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Lizzy Mercier Descloux, une éclipse, presque un roman sur une figure oubliée de la musique

Les éditions Playlist Society laissent le champ libre à Simon Clair pour évoquer la figure légendaire d’une artiste oubliée des scènes musicales punk, No wave et world music, Lizzy Mercier Descloux. Entre les années 70 et les années 80, la jeune parisienne a promené sa tignasse folle de Paris à Johannesburg en passant par New York, marquant à l’encre indélébile les personnages croisés sur sa route. Si le grand public l’a oublié, ceux qui l’ont connu se souviennent, et les souvenirs s’accumulent, flamboyants.

Une personnalité iconoclaste

L’ouvrage de Simon Clair se lit comme un roman, porté par un souffle de liberté qui s’insinue entre les pages. La petite fille des Halles a voulu vivre une vie sans contraintes, traçant sa route à toute berzingue. Au fur et à mesure de ses rencontres, elle parvient à enregistrer 5 disques qui, s’ils ne marqueront hélas pas le grand public, la placeront à une place unique sur l’échiquier musical. De ses premiers essais anarchiques jusqu’à ses influences africaines et brésiliennes, Lizzy a enregistré des morceaux qui valent le détour, faits d’onomatopées, d’envolées musicales barrées et d’influences de tous horizons. Simon Clair réhabilité cette figure underground oubliée dans 168 pages qui se dévorent vitesse grand V. De l’amour à tout prix jusqu’à la funèbre maladie finale en passant par les voyages aux Bahamas et dans les ghettos, le livre n’oublie rien pour faire ressortir aussi fidèlement que possible une vie placée sur l’autel de la liberté. Compagne notamment de Richard Hell et de tant d’autres, la demoiselle a brûlé sa vie par les deux bouts et ce livre transmet une énergie folle pages après pages. Synthétique, passionnant, enflammé, ce livre est un objet non identifié à découvrir absolument pour faire revivre le New York glauque des années 70 et la découverte des scènes musicales du monde.

Elle était la muse absolue de la scène rock de New York à la fin des années 1970, l’égérie parfaite du mouvement no wave. Patti Smith, Richard Hell, Lydia Lunch étaient fous de cette chanteuse française avant-gardiste. Pourtant, Lizzy Mercier Descloux est morte seule à 47 ans, dans le plus grand dénuement, ne laissant qu’une trace infime dans l’histoire de la musique. Comment une figure aussi culte a-t-elle pu tomber dans l’oubli ? Lizzy Mercier Descloux, une éclipse revient sur l’histoire tragique de la chanteuse à l’aide des témoignages de ceux qui l’ont connue.

Marchant dans ses pas de Paris à New-York, la suivant dans ses voyages en Afrique du Sud, aux Bahamas ou au Brésil, le livre révèle comment l’auteure de « Mais où sont passées les gazelles ? » a été précurseuse du courant qu’on appelle aujourd’hui la world music. Il dévoile une personnalité complexe à la carrière malmenée pour ses choix artistiques iconoclastes, au sein d’une industrie musicale sexiste.

Date de parution : le 12 mars 2019
Auteur : Simon Clair
Editeur : Playlist Society
Prix : 14 € (168 pages)
Achetersur : Amazon

Madame La Présidente, portrait intime de Brigitte Macron (Plon)

Madame La Présidente, portrait intime de Brigitte Macron (Plon)

Ava Djamshidi et Nathalie Schuck ont consacré leur dernier livre à Brigitte Macron, l’intitulant : Madame la Présidente. Une Première Dame pas comme tout le monde !

Surtout pas un pot de fleurs

On pourrait croire que Brigitte Macron est timide, réservée, et loin derrière son mari. Image qu’elle donne en public où elle reste toujours, ou presque, en retrait. En réalité, il n’en est rien ! Tout le monde connaît leur histoire. Elle a été son prof quand il avait 15 ans. Ayant 24 ans de plus que lui, elle reste son prof et son exigence à son égard est intacte. Elle ne le quitte pas d’une semelle et est au courant de tout ce qui se passe à l’Elysée et surtout de tout ce qui se dit. Et grâce à ça, elle va plus ou moins influencer son mari…

Influence certaine sur le Président des Français

L’intelligence supérieure du Président est reconnue par tous ! Sa vivacité d’esprit est redoutable de même que sa mémoire. Mais il ne faut pas oublier l’influence de sa femme qui veille sur son « poulain » en permanence. Elle seule est capable de le faire changer d’avis ! Elle lui prodiguera des conseils aussi bien sur ses discours que sur ses relations. Comme elle le fait depuis toujours ! Elle vise l’excellence pour lui, et elle a l’excellence ! C’est surtout une femme remarquablement intelligente et humaine.

Le Président ne serait pas le Président sans elle

Au fil des pages, le lecteur n’apprend pas grand-chose au niveau politique. Car tout ce qui est écrit est déjà su ! Pas de scoop particulier. On sait déjà l’influence qu’elle a sur les ministres. On sait qu’elle a dit que Nicolas Hulot a été « minable » et qu’il ne mérite pas les honneurs de La république. Il doit sortir par la petite porte. Et c’est ce qui s’est passé.
Autre exemple, c’est Brigitte qui a plaidé la nomination du Ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer.
 » Elle est la femme qui souffle à l’oreille de l’artiste « , dit Philippe de Villiers. P.185

Rôle de Première Dame

Brigitte Macron a du mal à se préparer à ce nouveau job. Elle a eu deux ans pour essayer d’être parfaite, en imitant les autres Premières Dames du monde. Claude Pompidou et Bernadette Chirac l’ont plus fortement inspirée que d’autres. Bien entendu elle souffre de tout ce qu’elle entend de négatif sur sa propre personne, des attaques en tout genre, mais surtout liées à leur différence d’âge. On la surnomme « la vieille » … Et pourtant, Brigitte est une très belle femme !

Elle a dû faire face à l’affaire Benalla, aux gilets jaunes, des polémiques permanentes concernant ses tenues, qui sont souvent prêtées par les grands couturiers. Bref, Brigitte Macron est en permanence sur la sellette et très malmenée. Elle savait que ce serait dur, mais sans doute pas à ce point-là.

« Au moment où les « gilets jaunes » s’époumonent dans les rues, entonnant des slogans « Macron démission », « Macron à l’échafaud », « Madame la présidente » apparaît aux Français comme une privilégiée déconnectée, lointaine successeuse de « l’Autrichienne », épouse de Louis XVI. P.178
Brigitte Macron ne baisse pas la tête, elle fait face. Elle fait son devoir de femme de Président avec passion.

Madame La Présidente est un livre très vivant, rempli d’anecdotes qui démontre qu’elle est avant tout une femme, amoureuse d’un homme depuis trente ans et qui est devenu Président de la république. Une histoire de conte de fée ? Pas vraiment car sa vie ressemble plutôt à un combat qu’à un conte de fée !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

La première enquête sur le rôle politique de Brigitte Macron, la Première dame que l’on surnomme désormais « Madame la Présidente ».
De Brigitte Macron, les Français connaissent la silhouette longiligne, le sourire solaire. Une première dame lisse, soucieuse de rester à sa place, légèrement en retrait. Qui sait qu’elle joue, en coulisses, un rôle capital ?

Dans le huis clos de l’Élysée, elle est la première conseillère du chef de l’État, sa coéquipière, la véritable « maîtresse des horloges », celle qui le sermonne quand il dérape. Chaque soir, une fois fermée la porte des appartements privés, elle lui fait remonter les colères qu’elle perçoit, les doléances qu’elle glane. À l’aise dans les jeux de la cour, cette fausse candide a un avis tranché sur les ministres et conseillers, et le fait savoir. La garde rapprochée du président, qu’on surnomme le « club des mormons », a dû apprendre, non sans peine, à composer avec cette singulière épouse.


Dans cet ouvrage riche en révélations – ses coups de colère, les mesquineries des collaborateurs du chef de l’État, la vie quotidienne des Macron au Palais –, fruit d’une longue enquête, de rencontres avec la première dame et d’entretiens avec de nombreuses personnalités politiques, c’est le véritable rôle de Brigitte Macron à l’Élysée qui, pour la première fois, est dévoilé.

Date de parution : le 31 janvier 2019
Auteur : Ava Djamshidi et Nathalie Schuck
Editeur : Plon
Acheter sur : Amazon

Dernière terre, une série complète audio de science-fiction super original (Audible)

Dernière terre, une série complète audio de science-fiction super original (Audible)

Vous aimez la science-fiction ? Vous aimez les histoires de Zombie ? Alors, vous allez être transportés par la dernière création Audible Studios : Dernière Terre. Époustouflante et emplie d’humour !

L’histoire d’épidémie

Dès les premières minutes d’écoute de Dernière Terre, vous voilà catapultés dans le monde des zombies. Ne cherchez pas à comprendre ! Laissez-vous porter ! Tout va aller très très vite ! Vous ne savez pas ce qu’est un zombie ? C’est une chose, ou plutôt un monstre qui a « un QI d’un bulot avec les dents d’un requin ! ». Belle image qui en dit long sur le zombie. Les bruitages sont très éloquents : coups de feu, cris, grognements monstrueux, tout y est pour vous rendre accro à votre écoute ! Et somme toute, terrorisés ! On ne compte pas le nombre de morts, de têtes décapitées…
La France est envahie de zombies. Thomas qui a son frère en Angleterre veut aller le rejoindre, avec ses amis, David et Laura. Il faut y aller pour sauver l’Europe. Ils voient la petite Sophie, 10 ans, se diriger droit sur les zombies et décident de la sauver, à tout prix. Ils l’embarquent avec eux, lui faisant croire qu’ils partent en vacances.

Voyage vers l’Angleterre

Rien ne sera facile pour eux. Leur voyage va ressembler à un voyage en enfer. David s’est fait mordre à la jambe par un zombie. A son tour, va-t-il devenir zombie ? Laura veut tuer David. Elle a déjà tué son propre père. Sophie parle de « saloperie de chômeurs », comme disait son père quand il voyait des zombies… Du coup, seule Sophie n’a pas peur des zombies qui poussent des cris effrayants, inhumains et attaquent les hommes, pour se nourrir. Non seulement, Sophie n’a pas peur mais elle leur parle. Et elle les comprend. Comment est-ce possible ? Qui est cette petite fille d’un autre monde ?

