Accueil Blog Page 121

La musique comme seule solution pour surmonter les barrières sociales dans Oasis ou la revanche des ploucs aux éditions Playlist Society

Le nouvel ouvrage des éditions Playlist Society parle avant tout d’un pays, la Grande-Bretagne, pétri de principes anciens, de différences de classe et de régionalismes exacerbés. C’est dans un contexte économique porteur qu’est apparu au milieu des années 90 le groupe Oasis, rapidement devenu l’étendard de la Brit pop, avec un succès populaire immense et de véritables hymnes à entonner à tue-tête. Benjamin Durand et Nico Prat parlent avant tout d’une époque et de ressorts sociologiques avec une bande son porteuses d’espoirs pour beaucoup, de quoi ravir les nostalgiques de ce temps pas si lointain où le monde célébrait Wonderwall.

Deux frères dans le vent

Si les morceaux sont connus et les caractères de cochon de la fratrie Gallagher restés dans toutes les mémoires, peu connaissent le background où le groupe Oasis est apparu. Les auteurs rivalisent de justesse pour brosser une histoire sociale des plus pertinentes, depuis la seconde guerre mondiale et jusqu’aux années 2000. De l’inéluctable déclin d’un pays qui dominait autrefois le monde, avec l’autonomie retrouvée des colonies et un pays rentré dans le rang pour devenir une puissance de seconde zone, avec des industries nationales déficitaires et des disparités régionales criantes, le livre offre un luxe de détails. Comme les auteurs l’expliquent avec une clarté limpide, tous les courants musicaux britanniques ont été le reflet de leurs époques. Le punk a été une réponse à la morosité ambiante, la new wave une réaction à la politiques sociale destructrice de Margaret Thatcher, Madchester une envie d’évasion d’une jeunesse fatiguée, la Brit pop une lucarne d’optimisme sur l’avenir. Les 144 pages doivent se lire avec l’esprit ouvert pour réfléchir aux intentions éclairantes de Benjamin Durand et Nico Prat au-delà même de la musique. La discographie d’Oasis n’est cependant pas oubliée, le choc du premier album Definitely Maybe, l’éclatante confirmation What’s the story (morning glory), la déception Be here now jusqu’au lent délitement du groupe à travers ses nombreux changements de personnel et l’esclandre final lors du festival Rock en Seine 2009. Aussi concis qu’intelligent, l’ouvrage séduit tout du long par son avalanche de détails et sa tentative réussie d’explication sociologique. Reste un détail qui fera réfléchir certains, la question du titre, le mot ploucs pouvant prêter à controverse, l’idée de moquerie rattachée au mot ne fait pas débat, mais les ploucs sont plus souvent des paysans. Prolos eut peut-être été plus judicieux dans le contexte du groupe Oasis mais ce n’est qu’un détail qui ne remet pas en cause du tout l’intérêt de la lecture!

L’ouvrage de Playlist Society fait revivre une époque où la musique britannique revint au premier plan, avec Oasis, Blur et Pulp comme fers de lance. Les nombreuses références à des interviews et à des anecdotes renforcent encore un peu plus l’intérêt d’un livre qui se dévore du premier mot au dernier.

Synopsis:

Derrière les tubes des années 1990, devenus des hymnes (« Wonderwall », « Supersonic »…) et les frasques des frères Gallagher, réputés pour leur arrogance et leur tendance à l’auto sabordage, Oasis est avant tout un groupe qui a marqué l’histoire de l’Angleterre, aussi bien pour son impact sur la Britpop, réponse anglaise au mouvement grunge, que pour ce qu’il a représenté pour toute une génération. Issus de la classe ouvrière anglaise déshéritée de Manchester, marquée par la délinquance et le chômage, les membres du groupe auront symbolisé le passage de l’inconsidération à la starification pour une jeunesse abandonnée par le thatchérisme, faisant d’Oasis une aventure tout autant musicale que sociale et politique. Entrelaçant l’histoire du groupe et celle de la politique anglaise, Oasis ou la revanche des ploucs revient sur un moment où les espoirs d’un pays se sont cristallisés autour de la musique.

Editeur: Playlist Society

Auteurs: Benjamin Durand, Nico Prat

Nombre de pages / Prix: 144 pages / 14 euros

Le saxophoniste Eric Séva revient en trio avec Triple Roots pour un album Résonnances très langoureux chez Laborie Jazz

Le saxophoniste Éric Séva est à la base d’un nouveau trio de jazz dénommé Triple Roots. En compagnie de Kevin Reveyrand à la basse et de Jean-Luc Di fraya à la batterie, aux percussions, au cajòn et à la voix, ils se livrent à de passionnants échanges instrumentaux remplis de mélodies et de rythmes populaires. Ils embarquent l’auditeur dans un voyage aux teintes jazzy, au croisement des musiques du monde et de la musique classique.

Du jazz en majesté

Éric Séva est connu pour avoir créé en 2010 à Marmande dans le Lot-et-Garonne le Festival jazz et Garonne avec une programmation volontairement ouverte sur les autres cultures, remplie de générosité et de partage. Éric Séva se veut un peu poète, un peu rêveur et un peu touche-à-tout, ouvert aux autres et à la bienveillance naturelle. Le jazz est souvent affaire de rencontres et d’improvisation, autant d’éléments qui demande une entente parfaite entre les musiciens pour s’accorder et broder des airs qui fonctionnent. C’est l’intention d’Éric Séva avec l’éclosion de ce trio en parfaite harmonie, Kevin Reveyrand et Jean-Luc Di Fraya partagent cette ambition en mettant au gout du jour des rythmiques issues des musiques populaires. Les affinités semblent naturelles tant la musique semble le résultat d’une parfaite osmose pour des compositions originales qui semblent avoir toujours exister. Le style se veut hautement langoureux comme sur Les Roots d’Alicante ou Résonances, avec tout de même quelques lâchers prises comme pour If you go qui vire au blues furieux, tendance funk James Brown. Éric Séva a fait appel à des musiciens d’exception, entre performance acoustique et ambiance épurée.

Le trio Triple Roots se fait plaisir et nous fait plaisir avec une musique placée sous le signe de l’évidence. Le jazz règne sur un album qui se veut complètement chill et détendu, dans une orchestration magique qui fonctionne du début à la fin.

La chanteuse insoumise Zinda Reinhardt présente son nouveau clip Troumli le 19 mai

Zinda Reinhardt a dévoilé mercredi 19 mai, son nouveau clip Troumli. La chanson est assez unique pour nos oreilles, elle chante son titre en Sintikès, la langue slave sinté-manouche de ses ancêtres d’Europe de l’Est. Troumli est un tourbillon musical qui entraîne l’auditeur dans un rite de guérison électro-trap, une transe musicale intense propulsée par les vibrations de son tambour et de sa voix pleine d’intensité.

Une artiste barrée

Zinda Reinhard est profondément attachée à ses racines ancestrales dont la langue est l’élément le plus visible autant qu’audible. Ce type de langue ancienne a tendance à se perdre auprès des nouvelles générations, d’autant plus qu’il s’agit d’un langage oral sans aucune trace écrite. La chanteuse rend ici un bel hommage à ce dialecte qu’elle accompagne aussi d’un vibrant témoignage à la richesse insoupçonnée de ce dialecte. Elle donne du rythme en associant un son décrit comme électro gipsy pour donner du corps et de la chaleur à sa chanson. La chanteuse a mis en ligne sur Facebook son morceau en collaboration avec les Trans Musicales et Tsugi via un livestream très particulier en attendant son l’album prévu un jour prochain. Entre hip-hop, musique électronique et pop foutraque, Zinda Reinhardt a plongé dans ses racines gitanes pour une vraie musique unique autant que différente. Comme le souligne la chevelure blonde et décolorée de la chanteuse, rien ne rentre vraiment dans des cases une fois que l’on rentre dans cet univers chamarré. Elle met bien en avant sa voix qui psalmodie les paroles accompagnées de percussions qui scandent la rythmique à pleine puissance. La musique parle au corps autant qu’aux entrailles, sous le signe de l’instinct primaire et hors de tous les codes connus de par chez nous, dans un inconnu régénérant. L’utilisation forcenée de la langue manouche met les points sur les i, pas de compromis ni de facilité, même si l’auditeur doit deviner phonétiquement ce qu’il baragouine sans connaitre la langue. L’important est ailleurs. La jeune femme est passée du côté de la FNASAT (Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tziganes et les gens du voyage) avant de visiter régulièrement la bibliothèque parisienne Matéo Maximoff pour s’abreuver à la source avec les écrits des gens du voyage et peuples tziganes. A moitié d’origine africaine et manouche, elle a clairement choisi de s’immerger dans cette identité pour se trouver. Adoptée à l’âge de 6 ans, elle choisit le patronyme de Reinhard pour clamer très fort d’où elle vient, comme le célèbre guitariste. Abreuvée aux albums des Pogues et Boy George, elle a choisi de vivre sa vie sans frein. Son passage à The Voice a marqué quelques esprits, elle qui a impressionné Jenifer par son implication vocale.

