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ISS Snipers, tome 1 : BD musclée de J.-L. Istin et E. Seure-le Bihan (Soleil)

ISS Snipers, tome 1 : BD musclée de J.-L. Istin et E. Seure-le Bihan (Soleil)

ISS Snipers, c’est une grosse dose de testostérone, contenue dans des hommes-machines faits pour combattre jusqu’aux confins de l’univers au service de la fédération des planètes unies. Le petit hic, c’est quand le Sniper Reid Eckart commence à s’interroger sur le côté éthique de l’une de ses missions… et décide de désobéir à sa hiérarchie quitte à entrer frontalement en collision avec le reste de la fédération.

Lui et ses quelques hommes vont ainsi mener le combat de leur vie pour sauver les habitants pacifiques d’Okeelia, une planète qu’ils avaient pour mission de nettoyer. Un récit musclé, qui en met plein les mirettes à grands renforts de duels de titans. L’histoire est bien emmenée, et embarque le lecteur avec elle grâce à des personnages forts en gueule. 

L’ensemble est mis en image avec efficacité et honore le divertissement qu’il promet. Une saga prévue en 5 tomes dont le second vient tout juste de paraitre (on vous en reparle très vite donc !).

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Je suis le I.S.S. Sniper Reid Eckart, on me surnomme Stock parce que je moissonne la mort et fais un stock de cadavres là où je colle mes bottes. Comme on arrive, on repart. On enchaîne les missions parce que le vent de révolte sur des planètes aussi éloignées, ça souffle plus vite que l’ordre. Ça, c’était avant ! Car depuis qu’on nous a envoyés sur Okeelia, faut bien l’avouer, la donne a changé !

Date de parution : le 16 juin 2021
Auteurs
: Jean-Luc Istin (Scénario)
Erwan Seure-Le-Bihan (Dessin)
Genre : S.-F.
Editeur : Soleil
Prix : 15,95 € (72 pages)
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Les rappeurs furieux de Svinkels reviennent avec l’album Rechute (Céréal Killers Company)

Pour ceux qui suivent les aventures du groupe, le souvenir de son retour le 8 Juin 2020 avec le titre Mon Spot a pu causé quelques palpitations avec ce clip tourné en Hollande dans les usines 8.6 Bavaria de la Svinkels Family Brewers, chez eux, quasiment. La musique rap à l’ancienne rappelle les riches heures des rythmes pêchus et des paroles qui claquent. Svinkels sait manier les mots et le flow, ça s’entend et ça se ressent.

De l’énergie en barres

La sortie de Rechute, en même temps que la sortie du single du même nom permet de réécouter ces rappeurs qui enchainent les paroles sur des rythmes énergiques. La production de Bob Cobain colle à son époque, piochant allègrement dans la culture MC’s en souvenir des années 80 ou 90. Les paroles défilent à 100 à l’heure avec des références geeks, des épanchements bienvenus sur les risques des addictions à problème et des rimes bien senties pour capter l’attention de l’auditeur. Le flow est incessant et le rythme mitraillette ne se met jamais en pause. Les membres du groupe, Gérard Baste, Nikus Pokus et Mr Xavier sont en mode énergie maximale et Rechute montre bien que les Svinkels n’ont pas perdu la foi. Et puis comme conclut si bien la chanson Rechute On revient pour laisser le public en sang, le bar à sec et la scène en cendres. Rechute ! L’EP 5 titres Dossiers Perdus Volume 1 sorti le 7 mai dernier donnait un avant gout et Rechute comblera complètement les fans de paroles musclées.

Svinkels est de retour avec son rap sans œillères. Ceux qui ne supportent pas le rap pourront passer leur chemin, les autres retrouveront une énergie qui colle à une musique qui choisit le choc frontal en plein les oreilles. Vulgarité assumée? Non, les vannes sont ouvertes et le flow se déverse sans discontinuer. De quoi couper avec la réalité et les contraintes du quotidien.

Nautilus, tome 1 : BD de Mathieu Mariolle et Guénaël Grabwski (Glénat)

Nautilus, tome 1 : BD de Mathieu Mariolle et Guénaël Grabwski (Glénat)

A mi-chemin entre l’univers de Jules Verne et son 20 000 lieues sous les mers et celui de James Bond, Nautilus est un récit d’espionnage spectaculaire signé Mathieu Mariolle au scénario et Guénaël Grabwski au dessin. Un certain Kimball O’Hara – dans la peau de l’agent secret britannique – est victime d’un coup monté et va devoir s’employer à prouver qu’il n’est pas le coupable tout désigné d’un attentat dirigé contre les anglais, alors qu’il était en mission. C’est tout un paquebot qui sombra en effet au fond de la mer.

Une quête solitaire pour ce fugitif débute alors, et autant dire qu’il ne manquera pas de ressources pour trouver les moyens nécessaires à l’exploration de l’épave. Car il faut la faire parler pour démontrer son innocence. Et seul le Nautilus d’un certain Némo pourra l’y emmener. Nous voilà partis à la rencontre d’un personnage clé qu’il va être bien difficile à aller chercher…

Nautilus amorce son histoire par un premier album très réussi. Le lecteur est embarqué pour une grande Aventure, où chaque planche réserve son lot de surprises et de rebondissements. Le dessin immersif est superbe, tant dans la finesse du trait que dans les plans choisis. On se sent comme un enfant devant un grand spectacle. 

Nautilus est à mettre entre toutes les mains, sans hésiter ! La suite sera à lire dès le mois d’octobre.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Pour prouver son innocence, il plongera 20 000 lieues sous les mers.

Kimball O’Hara est un agent des services secrets britanniques au destin bouleversé un soir de l’année 1899 à Bombay… La filature d’un agent russe l’a mené sur un paquebot du gouvernement anglais qui sera victime d’un attentat quelques instants après son arrivée. Dans le chaos général, il est désigné coupable du drame. Pour prouver son innocence, désamorcer les tensions diplomatiques et espérer un jour revoir son fils, Kim va devoir récupérer des documents secrets restés dans l’épave du bateau tombée au fond de la baie. Malheureusement, aucun homme n’est capable de s’enfoncer aussi profondément dans les fonds marins. Aucun, sauf peut-être un seul, son nom est Némo. Fuyant les autorités indiennes, Kim se met en quête de ce personnage légendaire à qui appartient le sous-marin le plus performant de tous les temps : le Nautilus…

Course poursuite à l’échelle planétaire, Nautilus est un récit d’action, d’espionnage et d’aventure riche en personnages complexes, situations inextricables et scènes spectaculaires. 

Date de parution : le 19 mai 2021
Auteurs
: Mathieu Mariolle (Scénario)
et Guénaël Grabwski (Dessin)
Genre : S.-F.
Editeur : Glénat
Prix : 15,50 € (56 pages)
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[BD] Buonaparte, tome 1 : Sainte Hélène (Delcourt)

[BD] Buonaparte, tome 1 : Sainte Hélène (Delcourt)

Retraçant le dernier voyage de Napoléon Bonaparte, Buonaparte débute son récit lorsque l’Empereur décide de se rendre aux Anglais afin de demander l’asile et éviter ainsi des sanctions plus sévères après sa défaite de Waterloo… Mais la désillusion est rapide et totale. Considéré comme un prisonnier de guerre, il ne peut se voir appliquer la faveur de l’asile et, pire, est condamné à l’exile à Saint Hélène.

Un point de départ que le scénario exploite pour nous conter les rebondissements qui ponctuèrent la traversée, sous bonne garde, jusqu’à l’île britannique. Buanaparte n’abandonna jamais l’espoir de rallier l’équipage à sa cause… jusqu’à tenter de provoquer une mutinerie. Un récit passionnant qui propose un angle de vue encore peu exploré de la vie de ce personnage de premier plan de l’Histoire.

Ce premier album convainc par son sens du rythme et de la mise en scène, appuyé par un dessin efficace, aux décors soignés. Un vrai périple que l’on partage avec un Napoléon combatif à chaque instant. A lire.  

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Napoléon Bonaparte contemple le désastre de la bataille de Waterloo sonnant le glas de ses conquêtes. Après une longue errance, il se rend aux Anglais, espérant obtenir l’asile. Mais, considéré comme prisonnier de guerre, il est embarqué pour Sainte-Hélène où il sera exilé avec quelques proches. Des soldats anglais sont dépêchés sur l’île afin de prévenir toute tentative d’évasion.