Château de Vincennes et faux roi

Dans la région parisienne, Laura estime que s’y trouvent 10 millions de zombies potentiels. C’est alors que Sophie se fait enlever par le Chevalier de Vincennes qui l’emmène à la Cour. Nous voilà en pleine époque médiévale. Sophie dit au roi : « Ca n’existe plus les rois ! » Pourtant tout nous renvoie à cette époque du moyen-âge : le style, le vocabulaire, les tenues vestimentaires, les expressions : gourgandine, Sire, s’il vous sied, Souverain, sa Majesté… Bref, un passage bien drôle qui nous rappellera quelques bons films : « C’est fou de se dire qu’un subjonctif imparfait peut fonder un empire. ».

Et les zombies alors ?

Sophie est prisonnière et enfermée dans un cachot du château de Vincennes, avec des zombies à qui elle raconte des histoires. Elle se plaint tout de même de sa « chambre au château ». Thomas et David sont aussi faits prisonniers. Et c’est Sophie qui va les sauver de la gueule des zombies. Mais la bataille est démente et d’une grande violence avec des effets spéciaux hallucinants. Mais Sophie a mal à la jambe. S’est-elle fait mordre à son tour ? Assurément. Mais elle raconte alors qu’elle s’est déjà faite mordre par sa propre mère mais ne s’est pas transformée en « chômeur ». Comment est-ce possible ? A-t-elle reçu un sérum ? A-t-elle toujours le pouvoir de parler aux zombies ? Qui est donc sa mère ?

Les catacombes de Paris

C’est un des passages les plus drôles et les plus farfelus du livre ! Il y aurait un énorme, mais absolument monstrueux, zombie caché sous la Bibliothèque Nationale de Paris. Les autres zombies lui apportent de la cervelle pour le nourrir. Thomas, David et Laura partent à sa recherche. Ils tombent alors sur des « gilets jaunes » qui se sont réfugiés dans les catacombes pour fuir la police ! Et depuis des mois, ils se sont perdus ! Ils ne croient pas en l’épidémie de Zombies :  » Ca sent BFM, ils ne savent pas quoi inventer pour discréditer le mouvement « .
LOL !
Ils s’aperçoivent que Sophie a un don avec sa voix :  » On va réveiller Johnny pour qu’il fasse un duo avec la petite !  »
Re LOL !

Impossible d’en dire plus sur ce livre audio Dernière Terre. Le casting est tout simplement aussi géant que les zombies. Les comédiens, très nombreux, sont tous excellents ! Les bruitages nous terrorisent souvent. Les vannes fusent à toute vitesse et nous font éclater de rire ! Les effets spéciaux sont aussi surprenants que réels, dignes d’un film ! Le scénario nous embarque loin, très loin de notre quotidien, tout en étant de mèche avec l’actualité de l’Europe, et plus particulièrement de l’Angleterre et surtout de la France !
Dernière Terre nous tient en haleine tout en nous faisant rire ! Une réelle performance ! Une vraie réussite à partager avec le plus grand nombre !

Accédez au livre audio : Dernière Terre

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Dernière terre

Au cœur d’une France envahie par les zombies, Dernière Terre raconte le voyage insolite de quatre jeunes prêts à tout pour rejoindre l’Angleterre.

Thomas, David, Laura et la petite Sophie vont côtoyer une série d’univers aussi bien mystique, surnaturel que médiéval. Pour traverser la Manche, notre quatuor de bras cassés va ainsi croiser une galerie de survivants aussi terrifiants qu’excentriques. Chaque étape de l’aventure permet de comprendre les origines de l’infection et le rôle primordial que les quatre personnages vont devoir tenir. Auront-ils assez de courage, de culot et d’inconscience pour parvenir à sauver l’Europe ? Disputes, kidnapping, menace de mort et fou rire embarquent l’auditeur dans un road movie burlesque et… particulièrement sanglant !

Avec, dans les rôles principaux : Donald Reignoux, Pierre Lacombe, Audrey Pirault & Mathilde Cerf.

Et dans les rôles secondaires (par ordre d’apparition) : Aurélien Portehaut, Jean-François Vlérick, Frédéric Courraud, Jacques Chambon, Amaury Jansens, Jean-Luc Couchard, Aliette Dussine, Renaud Rutten, Joëlle Sevilla, Clément Rivière, Kemar, Renaud Cathelineau, Diane Lacombe, Damien Minet, Laurent Blanpain, Ann Christin, Keith Farquhar, Benjamin Diebling & Charlie Jackson.

©2019 Clément Rivière (P)2019 Audible Studios

Date de parution : le 28 février 2019
Auteurs : Clément Rivière, Gabriel Féraud, Pierre Lacombe
Lu par : Donald Reignoux, Audrey Pirault, Joëlle Sevilla, Jean-Luc Couchard, Renaud Rutten, Kemar
Durée : 4 h et 10 mn
Acheter sur : Audible

Les transports, mon imagier animé (Gallimard Jeunesse)

Les transports, mon imagier animé (Gallimard Jeunesse)

Gallimard Jeunesse sort un très bel album entièrement cartonné, Les transports, illustré par Kiko, avec des couleurs vives qui vont attirer l’enfant et surtout leur plaire.
Le tout jeune lecteur, dès l’âge de 1 an, va découvrir les différents transports avec cet imagier animé. Il va soulever des volets, découvrir d’autres images, il va tourner des roues pour faire avancer le tramway ou faire voler l’avion dans le ciel. Non seulement l’enfant apprendra ses premiers mots avec ces belles images, mais il découvrira aussi les différences entre les transports et même entre les véhicules, les trains, les avions, les bateaux…
Les dessins sont simples, colorés et très attirants.
Les transports, un bel album à ajouter à la collection « Mes premières découvertes » de Gallimard pour tout petit.

Date de parution : le 8 novembre 2018
Auteur : Collectif
Illustrateur : Kiko
Editeur : Gallimard
Prix : 8,90 €
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Comme à la guerre, une confession de la paternité de Julien Blanc-Gras (Stock)

Julien Blanc-Gras

Comme à la guerre, une confession de la paternité de Julien Blanc-Gras (Stock)

Nous sommes plus habitués à lire des livres sur la maternité que sur la paternité. Cette fois-ci, Julien Blanc-Gras, auteur, journaliste reporter, aborde avec beaucoup d’originalité sa propre paternité, Comme à la guerre, vécue au XXI siècle après avoir consacré un livre, In utéro, sur la maternité et sur la femme.

Son propre ressenti en tant que père

Tout se mélange dans la tête de Julien Blanc-Gras au moment où il devient père. Il devient père et il fait face en même temps aux terribles attentats de janvier 2015, à Paris. Pour son fils, il doit garder le moral. Mais comment gérer l’horreur qui le dévaste et le fait qu’il doit s’occuper de son enfant qui ne cesse de demander des soins, des câlins et des sourires. Etant journaliste, et travaillant la plupart du temps chez lui, Julien gère les petits soucis du quotidien, comme il peut ! Même si les croûtes de lait de son fils peuvent paraître dérisoires, il faut s’en occuper. L’absurdité de la vie, en quelque sorte.

Retour sur ses grands-parents

Au moment de devenir père, Julien s’aperçoit qu’il ne sait rien ou presque rien de la vie de ses grands-pères. Ils sont tous les deux décédés et il regrette amèrement de ne pas s’être intéressé à eux de leur vivant. Il aurait pu leur poser des questions. « Je l’ai mal connu, finalement, ce vieux. Je m’en veux un peu, j’aurais pu mieux faire ? Mais quand on a juste quinze ans, on n’a pas le cœur assez grand. » P.237
Comment avaient-ils vécu la guerre ? Il part alors à la recherche du moindre indice et découvre ce qu’ont vécu ses grands-pères. L’horreur jamais partagée avec les leurs. Une vie de « héros », jamais dévoilée.

Parallélisme entre la guerre et aujourd’hui

Comme à la guerre porte bien son nom. Tout au long du livre, l’auteur va publier des récits écrits par son grand-père, et raconter la jeunesse de ses aïeux au moment de la seconde Guerre Mondiale. Récits troublants de vérité. Récits intimes et courageux. Récits terribles rapportés de la vraie guerre. Récits rapportés comme un hommage à ses ancêtres qui ne s’étaient jamais mis « en avant ».
Et nous ? En 2015, sommes-nous en guerre ? Oui et non répond l’auteur.

La joie d’être père

Même si le contexte est dur, douloureux, Julien Blanc-Gras arrive à nous faire sourire et parfois plus ! Son style, très vivant, dévoile son optimisme à toute épreuve ! Le lecteur se régale de ses cartes postales envoyées à son fils dans les différents pays qu’ils traversent, pour son métier ! Et son bonheur d’être père, de découvrir son enfant grandir l’emporte largement sur toutes les horreurs perpétrées par les hommes. Même si les nuits restent difficiles, 5h d’affilée de sommeil reste un exploit, Julien Blanc-Gras découvre les joies d’être père même si ce n’est pas facile tous les jours !
 » La vérité sur l’éducation des enfants : on fait au mieux, on fait ce qu’on peut. Impossible de tout contrôler, il faut accepter notre condition de parents imparfaits. » P.194
Beaucoup de parents se reconnaîtront dans les situations cocasses décrites par l’auteur !
Comme à la guerre, un livre à la fois drôle, émouvant et profond.

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« Le jour de la naissance de mon fils, j’ai décidé d’aller bien, pour lui, pour nous, pour ne pas encombrer le monde avec un pessimisme de plus. Quelques mois plus tard, des attentats ont endeuillé notre pays. J’en étais à la moitié de ma vie, je
venais d’en créer une et la mort rôdait. L’Enfant articulait ses premières syllabes avec le mot guerre en fond sonore. Je n’allais pas laisser l’air du temps polluer mon bonheur. »
Roman d’une vie qui commence, manuel pour parents dépassés, réflexion sur la transmission, cette chronique de la paternité dans le Paris inquiet et résilient des années 2015-2018 réussit le tour de force de nous faire rire sur fond de
tragédie.