L’univers de Zinda Reinhard est bien particulier mais il ne faut pas hésiter à se jeter dans la gueule du loup pour découvrir un univers semblable à nul autre, un peu hardcore, un peu bordélique, mais fascinant par sa différence.

Franck Chavy présente ses superbes vins rouges sans sulfite ajouté

Après la dégustation du Beaujolais-villages rosé sans sulfite 2020, des vins rouges du Domaine Franck Chavy sans sulfite et du Beaujolais Rosé 2020 Sans Sulfite Ajouté AOP Beaujolais-Villages Rosé, c’est au tour de 3 nouvelles cuvées sans sulfite d’être dégustées: le Morgon 2020 Cuvée sans sulfite, le Régnié 2020 sans sulfite et le Brouilly 2020 sans sulfite. 3 caractères bien différents pour des mêmes plaisirs avec des vins sans sulfite et avec toujours ce cépage Gamay si caractéristique de la région.

Le Morgon 2020 sans sulfite, le vin de gourmandise

Le Morgon 2020 sans sulfite surprend immédiatement par sa très grande fraîcheur, son volume, sa rondeur, et sa gourmandise très morgonne. Le nez séduit par sa finesse et sa complexité. Le vin est frais et gourmand avec des notes de fruits à noyaux (pêches de vigne, cerises). Très structuré en bouche, ses tanins tout en finesse apportent une grande et belle rondeur. Pour profiter pleinement de ce vin, il est conseillé de le servir sans carafage. Une température de service entre 15-16° est recommandée pour un temps de garde préférentiel entre 2 et 5 ans. Ce vin de gastronomie se déguste idéalement avec des côtes de bœuf, des planchas ou du filet de canard. Pour un prix conseillé de 15 euros, c’est un vin gourmand à découvrir.

Le régnié 2020 sans sulfite, un vin plaisir

Ce Régnié sans sulfite 2020 est un immanquable. Le vin est ample et rond, harmonieux entre matière, fraîcheur et fruits noirs évoluant sur la fraise à l’aération. Cette cuvée détonne par sa gourmandise et son volume. Sa température de service idéale se situe entre 14 et 15 ° pour un temps de garde conseillé de 2 à 5 ans. Le vin se déguste idéalement en apéritif dinatoire, avec des charcuteries, des viandes blanches ou un barbecue. Le prix de 11,50 euros est suffisamment attractif pour agrémenter des rencontres détendues entre amis.

Le brouilly 2020 sans sulfite, un vin classique

Ce Brouilly 2020 est un vin à la fois rond et puissant qui dévoile toute sa complexité et sa maîtrise avec une palette aromatique qui va évoluer dans le temps. Fruité, rond et gourmand, ce sont ses notes de fruits rouges qui surprennent de prime abord, avec ensuite de subtiles notes de poivre noir. Sa température de service idéale se situe entre 15 et 16 ° pour un temps de garde de 2 à 5 ans. Il accompagne harmonieusement du rosbif, des viandes rouges grillées, des volailles et un barbecue. Pour un prix de 13 euros, c’est un classique qui coche toutes les cases.

Publireportage: Depuis quatre générations sur les communes de Villié-Morgon et de Régnié-Durette en Beaujolais, les millésimes et les vignerons se sont succédés, mais la vigne est restée. Ce trésor qui a été légué par plusieurs générations de vignerons permet d’offrir les plus grands vins. Le domaine s’étend actuellement sur 10 hectares avec 3,5 ha en Morgon, 2 ha en Brouilly, 3 ha en Régnié, 0.5 ha en Chardonnay et 0,5 ha en Beaujolais villages. Le Gamay noir à jus blanc est l’unique cépage utilisé pour les crus de la région. Franck Chavy réalise l’ensemble des travaux, de la taille de la vigne, à la commercialisation des bouteilles. Seule la récolte, 100 % manuelle des raisins, et les travaux de taille en hiver demandent l’intervention de saisonniers. La production de 40 000 bouteilles est vendue en partie à des cavistes et restaurants régionaux et surtout à une clientèle de particuliers en France, soit au domaine soit au cours de dégustations et salons, des rencontres qui concrétisent une année de travail. Les vins sont également distribués dans les pays suivants : Suède, Pays-Bas, Angleterre, Allemagne, Suisse Québec, Danemark, Chine …

La révélation éclatante du trio féminin Lioness Shape avec son album Impermanence disponible chez Laborie Jazz

Lioness Shape a dévoilé le 07 mai 2021 son nouvel album Impermanence. Après 2 ans de travail au sein du label Laborie Jazz, le trio emmené par la chanteuse et compositrice Manon Chevalier avec ses deux complices Ophélie Luminati à la batterie et Maya Cros aux claviers et au Fender Rhodes est enfin prêt à vous emmener dans un dépaysement total entre indie prog et jazz du monde.

Un album envoutant

La toute récente formation se distingue dès la première écoute par sa fraicheur et son orientation musicale bien particulière. Le premier album Impermanence est à la fois prog et jazz, intimiste et symphonique, avec des sonorités atypiques et réjouissantes. Le titre Somos Tantas, le souligne bien avec un résultat entre Yes version Close to the edge qui rappelle plus particulièrement le titre Siberian Khatru, Camille en toute liberté à l’époque de son album Le fil et Miles Davis époque Bitches Brew. Le son est enveloppant, parfois entre le grandiose et la bluette jazz susurrée comme dans El canto de mi deseo et parfois résolument plus intimiste comme dans Self-reliance si ce n’était ce solo free de clavier qui rappelle les envolées seventies d’ELP. La musique atteint des sommets de maestria, entre free jazz, assonances addictives et expérimentations vocales. Les claviers apportent une belle profondeur à la voix de Manon comme dans le très dépouillé Blue wooden chair où interviennent également des instruments plus exotiques. La musique est parfois en total lâcher prise, sauvage et impétueuse comme sur Water, parfois fascinante par sa douce tranquillité comme sur My tame bird. D’autres morceaux pourraient presque être pop comme the last lullaby si les instruments ne se lançaient pas dans de longues digressions progressives à la Yes. La musique est singulière et invoque une musicalité complexe qui transporte l’auditeur, surtout que le message de courage à toutes les femmes se veut porteur d’espoir et de sérénité, au-delà des violences inacceptables subies, au nom de l’amitié et du respect. Les paroles tour à tour latines ou anglo-saxonnes surprennent par leur musicalité, parfois gutturale et proche de l’incantation chamanique, parfois plus proche de la mélopée féérique comme dans la geste arthurienne. Une incursion dans la langue de Molière en vient même à surprendre dans L’origine, preuve de la surprise permanente que représente cet album.

Comme le démontre cet album magnifique de pureté de Lioness Shape, le label Laborie Jazz n’hésite pas à tenter la découverte de jeunes talents de la scène jazz pour un résultat à écouter en boucle pour un beau voyage musical dans une dimension musicale parallèle.

Le musée en majesté de François Pinault à la Bourse de Commerce

Le musée en majesté de François Pinault à la Bourse de commerce
Bourse de Commerce — Pinault Collection © Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, Agence Pierre-Antoine Gatier. Photo : Marc Domage

Le musée en majesté de François Pinault à la Bourse de Commerce

Située en plein cœur de Paris, la Bourse de Commerce est le nouvel écrin de la Collection Pinault. Cet édifice historique a été intégralement restauré et transformé en musée par l’architecte japonais Tadao Ando dont le geste radical est un coup de maître, instaurant avec éclat un dialogue subtil mais intense, entre le patrimoine et la création contemporaine, entre le passé et le présent.

À l’intérieur de cet ouvrage monumental, il a inséré un cylindre de 29 mètres de largeur délimité par un mur en béton de 9 mètres de hauteur qui s’articule autour d’une rotonde inondée de lumière et qui offre aux visiteur, une circulation fluide entre les espaces : une sorte de rue avec d’anciennes vitrines et l’accès aux étages.

Le cylindre accueille un espace d’exposition au rez-de-chaussée et un auditorium en sous-sol. À l’extérieur, un espace de circulation a été aménagé comme un passage entre le mur en béton et la façade intérieure conçue par Henri Blondel. Des escaliers assurent l’accès au niveau le plus élevé du cylindre où se trouve une passerelle circulaire.

Les peintures de la coupole qui auréole l’ensemble forment le point culminant de cette suite d’espaces concentriques où s’initie, entre ciel et terre, la jointure naturelle entre le nouveau et l’ancien monde.

Les artistes dont François Pinault collectionne les œuvres sont issus de tous les continents et représentent plusieurs générations. Ils explorent tous les territoires de la création et témoignent de l’attention toute particulière portée par le collectionneur aux courants émergents. Cet ensemble, dédié à l’art des années 1960 à nos jours, propose un regard sur l’art qui interroge autant qu’il raconte notre époque.

