théo Van Rysselberghe, Henri-Edmond Cross, Louis Hayet, Achille Laugé, Georges Lacombe et Georges Lemmen qui l’accompagnent pour un total de 70 oeuvres difficiles à ne pas contempler pendant de longues minutes.

Une exposition à ne pas manquer

Ce sont près de 25 toiles de Paul Signac qui peuvent être admirées, parmi lesquelles Avant du Tub (1888), Saint-Briac. Les Balises (1890), Saint-Tropez. Après l’orage (1895), Avignon. Matin (1909) et Juan-les-Pins, Soir (1914). Son oeuvre a influencé bon nombre de maitres en s’inscrivant dans un mouvement pictural novateur qui fait date dans l’histoire de l’impressionnisme. Aux côtés des peintures à l’huile rentrées dans la postérité, c’est une vingtaine d’aquarelles qui peuvent être découvertes, moins connues mais pas moins éblouissantes. Le parcours chronologique s’étale depuis les premiers tableaux impressionnistes peints sous l’influence de Claude Monet jusqu’aux oeuvres vivement colorées réalisées par l’artiste au XXe siècle. Après avoir hésité entre la carrière d’auteur ou de peintre, c’est la rencontre de Monet qui le décide à se lancer dans une voie devenue celle que l’on connait si bien. Sa rencontre avec Georges Seurat en 1884 le conforte dans sa décision, tous deux vont concourir à libérer la couleur, marquant ainsi l’histoire du néo-impressionnisme. Après une vidéo introductive pour mieux de se diriger dans une riche carrière, la première salle prend le temps de présenter le mouvement néo-impressionniste avant une importante section réservée aux premiers tableaux néo-impressionnistes de Signac, puis à la période où il peignit pléthore de tableaux au soleil de Saint-Tropez, lieu où il passa chaque année la belle saison de 1892 à 1913 pour profiter de la lumière vive du midi. Des oeuvres peintes à Paris et en Bretagne complètent ce panorama pour figurer cette théorie de Seurat concernant la libération des couleurs, faisant évoluer le néo-impressionnisme dans le sens d’une expression picturale toujours plus colorée. 3 autres salles permettent de faire découvrir l’oeuvre de Signac au XXe siècle, précurseur du fauvisme et du futurisme. Les aquarelles peintes à cette époque montrent la place prise par cette technique dans son oeuvre.

Le Musée Jacquemart André prolonge d’une semaine l’exposition consacrée à Paul Signac pour laisser le temps aux estivants d’admirer une oeuvre qui a marqué son temps pour une étape significative de la peinture des XIXe et XXe siècles.

Un Mâcon Rosé 2020 très réussi des Orfèvres du Vin

Les Orfèvres du Vin, anciennement La Cave de Charnay, présente un vin idéal pour l’été, le Mâcon Rosé 2020. Récompensé d’une Médaille d’Argent, ce vin est parfait à déguster entre amis à l’ombre des tonnelles lorsque le soleil sera enfin au rendez-vous de la période estivale, c’est à dire maintenant!

Un Rosé plein de promesses

Ce Mâcon rosé élaboré par les Orfèvres du Vin est à la hauteur de l’attente. Alors que l’été est enfin là, il peut être servi en famille ou entre amis. Frais et fruité à souhait, ce vin du soleil est composé uniquement de cépage Gamay. A l’œil, sa robe est rose orangé et annonce un goût de petits fruits rouges mûrs associés à une délicate trame florale. Ce vin suave se savoure bien frais mais non glacé pour en apprécier tous les arômes. Ce Mâcon Rosé 2020 est idéal pour être servi tout au long des fêtes estivales, au cœur des soirées barbecue, paëlla ou même avec une petite friture des bords de Saône. Ce vin affiche un excellent rapport qualité /prix avec un prix public conseillé de 6,10 Euros et une médaille d’argent qui récompense ses qualités.

