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Un joli road trip initiatique avec Take me somewhere nice, un film d’Ena Sendijarević, le 14 juillet 2021 dans les salles

Take me somewhere nice est comme une parenthèse iconoclaste hors du monde avec trois jeunes gens qui partent en Bosnie retrouver le père hospitalisé de l’une d’eux. Les deux jeunes gens qui l’accompagnent sont attirés par Alma malgré son caractère constamment maussade. Ils traversent les paysages verdoyants de la Bosnie pour un trajet sensuel semé d’embuches et de couleurs. Le film est comme un coin de ciel bleu avec ses petites joies et ses grandes peines.

Un triangle amoureux de jeunes gens maladroits

Alma doit quitter la Hollande pour retrouver un père malade qu’elle n’a jamais vu, dans un pays qu’elle ne connait pas, la Bosnie. Comme une recherche des racines et d’identité, elle se décide à partir, d’abord à contre coeur, pour une odyssée langoureuse dans un pays pas si lointain. Le soleil inonde chaque plan et certains paysages rappelleront les vieilles photos polaroïd communistes d’antan. La jeune réalisatrice Ena Sendijarević propose un premier long-métrage très personnel, avec des choix forts de narration et de cadrages. Les scènes ressemblent à des tableaux finement travaillés sans jamais rien laisser au hasard. Les trois personnages représentent la maladresse de la jeunesse ainsi que ses envies d’aller de l’avant malgré tout, pour jouir de la vie à tout prix. Les 3 acteurs revêtent les envies de radicalité de la réalisatrice, les corps s’effleurent toujours pour des ébats aussi brutaux qu’inattendus. La précision de la direction d’acteurs le dispute aux atours nonchalants de personnages comme perdus dans leur road trip. Sara Luna Zorić captive le spectateur avec sa légèreté revendiquée et son humour noir. Les personnages ne savent pas où ils vont et mais y vont quand même, comme une métaphore de leurs vies futures et de la jeunesse en générale, face à ce monde hostile qui conduira l’un d’eux au drame. Est-ce bien le monde où ils veulent vivre, avec ces règles étriquées qui ne leur conviennent pas vraiment?

Ce premier film est une belle réussite esthétique et scénaristique, avec tous ces petits riens qui forment de grands ensembles. Un film à découvrir prochainement au cinéma pour une belle expérience de vie en compagnie de trois personnages attachants.

Synopsis: Alma voyage depuis les Pays-Bas jusqu’en Bosnie, son pays d’origine, pour rendre visite au père qu’elle n’a jamais connu. Elle y retrouve Emir, son cousin, pas très motivé à l’idée de l’aider, et Denis, son meilleur ami, bien décidé à tirer profit de la situation. Le trio va s’embarquer dans un road trip imprévisible au cœur du pays…

Buena Vista Social Club, ressortie en salles du chef d’oeuvre de Wim Wenders le 14 juillet 2021

Ce documentaire réalisé par le réalisateur allemand Wim Wenders en 1999 a fait l’effet d’une bombe avec cette musique enchanteresse exhumée de Cuba. Les vieux musiciens s’en donnent à cœur joie pour révéler la richesse de leurs mélopées, entre images de l’île chauffée par le soleil et commentaires de vieux musiciens toujours verts et animés par la passion de la musique. Le documentaire a profité de l’enregistrement diligenté à Cuba par Ry Cooder pour mettre en image la passion engendrée par une musique qui a conquis le monde.

Des super grands-pères très fringants

L’âge moyen des protagonistes musiciens et chanteurs est de 70 ans quand Wim Wenders débarque sur l’île après avoir écouté l’enregistrement dirigé par Ry Cooder. Le périple est coloré pour retrouver les papys dans un vieux studio de la Havane où chacun prend le temps de partager ses souvenirs avec le réalisateur allemand entre deux mélodies. Les confessions sont touchantes, elles retranscrivent toute une époque inconnue de beaucoup, les témoignages sont livrés à cœur ouvert, à se demander pourquoi l’île de Cuba est restée fermée si longtemps sans pouvoir exporter sa musique aux oreilles du monde. Le documentaire continue sur la tournée européenne et américaine où le public nombreux a pu profiter des talents jusque là inconnus des non-cubains de ces super papys imperméables aux outrages du temps. Le film documentaire a été acclamé autant par la critique que par le public en s’intéressant avant tout à la musique, mais pas seulement. Le film se regarde et s’écoute alors que sa construction permet de ne jamais perdre le fil en enchainant harmonieusement interviews et chansons. L’image et la façon de filmer donnent une vraie dimension anthropologique à un film qui exhume des existences placées sous le double signe du soleil et de la musique.

Après tant d’années d’abandon, les musiciens cubains se régalent de se voir ainsi réhabilités pour une musique qui a résonné sur le monde entier. La ressortie du film sur grand écran le 14 juillet va permettre de profiter dans les meilleures conditions possibles d’un documentaire rentré dans l’éternité.

Synopsis: Ry Cooder a compose la musique de Paris Texas et de The End of Violence. Au cours du travail sur ce dernier film, il parlait souvent avec enthousiasme à Wim Wenders de son voyage à Cuba et du disque qu’il y avait enregistré avec de vieux musiciens cubains. Le disque, sorti sous le nom de « Buena Vista Social Club », fut un succès international.  Au printemps 1998, Ry Cooder retourne à Cuba pour y enregistrer un disque avec Ibrahim Ferrer et tous les musiciens qui avaient participé au premier album. Cette fois, Wim Wenders était du voyage avec une petite équipe de tournage.

Thomas Guerlet reprend Barbara avec Miki Duplay pour une version addictive de Dis quand reviendras-tu?, sortie le 9 juillet 2021 chez Zuma Music.

Thomas Guerlet aime à dire qu’il s’est abreuvé à la source d’illustres ainés comme Serge Gainsbourg, King Krule, Chet Baker et les Strokes pour un côté plus rock. Il multiplie les casquettes, écriture, composition, production et chant seul en anglais et en français. Il recherche l’émotion comme l’a montré son single The Derailer avec des inspirations louchant du côté de la musique urbaine avec des harmonies à la fois jazz, pop et indie. Il revient avec une reprise de Barbara chantée en duo avec la talentueuse Miki Duplay pour un Dis quand reviendras-tu porté par une belle rythmique et une mélancolie à fleur de peau que l’entrelacement des 2 voix porte à merveille.

Un artiste iconoclaste

Thomas Guerlet se distingue d’abord par sa belle voix de crooner. Parti vivre en Angleterre à l’âge de 14 ans pour vivre une vie à la Harry Potter avec pensionnat, uniforme, presbytère et cravate, il y a pris goût, surtout pour les costumes. Nouveau départ à 17 ans pour Liverpool pour s’inscrire avec succès à l’école de musique créée par Sir Paul McCartney et vivre une vie de musique. Il y perfectionne son art du mix et du live avec des concerts hebdomadaires dans les pubs du coin. Après 7 années passées outre-manche, retour à Paris avec un projet sold-out La Boule Noire en mai 2019. Ses chansons parlent de nostalgie et du temps qui passe irrémédiablement, comme on peut l’entendre dans ses 2 premiers singles How Strange et Crystal Clear. Si les chansons sont travaillées en solitaire, l’artiste s’entoure de gens reconnus dans le milieu, comme l’a montré le mix d’How Strange par Ash Workman, fidèle collaborateur notamment de Christine and The Queens, Baxter Dury et Metronomy. Sa collaboration avec son ami de toujours Lewis Of Man lui est également d’une précieuse aide pour la composition. Pour cette reprise de Barbara, Thomas Guerlet s’est adjoint la voix de Miki Duplay pour un duo tout en sensualité et en mélancolie. Grandie à Luxembourg et détentrice d’une formation de piano classique au Conservatoire
de la ville du Luxembourg, elle a étudié le cinéma à Royal Holloway University of London dès l’âge de 17 ans. Sa rencontre avec des musiciens lui a permis de monter un groupe pour finalement enregistrer ses propres morceaux dans des chambres étudiantes transformées en home studios. A 21 ans, elle est partie seule en Corée pendant 6 mois pour enfin apprendre la langue de sa mère. Maintenant elle tourne ses propres clips et vit à Paris. Le clip de Dis, quand reviendras-tu reprend un concept éprouvé au cinéma, notamment dans le film Les lois de l’attraction pour deux déroulés de vie en parallèle et une rencontre finale… surprenante, tout à fait en adéquation avec la belle musicalité des paroles de Barbara et le mélange de 2 voix qui se tournent autour sans jamais se toucher. C’est beau, c’est frais, c’est tout à fait de saison, ça donne envie d’aller profiter de l’air de temps en terrasse…

Cette reprise de Barbara est une très belle surprise au charme certain, à découvrir le vendredi 9 juillet pour deux artistes qui pourraient bien décoller très prochainement.

Les prix 2020/2021 du Syndicat de la critique

Les prix 2020/2021 du Syndicat de la critique

Les prix 2020/2021 du Syndicat de la critique

Malgré une saison 2020/2021 écourtée en raison des périodes de confinement et de la fermeture des salles de spectacle, le Syndicat Professionnel de la critique de théâtre, de musique et de danse a tenu à décerner cette année son 58ème Palmarès des Prix de la critique de théâtre et de danse 2020-2021. Palmarès qui ponctue chaque fin de saison depuis 1963.