« Ouverture » : emblème de la première exposition

Le mot ouverture, outre le fait qu’il correspond littéralement à l’ouverture d’une nouvelle étape du projet de la Collection Pinault, énonce les thématiques qui lui sont associées : la liberté d’un point de vue sur l’art qui met en valeur la diversité ; la recherche incessante de situations nouvelles ou émergentes ; la volonté de rapprocher l’art contemporain de tous les publics.

Mais le mot ouverture désigne également la pièce symphonique placée au début d’un opéra, avant que le développement dramatique ne commence, et qui annonce les grands thèmes, les personnages, les atmosphères, les leitmotive qui innerveront l’œuvre.

Cette “ouverture” esquisse donc certaines grandes lignes de la programmation future, au long cours, du nouveau lieu magistralement mis en scène.

Au centre de la rotonde, on découvre une immense sculpture en marbre (« L’Enlèvement des Sabines »), et distribués dans l’espace, des fauteuils de bureau, d’avion, chaises en plastique, sièges africains. Il s’agit de l’installation la plus célèbre de l’artiste suisse Urs Fischer – « Untitled, 2011 » montrée pour la première fois en France. Fischer l’a repensée à l’échelle du monument de la Bourse de Commerce , une « place publique » couverte d’une coupole culminant à presque 40 mètres. Il s’agit d’œuvres en cire qui se consument au fil de l’exposition car la véritable matière de l’œuvre : c’est le temps.

Pour cette exposition inaugurale, des artistes phares : Martial Raysse avec une toile monumentale colorée qui convoque sur une berge une foule de carnaval, malicieuse ou damnée ? ; des photos de Cindy Sherman, Richard Prince, Tatiana Trouvé (des sculptures empruntant les formes de chaises de gardiens de musée avec postes de radio et coussins en marbre) ; les hommes en maillot de bain de l’écossais Peter Doig ; Bertrand Lavier et ses « ready –made » conceptuels décalés qui se joue de la vitrine pour composer sa propre « rétrospective en vitrine ».

Mais également des artistes moins connus du grand public et qui ouvrent d’autres perspectives et d’autres interrogations : les artistes africains-américains Kerry James Marshall (puissante toile d’un couple noir dans sa chambre avec cette phrase sur le mur « What a Woman ? ») et David Hammons, artiste à l’œuvre engagée et dénonciatrice, grande figure du Black Arts Movement.

Dates et horaires : À partir du 22 mai 2021
Du lundi au dimanche de 11h à 19h
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
Le premier samedi du mois, nocturne gratuite de 17h à 21h
Fermeture le mardi et le 1er mai.
Lieu : Bourse de Commerce de Paris
2 rue de Viarmes
75001 Paris 1
Site officiel :  Pinault Collection Bourse de Commerce

Le chanteur à la voix d’or J. Frey dévoile son 1er EP Immersion chez Arpills Records

Le chanteur à la voix aussi chaude que profonde J. Frey surprend avec son premier EP Immersion. La puissance vocale saute tout de suite aux oreilles au milieu d’une électro pop stylée et séduisante. L’EP est paru le 21 mai chez Artpills Records pour 5 titres qui voguent entre graves et aigus, chansons intimistes et hymnes dansants, mais toujours le même enthousiasme à l’écoute de ce chanteur hors normes.

Une belle découverte racée

Peu connu du grand public pour l’instant, J. Frey pourrait très prochainement faire son trou comme le suggère son EP Immersion. Le chanteur est également musicien, auteur et compositeur et place sa voix puissante au centre de ses compositions. La voix est rauque, elle s’envole parfois dans les aigus, elle peut même être rocailleuse à l’occasion. Des accents de crooner séduisent, elle fait parfois penser à Frank Sinatra comme dans le très profond Sunrise, d’autres fois à Seal comme dans She’s gone. Et puis la rythmique s’accélère dans We don’t have the time pour faire penser aux hymnes dancefloor actuels. Get up est plus saccadé avec une rythmique qui s’incruste pour longtemps dans l’esprit. Tender Love fait penser à une chanson de lover, mais toujours portée par cette voix unique. L’éventail est large et impressionnant. avec cette voix rauque qui en rappelle d’autres et pourtant si unique. Les influences soul, funk, rock et reggae se font sentir dans une belle variété de rythmiques. Le véritable mini-album Immersion est bien rempli avec des facettes musicales complémentaires qui empêchent toute lassitude. L’élégance est de mise, ainsi que l’intensité. Son style de dandy lui va à ravir, surtout quand il se lance dans une mélopée avec sa voix de velours. Sa voix est son atout, il la revendique comme le moyen d’expression au plus proche de sa nature même.

J. Frey a la musique chevillée au corps et il aime la partager avec générosité pour transmettre son gout des mélodies grâce à son organe vocal unique. Un EP à découvrir pour de belles émotions musicales!

Un polar aquatique palpitant avec la confrérie des espadons de Pierre Gobinet, sortie le 20 mai aux éditions Le seuil

Ce 20 mai a paru aux éditions du Seuil le 2e roman de Pierre Gobinet, La Confrérie des Espadons. 300 pages tendues comme une tenue de plongée trop serrée où un ancien membre de la gendarmerie reconverti en plongeur free-lance est appelé pour une mission ultra secrète en Sicile pour inspecter un cargo échoué. Les péripéties se multiplient tandis que les véritables enjeux se dessinent petit à petit au fur et à mesure des rencontres et des découvertes, pour un feu d’artifices final. L’écriture fluide et fouillée permet une lecture au peu au-delà de l’habituel roman de gare avec une descente en eaux troubles bien ficelée.

Un roman sous influences

Pierre Gobinet montre des belles aptitudes stylistiques dans un ouvrage qui ne verse pas dans la facilité. Le polar est sinueux, les mystères se superposent jusqu’à un éclaircissement final qui conclut l’ouvrage en beauté. Nul doute que l’écrivain a feuilleté les classiques du genre, que ce soient les ouvrages truculents de San Antonio, d’espionnage de SAS ou très british de James Bond. Le héros se prénomme Nash et apparaissait déjà dans le premier ouvrage de Pierre Gobinet sorti en 2019, Nitrox, déjà aux éditions du Seuil. Diplômé de St Cyr, membre d’élite de la gendarmerie, il a changé de vie pour devenir plongeur free-lance sur les côtes américaines. Dans un monde d’hommes bourrus et virils, les personnages féminins ne sont pas en reste, montrant des qualités insoupçonnées pour imiter, voire surpasser leurs concurrents masculins dans le monde de l’espionnage, de la corruption et du meurtre crapuleux au harpon. L’arrière plan géopolitique n’est pas oublié avec une économie parallèle richement décrite, entre mafias italiennes et cousins russes, tous très enclins à la suppression pure et simple des gêneurs indélicats. L’expérience personnelle de Pierre Gobinet n’est pas pour rien dans l’ultra réalisme très crédible qui défile au fil des pages. Lui-même passionné de plongée et saint-cyrien, il a passé 10 ans sous l’uniforme tricolore sur des terrains d’opération aux Balkans et à Europol. Lui-même reconverti en moniteur de plongée, il n’a pas pu résister à l’appel des réseaux policiers et militaires avant de se lancer dans l’écriture d’ouvrages qui ne se lâchent pas jusqu’à la dernière page.

Le suspens a un goût d’eau salé, de sang et de pétrole dans un ouvrage finement échafaudé où les masques tombent pour des révélations qui font froid dans le dos. Un très bon polar pour une lecture trépidante avant l’été qui approche, peut-être sous le soleil vénéneux de la côte sicilienne?

Auteur: Pierre Gobinet

Editeur: Le Seuil

Nombre de pages / Prix: 336 pages / 19 euros

Margo Corto, une nouvelle artiste folk de la scène parisienne à suivre

Le nouveau clip de la chanteuse folk parisienne Margo Corto sort le 21 mai avant un EP 5 titres du même nom à paraitre le 18 juin prochain. Margo Corto fait le choix d’utiliser la langue originelle du folk, l’anglais, en s’accompagnant d’arrangements dépouillés à l’aide d’une simple guitare, d’une batterie légère et d’une trompette onirique. La sauce prend et ses chansons rappellent les grandes heures d’illustres ainées comme Joni Mitchell ou Aimé Mann pour un beau moment de folk authentique.