Publireportage: Spécialistes des vins du Mâconnais et du Beaujolais, Les Orfèvres du Vin, anciennement dénommées “Cave de Charnay-lès-Mâcon” et créée en 1929, regroupent 70 sociétaires et produisent 9.000 hl sur une surface de 140 hectares.
Ils viennent d’inaugurer leur nouveau caveau où se mélangent pierres et bois, soulignant ainsi la pertinence de leur signature «Les Orfèvres du Vin» et la recherche constante de l’excellence. La Cave de Charnay a su donner ses lettres de noblesse aux blancs, mais aussi aux rosés, aux rouges et aux vins effervescents de la région. Cette cave se veut comme un grand domaine, élevant de plus en plus de cuvées parcellaires et en respectant ainsi l’authenticité du travail de chaque vigneron. Les Orfèvres du Vin se distinguent régulièrement au concours des Chardonnay du Monde, aux salons de Paris et Mâcon et multiplient médailles d’Or, d’Argent et de Bronze pour ses différents fleurons : Pouilly-Fuissé, Saint-Véran, Viré-Clessé, Mâcon Charnay, Saint-Amour, Crémant de Bourgogne,… Autant de belles récompenses pour ces professionnels qui, au cœur du Mâconnais et du Val Lamartinien, font rimer authenticité et qualité.

Le groupe SomElse a dévoilé son EP Flowers for my Return très folk / pop le vendredi 16 juillet

Le groupe d’Indie folk / Pop orchestré a dévoilé son EP Flowers For My Return le 16 Juillet 2021 chez Dandelion Records. Les 5 titres évoquent une introspection profonde au fond de soi-même, avec des échos folk oniriques qui font voyager. Une musique parfaite pour laisser son esprit vagabonder.

De la folk / pop sensible et éclatante

Ce sont des vieux amis, Matthieu, William (co-auteur des textes) et Florent qui sont à la base du projet musical avec le chanteur, guitariste, compositeur, arrangeur et vidéaste Frédéric. Architecte de SomElse, il a commencé à prendre des cours de piano avant de se tourner vers la guitare, puis le chant encore un peu plus tard. Formé au Ciam où il a étudié l’harmonie et les autres facettes de la production musicale, il a également étudié le fonctionnement des systèmes biologiques. Titulaire d’un Master de sciences Cognitives, il s’éclate dans le domaine de la formation. SomElse est un projet d’abord hautement personnel à côté d’autres activités artistiques collaboratives et il a ainsi pu donner plusieurs centaines de concerts. Après des premiers concerts et une programmation au Festival des Musicales avant le concert de Jeanne Added, SomElse est retourné en studio pour finaliser Flowers for my return, son premier EP produit par Frédéric. Comme pour l’immense majorité des groupes restés évidemment en stand by pendant une année de confinement difficile à vivre, il a fallu l’aide de leur label Dandelion pour dévoiler 3 singles avec à chaque fois un court-métrage pour découvrir leurs intentions très définies. Le premier titre Long Way Home fait rentrer dans l’esprit de celui qui rentre après une longue absence. A Love That Never Ends, Kech, Final Taste et Waiting II creusent le sillon d’une folk / pop sensible et délicate, qui fait presque penser à des artistes féminines comme Aimée Mann et Joni Mitchell. Des acolytes ont donné de sérieux coups de main, comme Benjamin Mandeau (I am Stramgram / Mars Red Sky) pour la prise de son et le mixage au Studio Cryogène, et Alexis Bardinet (Talisco / Julien Doré) pour le mastering. Les mélodies sont à fleur de peau et la voix fragile fait penser à des artistes féminines, pas de grain rocailleux ou de bouteille de Jack cachée près de l’ampli, tout respire la pudeur renfermée et la tendresse bienveillante.

Le EP Flowers for my return respire l’envie de partager un moment de musique aussi intimiste qu’universel, Neil Young ne le renierait pas. Ne reste plus que des concerts à la rentrée pour en savoir plus sur le potentiel authentique de la formation, qui sera d’autant plus éclatant sur scène!