Date de parution : le 21 avril 2021
Auteurs
: Rudi Miel & Fabienne Pigière (Scénario)
Iván Gil (Dessin)
Genre : illustrations
Editeur : Delcourt
Prix : 14,95 € (56 pages)
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Danakil enfin de retour après 5 ans d’absence avec l’album Rien ne se tait, disponible le 3 septembre

Difficile de croire que Danakil existe maintenant depuis plus de 20 ans. 1000 concerts et 150 000 albums vendus après, les musiciens sont de retour avec Rien ne se tait. Le groupe de reggae se laissé passer 5 ans depuis La rue raisonne, toujours les racines jamaïcaines et des textes en français aux rimes biens senties. Ultra installés sur la scène française et suivis par des fans fidèles, Danakil ne triche visiblement pas, et ça fait toujours autant plaisir.

Du reggae et toujours du reggae

Rien ne se tait est déjà le 11e album du groupe et paraîtra officiellement le 3 septembre, sortie évidemment reportée du fait des conditions sanitaires que vous connaissez. Les 13 titres confirment les liens particuliers entre Danakil et son public. Et ce n’est pas la campagne Ulule de crowfunding pour financer la production de son album et les nouveautés proposées récemment comme Oublions qui prouveront le contraire. Un livre sur leur parcours entre 2001 et 2021 est également sorti, Danakil 2001/2021 : Ensemble d’Aymeric Jeanson et également un album Live à la Maison sorti récemment. L’album Rien ne se tait regroupe évidemment les singles parus récemment comme Oublions et Marre, ce titre a d’ailleurs remporté le titre de single français de l’année aux dernières Victoires du Reggae. Les autres titres creusent le sillon d’un reggae harmonique aux paroles qui claquent. La FamilleEnsembleRendez-nous la justice et Monde de fous avec l’apparition de l’ultra connu Akhenaton enchanteront les fans. Les textes chantés par Balik et Natty Jean gardent toujours la même fougue, les années passent mais l’énergie reste.

Laissons au groupe le mot de la fin pour mieux comprendre leur philosophie, faite de bienveillance et de bonnes ondes: Soyons responsables, apprenons de nos actes et questionnons nous sur nos actions et notre futur car rien n’est sans conséquence : au final, rien ne se tait. Tout se partage dans un monde où nous sommes étroitement liés, le mensonge comme la vérité, les bonnes et les mauvaises choses, alors à nous de le rendre meilleur pour tous… De quoi donner envie de les écouter!

[BD] La Fille du Quai, de Fabrice Meddour et Alexine (Glénat)

[BD] La Fille du Quai, de Fabrice Meddour et Alexine (Glénat)

Récit aux allures mystiques, La Fille du Quai est un voyage au coeur d’une épaisse et humide brume matinale qui vient couvrir les quais certains jours. Sorte de conte fantastique aux accents horrifique, l’album nous emporte dans un délire halluciné où un jeune homme se retrouve hanté par une jolie femme lui apparaissant subitement… pour lui porter comme une malédiction. Cette créature emportera dans les flots la moindre conquête de Haurel, sa vie durant….

Bien que l’idée soit originale, La Fille du Quai ne parvient pas tout à fait à s’extirper du brouillard duquel elle émerge. Le lecteur doit ainsi accepter le sort du jeune garçon et de ses conquêtes successives sans trop vraiment y comprendre. Une intrigue qui interroge quelque peu et peut-être dérange. Voilà qui ne laisse en tous cas pas indifférent.

Le dessin est à l’image du propos, comme bousculé par la tempête qu’il traverse. On ne sait pas vraiment si l’on apprécie ou non le voyage qu’il propose mais on salue le travail d’artiste qui le soutient. Une aventure comme un poème écorché vif.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Celui qui voit la fille du quai y reste à jamais enchainée. Haurel a 8 ans quand son destin est bouleversé par la fille du quai. D’apparence humaine, cette créature qu’on aperçoit toujours près des points d’eau commet les pires méfaits sans y voir le moindre mal. Pourtant, elle s’attache mystérieusement à Haurel et souhaite s’accaparer son amour. Mais la jalousie maladive et poussive dont elle fait preuve devient la pire des malédictions pour le jeune homme. Tout au long de son existence, il ne pourra jamais offrir son affection à quiconque sans que la fille du quai ne vienne se venger. Conte fantastique et halluciné, La fille du quai est aussi une histoire d’amour qui touche à l’horreur, l’érotisme et le thriller.

Date de parution : le 07 juillet 2021
Auteurs
: Fabrice Meddour et Alexine
Genre : Fantastique
Editeur : Glénat
Prix : 15,50 € (64 pages)
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Sigrid, tome 1 : récit viking de D. Chauvel et P. Pion (Delcourt)

Sigrid, tome 1 : récit viking de D. Chauvel et P. Pion (Delcourt)

Quand les vikings quittent leur Groenland pour l’autre bout du monde, ils savent que de nombreux périls les attendent. Mais Sigrid était loin de se douter que tout son équipage serait foudroyé par une mort lente et douloureuse. Miraculeusement rescapée, elle va être recueillie à Terre-Neuve par un indien au grand coeur. Avant d’être pourchassée par d’autres vikings installés récemment sur place. 

En admirant la couverture, on pourrait penser qu’il s’agit là d’une énième histoire de Vikings comme il en existe de nombreuses aujourd’hui. Mais David Chauvel et Patrick Pion parviennent à renouveler le genre grâce à des circonstances de lieu et d’intrigues originales. Le récit est haletant, ficelé comme un policier qui n’oublie pas de convoquer une bonne dose d’action et d’adrénaline.

La lecture de Sigrid promet donc de nombreux rebondissements et du plaisir pour les yeux grâce au dessin au trait vif, naturel et dynamique de Patrick Pion. De quoi passer un très bon moment. A suivre !

Extrait de la BD :

 

Résumé de l’éditeur :

Sigrid est une jeune viking avide de parcourir le vaste monde… Lorsque son drakkar quitte le Groenland, pour le pays fraîchement colonisé du Markland, elle est loin d’imaginer ce qui va suivre… Une mystérieuse maladie qui décime l’équipage, une trahison qui la laisse à moitié morte et finalement, la rencontre avec un indien Béothuk, qui va changer son destin à jamais…

Date de parution : le 05 mai 2021
Auteurs
: David Chauvel (Scénario), Patrick Pion (Dessin)
Ronan Toulhoat (Couverture)
Genre : Aventure, Vikings
Editeur : Delcourt
Prix : 15,50 € (104 pages)
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Vague d’amour : quand François Ravard croque la Bretagne (Glénat)

Vague d’amour : quand François Ravard croque la Bretagne (Glénat)

Pour les nostalgiques des vacances, bien qu’elles ne soient pas encore tout à fait terminées, Vague d’amour est un bel ouvrage qui vous fera voyager avec malice et bonne humeur dans ce que la Bretagne offre de plus beau. Un recueil d’illustrations signées François Ravard, qui livre avec un trait d’humour quelques soixantaine de saynètes en pleine page.

Difficile de ne pas être sensible à ses charmes ! A découvrir !

 

Extrait de la BD :

 

Résumé de l’éditeur :

Un héritier de Sempé croque la Bretagne. De Renoir à William Turner, en passant par Corot, Gauguin, Henri Rivière ou Matisse, la Bretagne a de tous temps inspiré les peintres et illustrateurs. François Ravard, auteur de bande dessinée résidant à Dinard, est de ceux-là. Et lorsqu’il quitte sa table à dessin, il aime croquer sa Bretagne, ses couleurs, ses rivages, ses plages et ses habitants dans de belles et touchantes illustrations évoquant la ligne sensible et la pointe d’humour pudique de Sempé. Le présent recueil, sorte de compagnon à Pas un jour sans soleil, réunit une soixantaine de dessins, présentant une galerie d’instants drôles et touchants où, quelle que soit la météo, la Bretagne, elle, reste toujours belle.

Date de parution : le 07 juillet 2021
Auteurs
: François Ravard
Genre : illustrations
Editeur : Glénat
Prix : 15 € (104 pages)
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Le fils de l’épicière, le maire, le village et le monde, un documentaire sur la culture en milieu rural, sortie le 1er septembre 2021

L’Ardèche n’est pas connue pour être une terre de culture, plutôt un coin de nature avec des vignes et des beaux paysages. Claire Simon démontre qu’il faut abroger les préjugés et voir la volonté de certains de créer une vraie entreprise culturelle destinée à durer et à être rentable. 32 ans que le village de Lussas se passionne pour le documentaire d’auteur. L’histoire est passionnante, les obstacles politiques et financiers interrogent sur la possibilité de créer dans une époque où les enjeux partisans prennent trop souvent le pas sur la bonne volonté.