Une chanteuse en liberté

Margo Corto est une vraie parisienne née à Paris avec un parcours personnel en région parisienne et des attaches en Bretagne. Ses premiers rapports à la musique se font via le piano qu’elle débute à 6 ans au conservatoire de sa ville. Un gout prononcé pour l’évasion se développe au gré des balades en bord de mer et son gout pour Yann Tiersen et les musiques de film l’enjoignent très tôt à composer ses premières pièces au piano. Sa vie professionnelle la mène vers le management puis la création web alors qu’elle décide de se mettre à la guitare dans son coin, en autodidacte pour écrire ses premières chansons. C’est en 2018 qu’elle reprend l’écriture et monte son premier projet solo musical. Son premier EP Inside est avant tout personnel, Margo Corto y chante l’amour et les blessures, la complexité des liens entre les êtres, en révélant ses paysages intérieurs dans un projet artistique transversal où musical, visuel et audiovisuel se mélangent dans un concept global. Les influences semblent l’évidence même, bercée qu’elle fut par Nina Simone, Radiohead et Jeff Buckley, marquée par la poésie de Sophie Hunger et Agnès Obel, initiée à l’évasion par Lhasa, touchée par la sensibilité écorchée de Soko, le lyrisme de Benjamin Clementine, la vibe tranquille de Morcheeba. Le titre Inside fait la part belle à la voix gracile de la chanteuse, une trompette vient souligner l’ambiance mélancolique de la chanson. Let you go se veut plus volontaire, plus dans l’action. Color of your lies, Constellation et Your tone complètent ce tableau naturaliste où l’univers singulier et dépouillé de la chanteuse se révèle dans des chansons intimistes aux sonorités folk-pop.

Cette libération est un aboutissement pour celle qui assure la réalisation & direction artistique de son projet musical avec Denis Triqueneaux à la réalisation image. Inside est à découvrir avec un clip disponible sur Youtube et une belle sensibilité qui touchera les plus ouverts à cette véritable confession intime.

L’Opéra de Paris présente en fanfare sa tant attendue programmation pour la saison 21/22

Ce sont personne d’autre qu’Alexander Neef, Directeur général, et Aurélie Dupont, Directrice de la Danse, qui ont présenté en grandes pompes la programmation artistique de la saison 21/22 à l’Opéra de Paris. Depuis le cœur du Palais Garnier et de l’Opéra Bastille, ils ont révélé les grandes lignes d’un retour à la vie après de longs mois de black out avec des extraits de spectacles ainsi que des interviews d’artistes. Un grand moment pour se remettre dans le bain avant le retour aux salles de spectacles.

Un festival pour la nouvelle saison

Alexander Neef n’a pas fait de faux pas pour la première programmation de sa direction. Il a jonglé parfaitement entre invocation du patrimoine historique de la maison et promotion de jeunes artistes. Finies les annulations, les grèves et le confinement, le moment est venu de placer un énorme espoir dans l’avenir qui se présente à nous tous, c’est un peu le message en filigrane de cette proposition. Le déficit prévisionnel de 90 millions pour la période n’empêche pas une ambition bien affichée avec notamment 21 opéras programmés pour la saison lyrique, 2/3 à l’Opéra Bastille et le dernier tiers à Garnier. 13 reprises et huit nouvelles productions pour un programme avant tout dédié à l’opéra français ou de langue française avec 7 titres. Le programme est long et varié, disponible sur le site de L’opéra de Paris, cet article va se concentrer sur quelques titres qui attirent plus particulièrement l’attention sans viser à l’exhaustivité, avec tout d’abord le spectacle 7 Deaths of Maria Callas imaginé par Marina Abramovic et qui ouvrira la saison en septembre avec le compositeur Marko Nikodijević qui signe une musique originale avec les scènes fatales de sept rôles phares de la Callas. Suivent encore Œdipe de Georges Enesco d’après Sophocle monté par Wajdi Mouawad, Turandot de Pucini mis en scène par Bob Wilson. Le nouveau directeur musical Gustavo Dudamel sera dans la fosse pour les Noces de Figaro. Le dernier opéra de Leonard BernsteinA Quiet Place, sera joué par Kent Nagano. Autre spectacle notable, Wozzeck de Berg mis en scène par William Kentridge. Cendrillon de Massenet sera présenté pour la première fois à l’Opéra de Paris sous les auspices de Mariame Clément. L’opéra Fin de partie de Kurtág sur un texte de Beckett sera donné en avril 2022 à Garnier. Parmi les reprises, on peut citer la mise en scène du Vaisseau fantôme de Wagner par Willy Decker en octobre à Bastille et dirigée par Hannu Lintu. La Khovantchina de Moussorgski mise en scène par Andrei Serban sera jouée à Bastille en janvier 2022. L’Elektra de Strauss sera mise en scène par Robert Carsen à Bastille en mai 2022. Alcina de Haendel sera reprise dans la mise en scène inaugurée également par Robert Carsen.

Le florilège est succin mais aguicheur, il ne vous reste plus qu’à vous rendre sur le site de l’Opéra de Paris pour en savoir plus sur le panel entier de spectacles qui seront donné pour la saison 21/22 au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille. Le programme est plus que prometteur, varié et fidèle aux valeurs de la maison.

Le groupe Purple Ashes dévoile son album électro pop Dreamers le 20 mai 2021

Le projet Purple Ashes se compose de la chanteuse et parolière Clémence de La Taille et de Syan aux instruments et aux synthés. Après un premier album Something In The Air paru en 2018, elles sont de retour avec EP de quatre titres intitulé Dreamers.

De l’électro pop porté par une voix enchanteresse

Originaire de bordeaux, le duo électro pop Purple Ashes se fait annoncer avec le clip de Get My Way déjà disponible sur Youtube. Clémence de La Taille et Syan creusent le sillon d’une indie électro pop française aux paroles anglaises et aux rythmiques robotiques. Get My Way, Dreamers in sleepless night, Nothing is better et Seasons Change sont cohérents dans leur approche musicale portée par une voix centrale entourée de beats électroniques synthétiques. Le clip de Get my way a été réalisé par la graphiste et réalisatrice Marie Genevoix et Jérôme d’Aviau au montage FX se concentre sur la chanteuse de l’eau jusqu’à la taille, comme transportée par les éléments. Quelques jours avant le début du confinement, elle se livre en toute liberté avec une belle ode poétique. Le triangle symbole de féminité en même temps que symbole du groupe hante les graphismes de la formation. La musique entêtante de Get my way reste marquée dans l’esprit longtemps après l’écoute. La musique plus électro robotique de Dreamers in sleepless night se dévoile dans un clip aux images très cinéma expressionniste allemand, entre Nosferatu et Métropolis pour de belles envolées lyriques cristallines de la chanteuse et des rythmes rock répétitifs. La musique rappelle les glorieuses heures du trip hop dans les années 90, chères à ceux qui se sont laissés bercer par la musique de cette époque.

Il y a du Télépopmusik époque Breathe voire du Goldfrapp époque Utopia chez Purples Ashes, entre puissance contenue et déluges de décibels. Leur EP se dévoile ce 20 mai pour un vrai régal électro pop à ne pas bouder.

Ouverture de l’exposition Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat au Musée du Luxembourg le 19 mai 2021

La situation sanitaire permet enfin aux musées de rouvrir et l’exposition Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat est enfin accessible au Musée du Luxembourg à partir du 19 mai 2021. Mieux que la mise en ligne des visites virtuelles le 8 avril dernier par la Réunion des musées nationaux– Grand Palais, le public peut enfin déambuler dans les allées pour voir les oeuvres et profiter d’une période charnière pour la reconnaissance des peintres femmes.

Les femmes peintres à l’honneur

  • L’exposition propose un parcours d’un demi-siècle entre 1780 et 1830, depuis les années pré-révolutionnaires jusqu’à la Restauration. L’exposition Peintres femmes 1780-1830. Naissance d’un combat se compose de 70 oeuvres provenant de collections publiques et privées françaises et internationales. Tout son intérêt tient à la féminisation de l’espace des beaux-arts à cette époque. Entre le siècle des Lumières et le XIXe siècle du Romantisme jusqu’à l’Impressionnisme, les peintres femmes gagnent en visibilité, depuis la réception à l’Académie royale de peinture d’Elisabeth Vigée-Lebrun et Adélaïde Labille-Guiard en 1783, d’autres noms montrent la place grandissante des femmes dans l’art pictural: Marie-Guillemine Benoît, Angélique Mongez, Marguerite Gérard ou bien encore Constance Mayer. L’absence de « grandes » femmes artistes s’explique notamment par la notion d’empêchement suite à l’interdiction faite aux femmes de pratiquer le nu et donc la peinture d’histoire, avec un niveau moindre de formation et un numerus clausus à l’académie royale, sans oublier la vocation matrimoniale, maternelle et domestique que leur attribuent les critères de genre à l’époque. L’art entre 1780 et 1830 dévoile les importantes mutations de l’art qui se confirmeront dans la suite du XIXe siècle.
  • L’exposition Peintres femmes au Musée du Luxembourg est un vrai souffle d’air frais avec des toiles bien moins connues que celles de leurs contemporains masculins. Les explications dispensées tout au long du parcours donnent une idée des barrières que les artistes féminines ont du surmonter.

Les plus grandes artistes féminines du monde arabe sublimées dans l’exposition Divas

L’Institut du monde arabe rend un hommage aussi vibrant qu’émouvant aux plus grandes artistes femmes de la musique et du cinéma arabe du XXe siècle. L’exposition événement Divas révèle leur histoire et leur héritage contemporain avec un parcours riche en images, en films et en musique. Le monde arabe du XXe siècle parait bien lointain aujourd’hui du fait de la montée des fondamentalismes après les aspirations à la liberté d’hier, l’exposition permet de mieux s’en rendre compte dans une rétrospective saisissante.