[BD] Valhalla Hotel tome 2 : la folie continue ! (Comixburo / Glénat)

Valhalla Hotel tome 2 : la folie continue (Comixburo / Glénat)

On vous avait fait part des vertus revigorantes (et c’est un euphémisme) de Valhalla Hotel après la lecture du premier album, Bite The Bullet, et ce second opus vient confirmer notre première impression : Eat The Gun est aussi déjanté qu’on pouvait l’espérer !

On retrouve cette bonne vieille atmosphère de série Z à la sauce Tarantino, où le mystère s’épaissit autour des occupants de l’hôtel de Madame Frau Winkler. On en découvre un peu plus mais tellement peu qu’il est bien difficile de pouvoir s’avancer sur des pronostics. Et pourtant, l’artillerie lourde est de retour avec, notamment, un coach Malone au commande d’un supercopter… Un récit épicé à toutes les sauces imaginables

Comment ne pas accrocher à Valhalla Hotel qui offre un pur divertissement, convoquant tous les genres possibles (SF, polar, humour…) au coeur de Flatstone. C’est toujours aussi bien mis en images, et diablement addictif. Une lecture rafraichissante à déguster sans modération. Jubilatoire.

Extrait de la BD : 

Résumé de l’éditeur :

« J’aurais dû tourner à gauche à Albuquerque !  » On a les citations que l’on mérite. En l’occurrence celle-ci, devenue culte aux USA : le coach Malone l’a empruntée à Bugs Bunny. Nous l’avions laissée à la fin du premier épisode, perplexe au milieu d’un paysage de guerre, dans le camp retranché d’El Loco. Sa célèbre Fiat 500 criblée de balles. Au milieu des épaves fumantes et des cadavres, le Shérif, Betty son adjointe et Zawalski donnent le LA de ce nouvel épisode, encore plus rythmé, loufoque voire aussi supersonique qu’un riff de « Fast » d’Eddie Clarke (le mythique guitariste de Motorhead). La paisible Flatsone se révèle alors être une bourgade schizophrénique. Chaque personnage semble y jouer, plus ou moins volontairement, un double rôle. Bien malin celui qui pourrait deviner, à ce stade, qui est le « gentil » et qui est le « méchant » … Si tant est que cela soit possible d’ailleurs. Lemmy a disparu, la mystérieuse Frau Winkler, gérante du Valhalla Hotel, y est-elle pour quelque chose ? Melinda la fougueuse Jammer (joueuse chargée de marquer les points) de l’équipe de Roller Derby locale, va-t-elle se convertir au tennis de table ? Le colonel et ses affreux rejetons portent-ils des masques de cochon ou est-ce l’inverse ? D’ailleurs, est-ce que, comme le suggère le proverbe Auvergnat, « tout est vraiment bon dans le cochon » ? Sur un rythme tendu de batterie lourde, Fabien Bedouel nous entraine dans une nouvelle aventure métallique aux relents de rock sudiste tandis que les accords binaires de la Stratocaster de Pat Perna nous plongent dans un univers surréaliste de thriller fantastique.
 
Date de parution : le 09 juin 2021
Auteurs
: Pat Perna (Scénario) 
Fabien Bedouel (Dessin)
Genre
 : Action
Editeur : Glénat
Prix : 14,95 € (64 pages)
Acheter sur : BDFugue

[Comics] Un été cruel, polar noir implacable de Ed Brubaker et Sean Phillips (Delcourt)

[Comics] Un été cruel, polar noir implacable de Ed Brubaker et Sean Phillips (Delcourt)

Peu importe le variant Delta, l’été sera définitivement cruel avec ce nouveau one shot ultra percutant sorti tout droit de l’univers comics de Criminal signé Brubaker / PhillipsUn été Cruel nous plonge dans l’enfance de Leo, Ricky et Tracy, en compagnie de leurs paternels, mais pas seulement. Un kaléïdoscope de personnages, du détective privé en passant par la femme fatale dans toute sa splendeur, vient servir un scénario implacable.