Date de parution : le 2 janvier 2019
Auteur : Julien Blanc-Gras
Editeur : Stock
Prix : 19,50 € (288 pages)
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Deux vins à découvrir du Domaine Brusset pour un beau moment de plaisir!

Les travers Cairanne
Les travers Cairanne, Domaine Brusset

Le Domaine Brusset propose un vin blanc et un vin rosé à découvrir pour des dégustations de qualité. Jeanne B. en rosé et Les Travers en blanc sont deux bouteilles que vous devez absolument déguster pour de vrais moments de plaisir.

Un Cairanne parfait pour accompagner des fruits de mer

Le Cairanne Les Travers se compose de Clairette, Grenache blanc, Roussanne et de Viognier. Issu d’un fil argilo-calcaire sur des coteaux sablonneux et en plaine, le vin est récolté à la main. Vieilli 5 ans, le vin a une belle robe doré clair à reflet argenté, lumineuse. Le nez est intense et frais, avec des notes florales de jacinthe-aubépine. La bouche est ronde et fraîche, fruitée et poivrée. Pensez à ce vin pour accompagner vos huîtres, vos palourdes et vos coquillages, et même du beaufort. Vendu directement ou chez les cavistes, son prix est très intéressant: 10,70 euros en départ cave.

Jeanne B. un beau rosé à découvrir!

Ce rosé est continué de Grenache, Syrah et Cinsault. Cultivé sur le argilo-calcaire des coteaux argilo-pierreux en plaine, il est récolté manuellement pour un élevage de 6 mois et un vieillissement de 3 ans. Sa robe est très pétale de rose avec une note argentée. Le nez fruité fraise des bois et cerise, la bouche est ample et fraîche, très fruitée fraise des bois-citron, poivrée. Pour le déguster, il faut tenter les saint-jacques aux agrumes, les langoustines grillées aux épices, le comté et la panacotta à la pistache pour un beau repas. Vendu directement à la cave ou chez les cavistes, vous pouvez le trouver pour un très bon prix de 7,70 euros. Faites vous plaisir!

Sortie DVD/Blu-Ray et VOD du très beau film Les filles du soleil le 8 mars 2019

Les filles du soleil
Les filles du soleil, film d’ Eva Husson

Le film de femmes de combat Les filles du soleil s’apprête à sortir en DVD et en Blu-Ray. Deux grandes actrices prêtent leurs traits à une journaliste Addict aux reportages de guerre Mathilde (Isabelle Bercot) qui suit les femmes combattantes au coeur du Kurdistan menées par la courageuse Bahar (Golshifteh Farahani). A l’heure où le sort de cette partie de l’Irak est encore dans la balance entre les velléités guerrières de la Turquie voisine et les intérêts des nations frontalières (Syrie, Irak, Iran), le film se concentre sur la lutte pour la vie de ces valeureuses combattantes.

Un film injustement passé inaperçu dans les salles

Sorti le 21 novembres 2018 dans les salles, le film n’a pas bénéficié d’une couverture médiatique à la hauteur de ses enjeux. Car le film ne ment pas, des combattantes kurdes ont mené le combat en première ligne contre l’armée de Daesh avec une férocité peu commune. Car après avoir vu leurs fils enlevés, leurs filles violées et leurs maris tués, elles n’ont plus rien à perdre. Pas de faux-semblant, des scènes très difficiles illustrent la violence de la vie griffée par l’irruption de ces démons djihadistes. Les paysages majestueux du Kurdistan apportent une sérénité trompeuse à un déroulé qui accumule les échauffourées entre les deux factions, la journaliste suit les combattantes et admirez l’écran des spectateurs leur bravoure désespérée pour un bel hommage. Golshifteh Farahani figure une ancienne avocate devenue une cheffe de bataillon, son histoire est dévoilée via des flashbacks douloureux pour mieux comprendre la source de sa rage intérieure. Isabelle Bercot se fait toute petite dans ce contexte où se joue le sort du monde. Sa voix intérieure commente en direct l’action très réaliste, sans artifices inutiles ni scènes hollywoodiennes. Les soldats tombent, les enfants sont libérés, la réalisatrice du très décrié Bang Gang change de registre pour une odyssée guerrière qui interroge sur la capacité de chacun à s’investir dans une lutte pour la liberté.

La sortie DVD/Blu-Ray/VOD des Filles du soleil permettra au plus grand nombre qui mérité 100 fois un visionnaire. Car le film est dur, le film est beau, il donne de l’espoir et montre la ténacité trop souvent oubliées dans les images données par les médias sur ce conflit pas si lointain.

Au Kurdistan, Bahar, commandante du bataillon Les Filles du Soleil, se prépare à libérer sa ville des mains des extrémistes, avec l’espoir de retrouver son fils. Une journaliste française, Mathilde, vient couvrir l’offensive et témoigner de l’histoire de ces guerrières d’exception. Depuis que leur vie a basculé, toutes se battent pour la même cause : la femme, la vie, la liberté..

Sortie DVD : le 8 mars 2019
Durée : 01h51
Réalisateur : Eva Husson
Avec : DGolshifteh FarahaniEmmanuelle BercotZübeyde Bulut
Genre : voir fiche allociné
Prix : 14,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

https://www.youtube.com/watch?v=leBhroI4iWI

Prunelle de mes yeux, un livre pour ados de Marion Muller-Colard (Folio Junior)

Prunelle de mes yeux, un livre pour ados de Marion Muller-Colard (Folio Junior)

Marion Muller-Colard nous offre un très joli premier roman avec Prunelle de mes yeux . S’il est conseillé à partir de onze ans, il peut être lu par des ados plus âgés et même des adultes. L’histoire de Prunelle est une histoire d’adolescente, mais aussi une quête intérieure.

Passage à l’adolescence

Prunelle trouve que sa maman la couve beaucoup trop. Elle a quatorze ans. Elle rêve de plus de liberté et elle a surtout l’impression d’étouffer dès que sa mère s’approche d’elle. Elle ne supporte plus qu’elle vienne la chercher au Collège, ou tout simplement qu’elle ne se rende pas compte que Prune n’est plus une petite fille.

Devenir libre et grande

Alors, un beau jour, elle décide de quitter la maison et d’aller dormir chez sa tante. Tant pis si sa mère est triste. Elle ne veut plus la voir.
A travers Prune, l’auteure aborde des thèmes fondamentaux comme les secrets de famille, la quête identitaire, et même les explications sur les FIV. Le jeune lecteur aura des explications tout à fait scientifiques et très claires. De quoi se poser des tas de questions à la fin du livre ! Et de trouver que la vie est belle ! Et qu’il est bon d’avoir des parents, même quand on est ado !

Prunelle de mes yeux, un livre enrichissant et intelligent !

Date de parution : le 3 janvier 2019
Auteur : Marion Muller-Colard
Illustrateur de couverture : Violaine Leroy
Editeur : Folio Junior
Prix : 5,90 €
Acheter : Amazon

Vis ma vie avec un utérus, des révélations fracassantes (Pygmalion)

Subject: FRIEDMANN Emmanuelle – Copyright: Philippe MATSAS/Opale

Vis ma vie avec un utérus, des révélations fracassantes (Pygmalion)

Emmanuelle Friedmann est auteure et journaliste. Son dernier livre, Vis ma vie avec un utérus, se révèle un livre indispensable à toutes les femmes mais également aux hommes pour mieux comprendre la femme, et mieux l’aimer !

Données médicales

Si Emmanuelle Friedmann n’est pas médecin, elle s’est tout de même très bien renseignée sur les problèmes gynécologiques des femmes. Car si elle aborde des choses évidentes, comme les règles, les méthodes de contraception, les visites chez les gynécologues, les accouchements… elle aborde également des points très précis et très cliniques. Elle parle souvent des douleurs des femmes qui ne sont pas assez entendues et des possibles maladies mal diagnostiquées et hyper douloureuses comme l’endométriose…

Des signaux d’alertes

Rien d’alarmant dans ce livre, mais de simples vérités. Par exemple si vous ne vous sentez pas à l’aise avec votre gynéco, n’hésitez tout simplement pas à en changer ! Leurs réflexions peuvent vous blesser alors qu’en 5mn d’entretien ils ne connaissent absolument pas votre vie, ni votre passé ! Souvent la femme se sent en position d’infériorité face à son gynéco. Il ne faut pas ! Il faut arrêter de se faire maltraiter.
Bien sûr l’auteure insiste sur le fait que tous les gynécos ne sont pas des monstres, mais le but du livre est de montrer aux femmes qu’elles ne sont pas seules à mal vivre cet examen, pour diverses raisons.

De nombreux témoignages

Le livre est truffé de témoignages de femmes. Soit en consultation, soit à la clinique à leur accouchement, soit après leur accouchement. Soit en situation d’infertilité avec les parcours inhumains de PMA… Rien de dramatique mais des situations de souffrances. Le lecteur s’aperçoit de la réalité que vit la femme à travers ces différentes étapes de la féminité. L’auteur parle également de la ménopause souvent dénigrée par les docteurs. Sans beaucoup d’intérêt pour eux ! Mais certainement pas pour la femme.
Aucun témoignage ne choquera et chacun d’eux est important !

Message à appliquer

Le but du livre n’est pas de faire peur aux femmes. Bien au contraire. Il est fait pour montrer aux femmes qu’elles ont raison de dire ce qui ne va pas. Qu’elles vont voir le gynécologue pour se faire soigner pas pour se faire  » remonter les bretelles  » ou encore pire se faire rabaisser, et la plupart du temps, par des hommes ! Le message de ce livre est surtout celui-ci : changez de gynéco jusqu’à ce que vous trouviez celui ou celle avec qui vous vous sentez écoutée et en confiance ! Car rien n’est facile quand on est une femme ! Mais tout est plus évident si on se sent comprise et comme toutes les autres femmes !