De l’émotion pure

Divas, d’Oum Kalthoum à Dalida expose ce qui a fait la musique arabe du XXe siècle. Entre l’avènement du 78 tours, de la radio et du cinéma, de véritables déesses du monde arabe ont conquis une place unique au sein de populations entières sur le pourtour du monde arabe méditerranéen. Plus rien ou presque ne subsiste aujourd’hui des 400 cinémas du Caire et de l’industrie cinématographique égyptienne et libanaise florissante qui produisait des films à la chaine jusqu’au début des années 70. La mort de Nasser en 1970 et la guerre des 6 jours en 1967 ont eu raison du panarabisme et le centre de gravité de la région s’est déplacé vers le Golfe persique. Toutefois, rien n’a pu venir à bout de la popularité absolue du quatuor de chanteuses adulées, Oum Kalthoum, Warda, Fayrouz et Asmahan, toujours vivace parmi les jeunes générations. Des descriptifs expliquent l’avènement de cette génération dorée de chanteuses, actrices et danseuses qui ont ému les foules. Il faut voir l’extase du public pendant les performances publiques d’Oum Kalthoum pour comprendre cet engouement populaire difficilement croyable. Les divas de l’âge d’or de la chanson et du cinéma arabes sont présentées via un parcours richement nourri de photographies d’époque, d’extraits de films ou de concerts mythiques, et d’affiches de films au graphisme délicieusement glamour. Des robes de scène ornées de bijoux et des objets personnels complètent la visite avec des interviews soulignant la place inédite de divas devenues des mythes sur tout le pourtour méditerranéen. Portant très haut l’image de la femme arabe moderne, elles se sont affranchies des contraintes traditionnelles pour porter une industrie du divertissement en pleine effervescence artistique et intellectuelle pendant 50 ans. L’exposition insiste sur cette nouvelle image de la femme et le renouveau politique national qui s’exprima du début des années 1920, notamment en Égypte, jusqu’aux années 1970. La naissance du féminisme au sein de sociétés traditionnellement patriarcales a participé au panarabisme et aux luttes d’indépendance dans les contextes de la colonisation et de la décolonisation.

L’exposition proposée à l’Institut du monde arabe montre le rôle central des femmes dans les différents domaines artistiques qu’elles ont contribué à révolutionner. Divas est une exposition destinée à faire date avec cette plongée dans une époque pas si lointaine où le monde arabe vivait des changements profonds qui paraissent pourtant bien lointains aujourd’hui, comme une promesse pour l’avenir.

Le Théâtre des Champs Elysées dévoile le somptueux programme de sa saison 2021-2022

Après de longs mois de fermeture et des annulations en cascade, le Théâtre des Champs-Elysées va reprendre vie et s’enflammer à nouveau avec des performances à la diversité réjouissante. Les chiffres donnent le tournis, 21 opéras en concert et oratorios, 14 soirées lyriques, 32 concerts symphoniques, 19 récitals de piano, 11 récitas d’instruments et musique de chambre, 22 concerts du dimanche matin, 4 spectacles de danse, 1 seule en scène avec Muriel Robin, de la variété avec Gérard Depardieu qui chante Barbara. De quoi donner envie d’en savoir plus et d’y retourner rapidement.

Un programme à la hauteur du lieu

Le directeur général du Théâtre des Champs-Elysées Michel Franck a présenté lui-même la nouvelle saison 2021-2022 sur différents médias pour donner l’ampleur nécessaire à l’évènement. Le Théâtre va se rallumer, les projecteurs vont étinceler de mille feux et la programmation est à la hauteur de l’attente. Ce sont pas moins de 200 levers de rideau qui sont prévus pour la 12e saison de Michel Franck en tant que Directeur Général de l’institution. Pour donner encore plus d’ampleur à l’évènement, ce sont 21 opéras et concerts qui vont se dérouler sur scène avec notamment L’Or du Rhin de Wagner, Manon de Massenet et la Passion selon Saint Jean de Bach. Une soirée lyrique autour de Philippe Jaroussky se tiendra, 11 concerts de l’Orchestre de chambre de Paris sont au programme ainsi que 11 performances de l’Orchestre National de France pour notamment interpréter Eugène Onéguine. Les récitals de piano ne sont pas en reste avec une liste impressionnante d’illustres interprètes, jugez plutôt: Kit Armstrong, Elena Bashkirova, Bertrand Chamayou (Vingt regards sur l’Enfant-Jésus de Messiaen), David Fray, Nelson Goerner, Evgeny Kissin, Igor Levit, Jan Lisiecki, Sunwook Kim, Nikolaï Lugansky, Denis Matsuev, Francesco Piemontesi, Fazil Say (musique française), Grigory Sokolov, Nobuyuki Tsuji. Les aficionados de piano vont être comblés. La diversité des genres (opéras mis en scène, opéras en concert et oratorios,
concerts symphoniques, récitals vocaux et instrumentaux, danse) va être renversante, avec des œuvres connues (Così fan tutte, La Vie parisienne, Requiem de Fauré) ou des découvertes à ne pas manquer (Hulda de Franck, Messe de
Clovis
de Gounod, Ariane et Bacchus de Marais), avec évidemment des artistes renommés pour porter les oeuvres et des jeunes. Tous les regards seront portés sur les nouvelles productions pour de vrais chocs esthétiques: Eugène Onéguine de Tchaikovsky, La vie parisienne d’Offenbach, Cosi fan tutte de Mozart, Giulio Cesare in Egitto d’Haendel. 1 reprise sera également programmée avec Pelléas et Mélissande de Debussy. Autre moment fort, la première mise en scène d’un opéra pour Christian Lacroix et première direction d’orchestre d’un opéra scénique pour Philippe Jaroussky.

N’en jetez plus, la saison 2021-2022 sera éblouissante pour renouer avec les spectacles et la joie d’assister à des performances uniques dans le cadre somptueux du Théâtre des Champs Elysées.

Un livre pour petits et grands, le tome 5 d’Harmonie la petite souris, Nounours aux éditions LC

Harmonie la petite souris est de retour pour une nouvelle aventure en compagnie de tout nouveaux personnages. Les plus anciens seront ravis de rencontrer à nouveau des protagonistes bien connus de l’univers audiovisuel et issus du programme Bonne nuit les petits. Nounours, Oscar, Nicolas, Pimprenelle et le Marchand de Sable, ils sont tous au rendez-vous du tome 5 de cette série d’ouvrages pour petits et grands.

Nostalgie, nostalgie

Si les premiers épisodes de Bonne nuit les petits ont été diffusé en 1962 sur RTF Télévision, de nombreuses rediffusions ont permis à toujours plus de monde de se familiariser avec l’univers du programme. Animateur de l’émission radio 100% Famille Que faire des mômes, l’auteur Eric Coudert a reçu en invité Jean-Baptiste Laydu, le fils de Claude Laydu, créateur et producteur de la série télévisée Bonne nuit les petits. Comme beaucoup, Eric regardait avec ses grands-parents le programme lorsque il était enfant. Le coup de cœur est immédiat, d’autant que tous deux adorent raconter des histoires aux enfants et qu’ils partagent la même maison d’édition, Éditions LC. Comme Jean-Baptiste Laydu apprécie la collection d’Eric
Harmonie la petite souris, tous deux se mettent d’accord pour qu’Harmonie rencontre les personnages de Bonne nuit les petits. Les habitués vont retrouver la même bienveillance qui colle à la peau de ces personnages qui vivent des aventures merveilleuses. La famille tient une place importante dans une histoire où Nounours et compagnie sont des guests de choix.

Le tome 5 des aventures d’Harmonie la petite souris est à découvrir dès à présent pour émerveiller les plus petits et raviver les souvenirs d’enfance des plus grands.

Synopsis: Notre héroïne Harmonie la petite souris profite de son dimanche pour regarder sa série préférée « Bonne nuit les petits ». Quand soudain un bruit incessant vient perturber son après-midi. Elle décide d’aller dans le jardin découvrir l’origine de ce bruit… Harmonie va faire une rencontre inattendue. Son voisin ne serait-il pas une célébrité ?