Un récit haletant mis en scène de mains de maître fait ainsi la part belle à chacun des personnages, à travers des chapitres qui leurs sont tour à tour réservés. Aussi imprégné que désemparé, le lecteur se retrouve au beau milieu de toutes ces gueules cassées qui occupent le même plan, avec une intensité et une profondeur d’un équilibre savant. Il n’y a pas de personnage principal, pas plus qu’il y aurait de personnages secondaires. Tous ne forment qu’un au service d’un scénario ambitieux, très élaboré.

Si Un été Cruel est le fruit de choix audacieux, le dessin pourra peut-être en faire hésiter quelques-uns. L’univers graphique de Phillips, appuyé par une coloration qui dérange parfois par son aspect très tranché, n’offre pas forcément le meilleur a priori. Pourtant, au fil de la lecture, l’oeil s’accommode et l’on découvre à quel point ce dessin participe à installer cette ambiance propre à ce récit de genre : sombre, noir, froid et pourtant explosif. On le sent rien qu’en observant les planches : attention, danger.

Impossible donc de décrocher les yeux de cet album si prenant et pourtant très généreux (près de 300 pages). Un polar noir qui se lit d’une traite, sans avoir à en connaitre davantage sur la série principale Criminal. Alors tentez l’expérience, vous ne serez vraiment pas déçus !

Extrait de la BD : 

Résumé de l’éditeur :

Au cours de l’été 1988, Teeg Lawless met au point le plus gros braquage de sa carrière. Mais Ricky, le fils de Teeg, et ses amis, s’engagent sur la même voie que leurs pères, et cela va devenir le pire été de leur vie. Un Été cruel est une épopée où la tragédie se transmet de génération en génération. Chef-d’oeuvre des maîtres noirs les plus célèbres de l’industrie, Brubaker et Phillips.

Date de parution : le 30 juin 2021
Auteurs
:Ed Brubaker (Scénario)
Sean Phillips (Dessin) Jacob Phillips (Couleurs)
Genre : polar
Editeur : Delcourt
Prix : 29,95 € (288 pages)
Acheter sur : BDFugue

Deux nouveaux vins des vignerons de Cascastel à découvrir: le Corbières 2019 et le Fitou 2019

Tous les ans, les vignerons de Cascastel proposent de nouvelles dégustations qui valent le détour. Après les Fitou 2018 Révélation et Corbières 2017 Essor 1914, ce sont maintenant deux cuvées de 2019 à déguster avec toujours le même sentiment d’un savoir-faire inégalé et d’une passion de la culture. Les 2 cuvées sont proposées au prix de vente départ cave imbattable de 9,90 euros chacun, une raison de plus de se laisser aller à la dégustation, toujours avec modération.

Le Corbières 2019, un classique de la maison

Le Corbières 2019 est un assemblage avec plusieurs cépages, 40% de Carignan, 35% de Grenache et 25% de Syrah pour un vin généreux et expressif. Il est possible de le déguster dès maintenant pour profiter du coté pulpeux de sa jeunesse et de sa texture de velours. En bouche, le vin est fringant avec un fruit délicieux. Les tanins sont doux et patinés. Cette cuvée est une cuvée de charme qui révèle un vrai respect des grands équilibres fondamentaux de l’appellation Corbières. Le vin se marie idéalement avec un plateau de charcuteries en compagnie d’amis pour un vrai moment de convivialité.

Le Fitou 2019, un autre grand classique

Composé de Carignan pour 35%, Grenache pour 35% et Syrah pour 35%, cette cuvée arbore une robe profonde avec des senteurs de garrigue et de grillé d’une belle intensité. Au nez, les arômes de fruits rouges surmûris et compotés sont très présents. La bouche est très épicée (poivre et cannelle) et assouplie par son élevage qui lui amène gras et rondeur pour le plaisir du palais. Le Vigneron Artisan Steve Vallin le recommande pour accompagner un barbecue avec des amis et de belles cotes de veau. Un vrai vin plaisir!