PRIX THÉÂTRE
GRAND PRIX (meilleur spectacle théâtral de l’année)
Ex aequo
Le Côté de Guermantes, de Marcel Proust, mes Christophe Honoré (Comédie Française)
Avant la retraite de Thomas Bernhard, mes Alain Françon (Théâtre de la Porte Saint-Martin)

PRIX GEORGES-LERMINIER (meilleur spectacle théâtral créé en province)
Le jeu des ombres, de Valère Novarina, mes Jean Bellorini (TNP – Festival d’Avignon)

PRIX LAURENT-TERZIEFF (meilleure production d’un théâtre privé)
On purge bébé, de Georges Feydeau, mes Emeline Bayart (Théâtre de l’Atelier)

MEILLEURE COMÉDIENNE
Elsa Lepoivre, dans Le Côté de Guermantes inspiré de Proust (Comédie-Française)

MEILLEUR COMÉDIEN
Ex aequo
Didier Sandre dans La Messe là-bas de Paul Claudel
Etienne Minoungou dans Traces, discours aux nations africaines de Felwine Sarr

NUMERIQUE (mention spéciale pour spectacle)
Jeanne Dark conception, écriture et mes Marion Siéfert

PRIX TECHNIQUE (scénographe – décorateur, costumier, créateur de lumière, musique)
Jean Bellorini & Véronique Chazal pour la scénographie de Le Jeu des ombres

MEILLEUR LIVRE SUR LE THÉÂTRE
Aristophane dans les banlieues – Pratiques de la non école, de Marco Martinelli (éd. Actes SudPapiers, collection Apprendre)

MENTIONS SPECIALES – Initiatives
Le Théâtre de la Ville pour ses Consultations poétiques (interventions dans les écoles, foyers de femmes, hôpitaux)
Le Cabaret sous les balcons, de Léna Bréban (interventions dans les Ephad de Grand Chalon)

PRIX DANSE
MEILLEUR SPECTACLE
LOVETRAIN2020 d’Emanuel Gat

PERSONNALITE CHOREGRAPHIQUE
François Chaignaud

REVELATION CHOREGRAPHIQUE
Nach (Anne-Marie Van)

MENTION SPECIALE
One shot d’Ousmane Sy au festival de Suresnes Cités Danse
Consultations poétiques dansées du Théâtre de la Ville
Fables à la fontaine, Dominique Hervieu et Béatrice Massin production de Chaillot – Théâtre national de la Danse, dans les écoles et les institutions spécialisées (Maisons d’accueil, Foyers, Institut Médico-éducatif)
La Ronde de Boris Charmatz au Grand Palais, dans le cadre du Festival d’Automne, diffusé sur France TV (documentaire réalisé par Claire Duguet et Sophie Kovess-Brun)

LIVRE DANSE
Nouvelle Histoire de la danse en Occident – de la Préhistoire à nos jours de Laura Cappelle aux Editions du Seuil

Avignon le off 2021 : les spectacles à ne pas louper

Affiche du festival d’Avignon off 2021

Quel plaisir de retrouver les ruelles d’Avignon parsemées d’affiches, d’admirer le majestueux Palais des Papes et de se perdre dans les centaines de lieux transformés en salles de spectacle. 

Parmi les pièces du off incontournables :

Badine d’après Alfred de Musset mis en scène par Salomé Villiers à 14h45 au Théâtre des Gémeaux

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson à 17h30 au Théâtre des Gémeaux

Liste non exhaustive amenée à évoluer pendant toute la durée du festival 🙂

Interview de Hugo, co-compositeur et guitariste du duo Pluriel à l’occasion de la sortie de l’album rock et folk Caméléon le 9 juillet 2021

Le groupe de rock alternatif Pluriel a été créé par 2 amis d’enfance, dont les parents se connaissaient depuis longtemps, avec une jeunesse passée en région parisienne, et qui ont développé ensemble leur passion pour la musique avec de longues après-midis de découvertes. Hugo Outters guitariste et Elie Destienne claviériste sont les 2 têtes pensantes du groupe, chacun dans son domaine de prédilection et avec une harmonie entre eux permettant de composer des morceaux qui leur correspondent. Le premier féru de musique Folk et Rock tendance Van Morrison, Nick Drake, Tracy Chapman, et puis fan de rock avec Radiohead ou The Smashing Pumpkins, le second plus porté sur la musique des années 90 avec des influences comme Beck, Air, Moby ou Sébastien Tellier, ils trouvent une belle énergie pour proposer une musique pleine de good vibes.

De la musique rock mise au gout du jour

Pluriel est formé des 2 fondateurs fondamentaux avec 3 autres membres qui les accompagnent sur scène, Jean Feret à la seconde guitare, Julien Ply à la basse et Tristan Trassart à la batterie. Leur premier EP intitulé Changes Side est sorti en 2019 pour concrétiser un projet fou lancé en 2018 avec des premières compositions sérieuses, certaines concrétisant d’ailleurs des morceaux imaginés dès le lycée. Alors que le groupe revient avec un premier album Cameleon le 9 juillet 2021 et qu’un premier clip issu de l’album permet de découvrir le single Membership, il a été possible de discuter par téléphone avec Hugo pour en savoir plus sur ce groupe à la musique qui fait du bien, loin des tendances commerciales actuelles, dans le droit sillage de glorieux ainés. Le guitariste autodidacte s’est très vite trouvé une passion pour la 6 cordes, pas de conservatoire mais des cours assidus qui lui ont permis de s’aguerrir. Très vite, la musique anglo-saxonne lui a paru la plus évidente, la plus satisfaisante avec tout de même des accroches certaines pour des artistes français comme Benjamin Biolay, Alain Bashung et Etienne Daho. Eli est plus porté sur la musique des années 90 avec un regard musical pointu qui explique sa passion pour la technique et son rôle de producteur et arrangeur pour la musique du groupe pour une totale autoproduction, lui qui a été diplômé d’une école de son à Montréal. Il vit dans les Landes et a pu échafauder un studio privé propice à l’enregistrement et au travail sur la musique et le son. Il joue de nombreux instruments et se débrouille si bien que seuls des instruments plus pointus font intervenir des intervenants extérieurs, comme une violoniste ou des cuivres sur certains morceaux. Pas de concert prévu pour la promotion de Caméléon, les salles et les festivals sont embouteillés pour l’été, et les musiciens sont en vacances, rendez-vous prévu pour la rentrée de septembre pour des concerts et une promotion que les fans vont devoir attendre. Concernant l’album Caméléon, des précisions ont été apportées pour une meilleure compréhension du processus de fabrication. Chaque partie du duo apporte ses propres maquettes pour un travail d’orfèvre où chacun apporte sa pierre à l’édifice, comme sur Moonlight Hugo a écouté les suggestions d’Eli pour un morceau qui a changé de voie, pour le meilleur, la flexibilité est reine. Dizzy off the hook est l’oeuvre d’Eli, Convince with a dialogue est sorti de l’esprit d’Hugo pour évoquer l’importance du dialogue pour progresser. Un flash back sur l’EP Changes side a permis d’évoquer les 6 concerts réalisés à l’époque, notamment à L’international, au Point Ephémère et au Bus Palladium, le temps béni des concerts, qui reviendront très prochainement. Des digressions ont permis d’évoquer l’influence majeure du guitariste David Gilmour sur Hugo et la place pas négligeable tenue par Bob Dylan dans sa galaxie folk personnelle, avec notamment la chanson It’s all right Ma.

La symbiose musicale entre les 2 amis est au beau fixe avec une collaboration à distance qui fonctionne parfaitement, chacun apportant ses idées avec les suggestions bienveillantes de l’autre. De quoi donner envie de découvrir un album fignolé par des musiciens exigeants qui tentent de poser une pierre majuscule à l’édifice Folk et Rock. Cameleon sort le 9 juillet, un album à découvrir absolument!

Découvrons ensemble Le monde du Vivant (Usborne)

 

Découvrons ensemble Le monde du Vivant (Editions Usborne)

Les Editions Usborne nous régalent avec leurs albums intelligents. La dernière nouveauté : Découvrons ensemble Le monde du Vivant va encore enchanter nos charmantes petites têtes blondes !

C’est un très beau livre entièrement cartonné, avec de multiples rabats ; du coup, cet album peut être lu à différents âges, les plus jeunes comme les plus grands. Même les adultes apprendront des choses !

Une mine d’informations à la fois simple et scientifique est délivrée sur le monde du vivant.

Qu’est-ce qu’un être vivant ? Et l’arbre du vivant, vous connaissez ?

Comment fonctionne la vie, notre organisme ? Et les micro-organismes ?

Bien sûr, on n’oubliera pas le monde des plantes qui font également partie du monde du vivant.
Les 8 millions d’espèces animales nous subjuguent !

La conclusion de l’album est aussi belle et intelligente que son contenu : « Nous devons essayer de comprendre le monde vivant et de trouver des façons de la protéger ».
Découvrons ensemble Le monde du Vivant nous ouvre les yeux sur la merveille de la nature et son besoin d’en prendre soin ! A offrir au plus grand nombre !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : mai 2021
Auteur : collectif
Illustrateur : collectif

Editeur : Usborne
Prix : 12,50 €

Grosse actualité pour le Conseil Constitutionnel avec l’ouverture de la boutique au Palais Royal et la parution d’un ouvrage fastueux aux Editions du Patrimoine

Le Palais Royal accueille dorénavant la boutique du Conseil Constitutionnel au 24 Galerie de Chartres, à Paris, dans un espace ramassé mais convivial pour participer à la reconnaissance publique de cette institution majeure de la Ve République. En face des mondialement connues colonnes de Buren, il est maintenant possible d’acheter des ouvrages révélateurs de l’histoire de France, de l’institution et des objects pratiques, majoritairement made in France. A l’heure où l’institution peut être contactée via une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour que le Conseil constitutionnel puisse juger si une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, c’est une autre initiative pour relancer la reconnaissance publique de cette instance centrale de la démocratie.