Un documentaire sur une époque de tous les possibles

Tous les ans ont lieu les États généraux du film documentaire pendant une semaine où plus de 5000 personnes viennent regarder des projections d’œuvres exigeantes dans le sud de la France, à Lussas. L’atmosphère est conviviale, le temps est à la fête et au partage. Les équipes de passionnés d’Ardèche Images sont au four et au moulin pour faire de l’évènement une réussite, jusqu’à héberger dans ses locaux des étudiants de master en réalisation et en production et aider à préparer l’avenir. Loin des superstructures cinématographiques et médiatiques sises dans la région parisienne, Ardèche Images essaye de faire vivre une structure à taille humaine, non sans difficultés. Le documentaire montre également la création de la plateforme Svod intitulée Tënk, disponible sur abonnement pour un prix minime et donnant accès à 500 documentaires d’auteur du monde entier chaque année. Claire Simon a fait de cette histoire une série de 18 épisodes, le village, pour ancrer ce récit dans la plus profonde ruralité, montrant les contraintes climatiques et le rythme de la nature. Le long métrage Le Fils de l’épicière, le Maire, le Village et le Monde, a été dévoilé en première mondiale et en compétition à l’IDFA et sera visible en salles le 1er septembre 2021. Jean-Marie Barbe est ce fameux fils de l’épicière du titre et c’est lui qui défend depuis si longtemps Ardèche Images par la force de sa volonté. Le documentaire le suit alors qu’un bâtiment de 1500 m2 abritant toute l’activité Documentaire avec 9 salles de montages incluses est en construction.

Produit par Petit à Petit Production et coproduit par Les films de la Caravane et Clin d’œil films, le film est vendu à l’international par AndanaFilms pour une plongée dans les méandres de la création, en plein cœur de l’Ardèche.

Synopsis: C’est l’hiver dans le petit village de Lussas, en Ardèche, et les agriculteurs sont tout entier à la taille des vignes. Soutenu par le maire Jean-Paul Roux, son ancien camarade de classe Jean-Marie Barbe se lance dans une entreprise toute singulière :  la création d’une plateforme numérique par abonnements, dédiée aux documentaires d’auteur. C’est la naissance de Tënk, aux allures de start-up, tendance rurale. Aux côtés de Jean-Marie, l’équipe va-t-elle gagner le pari de cette entreprise économique ?

[Comics] Fire Power, tome 2 : de Kirkman & Samnee (Delcourt)

[Comics] Fire Power, tome 2 : de Kirkman & Samnee (Delcourt)

Après un premier tome détonnant et plein de promesses, le nouveau comics de l’immense Robert Kirkman (auteur notamment de Walking Dead ou de Invincible) Fire Power est revenu avec un deuxième épisode peut-être plus classique, où une armée de ninjas fait irruption dans la vie familiale, calme et posée d’Owen Johnson.

Le récit de ce second opus s’ouvre à l’américaine, à la façon d’un vieux film d’action des années 90, où des ninjas s’invitent à la fête, directement chez l’habitant. Mais le scénario n’est pas aussi basique qu’il en a l’air et quelques surprises viennent redonner du souffle au scénario. Il faut bien le dire, Fire Power privilégie l’action, et celle-ci prend parfois le pas sur l’histoire qui ne demande qu’à prendre un peu d’épaisseur et à s’éloigner de clichés trop présents. 

L’attente (et quelle attente !) n’est donc pas tout à fait comblée. De quoi rester sur la réserve avant la lecture d’un troisième tome qui pourrait relever le défi. A suivre…

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Fire Power est la toute nouvelle série signée Robert Kirkman (Invincible et Walking Dead) associé à l’immense Chris Samnee (Daredevil). Action, ninjas, vie de famille et un passé que rejette le héros attendent le lecteur Owen Johnson pensait pouvoir tourner le dos à son passé… mais aussi à son entraînement, à sa puissance et à ce monde dangereux dont il ne voulait pas faire partie. Malheureusement pour Owen et sa famille, le danger l’a (re)trouvé, et qu’il le veuille ou non, le pouvoir qu’il possède, celui de maîtriser les boules de feu, est la seule chose qui peut les sauver.

Date de parution : le 07 avril 2021
Auteurs
: Robert Kirkman (Scénario) /
Chris Samnee (Dessin)
Genre : Action, Arts martiaux
Editeur : Delcourt
Prix : 16,50 € (160 pages)
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Le groupe The volunteered slaves sort son nouvel album très spatial intitulé SpaceShipOne le 31 aout chez Day After Music

The Volunteered Slaves continuent leurs aventures en explorant l’espace avec un son mêlé d’instruments traditionnels et de tonalités electro vintage faisant parfois penser au Rock progressif comme sur le titre SpaceShipOne, type Kraftwerk. Le résultat est addictif, preuve de leur virtuosité et de leur sens aigu de la mélodie teintée de lyrisme. SpaceShipOne est un album à découvrir pour les fans de jazz, mais pas seulement.

Une belle aventure musicale

C’est durant le Festival de Jazz de Marciac en 2002 que le groupe de musiciens a choisi de se réunir dans une entité commune. Olivier Temime aux saxophones, Emmanuel Duprey au piano Rhodes et synthétiseurs, Akim Bournane à la basse et Julien Charlet à la batterie ont franchi le cap. L’organiste Emmanuel Bex les a rejoints en 2017 pour un son toujours plus étoffé. SpaceShipOne se veut un album aventureux pour une musique plus spatiale, jusqu’à rappeler quelques illustres groupes de rock progressif des années 70, krautrock allemand comme Can ou plus purement progressif comme King Crimson. Le premier extrait SpaceShipOne laisse le saxo en liberté pour des envolées free qui font plaisir à entendre. Ce 5e opus est une très belle surprise. Les improvisations cassent les codes et dépassent les chapelles pour des références parfois jazz, ou funk, ou rock progressif ou afro. Leurs albums Streetwise, Breakfast in Babylone, The Day After et Ripcord n’hésitaient pas à multiplier les ambiances planantes et c’est en live que leur musique prend sa pleine mesure avec des participants qui se laissent parfois aller à se trémousser sur la piste de danse. SpaceShipOne se veut encore plus aérien, presque éthéré avec des synthés qui se la jouent électro et ouvrent les perspectives très dans l’air du temps. L’enregistrement a débuté en mars 2020 et l’album serait paru plus tôt sans le contexte sanitaire que l’on connait tous. L’album sort finalement le 31 août 2021, enfin. Les singles Astronaef et 24 ont montré la voie, avec des sonorités de satellite spatial sur 24 accompagnant un sax et une basse très remuantes. Astronaef suit la même voix planante, l’ambiance dans une salle de concert doit être très cérébrale avec des rythmiques là aussi très entrainantes jouées au synthé et à la basse.

Leur nouvel album est une très belle découverte qui appelle à une réécoute attentive de leurs 4 premiers albums pour se plonger dans une musique enivrante qui fera chavirer plus d’un esprit. SpaceShipOne sort le 31 aout et pourrait connaitre une belle renommée

Le Single Estate Cognac ABK6 XO RENAISSANCE médaille d’or et noté 98/100 à l’IWSC 2021 de Londres le 5 juillet dernier

C’est l’évènement du moment, le Single Estate Cognac ABK6 XO RENAISSANCE a reçu une médaille d’or et a reçu la note étourdissante de 98/100 à l’IWSC 2021 de Londres le 5 juillet dernier. Après la dégustation de la Vodka Grands Domaines et la récompense reçue en 2020 pour le cognac ABK6 VSOP Sinle Estate Cognac, c’est une nouvelle consécration pour les Domaines Francis Abécassis.

Un Cognac XO à déguster absolument, mais toujours avec modération

Difficile de résister à la tentation d’une dégustation quand on prend connaissance des notes de dégustation du jury de l’IWSC 2021 concernant ce Cognac ABK6 XO Renaissance: Un cognac tout simplement exceptionnel. Des fruits tropicaux recouverts d’épices indiennes douces comme la cardamome, le clou de girofle et la noix de muscade. Des abricots mûrs, de l’ananas et de la mangue apparaissent en bouche. Il y a un élément de chêne et de thé noir vieilli à la fin. Incroyablement juteux et délicieux. Déjà en 2019, ABK6 XO RENAISSANCE était récompensé de cette médaille d’or (Gold outstanding) et la même année élu World Best Cognac aux World Drink Awards. Autant dire que la consécration est unanime. Et le prix TTC départ domaine se met au diapason avec un tarif prestige de 159 euros. Et le fait est, le cognac se démarque clairement de tout ce que l’on peut connaitre avec sa couleur vieil or acajou et son nez riche avec des notes boisées, d’épices, de réglisse, d’écorce d’orange, de figue séchée. La bouche offre une puissance aromatique maitrisée avec une association de noisette, noix, bois de cèdre puis de fruits confits. Une grande longueur caractérise également cet XO. Une vraie confirmation pour ce Cognac unique.