Publik’Art a également apprécié les illustrations humoristiques de Marie Crayon ! Un grand bravo à Emmanuelle Friedmann qui aborde des sujets fondamentaux et nous donne des solutions pour mieux vivre notre féminité et en être fière !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Fin 2014, le hashtag Payetonuterus affole la toile. Les femmes dénoncent enfin leurs pires expériences chez le gynéco. Depuis, les témoignages se multiplient.
Ce livre retrace le parcours gynécologique des femmes, de la première consultation à la dernière, en évoquant les grands moments : contraception, grossesse, accouchement, etc.
En donnant la parole aux femmes, en partageant leurs histoires, nous ne cherchons pas à pointer du doigt les professionnels de santé mais simplement montrer aux victimes qu’elles ne sont plus seules.
Vis ma vie avec un utérus aborde les violences obstétricales tout en offrant des conseils pratiques. Être une femme, cela se mérite!

Date de parution : le 27 février 2019
Auteur : Emmanuelle Friedmann
Editeur : Pygmalion
Prix : 18 € (192 pages)
Acheter sur : Amazon

Massamba, le marchand de tours Eiffel, un livre pour enfants, poignant (Gallimard Jeunesse)

Massamba, le marchand de tours Eiffel, un livre pour enfants, poignant (Gallimard Jeunesse)

Béatrice Fontanel écrit, Alexandra Huard illustre et ensemble, elles font des merveilles. Leur dernière œuvre, Massamba, le marchand de tours Eiffel, est un album jeunesse, avec une très belle couverture cartonnée, qui s’adresse aux enfants dès l’âge de 5 ans.
Massamba, le marchand de tours Eiffel, raconte l’histoire de la vie de Massamba. Son rêve : quitter l’Afrique et rejoindre la France, aller à Paris. Pour vivre mieux. L’auteur ne s’attarde pas sur les raisons de cet exil, mais plutôt sur les conditions terribles de ce très long et très dangereux voyage. Massamba va risquer sa vie en traversant la Méditerranée dans des conditions déplorables, puis vivre dans des camps de réfugiés, comme s’il était prisonnier.
L’auteur raconte tout simplement la vérité sur la vie de milliers de réfugiés qui rêvent d’une vie meilleure à Paris.
Mais rien ne sera comme il le pensait ! Massamba va vivre ou plutôt survivre à Paris en vendant des tours Eiffel, au pied de la vraie tour Eiffel. Jusqu’au jour où…
Ce livre est très bien écrit, très simplement, et permettra de sensibiliser les jeunes lecteurs à l’actualité de la situation des réfugiés. Il est remarquablement illustré avec des couleurs vives qui tranchent sur les conditions de vie de Massamba. A lire aux petits et à faire lire aux plus grands !

Date de parution : le 1er octobre 2018
Auteur : Béatrice Fontanel
Illustrateur : Alexandra Huard
Editeur : Gallimard
Prix : 14,90 €
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Un huit-clos sous haute tension emmené par trois comédiennes d’exception

Mme Klein de Nicholas Wright Crédit / Copyright : Pascal Gély

Un huit-clos sous haute tension emmené par trois comédiennes d’exception

Brigitte Jaques-Wajeman convoque les liens sacrificiels mère/fille et décortique la parole psychanalytique jusqu’à l’os, pour mettre en scène un passionnant huit-clos entre trois femmes analystes qui verra la place de chacune s’éprouver, se malmener, avant de se recomposer.

La pièce est écrite par un auteur britannique très en vue en Angleterre, Nicholas Wright, et inspirée de la figure de Mélanie Klein (1882-1960), pionnière de la psychanalyse des enfants, et confrontée à la mort de son fils.

La scène se passe à Londres, une nuit de 1934. Elle réunit trois protagonistes : Mélanie Klein qui a révolutionné la psychanalyse après Freud, sa fille Melitta qui n’a cessé de lutter contre sa mère et Paula, une disciple de la psychanalyste.

Madame Klein, en deuil de la mort de Hans, sanglote. Elle classe de vieux papiers, s’arrête sur des lettres de son fils, se sert d’abord un café puis un verre de sherry et fait l’aveu à Paula qu’elle ne rêve plus.

Ces trois femmes sont reliées par le destin tragique d’un homme en crise et désormais absent. La pièce, qui évoque l’oeuvre d’Harold Pinter, se charge d’un secret : Hans s’est-il suicidé ? A-t-il été poussé à la mort ? Par sa mère comme le suggère Melitta ?

La metteure en scène Brigitte Jaques-Wajeman, imprégnée des grandes figures tragiques (Médée, Electre), revient sur ce texte qu’elle avait monté il y a vingt ans et qui la hante toujours.

Elle orchestre d’une main de maître, à l’abri d’une scénographie signifiante d’Emmanuel Peduzzi et pièce cardinale du spectacle, cette vérité difficile à advenir où les enjeux hantent et bousculent chacun des protagonistes.

Affrontement verbal sans concession entre une mère et une fille où leur connaissance des mécanismes inconscients vampirise la parole et focalise une souffrance entre amour maternel et détachement irrépressible.

“Mme Klein” est une plongée cruelle et intime au cœur des passions enfouies, des traumas non résolus de l’enfance, des ressentiments qui s’infiltrent entre les âmes, des non-dits qui aveuglent et des pulsions salvatrices.

Une interprétation de haut vol

Ce thriller psychologique à la tension permanente est emmené par trois comédiennes d’exception.

Marie-Armelle Deguy (Mme Klein) dont la stature souveraine scelle parfaitement l’aveuglement de la grande psychanalyste et sa blessure froide en mère dévastée par le chagrin, tandis que Clémentine Verdier (Mélitta, la fille) porte de tout son être révolté, cette parole étouffée et interdite.

Quant à Sarah Le Picard (Paula, l’amie), elle est parfaite en observatrice analytique dont la neutralité bienveillante finira par évincer « la mauvaise fille » et la faire s’allonger sur le divan rédempteur.

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Dates : du 26 février au 02 mars 2019 l Lieu : Théâtre des Abbesses (Paris)
Metteur en scène : Brigitte Jaques-Wajeman

Grace, une beauté bouleversante de Paul Lynch (Albin Michel)

JGrace, une beauté bouleversante de Paul Lynch (Albin Michel)

Paul Lynch nous dévoile avec majestuosité son troisième roman : Grace. L’histoire se situe en 1845, en Irlande. Une époque terrible pour l’Irlande où la famine décime la population.

La famille de Grace

Grace est l’ainée d’une famille nombreuse. Sa mère n’arrive plus à nourrir ses petits. Son mari n’est pas là, ou que rarement et souvent pour la maltraiter… C’est alors qu’un jour, elle décide d’envoyer Grace sur les routes, pour trouver du travail et revenir les poches pleines. Grace est une petite fille, pas encore pubère. Sa mère décide de la déguiser en garçon, seul moyen pour trouver du travail dans ce pays. Elle la jette dehors après lui avoir coupé ses si beaux cheveux longs. Colly, son petit frère de douze ans ne supporte pas ce départ et décide en cachette de rattraper Grace. Ensemble ils vont faire un bout de chemin. Mais trop court. Un accident va emporter Colly. Pour supporter le choc, tout au long de son périple, Grace va parler à Colly et réciproquement. Ce sera Colly qui bien souvent lui donnera le courage de continuer son chemin ou tout simplement de continuer à vivre.

Une page d’Histoire de l’Irlande

A travers le long et très douloureux périple de Grace, le lecteur découvre l’Histoire de l’Irlande. Un pays qui n’avait plus rien, plus rien pour nourrir les habitants. Plus de bêtes, plus de sous, plus de travail, la misère extrême. Avec des conditions météorologiques très dures. C’est l’hiver, il fait très froid, la neige tombe, Grace doit souvent dormir dehors. Elle doit se confronter aussi bien aux éléments naturels qu’aux hommes qu’elle rencontre. Elle découvre le monde adulte, elle qui n’est encore qu’une jeune fille, de plus, elle doit toujours faire en sorte de ne pas être Grace, mais un garçon, Tim. Elle se bande les seins pour ne pas laisser apparaitre sa poitrine naissante. Jusqu’au jour, où elle est trompée par son propre corps, avec l’apparition de ses règles. Jour où elle pense qu’elle va bientôt mourir.

Style de Paul Lynch

Tout au long du livre, toutefois imposant, le lecteur est autant ravagé par cette extrême misère que Grace. La faim, le froid, et la mort qui rôde quasiment en permanence, le jour comme la nuit. Pas un instant de répit pour Grace. Elle traverse le pays, avec pour seul compagnon, l’âme de Colly, et la misère omniprésente et angoissante, et son couteau qu’elle ne quitte jamais. Elle va faire des rencontres, souvent malveillantes mais elle découvrira l’amitié aussi.
Si l’écriture de Paul Lynch est emplie de poésie, de beauté quand il décrit la nature, ou la méchanceté de l’homme, son écriture est aussi incisive qu’un couteau ! Grace ne laissera personne indifférent ! Assurément ! Un très beau livre !

Quelques extraits

Elle a l’impression que les gens sont de plus en plus nombreux sur les routes. Des poisons et des parasites, tous autant qu’ils sont. Et on voit de ces choses ! p.76

Grace commence à s’apercevoir que ce sont les plus pauvres qui se conduisent le plus bizarrement envers eux. [ … ] Ces gens vous broieraient l’épaule à force de s’appuyer sur vous pour s’emparer de votre nourriture. P.255

Le matin balayera les ténèbres. P.464

Date de parution : le 2 janvier 2019
Auteur : Paul Lynch
Editeur : Albin Michel
Prix : 22,90 € (496 pages)
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Next stop love, un cocon en plein cœur d’une tempête (PKJ)

Next stop love, un cocon en plein cœur d’une tempête (PKJ)

Leah Konen a étudié le journalisme et l’écriture créative en Caroline du Nord, aux États-Unis. Elle vit aujourd’hui à New-York, où elle écrit des romans contemporains pour jeunes adultes et adolescents, traduits en plusieurs langues. Très grande lectrice, elle s’est fait connaître en France avec son roman Les Romantics paru en 2017 et au large succès auprès des lecteurs adolescents. Elle réitère l’exploit avec son deuxième roman traduit en français : Next stop love.

Un dilemme moral

Ce qui pousse Ammy à braver une tempête de neige pour prendre le train, c’est le remariage – ou plutôt la « cérémonie d’engagement » – de son père avec une femme bien plus jeune que lui. Si Ammy lui en veut autant, c’est parce qu’avec son père parti, elle est seule pour s’occuper de sa mère, que le départ de son mari a complètement changé. Ammy est tiraillée entre la perspective d’une nouvelle famille, stable, avec deux demi-sœurs adorables, et sa mère qui la retient en arrière et qu’elle est obligée de tempérer.
Ce dilemme auquel elle fait face la rend immédiatement sympathique et le lecteur ne peut s’empêcher de s’attacher à ce personnage unique.