Des objets tricolores, malicieux et audacieux

Située dans la cour d’honneur du Palais-Royal, la boutique participe à la politique d’ouverture du Conseil constitutionnel initiée par son Président Laurent Fabius pour mieux la faire connaître à l’ensemble des citoyens. Aux abords du Conseil constitutionnel, la boutique permet de trouver des ouvrages et des objets témoignant des grands principes de la République, de la vie des institutions et du rôle du Conseil constitutionnel. Occupant un local dont le Conseil constitutionnel est affectataire, la boutique du Conseil constitutionnel est gérée par la Rmn – Grand-Palais dans le cadre d’un contrat de concession passé par le Conseil constitutionnel. Les produits commercialisés sont majoritairement de fabrication française et surtout écoresponsables. Ce sont aujourd’hui des produits tricolores, malicieux et audacieux imaginés par Pascale Brun d’Arre qui sont mis à l’honneur pour des achats plaisir, pour offrir ou par utilité.

Un ouvrage majeur paru en septembre 2020

Cet ouvrage est la première monographie illustrée consacrée à une grande institution de l’État siégeant au Palais Royal, mal connue et pourtant proche des citoyens. Ce ouvrage dévoile l’architecture des lieux avec une visite détaillée d’un palais parisien ouvert généralement pour les seules Journées du patrimoine. L’ouvrage contient également un reportage exclusif du photographe Laurent Lecat pour admirer des lieux généralement tenus au secret. Ce ouvrage est paru pour célébrer également le 10e anniversaire de la QPC (question prioritaire de constitutionnalité). Cette institution instaurée en 1958 lors de l’avènement de la Ve République n’a jamais été autant importante et elle cherche à mieux se faire connaitre pour se placer aux côtés des citoyens. Installé au cœur du Palais-Royal, dans l’aile Montpensier, à proximité du Conseil d’État, de la Comédie-Française et du ministère de la Culture, le Conseil Constitutionnel a une importance fondamentale dans le bon fonctionnement des institutions. La première partie de l’ouvrage refait l’histoire et explique l’emplacement de l’institution dans un lieu autrefois appelé le Palais-Cardinal et résidence du frère de Louis XIV et plus tard du Régent.

Une longue histoire pour un lieu à découvrir via la boutique et cet ouvrage agrémenté des photos de Laurent Lecat pour une belle plongée dans les fastes de l’un des plus beaux décors parisiens de la fin du XVIIIe siècle. Les Editions du Patrimoine sont à la barre d’un nouvel ouvrage immanquable à découvrir au plus vite. La boutique vous attend pour vous faire découvrir une vaste gamme d’objets qui pourraient bien vous plaire.

Editeur: Editions du Patrimoine

Auteurs: Denys de Béchillon, Christophe Bottineau, Damien Connil

Prix / Nombre de pages : 30 € / 24 x 28 cm – 144 pages – 103 illustrations

Kuessipan, un film de Myriam Verreault sur une amitié qui évolue au fur et à mesure du temps qui passe, sortie le 7 juillet 2021

Deux jeunes filles sont amies et se jurent de l’être tout au long de leur vie. Leur relation particulière va s’égrener tout au long d’un film à la forte tonalité douce-amère, entre petites joies du quotidien et grands drames inattendus. Cette adaptation du premier roman de Naomi Fontaine est réalisée par Myriam Verreault avec une haute dose de poésie et de mélancolie.

Une amitié plus forte que tout

Les deux personnages Mikuan (Sharon Fontaine-Ishpatao) et Shaniss (Yamie Grégoire) sont le fil rouge du film. Elevées dans une réserve innue à Uashat sur la Côte-Nord du Canada, elles font un pacte d’amitié éternelle quand elles sont encore toutes jeunes. Mais la vie va les confronter à des choix et des aspirations différentes. Devenues jeunes femmes, Mikuan a des envies d’ailleurs, elle veut écrire et raconter la vie de son peuple en restant fidèle à ses racines. Shaniss devient rapidement une jeune mère coincée entre une relation de couple toxique et un jeune enfant qui prend tout son temps. Leur relation n’est pas le seul élément du film, Mikuan s’éprend d’un jeune adulte non issu de son peuple, lui occasionnant quelques difficultés. Kuessipan évoque la difficulté de rester soi-même dans le monde moderne, d’autant plus quand sa famille doit faire face à des obstacles hérités d’un passé pas si lointain ou les Innus ont du faire face à leur ostracisation par l’envahisseur blanc. Car les Innus sont vus comme des sauvages et une violence tapie au fond d’eux peut ressortir à l’occasion d’injures vécues comme des brimades. Le film est joué principalement par des acteurs non professionnels, pour un résultat le plus authentique possible. De nombreux échanges évoquent la situation particulière des Innus, entre exploitation des ressources du territoire et difficulté à perpétuer des traditions millénaires face aux coups de boutoir de la modernité. Une incompréhension entre les Blancs et les communautés autochtones ressort fréquemment pour des scènes souvent drôles, voire touchantes.

La beauté des paysages de la Côte-Nord du Canada ressort dans le fond d’une histoire d’amitié qui ne va pas sans déchirements et errements. Le visionnage du film fait ressentir une énorme sensibilité et des élans d’authenticité qui vont droit au cœur. Sortie en salles le 7 juillet 2021 après une si longue attente.

Synopsis: Nord du Québec. Mikuan et Shaniss, deux amies inséparables, grandissent dans une réserve de la communauté innue. Petites, elles se promettent de toujours rester ensemble. Mais à l’aube de leurs 17 ans, leurs aspirations semblent les éloigner : Shaniss fonde une famille, tandis que Mikuan tombe amoureuse d’un blanc et rêve de quitter cette réserve devenue trop petite pour elle..

Les péripéties homologuées de Paul et Tom, de l’humour qui fait du bien le 7 juillet aux éditions La Boîte à Bulles

Paul et Tom forment tous les deux un couple homosexuel comme il en existe tant. Cette BD composée d’historiettes d’une page et 4 bulles environ a clairement plusieurs objectifs, d’abord faire rire, et puis déconstruire les préjugés sur ces couples qui ressemblent finalement à tous les autres. La bonne humeur est souvent aussi tendre que piquante, sans jamais aucune méchanceté mais pas sans élargir parfois le trait jusqu’à la caricature, histoire de vraiment pousser l’humour jusqu’au bout. De la grivoiserie parfois mais jamais de vulgarité dans cette BD qui montre surtout qu’il est possible de rire de tout au-delà des préjugés.

De l’humour léger et inconséquent, loin des polémiques

Tom et Paul sont avant tout un couple comme les autres. Il s’aiment, ils ont des défauts, mais aussi des qualités, l’un est au chômage, l’autre est très coquet, ils sortent, ils ont des amis, ils dorment ensemble, ils ont de l’humour et ils aiment chacun mettre leur conjoint en boite, d’où des cènes souvent joyeusement cocasses. Cette BD concourt à une normalisation bienvenue de cette partie de la population qui ne recherche que la normalité pure et simple, sans passe-droits ni excuses. L’humour est un bon moyen d’aller à l’encontre des préjugés et de participer à une intégration légitime de ceux qui veulent vivre comme bon leur semble, sans brusquer ni choquer sinon ceux qui ne vivent pas vraiment au XXIe siècle. Pas besoin de vivre comme eux pour s’amuser des scénettes à l’humour aussi délicat que bien trouvé.

L’humour est universel, cette BD en est une belle preuve de plus avec des histoires tirées du quotidien souvent le plus lambda, ça parle de lessives, de ménage, de temps qui passe, personne ne pourra dire que ce genre de préoccupation ne concerne absolument tout le monde. La BD sort le 7 juillet pour un très bon moment de légèreté.

Synopsis: Au fil de leur péripéties quotidiennes, les deux hommes livrent avec dérision leur vision de la société tout en portant un regard acerbe sur le monde et les gens qui les entourent. Tout y passe : réseaux sociaux, codes du genre, stéréotypes. Avec une verve décapante et un ton des plus grinçants, ces deux roublards se moquent des codes et dépoussièrent les vieux clichés. Car oui, Paul et Tom sont homosexuels, et cela ne change absolument rien. Comme tous les couples, ils s’aiment, s’engueulent, passent leur temps à se vanner, et à se moquer des autres… surtout à se moquer des autres… Loin des clichés habituels et avec un humour décapant, Jacq dresse le quotidien d’un couple des plus ordinaires tout en portant un regard caustique sur notre société.

Editeur: La Boîte à Bulles

Auteur: Jacq

Nombre de pages / Prix: 96 pages / 16 euros

Moffie, un film âpre sur l’apartheid en Afrique du Sud, sortie sur les écran le 7 juillet

Le 7 juillet sort Moffie, un film d’Oliver Hermanus qui se déroule en Afrique du Sud en 1981 en plein apartheid à une époque où la minorité blanche est encore dominante sur le plan politique. Des mesures de conscription ont été prises pour que dès l’âge de 17 ans, les garçons blancs soient contraints à un service militaire obligatoire de 2 ans avec un passage obligatoire et contraignant à la frontière avec l’Angola, pays avec lequel l’Afrique du Sud est en guerre non officielle. De quoi poser un contexte étonnant mais vrai où le jeune héros va devoir apprendre composer avec un milieu militaire retors et homophobe.