Et toujours le Cognac ABK6 VSOP

L’International Wine & Spirit Challenge (IWSC), fondé en 1969, récompense des vins et spiritueux de plus de 90 pays du monde. Lors de l’édition 2021, ABK6 VSOP Cognac a reçu lui aussi une médaille, d’argent et la jolie note de 92 / 100. Un cognac également distingué à plusieurs reprises ces dernières années (World’s Best VSOP 2017 World Cognac Award, médaille d’or à San Francisco, etc). Comme le souligne le jury, une association harmonieuse d’arômes fruités et boisés. Parfait pour un prix TTC départ domaine de 49 euros.

Publireportage: Avec 370 hectares de vignes, Domaines Francis Abécassis est l’un des plus grands propriétaires viticoles
de l’appellation Cognac et l’un des domaines les plus récompensés à travers le monde depuis sa création en 2005. Ses marques ABK6 Cognac, Leyrat, Reviseur et Grands Domaines ont été primées à de nombreuses reprises. Respectueux de l’environnement les vignobles des Domaines Abécassis sont certifiés Haute Valeur Environnementale (HVE3) depuis 2019. Chaque domaine a ses vignes, sa cave, sa propre distillerie et ses chais de stockage, permettant de réaliser toutes les étapes de la production en interne. Les Domaines Francis Abécassis exportent aujourd’hui dans plus de 35 pays.

Détails : Domaines Francis Abécassis – Domaines de Chez Maillard, 16250 Val des Vignes
+33 (0)5 45 66 35 72 – contact@abk6-cognac.com – www.abecassis-cognac.com

Les sorcières d’Akelarre, la chasse aux sorcières en mode hyper réaliste, en salles le 25 aout 2021

L’action du film les sorcières d’Akelarre se situe au Pays Basque en 1609 avec des jeunes filles accusées de sorcellerie et destinées au bucher par un tribunal de l’inquisition enfermé dans ses certitudes. Pendant des siècles, des femmes ont été accusées et condamnées sur la foi de témoignages ambigus et surtout sans vrai fondement. Le film montre la logique aussi perverse que retorse de tribunaux sans autre jugeotte que leur fanatisme forcené. Le réalisateur argentin n’en est pas à son coup d’essai dans sa réflexion autour des féminicides à travers l’histoire. En cela, le film est assez glaçant.

Les femmes, victimes idéales des hommes butés

Le film débute comme un conte de fées avec un village à la vie paisible, entre plage et forêt, cadre de vie idéal à l’harmonie contrariée par la venue d’un juge de l’inquisition, connu pour enchainer les buchers sur son passage. Les femmes condamnées à mort pour sorcellerie ont été des centaines, peut-être des milliers au cours d’un siècle marqué par l’obscurantisme religieux. Il faut voir ces scènes d’interrogatoire où le juge prend à coup sûr le contre pied à chaque réponse formulée, comme si les femmes étaient condamnées d’avance, par un pur réflexe théologique personnel. Les femmes libres sont vues d’un mauvais œil et l’inquisition est un moyen idéal de s’en débarrasser. La reconstitution historique se base sur la vie du juge Pierre de Rosteguy de Lancre, magistrat français connu pour avoir participé à un épisode de chasse aux sorcières au Pays basque. 4 jeunes femmes sont enfermées, interrogées, torturées et destinées au bucher. au-delà du contexte, c’est toute une réflexion sur la prédominance des hommes et du postulat patriarcal par delà la liberté individuelle, avec un parallèle évident avec notre époque. L’acteur Alex Brendemühl fait un magistrat glaçant à l’ambiguïté troublante. Car les hommes ne sont pas insensibles aux charmes de la liberté, ils ne demandent qu’à être fascinés dans un procédé d’attirance – répulsion qui fait tout le sel du film.

Les sorcières d’Akelarre offre un récit plein de force sur l’oppression culturelle à laquelle sont contraintes les femmes par des hommes arcboutés sur leurs prérogatives excessives. Des scènes puissantes parsèment le film pour un traité plein de sens sur la place des femmes dans la société.

Synopsis: Pays basque, 1609. Ana, Katalin et leurs amies sont brusquement arrêtées et accusées d’un crime dont elles ignorent tout : la sorcellerie. Missionné par le roi pour purifier la région, le juge Pierre de Rosteguy de Lancre ne doute pas de leur culpabilité. Il veut leur faire avouer tout ce qu’elles savent sur le sabbat, cette cérémonie diabolique au cours de laquelle Lucifer est censé s’accoupler avec ses servantes. Quoi qu’elles disent, on les appelle sorcières. Il ne leur reste plus qu’à le devenir.

Sortie du single très pop folk « Lifelines » du groupe Sweet Gum Tree le 20 aout 2021

Derrière le nom de groupe Sweet Gum Tree se cache l’artiste angevin multi-instrumentiste Arno Sojo qui officie depuis plus de 10 ans sur la scène rock folk. Certains se souviennent du titre Redhead sorti en 2014 sur l’album The Snakes you charm & The wolves you tam, l’artiste et le groupe ont fait du chemin depuis et proposeront l’album Silvatica en novembre, avec le morceau Lifelines en avant gout à écouter dès le 20 août.

Une belle sensibilité aux accents british

A 48 ans, Arno Sojo continue de publier des albums et des morceaux au sein de Sweet gum Tree après une vie placée sous le sceau de la musique. Première guitare à 3 ans, guitariste au sein de plusieurs formations dans les années 90, il a publié dans le même temps ses premières compositions personnelles sur des labels américains. Il réunit sa première formation Sojo Glider dans les années 2000 avec 3 albums au compteur, avant de former Sweet Gum Tree en 2009 marqué par de prestigieuses collaboration avec des membres de TindersticksThe Church ou R.E.M., la chanteuse Heather Nova ou encore Isobel Campbell du groupe Belle & Sebastian, dont un featuring sur le titre Bird Of Passage. C’est avec des collages réalisés par Charlie Stopford que Sweet Gum Tree ravive avec nostalgie des souvenirs londoniens, se rappelant de cette session en forme de pèlerinage aux studios Abbey Road avec une ambiance intimiste à l’esthétique lo-fi vivifiante. Le charme résolument Do it yourself du montage fait référence à des séances d’un nouvel album à paraitre en novembre et 100% analogique, intitulé Silvatica. L’album mis en boîte chez Kerwax en compagnie du batteur des Tindersticks et du sax de Zenzile sera une sorte d’hommage décomplexé à l’auteur-compositeur-interprète américain de rock indépendant Kurt Vile avec le même gout pour le fingerpicking, les sofas et les guirlandes lumineuses.

Le morceau Lifelines est un bel avant-gout de l’album à paraitre en novembre, avec une immense délicatesse folk qui fait du bien au cœur de l’été.


11 septembre 2001, le jour où le monde a basculé, une BD qui ravive le souvenir du drame et analyse la suite des évènements 20 ans après, sortie le 20 août 2021 aux éditions Dargaud

Alors que le monde s’apprête à se souvenir des évènements du 11 septembre 2001 à l’occasion des 20 ans de ce drame, la BD sortie aux éditions Dargaud fait le point sur cette journée fatidique et ses conséquences pour le monde. Après l’incompréhension initiale, la stupeur, les premières mesures coercitives, avec non pas un solutionnage de la situation mais peut-être plus une aggravation dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Et encore, la BD n’évoque pas le retour récent des talibans au pouvoir en Afghanistan. A travers un cheminement chronologique sur 144 pages, avec la grande histoire mais aussi toutes ces petites histoires qui rapprochent de la réalité, cette BD est un incontournable pour mieux comprendre ce qu’a été et ce qu’est encore aujourd’hui le 11 septembre 2001.

Un jalon clé de l’histoire moderne

La phrase est quelque peu devenue anodine, mais il est bien vrai que tout le monde se souvient exactement de ce qu’il faisait et où il était quand il a entendu la nouvelle des attentats du 11 septembre 2001. Ces images de tours jumelles en feu à New York passaient en boucle à la télévision et le monde retenait son souffle, se demandant si d’autres attentats n’allaient pas se produire et si le monde entier n’allait pas basculer dans le chaos. Si les plus jeunes ne comprenaient pas grand chose, les ainés n’étaient pas plus à même de mener une réflexion éclairée. La BD parue aux éditions Dargaud dresse un état des lieux éclairant du déroulement de la journée, alors que les pompiers montaient les escaliers, que la foule se regroupait dans les rues et que personne ne se doutait que les 2 gigantesques édifices allaient s’écrouler dans un épais nuage de poussière. Les premières pages offrent un retour en arrière salutaire avant que ne s’ouvre de nombreuses pages sur l’enlisement des Etats-Unis dans des conflits dont ils ne sont pas sortis grandis, au contraire au vu des évènements récents en Afghanistan. La BD-reportage se lit comme une vraie enquête journalistique avec pour fil rouge une jeune fille, Juliette, qui a vécu comme beaucoup les évènements dans son jeune âge via le prisme télévisuel déformant et décide se se rendre à la Grande Pomme, avec des mesures de sécurité drastiques et un port du masque devenu bien évidemment obligatoire. Le journaliste Baptiste Bouthier accumule les faits et les données pour un vrai travail d’analyse sur la marche inéluctable du cycle de la guerre. La décision du gouvernement de Georges W. Bush d’intervenir a permis de déloger le dictateur Saddam Hussein d’Irak mais sans mettre aucun régime durable à la place, avec pour conséquence l’avènement de l’Etat Islamique et une vague d’attentats sur l’Europe pendant les années 2000 et 2010. La BD évoque également les contrôles de sécurité drastiques, le patriot-act liberticide adopté dans de nombreux pays dans des versions locales, le terrorisme global, Vigipirate, Guantanamo, les révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden. Et puis nous voilà en 2021, et rien n’est vraiment résolu, ne reste que la douleur d’un souvenir marqué au fer rouge dans les esprits. Le dessin d’Héloïse Chochois permet de s’élever au-dessus des débats pour un retour en arrière qui fait mal.