Deux points de vue pour deux personnages attachants

Ammy rencontre Noah, prêt à tout pour montrer à son ex petite-amie qu’il peut prendre une décision folle sur un coup de tête. C’est ainsi qu’il se lance avec Ammy dans une aventure incroyable – voire inconsciente, au beau milieu d’une tempête de neige. Leah Konen nous permet de nous mettre à la place de Noah en écrivant des deux points de vue. Et ce qui permet au lecteur de s’attacher aux deux personnages, c’est que nous assistons régulièrement à la même scène, mais vue de chacun des deux personnages.

Vingt-quatre heures pour tout changer

La force et l’originalité du roman, c’est la durée sur laquelle il s’étend. Tout le roman se déroule en seulement 24 heures. C’est un vrai défi puisqu’il est compliqué de développer suffisamment des personnages pour que les lecteurs s’y attachent en juste une journée. Mais Leah Konen a relevé le défi haut-la-main en proposant une romance inédite, qui sort de l’ordinaire et qui nous permet de passer une journée dans la peau des personnages. Le fait de les suivre sur une durée aussi courte fait prendre conscience au lecteur que tout est éphémère. En ouvrant le roman, le lecteur sait qu’il n’aura pas de « Ils eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin des temps. ». Next stop love est une tranche de vie, une journée parmi tant d’autres dans la vie des personnages. C’est ce qui le rend si surprenant : tout peut arriver !

La plume de Leah Konen est fluide et légère, pour une romance sans grandes surprises mais qui ravira tous les lecteurs à la recherche d’une belle histoire d’amour enneigée.

Date de parution : le 7 février 2019
Auteur : Leah Konen
Editeur : PKJ.
Prix : 16,90 € (272 pages)
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Etre parent en cas d’apocalypse, un livre de James Breakwell (Pygmalion)

Etre parent en cas d’apocalypse, un livre de James Breakwell (Pygmalion)

James Breakwell est auteur et surtout père de quatre petites filles, âgées de de 8 ans et moins. Et son livre, Etre parent en cas d’apocalypse, a été largement inspiré de sa vie familiale ! Donc les héroïnes sont ses propres filles !

Ne vous attendez pas à avoir des bons conseils d’éducation. Ce sera plutôt tout le contraire ! Quoique, en réfléchissant bien, vous allez pouvoir y puiser de belles choses ! Imaginez-vous qu’une apocalypse zombie va vous tomber dessus. Et malgré cet avenir peu radieux, il faut quand même élever vos enfants ! Pas facile du tout !

Ce livre est truffé de situations, de conseils qui vont vous faire éclater de joie ou au contraire vous déprimer totalement ! Qui donc aura raison ? Vos enfants, la loi ou vous ?
Dans tous les cas, toute bonne astuce est bonne à prendre car de toute évidence on n’échappera pas aux zombies. Donc, lisez le livre, tranquillement assis à votre canapé, votre poussette à portée de vue, et vos bambins dans leurs lits. Elle peut vous être fort utile, la poussette…
Et si vous ne comprenez pas tout, ne vous alarmez pas, James Breakwell a tout prévu : des petits dessins très rudimentaires vous font une belle syntaxe de ses nombreux conseils d’éducation !
Alors, laissez-vous tenter par cette folle aventure de zombie qui menacent vos charmantes petites têtes blondes…

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Traduction (Anglais) : Benjamin Kuntzer
«Cet ouvrage vise à guider les parents dans le défi unique consistant à éduquer un enfant dans le cadre d’une apocalypse zombie. Si vous ne croyez pas aux hordes de monstres sanguinaires, vous trouverez peut-être malgré tout ce livre divertissant. Il vous aidera à passer le temps en attendant qu’un mort-vivant vous dévore. Et – qui sait? – vous y trouverez sans doute une ou deux astuces sur la manière d’élever vos chères têtes blondes quand les zombies sont en vadrouille.
Là n’est pas mon objectif. Toutes les techniques d’éducation traditionnelle que vous pourriez découvrir ici sont strictement accidentelles.»

Date de parution : le 13 février 2019
Auteur : James Breakwell
Editeur : Pygmalion
Prix : 19,90 € (193 pages)
Acheter : Les Libraires

Grâce à Dieu, un sujet douloureux abordé avec pudeur et justesse

Grâce à Dieu aborde la question de l’attitude de l’église face à des témoignages sur un prêtre pédophile qui ne s’en cache même pas. 4 personnages principaux fondent le groupe La Parole Libérée pour mettre l’église face à ses contradictions après des décennies d’omerta et de silence coupable. François Ozon ne généralise pas à toute l’église catholique mais n’épargne pas l’évêché lyonnais qui selon lui a protégé le prêtre sans jamais le condamner, ni l’éloigner des enfants ni le défroquer. Difficile de ne pas être scandalisé à la fin de la séance.

Un film qui fait mal

Les parents du monde entier se poseront la question. Un prêtre, chargé d’orienter les enfants, de les éduquer, de leur faire comprendre la profondeur de la foi, et qui se livre à des actions criminelles grâce au prestige de sa fonction, ça fait mal. Le père Bernard Preynat (Bernard Verley dans un rôle pas simple) a pourtant agi en toute impunité, ne cachant pourtant pas sa pathologie mais n’étant jamais condamné par sa hiérarchie? Quand Alexandre Guérin (Melvil Poupaud) l’aperçoit officier, ses souvenirs ressortent et sa décision est prise. Il contacte l’évêché, mais rien ne se passe au-delà d’une longue correspondance, soulignant bien l’attitude hypocrite héritée d’une longue lignée d’évêques hypocrites. François Barbarin le mêne en bateau et Alexandre décide de porter plainte, alertant ainsi tous ceux qui ont vécu les mêmes sévices. Denis Ménochet, Swann Arlaud et Eric Caravaca interprètent d’autres victimes qui se regroupent dans une association pour une action collective. Mais chacun a son histoire, chacun a plus ou moins surmonté l’épreuve des sévices, et l’unité initiale se fissure face aux perspectives individuelles.

François Ozon livre un film éminemment juste et pudique qui ne cesse d’interroger. Les acteurs sont tous au diapason d’une histoire vraie qui montre bien l’hypocrisie de notre société, dans l’église, mais pas seulement. C’est toute la hiérarchie en place qui devrait être dans toutes les structures qui devrait être dévissée. Eglise, politique, économie… il y a des questions à se poser.

Lambert Wilson, magnifique en Alceste à l’humeur noire

Lambert Wilson, un Alceste magnifique à l’humeur noire
Lambert Wilson et Pauline Cheviller dans Le Misanthrope de Molière © Svend Andersen

Lambert Wilson, magnifique en Alceste à l’humeur noire

La vanité, le pouvoir de médisance, les compromissions, mais aussi l’émancipation des femmes sont au cœur de cette pièce de Molière.

Alceste, le misanthrope, est le plus loyal et le plus droit des hommes. Ce jaloux, qui veut changer la face du monde, se retrouve pris au piège d’un système plus fort que lui, car il a le mauvais goût de dire ce qu’il pense. Il ne lui manque qu’une vertu, l’indulgence vis-à-vis des autres. Face à lui, objet de son désir et de rejet, Célimène est une femme empreinte de liberté.

Alceste souffre donc de l’hypocrisie du monde dans laquelle il vit. Il est pourtant fou amoureux de Célimène, une mondaine habitée par cet art de plaire qui voit défiler dans son salon des courtisans avides et calculateurs dont il n’a que mépris.

La conversation et l’appartenance sociale avec ces signes de reconnaissance sont les éléments fondateurs de ce microcosme. Entre soi, on se croise, on échange et on tente de répondre à la question qui est sur toutes les lèvres : Célimène est-elle sincère dans son amour ?

Avec ses enjeux, son interaction entre les protagonistes, ses contradictions à travers la posture morale d’Alceste qui se confronte à l’appel paradoxal de son désir, la parole est au centre du dispositif. Mais aussi de la lecture classique de Peter Stein qui ne s’attache pas à revisiter l’œuvre, se focalisant sur le texte fondateur et la direction d’acteurs.

Ce parti pris prend pour cadre une galerie des glaces sur toute la longueur du plateau où les joutes verbales, les faux-semblants, les confidences interagissent ou s’immobilisent.

Les discussions mettent à l’épreuve la sincérité d’Alceste qui erre, telle une âme écrasée et torturée par le poids de ses contradictions, désarmé face aux déceptions de la vie, faisant preuve de réactions contradictoires et inconsidérées, porteurs d’emportements suivis de périodes d’atonie et de faiblesse.

Mais aussi capable d’exaltation dans les sentiments amoureux qu’il éprouve pour Célimène, refusant dans sa critique du monde une société du paraître, de la dissimulation et dans laquelle la médisance s’avère un art à part entière. Avant que la solitude n’emporte le cœurs de chacun des amants vers leur exil respectif.

Un Alceste habité d’une rage noire

Dans le rôle titre, Lambert Wilson, habité d’une rage noire et jusqu’au-boutiste, est magnifique d’intensité et d’élan contrarié, s’emparant avec un vrai regard de son personnage dont il imprime le combat et le retrait inéluctable. Habillé d’un sublime costume d’époque noir orné de ruban verts de Anna Maria Heinreich, il est cet homme multiple aux prises entre ses principes et cet amour impossible qui les renient.

Célimène (Pauline Cheviller) est à la fois pétillante et fragile dans sa quête héroïque de liberté. Quant à Hervé Briaux qui interprète Philinte, l’ami pacificateur, il offre un jeu d’une grande maîtrise tandis que Brigitte Catillon impose sa prestance naturelle dans le rôle d’Arsinoé.

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Dates : A partir du 13 février 2019 l Lieu : Théâtre Libre Le Comédia (Paris)
Metteur en scène : Peter Stein

Une comédie sans surprise avec Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu?