Editeur: Editions LC

Auteur: Eric Coudert

Nombre de pages / Prix: 27 pages / 11,10 euros

Une très belle exposition Paul Durand-Ruel et le post-impressionnisme à découvrir au Pavillon Caillebote du 19 mai au 24 octobre 2021

Paul Durand-Ruel est au centre d’une exposition inédite au Pavillon Caillebotte au cœur de l’Essonne. 7 ans après l’exposition Paul Durand-Ruel le pari de l’impressionnisme au Musée du Luxembourg, il est maintenant temps de s’intéresser à d’autres artistes couvés par l’illustre marchand d’art au tournant du XXe siècle. Défenseur de la belle École de 1830 représenté par Eugène Delacroix, Gustave Corot, Daubigny et Millet et avant tout connu pour avoir été le marchand des Impressionnistes comme Monet, Renoir, Degas, Manet, Sisley et Pissarro, on ignore souvent qu’il a apporté le même indéfectible soutien à 5 peintres faisant partie de la génération post-impressionniste. Moret, Maufra, Loiseau, G. d’Espagnat et André sont au centre de cette exposition pour mieux connaitre leur rôle dans l’histoire de la peinture du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Un parcours pour mieux connaitre une génération de peintres

Ces 5 peintres ont fait l’objet d’une belle reconnaissance de leur vivant mais leur apport a perdu de son aura au fil du temps. Le décès du marchand d’art en 1922 n’a pas permis d’assurer leur postérité du fait du trop peu de temps passé à les promouvoir depuis le milieu des années 1890. L’impressionnisme a bel et bien été reconnu par la critique et par les amateurs d’art; en 1895, Monet faisait l’objet d’une expositions triomphale chez Durand-Ruel avec sa série des Cathédrales de Rouen. De plus, l’absence de grande exposition collective n’a pas permis de mieux faire connaitre ces peintres au-delà des grands musées et des collections privées. L’exposition s’organise en salles tournées vers chacun des 5 peintres, d’abord Gustave Loiseau avec ses paysages magiques, puis Henry Moret et Maxime Maufa avec une douzaine de toiles exposées pour chacun d’eux, représentatives de leur art, entre école de Pont-Aven, toiles classiques et oeuvres véritablement impressionnistes avec des traits éludés et des utilisations de couleur oniriques. Un autre étage permet de découvrir les oeuvres de Georges d’Espagnat et Albert André, avec pour ce dernier cette sublime toile intitulée La femme aux paons qui préfigure les oeuvres les oeuvres d’Henri Matisse. Le catalogue permet d’en savoir plus sur ces artistes, leurs techniques et leur place dans l’histoire picturale au cœur dans un bâtiment situé dans le parc qui inspirera Monet pour créer son paradis de Giverny, rien que ça.

L’exposition permet de réparer une injustice en mettant en valeur des oeuvres trop rarement exposées, dans l’écrin somptueux du Pavillon Caillebotte pour un véritable éblouissement artistique.

Minneapolis, capitale du funk, une BD musicale réjouissante chez les Humanoïdes associés, sortie le 19 mai 2021 – à lire avec la playlist!

Minneapolis, capitale du funk est une BD musicale à laquelle il ne manque que la musique pour réjouir totalement. La BD imagine la montée en puissance d’un groupe dénommé Starchild, sur le modèle de l’avènement de Prince lui-même. L’homme qui a su s’imposer sur la scène musicale mondiale dans les années 1980 a du lui-même se battre pour imposer son génie. L’héroïne Theresa traverse elle aussi des océans de doutes pour espérer réaliser son rêve dans un récit fort en émotions… musicales.

Un chemin loin d’être tout tracé

L’héroïne est une passionnée de musique depuis l’enfance et si sa première idole fut l’immense guitariste gaucher Jimi Hendrix, elle est retournée par l’apparition de la scène musicale de Prince. Celui que la presse musicale s’est amusée avec une certaine dose de mépris à appeler Le nain pourpre a été un géant de la musique au succès phénoménal, au moins aussi équivalent à celui de Michael Jackson. C’est un concert du phénomène funk qui décide Theresa à monter son propre groupe baptisé Starchild. Le désir de réussite réunit les 6 membres du groupe mais les épreuves se succèdent, mettant à rude épreuve leur volonté et leur détermination. Les références à la domination blanche historique sur la ville de Minneapolis sont autant de renvois à la situation actuelle où un mouvement d’ampleur mondiale a débuté suite à des abus de la police. Les dessins très stylés renvoient à l’esthétique comics, de Marvel ou DC Comics, et ils ont tout de la culture BD US pour un rythme soutenu au fur et à mesure que les pages défilent et que l’intrigue se développe. Prince apparait quelques fois au détour de quelques dessins, apportant une touche mythologique à une histoire qui s’inscrit dans une certaine réalité en renvoyant constamment à l’histoire musicale du chanteur de Purple Rain.

Les Humanoïdes Associés dévoilent une bande dessinées stylée et rythmée à laquelle il ne manque qu’une bande son pour parfaire sa réussite. Les fans de Prince seront ravis, les autres pourront découvrir une masse d’informations sur son parcours avec un luxe de détails.

Addendum:

Les Humanoïdes Associés m’ont entendu et deux playlists ont été créées sur Deezer et Spotify pour accompagner la lecture de l’album Minneapolis : https://deezer.page.link/1YisccBW7KgVRq937 / https://open.spotify.com/playlist/5C6Mir4mXGaSzF87pNGTJj?si=-NjBSNKLQwaABW6ddytStw&nd=1

Merci les Humanoïdes Associés !

Synopsis: Minneapolis, 1982. Passionnée de musique depuis toujours, Theresa rêve d’en vivre et décide de monter son propre groupe de funk sur les traces de son idole, le Kid de Minneapolis. Mais lorsqu’on est une femme noire, s’imposer dans une ville où règne la culture rock blanche est un combat de tous les instants.

Editeur: Humanoïdes associés

Auteurs: Joe Illidge, Hanninal Tabu, Meredith Laxton

Nombre de pages / Prix: 128 pages, 17,95 euros

La chanteuse danoise Kira Skov sort un nouvel album tout en délicatesse intitulé Spirit Tree le 14 mai 2021 chez Stunt Records

Kira Skov est une musicienne danoise et elle a rassemblé de nombreux invités dans son nouvel album Spirit Tree. Sa sortie le 14 mai sur le label Stunt Records permet de retrouver notamment Bonnie “Prince” Billy, Bill Callahan, Mark Lanegan, John Parish, Jenny Wilson, Lionel Limiñana, Lenny Kaye, Stine Grøn, Steen Jørgensen, Mette Lindberg et Marie Fisker. La voix susurrée de la chanteuse, sensuelle dans ses élans vocaux, illumine un album tout en sensibilité. Elle a notamment été la chanteuse du groupe Kira & The Kindred Spirits avant de voler de ses propres ailes.

Un album de duos tout en douceur

Kira Skov a organisé des enregistrements à distance alors que le confinement formait sa chape de plomb sur le monde. Chacun a accepté de participer pour un véritable échange musical. L’enregistrement a eu lieu en direct à Copenhague et les chansons ont été adressées à chacun des prestigieux invités sous forme de fichiers audio pour ajouter les voix. Mal connue de par chez nous, Kira Skov est leader, auteur-compositeur, chanteuse et guitariste et si elle est mal connue de par chez nous, son talent saute aux oreilles dès la première écoute. Elle s’est entouré des amis musiciens qui l’entourent habituellement en concert et sur ses enregistrements. Silas Tinglef à la batterie et à la guitare, Anders “AC” Christensen à la basse et au piano, Oliver Hoiness à la guitare et aux claviers et Maria Jagd au violon participent à cette ambiance entre mysticisme et profondeur des sentiments. Le disque Spirit tree développe une spiritualité palpable dans de nombreux morceaux, comme un trait d’union entre les êtres humains. Le premier titre Dusty Kate avec Mette Lindberg mélange les voix féminines dans une harmonie saisissante. Graves et aigus forment une belle unité qui touche au cœur. Love is a force se développe avec des violons enveloppant la voix toujours fascinante de la chanteuse. Pas question de danser, l’ambiance est à l’introspection et à la révélation mystique, presque spirituelle avec la voix de Bill Calahan comme sortie des entrailles de la terre. Tout l’album développe une ambiance contemplative avec la voix gracieuse de la chanteuse accompagné de guests qui contribue à une vraie émotion.

L’album Spirit Tree de Kira Skov est un vrai moment de beauté musicale, entre incantation poétique et harmonies ouatées. Un vrai plaisir pour les oreilles à découvrir!

Michel Foucault ou la radioscopie d’une époque

Michel Foucault ou la radioscopie d’une époque
Letzlove – portrait(s) Foucault – Photo Tristan Jeanne-Valès

Michel Foucault ou la radioscopie d’une époque

En 1975, Thierry Voeltzel, un jeune homme de vingt ans, étudiant et militant, est pris en stop par le célèbre philosophe Michel Foucault, alors quinquagénaire. Durant le trajet, le philosophe pose mille questions au jeune homme et fait preuve d’une écoute peu ordinaire quand celui-ci se livre sur sa vie, spontanément et avec une franchise désarmante. Une idylle nait entre les deux hommes. À partir de ce moment, le philosophe mène une série d’entretiens avec Thierry pour sonder la jeunesse de l’époque.

Ces entretiens aboutissent à un livre que Michel Foucault ne souhaite pas signer de son nom. Tenant à garder l’anonymat, il suggère à Thierry Voeltzel de le signer seul en utilisant l’anagramme de son nom : « Letzlove ». C’est finalement sous le vrai nom de Thierry que le livre Vingt ans et après parait en 78 (Thierry Voeltzel / Vingt ans et après éditeur : Verticales) et qu’il passe alors complètement inaperçu.