La BD est un incontournable de la rentrée à lire absolument pour mieux comprendre la situation géopolitique héritée du 11 septembre. Et puis elle permet de se souvenir de ceux qui ont subi de plein fouet la tragédie, ceux qui sont intervenus, les pompiers, les policiers, et puis ces images de corps tombés des tours pour échapper aux flammes… ça fait toujours aussi mal.

Synopsis: Le mardi 11 septembre 2001, dix-neuf pirates de l’air du réseau Al-Quaïda s’emparent de quatre avions de ligne. Deux avions sont projetés sur les tours jumelles, symboles de la puissance financière américaine, le troisième termine sa course sur le Pentagone, siège du département de la Défense. Le bilan de ces quatre attentats-suicides est de 2 977 morts et 6 291 blessés. Construit en deux temps, ce documentaire raconte cette journée historique de l’intérieur en suivant plusieurs points de vue, et dressent un bilan du 11 Septembre, dans les jours, les semaines et les années qui suivent, montrant le bouleversement international de cet événement dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui.

Editeur: Dargaud

Auteurs: Baptiste Bouthier (Scénario) / Héloise Chochois (Dessin)

Nombre de pages / Prix: 144 pages / 18 euros

Une histoire du Velvet Underground, un groupe mythique de rock revisité aux éditions Dargaud, BD disponible depuis le 5 mars 2021

La carrière discographique du groupe The Velvet Underground se limite à 3 années et 4 albums sortis entre 1967 et 1970, mais le groupe a marqué au fer rouge des générations de fan de rock avec ses titres sans concessions, surtout sur les 2 premiers albums avec des partis pris à la marge du rock system. La BD dessinée et scénarisée par Prosperi Buri aux éditions Dargaud revient en détail sur une histoire d’espoirs et de luttes pour s’imposer et communiquer un art brut au plus grand nombre, difficilement pendant la période d’activité du groupe, mais avec succès depuis sa dissolution, comme le montre le nombre impressionnant d’artistes influencés par cette oeuvre unique dans son exigence.

Un groupe mythique revisité avec humour

La BD débute avec deux scènes qui font référence aux origines du groupe. D’abord Andy Warhol va assister au concert d’un jeune groupe alors inconnu dans la cave d’un bar à touristes de New York. Il est d’abord réticent mais tombe immédiatement sous le charme des titres et du chanteur. Puis un jeune Lewis Reed détalle du cocon familial pour échapper à des séances d’électrochocs. Si la vérité est quelque peu différente selon les biographes pour cette seconde anecdote, le ton est donné. Celui qui insiste pour se faire appeler Lou a commencé à écrire des poèmes et des chansons très jeune pour évoquer sa psyché tourmentée, avide de substances illicites pour échapper à une réalité quotidienne décevante et aux attirances physiques alors mal vues. La BD retrace son histoire avec force détails, n’oubliant ni sa rencontre fondamentale avec l’artiste de musique concrète John Cale ni ses recherches de drogue sur Lexington Avenue. Les traits quasi enfantins du dessin de l’auteur français autodidacte Prosperi Buri mettent à distance les côtés les plus sordides de l’existence du chanteur et choisit l’humour pour accompagner les péripéties d’une aventure jalonnée d’esclandres. C’est la rencontre avec le mythe vivant Andy Warhol qui permet au groupe initialement formé de Lou Reed, John Cale, Sterling Morrison et Maureen Tucker de trouver des concerts et d’enregistrer un premier album rentré depuis dans la légende. Si l’album à la banane a été un échec commercial à sa sortie, rejeté par les médias et très mal distribué, son aura a traversé les frontières et les âges, avec ses chansons évoquant pêle-mêle les effets de la prise d’héroïne, le New York interlope jonché de travestis et de junkies, ou les mœurs masochistes. L’auteur n’hésite pas à évoquer les difficultés du groupe pour se faire une place sur la scène rock et les addictions de membres perpétuellement sur la brèche faute de promotion suffisante. La BD continue avec l’évocation du caractère de plus en plus autodestructeur de Lou, qui se débarrasse d’abord d’un Andy Warhol de moins en moins investi, d’un John Cale désabusé et qui tombe sous la coupe d’un producteur véreux qui impose le jeune Doug Yule dans le groupe. Les dialogues sont souvent drolatiques, le ton de la farce est préféré par l’auteur à un ton plus dramatique, avec des Moe et Sterling en chroniqueurs amusés des aventures de plus en plus désastreuses du groupe.

La BD est clairement destinée aux fans avec ses références précises et sa narration proche de la vérité historique, mais les moins connaisseurs trouveront matière à rentrer dans un univers fascinant, jusqu’à peut-être se risquer à écouter des albums à découvrir absolument du Velvet Underground. Merci Prosperi Buri!

Synopsis: En 1964, rien ne laisse présager que la rencontre entre un jeune new-yorkais accro aux médicaments, Lou Reed, et un Gallois pédant et multi-instrumentiste, John Cale, allait aboutir à la création du groupe de rock le plus scandaleux et original de son époque. En moins de dix ans, ils vont chambouler tous les codes musicaux, artistiques et culturels et influenceront des générations de musiciens. Prosperi Buri, avec son humour acide, décrit ces années de bruits et de fureur, pour un portrait à la fois juste et sans complaisance.

Editeur: Dargaud

Auteur: Properi Buri

Nombre de pages / Prix: 80 pages / 16,50 euros

L’échiquier du vent, un film iranien hypnotique à découvrir en salles le 18 août 2021

La section Cannes Classics permet de redécouvrir des films rares en copies restaurées. L’échiquier du vent (Shatranj-e Baad en VO) du réalisateur Mohammad Reza Aslani date de 1976, avant la révolution islamique, tel un témoignage de la vie d’avant, avec son hypocrisie et ses faux-semblants. Le rythme lent fait apparaitre les complexités d’une vie quotidienne engoncée dans des conventions plus bourgeoises que religieuses, au milieu de personnages ambivalents. Une splendeur à découvrir.

Un drame à déguster

Le film a longtemps été considéré comme perdu, mais il a été miraculeusement retrouvé par la fille du réalisateur chez un brocanteur. Mohammad Reza Aslani a pu retrouver son film et le voir restauré grâce aux efforts de la Film Foundation de Martin Scorsese et de la Cineteca de Bologne. L’intrigue débute au sein d’une immense demeure où règne visiblement le luxe et la volupté. Les décors sont inspirés des miniatures persanes et le drame couve. L’héritière de la maison est handicapée, obligée de se déplacer en fauteuil roulant et imprimant ainsi un rythme lent et hypnotique à tout le film. Sa fortune est convoitée par pas moins de 3 hommes, son beau-père et ses deux neveux. Pour résister, elle bénéficie du soutien inattendu de sa servante et le jeu de massacre peut ainsi débuter. Car le film accumule les décès plus ou moins accidentels dans un rythme digne d’un Cluedo. Si le film est censé se dérouler au début du XXe siècle, le film sorti 3 ans avant la révolution islamique de 1979 devient une métaphore des temps d’avant. Presque tout le film se déroule dans l’intérieur de l’immense demeure autour de l’escalier central monumental. Les scènes de nuit sont éclairées à la bougie avec une impression de mystère touchant même au mysticisme. La maison devient ainsi un véritable personnage, avec des personnages déambulant entre les pièces, dans les couloirs, avec des apartés répétés. L’héritière clouée dans son fauteuil en bois est diminuée dans ses mouvements et dans son influence, ce sont les mouvements plus prestes de la servante qui donnent du rythme à l’intrigue. Le film présente d’ailleurs une relation aussi trouble qu’inattendue entre ces 2 personnages féminins qui tentent de se rapprocher dans une ambiance assez claustrophobique. Et puis dehors sont présentes à intervalles réguliers des lavandières, filmées en plan large, qui discutent de tout et de rien, comme pour ponctuer l’action de synthèse explicatrice.