Qu'est ce qu'on a encore fait au Bon Dieu
Qu’est ce qu’on a encore fait au Bon Dieu

La famille Verneuil est de retour avec ses querelles de clocher opposant les parents français traditionalistes, les gendres multiculturels et les filles coincées au beau milieu. Sur un principe volontairement caricatural farci de réflexions hautement subjectives et à fort caractère polémique prenant pour cible les origines ethniques de chacun, le premier volet Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu avait réuni 12M de spectateurs. La suite n’apporte que de légères modifications et devrait rencontrer un même public largement conquis. Mais l’effet de surprise ne fonctionne plus et l’atmosphère manque cruellement de piquant pour susciter le même enthousiasme. La comédie est gentillette et ne déclenche finalement que de rares éclats de rire sonores, ce qui est quand même fâcheux pour une comédie familiale.

Un principe qui a fait ses preuves?

Christian Clavier et Chantal Lauby rempilent pour un nouveau tour de piste, revêtant les mêmes oripeaux de la famille BCBG repliée sur la belle ville de Chinon au cœur de la France provinciale. Les 4 filles vivent toujours à Paris en compagnie de gendres juif, arabe, ivoirien ou chinois. Car le film choisit, une fois de plus, de mettre en avant les origines de chacun, multipliant les poncifs bon enfant sur les caractéristiques supposées et largement répandues des gendres. Et cette fois, ce sont bel et bien les français qui en prennent pour leur grade, les gendres planifiant de quitter le territoire pour retourner sur les terres de leurs ancêtres. De manière assez inattendue, c’est un Christian Clavier toujours aussi franchouillard qui se dévoue et remue ciel et terre pour convaincre les partants de ne pas partir, à coups de subterfuges gros comme des maisons. Le déroulement du film n’apporte que de rares nouveautés par rapport au premier volet, la sœur de Charles va se marier avec une femme au risque de froisser le paternel toujours aussi prompt à la colère intempestive, la petite dernière donne naissance à un enfant très noir, et même trop noir pour certains, un réfugié afghan est recueilli à Chinon et se retrouve à la base de multiples quiproquos provoqués par les préjugés des Verneuil, mais le déroulé du film n’innove pas vraiment. Les producteurs, certainement eux-mêmes surpris par le raz-de-marée provoqué par le premier film, n’ont pas voulu prendre de risques. Reste un humour qui donnera une jaunisse à ceux qui préfèrent se draper dans une hypocrisie bon teint pour ne pas voir que les humains sont souvent de mauvaise foi, critiques, hâbleurs, c’est juste la vie et du second degré qui, s’il parvient à faire rire, peut détendre tout le monde et mettre à mal autant le communautarisme que les préjugés. Alors oui, ça ne vole pas souvent très haut, mais qu’importe, le parti pris de rendre compte d’une réalité très répandue, la méfiance entre des individus différents mais qui réussissent finalement à vivre ensemble fait plaisir à voir et la caricature n’est peut-être pas si caricaturale que ça.

Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu reprend les mêmes ingrédients que le premier épisode, il ne plaira pas à ceux qui avaient déjà fait une crise cardiaque après la première séance, il fera sourire la majorité des spectateurs et pourquoi pas ? Les Inconnus l’avaient déjà dit avec leur fausse pub Benetton, l’être humain est forcément et facilement un peu faux, ça ne doit pas l’empêcher de cohabiter avec ses semblables !

Mon Père, un cri d’horreur de Grégoire Delacourt (JC Lattès)

Mon Père, un cri d’horreur de Grégoire Delacourt (JC Lattès)

Les violeurs d’enfants, au sein de l’Eglise, sont, hélas d’actualité. Normalement, ce jour, le 20 février 2019, le dernier livre de Grégoire Delacourt, Mon Père,  sort en même temps que le film de François Ozon, Grâce à Dieu, qui raconte l’histoire vraie du Père Preynat qui a violé plusieurs scouts. Car François Ozon en a eu, enfin, l’autorisation par la justice française !

Parallèle avec Isaac

Si l’histoire de Mon Père tourne autour de Benjamin, l’auteur nous fait un parallèle très troublant avec la Bible et l’histoire d’Abraham prêt à sacrifier son fils, Isaac, comme Dieu le lui demande. Et tout au long du livre, on retrouve les explications de l’auteur qui décortique certains passages de la Bible. Cela ne vous rapprochera pas de Dieu, bien au contraire ! Le narrateur est le père biologique de Benjamin, Edouard. Tout va bien dans la famille jusqu’au moment où les parents de Benjamin se séparent. Et le mal-être de Benjamin va être mis sur le compte de la séparation. Benjamin se referme, dans tous les sens du terme. Et personne ne sent la douleur de cet enfant d’une dizaine d’années.

Cri d’horreur et de révolte

Quand le père découvre l’horreur qu’a vécu son fils, suite à un passage aux urgences, il s’effondre. Pire. Une partie de lui meure. Il s’en veut terriblement de n’avoir rien vu, de n’avoir rien senti, de n’avoir pas su écouter son fils. Et surtout ne n’avoir pas su le protéger. Si Benjamin est encore vivant après avoir vécu l’horreur absolue, son père sait qu’une partie de lui est complètement morte. Lui-même se sent complètement perdu.

Comprendre

Edouard veut comprendre ce qu’a vécu son fils. Comprendre et savoir dans les moindres détails ce que son fils a subi. Vivre l’horreur pour savoir, pour se mettre à la place de son fils. Lui qui culpabilise de ne pas avoir su le protéger, de l’avoir jeté dans la gueule du loup. Est-il capable de le venger ? A-t-il su faire face à cette monstruosité ?
Le lecteur non plus ne sera pas épargné. L’horreur doit être montrée, par tous les moyens. C’est facile de parler de viol, mais beaucoup moins de connaître ce qui se cache sous ce mot. Une torture. Une véritable monstruosité. Un anéantissement total. Un côté bestial insupportable.
Il y a un avant et un après. Plus personne n’aura cette insouciance de l’enfance, après.
Si le narrateur parle de sa lâcheté, et aussi de notre « lâcheté millénaire, à moins qu’elle ne soit notre humanité millénaire », (p.203), il parle aussi de notre justice lamentable quand il s’agit de condamner des violeurs (voir extrait en bas de l’article).

Enfants victimes

Mon Père dénonce non seulement l’horreur absolue d’un viol sur un enfant, mais aussi l’horreur qu’elle entraîne et la lâcheté de la société entière face à ces crimes. Ce monde ne sera guéri que lorsque les victimes seront Rois. P.204
Publik’Art a eu l’honneur de dialoguer avec Grégoire Delacourt qui explique que dans son livre, le père de Benjamin est en quelque sorte, le porte-parole de milliers de parents dont les enfants ont été violés par des personnes en qui ils avaient toute confiance. Son livre, Mon Père, est un cri de colère, un cri d’injustice, un cri d’indignation, un cri de révolte hurlé à la face du Monde. « Ce livre est une parole que je donne aux enfants violés » dit-il.

La vérité de l’auteur

L’auteur, Grégoire Delacourt, est implacable et nous confie :  » La vérité, c’est que toute violence faite aux enfants est inacceptable. Elle est la négation de notre humanité. Le triomphe de notre part animale. Il faut qu’elle s’arrête. Il faut que la justice se penche sur la punition des coupables, bien sûr, mais surtout sur la réparation des enfants. Car la prison de leur corps massacré est pour la vie. « 

Un Père, un livre très difficile à lire, très difficile à supporter, mais un livre qu’il faut lire pour comprendre, savoir et protéger nos enfants, et pour l’honneur de tous les enfants violés. Notre coup de cœur pour le courage qu’a eu l’auteur de l’écrire et de dénoncer cette terrible lâcheté !

Extrait :

Je veille mon ennemi comme je ne l’ai jamais été par ceux qui m’aimaient et je me dis que si Préaumont meurt cette nuit, alors il n’y aura pas de réparation pour Benjamin. Je deviendrai un assassin, la Justice aux yeux bandés réclamera son talion, son contrapasso qui exige que le châtiment soit à la hauteur du délit. Elle l’estimera à une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté de dix-huit à vingt-deux ans et laissera les pervers continuer à englander des enfants contre la modique somme de trois ans de prison dont un avec sursis. P.179

RESUME DE L’EDITEUR :
Ce monde ne sera guéri que lorsque les victimes seront nos Rois.

Je me suis toujours demandé ce que je ferais si quelqu’un attentait à l’un de mes enfants. Quel père alors je serais. Quelle force, quelle faiblesse. Et tandis que je cherchais la réponse, une autre question a surgi : sommes-nous capables de protéger nos fils ?
G.D.

Date de parution : le 20 février 2019
Auteur : Grégoire Delacourt
Editeur : JC Lattès
Prix : 18 € (256 pages)
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La chambre des murmures, le dernier polar de Dean Koontz, en version audio (Audible)

La chambre des murmures, le dernier polar de Dean Koontz, en version audio (Audible)

Dean Koontz est un auteur américain, passionné de science-fiction. Dans son dernier roman qui vient de sortir, La chambre des murmures, il allie le suspense du polar, la technologie du futur de la science-fiction !

Les différents protagonistes

Quand vous commencez l’écoute de ce livre, vous êtes plongés dans le cœur d’une affaire complètement dingue. La voix de Pascale Chemin se prête merveilleusement à ce terrible thriller. Le lecteur va suivre plusieurs protagonistes et se perdre un peu. Mais c’est aussi le charme de cette histoire : plusieurs histoires s’enchaînent, s’entremêlent, sans nous laisser une minute de répit ! Et c’est à la toute fin du livre que vous comprendrez tout !