L’homosexualité, la politique, la religion, la famille, le travail, les lectures, la jeunesse, la musique sont alors autant de thèmes abordés lors de ces multiples conversations.

Une parole intime et vive 

Dans sa transposition scénique, Pierre Maillet donne une incroyable acuité aux portraits croisés des deux hommes. Lui, dans le rôle de Foucault, l’intervieweur qui reste tapi dans l’ombre, tandis que l’interviewé, interprété par Maurin Olles, jeune comédien prometteur, est en pleine lumière.

Tous deux font renaître ce dialogue intime, vivant et engagé.

Quarante ans après, l’intérêt de cette parole libre réside autant dans les expériences vécues par Thierry Voetzel que dans la personnalité de Michel qui se fait jour : un philosophe joyeux, intéressé par tout et particulièrement la jeunesse, la nouvelle génération qui n’a pas connu directement Mai 68. Le jeune comédien Maurin Olles est la révélation de ce spectacle. Il incarne le jeune amant de Foucault avec l’évidence de sa jeunesse, de sa fougue et d’un naturel désarmant.

De ce dialogue entre les deux hommes qui ont trente ans de différence, se télescope aussi et surtout le ressenti d’une époque dont les questionnements sur la révolution, la liberté, l’engagement, l’accomplissement, les luttes intimes et politiques, demeurent infiniment actuels.

Sortie du film The Boys next door en Blu-Ray et DVD le 19 Mai

Carlotta Films va sortir le 19 mai prochain une édition Blu-ray inédite de The Boys Next Door, film de Penelope Spheeris sorti en 1986 et assez inédit de par chez nous si on excepte l’édition Blu-ray américaine chez Severin Films en 2019. Ce long-métrage porté par Charlie Sheen bénéficie d’une restauration en 4K pour le dépoussiérer de son esthétique un peu trop années 80 et le remettre au gout du jour avec cette histoire de chevauchée meurtrière de deux adolescents. Au cœur d’une époque en pleine euphorie boursière, ils vont semer la mort sur leur passage.

Le rêve américain blessé en plein cœur

La réalisatrice Penelope Spheeris est surtout connue pour avoir réalisé le film Wayne’s World pour le compte de Mike Meyers 6 ans après The Boys Next Door, traduit en De sang froid et sorti en 1986. 2 adolescents quittent leur vie sans relief pour se rendre en Californie et se payer du bon temps l’espace d’un weekend. Le bac en poche, ils pensent connaitre la facilité mais rien n’est vraiment plus simple là-bas qu’ailleurs. Maxwell Caulfield (Grease 2) est Roy et un Charlie Sheen en pleine ascension avec Platoon et Wall Street à la même époque est Bo. Ils sont deux jeunes sans trop de moyens et dont la seule perspective est de travailler à l’usine et de vivre une existence entre famille, travail et ennui. Comme le générique du film l’introduit clairement, certains êtres humains ont la violence chevillée au corps, ce que Bo va constater avec effroi chez son ami Roy. Sa colère intérieure difficilement contenue déborde par instants de manière incontrôlée, jusqu’à exploser et semer la mort autant que surprendre son acolyte. Le film très méconnu ressemble parfois à la balade sauvage de Terence Malick avec ce personnage de Roy qui laisse aller ses pulsions. Véritable psychopathe caché dans la foule, rien ne le distingue de ses semblables et il faut le côtoyer pour se rendre compte du côté obscur de ce personnage. Le passage du chahutage adolescent aux crimes crapuleux se fait lentement, depuis la marginalisation au cœur de leur communauté étudiante jusqu’aux crimes homophobes mettant en lumière des blocages sexuels enfouis. Roy est un vrai psychopathe en puissance et Bo relève plus du frustré, incapable de contrôler son ami et de plus en plus conscient de son impuissance à maintenir son ami à flot. La poursuite finale avec la police à leurs trousses instille un rythme de polar qui conclut parfaitement un film inattendu et plein de puissance.

Penelope Spheeris n’y va pas par 4 chemins pour dénoncer la solitude de personnages comme abandonnés par leurs parents et perdus dans une société de consommation aseptisée. Le Blu-Ray compte de nombreux suppléments avec notamment des scènes alternatives, une bande annonce et des analyses sur le film pour un vrai retour vers le futur au cœur des années 80.

Synopsis: Roy Alston et Bo Richards sont deux adolescents marginaux qui s’ennuient ferme au lycée. Fraîchement diplômés, ils n’ont d’autre perspective qu’une vie de dur labeur à l’usine locale. Pour leur dernier week-end de liberté, ils décident de partir en virée à Los Angeles. Les années de rage et de frustration contenues vont déclencher en eux une véritable folie meurtrière…

La musique colorée de Bastien & Taly se dévoile le 14 mai avec la sortie de leur album Mibalé

Le projet musical Bastien & Taly mélange les influences et les cultures. La musique africaine côtoie la culture caribéenne avec la voix de Taly bien mise en avant dans une belle virtuosité. Passion et diversité sont à l’honneur pour une musicalité enchanteresse.

Une musique remplie de fraternité

L’Afrique et la France se rencontrent dans chacune des chansons de l’album Mibalé pour porter bien haut un message de paix et de fraternité. Bastien et Taly se servent de la musique pour promouvoir le rapprochement et l’acceptation de l’autre, la diversité devient une chance à ne pas rater afin de faire passer un message d’union avec l’Autre. Mibalé signifie deux en lingualé, langue du Congo (RDC), pays d’origine de Taly. La chanson souligne l’envie de persévérance du duo, et le fait d’avoir un rêve plus fort que tout à réaliser. Bastien et Taly produisent et écrivent des chansons depuis des années et leur premier EP prévu pour le 14 mai sur toutes les plateformes digitales permet de découvrir un univers musical coloré. Les continents s’y croisent pour une envie de danser immédiate. Influences cubaines et africaines se télescopent pour une synthèse matinée de rumba congolaise. Mibalé surprend par sa couleur caribéenne et son chant en lingala, comme une rencontre entre Cuba et le Congo. Le clip animé a été réalisé par Alexandra Cabanès pour une sensation visuelle qui complète la musique dans toute sa variété. Les couleurs chaudes côtoient les pulsations de la musique pour une belle unité multicolore. Les deux compères se sont rencontrés à Paris lors d’une répétition de gospel au cœur d’une chorale amateur en 2017. Bastien est originaire du sud de la France et s’est lancé dans une formation de production musicale pour laquelle il cherchait une chanteuse, la rencontre tombait donc à point nommé et les chansons sont venues petit à petit pour un véritable pont entre la France et le Congo.

Ce premier EP est une belle surprise à découvrir pour une envie de voyage qui fait du bien par les temps qui courent.

L’Incompris, le chef d’oeuvre de Luigi Comencini disponible en avant-première sur le Vidéo Club Carlotta Films du 14 au 18 mai

En exclusivité sur le Vidéo Club Carlotta Films du vendredi 14 au mardi 18 mai inclus, L’Incompris de Luigi Comencini (La StoriaUn enfant de Calabre) est visible pour un film puissant sur l’enfance et ses blessures. Le ton d’une justesse bien particulière accompagne ce portrait de deux frères qui doivent affronter la tragédie du deuil dès leur plus jeune âge. Moments de pure joie et de pesanteur se succèdent pour un résultat proche du classique, entre le néoréalisme de Vittorio de Sica (Le Voleur de bicyclette) et l’impétuosité de Maurice Pialat (L’Enfance nue).

Un film italien inoubliable

Luigi Comencini a su trouver dans sa caméra le ton juste pour évoquer la complexité de l’enfance. Dès son premier court-métrage où il suit des enfants dans une ville en 1946 (Bambini in citta), il fait apparaitre un style qui va être creusé petit à petit avec ses adaptations de classiques de la littérature enfantine, en 1953 avec Heidi et Les Aventures de Pinocchio en 1972. Si on ajoute en plus la biographie de Casanova dénommée L’Enfance, la vocation, et les premières expériences de Giacomo Casanova le vénitien et sa vaste enquête réalisée pour la RAI en 1970 Les Enfants et nous, le réalisateur italien a fait voir la complexité et la pureté de cet âge si particulier. L’incompris montre l’âge où l’innocence laisse place à une vision du monde faite de normes et de limites, les premiers pas d’une vie d’adulte en devenir. En cachant au plus jeune le décès de sa mère, son frère et le paternel entretiennent une illusion que la prise de conscience de la trahison va faire voler en éclats. Les différents niveaux de réalité se télescopent entre acceptation du deuil et confrontation aux mensonges soigneusement échafaudés. L’ainé est impétueux autant que casse-cou, le cadet plus suiveur et malingre. En protégeant soigneusement son plus petit, et croyant ainsi bien faire, le père sème les graines de la révolte dans l’esprit du plus grand, précipitant le nouveau drame à venir. La fin du film est triste comme la nuit, impossible de ne pas fondre devant un dénouement aussi tragique. Tout en italien, le film se regarde avec plaisir au rythme des sous-titres qui permettent d comprendre une intrigue au plus près d’une enfance déchirée.