Publireportage: Dans un environnement très préservé, à vingt kilomètres de la Méditerranée, des vignerons artisans cultivent un vignoble parcellaire morcelé, gagné sur la garrigue. Dans ce contexte de petits rendements donc de production limitée, ils ont choisi de se donner les moyens d’être à la pointe de la qualité tout en respectant l’environnement

Une adaptation libre et nécessaire du texte d’Albert Camus La chute au Théâtre de la Contrescarpe

Programmée tous les mercredis et les jeudis à 19h au théâtre de la Contrescarpe, la pièce imaginée par Albert Camus et publiée chez Gallimard en 1956 retrouve une nouvelle jeunesse avec l’excellent Stanislas de la Tousche dans le rôle de Jean-Baptiste Clamence avec la mise en scène inventive de Géraud Bénech. Quelques accessoires bien trouvés permettent d’insuffler un vrai rythme à un monologue qui remet en cause les certitudes sur une vie réussie. La pièce montre bien que le blanc est noir, que le noir est blanc, et rien n’est acquis à l’homme, ni sa force, ni sa faiblesse ni son coeur.

Camus porté en majesté

Ce qui est considéré comme le dernier grand récit d’Albert Camus est un véritable réquisitoire contre les fausses certitudes de l’homme moderne. Avec un art consommé du mot et du verbe, l’auteur nobelisé remet en cause la réussite professionnelle, la reconnaissance collective et les conquêtes amoureuses en soulignant bien la vanité constante des choses, les flagorneries jamais entendues et tout ce qui construit l’édifice du vaniteux du XXe siècle. Un quidam visiblement imbu de lui-même si on tient compte de sa prolifique et inarrêtable faconde s’adresse à un inconnu dans un bar miteux d’Amsterdam nommé Mexico City. Ce rade dérisoire est le dernier royaume d’un mondain parisien échoué là suite à une disgrâce personnelle. Après un torrent de fleurs jetées sur son oeuvre de grand homme et de bon samaritain, le masque tombe et la véritable personnalité, longtemps autant cachée qu’ignorée, refait surface. Jean-Baptiste Clamence avoue ses travers et se définit comme un juge pénitent qui s’accuse soi-même afin de pouvoir devenir juge des autres. Le comédien rivalise de procédés oratoires pour coller au texte de Camus tout en prenant des libertés surprenantes, comme ce moment charnière où le personnage entend un corps tomber dans l’eau sans savoir sauver cette personne à la dernière extrémité de sa vie. Le moment où tout bascule passe sur un magnéto qui fait défiler une bande qui accompagne le comédien tout du long du spectacle. Avec une canne à pêche, il signifie son désir de sauver autrui, avec une ballerine, il figure ses conquêtes féminines, un miroir symbolise un côté sombre où des personnages démoniaques apparaissent. Là où la fête occupait l’existence d’un homme imbu de lui-même, le spectacle de la déchéance personnelle le fait descendre de son piédestal et se rendre compte de l’égoïsme de sa condition. Le texte, la mise en scène et le comédien sont au diapason pour faire réfléchir les spectateurs sur la force intrinsèque d’un texte essentiel de la littérature française.

Après de nombreuses présences à d’autres adaptations de ce texte de Camus, force est de constater que celle-ci est au-dessus du lot. Parfaitement interprété avec un texte déclamés au cordeau, La Chute redevient ce texte essentiel à lire et relire pour se donner une bonne dose de modestie et d’humilité. De quoi croire aux valeurs de justice et de responsabilité en mettant à distance les mirages de la société capitaliste, le bon moment pour revoir cette pièce tous les mercredis et jeudis soir de Juillet au Théâtre de la Contrescarpe à Paris!