Le film très pictural est griffé de 2 scènes de violence surprenante. La musique sert l’intrigue avec son rythme très cinématographique, tour à tour pesant ou plus descriptif. Le film fascine par sa maitrise formelle et son air d’Iran d’avant, rappelant étrangement d’autres drames bien de chez nous.

Synopsis: Suite à la mort de son épouse, Haji Amou, un commerçant traditionaliste, patriarcal et corrompu, projette de se débarrasser de sa belle-fille, Petite Dame, héritière en titre de la fortune et de la belle maison luxueuse dans laquelle ils vivent. Cette femme émancipée et moderne est paralysée et ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant. Pour faire face au complot formenté par son beau-père, elle se fait aider par sa servante, ignorant que celle-ci joue sur les deux tableaux…

Lugosi : Grandeur et décadence de l’immortel Dracula, une superbe biographie à paraitre aux éditions La Boîte à Bulles le 18 août 2021

Avant les versions de Coppola avec Gary Oldman et les films avec Christopher Lee, l’interprète le plus mythique de Dracula fut Bela Lugosi, acteur hongrois immigré aux Etats-Unis à l’accent inimitable et au regard en coin rentré dans la postérité. La BD Lugosi revient sur une existence entre ombre et lumière, avec ses phases de fortune et ses passages de misère. L’auteur Koren Shadmi offre une lecture aussi instructive que frissonnante.

Un acteur tombé dans l’oubli

Béla Lugosi, de son vrai nom Béla Blaskó est né en 1882 au cœur de l’empire austro-hongrois. Jusque sa mort en 1956 en Californie, il a enchainé les rôles dans des films fantastiques avec comme sommet son interprétation du célèbre vampire transylvain, le Comte Dracula. Le dessin de Koren Shadmi a déjà été apprécié dans la BD dédiée à Rod Sterling, l’homme de la série La 4e dimension. Cette BD revient sur une existence mal connue. Acteur de théâtre avant d’officier dans le cinéma muet en Hongrie dès 1919, Bela Lugosi a quitté son pays à la suite de la chute de l’éphémère régime communiste de Béla Kun qu’il soutenait. Il part en Allemagne puis aux États-Unis où sa vie est pendant longtemps difficile à cause de son manque de connaissance de l’anglais. C’est lorsqu’il décroche à Broadway le rôle de Dracula que sa carrière décolle grâce à son accent hongrois qui fait frissonner les spectateurs. Puis en 1931 c’est la consécration avec la reprise du rôle au cinéma pour les studios Universal Pictures dans le film de Tod Browning. Puis sa vie ne sera qu’années difficiles avec des films d’horreur de moindre qualité. Devenu alcoolique, dépendant à la morphine et de plus en plus désargenté, il connait un retour de flamme grâce à son amitié avec le réalisateur Ed Wood. Il meurt d’une crise cardiaque en 1956.

La BD revient sur une existence unique avec un homme qui avait une confiance totale en ses talents mais qui n’a pas pu vivre une vie à la hauteur de son ambition. La lecture est captivante et les dessins superbement désignés. La BD est à découvrir à partir du 18 août au éditions La Boite à Bulles.

Synopsis: Acteur emblématique du cinéma d’horreur américain des années 1930, mondialement connu pour avoir donné vie au comte Dracula, Béla Lugosi fait aujourd’hui encore frémir les cinéphiles. Couvert d’éloges dès ses premières apparitions sur scène et au cinéma, il a aussi connu des heures plus sombres. Hongrois d’origine, sa carrière d’acteur à peine entamée, il se retrouva forcé de fuir son pays, pour avoir soutenu la révolution communiste. Arrivé aux États-Unis en 1922, il enchaîne les petits boulots et les seconds rôles, handicapé par sa mauvaise maîtrise de l’anglais. C’est pourtant son accent prononcé qui le mène à la célébrité en 1927, quand il interprète Dracula d’abord à Broadway, puis pour les caméras d’Hollywood. Ce roman (bio)graphique retrace la vie d’un homme qui, après avoir touché les étoiles, connaîtra un déclin tragique. Son orgueil, son style de vie extravagant et son addiction aux drogues l’entraîneront dans une chute sans rédemption. Ses derniers films, tournés par son ami Ed Wood, deviendront tout aussi culte, souvent cités dans les premières places des plus mauvais films de l’Histoire du cinéma.

Editeur: La Boîte à Bulles

Auteur: Koren Shadmi

Nom de pages / Prix: 160 pages / 24 euros

La saga shakespearienne selon Thomas Jolly, dans un geste rare et total, est à voir sur France 4 (épisode 1)

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Thomas Jolly et les siens s’emparent avec un geste rare et total de cette matière théâtrale fleuve et explosive – à la fois poétique et populaire, vorace et légère, noire et tragique, cruelle et épique, où tous les genres de représentations sont convoqués passant sans transition du tragique au bouffon, sur fond de culture pop rock.

Henry VI de Shakespeare – composé de trois pièces publiées en 1592, soit 15 actes, 10 000 vers et 150 personnages, narrant pas moins de cinquante ans d’histoire franco-anglaise opposant les maisons royales de Lancastre et de York sur fond de guerre des Deux-Roses, d’une durée totale de dix-huit heures – n’avait encore jamais été monté en France dans son intégralité et pour cause !

Spectacle hors normes donc auquel le jeune metteur en scène Thomas Jolly, récompensé dernièrement du Molière de la mise en scène, s’est attelé pendant quatre ans et demi, débutant ce pari fou à 26 ans avec sa jeune compagnie, la Piccola Familia. Il en a 32 aujourd’hui.

L’épisode 1 de ce marathon théâtral comportant 8 parties, est à voir sur France 4, le jeudi 12 août à 21h05.

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Thomas Jolly et les siens s’emparent avec un geste rare et total de cette matière théâtrale fleuve et explosive – à la fois poétique et populaire, vorace et légère, noire et tragique, cruelle et épique, où tous les genres de représentations sont convoqués passant sans transition du tragique au bouffon, sur fond de culture pop rock.

A la fois baroque, moderne, outrancière, sanglante, cet Henri VI s’inscrit dans le pure du théâtre élisabéthain, tout en étant de son époque de par ses références et ses clins d’œil pour une traversée jubilatoire.

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L’histoire commence en Angleterre à la mort d’henry V et à l’avènement de son fils henry VI âgé de neuf mois. Henry V appartient à la légende glorieuse du passé où le grand roi n’est plus qu’un cadavre et le nouveau prétendant qu’un enfant autour de qui les antagonismes se font déjà jour.

Alors que les dissensions désorganisent la cour, les Français chassent l’ennemi Anglais et Henry VI perd les conquêtes françaises de son père. Dans son royaume, le roi Henry est menacé car son titre (transmis par les Lancastre) est contestable.

La mise en scène fait la part belle au théâtre de troupe (21 comédiens) et de plateau dans la pure tradition du théâtre de tréteaux. Avec quelques accessoires, une scénographie ingénieuse, et une esthétique influencée par les jeux vidéos, clips, mangas, elle fait naître tout un univers qui épouse le cours de la théâtralité initié par le texte.

Henry IV, le fondateur de la dynastie Lancastre s’est emparé de la couronne en détrônant le souverain en titre, Richard II. Henry IV et Henry V ont su tenir en respect les différents rivaux à la couronne, mais les descendants de Richard II (famille d’York), spoliés, vont maintenant se révolter contre l’héritier d’henry IV.

La famille d’York va se charger de faire payer à Henry VI la faute de son grand-père.

Henri VI est un roi pieux, sage et raisonnable dont la bonté n’est que faiblesse aux yeux des puissants féodaux se disputant intérêts et fonctions quand ils ne construisent pas pièges et complots.

La tribologie s’achève sur l’assassinant d’Henri VI par le futur Richard III.

Renversement d’alliances, trahisons en tout genre, perfidie à tous les étages, guerres fratricides, sur fond d’opportunisme et de rivalité sans fin pour la légitimité du trône, Shakespeare nous livre le chaos d’un monde en plein bouleversement entre un Moyen Âge finissant et une époque nouvelle qui peine à se révéler. Où l’ordre suprême régi par le divin fait place à un ressort individualiste porteur de toutes les ambitions, les manipulations et de tous les reniements.

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La mise en scène fait la part belle au théâtre de troupe (21 comédiens) et de plateau dans la pure tradition du théâtre de tréteaux. Avec quelques accessoires, une scénographie ingénieuse, et une esthétique influencée par les jeux vidéos, clips, mangas, elle fait naître tout un univers qui épouse le cours de la théâtralité initié par le texte.