Un film sur la douloureuse formation du corps et de l’esprit

Le jeune Nicholas quitte le cocon douillet de sa vie familiale pour un camp d’entraînement synonyme de vexations continuelles et de long purgatoire. Le spectateur suspecte très tôt l’homosexualité cachée de Nicholas qu’il tente de dissimuler au prix de sa liberté personnelle. Adapté d’après un roman autobiographique d’Andre Carl van der MerweMoffie est un récit initiatique autant qu’une expérience d’apprentissage douloureuse en territoire hostile. Tout en suivant le parcours d’un jeune homme pris en tenaille par ses semblables aux mœurs rudes et brutales, le film décrit également par le menu le racisme institutionnalisé qui croit devoir brimer la plus large partie de sa population de couleur pour survivre. Dés le début du film l’exemple d’un jeune embrigadé qui invective et humilie gratuitement un homme noir lors d’un arrêt en gare donne le ton du film. Aucun respect dans cette manière toute dictatoriale de traiter avec mépris un autre être humain jugé comme inférieur. Le racisme est une autre facette d’un pays psychosé où les différences sont violemment réprimées, la couleur de peau comme l’homosexualité. En langue afrikaner, moffie signifie tapette, de quoi donner le ton d’un film où les gays sont traités avec autant de brutalité que les noirs, même s’ils sont pourtant blancs. Internement psychiatrique et passage à tabac sont les châtiments obligatoires pour ceux qui osent s’affirmer face à la majorité d’habitants hostiles à cette engeance. L’ambiance du film est très éthérée, avec des éclairs de violence qui font froid dans le dos, voire frissonner. Ce pays si lointain et si proche à la fois semble un fantasme dépravé d’une humanité élevée dans la haine de l’autre et l’affirmation d’une virilité toute puissante, blanche de surcroit. Racisme et homophobie baignent le film d’une atmosphère angoissante, voire anxiogène, qu’on pourrait croire caricatural mais qui a vraiment existé.

Beauté et laideur se mélangent dans un film qui ne peut pas laisser indifférent avec ce parcours d’un jeune homme d’abord innocent obligé de se frotter à un monde rempli d’hostilité. Le film est à découvrir le 7 juillet en salles pour un retour vers le passé qui bouscule.

Synopsis1981, Nicholas a 16 ans, comme tous les jeunes blancs Sud-Africains de son âge, il doit accomplir son service militaire pendant deux ans. Durant cette période, le gouvernement sud-africain, blanc, raciste et ségrégationniste, mène une politique étrangère qui vise à combattre les communistes et die swart gevaar : « le danger noir ». Nicholas est envoyé sur le front au sud de l’Angola pour défendre le régime de l’apartheid. Il doit alors survivre tant aux horreurs de la guerre qu’à la brutalité de l’armée et de ses soldats.

Ouverture du Festival d’Avignon 2021 : J-1

l Ouverture du Festival d'Avignon 2021 : J-1

Ouverture du Festival d’Avignon 2021 : J-1

L’ouverture du Festival d’Avignon à J -1. Fondé en 1947 par Jean Vilar, c’est l’une des plus importantes manifestations internationales de théâtre. Un rendez-vous incontournable qui offre une place de choix au spectacle vivant contemporain. L’édition de ce 75ème Festival a pour thème « Se souvenir de l’avenir ». La programmation du « IN » a lieu du 05 au 25 juillet 2021 tandis que le « OFF » se déroule du 07 au 31 juillet 2021.

Si chaque édition du festival imprime sa marque et son choix éditorial, elle place toujours la création contemporaine au cœur de ses réflexions et de sa grande diversité de regards. En parallèle, le Festival OFF d’Avignon met en avant les talents de demain. Une sélection non officielle qui donne une visibilité aux petites troupes pour leur permettre de présenter leurs pièces déroutantes, émouvantes, ou décalées.

Olivier Py est le premier metteur en scène à diriger le Festival depuis son fondateur, Jean Vilar. Plus « fidèle à des idées qu’à une tradition », il renoue avec l’esprit militant des premières heures et propose aux spectateurs d’imaginer avec lui « un autre rapport au monde dans lequel le politique n’est pas séparé de la pensée et de l’espoir.»

Et pendant le Festival, la ville se transforme en une gigantesque scène de spectacle vivant. Dans la rue ou dans les théâtres, l’art se déploie dans toute la ville !

Le centre-ville d’Avignon (à l’intérieur des remparts) propose un grand nombre de théâtres dans lesquels sont programmés les spectacles du « OFF » (pour la plupart des créations). Les spectacles du festival « IN », quant à eux, se déroulent dans des lieux de représentation en intra et extra-muros. Les genres de spectacles proposés sont très variés: humour, jeune public, ou encore tout off public.

Au programme du « IN »  quarante-six spectacles, soixante-dix débats et rencontres, quarante lectures et deux expositions sont annoncés pendant les trois semaines du festival. Ces propositions, données dans une quarantaine de lieux (quelques-uns étant itinérants), seront marquées par le contexte sanitaire. Les sujets abordés feront ainsi la part belle aux catastrophes, aux sacrifices et aux drames.

Tiago Rodrigues met en scène La Cerisaie d’Anton Tchekhov avec Isabelle Huppert dans la cour d’honneur du Palais des Papes. Un spectacle d’ouverture très attendu pour cette comédie douce-amère au texte hypnotique où se consument l’impuissance et la passivité d’une noblesse en déclin dans la campagne russe.

Une vision existentielle entre la nostalgie romantique d’un passé révolu et des aspirations vagues vers un futur incertain où autour d’une maison que l’on va perdre, se concentrent des êtres opposés, animés par le profit et l’avenir tandis que d’autres sont en proie aux souvenirs et à la passion de l’inutile

ll n’y a pas de héros dans La Cerisaie. C’est une pièce chorale qui offre une partition pour un tempo embrassant le collectif. Car c’est le temps qui en est le personnage principal : le temps des saisons, celui de l’enfance, le temps d’aimer, le temps qui passe, le temps perdu, la vieillesse, et la mort.

Pour Tiago Rodrigues, directeur artistique du Teatro Nacional de Lisbonne, il s’agit de traiter de ce moment historique inédit de l’inexorable changement, de l’esquisse d’une autre société qui pointe entre les fissures d’un vieux monde craquelé de toute part. Et dont le travail est profondément marqué par une écriture de plateau faite pour les acteurs, et avec les acteurs.

Frédéric Bélier-Garcia dirigera quant à lui Nicole Garcia dans une tragédie écrite par Marie Ndiaye (Royan). La Brésilienne Christiane Jatahy adaptera Dogville de Lars von Trier (le scénario de sa pièce Entre chien et loup évoquant l’histoire d’hommes et de femmes fuyant un régime fasciste et ses milices). Olivier Py mettra pour sa part en scène un énième Hamlet.

Concernant les créations, l’essentiel des spectacles montrés sera composé de créations. Laëtitia Guédon portera un texte de Marie Dilasser autour de la figure mythique de Penthésilée. Alice Laloy proposera une réflexion autour du transhumanisme et de la figure de Pinocchio.

Plusieurs disparus se verront rendre un hommage : l’acteur et metteur en scène Antoine Vitez ou le torero José Belmonte. Est-ce parce que la mort sera souvent évoquée sur scène ? Éva Doumia proposera aux spectateurs de partager un repas de deuil dans un spectacle intitulé Autophagies.

La vie n’en sera pas moins célébrée puisqu’une opérette d’Offenbach sera mise en scène par Victoria Duhamel. Et que le centième anniversaire d’Edgar Morin sera fêté dans la cour du Palais des Papes le 8 juillet. Molière sera également mis à l’honneur, à la veille des commémorations entourant le 400ème anniversaire de sa naissance. La troupe du Nouveau Théâtre populaire proposera ainsi un spectacle de près de sept heures revisitant son répertoire.

Plus de 550 artistes sont annoncés (outre Isabelle Huppert et Nicole Garcia Sandrine Bonnaire, Fabrice Luchini, Lola Lafon et Omar Sy).

Pour retrouver tous les spectacles et informations pratiques vous pouvez cliquer ici !

Bon Festival !


 

 

 

 

 

Bowie Odyssée, une exposition immanquable pour les fans de David Bowie au Palace

Depuis l’exposition David Bowie is à la Philharmonie de paris en 2015, les fans de l’artiste anglais rongeaient leur frein dans l’attente d’un nouvel évènement. Leurs vœux sont maintenant exaucés avec l’exposition Bowie Odyssée au Palace près des Grands Boulevards à Paris. Avec un parcours ramassé présentant une foule d’objets liés à la carrière du Thin White Duke, les ultra fans peuvent passer le temps qu’ils veulent à admirer chacune des pièces, et du temps ils en auront besoin car il y en a plus de 1.000 rassemblées dans la grande salle du Palace. Obtenues par prêt de le part de collectionneurs acharnés, elles permettent de retracer une carrière que peu pourront oublier. Jusqu’au 31 août 2021 prochain, l’exposition est accessible pour un plaisir coupable à ne pas manquer.

Bowie dans tous les sens

Si le début de l’exposition a malheureusement du être décalé pour cause de crise sanitaire, le moment est venu d’enfin déambuler au Palace pour se replonger dans une carrière artistique de premier ordre, celle d’un David Bowie trop tôt disparu et toujours dans les mémoires. Ce sont des fans hardcore qui ont prêté un large spectre d’objets permettant de revivre chacune des époques du chanteur et acteur, depuis David Robert Jones avant David Bowie, The Laughing Gnome, le premier hit Space Oddity jusqu’à l’album final Blackstar révélé 2 jours avant sa mort. Posters, partitions, disques, extraits d’articles, rien ne semble manquer pour plonger dans 50 ans d’une carrière prolifique et largement reconnue pour son importance. Si le sous-titre de l’exposition 50 ans de fanmania se justifie, c’est parce que les plus maniaques trouveront leur bonheur dans cette véritable caverne d’Ali Baba, les plus accrocs à David Bowie pourront passer une demi-journée dans ce dédale documentaire et archiviste unique en son genre. Et pas besoin d’une interactivité excessive pour apprécier le moment de visite, seuls quelques écrans retransmettent des extraits d’interview à la télé française, les musiciens officiant sur Blackstar livrent une prestation live captée lors d’un concert, un jukebox relié à un Ipad permet de choisir un morceau de la sono dans une large liste de morceaux de l’artiste ou de proches musiciens. Si on énumère également les disques vinyles (dont certain appartenant à la discothèque de Radio France), les affiches, les photos, les objets promo (dossiers de presse, PLV…) et les produits dérivés en tous genres qui retracent la carrière de l’artiste dans la musique, au cinéma, au théâtre et dans l’art en général, c’est un vrai vrai vrai plaisir coupable que de se perdre dans l’exposition. Il y a même son acte de naissance pour se convaincre qu’il a vraiment existé. Pour info, cette exposition est presque la même que celle présentée, dans une version légèrement différente, à Saint-Etienne à l’automne 2018.