Jane Hawk a travaillé pour le FBI. Elle s’est mise en disponibilité. Sans vraiment comprendre pourquoi, elle n’est plus très appréciée au FBI. Elle est quand même recherchée par la police pour plusieurs meurtres.
Lawrence Hannafin est journaliste et auteur à succès. Il vient de perdre sa femme, Sakora, d’une façon totalement anormale. Jane va le voir car il a fait un portrait du milliardaire, David James Michael. Il va donc être susceptible de l’aider. Car Jane se pose beaucoup de questions depuis la mort de son mari. Jane est au cœur du polar et va se mettre continuellement en danger pour sauver les autres, et surtout protéger son fils de cinq ans. C’est un peu la « Zoro » des temps modernes. Elle veut laver l’honneur de son mari et pense que DJ Michael est à l’origine de toutes ces morts soudaines.
Cora est une institutrice adorable. Tout le monde l’apprécie beaucoup. Elle vit seule avec son chien, Dixie, qu’elle adore ! Elle écrit un cahier intime depuis de longues années. Mais ces derniers jours, Cora n’avait pas conscience de ce qu’elle écrivait dans son cahier et ne pouvait pas se relire…

Affaire troublante

Cora est une jeune femme sans histoire. Elle s’occupe d’élèves en difficulté. Sa vie est banale jusqu’au jour où elle entend des voix dans son cerveau : « Tu seras célèbre et adulée. » Elle commet un terrible attentat et tue plusieurs dizaines de personnes dont le gouverneur. Dans ses cahiers, on retrouve des phrases qui se répètent à l’infini : « Parfois la nuit… » « Je me réveille en sursaut. »… Cora a l’impression d’avoir une araignée « qui me parle et pond des œufs dans mon cerveau ». C’est complètement aberrant que Cora ait pu mettre le feu à son 4×4 et tuer volontairement autant de personnes. Une seule chose est sûre : c’était bien elle au volant ! Le shérif Luther Tillman s’occupe de l’affaire qu’il prend très au sérieux. Trop au sérieux pour les fédéraux. L’affaire se corse sacrément.

Procédés révolutionnaires

Suite à une série meurtrière, soit par meurtre soit par suicide, Jane mène son enquête. Elle a bien sa petite idée. Mais comme elle est recherchée par toutes les polices, il va falloir passer inaperçue. Elle a plusieurs déguisements dans son sac, et les faux papiers qui vont avec. Elle pense que son mari a été poussé au suicide. Des fanatiques auraient implanté des nanomachines, dans le corps de certaines personnes, pour les neutraliser et soi-disant sauver le monde. L’affaire devient très scientifique. Des implants cérébraux prennent le pouvoir total de la personne en formant un mécanisme de contrôle. Et entre les personnes « contaminées », la communication passe par la « Chambre des murmures »… où tout est possible.

Haut-Fourneau-Le-Lac

Jane après de multiples péripéties toutes plus stressantes les unes que les autres, arrive à trouver l’endroit le plus atteint par les noanomachines. Il s’agit d’un village, le Haut-Fourneau-Le-Lac, où DJ Michael a une propriété. Très propre, trop propre ? Les habitants sont tous très polis et très aimables. Bizarrement, Jane constate qu’il n’y a ni chien, ni enfant dans les rues. Bien sûr, comme toujours, Jane va mener, adroitement son enquête. Où sont donc les enfants ? Que se passe-t-il donc dans ce village ? Quelle est cette école réservée aux enfants souffrant de troubles de la personnalité ? Que va découvrir Jane en arrivant à ce village hors du commun ? Va-t-elle réussir à sauver les enfants de cette drôle d’école ?

Tout au long du livre, La chambre des murmures, on s’attache à Jane, bien sûr, mais aussi aux nombreuses personnes qui l’entourent et qui l’aident dans sa recherche de la vérité. L’histoire est folle mais pas si folle que ça ! Espérons qu’elle ne se réalise jamais un jour ! Après la révolution des téléphones portables, il ne faudrait pas de nanotechnologie dans notre monde déjà bien perturbé ! Ne « jouons pas au crime dans la tête » !
Prévoyez du temps pour votre écoute car il vous sera difficile de laisser l’enquête en plan plus de quelques minutes !

Accédez au livre audio : La chambre des murmures

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La chambre des murmures

Jane Hawk face à une confrérie secrète. « Il n’y a  pas de temps à perdre. Fais ce pourquoi tu as été créée ». Tels sont les mots qui résonnent dans l’esprit de Cora Gundersun, une enseignante douce et appréciée… juste avant qu’elle ne se suicide en commettant un attentat terroriste sanglant. L’épouvantable contenu de son journal intime corrobore l’hypothèse de la folie.

Quand de nouveaux cas similaires surviennent, Jane Hawk, ancienne  agente du FBI, sait qu’elle n’a plus une minute à perdre. Elle se met alors à traquer une confrérie secrète, dont les membres se pensent au-dessus des lois et ne craignent aucunes représailles. À jamais marquée par le suicide de son mari, et la peur de perdre son fils de cinq ans qu’elle a caché, elle ira jusqu’au bout de sa quête. Sa soif de vengeance n’a d’égale que sa quête de justice… même si elle doit employer des méthodes radicales.

©2019 L’Archipel. Traduit Sebastian Danchin (P)2019 Audible Studios

Date de parution : le 6 février 2019
Auteur : Dean Koontz
Lu par : Pascale Chemin
Durée : 13 h et 6 mn
Acheter sur : Audible

 

Le spectacle Lettre d’une inconnue se prépare pour Avignon off cet été!

Lettre d’une inconnue

Eric Bu adapte et met en scène Lettre d’une inconnue, la célèbre nouvelle de Stefan Zweig redécouverte générations après générations. Une lecture a été captée au Théâtre de la Reine Blanche début janvier pour se rendre compte de l’intensité de ce moment de théâtre prévu pour le Festival d’Avignon off l’été prochain au théâtre des Corps Saints. Du 5 au 28 juillet 2019, Camille Bardery va s’escrimer dans ce seul en scène flamboyant, tout en clair obscur et rythmé par des extraits musicaux classiques ultra connus pour leur sensibilité. Il est probable que le spectacle suive à Paris en 2020, affaire à suivre…

Du potentiel en barre!

La comédienne s’approprie le texte d’autant mieux qu’elle a participé à l’adaptation avec Eric Bu. Ce dernier est notamment à l’origine du spectacle L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine vu et apprécié début 2018. Le parti pris du metteur en scène est de s’éloigner de l’ambiance romantique de l’ouvrage où une femme tombe éperdument amoureuse d’un homme qui se révèle sans coeur. Tout l’art de Zweig est de romantiser cette histoire pour faire ressortir le destin tragique de l’héroïne. Eric Bu préfère refuser la victimisation de la femme victime d’un destin frappeur. Elle écrit une lettre vidéo à son amant dans une ambiance d’abord fraîche et amusante. Mais la femme débute un processus de cristallisation psychologique presque morbide, en tout cas proche de la névrose avec une dépendance affective aux conséquences fatales. Le récit se déroule sur une dizaine d’années et l’inconnue a d’abord 13 ans quand elle aperçoit pour la première fois cet écrivain célèbre qui ne parviendra jamais à la situer tandis qu’elle s’éprend passionnément de lui. Malgré les rencontres et les quelques étreintes fugaces, l’inconnue ne trouvera jamais sa place dans la lumière aux yeux de son idéal. L’auteur explique vouloir faire voguer sa pièce de la comédie romantique initiale au thriller psychologique, explorant le versant noir et moderne de la nouvelle de Zweig. La modernité enjoint de s’éloigner du romantisme béat pour mettre en lumière l’aspect psychologique d’un fixation morbide, un peu comme une groupie envers une star adulée qu’elle approche, elle tombe même enceinte de lui, mais sa faim de lui ne sera jamais assouvie.

Une adaptation cinématographique

Par l’intermédiaire de la caméra de son iphone, dont l’image est projetée sur scène, l’héroïne se dédouble, paraissant initialement comme une femme du XIXe siècle mais au fur et à mesure, elle se dévêt de tous ses oripeaux sur un mannequin de couture et apparaît astucieusement comme une jeune femme d’aujourd’hui. Son addiction apparait comme une pathologie affective sévère, ce que sa dépendance aux réseaux sociaux n’aide pas à apaiser. Un pont entre l’époque de Zweig et notre temps actuel se dessine peu à peu avec la prose éternelle et inchangée de l’auteur. L’ouvrage se basait sur une lettre manuscrite, remplacée par des textos et des messages vidéos, avec une adresse directe au public qui remplace le destinataire de la lettre par un monologue qui touche à l’imaginaire de chacun.

La vidéo disponible au internet sur le lien suivant https://vimeo.com/311727539 propose des extraits qui donnent envie de voir la pièce en live pour ressentir le trouble de ce personnage habité par une intense Camille Bardery. Rendez-vous prochainement au théâtre pour une découverte en vrai!

La Mule, Clint Eastwood s’offre un dernier tour de piste

Clint Eastwood repasse devant sa caméra pour la première fois depuis Gran Torino qui date déjà de 2008. Visiblement vieilli mais pas sans réparties à l’emporte pièce, il joue un ancien horticulteur obligé de se compromettre avec un cartel mexicain pour racheter toutes ses années d’absence et d’errance. Toujours aussi réactionnaire et filou, Tonton Clint n’en fait pas des caisses mais occupe tout l’écran avec son charisme naturel. Sans forcément être très original, cette mule émeut et intéresse car Clint sait y faire pour capter l’attention et donner envie de le suivre.

Requiem pour un héros du cinéma moderne

Clint Eastwood s’ingénie à faire une belle synthèse de sa carrière. Il s’est visiblement beaucoup amusé à jouer, tourner et interpréter des personnages rentrés pour certains dans la postérité, blondin en tête de file. Son personnage Earl Stone a beaucoup travaillé, profité et fait le choix d’un commerce d’horticulture de proximité. Quand la vague Internet l’a balayé, il lui faut se rendre à l’évidence. En négligeant sa famille et n’ayant plus rien pour remplir son compte en banque, il a tout perdu. Alors quand un ami d’ami lui propose un emploi grassement rémunéré, hors des clous de la loi mais apparemment sans risques, il n’hésite pas et devient une mule sur la route des Etats-Unis. Mais les narcos se dézinguent entre eux, la police menée par Bradley Cooper lui colle aux basques et sa famille lui reproche sa vie plus indépendante que familiale. Le film montre un point sur une vie, avec des faiblesses criantes, des émotions fortes et des espérances non finalisées. Le rythme du film est nerveux, l’octogénaire répond du tac au tac aux menaces, ne se dégonfle jamais et fait preuve d’une résilience à toute épreuve. Et comme le happy end n’en est pas vraiment un, la boucle est bouclée, l’anti-héros gagne sa réhabilitation au prix d’un énième sacrifice qui force le respect, donnant au film cette ultime note empathique qui fait plaisir.