La mise à disposition de L’Incompris dans le Vidéo Club Carlotta film est l’occasion de découvrir un film pas si facile à trouver et dont le visionnage laissera une trace indélébile dans l’esprit du spectateur.

Synopsis: Sir John Edward Duncombe, consul de Grande-Bretagne à Florence, regagne sa villa après l’enterrement de sa femme. Accablé de chagrin, il retrouve ses deux fils, Andrea, 10 ans, et Milo, 6 ans. Il ne confie la vérité qu’à l’aîné, qu’il considère comme assez mûr, mais dont l’apparente indifférence le blesse. Petit à petit, Duncombe reporte toute sa tendresse sur le petit Milo. Andrea assiste, silencieux, à l’éloignement de son père. L’oncle Will vient passer quelques jours à la villa. Le vieil homme comprend la douleur et la fierté secrète d’Andrea et invite son frère à se rapprocher de son fils aîné. Le consul projette alors d’emmener Andrea en voyage à Rome. L’enfant est ravi…

La claque, un livre glaçant de Nicolas Robin (Anne carrière)

La claque, un livre glaçant de Nicolas Robin (Anne carrière)

Il fallait que ce soit un homme qui écrive La claque. Un livre qui secoue, au propre comme au figuré ! Et la plume de Nicolas Robin sonne tellement juste qu’elle nous secoue en profondeur.

Un homme comme tout le monde

C’est l’histoire de Jean-Mi. Un homme tout ce qu’il y a de plus normal. Il est heureux, il vit en couple avec Marylène qui elle, a un enfant. Jean-Mi est très attaché à ce petit Antonin. Il s’en occupe comme s’il était son père. Jean-Mi est un sportif, un rugbyman.
Bref, Jean-Mi n’a pas de problème particulier. Jusqu’au jour où il reçoit une gifle de sa compagne. Une simple claque. Parce qu’il a rétréci son pull en cachemire. Il met ça sur le compte de la fatigue, de l’énervement. Il ne veut pas y croire d’autant plus qu’il promet de le racheter ce pull….

Une claque, des coups, et…

Et puis, un autre jour, ce sera un cendrier qu’il recevra sur l’arcade sourcilière… Il ne comprend pas pourquoi d’un seul coup, presque sans raison, sa femme le prend pour cible. Il se retient de ne pas répondre à ces violences. Jamais il ne battra sa femme. Jamais il ne s’énervera contre elle. Il doit à tout prix calmer la situation.

La honte

Mais les situations de violence se répètent… Sous n’importe quel prétexte.
Mais jamais Jean-Mi n’ose en parler. A personne. Quand on est fort comme lui, on ne peut pas se faire mettre KO par une femme. C’est absolument ridicule.

Un jour, il rencontre une personne qui est disponible pour l’écouter. Une rencontre improbable mais une vraie rencontre. A elle, il ose, enfin, dire la vérité. Elle le conseille et l’aide à y voir plus clair. Au fil des pages, on suit le cheminement de Jean-Mi. Avec angoisse.

La claque est un livre qui pose question. A l’heure de #MeToo, il est important d’entendre les hommes. Et encore davantage des histoires d’hommes maltraités. Ceux-là qui n’osent rien dire, qui se cachent et qui ont honte. Honte d’être maltraités. Honte de souffrir.
La claque, un roman à découvrir sans plus tarder.

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 7 mai 2021
Auteur : Nicolas Robin
Editeur : Anne Carrière
Prix : 18€

Un Bourgogne aligoté à découvrir, l’AOC tradition 2019 des Orfèvres du vin

Les Orfèvres du Vin, anciennement La Cave de Charnay, dévoilent un Bourgogne Aligoté 2019 AOC Tradition d’une grande fraicheur. Cette cuvée a obtenu une belle Médaille d’Or en 2020 pour récompenser un vin léger et fruité qui saura s’invite s’inviter sur votre table à l’orée de l’été qui approche. Surtout que son prix est très raisonnable, raison de plus pour se laisser séduire!

Un vin blanc digne des cuvées de ce domaine

La gamme Tradition comporte des parcelles situées sur certains des meilleurs coteaux de secteurs complémentaires. Elle bénéficie des soins attentifs des viticulteurs professionnels, du Maitre de Chais Michaël Da Fré et du Caviste Amélie THOMAS. A l’œil, la robe arbore une belle couleur jaune brillante or pâle. Au nez, le vin se distingue par des arômes intenses et éclatants, avec un bel éventail d’arômes de fruits, de pêche et de fleurs blanches. La dégustation confirme des tonalités souples de fruits, la fin de bouche se dévoile sur des notes citronnées. Ce vin blanc accompagne idéalement les apéritifs et les entrées, mais également une truite fumée ou un jambon persillé. Il permet de faire des kirs dans la pure tradition, avec une crème de cassis de Bourgogne (1/4 à 1/5e de crème de cassis). Ce vin peut se conserver 1 à 2 ans, à une température entre 10° et 12°.

Proposé au prix de 6,90 euros, le Bourgogne Aligoté AOC Tradition des Orfèvres du vin un vin blanc plein de charme à découvrir.

Publireportage: La cave réunit depuis des décennies des viticulteurs passionnés par leur métier et par leurs produits. Les Orfèvres du vin ont ainsi su investir et proposer une gamme développée au fil des ans d’une quinzaine d’appellations représentatives de la Bourgogne du Sud ; appelée le Mâconnais. Cs viticulteurs depuis de nombreuses générations sont fiers de présenter, parmi les fleurons des appellations de la Bourgogne, les Pouilly-Fuissé, Saint-Véran, Viré-Clessé, Mâcon-Charnay Blanc, Bourgogne Aligoté mais également des Bourgogne Pinot Noir, Mâcon-Charnay Rouge, Mâcon Rosé, Beaujolais Villages, Saint-Amour et Juliénas ou encore leur inimitable Crémant de Bourgogne. Ainsi ils vous proposent, en toute simplicité, une promenade authentique en Bourgogne du Sud.

Julie Roué se lance en solo avec une chanson directe et organique, Narvalo

Connue pour ses compositions pour le cinéma (Jeune Femme de Léonor Serraille, Perdrix d’Erwan Le Duc), les séries (HP, Parlement) et notamment membre du duo Carte Contact, Julie Roué a présenté le 5 mai le single/clip Narvalo qu’elle décrit entre synth pop et chanson. Les compositrice de musiques de film en France sont rares mais elle ne désespère pas de faire évoluer les choses, ce qu’elle fait via sa présence dans le collectif troisième autrice.

Une nouvelle voix

C’est l’heure pour Julie Roué de se lancer seule, en français, et l’univers electropop lui permet de faire son trou. Elle aime les atmosphères sombres et dansantes en s’inspirant des productions sophistiquées de Charlotte Adigéry, de la voix grave et douce de Leonie Pernet et de l’électro directe de Yelle. Julie Roué chante un monde qui part en vrille et le sentiment de rage qui en découle, les mensonges trop nombreux qui nous déstabilisent et les solutions que l’on peut trouver dans la sensualité et les jeux de séduction. Julie Roué a déjà tâté de l’électropop avec son projet About Luke et avec le duo Carte Contact. C’est seule et en français qu’elle se lance sans se cacher, avec son corps et sa voix. Avec des mots crus et sans détours, elle parle d’elle comme de quelqu’un de bizarre et de queer, pas du tout à l’aise dans la norme. Elle assume ses désirs et fait ses propres expériences de l’amour et des autres. Fini l’anglais, elle préfère manier l’humour et le franc parler dans sa langue maternelle pour mieux se faire comprendre et assumer le malaise que son impudeur peut provoquer chez les auditeurs. Elle ne se voile pas les yeux et apprend à faire fi de la honte ou de la peur pour mieux s’affirmer. Son électro-pop se veut polymorphe pour lier corps et esprit et flirter allègrement avec la confusion pour la faire sienne. Elle se place dans le sillage de Finneas O’Connell (Billie Eilish) pour parler à l’intime, alterner entre chant et murmure, et parler autant à l’universel qu’à l’intime. Des basses tapies dans le fond de sa musique évoquent les tréfonds de la psyché et jouent avec des synthés plus lancinants pour signifier une identité troublée et se jeter à corps perdu dans la danse. Julie Roué à convier Claire Juge à réaliser le clip de Narvalo pour des images instinctives et sensuelles.

Ce clip se veut le premier d’une série à venir avec des liens entre son univers et celui de Claire Juge et continuer à échafauder un univers dans l’étrange et l’intime. Le titre Narvalo est disponible sur You tube pour une expérience nouvelle et singulière.

A LIRE