Une nouvelle cuvée du Domaine Brusset à découvrir, le vin rouge Rasteau La Bastide 2020

Il a été possible de réaliser une nouvelle dégustation du Domaine Brusset après celle des cuvées 2019, avec le Rasteau La Bastide 2020. Encore une réussite pour un domaine qui aime le travail bien fait et met un point d’honneur à livrer des vins très spécifiques et représentatifs du Domaine.

Un Rasteau dans le haut du panier

Ce Rasteau rouge La Bastide 2020 se compose de 2 cépages qui en font sa typicité, du Grenache et du Mourvèdre. La vinification est traditionnelle avec éraflage, pigeage et une absence de levurage. La cuvaison est longue à 26°C avant un élevage pendant 10 mois en cuve et en fût. A l’œil, sa robe est grenat, le nez se révèle assez intense et frais, avec des touches de baies rouges et noires, et une nuance épicé cardamome – réglisse. La bouche est mûre et fondue, ample et gourmande, avec une belle fraicheur et des tanins présents même si ronds jusque dans la longue persistance sur la fraise et le poivre noir. Les harmonies mets – vin pour ce Rasteau sont une tartine au magret de canard et au chèvre chaud, du jambon grillé, de la côte de bœuf, du gratin de potiron, un gigot d’agneau, du brie de Meaux, de la tarte crème de marron et de noix. Ce vin peut se garder 5 à 8 ans. Ce vin est distribué en vente directe, en CHR et chez les Cavistes pour un tarif de 15 euros pour une belle découverte à ne pas manquer.

Publirepotage: En 2010, c’est la consécration. Au nord des Côtes du Rhône du Sud, les vins rouges secs de Rasteau obtiennent l’AOC en nom propre. Ces vins ont su se distinguer par leur qualité et confirmer la richesse du terroir pour accéder enfin au statut de Cru des Côtes du Rhône. Ils sont issus d’un terroir – riche de gourmandise – fait d’argiles et de cailloux où le Grenache domine, balayé par le mistral.

Frères d’arme, un beau film sur deux frères dans la tourmente, le 14 juillet au cinéma

Sylvain Labrosse n’en est pas à son coup d’essai, lui qui a déjà réalisé le court métrage Virage Nord en 1994. Il revient avec Frères d’Arme, long-métrage avec deux frères originaires des Balkans et exilés en France à Brest. Une violence sourde empreint leurs psychés, surtout quand la perspective d’un retour au pays tant attendu révèle les atermoiements de l’ainé plongé dans une love story comme un appel du large. Le film est court mais intense avec deux acteurs, Vincent Rottiers et Kévin Azaïs, empreints d’implication émotionnelle.

Une rupture inévitable ou un retour aux sources?

Les rapports très proches entre les fameux frères d’arme se devinent très vite, la vérité sur leur passé trouble est révélé petit à petit avec une tension qui monte en parallèle. Fraternité et violence semblent intimement liés à leur destin commun, Emilijan et Stanko Matesic ont grandi tout jeunes dans des Balkans où la violence fait partie du quotidien. Dans une région où détenir une arme est d’une normalité absolue, le drame foudroie leur existence, surtout que la pratique de la vendetta y est malheureusement répandue, par principe. Les familles voisines se vouent des inimités profondes et la moindre anicroche peut mettre le feu aux poudres. Ils vivent des évènements tragiques et scellent un pacte que chacun croit éternel, et puis le départ à Brest change leurs rapports et 15 ans se passent. Pendant qu’Emilijan s’est intégré professionnellement et amoureusement, Stanko vit en marge, éleveur de coqs de combat et habitué aux petits boulots sur le port, rien de concret car il n’envisage rien d’autre qu’un retour au pays. C’est l’arrivée de l’oncle Larkos qui va tout changer et agrandir irrémédiablement le fossé entre les frères. Le réalisateur sait parfaitement entretenir la tension, les vérités cachées et la complexité des rapports humains s’approfondit au dur et à mesure que le film avance. Entre flashbacks et ellipses, le film ne perd jamais le spectateur en route et utilise des subterfuges pour ancrer le film dans le réel, entre activités portuaires et destinées de vie inverses, l’un monte tandis que l’autre plonge de plus en plus. Pour la petite histoire, les 2 acteurs principaux sont demi-frères dans la vie, ils ont travaillé d’arrache-pied pour manier le langage des Balkans de manière crédible. La jeune actrice Pauline Parigot fait une petite amie d’Emilijan qui s’inscrit parfaitement dans la tragédie en cours.