La Mule est un film un peu plus que divertissant sans donner forcément envie de le voir plusieurs fois de suite. Aussi efficace qu’émouvant, il se construit sur ce même personnage éternel de dur à cuire, certes plus très fringant mais avec toujours le même caractère de cochon, celui-là même qu’il fait plaisir de retrouver. 

Un orage de colère pour Violette, ou comment gérer la colère des petits (Père Castor)

Un orage de colère pour Violette, ou comment gérer la colère des petits (Père Castor)

Vous avez des enfants ? Des petits-enfants ? Alors, forcément vous avez été confronté une fois, ou même plusieurs fois à la colère de votre enfant. Une vraie crise de colère. Alors Un orage de colère pour Violette, est fait pour vous ! Un joli livre à la couverture cartonnée, avec des dessins enfantins, aux couleurs vives, éloquents !

Comprendre la colère

A travers Violette, on assiste à la naissance de la colère. On suit la vie de Violette. C’est une petite fille qui a deux maisons puisque ses parents sont divorcés, comme beaucoup d’enfants de nos jours. Pour se repérer, Violette a un calendrier. Les jours bleus sont avec Maman et les jours coloriés en jaune avec Papa. C’est une bonne astuce pour Violette qui ne sait pas encore lire.

Jour jaune

Ce week-end, c’est jaune ! Donc Violette va chez son papa qui lui a acheté un château-fort à construire ! Violette est toute contente. Mais hélas, son papa doit aller à l’hôpital voir un ami tombé subitement malade. Violette va donc retourner chez sa maman. Elle ne veut pas. Papa lui avait promis de construire son château ce we. Elle veut ramener le château chez sa maman, mais non, son papa ne veut pas. C’est la règle.

La colère monte

Au fil des pages, on sent la colère de Violette se développer. D’abord discrètement puis de façon de plus en plus forte et brutale. Jusqu’à tout casser dans sa chambre. Sa maman la laisse exprimer sa colère pour que petit à petit Violette trouve en elle les moyens de se calmer. Qu’elle ne soit plus débordée par cette colère.

Un cours de psychologie

Si dans la réalité rien ne paraît facile face à la colère de son enfant, les parents vont trouver à la fin du livre, Un orage de colère pour Violette, des conseils d’une psychologue, Louison Nielman. Dans ces situations, on ne sait jamais vraiment quelle attitude adopter. Grâce à Violette, les petits comme les grands vont sûrement mieux gérer les colères à venir ! Car il y en aura toujours des colères !

Date de parution : le 6 février 2019
Auteur : Kochka
Illustrateur : Sophie Bouxom
Editeur : Père Castor
Prix : 8 €
Acheter : Amazon

Pourquoi la vie est si belle, un super livre positif (Casterman)

Pourquoi la vie est si belle, un super livre positif (Casterman)

Françoize Boucher joue avec les mots avec merveille. Elle écrit pour les petits, mais aussi pour les grands, pour les rendre encore plus heureux. Une très belle philosophie de la vie qu’elle partage avec des dessins enfantins et surtout beaucoup d’humour.

79 raisons de trouver la vie géniale

Chaque page du livre donne une bonne raison d’aimer la vie et de la trouver belle. Et d’en avoir conscience. Finalement, cela fait du bien, car souvent on oublie que la vie est belle. Les dessins sont simplistes, enfantins et très éloquents ! Pas besoin de lire les messages pour comprendre le message ! Les couleurs sont gais, fluo, et donne envie de rêver ! L’auteur montre non seulement que c’est fabuleux d’être vivant, mais c’est aussi fabuleux de connaître toutes nos possibilités ! « La vie est comme un grand laboratoire dans lequel tu fais des expériences tous les jours. »
« Narrête jamais d’essayer, c’est ça qui est chouette ».

Un livre pour petits mais aussi pour grands

Les petits vont adorer les dessins et sans doute vouloir les reproduire ! Mais les ados aussi vont adorer ce livre, eux qui se sentent davantage comme le bonhomme « rabat-joie » ! Ils vont voir qu’il est facile d’être grognon, et toujours négatif, mais qu’il est aussi possible de profiter de la vie autrement !
« La vie est une pochette surprise ! »
« Et si tu te connais bien, tu sauras quel chemin suivre pour être heureux ».

Pourquoi la vie est si belle est un très chouette livre avec une belle couverture cartonnée, à mettre entre toutes les mains ! Finie la déprime ! Vive les couleurs ! Vive la vie ! Notre coup de coeur !

Date de parution : le 6 février 2019
Auteur : Françoize Boucher
Editeur : Casterman
Prix : 12,90 € (120 pages)
Acheter : Amazon

Vice, de belles performances d’acteur pour un sujet pas vraiment cinématographique

©Annapurna Pictures

Adam McKay revient avec un nouveau sujet polémique après The Big Short sur la crise des subprimes en décrivant l’existence d’un grand homme de l’ombre des 50 dernières années de la politique américain. Qui connait vraiment Dick Cheney, vice-président omnipotent de la présidence de George W. Bush? Architecte de la politique extérieure d’une présidence marquée par la guerre en Irak et en Afghanistan, ce personnage taiseux est au centre de la narration, des effets visuels et d’une intrigue forcément réaliste, mais aussi critique, jusqu’à la caricature pour un film instructif (sous couvert d’un nécessaire esprit critique pour ne pas tout gober benoîtement) mais inutilement aride.

Un film qui se prend inutilement au sérieux

L’actualité est riche en cérémonies de récompenses et Christian Bale fait partie des favoris pour l’Oscar du meilleur acteur en compagnie de Rami Malek pour Bohemian Rhapsody. Et si la transformation physique est une fois de plus impressionnante, avec ce double menton, ce ventre proéminent, cet éternel air pincé accompagnant la tête penchée sur le côté, la question se pose du charisme du personnage. Car Dick Cheney est loin d’être un personnage cinématographique. Il se tait plus qu’il ne discourt, il observe plus qu’il intervient, c’est un tacticien hors pair mais pas une bête de scène. Adam McKay a beau commencer par montrer sa résurrection après un alcoolisme étudiant et un passage écourté à Yale, l’épisode n’apporte aucune empathie ou antipathie envers un personnage finalement mystérieux et aride, presque plat. Le réalisateur use et abuse de subterfuges visuels et narratifs pour capter l’attention du spectateur à l’aide d’un bel aréopage de rôles secondaires. Sam Rockwell en George W. Bush, Steve Carrell en Donald Rumsfeld et Amy Adams en Lady Cheney apportent cette touche d’humour et de glamour qui portent un film qui aurait certainement mieux valu monter en documentaire pour coller au sujet antisexy en diable. Car ce qui ressort avant tout du film, c’est une critique du système politique américain, peu enclin à se laisser barrer la route par des principes moraux ou des barrières démocratiques. L’intérêt des belligérants seul guide leurs actions, sans regard pour les victimes collatérales, les sommes folles en jeu ou les considérations morales. C’est un monde presque coupé de la réalité que décrit le réalisateur, et il fait froid dans le dos.

Vice était attendu pour sa démonstration d’abus antidémocratiques au sein même de l’administration américaine et pour une performance d’acteur digne des Oscars. C’est réussi de ce côté là mais le film ne parvient pas à passionner ni à donner envie de le revoir une seconde fois pour mieux comprendre d’obscurs passages. Le film est limpide, clair comme de l’eau de roche et forcément orienté. De quoi refroidir et laisser un sentiment final de facilité.

« Un amour impossible », le roman de Christine Angot et son adaptation théâtrale réussie de retour à Paris

Un amour impossible, le roman de Christine Angot adapté au théâtre : une réussite
Un amour impossible, photo © Elisabeth Carecchio

« Un amour impossible », le roman de Christine Angot et son adaptation théâtrale réussie de retour à Paris

Le roman de Christine Angot, publié en 2015, décrypte la relation entre mère et fille en commençant bien avant la naissance de celle-ci.

À partir de la rencontre entre les parents, Rachel et Pierre, on suit les moments cruciaux de l’enfance et de l’adolescence, puis les tensions et les rejets à l’âge adulte jusqu’à la réconciliation finale.

Le lien de l’amour maternel – de la mère pour la fille et de la fille pour la mère – se forge, se distend, se resserre, s’éprouve donc sans jamais se rompre. Sur lui plane la violence du père, issu de la grande bourgeoisie parisienne, qui a refusé d’épouser Rachel, employée à la Sécurité sociale à Châteauroux et qui, quand il accepte de reconnaître sa fille, se met à abuser d’elle.

Un duo sensible

Dans la pièce, adaptée par l’auteur, le fil chronologique est rompu pour laisser place à une remémoration. Où mère et fille, interprétées par Bulle Ogier et Maria de Medeiros, se remémorent de l’enfance à l’âge adulte, le chemin de leur relation mis à rude épreuve après le traumatisme du viol incestueux.

A travers la mémoire et sa juste distanciation traduite par la mise en scène affûtée de Célie Pauthe, la tragédie dépasse le récit personnel et la question comment Rachel n’a-t’elle rien vu ? rien pu ? entre culpabilité de l’une et ressentiment profond de l’autre, pour s’intéresser au pourquoi et mettre en lumière la violence du conflit de classe et d’identité sociale dont l’inceste du père, grand bourgeois et antisémite, était avant tout porteur.

Deux actrice singulières

De ce dialogue existentiel aussi intense que salvateur par lequel le lien complexe mère-fille se reconstruit, la scène de l’explication libératrice pour Christine et déculpabilisante pour Rachel, constitue un moment fort où les protagonistes s’inscrivent non pas comme des victimes mais des éclaireurs de leur destin en marche.

Et pour faire advenir cette vérité intime, deux actrice singulières. Maria de Medeiros est cette jeune fille en devenir, sensible et meurtrie, tandis que Bulle Ogier incarne avec une intériorité aussi poétique que distanciée, cette mère fragile, aimante et dépassée.

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Dates : du 14 au 16 février 2019 l Lieu : Centquatre (Paris)
Metteur en scène : Célie Pauthe l Avec : Maria de Medeiros et Bulle Ogier

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