L’exposition créé et initiée au Rhino Jazz festival en 2018 par Ludovic Chazalon, directeur artistique du festival, est une vraié réussite, permettant de transformer un lieu prisé des nuits parisiennes de la fin des années 1970 et du début des années 1980 en lieu de mémoire dédié à une grande idole populaire. Bowie Odyssée, c’est un immanquable culturel de l’été 2021 à Paris!

Interview vérité avec 4 membres enflammés du quintet Foams après la sortie de leur EP Are you Satisfied?

Après la chronique de leur EP Are you satisfied? parue récemment sur Publik’Art, il était évident qu’une interview avec les membres du groupe Foams serait nécessaire pour en savoir plus sur ces 4 garçons dans le vent et cette chanteuse à la voix aussi puissante que fascinante. C’est maintenant chose faite avec un Zoom hélas abrégé trop rapidement pour cause de durée limitée sans mettre la main au porte-monnaie. Interruption bien dommageable mais qui appelle d’autres échanges à l’avenir tant la qualité de l’échange fut rien de moins que passionnante. Compte-rendu des échanges.

Un groupe en quête de sens

Une des questions initiales a porté sur la signification symbolique du nom du groupe, Foams, mousses en anglais, de quoi en savoir plus sur la philosophie de l’entité musicale et philosophique. Réponse pleine de sens, chacun apporte sa pierre à l’édifice, personne n’est laissé de côté et tout le monde pagaie dans le même sens, avec l’adjonction harmonieuse de 5 inspirations dans le travail global du groupe. Nom logique finalement quand on sait que le groupe a tâtonné quelques temps avant de trouver sa véritable identité musicale, ni pop facile, ni travail trop évident, l’ADN du groupe découle d’un processus créatif qui a mis du temps à se dessiner. Paul, Sophia, Anatole et Alexandre Ferdinand était hélas absent – réfléchissent maintenant sur la base des textes bruts proposés par Sophia comme terreau de base pour trouver l’inspiration, partir de zéro représentait un risque trop important de se fourvoyer dans des impasses chronophages et inutiles. Un texte plein de sens appelle la prise de recul et surtout la quête d’un édifice musical léché et plus abouti. D’où le morceau Ghost Town basé sur l’idée que les individus des sociétés modernes connaissent une solitude plus grande et un désarroi accru pour le prétexte admis par tous, mais donc fallacieux, de rechercher le bonheur. Une telle architecture ne vient pas toute seule et il faut des expérimentations acharnées pour échafauder un son à la mesure des idées pour retranscrire parfaitement les intentions de chacun et de tous. Les membres du groupe l’admettent volontiers, cette méthode de travail leur convient parfaitement et ils leur tardent de rencontrer leur public avec des concerts qu’ils souhaitent comme des moments de partage au moins endiablés. Alors qu’ils sont déjà en train de travailler sur leur prochain EP avec déjà 4 morceaux sur le feu, leur motivation semble inébranlable, l’autoproduction n’est pas pour eux un frein mais le moyen d’aboutir à ce qu’ils veulent vraiment, une musique inspirée du rock des années 70, énergique, augmentée de sons indus issus du quotidien et surtout percutante. Sophia l’admet volontiers, quand je luis dis que sa voix me rappelle celle de Robert Plant de Led Zeppelin, ce groupe phare du classic rock est pour elle une inspiration primordiale. Et tous les membres du groupe le confirment, le rock originel des années 70 représente un terreau qui ne cesse de les inspirer. Quand je leur cite l’album Filth Pig de Ministry et Nine Inch Nails, la discussion s’enflamme, donnant à chacun l’envie d’écouter et de s’abreuver à des sources qui font sens. Muse est cité, Garbage aussi, Gossip pour la puissance de la voix féminine mise en avant, quant au titre de leur tube Ghost Town, il reste une évidence, tant il a déjà été utilisé dans l’histoire du Rock par les Stones récemment, les Specials au début des années 80, et même Kanye West. L’accent est mis sur le travail de production mis en oeuvre pour densifier le son et lui donner la couleur voulue, avec l’adjonction de couleurs musicales échafaudées avec l’aide de synthétiseurs. Les membres du groupe se disent très exigeants et ils n’hésitent pas à passer le temps nécessaire à aboutir à un résultat réellement satisfaisant, pas de compromis ni de demi-mesure, de quoi justifier l’engouement autour d’un EP que beaucoup reconnaissent à sa juste valeur, ambitieux et fruit d’un travail acharné.

Zoom a malheureusement coupé un entretien qui aurait pu continuer longtemps pour évoquer les origines de la voix impressionnante de la chanteuse avec des explications plus approfondies sur chaque titre du EP. Mais ce n’est que partie remise, ne reste plus qu’à attendre les prochaines dates de concerts pour profiter en live des qualités musicales du groupe et en profiter à plein au cœur d’une foule transie et hypnotisée. Vivement la prochaine rencontre!

Chasseur fait paraitre en solo son nouveau single La saison des pluies le 2 juillet

Certains se souviennent de son premier album Crimson King paru en 2020, Chasseur, alias le musicien et producteur rennais Gaël Desbois, est déjà de retour, toujours en solo, avec La saison des pluies, toujours dans une veine hypnotique et intense. Le single précède un album enregistré pendant le confinement et prévu pour cet hiver.

Un single lancinant

Chasseur propose un single qui rentre dans l’esprit pour ne plus le quitter. L’artiste cite comme références personnelles Alain Bashung, Alan Vega du groupe Suicide et Depeche Mode pour bien souligner ses aspirations à l’exigence. Le single La saison des pluies mélange groove inarrêtable et voix fascinante pour un résultat plus qu’addictif, à se demander pourquoi le morceau s’arrête au bout de 3 minutes alors qu’il pourrait facilement durer une heure. Les paroles parlent d’absence et de distance, et le clip réalisé par Xavier Champagnac pourra rappeler le film Dheepan de Jacques Audiard avec ce personnage venu d’ailleurs et comme perdu dans notre société. Cet homme qui marche avec un bouquet de roses rouges à la main pourrait être un vendeur à la sauvette exilé de son pays natal et obligé d’enchainer les petits boulots pour survivre. Il marche et change de paysages, sans but précis, semblant déambuler dans notre univers. La question taraude et interroge, surtout avec cette musique qui s’insinue dans les synapses. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Gaël Dubois a déjà un long CV. Moitié de Mobiil avec Olivier Mellano et de Del Cielo avec Liz Bastard, membre fondateur de Tchewsky & Wood avec Marina Keltchewsky, il a enchainé les projets. Musicien pour Miossec, Laetitia Shériff, Dominic Sonic et Santa Cruz, il connait le monde de la musique comme sa poche. Batteur, compositeur et producteur, il collabore également avec des compagnies de théâtre et de danse comme le Théâtre à l’envers, Sandrine Roche, Maud Le Pladec, le Théâtre de Chambre comme collaborateur musical et réalise et enregistre des musiques pour des films courts et des documentaires. En devenant Chasseur, il a sorti un EP 4 titres intitulé Dans la ville en 2017 et l’album Crimson King en 2020.

Un nouvel album est attendu à l’automne 2021 chez Reptile, le single La saison des pluies donne envie de l’attendre avec impatience pour en savoir plus sur les intentions de Chasseur.

https://www.youtube.com/watch?v=8LRVMhDlevg

La Galerie Roger-Viollet organise une magnifique exposition photographique intitulée Paris 1900, une Belle Epoque! du 1er juillet au 28 août 2021

L’agence photo Roger-Viollet, située au 6 rue de Seine à Paris VI a débuté sa mue fin 2020 en installant une galerie claire et lumineuse là où se situaient auparavant des locaux d’archives. Les archives sont toujours là, nombreuses, plus de 6 millions de clichés, mais le lieu reçoit dorénavant des expositions qui mettent en valeur le patrimoine photographique détenu par l’agence. Et ce sont des clichés de Paris en 1900 qu’il est possible d’admirer. Il ne suffit que de pousser la porte et de se laisser porter par la qualité des photos prises il y a plus d’un siècle, un sacré voyage dans le temps!

Une exposition comme un retour aux anciens temps

À partir du 1er juillet 2021 et jusqu’au 28 aout, la Galerie Roger-Viollet expose des clichés de Paris au temps où le Forum des Halles n’existait pas et où un immense marché faisait battre le pouls du Ventre de Paris. Paris 1900, une Belle Époque ! se situe au tournant de 2 siècles, alors que la révolution industrielle faisait miroiter des étoiles dans les yeux des défenseurs du progrès et que des bidonvilles pullulaient sur la couronne entourant la capitale. Le fossé semble insondable entre une ville enjolivée par le feux de l’Exposition Universelle de 1900 avec ses pavillons tous plus flamboyants les uns que les autres, et la vie quotidienne laborieuse où les efforts n’étaient récompensés que de peu. Les visiteurs du monde entier devaient avoir les yeux qui brillaient en découvrant le Pont Alexandre III, la tour Eiffel et l’architecture clinquante des bâtiments érigés pour l’occasion. Peu devaient s’aventurer plus loin pour voir le revers de la médaille. La soixantaine de photos montre la vie d’un autre temps, entre faste des élégantes sur les champs de course de Longchamp ou d’Auteuil et travaux rugueux de la population affairée à ses tâches quotidiennes. Les lignes 1 et 2 du métro sont alors construites pour des travaux titanesques qui éventrent les rues et congestionnent les rues. Les détails des photos sont d’une précision incroyable, le noir et blanc ravive les physionomies, et les éléments architecturaux se dévoilent sur des photos parfois jamais imprimées auparavant car conservées précieusement sur des verres beaux et fragiles à la fois.