Le premier long-métrage du réalisateur mérite une séance pour voir ce film tendu et intense, à la portée universelle et aux enjeux qui parleront à beaucoup. Partir, rester, se battre, les questions abondent et il est souvent difficile d’y répondre sans briser le cœur d’un proche. Le film est à découvrir le 14 juillet au cinéma.

Synopsis: Emilijan et son jeune frère Stanko sont liés par un secret d’enfance qui les a contraints à quitter leur pays natal. Aujourd’hui, Emilijan s’est parfaitement intégré en France. Il travaille dans la zone portuaire de Brest et vit une histoire d’amour avec Gabrielle. Stanko, lui, vit dans la nostalgie du passé et attend impatiemment de rentrer au pays pour y retrouver leur vie d’avant. Tout bascule le jour où Emilijan lui annonce qu’il ne veut plus repartir…

Jukebox Motel, tome 1 : une BD de Tom Graffin et Marie Duvoison (Grand Angle)

Jukebox Motel, tome 1 : une BD de Tom Graffin et Marie Duvoison (Grand Angle)

Quand un artiste peintre décide de changer de vie après avoir enfin trouvé le moyen de vendre ses toiles à prix d’or, c’est alors le champ de tous les possibles qui s’ouvre devant nos yeux. C’est un peu ce que l’on ressent en prenant la route vers la Californie en compagnie de Thomas Shaper, en quête de renouveau. Une fuite en avant qui nous emmène vers une aventure pleine de rebondissements où musique et peinture (Johnny Cash sera de la partie) s’accordent dans un « diable d’endroit » au milieu de nulle part…

JukeBox Motel propose un scénario à l’atmosphère unique, une parenthèse comme une ode à la création et aux artistes qui en sont les auteurs. Le lecteur est immédiatement charmé d’autant plus que l’intrigue s’étoffe au fil des pages et que le suspens est total. On tire le fil de cette histoire à part non sans un certain plaisir.

La qualité de l’écriture est soutenue par le dessin plein de vie de Marie Duvoisin. Les personnages trouvent leur parfaite incarnation dans cet univers graphique flamboyant. Très séduisant.

JukeBox Motel est un album des plus plaisants à découvrir. Une évasion hors du temps dont on a hâte de connaître l’issue.

Extrait de la BD : 

Résumé de l’éditeur :

«Où les hommes renaissent au monde. Où les femmes reviennent toujours. Où les lumières se voilent. Pour mieux rayonner ensuite». 1967. Thomas Shaper est sur le point d’abandonner la peinture quand une de ses toiles, remarquée par Andy Warhol, se vend une fortune. Devant ce succès démesuré, le peintre perd pied. Sur un coup de tête, il part pour la Californie où il rencontre Johnny Cash, lui aussi en plein doute. Écrasé par la gloire, le légendaire artiste country confie au peintre qu’il n’aspire qu’à une chose : trouver un « diable d’endroit », comme il l’appelle, où il pourrait enfin trouver la paix intérieure. Dès lors, Thomas fait de la recherche de ce lieu sa propre quête…

Date de parution : le 28 avril 2021
Auteurs
: Tom Graffin (scénario) Marie Duvoisin (Dessin, Couleurs)
Genre : polar
Editeur : Grand Angle
Prix : 14,90 € (56 pages)
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