Au commencement carnavalesque dans un esprit décalé, la farce médiévale donne à voir l’image d’un royaume ampoulé, à l’abri de vieux matériaux de lin, de bois, de dorures. Puis au fur et à mesure que, avec l’écriture de Shakespeare, on avance dans le siècle -l’invention de l’imprimerie, des armes à feu – le geste scénique évolue.

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A l’abri de projecteurs aux lumières rasantes qui découpent l’espace, de costumes beaucoup plus noirs et silhouettés ainsi qu’une scénographie qui se déploie avec une passerelle et deux tours se séparant, comme un royaume brisé, la mise en scène marque un basculement dans la gravité tragique. Avec une esthétique beaucoup plus baroque, voire renaissance, elle se charge en rebondissements mortifères jusqu’à l’épilogue avec l’anéantissement d’une lignée et l’avènement d’une autre.

Vingt et un comédiens, tous animés du feu sacré, portent avec ferveur et fureur ces personnages, tour à tour héros et traites, glorieux et monstrueux, aux prises avec leurs absolutismes diaboliques et leurs déraisonnables complexités.

Sur une bande son mêlant des musiques du XVIe siècle et de la techno rock, les scènes se succèdent avec rythme et fluidité, dans une énergie communicative, confrontant, entre hier et aujourd’hui, la condition humaine face à sa grandeur et sa noirceur, ses ambiguïtés et ses paradoxes.

La lecture de la pièce est d’une limpidité élémentaire grâce à l’arbre généalogique de la royauté britannique au 15e siècle, commenté à deux reprises sur scène, et à l’apparition d’une narratrice, Manon Thorel, qui vient au cours des 7 actes sur un ton grandiloquent avec beaucoup d’humour et d’esprit, resituer l’action.

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Le jeu souvent frontal donne lieu à des scènes d’anthologie. On citera celle du bûcher de Jeanne d’Arc, au casque de coiffure bleu et harnais de cuir tout droit sortie du film de Luc BessonLe cinquième élément”, constitué d’une montagne de chaises. Mais aussi les scènes de bataille à Orléans et Bordeaux à la chorégraphie aussi inventive que créative où les épées sont remplacées par des rubans GPS pour un effet saisissant, sachant que le sang qui coulera tout au long cours  sera toujours sous la forme d’un ruban rouge déployé.

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Ou encore la nuit de la Saint-Albans, chorégraphiée comme un jeu vidéo à travers trois tunnels rouge, qui voit les protagonistes en transparence apparaître puis disparaître dans une illusion aux lisières du fantastique, aussi étonnante que sidérante.

Vingt et un comédiens, tous animés du feu sacré, portent avec ferveur et fureur ces personnages, tour à tour héros et traites, glorieux et monstrueux, aux prises avec leurs absolutismes diaboliques et leurs déraisonnables complexités.

Un théâtre de troupe qui fait sens et tout à la démesure du grand Will…! Bravo.

Vent chaud, du cinéma gay très explicite en salles le 11 aout 2021

Le réalisateur Daniel Nolasco n’est pas encore très connu en France mais revêt une notoriété grandissante dans le milieu du cinéma brésilien queer. Son documentaire Mr Leather était assez pointu sur le milieu cuir au Brésil, il revient avec un long-métrage très explicite sélectionné pour la Berlinale 2020, Vent Chaud, pour public averti.

Un cinéma sans œillères

Le début du film n’y va pas par 4 chemins. La caméra de Daniel Nolasco s’appesantit en détail sur des anatomies masculines suintant de sueur dans une piscine municipale. La description des corps rappelle des calendriers bien connus tout aussi explicites. La caméra se substitut au regard de Sandro, personnage quarantenaire plutôt solitaire. Le film se veut une plongée dans l’esprit d’un humain ordinaire, pour décrire ses désirs et ses aspirations. Le ton du film est ouvertement frontal, sans limites dans l’expression des corps qui se donnent, certains parleront même de pornographie, le parti pris est clivant mais volontaire. Le cinéma queer se bat pour une reconnaissance plus large, avec des barrières compréhensibles pour préserver les moins concernés et les plus jeunes. Le héros a une obsession évidente pour les corps masculins et l’assouvissement de ses désirs. Les corps nus se multiplient, avec une esthétique très eighties et des images clinquantes à la mode Helmut Newton. L’érotisme est constant, diminuant d’autant la portée du film avec cette caricature d’un gay très porté sur la chose. L’esthétique du film est léchée, entre fantasme et réalité, car Sandro est un ouvrier qui veut explorer sa sexualité, jusqu’à l’excès étant donné le caractère très cru de certaines scènes.

Vent chaud est réservé à un public averti avec son parti pris frontal et des scènes de sexe explicites. La liberté est constante, il faut le savoir avant de tenter le visionnage. 

Synopsis: Sandro travaille au département ressources humaines d’une compagnie minière. A la fin de la journée il retrouve son collègue Ricardo dans la forêt avoisinante où ils ont des relations sexuelles. Régulièrement il se rend à la piscine où il fantasme sur le beau Maicon qui ne le remarque pas. Lorsque celui-ci commence à travailler dans la même compagnie, le désir de Sandro se transforme en obsession, et cela empire lorsqu’il apprend que Ricardo et Maicon ont une aventure.

Rouge, un thriller puissant de Farid Bentoumi, sortie le 11 août 2021

C’est devenu une spécialité chez les américains de proposer régulièrement des films sur la pollution insensée auquel est confronté leur environnement Erin Brockovich et Dark Waters ont sérieusement ébranlé les spectateurs du monde entier avec ces récits sur l’impunité de l’industrie américaine sacrifiant les problématiques environnementales sur l’autel du dollar roi. Rouge suit le même sillon en montrant les conséquences désastreuses du laisser-faire dans un récit où le réalisateur Farid Bentoumi imagine un sujet de fiction inspiré de plusieurs affaires très réelles pour un vrai choix de cinéma.

Le cinéma au plus près du réel

La personnage principale de Rouge découvre que la boite de son père où elle vient d’être embauchée a pollué l’environnement en toute impunité pendant des décennies. Le film n’a rien d’une fiction et évoque frontalement la responsabilité des industriels dans la pollution des paysages naturels, comme si les impératifs économiques pouvaient tout cautionner. Loin d’être simplement un film à charge, Rouge a l’intelligence de poser la question du contexte politique et social, le chômage galopant enjoint les salariés à s’accrocher à leur poste, quel qu’en soit les conséquences, l’écologie passe pour beaucoup après les salaire de fin de mois. Le maintien des emplois se fait parfois en dépit de considérations environnementales. Pourtant le film montre bien que la santé de la population est également en jeu, ceux qui ont toujours travaillé en environnement hostile ne considèrent pourtant pas le danger comme vital pour eux, ce que la jeune Nour a du mal à comprendre. Un emploi représente une fierté, les conséquences néfastes passent au second plan pour son père interprété par le toujours impeccable Sami Bouajila. L’usine de chimie lourde évoquée dans le film devient un cas d’école avec ces boues rouges accumulées en plein cœur de la forêt, à l’abri des regards mais aux conséquences connues de tous, le phénomène a créé des catastrophes inimaginables récemment au Brésil. Le film déroule un scénario sur plusieurs niveaux, la question sociétale avec la montée des votes extrêmes pour maintenir les emplois envers et contre tout, la question familiale avec une fille qui se rebelle contre son père, et la question économique avec les industries qui disparaissent les unes après les autres pour se délocaliser dans des pays à main d’oeuvre moins chère. Le film humanise le débat et le rend très proche du spectateur.

Rouge appuie là où ça fait mal en mettant en lumière les pratiques d’industries polluantes couvertes par les hommes politiques. Le film pourrait connaitre une grande notoriété, on ne peut que lui souhaiter!

Synopsis: Nour vient d’être embauchée comme infirmière dans l’usine chimique où travaille son père, délégué syndical et pivot de l’entreprise depuis toujours. Alors que l’usine est en plein contrôle sanitaire, une journaliste mène l’enquête sur la gestion des déchets. Les deux jeunes femmes vont peu à peu découvrir que cette usine, pilier de l’économie locale, cache bien des secrets. Entre mensonges sur les rejets polluants, dossiers médicaux trafiqués ou accidents dissimulés, Nour va devoir choisir : se taire ou trahir son père pour faire éclater la vérité.

[BD] Fausses Pistes, western moderne de Bruno Duhamel (Grand Angle)

[BD] Fausses Pistes, western moderne de Bruno Duhamel (Grand Angle)

Avec Fausses Pistes, Bruno Duhamel (Jamais, Le Voyage d’Abel, Nouveau contact…) nous emmène dans un univers décalé et inattendu. Un voyage où l’on suit Frank qui pendant 15 ans a incarné un Marshal à l’écran au point de se demander si ce n’était pas désormais le Marshal qui incarne Frank. Un flou artistique qui lui a valu d’être remercié par son producteur, la faute à un comportement quelque peu inquiétant en dehors des plateaux.