La Galerie Roger-Viollet expose ces photographies exceptionnelles des studios Léon & Lévy et Neurdein, Albert Harlingue, Maurice-Louis Branger, Jacques Boyer, Henri et Ernest Roger pour une plongée fascinante dans un temps pas si ancien où la modernité enjolivait le quotidien et marquait les esprits.

Détails:

La Galerie Roger-Viollet accueille les visiteurs du mardi au samedi de 11h00 à 19h00 au 6 rue de Seine 75006 Paris

Tel: + 33 1 55 42 89 09

Mail: galerie@roger-viollet.fr

Une Exposition Picasso – Rodin vertigineuse à découvrir dans les musées Picasso et Rodin à Paris jusqu’au 2 janvier 2022

L’exposition PicassoRodin est ouverte sur les 2 sites du Musée national Picasso-Paris et du Musée Rodin à Paris avec des parallèles pleins de sens entre les oeuvres du sculpteur et du peintre, et vice versa. Car chacun de ces deux artistes révolutionnaires a tâté plusieurs arts sans se contraindre, pour toujours se pousser hors de retranchements contraignants. Les parcours offerts par chacun des musées est aussi pédagogique qu’instructif, et parfaitement éblouissant. Véronique Mattiusi, Cheffe du service de la recherche et responsable scientifique du fonds historique du Musée Rodin et Virginie Perdrisot-Cassan, Conservateur du patrimoine, responsable des sculptures, des céramiques et du mobilier Giacometti au Musée national Picasso-Paris, toutes deux commissaires de l’exposition, ont servi de guide pour une exposition à découvrir au plus vite.

Une exposition évènement

C’est la première fois que le Musée Rodin et le Musée national Picasso-Paris s’associent pour présenter leurs oeuvres dans le cadre d’une exposition commune. Des oeuvres emblématiques sont visibles, le penseur, le Monument à Balzac, des tableaux, des gravures, des sculptures. Si les 2 artistes ne se sont pas officiellement rencontrés, il est possible qu’ils se soient rencontrés à l’occasion d’une fête au Bateau Lavoir. Toujours est-il que l’oeuvre de l’ainé Rodin (1840-1917) a profondément influencé le cadet (1881-1973) avec des références explicites et récurrentes. Les oeuvres sont présentées simultanément dans deux parcours situés dans chacun des musées pour des convergences significatives qui soulignent la modernité de chacune de leurs démarches. Les visites sont organisées en chapitres, le Musée Rodin suit le thème de la représentation du début du XXe siècle, le Musée Picasso se concentre plutôt sur les processus créatifs mis en oeuvre par les 2 artistes à des époques et dans des contextes différents. Leur similitude tient à la démarche révolutionnaire de leur art, en rupture des académismes en vogue à leurs époques, ils révolutionnent l’art de la représentation, expressionniste chez Rodin et cubiste chez Picasso, avec des expérimentations permanentes dans les formes et dans les matériaux. Les chapitres suivent des sillons thématiques éclairants, la représentation de l’humain, la représentation de la nature, le travail en série, la fragmentation, l’assemblage, le détournement, autant d’approches particulières qui participent à des oeuvres uniques et novatrices. Les 2 parcours sont riches de plus de 500 oeuvres au total, comprenant des peintures, des sculptures, des céramiques, des dessins, des documents d’archives et des photos, comme celle, centrale, montrant la photo du Penseur de Rodin dans l’atelier de Picasso. Tout un symbole.

Le catalogue de l’exposition est appelé à devenir une oeuvre de référence avec ses 424 pages et 490 illustrations. De quoi recouvrir l’ensemble des oeuvres des 2 musées pour une lecture complétant la visite. A noter une signalétique à destination des plus jeunes au Musée Picasso pour les aider à s’intéresser à des oeuvres de manière ludique. En un mot, ce sont 2 expositions majeures pour un évènement central de l’année culturelle parisienne.

Sites: Musée Rodin, 77 rue de Varenne, 75007 Paris (Fermé le lundi, ouvert de 10h à 18h30) / Musée national Picasso-Paris, 5 rue de Thorigny, 75003 Paris, Fermé le lundi, ouvert de 10h30 à 18h.

Prix: Billet jumelé 21 €, valable 3 mois

Interview du pianiste français Riopy qui dévoile son nouvel album Bliss le 2 juillet chez Warner Music

Riopy n’est pas un pianiste très connu dans nos contrées alors que sa renommée est déjà assez grande dans le monde anglo-saxon. Connu notamment pour avoir composé la musique des bandes annonces de The Danish Girl, Mr Turner et Jimmy’s Hall et avoir déjà publié des musiques au retentissement très large, il n’arrête jamais de composer très naturellement une musique qui parle au corps et à l’esprit. Il prépare déjà son retour derrière son clavier en solo comme toujours avec son album Bliss à paraitre le 2 juillet chez Warner Classics. Le morceau Sweet Dreams est déjà disponible, de quoi gouter les vertus apaisantes d’une musique au succès grandissant. Certains y voient même des vertus thérapeutiques, il ne s’en cache pas. De quoi passer un moment d’interview passionnant et bien trop vite passé, signe d’un grand moment d’échange.

Un pianiste révolutionnaire

Dans Bliss, le pianiste et compositeur Riopy reprend la recette qui a fait son succès, un jeu minimaliste entre musique répétitive et extrême sensibilité. Le pianiste français a déjà été écouté 200 millions de fois sur les plateformes de streaming. Sweet Dream pourrait bien n’être que le prélude à un encore grand succès à venir. D’autant que Riopy a déjà eu la chance de devenir un top vendeur dans les meilleures ventes classiques aux Etats-Unis, comme en attestent les chiffres du Billboard depuis plusieurs mois. Avec des performances remarquées dans le monde entier et notamment en Chine, Riopy se place maintenant aux côté d’Hans Zimmer et Philip Glass dans la galerie des têtes de proue de la musique classique contemporaine. Installé à Londres, le pianiste est à l’origine d’une musique très cinématographique et pourrait bien à l’avenir composer pour des bandes originales aussi modernes que poétiques. L’artiste se sert de ses clips pour dévoiler de nouveaux horizons, comme il l’a déjà fait avec Sky Opus Fire, Epiphany et La Vernatelle, avec toujours autant de sensibilité et sans artifices ni surproduction abusive. Les morceaux gardent une belle évidence que l’utilisation d’un piano Fazioli aide à garantir. La marque de piano italienne existe depuis 1981 et les artistes en raffolent. Pour ce nouvel album, Riopy s’est inspiré des héros discrets de la vie quotidienne avec un bel hommage sous forme de miniatures pour piano au calme toujours remarqué, de quoi s’insinuer profondément dans l’esprit de l’auditeur.

Un échange placé sous le signe de l’évidence

Le moment d’interview a beau avoir duré 45 minutes, il est véritablement passé dans un souffle. A la question de son apprentissage du piano sans être passé par la case enseignement académique formaté, la réponse a fusé comme un missile. Pas de carcan, une recherche personnelle placée sous le signe de la sensibilité et de l’émotion, pas de longues séances de solfège mais un apprentissage à la carte. De quoi deviner que Riopy n’est pas ce qu’on peut appeler un pianiste conventionnel. Il tient d’ailleurs à accorder son piano à sa guise, loin des standards habituels pour rechercher la musique la plus apaisante possible. Loin de n’être qu’une marotte, cette recherche découle d’une passion toute personnelle pour la dimension physique du piano, à travers les fréquences, les ondes et les effets produits sur l’auditeur. A la question de la composition, Jean-Philippe avoue être accompagné d’un transcripteur pour se décharger du poids de l’écriture. Il écrit, les airs lui viennent à l’esprit et il préfère se concentrer sur la recherche de nouveaux sillons musicaux. S’il écrit pour le cinéma, surtout dans des films centrés sur des personnages exigeants en recherche constante de dépassement d’eux-mêmes, il avoue préférer la méditation au visionnage de films, se concentrant sur des séances de rêves conscients contribuant à l’élévation de son inspiration et de son esprit. Son histoire personnelle pas facile lui a servi de tremplin pour se concentrer sur le positif sans laisser le négatif polluer son âme. La discussion est franche, cordiale, inspirante même, on sent un personnage en perpétuel mouvement, à se demander s’il se repose parfois tant son rythme de parole est à la limite du frénétique. Physique, musique, logique, cartésienne, son inspiration est multiple, de quoi se ruer au plus vite sur des disques non pas destinés à simplement divertir, mais à élever l’esprit.

La musique de Riopy se veut comme une parenthèse enchantée dans la vie quotidienne trépidante de beaucoup, de quoi se laisser aller avec délectation au recul en soi-même voire même à la méditation. Riopy est peut-être l’échappatoire idéale pour se retrouver et questionner son esprit.

Geronimal fonce dans la musique électronique avec Touch, sorti le 18 juin chez Artpills Music

Geronimal est un drôle d’oiseau, à la fois musicien et producteur, qui inscrit son projet Touch dans la continuité de la très connue French Touch qui a animé la scène musicale mondiale au début des années 2000. Et comme ses illustres prédécesseurs de Daft Punk, il choisit de garder l’anonymat pour laisser la musique sur le devant de la scène. A coup de samplers et d’instruments divers, il propose une musique à la densité un peu folle. Il faut se laisser aller et ne pas faire barrage à cette déferlante de beats. Dès les premières mesures de Funking ou Respect, c’est la déferlante!

Le retour de la French Touch

Mais qui est Geronimal? Grand passionné d’art, il a des talents dans la peinture et la sculpture ce que la qualité de sa musique souligne sans mal tant les assemblages grandiloquents des sons font penser à de l’art contemporain. La pochette du single Funking mélange d’ailleurs peinture et sculpture, et la main qui apparait sur l’album est ultra graphique, parfait pour rentrer dans son univers. Et le premier album de Geronimal contient 15 morceaux qui brassent très large de tous les côtés, avec 11 inédits qui se dirigent tout azimut du côté du rock, du hip hop, du funk, même le metal, de quoi trouver son bonheur dans un album protéiforme. Surtout que l’artiste ne perd jamais le fil de ses morceaux, ne sacrifiant ni la mélodie au fil des influences ni l’énergie, à se demander comment il fait. Surtout que les instruments sont nombreux, des cordes, des cuivres, des percussions, c’est foisonnant, c’est percutant, de quoi rappeler d’illustres prédécesseurs comme Cornershop, Rubin Steiner ou Gorillaz. Geronimal a déjà dévoilé Do you love me, Respect, Universe et Funking avec des succès remarqués sur les listes Spotify.

L’album Touch est disponible depuis le 18 juin sur toutes les plateformes digitales et prochainement en vinyl, distribué par Kuroneko / Chat noir, de quoi se régaler avec un album appelé à un très grand destin.

Kazam déjà de retour avec son nouveau EP Duality plus orienté énergie techno

Kazam est le nom d’un producteur parisien à découvrir avec son nouvel EP intitulé Duality sorti vendredi dernier. Il ne chôme d’ailleurs pas car son précédent EP Irezumi aux sonorités entre lo-fi et hip-hop est sorti il y a peu. Kazam nous proposait une musique que Air et Cornershop n’aurait pas reniés. Il propose maintenant 6 nouveaux titres plus orientés house à écouter pour savourer l’été qui approche.

De la musique pour faire bouger les neurones

Pour beaucoup, Kazam était orienté musique à écouter placidement, avec des mélopées entre onirisme et trip planant. Il revient avec 6 morceaux beaucoup plus punchy. De Youpi jusqu’à Fast Forward en passant par With your love et Le nectar, ça frétille avec des beats dansants qui font plaisir. Certains repenseront à ces folles nuits passées à danser en boite avec la tête qui bouge de droite à gauche. Les beats sont omniprésents avec des voix enlevées, il y a du Laurent Garnier, voire du Superdiscount dans ce son qui rappelle les grandes heures de la french touch. Le parallèle avec Daft Punk est-il pertinent? Eau minérale aurait pu apparaitre sur Homework entre Da Funk et Around the world, les masques en moins. Thomas, le vrai prénom de Kazam, n’a que 25 ans et il est originaire de Biarritz, de quoi aimer le soleil et les sons très propres. La production est rutilante d’efficacité et beaucoup vont attendre encore plus impatiemment la réouverture des boites de nuit pour aller se trémousser au son de la chanson Le Nectar, par exemple. D’abord très porté sur le classic rock des seventies qu’il reprend joyeusement à la guitare, le musicien s’est ensuite adonné à la musique électronique et au rap US. Féru de piano et de logiciels, il se lance en 2015 sous le nom inspiré de son Pokémon préféré Alakazam, réduit à Kazam. Le temps des DJ sets et des enregistrements instrumentaux aboutit à un contrat avec un label allemand avant de passer chez Balagan Music, le label de Wagram Music. Et le voilà en 2021 avec plein de projets, des singles prévus pour la rentrée et un album planifié pour courant 2021.

Kazam représente une vraie alternative léchée aux courant RnB actuels. De la musique hyper bien produite, de l’ambition avec des sons inédits, des beats qui frappent fort, tout pour se faire plaisir sur cet EP à écouter d’urgence.

Une belle rétrospective Alain Tanner qui débute le mercredi 30 Juin au cinéma avec 3 films restaurés en version 4K par les films du Camélia

Eloge de la fuite est une belle description du cinéma d’Alain Tanner, qui, avant d’être cinéaste, vécut une vie de marin dès le début des années 50. Il quitta la suisse à l’âge de 21 ans pour s’embarquer comme écrivain de bord sur des cargos en partance de Gênes. Il se servit de cette expérience pour se définir comme un cinéaste voyageur, avec une filmographie à redécouvrir grâce à 3 films restaurés en version 4K.

Un réalisateur assez confidentiel à découvrir

Les films d’Alain Tanner parlent souvent de départ, de fuite, de l’envie d’ailleurs et du désir de découvrir le monde. Il faut bien avoir vogué sur les mers du monde pour partager ce gout du large. Pendant que la Nouvelle Vague commençait de révolutionner le cinéma en se nourrissant de l’oeuvre d’illustres ainés comme Hawks ou Hitchcock, Alain Tanner découvrait le monde de ses yeux vus, se nourrissant d’expériences uniques, de celles qui changent une vision du monde. A bord des bateaux, il découvrit la poésie d’Aimé Césaire à la source et en profita pour lui rendre hommage dans son opus Le Retour d’Afrique en 1973 alors qu’il se nourrissait le l’oeuvre des réalisateurs néo-réalistes italiens comme Rossellini et De Sica. Le choc esthétique était là et cette rigueur du quotidien dénué d’artifices lui parlait, lui le voyageur du monde. L’oeuvre du marin devenu réalisateur compte 20 films qui s’étalonnent entre 2 films avec des prénoms et tant de fuites, de Charles mort ou vif en 1969 à Paul s’en va en 2003. Réalisateur confidentiel, Alain Tanner a suivi le sillon d’un cinéma très personnel. Son premier long-métrage a été présenté à la Semaine de la critique au festival de Cannes et a servi de fer de lance à ce qu’on a appelé le nouveau cinéma suisse. Le personnage du film, ce fameux Charles, tourne le dos à la vie moderne confortable et quitte son statut de patron pour partir à l’aventure dans une solitude peuplée de deux bohêmes qui partagent sa vie à la campagne. Dans le dernier film, Paul a déjà quitté sa vie normale quand débute le film. Les 2 films font voir une ligne de fuite qui parcourt toute sa filmographie avec des personnages qui s’isolent du carcan de la vie dite normale pour suivre leurs propres sillons, à l’écart, ce qui est bien représentatif de ce cinéma singulier. Il faut voir Dans la ville blanche avec le regretté Bruno Ganz pour comprendre à quel point la vie de marin a joué sur sa vision du monde.

La rétrospective qui débute le 30 juin présente 3 versions restaurées inédites qui permettent de mettre en avant un cinéaste oublié de la jeune génération de cinéphiles. Redécouvrir Dans la ville blanche, Le retour d’Afrique et Charles mort ou vif en version restaurée 4K et sélectionnés par les Films du Camélia permet d’admirer ce désir de fuite si cher au réalisateur ancien marin Alain Tanner.

Un Dossier Tour de France des vins blancs et des vins rouges pour de belles découvertes

Nouveau dossier vins blanc et vins rouges pour de belles découvertes œnologiques, des vins de tous horizons venus de régions françaises connues pour leurs cépages et leur savoir-faire. 6 vins ont été dégustés avec des commentaires explicatifs pour savoir avec quel plat les accompagner et dans quelles circonstances les déguster. C’est parti.

Domaine Grand Veneur Côtes-du-Rhône Blanc 2020 d’Alain Jaume

Ce vin blanc de chez Alain Jaume provient de la vallée du Rhône, à Orange. Le Domaine Grand Veneur Côtes-du-Rhône Blanc 2020 est composé d’un assemblage des cépages Roussanne, Viognier et Clairette. Sa robe jaune pâle est limpide avec de beaux reflets dorés. Le nez est floral avec des touches fleurs blanches et fruits exotiques. La bouche est gourmande et fraîche, fruitée pêche blanche avec des notes florales. Ce vin blanc se déguste idéalement en apéritif ou avec des fruits de mer et des sushis. Distribué en vente directe, chez les cavistes ou en CHR, il est proposé au prix indicatif TTC départ cave de 8,10 euros, un vrai plaisir à prix tout doux.

L’Abymes Naturel 2019 – Les Abymes, un vin blanc de Savoie typique de la région

Le Domaine Philippe et Sylvain Ravier propose un vin blanc L’Abymes Naturel 2019 bien représentatif des vins de Savoie. Composé d’un mono-cépage Jacquère, le vin se distingue visuellement par sa robe or clair aux beaux reflets verts. Le nez est mûr avec des touches floral acacia et fruitées pêche-brugnon-pomme, un peu de noisette et une touche fumée. La bouche est fraîche et légère, minérale et fruitée avec une finale saline. Ce vin se déguste idéalement avec des sushis, des crevettes, des filets de rouget et du comté. Distribué en vente directe et chez les cavistes, son prix indicatif TTC départ cave est de 10,30 euros pour un vin plaisir typique de Savoie.

La Somptueuse 2019 du Domaine des Anges,

Le Domaine des Anges propose son vin rouge La Somptueuse 2019 composé exclusivement de Mondeuse. Avec sa belle robe pourpre et son nez délicat, ce vin a des touches florales pivoine-violette, fruitées framboise et épicées cardamome-poivre noir avec une belle touche réglisse zan et également une touche tabac blond. La bouche est harmonieuse entre matière, gourmandise, fraîcheur, fruits rouges et des tanins soyeux. Le vin se déguste idéalement avec une terrine de canard, du carpaccio de bœuf, un gigot d’agneau, une pintade et du brie. Distribué en vente directe et en ligne, chez les cavistes et en CHR, son prix indicatif TTC départ cave est de 6,50 euros pour un vrai plaisir gourmand.