Invité par ses collègues à partir en voyage pour fêter sa retraite anticipée, Frank va traverser l’Ouest américain sans grande conviction. Un peu perdu, avec son colt toujours sur lui, il va faire sa traversée du désert à bord d’un bus rempli de touristes… C’était sans savoir qu’il allait sans doute trouver sa place, au coeur d’un western sans trucage.

Un album authentique qui prend à contrepied le lecteur et surprend par son audace. Mettant en scène des personnages tous aussi touchants les uns que les autres, Bruno Duhamel propose un récit plein d’humour et d’humanité, efficacement servi par un dessin bien exécuté. 

Fausses Pistes ne manque donc pas d’arguments. Une histoire complète à découvrir en librairie !

Extrait de la BD : 

Résumé de l’éditeur :

Depuis 15 ans, Frank incarne le célèbre Marshal dans le spectacle quotidien de la ville de Woodstone. Il est obstiné, colérique, et totalement possédé par son personnage. Un peu trop, de l’avis du psychiatre, depuis que Frank a dégainé sur un touriste. Officiellement jugé  » trop vieux  » pour le rôle, Frank perd tout. Son seul horizon : un voyage organisé dans l’Ouest, offert par ses collègues. Pour tout bagage, sa prime de départ, et un authentique Colt simple action, modèle 1880. Et au fond de son âme, une légende à réécrire.

Date de parution : le 09 juin 2021
Auteurs
: Bruno Duhamel (scénario et dessin)
Genre : western moderne
Editeur : Grand Angle
Prix : 17,90 € (80 pages)
Acheter sur : BDFugue

L’exégèse d’Hamlet par Olivier Py, sur France 4, le 5 août à 21h05

L’exégèse d’Hamlet par Olivier Py sur France 4 à 21h05
Hamlet à l’impératif ! – la pièce Olivier Py 2021 © Christophe Raynaud de Lage/Festival d’Avignon

L’exégèse d’Hamlet par Olivier Py, sur France 4, le 5 août à 21h05

Au château d’Elseneur, la folie gagne et la mort rôde. Vengeance, amour, tyrannie, désir, toutes les passions humaines sont en scène dans le chef-d’œuvre shakespearien, devenu source de pensée pour de nombreux artistes et intellectuels. Si Olivier Py a exploré ce destin littéraire au cours d’une spectacle-fleuve de 10 épisodes créé pour le Festival d’Avignon, une version resserrée de 2h a aussi été initiée.

Humain, trop humain !

Parce qu’il continue de voir l’œuvre shakespearienne comme une énigme à percer encore, le directeur du Festival d’Avignon décide de mener l’enquête, à la rencontre des grands penseurs et artistes qui ont dialogué avec Hamlet au fil des siècles. Un immense chantier autour de l’œuvre voit alors le jour, convoquant la philosophie, le droit, la psychanalyse, la linguistique, la politique, la poésie. Une traversée au cours de laquelle Olivier Py propose une lecture radicalement nouvelle de Hamlet. Une aventure donc qui embrasse d’un geste toute la richesse et la profondeur du chef-d’œuvre. En jaillit en filigrane une réflexion sur le théâtre, sur la puissance du langage, sur la figure féminine, la mort et la vie, le temps, la morale et l’action politique. 

Date : 5 août 2021 sur France 4 à 21h05
 

Nadia butterfly de Pascal Plante, la vie complexe de nageuse en film, sortie en salles le 4 août 2021

Nadia est membre de l’équipe canadienne de relais 4X100 m 4 nages. Elle planifie d’arrêter la compétition après les JO de Tokyo de 2020, malgré sa résolution elle ressent un grand vide intérieur. Une vie d’entrainement et ses bras puissants sont la preuve qu’elle peut s’investir, mais dans quoi? Le film offre une réflexion lancinante et pertinente sur le sens de la vie à hauteur de femme.

Une jeune femme moderne

L’héroïne et ses 3 amies ont le rêve fou d’obtenir une médaille aux JO, elles s’investissent tellement qu’elles n’envisagent pas la suite, Nadia est la seule à y penser, à 23 ans seulement, envisageant sa retraite prématurée comme un acte de maturité mais aussi comme une petite mort. L’athlète de haut niveau va devoir passer par toutes les étapes de son deuil sportif. Finis les moments de communauté sportive, la solitude guette à l’horizon et elle sent de plus en plus les liens se détacher avec ses coéquipières. Pascal Plante s’intéresse aux longues séances d’entrainement, aux échauffements inlassablement répétés et à la discipline de fer nécessaire pour atteindre ses objectifs. La course de Nadia aux JO est le grand moment du film, avec le lâcher prise qui suit, où il est permis de boire, de se lâcher, d’oublier la rudesse de la vie d’athlète pour vivre sa vie de femme. Une sorte d’avant-gout de ce à quoi elle aura droit une fois sa vie d’athlète terminée, ou pas, le mirage n’est pas loin. L’actrice principale remplit l’écran à elle seule, ce n’est pourtant pas une actrice à la base mais une nageuse qui a brillé lors de compétitions. Ce choix de l’authenticité se voit à l’écran et malgré quelques dialogues un peu alambiqués manquant de profondeur, le film garantit un beau moment méditatif qui n’est pas sans rappeler l’autre film rempli de spleen à Tokyo, Lost in Translation.

Nadia butterfly est un beau moment de cinéma en compagnie d’une jeune femme à la croisée des chemins, entre cocon protecteur des bassins et découverte de la vie réelle en dehors de la compétition. Le film est à découvrir le 4 août pour un moment de cinéma rempli d’énergie communicative.

Synopsis: À 23 ans, Nadia prend la décision controversée de se retirer de la natation professionnelle et de s’affranchir d’une vie de sacrifices. Après une dernière course, les excès cachés du Village olympique offriront à Nadia un premier souffle de liberté. Mais à mesure qu’elle plonge dans l’inconnu, les doutes surgissent : qui est-elle réellement ?

Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin, Maxence Tual : le trio choc pour sauver la planète !

Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin et Maxence Tual : le trio choc pour sauver la planète !
© photo : Philippe Lebruman

Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin et Maxence Tual : le trio choc pour sauver la planète !

Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin et Maxence Tual se sont rencontrés au sein de la troupe des Chiens de Navarre. De cette expérience commune, ils ont gardé le goût du collectif et de l’improvisation propices à une osmose jubilatoire sur le plateau.

Avec « Jamais labour n’est trop profond », c’est à une série de tableaux qu’ils nous convient, écrits et mis en scène collectivement, sur fond d’écologie, de décroissance et d’effondrement dont la troupe est aussi partie prenante. Le tout armé d’un humour transgressif et de résistance où la satire mais pas que, redonne au théâtre une dimension ludique et singulière : aussi inattendue que poétique.

Sur la scène transformée en laboratoire d’expérimentation, les comédiens se livrent à une exploration intime et artistique de ce qui fait le théâtre aujourd’hui et de son héritage, à l’orée de la révolution écologique.

Le spectacle s’ouvre sur un entretien téléphonique aux toilettes sèches of course ! où Thomas Scimeca échange avec son agent des conditions avantageuses de son prochain tournage. Mais voilà, il fait désormais partie de la compagnie durable et n’a donc plus rien à voir avec les faux-semblants de la notoriété et de l’appât du gain, comme lui rappelle avec pertinence Maxence Tual, qui explose son téléphone portable et fait de lui un homme libre !

Ça enchaîne avec l’exposé du grand projet écologique mené par nos trois acolytes : créer une machine, la « merdoduc » qui permet de créer de l’électricité et de l’eau avec des secrétions humaines.

Et dont le propos est sujet à des tirades qui font mouche : « Netflix produit 9 fois plus de CO² que les compagnies aériennes » ; sur un tournage, « à chaque réplique tu tues un ours blanc ».

Plus tard, Anne-Elodie Sorlin conviera les hommes à table autour d’une pizza où le trio s’épanchera sur la seule solution envisageable face à la surconsommation : le jeûne intermittent (ou le jeune intermittent, c’est selon).

Les scènes se succèdent dans un joyeux bordel portées par une dérision mélancolique et intempestive où le rire questionne autant qu’il débride.

Dans cette embardée à la fois prosaïque et surréaliste, le théâtre le plus tragique avec Hamlet et Prométhée est aussi convoqué pour se moquer de ses codes et de ses artifices à travers une scène de tournage chaotique, tout en cristallisant dans son intention l’élan créatif et poétique de l’art théâtral.

Un spectacle revigorant emmené par un collectif au taquet et qui nous fait plus que jamais nous sentir vivants en ces temps si troublés. Bravo !

Dates : du 29 au 31 juillet 2021 – Lieu : Théâtre Paris-Villette dans le cadre de la programmation du Festival Paris l’été
 

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