Un vin Pur Sans 2020 Sans Sulfites – Chinon – Nouvelle cuvée du Domaine Couly-Dutheil

Le Domaine Couly-Dutheil propose un vin rouge pur Sans 2020 Sans Sulfites Chinon Nouvelle cuvée composé exclusivement de Cabernet franc. Visuellement, sa robe pourpre apparait très dense. Le nez est floral violette avec des touches de fruits noirs cassis-mûre et cerise, avec une touche minérale puis une touche vanille. La bouche est croquante et fraîche, gourmande, équilibrée entre fruit mûr et des tanins souples, longue sur la cerise. Ce vin se déguste idéalement avec une tarte tomate, des côtes d’agneau, des grillades, du couscous et enfin un clafoutis à la cerise. Distribué en vente directe, chez les cavistes et en CHR, son prix indicatif TTC départ cave de 12.35 euros est très attractif et procurera de belles émotions œnologiques.

Un Persan Savoie 2020 Bio intense

Le Domaine Saint-Germain propose un Persan Savoie 2020 BIO composé exclusivement de cépage Persan. Il apparait visuellement avec une belle robe pourpre profond. Le nez est intense et frais, floral iris-violette-rose séchée, avec des touches de fruits noirs myrtille-cassis et framboise, et également une touche de réglisse. La bouche est ample et structurée sur la fraîcheur, minérale et gourmande en finale. Le vin se déguste idéalement avec du carpaccio de bœuf, du magret de canard et des grillades. Distribué en vente directe, chez les cavistes et en CHR, c’est un vin de haut niveau proposé au prix indicatif TTC départ cave de 16,50 euros.

Claire Days présente ses belles chansons folk oniriques dans Creatures, son nouveau EP disponible depuis le 23/06

Le nouveau EP de Claire Days est désormais disponible et s’inscrit dans une veine folk aérienne indé en langue anglaise et avec une belle musicalité. Guitare et voix se mélangent dans une ambiance onirique qui fait voyager en soi même et génère une belle émotion. Ce nouveau EP est disponible sur les plateformes depuis le 23 juin avec deux titres mis en avant, Austria et Snakes.

Une artiste tout en intensité

Dotée d’une belle exigence musicale, Claire Days a enregistré Austria toute seule, en totale autonomie, quelque part dans un chalet enfermée pendant 2 semaines. Creatures est d’ailleurs l’aboutissement d’une remise en cause profonde de ses habitudes de travail, elle auteur compositeur sensible et exigeante avide de folk pure et de rock indépendant dans l’esprit de glorieuses devancières comme Feist, Rozi Plain et This is the kit. Pour Claire, la musique doit avant tout faire preuve de sincérité et s’immerger dans une émotion pure, entre la blancheur immaculée de la neige et la chaleur douillette d’un feu de cheminée. Claire parle d’elle-même, en toute générosité et en totale pudeur, se révélant à mots comptés, sans effets inutiles mais avec une vraie authenticité. Les morceaux sont des instantanés de ce qu’elle fut à un instant donné, sans mensonges et en toute franchise. Avec très peu de matériel pour s’enregistrer, seule dans sa grotte, elle a créée une musique singulière et remplie d’émotions, la voix est mise en avant, accompagnée d’instruments gratouillés pour densifier la musique et apporter une couche d’émotions supplémentaire. Les 3 titres de Creatures touchent aux tripes avec cette voix en total lâcher prise, autant pour l’émouvant Austria et le plus folk et dépouillé Snakes que le plus rêveur Dim the light avec ses cœurs angéliques qui font penser à un Thom Yorke époque Amnésiac. Certains penseront à PJ Harvey, d’autres à la chanson Mushaboom de Feist. Les morceaux ne voguent pas dans la voix lactée des bisounours mais dans une atmosphère écorchée qui parle de réel et de sentiments, recherchant le positif même dans le douloureux. La voix légèrement éraillée rappelle Thom Yorke, voire Karen Dalton, même Joni Mitchell. Puissance et fragilité sont mêlés dans un beau maelström délicat.

Ces 3 titres révèlent une chanteuse chez qui on ressent un plein volume de futurs morceaux en devenir. Creatures parle à l’âme et communique une brouette pleine d’ondes positives qui envoient une décharge de bonnes énergies. Un premier album est en prévision ainsi qu’une collaboration avec l’artiste anglais Fink, autant dire que l’avenir promet d’être radieux pour une Claire Days qui n’a pas fini de nous étonner.

Un album hommage à Georges Brassens éblouissant, L’auvergnat chante Brassens à la coopérative de mai, sortie le 25 juin

Voilà un disque comme une coïncidence, sorti sans vraiment l’avoir planifié et finalement une vraie bonne surprise. C’est une équipe improvisée qui a embarqué pour l’aventure avec pour objectif de relier les volcans d’Auvergne jusque les eaux de la Méditerranée. Les conditions live de l’enregistrement à la Coopérative de Mai située à Clermont-Ferrand font beaucoup pour l’originalité réussie de cet album. Alors que la scène a été interdite au public et aux artistes une année durant, ce disque est né comme une évidence pour un bel hommage au grand George Brassens de la part d’artistes venus de tous horizons.

C’est dans les vieux pots…

Les artistes participants à l’album live louvoient entre respect des textes et originalité des reprises avec des appropriations bienvenues comme Hécatombe repris par Iraka qui reprend Hécatombe à la mode Dub, dans le respect total du texte qui reprend vie dans le monde actuel. De quoi se souvenir que le grand Georges est toujours d’une grande actualité. La relecture est vivifiante, le rythme s’intensifie et les textes sont toujours aussi parlants, actuels, éternels. The Doug reprend le grand pamphlet La mauvaise réputation en y injectant une grande dose de vie, le texte est toujours aussi puissant, la reprise redonne vie à une chanson que tous les plus jeunes devraient écouter, l’hommage est sublime. Là où la scène auvergnate a été privée de concerts pendant de longs mois, l’album montre que tout est possible, la vie existe toujours malgré les contraintes, les artistes font preuve de flexibilité et en profitent pour rendre hommage à un artiste sur qui le temps n’a pas d’emprise. Poète énervé, grand pourfendeur de l’hypocrisie, Brassens chantait vrai avec des paroles simples et profondes à la fois. Tous les artistes de l’album ont grandi à l’ombre de cette salle mythique qu’est la coopérative de Mai. Quand Les mamans de Congo et Rrobin reprennent Chanson pour l’auvergnat, c’est de la world music qui pourfend les idées reçues, Georges aurait adoré cette réinterprétation susceptible de briser les frontières. Comme John et Albin de la Simone reprennent le texte d’Aragon Il n’y a pas d’amour heureux mis en musique par l’immense Brassens, de quoi verser quelques larmes devant tant de beauté. Et tous les artistes rivalisent d’inventivité pour faire de cet album un immense succès.

Tout l’album est du même acabit, c’est un vrai choc musical, plein de sensibilité, de force et d’actualité. De quoi donner envie de redécouvrir l’oeuvre de Georges Brassens, il y a des albums comme ça, c’est beau, c’est grand, c’est la liberté incarnée. La Coopérative de Mai est à l’origine d’un vinyle collector appelé à faire date, enregistré par Olivier Lude (Matthieu Chedid, Vanessa Paradis, Yodelice, Indochine) et filmé par Biscuit Production. Plus qu’à souhaiter que des concerts aient lieu en juillet à Sète pour admirer tout ce beau monde sur scène.

José R. Fontao est de retour avec l’album Primeiro Disco, sortie le 25 juin 2021

Le nom de José R. Fontao est irrémédiablement lié à celui de Stuck in the Sound, groupe formé par José Réis Fontao et Emmanuel Barichasse en 2000 à Paris avec pas moins de 6 albums à la clé. Résolument rock, le groupe a marqué l’artiste autant qu’il l’a lui même marqué de son empreinte. Sa voix et sa silhouette sont immédiatement reconnaissable pour un artiste partie intégrante de la scène indie-rock française. Autant dire que son retour fait plaisir à plus d’un titre!

Un album typiqye de cet artiste unique

José n’est pourtant pas uniquement lié à ce célébrissime groupe. Il a multiplié les projets depuis déjà bien longtemps, comme le duo You échafaudé avec son ami de longue Romuald et SARH avec DJ Pone, sans compter multiples collaborations ponctuelles tout au long de sa carrière comme le surprenant I Am un Chien !!. L’artiste ne s’arrête pourtant pas là et après 18 ans de carrière, il a encore des choses à raconter, d’où ce projet solo avec des compositions ultra personnelles qui en disent long sur le personnage. Réduit à José, le nom du projet est mis bien en avant comme l’aboutissement d’un long processus d’appropriation personnelle, sans avoir un groupe derrière lequel se cacher, avec des thèmes profondément intimes qui servent de trame aux chansons. Sa sensibilité peut s’exprimer à plein sur le léger Paraiso, le plus rythmé Magic Escape et l’instrumental Purple 1982. Les morceaux sont comme des tranches d’histoire issues du passé, un long cheminement dans la mémoire ressurgie en musique. Dada exhume une vraie saveur nostalgique avec son chant langoureux sur des sonorités presque traditionnelles, comme le faisait l’EP qui parlait d’une enfance heureuse vécu au Portugal. Les tonalités portugaises sont donc évidemment présentes, de la pop, des rythmes électro, c’est un melting pot qui fait plaisir, tout en nuances et en diversité. Beyond doubt est ainsi presque un trip ambient tout à fait singulier avec ses sonorités très eighties.

L’éclectisme est de rigueur sur un album qui interpelle par sa richesse, entre tradition et modernité. Les mélanges sont heureux et renforcent l’envie d’y revenir pour continuer à découvrir de nouvelles saveurs.

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